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1. RADIOBIOLOGIE.

6.1 Introduction et Généralité :

Les êtres humains sont constamment exposés à des rayonnements ionisants que l’on retrouve
naturellement dans l’environnement, mais aussi à d’autres sources comme certains traitements médicaux et
d’autres activités qui impliquent l’utilisation de matières rayonnantes, radioactives. Cette exposition peut être
externe ou interne :

6.1.1 Exposition Externe :

La source de rayonnements n'est pas en contact direct avec la personne et la dose de radiation reçue
peut provenir :
 Des rayonnements naturels provenant du sol ainsi qu'aux matériaux de construction obtenus à
partir de matériaux extraits du sol.
 Une autre source d'exposition artificielle, celle due à l'exposition médicale dans le cadre d’un
radiodiagnostic où d’une radiothérapie externe, bien que celle-ci ne corresponde qu'au temps
pendant lequel s'est produit l'exposition.
 Les professionnels activant dans les centrales nucléaires, les essais nucléaires ainsi que les
accidents (Tchernobyl).

6.1.2 Exposition Externe :

Le radionucléide pénètre à l'intérieur de l'organisme le plus souvent par ingestion ou par inhalation,
mais également par une brèche cutanée ou par voie veineuse (par exemple lors d'une scintigraphie où
d’une radiothérapie interne) ; on parle alors de contamination interne. La distribution dans l'organisme
dépend de la nature du radionucléide.

L'exposition résulte des atomes radioactifs présents dans les tissus ou organes, mais elle continue
donc au-delà du moment où a eu lieu l'incorporation, et décroît en fonction de la période radioactive du
radionucléide incorporé.

Exposition Externe des mains d'un chercheur Exposition Interne


à un faisceau de particules.
La radiobiologie est l’étude scientifique des effets biologiques des rayonnements ionisants sur les êtres
vivants. Elle permet de décrire et d’interpréter ces effets qui peuvent être macroscopique ou
microscopique, léthal (mortel) ou non, comme ils peuvent être immédiats ou retardés.

En pratique médicale, les notions fondamentales de radiobiologie sont nécessaires pour assurer un
comportement rationnel en matière de radioprotection. Les connaissances expérimentales sont multiples, peu
sont issues des grands accidents nucléaires, heureusement rares, et beaucoup de renseignements proviennent
des applications médicales des rayonnements ionisants, en imagerie et surtout en radiothérapie.

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Médecins, physiciens et chercheurs sont victimes de cette pathologie dix fois plus fréquemment que la
population en général.

6.2 Rappels Sur Les Rayonnement Ionisants:

On distingue deux types de radiations :

6.2.1 Radiation Particulaires :

Ces radiations ont une masse non négligeable, elles peuvent être chargés tel que (les protons, les
électrons, les deutons), où de particules neutres (les neutrons).

6.2.2 Radiations Électromagnétiques :

La masse de celles-ci est nulle, elles sont constituées des rayons (𝑿) ou gamma (𝜸).

Les rayonnements sont ionisants dès que leur énergie (E) soit supérieure à 13,6 (eV). Ils ont la
propriété de faire apparaitre des ionisations (excitations) dans les milieux matériels qu’ils traversent.

Les modifications structurelles que ces radiations produisent à l’échelle atomique conduisent à des
modifications des configurations moléculaires qui donneront soit une inactivation fonctionnelle soit une
destruction de la molécule ce qui retentira sur la survie cellulaire.

On distingue les rayonnements particulaires qui sont directement ionisants, car ils interagissent
directement avec la matière cible et produisent des ionisations par l’intermédiaire de leurs masses et de leurs
charges en mouvement dans le milieu traversé.

Et les radiations électromagnétiques qui sont indirectement ionisantes, car les ionisations sont produites
essentiellement par les différentes excitations primaires des atomes de la matière traversée, et ces excitations
primaires génèrent d’autres ionisations par le biais des différentes transitions ou désexcitations électroniques.

6.3 Différents Modes D’interaction :

Les rayonnements par leurs excitations et ionisations agissent soit par effet direct ou indirect sur les
molécules biologiques par l’intermédiaire de radicaux libres.

6.3.1 Radiations Directement Ionisantes :

Les particules (β) libèrent progressivement leurs énergies cinétiques (Ec) lors de leurs
ralentissements dans la matière traversée. Ce ralentissement est dû à une succession d’ionisation ou
d’excitation des atomes traversés par celles-ci, et rarement par le freinage de celles-ci par les différentes
forces électrostatiques d’attractions existantes entre ces particules et les noyaux des atomes traversés.

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Les particules lourdes telles que les alphas () les protons et les deutons, ont des effets d’ionisations
superficiels sur les tissus irradiés. Leurs masses importantes les empêchent de traverser la matière irradiée
sur de grandes profondeurs.

6.3.2 Radiations Indirectement ionisantes :

Les radiations électromagnétiques (RX et γ), entrainent des effets photoélectriques, Comptons et de
matérialisations.

Les neutrons de charges nulles pénètrent profondément dans le tissu irradiés et ionisent indirectement
le milieu traversé par leurs interactions nucléaires avec les protons des noyaux cibles traversés.

Les effets biologiques dépendent non seulement de la quantité d’énergie totale cédée à la matière
traversée mais aussi des modalités de répartitions de cette énergie absorbée dans le tissu irradié le long de la
trajectoire du rayonnement dans ce dernier. Des études ont montrées que ces rayonnements peuvent
provoquer des effets néfastes pour la santé, dont le cancer et les maladies héréditaires.

Donc les rayonnements font l’objet de surveillance et de contrôle surtout pour les personnes exposés
directement à des sources rayonnantes dans le cadre de la thérapie de certaines pathologies ou dans le cadre
des personnes travaillant dans le domaine nucléaire. Mais aussi pour les personnes indirectement exposés à
ces rayonnements dans le cadre de leurs fonctions (techniciens du corps médical ou autre) ou aux
rayonnements naturels.

La mesure et le calcul des doses de rayonnement sont appelés dosimétrie.

6.4 Grandeurs Dosimétriques Et Unités.

Lorsque le rayonnement ionisant pénètre dans une matière biologique, il lui communique de l’énergie.
L’énergie absorbée par unité de masse à la suite de l’exposition au rayonnement porte le nom de dose.

La dose, c'est un élément qui peut être mesuré. Pour déterminer la dose absorbée, un détecteur est placé à
l’intérieur de la matière et on observe sa réponse quand on irradie la cible (méthode de calcul de la dose
absorbée dans un organe).

La réponse du détecteur est directement proportionnelle à l’énergie déposée par le rayonnement (Dose
Absorbée), et les grandeurs qui permettent de quantifier le champ de radiation sont soit :

– Relatives à l’effet du Rayonnement Ionisant sur la matière (dose absorbée, dose transférée).

– Des grandeurs utilisées en clinique (dose équivalente, dose efficace, débit de dose).

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6.4.1 Grandeurs Relatives Aux Rayonnements Ionisants :

6.4.1.1 Ionisation Spécifique Où Densité Linéique D’ionisation (𝐃. 𝐋. 𝐈):

On définit l’ionisation spécifique par le nombre de paires d’ions crées par la radiation traversant le
tissu irradié par unité de longueur de la trajectoire de celle-ci dans la matière cible. Il est noté( IS ),
donné par la relation suivante.

Avec (N × I) : est le nombre d’ionisation que produit le


𝐍×𝐈 rayonnement lors de son parcours.
𝐈𝐒 = 𝐃𝐋𝐈 =
𝐝 (d) : est la distance parcourue par le rayonnement dans la cible
irradiée, celle-ci est en micromètre (μm).

6.4.1.2 Transfert Linéique D’énergie (𝐓. 𝐋. 𝐄):


Il représente en un point donné de la trajectoire de la radiation ionisante la densité d’énergie
absorbée par le milieu rapportée à l’unité de longueur de la trajectoire. Il est noté (TEL), et définit par :

Avec (E𝑎bs ) : est l’énergie absorbée par le tissu irradié, cette


𝐄𝒂𝐛𝐬 énergie doit être en kilo électronvolts (K. e. V).
𝐓𝐄𝐋 = (d) : est la distance parcourue par le rayonnement dans la cible
𝐝
en micromètre (μm).

6.4.1.3 La Dose Absorbée (𝐃. 𝐀):

Le rayonnement ionisant va déposer une quantité d’énergie par unité de matière traversée ou avec
laquelle il interagit. La dose absorbée est l'énergie réellement absorbée par la cible et par unité de
masse de matière.

Cette énergie communiquée par le rayonnement à la matière cible est notée(𝐃. 𝐀), son
expression est :

𝐄 Avec (E) : Est l’énergie communiquée à la matière en joule.


𝐃. 𝐀 =
𝐦 (m) : La masse de la cible en kilogramme.

La dose absorbée s’exprime en Gray (Gy).

𝟏 (𝐉𝐨𝐮𝐥𝐞) L’ancienne unité de la dose absorbée est le (R. a. d), de l’anglais


𝐆𝐫𝐚𝐲 =
(𝐊𝐠) (Radiation Absorbed Dose).

1 (Gy) = 100 (Rad) → 1(Rad) = 0,01 (Gy) = 1 (centi Gy)

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6.4.2 Grandeurs Utilisées En Clinique :

La dose Absorbée est une notion physique qui ne permet pas d’apprécier correctement les effets
biologiques, d'autre paramètres permettent de différencier les effets des différents rayonnements.

La dose reçue va dépendre de trois facteurs principaux : de la nature du rayonnement (α, β, X,..), de
la nature du tissu irradiée et du débit de dose (durée de l’irradiation).

6.4.2.1 Dose Équivalente :

La dose absorbée exprimée en Gray (Gy) ne suffit pas à rendre compte de l’effet biologique de la
radiation sur les tissus irradiés, car à dose absorbée égale les effets biologiques ne sont pas toujours
identiques.

La dose équivalente qui tient compte de la nature des rayonnements, est un perfectionnement de
la dose absorbée (𝐃𝐀).

On s'aperçut dans les premières études, qu’une irradiation de un gray (1Gy) de neutrons était
environ dix fois plus cancérigène qu'un gray de photons. Ceci conduisit à multiplier par 10 la dose
dans le cas des neutrons et à appeler la nouvelle quantité " dose équivalente ".

La dose équivalente prend en compte qu’à dose absorbée égale, la probabilité pour avoir un cancer
diffère selon les rayonnements. Elle est donnée par le produit de la dose absorbée (DA) par le facteur
de pondération radiologique (W𝑅 ) caractéristique du rayonnement.

Notée (Ht), elle tient compte de la nocivité des différents rayonnements utilisés. On la définit pour
des besoins de la radioprotection et s’exprime en Sievert (Sv).

Un sievert correspond à un Gray (Gy) multiplié par un facteur de


Ht = W𝑅 × D. A pondération (W𝑅 ) qui est directement lié au rayonnement par
exemple :

 Une dose de 1 (Gy) de rayonnement gamma ou X (X, γ) donne une dose de 1 Sievert (Sv)
 Une dose de 1 (Gy) de rayonnement alpha () donne une dose de 20 Sieverts (Sv)

6.4.2.2 Dose Efficace :

La dose efficace (E) tient compte en plus de la nature du rayonnement utilisé, la vulnérabilité
(radiosensibilité) de chaque tissu à la cancérisation.

En pratique, c'est la somme des doses absorbées par chaque tissu, pondérée une première fois par
un facteur lie à la nature du rayonnement puis pondérée une deuxième fois par un facteur lie à la
nature du tissu irradié. Elle s’exprime en sieverts (Sv)

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.
(Ht) Dose équivalente reçue par un organe ou tissu exposé.
E = ∑ Wt × Ht (Wt), facteur de pondération tissulaire relatif.

6.4.2.3 Efficacité Biologique De Référence :

En radio biologie, lorsque l’on s’intéresse à un effet biologique précis (mort cellulaire, où une
mutation donnée), on utilise un facteur plus précis appelé l’efficacité biologique de référence notée
(E. B. R) :

Dose. Absorbée de référence (RX par exemple)


𝐄𝐁𝐑 =
Dose des (, β, γ)
6.4.2.4 Débit De Dose :

C’est le débit avec lequel une dose de rayonnement est administrée, il est très important en
Gy Gy mGy
radiothérapie, s'exprime en ( ) ou en( ), et il s'exprime aussi en ( an ) en
heure min
radioprotection. La rapidité avec laquelle une dose de rayonnement est administrée est cruciale pour
expliquer les effets biologiques qui en résultent.

d(D. A) Il est noté (d), définit par :


d=
dt

6.5 Radiobiologie :

L'eau constitue environ 80 % de la masse pondérale du corps humain et cette prépondérance est
encore plus marquée en nombre de molécules. On peut considérer les ordres de grandeur suivants : dans
une cellule, il y a environ 1012 molécules d'eau, 109 macromolécules constituant les membranes et divers
organites et une seule molécule d'ADN.

On voit qu'en terme de probabilité d'interaction, l'eau sera de très loin prépondérante (1000 fois plus de
molécules d'eau que de macromolécules). Par contre, en termes de conséquence sur la vie cellulaire, c'est
l'action sur la molécule d'ADN qui sera prépondérante puisque une seule modification sur la seule molécule
d'ADN pourrait avoir des conséquences sur toute la vie cellulaire.

La cible irradiée peut être perceptible à plusieurs niveaux, moléculaires, cellulaires, tissulaires ou bien
au niveau de l’organe.

 À l’échelle moléculaire il s’agit de L’ADN, des protéines, des enzymes, ainsi qu’au niveau des
produits de la radiolyse de l’eau.

 À l’échelle cellulaire, il s’agit du noyau, du cytoplasme et des organites qui le composent.

 À l’échelle tissulaire ou d’un organe dans le cas de la radiothérapie.


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6.5.1 Actions Des Radiations Ionisantes À L’échelle Moléculaire :

6.5.1.1 Effets Photochimiques :

Les radiations sont susceptibles de décomposer l’eau (radiolyse de l’eau) et les substances
formées après cette radiolyse peuvent être très actives. Les radicaux libres proviennent essentiellement
de l'interaction des rayonnements ionisants avec les électrons des molécules d'eau, et ce en raison de la
teneur extrêmement élevée en eau des organismes vivants.

On distingue :

a) 1er cas ionisation:

Un électron est arraché de l’un des constituant de la molécule d'eau avec rupture d'une liaison
covalente d'où l'apparition d'un radical libre.

 L’eau est ionisée si l’énergie de la radiation (E > 5,16 (e. V)), qui est l’énergie de
liaison de la liaison (H − OH) :
 Eincid + H2 O → e− 𝑎𝑟𝑟𝑎𝑐ℎé + (H2 O)
+

 L’ion (H2 O)+ est instable et se dissocie sur place : (H2 O)+ → H + + (OH)∗.

 L’électron projeté peut parcourir une distance de dix à quinze (10 à 15 nm) nanomètres
dans la matière irradiée et réagir avec l’eau.

b) 2eme cas excitation:

Les molécules excitées présentent un excès d’énergie, elles sont instables. Elles doivent libérer cet
excès d’énergie pour passer à un état plus stable. Ce passage peut se faire de deux manières
différentes :

 Soit en émettant cet excès par libération de photons de fluorescences pour retourner à
son état initial plus stable.

 Soit par rupture des liaisons covalentes et scission de la molécule excitée en deux
radicales. La scission est plus probable lorsque l’énergie d’excitation est très grande.

o La molécule d’eau est excitée : Eincid + H2 O → (H2 O)∗

o La molécule excitée se désexcite : (H2 O)∗ → H + + (OH)∗ + e−

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c) Finalement :

Après une durée de temps de l’ordre de (t ≅ 10−10 à 10−9 (s)) de l’interaction l’irradiation
ionisante avec la cible, l’eau devient une solution plus ou moins concentrée en radicaux (H)∗ et (OH)∗
et en molécules d’hydrogènes issus de la réaction.

 (H)∗ et (OH)∗ ne sont pas des ions mais des radicaux libres très actifs.
 L’électron aqueux et le radical (H)∗ sont des réducteurs.
 (OH)∗ est un oxydant.

Un radical libre est un atome ou une molécule qui possède un électron célibataire non couplé
à autre électron de spin opposé. Il est extrêmement réactif au niveau moléculaire et tissulaire.

6.5.2.2 Devenir Des Radicaux Libres :

Plusieurs situations peuvent se présentées :

Soit les radicaux libres formés interagissent avec d’autres résultants de la radiolyse de la molécule
d’eau, trois possibilités peuvent se présentées.

a) Soit une recombinaison entre eux pour former de l’eau oxygénée H2 O2 oxydant très puissant
(très toxique) :
OH + OH → H2 O2
La probabilité de recombinaison dépend du transfert linéique d’énergie (T. E. L).

b) Soit une autre pour redonner une molécule d’eau.

OH + H → H2 O
c) L’atome (𝐇) peut se combiner avec un autre de même nature pour former de l’hydrogène.

H + H → H2
Comme on peut avoir d’autres actions de ceux-ci avec les macromolécules se trouvant dans le
milieu environnant l’ionisation.

Deux possibilités peuvent se présentées pour les radicaux libres (OH), et deux autres pour les
radicaux libres (H).

a) Actions Des Radicaux Libres (𝐎𝐇)

On peut avoir soit une déshydrogénation : R − H + OH → R + H2 O

Soit une hydroxylation : R + OH → R − OH

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b) Action Des Radicaux (𝐇)

On peut avoir aussi une déshydrogénation : R − H + H → R + H2

Comme on peut avoir une addition de deux radicaux : R + R’ → R − R′

Cela entraine des inactivations enzymatiques par modifications des enzymes et des dégradations des
molécules.

La probabilité de formation de radicaux libres dépend d’un ensemble de paramètres dont :

a) La nature du rayonnement.
b) Le (TEL) de la radiation.
o Un (TEL) élevé (dans le cas des particules lourdes (, proton, neutron, ...), va donner
beaucoup de radicaux (OH) qui seront très proche les uns des autres, la probabilité de
recombinaison étant très élevée.
o Dans le cas d’un TEL faible (photons, électrons), il va donner moins de radicaux libres, la
probabilité de rencontre et de formation de l’eau oxygénée (O2 H2 ) est faible sauf en
milieu riche en oxygène (O2 ).
c) La présence d’oxygène.

L’oxygène a un effet radio sensibilisateur qui va doubler l’action des rayonnements ionisant
en :

o Créant des radicaux libres (HO2 ) qui vont accélérer la formation de l’eau oxygénée.
o Créant des radicaux peroxydes, qui sont des radicaux plus toxiques et ont un rôle très
important dans l’oxygénation tissulaire.

6.5.2 Lésion De L’ADN :

L'ADN constitue la cible critique des rayonnements ionisants.

Les effets sur l’ADN peuvent être soit :

a) Une atteinte d’un brin de l’hélice de l’ADN.


b) Une atteinte des deux brins de l’ADN.
c) Altération de bases.
d) Pontage.

Ces lésions pourront être provoquées soit par une action directe des radiations ionisantes, dans le cas
des électrons de grande énergie provoquant les ionisations des constituants de (l′ADN). Soit par une
action indirecte des radicaux libres de l'eau sur les différents constituants de cette molécule, cette
deuxième action étant largement prépondérante.

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6.5.3 Actions Des Radiations Sur Les Macromolécules De La Cellules.

À l'échelle cellulaire, les conséquences des lésions moléculaires sont multiples et dépendent des doses
de radiations reçues par la cellule.

6.5.3.1 Mort Cellulaire Immédiate :

L'altération des propriétés chimiques des acides gras des membranes surtout par les phénomènes de
peroxydation provoque des dysfonctionnements des récepteurs membranaires et des systèmes de
transport des canaux ioniques.

Pour des doses de radiations élevées, ces anomalies de la perméabilité vont perturber le
fonctionnement cellulaire et se traduire au niveau des tissus par des phénomènes inflammatoires. De très
fortes doses (plus de 100 Sv) peuvent provoquer la mort cellulaire et donc des nécroses tissulaires.

6.5.3.2 LA Mort Différée (Lésion De l’ADN) :

En effet, une seule lésion non réparée de la molécule d'ADN pourra donner lieu soit à une mort
cellulaire par apoptose (mort cellulaire programmée) soit à une mutation. Les altérations les plus
fréquentes sont citées précédemment.

6.5.3.3 Procédure De Réparation De L’ADN

Des procédures de réparation et de maintien de la molécule d'ADN sont présentes dans les cellules
de l'espèce humaine. Ces procédures font intervenir un certain nombre d'enzymes pour ramener la
molécule d'ADN à son état initial.

Ces procédures de réparation ont des durées variables de l'ordre de la minute. Ces réparations sont
orchestrées par les "gardiens du génome" qui va déclencher toutes une série de mécanismes pour
faciliter la réparation de l'ADN. Lorsque la réparation est terminée, le cycle cellulaire reprend
normalement.

Mais il peut y avoir des réparations fautives avec des erreurs de transcription du génome notamment
lors des ruptures doubles. Ces erreurs de réparation de la molécule d'ADN pourront entraîner soit une
mutation, soit un phénomène d'apoptose au niveau cellulaire.

6.5.3.4 Mutations Cellulaires Et Cancérisation

Si les anomalies de la molécule d'ADN ont été mal réparées, il y’aura une modification du génome,
et si la cellule n'est pas éliminée par un phénomène d'apoptose, on aura alors une cellule mutante. Et si
cette cellule a la capacité de se diviser sans contrôle, elle peut alors proliférer.

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6.5.4 Actions Des Radiation Ionisantes À L’échelle Tissulaires.

Les effets des rayonnements ionisants sur les tissus ne s’observent que lors de la disparition d’un
grand nombre de cellules. Ces effets n’apparaissent chez les individus d’une même espèce qu’à partir
d’une dose seuil.

La dose seuil est la dose nécessaire pour que l’effet soit observable sur 100% de la population
irradiées.

Le délai d’apparition varie en fonction

a) Des caractéristiques des tissus, par exemple un tissu à renouvellement rapide va avoir un délai
beaucoup plus court qu'un tissu a renouvellement long.
b) Ainsi que de l’existence des mécanismes de régulation qui accélèrent la prolifération cellulaire.

6.6 Effets Pathologiques :

Les réactions en chaines générées par les radiations ionisantes ont des conséquences néfastes pour l’être
humain. Ces effets sur l’organisme varient en fonction, bien sûr de la dose reçue, mais aussi :

a) des paramètres propres à la source (sa nature (, β, 𝛾, ….),


son énergie, son efficacité biologique…).

b) Au mode d’exposition (la durée de l’irradiation, son


fractionnement, son débit,..)
Contact cutané avec du
c) Mais aussi à la nature de la cible (types de tissus, de la
radiosensibilité du tissu, de l’âge de l’individu,..) cobalt 60

L’évolution ultérieure est souvent très lente mais peut mener dans certains cas, les moins graves, à la
guérison.

Les syndromes aigus, ces syndromes apparaissent lors d’un accident au Brulures par irradiation
cours duquel un individu subit une irradiation sur l’ensemble de son corps et (bombe atomique)
en profondeur. Il peut s’agir pour le personnel professionnel d’une exposition
à une source gamma (γ), à un flux neutronique. Et dans le cas général aux
effets d’une catastrophe nucléaire explosion d’une centrale nucléaire, bombe
atomique...etc.

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On distingue deux types d’effets : Des effets déterministes, la gravité de l'atteinte dépend de la dose.
Comme ils peuvent être d’ordre probabiliste (stochastique).

6.6.1 Effets Déterministe.

Un effet est dit déterministe ou obligatoire, s’il conduit obligatoirement à une destruction massive des
cellules de l’organisme.

Pour les fortes doses, supérieures à certain seuil, les dommages apparaissent d’une manière
reproductible et produisent des destructions massives de cellules. On peut prévoir avec une relative
certitude l’effet d’une exposition. Les dommages sont importants. Leur gravité augmente avec la dose.

Ces effets apparaissent si :

 Présence d’une dose seuil, ils ne s’observent jamais au-dessous de ce seuil. Par exemple :
o 0,25 (Gy) ≥ dose ≥ 1 (Gy) → Chute réversible des lymphocytes.
o 1 (Gy) ≥ dose ≥ 2 (Gy) → Nausée, vomissement, céphalée, chute précoces des lymphocytes.
o 5 (Gy) ≥ dose ≥ 15 (Gy) → Trouble digestif graves, troubles neurologiques,
o dose ≥ 15 (Gy) → État de choc, convulsion, réactions cutanée, décès fréquent.
 L’effet est obligatoire.
 Généralement réversible.
 Proportionnelle à la dose (fortes doses).
 L’effet est caractéristique de la dose.
 Apparition immédiate (quelques heures à quelques mois).

6.6.2 Effet Aléatoires (Stochastiques)

Un effet est dit aléatoire ou stochastique, s’il ne conduit pas obligatoirement à une destruction massive
des cellules de l’organisme, l’effet ne se manifeste que chez certains individus et au hasard.

Pour des expositions faibles ou moyennes, les effets ne sont plus certains contrairement à ce qui se passe
avec les fortes doses. Ils ont une probabilité de se produire ou de ne pas se produire. On les appelle pour
cette raison probabilistes. Ces effets probabilistes correspondent à des transformations de cellules plutôt
qu’à leur destruction. Ils apparaissent des années après l'exposition à la radiation.

Ces effets apparaissent :

 Même pour une faible dose, la dose seuil n’est pas une condition.
 L’effet n’est pas obligatoire, puisque ces effets apparaissent chez certains sujets uniquement.
 Généralement irréversible.
 L’effet n’est pas caractéristique de la dose, une même dose ne donne pas forcément le même effet.
 Gravité non liée à la dose.
 Apparition tardive (quelques mois à quelques années).

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6.7 Radioprotection :

Le but de la radioprotection est de protéger les personnes des rayonnements ionisants. Il s'agit de
diminuer l'exposition de la population à ces dangers aux maximums possibles. Pour ce qui est de l’exposition
incontournable et nécessaire dans le cas des utilisations médicales et industrielles de ces rayonnements, des
normes de protection sont fixées par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), fondée
en 1928.

L’utilisation médicale des rayonnements ionisants doit désormais se faire dans le respect de la protection
des personnes exposées à des fins médicales. Les deux principes de base de la radioprotection des patients
sont la justification de l’acte et l’optimisation de la protection.

La justification est la confirmation argumentée du choix de la technique (par exemple : scanographie


plutôt qu’échographie). Et l’optimisation consiste à réduire les doses “autant que possible” tout en assurant la
qualité d’image nécessaire à l’obtention des informations diagnostiques souhaitées.

Dans le cas des expositions internes, il faut surtout éviter le contact et l'ingestion de substances
radioactives. On se protège d'une irradiation externe par des écrans, notamment pour les rayons gamma, très
pénétrants, les rayons alpha et bêta étant arrêtés par de très faibles épaisseurs de matière.

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