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n° 31 - octobre 2005

Quelques-unes des sages-femmes


et infirmières spécialisées présentes
le 30 septembre 2005.

La Maternité Louis Mathieu est né le 27 septembre 2005 à la Clinique Générale-Beaulieu.

fête ses 10 ans Avec le consentement de sa maman, Mme Hélène Mathey-Doret, que Le Trait
d’Union remercie, il a été photographié comme une véritable vedette par le
«paparazzo» Thierrypier Graindorge. De vrais instants de bonheur qui symboli-
sent les 3’400 naissances survenues à la Maternité de la Clinique Générale-
Beaulieu depuis son ouverture, le 18 octobre 1995.

mot du directeur

ASSURÉS INQUIETS: LA RÉPONSE EXISTE


Les médias ont largement commenté les augmen-
tations de prime maladie annoncées pour 2006.
Les commentateurs ont fustigé qui les autorités
politiques qui les assureurs. La recherche du bouc- SOMMAIRE N°31
émissaire est compréhensible, elle ne fournit tou-
tefois pas de réponse satisfaisante aux assurés,
victimes d’une véritable hérésie qui a pour nom Mot du directeur 1
LAMal. Une loi censée être sociale mais qui est
Dossier: Maternité 2-6
supposée fonctionner pourtant selon le principe de
la concurrence entre les assureurs, sachant qu’il Le groupe de travail HACCP 7
n’y a pas de réelle concurrence possible dans le
cadre de l’assurance obligatoire des soins. Missions des RH 8-9
Cherchez l’erreur! Interview: Peter Kappert 10 - 11
Ce ras-le-bol compréhensible de la population, Brèves 12
confrontée à de régulières et importantes hausses
de ses primes d’assurance-maladie, s’accompagne
d’un constat que nous relevons en tant que prési-
dent de l’Association des Cliniques Privées de
Genève (ACPG): [...] (suite en page 13)
2 le dossier LA MATERNITÉ DE LA CLINIQUE
GÉNÉRALE - BEAULIEU FÊTE SES 10 ANS

Du métier et beaucoup d’attention

LA MATERNITÉ DE LA CLINIQUE GÉNÉRALE-BEAULIEU A VU LE JOUR LE 18


OCTOBRE 1995. DEPUIS CETTE DATE À AUJOURD’HUI, PRÈS DE 3’400 ENFANTS Y
SONT NÉS, POUR LE PLUS GRAND BONHEUR DE LEURS PARENTS. D’IMPORTANTS
TRAVAUX DE RÉNOVATION ONT ÉTÉ RÉALISÉS DANS LE COURANT 2005. LE TRAIT
D’UNION A RENCONTRÉ LES ÉQUIPES DE SOINS, 16 SAGES-FEMMES ET 22 INFIR-
MIÈRES SPÉCIALISÉES, SOUS LA RESPONSABILITÉ RESPECTIVE DE NATHALIE
BOVET ET CATHERINE LAUPER.

A la tête d’une équipe de 16 sages-femmes, couple même si nous nous concentrons sur la
Nathalie Bovet est entrée à la Clinique santé de la mère et de l’enfant qu’elle porte.
Générale-Beaulieu le 1er avril 1996, et ce n’est Les futurs pères sont bienvenus et nous met-
pas un poisson précise-t-elle avec un large sou- tons tout en œuvre pour qu’ils se sentent à l’ai-
rire. L’accueil est l’un des facteurs essentiels de se dans cet univers de femmes. Il faut noter
la relation qui va s’établir entre les parents, la que la majorité d’entre eux participent aux
future mère en particulier, et le personnel soi- cours de préparation à la naissance et sont pré-
gnant de la clinique. «Nous accueillons le sents lors de l’accouchement.»

LE RÔLE DE LA SAGE-FEMME
Le champ d’activités de la sage-femme est
NATHALIE BOVET, SAGE-FEMME RESPONSABLE vaste: cours de préparation à la naissance clas-
sique et en piscine, entretien prénatal, consul-
Sage-femme, responsable de l’unité «salles tations de grossesse 24h sur 24, prise en char-
de naissances» de la Maternité de la Clinique ge de la parturiente lors de l’accouchement par
Générale-Beaulieu (16 personnes). voie basse ou par césarienne, surveillance et
Après sa maturité, section latin-langues, au soins aux nouveaux-nés lors de la naissance,
collège Sainte-Croix de Fribourg, elle effectue soins et accompagnement des couples mère-
des études à l’Ecole de soins infirmiers du
enfant dans les suites de couches, pour ne citer
Bon Secours, à Genève, où elle obtient, en
que ces activités.
1988, son diplôme de sage-femme. Elle com-
plétera sa formation, en 2000, avec l’obten-
L’une des collaboratrices a une formation de
tion du certificat ICUS, formation de cadre, à consultante en lactation; elle dispense des
l’école H+ Les Hôpitaux de Suisse, à Crissier. cours sur l’allaitement aussi bien aux patientes
D’octobre 1988 à mars 1996, elle est sage- qu’aux soignantes de la maternité.
femme au bloc obstétrical de l’Hôpital régio- La sage-femme est, en tout temps, le relais
nal de Sion-Hérens-Conthey (1’200 accouchements par an). Dès janvier 1989, principal entre la patiente et son gynécologue,
elle est intégrée au groupe de sages-femmes responsables de la formation même si le cabinet médical de ce dernier est
des élèves en pré-natal et en salles d’accouchements. En février 1997, elle est fermé. Elle a également un rôle central dans
nommée adjointe de la sage-femme responsable au sein d’une équipe pluri- l’organisation d’une césarienne, par exemple,
disciplinaire. qui mobilise un plateau technique important:
Elle entre à la Clinique Générale-Beaulieu le 1er avril 1996, comme sage- anesthésiste, pédiatre, infirmière spécialisée,
femme en salles de naissances et, dès le 1er mars 1999, en devient la sage- instrumentiste, aide de bloc, en plus de l’obsté-
femme responsable. tricien, assisté d’un collègue.
le dossier 3

corporelle allie respiration, compréhension de la


mécanique obstétricale et protection périnéale.
Son enseignement a pour but de respecter la
physiologie à chaque étape de la maternité et
de préserver le bien-être corporel de la mère et
de son enfant. Ces cours sont véritablement un
plus pour les patientes.»

LE RÔLE DE L’INFIRMIÈRE SPÉCIALISÉE


Responsable des infirmières puéricultrices,
Catherine Lauper s’occupe de l’unité du post-
partum qui compte vingt-quatre lits privés et
semi-privés. Les chambres, entièrement réno-
vées, sont toutes lumineuses, confortables et
bénéficient d’un système multimédia. Quel est
le rôle de l’infirmière spécialisée? De l’accueil et
des soins immédiats du nouveau-né lors d’ac-
couchement par voie basse ou par césarienne,
à l’observation et aux soins quotidiens du nou-
veau-né (courbe de poids, alimentation, ictère,
sommeil, etc.) en passant par l’accompagne-
ment, le soutien et les conseils aux parents
dans leur nouveau rôle, là aussi, le champ est
vaste.
INFRASTRUCTURES
Si la sage-femme a suivi une formation en obs-
La Clinique Générale-Beaulieu dispose de trois
tétrique, l’infirmière puéricultrice est spéciali-
salles de naissances, vastes et harmonieuses,
sée en pédiatrie, néonatologie et/ou urgence.
équipées des dernières technologies. Elles sont
dotées de lits américains qui donnent le choix
entre différentes positions tout au long du tra-
vail d’accouchement. La patiente a également à CATHERINE LAUPER,
sa disposition un ballon de physiothérapie et la INFIRMIÈRE RESPONSABLE
possibilité de se mobiliser durant tout le travail
pour autant que la situation obstétricale s’y Infirmière puéricultri-
prête. L’une des salles, dotée d’une grande bai- ce, responsable de
gnoire, permet aussi de se relaxer dans l’eau. l’unité du post-par-
Dans un souci de sécurité optimale, l’unité a tum / Maternité de la
son propre accès direct au bloc opératoire et, Clinique Générale-
en cas de nécessité, une des salles d’accou- Beaulieu (22 per-
sonnes).
chement est aménageable en vue d’une césa-
Après son baccalau-
rienne. A proximité immédiate, un local de réat à Toulouse, en
réanimation néonatale permet de parer à toute 1981, elle entre-
éventualité dès la 34e semaine de grossesse. prend des études
Avant ce terme, l’accouchement aurait lieu à la d’infirmière à la
maternité de l’Hôpital cantonal où se trouve le Croix-Rouge françai-
service des grands prématurés. se à Toulouse et obtient, en 1985, son diplôme
d’Etat, suivi, un an plus tard, de son diplôme d’Etat
De jour comme de nuit, deux sages-femmes au de puéricultrice. En 1995, elle complète sa forma-
minimum assurent la continuité du service. tion à l’Ecole supérieure de soins infirmiers de
Nathalie Bovet travaille dans un environnement Lausanne et obtient le certificat ICUS, formation de
qu’elle considère comme optimal pour la future cadre.
mère et son bébé: «Les équipes sont haute- En juillet 1987, elle effectue sa première expérience
professionnelle en Suisse, à l’Hôpital cantonal de
ment qualifiées, le matériel et les infrastruc-
Genève, comme infirmière puéricultrice. D’octobre
tures mis à disposition sont de tout premier 1991 à 1995, elle exerce comme infirmière volante
ordre.» dans les divers services de pédiatrie de l’Hôpital
cantonal. En juin 1998, elle occupe un poste de res-
FORMATION CONTINUE TRÈS APPRÉCIÉE ponsable à l’hôpital Beau-Séjour à Genève avec 20
Nathalie Bovet apprécie particulièrement, pour personnes sous sa responsabilité. En janvier 2000,
elle et ses collègues, la possibilité offerte par la elle est responsable d’équipe à la FSASD (soins à
clinique de suivre une formation continue. «En domicile) du canton de Genève, équipe comprenant
ce moment, Mme Bernadette de Gasquet, 45 personnes. En novembre 2002, elle s’occupe de
médecin spécialiste de la mécanique obstétri- la Protection de l’Enfance, à Gaillard, en France voi-
cale et professeur de yoga, nous dispense des sine. Elle entre à la Clinique Générale-Beaulieu le
cours passionnants. Sa méthode d’approche 15 août 2004.
4 le dossier

«L’infirmière puéricultrice assure la prise en Entretien avec le Dr Rolph


charge d’enfants fragilisés qui nécessitent des
soins spécifiques. Aux tâches de surveillance, Friedrich, gynécologue
comme celle du taux de glycémie de l’enfant,
par exemple, s’ajoutent des capacités à utiliser
les incubateurs et les installations de réanima- Comment s’organise la prise en charge d’une
tion néonatale. L’infirmière puéricultrice est pré- parturiente en salle d’accouchement sachant
sente en salle d’accouchement, dès que l’en- que chaque naissance réunit une équipe médi-
fant se présente à la vulve. Elle est aussi aux cale comprenant sept à huit personnes?
côtés du pédiatre lors des césariennes. Par la
suite, son rôle est aussi d’observer tous les D ROLF FRIEDRICH: «A chaque admission, la par-
R

signes qui pourraient indiquer une souffrance turiente est placée immédiatement sous la res-
de l’enfant.» ponsabilité de son gynécologue. Elle est
accueillie et prise en charge par une sage-
«Nous assurons aussi les soins de post-partum, femme qui va l’accompagner en permanence
comme les sages-femmes. Réfections de pan- durant les prochaines heures, en s’assurant du
sement, surveillance utérine, surveillance des bien-être de la mère et de l’enfant ainsi que du
pertes éventuelles, sutures, épisiotomies, bon déroulement du travail.
œdèmes et, bien sûr, prise régulière de la ten- Si une péridurale s’avère nécessaire, l’anesthé-
sion, accompagnement et éducation à l’allaite- siste qui est de garde sur place 24h sur 24 inter-
ment maternel…». Catherine Lauper décrit les vient. Lorsque la naissance est proche, une
mille et un gestes de l’infirmière spécialisée au infirmière spécialisée est présente pour
service du bien-être de la maman. Elle aussi accueillir l’enfant. Si l’accouchement a lieu par
éprouve beaucoup de plaisir à exercer son césarienne, il se déroule en général en salle
métier à la Maternité de la Clinique Générale- d’opération située à quelques mètres de là. A
Beaulieu: «Nous avons la chance, comme ce moment, plusieurs personnes se retrouvent
professionnelles, que l’on mette à notre dispo- dans les minutes qui suivent si la situation est
sition tout ce dont nous avons besoin pour tra- urgente. Il s’agit du gynécologue et de son
vailler dans les meilleures conditions, qu’il assistant, du pédiatre et de l’infirmière, de
s’agisse de locaux ou de matériel. L’équipe du l’anesthésiste, de l’instrumentiste et de l’aide
personnel est stable et soudée. Les cours du bloc opératoire. En cas de jumeaux, il y deux
donnés par le Dr Fernando Balderrama nous pédiatres et deux infirmières.
permettent de maintenir à niveau les connais- La présence sur place d’une équipe efficace,
sances acquises en néonatologie.» capable de faire face aux situations imprévues,
permet la prise en charge de chaque cas dans
POUPONNIÈRE: LE PLEIN DE SÉRÉNITÉ les meilleures conditions de sécurité.»
Egalement entièrement rénovée et située dans
un espace clair, serein mais aussi très sécurisé, La Clinique Générale-Beaulieu veille à la qualité
la pouponnière de la Maternité accueille, en ce des soins, notamment au travers de pro-
début d’automne 2005, des jumeaux prématu- grammes de formation continue. Qu’en est-il
rés, se portant à merveille: «Nous avons déve- en obstétrique?
loppé un savoir-faire particulier pour les enfants
qui naissent autour de la 34e-35e semaine. Ces D ROLF FRIEDRICH: «La formation continue revêt
R

prématurés ont besoin de soins attentifs, tout une importance capitale dans chaque domaine
comme leur maman, et nous avons acquis une si l’on veut maintenir une haute qualité de pres-
expérience qui est reconnue et très appréciée.»■ tations. L’ensemble du personnel médical de la
le dossier 5

DR ROLF FRIEDRICH

Né à Saint-Gall, Rolf Friedrich obtient son diplôme fédéral de médecine en 1984,


suivi d’une équivalence du diplôme américain de médecine en 1985. En 1993, il
obtient son doctorat en médecine auquel s’ajoutent, en 1994, son diplôme d’en-
doscopie opératoire en gynécologie de l’Université de Clermont-Ferrand et son
titre de spécialiste FMH en gynécologie-obstétrique.
Son parcours professionnel le conduit successivement à l’Hôpital des Cadolles à
Neuchâtel, à l’Hôpital de Sion, aux Etats-Unis (Miami et New-York) où il effectue
deux stages, et à l’Hôpital cantonal de Genève pour sa spécialisation.
En 1994, il ouvre son cabinet privé et collabore activement avec la Maternité de la
Clinique Générale-Beaulieu depuis son ouverture. Il est membre du Conseil médi-
cal ainsi que du conseil d’administration de la clinique.

clinique y est soumis avec une formation dans Aujourd’hui, par rapport à il y a dix ans, quelle
les soins et l’hygiène, notamment. Plus spécifi- est la pratique en matière de péridurale ou
quement, pour l’obstétrique, ont lieu entre quelles sont les demandes d’accouchement par
autres des cours: de conseil à l’allaitement, de césarienne?
réanimation des nouveaux-nés, de nouvelles
techniques d’accouchement, de prévention et D ROLF FRIEDRICH: «La péridurale, avec ses
R

de prise en charge des lésions du périnée. variantes (péridurale ambulatoire, anesthésie


En plus, les sages-femmes participent à des rachidienne) est devenue l’antalgie de choix
congrès et à des cours externes. Rappelons pour un accouchement, qu’il soit par voie basse
que chaque sage-femme est au bénéfice d’un ou par césarienne. En pratique privée, dans le
droit de pratique cantonal renouvelable tous les canton de Genève, plus de 90% des femmes
cinq ans et soumis à une formation continue accouchent avec cette méthode.
obligatoire.» Concernant la césarienne, il y a quelques
patientes qui demandent elles-mêmes de pou-
Quels sont les principaux progrès techniques voir accoucher avec cette méthode. Les raisons
ou scientifiques en matière d’obstétrique au sous-jacentes sont souvent la crainte d’une
cours des dix dernières années? lésion pour elle-même suite à un accouche-
ment par voie basse, par exemple une déchiru-
D ROLF FRIEDRICH: «Parmi les progrès technolo-
R re périnéale, ou d’un éventuel traumatisme
giques réalisés ces dernières années, il faut pour l’enfant s’il faut recourir au forceps pour le
citer l’amélioration fantastique de l’imagerie faire naître. Ces demandes restent néanmoins
fœtale par échographie, que ce soit des ultra- très marginales.»
sons en deux dimensions, en trois dimensions,
le doppler ou le doppler couleur, permettant de Les préoccupations des futures mères ont-elles
s’assurer de la bonne évolution d’une grosses- évolué?
se mais aussi, d’un dépistage précoce et précis D ROLF FRIEDRICH: «Les préoccupations ont
R

de nombreuses malformations. Ce dépistage toujours été multiples et légitimes: mon enfant


permet selon l’importance de la malformation est-il en bonne santé? Comment se passera la
d’envisager une interruption de grossesse ou, grossesse ou l’accouchement? Aurai-je des
dans d’autres cas, de suivre de manière séquelles? Ma vie de couple sera-t-elle affec-
optimale la croissance fœtale et de prévoir l’ac- tée? Soumise à une surabondance d’informa-
couchement dans un environnement médical tions dans ce domaine (conseils de l’entourage,
préparé à prendre en charge rapidement cette livres et magazines spécialisés, accès à inter-
anomalie. Il peut s’agir aussi bien d’une malfor- net), la patiente se tourne souvent vers son
mation cardiaque nécessitant d’être opérée gynécologue. Une bonne partie de la consulta-
immédiatement que d’un enfant avec un bec de tion est consacrée aux questions, aux craintes,
lièvre dont les parents auront eu le temps de se afin de permettre aux parents d’évacuer leurs
préparer psychologiquement à bien l’accueillir appréhensions. A la Clinique Générale-
et qui ont déjà pris contact avec un chirurgien Beaulieu, des cours en petits groupes sont
plasticien avant sa naissance. organisés par les sages-femmes durant les-
quels de nombreux thèmes sont abordés:
On peut également citer comme progrès la rapi- alimentation, activité physique et sexuelle,
dité de certains examens génétiques. De nos menace d’accouchement prématuré, petits
jours, après une amniocentèse, on peut déjà bobos de la grossesse, accouchement physio-
exclure en 24 à 48 heures la présence d’une tri- logique ou assisté, allaitement, retour à domici-
somie 21 alors que ce résultat nécessitait une le, etc. Cela permet aux futurs parents de créer
attente de trois à quatre semaines il y a un environnement serein propice à l’accueil de
quelques années.» leur enfant.» ■
6 le dossier

Entretien avec le Dr Fernando tuel transfert vers un hôpital universitaire. La cli-


nique dispose également d’isolettes à servo-
Balderrama, le pédiatre répondant contrôle d’oxygène, de l’humidité et de la tem-
pérature du bébé, de radiographie et échogra-
phie diagnostique. Citons, parmi d’autres équi-
pements, des lits chauffants, des lampes de
Quelles sont les attentes particulières des photothérapie, etc.»
parents qui donnent naissance à leur premier
enfant à la Maternité de la Clinique Générale- La Maternité de la Clinique Générale-Beaulieu
Beaulieu et quelles sont les questions les plus assure une garde 24h sur 24. Comment s'orga-
fréquentes? nise le travail du médecin de garde avec le
médecin de l'enfant?
D FERNANDO BALDERRAMA: «Tout parent attend
R

que son enfant soit pris en charge par le méde- D FERNANDO BALDERRAMA: «La garde est assu-
R

cin de son choix qu’il s’agisse du gynécologue rée par un pédiatre spécialiste à partir de 8h du
ou du pédiatre, que l'accueil réponde à son matin jusqu’au lendemain à la même heure.
attente et dans la mesure du possible soit per- Toute naissance est communiquée en premier
sonnifié. L’attente porte également sur des lieu au pédiatre choisi par les parents (pédiatre
soins de qualité: que l’enfant soit dans la traitant). En cas d'absence de celui-ci, en fin de
chambre de la maman durant tout le séjour, semaine ou la nuit, et seulement en cas de
qu’en cas de maladie grave, il puisse être soi- naissance à risque, on fait appel au pédiatre de
gné à la clinique et qu’en cas de transfert de garde qui prend en charge le cas jusqu'au retour
l'enfant à l'Hôpital cantonal, un retour puisse du médecin traitant de l'enfant. Dans la majori-
être possible, et dans tous les cas, que la mère té des cas, c'est le pédiatre traitant qui prend
et l'enfant soient toujours ensemble.» en charge son patient. En cas d’accouchement
à risque en urgence, la garde de pédiatres est à
Quelles sont les principales caractéristiques de même d'intervenir rapidement.» ■
vos interventions en tant que médecin spéciali-
sé en pédiatrie et néonatologie?

D FERNANDO BALDERRAMA: «En cas de naissance


R DR FERNANDO BALDERRAMA
à risque: césarienne, forceps et ventouse selon
Né en Bolivie,
les cas, naissance gémellaire ou multiple, pré- F e r n a n d o
maturité, souffrance fœtale aiguë, décollement Balderrama obtient
placentaire, détresse respiratoire, infection, son diplôme de
hémorragie.» médecin à Vitoria-ES
Brésil en 1984.
Il poursuit une for-
En cas d'éventuelles complications à la nais- mation post-graduée
sance, de quel équipement disposez-vous à la et une spécialisation
clinique pour intervenir? en pédiatrie à
Genève de 1986 à
D FERNANDO BALDERRAMA: «D'une salle de réani-
R 1995. Il est chef de
mation complètement équipée avec table dite clinique à la Clinique de Pédiatrie de l’Hôpital canto-
nal de Genève de 1989 à 1992 et chef de clinique en
de réanimation munie d'un apport d'oxygène gastro-entérologie et nutrition pédiatriques de 1993
dosé, d'un équipement et de matériel pour une à 1994, notamment en 1994 et 1995, chef de cli-
éventuelle intubation et maintien en respiration nique référant pour les transplantations hépatiques
assistée manuelle. De la possibilité d'installer des enfants.
des perfusions par veine périphérique ou par le
FMH en pédiatrie et sous-spécialité en gastro-enté-
cordon ombilical chez le nouveau-né, d'une
rologie pédiatrique.
source de chaleur, de moniteurs cardiaques,
respiratoires, de saturation d'oxygène, de la Il ouvre son cabinet privé en 1995, parallèlement à la
température, du sucre dans le sang, de la biliru- charge de pédiatre répondant à la Maternité de la
bine etc. En attendant, si besoin est, d'un éven- Clinique Générale-Beaulieu.
RAPPORT DU GROUPE HACCP service 7

Une chaîne sous contrôle

L’ENSEMBLE DES ÉTAPES QUI VONT DE LA FOURNITURE DES PRODUITS ALI-


MENTAIRES À LA DISTRIBUTION DES REPAS AUX CLIENTS DE LA CLINIQUE A
FAIT L’OBJET D’UNE ATTENTION MÉTICULEUSE. LE GROUPE HACCP - POUR
HAZARD ANALYSIS CRITICAL CONTROL POINT - DE LA CLINIQUE GÉNÉRALE-
BEAULIEU A EFFECTUÉ UN TRAVAIL D’ÉVALUATION ET DE MISE EN PLACE D’UN
SYSTÈME TRÈS COMPLET, PRÉVENTIF DE TOUS LES DANGERS POTENTIELS.

La démarche HACCP répond à des obligations


légales fixées par l’application de la Loi sur les LE GROUPE HACCP
denrées alimentaires (LDA) du 9 octobre 1992
et des ordonnances y relatives. Ce cadre légal Mesdames Coronado Jocelyne; Grange
prévoit notamment l’obligation d’un auto- Annie; Marchal Véronique; Vaudaux Céline
contrôle. Veillard Céline et Messieurs Blanchard
Bruno; Branche Denis; Chapon Jean-Luc;
La Clinique Générale-Beaulieu a mis sur pied un Debenest Laurent; Gomez Michel;
groupe de travail qui, de septembre 2004 à juin Schoenmann Pierre
2005, a identifié et défini tous les points cri-
tiques en matière d’hygiène, de chaîne du froid,
de nettoyage, etc., mis en place des procé-
dures pour les maîtriser, établi des mesures
pour le suivi et le contrôle des produits et en
assurer la traçabilité.

Le travail réalisé a permis de rencontrer les


fournisseurs, d’établir avec eux de nouvelles
procédures, comme par exemple l’élaboration
de check-listes rigoureuses, de veiller à la main-
tenance des produits comme des matériaux et
de mettre en place un fonctionnement métho-
dique qui assure, tant à la cuisine qu’à la café-
téria, un très haut niveau de qualité en matière
de sécurité et d’hygiène.
8 interview MME CORINNE MOUSSAVIAN, SOUS-DIRECTRICE
ET RESPONSABLE DE LA DIVISION RH

Les missions des RH PORTRAIT-EXPRESS


DE CORINNE MOUSSAVIAN

Madame Moussavian
a effectué ses études
dans différents pays,
plus particulièrement
au Moyen-Orient, aux
APRÈS LES INTERVIEWS DE MM. CLAUDE HAUSER, PRÉSIDENT DU CONSEIL Etats-Unis et en
D’ADMINISTRATION (N° 29) ET PHILIPPE CASSEGRAIN, DIRECTEUR GÉNÉRAL France. Ce fut l’oppor-
DE LA CLINIQUE GÉNÉRALE-BEAULIEU (N° 30), LE TRAIT D’UNION POURSUIT tunité de pratiquer plu-
SA SÉRIE D’ENTRETIENS AVEC LES CADRES DE L’ENTREPRISE. M CORINNE
ME sieurs langues et de
côtoyer différentes
MOUSSAVIAN, SOUS-DIRECTRICE, RESPONSABLE DE LA DIVISION RES-
cultures, ce qui lui per-
SOURCES HUMAINES, LOGISTIQUE ET IMMOBILIER, S’EXPRIME NOTAMMENT
met une approche par-
SUR LA STRATÉGIE DÉPLOYÉE EN 2005 EN CE QUI CONCERNE LES RH. ticulièrement aisée sur
le plan relationnel et
de l'écoute.
Au cours de son parcours professionnel elle a acquis
une solide expérience dans le management et les
ressources humaines, auprès d'importantes socié-
tés internationales telles que Albert Abela Corp.,
Daewoo France, et Laboratoires pharmaceutiques
Abbott. Elle est entrée en qualité de sous-directrice
Mme Moussavian, vous êtes en poste depuis 18 au sein de la Clinique Générale-Beaulieu en avril
mois. Quelles sont vos missions prioritaires? 2004.
Passionnée d'art et de littérature, elle consacre éga-
lement une partie de son temps libre à l'écriture et
CORINNE MOUSSAVIAN: «Tous les secteurs, qu’il à la poésie.
s’agisse des RH, de l’hôtellerie, de la restaura-
tion, de la logistique ou de l’immobilier, ont
leurs priorités. Il est vrai que, depuis la réorga-
nisation entreprise par la direction en octobre
2004, les RH ont pris une nouvelle dimension
en 2005, avec un souci de centralisation et de raine et concerne toutes les entreprises. Ce
motivation. Les départements conservent une terme recoupe, dans le jargon des RH, plu-
certaine autonomie dans la gestion de leurs sieurs champs, en particulier celui des cas de
propres ressources, notamment en matière de maladie et de maternité, mais aussi des acci-
sélection à l'embauche et de leur dotation en dents professionnels et non professionnels. La
personnel. Un des objectifs des RH pour 2005 gestion des absences est un facteur non négli-
et 2006 est de soutenir d'une manière plus acti- geable au niveau des ressources humaines et
ve les chefs de département dans leurs besoins doit permettre aux responsables de départe-
et leurs demandes spécifiques. Il est important ment de mieux anticiper et cibler les dotations
d'ajouter que d'autres objectifs prioritaires sont au regard de l'absentéisme. La direction géné-
actuellement en cours de réalisation, notam- rale et les ressources humaines sont actuelle-
ment mieux cibler la formation continue et la ment en train d'étudier la mise en place d'une
motivation, ce qui était d’ailleurs une attente du politique concernant la gestion de l'absentéis-
personnel. Le but est également d'appliquer la me, prévue pour 2006.»
politique de la direction générale en matière de
ressources humaines.» Comment sont organisées les RH de la clinique?

Que pensez-vous de l'absentéisme? CORINNE MOUSSAVIAN: «L’administration des RH


comprend deux personnes qui s’occupent plus
CORINNE MOUSSAVIAN: «La question de l’absen- particulièrement de la gestion administrative, à
téisme est une problématique très contempo- savoir des assurances sociales, des certificats
interview 9

de salaire, des contrats de travail, des professionnel des candidats. C'est une préoc-
décomptes, etc. En ce qui me concerne, j’inter- cupation des chefs de département, qui gèrent
viens au niveau du développement et de la cette démarche avec efficacité.»
stratégie à long terme, qu’il s’agisse des
évaluations, des dotations ou de la formation Evoquons vos autres missions, en particulier
continue, en coordination avec la direction. Je celles qui ont trait au secteur immobilier. En
peux compter sur le soutien de Mme Elena quoi consistent-elles?
Perez, qui a pris ses fonctions en février de
cette année, comme adjointe. Il s’agit, pour la CORINNE MOUSSAVIAN: «Je représente la direc-
partie administrative, de veiller à la bonne appli- tion au sein de la commission immobilière qui
cation des lois et règlements en vigueur, et, gère le budget établi par le conseil d’adminis-
pour la partie stratégique, de formuler des pro- tration et la direction pour la rénovation des
positions et de réaliser des programmes qui immeubles, programme échelonné sur plu-
répondent aux critères de qualité de la clinique. sieurs années. Nous disposons de l’apport de
Un effort important a été consenti, en 2005, en conseillers externes, comme les architectes.
ce qui concerne la formation spécifique pour La clinique a la particularité de disposer d’un
l'encadrement.» architecte d’intérieur, Mme Carole Bergerat, qui
veille à la mise en place d'un concept général
Concrètement, comment cette formation spéci- d'architecture d'intérieur. La commission immo-
fique se traduit-elle? bilière est présidée par Mme Sophie Brolliet,
administratrice.
Elle se réunit une fois par mois, sans compter
CORINNE MOUSSAVIAN: «Les différents modules
les séances de chantier ou autres. L’année
de cette formation spécifique répondent à des
2005 a été une année assez exceptionnelle en
besoins formulés par l'encadrement, notam-
matière de travaux: extension de la pouponniè-
ment en matière de communication ainsi qu'à la
re, rénovation de la Maternité, réalisation du
mise en place des trois chartes d’entreprise éla-
Centre de procréation médicalement assistée
borées durant la période 2002-2003, “Charte de
ainsi que des travaux en radiologie. Un chantier
management“, “Charte des soins“, “Charte n’est pas une chose statique. Il évolue. Par
des RH“, et qui seront mises en application en conséquent, le planning ainsi que le suivi bud-
2006. Il s’agit aussi d’améliorer la communica- gétaire doivent toujours être respectés.»
tion, ascendante et descendante, qui renforce
les labels de qualité. La Clinique Générale- En guise de conclusion, quelles sont vos res-
Beaulieu a consenti beaucoup d’investisse- ponsabilités en ce qui concerne l’hôtellerie et la
ments en matière d’équipement médical. Elle restauration?
investit aujourd’hui, avec la même énergie,
dans le capital humain.» CORINNE MOUSSAVIAN: «Le département de l'hô-
tellerie veille à assurer le confort des patients
Les médias évoquent régulièrement les pro- de manière optimale, ceci à travers ses mul-
blèmes rencontrés en matière de recrutement tiples fonctions et à maintenir notre standing au
dans le secteur des soins, notamment en ce qui regard de nos patients. Nous avons planifié des
concerne le personnel soignant. Qu’en est-il à la objectifs avec la responsable de l'hôtellerie afin
Clinique Générale-Beaulieu? d'améliorer nos procédures internes pour per-
mettre un suivi plus performant de notre systè-
CORINNE MOUSSAVIAN: «En effet, nous sommes me de qualité.
actuellement confrontés à un marché difficile au En ce qui concerne la restauration, la direction a
niveau du recrutement du personnel soignant. toujours souhaité proposer une cuisine de qualité
La question qui se pose, en matière de recrute- pour les patients et pour les collaborateurs. Afin
ment, pour la clinique, est de trouver le meilleur de renforcer cette exigence, nous avons mis en
profil professionnel en prêtant une attention par- place la méthode HACCP qui assure des normes
ticulière aux compétences ainsi qu'au parcours strictes en matière de qualité et de sécurité.» ■
10 politique santé INTERVIEW DE M. PETER KAPPERT, PRÉSIDENT DE
L’ASSOCIATION DES CLINIQUES PRIVÉES DE SUISSE

«Les cliniques privées


sont indispensables»

DÈS L’AUTOMNE 2005, UNE CAMPAGNE DE PROXIMITÉ EST ORCHESTRÉE PAR


LES DIVERSES ASSOCIATIONS RÉGIONALES OU LOCALES MEMBRES DE L’AS-
SOCIATION FAÎTIÈRE DES CLINIQUES PRIVÉES DE SUISSE. CETTE ASSOCIA-
TION, PRÉSIDÉE PAR M. PETER KAPPERT, PAR AILLEURS DIRECTEUR DE LA CLI-
NIQUE SONNENHOF À BERNE, AGIT NON SEULEMENT COMME UN LOBBY
AUPRÈS DES DIVERSES AUTORITÉS ET ADMINISTRATIONS PRÉSENTES DANS
LA CAPITALE MAIS DÉFEND ACTIVEMENT UNE MÉDECINE LIBÉRALE PRIVÉE DE
HAUT NIVEAU.

Monsieur Peter Kappert, président de l’Association


des cliniques privées de Suisse. (Ldd)

M. Kappert, vous présidez l’Association faîtière mation Les cliniques privées sont indispen-
des cliniques privées de Suisse et êtes membre sables, qui démarre cet automne, vise à amé-
du comité des Swiss Leading Hospitals, com- liorer la compréhension du rôle du secteur privé
ment décririez-vous vos responsabilités? davantage que son image. Car, même auprès
de médecins, cette compréhension est parfois
PETER KAPPERT (avec le sourire): «Complexes et diffuse ou réduite à quelques clichés. Cela pro-
passionnantes! Outre les activités associatives vient évidemment des conséquences de l’intro-
évoquées, je représente la Suisse au sein de duction de la LAMal, qui a fait beaucoup de
l’Union Européenne de l’Hospitalisation Privée dégâts et caricature la médecine publique et pri-
(UEHP), avec mon collègue Robert Bertchy, de vée en deux médecines: de pauvre et de riche.
Vevey. Nous ne sommes pas trop de deux pour C’est évidemment faux. Mais à voir le travail de
rencontrer les autorités de l’UE à Bruxelles. lobbying que nous devons entreprendre pour
Pour en revenir à la Suisse, le comité des CPS faire passer des messages de bon sens, tant
défend bien entendu les intérêts de ses auprès des parlementaires, de l’administration,
membres à Berne mais va bien au-delà en pre- que du Conseiller fédéral Pascal Couchepin, on
nant la défense d’une médecine libérale privée prend la mesure du chemin qui reste à parcou-
de qualité au nom de valeurs universelles qui rir. La campagne d’information de cet automne
sont les fondements de notre démocratie.» doit contribuer à faire mieux connaître les valeurs
d’une médecine libérale, rigoureuse et qui reste
Comment cela se traduit-il dans les faits? à la portée de la classe moyenne de ce pays.»

PETER KAPPERT: «Nous avons des relations sui- Pour cette médecine libérale, quelles ont été
vies avec l’Association faîtière des Hôpitaux de les principales conséquences de l’introduction
Suisse, H+, dont nous sommes membres, rela- de la LAMal?
tions qui se sont bien améliorées. Depuis une
année, j’ai rejoint le conseil de H+. Il faut savoir PETER KAPPERT: «L’assurance-maladie de base
que le secteur public domine le marché des obligatoire a accru considérablement la
soins en Suisse à hauteur des trois quarts et consommation de prestations médicales et
que le secteur privé occupe le quart restant. pharmaceutiques car elle a favorisé un réflexe
Cette proportion n’est pas mauvaise si l’on dès que le montant de la franchise a été atteint
compare la Suisse à d’autres pays, comme la ou dépassé. Deuxième conséquence grave,
Grande-Bretagne, où le secteur privé s’élève à d’un point de vue financier mais aussi moral: la
environ 10%. Notre nouvelle campagne d’infor- LAMal favorise un mode de consommation
politique santé 11
Pour en savoir plus sur l’Association des cliniques privées de Suisse
et sur le système «moniste» : www.privatehospitals.ch

standardisé, uniformisé. C’est comme si l’on moniste, c’est le contraire du système dual. Il
vous forçait, dès l’entrée de la Migros, à ne comporte l’immense avantage de mettre à
consommer que la gamme M-Budget, au détri- niveau l’hôpital public avec un établissement
ment non seulement de vos goûts mais aussi privé. Osons le dire: aujourd’hui, sans l’aide
de vos besoins. L’illusion, aujourd’hui, est de croi- gouvernementale, beaucoup d’établisse-
re, que l’on parviendra à réviser, à satisfaction, la ments publics auraient fait faillite. Le système
LAMal. Elle est le reflet d’une addition de bonnes moniste introduit un seul payeur, qui prend
intentions qui ne fait pas une bonne politique. tout à sa charge, y compris une participation
Pour aller de l’avant, il ne faut pas réviser cette loi, aux frais d’investissement. L’assureur devient
mais la supprimer. Et proposer autre chose.» ainsi le courtier du client et non plus un ache-
teur. Cela leur confère une importance
Et que propose l’Association des cliniques pri- accrue, mais sur des bases concurrentielles
vées de Suisse? également accrues. C’est ce qui fait peur, en
particulier à l’Etat».
PETER KAPPERT: «La Suisse, pays fédéraliste,
compte vingt-six systèmes de santé auquel Comment votre proposition est-elle
s’ajoute le système fédéral. C’est beaucoup accueillie?
pour sept millions d’habitants. C’est même
absurde. En fait, cela crée entre les cantons de PETER KAPPERT: «On sait que Pascal
véritables “Murs de Berlin“. Bonne chance au Couchepin est un “étatiste“ qui ne veut en
Genevois qui voudrait aller se faire soigner à aucun cas un affaiblissement du rôle du
Zurich! Le problème qui bloque la situation est secteur public ou du pouvoir politique. De
bien sûr le financement des hôpitaux publics, nombreux parlementaires connaissent notre
en particulier les soins stationnaires. Pour faire proposition. Mais les représentants des can-
simple, je n’évoquerai que les principales carac- tons et les directeurs de la santé publique
téristiques des trois systèmes de financement sont évidemment inquiets et y sont hostiles.
discutés dans le cadre de la révision de la LAMal: La santé, c’est aussi un enjeu de pouvoir où
des “roitelets“ entendent bien démontrer
- le système dual: les prestations stationnaires que l’on ne peut se passer d’eux. Notre pro-
sont payées par deux financiers, l’assurance- position n’est bien sûr pas perçue comme
maladie et la main publique. Les assureurs- une idée “socialiste“. Cela ne nous dérange
maladie endossent au maximum cinquante pas car nous la qualifions de “sociale“, c’est
pour cent des coûts considérés. Ne font pas autrement plus fort. Il est vrai que le système
partie des coûts considérés, les frais d’investis- moniste a pour effet de mettre une fin à
sement, de surcapacité ainsi que ceux de la vingt-six systèmes de santé pour n’en propo-
science et de la recherche. Les coûts pour ser qu’un seul, réaliste et finançable. A quoi
lesquels l’assureur est exonéré tombent à la sert-il de réformer la LAMal si l’on sait que
charge des collectivités publiques, dans les trente pour cent des Suisses doivent être
hôpitaux publics; soutenus par l’Etat pour le paiement de leur
prime?».
- le système dual fixe: les prestations station-
naires doivent également être payées par les
Selon vous, comment la situation va-t-elle
assureurs-maladie et par les collectivités
évoluer ces prochaines années?
publiques. Il s’agit toutefois de déterminer préa-
lablement et clairement la part que chacun
PETER KAPPERT: «Je crains que, si nos argu-
d’eux doit prendre en charge. Le Conseil
fédéral propose que les prix convenus avec les ments de bon sens ne sont pas entendus, la
hôpitaux (et non pas les coûts!) soient pris en santé des établissements publics aille encore
charge à parts égales. en se dégradant, à tel point qu’un nouveau
système ne puisse émerger que sur des
Ce que nous, Association des cliniques privées cendres. La pression et les déficits ne sont en
de Suisse proposons: fait pas encore assez élevés. C’est un peu
comme le prix de l’essence: tout le monde
- le système moniste: seul un financier doit râle, mais personne ne peut encore s’en pas-
prendre en charge les prestations découlant de ser. Alors, on paie. En ce qui concerne la
l’assurance de base.» réforme du système de la santé en Suisse, on
paye aussi un fonctionnement de démocratie
Pouvez-vous expliciter ce que vous entendez directe qui freine le progrès. Peut-être que
par système moniste? mon fils, qui a vingt ans, verra naître un nou-
veau système, plus efficace, et surtout plus
PETER KAPPERT: «Le système de financement juste». ■
12
brèves
MÉDECINES PARALLÈLES voit une étatisation mais aussi le passage des
hôpitaux sous la coupe des caisses. Un systè-
«Médecines parallèles: le peuple aura le dernier me qui rencontre des partisans, à droite comme
mot». Gros titre pour l’événement du mois de à gauche, pour maîtriser les coûts de la santé -
juin 2005. Le Conseiller fédéral Pascal 50 milliards en 2003 - à l’échelon national, mais
Couchepin a tranché: les médecines parallèles, qui suscite le rejet des cantons.
dont l’homéopathie, sont boutées hors des (La Tribune de Genève, 31 août 2005)
prestations remboursées par l’assurance-mala-
die. Cette décision, applicable dès juillet,
concerne aussi la médecine traditionnelle chi- FERMETÉ ZURICHOISE
noise, les thérapies neurales, la phytothérapie
et la médecine anthroposophique. «Se mettre les Romands à dos pour un centre
(La Tribune de Genève, 4 juin 2005) de médecine de pointe? Zurich assume». La
cheffe de la santé du canton de Zurich, Verena
Diener, a annoncé le 22 septembre 2005 que
INFIRMIÈRES ET EMPLOI son canton maintenait son refus de ratifier le
concordat intercantonal. Motif: Zurich veut
«Les infirmières ne sont plus épargnées par le deux centres pour la médecine de pointe. Une
chômage». Le canton de Genève recense décision mal acceptée par les autres directeurs
2’650 infirmières dont 180 cadres. Le plein cantonaux, notamment bâlois, favorables au
emploi n’existerait plus pour les infirmières. principe d’un réseau sur le modèle Genève-
L’Office cantonal de l’emploi recense 56 pro- Vaud.
fessionnelles en recherche d’emploi en avril (Le Temps, 23 septembre 2005)
2005. Parmi les éléments explicatifs soulevés:
l’âge et le revenu. Un constat contesté par le
directeur des HUG, André Laubscher, qui affir- NAISSANCES PAR CÉSARIENNE
me qu’il ne passe pas un mois sans que les
HUG n’engagent des professionnels de soins «La césarienne, un choix comme un autre?» Un
de plus de 40 ans. bébé sur trois, en Suisse, naît par césarienne.
(La Tribune de Genève, 14 juin 2005) Un taux parmi les plus élevés en Europe. La
journaliste du quotidien Le Temps, Sylvie
Arsever, livre une enquête fouillée qui donne la
GREFFE: ZURICH EN ÉMOI parole aux médecins, divisés sur la question.
Les cliniques pratiqueraient davantage de césa-
«Greffes du cœur à Zurich: Stop! On enquête».
riennes (40%) que les hôpitaux publics (26%),
Verena Diener, Conseillère d’Etat zurichoise,
sous la pression des «césariennes de confort».
annonce le 20 juin 2005 qu’elle décrète un
Un argument jugé «absurde» par le gynéco-
moratoire sur les transplantations cardiaques à
logue genevois François Hubert, médecin
l’Hôpital universitaire de Zurich. Motif: des
répondant à la Clinique des Grangettes.
médecins auraient greffé un cœur incompatible
(Le Temps, 5 octobre 2005)
en toute connaissance de cause. Une enquête
est en cours pour connaître les causes et cir-
constances du décès d’une patiente transplan-
SANTÉ ET LOBBYING
tée. Des événements très médiatisés qui ne
doivent pas faire oublier l’importance et la qua-
«Le lobby de la santé victime de paralysie».
lité de la transplantation en Suisse.
Près d’un parlementaire sur trois, à Berne,
(La Tribune de Genève, 21 juin 2005)
serait actif pour un lobby de la santé: assu-
rances, hôpitaux, industrie pharmaceutique
FINANCEMENT DES HÔPITAUX entre autres. Mais ce lobby serait fragmenté et
confronté à des intérêts trop divergents pour
«Santé: les sénateurs en route vers la révolu- être vraiment efficace. La révision de la LAMal,
tion». Christiane Brunner, présidente la qui piétine, en serait la démonstration. Les
Commission de la santé du Conseil des Etats, limites du lobbying seraient atteintes, la pres-
se déclare partisane du «financement moniste» sion populaire en faveur d’une caisse unique
des hôpitaux (ndlr: lire à ce sujet l’interview de rendant les caisses plus prudentes.
Peter Kappert dans ce numéro). Le projet pré- (Le Temps, 7 octobre 2005)
brève
13 mot du directeur

(suite de la page 1)
[...] le recul du nombre des assurances complé-
mentaires, ce qui est un indicateur des difficultés M. Philippe Cassegrain avec Mme
économiques rencontrées par nombre de familles Isabelle Aubert, directrice du CICG.
genevoises.
Le taux de personnes encore au bénéfice de com- LA CLINIQUE
plémentaires, à Genève, est de 35% en 2005, S’EXPOSE AU CICG
selon une étude réalisée par l’ACPG, contre 40%
en 1996. Ce taux de 35% peut être considéré Le Centre International de
comme encore élevé par rapport à la moyenne
Conférences de Genève
nationale qui se situe autour de 20%. Mais il ne
(CICG), à Varembé, a béné-
faut pas oublier que le taux genevois inclut les
assurés issus de la Genève internationale. Si ces ficié de douze mois de tra-
derniers n’étaient pas pris en compte, il serait sans vaux intensifs et d’un sou-
Présence amicale et souriante du Conseiller
aucun doute plus proche de la moyenne suisse. national Jacques-Simon Eggly. tien financier de la
Confédération de 37 mil-
L’accès aux complémentaires devient de plus en lions de francs pour sa rénovation. A l’occasion du
plus coûteux, en particulier pour les jeunes réaménagement de la décoration intérieure, la
familles. On constate par exemple, en matière de Clinique Générale-Beaulieu a souscrit un panneau
maternité, un transfert croissant du privé vers le d’information, dont la réalisation a été confiée aux
secteur public. La raison est évidemment la poli-
soins de l’agence ProPulsion, et qui se singularise
tique de surprime pratiquée par les assurances en
par son esthétisme et son efficacité.
matière de complémentaire pour la maternité. Si la
Clinique Générale-Beaulieu, qui fête en ce mois
d’octobre 2005 les dix ans de sa Maternité, connaît L’inauguration officielle du centre ainsi remis à
un réel succès, c’est en raison de la rigueur avec neuf s’est déroulée le 6 octobre 2005, en présen-
laquelle elle applique les conventions signées avec ce d’un millier de personnalités invitées, dont le
les assureurs, en veillant à être compétitive mais Conseiller national genevois Jacques-Simon Eggly
aussi en agissant en partenaire crédible et donc qui avait spécialement quitté la session du
fiable. Parlement à Berne pour assister à l’événement.
Mme Isabelle Aubert, directrice du CICG, a salué
Pour répondre à l’inquiétude croissante des assu-
l’initiative de la Clinique Générale-Beaulieu, en la
rés, nous sommes résolument en faveur de la cais-
personne de son directeur, M. Philippe Cassegrain,
se unique en ce qui concerne l’assurance de base.
Cela ne contribuerait pas à réduire les coûts de la en relevant l’originalité du panneau réalisé et en
santé de façon significative, mais cela éclaircirait à souhaitant contribuer ainsi activement au succès
coup sûr l’administration d’un système qui compte de la Clinique par cette présence au cœur de la
aujourd’hui plus de 40 caisses. La concurrence Genève internationale. La publication Interface,
existerait toujours pour les complémentaires. Le nouvelle lettre d’information de la Clinique
climat autour de l’assurance de base serait assaini, Générale-Beaulieu, en anglais et en français, y sera
notamment en supprimant cette migration d’une également diffusée.
caisse à l’autre, sous l’effet d’une diminution des
réserves obligatoires et par la suppression du sys-
tème fort coûteux de compensation des risques
qui n’aurait plus de raison d’être. Car, et c’est une
évidence, le système actuel génère des coûts
administratifs et empêche une véritable politique, IMPRESSUM
transparente et ouverte, en matière d’assurance
de base, mais aussi de complémentaires. Ligne éditoriale: Ont également
Philippe Cassegrain collaboré à ce numéro:
Notre vœu, comme président de l’ACPG et direc- Marian Stepczynski Dr Fernando Balderrama,
teur de la Clinique Générale-Beaulieu, est que les Dr Rolph Friedrich,
Rédacteur responsable:
jeunes générations puissent continuer à souscrire, Philippe Amez-Droz Mmes Solange Appertet,
aux meilleures conditions, aux assurances complé- Nathalie Bovet,
mentaires qui donnent accès à une médecine libé- Crédits photo:
Thierrypier Graindorge, Françoise Dimier,
rale de pointe. Pour cela, une réforme du système Catherine Lauper,
de l’assurance de base s’impose. Et vite. Graphisme & production: Corinne Moussavian,
Agence PM
Sophie Rossi.
PHILIPPE CASSEGRAIN Tirage: MM. Stephano Bisanti,
1’500 exemplaires Laurent Debenest,
Contact: Peter Kappert,
traitdunion@beaulieu.ch Walter Paolozza