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Principes fondamentaux de la finance islamique

L'Islam s’appuie sur les facteurs éthiques, moraux, sociaux et religieux pour défendre l'égalité
et l'équité pour le bien de toute la société. La finance islamique est fondamentalement
différente de la finance conventionnelle, et elle est structurée autour de grands principes
fondamentaux.

 P1 : Interdiction de l’intérêt :

En effet, La prohibition de l’intérêt et de l’usure ne se limite pas à la religion musulmane,


c'est aussi la religion chrétienne et juive qui ont interdit explicitement la pratique du taux
d'intérêt.
Le philosophe grec de l’antiquité Aristote qualifie la pratique du prêt à intérêt de détestable
dans son ouvrage « la politique » : « Ce qu'on déteste avec le plus de raison, c'est la pratique
du prêt à intérêt.» car, le profit qui en résulte est généré par l’argent lui-même et ne répond
en rien à l’objectif pour lequel a été découverte la monnaie. La monnaie a été créée en effet,
dans le seul but de permettre les échanges, c’est le même principe que l’islam défend, selon
la(charia), l’argent doit être généré uniquement par le travail. Toutes les transactions
financières doivent se fonder sur une activité économique réelle. Selon le Coran, l'argent n'est
qu'un instrument d'échange, et non une réserve de valeur.

 P2 : Interdiction de l’incertitude

Ce qui écarte la spéculation qui est une opération financière qui consiste à tirer profit des
fluctuations Naturelles des prix du marché Afin de réaliser des plus-values plutôt que de
satisfaire aux besoins D'une activité réelle. (Gharar, Maysir) et les instruments qui en
dérivent.

 P3 : Partage des pertes et profits

Soutient l'idée que la finance islamique est, en premier lieu, une finance participative, basée
sur le partage des pertes et profits, où aucune rémunération ne peut être garantie ou fixée
d'avance. Les parties d’une transaction financière doivent partager les risques et les
rendements y afférents (bénéfice ou perte). C’est-à-dire Les bénéfices et les pertes doivent
être partagés entre créancier et débiteur, au lieu d'être concentrés d'un seul côté.
Pour ces opérations, il existe deux techniques de base pour les prises de participation : La
Moucharaka dans laquelle la banque et son client participent ensemble au financement d’un
projet et la Moudharaba où une partie fournit le capital pour un projet, et l’autre, le travail

 P4 : Interdiction des actifs illicites :


C'est-à-dire, aucune transaction financière ne doit être dirigée vers des secteurs non
conformes à la Charia, comme l’armement, l’alcool, le tabac, les jeux d’argents. Les
entreprises considérées conformes à la charia sont celles qui sont socialement responsables,
c’est-à-dire qu’elles représentent un bénéfice pour la société et non un coût.

 P5 : Adossement à un actif tangible

La finance islamique est une forme de finance éthique au service de l'économie réelle : les
transactions financières sont systématiquement liées à des actifs réels. Autrement dit elle
exige que toute transaction financière doit être sous-tendue par un actif sous-jacent tangible et
identifiable

Les apports potentiels de la finance islamiques aux problèmes économiques


et sociaux:

La finance islamique en particulier pourraient apporter, entre autres alternatives, des solutions
à certains problèmes politiques, sociologiques et économiques : chômage, dégradation du
pouvoir d’achat, problèmes liés au développement et à l’infrastructure…

 L’absence de taux d’intérêt : les banques islamiques optent pour un partage des profits
mais aussi des pertes. Ce partage ne concerne que les résultats après déduction de
toutes les charges y compris la rémunération de l’exploitant.

 Au niveau des garanties, les banques islamiques demandent souvent presque les
mêmes que les banques classiques. Mais au niveau des banques islamiques ces
garanties peuvent être allégées ou même abandonnées au profit de la réputation du
promoteur, de l’impact social du projet et la qualité des relations entre l’entrepreneur
et la banque.
 Les formules d’investissements basées sur les techniques participatives, telles que «
Al Moudharaba » ou « Al Moucharaka » sont fortement plus juteuses que les
placements bancaires classiques, notamment en période de baisse de taux.

 La diversité des opérations financières islamiques qui peuvent être très utiles aux
PME donc Un moteur de croissance

 La banque islamique se trouve dans l’obligation de s'engager dans un ensemble de


pratiques qui servent à lisser les taux de rendements sur les comptes d’investissement
et ce, pour protéger leurs titulaires contre une variation défavorable des revenus
générés par les actifs financés par ces fonds d’investissement et leurs payer une
rémunération comparable à celle du marché.

 En ce qui concerne les projets innovateurs, ou ceux promus par de jeunes promoteurs
ne disposant pas des ressources nécessaires pour l’autofinancement, « Al Moudharaba
» pourrait constituer une solution

Défis et difficultés majeures :

Tariq Ramadan (2006) a mis en garde contre « l’hypocrisie » qui règne sur ce marché « les
promoteurs de la finance islamique ne font en réalité que remplacer le langage financier
classique par une terminologie spécifique, en gros, on change les noms, mais on fait la même
chose…pour viser à réaliser le même rendement que la finance traditionnelle... ». Cet effort
de conciliation entre les usages bancaires traditionnels et les règles religieuses régissant les
transactions commerciales et financières a été confronté, dès le début, à des difficultés
majeures :

 Le fonctionnement des marchés monétaires et financiers. L’interdiction de Riba et de


la spéculation fait que la liberté sur les marchés des capitaux soit restreinte. La
liquidité est sans doute la faiblesse la plus importante et les instruments de gestion de
la liquidité, c’est-à-dire les banques islamiques disposent de faiblesses structurelles du
système financier qui pèsent sur leur solvabilité et les exposent au risque de liquidité
sont souvent des instruments de taux ou des produits dérivés, interdits par la Charia.
Les banques islamiques ne peuvent pas bénéficier du refinancement auprès de la
banque centrale.

 L’absence d’un marché monétaire islamique accentue les problèmes de cohabitation


entre les banques conventionnelles et islamiques.

 Manque des normes réglementaires internationales aux banques islamiques dont les
produits et l’activité sont différents de ceux des banques conventionnelles.

 Les banques islamiques se sont dotées de comités religieux indépendants, conseils de


Charia, qui sont composés de théologiens spécialisés en droit financier. Ces comités
certifient que chaque produit est strictement conforme aux principes de la Charia et
participent activement au développement et à la surveillance des produits financiers
malheureusement ces instances religieuses sont limitées ou sous pression des
donneurs d’ordre, et présentent souvent des avis divergents quant à la conformité du
produit aux prescriptions de la Charia.

 La création de sociétés chargées de la commercialisation de tels produits donnera à la


banque islamique un rôle plus déterminant en matière d’investissement, ce qui
implique un partenariat durable entre le banquier, l’investisseur et le promoteur du
projet.

 Les produits financiers islamiques sont souvent plus coûteux que ceux des banques
classiques

 Des mesures d’accompagnement afin d’instaurer des règles spécifiques de bonne


gouvernance, de transparence fiscale dans les entreprises, et ce afin d’encourager les
institutions financières islamiques à privilégier les instruments participatifs