Vous êtes sur la page 1sur 9

Concepts : demande effective, taux de salaire réel et nominal, chômage involontaire

Actualité : cause du chômage, rôle de la demande et des salaires

THEME 4 : John Maynard Keynes :


Sous-emploi et demande
Partie I – L’analyse keynésienne du sous-emploi
Introduction : présentation générale

Document 1 :
A : p 352 du livre
B:
Certes, Keynes n'est pas un révolutionnaire: il croit que le capitalisme est un bon système, et
qu'il n'est pas souhaitable de le modifier de fond en comble. " Nous ne voyons pas pourquoi le
système actuel ferait un très mauvais usage des facteurs de production employés, écrit-il dans
la Théorie générale. Sans doute des erreurs de prévision sont-elles commises, mais on ne les
éviterait pas en centralisant les décisions [...]. C'est le volume et non la direction de l'emploi que
le système actuel détermine de façon défectueuse. " Sur ce plan, il s'écarte donc clairement de
la problématique de Marx, pour qui on ne pouvait rien espérer de bon du capitalisme. D'ailleurs,
Keynes n'avait que peu de considération pour Marx : puisant son inspiration chez Ricardo, ce
dernier participait, aux yeux de Keynes, du courant orthodoxe. Par exemple, il oppose Gesell, un
auteur méconnu et, selon; lui, important qui ambitionne de ' construire un socialisme
antimarxiste ", à Marx dont le raisonnement repose « sur l'acceptation des hypothèses
classiques ». La cause est entendue : Marx est un ricardien irrécupérable. Et Keynes, dans une
lettre à son ami George Bernard Shaw, annonçait qu'il préparait un livre de théorie économique
qui révolutionnera grandement [...] la manière dont le monde considère les problèmes
économiques" (ce sera la Théorie générale) et ajoutait que, dans ce livre, les fondements
ricardiens du marxisme seront démolis.. Marx, classique malgré lui? Politiquement, Keynes a été
longtemps membre du Parti libéral, situé au centre gauche de l'échiquier politique britannique.
Issu de la bourgeoisie intellectuelle, il s'en sentait profondément solidaire, et il s'est expliqué sur
son refus d'adhérer au Parti travailliste: -C'est un parti de classe, et cette classe n'est pas la
mienne. [...] La guerre de classe me trouvera du côté de la bourgeoisie éclairée. Et, dans un
texte de 1931 (cité par R. Heilbroner sans indication d'origine), il va plus loin a propos de Marx
et du marxisme: «Comment pourrais-je accepter cette doctrine qui exalte comme une bible, au-
dessus de toute critique, un manuel démodé dont je sais qu'il est non seulement
scientifiquement erroné mais encore inintéressant et inapplicable dans le monde moderne ?
Comment puis-je adopter une doctrine qui, préférant la vase au poisson, exalte le prolétariat
crasseux au détriment de la bourgeoisie et de l’intelligentsia qui, en dépit de tous leurs défauts,
sont la quintessence de l'humanité et sont certainement à l'origine de toute œuvre humaine ? "
Si l'on comprend bien, Keynes refusait d'être marxiste parce qu'il soupçonnait les marxistes de
ne pas se laver correctement : on n'est pas très loin de l'image du marxiste, le "couteau entre
les dents'. Aussi, quand Hayek - pour qui toute ingérence publique dans le domaine économique
annonçait inévitablement le Goulag - publia la Route de la servitude (traduit en français en
1946), Keynes lui écrivit une longue lettre : il le félicitait pour sa « position morale », plaidait
pour une « planification modérée " et ajoutait : « Malheureusement beaucoup de ceux qui
veulent la planification ne la souhaitent pas pour jouir de ses fruits mais parce que leurs idées
s'opposent moralement aux vôtres et parce qu'ils veulent servir non pas Dieu mais le diable. »
Voilà, on en conviendra, qui permet de relativiser l'image d'un Keynes crachant dans la soupe
capitaliste. D'ailleurs, la Chambre de commerce international de New York ne s'y est pas
trompée : au dernier étage de l'immeuble du Trade WorLd Center qui domine Manhattan (non
loin de Wall Street), un immense portrait photographique de Keynes est ainsi légende : « Le
sauveur du capitalisme » .Même si les partisans du laisser-faire ne partagent pas ce jugement,
c'est celui que l'histoire a imposé. ,
Source : D Clerc, Déchiffrer les grands auteurs, syros, 1995.
Questions :
1. Keynes est-il seulement un théoricien ?
2. Quel est le fondement de la méthode keynésienne, en quoi se distingue t’il des néo-
classiques ?
3. Keynes était-il révolutionnaire, l’était-il davantage que Marx ?
4. Keynes peut-il être considéré comme le sauveur du capitalisme ?
Section I – la lecture keynésienne de l’analyse classique de
l’emploi
I. Présentation de l’analyse néo-classique de l’emploi

A. L’impossibilité d’un chômage involontaire …

Document 2 : 3 p 353
Questions :
5. Expliquez le premier postulat. Détermine –t-il l’offre ou la demande de travail ? Quelle
relation établit-il entre l’offre ou la demande de travail et le taux de salaire réel ?
6. Explicitez le deuxième postulat. Quelle relation établit-il entre l’offre ou la demande de
travail et le taux de salaire réel ?
7. Définissez les deux types de chômage retenus par les auteurs néo-classiques.
8. Quel est, selon les auteurs néo-classiques, la situation du marché du travail ?
9. Pourquoi n’admettent-ils pas l’existence de chômage involontaire ?

B. Résulte de la loi de Say

Document 3 :
Depuis J.-B. Say et Ricardo, les économistes classiques ont cru que l'offre crée sa propre
demande, ce qui veut dire en un certain sens évocateur mais non clairement défini que la
totalité des coûts de production doit nécessairement, dans la communauté entière, être
dépensée directement ou indirectement pour l'achat de la production. [...]
Comme corollaire de la même doctrine, on a supposé que tout acte individuel d'abstention de
consommer conduisait à investir dans la production des biens capitaux le travail et les
marchandises qui n'étaient plus nécessaires pour la consommation
Source : op.cité
10.Explicitez la loi de Say .En quoi cette loi est-elle nécessaire comme fondement néo-
classique du marché du travail ?

II. Critique keynésienne de l’analyse néo-classique de l’emploi

A. L’offre de travail ne dépend pas du salaire réel

Document 4 : 4 p 354
Questions :
11. Répondez à la question 11 p 357
12.Quelle est l’hypothèse que postulent les auteurs néo-classiques ?
13. En quoi cette hypothèse n’est-elle pas vérifiée ? Remet-elle en cause la conception néo-
classique ?
14. Pourquoi peut-on dire que Keynes cherche à décrire la réalité telle qu’elle est et non pas
telle que les néo-classiques souhaitent qu’elle soit ?

Document 5 : 5 p 354
Questions :
15. Répondez à la question 14 p 357

B. La remise en cause de la loi de Say

Document 6 :
Que l'on ait appliqué ces conclusions au genre d'économie où nous vivons réellement, peut-être
cela résulte-t-il d'abord d'une fausse analogie avec une sorte d'économie sans échange comme
celle de Robinson Crusoé, où le revenu que les individus consomment ou épargnent en
conséquence de leur activité productrice est exclusivement et réellement constitué par les
produits en nature de leur activité. Mais en outre, s'il a paru très plausible que les coûts de la
production fussent dans leur ensemble toujours couverts par les produits des ventes résultant
de la demande, c'est parce qu'il est difficile de distinguer cette proposition d'une autre qui
possède une forme analogue et qui, elle, est incontestablement vraie, c'est que, dans une
communauté, il est nécessaire que le revenu obtenu par les membres qui participent à une
activité productrice soit dans son ensemble exactement égal à la valeur de la production.
De même, il est naturel de penser que l'acte par lequel un individu s'enrichit sans apparemment
rien prendre à autrui doit aussi enrichir la communauté tout entière, de telle sorte que [...] un
acte d'épargne individuelle conduit nécessairement à un acte parallèle d'investissement. Car, ici
encore, il est incontestable que la somme des accroissements nets de la richesse des individus
est exactement égale à l'accroissement global net de la richesse de la communauté. Ceux qui
ont raisonné ainsi n'en ont pas moins été victimes d'une illusion d'optique qui fait confondre
deux activités essentiellement distinctes. Ils ont cru à tort qu'il existait un lien unissant les
décisions de s'abstenir d'une consommation immédiate aux décisions de pourvoir à une
consommation future, alors qu'il n'existe aucune relation simple entre les motifs qui
déterminent les premières et ceux qui déterminent les secondes. [...]
Source : op. cité
Questions :
16.Comment Keynes conteste-t’il la loi de Say ?

Section II - la théorie générale keynésienne de l’emploi.

I. Présentation

A. Les déterminants de l’emploi

Document 7 : 6 à 9 p 354
Questions :
17. Définissez la notion de demande effective (doc 6)
18. Répondez à la question 2 p 357(doc 7)
19. Répondez aux questions 3 et 4 et définissez la notion de propension à consommer (doc 8)
20.Répondez aux questions 5 et 6 (doc 9)

B. La possibilité d’un chômage involontaire

Document 8 :
Dans la théorie traditionnelle, toutes les personnes désireuses de travailler sont censées pouvoir
à un certain salaire trouver de l'emploi ; on suppose qu'il n'existe pas de chômage involontaire
ou en d'autres termes qu'il y a « plein emploi ». Dans la théorie générale au contraire, le plein
emploi n'est qu'une situation limite ; il n'existe pas dans les circonstances normales. Il nous faut
maintenant définir [...] le chômage involontaire [...] dont la théorie classique n'admet pas la
possibilité.
Il est clair qu'un état de chômage « involontaire » ne signifie pas pour nous la simple existence
d'une capacité de travail non entièrement utilisée. On ne peut pas dire qu'une journée de travail
de huit heures représente du chômage parce qu'il n'est pas au-dessus de la capacité humaine
de travailler dix heures. Nous ne devons pas considérer non plus comme chômage involontaire
le refus de travail d'une corporation ouvrière qui n'accepte pas de travailler au-dessous d'une
certaine rémunération réelle. De notre définition du chômage « involontaire », il convient aussi
d'exclure le chômage « de frottement ». [...]
Si la théorie classique n'est applicable qu'au cas du plein emploi, il est évidemment trompeur de
l'appliquer aux problèmes du chômage involontaire, à supposer qu'une pareille chose existe (et
qui le niera?). [...] Il est indispensable [...] que l'on construise un système économique où le
chômage involontaire au sens strict du mot soit possible.
Source : JM Keynes, Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), © Payot.
Questions :
21. Définissez le chômage involontaire. Pourquoi le chômage involontaire n’existe-t-il pas
dans l’analyse classique ?
22. Quelle solution préconise alors Keynes ?

Document 9 : 10 p 355
Questions :
23. Répondez aux questions 15 à 19 p 357

II. Une analyse de la crise

Document 10 : 11 et 12 p 355
Questions :
24. Répondez aux questions 2 à 4 p 357 du III Se rapprocher du plein emploi

Document 11 :
Rien dans la détermination du niveau de Y ne garantit qu'il correspond au revenu (ou à la
production) permettant d'atteindre le plein-emploi. Ce serait même le résultat d'un hasard qu'il
en soit ainsi. En effet, Y dépend de la propension à consommer (qui est indépendante de
l'emploi) et de l'investissement qui est fonction de décisions qui ne font à aucun moment
intervenir la préoccupation de l'emploi.
Le chômage n'est donc pas une exception mais la norme dans une économie laissée à
elle-même dès lors que l'incitation à investir est insuffisante. Une telle économie est
pourtant en situation d'équilibre (de sous-emploi), c'est-à-dire dans un état qui risque de se
perpétuer parce que les agents économiques n'ont aucune raison de modifier les
comportements ou les décisions qui y ont conduit. En d'autres termes, contrairement à la
logique néoclassique du marché du travail, il n'existe ici aucune force de rappel qui écarterait du
sous-emploi. La régulation par les prix est inopérante.
Source: Op cité.
Questions :
25.Expliquez la phrase soulignée

Section III – les solutions au problème du chômage


I. Les effets pervers engendrés par les politiques néo-classiques selon
Keynes

Document 12 :
Pour tracer la courbe de demande dans une industrie particulière, on est obligé d'adopter
certaines hypothèses fixes quant à la forme des courbes de l'offre et de la demande dans les
autres industries et quant au montant de la demande effective globale. Il n'est donc pas légitime
de transférer le raisonnement à l'industrie dans son ensemble, à moins d'y transférer aussi
l'hypothèse de la fixité de la demande effective globale2. Or cette hypothèse réduit l'argument à
un escamotage du problème. Personne en effet ne songerait à nier que, lorsque la demande
effective reste constante, une réduction des salaires nominaux s'accompagne d'une
augmentation de l'emploi ; mais _la question à résoudre est précisément de savoir si la
réduction des salaires •nominaux laissera subsister ou non une demande effective globale qui,
mesurée en monnaie, sera égale à la demande antérieure ou n'aura pas, du moins, subi une
réduction pleinement proportionnelle à celle des salaires nominaux[...]
[Toutefois] puisque une réduction des salaires nominaux particulière à une entreprise ou à une
industrie est toujours profitable à cette entreprise ou à cette industrie prise individuellement ,il
se peut qu'une réduction générale des salaires, bien qu'elle produise en réalité des effets
différents, fasse naître, elle aussi, un état d'esprit optimiste chez les entrepreneurs ; ouvrant
ainsi une brèche dans le cercle vicieux des appréciations indûment pessimistes de l'efficacité
marginale du capital et remettant les choses en train sur la base de prévisions plus normales.
Questions :
26.Keynes rejette t’il toujours une politique de réduction des salaires ? Explicitez sa pensée.

Document 13 :
Chaque producteur individuellement fonde des espoirs illusoires sur des mesures qui aideraient
un producteur ou un groupe de producteurs particuliers, tant qu'ils seraient seuls à agir de la
sorte, mais qui ne peuvent profiter à personne si tout le monde les applique. [...] Si un
producteur ou un pays particulier diminue les salaires, alors, tant que les autres ne suivent pas
son exemple, ce producteur ou ce pays peut accroître sa part de marché. Mais si la réduction
des salaires est générale, le pouvoir d'achat de la collectivité est réduit dans la même mesure
que les coûts ; et, de nouveau, personne ne s'en trouve plus avancé. [...] Bien plus, si nous
parvenions à rétablir la production avec un niveau réduit des salaires correspondant au niveau
des prix d'avant-guerre, nous ne serions pas pour autant au bout de nos difficultés. Depuis
1914, en effet, un immense fardeau de dettes obligataires, nationales et internationales, a été
contracté, dettes qui sont libellées en termes monétaires. Toute baisse des prix accroît donc le
poids de cet endettement, puisqu'elle augmente la valeur de la monnaie en laquelle il est libellé.
Par exemple, si nous retombions au niveau des prix d'avant-guerre, la dette nationale
britannique serait à peu près supérieure de 40 % à ce qu'elle était en 1924 et double de sa
valeur de 1920 [...]. Dans une telle situation, il est fort douteux que les ajustements nécessaires
puissent intervenir à temps pour prévenir une série de faillites, de défauts de paiement et de
répudiations de dettes qui ébranleraient les assises de l'ordre capitaliste.
Source : John Maynard Keynes, « La grande récession de 1930 » (1930) in La Pauvreté dans
l'abondance Gallimard, 2002, pp. 124-125,
Questions :
27.Pourquoi les entreprises croient-elles que la baisse des salaires nominaux leur serait
favorable ?
28.Pourquoi selon Keynes s’agit-il d’une illusion ?
29.Comment cette baisse des salaires peut-elle déboucher sur une déflation cumulative ,
comme ce fut les cas dans les années 30 ?

Document 14 : 14 p 355
Source : John Maynard Keynes, Essais sur la monnaie et l'économie, Payot, 1971 (1931).
Questions :
30.Quel effet sur l’emploi doit avoir une augmentation de l’effort d’épargne selon les néo-
classiques
31.Qu’en est-il en réalité selon Keynes ?

II. Les solutions préconisées par Keynes

Document 15 :
C'est la situation actuelle que nous devrions trouver paradoxale. [...] Qu'il y ait 250 000 ouvriers
du bâtiment au chômage en Grande-Bretagne, alors que nous avons le plus grand besoin de
nouveaux logements, voilà le paradoxe. Nous devrions instinctivement mettre en doute le
jugement de quiconque affirme qu'aucun moyen, compatible avec des finances saines et la
sagesse politique, ne permet d'employer les premiers à construire les seconds. Quand un
homme d'État, déjà accablé de devoir secourir les chômeurs, déclare qu'une telle mesure
entraînerait, aujourd'hui et demain, des dépenses que le pays ne peut se permettre, ses calculs
doivent nous être suspects; et défions-nous du bon sens de celui à qui il paraît plus
économique, et mieux fait pour accroître la richesse nationale, de maintenir au
chômage les ouvriers d'un chantier naval, plutôt que de dépenser ce qu'ils lui coûtent
ainsi, à leur faire construire une des plus remarquables réalisations dont l'homme
soit capable.
Source : John Maynard Keynes «Les moyens de restaurer la prospérité»,La Pauvreté dans
l'abondance, coll. Tel, Gallimard, 2002 (1933).
Questions :
32.Expliquez la phrase soulignée

Document 16 : 15 p 356
Questions :
33. Répondez aux questions 7 et 8

Document 17 :16 p 356


Questions :
34.Répondez aux questions 9 et 10

Document 18 : 17 p 356
Questions :
35. Répondez à la question 11.

Partie II – L’actualité de la pensée de Keynes


Section I – les prolongements anti-keynésiens
I. L’effet Pigou

Document 19 :
Pigou fut un des derniers grands économistes classiques qui s'exprima [...] dans les années
1940. [...]L'effet Pigou [...] suppose que la baisse des prix augmente la richesse réelle, qui à son
tour accroît les dépenses de consommation. [...] En théorie, l'économie ne peut donc pas
demeurer en situation de sous-emploi, mais doit automatiquement s'ajuster jusqu'à ce que le
plein emploi soit atteint. [...]
La question de savoir si l'effet Pigou ou l'effet de richesse permettent un prompt retour au plein
emploi fut plusieurs fois débattue au fil du temps [...]. Des facteurs peuvent ralentir son action
[...]. Par exemple, si les individus s'attendent à des baisses de prix ultérieures, ils peuvent alors
différer leur consommation, augmentant ainsi le chômage.
De même, si les entreprises s'attendent à ce que la récession se prolonge, elles peuvent
surseoir à leurs projets d'investissement, causant ainsi une nouvelle hausse du chômage. En
outre, si la dépression est profonde, les faillites bancaires vont augmenter, réduisant encore la
dépense.
Source :Brian Snowdown, Howard Vane et Peter Wynarczyk, La Pensée économique moderne, ©
Ediscience, 1997.
Questions :

36.Définissez l’effet Pigou. Pourquoi peut-il être qualifié d’antikeynésien ?


37.Quelles en sont les limites ?

II. La critique friedmanienne

Document 20 :
À tout instant, un certain niveau de chômage a la propriété d'être compatible avec l'équilibre
étant donné la structure des taux de salaire réel. Pour ce niveau de chômage, les taux de salaire
réel ont tendance à croître à un taux normal, i.e. à un taux qui peut être maintenu indéfiniment
tant que la formation du capital, l'amélioration des techniques, etc., gardent leur tendance de
long terme. Un niveau de chômage plus faible indique qu'il existe un excès de demande de
travail qui exercera une pression à la hausse sur les taux de salaire réel. Un niveau de chômage
plus élevé indique au contraire qu'il existe un excès d'offre de travail qui exercera une pression
à la baisse sur les taux de salaire réel. En d'autres termes, le « taux naturel de chômage » est le
niveau qui serait produit par un système walrasien d'équilibre général pourvu que celui-ci
incorpore les caractéristiques structurelles du marché des biens et du marché du travail, y
compris les imperfections, les changements aléatoires de la demande et de l'offre, le coût de la
recherche d'information sur les emplois vacants et les disponibilités en main-d'œuvre,les coûts
de mobilité, etc. Vous admettrez la grande ressemblance entre cet exposé et la célèbre courbe
de Phillips. Cette ressemblance n'est pas fortuite. L'analyse de la relation entre le chômage et la
variation du salaire par Phillips [en 1958) est, à juste titre, bien connue ; c'est une contribution
importante et originale. Mais malheureusement elle souffre d'un défaut fondamental : la non-
distinction entre salaires nominaux et salaires réels. [...]
Implicitement, Phillips a écrit son article pour un monde dans lequel chacun anticipe que les prix
nominaux seront stables et dans lequel cette anticipation demeure ferme et immuable quoiqu'il
arrive aux prix et aux salaires. Supposons au contraire que tout le monde anticipe que les prix
vont croître à un taux annuel supérieur à 75 % - comme par exemple cela se produisit au Brésil
il y a quelques années. Alors les salaires doivent croître à ce même taux pour simplement
maintenir les salaires réels. Une offre de travail excédentaire se traduira par une croissance
moins rapide des salaires nominaux que celle des prix anticipés,2 et non par une baisse absolue
des salaires. Quand le Brésil s'embarqua dans une politique de baisse du taux d'inflation, et
réussit à le faire tomber à 45 %, il y eut tout d'abord une forte poussée du chômage parce qu'en
raison des premières anticipations les salaires continuèrent à croître à un rythme plus élevé que
le nouveau taux de croissance des prix. [...]
En utilisant le terme taux « naturel » de chômage, je ne veux pas dire qu'il est immuable et
invariable. Au contraire, beaucoup des caractéristiques du marché qui détermine son niveau
sont artificielles et le résultat d'une politique. Aux Etats-Unis par exemple, la législation sur les
taux de salaire minimaux, [...] et la puissance des syndicats font que le taux de chômage
naturel est plus élevé qu'il ne serait autrement. Les améliorations dans les échanges d'emploi,
dans la disponibilité des informations sur les vacances d'emploi et sur l'offre de travail, et ainsi
de suite, tendraient à abaisser le taux de chômage naturel.
1. Il est peut-être utile de noter que ce taux « naturel » ne correspond pas nécessairement à
l'égalité entre le nombre de chômeurs et le nombre d'emplois vacants. Pour une structure
donnée du marché du travail, il y aura des relations d'équilibre entre ces deux grandeurs, mais il
n'y a aucune raison pour que cette relation soit une égalité.
2. A strictement parler, la croissance des salaires nominaux sera moins rapide que la croissance
anticipée des salaires nominaux de façon à tenir compte du comportement à long terme des
salaires réels.
Source : Milton Friedman, « Le rôle de la politique monétaire »,The American Economie Review,
mars 1968, traduit par Gilbert Abraham-Frois et Françoise Larbre dans La Macroéconomie après
Lucas
Questions :
38. Définissez le terme de taux de chômage naturel
39. De quoi est- il fonction ? Est-il nul ?
40. Sur quel point essentiel Friedman s’oppose-t-il à Keynes ?
41. De quoi sont victimes selon Friedman les salariés dans la courbe de Phillips ?
42. Quelle critique en fait Friedman ?
43.Montrez que l’analyse développée par Friedman s’inscrit dans la logique libérale et
s’oppose à celle de Keynes ?

Section II– les nouvelles théories du salaire


I. La théorie du salaire d’efficience

Document 21: 1 p 359 jusqu’à licenciement (fin paragraphe 2)


Questions :
44. Répondez aux questions 1 à 3

II. La théorie insiders-outsiders

Document 22 : 1 p 359 à partir de les théories insiders outsiders


Questions :
45.Répondez aux questions 4 à 6

III. La théorie des contrats implicites

Document 23 : 2 p 359
Questions :
46.Répondez aux questions 7 et 8

Ressources complémentaires

Sur le web

Des cours :

• Sur le site du LOG, un cours complet et très bien fait de P.Bailly : ici
• Sur le site de R.Chartoire, un résumé, des problématiques et des
questions possibles : ici

Des activités interactives :

• Sur le site du LOG :


- ici

• Sur le Cybermanuel de Bordeaux, un QCM : ici

• Sur le site de Grenoble, des activités interactives, coût du traavil et emploi : aller
aux oppositions théoriques : ici

Des sujets de bac :

• Sur le site de Versailles, tous les sujets donnés au bac sur J.M.Keynes :
ici