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Table des matières


Dédicaces................................................................................................................................i
Remerciements.......................................................................................................................ii
Liste des Acronymes..............................................................................................................iv
Liste des tableaux et graphiques............................................................................................vi
Résumé................................................................................................................................viii
Summary.................................................................................................................................x
Liste des annexes..................................................................................................................xii
INTRODUCTION.......................................................................................................1

CONCLUSION........................................................................................................ 55

INTRODUCTION
Depuis la découverte du premier cas en 1981 aux Etats Unis d’Amérique le
nombre de cas de personnes atteintes par le virus s’accroit de manière
exponentielle. Face à cette situation préoccupante, l’OMS en collaboration
avec les partenaires au développement ont mis en place plusieurs stratégies
pour contrer la propagation rapide de ce fléau qu’est le Sida. C’est dans cette
perspective que l’ONUSIDA a vu le jour et concomitamment plusieurs
programmes ont été élaborés en mettant en avant des stratégies bien ciblées
de lutte contre le Sida.

Au Niger, depuis la découverte du premier cas en 1987, plusieurs plans ont


été établis et mis en œuvre. Il s’agit de :

 Le plan à court terme de 1987 à 1989 ;

 Le plan à moyen terme de 1e génération de 1990 à 1992 ;

 Le plan à moyen terme de 2e génération de 1994 à 1998 ;

 Le Cadre stratégique national de 2002 à 2006 ;

 Et enfin le cadre stratégique national de 2008 à 2012.

Tous ces efforts ont permis de maintenir le taux de séroprévalence nationale


à 0,7% en population générale selon l’EDSN 2006.
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Malgré cette situation qui est fort réjouissante, le Niger fait face à une
épidémie concentrée car la séroprévalence à l’intérieur de certains groupes
vulnérables est importante : 25,4% chez les professionnelles du sexe, 3,8%
chez les Forces de Défense et de Sécurité et 2,8% chez les prisonniers. [1].
C’est pour répliquer à cette préoccupation et développer la culture du statut
sérologique que le Gouvernement de la République du Niger avec l’aide de
ses partenaires a créé et équipé des centres de dépistage volontaire.
Nonobstant l’existence des structures de dépistage le taux de dépistage du
VIH reste encore faible.

Aussi il est important de voir quels sont les facteurs qui influent sur le faible
taux de dépistage. C’est pour répondre à cette interrogation que nous avons
mené une étude intitulée « Acceptabilité du test de dépistage VIH par les
populations : cas de la Commune Urbaine de Dosso.

Le présent travail sera articulé autour de quatre chapitres qui sont :

Chapitre I : Cadre théorique ;

Chapitre II : Cadre méthodologique ;

Chapitre III : Présentation et discussions des résultats

Chapitre IV : Conclusion et recommandations


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I. CADRE THEORIQUE

I.1. Problématique

La population Nigérienne est estimée en 2008 à 13 009 723 habitants à


partir des données du recensement général de la population et de l’Habitat de
2001. Le taux d’accroissement moyen est de 3,3% avec un indice synthétique
de fécondité de 7,5 enfants par femme. L’espérance de vie à la naissance est
de 54,5 ans en 2007. Le Niger accuse des taux de fécondité et de mortalité les
plus élevés du monde. La population vit dans une très grande proportion
(83,7%) dans les zones rurales. Les femmes et les jeunes de moins de 15 ans
représentent respectivement 50,1% et 47,4% de la population. [1]

En 1987, le premier cas de VIH/SIDA était notifié au Niger. Depuis, le taux


de séroprévalence dans la population générale reste inférieur à 1%. Toutefois,
des taux supérieurs sont rapportés dans certaines régions telles que Diffa,
Agadez et Niamey (respectivement 1,7%, 1,6% et 1,4%). Les taux sont plus
inquiétants parmi certains groupes vulnérables : 25,4% chez les
professionnelles du sexe, 3,8% chez les Forces de Défense et de Sécurité et
2,8% chez les prisonniers. Bien que le taux de séroprévalence nationale parmi
les femmes en âge de procréer ne soit que de 0,7%, celles-ci restent un
groupe particulièrement vulnérable au VIH/SIDA. Parmi elles, seulement deux
sur trois ont entendu parler du VIH/SIDA, et une sur dix du dépistage. Dans ce
contexte, la prise en charge des femmes séropositives et de leurs nouveau-
nés est très faible et le risque pour ces enfants de contracter le virus du VIH
est très élevé. Les adolescents et jeunes de 15 à 24 ans et notamment les
jeunes filles constituent également un groupe particulièrement à risque : selon
l’enquête EDS-MICS1 2006, la prévalence du VIH chez les jeunes femmes de
20 à 24 ans est de 1% contre 0,3% chez les jeunes hommes de la même
tranche d’âge.
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A l’évidence on peut remarquer que la proportion de tests réalisés reste faible


à tous les niveaux. Elle est de 23,90% (1130/4729) chez les femmes vues en
CPN selon le rapport de la PTME de 2007 du district sanitaire de Dosso.

Cet état de fait peut être expliqué par différents facteurs qui sont liés au
service, à la maladie et aux facteurs socioculturels et économiques.

Localisé dans la région de Dosso, le District sanitaire de Dosso couvre


une superficie de 8750 Km2 soit 28,16% de la superficie totale du territoire
régional. Il est situé au centre de la dite région entre les coordonnées 3° et 3°
50 longitude Est, 12° 10 et 13° 30 latitude Nord. Il s’étend sur 108 Km d’Est en
Ouest et 81 Km du Nord au Sud. Il est limité à l’Est par le Département de
Dogondoutchi, à l’Ouest par le Département de Boboye, au Nord par le
Département de Loga et au Sud par le Département de Gaya et la République
du Bénin

Sa population estimée en l’an 2008 à 443 304 habitants, croît à un rythme


de 2,8% en moyenne par an. Cette population est dans l’ensemble rurale à
89% [2].

Le profil sanitaire se caractérise par des taux de mortalité élevés. Ainsi, le taux
de mortalité maternelle oscille entre 500 et 700 pour 100 000 naissances
vivantes ; alors que le taux de mortalité infantile est de l’ordre de 97 pour 1000
naissances vivantes et la mortalité générale oscille entre 14 et 16 pour mille
(MICS II, 2006). 51% de la population ont moins de 15 ans.

Le système de soins offre le paquet minimum d’activités (PMA) dans


90% de ses formations sanitaires fonctionnelles mais seulement 37% de la
population ont accès aux PMA.

Une des conséquences de ce qui précède est la faible couverture sanitaire en


infrastructures et en personnel, comme en témoignent les ratios suivants :
médecin/population (1/443304), infirmier/population (1/11666), SFDE
(1/11652).
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L’insuffisance de la couverture sanitaire 37,68% (PDS, 2008-2012) est


accentuée par une faible disponibilité des services et l’insuffisance des
compétences requises dans le secteur.

A ces facteurs, il faut ajouter le faible taux de dépistage du VIH. En effet, selon
le service des statistiques du district sanitaire de Dosso, ce taux est de
23,90% en 2007 (activités PTME). Depuis la mise en œuvre de la stratégie
PTME en 2003, ce taux de dépistage reste encore bas pour les femmes vues
en CPN. La logique veut que le niveau de dépistage soit déterminé avec
précision pour le reste de la population de Dosso notamment les PS, les
scolaires, (élèves et étudiants), les militaires... Malheureusement, cette
situation relative au dépistage reste muette chez toutes les populations cibles
citées ci-dessus mieux, les personnes restent très réservées quant au
dépistage quand ce n’est pas un refus catégorique qu’elles affichent.

Devant cette situation inquiétante, il est opportun d’identifier les causes


entraînant la faible utilisation des services pour le dépistage du VIH par la
population de Dosso pour mieux connaître leur statut sérologique.

Ainsi, nous nous demandons :

• Quels sont les facteurs socioculturels et économiques qui entravent


l’acceptabilité du test ?

• Quels sont les facteurs liés au service qui influencent le dépistage par
les populations ?

• Quels sont les facteurs liés à la maladie qui influencent le dépistage par
les populations ?

• Quels sont les différents avantages du test de dépistage ?

La réalisation de cette étude se justifie par le fait que malgré les multiples et
louables efforts et tentatives menés par les autorités sanitaires du district
sanitaire de Dosso, pour remédier au problème de faible taux de dépistage du
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VIH ce taux reste toujours bas. Les sensibilisations de la population, le


renforcement des compétences des agents de santé (infirmiers et SFDE et
biologistes), les supervisions régulières sont restées insuffisantes pour
changer la situation.

Malgré la stratégie PTME et l’appel des Autorités pour le dépistage volontaire


et anonyme initiés pour améliorer la prévention de la transmission du VIH, le
taux de dépistage du VIH reste faible et préoccupe les responsables du district
sanitaire de Dosso. C’est pourquoi, l’étude sur l’acceptabilité du test de
dépistage du VIH par les populations au niveau de la Commune Urbaine de
Dosso est utile afin de déterminer les vrais facteurs liés au faible taux de
dépistage du VIH.
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I.2. Diagramme d’analyse du problème :

Commentaire du diagramme :

La prévention est le fondement de la riposte au SIDA, mais elle est


rarement mise en œuvre à une échelle susceptible d’inverser le cours de
l’épidémie. Il existe des interventions efficaces, peu coûteuses et relativement
simples de prévention du VIH telles que le dépistage mais cette intervention
se heurte à plusieurs facteurs qui entravent l’acceptabilité de ce test par les
populations. Ces facteurs sont soit liés à la maladie, au service et d’origine
socioculturelle et économique.
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I.3. Revue de la littérature :

Selon les estimations de l’ONUSIDA, chaque jour, plus de 7400


personnes sont infectées par le VIH et plus de 5500 succombent à la maladie,
principalement parce qu’elles n’ont pas eu accès aux services de prévention,
de traitement et de soins du VIH.[3] La pandémie de VIH reste le défi
infectieux le plus grave en matière de santé publique. Toujours, selon cette
agence des Nations Unies, le nombre de personnes vivant avec le VIH en
2007 se chiffre à 33,2 millions dont 30,8 millions d’adultes, 15,4 millions de
femmes et les enfants moins de 15 ans 2,5 millions. Les nouvelles infections à
VIH en 2007 s’élèvent à un total 2,5 millions pour 2,1 millions adultes et 420
000 d’enfants de moins de 15 ans. [4]
En dépit des progrès réalisés dans l’extension de la riposte ces dix dernières
années, la pandémie de VIH demeure la plus grave menace pour la santé
publique mondiale. Des huit domaines abordés par les objectifs du Millénaire
pour le développement (OMD:), six (réduction de la pauvreté et de la mortalité
infantile, accès élargi à l’éducation, égalité des sexes, amélioration de la santé
maternelle et lutte contre les principales maladies infectieuses) voient leurs
progrès compromis par la poursuite de la transmission du VIH et son
développement en sida.

Plus que toute autre partie du monde, l'Afrique paie un lourd tribut au
VIH/SIDA qui menace de réduire à néant tous les acquis de ces dernières
années en matière de développement économique et social. L’Afrique
subsaharienne reste la région du monde la plus touchée par l’épidémie de
sida. Plus de deux tiers (68%) de toutes les personnes infectées par le VIH
vivent dans cette région où se sont produits plus de trois quarts (76%) de tous
les décès dus au sida en 2007. On estime que 1,7 million de personnes ont
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été nouvellement infectées par le VIH en 2007, ce qui porte à 22,5 millions le
nombre total de personnes vivant avec le virus.
Contrairement à ce qui se passe dans d’autres régions, la majorité des
personnes vivant avec le VIH en Afrique subsaharienne (61%) sont des
femmes. Ainsi, l’ampleur et les tendances des épidémies de cette région sont
très variables et l’Afrique australe est la plus gravement touchée. Cette sous-
région compte 35% de toutes les personnes vivant avec le VIH et presque un
tiers (32%) de toutes les nouvelles infections à VIH et de tous les décès dus
au sida à l’échelle mondiale en 2007. La prévalence nationale du VIH chez
l’adulte était supérieure à 15% dans huit pays en 2005 (Afrique du Sud,
Botswana, Lesotho, Mozambique, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe).
S’il semble avéré que la prévalence nationale du VIH marque une baisse
significative au Zimbabwe, les épidémies d’une bonne partie du reste de la
sous-région ont soit atteint un plateau soit s’en approchent. Ce n’est qu’au
Mozambique que les données les plus récentes sur le VIH (2005) ont montré
une augmentation de la prévalence par rapport à la période de surveillance
précédente.
Pour la plupart des pays d’Afrique de l’Est, la prévalence du VIH chez les
adultes est stable ou a commencé à baisser. C’est au Kenya, où l’épidémie de
VIH est en déclin et s’accompagne de preuves de modification des
comportements, que cette dernière tendance est la plus évidente. Outre les
changements de comportements, la mortalité parmi les personnes infectées
par le VIH il y a plusieurs années contribue aussi aux baisses de la
prévalence.
Le stade de l’épidémie de VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest varie en fonction
des pays. Dans les pays les plus sévèrement touchés, quelques
établissements de santé font état de taux de prévalence du VIH supérieurs à
10 %. La Côte d’Ivoire rend compte des taux de prévalence du VIH les plus
élevés depuis le début de l’épidémie, en particulier dans le cas des femmes
enceintes pour lesquelles la prévalence du VIH dépasse celle de tous les
autres pays. Au Nigéria, la prévalence de l’infection a augmenté au cours des
10

dernières années pour atteindre, entre autres, 5,8 % des femmes enceintes en
2001. Les pays les plus épargnés se comptent dans les pays du Sahel
(Sénégal, Gambie, Mali, Niger, Mauritanie) et en Algérie avec une prévalence
égale à 1%, voire inférieure. [5]
Le Niger est l’un des pays de l’Afrique de l’Ouest où l’épidémie du VIH est
à un niveau bas. L’inclusion du test du VIH dans l’EDSN-MICS-III effectuée en
2006 a permis une nouvelle estimation de la prévalence dans la population
générale. Le profil épidémiologique de l’infection à VIH peut être résumé
comme il suit :

• la prévalence dans la population générale (données EDSN-MICS III


-2006) est de 0.7%.

• une enquête menée en 2002 par l’UNFPA dans ses zones d’intervention
a fait ressortir un taux de 2.4% chez les femmes enceintes à Arlit.

• dans plusieurs sous populations, la prévalence du VIH depuis plusieurs


années est relativement plus élevée que la moyenne nationale fournie
par EDSN-MICS en 2006 (33,98% chez les professionnelles du sexe en
2005, 3.8% chez les militaires en 2002, 2.1% chez les miniers en 2004
et 1.5% en PTME en 2006) [6]

Bien que le Niger soit dans une épidémie répondant aux critères d’épidémie
concentrée, il y a des foyers où l’infection peut se disséminer comme dans les
régions à prévalence plus élevée que celle du niveau national (Diffa, Agadez,
Niamey et Tahoua) et certaines sous populations au sein desquelles des
études réalisées ont montré des valeurs assez élevées par exemple chez les
professionnelles de sexe, les miniers de certains sites et les exondants. [1]

Par ailleurs, la prévalence maximale est observée aussi bien chez les femmes
que chez les hommes à 35-39 ans (1,4 % chez les femmes et 2,6 % chez les
hommes). Dans l’ensemble, la séroprévalence est de 0,8 % chez les hommes
contre 0,7 % chez les femmes.
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Malgré que l’enquête EDSN 2006 n’ait pas produit de données sur les profils
socioprofessionnels des personnes infectées, les données provisoires de
routine du SNIS (Janvier-Septembre 2006) indiquent une séroprévalence de
33,98% chez les professionnelles du sexe. Ces données ne sont pas très
différentes de celles de l’enquête réalisée par l’UNFPA dans six (6) sites sur
10 de ses zones d’intervention (38,4%). Les régions les plus concernées sont
celles de Tahoua (44,97%) et Maradi (39,29%). La séroprévalence de
l’infection à VIH chez les partenaires sexuels payant des professionnelles du
sexe était estimée en 2005 à 2,2 % dans la communauté urbaine de Niamey.
Concernant les femmes enceintes, la séroprévalence moyenne est de 2,13%
dans les zones d’intervention de l’UNFPA. Par contre, elle était de 1,5 % en
2006 sur l’ensemble des 82 sites PTME.
D’après une estimation de l’ONUSIDA datant de décembre 2007, le
nombre théorique moyen de personnes séropositives s’évalue à 59 527 au
Niger. Ainsi, selon l’hypothèse classique que 10 à 15% d’entre elles sont au
stade de SIDA maladie, il y aurait de l’ordre de 5952 à 8929 cas de SIDA dans
le pays en 2007. Enfin, L’UNICEF estime 5 à 12.682 le nombre d’orphelins
dans ses zones d’intervention et à 24.000 au plan national.

En ce qui concerne le dépistage, depuis son ouverture, le centre de traitement


ambulatoire (CTA) a ouvert 2050 dossiers de patients séropositifs (file active),
pratiqué 3674 dépistages et traité 750 patients séropositifs (file active).
Quelques chiffres ont été révélés : sur 2278 personnes dépistées, 421 tests
ont été retrouvés VIH+ (18,5%) avec 54,6% de femmes et 45,4 % d’hommes.
En 2005 sur 805 personnes dépistées, 181 (22,5%) se sont révélées
séropositives VIH.
Fin 2005, sur les 863 patients de la file active du CTA, 38 avaient de 0 à 15
ans, 765 de 16 à 49 ans et 60 avaient plus de 50 ans. 446 personnes étaient
suivies et 284 PVVIH étaient sous ARV.
Au CEDAV (centre de Dépistage anonyme et Volontaire), 5.000 dépistages
ont été réalisés à ce jour, soit environ une moyenne de 200 dépistages par
12

mois et de 6 à 7 par jour. En 2002, 120 séropositifs ont été dépistés, 71 en


2003, 91 en 2004, soit un total cumulé de 282 personnes séropositives pour
les trois premières années d’activités du centre. En 2005, 240 séropositifs ont
été dépistés et orientés vers la CESIC. [1]

I.4. Objectifs de l’étude

I.4.1. Objectif général :

Déterminer le degré d’acceptabilité du test de dépistage du VIH par les


populations en vue de contribuer à la réduction de la transmission du VIH/Sida

I.4.2. Objectifs spécifiques :

1. Identifier les facteurs socioculturels et économiques qui entravent


l’acceptabilité du test ;

2. Identifier les facteurs liés au service qui influencent le dépistage par les

populations ;

3. Identifier les facteurs liés à la maladie qui influencent le dépistage par les

populations ;

4. Dégager les différents avantages du test de dépistage ;

5. Formuler des recommandations en vue renforcer l’acceptabilité du test.

I.5. Définitions opératoires des concepts

Acceptabilité : Ici c’est le consentement exprimé par les populations vis à vis
du test de dépistage.
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Test : nous entendons par test une épreuve permettant de mesurer par un
prélèvement de liquide biologique la présence ou l’absence d’un organisme
pathogène chez un individu. Ici il s’agit du VIH.

Dépistage : Technique médicale qui consiste à vérifier la présence ou non


d’un agent pathogène dans l’organisme humain.

VIH : Virus de l’immunodéficience humaine, responsable du Sida.

Population : nous entendons ici, l’ensemble des habitants de la ville.

Stigmatisation : nous entendons ici les opinions des individus sur les
personnes séropositives ou atteintes du Sida.

Discrimination : Attitudes des individus vis-à-vis des personnes séropositives


ou atteintes du Sida

Avantage : Ce dont on peut tirer parti pour un profit.

SIDA : Syndrome d’Immunodéficience acquise, maladie causée par le VIH.


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I.6. Présentation du champ d’étude

Le Département de Dosso couvre une superficie de 8750 Km2 soit


28,16% de la superficie totale du territoire régional. Il est situé au centre de la
dite région entre les coordonnées 3° et 3° 50 longitude Est, 12° 10 et 13° 30
latitude Nord. Il s’étend sur 108 Km d’Est en Ouest et 81 Km du Nord au Sud.
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Il est limité :

 A l’Est par le Département de Dogondoutchi ;


 A l’Ouest par le Département de Boboye ;
 Au Nord par le Département de Loga ;
 Au Sud par le Département de Gaya et la République du Bénin
I.6.1. Géographie

I.6.1.1. Relief

Le relief comprend quatre (4) groupes écologiques :

• Groupe à micranthum nigerican et acacia macos tachya (brousse tirée)


• Groupe à bombax costatum et combretum collinum
• Groupe à lancera acida et cannea microcarpa
• Vallées sèches (affluents fossiles du fleuve)
On rencontre les espèces suivantes :

• Panarinari
• Macrophylla
• Anona Sénégalensis
• Acacia Alida
I.6.1.2. Infrastructures hydrauliques

A la date du 31 Décembre 2006, le Département de Dosso comporte :

- Puits cimentés : 420


- Forage exploitable : 580
- Mini AEP : 44
- Taux de couverture en points d’eau modernes en 2006 est de 91,76%.
Cette couverture ne reflète pas la réalité. On note une concentration des
PEM dans certaines zones plus qu’il en faut alors que d’autres sont
insuffisamment couvertes. C’est ce qui explique un besoin en points d’eau
modernes de 1 484 malgré ce fort taux trompeur de couverture. En effet,
16

au regard des existants (1 044) et des besoins (1 484), la couverture réelle


n’est que de 41,29%
Il faut aussi rappeler que le nombre de PEM n’est pas bien maîtrisé, car
un bon nombre est soit non inventorié (réalisé à l’insu des services de
l’Hydraulique), soit non fonctionnel.

I.6.1.3. Hydrographie

Elle se repartit en deux unités hydrogéologiques bien distinctes et


superposées :

• La nappe phréatique (que captent généralement les puits modernes,


traditionnels et les forages)
• Les nappes sous-pressions plus ou moins profondes de la région sud
appelées les aquifères pliocènes du quartenaire.
La seule source d’eau permanente en matière de potentialité hydrique du
département est le fleuve Niger qui longe le sud du département de Dosso sur
une distance d’environ 30 Km et qui matérialise la frontière avec le Bénin.

Son hydrogramme varie de moins d’un mètre (1 m) pendant l’étiage à plus de


huit (8) mètres pendant la crue. C’est le lieu privilégié des activités piscicoles,
agricoles et celles de l’élevage dans la bourgoutière.

Le fleuve est utilisé comme voie de communication et d’échanges pour les


cultures, la pêche, l’abreuvage des animaux et les besoins domestiques

Le système hydrographique du Département de Dosso est composé de :

- D’un cours d’eau permanente : le fleuve Niger sur 30 Km.


- Des mares permanentes, semi permanentes et mares temporaires
reparties comme suit : 1 mare permanente 28 mares semi
permanentes (contiennent de l’eau sur au moins 4 mois après la saison
des pluies), 04 mares temporaires (tarissent avant 4 mois après la saison
des pluies).
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- Le Dallol Fogha : c'est un affluent du Dallol Maouri. Cette vallée est moins
large que celles des deux Dallol Maouri et Bosso et se ramifie en plusieurs
branches vers l’amont. Il se jette dans le Dallol Maouri au voisinage de
Bana (Département de Gaya). C’est une nappe fortement minéralisée donc
peu propice à l’agriculture. Sa longueur est de 267 Km environ avec une
largeur moyenne de 2,5 km. Sa superficie est estimée 662 Km². Le niveau
statique de la nappe varie aussi de 0 à 20 m pour un débit exploitable
d’environ 20m3/h.

Ce sont des vallées fossiles qui traversent le Département de Dosso selon les
axes Nord- Sud. Leur écoulement saisonnier se limite à la période hivernale.

I.6.1.4. Climat et précipitations

Le Département de Dosso est situé entre les isohyètes 600 mm au Nord


et 800 mm au Sud avec un climat est de type sahélo- Soudanien subdivisé en
trois (3) zones :

• Climat de type Sahélien au Nord avec une moyenne pluviométrique de


300 à 500 mm
• Climat de type Soudano – Sahélien au centre avec une moyenne
pluviométrique de 400 à 550mm
• Climat de type Soudanien au Sud avec une moyenne pluviométrique de
450 à 800 mm
La saison sèche commence en Octobre et se termine en Mai et la
saison des pluies couvre la période de Juin à Septembre.

Les températures varient d’un minimum de 12° C en décembre à un


maximum de 42° C en Avril et Mai.

Le nombre de jours de pluie varie d’une année à l’autre entre 30 à 50 jours.

I.6.1.5. Végétation
18

Deux (2) types de promotions végétales caractérisent le couvert végétal du


département de Dosso à savoir :

• La savane arborée au sud et au centre


• La savane arborée avec des aires de pâturage dominées par des
graminées annuelles au Nord.
Le département de Dosso comporte deux forets classées totalisant une
superficie de 75 660 Ha : Bolbol Tounga ; Marigouna et une foret protégée a
Koulou d une superficie de 2060 Ha.

I.6.1.6. Sol et sous-sol :

Le département de Dosso se trouve entièrement sur des plateaux argilo


sablonneux.

- Le plateau Nord qui s’étend sur les secteurs de Dosso ; Mokko Tombokoarey
I et II et le Nord du secteur de Tchangala le tout sur une superficie de 4 430
Km2 c’est le parrain pauvre de l’agriculture car la pluviométrie varie d’une
année a l’autre.

- Le plateau Sud et la vallée du Fleuve concernent les secteurs de Gollé,


Farrey, Tessa et Sambéra ; c’est le grenier du département. Les sols sont
riches en éléments fertilisants le fleuve le Niger le traverse dans sa partie Sud.

Il est constitué par des formations intercalaires des continentales


composées de grés et d’argile généralement dure à faciès termitières pour la
circulation de l’eau avec des traces d’oxydation.

Le niveau piézométrique varie de 25 à 30 m. Plus au sud, au bord du


fleuve on n’y rencontre quelques affleurements de granites.

I.6.2. Démographie
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La population du Département de Dosso est estimée à 443304 habitants


avec un taux d’accroissement annuel de 2,8 % et une densité de 46 habitants
au Km2. En 2009 cette population est estimée à 455 717 Habitants.

Cette population est relativement jeune (51,4%) avec un rapport de


masculinité de 98,9 hommes pour 100 femmes et composée en majorité de
Djerma (90 %) ; Haoussa, peulhs, Touaregs représentant (10 %).

Elle est à 89 % rurale sédentarisée, repartie dans 450 villages


administratifs. Le département compte 43 952 ménages avec une taille
moyenne de 8,06 personnes par ménage.

Sur le plan régional, le Département de Dosso est placé en 2ème position après
celui de Loga en matière de pauvreté.

Le système d’approvisionnement en eau potable le plus utilisé demeure les


puits traditionnels et modernes et la principale source d’énergie est le bois.

I.6.3. Système organisationnel, administratif et socioculturel

I.6.3.1. Organisation administrative

Sur le plan administratif, on note une (1) commune urbaine (Dosso), dix
(10) communes rurales (Farey, Garantchédey, Gollé, Goroubankassam,
Karguibangou, Mokko, Sakadamna, Sambéra, Tessa et Tombokoirey) et une
(1) préfecture.

Sur le plan coutumier le département est subdivisé en dix secteurs :


Dosso ; Mokko1 ; Mokko 2, Tombokoirey 1, Tombokoirey 2, Tchangalla,
Tessa, Farrey, Gollé et Sambera. Ces secteurs sont sous la tutelle du chef de
province qui désigne un représentant à leur tête.

Les secteurs sont subdivisés en villages, groupements, hameaux et tribus.

I.6.3.2. Données socioculturelles

I.6.3.2.1. Ethnies
20

Composée en majorité de Djerma (90%) ; Haoussa, peulhs, Touaregs


représentant les 10 %.

I.6.3.2.2. Religions

La religion la plus pratiquée est l’islam. Cependant on note un nombre


important de chrétiens notamment au niveau de la commune urbaine de
Dosso.

I.6.3.2.3. Scolarisation et alphabétisation

Dans le domaine de l’éducation, le département de Dosso compte 395


écoles primaires dont 69 dans la commune urbaine de Dosso. Ces écoles
totalisent 1076 classes fonctionnelles dont 370 dans la commune urbaine de
Dosso. Ces écoles desservent 450 villages et quartiers.

Au niveau secondaire on note :

- Seize (16) C.E.G (Mokko, Tombokoirey, Garantchédey, Barakoira,


karguibangou, Tessa, Farey, Ouna, Sambéra, Deytagui Atilli, Gollé,
Goroubankassam, Sakadamna et 3 dans la commune urbaine de Dosso)
- Six (6) complexes d’enseignement secondaire (CES) tous dans la
commune de Dosso ;
- Un lycée d’enseignement général.
I.6.4. Economie

I.6.4.1. Agriculture

L’agriculture demeure la première activité du département.

Elle occupe la quasi-totalité de la population du département, les surfaces


cultivables sont de l’ordre de 637 480 ha tandis que celles cultivées sont de
287 732 ha en 2005. Ceci s’explique par d’une part la faible mécanisation de
l’agriculture et d’autre par l’exode rurale emportant l’essentiel des bras valides
du terroir.
21

Le programme Spécial, dans le volet récupération des terres, a eu à


récupérer 150 hectares et réaliser 900 banquettes en 2006 et 87 hectares et
522 banquettes au mois d’août 2008.

Les principales cultures pluviales sont : le mil, le niébé, l’arachide et le


sorgho.

Les pratiques des cultures irriguées se font aux bords des cours d’eau
permanents et semi permanents (fleuve et mares) exclusivement pendant la
campagne de culture de contre saison et comprend le choux, l’oignon, la
laitue, le haricot vert, le poivron, les tomates…

I.6.4.2. L’élevage

Après l’agriculture, l’élevage constitue la seconde activité du


département de Dosso. On y élève des Bovins (161 516), Caprins (205 024),
des Ovins (124 860), des Camelins (2 864), Equins (1 813) et Asins (22 424).
L’élevage pratiqué est de type intensif chez les producteurs sédentaire et
extensif chez les nomades.

Production aviaire industrielle est inexistante dans le Département.


Cependant, l’aviculture se pratique partout dans le Département mais de
manière traditionnelle.

Depuis l’apparition de la Grippe aviaire au Niger, les mesures suivantes


ont été prises dans le Département :

 Création du comité départementale de prévention et de lutte contre la

Grippe Aviaire par arrêté N° 013/P/Do du 03/04/2006 ;


 Création d’un poste sentinelle de surveillance épidémiologique au niveau
d’Ouna ;
 Création d’une unité d’enquête comprenant les services des ressources
animales et l’environnement ;
 Renforcement des capacités des membres du comité et des agents en
matière de prévention et détection des cas.
22

I.6.4.3. La pêche

Elle est pratiquée sur le fleuve et quelques mares permanentes. Le


service départemental de l’environnement procède chaque année à
l’empoissonnement de certaines mares.

Cependant, le phénomène de dessèchement progressif des cours d’eau et la


présence de la jacinthe d’eau contribuent fortement à la baisse du niveau de
cette activité.

I.6.4.4. Réseau routier

Dans le domaine de transport le département de Dosso est très pauvre.


En effet, le département ne dispose que d’une auto gare principale et
quelques agences privées.

En effet, le département ne dispose pas de routes bitumées en dehors


des deux (2) routes nationales N° 1 et N° 2 qui le traversent sur les distances
respectives de 90 Km et 95 Km. La desserte intérieure est assurée par des
pistes rurales et des routes en latérite (920 Km) souvent inaccessibles
pendant la saison des pluies. En période de crue du fleuve et pendant la
saison des pluies, le CSI de Bangaga dans la commune de Sambéra n’est
accessible que par pirogue. Il en est de même pour certaines îles dans le CSI
de Ouna toujours commune de Sambéra.

I.6.4.5. Le commerce

Le type de commerce pratiqué dans le département de Dosso est


essentiellement général. Le département de Dosso compte un (1) marché
urbain et trente-quatre (34) marchés ruraux dont les plus importants
aménagés sont : Mokko, Bella, Ouna. Kargui-Bangou et Batako.

Les commerçants sont en majorité des détaillants avec quelques rares


demi-grossistes qui exercent dans l’informel.
23

Des ressources naturelles sont aussi commercialisées telles que le sel


gemme du Dallol Foga et le natron du Dallol Bosso. Elles font l’objet d’un
commerce fructueux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du département.

I.6.4.6. Industrie et Artisanat

I.6.4.6.1. Industrie

Elle est pratiquement inexistante dans le département. En effet,


l’industrie est représentée par quelques unités telles que les boulangeries, la
fabrique de glace et le Centre de Développement de l’Artisanat Rural et
Machinisme Agricole (C/Darma) de Dosso.

I.6.4.6.2. Artisanat

Il existe trois types d’artisanats :


• Artisanat de production (forgerons, tisserands, Sculpteurs …….) ;
• Artisanat de services (Menuiseries métallique et bois);
• Artisanat d’art (Cordonniers, peintre, teinturier…..)
Il existe au niveau de la communauté urbaine de Dosso un village
artisanal. Le village est géré par une coopérative qui regroupe environ 70
artisans. Les groupes les plus importants sont les artisans de production et
ceux de services. Ces artisans pratiquent les activités suivantes :

• La menuiserie
• La forge et fonderie
• Le textile et habillement
• Les cuirs et peaux
• Les arts et décoration
Ces activités permettent les productions suivantes :

• Les meubles domestiques


• Matériels aratoires
• Objets de bijouterie (boucles d’oreilles, colliers etc.)
24

• Objets de couture et tissage (broderies, tenue traditionnelle etc.)


• Objets de maroquinerie (ceinture, porte feuille porte monnaie etc.)
• Chaussures, sandales
• Objets de décoration (peinture, dessins).

CADRE METHODOLOGIQUE :
II.1. Type d’étude
25

Il s’agit d’une étude descriptive transversale visant à déterminer le degré


d’acceptabilité du test de dépistage du VIH par les populations en vue de
contribuer à la réduction de la transmission du VIH/Sida.

II.2. Population d’étude


Seront concernés par cette étude les :

- Femmes de 15-49 ans de la Commune de Dosso ;

- Hommes de 15-59 ans de la Commune de Dosso ;

- Agents de santé de la Commune de Dosso et laboratoire CHR de


Dosso.

II.3. Echantillonnage
II.3.1. Méthodes d’échantillonnage
Pour le Choix des femmes et des hommes de la Commune de
Dosso :

La méthode d’échantillonnage à quatre degrés a été utilisée pour choisir


les hommes de 15 à 59 ans et femmes de 15 à 49 ans.

1e degré :

Pour le choix des quartiers : la méthode d’échantillonnage au hasard


est utilisée pour choisir les 3 quartiers sur 9. Ainsi, après avoir dresser la liste
des neuf quartiers, nous avons procédé à un tirage au sort de 3 quartiers. Par
tirage au sort un adulte est interrogé. Ainsi, les quartiers suivants ont été tirés :
Tondobon, Lacouroussou et Mangué Koira.

2e degré :

Pour le choix des concessions. Dans chaque quartier, nous avons


choisi les concessions par la méthode d’échantillonnage systématique. Selon
la procédure suivante : au centre de chaque quartier, nous avons lancé en l’air
26

un stylo et suivre la direction indiquée par le bout du stylo et choisir la


concession indiquée, ensuite toutes les cinquièmes concessions sont
sélectionnées jusqu’à obtenir le nombre de concessions souhaité.

3e degré :

Pour le choix des ménages. Au sein de chacune des concessions


choisies, nous avons choisi au hasard un ménage.

4e degré :

Pour le choix d’un membre de ménage. Nous avons choisi au hasard


un membre adulte du ménage (homme ou femme) pouvant et acceptant de
répondre à nos questions.

Pour le choix des agents de santé :

Pour les agents de santé, nous avons utilisé la méthode de commodité.


En effet, nous nous sommes proposés d’interroger les responsables des 3 CSI
urbains, toutes les sages femmes formées à la stratégie PTME et les
biologistes du district sanitaire et du CHR de Dosso.

II.3.2. Taille de l’échantillon


Comme nous avons une idée sur le taux de dépistage du VIH au niveau du
District sanitaire de Dosso, nous avons considéré :

- Taux de dépistage de 23,90%.


- Risque d’erreur Alpha de 5%
- Intervalle de confiance de 95%
- Précision de 5%
Ainsi l’échantillon sera déterminé suivant la formule :

n= = = 279,48 ≈280
27

Pour pouvoir prévenir les non répondants, notre échantillon est majoré de
10% ; ce qui a donné 308 personnes à enquêter.
n = taille minimale de l’échantillon ;
zα : niveau de confiance retenu pour un risque d’erreur de 5%
p : la proportion estimée du taux de dépistage du VIH
q : le complément de P
i : le niveau de précision de la mesure.
Ainsi, notre échantillon est composé de :
308 personnes (hommes et femmes) âgées de 15 à 59 ans ;
26 agents de santé (responsables CSI, biologistes, SF)

II.4. Techniques et outils de collecte de données


II.4.1. Techniques de collecte de données
Pour la collecte des données, les techniques suivantes ont été utilisées :

 L’entretien avec les femmes et les hommes ;

 L’administration du questionnaire écrit avec les agents de santé.

II.4.2. Outils de collecte de données


La grille d’entretien avec les femmes de 15-49 ans et hommes de 15-59 ans et
le questionnaire adressé aux agents de santé ont été utilisés comme outils de
collecte de données.

II.5. Les variables :


II.5.1. Variable dépendante :

La variable dépendante dans notre étude est le faible taux de dépistage du


VIH/Sida dans la Commune de Dosso chez les personnes âgées de 15 à 59
ans.

II.5.2. Les variables indépendantes


28

 Insuffisance du matériel;

 insuffisance d'IEC;

 Insuffisance de formation;

 Inaccessibilité des centres de dépistage;

 Insuffisance du personnel;

 de service d’accueil spécialisé;

 Manque de réactifs et MEG;

 Insuffisance de moyens financiers

 Gravité de la maladie

 Stigmatisation de la maladie

 Soutien inadéquat de la famille;

 Inaccessibilité d’autres formes de traitement;

 Incompréhension des populations;

 Faible revenu de la population;

 Discrimination et stigmatisation;

 Peur de la positivité du résultat du test

Définition opératoire des variables

Variables Définition opérationnelle Echelle de mesure


Sexe Le fait d’être homme ou Nominale :
femme - Féminin
- Masculin
29

Variables Définition opérationnelle Echelle de mesure


Age Le nombre d’années révolues Quantitative continue
au dernier anniversaire (années)
Situation Il s’agit du statut marital de Nominale :
matrimoniale l’enquêté - Marié
- Célibataire
- Divorcé
- Veuf
Niveau d’instruction Le plus haut degré d’étude Ordinale :
atteint par l’enquêté - Aucun
- Primaire
- secondaire
- supérieur
- Autre (à préciser)
Profession L’activité principale exercée Nominale :
par la personne - Ménagère
- Cultivateur
- Fonctionnaire
- Commerçant
- Autre (à préciser)
Disponibilité du appréciation des outils et Ordinale :
matériel objets disponibles pour - Insuffisant
effectuer le test du VIH - Suffisant
- Très suffisant
Sensibilisation sur Existence d’action destinée à Binaire
le dépistage du VIH éveiller l’attention et à - Oui
susciter l’intérêt d’un groupe - Non
ou d’une personne
Formation Ensemble de connaissances Binaire :
théoriques et pratiques - Oui
acquises pour effectuer le test - Non
de dépistage du VIH
Accessibilité des Facilité d’accès au centre de Binaire :
centres de dépistage - Oui
dépistage - Non
Disponibilité du Existence des agents de Binaire :
personnel santé - Oui
- Non
Existence de Présence au sein du service Binaire :
service d’accueil d’unité de réception et - Oui
spécialisé conseils des candidats au - Non
dépistage du VIH
Degré de gravité de Le niveau d’intensité du Ordinale :
30

Variables Définition opérationnelle Echelle de mesure


la maladie caractère très sérieux de la Grave
maladie Assez-grave
Pas grave
Stigmatisation Opinions de l’enquêté sur les Nominale :
personnes séropositives ou - Dangereuse
atteintes du Sida
- Pitoyable
- Méprisante
- Autre (à préciser)
Discrimination Attitudes de l’enquêté vis-à- Nominale :
vis des personnes - Contagieux
séropositives ou atteintes du - Peur
Sida - Pitié
- Fuite
- Mépris
- Autre (à préciser)
Accès à d’autres Possibilité d’obtenir des Binaire :
formes de médicaments ARV - Oui
traitement - Non
Soutien de la Type d’aide apportée par les Nominale :
famille membres de la famille au - Matérielle
sujet infecté par le VIH - Financière
- Morale
- Autres (à préciser)
Compréhension Raisons d’effectuer le test de Nominale :
des populations dépistage du VIH -Connaître mon statut
-Je suis à risque
-Je suis enceinte
-Mariage
-Autres à préciser
Réaction à la Acte ou comportement en Nominale :
positivité du test réponse à la positivité du test -Peur
-Discrimination
-stigmatisation
Revenu de Montant mensuel obtenu Qualitative ordinale :
l’enquêté suite à une activité principale - Faible : < 90000 /mois
- Moyenne :[ 90000 à
110000]/mois
- Bonne :
> 110000/mois
Conséquences de Effets directs importants et Nominale :
la positivité du test souvent fâcheux de la - Discrimination
31

Variables Définition opérationnelle Echelle de mesure


positivité du test sur l’individu - Stigmatisation
et sa famille - Rejet
- Manque de
traitement
- Autre (à préciser)
Ignorance Etre avisés de l’importance Binaire :
du test de dépistage du VIH - Oui
- Non

II.6. Déroulement de l’enquête


L’enquête proprement dite s’est déroulée en deux étapes :

- La première a consisté à recueillir les informations auprès des


populations dans les quartiers sélectionnés. Cette étape a duré 10 jours
du 15 au 24 Mai 2009.
- La deuxième étape est celle d’administration des questionnaires aux
agents de la santé.
Elle s’est déroulée du 8 au 9 juin 2009.

II.7. Traitement et analyse des données


Les données collectées sont traitées à l’aide du logiciel Epi Info version 2000.
En effet, nous avons procédé à la vérification de la qualité des données
recueillies relatives à chaque variable. Nous avons utilisé chaque fois que le
besoin se fait sentir Microsoft Excel et Word pour la présentation des données
et le traitement de textes.

L’analyse des données est faite par la méthode univariée à l’aide de tableaux
de fréquence simple et des graphiques.
II.8. Difficultés et biais probables
32

Les principales difficultés et contraintes que nous avons rencontrées au


cours de notre étude sont de plusieurs ordres dont nous retenons celles qui
suivent :

- insuffisance des moyens financiers nécessaires pour faire face aux


multiples dépenses inhérentes à toute œuvre de recherche scientifique ;
ce qui nous a aussi contraint à mener l’étude au niveau de la Commune
où les conditions sont réunies pour la réalisation du test.

- insuffisance de temps prévu pour la recherche ;

- la rédaction du rapport de stage rural qui ne nous permet pas de


consacrer notre temps aux travaux de recherche.

II.9. Limite de l’étude


Les résultats de notre étude ne sauraient être généralisés à l’ensemble du
district car notre échantillon n’est pas représentatif (uniquement la Commune
urbaine).
33

III. PRESENTATION ET DISCUSSION DES RESULTATS

III.1. Présentation des résultats


La présentation des résultats se fera par objectif.
III.1.1. Objectif 1 : Les facteurs socioculturels et économiques.

65% des enquêtés sont du sexe féminin soit 206 enquêtées.


34

69% des enquêtés sont des mariés soit 218 personnes.


Tableau N°I : Répartition des enquêtés selon l’âge (n=315).
Tranches Fréquence Pourcentage
15 à 24 ans 123 39,05%
25 à 34 ans 71 22,54%
35 à 44 ans 98 31,11%
45 à 54 ans 23 7,30%
Total 315 100,00%

39% des enquêtés ont un âge compris entre 15 et 24 ans.


35

34,9% des enquêtés ont un niveau d’instruction secondaire (110)


36

Tableau N°II : Répartition des enquêtés selon la profession (n=315)


Profession Fréquence Pourcentage
Ménagère 132 41,90%
Fonctionnaire 88 27,94%
Elève 51 16,19%
Commerçant 16 5,08%
Cultivateur 15 4,76%
Autre 13 4,13%
Total 315 100,00%

41,90% des enquêtés sont des ménagères.

81,15% des enquêtés ont un faible revenu mensuel (32130F).


37

81% des enquêtés affirment soutenir leurs proches séropositifs.

Le soutien moral est apporté aux proches séropositifs à 75%.


38

III.1.2. Objectif 2 : Les facteurs liés au service

76% des enquêtés ont entendu parler du test de dépistage du VIH.

72% des enquêtés connaissent le lieu de dépistage du VIH.


39

41,85% des informations ont été véhiculées par les médias en ce qui concerne
le lieu du dépistage du VIH.

54,92% des enquêtés affirment n’avoir pas fait le test du VIH soit 173
personnes.
40

33,09% des enquêtés ayant effectué le test de dépistage estiment que


l’accueil est bon au niveau du centre de dépistage.

46,15% des agents de santé sont des laborantins.


41

La durée dans le poste est celle de 1 à 5 ans.

Tableau N°III : Les formations reçues par les agents de santé (n=26).

Formation Nombre
PTME 10
Counseling 2
Discrimination VIH 2
Dépistage 6
IST VIH/SIDA 2
Prévention VIH 2

La principale formation reçue par les agents est la PTME soit 10 agents.
42

69% des enquêtés affirment que les centres disposent de personnel suffisant
pour le dépistage.

65% des agents de santé enquêtés affirment que les centres disposent de
personnel spécialisé pour le counseling.
43

96% des centres disposent de matériel et réactif pour effectuer le test de


dépistage.

73% des agents affirment que leur centre de dépistage a connu une rupture
de réactifs et matériel.
44

92% des agents affirment que leur centre de dépistage dispose des ARV et
MEG pour la prise en charge des personnes séropositives.

77% des agents de santé affirment qu’au niveau de leur centre les séances de
sensibilisation ne sont pas effectuées.
45

Tableau N°IV: Disponibilité d'un local pour la confidentialité du test (n=26)


Disponibilité Nombre Pourcentage
Oui 14 54%
Non 12 46%
Total 26 100%

54% des agents affirment que leur centre ne dispose pas de local approprié
pour assurer la confidentialité du test.

III.1.3. Objectif 3 : Les facteurs liés à la maladie

Tableau N°V: Les raisons évoquées pour n’avoir pas fait le test (n=173).
Raisons Fréquence
Confiance en soi 92
Fidèle au partenaire 45
Peur 33
Peu importe mon statut 31
J’utilise tjrs le préservatif 16
Abstinence 14
Autre (honte, NSP) 4

La confiance en soi est la principale raison évoquée pour n’avoir pas fait le
test.
46

Tableau N°VI : Les raisons évoquées pour avoir fait le test (n=142).
Raisons Fréquence
Connaitre mon statut 91
Je suis enceinte 30
Don de sang 20
Mariage 10
Je suis à risque 9

La raison principale évoquée par les enquêtés pour avoir effectué le test est
celle de connaitre leur statut sérologique (91 fois).

Tableau N°VII : Les raisons du faible de dépistage selon la communauté


(n=315)
Raisons Fréquence
Peur pour faire le test 134
Indiscrétion des agents 106
Manque de soutien social 48
Manque de prise en charge 24
Autres raisons à préciser 13
Mauvais accueil 9

Selon la communauté, la peur et l’indiscrétion des agents sont les raisons


principales du faible taux de dépistage du VIH.
Tableau N°VIII : Les raisons du faible taux de dépistage selon les agents de
santé (n=26).
Faible taux Fréquence
Manque de motivation des agents 4
Insuffisance sensibilisation 10
Manque de confidentialité 12
Peur 4
Stigmatisation 4

Selon les agents de santé, le manque de confidentialité et l’insuffisance de


sensibilisation sont les causes du faible taux de dépistage du test.
47

94% des enquêtés affirment ne pas reconnaitre de vue une personne


séropositive.

68,89% des enquêtés perçoivent les séropositifs comme pitoyables.


48

69% des enquêtés affirment maintenir les relations avec leurs proches en cas
de séropositivité.

La raison du non maintien des relations avec un proche séropositif est qu’il est
contagieux selon les enquêtés.
III.1.4. Objectif 4 : Les différents avantages du test de dépistage.
49

Tableau N°IX : Les avantages de connaitre son statut sérologique (n=139)


Avantages Nombre Pourcentage % cumulé
Avoir la conscience tranquille 23 16,55% 16,55%
Fier de soi 7 5,04% 21,59%
Me protéger 32 23,02% 44,61%
Protéger les autres 16 11,50% 56,11%
Se sentir à l’aise 55 39,57% 95,68%
Autre 6 4,32% 100%
Total 139 100%

Le principal avantage selon les enquêtés est de sentir à l’aise lorsque l’on
connait son statut sérologique.
50

III.2. Discussion des résultats

Notre étude a exploré les facteurs qui entravent le test de dépistage du VIH
dans la Commune urbaine de Dosso afin de contribuer à la réduction de la
transmission du VIH/Sida.
Rappelons que les objectifs assignés à notre étude sont :
1. Identifier les facteurs socioculturels et économiques qui entravent
l’acceptabilité du test ;

2. Identifier les facteurs liés au service qui influencent le dépistage par les

populations ;

3. Identifier les facteurs liés à la maladie qui influencent le dépistage par les

populations ;

4. Dégager les différents avantages du test de dépistage ;

5. Formuler des recommandations en vue renforcer l’acceptabilité du test.

Notre discussion est axée sur les facteurs socioculturels et économiques, ceux
liés au service et à la maladie et aux avantages liés au test de dépistage du
VIH.
1. Des facteurs socioéconomiques et culturels.

Notre échantillon est composé de 65,40% de femmes et 34,60%


d’hommes ; les mariés représentent 69,20%, la classe d’âge de 15 à 24 ans
représente 39% de l’échantillon ce qui explique l’importance du niveau
secondaire de 34,92%.
Pour la profession, ce sont les ménagères qui représentent le plus grand
groupe avec 41,90% suivi des fonctionnaires avec 27,94%. Le revenu faible
représente 81,30% de l’échantillon comprenant les élèves et ménagères ; ils
constituent 66,9% des enquêtés.

Notre travail a montré que 76% des sujets enquêtés ont entendu parler
du test de dépistage de VIH, la majorité des enquêtés (72%) connaissent un
endroit où faire le test s’ils le désiraient ce qui est très loin des résultats issus
51

de l’étude menée M. Moussa Moumouni à Niamey en 2008 dont 92% des


sujets ont déclaré connaitre un endroit où faire le test [7].
41,85% des informations ont été véhiculées par les médias en ce qui concerne
le lieu du dépistage du VIH tandis que les services de santé ont contribué à
40,97%. Ces données montrent l’importance des médias et des services de
santé dans la sensibilisation de la population.
En 2006, les autorités nigériennes invitaient la population à se faire dépister
car c’est le moyen pour connaitre son statut sérologique [8].
Ainsi connaître sa sérologie VIH permet d’accéder aux traitements du SIDA et
ses avantages en matière de prévention sont bien connus. Cependant les
personnes continuent à hésiter pour le test. Dans notre étude, 54,92% des
enquêtés affirment n’avoir pas fait le test du VIH soit 173 personnes. Cette
réticence est due selon les enquêtés à l’insuffisance de la confiance en soi, à
la fidélité au partenaire, à la peur du test et à l’ignorance.

Il est ressorti également que 45,08% des enquêtés affirment avoir passé le
test du VIH dont 98,31% sont des femmes dépistées au cours des CPN et le
reste sont des hommes dépistés lors des dons de sang. Ceci montre que
l’essentiel du dépistage se base sur la PTME. Malgré cela, nous constatons
une prise de conscience face au VIH.

2. Des facteurs liés au service


Notre travail montre que 69% des agents de santé enquêtés affirment que
leur centre dispose de personnel suffisant pour le dépistage et de personnel
spécialisé pour le counseling à 65%. De plus l’étude a mis en exergue que
84,62% des agents de santé ont reçu une formation dans le cadre du
dépistage du VIH. Ceci démontre que des efforts importants ont été fournis
dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique 2002-2006 au niveau
de la composante prévention.
96% des agents de santé enquêtés disent que leur centre dispose de matériel
et réactif pour effectuer le test de dépistage et la disponibilité des ARV et MEG
52

est assurée 92% des cas. Néanmoins des ruptures sont constatées dont la
durée n’excède pas quelques jours selon les enquêtés. Dans une étude
menée au Benin, 40% des centres étaient en rupture des stocks des ARV [9].
Cela prouve un peu partout en Afrique nous ne sommes pas au stade de zéro
rupture. Dans une autre étude réalisée à Niamey par Mme Hamissou Y.N,
25% des centres avaient connu une rupture [10].
77% des agents de santé affirment qu’au niveau de leur centre les séances de
sensibilisation ne sont pas effectuées. Ces sensibilisations se passent sous
forme de causeries de groupe pendant les séances de CPN en individuel.
Aussi le principe fondamental du dépistage du VIH est qu’il doit
s’accompagner d’une information préalable, de manière à permettre au patient
de décider en connaissance de cause et volontairement de se prêter à un test.
Dès lors le principe des « 3C » (consentement éclairé, conseil et
confidentialité) doit toujours être garanti. Pour l’ONUSIDA, l’accès au test VIH
volontaire et confidentiel (demandé par le client ou offert par le prestataire de
service), conduit avec le consentement éclairé de l’individu et associé au
conseil pour les personnes tant séropositives que séronégatives. Pour ce qui
est du test suggéré par le prestataire de service, en toutes circonstances, les
individus seront toujours en droit de refuser le dépistage, c.-à-d. de choisir de
refuser une offre systématique de dépistage.
Selon les agents de santé, le centre ne dispose pas de local approprié pour
assurer la confidentialité.
Les différentes formations sanitaires ne disposent pas de budget pour faire
face aux activités et achats de MEG pour la prise en charge des séropositifs.

3. Des facteurs liés à la maladie


94% des enquêtés affirment ne pas reconnaitre de vue une personne
séropositive.
Ces résultats se rapprochent des études menées au Malawi [11] et dans la
Communauté Urbaine de Niamey [7] où respectivement 84% et 87,22% des
53

enquêtés connaissent qu’un individu en bonne santé peut être infecté par le
virus du Sida.
Il est ressorti que 69% des enquêtés affirment maintenir les relations avec
leurs proches en cas de séropositivité ; de plus 75% disent apporter un
soutien moral aux proches séropositifs, 68,89% pensent que le séropositif est
pitoyable contre 25,08% qui estiment qu’il est dangereux. Pour les enquêtés
affirmant ne pas maintenir les relations avec leur proches séropositifs, 32,70%
trouvent qu’ils sont contagieux, 31,60% ont peur des séropositifs et 27,60%
fuient devant un proche connu séropositif. Ces résultats montrent qu’il existe
toujours la discrimination et la stigmatisation à l’endroit des personnes
vivantes avec le VIH. Dans notre contexte culturel que dès qu’une personne
présente les symptômes semblables à ceux du Sida, il est systématiquement
indexé et le plus souvent à tort.
Dans le document « 10 first years » Edwin Cameron, un juge Sud africain
séropositif disait que « la stigmatisation est peut-être la plus grande terreur
des personnes vivant avec le VIH » [12]
En 2003, on estimait que seuls 0,2% [13] des adultes dans les pays à revenu
faible ou intermédiaire bénéficiaient de services de test et de conseil
volontaires. Les raisons pour lesquelles les gens ne se font pas tester sont
nombreuses : inaccessibilité aux services de dépistage, crainte de la
stigmatisation et de la discrimination, peur d’avoir un test positif, et manque
d’accès au traitement. Ces faits démontrent combien d’opportunités d’avoir un
meilleur accès au traitement, aux soins, au soutien et à la prévention ont été
manquées. Ceci montre que la participation des services de dépistage du VIH
est insuffisante voire souvent faible, principalement par crainte de la
stigmatisation et de la discrimination.

4. Des avantages liés au test de dépistage


39,57% des enquêtés disent que se sentir à l’aise est un avantage de
connaitre son statut sérologique, 23,02% pour se protéger et 16,55%. Notre
étude a fait ressortir que les populations ignorent les avantages liés au test de
54

dépistage. Le patient doit être informé : des avantages cliniques et préventifs


du test ; des risques potentiels, notamment la stigmatisation et la
discrimination, l’abandon ou la violence ; des mesures qui seront prises pour
garantir la confidentialité des résultats du test ; des services à sa disposition
en cas de résultat positif ou négatif ; et de son droit à refuser le test. [14]
Cela facilite aussi la prévention, les soins, le soutien et l’observance du
traitement et encourage une plus grande franchise sur le VIH dans les
communautés.
55

CONCLUSION
Cette étude nous a permis d’identifier le degré d’acceptabilité du test de
dépistage du VIH chez les populations d’âge de 15 à 59 ans au niveau de la
Commune Urbaine de Dosso. Ainsi nous avons identifié les facteurs qui
influent sur l’acceptabilité du test de dépistage du VIH.
La connaissance sur le test est bonne car 76% des sujets enquêtés ont
entendu parler du test et que les médias et le personnel de santé ont
beaucoup contribué à l’information du test. La proportion des sujets enquêtés
ayant subi le test est en augmentation par rapport à celui fourni par les
services du district en 2007.
Notre étude a fait ressortir que le personnel est disponible et formé dans le
domaine du dépistage. De même le matériel, les réactifs les ARV et MEG sont
disponibles pour assurer une continuité du service malgré quelques ruptures
constatés dont la durée n’entrave pas sur le dépistage.
En ce qui concerne la sensibilisation au niveau des centres, des efforts restent
à fournir car la majorité des agents de santé affirment ne pas tenir des
séances d’IEC à l’endroit de la population et cela par manque de moyens pour
y faire face. D’autre part, les centres ne disposent pas de local approprié pour
assurer la confidentialité du test.
L’étude a montré que 54,92% des sujets enquêtés n’ont pas passé le test et
les raisons évoquées pour n’avoir pas subi le test sont la confiance en soi, la
fidélité, la peur, peu importe mon statut. D’autre part 45,80% des enquêtés ont
passé le test et soutiennent leur acte par le fait de connaître leur statut, soit à
cause de leur grossesse ou en faisant le don de sang.
Les raisons du faible taux se résument à la peur de la positivité du test, au
manque de discrétion des agents, au manque de soutien moral et à
l’insuffisance de sensibilisation des populations. Ces raisons sont évoquées
tant par les populations que par les agents de santé. En ce qui concerne la
stigmatisation et la discrimination, elles ne sont clairement affichées d’où la
volonté d’aider un proche séropositif exprimée par la majorité des sujets
enquêtés.
56

Le principal avantage de faire le test selon les enquêtés est le fait de se sentir
à l’aise.
Dans tous les cas, les sujets dont le test est positif bénéficieront de l’accès
aux soins, au traitement aux ARV, au programme de soutien.
Les Facteurs qui militent à la faible acceptation du test de dépistage dans la
Commune de Dosso sont surtout :
- Discrimination et stigmatisation
- Méconnaissance des avantages du test de dépistage
- Peur du test
- Insuffisance de sensibilisation au niveau des centres y compris les moyens
matériels et financiers
- Manque de discrétion des agents de santé

Enfin nous suggérons de mener une étude sur la promotion du test volontaire
et le programme de soutien aux séropositifs.
57

RECOMMANDATIONS
La santé est un droit consacrée par la Constitution de la République du
Niger du 9 Août 1999 en son article 11 qui stipule que « Chacun a droit à la
vie, à la santé, à la sécurité, à l'intégrité physique et mentale, à l'éducation et à
l'instruction dans les conditions définies par la loi ».
Aussi le Gouvernement a, dans ses réformes du système de santé, l’obligation
de prendre en compte la lutte contre les IST/VIH/Sida dans tous ses aspects
conformément aux aspects retenus par l’OMS et par les OMD.
Un cadre stratégique national de lutte contre les IST/VIH/SIDA au Niger 2008-
2012 fut adopté. Cependant, la lutte contre les IST/VIH/SIDA ne peut être
assurée que là où les réformes sanitaires sont accompagnées d’efforts
concertés visant à améliorer le taux de dépistage et réduire les effets néfastes
induits par la stigmatisation et la discrimination à l’endroit des séropositifs.

Plusieurs suggestions en vue d’actions futures tirées des entretiens avec les
populations et les agents de santé de la Commune Urbaine de Dosso sont
proposées à chacun de ces groupes d’acteurs en vue de bien répondre au
rendez-vous du millénaire en matière des IST/VIH/SIDA est celui d’arrêter la
propagation du VIH/SIDA et inverser la tendance actuelle d’ici 2015.

• Au Ministère de la Santé Publique :


 Investir dans la lutte contre les IST/VIH/SIDA.
 Mettre en application les lois visant à protéger les PvVIH contre la

discrimination et la stigmatisation, et défendre leurs droits et acquis ;

 Accélérer la politique visant à rapprocher les centres de dépistage

volontaire dans toutes les formations sanitaires du pays ;

 Maintenir la disponibilité et l’accessibilité des ARV et MEG pour la PEC

des séropositifs dans tous les CEDAV

 Continuer les actions de plaidoyer à l’endroit des leaders d’opinion pour

un dépistage massif volontaire.


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• Au CISLS
 Doter les formations sanitaire en réactifs pour assurer la continuité du

test ;
 Doter les centres de dépistage volontaire en ARV et MEG pour la prise

en charge des séropositifs.


• Aux partenaires au développement
 Accompagner les efforts du Gouvernement dans la mise en œuvre du
cadre stratégique national ;
 Respecter les engagements pris afin de permettre au pays de répondre au

rendez-vous de 2015.
• Au District sanitaire :
 Equiper les formations sanitaires d’un cadre approprié assurant la
confidentialité du test ;
 Poursuivre la formation des agents de santé ;

 Assurer la supervision régulière des formations sanitaires en vue


d’améliorer la qualité des services ;
 Renforcer les actions de plaidoyer des chefs religieux, leaders
d’opinions dans le cadre du dépistage volontaire ;
 Promouvoir le partenariat avec les ONG/Associations et médias dans le

cadre des actions de sensibilisation des populations pour le dépistage


du VIH/SIDA ;
• Au CHR et aux CSI:
 Mener des séances de sensibilisations au niveau des communautés en
vue les inciter à se faire dépister ;
 Respecter la déontologie en général et en particulier pour le test de

dépistage ;
 Améliorer l’accueil au niveau des centres
• A la Communauté
59

 Assister et soutenir les PvVIH et les familles.


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BIBLIOGRAPHIE :
1 : CISLS. Rapport national sur les progrès de la déclaration d’engagement de
l’UNGASS sur les IST/VIH/SIDA. Niamey. Janvier 2008. 63 p

2 : DS/DOSSO. « Plan de Développement Sanitaire 2008-2012 » Dosso.


Octobre 2007. 64p

3 : ONUSIDA. « Rapport sur l'épidémie mondiale de sida 2008 », Genève,


Suisse. Août 2008. 362 p

4 : ONUSIDA. Le point sur l’épidémie de sida 2007, disponible sur :


http://www.who.org, consulté le 27/5/2008

5 : AFRO/OMS. « Surveillance Epidémiologique Mise à jour pour la Région


Afrique de l’OMS 2002 », disponible sur :
http://www.afro.who.int/aids/surveillance/resources/hiv_surveillance_report_20
02.pdf, consulté le 27/5/2008

6: RN. UNICEF. « Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs


Multiples 2006 ». Niamey Niger. Février 2007. 444p

7. Moussa M. « Les déterminants du faible taux de dépistage volontaire chez


les personnes âgées de 15 à 49 ans dans la Commune Urbaine de Niamey ».
2008. 70 p

8. IRIN. NIGER: « les autorités appellent les populations a se faire dépister au


VIH/SIDA », disponible sur : http://www.irinnews.org, consulté le 27/5/2008.

9. OMS, « Interventions Prioritaires : Prévention, traitement et soins du


VIH/sida dans le secteur de la santé », Genève, Décembre 2008 : 198p

10. HAMISSOU N.Y. « Satisfaction des PvVIH sur la PEC et la disponibilité


des ARV/MEG au CTA de Niamey » Mémoire 2007. 93 p

11. ONUSIDA, « suivi de la session extraordinaire de l’assemblée générale


des nations unies sur le VIH/sida 2001 » : rapport d’activité sur la riposte
mondiale à l’épidémie de VIH/Sida, Genève, Suisse. 2003 : 10p

12. ONUSIDA, « 10 first years » Genève, Suisse 2007: 290p


61

13 : ONUSIDA, « Conseil et test VIH » disponible sur


http://www.unaids.org/fr/PolicyAndPractice/CounsellingAndTesting/default.htm
consulté le 14/12/2008.

14. WHO, Le CDV (conseil et dépistage volontaires du VIH) http://www.fhi.org


consulté le 13/12/2008

15. LANCINA Z. « Evaluation de la pratique du counseling dans le dépistage


volontaire du VIH/Sida chez les femmes enceintes au niveau des sites PTME
de Boukoki, Madina et Gaweye de la CUN » Année 2006