Vous êtes sur la page 1sur 81

Formation Post-Universitaire EAC

Année scolaire 2005-2006

Harouna KARAMBIRI Ismaïla GUEYE


UTER GVEA UTER ISM
E-mail: harouna.karambiri@eieretsher.org E-mail: ismaila.gueye@eieretsher.org
********
1- Introduction (H. K.)

2- Choix du site et études préliminaires (H. K.)


3- Étude de la retenue (H. K.)

4- Description, typologie et choix des barrages (H. K.)

5- Évacuateurs de crues et ouvrages annexes (H. K.)

6- La digue (I. G.)

7- Suivi et entretien des barrages (I. G.)


%&# '
Acquérir une connaissance générale des différentes
techniques et méthodes mises en jeu dans l'étude, la
conception, la mise en œuvre et l'exploitation d'un petit
barrage en terre.

!" #$
Géologie, matériaux et technologie de construction,
hydraulique, hydrologie, aménagement de bassins
versants, aménagements hydro-agricoles, environnement

- Cours + TD : 27 heures (18 séances)


- Examen écrit : 3 heures (2 séances)
1. INTRODUCTION
Pourquoi construit-on un barrage?

• Au Sahel, pendant la longue période sèche, les


populations sont amenées à rechercher de l’eau.
• Un barrage permet de stocker, de façon
économique, un grand volume d ’eau, qui peut
être employée pour :
• l'irrigation des terres cultivées,
• l'alimentation en eau potable des collectivités,
• l ’abreuvement des animaux,
• la réduction des débits maximaux des crues,
• le stockage de l' eau pour la production d'énergie
électrique,
• l'élevage des poissons,
• l'utilisation touristique et sportive d'
un plan d'
eau.
DIFFERENTES UTILISATIONS DE L’EAU
BARRAGE Un barrage est un ouvrage
artificiel qui coupe un cours d ’eau

• Un barrage doit résister à la poussée de


l’eau,
• Il est pourvu d'un déversoir qui laisse
passer l' eau que la retenue ne peut
stocker, en particulier celle des crues,
• Il est équipé d'une vidange de fond, qui
permet de vider la retenue,
• Il comporte une ou des prises d' eau qui
servent à assurer la fonction pour laquelle
il a été conçu.
Vue de la digue du barrage de Korsimoro

Vue du déversoir du barrage de Korsimoro Prise du barrage de Donsé


Barrages en terre
• Actuellement plus de 30 000 ouvrages de ce
type de part le monde (soit 30%), alors
qu’avant 1900 seulement un millier était
recensé. Pourquoi ?

• Ce développement est issu d’un véritable


saut technologique marqué par :
– le développement de la mécanique des sols,
– l’apparition d’engins de terrassement super
puissants,
– les recherches en hydrologie.
Barrages en terre
Exigences fondamentales

• Ne pas être submergé par une crue,


• Les infiltrations ne doivent pas provoquer
d ’érosion interne (Renards),
• Les talus doivent avoir une pente telle qu’ils ne
glissent pas.
Barrages en terre
Principales catégories

• Deux catégories principales :

– Ouvrages en terre homogène compactée et


imperméable, descendant des ouvrages anciens,
– Ouvrages zonés dont la conception plus moderne
sépare les fonctions principales (étanchéité,
stabilité, drainage ou filtration) dans des matériaux
distincts.
Situation des barrages en terre
au Burkina Faso
• Le Burkina Faso a fait beaucoup d’efforts en matière de
petite hydraulique ; les premiers barrages datent
néanmoins des années 20 et une centaine était réalisée
en 1960.
• Ils ont des dimensions très variables de quelques
dizaines de milliers de m3 à des millions. Ils servent à
l’approvisionnement en eau des populations et du bétail,
mais aussi pour l’agriculture depuis les années 70.
• Les constructeurs sont l’État et ses démembrements
comme l’ONBAH, l’ONEA, les Services du Génie Rural
et de l’Hydraulique, les sociétés parapubliques comme la
SOSUCO ; mais aussi les ONGs et les missionnaires.
Situation des barrages en terre
au Burkina Faso
C’est une réussite avec environ 1500 ouvrages :
• Les conditions géologiques sont plutôt favorables : la
disponibilité en matériaux latéritiques favorise la mise en
place des remblais et des protections.
• Mais surtout, la présence du socle précambrien sur la
quasi totalité du territoire du Plateau Central condamne
l’approvisionnement en eau de nappe.
• Les eaux de surface constituent alors fréquemment la
seule ressource facilement utilisable.
Les grands Barrages au Burkina Faso

Hauteur Volume stocké


(m) (million m3)
Kompienga 50 2 050
Bagré 40 1 700
Ziga 16 200
O. Kanazoé 21 100
Comoé 32 38
Loumbilla 11 36
(42 avec le rehaussement
du seuil de 40 cm en 2004)
Étapes d’un projet « Barrage »

• L’étude d’un projet « Barrage » se décompose en :

– Choix d’un site


– Etude des besoins,
– Etude de la retenue,
– Etude des crues et de leur évacuation
– Etude des fondations au niveau de l’axe de l’ouvrage
– Etude de la digue et de ses protections
– Mode de gestion et d’entretien
– Principes de suivi
2. CHOIX DU SITE ET
ETUDES PRELIMINAIRES
#% ## # ( #) #
# * +)! #) #

L'
idée de projet peut provenir des populations, des autorités
administratives et politiques ou de sociétés d'
exploitation.

Recherche des solutions alternatives


• Solutions d'opportunité (analyses des variantes)
(Voir exemple tableau)

• Solutions d'options
Opter suivant une politique de développement socio-
économique basée sur les ressources en eau. Le projet
de barrage s'
inscrit alors dans les priorités définies par
le gouvernement.
# # # # ## ' %* !

Si l'
alternative choisi ou l' option faite est le barrage, il
convient de rechercher le site le plus apte.
Éviter les opérations trop coûteuses pour l'
étude avant
d'
avoir la certitude que le site convient.
Deux phases importantes :
1. Travaux de bureau: Documents, cartes, photos
aériennes. Pour chaque site, estimation des
caractéristiques physiques, géométriques,
géomorphologiques du site du barrage et de la cuvette,
examen des voies de communication et les habitations.
Passer en revue rapidement l' estimation de la capacité de
la retenue, l'
hydrologie, la géomorphologie et la géologie
du bassin versant, les données météo locales.
2. Visites de terrain pour compléter les informations
générales:
• Équipe pluridisciplinaire: 1 GR/TS expérimenté en
barrages et aménagements hydrauliques, 1 géomètre, 1
géographe et des manœuvres.
• Contacts locaux pour s'informer sur les sites repérés, les
crues, les problèmes fonciers, etc..
• Examen des conditions physiques: accès, végétation,
morphologie de la rivière et du site, nature et épaisseur
des sols, affleurement rocheux, zones d'emprunt, etc..
• Repérer les difficultés particulières: arrivée d'
eau, pertes,
failles, karst, glissement des berges, tourbes, etc..
• Estimer l'
ampleur des travaux préparatoires:
débroussaillage, aménagement d' accès, levé topo, etc..
L'étude comparative des sites inventoriés (caractéristiques
techniques, avantages, insertion dans l' environnement
physique et socio-économique, etc…) permet de dresser une
liste restreinte de sites potentiels et le choix final.

Dans la pratique, la recherche de sites est limitée dans


l'
espace, et souvent le choix d' un site obéit plus à des
considérations purement sociales ou politiques.
Choix du site et études préliminaires

• Si le diagnostic préalable oriente favorablement l’étude


vers le choix d’un site de barrage, l’adoption de cette
solution reste subordonnée à la vérification d’un certain
nombre de critères :
– d’ordre socio-économiques liées aux possibilités de
mise en valeur.
– d’ordre techniques tels que la topographie, la
géologie et la géotechnique, et l’hydrologie,
• Ces études, dites préliminaires, permettront de préciser
les premières constatations, de lever les incertitudes
pour se prononcer sur la faisabilité du projet afin
d’aboutir au dossier APS. Elles seront la base pour
lancer les études définitives (APD).
Études préliminaires
Aspects socio-économiques
• L’enquête socio-économique préalable à la construction
d’un barrage en milieu rural s’attachera à examiner :
– l’organisation foncière, administrative ou coutumière (taille des
exploitations, mode d’accès à la terre, etc.),
– les conditions favorables à la bonne exploitation de l’aménagement,
– les conflits entre ou à l’intérieur de groupes sociaux,
– les stratégies de production agricole actuelles et futures,
– l’organisation du pastoralisme (le cas échéant),
– les possibilités d’écoulement des productions,
– les conséquences de l’inondation de la cuvette,
– l’estimation des besoins,
– les risques d’utilisation détournée de l’eau,
– la possibilité de valorisation complémentaire d’une partie de l’eau,
– les bénéfices attendus et recensement de la population concernée.
Études préliminaires
Géologie et géotechnique
• Elles viseront à apprécier l’étanchéité de la
fondation et de la cuvette et à s’assurer de la
disponibilité en matériaux de construction de
bonne qualité.
• On effectuera alors des sondages dans l’axe du
barrage, dans la cuvette et au niveau des
chambres d’emprunt.
• La perméabilité des sols, ainsi que leurs
caractéristiques physiques et mécaniques
seront étudiées au laboratoire et in situ.
Études préliminaires
Topographie
• Elles viseront à rechercher un site qui réponde à la
fois :
– aux besoins
– à de bonnes conditions d ’exploitation (proximité, altitude)
– aux critères de rentabilité avec la plus grande valeur
possible de (Vol retenue / Coût ouvrage)

• On établit un plan à une échelle précise (1/5000 à


1/1000) avec des courbes de niveau (0,5 à 1m).
Ceci afin de calculer l’emprise de la retenue, son
volume et construire la courbe hauteur-volume.
Études préliminaires
Hydrologie
Objectifs: conditions de remplissage de la retenue et
l'
estimation de la crue de projet.
Rassembler tous les documents sur le bassin versant
étudié (hydrographie, topographie, géologie, végétation, etc..)
Rechercher les stations de jaugeage sur le cours d'
eau
étudié et les cours d'
eau voisins.
Données hydrométriques, pluviométriques et
pluviographiques.
Reconnaissance de terrain: écoulements, lits, laisses de
crue, les ouvrages d'
arts, barrages voisins, etc..
Enquêtes au niveau des riverains: mémoires des crues
Études préliminaires
Volume de la retenue

L
S l

S2 H

• La cuvette est assimilée à un cône renversé de hauteur H


et de base S (surface de la retenue) : V = 1/3 H * S

• On utilise la corrélation établie au Burkina Faso :


V = (L * l * H) / 2,67
avec L la plus grande longueur de la retenue et l la
longueur mouillée du barrage.
3. ETUDE DE LA RETENUE
Évaluation des besoins
• La construction d’un barrage répond à l’objectif
de constituer une réserve d’eau pour satisfaire
plusieurs besoins en eau.
• Si dans certains cas, comme pour les besoins
industriels par exemple, les besoins en eau
sont bien quantifiés, dans le cas de
l’alimentation humaine, du bétail ou
l’agriculture, ils méritent une évaluation qui
n’est pas toujours aisée.
• Les principes d’évaluation suivants sont
proposés.
Évaluation des besoins
Besoins agricoles
• L’agriculture autour des barrages concerne la
mise en valeur du pourtour de la cuvette et
l’irrigation des plaines par gravité ou par
pompage.
• L’évaluation des besoins en eau des cultures
tient compte de la surface, de l’infiltration et de
l’ETP.
• Calcul de l’ETP : la formule de Penman semble
être la plus adaptée pour l’Afrique de l’Ouest et
Centrale ; on lit les valeurs mensuelles de l’ETP
directement sur les atlas du CILSS et du CIEH.
Évaluation des besoins
Atlas pour le calcul de l’ETP
Évaluation des besoins
Besoins agricoles

!
" # $ !
% !
&
' ( )
' *) +
' * $ ( ( )
" # $ ' * )
' * $ ( )
Évaluation des besoins
Alimentation en eau potable
• Les barrages ne sont pas les ouvrages les plus économiques
pour alimenter les zones rurales en eau de boisson.
• On retient généralement les chiffres suivants :
– Centres urbains 150 l/jour/habitant
– Centres secondaires 70 l/jour/habitant
– Centres ruraux 40 l/jour/habitant
15 l/jour/habitant est un minimum en zone rurale
• Actualisation de la population :
– Pop a+n = Pop a (1 + ) n

Considérer la population située dans un rayon de 5 km autour du barrage.


Évaluation des besoins
Abreuvement du bétail
• On retient généralement les chiffres suivants :
– Bovins ou UBT 30 à 40 l/ jour
– Petits ruminants 5 l/ jour
– Chameaux 100 l/ 5 jours
1 UBT = 1 bœuf = 5 petits ruminants
• Il est difficile de quantifier les animaux concernés surtout
en zone de transhumance: Un animal s’abreuve à une
retenue s’il pâture à moins de 10km, soit 30 000 ha et
6000 UBT (densité = 1 tête pour 4 à 6 ha en zone
sahélienne).
• Il est nécessaire d’aménager les points d’abreuvement.
Estimation des pertes

• Pour concevoir et gérer correctement une retenue, il


faut aussi tenir compte des diverses pertes d’eau
inhérentes au site même.

• Il s’agit principalement des pertes par infiltration, par


évaporation et également les pertes de capacité de la
cuvette à la suite des dépôts solides.

• Contrairement aux besoins qui s’expriment en volume,


les pertes correspondent généralement à des
hauteurs d’eau.
Estimation des pertes
Infiltration dans la cuvette
• Sauf à rechercher l’alimentation de la nappe, on s’assure
de la bonne imperméabilité de la cuvette (épaisseur
minimale de matériaux imperméables de 0,5m avec une
perméabilité < 10-4 cm/s).
• L’infiltration diminue normalement avec le temps au fur et
à mesure du dépôt des argiles colloïdales.
• Il faut faire attention aux perméabilités en grand :
passées sableuses affleurantes ou cuirasses latéritiques.
• Les pertes sont souvent difficiles à quantifier, voir à
juguler par traitement ; mais elles peuvent être
économiquement acceptables si elles ne mettent pas en
danger l ’ouvrage.
• Valeurs usuelles = 1 à 3 mm/j en moyenne ou 10% de la
hauteur utile de la retenue en phase d'
avant-projet.
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette

% (, ((
' ( )
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette

% (, (, - - (
- - , .
Estimation des pertes
Quelques cas d’infiltration dans la cuvette
% (, ( - - - (
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les cuvettes de petites dimension

Si matériau de la cuvette a une granulométrie étendue


avec au mini 3 à 4% de fines (< 0.05 mm), on peut
scarifier le fond de la cuvette et compacter correctement
(avec ajout d' eau).
Si matériau de la cuvette ne contient pas assez
d'éléments fins ou si on veut recouvrir une zone sableuse
ou latéritique, on peut répandre et compacter de l' argile
sur environ 50 cm de profondeur.
Apport de "sol-ciment": coûteux et problème de dosage.
Apport de bentonite (argile spéciale): problème de coût et
dispositions constructives.
Recouvrement de la surface de la cuvette avec du film
plastique très fin (1/10 mm): problème de coût et
dispositions constructives.
Émulsion de bitume depuis la surface de l' eau pour
colmater les fissures du fond de la cuvette.
Moyens de lutte contre les infiltrations dans les ouvrages importants

Solutions de tapissage du fond de la cuvette impossibles


Tapis amont

− = /' − )

Avec p la réduction de débit de fuite

' ) = .1 +

ou
− 0
' )= / /
Parafouilles : écran étanche dans la fondation

Rideau de palplanches
Mur en béton/paroi moulée (lames métalliques 30 à 50 cm d'épaisseur)
Injections: Roches fissurées ou couches successives plus ou moins
perméables de grande profondeur.
Argile (petites fissures), Argile-ciment (moyenne fissures), sable-argile-
ciment (fissures importantes)
Estimation des pertes
Evaporation

• Les pertes par évaporation sont liées Evaporomètre de Piche


à la surface du plan d ’eau (donc
exprimées en mm) et dépendent de :
– La durée de l ’ensoleillement,
– l ’exposition au vent,
– le déficit de saturation de l ’air,
– la présence de végétation aquatique,
– la profondeur de la retenue.
• Les formules donnent des résultats
incertains, on préfère se servir de
données obtenues à l ’évaporomètre
ou au bac « Classe A ».
Estimation des pertes
Evaporation

• Utilisation du bac d’évaporation Bac d ’évaporation


« Classe A » « Classe A »
– Il faut appliquer un coefficient
correcteur,
– Il varie de 0,5 à 0,68 en conditions
sahélienne et tropicale sèche,
– Il varie de 0,70 à 0,80 en régime
tropical.

• Pouyaud propose la formule:

= .112 .1 +
avec r =0.93
Estimation des pertes
Les dépôts solides
Mécanisme de sédimentation dans un barrage
Conséquences
• Conséquences socio-économiques

- diminution de la capacité de la retenue baisse de la production d'énergie électrique.

- diminution des volumes d’eau stockée pénuries d’eau, baisse des


rendements agricoles

- dépôts dans les canaux ou conduites d'alimentation en eau ;

- obstruction des injecteurs d'irrigation par aspersion ou localisée ;

- apparition de taches quasi indélébiles sur les fruits qui sont ainsi dépréciés ;

- colmatage des échangeurs thermiques dans l'industrie ;

- perturbation du fonctionnement des stations de traitement des eaux urbaines ou

industrielles notamment lorsque les sédiments sont chargés en matières organiques

ou en résidus toxiques.

- développement de la végétation aquatique impact sur le tourisme et développement

de maladies (paludisme, onchocercose)

- surélévation du plan d'eau et inondations en amont


• Conséquences techniques

Dans le réservoir

- remontée du plan d'eau érosion des berges


- blocage, par consolidation des dépôts, des organes profonds d'évacuation
(vidange de fond, vannes, etc... ).
- poussées dues aux dépôts solides diminution de la stabilité des barrages

En amont

La formation d'un delta dépôts dans le lit de la rivière qui gêne la navigation,
et un exhaussement du niveau de l'eau et une divagation du lit de la rivière

En aval
L'eau ayant déposé ses matériaux dans le réservoir, sa compétence
augmente et donc son pouvoir d'érosivité. Cela provoque une érosion du pied
aval de l'ouvrage et le sapement des berges
Mesures
nasses ou pièges à sable : imprécise et ponctuelle
fosse à sédiments : fiable mais "lourde" à mettre en place
marquage des sédiments : peu fiable car sédiments difficiles à
retrouver dans la retenue après une crue ou saison (effacement, usure, etc..).
prélèvement en rivière par des bouteilles spéciales: ponctuelle et
difficile à mettre en œuvre sur le moyen et long terme.
néphélométrie: procédé optique de détection des "nuages" de
sédiments. Utilisation limitée et onéreuse.
datation des sédiments: convient bien à l'envasement historique et pas
à l'envasement actuel des retenues.
télédétection: élaboration de la topographie de la cuvette à partir de
photos aériennes et d'images satellites. Très onéreuse.
levés topographiques: mesures topo et/ou bathymétriques, profils en
travers ou courbes de niveau.
sondages: carottage ou pénétrométrie suivant un maillage.
Fastidieuse et moins précise.
Formules

Formule de FOURNIER

Formule de COLLET

Formule de MEYER-PETER

Formule de ENGELUNG HANSEN

Formule de WISCHMEIER et SMITH

Formule de GOTTSCHALK
− .
= +1 / = /

D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)


S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)
Formule de EIER - CIEH ( GRESILLON )
−+.+
− .
= / / = /

D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)


S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)

Formule de GRESILLON modifiée ou formule de KARAMBIRI

−+. +

/( + )
− . .
= / / / .+ + .

= /
D : dégradation spécifique annuelle (m3/km²/an)
S : superficie du bassin versant (km²)
V : volume annuel de dépôts solides (m3/an)
h : paramètre anthro
r : paramètre morpho
Le paramètre h est défini comme suit :

• h ∈ [0.7 – 1] 3 Bassin versant comportant des grandes villes,


de gros villages ou situé à proximité de ceux-ci.
3 Probabilité d' extension rapide de villes ou
villages sur le bassin.

• h ∈ [0.4 – 0.7] 3 Bassin versant comportant des petites villes,


des villages moyens ou situés à proximité de
ceux-ci.
3 Probabilité d' extension moyenne de villes ou
villages sur le bassin.

• h ∈ [0.1 – 0.4] 3 Bassin versant comportant des petits villages ou


situés à proximité de ceux-ci.

• h ∈ [0 – 0.1] 3 Bassin versant relativement inhabité ou éloigné


de toute ville ou village.

Le paramètre r est défini comme suit :


• r ∈ [0.7 – 1] 3 Relief très accidenté, accusé.

• r ∈ [0.4 – 0.7] 3 Relief moyennement accidenté, accusé.

• r ∈ [0.1 – 0.4] 3 Relief peu accidenté, accusé.

• r ∈ [0 – 0.1] 3 Relief relativement plat et monotone.


Les moyens de lutte
Avant l’envasement
La conservation des eaux et des sols (CES)

Les barrages de décantation


Le court-circuitage du barrage

Pendant l’envasement
La constitution d’une tranche morte

La surélévation du barrage

La force vive des crues

Après l’envasement
Le soutirage
La chasse à retenue vide
Le dragage
Le décapage
Le siphonage
A retenir :

Il n’existe pas en réalité de méthode radicale de lutte


contre l’envasement. Toutes les méthodes ci-dessus
utilisées ne font que retarder l’échéance de la
sédimentation. Les dépôts retirés des barrages posent
un problème de stockage et de nos jours, plusieurs
solutions sont mises en œuvre :
- formation de plages "naturelles" d'épandage dans les
bassins limités par des gabions
- utilisation des dépôts pour l'enrichissement en fines
des terres cultivables
- confection de briques pour la construction
- etc…
Mesure des dépôts solides à l'échelle de quelques retenues au Burkina

Dégradation
Pluie spécifique annuelle
Barrages Surface Période Organisme moyenne 3
(km²) d'étude ou auteur annuelle m /km²/an t/ha/an
(mm) (densité de
1.2)
Volta 30 200 1977 ORSTOM 625 6.2 0.07
Blanche
Kompienga 5 800 1980 HER 905 53 0.67
Goundi 38 64 - 80 EIER 900 160 1.92
Samboendi 148 64 - 80 EIER 724 260 3.1
Vi 92 64 - 80 EIER 1000 52 0.64
Boulbi 102 60 - 83 MIETTON 850 75 0.95
Mogtédo 480 91 - 93 PMI - BF 730 137 1.64
Gouinré 151 67-96 KARAMBIRI 619 292 3.5
Nagréongo 72 68-96 KARAMBIRI 754 31 0.37
Ouaga n°2 65 62-97 KARAMBIRI 754 92 1.10
Salbisgo 160 61-97 KARAMBIRI 760 16 0.19
Thiou 328 81-89 KARAMBIRI 619 57 0.68
Répartition des tranches d'eau
dans la retenue
Calcul du volume de la retenue

S1
S2
S3
S4

=
( + + )/
5 +
+

! ! ! ! ! !

" " 4
Courbes Hauteurs-Volumes et
Hauteurs-Surfaces
Courbe d’utilisation de la retenue
• On la trace pour vérifier l’adéquation de la capacité de
la retenue avec les besoins en eau. Elle permet
d'optimiser la gestion de la retenue et le choix des
spéculations culturales.

Cote de déversement
Étude des apports – Étude
hydrologique – prédétermination de
la crue de projet
(PM, voir cours d'hydrologie)
FAO, 1996. Crues et apports. Manuel pour l’estimation des crues
décennales et des apports annuels pour les petits bassins
versants non jaugés de l’Afrique sahélienne et tropicale sèche.
Bulletin n°54, Rome, 244 p.

+
<5 5 à 30 30 à 100 100 à 700 > 700
Période de retour
100 500 1 000 5 000 10 000
(années)
H: hauteur du barrage (m), V: volume de la retenue (hm3),
d’après G. DEGOUTTE, 1997
,- . /
0 1
2 # +# #) %*# + % #
'*# (# 34# + # #
34 * # # % #
REMBLAI ETANCHE COMPACTE

HOMOGENE
MASQUE AMONT

TERRE NOYAU ETANCHE ARGILE


A ZONES
PAROI MOULEE

REMBLAI ENROCHEMENTS MASQUE AMONT


(SOUPLES)
NOYAU INTERNE

PAREMENT AVAL VERTICAL


GABIONS
PAREMENT AVAL EN GRADINS

PAREMENT AVAL INCLINE

MACONNERIE
BARRAGES-POIDS
BETON

RIGIDES A CONTREFORTS

A VOUTES
## #) %* )4 !
6 #
)

Mini 5-10% fines < 0.08 mm


# #

#5 ) $ # )
# #
#5 3 # *
#

Mini 20-30% fines < 0.08 mm


# #5 7
# #

#5 4 ) *!
## # #) # 5 3 *# 8

#) #
# # #

## # #) # 5! # # # %!
## % 5 4 #) # ( *(# *
%
# * #
# # 9 : ;
%
Définition: cade ayant la forme d' un parallélépipède rectangle en
grillage galvanisé (à mailles hexagonales ou carrées) et rempli de
matériau pierreux de granulométrie appropriée.
%

Catégorie:
- Gabion classique: épaisseur égale à largeur
- Gabion-semelle: épaisseur égale moitié de largeur
# * #

- Matelas Reno: épaisseur très inférieures aux autres dimensions


- Gabions à cellules multiples: matelas Reno épaisseur de 0.5 m.
# #
Avantages de choisir les gabions

Avantages techniques:
%

• Flexibilité des ouvrages: la souplesse des gabions permet de


suivre les déformation du terrain (évacuateur, bassin de
dissipation, …)
• Facilité de mise en œuvre: construction et modification aisées
# * #

• Effet drainant : permet d'éviter les sous-pressions

Avantages économiques:
• Proximité des zones d'emprunt de matériau de remplissage
• Facilité d'exécution des gabions sans matériel lourd et
# #

coûteux, mais main d' œuvre abondante.

Avantages sociales :
• Bonne implication des populations du fait de la simplicité des
technologies employées et des travaux d'entretien nécessitant
une HIMO
• La fabrication artisanale des gabions est créatrice d'
emplois.
# # % 5 4 #) # ( *(# *
• Simples et mieux adaptés à de faibles hauteurs de chute (< 3m).
• Employés souvent en rivière pour régulariser le cours d' eau, pour alimenter
%

les prises en dérivation ou pour régulariser le charriage de matériaux.


# * #
# #
# 5 4 #) # ( *#
• Les gradins dissipent l'
énergie de l'
eau, cela permet de réduire la longueur
du bassin de dissipation.
à 3 m3/s/ml).
• Ces déversoirs peuvent supporter de forts débits (jusqu'
%
# * #
# #
# 5 4 #) # ( * * !

• Pas de chute d'


eau, donc grillage des gabions moins sollicité lors des crues.
• Mais, ils ne dissipent pas efficacement l'
énergie des crues, donc bien
%

dimensionner le bassin.
# * #
# #
# #
# "4

# 5
# %!

#'

Barrage de Balavé
(Burkina Faso)
# 5( < #

# Amont

Aval
#

Aval

Amont
Critères de choix d’un barrage
Morphologie du thalweg et qualité de la fondation

• Morphologie du thalweg :
– La topographie d’un site influe sur le choix de l’ouvrage;
– Les barrages en béton sont réservés pour les vallées étroites;
– En zone soudano-sahélienne, les reliefs de plaine ou de plateau,
où les vallées sont très peu marquées, imposent le choix d’un
barrage en terre.
• Qualité de la fondation :
– Fondations rocheuses saines pour les ouvrages rigides;
– Les barrages en remblai acceptent de petites déformations;
– La fondation commande aussi le dispositif d’étanchéité à prévoir.
Critères de choix d’un barrage
Disponibilité en matériaux
• Selon les types d’ouvrages, il faut s’assurer de la
disponibilité en quantité et en qualité des matériaux.
• Barrage en terre : bonne disponibilité de matériau de
bonne qualité mécanique, sinon barrage à zone ou à
masque amont ; matériaux pour la protection et pour
drains et filtre.
• Barrage mixte : prévoir en plus des enrochements de
bonne qualité.
• Barrage en enrochements : disponibilité des
enrochements et de matériaux pour assurer l’étanchéité.
• Barrage en béton ou maçonnerie : sables et agrégats,
ciment, enrochements de bonne qualité (maçonnerie).
Critères de choix d’un barrage
Critères hydrauliques

• Les barrages en béton ou en maçonnerie offrent de


meilleures garanties de sécurité vis à vis des incertitudes
de l’hydrologie.
• Sans aménagement un barrage en terre ne supporte pas
un débordement par dessus la crête. Il est néanmoins
possible de l’aménager pour qu’il soit entièrement
déversant (utilisation de gabions, revêtement de la
digue…) .
Critères de choix d’un barrage
Critères socio-économiques
• Une main d’œuvre abondante est nécessaire pour les
ouvrages en maçonnerie ou en gabions. C’est
intéressant en terme d’appropriation.
• Il est indispensable de s’adapter au contexte du projet
pour rechercher un type d’ouvrage en rapport avec
l’utilisation prévue et ne pas uniquement aborder des
considérations d’ordre technique (particulièrement au
niveau des ouvrages annexes).
• L’entretien de l’ouvrage est à prendre en compte. On
recherchera de préférence des ouvrages simples ayant
une bonne longévité et un entretien limité surtout si le
site est isolé.

Vous aimerez peut-être aussi