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UNIVERSITE TUNIS EL MANAR

FACULTE DE MEDECINE DE TUNIS

PCEM 2

THEME XII
SYSTEME
ENDOCRIEN

ANNÉE UNIVERSITAIRE  2016-2017


www.fmt.rnu.tn

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SOMMAIRE

3 BIOCHIMIE
L’axe thyréotrope 4
L’axe corticotrope 11
Les hormones sexuelles et de la grossesse 18
Les hormones de la médullosurrénale 25
Les hormones de régulation de la glycémie 29
Les hormones de régulation du métabolisme phosphocalcique 35

41 HISTOLO-EMBRYOLOGIE
Histologie et embryologie des glandes endocrines 42

57 PHYSIOLOGIE
Généralités sur les glandes endocrines 58
Le système hypothalamo-hypophysaire 63
La thyroïde 69
Les surrénales 74
La médullosurrénale 81
Régulation de la volémie 83
Métabolisme des glucides, le pancréas endocrine 86
Métabolisme phosphocalcique et régulation de la calcémie 95

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2 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
PCEM 2

THEME XII
SYSTEME
ENDOCRIEN

BIOCHIMIE

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 3
L’AXE THYRÉOTROPE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1- Citer les constituants de l’axe thyréotrope
2- Connaître la structure des hormones thyroïdiennes et de leurs précurseurs.
3- Retenir les différentes étapes de la biosynthèse des hormones thyroïdiennes.
4- Connaître la structure et le métabolisme de la thyroglobuline.
5- Préciser le mode de transport sanguin des hormones thyroïdiennes.
6- Connaître la forme active et les voies de dégradation des hormones thyroïdiennes.
7- Décrire le mécanisme d’action des hormones thyroïdiennes au niveau des cellules
cibles.
8- Citer et interpréter les tests biologiques explorant l’axe thyréotrope en précisant l’indi-
cation de chaque test.

PLAN
I- INTRODUCTION III- EXPLORATIONS DE L’AXE THYRÉOTROPE
II- LES CONSTITUANTS DE L’AXE THYRÉOTROPE 1- Examens appréciant la qualité du fonctionnement
1- La thyréolibérine : TRH thyroïdien
2- La thyréostimuline : TSH 1-1- Dosage de la TSH
3- Les hormones thyroïdiennes T3 et T4 1-2- Dosage des HT
3-1- Structure des HT 1-3- Test à la TRH
3-2- Biosynthèse des HT 1-4- Dosage des marqueurs périphériques
3-2-1- Captation et concentration 2- Examens participant à l’enquête étiologique
des iodures 2-1- Dosage de l’iode sanguin et urinaire
3-2-2- Oxydation des iodures 2-2- Recherche et dosage d’auto-anticorps
3-2-3- Iodation de la thyroglobuline antithyroïdiens
a- Organification de l’iode 3- Examen pour le suivi des cancers thyroïdiens
b- Couplage des iodotyrosines différenciés
3-2-4- Protéolyse de la thyroglobuline 3-1- Dosage de la thyroglobuline plasmatique
3-2-5- Recyclage intrathyroïdien de l’iode
3-3- La thyroglobuline
3-3-1- Structure
3-3-2- Biosynthèse
3-2-3- Contenu en iode
3-4- Transport sanguin des HT
3-5- Métabolisme périphérique des HT
3-5-1- Désiodation
3-5-2- Catabolisme périphérique terminal
3-6- Mode d’action des HT

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4 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
I- INTRODUCTION 3- LES HORMONES THYROÏDIENNES T3 ET T4
Les principales hormones thyroïdiennes sont :
L’axe thyréotrope est formé par : - La thyroxine, également nommée T4 en raison du
- Au niveau hypothalamique  : la thyréolibérine ou thy- nombre d’atomes d’iode porté par chaque molécule.
rotropin releasing hormone (TRH). Elle provient entièrement de la glande thyroïde.
- Au niveau de l’antéhypophyse  : la thyréostimuline ou - La tri iodo thyronine, nommée également T3, provient
thyroid stimulating hormone (TSH). en majeure partie de sites extra thyroïdiens : métabo-
- Au niveau de la thyroïde : Les hormones thyroïdiennes lite de la thyroxine, elle est considérée comme l’hor-
(HT) triiodothyronine (T3) et thyroxine (T4). mone active.
La TRH stimule la sécrétion de TSH par l’hypophyse an-
térieure. La TSH à son tour, stimule la glande thyroïde 3-1- Structure des HT
qui va synthétiser les HT T3 et T4. T3 et T4 exercent un Les HT T3 et T4 sont des acides aminés iodés. Elles sont
rétrocontrôle négatif sur leur propre sécrétion en agis- synthétisées à partir de la tyrosine.
sant à la fois au niveau hypothalamique sur la sécrétion La tyrosine peut être iodée par la peroxydase en posi-
de TRH et au niveau de l’hypophyse antérieure sur celle tion 3 ou 5. L’iodation en position 3 donne la 3 monoiodo-
de la TSH. tyrosines (MIT). L’iodation en position 3 et 5 donne la 3,5
Une atteinte de l’axe thyréotrope peut se faire à trois di iodotyrosine (DIT). MIT et DIT sont les précurseurs des
niveaux  : hypothalamique, hypophysaire et thyroïdien. HT T3 et T4.
L’exploration biochimique de l’axe thyréotrope permet de T3 et T4 sont formés de deux cycles benzéniques reliés
confirmer cette atteinte et préciser son niveau. par un pont diphényl éther, et d’une chaîne latérale ala-
nine (figure 1).
La T4 possède 4 atomes d’iode en position 3, 5, 3’ et 5’,
II- LES CONSTITUANTS alors que la T3 possède trois atomes d’iode en position 3,
DE L’AXE THYRÉOTROPE 5 et 3’ (figure 1).

1-LA THYREOLIBERINE : TRH


La TRH est une hormone tripeptidique de formule Glu-
His-Pro-NH2, synthétisée au niveau de l’hypothalamus.
La TRH arrive par la circulation porte dans l’antéhypo-
physe où elle agit au niveau des membranes des cellules
thyréotropes. Elle se lie à des récepteurs membranaires
spécifiques de TRH. Son mécanisme d’action implique
l’activation très rapide de la phospholipase C, l’hydrolyse
du phosphatidyl inositol  4-5 diphosphate, la formation
d’IP3 et de 1,2 diacylglycérol, la mobilisation du calcium
et l’activation de la protéine kinase C. Elle stimule la sé-
crétion de TSH.

2-LA THYRÉOSTIMULINE : TSH


La TSH est une hormone glycoprotéique de PM 28 000 Da
synthétisée par les cellules thyréotropes de l’antéhypo-
physe. Elle est formée de deux sous unités alpha et bêta
associées de façon non covalente. La sous-unité alpha est
identique à celle de la LH, FSH et HCG, la sous-unité bêta
est spécifique de la TSH. La dissociation des sous-unités
alpha et bêta s’accompagne d’une perte de l’activité bio-
logique. La TSH stimule la synthèse et la sécrétion des
HT en interagissant avec des récepteurs membranaires Figure1 : structure des hormones thyroïdiennes.
spécifiques de la cellule thyroïdienne. Le second messa-
ger impliqué dans la transduction du signal est l’AMPc.
La régulation de la sécrétion de TSH se fait à la fois par 3-2- Biosynthèse des HT
la TRH et par les hormones thyroïdiennes. En effet, le La biosynthèse des HT se fait au niveau des thyrocytes
taux d’HT libres plasmatiques tempère l’activité de l’hy- ou cellules folliculaires. Elle est étroitement associée au
pophyse selon un mécanisme de rétrocontrôle négatif. métabolisme de l’iode. Elle se fait au sein de la thyroglo-
Lorsque le taux des HT libres augmente dans le sang, les buline et elle comporte plusieurs étapes (figure 2).
cellules hypophysaires deviennent réfractaires à l’action
de la TRH et elles cessent leur production de TSH. Il s’en 3-2-1- Captation et concentration des iodures
suit une diminution de l’activité thyroïdienne. Inverse- L’iode est un oligoélément apporté principalement par
ment, lorsque le taux des HT est insuffisant, les cellules l’alimentation (poissons, crustacés, laitages et sels io-
hypophysaires deviennent sollicitées par la TRH et elles dés). Il peut être également récupéré à partir des méca-
sécrètent la TSH : l’activité thyroïdienne augmente. nismes de désiodation périphérique et intrathyroïdienne
(origine endogène). L’iode alimentaire est converti en io-
dure dans l’estomac avant d’être absorbé par l’intestin.
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Les besoins en iode varient selon l’âge et l’état physiolo- xième radical iode sur le carbone 5 du cycle benzénique
gique : de l’ordre de 100 µg/j chez l’enfant, 100 à 150 µg/j donne la 3,5 diiodotyrosine (DIT). C’est la peroxydase thy-
chez l’adolescent et l’adulte et de 100 à 300 µg/j durant la roïdienne (TPO) qui catalyse ces réactions, en présence
grossesse et l’allaitement. de peroxyde d’hydrogène.
Les iodures (I -) sont captés au niveau du pôle basal de la MIT et DIT sont des peptides, précurseurs hormonaux
cellule folliculaire de la thyroïde par un mécanisme actif inactifs.
qui met en jeu un symporteur NIS (cotransport Na+/I-). b – Couplage des iodotyrosines
Ce symporteur fonctionne grâce à un gradient de Na+ Le couplage des iodotyrosines, comme l’organification
entretenu par une pompe Na+/K+ ATP-ase qui permet de l’iodure sont sous la dépendance de la thyroperoxy-
l’entrée de K+ et la sortie de Na+. La concentration d’io- dase. Grâce à cette enzyme :
dure intrathyroïdienne obtenue par ce phénomène de - Un résidu monoiodotyrosine est couplé à un résidu diio-
captation est environ 50 fois supérieure à celle du plas- dotyrosine formant la triiodothyronine (T3).
ma. DIT + MIT a T3 + Δ Alanine
Certaines substances agissent comme inhibiteurs du - Un résidu diiodotyrosine est couplé à un autre résidu
transport de l’iode par la glande thyroïde  : des agents diiodotyrosine formant la tétraiodothyronine (T4).
inhibiteurs de l’ATPase Na+/K+ dépendante (2,4-dinitro- DIT + DIT a T4 + Δ Alanine
phénol, ouabaïne) ou des inhibiteurs compétitifs (Bro- T4 et T3 restent accrochées à la Tg jusqu’à ce que leur
mure, thiocyanate, perchlorate). sécrétion soit stimulée par la TSH sécrétée par l’antéhy-
La TSH stimule la captation des iodures. Il existe aussi pophyse.
une autorégulation par l’iode lui-même : La captation de
ce dernier est d’autant plus forte et plus prolongée que la 3-2-4- Protéolyse de la thyroglobuline
glande est pauvre en iode. La surcharge iodée provoque Après stimulation par la TSH, la Tg est absorbée de la
une double inhibition de la fonction thyroïdienne, celle de colloïde par endocytose. Dans le cytoplasme des cellules
l’organification d’abord, au niveau de la thyroperoxydase folliculaires, les vésicules d’endocytose fusionnent avec
(effet Wolff-Chaikoff), puis celle de la captation de l’iode. les lysosomes. Les endopeptidases et les exopeptidases
lysosomiales se chargent de la dégradation de la Tg et
3-2-2- Oxydation des iodures de la libération des hormones  T3 et T4, mais aussi de
L’iodure concentré dans les thyrocytes va diffuser libre- DIT et MIT.
ment vers la cavité colloïde où il sera oxydé grâce à une Le rendement du processus est estimé à 4 molécules de
peroxydase thyroïdienne (thyroperoxydase  : TPO). C’est T4 et une molécule de T3 produites par molécule de Tg.
une enzyme spécifique des thyrocytes, ancrée dans la
membrane apicale qui requiert la présence de peroxyde 3-2-5- Recyclage intra thyroïdien de l’iode
d’hydrogène (H2O2) comme source d’oxygène. Elle est ac- Les résidus MIT et DIT libérés après hydrolyse de la Tg
tive sous forme tétramérique. sont rapidement désiodés par les désiodases microso-
miales. Approximativement, un tiers de l’iode total de la
2I- + H2O2 + 2H+ a I2 + 2 H2O glande est recyclé et servira pour l’iodation de nouvelles
molécules de Tg.
I2 a 2 I (I = radical libre d’iode)
Ce sont les radicaux libres d’iode, plus réactifs, qui vont 3-3- La thyroglobuline
se fixer sur les molécules de tyrosine de la thyroglobuline. La thyroglobuline est le principal constituant protéique
L’excès en H2O2 est détruit par l’enzyme supe- de la colloïde. Elle est synthétisée au niveau des cellules
roxyde-dismutase, abondante
dans les cellules folliculaires de
la thyroïde.

3-2-3- Iodation de la
thyroglobuline
La thyroglobuline (Tg), princi-
pale protéine de la colloïde, est
une glycoprotéine synthétisée
dans les cellules folliculaires
puis libérée dans la subs-
tance colloïde. Elle est active
sous forme dimérique. Chaque
sous-unité contient 140 résidus
tyrosine.
a - Organification de l’iode
C’est la fixation des radicaux
d’iode sur les résidus tyrosine
de la Tg. Elle se fait sur le car-
bone  3 du cycle benzénique
pour donner la 3 monoiodotyro-
sine (MIT). La fixation d’un deu- Figure2 : étapes de biosynthèse des hormones thyroïdiennes
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folliculaires puis elle est stockée dans la colloïde. fait partie des α2-globulines, elle assure le transport de
La thyroglobuline possède plusieurs fonctions : 75 % des HT. Elle possède la plus grande affinité pour
- Elle est la matrice de synthèse des HT T3 et T4 les HT. Chaque molécule de TBG comporte 1 site de
- Elle est le lieu de stockage de l’iode (MIT, DIT) fixation pour les HT.
- Elle est le lieu de stockage des HT T3 et T4 − La Thyroxin Binding Prealbumin (TBPA)  : assure le
transport de 15 % des HT. Elle possède deux sites de
3-3-1- Structure liaison par molécule. Elle a une affinité plus faible pour
La Tg est une glycoprotéine dimérique de PM 660 KDa. les HT que la TBG
Chaque monomère contient 2748 aa dont environ 140 ré- − L’albumine : transporte 10 % des HT par plusieurs sites
sidus tyrosine. de fixation par molécule. Elle a la plus faible affinité
La Tg renferme selon les espèces 8 à 10 % de sucres. pour les HT.
Deux motifs hétéropolysaccharidiqes principaux peuvent Ces molécules de transport ont une plus grande affinité
se voir : pour T4 que pour T3. Par conséquent, T3 disparaît de la
− L’un contient du mannose et du N-acétyl-glucosamine circulation plus vite que T4 (demi-vie de T4 = 6 à 9 jours,
(unité A). demi-vie de T3 = 1 jour).
− L’autre renferme, en plus des résidus précédents, du Seules les formes libres des HT sont biologiquement ac-
galactose, du fructose et de l’acide sialique (unité B). tives au niveau des cellules cibles.
Les motifs glucidiques sont reliés à la chaîne peptidique T4 est sécrétée en quantité plus importante que T3. Elle
par des liaisons N-glycosidiques sur des résidus aspara- représente la forme circulante majoritaire. Au niveau des
gine. Chaque molécule de Tg renferme 7 à 8 unités A, 22 cellules cibles périphériques, T3, qui réagit à plus faibles
unités B, un motif de type mucine et quelques motifs de concentrations et avec un temps de latence plus court,
type chondroïtine sulfate. est généralement considérée comme la forme active.

3-3-2- Biosynthèse 3-5- Métabolisme périphérique des HT


Le gène de la Tg humaine est localisé sur le chromo- Le catabolisme des HT a lieu essentiellement au niveau
some 8. La transcription de ce gène est sous la dépen- du foie, du rein, du muscle, du cerveau et de l’antéhypo-
dance de plusieurs facteurs transrégulateurs principale- physe.
ment la TSH.
La biosynthèse commence par la fraction protéique de 3-5-1- Désiodation
la Tg qui est synthétisée au niveau du pole basal de la La désiodation de T4, mécanisme enzymatique micro-
cellule folliculaire dans le REG à partir des aa provenant somial, occupe une place primordiale par rapport aux
du sang, puis elle est glycosylée au niveau de l’appareil autres voies de dégradation.
de Golgi. Les vésicules golgiennes contenant la Tg ga- Selon l’emplacement de la désiodation et l’état nutrition-
gnent ensuite la surface apicale de la cellule et par un nel, deux voies sont possibles :
mécanisme d’exocytose, déversent la Tg dans la lumière − Une voie d’activation catalysée par une 5’ désiodase
folliculaire. Cette Tg est encore non iodée. L’iodation va convertit la T4 en 3,5, 3’ triiodothyronine (T3). Ce mé-
se faire au niveau de la colloïde. canisme périphérique de production de T3 est quan-
titativement plus important que sa biosynthèse par la
3-3-3-Contenu en iode thyroïde. De ce point de vue, T4 est considérée comme
Le contenu en iode de la Tg est variable selon l’espèce, une prohormone bien qu’elle présente une activité hor-
le régime alimentaire et l’état physiologique ou pa- monale propre.
thologique. Chez l’homme on trouve entre 0,1 et 0,3  % − Une voie d’inactivation catalysée par une 5-désiodase
d’iode par molécule de Tg, soit 8 à 25 tyrosines iodées qui transforme T4 en 3,3’, 5’ triiodothyronine ou ré-
par molécule. La formation des HT s’accompagne d’une verse T3 (rT3) dont l’activité biologique est très faible (en
transconformation et d’une stabilisation de la forme bi- cas de jeun, T3 plasmatique diminue et rT3 augmente).
caténaire de la Tg, la Tg iodée étant plus difficilement La monodésiodation peut se poursuivre grâce à des dé-
dissociable en ses deux sous-unités que la Tg hypoiodée. siodases spécifiques produisant trois types de T2 peu
Seulement 7 % des résidus tyrosine de la Tg participent actives : 3,5 T2 ; 3,3’ T2 ; 3’5’ T2 puis deux types de T1 (3
à la synthèse des HT. ou 3’ monoiodothyronine) et enfin la thyronine non iodée.

3-4- Transport sanguin des HT 3-5-2- Catabolisme périphérique terminal


Dans le sang plus de 99 % des HT sont véhiculés vers les - Le résidu alanine de la chaîne latérale des HT peut
cellules cibles en association réversible avec des proté- subir une transamination suivie d’une désamination et
ines plasmatiques : les Thyroxin Binding Proteins (TBP). d’une décarboxylation, soit indépendante, soit le plus
La fraction liée des HT est en équilibre avec une très souvent, couplée. Dans ce dernier cas, on obtient des
faible quantité d’HT libres qui elle-même est en équilibre dérivés acétiques  : acide tétraiodoacétique (tetrac), et
avec le pool intracellulaire d’hormones. Très peu d’HT acide triiodoacétique (triac). Ces réactions se déroulent
circulent sous forme libre dans le sang. dans les mitochondries du foie, des reins, du muscle et
Cette fraction liée des HT constitue la forme de réserve du cerveau, grâce à des décarboxylases, des transami-
circulante. nases, et des désaminases oxydatives.
Chez l’homme, 3 principales protéines sont impliquées - La conjugaison des HT concerne une faible partie de
dans le transport plasmatique des HT (T3 et T4) : T3 et T4. La T4 est conjuguée surtout à l’acide glucuro-
− La Thyroxin Binding Globulin (TBG) : glycoprotéine qui nique au niveau du foie et du rein grâce à une glucuro-
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nyl-transférase microsomiale. La forme conjuguée est 1-2- Dosage des hormones thyroïdiennes
sécrétée dans bile. Dans les intestins, l’hormone re- C’est la fraction libre qu’il faut doser et non pas la frac-
trouve sa forme libre par hydrolyse. Elle est ensuite en tion «  totale  » qui correspond à une réserve inactive,
partie réabsorbée pour rejoindre la circulation. La T3 fluctuant avec les concentrations des protéines vectrices
est conjuguée à l’ion sulfate. Cette forme est rapide- dans de très nombreuses circonstances physiologiques/
ment éliminée dans les urines. grossesse ou pathologiques/hyperœstrogénie, insuffi-
- Les HT peuvent subir la coupure du pont diphényléther sance hépatique…
(voie peu importante chez le sujet normal) avec appa- La T4 libre étant le reflet majeur de l’activité sécrétoire
rition de la DIT. Cette voie est majorée dans les états de la glande thyroïde. Une variation minime de la T4 en-
avec phagocytose augmentée (infections, leucémie…). traîne de grandes variations de TSH. La concentration de
la T4 libre est un excellent reflet de la production thyroï-
3-6- Mode d’action des HT dienne.
Les HT sous leur forme libre pénètrent dans les cellules La T3 libre est le marqueur périphérique, car seulement
cibles en traversant la membrane cellulaire vu leurs pro- 20 % sont d’origine thyroïdienne. Sa valeur diagnostique
priétés lipophiles. dans l’évaluation de la fonction thyroïdienne est limitée.
La T3 exerce son action en se fixant sur récepteurs nu- Les variations pathologiques de la T4 libre et de la TSH
cléaires qui se lient à l’ADN sur une séquence spécifique sont représentées dans le tableau ci-dessous :
appelée éléments de réponses aux HT (TRE), avec pour T4 libre TSH Interprétation
conséquence, une induction ou une répression de l’ex-
pression des gènes de toute une série de protéines. normale normale Euthyroïdie
La T4 se lie aussi à ces récepteurs, mais avec une affinité Hypothyroïdie
diminuée augmentée
nettement inférieure. périphérique
Des protéines intrinsèques de la membrane mitochon- diminuée diminuée Hypothyroïdie centrale
driale interne lient spécifiquement T3. Ces éléments in-
terviendraient dans la régulation rapide du métabolisme normale augmentée Hypothyroïdie fruste
énergétique. C’est grâce à ces sites que les hormones Hyperthyroïdie
augmentée diminuée
thyroïdiennes exercent leur effet comme activatrices de périphérique
la phosphorylation oxydative. Hyperthyroïdie
augmentée augmenté
centrale
III- EXPLORATIONS normale diminuée Hyperthyroïdie fruste
DE L’AXE THYRÉOTROPE
1-3- Test à la TRH
L’exploration biochimique de l’axe thyréotrope est utile La régulation par l’axe hypothalamo-hypophysaire est
au diagnostic et à la prise en charge des pathologies thy- à la base de ce test dynamique qui consiste à injecter
roïdiennes. par voie intraveineuse 250 µg de TRH et de doser la TSH
avant puis 30 et 60 minutes après l’injection. La réponse
1-EXAMENS APPRÉCIANT LA QUALITÉ DU est appréciée par la différence entre la concentration ba-
FONCTIONNEMENT THYROÏDIEN sale et le pic de sécrétion ; elle est normalement infé-
rieure à 20 mU/l.
1-1- Dosage de la TSH Les indications de ce test dynamique sont maintenant
Le dosage de la TSH est considéré comme l’indicateur le limitées depuis l’apparition du dosage ultrasensible de
plus sensible pour évaluer un dysfonctionnement thyroï- la TSH. Actuellement, ce test n’est plus utilisé que dans
dien, notamment par des méthodes de dosages affinées. l’exploration des patients présentant une pathologie hy-
Ces dernières années, la limite de détection s’est forte- pophysaire ou hypothalamique, pour évaluer la capacité
ment abaissée, avec la commercialisation de trousses de l’hypophyse de sécréter la TSH.
dites ultra-sensibles, actuellement 3e génération.
Lorsque la fonction hypothalamo hypophysaire est nor- 1-4- Dosage des marqueurs périphériques
male, les concentrations de TSH sont corrélées à la Leur but est de rendre compte indirectement du fonc-
concentration de T4 libre de façon exponentielle  : une tionnement thyroïdien en évaluant certains effets péri-
réduction de moitié de laT4 libre multiplie par 100 la phériques des HT. Ces tests ne possèdent aucune valeur
concentration de TSH et inversement. Il s’ensuit que dans diagnostique.
les stades débutants d’un dysfonctionnement thyroïdien, - Glycémie : les HT ont une action hyperglycémiante par
les anomalies de la TSH sérique précéderont l’apparition accroissement de l’absorption intestinale du glucose.
d’une T4libre anormale, en raison de la réponse expo- L’hyperthyroïdie peut engendrer une hyperglycémie
nentielle de la TSH à des modifications, même minimes - Cholestérol total  : les effets des HT sur le métabo-
de la T4 libre, alors que cette dernière reste encore dans lisme lipidique sont complexes avec une augmentation
les normes de référence. La TSH est donc beaucoup plus de la synthèse du cholestérol, mais également de sa
informative que la T4 libre dans le dépistage des hypo- et dégradation hépatique et une plus grande expression
hyperthyroïdies. des récepteurs pour le LDL cholestérol. Au final, elles
exercent un effet hypocholestérolémiant. Ainsi, l’hypo-
thyroïdie peut engendrer une hypercholestérolémie.

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2- EXAMENS PARTICIPANTS A L’ENQUÊTE 3- EXAMEN POUR LE SUIVI DES CANCERS
ÉTIOLOGIQUE THYROÏDIENS DIFFÉRENCES

2-1- Dosage de l’iode sanguin et urinaire 3-1- Dosage de la thyroglobuline plasmatique


Représente un bon reflet de l’apport alimentaire en iode. La thyroglobuline est exclusivement synthétisée par la
Ce dosage apprécie donc les surcharges et les carences thyroïde. Sa concentration sanguine est proportionnelle
en iode. Les taux sont diminués en cas d’hypothyroïdie à la masse du tissu thyroïdien. Chez les malades atteints
par carence alimentaire sévère et augmentés en cas de cancer thyroïdien différencié, le taux plasmatique de
d’hyperthyroïdie par administration exogène d’iode. la thyroglobuline doit être indétectable après thyroïdec-
tomie totale. La réascension de son taux signe l’existence
2-2- Recherche et dosage d’auto-anticorps de métastases.
antithyroïdiens
Les auto-anticorps anti thyroïdiens sont des auto-anti-
corps produits contre les différents éléments constitu-
tifs de la thyroïde : protéines, enzymes (anticorps anti Tg,
anti TPO), hormones (anti T3 et anti T4), récepteurs (anti
récepteur de la TSH). Leur dosage aide au diagnostic
étiologique des affections thyroïdiennes auto-immunes.
Les anti TPO, anti Tg et anti T3 et T4 sont demandés pour
le diagnostic étiologique des hypothyroïdies primaires.
Les antirécepteurs de la TSH sont dosés pour rechercher
une maladie de Basedow.

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 9
TESTS D’ÉVALUATION
1. QROC
Le thyrocyte concentre l’iodure par un transport qui est :
A – passif B – affecté par des anions compétitifs
C – stimulé par la TSH D – inhibé par une forte concentration en iode
E – stimulé par une augmentation en T3 et/ou T4.
Réponse

QCR N° 2 :
La thyroglobuline :
A – est un dimère glycosylé B – est synthétisée au niveau du foie
C – sa synthèse est régulée par le taux de TSH plasmatique D – est impliquée dans le transport sanguin des HT
E - est le lieu de stockage thyroïdien des hormones thyroïdiennes.
Réponse

QCR N° 3 :
Les protéines plasmatiques liant les HT sont impliquées dans :
A – le transfert des HT du flux sanguin à l’intérieur des cellules.
B – la mise en réserve des HT C – le mécanisme d’action intracellulaire des HT
D – le maintien d’une homéostasie hormonale face à de rapides variations du taux des hormones circulantes
E – le transport spécifique des HT vers les cellules cible.
Réponse

QCR N° 4 :
La Thyroxin Binding Globulin (TBG) :
A – est une protéine glycosylée B – est un dimère
C – assure le transport de 75 % des HT D – est synthétisée par l’hypophyse
E - stimule la pénétration des HT dans les cellules cibles.
Réponse

QCR N° 5 :
Les désiodases:
A – agissent sur la thyroglobuline B – sont présentes dans les thyrocytes
C – interviennent dans l’action périphérique des HT D – interviennent dans le catabolisme des HT
E – sont inhibés par les ions bromures.
Réponse

QCR N° 6 :
T3 est considérée comme l’hormone active, car :
A – son affinité pour le récepteur est très supérieure à celle de T4
B – elle agit plus rapidement à plus faibles doses C – elle n’est pas liée aux protéines sériques
D – elle inhibe la 5’ désiodase E – son taux plasmatique est plus important que T4.
Réponse

QCR N° 7 :
Le récepteur nucléaire aux HT :
A – reconnait T3 B – reconnait T3 et T4
C – se trouve dans tous les tissus D – est le seul site de fixation spécifique de T3
E – présente une affinité plus élevée pour la T4
Réponse

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10 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
QCR N° 8 :
La thyroperoxydase :
A- stimule la captation de l’iode au niveau du pôle basal de la cellule folliculaire
B- est une enzyme cytoplasmique C- est active sous forme dimérique
D- nécessite la présence de peroxyde d’hydrogène comme source d’oxygène
E- catalyse le couplage des iodotyrosines
Réponse

QCR N° 9 :
Les hormones thyroïdiennes T3 et T4 :
A- sont des hormones dérivées de la tyrosine B- sont transportées dans le sang par la thyroglobuline
C- sont sécrétées en quantité égale par le tissu thyroïdien D- ont la même affinité pour le récepteur nucléaire
E- subissent l’action des désiodases au niveau des tissus périphériques
Réponse

Questions à réponse ouverte et courte : QROC Inscrire la réponse dans l’espace prévu.

QROC N° 1 :
Indiquer la voie principale du métabolisme extrathyroïdien de T4.
Réponse

QROC N° 2 :
Concernant les hormones thyroïdiennes :
a- Citer les étapes de leur biosynthèse
Réponse

b- Indiquer parmi ces étapes celle(s) catalysée(s) par la thyroperoxydase (TPO).


Réponse

QROC N° 3 :
Indiquer parmi les hormones thyroïdiennes
a- Celle qui est synthétisée en plus grande quantité par les thyrocytes
Réponse

b- Celle qui possède une affinité plus faible pour les protéines de transport plasmatique
Réponse

QROC N° 4 :
Indiquer les modes d’action possibles des HT au niveau des cellules cibles.
Réponse

QROC N° 6 :
Citer les noms des trois principales protéines impliquées dans le transport plasmatique des HT (T3 et T4)
Réponse

Classer dans l’ordre décroissant l’affinité de ces protéines pour la T4


Réponse

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 11
L’AXE CORTICOTROPE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1- Citer les différents constituants de l’axe corticotrope.
2- Décrire les voies de biosynthèse de chacune des hormones cortico-surrénaliennes.
3- Connaître les modes de transport, de dégradation et d’action de chacune des hor-
mones cortico-surrénaliennes.
4- Citer les dosages hormonaux de base utilisés pour l’exploration de l’axe corticotrope
5- Connaître le principe et les applications de chacun des tests dynamiques utilisés pour
l’exploration de l’axe corticotrope

PLAN
1-INTRODUCTION
2-LES CONSTITUANTS DE L’AXE CORTICOTROPE 3-1-5-Dosage des androgènes plasmatiques
2-1-La CRH a-Androsténédione
2-2-L’ACTH b-Déhydroépiandrostérone et son sulfate
2-3-Les hormones cortico-surrénaliennes 3-1-6-Dosage des précurseurs
2-3-1-Les glucocorticoïdes 3-2-Tests hormonaux dynamiques
a-Biosynthèse 3-2-1-Tests de stimulation
b-Transport, dégradation et excrétion a-Test au synacthène
c-Mécanisme d’action a1-Test au synacthène immédiat
2-3-2-Les minéralocorticoïdes a2-Test au synacthène retard
a-Biosynthèse b-Test d’hypoglycémie insulinique
b-Transport, dégradation et excrétion c-Test à la CRH
c-Mécanisme d’action 3-2-2-Tests de freinage
2-3-3-Les androgènes a-Freinage minute
a-Biosynthèse b-Freinage standard
b-Transport, dégradation et excrétion c-Freinage fort
c-Mécanisme d’action 4-APPLICATION DES EXPLORATIONS AUX
3-EXPLORATION DE L’AXE CORTICOTROPE DYSFONCTIONNEMENTS DE L’AXE CORTICOTROPE
3-1-Dosages hormonaux de base 4-1-Insuffisance surrénalienne
3-1-1-Dosage du cortisol sanguin 4-2-Hyperfonctionnement des corticosurrénales
3-1-2-Dosage du cortisol libre urinaire 4-2-1-Excès de cortisol
3-1-3-Dosage de l’ACTH plasmatique a-Tests de confirmation
3-1-4-Dosage de l’aldostérone et de la rénine b-Tests de détermination de la cause
plasmatique 4-2-2-Excès d’androgènes
4-2-3-Excès d’aldostérone
5-CONCLUSION

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12 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
1-INTRODUCTION ont un caractère hormonal : α MSH (αmelanocytes sti-
mulating hormone) et d’autres sont des neurotransmet-
L’axe corticotrope comprend : teurs : β endorphine.. (figure 1).
- La corticotropine releasing hormone : CRH au niveau L’ACTH se fixe sur des récepteurs membranaires corti-
hypothalamique. cosurrénaliens de haute affinité, active l’adénylcyclase et
- L’hormone adrénocorticotrope  : ACTH au niveau de augmente la production d’AMPc.
l’antéhypophyse. La sécrétion d’ACTH est pulsatile et présente une varia-
- Les hormones corticosurrénaliennes, au niveau du cor- tion circadienne avec un pic de concentration plasma-
tex surrénalien. tique vers environ 8 h et un minimum à minuit. Cette sé-
La CRH stimule la sécrétion d’ACTH par l’hypophyse an- crétion est considérablement augmentée par le stress et
térieure. L’ACTH à son tour, stimule la glande corticosur- inhibée par le cortisol.
rénale et plus particulièrement les zones fasciculées et On rencontre une augmentation de la sécrétion hypophy-
réticulées qui fabriquent respectivement les glucocorti- saire d’ACTH dans les tumeurs hypophysaires et dans
coïdes et les androgènes surrénaliens. Le cortisol exerce l’insuffisance surrénalienne primaire. Il peut y avoir une
un rétrocontrôle négatif sur sa propre sécrétion en agis- sécrétion ectopique par des tumeurs non hypophysaires.
sant à la fois au niveau hypothalamique sur la sécrétion
de CRH et au niveau hypophysaire sur celle de l’ACTH. 2-2-LA CRH
Une atteinte de l’axe corticotrope peut se faire à trois ni- Peptide de 41 AA par lequel l’hypothalamus contrôle
veaux : hypothalamique, hypophysaire et corticosurréna- la synthèse et la sécrétion d’ACTH chez l’adulte. Il est
lien. L’exploration biochimique de l’axe corticotrope per- synthétisé sous la forme d’un précurseur de 196 AA.
met de confirmer cette atteinte et de préciser son niveau. L’activité biologique de la CRH est associée à la portion
C- terminale. La séquence minimale qui garde toute l’ac-
tivité biologique est la séquence CRH 15-41. La fixation
de la CRH  41 active l’adénylatecyclase, accroît l’accu-
2-LES CONSTITUANTS DE L’AXE mulation intracellulaire d’AMPc et augmente l’activité
CORTICOTROPE de protéine(s) kinase(s) AMPc dépendantes. Les actions
hypophysaires du CRF paraissent se limiter aux cellules
2-1-L’ACTH corticotropes. Elles se traduisent non seulement par une
Il s’agit d’un polypeptide de 39 acides aminés (AA) dont augmentation de la sécrétion d’ACTH et d’autres peptides
l’activité biologique est portée par les 24 premiers acides adénohypophysaires dérivés de la POMC, mais aussi par
aminés. une stimulation de la synthèse du précurseur lui-même.
L’ACTH est un produit de clivage d’un précurseur com- Il semble que les concentrations de CRH varient au
mun  : la proopiomélanocortine (POMC), glycoproté- cours des 24 heures, mais ces variations compte tenu
ine clivée par des protéinases spécifiques en plusieurs des faibles quantités circulantes sont difficiles à mettre
peptides. La répartition de ces protéinases n’est pas la en évidence. Sa demi-vie est de 60 minutes.
même dans tous les types de cellules, de telle sorte que La CRH, à la dose optimale de 1 µg/kg, provoque un pic
chacun fabrique des peptides de nature différente à par- de sécrétion quasi instantané d’ACTH, suivi d’une aug-
tir du même précurseur. mentation de la sécrétion en plateau maximale entre
Dans le lobe antérieur de l’hypophyse, la POMC donne 30 et 60 minutes et durant 6 à 8 heures. La principale
naissance principalement à l’ACTH et à la β LPH (Lipo- régulation de sa sécrétion est celle exercée par le taux
tropic hormone). Des clivages supplémentaires génèrent circulant des glucocorticoïdes, particulièrement le cor-
en faible proportion des peptides plus petits, dont les uns tisol. Le freinage exercé par le cortisol sur la CRH agit
en quelques minutes. La sécrétion d’ACTH induite
par la CRH est ainsi bloquée, mais la sécrétion
basale persiste.

2-3-LES HORMONES
CORTICOSURRÉNALIENNES
Les hormones corticosurrénaliennes sont repré-
sentées par les glucocorticoïdes secrétés par la
zone fasciculée de la corticosurrénale, les miné-
ralocorticoïdes sécrétés par la zone glomérulée et
les androgènes sécrétés par la zone réticulée. Il
s’agit d’hormones stéroïdes qui dérivent du cho-
lestérol.

2-3-1-Les glucocorticoïdes
a -Biosynthèse
La conversion du cholestérol en pregnénolone
est l’étape limitante de la biosynthèse du corti-
sol ; cette conversion est stimulée par l’ACTH. La
biosynthèse du cortisol à partir de la pregnéno-
Figure 1-Clivage de la proopiomélanocortine lone fait intervenir une réductase/isomérase spé-
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 13
Figure 2- Biosynthèse des hormones
corticosurrénaliennes

cifique et trois hydroxylases différentes. Des anomalies des acides gras libres à partir du tissu adipeux. Ainsi, le
héréditaires de toutes ces enzymes ont été caractérisées cortisol apporte les substrats nécessaires pour la néo-
(figure 2). glucogenèse, qu’il favorise dans le foie.
Les glucocorticoïdes de synthèse ont trouvé de très nom-
b-Transport, dégradation et excrétion breuses applications thérapeutiques.
La majorité du cortisol plasmatique (environ 80  %) cir-
cule sous forme faiblement liée à une α globuline spé- 2-3-2-Les minéralocorticoïdes
cifique : la CBG (Corticosteroid Binding Globulin) encore a -Biosynthèse
appelée transcortine, 10 % du cortisol sont transportés La voie métabolique de biosynthèse de l’aldostérone com-
par l’albumine alors que les 10  % restants se trouvent porte plusieurs des enzymes intervenant dans la biosyn-
sous forme libre. C’est cette dernière forme qui constitue thèse du cortisol. La zone glomérulée est dépourvue de la
la forme physiologiquement active. 17 hydroxylase et comporte en supplément la 18 hydroxy-
Le cortisol est inactivé dans le foie, où il subit une série lase et la 18 hydroxystéroïde déshydrogénase, enzymes
de réductions catalysées par des déshydrogénases. Ces nécessaires à la synthèse de l’aldostérone (figure 2).
dérivés réduits des glucocorticoïdes sont conjugués, au
niveau du foie, à l’acide glucuronique ou au sulfate grâce b-Transport, dégradation et excrétion
à des transférases spécifiques. Les stéroïdes conjugués L’aldostérone circule dans le sang principalement sous
sont déversés dans la bile. La majeure partie est réab- forme faiblement liée à la sérum-albumine, le reste se
sorbée au niveau de l’intestin et éliminée par les reins. trouve à l’état libre.
Chez l’Homme, 70  % des stéroïdes conjugués sont éli- La dégradation de l’aldostérone a lieu dans le foie et
minés par les reins, 20 % par les matières fécales et le dans les cellules cibles. Elle donne lieu, par des réac-
reste par la peau. Une partie du cortisol est excrétée tions de réduction successives comparables aux gluco-
dans les urines sans transformation. corticoïdes, à des dérivés tétrahydrogénés. L’aldostérone
peut aussi subir une oxydation de la fonction aldéhyde
c-Mécanisme d’action 18 en acide carboxylique. Ce carboxyle est ensuite com-
Les glucocorticoïdes agissent par le biais d’un récepteur biné à une molécule d’acide glucuronique et le glucu-
spécifique appartenant à la famille des récepteurs aux rono-conjugué de la 18 carboxyaldostérone est éliminé
stéroïdes. dans les urines.
Le cortisol est une hormone importante qui agit sur de
nombreux tissus de l’organisme. Il joue un rôle métabo- c-Mécanisme d’action
lique majeur en favorisant la dégradation des protéines L’aldostérone agit par l’intermédiaire d’un récepteur ty-
dans les muscles, ainsi que la libération du glycérol et pique des hormones stéroïdes.
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14 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
L’action principale de l’aldostérone est la stimulation 3-EXPLORATION DE L’AXE CORTICOTROPE
de la réabsorption rénale de sodium au niveau du tube
contourné distal rénal, en échange de potassium et L’exploration biochimique de l’axe corticotrope est desti-
d’ions hydrogènes. Elle joue donc un rôle central de la née à mette en évidence un hypo ou un hyperfonctionne-
régulation de la volémie. ment des glandes surrénales.
Elle est sécrétée en réponse à l’angiotensine II, qui ré-
sulte de l’activation du système rénine angiotensine sous 3-1-DOSAGES HORMONAUX DE BASE
l’influence d’une diminution du flux sanguin rénal ou 3-1-1-Dosage du cortisol sanguin
d’autres indicateurs de diminution du volume de liquide Le prélèvement est effectué à jeun à 8h du matin.
extracellulaire (figure 3). Les concentrations plasmatiques du cortisol subissent
une variation circadienne avec un pic le matin et un mini-
mum à minuit (figure 4).

Figure 3-Système Rénine-Angiotensine-Aldostérone Figure 4-Variations nycthémérales du cortisol

La sécrétion de l’aldostérone est également stimulée Le prélèvement sanguin en vue d’un dosage de cortisol
directement par l’hyperkaliémie. L’ACTH n’a pas de rôle est généralement réalisé entre 8 h et 9 h ; toutefois, un
physiologique majeur dans la sécrétion d’aldostérone. échantillon peut être prélevé à 23 h pour mettre en évi-
dence la rythmicité circadienne.
2-3-3-Les androgènes
Le cortex surrénalien produit également des androgènes : 3-1-2-Dosage du cortisol libre urinaire (CLU)
androsténédione, déhydroépiandrostérone (DHEA) et sul- La concentration en cortisol libre (et donc la quantité de
fate de DHEA. Ces composés doivent probablement leur cortisol susceptible d’être excrétée sous forme inchan-
activité androgénique à leur conversion périphérique en gée dans l’urine) est très faible. La CBG (transcortine) est
testostérone. La corticosurrénale est une importante presque totalement saturée aux concentrations physio-
source d’androgènes chez la femme, mais chez l’homme logiques du cortisol. De ce fait, lorsque la production de
adulte, cette source est insignifiante par rapport à la pro- cortisol augmente, la fraction présente dans le plasma
duction de testostérone par les testicules. sous forme libre (et donc la quantité excrétée), augmente
de façon disproportionnée par rapport à la quantité to-
a-Biosynthèse tale. Pour cette raison, le dosage de la cortisolurie de 24
a-1-Biosynthèse du DHA et du S-DHA h, sous réserve de l’obtention d’un échantillon urinaire
Une 17,20 desmolase coupe la chaîne latérale en C17 de correct, est une méthode de dépistage sensible d’une
la 17 hydroxyprégnénolone donnant le DHEA (figure 2). augmentation, de la sécrétion de cette hormone.
Le SDHEA est synthétisé à partir du sulfate de cholestérol.
a-2-Biosynthèse de l’androstènedione 3-1-3-Dosage de l’ACTH plasmatique
La 17-20 desmolase coupe la chaîne latérale en C17 de Une fois prélevé, le sang doit être immédiatement mis
la 17 hydroxyprogestérone, donnant l’androstènedione dans la glace, puis centrifugé à + 4  °C. Le dosage doit
(figure 2). être immédiat, sinon il doit être conservé à -20 °C.

b-Transport, dégradation et excrétion 3-1-4-Dosage de l’aldostérone et de la rénine plasma-


Dans le plasma, la plus grande partie de ces hormones tiques
circule faiblement liée à une protéine appelée SHBG Le dosage est réalisé le matin à jeun, chez un patient en
(Sexual Hormone Binding Globulin) ou SBP (Sexual Hor- décubitus dorsal strict depuis au moins une heure (La
mone BindingProtein). concentration plasmatique d’aldostérone varie avec la
La dégradation intéresse l’androsténédione qui subit une posture, d’où l’intérêt de prélever le malade en position
réduction de la double liaison, puis une réduction de la couchée).
fonction cétone. Ces produits sont ensuite sulfo ou glu- La sécrétion d’aldostérone est stimulée par l’action de la
curonoconjugués, puis éliminés dans les urines. DHEA rénine ; de ce fait, il est souvent contributif de mesurer
et DHEAS sont éliminés tels quels. l’activité rénine plasmatique au même moment que la
concentration d’aldostérone.
c-Mécanisme d’action
Les androgènes agissent par l’intermédiaire d’un récep- 3-1-5-Dosage des androgènes plasmatiques
teur typique des hormones stéroïdes. Le prélèvement se fait le matin entre 8 h et 9 h. Chez la
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 15
femme, le prélèvement doit être fait en phase folliculaire entraîne un freinage de l’axe corticotrope et un abaisse-
précoce (1er jour du cycle, au plus tard le 7e jour du cycle). ment de la cortisolémie. L’importance du freinage est
modulée par la dose de déxaméthasone administrée. Il
3-1-6-Dosage de précurseurs permet d’apprécier la sensibilité de l’axe corticotrope au
La 17 hydroxyprogestérone et le 11 désoxycortisol peu- rétrocontrôle négatif par les corticoïdes. Plusieurs pro-
vent être dosés dans le cadre de l’exploration de l’hyper- cédures sont possibles :
plasie congénitale des surrénales par déficit enzymatique
en 21 hydroxylase et en 11 hydroxylase respectivement. a-Freinage minute
Le test consiste à faire prendre au patient 1 mg de dexa-
3-2-TESTS HORMONAUX DYNAMIQUES méthasone par voie orale à 23 h et à doser le cortisol
Il n’est pas toujours possible de diagnostiquer les hyper sanguin le lendemain matin à 8 ou 9 h
et les hypofonctionnements surrénaliens par l’examen chez l’individu normal, on observe une baisse de la corti-
clinique et les analyses biologiques courantes. Les tests solémie. Le seuil en dessous duquel, le cortisol doit tom-
dynamiques consistent à stimuler ou à inhiber l’axe et à ber est variable selon les équipes.
observer les réponses hormonales qui s’en suivent.
b-Freinage standard = freinage faible
3-2-1-Tests de stimulation On recueille les urines pendant 24h et le recueil se pour-
Les tests de stimulation s’effectuent idéalement à 8h suit pendant les 48 h suivantes, cependant que 0,5 mg de
du matin (au moment où la sécrétion physiologique de dexaméthasone est administré toutes les 6 h (soit 2 mg/j
cortisol est maximale). Un éventuel traitement par cor- pendant 2 jours).
ticoïdes (hydrocortisone) doit être arrêté depuis la veille. Chez l’individu normal, on observe une diminution du
CLU le second jour du test.
a-Test au synacthène
a-1-Test au synacthène immédiat c-Freinage fort
Le synacthène n’est autre que l’ACTH  1-24 qui stimule Il implique l’administration de 2 mg de dexaméthasone
directement la corticosurrénale toutes les 6 h pendant 48 h ; la cortisolémie et éventuel-
On mesure le cortisol plasmatique au temps t = 0, puis lement la cortisolurie sont dosées le lendemain matin.
on injecte par voie intraveineuse ou intramusculaire
250 µg de synacthène ordinaire. On dose ensuite le cor-
tisol 30  mn après l’injection (dans certains protocoles, 4-APPLICATION DES EXPLORATIONS AUX
un échantillon supplémentaire de cortisol est prélevé à DYSFONCTIONNEMENTS DE L’AXE CORTI-
60 mn). COTROPE
Chez l’individu normal, on observe une ascension du cor-
tisol plasmatique. 4-1-INSUFFISANCE SURRÉNALIENNE
a-2-Test au synacthène retard Elle peut être primitive ou secondaire à une insuffisance
On injecte 1 mg de synacthène retard par voie intramus- hypothalamo-hypophysaire.
culaire tous les jours pendant 3 jours et le test au synac- L’insuffisance surrénalienne aiguë est une affection rare
thène immédiat est répété le 4e jour. qui, non diagnostiquée, peut être fatale. Autrefois, la des-
truction des glandes surrénales était souvent due à la
b-Test d’hypoglycémie insulinique tuberculose ; aujourd’hui ce sont les réactions auto-im-
Ce test explore les divers niveaux de l’appareil hypotha- munes qui constituent la principale cause d’insuffisance
lamo hypophysaire corticotrope. Il consiste à administrer surrénalienne primitive. La majorité des signes cliniques
une quantité suffisante d’insuline pour provoquer un d’insuffisance surrénalienne est due au manque de
stress hypoglycémique (glycémie < 2,2 mmol/l). glucocorticoïdes et de minéralocorticoïdes.
Au cours de ce test, le stress hypoglycémique induit est Les dosages aléatoires du cortisol ne sont pas totale-
utilisé pour évaluer la sécrétion d’ACTH par l’hypophyse. ment dénués d’intérêt dans l’évaluation initiale d’une
En pratique, on dose généralement le cortisol parce que insuffisance surrénalienne suspectée, mais il est néces-
le dosage de l’ACTH est plus compliqué sur le plan tech- saire d’être prudent dans l’interprétation des résultats et
nique (cela suppose que les surrénales peuvent répondre l’heure exacte du prélèvement doit toujours être notée.
normalement à l’ACTH). La confirmation ou l’exclusion formelle d’une insuffi-
Chez l’individu normal, on observe un pic de cortisolémie. sance surrénalienne nécessite un test au synacthène
Le test est potentiellement dangereux du fait des risques immédiat. Dans ce cas, une ascension significative du
liés à l’hypoglycémie. La présence d’un médecin est in- cortisol exclut le diagnostic d’insuffisance surrénalienne.
dispensable tout au long de son déroulement. Une réponse ambiguë ou inadéquate à ce test, peut né-
cessiter un test au synacthène retard. Une réponse nor-
c-Test à la CRH male au test au synacthène retard, exclut quasiment une
Ce test consiste à stimuler la sécrétion corticotrope avec insuffisance surrénalienne primitive.
une corticotropin relasing hormone synthétique. L’étude Le dosage de l’ACTH peut rendre superflu le test au sy-
de la réponse se fait sur le dosage de l’ACTH et du corti- nacthène retard. Une ACTH clairement augmentée en
sol plasmatiques. présence d’une altération de la réponse au synacthène
immédiat confirme le diagnostic d’insuffisance surréna-
3-2-2-Tests de freinage lienne primitive.
La prise d’un corticoïde de synthèse, la déxaméthasone
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16 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
4-2-HYPERFONCTIONNEMENT DES 4-2-2-Excès d’androgènes
CORTICOSURRÉNALES Les tumeurs de la corticosurrénale, en particulier les tu-
L’hyperfonctionnement du cortex surrénalien peut être meurs malignes (carcinomes) peuvent produire un excès
discuté en termes de surproduction de ses trois princi- d’androgènes. Les patients atteints d’hyperplasie congé-
paux produits : le cortisol, les androgènes surrénaliens nitale des surrénales peuvent également présenter des
et l’aldostérone. signes de surproduction des androgènes.
Le dosage des androgènes surrénaliens et de la 17 hy-
4-2-1-Excès de cortisol : hypercortisolisme droxyprogestérone sont préconisés dans le diagnostic et
L’exposition prolongée des tissus au cortisol ou à d’autres la prise en charge de l’hyperplasie congénitale des sur-
glucocorticoïdes donne naissance aux caractéristiques rénales.
cliniques appelées syndrome de Cushing. Elle résulte le
plus souvent d’une corticothérapie prolongée (syndrome 4-2-3-Excès d’aldostérone
de Cushing iatrogène). Plus rarement, elle est causée L’hyperaldostéronisme peut être primaire ou secondaire.
par un adénome hypophysaire (maladie de Cushing). L’hyperaldostéronisme primaire est en rapport dans en-
Il peut s’agir d’une production ectopique d’ACTH (syn- viron 2/3 des cas avec un adénome des surrénales. L’hy-
drome paranéoplasique) ou de tumeurs sécrétant le cor- peraldostéronisme secondaire est plus fréquent que la
tisol (adénome ou carcinome surrénalien). forme primaire et peut être associé à un grand nombre
d’affections.
a-Tests de confirmation Les examens préliminaires doivent inclure un bilan élec-
La recherche de cortisol libre urinaire dans les urines de trolytique. La kaliémie sera faible et la kaliurie augmen-
24 h est l’un des premiers tests pratiqué chez un patient tée.
suspecté d’hypercorticisme. Le taux de cortisol libre uri- Le diagnostic d’hyperaldostéronisme repose sur le do-
naire s’élève dans le syndrome de Cushing. sage de l’aldostérone et la mesure de l’activité rénine
Les dosages de cortisol à 8 h et 23 h montrent normale- plasmatique sur le même échantillon.
ment un rythme circadien avec des valeurs nocturnes in-
férieures aux valeurs matinales. Cette différence n’appa-
raît généralement pas en cas de syndrome de Cushing. 4-CONCLUSION
Si l’administration de 1 mg de déxaméthasone à 23 h ne
parvient pas à abaisser la cortisolémie à 8h le lendemain L’axe corticotrope joue un rôle essentiel dans le maintien
matin, c’est un élément de plus suggérant la présence de l’homéostasie et ainsi, la capacité de l’organisme à
d’un syndrome de Cushing. faire face aux situations de stress. Son exploration par
L’absence d’augmentation de la cortisolémie après une le dosage statique et dynamique de chacun de ses in-
hypoglycémie induite par l’insuline est également une tervenants permet de mettre en évidence les éventuelles
caractéristique du syndrome de Cushing. perturbations de son fonctionnement.

b-Tests de détermination de la cause


Dans le syndrome de Cushing, les tests utilisés à des fins
de diagnostic étiologique sont le test de freination fort à
la dexaméthasone, le test à la CRH et le dosage de l’AC-
TH plasmatique (tableau 1).

Tableau  1-Résultats caractéristiques des tests dynamiques


dans l’hypercortisolisme
Freination à la DXM
Affections Cortisol basal Test à la CRH ACTH
fort
Maladie de
Elevé Freination Réponse Elevée
Cushing
Tumeur
Elevé Pas de freination Pas de réponse Diminuée
surrénalienne
Sécrétion
ectopique Fortement élevé Pas de freination Pas de réponse Fortement élevée
d’ACTH

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 17
LES HORMONES GONADIQUES ET DE LA GROSSESSE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1- Connaître les étapes de la biosynthèse des hormones stéroïdes testiculaires et ova-
riennes et citer les principales enzymes intervenant dans ces voies de biosynthèse.
2- Citer les voies de dégradation des stéroïdes sexuels
3- Décrire le mécanisme d’action des stéroïdes gonadiques au niveau des tissus cibles.
4- Citer les hormones peptidiques synthétisées par les gonades.
5- Décrire le schéma de biosynthèse des stéroïdes placentaires.
6- Connaître les hormones peptidiques synthétisées par le placenta.

PLAN
1- INTRODUCTION 4- LES HORMONES DE LA GROSSESSE
4-1- LES HORMONES STÉROÏDES
2- LES HORMONES TESTICULAIRES a- La progestérone
2-1- LES STÉROÏDES TESTICULAIRES b- Les œstrogènes
a- Biosynthèse 4-2- LES HORMONES PEPTIDIQUES
a-1-Testostérone a- La gonadotrophine chorionique humaine (hCG)
a-2- Dihydrotestostérone a-1- Structure
a-3 Les œstrogènes a-2- Fonction biologique
a-4- Autres stéroïdes b- Hormone lactogène placentaire (hPL)
b- Transport sanguin
c- Catabolisme de la testostérone 5- CONCLUSION
d- Mécanisme d’action
e- Variations de la production de testostérone en
fonction de l’âge
2-2- Les HORMONES PEPTIDIQUES

3- LES HORMONES OVARIENNES


3-1- LES STÉROÏDES OVARIENS
a- la progestérone
a-1- biosynthèse de la progestérone
a-2- Transport sanguin de la progestérone
a-3- Métabolisme de la progestérone
a-4- Mécanisme d’action de la progestérone
b- Les androgènes
c- Les œstrogènes
c-1- biosynthèse des œstrogènes
c-2- Transport sanguin
c-3- Métabolisme
c-4- Mécanisme d’action
3-2- LES HORMONES PEPTIDIQUES

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18 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
1- INTRODUCTION 17 hydroxylase puis la 17-20 desmolase pour donner la
DHEA. Celle-ci est ensuite transformée en D4 androsté-
Les gonades sont à l’origine d la reproduction et leur bon nédione sous l’influence des deux enzymes, 3 β hydroxys-
fonctionnement est crucial pour la survie de l’espèce. téroïde déshydrogénase, Δ5,4 isomérase (figure 1).
Elles assurent à partir de la puberté la double fonction
de maturation des cellules germinales et de sécrétion Cholestérol
des hormones sexuelles.
Les ovaires produisent des ovules et des hormones sté-
20 hydrocholestérol
roïdes : œstrogène et progestérone. Les testicules pro-
duisent les spermatozoïdes et la testostérone (T). La pro-
duction de ces hormones est étroitement contrôlée par 20-22 dihydrocholestérol
une boucle rétroactive qui fait intervenir l’hypophyse et
l’hypothalamus. Ovaires et testicules produisent égale-
ment des hormones peptidiques capables de moduler la 3 b hydroxystéroïde déshydrogénase/isomérase
sécrétion de la FSH par les cellules hypophysaires.
Prégnénolone Progestérone

2- LES HORMONES TESTICULAIRES


17 hydroxylase
Les testicules ont 3 fonctions essentielles :
- ils déterminent durant la vie fœtale la différenciation
17 hydroxy-prégnénolone 17 hydroxy progestérone
masculine des organes génitaux,
- ils assurent la synthèse de l’hormone mâle : la testos-
térone (fonction endocrine), 17-20 desmolase
- ils permettent à partir de la puberté l’initiation puis le
maintien de la spermatogenèse (fonction exocrine).
La fonction exocrine du testicule est dévolue aux cel- Déhydroépiandrostérone Androsténédione
lules germinales des tubes séminifères, tandis que les
cellules de Leydig et les cellules de Sertoli ont un rôle 17 hydroxystéroïde
endocrine et paracrine. Ainsi, les cellules de Leydig pro-
déshydrogénase
duisent les hormones stéroïdes dont le chef de file est la
testostérone. La cellule de Sertoli à laquelle on a long-
temps attribué un simple rôle mécanique de soutien, est Androstènediol Testostérone
en réalité une cellule glandulaire à part entière qui sé-
crète des hormones peptidiques impliquées dans la ré-
gulation endocrine ou paracrine du testicule. Figure 1- Biosynthèse de la testostérone

2-1- LES STÉROÏDES TESTICULAIRES a-2- Dihydrotestostérone


La stéroïdogenèse testiculaire (et surrénalienne) donne La cellule de Leydig possède aussi une 5  réductase qui
naissance à de nombreuses molécules qui sont soit des transforme la testostérone en 5 dihydrotestostérone
hormones finies, soit des substrats intermédiaires libé- (DHT), qui constitue l’androgène actif au niveau des sites
rés par excès. Le cholestérol en est le précurseur im- périphériques.
médiat. La quantité de dihydrotestostérone testiculaire libérée
dans le sang est mal connue, mais est négligeable au re-
a- Biosynthèse gard de la production par les tissus périphériques.
a-1-Testostérone
Elle est le principal stéroïde sécrété par le testicule. a-3 Les œstrogènes
Le cholestérol libre est d’abord transféré dans la Le 17  b œstradiol, œstrogène le plus actif, est secrété
membrane interne des mitochondries, où il est hydroxy- directement par le testicule en très petites quantités. La
lé en 20 et 22 puis transformé en prégnénolone sous production des œstrogènes chez l’homme a lieu princi-
l’influence de la 20-22 desmolase. Cette conversion du palement au niveau périphérique (tissu adipeux, prostate.)
cholestérol en prégnenolone est identique dans les sur- sous l’influence d’une aromatase qui transforme la tes-
rénales, les ovaires et les testicules. Cependant, dans tostérone en œstradiol et l’androtènedione en œstrone.
ces deux derniers tissus, la réaction est stimulée par la
LH, alors qu’elle est stimulée par l’ACTH dans les surré- a-4- Autres stéroïdes
nales. La conversion de la pregnénolone en testostérone Le testicule et la glande surrénale secrètent de nombreux
peut se faire selon deux voies qui utilisent toutes deux les stéroïdes au cours de la synthèse des androgènes. Cer-
mêmes enzymes. La voie de la progestérone ou voie D4 tains sont des intermédiaires connus de la stéroïdogenèse
utilise la séquence : 3 β hydroxystéroïde déshydrogénase, et d’autres sont mal caractérisés. Leur rôle physiologique
Δ5,4 isomérase, 17 α hydroxylase, 17-20 desmolase (17-20 chez l’homme est incertain et ne semble avoir un rôle
lyase), 17 β hydroxystéroïde déshydrogénase (17 b réduc- effectif qu’en cas de carence androgénique testiculaire.
tase). La deuxième voie est appelée voie de la déhydroé- Le testicule relargue également dans la circulation des
piandrostérone (DHEA) ou voie D5 qui utilise d’abord la précurseurs des androgènes tels que la prégnénolone,
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 19
la 17 hydroxyprégnénolone, la progestérone, la 17 hy- possèdent la même sous unité, α mais deux sous unités
droxyprogestérone, la déhydroépiandrostérone et l’an- b différentes : βÀ : 116 acides aminés (inhibine A) et βB :
drosténédione (AD). 115 acides aminés (inhibine B). Il n’y a pas de différence
fonctionnelle entre les deux inhibines.
b- Transport sanguin L’activine est un homodimère dont il existe aussi deux va-
La TeBG (testostérone binding globulin) représente la riétés : l’activine A formée de deux sous unités α et l’acti-
principale protéine de transport des stéroïdes testicu- vine B constituée de deux sous unités β.
laires. Il s’agit d’une β globuline hépatique qui a une forte Ces polypeptides sont dénommés selon leur capacité de
affinité pour la DHT, moindre pour la testostérone et en- moduler la sécrétion de la FSH par les cellules hypophy-
core moindre pour l’œstradiol. saires, soit en l’inhibant (inhibine), soit en l’activant (acti-
Par ailleurs, la testostérone est liée pour 60 % à la TeBG, vine). Elles sont sécrétées aussi dans le tube séminifère,
35 % à l’albumine et pour le reste à d’autres transporteurs où elles exercent des actions locales, soit sur les cellules
protéiques, tels que la transcortine. Seulement 1 % de la de Sertoli (fonction autocrine), soit sur les cellules de voi-
testostérone circule dans le plasma sous forme libre, bio- sinage (fonction paracrine).
logiquement active.

c- Catabolisme de la testostérone 3- LES HORMONES OVARIENNES


La testostérone est principalement catalysée par la voie
des 17 cétostéroïdes. Cette voie a lieu au niveau du foie Les ovaires sécrètent deux types d’hormones : d’une part
et conduit à des métabolites dont les plus importants les hormones stéroïdes féminines (œstrogènes et proges-
sont l’androstérone et l’étiocholanolone. Ces composés térone), d’autre part les hormones peptidiques (inhibine
se conjuguent avec l’acide glucuronique pour former des et activine).
composés hydrosolubles excrétés par les urines.
Un pour cent de la testostérone est excrété sous forme 3-1- LES STÉROÏDES OVARIENS
glucuronoconjuguée dans les urines. Toutes les cellules ovariennes possèdent les enzymes né-
cessaires à la production des hormones stéroïdes, cepen-
d- Mécanisme d’action dant les proportions des différentes enzymes varient d’un
La testostérone agit par un mécanisme intracellulaire. groupe de cellules à l’autre : le stroma et la thèque interne
Après avoir franchi passivement la membrane cellulaire produiront préférentiellement des androgènes, essentiel-
des cellules cibles, la testostérone joue le rôle de prohor- lement l’androstènedione et en moindre quantité, la tes-
mone, car elle est réduite en DHT qui est un androgène tostérone. Ces androgènes sont ultérieurement transfor-
beaucoup plus puissant. Quelques tissus font l’exception, més en œstrogènes (principalement en œstradiol) dans
tels que les muscles et l’hypothalamus où à leur niveau la les cellules de la granulosa très riches en aromatase.
testostérone agit, sans être transformée en DHT. Le corps jaune synthétise principalement de la progesté-
La DHT ou la testostérone se lient à un récepteur soluble rone, mais également des œstrogènes et des androgènes
présent dans le cytoplasme. Puis le récepteur est trans- en faible quantité.
féré au noyau où il se fixe sur des séquences spécifiques
d’ADN appelées éléments de réponse aux androgènes a- la progestérone
(ADR). Cette fixation a pour effet d’activer la transcription La progestérone est la première hormone stéroïdienne
des gènes impliqués dans la réponse androgénique. synthétisée à partir du cholestérol. Substance pivot de la
stéroïdogenèse, la progestérone est synthétisée dans tous
e- Variations de la production de testostérone en fonc- les organes producteurs d’hormones stéroïdes, mais seul
tion de l’âge le corps jaune en secrète dans le sang en quantités signi-
Au moment de la naissance, les taux de testostérone cir- ficatives.
culante sont élevés. Ils décroissent ensuite en 5 à 10 jours
de vie extra-utérine, puis augmentent à nouveau pour at- a-1- biosynthèse de la progestérone
teindre un pic vers le 2e mois de la vie. Entre le 6e mois Le cholestérol est transformé en prégnénolone puis en
de la vie et le début de la puberté, la testostérone plasma- progestérone par le système enzymatique 3 β hydroxysté-
tique reste basse. roïde déshydrogénase/ Δ5,4 isomérase.
La testostérone est plus basse chez le sujet âgé, mais
reste en moyenne dans les limites normales. Cette dimi- a-2- Transport sanguin de la progestérone
nution est le reflet d’un fléchissement de la stéroïdoge- Il n’existe pas de protéine spécifique chargée de lier la
nèse testiculaire. progestérone. Dans le sang, la progestérone se lie surtout
Les taux de TeBG augmentent avec l’âge. Cette augmen- à l’albumine et un peu à la CBG (cortisol binding globulin).
tation s’accompagne d’une diminution de la testostérone La fraction libre représente entre 2 et 10 % de l’hormone
plasmatique biodisponible. circulante.

2-2- LES HORMONES PEPTIDIQUES a-3- Métabolisme de la progestérone


Ces hormones sont synthétisées par les cellules de Ser- La progestérone est catabolisée dans le foie en de nom-
toli. Il s’agit de glycoprotéines dimériques constituées de breux produits de réduction, éventuellement conjugués à
deux sous unités réunies par des ponts disulfures. l’acide glucuronique et éliminés par voies biliaire et ré-
L’inhibine est un hétérodimère constitué par une sous nale. Le prégnanediol est le métabolite le plus abondant.
unité α et une sous unité β. Il existe deux inhibines, qui
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20 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
a-4- Mécanisme d’action de la progestérone l’œstradiol se fixe sur des récepteurs cytoplasmiques,
Au niveau des cellules cibles, la progestérone se fixe sur puis, le complexe œstrogène- récepteur migre vers le
un récepteur cytoplasmique. Puis, le complexe progesté- noyau où il module la transcription des gènes.
rone-récepteur migre vers le noyau où il module la trans- La concentration des récepteurs de l’œstradiol varie au
cription des gènes. cours du cycle. En phase folliculaire, l’œstradiol stimule
la synthèse de ses propres récepteurs. En phase lutéale,
b- Les androgènes il y a diminution du nombre des récepteurs à l’œstradiol
Chez la femme, les androgènes plasmatiques sont par secondaire à l’effet inhibiteur de la progestérone.
ordre croissant d’abondance : la DHEA-S, la DHEA, l’an-
drostènedione, et enfin la testostérone. La DHEA-S est 3-2- LES HORMONES PEPTIDIQUES
produite exclusivement par le cortex surrénalien alors que L’inhibine et l’activine sont des peptides gonadiques, sé-
l’androtènedione provient principalement de l’ovaire. La crétés au niveau ovarien par les cellules de la granulo-
testostérone, provient à 25 % de l’ovaire, à 25 % du cortex sa, sous l’influence de la FSH. Le rôle de l’inhibine A et B
surrénalien et à environ 50  % de la conversion périphé- est différent, mais reste peu connu. Les inhibines favori-
rique de l’androtènedione et de la DHEA. seraient la maturation folliculaire, en partie via une pro-
duction thécale d’androgènes. Les activines seraient des
c- Les œstrogènes facteurs d’atrésie. Vers l’âge de 40 ans, parallèlement à
Les œstrogènes sont au nombre de trois : œstrone (E1), l’élévation de la FSH, il y a diminution nette de l’inhibine,
œstradiol (E2) et œstriol (E3). L’œstradiol est l’œstrogène avec un taux effondré à la période de ménopause installée.
qui présente la plus forte activité biologique. L’œstrone
de son côté ne semble acquérir son activité qu’après sa
transformation en œstradiol. 4- LES HORMONES DE LA GROSSESSE

c-1- biosynthèse des œstrogènes La grossesse est un état physiologique qui résulte de la
Chez la femme, les androgènes servent de substrat à la fécondation, de la nidation de l’œuf fécondé dans la cavité
synthèse des œstrogènes. Sous l’action d’un complexe utérine et du développement du fœtus dans l’organisme
enzymatique appelé aromatase, l’androsténédione est maternel.
directement transformé en œstrone et la testostérone L’évolution normale de la grossesse dépend de la pro-
en œstradiol. L’ovaire sécrète davantage d’œstradiol que duction des hormones essentiellement placentaires qui
d’œstrone. Pourvus de système d’aromatisation, le tissu agissent sur le tractus génital de la mère et sur les sys-
adipeux et à moindre degré, le muscle, le foie, la peau et le tèmes métaboliques maternel et fœtal.
tissu nerveux sont les principaux sites de transformation
d’androgènes en œstradiol. 4-1- LES HORMONES STÉROÏDES
Une 17 β hydroxystéroïde déshydrogénase, contenue dans Pendant la grossesse, le placenta synthétise de très
les cellules de nombreux tissus, permet la transformation grandes quantités de progestérone, d’œstradiol, d’œs-
de l’œstrone en œstradiol. trone et d’œstriol. Ces stéroïdes sont sécrétés dans le
Chez la femme en préménopause, une proportion signi- compartiment sanguin aussi bien maternel que fœtal.
ficative d’œstradiol circulant est formée dans les tissus Le placenta est une glande endocrine dont le fonctionne-
périphériques à partir de l’androsténedione sécrétée par ment n’est pas du tout autonome. Les stéroïdes qu’il pro-
le cortex surrénalien. duit sont dérivés de précurseurs qui lui sont fournis par la
mère ou le fœtus : la progestérone à partir du cholesté-
c-2- Transport sanguin rol maternel, l’œstradiol et l’œstrone à partir de la déhy-
Dans le plasma, l’œstradiol, tout comme l’œstrone, circule droépiandrostérone maternelle et fœtale et enfin l’œstriol
en presque totalité lié à des protéines vectrices. L’œstra- à partir de la 16 α hydroxydéhydroépiantrostérone (16 
diol se lie en majorité à l’albumine et dans une moindre OH-DHEA). Ces modalités particulières de biosynthèse
mesure à la TeBG. La fraction hormonale libre ne repré- des stéroïdes par le placenta expliquent l’utilisation de la
sente que 1 % à 3 % de l’œstradiol circulant. terminologie d’unité foetoplacentaire ou encore d’unité
maternofoetoplacentaire.
c-3- Métabolisme
L’œstradiol est inactivé dans le foie selon deux voies ma- a- La progestérone
jeures. L’hydroxylation (suivie ou non d’une méthylation) Le corps jaune est la principale source de progestérone
en C2 et l’hydroxylation en C16 qui donne naissance à durant les six à huit premières semaines de la grossesse.
l’œstriol. Au-delà, le placenta se charge de cette fonction. Mais, le
L’œstrone suit les mêmes voies d’inactivation que l’œstra- placenta ne dispose pas des capacités enzymatiques né-
diol. Les métabolites ainsi que les hormones natives sont cessaires à la synthèse du cholestérol à partir de la molé-
conjugués au sulfate et à l’acide glucuronique et les déri- cule d’acétate. Ainsi, la progestérone placentaire est syn-
vés sont éliminés par voie rénale et accessoirement par thétisée à partir du cholestérol présent dans la circulation
voie biliaire. sanguine maternelle. Par ailleurs, le fœtus est dépourvu
de la 3 b hydroxystéroïde déshydrogénase nécessaire pour
c-4- Mécanisme d’action la biosynthèse de la progestérone. La progestérone fœtale
L’œstradiol circulant est l’hormone biologiquement active. sera donc fournie par le placenta à travers la circulation
Elle est véhiculée par la TeBG jusqu’aux cellules cibles foetoplacentaire.
où la fraction libre pénètre dans la cellule. À ce niveau,
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 21
b- Les œstrogènes a-2- Fonction biologique
Le placenta est incapable de synthétiser des œstrogènes L’effet biologique principal de la hCG est de maintenir le
à partir du cholestérol. En effet, son équipement enzyma- corps jaune et sa sécrétion stéroïdienne au cours du pre-
tique dépourvu de 17 hydroxylase, de 17-20 desmolase et mier trimestre jusqu’à ce que le placenta lui-même puisse
de 16 hydroxylase se limite à la transformation des pré- assurer le relais en ce qui concerne la stéroïdosécrétion.
curseurs stéroïdiens fournis par la mère et le fœtus. Les Cet effet lutéinisant est superposable à celui de la LH hy-
précurseurs majeurs des œstrogènes, pendant la gros- pophysaire, à la différence près que la hCG a une demi-vie
sesse, sont la DHEA, la 16 DHEA et leurs dérivés sulfatés. 6 à 8 fois plus longue que la LH dans le sang circulant.
La DHEA est secrétée par les surrénales maternelles et La concentration de la hCG augmente rapidement après
fœtales, la part prise par ces dernières s’intensifiant au l’implantation de l’œuf soit entre le 9e et le 10e jour après
fil de la grossesse. DHEA et SDHEA sont transformés en la fécondation, atteint son maximum de concentration
dérivés 16 hydroxylés par le foie fœtal, puis convertis en vers 10 semaines de gestation, puis elle décroît pour se
œstriol par le placenta. maintenir à une concentration notable à partir de la 14e
semaine jusqu’au terme.
4-2- LES HORMONES PEPTIDIQUES
Le placenta a la capacité de produire des protéines spé- b- Hormone lactogène placentaire (hPL)
cifiques. Parmi celles-ci, on a identifié, au fil du temps, Il s’agit d’une protéine qui contient 191 acides aminés avec
une série de polypeptides, qui possèdent des activités deux ponts disulfures. La hPL présente des analogies de
biologiques et des similitudes structurales voisines des structure avec l’hormone de croissance (STH) et la pro-
hormones hypophysaires ou hypothalamiques. Il s’agit de lactine (PRL). Les taux sériques maternels de hPL aug-
l’hormone gonadotrophique chorionique (hCG), l’hormone mentent au cours de la grossesse, de la 5e jusqu’à la 36e
lactogène placentaire (hPL), la corticotophine chorionique semaine de gestation. Cette augmentation est proportion-
(hCC), l’hormone de croissance placentaire… nelle au poids du placenta.
Parmi ces hormones, la hCG et la hPL sont les mieux ca-
ractérisées sur le plan structural et fonctionnel.
5- CONCLUSION
a- La gonadotrophine chorionique humaine (hCG)
a-1- Structure Les gonades assurent à partir de la puberté la double
La hCG est une glycoprotéine de 40 à 45 KDa, constituée fonction de maturation des cellules germinales et de sé-
de deux chaînes α et β réunies par des ponts disulfures. crétion des hormones sexuelles, nécessaires à la repro-
La hCG α est constituée par une chaîne polypeptidique de duction et à la survie de l’espèce. Au cours de la gros-
92 acides aminés, elle ressemble à la chaîne α de la LH, sesse, la production des hormones sexuelles est régie par
FSH et TSH, sa présence est indispensable pour l’activi- une étroite collaboration entre mère, fœtus et placenta.
té biologique de l’hormone. La hCG β contient 145 acides L’étude de ces fonctions est à la base de la compréhension
aminés et elle porte la spécificité immunologique. de la physiologie et de la pathologie associées à la fonc-
tion de la reproduction.

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22 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
TESTS D’ÉVALUATION
Question 1
Le placenta
A- Synthétise des hormones de type stéroïdes et peptidiques
B- Présente un équipement enzymatique dépourvu de la 3 β hydroxystéroïde déshydrogénase
C- Synthétise l’œstradiol à partir de l’androténédione
D- Transforme la progestérone en 16(OH) DHEA
E- Synthétise le cholestérol à partir des molécules d’acétate
Réponse

Question 2
L’hormone gonadotrope chorionique (hCG)
A- est une glycoprotéine
B- est une hormone qui augmente précocement au cours de la grossesse
C- soutient le corps jaune gestatif pour la synthèse des stéroïdes ovariens
D- présente des similitudes structurales avec la LH
E- présente des analogies structurales avec l’hormone de croissance (GH)
Réponse

Question 3
Parmi les androgènes suivants indiquer celui (ceux) qui est (sont) d’origine ovarienne
A- l’androsténédione B- le sulfate de déhydroépiandrotérone
C- dihydrotestostérone D- la testostérone
E- la déhydroépiandrostérone
Réponse

Question 4
Parmi les androgènes suivants, indiquer celui qui est le plus actif au niveau des tissus périphériques chez l’homme
A- l’androsténédione B- le sulfate de déhydroépiandrotérone
C- dihydrotestostérone D- la testostérone
E- la déhydroépiandrostérone
Réponse

Question 5
Le placenta possède l’équipement enzymatique nécessaire à la synthèse
A- du cholestérol à partir de l’acétate
B- de l’œstriol à partir de la 16 hydroxydéhydroépiandrostérone (16 hydroxy DHEA)
C- de la 17 hydroxyprogestérone à partir de la progestérone
D- de la pregnénolone à partir du cholestérol
E- de l’androsténédione à partir de la déhydroépiandrostérone
Réponse

Question 6
PROPOSITIONS RÉPONSES
1- Provient de l’aromatisation de la testostérone …………………
2- Est un stéroïde à 18 atomes de carbone …………………
3- Dérive de l’oxydation de la prégnénolone …………………
4- Est métabolisé principalement en prégnanadiol …………………
5- Provient de l’aromatisation de l’androsténédione …………………
COMPLÉMENTS
A- Progestérone, B- Œstradiol, C- Aucune des deux

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 23
Question 7
Expliquer pourquoi le placenta ne peut pas synthétiser les androgènes à partir de la progestérone.
Réponse

Question 8
Schématiser (sans donner les formules), les étapes de la voie Δ5 impliquées dans la biosynthèse de la testostérone
à partir de la pregnénolone en indiquant à chaque étape l’enzyme qui intervient.
Réponse

Question 9
Citer la principale voie du catabolisme de la testostérone
Réponse

Question 10
Citer le métabolite principal du catabolisme de la progestérone
Réponse

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24 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
LES HORMONES DE LA MÉDULLOSURRÉNALE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1/ Connaître les principales étapes de biosynthèse des hormones de la médullosurrénale
2/ Connaître les étapes de dégradation des différentes hormones de la médullosurrénale
3/ Connaître les principaux effets métaboliques des catécholamines
4/ Connaître les principales explorations biologiques de la médullosurrénale

PLAN

I- INTRODUCTION
II- BIOSYNTHESE DES CATECHOLAMINES
III- STOCKAGE DES CATÉCHOLAMINES
IV- LIBÉRATION DES CATÉCHOLAMINES
V- INACTIVATION DES CATÉCHOLAMINES
VI- EFFETS MÉTABOLIQUES DES CATÉCHOLAMINES
VII- EXPLORATION BIOLOGIQUE DE LA MÉDULLOSURRÉNALE
VIII- STRATÉGIE D’EXPLORATION

I- INTRODUCTION
TYROSINE
La médullosurrénale est une glande endocrine qui syn-
thétise, stocke et sécrète les catécholamines : Adrénaline Tyrosine hydroxylase Étape limitante
(80 %), Noradrénaline (16 %) et Dopamine (4 %). (tétrahydrobioptérine + O2)
Les catécholamines sont des substances qui possèdent
un noyau catéchol relié à une chaîne aminée et diffèrent
DOPA
entre elles par la nature de la chaîne latérale.
(dihydrobioptérine + H2O)
La médullosurrénale est formée de cellules dites chro-
maffines en raison de l’affinité des granules cytoplas-
miques contenant les catécholamines pour les sels de DOPA-décarboxylase
chrome. (Phosphate de pyridoxal)
L’exploration biologique de la médullosurrénale a pour
but essentiel le diagnostic et le suivi des tumeurs qui
sécrètent les catécholamines en excès (phéochromocy- DOPAMINE
tomes et neuroblastome).

Dopamine-bêta-hydroxylase
II- BIOSYNTHESE DES CATECHOLAMINES (vit C, Cu2+, O2)

La synthèse des catécholamines dans la cellule chromaf- (S-adénosylméthionine)


fine se fait en 4 étapes à partir de la tyrosine. Tous les en-
zymes sont cytoplasmiques sauf la dopamine ß hydroxy- NORADRÉNALINE ADRÉNALINE
lase qui est intragranulaire.
Phényléthanolamine
La tyrosine est d’abord hydroxylée en dopa. La réaction
N-méthyl-transférase
inhibée par l’adrénaline et la noradrénaline est un site im-
portant de régulation. La dopa est ensuite décarboxylée en
dopamine. La chaîne latérale de la dopamine est ensuite
hydroxylée en noradrénaline. Dans une dernière étape, la
noradrénaline est méthylée en adrénaline (figure 1). Figure 1 : Biosynthèse des catécholamines
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 25
III – STOCKAGE DES CATÉCHOLAMINES tissus. Il y a 2 isoenzymes de COMT, la COMT soluble et la
COMT liée aux membranes du réticulum endoplasmique
La médullosurrénale renferme des granules chromaf- qui est la principale isoenzyme pour l’O-méthylation des
fines, organites qui assurent la biosynthèse, la capture, catécholamines.
le stockage et la sécrétion des catécholamines. Ces gra- La COMT utilise comme coenzyme la S-adénosyl-méthio-
nules contiennent un certain nombre de substances en nine et transfère son méthyl sur la fonction phénol en po-
plus des catécholamines  : ATP, Mg++, Ca++, dopamine sition 3, il se forme ainsi un radical oxygène-méthyl.
bêta hydroxylase et une protéine, la chromogranine A. Les Ainsi la COMT transforme l’adrénaline (A) et la noradré-
catécholamines sont concentrées à l’intérieur des gra- naline (NA) respectivement en métadrénaline ou mé-
nules par un mécanisme actif nécessitant ATP et Mg++. tanéphrine (MN) et en normétadrénaline ou norméta-
Il existe une fraction de catécholamines libres dans le néphrine (NMN) souvent
cytoplasme, immédiatement disponible et sensible aux regroupées sous le terme de métanéphrines. La dopa-
enzymes de dégradation. mine (DA) est convertie par la COMT en 3-méthoxydopa-
mine ou 3-méthoxytyramine (3MT).
Ainsi la COMT transforme l’adrénaline (A) et la noradrénaline (NA) respectivement en
MN, NMN ou
métadrénaline et métanéphrine
3 MT constituent les dérivés ou
(MN) et en normétadrénaline méthoxylés
normétanéphrine ou(NMN)
souvent
IV– LIBÉRATION DES CATÉCHOLAMINES méthoxyamines. Les 2 enzymes MAO et COMT agissent
regroupées sous le terme de métanéphrines. La dopamine (DA) est convertie par la COMT en
dans un ordre ouindifférent
3-méthoxydopamine pour
3-méthoxytyramine donner à partir de l’adré-
(3MT).
MN, NMN et 3 MT constituent les dérivés méthoxylés ou méthoxyamines. Les 2 enzymes MAO
La libération des catécholamines se fait par un méca- naline
et COMTet de ladans
agissent noradrénaline unpour
un ordre indifférent métabolite final
donner à partir commun
de l’adrénaline et de la
noradrénaline un métabolite final commun l’acide vanylmandélique (VMA) et à partir de la
nisme d’exocytose par stimulation splanchnique suite à l’acide vanylmandélique (VMA)
dopamine l’acide homovanillique (HVA).
et à partir de la dopamine
une hypoglycémie, un exercice musculaire, hypothermie, l’acide homovanillique (HVA).
stress ou hypotension. À côté de cette sécrétion déclen-
chée par stimulation splanchnique, il existe une fuite pas- Adrénaline MAO MAO Noradrénaline
sive de catécholamines des granules vers le cytoplasme.
Acide dihyroxymandélique
Dans les conditions de repos, une grande quantité de ca- COMT COMT
técholamines est métabolisée dans la cellule chromaffine.
COMT

Métanéphrine Normétanéphrine
V – INACTIVATION DES CATÉCHOLAMINES
MAO MAO
VMA
L’inactivation des catécholamines est très rapide comme
en témoigne leur durée de vie courte de l’ordre de 1 mn. À
côté de la fraction agissant au niveau des organes cibles,
fixée aux récepteurs α et β adrénergiques, les catéchola-
mines sont inactivées par plusieurs processus.
Dopamine
MAO
COMT
V.1 - RECAPTAGE
La médullosurrénale peut recapter une partie de sa propre Acide
3 Méthoxytyramine
dihydroxyphénylacétique
sécrétion. De même les catécholamines circulantes peu-
vent être retenues dans la glande. Elles sont ensuite cap-
tées par les granules de stockage. COMT MAO

V.2 - DÉGRADATION ENZYMATIQUE HVA


Dès leur pénétration, les catécholamines sont métaboli-
sées par les enzymes de dégradation dont la teneur varie
Figure 2 : Dégradation des catécholamines
selon les tissus. Deux systèmes principaux interviennent
dans la dégradation enzymatique des catécholamines : La V.3 - CONJUGAISON
monoamine-oxydase (MAO) et la catéchol-O-méthyltrans- Une proportion importante 43de catécholamines et de
férase (COMT) (Figure 2). leurs métabolites (plus des 2/3) est sulfoconjuguée sur
la fonction phénol essentiellement au niveau des tis-
V-2-1- La monoamine-oxydase (MAO) sus gastro-intestinaux par une enzyme : la phénol-sul-
Il y a 2 isoenzymes de MAO, fixées sur la membrane ex- fotransférase.
terne des mitochondries et présentes en grande quantité Le VMA et le HVA ne subissent pas de conjugaison.
dans le foie, le rein, les cellules chromaffines, les neu-
rones catécholaminergiques et les plaquettes. La MAO
catalyse la désamination oxydative de la chaîne latérale VI - EFFETS METABOLIQUES
des catécholamines donnant naissance à un aldéhyde. DES CATECHOLAMINES
C’est une enzyme qui fonctionne à l’aide de l’ion Cu++.
L’aldéhyde formé peut être ensuite oxydé en acide car- Les catécholamines exercent leurs actions par l’intermé-
boxylique ou réduit en alcool primaire. diaire des récepteurs membranaires adrénergiques (αet
β) et dopaminergiques.
V-2-2- La catéchol-O-méthyltransférase (COMT) Au niveau du foie, ces hormones activent la glycogénolyse
La COMT est une enzyme présente en grande quantité et la néoglycogenèse à partir des dérivés des acides ami-
dans le foie, les cellules chromaffines et dans de nombreux nés : c’est un rôle hyperglycémiant.
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26 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
Au niveau du tissu adipeux, les catécholalines augmen- VIII -STRATÉGIE D’EXPLORATION
tent la dégradation des triglycérides, la mobilisation des
acides gras qui gagnent le foie pour être oxydés. VIII-1- PHÉOCHROMOCYTOME
Au niveau du muscle squelettique, l’adrénaline augmente Le phéochromocytome est une tumeur, généralement
la glycogénolyse et la glycolyse avec production de lac- bénigne, des cellules chromaffines, capable de sécréter
tates sans hyperglycémie, elle fournit de l’énergie au mus- des catécholamines en excès et de les métaboliser en
cle qui se contracte. métanéphrines. Pour faire le diagnostic de cette tumeur,
les dosages biologiques à réaliser sont :
- Le dosage des métanéphrines dans les urines de 24
VII - EXPLORATION BIOLOGIQUE heures ou le dosage des métanéphrines plasmatiques
DE LA MÉDULLOSURRÉNALE (sensibilité et spécificité diagnostiques +++)
- Éventuellement dosage des catécholamines plasma-
VII-1- DOSAGES URINAIRES tiques ou urinaires (moins sensible) et dosage de la
- Catécholamines : adrénaline, noradrénaline et dopamine chromogranine A (marqueur précoce de récidive des
- Dérivés méthoxylés : MN, NMN, 3 MT phéochromocytomes).
- VMA et HVA
Les urines de 24 heures sont recueillies sur milieu acide VIII-2- NEUROBLASTOME
pour éviter la dégradation des catécholamines et des cata- Le neuroblastome est une tumeur maligne du système
bolites et les mesures sont rapportées à la créatinine uri- nerveux sympathique. Elle touche de l’enfant de moins
naire. Il faut exclure dans les 7 jours précédant le dosage de 5 ans. Le diagnostic biologique se fait par le dosage
tous les médicaments pouvant interférer avec le métabo- de la dopamine, HVA et VMA urinaires. La NSE permet le
lisme des catécholamines (bêta bloquants, méthyldopa et suivi des malades.
lévodopa, clonidine, antidépresseurs tricycliques...). Éviter
toute prise exagérée de thé, café pouvant augmenter la li-
bération des catécholamines ou d’aliments contenant des
catécholamines (bananes, chocolat, prunes, noix, fruits
secs, tomates, agrumes...)

VII-2- DOSAGES SANGUINS


- Noradrénaline, adrénaline, dopamine
- Dérivés méthoxylés : MN, NMN, 3 MT
Les conditions de prélèvement sont strictes :
- Patient à jeun, détendu et calme, au repos
- Arrêter les traitements pouvant interférer avec le mé-
tabolisme des catécholamines au moins une semaine
avant le dosage
- Prélèvement sur tube hépariné ou sur EDTA
- Centrifugation et congélation rapide du plasma dans
l’heure qui suit
- Autres dosages  : chromogranine A et Neuron-speci-
fic enolase (NSE) marqueurs de tumeurs neuroendo-
crines.

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 27
TESTS D’ÉVALUATION
Question 1
Les catécholamines possèdent tous :
A- Un noyau catéchol
B- Une chaîne latérale hydroxylée
C- Une chaîne latérale aminée
D- Une chaîne latérale méthylée
E- Une chaîne latérale carboxylée
Réponse

Question 2
La MAO :
A- Est une enzyme mitochondriale
B- Nécessite la présence d’ions Zn++
C- Catalyse la formation de 2 aldéhydes à partir de l’adrénaline et de la noradrénaline
D- Catalyse la formation d’un aldéhyde qui est oxydé en acide carboxylique
E- Catalyse la formation d’un aldéhyde qui est réduit en alcool
Réponse

Question 3 :
La COMT :
A- Est une enzyme ubiquitaire
B- Nécessite la présence d’ion Zn++ pour son activité
C- Catalyse la méthylation de la chaîne latérale des catécholamines
D- Catalyse la transformation de l’adrénaline en VMA
E- Catalyse la transformation de la dopamine en 3-méthoxytyramine
Réponse

Question 4 :
Quelle est l’étape limitant la biosynthèse des catécholamines ? Justifiez votre réponse.
Réponse

Question 5 :
Quel est le coenzyme intervenant dans la décarboxylation de la Dopa en Dopamine ?
Réponse

Question 6 :
Quelles sont les deux principales enzymes intervenant dans la dégradation des catécholamines ?
Réponse

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28 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
LES HORMONES DE RÉGULATION DE LA GLYCÉMIE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1- Citer les hormones de régulation de la glycémie
2- Connaître la structure de ces hormones
3- Décrire la biosynthèse de l’insuline et du glucagon
4- Indiquer le mode de dégradation de l’insuline et du glucagon
5- Préciser le mécanisme d’action de l’insuline et du glucagon
6- Préciser les effets des hormones de régulation de la glycémie sur les métabolismes
glucidique, protidique et lipidique

PLAN
I- INTRODUCTION
II- LE SYSTÈME HYPOGLYCÉMIANT : L’INSULINE
1- Structure
2- Biosynthèse
3- Régulation de la sécrétion
4- Transport sanguin et catabolisme
5- Mécanisme d’action
6- Effets métaboliques
II- LE SYSTÈME HYPERGLYCÉMIANT
1- Le glucagon
1-1- Structure
1-2- Biosynthèse
1-3- Régulation de la sécrétion
1-4- Mécanisme d’action
1-5- Transport sanguin et catabolisme
1-6- Effets métaboliques
2- Le cortisol
2-1- Structure et biosynthèse
2-2- Transport sanguin et dégradation
2-3- Mécanisme d’action
2-4- Effets métaboliques
3- L’hormone de croissance
3-1- Structure et biosynthèse
3-2- Transport sanguin
3-3- Régulation de la sécrétion
3-4- Effets métaboliques
4- L’adrénaline
4-1- Structure et biosynthèse
4-2- Dégradation
4-3- Mécanisme d’action
4-4- Effets métaboliques

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 29
I- INTRODUCTION - dimère  : La molécule d’insuline peut se dimériser
spontanément, par formation de liaisons H entre les
Le glucose joue un rôle capital dans le métabolisme extrémités C terminales des chaînes B
énergétique de l’organisme. En effet, les cellules de l’or- - hexamère (3 dimères + 2 atomes Zinc) : Les hexamères
ganisme utilisent préférentiellement la glycolyse à cette d’insuline forment des cristaux qui représentent la
fin. La circulation sanguine distribue les molécules de forme de stockage majeure de l’hormone dans les gra-
glucose aux différentes cellules selon les besoins spéci- nules de sécrétion.
fiques de chacune d’elles et alimente ainsi la glycolyse.
Alors que les entrées et les sorties du glucose du plasma 2- BIOSYNTHÈSE DE L’INSULINE (fig 1)
sont à chaque instant différentes, la glycémie varie dans Le gène de l’insuline est situé sur le bras court du chro-
des limites relativement étroites chez le sujet normal de mosome 11, à proximité du gène de l’insulin-like growth
0,7 à 1,1 g/l (3,9 à 6,1 mmol/l). factor 2 (IGF-2). Ce gène contrôle la synthèse d’un pré-
L’hypoglycémie et l’hyperglycémie sont des états patho- curseur de haut poids moléculaire, la pré-pro-insuline.
logiques qui peuvent être très dangereux pour la survie La partie N-terminale de celle-ci comporte une séquence
de l’individu s’ils se prolongent trop longtemps. de 25 acides aminés, majoritairement hydrophobes, le
Une régulation précise et efficace de la glycémie afin de peptide-signal, qui favorise le passage du peptide en for-
maintenir un apport énergétique constant à tous les or- mation dans la lumière du réticulum endoplasmique. Le
ganes, s’avère donc nécessaire. peptide signal est alors clivé ce qui donne la molécule de
Cette régulation fait appel aux tissus hépatiques et extra pro-insuline.
hépatiques d’une part et à plusieurs systèmes hormo- Après son passage dans le réticulum endoplasmique,
naux d’autre part. Ces hormones sont des messagers la pro-insuline est transportée dans le Golgi où s’ef-
primaires qui se fixent sur leurs récepteurs et activent, fectue la conversion de la pro-insuline en insuline. La
par l’intermédiaire de diverses cascades de transduction, pro-insuline est clivée au niveau de l’extrémité C termi-
les voies métaboliques impliquées dans la régulation nale en deux dipeptides (Arg 31-Arg 32 et Lys 64-Arg 65)
de la glycémie (catabolisme et anabolisme). L’équilibre par 2 endopeptidases  : les proconvertases  2 et 3. Une
entre les voies métaboliques consommatrices et généra- carboxypeptidase hydrolyse ensuite les deux dipeptides
trices de glucose sanguin est assuré par deux systèmes pour libérer le peptide C et l’insuline. L’insuline et le pep-
endocriniens antagonistes. Le système hypoglycémiant tide C contenus dans les mêmes vésicules sont sécrétés
représenté par l’insuline et le système hyperglycémiant de façon équimolaire par exocytose.
représenté par tout un groupe d’hormones (glucagon, Le peptide C ne possède aucune fonction physiologique ;
somatostatine, adrénaline, cortisol et hormone de crois- la mesure de sa concentration plasmatique est une éva-
sance) faisant intervenir le pancréas, l’hypophyse, la cor- luation du potentiel sécréteur de la cellule.
ticosurrénale et la médullosurrénale.

II- LE SYSTÈME HYPOGLYCÉMIANT :


L’INSULINE

L’insuline est l’hormone majeure du contrôle du méta-


bolisme énergétique. Elle coordonne l’utilisation des
substrats énergétiques. Ses effets sont anaboliques,
favorisant les synthèses à savoir la glycogénogenèse, la
lipogenèse et la synthèse des protéines

1- STRUCTURE DE L’INSULINE
L’insuline est un polypeptide de poids moléculaire d’en-
viron 6  kDa. C’est un hétéro dimère constitué de deux
chaînes polypeptidiques, la chaîne A et la chaîne B, re-
liées entre elles par deux ponts disulfures. Dans la plu-
part des espèces, la chaîne A comporte 21 acides aminés Figure 1 : Biosynthèse de l’insuline.
et la chaîne B en comporte 30. Un pont disulfure intra ca-
ténaire relie les acides aminés 6 et 11 de la chaîne A. La 3- RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION
structure primaire de l’insuline humaine et celles de l’in- D’INSULINE
suline porcine et de l’insuline bovine sont très proches. La production de l’insuline par les cellules β des îlots
Les quelques modifications d’acides aminés ne changent de Langerhans du pancréas est étroitement coordonnée
pas l’activité biologique de la molécule d’insuline. à celle du glucagon par les cellules α. La régulation du
L’insuline existe sous trois formes principales : taux relatif de l’insuline et du glucagon contrôle l’aptitude
- monomère : c’est la forme active de l’hormone et c’est du foie à maintenir l’approvisionnement en glucose des
sous cette forme que se présente la molécule d’insu- tissus périphériques. La production de l’insuline répond
line dans la gamme des concentrations physiologiques à une variété de stimuli à savoir le glucose, les acides
et à pH neutre. aminés, les hormones gastro-intestinales et le glucagon.
- Le glucose sanguin filtre à travers le capillaire dans
la lymphe interstitielle où baignent les cellules β des
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30 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
îlots de Langerhans. La concentration de glucose au- coupe les ponts disulfures. Les chaînes A et B libérées
tour des cellules β est donc la même que dans le sang. sont dégradées par des protéases locales. Le catabo-
La cellule importe le glucose par un transporteur non lisme rénal est faible, avec une réabsorption proximale
saturable GLUT2. Le métabolisme du glucose dans la presque entière et une dégradation tubulaire. Il existe
cellule β augmente le rapport ATP/ADP. Cela induit la une insulinurie physiologique.
fermeture d’un canal potassique et l’ouverture des ca-
naux calciques et déclenche l’exocytose des vésicules 5- MÉCANISME D’ACTION
contenant de l’insuline. L’action de l’insuline commence quand l’hormone se lie
La sécrétion d’insuline en réponse à une élévation sou- à un récepteur glycoprotéique spécifique à la surface de
daine et soutenue de la concentration extracellulaire de la cellule cible. Le récepteur de l’insuline appartient à
glucose revêt un aspect biphasique  : élévation immé- la superfamille des récepteurs à tyrosine kinase, ainsi
diate atteignant un premier pic en quelques minutes sui- dénommée parce que la partie intracellulaire comporte
vi d’une diminution malgré la persistance du stimulus, un module enzymatique qui phosphoryle les chaînes la-
puis d’une remontée plus lente pour atteindre un niveau térales tyrosines de divers substrats intracellulaires, dé-
supérieur de sécrétion (fig 2). clenchant les cascades de signalisation. Le récepteur de
l’insuline est un hétérodimère formé de deux sous uni-
tés alpha extracellulaires et deux sous unité bêta trans-
membranaires, liées par des ponts disulfures.
La fixation de l’insuline à la sous-unité alpha du récep-
teur déclenche un changement de conformation des
sous-unités α. Ce changement se transmet aux sous
unités β ce qui va entraîner le rapprochement de leurs
domaines cytoplasmiques et déclencher la phospho-
rylation réciproque des sous-unités β sur des résidus
de tyrosine aboutissant à l’autophosphorylation de la
sous-unité bêta sur trois domaines contenant des rési-
dus tyrosine. La sous-unité bêta ainsi activée est capable
de phosphoryler des protéines intracellulaires sur des
résidus tyrosine et de transmettre le message hormo-
nal par une cascade de réactions de phosphorylation/
déphosphorylation.
Figure  2  : Sécrétion d’insuline en réponse à une élévation
soudaine de la glycémie 6- EFFETS MÉTABOLIQUES DE L’INSULINE
Ces effets sont très importants sur trois tissus : le foie, le
- Les acides aminés, résultant de l’hydrolyse des pro- muscle squelettique et le tissu adipeux.
téines d’un repas, entraînent une sécrétion accrue de
l’insuline. L’acide aminé qui se comporte comme le sti- 6-1- Effets sur le métabolisme glucidique
mulus le plus efficace est l’arginine. a- Effets stimulants
- Les hormones gastro-intestinales (sécrétine, cholécys- - la captation du glucose  : Le glucose passe librement
tokinine…) déclenchent à la suite d’un repas la sécré- dans les cellules hépatiques, les hématies et les neu-
tion de l’insuline avant l’effet de l’élévation sanguine en rones sans l’intervention de l’insuline, ce sont des or-
glucose. Ceci permet d’expliquer la sécrétion d’insu- ganes non insulinodépendants. Dans les autres tissus,
line plus importante pour une même quantité de glu- les muscles et le tissu adipeux il y a stimulation de la
cose administrée par voie orale que par voie veineuse. translocation du transporteur du glucose à la surface
- Le système nerveux sympathique  : Les agonistes β cellulaire (GLUT4) ce qui a pour résultat l’augmentation
adrénergiques la stimule alors que les agonistes α2 du passage du glucose vers l’intérieur de la cellule.
adrénergiques l’inhibent. Étant donné la prédominance Au niveau du foie, l’insuline n’agit pas directement sur
des récepteurs α2, l’effet global est inhibiteur. les GLUT2. Cependant, elle favorise la pénétration indi-
- Le système nerveux parasympathique : l’odeur, la vue rectement en activant la glucokinase et en inhibant la
des aliments… active le système nerveux parasympa- glucose  -6-phosphatase. Il en résulte une diminution
thique  : c’est la phase céphalique de l’insulinosécré- du taux de glucose sanguin d’où l’effet hypoglycémiant
tion. de l’insuline qui dépend en outre de modifications por-
- Le glucagon stimule la sécrétion d’insuline tant sur un bon nombre de réactions métaboliques.
- La somatostatine libérée par les cellules D du pancréas - Stimulation de la synthèse du glycogène à partir du
inhibe la sécrétion de l’insuline. Son effet s’exerce par glucose dans le foie  : l’enzyme clé de cette synthèse
voie paracrine. est la glycogène-synthase. L’insuline stimule l’activité
enzymatique de la glycogène synthase.
4- TRANSPORT SANGUIN ET CATABOLISME - Activation de la glycolyse  : au niveau de la cellule
L’insuline circule sous forme libre dans le plasma à une musculaire et adipeuse, l’insuline stimule la glycolyse
concentration de 10 à 15 mU/ml chez le sujet à jeun. La à court terme en augmentant la quantité de glucose
demi-vie de l’insuline est courte (5 mn). intracellulaire et en augmentant à plus long terme la
Son catabolisme est essentiellement hépatique sous synthèse des enzymes de la glycolyse à savoir hexoki-
l’action d’une glutathion insuline transhydrogénase qui nase, phosphofructokinase et la pyruvate kinase.
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Elle active la pyruvate déshydrogénase permettant ainsi 1- LE GLUCAGON
la transformation du pyruvate en acétyl CoA et diminuant
la production de lactates. 1-1- Structure
b- Effets inhibiteurs Le glucagon est une hormone polypeptidique de poids
- Inhibition de la glycogénolyse au niveau du foie et du moléculaire d’environ 3 KD, constitué d’une seule chaîne
muscle : l’insuline inhibe la glycogène- phosphorylase. de 29 acides aminés, synthétisée par les cellules α des
- Réduction de la néoglucogenèse  : Au niveau du foie, îlots de Langerhans du pancréas. Il n’est produit par ces
l’insuline inhibe l’action néoglucogénique du glucagon. cellules que lorsque le taux de glucose dans le sang est
À plus long terme, elle inhibe la synthèse des enzymes au-dessous de 0,65 g/l.
de la néoglucogenèse (glucose  -6-phosphatase, fruc- Contrairement à l’insuline, la séquence peptidique est la
tose 1-6 diphosphatase et phosphoénolpyruvate car- même chez tous les mammifères.
boxykinase). Au niveau des cellules musculaires et
adipeuses, l’insuline diminue la quantité de substrats 1-2- Biosynthèse
disponibles. Le glucagon provient d’un précurseur  : le pré-pro-glu-
cagon qui comporte 179 résidus d’acides aminés. La
6-2- Effets sur le métabolisme lipidique séquence signal de 20 résidus est clivée d’abord, puis
a- Stimulation de la lipogenèse au niveau du tissu adi- des protéinases spécifiques séparent des peptides hor-
peux monaux distincts, de façon différente selon les cellules
L’insuline augmente la disponibilité en acides gras intra- formatrices :
cellulaire par -glicentine et oxyntomoduline sont libérées par les cel-
- une captation accrue des acides gras circulants grâce lules intestinales, la protéolyse limitée de la glicentine
à une activation de la lipoprotéine lipase des cellules libère aussi le peptide GRPP qui a les mêmes proprié-
endothéliales et des adipocytes qui hydrolysent les li- tés physiologiques que cette dernière.
poprotéines riches en triglycérides au contact de l’adi- - le glucagon formé en quantité prédominante dans les
pocyte (chylomicrons, VLDL) cellules α des îlots de Langerhans accompagné par le
- une activation de la pyruvate déshydrogénase favori- peptide GLP1 (glucagon like peptide)
sant ainsi le cycle de Krebs. L’excès de citrate résultant - Le miniglucagon dérive du glucagon par protéolyse. Il
est acheminé vers la synthèse des acides gras. À ce ni- correspond aux 11 résidus C-terminaux du glucagon
veau l’insuline active l’acétylCoA carboxylase stimulant Le proglucagon est stocké dans des granulations de
ainsi la biosynthèse des acides gras. sécrétion et n’est clivé en peptides actifs qu’au mo-
- une activation de la voie des pentoses phosphates qui ment de la stimulation.
rend disponible le NADPH nécessaire à la synthèse des
acides gras 1-3- Régulation de la sécrétion du glucagon
L’insuline stimule le transport intracellulaire du glucose Les cellules α répondent à des stimuli variés :
et augmente donc la disponibilité en α glycérol phos- - L’abaissement du taux de glucose plasmatique est le
phate, ce qui se traduit par une stimulation de la rées- premier stimulus pour la sécrétion du glucagon.
térification des acides gras, les triglycérides synthétisés - Après un repas riche en protéines, les acides aminés
sont stockés dans les cellules adipeuses. issus de leur hydrolyse stimulent à la fois la sécrétion
b- Diminution de la lipolyse du glucagon et celle de l’insuline.
Dans le tissu adipeux, l’insuline inhibe l’action de la lipase - L’adrénaline et la noradrénaline activent la sécrétion du
hormono-sensible favorisant le stockage des graisses glucagon pendant le stress et les traumatismes.
dans les adipocytes et réduisant le déversement d’acides La sécrétion du glucagon est inhibée par une forte
gras libres dans la circulation. concentration du glucose dans le sang et par l’insuline
après un repas riche en glucides.
6-3- Effets sur le métabolisme des protides
L’insuline a un effet anabolisant protidique qui est le fait : 1-4- Mécanisme d’action
- d’une captation accrue des acides aminés au niveau Les principales cellules cibles du glucagon sont les cel-
des cellules musculaires et hépatiques lules hépatiques, adipeuses et les cellules β des îlots de
- d’une augmentation de la synthèse des protéines en Langerhans. La fixation du glucagon sur son récepteur
particulier musculaires membranaire spécifique déclenche, par l’intermédiaire
- d’un effet inhibiteur sur les enzymes du catabolisme d’une protéine Gαs, la formation d’AMPc et par celui
cellulaire des protéines d’une protéine Gαi, la libération d’inositol-trisphosphate
et de l’ion Ca++.

III- LE SYSTÈME HYPERGLYCÉMIANT 1-5- Transport sanguin et catabolisme


La demi-vie du glucagon est de 3 à 6  mn. La majeure
Il comporte quatre hormones dont l’action est de favori- partie du pool circulant de cette hormone est détruite
ser la production hépatique du glucose. L’adrénaline et le par les hépatocytes après internalisation du couple hor-
glucagon agissent d’une façon synergique pour produire mone-récepteur.
une hyperglycémie immédiate et importante. Le cortisol Les cellules tubulaires rénales détruisent les molécules
et l’hormone de croissance sont des hormones hypergly- restantes par protéolyse. C’est la raison pour laquelle
cémiantes à long terme. l’insuffisance rénale ou hépatique prolonge la demi-vie
du glucagon.
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32 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
1-6- Effets métaboliques 2- LE CORTISOL
a- Effets sur le foie 2-1- Structure et biosynthèse
L’AMPc dans les cellules hépatiques, active une cas- Le cortisol est une hormone stéroïde synthétisée à par-
cade de protéines-kinases phosphorylant une douzaine tir du cholestérol au niveau du cortex de la glande sur-
de protéines enzymatiques afin de les rendre actives et rénale. Son excrétion est sous la dépendance de l’ACTH
d’autres pour les inactiver hypophysaire. La conversion du cholestérol en pregné-
-Stimulation de la glycogénolyse : le glucagon entraîne nolone est l’étape limitante de la biosynthèse du cortisol ;
une phosphorylation de la glycogène synthétase et de cette conversion est stimulée par l’ACTH. La biosynthèse
la phosphorylase kinase. Cette phosphorylation inhibe du cortisol à partir de la pregnénolone fait intervenir une
la 1re enzyme et active la seconde entraînant une in- réductase/isomérase spécifique et trois hydroxylases
hibition de la glycogénogenèse et une stimulation la différentes.
glycogénolyse.
- Stimulation de la néoglucogenèse : le glucagon stimule 2-2- Transport sanguin et dégradation
la néoglucogenèse hépatique à partir du lactate, du py- La majorité du cortisol plasmatique (environ 80  %) cir-
ruvate et des acides aminés glucoformateurs, l’alanine cule sous forme faiblement liée à une α globuline spé-
en particulier. Le glucagon stimule la phosphoénol-py- cifique : la CBG (Corticosteroid Binding Globulin) encore
ruvate carboxykinase et inhibe la pyruvate kinase. Il appelée transcortine, 10 % du cortisol sont transportés
s’ensuit que le phosphoénol-pyruvate accumulé est par l’albumine alors que les 10  % restants se trouvent
acheminé vers la voie de la néoglucogenèse. sous forme libre. C’est cette dernière forme qui constitue
Le glucagon stimule d’autre part la néoglucogenèse la forme physiologiquement active.
en diminuant la concentration en fructose  -2,6-bis- Le cortisol est inactivé dans le foie, où il subit une sé-
phosphate activateur de la glycolyse par activation de rie de réductions catalysées par des déshydrogénases.
la fructose  -2,6-bis- phosphate phosphatase. La phos- Les dérivés réduits sont conjugués, au niveau du foie, à
phofructokinase est inhibée par l’abaissement du taux de l’acide glucuronique ou au sulfate grâce à des transfé-
fructose -2,6-bis- phosphate, ce qui ralentit la glycolyse. rases spécifiques. Les métabolites conjugués sont dé-
D’autres enzymes sont aussi phosphorylées par les sys- versés dans la bile. La majeure partie est réabsorbée au
tèmes dépendant de l’AMPc, la fructose  -1,6-bisphos- niveau de l’intestin et éliminée par les reins. Une partie
phatase et la fructose-6-phosphate -1-kinase. du cortisol est excrétée dans les urines sans transfor-
Toutes ces actions tendent à augmenter le taux de mation.
glucose des cellules hépatiques, donc à alimenter le
sang en glucose, c’est-à-dire à accroître la glycémie. 2-3- Mécanisme d’action
Le cortisol agit au niveau des cellules cibles en se fixant
- Stimulation de la transcription et de la traduction d’en- sur un récepteur nucléaire
zymes  : Le glucagon relayé par le second messager
APMc, stimule la transcription et la traduction des 2-4- Effets métaboliques
mêmes enzymes hépatiques activées directement par - Au niveau du foie, le cortisol stimule la néoglucogenèse,
le glucagon. L’effet direct se produit en quelques mi- en activant d’une part deux enzymes clés, la glucose
nutes, tandis que l’effet sur la transcription ne débute phosphatase et la phosphoénol pyruvate carboxykinase
qu’environ une demi-heure après le début de la stimu- et en augmentant d’autre part, l’afflux de substrats néo-
lation. glucogéniques au niveau du foie. Il stimule la synthèse
de glycogène et il inhibe sa dégradation. Il stimule la
b- Effets sur les cellules adipeuses synthèse de glucagon, principale hormone hyperglycé-
L’effet principal du glucagon consiste à l’activation de la miante.
triglycéride lipase, qui hydrolyse les triglycérides en gly- - Au niveau des cellules musculaires et adipeuses, le
cérol et acides gras. Ces derniers sortent des cellules cortisol diminue la captation et l’utilisation du glucose.
adipeuses et sont utilisés par le foie. Dans d’autres types Il inhibe l’incorporation des acides aminés dans les cel-
cellulaires l’HMGCoA réductase, première étape de la lules périphériques ce qui favorise leur afflux vers le
biosynthèse de cholestérol est inhibée par le glucagon. foie où ils seront destinés à la néoglucogenèse.
- Au niveau du tissu adipeux, le cortisol stimule la li-
c- Effets sur les cellules β des îlots de Langerhans polyse. La concentration sanguine des acides gras
La fixation du glucagon sur les récepteurs des cellules β libres augmente. Ces AGL vont gagner le foie pour ser-
des îlots de Langerhans précède l’élévation de la glycé- vir comme substrat pour la néoglucogenèse.
mie et provoque la formation d’AMPc dans ces cellules.
Celui-ci déclenche la sécrétion d’insuline. Ainsi le gluca- 3- L’HORMONE DE CROISSANCE : GH
gon provoque simultanément la sortie de glucose hors L’hormone de croissance ou somatotropine, est une hor-
du foie et la stimulation de la sécrétion d’insuline, hor- mone sécrétée par les cellules somatotropes de la partie
mone destinée à faire entrer le glucose dans les organes antérieure de l’hypophyse, qui stimule la croissance et la
périphériques. L’action des deux hormones à l’échelle reproduction cellulaire.
de l’organisme entier est harmonieusement couplée, de
manière à stimuler l’utilisation périphérique de glucose 3-1- Structure et biosynthèse
à partir de ses réserves hépatiques. La GH est formée par une seule chaîne polypeptidique de
191 acides aminés. Elle possède deux ponts disulfures.
Son poids moléculaire est de 22 000 daltons. Sa synthèse
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se fait au niveau des cellules somatotropes de l’hypo- 4- L’ADRÉNALINE
physe antérieur. La sécrétion de l’hormone de croissance L’adrénaline est une hormone appartenant à la famille
est pulsatile : des catécholamines. Elle est sécrétée par le système
- Il y a des pics lors des phases de sommeil lent profond, nerveux sympathique et par les cellules chromaffines de
où la concentration monte à 12  ng/ml environ chez la médullosurrénale.
l’adulte.
- Il existe aussi des pics de jour spontanés ou favorisés 4-1- Structure et biosynthèse
par différents stimulus : stress, effort physique, hypog- L’adrénaline est formée d’un noyau catéchol et d’une
lycémie, froid, traumatisme chirurgical… chaîne latérale aminée. Sa biosynthèse se fait à partir
de la tyrosine (voir cours hormones de la médullosur-
3-2- Transport sanguin rénale).
La GH circule dans le sang sous forme libre et liée. La 4-2- Dégradation
concentration plasmatique basale est faible chez l’adulte L’adrénaline a une brève durée d’action (de l’ordre de
(1 à 4 ng/ml), plus élevée chez l’enfant (environ 10 ng/ml) 2 minutes), car elle est rapidement dégradée par deux
et le nouveau-né (de 30 à 70 ng/ml). enzymes, la catéchol-oxyméthyltransférase (COMT) et la
monoamine-oxydase (MAO).
3-3- Régulation de la sécrétion
La régulation de cette sécrétion est assurée par des hor- 4-3- Mécanisme d’action
mones hypothalamiques. La somatolibérine ou GHRH Les cellules cibles de l’adrénaline sont les hépatocytes
(Growth Hormone Releasing Hormone) stimule la sé- et les cellules musculaires. Le mécanisme d’action de
crétion de GH et la somatostatine ou GHIH (Growth Hor- ces deux hormones est le même que celui du glucagon
mone Inhibiting Hormone) l’inhibe. La somatolibérine sauf qu’elles possèdent leurs récepteurs spécifiques dif-
est stimulée par l’hypoglycémie, le sommeil profond, le férents de celui du glucagon.
stress et l’exercice. La sécrétion pulsatile de GH est due
à l’alternance de sécrétion de GHRH et GHIH. Il existe 4-4- Effets métaboliques
également un rétrocontrôle négatif par la GH sur ces - Au niveau du foie, foie l’adrénaline stimule la glycogé-
hormones hypothalamiques. On observe notamment une nolyse et la néoglucogenèse, avec une inhibition de la
diminution de sécrétion avec l’âge. glycogènosynthèse
- Au niveau du muscle, l’adrénaline augmente la glyco-
3-4- Effets métaboliques génolyse.
Comme la plupart des hormones peptidiques, l’hormone - Au niveau du tissu adipeux l’adrénaline entraîne l’hy-
de croissance agit en se fixant sur un récepteur spéci- drolyse des triacylglycérols en activant la triglycéride
fique à la surface des membranes plasmiques. Les ef- lipase.
fets de l’hormone de croissance sont de type anabolique
et touchent tous les métabolismes :
- Métabolisme des glucides : la GH stimule la glycogé-
nolyse hépatique et s’oppose à l’utilisation cellulaire du
glucose à des fins énergétiques. Elle élève la glycémie
(action « diabétogène »)
- Métabolisme lipidique : elle stimule la lipolyse et aug-
mente la quantité d’acides gras libres dans le plasma
(utilisés à des fins énergétiques).
- Métabolisme protéique  : l’hormone de croissance est
nécessaire pour la croissance normale et la synthèse
des protéines. Elle agit à divers niveaux du métabolisme
des acides aminés, en positivant le bilan azoté : aug-
mentation du transport des AA à travers la membrane
cellulaire et de la synthèse protéique dans les cellules
musculaires, diminution de la quantité d’AA libres dans
le plasma, diminution du catabolisme des AA.

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34 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
LES HORMONES DE RÉGULATION DU MÉTABOLISME
PHOSPHOCALCIQUE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1- Citer les différentes hormones impliquées dans la régulation du métabolisme phospho-
calcique, ainsi que leur lieu de production.
2- Connaître la nature biochimique et les particularités structurales de ces hormones.
3- Décrire les étapes de la biosynthèse de chacune de ces hormones.
4- Indiquer, quand il y a lieu, les voies de dégradation de ces hormones.
5- Connaître leurs tissus cibles et leur mécanisme d’action au niveau cellulaire.
6- Saisir les interrelations de ces différentes hormones dans la régulation du métabolisme
phosphocalcique
7- Citer les principaux paramètres biochimiques utilisés pour l’exploration des troubles
phospho-calciques.

PLAN
1. INTRODUCTION 3.2. LA CALCITONINE
2. RAPPEL MÉTABOLIQUE 3.2.1. STRUCTURE ET BIOSYNTHÈSE
2.1. LE CALCIUM 3.2.2. MÉTABOLISME
a. Apports et absorption du calcium 3.2.3. ACTIONS BIOLOGIQUES
b. Répartition du calcium dans l’organisme a. Action au niveau de l’os
c. Élimination du calcium b. Action au niveau du rein
2.2. LE PHOSPHORE c. Action au niveau du tube digestif
a. Apports et absorption du phosphore 3.2.4. MÉCANISME D’ACTION
b. Répartition dans l’organisme 3.2.5. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION
c. Élimination du phosphore 3.3. LA VITAMINE D
3. LES HORMONES DE RÉGULATION DU MÉTABOLISME 3.3.1. BIOSYNTHESE ET METABOLISME
PHOSPHOCALCIQUE 3.3.2. ACTIONS BIOLOGIQUES
3.1. LA PARATHORMONE a. Action au niveau de l’intestin
3.1.1. STRUCTURE ET BIOSYNTHÈSE b. Action au niveau de l’os
3.1.2. MÉTABOLISME c. Action au niveau du rein
a. Au niveau de la cellule parathyroïdienne 3.3.3. MÉCANISME D’ACTION
b. Au niveau du foie 3.3.4. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION
c. Au niveau du rein 4. EXPLORATION BIOCHIMIQUE DE L’ÉQUILIBRE
3.1.3. ACTIONS BIOLOGIQUES PHOSPHOCALCIQUE
a. Action au niveau de l’os 4.1. BILAN DE BASE
b. Action au niveau du rein 4.2. EXPLORATIONS COMPLÉMENTAIRES
c. Action au niveau du tube digestif
3.1.4. MÉCANISME D’ACTION
3.1.5. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 35
1. INTRODUCTION b.3. Compartiment extracellulaire
Le calcium extracellulaire représente 0,1 % du calcium
Le rôle le plus évident du calcium (Ca) et du phosphore total de l’organisme. Le calcium plasmatique se trouve
(Pi) est de constituer l’essentiel de la charge minérale du sous 3 formes :
squelette. Mais ces deux éléments possèdent d’autres - Une forme liée aux protéines (40 %), en majorité à l’al-
rôles à tous les niveaux : intracellulaire, membranaire et bumine.
extracellulaire. Au besoin, l’organisme n’hésite pas à les - Une forme libre (50  %)  : c’est le calcium ionisé qui
puiser dans le squelette pour réguler leurs concentra- constitue le calcium physiologiquement actif et qui su-
tions sanguines. bit la régulation hormonale.
C’est ainsi que le calcium sous forme ionisée intervient - Une forme complexée à des anions (10 %).
dans l’excitabilité neuromusculaire, le fonctionnement
de nombreux systèmes enzymatiques et transports c. Élimination du calcium
membranaires, la coagulation du sang et l’action de L’élimination du calcium est fécale et urinaire. L’élimina-
certaines hormones comme second messager. Le phos- tion fécale est constituée du calcium alimentaire qui n’a
phore intervient dans certains processus de régulation pas été absorbé, augmenté du calcium contenu dans les
enzymatique, dans la composition de substances orga- différents sucs digestifs. Pour l’élimination urinaire, seul
niques indispensables et la mise en réserve de l’énergie le calcium ultra filtrable filtre à travers le glomérule ré-
sous forme d’ATP. nal et environ 95 % sont réabsorbés dans les tubules ré-
En raison de l’importance vitale de ces ions, il existe un naux. La majeure partie (50 à 60 %) du calcium filtré est
contrôle hormonal étroit de leurs concentrations san- réabsorbée dans le segment proximal du néphron par
guines en particulier de la calcémie ionisée. La régula- deux mécanismes passif et actif. La réabsorption active
tion du métabolisme phosphocalcique fait intervenir trois fait intervenir des canaux calciques, permettant la pé-
sites : le tube digestif, l’os, et le rein au niveau desquels nétration de calcium au niveau de la membrane apicale,
peuvent intervenir trois hormones  : la parathormone un échangeur Na+/Ca++ et une Ca++-ATPase permettant
(PTH), la calcitonine et la vitamine D. la sortie du calcium au niveau de la membrane baso-
latérale. La branche ascendante large intervient pour
20  % dans la réabsorption tubulaire du calcium. Cette
2. RAPPEL MÉTABOLIQUE réabsorption serait à la fois passive et active. Le tube
contourné distal est responsable de la réabsorption de
2.1. LE CALCIUM 10 % du calcium filtré. L’absorption calcique à ce niveau
a. Apports et absorption du calcium est exclusivement active. Elle est soumise à une régula-
- Le calcium est apporté par l’alimentation par l’intermé- tion hormonale étroite.
diaire de dérivés laitiers. Les besoins sont évalués en La réabsorption calcique dans le tube collecteur est mo-
moyenne à 1 g/j chez l’adulte. deste, 1 à 3 % du calcium filtré, selon un flux passif, sans
- L’absorption du calcium se fait selon 2 mécanismes pas- régulation hormonale.
sif et actif. Elle intéresse 30 à 60 % du calcium ingéré.
*L’absorption passive s’effectue tout le long du grêle. 2.2. LE PHOSPHORE
Elle dépend des concentrations relatives de calcium a. Apports et absorption du phosphore
entre la lumière intestinale et celle du plasma. Le phosphore est apporté par l’alimentation (lait, viande,
- L’absorption active a lieu surtout dans le duodénum et œufs, céréales.). Les besoins chez un adulte sont de 1 g/j.
le jéjunum proximal. Elle se fait par l’intermédiaire du 60 à 80 % du phosphore ingéré sont absorbés. L’absorp-
canal calcium TRPV6 (transient receptor potential ca- tion se fait essentiellement au niveau du jéjunum et de
tion channel subfamily V member 6) exprimé au niveau l’iléon selon deux mécanismes, passif et actif.
de la bordure en brosse luminale de l’entérocyte. Le - Le mécanisme passif ne dépend que des concentra-
calcium entrant dans la cellule se lie à une protéine, tions relatives de phosphore entre la lumière intesti-
la calcium binding protéine (CaBP) appelée aussi cal- nale et celle du plasma.
bindine 9 K qui le transporte vers le pôle basolatéral. - Le mécanisme actif fait intervenir un système de co-
Le calcium quitte l’entérocyte via un échangeur Na+/ transport sodium/phosphore au niveau du pôle apical
Ca++ (3Na+ sont échangés contre 1 Ca++) ou via une de la cellule intestinale. Au niveau du pôle basal, le
Ca ATPase. phosphore quitte l’entérocyte par diffusion passive.

b. Répartition du calcium dans l’organisme b. Répartition dans l’organisme


b.1. Compartiment osseux Environ 85 à 90 % du phosphore de l’organisme sont in-
Le tissu osseux renferme plus de 99 % du calcium total tégrés dans le tissu osseux et jouent un rôle structural
de l’organisme. Ce calcium déposé dans la matrice os- en association avec le calcium sous forme de cristaux
seuse lors du processus de minéralisation existe sous d’hydroxyapatite ; 10 à 15 % sont contenus dans les cel-
forme de cristaux d’hydroxyapatite (85 %) et sous forme lules des tissus mous et 1 % dans les liquides extracel-
de carbonate de calcium (15 %). lulaires. Dans le plasma, le phosphore existe sous deux
b.2. Compartiment intracellulaire formes, organique et minérale (inorganique). Le phos-
La majeure partie du calcium intracellulaire se trouve phore organique est représenté par les phospholipides
dans les organites intracellulaires, mitochondrie et ré- et les esters phosphoriques (ATP, ADP…). Le phosphore
ticulum endoplasmique, réalisant les pools calciques minéral, au pH sanguin physiologique existe sous forme
intracellulaires. divalente (80  %) = HPO42- et sous forme monovalente
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(20 %) = H2PO4-. C’est le phosphore minéral qui est dosé b. Au niveau du foie
sous le nom de phosphorémie. 10 % du phosphore inor- La PTH1-84 intacte ayant échappé au catabolisme pa-
ganique sont liés aux protéines, donc environ 90  % du rathyroïdien, subit un métabolisme au niveau des cel-
phosphore minéral sont ultra filtrables. lules de Küpffer du foie où elle est hydrolysée en frag-
ments NH2 terminaux et carboxy terminaux.
c. Élimination du phosphore c. Au niveau du rein
L’élimination du phosphore est essentiellement urinaire, Les fragments carboxy terminaux provenant de la dégra-
par filtration glomérulaire et réabsorption tubulaire dation parathyroïdienne ou hépatique de la PTH1-84 sont
proximale, limitée par une réabsorption maximale ou Tm excrétés au niveau du rein.
phosphate. Elle comporte une entrée du Pi par le pôle La demi-vie des fragments carboxy terminaux est très
apical des cellules tubulaires par un mécanisme de co- longue, par contre la demi-vie des fragments NH2 ter-
transport Na+/Pi, un transfert transcellulaire et une sor- minaux est plus courte.
tie par la membrane basolatérale par diffusion passive. L’importance quantitative de chaque forme circulante est
L’élimination fécale est constituée du phosphore non ab- fonction de la calcémie. C’est ainsi qu’on détecte davan-
sorbé, augmenté du phosphore contenu dans les sucs tage de formes biologiquement actives lorsque la calcé-
digestifs. mie est basse.

3.1.3. ACTIONS BIOLOGIQUES


La PTH est, par excellence, l’hormone de la normocalcé-
3. LES HORMONES DE RÉGULATION DU mie. Toutes ses actions tendent à accroître les mouve-
MÉTABOLISME PHOSPHOCALCIQUE ments des ions Ca++ vers le liquide extracellulaire, afin
de maintenir une calcémie stable.
3.1. LA PARATHORMONE Elle agit sur l’os, le rein et indirectement sur l’intestin.
C’est une hormone polypeptidique sécrétée par les cel- a. Action au niveau de l’os
lules principales des glandes parathyroïdes. Elle repré- La PTH stimule la résorption osseuse induisant un flux
sente l’hormone régulatrice essentielle du métabolisme de calcium et de phosphore de l’os vers le sang, en effet
phosphocalcique elle :
- stimule la différenciation et l’activité des ostéoclastes
3.1.1. STRUCTURE ET BIOSYNTHÈSE matures. L’effet de la PTH sur l’ostéoclaste est indirect
La parathormone native correspond à un polypeptide et se traduit via l’ostéoblaste qui, après stimulation par
monocaténaire de 84 acides aminés (AA) de PM 9500d et la PTH produit des facteurs de croissance activateurs
dont l’activité biologique est portée par les 34 premiers des ostéoclastes. L’os est alors résorbé sous l’effet des
acides aminés. enzymes lysosomiaux libérés par ces derniers.
La parathormone (PTH) est synthétisée sous la forme - augmente l’activité ostéolytique des ostéocytes qui
d’un précurseur : la prépro parathormone de 115 AA. Ce sécrètent une collagénose qui dégrade le collagène
précurseur passe dans le réticulum endoplasmique où il osseux. Les cristaux de phosphate tricalcique ancrés
subit l’action d’une enzyme protéolytique spécifique qui sur les fibres de collagène sont ainsi plus facilement
détachera une première séquence de 25 AA N-terminaux détruits.
pour donner la pro parathormone (pro PTH), qui a encore b. Action au niveau du rein
une extension N-terminale de 6 résidus d’AA en plus de Elle augmente la réabsorption tubulaire du calcium en
la séquence hormonale. La pro PTH passe dans l’appa- augmentant son transport actif. Le tube contourné dis-
reil de Golgi où elle subit une deuxième protéolyse qui tal constitue le site principal de régulation. La PTH sti-
détache les 6 résidus supplémentaires. mule l’entrée apicale de calcium par l’activation des ca-
Libérée de l’appareil de Golgi, la PTH peut avoir plusieurs naux calciques ; elle stimule l’échangeur Na+/Ca++ des
destinées : membranes basolatérales et augmente l’affinité pour la
- Stockage dans des granules de sécrétion Ca++-ATPase des tubules distaux.
- Dégradation La PTH est le principal facteur de régulation de la réab-
- Sécrétion immédiate sorption tubulaire des phosphates. Elle augmente l’éli-
mination du phosphore urinaire en inhibant sa réabsorp-
3.1.2. MÉTABOLISME DE LA PTH tion par diminution de l’efficacité du co-transport Na+/Pi
a. Au niveau de la cellule parathyroïdienne au niveau proximal.
Une grande partie de la PTH nouvellement synthétisée La PTH augmente l’activité de la 1α hydroxylase rénale
est dégradée par digestion protéolytique dans la cellule d’où augmentation de synthèse du calcitriol.
parathyroïdienne elle même. Cette dégradation génère c. Action au niveau du tube digestif
des fragments  NH2 terminaux (PTH1-36, PTH1-34) et Elle augmente indirectement l’absorption du calcium en
des fragments COOH terminaux (PTH37-84, PTH 35-84). stimulant la synthèse rénale de calcitriol.
Les fragments NH2 terminaux peuvent encore être dé-
gradés en di et tripeptides. Ces différentes formes mo- 3.1.4. MÉCANISME D’ACTION DE LA PTH
léculaires sont sécrétées dans le sang où on retrouve : Les actions de la PTH nécessitent sa liaison, par son ex-
- L’hormone intacte, la PTH 1-84. trémité N-terminale, à un récepteur spécifique (figure 1).
- Des fragments NH2 terminaux. Il s’agit d’une protéine appartenant à la famille des ré-
- Des fragments carboxy terminaux. cepteurs couplés aux protéines G. La stimulation de ce
récepteur dans les cellules cibles, entraîne l’activation
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de plusieurs voies effectrices de la signalisation intra- 3.2. LA CALCITONINE
cellulaire, la voie de l’adénylate cyclase et de la phos- Il s’agit d’une hormone sécrétée par les cellules para fol-
pholipase C. liculaires ou cellules C du corps thyroïde.
L’activation de l’adénylate cyclase induit la formation
d’AMPc responsable d’une série de phosphorylations, 3.2.1. STRUCTURE ET BIOSYNTHÈSE
modulant ainsi diverses activités enzymatiques. La calcitonine est un polypeptide comprenant 32 AA.
La phospholipase C activée, agit sur un phospholipide L’activité biologique nécessite la molécule entière de cal-
membranaire, le phosphatidyl inositol pour donner le citonine.
diacylglycérol et l’inositol triphosphate. Ce dernier se fixe Comme de nombreuses hormones polypeptidiques, la
sur certains organites intracellulaires et permet l’ouver- calcitonine est synthétisée sous la forme d’un précur-
ture de canaux calciques d’où l’augmentation du calcium seur la préprocalcitonine, transformée après clivages
intracellulaire qui active une série de protéines calcium successifs en calcitonine.
dépendantes.
3.2.2. MÉTABOLISME
La dégradation de la calcitonine se fait principalement
au niveau du rein, mais aussi au niveau du foie.

3.2.3. ACTIONS BIOLOGIQUES


Le rôle principal de cette hormone est de stimuler les ca-
pacités corporelles à s’adapter à une surcharge calcique.
a. Action au niveau de l’os
L’ostéoclaste est la cellule cible de la calcitonine au ni-
veau duquel :
- Elle diminue la motilité.
- Elle diminue la libération des enzymes lysosomiaux
responsables de la résorption osseuse.
b. Action au niveau du rein
Elle diminue la réabsorption tubulaire du calcium et du
phosphore.
Elle inhibe la 1 α hydroxylase rénale d’où diminution de
synthèse du calcitriol.
c. Action au niveau du tube digestif
L’action de la calcitonine au niveau du tube digestif reste
douteuse.

Fig.1. Mécanisme d’action de la PTH au niveau de l’ostéo- 3.2.4. MÉCANISME D’ACTION DE LA CALCITONINE
blaste Le récepteur de la calcitonine a une structure homologue
aux récepteurs de la PTH. La signalisation intracellulaire
3.1.5. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION de ce récepteur implique le couplage à des protéines G
- La calcémie ionisée est le déterminant majeur de la et semble mettre en jeu deux voies principales de trans-
sécrétion de PTH. Toute diminution du calcium ionisé duction : stimulation de l’adénylate cyclase avec produc-
stimule la sécrétion hormonale et inversement. tion d’AMPc et stimulation de la phospholipase C avec
Les cellules parathyroïdiennes et les cellules tubulaires production de phosphoinositides et mobilisation du Ca++
rénales possèdent dans leurs membranes plasmiques intracellulaire.
un récepteur sensible au calcium (Calcium-Sensing
Receptor : CaSR) dont le calcium ionisé est le ligand 3.2.5. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION
physiologique. Le rôle de ce récepteur est d’adapter Le principal régulateur de la sécrétion de la calcitonine
la sécrétion parathyroïdienne de PTH et la réabsorp- est le calcium ionisé plasmatique. Une hypercalcémie
tion du calcium par les cellules tubulaires rénales à la aiguë entraîne une augmentation de la sécrétion de cal-
concentration du calcium ionisé plasmatique. citonine et une hypocalcémie aiguë a l’effet inverse. Le
Ainsi une élévation de la calcémie ionisée active le ré- calcitriol augmente les concentrations plasmatiques de
cepteur et entraîne une inhibition de la sécrétion de calcitonine ; son action serait génomique par augmenta-
PTH, et donc de la mobilisation du calcium osseux et tion de la transcription du gène de la calcitonine.
de la réabsorption tubulaire rénale de calcium, dans
le but de corriger l’hypercalcémie. Inversement, une 3.3. LA VITAMINE D
baisse de la calcémie ionisée inactive le récepteur et La 1,25 (OH) 2 D3, encore appelée calcitriol est le princi-
entraîne une augmentation de la sécrétion de PTH, et pal métabolite actif de la
une augmentation de la réabsorption tubulaire rénale vitamine D. Il s’agit d’une hormone stéroïde dérivée de la
de calcium dans le but de corriger l’hypocalcémie. vitamine D3 ou cholécalciférol.
- Le calcitriol a un effet inhibiteur direct sur la synthèse
et la sécrétion de PTH par un effet génomique. 3.3.1. BIOSYNTHESE ET METABOLISME
La synthèse cutanée du cholécalciférol est la source
principale de vitamine D de l’organisme ; elle provient
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38 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
de la photosynthèse d’un dérivé du cholestérol, le 7-dé- réospécifique. Ce complexe migre dans le noyau et se
hydrocholestérol, sous l’action des rayons ultraviolets. lie à l’ADN au niveau d’éléments de réponse spécifiques
L’apport alimentaire de vitamine D est quantitativement (VDRE : Vitamin D responsive element) situés dans la ré-
moins important et comporte la vitamine D2 ou ergocal- gion du promoteur du gène cible. Cette interaction abou-
ciférol, d’origine végétale et la vitamine D3.Le transport tit à la modulation de la transcription de certains gènes.
de la vitamine D3 et de ses métabolites dans le sang se
fait par une liaison non covalente à une protéine porteuse 3.3.4. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION DU CALCITRIOL
spécifique (DBP : Vitamin D Binding Protein). La vita- La régulation de la sécrétion de calcitriol se fait au niveau
mine D3 est captée par le foie où une première hydroxy- de la 1 hydoxylase rénale. Celle-ci est activée par la
lation est réalisée avec formation de 25 OH vitamine D3, PTH, l’hypocalcémie, l’hypophosphatémie, l’hormone de
qui se lie à la DBP et constitue la forme circulante princi- croissance (GH) et la prolactine. Au contraire l’hypercal-
pale. La 25 OH Vit D3 formée dans le foie, est transportée cémie, l’hyperphosphorémie importante et la calcitonine
vers le rein où elle subit une nouvelle hydroxylation, sous inhibent l’activité de l’enzyme.
l’action d’une 1hydroxylase, aboutissant à la forma-
tion de 1,25 (OH) 2 Vit D3 (figure 2).
L’activité  1a hydroxylase est principalement observée 4. EXPLORATION BIOCHIMIQUE
dans le tube contourné proximal. DE L’ÉQUILIBRE PHOSPHOCALCIQUE

3.3.2. ACTIONS BIOLOGIQUES Elle revêt une importance fondamentale en particulier


L’effet principal de cette hormone est de fournir des dans les affections squelettiques, car les renseigne-
quantités suffisantes de calcium et de phosphore au ni- ments cliniques et radiologiques sont souvent peu sug-
veau de l’os pour permettre sa minéralisation. gestifs. L’exploration biochimique comporte un bilan de
a. Action au niveau de l’intestin base et des explorations complémentaires.
Le calcitriol augmente l’entrée du calcium dans la cel-
lule, il stimule la synthèse de CaBP et favorise la syn- 4.1. BILAN DE BASE
thèse de Ca-ATPase au niveau du pôle basal. Il comprend le dosage de la calcémie, calciurie, phos-
Il stimule également l’absorption intestinale du phos- phorémie et phosphaturie
phore. * Calcémie totale Les valeurs normales varient entre
b. Action au niveau de l’os 2,2 et 2,6 mmol/l (88 à 104 mg/l)
Le calcitriol augmente la résorption ostéoclastique de La calcémie totale est une approche acceptable à condi-
l’os ancien, pour fournir du calcium à l’os nouveau. tion de s’assurer que l’albuminémie est normale.
Le calcitriol augmente aussi la minéralisation du colla- * Calcémie ionisée  : Le prélèvement doit se faire en
gène. anaérobiose, le dosage est réalisé par une technique
c. Action au niveau du rein spécialisée (VN : 1,17- 1,30 mmol/l)
Le calcitriol augmente la réabsorption tubulaire distale * Phosphorémie : les valeurs chez l’adulte sont : 0,80 –
de calcium et tubulaire proximale du phosphore. 1,45 mmol/l (25 – 45 mg/l)
* Calciurie  : est mesurée sur les urines de 24 heures.
3.3.3. MÉCANISME D’ACTION DU CALCITRIOL Le rapport Ca urinaire/créat urinaire mesuré sur un
Le calcitriol, hormone stéroïde, agit par une action es- échantillon d’urine prélevé pendant 2 heures est un bon
sentiellement génomique impliquant un récepteur nu- complément.
cléaire. * Phosphaturie : mesurée sur urines de 24 heures. Elle
Le calcitriol diffuse à travers la membrane plasmique dépend des apports alimentaires et de la réabsorption
et se lie à son récepteur intracellulaire de manière sté- rénale.

7 déhydrocholésterol de la peau

Cholécalciférol Alimentation
(Vit D3) (Vit D2, Vit D3)

DBP Foie : 25 hydroxylase

25 (OH) D3

Rein : 1a hydroxylase

1-25 (OH)2 D3 : calcitriol

Figure 2. Métabolisme de la vitamine D


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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 39
Figure 2. Métabolisme de la vitamine D
4.2. LES EXPLORATIONS COMPLÉMENTAIRES b. Dosage de la vitamine D
Le taux sérique de la 25 OH D3 est le meilleur paramètre
4.2.1 Dosages hormonaux pour définir la réserve en vitamine D de l’organisme, car
Ces dosages hormonaux (dosage de la PTH, de la vi- il est stable sur plusieurs semaines et n’est pas régulé.
tamine D et de la calcitonine) sont demandés selon le La valeur recommandée est supérieure à 30  ng/ml. La
contexte clinique et les résultats de la calcémie et de la 1, 25 (OH) 2 D3 (calcitriol) est dosée en deuxième inten-
phosphorémie. tion. Le dosage de la 25 OH D3 et du calcitriol permet
a. Dosage de la PTH de faire la différence entre les hypocalcémies dues à un
Le dosage de la PTH s’effectue par une technique immu- défaut d’apport ou d’ensoleillement (25 OH D3 bas) et les
nologique et permet de déterminer les taux de la PTH hypocalcémies dues à un défaut du métabolisme de la
intacte c’est-à-dire la PTH 1-84, du fragment N terminal vitamine D (25 OH D3 normal et calcitriol bas).
et du fragment C terminal. c. Dosage de la calcitonine
Le résultat est à interpréter en fonction de la calcémie, Est réalisé dans certains laboratoires spécialisés.
de la vitamine D et de la fonction rénale. Ce dosage per-
met donc de faire la différence entre les hypercalcémies 4.2.2. Dosage de l’AMP cyclique néphrogénique
secondaires à une hyperparathyroïdie dans lesquelles la L’AMPc urinaire est constitué de l’AMPc filtré et non
PTH est augmentée, et les hypercalcémies dues à la sé- réabsorbé, augmenté de l’AMPc sécrété par les cellules
crétion d’une PTH-related peptide (hypercalcémies para- tubulaires rénales sous l’influence de la PTH (AMPc
néoplasiques) qui ont un taux bas de PTH. néphrogénique). Le taux de l’AMPc néphrogénique est un
bon reflet de la sécrétion de PTH.
Intérêt de son dosage : hypercalcémie paranéoplasique
avec sécrétion de PTHr-p. Dans ce cas, PTH normale ou
diminuée et AMPc néphrogénique augmentée.

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40 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
PCEM 2

THÈME XII
SYSTEME
ENDOCRIEN

HISTOLOGIE –
EMBRYOLOGIE

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 41
HISTOLOGIE ET EMBRYOLOGIE DES GLANDES ENDOCRINES

Prérequis
- Tissus épithéliaux, tissus conjonctifs et embryologie générale (thème 3)
- Vaisseaux sanguins (thème 9)

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Préciser les arguments morphologiques, structuraux et ultrastructuraux permettant de
conclure au caractère endocrinien d’une glande.
2. Décrire à l’aide de schémas annotés l’organisation architecturale des différentes glandes
endocrines.
3. Décrire les principales caractéristiques structurales et ultrastructurales des différentes
glandes endocrines en associant leur rôle histophysiologique
4. Décrire l’origine embryologique des différentes glandes endocrines.
5. Citer les principales techniques histologiques qui permettent de reconnaître les diffé-
rentes cellules endocrines en indiquant l’intérêt et les limites de chaque technique.
6. Décrire à l’aide de schémas annotés les relations morphologiques entre hypothalamus
et hypophyse. En déduire l’importance histophysiologique
7. Citer les caractéristiques ultrastructurales permettant de différencier les cellules en-
docrines élaborant des polypeptides de celles élaborant des stéroïdes
8. Définir le système endocrinien diffus
9. Reconnaître sur lames et sur diapositives les différentes glandes endocrines

PLAN
1. GÉNÉRALITÉS

2. LE COMPLEXE HYPOTHALAMO-HYPOPHYSAIRE

3. LE PANCRÉAS ENDOCRINE

4. LES SURRÉNALES

5. LA THYROÏDE

6. LES PARATHYROÏDES

7. LE SYSTÈME ENDOCRINIEN DIFFUS

8. L’ÉPIPHYSE

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42 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
1. GÉNÉRALITÉS et les corps mamillaires en arrière. Il est surmonté par
le thalamus.
1.1. DÉFINITION : L’hypophyse est constituée par l’accolement de deux
Le système endocrinien est constitué par des organes parties distinctes qui diffèrent par leur origine embryolo-
ou des regroupements cellulaires spécialisés, élaborant gique, leur structure et leurs fonctions :
des hormones. Ces hormones agissent sur des cellules • l’antéhypophyse ou adénohypophyse  : elle répond à
cibles, pouvant être situées à distance du lieu de fabrica- tous les caractères d’une glande endocrine et com-
tion de l’hormone. prend un lobe antérieur, un lobe tubéral et un lobe in-
Les hormones sont libérées dans le milieu extracellu- termédiaire.
laire et véhiculées par le sang. Le réseau capillaire ac- • La posthypophyse ou neurohypophyse : elle correspond
compagnant les cellules endocrines est ainsi très déve- à du tissu nerveux, se situe en continuité directe avec
loppé. l’hypothalamus et comprend un lobe postérieur, une
tige pituitaire et une éminence médiane.
a. Classification des glandes endocrines Les rapports anatomiques et fonctionnels entre l’hypo-
thalamus et les deux parties de l’hypophyse expliquent la
1.2.1. Selon la morphologie des glandes, on distingue nécessité de présenter le complexe hypothalamo-hypo-
3 groupes : physaire dans un même chapitre.
a) les cellules endocrines constituent des organes bien
définis. 2.1 EMBRYOLOGIE (fig 1)
Par exemple, l’hypophyse, les surrénales, les parathy- Dès le début de la 4e semaine du développement apparaît
roïdes où les cellules endocrines sont agencées essen- au niveau du plafond du stomodaeum, juste en avant de
tiellement en cordons. Dans la thyroïde, les cellules la membrane pharyngienne, une évagination en doigt de
sont regroupées en vésicules. gant : le diverticule de Rathke (d’origine épiblastique). Ce
b) les cellules endocrines constituent des formations au diverticule induit à son contact une évagination du plan-
sein d’organes ayant aussi une fonction non endocrine. cher du diencéphale : l’infundibulum (d’origine neurec-
Différents aspects architecturaux sont réalisés par le toblastique, le diencéphale se développant au niveau de
regroupement des cellules en la partie antérieure du tube neural).
−− îlots  : le pancréas endocrine est constitué par l’en- Le diverticule se développe et forme la poche de Rathke.
semble des îlots de Langerhans, dispersés au sein du Cette poche est d’abord attachée au pharynx par le ca-
pancréas. nal pharyngo-hypophysaire. Ce dernier ne tardera pas à
−− Petits amas cellulaires : ce mode est réalisé au ni- s’oblitérer, détachant ainsi vers la 8e semaine, la poche
veau de la glande interstitielle du testicule située entre de Rathke de son feuillet d’origine. Il peut persister des
les tubes séminifères. vestiges du canal pharyngo-hypophysaire. Ces vestiges
−− Thèques : les follicules ovariens évolutifs et certains
follicules involutifs comportent une organisation péri-
phérique en thèques.
−masse
− pleine : c’est le cas des corps jaunes proges-
tatif et gestatif.
−− villosités placentaires (aspect particulier  : cf.
thème3).
c) De nombreuses cellules endocrines sont disséminées
au niveau des structures épithéliales de plusieurs or-
ganes.
Les muqueuses digestives et respiratoires sont parmi
les plus riches. Ces différentes cellules endocrines dis-
séminées ont été regroupées sous le terme de « Sys-
tème Endocrinien Diffus ».
L’identification de la nature de la (des) sécrétion(s)
élaborée(s) par chaque type de cellule endocrine a
bénéficié du développement des techniques immuno-
histo-chimiques.

1.2.2. Selon le système de contrôle :


La plupart des glandes endocrines sont sous contrôle
antéhypophysaire  : thyroïde, surrénales, ovaires, testi-
cules. Seules les glandes parathyroïdes et le pancréas
endocrine semblent «  indépendants  » de l’antéhypo-
physe.

2. LE COMPLEXE HYPOTHALAMO-
HYPOPHYSAIRE
L’hypothalamus forme les parois et le fond du troisième
ventricule et est situé entre le chiasma optique en avant,
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 43
sont susceptibles de donner une tumeur rare appelée • La technique au tétrachrome de Herlant permet d’ajou-
« craniopharyngiome ». ter un type de cellules acidophiles :
La neurohypophyse se différencie après l’adénohypo- - des cellules acidophiles orange (les plus acidophiles)
physe. - des cellules acidophiles rouges
La poche de Rathke comprend un feuillet antérieur, un - des cellules basophiles bleues à violettes
feuillet postérieur et une cavité. - des cellules chromophobes
• chez l’Homme, le feuillet antérieur donnera les lobes - le réseau de fibres de collagène est coloré en bleu par
antérieur et tubéral. Le feuillet postérieur donnera le le bleu d’aniline
lobe intermédiaire. La cavité, quand elle persiste, don- • La coloration au PAS permet de mettre en évidence les
nera la fente hypophysaire. cellules élaborant les hormones glycoprotéiques (PAS
• Le développement se fait surtout aux dépens du lobe positives).
antérieur grâce à la pénétration de bourgeons vascu- • L’étude ultrastructurale permet de décrire, pour chaque
laires dans le feuillet antérieur. Le feuillet postérieur, variété de cellules endocrines, sa forme, sa taille, l’as-
par contre, du fait d’une vascularisation insuffisante, pect et la localisation de ses grains de sécrétion et son
formera, chez l’Homme, un lobe intermédiaire de taille équipement en organites.
réduite. • L’immunohistochimie, en utilisant des anticorps di-
• Le feuillet antérieur est aussi à l’origine du lobe tu- rigés contre les différentes hormones hypophysaires
béral en donnant deux expansions latérales qui vont connues, permet de préciser la densité et la localisa-
s’étendre vers la base du diencéphale. tion de chaque variété de cellules endocrines. C’est
• La fente hypophysaire disparaîtra avec l’âge, ne lais- aussi par immunohistochimie que la démonstration de
sant subsister que de petites formations vésiculaires l’élaboration de deux hormones par une même cellule
kystiques. (LH et FSH) a été faite.
L’infundibulum s’étire de façon progressive parallèle- Outre les cinq types de cellules hypophysaires élaborant
ment à la formation de la poche de Rathke. les six hormones hypophysaires principales, existent, au
La région demeurée en contact avec le feuillet postérieur centre des cordons, des cellules dites «  folliculaires  »,
de la poche de Rathke se renfle pour donner naissance vraisemblablement non endocrines.
au lobe postérieur, tandis que la zone d’étirement donne
naissance à l’éminence médiane et à la tige pituitaire. a) les cellules gonadotropes:
Elles élaborent deux hormones glycoprotéiques, la FSH
2.2 HISTOLOGIE DE L’ADÉNOHYPOPHYSE ou hormone folliculo-stimulante et la LH ou hormone
2.2.1 Le lobe antérieur (fig3) lutéinisante. Ces deux hormones stimulent les fonctions
Il représente 70  % de l’hypophyse et la presque totali- endocrines et exocrines de l’appareil génital dans les
té de l’adénohypophyse. Il est constitué d’épais cordons deux sexes.
cellulaires anastomosés, limités par une lame basale et Ce sont des cellules arrondies, proches des capillaires,
séparés les uns des autres par un mince feutrage réti- dispersées ou assemblées en petits amas dans la glande.
culinique. Au niveau de ce dernier, on retrouve de nom- Elles sont faiblement PAS positives.
breux capillaires de type fenêtré (à pores), à lame basale En microscopie électronique, leurs grains sont disper-
continue. sés. Le calibre (environ 200 nm) et la densité aux élec-
De nombreuses techniques ont été mises en œuvre afin trons de ces grains sont très variables. L’ergastoplasme
de distinguer les cellules les unes des autres. et l’appareil de Golgi sont bien développés.
• Les colorations usuelles permettent de distinguer trois
types de cellules : b) les cellules thyréotropes:
- des cellules chromophiles acidophiles Elles élaborent une hormone glycoprotéique, la TSH,
- des cellules chromophiles basophiles hormone thyréostimulante.
- des cellules chromophobes, peu ou pas colorées, à Elles sont concentrées au centre du lobe antérieur. Ce
cytoplasme clair. sont de grandes cellules de forme irrégulière, plus ou
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44 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
moins étoilées, et souvent groupées. Elles ne sont PAS e) les cellules cortico-mélano-lipotropes:
positives. Elles sont souvent situées au centre des cor- Elles synthétisent un précurseur dont le clivage donne
dons cellulaires, mais restent en contact avec la lame l’ACTH (hormone corticotrope), la LPH (« hormone lipo-
basale par de longues expansions cytoplasmiques. trope ») et la MSH (hormone mélanotrope). La LPH est
Leurs grains de sécrétion sont relativement rares, pe- scindée en deux peptides, les enképhalines et les endor-
tits (100 à 150 nm) et en périphérie du cytoplasme. L’er- phines, connues pour leur action sur le système nerveux
gastoplasme et l’appareil de Golgi sont bien développés. central.
Les cellules cortico-mélano-lipotropes sont nom-
c) les cellules somatotropes: breuses. Elles prédominent et sont même presque ex-
Elles élaborent une hormone protéique, la GH ou hor- clusivement situées dans la région médiane et posté-
mone de croissance. rieure de la glande. Elles ne sont PAS positives en raison
Ce sont les plus nombreuses des cellules hypophysaires de la nature glycoprotéïque du précurseur. Elles sont de
(50 %). Elles siègent préférentiellement dans les régions petite taille, groupées ; leurs grains sont petits et dispo-
latérales de la glande et toujours à la périphérie des cor- sés directement sous la membrane plasmique.
dons cellulaires.
Leurs grains de sécrétion sont ronds, très denses aux f) les cellules folliculaires:
électrons, dispersés dans tout le cytoplasme et de taille Elles sont situées vers le centre des cordons et gardent
moyenne (300 à 400 nm). un contact avec la lame basale grâce à de longs prolon-
gements. Elles limitent la paroi des follicules à conte-
d) les cellules à prolactine: nu «  colloïde  » qui peuvent se rencontrer dans le lobe
La prolactine est une hormone protéique lactogène qui intermédiaire. Les cellules folliculaires sont pauvres en
régule également les fonctions exocrines et endocrines grains, riches en glycogène, en lysosomes et en micro-
des organes génitaux dans les deux sexes. filaments. Leur rôle n’est pas bien éclairci ; elles pour-
Chez l’homme et chez la femme en dehors de la gros- raient avoir un rôle macrophagique et constituer un
sesse, elles sont peu nombreuses, et préférentiellement stock de cellules capables de générer les autres types
localisées dans les zones latérales de la glande. Elles cellulaires.
ont une forme en fuseau et leurs grains sont peu nom-
breux et petits (200 nm). 2.2.2 Le lobe intermédiaire
À partir du quatrième mois de la grossesse, ces cellules Il est très peu représenté chez l’homme, contrairement
deviennent de plus en plus nombreuses. Après l’accou- à d’autres animaux. Dans l’espèce humaine, les cellules
chement elles deviennent très actives, leurs grains sont hormonogènes sont éparpillées ou en petits amas. On
nombreux, volumineux (de 200 à 700 nm), de forme irré- peut aussi noter de petites formations folliculaires à
gulière. L’ergastoplasme et l’appareil de Golgi sont très contenu « colloïde », parfois kystique, qui augmentent en
développés. Après le sevrage, le nombre de ces cellules nombre et en taille avec l’âge. Les cellules sont essen-
diminue rapidement. tiellement cortico-mélano-lipotropes.

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 45
2.2.3 Le lobe tubéral - le GnRH ou LHRH qui active les cellules gonadotropes
Chez l’homme, le lobe tubéral est essentiellement - le CRH qui active les cellules cortico opio lipotropes
constitué par un tissu conjonctif soutien es vaisseaux - le GRH qui active les cellules somatotropes
sanguins irriguant le lobe antérieur. Les cellules endo- - le PRH qui active les cellules à prolactine
crines sont peu nombreuses, représentées en majorité
par des cellules gonadotropes. La fonction de ce lobe tu- 2.3.1.2 Les noyaux magnocellulaires:
béral semble être le support de la vascularisation. Ils sont au nombre de deux, le noyau supraoptique et le
noyau paraventriculaire, et renferment des neurones de
2.3 HISTOLOGIE DE L’HYPOTHALAMUS ET DE grande taille. Ces neurones synthétisent soit l’ocytocine,
LA NEUROHYPOPHYSE (fig 4) soit la vasopressine ou hormone antidiurétique et leurs
Comme tout tissu nerveux, ils sont constitués de neu- protéines transporteuses, les neurophysines. Les deux
rones, de cellules gliales (jouant de nombreux rôles  : hormones sont synthétisées dans les deux noyaux, mais
soutien, nutrition, phagocytose…) et de vaisseaux san- il existe plus de neurones à ocytocine dans le noyau pa-
guins. L’hypothalamus renferme, à côté de neurones éla- raventriculaire, et plus de neurones à vasopressine dans
borant des neuromédiateurs classiques (acétylcholine, le noyau supraoptique.
noradrénaline, dopamine, sérotonine), des neurones qui Les corps cellulaires sont situés dans les noyaux et les
synthétisent des hormones. Ces neurones sont groupés axones traversent l’éminence médiane, circulent le long
et forment des « noyaux hypothalamiques » ; ce sont des de la tige pituitaire pour atteindre le lobe postérieur de
cellules «  neuroendocrines  ». Les hormones sont syn- l’hypophyse. Les produits sont déversés au contact des
thétisées dans le corps cellulaire des neurones, ache- capillaires qui irriguent ce lobe postérieur.
minées le long de l’axone et libérées dans les espaces À côté de ces neurones existent également des neurones
capillaires au niveau de synapses. plus petits élaborant des facteurs hypophysiotropes
(SRIF, CRF, GnRH), des neuromédiateurs (dopamine,
2.3.1 L’hypothalamus sérotonine) et même de l’ACTH, des endorphines et des
On distingue deux sortes de noyaux hypothalamiques : enképhalines.
2.3.1.1 Les noyaux parvocellulaires:
Au nombre de cinq, ces noyaux sont constitués de neu- 2.3.2 La neurohypophyse
rones à petit corps cellulaire. L’axone se dirige vers C’est un tissu nerveux qui ne contient pas de corps cel-
l’éminence médiane, et se termine au contact des anses lulaire de neurones.
capillaires du premier réseau du système porte hypo- a) l’éminence médiane et la tige pituitaire :
physaire. Les hormones qui y sont libérées bloquent ou L’éminence médiane est caractérisée par l’existence de
stimulent les sécrétions hypophysaires : elles sont dites nombreuses anses capillaires périphériques et paral-
facteurs ou hormones « hypophysiotropes ». lèles, au contact desquels se terminent les axones trans-
Parmi les facteurs bloquants, citons : portant les facteurs hypophysiotropes. Les espaces entre
-la somatostatine ou SRIF qui bloque les cellules à GH les fibres nerveuses sont occupés par des cellules gliales.
- le PIF bloquant les cellules à prolactine La tige pituitaire est le lieu de passage des axones des
Parmi les facteurs activateurs, citons : neurones synthétisant l’ocytocine et la vasopressine en
- le TRH qui active les cellules thyréotropes direction du lobe postérieur de l’hypophyse.

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46 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
b) le lobe postérieur : Ce dernier se résout en un deuxième type de veines pour
Il est constitué par un riche réseau capillaire de type fe- la circulation du retour.
nêtré, associé aux axones des neurones à ocytocine et à La régulation des sécrétions hypophysaires s’explique
vasopressine. Ces axones présentent, sur leur trajet, des par le mode de vascularisation, en particulier le système
zones de dilatations visibles au microscope optique sous porte hypophysaire. Le sang qui arrive à l’adénohypo-
forme de flaques colorées amorphes, appelées corps de physe a traversé l’éminence médiane et contient donc
Herring. C’est à ce niveau qu’est stocké le neurosécrétat des hormones d’origine hypothalamique et qui sont hy-
avant d’être libéré en fonction des besoins dans les es- pophysiotropes.
paces péricapillaires. Les deux artères inférieures pénètrent dans le lobe pos-
Entre les fibres nerveuses se trouvent des cellules térieur. Leurs branches donnent naissance à un riche ré-
gliales. Certaines sont de banals astrocytes ; d’autres seau capillaire qui reçoit les hormones hypothalamiques
sont particulières à l’hypophyse et nommées des « pitui- ocytocine et vasopressine. Le réseau capillaire se résout
cytes ». Ces dernières ont des dimensions et des formes en veines qui rejoignent la circulation de retour.
variables. Elles contiennent des inclusions lipidiques,
des vacuoles, un appareil de Golgi développé et des ly-
sosomes. Le ou les rôles de ces pituicytes ne sont pas 3. LE PANCRÉAS ENDOCRINE
clairement établis.
3.1 GÉNÉRALITÉS :
2.4 VASCULARISATION ET HISTOPHYSIOLO- Le pancréas endocrine est représenté par l’ensemble des
GIE DU SYSTÈME HYPOTHALAMO- îlots de Langerhans éparpillés au sein du parenchyme
HYPOPHYSAIRE (fig 5) : pancréatique. Chaque îlot est une petite formation sché-
L’hypophyse est irriguée à partir des carotides internes matiquement sphérique, mesurant 100 à 200 microns de
et le sang veineux est drainé par les veines jugulaires. diamètre. Le nombre des îlots de Langerhans est très
De la carotide interne partent une artère hypophysaire variable suivant les individus (200 000 à 1 800 000).
supérieure destinée à l’adénohypophyse et une artère L’ensemble des îlots constitue environ 1 % de la masse
hypophysaire inférieure destinée à la neurohypophyse. totale du pancréas. Ils sont plus nombreux au niveau de
L’artère hypophysaire supérieure se capillarise au niveau la queue qu’au niveau du corps et de la tête du pancréas.
de l’éminence médiane et du lobe tubéral. Ce premier
réseau capillaire se draine dans un système fait de plu- 3.2 EMBRYOLOGIE HISTOGENÈSE
sieurs veines portes qui cheminent dans le lobe tubéral Seule l’embryologie de la partie endocrine du pancréas
pour atteindre le lobe antérieur. À ce niveau, les veines est traitée ici. La mise en place du pancréas dans son
portes se continuent par un deuxième réseau capillaire. ensemble et les malformations correspondantes sont
traitées avec le thème 14.
Au cours du développement
embryonnaire, 2 générations
successives d’îlots se différen-
cient dans le pancréas :
- Les îlots primaires ou îlots de
Laguesse :
Ils prennent naissance à partir
des parois des canaux excré-
teurs. Ils se forment entre le
troisième et le quatrième mois
de la vie fœtale et sont carac-
térisés par l’association de cel-
lules endocrines et de cellules
ganglionnaires réalisant des
complexes neuro-insulaires.
Au cours du 7e mois, ces îlots
primaires dégénèrent puis dis-
paraissent entièrement.
- Les îlots secondaires ou îlots
de Langerhans :
Ils prennent naissance à partir
de la paroi des canaux excré-
teurs et des acini. Ces îlots cel-
lulaires sont accompagnés d’un
riche réseau capillaire. Ils se
différencient dès le 4e mois de
la vie fœtale.
L’histogenèse des îlots se
poursuit après la naissance.

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 47
3.3 HISTOLOGIE (FIG. 6, 7, 8) pancréatiques, est actuellement la méthode la plus pré-
Sur une coupe histologique colorée à l’hématoxyline-éo- cise.
sine, les îlots de Langerhans se reconnaissent aisément Sur des arguments immunohistochimiques, on décrit 4
à leur teinte beaucoup plus claire que le parenchyme types cellulaires :
exocrine et à leur riche vascularisation. Les capillaires
sont de type fenêtré. Les îlots sont entourés d’un fin ré- 3.3.1. Les cellules A ou cellules à glucagon :
seau réticulinique. Elles sont rares dans les îlots de la tête du pancréas et
Les cellules sont polyédriques ou arrondies pourvues sont, par contre, nombreuses au niveau du corps et sur-
d’un noyau central nucléolé. L’étude ultrastructurale tout de la queue.
montre des organites développés (en rapport avec la Elles se disposent en périphérie de l’îlot, réalisant une
synthèse d’hormones polypeptidiques), de nombreux mi- sorte de couronne périphérique.
crofilaments et microtubules (en rapport avec les phéno- En ME on retrouve de nombreux organites cellulaires.
mènes d’extrusion) et des grains de sécrétion. Les grains de sécrétion (grains alpha) limités par une
Certaines techniques histochimiques sont d’un intérêt membrane mesurent en moyenne 230 nm. Ils présentent
certain pour l’analyse cellulaire dès îlots, cependant l’im- une zone dense aux électrons, souvent excentrée, entou-
munohistochimie, utilisant des anticorps anti¬hormones rée d’une zone périphérique plus claire.

3.3.2. Les cellules B ou cellules à insuline


Elles sont retrouvées dans tous les îlots pancréatiques.
Elles sont les plus nombreuses et se localisent préfé-
rentiellement dans la zone centrale des îlots. Leur cyto-
plasme se colore électivement en violet par la coloration
à la fuscine paraldéhyde.
En ME, les grains de sécrétion (grains bêta) limités par
une membrane, mesurent en moyenne 270  nm de dia-
mètre. Le plus souvent, ils présentent un contenu irrégu-
lier, d’aspect cristallin entouré par un espace plus clair.

3.3.3. Les cellules D ou cellules à somatostatine


Elles sont retrouvées dans tous les îlots. Elles sont peu
nombreuses, éparses et siègent préférentiellement en
périphérie des îlots, souvent entre cellules à glucagon et
cellules à insuline. Elles agissent par paracrinie sur ces
deux types de cellules pour moduler leur sécrétion.
Fig 6 : ilôt de Langerhans En ME, les grains de sécrétion (grains delta) limités par
une membrane, mesurent en moyenne 330  nm. Leur
contenu est homogène et de faible densité aux électrons.
Certains auteurs ont montré que ces cellules élaborent
également de la gastrine.

3.3.4. Les cellules PP (à polypeptide pancréatique)


Ces cellules se rencontrent au niveau de la tête du pan-
créas et sont absentes dans le corps et dans la queue.
Elles siègent préférentiellement en périphérie des îlots.
En ME, leurs grains de sécrétion (grains PP) sont plus
petits (diamètre moyen 150 nm). Leur contenu est dense
et entouré par un halo clair.

Fig7 : Répartition des cellules endocrines dans l’îlot de


Langerhans

Fig 8 : Aspect des grains de sécrétion en ME


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48 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
4. LES SURRÉNALES 4.3 HISTOLOGIE ET HISTOPHYSIOLOGIE DE LA
CORTICOSURRÉNALE :
4.1 GÉNÉRALITÉS La corticosurrénale est entourée par une épaisse cap-
Les glandes surrénales sont des organes aplatis, situés sule et est constituée de 3
aux pôles supérieurs des reins. À la coupe, on distingue zones. La plus externe est la zone glomérulée, à laquelle
macroscopiquement : fait suite la zone fasciculée,
- une zone périphérique ferme, jaunâtre, le cortex ou beaucoup plus épaisse. La plus interne ou zone réticulée
corticale ou cortico surrénale est au contact de la médullaire (Fig. 10).
- une zone centrale molle, grisâtre, la médullaire ou mé-
dullosurrénale.

4.2 EMBRYOLOGIE DES SURRÉNALES (Fig. 9)


L’ébauche corticale est d’origine mésodermique. Elle
provient, dès la fin du premier mois, d’une prolifération
de l’épithélium cœlomique située entre le mésentère
dorsal et l’ébauche gonadique. Les cordons cellulaires
s’enfoncent dans le mésenchyme, puis se détachent de
l’épithélium cœlomique.
L’ébauche médullaire est d’origine neurectoblastique.
Elle provient des ébauches sympathiques (futures
chaînes latéro-vertébrales) issues des crêtes neurales.
De l’ébauche sympathique migrent des cellules, les sym-
pathogonies qui viennent en contact avec les cordons
mésodermiques de l’ébauche corticosurrénalienne (à six
semaines de développement environ).
Puis les éléments mésodermiques, qui se développent
plus rapidement, vont entourer complètement les
groupes de sympathogonies et constituer le cortex fœtal
formé de grandes cellules acidophiles.
Au troisième mois, une deuxième poussée de l’épithé-
lium cœlomique vient entourer le cortex fœtal et sera à
l’origine du cortex permanent définitif.
Durant la période suivante, le cortex fœtal involue alors
que le cortex permanent se développe et achève son or- 4.3.1. Le squelette conjonctif
ganisation définitive en 3 zones. La corticosurrénale est entourée d’une capsule conjonc-
Trois mois après la naissance, le cortex fœtal a totale- tive riche en faisceaux de collagène et comportant des
ment involué. fibroblastes et quelques fibres musculaires lisses.
Pendant la vie intra-utérine, le cortex fœtal est fonction- De la capsule partent des travées conjonctives peu
nel. Il synthétise des corticostéroïdes et des androgènes épaisses qui s’enfoncent dans la région corticale sous-
surrénaliens. L’aldostérone n’est synthétisée qu’à la fin jacente. Un feutrage conjonctif s’appuie sur les travées
de la gestation. fibreuses et accompagne les vaisseaux. Ce tissu conjonc-
tif lâche est riche en fibres de réticuline et contient des
fibroblastes et des histiocytes.
À la jonction corticomédullaire, on observe
parfois une mince condensation conjonc-
tive.

4.3.2. La zone glomérulée


Elle est peu épaisse, constituée de mas-
sifs cellulaires plus ou moins sphériques,
séparés les uns des autres par un fin ré-
seau conjonctif renfermant de nombreux
capillaires sanguins de petit calibre.
Les cellules sont relativement petites (10 à
15 microns). Le cytoplasme est faiblement
chromophile et contient quelques petites
vacuoles lipidiques. Le noyau est généra-
lement petit, arrondi et central.
En ME (Fig. 11), les cellules de la cortico-
surrénale présentent, outre l’appareil de
Golgi, l’ergastoplasme et les polysomes,
Fig 9 : Schéma d’une coupe d’embryon montrant l’origine des surrénales un aspect caractéristique de cellules éla-
borant des stéroïdes :
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 49
Le cytoplasme présente une chromophilie plus marquée
et une pauvreté en vacuoles lipidiques. Un pigment jaune
brun de type lipofuscine est présent dans le cytoplasme
chez l’adulte, après la trentaine. La chromophilie du cyto-
plasme s’explique en particulier par sa richesse en ARN.
En ME, on retrouve les caractéristiques des cellules sté-
roïdogènes avec cependant 3 particularités  : richesse
en polysomes, pauvreté en liposomes, présence de pig-
ments de lipofuscine

4.3.5. Aperçu histophysiologique


La zone glomérulée élabore des minéralocorticoïdes,
corticostérone et surtout aldostérone.
Les zones fasciculée et réticulée synthétisent les gluco-
corticoïdes (cortisol et cortisone) et les androgènes sur-
rénaliens.
La biogenèse des hormones corticostéroïdes dépend
des activités enzymatiques qui sont réparties entre les
trois zones (la 18 hydroxylase est présente à tous les
Fig 11 : Cellule de la corticosurrénale en ME niveaux ; la 17a hydroxylase est absente de la zone glo-
L : gouttelette lipidique N : noyau mérulée). La répartition des enzymes entre réticulum
REL : reticulum endoplasmique lisse lisse et mitochondries est la suivante :
M : mitochondrie à crêtes tubulaires - 11 b hydroxylase et 18 hydroxylase sont mitochondriales
G : appareil de Golgi - 17 a hydroxylase et 21 hydroxylase sont au niveau du
P : lipofuschine réticulum lisse.
Ly : lysosome La libération des hormones corticosurrénaliennes se fait
par simple diffusion à travers les membranes.
- le réticulum lisse est abondant et présente un aspect
tubulaire
4.4 HISTOLOGIE ET HISTOPHYSIOLOGIE
- les mitochondries sont très nombreuses et possèdent
DE LA MÉDULLOSURRÉNALE :
4.4.1. Structure de la médullosurrénale (Fig. 12)
des crêtes tubulaires ou vésiculaires
La médullosurrénale présente une architecture en cor-
- le cytoplasme comporte des liposomes (peu fréquents
dons cellulaires irréguliers, accompagnés d’un riche ré-
dans la zone glomérulée). Ce sont des vacuoles lipi-
seau vasculaire en particulier veineux. Ces cordons pré-
diques de taille variable, non limitées par une mem-
sentent un net polymorphisme cellulaire.
brane.
Les cellules médullosurrénaliennes sont plus ou moins
La synthèse de ces hormones a lieu au niveau des mito-
chargées de grains colorés en brun par une réaction
chondries et du réticulum lisse.
histochimique appelée réaction phéochrome (car elle
utilise des sels de chrome) ; d’où le nom de cellules phé-
4.3.3. La zone fasciculée
ochromes données aux cellules de la médullosurrénale.
C’est la zone la plus épaisse. Elle est formée de longs
On distingue à l’aide de cette technique, 2 types cellu-
cordons cellulaires plus ou moins anastomosés entre
laires :
eux perpendiculaires à la surface et séparés par des ca-
- Le premier type est constitué de cellules globuleuses,
pillaires dont le calibre augmente en se rapprochant de
à noyau central et à cytoplasme clair, faiblement coloré
la médullaire. Les cellules sont plus volumineuses (25
par les colorations usuelles. La réaction phéochrome
à 35 microns). Le noyau est relativement petit, souvent
montre un cytoplasme très riche en grains, d’où le nom
arrondi et central.
de cellules rhagiochromes. Ces cellules ont tendance
Le cytoplasme est caractérisé par sa richesse en va-
à former des lobules compacts.
cuoles lipidiques (liposomes). Cet aspect vacuolaire a
fait donner à ces cellules le nom de spongiocytes. La
partie externe de la zone fasciculée est plus riche en li-
posomes que la partie interne. La vitamine C est retrou-
vée en abondance.
En ME, les caractéristiques de cellules stéroïdogènes
sont retrouvées avec une richesse particulière en réticu-
lum lisse tubulaire et en liposomes.

4.3.4. La zone réticulée


Elle est formée de cordons cellulaires anastomosés,
réalisant un réseau qui ménage des espaces riches en
capillaires. Les cellules sont plus petites que celles de la
zone fasciculée. Le noyau est relativement dense, sou-
vent central. Fig 12 : Cellules de la médullosurrénale (A : à adrénaline ; N
: à noradrénaline)
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50 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
- Le deuxième type comprend des cellules plus
grandes prismatiques, polarisées. Le noyau est situé
au pôle basal, tandis que le pôle apical est en contact
avec un versant veineux. Le cytoplasme se colore bien
par les colorants habituels et est relativement pauvre
en grains par la technique aux sels de chrome, d’où le
nom de cellules hyalochromes. Ces cellules ont ten-
dance à constituer des rangées palissadiques le long
des capillaires.
Ces deux aspects sont liés à des stades différents de
l’activité glandulaire.
En ME, les cellules médullosurrénaliennes contiennent
les organites habituels. On identifie deux types de cel-
lules, qui diffèrent par l’aspect de leurs grains de sé-
crétion (limités par une membrane). Les cellules qui
élaborent le noradrénaline ont des grains osmiophiles
bordés par un halo clair ; celles qui élaborent l’adréna-
line ont des grains osmiophiles homogènes.
On observe des synapses de type cholinergique entre les
D’autre part, quelques petites artères partent du plexus
terminaisons nerveuses des nerfs splanchniques et les
capsulaire, traversent la corticale et se ramifient en un
cellules de la médullosurrénale.
réseau de capillaires dilatés dans la médullaire avant de
On retrouve parfois entre les cellules glandulaires mé-
se drainer vers la veine centrale de la médullaire.
dullosurrénaliennes un
Ainsi, la majorité de la médullosurrénale est irriguée
- troisième type de cellules : les cellules ganglionnaires
par du sang qui a reçu auparavant les hormones corti-
sympathiques, reconnaissables à leur très grande
cosurrénaliennes (ce qui est important pour la méthy-
taille, à leur cytoplasme très basophile et à leur volu-
lation de la noradrénaline en adrénaline pour 80 à 90 %
mineux noyaux nucléolé, central (ce sont de véritables
des cellules de la médullaire).
neurones).
Dans la zone corticale comme dans la médullaire, les ca-
pillaires sont de type fenêtré
4.4.2. Aperçu histophysiologique :
Les cellules de la médullosurrénale élaborent la nora-
drénaline et surtout l’adrénaline. Outre la tyrosine, la
médullosurrénale est capable d’incorporer les différents
5. LA THYROÏDE
précurseurs, dopa, dopamine et noradrénaline pour les
transformer en adrénaline. Les activités enzymatiques
5.1 GÉNÉRALITÉS
La thyroïde pèse 20 à 30 g chez l’adulte. Elle est consti-
se déroulent toutes dans le hyaloplasme, sauf l’oxydation
tuée de 2 lobes latéraux réunis par un isthme et est
de la dopamine en noradrénaline qui a été localisée dans
plaquée contre les 2e et 3e cartilages trachéaux. De
les grains de sécrétion. Cette oxydation nécessite la pré-
l’isthme, se détache souvent la pyramide de Lalouette
sence de glucocorticoïdes. Du fait de la vascularisation
qui s’élève sur la face antérieure du larynx.
très particulière de la surrénale (voir ci-dessous), 10 à
La glande thyroïde est organisée architecturalement en
20  % des cellules de la médullosurrénale ne reçoivent
follicules ou vésicules. Elle est responsable de la syn-
pas de glucocorticoïdes en provenance de la zone fasci-
thèse :
culée. Elles libèrent donc de la noradrénaline.
- des hormones thyroïdiennes synthétisées par les
C’est par l’intermédiaire de la stimulation des nerfs
thyréocytes (ou thyrocytes, ou cellules folliculaires).
splanchniques que se fait la réponse de la médullosurré-
- et de la calcitonine (hormone hypocalcémiante) synthé-
nale en libérant ses catécholamines. Les cellules de la
tisée par les cellules « C » ou cellules claires ou cel-
médullosurrénale sont l’équivalent de neurones post-
lules parafolliculaires.
ganglionnaires sympathiques.
Le renouvellement hormonal est très rapide et la libéra-
tion des catécholamines se fait vraisemblablement par
5.2 EMBRYOLOGIE-HISTOGENÈSE
5.2.1. Développement normal
exocytose.
L’ébauche thyroïdienne apparaît à la fin de la 3e semaine
du développement embryonnaire. Il s’agit d’un bour-
4.5 VASCULARISATION DES SURRÉNALES
geonnement endodermique médian se développant dans
(Fig. 13)
le plancher de l’intestin pharyngien au niveau du futur
L’apport sanguin est assuré par trois artères capsulaires,
foramen cæcum (Cf. Thème 14 Embryologie).
qui forment un plexus dans la capsule de la glande.
Le bourgeon endodermique, initialement plein et enchâs-
Le système vasculaire de la corticale est constitué par un
sé dans le mésenchyme sous-jacent (tubercule thyroï-
réseau anastomosé de capillaires sinusoïdes irrigués par
dien), va secondairement se creuser réalisant une poche
les branches des plexus capsulaires. Les sinusoïdes cir-
(poche de Bochdalek) qui reste reliée à l’épithélium par un
culent entre les cordons de cellules glandulaires jusque
pédicule creux, le canal thyréoglosse (Fig. 14).
dans la médullaire, et se drainent dans de petites veines
Les parois de cette poche prolifèrent et bourgeonnent,
qui convergent vers la veine centrale de la médullaire.
réalisant l’aspect bilobé de la thyroïde. Cette ébauche

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Fig 15 : Migration de la thyroïde à partir du foramen cæcum

cum, sans subir de migration. Elle sera donc située sur


la face supérieure de la base de la langue, au niveau du
sommet du V lingual. Elle peut représenter le seul tissu
thyroïdien retrouvé chez le patient.
* Une migration déviée explique la thyroïde intratra-
chéale, qui se réduit habituellement à quelques amas
Fig 14 : Formation et évolution du tubercule thyroïdien de vésicules thyroïdiennes au sein de la paroi trachéale.
* La thyroïde plongeante résulte d’une migration plus
marquée, atteignant la loge antéro-supérieure du mé-
thyroïdienne s’enfonce dans le mésenchyme sous-jacent diastin.
et migre du plancher pharyngien vers sa position anato- c) La persistance du canal thyréoglosse :
mique définitive en suivant l’axe médian (en avant du la- est à l’origine des kystes médians du cou ou kystes du
rynx et de la partie initiale de la trachée). Cette migration tractus thyréoglosse, qui siègent toujours sur le trajet de
est accompagnée d’un allongement du canal thyréo- la migration de l’ébauche thyroïdienne. Le kyste mesure
glosse. quelquefois plusieurs cm de diamètre. Il est volontiers
La position anatomique définitive est atteinte vers la 7e en contact avec l’os hyoïde et impose l’ablation de cet os,
semaine (Fig.  15). Le canal thyréoglosse s’oblitère et lors de la kystectomie.
se transforme en un tractus thyréoglosse qui disparaît
après « fragmentation ». La pyramide de Lalouette cor- 5.2.3. Histogenèse
respond à un dérivé de l’extrémité inférieure de ce canal L’histogenèse thyroïdienne débute à la 3e semaine du dé-
thyréoglosse. veloppement et comprend schématiquement 2 étapes :
Des cellules originaires des crêtes neurales, ayant colo- - un stade préfolliculaire : les éléments endodermiques
nisé les 2 corps ultimo-
branchiaux droit et gauche (développés
à partir des versants ventraux des 4es
poches entobranchiales), vont migrer et
s’incorporer à l’ébauche thyroïdienne,
pour constituer les cellules parafollicu-
laires ou cellules « C » (Fig. 16).
La composante conjonctivo-vasculaire de
la glande thyroïde dérive du mésenchyme.

5.2.2. Développement anormal


a) L’agénésie thyroïdienne :
Absence de développement de l’ébauche
thyroïdienne.
b) Les troubles de la migration thyroï-
dienne :
* La thyroïde linguale résulte de l’absence
de migration de l’ébauche thyroïdienne. Fig 16 : Schéma du développement des poches branchiales :
Cette dernière se développe sur place, embryogenèse des cellules C de la thyroïde et des cellules endocrines de
c’est-à-dire au niveau du foramen cæ- la parathyroïde

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se présentent sous forme d’amas cellulaires pleins, résulte une polarité très marquée : pôle apical au contact
accompagnés de tissu mésenchymateux. avec la colloïde ; pôle basal au contact avec la lame ba-
- un stade folliculaire : au centre des amas cellulaires, sale et en rapport étroit avec les capillaires.
une substance colloïde se forme, indiquant le début de En microscopie photonique, la cellule a une forme cu-
l’activité de synthèse hormonale. bique ou légèrement cylindrique. Le noyau est arron-
di, central ou légèrement basal et pourvu d’un ou deux
5.3.HISTOLOGIE nucléoles. Le pôle apical possède des gouttelettes PAS
La glande est enveloppée par une capsule conjonctive positives comme la colloïde. Le cytoplasme renferme de
qui envoie de minces travées conjonctives, cloisonnant nombreuses enzymes : phosphatases, peroxydases, dé-
le parenchyme glandulaire sans le subdiviser nettement siodases, enzymes protéolytiques....
en lobules. Ces travées conjonctives renferment des L’étude ultrastructurale permet de confirmer la polarité
vaisseaux sanguins et lymphatiques ainsi que des filets de la cellule :
nerveux. - le pôle apical est caractérisé par la présence de mi-
crovillosités, de vésicules d’exo et d’endocytose, de
5.3.1. Le parenchyme glandulaire lysosomes, de peroxysomes et de nombreux microfi-
La glande thyroïde est constituée essentiellement de laments et microtubules. Un à deux cils sont retrouvés
follicules thyroïdiens. Le follicule (ou vésicule) est l’unité par cellule.
morphologique et fonctionnelle de la glande. - l’ergastoplasme prédomine dans la région basale
Les follicules thyroïdiens sont des formations schémati- - les complexes golgiens sont supranucléaires
quement sphériques, de taille très variable (50 à 500 mi- - les mitochondries sont dispersées dans tout le cyto-
crons de diamètre). Ils sont constitués par un épithélium plasme
folliculaire périphérique, entourant une cavité centrale - la membrane plasmique du côté basal décrit de nom-
qui renferme une substance appelée colloïde. La taille breuses invaginations
des follicules, l’aspect de l’épithélium et de la colloïde - les cellules sont unies entre elles par des complexes
varient selon l’état fonctionnel de la glande. Nous décri- de jonction.
rons le follicule en activité moyenne. b) la cellule parafolliculaire ou cellule C
La cellule est globuleuse, à cytoplasme clair et à noyau
5.3.1.1 l’épithélium folliculaire (Fig. 17 et 18) souvent central. Elle est difficile à identifier par les tech-
II est séparé du tissu conjonctif environnant par une lame niques classiques.
basale et comprend deux types cellulaires : la cellule fol- L’étude ultrastructurale montre :
liculaire et la cellule parafolliculaire. - des jonctions de type desmosome entre les thyréocytes
a) La cellule folliculaire ou thyréocyte et les cellules C
C’est la cellule principale de l’épithélium folliculaire. - la cellule C est située entre la lame basale et les thyré-
Elle est à la fois exocrine (thyroglobuline excrétée dans ocytes et n’a aucun contact avec la colloïde
la lumière) et endocrine (hormones thyroïdiennes). Il en - les caractères de cellules fabriquant des peptides  :
ergastoplasme et Golgi abondants, et deux types de
granules de sécrétion limités par une membrane et à
contenu dense aux électrons.
L’étude immunohistochimique a montré que les granules
cytoplasmiques contiennent de la calcitonine et de la so-
matostatine. L’élévation de la calcémie entraîne une dé-
granulation des cellules C et la diminution de la calcémie
une accumulation des granules de sécrétion.
Les cellules C sont situées préférentiellement à la partie
moyenne des 2 lobes thyroïdiens.

5.3.1.2 La colloïde
Fig 17 : Thyroïde en microscopie optique - Flèche : cellule Elle est plus ou moins abondante et présente des affini-
parafolliculaire tés tinctoriales variables. Elle peut être éosinophile ou
faiblement basophile. Dans les follicules en activité, on
note des vacuoles claires appelées vacuoles de résorp-
tion, situées en périphérie de la colloïde, juste au contact
des thyréocytes.
La colloïde est constituée pour 70 % de thyroglobuline.
La fraction glucidique est responsable du caractère PAS
positif de la colloïde. Le reste est représenté par des pro-
téines iodées et non iodées.

5.3.2. La composante conjonctivo-vasculaire


et l’innervation
Le tissu conjonctif est peu abondant. Il comporte des fi-
Fig 18 : Follicule thyroïdien en microscopie électronique broblastes, des mastocytes, des fibres de collagène et
1 : cellule folliculaire 2 : cellule parafolliculaire des fibres de réticuline.
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 53
La vascularisation est très développée. Les capillaires ganisent pour former les molécules de T3 et de T4 au
sanguins forment un réseau dense autour des follicules sein de la thyroglobuline iodée.
et sont en majorité de type fenêtre. - La thyroglobuline est stockée dans la colloïde plus ou
Le parenchyme thyroïdien comporte des lymphatiques moins longtemps selon l’activité de la glande. Le re-
drainés par les ganglions satellites. nouvellement est plus rapide en cas d’hyperactivité.
L’innervation est essentiellement vasomotrice. Il existe - La résorption de la thyroglobuline iodée par les thyré-
aussi des terminaisons sympathiques et parasympa- ocytes s’effectue par endocytose Les vésicules d’endo-
thiques au contact des cellules folliculaires. cytose fusionnent avec des lysomes donnant des pha-
golysosomes.
5.4. HISTOPHYSIOLOGIE - Les enzymes lysosomales effectuent la protéolyse de la
thyroglobuline iodée libérant de la T3 et de la T4. Ces
5.4.1. Les variations morphologiques deux hormones sont libérées dans les capillaires san-
Les follicules thyroïdiens peuvent prendre des aspects guins après passage à travers la membrane plasmique
variables en fonction de leur activité. Dans une glande en du côté basal.
activité normale, des follicules sont au repos, d’autres
en hyperactivité, la majorité ayant une activité moyenne. 5.4.3. Les facteurs régulant l’activité glandulaire
Dans les stades extrêmes de glande au « repos » et de Deux facteurs sont essentiels pour la régulation de la
glande en hyperactivité, la majorité des follicules ont la thyroïde : la TSH (hormone hypophysaire régulée par le
même activité et donc le même aspect. Mais toutes les TRH hypothalamique) et la concentration sanguine en
situations intermédiaires peuvent évidemment exister. iodure.
a) Glande au repos ou en hypoactivité :
La glande est constituée en majorité de follicules pré-
sentant les caractéristiques suivantes : 6. LES PARATHYROÏDES
- Les follicules sont de grande taille, à épithélium aplati
et à colloïde abondante, dense et éosinophile Les parathyroïdes sont généralement au nombre de 4,
- Les vacuoles de résorption sont absentes une supérieure et une inférieure, accolées à la face pos-
- Le noyau des thyréocytes est petit, à chromatine dense térieure de chaque lobe thyroïdien. Les glandes para-
- Les organites cytoplasmiques sont en nombre nette- thyroïdes sont petites. Elles pèsent 50 mg en moyenne.
ment réduit Elles sont indispensables à la vie. Elles sécrètent la pa-
- pas de gouttelettes PAS positives au pôle apical. rathormone (hormone hypercalcémiante).
b) Glande en hyperactivité
La glande est constituée en majorité de follicules pré- 6.1. EMBRYOLOGIE (FIG.16)
sentant les caractéristiques suivantes : Au cours de la quatrième-cinquième semaine du déve-
- Les follicules sont de petite taille, à épithélium prisma- loppement, les parois latérales de l’intestin pharyngien
tique haut et à colloïde peu abondante, pâle, basophile. émettent des évaginations, les poches entobranchiales,
- Les vacuoles de résorption sont nombreuses. d’origine endodermique.
- Le noyau des thyréocytes présente une chromatine fine Chaque 3e poche entobranchiale (droite et gauche) forme
et un nucléole proéminent. un amas dorsal, ébauche d’une parathyroïde inférieure,
- Les organites cytoplasmiques sont très développés et un amas ventral, ébauche d’un lobe thymique. Chaque
- Le pôle apical est particulièrement riche en microvil- ébauche parathyroïdienne inférieure va accompagner
losités, en lysosomes, en vacuoles et en « gouttelettes partiellement le lobe thymique correspondant lors de sa
de colloïde ». migration et va s’accoler à la partie postéro inférieure
homolatérale du corps thyroïde.
5.4.2. Les étapes de l’activité des thyréocytes Chaque 4e poche entobranchiale forme un amas dorsal,
Le thyréocyte sécrète les hormones thyroïdiennes  : T3 l’ébauche de la parathyroïde supérieure. Cette ébauche
(triiodothyronine) et T4 (thyroxine). Leur formation ré- va migrer pour gagner la partie postéro supérieure ho-
sulte de l’hydrolyse de la thyroglobuline. molatérale du corps thyroïde.
L’activité des thyréocytes comprend schématiquement Ces données embryologiques expliquent la possibilité
les étapes suivantes : de trouver des parathyroïdes accessoires à l’intérieur du
- La synthèse de la thyroglobuline se fait au niveau de corps thyroïde ou du thymus.
l’ergastoplasme
- La fixation glucidique est très précoce, dans l’er- 6.2. HISTOLOGIE
gastoplasme, et se poursuit dans l’appareil de Golgi. 6.2.1. Le squelette conjonctif
- La molécule d’iodure I- est captée dans le liquide in- Chaque parathyroïde est recouverte d’une mince capsule
terstitiel par une « pompe à iodure », protéine intégrée conjonctive. De fines cloisons conjonctives partent de
(symport Na+/I -). Ce transport, à travers la membrane la capsule sans délimiter des lobules. Elles renferment
plasmique, nécessite de l’énergie. L’iodure est instan- également de nombreux adipocytes dont le nombre aug-
tanément acheminé vers le pôle apical de la cellule. mente avec l’âge.
- L’iodure I- est oxydé en I+ et fixé sur les résidus tyrosyls
de la thyroglobuline au niveau de la membrane apicale 6.2.2. Le parenchyme glandulaire (Fig. 19)
(étape réalisée par une thyropéroxydase). Au même ni- II se présente sous l’aspect de cordons épithéliaux en-
veau s’effectuent les dernières étapes de la maturation tourés d’un riche réseau capillaire. La glande parathy-
de la thyroglobuline iodée : les résidus tyrosyls se réor- roïde de l’adulte comporte 2 types cellulaires :
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Fig 19 : Parathyroïde en microscopie optique

a) Les cellules principales


Ce sont de loin les plus nombreuses. Elles élaborent la 7. LE SYSTÈME ENDOCRINIEN DIFFUS
parathormone. Elles sont fréquemment agencées en
pseudo-follicules autour d’un capillaire central. Il existe de nombreuses cellules neuroendocrines disper-
Elles sont de petite taille (10 à 12 microns de diamètre), sées qui produisent des hormones sous forme d’amines
de forme polyédrique, à noyau central et à cytoplasme biogènes (sérotonine…) ou des peptides actifs agissant à
sombre ou clair. Deux sous-variétés de cellules princi- distance (endocrinie), ou localement (paracrinie).
pales ont été décrites : Les cellules sécrétant des hormones sous forme
- Les cellules principales sombres d’amines biogènes sont, pour la majorité, capables de
L’aspect sombre du cytoplasme est dû à la richesse en capter des précurseurs d’amines et de les décarboxyler.
organites et en grains de sécrétion. L’ergastoplasme, les Elles ont été regroupées sous la dénomination de sys-
polysomes, les mitochondries et les complexes golgiens tème APUD (Aminé Precursor Uptake Decarboxylation)
sont les organites les plus représentés. Les grains de sé- qui ne représente qu’une partie du système endocrinien
crétion ont un diamètre de 200 nm et sont délimités par diffus.
une membrane. Il y a peu de glycogène Il existe une très grande diversité morphologique et
- Les cellules principales claires fonctionnelle du système endocrinien diffus et plus de
Leur cytoplasme chromophobe est nettement plus 20 types de sécrétions ont été décrits.
pauvre en organites et en grains de sécrétion et ren- Les cellules faisant partie de ce système sont dissémi-
ferme de nombreuses vacuoles. Ces cellules sont plus nées dans divers tissus et organes. Elles se présentent
riches en glycogène que les cellules précédentes. sous forme de cellules isolées ou regroupées en petits
Ces 2 sous-variétés (sombres et claires) semblent cor- amas, habituellement difficiles à reconnaître avec les co-
respondre à des états fonctionnels différents d’un même lorations usuelles.
type cellulaire. La présence de cellules à un stade inter- Ces cellules sont de forme très variable (triangle, poire,
médiaire vient appuyer cette interprétation. bouteille) et sont comprimées entre deux cellules épithé-
liales du tissu hôte. Elles reposent sur la même lame
b) Les cellules oxyphiles basale que les cellules voisines. Généralement, le pôle
Elles sont nettement moins nombreuses et plus volumi- apical de ces cellules ne présente pas de rapport avec
neuses que les cellules principales. Elles sont absentes la surface épithéliale. Leur cytoplasme est souvent clair.
chez le fœtus et l’enfant et augmentent avec le vieillis- Elles peuvent être en relation avec des fibres nerveuses
sement. réalisant des complexes (ou corps) neuro-épithéliaux en-
En microscopie optique, elles présentent un noyau cen- docrines comme dans l’arbre trachéobronchique.
tral très chromophile et un cytoplasme pourvu de très Pour mettre en évidence les cellules de ce système, on
nombreux « grains éosinophiles ». peut utiliser différentes techniques :
L’étude ultrastructurale montre une grande richesse en - des techniques argentiques ou au bichromate de po-
mitochondries expliquant l’aspect granulaire en micros- tassium
copie optique, alors que les autres organites sont réduits. - l’étude ultrastructurale met en évidence des grains de
L’activité des cellules oxyphiles n’est pas modifiée par les sécrétion limités par une membrane, à contenu dense
variations de la calcémie. Leur rôle n’est pas élucidé. aux électrons entouré par un halo clair. L’aspect et la
taille de ces grains de sécrétion sont variables et carac-
6.3. APERÇU HISTOPHYSIOLOGIQUE téristiques de la catégorie cellulaire (de 100 à 800 nm).
Les parathyroïdes sécrètent la parathormone dont le rôle - les techniques immunohistochimiques permettent
est de mobiliser le calcium du tissu osseux et d’augmen- d’identifier avec précision ces cellules par leur sécré-
ter la calcémie en stimulant l’activité ostéolytique des tion hormonale. Citons parmi ces sécrétions, la séroto-
ostéoclastes. Elle diminue également l’excrétion rénale nine, la gastrine, la somatostatine, le VIP, la substance
du calcium et stimule son absorption par l’épithélium in- P, la CCK, la sécrétine, la glicentine, la bombésine…
testinal. Elles sont très nombreuses dans l’appareil digestif,
L’activité des cellules principales parathyroïdiennes est l’appareil respiratoire, la thyroïde, dans la vessie et la
directement contrôlée par le taux de calcium du milieu prostate. Appartiennent à ce groupe, les cellules C de la
extracellulaire. thyroïde, les cellules à rénine de l’appareil juxtagloméru-
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 55
laire. Les paraganglions du système nerveux autonome 8. L’ÉPIPHYSE OU GLANDE PINÉALE
appartiennent aussi à ce système neuroendocrinien. On
en trouve essentiellement au contact des carotides, de C’est une petite glande située au niveau du toit du 3e
l’aorte et ils seraient sensibles à la pression artérielle en ventricule, vers le cervelet.
oxygène et au pH. Elle est constituée de lobules de cellules spécialisées
Les cellules du système endocrinien diffus dérivent des séparés par des septums constitués de cellules gliales
crêtes neurales. et renfermant des fibres nerveuses amyéliniques et des
capillaires sanguins.
Les cellules spécialisées, ou «  pinéalocytes  » sont des
neurones qui synthétisent la mélatonine et l’acheminent
par leur axone au niveau de capillaires sanguins. Avec
le vieillissement s’accumulent des concrétions calciques
appelées « sable pinéal » que l’on retrouve sur des cli-
chés radiographiques.
Cette glande reçoit des signaux en provenance de la ré-
tine et joue un rôle important dans les rythmes biolo-
giques, en particulier circadiens.

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56 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
PCEM 2

THÈME XII
SYSTEME
ENDOCRIEN

PHYSIOLOGIE

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 57
GÉNÉRALITÉS SUR LES GLANDES ENDOCRINES

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Décrire le rôle du système endocrinien.
2. Comparer les systèmes endocriniens et nerveux
3. Définir un messager hormonal.
4. Décrire le rôle d’une protéine de transport
5. Décrire les propriétés de la liaison hormone & récepteur.
6. Indiquer les stimuli de la sécrétion hormonale
7. Définir la notion de feed-back
8. Schématiser la boucle de feed back négatif
9. Décrire les régulations des récepteurs

PLAN
INTRODUCTION

1. DÉFINITION

2. CLASSIFICATION DES HORMONES


2.1 CLASSIFICATION CHIMIQUE
2.2 CLASSIFICATION FONCTIONNELLE

3. MÉTABOLISME
3.1 BIOSYNTHESE ET SECRETION
3.2 TRANSPORT HORMONAL

4. RÉCEPTEURS HORMONAUX
4.1 NOTION DE RÉCEPTEURS HORMONAUX
4.2 SIÈGE DES RÉCEPTEURS
4.3 CARACTÉRISTIQUES DE LA LIAISON HORMONE & RÉCEPTEUR
4.5 CONTRÔLE DE L’INTERACTION HORMONE & RÉCEPTEUR

5. RÉGULATION ENDOCRINE
5.1 STIMULI DE LA SÉCRÉTION HORMONALE
5.2 PRINCIPE DE FEED-BACK EN PHYSIOLOGIE ENDOCRINIENNE
5.3 NOTIONS FONDAMENTALES EN PHYSIOLOGIE ENDOCRINIENNE.

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58 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
INTRODUCTION agissent les unes sur les autres afin de moduler leurs
fonctionnements mutuels. Exemple  : hormones de
Le fonctionnement harmonieux d’un organisme pluricel- l’axe Hypothalamo – Hypophysaire (cf cours axe hypo-
lulaire nécessite une coordination entre les différents thalamo-hypophysaire).
tissus et organes. Cette coordination se fait principale-
ment par deux voies complémentaires : une voie rapide
assurée par le système nerveux végétatif et une voie 2. CLASSIFICATION DES HORMONES
lente assurée par le système endocrinien.
Le système endocrinien assure : On peut envisager deux classifications  : une classifica-
1. l’homéostasie du milieu intérieur : maintien dans des tion chimique et une classification fonctionnelle.
limites très étroites de la glycémie, de la pression arté-
rielle moyenne, de la volémie, de la calcémie… 2.1 CLASSIFICATION CHIMIQUE
2. le développement et la croissance  : hormones de (cf biochimie)
croissance.
3. la reproduction et la pérennité de l’espèce : hormones 2.2 CLASSIFICATION FONCTIONNELLE
sexuelles. Les hormones peuvent être classées en fonction de leur
4. la lutte contre le stress et l’adaptation à l’environne- rôle physiologique exp :
ment : catécholamines et glucocorticoïdes • Hormones de la croissance  : GH, Hormones thyroï-
diennes, etc.
• Hormones hyperglycémiantes  : Glucagon, catéchola-
1. DÉFINITION mines, etc.
• Hormones de la reproduction : Œstrogènes, testosté-
L’hormone est une molécule informative extracellulaire rone, etc.
appelée également messager chimique qui est synthéti- • Hormones de l’équilibre hydro électrolytique : Aldosté-
sée par un groupe de cellules ou une glande endocrine. rone, ADH, etc.
Elle est déversée dans le milieu intérieur et agit sur des • Hormones thermorégulatrices  : Hormones thyroï-
cellules cibles possédant des récepteurs spécifiques. diennes, catécholamines, etc.
Les produits de la neurosécrétion tels que les « Hypotha- Les hormones peuvent être classées selon leur site d’ac-
lamic Releasing Factors » (hormones hypothalamiques) tion :
sont considérés comme de véritables hormones parce • Hormones à action ubiquitaire : glucocorticoïdes, hor-
qu’elles sont transportées dans le sang bien que seu- mones thyroïdiennes, hormone de croissance, insuline.
lement sur une courte distance entre l’hypothalamus et • Hormones à « action restreinte ou réservée à certains
l’hypophyse tissus ou organes ; les hormones antéhypophysaires
Cette molécule signal peut agir : pour les glandes endocrines cibles, l’hormone antidiu-
- Sur la cellule qui l’a produite : voie autocrine. Exemple : rétique et les minéralocorticoïdes pour le rein.
insuline Le caractère ubiquitaire ou localisé de l’action d’une hor-
- À distance : voie endocrine. Exemple : hormones thy- mone dépend en fait de la présence de récepteurs. Par
roïdiennes. exemple, tous les tissus disposent de récepteurs pour
- Localement (sur les cellules voisines) : voie paracrine. les hormones thyroïdiennes. Quelques tissus spécialisés
Exemple : somatostatine. contiennent des récepteurs à la prolactine ou aux an-
Plusieurs structures anatomiques font partie des glandes drogènes. C’est la différenciation cellulaire qui confère à
endocrines, mais seulement un petit nombre sont de « vé- l’hormone sa spécialisation fonctionnelle.
ritables » glandes endocrines, c’est-à-dire des structures
spécialisées uniquement dans la sécrétion des hormones.
Parmi les « véritables » glandes endocrines, on peut ci- 3. MÉTABOLISME GÉNÉRAL
ter  : l’hypothalamohypophyse, la thyroïde, les parathy- D’UNE HORMONE
roïdes, les glandes surrénales, le pancréas endocrine, les
gonades, l’épiphyse et le placenta. 3.1 BIOSYNTHÈSE ET SÉCRÉTION
D’autres organes sont capables d’assurer à la fois une (cf. BIOCHIMIE)
fonction endocrine et un autre rôle physiologique ; il s’agit
par exemple de l’hypothalamus, du cœur, des reins, du 3.2 TRANSPORT HORMONAL
foie ou des gonades... Une fois libérées, les hormones sont déversées dans
Le système endocrinien a un fonctionnement complexe. l’espace péri cellulaire d’où elles gagnent généralement
Ainsi : la circulation pour atteindre les cellules cibles. La plu-
- une glande endocrine peut sécréter plusieurs hor- part des hormones de petit poids moléculaire circulent
mones, exemple le pancréas endocrine. sous formes liées à l’albumine ou à des protéines spéci-
- une hormone donnée peut avoir des effets différents fiques telles que le cortisol à la transcortine ou cortisol
sur différentes cellules cibles. Elle est appelée hor- binding globulin ou CBG, la thyroxine à la Thyroxin Bin-
mone ubiquitaire  : exemple  : les catécholamines cir- ding Globulin ou TBG, la testostérone à la Sex Binding
culantes. globulin ou SBP.
- un processus physiologique peut être contrôlé par plu- Les protéines de transport :
sieurs hormones. Exemple : la croissance. 1.facilitent le transport des hormones liposolubles
- Il est fréquent que les différentes glandes endocrines qu’elles rendent temporairement hydrosolubles
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 59
2.retardent la perte de petites molécules hormonales • la saturabilité : définit le taux d’occupation des récep-
par le mécanisme de filtration rénale. teurs. le nombre de récepteurs étant limité, la quantité
3.ce qui diminue la perte d’hormones accessible, déjà saturante est la quantité d’hormone qui aboutit à une
présente dans la circulation sanguine. occupation de 100 % des récepteurs. Un effet physio-
4.fournissent une réserve d’hormones logique a lieu dans la plupart des cas à des taux d’oc-
cupation inférieurs à 1OO%. les récepteurs inoccupés
sont appelés récepteurs de réserve.
4. RÉCEPTEURS HORMONAUX • l’affinité : c’est une propriété qui décrit la force de liai-
son entre le ligand et la protéine réceptrice (récepteur).
4.1 NOTION DE RÉCEPTEUR HORMONAL Elle détermine la probabilité qu’a un ligand lié de quit-
Le récepteur est une structure de nature protéique ou ter la surface du récepteur et de retourner à l’état libre.
glycoprotéique qui se lie à l’hormone. Le rapprochement Cette propriété assure l’occupation du récepteur en
physique hormone & récepteur déclenche une cascade présence de concentration hormonale faible.
d’événements à l’origine de la réponse biologique. Par • la réversibilité est une propriété qui met fin aux ef-
ailleurs, cette réponse ne dépend pas uniquement du fets physiologiques de l’hormone. Elle indique que la
messager hormonal, mais également du récepteur de la réaction de liaison n’est pas à sens unique et qu’à tout
cellule cible. Exemple : récepteurs α et β des catéchola- moment il existe une probabilité non négligeable de sé-
mines. paration spontanée du complexe hormone récepteur.
La saturabilité et la réversibilité représentent une pro-
4.2. SIÈGE DES RÉCEPTEURS tection contre un envahissement massif de la cellule par
a. récepteurs intracellulaires l’hormone.
Ils concernent les hormones lipidiques comme les sté-
roïdes ainsi que les hormones thyroïdiennes. Ces hor- 4.4 NOTION D’AGONISTE ET D’ANTAGONISTE
mones lipophiles passent à travers la membrane par a. L’agoniste :
un mécanisme passif. Une fois à l’intérieur de la cellule, c’est une substance chimique qui se lie au récepteur et
les hormones continuent leur trajet puisqu’elles fran- lui fait transmettre l’effet hormonal aussi bien que l’hor-
chissent la membrane nucléaire et interagissent via mone naturelle.
des récepteurs protéiques avec le génome (hormones
stéroïdes et thyroïdiennes) ces hormones stimulent ou b. L’antagoniste :
inhibent la synthèse de protéines spécifiques (enzymes, c’est une substance qui occupe avec une grande affinité
transporteurs….. ) dans les cellules cibles. Cet impact le site de liaison, mais ne stimule pas les étapes ulté-
nécessite quelques heures pour se développer, mais rieures. Ainsi, non seulement il est inactif, mais il an-
l’effet est durable. tagonise l’action de l’hormone naturelle en occupant le
récepteur.
b. Les récepteurs transmembranaires
Les récepteurs transmembranaires ou de surface sont 4.5 CONTRÔLE DE L’INTERACTION HORMONE
des protéines localisées au niveau de la membrane plas- & RÉCEPTEUR
mique de la cellule cible. Ce sont les récepteurs des L’exposition des cellules cibles à des concentrations hor-
hormones hydrophiles à savoir les glycoprotéines, les monales importantes ou faibles est capable de modifier
protéines et les peptides, les monoamines et les pros- le nombre de récepteurs fonctionnels voire même le
taglandines. nombre total de récepteurs.
Les hormones en se fixant sur un site spécifique du ré- Ainsi, pour optimaliser la réponse biologique ; la baisse
cepteur induisent la formation de seconds messagers de la concentration hormonale, entraîne une augmen-
(AMPc, Ca++ ; IP3, GMPc…...) qui à leur tour génèrent une tation du nombre de récepteurs  : «  up regulation  » ou
série d’événements à l’origine de la réponse biologique. régulation à la hausse alors que l’augmentation de la
Il est important de signaler qu’à partir d’une molécule concentration hormonale diminue le nombre de récep-
signal ou premier messager on forme de milliers voir teurs : « down regulation » ou régulation à la baisse.
des millions de molécules de substrat : c’est le phéno- Cette régulation à la baisse ou à la hausse du nombre
mène d’amplification qui explique en grande partie que de récepteurs peut être homologue dépendant de l’hor-
de faibles concentrations hormonales suffisent pour ob- mone elle-même ou hétérologue dépendant d’une autre
tenir une réponse biologique. hormone.

4.3 CARACTÉRISTIQUES DE a. Régulation homologue


LA LIAISON HORMONE & RÉCEPTEUR • Régulation homologue à la baisse (Down Regulation)
La liaison hormone & récepteur se caractérisée par : La régulation homologue négative passe par des diffé-
• la spécificité : un récepteur est spécifique d’une hor- rentes étapes allant de la désensibilisation à l’interna-
mone ou d’un groupe d’hormones. Les récepteurs lisation.
hormonaux reconnaissent une hormone de façon hau- - Désensibilisation  : c’est un phénomène réversible si
tement spécifique. Ceci résulte de structures complé- l’agoniste est rapidement retiré du lieu. Le nombre to-
mentaires de l’hormone et du récepteur. tal de récepteurs ne diminue pas.
Ainsi, plus le site est spécifique plus les concentrations - Séquestration  : Au-delà de la désensibilisation, sous
hormonales requises pour avoir un effet biologique sont l’effet des agonistes, les récepteurs se trouvent piégés
faibles. dans des vésicules. Ce phénomène ne comporte pas
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60 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
la dégradation des récepteurs dont le nombre total ne 5.2 PRINCIPE DE RÉTROCONTRÔLE OU FEED-
varie pas. Il est ainsi possible de réafficher les récep- BACK EN PHYSIOLOGIE ENDOCRINIENNE
teurs à la surface de la cellule cible dès le retrait de a. Définition :
l’agoniste. C’est un processus par lequel la réponse à un message
- Internalisation : Le contact prolongé (plusieurs heures) ou signal, influence par voie de retour, la structure émet-
avec l’agoniste diminue le nombre total de récepteurs trice de ce signal.
qui se trouvent englobés dans des vésicules d’endocy- Le mécanisme de base est la rétroaction ou feed-back.
tose et qui subissent une dégradation enzymatique. Ce mécanisme consiste à maintenir à une valeur déter-
minée une variable biologique en comparant sa valeur
•Régulation homologue à la hausse (up Regulation) actuelle à la valeur prescrite (valeur de consigne ou de
Elle est plus rare et se manifeste par une augmentation référence) et en utilisant la différence entre ces deux
rapide et transitoire du nombre de récepteurs suite à valeurs pour actionner un dispositif qui tend à corriger
l’application de l’hormone elle-même. cette différence.

b. Régulations hétérologues b. Notion de feed back négatif


Le système de rétroaction négative  : le plus courant, il
- Régulation hétérologue à la hausse s’agit d’un système dans lequel une augmentation ou
* Permissivité une diminution de la variable régulée entraîne des ré-
L’effet d’une hormone sur une cellule cible nécessite ponses qui tendent à amener la variable dans une direc-
une exposition antérieure ou simultanée à d’autres hor- tion opposée à celle du changement initial.
mones afin d’augmenter la réponse de la cellule cible.
* Potentialisation c. notion de feed back positif
La réponse biologique obtenue quand les hormones x et La perturbation du système déclenche une succession
y sont administrées simultanément est supérieure à la de phénomènes qui amplifient davantage la perturba-
somme des réponses séparées. Cet effet passe généra- tion ou la réponse donc le signal initial ce qui aboutit à
lement par une augmentation du nombre de récepteurs une réponse elle-même amplifiée. Exemple  : sécrétion
de l’hormone x suite à l’application de l’hormone y  : y d’ocytocine au cours de l’accouchement.
entraîne une hypersensibilité tissulaire à x. Ce mécanisme de contrôle, schématisé par la boucle fi-
gurant ci-dessous, comprend :
- Régulation hétérologue à la baisse
* Désensibilisation
L’administration simultanée de deux hormones
x et y donne une réponse biologique inférieure
à celle obtenue lors de l’application de x seule.
On dit que y désensibilise le tissu cible à x (y
diminue le nombre de récepteurs de x au niveau
du tissu cible).

5. RÉGULATION ENDOCRINIENNE

5.1 STIMULI DE LA SÉCRÉTION


HORMONALE
a. Nerveux
Le système nerveux innerve les glandes endo-
crines et contrôle ainsi le niveau de sécrétion
hormonale
Exemple : le système nerveux sympathique sti-
mule la sécrétion de glucagon.
- Une entrée d’informations à partir de la valeur réglée
b. Hormonal qui est considérée comme une entrée en retour, une
Une hormone peut contrôler sa propre sécrétion ou la rétroaction.
sécrétion d’une autre hormone. - Dans ce système à rétroaction, le mécanisme est finali-
Exemple : Le glucagon stimule la sécrétion d’insuline. sé, cette finalité étant définie par la valeur de consigne
ou valeur de référence.
c. Humoral - La valeur de consigne peut être fixée et l’on parle de
Le taux sanguin d’un paramètre biologique peut moduler mécanisme régulateur, ou varié par programmation et
la sécrétion hormonale. l’on parle de servomécanisme.
Exemple : l’augmentation de la calcémie inhibe la sécré- - La différence entre la variable régulée à un instant t
tion de parathormone. et le point de consigne déclenche un signal d’erreur à
La sécrétion hormonale, quelle soit déclenchée par un l’origine d’une modification du niveau de sécrétion hor-
mécanisme nerveux, humoral ou hormonal est contrô- monale (signal de correction).
lée par un mécanisme de Feed Back ou rétrocontrôle
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 61
5.3 NOTIONS FONDAMENTALES • Il n’est pas possible aux systèmes de régulation ho-
EN PHYSIOLOGIE ENDOCRINIENNE méostatiques de maintenir constamment toutes les va-
• Les systèmes de régulation homéostatiques ne peuvent riables dans des limites étroites si bien que la constance
pas maintenir la constance complète de toutes les ca- de certaines variables est modifiée de façon à mainte-
ractéristiques du milieu intérieur. Par conséquent toute nir d’autres variables relativement constantes : notion
variable réglée à une gamme plus ou moins étendue de de priorités physiologiques.
valeurs normales selon les conditions de l’environne- • Les conditions du milieu intérieur ne sont évidemment
ment. pas stables  : l’apport des nutriments est discontinu.
• Le point de réglage de certaines variables réglées par Mais en plus, les besoins de l’organisme varient en
les systèmes de régulation homéostatiques peut être fonction de l’état (croissance, sommeil, agression). La
réajustée, c.-à-d. qu’il peut être élevé ou abaissé de fa- production hormonale va donc devoir s’adapter à ces
çon physiologique. conditions.
Les systèmes de régulation homéostatiques ne peuvent • L’augmentation de la sécrétion hormonale peut aussi
pas maintenir la constance complète de toutes les ca- être produite en réponse à des signaux provenant de
ractéristiques du milieu intérieur. Par conséquent toute l’environnement. Un environnement menaçant pro-
variable réglée à une gamme plus ou moins étendue de voque la libération des hormones hypophysaires (GH,
valeurs normales selon les conditions de l’environne- ACTH.) et surrénaliennes (cortisol, catécholamines).
ment. Dans de telles réponses aux stimuli externes, un com-
• Le point de réglage de certaines variables réglées par posant sensoriel du système nerveux détecte le stimu-
les systèmes de régulation homéostatiques peut être lus et la sécrétion est affectée d’une façon similaire à
réajusté, c.-à-d. qu’il peut être élevé ou abaissé de fa- un simple réflexe. Il n’y a pas de rétroaction négative,
çon physiologique. mais la sécrétion hormonale est arrêtée avec la cessa-
tion du stimulus externe.

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62 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
LE SYSTEME HYPOTHALAMO-HYPOPHYSAIRE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Définir le système hypothalamo hypophysaire
2. Décrire le principe de fonctionnement de l’appareil hypothalamo hypophysaire.
3. Citer les différentes hormones hypophysiotropes.
4. Citer les hormones antéhypophysaires.
5. Décrire le rôle physiologique de chaque hormone antéhypophysaire.
6. Indiquer les facteurs qui régulent la sécrétion de chacune de ces hormones.
7. Décrire le rôle physiologique de l’hormone antidiurétique.
8. Indiquer les facteurs qui régulent la sécrétion de l’hormone antidiurétique.
9. Décrire le rôle de l’ocytocine.
10. Indiquer les facteurs qui régulent la sécrétion de l’ocytocine

PLAN
INTRODUCTION
HORMONES HYPOTHALAMIQUES
HORMONES ANTEHYPOPHYSAIRES
HORMONES POST HYPOPHYSAIRES
LA PROLACTINE
L’HORMONE DE CROISSANCE
LA VASOPRESSINE
L’OCYTOCINE

1 INTRODUCTION L’hypophyse est reliée à l’hypothalamus par l’infundi-


bulum ou tige pituitaire. Chez l’homme, l’hypophyse est
Le cerveau ne communique pas seulement avec l’orga- formée de deux lobes :
nisme par l’intermédiaire de nerfs, mais aussi par des - l’antéhypophyse ou adénohypophyse, reliée indirecte-
entrées et sorties hormonales qui se font au niveau d’une ment à l’hypothalamus par des neuro hormones hypo-
structure formée par la glande hypophyse (pituitaire) et thalamiques acheminées par un système veineux porte
une zone située à la base du cerveau, l’hypothalamus. hypothalamo- hypophysaire.
L’ensemble constitue le système hypothalamo-hypo- - La posthypophyse ou neurohypophyse dérive d’un tis-
physaire. Ce système assure la coordination et la régu- su nerveux. Les hormones de la post-hypophyse sont
lation de la fonction de différentes glandes endocrines synthétisées au niveau de certains noyaux hypothala-
périphériques : thyroïde, gonades, surrénales… miques, rassemblées dans des granules de sécrétions
L’hypothalamus contient des neurones sécrétoires et un et cheminent le long des axones pour être stockées
ensemble de structures qui interviennent dans la régu- dans la post-hypophyse.
lation des fonctions végétatives et des comportements
qui leurs sont associés (faim, soif, sexualité…). Il est di-
rectement sensible aux modifications du milieu intérieur 2. LES HORMONES HYPOTHALAMIQUES
(pression, volume, température, composition chimique)
grâce à la présence de récepteurs spécifiques et agit Des neurones hypothalamiques différents de ceux qui
sur l’organisme grâce aux systèmes neuroendocrinien synthétisent les hormones libérées par la post-hypo-
et nerveux végétatifs dont il contrôle le fonctionnement. physe sécrètent des hormones qui contrôlent la sécré-
L’hypothalamus dont le poids ne dépasse pas 1  % du tion de toutes les hormones antéhypophysaires. Ces
poids du cerveau est une structure indispensable à l’ho- hormones hypothalamiques sont appelées  : hormones
méostasie du milieu intérieur. hypophysiotropes ou libérines ou releasing hormones…
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 63
Exception faite d’une hormone  : la prolactin inhibiting croissance ou GH. La sécrétion de GH-RH dans le sang
hormone (PIF), toutes les hormones hypophysiotropes porte hypophysaire est rythmique et synchronisée avec
sont le premier maillon d’une chaîne de trois hormones : celle de la GH hypophysaire. Elle est sécrétée pendant le
une hormone hypophysiotrope (1) contrôle la sécrétion sommeil lent profond. Sensible à la glycémie, l’hypogly-
d’une hormone antéhypophysaire (2) qui, à son tour, cémie stimule la synthèse et la sécrétion de GHRH alors
contrôle la sécrétion d’une hormone d’une glande endo- que l’hyperglycémie la freine. L’exercice physique stimule
crine périphérique (3). Cette dernière agit sur ses cel- également la sécrétion de GHRH.
lules cibles. La valeur adaptative de ce type de chaîne
réside dans le fait qu’elles permettent : 2. 3 SOMATOSTATINE OU GROWTH IN
• Plusieurs rétrocontrôles hormonaux HIBITING RELEASING HORMONE (GH-RIH)
• L’amplification de la réponse en partant d’un petit Elle est présente dans le système nerveux central et pé-
nombre de neurones hypothalamiques pour aboutir à riphérique ainsi que dans de nombreux organes ou tis-
un signal hormonal périphérique sus, particulièrement le pancréas (cellules D des îlots
de Langerhans), le tractus gastro-intestinal et certaines
2.1 THYROLIBÉRINE OU THYROTROPIN glandes annexes. La sécrétion spontanée de somatosta-
RELEASING HORMONE (TRH) tine est cyclique et en contraste de phase avec celle du
Première des hormones hypophysiotropes isolée et puri- GH-RH. La GH-RIH exerce, sur la libération hypophysaire
fiée en 1969. La TRH est sécrétée essentiellement dans de GH, une inhibition tonique dont le maximum corres-
la région périventriculaire et ventrobasale de l’hypo- pond au nadir des cycles de l GH-RH et GH.
thamus suite à des stimulations nerveuses provoquées
par la sensation de froid ou par des réflexes d’origine 2.4 CORTICOLIBERINE OU CORTICOTROPIN
métabolique. Libérée dans le sang porte-hypophysaire, RELEASING HORMONE (CRH)
la TRH se lie à des récepteurs membranaires des cel- Libérée dans l’éminence médiane, on en trouve aussi
lules thyréotropes et lactotropes déclenchant ainsi la dans le système digestif et le placenta. Elle entraîne la
libération de l’hormone thyréotrope (TSH) et de la pro- sécrétion de corticotropine (ACTH) par les cellules cor-
lactine. ticotropes antéhypophysaires. Elle est à l’origine des va-
La TRH est également sécrétée dans le tube digestif, le riations nycthémérales et des variations en réponse aux
pancréas et le testicule. agressions de l’ACTH et du cortisol.

2.2 SOMATOLIBERINE OU GROWTH 2.5 GONADOLIBERINE OU GONADOTROPIN


HORMONE OU RELEASING HORMONE RELEASING HORMONE (GNRH)
(GH - RH) Synthétisée surtout dans l’aire pré optique, sécrétée
Elle est secrétée de façon assez diffuse dans l’hypo- dans l’éminence médiane, elle stimule la sécrétion de
thalamus, elle augmente la sécrétion de l’hormone de l’hormone lutéïnisante (LH) et folliculo-stimuline (FSH)
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64 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
des cellules gonadotropes antéhypophysaires. La sécré- 4. LA POST-HYPOPHYSE
tion pulsatile de GnRH est indispensable à la sécrétion
de FSH et LH. Les hormones post hypophysaires sont au nombre de
deux, toutes deux peptidiques et de structure voisine
2.6 PROLACTIN INHIBITING FACTOR (PIF) l’une de l’autre. La première est appelée vasopressine ou
Le PIF est en fait la dopamine qui inhibe de façon tonique hormone antidiurétique (ADH). La seconde est appelée
la sécrétion de prolactine par les cellules lactotropes de ocytocine.
l’antéhypophyse. La biosynthèse de ces deux hormones a lieu au niveau
des noyaux supra-optiques. Le transport axonal de ces
deux hormones a lieu grâce à des protéines de transport
3. HORMONES ANTEHYPOPHYSAIRES appelées neurophysines.

À la différence de la post-hypophyse qui libère des hor-


mones synthétisées dans l’hypothalamus, l’hypophyse 5. LA PROLACTINE
antérieure synthétise elle-même les hormones qu’elle
sécrète dans le sang. Différents types de cellules pro- 5.1. SÉCRÉTION
duisent six hormones peptidiques. Elle est sécrétée par les cellules lactotropes de l’antéhy-
pophyse. Sa concentration plasmatique, mesurée par ra-
3.1 HORMONE THYREOTROPE dio-immunologie est voisine de 6 ng/ml chez l’enfant et
(THYREOSTIMULINE, TSH) l’homme adulte et de 9 ng/ml chez la femme. La demi-vie
Elle a un rôle trophique sur la glande thyroïde et stimule de la prolactine est d’environ 30 minutes. Elle augmente
la synthèse et la sécrétion d’hormones thyroïdiennes. tout au long de la grossesse pour atteindre une concen-
tration de 200 ng/ml en fin de grossesse. Elle s’abaisse
3.2 HORMONE SOMATOTROPE (HORMONE DE progressivement durant les jours et les semaines du
CROISSANCE, STH, GH) post-partum jusqu’à la normalisation et apparition des
Elle joue le rôle est fondamental dans la croissance nor- premières règles. Durant la période d’allaitement, la té-
male. La GH stimule la sécrétion hépatique d’une hor- tée provoque à chaque fois une élévation de 10-20 fois de
mone peptidique appelée facteur de croissance homo- la concentration plasmatique de prolactine.
logue à l’insuline ou facteur de croissance insuline like
ou IGFI. La GH joue un rôle important dans les métabo- 5. 2. EFFETS PHYSIOLOGIQUES
lismes intermédiaires. La prolactine contrôle la montée laiteuse après l’accou-
chement. Cette montée est précédée d’une préparation
3.3 HORMONES CORTICOTROPE (ADRENO- de la glande mammaire par : les œstrogènes. la proges-
CORTICOTROPINE, ACTH), HORMONE DE térone, le cortisol et l’insuline…
STIMULATION DES MÉLANOCYTES (MSH), L’action de la prolactine est directe sur la glande mam-
LES Β LIPOTROPINES maire dont les conduits galactophores ont proliféré puis ont
ET LES β ENDORPHINES subi un développement lobulo-alvéolaire suivi d’une hyper-
Elles dérivent toutes d’un précurseur unique, la pro plasie au cours de la grossesse. La prolactine augmente le
opiomélanocortine (POMC). L’ACTH a un rôle trophique nombre de ses propres récepteurs puis active la formation
sur le cortex surrénalien et stimule la synthèse des hor- d’ARN m spécifique de la caséine, l’une des principales pro-
mones stéroïdes et la libération du cortisol. Tous ces téines du lait. Elle active également la synthèse des lipides
messagers concourent à la lutte contre le stress. du lait. À des concentrations élevées, la prolactine inhibe
la pulsatilité de Gn RH et bloque ainsi l’ovulation chez la
3.4 HORMONES GONADOTROPES (FSH, LH) femme et la spermatogenèse chez l’homme.
Elles jouent des rôles différents en fonction du sexe.
Chez la femme, FSH et LH sont sécrétées de façon coor- 5. 3. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION
donnée pour assurer la croissance du follicule, l’ovula- DE PROLACTINE
tion et la maintenance du corps jaune. La FSH stimule la 5. 3.1 LES FACTEURS INHIBITEURS
sécrétion d’œstrogènes par la granulosa et la LH stimule L’hypothalamus exerce un effet inhibiteur tonique sur la
la synthèse d’androgènes par les cellules de la thèque et sécrétion de prolactine par l’hypophyse. En effet, décon-
de la progestérone par la granulosa lutéinisée. nectée de l’hypothalamus et transférée sous la capsule
Chez l’homme, contrairement à la femme, il n’existe pas rénale ou dans un milieu de culture l’hypophyse sécrète
de cycles de sécrétion de FSH et LH et leurs concentra- abondamment la prolactine.
tions plasmatiques moyennes restent constantes d’un - La dopamine et les agonistes dopaminergiques rédui-
jour à l’autre. La LH stimule la production de testosté- sent in vivo comme vitro la synthèse et la sécrétion de
rone par les cellules de Leydig et la FSH stimule la sper- prolactine.
matogenèse. - La progestérone par contre, stimule la production de
dopamine et atténue donc l’élévation de la prolactine
3.5 LA PROLACTINE pendant la grossesse.
la prolactine est la seule hormone antéhypophysaire - L’acide gamma aminobutyrique (GABA) et la gona-
dont la principale fonction n’est pas le contrôle de la sé- dotropin releasing hormone associated peptid (GAP)
crétion d’une hormone par une glande endocrine. inhibent aussi la sécrétion de prolactine par une action
directe et spécifique.
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 65
5. 3.2 LES FACTEURS STIMULATEURS - Les peptides opioïdes, principalement la β endorphine,
- Les réflexes neuroendocriniens : la sécrétion de pro- augmentent la sécrétion de prolactine probablement
lactine est augmentée par divers stimuli périphériques en inhibant la sécrétion de dopamine et en stimulant
tels que la succion du mamelon au cours de la tétée et la simultanément la sécrétion de sérotonine. Celle-ci in-
stimulation du col utérin. hiberait à son tour la libération de dopamine dans le
L’élévation de la prolactinémie qui accompagne la sti- sang portal, mais stimulerait celle de la TRH et du VIP.
mulation du mamelon n’est plus observée après déner- - L’angiotensine  II stimule aussi la sécrétion de pro-
vation mammaire. La quantité de prolactine sécrétée lactine par action directe sur les cellules lactotropes.
dépend de la durée et de l’intensité de la stimulation Les méthodes immuno histochimiques ont permis de
mammaire au cours de la tétée. Les influx nerveux sen- localiser la rénine, l’angiotensinogène et l’enzyme de
sitifs en provenance du mamelon gagnent la corne dor- conversion dans les cellules lactotropes. Ces observa-
sale de la moelle puis via des fibres médullaires le tronc tions suggèrent l’existence d’une possible régulation
cérébral et l’hypothalamus où plusieurs peptides et neu- autocrine de la sécrétion de prolactine par un système
romédiateurs sont mobilisés pour aboutir à la libération rénine-angiotensine local.
concomitante de prolactine, qui entretient la sécrétion de
lait, et d’ocytocine qui assure son éjection.

- La thyrolibérine (TRH) stimule in vivo comme in vitro


la sécrétion de prolactine. Les hormones thyroïdiennes
(T3 et T 4) influencent la réponse des cellules à la TRH. Contrôle de la sécrétion de prolactine
Celle-ci est affaiblie par l’hyperthyroïdie et augmentée
par l’hypothyroïdie, en raison d’un effet inhibiteur de la 5.4. ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION
T3 sur la transcription du gène de prolactine. DE PROLACTINE
- Les œstrogènes sont capables de moduler l’action de
la dopamine sur les cellules à prolactine en diminuant 5.4.1 LES HYPOPROLACTINEMIES
le nombre de récepteurs dopaminergiques. La consé- Elle s’observe en particulier chez la femme lors de la né-
quence étant une augmentation de la prolactinémie crose ischémique de l’hypophyse (syndrome de Sheehan)
comme on le constate en période préovulatoire. Les au cours d’un accouchement hémorragique accompa-
taux élevés d’œstrogènes pendant la grossesse sont en gné d’un état de choc.
partie responsables de l’élévation régulière de la pro-
lactinémie au cours de cette période. 5. 4.2 LES HYPERPROLACTINEMIES
- Le Vaso Intestinal Peptide (VIP) est un puissant stimu- Elle peut être secondaire à une lésion hypothalamique
lateur de la sécrétion de prolactine. ou à une tumeur sécrétant la prolactine.
- L’ocytocine présente dans le sang porte hypophysaire Chez la femme, elle se manifeste par une lactation per-
et la neurohypophyse stimule directement la sécrétion sistante et une aménorrhée  : syndrome galactorrhée
de prolactine. L’immunoneutralisation de l’ocytocine aménorrhée.
endogène retarde et atténue l’élévation de la prolacti- Chez l’homme, elle se manifeste par une impuissance
némie induite par la tétée. avec trouble de la libido.
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6. L’HORMONE DE CROISSANCE 7.3. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION DE L’ADH
Trois mécanismes règlent la sécrétion de l’hormone an-
L’harmonie de la croissance dépend de facteurs géné- tidiurétique : l’osmolarité, le volume des liquides extra-
tiques, de certaines pathologies (cardiopathies congé- cellulaires, l’angiotensine II.
nitales, achondroplasie…), du milieu dans lequel vit le
sujet, de facteurs nutritionnels et du fonctionnement des 7.3.1 L’OSMOLARITE PLASMATIQUE
glandes endocrines (hypophyse, thyroïde, surrénale). En L’injection de NaCl hypertonique dans la carotide en-
effet, plusieurs hormones participent à la régulation de traîne des antidiurèses importantes. Physiologiquement,
la croissance corporelle principalement l’hormone de c’est donc la déshydratation qui en augmentant l’osmo-
croissance ou somathormone (GH). Ainsi, toute pertur- larité des liquides extracellulaires entraîne la sécrétion
bation de la sécrétion de la GH s’accompagne de graves d’ADH. Il existe des cellules osmosensibles au niveau de
troubles de la croissance. La GH joue un rôle essentiel l’hypothalamus qui détecte en permanence les fluctua-
dans la croissance, mais participe également aux régu- tions de l’osmolarité plasmatique.
lations métaboliques. (Thème XV) L’élévation de l’osmolarité plasmatique stimule ces os-
morécépteurs et déclenche la sécrétion d’ADH. En même
temps elle déclenche la sensation de soif.
7. LA VASOPRESSINE (À D H)

La vasopressine est l’appellation ancienne de l’ADH, car


cette hormone a été découverte grâce à son pouvoir va-
soconstricteur (hypertenseur) à forte concentration.

7.1. SÉCRÉTION
La liaison entre neurophysine et ADH est rompue dans
le sang. La demi-vie de l’ADH est 10 à 20 minutes (do-
sage radio immunologique). Le taux d’ADH plasmatique
à l’état normal est entre 1 et 3 pg/ml. Les lieux de des-
truction de l’hormone sont le rein et le foie.

7.2. EFFETS PHYSIOLOGIQUES


L’ADH agit sur deux types de récepteurs : V1 (vaisseaux,
foie.) et V2 (reins).

7.3.2 LE VOLUME DES LIQUIDES EXTRACELLULAIRES


Une diminution du volume des liquides extracellulaires
entraîne une sécrétion importante d’ADH alors que
l’expansion du volume plasmatique produit une polyu-
rie avec diminution de la sécrétion d’ADH. La sécrétion
d’ADH a lieu grâce à un réflexe neuroendocrinien (réflexe
- au niveau du rein de Gauer Henry) qui prend naissance au niveau des baro
L’ADH agit sur les portions les plus distales (canal col- et des volorécepteurs situés au niveau des systèmes à
lecteur) du néphron où elle favorise la réabsorption de haute et basse pression. La diminution du volume san-
l’eau. En effet, l’urine arrivant au niveau du tube distal guin intra thoracique entraîne une libération d’ADH alors
est hypoosmotique par rapport au plasma. En absence que l’augmentation du volume intra thoracique l’inhibe.
d’ADH, cette urine restera hypoosmotique, le canal col-
lecteur étant imperméable à l’eau. En présence d’ADH, il 7.3.3 LE SYSTEME RENINE-ANGIOTENSINE
y a modification de la structure de la membrane apicale L’injection intraveineuse ou intrahypothalamique d’an-
et la perméabilité à l’eau est rétablie si bien que l’urine giotensine II est capable d’augmenter la sécrétion d’ADH
peut se mettre en équilibre avec le milieu interstitiel très et déclenche une sensation de soif. Par ailleurs l’ADH
concentré (cf cours concentration des urines : thème X). pourrait inhiber la sécrétion ou la libération de rénine.
Elle favorise également la réabsorption de l’urée au ni-
veau de la partie terminale du canal collecteur. C’est 7. 3.4 LES FACTEURS NON SPÉCIFIQUES
donc dans le canal collecteur que s’effectue la concen- • La sécrétion d’ADH est stimulée par :
tration grâce au gradient établi par l’anse de Henlé. −La
− nicotine
−le
− stress tel que l’hypoglycémie
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 67
−les
− nausées et vomissements 8. 3. RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION
−la
− chaleur C’est par voie nerveuse que se fait le contrôle de la sé-
• La sécrétion d’ADH est inhibée par : crétion d’ocytocine, à partir de l’utérus et de la glande
−le
− froid. mammaire. Pour l’utérus, les récepteurs se trouvent
−l’alcool
− éthylique dans la paroi du vagin et du col utérin. Pour la glande
mammaire, ils sont situés à la base du mamelon. De là,
7.4. ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION D’ADH l’influx gagne la moelle puis l’hypothalamus  : réflexe
neuroendocrinien. Cette sécrétion est contrôlée par un
7.4.1 LES HYPOSÉCRÉTIONS mécanisme de rétrocontrôle positif ou Feed Back Positif.
Un manque d’ADH est à l’origine du diabète insipide qui L’éjection du lait est un phénomène réflexe qui survient en
se traduit par une diurèse anormalement élevée et des réponse à la stimulation tactile du mamelon. Les stimuli
urines hypoosmolaires. auditifs ou visuels en relation avec la succion peuvent li-
bérer le lait par un réflexe conditionné. Si on bloque l’influx
7.4.2 LES HYPERSÉCRÉTIONS nerveux par dénervation ou anesthésie locale, le réflexe
Se manifestent par une diurèse faible avec des urines est bloqué. L’ablation de la neurohypophyse abolit l’éjec-
concentrées et une tendance à l’hyponatrémie. C’est le tion du lait. Les états émotionnels tels que l’anxiété et la
syndrome de sécrétion inappropriée d’ADH (SIADH). douleur peuvent aussi inhiber la libération d’ocytocine.

8. L’OCYTOCINE

8. 1. SÉCRÉTION
La concentration plasmatique de l’ocytocine est de
quelques pg/ml. La demi-vie est de l’ordre de quelques
minutes.

8. 2. EFFETS PHYSIOLOGIQUES
Chez les mammifères femelles, l’ocytocine agit sur l’uté-
rus et la glande mammaire.

- sur l’utérus
Elle entraîne la contraction du muscle utérin, en parti-
culier lors de l’expulsion, c’est pourquoi cette hormone
est largement employée en thérapeutique lorsque les
contractions utérines sont insuffisantes. La sensibilité
de l’utérus croît au cours de la gestation pour atteindre
son maximum à l’accouchement. Elle est donc fonction
de l’imprégnation en progestérone et œstrogènes.

- sur la glande mammaire


Elle entraîne une contraction des cellules myoépithé-
liales des acini et des fibres musculaires des canaux ex-
créteurs, ce qui provoque l’éjection du lait. En l’absence
de succion, le lait est retenu dans la glande mammaire
par des éléments sphinctériens du mamelon.

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68 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
LA THYROÏDE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Décrire le cycle de l’iode
2. Préciser le rôle de l’iode dans la biosynthèse des ht
3. Expliquer les effets physiologiques des ht
4. Décrire la boucle de régulation de la sécrétion des HT
5. Indiquer les anomalies de la fonction thyroïdienne
6. Expliquer la cinétique de l’iode
7. Décrire les tests qui permettent d’explorer l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien

PLAN

INTRODUCTION
1. FONCTION THYROÏDIENNE
2. EFFETS PHYSIOLOGIQUES DES HT
3. RÉGULATION DE LA FONCTION THYROÏDIENNE
4. ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION DES H.T
5. EXPLORATION FONCTIONNELLE

INTRODUCTION loïde est la thyroglobuline qui contient les HT. De plus,


la synthèse des HT dépend de l’apport exogène en iode,
La glande thyroïde est située juste en dessous du larynx. oligoélément rare dont le taux dans la ration alimentaire
Elle est responsable de la sécrétion des deux hormones peut varier d’un jour à l’autre.
thyroïdiennes (HT) : la triiodothyronine (T3) et la thyroxine Outre les cellules folliculaires responsables de la sé-
(T4). Ces hormones accélèrent la transcription de nom- crétion des HT, la thyroïde contient des cellules épithé-
breux gènes et donc entraînent un accroissement diffus liales plus grandes appelées  : cellules claires (cellules
de l’activité fonctionnelle de l’ensemble de l’organisme. C) qui synthétisent et secrètent la calcitonine. Celle-ci
La synthèse et la sécrétion des hormones thyroïdiennes intervient dans la régulation du métabolisme phospho-
sont tributaires de l’hypophyse antérieure dont l’effet sti- calcique.
mulant s’exerce via l’hormone thyréostimulante (TSH).
À la 11e semaine de la vie, le fœtus peut synthétiser ses
propres hormones sous l’effet de sa propre TSH. Cette 1. FONCTION THYROÏDIENNE :
sécrétion est indispensable au développement du sys-
tème nerveux central et de la maturation osseuse du fœ- La thyroïde a une double fonction sécrétoire : une exocrine
tus, car il ne peut recevoir que de très faibles quantités (exocytose de la thyroglobuline dans la lumière follicu-
d’hormones maternelles. laire) et l’autre endocrine (sécrétion des HT dans le sang).
L’absence de cette glande ou son insuffisance fonction-
nelle engendre un nanisme dysharmonieux avec des 1.1 LA THYROGLOBULINE (TGB) :
troubles graves de la maturation du squelette et du sys- La Tgb est le constituant protéique principal de la thy-
tème nerveux central (crétinisme). Chez l’adulte, on ob- roïde. Elle est le précurseur dans lequel se forment les
serve un ralentissement intellectuel et une diminution HT, elle migre vers le pôle apical où elle apparaît sous
du métabolisme basal. forme de vésicules puis passe dans la lumière follicu-
À l’inverse, l’excès d’hormones thyroïdiennes s’accom- laire. La Tgb joue un rôle essentiel dans l’homéostasie
pagne d’une activation des processus métaboliques et hormonale thyroïdienne. Grâce à sa structure particu-
d’une augmentation de la consommation d’oxygène. lière, elle permet l’utilisation de l’iodure pour la synthèse
La thyroïde est faite d’un grand nombre de follicules des HT.
remplis d’une substance colloïde et bordés des cellules Elle assure le stockage des hormones sous une forme
principales. Le principal constituant de la substance col- non active dans la lumière folliculaire. La thyroïde

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 69
contient ainsi assez d’hormones ou d’iode pour assurer 2. EFFETS DES HORMONES
un état euthyroïdien pendant deux mois sans nouvelle THYROÏDIENNES :
synthèse et compenser les inconvénients d’un apport
alimentaire aléatoire. Les HT ont des effets multiples, métaboliques et tissu-
laires. Elles règlent le développement et la différentiation
1.2 ORIGINE ET ABSORPTION DE L’IODE : de l’organisme. Tous les tissus répondent d’une façon
De grandes variations quotidiennes ou géographiques de ou d’une autre à leur action. Elles stimulent ou inhibent
l’apport en iode peuvent être observées. Dans les régions l’activité d’un grand nombre d’enzymes.
à haut déficit, l’ingestion peut être inférieure à 0,05 mg/j, La cinétique de l’effet des HT est particulièrement lente :
alors que dans certains pays, elle peut atteindre 1 mg/j. l’effet d’une dose unique d’HT administré à un animal hy-
La quantité optimale nécessaire à l’Homme est de pothyroïdien est précédé d’un temps de latence. De plus,
0,2 mg/j. La majeure partie de l’iode alimentaire est sous l’effet métabolique ou tissulaire se poursuit plusieurs
forme d’iodure, les autres formes sont transformées jours après l’injection.
dans l’intestin en iodure. Enfin, les HT modifient, en général dans le sens d’une
Cependant, l’iode peut être introduit dans l’organisme potentialisation, l’effet de nombreuses hormones en
pour des raisons thérapeutiques ou diagnostiques. Il s’y particulier les catécholamines, le glucagon, la GH, l’in-
ajoute l’iode endogène libéré par le métabolisme des HT. suline…
Ces iodures ont une demi-vie courte de 8 heures et sont
éliminés par deux voies : soit captés par la thyroïde soit 2.1 EFFETS SUR LE DÉVELOPPEMENT :
éliminés par voie rénale. Cet effet s’observe sur la croissance et la différentiation.
La croissance est définie comme une augmentation de
1.3 BIOSYNTHÈSE ET LIBÉRATION la masse totale de l’organisme. Elle peut résulter soit de
DES HORMONES THYROÏDIENNES : l’augmentation de la taille des cellules due à la synthèse
La captation de l’iode par la thyroïde est régulée par la des protéines ou de matériel de réserves soit à une aug-
TSH et par une pompe intra thyroïdienne. Elle augmente mentation des mitoses cellulaires. La différentiation cor-
lorsque la glande est stimulée par la TSH ou lorsque les respond à l’ensemble des modifications complexes qui
réserves en hormones diminuent. conduisent à la diversification de la structure et des fonc-
L’iode capté est alors oxydé. Ainsi activé, l’iode se fixe sur tions cellulaires et à la morphogenèse de l’organisme.
la tyrosine donnant les iodotyrosines dont la condensa-
tion conduit à la synthèse des HT. Toutes ces réactions a. Période fœtale :
sont activées par la TSH. La croissance fœtale ne nécessite pas les HT. En effet,
Dans les conditions normales, l’hormone formée est es- le poids et la taille de naissance des nouveau-nés hypo-
sentiellement la thyroxine (T4 = 3,5, 3’, 5’ tétra-iodothyro- thyroïdiens sont normaux de même que les fœtus anen-
nine). La sécrétion de T4 s’accompagne d’une petite frac- céphales.
tion de mono-iodothyronine (MIT) et de di-iodothyronine Par contre, la différentiation et la maturation osseuse
(DIT) biologiquement inactives. En périphérie, la T4 est dépendent étroitement de la présence des HT. En effet,
transformée en T3 qui est biologiquement la plus active. l’absence des HT entraîne un retard d’apparition des
points d’ossification épiphysaire et si ces points appa-
1.4 MÉCANISME D’ACTION DES HORMONES raissent, ils sont dysgénésiques avec des zones d’ossi-
THYROÏDIENNES : fications anarchiques.
La mise en évidence des récepteurs spécifiques aux HT
dans le noyau des cellules cibles a considérablement b. Période post natale :
facilité la compréhension du mécanisme d’action cellu- Pendant cette période, la maturation et la différentiation
laire de ces hormones. La mise en évidence de ce récep- osseuse restent dépendante des HT. Le fait nouveau est
teur repose sur les données expérimentales suivantes : la nécessite des HT pour la croissance. En effet, les HT
• L’affinité du site nucléaire à l’hormone dépend de son ont un rôle direct sur la maturation des chondrocytes et
activité métabolique. En effet, l’affinité est plus impor- indirect par l’intermédiaire de l’hormone de croissance
tante pour T3 que pour T4 (GH) dont elles augmentent la sécrétion et la synthèse
• Il existe une corrélation entre la stimulation de la et potentialisent son action au niveau des cartilages de
consommation d’oxygène par les HT au niveau de di- conjugaison. La suppression de la fonction de l’une de
vers organes et le contenu des sites de liaisons nu- ces deux hormones a permis l’analyse des effets propres
cléaires (la rate et les testicules contiennent une quan- de chacune d’elles sur le cartilage de conjugaison. La GH
tité très faible de récepteurs contrairement au foie, favorise surtout l’ostéogenèse à partir des chondrocytes
l’antéhypophyse, le rein, le cœur qui en sont beaucoup alors que les HT préparent les chondrocytes à l’action de
plus riches) la GH. Le rôle des HT est beaucoup plus modeste sur les
• Il existe une corrélation entre le taux de saturation des os plats alors qu’il est prépondérant sur les os longs et
sites nucléaires de la T3 et l’intensité des effets biolo- le développement des dents.
giques. Enfin, les HT ont un rôle général de stimulation de la
À l’inverse des hormones stéroïdes, le transfert intranu- croissance cellulaire qui se marque probablement sur
cléaire des HT ne met pas en jeu des récepteurs cyto- tous les tissus et c’est à ce titre que les HT font partie des
soliques. L’accès des HT est extrêmement rapide après facteurs de croissance. En effet, à la suite de l’ablation de
l’addition d’hormones au milieu d’incubation in vivo ou la thyroïde chez le jeune, on observe un ralentissement
in vitro. de la croissance avec un nanisme dysharmonieux parce
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70 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
que les os cessent de s’allonger par défaut de proliféra- 2.5 EFFET SUR LE SYSTÈME DIGESTIF :
tion du cartilage de conjugaison. Par contre, l’ossification Les HT augmentent la motricité intestinale, le débit san-
périostée est moins atteinte et de ce fait, les os plats ont guin intestinal, la consommation d’oxygène et l’absorp-
un développement presque normal si bien que le sujet tion intestinale.
est petit avec une tête de taille normale et des membres
courts. 2.6 EFFET SUR LE SYSTÈME
HÉMATOPOÏÉTIQUE :
2.2 EFFET SUR LE SYSTÈME NERVEUX La masse globulaire tend à augmenter par un apport
CENTRAL : d’HT et diminue en cas de carence. L’effet des HT sur
Les HT sont indispensables au développement et à la le métabolisme du fer et la synthèse de l’hémoglobine
maturation du système nerveux. Dés la naissance, l’en- paraît modéré et indirect.
fant hypothyroïdien présente un comportement anormal.
Il est léthargique avec un ralentissement de tous les ré- 2.7 EFFET SUR LA FONCTION RÉNALE :
flexes. Les HT augmentent le taux de filtration glomérulaire et
Les HT favorisent la myélinisation des fibres nerveuses et le débit sanguin rénal. Cependant, en excès, elles di-
stimulent le développement et la croissance des axones, minuent la capacité de concentration hydrique du rein.
des corps cellulaires et des dendrites. Elles maintiennent donc une diurèse hydrique. L’hypo-
Les HT ont un rôle organisateur définitif dans le système thyroïdie s’accompagne d’opsiurie, parfois associée à
nerveux si bien que tout déficit thyroïdien durant la vie une hyponatrémie.
fœtale ou à la naissance entraînera des anomalies irré-
versibles du développement nerveux. Dans les déficits 2.8 EFFET SUR LES MÉTABOLISMES :
plus tardifs, la qualité du développement neurologique Les HT affectent tous les processus métaboliques. L’ad-
ultérieur est directement liée à la précocité de l’apport ministration d’HT augmente la consommation d’oxygène,
des HT. la production de chaleur et accélère le métabolisme glu-
cidique, protidique et lipidique.
2.3 EFFET SUR LES MUSCLES L’effet calorigène des HT est facilement démontré par la
SQUELETTIQUES : mesure de la consommation d’oxygène soit sur l’animal
La carence en HT entraîne une augmentation du volume entier soit sur des cellules en culture. La consommation
et de la consistance des muscles squelettiques dont la d’oxygène de divers tissus est affectée de façon différente
contraction est ralentie alors que dans l’hyperthyroïdie par les HT. Le cerveau, les gonades, les vésicules sémi-
cette contraction se fait à une vitesse presque normale, nales, les ganglions lymphatiques, la rate, le thymus ain-
mais est relativement inefficace. L’administration à un si que le derme ne montrent aucune augmentation de
hypothyroïdien de faibles doses d’HT augmente l’efficaci- la consommation d’oxygène après traitement par la T4
té du travail musculaire, alors que de fortes doses la di- alors que cette consommation est multipliée par 1,5 en
minue. Ces anomalies cliniques trouvent leur traduction moyenne dans tous les muscles y compris le cœur ainsi
dans la mesure du temps de relaxation de la contraction que le foie et le tractus digestif.
du muscle.
a. Calorigénèse:
2.4 EFFET SUR LE SYSTÈME CARDIO Le rôle des HT dans la production de chaleur et la ré-
VASCULAIRE : gulation de la température corporelle est prédominant.
Les modifications cardiovasculaires induites par les HT L’exposition au froid (4 °C) d’un animal thyroïdectomisé
permettent de répondre aux besoins accrus en oxygène est mortelle alors que les animaux normaux s’adaptent
et en nutriments des tissus en état d’hypermétabolisme. parfaitement.
Les HT exercent des effets chronotrope, dromotrope, L’effet calorigène des HT passe par une augmentation
inotrope et lusitrope positifs sur la fonction cardiaque. de la consommation d’oxygène par l’organisme et par la
Il en résulte une accélération du rythme cardiaque, une potentialisation de l’action des autres hormones calori-
amélioration de la conductivité, de la contractilité et de géniques (GH, glucagon, catécholamines).
la fonction diastolique respectivement. Ces effets sont
directs et secondaires à une potentialisation de l’action b. Métabolisme protidique :
des catécholamines sur le cœur. Les HT sont anabolisantes à dose physiologique et ca-
L’effet cardiaque est couplé à une vasodilatation périphé- tabolisantes à dose excessive. L’effet global des HT sur
rique due à l’augmentation du métabolisme de tous les le métabolisme protidique est marqué par une augmen-
tissus et à la calorigenèse. tation de la synthèse des protéines. Ces HT affectent la
L’augmentation du débit cardiaque d’une part, et la dimi- synthèse de nombreux enzymes.
nution des résistances vasculaires de l’autre font qu’en
définitive, la pression artérielle moyenne n’est que peu c. Métabolisme glucidique :
modifiée au cours de l’hyperthyroïdie. En revanche, au À dose physiologique les HT stimulent la synthèse du gly-
cours de l’hypothyroïdie, la pression diastolique, reflet des cogène et l’inhibent à forte dose. Concernant l’équilibre
résistances vasculaires, est fréquemment augmentée. glycémique, l’apparition d’une hyperglycémie post pran-
De point de vue électrophysiologique, les HT augmentent diale excessive en cas d’hyperthyroïdie permet de sus-
directement la dépolarisation diastolique ce qui aug- pecter un rôle diabétogène aux HT. Cette anomalie peut
mente la fréquence cardiaque. être due à l’augmentation de l’absorption intestinale du

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 71
glucose, à la diminution du taux de sécrétion de l’insuline 3.2 IODE :
et l’accélération de sa dégradation. Des faibles doses d’iodure administrées d’une manière
Cette action hyperglycémiante des HT en excès est à aiguë n’ont pas d’influence sur la captation thyroïdienne
la fois directe et indirecte par potentialisation de l’effet de l’iode radio-actif. Par contre, une élévation importante
d’autres hormones hyperglycémiantes. de l’iodure plasmatique provoque une inhibition de l’or-
ganification d’iode dans la thyroïde et une diminution de
d. Métabolisme lipidique : la synthèse des HT. Ainsi, la glande thyroïde se trouve
L’effet des HT affecte aussi bien les triglycérides, les capable de s’opposer quantitativement à l’apport aigu
phospholipides que le cholestérol. Les HT sont lipoly- de forte dose d’iodure empêchant ainsi l’augmentation
tiques directement et en potentialisant l’action des autres massive de la formation des HT. Les mécanismes de ces
hormones lipolytiques. Les acides gras deviennent l’une effets régulateurs sont mal connus et complexes.
des sources principales d’énergie une fois les réserves
de glycogène et des protéines épuisées. 3.3 LES ANTITHYROÏDIENS
Ces composés bloquent la synthèse des HT du fait qu’ils
3. RÉGULATION DE LA FONCTION abaissent la concentration des HT dans la circulation
THYROÏDIENNE : conduisant ainsi à la formation d’un goitre réactionnel
par augmentation de la sécrétion de TSH et sont donc
Cette fonction dépend de l’hypothalamus, de l’hypophyse goîtrogène.
et de l’apport en iode. Les agents antithyroïdiens sont classés en 2 groupes se-
lon qu’ils inhibent :
3.1 CONTROLE HYPOTHALAMO- • Le transport thyroïdien de l’iodure
HYPOPHYSAIRE: • La transformation de l’iodure en iode organique et le
a. Hormone hypophysiotrope : TRH couplage des iodotyrosines.
La TRH ou thyrotropin releasing hormon est un tripeptide Dans le premier groupe, on trouve les anions monova-
synthétisé au niveau de l’hypothalamus. Il est alors dé- lents, dont le thiocyanate de potassium et le perchlorate.
versé dans le plexus veineux du système porte hypotha- Leur action est bloquée par de fortes doses d’iodure.
lamo-hypophysaire de l’éminence médiane et atteint ain- Parmi les composés appartenant au 2e groupe, le plus
si le lobe antérieur de l’hypophyse où il exerce son action puissant est le propyl-thiouracile. Ils agissent compéti-
stimulante sur les cellules thyréotropes pour augmenter tivement avec la peroxydase thyroïdienne. L’iodation des
la libération de TSH et induire sa synthèse. résidus tyrosines et le couplage des résidus d’iodotyro-
La dopamine diminue les effets de TRH et entraîne une sine sont inhibés.
diminution de la sécrétion de TSH.

b. Thyréostimuline hormone : TSH 4. ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION


La TSH est une glycoprotéine synthétisée par les cellules DES HORMONES THYROÏDIENNES
thyréotropes de l’hypophyse antérieure. La régulation de
la sécrétion de TSH se fait à la fois par la TRH et par 4.1 HYPOTHYROÏDIE :
les HT. En effet, les HT diminuent la sécrétion de TSH et Toute anomalie anatomique ou fonctionnelle de la GT
toute diminution de leur taux entraîne une augmentation aboutissant à une insuffisance de la synthèse et de la sé-
du taux plasmatique de TSH. C’est ainsi que de faibles crétion d’HT déterminera un état hypothyroïdien. La per-
variations de la concentration plasmatique des HT mo- turbation partielle ou totale de la synthèse des HT par la
dulent la réponse de la TSH à la TRH. Une augmentation GT entraîne une augmentation de la sécrétion de TSH et
des HT atténue ou abolit la réponse de l’hypophyse à la la formation de goitre compensateur.
TRH tandis qu’une diminution entraîne une potentialisa- Le tableau clinique de l’hypothyroïdie est caractérisé
tion de la sécrétion de TSH sous l’action de TRH. par :
Plusieurs hormones interviennent dans la régulation de • Augmentation des substances mucoproteiques de la
la sécrétion de TSH. Ainsi, les œstrogènes potentialisent peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Cette infiltra-
les effets de TRH sur la libération de TSH et empêchent tion mucoïde donne un épaississement des traits et un
partiellement l’effet inhibiteur des HT. Les glucocorti- aspect bouffi du visage d’où le nom de myxœdème don-
coïdes et la somatostatine diminuent la sécrétion de TSH né à ce type d’hypothyroïdie.
à l’état basal ou sous stimulation par la TRH. • Asthénie et frilosité
La TSH a des effets multiples sur la glande thyroïde. Elle • Bradycardie et HTA
stimule toutes les étapes de synthèse, de libération des • Bradypsychie avec tendance dépressive
HT. De plus, la TSH à forte dose a un effet sur la crois- • Constipation
sance de la glande thyroïde : le volume de la glande et • Chez l’enfant : un nanisme dysharmonieux avec créti-
l’aspect des follicules se modifient dans le sens de l’hy- nisme
perplasie.
À noter, que dans certaines circonstances pathologiques Biologiquement :
(maladie de Basedow), il existe dans le plasma des ma- • Hypercholestérolémie
lades une immunoglobuline G ayant la même fonction • Anémie
que celle de TSH, mais plus prolongée nommée  : long • hypoglycémie
acting thyroid stimulator (LATS ou TSAb ou TRAK).

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72 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
4.2 HYPERTHYROÏDIE : Ainsi, on observe :
L’hyperthyroïdie se définit par l’élévation du taux plasma- • Amaigrissement et thermophobie
tique d’HT libres. Elle est responsable de manifestations • Tachycardie avec élargissement de la pression diffé-
cliniques regroupées sous le terme de thyrotoxicose. On rentielle
reconnaît 2 grandes variétés  : L’adénome toxique et le • Troubles du comportement avec agitation et irritabilité
goitre toxique multinodulaire d’une part, le goitre diffus • Fatigue et amyotrophie
toxique ou maladie de Basedow d’autre part.
Le tableau clinique de l’hyperthyroïdie est le reflet de la Biologiquement :
stimulation du métabolisme provoquée par l’excès d’HT. • Hypercalcémie
• hypocholestérolémie
• le taux d’HT circulantes est très élevé, la TSH est indé-
tectable ou à la limite inférieure des valeurs normales.
• Présence des anticorps anti-récepteurs de la TSH
(TRAK) dans la maladie de Basedow

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 73
LES SURRÉNALES

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Décrire les différentes modifications survenant après ablation de la glande surrénale ou
suite à une Insuffisance surrénale.
2. Décrire les symptômes de l’hypersécrétion surrénalienne.
3. Décrire les effets physiologiques des glucocorticoïdes.
4. Expliquer la régulation de la sécrétion des glucocorticoïdes (cortisol)
5. Citer les différents tests statiques permettant l’exploration de la sécrétion des Gluco-
corticoïdes.
6. Citer les différents tests dynamiques d’exploration de la sécrétion des glucocorticoïdes.
7. Décrire les effets physiologiques de l’aldostérone.
8. Indiquer l’effet d’une administration prolongée de l’aldostérone.
9. Expliquer le rôle du peptide atrial natriurétique.
10. Décrire la régulation de la sécrétion d’aldostérone.
11. Citer les conditions et les tests permettant d’explorer la fonction minéralocorticoïde.

PLAN
1. IMPORTANCE DES HORMONES SURRÉNALIENNES
1.1 INSUFFISANCE SURRÉNALIENNE LENTE
1.2 INSUFFISANCE SURRÉNALIENNE AIGUË

2. LES GLUCOCORTICOÏDES
2.1 EFFETS PHYSIOLOGIQUES
2.2 RÉGULATION DE LA FONCTION CORTICOTROPE
2.3 ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION DE CORTISOL
2.4 EXPLORATIONS FONCTIONNELLES

3. LES MINERALOCORTICOIDES
3.1 EFFETS PHYSIOLOGIQUES
3.2 EFFETS DE L’ADMINISTRATION PROLONGÉE
D’ALDOSTÉRONE
3.3 RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION D’ALDOSTÉRONE
3.4 ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION D’ALDOSTÉRONE
3.5 EXPLORATIONS FONCTIONNELLES

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74 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
Les deux glandes surrénales, droite et gauche, sont en- INSUFFISANCE SURRÉNALIENNE LENTE :
châssées dans une capsule graisseuse au-dessus de Elle se manifeste par :
chacun des reins. Chaque glande surrénale est faite de • Une asthénie
deux glandes endocrines dont l’une entoure l’autre. La • Des crampes musculaires
partie interne, la médullosurrénale, sécrète les caté- • Un amaigrissement
cholamines, la zone périphérique, la corticosurrénale • Une hypotension artérielle avec tendance aux lipothy-
sécrète différentes hormones stéroïdes. Leur origine mies
embryologique est différente et elles sécrètent des hor- • Des troubles digestifs (anorexie, diarrhée, nausées…)
mones appartenant à des familles chimiques différentes • Des signes hypoglycémiques
et dont les rôles, les modes d’action et le contrôle n’ont • Une fragilité vis-à-vis des infections virales et micro-
rien de commun. biennes
• Une mélanodermie

INSUFFISANCE SURRÉNALIENNE AIGUË :


C’est une urgence médicale qui se manifeste par :
• Un collapsus cardiovasculaire  : pâleur, sueurs, pouls
filant, hypotension artérielle
• Des troubles digestifs associés à une douleur abdomi-
nale.
• Des crampes musculaires
• Des manifestations neurologiques (convulsions,
coma…)
• Une opsiurie
• Des signes biologiques : hypoglycémie, hyponatrémie,
hyperkaliémie, acidose métabolique. …

2. LES GLUCOCORTICOÏDES
Le cortisol est une hormone indispensable à la vie. Ses
effets biologiques sont multiples et concernent essen-
tiellement les métabolismes  : glucidique, lipidique et
protidique. Le cortisol, circulant est essentiellement
sous forme liée (cortisol binding protéine), agit comme
toutes les hormones stéroïdes sur un récepteur intracel-
lulaire (cf biochimie).

2.1 EFFETS PHYSIOLOGIQUES


a. sur le métabolisme glucidique
Ils s’exercent au niveau du foie et des tissus périphé-
riques :
• Au niveau du foie
LA CORTICOSURRÉNALE −Le
− cortisol stimule la synthèse de glycogène en acti-
vant la glycogène synthétase. Parallèlement, il freine
La glande corticosurrénale est constituée par trois zones : sa dégradation en inhibant la qlycoqène phosphory-
- Une zone glomérulée externe sécrétant les minéra- lase.
locorticoïdes, dont le principal est l’aldostérone qui in- −Stimule
− la néoglucogenèse en activant d’une part deux
tervient dans le métabolisme hydrominéral. enzymes clefs, la glucose phosphatase et la phospho
- Une zone fasciculée intermédiaire est la plus épaisse, enol pyruvate carboxykinase (PECK) et en augmentant
sécrétant les glucocorticoïdes dont le principal est le d’autre part, l’afflux de substrats néoglucogéniques
cortisol qui intervient essentiellement dans le méta- au niveau du foie.
bolisme glucidique d’où appartenance à la famille des − accroît la sécrétion de glucagon principale hormone
−Il
glucocorticoïdes. de la néoglucogenèse
- Une zone réticulée interne, sécrétant les androgènes. • Au niveau des tissus périphériques :
Toutes les hormones corticosurrénaliennes dérivent du En plus de son action catabolisante, le cortisol diminue
cholestérol (cf. biochimie). la captation et l’utilisation du glucose au niveau des adi-
pocytes et des cellules musculaires. Cet effet est lié à
1. IMPORTANCE DES HORMONES une inhibition de la transcription du gène codant pour la
CORTICOSURRÉNALIENNES synthèse des transporteurs du glucose (Glu T4).
Les corticosurrénales peuvent être la cible de certaines Au total, à l’exception de son activité stimulante de la
pathologies (tumeurs, tuberculose, maladies auto-im- glycogéno-synthèse, le cortisol s’oppose à l’action de
munes, traumatisme lombaire…) conduisant à une ca- l’insuline. À forte dose le cortisol induit une insulino-
rence en hormones corticosurrénaliennes. Cette ca- résistance et génère par conséquent un diabète appelé
rence peut s’exprimer de façon progressive (insuffisance communément diabète stéroïdien.
surrénalienne lente) ou de façon aiguë.
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b. Effets du Cortisol sur le métabolisme protidique • Par ailleurs, pour des raisons inconnues, le cortisol
L’un des effets principaux du cortisol sur le métabolisme augmente la production de globules rouges et des pla-
protidique est la réduction du stockage protéique dans quettes sanguines. Lorsque le cortisol est sécrété en
presque toutes les cellules de l’organisme à l’excep- excès par les glandes surrénales, une polyglobulie sur-
tion des cellules hépatiques (effet anabolisant). Ce phé- vient, et inversement en cas de carence en cortisol, on
nomène est provoqué à la fois par la diminution de la observe souvent une anémie.
synthèse protéique et de l’augmentation du catabolisme
des protides existant dans les cellules extra hépatiques. g. Effet anti-inflammatoire du cortisol
Ces effets catabolisants du cortisol sont nets au niveau La plupart des tissus de l’organisme réagissent aux lé-
du tissu lymphoïde et de la peau. À l’état physiologique, sions tissulaires par un mécanisme appelé inflamma-
l’effet catabolisant du cortisol est contrecarré par l’ef- tion, que les lésions proviennent d’un simple trauma-
fet anabolisant de l’insuline qui joue ainsi un rôle tam- tisme ou d’une affection cellulaire quelconque.
pon. Ainsi, le rapport des taux plasmatiques de ces deux En effet, les glucocorticoïdes :
hormones [insuline] p/[cortisol] p joue un rôle fonda- • Inhibent la margination leucocytaire le long des vais-
mental dans l’orientation métabolique (catabolisme ou seaux sanguins et l’agrégation plaquettaire.
anabolisme). • Inhibent la diapédèse cellulaire et l’afflux leucocytaire
À côté de son effet catabolisant, le cortisol inhibe l’in- au niveau de la lésion.
corporation des acides aminés dans les cellules péri- • Stabilisent la membrane des lysosomes.
phériques ce qui favorise leur afflux vers le foie là où ils • Diminuent la formation de bradykinine substance à
seront destinés à la néoglucogenèse. haut pouvoir vasodilatateur qui apparaît dans les tissus
inflammés. Ils entraînent donc une vasoconstriction du
c. Effets du cortisol sur le métabolisme lipidique lit vasculaire (cortisol potentialise l’effet des catéchola-
Le cortisol induit également la mobilisation des acides mines qui ont un effet vasoconstricteur périphérique).
gras à partir du tissu adipeux : il stimule la lipolyse par un • Diminuent la perméabilité de la membrane capillaire
effet direct et un effet permissif sur la lipolyse induite par en diminuant les effets de l’histamine qui provoque une
d’autres hormones (catécholamines, glucagon, hormone vasodilatation et une augmentation de la perméabilité
de croissance). Ce phénomène augmente la concentra- capillaire.
tion des acides gras libres plasmatiques lesquels seront
orientés vers le foie (néoglucogenèse). h. Effet immunosuppresseur du cortisol
L’hypercorticisme chronique entraîne chez l’homme un L’administration de fortes doses de cortisol provoque
dépôt de graisses au niveau de la face et du tronc et une une atrophie importante de l’ensemble du tissu lym-
perte de la masse graisseuse au niveau des extrémités : phoïde de l’organisme, en particulier du thymus, ce qui
aspect cushingoïde. par ailleurs diminue la libération des anticorps à par-
tir du tissu lymphoïde. Il en résulte une diminution de
d. Effets du cortisol sur le métabolisme hydrosodé l’immunité humorale vis-à-vis de tous les envahisseurs
À l’état physiologique le cortisol inhibe l’expression du étrangers de l’organisme.
gène de l’ADH ce qui explique en partie l’opsiurie (retard
à l’élimination d’une charge hydrique) de l’insuffisant i. Effets du cortisol sur le système nerveux central
surrénalien. L’Insuffisance corticosurrénale s’accompagne parfois
Le cortisol, exerce une activité hydroélectrolytique simi- cliniquement d’agitation et d’insomnie. Sur le plan élec-
laire à celle des minéralocorticoïde, mais beaucoup plus tro-encéphalographie, on constate un ralentissement
faible en agissant sur le tubule distal et les tubes collec- du tracé. Le cortisol abaisse donc le seuil d’excitabilité
teurs rénaux en augmentant la réabsorption hydrosodée. du cerveau. L’excès de cortisol entraîne par ailleurs une
Il facilite également l’élimination des ions K+ et H+, ce euphorie, une excitation qui peut être à l’origine de syn-
qui explique la rétention hydrosodée (hypervolémie et hy- dromes psychiatriques aigus essentiellement chez les
pertension artérielle) en cas d’hypercorticisme. sujets prédisposés.

e. Effets cardiovasculaires j. Effets du cortisol sur le métabolisme osseux et la


Le cortisol exerce un effet inotrope positif et un effet va- croissance
soconstricteur. Ces effets sont à la fois directs et indi- Une sécrétion cortisolique satisfaisante est indispen-
rects, car le cortisol potentialise les effets cardiovascu- sable à la croissance osseuse, le cortisol active la trans-
laires des catécholamines et de l’angiotensine  II (AgII). cription du gène de la GH et la synthèse des récepteurs
Ceci explique en partie l’hypertension tension artérielle à la GHRH. Chez le fœtus et le nouveau-né, le cortisol
observée en cas h’hypercorticisme. accélère la croissance et la différenciation de nombreux
tissus par exemple : poumon.
f. Effets hématologiques du cortisol Un excès de cortisol s’oppose au développement du car-
Cette action est surtout le fait de dose pharmacologique tilage et entraîne un amincissement du cartilage épi-
de glucocorticoïdes. physaire et une interruption de la croissance. Chez les
• Les glucocorticoïdes lysent le tissu lymphoïde et dimi- enfants soumis à un excès endogène ou exogène de
nuent le nombre des lymphocytes circulants. glucocorticoïdes, il y a une perturbation de la synthèse
• Les glucocorticoïdes inhibent également l’accumula- de la matrice protéique de l’os et une diminution des
tion des neutrophiles, des lymphocytes, monocytes et dépôts calciques. Les glucocorticoïdes entraînent une
polynucléaires au niveau des sites d’inflammation diminution de l’absorption calcique intestinale (par anta-
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76 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
gonisme avec l’action de la vitamine D) et une augmen- cortisol que l’on trouve en très grandes quantités, du
tation de l’élimination calcique urinaire fait de l’élévation de la sécrétion d’ACTH. À l’inverse,
l’administration de cortisol ou d’analogues synthétique
k. Effets du cortisol sur le tube digestif comme la déxaméthasone inhibe la sécrétion d’ACTH
L’administration chronique de glucocorticoïdes de syn- • Le rétrocontrôle négatif du cortisol s’exerce au niveau
thèse augmente la sécrétion acide gastrique. Elle di- de l’hypophyse antérieure et de l’hypothalamus
minue le mucus gastrique et augmente l’incidence des
ulcères gastriques. 2.3 ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION
DE GLUCORTICOIDES
2.2 RÉGULATION DE LA FONCTION CORTICOTROPE
a. Contrôle de la sécrétion de cortisol par l’hormone a. Carence en glucocorticoïdes (maladie d’ADDISON)
corticotrope : ACTH Voir paragraphes 1.1 et 1.2.
La sécrétion de cortisol est sous la dépendance de la
corticotrophine ou ACTH. En activant les récepteurs b. Excès en glucocorticoïdes (Syndrome de Cushing)
membranaires spécifiques couplés au système adényl- Le syndrome de Cushinq se caractérise par :
cyclase/AMP cyclique, l’ACTH augmente la sécrétion de • la mobilisation des graisses à partir des parties in-
cortisol. L’action de l’ACTH est très rapide et se manifeste férieures de l’organisme coïncidant avec un dépôt de
en quelques minutes. Des injections répétées d’ACTH graisses au niveau de la région thoracique et abdomi-
entraînent une hyperplasie de la glande alors que l’ab- nale entraînant ce qu’on appelle » un torse de buffle ».
sence d’ACTH entraîne une atrophie. • La sécrétion excessive des stéroïdes donne au visage
L’ACTH agit également sur les autres sécrétions surré- une apparence œdémateuse, et le pouvoir androgène
naliennes  : elle augmente la sécrétion d’androgène et de certaines hormones entraîne l’apparition d’acné et
d’aldostérone par activation des voies de biosynthèse un développement pileux excessif au niveau de la face.
commune. Cette action n’est pas très importante en • Sur le plan métabolique : hyperglycémie (diabète sté-
particulier en ce qui concerne l’aldostérone puisqu’une roïdien), protéolyse (fonte musculaire, fragilité cuta-
insuffisance de sécrétion d’ACTH n’entraîne pas de née…) et une élévation cholestérol plasmatique (risque
troubles hydrominéraux. athéromatose).
L’ACTH est sécrétée de façon pulsatile ce qui est à l’ori-
gine du rythme circadien de la sécrétion du cortisol. 3. LES MINERALOCORTICOIDES

L’aldostérone est un minéralocorticoïde sé-


crété par les cellules glomérulées du cortex
surrénalien. Si le cortisol apparaît comme
le stéroïde du stress, l’aldostérone est celui
du remplissage vasculaire.

L’aldostérone joue un rôle essentiel dans la


régulation de l’homéostasie sodique et po-
tassique.
L’hyperaldostéronisme aboutit à une hy-
pertension artérielle (rétention sodée), et à
une hypokaliémie. Alors que l’hypoaldosté-
ronisme peut devenir incompatible avec la
vie en raison de la perte de sel et de la ré-
b. Contrôle hypothalamique de la sécrétion d’ACTH tention de potassium.
• Il existe un releasing factor ou CRF qui contrôle la sé-
crétion d’ACTH. Le CRF est le sécrétagogue majeur 3.1 EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L’ALDOSTÉRONE
pour les cellules corticotropes de l’adénohypophyse Si plusieurs organes sont sensibles à l’action de l’aldos-
• La vasopressine stimule la sécrétion d’ACTH, et poten- térone, l’action essentielle de cette hormone s’exerce sur
tialisent l’effet du CRF sur les cellules corticotropes le rein.
• L’adrénaline et la noradrénaline seules ou associées au
CRF stimulent la sécrétion d’ACTH a. Effet rénal
• L’angiotensine II stimule directement la sécrétion d’AC- L’aldostérone agit sur les parties terminales du néphron
TH. pour procéder aux ajustements finaux de l’excrétion de
sodium, de potassium et d’hydrogène. Cet effet est très
c. Contrôle périphérique de la fonction corticotrope apparent lorsqu’on mesure le rapport Na+/K+ urinaire.
• La commande hypothalamo-hypophysaire obéit à un L’effet de l’aldostérone s’exerce au niveau du tube
mécanisme de rétrocontrôle négatif émanant du cor- contourné distal et du canal collecteur cortical initial.
tisol. Toute élévation de la cortisolémie entraîne une Les cellules cibles sont :
baisse de la sécrétion d’ACTH. Par contre, la baisse de • Les cellules principales pour ce qui concerne l’échange
la cortisolémie a un effet inverse. Na+/K+, avec réabsorption de Na+.
• Le blocage de la 11 hydroxylase par la métopirone ar- L’aldostérone entraîne à ce niveau :
rête la synthèse des stéroïdes au stade du 11 désoxy- −− une activation du canal sodique apical.
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 77
−une
− augmentation de l’activité et de la synthèse de la liée à une vasodilatation des artérioles afférentes pré
pompe sodium, potassium ATPase basolatérale. glomérulaires associée à une vasoconstriction des ar-
−une
− augmentation de la formation d’ATP par les mito- térioles efférentes post glomérulaires
chondries. • diminution de la réabsorption tubulaire par :
• Les cellules intercalaires « A » pour l’échange sodium −blocage
− des canaux transmembranaires du pole api-
et hydrogène. cal des cellules du tube collecteur
−inhibition
− de l’antiport Na+/H+ du tube contourné
b. Effet sur les glandes salivaires proximal
L’aldostérone diminue le rapport sodium/potassium de −augmentation
− du flux sanguin rénal des vasa recta
la salive. • inhibition de la synthèse de l’aldostérone
• inhibition de la sécrétion de rénine donc d’AII
c. Effet sur l’intestin • inhibition de la libération d’ADH
L’aldostérone agit au niveau du côlon en favorisant l’ab- • inhibition de la sensation de soif ainsi que le sentiment
sorption du sodium. de besoin de sel

d. Effet sur les glandes sudoripares 3.3 RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION D’ALDOSTÉRONE


L’aldostérone diminue la teneur en sodium de la sueur. Il La sécrétion d’aldostérone par la corticosurrénale est
n’existe pas de phénomène d’échappement. sous le contrôle de plusieurs facteurs d’importance iné-
gale. Néanmoins on peut distinguer 2 groupes de fac-
e. Effet sur le cœur teurs.
L’aldostérone exerce une action inotrope positive directe • Facteurs à action directe : L’angiotensine II et III, la ka-
sur le muscle cardiaque. liémie, l’ACTH et la LPH.
• Facteur à action indirecte  : La balance sodée. Le
f. Effet sur la musculature lisse rôle des deux principaux facteurs physiologiques sera
L’aldostérone augmente le transport passif de sodium d’abord envisagé.
à travers la membrane, et le transport actif, favorisant
ainsi la dépolarisation de la cellule musculaire lisse. a. système rénine angiotensine (SRA)
C’est le principal système régulateur.
3.2 EFFET DE L’ADMINISTRATION PROLONGÉE Les composants du SRA :
D’ALDOSTÉRONE La rénine : c’est une enzyme protéolytique sécrétée par
En cas d’administration prolongée d’aldostérone (ou les cellules myoépithéliales juxta glomérulaires.
d’autres minéralocorticoïdes) chez l’homme ou l’ani- La rénine transforme au niveau du rein et de la circu-
mal, la balance sodée est positive au début, induisant lation, l’angiotensinogène d’origine hépatique en un dé-
une rétention sodée avec une hypokaliémie, traduisant capeptide  : l’angiotensine I. Celle-ci est coupée en un
une excrétion potassique. Rapidement, un phénomène octapeptide l’angiotensine II par l’enzyme de conversion
d’échappement aux minéralocorticoïdes rétablit la ba- d’origine pulmonaire et vasculaire. L’angiotensine II sti-
lance sodée alors que le débit d’élimination de Potas- mule la production d’aldostérone.
sium demeure élevé.
Le phénomène d’échappement rénal s’explique par dif-
férents mécanismes compensateurs incluant :
• L’augmentation de la pression de perfusion rénale
• L’augmentation de la pression hydrostatique péritubu-
laire responsable d’une diminution de la réabsorption
proximale de sodium.
• L’augmentation de la sécrétion du peptide atrial natriu-
rétique (ANP) en rapport avec l’augmentation de la vo-
lémie.
• L’activation d’un inhibiteur endogène de la pompe
Na/+K+ ATP ase.

Rôle du facteur atrial natriurétique (FAN)
L’administration d’aldostérone entraîne une rétention
sodique qui s’accompagne d’une expansion des volumes
extracellulaires. Cette élévation de la volémie provoque
une distension auriculaire, qui déclenche la libération Mise en jeu du SRA
dans la circulation systémique du FAN qui est un peptide Le SRA est mis en jeu en cas de :
sécrété par les myocytes auriculaires droits et gauches. • diminution de la pression artérielle (orthostatisme,
Il a une action vasodilatatrice et il augmente l’excrétion hémorragie.) entraînant une diminution du débit san-
d’eau et de sodium par plusieurs mécanismes : guin rénal. Les cellules myoépithéliales de l’artériole
• augmentation de la fraction filtrée par : afférente de l’appareil juxtaglomérulaire se comportent
−augmentation
− du coefficient d’ultrafiltration gloméru- comme des barorécepteurs et déclenchent la sécrétion
laire de rénine. En effet, une sténose de l’artère rénale est
−augmentation
− de la pression capillaire glomérulaire suivie d’une élévation de la sécrétion de rénine.
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• balance sodée négative : un bilan sodé négatif stimule - du tubule, l’AII augmente la réabsorption proximale de
les cellules de la macula densa qui se comportent alors Na+ en stimulant l’antiport Na+/H+.
comme des chémorécepteurs et émettent un signal à • Effets sur le cœur
l’origine de la libération de rénine. L’action de l’AII sur le muscle cardiaque est directe et in-
• le système nerveux sympathique  : la stimulation du directe.
système nerveux sympathique (hémorragie déshydra- - L’effet indirect est lié aux effets rénaux et vasculaires
tation, passage de la position couchée à la position de- périphériques de l’AII, c. a.d. sur la pression artérielle
bout) entraîne une sécrétion de rénine (effet β1). (post-charge) et sur la rétention hydrosodée (pré-
charge). Sur le muscle cardiaque humain, les effets
Effets physiologiques de l’Angiotensine II (À II) indirects sont plus importants.
L’AII agit sur ses organes cibles par l’intermédiaire de sa - L’effet direct est dû à l’existence de récepteurs de l’AII
liaison à des récepteurs membranaires. Deux types de sur les cardiocytes ventriculaires, auriculaires et sur
récepteurs de l’AII ont été décrits. le tissu de conduction ; l’AII a des effets chronotrope,
- Le récepteur de type  1 se retrouve essentiellement, inotrope et lusitrope positifs.
voire exclusivement, sur la cellule musculaire lisse, les • Effet sur le système nerveux central
hépatocytes et le cortex surrénalien, son activation par Elle stimule le centre de la soif, la sécrétion d’ADH et le
l’AII est couplée à la phospholipase C et à la production système nerveux sympathique.
de phosphoinositols. • Effet sur l’appareil juxtaglomérulaire
- Le récepteur de type II se retrouve surtout dans le cer- Elle exerce un rétrocontrôle négatif sur sa propre sécré-
veau, la médullosurrénale et dans l’utérus. Son second tion en inhibant la sécrétion de rénine.
messager intracellulaire est inconnu. • Effet sur la zone glomérulée
• Effet hypertenseur de l’A II L’AII est un puissant stimulateur de la sécrétion d’aldos-
L’AII est une puissante hormone vasoconstrictrice elle térone.
augmente la pression artérielle par élévation des résis- Interaction entre le SRA et le système kallicréine kinine
tances périphériques. À cet effet vasoconstricteur direct L’enzyme de conversion intervient également dans un
s’ajoute la potentialisation de l’action des catéchola- système de régulation aux propriétés physiologiques
mines. opposées, le système kallicréine-kinine. Ce système en-
L’AII stimule également la sécrétion d’aldostérone par zymatique produit dans le plasma un peptide vasodila-
la corticosurrénale. Or, l’aldostérone augmente la réab- tateur, la bradykinine résultant de l’hydrolyse de kinino-
sorption de sodium donc d’eau. Cette rétention hydro gène par les kallicréines plasmatiques. L’enzyme de
sodée augmente la volémie donc la pression artérielle. conversion dégrade la bradykinine plasmatique en frag-
• Effets rénaux de l’AIl ments inactifs. Son inhibition conduit par conséquent à
Les effets de l’AII sur le rein se font au niveau : une accumulation de la bradykinine plasmatique vasodi-
- de l’hémodynamique intrarénale  : l’AII entraîne une latatrice.
vasoconstriction des artérioles afférente et efférente
du glomérule entraînant ainsi une augmentation de la b. la kaliémie
fraction filtrée. C’est un facteur qui intervient directement sur la cellule
- du flocculus glomérulaire, l’AII diminue le coefficient de la glomérulée : l’élévation de la kaliémie est un puis-
d’ultrafiltration et augmente la production de prosta- sant stimulateur de la sécrétion d’aldostérone. L’élé-
glandines intra rénales. ment important est le taux intracellulaire de potassium.

Libération, action et dégradation


de l’aldostérone

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 79
Cet effet direct du potassium est bien démontré chez les 3.4 ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION D’ALDOSTÉRONE
sujets binéphrectomisés.
a. Carence (maladie d’ADDISON)
c. L’ACTH et les facteurs hypophysaires Voir paragraphe 1.1 et 1.2.
L’ACTH a un rôle modeste dans la sécrétion d’aldosté-
rone. Néanmoins, les variations nycthémérales d’aldos- b. Excès de la sécrétion d’aldostérone (syndrome de
térone, observées, sont en partie sous la dépendance CONN)
des variations nycthémérales d’ACTH. L’hyperaldostéronisme se manifeste par :
Des facteurs hypophysaires, autres que l’ACTH, peuvent - Une hypertension artérielle permanente
aussi moduler cette sécrétion : Lipotropine et la GH. - Des parésies neuromusculaires
- Une hypoexcitabilité musculaire
- Une Rétention sodée
- Une alcalose métabolique
- Une hyperkaliurie

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80 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
LA MÉDULLOSURRÉNALE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Citer les différents récepteurs des catécholamines
2. Décrire les effets physiologiques des catécholamines
3. Expliquer la boucle de régulation de la sécrétion de catécholamines
4. Citer les différents tests qui explorent la glande médullosurrénale.

PLAN
1. INTRODUCTION
2. METABOLISME DES CATECHOLAMINES
2.1 BIOSYNTHÈSE ET SÉCRÉTION (cf. cours de
biochimie)
2.2 RÉGULATION DE LA BIOSYNTHÈSE ET DE LA
SÉCRÉTION
3. CONTROLE DE LA SECRETION DES
line dont la concentration dans le sang augmente jusqu’à
CATECHOLAMINES
trois cent fois. L’effet global de la stimulation sympa-
4. EFFETS PHYSIOLOGIQUES DES CATÉCHOLAMINES thique et de la sécrétion d’adrénaline est de préparer
4.1 CLASSIFICATION DES RÉCEPTEURS l’organisme à faire face à une situation d’urgence.
4.2 LES EFFETS TISSULAIRES
5. ANOMALIES DE LA SECRETION DE
2. METABOLISME DES CATECHOLAMINES
CATECHOLAMINES
6. EXPLORATIONS FONCTIONNELLES 2.1 BIOSYNTHÈSE (cf cours de biochimie)
6.1 TESTS STATIQUES
6.2 TESTS DYNAMIQUES 2.2 RÉGULATION DE LA BIOSYNTHÈSE ET LA
SÉCRÉTION
La biosynthèse des catécholamines est soumise à diffé-
rents types de régulation.

1. INTRODUCTION a. régulation hormonale


Le cortisol stimule la synthèse de phényléthanolamine N
La médullosurrénale (MS) appartient en fait au système méthyl transférase. Le cortisol atteint la MS par le sys-
sympathique. Elle est assimilée à un pseudoganglion tème porte surrénalien.
sympathique (SNε), au sein duquel les neurones post
ganglionnaires se sont différenciés en cellules endo- b. régulation nerveuse
crines appelées cellules chromaffines. Comme les neu- Le système nerveux ne semble pas nécessaire à la bio-
rones post ganglionnaire sympathiques, la MS sécrète synthèse de l’adrénaline, puisque la MS privée de toutes
la noradrénaline, mais surtout l’adrénaline. La quanti- ses connexions nerveuses synthétise l’adrénaline, mais
té de noradrénaline sécrétée par la MS est trop faible toutefois le système nerveux joue le rôle de modulateur.
pour avoir des effets sur les cellules cibles. Ainsi, on En effet, la stimulation prolongée des nerfs splanch-
peut considérer que les effets du système nerveux sym- niques augmente la synthèse des trois enzymes de la
pathique sont dus à son neurotransmetteur  : la nora- voie de biosynthèse :
drénaline et ceux de la médullosurrénale sont presque • La tyrosine hydroxylase
uniquement dus à l’hormone  : adrénaline. L’adrénaline • La dopamine β hydroxylase
agit en renfort du système nerveux sympathique et a des • La phényléthanolamine N méthyl transférase
effets métaboliques propres. Le débit de sécrétion des catécholamines varie sous l’in-
L’ensemble le système SNε et l’adrénaline de la MS mo- fluence du système nerveux sympathique.
bilisent les ressources de l’organisme lors d’exercices c. régulation locale
physiques très intenses. Toute stimulation du SNε est L’activité de certaines enzymes de la biosynthèse est in-
accompagnée d’une augmentation de l’activité de la MS. hibée par certains intermédiaires ou produits des réac-
Quand le SNε est activé en cas de peur ou de stress, il tions de synthèse. C’est le cas de la tyrosine hydroxylase
y a en même temps une poussée de sécrétion d’adréna- par l’adrénaline.
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3. CONTROLE DE LA SECRETION médié par les récepteurs β1, β2 ou β3 selon l’espèce ou
DES CATECHOLAMINES le tissu adipeux considéré. Dans le tissu adipeux brun,
elle augmente la synthèse de la protéine de découplage
Dans la MS, les catécholamines sont stockées dans des de la respiration, par l’intermédiaire des récepteurs β3.
granules. La sécrétion de catécholamines dans le sang b. effets cardiovasculaires
se fait par un mécanisme d’exocytose. L’action globale des catécholamines résulte d’effets α
Cette sécrétion est basse aux conditions basales, mais ou β adrénergiques. La noradrénaline, un agoniste α1,
durant le sommeil il y a une baisse additionnelle de la augmente la pression artérielle moyenne et entraîne une
sécrétion des catécholamines. L’augmentation de la vasoconstriction de la plupart des lits vasculaires, à l’ex-
sécrétion médullo-surrénalienne est un des éléments ception des vaisseaux coronaires et cérébraux. L’adré-
de la décharge sympathique diffuse qui survient dans naline, un agoniste β2 entraîne une vasodilatation des
les situations d’urgence, un phénomène que CANNON vaisseaux musculaires.
a qualifié de «  fonction d’urgence du système sympa- Les catécholamines exercent leurs effets cardiaques par
thico-surrénalien  ». De nombreux stimuli intégrés au l’intermédiaire des récepteurs β1 (cf cours physiologie
niveau de l’hypothalamus, du tronc cérébral et du bulbe cardiovasculaire, thème 9) :
et empruntant les nerfs splanchniques, augmente cette • effet chronotrope positif
sécrétion. • effet inotrope positif
Les afférences sollicités au cours de la mise en jeu du • effet bathmotrope positif
SN∑ prennent naissance au niveau d’un certain nombre • effet dromotrope positif
de récepteurs  : barorécepteurs, thermorécepteurs, no-
cicepteurs…. c. effet sur le muscle lisse viscéral
L’adrénaline relâche le muscle lisse gastro-intestinal par
c. effet sur le muscle lisse viscéral
l’intermédiaire des récepteursβ. Cependant, le muscle
4. EFFETS PHYSIOLOGIQUES L’adrénaline relâche le muscle lisse des sphincterspar
lisse gastro-intestinal se l’intermédiaire
contracte endes réponse aux caté-
récepteursβ.
DES CATÉCHOLAMINES Cependant, le muscle lisse des cholamines
sphincters se par l’intermédiaire
contracte en réponse des
aux récepteurs
catécholamines α1.
par Par
l’intermédiaire des récepteurs αcontre,
1. Par contre, en agissant
en agissant sur récepteurs
sur des des récepteurs de type βl’adré-
de type β2, 2,
l’adrénaline entraîne une relaxation des muscles de la paroi bronchique, de l’utérus, de la
4.1 CLASSIFICATION DES RÉCEPTEURS
vessie et de la vésicule biliaire.
naline entraîne une relaxation des muscles de la paroi
On distingue quatre principaux types de récepteurs  : bronchique, de l’utérus, de la vessie et de la vésicule bi-
α1,α2, β1 et β2 différentiables selon leur sensibilité à liaire.
l’adrénaline, la noradréna-
line ainsi qu’à leurs ago-
nistes ou antagonistes. NORADRENALINE ADRENALINE
Alors que l’adrénaline agit
sur tous les récepteurs, la
noradrénaline n’agit qu’au
niveau des récepteurs  : Récepteur Récepteur Récepteur Récepteur
α1,α2,β1. L’isopréna- �1 �2 �1 �2
line par exemple n’active
que les récepteurs β et la
phentolamine n’agit que
Hyper- ↑ Ca++ ↓ Ca++ Hyper- ↑ Ca++ ↓ Ca++
sur les récepteurs α. Tous
polarisation polarisation
les adréno récepteurs sont
actifs par l’intermédiaire
d’une protéine G.
Inhibition Contraction : Inhibition de la Stimulation Dilatation :
4.2 LES EFFETS de la motilité vaisseaux sécrétion : cardiaque vaisseaux
TISSULAIRES digestive bronchioles Glandes salivaires Libération de bronchioles
sphincters lnsuline rénine utérus
Bien que la concentration
utérus Nad
circulante d’adrénaline soit Acétylcholine
basse (30pg/ml), elle peut
augmenter dans diverses
situations. Ainsi, lors de la station
5. debout,
ANOMALIESdu stress
DE LA hé-
SECRETION
morragique ou hypoglycémique elle peut atteindre 100
voire 1000  pg/ml. Ces taux sontExcès parfaitement 5. ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION
compa- (Phéochromocytome)
de catécholamines
Ce sont des tumeurs
tibles avec des effets tant métaboliques sur la glycémie synthétisant des catécholamines et développées à partir des cellules
chromaffines de la médullosurrénale.
Excès Lescatécholamines
de symptômes sont (Phéochromocytome)
: céphalées, pâleur, sueurs
ou la lipolyse que cardiovasculaire.excessive, palpitations, nausée et TA élevée, crampes musculaires douloureuses. douleur
a. effets métaboliques thoracique ou abdominale…..
Ce sont des tumeurs synthétisant des catécholamines et
L’adrénaline augmente la glycémie en : développées à partir des cellules chromaffines de la mé-
• Stimulant la glycogénolyse par l’intermédiaire des ré- dullosurrénale. Les symptômes sont : céphalées, pâleur,
cepteurs α1,α2 sueurs excessives, palpitations, nausée et TA élevée,
• stimulant la néoglucogenèse par l’intermédiaire des crampes musculaires douloureuses, douleur thoracique
récepteursβ. ou abdominale…
C’est également une hormone lipolytique. Cet effet est
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82 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
139
RÉGULATION DE LA VOLÉMIE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Expliquer la relation volémie & pression artérielle moyenne et volémie & osmolarité
2. Décrire le rôle du système nerveux sympathique et des catécholamines circulantes dans
la régulation de la volémie.
3. Décrire le rôle du système rénine angiotensine aldostérone et de l’hormone antidiuré-
tique dans la régulation de la volémie.
4. Expliquer le rôle de peptide atrial natriurétique
5. Décrire les mécanismes régulateurs mis en jeu en situation d’hypovolémie
6. Décrire les mécanismes régulateurs mis en jeu en situation d’hypervolémie

PLAN
1. INTRODUCTION
2. RÉGULATION DE LA VOLÉMIE
2.1 RÉGULATION NERVEUSE
2.2 RÉGULATION HORMONALE
2.3 LA SOIF
3. QUELQUES SITUATIONS PHYSIOLOGIQUES ET/OU
PHYSIOPATHOLOGIQUES
3.1 ORTHOSTATISME/CLINOSTATISME
3.2 HÉMORRAGIE
4. CONCLUSION

1. INTRODUCTION P AM = Qc X RPT

Le fonctionnement de l’organisme nécessite dans le PAM = pression artérielle moyenne


même temps un approvisionnement des cellules et une Qc = débit cardiaque
élimination de leurs déchets métaboliques. Il implique RPT = résistances périphériques totales
donc un échange permanent entre les cellules et le mi-
lieu ambiant. À l’état physiologique, les volumes extracellulaires sont
À l’échelle des organismes pluricellulaires, la diffusion étroitement dépendants du bilan sodé. Ainsi, toute va-
au sein du liquide interstitiel ne permet pas toujours riation de la natrémie génère une variation de l’osmo-
d’assurer efficacement ces opérations d’approvisionne- larité à l’origine d’une modification du volume extracel-
ment et d’élimination. Par conséquent, la solution fonc- lulaire (mouvements d’eau entre compartiments intra
tionnelle au problème des échanges doit passer par la et extra cellulaires). L’osmolarité est ainsi considérée
mise en circulation des liquides internes. La circulation comme un paramètre homéostatique et tout écart de ce
est rendue possible par l’existence de l’appareil cardio- paramètre, des valeurs normales agit sur le niveau de
vasculaire qui comporte un ensemble de pompage (Le sécrétion de l’hormone antidiurétique (ADH) afin de cor-
cœur) et de distribution (les gros vaisseaux) amenant un riger cette perturbation.
liquide circulant (le sang) jusqu’à de très fins vaisseaux
(les capillaires) où se réalisent les échanges avec le li-
quide interstitiel baignant les cellules. 2. RÉGULATION DE LA VOLÉMIE
Le maintien du volume sanguin dans des limites étroites
est essentiel pour l’organisme, car il conditionne le dé- Le maintien de l’homéostasie de la volémie requiert glo-
bit cardiaque et indirectement la pression artérielle, qui balement l’intervention de deux systèmes : un premier,
sont liés par la loi de POISEUILLE. à action rapide et un second, agissant à moyen et long
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 83
terme. Les principaux effecteurs de ce système sont, et de prolonger les effets du baroréflexe dans le cadre de
pour les premiers, le cœur et les vaisseaux, et pour les la réponse à une hypovolémie/hypotension artérielle. À
seconds, le rein. ce titre, le système adrénaline-noradrénaline constitue
un élément du système sympathique de régulation de la
2.1 RÉGULATION NERVEUSE volémie et de la pression artérielle.
Une légère modification de la volémie met en jeu des ba-
rorécepteurs dits à basse pression. Ces récepteurs sont b. l’hormone antidiurétique (ADH)
localisés dans la zone cardio-pulmonaire, plus précisé- L’ADH est sécrétée en cas d’hypovolémie ou lorsque les
ment dans les oreillettes et les vaisseaux pulmonaires. osmorécepteurs hypothalamiques détectent une aug-
Ils sont sensibles à l’étirement, mais étant donné qu’ils mentation de la pression osmotique. Elle perméabilise
sont localisés dans les régions à basse pression, leur le canal collecteur du néphron à l’eau et diminue ainsi,
sensibilité est davantage orientée vers la détection de la diurèse. La diminution de la diurèse réduit les sorties
la pression veineuse centrale que vers celle de la PA M. rénales et participe à la correction de la volémie jusqu’à
Ainsi une variation légère de la volémie est rapidement sa valeur d’équilibre.
corrigée grâce à l’intervention de ces barorécepteurs et
la PAM reste préservée et ne sera affecté que lors de c. Le système rénine angiotensine (SRA)
changements significatifs de la volémie. Il intervient activement dans la régulation de la volémie
L’activation de ces barorécepteurs cardio-pulmonaires et de la PAM. Ce système est sollicité dans des états phy-
survenant en réponse à une augmentation du volume siologiques (effort, stress, réduction des apports d’eau et
plasmatique est à l’origine d’une inhibition du système de sel), mais il constitue aussi un système de compensa-
nerveux sympathique. Inversement, une baisse du vo- tion dans certaines pathologies (insuffisance cardiaque)
lume plasmatique freine les influx nerveux afférents en ou lors de prescription de certains diurétiques.
provenance de ces barorécepteurs et lève l’inhibition sur
le système nerveux sympathique.
Une modification significative de la volémie entraîne une
variation de la PAM et met en jeu les barorécepteurs du
système à basse et à haute pression.
Ainsi, lors d’une augmentation de la pression artérielle,
les barorécepteurs augmentent leur fréquence de dé-
charge dans les fibres afférentes. Ces impulsions at-
teignent le bulbe par l’intermédiaire des nerfs vague et
glosso-pharyngien. Les fibres afférentes se terminent
dans le noyau du tractus solitaire qui reçoit donc l’infor-
mation en provenance des barorécepteurs. À partir de ce
noyau partent des relais (interneurones) vers deux autres
zones bulbaires : le noyau dorsal du vague (centre vagal,
centre cardiomoteur) et la région ventro-latérale du bul-
be dénommée classiquement « centre vasomoteur ».
Une modification initiale de la pression dans le sens
d’une baisse va produire des effets inverses : les baroré-
cepteurs ont une fréquence de décharge plus faible, d’où
une absence de stimulation du noyau du vague et une
levée de l’inhibition sur le centre vasomoteur.

2.2 RÉGULATION HORMONALE


L’arc réflexe mettant en jeu les barorécepteurs peut agir
sur la vasomotricité et le débit cardiaque par l’intermé-
diaire du système nerveux sympathique. En réponse à
une hypo volémie, cette activation sympathique provoque
également une stimulation de la médullosurrénale
conduisant à une libération de catécholamines circu-
lantes (adrénaline et noradrénaline).
d. l’aldostérone
a. Les catécholamines circulantes L’aldostérone illustre bien l’interdépendance des boucles
La noradrénaline, et dans une moindre mesure l’adréna- de régulation de la pression artérielle et de la volémie.
line, sont de puissants vasoconstricteurs. Ces hormones D’une part elle participe à la régulation de la volémie
participent aux différents réflexes qui interviennent dans puisqu’elle est sécrétée sous l’influence de paramètres
la régulation de la volémie et de la pression artérielle. de pression artérielle et d’autre part, les effets de l’al-
Outre leurs effets cardiovasculaires précédemment dé- dostérone s’exercent sur le rein où elle induit initiale-
veloppés (cf. cours médullosurrénale), les catéchola- ment une réabsorption des ions Na+ et d’eau.
mines, augmentent la réabsorption du Na+ au niveau du
tube proximal. e. Le Peptide Atrial Natriurétique (ANP)
L’action des catécholamines permet donc de compléter Le ANP est secrété par le cœur en réponse à une aug-
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84 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
mentation du volume sanguin. L’augmentation de la 3.2 HÉMORRAGIE
tension auriculaire, induite par l’élévation de ce volume, La perte de sang provoque une diminution du retour vei-
stimule les mécanorécepteurs auriculaires et provoque neux, de la pression de remplissage et donc du volume
la libération de PAN qui en retour, stimule la natriurèse d’éjection systolique (loi de Franck Starling). Les régula-
et donc la diurèse. Son action vasodilatatrice permet une tions circulatoires fonctionnent de façon si efficace que
diminution de la pression artérielle. les variations de pression sont bien compensées pour
des pertes de l’ordre de 500 à 600 ml de sang. Dans ce
2.3 LA SOIF cas, l’évolution des phénomènes correcteurs est assez
La compensation des pertes d’eau de l’organisme s’ef- comparable à celle observée dans le cas de l’orthosta-
fectue essentiellement par la boisson. Celle-ci est réglée tisme. Par ailleurs, les mécanismes régulateurs à moyen
par le mécanisme complexe de la soif et fait intervenir et court terme sont plus développés.
les systèmes endocrinien et nerveux central. Cependant, si l’hémorragie est plus sévère (de l’ordre
La sensation de soif est déclenchée principalement par : de 1 l), on assiste à une phase de décompensation avec
• L’hyperosmolarité du milieu extracellulaire lors de hypotension malgré l’augmentation de la fréquence car-
transpirations excessives, ingestion de sel… diaque et des résistances périphériques. En absence de
• L’hypovolémie qui peut être due à une hémorragie, une correction, cette hypotension évolue inéluctablement
diarrhée… vers le collapsus cardiovasculaire et la mort.

3. QUELQUES SITUATIONS PHYSIOLO- 4. CONCLUSION


GIQUES ET/OU PHYSIOPATHOLOGIQUES
La régulation de la volémie est indispensable au main-
3.1 ORTHOSTATISME/CLINOSTATISME tien de la stabilité de PAM. Cette homéostasie est réali-
Le passage de la position couchée (clinostatisme) à la sée grâce à l’intégration de phénomènes neuro-hormo-
position debout (orthostatisme) s’accompagne d’une va- naux. Ainsi, distingue-t-on :
riation de pression dans le circuit veineux suite à l’action • Une régulation à court terme dominée par le baroré-
de la pesanteur. Dans ce cas, une redistribution de sang flexe. Cette correction immédiate a pour but la sauve-
se produit ; ainsi, 400 à 600 ml sont transférés des vais- garde prioritaire de la circulation cérébrale.
seaux intra thoraciques vers les vaisseaux des membres • Des mécanismes régulateurs à effet différé, mais pro-
inférieurs. Il en résulte une diminution du retour veineux, longé qui prennent le relais à la régulation nerveuse et
de la pression veineuse centrale, du volume d’éjection assurent le contrôle du remplissage du compartiment
systolique et par conséquent du débit cardiaque. à basse pression. Cette régulation fait intervenir les
Les réponses sont celles correspondant à une baisse de messagers hormonaux : SRAA, ADH et ANF.
la PAM activation du système nerveux sympathique. En • La régulation de l’hypovolémie met en jeu un système
absence de correction immédiate, on assiste à une mise pluri hormonal, car elle compromet l’irrigation des ter-
en jeu SRAA et de l’ADH. ritoires nobles principalement le cerveau et le cœur,
Par ailleurs, la redistribution des débits ne touche pas alors que la régulation de l’hypervolémie ne fait inter-
notablement la circulation cérébrale sauf dans certains venir qu’une seule hormone : le peptide atrial natriuré-
cas où il est donc possible d’observer des syncopes, dites tique.
orthostatiques. Cette situation survient en particulier
chez les hypotendus chroniques chez lesquels l’hypoten-
sion survenant lors du passage de la position couchée à
la position debout se « surajoute » à la faible pression qui
existe déjà en position couchée.

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 85
METABOLISME DES GLUCIDES, LE PANCRÉAS ENDOCRINE
LA REGULATION DE LA GLYCÉMIE
ET EXPLORATIONS FONCTIONNELLES

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Décrire les compartiments glucidiques
2. Décrire le métabolisme des glucides en situation post prandiale et au cours du jeûne
3. Expliquer le rôle du foie dans le métabolisme des glucides.
4. Expliquer les mécanismes intervenant dans le transfert du glucose entre les différents
compartiments
5. Indiquer les facteurs qui modulent dans l’insulinosécrétion
6. Indiquer les facteurs qui modulent la sécrétion de glucagon.
7. Décrire les effets physiologiques de l’insuline
8. Décrire les effets physiologiques du glucagon
9. Citer les différents éléments de la boucle de régulation de la glycémie.
10. Expliquer les mécanismes régulateurs intervenant dans les trois situations suivantes :
Jeûne, post prandiale et exercice physique
11. Décrire les différentes méthodes d’exploration du métabolisme glucidique.

PLAN
MÉTABOLISME DES GLUCIDES
1. INTRODUCTION
2. COMPARTIMENTS GLUCIDIQUES ET ÉQUILIBRE DU TAUX DE
GLUCOSE
3. LES ÉTATS NUTRITIONNELS
4. ENTRÉE CELLULAIRE DU GLUCOSE
PANCREAS ENDOCRINE ET HOMÉOSTASIE GLUCIDIQUE
1. MISE EN ÉVIDENCE DE LA FONCTION ENDOCRINE DU
PANCRÉAS
2. RAPPEL HISTOLOGIQUE DU PANCRÉAS ENDOCRINE
3. L’INSULINE
4. GLUCAGON
REGULATION DE LA GLYCÉMIE
1. INTRODUCTION
2. LA BOUCLE DE RÉGULATION ET SES ÉLÉMENTS
3. EXEMPLES DE RÉGULATION
EXPLORATIONS FONCTIONNELLES DU MÉTABOLISME GLUCIDIQUE
1. LA GLYCÉMIE
2. LA GLUCOSURIE
3. DOSAGE DES CORPS CÉTONIQUES
4. HYPERGLYCÉMIE PROVOQUÉE PAR VOIE ORALE
5. DOSAGE DE L’INSULINE
6. DOSAGE DU PEPTIDE C
7. DOSAGE DE L’HEMOGLOBINE GLYCOSYLEE
CONCLUSION

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86 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
MÉTABOLISME DES GLUCIDES 3. LES ÉTATS NUTRITIONNELS

1. INTRODUCTION L’équilibre envisagé peut être modifié par la variation de


Adapter en permanence l’apport énergétique (ATP) qui l’une des voies décrites précédemment. Le glucose pré-
permettait de satisfaire avec précision aux besoins ex- sent dans l’organisme a une origine essentiellement ali-
trêmement changeants de l’organisme est fondamental mentaire et l’intermittence des apports va, de ce fait, in-
pour le maintien de la vie cellulaire. duire des variations ponctuelles de l’équilibre glucidique.
Ces apports énergétiques, constants pour certains
groupes cellulaires comme le cerveau et très variables 3.1 L’ÉTAT POST PRANDIAL
dans d’autres secteurs comme le foie, le muscle, le tis- À la suite de l’absorption intestinale, les nutriments re-
su adipeux, sont parfaitement adaptés aux besoins de joignent le foie via la veine porte entéro-hépatique. Le
chaque instant grâce à un système régulateur. passage obligatoire par le foie est une étape clé pour le
Les cellules de l’organisme ont besoin d’un approvi- devenir des acides aminés et des glucides.
sionnement continu en glucose par ce que celui-ci re- Lors de l’état post prandial, les acides aminés transitent
présente le principal substrat dans la production de par le foie, mais les cellules hépatiques n’en captent
l’énergie cellulaire c’est-à-dire de l’ATP. Certains tissus qu’une faible partie. Les acides aminés restants sont
comme le système nerveux, la rétine, les endothéliums distribués directement aux cellules des autres tissus et
vasculaires, les globules rouges utilisent presque exclu- en particulier aux cellules musculaires où ils serviront à
sivement le glucose comme source d’énergie. la synthèse des protéines structurales.
Les cellules cérébrales utilisent à partir de l’âge de trois Le foie n’utilise pas le glucose à des fins énergétiques
quatre ans, environ 5 g de glucose/h soit 110 à 120 g de lors de la phase post prandiale (ni pendant la phase de
glucose/jour. Tout est réglé dans l’organisme pour que jeûne, d’ailleurs), il en met la majeure partie en réserve
ces cellules essentielles (cérébrales), qui ne consom- sous la forme de glycogène. Toutefois, les capacités de
ment en pratique que du glucose sauf au cours des lon- stockage hépatique du glycogène sont limitées.
gues périodes de jeûne où les corps cétoniques peuvent Le glucose en excès est transformé en glycérol et en
être utilisés, reçoivent à chaque instant la quantité de acides gras qui donneront ensuite des triglycérides. Une
glucose dont elles ont absolument besoin. partie des lipides synthétisés dans le foie est stockée sur
Malgré les fluctuations d’apport alimentaire, les taux place, mais la majorité est agrégée à des protéines spé-
sanguins de glucose varient dans des limites compa- cifiques pour former des lipoprotéines à très faible den-
tibles avec la vie mettant l’organisme à l’abri des compli- sité (VLDL = very low density lipoprotein). Ces lipoproté-
cations liées à l’hyperglycémie (coma, déshydratation…) ines sont déversées dans le sang et rejoignent le tissu
et l’hypoglycémie (coma hypoglycémique). Ceci est pos- adipeux pour un stockage ultérieur dans les adipocytes.
sible grâce à la mise en jeu de deux systèmes régulateurs Une fraction du glucose absorbé ne pénètre pas dans les
endocriniens impliquant les hormones pancréatiques  : cellules hépatiques et reste dans le compartiment plas-
insuline et glucagon ainsi que d’autres hormones et le matique. Durant la phase post prandiale, le glucose cir-
système nerveux végétatif. culant est utilisé comme source énergétique par presque
tous les tissus, mais il est également stocké sous la
2. COMPARTIMENTS GLUCIDIQUES forme de glycogène dans le muscle ou transformé en ré-
ET ÉQUILIBRE DU TAUX DE GLUCOSE serves lipidiques dans le tissu adipeux.
Le glucose est une substance qui n’existe qu’en quantité Ainsi, après un repas, la glycémie s’élève modérément,
relativement faible dans l’organisme. On peut considé- ce qui entraîne d’importantes modifications dans la sé-
rer qu’à un instant donné, il y a environ 35 grammes de crétion des hormones pancréatiques : celle de l’insuline
glucose présent sous forme libre dans l’organisme d’un (signal anabolique) augmente, celle du glucagon (si-
adulte. La majeure partie se trouve dans le milieu inté- gnal catabolique) diminue. Survenant en même temps
rieur. Il y a également une quantité faible et variable de que l’augmentation des nutriments, ces modifications
glucose dans le rein, cet organe le filtrant et le réabsor- hormonales favorisent leur mise en réserve sous trois
bant en permanence. formes principales : glucidique, protidique et lipidique.
Le glycogène représente une réserve glucidique au ni-
veau du foie et du muscle. 3.2 L’ÉTAT DE JEUNE
Cette répartition n’est pas figée et le glucose peut passer Durant la phase de jeûne, l’apport extérieur est nul et
d’un état de disponibilité à un autre ; la fraction extracel- l’organisme doit puiser dans ses réserves pour assurer
lulaire rapidement disponible représente un état inter- son fonctionnement et surtout son métabolisme éner-
médiaire entre les deux autres. gétique.
Deux voies principales permettent une augmentation de
la quantité de glucose : elles sont représentées par les a. réserves glucidiques hépatiques et musculaires
apports endogènes (synthèse) et par les apports exo- • Le glycogène hépatique est la forme de réserve la plus
gènes (absorption intestinale). rapidement mobilisable, le foie possédant l’équipement
Les voies de sortie qui induisent une perte nette du enzymatique pour le transformer en glucose libre.
glucose immédiatement disponible, sont également au • Le muscle étant incapable de transformer directement
nombre de deux. La perte peut être d’origine métabolique le glycogène en glucose libre, c’est le foie qui récupère
quand la substance est modifiée chimiquement de façon les produits de dégradation du glycogène musculaire
non réversible, mais elle peut également se produire lors (lactate et pyruvate) pour resynthétiser du glucose (néo-
de l’excrétion, dans certains cas pathologiques. glucogenèse), lequel sera déversé dans la circulation.
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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 87
b. réserves lipidiques PANCRÉAS ENDOCRINE ET HOMÉOSTASIE
Les réserves lipidiques sont aussi mobilisées, la dégra- GLUCIDIQUE
dation des triglycérides produit du glycérol et des acides
gras. Le glycérol est capté par le foie pour reformer du 1. MISE EN ÉVIDENCE DE LA FONCTION
glucose (néoglucogenèse). ENDOCRINE DU PANCRÉAS
L’utilisation des corps cétoniques et des acides gras pour À coter du foie, le pancréas joue un rôle clé dans la régu-
les besoins énergétiques de la plupart des tissus permet lation de la glycémie. Les études de cas pathologiques et
de différer la consommation du glucose et représente les expériences d’ablation ont, depuis longtemps, permis
donc une épargne de ce dernier. de faire un lien entre la glycémie et le pancréas.
Le glucose est un élément clé du métabolisme éner-
gétique aussi bien lors de la phase post prandiale, où il 1.1 PANCRÉATECTOMIE TOTALE
est le principal fournisseur d’énergie, que lors de l’état La pancréatectomie totale réalisée expérimentalement
de jeûne où l’orientation se fait préférentiellement induit chez l’animal une séquence d’événements inter-
vers sa synthèse et son économie avec « l’objectif » de connectés qui en absence de tout apport insulinique
ravitailler les tissus pour lesquels il est indispensable aboutit inéluctablement vers le coma et la mort.
(cerveau+++, rétine…). L’ensemble des anomalies observées caractérise le
L’équipement enzymatique des cellules hépatiques est « diabète sucré » qui est une maladie métabolique qui
tel qu’il permet la transformation des molécules orga- se manifeste dans sa forme la plus franche par :
niques et fait de cet organe une plaque tournante du • Une hyperglycémie
métabolisme intermédiaire. • Une polyurie avec glucosurie
• Une polydipsie
• Une polyphagie contrastant avec une perte de poids
4. ENTRÉE CELLULAIRE DU GLUCOSE • Une cétose
Elle se fait à l’aide de transporteurs qui existent dans
toutes les cellules. On distingue au moins cinq types 1.2 EXPÉRIENCE DE PANCRÉATECTOMIE PARTIELLE
classés selon des critères de structure, de localisation Si la pancréatectomie est partielle, le diabète n’apparaît
et d’affinité pour le glucose. Les transporteurs les plus pas immédiatement tant que 10 à 12 % du pancréas est
impliqués sont : les Glu T2 (foie…), Glu T4 (muscle, tissu intact. Cependant, si l’animal est soumis à une alimen-
adipeux). tation riche en glucides, l’apparition du diabète est pro-
gressive et inévitable.
4.1 LES ENZYMES QUI INFLUENCENT
LES TRANSFERTS CELLULAIRES DU GLUCOSE 1.3 EXPÉRIENCES DE DESTRUCTION ÉLECTIVE DU
Les cellules hépatiques sont les seules à contenir de la PANCRÉAS ENDOCRINE
glucokinase, les autres cellules phosphorylent le glucose
en utilisant de l’hexokinase. Le déficit en insuline peut être produit par l’administra-
tion d’alloxane composé relativement toxique pour le foie
a. L’hexokinase (muscle, tissu adipeux) et les reins, mais qui provoque une destruction sélective
C’est une enzyme dont le fonctionnement est inhibé par des cellules B des îlots pancréatiques, quand il est admi-
le produit de la réaction : elle ne peut donc phosphoryler nistré à doses appropriées. On réalise ce qu’on appelle le
qu’une quantité limitée de glucose. La pénétration du « diabète alloxanique ».
glucose est limitée par les besoins de la cellule. L’animal qui a reçu l’alloxane, peut encore sécréter de
petites quantités d’insuline, insuffisantes pour empê-
b. La Glucokinase (foie) cher le diabète, mais pouvant certainement en modifier
Elle n’est pas inhibée par le produit de sa réaction, ce l’évolution ou le retarder. L’hyperglycémie et la glycosurie
qui provoque une entrée de glucose proportionnelle à la peuvent être accrues du fait de l’intervention d’un fac-
quantité circulante et relativement indépendante des be- teur pancréatique épargné par l’alloxane  : le glucagon
soins de la cellule hépatique. qui est hyperglycémiant (la sécrétion de Glucagon n’est
plus contre carrée par la sécrétion d’insuline).
c. La glucose 6 phosphatases (foie et rein)
Lorsque le glucose franchit la membrane plasmique, 2. RAPPEL HISTOLOGIQUE DU PANCRÉAS
il est piégé dans le cytosol. Il est phosphorylé dès son ENDOCRINE
entrée dans la cellule : or, la membrane plasmique est Les techniques d’immunofluorescence ont montré que
imperméable à tous les esters d’acide phosphorique et le pancréas endocrine est formé de quatre types de
en particulier au glucose  -6-phosphate, les réactions cellules  : les cellules A (α2) sécrétant le glucagon, les
qui suivent sont alors orientées vers la dégradation ou cellules B (β) sécrétant l’insuline, les cellules D (δ1) sé-
le stockage du glucose. Il existe cependant une possibili- crétant la somatostatine et les cellules PP sécrétant le
té de libération du glucose dans le milieu extracellulaire polypeptide pancréatique. La proximité entre cellules de
par les cellules hépatiques et rénales. Le foie et le rein différents types permet d’envisager des effets de type
possèdent une glucose -6-phosphatase qui déphospho- paracrine.
ryle le glucose -6-phosphate. Ces deux organes ont donc
la capacité de libérer le glucose dans le sang. 3. L’INSULINE
L’insuline est un polypeptide de 51 acides aminés formé
de deux chaînes : une chaîne A de 21 aa et une chaîne
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88 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
B de 30 aa reliés par deux ponts disulfures. Le seg- de glucose au-dessus de 1  g/L revêt un aspect bipha-
ment peptidique qui relie les chaînes A et B, le peptide sique  : élévation immédiate atteignant un premier pic
de connexion ou peptide C. Ce peptide est libéré dans la en quelques minutes suivi d’une diminution malgré la
circulation en quantité équimolaire avec l’insuline et son persistance du stimulus, puis d’une remontée plus lente
dosage sanguin reflète l’insulinémie. pour atteindre un niveau supérieur de sécrétion ; l’arrêt
de la stimulation est suivi d’un retour à la sécrétion ba-
3.1 RÉGULATION DE L’INSULINOSECRETION sale.
a. Le glucose
Le glucose est le seul métabolite capable, à dose physio- b. Autres facteurs humoraux
logique, de stimuler la sécrétion d’insuline. Le glucose Les autres métabolites insulino sécrétagogues sont : les
entre dans les cellules β via les GluT2. Une fois entré, acides aminés en particulier la leucine et l’arginine, les
le glucose est métabolisé. Les produits du métabolisme acides gras et les corps cétoniques.
(ATP…) entraînent une cascade d’événements qui dépo-
larisent la membrane cellulaire et déclenchent l’insuli- c. les facteurs nerveux
• Le système nerveux sympathique  : Les agonistes β
adrénergiques la stimule alors que les agonistes α2
adrénergiques l’inhibent. Étant donné la prédominance
des récepteurs α2, l’effet global est inhibiteur.
• Le système nerveux parasympathique : l’odeur, la vue
des aliments… active le système nerveux parasympa-
thique  : c’est la phase céphalique de l’insulinosécré-
tion.

d. Facteurs hormonaux
• Les hormones digestives  : Le passage du glucose
dans le tube digestif induit par lui même et indépen-
damment de la glycémie qui fait suite à l’absorption du
glucose ingéré une augmentation de l’insulinosécré-
tion qui préparant l’organisme à l’arrivée du glucose
et qui constitue l’axe entéroinsulinaire. Les hormones
impliquées sont : la sécrétine, le GIP (gastric inhibitory
polypeptide), la cholécystokinine…
• Le glucagon stimule la sécrétion d’insuline
• La somatostatine libérée par les cellules D du pancréas
inhibe la sécrétion de l’insuline. Son effet s’exerce par
voie paracrine.
• Une exposition à des concentrations excessives d’hor-
mones de croissance, de cortisol, d’hormone lactogène
placentaire, d’œstrogènes et de progestérone aug-
mente également la sécrétion d’insuline.

3. 2 EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L’INSULINE


Les effets physiologiques de l’insuline s’exercent sur la
nosécrétion. quasi-totalité des tissus (hormone ubiquitaire). Seuls le
cerveau, les gonades et les hématies sont insulino indé-
La sécrétion d’insuline en réponse à une élévation sou- pendante.
daine et soutenue de la concentration extracellulaire Cependant, les effecteurs principaux de l’insuline sont :
le foie, le tissu adipeux (TA) et le muscle.
L’insuline libérée dans la circulation agit sur un récep-
teur de type tyrosine kinase. L’interaction hormone ré-
cepteur déclenche des réactions de phosphorylations –
déphosphorylations de diverses protéines cellulaires. Le
nombre et l’affinité des récepteurs peuvent être modifiés
par l’insuline ou par d’autres hormones.

a. Effet sur le métabolisme glucidique


• Elle stimule de la pénétration du glucose dans les cel-
lules. Dans le tissu adipeux et le muscle, la concentra-
tion intracellulaire en glucose est relativement basse
et l’utilisation de ce substrat est limitée par les capa-
cités de transport de la cellule. L’insuline a la capa-

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 89
cité d’induire un recrutement des Glu  T4 c’est-à-dire −Augmentant
− la captation du glucose et d’A.G par le tis-
une translocation rapide des transporteurs vers la su adipeux.
membrane plasmique. −Stimulant
− également la lipoprotéine lipase
• Elle inhibe la lipolyse en inhibant la triglycéride lipase
(enzyme limitante de la lipolyse adipocytaire), l’insuline
a un effet antilipolytique direct dont le résultat est une
diminution de la concentration des A.G.L dans le plas-
ma et une réduction de l’afflux de ceux-ci vers le foie.
• Elle inhibe la cétogenèse  : du fait de son effet antili-
polytique et inhibiteur des enzymes de la cétogenèse,
l’insuline est la seule hormone anticétogène de l’orga-
nisme.

c. Effet sur le métabolisme protidique


Les actions de l’insuline sur le métabolisme protidique
se manifestent essentiellement au niveau du foie et du
muscle.
• L’insuline favorise la captation des acides aminés en
stimulant leurs transporteurs.
• Elle stimule la synthèse des protéines.
• Elle inhibe la protéolyse.

d. Effet sur la croissance


L’effet anabolisant protéique et anti catabolisant fait de
Au niveau du foie, L’insuline n’agit pas directement sur l’insuline une hormone de croissance. Le diabète sucré
les Glu T2. Cependant, elle favorise la pénétration indi- non équilibré chez l’enfant entraîne un retard de crois-
rectement en activant la glucokinase. sance.
Les processus d’entrée du glucose dans les cellules
sont renforcés par l’action inhibitrice de l’insuline sur la e. Effets sur les mouvements ioniques
glucose -6-phosphatase. Elle stimule l’entrée intracellulaire du K+ : cet effet ex-
• Elle favorise l’utilisation intracellulaire du glucose  : plique l’hyperkaliémie observée en cas de carence en
quel que soit le tissu cible considéré (essentiellement insuline
le foie, le muscle et le tissu adipeux), l’insuline a pour
effet de réduire la concentration intracellulaire de 3.3 ANOMALIES DE LA SÉCRÉTION D’INSULINE
glucose, par son utilisation aussi bien pour des réac- a. carence en insuline
tions de synthèse (glycogénogenèse) que pour des ré- • Métabolisme glucidique
actions de dégradation (glycolyse). Le déficit en insuline entraîne une hyperglycémie secon-
Elle favorise également la glycolyse par stimulation des daire à :
enzymes de la glycolyse (phosphofructokinase et la py- - une diminution de l’utilisation périphérique du glucose
ruvate kinase…). Dans le même temps, elle stimule la - une augmentation hépatique et musculaire
voie des pentoses phosphates. - une augmentation de la néoglucogenèse
• Elle inhibe la formation de glucose de novo (néo- Lorsque la glycémie s’élève au-dessus du seuil rénal
glucogenèse). En diminuant la synthèse et l’activité de pour le glucose, une glucosurie apparaît et une diurèse
la phosphoénolpyruvate carboxykinase (PEPK) et de la osmotique s’installe. Ceci se manifeste par une polyurie
fructose 1-6 diphosphatase (F1-6 di Pse). caractérisant le diabète et qui à l’origine d’une perte uri-
• Elle favorise la mise en réserve du glucose sous forme naire d’eau d’électrolytes.
de glycogène dans le foie et les muscles (glycogénoge- L’absence d’apport insulinique peut aboutir à une déshy-
nèse), en stimulant la glycogène synthétase et en inhi- dratation avec une hémoconcentration. À l’extrême, une
bant la glycogène phosphorylase. défaillance circulatoire périphérique s’installe en raison
de la réduction marquée du volume du sang circulant. Il
L’ensemble de ces effets de l’insuline sur le métabo- en résulte, une hypotension suivie d’une diminution de
lisme glucidique tend donc vers une diminution des la circulation rénale qui peut progresser jusqu’à l’anurie.
concentrations du glucose libre intracellulaire et ex- Une anoxie tissulaire généralisée avec comme consé-
tracellulaire. quence un déplacement vers le métabolisme anaérobie
entraîne une augmentation de la lactacidémie. Un coma
b. Effet sur le métabolisme des lipides apparaît quelque temps après l’apparition de la défail-
Les actions de l’insuline sur le métabolisme lipidique se lance circulatoire périphérique. La mort est inévitable en
manifestent principalement au niveau des adipocytes et l’absence de traitement.
des hépatocytes. • Métabolisme des lipides
• Elle stimule la lipogenèse au niveau du foie et du T.A. Le manque en insuline et la diminution de l’utilisation
Sous l’influence de l’insuline le glucose se transforme du glucose par les tissus adipeux de l’organisme abou-
en glycérol et acides gras (A.G). L’insuline stimule la tissent à une mobilisation des graisses qui se manifeste
synthèse des TG en : par une augmentation du taux d’AG libres et des corps
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90 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
cétoniques dans le sang. L’acétonémie a deux consé- Facteurs stimulants Facteurs inhibant
quences :
- Elle conduit à une acidose métabolique progressive, qui Acides aminés (alanine, ↑ Glucose sanguin
à son tour déclenche une respiration caractéristique sérine, glycine, cystéine et
profonde et rapide qui est d’ailleurs l’un des signes du thréonine)
diagnostic de l’acidose diabétique (respiration de Kus- CCK, gastrine Somatostatine
mall). Cortisol Sécrétine
- Les corps cétoniques diminuent la base fixe de l’orga- Exercice AGL (acides gras libres)
nisme. Ils sont éliminés dans les urines (cétonurie) en- Infections Cétones
traînant avec eux les ions Na+. Autres stress Insuline
• Métabolisme protéique Agonistes β adréner- Agonistes α adréner-
Le manque d’insuline s’accompagne : giques giques
- d’une diminution de l’anabolisme protéique Théophylline GABA
- d’une augmentation du catabolisme protéique (fonte Acétylcholine
musculaire, retard de croissance…)
- un bilan azoté négatif
- une augmentation de l’uréogenèse 4.2 LES EFFETS PHYSIOLOGIQUES DU GLUCAGON
• Mouvements de K+ Le glucagon a, globalement, des effets opposés à ceux
Le déficit en insuline s’accompagne d’une sortie cellu- décrits pour l’insuline au niveau du foie et du tissu adi-
laire de K+ avec tendance à l’hyperkaliémie. Cette fuite peux.
cellulaire de K+ entraîne une perte d’eau et d’électrolytes • il stimule la glycogénolyse hépatique : son action ma-
par la cellule à l’origine d’une déshydratation intracellu- jeure va dans le sens d’une production hépatique de
laire. Cette hyperkaliémie est à l’origine de troubles car- glucose et met essentiellement en jeu les voies gly-
diaques et digestifs. cogénolytiques. Le glucagon stimule la glycogénoge-
nolyse en augmentant l’activité du glycogène phospho-
b. Excès de sécrétion d’insuline rylase.
Il peut être d’origine exogène (surdosage en insuline…) • En parallèle, il limite la glycogénogenèse par inhibition
ou endogène (insulinome.). Il se manifeste essentielle- de la glycogène synthétase.
ment par une hypoglycémie qui est grave, car elle peut • Stimule la néoglucogenèse hépatique  : le glucagon
aboutir à un coma hypoglycémique qui met rapidement augmente l’activité de la phosphoénolpyruvate car-
en jeu le pronostic vital en absence d’apport glucidique. boxykinase et celle de la fructose 1-6 diphosphatase.
L’hypoglycémie, considérée comme une urgence médi- Le glucagon réprime la voie inverse (glycolyse) par in-
cale se manifeste essentiellement par : hibition de la pyruvate kinase, cette inhibition porte à la
• Sueurs froides fois sur l’activité et sur la synthèse de l’enzyme.
• Tremblement • Le glucagon induit donc une diminution de l’utilisation
• Sensation de faim douloureuse du glucose et une augmentation de sa concentration
• Crampes musculaires sanguine.
• Tachycardie • Stimule la cétogenèse hépatique.
• Perte de conscience avec risque de coma hypoglycé- • Stimule la lipolyse : le glucagon stimule les enzymes de
mique. la lipolyse essentiellement la TG lipase.
• Stimule l’insulino-sécrétion.
4. LE GLUCAGON
Le glucagon est un polypeptide linéaire de 29 acides ami- En conclusion : l’orientation métabolique dépend étroi-
nés. À l’échelle cellulaire, il agit sur des récepteurs cou- tement des niveaux sanguins respectifs de l’insuline et
plés à une protéine Gs activant une adénylate cyclase et du glucagon et de leur rapport molaire ([Insuline] p/
entraînant ainsi une augmentation de l’AMPC. [Glucagon] p).

4.1 RÉGULATION DE LA SÉCRÉTION DE GLUCAGON


Le glucose est le facteur principal qui contrôle la sécré- RÉGULATION DE LA GLYCÉMIE
tion de glucagon. Les mécanismes de détection de la gly-
cémie ne sont pas bien connus. 1. INTRODUCTION
Les autres facteurs qui influencent la sécrétion du gluca- La glycémie est le taux de glucose circulant dans le sang.
gon sont énumérés dans le tableau ci-après. Chez un individu en début de jeûne, c’est-à-dire chez qui
l’absorption intestinale est terminée, la glycémie est
normalement voisine de 5  mmol (0,9  g.L-1), mais elle
peut varier au cours de la journée. Dans les conditions
physiologiques, ces variations sont relativement fortes
(jusqu’à 30 %), comparées à celles d’autres substances
(1 % pour le calcium).
L’hypoglycémie et l’hyperglycémie sont des états patho-
logiques qui peuvent se révéler très dangereux pour la
survie de l’individu s’ils se prolongent trop longtemps.

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 91
L’organisme se trouve donc confronté à deux impératifs 3. EXEMPLES DE RÉGULATION
opposés. Il faut, d’une part, que la quantité de glucose
plasmatique soit suffisamment élevée pour alimenter 3.1 JEUNE
les tissus glucodépendants et, d’autre part, qu’elle soit L’arrêt de tout apport alimentaire exogène entraîne une
suffisamment basse pour éviter une déshydratation légère hypoglycémie qui, aussitôt détectée, en particulier
cellulaire et une chute de la pression artérielle. L’in- au niveau du pancréas et de l’hypothalamus, déclenche
tégrité de l’organisme et de son fonctionnement passe toute une série de modifications hormonales  : diminu-
donc par la nécessité d’une régulation de la glycémie. tion de la sécrétion d’insuline, augmentation de la pro-
duction des hormones antagonistes, hyperglycémiantes,
dites de contre régulation, parmi lesquelles le glucagon,
2. LA BOUCLE DE RÉGULATION d’origine pancréatique, et l’adrénaline provenant de la
ET SES ÉLÉMENTS médullosurrénale, occupent la première place et consti-
tuent ainsi la première ligne de défense. Si le jeûne se
2.1 PRESENTATAION GÉNÉRALE DE LA BOUCLE prolonge, l’hypothalamus libère des releasing hormones
La régulation de la glycémie obéit au principe de rétro- sollicitant la libération des glucocorticostéroides et de
contrôle négatif. La glycémie étant un paramètre ho- l’hormone de croissance.
méostatique, toute variation de ce paramètre déclenche Grâce à ces modifications hormonales se mettent en
des réponses correctrices dans le sens opposé de la per- place des mécanismes régulateurs qui concourent à
turbation. maintenir une glycémie subnormale en augmentant la
La boucle de régulation se présente comme suit : production endogène et en diminuant la consommation
- une variable régulée est la glycémie, de glucose.
- les capteurs : cellules A et B des îlots de Langerhans et L’activation de deux voies métaboliques utilisant des
cellules hypothalamiques. réserves énergétiques permet une augmentation de la
- organes régulateurs  : pancréas endocrine, hypotha- production endogène (glycogénogenèse et néoglucoge-
lamus, hypophyse, surrénales… nèse hépatiques) et en diminuant la consommation de
- les effecteurs sont  : le foie, le muscle et le tissu adi- glucose.
peux.
On situe le point d’inversion du système à la phase d’ac- 3.2 EN POST PRANDIAL
tion des hormones sur les effecteurs. Ce point est repré- Les réponses anticipatrices (axe céphalique et entéroin-
senté par le fait que le tissu considéré va, sous l’action sulaire) ne peuvent être réellement considérées comme
de l’hormone, provoquer une modification de la glycémie des réponses régulatrices. Cependant, l’hyperglycémie
opposée à la modification initialement produite par la post prandiale déclenche rapidement une stimulation de
perturbation. la sécrétion d’insuline et une inhibition de la sécrétion de
glucagon. L’augmentation du rapport [Ip/Gp] oriente le

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92 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
métabolisme vers l’utilisation et le stockage du glucose 2. LA GLUCOSURIE
ramenant ainsi la glycémie à un niveau normal. La recherche de glucosurie a perdu son intérêt depuis
la mise au point de la glycémie capillaire. La glucosurie
3.3 L’EXERCICE PHYSIQUE signifie que la glycémie dépasse généralement 1,8  g/l
L’exercice physique est considéré comme un stress phy- (10mmmol/l) qui est le « seuil rénal » et que le diabète
siologique mettant en jeu le système nerveux sympa- est mal contrôlé. L’interprétation de la glucosurie est dif-
thique. L’activation de ce système augmente les niveaux ficile en cas de seuil rénal bas (grossesse, diabète rénal,
plasmatiques d’adrénaline de glucagon et de GH (hor- 1,4 g) ou élevé (sujet âgé ; insuffisance rénale, ≥ 2 g/l).
mone de croissance) circulants et diminue l’insulinémie.
Pendant la phase initiale de l’exercice musculaire, les 3. DOSAGE DES CORPS CÉTONIQUES
besoins énergétiques sont couverts essentiellement par Leur recherche peut se faire dans les urines et dans le
l’oxydation des hydrates de carbone, mais la part d’éner- sang. On peut les observer dans deux circonstances : le
gie issue de l’oxydation des lipides (sous forme d’acides diabète sucré décompensé ou en cas d’hypoglycémie si-
gras et d’acide acétoacétique) est également importante gnifiant dans ce cas une cétose de jeune.
quand l’exercice se prolonge.
Les acides aminés ne représentent pas une source im- 4. HYPERGLYCÉMIE PROVOQUÉE
portante de substrats lors de l’exercice. Le glucose uti- PAR VOIE ORALE
lisé par le muscle provient du glycogène musculaire, Son indication n’a d’intérêt que lorsque le diagnostic de
mais également du glucose libéré par le foie par glyco- diabète est douteux : glycémie à jeun comprise entre 1,
génolyse et néoglucogenèse. La glycémie varie peu du- 10 et 1,26 g/l (7 mm/l). Au-dessous et au-dessus de ces
rant l’exercice physique même quand celui-ci est intense valeurs, l’HGPO est inutile. Son interprétation doit tenir
et prolongé. La glycémie diminue d’environ 10  % après compte de certaines causes d’erreurs  : absorption de
trois heures d’exercice continu réalisé à 50 % de l’inten- médicaments (comme les corticoïdes), maladies en évo-
sité maximale. lution (traumatisme, agressions), restriction alimentaire
La glycogénolyse et la lipolyse sont stimulées par l’adré- précédant le test. Sur le plan pratique, on administre 75 g
naline qui augmente dans le sang. Quand les réserves de glucose à un sujet au repos pendant toute la journée
en glycogène s’épuisent, l’adrénaline le cortisol et l’hor- de l’épreuve et ayant reçu une alimentation normale les
mone de croissance dont les taux circulants augmentent trois jours précédant l’épreuve. Elle peut être utile aus-
également stimulent la néoglucogenèse. Le cortisol et la si chez les sujets à risque. C’est-à-dire prédisposés au
GH développent leurs effets lipolytiques et mobilisent les diabète : hérédité, obésité, maladies endocriniennes par
acides gras à des fins énergétiques exemple.

5. DOSAGE D’INSULINE (MÉTHODE


EXPLORATIONS FONCTIONNELLES RADIOIMMUNOLOGIQUE)
DU MÉTABOLISME GLUCIDIQUE Ce dosage est intéressant dans les diabètes non insuli-
nodépendants. Il permet d’étudier l’insulinémie basale,
1 LA GLYCÉMIE le pic d’insulinémie précoce et la réponse à une stimu-
lation.
Elle peut être faite sur plasma (veineux) ou sang total
(méthode spécifique à la glucose oxydase) ou encore au 6. DOSAGE DU PEPTIDE C
niveau du sang capillaire après ponction du doigt. Le dia- Ce dosage permet de remplacer les dosages d’insuline
gnostic de diabète repose sur le dosage de la glycémie à lorsque les sujets reçoivent de l’insuline en injection.
jeun à deux reprises dans le plasma veineux. Les chiffres Le peptide C est sécrété en quantité équimolaire avec
sont représentés dans le tableau suivant. l’insuline et a une durée de vie plus longue que celle de

Facteurs stimulants Glycémie Glycémie quelle que soit 2 h après HPOG*


À jeun l’heure + symptômes avec 75 g de glucose
cliniques
Diabète ≥ 1,26 g/l ≥ 2 g/l ≥ 2 g/l
(7 mmol/l) (11,1 mmol/l) (11,1 mmol/l)
Troubles de la régulation de la ↑ Glycémie modérée Intolérance aux HC ≥ 1,
glycémie ≥1,10 g/l 40 g/l (7,8 mmol/l)
(6,1 mmol/l)
< 2 g/l (11,1 mmol/l)
< 1,26 g/l
(7 mmol/l)
normalité < 1,10 g/l < 1,4 g/l
(6,1 mmol/l) (7,8 mmol/l)

*HPOG : hyperglycémie provoquée par voie orale

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ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2 93
l’insuline. Le dosage du peptide C de base permet d’af- CONCLUSION
firmer qu’un diabète est totalement insulinodépendant. Pivot du métabolisme énergétique, le glucose est le
combustible obligatoire de certaines cellules et même
7. DOSAGE DE L’HÉMOGLOBINE GLYCOSYLEE fondamental pour les neurones, qui ne peuvent trouver
En présence d’une hyperglycémie, le taux d’hémoglobine ailleurs les énormes quantités d’énergie dont ils besoins.
glycosylée augmente au titre que celui d’autres proté- L’organisme dispose d’une gamme de dispositifs permet-
ines glyquées. Cette augmentation est d’autant plus tant de régler de manière précise la quantité de glucose
importante que l’hyperglycémie est élevée et prolongée. circulant dans le sang. Plusieurs mécanismes hormo-
Ceci est du au fait que le glucose peut s’attacher à l’hé- naux et nerveux, permettent de parer une hypoglycémie
moglobine, sans l’intervention d’une réaction enzyma- aussi immédiatement dangereuse pour le cerveau que
tique, mais seulement en fonction de sa concentration l’hypoxie. L’hyperglycémie, bien que particulièrement
sanguine. Comme la durée de vie du globule rouge est dangereuse à la longue, n’a pas ce caractère immédia-
de 120 jours, on peut ainsi grâce à ce dosage avoir une tement fatal pour le système nerveux : l’organisme ne le
idée sur la glycémie moyenne pendant une période de prévient que par un seul frein, l’insuline, dont la carence,
six semaines à deux mois. Le dosage de l’hémoglobine dans des cas pathologiques, se fait cruellement sentir.
glycosylée est donc d’une grande importance en pratique
dans la surveillance du diabète. L’homéostasie glycémique repose sur le foie qui reçoit,
met en réserve et distribue le glucose sous le contrôle
de nombreux éléments, au premier rang desquels se
situent le pancréas (à activité constante) et l’hypotha-
lamus, chargé d’élaborer la meilleure réponse énergé-
tique à des besoins cellulaires infiniment variables.

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94 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
MÉTABOLISME PHOSPHOCALCIQUE
ET RÉGULATION DE LA CALCÉMIE

Les objectifs éducationnels


Au terme de ce cours, l’étudiant pourra :
1. Décrire le métabolisme du Ca
2. Décrire le métabolisme du phosphore
3. Indiquer la relation calcémie protidémie
4. Décrire le rôle physiologique de chaque hormone intervenant dans le métabolisme
phosphocalcique
5. Indiquer les facteurs qui régulent la sécrétion de la parathormone et de la vitamine D
6. Citer les principales explorations du métabolisme phosphocalcique
7. Décrire l’indication de chaque exploration

PLAN
1. INTRODUCTION
2. MÉTABOLISME DU CALCIUM
2.1. RÔLE DU CALCIUM
2.2 DISTRIBUTION DU CALCIUM DANS L’ORGANISME
2.3 ABSORPTION DU CALCIUM
2.4 ÉLIMINATION DU CALCIUM
3. MÉTABOLISME DU PHOSPHORE
3.1 RÔLE DU LE PHOSPHORE
3.2 DISTRIBUTION DU PHOSPHORE DANS L’ORGANISME
3.3 ABSORPTION DU PHOSPHORE
3.4 EXCRÉTION DU PHOSPHORE
4. RÉGULATION DU MÉTABOLISME PHOSPHOCALCIQUE
4. 1 LA PARATHORMONE
4.2 LA VITAMINE D
4.3 CALCITONINE
4.4. AUTRES HORMONES
5. EXPLORATION DU MÉTABOLISME PHOSPHOCALCIQUE
5.1 MÉTHODES D’EXPLORATION BIOLOGIQUE STATIQUE
5.2 MÉTHODES D’EXPLORATION BIOLOGIQUE DYNAMIQUE

1. INTRODUCTION L’anion phosphate exerce à l’intérieur de la cellule le rôle


de tampon que le bicarbonate exerce dans l’espace ex-
Les métabolismes du Calcium (Ca) et des phosphates tracellulaire, tous deux formant les tampons urinaires
sont interdépendants, car ces deux minéraux forment principaux.
ensemble les cristaux d’hydroxyapatite : (Ca3 (PO4)2) 3. Ca La régulation phosphocalcique s’effectue par la vitamine
(OH) 2, qui, déposés sur la matrice du collagène, assurent D, la parathormone et la calcitonine. Ces trois hormones
la texture du tissu osseux des vertébrés. ont leur point d’impact dans les intestins, les reins et les
Le cation divalent Ca++ joue de son côté un rôle crucial os contrôlant ainsi l’entrée, la sortie, les stocks de cal-
dans le fonctionnement cellulaire en intervenant entre cium et de phosphore. Le seul signal régulateur perçu
autres dans la structure et les propriétés de perméabi- est la variation de la calcémie libre plasmatique.
lité des membranes des cellules et de leurs organelles Une autre particularité consiste en l’absence de contrôle
ainsi que dans la régulation de l’activité de nombreuses de la sécrétion des hormones par des centres supérieurs
enzymes. tels que l’hypophyse, l’hypothalamus ou le système ner-
veux central.
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2. MÉTABOLISME DU CALCIUM 2.3 ABSORPTION DU CALCIUM
Les besoins sont en moyenne de 1  g/jour et varient en
2.1. RÔLE DU CALCIUM fonction de l’état physiologique : augmentent chez l’en-
• les sels complexes  : fonctions mécaniques dans le fant, le sujet âgé, la femme enceinte et allaitante.
squelette. L’absorption se fait dans le duodénum et le jéjunum. Elle
• le Ca++ ionisée : actions métaboliques multiples dont est proportionnelle à la consommation de lait et de pro-
les principales sont : duits laitiers. 50 à 60 % du calcium ingéré est absorbé.
- la transmission des influx nerveux Le reste est éliminé dans les selles, auquel s’ajoute le
- la contraction musculaire calcium sécrété par les sucs digestifs.
- les changements de perméabilité des membranes cel- Elle est augmentée par :
lulaires • le pH acide de l’intestin
- la régulation des processus de sécrétion en particulier • par la vitamine D
hormonaux • la parathormone
- la médiation de l’action cellulaire de nombreuses hor- • la GH
mones Elle est diminuée par :
- la participation à des réactions en chaîne telle que la • Ingestion d’oxalate (épinards, oseille) et des bases.
coagulation sanguine et l’activité musculaire • Le cortisol.
- l’activation enzymatique
- les propriétés de contraction du muscle cardiaque 2.4 ÉLIMINATION DU CALCIUM
• intestinale : 500 à 800 mg/jour. Il s’agit du calcium non
2.2 DISTRIBUTION DU CALCIUM absorbé ou du calcium sécrété dans la lumière intesti-
DANS L’ORGANISME nale.
Il représente 1,6 % du poids du corps (1100 g) dont les • urinaire : 150 mg/jour. Il y a une filtration glomérulaire,
99  % se trouvent dans le tissu osseux. Le Ca++ est un mais la majeure partie est réabsorbée au niveau tu-
Cation divalent de masse atomique 40 de sorte que : bulaire distal. L’élimination rénale reflète la calcémie.
2 mEq = 1 mmol = 40 mg La réabsorption augmente si la calcémie diminue sous
l’effet de la parathormone et de la vitamine D. Inver-
a. Le calcium sanguin sement, l’excrétion du calcium est favorisée par l’hy-
La calcémie totale est de : 96 * 5 mg/l. Le Ca sanguin percalcémie, l’acidose, la thyroxine, la calcitonine, le
existe sous forme de : cortisol, l’hormone de croissance.
- le calcium ultrafiltrable : 65 mg/l, dont :
- calcium ionisé  : 55  mg/l. c’est la fraction biologique-
ment active. Elle assure : 3. MÉTABOLISME DU PHOSPHORE
L’excitabilité neuromusculaire et myocardique, l’activa-
tion enzymatique, la coagulation et l’activation du com- 3.1 RÔLE DU PHOSPHORE
plément. Au niveau du squelette, le phosphore forme avec le cal-
Elle est dépendante du pH  : augmentée par l’acidose cium les cristaux d’hydroxyapatite déposés sur la matrice
diminuée par l’alcalose et l’hyperphosphorémie. du collagène. Cette forme représente 85 % du phosphore
- calcium non ionisé : 10 mg/l biologiquement inactif. On de l’organisme.
le trouve sous forme de  : carbonates, citrates, phos- En plus de son rôle dans l’édification de l’os, le phosphore
phates et d’autres acides organiques. exerce plusieurs fonctions indispensables à l’organisme
• Le calcium non ultrafiltrable : 35 mg/l, lié aux protéines en général et au métabolisme cellulaire en particulier :
essentiellement l’albumine intravasculaire. Il constitue • les phosphates représentent le principal tampon intra-
une réserve calcique immédiatement disponible. cellulaire et urinaire.
La calcémie doit toujours être confrontée à la protidé- • Ils entrent dans la composition des acides nucléiques
mie. et des phospholipides de la membrane cellulaire.
• Sous forme de mono, di et triphosphates d’adénine
b. Le calcium dans les autres liquides extracellulaires et de guanine, ils sont une source d’énergie chimique
Liquide interstitiel, liquide céphalo-rachidien, lymphe. permettant le stockage et la libération d’énergie ou
l’activation d’enzymes par l’intermédiaire des protéines
c. Le calcium intracellulaire kinases.
• Le squelette comprend les 99  % des 1100  g du cal- • Ils participent à la régulation de la glycolyse et donc
cium total. Le squelette est en état de renouvellement à celle du métabolisme énergétique en formant avec
constant sous forme d’hydroxyapatite. Environ 18 % de les hydrates de carbone des liaisons riches en énergie
la masse osseuse est renouvelée par an. Elle diminue dont la formation à partir de l’ATP est catalysée par les
d’un tiers chez la personne âgée. Cet échange conti- kinases tandis que leur scission avec formation d’ATP
nuel entre le plasma et l’os se fait à partir des 2 pools est catalysée par les phosphatases.
de calcium osseux l’un rapidement échangeable repré-
sentant 1 à 4 % du total et l’autre plus stable parce que 3.2 DISTRIBUTION DU PHOSPHORE DANS
lentement échangeable. L’ORGANISME
• L’autre pool de calcium intracellulaire se trouve dans a. Phosphore sanguin
les mitochondries et le réticulum endoplasmique. La plus grande partie du phosphore est contenue dans

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les globules rouges. Dans le plasma, le phosphore existe - Le facteur principal de régulation est la calcémie : en
sous deux formes, organique et minérale. Le phosphore cas d’hypocalcémie, il y a stimulation de la synthèse
organique est représenté par les phospholipides et les et de la sécrétion de parathormone. L’hypercalcémie
esters phosphoriques (ATP, ADP...) Le phosphore mi- freine la synthèse et la libération de parathormone.
néral se trouve sous forme d’ions de l’acide orthophos-
phorique, 80 % sous forme divalente et 20 % sous forme b. Effets physiologiques
monovalente au pH sanguin physiologique. C’est une hormone hypercalcémiante et hypophospha-
Le phosphore plasmatique est habituellement exprimé témiante. Elle exerce son action sur plusieurs organes
en concentration du phosphore minéral ou organique. cibles assurant ainsi l’homéostasie du calcium sanguin
Ce phosphore ne présente que 1/10 du phosphore san- et celle du squelette. Certains de ces effets sont dus à
guin total. La phosphorémie n’est pas aussi étroitement l’action directe de la parathormone, d’autres sont mé-
régulée que la calcémie, elle fluctue davantage qu’elle, diés par la vitamine D dont le métabolisme est réglé par
elle peut varier de 1 à 1,5  mmol/l en fonction de nom- la parathormone.
breux facteurs (âge, alimentation, rythme nycthéméral, - Effets sur l’os
concentration du calcium, etc.) Il existe une concentra- La PTH est, avec le calcitriol, la principale hormone sti-
tion de saturation phosphocalcique qui n’est, physiologi- mulant la résorption osseuse. La PTH augmente l’activi-
quement, jamais atteinte té de résorption des ostéoclastes existants et induit une
(Ca) x (P) ≈ Cte ≈ 6000. ostéoclastogénèse in vivo et in vitro. Cependant, l’ostéo-
claste n’est pas en lui-même une cellule cible de la PTH
Le phosphore osseux : 85 % du phosphore de l’organisme puisqu’il ne possède pas de récepteur pour cette hormone.
existe sous forme de cristaux d’hydroxyapatite La cellule cible est l’ostéoblaste qui exprime un récepteur
membranaire pour la PTH. Les puissants stimulateurs de
3.3 ABSORPTION DU PHOSPHORE la formation des ostéoclastes sont les interleukines 1 et 6
Les besoins varient de 800 à 1200 mg/jour. L’absorption qui activent la résorption ostéoclastique.
représente environ 70  % des phosphates ingérés et se - Effets sur le rein
fait dans la partie moyenne de l’intestin. Elle est aug- La parathormone augmente la phosphaturie en diminuant
mentée par la vitamine D et la parathormone. la réabsorption tubulaire proximale des phosphates. Elle
augmente la réabsorption tubulaire distale du calcium,
3.4 EXCRÉTION DU PHOSPHORE mais du fait de l’hypercalcémie provoquée par la parahor-
- intestinale : 30 % des phosphates sont éliminés dans mone, il y a une augmentation secondaire de la calciu-
les selles. rie. Elle entraîne également une augmentation de l’hy-
- urinaire : 600 mg sont éliminés par jour, résultant de la droxyprolinurie du fait de l’action de la parathormone sur
filtration glomérulaire et de la réabsorption tubulaire l’os. Par ailleurs la PTH stimule la synthèse de la vit D en
proximale. 85  % du phosphore filtré est réabsorbé. augmentant l’activité de la 1 α hydroxylase rénale.
Le phosphore est une substance à seuil ; au-dessous - Effets sur l’intestin
d’une concentration de 22  mg/l on ne trouve plus de La parathormone favorise l’absorption intestinale du
phosphates dans les urines. L’excrétion des phosphates calcium. Il n’y a pas d’effet direct. L’effet se fait par l’in-
est augmentée par la parathormone et la calcitonine et termédiaire de la vitamine D, car la parathormone aug-
diminuée par la GH mente la conversion du 25 hydroxycalciférol en 1-25
dihydroxycholécalciférol dans le rein. L’effet de la para-
thormone est donc retardé.
4. RÉGULATION DU MÉTABOLISME
PHOSPHOCALCIQUE c. anomalies de la sécrétion de PTH
L’hyperparathyroïdie se manifeste par :
La constance de la concentration de calcium plasmatique - décalcification osseuse généralisée
implique une régulation. Le contrôle de la concentration - signes biologiques  : calcémie élevée, calciurie aug-
des phosphates dans le sang est moins strict que celui mentée, phosphatémie basse, phosphaturie augmen-
du calcium. Les contrôles hormonaux sont exercés par : tée, hydroxyprolinurie.
la parathormone (PTH), la 1-25 dihydroxy cholécalciférol - Autres signes cliniques : calculs rénaux (lithiase),
(vitamine D ou calcitriol) et la calcitonine au niveau de
l’os, de l’intestin et du rein. De plus, le maintien de cet L’hypoparathyroïdie se manifeste par :
équilibre calcique nécessite un contrôle par le calcium - signes cliniques : tétanie
lui-même de la production de PTH et de la production ré- - signes biologiques  : hypocalcémie, hyperphosphaté-
nale de vitamine D. Ce contrôle s’effectue grâce à l’acti- mie, hypocalciurie et hypophosphaturie.
vation d’un récepteur spécifique du Ca, présent au niveau
des cellules parathyroïdiennes, rénales et des cellules C 4.2 LA VITAMINE D
de la thyroïde. C’est une vitamine liposoluble.

4.1 LA PARATHORMONE a. Origine


a. régulation de la sécrétion - apport alimentaire : œufs, beurre, foie, poissons gras
Elle est sécrétée par les 4 glandes parathyroïdes. Sa et huiles extraites du foie de certains poissons : morue
concentration plasmatique est de 30 à 120 pg/ml, la de- - synthèse cutanée  : sous l’effet des rayons ultraviolets
mi-vie est de 30 minutes environ. par transformation du 7-déhydrocholestérol ou ergosté-
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rol présent dans le derme qui a été lui-même synthétisé plus souvent par des déformations du squelette et des
à partir du cholestérol et autres dérivés stéroliques. signes radiologiques.
- chez l’adulte : Elle se caractérise par une malléabilité
b. Besoins anormale du squelette (ostéomalacie) avec un aspect
Les besoins sont de 400 UI par jour, ils augmentent chez flou ouaté de la substance osseuse à la radiologie Il y a
les nouveau-nés et la femme lors de la grossesse et de des douleurs au niveau du rachis dorsolombaire.
la lactation.
4.3 CALCITONINE
c. Absorption, mise en réserve et élimination a. Structure et synthèse
La vitamine D est absorbée dans le jéjunum, mise en ré- Elle est synthétisée par les cellules para folliculaires ou
serve dans le foie, le muscle et le tissu adipeux surtout. cellules C de la glande thyroïde. La concentration plas-
Elle est excrétée dans la bile et est en partie réabsorbée matique est inférieure à 100  pg/ml. Dans le sang, non
(cycle entérohépatique). liée à des protéines, sa demi-vie est de une heure. Elle
est inactivée dans le foie, le rein et la rate.
d. régulation de la synthèse de vitamine D
Lors d’une baisse de la calcémie, la 1α hydroxylase ré- b. Régulation de la sécrétion
nale est stimulée par la parathormone (PTH) dont la Le seul stimulus de la sécrétion est l’hypercalcémie. La
sécrétion est induite par l’hypocalcémie. L’hyperphos- calcitonine a pour fonction d’abaisser le calcium sanguin
phorémie diminue l’activité de la 1α ydroxylase rénale. lorsque celui-ci est anormalement élevé.
La 25-OH vitamine D peut être également hydroxylée en Au-dessous de 90 mg/l la calcitonine est indétectable.
position 24 dans le rein par une 24-hydroxylase. La 24,25 La gastrine peut stimuler la sécrétion de la calcitonine
[OH]2 vitamine D ne semble pas jouer de rôle dans l’ho- (test à la pentagastrine).
méostasie calcique. Le calcitriol est par la suite métabo-
lisé dans ses tissus cibles. c. Effets physiologiques
À l’état physiologique, la calcitonine n’est pas considé-
e. Effets physiologiques rée comme une hormone clé du métabolisme phospho-
- tissu osseux calcique. Elle est hypocalcémiante et hypophosphaté-
Au niveau des ostéoblastes, la vitamine D stimule la syn- miante.
thèse de molécules de la matrice extracellulaire comme - tissu osseux
l’ostéocalcine et l’ostéopontine, ainsi que de certaines La calcitonine se fixe sur les membranes cellulaires
cytokines. la vitamine D est indispensable à la minéra- principalement des ostéoclastes au niveau de récepteurs
lisation de la matrice osseuse synthétisée par les os- spécifiques à adénylcyclase-AMP cyclique. La calcitonine
téoblastes, car elle permet l’absorption intestinale des diminue la résorption osseuse, donc diminue l’excrétion
minéraux. d’hydroxyproline dans les urines. Elle diminue en effet
Elle exerce également un effet permissif en activant l’ac- l’action des ostéoclastes et des ostéocytes.
tion de la PTH sur les ostéoclastes d’où résorption os- - rein
seuse. Elle augmente la phosphaturie et la calciurie.
À fortes doses, la vitamine D augmente la résorption os- Elle a un effet d’inhibition de la conversion de la 25 hy-
seuse, car elle accélère la formation des ostéoclastes et droxycholécalciférol en 1,25 dihydroxycholécalciférol.
inhibe la synthèse du collagène par les ostéoblastes.
- rein 4.4. AUTRES HORMONES
Elle augmente la réabsorption rénale de Ca++ et de phos- a. L’hormone de croissance
phates et diminue ainsi la calciurie et la phosphaturie. Elle augmente l’absorption intestinale du calcium, l’ex-
- intestins crétion rénale du calcium et diminue l’excrétion rénale
La vitamine D stimule l’absorption intestinale du calcium des phosphates.
en stimulant la synthèse de l’ARN de la calcium-binding- Par l’intermédiaire des somatomédines, elle augmente
protéine (Ca BP) notamment au niveau du duodénum. la synthèse du collagène, la masse totale de l’os et la
Le calcitriol stimule le transport intestinal du Ca++ en croissance des cartilages.
augmentant l’expression du gène de la Ca++-ATPase ba-
solatérale. b. Les hormones thyroïdiennes
- parathyroïde Elles sont nécessaires pour la croissance de l’os. Elles
Le calcitriol, est un puissant inhibiteur de la synthèse de augmentent la synthèse du collagène. Mais un excès
l’ARN messager de la pré-pro-PTH (rétrocontrôle néga- d’hormones thyroïdiennes augmente la résorption os-
tif). Cet effet est largement utilisé en thérapeutique dans seuse, augmente l’élimination urinaire du calcium, di-
l’insuffisance rénale chronique pendant laquelle il existe minue l’absorption intestinale du calcium et augmente
une augmentation de la synthèse de PTH liée à l’hypocal- l’élimination urinaire des phosphates.
cémie et à l’hyperphosphorémie.
c. Les œstrogènes
d. carence en Vit D Chez les femmes ménopausées, on observe une ostéo-
- chez l’enfant : la carence en Vit D se manifeste par le porose. En absence d’œstrogènes, la résorption osseuse
rachitisme qui est une ostéopathie avec déminérali- l’emporte sur la formation suggérant qu’ils sont néces-
sation. Les lésions osseuses variables en fonction de saires à la transformation des ostéoclastes en ostéo-
l’âge et de l’évolution de la maladie se manifestent le
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98 ANNÉE UNIVERSITAIRE 2016-2017 / THEME XII : SYSTEME ENDOCRIEN / PCEM 2
blastes. On a pu mettre en évidence des récepteurs aux
œstrogènes sur les cellules osseuses. Ils augmentent la
synthèse de la vitamine D au niveau du rein.

d. Les glucocorticoïdes
L’effet des corticoïdes dépend de la dose administrée. À
fortes doses les glucocorticoïdes inhibent la synthèse du
collagène et favorisent l’ostéoporose. Ils diminuent éga-
lement l’absorption intestinale du calcium et augmen-
tent son l’excrétion urinaire.

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