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Leibniz, Gottfried Wilhelm (1646-1716). Opuscules et fragments inédits de Leibniz : extraits des manuscrits de la Bibliothèque royale de Hanovre. 1903.

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~33 6

OPUSCULES

ET FRAGMEN TS 1 NËD IT S

DE LEIBNIZ

~'T)'~0~
DU MÊME AUTEUR

De Platonicis mythis, thèse latine (épuisé).


De l'Innni mathématique, ï vol. gï. in-8" (Alcan. 1896).
La Logique de Leibniz, t~r~ des documents inédits. i vol. gr. in-8" (Alcan, ï()0i).
La Logique algorithmique (en préparation).
Pour la Langue internationale. t brochure in-i6 (Hachette, ïoot).
I
Die internationale Hilfssprache. t brochure in-ï6 (Leipzig, Veit, 1002).
1

EN COLLABORATION AVEC M. LEAU

Histoire de la Langue universelle (Hachette).

995-01. Coulommiers.Imp. PAULBRODARD. iz-o~.


opnsoîi. ~~j ïî~J p~ C3
JL JL

ET FRAGMENTS INÉDITS

DE LEIBNIZ
.E~n~ J~ ~MM~r?~ ~~o~~M~r~<? J~MOvre

PAR

Louis COUTURAT
CHARGÉ
Dt:COURS
AL'UNIVERSITÉ
DETOULOUSE

« Quimenonnisiedids
no\'it,
nonnovît.
»
L< àP/a<-<-t~
21fevr.
1696.
(DM/~M,
VI,i, 65).

PARIS
FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR
ANCIENNE LIBRAIRIE GERMER BAILLIÊRE ET C~
108, BOULEVARD 108
SAINT-GERMAIN,

Ï903
Tous droits reserves.
A

McNsiE:uR ARTHUR HANNEQUIN

PROFES~BUR DEL*UNÏVERSïTÉDE LYON


t.

Témoignage de haute estime et de cordiale affection.


PRÉFACE

Notre ouvrage sur La Logique de Le~M~ était presque terminé (nous


le croyions du moins) lorsque nous eûmes le plaisir, au Congrès inter-
national de Philosophie(août 1900),de faire la connaissancede M. Gio-
vanni VACCA, alors assistant de mathématiques à l'Université de Turin
qui avait compulsé, un an auparavant, les manuscrits de Leibniz con-
servés à Hanovre, et en avait extrait quelques formules de Logique
insérées dans le Formulaire de Mathématiques de M. PEANO C'est lui
qui nous révéla l'importance des œuvres inédites de Leibniz, et nous
inspira le désir de les consulter à notre tour La lecture du catalogue si
détaillé et si complet qu'en a dressé M.le conseiller BoDEMANN~ bibliothé-
caire en chef de la Bibliothèque royale de Hanovre acheva de nous
décider. Ce catalogue, avec le classement des manuscrits dont il est le
résumé, a considérablement facilité, abrégé et guidé nos recherches;
disons mieux, il les a rendues possibles.C'est, selon une métaphore chère
à Leibniz, l'indispensable fil d'Ariane sans lequel nous n'aurions jamais
pu nous aventurer dans le labyrinthe de ses manuscrits. M. Bodemann

i. A présentconseillermunicipalde la villedeGênes.
2. Tome II, n° 3, 1899; tome III, !90ï; tome IV, 1902 (Torino, Bocca frères).
Nous profitons de cette occasion pour dire ce que nous devons à M. PEAMoet à ses
collaborateurs ce sont leurs tr~<aux qui ont attiré notre attention sur la logique
algorithmique, et qui nous ont par suite amené à étudier la logique de Leibniz.
Nous tenons d'autant plus à le reconnaître, que ces travaux tendent à réaliser, dans
les mathématiques, la Caractéristique universelle rêvée par Leibniz.
3. Cf. G. VAccA ~Mt MMKo~cW~t Mc~t~ di Z.~Mï~, ap..Bo~MtMo di MMt<~<~
e ~o~Mdelle ~CMM~e MM~tM~tcAe ~899) <' J'ai constaté que Leibniz connaissait les
principales propriétés du signe de négation, attribué jusqu'ici à Segner; l'identité du
signe de déduction entre les classes et entre les propositions; quelques-unes des
intéressantes analogies qui existent entre les symboles de la Logique et les propo-
sitions sur la divisibilité des nombres entiers; enfin, la représentation si suggestive
et si élégante des formes du syllogisme au moyen de systèmes de cercles, que l'on
attribue d'ordinaire à Euler
4..V. l'articleBodemann
auxAbréviations
bibliographiques.
ïttEDtTB DN LBtBNtZ. a
ï! PRÉFACE

nous a libéralement ouvert le trésor dont il a la garde, et il nous a aidé


dans nos recherches et dans un déchiffrement souvent pénible. Enfin
M. LIARD,directeur de l'Enseignement supérieur, a bien voulu nom
charger, en vue de ce travail, d'une mission du Ministère de Hnstruc-
tion publique, qui nous a permis de compléter nos investigations, et qui
nous a imposé en même temps le devoir d'en faire profiter le public.
C'est à ce concours de bonnes volontés, de conseils et de protections que
notre ouvrage doit le jour; nous nous faisons un plaisir et un devoir de
le déclarer, et d'exprimer à MM. LiARb,BcDEMANN et VACCA toute notre
reconnaissance.
Nous avons dit ailleurs combien notre livre sur La Logique de Z~M~
a profité desnouveaux documents que nous avons rapportés de Hanovre;
et si nous le rappelons ici, c'est pour bien marquer le caractère de cette
publication. Le présent volume n'est, en principe, que la collection des
textesinédits qui nous ont servi à compléter notre travail historique. Le
choix que nous en avons fait a donc été avant tout déterminé par le sujet
qui nous occupait c'est en général dans la mesure où ils se rapportaient
à la Logique que nous en avons pris, soit une copie intégrale, soit des
extraits seulement. Mais, comme la Logique de Leibniz est le centre de
son système, nous avons été naturellement conduit à « rayonner » dans
diverses provinces de son œuvre c'est ainsi que nous avons trouvé cer-
tains opuscules métaphysiques du plus haut intérêt, comme le « Primae
veritates », qui résume toute la philosophie leibnizienne dans son ordre
génétique et dans sa vraie perspective1; et certaines œuvres mathéma-
tiques qui nou~ ont paru intéressantes, ne fût-ce que pour l'histoire de la
pensée de Leibniz, comme La M~Ao~ /'C/M~<?rM~~et le Pacidius
.P/M/<M 3, dont GERHARDT n'a daigné donner au public que quelques
extraits, sous prétexte que c'était une « Vorstudie » 4..De même, nous
avons copié en passant quelques notes ou quelques coupons qui peuventt
être précieux par la date qu'ils portent comme ce fragment du
2 décembre ï6~6, qui suffit à ruiner l'hypothèse du spinozisme, même
passager, de Leibniz En un mot, nous nous sommes efforcé, toutes les
fois que nous en avons eu l'occasion, de combler les lacunes des éditions

I, t5; VIII,ïOO-ÏOt.
VIII,6-7; Cf.PtML.,
t. PHIL.,
2. PHtL.) V, ÏO.
3. MATH., X, Ï 1.
4. Math., VI, 8. Nous ne savons si l'on peut qualifier de Vorstudie un ouvrage
complet dont il existe un brouillon de &3pages et une copie soignée de 59 pages,
revue par l'auteur.
5. Voir à la fin du volume la Liste des fragments datés. En général, les éditeurs
pap~s&ent avoir complètement ncgtigë les morceaux datés, ce qui nous a procuré
le plaisir de voir confirmer par nos trouvailles toutes nos conjectures chronologiques
(V. La f.og't~t<6de Z.6~M< p. x et 3z3).
6. PHtL.,VIII,7t Cf. PtûL.,1,i~, c, 8 (tS~ô).
PRÉFACE II t

existantes. Par exemple, nous publions la fin du Specimen C~CK~ uni-


yerM/~ que GERhARDT avait laissée de côté parce qu'elle avait le
caractère d'une <tStudie »; comme si le commencementde cet opuscule,
et tant d'autres fragments publiés par Gerhardt, n'avaient pas le même
caractère! Nous avons eu la bonne fortune de trouver, inédits et incon-
nus, des opusculestrès importants, que leur étendue et parfois leur date
auraient dû suffire à recommander à l'attention des éditeurs comme les
Generales ~M~OMM ~M~~ Notionum et F~~M~ de 1686 2,
qui ponant cette note de la main de Leibniz « Hic egregie progressus
sum »; ou comme la Mathesis rationis 8, où Leibniz a inscrit cette men-
tion « Proba sunt quae hac plaguÏa, et sic satis haberi possunt pro
absolutis ». 11faut avouer que les éditeurs ont été bien difticiles, et bien
outrecuidants, de dédaigner des oeuvresdont Leibniz lui-même se décla-
rait satisfait, et qui étaient l'expression mûrie de sa pensée. On ne
peut
même pas alléguer, pour leur défense, qu'ils ne les ont pas connues on
trouve encore sur certains opuscules les titres que RASPEleur a donnés,
avecdes notes dédaigneuses comme celle-ci « non nisi
vulgaria conti-
nent, quaeimpressionem non merentur ou bien « Quales hic sunt,
typis vix possunt committi, nam sine capite et caice apparent sans
parler du scrupule qui a empêché Raspe de publier le vera inethodo
~/<M< ~o/o~p « Quod liberius de theologicis quibusdam
loquatur, typis non commisi» 7.
Mais, si incomplètes que soient les éditions existantes, nous n'avons
pas eu la prétention d'en combler toutes les lacunes, même en ce qui
concerne spécialement la logique. Nous n'avons pu
copier que les prin-
cipaux opuscules, ceux dont le contenu nous a paru le plus instructif et
le plus nouveau, et nous avons dû nous borner à
prendre des extraits ou
même à noter simplement le titre et le contenu des autres
fragments, qui
peuvent être au moins aussi intéressants à d'autres égards. Notre ouvrage
n'est donc nullement une édition, même
partielle ou complémentaire
c'est un recueil de morceaux choisis,
qui parfois se réduit presque à un
catalogue, destiné à compléter sur quelques points le catalogue Bode-
mann8. Il a avant tout pour but de mettre à la
disposition du public les
documents que nous avons employés dans l'élaboration de La
Logique
ï. PntL. VII,B, H, t6.t7.
X.PHtL.Vn,C, 20.3t.
3. PHIL.,VI, t~
4. PHH.. Vï, ïo, a.
5. PtHL.VI, ï5.
3~3~ VI, publiépar ~°~~ (p. ï09- puis par GERHARDr (P/< VIÏ,
323-327).
7..BOt~MMWM,
p. 91.
8. Surtoutdanala partiemathématique,dueà GERHARDT (v. p. 538,noter, dece
E n J e
volume). revanche, catalogueBodemann est un recueilde morceauxchoisis
IV PRÉFACE

de JL~M~, et qui pourront servir à la contrôler, à la compléter, ou


même fournir matière à d'autres études. Si fragmentaire que soit cette
publication, on ne saurait nous reprocher de n'avoir pas gardé pour
nous les copies et les notes dont nous nous sommes servi, et de ne pas
nous être borné aux citations forcément écourtées que nous avons faites
dans les notes de notre ouvrage historique. En publiant le contextedes
passages cités, nous mettons le lecteur à même de vérifier et, s~il y a
lieu, de rectifier notre interprétation. Est-il besoin d'ajouter que notre
choix n'a été guidé par aucun parti pris dogmatique, et que nous avons
recueilli avec le même soin et le même empressement tout ce qui peut
contribuer à élucider la doctrine de Leibniz? En fait, du reste, les textes
inédits que nous avons déjà publiés ont fourni à certains des raisons
d'approuver notre interprétation et de s'y rallier, à d'autres des argu-
ments pour la combattre et nous nous sommes également réjoui de ces
deux résultats contraires, qui témoignent à la fois de l'utilité de cette
publication et de son impartialité.
Pour conserver à notre travail son caractère d'objectivité, nous nous y
sommesabstenu de tout commentaire philosophique; nous nous sommes
borné à quelques notes critiques sur l'établissement du texte, et à quel-
ques remarques ou référencesdestinées à avertir et à guider le lecteur.
Le commentaire doctrinal de la plupart de ces fragments se trouve natu-
rellement dans La Logique de Le~M~, et nous ne pouvions qu'y ren-
voyer le lecteur. C'est ce qui explique (et excuseau besoin) les nombreux
renvois à notre ouvrage il était naturel et nécessaire de relier autant
que possible les textes de Leibniz aux passages de notre livre cil ils se
trouvent expliqués, commentés ou cités, et qu'ils servent inversement
à justifier ou à illustrer.
En général, nous nous sommes efforcé de reproduire le plus exacte-
ment possible le texte avec sa physionomie non seulement nous avons
respecté l'orthographe dans toutes ses bizarreries mais nous avons noté
la pagination, et marqué par des signes spéciaux les passages ajoutés et
les passageseffacés Cette dernière précaution nous paraît très impor-
tante elle a été constamment négligée par les éditeurs antérieurs, aussi
nous permettons-nous de la recommander aux éditeurs futurs. Pour en
comprendre l'utilité, il faut savoir comment travaillait Leibniz. ïl écri-
vait le plus souvent sur des pages in-folio (à peu près du format
« ministre a) pliées en deux dans la largeur. Le brouillon occupait une

souventfort intéressants.Nouscroyonsutile d'ajouterque l'on peut se procurer,


pour une modiquesomme,la copiedetel ou tel manuscritinédit,en s'adressantà
M.Bodemann.
t. Nousavonsdd parfoiscorrigerla ponctuation,extrêmementfantaisiste,pour
éviterdescontre-sens.
3. V, l'Explicationdes~MM,p. XVÏ.
PREFACE v

des deux colonnes ainsi marquées; il s'augmentait successivementd'ad-


ditions et de notes marginales inscrites dans l'autre colonne; et il n'est
pas rare que celle-ci soit aussi pleine que celle-là. Parfois, c'est dans le
blanc réservé en tête, autour du titre, que l'on trouve des notes margi-
nales d'une certaine étendue, comme celle qui figure au début du Ten-
~MK~K Anagogicum On conçoit aisément que ces additions, souvent
surchargéeselles-mêmesd'additions ultérieures, compliquent et dénatu-
rent le texte primitif et donnent lieu à des périodes d'une longueur inso-
lite, qu'on ne s'explique pas quand on n'en connaît pas la formation
progressive.Comme le disait un de nos maîtres, la phrase de Leibniz se
développe par intussusception, ou plutôt à la façon d'une monade qui
déroule ses replis. Il est extrêmement intéressant d'assister à ce dévelop-
pement de la pensée du philosophe, et c'est ce que nos signes critiques
permettront au lecteur de faire comme s'il avait le manuscrit sous les
yeux. Les ratures de Leibniz ne sont pas moins instructives car elles
trahissent souvent sa pensée intime, elles répondent au premier mouve-
ment de son esprit, qu'il corrige ensuite pour des raisons de
prudence,
de politique ou de diplomatie s. Nous n'avons reproduit,
parmi les
innombrables ratures des manuscrits, que celles qui offraient
quelque
intérêt théorique, en montrant les tâtonnements de la pensée de l'auteur.
Comme presque tous ces manuscrits ne sont que des brouillons, on
assisteà l'éclosion de cette pensée, on suit pas à pas ses recherches, ses
tentatives, ses insuccès, ses retours, et ce spectacle passionnant, parfois
presque dramatique, est autrement intéressant que la lecture d'un texte
définitifet fixé3. On pénètre ainsi dans l'intimité de ce grand
esprit; on
s'initie non seulement à sa méthode de travail, mais à ses
plus secrètes
pensées, à ses habitudes inconscienteset à ses tendances fondamentales.
C'est de cet avantage que nous avons tâché de faire
profiter autant que
possible le lecteur.
Nous n'avons pas cru pouvoir classerces textes inédits dans un ordre
systématiquequi en fit ressortir les relations d'abord, parce que, comme
nous l'avons dit, nous ne prétendons pas en donner une édition défini-

ï. MATH.,VII,5 (PM., VII, 270).Ce débutest méconnaissable dans l'éditionde


a
Gerhardt,qu~ confondula notemarginaleavecle texte.Le DeCoa-Mt'~OMC, Veritate
et Ideis,notamment,auraitgrandbesoind'une revision
critiquede ce genre.
Voir,par exempte,p. ()5.o6,les raturessi instructivesdu fragmentPmL.,V,
S,g ellesrévèlentpleinementl'intentioncachéeet le but pratiquede ce mémoire
qui n'apparaissent pasdanale textedéjàpublié.Voiraussi les corrections curieuses
du fragmentPmL.,VIII,57.
3. Voir notamment le « deForma:Logieas comprobatione per linearumductus»
~t' Generales7~Mt~'OMM ~M~ ~<0<t«<M ~'<~MW,
VII, où l'on voitLeibnizessayertour à tourdiverssystèmesde
Calcullogique,passeralternativement du pointdevuede l'extensionà celuide la
compréhension, et se heurterà desdifficultésqui viennentde ce veut a tout
les de
prix)us<iner règles la Logiqueclassique. qu'il
Yï PRÉFACE

tive; ensuite, parce que le seul classement légitime et objectif est selon
nous le classement chronologique; enfin, parce qu'un tel classementne
sera possible que dans une édition complète des œuvres de Leibniz. En
effet, les morceaux datés sont en minorité (bien qu'il y en ait beaucoup
plus, proportionnellement, que les éditions existantes ne pourraient le
faire croire). Par suite, le classement chronologique des manuscrits ne
pourrait se faire (si tant est qu'il soit possible) qu'après une comparaison
minutieuse de tous les papiers entre eux, en particulier avec la corres-
pondance Tant que tous les manuscrits de Leibniz ne seront pas inté-
gralement publiés, on devra se contenter du classement, imparfait sans
doute, mais approximatif et relativement commode, auquel ils setrouvent
à présent soumis, et qui, consigné dans le catalogue Bodemann, permet
de désigner exactement et de retrouver aisément le moindre bout de
papier. C'est pou~uoi nous avons suivi rigoureusement cet ordre, en
indiquant en mal ~e la cote et la pagination de chaque fragment. Seule-
ment, pour suppléer en quelque mesure à l'absencede classementlogique
et guider au besoin le lecteur, nous avons dressé, d'une part, une Classi-
~M~OM~HM~MC, et, d'autre part, une Liste <MCM<f.y datés que
l'on trouvera à la fin du volume. L'une et l'autre fourniront des rappro-
chements assez instructifs. Enfin l~~c~ nominum et rerum permettra
au lecteur de trouver tous les passages où il est question d'un personnage,
d'une idée ou d'une théorie, et de retrouver aisément un passagedéjà vu.
Nous espérons ainsi faciliter l'étude de ces textes et les rendre plus acces-
sibles et plus maniables au lecteur, en attendant l'édition complète et
définitive des œuvres de Leibniz, qui va bientôt être entreprise.
Nous croyons utile de donner ici quelques renseignements sur rinitia-
tive de cette édition, à laquelle nous avons eu l'honneur d'ètre associé.A
l'occasion de la première session de l'MOCM~OMïM~r~M~OM~~y~c~-
démies, qui s'est tenue à Paris enavril i goi M.Jules LACHEUEp, membre
de l'Académie des sciences morales et politiques, fit adopter par cette
Académie un vœu tendant à proposer à l'Association internationale l'éla-
boration d'une édition complète des œuvres de Leibniz; et il voulut
bien joindre à son rapport quelques notes qu'il nous avait demandées
sur l'état des manuscrits et des éditions de Leibniz. La proposition fut
éloquemment soutenue par M. BROCHARD, au nom de l'Académie des

i. On s'étonnerapeut-êtreque nous n'ayonsfait aucunempruntà la correspon-


dance.Nousn'avonspas fait de recherchesde ce côté,d'abord,parce que notre
récoltede documentsétait dé)à suffisamment abondante,et que nousétionslimité
par le temps;ensuiteet surtout,parceque les lettresde Leibnizne contiennenten
généralque des allusionsrapideset vaguesà ses travaux,ou tout au plus des
résumésdeceux-ci(comparerpar exemplel'appendicede la Lettreà Huygensdu
8 septembre1670[A~/t., M,17],à la C~<M~rM~M~eotM~r<M du to août 1670
[Jt~t~ V, !.).!]).C'estdoncdansles manuscritsqu'il fautchercherl'explication et
le développement des vuesthéoriquessommairement indiquéesdansles lettres.
t
PRÉFACE VÏ!t

sciences morales, dans la séance générale de l'J~ocM~OM; elle fut


approuvée et adoptée à l'unanimité. Trois Académies (l'Académie des
sciences de Berlin, l'Académie des sciences morales et l'Académie des
sciencesde Paris) ont été chargéesde préparer l'édition projetée. Peut-être
nous sera-t-il permis de donner notre opinion à ce sujet, sans autre titre
que celui d'avoir vu et manié les manuscrits de Leibniz, et sans autre
prétention que de servir une entreprise à laquelle nous regrettons de ne
pouvoir collaborer autrement.
Avant tout, il faut dire que ce qui fait la difficulté de la tâche, c'est son
énormité la totalité des manuscrits laissés par Leibniz à sa mort et con-
servésà la Bibliothèque Royalede Hanovreremplirait de80 à 100volumes
in-8~; et il y faudrait ajouter les lettres et les papiers qui se trouvent dis-
persés en Europe. Aussi tous ceux qui ont entrepris une édition complète
de l'oeuvre de Leibniz, ou même d'une partie spéciale de cette œuvre,
ont-ils succombé à la tâche 1, ou n'ont laissé que des éditions absolu-
ment incomplètes, même pour la partie qu'ils prétendaient épuiser
C'est justement pour cela que l'on a fait appel à l'Association internatio-
nale des Académies, et c'est pour de telles entreprises qu'elle a été expres-
sément créée, à savoir pour des entreprises qui dépassent les forces et les
ressources d'un seul homme ou même d'une association privée, et qui
demandent le concours et l'appui d'institutions publiques et perma-
nentes.
Aussi ne peut-on s'élever trop énergiquement contre un avis qui aurait
été émis au sein de l'Association, et qui tendrait à « faire un choix » entre
les manuscrits. Faire un choix! Mais c'est ce qu'ont fait déjà tous les
éditeurs précédents; et le résultat en est que nous n'avons de documenta-
tion complète sur aucune des parties de l'oeuvre de Leibniz, sur aucune
des faces de son génie encyclopédique et de son activité universelle. Si
l'édition projetée ne doit pas être absolument complète, ce n'est pas la
peine de l'entreprendre, et de mettre en branle trois Académies pour
faire un recueil qui soit à l'édition Gerhardt ce que celle-ci est à l'édition
Erdmann. On dira que ces savants, pourtant intelligents, ont mal choisi,
et que le choix futur sera meilleur. Qu'en sait-on? Tout choix est essen-
tiellement subjectif et arbitraire ce qui intéresse celui-ci paraît sans
importance à celui-là. Et puis, qui peut prétendre juger si tel fragment
offre ou n'offre pas d'intérêt? Faut-il donc rappeler à des érudits que
rien de ce qui émane d'un grand esprit comme Leibniz n'est insigni-
fiant et indifférent, surtout lorsque cet esprit n'a presque rien publié de

i. NotammentPsRTz(t8~.3-4.7)
et KLOPP
(1864-8~).
2. Comme EMMANM, qui intitulait faussement son édition « Opéra philosophica
quae exstant omnia et GsRHARBT, qui a travaillé 5o ans (1849-99) à la publica-
tion des manuscrits mathématiques et philosophiques de Leibniz, et n'en a pas
publié la moitié, ni même les plus intéressants.
VU! PREFACE;

ses idées, et les a léguées à la postérité sous la forme de notes détachées


et de brouillons parfois informes? On publie jusqu'aux moindres ébau~
ches de Victor Hugo, et même d'auteurs de bien moindre valeur; et l'on
dédaignerait les « petits papiers » de Leibniz, et on lui marchanderait le
nombre des volumes? Ce n'est pas possible, ce serait indigne de notre
temps, si curieux d'histoire, et si respectueux du passé, parfois jusqu'à
la superstition.
Au surplus, ce qu'on demande à l'Association ~crFM~<MM~des Aca-
démies, ce n'est pas une « restauration » plus ou moins habile et savante
de l'œuvre de Leibniz, une édition de « morceaux choisis a soigneuse-
ment triés ad M.SWM ~cAo/<ïrMMï ce qu'on attend d'elle, c'est qu'elle tire
de la poussière et de l'oubli cette masse énorme de documents, c'est
qu'elle préserve de la destruction le fruit d'un demi-siècle de pensée et
d'activité; en un mot, c'est la publication intégrale et scrupuleusement
objective des « reliques » de Leibniz. Ce sera ensuite l'affaire des érudits
d'y chercher les documents dont ils auront besoin pour leurs études, ou
d'en extraire à leur gré la matièred'éditions classiquesou partielles. Mais,
avant tout, il importe de mettre au jour (après tantôt deux siècles qu'il
est enseveli!) Leibniz tout entier, et de le mettre à la portée de tout le
monde savant.
Toutefois, on peut se demander s'il est bien utile de publier tous ces
brouillons, souvent incomplets et presque informes, qui se répètent ou
se ressemblent. Ici il convient de préciser. Lorsque l'on a à la fois le
brouillon d'un opuscule et la copie (en général revue et corrigée par
Leibniz), on peut évidemment se contenter de publier la copie, en notant
les additions, les corrections et les variantes Mais ce n'est là qu'un cas
très rare et cela s'explique par la méthode de travail de Leibniz. Comme
il « pensait toujours », il jetait sur le papier, n'importe où il fût, même
en voyage les idées qui lui venaient incessamment à l'esprit; puis il
mettait de côté ces brouillons, et ne ~r~M~~MM~ en effet, leur accu-
mulation même l'empêchait de retrouver celui dont il eût eu besoin, et
il avait plus tôt fait de l'écrire à nouveau. On comprend dès lors que ces
ébauches successivesd'un même opuscule i e soient jamais semblables
lors même que le fond des idées est le même, le développement ou par-
fois même le plan est différent; et si, en général, on peut constater un
progrès de l'une à l'autre, les premières contiennent néanmoins souvent
des détails ou des vues qui manquent aux dernières. Dans tous les cas,
toutes sont intéressantesau même degré, à titre de manifestationsde l'état
d'esprit de Leibniz à un moment donné tous ces « instantanés de sa

r. Exemple le Pacidius.PA:&x~t(MATH.,
X, ï i).
2. C'est probablement ainsi qu'il a écrit le plan d'un nouveau De Arte combitlatoria
sur une note d'hôtel (MATH.,I, 27, d).
PREFACE ïX

pensée sont également précieux pour en reconstituer l'histoire et la vie


intime. Il est donc nécessairede les publier tous, car entre tous les brouil-
lons d'une même série il n'en existe jamais un qui puisse remplacer tous
les autres; et d'ailleurs on n'a pas le droit de choisir le meilleur et le p~us
complet, et de le considérer plus que les autres comme l'expression défi-
nitive de la pensée de Leibniz
Proposera-t-on enfin, pour faire l'économie de quelques volumes, de
sacrifier les morceaux les plus courts, sous prétexte qu'ils sont écrits sur
des feuilles volantes ou sur ces bouts de papier que nous appelons coM-
~OM~,et qui, découpés le plus souvent dans les marges d'un autre
manuscrit, ne sont quelquefois guère plus grands qu'un timbre-poste?
Mais de quel droit dédaignerait-on une pensée que Leibniz n*a pas
dédaigné, lui, de noter par écrit? D'abord, un certain nombre de ces
fragmentssont datés, et cela suffit pour leur donner du prix car, quand
ils ne feraient que répéter une idée exprimée ailleurs, ils nous apprennent
que tel jour, telle année, elle était présente à l'esprit de l'auteur; et cela
peut permettre de conjecturer la date de telle œuvre beaucoupplus impor-
tante Quant aux autres, ils ne sont pas moins intéressants par leur con-
tenu on peut en juger par ceux que M. BooEMANN a publiés dans son
catalogue, et par ceux que nous publions nous-mêmc. La pensée de
Leibniz procédait par « fulgurations », et son expression est en général
d'autant plus nette et plus vive qu'elle est plus courte certains résumés
de quatre pages sont plus riches et plus instructifs que les grands ouvrages
où cette pensée se dilue et se noie. Il n'est donc pas étonnant que quel-
ques idées de Leibniz aient trouvé parfois leur expression adéquate dans
certaines formules lapidaires, qu'il a pour cela même jetées sur le pre-
mier bout de papier venu 4. Ailleurs, ce sont des remarques finesou pro-
fondes qu'il note à propos d'une lecture tout cela contribue à la connais-
sance de sa pensée, ou sert tout au moins à compléter sa physionomie
intellectuelle et morale. Encore une fois, qui donc aurait l'audace de
« faire un choix ? entre tous ces morceaux, de déclarer celui-ci intéres-
sant et celui-là inutile? Sait-on jamais si tel chiffon de papier, en appa-
rence insignifiant, n'apportera pas à une étude future un complément

i. Exemple les deuxrédactionsde la Méthodede l'Universalité(PmL.,V, 10).


On sait que la Monadologie existeen 3 versionsdifférentes,dont aucunen'est
la copieexactedss autres; mais,dansce cas, on peut se contenterde noterles
variantes.
2. Et que M. BoMMANn appelle .ScAK!~e/e~
3. C'est un coupon que cette note du 2 décembre 1676 dont nous avons
indiqué
plus haut la portée.
Par exemple, c'est sur un coupon que se trouve cette formule « Theoremata.
Tachygraphias seu cogitandi compendia esse qui non seulement résume, mais
illumine toute la théorie de la pensée discursive et symbolique, et par suite l'idée
même de la Caractéristique (PfïtL., VII, B, u, 53).
PREFACE

une confirmation inattendue, ou ne sera pas pour quelque cher-


précieux,
cheur un trait de lumière révélateur'? La fréquence même et la répétition
de certaines idées sont significatives et probantes supprimer quelques
serait affaiblir aux
fragments, sous prétexte qu'ils ne sont que des redites,
du l'importance et le poids des idées qu'ils expriment. Pour
yeux public
toutes ces raisons, la publication intégrale est la seule solution scienti-
et la seule respectueuse du génie qu'il s'agit d'honorer et
fique loyale,
presque de ressusciter.
Une autre question se pose, qui n'est guère moins importante que la
des manuscrits. On a déjà pro-
précédente c'est celle de la classification
de les répartir en séries, d'après la nature des sujets traités (c'est
posé
d'ailleurs suivant ce principe qu'ils sont classésà présent, et cela facilite
assurément les recherches). Mais ce serait encore retomber dans les
erreurs des éditeurs précédents. Faut-il donc rappeler que, chez un phi-
losophe comme Leibniz, tout est dans tout, et tout tient à tout? Séparer
les diverses productions de cet esprit vraiment universel, c'est mutiler sa
pensée. Ne suffit-il pas du spectacle de3éditions existantes pour prouver
quel désordre on aboutit ainsi sous prétexte de classement logique?
Dans les Philosophische Schriften se trouvent des écrits d'un contenu
lettres d'un
mathématique, et dans les Mathematische Schriften des
très précieux
grand intérêt philosophique Bien plus des documents
«
pour la philosophie se trouvent égarés dans les œuvres historico-poli-
tiques a publiées par KLOPp.Untel classement n'est donc qu'un trompe-
l'œil, qui entretient chez le lecteur l'illusion dangereuse de posséder et
de connaître toits les écrits philosophiques ou tous les écrits mathéma-
et ainsi de suite. Et cela ne tient pas tant à la maladresse des édi-
tiques,
teurs qu'à la nature des choses. Supposons qu'on veuille former la col-
lection complète des œuvres philosophiques il sera impossible d'en
d'une part, les œuvres mathématiques, car toutes les théories
séparer,
logiques de Leibniz sont inspirées par ses études et ses découvertes
mathématiques; et, d'autre part, les œuvres théologiques, car sa méta-
est inséparable de ses travaux théologiques la Théodicée est
physique
une œuvre de théologie au moins autant que de philosophie". Aux
œuvres mathématiques on devra naturellement joindre les écrits relatifs
à la mécanique, à la physique, à la chimie, à la minéralogie, à la géo-

i. Telle phraseinédite,qui nefaisaitque répéter,un peu plus nettementpeut-


être, une penséeexpriméedans vingttextesdéjà connus, a réussià convertirun
philosopheà notreinterprétationdu principede raisonet detoutela métaphysique
leibnizienne.
2. Il en est de même pour les manuscrits inédits classés sous les rubriques PmL.
et MATH.,comme on peut le constater dans ce volume.
3. Elle est à présent classée sous la rubrique THÉOLOGIE, où elle est entourée
d'oeuvres analogues et connexes.
PRÉFACE Xt

logie; d'autant plus que, pour Leibniz et son temps, la philosophiecom-


prenait encore toutes les sciences de la nature Ainsi le moins qu'on
puisse faire est de réunir dans une série unique toutes les œuvres philo-
scientifiques et théologiques. On pourrait former, pour des
sophiques,
raisons analogues, deux autres sériesau plus une série historique, poli-
de
tique et juridique, et une série littéraire et philologique. Mais que
liens encore romprait cette tripartition Les œuvres théologiques de
Leibniz se rattachent étroitement à son activité de politique et de diplo-
mate on sait à quelle méprise a donné lieu son <M ~o~M*K~,
a pris pour une profession de foi personnelle, alors qu'il n'est
qu'on
qu'un projet diplomatique d'entente et de conciliation entre catholiques
et protestants De même, ses études scientifiques sont intimement
unies à ses recherches historiques on sait que sa Protogoea était dans sa
com-
pensée la préface naturelle de sa grande œuvre historique. Enfin,
ment séparer ses théories de politique et de droit naturel de sa morale
qui en contient les principes; ou ses travaux de philologie comparée de
ses œuvres historiques, alors qu'il considérait Fétude des langues comme
une méthode pour découvrir les origines des peuples; ou ses méditations
de grammaire rationnelle de son projet de langue universelle, qui dépend
entièrement de sa logique et de sa caractéristique? On le voit partout où
l'on essaiera de pratiquer une section dans cette œuvre encyclopédique,
on tranchera dans le vif d'une pensée toujours une et continue sous la
variété de ses objets. C'est que, si la philosophie est essentiellement un
effort pour ramener tout à l'unité et pour penser systématiquement,
aucun philosophe ne réalisa cet idéal au même degré que Leibniz.
Démembrer son œuvre, c'est dénaturer sa pensée.
Il y a en tout cas une partie de cette œuvre qu'on ne peut raisonnable-
ment songer à classer ainsi c'est sa volumineuse correspondance 3.En
effet, il arrive souvent que dans une même lettre il traite dix ou douze
sujets différentset même hétérogènes. Aussi est-il ridicule de classertelle
lettre dans les œuvres philosophiques et telle autre dans les œuvres
mathématiques, en général, uniquement en raison de la profession du
correspondant Pour la correspondance tout au moins, il n'y a qu'un
classementadmissible c'est l'ordre chronologique
Dira-t-on que, du moins, on pourrait séparer ses œuvres de sa corres-

i. V. PHIL., VIII, 56-57, comment Leibniz conçoit la division de la philosophie,


c~est-à-dire ce que nous appellerions la classification des sciences.
2.V. La Logiquede Leibnif,p. 16~ et note6.
3. La correspondance de Leibniz comprend i5ooo lettres. Lui-même disait qu'il
écrivait environ 3oo lettres par an.
4.. V. La Logique de Z.6t~Mt~,p. vm, note t.
5. Est-il besoin de montrer combien il est fâcheux de classer les lettres d'après
leurs destinataires, comme a fait GEMARM? Ce qui importe, c'est le contenu et la
date d'une lettre, et non pas le nom du correspondant souvent Leibniz expose les
XH PRÉFACE

pondance, et publier celle-ci à part ?Mais ce serait oublier que la cor-


respondance de Leibniz fait partie intégrante de son œuvre de philosophe,
de savant, de théologien, de juriste, d'historien, de politique, et qu'elle est
indissolublement unie aux écrits qu'il gardait pour lui car souvent il
a pas de différence entre une lettre et tel mémoire conservé dans ses
n'y
papiers; c'était parfois de véritables mémoires philosophiques, scienti-
fiques, etc., qu'il envoyait à ses correspondants, et c'est sous cette forme
qu'il publia de son vivant une grande partie de ses idées. D'ailleurs, cer-
taines de seslettres ont une connexion formelle avec ses écrits comment
séparer la Lettre à .HM~~M du 8 septembre 1679 de son ~pe~ïcc, ou
celui-ci de la Characteristica geontetrica dont il est le résumé?Comment
séparer la correspondance avecArnauld et le Landgrave du Discours de
Métaphysique qui sert de base à leur discussion? On pourrait multiplier
ces exemples,pour prouver que les lettresde Leibniz sont inséparables de
ses œuvres, parce que les unes et les autres s'éclairent et se complètent
mutuellement.
Quel mode de classement devra-t-on donc adopter? Il n'y en a qu'un
qui soit vraiment scientifique et objectif, car seul il respecte les con-
nexions naturelles et génétiques qui existent entre les diverses produc-
tions de Leibniz c'est le classement par ordre chronologique de tous les
écrits sans distinction aucune2. II présente, il est vrai, une grande diffi-
culté, attendu que les morceaux datés sont en minorité. Néanmoins, il
semble que, joints aux lettres, qui sont presque toutesdatées ils permet-
tent de déterminer approximativement la date de la plupart des autres
écrits. Voici, croyons-nous, comment il faudrait procéder pour y par-
venir. Une fois qu'on aurait fait le recensement complet des papiers de
Leibniz, on dresserait la liste chronologique de tous les écrits datés
(lettres ou opuscules). Au moyen de cette collection de documents (et des
documents extrinsèques), on pourrait établir une biographie de Leibniz,
non pas une biographie psychologique et philosophique mais une
biographie pragmatique et rigoureusement chronologique, accompagnée
d'un Index très complet, qui permettrait de savoir ce que Leibniz faisait

mêmesidées,sousuneformeplus oumoinsdifférente, à plusieurscorrespondants;


chro-
etrienn'estplusinstructif,pourl'histoirede sa pensée,que le rapprochement
nologiquedeces lettresadresséesà diversdestinataires.
i. Comme MM.ADAM et TANNERY le font pour Descartes.
2. C'est celui qu'ËRDMANN avait adopté pour les œuvres philosophiques (y compris
les lettres), et c'est encore aujourd'hui le principal mérite de son édition.
3. La date de celles qui ne le sont pas peut être déterminée par comparaison avec
les autres, qui les encadrent.
4.. Faut-il rappeler combien la biographie de GuapAUERest incommode, par son
manque de divisions et de rubriques, par l'insuffisance de son index, par le mélange
de données historiques et de considérations philosophiques, enfin par la violation
perpétuelle de l'ordre chronologique ?
PREFACE xm

et pensait telle année, tel mois, tel jour, et, inversement, à quelles dates
il s'est occupé de telle théorie ou de tel problème Cela fait, on aurait
une base solide pour le classement chronologique de l'ensemble des
œuvres.On grouperait autour de chaque opuscule daté, d'abord les brouil-
lons et les notes qui s'y rapportent, puis les opusculesanalogues par leur
contenu; non pas, bien entendu, tous les opuscules traitant le même
sujet (comme faisait Gerhardt, qui rapprochait ainsi des ouvrages de dates
très éloignées), mais les opuscules de la même veine et de la même inspi-
ration t. Pour les autres, les allusions que Leibniz fait à ses travaux dans
ses lettres permettraient de conjecturer leur date avecune très grande pro-
babilité. Sans doute, il y aurait là place pour l'appréciation subjective et
pour l'arbitraire, mais dans une faible mesure car de telles conjectures,
fondéessur la totalité des données chronologiques que nous possédons et
sur l'ensemble des œuvres, atteindraient le maximum de probabilité que
comporte l'état du problème.
Bien entendu, une fois déterminé aussi rigoureusement que possible
l'ordre chronologique de tous les écritsde Leibniz, on pourrait « tricher »
d'une ou deux années pour réunir les écrits se rapportant à un même
ordre de questions, de manière à composer des volumesà peu près homo-
gènes (d'étendue inégale) que l'on pourrait se procurer séparément. Par
exemple, on pourrait grouper vers 1678 tous les brouillons relatifs à la
langue universelle, qui à eux seuls suffisent à remplir un volume, car
c'est à cette époque que Leibniz s'est surtout occupé de ce problème, et
qu'appartiennent ceux de ces brouillons qui sont datés. Ce serait là une
question de mesure, de tact et de goût, et aussi d'utilité et de commodité
pratiques. Il y aurait ainsi des volumes mêlés d'oeuvreset de correspon-
dance, d'autres où il n'y aurait pas de correspondance, et peut-être d'au-
tres où il n'y aurait que des lettres. De même, il y aurait des volumes
entiers de philosophie, d'autres de mathématiques, d'histoire, de droit,
de politique, de théologie, d'autres enfin d'un contenu varié. Ainsi toutes
les matières seraient alternées ou mêlées exactement comme elles alter-
naient et se mêlaient dans l'esprit de Leibniz et sous sa plume, et l'on
aurait par là le portrait exact et vivant de son activité intellectuelle; ou
plutôt, puisque cet esprit fécond et infatigable était toujours en mouve-
ment, et que nous avons comparé ses productions fugitives à des instan-
tanés, on en aurait vraiment la cinématographie.
i. C'est à peu près (toutes proportions gardées) ce que nous avons fait pour ses
travaux de Logique la correspondance nous avait appris qu'à telles dates il s'occu-
pait de Calcul logique, et nous avons en effet trouvé des brouillons de ces dates.
Notre Liste chronologique des fragments datés peut faire pressentir combien la chro.
nologie complète de l'oeuvre serait instructive.
a. C'est ce que nous avons essayé de faire (avec des données insuffisantes et bien
moins complètes) dans chacune des rubriques de notre C~Mt~c~MK ~~MMtMMe
(notamment pour le Calcul logique).
XÏV PRÉFACE

Telle est, à notre avis, la méthode suivant laquelle il conviendrait


d'élaborer l'édition complète que l'Association M~M~<MM/cdes Aca-
démies a entreprise, et qu'elle seule peut mener à bien. Nous espérons
que la présente publication, si fragmentaire qu'elle soit forcement, prou-
vera la nécessité et l'urgence de cette entreprise. Cette édition sera le
meilleur moyen « d'honorer la mémoire du grand penseur qui n'appar.
tient pas seulement à l'Allemagne, mais à l'humanité tout entière a
puisque le but suprême de son activité était « le bonheur du genre
humain a ce sera aussi un hommage bien dû au premier des encyclo-
pédistes, à cet infatigable fondateur d~Académies~;ce sera surtout une
réparation tardive envers le philosophe dont l'oeuvre a été trop long-
temps négligée et oubliée, et dont les idées n'ont pas seulement un intérêt
historique, puisque nous en voyons quelques-unes renaître de nos )ours
et refleurir sous nos yeux Ce sera enfin la résurrection d'un génie vaste
et divers comme la nature même qu'il embrassait et pénétrait, du plus
grand esprit des temps modernes, et peut-être de tous les temps. Ou plu-
tôt ce sera sa première apparition et sa véritable révélation, puisque sa
pensée, enseveliedans une masse de manuscrits inédits, n'est pas encore
complètement connue, qu'elle nous réserve encore des découvertes et
des surprises, et qu'elle n'a pas encore produit tous ses fruits. Toute
notre ambition est d'apporter notre pierre au monument qui se prépare,
et nous n'aurions pas perdu nos peines, si nous pouvions contribuer
ainsi à en hâter l'édification.

ï. Paroles de M. BROCHARD à l'Association internationale des Académies.


2. Sur le patriotisme et le cosmopolitisme de Leibniz, v. La Logique de Leibnij,
p. 5s8.
3. V. La Logique de Le~Mt~, chap. V L'Encyclopédie; et Appendice IV Sur
Leibniz fondateur d'Académies.
4. L'idée de la Langue universelle, et l'idée de la Caractéristique, avec celles du
Calcul logique et du Calcul géométrique, qui en dérivent.
ABRÉVIATIONS BIBLIOGRAPHIQUES

Manuscrits de Leibniz, ( r,
Tiir!.OL. 'THÉOLOGIE
conservésà la Bibliothèque T~OLoeiE (1).
~1
P~' = royale de Hanovre, et classes PH~osopHiE(IV).
PHILOLOGIE dans le
catalogue Bodemann
MAGMATIQUE
~YYYV~
(XXXV).
sousiesrubriquesrespectives:
Bodemann = Die Z.e~M~M<~cAr~CM der kôn. 0~. Bibliothek ~M
Hannover, beschrieben von Dr. Eduard BoDEMANN, Oberbibliothekar
(Hannover, Hahn, 1895)
Foucher de Careil, A == Lettres et Opuscules inédits de JL~M~, par
Foucher de Careil (Paris, i85~.).
Foucher de Careil, B = Nouvelles Lettres et Opuscules inédits de
Le~M~, par Foucher de Careil (Paris, i85y).
Foucher de Careil, 1-VII = ŒM~r~ Z.c~M~ publiées pour la pre-
mière fois d'après les manuscrits originaux, par Foucher de Careil,
7 vol. (Paris, 1850-1875).
~/qpp = Die Wcr~ von I.M~, erste Reihe historisch-politischeund
staatswissenschaftlicheSchriften, éd. Onno Klopp, 11 vol. (Hannover,
1864.-1884.).
Math. == JLc~M~e~ mathematische Schriften, éd. Gerhardt, 7 vol.
(Berlin-Halle, 1849-1863).
Phil. =Die philosophischen Schriften von G. W. f.e~M~, éd. Gerhardt,
y vol. in-4.(Berlin, 1875-1890).
GuHRAUER = G. W. Freiherr von L~t~Mï~, eine Biographie, par
GUHRAUER, 2 vol. in-t3 (Breslau, 184.6).
TRENDELENBURG = Historische Beitrâge ~M~Philosophie, par TRENDE-
LENBURG, 3 vol. in-8 (Berlin, 1867)~.

que nous
t. Ne pas confondrece catalogueaveccelui de ia correspondance,
n'avonspaseu l'occasionde citer Der Brt~gc~e~ desG. W. Le!&M!~n!der MM.
Bibliothek
J~MROtMMOM~ beschriebenvonEd. BoosMANN(Hannover,Hahn, t88g).
2.UnebibliographiepluscomptètedeséditionsdeLeibnizsetrouvedansLa Logi-
quede Let~Mt~,p. 585-6.
EXPLICATION DES SIGNES

Marque la séparation de deux pages consécutivesdu manuscrit.


J..J Ces crochets enferment les mots ou phrases que Leibniz a sup-
primés
<> Ces crochets enferment les mots ou phrases ajoutés par Leibniz.
J Les accolades enferment les notes ou additions marginales.
Il arrive que ces divers signes soient encadrés les uns dans les
autres ainsi [. < > .] désigneune addition dans un pas-
sage supprime; < [.]. > désigne une suppression dans
un passage ajouté; < < > > désigne une addition qui
contient une addition ultérieure; [. [.].] désigne une rature
qui contient une rature antérieure. Enfin [A] < B > indique la
substitution de B à A.
Les points serrés sont ceux du manuscrit.
Les points espacésmarquent les lacunes de notre copie.
Un astérisque suit un mot douteux.
Plusieurs astérisques tiennent la place d'un mot illisible.
Enfin, le texte des manuscrits est imprimé dans un caractère (X)
différent du caractère employé pour notre texte et pour la
Préface (IX).

i. C'estle signeemployépar Leibnizpour indiquerles passagesà supprimer.


V. p. 622,note t.
OPUSCULES
ET FRAGMENTS INÉDITS DE LEIBNIZ

THEOL.,VI, 2, f. f (2 p. m.) 11.


THEOL.,VI,2,f.

Origo veritatum contingentium ex processu in infinitum ad exemplum


Pro~O~OMKM inter quantitates incommensurabiles
1.

~~ZT~ 'P~PO~TYO
est, inesse
pnedicatumsubjecto quantitatem minorem majori vel
aequaÏemaequali
ostenditur
reddendorationem explicandohabitudinem
per analysinterminorumin communesutrique
notiones quantitates
MaecAnalysisvel finitaest, vel infinita.
Si 6nita sit, dicitur
Demonstratio Inventio communis mensuraeseu
commensuratio
Et veritasest necessaria Et proportioest effabilis
Reduciturenim ad
veritatesidenticas congruentmm cummensuraeadem
repetitâ
seu ad principiumprimum
contradictionis
siveidentitatis asquâUtadseorum quas congruunt.
1. Cf. les textes cités dans La Logique de p. ato-~ta, notamment les
GMC~M /~H<~<MM, § t35 (PHÏL.,
VIT, C, 29).
tttttMM DE MHBNtZ.
2 ORIGO VERITATUM CONTINGENTÏUM

t
THEot.vi,2,f. Sin Analysisprocédâtin icHnitum
y nec unquamperveniaturad exhaustionem,
Veritas est contingensquaeinfinitas proportio est ineSabilisquasinfini-
involvitrationes 1 tos habet quotientes
Ita tamenut semperaliquodsit residuum
Cujus iterumreddendasit ratio novumpra?bensquotiectem
Continuataautem analysiprodit seriesînfinita
quaetamenà DEO perfectècogne- CircaquamGeometramultacogno-
scitur scit
Et hase est
scientia visionis doctrinade numerissurdis<~qualis
est DecimoElementorumcon-
tenta~>
disdncta
à scientiasimplicisinteMigentï~6 ab 1 Arithmeticacommuni
utraque tamennon expenmentaus
sed à priori habensinfallibilitatem
et secundumquidemgenus
per rationes certas uni DEO infi- per demonstrationes necessarias
nitum comprehendentiperspec- Geometrsecognitas,numerista-
tas, non necessariastamen men effabilibusnon comprehen-
dendas
nam
veritatumcontin- proportiones surdas arithmeticè
demonstrationes
gentiumdari cognosciseu per mensuraerepe-
tionem~explicari
impossibile est.

Verso Sur les véritéscontingentes

e Si omnequodfit, necessarium esset, sequeretursola quae


aliquandoexistuntesse possibilia(ut voluntHobbeset Spinosa)et mate-
riam omnesformaspossibilessuscipere(quod volebatCartesius)" 0

ï. Sic.
2. Cf. les textes dtcs dans La Z.o~<<j'«e
de ~e~M<~ p. 233-224.;PHtL.,VIII, 7! et
Je De /< (foM<r de Careil, Bt tyg).
ORDO CARITATIS PACIDIANORUM 3

F. 12. THBOL.,V~2,f.t2.
~T~TT~ P~OPO~TjfO
Suivent 22 paragraphes parallèles, reproduisant presque textuellement
la f. t r, sauf les derniers, que voici

(21) nequeinter has media datur; (2i) neque inter has media datur.
quam verôvocantScientiamMe-
diam' est scientia<; visionis>
contingentiumpossibiHum.
(22) Exbis apparetradicemcontin- (22) Exhis apparetradicemincom-
gentiasesse infinitumin rationi- mensurabilitatisesse infinitum
bus2. in matenaepartibus.
F. i3, recto Mêmetableau que f. 11, recto. i3.
THEOL.,VI,2,f.
verso Sur les ventes contingentes.

THEOL., XX, 99 (2 p. in-folio.) XX,99. 1


T~EOL.,
NSTITUATUR Societassiveordo Caritatis<Pacidianorum > Compo- 1
i sîtus sit ex contemplativiset activis. Contemplativiomne studium
collocentin canendisDEO hymnis pulcherrimis,in quasrendaubique
materialaudis Divine in naturaeartiumqueac scientiarumarcanis ad
DEi <; autoris > perfectionemagnoscendamreferendis. Iidem accu-
ratas constituentdemonstrationesde DEOet anima, de veritate, de jus-
titia et re morum. ColligentThesaurum omnis humana: cognitionis.
FormabuntLinguam illam admirabilemaptam Missionariisad populos
convcrtencbs,veritatemquead modum calculiin omnibusrebus quoad
ex datis licet per solam vocabulorumconsiderationemconsequendam.
Hortoscolent, Animaliaaient, pharmacacomponent.
Activiinter homines exercendaeCaritatiscausa versabuntur et pro-
fessio eorum erit succurrere miseris quâ licet. Itaque si quis inopiâ
laboret, si animi aegritudine,si morbo, illi societas hase perfugio erit,
illi non auxiliumtantûm, sed et silentiumprasstabit.Ante omnia aigris
succurrent nam pleriquepereunt neglectu aut ignoratione,plerumque
enim unusquisquesegeraccuratadiligentiaindigerec,et totum hominem
iV,3,c, t5 ~c~e~M
i. Cf.PHiL., tne~tï.
M
a. Cf. PHtL., VÏ!Î, 89 « Conting~ntiœ radixest infitiMum. (Bodemann, p. t3ï.)
3. Notn dérivé de P«e<~<MN, pseudonyme sous lequel Leibniz voulait publier son
Encyclopédie. V. La Logique de JL~M~, p. i3o.
ORDO CÀRtTATtSPACtOÏANORUM

THEOL~XX,Q(). requireret; hoc autem ut nunc res sunt à Medicispraestariimpossibileest, j


i nam et pauci sunt Mediciboni, et unus aegrotusnec sibi Medicumsoli
i
alere potest, et si possetintereacaeterisinjuria fieret. Itaque plerumque
Medicifestinabundi,et ex levibusindiciisjudicantespraescribuntMedi-
camenta, cum tamen aegercura et diastaindigeat saepcpotius quàm
pbarmaco. Itaque fratres Caritatis aderunt aegrotis, quandocunque Î
morbi contagiosinon sunt, et aderunt gratis. Ante omnia respicientad
solatiaasgrotum,ut ne illi morositate et rigore adstantiummale trac-
`
tentur deinde diligentissimèomnia observent, etiam scripto compre-
hendant <; (ut habeamuspaulatim historiam morborum:) .> non ipsi
tamen pharmaca praesentent,sed hoc negotium Medico relinquent.
Missionariihujus societatismittenturad infideleset haereticos,nunquam J
illi disputabunt, sed leniter admonebunt, virtute magis et exemplis,
quàm rationibushominesconvincent.Non infideliminusaut haeretico,
quàm catholicoopem ferent. Nunquamse gubemationiet politicisrebus
miscebunt. Societas appellari poterit Pacidiana, scilicet pacem DEI l
< ferens. Nullas colligentopes, sed omnia impendentpartim in miseros,
t
j partim in experimenta.Non [alia]possidebuntpraedia,nisi experimen-
torum causa. Nihil video compendiosius,quàm ut duo ordines Bene-
dictinorumet Bernardinorumtota Europa in hanc Societatemconverte-
i
rentur. (Dabunt operam ut habeanthominessanctitatisfama celebres.)
1
Excipiendiqui sunt in Germaniaprincipatus,hos enim praestabitponti- 1
ficem vertere in Episcopatus.Non pellendiloco priores, sed adjiciendi
novi, ex veteribus regulam novam subibunt non nisi qui volent. At
nemo denub recipietur, nisi qui aptus sit régulas.Retinebunturreguïae
Benedictiet Bemardi,sed <~tamen> augebuntur.Generalisperpetuus
erunt visitatores.Longè erunt à splendoreexternomagnificisquepaîadis.
[
Ante omnia inter suos, virtutes morales excolent, invidiam, vanam
gloriam, simultates,irrisiones,insultationes,calumniaset omnemmale-
verso. dicentiam,imb et jocos mordaces eradicare conabuntur, 1 semper
rationes admittent et cuiviscopiam raclent, suas rationes allegandi.In
difficilibusdeliberationibusrationes utrinque scripto complectentur,
certoordine praescripto,ex quo necessaribdebetenasciveritas.
Si rectè ordinataesset HierarchiaEcclesiasticaconvenietomnes <( et
solos > ordinum Generalesesse simul cardinales.Omnes Ecclesiasticos
quos vocantsecularesesse sub regula. Pontificemesse generalemGene- (
S )fÀ$THROPHtLQRUM 5
i

ralium, ad hune omnes Generalesreferre. Ordinem plures nominare, TaEOL.,XX, 99.


aptosgeneralatui,ex his eligerepontificem.Pontifexest<;praetcrea.>
quasi GeneralisClericorumsecularium,sed deberet eandemhabere in
eos potestatem,quam Generalism sui ordinishomines. Ope Congrega-
tionum seu seminariorum,paulatimClerussecularissub regulamrevo-
catur. Capitulisita providendum, ut ne imposterumrecipiantur nisi
hommesegregiavirtute, non qui oblati pueri juvenesvepossentpapae,
imperatoriaut Regibusreddere regalia, seu bona quaein feudumpossi- i
dent Ecclesiae,ut contra ipsi sit potestasEpiscoposet Clerum omnem
rectèordinandi.Hœcfuit sententiaPascalispapae

XX, too (2 p. in-folio.)


THEOL., THEOL.) XX, t00.

Societas Theophilorumad celebrandaslaudesDEI opponendagliscenti


~cr or~w Atheismot.
~~UM multi praeclariordinessint instituti, nullumadhucvideocujus
hoc propriumac primum officiumsit, incenderehominesamore
autorisrerumDEI, laudesqueejus celebrare.Cumtamen hujus unius rei
causa potissimumconditi simus, et DEUM laudaturis pro cujusque
gentiscaptupateat etiam ad Turcas, et Persas, et Indos via; et tota
rerum natura hymnorum materiampraebeatquanquammajora DEI in
Christianosbeneficiasingularesetiamgratiasmereantur.
Ego cum ssepe de hoc cogitassem,nuper tamen exarsi inprimis
lectisverbis pulcherrimisEpictetiapud Arrianum, quae ita habent Si
mentem habeamus,quid nobisaliud ~~MW ~M~ privatim,~M~W
MM~K~M celebrandum et laudandumet grates~~O/MK~~? Nonneet inter
~MM~M~ arandum,~~t~MM~~M~c~~M~DJEW Magnus
est DEUS, qui nobisinstrumenta~~M~ ~~Cquibusterram~W~,
magnusestDEUS, qui manusdederit,quideglutiendi vim, qui ventrem,qui
~X~ latentercrescamus,
ut dormientes
respiremus.jH~Csingalisinrebus
i. Rapprochercefragmentet le suivantdu niétnoa'eDeRepublica, sept.tCyS
dontle
V,18-22),
(Klopp, passage «
relatifà l'ordrede la charité,SocietasTheophi-
lorum estcitédansLa LogiquedeZ.et~M<~ p. 5og,note3.
a. On sait que l'institution d'une Societas T~op~t/orMM est prévue à la fin de
deux plans d'Encyclopédie, le De Rerum Arcattis et le Plus Ultra (P/tt/ VII, 5t).
Cf. La Logique de jLet~Mt~,p. t3i-!32.
6 SOCtETA&THEOKHtOMJM

jTn~oL~ XX, ïoo, <~M~M~ erant,et ~M~MMJ MM~M~y ~~M~~MM~ ~r~~J~, quod/N~-
~~M dederit,harum f~H~M et ratione ~M~fM~
SM~ ergo<-MW ~M~ ~f~~ sitis, M~Woportebat esse<Ï/~M~, qui hoc
WM~r~~~r~~r, locoomnium~'MMMW D~O ~t~~? Quid
~MMt aliud senex,claudus,nisi celebrareDEUM. Quodsi luscinia
~~MM officiofungerer,si olor oloris. Nunc rationiscum
particepsj~,
DEUS celebrandus MM~ M~~ MMM~< ~~M< nequestationem
bancdeseram,quoadlicuerit,et vosad~M~M~~Ccantilenamexhortor.
} Galenus,lib. 3 de Usu partium< ap. 10 >
Existimo, esse~WM pietatena,non taurorum~~0~~
plurimas~~f~M~, casiasaliaquesexcentaodoramenta ac unguentaJM~H.
migari;sed si MOï/~Mipseprimus, deindeet aliis <n~, qua ipsius
sapientia, ~M<% Mf~, ~M~bonitas.Quodenim cultu conveniente exornare
omnia, nihilquesuis beneficiis privatumessevoluerit,id ~f~~JÏM~ boni-
tatis specimen essestatuo;et bacquidemrationeejus bonitashymnisnobisest
~a:/ HocautemOM<~ MMmM'quopactoomniapotissimumadorna-
~~M~, JMMM<C est, ~CM~ autemomnino~M~ virtutisest
~MW~' M~M. Ne igiturmireris,solemet lunam,et MM~f~~alio-
rum astrorum seriemJMM~M artificiodispositamesse; nevete attonitum
magnitudoeorumvel ~M/fM~ ~KC~ perpetuus,vel circuitionum certa
descriptio reddatadeb,ut si inferiora comparaveris, parva tibi M~M~r
esse,et omninoornatucarere.Etenimsapientiam et virtutemet providentiani
hic quoqùesimilem~~MM~.}
Placuit etiam elegantissimacontemplatioP. FridericiSpee 6 Societate
Jesu, de rationequa DEUSsingulisvelut momentistacito quodampacto
laudari possit, singulis < nostri corporis> pulsibusin hoc destinatis,
ut significentaliquamlaudemDEI
Sed maximèPsalmis Davidicis,et omnino Hebr~eorumconsuetudine
sum delectatus,omniabona semper ad DEUMetiam in
quotidianoser-
mone referentium;nimirumillis < DEUSdat escam,DEUS
aquas com-
movet, DEUSmari limitesponit >, DEUS tonat, DEUS fulgurat,non
casciin nubibus ignes terrificantanimos et inania murmura
miscent;
ï. Cf.Phil.,VII,71,et les autrestextescitésdansLaLogique deLeibnix,p. ï38
notei, et p. 599(~<M<?~<!).
2. Allusion au Guldenes Tugendbuch du P. SpEE, dont Leibniz fait souvent
Cf. La Logique de JLet~M! p. 5o5, 568, 599. l'élose
3. Vers de VïRGtLE Enéide, IV, 20q-210.
SOCIETAS THEOPHït.ORUM j

nequeideo falsaest philosophia,<~ nec mechanicaenaturam explicandiTHEOL., XX, 100~

rationes abjiciende, sed causéefinales jungende efnciendbus,<~ et


efficiensuniversalispardcularibus» unienda est veritas veritati, et
agnoscendusin omnibus actor DEUS, qui edam Philosophie Fluddi
Mosaice usus esse potest, si ab erroribus quibusdamcatachresibusque
purgetur.<~ Nam cumdicamnaturamnihil agere frustra, <: naturamà
vacuoabhorrere,naturamnon aberrare,naturam ad perfectionemten-
dere >, aliaqueid genus,profectà non est intelligendanatura particu-
lariscujusdamcorporis,sed universalisilla summaquecausa,quaesemper
finemet sequituret obtinet, qu% in avibus nidificat,in formicishyemi
providet,in omnibus rationis vestigia exhibet. > Itaque pulcherrimè
Socrates in Phaedonephilosophiamper finales causas laudat, omnia
referentemad Mentis ordinatricis providentiam*. Exscribendus est
integerlocus. Non quod ideb rejiciendasit explicatioper materiam
motumquepardum; <; summaenim causa per inferioraoperatur, > et
hoc ipsumdivinsesapientisefuit, non ordinariaextra ordinem agere, sed
perpaucissimasnaturaeleges<; omniumperfectissimas,ex infinitopossi-
biliumnumero > semel ab ipso delectas semelque positas [omnia]
<; pleraque> machinalinecessitateproducere,quaetamen ignaro non
nisi miraculis perpetuis extraordinarioquesemper concursu praestari
potuissevideantur.< Omnis enim artificislaus in eo sita est, ut opus
<; variumet > admirandumquàm simplicissimis principiisducat, utque
correctionesive [extraordinarioconcursu] insolitoque auxilio praster
ordinemprimum et communem non facile indigeat. > Itaque omnes
aliquid veritatis habuere, si sanè intelligantur, tum <~ Platonici>
Fluddusqueet similes, qui DEUMomnia facere dicunt, creaturaspro
instrumentishabentes, tum Democritici, Gassendus,Cartesius aliique
qui cuncta mechanicè explicaretentavêre. Quanquam illi inepte, si
explicationesmechanicas<~ id est per causamefficientemet materiam
proximam> explodendascredidêre, hi impie si causasfinales prorsus
ablegavêre.
Porro haec revocandi homines ad DEUM cura, si unquam, nunc
certè maximènecessariaest, ubi quidam mechanicasphilosophie prae-
textu providentiamobliquè traducere audent, impietatemqueincautis

t. Cf.Phil.,I, 32;IV,a8t,446;m, 54.55;IV,339;VU,335.


8 SUR LE PR!NC!PE DE& INDISCERNABLES

TMEOt..) XX, !00.


atqueimperitisinstillant,et <~ passimhominumin omniavitia provolu-
torum > temerarii contra religionemomnem sermones jactantur et
athei professiin aulis, in congressibus,in itineribus,passimaudiuntur.
!oo, verso. j Huic igltur malo peculiaremcenseoopponendumOrdinemTheo-
philorum. Et hujusquidem ordinis alii Musicamet poeticamfacultatem
<; et Eloquentiam> magno studio excolant, ideb tantum, ut canant
hymnosDEO mentesquerapiantin admirationemautorisipsa dulcedine
artis rerum magnitudinemtemperantes;alii linguas multarum gentium
[excolant][tractent] <~ versent >, eo consiliout Divinaelaudes per
omnes nationes circumferantur,et unusquisque audiat sua in lingua
loquentesmagnaliaDEI. QjL.aIemissionariorumgenus controversanon
attingentium, nullus facile populus aspernabitur; et hi tamen caetcris
missionariisparabunt viam alii <; ex Theophilorumordine > nature
miraculaomniaadDEUMreferent,mirificaqueejus artificia propalabunt;
nonnulli in historia universi rerumque atque imperiorum periodis,
arcanaprovidentiseconsiliavenerabuntur<~ alii deniquein summoDEI
erga mortales beneficio, salutis scilicet nostraeœconomia meditanda
occupabuntur>. Omnes id agant, non tantum ut os obturetur atheis,
quod vi metuque frustra fit, sedut DEUS in tota natura <; et tota
ratione > lucens irrefragabilidemonstrationeconfessosanimo quoque
subjugethostes boni autem non tantùm confirmentur,sed et <; cœlesti
quodam ardore correpti,> ad gratiasagendasDEO, ad agnoscendam
ejus infinitampotestatemet sapientiam,denique ad verum ejus amorem
superomnia quipietatisomnis< justitixque> animaest, innammentur.

PtML., ï, C, 7. PHIL.,I, 14, c, y (1 f. in-)

T~~AXiMiin tota philosophiaipsaqueTheologiamomentihxc conside-


ratio est, nullas esse denominationespure extrinsecasob rerum
connexionemi: ter se. Et non posse duasres inter se differresolo loco
et tempore, sed semperopus esse, ut aliquaalia differentiainternainter-
cedat. Ita non possunt duasesse atomisimul figurasimiles,et magnitu-
dine aequaÏesinter se, exemplicausa duo cubi squales. Tales notiones
mathematicae sunt, id est abstractas,non reaies,quaecunquediversasunt
oportet aliquo distingui, solaque positio in realibusad distinguendum
SURLEPMNCÏPRDESÏNNSCERNABLES o

non sufficit.Hinc tota philosophiapure corpusculariseverdtur. Et pn- PaïL., Ï, t4, c, ?.


mum quidemAtomidari non possunt, alioquipossentdari duo quaenon
nisi extrinsecodifferrent.Deinde si solus per se locus non facit muta-
i
tionem,sequiturnullam esse mutationemtantùm localem.Et in univer-
i
sum, locus positioque,quantitas, ut numerus;proportio,non sunt nisi
relationes,resultantesexaliis quaeper se constituunt<<aut terminant >
mutationem.Itaque in loco esse abstractèquidem nihil aliud videtur
inferre, quam positionem.Sed in re ipsa, oportet locatum exprimere
locum in se; ita ut distantiadistantiaequegradusinvolvatetiam gradum
exprimendiin se rem remotam, eam afficiendiaut ab ea affectionem
recipiendi.Ita ut revera situs realiter involvat gradum expressionum.
Itaque cum aliquando deliberarem de praedicamentis, distingueremque
morereceptopraedicamentumquantitads a praedicamento relationis,quod
quantitas et positio (quae duo hoc praedicamentocomprehenduntur),
videanturmotu per se produci, saltemqueita hominibusconcipisoleant;
re tamen accuratiùsconsideratavidi non esse nisi merasresultationes,
quaeipsaeper se nullamdenominationemintrinsecamconstituant,adeo- a

que esse relationestantum quae indigeantfundamentosumto ex pr~edi-


camentoqualitatisseu denominationeintrinsecaaccidentali.
Et quem- 1 admodum Existentiaà nobis concipiturtanquam res nihil 7, verso.
habens cum Essentiacommune, quod tamen fieri nequit, quia oportet
plus inesse in conceptuExistentisquam non existentis,seu existentiam
esse perfectionem;cum revera nihil aliud sit explicabilein existentia,
quam perfectissimamseriemrerum ingredi; ita eodemmodo concipimus
positionem,ut quiddamextrinsecum,quod nihil addatrei positae,cum
tamen addat modumquo afficiturab aliisrebus.
Porro ipsa Transitio, seu variatio,quaeubi cum perfectioneconjuncta
est actio, ubi cum imperfectionepassio dicitur; nihil aliud est, quam
complexusduorumstatuum sibi oppositorumet immediatorumuna cum
vi seu transitusratione, quaeest ipsa qualitas.Ut proinde ipsa actio vel
passiosit quaedamresultatioipsorumstatuumsimplicium.Hinc videntur
duaerequiri denominationes ntrinsecae,vis transeundi,et id ad quod
transitur. Quod in quo consistat nondum est explicatum quoquam,
oportet aliquidaliud esse quam vim activam,nam hasenihil aliud dicit,
quàmid quo sequiturtransitio,sed non explicatin quo consistatet quid
sit id ad quod transitur.Hoc aliquandoappellavilumen; ex quo resultant
!0 SUR LES AMES HT LES ATOMES

PML., !4, C~ 7.· nostra caenomena, aliaque in aliis monadibus, pro cujusque modo.
Posset dici possibilisqualitas.Ut figura-ad Extensionem,vis derivativa
ad Entelechiam,ita ~a~nomcnaad lumen; Lumen quodammodoest
materia imaginum. Non potest collocariin sola vi agendi quia acdo
rursus aliquidrelativumest ad statum qui variatur; quaeriturergo tandem
aliquidultimum,id est materiaimaginum,quaesimulhabettransitumab
magine ad imaginem;seu sunt ideaeactivas, et ut sic dicam vivae.Ut
ipsaemonadessunt speculaviva.
Omnia quaehac et ~raecedentipagina diximusoriuntur ex grandi illo
principio,quodpraedicatuminest subjecto;quo a me allegatoaliquando
Arnaldusse tactumqueatque commotum scripsit j'en ay esté frappé;
inquit'.

PHïL., I, t~ c, 8. PHIL.,I, i~ c, 8 (i p. in-4.)


1676
T~~riHividetur Omnem mentem esse omnisciam, [sed] confuse.Et
quamlibetMentemsimul perciperequicquidfit in toto mundo; et
has confusasinfinitarum simul varietatumperceptionesdare sensiones
illas quas de coloribus,gustibus, tactibusquehabemus.
Tempus autemin infinitumdivisibile,et certumest quolibetmomento
percipereanimamalla atquealia, sed ex omnibus perceptionibus<( infi-
nitis> in unum confusisoririrerum sensibiliumperceptiones.
Itaque plurium Mentium creationeDEUSefficerevoluitde universo,
quod pictor aliquis de magna urbe, qui varias ejus species sive projec-
tiones delineatasexhiberevellet, pictor in tabula, ut DEUSin mente.
Ego magismagisquepersuasussum de corporibusinsecabilibus,quae
cum non sint orta <; per motum>, ideo simplicissimaesse debentac
proindesphaerica,omnes enim aliaenguraesubjectasvarietati.Non ergo
videtur dubitandumesse Atomos sphasricasinfinitas.Si nullae essent
Atomi, omnia dissolverentur,posito pleno. Rationaleest plenum mira-
bile quale explico,quanquammens ex sphaeris.Nullus enim locus est

i. V.Lettre<f~~M<ïMM,
28sept.ï686 «J'aysurtoutestéfrappédecetteraison,
quedanstouteproposition affirmativeveritable,necessaire
ou contingente,
univer-
selleou singuliere,
la notiondel'attributestcompriseenquelquefaçondanscelle
du sujet ~t~tC~MM »Phil., II,64.
inestsubjecto.
SUR LE PRINCIPE DE RAISON ï! 1.

tamparvusquin fingipossit essein eo sphaeramipso minorem.Ponamus PmL., ~HIL.! h


I, C~ 8. 1
Ia.~ c,
ï4,
8. i
hocita esse,nulluserit locus assignabiUsvacuus. Et tamen Mundus erit
plenus,unde intelligiturquantitateminassignabilemesse aliquid. Diversi
rcsistentiaegradus non possunt esse in primis et simplicissimis,expli-
candaemm causa varietatis.

PtML.,I, i5. (4 p. in-folio)'. PatL. I, 15.

(i) Principiumratiocinandifundamentaleest, nihilessesine ratione,vel P.i.


ut rem distinctiusexplicemus, nullam esse veritatem, cui ratio non
subsit.Ratioautem veritatis consisdtin nexu praedicaticum subjecto,
seuut praedicatumsubjectoinsit, vel manifeste,ut in identicis,velud si
dicerem homo est homo, homo albus est albus; vel tecte, sed ita
tamen ut per resolutionemnotionumostendi nexus possit, ut si dicam
novenariusest quadratus,namnovenariusest ter ternarius,seu [ternariusj
est numerusternariusin temarium multiplicatus,temariusin ternarium
est numerusin eundemnumerum, is autemest quadratus.
(2) Hoc principium omnes qualitatesoccultasinexplicabilesaliaque
similiafigmentaprofligat.Quotiescunqueenimautoresintroducunt qua-
litatemaliquamoccultamprimitivam,toties in hoc principiumimpin-
gunt. Exemplicausa,si quis statuatesse in materiavim quandam attrac-
tivam<; primitivam,atque adeo ex intelligibilibuscorporisnotionibus,
magnitudinenempefigura et motu non derivabilem,velitque per hanc
vim attracdvamneri>~ corpora sine ullo impulsu ad
corpusaliquod
tendant,uti quidam gravitatemconcipiunttanquamgraviaa corporetel-
t. Cf.PML.,vm,6-7.
s. Suppléer ici M)f.
t2 CONSÉQUENCESMÉTAPHYSIQUES

PtHt.I,t5. luris attrahantur*,<(aut velut sympathiaquadamad eam alliciantur,ita


r:I
ut ulterior rci ratio ex corporum natura rcddi nequeat,> neque explica-
bilissit attrahendimodus; is agnoscitnullamrationemsubessehuicven-
tati <; quodlapistendit ad terram>. Namsi rem < non qualitateocculta
corporis,sed ~>voluntateDei seu lege divinituslata contingerestatuat,
l
eo ipso rationemreddit aliquam,sed supematuralemsive miraculosam.
Idem de omnibus dicendumest qui pro corporumphaenomenisexpli-
candisad nudas ~cultates, sympathias,antipathias,archaeos,ideas ope-
ratrices, vim plasticam, animas aliaque incorporeaconfugiunt,quibus
nullumcum phaenomenonexum explicabilemesse agnoscerecoguntur.
(3) Hinc consequensest, omniain corporibusfieri mechanice,id est
per <;inteHigibiïescorporumqualitatesnempe~> magnitudinesfiguraset s
motus; et omniain animabusesse explicandavitaliter, id est <~per intel-
r.
ligibilesqualitatesanimas> nempe perceptioneset appetitus.Interimin
corporibusanimatispulcherrimamesse harmoniam<; deprehendimus>
'inter vitalitatemet mechanismum,ita ut qusein corpore fiunt mecha-
nice, in anima repraesententurvitaliter; et quae in anima percipiuntur
exacte, in corporeexecutionidemandenturplene.
P. 2. (~) Unde sequitur, nos saepe ex cognitis corporis qualitatibus
animaset ex cognitis animas pathematiscorpori mederi posse; saepe c
enimfaciliusest nosse quaein anima, quam quaein corpore fiunt; saepe
etiam res contra habet. Et quoties animaeindicationibusutimur ad cor-
poris auxilium, medicina vitalis appellaripotest, quaelatius porrigitur
quam vulgo putant, quia corpus non tantum animae respondet in
motibus quos voluntariosvocant, sed etiam in aliis omnibus<; etsinos
obassuetudinemnon animadvertamusanimammotibuscorporisafficiaut
consentire,vel hos perceptionibusanimaeappetitibusquerespondere~>. ,(
Nempe horum perceptiones sunt confusas~ita ut consensus non ita
facile appareat. Anima quidem corpori imperat quatenus perceptiones
distinctashabet, servit quatenus confusas,<~sed interim quisquisali-
quam perceptionem in anima obtinet, certus esse potest, sese ejus
effectumaliquem in corpore obtinuisse,et vice versa >. Quicquid ergo
m archaeistisvel similibus autoribus boni est, huc reducitur etsi
enim <;illaB quas statuuntirss> turbationes et placationesarchaeim )
i
t. Allusion à NEWTON.
Cf. l~M<t~M'~t~ ~~fcM~(PA!7., VU, 337-344).
DU PRINCIPE DE RAISON t3

corporenon sint <~nec nisi in anima concipipossint>, est tamen ali- PHM~,I. t5.

quid in corporequod illis respondet.


(5) Et pennde res habet, uti interdumet rebus naturalibusveritatem
indagamusper causasfinales,quandoad eam facilenon perveniripotest
per efficientes,quod non tantum doctrina anatomicade usu partium
patefacit,ubi recte a fine ad mediaratiocinamur,sed etiam ipse notabili
exemploin specimineoptico ostendi*.Quemadmodumenim in corpo-
ribus animatisorganicarespondentvicalibus,motus appetitibus,ita in
tota natura causas efficientesrespondent finalibus, quia omnia non
tantum a potente, sed etiam à sapiente causa proficiscuntur.Et regno
potentiaeper efficientesinvolviturregnum sapientiaeper finales.Atque
haecipsa harmonia corporeorumet spiritualium inter pulcherrimaet
evidentissima Divinitatisargumentaest, cum enim inexplicabilissit unius
generisin atteruminfluxus,barmoniarerum toto genere differentiumà
solacausacommuniseu Deo oriri potest.
(6) Sedad eundem perveniemusgeneraliorevia, redeundo ad princi-
pium nostrum fundamentale.Nimirum considerandumest spatium,
tempuset materiam,nudamscilicet, in qua nihil aliud quam extensioet
antitypia consideratur,esse plane indifferentesad quaslibet magnitu-
dines, figuraset motus, nec proinde <~hic in rebus indifferentibuset
mdeterminatis> rationem reperiri posse determinati,seu cur mundus
talimodoexistatet non subalia quacunquenon minus possibiliformasit
productus.Unde consequensest, rationem existentiasrerum contingen-
tium tandem quaerendamesse extra materiam et in causa necessaria,
cujus nemperatio existendinon ampliussit extra ipsam eamqueadeô
spiritualemesse, verbo mentem, et quidem perfectissimam,cum ob
rerumnexumad omnia extendatur.
(7) Porro creaturaeomnes sunt vel substantialesvel accidentales.
Substantialessunt vel substantiaevel substantiata. Substantiata
appello
aggregatasubstantiarum,velut exercitumhominum, gregem ovium< et
talia sunt omnia corpora >. Substantiaest vel simplexut anima,
qua:
nullashabet partes, vel compositaut animal, quod constatex anima et
corporeorganico. Quia autem corpus organicumut omne aliud non P. 3.
nisi aggregatumest ex animalibusvel aliis viventibus
adeoqueorganicis,
r. ~MtCMM qphCOP,
M~~tC<P et ~M<MP~tM<<MM, ap.Acta~~M<f~Of<«M, 1682
(Dutens, C
lit, ï~5). f.La Logiquede Lc~Mt~,
p. 2&9sqq.
1. CONSÉQUENCESMÉTAPHYSÏQUES

?H!L., t, î5. vel deniqueexruderibusseu massis,sed quaeet ipsaetandemin viventia


resolvuntur; hinc patet omnia tandem corpora resolvi in viventia. Et
ultimumesse in substantiarumanalysiesse substantiassimplices,nempe
animas vel, si generalius vocabulum malis, Monades, quse partibus
carent. Etsi enim omnissubstantiasimplexhabeatcorpusorganicumsibi
respondens,alioqui ordinem in universocaeterisullo modo latum non
haberetnec ordinateagere patiqueposset;ipsatamen per se est partium
expers. Et quia corpus organicumaut aliud corpus quodvisrursus in
substantiascorporibusorganicisprasditasresolvi potest; patet non nisi
in substantiissimplicibussisti, et in iis esse rerum omniummodifica-
tionumquerebusvenientiumfontes.
(8) Quia autem modificationesvariant et quicquidfons variationum
est, id revera est activum, ideo dicendumest substantiassimplicesesse
activasseu actionumfontes, et in se ipsisparere seriem quandamvaria-
tionuminternarum.Et quia nulla est ratio qua una substantiasimplexin
aliam influere possit; sequitur omnem substantiamsimplicem<:esse
spontaneamseu > esseunum et solummodificationumsuarumfontem.
Et cum ejus natura consistatin perceptioneet appetitu,manifestumest
eam esse in unaquaque animaseriemappetituumet perceptionum,per
quam a fine ad media, a perceptioneunius ad perceptionemalterius
objecti ducatur. Atque ad~ animamnon nisi a causa universaliseu a
Deo pendere,per quem, ut omnia, perpetuoest et conservatur;caetera
vero exsua natura habere.
(9) Sed nullus foret ordo inter has substantiassimplices,commercio
mutui influxus carentes, nisi sibi saltem mutuo responderent. Hinc
necesseest talem esse inter eas respectumperceptionumseu phaenome-
norum, per quas dignoscipossit, quantum tempore aut spatiodifferant
P.4. inter se 1 earummodificationes in bis enim duobus, tempore et loco,
ordo existentiumvelsuccessivevel simul,consistit.Undeetiamsequitur,
omnemsubstantiamsimplicemaggregattimexternorumrepraBsentareet in
iisdemexternis,sed diversimodèrepraesentandis, simulet diversitatemet
harmoniamanimarumconsistere.Unaquasqueautem animarepraescntabit
proximesui organidcorporisphaenomena)remoteveroetiamcaeterorum
in corpusipsiusagentium.
(ïo) Et sciendumest per naturamrerum neri, ut quemadmodumin
corporeanimalisHippocratesait, ita in toto universosint o'oM~vw;
DU PRINCIPE DE RAISON :5

et quidviscuiviscerta quadamratione conspiret.Nam quia omnia loca PH!L.,I, t5.


corporibusplena sunt, et omnia corpora quodam fiuiditatisgradu sunt
praedita,ita ut ad quantulumcunquenisum nonnihil cedant; hinc fit ut
nullumcorpusmoveri possit, quin contiguumnonnihil moveatur,et ob
eandemrationemcontiguum contigui atque adeo ad distantiamquan-
tamcunque. Hinc sequitur unumquodque corpusculumab omnibus
universicorporibuspati, et ab iis varie affici,ita ut omnisciusin una-
quaque particula universi cognoscat omnia quae in toto universi
fiunt; <; quod equidem fieri non posset, nisi materiaubique divisibilis
esset, immo actu divisain infinitum>. Et proinde cum omne corpus
organicuma toto universo deternilnatis ad unamquamque universi
partemrelationibusamciatur,mirumnon est, animamipsamqux cetera
secundum corporis sui relationes sibi représentât, quoddam universi
speculumesse, repraesentanscaetera secundum suum, ut sic dicam,
punctumvisus.Uti eademurbs a diversisplagisspectantidiversasplane
projectionespraebet.
(11) Non autem putandum est, cum speculumdico, me concipere
quasiresexternein organiset in ipsa animasemperdepingantur.Sufficit
enimad expressionemunius in alio, ut constans quaedamsit lex rela-
tionum,quasingulain uno ad singularespondentiain alioreferripossint.
Uti circulusper ellipsinseu curvam ovalemreprsescntaripotest in per-
spectivaprojectione, imb per hyperbolam etsi dissimillimam,ac ne
quidemin se redeuntem, quia cuilibet puncto hyperbolasrespondens
cadcmconstantelege punctum circuli hyperbolamprojicientis
assignari
potesti. Hinc autem fit, ut anima creata necessarioplerasquepercep-
tiones habeat confusas,congeriemquippererum externaruminnumera-
bilium représentantes, < quaedam autem propiora vel extantiora
organisaccommodatadistinctepercipiat.> Cum vero rationespr~~erea
intelligit,mens non tantumest speculumuniversicreati, sed etiamimago
Dei. Hoc autem solis substantiisrationalibus
competit.
(12) Ex his autem sequitur,substantiamsimplicemnec incipere natu-
raliter(nisi cum originererum), nec desinereposse,sed
semper eandem
perstare.Cum enim partesnon habeat, dissolvinequit; et cum sit fons
Cf.QuidN~Idea,t67o(Phil.,VH,a63);Lettreà Foucher,1686 et
t~ de ( Phil., 383)
~~M~, p. to5. Pourles projectionsdu cercle,voirDe ~~M~
M!dM~M)a[<<~MC,
p. 2~3,274.
t6 VÉRITÉS NECESSAIRES ET CONTINGENTES

PH!L.,t,ï5. variationum,in continuavariandiseriepergit; et cum naturasua sit spe-


culum universi,non magis cessat quam ipsum universum.Sed si forte
ad eum statum perveniat,ut pene omnes perceptionesconfusashabeat,
id nos mortem appellamus,tune enim stupor oritur ut in profundo
somno, aut apoplexia.Sed cum natura paulatimconfusionesevolvat.
tune illa quamfingimusmors perpetuaesse non potest. Solasautemsub-
stantif rationalesnon tantum individuitatemsuam, sed et personamser-
vant, conscientiamsui retinentesaut recuperantes,ut possintesse cives
in civitate Dei, praemiipœnasquecapaces.Ita in lis regnum naturae
regnogratis servit.
(13) Imo ampliusprocèdedicoquenon tantum animam,sedet animal
ipsuminde ab initie rerum perpetuodurare,semperenimanimacorpore
organicopraeditaest, ut habeat per quod caeteraexternaordinaterepras-
sentet ideo etiam corpus ejus ad magnamquidem subtilitatemredigi,
penitus autem destrui non potest. Et licet in perpetuo fluxu consistat
corpus dici possitullammateriasparticulameidemanimaeperpetuo
assignatamesse, nunquam tamen corpus organicumtotum animaedari
aut eripipotest.Sed quantumcunqueanimalconceptionecrescat,habebat
organismumseminalem,antequamper conceptionemevolvicrescereque
posset; et quantumcunquemoriendodecrescatlicet amissisexuviisretinet
subtilemorganismumomnibusnaturaeviribussuperiorem,cum is repli-
catis subdivisionibusin infinitumpertingat. Naturaenim cum a sapien-
tissimoartificefabricatasit, ubique in interioribusorganicaest. Et nihil
aliud organismusviventiumest quam diviniormechanismusin infinitum
subtilitateprocedens.Nec quisquamopera Dei ut par est intelligit, nisi
qui in illis satis agnoscit,ut scilicet~Sectussit vestigiumcausas.
~T~~

PHït.tV,3,a,ï'4' PHIL.,IV, 3, a, 1-4..(7 p. in-4".)


recto. 7ERUM est affirmatum,cujus praedtcatuminest subjecto, itaque in
V omniPropositionevera affirmativa,neccssariavel contingente,uni-
versali vel singulari,Notio praedicatialiquo modo contineturin notione
subjecti; ita ut qui perfecte intelligeret notionem utramquequemad-
ï. Lacuneprovenant,d'unedéchirure
du papier;suppléerneque.
VERITES NÉCESSAIRESET CONTINGENTES
17

modumeam intelligitDEUS:is eo ipso perspiceretpraedicatumsubjecto PmL.,IV,3,a,ï. )1


inesse.Hinc sequiturOmnem scientiampropositionumquaein DEO est,
sive illa sit simplicisintelligentiae,circa rerum Essentias, sive visionis
circarerumexistentias,sive media circa existentiasconditionatas,statim
resultareex perfectaintellectionecujusquetermini, qui ullius proposi-
tionis subjectumaut praedicatumesse potest; <(seu scientiama priori
complexorumoriri ex intelligentiaincomplexorum>.
<~M~> Necessariapropositioest quseresolvi potestin identicas,
seu cujusoppositumimplicatcontradictionem.Exemplorem ostendam
in numeris Binarium vocabo omnem Numerum qui exactè dividi
potestper 2 et Ternarium vel Quaternarium,qui exactèdividipotest per
3vel 4, et ita porro. Omnemautem numerumintelligamusresolviin eos
qui eum exacte dividunt. Dico igitur hanc propositionemDuodenarius
est quaternarius,esse absolutènecessariam,quia resolvipotest in iden-
ticashoc modo Duodenariusest binariussenarius< (ex
deCnitione)>
senariusest binariusternarius< (ex dennitione)>. Ergo Duodenarius
est binariusbinariusternarius. Porro BinariusBinariusest
quatcrnarius
<(ex dennitione)>. Ergo Duodenariusest quaternariusternarius.Ergo
duodenariusest quaternariusQu. E. Dem. Quodsi aH~ definitionesfuis-
sent datae,semper tamen ostendi potuissetrem tandem eodem redire.
Hanc ergo Necessitatemappello Metaphysicamvel Geometricam.Q'jod
tali necessitatecaret, voco contingens, quod verô
implicat contradic-
tionem,seu cujus oppositumest necess~rium,id impossibile appellatur.
Cetera possibiliadicuntur in Contingenti Veritate, etsi
praedicatum
reverainsit subjecto,tamen resolutioneutriusquelicet termini indennitè
continuata,nunquamtamen perveniturad demonstrationemseu identi-
tatcm, soliusque DEI est infinitum semel comprehendentisperspicere
quomodounumalteri insit, perfectamqueà priori intelligerecontingenta
rationemquod in creaturis suppléer experimentoà
posteriori. Itaque
Veritatescontingentesad necessariasquodammodose habentut rationes
surdœ,numéros m <scilicet> incommensurabilium,ad radones effa-
bilesnumerorumcommensurabilium.Ut enim ostendi
potest Numerum
minoremalteri majori inesse, resolvendo
utrumque usque ad maximam
communemmensuram, ita et propositionesessentiales seu veritates
demonstrantur,resolutioneinstituta donec perveniaturad terminosquo~
utriquetermino communesesse, ex dennitionibusconstat. At quemad-
MthtTS MBMSUtNM.
2
l8 VÉRITÉS NÉCESSAIRESET CONTINGENTES

PHM.V,3,a,t. 1 modum Numerus major alterum incommensurabilemcontinet quidem,


licet resolutioneutcunque in infinitum continuata, nunquam ad com-
munemmensuramperveniatur,ita m contingenteveritate,nunquamper-
venitur ad demonstrationemquantumcunque notiones resolvas.Hoc
solum interest, quod in rationibussurdis nihilominusdemonstrationes
instituerepossumus,ostendendoerrorem esse minoremquovisassigna-
bili, at in Veritatibuscontingentibusne hoc quidemconcessumest menti
creatae.Atqueita arcanumaliquodà me evolutumputo, quod me ipsum
diu perplexumhabuic;non intelligentem,quomodopraedicatumsubjecto
inesse posset, nec tamen propositio fieret necessaria. Sed cognitio
rerumGeometricarumatque analysisinfinitorumhancmibi lucemaccen'
dêre, ut intelligerem,etiamnotiones in infinitumresolubilesesse
ï, verso. J Hinc jam discimusaliasesse propositionesqusepertinentad Essen-
tias, aliasvero quaead Existentiasrerum; Essentialesnimirumsunt quae
ex resolutione Terminorum possunt demonstrari; quae scilicet sunt
necessarise,sive virtualiter identicae; quarumque adeb oppositum est
impossibilesive virtualitercontradictorium.Et haesunt aeternaeveritatis,
nec tantum obtinebunt, dum stabit Mundus, sed etiam obtinuissent,si
DEUSalia ratione Mundumcreasset.Ab his vero toto genere differunt
Existentialessive contingentes, quarum veritasà sola Mente infinita à
priori intelligitur,nec ullaresolutionedemonstraripotest; talesquesunt,
quaecerto tempore sunt verse, nec tantum exprimuntquaead rerum pos-
sibilitatempertinent,sed et quid actu existat, aut certispositisessetcon-
tingenter extiturum, exempli causa, me nunc vivere, solem lucere, etsi
enim dicam solem lucere in nostro hemisphaeriohac hora, quia talis
hactenus ejus motus fuit, ut posita ejus continuationeid certo conse-
quatur,tamen < (ut decontinuandiobligationenon necessariataceam)>
et prius talem ejus fuisse motum similiterest veritas contingens,cujus
iterum quaerendaessetratio, nec reddi < plenè > possetnisiex perfecta
cognitioneomnium partium universi, quae tamen omnes vires creatas
superat,quia nullaest portio materiae,quaenon actu in aliassit subdivisa,
unde cujuslibetcorporispartes sunt actu infinitae;quare nec sol nec
aliud corpusperfectèà creatura cognoscipotest; multominus ad nnem
< analysées> perveniripotest si mod cujusquecorporis motorem et
i. Cf.Delibertate(Foucherde Careil,B, ïySsqq).GcMet*«~2M~M!Nt~<OM~§ ï36
(PmL., VII,C, 29)etLa Logique de f.et~Kt~,
p. 2to sqq.
VÉRITÉS NECESSAIRESET CONTINGENTES

hujus rursus motorem quaeramus,pervenitur enim semper ad minora PaM.ÏV,3,a,t.


<;corpora> sine fine. DEUSautcm <~non indigct;> illo transttu ab
uno contingentead aliud contingensprius aut simplicius<~qui exitum
haberenon potest(ut etiamreveraunum<; contingens> non est causa
alterius,etsi nobisita videatur)> sedin qualibetsingularisubstantiaex
ipsaejus notione omniumejus accidentiumveritatemperspicit,<~nullis
extrinsecisadvocatis,quia> una quaequealias omnes totumque uni-
versumsuo modo involvit.Hinc omnes propositionesquas ingreditur
existentiaet tempus,eas ingreditureo ipso tota series rerum,neque enim
nuncvel hic nisi relationead caeteraintelligipotest. Unde tales pro-
positiones demonstrationemsive resolutionem [nnitam] <~ termina-
bilem> qua appareat earum veritas non patiuntur. Idemque est de
omnibusaccidentibussubstantiarumsingulariumcreatarum.<~Im6 etsi
quis cognoscereposset totam seriem universi,necdum ejus rationem
reddere posset, nisi ejus cum aliis omnibus possibilibuscomparatione
instituta.Unde patet cur nullius propositioniscontingentisdemonstratio
inveniripossit, utcunqueresolutionotionumcontinuetur >.
Non tamen putandumest solas Propositionessingularesesse contin-
gentes,danturenim et inductionecolligipossuntpropositionesquaedam
plerumqueverae; dantur et ~erèsemper verresaltem naturaliter,ita ut
exceptiomiraculoascribatur; quin puto dari propositionesquasdamin
hac serie rerum universalissimè veras, nec unquam ne miraculoquidem
violandas,non quod violarinon possintà DEO, sed quod ipsecumhanc
seriemrerum eligeret,<; eo ipso~> eas observaredecrevit(tanquamspe-
cificashujus ipsiuselectaeseriei proprietates).Et per has <~ semel po- 2, recto.
sitasexvi decretidivirii> reddipotestratio aliarum propositionumUni-
versaliumvel <~etiam> plerumquecontingentiumquœ in hoc universo
notaripossunt.Namex primisLegibusserieiessentialibussine exceptione
veris,qusetotum scopumDElin eligendouniversocontinent, atque adeb
etiam miracula includunt; derivari possunt <;subalternae>- Leges
naturas,quae Physicam tantùm habent necessitatem,<~quibus non~>
nisi miraculoob intuitum alicujuscausaefinalispodorisderogatur; et ex
his deniquealisecolligunturquarumadhucminorest universalitas,easque
demonstrationes hujusmodiuniversalium<~intermediarumexseinvicem
(quorumpars Physicamscientiamfacit)> etiamcreaturisrevclarepotest
DEUS.Sed nunquamad <~universalissimaslegesneque ad ~>singula-
20 VERITES NECESSAÏRES ET CONTINGENTES

Pmt~ !V, 3, a, 2. rium perfectasrationesanalysiulladeveniriposset,< ea enim cognitio>


necessaribsoli DEO propria est. Nec vero et turbare debet, quod dixi
Esse Leges quasdam huic Seriei Rerum essentiales, cum tamen has
ipsas Leges non necessariasatque essentiales,sed contingentesatque
existentialessupra dixerimus.Nam cùm ipsamseriemexisteresit contin-
erunt absolutè
gens, et à libero DEI decreto pendeat, etiam Leges ejus
quidem contingentes,hypotheticètamennecessariaeatque < tantum >
essentialespositaserie.
H~c jam proderunt nobisad SubstantiasLiberas ab aliis discernendas.
Omnis substantiaesingularis accidentiasi de ipsa pr<edicenturfaciunt
contingentem, <quae Metaphysicam necessitatemnon
propositionem
habet. > Et quod lapis hic deorsum tendit sublato fulcimento, non
necessariased contingenspropositio est, nec potest<(taliseventus>
ex hujus lapidisnotione ope universaliumnotionum, quaeipsam ingre-
diuntur demonstrari,itaque solus DEUS hoc perfectè perspicit. Solus
enim novit, an non ipse per miraculum suspensurussit legem illam
nature subalternam,qua graviadeorsumaguntur,neque enim alii iniel-
ligunt universalissimas leges, nec infinitamanalysinpertransirepossunt,
opus est ad notionem hujus lapidiscum notione totius universiseu
qua
saltem praesciri
legibus universalissimisconnectendam.Attamen illud
ex nature subalternis, nisimiraculo suspendatur Lex gra-
potest Legibus
vium, consequidescensum.At vero SubstantiaeLiberaesiveintelligentes
majusaliquidhabent, atque mirabilius ad quandam DEI imitationem;
ut nulliscertis Legibus universisubalternisalligentur,sed quasi privato
miraculo, ex sola propriae potentiaesponte agant, et finalis
quodam
causarum>
cujusdamcausseintuitu efficientiumi~ suam voluntatem<
nexum atque cursum interrumpant. Idque adeo verum est, ut nulla
creatura sit ~p3M-<r~~ quse certè pr~dicerepossit, quid Mens aliqua
secundum nature leges sit electuraquemadmodumalias praedicipotest
< saltemab angelo > quid acturumsit aliquodcorpus,si nature cursus
non interrumpatur.QuoniamquemadmodumliberavoluntateDEI cursus
universi,ita libera voluntate mentis cursus cogitationumejus mutatur,
sic ut nullaequemadmodumin corporibus<possunt>, ita et in men-
tibus legessubalterne universales< ad prœdicendammentiselectionem
sumcientes>constitui queant. Quod tamen nihil prohibet, quin DEO
de futuris suis actionibus,ita de futuris mentis actioni-
quemadmodum
VÉRITÉS NECESSAÏRES ET CONTINGENTES 21

bus constet, dum et serieirerum quam elegit, suique adeb decred vim PHH. IV, 3, a, a.
) perfectènovit simulque edam intelligit quid Mentishujus quam ipse a, verso.
in numerumrerum <; extiturarum> admisit,nodo contineat, quippe
quaehanc ipsamseriemrerum ejusqueuniversalissimaslegesinvolvit. Et
quanquamillud unum sit verissimum,mentem nunquam eligere quod
<~imprsesentiarum>apparetdeterius; attamennon semper eligit, quod
impr<esentiarcm apparet melius; quia ampliare et judicium usque ad
ulterioremdeliberationemsuspendere< atque animumad alia cogitanda
avertere> potest. Quod utrum factura sit nullo satis indicio ac lege
pr~nnita astringitur;in his certè Mentibus,qux non satis in bono aut
malosunt connrmatae.Nam in Beatisaliud dicendumest.
Hinc etiam intelligipotest, quaenamsit illa indifferentiaquaeliber-
tatem comitatur.Nimirum uti contingentiaopponitur necessitatimeta-
physicae,ita indifferentianon tantùm Metaphysicam,sed et physicam
necessitatemexcludit. Physicae<;quodammodo~> necessitatisest, ut
DEUSomnia agat quàm optimè(quanquamin nulliuscreaturaepotestate
sit hanc universalemapplicaresingularibus,ullasquehinc consequendas
certas ducere, de actionibusdivinisliberis).Physicaeetiam necessitatis
est, ut confirmatiin bono angeli aut beatiex virtute agant (ita quidem
ut in quibusdam<; etiamà creaturacertô> praedicipossit, quid sint
acturi); physicagnecessitatisest, ut grave deorsum conetur, ut anguli
incidendaeet reflexionissint aequales,aliaque id genus. Sed physicae
necessitatisnon est ut Hominesin hac vita aliquid eligant, utcunque
speciosumet apparensbonum<; particulare>, quanquam< id > inter-
dum vehementissit praesumdonis.Tametsi enim nunquamsit possibile,
dari omnimodam illam metaphysicamindifferentiamut mens eodem
< planè> modose habeat ad utrumque contradictoriorum< et pror-
sus<( aliquid> sit in aequilibriocum tota ut ita dicamnatura >
(jam
tum enim admonuimuspraedicatumetiam futurum jam tum verë inesse
notionisubjecti,nec proindementemMetaphysicèloquendo esse indi&e-
rentem, cum DEUS ex perfecta quam habet ejus notione jam omnia
futura ejus accidentia perspiciatnec Mens nunc ad suam perpetuam
Notionemsit indifferens)tanta tamen Mentisindifferentia< physica>
est, ut ne physicaequidem necessitati(nedum Metaphysicae)subsit, hoc
est, ut nulla sit ratio <; universalis > vel lex naturas assignabilisex
qua ulla Creatura, quantumcunqueperfecta< et de statu mentis hujus
32 VERITES NECESSAIRESET CONTINGENTES

PMt.ÏV,3,a,2. edocta> certô colligerepossit, quid <mens saltem > naturaliter(sine


extraordinarioDEI concursu)sit electura.
3, recto.1. j Hactenus natura Veritatis, contingcntiae,et indinerentia~liber-
tasque inprimis humanaeMentis quantum ferebat institutum exposita
est. Nunc verô examinandumest, quomodores contingentes
inprimis
autem substantif libérasin eligendoatque operando à divinaVoluntate
atque praedeterminadonedependeant. Et quidem pro certo habendum
arbitror tantam esse rerum dependentiamà DEO, quanta
justitia divina
salvâesse maxima potest. Et in primis<ajo>
quicquidin rebus per-
fectionissive realitatisest à DEO continuôproduci,limitationemautem
seu imperfectionemesse à creaturis, uti vis
corpori alicui ab agente
impressa limitationemaccipità corporismateria sive mole, ac naturali
corporum tarditate, et majore existente corpore minor cœteris paribus
oriatur motus. Itaqueetiamadid
quodin ultimaaliquaLiberaeSubstantiae
determinationereale existit, à DEO produci necesse
est<inque hoc
puto consistere quicquidde physicapraedeterminatione dici cum ratione
potest >. Intelligo autem Determinationemfiericum Resin eum statum
venit, ut quid sit facturaphysicanecessitateconsequatur,nam Metaphy-
sica necessitasin mutabilibusnunquam est, cum ne illud
metaphysicae
necessitatissit, ut corpus nullo alio corpore impedientein motu
perse-
vère:. Ita ut <; proinde > tum demum
aliquid contingensmetaphysica
necessitatedeterminatumsit, cum reapseactu existit.Sufficit
ergo deter-
minatio qua actus aliquisfit physicènecessarius.
Intelligodétermination
nem quae indinerentiaeobstat, nempe ad
aliquam necessitatemmeta-
physicamvel physicamseuconsequentiamdemonstrabilemex resolutione
terminorum,legibusvenaturae nam determinatioquaenon necessitatem
quidem imponit contingentibus,sed certitudinematque infallibilitatem
tribuit (quo sensu dici solet,futurorum
contingentiumessedeterminatam
veritatem),ea nunquam cœpit, sed semper fuit, cum in ipsa subjecti
notione perfectè intellecta ab a~temo
contineatur, sitque ipsissimum
scientiaecujusdam<: divinae>, sivevisionis,sive
Médias,objectum.
Hinc jam videtur cum Divina Praedeterminationeconciliari
posse
DecretumDEI actualeconditionatum,vel saltemex
quibusdampraevisis
pendens, quo DEUS decernitlargiri prasdeterminationem. Nam DEUS
ex ipsa < hujus > substantias
singularislibers < consideratoe ut possi-
biUs> notione perfectè intellecta prasvidet,quœnam
ejus electio sit
VÉRITÉS HËCESSAÏRES ET CONTINGENTES 33

futura,illi igiturin temporepraedeterminationem accommodaredecernit, P Pa!L.,IV,3,a,3.


< positoquod eamdécernâtadmittereinter existentia~>.Verum intimas
rationesrimand nova nasciturdifficultas,cùm enim electio creaturaesit
actus essentialiterinvolvens divinam praedeterminadonem,sine quo
ipsamexerceriimpossibileest, et conditionemimpossibilemponi divino
decreto non sit ferendum, consequensest, ut DEUS eo ipso dum
prsevidetelectionemcreaturae< futuram> praevideatetiamsuampraede-
terminationemadeoque suam etiam praedeterminationemfuturam, ac
proinde\idet suumetiam decretum<~quemadmodumcertè omniacon-
tingentiaessentialiterdivina decreta involvunt~>.Ergo decerneretquia
se jam decrevissevidet, quod est absurdum.
Huic difficultati,
q uaesanè in hoc argumento maxima est, ita puto 33, verso.
1
satisiaciendum.Concedo sanè DEUM dum decernit praedeterminare
Mentemad certam aliquamelectionem< ideô quia electurampraevidit
si ad existendumadmitteretur >, praevidereetiam <suam praedetermi-
nationem, suumque praedeterminandidecretum videre (sed ut possi-
bile) > nec tamen decernere quia decrevit. Quia scilicet primum
Mentem aliquam considérât ut possibilem,antequam décernât ipsam
debereactuexistere.PossibilitasenimseuNotio mentiscreatseexistentiam
non involvit. Dum autem eam considerat ut possibilem,perfectëque
cognoscitin ea omnia <~ejusfuturà éventai ut possibilia,sedcum ipsa
(quanquamcontingenter,infallibilitertamen) connexa, jam nunc intel-
ligit,hoc est perfectèscit omniaquaesint ipsius existentiamconsecutura.
Porro eo ipso, dum NotionemSubstantiaehujus singularisconsideratae
adhuc ut possibilisperfectèintelligit, eo ipso etiam decreta sua sed
itidem considerataut possibiliaintelligit,quia ut < veritates> neces-
sariaesolum intellectumdivinuminvolvunt, ita contingentesvoluntatis
decreta. Nimirum DEUS videt sese infinitis modis posse Res creare
aliamqueatque aliam prodituramseriemrerum, prout alias Leges Seriei
seu <alia > decreta <:sua> primitivaeliget.Itaqueeo ipso dum con-
siderat hanc Mentem, quse hanc rerum seriem secum involvit, etiam
consideratdecretum, quod hsec Mens < atque haec séries > involvit.
Utrumque ut possibile,nondum enim decernere statuit; seu nondum
decrevit quaenamspecialiaserierum decreta tam generalia quam ipsis
connexaspecialia,sit electurus.Tandem ubi DEUSeligitunam serierum
< eiqueinvolutamhanc Mentemhis eventibusvestitamfuturam>, eo
2~ VËRÏTES NECESSAÏRES ET CONTINGENTES

PMtt..JV,3,a,3. ipso etiam de aliquibussuis decretisseu rerum legibus, quaein rerum


eligendarumnotionibus involvunturdecernit. Et quia DEUS eo ipso
dumseriemhanceligeredecernit, innnitaedam decretafacit,de omnibus
quaein ea involvuntur,adeoqueet decretissuis possibilibusseu Legibus
à possibilitateadactualitatemtransferendis,hinc patetaliudessedecretum
< quod DEUSin decernendorespicit,aliudesse decretum > quo DEUS
decernitilludreddereactuale,nempeid quo hanc rerumseriem<; et hanc
in ea Mentem > ad existentiam< et in ea illud decretum > eligit; sive
aliud esse decretum possibilein seriei ac rerum seriem ingredientium
notione involutum,quod decernit reddere actuale; aliud esse decretum
quo < decretum illud possibile > decemit reddere actuale. Quam
reflexionemDecretiunius super alterum eo minusdebemusmirari quia
utique Voluntatis quoque divinaedecreta <~libera> intellectuidivino
objici oportet priusquam facta intelligantur.Neque enim facit DEUS,
quod non se facere jam sciat. Hinc jam intelligimusquomodo divine
prœdeterminationisphysicanecessitascum decreto Praedeterminandi ex
actibus pra:visisstare possit, tantumqueabesseut DEUSJudam prodi-
torem fieri debere, absolutè decernat, ut potius ex notioneJudas inde-
pendenterà suodecretoactualivideateumfore proditorem.Nec proinde
decernitDEUSJudam debere esseproditorem.SedtantùmJudamquem
prasvidetfore proditoremnihilominusdebere existere,<; quoniam infi-
nita sua sapientiavidet, hoc malumimmensolucre majoribusbonispén-
4, recto. sari nec aliter res meliussibi constare~>j1 quod ipsumnon velle, sed
permittere est Decreto jam Judam peccatorem extiturum <;conse-
quenter etiam decemitur et ~>cum prodenditempus veniet concursum
prœdeterminationisactualisesse accommodandum.Quaetamen tantum
ad id quod in pravohoc actu perfectionisinest terminatur,ipsa creaturaB
notione, in quantum limitationeminvolvit, quod unum à DEO non
habet actum ad pravitatemcontrahente.Itaque in eo sum ut credam,
modo haecduo teneantur,perfectionemomnemin creaturis à DEO esse,
imperfectionemab earum limitatione; citeras sententiasattentè consi-
deratasin ultima analysiconciliariuniversas.
`
SCïENTIAMEDtA 25 5.

PHIL.,IV, 3, c, i3-ï4 (3 p. in-folio). PHÏL.,tV,3,C,!3.


Principiumomnis ratiocinationisprimariumest, nihil esse <~aut~> p.ï.
fieri, quin ratio reddi possit, saltem ab omniscio,cur sit potius quàm
non sit, aut cur sic potius quàm aliter, paucis OwMM~rationem
posse.
Definitiolibertatis, quod sit potestas agendi aut non agendi positis
omnibusad agendumrequisitis, omnibusquetam in objecto quàm in
agenteexistentibusparibus,est chimaeraimpossibilis,quaecontraprimum
principiumquod dixi pugnat.
Hxc notio libertatis ignota fuit antiquitau; nulla ejus in Aristotele
vestigiareperiuntur,Augustinisystemaplanè evertit, à Magistrosenten-
tiarum, Thoma, Scoto, ac plerisque Scholasticisveteribus aliena est;
celebrataprimumà [Molinistis]<~Scholasticisposterioribus~>,eludendis
potiusquàm tollendisdifficultatibus apta.
ApudVeteresliberumàspontaneodiSert, ut speciesà genere, nimirum
libertasest spontaneitasrationalis. Spontaneumest cujus agendi prin-
cipiumm agente est, idque <;et>in libertatecontingit. Nam positis
omnibusad agendumrequisitisexternis,menslibera agerepotest aut non
agere,prout <; scilicet> ipsametdispositaest.
Voluntatisobjectumessebonum apparens,<~et;> nihilà nobisappeti
nisisub rationeboni apparentis,dogma est vetustissimumcommunissi-
mumque.
e o e e

PmL.,IV,3,c, i5(ï f. m-8"). PHIL.,IV,3,c, t5.

Scientia Media. Novembr. 1677.

illud summum nihilessesineratione,plerasqueMetaphy-


iT~RïNciPiUM
sicascontroversiasfinit.Illud enim videturnegarinon posseà Scho-
lasticis,nihil fieri, quin DEUSsi velit rationem reddere possit, cur fac-
tum sit potius quàm non sit. Quin etiamde futuris conditionatiscirca
quaescientiammediam introduxêreFonsecaet Molina,idem dici potest.
Scit DEUS quid infans fuisset futurus si adolevisset,sed et sciend~
26 SCtENTÎA MENA

hujus suaesi vellet rationemreddere posset,et convinceredubitantem;


PHU..JV,3~c,ï5.
cùm id homo quoque aliquis imperfectèpossit. Non ergo in quadam
VIsioneconsistitDEI scientia,quaeimperfectaest et a posteriori; sed in
cognitionecausse,et à priori. Ponamus Petrum in certis quibusdamcir-
cumstantiisconstitui,cumcerto quodamgratiaeauxilio; et DEUMmihi
permittere ut à se quaeram,quid facturussit Petrus in hoc statu. Non
dubito quin DEUS responderepossitaliquid certumet infallibile,quan-
1 quam aliquosScholasticosea de re dubitareausosmirer. Ponamus ergo
DEUMrespondere,quod Petrus gratiamsit rejecturus. Quaeroporro an
DEUS hujus sui pronuntiatirationemreddere possit, ita ut me quoque
t. possitredderescientemhujus eventus. Si dicimusid DEUMnon posse,
S
imperfectaerit ejus scientia,si dicimusDEUMid posse,manifestéeversa
erit scientiamedia.SecundumverosPhilosophoset S. Augustinum,ratio
ï5,
verso. cur DEUSsciatrerum actiones[prae- teritasvel futuras],necessariasvel
.libéras,absolutasvel conditionatas,est perfectanaturaeipsorumcognitio,
< quemadmodumGeometranovit quidper circulumet regulamin aliquo
casu propositopossitpraestari;vel quis futurussit dataealicujusmachinse
effectus,si datisrebusacviribusapplicetur.PonamusPaulumcum iisdem
circumstantiiset auxiliisponi, cum quibuspositusest Petrus, et DEUM
mihi dicere, quod Petrus tunc rejecturus esset gratiam, Paulus verô
accepturus;necesseest utique aliquamdari rationem differentimhujus;
ea vero non aliundepeti poterit, quàm ex Petrinitateet Paulinitate; seu
ex natura voluntatis Pauli, et natura voluntatis Petri, quae differentia
harum duarumlibertatumfacit,ut alter hoc alterillud eligat.Differentiam
autem istam etiam in ordine ad hanc electionem,DEO cognitamesse
necesseest, eamque si mihi explicaredignareturintelligerem,atque ita
plenam de eventu futuro condidonato scientiamà priori nanciscerer.
Secundumautores jcMM~M non possetDEUSrationemredderesui
pronuntiati, nec mihi explicare.Hoc unum dicere poteritqua~rendcur
ita futurum esse pronuntiet,quod ita videat actumhune repraesentariin
magnoillo speculointra se posito, in quo omniapraesenda,futura, abso-
luta vel conditionataexhibentur.Quae scientia purè empirica est, nec
DEO ipsi satisfaceret,quia rationemcur hoc potiusquamillud in spe-
culo repraesentetur,non intelligeret.Quemadmodumis qui in Tabulis
calculatosinvenitnumeros,non verô ipse eos calcularepotest.DEUSscit
futura absolutaquia scit quid decrevent,et futura conditionata,quia scit
LETTRE
MENBSCARTE8
AMERSENNE 27

quid essetdecreturus.Scit autem quid esset decreturus,quia scit quid m ]PHH.tV,3,C,t5.


eo casufuturumsit optimum, optimum enim <;est> decreturus, sin
minussequeturDEUMnon posse certô scire, quid ipsemet in eo casu
facturusesset. PraeclaraScoti sententia quod intellectus divinus nihil
cognoscat(ex rebus facti)quod non determinàrit,alioquivilesceret.Vas-
quezegregiasententiaquodvoluntasex duobusobjectisnon potesteligere
nisialteriusbonitasfortiusrepraesentetur.i. p. c. 2. d. ~.3.in i. 2 init.
<Ut ostenditMacedoin diff. Thom. et Scot. col!.XI, diff. i, circa
scient,mediam>.

PuiL.,V, 6, c, 7-8 (3 p. in-~). jPHit.V)6,c,7-8.


Copie d'une partie de la Lettre de Descartes à Mersenne du
20 novembre 1629*, de la main d'un secrétaire, encadrée entre un
commencement et une fin de la compositionet de la main de Leibniz
(imprimésen italiques). Nous indiquons en note les endroits où la
copies'écartedu texte de l'édition Adam-Tannery.
Il y a moyend'inventerunelangueou ecritureaumoins,dontles caracteres
et motsprimitifs seroientfaits en sorte qu'elle pouroit estre enseignéeen
fort peu de tems, et ce par le moyen de l'ordre, c'est à dire, établissant
un ordre entre toutes les penséesqui peuvententrer en l'Esprithumain,
de mesmequ'il y en a un naturellementétablis entre les nombres;Et
commeon peutaprendre en un iour à nommertousles nombresiusques
à l'infini,et à les écrire, en une langueinconnuë,qui sonttoutesfoisune
infinitéde mots differens;qu'on pûst faire le mesme de tousles autres~ a
chosesqui tombenten l'Espritdeshommes; si celaestoit exécuté ie ne
doutepoint que cette langue n'eust bien tost cours parmy le monde,car
il y a force gens qui employeroientvolontierscinq ou six jours de tems
pourse pouvoirfaireentendrepar tous les hommes".L'inventionde cette
ï. Ed.Clerselier,
t. Ï, n" III, p.~8; éd.Adam-Tannery,
n"XVde la Correspon-
MMce, 1.1~p. 76.II estquestiondecettelettredansuneLettrede Tschirtthaus
qui
doitdaterde 1678ou ~679(M~;t.IV,4.75;BW~Me/Meï, I, 303).
2. Dansla lettrede Descartes, ce paragraphe
commence
ainsi
« Au reste, je trouve qu'on pourroit adjouter à cecy une invention, tant
pour
composer les mots primitifs de cette langue, que pour leurs caracteres ».
3. Ici le copiste a oublié la ligne suivante « mots necessaires toutes
les autres a. rpour exprimer
r
4. « Exécuté au lieu de « trouvé M.
5. Ici a été omise cette phrase de Descartes « Mais
je ne croy pas que vostre
28 LETTRE DE DESCARTES A MERSENNE

1
PHu.V,6,c,7'S. langue depend de la vraye Philosophie;car il est impossibleautrement
1 de denombrertoutesles penséesdes hommes,et de les mettre par ordre,
ny seulementde les distingueren sorte qu'ellessoientclaireset simples;
1 qui est a mon advisle plus grandsecretqu'on puisseavoirpour acquerir
¡
la bonne science; et si quelqu'un avoit bien expliquéquelles sont les
1
1
idées simplesqui sont en l'imaginationdes hommes,desquellesse com-
1 pose tout ce qu'ils pensent, et que celafust receu par tout le monde,
i'oserois espererensuite une langue universellefort aisée a aprendre, à
prononcer, et à écrire et ce qui est le principal,qui ayderoitau iuge-
1ment, luy representant si distinctementtoutes choses,
}
qu'il luy seroit
presque impossiblede se tromper; au lieu que tout au rebours, les mots
que nous avons n'ont quasi que des significationsconfuses,ausquelles
]l'Esprit des hommes s'estant acoutuméde
longue main, cela est cause
qu'il n'entend presque rien parfaitement.Or ie tiens que cette langue est
<

1possible, et qu'onpeuttrouverla Sciencede qui elle dépend,par le moyen


de laquelle les Paysans pouroientmieux iuger de la verité des choses,
que ne font maintenantles Philosophes.
Cependant quoyquecettelanguedepende dela vrayephilosophie,ellenedepend
jpas de sa perfection. C'~ direcettelanguepeutestreétablie,quoyque
losophie
< nesoitpas ~~M~ mesureque la sciencedeshommescroisira,
cettelanguecroistraaussi.En attendantelle sera d'un secoursmerveilleux
9< et
1
jpourse servirdecequenousJ~~M~ pourvoirce qui nousmanque,et pour
1inventerles moyens~'y arriver, maissur toutpour exterminer les controverses
1 1%
1dans les matieres
<
qui dependentduraisonnement. Car alors raisonneret cal-
iculersera la chose.

PHIL., V, 6, C, g. PHIL.,V, 6, c, 9-10(4 p. in-); titre de la main de Leibniz


e
Maji1676.
Me~O~M~physica. C~<xr~C~~M~('<ï..Ë'MM~d'M~dL
Societassive ordo.
Suitla copiedela main d'un secrétaire,revuepar Leibniz,du brouillon:
PnïL.,V, 8, g, 3o"3ï. (Voirplus loin). Cette copieest incomplète;elle se
termine, au basde la page,par cette phrase
autheur ait pensé à cela, tant pource qu'il n'y a rien en toutes ses propositions qui
le temoigne, que pource que
LETTRE SUR LA CARACTÉRISTIQUE
2Q

t
Omnepraeclarumartificiumexperimentovel demonstrationedetectum PtilL., V, 6, C, t0.)
hymnusest veruset realisDEO cantatus,cujus admirationemauget.

PHIL.,V, 6, c, ii (2 p. in-4°); copiede la main d'un secrétaire. PHÏL.,V, 6,C, ÏÏ.

HlustrisatqueExcellentissime
Domine,
PatroneMagne.
Quoniam Excellentia vestra delectatur meditationibus de lingua
quadamphilosophica,quam alii Characteristicamet universalemdicunt;
idcirco etiam hic brevibus aperiam, quœ mihi aliquando circa eam
obort~ sint cogitationes.Loco fundamentiautem pono connexionem
titulorummeorum,juxta quam excerptaMethodicaordinandaesse alibi
docui.Commodioremenim et faciliorem,imo cum rebusmagis conve-
nientemordinemnondumreperi, quamvisaliorumordinesinspicerenon
neglexerim.Si autem prascipuisin ordine meo titulis certos charac-
teres adscribam,de reliquis etiam res erit confecta.Sunt in eo tituli
praecipuiDiviTiJE,HONORES, VOLUPTATES. Tribuaturigitur divitiissignum
quadratiD, honoribuscirculi0, voluptatibustrianguliA. Privativeoppo-
sita horumsic designentur,ut significetpaupertatem, contemtum,
A carentiamcommoditatumvitse,cibi scilicetet potus. Sic bonum,
~malum potestsignificare.Intellectusnotetursic :<p,ignorantiasic
voluntasautem sic < Qui accurate perlegittitulos meos,sciet,
quo-
modoad hoscepaucosreliquiomnes,si modonon sint ex revelationesive
Theologiaintimioredesumti,referantur. Reliqui ergo tituli hiscesubor-
dinatiper adjectionemvariamcirculorum,linearum
aliarumquefigurarum
possentindigitari.Divitiarumsignumfuit hoc Q. Denotetergo pecunias
hoc 3, commerciaS, laboreshoc [S, liberalitatemQ, avaritiam etc.
Rebus etiam Theologicissui characterespossent assignari.Deum tale
signumpossetexprimere0, etc. Haselinguaunovelalterodie, quin addisci
possit,minimedubito. Cunctaenationesconsensuquodamfactopossent
omnesres iisdemcharacteribusdesignare.Consenserunt
plera:quegentes
in eo, quod circulumin 360 gradus, Zodiacumin 12
signadispertiantur.
Cum igitur res supra propositapraesentise commendet
utilitate, facile
apudmultos, si modo pneconem idoneum inveniret,applausummere-
30 CONSILIUMDE ENCYCLOP~ENA NOVA

PHïL.,V, 6, c, ir. retur. Characterumcerte horum cognitio certis innititur fundamentis,

1
Sinicisquecharacteribusquodammodoanteferendavidetur

PH!L.,V, 6, C, 17. PHIL.,V, 6, c, 17(1 f.in-8"). Un fragmenten allemand publié ap.


(p. 8ï) et commençantainsi
BODEMANN
Voc~M~.
Die Worth sind wie rechenpfennigebei verst~endigenund wie geld
bey unverst~ndigen.Dennbey verstasndigendienensie vor zeichen,bey
aber geltensie aïs ursachenund vernunfftsgründe.
unverstaendigen
En marge, on lit la note suivante(inédite)
Sunt nobis signa, sunt vobisferculadigna.

?H!L., V~7. PHiL., V, 7. (ïi p. in-fol.)

Plagula i. Consiliuna~.EMC~C/O~MfMMOM
conscribendamethodoinventoria
La p/~M/<ï1 porte la date [25] i5 jun. 1679; la plagula 2 porte la
i date 25 jun. 1672(sic);la plagula 3 porte la date 25 jun. 1670.
recto.
C~ ~EPE mecumcogitavi,hommesmulto quam sunt felicioresesseposse,
J si quae potestate habent, etiam in numeratohaberent,ut cum opus
est uti possent. Nunc vero nescimusipsi opes nostras, similesMercatori
qui librosrationumnullosconfecit,aut Bibliothecaequaeindicecaret.Sed
et, uti nunc agimus, seris nepotibusfortasse proderimus,ipsi laborum
nostrorumfructum non caplemus;sine fine disputamus,sine fine con-
gerimus, raro aliquid demonstrandoterminamus, aut in repertorium
referimus;vix unquam utimurstudiisnostris.Et verendumest, si sic per-
gimus, ut ne aliquandoimmedicabilereddaturmalum,<~ et studiorum
t. Cettelettredoitdaterdela premièrejeunessedeLeibniz Ellecon.
(t666-:672).
tientun essaiencoreinformede la Caractéristique et une
(lepremierpeut-être)
asseznaïvedeaconcepts,
classification sur un fondementpurementmoral,qui rap-
pelle les théoriesde Spinoza.Leibnizconnaîtdéjà les classifications
d'autres
auteurs(KtRCHËR, DALOARNo, peut-êtreWtLK!~),maisil paraîtignorerlesMathé-
matiques.On peutdoncconjecturer quj le «patron et t*Excellence à qui il
s'adresseestle baronde Boineburg, sonprotecteurde ~67à ï6ya.
2. V.La Logique(<f'L6t~MtJj',p.
<28et 5o8.
CONSCRIBENDAMETHODOINVENTORIA 3l1

taediobarbariesreducatur>,cum nimia rerum librorumquemultitudo PHH. V, 7~ f. t.


omnem delectus spem adimet, et solida ac profutura mole inanium
obruentur'.
Qua ratione occurri posset tanto malo, et saepemeditatus sum, et
egregiosviros consului, quorum aut colloquiisfrui licuit aut scriptis
et cum tandem aliquod mihi viderer remediumdeprehendissequod et
maximecompendiosum,et efficaxet in privatorum aliquotpotestateesset,
et sumtibusexiguistransigeretur;praetereaarcana quasdamartis Inven-
tonaedivinomunere mihi obtigissent,illustriumadmodumspeciminum
experimentocomprobata,qux ubi producamin publicum,spei majoris
noncontemnendosfidejussoresfortassededissevidebor2 ideo ausussum
virosaliquotdoctrinaet optima in rempublicamvoluntatepr~estantesad
)

communemoperaminvitare.
Voloautem omnia ex ipsorumnon minus sententia transigi quam ï, verso. 1
mea; nequealiam quam hortantis personamsumo; caeterapari condi-
tione futurus,operamqueillis eandem offerens,quam ab ipsis desidero.
Itaque ut per gradus eamus, consilia arbitror communicariprimum
debere,ut SocietatisLeges quœ e re videbunturquamprimumconsti-
tuantur,earumqueexecutiomaturetur.
Consiliiautemsive desidemmei summamhic delineabo,quam intel-
ligentibus)udiciîssummitto. De Modo autem dicam paulo distinctius,
conferamquecum illis, qui instituti rationem probabunt, auxiliaque
mutuapollicebuntur 8.
SummaConsiliiest Notitiarumhumanarumpotissimarumdudumcogni-
tarum vitreutilium ordinatioad ~~MM~M~apta. Nam
quemadmodum
in numerorumprogressionibustabula quadamcondita<
aliquousque>
appareresolet modus eam sine ullo labore continuandi(ut si numeros
quadratos,seu qui nunt ex numerorummultiplicationein seipsos,aliquis
quaerat,et in tabula exhibeat,apparebitmox modus Tabularumconti-
nuandifacillimus,per solamadditionemsinemultiplicationeulla
Cf.lesPréceptes
pour<tMtMCe<'
lessciences
(PA<Vit,!6o).
2. Allusion au Cakut tatinitéstmat, évente un
tûyS, pubUé en !<!84. Cf. une
~P- 2tG, et La Logique de .L<?t- p. 84, n. 3.
~t. la Coitsultatiode ~Mf~ C~M~~M~ ap. t'~ M~M~~rOMO~t~
eam MMSocietate Ce~OM ~$~f<~W~d! in
scientias «t'~M~ tM~tM~utiles nostra /<MC-M<!
"~t~ /'oMo~M<M't~te~, ap. FoMC/ Ca~t~ VU, ïo5.ta6.
A~ juin '~o (P/< VII, 553), et La Logique de
LCibai~,p. 2Ü2.
33 CONStUUM DE ENCYCMH~EDÏANOVA

i PH!t. V, 7, f. Numeri o i 2 3 4 5 6 7
Quadrati o i 4 9 16 2$ 36 49 64 8i 100
i
) Din~erenti~scuimpares i 3 $ y 9 nr 13 1$ 17 19
Nam si numerumimparem< 1$> ordine respondentemquadratout
49 addas, habebis<numerum > quadratumsequentem64. sola addi-
tione nec opus est numerum 8 in se multiplicare, idemque est in
< numeris > altioribus.< ubi difficiliormultiplicatioest, ac proinde
Eodemmodo
magnumhabetusum compendiumhoc per additionem>).
inventis<in quolibetgenere rerum velut in Tabula > recte ordinatis,
patebit modus inventa continuandi,<id est inveniendinova> longe
facilior,quam si quis eademsingulatimet a serie sua velut avulsainve-
"i
nire tentaret.
2,recto. Quoniamautem res maximein conspectu sunt et velut in Tabula
cum nude et simpliciter proponuntur, < exutaeomni superflua
apparent
.mole>, ideo conscribend~erit haec Encyclopaediamore mathematico
accurate et nervose conceptas, q uibustamen < subinde>
per propositiones
scholiaadjicerelicebitillustrandicausa,in quibus major erit exspatiandi
libertas. Certum est enim non mathematicatantum, sed et alia omnia
theses quasdam sive enuntiationes < distincte > tractariposse.
per
[Positionesillaedisponendsesunt ordineinventionis. ]
Qu~erend~e sunt quoad fieri potest propositiones< plerumque
distinguendi g radus; sed si fieri potest, in primisadhibendae>
quarum
Universales,et ex universalibusillaepraeferendas sunt qux sunt subjecto
enim maxime u~us est <et> in analysi,cumeaequae
~~roc~iUarum
universalesquidem non tamen reciprocœsunt in synthesisolummodo
fere locumhabeant Et hue pertinentillaelegesphilosophandi,quas tulit
Aristotcles,et Ramistaeolim inculcabant.
in una quaque Scientia sunt vel principia vel conclu-
Propositiones
siones. Principia sunt vel definitiones,vel Axiomatavel Hypothèses
< vel Phaenomena >, exquibusDefinitiones per se quidemsunt arbitrant,
usui tamen accommodari et communisociorumconsensuprobaridebent,
<ne a diversis diversimodesumtae in toto corpore confusionem
pariante.
Axiomatasunt, quae ab omnibus pro manifestis habentur, < et
attente considerataex terminisconstant >.
i. V. les Lettres à Conring de tôyS (Phil., 1) et La Logique de I.et&M~,p. 266.
s
CONSCMBENDA.METHODO tNVENTORÏA 33

sunt propositionesquae magnum usum habent succes- Pmt.~ V, 7, f. 2.

sumque ac conformitateconclusionumaliunde notarum ex ipsis peu-


dentium firmantur; nondum tamen a nobis demonstrari satis exacte
possunt,ideoqueinterimassumuntur.
P~M~~M sunt propositionesquasper experientiamprobantur, sed
si experientianon sit factu facilis aut a nobis ipsis facta non sit, tes-
tibus probanda est. Et ab experimentisdubiis abstinendumnisi cum
magnisunt momenti, <; et tunc admonendumest, quem fidei gradum
habeant >.
Conclusionessunt vel observationesvel theoremata vel problemata.
Observationesnunt per solam inductionemex phaenomenis.Theoremata
vero inveniunturper ratiocinationemex quibuscunqueprincipiis, sed
enuncianttantum quod sit verum.At problematapraetereareferunturad
praxin, ubi notandumest, omnia denique~tera dirigi debere ad pro-
blemataseu praxesvitaeutiles.
Ordo positionumdebet esse Mathematicus,sed tamen diversus ab
Euclidaeo.Nam Geometraeaccurate quidem sua demonstrant,sed ani-
mum cogunt magis quam illustrant in quo quidem admirationem
sibi majorempariunt, dum invitoLectoriassensumextorquent,eumque
arteimprovisacircumveniunt,sed mémoriseatqueingenio Lcctorisnon 2, verso.
satis consulunt, quia rationes causasquenaturalesconclusionumquo-
dammodoocculunt, ut non facileagnoscaturmodus, quo sua inventa
obtinuere.Cum tamenin unaquaquescientiaillud sit potissimum,nosse
non tantum conclusionesearumque demonstrationes,sed et nosse
inventorumorigines,quas solasmemoriaretinere sufficit,quia ex illis
caeterapossuntproprio marte derivari.<~Itaque conjungidebentinven-
tionislux, et demonstrandirigor, et~> cujusque sciendaeelementaita
scribendasunt, ut lector sive discipulussemper connexionemvideat,et
quasisociusinveniendiMagistrumnontam sequiquam comitarivideatur,
ita minus quidem admirabilesapparebunt sciendae, ed magis utiles
erunt faciliusquepoteruntpromoveri.<~Sedad tradendasad scribendas~
hoc modo scientias,opus est virisinveniendicapacibus<~ et qui veras
rationestenent>, scribereenim eas ita debent, quemadmodumsi eas

t. Cf.le 5pectMM GeoMe~~/MC~~(~M~ Vit, 260)et la Logiquede ~r~


Royal,IVepartie,ch.ix.
2. Double emploi. Leibniz a oublié de biffer l'une des deux
expressions.
!t)EMT8 M LEIBNIZ.
9
3~. CONSIUUM DE ENCYCLOP~ENA NOVA

PnïL., V, 7, f. 2. ipsi invenissent,quod non est cujusvis.Porro hinc patet> etiam non
[erit] < fore > necessedefinitionesseparatimpraemittiatque axiomata,
et phœnomenasiveexperimenta.Sedea ita assumentur,ut primumnatu-
t
rali ordinemeditandieorum usussese dabit.
Propositionibusordine inventorio dispositissubjicianturIndicessive
catalogi, m quibus inventa jam atque intellectaad facilemusum atque
combinationesinstituendas velut in Tabulis ordinabuntur.Unde multa
nova exurgent,de quibusaUoquinon cogitassemus,etharmonicaquidam
apparebunt series, quarum nlum sequendo ad majora aditus patebit.
Haeclux etiam in Mathematicisdesideratur,itaque quemadmodumalise
scientiaeexemplo mathematicarumad certitudinem eniti debent, ita
vicissimmathematicarumasperitas blandiore quadam tractandi ratione
<( caeterarumexemplo> mitiganda est ut simul et voluntati fidem
extorqueamus,et animocausarumavidoclaresatisfaciamus.
Adhibend~e sunt ubiquefiguraesiveschemataquatenuscommodelicet
verum unum hic observandumest matorisad perficiendasscientiasmo-
menti quamquis facilesibi persuadeat.Nempe et propositioneset propo-
i
sitionumdemonstrationesita concipiendaesunt, ut totaelegi atqueintelligi
possentetiamsischemataabessent.Adjiciendaest, tamenin parenthesibus,
perpetuaad literasschematisremissio.Posteriusnecessarium estad juvan-
dam imaginationem,sed prius necessariumest ad juvandam mentem,
parandosqueconceptusdistinctos, atque animum ab imaginibusabdu-
3, recto. cendum ut discamusetiaminveniresine schematibussola vi animi, et
Plagula 2. ut appareatdemonstrationis[vim]< efficaciam > non penderea figura-
rum ascriptarumdelineatione.Eandemob causamdemonstrationesetiam
sine calculoalgebraicoperficidebent, etsi enim ille summisit usus, et a
me maximifiat, et in iis quaealiterextorquerenon possumusnecessarius
sit, tamen abstinendumeo est quotiescunqueveritates naturali quadam
ratione demonstraripossunt,quaeper ipsasrerum ideas animumducit.
Itaque in constituendisScientiaecujusqueElementis,a calculoAlgebraico
est abstinendum 2. Sed cumScientiamaliquamsatisin potestatehabemus,
calculus postea egregie utilis est, < ad ducendasinde consequentias,
variosquecasusatque applicationes>, et adoblataquasvisquam minimo
animi labore consequenda.Encyclopaedia ergo nostra ita scribendaest,
I. Cf.Atlasuniversalis VII,A,3o).
(PHIL.,
2. Cf. PHtL.,V, JO, f. 59.
CONSCRIBENDAMETHODOÎKVENTORÏA 35

ut enunciationcsac demonstrationesveritatum neque a schematismis, Pan. V,7,h 3<


nequea calculo,sed dennidonibusaxiomatisac propositionibuspraemissis
pendeant. Adjiciendatamen sunt schemata quidem ubique quando id
neri potest, calculusvero algebraicustunc tantum cum peculiaremhabet
elegantiamet utilitatem. Verum ut propositionesenuntiariac de monstrari
possintsine figuris,saepeopus erit ovo~Torcote~ ad evitandascircum-
locutiones.In quo tamen claritaset commoditassemper spectandaest
ut nunquamsine magna necessitateatque usu nova aliqua nomina fin-
gamus,et sicubi excogitandasunt, sumamusquse communi verborum
usui quoadlicetconsentiant;ne dum compendiumverborumquaerimus,
obscurifiamus2.
Scientiae
in hanc Encyclopaediam referendaesunt omnes, quaecunque
nitunturvfl 1 Rationesola vel ratione et experientia,nempe quaecunque
non pendent a voluntate cujusdamautoritatemhabentis Seponuntur
ergoLegesdivinaeet humanae,<~quia sunt arbitru; excludunturetiam>
nugatricesqusedamartes, quaenonpossuntrevocariad firmafundamenta.
Conscribendaeergo sunt Methodo supra dicta potissimum Sciendœ
sequentes.
1 <; Prima est Grammaticaseu ars quaenobis in hujus 3, verso.
Encyclop~diaecorpore significabuntur.Itaque~> Primum Grammatica
[MM~ja~] <; Rationalis~> tradendaest, ad latinamubiqueapplicata,et
subindealiarumlinguarumexemplolUustrata in qua tradetur regularis
significatioomnium particularumet flexionumet collocationum.Ita ut
significatiosemperpossitsubstituiin locumsignificati,nam, ut exemplo
utar, nominum casus semper eliminari possunt substitutis in eorum
locumparticulisquibusdamcum nominativo,ut patet ex [linguaGalUca]
linguisin quibus nullaesunt nominum inflexionesnisi per particulas.
Verba semper reduci possunt ad nomina adjecto tantum verbo estp
Adverbiasunt ad verbaut adjectivasunt ad nomina substantiva Subji-
ciendaedeniquesunt significationesparticularumdonec perveniatur ad
eas quaenul!a explicationeeliminari possunt, qualia sunt est, et, non,
harumquecertus est constituendusnumerus et ex his soliscum nomi-
1. Celarappellela devisede Leibniz« In signisclaritatem,in rebus usum»
(Pfail VII, 52).
2. Réminiscence d'HoRACE(Ep., H. m, « Brevis esse labor o, Obscurus 60. ?
a 5-20)
3. V. La Logique de Let~nt~, p. 64
sqq.
4. Cf. PmL., VI, n, f. 20; VII, B, m, y; to; 41 recto.
36 CONSILIUM DE ENCYCLOP~EMA NOVA

i'HU. V,7,f. 3. nativo nominum casu junctis caeteneomnes possunt explicari.Quod


opère ipso exhibendumest. Atque h~c est vera Analysischaracterum
quibusgenus humanum communiterin loquendo imo et in cogitando
utitur. Respiciendaautem est maxime Grammaticaregularis, minore
Anomaliarumcura, quia hac Grammaticanon tam ut lingua discatur,
quam ut accuratafiat verborum analysis, conscribendaest. Nam cre-
berrimaein Logica illationesoccurrunt, quaenon ex principiislogicis,
sed ex principiisGrammaticis,id est ex flexionumet particularumsigni-
ficationesunt demonstranda*.Potest tamen haecGrammatica eadem
operaita accommodari,ut discentibusquoque mire prosit.
SequiturLogica,qua tantum hoc loco comprehendoArtemillationum,
sive artem judicandi quae proponuntur, quae sumenda est ex usu
hominum loquentium scribentiumque.Nimirum illationummodi qui
ubiqueoccurrunt in dicendodigerendisunt in classeset ex simplicibus
quibusdamderivandisunt, ostendendoquomodoistasillationes,licet non
transmutatasin aliam formam,scholarummore, sed relictaein ea quam
subent in usu vitaeatque in autoribus, nihilominusvim habeant, seu
in formaconcludant;et ex communischolarumforma possintdemons-
trari. Ususautem hujus logiez erit, ut formasratiocinandimagiscompo-
site, perturbataeatqueimplicitœ,quaein vitatamencrebrooccurrunt, ad
regulasrevocentur,ex quibuscompendiopossintdijudicari,ne sempersit
opus reductionein figurasmodosquescholarum.Quemadmodumenim
4, recto. exercitatiArithmeticiinvenere sibi varia 1 compendiaseu calculandi
formas,qu~eaccurateconcludunt,etsinon sempervulgarimore tironum
characteresordinent, demonstrarivero merentur, ut sciamus nos illis
tuto uti posse~;ita hominesin dicendocogitandoqueexercitatimulta sibi
ratiocinandiatque enuntiandicompendiaparavere,quaenon minuscon-
cludunt vi formasquam modi scholarum debenttamenex modisscho-
larum, adhibitaGrammaticarationaliparticularumillarum explicatrice,
demonstrari,et quibusdamlegibusvinciri,quibusobservatisconstetusum
earum esse tutum.
ï. Leibniz fait ici allusion aux inférences du droit à !'ob!ique. Cf. PutL. VII, B, n, t3
(nunc t4), r~Ha~M ~K~tMrMMî (PaiL., VU, C,9-to), PmL., Vit, C, 69, le Consilium
de Z. !M~~MMM~ condendaque ~MC~C/Op~M(Klopp, I, 50), et La Logique de
Z.M! p. 73 sqq.
2. ~c, pour « subeunt
3. Cf. PHIL.,VII, B, u, 53 <'OmniaTheoremat~ non nisi Tachygraphias seu cogi-
tandi compendia esse. »
CONSCRIBENDA METHODO INVENTORIA 3~

Tertia Ars est M~w~M, seu ars retinendiet in memoriamrevo- F~HÏL~ V, 7, f.

candi quae didicimus,quaears multis elegantibusutitur compendiiset 1

inventis, quorum aliquandousus esse potest in vita~.Inprimisautem


portio ejus, ars reminiscendiscilicet,excoli debet, cujus ope nobis in
memoriamrevocamusillis quibusopus habemus,et quae in memoria
nostralatent, sed non succurrunt;Aliud enim est retinere, aliud remi-
nisci, nam eorum quaeretinemusnon semperreminiscimur,nisi aliqua
rationeadmoneamur.
Quarta est Topicaseu ars inveniendi, id est dirigendicogitationes
ad aliquamveritatemignotameruendam,velmediafinis cujusdamrepe-
rienda.Huc pertinentloci dialectici,inventioRhetorica,ars argutiarum,
ars deciphratoriasivedivinatoria,ac deniquealgebra, in quibus pulchra
arda Topicaespeciminaadduntur quae nosse debet is qui hanc artem
tradere volet, non ut Algebramimmisceattractationigenerali, sed ut
inderegulas universalioresformet,quas tamen in scholiisillustraripos-
sunt specialibusexemplis.
Quinta est Ars formularia quaeagit de eodem et diverso, simili ac
dissimili,id est de formis rerum, abstrahendotamenanimuma magni-
tudine,situ, [ordine],actione. Hue pertinent formulasformularumque4.,verso.
comparationes,et ex hac arte pendent multaerégulasquasAlgebristseet
Géomètre in usum suum transtulerunt, tametsieaenon tantum circa
magnitudinessedet circa aliasconsiderationeslocumhabeant3.
Sextaest I~~ca, de toto et parte, sive de magnitudinein genere,
rationibusqueac proportionibus,in quam incidit Quintum EuclidisEle-
mentum,et magnaparsAIgebrae.
Septimaest Arithmetica,sive de distinctamagnitudinumper numeros
expressione.
Octavaest Geometriasive scientia de situ et figuris. Hsec utiliter
separabiturin partes sequentes Elementaremplanam. Elementarem
solidam.Conicam.Organicam. Transformatricem.Ubi sciendum est,
Geometriametiam <; Elementarem> nondumadhuc ita ut optandum
i. Leibniz
avaitd'abordécritunScommençant ainsi a Tertiaest~fe<Ao~!M,seu
arsdirigendi suas. qu'ila barré,et dontle contenu
cogitationes seretrouvedans
le Ssuivant
relatifà la Topica.
2. Cf. les mss. inédits classés dans PtML.,VI, tg, sous la rubrique « Mnemonica
sive praecepta varia de memoria excolenda.
3. C'est la science que Leibniz appelle la Combinatoire, et qu'il oppose à la
Logistique. V. La Logique de f.ct~M< p. 288 sqq.
38 CONSÏMUM DE ENCYCLOP~EMANOVA

PHtL., V, 7, f. esset, traditamesse. < Huc autem G~ referendaest, et pars ~rJM-


~a~Mf~ civilisac militaris,et Tornatoriaet T~on~ omnesin quantum
a materiaabstrahuntur.Opticaetiampure Geometricaest, paucistantum
assumtisphaenomenise natura >.
~M est scientiade Actione et passione,nempe Mechanicasive de
potentia et motu. Haec scientia physicam Mathcmaticaeconnectit.
Neque hic agitur quomodo delineanda sint motuum, si continuari
ponantur, vestigia id enim pure Geometricumest 1; sed quomodoex
corporum conflictu motuum directioneset celeritatesimmutentur
quod per solam imaginationem consequi non licet, et sublimioris
opus est scientia. Hic ergo agendumest < de statica, > de structu-
rarumfirmitate,de balistica,de pneumaticisquibusdamet hydrostaticis,
de velificatione< dequeauismechanicaepartibus,quorsumetJH~f~oM~
pleraquereferendasunt > 2.
5,recto. ) Decimaest scientiaqualitatumsensibilium,quam vocaresoleo P~c-
Plaguh3.. graphiam.Qualitateshaequoad licet definiendaesunt, distinguendae per
varietates et gradus, enumerandaquesubjecta in quibus existunt et a
quibus fiunt, denique quas ex ipsis consequuntur. Qualitates autem
istasvel sunt simplices,quaedescribi non possunt, sed ut cognoscantur
sentiri debent, quales sunt Lux, Color, Sonus, odor, sapor, calor,
frigus,vel sunt composite < et descriptioneexplicaripossunt, adeoque
sunt quodammodointelligibiles,> ut firmitas,nuiditas,mollities,tena-
citas, friabilitas,fissilitas,aliaequeid genus;item, volatile,fixum,solvens,
coagulans,praecipitans.Et vero qualitatesillassimplicespraecedentesnon
possuntratiocinationisubjici,nisi quatenuscum compositisistis,< item
cum superioribusillis communibusmagnitudinesitu ac mutatione>
copulataeesse soient. Itaque simplices illaetractandaesunt historice,
< id est ~>enumerandumest, et quomodointer se et quomodo cum
aliis intelligibilibussoleant esse copulatae.Qualitatesvero intelligibiles
aut mixtaesub Geometricamet Mechanicamconsiderationemcadunt, et
ita theoremata erui possunt circa earum causasatque effectus, unde
t. C'estla sciencequeLeibnizappelleailleursla Phoronomie,
et quenousappe-
lonsla Cinématique.
2. Ici trois paragraphes barres
« Decima est Sdentia Cosmographica.
« Undecimaest Geographica,
« DM<&cwM
estMeteorologica.
»
CONSCRIBENDA METHODOtNVENTOMA

causis et effectibusmere scnsibUium facere P


Paît. V, 7, f. 5.
edamde judicium aliquod
licebit. Totius ergo physicaecardo vertitur in accurata enumeratione
harum qualitatum,earumqueper gradusdistinctione,et quomodointer
se in eodem subjectodiversisve,sed convenientiamquandam aut con-
nexionemcommerciumvehabentibus,copularisolcant*.
Undecimaest scientia subjectorum, saltem in speciem similarium,
seu H<WM~f~M, ubi incïpicndumab tUis quaerevera quam maxime
sunt similares, maximeque communes, ut quatuor illa corpora quae
vocant Elementa; inde ad ea pergendum quae minus sunt
vulgo
communia,sed magis sunt variis qualitatibusdotata, ut salia, succi,
lapides, metalla. Horumcorporum cnumcrand~ sunt qualitates supra
dictéesecundumgradus differentiasquesuas, tum eas quaein corpore
rudi sponte sensui se offerunt, tum quaein eo per se tractato vel aliis
commixto prodeunt. Ubinotandum est a spontaneis inchoan-
corporibus
dum esse, corpora edam variis modis tractanda esse per se, j id est 5, verso.
non nisi cum illis corporibusmaxime communibus, aere, terra, aqua,
aliisque a quibus ipsa quam minimum patiuntur, aut a quibus
igne,
causaruminquisitioquam minimumconfunditur.Inde adhibitasuperiori
qualitatuminquisitione,poterit determinarinatura subjecti,in quantum
ex datis experimentispossibileest; nec dubito hac arte intra paucos
annos maximam a nobis notitiam obtineriposse interioriscorporum
Ceconomiœ.
Duodecima est Cosmographica seu scientiamajorumMundicorporum.
Hic tradenda est Astronomiaphysica, quae non tantum phaenomena
sed et conetur ostendere quae Hypothesis sit
explicetper Hypotheses,
verioraut certe probabilior.Hue pertinet cognitio Fluidorum genera-
lium visibiliumatque invisibiliumnos ambientiumac penetrantium,in
quibus magna illa corpora natant, quaerendumque estan horum fluidorum
speciesac motus aliqua ratione ex corporummundanorum phasnomenis
definiri possint. Huc pertinent etiam contemplationesde ~oM nostri
mutationibusmajoribusearumquecausis,itemqueM~~ro~ j
Tertiadecimaest scientiacorporumorgamcorum,quas vocaresoient,
species,hanc possisappellareJ~~&M~. Speciesautemaccuratedistin-
guendas, non communi more per Dichotomias, sed per qualitatum
t. Cf.Pmu.,VI,t~,i, 26;MATH.,5, b.
4<~ CONSIMmtDEENCYCLOP~ENANOVA

V, f. 5. quibus dignoscipossunt combinationes Sed ratio maximehabendaest


PtUL.,
earum proprietatum,quaestatim in sensusoccurrunt,c~ter~e<
tamen,
modo expïorataesint, non minus > diligenterannotari,per differentias
gradusque designari, et indicibus exhiberi debent. Quemadmodum
autem in similaribus,ita in organicisper gradus eundum est, < cum
qualitatesearumsunt investigandae. >Ponendae primumeœ quashabent
hujus modi species,tantum sensibusoblatae(incipiendoa sensu oculo-
rum), inde quasper se tractataeacquirunt vel sibi (id est sibi et aeri)
relictae,< vel aliis sibi similibusindividuisconjunct~e(nam in ec dine-
runt a similaribus)vel aqua ignive> aliisque
corporibus et primum
maximesimilaribusexaminatas;ac deniquecum
corporibusmagis com-
positis,imo ipsis speciebuset maximecum corporibusanimaliumcopu-
!ata~,quoniamomnisilla inquisitiomaximead cognoscendamanimalium
naturamdirigidebet.
Quarta decimaest scientiaM~/M, de AnimoscilicetejusqueMotibus
cognoscendisatque regendis. [Hic Politicam jurisprudentiamquecom-
2
prehendo.]
Decimasexta est [Cosmopolitica]Geopolitica, nempe [StatusGeneris
humani]de statu Telluris nostraead genus humanum relato, qua: His-
toriam omnem et Geographiamcivilemcomprebendit
Decimaoctavaest de substantiisincorporalibussive naturalis.
Theologia
Huic Encyclopédie;subjiciendaest Practica, nempe de usu scien-
tiarumad felicitatem,sive de agendis, considerandoscilicet, 4-
quod nos'
6,recto.nisi hominessumus. Quoniam vero has scientiassatis perfectetradere
majus est opus, et nobis tempore inprimisutendumest; ideo consilium
meum est, ut opere inter multos partitoquam maturrimelicet delinea-
tionem ejus qualemcunquequamprimumformemus,Quassit casterorum
basis, augeriqueet poliri indies queat, et gradus esse possit ad majora.
Nec video quid vetet a viginti viris eruditis absolvitale
quid intra
biennium,quod certum sit ab uno intra decenniumprasstariposse, qui
sufficientemrerum notitiam habeat.
[Sed cum unusquisque[ex curiosis]< eorum qui veritatem amant

ï. V.LaLogique
deZ~M~,p. 326,n. ï.
2. Ici Leibniz a omis le n" t5.
3. tci Leibniz a omis le n" 17.
4. Suppléer non o. ·
CONSCRIBENDA METHODO INVENTORIA

res considérant > multas soleat habere meditationes ett F


PHIL., V, 7, i. 6.
ac profundius
inventa]
veritatis
Quoniam vero constat viros varia doctrinaet < singulo>
amore postantes multa habere solere cogitata< vel expérimenta>
sparsa licet et varia, nec in unius scientisecorpus coeuntia
prxclara,
magna Reipublicae j actura interiresoient, ea si in char-
quaeplerumque
tamconjiciantcommunicentqueutcunque inelaborata< atque incohae-
rentia>, mirificetotum hoc institutum juvabunt,suasque< simul >
velincabuntur, quam cuique ex inventis suis societas sum:na
glorix
fidesartamrectamquepraestabit*.
ï. Rapprocher de ce morceau les fragments suivants PmL. VI, 12, f,2g Discours
sur un P~M nouveau d'une science certaine pour demander ~M assistance aux plus
BOMMANN, p. 90); PHIL., Vï, t2. € Prq;~ et Essais pour arriver à
!H~Ï!~ (ap.
A~ disputes et pour avancer l'art d'in-
quelque certitude, pour ~H! une bonne partie
~H~r; PHIL.,VU, B, VI, 1-3 Essay sur un MOMMMM ~M d'une science certaine, sur
lequel on of~MM' les avis des plus intelligens. (V. plus bas.)
~.2 EtJEMENTA CHARACTEMSTÎC~: UNÏVERSALÏS

PmL., V, 8, a, 1-8. PmL.yV, 8, a, ï-8. (9 p. m-fbl.)1


April. 1679. No i. Plagula i.

.E'A?:MeM~
CA~c~c~ universalis.
2, recto
EGULA construendorumcharacterumhaecest cuilibetTermino (id
est subjectovel praedicatopropositionis)assigneturnumerusaliquis
hoc uno observato,ut terminuscompositusex aliis quibusdamterminis
respondentemsibi habeatnumerum productum ex numerisillorumter-
minoruminvicem multiplicatis Exemplicausa, si fingeretur terminus
Animalisexprimi per numerum aliquem2 (vel generaliusa) terminus
Rationalisper numerum 3 (vel generalius~) terminus hominis expri-
metur per numerum2, 3, id est 6, seu productumex multiplicatisinvi-
cem 2 et 3 (vel generaliusper numerumar)
Régula usus characterumin propositionibuscategoricis sunt sequen-
tes
Si propositio~w~M Affirmativaest vera, necesse est ut numerus
subjectidividipossitexactèseu sine residuoper numerumpraedicati.
t §
U. A. p succedit,id est numerusS dividiexactèpotestper numerum
§
P. Sive si per fractionem (cujus numerator v. g. 6 sit S
p exprimatur

Ici commence la série des essais d'avril tb7g, datés et numérotés par Leibniz,
qui contiennent son premier système de Calcul logique (système des nombres carac-
téristiques). V. La jC.o~«c de Z.ct&~t7,p. 326-33~.
2. Pour la f. t, voir f. a3 verso, fin.
3. Cf. PatiL.)V, 6, f. t6: « Lex expressionum haecest ut ex quarum rerum ideis
componitur rei expritnendaeidea, ex illarum rerum characteribus componatur rei
expressio. » (BoDEMANN, p. 80-81.)
4. Cf. PmL., VII, B, ttt, 3 (fevr. 1670).
EI.EMENTA CHARACTERÏSTIC~EUNIVERSALIS 43

< numerussubjectiv. g. hominis> denominatorverô P < numerusprae- PmL.,V,S,a.=.


integro,ut 36 est 2.
dicativ. g. animalis>) illa fractiodebetaequivalere
Si propositioparticulariso~MM~M~ vera, sufficit ut vel numerus
exacte dividi possitper numerum subjecti,vel numerus sub-
praedicati
jectiper numerumprasdicati.
S P )
P. A. vel F vel succedit {) i
( I

Si propositio Negativaest vera, necesseest ut neque numerus


Universalis
subjectidividi possit exacte per numerum prœdicati neque numerus
prédicat!per numerum subjecti.
( S P )
U.N. neque P neque succedit

particularisnegativaest vera, necesseest ut numerussub-


Si propositio
jecti non possit exactedividiper numerumpraedicati.
(S )
P. N. p non succedit i

Hx quatuorRégulassivedefinitionespropositionum< categoricarum> 2, verso.


verarum (adeoque et falsarum,nam quae veraenon sunt ialsae sunt)
secundumquantitatem(sive signa) et qualitatem(sive affirmationemet
negationem)differentiumsufficiuntadtotam Logicamvulgaremquatenus
de forma propositionumet syllogismorum[categoricorum]agit uno
mentisictu cognoscendam;ita ut hinc statimcognoscipossint Subalter-
nationes,Oppositiones,ConversionesPropositionum,et Figurasac modi
legitimisyllogismorum.Stadmenim in numerisexaminabunturproposi-
tiones, tum illseex quibus fit conclusio,tum ill~ quœ ex aliis conclu-
duntur.
Qpin imo ostendam aliquidamplius, quomodo statim per calculum
demonstraripossintomnes formasLogiez catégories, etiamsiponamus
nondumdarihos qui desideranturTerminorumseu Notionum<; singu-
larum > numeros.Quemadmodumenim in Algebra literali calculamus
circanumeros generales< literis expressos,qui notos vel ignotosspe-
cialesquoscunquedésignante, ita hic quoque pro numerisillis literas
adhibendopraeclaraLogicaeartis theoremata demonstrabimus.Itaque
tanta est hujus inventi nostri Mirabilispr~standa, ut vel solum votum
44 ELEMENTA CHARACTERÏSTÎC~EUNÏVERSALÏS

PtML.,V,8,a, 2. atque consiliumejus novam facemmenti accendat, et scientiasincredi-


bili accessionelocupletet.
N"i, pîag.2.April.1679.
4, recto.1. Opéraspretiumerit paucis taotaerei speciminadare. Itaquedata qua-
cunque propositionecategorica,tam subjecti quam praedicatinumerum
exprimemuslitera quadam, exempli causa si propositiosit Homo est
Animal,poterimussubjectinumerum exprimerelitera H, prxdicati vero
litera A. Jam horum duorum numerorumH. A. rationemexprimamus
in simplicissimisnumeris1, exemplicausasi numerusH sit 6 et A sit 2,
ratioH ad A in simplicissimisnumeriserit 3 ad i. <;adeoque ratioAad
H in simplicissimisnumeriserit i ad 3 >. Vel si numerusH sit 1$ et
numerusA sit 6. ratio H ad A in simplicissimisnumeriserit 3;ad 2. et
ratioAad H in simplicissimis numeris2 ad 5. Generaliteritaque hos sim-
plicissimosnumerosponamusesse [~ ~j < v. r >, ita ut sit H ad A ut w
ad n2. Hinc et vel rA ~qu. vH.
net ~qu. a~qu.
<(Notandum autem obiter simplicissimosnumeros rationem nume-
rorum subjectiet prasdicatiexprimentesesse <~ numéros>- eorum ter-
minorum qui in subjecto et praedicatorestant abjectisterminisutrique
communibus [ut si ab auro et Hydrargyro communiaabjicias,restabit
in illo]>
Ex his sequitur,si div'sionumeriH (subjecti)per numerumA
(pr~di-
TJ
cati) procedit exacte,seu si ad simplicissimos
numerosredacta,
6-actio
A
id gr. est numerus integer, necessarionominatoremejus v
est (ex. ~)
esse i. seu unitatem. Contïa si divisionon proceditexactèseu si fractio
< in simplicissimisnumerisconstituta> fex. gr. non est numerus
2/
integer, necesseest nominatoremejus v (hoc loco 2.) nonesseunitatem,
sed numerumunitate majorem. Idem est in divisione
prédicat!per sub-
jectum, tantum enim invertendafractio est, nam si dividi exactepotesc
numerusA (prasdicati)per numerumH (subjecti),tunefractio in sim-

)t.Danstoutce passage, Leibniza substitue!emotMM~au mot~'MHMt's.


a. Sic.Lire « ut r adv ».
(fI
ELEMENTA CHARACTEMSTÏC~E UNÏVERSALÏS ~.5

1
plicissimisterminisconstitutaid est habebitnominatoremr œqualem)PHtL.,V, 8, a, 4.
7~
unitati;sin [minus]divisioA per H exactènon procedat,6'actio r habebit
nominatoremf unitate majorem. <~ Eademomnia proceduntsi numeri
terminispropositionisrespondentessint H. B. et numeri rationem eorum
simpHcissîmë exprimentessint r. y. >
Cumergopropositionemcategoricarumquarumcunqueveritas qua- 4, q verso.
Iitaset qualitas solis numerorum Termines exprimentiumdivisionibus
exactisvel non exactiscognoscipossitper regulasinitio positas,sequitur
hanc < ad terminos minimos> reductionem rationis Numerorum
duorumpropositionisTerminosexprimentiumsufficere<; semper > ad
aequationesconstituendas,propositionibusrespondentes. Nam si fieri
potest divisio vel si fieri non potest certo aliquo modo, propositio
secundumquantitatemvel qualitatemdata, est vera et falsa; et contra si
propositiosecundumqualitatemvel quantitatemest veravel falsa, [fieri]
vel non fieripotestdivi&iodictomodo.
Hincjam oriturTabula propositionumet œquationumrespondentium
hujusmodi
debet numerus(v) subjecti
I. U. A. Omn. H. est A. vH xqu. rA numerummultiplicans
esse
f unitas.
Yr~A~* Tï sufficit alterutrum numerum
II. P. A. Qu. A est H. rA ~qu.
fH ) (r vd terminorumnu-
(vel Qu. H est A) (vel vHaequ.fA) À merosmultiplicantem esse
f umtatem.
TTT rï \T iLT n TT t~ debetuterquenumerustermi-
111.U. N. Null. H est B. yH aequ. rB norum numerosmultipU-
vel (Null. B est H) (vel fB asqu. yH) vans (. y. r) esse major
unitate.

IV. P. N. Qu. A non est H. debet numerus(r) subjecti


rA œqu. î~H numerummultiplicans
esse
( majorunitate.
j Exhacjamtabulapersimplicem animiintuitumstatimpatetpropo" 5, recto.
sitionemuniversalemnegativamet particularemaffirmativam sibicon-
tradictorièopponi,quiaomnis numefus(semperde integrisloquor)in
conditionibus harumpropositionum designatusest aut unitasaut major
t. ~t'<pour «qualitas
etquantita&
~6 ELEMENTA CHARACTERISTJC~: UNIVERSALIS

PtttL.,V.8,c,3. unitate; non simul utrumque, neque simul neutrum, itaque alterutra
harum propositionumquas opponidiximuserit vera, alterafalsa.
Eodem modo per intuitum patet ex universali sequi particularem
retentis terminiset qualitate; seu in iisdemterminiseodem situ manen-
tibusex universaliaffirmativasequiparticularemaffirmativam;ex univer-
sali negativaparticularemnegativam.Nam ex U. A. sequiturP. A. quia
si numerus subjecti terminum multiplicansest unitas (ut requiritur in
aequationepro U. A.) utiquenumerusalterutrumterminummultiplicans
est unitas (quod solum requiritur in aequ.pro P. A.). Et ex U. N.
sequiturP. N. quia si uterque numerusnumerumalicujusTerminimulti-
plicansest major unitate (ut requiritur in aequ.pro U. N.), utique et
numerus unum ex terminorumnumeris, nempesubjectinumerummul-
tiplicanserit majorunitate(quod solumrequiriturin asqu.pro P. N.).
Sed illud patet elegantissimèU. N. et P. A. convertipossesimpliciter,
nam in conditionibusearumhoc tantum requiriturut alteruternumerus
multiplicansseucoefficienssit u, vel ut uterquesit majorunitate,adeoque
non exprimiturunusterminuspropositionisprœaltero, itaque nihilrefert
quis eorum sit subjectumaut praedicatum,manentetantum qualitateet
quantitate.
Verùm ut quaeverbisostendimusliterisetiam ostendamus,aliter non-
nihilexhibendaerit Tabula, ita nimirumut ex ipsisliterisdijudicaripossit
sintne majores unitate, an ei squales, quantumscilicetid vi formasdiju-
dicari posse debet. Hunc in finemnumeros qui certo sunt sequalesuni-
tati omittemus,quiaUnitasnon multiplicat,numerosqui
5 verso (barrée).
6 recto (barrée).
6 verso. Verumut quasverbisostendimuscalculoliterali etiam demonstremus,
[distinguendse]aliter exhibendanonnihil Tabula est, ipsaequeliteraeita
distinguendas,ut ex ipsismetappareatsintne majoresnecessariôunitate,
an ei necessariôaequales,an alternative saltem majoresvel aequales.
Quam in rem adhibeantursequentesObservationesvel Canones.
I. LiteraAi~M~M~ significataliquemnumerumrespondentemtermino
(id est subjectovel praedicatoalicujuspropositionisadhibitarvel adhi-
bend~e).
11.LiteraMinusculasignificatnumerum aliquem,Majusculaenumerum
multiplicantem,ad complendamaequationcmquasex propositioneoriri
ELEMENTA CHARACTERïSTK~EUNIVERSALIS
A7

debet< quem numerum uno verbo possumusvocarecoemcientem> PHH.V,8,a,6.


Quoniamenim aliquandoin propositionealter terminusalterumcontinet,
hinc et numerus uniusnumerumalteriuscondnet velut dividendusdivi-
sorem,et ideô ut fiant squalesmultiplicandusest divisorper quotientem
ut fiat aequalisdividendo.Quodsi divisionon succedat,id est si neuter
alterumcontineat,id est si termini sint disparati,tum uterque numerus
muldplicaridebet per aliquem alium numerum, quisque per suum, ut
fiantsquales. Debent autem numeri hi multiplicantesesse illi qui sim-
plicissimèexprimuntrationem ipsorum Numerorum multiplicandorum
inter se invicem;et multiplicatiodebet fieri per crucem. Simplicissimi
autemadhibendi,ut cumratio estea quaeunitatisad numerumintegrum,
id appareat,quemadmodumhœc omnia ex supra dictis facillimasunt
consideranti.
III. LiteraLatina~MMCM~ significatnumerum qui an unitatian vero
numerounitatemajoriaequaUssit, vi formas,nihil refert. Exempligratia
nihilrefertin propositioneuniversaliaffirmativa,sitne praedicatumangus-
dus subjectoan vero ei squale, modo in eo contineatur,seu modonon
sit ampliussubjecto. Itaque numerus per quem multiplicandusest
Numeruspraedicad,ut prodeat numerus subjecti, erit vel unitas, cum
scilicetsubjectumet praedicatumreciproca sunt sive a~quëlatè patent;
velnumerusunitate major, cum scilicetpraedicatumest subjectoangus-
tius. Utrumvero fieri opus sit ad generalemformampropositionisuni-
versalisamrmadvaenihil refert. Itaqueloco propositionisOmn. H. est A.
possumusadhiberehanc aequadonemH aequ. rA. id est, ut exemplo
utar, notio hominis coincidit notioni rationalis et animalissimul, seu
numerushominisprodit multiplicandonumerum animalisper numerum
animalis 1. Et hoc casu r est numerusmajor unitate, sed in aliis casibus
potestesseei aequalis.Exempligratia. Omne T est 9. seu T aequ.~0.
OmneTriangulumest Trilaterum; sed quia Trianguli notio Trilateri
notioniasquèlacépatet seu coextenditur,itaque et numeri
ipsas repré-
sentanteserunt squales. Quarev. per quem multiplicandusest 0 ut
~queturipsi T cui jam tum aequatur,est unitas. Ergo vi forméegeneralis
quampropositiouniversalisaffirmativahabet, nihil refertnumerusr vel
pra~dicad numerum multiplicansunitasnesit an unitatemajor. Idem est

Sic undesdeux«MMM~ts
estpourrationalis.
~8 ELEMENTA CHARACTERISTtC~EUNIVERSALIS

PmL.,V,8,a,6. in praedicatoparticularis négative, qu<e nihil est aliud quam universalis


afnrmativaecontradictoria, ut superiora ostendunt. Haecautem omnia non
probationis, sed illustrationis causa hic adducimus
recto.
) IV. Litera MtMM~M~ <~ (in exponente non constituta de quo
post) > significatnumerum quem certum estesse majorem unitate. Talis
numerus occurrit in propositionibus negativis, ut patet ex Tabula supe-
riore, et magis patebit ex dicendis.
V. Literalatina minuscula exponentealiquo qui sit litera ~~<C< ut
f~, constituit numerum quem quidem utrum major unitate sit an ei
aequalis,non constat vi fbrmae,illud tamen de eo constat, eum cum alio
quodam numero similiter per literam latinam minusculam exponente
gr~co affectam expresso, alternare, ita ut alteruter necessario sit unitas;
et alteruter maneat indifferens an sit unitas an unitate major. Quoniam
autem fieri potest ut simul plures < duabus ~> ejusmodi literie exponen-
tibus aSectse adhibeantur, ideô ut appareat quinam ad se invicem refe-
rendi sint unumque par constituant, poterimushoc observare,ut ~rMM
~J~MM~ysint ~M~ ~f~~ ordine~T~ Alphabetisibi ~MM~ ut
hoc loco X et {A.Hoc enim significabithos duos numeros f~ ita secum
alternare, ut unus ex ipsis necessario sit unitas, altero manente indiffe-
rente. Ponamus enim quatuor ejusmodi numeros dari
Patet eos debere in paria discerni ita ut aliquis ex his et aliquis ex
his~ < sit necessarib unitas. At si paria malè assumantur ut
nulla est talis necessitas, ut alteruter ex duobus sit unitas, potest
enim fieri ut et sint unitates, adeoque ex reliquis neuter. Itaque ut
paria discerni possint adhibere placuit observationem quœ dixi. Sciendum
est autem horum usum esse tantùm in propositione particulari affirma-
tiva. In illa enim necesse est alterutrum numerum coefficientem esse
unitatem. Quemadmodum jam in superiore Tabula admonitum est.
Adhibui autem (non sine consilio) exponentes potius quàm alium expri-
mendi modum, quia ita literas ipsas sub exponentibus ut v. r. intactas
retineo, quod utile est his enim nonnunquam <~ad literas initiales ter-
minorum in exemplis rem declarantibus'> facilitatis causa respicio, ut
supra H asqu. rA. homo idem est quod rationale animal. Nolui autem
literas v. r. per alias multiplicare, ad alternationem nostram expri-
mendam, nam illae alix quomodo fuissent à caeteris distinctae, et quo-
modo paria commode designassemusnisi forte compositis magis charac-
ELEMENTA CALCUL! ~g

teribus,aut numerisadhibids.quorum illud in scribendoprolixum,hoc PHH.V,8,a.y.


aequadonis exactitudinemsi quandoexplicassetviolaret,deberemusenim
hujusmodinumerumpostea aliquandoexplicareper unitatem, et dicere
verbigratia3 aequ.i. quodparum aptum, tametsi3 hic pro numeronon
charactereaccipiamus,quiafieripotest ut aliquando3 aliundeprodeat.J
Certasliteraslatinasaut graecaspro his solisdeputareetiam non licebat,
quia jam satis occupavimuseas ut non nimium earum supersit,prar-
sertimcumubicommodèÏicet:literisut dixi utivelimusterminorumini-
tialibus,quas literie proinde non debent esse jam occupatas.Sed haec
obiter,ut ratio consiliinostri curiosiùsinquirenticonstaret.

PHIL.V,8, b, 9-t2 (7p. in-folio.) PniL.,V, 8, b,


April. 1679. N" 2. plag. i. 9'i2.

~MM~ Calculi.

(i) Terminusest subjectumvel praedicatumpropositioniscategoricae.9, recto.

<Itaque sub termino nec signum nec copulam comprehendo.Itaque


cumdicitur sapienscredit, terminuserit non credit, sed credens, idem
estacsi dixissemsapiensest credens.>
hic intelligocategoricas,< cum aliud speciatimnon
(2) Propositiones
exprimo,est autem categoricacaeterarumfundamentumet modales,
hypothedca~dis)uncdvae,a!iaequeomnes categoricamsupponunt.Cate-
goricamautem voco A est B, vel A non est B. seu falsum est A esse
B. Signivarietateaccedente,ut vel universalissit propositioet de omni
subjectointelligatur,vel particularisde quodam>.
(3) CuilibetTermino assignetursuus numerus~ï~m, qui adhi-
beaturin calculando,ut terminusipse adhibeturin radocinando.<~ Nu-
merosautemeligo in scribendo,alia signasuo temporeet numeriset
ipsi
sermoniaccommodabo.Nunc autem maximaest numerorumutilitasob
certitudinemet tractandifacilitatem,et quia hincad oculumpatet, omnia
in notionibusad numeroruminstar certa et determinataesse.>
(4) RegulainveniendiMMfM~w characteristicos
aptos haec<; unica> est,
ut quando Termini dati conceptus componitur<; in casu recto > ex
conceptibusduorumpluriumvealiorumterminorum,<: tunc> numerus
termini<; dati >Characteristicusproducaturexterminorumterminidati
!N)5MTS DE t.MBN!2..
50 ELEMENTA CALCULI

PmL., V, 8, b, conceptum componentium numeris characteristicisinvicem multipli-


catis. <~Verbigratiaquia HomoestAnimalrationale(et quiaAurumest
metallumponderosissimum) > hinc si sit Animalis< (metalli)> nume-
rus ut 2 <; (m ut 3) > Rationalis<; (ponderosissimi)verô ~>numerus
r ut 3 (p ut 5), erit numerushominis seu idem quod ar id est in hoc
exemplo2,3 seu 6 < (et numerusauri seu soliss. idem quodmp,id est in
hoc exemplo3,$ seu i$)>.
(5) Literas adhibebimus, <ut hic ~.f. (~j.)~> quando aut
numeri non adsuntaut saltemnon speciatimconsiderantur,sed genera-
liter tractantur,quod hoc loco in Elementistradendisnos facereoportet.
~Quemadmodumin Algebra symbolicaseu Arithmeticafigurata fieri
solet, ne quod simul ac semelin infinitis exemplis[ostendere]possumus
in singulispraestarecogamur. Modum autem hic utendi literis infra
expîicabo.
(6) Caeterumregulaartic. 4. traditasufficitad omnesres totius mundi
<~calculonostro comprehendendas >, quatenusdeiis notionesdistinctas
habemus,id est quatenusearum requisitaquaedamcognoscimus,quibus
per partes examinatis,eas à quibuslibet aliis possumus distinguere,
<; sivc quatenusearum assignarepossumusdennitionem>. Hœcenim
requisita nihil aliud sunt quam termini quorum notiones componunt
notionem quam de re habemus.Possumusautem plerasqueres ab aliis
discernereper requisita,et si qusesunt quarumrequisitaassignaredifficile
sit, iis interimascribemusnumerum aliquemprimitivum,eoque utemur
ad alias res hujus rei ope designandas.Et hocmodo saltemomnespro-
positionescalculoinvenire ac demonstrarepoterimusquaeinterimsine
rei pro primitivainterim sumtaeresolutionedemonstraripossunt. <; Sic
Euclidesnuspiam utitur definitionelineasrectaein suis demonstratio-
nibus, <~sed ejus loco adhibuitquaedampro axiomatisassumta >; at
Archimedescum longius vellet progredi, coactus est ipsam lineam
rectamresolvere,eamquedefinire,inter duo puncta minimam.> Itaque
hoc modo non quidem omnia, attameninnumerainveniemustum quae
jam ab aliis sunt demonstrata,tum quas ab aliis ex jam cognitisdenni-
tionibus et axiomatibusatque experimentisunquam poterunt demons-
trari idque ea praerogativanostra [quodquseilli] <~utstatim de oblatis
propositionibuspossimusper numeros judicare an sint probatas,et ut
quaealii~> vix summolabore animiet casu, nos solocharacterumductu.,
ELEMENTA CALCUL! 5t

et certamethodoeaque verè analyticademus, ac proindequaevixmuiti pPaît. V, 8, b, 9.


annorummillenam alias praebiturierant mortalibus,intra seculumexM-
berevaleamus.
) (y) Ut autemusus numerorumcharacteristicorum pateatin proposi- g,
9, verso.
tionibus,considerandumest Omnem propositionemveram categoricam
<.amrmaiivam<;universalcm», nibil aliud significarequam con-
nexionemquandaminter Praedicatumet subjectum<~m casu recto de
quo hic semperloquar >, ita scilicetut praedicatumdicaturinessesub-
jecto < vel in subjecto contineri, eoque vel absoluteet in se spectato,
vel certe [in aliquocasu] seu in aliquo exemplo>, seu ut subjectum
dicto modo dicaturcontinere praedicatum hoc est ut notio subjecti
<~velin se, velcum addito> involvatnotionempraedicati,<~ac proinde
ut subjectumet praedicatumsese habeantinvicem,vel ut totum et pars,
vel ut totum et totum coincidens,vel ut pars ad totum~;>. Primis
duobuscasibuspropositioest universalisaffirmativa;ita cumdico: Omne
aurumest metallum,hoc volotantùmin notioneauricontinerinotionem
metalli < in casu recto aurum enim est metallum ponderosissi-
mum>. Et cumdico Omnispius est felix,nihil aliud volo quam hoc
ejusmodiesse connexioneminter notionempii et notionemfelicis,ut is
quiperfectenaturampii intelligeret,deprehensurussit naturamfelicisin
ea involviin casurecto. At in omnibuscasibussivesubjectumsivepraedi-
catum sit pars aut totum, semper locum habet propositioparticularis
afnrmativa.Exempli causa quoddam metallum est aurum, licet enim
metallumper se non contineataurumtamen quoddammetallum<~cum
additoseu spéciale > (exemplicausaid quod majoremducati< Hunga-
rici> partem facit)ejus naturaeest, ut naturam auri involvat.<;Dis-
crimenautem est in continendimodointer subjectumpropositionisuni-
versaliset particularis.Nam subjectum propositionisuniversalisin se
spectatumet absolutè suritum debet continere praedicatum,ita auri
notio per se spectataet absolutèsumta metaUinotioneminvolvit.Nam
notio auri est metallumponderosissimum.< sed in Propositioneaffir-
mativa particulari,sufficit addito aliquo rem succedere>. Sed notio
metalliabsolutèspectataet in se sumtanon involvitauri notionem; et ut
involvataddendumest aliquid. Nempe signum particulare est enim

au pointdevuedela compréhension.
sontrelatives
t. Toutescesconsidérations
ELKMENTA CALCULI

PH:L., 8. b, 9. certum quoddammetallum quod auri notionem continet. Imposterum


autem cum dicemusTerminum in termino vel notionem in notione
contineri,intelligemussimpliciteret in se. >
(8) Propositionesautem negadvaetantum affirmativiscontradicunt,
casquefalsasesse asserunt. Ita propositio particularisnegativanihil aliud
praestatquàm ut negetpropositionemaffirmativamuniversalemesse. Sic
cum dico quoddam [metallum]argentum non est solubilein
aqua forti
communi,hoc unum volo falsamessehanc propositionemaffirmativam
universalem Omne argentumin aqua forti communisolubileest. Nam
datur exemplumcontrariumsi Chymistisquibusdam
credimus, nempe
Luna fixa ut ipsi vocant. Propositioautem Universalis
negativatantum
contradicitparticulariaffirmativoe.Exemplicausasi dicam Nullusscele-
ratus est felix, hoc significo falsumesse quod aliquissceleratussit felix.
Itaque patet ex affirmativisnegativasintelligiposseet contraillasex istis.
(9) Porro in omni Propositionecategoricasunt duo Termini; duo vero
quilibettermini quatenusinesse aut non inesse sive contineri aut non
contineri dicuntur differuntmodis sequentibus.Quod vel unus conti-
netur in altero,velneuter. Si unus contineturin altero, <tunc vel unus
alteri aequalisest, vel> differuntut totum et pars. Si neuter in altero
continetur, tunc vel commune aliquid continent < (quod non nimis
remotum sit) > vel toto genere differunt.Sed haecper species
explica-
bimus.
10 recto. j (10) Duos Terminossese continenteset nihilominusasqualesvoco
Coincidentes. Exemplicausanotio triangulicoinciditin effectunotioni tri-
lateri, id est tantundemcontineturin una, quantum in altera, <~tametsi
id prima fronte aliquando non appareat; sed si quis > resolvatunum
pariter atque alterum, tandemincidet in idem. [Ita coinciduntmetallum
ponderosissimum<inter metalla> et metallum fixissimum<inter
metalla>; tametsi absolutè loquendo ponderosissimumet fixissimum
non coincidant;ut exemploMercuriipatet, nam inter haseduo
cuprum
et argentum vivum, patet illud esse fixissimum,hoc ponderosissimum.
<~Sedhoc obiter~>.]
j(n)Duo Termini sese continentes nec tamen coincidentesvulgo
appellanturGenuset Species.Qpasquoad notiones seu terminos compo-
nentes (ut hoc loco a me spectantur)differunt ut pars et totum, ita ut
generis nodo sit pars, specieinotio sit totum componitur enim ex
EMMENTA CALCULI 53

et differentia.E xempli causa Notio auri et notio metallidifferunt PmL., V, 8, b, ïcc


genere
ut pars et totum; nam in notione auri contineturnotio metalliet aliquid
e xempli causa < notio> ponderosissimiinter metalla.Itaque
prïeterea,
notioauri est majornotione metalli.
In scholisaliter loquuntur, non notiones spectando, sed exempla
(12)
notionibusuniversalibussubjecta. Itaque metallum dicunt esse latius
auro,nam plures continet speciesquam aurum; ~et si individuaauri ab
una parte et individuametalliab alteraparte numerarevellemus,utique
in toto. Et
plura essent haecillis, imo illa in his continerenturut pars
hacquidemobservationeadhibita,et characteribusaccommodatispossent
omnesrégulasLogicaea nobis demonstrarialio nonnihil calculoquam
hoc loco fiet; tantum quadam calculinostri inversione Verum malui
spectarenotiones universalessive ideas earumquecompositiones,quia
ab individuorumexistentianon pendent. ItaqueJ dico aurum majus
metallo,quiaplurarequirunturad notionemauri quam metalli,et majus
opusest aurumproducerequam metallum qualecunque.Nostraeitaque
et scholarumphrases hoc loco non quidem contradicuntsibi, distin-
guendassunt tamen diligenter.Caeterumin loquendi modisnihil à me
sinequadamrationeatque utilitateinnovari, patebitconsideranti.
(13) Sineuter terminorumin altero continetur,appellanturDisparata,
ettuncrursus ut dixivel aliquidcommunehabent,vel toto genere diffe-
runt. Aliquid commune habent, qui sub eodem sunt genere, quas
posses Dicere CoM~ ut Homo et brutum, animalis conceptum
habentcommunem.Aurum et Argentummetalli, Aurum et Vitriolum
< communemhabent conceptum> mineralis.Unde patet etiam plus
minusvecommunehabere duos terminos, prout genus earum minus
magisqueremotum est. Nam si genus sit valde remotum, tunc exiguum
edamerit in quo symbolizentspecies. Et si genus erit remotissimum,
exempligratia [substantia]aliquasres dicemusesse Heteroaaeneas seu toto
generedifferre,ut Corpus et Spiritum non quod nihil illis commune
sit, saltemenim ambosunt substantif, sed quod hoc genus 1 commune io verso.
sitvalderemotum.Unde patet quid Heterogeneumdicendumsit vel non,
à comparatione pendere. Nobisverô in calculosufficitduas res nullasex

t. IciLeibnizdé6nit!e pointde vuedel'extensioncommeétantceluidel'École.


2.Sic.Leibniz avaitd'abordécritspecies
au lieudeterminos.

'i)
5<~ ELEMENTA CALCULI

Pmt. V, 8, b, to. quibusdamnotionibuscertis à nobis designatishabere communes,etsi


aliasforte communeshabeant.
(i~) Haecjamquaede Terminissesevariècontinentibusaut non con-
tinentibus diximus, transferamusad numeros eorum characteristicos.
Quod facileest quia diximusartic. 4 quandoterminusconcurritad alium
terminumconstituendum,< id est cumnotio terminiin notionealterius
terminicontinetur >, tuncnumerum < characteristicum > termini con-
stituentisconcurrere< permultiplicationem > ad productionemnumeri
characteristicipro termine constituendoassumendi seu, quod idem est,
numerumcharacteristicum terminiconstituendKseualiumcontinentis~>
divisibilemesse per numerumcharacteristicumterminiconstituentisseu
qui alteri inest. Exempligratia, Notio animalisconcurrit ad consti-
tuendamnotionemhominis,itaqueet numeruscharacteristicusanimalisa
(verbigratia. 2) concurret cum alio aliquo numeror (ut 3.)*ad produ-
cendum per multiplicationemnumerumar sive (2,3 vel 6) nempe
characteristicumhominis. Ac proinde necesseest numerum ar vel h.
(sive 6) dividiposseper a (siveper 2).
(13) Quando autem Termini duo sunt coincidentes,exempli causa
Homoet AnimalRationale,tuneet Numeri<~ et > sunt coincidentes
in effectu(velut 2,3. et 6). Quoniamtamennihilominusterminusunus
hoc modo alterumcontinet, licet reciprocè,nam homo continet animal
rationale(sed nihil praeterea)et animalrationalecontinethominem(et
nihil praeterea,quod scilicetnon jam in hominecontineatur)hincnecesse
est et numerosh et (2,3 et 6) sese continere,quodutiqueverum est,
quia sunt coincidentes,idem autem numerus utique continetur in se
ipso. Necesseest praetereaetiam unum per alterum posse dividi, quod
etiamverum est; nam si quis numerus per se ipsum dividatur, prodit
unitas. Itaque quod artic. prsecedentidiximus,ut Termino uno alium
continente,characteristicusilliusdivisibilissit per characteristicumhujus,
id etiamin terminiscoincidentibuslocumhabet.

April.1679.N"2. plâg.2.
Il recto. (16) Hinc itaqueper Numeroscharacteristicosetiam illud scire pos-
sumus, quinam terminus aliumnon contineat.Nam tantummodoten-
tandum est utrumNumerushujus exactèdividerepossitNumerumillius.
Exempli gratia, si Numeruscharacteristicushominis fingatur esse 6.
ELEMENTA CALCUL! 55

nec simiae notio contineat notionem hominis, ]


PaïL.,V,8, b, t:.
simi~e 10.
verô patet quod
neccontrehsecillam, quia nec t0 dividipotest exacte per 6. nec contra
6 per 10. Hinc si quasraturan in notione ejusqui justusest contineatur
notio sapientis,id est an nihil proterearequiratur ad sapientiamquàm
id quodin justitiajam continetur;tantùmexaminandumerit an numerus
characteristicus justi dividiexactè possitper numerum characteristicum
nam si non procedit divisio, patet adhuc aliquid requiri ad
sapientis,
scientiamrationum,
sapientiamquod non requiritur in justo; nempe
enim aliquis esse justusper consuetudinem seu habitumetiamsi
potest
radonemeorum qux agit reddere non possit. Quomodo autem id
< minimum>, quod adhuc requiritur sive supplendum est, inveniri
etiamper numéroscharacteristicosqueat, postea dicam.
Affirmativauni-
(17) Itaquehinc possumusscire an propositioaliqua
versalissitvera. Nam in ea sempernotio subjectiabsolutè et indefinité
sumta,ac per se in generespectata,continetnotionem praedicati.Omne
scilicetaurum est metallum,id est metallinotio contineturin notione
auri per se spectata, ut quicquid aurum esse ponitur eo ipso
generali
metallumesse ponatur, quoniam omnia requisita metalli (ut esse ad
sensumhomogeneum,in ignesaltemcertaratione administratoliquidum,
ettuncnon madefaciensresalteriusgeneris immersas;)in requisitisauri
continentur.< Quemadmodum pluribus explicuimussupra articulo7. >
Itaquesi velimusscireanomneaurum sit metallum(nam dubitaripotest,
an aurum fulminans adhuc sit metallum, quoniam est in
exempligratia
formapulveris,et in igne quadamratione administratodisploditur,non
funditur) tantùm explorabimus an ei insitmetalli definitio,id est, simpli-
cissimaopera, cum numeri characteristiciadsunt, an numeruscharacte-
risticusauri dividipossitper numerumcharacteristicummetalli.
Sed in ~M-M~n non est necesse
necesseut ut ï t verso.
jpraedicatum
(18) F~M~M a~n~M~
in Propositione ffirmativaparticulari
ut notio
prædicatumin subjectoper se et absolutè spectatoinsit seu
se notionem contineat, sed sufficitpraedicatum in
subjectiper praedicad
aliquaspeciesubjecti condneri seu notionem alicujus< seu > spe-
cieisubjecticontinere notionem licet qualisnamea speciessit, non
exprimatur.Hinc si dicas quidam expertusest prudens, non quidem
illuddicitur, in notione experti in se spectatacontineri notionempru-
dentis.Nequeetiamid negatur, sed institutonostro sufficit,qubdaliqua
speciesexperti habet notionem, quae notionem prudentis continet,
56 ELEMENTÀ CALCUL!

PnïL.,V, 8,b,t!. tametsi forte non sit expressum,qualisnamilla sit species; nempe etsi
hoc loco non exprimatureum demum expertum esse prudentem, qui
prastereahabet judicium naturale, sufficit tamen subintelligialiquam
speciemexpertiprudentiaminvolvere.
(19) Imô si notio subjectiin se spectatacontinetnotionempr~edicati,
utiqueetiamnotiosubjecticum addito, seu notiospecieisubjectinotionem
pr~dicaticontinebit.Quod nobis sufficit,quia non negamusipsisubjecto
inesse praedicatum,cum specieiejus inesse dicimus. Itaque possumus
dicere, quoddam metallum in igne (rectè administrato)est liquidum;
etsi potuissemusgeneraliuset utilius sic enuntiare Omne metallumin
igne etc. Habet tamen et particularisassertiosuos usus, velut cumfaci-
liusdemonstraturaliquandoquam generalis,aut cumauditoreamfacilius
recepturusest, quàm generalem,et particularisnobissufficit.
(20) Quoniam itaque ad propositionem particularemaffirmativam
nihil aliud requiritur quam ut species subjecti contineat prœdicatum,
hinc subjectum se habet ad praedicatumvel ut speciesad genus, vel ut
speciesad aliquidsibicoincidensseuattributumreciprocum,vel ut genus
ad speciem,id est habebitsese notio subjectiad notionemproedicati,
vel ut totum ad partem, velut totum ad totum coincidens,vel ut pars ad
totum (vide supra artic. 7 et i ï).
ï2 recto. Ut totum ad partem, cumnotioni subjectivelut specieiinestnotio
praedicativelut generis < verbi gratia si bernaclasit subjectum, avis
prœdicatum>; ut totum ad totum coincidens,cum duo aequivalentiade
se invicemdicuntur, ut cum triangulumest subjectum,trilaterumprae-
dicatum et deniqueut pars ad totum, ut cum metallumest subjectum,
aurum est praedicatum.Itaque dicere possumus qusedambernaclaest
avis; quoddam triangulumest trilaterum (etsi has duas propositiones
potuissemetiamenuntiareuniversaliter);deniquequoddammetallumest
aurum.Aliiscasibuspropositioparticularisaffirmativalocumnon habet.
Ha?cautemita demonstro si speciessubjecticontinetpr~dicatum,utique
continebit vel ut coincidenssibi vel ut partem; si ut asqualesibi seu
coincidens,tunc utique prsedicatumest species subjecti, quia speciei
subjecti coincidit. Sin speciessubjectiprasdicatumcontinet ut partem,
pr~dicatumerit genusspecieisubjectiper artic. 11. itaqueprasdicatumet
subjectumerunt duo genera ejusdemspeciei.Jam duo genera ejusdem
specieivel coincidunt, vel, si non coincidunt,necessaribse habent, ut
ELEMENTA
CALCUUUNÏVERSALÏS 5 7

et Hoc autem facile ostenditur,nam ex speciei notione PHtL.,V~8,b,ï2.


genus speciem.
formatur notio generis sola abjectione,cùm ergo ex specie duorum
communi a mbo genera per abjectionem continuamprodeant,id
generum
est supernuisabjectisrelinquantur,unum prodibitante alterum;et 2~4.) y
ita unumerit ut totum, alterumut pars. Imô est paralogismus,et corpus ~enstbilc
multa hactenus diximus, video enim Adamas homogeneum
simulcadunt quae proposi- durabilissimum.
tionemparticularemaffirmativamlocumhabereetiamcum neu-
trum est genus vel species,ut quoddamanimalest rationale, modo sci-
licet Termini sint compatibiles.Hinc patet etiam non esse necesseut
subjectumper pr~dicatumvel prxdicatum per subjectumdividi possit.
Quibus multa hactenus in~dincavimus.Ergo specialiorajusto diximus~
adeoquede integro ordiemur.

PmL.,V, 8, c, i3-i6 (8 p. in-folio). ]PHIL., V, 8, C,


ï3-t6.

April.1679.N"3. plag.i. t3 recto.

CalculiuniversalisJ?/~M~M~.

Terminum,ut animal,homo, rationale,sic exprimamnumeris a. b. c


<;Hoc uno observato,ut qui termini<( simula constituunt aliquem
terminum, eorum numeri, in se invicem multiplicati, constituant
numerum,ita quia animal et rationaleconstituunt hominem,erit bter-
minushominisœqualisac productoex a in c. >
PropositiocategoricaMM~M ut homo est animal, sic

xqu. y, vel b œqu. signincat enim numerum quo


a
exprimiturhomo, divisibilemesse per numerum quo exprimituranimal,
tametsiid quoddividendoprodit nempey hicnon consideretur,-<quam-
vis aliundesciamusy hic fore c. > Ubi nota si ysit unitas tunc asqui-
pollereb et a. vel si ~quipolleant, esse unitatem.Cccterumpoterimus
et sic exprimere Omn. b est a.
U,tiversalis
Propositio negativa,verbigratiaNullushomoest lapis,redu-
caturad hanc affirmativam,Omnis homoest non lapis.Non lapis autem
erit terminusquicunqueprxter lapidem, itaque hic terminus non-lapis

ï. C'estlanotationdeBoom(avecuncoefficient
indëterminé).
58 CALCUL! UNIVERSALIS ELEMENTA

PH!L., V,8,C, t?. exprimeturper numerumindennitum,de quo hoc unum constat, quôd
non sit divisibilisper numerumlapidis.Nam si homo non est lapis, non
erit lapis scissilisuec lapispellucidus,nec lapis pretiosus,adeoque nec
erit gemma,nec marmoretc. Numerusautem qui per numerumaliquem
datum non est divisibilisest ille qui non est divisibilisper numerumpri-
mitivumaliquemper quemnumerusdatusest divisibilis.Exemplicausa
Numerusdividendussit o~~yœqu.~ et divisorsit 8eaequ.g. ita ut omnes
numeri primidivisoris sint <x. y. unus autem divisorissit S qui non
continetur sub his ?. y. patetesse aequ. Itaque exprimendo
os 9
t3 verso. numerosprimitivosper literasgraecas, 1 scribendoque
Z ~qu. 2 <x..
+ ff aequ.-T<
;-)-
~qu.
3
exprimeturesse numerumfractumseu propositiouniversalisnegativa.
0
<(per puncta. idem intelligiturquod etc. et intelligiturin loco vacuo
quoscunquenumeros posse scribi, modo née ? nec ô contineant.> Et
quiapropositiouniversalisnegativaest convertibilis,id quoquehic expri-
/)- s
mitur manifeste,quia aequ. asqu. utriusqueautempar ratio
9 0..net~ CL.
<
est.
Propositioparticularisaffirmativa,ut quidam homo est [bonus] lauda-
bilis, significatbonitatem cuidam homini inesse, seu numerum cu-
jusdam hominis dividi posse per numerum boni Exempli causa
numerumhominis sapientis id ergo de quo agitur sic exprimetur

sequ.~ a~qu. < posito n œqu. > quod significatnumero


hominis per alium numerum mtegrum vel fractum M (nam numeros
vel integrosvelfractosper hebraicasliterasexprimam)multiplicato,pro-
ductumdividiposse per
Sedut haec distinctiusintelligantur,primumterminos ipsosexplira-
bimus.?. p. Y. etc. seu litera graecasignificatnumerumprimum, qui in
nulla propositioneuniversaliaffirmativasubjectumesse potest, nisi sit
identica,id est nisiin qua ipse etiam sit pra~dicatum.

t. Iciest se trouve répété par erreur dans le ma.


3. Sic, pour dividendi a.
CALCUL! UMÏVERSAHS ELEMENTA 5 9

a. b. c. seu literalatinaex prioribussignificatnumerum integrum cer- PHtL.,V,8,C,!?.


tum seu datumprimumsivenon-primum.
s. t. v. w. x. y. etc. seu litera latinaex posterioribussignificatnume-
rumintegrumprimumvel non-primumincertum.
b significatpraedicatumipsiusb < in propositioneuniversaliaffirma-
Y
seu significatnumerumaliquem ut a qui prodit dividendob per
tiva>
numerumaliquemincertum,aptum scilicetad dividendum.Nam quando
incertusponitur,semperintelligituraptus.Itaquesi dicama aequ. idem
y
dicoac b est a seu a inest ipsi b, quod et idem est ac si scripsissemay
xqu. ut supra, vel b xqu. ay. qui modus scribendioptimus, respondet
enimenuntiationi homo est animal quoddam.
]L
Terminus~< vel .> significatterminumindennitum,id est vel t4. recto.
y
universalem vel particularem,et id est praedicatumpropositionisaffirma-
tivassiveuniversalissiveparticularis,siveipsumper se universalesit, sive
Terminusb definitussignificatsemperterminumuniversalem,
particulare.
itaqueetiamsi dicamac aequ. < (animalrationaleest homo) >, est qui-
demprasdicatumin propositioneuniversaliaffirmativa,sed nihilominus
ea estconvertibilis,nam idemest ac si dixissemomne animal rationale
est omnishomo. Imô et in hac est b. seu
aliquodrationaleest homo,
succedetconversio.Nam omnishomoest aliquidrationale1.
Hincpropositiouniversalisaffirmativaest haecb est ya seu b est c2.
priornon convertibilis,posteriorconvertibilis,vel ut generaliusloquar, b
esty~vel b est ~csed tunc numerus est idemquod unitas quaenon mul-
tiplicat.Propositio particularisaffirmativaest ya est b vel ya est ~c.
esta. Hinc demonstremxb est a. Nam b est a.
Ergo b sequ. Ergo
xb œqu.xya. ponatur
aequ.xy. Ergo xb asqu. seu xb est a Hinc
demonstraturpropositionemparticularemaffirmativamesse converti-
bilemin particularemaffirmativam,
namya est b convertatur in aequa-
tionem, hoc semper fieri potest, nam < subjectum> dividi potest
per b pragdicatum,et esse productum divisionis
net-~qu~posito
ici la théoriedeta~MM~e~! prédicat,ëtaboréedepuis
p~'H'f~
pur AMIL'rON.
a. Ici est a te sens du
signe ss: (ëgaie~.
60 CALCULI UNIVERSALIS ELEMENTA

PtUL., V, 8. c, t~. incertum. Ergo fiet ya aequ.xb. Ergo xb aequ.ya. Ergo xb cst~* seu
propositioerit conversaut postulabatur.
Cunctabaecnunc breviuset distinctiussic cxhibebo
t~ verso. ) (i) Regulageneraliscbaracteristicaenostraeest ut Terminusquilibet,
verbigratia
Animal homo rationale
a b c
f~M~Mf~ numerumquiprodeatexmultiplicatione numerorum terminos
terminumdatum componentes ~r~y~~M~MfM, ita sit numerus b a2qu<ac.
quia homo est animalrationale. Finge numerumanimalisesse 2, ratio-
nalis esse 3, erit numerushominis 6. Hinc sequiturin omni proposi-
tione categoricadeberenumerum subjecti dividi posse per numerum
prsedicati.Exemplicausa homo est animal. b dividipotestper a. seu 6
per 2.
(2) Hinc semperpropositio
mutaripotestin a~M~OM~M, nam si numerus
praedicatiper alium quendam numerum multiplicetur,eum nempe qui
ex divisionesubjecti per praedicatumprodit, oritur numerus xqualis
numero subjecti.Nam si quotiens multiplicetur divisoremprodit divi-
L
aequ. Ergob aequ.ac.
a
(3) Quando non constatquis sit quotiens,quod fit quandounum qui-
dem datur praedicatum,sed non reliquaquasconceptumcomplent, tunc
numerusindefinitusut x. y. poni potest pro illo incognito; ut sit nix
[nivis]subjectum[frigiditas]meteori. seu dicaturn est m, utique dividi
potest ? per <?,seu dici potest aequalecuidam.Sed quia ipsum quale
sit non constat,nequeenim fortèscimusaggregatumreliquorumrequisi-
torum necessariorumad hoc ut meteorumaliquodsit nix, exemplicausa
si sit frigidumspumeum,sensibilitercadens,vocabimushoc incognitum

aggregatums. et dicemusm asqu. s. et fiet naequ.J~, seu nix idem est


quod certum quoddammeteorum.
(/{.)Itaque observandumest in omni aequationeseu propositionesim-
plicitcr convertibili,ut litera aliqua absolutèposita significetterminum
i Leibnizavoulusansdouteécrire « xbesta
2. Ici Leibniz a sans doute oublié « per
t
CALCUU UNtVERSAMS ELEMENTA 6t t

universaliter ut omnisnix. multiplicataautem per literamincognitams. PutL., V, 8, c, ï4.


ut significetterminumcum signoparticulari,ut aliquod meteorum.
Patet etiam hinc quo modo <equado in propositionem mutari La suite en marge.
(s)
debeat,namquilibetterminus~equadonispotest esse subjectumpropo-
sitionismodoalter fiat praedicatum;et contra,sed terminusqui fieridebet
subjectumin propositionerelinquendusest qualis erat in aequadone in
terminoverô qui praedicatumfieri debet potest omitti litera indetermi-
nata,ut n aequ.~M Hinc net ? est sm. <; Omnis> nix est certumillud
meteorumde quo nunc loquor. et jw est n. seu omne illud certum
meteorumde quo<~nunc > loquor(seu aliquodmeteorum)est nix.
(6) Nam et illud notari debet me subjectumpropositioniscui nullum
signumparticularitatisadjectumest, intelligereesseuniversale.Nix est
meteorum,id est omnis nix est meteorum.Ex his principiiscirca pro-
positionescategoricasamrmativasfacilècuncta derivantur.
(7) Mest m. Ergon sequ.sm (per regulam convertendipropositionem
in xquationem,artic. 3). Ergo n est ~~ï (per regulam convertendi
xquationemin propositionem,artic. $) 0/MMM nixest ~M~. Ergo
Û~MM nixestaliquod~M~M~W.
(8) Porrosi n estm, seu n xqu. sm. Ergo per naturam< numerorum
seu~>asquationis asqu.tsm, id est per conversionemaequationisin
propositionem, tn est m. Seusi omnisnixestmeteorum, ergoaliqua nixest
meteorum.
(9) Sitn est m. Ergotn asqu. vm per artic. 3. Ergo(per artic. 3) vm
~qu. M. Seusi a~~t nix estmeteorum. Ergoaliquodmeteorum est nix.
(10) Hincdeniqueconcludemus Si n est m,ergo n. Seu si omnis
nixestmeteorum ergoquoddammeteorum est nix. Nam si n est ergo tn
estln per artic. 8. Si tn est M. ergo vm est n per artic. 9. Ergo si n est
?, vmest n. Quod eratdemonstrandum.
(II) Hincstatimetiamdemonstraripossuntproprietatesnegativarum.
Nam particularisnegativatantùm falsitatemdicituniversalisamrmativae.
Hinc illx propositiones,ex quibus concludereturuniversalisaffirmativa
si veraesset,sunt etiamfalsae.
(i2)Eodem modouniversalisnegativadicitfalsitatemparticularisaffir-
madvae.Hinc dicit etiam falsitatemearum propositionumex quibus

i. Leibniz
a sansdoutevouluécrire « fMestn ».
63 CALCULI UNÏVERSAHS ELEMENTA

P!L., V,8,C, ï~. concludipotest particularisaffirmativa,ut (per art. 8) universalisaffirma-


tiva. Ergo ex universalinegativaconcluditurfalsitasuniversalisaffirma-
tiva adeoque(per n) veritasparticularisnégative.
(13) Et quia U. N. dicitfalsitatemipsiusP. A. et P. A. concluditurex
conversaP. A. Ergo U. N. dicit falsitatemconversasP. A. id est (per
artic. 12. initio) veritatemconversasU. N. itaqueconvertipotestsimpli-
citer.
Sed rem in nostra characteristicafusius persequemur.

April. 1679. N" 3. plag. 2.

i5 recto. < Sed rem in nostra characteristicafusius exequemur. Nimirum


per > [Venioad] negativaspropositiones.[Quibus] [His] autem illud
exprimitur,praedicatumnon inesse subjecto,id est numerum praedicati
non esse in numero subjecti, velut divisoremin dividendovel sicut
multiplicatoremin producto. Adhibeamusergo literas quasdamrepras-
sentantesfractionesseuin nostrocasu notionesnegativas[impossibilesL
quasexhibebimusliterisgraecisTe.<T. M.Nam <; equidem> si quisà
me quasraturquid requiratur <( positivi> ad hoc ut aliquod animalsit
homo, dicam requiri ipsum f~<MM~;et si quis quaeratà me quid
requiratur ut meteorumseu m. sit nix seu n. dicam requiri ut sit fri-
gidum,spumeum, album, sensibilitercadens, et similia,quorum requi-
sitorumsimul aggregatumseu differentiamnivis specificamsub genere
meteori distinguentemnivem ab aliis meteorisomnibusvocabo s. litera
ex posterioribusquia non satis cognitamsupponoet hoc loco confuse
tantùm considero, ut exprimamper sm, nivem esse certum aliquod
peculiaremeteorum, nempeillud de quo nunc loquoret cujus confusam
notitiamhabeo. Et hasequidembenesuccedunt.Sed si quis à me quaerat
differentiamspecificam<~positivam>- constituentemhominis speciem
sub generelapidis,seu quid requiraturprasterea<~positivum> ut lapis
sit homo, dicamrequiri à me absurdum.
En marge.
Requiriturautem potius aliquidnegativivel hoc loco potius partim
positivi partim omissivi, ut lapis fiat homo. Nam adimenda lapidi
quidam, et quaedamdandasunt ut notioinde fiatnotioni hominiscoin-
cidens. Atqueid semper fit in disparatisseu quorum neutrum est genus
vel species,ut partimaddendumsit partim adimendumquo unum fiat ex
CALCULI UNIVERSALIS ELEMENTA 63

altero.Sed ex generefiatspecies,tantum addendaest differentia ut ex Pu)L.,V,8, c, t5.

speciefiat genus,tantum adimenda. Itaque si quis à me quaeratquid


requiraturprxterea ad hominemut [6at] sit idem quod animal dicam
nihil prastereapositivi requiri sed potius omittendum esse aliquid

nempe rationalitatem,quae omissio exprimitur per fractionemt' quae


significat,adhoc ut numerushominisb reducaturad numerumanimalis
a, debereipsumnumerumhominis multiplicariper n'actionemC id est
dividiper c. Unde si id quod ex specie addito aliquo requisito novo
constituerevolumus,sit genus patet, ipsum genus ex specie constitui,
solaablationedinerentiaespecincas,seu speciemquodammodofierigenus
et contra, ita ut differentiaspecificageneris sub speciesit dinerenti~e
specinc~specieisub genereomissio adeoquenumerusfractus multipli-
candusin b speciem,ut inde fiat a genus, erit simplexfractio,cujussci-
licet numeratorest unitas. Sed disparatum unum fiat aliud, partim
omittendumaliquid partim addendum, unde requisitum ad hoc erit
fractiocujusnumeratorsit major unitate. Et haecomniaattentèconside-
ranti patent ex Regula nostra fundamentali,nam si notionum posi-
tionemseu [additionem]exprimimusmultiplicationenumerorum,utique
notionumomissionemdivisionenumerorumexprimemus.
jFieri potest ut duas literas impossibilesin se invicem multiplicatas
constituantpossibilem,quia duo numeri fractiin se invicem ducti dare
possuntintegrum.Hinc exfalsiscolligipotestverum.
Addehue <y a~qu.TTL
j Quoniamautem cautèlocutussum hactenusdeOmissionibuspotius i5 verso.
quam negationibusper 6-actionesreprassentads,quaerendusest jam ad
Propositionesnegativastransitus. Et quidem considerandumest quod a est ?t&
dicerepossumquoddammeteorumnon esse nivem,ejusrei esse causam,
a est
c
quod omittituraliquid in nodone meteori, quod requiritur in notione
nivis;unde fitaliquid possit esse meteorumlicet ea non habeat, qua: aest-
Y
i. Suppléerut.
2. Suppléer ut.
3. Cette note marginale se rapporte à un
paragraphe barré où Leibniz essaie de
traduire la proposition négative « Nullus homo est
ttt )) où Tt<signitie « non-pierre ». lapis sous la forme « b aequ.
4- Suppléer ut.
CALCULI UNÏVERSALÏS ELEMENTA

PHIL.,V,8,C, t~ omittuntur in notione meteori, et requiruntur in nodone nivis. Eodem


modo dici potest quidam lapis non est homo, quia quiddamrequiritur
ad hominem quod non requiritur ad lapidem. Cum ergo positomesse
esse speciem,sit propositio< affirmativageneris de
universalis
genus, n
et m quale habeat
specie > n est Mt,in qua n habet signum universale,
nihil refert; ~quatio autem inde fit n aequ. inter numeros1t et
Er~o dividendopery fit Sa~q.m. quam ~quationemmultiplicandoperx,
fit xn .equ. xm. Unde1 regulammutandarumaequationumin proposi-
s
tiones artic. $ net xm est significatidem quod quiddam
supra s Jam s
uti tn n. < Quia multiplicatio per literamest
non n, significatquoddam
affirmatus adeoque necessario divisio per literam
terminus particularis,
meteorum
est terminusnegatusparticularis>. Habemus ergo quoddam t
est quoddam non-nix.Jam in omni propositione nihil refert quoddam
sit habemus quoddam meteorum est non
signum prsedicati,itaque
adhuc
nix. Imô < faciliusadhuc dicemustantùm m est s ~> facilius
uti hac régula, quod propositio est particularis si
Omissa x possumus
per liteiam indeterminatam, e t quod eadem est
subjectummultiplicatur
si dividitur per literam indeterminatam.Atque
particularis pnedicatum
satis constituisse videmur naturam particularis negadvae. Data
hoc modo
fractione dici esse negationem cujuscunquespe-
quacunque s potest sw
ciei ipsiuss. sive numeri pers divisibilissive ipsius seu idem esse
nullum s. dicere homo non est lapis idem est ac dicere
quod Itaque
homo est id quod est nullus lapis. Ita quoddamanimalest nullushomo.
Ergo quidam nullus homo est animal.
nostras hactenus constitutas. n vel mabso-
t6 recto. Colligamusexpressiones
lutè positum est terminusindefinitus,si subjectumsit sm propositioest
particularis.Si praedicatumsit s propositioest particularisnegativa
Vel sic potius si ex xquadonis cujusdamtermino fiat subjectum

ï. Suppléerper.
2. Leibniz a voulu écrire ~MO~MMt.
3. En marge d'un passage barré, on lit
caritativus
sapiens justusprudens.
CALCULI ~NÏVERSALÏS ELEMENTA 65

omissaaliqua litera multiplicante,vel praedicatumomissa aliqua litera Pnn.


PHIL.,V, 8,C, t6.
dividente,net propositioparticularis.Horum duorum unum pendet ex
aliero. Sit enim ~p aequ. fd, exemplicausa metallumconstandssimum
idemquodfossileducdiissimum,inde fiet propositioparticularismest fd.
quoddammetallumest fossileductifissimum.Ex asquadonenostra fiat
h~ecsquatte aequ. patet si omittas divisoremin praedicatoidem
fieriquod in précédente aequationeomisso multiplicatorein subjecto,
nempe m est fd. Ergo haeceadem est particularis.Nimirum utroque
modosumiturpraedicatumsubjecto latius, vel quod idem est, subjectum
angustius,unde non ampliusconstat(nisi aliundeid sciamus)
praedicato
an praedicatum ita amplificatumampliusinesse, vel subjectumita con-
tractumampliuscontinere possit. Sed si sumatursubjectumpraedicato
angustiusseu plurium requisitorum, ut si subjectummultipliceturvel
praedicatumdividatur,non ideô mutatur signumquod eratin a&quatione,
nempeuniversale,neque enim eo minusp~dicatum subjectoomniinest,
nam quodgeneri inest et specieiinest; itemque cui genus inest ei et
generisgenus inest, per regulam pars partis est pars totius. Habemus
ergoregulamsignorum.
) Quod attinet ad regulam affirmationumet negationum,duo sunt iCv< i Gverso.
casus vel enimnegamusspeciemde genere,vel negamus
disparatumde
disparato.Si negamus speciem de genere, redibit casus quem supra
habuimus.Ita ac aequ.b. patet a esse genus et hominemesse
speciem.
Hinc jam volumus formarepropositionem
quoddamanimal non est
homo.hoc fit adimendoaliquid à termino qui debet fien
subjectum
nihilqueadimendoà termino qui debetfieripraedicatum.
Sin velimusnegare disparatum de disparato,
qualia disparata sunt
cuprumet aurum,videamusquomodosit procedendum.Nullumcuprum
est aurum, id est non quoddam
cuprum est aurum, ostendamusergo
tantùmhanc propositionemfalsamesse
quoddam cuprum est aurum.
Item nullum cuprum est aurum,
Ergo Omne cuprum est non
aurum. Nota haecpropositio nullum cuprum est aurum, non bene
cxprimiturper hanc Omne cuprum non est aurum
(quas dicere
tantumvidetur quoddamcuprumnon est
aurum) sed per hanc Omne
cuprumest non-aurum. Itaque hase, quas pendent a
genio lingue,
demonstrari non possuntnec
debent. Sed fortassemeliusOmnis homo
!XËD:T8 M MtBNMt.
0t.
66 CALCUUUMVERSALÏSÏNVMTMATYONES

PHH.V,8,C, t6. est animal.Ergo Qùicquidest non animalest non homo. Sed hoc nobis
exhibettantum negativaminter genus et speciem, sed nondum inter

disparata.s est nons. Id est si in termine fractoomissonumeratorefiat


terminusintegerpropositionisqui sitnominator,isterminuserit negativus
nominatoris.Imbsic ac <equ.b. Ergo c asqu. [id est quoddamrado-
nale est non animal, seu quoddamnon animal est rationale.< Item
sic Omnis homo est rationalisaquoddamnon animal est homo, Ergo
quoddamnon animal est rationale>. Omnis homo est rationalis,Ergo
quidam homo est non animal. Quae conclusiobona est, sed haec
quoddamrationaleest non ~nimal,nonsequitur ex hac animal ratio-
nale et homo aequivalent,nisi supponaturanimalet rationaleesse dispa-
rata. Et hoc in meis calculisgeneratimnotandum, posse ex üs quasdam
propositionesdemonstrari, quse non valent nisi tunc ubi superflua
vitantur, seu caveturne multiplicenturaliquaeliteraein se invicem.]

PHIL., V, 8, d, V, 8, d, 17-18(~.p. in-folio).


PHiL.~
f7.t8.

April.1679.N"4.
Calculiuniversalisinvestigationes.

ty recto. A D calculum universalemconstituenduminveniendisunt characteres


<f~. pro terminisquibuscunque,ex quibusposteainterse junctisstatim
cognosciqueatpropositionumex terminisconflatarumveritas.
Commodissimoscharacterumhactenus invenio esse Numeros. Sunt
enim faciletractabilesomnibusquerébus accommodaripossunt, et cer-
titudinemhabent.
Numericharacteristicicujusquedati Termini ita fient, si numericha-
racteristiciterminorumex quibusdati termini notio constituiturinterse
multiplicentur,productumquesit numerus characteristicustermini dati.
Itaque in omni propositioneuniversaliafBrmadvavera necesse est
Numerumcharacteristicumsubjecti div'di posse exactè per numerum
characteristicumprasdicad.Ita omne aurum est metallum.Item omne
ï. Cemotestrépétéparerreurdansle ms.
CALCCU UN!VER$AUS INVESTIGATIONES 67

Triangulumest trilaterum;Hoc enimdicit tantum hujusmodipropositio PHn.V,8,d,!T.


praedicatum inessesubjecto,adeoqueet numerum characteristicumpraedi-
catiinessenumero charactcrisdcosubjecti;inerit autem modo dicto, id
est ut multiplicantesinsunt producto per multiplicationem,seu ut divi-
soresinsunt dividendo.Nam productusper aliquam multiplicationem
semperper producentemexactèdividipotest.
Porro terminisunt vel positivivel negativi.ExemplicausaTerminus
positivusest homo; negativus, non homo. Fieri potest, ut terminus
< a parterei > positivussit negativèexpressus,ut infinitum(quod idem
estacabsolutèmaximum),item ut negativussit positivèexpressus,<~ut
peccatum,quod est anomia>.
) Terminicontradictorii sunt quorum unus est positivus,alter nega- 17 verso.
tivushujuspositivi,ut homoet non homo.De his regulaobservandaest
si duaeexhibeantur propositionesejusdem~f~~ subjectisingularis,
quarumunius unus terminorumcontradictoriorum, alteriusalter sit prae-
dicatum,tunc necessariounam propositionemesse veram et alteram
falsam.Dico autem ejusdem subjecti,exemplicausahoc aurum
est metallum,hoc aurum est non-metallum.
Haecporro unica Propositio(nempe harum duarumB est A et B est
non A una est vera, altera falsa) continetin se has quatuor proposi-
nones
I. Siverapropositioest B est A, tuncfalsapropositioest B est non A.
II. Si vera propositioest B est non A, tune falsapropositioest B est A.
III. Si falsapropositioest B est A, tunc vera propositioestB est nonA.
IV. Sifalsapropositioest B est non A, tunc vera propositioest B estA.
id est generalitersi propositionisconditionalisterminus unus sit una
propositioet unum attributum< propositionis>, erit terminus alter
alterapropositioet alterumattributum.ProposidonesscilicetsuntB est A
et B est non-A, earumvcrô attributa sunt vera propositio,falsa
pro-
positio.
j Definiendofalsampropositionemquasvera erit si pro praedicatoejus
sumaturterminusnegadvus.Haecorienturex prioribus
I. Si vera est propositiohaec B est A, tuncveraerit h~ec B est non
nonA.
Il. Si vera hsec propositioest B est non A, tune vera
propositioest
hase B est non A. identica.
68 CALCUU UNIVERSALIS ÏNVESTtGATtONËS

PH!L.,V~d, Ï7. m. Si vera est propositiohaec B est non A, tunc vera propositio
est B est non A. identica.
IV. Si vera propositio est B est non-non A, vera propositioest B
est A.
Dennitiones
Terminico~ont sunt quorumsi uni praengiturnon, inde fit alter.
Hincsunt duo tantum, et non non A est idem quod A.
Propositiovera est cujus prasdicatumcontineturin subjectoseu ei in-
est. Hoc est si in locum quorundamterminorumsubstituanturasquipol-
lentesseu exii ex quibuscomponuntur,ostenditurterminos< simul>
~equipollentes praedicatoomnesrepeririinterterminosaequipollentes sub-
jecto. Propositiononveraseufalsaestubi <~id > non fit. }
ï8 recto. i Falsa < autem> propositioidem est quod non-vera.Ita ut hi duo
termini verum et falsumsint contradictorii.Unde etiam ex quibusdam
harum propositionumdemonstraripossunt caeterae.Possumus et altius
assurgereet sumamusexemplicausatantùm hanc Si propositioB est A
estvera,tuncpropositio Bestnon Aest falsa.<( quamin se replicabimus>.
Et quoniamid ipsum jH~cpropositio Best< rursusest subjectumpropo-
sitionis, et praedicatumest vera, Hinc loco subjecti ~~c propositio
B est A scribemus et loco praedicati verascribemus.<x.Et quia fal-
sum est idem quod non-verum (ex definitionetermini) hinc fiet talis
propositio
Si propositio est <xest vera, tunc propositio est non-<xest falsa.
id est

B ¡ <
SI PROPOS1TIO(p) PROPOSITIO est i TUNC PROPOSITIO (~) PROPOSITIO
A <
¡
HJEC EST ¡ H~EC EST

(<x)VERA (non <x) FALSA


EST VERA EST FALSA.

siveut vulgariusloquar,
si verumestaliquampropositionemesseveram,falsumesteamessefal-
lire aliiaulieudeexn.
t. Ilfautprobablement
CAECUM UNÏVERSALÏS !NVESTÏGAT!ONES 69

sam.Id est rursuscontrahendo si propositioest vera falsumest quod sit PmL.~V, 8, d, t8.

falsa.Si propositioest veratunc haecallaestproposido (propositioest


vera)est' vera.
In omni propositioneuniversaliaffirmativacontineturpraedicatumt8 verso.
in subjecto< adeoquedividipotestnumeruscharacteristicussubjectiper
numerumcharacteristicumpraedicad>.
In omni propositioneparticulari affirmativadividi potest numerus
characteristicussubjecti,per aliumnumerummultiplicatus,per numerum
characteristicum praedicati;ideô semperprocedetpropositioaliquaparti-
cularisaffirmativain terminisqui sunt purè affirmativiet componuntur
expurè affirmativis,quia tune nulla unquamoritur incompatibilitas
Negationemalicujustermini, ut non-homo, non possum commodè
exprimereper signum minus, quia id afficittotum terminum, quod hic
essenondebet.Nam cumdico doctusnon-prudens,speciadmdicoesse
doctumsed non prudentem, possem quidem dicere non-doctus-
prudens,sedtune non tantundemdico.
Si dicam doctusnon-prudensnon-justus,non possumusindefacere
-}-d, -p, fieretenim+ ~y.
Possetnumero velliteras signumpraengiquale radicisquadradcaeest.
Namterminiincompatibilespossuntexprimiquodammodoper numéros
incommensurabiles, ut a et~ Estque haec similitudo quod non-non
dataffirmationem,ita dat a.
Verumin eo hoc est discrimennam potius id significat esse a.
nametsi componasinjustuminjustumnon inde faciesjustum.
Si unus sit integer,alter ejus fractus,erunt incompatibilesnam in se
invicemductievanescent,sed quomodoinde judicabimuspropositionem
impossibilem,an quia quod inde oritur non ampliusdividipotest per
ullumeorum?Ita certè non poterit, nisi inde faciendonovum fractum.
Porro si velimusscire an negativusinsit alicuitermino divi damuster-
minum per ipsum negativum,prodibit contradictoriumnegativi, seu
numeruscui inest affirmativus.Itaquepatet non procederedivisionem. 0

j U. A. Omn. H. est A. ergo H asqu.rA.


P. A. Qu. A. est H. ergo rAasqu.~H.

i. L'un des deux est est de trop.


2. V. La Logique <~ f6!&M<~ch. Vî, § ÏO.
70 MODUS EXAMtNANM CONSEQUENTÏAS PER NUMEROS

PHIL.,V, 8, d, t8. Possumussimpliciterpro U. N. adhibere


U. N. Nul!.H est B. ergo yHin~qu. rB.
P. N. Qu. Anon est H. ergo H in~qu. rA.
Sed ut in numerisrem exprimamus,consideremus
non-Homo,signi-
ficansquidvisprêter hominem.VideturautemiUeesseterminus
unitatis
qui idem quod terminusEntisseu cujuslibet,
Non homo erit y H
Omnis homo est non Lapis.id est
H
non.L non/
< Qp. A. est non H. ° non-H n
Ergo ~>
non-y
Itaquef. dat terminum primo incompatibilem,qui est in homine
ejusquecontradictoriumin lapide.
An sic commodepro numeris Omnem numerum
negatum separa-
bimus ab alio per signum non-, ut doctus
non-prudens non-justus,
et scribemusd non~, et si sit solum imprudens
injustus scribemus
i non pj. Si jam rursus negetur iste terminusdoctus
non-justus non-
prudens,patet fieri justumprudentemindoctumet scribemuspj nond.0
Quod et ita nonmiscemus[numéros]< termines >ncgatos affirmatis,et
sciemusdivisores omnesnumeride quo agituressenegatos.Debentautem
semper aequarinegatinegatis,affirmatiaffirmatis in aequationeduo

PHIL., V, 8, e, PHIL.,V, 8, e, 19.20 (~p. in-folio).


ÏQ-SO.
April.167~.N"$.·
Modusexaminandiconsequentiasper Numeros.
t9 recto. apud Logicos traduntur Régula consequentiarum,et quo
'~ULT~
iVA iaciliùs retinerentur excogitatisunt schematismi
quidam quos
vocantpontemAsinorum,et adhibitasunt vocabulamemorialia.
Sed hœc omnia in scholistantùm celebrata,
negligunturin vita com-
muni tam multas alias ob causas, tum verô inprimis quia scholte
MODUSEXAMÏNANN CONSEQUENTIASPER NUMEROS 7!1

< soientconsiderare> simplices< ferè > tantùm syllogismos,seu tPHtL.,V, e, ÏQ.


ratiocinationes ex tribuspropositionibusconstantes cum contra in usu
loquendiet scribendi saepe una periodus contineatdecem syllogismos
simplices, si quiseamad logicirigorisnormamexigerevelit.Unde soient
hominesimaginationisvi, et consuetudineipsa formularumsermonis,
et intelligentiamateriaequamtractant, suppleredefectumlogicae.
Fatendumest tamen eos saepissimë festinatione,et impatientiaexami-
nandi, et verisimilitudinedecipi; praBsertimin rebus quae oculis cerni
ac manutangi,et experimentiscomprobarinon possunt quanquamet in
his s~pe serô sapiantsuo damno. Difficilevero est huic malo mederi
secundumartes hactenus cognitas nam cùm verbisutantur homines,
manifestumest earum significationesparum esse constitutas,et varia
phrasiumet particularumincrustationefalsamratiocinationemspeciosis-
simëadornariposse,ut vix appareatsedes erroris; et ordinem naturalem
elegantiaaSectataet aures mulcente ssepemirificèperturbari,quo fit ut
plerumquehomines jucunda oratione decipiquam arido quodam et
asperodicendigeneredocerimalint.
Ego re multum perpensa remedium video unicum, si sive Lingua
scripturanova constituatur, excogitatissignis aptis, quibus notiones
siveanimiaccuratèexprimantur.Vera hujus rei ratio nulli hactenusin
mentemvenit quod sciam, et longeaberraruntà scopo,qui tale quiddam
ha~tenustentavêre.Sed si aliquandoeam exequi detur quemadmodum
concepianimo, erunt effectusejus admirandiet usûsimmensi
j Ex numerisunius terminiinvenirenumerosalteriusterminiin pro-
positionepro variaqualitateet quantitate.
In subjectonumeruscum nota + sit s, cum signo sit o-
inprœdicatonum.cui -}-sit~
In propositioneUniv.amrm.sit asquatio
s asqu.
a' :equ. {~T:
notatn et items et <y,<; et p et > sunt primiinterse. In prasdicato
sit p~qu. et Teasqu. et in partie.neg. erit vells œqu. ponendo
et Mprimosinter se, vel
t. Asuivref. 19verso.
7~ MODUS EXAMtNAND!CONSEQUENTIASPER NUMEROS

PtUL., V,e, !<). Generaliterita aequ.[??]cp


Xysequ.[pLJYTc
semper et y
græcl et latini
graecietlatini
p
P et
na et primi
P'~ inter se
l et~ a aut 1.
et
In prop. Un. Aff.aequ. ï. et D i
In prop. part. neg. vel vel Xvel ambo F 1.
In univ. neg.s et )
ln
non primiinterse.se.
vel1 etet p1t nonprimiinterse.
vel prlI1111nter
In partie. anirm. sunt omnesprimi inter se.
pro s scribatur st
o- <y9
p ~M
st xqu. +
~cr6aequ. ~Tcp
fiat œqu. i et
+ œqu. + mp
~Ta~qu. pLT:
(ï) grœciet latinirespondentessemperprimiinter se.
(2) in univ. aff. asqu. i et 3.aequ.ï.
(3) in partie. neg. vel a major ï.
(4) in univ. neg. et ?evel <yet p non primi inter se.
($) in partie. neg. }

tg verso. ) Nimirum si notioni cuique sive vocabulocertus aliquis characte-


rismus secundumartis hujus leges assignetur,poterimusex solischa-
racterismisstatim judicarean [propositio]< conclusio>
aliquasit vera,
et an exprasmissisprobata; id est an argumentumsit in materia vel
forma bonum. < Et hoc locum habiturumest > etiamsi
argumentatio
sit prolixaet longè producta,multisquemodis < et
phrasibus> impli-
cata < et ordine perturbata>, quas secundum
Logica.mcommunem
resolutamultaspaginasimpleturaesset; < quod tamen> frustra
[tamen]
< fieret>, quia innumerabilesverborumambiguitatesaccuratètollere
non tantùm logiez notitiam sed et maximeanimi attentionemet sum-
MODCS EXAMÏNANM CONSEQCENTÏAS PER NUMEROS

mumjudiciumrequirat. Addequod saepein judicandoanimussit ordine PmL., V, 8, e,


nio sensibili I<)*30.
ducendus,et ad multa attendendum; itaque quodam opus
est in hoc labyrinthoS quo dirigaturimaginatio,quod tunc cum res
< per se > imaginationi subjecta non est, à characterismispeu
ipsa
debet. Qua ratione quivis solo calculode difficillimisnunc veritatibus
et imposterum non ampliusdigladiabuntur homines circa ea
judicabit;
fquae demonstrationi subsunt, sed ad experimentanaturaliaubi nondum]
< qu~ jamhabentin potestate,sedadnovainveniendaconvertentur> 2.
Quoniam autem haec etiam ingeniosissimisvidentur impossibilia,
ideogustum aliquem tantar rei dare opéraspretium est; et quoniam
nondumexcogitatoshabeo characterismospro singulisterminis,et ob
mirificumrerum connexumdifficileest in paucis a reliqua rerumsylva
avulsisspecimenexhibere;ideô nunc quidemloco characterismorum in
quibusaliquandocalculusverè universalisinstitHetur,adhibebo nunc
numéros,et quoniaman argumentationesin materiabonaesint ex singu-
lorumTerminorum characterismisdijudicandumerit, ideô nunc satis
habebo ostendere in numeris an argumentationesquomodocunque
transpositae,multiplicataeinvicem,implexae,sint in formabonaeseu an
viformasconcludant.
S~epeenim fit ut conclusiosit vera, sed non sequaturex praernissis vi
formae;et tunc non licet eam imitari in aliis casibus,nisi ubi par ratio
est, quod difficileest dijudicatu,cum veras formasregulas ignoramus.
Exemplicausa,proponaturhoc argumentum
< Omnissapiensest justus8
Quidamsapiensest fortunatus
Ergo quidamfortunatusest justus.
itemhoc > Omnis pius est beatus
Quidampius non est fortunatus
Ergoquidamfortunatusnon est beatus.
Conclusio << nes > [vera est] verse sunt, et excogitari possuntinnu" 20 fecto,
merx! aliœ ubi etiam est vera, sed tamen <; in posteriore argumenta-
tione > non sequitur ex praemissis neque consequentia sive forma est

ï. Métaphorefavorite de Leibniz (V. La Logique de Z.Ct&M:p. qo).


2. Cf. Z.6jf<~ Oldenburg, 28 dec. 1675 (PtUï. VI!, 10), eit~e ap. La Logique de
~6~t< p. a6o, note a et les textes cités p. 98 sqq.
3. Au.de&ausdejM~M~ on lit le motpius.
MODUSEXAMtNANN CONSEQUENTIASPER NUMEROS

Put! V, 8, e, ao. bona; possunïenimdari etiam innumeraexemplaubi locum non habet,


exemplicausa
Omnemetallumest [fusiïe]<( minérale>
Quoddammetallumnon est aurum
Ergo quoddamaurumnon est fusile.
Omne malleabileest metallum.
omne argentumvivumestmetallum
quoddamarg. viv. non est malleabile.
ergo quodd.arg. viv. non est malleabile.
Bocardo Qu. A. V. non est maU.
0, A. V. est metall.
E. q. met. non est maU.
metall. + b
malleab.+ c d
arg. viv. -{- c
?n71 ~n~
an b n md
b
n m bn
aiequ.
~qu.< Î np
~n/.
Ergo
&s.~n~ ci ~n~,fP
dm
..aequ.Y. Ergocaequ.~y.

e Y Ergo~n~
l~n~ ~n-rj
a.b c.d
~i
Et cumin tam brevi argumentatione<( et simpliciet naturalihabitu
atque situ exhibita> facilèaliquis Mli potuerit,quanto faciliusfalletur
in composita,implicataet perturbata. Itaque res magnaprofecto est
numeros ita excogitare,ut simplicissimisquibusdam observationibus
adhibitis, statim inde judicaripossit, utrum argumentatioaliqua sit
légitimasformaean secus.
Regulaautemsiveobservatio pro argumentationibus sive simplicibus
sive compositis,ordinatisqueaut perturbatis,modo ex propositionibus
i. IciLeibniza oubliéde biffersimplicissima
quadam.
MODUSEXAMtNANM CONSEQUENTIASPER NUMEROS ~5

constent,haecunica est, quammutatis quibusdam etiam ad 1?HM.V,8,


categoricis e, ao.
modaleset hypotheticaset alias quascunqueapplicarelicet, sed nunc
quidemsatis habeboin categoricisspecimendare.
Cuicunque< praemissarum > Termino (id est subjecto vel praedi-
catopropositioniscatégories) assigneturnumeruscompositus
Jhoc modo + [6] 1$ [4] [6] 12. vel + $ 2.
Sit jam(Reg. I) in Propositioneuniversaliaffirmativadebetnumerus
subjecdcum signo + dividi posseper numerum praedicati<; exactè
seusineresiduo> cum signo +, et numerus subjecticum signominus
debetdividiposseper numerumpraedicaticum signo sed duonumeri
diversorumsignorum non debent habere divisoremcommunem, seu
nondebentdividiposse per eundem numerum. ex. gr. sit propositio
Omne malleabileest metallum. Pro malleabiliverbi gratia scribamus
+13–12, pro metallo + $ 2. quia patet + 13 dividi posseper
+$ et 12 per 2. Sed nec + 1$ et 2, nec item 12 et + $
communemdivisoremhabere.
(RegulaII.) Si quid horumaliter se habet, propositioest particularis
v. g. quoddammetallumnon est malleabile*.
negativa,
+15–12 –2
Patet numerum + 5 subjecti non posse dividi per numerum
+1$
praeoicati,nec 2 subjectiper 4 praedicati.Quorum vel unumsuffe-
ciss(.tad pronuntiandumhanc propositionemesse veram. v.
g. quod-
damargentumvivumnon est malleabile.

+!
(11)In propositione
~~M/ ~?~0~ dividihocmodo< ex. gr.
quoddamanimalnon est homo, quia 2 nonpotest dividiper 6 >.
(III) propositioneuniversalinegativavel pro ~r~~o subjecto
<Ï~~O ~r0~> duo scribanturnumeri,MfMM cum signo+, seuplus;
altercumsigno seu minus. hoc MMOO~a~ ut numerus
aliquisin uno
terminoper signum+ affectuscum numeroaliquo%? altero terminoper
signumminus communem habeatdivisorem.Exempli gratia Nullus
homoest lapis< vel Nulluslapis est homo >. Numerus hominesit
pro
1. Cepassage
est très raturéet surchargé.Il fautévidemment
intervertirles
nombresdesdeuxtermes.
y 6 MODUS EXAMÏNANDÏ CONSEQUENTÏAS PER NUMEROS

PH!L.,V, 8~e, 20. -t- 6. pro lapide, + ï$ 8, quia + 6 et 8 communem habent


divisoremseu per eundemnumerum dividipossunt,nempe 2.
(IV) j6~~ propositio estparticularis~r~~t~ tuncid quodde propo-
sitione~M~f~~ negativa~/M~ non debetlocumhabere.Exempligratia
Quoddam animal est homo. sunt numeri 2 et 6. patet cum neutri Stc
numerus cum nota etiam quod diximusnon habere locum. Et si
esset numeruscumnota tamenpotestid fieri ut propositioparticu-
laris affirmativasit vera. Exempli causa quidamlapis est marmor, sit
numerus lapidis -L 15 8, marmorisï~veli~ 2, patet neque
+ 13 et 2 neque 8 et + 13 communemdivisoremhabere, adeo-
que propositioest vera.
20 verso. Ex his paucissimisregulisper numérosdemonstraripossunt et exa-
minariomnes consequentias,omnesngurae,omnesmodi syllogismorum
hactenusrecepti, et innumerialii magiscompositiin vita communifre-
quentad, sedin schola ignorati. Sed nunc quidem satis habebo per has
regulas demonstrare in numeris omnes consequentiasomnes figuras
omnesque modes syllogismorumcategoricorumsimpliciumin schola
jam receptos. Observandotantùm, ut numerisTerminorumsecundum
universalitatemaut particularitatem, Affirmationemaut negationem
prasmissarumin quibus reperiuntur<( modo prasscripto> adornatis,
examineturpostea an sua sponte idem quod in regulisnostrispr~scrip-
simus,etiamin conclusionelocumhabere deprehendatur.Hoc enim de-
prehensodicemusargumentumin forma legitimumesse; secùs, nullius
essemomenti.
Venio igitur ad demonstrationesconsequentiarumper Numéros.
CONSE(NJENTI~ SUntvel simplicesvel ~7~~M- CONSEQUENT!~ SIMPJLICES
< in scholis celebratas > sunt Oppositio, Subalternatio
[et] Conversio.
Oppom~est quando duae propositioneshabent idem subjectumet
idem praedicatum,et nos colligimusex veritateuniusfalsitatemalterius.

[Ici deux paragraphesbarréscommençantpar <cOppositio1 a].

Oppositioncsinteruniversalemaffirmativamet particularemNegativam
(v. g. Omnis sapiensest justus, et quidamsapiensnon est justus), item
inter
r. La suite est d'une autre encre.
Il .11 1. Il .11, Il
REGULEEDE BONITATE CONSEQUENT!ARUM 77

<~umeri terminorumad consequentiaminvesdgandamita connabun- Pan. PH V,8, e, 20.


si terminus est in una tantùm propositione,is sumi potest pro
tur quis
arbitrioet tune alter assumatur quemadmodumregula propositionis
Si Terminus aliquisestin duabuspropositionibus,tunc formetur
requirit.
in unaquaqueseparadm secundumleges formas, adhibendo semper
unius positionis diversos ab his qui sunt in alia pro-
numérosprimes
assumti et diverse positiones multiplicenturin se invicem
positione
in in Productum satisfaciet
pro propositionibus omnibus.
-t- + et
Incipiendumergo J

P
PmL., V, 8, f,
PHIL.,V, 8, f, 21-23 (6 p. in-folio). 2Ï-23.
April.1679.N~6. plagei.

quibus de bonitate COM~MCM~rMM /brMÏ~Me et MÏO~


~M~P
< categoricorum > judicari potest, PERNUMEROS.21 2 recto.
~~O~MMtOrMW
regulasex altioreprincipio duxi, et quibusdam mutatisaccommo-
Y TAS
11 dare possumsyllogismismodalibus,hypotheticis,aliisque quibus-
varie multiplicatis, c ontinuatis,transformatis ac perturbatis,ita,
cunque
utsummainnumerissubducta< etiamin longissimisratiocinationibus >
an sit proba. < Cum tamen hactenus logici com-
appareat consequentia
muniorestantum et simplicioreset certo tantùm ordine dispositasargu-
mentationesexaminare possint et caeterastaediosèin has resolvere
cogantur,qua~res homines à regulis logicorumad usum transferendis
nonsinecausaavertit.> Habeo< praeterea> et < modumexcogitandi>
certasnotas characteristicas qux si rebus accommodentur,inde judicare
liceatan argumentumsit vi materiaebonum, si non vi formas;imô alla
inveniripossuntex eodem principiomulto majoris momenti atque usus
quàm quasattigi, sed nunc modum facillimumad numeros exigendi
formasconsequentiarum in scholiscelebratarum,exponeresatis habebo.
In omni propositione categorica habetur subjectum, pr~dicatum,
copula,qualitas,quantitas. Subjectumet praedicatumvocant Terminos.
in hâc Pius est felix, pius et felix sunt Termini, ex
Exempligradâ,
quibuspius, est subjectum felix,praedicatumest, copula. Qualitaspro-
78 REGULA DE BON!TATECONSEQUENTÏARUM

PML.,V, 8,f,a!. positionisest affirmatiovel negatio ita hxcproposido (pius est


affirmat.Illa verô (sceleratusnon est felix) felix)
negat. <2~
est universalitasvel particularitas.Ut cum dico Omnis
pius est felix,vel
si dicamNullus sceleratusest felix sunt
propositionesuniversales,illa
universaUsaffirmativa,hase particularis' negativa.Sed si dicam
quidam
sceleratusest fortunatus,quidam pius non est
fortunatus,propositiones
sunt particulares,illa affirmativa,hrec
negativa.Venionunc ad numeros
quibusTerminisunt exprimendi;eamquein rem < sive> regulas< sive
definitiones> dabo sequentes.
(I) Si qua offeraturpropositio,tunc pro quoHbetejus Termino,sub.
jecto scilicet vel praedicato,scribanturnumeri duo, unus affectusNota
+, seu plus, alter Nota seu minus. Exempligratia sit
propositio
omnis sapiensest [pius] [justus]pius. Numerus
respondenssapientisit
+20–21, numerus respondenspio sit + 10 3. <(
Eosquevocabo
imposterumNumeroscujusque Termini characteristicos (interim assum-
tos) > Hoc unum tantùm cavendumest ne duo numeri ejusdemTer-
mini ullum habeant communemdivisorem,nam si
(loco + 20 2i)
pro sapientesumsissemusnumerum+9–6 (qui ambo dividi possunt
per eundem nempe per 3) non fuissentullo modo apti. < Possumus
etiam loco numerorum uti literis, ut in
Analysi speciosa. Sub literis
enim quivis numerus conditioneseasdemhabens
potest intelligi, ut si
numeruspü sit + hoc uno observatout a. et b. sint
prinii inter
se seu nullum habeantcommunemdivisorem>.
2 verso. universalisaffirmativaveraest (verbigratia
j (11)Propositio
Omnis sapiens est pius).
+70–33 io 3
+ c~ ~y e
in qua quilibet numerus characteristicus
subjecti(v. g. + 7o et 33)
perproedicatinumerumcharacteristicum ejusdemnotx (+ 70 per + 10,
et 33 per 3) exactè (id est ita ut nihil maneat residuum) dividi
potest(ita si + 70 dividasper + 10 prodit2, remanet nihil. si–21 divi-
das per 3 prodit 7. remanet
nihiî'). < Et contra quando id non fit
falsaest. >

I. Lapsus calami, pour universalis.


2. Leibniz avait d'abord écrit + 20 –2t au lieu de + 70 33.
REGULEEDE BONITATE CONSEQUENTIARUM y~

particularisnegativaveraest quando universalisaffirma- P


(ni) Propositio PHtL.,V,8,f,2ï.
tivavera non est. <; Et contra ~>. Verbi gratia
quidam pius non est sapiens
+10–3 3 +70–33
+~ e

patetnec+ 10 dividiposse per + 7o nec 3 dividiposse per 21. ex


quibusduobusdefectibusvel unus suffecissetad efficiendamparticularem
negativamveram(vel quod idem est ad reddendamuniversalemaffirma-
tivamfa!sam)ita si dicas
quidam sapiens non est fortunatus
+70–33 +8–ii
+c~ +~

patetnonpossedividiexactè+ 70 per + 8, quodsufficit,licet 33 dividi


possit per 11.
Theorema jr.Hinc UniversalisAffirmativaet particularisnegativacon-
tradictorièsibi opponunturadeoque nec simul veras sunt, nec simul
fals~e.
(IV) Propositiouniversalisnegativavera est (verb. grat.
Nullus pius est miser)
+10–3 3 + $ 14
+ c<~ 8 -}-

in qua duo < quidam > diversarumnotarumet diversorumterminorum


numeri(ut + 10 et 14, nam ille habet notam +, hic notam minus.
illesumtusest ex subjecto,hic ex praedicato)habent divisoremcom-
munem(nempe+ 10 et i~.ambodividiexactèpossuntper 2) <; Et
contraquandoid non fit falsaest >.
Theorem.2. Hinc Propositiouniversalis<;ne~ativa~> convertipotest
Id est ex hac nullus pius est miser, sequitur nullusmiser
simpliciter.
estpius.vel contra. Quia nihilrefert utrum dicaset quemterminumpro
subjectoaut quem pro pr~dicatohabeas, neque enim in conditionem
propositionisUniversalisNégative verse subjecti aut praedicatimentio
< diversimodè > ingreditur,sed sufficitunius termini numerumunius
notasper alteriustermininumerumalteriusnotx posse dividi,
quicunque
tandemex his duobusterminissubjectumsit aut pras~catum.
~0 RËûÛJLE Ï)E BONITATE CONSËQUEUTïAMM

PHtt. V. 8. f,f, J (V) Propositio


~fM ~nM~~ vera est, quando universalis
22 recto.
negativavera non est. <( Et contra.> Verbi gratia
quidamfortunatusest miser
-{-11–9 +$–ï4
-{-M -}-? CW
quia nec + 11 et– i~, nec 7 et + 5. communemdivisoremhabent
(quorumalterutrum<~alias~> suffecissetad propositionemuniversalem
negativamveram reddendam).Similiter
quidam sapiens est pius
+70–33 +10–3 3
-c~ <?y -)-<~ e

quianec + 70 et– 3, nec 33 et + 10 divisoremcommunemhabent.


7~<?~ J. Propositio universalisnegativa et particularisaffirmativa
sibi contradictorièopponuntur(ita, ut non possintesse simulveraeaut
simul lalsae).patet ex dictis.
Theorem.4. Propositioparticularisaffirmativaconverti potest simpli-
citer, v. g. quidamfortunatusest miser, Ergo quidam miser est fortu-
natus. Quidam sapiensest pius, Ergo quidam pius est sapiens. Patet
eodem modo quo ostendimuspropositionemUniv. negativam(qure huic
contradicit)simpliciterconverti<; vid. theor. 2 >.
Haecsunt propositionumcategoricarumverarum pro diversasua qua-
litateet quandtate,definitionesseu conditionesquibuscontinenturtotius
calculiLogiciprincipia,unde jam consequentiasLogicascelebrioressolo
numerorumusu jam explicato,demonstrabimus.Consequentixillaesunt
vel simplicesvel syllogisdcae.Consequendaesimplicescelebrioressunt
SubalternatioOppositioConversio.Subalternatioest cum ex universali
concluditurparticulare.Sit ergo
Theorem. Semperlocum habet subalternatioseu semper ex univer-
sali concludipotestparticulare.
Omnis sapiens est pius
+70–33 3 +io–3 3
-~<~& ef -<~ e

Ergo Quidam sapiens est pius


Hoc ita demonstro 33 dividi potest per 11
(ob propositionem
universalemaffirmativam.per reg. 2). Eigo + 70 et 11 non habent
REGUt.~DE BONITATE CONSEQUENTIARUM 8t

divisoremcommunem(alioqui3 + 70 et 33 haberent < eundem > E*HH. V, 8, f, 22.

divisoremcommunemquod est contre reg. i). Similiter+ 70 dividi


potestper + 10 (per reg. 2) ergo 33 et + 10 non habent divisorem
communem(alioqui3 enim 33 et 70 haberentetiam divisoremcorn"
munem,quod est contra reg. i). < Quoniamergo tam + 70 et 3;
quàm 33 et + io non habent divisoremcommunem,vera erit pro-
positioparticularisaffirmativa(per reg. ~). nempe quidam sapiens est
pius. > (Ratio consequentias<~per3 notataemanifestaest numerorum
naturamintelligenti >, quia divisordivisorisest etiam divisordividendi.
Itaquesi verbi gratia 33 tertiusnumeruset -}- 10 divisorhabentdivi-
soremcommunem,is divisordivisons-}- 10et numeri +33. erit etiam
divisordividendiper -{- 10 nempe+ 70. Ergosequeretur 33 et + 70
haberedivisoremcommunem.)
Ita et in Negativisres demonstraripoterit; verbi gratia 23 verso.

Nullus pius est miser


+10–3 3 +3–i4
+ <~ e -{- cw

Ergo Quidam pius non est miser


Namquia + 10 et i~. habentcommunemdivisorem< (ob univer-
salemnegativamper reg. ~.) >, ergo 3 et r4 non habent com-
munemdivisorem(nam alioqui etiam 3 et + 10 communem divi-
soremhaberent contra reg. i). Ergo nec 3 dividipotest per i~.
(alioquihaberentcommunemdivisorem,quia divisordivisorisest etiam
divisordividendi).Jam 3 non potest dividiper i~ Ergo propositio
particularisnegativaest vera (per reg. $). Quod erat demonstrandum.
H~ dua~demonstrationesmaximimomenti sunt, non quidem ad rem
per se claram reddendamcertiorem, sed ad calculi nostri fundamenta
jacienda,ac cognoscendamharmoniam.Certe tum maximèanimadverti
me veras calculi leges obtinuisse,cum has demonstrationes,à
quarum
successupendebant omnia, sum assecutus.Et ratio hujus rei est
quia
notionesuniversalestractans, transitum maximèquasrebamà genere ad
specicm nequeenim considerogenus< ut majusquiddamspecieseu>
ut totum ex speciebus,quemadmodumsolet fieri
(non male quidem,
quiaindividuagenerisse habentad individuaspeciciut totum ad partem)
sed considerogenus ut partem speciei, quia nodo
speciei ex notione
IN~MT? t)B LEIBNIZ.
p
8& REGULEEDf BONITATE CONSEQUENTtARCM

PHï~, V, 8, f, 32. generis et di&rentiaeconnatur.Et huic principiohanccalculandirationem


ina~dincavi;quianon individuased ideasspecta\i*.Verùmita procedenti
difficillimusfuit descensusà genere ad speciem,quia est progressusà
parte ad totum. Huic vero his ipsis demonstrationibusviam munivi,
quibusab universalibusad particulariatenditur.
SubaltemationemsequiturOppositio.Est autem 6~M vel c<
toria<; cum duaepropositionesoppositx nec simulvera?essepossuntnec
simul&Isae> (quam locum habereinter universalemaSirmativamet
par-
ticularemnegativamdictum theor. 2. 2et inter universalemnegativamet
particularemaffirmativamth. 3.) vel contrariacum non possunt <*sse
simul vera~ possunttamen esse simul faisanvel subcontraria,cum
pos-
sunt simul esse vera~ non tamen simul &lsas.
Theor.6. UniversalisAffirmativaet UniversalisNegativasibi
oppo-
nuntur contrariè.v. g.
Omnis sapiens est fortunatus
+70–33 +8–ii r
+~ +~
et Nullus sapiens est fortunatus
Non possunt simul esse verae. Nam si prier et posterior simul est
vera, sequetur ex posteriore quidam sapiens non est fortunatus (per
th. $.) prior autem erat Omnis sapiens est fortunatus. Ergo hse dua~
simul veraeerunt contra th. i. Possunt tamen simul esse &Isœ.Nàm
fieri potestut neque + 70 dividipossitper + 8 (Ergo prior est falsaper
reg. 2.) neque tamen aut + 70 et i i aut 33 et + 8 habeantdivi-
sorem communem(Ergo posteriorest falsaper reg. ~) (potuissetet aliud
exemplumassumi in quo nec numerus <;qui esset Ioco> 33.
potuissetdividiper numerum<; qui esset > loco 11 < sed res eodem
redit >.)
s3 recto.
April.1679.N<*
6. plag.2.
Theor. 7. Particularis affirmativa et particularis negativa sibi oppo-
nuntur subcontrariè, <~ seu possunt esse simul verae, non tamen simul
balsas. Verbi gratia quidam sapiens est fortunatus, et
quidam sapiens non

t. Ici Leibniz oppose la considération de l'extension et ceUe de !a compréhension,


et déclare fonder sur celle-ci son calcul logique. V. La Logique de Le~M! p. 335.
a. Lire « theor. ï. M
REQUÎT DE BOMTATÈCONSEQUËMTÏARUM 83

est fortunatus.> Sequitur ex prsecedend nam quia universalibuscon- 1PHM. V, 8, f, 23.


trarii signi contradictorièopponunturparticulares(per th. i. 3) hinc
cum ill~e suntverse,hsesunt baisse,et contra. Verum illsepossunt esse
simullaisse(per th. 6. prseced.)ergo haesimul verae.Il!œ non possunt
essesimulverse(per idem th. 6) ergo hsenon possunt esse simulfalsae.
Conversio fit vel simpliciterveJper accidens.Conversioquaefit simpli-
citer locum habet in universalinegativaper th. 2 (Nulluspius est miser,
Ergo nullus miser est pius. vel contra) et in particulariaffirmativaper
th. (quidam fortunatusest miser Ergo quidam miser est fortunatus)
Et contra. Conversioper accidenslocumhabetin universaliaffirmativa,
ut mox ostendam.Conversioneutra (vi fbrmae)in particulari negativa
locumhabet. De conversioneper contrapositionemhic non loquor. Ea
enimnovum terminumassumit.ExempligratiaOmnis sapiensest pius.
Ergoqui non est pius non est sapiens.SeuOmnis non-piusest sapiens
Habemus enim tres terminos sapiens. Pius, non-pius. Mihi autem
sermo est hic de consequentiissimplicibusubi servanturiidem termini.
Prsetereausus hujus conversionisnullusest necessariusad demonstrandas
syllogismorumfiguraset modos.Et proprietateshujus modi infinitorum
terminorum,non-pius.Non-miser,etc. demonstraridebent et possunt
per nostrum calculum, separatim,quemadmodummodalium. Habent
enimmultapeculiaria,nam si ipsosadhibeas,syllogismuspoterit habere
quatuor terminos, et nihilominusbonus erit, aliaque multa quse non
sunt hujus loci quia propositumest nobis syllogismorumcategori-
corumtriterminorumgeneralesmodos et figurascalculoostendere.
Th. 8. Universalisaffirmativaconverti potest per accidens. Omnis
sapiensest pius.Ergo quidampius est sapiens. Nam quia omnis sapiens
est pius. Ergo <~(per th. $) > quidamsapiensest pius.Ergo(per th. 4)
quidampius est sapiens
t A consequentüssimplicibusin quibus duo tantùm sunt termini 23 verso.
transeo ad consequentiasTriterminasseu syllogismoscategoricos.Sed
tunc paulo majore cura opus est ad numeros terminorum aptè assu-
mendos quia idem terminusnempe mediusutriquepraemissae inest, et
ideônumeriejus characteristiciutriusquepraemissas regulisaccommodari
1.L<<jMM,
pour:« non-sapiens M;ou plutôt «Nullusnon-piusestsapiens.»
2.Cf.PmL.)VÎI,B,iv, t o,verso.
3. Ici un g barré qui commence par la même phrase que le suivant.
8~ CALCULUSCOKSEQUENTtARUM

PHÏL.,V~8, f, 23. debent. Quod ut 6at primum ipse medius accommodeturuni extre-
morum, Majori scilicetvel minori termino, sed alter extremuspostea
ipsi accommodetur.Ubi notandum praestaresubjectum accommodare
praedicatoquàm contra, ut ex regulissuperioribusconsideranticonstabit.
Itaque si qua sit prasmissain qua Mediusterminussit subjectum,ab ea
incipiaturet praedicatiejus numerispro arbitrioassumtisaccommodentur
ei numeri subjecti seu medü termini; inventis
jam ita medii termini
numeris, his numerialteriustermini in altera prasmissaetiam accommo-
dentur. Habitis jam <ita > Majorisac Minoristermininumeris charac-
teristicis,facile apparebitan eam inter se legemservent, quam conclu-
sionisformapraescribit, id estan conclusiovi formaeex praemissis
ducatur.
i recto (feuille ) Sed ut hasenumerorumassumtiofaciliusfiat certas quasdamregulas
prise pour cou-
verture). prasscribam.
f

~PtïtL.,
t
V, 8, f, PmL.,V, 8, f, 2~-27(6 p. in-folio).
i 24-27.

Calculusconsequentiarum.
24. recto. D uo sunt quae in omni argumentationedijudicaridebent
Forma,
i nimirum et Materia.Contingereenim potest ut argumentumali-
quando succedatin certa materia quod aliis omnibusexemplisejusdem
formasapplicarinon potest. Exemplicausa si ita ratiocinemur

[Omnis pius est felix


Quidam pius non est fortunatus
Ergo quidamfortunatusnon est felix]
-< Omne Triangulumest trilateruni
QuoddamTriangulumnon est asquilaterum
Ergo quoddamAequilaterumnon est Trilaterum >
Conclusiobona ?st sed vi materias,non formas,nam
exempla similis
formasafferripossunt, quaenon succedunt,exemplicausa
Omne metallumest minerale
Quoddammetallumnon est aurum
Ergo quoddamaurumnon est minerale.
Itaqueet calculusqui Materiamtangità calculoformalisepararipotest.
CALCULUS CONSEQUENTYARUM 85

Cum enim invenissemcuilibet siveTermino sive notioni, suum ascribi PHIL.,V~8, f, 24.;
numerum characteristicum,< cujus interventuidemfuturumest cal-
posse
culareet ratiocinari;> et verè ob mirificamrerum complicationem,
nondumverosnumeroscharacteristicosexhiberepossimantequamsumma
rerum capitain ordinem redegero;consideraviconsequen-
plerarumque
tiarumformamnihilominusin calculocomprehendiac numerisdemon-
strari posse nctitiis, qui loco verorum numerorum characteristicorum
interimadhiberentur Quod ita patefaciam.
In omni propositionecategorica(nam ex bis caeterasdijudicariposse
alias ostendam,paucis in calculomutatis)duo sunt Termini subjectum
et pr~dicatum;Quibusaccedunt copula(est),affirmatiovel negatio,seu
vel quidam seu quantitas.
qualitas,et deniquc signum, id est Omnis
Exempli g ratiain hac Plus est felix,pius et felixsunt termini, ex quibus
e st, 1 Qualitas
Propositionis 2~ verso.
est
pius subjectum, f elixprœdicatum; copula.
est Affirmatiovel Negatio. Ita hsec propositio pius est felix, amrmat,
illavero sceleratusnon est felix, negat. Quantitaspropositionis est uni-
versalitasvel particularitas.Ut cum dico Omnis pius est felix, vel si
dicamnullussceleratusest felix; sunt propositionesuniversales,illa uni-
versalisamrmativa,haecnegativa. Sed si dicam quidam sceleratusest
fortunatus,quidampius non est fortunatus. Propositionessunt particu-
lares,illa affirmativa,haecnegativa.
In omni propositione[amrmativa]praedicatuminessedicitur subjecto,
seuprsedicatinotio in subjectinotioneinvolvitur.[Ut] <Nam in propo-
sitioneUniversaliaffirmativa> cum dico Omnis homo est animal;
hoc volo animalis conceptum involvi in hominis conceptu (nam
hominisconceptusest, esse animalrationale).Et cum dico Omnis pius
est felix,[hoc volo si quis]<signinco eum qui> intelligatnaturampie-
tatis, etiam intellecturumin ea ~elicitatemveram contineri. Itaque in
propositioneuniversaliaffirmativamanifestumest prasdicatumin sub-
jecto per se spectato contineri. Sed si propositiosit particularisaffirma-
tiva, tunc prœdicatumnon contineturin subjectinotioneper se spectata,
sedin subjectinotionecum aliquoadditosumta; id est in aliquasubjecti
specie.Fit enim specieinotio ex notionegeneris,cumadditaaliquadiffe-
rentia. < Similiterin >

i. V. La Logique de I~M~ p. m.
CALCULUSCONSEQUENTÏARPM

PHtL., V, 8, f, 24.
24. In PropositioneNegativacum negamus
proedicatumhoc modo quo
dixl subjectoinesse; eo ipso affirmamus
negationemprédicat! sive ter-
minum pr~dicatocontradictoriumsubjectomesse.Ut cum
dico NuUus
sceleratusest felix idem esse ac si dicerem Omnis
sceleratusest non-
felix, seu non-felicitatemsceleratoinesse. Et cum dico
[quidam]pius
[non] est <non-> fortunatus, hoc volo 70 non-fortunatuminesse
cuidamspecieiseu exemplopii.
Considerandumporro omnem notionem
compositam, constare ex
pluribus aliis notionibus, interdum positivis, interdum et
:to. Exempligratia cum dico numerus
25 recto.
negativis.
primitivus,) intelligohoc numerus
non-divisibilisper majoremunitate. [Et vero sola notio DEI
tiva est, nuI1amquelimitationemseu pure posi-
negationeminvolvit.]Ideô ut gene-
raliter procedamus quamlibetnotionem
exprimemusduobus Numeris
characteristicis,uno cum nota + seu plus, altero cum nota seu
minus. Exempligratia Primitivusest numerus
indivisibilis.Conside-
+22 iy
randumetiam est Terminosomnes
negativos,hanc habereproprietatem,
ut quandopositivi se habent ut
genus et species, contra negativi eorum
se habeant inverso modo, ut
species et genus. Exempli gratia Corpus
est genus, Animal est species.latius enim
patet corpus quàm animal,
< quia corpus continet animaliaet plantas
aliaque,> sed contra non-
animal est latius quàm non-corpus.Omnia < enim
> non-corporasunt
etiam non-animalia; sed non
contra; dantur enim non-animdia qux
tamen non sunt non-corpora,verbigratia
planta. Itaque quemadmodum
plura dantur corpora quàm animalia; ita contra plura dantur non-ani-
malia quàm non-corpora.
His ita intellectispossumusvera ponere fundamenta calculi
nostri.
Nimirumomnis notionis positive
(négative)numerum characteristicum
< positivum (negativum)seu nota + (vel –) affectum> conflabimus
ex multiplicationein se invicemomnium numerorum
characteristicorum
earum notionum< positivarum
(negativarum)> ex quibus ipsiuster-
mini < positiva(negativa)> notio
componitur.
Ita sit animal rationale
+ ï3 S +8–y
t. Ici se trouvent rëpët~s les mots « earum
notionum poaidvarum. M
CÀLCULUS
CONSEQUENTIARUM 87
1
fiet termillihujus homo PHH.V~8,f.25.ji'
Numeruscharacteristicus + 13,8 $,7 13
sive: + 104 33.·
Io4 1
Hoc unum tantùm in ista Numerorumefformationecavendumest ne
idem aliquisnumerus in positivis et in negativiscontineatur, id est ne
et negativusnumerus dividi possint per < unum eundemque
positivus
numerum,seu habeant> communemdivisorem.Nam 1 si sic scripsis- s5 verso.
semus 1
animal rationale
+13–3 +io–7
homo
+ 130–3$

scripsissemus absurdum.Nam notio quaesignificaturper + 5, contra-


dictoriaest ejus quae significaturper $. Itaque cum m rationalis
notione positiva 10 contineatur$, (nam 10 dividi potest per 5 seu
10fit ex multiplicatione5 in 2) seu cum in rationali ponatur 5 in ani-
maliautem contra negetur 3, seu contineaturcontradictoriumipsius 5,
ex
sequeturanimalet rationale esse incompatibilia,adeoque hominem
ipsis compositumimplicarecontradictionem,<quoniamita tam posi-
tivusejusnumerus + 130, quam negativusdividipotest per $ > quod
cumfalsumsit consequensestabsurdamforehanc exprimendirationem,
adeoquesemper cavendum esse, ne numerus positivus et negativus
habeanteundemdivisorem.
Intellectisjam terminis sigillatimsumtis, videamuset quomodocon-
jungipossint,seu quomodo propositionumquantitas qualitas,et veritas
<(in quantumid neri potest ratione, seu numeris characteristicis)>
dignoscatur.Nimirum generaliter omnis propositio falsa est, quae
cognoscipotest solavi rationis, seu qu:e in terminis implicat; h~c est
in qua subjectumet prasdicatumcontinentnotionesincompatibiles,sive
in qua duo quidam numeri characteristicidiversorum terminorum
< (subjectiunumpraedicati alterum)> diversarumquenotarum < (unum
cum nota +, alterum cum nota, –) > habeat communem divisorem.
Exemplicausasit propositio
pius est miser
ïo 3 +14–3
CALCULUS CONSEQUENTIARUM

PHtt. V, 8, f, a5.< Patet termines + 10 (id est + bis $) et $ esse incompatibles,


significantenim contradictoria,ac proinde statim ex numeris ipsorum
characteristicispatet propositionemcui hi numeri conveniuntesse
falsam
<in terminis>, et contradictoriamejus esse ex terminisveram.
26 recto. j Porro antequamspecialibusPropositionumformissecundumquan-
titatem et qualitatemsuos numeros characteristicos
accommodemus,
itiud in genere repetendumest, quod
supra diximus, Notionempr~di~
cati semper inesse subjectoaut ejus
speciei.Hoc jam in Numeroscha-
racteristicosita transferamus Esto propositioUniversalisaffirmativa
Omnis sapiens est plus
+70–33 +io–3
Patet praedicatuminesse debere notioni subjecti se
per sumt~ < quia
in omni casu inest>, adeoquenumeros characteristicos
subjecti dividi
posseper numeros characteristicospraedicatiejusdemnotse, ut + 70
per + 10, et 33 per 3. Similiter
Omnis homo est animal rationale
+130–33 +i3–$ +io–7
patet+ 130 dividiposse per+ 13 etper+ 10; 01–3$ dividi
posseper
–$et–7~.
In Propositioneautem Affirmativaparticulari,
quemadmodumsupra
diximus,sufficitnotionemprasdicatiinesse notioni subjecti, additamento
aliquo auctae,seu praedicatuminesse specieisubjecti, id est characteris-
ticos numerossubjectimultiplicatosper alios numeros reddi
posse divi-
sibilesper characteristicosnumeros prœdicad.
Cumqueid semperpossit
fieri, quilibet enim numerus < multiplicando> reddi potest
per alium
numerum quemlibet divisibilis;hinc patet
propositionemparticularem
affirmativamsemperhaberelocum; nisi aliquaex
supradicto capitesupra
26 verso. dictis incompadbiHtasseu pugna oriatur. Exemplicausa
Quidam fortunatus est miser
+II–9 +$–i4
i. j Omne animal non-homo est corpus sentiens non-radonale. i
Ommsquinarius non binanus l
Omnis quatemarius non-major denano. Est figuratus non-quadratoquadratus.
a. Ces deux derniers mots devraient être effacés. }
REGULEEDE BONITATE CONSEQUENTIARUM 8~

effici
p osse, ut miseriasit in aliqua fortunati specie; in eo scilicet PHIL.,
V,8,f, 26.
patet
Nam speciesaliquafortunatihabetnotionem
quifortuitaaeternispraefert.
compositam ex notione fortunati tanquamgenere, et notione dinerentiae
hujusfortunatiab alio qui miser non erit, haecdifferentiasit 1$ 28.
p~t quidamfortunatus
+13,11–28,9

jam1~11 dividipotestper 11 et 28,9 per i~ Itaquepatet efficiposse,


insit specieisubjecti.
ut praedicatum
Bademmutatismutandis etiam ad propositionesnegativastransferri
possunt.Exempligratia

PHiL.,V, 8, f, 28-39(3 p. in-folio). PHIL.,


V, 8, f,
28-29.
T") EGULE quibusobservatisde bonitateconsequentiarumper numeros 28 recto.
i\ judicari potest, haesunt
(I) Si qua offeratur propositio, tunc pro quolibet ejus Termino
(subjectoscilicet pariter ac praedicato),scribanturnumeri duo, unus
affectusNota+ seu plus; alter Nota seu minus. « Exempligratia
sit propositioOmnis sapiens est pius. Numerusrespondenssapientisit
-}-20–21. numerus respondenspio sit +10 3 cavendumtantum
ut, duonumeriejusdemTermini>' [ita tamen ut hi duo numeri]nullum
habeantcommunemdivisorem,nam si verbi gratia numeri pro sapiente
essent+ 6 9. < qui ambo dividipossuntper 3. > nullo modo essent
apti. [Notandumest autem si quisterminusnegetur,notas esse tantùm
mutandas.ut si pii nota sit + 10– 3. erit nota non-pii,+3 io.] >
(II) Si unus aliquis terminus reperiatur in una tantùm praemiss~
(prasmissam autem voco propositionemex qua alia concluditur), tunc
ipsiusquidem numeri assumi possunt pro arbitrio (observata tantùm
reg. i. précédente); alter verô assumi debet non pro arbitrio, sed
secundumregulasjam prsescribendasin quibus cxponiturRelatio quam
Numeriuniusterminihaberedebentad numerosalteriusterminiejusdem
propositionis.
(ni) Si ~~MM~ UNiVERSALis NEGATIVA (v. g. Nulluspius est miser)
Ï. Lapsus,pour 5.
90 REGULEE DE BONITATE CONSEQUENTIARUM

PHH. V, 8, f, 38. et uniustermini< (verbigratia


miseri)> numeros< (+ 3 4) > jam
assumserimus,tunealteriustermini< (pii) > numeros<
(+ 10 3)
ita assumeredebemusut duoquidam~~n diversarum
~~M~ < (seu
quorum unius nota+alterius–)> ~r~~ ~~cr~ <:(seu
quorum unus sumtus est ex subjecto alter ex
praedicato,quales sunt
nempe duo–4 et+io)> divisorem~wwM~~ seu possint
dividi per unum eundemquenumerum <
(nempe 2) >. Et contrasi in
~M~ reperiaturMMM~secundumpraemissarum formamrite assum-
tos, lroc subjectoet proedicato
se ~M~ habere,j~~
<M~~ ipsam
universalem negativamf~ ~WM~
Corollar. Hinc statim sequitur Universalem~M
propositionem
simpliciter convertiposse,exemplicausaex eo quod Nullus pius est miser,
rectè colligiturquod Nullus miser est
pius. nam sufficitin his duobus
numeris + 10 3 01+3-4 hoc contingere ut duo <
numeri diversarumnotarum et diversorum quidam >
terminorum, hoc loco + 10
et 4, habeant divisoremcommunem2. neque enim
distinguiturin
regula aut refert quisnam eorum sumtussit ex
pr~dicato, quisnam ex
subjecto. itaque salvaregula ~què unus atque aller terminus
aut praedicatumessepotest. subjectum
28 verso.
(IV) Si PARTicuLAMs AFFiMtATiVA (v. g. quidam fortu-
natus est miser) et unius termini
<(verbi gratia miseri)> numeros
<(+3–4)> assumserimus,tune alterius termini <(fortunad)>
numeros<: (+ 10 y) >
quomodocunqueassumerepossumus< salva
semperreg. i. quod imposterumsemper subintelligam>, modoid
universali quod
requiriproximè habeat.<: (id est,
modo ne duo quidam numeri ex illis
qui diversarumsunt notarum et
terminorum,verbigratia modo neque+ 10 et-~ nequehi duo
+ 3 et
7 communemdivisoremhabeant)>. Et contra si
contingatnumeros
terminorumjam in praemissisrite assumtoshoc modo
(quem in univer-
sali negativadiximus)se in conclusionenon
habere, signum est ipsam
conclusionemparticularemaffirmativamrectè ex
pr~missisdeduci.
Corollar.i. Hmcstatimsequitur
particularem affirmativam contradictoriè
opponiuniversali sive non esse posse simul veras, simul
falsas.Nam quod in Univ. neque
Neg. requiri diximus,reg. 3. nempecommu.
nis divisordicto modo, id non fieri in Part.
Aff. requiritur ut hic reg.
4. diximus.
REQUISE DE BONITATE CONSEQUENTIARUM ~1I

)
j Ccr~ 2. Hinc etiamstadm sequiturparticularemamrmadvamposse PHK.V,8,t, a8.
convertisimpliciter.quemadmodumde universalinegativadiximus,cui
conditionessubjectumà praedicatonon distin-
opponitur.Nam utrobique
guuntet sufficitnumeroseorumdiversaenotashabere (in Univ. neg.) vel
nonhabere(in partie,an'.) communemdivisorem.J
(V) Si ~r~MM~ Universalisaffirmativa,[debet~CMMnon habere
in prop. univ. ~~MMyreg. 3. (unde omnis univ. affirme
includitpartie.affirmativam0, quam négative opponidiximus) ~~tC-
~r<'<ï]requiriturut numerus~M~~ quilibetdividi possit per ~M~~M~
ejusdemMO~.Et contra si haecduo requisitain condusioms
terminissecundumpraemissasrite assumtis eveniant,tunc ipsa universa-
literaffirmativèex praemissisrectè deducetur.Itaque exemplicausa in
propositione, Omnis sapiensest plus, sit verbi gratia numerus sapientis
-20– 21. numeruspu -t- 10 3. et procedet universalisaffirmativa
< quia in ea duo numeri diversarumnotarum nempe hi duo diverso-
rumetiamterminorum(nam de illisqui sunt eorundemres semperpatet
perreg. i.) -p 20 et 3. item -{- 10et 21. non habentcommunem
divisorem,auoqui> nec hi duo + 10 et 3 < (secundumreg. i) >,
nechiduo + 20 et- 3, nec hi duo 21 et-}- io<( (alioquiper reg. 3
locumhaberetuniv.negativa)> communemdivisoremhabent. 1atvero 2~ recto.
numerussubjecti+ 20 dividi potest per numerum prsedicati-}- 10 et
numerussubjecd 21z per numerum prsedicati 3. (quod pro-
priumest illis terminis quorum unus de altero universaliteraffirmari
potest).
Coroll.i. Hincex E~M~. ~f/%r~.sequiturPartic. ~~f~M.Omnis sapiens
est pius. Ergo quidamsapiensest plus. quemadmodumpatet ex dictis
proximèsub signe Q.
Coroll.2. Univ. Affirmativapotest converti particulariter. Omnis
sapiensest pius.Ergoquidampius est sapiens.Nam si omnis sapiensest
pius.Ergoquidamsapiensest pius. per coroll. procédons.Sedsi quidam
sapiensest pius.Ergo quidampius est sapiensper reg. 4. coroll. 2.
CorollJ. Propos.Univ. ~'MT~KMpotestuniversaliterconvertiper MM-
~~o~MM~M, ut vocant. Omnissapiensest pius. ErgoNullus qui non est

omniaUniv.Affirm.habetcum< qualibet
0 < (Q~ïae affirmativa
> particulari
commune, illiproprium)
sequitur >
9~ METHODUS PHYSICA. CHARACTERÏSTtCA

PtU~, V, 8, f, 29.
9. pius est sapiens. Nam sit propositio
Omnis sapiens est pius
situsprior +20–21 -{-10–3.
Scribaturalia
Nullus non-pius est sapiens.
situsconversus +3 io +-20 2i
per reg. i.
Unde patet + 3 et 21 (item 10 et + 20) numeros diversarum
notarum et diversorum terminorum semper dividi posse
per eundem
numerumnempe 3. nam 3 divis. per 3 dat i. et 2ï divis.
per 3. dat7.
(eodemmodo 10 et + 20 dividi possuntper 10.) quia in prop.Univ.
Affirm.semper numerusqui <in situ priore > est loco21. dividi
potest
per numerumqui est loco 3 per reg. 5. Jam si < in situ posterioreseu
converse > numerus qui est loco 3 et num. qui est loco 21. habeant
communemdivisorem,prop. est Univ. Neg. per reg. 3. Ergo habemus
intentum,< seu > sapiens de non-pio poterit universaliternegari.
(VI) Si prasmissasit particularisnegativa,debet aliquideorumdeesse
quaead veritatem Universalisaffirmativae desideraridiximus. Itaquevel
numeridiversarumnotarum et diversorumterminorum habebuntcom-
munem divisorem(quo casu etiam locum habet universalis
negativa,
unde 3 patet ex universalinegativaparticularemnegativamsequi) vel
numeri in subjectonon poteruntdividi per numeros prsedicati
ejusdem
notas

PHIL.,
3o-3i.
V, 8, g, PHIL.,V, 8, g, 30-31(4 p. in-4").
Brouillon, de la main de Leibniz,du fragmentcataloguéPmL.,V, 6,
c, 9-10(voir plus haut) qui porte le titre
.M~AO~M Physica. Characteristica. Emendanda.
Societassiveordo.
t. Rattacher aux opuscules précédents le fragment PtML.,VII, B, 11, 14, qui en est
manifestement la suite.
2. Ce Mémoire a été publié par Klopp (III, 3o8-3ï2) et par Foucher de Careil
(VII, ïoi-ïo5) sous le titre De /«M~~tCM~ad scientiam provehendam instituenda.
Nous croyons néanmoins devoir le reproduire d'après ce brouillon (en le colla-
tionnant avec la copie revue et corrigée par Leibniz), à cause des passages barrés
(inédits), qui montrent combien les ratures de Leibniz sont parfois intéressantes et
instructives.
MBTHODU8PHYSICA. CHARACTEMSTÏCA ~3

Mailla. PHIL.,V, 8, g,
30 recto.
x proposidonibus quaererumemendandarumcausaRunt, cas maxime
JËl amo, quarumfructusviventibusnobispercipipossespes est. Quan-
enim et glorix et posteritatisrationemhabeatmensgenerosa,juvat
quam
tamenlaborumsuorumpromus frui vivum videntemque'.
[Studiorumratio omnis ad usum quendam dirigidébet, qui mihi tri-
partitus esse videtur, Perfectio animi, Medicinacorporis,et vitaecom-
moditates.
Qpïecunque à nobisdiscendasunt, redigunturad tres classes,Demons-
trationum,Experimentorum,et Historiarum.PeifectioMentis acquiritur
perceptione demonstrationum, et exercitiovirtutum,quarumpraeceptasci-
licetdemonstrationes nobistradidère.
Medicinacorporishactenusnon nisi Empirica < id est Experimen-
talis> fuit,quoniampaucissimorummorborumveraecausse,et paucis-
simorumremediorumverusoperandimodusinnotescit.]
Certumest unum hominemnon satistemporishabereposse ad omnia
invenienda,quaea ratione pendent et certa methodo possunt inveniri,
nequesatishabereoccasionum,ad ea inveniendaquae<~a > casu<; pen-
dent > atque experimentisnon semperobviisdiscendasunt.
Certumest, si omnia utilia quas saltem unius opidi, ne dicam pro-
hominessciuntaut experti sunt, in unum collecta breviterque
vinciae,
exhibitaessent, Thesaurum nos incomparabilemhabituros. Quid si
pluresnationesconsentirent,imô quid si plurium seculorumscientiam
collectamhaberemus?
Si omnia egregiaquaehomines sciunt aut sciveruntannotata atque
cognitaessent,credofelices<~essemus> et plerisquemalisatque incom-
modis humanam vitam urgentibus superiores [essemus], vix enim 3overso.
morbusest, cui non certum aliquodatque exploratumremediumaliquis
expopulonôrit.
Exhis patet hominesnon nisi proprianegligentiaesseinfelices.
Si saltemomniavere utilia atque realia quas in tot libris extant in
unumcollectaexstarentatque indicum<~in collectaneauniversalium>-
opein promtuessent,Thesaurumincredibilemhaberemus.
t. CetteidéerevientsouventchezLeibniz;
v. parexemplePHIL.,
VII,B,vi,ï, fin.
94 METHODUSPHYSÏCA. CHARACTERISTICA

PHM. V, 8, g, 30
Sa~pcnotavi egregia inventa qu% pro novis habebantur postea in
librisveteribusfuisse reporta,sed neglectaaut ignorata.
Si paucorum <aspectusimilarium> corporumnatura
nosceretur,ut
salis communis,nitri, aluminis, sulphuris, fuliginis, olei,
vini, lactis,
sanguinis,aliorumque nonnullorum; pateret inde natura plerorumque
aliorumcorporum,quippequaeex his componunturaut
generantur.
Credibileest naturam corporum aspectusimilarium,ut salis com-
munis,nitri, etc., tam esse simplicem,ut a nobis facillimèintima eorum
structuraintelligeretur,si quis angelusnobiseam vellet revelare
Credibileest, si natura corporumejusmodisimilariumnobis innotes-
ceret, non difficulternos rationemredditurosomniumquaein ipsisappa-
rent, imo pr~edicercposseomnes eorum siveper se sumtorum,sive cum
aliismixtorum effectus. Quemadmodumfacilenobis est proedicere effectus
machinaecujus structuramintelligimus.
Ex his sequiturfacilenobisfore, ex non admodummultis experimentis
intimam eorum corporum derivare naturam. Nam si simplex est ÏMec
natura, experimentaex ea facile sequi debent; et si experimentaex ea
facile sequuntur,debetvicissimetiam ipsa facilesequi per regressumex
sufficientiexperimentorumnumero. <~Talis regressusfit in Algebra,et
in omnibusaliis fieri posset> quodam calculi mathematicigenere, si
modo hominesveramratiocinandiartem tenerent. <~Est enim Algebra
methodus ex ignotis deducerenota, ut aequationeductorumex ignotis
cum datisnotis factaetiamignotafiantnota >3.
Vera ratiocinandiars in rebus difficilibuset non nihil abstrusisquales
3ï recto. sunt physic~ frustra speratur, quamdiunon habeturj ars characteristica
sivelingua [realis]rationalis,quaemirificèin compendiumcontrahitope-
rationes mentis, et sola praestarepotest in physicis,quod Algebra in
Mathematicis.
Ars characteristicaostendetnon tantum quomodo experimentissit
utendum,sedet quasnamexperimentasint sumendaet ad determinandam
rei subjectaenaturamsufficientia <; prorsus~>quemadmodumin vulga-

t. Paragraphe
omispar le copiste.
2. Cette idée de la connaissance angélique, c'est-à-dire rationnelle, est familière à
Leibniz. V. Phil., VII, 19, 62, 265; textes cités dans La Logique de L6<6M~,p. ïoo,
n. 4; p. 25ï, n. 3 et 4.
3. Cette addition, placée au bas de la p. 3o verso, a été copiée à cette place par le
secrétaire, et barrée par Leibniz sur la copie.
METHODUSPHYSICA. CHARACTENSTICA ~5

ribusillis artificiisper quaedivinarisoletnumerusquemaliquissibi tacite ]PHM.V,8,g,3!.


facile ab algèbre perito dijudicare potest an ea quaesibi ab
proposuit,
alio dictasunt de occulto illo numero, sint ad eum eruendum suffi.
cientia.
Unusest modusper quem paucihomines<( delecti> parvissumtibus
et exiguotemporeres magnaspro scientiarumvitaeutilium incremento
p ossunt. Si aliqui sint qui accuratissimèratiocinari possint,
pr~estare
<his vero materiamsuppeditent> tum qui ex horumvoto expé-
faliqui]
rimentasumant,tum qui res praeclaraspassimin librisaut apud curiosos
extantescolligantatque ordinent.
Necesseestautem qui talia moliantureos ab aliiscurisesse solutos,et
veroaffectuin studiaferri et a paucisdirigi; et LaboratorioatqueBiblio-
thecaet c~terisad sumtus in aliquot mercenarios< et experimenta>
necessariis abundeinstructosesse, et de superioreloco protegi.
Cùmmulti adeb sint ordines praeclaraeque fundationes,mirandumest
neminemnunquam quicquamtale fundasse[pro vero generis humani
bono]in quo cum religioneetiam humanigenerispraesensfelicitaspro-
curaretur 2.
Siquisunquamtalefundaretinstitutum,is supraquàmcredipotest obli-
garet< sibi> posteritatem,etveramnominisuoimmortalitatempararet.
TalegenusOrdinishauddubië in tantâ seculiluce non tantùm magno
applausuacciperetur,sed et mox necessariisundique subsidiis,legatis,
fundationibusexsplendesceret,et [ad] per omnes nationes sectasque
< facile > diffunderetur,et cum sapientiaetiam pietatempropagaret3.
) Cumcœnobianonnullatantisabundentdivitiis,optandumessetquod 3verso.
illissuperestultravictuscommoditatemscientiarumverarumincrementis
impendi,quibusmaximegloria DEicelebratur.
Omne praeclarumnaturaeartificiumexpeîimento<( vel demonstra-
done> detectum,hymnus est verus et realisDEo cantatus,cujus admi-
rationemauget4.

i. Sic, pour « dijudicari w.


2. Au lieu de ces deux derniers mots, oubliés par le secrétaire, Leibniz a écrit sur
la copie « utilitas combinetur. »
3. Cf. THEOL.,XX, 99, ïoo; De ~oc!~«~ .PA~~p/MM (~bMe~~r C<t~, VII, 94)
résumédans La Logiquede Z.cï&M! p. 5o6;et D~ jR~pM&MM, sept. 1678(~op~, V, 22)
cité t6M., p. 509, n. 3.
4. Cf. la Consultatio de N<ï<Mr<pcognitione. (Klopp, III, 3ï2; Foucher de Careil,
VII, toy.) Ici s'arrête la copie PtttL., V, 6, c, 9-to.
96 DE L'HORIZON DE LA DOCTRINE HUMAINE

PH!L,,V,8,g,3t · Quanquam non dubitem fundationemqualem dixi incredibilesali-


quando successushabituram,et venturum esse tempusquo
sapientiores,
quàm nunc sunt homines, superfluasopes veraefelicitatisincrementis
impendent,quoniamtamen sub initium monui, me de illis tantùm die-
turum, quorum fructusviventibusnobispercipipossint, idée hoc unum
condusionisloco adjiceresuffecerit
[Si vel uniusprovinciaebonorumEcclesiasticorum alioquinullos certes
usus habentiumexiguaportio < inipendatur> instituto
quale dixi, id
est sustentadonipaucorumhominum, sed
selectorum]
< Si adhibeanturin hune usumpaucihominessed selecti>,
quorum
alii ratiocinandivi, alii experiundiindustriâ, alii
colligendisedulitate
valeant,et necessariisadomniain eam rem profuturasumtibusabundent;
et vero affectuad instituti incrementum
conspirent; ausim dicere, plus
eos uno decennio effecturos,quam alioqui totum
genus humanum
tumultuariissparsisque multorum seculorum laboribus
possit*. Unde
quis fructus omnes,quaegloria Protectorem atque fundatoremmaneat
&dlë est judicare

PtHL., V, 9, f, ï-6. PmL., V, 9, f. ï-6 De /for~oM de la doctrine ~Mw~~s.

Applicationde l'Art combinatoireà la déterminationdu nombre de


toutes les véritéset faussetéspossibles,et de tous les livres faisables

l'imitation de l'Arénaire d'Archiméde). En partant du nombre des
lettres (24.),Leibniz trouve pour le nombre des mots
(2~ 24) 23.
et pour le nombredes énonciations
~!6;oo.coo.<xMOt
dontil donne cettelimite supérieure
y0?~ooo.ooo.oooao
i. Cf. Lettre à Oldenburg (Phil., VII, ï5; ~ï~w., I,
10~)et Phil., VII, 68.
2. Ce mémoire est évidemment adressé ou destiné à un
prince souverain, qui, vu
la date, ne peut guère être que Jean-Frédéric, duc de Hanovre. Cf. les mémoires
analogues ap. Klopp, IV, 397, 420; cités dans La ~<~M<' Z,<?!~M!~p. 5o8-5og.
3. Rapprocher de cet opuscule les fragments suivants PmL.
VHf, ïo, f. 68 (ap.
Bodemann, p. iï~) et 25, f. Q~-Q5(v. infra). A cet opuscule est jointe une feuille où
Leibniz dit avoir parlé de son .~b~OM doctrine humaine à Fo~TENELLE dans
une lettre du 20 février 1701 (v. ~o~MMKM,p.
83.) Cf. le fragment PHIL. VI, tz,
f, 23, où Leibniz soutient au contraire que le nombre des termes, et par suite celui
des propositions premières, est infini.
DE LA MÉTHODEDE L'UNIVERSAUTÉ 97

PniL.,V,ïo, f. 1-8.(16pagesin-folio;brouillonde la mainde Leibniz.) P!L., V, tO, f.


j.8.
DE LA METHODEDE L'UNIVERSALITÉi

PmL.,V, 10,f. 9-ïo. 4. p. in-folio, en latin, commençantainsi PH:L., V. 10,


()-10.

Estoergo propositumEx dato puncto ducere rectam, quae curvas


dataead angulosrectos occurrat'; regula tum omnibus com-
Conic~e
muni tumin simplicioribuscalculoparticulari.

PHIL.,V, 10, f. 11-24.(26 p. in- copie du brouillon précédentpar ]PHÎL., V, tO, f,


un secrétaire,revueet corrigéepar Leibniz). It-2~.

D~ LA ~C~T~ODE T3B L'ET~L7T~ ït recto.

i. La Methode de l'universalité nous


enseigne de trouver par une JI. Ce que c'est que
la Méthode de
seule operation des jbrmulcs analytiques et des constructions géométri- l'Universalité,
ques generales pour des sujets ou cas dinerens dont chacun sans cela et son usage.
auroit besoin d'une analyse ou synthese particuliere. On peut juger par

i. La Méthode de l'Universalité doit dater au plus tard de 1674., car on verra


plus loin des fragments de cette date qui s'y rapportent (Pan. V, to, f. 4.7; PHIL.,
VI, ï2, d; ce dernier du 7 septembre 167~. Cf. MATH.,III, A, tz, sept. 1678; 111,
B, 3 b; III, B, 19, t" avril 1676).Elle ne peut guère être antérieure, car c'est en t673
que Leibniz vint à Paris et s'initia aux Mathématiques. On sait que c'est en 1675
(6n octobre), à Paris, qu'il inventa son Calcul innnitésimal. Dans la Méthode de
l'Universalité,il est déjà au courant des méthodes infinitésimales antérieures (§§2,6,
2ï). Mais il n'y dépasse pas les bornes de la Géométrie analytique cartésienne, dont
il reconnaîtra plus tard l'insuffisance (v. p. ex. MATH.,IV, t3 g). GERHARDT a som-
mairement analysé cet ouvrage dans une préface (Math., V, î34. sqq.). Quelle que
soit la valeur de cet essai d'une « caractéristique Mnouvelle, il faut, pour le juger
équitablement, se rappeler que c'est de cette recherche de signes appropriés qu'est
né l'algorithme infinitésimal usité universellement aujourd'hui.
2. Cf. PniL., V, ïo, f. 4.Ï-43,64.-65.
tttÉMTS OS
)L)StBtttZ.. f > 7
t."
9~ DE LA METHODE DE L~UNÏVERSAUTE

PMtL..V,tO,f.tt. là que son usage s'etendaussiloin que l'Algèbreou Analyse,et


qu'elle
se repandpar toutesles parties des mathématiquespures ou mixtes.Car
il arrivetous les jours, qu'un mesmeproblemeest de plusieurscas dont
la multitude embarassebeaucoup, et nous oblige à des changemens
inutileset à des repetitionsennuyeusesdont cettemethodenousgarantira
à l'avenir.
II. Rcduction des 2. Or comme toutes les propositionsdes sciences
figures diffcren- Mathematiques
tcs en Harmo- mixtes peuventestre purgéesde la matiere par une reductionà la pure
nie. Geometrie;il suffirad'en monstrerl'usage dans la Geometrie ce qui
revienta deuxpoints; sçavoir Premierementà la Reductionde plusieurs
Cas differensà uneseuleformule,regle,equationou construction et en
secondlieuà la Reductiondes figuresdifferentes[en]< a une certaine >
harmonie;pour en demonstrerou resoudreuniversellementquantitéde
problemes,ou theoremes; Le premier point diminuela peine, l'autre
augmentela science, et donne des lumieres considerables.Car si avec
le temps la Geometriedes infinis pourroit estre rendue un
peu plus
susceptiblede l'Analyse,en sorte que les problemesdes quadratures,
des centres, et des Dimensionsdes courbes,se peussent resoudre
par
des equations comme il y a lieu d'esperer quoyque M'*Des Cartes
n'ait pas osé y aspirer, on tireroit un grand avantage de l'Harmonie
des figurespour trouver la quadraturedes unes aussy bien
que des
autres.
III. Par une me-
3. Il est vray que Messieursdes Argues et Pascalont cru <de>
thode analy-
tique, au lieude pouvoir reduire les sectionsconiquesen Harmonie mais outre que leur
la synthetique. methodeest bornée, et ne depend
que des proprietezparticulieresdes
tiverso.
Coniques,elle est aussy extremementembarassante,parce qu'il faut 1
tousioursdemeurerdansle solide,et banderl'espritpar une forte
imagi-
nationdu cone. Je croy mesmequ'on auroit biende la peine à resoudre
universellementpar ce moyendes problemesdifficiles,à moins
qu'on ne
les < trouvecomme par hazard>ait desiatrouvésparhazard,à
priori,
par le moyen d'un theoremedemonstréailleurs.Au lieu qu'il n'y a rien
qui puisseéchapperà nostre methode, qui a cela de commun avecles
autres partiesde l'Analysequ'elleespargnel'esprit et dont
IV. L'Algebre il fautsur
l'imagination,
n'est qu'une
tout ménagerl'usage.
t branche de la C'estle but principalde cette grande scienceque j'ay accoustumé
{ Caracteristique. d'appeller dont ce que nous appelionsl'Algebre,ou Ana-
Caracteristique,
DE LA MÉTHODE DE I~UNtVERSAUTTÉ gg

lyse,n'estqu'une branchefort petite puisquec'est elle qui donneles PHtL.,V,ï0,r. H.


parolesaux langues,leslettresaux paroles,les chiffresà l'Arithmetique,
lesnotesà la Musique;c'est elle qui nous apprend le secret de fixerle
raisonnement,et de l'obliger à laissercomme des tracesvisiblessur le
papieren petit volume,pour estreexaminé loisir c'est enfin elle, qui
nousfaitraisonnerà. peu de frais, en mettant des caracteresà la place
deschoses,pourdesembarasserl'imagination.
5. Maisquoyqueil sembleque les caracteressoient arbitraires,il y a V. Exemple des
bien des à rendreles dits caracteres fautes qui se
pourtant regles observer, pour <~ ~> font contre la
propresà l'usage. Par exempleM~Schoten et autres se serventd'un Caracteristique.
certaincaractere, pour marquer la differenceentre deux grandeurs,
commea === c'est à dire a b, ou b a. mais il est aisé de faire
voirque ce caractereest contre les reglesde la caracteristique.Car soit
une equationentre b, et, entrea === y, ou la differenced'a, et y, sçavoir
== b, < vousne sçauriezmettre les connuesa. b. d'un costé, ny
separera de y, mais en vous servant des caracteresdont j'expliqueray
l'usagedans la suite vous aurez =t=~~jy=~~>-ou~ ou
y =)o a. Au reste j'avoue que Mr Schotens'est servi de deux
caractères et équivalonsaux miens={=et mais c'est peut
estretroisou quatrefois, et d'une telle maniere, qu'on voit bien qu'il
n'en avoitpas assez reconnu l'application,ny les regles aussy faut il
biend'autresobservationspour en tirer quelqueadvantageconsiderable.
6. Cavalieri,M'Fermât, M' Wallis, et autres supposentdes certaines VI. Conjonction
de la Caracte-
ou
lettres, lignes infinement ou
petites egales a rien. J'ay mis la mesme
ristique avec la
choseen usage,et j'ay adjoustédes lettres qui represententune grandeur méthode des
infinis.
infinie,ou des lignesegalesà des rectangles,commesont les asymptotes
del'Hyperbole. ï2 recto.
7. Mais la methode mesmeferavoir plus clairementpar ses j1 pré- VII. Advantagc
et ce a de nouveauet et àfin de la méthode
ceptes, exemples, qu'il y d'avantageux, de l'universalité
qu'on ne croye pas, que la peine [recompense]<~egale> l'avantage pour abréger la
j'asseurepar avanceque le calculuniverselde tousles casensemblen'est peine du calcul.
jamaisplus difficilque le calculparticulierdu cas plus difficil.
8. LesInstrumensde la methodede l'universalitésont lesCARACTERES VIII. Signesambi-
AMBIGUS, qui sont ou signes,ou lettres. gus.

ï. Variante de la main de Leibniz (f. a6 verso)


« Carc'estla Caracteristique.
»
tOO DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ

PHïL~V,tO,f. Ï2. Les SIGNES AMBIGUS sont quimarquent ou l'addition, ou la soubstrac-


tion. Il est vray qu'on en pourroitaussy faire utilement,pour marquer
la multiplication,la division,et l'extraction des racines mais je n'en
trouve point d'usagepour le presentdessein.
IX. Simples, de 9. Or les dits signessont ou simplespourmarquerseulementdeuxcas
deux significa-
tions. possibles,ou ilssont cc~w~ pour en marquerplusieurs.
~C_B_

Par exemple si la ligne AC se doit determinerpar le moyen de la


ligne AB, et BC, et si le point C, peut avoir seulementdeux lieux,
l'un entre A, et B, l'autre au delà de B, de sorte que B tombe entre luy,
et A, le signe sera simple, car on voit que selon la premiere position
AC est egal à AB BC.et selonla secondeà AB + BC. et par consé-
quent nous dirons que AC est egalà AB=}=BC.
X. S~avoir=~=ou 10. Et si, à present, nous voulions exprimerAB par BC, et AC,
<; (regardezla figuredu nombre precedent:) > l'equation
( AC~oAB BCnousdonneroitAC + BC=~AB
AC~oAB+BC. ~AC–BC~AB
ou AC~AB~BC AC~BC~AB.
On voitpar la qu'ily a deuxsignessimples,l'un 4=(c'est-à-dire+ ou –)
et l'autre (c'cst-a-dire–={=) car le signe qui porte un au bas du
caractere,signifietoujourssa proprenegation.
XI. Composez de 11. Mais il y a une innnité de signescomposez,et comme l'on ne
trois significa- en fairele denombrement,il suffirade donnerquelquesexemples,
sçauroit
tions, comme
-ht=ou-
à fin que chacuns'en puissefaireà leur imitation par exemple

ç_A_c_B_30 ~.r,r

ï 2 verso. Si les pointsA.B. demeurantimmobiles,le point C peut avoir trois


situations differentes, on aura aussy trois equations differentespour
exprimerla valeur de la ligne AC par les lignesAB, BC.
<

CM iC donneraACso AB+ BC
2C g, 4 + o..

aw vsv
3C + +
DE LA METHODE DE Ï.~NIVERSAUTË ÏOÏ

sorte AC est ou la difference,ou la somme de AB, BC. et pour F


PmL.,V,to,t.i2. I
De que
ces differentes par une seule, on pourra faire
exprimer equations i
AC~~=AB~BC,

q ue le signe de la ligne ABest opposéau signe de BC,a


pourmarquer
moinsquetoutesdeuxn'ayent pour signe +.
ï2. Onpeut aussy avoir besoinde trois lignesdont les signessoyent 3XII. ~MtCM/MM.
1
variablespour exprimerla valeur d'une seule. Par exemple
E A 2E B !B F ~E.
1 1 1 1 1 1 .1
i
lE donneraEF~o + AE + AB+ BF.
2E
i
j- j-
3~
4E .+
Et l'equationgeneralesera
EF~~=AE~AB+BF.
On voit par là qu'en ce casles lignesAB.BF peuventestre prisespour
une seuleAF, et que par consequentce cas n'est point differentdu pre-
cedent.J'aipourtant voulu le rapporterpour fairevoir comment il est
bonde comprendreplusieurslignesd'un mesmesigne,sous un vinculum
à l'imitationdes racines sourdes; dont on verra l'usage dans la suite,
il s'agirade purger l'equation des signes ambigus. Cependant ce )
quand
vinculum a celade commodequ'on le peut dissoudre,et qu'on en peut
eximerce qui bon nous semble,au lieu que le vinculumd'une racine
sourdeest indissoluble.Au reste il n'est pas permis de faire de cesdeux
lignesAB.BFune seuleAF, en calculant,si toutesdeuxsont inconnues.
13. S'il y a plus de trois variations,on pourra faire des signessem- XIII. Signes com-
de plus
posez
blablesà ceux cy par exempleon fera
que trois varia
tions.
(~y~AB(=F~BC=~AC
pourrepresenteri '<' +
v
2 +

3 + +

t,rM ,'t .t.


4

Cest a dire ou il y aura (~F) AB(~) BC,sçavoirle mesme) signe, ï3 recto.


DE LA METHODE DE L'UNIVERSALITE

PHtL.,V,ïO,f. 3.
quoyque indéterminé selon le 3~ et quatriesmecas ou il y aura
13.

AB BC, des signesopposez,selon le i. et 2. cas et àfin


que deux
signes semblables4=et (~) mais differentsne se confondent
pas, l'un
en est renfermé dans une parenthese. Et àfin de discerner un
seul
signe (=~) ± ABde deux(~) AB, qui se multiplient,il y a une ligne
transversalequi les unit.
XIV. Soubsdis- s- 14. Il pourra arriver que les variations en elles mesmes
tinctions de des
comprennent
l'ambiguité.
signesambigus,commepar exemple
=~~+~,ou+~4=~~oc ce qui veut dire
+ a + b, ou a + ou + + b, ou + a b
< et neantmoins> maison ne doit pas l'exprimerpar les
signessusdits
~= =~ parce que ce=t=est une position desja faite, donc
pour
ne troubler pas la connexion< ou le
rapport>, il faudroit ne faire
point de nouveausigne, mais plustostl'exprimerainsi
=t=+~+4=~~c
Car cette marque signifieou l'un ou l'autre; ou si nous voulons
faire des signesnouveaux,il seraa
proposde faireainsi ~t=<ïf~, voyez
aussyl'artic. 18.
XV. Signes Ho- 13. Mais pour comprendremieuxla raison de tout cecy, il faut con-
mogenes. siderer,que dansla suite d'un mesme calcul, il y peut avoir plusieurs
ambiguitezdont l'une soit independantede l'autre, ou tout à fait, ou en
partie. et par consequentles SIGNES AMBIGUS sont ou homogenes ou hetero-
genes.Les signesambigusHOMOGENES sont, dont l'un estant expliqué,
determinel'autre aussy, entierement,et tousjours,et cela n'arrive
qu'en
deux cas, premièrementquand l'un est le mesme avec l'autre comme
et =~, ou ((±)) ((±)) et en second lieu quand l'un est
opposéà l'autre, comme =1=a et ou ((~)) ((~) c'est a dire
quand l'un signifiezeromoinsl'autre, et porte le signe au bas.
XVI. Correspon- 16. Les signes ambigusHETEROGENES
dants.
le sont ou entierementou en
partie. En partie seulement,quand ils sont au moins correspondants et
ont quelquerapportl'un à l'autre,ce qui arrive
quandils ont leur origine
i3 verso. d'une mesmeequation
1 ambiguë car alorsl'un estant expliquéquoyque
il ne determinepas l'autreentierement
tousjours,il ne laissepaspourtant
d'en diminuer l'ambiguïtéou le determinerquelquesfois
par exemple
DE LA METHODE DE L'UNIVERSALITÉ ïo3

AC ~= AB BC, posons le cas que ~= signine +, alors on pourra F


PtHt. V, 0, f. 13.
soit
~BC. en un simple4=, et voila l'ambiguité diminuée.Mais
changer
davantageposons que ou un de deux, signifie alors toute
l'ambiguité cessera,et l'autre sera -}-.
Mais les signes Heterogenes correspondance sont qui naissentdes XVII. Tout à fait
17.
tout à fait differentes en sorte que l'explicationde l'un des Hétérogènes.
equations
ne contribue rien du tout a la determination de l'autre dont on
signes
verrades exemplesdansla resolutiondu problemecy joint, et dans la i
t
regle generalede la constructionde tous les problemes solides par
quelquesectionconiquequ'on voudra.
18. Or commetout roule sur ce point de faireen sorte que dans la XVIII. Parenthe-
ses pour discer-
on
suitedu calcul puisse discerner les signes et les expliquer,pour faire ner les signes
l'application delaformulegeneraleà quelquecasparticulierqu'onvoudra heterogenesqui
tirent leur ori-
il est necessaire d'avoir des de
marquespour sçavoir quelle ambiguité gine de dISe-
chaquesignetire son origine, et lesquelsd'eux soyent correspondants. tez. rentes ambigui-
Pourcet effetje trouve qu'il est commodede se servirdes parentheses
simplesou doubles,et de renfermeren des parenthesessemblables,tous
les signesd'une mesmeorigine, c'est à dire qui viennent d'une mesme
ambiguitépar exemple("~) (1F) b. (( 4=)) c ((±)) d. et il s'ensuit
queceuxqui ne sont point renfermezsont tous d'une mesme origine.
Maiss'ilfalloitredoublertrop souventla parenthese,on pourroitse servir
desnombres,parexemple,au lieude ((((4=)))) onpourroitfaire(4 4=)~.
Et commej'ay remarquéque bien souventd'une ambiguitépeut naistre
uneautre par une especede soubs-distinction(: par exemplel'equation
susdite(((~))) a + b, ou + (((~ ))) b, =~c :) on se pourra servir
d'une telle façon (3(64=)) pour marquer que la 6~ ambiguité n'est
qu'unesoubs-distinctionde la 3me;il est vray que dans l'exemplede t~ recto.
laditeequationl'on n'en ait pas besoin,car elle se peut exprimerainsy
(34=) + a + (34=) c, mais il est vray aussyqu'on en auroit
XIX. Moyend'ex-
besoinpourl'exprimerainsy (3(4~=)) a (3(4~)) =~c ce qui revient primer tous les
au mesme,commeje viensde dire, art. 14. signes en casde
besoin par les
19. Maispour applanirtoutes les rudessesde ce chemin qui n'a pas deux simples,
encoreesté battu jusqu'à là, puisquel'esprit peut estre embarassépar en adjoutantdes
nombres aux
re-
parentheses
Cetitreet lessuivantssontdelamaindeLeibniz. doublées
~4 DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ

Pt!V,!0,f. 4. cette fabriquede tant de signesnouveaux,


j'y apponeray un remede,
afin qu'on n'ait besoin absolument
que de deux signes4= et pour
cet effet posons le cas qu'il y ait trois
equationsambiguësdans nostre
calcul,sçavoir
Equat. s.

~+~' -~+/ -,+~


(+".+. item~~o-}-
+.}- –+/+~
Leur expressionpourra estre telle

~+~(~')~(3~)~3~~)~3~)~3~3)~
par exemple(3~2) veutdire queson signeest le 2- de la
3- equation
ambiguë, estant tousjours marqué du signe opposéà car
le nombre devantle signe signifie celuydek,
l'équation,le nombre apres le signe
signifie le nombre du signe ambigu de cette equation, mais un
à un autre signe
opposé n'entre point dans la ligne du
conte, et n'est pas
considerécommenouveau. Cependant
pour retranchertout ce qui est
superflu,il sera bon de faire en sorte que tousjours
l'equation simple,
(qui n'est que de deux cas possibles)occupe la premiere afin de
ne donner point de parenthesea un place,
signe simple de la premiereequa-
tion item quandle nombreest une
unité, il pourra estre omis, comme
(3 =~=)i aulieu de (3={=
i)i. Enfinposonsqu'ily ait encoreune~equation
dont l'ambiguité est une
n :'0 (3~2)
(3+2)p q
soubs distinction <~ de la
+ p 3 2) q
+~(~~
3 alors son expression
) 3me
pourra estre

~~(3(4~1)2)~(7(4~=3)2~
verso. 1) pour marquer que le signe de p. ou q. premier, ou second de la
4°" equationdepend en quelquefaçon du signe de k ou est le
deuxiesmede la 3~ equation.Et enfin trouvebon de qui
je fermer les paren-
theses par en haut pour les discernerde
quelquesautres parentheses
dont on peut avoirbesoin.On voit la
par l'advantageassez considerable
de cette façon des signessur la
premierequi est de n'estre pas obligé de
fairedes nouveauxqui sont
quelquesfois fort composés, et ennuyeux
DE LA METHODE M L'UNtVERSAUTTS to5

maisen recompenseil faut biensouvent recourir à la liste generale,ou 1PH!L.,V, tO~Ï~


tabledes Ambiguitezpour avoir leur explicationau bout du conte, et
pour essayermesme pendantropcration si plusieurssignes correspon-
dantsjointsensemblene se destruisentpeutestre,ou s'expliquentmutuel-
lementcommecelaarrive quelquesfois, au lieu que les autressedéchif-
frent eux mesmes,à la premiere veùe. Le meilleur est, pour ceux qui
comprennentassezl'interieurde cette methode, de se servirde l'une ou
del'autre, et deles joindremesmeselon le besoin,et la commoditéde
l'opération les autresse garantirontdu danger de faillir et de la peine
de rêveren se servant tousjoursde la derniere, puisqu'on y decouvre
d'abord,aussybien que dans la premiere,quelssignes sont correspon-
dents,quoyqueelle n'expliquepas la manierede cette correspondence.
Outre que la derniereest plus commode pour les traitez qui doivent
estre imprimez,car l'on n'est pas obligé à faire graver des nouveaux
caracteres.
20. J'ay divisénos caracteresambigus au commencementen signes, ~X.Lettres ambi-
etlettres.C'estassezparlé des signes ce me semble, et les preceptesde guespour expri-
mer les lignes.
l'opérationaussybien que les exemplesacheverontd'éclaircirles restes
del'obscurité.Les LETTRES en fait de l'analysepeuventsignifiertousjours
une ligne si mesme il s'agiroitde nombres, puisque les nombres se
representent par les divisionsdu continuen parties egales et s'il arrive
qu'uneligneest dite egale à un rectangle,ou une lettre au produit de
deux,ou plusieurs,il faut concevoirque la partie détectivede l'equation
estmultipliéepar autant de dimensionsj1 de l'unité (qui se
peut repre- 1[5 recto.
senteraussypar une ligne ou lettre) qu'il y en a qui luy
manquent.Mais (jJ'ai divisé les
on peut aussy concevoir des lignes infinimentgrandes, ou infiniment caracteresambi.
gus.)
petites.
21. Et pour les infinimentpetites soit une ligneA B C et une droite XŒI. Lignes ini~-
D B (B)E qui coupe la courbeen deux B et niment petites
points qu'on appelle
(B) donc pour concevoirque la ligneD E est la tou- vulgairement
chante,il fautseulements'imaginerque la ligneB (B) indivisibles.
ou la distancedes deux points ou elle
coupe est
infinimentpetite et cela suffitpour trouverles tan-
gentes.D'ailleurson sçait bien que la methodedes
«<
indivisibles n &rien de solide, qu'autant qu'elle depend de cellesdes
Infinis,et il est manifesteque la Geometried'Archimededont Guldin,
~i'
ï~6 DE LA METHODE DE L'UNIVERSALITÉ

Pt!)t.V,t0.f.t~ Grégoire de S. Vincentet Cavalierisont les restaurateursse sert des


grandeursinfinimentpetites.
XXII. Leur usage 22. Mais àfin qu'on voye l'usageque cette supposition
en fait de la Mé- peut avoiricy;
thode de l'Uni-reprenons l'exemplede la ligneAC determinéepar deuxautresAB. BC.
\'ersa!!tc. on y voit bien que le point C qui est «wM~o~ peut tomber dansle
t)
A_B_
~<?C?3!((~0)xc
r
point B. puisqueil peut tomberen deçàeten delà detoutesles manieres;
et alors la ligne B C sera infinimentpetite. Donc
l'equationA C +
A B 4=B C demeuranttousjours veritable,il faut en cas de la coinci-
dence des points B et C concevoirla ligne B C. infiniment l'
petite, àfin
que l'equationne contredisepas l'égalitéentreA C et AB. Cela fait voir
aussy qu'il n'importe point alors si le signe4=B C signifie+ ou
Puisqueon peut placer 3 C, non seulement directementsous B, pour
faire AC~ABetBC egale à rien, mais on le peut aussy placeren
deçaentre A, et B en (3 C) ou au dela de B, en «3 C)) pour verifier
par l'une des positionsl'EquationA C ~o + A B B C et par l'autre
l'EquationAC~o+AB+BC. pourveuque la ligne(3 C) Bou «3 C))B
soit conceüe infinimentpetite. Voilà comment cette observation
peut
servirà la methodede l'universalitépour appliquerune formulegenerale
à un cas particulier.Car on ne sçauroitcomprendrele cas de la coinci-
dence des points B et C. dans l'equation generale AC=~AB=i=BC.
qu'en supposantla ligne B C infinimentpetite. Donc si nous nous ser-
t5 verso. vons de
1 lettres, l'equation estantc ~o =~. en ce cas bsera d'une
grandeurinfinimentpetite.
XXIII. Lignesinfi- A l'exemple des infiniment petites je ne voy rien qui nous
nies.
23.
empechede concevoirdes infinies,ou infinimentgrandes et quoyqueje
<
]ne voyepas qu'on s'en soit servi < ordinairement> dansle calculAna-

lytique. Ces lignes pourtant ne sont pas entierement inconnues aux


Geometres.Car il y a longtempsqu'on a observéles admirablespro-
prietezdes lignes Asymptotesde l'Hyperbole,de la Conchoeide,dela
Cissoeide,et de plusieursautres, et les Geometresn'ignorent pas qu'on
peut dire en quelque façon que l'Asymptotede l'Hyperbole,ou la tou-
chante menée du centre à la courbe est une ligne infinie egale à un
rectanglefini; II y a d'autresAsymptotesdont on peut dire par la mesme
DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ !07

sont egales à des solides, et mesmea des sursolides. Et ï?H!L.,V, 10, f.!P.
raisonqu'elles
ne prevenir mal à propos l'exemple dont nous nous servirons
pour pas
donner un essay de cette methode, on trouvera dansla suite, que
pour
lattistransversism de la paraboledoit estre conceud'une longueurinfinie.
a-t-on remarqué dans les Tables des sinus, que la tangente et
Aussy
secantesont d'une longueurinfinie, quand le sinus droit, et le sinus
entiersontegaux commela tangente et le sinus droit sont infiniment
petitsquandle sinusentier est egalà la secante.
24. Outre cela une lettre ou lignepeut estre poséeegale à une autre, XXIV. Ambiguïté
des lettres à
et par ce moyen la generalitédu probleme ou plustostde l'equation l'égard même
estre restreinteà un certain cas plus particulier,et bien souvent deslignes Unies.
peut
d'une
plusaisé.Celasert quelquesfoisà fairevoird'abordl'irréductibilité
equation, comme Monsieur Huddea remarqué item à examiner l averité
ducalculdansun cas, ou elleest connued'ailleurs.On peut aussyposer
qu'unelettresoiten raison donnée à une autre, ou exprimersa valeur
parunecertaineequation tout celadiminuela generalitédu probleme,
et peutavoirbiensouventdes usages.Maisleur considerationest un peu
tropéloignéede nostre sujet. Les lettres aussy peuventservir à signifier
desExponentsdes Degrezdes puissancespour en faire des demonstra-
trationsuniverselles;maisles exemplesdont nous nous 1 servironsn'en iCrecto.
ontpasbesoin.
25. Apresl'Explicationdes Caracteresleur Usagesera aisé à com- XXV. Operations
simples ou ~4~'
prendre.Il consistedansLESOPERATIONS DELA METHODE DEL'UNIVERSA- ~-t~M~de la Mé-
LITÉ, lesquellesaussy bien que dans le CalculAlgebraiqueen General, thode de FUni-
versalité.
serontsimplesou composées.Les simplessont l'Addition,Soubstraction,
M~OM, divisionet extractiondes Racines;Les composéesse rap-
portentà une Equation,pour la former, pour la polir,pour l'interpréter,
et pourla resoudrepar lignesou nombres;maisnous ne raporteronsque
ce quenostremethodea de particulieren tout cecy.
26. L'MM, Soubstraction n'ont que les mesmes preceptesas:3Z XXVI. Règles
d'Addition et
courtes,et assezaisez.Il y a ou les mesmesgrandeursou des grandeurs Soubstraction,
differentes. Item les signessont ou Homogenes,ou ils ne les sont pas. quandune gran-
Si la mesmegrandeur entre plus d'une fois dansla compositiond'une deurades signes
dinerentshomo-
autreavecle mesmesigne on en fait l'additionen ne l'ecrivant qu'une genes.
seulefois, et en la multipliantpar le nombre d'autantd'unitez qu'ellese
trouvede fois.
~8 DE LA MÉTHODE DE t/UMVERSAUTÉ

PM!L.,V,tO,f. ïC. exemple

~+~±~+~
Si la mesme grandeur entre dans la compositiond'une autre avec
des signesopposés, ces deux expressionsse destruiront
mutuellement
pourveu, que le nombre qui les multiplie soit egal, par exemple'
mais si les multipliantssont inégaux le
moindresera soubstraitdu plus grand, et la grandeurdonnée sera mul-
tiplié par le Residumarquédu signe du nombreplus grandde sorte que

~~+~±~±~. c c
XXVII.Ou même 27. Et commele multipliantpeut estre une lettreau lieud'un nombre
heterogenes. Il sera bon de faireune regle generale, qui
comprendraaussyles signes
heterogenes Sçavoir si la mesmegrandeurentre plus d'unefoisdansla
compositionde la valeur d'une autre, avec des signes differents,alors
elle peut estre écriteune fois seulementavecle
signe + estant conceue
commemultipliéepar la somme des multipliants
particuliers,si elle est
anectéeplus d'une foisd'un mesmesigne; ou par leur
difference,quand
i6 verso. les signes sont opposez;et enfinpar une grandeur
composéedes multi-
pliants, affectez des mesmessignes, si les signessont heterogenes,et
quandil n'y a point de multipliantil faut concevoirla grandeurcomme
multipliéepar l'unité par exemple
=f=3~+~~2~ fait +~, ~4=~+1~=~

c c d ~)
~~+y~0)~~+i-~j~y -l-I'd~y
Car je me sers ordinairementde pour
marquer la multiplication
d'une grandeurpar l'autre, et de pour
marquerla divisionde la pre-
cedentepar la suivante.Et quoyquela reglene
parleque de la multipli-
cation,il est aisé de l'appliquerà la division; car par exemplec'est le
mesmede divisery par d, ou de le multiplierpar
4.
XXVIII. Excep- 28. Il faut pourtantremarquerque cette methode de reduire
tion. plusieurs
ï. Lafinde ce§a étécorrigéepar Leibniz.
2. Cet e est superposé à un y.
DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ !09

d'une mesme grandeur,à une seule, ne reussit pas quand PtHL.,V,Ï0,f. 16.
expressions
cettegrandeurentre dans le dénominateurd'une fraction, ou dans une
racinesourdepar exemple
d
+ y + +V=~y
+ Ta-y
~y~~

de sorte qu'il faut tacher d'en faire une equation, et la purger par
voir ce qui s'en pourroit faire
aprèsdes fractionset racines pour
ensuite.
29. Si deux grandeurs differentesqui composentune mesme gran- XXIX. Quand
deux grandeurs
deurontun mesmesigne ellesse pourrontjoindrepar un vinculum sous differentes sont
ledit signe. Par exemple au lieu de4=~+~=t=c~~= il sera bon affectées d'un
mcme signe ou
d'écrire=~=<! + c + b ~b d. si ces grandeurs differentesont des de signeshomo-
signesopposezet ne sont pas d'un mesmecostéde l'equation, on peut genes, MWMJMM
alors le
a lieu.
les mettre toutes d'un les
costé, pour joindre sous un vinculum, comme
dans le mesme exemple on pourra faire =t=~+c-}-{-~=~o.Si
deuxgrandeursdifferentesont des signesopposez,et sont d'un mesme
costéde l'equation, ou qu'ils ne sont dans aucune equation, on peut
neantmoins les joindre sous un mesme vinculumen mettant + devant
l'unedont 1 nousretenonsle signe et devantcelle que nous preten- 17 recto.
donsde rangersous le signe de l'autre. Par exemple soit une ligne de
valeurde 4= ou la differenceentre a et b l'expressionpeut estre
telle=t=<ï– ou et il est a nous a choisircelle qui nous est
pluscommode.On peut obtenir la mesme chose d'une autre façon en
cachantle et en substituantà la place d'une de ces deux grandeurs
commeb une autre égale à rien moins elle, parexemple en posant
c o b on aura ={=~+~,au lieu de =~ maiscette façon pour-
roitnuiresi la mesmelettre bse trouveroit ailleursdans l'equation de
sorteque la premièreest plus commodeen tout cas.
Sidedeuxgrandeursdontles signessont homogenesl'une est connue,
l'autreinconnue,ou si toutes les deuxsont de differenteslettres incon-
nues,ou de differentesdimensionsd'une mesme inconnue; il ne faut
pasles joindre sous un mesmevinculum, et si elles y sont il en faut
eximerune quand il s'agit de former ou d'ordonner l'équation, car
alors,il faut mettre les inconnues d'un costé, autant que cela se peut.
Maisquandil s'agit de purger une formule analytiquede toutel'ambi-
HO DE LA MÉTHODE DE I~UNtVERSAUTË

PmL.,V, iQ,f.t~.F. guité, l'on ne fait pas scrupulede les joindre, commeon verra
plusbas
car c'est la ou le vinculumferavoir principalementson usage.
XXX. Quand Jes :s 30. Si les signessont de deux grandeursdifferentes,ils ne sc~t
signessonthete-
point
t. &7~<~ soit que ces signessoyent correspondans ou heterogenes
entiere-
rogenes
ment, on n'y peut rien faire, a l'egard de l'addition ou soubstraction,
que de les placer simplementcomme le calcul demande avec leurs
signes,par exemple adjoustéa={=~fait~=~4=~et~~ soubstrait
1ï verso. de, 4= fait =~ j sans aucune autre observationquant à cette
operation,maisil fautse remettrela dessusà la practique.
XXXI. Des Gran- 31. Ce que nous venons de dire de deux grandeurs qui composent
deursquientrent
dans la compo- une autre, s'appliqueaisementà plusieurs, car on en peut tousjours
sition d'une faire deux seulement,en prennant ensemblecelles
autre. qu'on voudra, et en
les considerantcommeune seule. Si plusieursgrandeursau lieu d'entrer
dansla compositiond'une seule grandeur, composentune
equation,on
peut tousjoursfaire qu'elles composentune seule grandeur, en les ran-
geantd'un mesmecosté de l'equationsi ellesn'y sont desia.
De sorte qu'il ne faut que chercherdes equations,et reduire
plusieurs
equationsen une seule pour faire que plusieursgrandeursd'un mesme
calcul entrent en compositiond'une seule, afin que la
practique des
reglesque nous venons d'expliquerpuisse avoir lieu. Bien souventon
peut espargnerla transpositionde l'équation, parcequ'on voit desiace
qui en arriveroitpar exemple,s'il y a, 4= on voit bien
~;=~=~ o.
que celafait c
XXXII. Si les 32. A present en passant de l'addition ou soubstractionà la MuLTi-
signes determi- PLICATION ou DIVISION,
nez sont homo- il est à proposde remarquerune differencecon-
genesou hetero- siderableentre elles, sçavoir qu'en fait d'Additionou Soubstractionles
gènes à l'égard
des ambigus. signesdéterminez-}-ou doiventestre considerezcommeheterogenes,
(: quoyquecorrespondants:) à l'egardd'un signeambigu maisen fait
de multiplicationou divisionon les peut considerercommehomogenes
avecquelqueautresigneque ce puisseestre; parce qu'ils les multiplient
ou divisenttousjoursavecune coalitionen un seul signe, commefont
les homogenesaussy, au lieu que les heterogenesle plus souventrestent
tous deux et nous obligent de les écrireensemble.Par exemplepour

ï. Cetitreetlessuivantssontdelamaindu copiste.
DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ ï ï

4= a et + ou pour soubstrairel'un de l'autre, on ne sçau- pPmL.,V, ïo~f.t7.


adjouster
rien faire que de les écrire Fun auprès de l'autre avecles signes
roit
convenients:4~<!+~ou~~+~.
Maisen multipliant( 4=~par + nous aurons4=~'
divisant (4=<!par–~ .i.
La raison de cecy est manifeste, et généralement tout signe XXXIII. Multipli-
33. cation ou Divi-
ou divisé par est changé en son contraire. CommeFafnr. sion d'un
multiplié signe
mationd'une affirmation< est tousjoursune affirmation > et l'afnr- ambigu par un
déterminé.
mais la
mation d'une négation est tousjours une negation négation t8 recto.
d'uneaffirmationest une negation, et la négationd'une négation est une
affirmation d'ou vient que dans l'Algèbreou Analysecommune
et -{- oo-{- parconséquent 4=(-~) 004=(-~=)
.L~ao-t- -}- ou
+ –danslanostre ~(-~)oo~(~)
-}- de mesme oo4=(~=)

4= (~=) oo (~)
Maisafin qu'on ne se scandalisepas de cette maniere de parler ~XXIV. Qu'on
aura raison de
que les signesmultiplient, et divisent,ou sont multipliezet divisez,je dire que les si-
trouveà proposdela justifierd'autant plus qu'on en peut tirer quelques gnes mesmes
est ou diviserl a multiplient ou
observationsutiles, je dis donc, qu'adjouster multiplier, divisent,etqu'ils
adjouster; (: ou si vousvoulezson signe :) par + i et soubs- sont multipliez
grandeur
i. or ou divisez,
est multiplierou diviserla dite grandeur ou son signepar
l'unitése peut obmettreimpunémentquand il y a quelque autre choseà
la place,puisqu'ellen'apporte point de changement a la multiplication
ou division,doncFon peut dire que les signes multiplientou divisent,
etsont multipliezou divisez.

C'estpourquoy~r~ î~ J'~estmultipUer4=par~j;et
(–)
"~soubstraire4=pde+~)
en escrirele produitdevant auprez de -{-c, pour faire+<~ ~4=~
maispar la regle de multiplicationque nous venons d'expliquer
+ 4=) (4= ( adjouster ), j. r ( c b
oo donc adjouster les termes susdits fait (
.") (~ soubstraire (.T.")
Motsoubliasparle copiste,ajoutéspar Leibniz.
ï 13 DE LA METHODEDE ~UNIVERSALITE

PH!L.,V, t0,f.!8.s. Et l'on voit que la raison de l'additionet soubstractiondepend en ce


cas de la multiplication,et division.Cette observationest conforme
aussyaux regles de l'addition,ou soubstractiondonnées cy dessus,car
en vertu de ces regles on pourra changer9=a + a; en 4= i + i.
et 4=<ï4=b, en 4=i, a + ou =~+~. Tout cela est de grand usage
pour la translationdes signes d'une lettre ou grandeur à l'autre dont il
). seraparléplus bas.
!S verso.
XXXV.Multipli- t- j 3~.Nous avonsremarquécy dessusque les signeshomogenesne se
cation ou divi-
sion d'un signe multiplientjamais
sanscoalitionen un seulsigne en comprennant-}-et
homogène am- sous le nom des homogenesmaisles signeshomogenesambigusa part,
bigu par un c'est à dire les mcsmes4=et 4=ou et ~=ou ~=t= et ou et etc.
autre.
et les opposez4= et ou "=<= et ou (?) et (?) etc. ont cela de
considerable,qu'ils ne se multiplientny divisent jamaisentre eux, sans
destructionentiere de l'ambiguïté dont la regle convientaveccellede
l'Algebrecommune,sçavoirque deux mesmessigneshomogenesambigus
aussybien que determinez multipliez ou divisezensemble font -t-, et
deuxopposezfont
Par consequent
)
4= 4==~-+-ou-~= -~=?o4-
J~* t<* 'T*
+ .+

t <t

XXXVI.Desdeux 36. Deux signes tout a fait Heterogenes anilmati~se multiplientet se


signes hetero- divisent sans changementet il n'y a point d'autre formalité à observer
genesentre eus,
affirmatifs ou que de les escrirel'un auprezde l'autre par exemple
negatifs.
=~ (~ fait 4=(~=)~, et =f=~ (~
fait
DeuxsignesheterogenesNegatifsc'est à dire qui portentun, au bas
du caractere,estant multipliezou divisezl'un par l'autre se changenten
affirmatifs,et le produitest le mesmeque celuy de leur deuxaffirmatifs,
par exemple
d~~ (~)~ fait 4=(~=)<~
e
4=~
DE LA MÉTHODE DE I/UNtVERSALÏT~ n3

Si de deux signesheterogenesl'un est affirmatif,l'autre negatif,vous PlI!L.,V,:0,f.t8.

avezle choix de faire ou laisser affirmatifcelui de deux qui bon vous i

semblera;pourveuque l'autre soit fait, ou demeure negatif, 1 par ïg recto.

exemple
=~~(-~fait(4=(~)~
~(~).
=~
a .e..e. (~
T~'b
37. Si deux signes correspondantsse multiplientou divisent,ils sui- XXXVII.Dcdeux
ventl'exempledes Heterogenesa moins que leur nature particulierene signes corres-
pondents.
nousobligeà quelque autre changement.Et quoyque les exemplesen
soyent infinis,il suffira neantmoinsd'en considererdeux, pour estre
instruità l'egard de tous les autres.Soitune mesmegrandeur,c tantost
4= + tantost + =}=b. Et par consequent sa valeur generale
~t= =~- =~c. à present si la suite du calculnous obligede multiplier,
ou de divisera par b, chacunavecson signe, nousauronsen multipliant

+ au lieu de -~==~-ab, et en divisant,4= lieu de Item


au
en multipliantou divisant'~{=
a, b, par =t=~les signesse renverseront
et nous aurons
a db ou =~ -~=M au lieu
de
ou
4=-~=~4=t<-M.
38. Tout ce que nous venons de dire de la multiplication,et divi- XXXVIII. Quand
siondes signes,se doit entendreaussyquand nous trouvons désja deux plusieurs signes
se trouvent en-
signesensembleFun auprès ou au dessous de l'autre, car alors ils se semble devant
multiplientou divisent.S'il y a plus de deux, les mesmesreglesont lieu, une mesmc
car on peut comprendrequelque paire des signesqu'on voudra,sousle grandeur en un
mcsmc endroit.
nomd'un seu! par exemple,

4= f <! fait + car 4=-~t=fait f, et =~ fait + ou=f=f fait


et ~t=fait + ou enfin f- fait 4=, et ~= fait +.

39. L'ExTRACTtOMDESRACINES ne sera plus difficilequ'à l'ordinaire, XXXIX. Extrac-


à celuyqui aura compris ce peu de regles nous venonsde tion desracines.
que donner,
et afinqu'on ait de quoy se exercerun peu sur les
preceptessusdits, 19 verso.
!ttÈMT8 hE LMONIZ.
g
M~. DE LA MÉTHODEDE t/UNÏVERSAUT~

?!< V, 10,f. If).


pour les comprendremieux, je rapporterayun petit exempletout fait
d'une extractionde racine, avec sa preuve, et je laisserayau lecteurde
le faireselon lesdits preceptes.
Soit une equation2~4= ~~o~ et la question est, commentil faut
q
exprimer la valeurde x conformémenta cette equation Je dis donc
que x est égal à 4= dont voici l'espreuve,
a
) =!= 4= y~
~0=}=~<7' y~ _) donc
j x =~
=~=
et par conséquent
y _z.

+ 4=
9= 2qX-}-qamo
2~ + =~
M
ou si vous voulez -{-
o-a + ûXa
a~ 4=
+ 2aqX
2~jc +
-{- 4=)'~ ostant de deux costez, il vous restera

-t-axa
+ aX'4=
+ 2~jc yq, ou -{-
2aqx=~4=~, + + .L 4=j–=~ CO)'%
Y',ou4=
OU+ ~X'+ 2aX2~ =~=~oy2,
q -= q q
comme nous Favions supposéau commencement.La considerationde
cette operationpeut servird'exempleà la pluspartde nos preceptes.
XL. Grandeurs ~o. H faut pourtant remarquerqu'il y a des certains cas, ou l'on ne
~.ansRacine
sçauroit extraire la racine d'une grandeur anectée d'un signe ambigu,
quoyque on la pourroit extrairesi le signe ambigu estoit changéen +
par exemple4=jc%n'a point de racine, car il n'y a point de grandeurqui
multipliéepar elle mesme, produise4=Jf%pourveu qu'on aye égard aux
signes.La raisonen est, par ce qu'il n'y a point de racine de j~, or
est compris dans4= Mais nous y apporteronsremede dansla
preparationde l'équation.
XLI. Opérations 4.1.Et voila les cinq operationssimplesdu calcul,les composéessont
composées qui la FORMATION, la PREPARATION, et la c~n~~ d'une EQUATION, mais
se rapportent à
l'Hquation. nous adjousteronsla quatriesmequi est particuliereà nostre sujetsçavoir
FiNTERpRETATiON d'une Equation ou formuleambiguëtrouvée.
XLIL L'art de for- 4.2. La formation d'une Equation Universellequi doit comprendre
mer des Equa-
quantité de cas particuliersse trouvera en dressantune listede tous les
tions univer-
selles. cas particuliers.Or pour fairecette liste il faut reduire tout a une ligne,
30 t'ecto. ou j grandeur,dont la valeurest requise,et qui se doit determinerpar le
moyen de quelquesautreslignesou grandeursadjoustéesou soubstraites,
par consequentil faut qu'il y ait certainspointsfixes, ou pris pour fixes,
sontdela maindeLeibniz.
ï. Cetitreetlesdeuxsuivants
DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ n5

( car commele mouvement et le repos ne consistent que dans une ï~:IL.,V, I0,f.20.
relation:) et d'autres ambulatoires,dont les endroits possiblesdifferents
nousdonnentle cataloguede tous les cas possibles.Les lignesdont nous
noussommesservisau commencement,le feront comprendreaisement,
et on trouverad'autres exemplesdansla suite. Ayant trouvé cette liste,
il fautsongerà reduireà une formulegeneraletous les caspossibles,par
le moyende signes ambigus, et des lettres dont la valeur est tantost
ordinaire,tantostinfinimentgrande ou petite.J'ose dire qu'il n'y a rien
desi brouillé, et différentqu'on ne puisse reduire en harmoniepar ce
moyeniusque mesmeaux figures courbes de differentsdegrez, car si
l'on me donne une droite, une ellipseet une cissoeide,je pretendsde
trouverpar là le moyen non seulementde faire quantité de theoremes
ou proprietez,dans lesquellesces lignes s'accordent,mais de résoudre
mesmeen elles quelqueprobleme, que ce puisse estre, par une cons-
tructionuniverselle,exceptéles problemesdes quadratures,des centres
de gravité,et autres dont la solution ne consistepas dans la résolution
d'uneequation.
43. Pour en donner un exemplej'ay trouvé a propos de me servir XLIII. Equation
des coniques. commune à
toutes les sec-
Soit une section conique ABY dont le som- tions coniques
metA, l'axe ACet une ordonnéeperpendiculaire <.t son applica-
tion au cercle,
à l'axe XY. soient deux lignes droites données a l'Ellipse et à
a, et q, et AX=~ et XY~, je dis que le lieu l'Hyperbole'.
de cetteequation+ 2~ 4= y~oouk
ligneABYsera une section conique, et recipro-
quementqu'il n'y a point de section conique
dont l'équationne soit 2~ 4= je* =~o.
rCar, a
et estant posées egales, et 4= estant expliqué par nous
avonscette equation 2~=~/ 1 or il est constant que cette equa- 20 versos
tion convientau cerclea estant le rayon,
DA=~DE=M~=~ Demesme
4=estantexpliquépar mais sansdéterminersi et y sont egales ou
inegales,l'equationproduite sera M~ sçavoir celle de FBL-
q
UPSE, estant son latus rectum,q le ~y:~M~. Mais le signe4~estunt
t. Titresde h maindu copiste.
tt6 DE LA MÉTHODE DE L*UNIVERSAMTÉ

1
i¡ PIIIL., Ÿ? t0,f.20.
P!tïL.,V, IO~f 20.
expliquépar +, et le reste posé comme au paravant,l'Equationqui en

j proviendrasera 2~ + Tf ~y% c'est'a-direcellede FHYpERBOLE.


¡

XUV.AussyMcn Pour y comprendrela Paraboleet la ligne droite il faut se servir


qu'à!a~r<7~/(\ des lignes infinieset infinimentpetites.
11 Or posonsque la ligne,q, ou le latus transversumdela PARABOLE soit
d'une longueur infinie,il est manifeste,que l'Equation 2~4=~~o~,
sera equivalenteà celle cy 2~=~ ou 2~ (qui est celle de
la Parabole)parceque le terme de l'Equation< est infinimentpetit,
à regard des autres 2axq,et car puisqu'ily a autant de lettres ou
dimensionsd'un terme, que de l'autre, ceuxdont une lettre est infinie,
seront infinimentplusgrands,que celuydont les lettresne sont qu'ordi.
naires; qui par consequentpourra estre negligé,puisque l'erreur qui en
proviendrane sera qu'infinimentpetite, ou moindre qu'aucune erreur
donnée, c'est à dire nulle. On voit par là qu'il n'importepointa l'égard
de la parabole quelle valeur qu'on donne au signe 4=puisque son
l
terme evanouit.Item que le Parametre de la Paraboleicy est 2a.
Et au Tri-
~$. Enfinà l'egard de la LIGNE DROITE on peut concevoir a aussy
XLV.
angle. bien que q infiniment petites, par consequent dans l'Equation
2~c=t=~oy", le terme 2~ evanouiracomme infinimentpetit, à
q
l'egard de et et ce qui resterasera -}- ~=~ y~le signe=t=estant
q q
changé en + or la raison de deux lignes infinimentpetitespeut estre
la mesme aveccelle de deux lignes ordinaireset
mesmede deux quarrez ou rectanglessoit doncla
e 2
raison a egale à la raisonda et nous aurons-,s xa
q
=== dont le lieu tombe dans une
ou =M
2recto. droite, car posons =~AD, et <* DE en raison
sous douple de, q et a, et soit decrit le Triangle
ADE, soit AD prolongée à Finnni vers C et soit
menéeXYparalleleà DE, il est manifestequ'AD~oJ est aDE~0 comme
AX ~0 a XY jy, docc~e et .72- aP doncxsa =~~ et
y ~o~e ou~, a
ennn–y*.
y
DE LA METHODE DE t.'UNïVERSAUTË ÏI/

donc nous avonstrouvé une Equation qui explique la ïPHÏL.,V,tO,f.2ï.


46. Puisque
nature de la section conique en general, nous pourrons procéder a XLVL Qu'une
3
telle Equation
l'avenir,commes'il yavoit une certainefigureparticuliere dansle monde, est la clef de
section conique, dont les Tangentes, les perpendicu- toutes les har-
qu'on appellat monies, et diffe-
a vec autre et une infinitéd'autres
laires,les intersections quelque ligne, rences des cho-
ou accidensse pourront determiner par un calculgeneralqui ses.
proprietez
ne seraplusdifficil,que si l'on calculoitpour la seule Ellipse Ce calcul
montrera mesme à la premiere veüe, quand l'interpretation
general
vaudrala peine, c'est à dire si par l'applicationà une figure particuliere
biende termes evanouiront,et la formuledeviendrafort simple d'ou
vientquel'Hyperbolea des Asymptotesque les autresn'ont pas; que la
Paraboleet la droite n'ont point de centre, quoyque les autres en ayent,
et quantitéd'autres diversitezdont la clefest dansle calculgeneral.
Pour PREPARER UNE EQUATION a la Resolution, il est bon de la XLVn. Prépara.
47. tion de l'Equa-
et enfin de tacher
purgerdes fractionset racines,de la mettre en ordre, tion par la
del'abaisser,et pour cet effeton se sert de plusieurstranspositionsou Translation des
translationssaufl'égalité. Maisje n'y trouve rien de particulierà nostre signes.
sujet,que la Translationdessignesdeplaceen place,sans la grandeur qui
en fut affectée.Cela est de grand usage,parce qu'il est bon ordinaire-
mentd'avoirl'inconnue sans signes ambigusautant que celase peut, et
detransfererl'embarrasdu costédes grandeursconnues. Par exemple, 21verso.
soitbla differenceentre a et y, l'equationsera 4=~ ~o b, mais nous
cherchonsla valeur de y. donc je dis que + a. Cela se peut
1

justifierpar les nombres, soit ~=~ et ~=f 10, et c'est-à-dire


~<
x4
tantostegal à 6, tantost à 14..~~o4 sera tousjours la differenceentre

a, et y, ou 4= 10 4, car si 4= =~ alors ) f donc


-r 10
maissi nous posonsquey est inconnue,et que nous
( ï~ e~ )
cherchonssa valeur, nous aurons, =~ 4.+ 10, et par consequent
egaleà 14 ou 6, c'est-à-direou–4. + 10, =~6, ou + 4.-t- 10 ~o14..
48. Maispour fairevoir commentl'Equation=~=<ï~~ ~o b, se change XLVIU.Démons-
tration du fon-
en cellecy =~ -}- il faut considerercette operation4= ±~ + b, dement de tou-
doncpour'4=~ du costé de b, il faut luy donner le signe opposé, et tes ces transla-
tions.
ï. Il manqueiciun motcommefMM~r~r.
1
!l8 DE LA METHODE DE I-'U~tVERSAtïT~

PtUL., V, 10~.31.
faire ~'=~+~~ ou par les regles cy dessus~ i~-t-.y~+~~
donc divisant l'équation par i nous aurons + y -~+
y ou
JL.~±~jL~ Or~~t±J~f. 1
-f)- i i' 'T ~F" –parunemaxime
generaledont nous allonsdonner la démonstration,qu'il n'importe point
dans une fraction,si le signe est mis devant le numerateurou devant ¡
le
nominateur,ou devanttous deux, c'est a dire devantla fractionmesme-
_) t t 1
enfin
–Y– fait et fait + a, par les regles de multiplication
données cy dessus, donc nous aurons +
=~o± + < Pour monstrer J
la verité de cette maxime< susdite>, et
pour fairevoir que + ~4c ou
+
+ ou 4= n'est, que la mesme chose, il &ut faire
q~
+ b ~~+~
I + b'
I i 1
=FI 9=1 est egal a
doncq~ ±-a,b
or~Iest egal àa~, ou àà +4=1
ou i donc ou
ou
I b donc~I 1
+ 1
-{- ù!
a J
ou=}=i ne sont que la mesme chose, dont la premiere
<~
expressionfait la seconde la troisième=}=
XUX. Nécessité 49. Cette observationest de grand usage dans tout le calculde la
de cette transla- Methode de
tion pour l'ex- l'Universalité,par exemples'il y a 4= ~o ={= l'on
traction desRa- ne sçauroit en extraire la racine, car ce seroit une erreur d'en faire
cines. 4=
I V~4= parceque 4= 4= x, fait + et point, 4= afin
22 recto.
donc qu'on en puisse extrairela racine,il faut 4=
changer4=
en 4= + b, et alors nous aurons ~=~~
L. Interpretation $o. L'INTERPRETATION DESFORMULES AMBIGUES se fait à l'egard des
deFAmbiguitë'. lettres, ou
signes.A l'egard des lettres nous pouvonsrejetter les gran-
1 deurs qui sont infinimentpetites au prix des autres mais il a des
y
grandes precautions à prendre la dessus; car par exemple la valeur
generalede xou de l'Abscissede l'Axedepuisle sommet,par l'ordonnée
de la section conique,est 4= est infiniment
y~' 4= tt y =Ê
dr q or~
petit à l'egard de q2 donc le negligeant, nous aurons ~=~4=
ï. Titresdela mainde Leibniz.
2. Cette première phrase du S est de la main de Leibniz.
DE LA METHODE DE L'UNIVERSAMTE II?

ou o. ce qui est bien vray à l'égard du q, qui est infini, mais il est rPmL.,V,ïo,f.22.
de nul usage, donc il faut se garder de rejetter quelque chose, avant
nettoyé l'équation des fractions et racines sourdes si elles
qu'avoir
infinementpetite.
comprennentla lettre infinieou
A des signes, l'interpretation doit délivrerla formulede LI. I L'Ambiguïté
<;i. l'egard est ou Equivo-
toute l'equivocation.Car il faut considerer que l'ambiguïtéqui vient des cation ou bien
lettresdonneune Univocationou Universalitémais celle qui vient des Univocation
de formule c'est a dire Uni-
signesproduit une veritable equivocation sorte qu'une qui versalité.
n'a que des lettres ambigues,donneun theoremeveritablementgeneral,
maisquandil y a des signesambigus, il n'est universelqu'en apparence,
et à l'égardde l'uniformitéde calcul. Donc l'interpretationdoit delivrer
la formuledes signes ambigus, ce qu'elle fait ou en particularisantla
formule,et en substituant la valeur des signesambigus d'un cas parti-
culierdonnéà leur place, ou en faisantevanouirles signesambigussauf
l'universalité.La première sorte d'interprétation est sans aucune façon
ny difficulté,mais l'autre est aussy subtile qu'importante,car elle nous
donne le moyen de faire des theoremes, et des constructionsabsolu-
ment universelles,et de trouver des proprietezgenerales,et mesme des
definitionsou genres subalternescommunsà toute sorte de choses,
qui semblent bien éloignées l'une de l'autre il est vray que la con- 22 verso.

structionou enunciationd'un problemeou theoremedevient plus com-


poséepar ce moyen, au lieu que l'autre interpretationqui particularise
les cas la laisse telle qu'elle est. Mais en recompense,celle-cy donne
deslumieresconsiderables pour l'harmoniedes choses.
$2. Le fondementde l'art de trouver des formulesabsolumentuni- LU. Moyen de
versellesconsisteen ce que les signes ambigushomogenesse détruisent trouver des
Theoremes ou
en se multipliantou divisant;cette observationme fit naistre la pensée constructions
si une formule se entierement absolumentuni-
d'essayer [de] ambigue pourroit nettoyer
verselles, sans
de toute l'equivocation,en quoy ~ay reussy à la fin pour cet effet il equivocation.
faut remarquerque bien souvent dans une equation ou formule sans
ambiguité,il en peut naistre une, quand une grandeurpolynome peut
avoirdes racines exprimables,mais differentes,par exemple ~–2~
+ radicemhabet differentiam[inter] < a pour racine la difference
entre > et a [seu] < c'est-à-dire> 4= ~). Mais quand les racines

t. Lesmotsajoutéssontde lamaindeLeibniz.
Ï20 DE LA MÉTHODE DE L'UNÏVERSAUT~

PH!L.~ V,!0.f.=2. sont inexprimables,comme si l'équation


estoit~+~~o elle
demeurera sans amphiboliemalgré nous, par ce
que nous n'en sçau-
rions extrairela racine, et les courbesdont nous nous servirons
pour la
construirepar leur differentesintersections
suppleeront à ce defautet
détermineronttoutes les racinespossibles.Or commedansun calcul
qui
n'a rien d'amphiboledonné, les extractionsdes racines
quandelles sont
exprimablesen peuvent fairenaistre de mesmequandil y a des
equi-
vocations,les multiplicationsdes grandeurspar elles mesmes,en substi-
tuantles quarrez a leur piace,peuventfaire evanouirles
amphibolies
car il est manifeste,que 4~~ estant
quarré, donne -r-2~-}-
Maison voit aussyque pour faire evanouirles
equivocationspar ce moyen
il faut hausser les degrez des equations,
quand l'inconnue y est com-
23 recto.
prise, doncil est important d'y joindre d'autres moyens,qui
serventj a
la mesmefin carquoyqueles amphibolesne naissent
que par l'extraction
desracines;elles evanouissentpourtant bien souvent sans
multiplication
d'une mesmegrandeurpar elle mesme
( parexemple 4= donne
–) et mesmesans aucunemultiplication,car donne donc
b
il faut tacher de profiter de ces
moyenss'il est possible,avant que de
venir a la multiplicationde la grandeurpar elle mesme.
$3. Pour en donner un exemple,voyonss'il est possible,de trouver
une notion absolumentuniverselle,de toutes les sections
coniques,sans
aucune amphibolie, afin que nous puissions dire d'avoir
trouvé une
definition de la section conique en general, sans mention
du cone.
L'equationgeneraleambigueest

2~4=~=~0
donc 4=~=~–2~
q
et y4 4axy~+ ~=xa
~4~-r-4~
eritque hoc sectionum conicarum definitio generalis sive proprietas
essentialis, ~~M c~M~ ~~<? f~ latere
rectoet abscissasit ad quantitatem,quadratia~~
duplicataratione
lateris recti ad transversummultiplam,demto
quadratolateris recti; ut
quadratum<?~ ~M~Mt ~~a'.
DE LA METHOBE CE L'UNIVERSALITÉ 13t t

Bien souvent nous trouvons des theoremesabsolumentuniver- PHM.V,tO,hz3.


~4.
selssansfaireevanouirles signesambigus,par exemple soit une sec-
tion coniqueABCDdont l'axe AE, et les
ordonnéesBE, CF, DG, les perpendicu-
lairesBI, CK, DL, soient transferéesEl, à
EM,et FK à FN, et GL, a GP, c'est-à-dire
t
soientles distances< entre les > perpen-
diculaire~,et ordonnées <~ prises dans
Faxe > appliquées a l'axe de sorte
qu'ellestombent in ~<~M chacuneavec
l'ordonnéequi luy repond, je dis que le
lieudespoints M. N. P. etc., est une ligne
droite.Mons. Hugens a observé desja ce
theoremedont je donneicy une demonstra-
don universellepar le calculdes tangentes Car l'equation générale
de toutes les sections ~3 verso.
(quoyque a mphibole) coniquesest 1
2<Mc4=~j~ ~o~%donc par la methode des tangentes2~4= 2 ~r~2~
q q
sir estantpose ~o ER. distancede la tangenteet de l'ordonnée prise
2~ 4=
dansl'axe par conséquent 4= =~2~ 4= doncf ~o
~4=-jc
q
orEB~ 2ajc4= est moyenneproportionnelleentre ER =Mf et El,
q
que nous appelleronsp et dont nous cherchonsla valeur ou le lieu,
ta 2~ 4= 2~ =f= a
donc2~4=-~=~ –S–, etù~o ou~=~~4=
q 2~4= q

a+ a X.
q
oril est manifesteque le lieu de toutes les, a 4= est une lignedroite,
Tf
cequ'ilfalloitdemonstrer.
3$. Avantque de quitter ce poinct~il faut remarquerl'usage que

ï. Motsajoutés
par Leibniz.
2.Apartird'ici,lafinestdela mainde Leibniz.
!33 DE LA METHODE DE L'UNIVERSALITÉ

PHtL.,V,!0,f.33. le w~K~ a icy, soit une Equation4=<ï=~o y, donc faisons


4= + <! et nousaurons + 2y~ =~ et par conse.
quent le lieu de cette Equationest un cercle non obstant Amphibolie
quelconque.Maisen rangeant les termes autrement nous n'en aurions
pas esté quitte à si bon marché.

PH!L.,V,t0,f.25- PHiL.,V,ïo, f.25-38(sSp. in-~). Autrebrouillon,de lamainde Leibniz


38.

DE ~4 ~'Fr~M DJ?ru~J~T~~T.P
2:-recto. La Methode de ~UMM~ nous enseignede trouver par une seule
operation des formules analytiques et des constructionsgeometriques
generalespour des sujets ou cas differensdoncchacunsanscelaauroit
besoin d'une analyseou syntheseparticuliere.
Par exemplesoit un probleme proposésçavoir d'un point donnéD
mener une perpendiculaireDB, à une sectionconiquedonnéeABC.On
voit que ce problemeest susceptibled'une
grandevariation,tant à regard de la ligne
ou section donnée qu'a l'egard des diffe-
rents endroits du poinct D. Car quant
l'egardde la sectionou ligne ABCdonnée,
elle peut estre, droite, ou circulaire,ou
parabolique, ou Elliptique~ou Hyperboli-
que, et, a l'egard des lieuxdu point donné,
D, il est manifeste,que ce lieu peut tomber
cu en iD au dessusdu poinct A, ou en2D
vis a vis du dit sommet, ou en 3D, entre le sommetet le poinct B, ou la
perpendiculairedoit rencontrer la courbe; ou en ~D, dans la courbe
même, de sorte que les points D et B alorsreviennenta un seul, ou en
$D, entre la courbe< ABC > et l'Axe AF, ou en 6D dansl'axe même,
ou enfinen 7D de l'autrecostéde l'axe.
s5 verso. ) Toutes ces lignes et tous les endroitsdu point D de chaque ligne,
ont besoin d'un calcula part, car par exemplela ligne estant droite ou

r. Iciseterminele brouillon
deLeibniz(f. ï-8).
2. Probablement antérieur au précédent.
OELAMÉTHOnEOEt.'OMYERSAUTÉ !23

itemle point D tombantdansl'axe, ou dans la courbe, le pro- Pmi.V, to,f.2~.


circulaire,
blemeestplan, quoiqueil soit solideestant prisgeneralement.Or il y a
$lignesdifferenteset 7 endroitsdifferentsdu point D. Par consequent
il y a 3calculs differentsa faire, pour donner une solution parfaitedu
problèmeproposé.Et neantmoinsje pretendsde les comprendretous
dansun seul calculqui ne sera pas plus difficilque celuy du plus difficil
deces 3$ cas.
~Mais afinqu'onne prennepassujetdechicanersur ces3$ casou calculs
differents;j'avoue qu'on les peut reduirea 20. en prenant tous les cas
de la lignedroite pour un seul et de même tousles cas du Cerclepour
un autre car on peut tousjours conceuvoirque le point donné tombe
dansl'axe de la section,si elle est un cercle,ou une droite. En voila
donc2. cas.Or il y restent trois figures, la Parabole,l'Hyperbole,et
l'Ellipse( quoyqueon auroit peut cstre raison de separerl'Hyperbole
dontles latus rectumet transversumsont egaux,de l'autre, aussibien
quele cercleest consideréséparéde l'Ellipse ) et il y a 6 endroitsdes
pointsà considérer,(i) le ï, (2) le 2, (3) le 3"" ou le Sme( car je
montreray plusbas, queces deuxcasn'ont qu'un seul calcul,selonmême
la manièreordinairede calculer ) (/{.)le (5) le 6me,(6) le 7" Or
troisfoissixjointsà 2 font 20. < Et > je croyqu'il est assez< impor-
tant > de reduire20, ou si vousvoulez18 calculs,à un seul.j}
On peutjuger par la que l'usage de la Methode del'universalités'etend
aussiloinque l'Algèbreou l'Analyse,et qu'elle se repandpar toutes les
partiesdes mathématiques,pures ou mixtes.Car il arrive tous les jours,
qu'unmêmeproblemeest de plusieurscas, dontla multitude embarasse
beaucoup,et nous oblige à des changementsinutilset à des repetitions
ennuyeuses dont cette methode nous garantira a l'avenir. Or comme
touteslespropositionsdes sciencesMathematiquesmixtes,peuvent estre
purgéesde la matiere par une reduction a la pure geometrie, il suffit
d'en monstrerl'usage dans la Geometrie, qui revient à deux poincts,
commel'exemplesusditle fait juger, sçavoirpremierement à la reduction
de plusieurscas differentsd'un problemea une seule J formule,
regle, ~6 recto.
equationou construction, et en ~m~ a la reduction des
figures differentesà une harmonie, ou conformité, à fin qu'on
les puissetraiter comme une seule
figure,car pour les sectionsconi-
ques je soutiensqu'on les peut considerer comme s'il y avoit une
DEï.AM~THODEDEL'CNÏVËRSAUTE

PHÏL~V, 10,f.26.6. seule figure dans le monde, dont le nom


soit, section Et je
pretendsde réduirede mêmeen harmonie quelquesautres
me donne, quoyque de differens figuresqu'on
degrez,et quoyquela nature de l'une
soit bien éloignéede la nature de
l'autre; pour trouver une certaine
notion commune,et commegenre
subalterne,qui comprennetoutesces
lignes données,et pour découvrirpar ce moyen en ellesdes
proprietez
des
communes, constructionsgenerales,et des belles harmonies,conve-
niencesou differences,dont la clefsera
tousjoursdans le calculgeneral,
qui les fera paroistreà la premiere veue.
Le premier de ces deux poincts diminue la
peine, l'autre outre cela
augmente la science. Car si avec le temps la Géométrie des
infinis
pouvoit estre rendue un peu plus susceptiblede
l'analyse,en sorteque
les problemesdes quadratures,des centresde
gravité, et des dimensions
des lignes ou surfacescourbesse
peussent résoudre par le moyen des
Equations, comme il y a lieu d'espérer, quoyque Mons. des Cartes
n'ait pas osé d'y aspirer; on tireroit un
grand avantagede l'harmonie
des figures, pour trouver les dimensions des unes
aussi bien que des
26 verso.
autres. II est vray que Messieursdes Argueset Pascal.

(Copiedes §§3 et 4 du manuscritprécédent;v. p. 98-99.)


Mais quoyque il semble que les caracteressoient
arbitraires,il y a
pourtant bien des règles a observer, pour rendre lesdits caracteres
propresa l'usage;commepar exempleje montrerayplus bas
qu'il nefaut
point de caractere< particulier > pour marquer la differenceentredeux
grandeurs, et qu'il nuit au lieu de servir, quoyque Mons. Schotenet
d'autres l'ayent employé.
2 y recto< ) Or avant que de venir à l'Expositionde la Méthodemême, me
je
trouve obligé d'avouer que les préceptes de cette nature sont
plus
propres à estre expliquéesde vive voix que par écrit; et qu'il faut un
peu de meditationpour les entendre par la seulelecture, mais enrecom-
pense on lescomprendrabien mieux apres cettepetite peine. Au resteje
supposeque mon lecteurentendela Geometrie,et l'Algebreou Analyse
ordinaire,et commeil y a une grandevariétédans l'usagedes caracteres,
< à fin d'eviterl'obscuritédans la suite>, je trouve &
proposd'expli-
quer icy les miennes dont je me sers, jusqu'à ce que la commodité
DE LAMÉTHOÏ~ Mï.'UNtVERSAUTË t25

et l'autorité de quelquesGrandsGeometresse déclarehaute- pt


PHtL.,V,n,f.37.
publique,
mentpour quelquesautres.
(Suitun tableaudessignesalgébriquesemployéspar Leibniz'.)
) Maintenantpourexpliquerce que la Methodede l'universalitéadjoute 28 z8 recto.
à l'Analyseordinaire,il ne faut que donner les Instrumentsnouveaux
dontelle se sert, avec leur usage. Ces Instrumentssont les CARACTERES
AMBIGUS, qui sont ou Signesou Lettres.carles lettres exprimentles gran-
deurs,et les signesfont connoistrela relation des grandeursentre elles.
Les SignesAmbigussont qui marquent ou l'addition, ou la soubstrac-
tion.Il est vray qu'on en pourraitaussyfaire utilement, pour marquer
la multiplication,la division,et l'extractiondes racines mais je n'en
trouvepoint d'usagepour le present dessein.
Or à fin de venir a une parfaite connoissancede l'origine des dits
signesambigus,il faut supposer une certaine grandeur dont la valeur
<ou signification > soit expliquée par deux ou plusieurs equations;
maisqui ne soient differentesentre elles, qu'a l'egard des signes; et
commeil y peut avoirtantostdeuxEquations<( ou ambiguitez~> seule-
ment,tantost plusieurs,les signes aussi qui les comprennentet qui les
exprimentdans une seule Equation ambigue seront ou simplesou
rOM~M~.
Maiscommeces choses ne sont gueres intelligiblessans figures et
exemples, soit une ligne droite indefinie dans laquelle doivent tomber
troispoints A. B. C et la
ligneAC soit considérée
commeinconnue, et sa
valeur expliquée par le
moyen de deux autres
lignes AB et BC or
cestrois points peuventestre rangez differemmentet a fin d'avoir un
denombrement plus aisé de ces diversitezconsideronsdeux de ces points
<par exempleA, et B > comme fixeset immuableset le troisiemeC
commeambulatoire ou mobile; car commeen matierede mouvement;
< de memeicy ~>le changementest une choserelatifve,et il nous est s3 verso.
permisde prendrepour fixesceux que nous voudrons.Or si le point
Cf.f. 39.
1~6 tbE LA MÉTHODEDE L'UNIVERSALITÉ

PmL..V,io,f.a8. ambulatoireC ne peut avoir que deux endroits seulementsçavoir


l'un
entreA et B, l'autre au delà de B, de sorte que B tombe entre A et
il y aura aussi deuxcas particuliersseulement, et il y aura autant luy,
d'am.
biguitezou equationsparticulierespour exprimerla valeurd'une de ces
trois lignes AB, BC, AC, par le moyen de deux autres. Car si AC
est
consideréecomme inconnue, dont nous cherchons la valeur, il est
visibleque selon le premier cas AC est égale a AB moins BC, et
selon
le secondcasAC est égaleà ABplus BC. et ces deux
equationsparticu-
lieres nous donneront une generale ambigue,AC egale à AB
plusou
moinsBC par consequentau lieu
de l'Equation du i cas AC D AB BC
ou 2 AC n AB + BC
nous formeronsune generaleambigue AC n AB4= BC
et par consequentle premier signe simple
ambigu sera 4=c'est à dire
–ou +.
Soit maintenantune certainegrandeuraffectéedu.
signe4=par exemple
4= a, c'est à dire o 4=a. car puisque + aussi bien
que signifieune
Relationentre deux, et qu'il n'y a qu'une seule grandeura, l'autresera
o ou rien supposonsdonc que la dite grandeur4= doit estre
adjoutée
à une autre b, le produit serab + 4= < ou b plus4= > c'est dire
~4~, car le signe + ne changepoint les autres signes maisà présent
supposonsque la dite grandeur=4= doit estre soubstraited'une autreb,
2 g recto. le produit sera b 4= a, ou b moins4=a, et 1 par ce que celaarrive
bien souvent, je trouve à propos d'employer un seul
signe, ~= aulieu
de ces deux et 4=joints ensemble,et le produit susdit sera
et vaudra 4= et generalementj'observeraycette regle, qu'un signe
ambiguinsistant sur un aura une significationcontraire à cellequ'il
auroit sans cela, ou que le signe avec le < au bas du caractère>
signifiemoinsle < même > signe sans Par exemple (que nous
expliqueronscy après ) signifiera Par consequent si dans une
meme formuleou Equation ces deux signes
opposés se trouvent la
fois, comme par exemple 4=~ n et que cette formuleviennea
estre expliquéeou appliquéeà un certain cas particulier, ou 4~ signifie
par exemple+, alors ~s'expliquera aussiet signifiera-, et si 4=signi-
fie dans le cas particulierdont nous avons besoin,
signifiera+
DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ I3/

cette on peut dire que si 4= signifie + ou PniL.,V,!o,f.&g.


et suivant explication
ou + et vice versa.
signifiera
<:1
l'exemple susdit considerons les deux Equations
Pour
l'appliquer à
et leur générale, ou < la ligne > AC est < supposée
particulieres,
inconnue, et > expliquée par le moyen des < lignes > ABet BC.
comme
selon les loix de l'Algèbre
a present servons nous de la transposition
et transferant BC. du costé de AC tachons d'expliquer AB
ordinaire,
maintenant comme inconnue,!par le moyen des deux autres,
supposée
AC,et BC.
du i casAC n AB BCnousdonneraAC+ BC n AB
Etl'Equation
2 AC n AB+ BC AC BCn AB
generaleAC n AB=~=BC AC BC n AB
Etl'Equation
et il ne faut qu'appliquerces Equations aux lignes cy dessus, pour en
voirclairementla -vérité.
Etàfinqu'on ne croye pas d'avoir besoin encore d'un troisiesmequi
=b, il faut considererque vaut 4=, c'est a dire
signifie
simplement 4=parce que moins,signine +.
suffisantspour < exprimer > 2~ verso.
( Ces signes simples =~et ± sont
touteles ambiguitéssimples,ou l'Equation ambigue ne comprendque
deuxparticulieres,quoyque il y en ait encor d'autres exemplesdifferents
deceuxque je viens de rapporter; et pour en faire voir l'application,
soitcommeauparavantune ligne droite indefinie <; dans la ng. 3 >
dansla quelletombent trois points A. B. C. dans l'exemplecy dessus
nousavionspris un certainpoint pour ambulatoire,icy nous donnonsà
deux< B et C > la liberté de se remuer, mais à condition de ne
souffrirjamaisque le point A Fig.3.
se mette entre eux. Je trouve t ~s–5–
pourtantqu'on le peut expliquer 2 cas A c B
avecplus de netteté et de rap- A B c
<~ m
portau premierexemple, en ne
supposantqu'un seul point ambulatoire A qui se mette tantost a
droit, tantost a gauche de la ligne BC. dont les deux points sont
considerezfixes; sans permission neantmoins de se mettre entre ces
deuxpoints B et C, comme h figurele fait voir. Or par la col-
lationde la 3' et de la figure on voit bien que l'une revient à
Ï28 DE LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ

?! !o,f.2n. l'autre, car le J de l'une et de l'autre, sont semblablesentierement,


le 2 casde la quatriemen'est que le renversédu 2cas de la 3* et il
ne faut que renverserla feuillede papier, ou la regarderde l'autrecosté,
puisqueelleest transparente,pour s'en apperceuvoir;car l'on voit bien
que le < seul > renversementde la ligne indefiniedonnée tout entière
ne changerien auxrelationsque les trois points A.B. C. y peuventavoir
entre eux.
:-o recto. ) Laissonsdonc la 3mefigure,puisque elle est comprisedans la
et ne comparonsque la 2" de l'exemplecy dessus, avec la de celuy
cy nous voyons qu'il y a
p;g.
l cas A_B_c_ dansla deuxiemeaussiuien
~eas_8_c_A que dans la troisième un
A_B_c_A < seul > point ambula-
toire qui est C dans 2deet
A dansla 4' qui a la liberté de se promener, mais pas toute entierecar
dans la 2'il est permisau point ambulatoireC. de se mettre ou entreles
deux points fixes,A. B. < dansle i. cas de la 2. ng. > ou d'un < cer-
tain > costé, par exempledansle 2. casde la 2. fig. du costédroit; mais
s'ila pris le partyde se mettredu costé droit, il ne luy est pluspermisde
se mettre du costé gauche,et vice versa; car s'il se vouloitplacertantost
à droit tantost a gauche, ce seroit l'exemplede la 4mefigure, et s'il se
vouloit placertantost à droit, tantosta gauche,tantost entre deux,l'Am-
biguiténe seroit plus simple,de deux cas particuliers,mais composée, de
trois. Pour la même raison il est permis au point ambulatoireA dela
figure,<: de se placer > tantost a gauche, < de la ligne BC>
tantosta droit, mais pas de se mettre entre les deux points fixesB et C.
Quand je parle despointsfixes,il ne faut pass'imaginerque ces points
gardent nécessairementune même distanceentre eux; mais je les con-
siderecomme attachésensembleavec une corde, qui se peut allonguer
ou rappetisser;sans changer autrement de situation, mais je considere
le point A < de la ngure > commedétachéavec libeité de sauter
de place en place Il est vrayque tout cela est arbitraire, et que je puis
concevoirque la ligneBCse renverse, afind'avoirle point A tantostdu
costé de B, tantost du costé de C, ou qu'elle saute elle même (sansse
?o verso. renverser)pour avoir le point A tantost a droit, tantost a gauche, mais
il est plus simple d'attribuerle changement au mouvementdu point,
DE LA MÉTHODE DE L~UNÏVERSAMTE 12~

mouvement de la ligne entiere, commel'Hypothesede Copernic PmL.,V) !o,f.3o.


qu'au
est plus commode[quantà] <~ et satisfaitmieux ~> Fimagination,que
cellede Tycho.
Or celuyqui voudra considérerattentivementla ngme, trouvera
d'abordque laligne BCy est la difference
entreles deux lignesABet AC.
car selonle premier cas de la figure, BC sera egal à AB AC. Et

l'équationdu i cas de la 6g. estant BC n + AC AB


2 BC n AC + AB
l'équationambiguegeneralesera BC n =~=
AC AB

Cettemanière de marquer la differencede deux grandeursest bien


utile, et bien plus naturelle que si nous voulionsnous servird'un
plus
certaincaractere,qui signine difference,comme Mons. Scoten, se
sert de celuycy =, car a ===~egal à luy signifieque b est la diffe-
renceentre a et y. Mais comme j'ay deja touché cy dessus,ce carac-
tere est contre les regles de la caracteristique,parce qu'il n'est pas
assez maniable,car vous ne sçauriez mettre les connuesa. b. d'un
costé,ny separera, qui est connue, de l'inconnuey par ce que ny a, ny
y n'ont point de caracterea part mais selon ma manière d'exprimer
la difference,l'Equation seroit =<= ~= n b, qui nous donneroit enfin,
selon les regles cy dessous, f! + a. de sorte que l'inconnue se
trouveratoute seule d'un costé de l'équationsans aucun signe ambigu,
l'ambiguitéestanttransferéedu costé des connues,ce qui est bien sou-
ventnecessaire,commeje le ferayvoir plus bas.
<~ Je croy d'avoir assez expliquéles signesambigussimples,ou du
premierdegrez,pour pouvoir maintenantpasser outre aux composés,
c'est à dire qui sont du second, troisiesmeou quatriemedegrez,et ainsi
desuite.Car commeles simplesne sont que de deux ambiguitez,ceux
du seconddegrez,en ont trois, et ainsi de suite. Et pour entendre la
naturede ceuxdu seconddegrez,il faut considererque > Si le point 3 recto.
ambulatoireA, a la libertéde se remuertoute entiere, et s'il peut se
placertantostà gauche, tantost a droit, < de la ligne fixeBC (voyez
la $°"figure:) > tantost entre les deux points fixes. < B. C.> alors
nous aurons trois cas particuliers, les quels deuvant estre compris
dans une seule Equation Generale ambiguë, les signes ambigus y
IHÈMfH
CELMBKiX.
<3o tME LA MËTHOOE DE L~CN!VER8AMT~

P!UL.,V,ÏO,f. 3t. employésserontc~w~, <: du seconddegrez> dont voicila repre'


sentation,

FEquatton du i cas de la 3 6g. AC n + AB + BC


2 AC n -AB + BC
3 ACn+AB–BC
Et FEquationambiguegeneralesera AC n ~=AB~BC
d'où la valeur des signescomposés
-~= et
est manifeste,sçavoir que la grandeur ou ligne AC est ou la somme
<~ selonle i. cas > ou la differencedes lignes AB et BC, et si elle en
est la ditierence,elle sera ou egale à BC AC, selon le 2. cas, ou
égaleà AC–BC selon le 3'°'. Et ànn qu'on entende aussila raisonde
la forme du caractere,pour en faire d'autres en cas de besoin,il faut
seulementconsiderer,que l'un d'eux est composéde -{-et ={=.1'autre,de
+ et ~=parceque AC,
esttantost F! +AB+ BCselonle i. casc'est-à-dire
la somme ) AB
n +AB~ BC 2.et3.cas difference et BC
+ +
<car AB+) BC, nAC>
-~=
–)
+~ :È
et quoyque il semble que le second, sçavoir ne deuvroit pas estre
composé de + et mais de + et en quel cas il donneroit~=, la
raison pourtant du contraire, est manifeste, parce qu'alors on ne le
discerneroit pas du signe opposé au premier ~= ou de ~=t=,que
{'exprimepar selon la maxime generale susdite; et par consequent
quand un signe opposé a un autre, comme~b opposéa =~=doit entrer
dans la compositiond'un autre signe, il est a proposde mettre un peu
Si verso. plus haut le trait qui estoit embas, ou plus tost de 1 prolonguer
DE LA METHODE DE ~UNtVERSAï.IT~ i3t I

d'avantage vers embas la ligne perpendiculairedu caractere, et de faire PHÏL.,V,!0,f.3t.


au lieu de et au lieu de Et à fin aussi qu'on voye la raison
de la distanceque je laisse,<~ entre le trait haussé, et les premiers~>
et pour quoy je fais au lieu de ~=, et au lieu de ou je dis
qu'on découvre par ce moyenà la premiereveue l'origine et composi-
tionde tous ces signes, mais qu'outre cette commodité il y a même
quelquenecessitéde fairede la sorte pour eviterl'equivocationou confu-
sionde deux signes de differentesignification,car posons que le signe
~doiuvc entrer dans la composition d'un autre; si on en faisoit
<( dors >- en haussantsimplementle trait d'embason ne le discer-
neroitpas du signe <~ quand il entreroit aussi dans une composi-
tion> par ce que enle haussantsimplement,nous aurionseu <( aussi~>
au lieu de donc voila deux ~= <; de differente signification~>
l'unfait de ~± <~ c'est à dire du contrairea -*=t= c'est à dire à -j- ou4=
l'autrefait de c'est à dire ~> de + ou ~= c'est a dire du + et du
contraireà 4= ce qui n'est pas le même.
Quand je dis <( par exemple~> que ~= vaut -(- ou 4=, et que
vaut -{-ou cela se doit entendreavec une relation entre ces deux
signesambiguscomposez;de sorte que si dans l'application de l'am-
biguitéou généralité à un cas particulier, -~=est expliqué par
alors sera expliquépar + et viceversa <~ car entre ces trois equa-
tions susdites << de la figure ~> il n'y a pas une, ou AB aussi
bien BC tout a la fois soient anectées par >. Mais si ~=t=est
expliquépar +, il n'est pas necessaireque soit expliquépar par
ceque dansune de ces equationsparticulieres,AB, aussi bien que BC,
sont affectéespar -{-.Par consequentsi l'un de ces deux signes com-
posésest expliquépar + l'autre sera expliquépar 4=et vice versa(: avec
la caution pourtant, que nous y apporteronsplus bas ) de sorte que
l'ambiguitéde composéequ'elle est, deviendrasimple. Et par ce que } 32 recto.
la listedesEquationsparticulieres
AC n + AB + BC
) _j AB + ) BC qui peuventestre entenduessousla gene-
+~AB–$BC
raie ~= AB BC, fait voir que ces deux signes ambigus ~t=et
signifientou tous deux -J-, ou que l'un signifiant4=, l'autre signifie~=,
l32 DE LA METHODE DE L'UNIVERSALITE

t
PH!t.V,!0,f.32. je les exprimeen mettant + au devant, en tous deux -~=et au lieu
de =~et dont nous auronsbesoindans une autre rencontre.
On voit en fin par la; la grande differencequ'il y a entre le
signe4=,
et tous les autres car le signe simple4= peut subsistertout seul, sans
changement,par ce qu'il ne dit point de relation a aucun autre; mais
tous les autres contiennentquelquerelationà un autre signe provenant
d'une meme equation ambigue, <: et pour cela je les appelle corres-
pondants>. Par exemplesi nous avons deux signesambigus simples,
4=et ~=provenansde l'equation 4= ± y n b, et si dans la suite du
calcul le signe 4=evanouit,commeil arrive en cet exemple, ou nous
trouvons enfin cette equation, n T- alorssi nous nous deter-
minons à abandonnerentierement la premiere equation, avec tout ce
qui en est provenu, hormis cette nouvelle trouvée, dont nous preten-
dons nousservir à l'avenir dans le calcul qui reste à faire; nous pour-
rons sans scrupule changer le signe en 4=, et nous servir de cette
equation, y n 4= + a.
Maispour donnerune reglegeneraleje dissi plusieurssignesambigus
proviennentd'une meme equation ambigue, <( ou sont correspondents
par exemple~= et > et si dans la suite du calcultous les autres
32 verso. evanouissenthorsmis un seul qui reste, alors celuy qui reste, par
exemple-~=peut estre changé en un simple4= < comme nous venons
de dire un peu au dessus.La raison provient de la réponse à une objec-
tion qu'on m'a fait souvent sur cette matiere. car on m'a dit, si tous
signesambigusne signifientque + ou pourquoyen faut il tant, Ma
reponsefut que les signesambigusne signifientpas seulementtousjours
plus ou moins, mais aussi quelquerelation entre eux, sçavoir que l'un
vaut + quandl'autre vaut et vice versa, etc., commeje viens
d'expli-
quer. Par consequentquand cette Relation cesse,c'est à dire quand des
signes correspondentsou qui ont Relationentreeux un seul reste, alors
celuy ci quelquecomposéqu'il puisseestre, deviendrasimple. > Mais
si de trois <; ou quatre ~>signes ambiguscorrespondentsdeux restent,
alors bien que la compositiondu signesera deminuée,le signe pourtant
ne deuviendrapas tousjourssimple. Il n'est pas necessairede
rapporter
des exemplesdu dernier par ce que ces cas sont rares, et embarasse-
roient le lecteur, sans utilité. Il faut seulementremarquerque le 4=
pro-
venu de ce changementne sera pas le même avec le premier4= qui
DE LA MÉTHODE DE ï/UNÏYERSAUTR ï33

entroitdans la compositiondes signes ambiguscomposésevanouisou F PHït.V,tP,f.32.

et par consequent si ce premier4=reste encor ailleursdans le


changés,
calcul,ilfaut renfermerle nouveaudansune parenthese,comme( 4=) a
fin qu'ils ne se confondent.La raison de < cette précaution > sera
rendue plus bas quand il s'agira des differentes positions~w~ Par
reduit à une
exemplesi tout le calcul d'un probleme proposé seroit
telleEquation,~= r! + cy. on en pourroit faire sans scrupule,
(~) {-}=~ -t- ~y par ce que -~=(c'est a dire + ou 4= :) et±
(: c'est a dire 4= :) n'ayant point de correlatifs,(: que je suppose
estre evanouis:) pourront estre changés en des simples 4=, mais
independants l'un del'autre, ou comme je les appelleheterogenes (voyez
dans une paren-
plus bas) et par conséquentil en vaut renfermerun
these.
Je n'ay employéjusqueà la que trois points, et deux lignes servantsà
expliquerla troisième Maisil arrive aussi, qu'on ait besoinde 4 points,
et de trois lignes pour expliquerla quatrieme et cette multiplication
despointset lignes peut augmenterà l'infini la compositiondes signes
commeil estaisé à juger, toutes fois si de ces 4 points il n'y a qu'un 33 recto.
seulambulatoire,il n'y aura aussien effectque trois ambiguitez,et les
signesde l'Equation ambigue generale ne seront pas plus composez
que ceux que nous venons d'expliquer.Par exemplesoient trois points

fixes,A. X. P. c'est à dire qui ne changentpoint de situation quoyque


il se puissentapprocherou éloignerl'un de l'autre, et soit un quatrieme
ou l'on voudra,
poinctambulatoireF avec liberté entiere de le placer
je dis que neantmoins il n'y aura en effectque trois cas particuliers,
< par ce que tout arrive commesi celuy des poincts fixes qui est au
milieudesdeux autres, sçavoirX n'y estoit pas >. Car si nous voulons
expliquerla ligne FP par le moyen des lignes AF, AX, et XP, <tout
arrive, commesi nous voulionsexpliquer la ligne FP par deux autres
seulement,sçavoirpar AF et AP. > et si nous posons que le point F
est dansla place marquéede i ou 2, ou ou 4- < alors la 2. et 3~
placene donneraqu'une même Equation >
BELAM~HODEDËL'UNiVERSAMTE

Pnu<V, to.f.33.
car(i)F nous donnera FPn + AF+AX+XP
+~AP~"
MF)
FPn–AF+AX 4-XP
p~
+~Tp~~
(4) F FPn +AF–AX–XP
AP
et lequation generaleambigue sera FP n
~= AF AX ~rXP
~Tp~~
par ce que AP est n a + AX + XP. neantmoinssi les lignes AX et
XP sont inconnues toutes deux ou
indéterminées,il ne sera pas à
propos,de les exprimerpar une seule, AP, et il faut plustostles joindre
par un J~~ < à l'imitation des racinessourdes>, et l'Equation
generaletrouvéese pourra exprimerainsi
FPn-~=AF-~AX+XP
puisque ce vinculuma cela de commode, qu'on le peut dissoudre,et
qu'on en peut eximerce qui bon nous semble,au lieu que le vinculum
<t <
d'une racine sourde est indissoluble.
33 verso.
j Je me suis servi tout expres d'un
exemplequi arrive effectivementdans
le calcul du probleme dont j'ay fait
mentionau commencement,et qui me
doit servir d'essay de ma méthode* t
sçavoir de mener la perpendiculaire
d'un point donné D à une section
conique donnée ABC car soit A, le
sommetde la courbe, le point donnéD
du quel soit menée sur l'axe la per-
pendiculaireDF, Et nous aurons les
mêmes points dont nous venons de
parler,sçavoirtrois fixesA, X, P, et un ambulatoireF avecliberté entiere
de se placer en quatre endroits differents. Il est
vray qu'on pourra
conteraussiles cas, qui fonttomberle
point F, dansles poinctsA, ou X,
ou P, comme je les avais contés dessus,mpisla varieté
cy qui en arrive,
Cf.f. 4!-4.aet 6~-65.
LA MÉTHODE NE Ï/UMVERSAMTÊ ï35
DE

sur les lettresou lignes qui deviennent quelques fois infiniment ïPHtL.,V, t0,t.33.
tombe
dont nous parleronspar apres; et point sur les signes.
petites,
Doncsi nous faisons n AX
/nAF
~nxp
nousauronsl'equationgeneraleambigue
Fpnt/+~
Il reste à montrer, que les trois poinctsA. X. P sont fixeset qu'ils ne
de situation, < dans toutes les coniques, et que X
changentpoint
tombetoujours entre A et P > ce qui est fort aisé, car dans l'Iiyper-
boleet Parabole la perpendiculaireYP s'éloignetousjoursdu sommet 34 recto.
A en allantde Y vers P, dans l'Ellipse et dans le Cerclele même axe
a deux sommets< opposés l'un à l'autre, et la perpendiculaireYP
se
s'éloignede l'un et s'approchede l'autre :> donc on peut tousjours
servirde celuyde ces deux sommetsdont la ligne YP s'éloigne,pour
rendrele calculde toutes les coniquesgeneral. On voit doncbien que
si quelquesunes des courbes donnéespour mener sur ellesles perpen-
diculairesd'un point donné estoient< fort >recourbées,qu'alors l'am-
biguité seroit bien plus composée; et que nous aurions besoin aussi de
signesplus composéspour donner une Equationgenerale.Car il pourra
arriveralors tantost que la perpendiculaires'approchedu sommet, et
tantostqu'elle s'en éloigne.
Il y a encor d'autres signesambigusdu seconddegré,ou composezde
trois ambiguitezseulement outre ~=t=et que je viens d'expliquer.
< Et pour en fairecomprendrela nature, > soit une equation trouvée
4=~+ ne
ou -t- 4=
je dis qu'il y a en effect trois ambiguitezcachées la dedans, car en
substituanta la place de 4=sa valeur + ou nous aurons à la verité
4 expressions,maisdont la et 3~ ne sont qu'une même

+)~+~ )
M -F~ n.
(3) +. +)~
(4) + )
ï36 M! LA MÉTHODE DE L'ONIVERSAUtË

PHtL..V,IO,f.3~. On me dira que cette Ambiguïtédonc est la même, avec celle


que
nous venonsd'expliquer+ a
+ )
–<ï+~n<'
-f-a!)
c'est à dire ~=~f~ rie
3.1 <vcr~o. ) mais je reponds,
qu'il y a de la differenceet qu'en fait de composition
<ou fabrique > des signes ambiguspar le moyen de
quelquesautres
déjàposés,il ne faut pas venirà la resolution de ceuxcy; car alors nous
perdronsle rapportqu'il y a entre les signesdéja faits et posés, et ceux
qu'il y a a faire, comme nostre exemplele fait voir; car multipliant
F! par luy même nous aurons + a' 2ab + f}
dont on ne tirera jamais universellement+ 4= 2~ + ri et
neantmoinscela deuroit provenir,selonles deux
equationsparticulieres
ou cas donnésau commencement,sçavoir
4=<!+ )
ou + aussi bien que l'autre de ces equations
4=
particulieresestant quarrée donnera + 4= 2~ + rï Donc les
signes ~-t et ensemblen'y servent de rien, et l'Equation
ambigüe
generalesera
b c
-~=<!=~~n
pour marquer que l'une de ces deux grandeurs, a et estant an=cctce
effectivementdu signe +, l'autrele sera du signe=~=,et vice versa.
Pour donner aussiun exempledes Ambiguitezde
quatrecas particu-
liers, ou des signes composezdu troisiemedegrez. Soit selon
l'Equationparticulieredu i cas AC n + AB+ BC
2 AC n AB+ BC
3 ACn +AB –BC
ACn–AB–BC
et l'EquationAmbigueGeneralesera AC
n (~=)=~AB C~T~'BC
Dont voicyla raisonpour comprendrela formation de ces deux
signes.
Sçavoir,que ces cas peuvent estre reduits a deuxambigus
AC n (~F) AB (~F) BC
ou ACn 4= AB BC
c'est à dire AB et BC, sont affectées,tantost d'un meme
signe soie+,
DE LA METHODE NBI~ONÏVERSAMTÉ ï3~

soit selonle i et cas; tantost de signesopposez, selon le 2. et ?H!L.,V,tO,f.34<


cas. Or a fin que deux signes semblablesmais hétérogènes=~=et
ne se confondent p as, l'un d'euxest renfermédans une parenthese,
C~)
closeen haut pour estre discernéed'autres parentheses et a fin de dis-
cernerun seulsigne (=h) =t=dedeuxqui se multiplient(~) 4=les parties
du premiersont unies par un trait d'en haut. t Enfinl'on voit bien, que 35 recto.
le quatriemecas supposeune grandeurfausse,ou negative,ou moindre
rien; c'est à dire prise en senscontraire a celuycy dans le quel on
que
la proposoitou demandoit car soit une ligne droite indefinieDE dans
laquelletombent trois points A.B.C de 6 façonsdifferentesrepresen-
téesicy

VALEURS
REELLES
OU NEGATIVES
FAUSSES
VALEURS OU POSITIVES
i) ACn+AB+BC
2) –AB+BC
3) +AB–BC
4) ACn+ AB–BC 4) –AB+BC psigniReplus
BC(P grand; voyezla
-AB+BC sant $) +AB-BC Table des Ca-
~~AB(rBC)~
6) -AB–BC fAB + BC) M 6) +AB +BC racteres

Or si nousne contons que les varietezdes Equationsqui nous donnent


la valeurde la ligne réelle ou positiveAC; ou les differencesdes t~-
nages< des points,> sans avoir égard au rang, ou au costé droit ou
gauche,et par consequentsi nous prenons cellesdont l'une est < la >
renverseede l'autre, pour une seulecomme ï, et 6.item 2 et item 3 et
$ nous n'aurons que trois varietez.Maissi dans le probleme ou théo-
rèmeproposé,on demandeque la ligne AC, soit prise du poinctA, vers
le costéD. et que sa valeur soit determinéepar les lignes AB, et BC.
ï. Cettetablesetrouvef. 3g.
l38 DE LA METHODE J)E L'UNIVERSALITÉ

PHn.V,to,f.33. 5. alors cette valeur peut devenirmoindre que rien. Car dans le
quatrieme
cas soit <AB adjouteemais BC <:qui est posée > F AB
(plus grande
qu'AB)> soubstrait,selon l'equation des faussesvaleurs, c'est à dire
< selon l'equationdes valeursreelles; AB soubstraite,et>BC
adjoutée
(: ou prise reellement,mais en sens contraireversE :) selon l'equation
des valeursreelles; donc puisqueBC est P AB il y aura
plus de soubs.
trait, ou de pris en sens contrairevers E, que d'adjoutéou de pris selon
la demande.Par consequentla difference,<sçavoirAC> tombera du
costé de E. Le meme, mais apres un ecbangedes
lignes, arrive au
cas.Maisau 6metout est pris en sens contraireou vers E, AB aussi bien
que BC. Or prendre en sens contraire c'est à dire reculer, est propre-
35 verso. ment ~M&~M~. Or non seulement
celuy qui a avancépeut reculer,
plus meme qu'il n'ait avance,comme dans le < et 5mecas; mais celuy
aussi qui n'a rien avancé du tout; car en reculant, il avancea
rebours,
et son avancementest moindreque rien
puisqu'il faut encor qu'il avance
< veritablementet qu'il revienne au premier endroit >
pour pouvoir
dire de n'avoirrien fait,comme celuy doit
qui plus qu'il ne possede.Mais
enfin à regard des signes dont il est question
uniquement,il n'y a que
4 cas <:dinerens, sçavoir le i. le 2. le 3 et le 6 >, puisquele est
compris dans le second (: 3~) et le 3~ est compris dans le 3~
(: second)selon les vrayes(: fausses :) valeurs.Je fus pourtant obligé
de rapporter le 4~ et 3~ cas aussi, pour faire voir commentla valeur
d'AC peut estre fausse, sauf les signes; et commentil a tantost
y 3,
tantost tantost6 varietezselonles differentesconsiderations.
Voilal'explicationde < la plus-part > des Signes
Ambigusdont on
peut avoir besoin ordinairement.Car de monter aux compositionsplus
hautes, d'expliquerles varietez qui peuventarriver, quand il y a plus de
trois points employezsur tout quand on y mêle les fausses
grandeurs;
d'expliquerles cas differentsdont on peut avoir besoin, quand nous
supposonsles points tomber dansune circulaireou autre qui recourt en
elle même, au lieu d'une droite indefinie ce seroit
plus curieux
qu'utile, et ne serviroit qu'u. embarasserl'esprit du lecteur puisquece
que je viens de dire, avec ce que je m'en vay d'y adjouter, estant bien
compris,luy suffiraasseurement.Carje pretendsde donnerun moyen de
nous passerde la fabriquede tant de signes nouveauxsur tout
quand ils
seroienttrop composés;<annd'applanir touteslesrudessesde ce
chemin,
MLAMETHODEDEL~UNÏVERSAMTÊ ï3<)

encor battu, et de reduire tout à la derniere clarté et, je rPmL.io,t.35.


qui ne fut pas
l'osedire, facilité possible.J'ay balancé si je le deuvois donner, puis-
m'avoit servi de ~n~c~ ~~M~M~M, qu'on a accoustumé de sup-
qu'il mais la
faire paroistre d'avantage les theoremes inventés,
primer,pour
autres. >
considerationdu bien public l'a emportépar dessustoutes les
( 36 barrée.)
(f.

les par le moyen des 37 recto.


Je dis donc, qu'on peut exprimer signes
à fin de venir à une espèce d'Algebre pour trouver les signes
lettres,
incon-
< inconnus >, comme l'on trouveordinairementles grandeurs
nües.Je choisis pour cet effectles lettres Grecquespour distinguerplus
aisementles lettresdessignes,des lettresdesgrandeurs.
De ces lettres, de r AlphabeteGrec, les premieres signifieront,+,
&. S les dernieres signifieront comme w. < <&.Et x
comme, y.
et M,par exemple,signifieront+ ou de la premiereambiguïté;p et
de la seconde, etc. Cette expression des signespar lettres n'est pas
<!<,
si forcée, qu'elle le paroist d'abord, car par exemple y signifie
i. or ï, est une grandeur< sçavoirun nombre>, et chaque
estre expliquée par une lettre, donc ï peutestre expliqué
grandeurpeut
f), et nous faire wy au lieu de y, pourveu que nous
par pouvons
< nous > souvenonsque ces lettres qui signifientun nombre, ou une
raison,n'augmententpasles dimensions et pour cette raisona fin deles
une
distinguerd'avantagedes autres, il sera bon de les renfermerdans
parentheseclose comme Cb))y. Si deux de ces lettres se trouveront
ecritesl'une aupres de l'autre dans une meme parenthese, comme
cela signifiera ou l'un < des signes comme + (ou <x)> ou
(ono')~
Fautre;sçavoir (ou ~).
Maisil sera à propos de reprendre les exemples,de tous les signes,
dontnous avons parlé, et de monstrer comment nous les pourrions
exprimerpar lettres d'une maniere qui nous fera voir en même temps
< ou dansla suite > tous leursusages. Soit une ambiguïté
~n +~+c
ou c

ambiguitèpar ?, et le
representonsle + de cette premiere parw, et nous
aurons n + ( o~) au lieu de n +
~40 DE LA MÉTHODE DE L'UXIVERSALÏTÉ

PHtL.,V<to,f.3~. et si nous cherchonsla valeur de b, par la meme


~7 verso. equation en nous
servantd'une transpositionnecessaire,nous aurons

F! –f~) c'est à dire


n~(<M)c,aulieude ~D~c
Caril est manifestequ'un
signe comme (~) estant anecté de doit
estre changé
en sorte qu~soit mis a la place de et viceversa,puisque
<~ ou ( + ) est ( ) ou Met Mou (~T) est (~ ou (T).
Soitla secondeambiguïtédansle même calcul

'~n +/
ou–/+~
de la 2~ et nous aurons
posons égal
e n (W)/(V)~ lieu de n ('~)/(~)~
Soit une 3~ ambiguïtédans le même calcul

~n +~+/
ou +
ou +
posons égal a de la or nous aurons

n ('TYr') CY~ au lieu de f-! ~=


Si l'equationavoit esté
~n +~+/
ou + 1
ou +
ou
nous aurions eu b n ( y~ ) ('yy~)
au lieu de f-! (~V~ (~y~ l
Soit une ambiguité,sçavoir
n +~4=
ou =={=
n+

égal a si est celuy de la premiereambiguïté,


posons
MS LA MÉTHODE DE L'UNIVERSALITÉ !~I

PHtL~V,!0,f.37.
et nous aurons
~t
~n('~(o~M)M (<xM,o)j&
au lieu de ~n-=~
cette façond'exprimer est assezaisée. j'y adjoute seu-
<~Je croy que
lement cette caution que l'ordre des lettresaussi bien que des equations
est arbitraireen effect; mais estant choisi une fois, il doit
particulieres
estreobservéconstamment,pendantqu'il y a un autresigne de la même
ambigue,à fin que cesdeux signesgardentun rapport entre
equation
eux et puisqu'iln'y a rien qui les discerne que l'ordre des lettres. >
decette des signespar lettresparoistra 3! recto.
38
t <Le grandavantage expression
clairementdansla suite des operations cependant > il est fort aisé d'y
tout ce que je viens de dire de l'expressionpar signes comme
appliquer
touchant le MMCM/M~, item touchant le changementd'un
par exemple
composé dansun signe simple, en cas qu'il reste seul de tous les
signe
autres correspondants.Car si de la 3meEquation susdite le seul signe
ou ~= reste, et l'autre ( w?) ou evanouit, le premier pourra
hvF)
estrechangéen celuy cy (y?) < comprenantles deux premiers cas,
sous un seul tout ainsi que nous n'avions pas feint de comprendre
YY,
sousun seul cas le 3°" et le 3""endroit du point D, da:isla i. ou 7~
>. Mais si des signes de la quatrieme equation le seul signer,
figure
ou (S~) reste, et l'autre =f~- ou (o~o) evanouit, le dit signe (o,~)
ne pourrapas estrechangé en un simple,par ce qu'on ne sçauroitdeter-
minersi ce < signe > simple doit estre j~), ou (~); et par ce que
cettequatriemeambiguitéest une soubsdistinctionde la premiere,et par
les signes de la quatrieme sont correspondents avec ceuxde
consequent
la pr emiere,de sorte qu'on ne peut pas dire, que de tous les signes
correspondants,le seul( 3,~ ) reste, puisque les signes de la premiere
ambiguitérestent encor, commeje le suppose.
A presentje croy qu'il sera tempsd'expliquerla division generaledes
signesen Homogenes,en Correspondants,et entierementHeterogenes
< car l'expressiondes signespar lettressert beaucoupà l'éclaircir.Cette
division est de grande importancedans la suite des operations car
l'Additionet soubstractionde deux signesHomogenesse peut tousjours
faireaveccoalitionde ces, deuxsignesen un seul, et pour cette raison je
les appelle Homogènes,car deux grandeurssont homogenessi on les
'43 DE LA MÉTHODEDE L'UNI VERSALÏTE

PnïL.,V.IO,f.3~.
peut adjoûter ensemble.Si deux signes ambigus homogenesse
multi-
plient et se divisentl'ambiguitéévanouit; en fin si deux
signescorres-
pondentsse multiplientou s'ils se divisent, il s'ensuit tousjourleur coa-
lition en un seul >. J'appelle Homogenes, ceux dont un estant
l'autre s'expliqueaussypar consequence,entierement et expliqué,
tousjours.II est
aisé de jugerpar cette definition,que de tous les
signesil n'y a que ceux
qui soient homogenes,qui sont les memes commeC~T) ou 4=et
('o~
ou item comme( ou et (~") ou ou qui sont opposés,
commet et =t=ou (~) et wx ), ou~=et~ou
(~y) et (~o).
J'appelle correspondants;ceux qui tirent leur origine d'une même
equation ambigue, et quand il ne sont pas hornogenes,alors
l'un estant expliquén'expliquepas l'autre entierementet quoyque
toujours il ne
laissepas pourtant d'en deminuer
tousjoursFambiguitéet même de l'ex.
pliquer entierementquelquesfois. Par exemplesoit AC n -~=AB BC
ou qui revient au même, AC f-!
C~f) AB Cy~-) BC. Posons le cas
o. ) que signifie+, alors l'autre
38 verso.
pourra estre changéen un simple
=1=commeles lettres le font voir. car
puisque le signe (~) ou ( ~=)
signifie +, ou donc le i. ou 3mecas de l'ambiguité sera
choisi; or
dans l'autre signe ~f, ou le i. ou 3- cas sera y ou donc ~=
(~) y,
signifiant+, deviendra(-~ ) c'est à dire 4=. Mais
d'avantageposons
que~, ou un de deux,signifie alors toute
l'ambiguité cessera,
et l'autre sera -{-. commeil est aisé de démontrer
par le moyen des
mêmes lettres.
Les signes correspondantssont d'une même
ambiguité immediate-
ment, ou mediatement; immédiatement,comme dans la
3~ ambiguité
~= et dont je viens de parler, ou comme
( ~=) et ( =t=~
) dansla 4"
mediatement,comme dansla quatrieme,et =<=dansla premiere,
ce que la 4meest une soubsdistinctionde la par
premiere; et se sert de la
premiere en y adjoutant encor une nouvelle
ambiguïté.Il est aisé de
les reconnoistrepar le moyen des lettres, car ceux
qui tirent leur origine
d'une même ambiguïté immédiatement,n'ont
que les memes lettres
diversement rangez; comme(~)
s'exprime par C~Y).etC~) par
(TTf)' et~ s'exprimantpar C~T), s'exprime par fM~). Mais4~
s'exprimantpar ( <~), s'exprimepar (~). Les mêmes lettres font
connoistred'abord, si deuxsignessont entierement ou sans
Heterogenes
DE LA MÉTHODE DE L~UNIVERSALÏTE !~3

t
c'est à dire s'ils naissent d'ambiguitez entièrement sr'ttH.V, ïo~.38.
correspondence;
differentes,et sans dependance, en sorte que l'explicationde l'un des F

ne contribue rien du tout a l'explication de l'autre, car alors ils


signes
n'ont point de lettre commune. comme par exemple le signe =~et le
~=, dont l'un signifie(oKo), et l'autre (y~). Et cela arrivera dans
signe
le calcul du probleme proposé, des perpendiculairesdes coniques,
<; voyezla 6g. i. et 7. > car alors l'explicationdu signe=)=depend de
la naturede la courbeproposée< ABC, mais > l'explicationdu signe
-~=dépendde l'endroit du point donné D.
L'on me demandera à present, si j'aimerois mieux d'exprimer les
signesAmbiguspar signes ou par lettres. Je reponds que j'aimerois
mieuxd'exprimerles signes simplespar signes,et les signes composez
les
par lettres.Il me reste seulementd'adjouter si l'on veut employer
signes soit simples, soit composez, et qu'on trouve deux signes hetero-
genes,maissemblables,qu'il fautrenfermerl'un d'euxdansune parenthese,
comme =t= et ('), et s'il y en avoit trois, l'on feroit 4=, et (2 =~)et
C~~), de même -~=,et (2 -~=),et (3-~=). Maissi l'on sesertdelettres
on n'a pas besoinde marquer ces parenthesespar nombres.

PHIL.,V, ÏO,f. 39 PniL.,V,io,f. 3n.

Tabledes CaracteresAnalytiques.
6 4 4 0 0 6 0 6 0 a 0 0 0 6 e

PH!L.,V, 10, f. 40 PH!L.,V,tO~f.~O.

Tabledes signesde la Methodede l'Universalité.


.0 e

PHiL.,V, ïo, f. 4.t-4.3(4 p. m-4"). PHH,V,to,f.4t-


42'
CONSTRUCTIONDU PROBLEME ESSAY DE LA ME-

D'UN POINCT DONN& MENER LA PERPENDICULAIREA UNE SECTION THODEDEL'UNI-


VER8AUTE.
CONIQUEDONNEE, PAR LE MOYEN D'UNE HYPERBOLE SIMPLE

.0.0 o

1. Cf. PHtL., V, ÏO, f. 64-65.


~4~ GENERALE
GEOMETRÏCA

PHtL., V, JO, f.
f
PHïL.,V, !o, f. 43-46 (3p. in.~).
43-46.

< INTRODUCTIONA LA > CONSTRUCTION D'UN PROBLEMESOLIDE


DONNÉ PAR L'INTERSECTIOND'UNE SECTION CONIQUE DONNÉE ET
D'UN
CERCLE, SUIVANT UNE SEULE REGLE COMMUNEA TOUTES LES SECTIONS
CONIQUES, NECESSAIREA L'EXECUTIONDES CALCULS DE LA METHODE DE

L'UNIVERSALITÉ.

PHtL.,V, t0,f.47.7. ?HIL., V, ï0, f. ~.7 (2 p. in-).

1674. Paris.
47 recto.J. GENERALIAGEOMETRICADE MEIS ACCESSIONIBUS
ET METHODOUNIVERSAUTATIS.

Les Theoremesn'estantque pour abreger<~ ou diriger~> la solution


des problèmes)< puisque toute la théorie doit servirà la
practique>
il suffitd'estimerla variétéde la Geometriepar celledes problemes.Les
problemesde Geometrie sont ou Rectilignesou Curvilignes.Les Pro-
blemesrectilignessontdans les quels on ne demandeny supposeque la
grandeurde quelqueslignes droites ou espacesrectilignes. Les curvili-
gnes supposentou demandentla grandeur de quelqueligne courbe/ou
de quelqueespacecurviligne.Les problemesdescentresde Gravitéet par
consequentquantité de problemesde la Mechaniquesont de la derniere
sorte. Ainsi on peut dire qu'il y a commedeuxespecesde la Geometrie,
celle d'Apollonius,et celle d'Archimede; la premiere renouvelléepar
Viete et des Cartes, l'autre par Galilei et Cavalieri.
Les problemesRectilignesse reduisentà la Resolution de quelque
Equationdont il fauttirer lesracines, analytiquement<~par le calcul>,
ou Geometriquement<~ par les intersectionsdes lieux >, exactement
ou par approximation.Maisles curvilignesne sont pas encor sujetsà
l'analyseconnue, et si on les vouloitréduirea une equation, on la trou-
veroit de Finfinitesiemedegré.
Or ayant fait quelques remarques assez extraordinairesdans l'une
aussi bien que dans l'autre especede Geometrie,j'ay bienvouluen tou-
cher icy quelquesunesen peu de mots.
DE MEÏSACCESSÏONIBUS !~5

Dans la GEOMETRIE DESRECTILIGNES; j'ay trouvé enfin le moyende P PatL~V, ïo< h~7. =

tirerlesracinesdetoutesles EquationsCM~ c'est à dire derendre toutes


les equationscubiquespures; en sorte que pour les resoudreil ne faut
quetirer la racine cubique d'un solideconnu. Scipio Ferreusa trouvé
lepremierdes reglespropres à tirer les racinesde quelquesespecesdes
Equationscubiques, Cardan a publié sa methode. Et Viete aussi bien
queMons.des Cartes ont desesperéde pouvoirvenir a bout des autres.
J'ay eu le bonheur d'y voir quelquejour. Et cela estant on peut dire
que laresolutionde toutes les Equationscubiquesou quarrequarreesest
achevée,et qu'on les peut construiretoutes Géométriquementpar l'in-
ventiondedeux moyennesproportionnelles.
j Je ne repetepas icy ce que je viens de dire dans un papier a part 447 verso.
dela Methode des universels;qui nous abrege le calcul,<; comprennant
plusieurscas soubs un seul >, qui nous fait decouvrirdes harmonies
danslesfigureset qui nous donnele moyen de les ranger en classespar
desideesgenerales.
Touchant les lieux, j'ay observéquelques moyens extraordinaires
d'obtenirdesconstructionscourteset [nettes]belles,commepar exemple
je donnaiil y a quelquesjours la construction<~ fort courte > de ce
probleme [L'Hypoténuse]<~ Uncosté~>d'unTriangle [rectangle]estant
donnée<~et l'angle qui lui est opposé >, trouver le triangle en sorte
quesescostéssoyenten proportionharmonique.
Vietenousa donné la methode de tirer les racines des Equations par
desnombres approchansaux veritables;mais personnea ce que je sçache
a donnédesapproximations Gaw~n~j; je croypourtant d'y avoirreussi,
et de pouvoirresoudre les problemes solides par approximationsen
n'employantque des droites ou courbes; et cette methodea cela au
dessusde l'exegesenumerique de Viete, qu'elle nous donne toutes les
racinesde l'Equation proposéetout a la fois, au lieu que l'exégèsepar
nombresn'en donne qu'une.
Quantà la Geometriedes Curvilignesje pretendsd'y avoirfait quelque
chosed'extraordinairesans parler de la quadratured'un segmentoblique
de la cycloeide;de la dimensiondela courbedécritepar l'évolutiondu
cercle(ayanttrouvéque l'arc évoluest la moyenneproportionnelleentre

t. Cemotestrépétéparerreurdanslems.
ttohtTS M LNBNtZ. to
i~6 NATURAPRÏORA

Putt~ V.to~f.~y. le diametreet la courbedécrite), de la dimensionde la surfacedu solide


paraboliquefait par la parabolerévolue à l'entour de la touchante du
sommet; j'ay observédeux methodesfort estendues,l'une de donnerla
dimensiondes figuressuperieures,en supposant celle des inférieures.
l'autre de reduire l'aire d'une figure à la somme d'une progressionde
nombresrationauxce qui est traduirela difficultéde la Geometrieà 1

PHIL.,V, tO~f.~S. PmL.,V, 10,f. ~8 ( s p. in-).


21 junii 1678.
D~MOW~~pure Analytica
minusin minusfacitplus.
<3MO~

49- F. 49 Copiede la f. ~.8.


5o. F.5o:
SIGNA AMBIGUA.

5ï. F.5ï
Denionstratio
pure analytica
Quod in multiplicatione in faciat +.

53. F. 53
SIGNORUMAMBIGUORUM
TRACTATIO PER UTERAS

PtHL., V, 10, f. 5~. PHiL.,V, 10, f. 54 (un coupon).


Additionatura prior substractione.Natura priora. Demonstratio axio-
fM~~MM. Additio est natura prior substractione,seu -t- est natura
prius quam -t-<ï– quia natura prius est ut duoa, b eodem modo
tractenturquam ut tractenturmodo diverso, et cum mododiversotrac-
tantur,nondumratio apparet,curpotius dicamus+ b, quam
Ea igitur causaforinsecuspetendaest, quod [nihil]<( non > essenecesse

I. Sic.
2. Cf. les f. 37.38.
ÏNFÏNÏTUM

cumdicimus+ a + b; eodemmodoostendituret abseumultiplicationemPH!t.V,tO,f. 54.

essenaturaprioremipso seu divisione.Et haecquidem ita generalem


hominumassensumhabent, ut pro monstrofuturus sitarithmcticus,qui
substractionemtractet ante additionem.Itaque mea 1 sententiaRober-
vallius non inepte demonstravitaxioma (: si ab aequaUbusauferas
xqualia,residuasunt aequaUa)ex axiomatenatura priore :(si aequalibus
addas~quaUa,summaesunt asquales)quamvis eum ideo reprehensum
sciama collegisin AcademiaRegia Parisina,quia scilicetaequeillud ex
hocdemonstrarepotuisset,quam hoc ex illo. Sedpraeterendasunt quae
naturapriorasunt, et peccatumvideri potestpro axiomatehabere quod
ex positisdemonstraripotest

PniL.,V, i o, f. 56 (un coupon). PH!L.,V,t0,f.56.

Determinatumidem quod dabile.Ita arcus aliquispositionedatus est


magnitudinedeterminatusseudabilis.Etsi magnitudoejus non sit cognita.

PHIL.,V, io, f. 58 un (coupon.) PHtL.,V,ÏO,f.58.

INFINITUM.

est quantitas infinita hinc credibile est summam seriei hujus

i. etc. esse [nnitam]infinitam.


2 3 4
At summaseriei ~1etc. est etiam0 siveinfinita.Ergo sequeretur,
1111

squale, fore etc. etc. quod est absurdum.


quia ipsi n
Videturenim etc. etc. infinitiesesse majus. Dicendum
ipso Î 2 3
ergo0 et 0 non aequivalere;seu o. non posseessequantitatemminimam,
sed esseinnnitèparvam,ut unao sit alia major.Et hic videturhoc modo
oblatumnobis exemplumquo infinitumunum alio infinitiesmajus est.
î. Cf.MATH.,2.
Ï4~ DEMONSTRAT!OANAI.YTtCA

PH:i.V, io,f.?8. Et videtur summa omnium fractionum summaeomnium unitatumet


inter finitam quantitatemquodammodomediaesse.

PntL.~V, to,~ 5g. PHïL.,V, ïo, f. 59 (un coupon).


21 junîi 1678.
Mariottusin speciminelogico negat propositiones
quasdam Geome-
tricasin Elementisextantesdemonstrariper calculum,quia calculus
ipse,
v. g. quod–in –&cit+; ex Elementisdemonstraridebet.Etsanc Ana-
lytici plerique qui demonstrationesoperationumdare voluèrerecursum
habueread propositionesGeometricaset inter hos Renaldinus refert
qui
Cavalleriumquoque questum quod hae propositionesnon haberentur
demonstrata?.Ego puto CavalleriumquaesivissedemonstrationemAna-
lyticam,namlinearem dudum dederantAIgebristae, ut Bombellusaliique.
Ecce ergo demonstrationempurè analyticama me
repenam, absurdum
enim videbaturarithmeticascommunisregulas (quas inter illa est
quod
-in facit +) non nisi per lineas demonstrariposse. Primum autem
qu<esivi rem in xquationeubi ut si sit a?qu.o. ducendain –c.
vel in/ c. 1 sumendoquepro vero quod quasriturincidi in verum.
inde per regressumconcinnavidemonstrationemsyntheticamin casu
aequationis. Undefaciliusposteafuit concinnarepropositionemgeneralem,
quemadmodumschedaseparataprasstiti
x -b
–c
~{-~caequ. o.
cx
Ergo ~+~ aequ. ~+~
Ergo x -)-~ aequ. +~. seu
x aequ, b.
x-b
A'
f-c

~'+~n~'+~
i. Cf. les f. 4.8,4Q, 5î, et PmL., V, 7, 3 recto.
LÏNEÀ !NF!NYTA ESTtMMOMMS 14~

PHH.V,ïO,f.6o.
PHIL.,V, ïo, f. 60(un coupon).
3 januar. 1676.

LiNEA INFïNITA EST IMMOBILIS.

infinita a B > quae motu transferenda sit


Sit linea AB < parte
etC DE AC. Quando perveniet in AC, erit
inAC.Sit inter B ipsa parallela
et in puncto ponatur, ut in AF, erit pars ejus
tota infra DE, quocunque
DE. Unde si AC ponatur perfecte interminata, seu si
infinitasupra
necesse est, ut tandem simul tota illa
nullumsit punctum ultimum,
linea interminata infra DE descendat, totaque spatium interjectum
i d est ut sit in pluribus locis. Hinc videtur
simulconficiat,
interminatum corpus esse immobile. Etiamsi [distandam]
probari locum
FC fadas infinite parvum, tamen idem semper
< angulum>
in his Similis enim figura duci
habebit,proportionaliterquod magnis.
s upponendo ipsam BC infiniteparvam.
potest,

Pau.V,io,f.6ï.
PmL.,V, 10, f. 61 (un coupon.)
Rationeset Numeri res homogènes sunt, addi potestratio numero,
et ex apparet. Ideo Rationes
etc., quod œquatiombus Algebraicis
sunt genus, Numeri et Rationes < Radices> surdae sunt species.
Rationeslinearumnequenumeri sunt nequeradicessurdae.

PHH~V, ï0,f.63.
PmL.,V, ïo, f. 63 (un coupon).
EXTENSIO INTBRMINATA non debet implicare, quia videntur aliqua
de ea demonstrariposse, ut duas rectas interminatas in eodem piano
sint unum haberepunctum commune.Quod de ter-
qusenon pafallelse,
EXTENHOïNTERMtNATA

PHÏL..V, ï0,f.63. mmaus dici non potest. Sed hoc tamen de terminatis
dici potest, pro
duci posse dum concurrant. Videtur vero
intelligi recta jam producta;
uno rect~ per se mtemunat.ea nobis aut
corporibustermtnantur.

Pan. V, f. PHtL.,V, to, f. 6~-63.Prospectusimprimé


6~5.
PROBLÈME: Tirer d'un point donné,sur la d'une
circonférence
Coniquedonnée,uneperpendiculaire.parJ. OZANAM.
Paris, i~ May1~78
<. Cf. PHïL.,V, to, f. 25 recto, 33
verso, 41-42.
DEUNGUARUMORMÏMS t5ï

]
PHïï. VI, !o, a.
PHiL.,VI,io,a(3f.in-8~

Leibnitius

de connexioneinter res et verba,


seu potius de linguarum origine.
Schedulaequ~e insunt non nisi particuïaeoperis cujusdam majoris
videnturet non nisi vulgaria continent,quaeimpressionemnon me-
rentur
Certamquandamet determinataminter Res et verbaconnexionemesse F.
dici nequit; neque tamen res pure arbitraria est, sed causas subesse
oportet,cur ceftsevocescertisrebus sint assignatae
Ex institutorem fluxisse,non potest dici, nisi de Linguis quibusdam
et
artificialibus,qualem Golius Sinensem esse suspicatusest, qualem
Wilkinsius alüque conHnxere. Primigeniam ortam proto~
Dalgarnus,
fluxisse putant ab instituto DEI, alii ab
plastisusurpatam, quidam
v iro divinitus illustrato excogitatam, tune cum nomina anima-
Adamo,
libusimposuissetraditur. Sed talem linguam vel omnino intercidisse,
vel in ruderibus tantùm nonnulUs superesse oportet, ubi artificium
deprehendere difficileest.
Habent tamen Linguaeoriginem quandam naturalem, ex sonorum
consensucum affectibus,quos rerum spectaculain mente excitabant.Et
hancoriginemnon tantùm in lingua primigenialocum habuisseputem,
sedet in linguisposteriùspartimex primigeniapartim ex novo hominum
per orbem dispersorumusu enatis. Et sanè saepeonomatopœiamani-
festé imitatuf naturam, ut cum ~M~t tribuimus ranis, cumst

ï. Titreetnotedela mainde RA8PE p. 86).


(Bodemann,
a. Cf. RENAN, De roW~MCdu langage, p. 149 La liaison du sens et du mot
n'est jamais nécessaire, jamais arbitraire; toujours elle est motivée.
I.INGC~EPHH.OSOPHtC~ SPECIMEN

PHti. VI, to, a.


a. nobissignincatsi!entii<velquietis>admonitionem; <et~cursum>
cum hahaharidentis est, v~ dolentis1.

s.
F. s. Le 2~feuilletporte quelques indicationsd'ordre
manièred'émettrecertainssons (voyelleset physiologiquesur la
consonnes).

PH!L., M,JO,b. b. PniL., VI, 10, b (i p. in-~).

Januar. 168o.
f.M~p ~MoM~Aïc~p
Specimenin Geometriaedendum.
Ut aliquodlingue philosophiez
specimen edam, ac ne videarincre-
dibiliapromittere,incipiamab illis in
quibus id et facilius et securius,
et mirabilimagis effectuprxstatur; nimirum in Geometria.
Revocabo
omnia ad rectarumductus,et facilitatisnunc
quidem causa, non omnia
resolvam; sed conabor caeteraresolverein triangula similia. Ut autem
omniaprocedantfacilius,et quia nondum
metaphysicamistam resolvere
satislicuit, utar flexionibus,particulisac constructionibus
lingue latine.
Sed ipsa vocabulanova effingam,sumta ex natura
ejus quod & dum
lineas ducuntur. Hac ratione ubi primum Elementa
explicuero,gradus
ad cetera omnianon difficiliserit. Nihil autem calculihic
miscebo,imo
nec de magnitudinibus,summis,
differentiis,rationibus rationumque
compositionibus,aut potentiisaut summis caeterisqueque communia
sunt Arithmetic~et Geometriœ,sedsolis
punctis,rectis, angulis,inter-
sectionibus,contactibus,motibussum locuturus,ostendamquequomodo
expressionescalcularesvel mixtasad lineares revocentur.Fructus autem
erit maximus,quoniamhac ratione licebit Geometricasratiocinationes
maximesubtilessine charta, sine pulvere, sine calculo, sola
imagina-
tionis et mémorialvi peragere
Aequalitatemad congruentiamrevocabimus,rationem ad similitu-
dinem. Aequaliaquorum unum in alterumtransformari
potest.

t. Cf.le CM<~cdePLATON.
2. Les sommes désignent ici les
3. a~, Specimen ~tOC~~OMMW intégrales.
mathematicarum sine calculo et ~Mf~ (MATH.,
et
ï, 28) PHïL.,V, 7, f. 3 recto. V. La Logique de
Z.6< p. 404, n. 2.
PREFACE A LA SCIENCE GÉNÉRALE t53

1 ?HH. VI, !t,a.


pHiL.,VI,ïi,a(3p.in-folio.)~ t

le bonheur consiste dans le contentement, et que le con-


TWSQ]UE>
de
JL tentementdurabledependdel'asseuranceque nousavons l'avenir,
sur la science que nous deuvons avoir de la nature de Dieu et de
fondée
de la il s'ensuit, que la science est necessaireau vray bonheur.
l'ame;
Maisla sciencedepend de la demonstration,et l'inventiondes demons-
de tout le monde.
trationsd'une ~~M Methode,qui n'est pas connue
Car quoyquetout homme soit capablede juger d'une demonstration,
ne meriteroitpas ce nom sitous ceuxqui la considerentatten-
puisqu'elle
tout
tivement,ne s'en trouvoientconvaincuset persuadés; neantmoins
hommen'est < pas > capablede trouver'des demonstrations< de son
chef > ny de les proposer nettement quand ellessont trouvées < faute
de loisirou de methode>.
La vrayeMethodeprise dans toute son etendüe est une chose à mon
avistout à fait inconnue jusqu'icy, et n'a pas esté practiquéeque dans
les mathematiques.Encor est elle fort imparfaiteà l'egard des mathe-
m êmes, comme j'ay eule bonheur de fairevoir à quelquesuns
matiques
pour estre des premiers mathematiciens du
(: qui passent aujourdhuy
siecle:) par des preuves surprenantes. Et j'espere d'en donner des
echantillonsqui ne seront peut estre pas indignes de la posterité.
esté suffisante
Cependantsi la Methode des Mathematiciensn'a pas
decouvrir tout ce qu'on pouvoit souhaiter d'eux elle a esté au
pour
moinscapable de les garantir des fautes; et s'il n'ont pas dit tout ce
deuvoient, ils n'ont rien dit aussi de ce qu'ils ne deuvoientpas
qu'ils
dire.
Si ceux qui ont cultivé les autres sciences [les] avoient imitez< les
mathematiciens > au moins en ce point nous serions fort heureux et
ily a longtemps que nous aurionsune Metaphysiqueasseurée,aussi bien
la
que la morale qui en depend; puisque la Metaphysiquerenferme
connoissance de Dieu et de l'ame, qui doit regler nostre vie.
Outre que nous aurionsla science des mouvemens,qui est la clefde
la physiqueet par consequentde la médecine.Il est vray que je croy que

Cemorceauestune préfaceà la Science générale.On peutconjecturerqu'il


VI,t3, e.
datede t677,d'aprèsun indicenotéplusbas(p. ï54,notet). Cf. PHIL.,
l5~ PREFACE A LA SCIENCE G~N~RALE

a. nous sommes en estat maintenant


a.
PHtL., \ï. t!, d'y aspirer, et quelques unes
de mes premierespenseesont esté receües avec un tel
applaudissement
par des plus sçavansdu temps, à cause de leur simplicitémerveilleuse,
queje croyqu'il ne nous resteà presentque de fairecertainesexperiences
à desseinet proposdélibéré,et non paspar hazard < et en
tâtonnant >
commecelase fait communement;afin d'etablir la dessusle bastiment
d'une physiqueasseuréeet demonstrative.
Or la raisonpour quoy l'art de demonstrerne se trouve
jusqu'icyque
dans les mathematiquesn'a pas esté bien penetrée de
qui que soit, car
si l'on avoit connu la causedu mal, il a
y long tempsqu'on auroit aussi
trouvéle remede. Cette raison est, que les
Mathematiquesportent leur
épreuveavec elles Car quand on me presente un theoreme faux, je
n'ay pas besoind'en examinerny même d'en sçavoir la demonstration,
puisquej'en découvrirayla fausseté à posteriori par une experience
aisée, qui ne coûterien que de l'encre et du papier, c'est à dire parle
calcul; qui fera connoistrel'erreur pour petit qu'il soit. S'il estoit aussi
aiséen d'autresmatieresde verifierles raisonnementspar les
experiences,
il n'y auroit pas de si differentesopinions.Maisle malest
que les expe-
riencesen physiquesont difficileset coûtent beaucoup; et en
metaphy-
sique ellessont impossibles;à moins que Dieune fasseun miracle pour
l'amour de nous, pour nous faire connoistreles choses immaterielles
éloignées.
Ce mal n'est pas sans remede, quoyque d'abord il nous semble
qu'il
n'y en ait point. Maisceuxqui voudrontconsiderer ce que je m'en vay
dire, changerontbien tost de sentiment.Il faut donc remarquer que les
P. 2. < preuves ou > experiences
qu'on fait en mathematique 1 pour se
garantir d'un faux raisonnement(: comme sont par exemplela preuve
parl'abjectionnovenaire, le calculde Ludolph de Cologne touchant la
grandeurdu cercle; les tables des sinusou autres:) ne se font passur
la chosemême, mais sur les caracteres
que nous avons substituésà la
placede la chose. Car pour examinerun calculdes nombrespar exemple
si 1677 pris 363 fois 6x2.103 on n'auroit
jamais fait s'il falloitfaire
365 monceauxet mettre en chacun 1677 petites pierres, et les contera
la fin toutespour sçavoirsile nombre susdit trouve. C'est
s'y pourquoy
r. Cenombredoitêtrela datede cefragment.
a. Ici un mot oublié (~tt'<). On voit en marge la
multiplication, barrée.
PREFACE A LA SCIENCE GÉNÉRALE l55

on se contentede le faireavecles characteressur le papierparle moyen PHtL., \'Ï, tï, a.

dela preuvenovenaire,ou de quelqueautre. De mêmequandon propose


unequadraturede Cerclepretendue exacte, nous n'avons pas besoin de
faireun [grand]cerclematerielpour lier un ni a l'entour, et pour voir si
la longueurde ce fil ou la circomferencea au diametrela proportion
nous a proposée cela seroit peinible, car quand l'erreur est une
qu'on
millièmeou moindre < partie du diametre >, il faudroitun grand
cercletravailléavec beaucoupd'exactitude.Cependantnous ne laissons
et l'evenement
pasderefutercettefausseQuadrature,par l'expérience, par
du calculou de la preuve en nombres. Maiscette preuve ne sefait que
sur le papier, et par consequentsur les caracteresqui represententla
chose,et non pas sur la chosemême.
Cette considerationest fondamentaleen cette matiere et quoyque
beaucoupde tres habilesgens, surtout de nostre siecle, ayent pretendu
denousdonner des demonstrationsen matiere de physique,de meta"
physique, de morale, et même en politique< en jurisprudence> et en
médecine neantmoinsou ils se sont trompés, à cause que tousles pas
sontglissans,et qu'il est difficilede ne pas tomber, lorsqu'onn'est pas
guidéparquelques[expériencesou preuves]<; directions~>sensibles;
ou quand même ils ont rencontré, ils n'ont pas pu faire recevoirleur
raisonnement de tout le monde; par ce qu'il n'y a pas encoreu moyen
d'examinerles raisonnements[en métaphysique]par quelquespreuves
aiséesdont tout le mondefut capable.
Dela il est manifeste,que si l'on pouvoit trouver des caracteresou
signespropresa exprimertoutesnos pensées, aussinettementet exacte-
mentquel'arithmetiqueexprimeles nombres,ou que [l'algèbre]l'analyse
geometrique exprimeles lignes, on pourroit faire en toutesles matieres
autantqu'ellessont sujettesau raisonnement tout ce qu'on peut faire en
Arithmetique et en Geometrie.
Cartoutes les recherchesqui dependent du raisonnementse feroient
parla transpositionde ces caracteres,et par une especede calcul;ce qui
rendroitl'inventiondes belleschosestout a fait aisée. Car il ne faudroit
passe rompre la teste autant qu'on est obligéde faire aujourd'huy,et
neantmoinson seroit asseuréde pouvoirfaire tout ce qui seroitfaisable,
< exdatis.>
Deplus on feroitconvenirtout le monde de ce qu'on auroit trouvé
ï56 PRÉFACEA LA SCtENCEGÉNËRAt.E

Pn~ VI. tt. ou


3. conclu. puisqu'ilseroit aisé de verifierle calcul soit en le
refaisant,
soit en essayantquelquespreuvessemblablesà cellede l'abjectionnove-
naireen arithmétique.Et si quelqu'un doutoitde ce que j'aurois
avancé,
je luy dirois contons,Monsieur,et ainsi prenantla plumeet de l'encre,
nous sortirionsbientost d'affaire
J'adjoutetousjours autant ~M~j~~f raisonnement, exdatis.
Car quoyqu'ilfailletousjours certaines experiencespour servir de base
au raisonnement;neantmoinsces experiencesestant une fois
données,
on en tireroit tout ce que tout autre en pourroit jamais
tirer; et on
découvriroitmêmecellesqui restent encorà faire, pour l'eclaircissement
de tousles doutesqui restent.Cela seroit d'un secours admirablemême
en politiqueet en medecine, pour raisonner sur les
symptomeset cir-
r.;omstances donnéesd'une maniereconstanteet parfaite.Car lors même
qu'il n'y aura pas assezde circomstancesdonnéespour formerun juge-
ment infallible,on pourra tousjoursdeterminerce
qui est le plus pro-
bableex datis. Et voilatout ce que la raisonpeut faire
j Or les caracteresqui exprimenttoutes nos pensées,composeront
une langue nouvelle,qui pourraestre écrite, et prononcée cette
langue
sera très difficileà faire, mais très aisée a apprendre.Elle sera bien tost
receüepar tout le monde à cause de son grand
usage, et de sa facilité
[merveilleuse]< surprenante > < et elle serviramerveilleusement à la
communicationde plusieurspeuplesce qui aideraà la fairereceuvoir>.
Ceux qui écriront en cette langue ne se
tromperontpas pourveuqu'ils
evitent les < erreurs de calculet > barbarismes,solecismeset autres
fautes, de grammaireet de construction;De plus cette langue aura une
propriété merveilleuse,qui est de fermerla bouche aux ignorans.Car
on ne pourrapasparler ny ecrireen cette langue
que de ce qu'on entend
ou si on osele faire, il arriverade deux chosesune, ou
que la vanitéde
ce qu'on avancesoit manifeste< a tout le monde>, oa
qu'on apprenne
en écrivantou en parlant. Commeen effectceux
qui calculentappren-
nent en écrivant, et ceux qui parlent ont quelques foisdes rencontres
auxquellesils ne pensoicntpas, linguaprascurrentementem. Ce qui arri-
vera sur tout en cette langue, a cause de son exactitude. D'autant
qu'il
\K' P/a<'c<'M, <Vf,l, 32):
t678(DM~M.
et PmL.,V,6,f. ïg (ap.Ro~MMMM,
p. 82).
2. Cf. Lettre à Mq~ 1677 (~/«/ VII, st; .M~ ~).
REGULA INVENIENDI ïS~

aura d'equivocations ny amphibolies; et que tout ce qu'on y PtHL., VI, ïï, a.


n'y point
sera dit a propos. [Cettelangue sera le plus grand
diraintelligiblement,
organede la raison~.]
dire cecy est le dernier effortde Pesprit
l'esprit humaine
humain, et quand le
Fose que
seraexécuté, il ne tiendra qu'aux hommesd'estreheureux puis-
projet
auront un instrument qui ne servirapas moinsà exalter la raison,
qu'ils
le Télescope ne sert à perfectionnerla veue
que
C'estune de mes ambitionsde venir à bout de ce projet si Dieu me
donnela vie. Je ne le dois qu'à moy, et j'en ay eu la premierepenséeà
de 18 ans comme j'ai témoigné [alors] < un peu apres > dans
l'aage
un discoursimprimé Et commeje suis asseuréqu'il n'y a point d'in-
ventionqui approchede celle cy, je croy qu'il n'y a rien de si capable
d'eterniserle nom de l'inventeur.Maisj'ay des raisonsbien plus fortes
car la religion que je suis exactement, m'asseureque l'amour
d'ypenser,
deDieuconsistedans un desir ardentde procurerle bien general, et la
raisonm'apprendqu'il n'y a rien qui contribued'avantageau bien general
detousleshommesque ce qui la perfectionne.

PHIL.,VI, 11, a (un coupon). Pn!L., VI, n,a.

novembr.82.

Regulainveniendimea est ut aliquidprœstiturus~ examinemobjectiones


eorum,qui id probare conanturfieri non posse; solutionesenim mihi
modumaliquemprsestandiquaesitumpnebent~aut certe aditumad ipsum.
Ita Mariottusprobareconatur [radios] colorespermanentesdiverse esse
ab Emphaticisoriginis et naturagidque eo argumento, quia nulla in
permanentibus notatur evagatioextraleges refractionis.Ego igiturexpli"
caturus originempermanen- tium, hanc objectionem solvere sum VcMo.
conatus,et notavi evagationemillam non posse deprehendinisi in radio
solido< colorato> magnoseu notabili,non verbin exiguis,qualessunt
illi qui formantcolorespermanentes.Radiumautem solidumvoco, qui

i. Cf.LBtt~·eà Oldenburg (Pl:il., VII, ¡ 1; l3riefiueelael, l, 100); LetE~·eaà G~~y,


Galloys,
décembre ~678(PM., Vtï, B3;
décembre1678OM6M&M~ (P/t~J~
Math., Ï,
n 187) etP/
~«~Me/ VH, too); 2o5.
I, aoï, L~'e
a. Cf. VÏÏ, t4, ty, 20, 27, 33, !74. ~7~ so~ ao5, et Z.<<? à Z!oM~«~
~09 (Phil., 111,5~5).
3. Allusion nu Df eoM~~d~o~t~(t666).
l58 METHODUSDOCENDI

a.
PuH. Vt, tt, a. umbra terminatur, ut qui per foramen admittitur, quales sunt
plerique
radii coloratorumpermanentium,quia veniunt à corpuscuHs
pellucidis
constitutisinter opaca.

Un autre coupon

Tn~M inveniendi. Si quid duobusmodis inveniripossituno


pera
b. c. d. altero per a. b. c.d. c, poterit reperiri per e <~ simul > et tria
reliqua ex his a b c d uno < aliquo > omisso. Non est tamen regula
generalis.Si quidinveniripossitper~. b et per~. e. dabitur relatiointera.
b. et d. e. undeex duplicimethodoidem inveniendinovum
aliquiddetegi
solet.

Pan. VI, ït, ).


b. PniL.,VI~i i, b (3 p. in-folio).

(Methodus ï mihipropositumesset[Chinensem]< Americanum> aliquemin


S
docendi). has orastempestatedelatum,<( vel etiampuerumvixinfantiaegres-
sum >, non vagoloquendiusu, sedcerta methododocerelinguamnos-
tram et cum lingua scientias; ostendendaeipsi essent <~ crebrô > res
[varias]<~ plurimas>, rerumquestatuset mutationes, adjectacujusque
appellatione.Sed in nominandisrebusservariposset ordo duplex, unus
aptus ad usum, ut quamprimumdisceretcum nostris hominibusconver-
sari, alter aptus ad accuratam rerum cognitionemcum verbis compa-
randam. Et quidempraestaretambos conjungereinter se, quàm alterutri
soli insistere, ne aut vulgaribustantùm notionibus imbutus de integro
postea scientiisanimumapplicarecogatur, duplicatotempore ac laborc,
ne dicamanimoper confusasconceptionespraeoccupato;aut à principiis
verisquidemsed remotisrerumin medio positarumincipiens, toto ins-
titutionis suaetempore prorsus omni studiorum fructu careat, similis
magnificumstruenti palatium, qui medio temporesub dio agere, quàm
aèdesmédiocresingredimallet.
(una popularis.) Et Methodusquidempopulariorhaseforet, ostenderem,< aut ostendi
curarem,> homini quaead pietatem et mores, ad victum et amictum,
ad defensionemsui, ad obtinenda alinienta, ad colendasamicitias,ad
commerciumcum quibuslibethominibus,denique ad vitaecommoditates
pertinerent. Efficeremqueut experimenta statim caperet eorum quae
METHODUSDOCENM ï59

licet, cetera describerem illi per ea quae PH!L., V !, t~ b.


commodèexperiri
promtèet monita utilia L
et < > darem, hominum longa
expertusesset, complura
constituta, haec enim sunt de quibuslocum habetilludAris-
observatione
oportet discentem credcre.Deniquein his omnibus
totelispervulgatum,
sensuum, observationum, ac traditionum,quàm sdentix et cau"
magis
sarumrationem haberem.Et huic methodo majorem temporispartem
et horas maximèpostmeridianas,sumta non tam magistri
impenderem,
familiarisp ersona. Methodo autem sublimiorinon nisi paucos
quam
dies, nec nisi paucasillorum dierumhoras darem.Nam quae
septiman~
observatione ac tfaditionediscendasunt, multo tempore ac laboreindi-
at nihil est brevius faciliusque scientiisipsis, si rectètradantur. P. j 2.
gent
At Methodus scientifica, < maximèperfecta> [cujus gratiaista < (altera scientifica
t <;perfectîor>.)
nuncscribo],incipiet non à posterioribus natura atque compositis et spe-
in sensus incurrunt, sed à < notionibus et veritatibus>
cialibus,qux
maximesimplicibusac generalibus,< quaeprimum intellectuiobver-
santur,> unde paulatimad notiones specialeset compositasdescendit.
sive combinatoriee artis sequitur, quœ ostendit
Legesquesyntheseos
vari~ species ex summis generibus inter se compositisordine
quomodo
et
exurgantet definitionesinter se et cum axiomatibusobservationibus
hypothesibus jungendo theoremata oriantur. Hac Methodo Synthetica
semelh aberetur) nihil foret clariuset faciliùs.Sed antequam consti-
(si
tuanturejus Elementa,hoc est summa genera seu primasnotiones, et
< simplicissima > axiomataalisequeprimasveritates,opus est analysi
di~ciliac diuturna,quamMagisteripse secuminstituerecogetur,ut pul-
cherrimailla synthesiapud alios uti possit,quibus< sane > multorum
annorumlabore collectosfructus paucis horis tradere potest. Valde
autemerrant qui putant AnalysinSynthesipraestare,cùm analysis ad
synthesinperfectaminveniendamsit comparata
Ex bis etiam patet Methodumpraecedentem ad usum vitasdirectam (comparatio
bene utriusque.)
fineincipere,qui est felicitas, et media quaerere vivendi, quaeple-
raquenontam per rationes quàm experientiassuncinventa, at Methodus
perfectioripsamrerum naturam, potiùs quam usum hominum respicit,
etreseo ordine percurrit,quo etiamangelusuteretur, (quatenus scilicet
nobis angelum imitari licet) si angelus scientias nostras perlustrare

I, 26,c,d; 27,b. VoirLa Logique


i. Cf.MATH. p. 286sqq.
deLe!&Mt~,
l6o METHOMJS DQCENM

PHtL., VI, !Ï, b. veUet'. Intérim hac ipsa Methodo qu:e nullam utilitatis, sed tantùm
veritatisrationemhabet, nihil Rïturumesset utilius, si modo haberetur
nihil enimad sapientiamet foelicitatemefficaciusest quàm causasrerum
F nosse, <; ita enim > sciemus quid nobis expetendumsit, et quibus
P. 3.
modisexpetitaefficipossint.
(de scribendis 1 Optarim autem utriusqueMethodiscriptoresextare <~ et primum
i humanae vitm
quidem > esse qui populariter sed vere tamen et diligenter tradant
` Agendis pro
méthode popu- Agendavitae < (quo titulo memini prodire non ita pridem libellum
1
larî.) Gallicuminscriptum Agendades honnestesgens) >, seu ut Georgius
t
Val!a <; in scriptioneoperis sui ~> vocabat, expetenda et fugienda;
eaque adaptata tum hominibus in universum,tum deinde variis vitx
S
< generibusvel ut vuîgô vocant professionibus.Unius autem ea res non
foret, sed opus essetmultorumconspiratione,et pr~tereaingenti numero
a
u:F figurarum, quale quid alibi sub Atlantis Universalisnomine concepi
atquedescripsi2, quanquampro scopo nostro Manualetantùm aliquod,
gtt

f
v
tanquamcompendiummagnioperis, sufficereputem.
(de analysi notio- Sed ut sdentiae perfectètradantur opus foret accuratis terminorum
num pro Me-
thodi perfec-
omnium qua licet definitionibusac significationibusvocabulorumbene
tione, et quàm constitutis <; tanquam si de integro linguam aliquam condere vel-
¡ utile sit 6ngere
Í
nobis
lemus >, quod ut fiat rectiùs, fingamusquod initio dixi hominemallo-
t docendum
é hominem 1m- glosson, Americanumputa aliquemingenio et discendicupiditatenon
S gu<e nostrœ carentem, sed nostri sermonisprorsus ignarum nobis dari docendum,
S ignarum.)
cogitemusquequanam ratione illi significationesvocabulorumtradere
quàm accuratissimè possimus; eadem enim opera animadvertemus
<; tum > qux sit vocabulorum significatio,<~ tum > quomodo
1 ]notionesaliaeex aliis oriantur, quod est omnis scientimcaput. Itaque
consideremusquomodo effecturisimus ut ille homo intelligat,quid sit
Ens, aliquid, Nihil, Substantia,Qualitas,Totum, Pars, Actio, Passio,
aliaque hujusmodi generaliora; qux considerationos faciet evitare
inanes circulos, quos plerumque in his rebus decurrimus,figeturque
animus et ad certas quasdam constantesque notiones constituendas
cogetur.Quod quanti momenti sit, pauci capiunt, quia pauci conside-
rant, quanti sit prima in omnibuselementaconstituisse.

ï. Cf.p. g~ notez.
2. V. PHIL.,VII, A, 3o Atlas MMW~M/M.
DE ARTE INVENIENMÏN GENERE t6ï I

PHïL.,VI, 13,b, ~-5 (4 p. in-foJ.). VI, !2,b,


PH!L.,
~-5.
De Arte inveniendiin genere.
BSERVANDUM ut in quaerendonunquamlaboremusfrustra, quod fiet ¿<).recto.
si id agamusut etiamsiid quod quaerimusnon invenimus,semper
inveniamusaliquid.item ut inter qu~rendum sciamus,nos semperpro- ¡

accessisse a d id de quo agitur, et quod si ergo sciamusartem semper


pius
necessarib ad id de quo agitur perveniemus. Hinc agemus,
progrediendi
ut is qui quseretaciculam,nam non huc illuc (nisi forte initio) oculos
sed ordine omnia loca sic percurret, ut certus sit se amplius
conjiciet,
adea loca in quibus jam fuit revertinondebere. De difficultatein partes
dividenda,ubi anatomicaopus est non dilaceratione, et proinde nihil
nisi ostendentur juncturae rerum. Magn~ imprimis artis est diffi-
agitur
cultatemita dividerein partes ut una difficultasab aliasit independens,
est ut
alioquiapparentertantùm difficultatemdivisimus.< Et videndum
parssitfaciliortoto >
in quserendosaspeobservandajustitia, ne sine ratione unum alteri
prae~eramus seu ut nihil faciamussine ratione. Hac Methodo perfectè
observatasemper veniemusad optimasvias. Seddifficileest eamsemper
observare quando necessaribcogimur eligere, nous ferons que chacun
ayeson tour.
J de usu characterum ad abscindendas i nutilesconsiderationes figen-
damqueMentemet proinde celeriter procedendum.reriectiores sunt
Methodiquaefieri possuntproprio Marte sine libris. item
Methodusinveniendiperfecta,si praeviderepossimus,imb demons-
trare antequam rem aggrediamur,nos ea via ad exitum perventuros;
perfectamagisilla quaenuUisutiturtheorematisapud aliosdemonstratis,
vel problematisab aliissolutis. Conscientiasua cuique dictabit, an ejus
Methodusfueritlibéra casu, seu an ad eam fuissetperventurussi non
aliquidaliud prsenovissct.Cùm utiliaquaeramus,meritoomnibusutimur.
Cumexercendiingeniicausaquasfimus,quoadlicet tentaredebemusvias
perfectas.
J Noio hic agere de inventione extemporaneaquia non utilitatibus
ï. Allusionà la règlec&rtësienne de l'analyse.
ÏNÉDÏTa DE t.NBînz. II1
DE ARTE ÏNVENÏENDÏ !N GENERE

Ptn~VJ, t2,b, 4. privatis sed publicisscribo, item nondum possumsatis agere de


optimis
viis. }
Q~aerimusvelintègre scientiaeejusquepartis constitutionem,vel
qu~.
rimus aliquidparticulare.Et rursus vel quaerimus
demonstrationem,vel
quaerimusenuntiationem. Et rursus vel quasnmusenuntiationemqua
aliquid quassitumdeterminatum praesiatur, vel qu~nmus in genere
Enuntiationemaliquamelegantem.Priusest quaerereproblema,
posterius
qua~rereTheorema.
Reductiogeneris ad species,et quasdam,sed maximeutilisreductio
generisad unicamspeciemmHmam.}
Methodus [inveniendi]quaerendiduplex est vel Synthetica< seu
Combinatoria> vel Analytica'.Ex quibus Analyticaest difficilior,Syn-
thetica longior. Analyticainterdum per naturam rerum exitum
reperire
non potest,syntheticasemper.Exemplumubi Analytica<(sola >exitum
reperire non potest in arte deciphrandialiisque casibusubi condendoe
sunt Tabulaeet percurrendascum scire volumusan datus numerus sit
primus;et examinamusdivisorespossibilesordine.
Duplexmodusconsiderandi,velut ab uno genere incipiamus,caetera
nobis suppeditentdifferentias,vel ut omniaaequèet generaet differentias
consideremus,et ex iis combinationefaciamusordine intermediapariter
et ultimaomnia. J
De miro quodaminventosyntheseosanalyticas,quando ea omnia
qu<e
alioqui singula essent percurrenda possumusconjungerein formulam
generalem,quaecum videaturesse species, reveraest genus, seu genus
aliquodredigere ad formamspecici.< quod fit ope spedei plenissima:
< seu maximecomposite> cumcaeteraomnessunt hujus Ellipses.>
De Tabulis seu inventariis, artis [Analyticae]< Combinatoria:>
subsidio.
De divisionibuset subdivisionibus,necessariisad inveniendasTabulas
seuomniumspecierumenumerationem.
{ De diversismodis dividendiet subdividendiut habeanturdiversis
modisgenera subaltema }
De pluribus condendis Tabu~s ut eadem multis diversis modis
appareat.
i. Cf. les fragments MATH.,I, a6, c, d; 27, a, et le fragment suivant.
2. Cf. PHtL.,VII, C, 6~.
DEARTEÏN~NÏENM ÏNQENERE ï63

De Ramistarum Tabulis et de aliorumdoctorumet Zwingeri.loves- ïPHM.V!,t2,b,


j ¡

dgandaTabularumandquitas.
Exhibidones sunt vel [sénés] < columna~>, vel ngurïe,vel Tabulae.
De Columnisseu seriebussimpliciterexhibitis.
De inventariisseu variis earundem rerum coordinationibusseu
indidbus.
J De perfecta inventione omnium specierum etiam subalternarum,
quodfieri non potest per dichotomiasnisi pluribusmodis institutas,sed
tantùmper combinationema priori 1
J De figurisitem Modulis,ita is qui volet exstruerefbrtiâcauonemL< 4 verso.
utiliterconficietModulumomnes loci elevationeset incommodareprae-
sentantem,idem hoc modo &cilë poterit vanis modis eum redigerein
perspectivam.Hue de condendo Atlante Universali seu opere figuris
constante,item de Theatro Nature et Art~ .eu de Modulis rerum
ipsarumconservatoriis<; vivis mortuisve.Mortuisubi exuviae,avulsa,
vivis,ubi res agereet crescerepossunt,secundumsuamnaturam. >
DeRepertoriisseuIndicibusqui vel exhibentpropositiones,vel saltem
quaestiones aut capitatractationis terminorum
vel solumTerminosipsos.
Debis qui Bibliothecasedidêre, seu catalogoslibrorumac de non inutili
consilioeos colligendi.
DePhotianoopere.
De regulaartis [syntheticae]<; combinatoria>, ut incipiamusa sim-
plicionbuset generalioribus.Ut procedamus semper per facilia, nec
unquamprogrediamurper saltum, imb ut revera nunquam quasramus
aliquid,sed potiuspatiamur nos à rei natura duci. Vel si quaerimusali-
quid,ut sciamusid essepraeforibus.
De progressioneserierum, quandocunqueprogressioneminvenimus
opeTabula:a posteriori,utile quidemaliquid et prasclarumegimus,non
tamen processimusperfectè, poteramus enim eandem progressionis
legemreperire à priori, quando eam demonstrarepossumus,indepen-
denterà Tabula. Rare inventioliberaest ab omnicasu. J
Invenire progressionisLegem utile est edam pro consideratione
omniumspecierum,simul enim omnesconnexuimus.
Cf. PmL.,VII, C, 64.
a. V. Pan. VI!, A, 3o ~~s MtttMrM~s.
~4 DE ARTE ÏNVENïENNÏN GENERE

Pttu.V!,t2,b,4.~4. Quaerendaest talis connexio specierum ut simplicioresserviant


ad
compositiores,et quoerendum quomodo omnesiUœex his oriantur.
Qpaerendatalis origo specierumex se invicem,ut demonstrari
possit
ope hujus originis omnes speciesordine haberi. Ita qui Methodumper
focos omnes curvas repraesentandihabet pro bona demonstrare
debet
omnes curvas hinc prodire, id est data curva semper
posse reperiri
numerumfocorum. 1 Producenda demonstratio,quodomniscurvaAtge'
braicahabeatcertumNumerumfocorum. Et si quis eam nondumhabeat
sed postea quaerat,non perfectavia in hoc incidet,
quia debet inventio
accuratasecumferre suam
denmnstrationem.j
Methodusenumerandinon est perfecta, in qua non prodit determi-
nataaliquaratio, ex. g. commentioCurvarumTranscendentiumper curvas
vel Evolventesunam vel plures, nam quaelibetcurva transcendens
per
unam, quœHbctper plures.Sed illud essetinvestigandum,si curvatrans-
cendensnon potest exhiberievolutioneuniusalgebraicae,an
possitexhi-
beri ope duarumalgebraicarum,an ope trium, etc. Et tuncverahaberetur
Methodus.Seu demonstrandumesset prodire omnes curvasTranscen-
dentes, si pro focis adhiberenturordine curvaealgebraicse,vel salteme<e
curv~ transcendentes,quaejam per algebraicasevolutassunt
descriptx.
Enumeratioautem sic esset instituenda, ut primo exhiberenturomnes
Transcendentes~actaeevolutioneuniusAIgebraicae;deinde combinandïe
essent A!gebraicaeomnes inter se ad producendasalias Transcendentes
per solamAlgebraicarumbinionem<; ubicomputoet cumpro una Alge-
braica sumantur puncta >; ubi notandum foret an et
quaîiterumpro-
dirent transcendentesanteapositasquassola unius evolutionenat~eerant;
deindeprocedendumesseteodem modo ad Algebraicarumternionem,et
ita porro. Denique eodem modo tractandaBessent Transcendentesad
producendasTranscendentesaltiores.
5 recto. j De usu Artis combinatorias qui est scribereEncyclo-
prmstantissimo
pa:diam.
Qui Multavaldeà se invicemdiversaet valdedifficiliaqu~rit, is &ci-
Hus ea inveniet, cum aggredieturintegram Encyclopaediam~ vel saltem
integramscientiam,in quaipsacontinentur,quàm siquasrateasingulatim.
Hinc si possemusinvestigare[veram]< aUquam >
originemglobi
terreni, seu modumquo potuissetrevera intelligigeneratus,faciliuspos-
semusreperirenaturumplantarumet animaliumquàmalio modo.
J
-U'<
DE ARTE INVENIENDI IN GENERE 16 5

Siquseramus aliquidin quo inter se conjungunturquidam conabimur F PHu.Vt,<&,b,5.. 1

quendam modum originis, ambobus communem, ita quaeremus


fingere
unum quendam
aliquodsolidum cujus sectioncs sint haec ambo, vel
Motumubi ambo simul prodeant, vel unum ad altcnus descriptionem
serviat.
De scribenda Encyclopaediainventoria, cujus ope appareat origo
inventionis< potissimarumquas habemusveritatum>, eaque tam
syntheticaquàm analytica'.
De praedicamentis Artis CombinatoriaeUniversalis,seu de dictionario
formatoex Alphabetocogitationumhumanarum.
Cum in6nitaesint propcsitionespossibiles,annotanda maximesunt
Theorematapulchriora,seu ab ex valdemultiset valdedissitisaliquid
prodit valde breve. Item series mtegrae theorematum I
infinitoe. tem
annotandasunt problemata.Et ex caetensexcerpendautilioraad progre-
diendumin cogitando.Ex casibusvariis excerpendiilli qui continent
aliquidunicumseu praecaeterisdeterminatum,ut cum agitur de Maximis
et Minimis.
MethodusAnalytica raro pura est, sed plerumque habet synthesin
mistam,ut si machinamparem, et quia meminiusum rotse coronanae
et Tympanialiunde notum baseinter se conjungam,erit synthesis;sed
si meditandinecessitasme cogat uti rotis quibusdamin medionon sus-
tentatisnec axem habentibus,cum scilicetin medio motus aliquisliber
postulatur,ut in instrumentoillo Textorioquod Spigilicumvocant, tunc
cogoruti rota suspensainter duas alias, solisquedentibussustentata,et
hicinveniendimodusest purè analyticus.
AnalyticaMethodusin eo consistitut nihil aliundeassumamus,nec
etiamaliquidassumamusquod ad solutionemejus de quo quaeriturnon
sit necessarium,id enim non potest praestareMethodus Syntheticain
specialibus,semper enim [vel casu utimur, vel] pluribusquàmopus est
utimur,nisi forte casu contingat,ut in ea quibus solis indigemus,inci"
damus.In AnalyticaMethodoid quod quaeriturconsideremusanteomnia
an ex bis conditionibusex quibus quseritursit ita determinatum,ut sit
unicum;an verô infinitasvel infinitiesinfinitashabeatsolutiones,an verb
t. V.PHM.V,7 Consilium novaconscribenda
noyaCOMNCH~M<<<!
deJEHC~C~Op<P<<t<!
rclopoedia MC~O~OMP~M-
inyon-
methodo
toria,juin t679(p. 30).
Z. Sic.
M! ARTEÏNVEMENMÏN GENERE

Patt.V!2,b,5. sit determinatumad certos casus.


Q~riturque vel determinatioomnium
vel quorundamtantùm. Si
quxritur aliquodtantbm,excogitemus scilicet
determinationescum prioribus determinationibus
compatibiles,quod
saepemagna:est artis. Quanto ~jtem rem magisdeterminatam
reddide-
rimus, eo faciliussoivemus, non semper
possibileest determinationes
reperireperfectas.quodetsi nondum demonstraverim à priori, videotamen
à posteriori,nam alioqui omnes irrationalesforent
rationales.Quando
vel non possumusreperire
specialioresdeterminationes,tunc videamus
an liceat forte generalius
aliquod problemaconcipere,quod istud com-
prehendat, et quod sit solutu facilius isto. Ita tangentem < ex
dato
puncto > qu~rens, cogitet id nihil aliud esse, quàm
qu~rerc rectam
quaeex dato puncto eductasecat in duobuspunctiscurvam, ita ut inter-
5 verso. vallum sectionum
sit datum;quodsi hancpropositionem1 solverit,uti
semper facile calculo solvi potest, inveniet casum Tangentium esse
solummodospecialem,cum scilicetdatarecta est minima seu
punctum'.
Quando per methodum Epagogicamreducimus
problema unum ad
aliud, vel reducimusad problema simplicissimum,hoc est ad
postu-
latum, vel ad problemaquod rursus reducipotest. Indicio
opus est, unde
colligipossit problemaad quod rem reduximusessepriore facilius.
Si duorum problematumex se invicem
pendentiumunum tale sit, ut
ex eo appareatpossibilitasaut
impossibilitas,ex altero vero non appa-
reat, tunc illudest simplidus.
Contra tamen si problemahabeatdata
abundantia,faciliusest solutu
et nihilominusdubitari potest an sit
possibile,seu an data superfluasibi
non contradicant.
Si duorumproblematumalterumhabeat
ingredientiaeodem modosese
habentia, alterum diversa, quaeriturutrum sit facilius. Sanë in homœo-
ptotis difficileest eligere,attamen est in ilUsquasiabundantia
cum idem diversis viis qua:ri quidam,
possit. In allœoptotisipsa natura videtur
exhiberequod eligamus.
Omne problemapaucorumcasuum, aut in
quibus plures casussunt
inter se coincidentes,est facilius.
i. Cf. De la Méthode de
3. La suite est d'une autrel'Universalité, S aï (p. 105).
encre et d'une écriture plus fine.
DEÀRTEÏNVËNÏENN !6?

pHiL.,VI, !2, c, 6 (s p. in-folio) pPH!L.,VI, t2,C,6.

Dansle coin gaucheen haut, une date effacée 1669(?)

Tf"~uAS partesinvenioArtisinveniendi,CombinatoriametAnalyticam
i~ Combinatoriaconsisdtm arte inveniendiquasstiones;Analydcain
arte inveniendiquaestionumsolutiones.Saepetamen fit ut quaestionum
quarundamsolutiones, plus habeantCombinatoriaequàm analydcae,ut
cummodus quaeriturefficiendialiquidin re naturaliautcivili, tuncenim
mediaquaerendasunt extrarem. tn summa tamen quaestionesinvenire
combinatorias potius,solvereAnalyticaeest.Duoautemsunt generaquass°
tionum,aut cum quaeriturmodusaliquid <; indagandiaut > efficiendi
futurussive prasteritus,aut quaeriturveritaset exameneorum qusesunt
ab aliis indagataaut effecta.Et inter haec duo tantùm est discriminis
quantuminter artem bene scribendivel loquendi,et inter artem bene
de scriptisjudicandi. Examenautem eorum quas indagata sunt; pure
analyticum est; sed ars ipsa indagandiaut efficiendimagis combinatoria.
Hasetamen rursus distingui possunt curatius. Nimirum accuratè
loquendoAnalytica est inquisitio eum rem ipsam quanta possumus
exactitudinein partes secamus; observatis morosè situ, nexu, forma
partium,et partium in partibus.Syntheticasivè combinatoriaest, cum
aliaextra rem ad rem explicandamassumimus.Ita anatomeanimalium
analytica;at animaliain Machinapneumaticasuffocare,et postea disse-
care combinatorium. Distillatione examinare liquores, analyticum;
injectisaliis liquoribusaut pulveribusfermentationem<~ aliam ~> exci-
tantibuscombinatorium.Dices etiam ignem in distillando,cultrum in
dissecandoextrinsecusadhibita. Ita est fateor, et <; qui ~> primus
artem docuitsecandi cultro, aut igne liquores in vaporem evehendi,
haud dubiè combinatorix opus peregit; sed nunc vulgato horum ins-
trumentorumusu, perinde habendum est, ac si ignis liquori, culter
cadaveriperpetuo annectus appictusveesset, cum idea unius ideani
alteriussemper offerat ex quo eas duas res ex humano arbitrio tam
ï. Cebrouilloncontient,outreun plande l'Artd'inventer(diviséenAnalytique
etenCombinatoire), un projetd'Encyclopédiethéoriqueet pratique,fondéesurla
langue oule «caractère philosophique.
2.Cf. MATH.,I, 26, C, d; 27 b.
3. Mot répété par erreur dans le ms.
'68 DEARTËINVENÏENM

PtHL~VÏ, t~C,6. sacpe conjunctas nostris temporibus experimur. Undc tractu temporis
quidam operationesquas erant antea combinatorise,fient analytica-
pervulgatoapud omneseo combinandimore, et tardissimocuivisoccur-
rente. Quare proficiente paulatim in melius genere humano, effici
poterit, < fortasse post multa secula >, ut nemo ampliusà judicü
exactitudinelaudetur; arte analyticaquaenunc vix in mathematicissatis
rectè et generaliteradhibetur, unîversalireddita, in omni materiarum
genere, introducto characterephilosophico,qualemmolior; quo semel
recepto rectè ratiocinari, dato < meditandi> spatio, non erit magis
laudabile,quam magnos numerossine lapsu calculare.Preetereasi cata-
logus historiarum, sive < relationum>, observationum,experimen-
torum fidelis eodem charactere scriptus accedat; et <:
majoris mo-
mend > theoremata(: velut compendiacalculi ex characterevel solo
vel cum observadonibusducta, adjiciantur;fiet, ut artis
quoquecombi-
natorix laus peritura sit. Neque tunc :IUasstimabuntur,
quibussumpto
meditandispatio aliquid invenire aut discutere datum est; cum id in
medio posimm sit futurum; sed lUiquibus extemporanea
analyticaaut
combinatoriaest. Illi vero qui tardioressunt, tum demum
a~stimabuntur;
si tanta in illis sit velut inquirendipertinacia, et
penetrandiimprobus
labor, ut vixalii eum meditandilaboremtolerarevelint aut possint.Unde
si eos qui nunc in pretio sunt reviviscere
fingeremus,post Leth~os
haustus; non idebminus tunc quoque magnosviros fore putandum'est;
nam spretis illis quasnunc ab ipsis inveniuntur,
îongiùs quam alii tune
quoquenon minus quamhodie penetrarent;nec dubitaremArchimedem
si nunc m vivis esset, admirandadaturum; cùm Quadratura
parabole
dimensionesqueconi, et superficierumsphasricarumaut conicarumeo
tempore non minus difficilesfuerint, quàm nunc abstrusissimse analy-
ticaesunt indivisibiliumindagationes.
Neque ergo ideb paucioreserunt
magni vid imposterum,quod tam multa jam ab aliis occupata sunt.
Contraenim alioruminventisvia illisad longè
majora sternetur; et ipsa
in scientiisaut scientiarumpartibusjam pene tritis, novorum
sterilitas,
ad difficilioracoget; magnogeneris humani
bono, cum infinitasemper
restent, nec nisi œgre ad vestibulausque per media senticetaperrepse-
rimus. Portas autemtum demum apertasfore
putandum est, cùm ipsa

Cf.pHiL.,VU,B,n, 53.
MARTEÏNVENÏENM ï6g

ars inveniendiin claraluce posita erit; id est cum Characteraliquisphi- pPH!L.,VÏ,!?,C,6.


r ecipietur Cui si adjicianturtheoremamemorabUia, idem
losophicus
erit ac si dictionariocuidaminsigniphrases quaedamselectioressubjice-
sive
rentur et quemadmodumpost dictionaria[narratiunculaequidam
historiéeutiliter coinponuntur; ita prêter Characteremphilosophicum
erit Historia quoque temporum locorumque, indicibus variis
opus
et], < Apparatus quidamproponuntur juventuti >, in quibus
inprimis,
fabulas, h istorias, nomina propria, et quaedam scientiarum rudimenta
discant ita opus erit accurato labore, multisque conspirantibusHisto-
riam generalemqualemimprimis Baconus optavit; quae dum fit, aut
etiam ubi facta erit, compendium condihistoriarumselectiorum
Ultimumomnium opus erit, de Felicitate, )1 sive de scientiavitae,inL 6( verso.
usus reliquorum omnium, et problemata quae eorumt
quoostendatur,
ordine dispo-
ope constfui poterunt, non subjectorumsed effectuum
nentur.Sed quoniamfelicitasquaedamjam tum in nostrapotestateest;
ideoliber hic ultimus; ad usum erit omnium primus. titulo Scientim
~OK~, Sapientiaet felicitate.in quo ostendetur,posse nos esse
semper b eatos; et tamen alios atque alios beatiores; et augendae beati-
tatismediaquaedam,in quo artium omnium usus consistit.Itaque hase
eritvera doctrinadeMethodo,nontamquaerendiveritatem,quam vivendi;
cum ssepeenim illud de hominibus dici possit, quod Lucanusde
populisquosaspicitarctos, quos ait, felices~o~o. Et Cicero deeodem
quoLucanusargumento,immortalitateanimae,noile se sibi huneerro-
remeripi. Itaque si quis demonstrationessane certissimasnon perspi-
ceret,rectissimèfaceret,si contra dubitationesobfirmetanimum, et ubi
primumingruunt, aliô convertatcogitationes;ita enim utique consulet
tranquillitatisuœ. Liberautem de sapientiaet felicitate,sivede Methodo
vit~,primusomniumdandusest, ordinariosermone. in quo ipse charac-
terisphilosophiciusus ostendentur et caeterorumquoqueoperum, de
quibusdixi. Subjicienturomnium illorum specimina; communipariter
t. Cettemétaphore estl'anti-
rappellelafameusecomparaisonLeCartésianisme
chambrede la véritable ïa3; cf.P/<
H,ï, 263 ~~M<!MM,p.
(Dutenst
philosophie
1V,&58,a8&,337;vn,488).
2. ~tc, pour ifA~M'etM~.
3. Ici une lacune aisée à suppléer.
4. Cf. le CoM~t~MW de J?Mc~c~op<<~nova (notamment p. 40).
5. P~tr~M, Ï, 458-4.59.
6. S<c.
~7~ DE ARTE !NVEN!ENN THEOREMATA

PHM~VJ,ï9,C,6. sermone atque [ordinario]< philosophico>


expressa,sed non nisi
[ordinario]< philosophico> demonstrata.Quibus spedminibus
erit generishumanicollataopera dads
reliquaabsolvere.Nec jam aliudphilo-
sopho quœrendumerit, quam ut rationem reperiat, persuadendirecto.
ribus populorum,et aUoquivins insignibusut de executione
cœptorum
senô cogitetur.Porro quaehic de Combinatori~et
Analyseosdifferentia
dixi, inservientad discernendahominumingenia; nam alii
magiscombi-
natorii, alii magis Analytici sunt'. Ita etsi GaliÏ~us et Cartesiusin
utraque arte excelluerint,plus tamen in GaHbeoCombinatoriae, in Car.
tesio Analyticae.Géomètre et Jurisconsulti
Analyticimagis,medicivero
et politiciCombinatoriisunt. Plus est securitatisin
Analytica,plusdiîfi-
cultatisin Combinatoria.
Mariottusdicit ingenia hominuminstar sacci
esse, quem inter medi-
tandum tamdiu agites,donec aliquid excitat. Unde
quoddam esse for-
tunaein cogitationibusnon debetdubitari.
Ego addiderim,ingeniahomi-
num potius habere rationem cribri,
quod inter meditandum agitatur,
donec subtilissimaquxque transeant. Interea dum transeunt
speculatrix
ratio arripit quicquidè re videtur. Prorsus
quemadmodumsi quis fum
deprehendendicausatotam civitatemper portamquandamtransirejubeat,
eo qui furtum passus est in excubiis collocato. Sed
compendii causa
adhibetur Methodusexclusivaqualis transiti in numeris. Ita enim si
spoliatus asserat virum fuisse non fœminam; xtatisque virilis, non
puerumnon juvenem,jus prodeundi. ipsis remittetur.

PHtL., VI, ï2, d,


7.8.
PmL.,VI, 12, d, 7-8 (3 p. in.folio).

Paris, 7 Septembr. 1674.


Schediasmade Arte inveniendiTheoremata.
7 verso.
~TEM problematasolvendi tantum ab Analyticistractatamconstat.
Theoremataautem fassisunt omnescasu inveniri nam
quis mor-
talium prœvidere possit exitum combinationumvalde
compositarum;
constat autem ab eventu quodam
inexpectatocombinationesquasdam
it.Cf.MATH.,
Ï, &y,c.
3. Ici un mot illisible; on croit lire MMf?
ou omne.
DE ARTE INVENIENDI THEOREMATA Ï~t I

consequente, theorematumelegantiamoriri. Quare combinationesomnes ]PH!Ï.VI,I2,d~.


ordine instituere necesse fuerit, eleganteseventus extundere volenti,
non est in humana potestate. Superest sane nonnihil in Artis
quod
combinatoriae arcanis, quod huic negotio îucem affundere possit. Sed
hoca neminenon dicam erutum, sed ne suspicionequidemlibatumest.
MiMvero in mentem venit ratio, qua hoc saltem efficerepossim,ut si
quis propositoquodam argumento, theorema elegans a me postutet,
exhibendum intra certum tempus ausim dicere me satisfacturum.Tota
ejusrei ratio hue redit Quaeresolutionem Problematiscujusdam,valde
difficilisaut etiam impossibilis méthode quadamplausibili,id est in
multisaliis casibussuccedente.Incides in progressuin miras quasdam
atqueinexpectataseorumquibusuti volebascompensationessivedestruc-
tiones atque ita quanquam problema non solveris, theorema tamen
memorabiledetexisti. Ita video inquisitionem< Motus > perpetui
prxclarade~Equilibriotheoremataprotuîisse.
Egoquoquedudumobservâramproprietatempraeclaram,ictusdescen-
dentium.< Nimirumposamus > ictum corporisdes-
cendentisin subjectamlancemC, eoque motucatenam
exglobiscontinuatiscompositamita elevatis,ut Dpau-
lumelevatoipsi A succedensetiam cadat, A autem ubi
in locumB pervenerit in locum E subintret. Unde
sequiturictum corporisponderi totius catenaeaequiva-
lere,alioquinsi excederet,sequeretur motusperpetuus~.
Hocnon demonstrationemsane dat satis validam,sed
inquirendioccasionempr~ebet,nam posteademonstratio
Mis, theorematesemel oblato eademopera faciletheoremataprœclara
detegunturin Geometriaaut Analysi,cujus exemplumeorumapponam,
dumreduceretento aequationes<;locorum> omnesad duas aeQuadones
adcirculum.
Esteaequatipad Circuîum 8 recto.

+ + + + n o. Aeq. i.

Ces termes doivent s'entendre au sens algébrique.


s. Ce rahoanement n'a aucune valeur, et la conclusion en est hausse un choc et
un poids sont hétérogènes et < !ncommen8urabtes Dans la théorie des percus-
sions,on considère un choc comme développant une force instantanée ~t~f par
rapport aux forcesordinaires.
!~a M ARTE INVENIENDI THEOREMATA

PHM~VJ,ïa,d,8. Et alia ad Conicamquamcunque

~+ ~+My+~+~no. Aeq. (2)

AuferendoUnam ab altéra, fiet Aequatio ad Parabolam

~-t-My-f-t-~
–i .M –~n o. Aeq.(3)
Sive xa -Jt-M~t-p~

~'M
~i

Aequatio ad Conicammutetur in sequentem

jLy~~
M~ .y ?! -)-~W n o Acq.($)

Unde rursusauferendoCircularemnet alia ad Parabolam

+ &~ +~n o
fM~'W~~+
iy' Aeq.(6)
–1 i –M

S~e:
c. 4
+~y+~+~
n o Aeq. (7)
~t

Junganturdumaequationesad Parabolam~.taet yma, fiet <~ Aequatio


ad Circulum~>
<+?~ (+~
~+~
L~ ÎZve -L=~ .o <W n o Aeq.(8)
fM
7– T 7"
JL~: -L-& +
~M" ~W

m~ i-r 1~7 I
m W
THEOREMATA
DE ARTE INVENIENDI

P
PHM~V!d,8.
jam
Jam
––M
4-

I–n
I i~-t I
~<

/~r\ (q~) (~)-


\jM_/ M' ~) +
n
-)M
T+

facilè demonstr~tur 8.
oequationem
idem sit in c~tens, hinc
Cumquc
i.
nihitdi~efreab aequatione
mvemmus Theorema elegans quod an~cë
Eademqueopera
enuntiaripotest
t
W n
M––? -t-
n I
M~ + ~–M
-r

autem w.n. in pro arbitrio sumi possunt.


quêtâtes
eorum combinationealia <
8 verso.
semel Theorematis facile est
) Invenus theoremata
multa invenire.Exempli causa duo habemus

M––M
_+~ni
I

Etaliud: 1
< –I–ri i.
i I --E-a
'+~ jr
invicem additionem Summa fiet 2. Jungantur per
Jungantur per
erit o. multiplicationem vel divi-
substractionem, summa Jungantur per
i. Ac totidem habebuntur theoremata sane mira,
sionem,summa erit
si demonstrationes cxhibeas non indicato fonte, obstupefacies
quorum
aUquando lectorem.
Aliaratio est investigandiTheoremata. Scis proprietatemquandam,
sive ab alio demonstratam, sive casu et
vel solutionemelegantem, <
calculo analytico,vel ex Geometrico
inductioneinventam>; investiga
174 DE ARTE tNVENtENBtTHEOREMATA

PH!t.VÏ,t3,d,8. 8. ratiocinio, necessariotibi exhibebiturtandemeleganstheorema,quodte


ex calculiprolixitateinopinatoexpediat.
Sunt et aÏiaemethodiinvestiganditheoremata,per analogiamaliorum
jam invcntorum ita ex iis quae de circulo demonstraveratEuclides,
video Apolloniumde conicis conjectasscnon pauca,quas calculopostea
verainvenit praeclarusin eam rem usus est methodimeasde figurarum
harmonia Vide qux Gregoriusdixitin libro de Circuli, < Ellipsis>
ac Hyperbo!aequadratura,qua&suo quodam modo etiam ad Rectam et
Parabolamproducipoterant. Et ope theorematumconicorumnon diffi-
cileerit invenire Theorematamultapro gradibusaltioribus.
Superest methodus investigandiper inductionem, sed cum omnia
percurrerenequeamus,artis est eligereprœ cxteris examinanda,et hoc
jam reduciturad Analogiam;et in eo consistittota ars experimeoiorum.
Quanquamfateorvel nossimpliciterquaerereexperimentadato subjecto;
vel speciatimquœrcre dato phaenomenocausam, quod pecuÏiaris'est
opéra; eo enim pertinentquaede instantiiscrucisaliisque dixitBaconus.
Sed simpliciterexpérimentaquaereredato subjecto, hoc faciendumest,
ope jam cognitorumexperimentorumper analogiam.Analogiaautem in
eo fundatur, ut quas m multis conveïliuntaut oppositasunt, ea m datis
quoquevicinisad priora convenireaut oppositaesse suspicemur
ArsfaciendiHypotheses,siveArs conjectandidiversigenerisest, huc
pertinet ars explicandiCryptographemataquaepro maximohaberidébet
specimineartis conjectandipurœ et a materia abstractae,unde exempla
regulaeducipossuntquaspostea etiam materiasapplicareliceat. }
SuntExperimentaquasdam,quaepotius Observationesnominantur,quae
consideraritantum, non produci opus. Talia sunt experimenta quae
numeros considerantiofferuntsese; item observationescélestes, itemde
ventis, aestu;aliisquequaediscerepossumustantum interrogando.Et in
his nihil utiquenegligeredeberemus,quandotamfacileest ea addiscere;
opus autemest diariisin eam rem, ac velutTabuliset posteaTabularum
collationibus,ad harmoniasquasdamsive analogiasconstabiliendas.

i. Allusionà la Méthode de~'t/Mty~MM~ (Paît. y. ïo). V. notammentle § 4.6.


2. Onentrevoitdéjàicile principe
decontinuité,
dontlaformulela plusgénérate
du principede raison)est < Datisordinatisetiamquaesitaesseordi<
(corollaire
nata.<'(PAtf.,
IH,Sz cf.laformuledu principede raison,ap. PiHL., V1I1,6,verso.)
PROJET D'UN ART D'tNVENTER 1~5

C
Pmi~ VI, t3, e, 9-13 (to p. in-~). PHM.
9-ï3.
VÏ, t3,

Essais pour arriver à quelque ccr~M~c~oMr f inir unebonne


Projetet
des ~pM~ et pour avancer l'art d'inventer1.
Mr<~
T ES hommes ont sçu quelque chose du chemin pour arriver a la f) recto.

L certitude la logique d'Aristoteet des Stoïciensen est une preuve.


maissur tout l'exempledes Mathematicienset je puisadjouter celuydes
< romains>, dont plusieurs raisonnemensdans les digestesne
J.Ctes
differenten rien d'une demonstration.
on n'a pas suivice chemin, parce qu'il est un peu incom-
Cependant
mode,et parce qu'il y faut aller lentement et à pas comptés. Mais je
c'est~
parce qu'on n'en a pas sçules effets.On n'a pas considéré
croyque
dequelleimportanceil seroit de pouvoirestablirles principesde Meta-
de et de Morale avec la meme certitude, que les
physique, Physique
Elemëns de Mathematique.
Or j'aytrouvéque par ce moyen on n'arriveroitpas seulementà une
connoissance solidede plusieursimportantesverités, mais encorequ'on
une analyse qui
parviendroità [une].l'Art d'inventer admirable, et à
feroitquelque,chosede semblableen d'autresmatieres,à ce quel'Algèbre
faitdansles Nombres.
J'aymêmetrouvéune choseestonnante,c'est qu'on peut representer
parlesNombres,toutes sortes de veritéset consequencest. Il y a plus
de 20 ans que je [me fis un projet admirable]trouva la demonstration
decetteimportanteconnoissance,et que je m'avisa d'une methodequi
nousmeneinfalliblementà l'analysegeneraledes connoissanceshumai-
nes. [j'ay estésouventsurpris que les hommes ont négligé]commeon
peutjugerpar un petit traitéque je fis imprimerà lors8, oùil y a quel- g verso.
queschosesqui sententle jeune homme et l'apprentif,mais le fondsest
bon,et jy basti depuisla dessusautant que d'autresaffaireset distrac-
tionsme pouvoientpermettreIl.
i. Cet opuscule est de 1686au plus tôt (v. plus bas, et note 3). Cf. PmL., VI,
11,a.
2. Voir notamment les opuscules d'avril tGyg (Puït. V, 8, a, b, c, d, e, f; Pan.
VII,B, Il, t~).
3. Allusion au De Arte Combinatoria (ï666).
4..Stc, pour j'ay.
5. Cf. des passages analogues Phil., 111,62o; IV, io3. V. La Logique de L~M<T,
p. 48.
t~6 PROJET D'UN ART D'tNVENTFR

Pmt.,VI, ïz,e,o. Je trouva donc qu'il y a des certains Termes primitifs<~ si > non
absolument,au moinsà nostre egard,les quelsestant constitués,tousles
raisonnementsse pourroientdeterminerà la façondes nombreset meme
à l'egardde ceuxou les circonstancesdonnées, ou data, ne suffisentpas
à la determinationde la question, on pourroit neantmoinsdeterminer
[Metaphysiquement] mathematiquementle degréde la probabilité.
J'ay remarquéque la cause < qui fait ~> que nous nous tromponssi
aisementhors des Mathematiques,et que les Geometresont estési heu-
reux dansleurs raisonnemens,n'est que parceque dans la Géométrieet
autrespartiesdes Mathematiquesabstraites,on peut fairedesexperiences
ou preuves continuelles,non seulementsur la conclusion,mais encore
à tout moment, et chaque pas qu'on fait <<sur les prémisses > en
reduisantle tout aux nombres; mais dansla physiqueâpresbien desrai-
sonnemens,l'experiencerefutesouventla conclusion[mais]<~ et cepen-
dant~> elle ne redressepas ce raisonnement,et ne marquepas l'endroit
ou l'on s'est trompé; en Meta~ysiqueet en morale, c'est bien pis, sou-
vent on n'y sçauroitfaire des experiencessur les conclusionsque d'une
maniere bien vague, et en matiere de Metaphysiquel'experienceest
<; quelquesfbis~> tout à fait impossibleen cette vie.
L'unique moyen de redressernos raisonnemensest de les rendreaussi
sensiblesque le sont ceux des Mathematiciens,en sorte qu'on puisse
t0 recto. trouver son erreurà veue d'œil, )1 et quand il y a des disputesentreles
gens, on puisse dire seulement contons, sans autre cérémonie,pour
<
voir lequel a raison.
Si les parolesestoientfaitssuivantun artificeque je voypossible,mais
dont ceux qui ont fait des languesuniversellesne se sont pas aviséson
<

pourroit arriver à cet effectpar les parolesmêmes, ce qui seroit d'une


utilitéincroyablepour la vie humaine; Maisen attendantil y a un autre
cheminmoins beau, mais qui est deja ouvert, au lieu que l'autre deuvroit
estrefaittout de nouveau. C'est en se servantde characteresà l'exemple
des mathematiciens,qui sont propres de fixer nostre Esprit, et en y
adjoutantune preuve des nombres.
Car par ce moyenayant reduit un raisonnementde morale,<; de phy-
sique, de médecine~> ou de Metaphysiquea cestermes ou characteres,
on pourra tellement a tout moment l'accompagnerde l'epreuve de
nombres,qu'il sera impossiblede se tromper si on ne le veut bien. Ce
PROJET D'UN ART D~NVENTER ï77

est peut estre une des plus importantesdecouvertesdont on se soit PHn.VI,t2t8,tO.


qui
aviséde long temps.
Il seraa propos de dire quelque chose de ceux qui ont taché de
donnerdes demonstrationshors d~s Mathematiques.Aristotea esté le
en Logique, et on peut dire qu'il a reussi, mais il s'en faut
premier
beaucoupqu'il ait estési heureuxdans les autressciencesqu'il a traitées,
si nous avionsles livres de Chrysippe,ou de quelquesautres Stoïciens,
nous en trouverionsdes Essais; on peut dire que les JCtesRbmains ïo verso.
nous ont donné quelquesbeaux echantillonsde raisonnemensdemons-
tratifs.
Parmyles Scholastiquesil y eut un certain D. Jean Suisset appellé
le Calculateur,dont je n'ay encor pu trouver les ouvrages, n'ayant
veuque ceuxde quelquessectateursqu'il avoit. Ce Suisseta commencé
de fairele Mathematiciendans le Scholastique,mais peu de gens l'ont
imité,parce qu'il auroit fallu quitter la methodedisputes pour celle
descompteset raisonnemens,et un trait de plumeauroit epargnébeau-
coupde clameurs.<~ C'est une chose remarquableà mon avisqueJean
Scotvoulantillustrercommentles anges<~un ange ;> pouvoitestre au
cielet enterre commela renomméequi chezVirgile3

Ingrediturquesolo et caput inter nubila condit,


il se servit d'une proposition d'Euclide de l'égalité des parallelo-
grammes.>
RaymondLulle encor fit le Mathématicienet s'avisa en quelque
façon< de l'art > des combinaisons.Ce seroit sansdoute une belle
chose,que l'art de Lulle si ces termes fondamentaux[Unum, Verum,
Bonum]<( BonitasMagnitudoDuratio Potentia, > Sapientia,<~ Vo-
luntas,> Virtus, Gloria n'estoient pas vagues et par consequent ser-
voientseulementa parler et point du tout à decouvrirla verité.
Je ne me souvienspas maintenantd'avoirveu un philosophedemons-
trateurdu sieclepassé,si ce n'est que Tartagliaa fait quelque chosesur
le mouvement,et Cardan parlant des proportions et FranciscusPatri-
tius, qui estoient un homme de belles veues, mais qui manquoit de
t. Cf.PHIL.,
VI,Ï2, f, 27.
2. Suppléer ici des.
3.JTH6M,IV, 177.
tN~DÏTS DE MIBNÏZ. t2
!~8 PROJET B'UN ART INVENTER

PtUL.,V!2,e~o. lumièresnécessairespour les poursuivre.Il voulutredresser les façons


de demonstrerdes Geometres,il avoit veu en effectqu'il leur manque
quelque chose, et il voulut faire autant dans la Meta~ysique,maisles
forceslui manquerent;la prefaceest admirable de sa NouvelleGeome-
trie dédiéeau Duc de ferrare, mais le dedansfait pitié.
tt recto. } Maisc'est nostre sieclequi s'estbien plus mis en frais,pour obtenir
des demonstrations.Galilei a rompu la glace dans sa nouvellescience
du mouvement.j'ay veu l'ouvraged'un LincéeappelléStelliola,touchant
la dioptrique,ou je remarquequelquechose de la methodede proceder
demonstrativementen dehors de la Mathematiqueen physique aussi
bien que dans Kepler, dansGilbertet Cabeus.et Snellius,dont l'ouvrage
de Dioptriquen'a pas encor paru,maisdont les decouvertesapparemment
on ouvertles yeux à Mr. des Cartes.
Mons.Morin ayant publié un livre de la lumièreentrepritd'y donner
des demonstrationsde l'Existencede Dieu à la façondes Géomètres;en
mêmetemps Mons. des Cartes poussépar les persuasionsdu pere Mer-
senne entrepritde redigerles Metaphysiquesen formede demonstration,
mais s'il a jamais remonstré ses foiblesses, c'est là ou il l'a fait. Et
presque en même temps. Thomas Hobbes, entreprit d'écrire d'une
manieredemonstrativetant en Moralequ'en physique.Il y a un melange
chez Hobbes d'un esprit merveilleusementpenetrant, et estrangement
fbibleincontinentà p~-es.c'est qu'il n'avoit pas assezprofité des Mathe-
matiquespour se garantirdes paralogismes.
En ce même temps, le R. P. Fabry se mit aussi a ecrire demonstrati-
vement, on peut dire qu'il donne des lumieres et qu'il estoit un des plus
sçavanset des plus universelsde son ordre, mais il manquoitde la veri-
i i verso. table analyse; il alloitsouvent bien 1 cavallierement dans ses preuveset
s'ilavoitvoulufairemoinsde propositionset demonstrerplus exactement
cellesqu'il a donnéesil auroit pu faire beaucoup.
En Angleterre,un Anonyme1 publie un Tentamen Meta<pysicum
fort ingenieuxpour prouver que le monde n'a pu estre éternel, mais il
supposequ'un infini2 sçauroitesu-eplus grand qu'un autre ou bien que
l'infiniest une grandeui,ce qui n'est pas asseuré.
Le ChevalierDigbyentreprit encor de donner des demonstrationsde
i SethWARD. Cf. PH!L.,VI,ï3, f, 27ve~so.
2. Suppléer ici ne.
PROJET D'UN ART D'INVENTER
ïyg

l'immortalitéde l'ame, et son fidus AchatesThomas Albius qui estoit PH!L.,Vt,t2,e,tt 1

aussiexcellenten Geometrieet en Metaphysique,que M. Digby l'estoit


dansla connoissancedu Monde et dans la Chymie, a donné quelques
beauxouvragesécritsd'une maniere demonstrative.Je n'en ay veu que
sonEuclidemeta~ysique;il est asseuréqu'il y a des penséesprofondes,
maisil est trop obscur, il s'en faut beaucoupque ses demonstrations
puissentou convaincreou éclairer.
Enfin Spinosaentreprit de donner des demonstrations,celles qu'il
publiasur une partiedes principesde Mr.des Cartesfurentbien receues.
Il fautavouerque cet auteur a eu quelquespenséesbelles et profondes
maisil y en a d'autressi brouilléeset si eloignéesde la clarté des Mathé-
maticiens qu'on ne sçait que dire, et cependantil les veut faire passer 12 recto.
pourdes demonstrationsincontestables.Les demonstrationsqu'il donne
quelquesfoissont < extrêmement;> embarassées,et souventla propo-
sitiondontil se sert pour demonstrerune autre propositionest bien plus
difficile
que la conclusion.
Parmyles Aristotelicienson trouveencorde fort habilesgens qui ont
entreprisde fairedes demonstrationsdont il y en a deux qui ne sont pas
à mepriser,sçavoirAbdiasTrew mathématiciend'Altorf qui a reduiten
< formede > demonstrationles 8 livres d'Aristotede oysico audito,
etl'autrec'est JeanFelden, celuyqui est connupar un livrede
remarques
qu'ilfitsur l'ouvragede Grotiusde Jure belli et pacis et que M. Grass-
vinckelréfuta,il a donné quelquesElemensde jurisprudenceou il a
y
asseurementquelquespenséessolides.Il y a un très habileprofesseurà
IenanomméMons.Weigelius;quia publiéun bel ouvrage
appelléAnalysis
Euclidea,ou il y a beaucoup de belles penséespour perfectionnerla
logiqueet pour donnerdes demonstrationsen philosophie; entre autres
il a communiqué[donnéJa quelques amis un Essai
pour demonstrer
l'Existencede Dieu, fondéesur ce que tous les autres estres doivent
estre continuellementcreés il a aussidonné une
sphere morale fort

ï. Thomas Albius(ouAnglus) n'estpasThomasBARTON, commenousl'avonsdit,


surla foi du P. des Bosses,dansLa Logiquede maisThomas
WHITE V. Dictionary ~e~MM- (Note !),
(~93.1676). of NationalBiography, t. LIX,p. 79(London,
ïQoo).Nous devonscetterectification
à l'obligeance
et à ~érudition
de Moriz CASTOR
deHetdelberg.
2. Cf. Animadversiones ad
3. Ch ~VowMM~ Weigclium(Foucher de Careil, B, 146-170).
Essais, IV, m, § 20; et PmL., VII, A, 3o.
ï8o PROJET Ï/UN ART D'tNVENTER

PmL.,V!,t2,e,i2. ingénieuse,qui est une maniere d'allegorye [pour] d'expliquertoute la


morale,par le rapport à la doctrinede la spheredes Astronomes.Cette
sphere moraleest adjoutéeà l'Editionde Iena des Elementsdcjurispru.
denceUniversellede Mons. Pufendorfqui y a mis aussi
quelquesdefi-
nitions et Axiomesa la façon des Geometres.<; qui sont fort >
inge-
nieuses.
t2 verso. j Ramusa repris Euclidede ce qu'en suivantla rigueur des Demons-
trations, il a abandonnéla Methode qui paroist plus propre à éclairer
l'Esprit, mais < le bon > Ramus qui avoitvoulu changerla Methode
d'Euclide, n'a pas seulement perdu la rigueur mais encor la veritéet
l'exactitude.L'Excellentauteur des NouveauxEssaisde Geometrie a
joint en quelquefaçon la clartéde l'ordre avecla certitude.Mons. Mer-
cator, un des plus habiles Geometresdu temps a aussi donné des Ele-
mens de Geometrie, ou il fait voir par quelques Essais comment on
pourroitjoindredansla Geometriela clartéà la certitude.J'avoue cepen.
dant, si on ne peut point obtenir l'un et l'autre en même temps,
qu'il
vaut mieux estre exact au depens de l'ordre
que de garder l'ordre aux
depens de la vérité. Et on pourroit dire bien des choses en faveurde
l'ordre dont Euclides'est servi.
Je remarqueaussi un defautdansceux qui tachent d'écrire demonstra-
tivement,c'est qu'il coupentla matiere en tant de petites propositions,
que l'espritse trouve dissipépar la~. C'est pourquoy il est a proposde
distinguerles propositionsles plus importantesdes moindres.
Il y a encor ce defaut que les Auteurs
qui entreprennent[de donner
des demonstrations)d'ecrirepar propositionsne sçavent
pas quandil est
tempsde finir, car les propositionsvont à l'infini. Je trouve deuxlimites
que la raison nous prescrit, les voicy, ï) il est necessairede continuerla
synthesejusqu'àce qu'on la puissechangeren Analyse,2) il est utilede
continuerla synthese jusqu'à ce qu'on voye des
progressionsà l'infini,
3) quandil y a quelquesbeauxtheoremes,surtout qui servent à la prac-
tique il est bon de les marquer aussi. Maisla premiereregle suffitpour
le necessaire.
Le defautle plus general, et dont Euclide même n'est
pas exemt
c'est, qu'on supposedes axiomesqu'on pourroit demonstrer.Il est vray
i. AntoineApNAULB(Paris,1 V.Logique
667).
2. Cf.PML.,VI,t3, f, 27(fin);~9,c, t3. dePor~<~ partie,ch.X,fin.
-r'
PROJET D'UN ART ï~ÏNVENTER l8l t

ce défaut ne nuit pasà la certitude,quand ces axiomessont justifiés PHn.VI,ï2,e,t2.


que
une infinité d'experiences commele sont ceux des Mathématiciens.
par
raison
Maisce defautnuit à la perfectionde l'esprit et c'est la principale
la des Geometres n'a pu estre changé 1 encor en t recto.
pourquoy synthese
On s'etonnera peut estredece que je dis icy, maisil faut sçavoir
Analyse.
< l'Algèbre, > l'Analyse de Viete et desCartesest plus tost l'Ana-
que
des Nombres que des lignes quoy qu'on y reduise la Geometrie
lyse
indirectement, en tant que toutesles grandeurspeuvent estre exprimees
Nombres; mais cela oblige souvent a des grands detours, et
par
souvent les Geometres peuvent demonstreren peu de
<( quelques >
mots,ce qui est fort long par la voye du calcul. Et quand on a trouvé
une equation,dans quelque probleme dimcile, il s'en faut beaucoup
aye pour cela une [demonstration courteet belle] constructiondu
qu'on
telle qu'on desire. la voye de l'Algèbre en Geometrie est
probleme
asseuréemais elle n'est pas la meilleure, et c'est comme si pour aller
d'un lieu à l'autre on vouloit tousjours suivre le cours des rivières,
commeun voyageuritalien que j'ay connu, qui alloit toujours en bat-
teauquand il le pouvoitfaire, et quoyqu'ily ait 12 lieues d'Allemagne
de Wurcebourgà Wertheim en suivantla riviere du Mayn, il aima
mieuxde prendre cette voye, que d'y aller par terre en $ heures de
Mais lorsque les chemins par terre ne sont pas encor ouverts et
temps.
defrichés,commeen Amerique,on est trop heureux de pouvoirse servir
dela rivière et c'est la mêmechose dansla Geometriequand elle passe
les Elemens;car l'imaginations'yperdroit dans la multitudedes figures,
si l'Algebrene venoit a son secours jusqu'à ce qu'on etablisseune cha-
racteristiquepropre la Geometrie, qui marque les situationscomme
l'Arithmétique marqueles grandeurs. Ce qui est faisableet seroit d'une
grandeutilitétant pour les decouvertes,que pour aider l'imagination.
On m'a communiquéun Ecritde feuM. PascalintituléEsprit geome-
ou cet illustre remarque que les Geometres ont coustume de
trique
definirtout ce qui est un peu obscur, et de demonstrertout ce qui est
un peu douteux. Je voudrois qu'il nous eust donné quelquesmarques
pour connoistre ce qui est trop douteux ou trop obscur Et je
suis persuadéque pour la perfection des sciences il faut même qu'on
demonstrequelquespropositionsqu'on appelle axiomescomme en effet
Apolloniusa pris la peinede demonstrerquelquesuns de ceuxqu'Euclide
*~3 NOTES DIVERSES

PntL., Vf, ~2,e,e, a pris sans démonstration.Euclide avoitraison niais


e~
t3 verso. t Apolloneen~<*t\
encor davantage.Il n'est pas necessaire de le faire maisil ne
laissepas
d'estre importantde le faire, et necessairea certaines veues. Feu
Mons.
de Robervalmeditoit des nouveaux Elemensde
Geometrie,ou il alloit
demonstrerrigoureusementplusieurspropositions
qu'Euclidea prisesou
supposées.Je ne sçay s'il acheva son ouvrageavant sa mort, mais
bien des je
sçay que gens s'en moquerent; s'ils avoientsçû l'importance
de cela, ils en auroient jugé autrement. Ce n'est
pas necessairepour les
apprentifs,ny même pour les Maistresordinaires, mais pour avancerles
sciencesetpourpasserlescolonnesd'Hercule,
il n'ya riende si necessaire.

f,
PtttL., VI, 12, f, PniL., VI, 12, f, 1-2 (4 p. in-fol.).
~-2.
Collectaneade inventioneet ~~K~M~M~~ïM.
J Collectaneorumde inventionepars i. Aug. 1676.j1

Au bas de la 4e page, renvoi

Pars II Collectaneorum.
La suite manque.

PHÏL.,VI,t2,f,C. PHiL.,VI, t2, f~6 (un coupon).


Possible intellectuel,polygonede 1000 costés. Possiblenaturel dont
les causessont dansla nature. Possibleselonl'ordre de la
nature, ce qui
arrive effectivementdans la suite des causes. Possible naturel est
celuy
dont un semblablea esté fait. Mariotte.
Le Houx est un arbrisseauqui a les feuillesdanses
piquanteset vertes
en tout temps et le fruit petit et rouge; si une autre
plante se trouvoit
un jour avec les mêmes proprietes,il faudroit
adjouter encore quelque
autre difference.Definitionobscureest un
Enigmecommecellede l'âme
d'Aristote.
Euclidene devoit pas dire que les cercles ne se
coupent en deux
points, maisleur différences.
Un homme qui a 20000 ecus de bien,ne doit
pas le hazarderen un
~3
DE PRINCIPIIS

ces 100000 gagnés naugmenteronr P


PHIt.Vt, 12,f,6.
écus/car
seulcoupcontre 100000 le rendront mise-
son bonheur, et les 20000 perdus
pas beaucoup
rable. c'est du sucre. Ce
ce
est blanc, que je vois est blanc, donc
Lesucre
les enfans in rebus talibus+ nous fait souvent
sophisme-ciqui trompe
dans l'erreur lorsqu'on voit plusieurssignessemblables.(+ argu-
tomber
affirmativum. O n peche plus souvent contre
mentumin secundafigura
de la logique qu'on ne croit +)
lesregles

ïPHÎL., VI, t2, f,


PHiL.,V!,i2,f,i9(i f.i~). ï9'
De ~r~Mc~p~
unum rationis f~~ sunt vera,et con-
Duoilla prima principia'
sunt alterum experienti~ quod varia à
tradictionem implicantia falsa,
talia sunt, ut de iis demonstraripossu, < primo >
percipiantur,
e orum esse; secundo omnes aliaspropo-
demonstrationem impossibilem
sive si haec duo principia non sunt vera, nullam
sitionesab ipsispendere,
veritatem et locum habere. Itaque aut admittenda
omnino cognitionem
a ut omni veritatis renuntiandum est.
sunt sine difficultate, inquisitioni
ratio dubitandi,
Acceditquod nulla contra h~c Principia afferriposset
non locum habeat contraalias propositiones omnes.
quse
Meminiingeniosumquendamvirum<(Episcopum Thiniensem')>
revocare velle ad autoritatem, cui objiciebam etiam
omnemevidentiam
hominemsolum posse habere scientiam.Ille verô ita argumentabatur
Eaqua~probantur< seu evidentia-dduntur > vel ex evidentibuspro-
vel ex non evidentibus. Si ex non evidentibus, non poterunt
bantur,
indeevidentia reddi. Sin ex evidentiUus, de his iterum redibit qu~s<
jam
infinitum, erit evidentia; vel erunt quidam
tio,<vel>in nullaque
Sed unde sciemus ista se esse evidentia < nisi
per se evidentia. per
hominumconsensu, quse scilicetab omnibus recipiuntur >. Respon-
est veritas.
deoea per se evidentiaesse, quibussublatisomnibussublata
Et notabampra:terea demonstrare posse, nihil assumendo Verso.
j 1 mealiqua

t. V.LaLogique deI.6~M~,ch.I, g 36. Leibnizentra en


2. Christophe de
Rojas Spinola, é de
vêque avec
Thina, qui
deL~t~tT,p. 164.
en 1679.V.La Logique
relations
~4 SUR WtLKtNS

PH!L., Vî, t2, f.


nisi concessa.Ut si quis opinionem aliquam defendit
t9. quam ego osten-
dere volo absurdam,assumampropositionesab illo concessaset in
légi-
tima formainde concludamcontradictoriumalicujus
quod ipse asseruit
ex quo sequitur falsitatemalicui ex
propositionibusab eo assumtis
adesse,id est eas non posse eas vcras simul. Unde patet etiamnon
posse < quenquam > demonstrare absurditatemnisi ejus proposi-
tionis quae plures assertionessive concessionesinvolvit, dum scilicet
ex
concessisargumentatus absurdumconcludo.Underevera omnisdemons-
tratio est ad absurdumdeductio. Et demonstrationullis
indiget assum-
tis. sive principüsdirectis, sed tantum reflexis. Et ita cessat illa
diffi-
cultas quaeomnes torquet, de modo quo ipsorum
principiorumcerti
sumusex quibus demonstrationesducuntur.Dicendumenim est demons-
trationesex nullis assertionibussed ex concessionibussive
hypothesibus
procedere,neque aliud agere, quàm ut ostendat Hypotheses quasdam
inter se pugnare. Tantum ergo assumo
principia reflexaseu indirecta
< vel formalia, primo > quod forma syllogisticasit bona, secundo
quod contradictiosit absurda; principia verô materialia seu materix
demonstrationisnon alia adhibeoquam illas ipsas hypothesesadversarii
quibus falsitateminesse ostendo. Unde quodammodoomnis démons.
tratio est ad hominem.
Recto, en bas. t Ego etsi concedam plerosque < omnes > hominesplerisquein
casibus duci autoritate<(videatur S. Augustinilibellusde autoritate1
credendi)> et opinionem< communem> saepeultimamesse analysin
judiciorum nostrorum practicorum. Certus tamen sum qui accurate
meditariveïit altiorareperturumjudicandi
principia

PtM)f~ VI, 12, t, f. in-8").


20. PHIL., VI, i2,f,2o(i

MIror Wilkinsium magnam suarum prasposidonum


partem formare
adhibitaliterar, cum tamen creberrimsesint
proposidonesin sermone,
litera vero r pronuntiatu dimcillima,ita ut ea
plane créant Sinenses.
Verus characteruniversisGaut Lingua rationalis nulla
indiget memoria
ï. Sic,pouresse.
z. Lapsus, pour utilitate. Cf. La
Logique de Z.c~M~ p. aSg, note t.
~<ttr'HîL.~VI, t2, f, 25.
4. V. La Logique de Z<et~M<Note IV.
5. Sic, pour Muniversatis ?.
MATERIAMET MOTUMESSE PH~ENOMENA ï85

nec dicdonario, sed quivis verba pro F


arbitriofor- Pttit. V!, m, f,
oisisimplicissimorum, 20.
marepotestet nihilominusintelligetur.
Wilkinsiovariéesunt radices,ut calor, rex, cum tamen philosophice
si calor est radix, rex non possit esse radix.Cum enim rex sit
loquendo
id est rigam (sive lineam bene ductam) faciens, erit rex ad
Ensregens,
ut calefactor (seu ens calefaciens)ad calorem. Ergo ~ï erit
rigam
i.
radix,non rex. Hinc non recte ait (part. 3, cap. §. 4 Characteris)
radicemintcrdumesse nomen 1 substantivum neutrumut calor,interdum
actionemut ligatio, interdum personasattributum ut rex, cum tamen
radix sit liga, régis, riga. Nec refert an ista in latina lingua
ligationis
extent,ipseenim linguamscribebatphilosophicam.
Part. 3. cap. 4 & praepositionesrefert ad nomina, ut adverbia ad
verba;sedlonge aliteresse ostendimus conjunctionespotiusse habent
adverbaut praspositioncsad nomina Verba se habent ad adverbiaut
substantivanominaad adjectiva

PHIL.,VI, ï2, f, 21 (un couponadhérentau feuilletprécédent). ]PHtL., VI, 12, f,


21.

Elementa veritatis universas,opus sine exemplo<noyum>.


Spirituss. est spiritusveritatis.Veritasest finis ratiocinationis.

PHIL.,VI, 12, f, 22(l f. in 8"). PHtL., VI, t2, ft


22.
Materiamet Motum < esse phaenomenatantum, seu > continerein
se aliquidimaginarii,ex eo intelligi potest, quod de iis diversaehypo-
fieri possunt,quaetamenomnesperfectésatisfaciunt
thesescontradictoriae
phœnomcnis, ita ut nulla possit ratio excogitaridefiniendiutra sit praefe-
renda Cum tamen in realibus, omnis veritas accuratè inveniri et
demonstraripossit. Ita de motu alibi ostendi, non posse definiriin quo

t. Ces3 motssontrépétéspar erreurdansle ms.


2. Sans doute dans tes nombreux fragments relatifs à la Grammaire rationnelle
(PHtL.,V! B, lit, passim) ou encore dans le Consilium de ~M~c~« MOM.
(PHtL.,V, 7, f. 3 verso).
3. Cf. PHtL.,VI!, B, Ht, 40.
< Cf. PMiL.,VII, B, Mit,7 et to.
5. Probablement abréviation de MMC~M.
6. Cf. la préface du P/to~MOMMjf (MATH.,IX, t).
186 LE NOMBRE
DES AXÏOMES
EST INFINI

f,
PML., VI, <a, f, sit subjccto; et de materia non potest dici, utrum sit sublata.
aa. Exempli
causadicinon potestanlocussit vacuusan materiapcrfectènuida
plenus;
nihilenim interest. Item si quis fingat< matera > partem essesubla-
tam, relique in ejus locumsuccèdentab omnibuspartibusuniversi,quod
cum sit indefinitum,in extremis ejus quaenulla sunt non potestintelligi
aliquodvacuariin locum spatii repleti quod corpus destructum dese-
ruit. Itaqueomnia erunt ut antè; si quis fingatDEum conservarelocum
Verso. iUumvacuum, perindeest ac si fingamusnon corpusin eo esse des.
1
tructum, sed infinita celeritatemoveri, ut resistatiis quae ab omniparte
ingredi conantur, nec tamen in ipsa agere aliter seu ea repellere,DEo
eum eoect' mdestruente.

PHtt. VI, ï2, f, PHIL., VI, 13, f, 23 (i f. in 8").


a3.
Il est tres important de concevoirque le nombre des premierespro-
positionsest infini,carellessont ou definitionsou Axiomes Le Nombre
des definitionsaussibienque des termesest infini.Le nombre des Axio-
mesl'est aussi. J'appelleAxiomepropositionnecessaireindemonstrable.
Necessaire c'est à diredont le contraireimpliquecontradiction.Or laseule
propositiondont le contraireimpliquecontradiction,sansqu'on la puisse
demonstrer,est l'identiqueformelle.Cela se dit expressementla dedans,
donc cela ne s'y peut pas demonstrer; demonstrer;c'est à dire fairevoir
par la raisonet par conséquences.Celas'y peut montrera Fœil,donccela
ne s'y peut pas demonstrer.Les sens font voir que A estA. est une pro-
positiondont l'opposéeA n'est pas A. impliquecontradictionformelle-
ment. Or ce que les sens font voirest indemonstrable Doncles Axio-
mes veritableset indemonstrablessont les propositionsidentiques.Or
leur nombreest infini. Car le nombre destermes estantinfini,le nombre
de telles propositions est aussi, car il en peut avoir autant que des
termes. Cependantcela est merveilleux,et il paroistroit étrange a un
homme, à qui on ne l'expliqueroitpas; de dire que le nombredes pro-
positionspremieresincontestables,est infini. Si les principessont infi-

t. Cf.PaïL.,V, 9 Der~on~oM
dela Doctrinehumaine.
2. Cet appel à l'évidence sensible n'est guère conforme au rationalisme leibnitien.
SURÏ.E~QUAUT~SSENSÏBLES ~7

bien Telles propositions P.


PMH., t2, VI f,
les conclusions le seront encor d'avantage. 33.
nis, est est, sive quodlibet
tantum quantum
identiquess.M unumquodque est sive
est. Item unumquodque tale quale est, quodlibet
sibiipsi~quate
sibiipsisimileest aisement
aisément recon-
indennibles ne se peuvent
Les premierstermes ne sçauroit
comme les nombres premiers qu'on
noistrede nous, que les autres qui
la division [par tous
discernerjusqu'icyqu'en essayant bien
les termes irresolubles ne se sçauroient
sontmoindres].De même
et comme par provision. Car j'ay une
reconnoistre que négativement, La voicy
on reconnoistre la resolubilité.
marquepar la quelle peut nous neces.
Lors que nous rencontrons une proposition qui paroist
il son suit infalliblement q u'il se
saire,et qui n'est pas demonstrée;
un terme dennible. pourveu qu'elle soit
trouvedans cette proposition et
tacher de donner cette démonstration;
necessaire.Ainsi il faut
donner sans trouver cette definition. Par cette
nous ne la sçaurions les
laissant aucun axiome sans preuve excepté
methode,en ne passer
nous viendronsà la resolution des Termes,
definitions les
et identiques,
idees Vous direz, que cela pourroit aller a 1 innm,
et auxplussimples
de nouvelles propositions, q ui nous
et qu'ilse pourroittousjoursprouver
nouvelles resolutions. J e ne le croy pas. Mais
obligeroient à chercherdes
nous car ce moyen nous ne laisse-
si celaestoit, cela ne nuiroit, par
tous nos théorèmes et les
rions pas d'avoir demonstré parfaitement
nous suffiroient à une infinité de
resolutionsque nous aurions faites,
de meme dans la nature, il ne faut
bellesconsequencespractiques; que
des à cause de leur infinité
pas abandonnerla recherche experiences
nous
bien employer celles qui
puisquenous pouvons déjà parfaitement
sont données

PHIL., VI, Ï2, f,


PmL.,VÏ, ï2,f,24(ïf.in8<'). 24<
1
recentioresnodum in scirpo quaeruntac de vocabulislitigant,
Saepe imo
in
cumnegantcaloremesse igne non magis quam dolorem in acu;

t. Cf.PHH.VIII,6 recto.
2. Cf. PHIL.,VII, C, 51. ch. I, §§ et .3.
~1~ verso; MATH.I, V. La Logique de I~~
!88 DïSAHAÏ.YStVERtTATIS

PHïL., Vï, ta, f, negantaquam attrahi in antliis, aut sanguinemin ventosis<~cumqua'


a~.
litateset facultatesexploduntin Medicinaet philosophia~> Mihiplacet
retinere locutiones receptas, recteque interpretari.Attrahitur aquaab
embolo, id est sequitur pr~cuntcm, etsi [causa attractionis] embolus
causanon sit immediata,[sedcircumpuisio]sed acns gravitas.Simifiter
quis neget calorem esse in igne id est vim eam in nobis sensionem
excitandi,qua nos calefieridicimus.Calorem concipimusut qualitatem
activamignis, dolorem ut qualitatempassivamnostram; itaquestante
sensu recepto vocabulorum,tam ineptumest caloremigni negare,quam
dolorem acicuiaepungentiascribere.Quod autem causantur,negarea se
igni facultatemei similemquod in nobis reperimus, nihil ad rem facit
[quisenim philosophussomniavitfacultatemurendiin igne similemesse
facultati percipi actionem ignis], neque enim qui igni caloremtribuit,
ideo somniatfacultatemactivamignisessesimilemqualitatipassiveani-
malis etsi esse quendam inter ambo consensum adeoque et exprimi
unum ab altero tanquam causamab effectunegari non possit.Est enim
in his relatio quaedamet responsussingulorumad singula, qui tamen
non semper in similitudineconsistit.<; Deniquequalitateset facultates
in rebus esse verissimumest, quemadmodumin horologioest facultas
horodictica etsi explicatioqualitatumet facultatumdistincta, debeatesse
mechanicain natura aequeac in horologio.J> Qpa; Bontekoe inChi-
rurgiciscontra receptassententiasdisputatmagnamparteminania,etad
summamverbalia sunt. }
Quidamcujusauxiliumdesiderabam,mihiconsiliumdabat, eratautem
hujusmodi,ut cuivisin mentem venirc dcbcret; rescripsi igitur esse
~M~~Wconsilia~M.P nonhabeant datore.

PHIL., VI, t2, f, PmL.,VI, 12, f, 25 (1 f. in 8").


~5.
De Anafysi veritatis et judiciorum~M~MMO~M~M.

Apud Theologos libri habentur de AnalysiFidei, qualis extat Gre-


gorii de ValentiaSocietatisJesu et Henrici Holdeni Angli Theologi
Parisini. Mirandumest itaque apud philosophosnihil haberi de Analysi

i. VoirPatL.)VU,B, tv, 22.


DE ANALYS!VERÏTAT!S 189

libri Analyticorum Aristotelis sive posteriores sive priores PH


PHM. VI, Ï3,
Veritatis, nam 25.
minus analysin sive principiaultima humanorumjudiciorum
nihil quam
Scholastici q uoque nonnulli de Primo Cognitopotius dispu-
continent.
moresuo, quàm quae sint prima cognita, et quomodo ex illis allas
tare
deriventur monstrare voluere, nam si hoc praestiussent,
cogainones
nobis phUosophiae Elementa accurate et ad Mathematicum
dedissent
Et viri ingeniosi q ui scripsêre nostro tempore de inqui-
moremexacta.
multa quidem elegantia et utilia, exoterico quodam trac-
rendaveritate
disserunt de humanis affectibus et pr~udicus infandaB, sed
tandimodo,
id ut certa judicandi principia substituantur, haerentipsi et
cùm agitur
nostandemrevocantad regulamillam< recantatam>, quod iis demum
darë et distincte percipimus ) Verùm non magnum V
Verso.
fidendumsit, quae
usumhabet ea regula quamdiu non habetur modus dijudicandi,quid
clarumet distinctumsit. Quod non satis novisse video illos ipsos qui
hancmaxime celebrant; nam quaedam distinctissimè sibipercipere
regulam
visasunt, qua:falsa esse compertumhabemus,et quaeipsi omni conatu
adhibitocum demonstrare non possent, coacti sunt monere, ut si
<alii> eademmentis prae oculis viderevellent, quaeipsi, eadem quae
meditarentur diu.Callidè profecto, namcertum est consuetudinecogi-
ipsi
tandi quidam nobis ita familiariafieri, ut depravato< vel mutato >
naturalijudiciotandem nobis claravideantur; idque inprimissucceditin
his,qua:dictionenitidaet ad plausumfactanonsinequadamsimplicitatis
et evidentMe fucata artinciosëspecieproponuntur< a celebriautore >.
Et cumdeniquead experientiaminternamidearum provocanthi scripto-
res,eo ipso et objectionesdeclinareet onere probandise eximereconan-
tur. Aliiiisdemprincipiisinsistentessed [sinceriores]apertioresprofessi
sunt,id clarumdistinctumquecenseri debere quod sine interiore qua-
damrepugnantiaetconscientiaequasimorsunegarinonpotest. Vernmhaec
notautinon contemnendaest, ita tamendialecticatantùm censeri debet.
Suntqui omnia resolvuntin autoritatem.Ultima enim principiaajunt a
nobisadmitti,quia à neminerevocanturin dubium.Ego quidemfateor in
plerisque idesse verum, contendo tamen altioraetcertiora adesse 3.
judiciis
i. Allusionà La Recherche dela Véritéde MALKBKANCHE. Cf.Lettreà Tschirn-
haus,t68~(Math.,IV,465),citéedansLa Logique de Le~Mt?, p.292,note4.
2. Criterium cartésien delavérité.Cf.Phil.,V,6, f. ï()(Bo~<'MMMM, p. 82),citéap.
LaLogique de Leï~Mt~, p. ioo<n. 2; p. ao3,n. 2.
3. Cf. PmL., VI, 12, f, tg.
!~0 ANAt-YSïSPHYSÏCA

PHtL., VI, t2, f, PHïï. Vï, 12, f, 36 (! f. in 8~.


a6.
Analyseosphysic<e arcanumin hoc uno consistitartificio,ut quali-
tates sensuumconfusas(nempe calorem et friguspro tactu; saporespro
gustu; odores pro olfactu; sonos pro auditu; colores pro visu)revo-
cemusad distinctasquïceas comitantur,quœ sunt numerus,Magnitudo,
figura, motus, consistentia, ex quibus duse postremaepropriè physîcx
sunt. Itaque si deprehendamuscertas qualitatesdistinctassempercom!-
tari quasdamconfusas (Exempligratta omnem colorem oriri ex radio
refracto,non verô ex reflexo),et, si ope disdnctarumqualitatumdefinitè
totam corporum < quorundam~> naturam explicarepossimus.ita ut
demonstrarequeamus,ipsa talis esse magnitudinisnguraeet motus;eo
ipso jam necesseest etiam qualitatesconfusasex tali structuraresultare,
licet qualitatesconfusasex ipsis aliter demonstrarenon possimus.quia
qualitatumconfusarumnulladatur definitio,nec proinde de illisdemons-
tratio. Sufficitergo nos omnia distinctecogitabilia,quaeipsa comitantur,
posseexplicareconstantibusconelusionibus,experientiseconsentieutibus.
Nam ope quarundamqualitatumad determinandamnaturam corporum
sufficientiumpossumus invenirecausas; et ex his causis demonstrare
reliquos affectusseu citeras qualitates,et ita invenieturper circuitum,
quid realis et distincti qualitatibusconfusisinsit, reliquumenim quod
explicari nequit, ut ex. g. illa ipsa apparentiaquam flavedinemdici-
Verso. mus quomodo ex eo in quo flavedinem1 consistere< à parte rei >
ostendimusoriatur. id sciendum est pendere non à re sed nostrorum
organorumdispositione<~ et minutissimisconstitutionibusrerum >.
Sufficitautem nos ostendere,quid à parte rei sit in corporibusex quo
nasciturflavedo.< idquead usum vitassufficiet.Ita confusashabebimus
modum producendiqualitates.>
Utile quoque est ad minuendumlaborem,si qualitatesconfusasredu-
camusad alias< simpliciores>, ut si viriditatemredncamusad compo-
sitionem flavi et caerulei.Si ostendamus quosdam sapores et odores
cohsererequibusdamcoloribus;etc. faciliusenim colores quam sapores
ad distinctasqualitatesrevocantur.

t. Cf. PHïL., V, 7, f. 5 recto.


ELEMENTAVEMTATtS~ETERN~E 19!

pHiL.VI~f,27(ï f. in8<~). PH!t. VI, !2, f,


27.
Elementorum veritatis aetcmae* dicendum aliquid for-
lu pra~donc
erit de his, antea Methodum demonstrative s cribendi sunt secuti,
tasse qui
scilicet in iis desiderari, et cur eorumnonnulli lectores etiam
quid possit
c onvincere non possint'. Euclides et Géomètre obtinuere ut
attentos
sed hoc factum est, tum quia passiones hominum in tali
nemorefugetur
non obstant, tum quia se~per experiri licet veritatem theo-
argumento
rematumsivein numeris, sive in lineis. Fatendumest tamen nonnulla
Euclidisdemonstrationibus, et Franc. Sanchez miserat
desiderari possein
difficultatesquasdamsuas ad Clavium, negabatquesibi satisfactumejus
Sed hïec tamen suppleri posse dubium nullum est; primus
responsis.
nobis constet Geometriam ad res physicastranstulit Archimedes,
quantum
cujuslibellumde œquiponderantibus aliumqueHydrostaticumhabemus;
sciocompluresin ArchimedisdemonstrationibusMechanicisdesiderare
mihi tamen accuratae satis, aut certe facile supplebilesvidentur.
aliquid;
Demotuprimusscientiamcondere cœpit Galilasus;quidam Florentius
rei pyrobolicae olim Gallicalingua scripsit,affectata
(Fleurance)Elementa
GeometrarumMethodo, sed mihi parum videtur scopum assecutus.
Dicamnunc de illisqui Methodumdemonstrativamad Metaphysicaet
Moraliatranstulere.Primus aliquid in hoc genere praestititAristoteles,
scien-
cujuslibriprimorumAnalyticorumutique sunt demonstrativa,et
tiam ( condunt circamateriam ab imaginationeremotam. Inter Scho- Verso.
lasticosquidamJoh. Suisset, vulgo dictus calculator~ inprimisMathe*
maticumaliquid affectavit, et de intensione ac remissionequalitatum
solitosubtiliusratiocinatusest. DemonstrareExistentiamDEi complures
aggressisunt ex absurditatibusquaeipsis consequividentur progressum
in infinitum,ita autor Tentaminis <piloso?ici, qui fuit ni fallor Sethus
Wardus,et Joh. Basil. Morinus,ut judico ex EpistolaquadamCartesii
ad Mersennum.Verum prmsupponuntilli infinitum numerum posse
concipiut unum congregatum, quod est falsum;et ideo multi tecte

1.Onsaitque lesElementa
veritatis(P~rM~p formerla premièrepartie
devaient
dela«Science
générale
2. Cf. PHIL.,Vt, ï2, e, to recto sqq.
3. Cf. Phil., VIÎ, tQS.
'9~ ELEMENTA VERtTATïS ~TERN~

PHU. VI, t2, docuerunt,potuisseMuodumesse ab aetcroo,nec quicquaminde


27. absur.
dum sequi. Cartesiuscum sibi videretur exïstentiamDEi
et discrimen
animaea corporedemonstrassein Meditationibus
Meta~ysicis,urgentibus
amicisratiocinationessuas redegitin formam
demonstrationis,sed Du~
magis ratione earum imper~ctioaem detexit, ut examinanti
Thomas diligenter
patebit Hobbes quaedamin moralibus
meta~ysidset physicis
egregiescripsitmathematicaservataforma, idem dici potest de Honorato
Fabri, Thoma Angio', et BenedictoSpinosa~ sed innumera
intercur-
runt, in quibus apparenspotius quam vera est severitas,et in his
admitti quoque
quas possunt,propositionessatis sunt perturbata;,ut taceammut.
titudinempropositiuncularumconfunderementem'. Nihil nunc
dicamde
scriptisquibusdamConriogu,Fabrii, FabricüquibuscontroversiasTheo-
logicas tali methodotractare sunt aggressi,neque de his
quae Trew in
~ysicaAnstotelica%Feldenusin jurisprudentiapraestiterunt.

1. 259;IV,
2. Thomas WHrrg (Voir p. 179, note 1.) 469;VI,349,note;VII,64,324-
~M~ ,33; Math., l,
Leibni; und Spir:o~a, Appendice III (Berlint 1890). 46.; S~,
tS:
5. Cf. Phil., VII, 150,166.
MATHESISRATÏONÏS 19~

F
PH!L.,VI,ï4~.ï-2.
PmL.,VI, i4<f. 1-2(4 p. in-folio).
suntqu~hacplagula,
Proba et sicsatishaberipossunt
proabsçlutis.

i t recto.
MATHESIS RATIONIS'

categoricum optime demonstrarelicebitper


(i) LegesSyllogismorum
considerationemejusdem et diversi.Nam in propositione
reductionemad
semelid ut duo inter se vel eadem vel diversa
vel pronuntiatione agitur
pronuntiemus. i.
Terminus homo) in propositione vel accipituruniversaliter
(2) (velut
homine, vel de quodam homine.
dequovis particulariter,
dico Omne A est B, intelligo quemlibet eorum qui dicuntur
(3) Cum
eundem essè cum eorum qui dicuntur B. Et haec propositio
A, aliquo
appellaturUniversalis Affirmativa.
eorum qui
Cum dico QuoddamA est B, intelligo aliquem
(4) haec est
cum eorum qui dicuntur B, et
dicunturA, eundem esse aliquo
propositio ParticularisAffirmativa.
A est intelligo quemlibet eorum qui dicun-
(5) Cumdico Nullum B,
esse a eorum qui dicuntur B, et haecest pro-
tur A, diversum quolibet
positioUniversalis Negativa.
cum dico Quoddam A non est B, intelligo quendam
(6) Denique dicunturB,
eorumqui dicuntur A, diversum esse à quolibet eorum qui
affirmativispraedicatum
ethaecdiciturP~J~ Negativa.< Hinc in
vi forms est particulare,in negativisuniversale>.
omne B, seu omnes qui dicuntur A esse
Possetquidemomne A esse
omnibus > dicunturB, < seu proposi-
[omnes]< eosdemcum qui
tionemessereciprocam>; sed hoc non est in usu in nostris linguis.
i. Cf.LaLogique 23 sqq.,et Appendice I.
de Le~t~, p.
mËDtTS DE UMBNtZ.
13
194 MATHESM
RATÏONtS

PHM.VÏ, t~,f. t. Quemadmodumnec quosdamA esse [omncs]<~ eosdem cum omni-


bus > B, id enim exprimimuscum dicimusomnesB esse [quosdam]A.
Inutile autemfuerit dicere Nullum A esse quoddamB, seu quemlibet
eorumqui dicunturA esse diversumab aliquo eorumquidicunturB hoc
enim per se patet < nisi B sit unicum >; et multo magis quendam
corum qui dicunturA diversumessea quodameorum qui dicunturB
< Ita videmusperficidoctrinamLogicam,rem a prœdicationetransfe-
rendo ad identitatem.>
< (8) A in exemplispropositisdicitur subjectum,B ~M~. Et
propositioneshujusmodicategoricseappellantur.>
(9) Itaqueeo quem diximussensu, patet omnem <( et solam> pro-
positionemAffirmativamhabereprmdicatumparticulare, per art. 3 et 4.
(10) Et omnem <~ ac solam> propositionemnegativamhabereprx-
dicatumuniversaleper art. S et 6.
(n) Porro propositioipsa à subjecti universaIitatevel particularitate
universalisvel particularisdenominatur.
(12) ~c~M~ <; quoscategoricos vocant~> ex duabuspropo-
sitnplices
sitionibustertiam eliciunt, quod fit utendo [hoc] <; duobus > princi-
piis, < quorum unum est >, quassunt eadem uni tertio esse eadem
inter se, < ut si L sit idem ipsi M, et M ipsiN, eadem esseL et N. >
(13) Alterumhuc redit, diversainter se, quorum unum tertioidem
est, alterumei diversum.Ut si L sit idem ipsi M, et M sit diversum
ipsi N, etiam L et N diversaesse.
(i~) Quod si L sit diversumipsi Met N sit itidem diversumipsiM,
non potest inde cognosci, utrum L et N sint idem an non; et fieri
potestut L sit idem ipsi N, vel etiam ut L sit diversumipsi N.
(1$) Hinc statim colHgiturex duabus propositionibusnegativisnon
posse fieri syllogismum,ita enim revera pronuntiatur L esse diversum
ab M, et N etiamesse diversumab N 2.
i verso. Exemplicausa si dico Nullus homo est lapis, Nullus canis est
homo, sensus est quemlibet hominem esse diversumà quovis lapide,
quemlibetcanem esse diversuma quovishomine, itaque nullumest hic
principiumcomparandicanemet lapidemet colligendiquid ibi idem vel

i. IciLeibnizconçoitnettementla ~MOtM~c~tOH
du prédicat,et la rejette.Ct.
p. 5g,notet.
2. L'un des deux N est mis pour M.
u-
MATHESIS RATIONIS !95

-c-

Idem est ac si dicam quidam canis non est homo, saltem Pm~VI/ï~f.ï
diversum.
canem à quovis homine diversum est 1.
enimdicoquendam
Patet etiam in syllogismocategoricosimplicetres esse terminos,
(16)
tertium aliquid adhibemus, q uod dum uni pariter atquealteri extre-
dum
conferimus, m odum tentamus conferendiextremainter se.
morum
Hic quam ex duabusassumtis deducimus, Conclusio
(17) propositio
ejusque subjectum solet appellariTerminusMinor,praedicatum
appellatur,
TerminusMajor. Tertius autem terminus qui ad extremoshos confe-
rendosinservit,Mediusdicitur.
Et propositiones duaeex quibus tertiam, nempe Conclusionem,
(18)
in quarum una Minor terminusin altera
inferimus,prxmissm appellantur,
cum medio confertur. Praemissa quae Majorem < terminum >
major
continetipsapropositio Major appellatur; quae Minorem< terminum>
Minor. < Medius terminusinest utrique. >
propositio
Ex his patet, Medium Terminum in alterutra ad minimumprae.
(19)
missadebereesse universalem.Nam determinataTermini contentanon
adhibemus, sed vel omnia vel quidam indeterminatè.Itaque si medius
Terminus utrobique est particularis, non est certum contenta
< Medii> quseadhibenturin una praemissaesse eademcum contentis
mediiquaehabenturin altera preemissa,atque ideô nec inde colligiali-
de identitate et diversitate extremorum. Ex. gr. si quis dicat
quidpotest
Quidam homo est felix
Omnis doctus est homo
nihilindeinferripotest. Namidemest ac si diceret,Quidamhomo idem
estcumquodamfelice.Sed omnisdoctusidem est cum quodamhomine.
Hiccumbis occurratquidamhomo, potest alius plane homo intelligiin
unapr~missa,ab eo qui in altera praemissa,unde nullumargumentum
ad conferendumdoctum et felicem duci potest, ut inde de aliquo vel
omnidoctocolligatur,an diversussit vel idem alicuivel omni felici.
(20) Facileetiam intelligipotest Terminum particularem in praemissa
noninferriuniversalemin conclusione,neque enim idem aut diversum
in conclusionecognoscitur,nisi de eo quod idem aut diversummedioin
habitumest. si tantum termini contentum r 2recto.
praemissa Itaque quoddam
contulimus,nihil nisi de hoc quod contulimuscolligerelicet.
1.Sic,pouresse.
t()6 MATHESIS RATÏONtS

PH!L.,VÏ, !4, f. 2.
(21) Nec minus manifestumest, una praemissaexistente negativa,
etiam conclusionemesse negativam,< et vicissim>, quia non alla
tunc adhibeturratiocinatio,quam cujus principiumadductumest artic.
13. Nempe si L idem ipsi M, et M diversumipsi N, esse L diversum
ipsi N.
(22) Quatuor sunt nguras syllogismorumcategoricorumsimplicium
discriminationeex Medii termini situ. Sit enim Minor terminusB,
médius C, major D. Conclusio semper est BD. In praemissispotest
Mediusesse subjectumin priore praemissaet praedicatumin posteriore,
vel praedicatumin utraque, vel subjectum in utraque, vel praedicatum
in priore, subjectumest posteriore.<( Solemusautem majorempropo-
sitionemponere priore loco, minoremprop. posteriore.>
Fig. i. CD. BC. BD.
ng. 2. DC. BC. BD.
iig. 3. CD. CB. BD.
ng. 4. DC. CB. BD.
Sed an quxvis harum figurarum,et quibus legibusprocedat, postea
apparebit.
(23) Literx vocalesA, E, 1, 0 significantnobis propositionum
quali-
(id est an sint amrmativ~vel négative) et ~M~ (an sint
universalesvel particulares).Et quidem
A significat Universalemaffirmativam
E Universalemnegativam
1 Particularemaffirmativam
0 Particularemnegativam.
(24) Coinciduntautem quantitas subjecti et quantitas propositionis;
item quantitas prœdicatiet qualitaspropositionis,per art. 9. 10. il.
< S significabituniversalem,P particularem,V, Y, incertam. Propo-
sitionisquantitas designabiturper subjectisignum, qualitas per pnedi-
cati. Signum itaque SBSD est propositio universalisnegativa. SBPD
universalisaffirmativa.IBSDparticularisnegativa.IBID, particularisaf6r-
mativa~.propositionis quaecunqueuniversalisvel particularisaffirmativa
vel negativasic generaliterexprimiturunurarem W.S. >
i. Lapsuse<~M<, pourtM.
(t666) S
3. L'origine de ces notations se trouve dans le De JLt'~ CoMt&tM~ofM
MATHESIS RATIONIS IC)~

) (25) In < omni et sola > propositione particulari affirmativa P!L.,VI,ï~f. ï.


est Nam est t verso, marge.
uterque terminus particularis. subjectum particulare(art. i)
et pnedicatumest particulare (art. 9).
< Coroll.Ergo ubi terminus est universalis, propositio est vel univer-
salisvel negativa. >
universali negativa uterque terminus est univer-
(26) In propositione
salis,subjectum(art. il) prœdicatum(art. 10).
(27) Siminor terminus sit particularis in praemissa,conclusio est par-
ticularis.quia terminus extremus particularis in prsemissaest etiam parti-
cularisin conclusionc (art. 20); minor vero existens particularis in
conclusione,cum sit ejus subjectum (art. 17), facit et conclusionem
particularem(art. il).
< Coroll. Si conclusio sit universalis, minor terminus est universalis
ubique.>
(28) Si major terminus sit particularis in prœmissa, conclusio est affir-
mativa.Nam erit et particularis in conclusione (art. 20) sed ibi est pr.e-
dicatum(art. 17), ergo conclusio est affirmativa(art. 9).
Coroll. Si conclusio sit negativa, major terminus est universalis
ubique.
(29) Si conclusiosit negativa, major propositio est vel universalis vel
negativa.Nam si conclusio est negativa, major terminus est universalis
ubique(coroll. art. 28). Ergo et in propositione majore, unde vel erit
ea universalissi medius in ea est subjectum (art. 11) vel negativa si
mediusin ea est praedicatum(art. 10).
(30) Si minor propositio sit negativa, major < propositio > est uni-
versalis.Nam major est affirmativa(art. 15) < porro et conclusio nega-
tiva (art. 21) ergo [major terminus in ea est universalis ergo] et in
majoreprop. (art. 21) est major prop. > (per art. 29) est universalis.
C<M'c/r. Ergo si major est particularis, minor est affirmativa 2 recto,marge.
per conversionempropositionis.
Coroll.2. Non datur syllogismus, ubi major propositio sit particularis
affirmativa,et minor universalis negativa, seu non datur modus IEO.
(31) Si conclusio sit universalis affirmativa syllogismusdebet esse in

signifieune propositionsingulière,qui équivautà une universelle;signitie une


propositionindéfinie,qui équivautà une particulière.
Ï9~ MATHESIS RATIONIS

PHtL., prima figura.Nam conclusioest universalis(ex hyp.) Ergo minorin ea


VI, 14, f. 2

terminus universalis(art. 11). Ergo minor terminusest universalisin


minore propositione(art. 20) sed ea est affirmativa(art. 21)
quia
conclusio(ex hyp.) est affirmativa.ergoterminus universalisnon est in
ea praedicatum(art. 10), ergo minor terminusin minore propositione
est subjectum.Itaquemediusin ea est prœdicatum,unde
cumpropositio
affirmativaerit (art. 11) mediusin ea particularis;ergo (art.
19) medius
in propositionemajoreerit universalis,sed et propositio
major est afBr-
mativa(art. 2i)cum concîusio sit affirmativa.Ergo medius universalis
in ea non potest esse prsedicatum,sed subjectum.Cum ergo mediussit
prasdicatumin prop. minore, subjectumin majore,syllogismuserit in
primafigura.
t verso, marge.
j (32) Duœ particulares[nihilconcludunt]< non constituuntsyllo-
gismum legitimum >. Nam semperaltérapraemissarumest affirmativa
(art. 1$) si ergo duasprasmissse sunt particulares,una < hoc casu > est
particularisaffirmativa,sed ea habet ambosterminosparticulares(art. 25)
ergo extremumet medium.Is ergo < medius> est universalisin altera
prasmissa(art. 19) qu~ecum sit etiamparticularis(ex hyp.) Ergo medius
universalisnon potestin ea esse subjectum(art. i i) ergo in ea est
prx-
dicatum itaque(art. 10) est aegativa; et extremum est subjectum,et
cum ipsa sit particularis,erit et extremumhoc particulare(art.
n)ambo
ergo extremasunt particularia,ergo < (art. 20) etiam sunt particularia
in conclusione.Ergo > conclusio erit particularisaffirmativa
(art. 2$)
quod est absurdum, quia altera prasmissarumostensaest negativa.Ergo
et (art. 21)et conclusioest negativa.
2 recto, marge.
1 (33) Si alterutra praemissaest particularis, conclusioest particu-
laris, seu si conclusioest universalis,utraque praemissaest universalis.
< Nam > si conclusioest universalis,minor terminusest universalis
ubique (coroll. art. 27) ergo et in minore propositione.Sed quia con-
clusio etiam est affirmativa,ibi est subjectum
(art. 31) ergo (art. il)
minor propositio est universalis,et medius terminusibidemest
pra~di-
catum, ergo medius terminus ibi est particularis(art. 9). Ergo médius
terminus terminus est universalisin prop. majore
(art. 19) sed ibi est
subjectum(art. 3 *)ergo (per art. il) etiam major prop. est univer-

t. Lire:31.
MATHESIS RATÏONÏS ï~~

salis.Habemusergo intentum si conclusiosit universalisaffirmativa.Sed ]PtUL.,VÏ,ï4)f.&.


si conclusiosit universalisnegativa, uterque extremus est universalis
26). Ergo non datur hic praemissaparticularis affirmativa
(art.
< (artic. 2$) > superest ergo tantùm ut, si datur particularis,detur
negativa. E rgo(per art. 13 0131) altera praemissaest univer-
particularis
salisa~Brmativa.In hac extremus, cum sit universalis(ut ostensum
est)erit subjectum(art. 9 et il). Ergomediusin eademerit praedicatum
(art. il). Ergo (art. 19) in altera praemissa,nempeparti-
et particularis
cularinegativa, erit universalis. Ergo in ea (art. 10) erit praedicatum.
Ergoin ea extremuserit subjectum,sedest universalis,itaqueabsurdum
< etiamest > ut detur praemissaparticularisnegativa; itaque nulla
prxmissapotest esseparticularis,sive conclusiosit universalisnegativa,
sivesit universalisaffirmativa.Q. E. D.
< Schol.Non sequitursi conclusiosit particularis,etiam prsemissam
esseparticularem,nam omnis praemissauniversalissimulesttacite parti-
cularis Sed illud sequitursi conclusiosit negativa,esse et praemissam
negativam. >
(3~.) Ubi Major terminusest subjectumin praemissaet conclusio 2 recto.
negativa,major< propositio> est universalis.Nam quia conclusioest
negativa,ejus praedicatumest universale(art. il) nempe(art. 17) ter-
minusmajor. Ergo is etiam est universalisin prop. majore(artic. 20).
Estautemin ea subjectum(ex hypoth.). Ergo(art. ï i) ipsapropositio
majorest universalis.Q. E. D.
Coroll.Hincubi major terminus est subjectumin praemissa,majore
propositione existenteparticulari,conclusioest anirmativa.}
(3$) Ubi major terminusest pf~~M~ in praemissa,conclusione
existentenegativa,majorpropositioest negativa.Namcaeterisut in Dem.
prascedente repetitis; est in ea prasdicatum(ex hyp.). Ergo (artic. 10)
ipsapropositioest negativa.
< Coroll. Hinc ubi major terminus est praedicatumin praemissa,
majorepropositioneexistente affirmativa,etiam conclusioest amrma<'
tiva.>
(36) Ubi minorterminusest ~Mw in prœmissa, conclusione
existenteuaiversâl~mmof propositioest négative.Nam si conclusioest

h Envertudelasubahernat!on.
300 MATHESÏS
RATïONtS

PtnL.,V!~4<f. 2. universalis,minor terminus in ea est universalis(art. il) ergo et in


pra~missa(art. 20) sed in ea est praedicatum(ex hyp.). Ergo (art. 10)
est negativa.
Coroll.Ergo ubiminorterminusest pr~dicatumin pr<emissa,minore
propositioneexistenteaffirmativa,conclusioest particularis.
(37) Ubi terminus~w~ ~-<pJ~~M,seu in secundafigura,
conclusiodebet esse negativa.Nam mediussemeldebet esse universalis
(art. 19) sed universale praedicatumfacit propositionem negativam
(art. 10), ergo praemissaalterutraest negativa.Ergo(art. 21) conclusio
est negativa.
Coroll. Hincsi conclusiosit affirmativa,mediusterminus alicubiest
subjectum.
(38) Ibidem major propositiosemperest universalis.Nam quia con-
clusioest negativa(art. 28 ~)majorterminusin ea est universalis(art. 10)
ergo et in majoreprop. est universalis(art. 20) sedin ea est subjectum
(ex hyp.). Ergo(art. 12) et ipsamfacituniversalem.
2 verso. ) (39) Ubi MediusTerminussemperest subjectum,<~ seu in tertia
figura>, conclusiodebetesse particularis.
Esto conclusiouniversalis,ergo minor terminusin ea est universalis,
ergo (art. 20) etiamin prop. minoreest universalis.Sed in minorepro-
positione est prœdicatum(ex hyp.). Ergo minor prop. erit negativa
(art. 10). Ergo(art. 2t) et conclusioest negativa,ergo et major terminus
in conclusione est universalis(art. 10). Ergo majorterminusetiamin
majorepropositioneest universalis(art. 20). Sed in ea est praedicatum
(ex hyp.). Ergo(art. 10) et major propositioerit negativa.Itaqueambas
prsemissassunt négative, quod est absurdumper art. 1$. Itaque ubi
medius terminus semper est subjectum,conclusiodebet esse particu-
laris. Q. E. D.
j (4o) Ubi medium 2 modosubjectummodo praedicatumest, si ea
praemissain qua praedicatumest sit affirmativa,altera praemissaerit
universalis.Nam in priore medium erit particulare(art. 9). Ergo ia
altera universale(art. 19). Sed in ea est subjectum(ex hyp.). Ergoipsa
propositioerit univcrsalis(an. 11).

t. Ancien numéro de l'art. 37.


2. Ici MtMfwKest au neutre, au lieu du masculin ordinaire medius.
MATHEStS RAT!OK!S 30t I

<~ Coroll.Hinc m quarta Figura si major sit amrmadva,minor est PHÏL.~VI, ï~, t 2.

universalis.
la prima inutile fit corollarium, quod fieri posset, sic enim
sonaret in prima si minor sit affirmativa,major est universalis;quod
quidemverumest, sed non satis, cum ibi minorsemper sit affirmativa,
et~>
(41) Ubimediummodo subjectummodo pr~edicatum est, si ea prae-
missaubi subjectumest sit particularis,altera erit negativa.Demons-
tratureodemmodo.
Coroll.Hincin quartafigurasiminorsit particularis,majorerit negativa.
Schol.Utraqueproposidoconjungipotest, cum una sit tantumalterius
conversa. Nempenonsimulpraemissain quamediusestpraedicatumpotest
esseaffirmativa,et in qua est subjectum,universalis.j
(~2)In prima et tertia figura, Minor propositioest affirmativa.Nam
si minor propositioesset negativa, utique et conclusioforet negativa
(art.21). Jam ubi conclusioest negativaet majorterminusest prsedi-
catum< in praemissa>, (ut in prima et tertia ng. art. 22) etiam
majorpropositioest negativa (art. 3 $). Ergo tam major quam minor
pr~emissa foretnegativa,contra art. 1$.
(43) In primafiguramajorpropositioest universalis.Namin ea minor
prop.est affirmativa(art. 40 ~).Ergo et in ea mediusterminusest prae-
dicatumminorisprop. (art. 22) ergo in ea médiusterminusest parti-
cularis(art. I I). Ergo medius terminusest universalisin majore propo-
sitione.Sed medius terminus in majore propositioneest subjectum
(artic.22). Ergo (art. 11) majorpropositioest universalis.< Sequitur
etiamex prop.40 et 42. >
(44) Si Mediusterminus est [prœdicatum][subjectum]in proposi-
tioneMinore,propositiomajor est universalis.Namsi mediusterminus
est praedicatumin propositioneminore, figura est prima vel secunda
(art.22) sedin ng. ï major est universalis(artic. 43) et in ng. 2 major
prop.est < etiam > universalis(artic. 38). Ergo habetur propositum.
(45) In quarta figura non simul major prop. particularis,et minor
prop.negativa.Esto < in ea > per 24 major particularisPD~C, minor
Leibnizallaitsansdouteécrire majoruniversalis,
maisil a dû s'apercevoir
qu'ilnel'avaitpasencoredémontré.Il!edémontrerplusbas(art.4?).
a. Lire 4.2.
3. Lire ~p~tco~MMt.
203 MATHESIS RATÏONÏS

PMïL.,VI,!<t,f.a. negativaSC~'B erit conclusionegativaPBSD, sed hoc absurdum,quia


(art. 20) non potestessein majore PD et in minore SD.
(46) In quartafigura non simulest minor particulariset major anir-
mativa.Existantsimul,erit major VDPC.minor PC~B; sed ita médiusC
utrobiqueest particularis, quod est contraart. !<).<; Potest etiamut
corollariumderivariex prop.40 vel~i. >
(47) Quxvis ergo figuraaccipitduaslimitationes in prima majorest
universalis,minor affirmativa;in secundamajorest universalis,conclusio
negativa; in tertia minor est affirmativaet conclusio est particularis.
Binaelimitationesquartaemagissunt implicatae,ut in artic. 4S et 46.
i
i recto, marge. 1 (48) Conclusio universalisaffirmativanon datur nisi in prima
figura3. Nam excluditurfigura2da et 3tia (art. 37 et 38 *). Porrominor
terminusest universalisin conclusione(art. 11) ergo et in minorepiop.
(art. 20). sedea est affirmativa(art. 21) ergo praedicatumejus est parti-
t culare (art. 9) ergo minor universalisnon est ejus praedicatumsedsub-
jectum, quod non habet locum in quarta figura (art. 20). Ergo sola
superestprima.
Veniendumjam foret ad modorum enumerationem,demonstranda
primafigura et in quatuormodis prima erit; hinc demonstrabitursubal-
ternatio, assumta identica.Et sichabentur reliqui modi duo primae.Ex
sex modis primasper regressumdemonstrantursex modi secunda~et sex
modi terdae,et simuldemonstraturtot essemodossecundaevel 3tMequot
primas. Quartae modi demonstranturex prima per conversionem,et
demonstratidant reliquos per regressum.Contendendumerit, non dari
plures,et quidemnon per enumerationemillegitimorum,sed ex legibus
legitimorum V. g. in prima prasmissas SC~D, ~BPD dant

cr*nr\) SBPD AA
OJDJrjL~ <
SCPD fi Barbari 2
( PBPD AI 1 Darii 3
Celarent 4
cr'<?r\ SBPD ÇA
ODfJL/ EA
SCSD 0 Celaro 3
PBPD El 0 Ferio 6
i. Lire WCSB.
2. Lire: conclusione. 0
3. Cf. l'art. 3t.
4. Lire: 39.
5. Voir La Logique de Leibnir, chap. I, § 5 sqq.
MATHESIS RATïONM 2o3

VI, 14. f. 3-4 (4 p. in-folio)'.


PHIL., PHM. VI, 14.

Exverisnon nisi verum sequitur. Hinc quod cum meris verisfalsum 3 recto.
infert,estfalsum.Ope hujus propositionisdemonstraviveritatemsecundo
et tertiofigurx,ut hoc sensuquodammodoindirecte dici possint.
Quartamfiguramdemonstro ex prima accedentibusconversionibus,
sedipsx conversionesprius per figuram2dam et 3tiam demonstrantur.
< In quavisfigurainveni sex modos >
Fig. i< CD. BC. BD.
AAA EAE Ail EIO AAI EAO
Barbara Celarent Darii Ferio Barbari Celaro

Fig. 2. DC. BC. BD.


EAE AEE EIO AOO EAO AEO
Cesare Camestres Festino Baroco Cesaro C<!w~f~

Fig. 3. CD. CB. BD.


AAI EAO IAI AU OAO EIO
Darapti Felapton Disamis Datisi Bocardo Ferison

Fig. 4.
AAI AEE IAI EAO AEO EIO

j Suntquatuorsenosquemodoshabet una figura.


Sponteduo veniunt, satisest efferrequaternos
Barbara,Celarent,Darii, Ferio, bari, laro.
Cesare,Camestres,Festino, Baroco, saro, stros.
TertiagrandesonanseffertDarapti Felapton
DisamisDatisi BocardoFerison.
BarmasiCalmerens(rop) Fesiso (sapo) Dimaris.

Vocabulaaffictasic interpretantur,à vocalibusper versus


AsseritA negatE verùmgeneraliterambo
Asserit1 negat 0 sed particulariterambo.

I. Les feuillets 3 et 4 contiennent un brouillon qui parait se rattacher à la


.Mat~MM Rationis, sans toutefois lui faire suite.
20~ MATHE5ÏS
RATIOKÏS

Pnn. VI, 14, f. 3. Sed per literas consonas exprimere volunt modum reducendiad
primam
S vult simpliciterverti, P porroper acci,
M vult transponi, C per impossibileduci.
Initialesautem liter.e ostendunt ad quem priméequis 2daeaut 3tix
referatur.
CesareadC~
Camestres ad C~~M~
Festinoad Ferio.
Barocoad Barbara, sed per impossibile,ob C.
C~~frc,Ca~o~ reducunturut Cesare,Camestres.
Darapti ad Dan~
Felaptonad Feriosimiliter.
Disamisad D~m.
Datisiad D~M.
Bocardoad Barbara.
Ferisonad Ferio.
Qjjart~ ûgurae quidam apud ClaudiumClementemhas numerant
Barmari CalerentDimaris F~MO. <; Malim ~> Barmapi ad Barbara
Calmerensad Celarent.
Dimarisad Dan~ c B
Firemosfalsumest, et in nulla figuradatur. D
3 verso. j Ergo pro FiremosscribemusFerimos. D C
Fesisoad Ferio. B
Supersunt duo adhuc modi quarto Hgurïeab aliis neglecti,AEO et
EAO, et quidemAEO consequitur ex Calmeres. Itaque scribemus
C~~r<7~ex Celarent.
SuperestEAO, quod reduciturad Ferio.
Fesapo ad Ferio
Habemusergo hos <; sex > quartse modos ad communemformam
expresso'3
Barmasi,Calmerens,Dimaris,Fesiso,Calmerop,Fesapo.
Superestut consideremusmodosquos indirectosvocant.
.).recto. j Ex his patet quatuor modos prim~ indirectos,qui reveraquarto
sunt, oriri ex conversioneconclusionis< primas~> ·
Itaqueduobusmodis ex prima figuracolligimusquartam, unus est, ut
MATHESïSRATtONtS 205

convertamus quantum converti potest, et ]Put!


quamlibetconclusionemprimas VI, !~f.4.
deindepraemissastransponamus; aller modus est ut utramque praemis-
sarumconvertamus, ita nulla opus transpositione pr.cmissarum. Prior
modusdat modos quatuor, secundus dat modos duos.
Leibniz essaie ensuite d'expliquer par des schcmes géométriques
linéairesles deux règles suivantes
Ex meris negativisnil sequitur;
Exmerisparticularibusnil sequitur.
Et il ajoute
Haepropositionesgenerales nondum satis figuris exponi possunt.

Conclusio syllogismi categorici enuntiat identitatem vel diversita- 4. verso.


temcontentiin Termino Minore, cum contento in termino Majore.
~Quantitassubjccdnotat quantitatem propositionis. Quandtaspraedicati
notat qualitatem propositionis, ergo sufficit omnia reduci ad quanti-
tatem.
(i) Medius Terminus debet esse universalis in alterutra pr<emis-
sarum.
(2) Alterutra praemissa debet esse affirmativa.
(3) Terminus particularis in praemissa est particularis in conclu-
sione.
<(4)Siunaprasmissasitnegadva,etiamconclusioestnegadva.>
M (5) Subjectum propositionis universalis est universale, particularis
particulare.
[5) (6) Praedicatumpropositionis anirmauva- vi formasest particulare,
négative universale.
Exhis quinque fundamentis omnia Thcoremata de Figuris et modis
demonstraripossunt1.
~] (?) Si conclusio sit universalis, mii'ur propositio vel est univer-
salisvel negadva.
(7) Si conclusio sit negativa, major prupositio vel est universalisvel
negadva.
(8) Si minor sit negativa, major est un'vcrs~is.
t. Cf.PHtL.,VII,B, ïv, 7.
306 DE NOVIS FORMtS SYH.OG!STtC!S
T:_)]!"i' –J-1..LL~ ~_i" -f'~j~m)mu-jT_"

PHtL.,V!,t4~~ PH!L.VI, t~, f. 5 (in ~).


meliusaUbi. }
Si propositiosit universalisnegativa,uterque ejusterminusest univer-
salis.
Si conclusioest universalis,erit utraquepra:missauniversalis.
Si alterutrapraemissaest particularis,conclusioest particularis.
Verso. JDuïe panicularesnihil condudunt.

PmL., V!, 15. PHiL.,VI, i5(9f.in-fblio).


~cAc~p novisformiset figuris~o~t~cM.
Quales hic sunt, typis vix possuntcommitti,nam sine capite et caice
iapparent.Altera harum schedarumanno 1715
concepta
1 recto. Cum novos modos syllogisticosinvenissem in prima, secundaet
1tertia2figura,et primasduos, secundaeetiam duos, tertiaeunum addi-

dissem, < ut ita quolibet Figura habeat sex modos >, cogitavide
<
1nominibus imponendis,quae convenirent regulis
receptis in versibus
jBarbara, Celarent,etc.
v e e
Ici Leibniz rappelle ces règles formuléesen deux distiques(pour les
voyelleset pour les consonnes)
Eadem opera deprehendiNomina modis quartasascriptaregulisnon
satis connrmari.ApudCorneliumMartiniumin Logicahunc versumpro
S.
iis invenio
ii
Sunt Cadereet .F~/o, D~ Fegano,Balanique.
Apud Wilkinsiumin Grammaticarationistalis extat
Barbari, Calentes,Dibatis,Fespamo,~r~~M
e

1 verso.
j Nomina autem quinque modorum veterum <; Figuras > quarto

i. Titre et note de la main de RASPE.Voir !a note au bas du f. 7 verso.


S. Lapsus, pour quanta.
3. Même remarque.
4. Déjà cités PmL., VI, f. 3 recto.
5. Le même sujet est traité dans le coupon f. 3.
DE KOVtS FORMÏ8 SYt.ï.OO!STtC!S 30~

formaviex nominibusvulgo receptis quinque modorum quos vocant P PHH.Vï~ï3,f.ï.


indirectospnmae
Celantes,J!<ïf~~ D~M, Fapesmo,jFW~nMO.
Namquia hi. solistranspositispraemissis,sineuîta aUamutatione,dant
quartam;hinc pro nominibusquarto formandistransposuiduas priores
indirectorum syllabas,et adjeciliteramM, ubi in indirectisabest, omisi
quiaabest'. Et fiet
Calnaentes,.B~< Digamis,Fesapo,Fresiso.
Sed addidebet novus modusCadeniop, ut jam dixi.
Porroquiareperiduos novos quosdammodossecundo non posseper
regulasdictorumversuumduci ex modisveteribusprimae,sed <; sic >
exmodisejus novisoriri, ideout regulamservarem,quod quivismodus
Sguraedcrivativaereducendussit ad modum primaeejusdem initialis, et
quiaB, C, D, F, sunt initialesquatuor veterum modorum primae;nunc
produobasnovisadhibuiG et L, omnesautem 2~ modosversibussum
complexus
QuaequcFiguramodos jam sex habet, eccesequentes
BarbaraCelarentprimae,DariiFerioque,
Sunt veteres,at nuncGabaliLeganoquenovelli.
Cesare,Camestres,Festino, Barocosecundae,
NuncGacenoet Lesaro. Sed habet Darapti,Felapton
Tertiacum Disamis,Datisi, Bocardo,Ferison.
In quartaest Cademopprius haud numeratus; at olim
Calmentes,Baralimp,Digamis,Fesapo, Fresiso.
Sedplacetexhiberemodosomnes, uti ex prima figurademonstrantur,
per conversionemquoties fieri potest, sin minus per regressum seu
reductionem ad impossibile<~secundumregulas receptassupra positis
binisdistichisexpressas>. Ubi notabileest quartamfiguramprasvalere
secundaeet terdse,quod omnesejusmodisolaconversionepossintreduci
adprimam.Cum in secunda Barocoet Gaceno,in tertia Bocardonon nisi
perimpossibleseu regressumad primamreducantur.Sed sciendumest
errasseLogicos, cum putarent reductionem per conversionemesse
tnelioremquamreductionemperregressumseu impossible.Namcontra
reperiomnesmodossecundaeet tertiasnguraead primamfiguramreduci
t. Lapsus,
pour «Madest.
308 DE NOVIS FORMIS SYLLOGïSTICIS

PnM.VÏ, ï5,f.t. posse per regressum,sed nulluni quarto. Omnes autem quarts modos
ex primaderivariper conversionem,et ipsamconversionemdemonstrari
per modossecundoet tcrtt~ Sed nunc receptam reductionemsequa-
mur, simulquead novos nostros modos applicemus,ut nominarectè
impositaappareat.
2 recto. J~fo~~r~M~p
Barbara ACD. ABC. ABD. C< ECD. ABC. E3D.
D~Wz ACD. IBC. IBD. Ferio ECD. IBC. OBD.
Gabali ACD. ABC. IBD. J~~ ECD. ABC. OBD.

Modi ~ccMM~<r
cz~Hreductione vulgari
Cesare EDC. ABC. EBD. Camestres ADC. EBC. EBD.
ad Celarent ECD. ABC. EBD. exC~r~ ECB. ADC. EDB.
Festino EDC. IBC. OBD. Lesaro EDC. ABC. OBD.
ad Ferio ECD. IBC. OBD. ad Legano ECD. ABC. OBD.
Baroco ADC. OBC. OBD. Gaceno ADC. EBC. OBD.
per~~ ADC. ABD. ABC. per Gabali ADC. ABD. IBC.
Nam si quisneget conclusionem Nimirum conclusionis et alte-
in Barocoqux est OBD, seu statuit rius praemissarumin dato modo
oppositamABD,admittatmajorem reducendosumendaesunt opposite
in Barocoquaeest ADC, in Barbara servataaltera praemissarum.
cogeturadmittereABC,seu negare
OBC, quas est minor in Baroco;
nemo ergo admissis pr.smissisin
Baroconegarepotest conclusionem.

Modi T~MP cum Reductione l~M/Ï

Darapti ACD. ACB. IBD. Disamis ICD. ACB. IBD.


adD~M ACD. IBC. IBD. exD~M ACB. IDC. IDB.
Datisi ACD. ICB. IBD. Bocardo OCD. ACB. OBD.
adD~M ACD. IBC. IBD. per BarbaraABD. ACB. ACD.
Felapton ECD. ACB. OBD. Ferison ECD. ICB. OBD.
adFerio ECD. IBC. OBD. ad Ferio ECD. IBC. OBD.

i. Cf..MafA~MjR~tOMM,fin (PmL., VI, t~) et Dej~brtMMsyllogismorum !M<ï<Ae<M<ï-


tice ~M~M~ (PHïL., VIÏ, C, 83.84). V. La Lo~t~Mede Let~M~, ch. § 5 sqq.
-:e7. -1
DENOV!SFORMISSYHOG!ST!C!S 20<)

Modi QM~<P cum reductione Mt~W PHH.VI,t5,f.2.


ADC. ACB. IBD. Digamis IDC. ACB. IBD.
exBarbaraACB. ADC. ADB. exD~ ACB. IDC. IDB.
Cademop ADC. ECB. OBD. 1 Calmentes
ADC. ECB. EBD.
exCelarentECB. ADC. EDB. exC~~ ECB. ADC. EDB.
nempeop fit ex eratconversione
peraccidens.
J~M~ EDC. ACB..OBD. Fresiso EDC. ICB. OBD.
adFerio ECD. IBC. OBD. adFerio ECD. IBC. OBD.
Cum praengiturmodoprimae, innuitur sola conversioneconclu-
sionisin modo primaehaberi modum propositum,transpositissaltem
Cum prae6giturmodo primœ, tunc ex modo dato redu-
pra&missis.
cendoper conversionemfit modus primaehabens conclusionem
qu~si-
tam.Cumperprae6giturmodo primae,tunc fit regressus,seu ostenditur
si negeturmoduspropositusaffirmeturqueade6
opposita,inferri oppo-
per modumprimas;contrahypothesin.
sitamprasmissas
Suiventdesremarquessur les réductionsdesdiversmodesà la i"
Lesfeuillets3, 5, 6 sont des figure.
couponsportant des notesde Logique
syllogistique.
Lesfeuillets7-8 (2 p. in-folio)contiennentles schèmes
des19modesclassiquest. On lit au basde la géométriques
p. 7 versocettenote
Giessas
nuper (171$ hœcscribo) TriangulumLogicumedidit.

Barbara 0. B est C <9.AestC 7 verso.


.B~ vel
velBarbari 0. A est B <8. Aest C.
A
Celarent N. B est C 1
N. A est C
B vel
velCelaro O.AestB ~J~ ~A~estC
D~M 0. B est Ci '<
velBarbari Q. A est C
Q. A est B A
(
Cf. PMH. Vit, B, M,
ï8; B, tV; C, 28.
INBMT8 M LBÏBNïZ.
14
2t0 AD STATERAM JURIS

PtML.,VI,ï5, f. 7.
c
jR-~ N. B estC}
<° non est C.
<2.AnonestC.
veIC~ro A A
estB} (

F. 9 (un coupon).
Quarta Figura
CB A E 1 E A A
BA El A A A E CADERE
AC E 0 1 0 1 0
Omne animalest vivens
D SM o 3M p r~ Nullumvivensest lapis
;f h>
6 a s s E o Nullus lapis est animal
M S S M
§ po
?~~0~0

Demonstratiolinearis.
Major Animal prop. o
CI)
Medius Vivens maj. '§
prop. a
Minor Lapis min.

PtML-,VI t~. PmL., VI, 17 (3 p. in-ib!.).


Ad Stateram juris
de gT<X~M~~rO~~OMMMÏ et probabilitatum
Godefridi Veranii Lublinensis
Note de RASPE Nonnisi initium est elegantissimi opuscuH,quod
completum et ad finem perductum nobilissimam partem logicaeprobabi-
Hum contineret.

t. Ce n'est pas la seule fois que Leibniz prend un pseudonyme. Sans parler de
celui de Guilielmus Paddius, sous lequel il voulait publier son Plus M~(PmL.,
VII, A, ï), et qu'il revêtait dans ses dialogues (v. MATH.,I, 29, et le Pacidius P.Ma-
lethi, oct. ï~yo, MATH.,X, ït), il avait publié en 1669 son <S~cf)MM~MOM~M-
tionum ~o~<~c<!rMM sous le pseudonyme de Georgius Ulicovius JLt~M<!MtM, qui repro-
duisait aussi 8t~ initiales (G. V. L.) (V. La Logique de Z.~t&M~,Note VIII) et il avait
projeté de publier son ~Mrorot sous le pseudonyme de Guilielmus Pacidius Luben-
tianus. Enfin il publia son de Jure Supi-ematus sous le pseudonyme symbolique de
CAE8AMNU8 FUEMTENERtUS ('677).
AD STATERAM JURIS 2 t t

STATERAM quandamjuris affero, novum instrument!genus, quo non PHÏL., VI, ty.
metallaet gemmae,sed quod illis pretiosiusest rationummomenta
~stimaripossint.Omniumvox est argumentadisceptantium,sententias
autorum,vocesdeliberantium,non deberenumerarised ponderari<~ ab
eopenesquemsupremaest expensisomnibusstatuendipotestas>. Una
gravisratio multasconjecturasdestruere potest, vicissimaliquandoper
se cociemnendasingulatim,ubi cumulum fecere, praegravantlancem.
[Hoclibr~egenus < summas> in omni humana vita [profuturum]
< utilitatis>, [exJurisconsultorumthesauris expromo <; ex Juris-
prudenti~adytis promo. >] Itaque fatentur omnes, extare in rerum
naturahoc Ubr.s < Logometrœ> genus, ubi reperiatur non osten-
dunt. AristotelesLogicseparens non attigit; < interpretes multo
minus>. Qui nostro tempore prœ casterisegregiein logicis versati
sunt,JoachimusJungiuset AntoniusArnaldus hanc partemnon minus
quamc~eteripr~tcrmisere.j Rem ergo summsein omni vita utilitatis
nunctandemex Jurisprudenti~adytispromimus,ubi ita latebat, ut vix
agnosceretur. Nimirumpro comperto< habendum> est, ut Mï~MM-
ticosin~M! sic/Mr~M~M ~K~~M/~M~ Zog~M, rationis
~r~~ ~~Mw~ ~CM~. Hincillorummulta pr<ecepta
de probationibusplenisaut semiplenis,de praesumtionibus,de conjec-
tandissensibus< legum >, contractuumatque ultimarumvoluntatum,
deindiciiscriminum< atque argumentis> ad inquisitionem,ad cap-
tionem,< ad territionem >, ad quœstionemper tormenta < imi,
medii,summi gradus >; accedunt loca legalia argumentorum, quœ
Topicamjuris axiomadbusvel ut vulgoloquuntur maximis instruunt
[quasalii xup~ 36~<x<;vocant] Postremoquid aliud est processusjudi-
ciariusquamforma disputandia scholistranslata ad vitam, purgata ab
inaniis,et autoritate publica ita circumscripta,ut ne divagariimpune
liceat,aut tergiversari,neve omittatur quodcunquead veritatis indaga-
tionemfacerevideri possit.Qua sane diligentiaatque industria,si mor-
talesc~tcrisin rebus uterentur, et quantum < in re pecuniaria,sa2pe
nonmagna~>, fatiganturjudicesaut commissariiconferendoargumenta
argumentis< examinandoscripturas>, interrogandotestes, descen-

teQueLeibniz
considérait
commel'uniqueauteurde laZ.o~<~«?
de~'o~-JRq~
2.Cf.~OMfMM~~M<t!ÏV,XVt,S 9.
2 2 AD STATERAMJURIS

PHÏL.,
VI,ty. dcndo in rem prassentem;tantum in natura investiganda,et < quod
potissimumest > vera aeternaebeatitudinisvia discemendaopéréepone-
retur dubiumnullumest, quin multo magisquam fieri solet et sanitati
corporiset ipsiusanimassaluticonsuleretur.j Ut nihil jam de gravissimis
in republica deliberationibusaut virorum militarium consultationibus
dicam,ubi plerumqueautoritasvel eloquentiapro ratione obtinet,prx-
sertim cum vim rationum agnoscerevel temporis brevitasvel rei per-
plexitasmultiplicitasquedifficilefecit. SaneMedicosconstatnon inditi-
genter praecepissede indicatiombus.Sed longissimeabsunt ea in re ab
axp~e~ Jurisconsultorum,cum tamen ut Plinius ait, periculumsit in
nullo negotio majus. Non contemnendasunt quœ praecepitClaudinus
autor libri de ingressu ad infirmos, aut Sanctoriusin Methodovitan-
dorum errorum in Medicina,sed tenuia apparentsi elaboratisJuriscon-
sultorum operibus conferantur, quale est Rutgeri Rulandi de Com-
missario, quem scriptor iste innumerisinterrogationibuset subinterro-
P. 2. gationibusita instruxit, ut non facile aliquid elabatur. ( Ut
s~epein
mentem veneritadmirarihumaniingeniiperversitatem,quod diligentiam
omnem eo convertit,ubi minus necesse est. De stillicidiis,de lumine
<; aedium> viciniobstructo,de itinere, actu, via per agrum, de tribus
capellis, tractatur magna gravitate summoque studio; viri aliquot
docti et periti < velut de summa rerum sententias dicunt; itur de
tribunaliad tribunal,nequid forte prioresfugerit >, nihilque[omittitur]
negligitur,quod faciat ad controversiamjusto judicio terminandam,
non magisquam si in Romanosenatu deAsiacis Taurummontemaut
de Aegypti regno ageretur. Laudandisunt isti judicesassessoresque
suasindustnas< et religionis>; faciuntofficiumin parvisnon minus
quamin magnis.Edamin tenui laborem[gloria]<~mercesapudDeum>
non tenuis manet [et fieri potest, ut aliquis.[homo de plebe in lud)
homo obscurus in ludo latrunculario, artifex in suo opificio,aut
etiam *]. Sed genus humanum culpandumest, quod '< dum > exiguis
negotiis egregie praevidit, maxima quasque in casum dare solet.
Itaque a Jurisconsultisexemplum petere oportet instruendasrationis
humanaein gravissimisde vita < et sanitate>, de republica,debelli
i. LapenséedeLeibniza dévié,entratnéepar unede sesidéesfavorites,
àsavoir
qu'il y a unefouted'inventions
obscureset mëritoh'esdansi~smétiersetdaMles
~eux.V.La I.Më .Lc~Mt;eh. V,§ iq, et VI, 3c).
AD STATERAMJUMS 2ï3

negotiis, de conscientiaemoderamine,de aetemitatiscura, deli- P) PRtL., VI, t7.


Mcisoue
berationibus. HabentTheologi cur se hic admonerinon aegrc aérant.
eorumin publicum editainspexeritcuratius,mirabitur
QuisquisColloquia
tantas res tam perfunctorie, ne dicam pra&postcrc[et sophistice]
sxpe
tractari.Quidamnon argumentantursed concionantur;alibiSophismatum
p ullulat, p lerumque exacerbanturanimi, et in conviciaexardescunt.
seges
Postremoita teritur tempus, ita in orbem circumagiturdisputatio, ut
txdioet desperatione fructusetiamilli finemexpetant,qui maximeinitiis
favere.Sedmissiscontroversiisinter partes,in quas scissusest Christianus
Orbis, ad eos inprimis pertinet haec opera < nostra de Probationum
>, qui conscientias regunt. Prassertimcum ab aliquot annis
gradibus
inter ipsos
magnaanimorumcontentionede vi ac potestateprobabilitatis
certetur.Sunt enim qui putent hominem scientemac prudentemposse
minus probabilem minusque tutam in agendo sequi, quod
opinionem
aliivelutgrandepiaculumfbrtiter accusant1. ProsperFagnanusscriptor
celebrisex illorum genere quos Canonistasvocant, graviter ostendit
sint Jurisconsulti hacin re multis Theologis severiores.Respondit
quanto
et
ipsiHonoratus< Fabrius Theologuset philosophus> magniingenii
vasKedoctrine, et sane in nonnullisabsolvitprobabilistas,et cautiones
complures egregiasprsescripsit;tandem tamen eo descenditut fateatur
exsuaepartis sententia, posse< non raro > homines conscicntiïesua:
consulentes, posse etiam animarummedicos,conscientiarumdirectores
opinionem < recte pra:ferrc> quagipsismetminus verisimilis< minus-
quetuta > videtur,quandotamen in simili plane causaidem judiciaut
advocatonon liceret. Quod quemadmodumego non sine admiratione
animadverti, ita vel hincsestimandumputo quanto preestetin hoc genere
discerea Legibuset Jurisconsultis,quae< longo > usuvitaset contro-
versiarummultiplici discussioneprobantur,quam < a novitiisquibusdam
scriptohbus mutuari>- quaein scholarumumbra subtilitermagiequam
accurate cogitata,lucemnegotiorumnon asqueferunt.
Haecautemnon eo accipivelim quasiJurisconsultosesse sinenasvispP. 3.
a ut omnia ita sint ut rectius non >
putem, quasi apud ipsos constituta, pos~
sint.Qdd enimtale est in rebus humanis?Pateorlubenspassimincerto

Cetteallusion des;ëautteset à leursdémôtésavecles tansé-


au probabilisme
nistespermet quece morceaua étéécrit pendantou peu aprèsle
de conjecturer
deLeibniz
séjour àParia(~72-76).
2!~ PREFACE n~ENCYCLOPEDÏE

PHK. VI, ï~. jure nos uti et egere subindenovi Legislatorisopéra multaquesingulatio
in judiciorumprocessuemendationem postulare; quin et alicubi~s~avn
quadamlaborari,et nimia~brm~esolennis cura rem ipsam saepeamitd
lassatislitigantibusexhaustisqueinter judiciorummoras. Sed h~ecosten-
dunt nihil tam egregiumesse, quin abusuipateat. Postremo fateorhanc
quamego profero dijudicandi,et rationeinter se confligentesvelutin à
bilanceexpendendimethodum,nec apudJurisconsultosita
traditamesse
ut novo studio<; nostro > non fuerit opus. Materiamtamenoperisab
illissuppeditatam,et <; ex > diligentiaipsorumhaecnova
qualiacunque
nostrameditamentaenioruisseres ipsaostendit.Certenullialiitot admi.
nicula submiuistrarunt.Nos <~ tamen > in aliis quoque doctrinisnon
perfunctorie versati, fortassecontulimusaliquid ad utilissim~Tracta-
tionis perfectionem,cujusnos qu~rere aditum contentiin novodoctriox
genere, alteri melioribusauspiciisultimammanum impositurolibenter
et candideapplaudemus.

PHM. VI, 18. PHIL., VI, 18 (2 p. in-~).

Notede RASPE« L-ii elegans meditatiode confusahominum cogni-


tione, quibusquemodishœcmelior reddi possitatque perfectior.Spectat
ad Synthesinet Analysinuniversalema Leibnitioexcogitatama.
i recto. Mihisi dicendumquod res est statumhumanœcognitionisconsiderand
in mentem venit imago exercitus,in fugam conjecti, vel pr~ed~causa
per agrospalantis,a quo nulla signanulliordinesservantur;vel,utaptiori
similitudineutar; eruditionishodiern~eapparatus,videturcomparariposse
tabernoeamplissim~e,omnigenamercium varietateinstructx, sed planè
eversaset perturbatse, omnibus inter se confusis,nullis accedentibus
numerisliterisveindicibus,nullo inventario,nullis rationum libris,unde
lux aliqua hauriri possit.Ubi quantomajoremmassamconncientrescol-
lecta, tanto minususuierunt. Itaquenon tantùmnovismercibusundique
convectandis,sed et his quaehabenturrite ordinandisopera dandaest,
talisqueeligendusordo, ut nova supplementasemperimposterumlocum
suum certum inveniant,nec pristina semper ob accessionesquotidianas

t. Lemotesseestrépétéà la lignepar erreurdansle ms.


2. Cf. les Préceptes jroM~avancer les .!Ct~!CM(Phil., VII, i~y-îy~).
PREFACE D'ENCYCLOPÉME 215

indies necesse sit, quod < promtisquidem, sed > ïPHH. VI, ï8.
turbanimmutanque
p atribus familiasusu venire solet, qui nunquam sibi
parumjudiciosis
singulisnoctibusrerum suarumfamiliariumfaciemstatum-
satisfacientes,
mutare délibérant. Idem < nobis> in scientHsusu venire vidctur, t
que
ubiperpetuareformandiinnovandique libidineprurimus,nec tamen quae-
sitisutimur< sed indigestarelinquentesmox alia captamus>, neque
certi constituimus, cui postea inaedi6caretutô possimus.Nec
aliquid
turbat infinita librorum eadem reciprocantiummoles, de qua
parum
latius< deindc> dicendilocuserit. Duobus ergo nobis opus est, ut ex
illaconfusioneeluctemur,Inventarioamplo suis multipUcibusac fidelis-
simisindicibusinstructo, et libro subductarumrationum, << quorum
HistoriamomnemNature artisque,
operumprius,nempe> inventarium,
et quicquidsensu et relationeconstat dignum memoratuvel contineat,
velindicet,at ) posterius,nimirumLiber rationum,ipsas(vel absolutas, t verso
velcumaliternon licet hypothesinixas), sive veritatis,sive etiam pro-
< maximae> praesumtionisque
babilitatis demonstrationes<~ ex sensu
cognitisductas>, comprehendat.Sedneutrum ego sperandumarbitror,
in tanta humanarumopinionumvarietate,nisi utamur Methodo cujus
hic Elementatradentur, quae omnescontroversiasè medio tollit, effi-
citqueut in rebus etiamà sensu et figura remotissimiscalculoquodam
< ordinequedeterminato> procederepossimus.Ita denique
irrefragabili
imposterum in omnibus disciplinis<; magno reipublicaefructu > fiet
quodin Geometria< dudum factumest > ut ingeniosi hominesfamam
nonevertendismajorumtraditis, sed <; quod jam supra admonui~>
augendis eorum inventis quaererecogantur <; Rationumque semel sub-
ductarum <examinatarumquepublicè> liberirrefractabilishabeatur.>
Et quxcunquein humanam cogitationemcadunt, < nostra notionum
analysi> locum ac sedem constanteminvariabilemque< in generali
Inventario> accipient,licetalioqui< ssepeesedemres ob usumrespec-
tumque> multiplicemad varia loca alia sed obiterdesignandotantùm
< perindicismodum> referripossint.
3t6 DEGEOMETMCA METHODO

PH!t. V!, ÏQ, C, PHIL.,VI, 19, c, ï3 (un coupon)


t3.
Video eos qui Géométrie Methodo tractare aggrediuntur
scientias,
ut P. Fabry, Joh. Alph. BoreUy,Bened. Spinosa,P. des
Châles,dmn
omniain propositionesminutasdivellunt,efficereut
pnman~ proposi-
tioneslateant inter illas minutioresnec satis
animadvertantur,undeobs-
curitas,ut sa~pcquod ouvris dintcuÏterinvenias.
t. Cf. Pan. VI, ï2, e, 12 verso; ïx, f, 27, fin.
!NIT!A SCIENTLE GENERAHS 2~

PHIL.,VU, A, i (i f. in-folio). Titre de la main de Leibniz Pau. VII, A, t.

GUILIELMI PACIDII

PLUS ULTRA
sive initia et specimina
SCIENTIAE GENERALIS
de instauratione et augmentis scientiarum,
et de perficienda Mente, rerumque inventionibus
ad pK~M~~C~~M.
Le même titre se retrouve f. 6.

Prni~ VII, A, 16 (1 f. in-~). PHIL.,VII, A, ï6.

~'MC~'c/op~Mex sequentibus autoribus j?rq~M~


meditationibus delineanda.
GERHARDT (Phil., VII, 3~) n'a publié que les rubriques ou têtes de
paragraphesde ce plan; mais chacune d'elles est suivie d'une foule de
noms d'auteurs auxquels devait être empruntée la matière du chapitre
correspondantde l'Encyclopédie. Ce fragment est un monument curieux
dela prodigieuseérudition de Leibniz

PHiL.,VII,A, 2~-25 (2 f. in-foL)~. PHIL.,VII, A, 24-


25.
~M~~M G~Mf~M,ubi de instauratione et augmentis scientiarum,
seude palpabilibusnotis veritatum et filo certo artis inveniendi <~ omnia
1.Cf.PmL.,VII,B, M,12;VIII,3; et VII, A,3o (Atlasuniversalis).
2. Cf.Phil.,VII,~g, 5y, 5g, 6~, i24; Erdm. 85; et PHIL.,VIII,ï.
~~S8 PLAN MLASCïEUCE GÉNÉRALE

PH!L.,VII, A, 24. propriomarte > quaecunquehumanc ingenioex jam datis duci possunt.
Ostenditurscienti~generalisusus in speciminibusadjectis<~etiamJatis-
sime patentibus>, quaesunt primum Geometriacirca problemata
qux
Algebram transcendunt,< et hactenus in potestate non fuere>* et
deinde Elementa Mechanica,quibus machinarum effectûsad
puram
Geometriamrevocatur~ < his enim duobus efficitur,ut
imposterum
de abstractissecuri oysic<cfaciliusoperam dare possimus>.
Denique
adjectaest Logica [civilis]< vita~>, de aestimandisprobabilitatibus,
in
quo plerumquepeccantdeliberantes,cum vel de sanitate,vel de fortuna
hominumnon contemnendisutrinqueargumentiscertatur

Aprèsun blanc, un développementqui commenceainsi


Non male vulgodiciturunumquemquesuaesibi &rtunœfabrumesse

PHÏL.,VII, A, 26- PmL.,VII, A, 26-29 (6 p. in-fol.)


29.
36 recto. Dedicatio ad Monarcham qui volet.
Pra~fatîopoterit esse de autoris studiis, et quod conjunxerit literas meditatîonî
Neminem hactenus veram Analysin intellexisse modumque inveniendi absolvisse.
J

? DEAfelicitatis cujus capax est genus humanum.


i De utilitatescientiarumet veraeerudi'tionisefficaciaad humanam
.felicitatem
De causisignorantiœet errorum.
De ortu et progressuscientiarumseu de Historialiteraria.
De Statupr~sentiReipublicseliterari~e. Historia
Inventorum
Variaconsiliade Instaurationeet AugmentisScientiarum.
ConsiliumAutorisin duobusconsistit, primo in Scientiageneralitra-
i. Pour«revocanturM.
2. Cf. AdStateram juris. (PHIL.,VI, 17.)
3. Allusion à un ouvrage de CoMENius Faber jPbr~MH<p, sive Ars eoM~M~K~ ipsi
sibi, composé en 1637, publié à Amsterdam en 1657.
4. Leibniz a coutume d'opposer l'érudition à la spéculation, et de remarquer
qu'elles se trouvent rarement réunies chez le même homme. V. 2tQ, note ï.
5. Ici Leibniz a barré deux paragraphes qui se retrouvent plus loin « Dari
scientiam generalem » et « Parœnesis ad viros pios
6. Cf. le morceau « De Republica iiteraria. mai t68t (PuiL., VII, A, 3ï-34;
publié par GENHARM, Phil., VII, 66-73.)
PLAN DE LA SCIENCE GÉNÉRALE
2Tf)

denda,qua datis jam cognitionibusad aliasinde inveniendasquantum PHM.VII, A, a5.


est utamur et secundoin ~H~Mfc
possibile c~M~~MM a~nc,
in quodomniaquaejam hominibussunt explorataet vel in librisextant,
velinterhominescujusquefacultatisaut pro&ssionissunt sparsa,ordine
et cum inventarioreferantur,<~ ut iis faciliusuti possimusin Experi-
mentiscerto consiliosumendis~>j ubi maximegeneralibuset utilibus
incipiendum est. }
DariScientiamgeneralem,<;seuLogicamquandamarcanam>, cujus
ope omniaex datis inveniri et dijudicaripossintintra paucosannos, ad
qua?aliashominesusitatahactenusrationevix post multaseculaperven-
turivideantur.
Par~enesis ad viros pios, voluntateet viribus instructos,ut conferant
adtantumbonum malintquese vivisquam extinctishumanamfelicitatem
augeri
Sdentiageneralisconsistitin < judicioet inventione,siveAnalyticis
et Topicis,id est in > Notis veritatiset filo inveniendi.Itaquetradentur
anteomniaElementaVeritatisaeternœ,namnisi quis notas habeatagnos-
cendiveritatemubi occurrerit,frustraeam quasret.
Hic ergo dicendumerit de NaturaVeritatis,et de Veritatibusabsolute
primis<; seu per naturam rerum indemonstrabilibus >, et quomodo
caeteraeab illisderiventur.
DeVeritatibusprimis quoad nos, sive de Experimentisquaein dubium
revocarinon possunt. <( Considerationescirca scepticos~>
DeVeritatibusIntellectualibuset Sensibilibus,seu Rationiset
Facti.}
De MateriaVeritatumsive conceptibusatque ideis, et quomodocon-
ceptusessegenuinosminimequefictitioscognoscatur.
Conceptusvelsunt <~ obscurivelclari, et dari ~> confusivel distincti,
et distinctiplus minusqueadasquati.Conceptusobscurusest cum
quis
opeejusrem dignoscerenon potest. Conceptusclarus est, 1 cum quis 26 verso.
J
ejusoperem ubi occurreritagnoscere,et aliam supposititiama genuina Addenda Jungii
ett Qaubergu
discernerepotest conceptusclarusat confususest, cum quis notas quas logicas Amaldi
habetaliistraderenon potest, sed cogitureandemrem <~ velsimilem> Hon. Fab~.

Enmarge«rari eruditionem
Meditationi »
conjunxere.
2. Cf. Phil., VU, 65, et PHiL., V, 8, g, 30.
3. C!. le De Veritatibus primis (Phil., viie et le De Synthesi et ~M~<
3. Cf. (PAt~
MrMh 194-5) Analysi «H!-
uf:i-
(Phil, VII, 296). V.
t~W~t~ V. Z.«
La Logique ~-5) et ch. VI,
Lo~MC de L~M~, § 36.
D~~-M~Mt
330 PLAN DE LA SCIENCE GÉNÉRALE

PHH..)VII, A, a6. aïiorum sensibus offerre, ut cam etiam agnoscere discant. Sed ccm
quis conceptum clarum et distinctum habet, tune habet dennidoncm
Nominalem,quaenihil aliudest quam aggregatumnotarum, quibusrem
unam ab aMadisccmimus.Conceptusdistinctusest vel adaequatus[plus
minusve]vel inadaequatus.Conceptusdistinctus adaequatusest definitio
realis, seu definitiotalis ex qua statim patet rem de qua agitur esse
possibilem, seu qui constat omnibus rei requisitis, < seu natura
prioribussufficientibus>. Conceptusautem < inadaequatus> tanto
[magisadaequatusest} < propior est adaequato>, quanto pauciora
requisitadesunt. Denique conceptusperfectus est, si de omnibusrei
requisitis iterum conceptusadaequatus habeatur Hinc ergo capita
orientur
De discrimineinter conceptusobscuros et claros, ubi ostendendum
saspenos conceptustantumcascosde rebusbaberc,per analogiamet cha-
racteres,aut aliorumingeniofidequeexplicandos.
De discrimineinter conceptus confusoset distinctos,ubi de explica-
tionibusper ostensionemet per definitionem,deque üs quorumdefmi-
tionesnon sunt quaerendae.
De discrimineinter conceptusinadaequatoset adaequatos,sivede&u-
tionum nominaliumet realium, ubi occurrendumHobbesianaedifficultati
< deveritatearbitraria,Canesianae,deideiscorumde quibusloquimur.>
De discrimineinter conceptusimperfectoset perfectos,ubioccumtur
difficultatiPascalii de Resolutionecontinuata et ostenditurad pcr&ctas
demonstrationesVeritatum non requiri perfectos conceptus rerum.
< Signumconceptusimperfectiest, si pluresdanturdefinitionesejusdem
rei quarum una per alteram non potest demonstrari,item si qua veritas
de re constat per experientiam,cujus demonstrationcmdare non pos-
sumus.Et quantoha3C signacrebriusoccurrunt,tanto major est conceptus
nostri imperfectio.Omnes nostri conceptus de rebus completissunt
imperfecti.>
De His quaeper se concipiuntur,seu de Notionibusabsoluteprimis.
De AlphabetocogitationumHumanarum,seu de Notionibus< secun-

i Sic(serapporteà conceptus).
2. Cf. Meditationes de Cognitione, Veritate et Ideis (168~).
3. PASCAL,De rE~f~~<MM~n?Me, section î. V. PmL., VI, ï3, e, t3 recto (p. ï8ï)
et La Logique de I.e~M~ p. i83.
PLAN DE LA SCIENCE GÉNÉRALE 221
t*

dumnosprimis> ex quibusaliseomnescomponuntur,etsi ipsaefortasse Pat! VII, A, a6.


nonsintabsoluteprimas
De Veritatibusrationalibus, quae ex axiomatibussive veritatibus
<; rationalibus > indemonstrabilibus, et ex de6nïuonibusdemonstrantur.
Ubide propositionibus absolutis;affirmativis,universalibus,hypotheticis,
negativis, particularibus;de usu particulariumet negativarumad instan-
tias,et refutandaspeciemveri habentia.De discrimineveritatum quaead
theoremata et quaead scholiapertinent. Item hic de signis, copulis,par-
ticulis,affixis,de rectoet obliquo,et variismodisformandipropositiones
exterminis.
j De consequentussimplicibuset asyUogistis.
Deconversionibus, oppositionibus,de Modis,Joh. Hospinianus.
De Grammatica[philosophicaj<~ logica >. <; Hic de linguis> et
scholasticorum suppositalitatibus.
De conscqupntiisvi fbrmae, de consequentiisvi materiae,ubi de
Enthymematibus,de rectificatione Analyseos Geometrarum. Verba
Conringüafferendaipso non nominato~J
De Argumentationibusquae non possunt nec debent revocari ad
syllogismum.
j De Argumentationibus in formadiversisa syllogismoscholastico.}
DepartisDemonstraiionum, ex9~<re~ etc.
Dejustificationesensuumet Moralivel physicacertitudine.
De Analysiomnis argumentationislogicae,qua demonstraripossit
ejusbonitas.
Delegibusveritatis,necessitatiset }
De Gradibusprobabilitatis,seu Libra rationumverisimilium
De Sophismatumdetectione,ubi sumendain manus Colloquia.adde
Stahliidiss.Ms.
De judicecontroversiarum<~ humanarum> seu Methodoinfallibili-
tatis,et quomodoemcipossit,ut omnesnostrierroressint tantumerrores
calculi,et per examinaquaedamfacilepossintjustincari.
<. Cf. pHiL.,VII, c, ï56, ï6o.
2. Allusion à sa discussion avec Conring touchant la validité de l'analyse.
'<ïCoMr< tg mars 1678 (PA~ I, ïgS); et La Logique de Z-c~M! p. 266.
3. Sic, pour « partibus ».
4. Cf. Ad Stateram juris (PmL., VI, 17).
233 ATLAS UNIVERSALIS

PmL., VII, A, ) Suit un développementqui commenceainsi


27 recto.
Sapientia nihil aliud est quam scientia felicitatissive perfectioois
humanae.

PHIL.,VII, A, 30. PniL.,VII, A, 3o (2 p. In-fol.)


Atlas MMÏ~rM/M.
3o recto. TjABETURhactenusAtlasGeographicus.Item Atlas Astronomicussive
i i casiestis.Mihiautemin mentemvenit totamAtlante
Encyclopaediam
quodam Universaliegregiecomprehendiposse2. Primum enim pleraque
quaedoceri discique oportet oculissubjici possunt. Jam segniusirritant
animos immissaper aures, quam quaesunt oculis subjectandelibus\
Nec dubitandum est opus hujusmodifore omnium et
Bibliothecarum,
inprimisa viris illustribusquxsitumiri, quibus simul oculosanimamque
pascet, ut juventutemtaceam generosam,et compendiodocendam,eta
verbisad res mature traducendam.Hic autem Atlas sic instituetur:
Habeanturinprimislibri, qui dogmatasua figurisillustrant;itemcoI-
lectaneangurarumquasextantapudcuriosos,ut Marollium
aliosque.Libri
autem alicujus ngur~ dispersa in unum facile
colligipoterunt, evitatis
repetitionibus diversarum figurarumsatis compendiosarum.Addantur
denique rerum ipsarum icones, ab egregio artificedelineatseatqueaeri
inscuÏptse.
Topographia cxli sex Tabulisa P. Pardies comprehensa.Schickardi
concavumcaeli.
Cassinialiorumquenovaengune;ro Astronomicisillustrandis.
Ephemerides in figuris dalencasi Sumtasôguraeutilieres ex opere
magnoDucisNorthumbria~.
Figura utilesex opere magno p!anisphœriiOctavii Pisani.
Topographiaterra~ seu plerasqueurbes celebresuna, duabusvel plu-
ribus tabulisexhibita?.Item aHaetabulaepro munimentis.
Tabula Heraldicacompendiosa.VariaeTabulasHeraldicseillustriorum
per variasEurope regionesfamiliarum.
ï. Voir le projet des Semestria literaria,
le C(Mc~ etMc~Denkschrift liber die ï 668-9(fbMc~cr de Careil, VII, t63)et
Verbesserutigder ~K~e und Wissenschafien
'~t~M Reich, vers 17! (ibid., p. 592). Cf. PH~ VI, tt, b, 3; ï2, b, 4 verso.
2. Cf. Consiliumde ~«~C~~M MOM,ï5 juin ~670 (PHfL.,V, 7, p. 4).
3. Citation d'HoRACE, Ep. 11,m, 180.1 (« demissa per aurem »).
ATLAS UNIVERSALIS 223

Tabula Genealogicae familiarumprincipumEuropae,cum nonnullis PniL., VII, A, 30.


veterem historiamillustrant.
quas
OmniaAlphabetalinguarum, item varii characteresTypographici,
vide
expressi, librumcharacterumVaticaneae.
reapse
Vestitus,habitus,cultusquehominumvariarum nationumet profes-
sionum.
Iconesvirorumillustriumveterumet recentiorum.
SelectaNumismataveterumet recentiorum.
~Edi6ciainsigniaantiquaaut nova, adhucextantiaaut alias explorata.
Vari~Antiquitatisreliquiaeex numismatis,inscriptionibus,annuliset
ipsisrebussuperstitibusexpresse.
DivinorumofHciorumc~eremoniae. <; Ordinumvestitus>.
Hyerogly~ica ~Egyptiorumex Horapollineet aliis.
Ripseiconologia.
Arithmetica in figura. Item Algebra.ElementaEuclidisduabustabulis
comprehensa. TabulaunicaGéométriepractic~. Tabula Conica,Tabula
Tabulapro quadraturis,et quaehis sunt coi icxa.
Sphoerica,
TabulaGraphicesseu perspectivae.
TabulaCatoptrica.Tabula dioptrica.NucleusCherubini.
Tabula novaepro scientiaMusicauniversa, variisqueorganis. Adde
opusPraetoriiet Kircheri.
TabulaArchitecturae civilis,et columnarum.
Tabulasornamentorumexquisitorum.
Tabula poliorceticae,seu de re fortificatoriaurbiumquedefensioneet
insultu.
) Tacticaseu de ordine et exercitiismilitaribus,quo pertinet et 3o verso.
castrametatoria.
Belopoetica seu de armiseminusagentibus,ubi et de aliis armis.
Obsidiones et praeliacelebriora.
Mechanica, ubi omnisgenerisMachinaset moduli. Hydraulica.
MarinasiveNautica.
Œconomicaet omne genus suppUectilis, et domesticaecuras.
Agricultoria,ubiomnisgenerisinstrumentaet opera rustica.
Textoriaomnimoda,qua cujuscunquegeneris vestimentâaut corporis
tegumentaparantur.Ubi tota ratio tractandi serici, lanae,gossypii,lini,
cannabis,viminum.< Tinctoria>.
~4 NOUVELLES OUVERTURES

3c.
PtHL.,VH, A, 3c. Res muraria, ubi tractio lapidum,terrarum, calcium. Huc
< stratores
pavimentorumre~utani.>
Res lignaria,ubi tigna, trabes,aliaque id
genus, et quicquidligneiin
aedincandoadhibetur.
Addantur alia quas aedincantibusserviunt, ut vitriariorum
ars, item
tessellataet musaicaopera. Scrimani. Tornatores.
< Pictoria,Sculptoria,Statuaria.Hucscriptoria ars. >
Ferri et plumbi tractatio,per variasartes mechanicas.MetatH
fusoria.
Docimastica.Tota res fodinarum.
Coctoria.Huc coctionesvitrioli,saïispetr.s, salis
communis,aluminis,
saccari, indigo.
Vini, cerevisix,Hydromelis,pomaceiparationes,et tota res culinaria.
Omneschymicaeoperationeset chymicoruminstrumenta.
Reliquares pharmacopoetica,et MateriaHstarum labores.
Opus Botanicum;hortus Eichstetcnsis,etiam variationesqua:ia
plantis
confingunt,et modus colendi.
Anatomia,opus per se magnum. Rumelini tabulasperncienda:.
Chirurgicainstrumentaet exercitia.Anatomiacomparativaet anima-
lium variorumicones.
Rarioranaturaeet artisin Exoticophylaciiscontenta.
Mundusinsensibilis,seude his quassolo
microscopiovidentur.
Analogicaseu de rebus incorporeis,quas corporumsimilitudinepic-
guntur, ubi de virtutibus, vidis, rebus divinis, huc referuntur Hiero-
glyphica.Sinensiumcharacteres.Spha~ramoralis Syllogismometrum.
La carte du Tendre. Deviseschoisies.Emblemataselecta.
HasTabula?tum in unum collectasin
Atlante,tum et separatima multis
quasrcntur,ut in cartis geographicisfieri solet, concinnabituret

PHIL.,VII,B, 1, t. PmL., VII, B, i, i (s f. in-folio).


NouvellesOM~~M~M.
i recto. nous sommes dans un siecle qui tache
puiSQUE d'approfondirles
i choses,< il faut que ceuxqui aimentle biengeneralfassentquelque
effort pour profiter de ce penchant qui peut estre ne durera
pas long
ï. Allusionà la ~/t~'<!wo~~Nd'ErhardWEMEL d'Mna.Cf.Nouveaux Essais
IV,m, § pHtL.,VÏ,ïa, e, t2 recto.
NOUVELLES OUVERTURES 225

aux hommes, sur tout s'il se trouve par malheurou par leur peu PH!L~Vn,B,ï,ï.
temps
deméthodequ'ilsn'en soyentpas fort soulagés,ce qui les feroitretomber
un jour < de la curiosité~> dans l'indifférenceet enfin dans l'igno-
rance.Cependantil est constantque > les Mathematiques,<: qui sont
le chef-d'œuvredu raisonnementhumain >, ne sont jamaisallé si loin
et si laMedecinen'avancepas encor à proportiondesbellesobservations
de physique,il ne tient peut estre qu'a un bon ordre, que les souverains
y pourroient mettre <; afin de faire un peu mieuxvaloirles avantages
quele genrehumaina déjà eus sur la nature >. L'Histoirecivileet tout
ce qu'on appelleles belles lettres, se trouvemis dansun grandjour. Et
quoyquece qu'on peut tirer des Grecs et des Latins ne soit pas encor
entierement épuisé,et qu'il y ait de quoy fairedesbeauxspicileges,on
peutneantmoinsasseurer que le principal est éclairci. Depuisquelque
tempson travaillea~l'Histoire du moyen-aage,on tire des layettesdes
Archifset de la poussieredes vieux papiers,quantité de croniques,de
diplomes, et de mémoiresscrvansà éclaircirles origines,les changemens
et lesdemelésdes souverains.Dans peu il faudraallerfouillerchezles
Chinoiset Arabes,pour acheverl'Histoiredu genrehumain, autantqu'on
la peuttirer des monumensqui nous restent, soit par écrit, soit sur des
pierresou metaux,soit même dans la memoiredes hommes, car il ne
fautpasnégligerentierementla tradition; et je tiens que de tout ce qui
estnon-écritles languesmêmessont les meilleurs<; et les plus grands
restessignificatifs> de l'ancien monde, dont on pouïfoit tirer des
lumierespour les originesdes peupleset souvent << pour celles > des
choses Je sçayqueplusieursphilosopheset Mathematiciensse moquent
de cesrecherchesdes faitsmais on voit de l'autrecosté que les gens du
monde<; n'aimentordinairementque l'étude de l'Histoireet > mepri-
sentou laissentaux gens du mestiertout ce quia l'air d'un raisonnement
scientifique; < et je croy qu'il y a de l'excès dans ces jugementsde
parter d'autre>. L'Histoireseroit d'un grand usage,quand ellene ser-
viroitqu'a entretenirles hommesdans le desir de la gloire,qui est le
motifde la pluspart des belles actions; et il est seur que le respectque
les souverainsmêmesont pour le jugementde la postérité,faitsouvent
unboneffect.Je veuxque [souvent]l'Histoiretienne <<quelquesfois >

t. VoirLaLogique
deZ~M~,p. ï5g et notes.
tSÉOtM M Ï.MONM. ï$
226 NOUVELLES OUVERTURES

pHH.vn,B,
ï, un peu du Roman, sur tout quand il s~agitdes motifsqu'on prendsoin
de cacher, maiselle en dit tousjours assez pour nous faire fairenostre
profit des evenemens; on y trouve par tout des leçons excellentes,
< données par les plus grands hommesqui ont eu < des bonset des
mauvais;> succès~> et rien n'est plus commode que d'apprendreau
depens d'autruy. L'Histoire de l'Antiquité est d'une necessitéabsolue
pour la preuvede la veritéde la religion,et mettantà part l'excellencede
la doctrine,c'est par son origine toute divine, que la nostrese distingue
de toutesles autres, <~ qui n'en approchenten aucune façon>. C'estlà
peut estrele meilleurusagede la plusfineet de la plus profondecritique
que de rendreun temoignagesincereà ces grandesveritéspar desanciens
auteurs exactementverifiéset si les Mahometanset payenset mêmeles
i verso.libertins
j f ne se rendent point <: à la raison>, on peut dire quec'est
principalementfaute de ne pas sçavoirl'histoire<; ancienne,aussiceux
qui l'ignorent entierementsont tousjours enfans, comme cet Egyptien
qui parlaà Solonjugeafort bien des Grecs*>. Maissi je fais grandcas
de ces bellesconnoissancesHistoriquesqui nous font entrer en quelque
façon dansle secret de la providence,je n'estimepas moinsla voyedes
sciencespour connoistreles grandeursde la SagesseDivine, dontles
marquesse trouvent dansles idées que Dieu a mis dansnostre ame,et
dans la structuredes corps,qu'il a fournisà nostre usage.En un motj'es-
timetoutesortede découvertesen quelquematiere que ce soit et.je vois
qu'ordinairementc'est faute d'ignorer les rapports et les consequences
des choses,qu'on meprise les travauxou les soinsd'autruy < quiestla
marque la plus seure de la petitessed'esprit> Les gens de meditation
ordinairementne sçauroientgouter cette multitudede veueslegeresetpeu
seuresdont il se faut servirdans le train desaffairesetdansles sciences
practiquescomme sont la politique et la medecine; mais ils ont grand
tort. C'estde ces emploiscommedu jeu, ou il fautseresoudreet prendre
party lorsmêmequ'il n'y a nulle asseurance;il y a une sciencequinous
gouvernedans des incertitudesmêmes pour découvrirde quel costéla
plusgrandeapparencese trouve. Maisil est étonnant qu'elle est presque
inconnueet que les Logiciensn'ont pas encor examinéles degrésde
probabilité ou de vraisemblance< qu'il y a > dans les conjectures

2~M! 2SB.
PLATOM,
NOUVELLES OUVERTURES 227

qui ont < pourtant > leur estimation aussiasseurée F PHn.VÎÏ,B, <,t.
< ou preuves >
les nombres; cette estimationnous peut et doit servirnon pas pour
que
une < certitude >, ce qui est impossible maispour
venirà [asseurance]
le raisonnablement q u'il se peut sur les faitsou connoissances
agir plus
nous sont données.Apres quoy on n'aura rien a nous reprocher,et
qui
moins nous reussirons le plus souvent, pourveu que nous imitions les
au
et les bons marchands qui se partagenten plusieurspetits
sagesjoueurs
de se commettre trop à la fois aveck fortune, < et
hazardsplustostque
ne s'exposentpasà estre debanquéstout d'un coup >. Il y a donc une
sciencesur les matieresles plus incertaines,qui fait connoistre demons-
trativementles degrés de l'apparenceet de l'incertitude l'habiletédes
consiste souvent à connoistre par routine le
personnesexpérimentées
choixqu'ils doiventfaire; cependant,comme ils ne laissentpas de juger
le plus souvent, les philosophes et les mathematiciensleur
legerement
estre d'un grand secours, s'ils examinoientdoresnavantces
pourroient
matieresde practiqueet ne s'arrestoientpas à leur speculationsabstraites
toutesseules;mais commeleur défautest de vouloircreuser là ou il ne
fautque sonder le fonds; On voit de l'autre costé que souventles gens
d'affairesdonnenttrop au hazardet ne veuillentpas memes. la
le conformeà leur t
sonde.< Choisissant temerairement le parti plus genie
ouàleurpreventions,soitqu'ilssedeterminentà agir,soitqu'ilsdemeurent
dansl'irrésolution.> Car les politiquesvulgairesn'aiment que les pen-
séesaiséeset superficielles,telles qu'un homme d'esprit trouve souvent
auboutde la langue; et quandil s'agit de méditer, ils se rebutent. D'ou
viennentque les sciencesprofondesqu'ils considerentcommeun mestier
peinible ne sont pas à leur gout; mais ils se trouvent punis de cette
des
paresse< dans leur propre jurisdiction, et dans le maniement
aSaires > car pendant qu'ils courent apres des negotiations < de
paroles> et après des veuespeusolides,ils negligent< souventce qu'il
y a de plus secdans leur mestier,sçavoir> les finances,et la milice,
quisonttoutesdeuxpresquetoutesmathematiques,commele commerce,
lesmanufactures,la marine, l'artillerie,et autresmatièresle peuventfaire
juger.La jurisprudencemême est une scienced'un tres grandraisonne-
ï. Unmotmutiléauborddu papier.
a. Mot incertain; on pourrait lire aussi ~oM~.
3. Mot incertain) on pourrait lire auasi ~Mf.
228 NOUVELLES
OUVERTURES

ï.ï. ment, et dansles anciens je ne trouve rien qui approche


pHH.vn,B,t, d'avantagedu
style des Geometresque celuy desJurisconsultes,dont les fragmensnous
restent dans les pandectes.Quant à la théologie, il est tres manifeste
combien la Metaphysiqued'un costé et l'histoire avec les languesde
l'autre y sont necessaires.De toutes les choses de ce monde apresle
repos d'esprit, rien n'est plus importantque la santé, dont la conserva.
tion ou retablissementdemandedesméditationsprofondesde physiqueet
de mecanique.Combiende fois devenonsnous misérablespar la seule
ignoranceou inadvertancede quelqueraisonnementaisé ou observation
toute trouvée qui ne nous échapperoitpas si nous nous appliquions
commeil faut et si les hommes se servoientde leur avantages.C'est
pourquoyje tiens < qu'il ne faut rien negligeret > que tousleshommes
doivent avoir un soin particulierde la recherchede la verité; et comme
il y a certainsinstrumensde Mecaniquedont aucun pere de famillene
manquequoyqu'il y en ait <: d'autres > qu'on laisse chacun a l'artisan
à qui il est particulier,de même nous devonstous [avoir soin de cet
organe general] < tacher d'acquerirla science generale > qui nous
a recto. puisseéclairer 1 par tout; Et comme nous sommestous curieuxde sca'
voir au moins les prix et souventles usages des manufacturesou des
outils que nous mêmesne sçaurionsfaire àfin de les pouvoirau moins
acheter et employerau besoin,de mêmedevonsnous sçavoirle veritable
prix et Futilité< et en quelquefaçon l'histoire > des scienceset arts,
dont nous ne nous mêlonspoint, à finde reconnoistrecommentdansla
republiquede lettres tout conspireà la perfectionde l'esprit et à l'avan-
tage du genre humain, apeu près commedans une villetoutes les pro-
fessionsbien ménagéeset reduitessur un bon piedcontribuentà larendre
plus fleurissante.
Je trouve que deuxchoses seroientnecessairesauxhommespourpro-
fiter de leur avantages,et pour fairetout ce qu'ils pourroientcontribuer
à leur propre felicité,au moins en matiere de connoissances,car je ne
touche point apresentà ce qui appartientà redresserleur volonté.Ces
deux chosessont, ~~MM~~ un INVENTAIRE exactde toutesles connois-
sances acquisesmais disperséeset mal rangées<; au moinsde cellesqui
nous paroissentau commencementles plus considerables>, et j&~M~-
mentla SCIENCE GENERALE qui doit donner non seulementle moyen de se
servir des connoissancesacquises mais encor la Methode de juger et
PMNC!P!A CAI.CUM RATMNAMS 33~

fin daller plus loin, et de suppléer à ce qui nous manque, F


PHn.~VII,B,a
d'inventer,a
Cetinventairedont je parle seroit bien éloignédes systemeset desdic-
tionnaires,et ne seroit composéque de quantitéde Listesou denombre-
Tables, ou Progressions qui serviroientà avoir tousjours en veue
mens
dansquelquemeditationou deliberation< que ce soit > le catalogue
desfaitset des circomstances<~ et des plus importantessuppositionset
maximes> qui doivent servir de base au raisonnement.Mais j'avoue
de le donner tel qu'il faut ce n'est pasl'entreprised'un seul homme,
que
même de peu de personnes. Neantmoinsje croy qu'en attendant
ny
< mieux > on pourroit<; par le soin de quelquesgens habileset indus-
trieux> parveniraisémenta quelque chosed'approchant,qui vaudroit
mieuxsans comparaisonque la presenteconfusion,ou il sembleque nos
richesses mêmesnous rendent pauvresapeupres commeil arriveroitdans
un grandmagazinqui manqueroitde l'ordre necessairepour trouver ce
faut, car c'est autant de ne rien avoir que de l'avoir sans s'en pou-
qu'il
voirservir.Maiscommeil faut que la sciencegeneraleserveencorà faire
biendresserl'inventaire,car elle est auxsciencesparticulieresce que la
sciencede tenir les comptes est a un marchandou à unfinancier,c'est
parellequ'ilfaudra tousjourscommencer.

¡
PHïL.,VII, B, n, t (i p. in-fol.). PIiIL.~ VIh B~ Ih I.
PHiL.,V!I,B,n,t. j1

Principia Calculi rationalis. 1


hic demonstrantur prêter haecpauca :Ax. 3 et 4, et Ax. quae sunt loco A gauche. 1
j Omnia
definitionumipsius negationis veri falsique consequentias.usumque tantum quem his
termimssemperimposterum tribuemus designant.
Hic demonstrantur Modi pnmae ngurae, et régula oppositionum. Quarum ope (ut Au milieu.
alibijam ostendimus i) demonstrantur deinde conversiones et modi reliquarum figu-
rarum.
Axiomatacalculi de continentibus et contentis demonstrantur per Axiomata coinci- A droite. 1

dentMe. 1
¡
~o~ r. A continetB et B continetC, ergo A continetC.
dem. A oo AB, B oo BC, Ergo A oo AC.nam pro B in priore pra~

i. DansleDeArtecombinatoria, 1666(~ IV,55;Math.V, 33).Cf.PmL.,VI,


14,15;VII,B,iv, ïo verso;C,83-84.
2~0 FMNCIMACAMUURATÏÔNAUS

Pnn~VM,B,M, 1. missapone BC ex posteriore,fiet A oo ABC,et pro ABhic


poncAex
priore, fit A oo AC. }
Pnw~ F~M~ Mp~!~n~ qui statimex Axiomatenascuntur.
Barbara BestC Aest B ergo Aest C
Celarent B est non C Aest B A est non C
D~M: B est C QA est B QA est C
Ferio B est non C QA est B QA est non C
Axioma2. QB continetB seu QB est B.
Demonstrandum.Nam QB co QBB,id est QB continetB.
<M~ B est C, QB est B (perAx.2). QBest C (est in D~).
B est non C, QB est B, QB est non C (est in Ferio).
Ff~~ 7%Mf~modi~~CM~fM.
Barbari. B est C A est B QA est C
Demonstratio.Nam (ex Barbara) B est C, A est B, Ergo A estC. Sed
quia A est C, ergo et QA est C. per subaltemationem.
Celaro. B est non C A est B QA est non C.
Demonstratureodemmodoex Celarentper subaltemationem.
{ Si L est verum, M est falsum.Ergo si M est non falsumsed verum,
L erit non verum sed falsum.
Si L est falsum, M est verum. Ergosi M est falsumL est
verum.j}
Axiom.J. Non geminatussemettollit Non non A est A.
{ Est potius definitioseu usus signi~OM. j1
~M. 4. Non verumest falsum.(Est itidemdefinitiofalsi.)
Corollar.Non falsumest verum. Namnon falsumest non non verum
per Ax. Sednon non verumest verumper ax. 3.
Axiom. Si conclusiosequaturex praemissiset conclusiosit falsa,
erit aliqua ex prasmissisfalsa.
~w. 6. Si veraest B est C, falsaest QB est non C.
Demonstr.B oo BC. ErgoQB non oo QB non C. Nam si QB co QB
non C, pro B substituaturBC, fiet QB oo QBC non C, qu. est abs.jJ
Coroll.Si vera est QB est non C, falsaest B est C.
Nam ex ax. 6, si B est C sit vera, tuncQBest nonC, est falsa.Ergoper
Ax. $, si falsumsit QB est non C esse falsam, utique prasmissahoc
r. Cf.Phil.,VII,300.
PMNCtPIA CALCUU RÀTïONAUS 33!

B est C sit vera. Hoc est (per ax. 4 et corolL) P. pKM..)Vï!,B,n,


locounicafalsaest, quod
est ~on C, falsaest B est C.
Sivera QB
Si falsaest B est C, vera erit QB est non C.
y.
QB non C. H~ec consequentia demons-
oo
j Bnon BC,Ergo ~B
si B non oo BC,ergo non CB est ter-
trandaex analysinostra. Nempe
E t nonC oo Q, fiet QB coBnon C co ~B~nonC. j
minusverus. ponatur
S i falsa est QB est non C, vera erit B est C.
Coroll.
axiom. eodem modo ut coroll. pr~cedens ex
Demonstraturex 7.
ax. 6. <
seu nec
B est C et QB est non C sunt contradictorix
Coroll.complexionum.
ax. 6 et nec simul fals~ (per ax. 7 et coroll.)
simul~erœ(per coroll.)
coroll. B est non A et <2B est A sunt
Aliud complexionum.
eodem modo ut pro C prmcedentis substituendo
Demonstratur proecedens,
nonA.
B est falsa est B est non C. Nam si vera esset
Coroll.Si vera est C,
vera esset est non C. Ergo vera existente B est C
B est non C, etiam QB
veraquoqueessetQBest non C, contra ax. 7.
oo falsum B oo B non C. Nam in B non C pro B
Aliter B BC. Ergo
BC fieret Boo BC non C quod abs.~
posterioreponendo
estA.
Coroll.Si vera est B est non A, falsaest B
eodem modo ut pro C ponendo non A.
Dem. procédons,
B est C et B est non C non possunt simul esse
Coroll.complexionum.
ver~.Ita demonstratasunt omniaprincipiapro modis figurarumsequen-
tium.

non procedunt, habemus Matenam


Quando conséquente
C ut simul fals~ sint Best C, et B est
matum,v. g. invenire B et tales,
non C. Dico id contingerequoties resoluto B in primitivositemque C
est, seu aliquid >, non omnesprimitiviipsius
< quatenusopus
B sit LMN et C sit NPQ, falsumest B esseC,
C insuntin B, verbi gr.
et faisum quoque LMN continereNon NPQ..j
seuLMNcontinereNPQ,

i. Suppléerest.
2. Suppléer est.
PMMAMA CAt.CUI.! !.QCtCt FUNHAMENTA

PH!ï~VIÏ,B,n,2.2. PHtL., VU, B, u, 2 (un coupon).

Parumconsulitimmortalitatianimorum
Nuperaaut novantiquaCartesu
et Gassendiphilosophiaex
Epicuro, Democritoet Lucretio
qu~ omne genus Formarumet generationum interpolata,
substantiauum,quafit Ens
per se exularejubet, frigidissimaexceptioneaddita
generationishuma~
et animasrationalis,quam unam
prêter omnium aHorumordinemesse
res erit suspectaet à verisimilitudine
remota, neque sanè uUamnovimus
speciem, qux nullo genere contineatur. In hunc sensum vide
Vinc.
Baron.ord.p~dic.inTheoIogiamoraIipart.idisp.sect~.§3.pag.3i4'
Tres gradusfirmitatisin sententus certitudo
logica,certitudophysica
qu~ est tantum probabilitaslogica, probabilitas
physica.Prim~ exem-
plum m propositionibus~tern~ veritatis,secundo in
ex propositionibus
qu~ inductionecognoscunturver~, ut omnis homo est namet
bipes,
aliquandonati sunt uno pede vel nullo; tertio austrumesse
pluvium,qux
plerumqueve~, etsi non raro fallant.possesplura
distinguere,quidam
nunquamfalluntnisi supernaturaliter,ut ignis urit. 1

Ce couponporte au versoun brouillon de lettre daté du 5/f5 mai


(envoide deux lettresà l'Abbé Nicaise). 1603

PHïL.,VII,B,n,3. PHIL., VII, B, Il, 3 (2 p. in-foL).

i. Aug. 1690.
3 recto.
propositiocategoricapotest concipiut terminus
~MNis cui tantum adjicitur est vel non est incomplexus,
(secundi adjecti) ita omnis
homo est rationalis, sic concipi
potest Homo non rationalis(non est,
seu est) non Ens 0
Quidamhomoest doctus dat Homo doctusest Ens.
j
Nullushomo est lapis dat Homo
lapis est non Ens.
Quidamhomonon est doctusdat Homo non doctusest
Ens.
Hinc statimapparentprimo
aspectuconversioneset oppositiones
1
1. Mot répété dans le ms. J
2. H faut évidemment lire « (non est non-Ens.
3. Cf. PHtL., VII, B, ïv, 3 verso. est, seu)
PMMAMA CALCUL! LOGIC! FUNDAMENTA 333

U. N. et P. A. sunt convertibiles quia


simpliciter facta reductione pHtt.VI!,B,M,3.
Sic
in ea uterqueterminuscodemmodose habet.
Hinctamen patet propositionemreductama reducendadifferre,seu
aliudesseQuidam homo est doctus, et Homo doctus est Ens. Quia cum
dicohomo doctus est Ens, simul exprimoquidamhomo est doctus et
homo.
quidamdoctusest
U. N. et P. A. nempe ABest non Ens, et ABest Ens.
Opponitur
U. A. et P. N. nempe A non B est non Ens, et A non B
Opponitur
estEns.
Sed videamusquomodo et subalternatioseu subsumtio hinc duci
possit.
Omnishomo est animal.Ergo quidamhomo est animal. A non B est
nonEns,ergo ABestEns.
Nullushomo est lapis.Ergo quidam homo non est lapis. ABest non
Ens.ErgoA non B est Ens, et Bnon A est Ens.
Nonvaletconsequentia ABest Ens, ergo A non B est non Ens.
essenon Ens regulariter n
concludi on potest, nisi quandoadest
Aliquid
ut A non A est non Ens.
contradictio,
Demonstrandaest haecconsequentia A non B est non Ens, ergo AB
est Ens,id est demonstrandahaec consequentia Omne A est B. Ergo
quoddamAest B.
Hancautem alias sic demonstraveram Omne A est B. Quoddam
A est A ergoquoddamA est B. Sed haecdemonstratiosupponitsyllogis-
mumprimée6gura~ Nempe Omne A est B, quoddamC est A, ergo
quoddam C estB. Reducendo A non B est non Ens. AC est Ens. Ergo
CBestEns. Quomodohaecconsequentiademonstrabitur?
Quoniamigitur hac reductione non facileapparetvis consequentia~
non est habenda pro optima resolutione.Sic ergo melius reducendo
omniaad aequipollentiamseu quasi aequadonem
Aoo YB est U. A. adjiciendoY tanquam terminum subintellectum
supplentem. Omnis Homo est idem quod animalquiddam.
YAoo ZB est P. A. Quidam homo seu talis homo est idem quod
quidamdoctus.

ï. Cf. PH!ï~ VII, B, u, t et PAfL, VII, 300.


2. Asavoir le mode D<ïr<t.
a3~ PMMAMA CAMUM LOGICI FONDAMENTA

pHM.vn,B,H~. A oo Y non-B. Nullushomo est lapis,seu Omnis homo est non


lapis
seu homo et quidamnon lapis coincidunt.
YAoo Z non-B.Quidamhomo non est doctusseu est
non-doctus,seu
quidamhomo et quidamnon doctuscoincidunt.
Hinc jam omniademonstrantur;verbigratia
Omnis homoest animal,Ergoquidamhomoest animal.NamA ooYB
ergo ZB*co ZYB,sit ZY oo W. Ergo ZB' oo WB.
Nullus homo est lapis. Ergoquidamhomo non est lapis; eodemmodo.
Nam A oo Y non-B. Ergo ZA co ZY non-B.Seu ZA oo W non-B.
Quidam homo est doctus. Ergo quidamdoctusest homo. YAooZB.
Ergo ZBoo YA.
Nullus homo est lapis. Ergo nullus lapis est homo, patitur difficul.
tatem in hac resolutione.
Alibi sic demonstravimus Nullus homo est lapis. Omnis
lapisest
lapis. Ergo nullus lapis est homo; in secundangura sed ita priusipsa
secundafiguraesset demonstranda,quanquamid non difficileex nostris.
Exponamusprimum difficultatemin demonstrandaconversionesim-
plici universalisamrmativae
A oo Y non-B.Ergo B oo Z non-A. Instituamus
analysin.Si hocpro-
ceditErgo
A oo Y non Z non-A
Ergo ostendendumest hase duo aequariA et Y non Z non-A.v. g.
homo et quidam non quidam non homo coincidunt.
Nempe quolibet
res praeterhominemest quidamnon homo. Talis aliquares, verbi
gratia
Z non A, voceturM. Erit utique A oo Y non M. Utique enimhomoest
unus ex illis rebus quaesunt non M. Alioquiquidam A foret M, seu
WA oo TM, seu WA oo TZ non A, quod est absurdum.
Nempe sifalsa
A oo Y non M, vera est WA oo TM. Quae
consequentiaadhucstabi-
lienda. Omnishomo est animal. Ergo Omne non animalest non homo,
A oo YB.oo non B oo Z non A. Haec consequentiaest fundamentaHs,
ïequivalentquehaecduo ex natura Touomnis.
Haseergo assumo A oo B, ergo non A oo non B, vel contra.

t. Lire ZA.
z. DeArte combinatoria(Phil., IV, 55 Math., V, 33). Cf.
3. Mode Cesare. 2VoMMMM~M<ÏV,n,S
4. Lire « négatives.?
PRÏMAMA CAMUM LOCïC! F~N&AMENTA 235

et A ooYB,Ergo Z non A oo non B, seu si Homocoinciditcum P PHK.VH,B,M,3.


animaitquodam,nempe rationali, utiquc non-animalcoinciditcum
non-homine. N empe haecres pendeta transituab individuisad
quodam
ideas.Scilicetquando dico Omnis homo est animal, hoc ipsum volo,
hominesinter animalia esse quoerendos,seu qui non sit animal nec
hominem esse.
Rursusquandodico omnis homo est animal,volo notionemanimalis
contineriin idea hominis. Et contrariaest methodusper notioneset per
individua,scilicet Si omneshominessunt pars omniumanimalium,sive
si omneshomines sunt in omnibusanimalibus,vicissimanimalisnotio
erit in notione hominis; Et si plura sunt animalia extra homines,
addendum est aliquid ad ideam animalis,ut fiat idea hominis. Nempe
augendo conditiones,minuiturnumerus.
(Verte retro primaria.)

Primaria Calculi JLo~c<~<M~M~M~. 33 verso.

(i) A oo B idem est quod A co B est vera


(2) A non oo B idem est quod A oo B est falsa.
(3) A oo A.
(4) A non oo B non A.
($) A oonon non A.
(6) AA oo A.
(7) ABoo BA.
(8) Idemsunt A oo B, non A oo non B, A non non ooB.
< (9) Si A oo B, sequiturA non oo non B. Hoc sic demonstro.Nam
si non sequitur, esto A oo non B (ex hyp. contrar.) Ergo (ex hyp.)
Boo non B, quod abs. Item sic B non oo non B (per ~.). Ergo et
A non oo non B ~>.
(to) Si A oo AB, assumi potest Y tale ut sit A oo YB. *< Est postu-
latum,sed et demonstraripotest, saltem enim ipsum A potestdesignari
perY. >
t. Leibniz a inscrit les numéros des propositions entre parenthèses au-dessus de
leurs copules (ici idem est). Pour la commodité de la lecture et de l'impression, nous
les avons placés en avant, comme il l'a fait lui-même le lendemain (v.F«M<f<!M6M~
CalculiJLo~, & août 1690, PtHL., VII, C, 97).
236 MMMAMA CALCUL! LOGtC! FUNDAMENTA

PHM.V!B,M,3. .3. (n) Si sit A oo B, cric AC oo BC. < Sed non sequiturACooBC,
ergo A oo B. Sit enim A oo BC, fiet AC oo BC per 10 et 6. >
(i2) CoinciduntA oo ABet non B oo non B non A.
(13) Si sit A oo YB, sequiturA oo AB. Hoc ita demonstro.A coYB
(ex hyp.) ErgoABoo YBB(per 10) ooYB (per 6) oo A (ex hyp.).
Universalisaffirmativasic exprimipotest
A oo AB vel A oo YB
Particularisaffirmativasic YA oo YAB,vel YA = ZB, <~vel etiam
ABooAB,seu ABest EnsvelstareinvicempossuntvelA non ooA non
B. >
Universalisnegativa NullumA est B, sic A oo Y non B. SeuA ooA
non B <( seu AB est non Ens. >
Particularis negativa Quoddam A est non B, A non oo AB,vel
A non B est Ens.
Sed videamusan ha:csola sumciant
Univ.Aff.A ooAB,Part. Neg.A non oo AB,Univ.Neg.A oo Anon
B,
Part. Aff. A non ooA non B.
Si A oo AB. Ergo A non oo A non B. Seu ex Un. Aff. sequiturPart.
Aff.
Demonstratio Esto enimA ooA non B (ex hyp. contraria.)Cumergo
sit A oo AB (ex hyp.) fiet A non B oo AB, Q. E. abs. per Velsic
brevius A non B non ooAB(per ~) in qua pro ABsubstituoA (équi-
valentenim ex hyp.) et fiet A non B non oo A. Q. E. Do
Si A oo A non B, Ergo A non oo AB. Seu ex Univ. neg.
sequitur
part. Neg.
Demonstratio A non B non ooAB (per ~). Pro A non B substitueA
(nam équivalent ex hyp.) et fit A non ooAB.
AequivalentA non oo A non B et B non ooB non A, seu particularis
affirmativaconvertipotest simplicitcr.
Demonstratio ex A nonooAnonB sequitur(per 9) B nonoo BnonA.
Ergo et vicissimvel statim A oo A non B coinciditcum B oo B nonA
(per 9). Ergo et coinciduntearum contradictoriae.Q~E. D.
Ex A oo A non B videamusan aliter ducere possimusB oo B non A.
Si A oo A non B, Ergo AB oo ABnon B. Ergo ABest non Ens. Quod
si jam exhoc AB est non Ens ducamusA oo A non B, pari jure et duce"
remusB oo B non A, hujus reciprocam.
Portasse sic nihil supponendo sit AB ens Ergo A non oo A non B,
PMMAMA CALCUL! LOCÏC! FUNDAMENTA 237

1
namsi foret Aoo A non B, foret AB oo AB non B, adeoqueAB foret PHH.VÏÏ,B,M,3.
nonEnscontraHyp. Et pari jure B non oo B non A. Cum diciturAB
est Ens vel non Ens, subintelligiturscil. A et B suppositisEntibus.
Videamus an vicissimostendi posset A non oo A non B, Ergo AB est
scilicetA et B Entibus. Nempe si positis A et B Entibus,
Ens,positis
foretABnon ens, ergo oportet unum ex ipsisA velB involverecontra-
dictorium ejusquod involvitalterum, ponamusErgoA involvereC, et B
involverenon C. (unde vicissim sequitur B involvereD et A non D,
D oo non C). Sit ergo A eo EC, et B oo F non C. Jam EC oo EC
posito
nonF non C seu EC continet non F non C (seu quicquidinvolvitC, id
involvitnegationemejus quod negat C). Id est A ooA non B contra
Ergo Aequivalent seu ex se mutuo sequuntur AB est Ens et
Hyp.
Anon oo A non B, et B non eo B non A. Similiteréquivalent AB est
nonEns,A oo A non B, B oo B non A.
Atqueita clavemreperimus ut liceat uti reductionecomplexorumad
incomplexos 1.
Remnieliusergo ordinavimusschedasequente2 Aug. 1690
[Inomni termino inest A vel non A. < Si non inest A, inerit non A,
et contra,adeoque~équivalentnon inesse A, et inessenon A. > Seu
~équivalentA oo Y non B, et Anon oo ZB,vel aequivalentA oo A non B
et Anon ooAB.Ergomale]
Non~Binest in non B seu Non B oonon B nonAB.
Si A ooBC, an A C oo B, ut intelligaturC removendumex A?
Reductioad primitiva,sit B oo CE, fit A oo CEC, seu A ooCE, ergo
A C non est semper ooB. Itaque hoc tantum proceditin primitivis.
Ubicunque est generalisEB, ut E intelligaturquaecunquc,potest subs-
tituiB, namsumendoE pro B, fietEB oo BB,oo B.
SiNonABnon oo A non B, erit Non ABco B non A. Et contra, seu
équivalentNon AB non oo A non B et Non AB ooB non A.
i. Cf.GeMe~M (t686),§§ïo8,109et ï38 (Pmï. VII,C, 27,sg);
laquisitiones
B,M,63,§ t3.
PHtt.VIÏ,
2. V. PH!L.,VII, C, 97 J~MM<~MMenif«
Calculi logici.
DE VARIETATIBUS ENUNttATÏONUM

PHIL.,VII, B, it, PHîL.,VII, B, n, 5-6 (3 p. in-fol.).


5.6.
De Varietatibus Enantiationum quatenus
Categoricoe aut ~fl~o~.
~r~~<p aut negativa,, simplices aut co~o~~
de Zo~c« M/ ~c~o/~pterminos ~rov~ sunt. Ubiet

5 recto.
P~~cM~C~~nc~
~est~ cnonest~ ~est~ei~ ~est~et~est~, Anonestcet<

non (simut) est et c est d


non (simul) a est b et e non est

P~~û~M~
Si est sequitur quod e est d
Si a est non est
Si~ non est ~estaf.
Si non est c non est d.

Si est non sequitur quod e est


Si est c non est
Si~ non est
<'est~.
Si a non est c non est

Si a est b et est sequitur quod lest M.


Si~cst~et~nonest~ non est
Si est b et est e et n est~ sequitur quod est ~M.

6 recto, bas. Notandumest disjunctivamesse ex hypotheticiscompositam,ex.


gr.
aut unus est Deusaut nullus. Id est si DEUS non est nullus est unus;
et si DEUS non est unus est nullus. Seu unus DEUS et nonnullus
DEUSest idem. Item notandum hypotheticasnegativasexprimi etsi
per
et tamen,ut SiDEUSest justusnon sequitur
quod pius est fortunatus,
hoc ita enuntiari solet etsi Deus sit justus, non tamen continuo
pius
est fortunatus.

ï. A rapprocher du Specimen Calculi universalis (PAt~ VII,


2 Leibniz remarque que cette proposition ne Mo).
peut être résolue en deux autres.
SPEC!MENCALCUMUN!VERSAMS 339

PHM.VntB,Mt7'
Fuit. VII, B, n, 7 (2 P' ~L)
veroc~~o. et Negatione,et de contradictoriis.
Affirmatione
De ·

P' VU, B, 11,


PHiL.,VII, B, n, 8-9 (4 p. in-fol.).
PH!L.,
8-9.

CALCULUS RATIOCINATOR
seu «rft~MM~Cï~ infallibiliter ratiocinandi.
Res hactenusignorata.
e e e e o s s
C'estun brouillondu SpecimenCalculi universalis(v. ci-dessous).

PML.,V!B,n, 16-17,nunc ïo-n, et lo-i nunc!3-ï3 (7?. in-fol.)'. P


PHÏL.,VII, B, M,
t6-t7. 1
1
SpecimenCalculi universalis. 1
Commencement publié par GERHARDT (Phil., VII, ..18-221). Voicila
suiteinéditede cet opuscule
Ut investigemquid sit unum et piura, considerandasunt exempla. tï7 verso (ûunc
est tï). 1
Dicimus Petrus est unus Apostolus. Vel Unus aliquis Apostolus
Petrus.Paulusest unus Apostolusvel Unus aliquisApostolusestPaulus. 1
Petruset Paulus sunt plures Apostoli.Sedsi dicamPetrus < discipulus
Chrisd > est unus Apostolus.Discipulusqui Christum abnegavit est
unusApostolus,non ideohinc pluresfiuntApostoli,quia Petrus < disci-
Christi > et discipulus qui Christum abnegavit est idem. Hinc si
pulus
a estm et bestmet a est b et b est a (seu si a et bidem), tunc mest unum.
< Hinc si dicasa est m, sequiturhinc esse unum m, nam perindeest
acsi dicasa est m et b est supponendoa et b esseidem. >
Si a estmet best m, et neque a est b nequeb est a, < seu si a et b
suntdisparata> sunt plura fM.
i. Comme on le verra plus loin, nous avons découvert que les feuillets ïo et t t
faisaientsuite aux feuillets ï6 et ï7, etcontenaient la fin du ~pM~M. M. Bodernann
a remanié en conséquence le classement des feuillets ïo.ï7. C'est ce nouveau numé-
rotageque nous indiquons par <t<MC.
SPECIMEN CALCUL! UNIVSRSALIS

PHtt~ Ytl, B, M, Si a est naet b est. et <test&nec tamenb


est «,incenmn est an plures s
sint an unum. ex. gr. A<hm est animal
rationale,et homo est animal
rationale. Sed hmc incertuman sint
plura animaliarationalia,forte enim
nullus daturaliushomo quam Adtm.
Si a est m
unum)
*< *t..t.t f j~*
aTiW
C'
<_ ) ~~j (
quatuor
quatuor
d t
et < sunt uno verbo,
disparata erunt plura~\
Si a est b, tunc solumbt.
!0 recto (nunc
t2). ) Si est b, tunc solumb cm seu si omnis homo est
animal erit homo. animal,solum

j Haeeergo Soliusdefinitioest.}}
Si solumb est a, tunc a erit b.
Si solum a est b et solum b est erunt a
a, et b idem. Nam si solum
a est b, tunc b est a, et, si solum b est
a, tunc a est b. < per solius
definitionem>' J~ si b est a, et a
est b, erunt a et b idem; per supra
demonstrata.
Termini~sunt,
et trilaterum. quibusressigmncantureœdem, ut triangulum
Terminussimplexest in quo non nisi est
unus, ut a. Terminus
positusest qui constatex pluribus,ut
}
Terminusprimitivus(~) est cujus nullus
ut (auquis) compositus
~mvalet, si ponamusipsi a ~quivaÏere
bc, ipsique b oequivalerede,
ipsi autemc nullum~quivaÏerecompositum,erit a terminus
sed c erit simplex. [compositus!
itemqueb,
Hoc illustraripotest
exemplo numerorum primitivorum.Sit a trice-
nariuset b quindenariuset c binariuset d
ternariuset e quinarius,pateta
idem esse quodbc, seu tricenario
~quipoUerequindenariumbinarium;
et b idem essequod~ seu
quindenario~uivaÏere ternariumquinarium.
Patet ipsi binario (generaliter et
absolutë sumto) nullos alios < in-
r. Ce m~tne tableau se trouve dans
Ad Specimen Calculi Universalis Addenda
2. ctcst ce renvoi qui nous a
-s~
permis de retrouver la suite.
SPECIMEN CALCULI UNIVERSALIS S~t

notos> sequivalere, quemadmodumnectemarionec quinario.Adeoque pPmt. VH, B, il,


esse ÏO.
binarium, temarium,quinarium, primitivos.
~fM~~ naturaprior (posterior)est qui proditpro composito(simpli-
cibus)substituendosimplices(compositum).Sive quod idem est, natura
p rodit per analysin, natura posteriorper synthesin alterex altero.
prior
Itam exemplopraecedentequindenariusest naturaprior tricenario,item
binarius etiamnaturaprior tricenario. <~Et terminushic quindenarius-
binariusest natura prior tricenario.> Et ternarius est natura prior
pariterac tricenario,itemquequinarius.<Imo et ternarius-
quindenario
quinarius.Tametsi enim Numerus temarius-quinariusidem sit quid
mcenarius alius tamen est terminus, tametsi aequivalens. Quaeri
potest an non Binarius sit < terminus > natura prior quindenario.
Equidemsecundumdefinitionemquam dedi, erit nec prior natura nec
posterior;quiaalter alterumnon constituit, nequeex alteroper synthesin
vel analysinoritur. Sed si sic definias Natura prior est Terminus qui
constatex terminis minus derivatis, Terminusautem minus
est,qui paucioribussimplicibusprimitivisaequivalet.< Patet ex his si
terminussimplexet compositusalter de altero praedicaripossint,tunc
compositum esse natura priorem.>
Aromen est terminusrem signincanspro arbitrioassumtus.Ita circulus
esthujusmodinguraenomen, at figuramesse, uniformemesse, capacis-
simumesseisoperimetrorumsunt attributa.
Attributum[Rei] est praedicatumin propositioneuniversaliaffir- Io verso (nunc
mativa< cujus rei nomen est subjectum>. Ex. gr. Omnis tricenarius t2).
estbinarius.Omnis tricenariusest binarius-quinarius.DEUSest justus,
misericors, etc. -< Itaque binariusest attributumtricenarii, justum esse
est attributuniDEI. >
Proprium est subjectumin propositioneuniversaliaffirmativa,<; cujus
reinomencui propriumesse dicitur est praedicatum.> Ut a est voco
a proprium.Namsi omne a est b, utique solumb erit a, ut supra, seu
nullumnon-berit a. Estquc ipsius<t~proprium.Ita tricenariussolius
binariipropriumest, neque enim nisi binariusnumerus(seu per a divi-
sibilis)tricenariusesse potest. Ita DEUMesse solius justi propriumest,

<.Leibniz
a vouludire quindenarlus