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Hygiène Industrielle - Santé au Travail

ERGONOMIE

LE TRAVAIL POSTÉ
G2 -2
Ingénieurs en
Sécurité Industrielle

I - TRAVAIL POSTÉ ...................................................................................................................... 1

II - RYTHMES BIOLOGIQUES ....................................................................................................... 1

III - EFFET DU TRAVAIL POSTÉ SUR L’ORGANISME ................................................................. 2

IV - AMÉNAGEMENT DES RYTHMES PROFESSIONNELS ......................................................... 4

Ce document comporte 5 pages


SE HYG - 02672_A_F - Rév. 1 09/08/2005

 2005 ENSPM Formation Industrie - IFP Training


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I- TRAVAIL POSTÉ
Le travail posté (ou travail en équipes successives) est imposé pour des raisons techniques ou économiques,
pour certaines industries.

Cette organisation du travail est prévue par décret ou par accord collectif.

Plusieurs types de travail posté sont utilisés : un travail discontinu ou un travail en continu.

En ce qui concerne l’industrie pétrolière et pétrochimique :

– le travail posté discontinu s’appliquera à des activités type contrôle, ou encore d’expédition
de produits (gare routière, par exemple),
Exemple : 5h → 13h et 13h → 20h

– le travail posté continu s’appliquera à des activités d’opération ou de sécurité (pompiers)


selon des rythmes clairement définis.
Exemple : 3 x 8 ou 2 x 12 ou 24-48

Le présent document concerne essentiellement les implications du travail posté continu.

Dans les sociétés industrialisées, 20 % de la population active travaillent de nuit ou en horaires tournants. La
fonction assurée est souvent critique ou importante pour la sécurité (IPS) et ne peut pas être normalement
exercée par un sujet somnolent ou fatigué.

II - RYTHMES BIOLOGIQUES
L’état de l’homme varie suivant les périodes de la journée, en fonction de deux phénomènes difficilement
dissociables :

– l’existence des rythmes biologiques


– la variation de l’état de l’opérateur

Ces variations ont un fondement biologique et un effet sur l’organisme.

L’être humain n’est pas la même personne à toute heure. En effet, les diverses fonctions de l’homme
subissent des variations rythmiques dont les périodes peuvent être très variables.

Ces périodes sont annuelles, mensuelles, ou plus rapides.

D’une façon générale :

– toutes les fonctions de l’organisme sont concernées et chaque paramètre varie au cours de
la journée avec un maximum et un minimum à certaines heures
– ceci concerne les constantes sanguines, les sécrétions, la température du corps. Ainsi, par
exemple, pour une personne au repos, la température du corps est minimale vers 2 heures
du matin, maximale vers 14 heures
– de plus, l’effet d’un médicament peut changer selon l’heure à laquelle il est administré.
L’énergie disponible au sein de nos cellules n’est pas illimitée. Elles sont donc
programmées dans le temps, de manière à bien gérer cette énergie et notamment à
l’économiser. La chronothérapeutique est l’étude des rythmes biologiques auxquels est
soumis tout être vivant de manière à savoir quand prendre un médicament. Adapter les
traitements à notre horloge interne c’est garantir leur efficacité.

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Sur la période de 24 h, il ne faut pas confondre :

– l’existence du rythme
– son calage horaire

L’existence d’un rythme dit “circadien (circa : à peu près et diem : jour ) ou nycthéméral”, d’environ
25 heures est inscrite dans l’organisme humain (origine génétique et mise en œuvre dés l’enfance).

L’ ” horloge circadienne”, (pilotée par le noyau suprachiasmique situé dans l’hypothalamus) est capable de se
synchroniser constamment sur l’alternance jour/nuit de 24h. Cette “horloge” pilote les Rythmes biologiques.

Le calage horaire résulte d’une remise à l’heure chaque jour par synchronisation avec des “donneurs de
temps” extérieurs : le jour, la nuit, heure de repas,...

Lorsqu’on change de fuseau horaire, la totalité des “donneurs de temps” se trouve modifiée et
progressivement l’organisme se cale.

Par contre, dans une situation de travailleur posté, les différents donneurs de temps ne sont plus en phase :
le jour et la nuit ne coïncident pas avec veille/sommeil. Ce qui provoque un bouleversement des rythmes
biologiques et des effets sur l’organisme.

III - EFFET DU TRAVAIL POSTÉ SUR L’ORGANISME


II est question ici, uniquement, de la répartition dans le temps des horaires de travail et de leur répercussion
sur l’homme.

Le travail de nuit réalise une inversion à 180° de l’activité dans la période nycthémérale. Il crée :

– un surmenage professionnel résultant moins d’un excès de charge de travail que d’une
désactivation qui diminue les moyens d’y faire face
– la perturbation du sommeil diurne qui joue ici le rôle prépondérant

a - Perturbation du sommeil

La tendance au sommeil est variable selon l’heure:

Tendance au sommeil (%)


100

50
D SEC 2071 A

0
08 12 16 20 24 04 08
Heures

Tendance au sommeil en fonction du temps

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On y trouve 2 points caractéristiques : la digestion de midi et la période autour de 4 heures du matin. On voit
donc l’importance de cette variabilité diurne-nocturne de nos rythmes biologiques.

Les troubles du sommeil sont fréquents et importants chez les travailleurs postés. Il apparaît que le
travail de nuit peut occasionner des dérèglements provoquant une aggravation de la fatigue physique et
surtout nerveuse provenant de l’activité au poste de travail :

– la nuit, l’état d’activation n’est pas optimum, il faut lutter contre le sommeil

– la récupération du sommeil de jour est moins bonne (environnement lumineux et sonore)

– le sommeil a lieu à un moment où l’organisme n’est pas, physiologiquement, préparé à


dormir

– la récupération de la fatigue est moindre car le sommeil est perturbé en quantité et en


qualité.

b - Alimentation et troubles digestifs

Les repas sont pris à des heures où l’organisme n’est pas prêt à digérer.

Souvent il s’agit de repas froids, casse-croûte, donc d’une alimentation déséquilibrée. Cela peut entraîner une
prise de poids, une hypertension artérielle, voire une maladie cardio-vasculaire.

En outre, on note une surconsommation de tabac, de café et parfois, d’alcool.

Ces perturbations sont diminuées par la possibilité de prendre des repas chauds à l’usine.

c - Perturbation des fonctions biologiques

La perturbation de la régulation neuroendocrinienne peut entraîner des désordres divers : exemple diminution
des défenses de l’organisme.

d - Troubles nerveux

Troubles du sommeil, anxiété, prise de médicaments peuvent entraîner des maux de tête, des vertiges, des
angoisses, de l’irritabilité,...

e - Perturbation de la vie familiale et sociale

Malgré les aspects positifs du temps libre permettant des activités familiales, associatives, artistiques,
sportives, l’organisation de la vie du posté est perturbée par rapport à la vie des autres.

f - Variabilité diurne-nocturne de la fatigue

Les deux périodes propices à l’endormissement constituent les deux points vulnérables du rythme circadien,
puisque les décès, toutes causes confondues, surviennent aussi essentiellement entre 4 et 6 heures du matin
et moins fréquemment entre 2 et 4 heures de l’après-midi.

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IV - AMÉNAGEMENT DES RYTHMES PROFESSIONNELS


L’aménagement des systèmes de rotation, l’introduction de pauses judicieusement réparties, la possibilité
de s’alimenter, convenablement sur le site aux horaires physiologiques font que le travail peut être mieux
supporté. Les sujets avançant en âge deviennent de plus en plus intolérants et présentent progressivement
des troubles variés, qui doivent leur faire reprendre rapidement un horaire de jour.

L’organisation du travail posté repose sur des choix qui ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients
(heures de prise de poste, système de rotation) :

- les rotations courtes (2 à 3 jours) semblent plus favorables que des rotations longues
(8 jours) puisqu’elles ne permettent pas à l’organisme de modifier ses rythmes circadiens et
limitent le risque d’un manque de sommeil trop important.

- les durées de poste courtes (8 h au lieu de 12 h) mènent, selon les études de l’INRS et du
CNRS, à:

• des personnels tout autant attentifs


• des personnels plus rapides dans leurs interventions
• des durées de sommeil supérieures
• des durées de “méforme” plus courtes

Une durée hebdomadaire de travail réduite (en général = 33 h)

Une bonne hygiène de vie – en particulier consacrer au sommeil le temps nécessaire car les fonctions du
sommeil sont fondamentales – permettent de pallier les effets néfastes du travail en poste. Par contre,
l’absence d’hygiène de vie sera une source nouvelle d’aggravation.

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