Vous êtes sur la page 1sur 9

INTRO

Domination vient du verbe « dominer » (étymologie des mots « règle » et


« maître »). Ce mot décrit une situation où, un être et bien souvent un groupe est
en position d'imposer, d’autorité, par tous les moyens à sa convenance.

Le verbe « dominer » prend d'autres sens plus particuliers :

-Être au-dessus (le patron domine l’ouvrier).

-Être majoritaire en nombre ou en efficacité (dans un jeu, l'équipe qui est en


avance au score domine).

-Une relation sociale.

L’aliénation est la dépossession de l'individu et sa perte de maîtrise de ses forces


propres au profit de puissances supérieures, que celles-ci s'exercent à un niveau
individuel (aliénation mentale) ou social (aliénation sociale et économique).

L’homme tente de dominer la nature pour sa propre survie ; et dû à cet


égocentrisme, il tombe dans l’aliénation du progrès…

L'aliénation du travail est également une thématique importante chez Karl Marx :
dans le monde capitaliste, le travailleur vend sa force de travail. La finalité de
son travail lui échappe complètement. En ce sens, le travail humain étant
assimilable à celui de la machine, le risque est grand pour que le gestionnaire de
la production considère l'homme comme un rouage parmi d'autres, comme une
pièce interchangeable.

En conséquence, il s'instaure un climat aliénant lorsqu'une activité humaine est


dépossédée de sa finalité immédiate et que l'individu n'agit que sous les
impératifs de lois (économiques) qui échappent à sa compréhension.

« Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son travail :
l'homme est rendu étranger à l'homme. » Karl Marx
Intro

Depuis la nuit des temps, l’homme est en relation dialectique avec la nature, ils
sont complémentaires. Comment pouvons-nous parler de l’homme sans être
renvoyé à la nature puisqu’il est issu de la nature et qu’elle lui permet d’exister ?
Et à l’inverse, il est impossible de parler de la nature sans l’homme vu que la
nature s’achève dans l’homme. La dialectique va même plus loin : l’homme doit
s’objectiver, se naturaliser et la nature doit s’humaniser. Ces deux effets se
produisent dans le travail. En travaillant, l’homme s’exprime dans la nature et lui
donne une forme humaine. Au terme de cette humanisation, « l’homme se
dédouble… activement et réellement et se contemple lui-même dans un monde
créé par lui »(Marx). Ainsi formulée, la question renferme un présupposer
implicite, à savoir qu’il y aurait un passage de liberté, possibilités réelles ( moyen
de faire quelque chose), possibilités morales (droit de faire quelque chose)à un
état de non liberté qui peut devenir une source d’aliénation(dépossession de
l’individu et sa perte de maitrise de ses forces propres au profit de puissances
supérieures, que celles-ci s’exercent à un niveau individuel ( aliénation mentale)
ou social (aliénation social et économique)). La domination (position d’imposer,
d’autorité par tous les moyens à sa convenance) de la nature par le travail de
l’homme n’est-il pas utilisé par ce dernier pour se rendre indépendant de la
nature ? Mais le travail n’apparait t’il pas comme une contrainte dont l’homme
devrait s’affranchir ? Alors comment comprendre que l’homme continu de
travailler alors qu’il est parvenu à subvenir à ses besoins existentielles et
élémentaires ?

1Le travail assure-t-il la domination de l’homme sur la nature ?

Discours de la méthode Descartes : « on en peut trouver une pratique, par laquelle,


connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de
tous les corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers
métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages
auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la
nature. »

L'épopée s'affranchit du mythe et le détruit au nom de la raison mais elle éclaire en


même temps le processus de sacrifice de la nature dans l'homme et la conception de la
raison comme ruse, domination et impassibilité.

L'ordre totalitaire s'en tient à la science, et le sujet éclairé libre de toute tutelle se dérobe
à toute pitié. L'émancipation aboutit à la domination de la nature aveugle et à une
indistinction entre la rigueur morale et l'amoralité absolue

Sante

Descartes explique dans son Discours de la méthode que la technique nous rend comme
maîtres et possesseurs de la nature. Le "comme" a son importance, que les anti-
cartésiens contemporains négligent. Descartes ne veut pas dire que la technique est
étrangère à la nature, ni qu'elle la dépasse. Nous ne faisons que nous servir des forces et
des lois de la nature, mais nous utilisons ce déterminisme, une fois qu'il est connu, pour
le mettre au service de nos besoins, tout spécialement la médecine. Ainsi, une montre
fait partie de la nature au même titre qu'une plante ou qu'une montagne, mais elle est
ainsi faite qu'elle nous montre l'heure. La technique est donc, avec la morale et la
médecine, l'un des fruits de l'arbre de la connaissance, dont le tronc est la physique, et
les racines, la métaphysique. C'est en ce sens qu'on a pu dire sans ironie que le travail
était libération à l'égard de la nature et de notre propre nature immédiate. Cependant,
cette libération est, dans la tradition issue de Hegel et de Marx, inséparable de
l'aliénation. Un régime technique déterminé impose à l'individu comme à la société un
ensemble de contraintes, d'autant plus lourdes, en première analyse du moins, que les
pouvoirs techniques de l'homme sont encore limités, qu'il lui faut donc consacrer plus de
temps et d'efforts au travail.

De plus, la technique peut être définie comme l'ensemble des procédés bien déterminés
qui permettent de maîtriser la transformation de la matière, de la soumettre à un projet
préétabli. Il semble alors aller de soi que la société, définie par les marxistes comme
entreprise collective de maîtrise de la nature, prolongera, dans son fonctionnement
même, le caractère mécanique propre à la technique. En d'autres termes, le
fonctionnement de la société, les rapports sociaux, assimilés à de simples "rapports de
production", non seulement se constitueraient autour des techniques, mais encore se
déduiraient d'un état technologique déterminé, historique.

ll y a cependant dans le marxisme une dimension libertaire, en ce sens que des


techniques plus avancées permettraient à l'homme et à la société de s'affranchir du
règne de la nécessité et de la rareté. Périodiquement on retrouve cette perspective à
l'occasion de nouveaux objets techniques, comme l'électricité ou, actuellement, Internet,
propices par leur souplesse à la constitution d'utopies techniques.

En effet, l'objet technique est le fruit d'une adaptation d'un désir ou d'un besoin au
milieu, adaptation qui évoque celle qui modèle la vie. On a souvent remarqué que la
technique retrouvait par d'autres moyens des solutions comparables à celle de la
biologie. En ce sens chaque objet technique, dès lors qu'il est inventé, tend dans son
évolution à se rapprocher d'une certaine perfection, en tout cas la perfection compatible
avec les connaissances

éveloppement de l'humanité (satisfactions de ses besoins fondamentaux).

Facilite la vie.

Rapidité.

Dans le Capital, Karl Marx lit même dans la manufacture l'origine dialectique du machinisme: dès que
la manufacture "eut atteint un certain degré de développement, sa base technique étroite entra en
conflit avec les besoins de production qu'elle avait elle-même créés." "Cet atelier, ce produit de la
division manufacturière du travail, enfanta à son tour les machines". On peut donc renverser la
problématique marxiste, en voyant dans le développement des techniques, non le moteur éternel de
l'histoire, mais la traduction d'un programme de maximalisation de l'exploitation, apparu tardivement
dans toute sa pureté.

L e travail est l'un des grands composants du savoir-faire artisanal et industriel. Il est le
produit de l'ensemble de l'histoire de l'humanité, chaque peuple et chaque époque ayant
apporté ses compétences, il est le moteur de transformation sociale ;Parmi les plus
célèbres réflexions sur le rôle du travail et à la technique figurent celles de Karl Marx, qui
considère que l'évolution technique entraîne celle de l'économie, ce qui forme
l'« infrastructure » de la société. De cette infrastructure découlent des rapports de
production et des rapports sociaux en général, ainsi que des systèmes de valeurs
associés, qui forment la « superstructure » de la société.

Pour les techniques fondées sur des percées scientifiques récentes, les expressions
« haute technologie » ou « nouvelles technologies » sont employées. Ce domaine peut ou
non apporter un avantage compétitif aux entreprises et zones géographiques (pôle de
compétence) qui ont su y acquérir une avance : tout dépend du rapport performances/
prix offert par l'avance en question, ainsi que de son triangle coûts/ délais/ qualité. Les
exemples de sociétés ayant pris des faux-départs pour avoir eu trop d'avance sur le
marché (Viatron, Exidy, Archimedes, AIXtron, etc.) semblent tout aussi spectaculaires que
celles de sociétés ayant acquis au cours du temps une position dominante sans être
arrivées pour autant premières chronologiquement sur le marché (IBM face à UNIVAC, par
exemple). Être le premier procure des avantages mais aussi des risques importants.

II. Le travail comme libération à l'égard de la nature.


Dans l'état de nature, l'homme ne transforme rien puisque tout lui est disponible directement. Les choses n'ont
pas de valeur puisqu'elles sont offertes gratuitement sans autre effort que celui de se les procurer.
En ce sens, l'homme primitif à l'état de nature n'est pas libre car il est dépendant de la prodigalité naturelle. Il est
soumis aux aléas de son environnement.
Le travail, tel qu'il apparaît notamment avec l'agriculture est quant à lui transformation car l'homme utilise ce
qu'il a à disposition de manière à surmonter ces aléas. Ce n'est plus seulement la nature qui produit ses fruits,
mais l'homme qui modifie lui-même cette production en la contrôlant. Travailler c'est mettre en œuvre un projet
réfléchi de transformation du réel qui consiste à en nier l'apparence première conformément à des règles que la
nature ne fournit pas, mais qui sont élaborées par l'intelligence.
Le travail rend libre car il permet de se détacher de la tutelle naturelle. L'homme devient son propre maître.
- Référence à exploiter : Hegel et la dialectique du maître et de l'esclave. Locke.
Problème : ne s'agit-il pas là d'une vision archaïque du travail, laquelle ne prendrait pas en compte les
conditions dans lesquelles s'effectue le travail ?
Les Lumières ne sont pas entendues, en effet, comme un simple moment historique, la culture du
progrès du XVIIIe siècle, telle que Kant ouDonatien Alphonse François de Sade la thématise, mais un
processus beaucoup plus vaste de civilisation, dont le principe est la destruction du mythe au nom de
la raison. Le livre s’ouvre sur une référence au philosophe anglais Francis Bacon, lequel aurait fourni
les principaux thèmes des Lumières, mais le processus des Lumières concerne aussi bien l’époque
de la civilisation homérique ou l’industrie culturelle contemporaine.

L’Aufklärung a eu pour but de libérer de la pensée magique, mais elle est elle-même soumise au
mythe. Le détournement a consisté à instrumentaliser la raison, dont la finalité réelle n’a pas été la
connaissance ou le bonheur, mais l'explication du monde pour la domination de la nature, soit l'auto-
conservation.
Le processus d'autodestruction consiste dans la destruction du mythe par la raison qui est au principe
des Lumières. Car les mythes sont en réalité déjà des produits d'Aufklärung, des formes
d'affranchissement à l'égard de la nature. A l'inverse, l'Aufklärung est toujours prise dans la
mythologie au moment même où elle croit s'en affranchir.
2 La nature source d’aliénation

Si la philosophie a du mal à penser la technique en tant que telle, on peut faire aussi une remarque
presque symétrique. Autant la pensée technique est capable de concevoir l'objet technique
proprement dit comme une réalité déterminée, autant elle est impuissante en tant que telle à anticiper
l'effet d'une technique nouvelle sur la société, son organisation, ses valeurs. Est-ce vraiment là la
marque d'une subordination de l'homme à la technique, métamorphosée en une puissance obscure?

Dans Le Principe responsabilité, Hans Jonas a montré cependant que cette maîtrise accrue de
la nature va de pair avec une impuissance à en cerner les conséquences exactes sur la nature et
l'homme lui-même. Aussi propose-t-il une nouvelle formulation de l'impératif catégorique kantien. Il
faut toujours tenir compte aussi, dans la mise en œuvre d'une technique nouvelle, des risques qu'elle
enveloppe pour les générations d'hommes qui ne sont pas encore nés.

La technologie nouvelle peut être à l'origine de pollutions.

Certaines technologies peuvent être dangereuses pour l'humanité.

III. Le travail comme aliénation.


1. Je m'affranchis des contraintes naturelles lorsque je pourvois moi-même à ma subsistance. Mais cette
conception reste valable uniquement lorsque l'individu pourvoit à lui seul à tous ses besoins : nourriture,
habillement, logement. Or, la division du travail, soucieuse d'une grande efficacité semble réintroduire une
certaine dépendance.
Ex. : le tailleur est dépendant du paysan pour se nourrir tandis que le paysan est dépendant du tailleur pour se
vêtir.
A nouveau, l'homme ne possède plus en propre la possibilité de subvenir à tous ses besoins.
Toutefois, il ne s'agit pas réellement d'une dépendance comme dans l'état de nature, car il y a dépendance
mutuelle et donc échange nécessaire. Le travail libère dans la mesure où il permet de produire une valeur
d'échange et donc d'acquérir ce dont j'ai besoin. Autrement dit, bien plus problématique est la question de la
division du travail dans les sociétés industrielles. Nous avons vu que le travail était producteur de valeur, or la
réduction du travail à sa valeur marchande ne compromet-elle pas la dimension libératrice de celui-ci ? (le travail
ne rendrait-il libre que certains, ceux qui en récoltent réellement les fruits ?)
2. Si le travailleur attend du travail une activité libératrice, et non seulement un moyen de subvenir à ses besoins,
l'employeur y voit surtout une activité devant répondre aux impératifs économiques (rationalité économique =
critère de la valeur marchande). Par souci de productivité, la production a donc été morcelée en un maximum de
tâches délimitées et rudimentaires dont seule la composition permet de produire l'objet fini. Le travail ne
nécessite plus alors un savoir-faire car il n'y a plus besoin de qualification pour remplir les tâches qui sont
demandées. On peut dès lors voir apparaître plusieurs formes de dépendance.
1ère dépendance : les ouvriers sont interchangeables et ne peuvent plus faire valoir une quelconque expérience
ou habileté. Ils dépendent donc de l'employeur.
2e dépendance : l'homme est au service de la machine.
3e dépendance : il n'y a plus de valorisation du travail d'autant plus que l'ouvrier (à la différence de l'artisan) est
dépossédé de ce qu'il produit. Il ne possède plus en propre ce qu'il a aidé à produire : il travaille pour un salaire
lequel est calculé au plus bas sur ce que coûte l'entretien de l'ouvrier. Le travail subit les lois de l'offre et de la
demande et est réduit à une valeur marchande.
Ainsi, le travail, loin de libérer, asservit.
Référence à exploiter : Marx
Problème : on peut toutefois faire deux objections à cette conclusion.
1. L'analyse marxienne repose sur un certain moment historique de la production et la disparition progressive du
prolétariat peut remettre en cause cette analyse.
2. Le travail libère toujours dans une moindre mesure puisqu'il vaut mieux travailler qu'être sans emploi et ne
pouvoir subvenir à ses besoins, ou être dépendant des aides sociales.

Conclusion

Réfléchir sur l'idée de travail implique que l'on se défasse de la vision que l'on
peut avoir du labeur et de l'oisiveté. Nous pouvons donc affirmer qu’il y a travail
et travail. Autrement dit, parler du travail en général n'a pas beaucoup de sens,
et à la question "Le travail rend-il libre ?" il faudrait substituer celle-ci : "Quel
travail rend-il libre ?". Ainsi, le travail de l'ouvrier sur sa chaîne de production
peut à juste titre apparaître comme aliénant, d'autant que sa rémunération reste
faible. Toutefois, s'il est juste de dénoncer le travail quand il est source
d'asservissement, cela ne signifie pas que le travail soit contraignant dans son
essence. Mais le travail rend libre dans la mesure où il peut être une forme
d'accomplissement de soi, et où les valeurs qu'il produit, lorsqu'elles ne sont pas
considérées comme des produits finis mais bien comme des moyens, permettent
à l'homme d'exercer sa liberté en dehors du travail. Si nous avons pu mettre en
évidence que le travail assure la domination de l’homme sur la nature, il n’en
n’est pas moins vrai que « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le
maitre si il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir » J.J
Rousseau On n’obéit pas à la force puisque l’obéissance suppose une
reconnaissance donc paradoxalement la liberté.

Intro
Depuis la nuit des temps, l’homme est en relation dialectique avec la nature. Nous ne
pouvons parler de l’homme sans être renvoyé à la nature puisque ce dernier est issu de
la nature et qu’elle lui permet d’exister. A l’inverse, il est impossible de parler de la
nature sans l’homme étant donné que la nature s’achève dans l’homme. La dialectique
peut même aller plus loin : l’homme doit se naturaliser et la nature doit s’humaniser. Ces
deux effets se produisent dans le travail. En travaillant, l’homme donne une forme
humaine à la nature et il se naturalise car il passe tout entier dans la nature qui se
charge de l’exprimer. Au terme de cette humanisation, « l’homme se dédouble…
activement et réellement et se contemple lui-même dans un monde créé par
lui »(Marx). « Comment est-il possible que le travail, supposé assurer la domination de
l’homme sur la nature, puisse devenir source d’aliénation ? » Ainsi formulée, la question
renferme un présupposer implicite, à savoir qu’il y aurait un passage de liberté possible -
possibilité réelle ( moyen de faire quelque chose), possibilité morale (droit de faire
quelque chose) - à un état de non liberté qui peut devenir source d’aliénation –
(dépossession de l’individu et perte de maîtrise de ses forces propres au profit de
puissances supérieures, que celles-ci s’exercent à un niveau individuel (aliénation
mentale) ou social (aliénation social et économique)-. La domination (position d’imposer,
position d’autorité par tous les moyens à sa convenance) de la nature par le travail de
l’homme n’est-il pas utilisé par ce dernier pour se rendre indépendant de la nature ? Mais
le travail n’apparait-il pas également comme une contrainte dont l’homme devrait
s’affranchir ? Alors comment comprendre que l’homme continue de travailler alors qu’il
est parvenu à subvenir à ses besoins existentiels et élémentaires ?

Le travail assure-t-il la domination de l’homme sur la nature ?


Dans l'état de nature, l'homme ne transforme rien puisque tout lui est disponible
directement. Les choses n'ont pas de valeur puisqu'elles sont offertes gratuitement sans
autre effort que celui de se les procurer. En ce sens, l'homme primitif à l'état de nature
n'est pas libre car il est dépendant de la nature. Il est soumis aux aléas de son
environnement. Le travail, tel qu'il apparaît notamment avec l'agriculture est quant à lui
transformation car l'homme utilise ce qu'il a, à disposition de manière à surmonter ces
aléas. Ce n'est plus seulement la nature qui produit ses fruits, mais l'homme qui modifie
lui-même cette production en la contrôlant. Travailler c'est mettre en œuvre un projet
réfléchi de transformation du réel. Le travail rend libre car il permet de se détacher de la
tutelle naturelle. L'homme devient son propre maître (Hegel et la dialectique du maître et
de l'esclave).
Mais ne s'agit-il pas là d'une vision archaïque du travail, laquelle ne prendrait pas en
compte les conditions dans lesquelles s'effectue le travail ?
Descartes explique dans le Discours de la méthode que le travail, la pratique et la
technique nous rend comme maîtres et possesseurs de la nature. Descartes ne veut pas
dire que la technique est étrangère à la nature, ni qu'elle la dépasse mais que nous ne
faisons que nous servir des forces et des lois de la nature. « On en peut trouver une
pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des
astres, des cieux et de tous les corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous
connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même
façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et
possesseurs de la nature. » Discours de la méthode Descartes
Ainsi, nous utilisons les lois de la nature, une fois qu'elles sont connues, pour les mettre
au service de nos besoins, par exemple pour la santé en médecine…..Un médicament ou
une montre font partie de la nature au même titre qu'une plante ou qu'une montagne,
mais le médicament est ainsi fait qu'il nous soigne et la montre nous donne l'heure.
L'objet technique, fruit d'une adaptation d'un désir ou d'un besoin au milieu, adaptation
qui modèle la vie, retrouve par d'autres moyens des solutions comparables à celle de la
biologie. En ce sens chaque objet technique utilisé dans le travail, dès lors qu'il est
inventé, tend dans son évolution à se rapprocher d'une certaine perfection, en tout cas la
perfection compatible avec les connaissances.
Le travail est l'un des grands composants du savoir-faire artisanal et industriel. Il est le
produit de l'ensemble de l'histoire de l'humanité pour son développement c'est-à-dire
satisfactions de ses besoins fondamentaux et la facilitation de la vie. Chaque peuple et
chaque époque ayant apporté ses compétences, le travail est le moteur de
transformation sociale. Parmi les plus célèbres réflexions sur le rôle du travail et de la
technique figurent celles de Karl Marx qui considère que l'évolution technique entraîne
celle de l'économie, ce qui forme l'« infrastructure » de la société. De cette infrastructure
découlent des rapports de production et des rapports sociaux en général, ainsi que des
systèmes de valeurs associés, qui forment la « superstructure » de la société. En d'autres
termes, le fonctionnement de la société, les rapports sociaux, assimilés à de simples
"rapports de production", non seulement se constitueraient autour des techniques et du
travail, mais encore se déduiraient d'un état technologique déterminé, historique.
Il y a cependant dans le marxisme une dimension libertaire, en ce sens que des
techniques plus avancées permettraient à l'homme et à la société de s'affranchir du
règne de la nécessité et de la rareté. On retrouve cette perspective à l'occasion de
nouveaux objets techniques, comme l'électricité ou, actuellement, internet, propices à la
constitution d'utopies techniques.
Dans le Capital, Karl Marx lit même dans la « manufacture » l'origine dialectique du
machinisme: dès que la manufacture "eut atteint un certain degré de développement, sa
base technique étroite entra en conflit avec les besoins de production qu'elle avait elle-
même créés." "Cet atelier, ce produit de la division manufacturière du travail, enfanta à
son tour les machines". On peut donc renverser la problématique marxiste, en voyant
dans le développement des techniques, non le moteur éternel de l'histoire, mais la
traduction d'un programme de maximalisation de l'exploitation.
Si le travail est libération à l'égard de la nature et de notre propre nature, cette libération
est, selon Hegel et Marx, inséparable de l'aliénation. Un régime technique déterminé
impose à l'individu comme à la société un ensemble de contraintes, d'autant plus lourdes
que les pouvoirs techniques de l'homme sont encore limités, qu'il lui faut donc consacrer
plus de temps et d'efforts au travail. La finalité de son travail lui échappe complètement.
En ce sens, le travail humain étant assimilable à celui de la machine, le risque est grand
pour que le gestionnaire de la production considère l'homme comme un rouage parmi
d'autres, comme une pièce interchangeable.
Alors, il s'instaure un climat aliénant lorsqu'une activité humaine est dépossédée de sa
finalité immédiate et que l'individu n'agit que sous les impératifs de lois (économiques)
qui échappent à sa compréhension.
« Une conséquence immédiate du fait que l'homme est rendu étranger au produit de son
travail : l'homme est rendu étranger à l'homme. » Karl Marx.
L’homme tente de dominer la nature pour sa propre survie et, dû à cet égocentrisme, il
tombe dans l’aliénation du progrès…

La nature source d’aliénation


Si nous tenons compte, dans la mise en œuvre d'une technique nouvelle, des risques
qu'elle génère pour les générations d'hommes qui ne sont pas encore nés (Principe de
responsabilité), cette maîtrise accrue de la nature va de pair avec une impuissance à en
cerner les conséquences exactes sur la nature et l'homme lui-même. La technologie
nouvelle n’est-elle pas à l'origine de pollutions par exemple, certaines technologies
peuvent être dangereuses pour l'humanité.
De plus, nous nous affranchissons des contraintes naturelles lorsque nous sommes
capables de donner à nous-mêmes ce qui est nécessaire à notre subsistance. Mais cette
conception reste valable uniquement lorsque l'individu pourvoit à lui seul à tous ses
besoins : nourriture, habillement, logement. Or, la division du travail, soucieuse d'une
grande efficacité semble réintroduire une certaine dépendance. Ex. : le tailleur est
dépendant du paysan pour se nourrir tandis que le paysan est dépendant du tailleur pour
se vêtir. A nouveau, l'homme ne possède plus en propre la possibilité de subvenir à tous
ses besoins. Toutefois, il ne s'agit pas réellement d'une dépendance comme dans l'état
de nature, car il y a dépendance mutuelle et donc échange nécessaire. Le travail libère
dans la mesure où il permet de produire une valeur d'échange et donc d'acquérir ce dont
j'ai besoin. Autrement dit, la question de la division du travail dans les sociétés
industrielles est plus problématique. Nous avons vu que le travail était producteur de
valeur, or la réduction du travail à sa valeur marchande ne compromet-elle pas la
dimension libératrice de celui-ci ? Le travail ne rendrait-il libre que certains, ceux qui en
récoltent réellement les fruits ?
Si le travailleur attend du travail une activité libératrice, et non seulement un moyen de
subvenir à ses besoins, l'employeur y voit surtout une activité devant répondre aux
impératifs économiques (rationalité économique = critère de la valeur marchande). Par
souci de productivité, la production a donc été morcelée en un maximum de tâches
délimitées et rudimentaires dont seule la composition permet de produire l'objet fini. Le
travail ne nécessite plus alors un savoir-faire car il n'y a plus besoin de qualification pour
remplir les tâches qui sont demandées. On peut dès lors voir apparaître plusieurs formes
de dépendance: les ouvriers sont interchangeables et ne peuvent plus faire valoir une
quelconque expérience ou habileté et ils dépendent donc de l'employeur, l'homme est au
service de la machine, il n'y a plus de valorisation du travail d'autant plus que l'ouvrier (à
la différence de l'artisan) est dépossédé de ce qu'il produit. Il ne possède plus en propre
ce qu'il a aidé à produire : il travaille pour un salaire lequel est calculé au plus bas sur ce
que coûte l'entretien de l'ouvrier. Le travail subit les lois de l'offre et de la demande et
est réduit à une valeur marchande. Ainsi, selon Marx, le travail, loin de libérer, asservit.
Toutefois nous pouvons faire deux objections à ce point de vue : d’une part, l'analyse
marxienne repose sur un certain moment historique de la production et la disparition
progressive du prolétariat peut remettre en cause cette analyse et d’autre part, le travail
libère toujours dans une moindre mesure puisqu'il vaut mieux travailler qu'être sans
emploi et ne pouvoir subvenir à ses besoins, ou être dépendant des aides sociales.
Conclusion
Réfléchir sur l'idée de travail implique que l'on se défasse de la vision que l'on peut avoir
du labeur et de l'oisiveté. Nous pouvons donc affirmer qu’il y a travail et travail.
Autrement dit, parler du travail en général n'a pas beaucoup de sens, et à la question "Le
travail rend-il libre ?" il faudrait substituer celle-ci : "Quel travail rend-il libre ?". Ainsi, le
travail de l'ouvrier sur sa chaîne de production peut à juste titre apparaître comme
aliénant, d'autant que sa rémunération reste faible. Toutefois, s'il est juste de dénoncer
le travail quand il est source d'asservissement, cela ne signifie pas que le travail soit
contraignant dans son essence. Mais le travail rend libre dans la mesure où il peut être
une forme d'accomplissement de soi, et où les valeurs qu'il produit, lorsqu'elles ne sont
pas considérées comme des produits finis mais bien comme des moyens, permettent à
l'homme d'exercer sa liberté en dehors du travail. Si nous avons pu mettre en évidence
que le travail assure la domination de l’homme sur la nature, il n’en n’est pas moins vrai
que « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre si il ne transforme sa
force en droit et l’obéissance en devoir » J.J Rousseau. On n’obéit pas à la force puisque
l’obéissance suppose une reconnaissance donc paradoxalement la liberté.
Autant la pensée technique est capable de concevoir l'objet technique proprement dit
comme une réalité déterminée, autant elle est impuissante en tant que telle à anticiper
l'effet d'une technique nouvelle sur la société, son organisation, ses valeurs. Est-ce
vraiment là la marque d'une subordination de l'homme à la technique, métamorphosée
en une puissance obscure? L’émancipation n’aboutit-elle pas à la domination de la nature
aveugle et à une indistinction entre la rigueur morale et l’amoralité absolue.