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TS Thème 1 : Géologie

Chap. 2 : Les chaînes de montagnes

La subduction conduit à la disparition de la lithosphère océanique dans l’asthénosphère. Ce mouvement va


conduire les croûtes continentales qui bordent cette lithosphère océanique à se rapprocher et à entrer en
collision pour former une chaîne de montagne. Il est possible de reconstituer l’histoire d’une chaîne de
montagne en étudiant divers indices tectoniques et pétrographiques (= roches) sur le terrain. Nous traiterons
l’exemple des Alpes qui est une chaîne de montagnes « jeune » de 30 millions d’années résultant de la
collision entre la lithosphère européenne au Nord et Africaine au Sud.

Quels sont les indices géologiques dans les Alpes qui permettent de reconstituer leur histoire ?

I. AVANT SA FORMATION, UNE CHAINE DE MONTAGNES EST UN OCEAN

En géologie, un océan est défini par la nature de ses roches (basaltes et gabbros de la croûte océanique) et par
ses bordures ou « marges ». On trouve des indices dans les Alpes indiquant qu’avant leur formation, il y avait
un océan à la place des montagnes.

A. Les marges passives, indices de l’ouverture d’un océan

Un océan se forme par rifting. Sous l’action de forces divergentes, une lithosphère continentale se fracture,
s’affaisse et s’amincit. Progressivement, cette extension va permettre la mise en place d’une dorsale qui
produira une nouvelle lithosphère océanique.

La transition entre la croûte continentale et océanique est


appelée marge passive.

Elle témoigne de cette extension car elle est composée de


blocs basculés séparés par des failles « normales », qui
éloignent les blocs l’un de l’autre (à ne pas confondre avec les
failles « inverses », qui rapprochent les blocs l’un de l’autre).

Les sédiments déposés sur les blocs basculés permettent de dater la période d’ouverture de l’océan.

Les marges passives actuelles sont situées sous la mer. On les étudie grâce aux ondes sismiques :

Profil sismique au niveau d’une marge passive actuelle (à compléter) :

Dans les Alpes, on retrouve bien des blocs basculés séparés par des failles normales de 200 millions d’années
dans les Alpes D’Huez (que les skieurs connaissent bien : ces blocs correspondent aux massifs du Taillefer, La
Mure, etc). Ces blocs basculés appartenaient à la marge passive Européenne, et attestent d’un rifting il y a -
200 millions d’années menant à l’ouverture d’un océan Alpin (disparu aujourd’hui) entre l’Europe au Nord et
l’Afrique au Sud. Une dorsale s’est ensuite mise en place et a produit de la lithosphère océanique.

Peut-on trouver des restes de cette LO dans les Alpes ?


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B. Les ophiolites, indices de formation d’une croûte océanique

Il est possible de retrouver dans certaines chaînes de montagnes comme dans les Alpes au Mont Chenaillet
des fragments de lithosphère océanique intacts, qui ne sont jamais rentrés en subduction. Ils sont composés
de haut en bas de : sédiments océaniques, basaltes en coussin, métagabbros en faciès schiste vert et de
péridotites métamorphisées par l’eau appelées serpentinites.

De telles structures sont appelées ophiolites : ce sont des portions de LO charriées sur de la LC. Les ophiolites
sont formées par obduction : la lithosphère océanique est pincée entre les croûtes continentales au début de
la collision sous l’effet des forces convergentes.

Ces ophiolites sont bien des indices de la formation d’une lithosphère océanique au niveau d’une dorsale qui
fonctionnait avant la formation des Alpes, qui s’est éloignée et s’est hydratée au cours du temps.

Comment a-t-elle disparu ?

C. Le métamorphisme de subduction, indice de la fermeture de l’océan

Dans les Alpes, on retrouve dans différentes régions des roches métamorphisées.

Carte des Alpes et localisation de quelques roches métamorphiques :

1- Placer les roches des régions 1, 2, 3 des Alpes dans le diagramme afin d’identifier leurs faciès
métamorphiques.
2- Quel phénomène géologique est mis en évidence des Alpes ? Justifiez.

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Ainsi, dans les Alpes, des roches de la lithosphère océanique européenne sont entrées en subduction sous la
lithosphère continentale Africaine. L’océan s’est donc refermé par subduction.

Qu’est ce qui provoque le plongement de la lithosphère océanique dans l’asthénosphère ?

Lorsqu’elle s’éloigne de la dorsale, la LO vieillit et se refroidit. La base du manteau lithosphérique (isotherme


1300°C) s’enfonce à mesure que la plaque refroidit, car le sommet du manteau asthénosphérique refroidit
(cf EXO 1). En parallèle, cette LO gagne en densité. Lorsque la densité de la LO dépasse celle de
l’asthénosphère située en dessous, elle entre en subduction.

Le passage en faciès éclogite des minéraux des basaltes et des gabbros s’accompagne d’un gain de densité
(2,9 à 3,4) qui accélère la subduction et entretient les forces convergentes à l’origine du rapprochement des
deux lithosphères.

II. UNE CHAINE DE MONTAGNES GRANDIT PAR COLLISION


A/ Indices métamorphiques de l’arrêt de la subduction

D’anciennes roches sédimentaires des Alpes italiennes qui appartenaient à la lithosphère continentale
européenne présentent une forme métamorphique de quartz particulière, la coésite.

Justifiez à l’aide du diagramme que la lithosphère continentale européenne a pu rentrer en subduction.

Ainsi, dès lors que la LO a totalement subduit, la LC européenne est également rentrée en subduction.
Toutefois, la lithosphère continentale possède une densité plus faible que l’asthénosphère. Ainsi, la subduction
ralentit puis s’arrête. Les croûtes continentales qui étaient avant séparées par la lithosphère océanique
entrent alors en collision et s’affrontent, formant les reliefs positifs observés dans les chaînes de montagne.

Quels sont les conséquences de l’affrontement des deux croûtes continentales ?

B/ Indices tectoniques de la collision continentale

La collision est l’affrontement de deux lithosphères continentales l’une contre l’autre. On retrouve différents
indices de déformation appelés « indices tectoniques » qui montrent que la lithosphère européenne a affronté
la lithosphère africaine dans les Alpes.

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Indice n°1 : ………………………………………………….

Schéma et description

Indice n°2 : ………………………………………………….


Schéma et description

Indice n°3 : ………………………………………………….

Schéma et description de la Nappe de Glarus (Suisse) :

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TS Thème 1 : Géologie

Indice n°4 : ………………………………………………….

Profil sismique sous les Alpes d’Est en Ouest (à compléter) :

Les indices témoignant d’une compression à l’origine d’un raccourcissement et d’un empilement sont :
- Des plis (déformation ductile)
- Des failles inverses (déformations cassantes) menant à des chevauchements de terrains les uns sur les
autres
- Des nappes de charriage (chevauchement de terrains déplacés sur de grandes distances)
- Un épaississement de la croute continentale en profondeur qui montre l’existence d’une racine crustale
sous les hauts reliefs et des terrains empilés en profondeur.

C/ Indices pétrographiques de l’épaississement crustal

D’après le graphique ci-contre, que se passe-t-il dans


la une croûte continentale épaissie à partir de 40km ?

L’épaississement de la croûte continentale lors de la collision modifie les conditions de pression et


température et déstabilise les roches qui subissent des réactions métamorphiques. Ainsi, des granites ou des
argiles de surface portés en profondeur se métamorphisent en gneiss (cf EXO 2).

Si les conditions P/T sont assez poussées les gneiss entrent en fusion partielle et donnent un magma à
l’origine de nouveaux granites. Il n’est pas rare de trouver dans les chaînes de montagnes des roches
partiellement fondues, appelées « migmatites », qui sont des associations de granites et de gneiss.

Ainsi, en contexte de collision, la croûte continentale est en permanence recyclée par enfouissement, fusion et
recristallisation.
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III. UNE CHAINE DE MONTAGNES SE DETRUIT PAR EROSION ET AFFAISSEMENT


Dès sa formation, une chaîne de montagnes commence à se démanteler (détruire). La comparaison entre une
chaîne de montagnes récente et ancienne met en évidence que le relief est beaucoup plus haut et escarpé
dans la chaîne jeune que dans la chaîne ancienne où il a été arasé.

Quels sont les phénomènes qui détruisent les chaînes de montagnes ?

A/ Erosion des reliefs

L’érosion est le phénomène qui désagrège les roches en surface. Il existe plusieurs agents d’érosion : le vent,
la température, les racines des végétaux, mais le principal est l’eau.

L’eau à l’état ……………. :


- Hydrolyse les minéraux des roches qui libèrent des ions et des argiles peu résistantes : Feldspath de granite +
H2O → Ions + argile.
- Arrache des sables et des argiles aux roches, appelés sédiments ;
- Transporte ces sédiments par des cours d’eau qui se déposent soit en domaine continental (lacs, bords de
rivières), soit dans la mer (sur les marges passives).

L’eau à l’état ……………… :


- Gèle la nuit dans les fractures des roches et augmente de volume ce qui les élargit les fractures, puis dégèle
la journée.
- Les glaciers de montagnes érodent les parois des montagnes et transportent des morceaux de roches en
creusant des vallées.

Plus le relief est élevé, plus l’érosion est importante : pentes très forte → vitesses des courants élevées → plus
de force pour arracher les particules !

Très souvent les cours d’eau des chaînes de montagnes sont terminés par un delta, zone où une quantité
importante de sédiments s’accumule. Ainsi, le delta du Rhône récupère les sédiments des Alpes.

Les sédiments se déposent et en se consolidant, donnent des roches sédimentaires (Ex. : grès). Les ions
provenant de l’hydrolyse des minéraux précipitent dans l’océan et donnent des calcaires (CaCO3).

En mesurant la quantité de sédiments se déposant dans un delta par an (= le flux sédimentaire), on est
capable d’obtenir la vitesse d’érosion de la chaîne de montagnes adjacente.

Il faut environ 100 millions d’années pour faire disparaitre une chaîne de montagnes comme l’Himalaya, mais
si on estime ce temps uniquement par la vitesse d’érosion, on trouve des durées beaucoup plus longues : un
autre phénomène participe au démantèlement d’une chaîne.

B/ Processus tectoniques participant à la disparition des reliefs

Des processus tectoniques accélèrent la disparition d’une chaîne de montagnes. Dans les Alpes, on a établi
une carte des déformations actuelles selon leur type (extension ou compression).

Comment se répartissent les contraintes dans


les Alpes ?

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TS Thème 1 : Géologie

Au début de son histoire, des forces de compression horizontales contribuent à l’empilement des terrains. Le
poids de l’ensemble des terrains augmente. Tant que les forces de compression sont supérieures à ce poids, la
chaîne s’épaissit.

Si les forces horizontales deviennent moins importantes que le poids, la montagne « s’affaisse » : c’est le
phénomène d’effondrement gravitaire. Analogie du camembert chaud.

L’isostasie intervient également dans la disparition des reliefs en faisant remonter la racine crustale au fur et
à mesure que de la matière est enlevée en surface par rééquilibrage isostatique.

Carte géologique du Massif Armoricain (Bretagne) :


Relevez les principales roches à l’affleurement
en Bretagne. En quoi cela montre que la racine
crustale remonte sous une chaîne ancienne ?

On estime que pour 100m d’érosion il y a une remontée de la chaîne de 80m. Ceci permet de comprendre
pourquoi une chaîne de montagnes reste « jeune » très longtemps : la baisse d’altitude engendrée par l’érosion
est en grande partie compensée par la remontée isostatique.

Il est important de noter que les particules issues de l’érosion des chaînes de montagnes et se déposant dans
la mer pourront à leur tour rentrer en subduction et participer à la formation d’une nouvelle croûte
continentale.

Conclusion : A partir de l’exemple des Alpes, on a montré que l’histoire d’une chaîne de montagnes est
complexe et ne se résume pas qu’à une collision. On peut retrouver des indices de l’histoire antérieure d’une
chaîne sur le terrain. Ainsi, les Alpes étaient à l’origine un océan situé entre deux lithosphères continentales
(Européenne et Africaine) qui s’est refermé par subduction avant que ces dernières ne s’affrontent. La
lithosphère continentale est en permanence recyclée dans les chaînes de montagnes, que ce soit par
érosion/enfouissement en subduction ou par fusion partielle des roches préexistantes redonnant de nouveaux
granites.

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TS Thème 1 : Géologie

EXO 1 : DEVENIR D’UNE LITHOSPHERE OCEANIQUE

Document 1 : Quantité d’énergie géothermique


dissipée par unité de temps et de surface au
niveau d’une lithosphère océanique en fonction
de son âge.

Observations :

Document 2 : Evolution de l’épaisseur et de la densité de la lithosphère océanique en fonction de son âge


La base de la lithosphère correspond à l’isotherme 1300°C. Il existe une relation entre l’épaisseur de la
lithosphère EL et son âge t : EL = 9,2

Observations :

Document 3 : Profondeur des océans Atlantique Nord et


Pacifique Nord en fonction de l’âge de la lithosphère
océanique.

L’enfoncement de la lithosphère sur l’asthénosphère est


qualifié de « subsidence ».

Observations :

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EXO 2 : LA FUSION PARTIELLE DE LA CROUTE CONTINENTALE

Il est courant d’observer une abondance de magmas en zone de collision. Ces magmas sont générés pour
l'essentiel dans la croûte continentale.

A l’aide de la fiche descriptive des 3 roches trouvées en zone de collision, replacer sur le diagramme P/T le
chemin d’une argile de surface qui se trouverait enfouie au cours d’une collision.

Document : Domaines de stabilité des minéraux en fonction de la température et de la pression

Argile Gneiss Migmatite

Roche sédimentaire. Roche métamorphique = non Roche « mixte » : partie fondue


fondue. recristallisée en granite et partie non
Se forme en surface. Se forme en profondeur. fondue métamorphique (gneiss).
Se forme en profondeur.
Riche en aluminium. Minéraux :
- Zones claires : quartz, feldspath Minéraux :
et muscovite, minéral riche en - Zones claires = magma granitique
Aluminium. riche en muscovite.
- Zones sombres : Mica biotite et
grenats. - Zones sombres = minéraux non
- Présence d’un silicates d’alumine fondus : sillimanite, biotite et grenats.
(formule Al2Si2O5) la sillimanite