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Char d'assaut

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Pour les articles homonymes, voir Char (homonymie).


Le char d'assaut aussi appelé char, (en anglais : tanka, en allemand : Panzer,
en russe : Танк, en italien : Carro armato, et en arabe : ‫ )الدبابة‬est un système d'arme
mobile constitué d'un canon monté sur un véhicule automobile blindé et le plus
souvent chenillé (il existe également des chars légers à roues).

Premier char de l'armée britannique Mark I en septembre 1916 utilisé, pour la première fois, au cours de
la Bataille de la Somme.

Le Schneider CA1, premier char de l'armée française, en avril 1917.

Deux Char Renault FT, le premier muni d'une mitrailleuse Hotchkiss, le second muni d'un canon de 37 mm.
Ce char équipait surtout l'armée française en 1918, mais aussi l'armée américaine ayant acheté des
exemplaires à la France.

Char T-54 soviétique au musée de l'armée à Poznań (Pologne).

Sommaire

 1Description rapide
 2Origine du terme tank
 3Histoire
 4Les chars d'assaut dans le monde actuel
o 4.1Parc blindé mondial
o 4.2Constructeurs de véhicules militaires
 5Conception
 6Puissance de feu
o 6.1Conduite de tir
o 6.2Munitions
 7Protection
o 7.1Éviter la détection
o 7.2Blindage
o 7.3Défense passive
o 7.4Contre-mesures
o 7.5Exposition de l'équipage
 8Mobilité
o 8.1Les caractéristiques de la mobilité
o 8.2Les types de terrain
o 8.3Performances sur route
o 8.4Mobilité en combat
o 8.5Mobilité dans l'eau
 8.5.1Passages profonds
 8.5.2Chars amphibies
o 8.6Motorisation
 8.6.1Moteurs diesel « multi-carburants »
 8.6.2Turbines à gaz
 9Commande, contrôle et communications
o 9.1Communications internes
o 9.2Communications tactiques
 10Vulnérabilité
o 10.1À l'infanterie
o 10.2À l'artillerie
o 10.3Aux mines
o 10.4À l'aviation
o 10.5Logistique lourde
o 10.6Environnement
 10.6.1Climat
 10.6.2Terrain
 11Recherche et développement
 12Notes et références
o 12.1Notes
o 12.2Références
 13Bibliographie
 14Annexes
o 14.1Articles connexes
o 14.2Liens externes

Description rapide[modifier | modifier le code]


1. Viseur du tireur/opérateur tourelle
2. Masque du canon
3. Mitrailleuse coaxiale
4. Évacuateur de fumée
5. Canon
6. Épiscopes
7. Volet d'accès au compartiment de conduite
8. Glacis
9. Chenille
10. Boîte d obus
11. Mitrailleuse du chef de char
12. Volet du tourelleau
13. Tourelle
14. Interface tourelle-châssis
15. Caisse ou châssis
16. Prise d'air du moteur
17. Déport de caisse
18. jupe latérale
19. Barbotin
20. Maillon de chenille
21. Galet de roulement

Origine du terme tank[modifier | modifier le code]


Quelques mois après le début de la Première Guerre mondiale, en octobre 1914,
le colonel Swinton1 de la British Army, un tacticien militaire, a le projet de concevoir
un véhicule armé, blindé et à chenilles. Une visite au front l’a en effet convaincu que
la combinaison de la guerre des tranchées et de la mitrailleuse exigeait un tel
véhicule. Ce projet atterrit sur le bureau de Winston Churchill, alors Premier Lord de
l’Amirauté, qui en comprend l’intérêt et constitue en février 1915 un comité pour
l’étude de ces prototypes de landships (littéralement navires de terre), le Landship
Committee. Le char naît ainsi à Londres. Une maquette en bois est présentée au
comité le 15 septembre 1915 et un prototype, appelé "Mother" (Maman), effectue ses
premiers essais le 2 février 1916 devant le roi et les hautes autorités
gouvernementales. Le char est en conséquence commandé à 100 exemplaires sous
la dénomination Mark I. Soucieux d’en garder le secret, les Britanniques proposent
d’abord de les appeler « Water Carrier » (porteur d’eau), en proclamant qu’ils sont
destinés au ravitaillement en eau de l’armée britannique de Mésopotamie. Plusieurs
autres appellations sont envisagées avant que le colonel Swinton utilise le nom
de tank (c’est-à-dire réservoir d’eau) en décembre 1915, afin de faire croire que
le Royaume-Uni produit des réservoirs d’eau autotractés à destination du front
mésopotamien2.

Histoire[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Histoire du char d'assaut.
Le char d'assaut que l'on connaît aujourd'hui, c'est-à-dire un véhicule blindé tout
terrain armé d'un canon, prend forme lors de la Première Guerre mondiale.
Il existe aussi des chars d'assaut à roue comme l’Autoblinda AB40 de 1940.

 Différents chars d'assaut


Réplique du char de Léonard de Vinci, un des précurseurs du char d'assaut contemporain.


 

Char britannique « Mark II (de) » à demi enfoui sur le champ de bataille dans le nord de la France
en 1918.
 

Char britannique Vickers E type A, équipé de deux tourelles identiques avec mitrailleuses en 1930.


 

Char léger de l'armée française modèle 1935 Hotchkiss H, modifié 1939.


 

Char M4 Sherman de dos sur la place Patton à Avranches.

 Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Les chars d'assaut dans le monde actuel[modifier | modifier le


code]
Parc blindé mondial[modifier | modifier le code]
Le nombre total de chars opérationnels en 2002 serait de 106 000.

Parc blindé mondial en % (2002)3

8 % États-Unis

15 
autres membres de l'OTAN
%

13 
Russie
%

8 % République populaire de Chine


18 
reste de l'Asie
%

22 
Moyen-Orient et Afrique du Nord
%

16 
reste du monde
%

 Chars de combat

Un char de combat Char Leopard 2A5 de l'armée allemande en 2002.


 

Char américain M1A1 Abrams en 2004.


 

Char de fabrication russe


T-90S de l'armée algérienne
en 2015.
 

Char Leclerc de l'armée française.

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Constructeurs de véhicules militaires[modifier | modifier le code]
Le prix d'un char de combat neuf est très variable, il dépend de sa sophistication et
du nombre d'exemplaires à produire. En effet, les coûts de développement étant
exorbitants, chaque constructeur cherche à exporter son modèle pour l'amortir. Dans
les années 2010, peu de nations peuvent concevoir et construire un char moderne
en entière autonomie, plusieurs autres en produisent sous licence ou font leur
propres modèles en s’inspirant des éléments provenant d’autres véhicules.
En France, le prix unitaire du char Leclerc, produit par Nexter (anciennement Giat
Industries), a été évalué à 8,6 millions de dollars 4. Aux États-Unis, un char M1
Abrams, construit par General Motors et Chrysler, coûterait 5,3 millions de dollars4 et
un T-90 russe serait estimé à environ 3 millions d'USD.

Conception[modifier | modifier le code]
Les trois facteurs traditionnels déterminant l'efficacité d'un char sont sa puissance de
feu, sa protection et sa mobilité :

 La puissance de feu est la capacité d'un char d'identifier,


engager, et détruire un objectif.
 La protection est la capacité du char pour résister à la
détection, à la neutralisation ou destruction par le feu
ennemi.
 La mobilité inclut la mobilité tactique, sur tous les
terrains du champ de bataille, mais aussi la
mobilité stratégique, à savoir sa capacité à être
transporté (par la route, train, mer ou même avion) sur le
champ de bataille.
La conception d'un char est donc traditionnellement issue d'un compromis entre ces
trois facteurs. Par exemple, en renforçant le blindage, on augmente la protection
mais aussi le poids et on diminue donc la manœuvrabilité. Une puissance de feu
supérieure, obtenue en utilisant un canon de plus gros calibre, diminue la
manœuvrabilité et la protection.
L'effet psychologique sur les soldats (effet négatif pour les ennemis, positif pour les
alliés) de la présence imposante d'un char sur un champ de bataille est également
un facteur important.

Puissance de feu[modifier | modifier le code]


Le canon est l'arme principale du char.

Sur le champ de bataille, l'équipage du char doit être capable d'identifier, d'engager
et de détruire rapidement de nombreux types de cibles tout en gardant une mobilité
optimale. Dans ce but, il est équipé d'outils de détection et de contrôle du tir très
sophistiqués. Il dispose d'un canon principal capable de tirer
des munitions explosives ou perforantes, il s'agit en général d'obus, et de
mitrailleuse(s) contre l'infanterie, les véhicules légers ou les hélicoptères.
L'arme principale de tout char de combat est un canon de gros calibre. Mis à part
quelques pièces d'artillerie, les canons de chars sont les plus gros calibres utilisés
sur terre. Ces calibres ont beaucoup évolué depuis la Seconde Guerre mondiale. Le
calibre couramment utilisé est le 120 mm pour les chars occidentaux et 125 mm pour
les chars russes et chinois. Les chars sont capables de tirer une grande variété de
munitions, mais celles couramment utilisées sont les munitions à énergie cinétique et
les munitions hautement explosives. Aujourd'hui seuls les
chars britanniques et indiens utilisent des canons rayés, les canons lisses étant le
type dominant.
Les canons des chars modernes sont généralement équipés d'un manteau
thermique afin de réduire la différence de température sur le tube principal. Lorsqu'il
pleut ou lorsqu'il vente, la partie exposée au vent et à la pluie refroidit plus vite que le
reste du canon. Cette différence de température et donc de dilatation du métal du fût,
va déformer légèrement le canon et avoir une influence sur la précision du tir à
longue distance.
En général les chars portent également d'autres armements, qui leur assurent une
protection contre l'infanterie contre laquelle l'utilisation du canon principal est
inefficace à courte distance. Typiquement il s'agit d'une mitrailleuse (7,62 à
12,7 mm), montée sur le même axe que le canon principal. Sur certains chars de
combat français comme l'AMX-30 et l'ex-AMX-40 sont montés des canons de
20 mm à côté de l'armement principal pour pouvoir détruire des véhicules légèrement
blindés. De plus, sur leur toit ou à la disposition du chef de char, de nombreux chars
disposent d'une mitrailleuse pour tirer sur des cibles très mobiles, aériennes ou au
sol. Les mitrailleuses de calibres 12,7 et 14,5 mm couramment montées sur les
chars américains ou russes et sur le char Leclerc sont également capables de
détruire, à courte distance, des véhicules légèrement blindés.
Quelques chars ont été adaptés à des rôles plus spécifiques comme les lance-
flammes ou la détection de toxiques de guerre, voire défense anti-aérienne à tir
rapide. Ces armes spécialisées sont souvent montées sur des châssis de blindés
transporteurs de troupes.
Conduite de tir[modifier | modifier le code]
Un char moyen Sherman M4 américain tirant à partir d'une position préparée durant la guerre de Corée.

Historiquement, la visée pour les tirs des premiers chars était effectuée avec des
viseurs optiques simples, avec une estimation de la vitesse et de la direction du vent
faite par le tireur, ou à l'aide d'outils simples. La distance à la cible était estimée à
l'aide du viseur (des tirets alignés dans le viseur encadrant la cible de taille connue).
En conséquence, la précision était limitée pour les tirs à longue portée et assurer un
coup au but en tirant en mouvement relevait quasiment de l'impossible. Ce temps a
pris fin avec l'apparition des télémètres stéréoscopiques, et plus tard par des
télémètres laser.
Dans les armées des pays industrialisés, la plupart des chars de combat modernes
utilisent des télémètres laser, mais les télémètres optiques et à réticule sont toujours
en service dans des véhicules plus anciens et moins sophistiqués. Les chars
modernes ont une panoplie de systèmes pour rendre leurs tirs plus précis.
Des gyroscopes sont utilisés pour stabiliser l'arme principale ; les ordinateurs
calculent l'altitude et le point de visée appropriés ; des sondes mesurent la vitesse de
vent, la température de l'air, l'humidité, la température du canon, sa déformation, la
vitesse de la cible (calculée en prenant au moins deux mesures successives avec le
télémètre), et le mouvement du char. L'infrarouge, l'amplification de lumière, ou les
équipements thermiques de vision de nuit équipent généralement les engins
modernes. Des indicateurs de cible laser peuvent également être employés afin
d'illuminer des cibles pour les munitions guidées. En conséquence, les chars
modernes peuvent faire feu avec une précision raisonnable tout en se déplaçant.
Munitions[modifier | modifier le code]

Munitions d'un char.

Il existe plusieurs types de munitions conçues pour percer un blindage, comme les


obus à tête d'écrasement (HESH : High explosive squash head, également appelées
HEP : high explosive plastic), les obus explosifs à charge creuse (HEAT : High
explosive anti-tank) et les obus perforants sous-calibrés à sabot détachable
(APDS : Armour-Piercing Discarding Sabot). Pour augmenter la précision des tirs,
ces obus sont mis en rotation par des rainures creusées dans le corps du canon, ou
des ailerons-stabilisateurs.
Quelques chars, y compris les M551 Sheridan, T-72, T-64, T-80, T-84, T-90 et PT-
91 peuvent tirer des missiles guidés antichars depuis leur armement principal. Cette
fonctionnalité peut grandement accroître leurs possibilités de combat au-delà de
la portée utile de combat habituelle des obus conventionnels. Cela fournit également
au char une arme utile contre les cibles aériennes lentes évoluant à basse altitude
comme des hélicoptères. Les États-Unis ont abandonné ce concept, retirant
le M551 et le M60A2 de leurs forces, en faveur des hélicoptères et de l'avion pour les
rôles antichar, mais les pays de la Communauté des États indépendants continuent
à utiliser des systèmes de canon-missile dans leurs chars de combat.

Protection[modifier | modifier le code]

Exercice d'évacuation d'un char M-3 Lee en 1943.

La protection d'un char est la combinaison de sa capacité à prévenir la détection


pour éviter d'être frappé par le feu ennemi, et de la capacité de son blindage à
résister et encaisser les effets du feu ennemi afin de protéger son équipage et
d'accomplir sa mission.
Éviter la détection[modifier | modifier le code]
Dans les secteurs boisés, des chars immobiles peuvent être bien camouflés, rendant
la détection et l'attaque aérienne difficiles. En revanche, dans une aire ouverte, il est
très difficile de cacher un char. Dans les deux cas, un char en mouvement peut être
beaucoup plus facilement détecté, grâce à la chaleur et au bruit dégagés par son
moteur. Les traces des chenilles des chars peuvent être repérées depuis un aéronef,
et dans le désert, leurs mouvements peuvent créer des nuages de poussière très
importants, eux aussi facilement repérables par l'ennemi.
La puissance élevée des moteurs de chars modernes (typiquement au-dessus de
750 kW, soit 1 000 ch) fait qu'ils produisent une signature thermique distincte. La
masse exceptionnellement compacte du métal de la coque du tank concentre
la chaleur d'une façon très contrastée par rapport aux autres objets dans la
campagne. Il est ainsi relativement facile de repérer un char en mouvement par de
bons outils de balayage infrarouges terrestres ou aériens. Une des raisons du
combat de nuit pendant la guerre du Golfe était que les chars comme le M1
Abrams voient presque quatre fois mieux les infrarouges que les T-72 employés par
l'armée irakienne. Un autre facteur dans la guerre du Golfe était que, de nuit, même
camouflés et ne se déplaçant pas, les tanks irakiens se refroidissaient moins vite que
leur environnement, facilitant la détection thermique.
Un char immobile mais récemment arrêté après une période d'activité, conserve une
signature thermique considérable. Ainsi, même si le char lui-même est caché (par
exemple derrière une colline), il est encore possible qu'un opérateur habile le détecte
par la colonne d'air chaud qu'il génère au-dessus de lui. Ce risque peut être
légèrement réduit par l'utilisation de couvertures thermiques qui réduisent le
rayonnement de la chaleur pendant que le moteur se refroidit doucement.
Certains filets de camouflage sont composés d'un mélange de matériaux disposant
de propriétés thermiques différentes.
Les chars sont propulsés par des moteurs diesel ou des turbines d'une puissance
comparable à une locomotive diesel. Donc, de l'extérieur, un char diesel dégage la
même odeur et fait le même bruit qu'une locomotive diesel. Le grondement profond
peut être entendu à grande distance un jour calme, et l'odeur du diesel, forte, peut
être emportée très loin par le vent. Quand un char immobile garde son moteur
allumé, le sol tremble autour de lui, mais en se déplaçant, les vibrations sont encore
plus grandes. Les signatures acoustiques et sismiques des moteurs polycarburants
sont comparables. La signature acoustique d'un moteur à turbine est beaucoup plus
grande : son gémissement aigu peut beaucoup plus facilement être distingué
d'autres bruits de fond, quelle que soit sa distance.
Blindage[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Blindage et Munition antiblindage.
Le char de combat est le véhicule mieux blindé dans les armées modernes.
Son blindage est conçu pour protéger le véhicule et son équipage d'une grande
variété de menaces. Généralement, la protection contre les pénétrateurs à énergie
cinétique (balles, missiles, obus…) tirés par les autres chars est considérée comme
la plus importante. Les chars sont également vulnérables aux missiles guidés
antichars, aux mines antichars, aux grosses bombes, et aux tirs d'artillerie, qui
peuvent les neutraliser ou même les détruire. Les chars sont particulièrement
vulnérables aux menaces aériennes.

Le blindage du « corps » du char est très épais à l'avant

Le poids dû à la quantité de blindage nécessaire pour se protéger contre toutes les


menaces imaginables sous tous les angles serait trop grand pour être réaliste ;
concevoir un char est donc toujours affaire de compromis entre le blindage et le
poids. Dans ce domaine, on finance et on suit de très près la recherche sur les
nouveaux alliages et matériaux.
La plupart des véhicules de combat blindés sont faits de plaques d'acier, dans
certains cas d'aluminium, durcies, en anglais : hardened steel plate. L'efficacité
relative du blindage est exprimée par comparaison à une tôle de blindage homogène
obtenue par laminage.
La plupart des véhicules blindés sont mieux protégés à l'avant, et l'équipage essaie
toujours de maintenir l'engin dirigé vers la direction la plus probable de l'ennemi. Le
blindage le plus épais et le plus incliné est sur le glacis, à l'avant de la tourelle. Les
côtés sont moins blindés, et l'arrière, le ventre et le toit sont les moins protégés.
Avant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs concepteurs de chars ont essayé
d'incliner les plaques de blindage sur les chars expérimentaux. Lorsque celles-ci sont
inclinées, l'efficacité du blindage augmente considérablement, en augmentant leur
épaisseur perpendiculaire aux trajectoires des projectiles, et en accroissant la
chance que ces projectiles ricochent. Le premier char d'assaut à blindage
incliné produit à grande échelle qui put y parvenir de façon satisfaisante fut le fameux
char moyen T-34. Son blindage frontal de 45 mm est incliné à 60° par rapport à la
verticale (ou 30° par rapport à l'horizontale). Cette incidence double l'épaisseur
effective du blindage qui passe de 45 mm à 90 mm. L'inclinaison réduit le volume
interne et permet d'économiser de l'acier, ce qui permet de produire plus de chars et
d'alléger leur poids pour qu'ils gagnent en mobilité. Les équipages allemands étaient
horrifiés en constatant parfois que les projectiles tirés horizontalement sur les T-
34 ricochaient.[source?]
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les roquettes tirées depuis les avions ont
gagné une réputation d'arme anti-char redoutable, particulièrement après le
débarquement de Normandie (voir l'Opération Neptune) ; les analystes d'après-
guerre rapportent que de nombreuses cibles ont été manquées, mais de peu. Les
obus anti-blindage perforants tirés à partir d'avions, comme ceux
du Hurribomber (40 mm) ou Stuka (37 mm), pouvaient aussi être efficaces. Un
simple cocktail Molotov sur le capot du moteur pouvait également neutraliser la
plupart des chars.
Aujourd'hui, les chars sont particulièrement vulnérables aux missiles « à attaque par
le dessus » et aux attaques aériennes, ainsi qu'aux mines spécialisées. Même les
armes antichars légères d'infanterie (telles que les lance-roquettes) peuvent
immobiliser un char en endommageant sa suspension ou ses chenilles. Beaucoup
de véhicules militaires ont donc des jupes latérales pour protéger la suspension.
Les munitions à charge creuse, mises en œuvre la première fois dans des armes
comme le bazooka, étaient une nouvelle menace durant la Seconde Guerre
mondiale. Ces armes portent une ogive avec une charge explosive, qui focalise la
force de l'explosion sur un flux étroit et pénétrant. Les blindages constitués de
minces plaques espacées ou de mailles en acier, les jupes en caoutchouc, ainsi que
les tuiles de blindage réactives (provoquant une explosion à la surface du char) se
sont avérés aptes à réduire considérablement la puissance pénétrante des charges
creuses en dispersant leurs jet de gaz. Les tuiles de blindage réactives, ou blindage
actif, sont un concept développé par l'armée israélienne depuis près de deux
décennies, consistant en un ensemble de caissons de la taille d'une boîte à
chaussures contenant des charges explosives neutralisant l'effet d'un projectile
ennemi en explosant à son contact.
Les obus à tête d'écrasement (HESH ou HEP) utilisent des explosifs souples, qui se
collent au blindage du véhicule ennemi et créent des éclats dangereux à l'intérieur
même du char quand la charge éclate. Celles-ci peuvent tuer l'équipage sans
pénétrer ni endommager le blindage, neutralisant de cette façon le tank. En guise de
défense, certains véhicules ont une couche anti-éclats en anglais : anti-spall fixée à
l'intérieur.
Depuis la fin des années 1970, les chars de combat occidentaux sont équipés
d'un blindage Chobham de conception britannique offrant à la fois une protection
contre les projectiles à charges creuses et les obus-flèches.
Les premières applications industrielles de la nanotechnologie dans le domaine du
blindage font que des nanotubes de carbone composites à matrice métallique sont
utilisés, entre autres, par le char japonais Type 10 fabriqué depuis 2010.
Le char Merkava israélien pousse l'idée des systèmes de haute protection à
l'extrême, en utilisant le moteur et ses réservoirs de carburant en tant que protection
secondaire.
Quand le blindage est détruit, la capacité de l'équipage à s'échapper de l'engin
devient primordiale[incompréhensible], une basique question de survie. La trappe d'évasion,
par exemple, au fond de la coque comme dans le T-34 ou sur le côté, comme dans
le Churchill, constituent des faiblesses potentielles mais nécessaires dans un
blindage.
Défense passive[modifier | modifier le code]
La plupart des véhicules blindés ont des lance-grenades fumigènes qui peuvent
rapidement déployer un écran de fumée afin de se dissimuler et effectuer
une retraite lorsqu'ils sont victimes d'une embuscade ou d'une attaque directe et que
la situation l'exige. L'écran de fumée est très rarement utilisé offensivement, cela
aveuglerait l'attaquant lui-même et donnerait à l'ennemi une première indication de
l'origine de l'attaque. Les grenades fumigènes modernes permettent d'occulter les
systèmes optiques fonctionnant dans le spectre infrarouge aussi bien que dans le
spectre visible de la lumière.
Certaines grenades fumigènes sont conçues pour créer un nuage très dense
capable de bloquer les lasers des indicateurs de cible ennemis et réduire également
la visibilité, ce qui diminue la précision des tirs ennemis, particulièrement en ce qui
concerne les armes à faible vitesse, telles que les missiles antichar car ceux-ci
exigent un maintien du char visé en visuel pour l'opérateur pendant une période
relativement longue. Sur beaucoup de chars, comme le char français Leclerc, les
lance-grenades fumigènes sont également conçus pour lancer des
grenades lacrymogènes et des grenades antipersonnelles à fragmentation.
Beaucoup de chars israéliens ont des petits mortiers qui peuvent être actionnés à
partir de l'intérieur du char, augmentant le potentiel antipersonnel et permettant
d'attaquer des objectifs situés derrière des obstacles. Il y a eu des tentatives pour
équiper des chars avec des lanceurs de grenades bi-fonction fumée/fragmentation
pouvant être rechargés de l'intérieur.
Avant l'arrivée de systèmes d'imagerie thermique, la grenade fumigène basique des
véhicules de combat était une grenade à phosphore blanc qui créait un écran de
fumée très rapidement avec un effet incendiaire très utile contre l'infanterie.
Certains chars disposent également de générateurs fixes de fumée qui peuvent
produire de la fumée en continu. Généralement ces générateurs de fumée
fonctionnent en injectant du fioul dans l'échappement où il ne brûle que partiellement
créant un écran de fumée dense.
Les chars modernes sont équipés de plus en plus de systèmes défensifs passifs
comme des dispositifs de détection de faisceau laser, qui activent une alarme si le
char « est balayé » par un télémètre ou un indicateur laser.
D'autres défenses passives incluent les dispositifs de détection d'ondes, qui
avertissent si le char est visé par les systèmes radar qui sont utilisés généralement
pour guider les armes antichars telles que les radars à longueur d'onde très courte,
comme les radars millimétriques.
Contre-mesures[modifier | modifier le code]
Les contre-mesures passives, comme le système russe Shtora, essayent de brouiller
les systèmes de guidages des missiles.
Le blindage réactif explosif (Explosive reactive armour ou ERA) est un autre principal
type de protection contre les armes antichars à fort potentiel explosif. Les différentes
parties du blindage explosent pour absorber la force explosive globale en un point
contrôlé du blindage global du char. Un blindage réactif est attaché à l'extérieur du
char à l'aide de tuiles remplaçables.
Les systèmes de protection actifs (Active protection system ou APS) vont encore
plus loin que les blindages réactifs. Un APS utilise un radar (ou autres technologies
de détection) pour réagir dynamiquement aux projectiles hostiles : quand le système
en détecte un, il décide des mesures à prendre, comme le lancement d'un contre-
projectile explosif pour arrêter ou perturber la course du projectile à quelques mètres
du char seulement.
Exposition de l'équipage[modifier | modifier le code]
Lorsque le char se déplace, le commandant de char et le conducteur à l'avant, s'ils
sortent la tête par leur écoutille, sont relativement exposés aux tirs ennemis. Cela dit,
cette disposition reste la plus sûre pour le char en terrain peu hostile car elle donne à
l'équipage la meilleure visibilité sur le terrain afin de juger de la dangerosité du
milieu. Lorsque le char engage un combat avec des forces susceptibles de le mettre
en péril, les écoutilles sont verrouillées et l'équipage se sert des équipements
optiques.

Mobilité[modifier | modifier le code]

Les chenilles du char lui permettent une mobilité très forte en milieu tout-terrain.

Les caractéristiques de la mobilité[modifier | modifier le code]


Il y a trois aspects essentiels à considérer concernant la mobilité d'un char d'assaut :

 les capacités basiques de déplacement du char comme


sa vitesse à travers les terrains accidentés,
 la capacité à franchir des obstacles (pentes, etc.),
 la mobilité globale du char sur un champ de bataille ;
citons par exemple :
o quels ponts peut-il traverser ? (en tenant compte de
sa masse)
o quels véhicules de transport peuvent les déplacer ?
o quelle est sa rotation ?
La mobilité est ce que les concepteurs de camions-citernes et de chars appellent
l'agilité. La mobilité d'un char est classée par catégorie :

 la mobilité sur champ de bataille, fonction des capacités


de son moteur, de sa transmission, et autres éléments
techniques ; elle est déterminée par des indicateurs tels
que l'accélération, la vitesse, le franchissement
d'obstacles verticaux ;
 la mobilité tactique, correspondant à la possibilité de
déplacer plus ou moins facilement le char vers
un théâtre d'opération ;
 la mobilité stratégique, correspondant à la capacité du
char à être transporté d'un théâtre d'opération à l'autre,
fonction de sa masse, de la facilité de transport par voie
aérienne, etc.
Les types de terrain[modifier | modifier le code]
Un char d'assaut est conçu pour être très mobile et aborder la plupart des types de
terrain. Ses larges chenilles répartissent le poids de l'engin sur une grande surface,
ayant pour résultat une pression au sol qui est parfois inférieure à celle d'un pied
humain.
Les types de terrain qui posent problèmes sont habituellement la terre extrêmement
molle, comme dans les marais, ou les terrains comportant de grands rochers. Dans
les terrains « normaux », un char est conçu pour se déplacer entre 30 et 50 km/h. Sa
vitesse sur route peut aller jusqu'aux alentours de 70 km/h.
Performances sur route[modifier | modifier le code]
Sur le papier, ainsi que pendant n'importe quel essai de quelques heures, n'importe
quel char offre des performances en tout-terrain bien supérieures à tous les engins
sans chenilles qui existent.
Mais sur route, les chars sont lents et la vitesse de pointe affichée sur les tableaux
de performances ne peut absolument pas être envisagée comme une vitesse de
croisière, mais plutôt comme une vitesse maximale de déplacement en combat.
Char M1 américain à Francfort en Allemagne.

En effet, avec ses chenilles et sa masse élevée, un char circulant à vitesse élevée
détruirait la fragile route qu'il emprunte, celle-ci n'étant bien évidemment pas conçue
pour cela. Par ailleurs, le risque de casse du moteur serait bien trop grand si cette
vitesse était maintenue pendant une journée (par exemple, pour se rendre
rapidement sur un champ de bataille). Il en est de même pour la vitesse tout-terrain,
à l'exception possible des plaines et des déserts arénacés (déserts de sable).
De plus, un char sur chenilles effectuant un virage produit un gros effort
de torsion sur le terrain et, en cas de virage trop sec, le sol est arraché. On observe
ce même problème sur les engins de chantiers excavateurs montés sur chenille,
d'autant plus qu'ils sont souvent amenés à effectuer des rotations sur place. Une des
solutions mise en place est l'emploi de chenilles en caoutchouc qui amortissent
l'effort de torsion. Cette solution est également utilisée sur les chars pour effectuer
des manœuvres, comme le défilé du 14 juillet à Paris.
Mobilité en combat[modifier | modifier le code]

Transport ferroviaire de chars de la garde nationale des États-Unis.

Puisqu'un char immobilisé est une cible facile pour les mortiers, l'artillerie, et les
unités spécialisées dans la lutte antichar, la vitesse est normalement gardée à un
minimum, et tous les moyens sont utilisés pour déplacer des chars sur d'autres
transporteurs (camions, trains, etc.). Les chars finissent immanquablement sur des
trains dans tous les pays disposant d'une infrastructure ferroviaire suffisante, car ce
moyen reste le meilleur pour un déplacement de telles masses sur une grande
distance. Bien planifier le chargement et le déchargement des trains est un travail
crucial, et les ponts ferroviaires et routiers sont les cibles principales des forces
ennemies souhaitant ralentir une avancée de chars. Pour des manœuvres plus
ponctuelles, des camions  porte-chars sont utilisés.
Quand ils se déplacent dans un pays ou une région sans infrastructures ferroviaires
et avec peu de bonnes routes, la vitesse journalière moyenne de progression d'une
unité de chars est comparable à celle d'un homme à cheval ou à bicyclette. Des
haltes fréquentes doivent être prévues pour les entretiens préventifs et vérifications
afin d'éviter des pannes pendant le combat.
Une autre facette de la mobilité est de faire arriver le char sur le théâtre des
opérations. Les chars, particulièrement les chars de bataille, sont extrêmement
lourds, ce qui les rend très difficile, voire impossible, à transporter par avion.
L'utilisation du transport maritime et terrestre se fait au prix de la vitesse, ce qui fait
que le char lourd n'est pas un moyen souvent utilisé par les forces rapides
d'intervention.
Certains engins blindés utilisent des roues au lieu des chenilles afin d'augmenter la
vitesse sur route et diminuer les efforts d'entretien. Ces véhicules souffrent bien sûr
d'un manque de mobilité sur les terrains accidentés, mais sont considérés par les
stratèges comme étant plus adaptés aux forces d'interventions rapides grâce à leur
coût réduit et à leur mobilité stratégique accrue.
Mobilité dans l'eau[modifier | modifier le code]

Le char russe T-90 en démonstration avec un schnorchel.

Pour la plupart des chars, le passage dans un cours d'eau se limite à traverser
un gué. La profondeur traversable d'un gué est limitée à la hauteur au-dessus du sol
de l'entrée d'air du moteur et, à un moindre degré, à la position du conducteur. La
profondeur traversable d'un gué typique pour un char est de 90 à 120 centimètres.
Passages profonds[modifier | modifier le code]

Deux Leopard 2 de la Heer faisant une démonstration avec un schnorchel.

Cependant, avec une préparation appropriée, quelques chars peuvent traverser un


cours d'eau considérablement plus profond. Certains chars, comme les Léopard
I et Léopard II ouest-allemand ou le T-90 russe peuvent traverser un gué à une
profondeur de plusieurs mètres, une fois équipés d'une prise d'air adéquate
appelée schnorchel. Cette prise d'air est en fait constituée d'une série d'anneaux qui
peuvent être empilés pour créer un long tube. Ce tube est alors adapté à la trappe du
commandant et sert à fournir l'air et une sortie de secours possible pour l'équipage.
La taille du tube est limitée à environ trois mètres.
Chars amphibies[modifier | modifier le code]
Sherman DD (Duplex Drive, surnommé Donald Duck5), un char amphibie avec ses écrans de flottaison, en
1944. Les écrans de flottaison étaient installés dans l'eau pour le protéger des vagues.

Certains chars légers tels que le PT-76 sont amphibies. Ils sont propulsés dans l'eau
généralement par des hydrojets ou par leurs chenilles. Souvent, une tôle orientée
vers le bas, la palette, est mise en place pour détourner l'eau qui passerait au-
dessus du char, réduisant de ce fait le risque pour le véhicule d'être inondé par la
trappe du conducteur.
Durant la Seconde Guerre mondiale, le char moyen Sherman M4 a été rendu
amphibie avec l'ajout d'une toile caoutchoutée pour obtenir de la flottabilité. Il
progressait grâce à des propulseurs entraînés par le moteur principal. Le Sherman
DD (Duplex Drive) a été utilisé pendant le jour J pour fournir un appui durant les
combats rapprochés sur les plages, lors des premières vagues du débarquement.
Le Sherman DD ne pouvait tirer dans l'eau car son écran de flottabilité montait plus
haut que le canon, et pour cause d'instabilité excessive. Un grand nombre de ces DD
ont coulé une fois mis à l'eau et ont été détruits durant l'opération. En raison du
climat capricieux de la Manche, certains ont été lâchés trop loin de la plage. À cause
du courant, certains chars ont tourné dans le sens du courant permettant aux vagues
de passer par-dessus et de remplir le char. Néanmoins, ceux qui ont touché terre ont
fourni un appui essentiel dans les premières heures critiques du débarquement.
Motorisation[modifier | modifier le code]
Le moteur principal du char lui assure la puissance nécessaire pour se déplacer et
pour de nombreuses autres utilisations, telles que faire pivoter la tourelle ou tout
simplement fournir le courant électrique et l'énergie hydraulique. Les chars de
la Première Guerre mondiale utilisaient habituellement des moteurs à essence, à
l'exception du char américain Holt (en) qui était propulsé par un moteur à essence
et un moteur électrique. Durant la Seconde Guerre mondiale, il n'y avait pas vraiment
de règles. Tous les types de moteurs coexistaient. Beaucoup de moteurs de chars
étaient des moteurs d'avion adaptés. À partir de la guerre froide, les chars se sont
presque tous orientés vers les moteurs diesel, avec des versions polycarburants
améliorées toujours d'actualité. Vers la fin des années 1970, les turbomoteurs ont
commencé à apparaître.
Le poids et le type des moteurs, sans oublier la transmission et la boîte de vitesses,
déterminent en grande partie la rapidité et la mobilité du char. De plus, le terrain
limite fortement la vitesse maximale de tous les chars par les contraintes qu'il exerce
sur la suspension et sur l'équipage.
Concernant le moteur, un char Abrams est actuellement capable de développer
1 500 chevaux, soit 21,6 chevaux par tonne ; un coefficient compris entre 20 et 25
signifie que le char possède un bon rapport poids-puissance. Un char trop lourd ou
trop peu puissant possède un coefficient inférieur à 20 chevaux/tonne. Au début, les
moteurs fonctionnaient à l'essence, ce qui favorisait les incendies.
Comparaison de la puissance de la motorisation d'un char :

Véhicule Puissance de sortie Puissance/poids

Toyota Camry 2,4 L 158 ch (118 kW) 106 ch/tonne

Lamborghini
632 ch (471 kW) 383 ch/tonne
Murciélago 6,5 L

Formule 1 3 L 950 ch (710 kW) 2 100 ch/tonne

1 500 ch (1 100 kW
Leopard 2, M1 Abrams 21,6 à 24,5 ch/tonne
)

2 581 ch (1 925 kW
Rame à turbine à gaz 11,5 ch/tonne
)

Moteurs diesel « multi-carburants »[modifier | modifier le code]


Tous les chars modernes fonctionnent grâce à une turbine à gaz ou un moteur
Diesel ce carburant étant moins inflammable et plus économique que l'essence.
Quelques chars soviétiques ont même employé la fumée opaque d'un moteur Diesel
mal réglé comme technique de camouflage. Ils pouvaient ainsi effectuer une
combustion incomplète du carburant pour créer une fumée opaque en vue de créer
une couverture. Les réservoirs de carburant de secours sont généralement placés à
l'arrière du char. Sur quelques modèles, comme le Merkava israélien, ces réservoirs
sont placés autour du secteur de l'équipage pour fournir une protection additionnelle.
Le carburant de secours a souvent été stocké dans des jerricans auxiliaires à
l'extérieur de l'engin, ou par d'autres moyens tels qu'une petite remorque qu'il est
possible de détacher avant ou pendant le combat.
Les moteurs modernes des chars sont polycarburants, ils peuvent utiliser du gazole,
de l'essence ou des carburants semblables.
Turbines à gaz[modifier | modifier le code]
Coupe longitudinale d'un turbomoteur - Principaux organes.

Article connexe : Turbine à gaz.


Des turbomoteurs sont utilisées comme groupe auxiliaire de puissance sur certains
chars de combat, et sont la source de propulsion principale sur les chars T-
80 soviétique et Abrams M1 américains. Elles sont comparativement plus légères et
plus petites que des moteurs Diesel pour un même niveau de puissance prolongée
(le T-80 a même été surnommé le char volant à cause de sa vitesse).
Toutefois elles sont beaucoup moins économes en carburant, particulièrement à bas
régime moteur, exigeant de plus grands réservoirs de carburant pour atteindre les
mêmes niveaux d'autonomie en combat. Différents modèles du char M1 Abrams ont
réglé ce problème avec des batteries ou des générateurs secondaires pour actionner
ses systèmes lorsqu'il est en mode stationnaire, économisant ainsi du carburant en
réduisant la nécessité de faire tourner au ralenti la turbine principale. Les chars T-80
sont généralement équipés de grands réservoirs de carburant extérieurs destinés à
accroître leur autonomie. La Russie a remplacé la production du T-80 avec le moins
puissant char T-90 (basé sur le T-72), alors que l'Ukraine a développé le T-80 UD et
le T-84 à moteur Diesel avec une puissance très proche des turbines à gaz.
En raison de son moindre rendement, la signature thermique d'une turbine à gaz est
plus élevée que celle d'un moteur diesel à puissance égale. Par contre un char avec
une turbomoteur est généralement plus silencieux que ceux propulsés par des
moteurs à pistons. Le M1A2 a été surnommé la « Mort Chuchotante » (« Whispering
Death ») à cause de son faible niveau de bruit 6.
Une turbine est théoriquement plus fiable et plus facile à entretenir qu'un moteur à
pistons, puisqu'elle a une construction plus simple avec peu de pièces mobiles. Dans
la pratique, cependant, ses pièces éprouvent une usure plus importante en raison de
leur vitesse de fonctionnement plus élevée. Les aubes de la turbine sont, en outre,
très sensibles à la poussière et au sable fin de sorte que, dans des opérations se
déroulant dans le désert, des filtres spéciaux doivent être soigneusement montés et
changés plusieurs fois par jour. Un filtre mal monté, ou une seule balle ou morceau
d'éclat peuvent rendre le filtre inutile, ce qui est fortement préjudiciable pour le
moteur. Les moteurs à piston ont, eux aussi, également besoin de filtres bien
entretenus, mais ils sont moins mis en danger si le filtre a un accroc.
Comme la plupart des moteurs diesel modernes utilisés dans les chars, les turbines
à gaz sont aussi des moteurs polycarburants.

Commande, contrôle et communications[modifier | modifier le


code]
Commander et coordonner l'organisation des chars sur le champ de bataille a
toujours été sujet à des problèmes particuliers. Le bruit du moteur, la poussière, la
fumée, le blindage, les aléas du terrains et le besoin d'être opérationnel « ouvert »
comme « fermé » compliquent sévèrement la communication.
Communications internes[modifier | modifier le code]
Chaque action d'un char, mouvement ou tir, est ordonnée par le chef de char. Dans
quelques vieux chars, le commandant devait charger ou tirer avec le canon principal,
parfois les deux, réduisant grandement ses capacités de commandement. Dans
beaucoup de petits véhicules de combat blindés, même tard dans le vingtième
siècle, le commandant transmettrait ses ordres au conducteur par des tapes sur ses
épaules ou son dos. Aujourd'hui la plupart sont équipés d'intercom, permettant à tous
les membres de l'équipage de s'exprimer audiblement. Quelques chars sont même
équipés d'un intercom externe sur l'arrière, pour permettre à l'infanterie d'appui de
parler à l'équipage.
Communications tactiques[modifier | modifier le code]
Lors des premières utilisations des tanks, les communications entre membres d'une
unité blindée étaient faites via des signaux manuels ou via des sémaphores. Parfois,
dans certaines situations, les membres de l'équipage sortaient et marchaient jusqu'à
un autre char. Durant la Première Guerre mondiale, des rapports d'opérations étaient
acheminés par des pigeons-voyageurs passés à travers les interstices de vision.
Fusées éclairantes, fumées, mouvements et tirs sont autant de moyens de
communiquer pour les unités les plus expérimentées pour se coordonner.
Entre les années 1930 et 1950, la plupart des pays disposant d'unités blindées les
équipèrent de radios, mais les signaux visuels sont toujours utilisés pour réduire la
saturation des canaux. Un char moderne est généralement équipé de radios
permettant à son équipage de communiquer sur le réseau du bataillon ou de
la compagnie, mais parfois de gérer un niveau plus important de communication pour
s'accorder avec les autres branches du service7. Le commandement de la
compagnie ou du bataillon est généralement équipé d'une radio supplémentaire. Les
communications sur un réseau chargé sont sujettes à des règles de langage
formalisé appelées en anglais « radio voice procedures ».
La plupart des chars sont manœuvrés par le commandant, d'autres membres
d'équipage observent le champ de bataille via la trappe du toit, l'objectif étant d'avoir
une meilleure perception du danger possible. Quand des tirs retentissent, ou lorsque
le climat devient dangereux, les membres de l'équipage ferment la trappe réduisant
considérablement leurs capacités de trouver les cibles et de détecter le danger.
Depuis les années 1960, les chefs de char ont progressivement sophistiqué leurs
équipements pour détecter des cibles. Dans un char moderne, le chef a sa propre
vision panoramique (avec vision de nuit ou infra-rouge), lui permettant de désigner
une ou plusieurs nouvelles cibles alors même que le tireur en vise une autre. Des
systèmes plus avancés permettent même au commandant de prendre le contrôle de
la tourelle et de tirer avec le canon principal en cas d'urgence.

Vulnérabilité[modifier | modifier le code]

Char lourd Char Tigre I hors de combat en Italie, juin 1944.


Malgré sa puissance et son aspect impressionnant sur le champ de bataille, le char
n'est nullement invulnérable. La peur de l'efficacité des chars a même mené au
développement massif de tactiques et d'armes antichars redoutablement efficaces.
C'est aussi une machine lourde, chère et capricieuse.
À l'infanterie[modifier | modifier le code]

Tir d'un AT-4.

En dépit de la puissance de feu d'un char et de son action de choc à longue portée
contre l'infanterie inexpérimentée, les chars sans soutien sont vulnérables à
l'infanterie lorsqu'ils combattent des positions de défense en milieu non ouvert
ou urbain. Les armes du char ne peuvent pas couvrir tout l'environnement à courte
distance, et la suspension et les parties arrière et supérieure de blindage,
relativement minces, sont vulnérables aux attaques de près ou à partir des étages
supérieurs des bâtiments d'une ville.
Les chars fonctionnent généralement avec l'appui étroitement coordonné d'infanterie
pour les protéger contre l'infanterie ennemie.
Les armes antichars d'infanterie incluent des armes rustiques, comme les bombes à
l'essence (cocktail Molotov et autres), les fusils antichar, les grenades antichar, les
bombes collantes et diverses armes portables modernes, les lance-roquettes et
les missiles antichar.
À l'artillerie[modifier | modifier le code]
Depuis la Seconde Guerre mondiale, les chars sont suffisamment blindés pour être
protégés contre des fragments d'obus d'artillerie. Cependant, les batteries d'artillerie
disposent habituellement en réserve de quelques munitions antichars pour leurs
défense contre des chars. En cas de tir direct, elles peuvent se révéler d'une
redoutable efficacité, comme l'a montré le canon de 88 mm de la Seconde Guerre
mondiale.
Depuis les années 1970, plusieurs types de munitions d'artillerie ont été développés
en vue de détruire les véhicules blindés. Ceux-ci incluent les projectiles guidés par
un faisceau laser dirigé sur la cible. Il existe également les bombes à sous-munitions,
qui saturent un secteur avec des projectiles explosifs pouvant endommager le
blindage supérieur ou créer un champ de mines, et même des sous-munitions
automatisées qui peuvent identifier et attaquer les chars se trouvant à portée.
Dans l'arsenal de certains pays, on trouve aussi, à mi-chemin entre artillerie et armes
d'infanterie, des fusil antichars ou des canons spécialisés (type SPG-9).
Aux mines[modifier | modifier le code]
Deux mines anti-tank en Irak.

Les champs de mines antichars sont des armes d'interdiction de secteur


en anglais : area-denial, aidant à défendre un secteur, ou à canaliser les
mouvements ennemis vers des zones où ils seront détruits. Des champs de mines
non défendus ou des mines plantées sur les routes sont également employés pour
retarder les mouvements des compagnies de blindés et agissent comme arme de
gêne, mais elles ne sont pas considérées par les militaires comme une arme
fortement efficace – bien que leur effet sur le moral soit important.
Les mines au sol endommageant les suspensions relativement fragiles d'un véhicule
et le blindage inférieur plus fin, beaucoup de véhicules blindés sont conçus pour
réduire leurs effets7. Dans la plupart des cas, une mine antichar l'immobilise
seulement et la plupart des chars peuvent être équipés de dispositifs anti-mines
(charrues, rouleaux, ou fléaux anti-mines). Il y a également des mines qui emploient
des ogives HEAT pour attaquer sur le côté. Les guérilleros qui n'ont pas de mines
antichars à leur disposition peuvent en improviser pour le harcèlement des forces
blindées. Mais ces engins explosifs improvisés, mêmes les plus lourds, ne seront
capables de détruire réellement un char moderne que dans le cas où il se place juste
au-dessus.
À l'aviation[modifier | modifier le code]

Char Type 69 irakien en flammes, 2 avril 2003.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les avions d'attaque au sol se sont montrés


capables de détruire les chars à l'aide de mitrailleuses lourdes (en visant la couche
de blindage plus mince au-dessus du char), de canons et de roquettes. Aujourd'hui,
de tels avions emploient également des missiles guidés ou des bombes guidées.
Dans la plupart des cas, seuls les avions de soutien à basse altitude sont efficaces
contre les chars. À haute altitude, et même aujourd'hui, il est très difficile de détecter
un char une fois camouflé et il est facile de contrecarrer l'avion ennemi en utilisant
des leurres. Les bombes, même celles dotées d'un guidage de précision sont
seulement efficaces contre les chars stationnaires. Durant les opérations alliées au
Kosovo, seuls treize chars serbes furent détruits en dépit d'attaques aériennes
massives.
Depuis les années 1960, une autre menace est l'hélicoptère d'attaque, exploitant sa
mobilité élevée et l'utilisation du terrain pour sa protection, équipé de contrôle et de
guidage de tir et portant de puissants missiles sophistiqués. Un hélicoptère peut
effectuer une attaque surprise par derrière, le temps où il s'expose dépendant du
type de missile utilisé. Un hélicoptère, attaquant à l'aide d'un missile filoguidé ou à
guidage laser, doit s'exposer jusqu'à ce que le missile frappe la cible, ce qui le rend
très vulnérable à la réponse ennemie. Les hélicoptères attaquant avec des missiles
de type auto-guidés peuvent retourner à leur couverture après lancement.
La plupart des chars modernes sont capables de répliquer à des cibles aériennes
lentes avec leur canon principal et beaucoup sont dotés de méthodes de contre-
mesures défensives telles que les systèmes de détection laser (qui avertissent
l'équipage de l'utilisation d'un laser ciblant le char), les générateurs de fumée
bloquant les IR (rayonnement infrarouge) et même, dans certains cas, des systèmes
brouilleurs de missiles. En revanche les mitrailleuses anti-aériennes classiques,
souvent montées sur les chars de la Seconde Guerre mondiale, ont été
abandonnées en raison de la vitesse des attaques des avions modernes. Des
systèmes actifs de destruction des missiles sont à l'étude et en test.
Logistique lourde[modifier | modifier le code]

Camion transporteur de char avec un T-72 biélorusse.

Les chars ont des besoins logistiques très lourds. Ils exigent de grandes quantités
de carburant, munitions, entretien, et pièces de rechange pour continuer à
fonctionner, même lorsqu'ils ne sont pas engagés au combat.
Les forces blindées ne peuvent pas combattre efficacement si toutes leurs exigences
ne sont pas remplies en raison de défaillances dans l'approvisionnement, d'une
pauvre planification ou de l'action de l'ennemi. Historiquement, beaucoup
d'offensives blindées ont échoué de cette façon, comme l'offensive des Ardennes de
l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
Pour plus de précisions sur les aspects logistiques, voir plus haut : les aspects de la
mobilité
Environnement[modifier | modifier le code]
Deux chars de combat Leopard 1 de l'armée norvégienne dans la neige.

Climat[modifier | modifier le code]
Les chars peuvent également être neutralisés par le temps : les batteries
des démarreurs et les lubrifiants, et même les moteurs peuvent ne pas démarrer
dans le froid extrême. Pendant la Seconde Guerre mondiale dans l'hiver russe, il a
souvent fallu laisser tourner les moteurs des chars à l'arrêt pour prévenir des
problèmes de démarrage (pour éviter la congélation de l’huile moteur et du fioul) b.
Les moteurs et l'équipage peuvent également souffrir de surchauffe par temps
chaud (les chars sont tous équipés de climatisation depuis les années 1980), ou
la poussière peut obstruer les conduits.
Terrain[modifier | modifier le code]
Les chars sont également dans une position défavorable dans les terrains boisés et
les environnements urbains, qui annulent l'avantage du tir à longue portée, limitent la
capacité de l'équipage à détecter des menaces potentielles, et même la capacité de
rotation de la tourelle. Certains de ces problèmes sont maintenant pris en
considération par des modifications spéciales notamment pour le combat
urbain (notons que les combats urbains créent des risques additionnels pour presque
tous les types d'unités) avec une survie des chars qui s'est considérablement
améliorée (particulièrement contre les armes improvisées et portatives) tout
simplement en vertu de leur puissant blindage.

Recherche et développement[modifier | modifier le code]

Char à l'étude de l'armée américaine.

La recherche actuelle cherche à rendre les chars plus légers et mobiles 8, mais aussi
plus discrets en adaptant des technologies de camouflage développées à l'origine
pour l'aviation. La recherche est également continue dans les systèmes de blindage
et de nouvelles unités de propulsion.
Une tendance claire est le nombre croissant de systèmes électriques et de
communication7, tels que les détecteurs thermiques et des radios à longue portée
plus puissantes. On peut également constater que les chars deviennent de plus en
plus automatiques, notamment pour le chargement des munitions.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Notes[modifier | modifier le code]
a. ↑ Signifiant réservoir afin de faire croire aux allemands de la Première
Guerre mondiale que ce n'était pas un engin de combat.
b. ↑ Face à l'hiver russe, les équipages de Panzers allemands utilisèrent
parfois de grandes plaques de métal aux bords recourbés, qu'ils
plaçaient sous les moteurs, remplissaient de carburant avant d'y
mettre le feu pour tenter de les dégeler.

Références[modifier | modifier le code]
1. ↑ Swinton (en)
2. ↑ (en) Brian Terence White, Tanks and other armored fighting
vehicles, 1900 to 1918, Macmillan Company, 1970, p. 158.
3. ↑ Selon l'Atlas of War and Peace
4. ↑ Revenir plus haut en :a et b En mars 2006 selon Forecast International
5. ↑ (en) M4A2 Sherman III Duplex Drive "Donald Duck" tank [archive] -
DDay-Overlord.com
6. ↑ (en) 'Whispering Death' Strikes [archive] -Mark Perry, The Winnipeg
Sun, 24 mars 2003
7. ↑ Revenir plus haut en :a b et c « Un char Leclerc dernier cri pour l'armée de
terre » [archive], sur FIGARO, 12 mars 2015 (consulté le 8 octobre 2019)
8. ↑ Guerric Poncet, « Le Pentagone imagine le blindé du futur » [archive],
sur Le Point, 8 septembre 2014 (consulté le 8 octobre 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]
 (en) G. Forty, The World Encyclopedia of Tanks, éditions
Lorenz Books, 2006
 Marc Chassillan, Encyclopédie des chars de combat
modernes, Histoire et Collections, tome 1 (2011) et 2
(2012)

Annexes[modifier | modifier le code]
Sur les autres projets Wikimedia :
 Char d'assaut, sur Wikimedia Commons
 char de combat, sur le Wiktionnaire

Articles connexes[modifier | modifier le code]

 Liste des véhicules blindés


 Char de combat
 Guerre éclair
 Blindage
 Munition anti-blindage
 Histoire du char d'assaut
 Eric Dorman-Smith
 Lebanon, un film israélien
Liens externes[modifier | modifier le code]

 Site sur les chars français [archive]


 L'Évolution des chars de combat [archive], revue militaire
suisse, février 2007

 [afficher]

v · m

Régiments français de cavalerie

  Portail des chars de combat


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 Char de combat
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