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Original book cover of the book published by WIM in 1982

L’historique de la codification
de la loi Islamique

Publié par White Rose Publications, Ile Maurice


Email : saboor@orange.mu

Écrit par :

Muballigh-e-‘Azam Hazrat Allama Shah Muhammad Abdul


‘Aleem Siddiqui Madani (R.A)

Traduction de l’anglais et typographie par

Abdus Saboor Mohamed Saleh

Première impression le 29 Sha’baan 1403 Hijri par

Westprint Ltd
Joseph Rivière Street
Port Louis

Deuxième édition 12 Rabi’ ul Aakhir 1437, 22 jan 2016

2
Quelque abbréviations
(s.a.w) = swallallaahou ‘alayhi wa sallam

(r.a) = Rahmatullahi alayhi

(a.s) = ‘alayhis salaam

Ndt : note du traducteur

Attention: Ce livre contient des versets du Saint Qur’aan.


Vous êtes tenu de le porter avec tous les respects
nécessaires.

3
Son éminence le Maulana Shah Muhammad

Abdul ‘Aleem Siddiqui Madani (R.A)

4
Avant-Propos
Ce livret est l’un des nombreux ouvrages écrits par son Éminence
le Maulana Shah Muhammad Abdul Aleem Siddiqui Madani(R.A),
le ‘Roving Ambassador’ de l’Islam. Notre petit pays est témoin de
l’empreinte indélébile laissé par le grand Maulana en ce qu’il s’agit
de promouvoir le vrai visage de l’Islam à Maurice. Non seulement
il y a fondé plusieurs institutions clés, mais il a surtout guidé les
musulmans de l’île Maurice à préserver leur foi originale et cultiver
les vrais valeurs de l’Islam. Plus tard, son digne successeur, le
Maulana Shah Ahmad Noorani Siddiqui Qaderi(R.A) est venu
consolider cette base en créant d’autres institutions tout aussi
louables.

Le Maulana Shah Ahmad Noorani (r.a) que j’ai eu la chance de


connaître personellement a eu une profonde influence sur ma vie
spirituelle et mon développement professionnel. Il avait beaucoup
apprécié cette traduction et m’avait encouragé à traduire d’autres
œuvres de son père. Et puis, toujours, il encourageait les jeunes à
étudier et s’épanouïr.

De ce livret que j’ai eu l’honneur de traduire sur requête de mon


père quand je n’avais que 17 ans, j’ai pu découvrir beaucoup de
choses sur la religion et l’historique de la loi coranique. C’est aussi
un livret qui a beaucoup marqué ma façon de penser. C’est un
livret très important pour comprendre le fondement de la loi et les
bases de la religion. L’aspect théologique de ce livret sera d’une
aide précieuse pour tous les étudiants des sciences islamiques.

Je dois remercier Abdool Kader Abdullatif qui avait collaboré


pour réviser la première traduction. C’était en 1982. Cette
deuxième édition n’est qu’une version améliorée de ma première
traduction.

Abdus Saboor Mohamed Saleh

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Préface
Depuis que feu M. Fazal Karim Khan Durrani, venant de
Working Mission d’Angleterre en tant que missionaire du
Ahmadiyya Anjuman Ishaat Islam Lahore, a foulé le sol de l’île de
Trinidad, trente ans de cela, les 33,000 musulmans de la colonie
ont été dans la tourmente. M. Durrani est retourné en Inde où il a
renonçé l’Ahmadisme (Qadianisme) mais les graines de la discorde
qu’il avait semées n’ont cessé de causer des dégâts. Des petites
querelles, des controverses stupides et la formation de
groupuscules ont saigné à blanc la communauté de croyants, si
bien que le prestige de l’Islam a été entaché, les générations
suivantes ont été pris au piège de la confusion et la décadence.

La racine de cette situation regrettable fut l’absence d’un leader


qui aurait pu émerger avec autorité et faire face aux forces de
discorde. C’est ainsi que dans ce contexte de désordre, les
musulmans de l’île ont attendu avec impatience la visite de son
éminence le Maulana Shah Mohammad Abdul Aleem
Siddiqui(R.A) depuis 1935. Mais ses nombreux engagements
islamiques l’ont retenu jusqu’à 1950. En effet, ce fut vraiment un
très grand jour dans notre histoire, quand il est ‘descendu du ciel’
[ndt : le Maulana était arrivé en avion], en ce jour historique de 4
mars 1950.

Le séjour de son éminence parmi nous a été pur bonheur et


bénédiction. En tant que l’un des plus éminents leaders
musulmans dans le monde, peut être même le plus grand
missionaire vivant, il a pu résoudre les problèmes des musulmans
dans son style propre qui est inimitable.

Les pages suivantes qui constituent ce livret sont en fait la


transcription de ses discours savants pour s’attaquer aux
problèmes brulants du jour et livrés ainsi :

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1. Au Islamic School, San Juan, le 5 avril 1950
2. Au Palladium Theatre, Tunapuna, le 7 avril 1950.
3. Au Canadian Mission School, St. Joseph, le 10 avril 1950.
4. Au Islamic School, San Juan, le 15 avril 1950.

Nous avons reçu une demande pressante de la part des


musulmans de l’île pour cette publication, et nous sommes
heureux d’avoir réussi ce défi. Je suis sûr que chaque croyant le lira
avec un esprit ouvert et grâce à ce livret enlèvera sans doute les
multiples confusions qui ont fait de notre communauté la risée de
la colonie.

Mohammed Ibrahim
Président Anjuman Sunnat Wal Jamaat
Trinidad et Tobaggo
Port of Spain
10 mai 1950

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Chapitre 1
Quelques observations de base

Au cours de mes cours, conférences et causeries, j'ai déjà exposé


cette vérité claire que seul l'inventeur et le constructeur d'une
machine sait mieux que quiconque comment s'en servir et que lui
seul peut enseigner aux autres comment la faire marcher, c’est à
dire son mode d’emploi. J'ai aussi expliqué que chaque
constructeur chérit sa création et ne veut pas qu'elle soit abimée
d'une facon ou d'une autre, et que conséquemment il en enseigne
le mode d'emploi lui-même.

J'ai aussi déjà expliqué et prouvé par des arguments rationnels que
l'Univers doit son existence à un Créateur et que chaque particule
de la Création en est un témoin. J'ai aussi fait ressortir que, tout
comme il existe des lois naturelles qui gouvernent la marche de
l'univers (et elles sont connues comme ‘Le Dessein Divin’ dans le
Saint Coran) il y a également des lois prescrites par Dieu, ayant
trait à la vie individuelle et sociale des humains, et qu'il relève du
Dessein Divin de les enseigner à l'humanité, en raison de quoi la
pratique divinement ordonnée de transmettre la loi sous la forme
de ‘Wahi’ {Révélation) et au moyen de Prophètes et Messagers qui
étaient doués de pouvoirs speciaux par Dieu pour accomplir leur
tâche, s'est manifestée depuis la création de l'humanité.

J'ai aussi fait ressortir que l'humanité, la culture, et la civilisation se


sont developpées graduellement - que pendant une très longue
période les nations et les races de la terre, sont restées séparées les
unes des autres et que durant cette période de l'immaturité de
l'humanité, de différents Prophètes et Messagers de Dieu sont
venus successivement et séparément aux différentes
communautés, si bien que quelque fois il y avait plusieurs

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Prophètes qui prêchaient en même temps à de différentes
peuplades. Cependant, quand le temps vînt pour l'humanité de se
rassembler, au début de cet ère qui allait voir le développement de
l'imprimerie, la radio, l'aviation ; quand l'Homme arriva à ce stade
son histoire où il pouvait fonctionner comme un seul corps,
quand l'intelligence humaine fut sur le point de développer ces
moyens par lesquels elle pouvait préserver le Message Divin pour
toujours, Dieu Tout-Puissant envoya un Guide vraiment parfait,
un Prophète et Messager vraiment Universel, qui vînt non pas
avec le titre de ‘Miséricorde pour les Arabes’ mais comme
‘Miséricorde pour tout l'Univers’ et La Parole de Dieu annonça à
son sujet : «Oui, nous t'avons envoyé comme témoin, comme
annonciateur de bonne nouvelle et comme avertisseur. {Pour
toute l'humanité}. [S 48 : V 8]

Le grand Prophète vint, transcendant les restrictions de pays et de


climat. Il vint comme la Miséricorde Divine en personne. Il vint
avec le Message Divin de la Miséricorde, La Direction Révélée, La
Loi Divinement prescrite, la Religion de la Miséricorde. Son nom
glorieux est Muhammad, c'est à dire le loué, {Que les
Bénédictions et la paix de Dieu soient sur lui.)

Il fut proclamé comme le Dernier Prophète. La Prophétie atteint


son apogée en son auguste personne. La religion fut perfectionnée
dans tous ses aspects et pour toujours. La proclamation Divine fut
faite: Aujourd'hui j'ai rendu votre religion parfaite: j'ai parachevé
ma Grâce sur vous; j'agrée l’Islam comme votre religion." (S 5 : V
3)

Le grand Prophète annonça en termes clairs: "Je suis le dernier


Prophète et il n'y a aucun prophète après moi." L'humanité avait
reçu la parfaite Religion. Par la suite, la porte de la Révélation
Divine a été fermée et scellée, et le dernier Prophète de Dieu
annonça: "Plus rien ne reste de la prophètie, à part les rêves
authentiques."

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C'était une déclaration voulant dire que la Révélation Divine, qui
avait été mentionnée dans le Saint Quran comme 'Wahi' et qui
veut dire "des connaissances pures et certaines communiquées par
Dieu, etaient arrivées à leur point final avec le dernier prophète."

Dans cette Révélation litérale et certaine (Wahi Matlu) qui a été


accordée à ce grand prophète, la promesse Divine de la préserver
brilla dans tout son éclat. La Parole de Dieu proclama: "Nous
avons assurément fait descendre le Rappel (Qur’aan). Aussi bien
que Nous en assurons la garde. (S 15 : V 9)

Et encore :- "Voici cependant un Livre précieux! L'erreur ne s'y


glisse de nulle part; c'est une Révélation d'un Seigneur Sage et
digne de louanges. (S41 : V 41-42)

Pour la préservation du Message, Dieu Tout-Puissant conseilla


Son Saint Prophète en ces mots suivants: « Ne remue pas ta
langue en lisant le Coran comme si tu voulais hâter la révélation.
Quand donc Nous le récitons, suis sa récitation. (S 75: V 16-19)

Cela concernait le texte du Saint Quran qui est préservé


aujourd'hui non seulement dans les écrits mais aussi dans des
millions de cerveaux humains. En ce qui concerne la préservation
du texte Coranique, Dieu Tout-Puissant a dit clairement que:
« ..C'est à nous qu'il appartient, de le faire comprendre, » (S 75; V
19)

Ainsi ce n'était pas seulement la préservation du texte du Saint


Coran mais aussi ses significations, que DieuTout-Puissant prit en
sa charge. De là, le Saint Prophète (s.a.w) dit: « Le Saint Coran m'a
été donné ainsi que son sens. »

Cela veut dire que le Saint Prophète (s.a.w) ne reçut non


seulement le texte coranique, mais fût aussi enseigné sa
signification par Dieu Tout-Puissant.

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Le Saint Prophète (s.a.w), à son tour, a transmis le texte aussi bien
que sa signification à ses compagnons. Chaque étudiant du Hadith
{les traditions du Prophète (s.a.w)} sait que les compagnons
venaient vers lui {Le Saint Prophete (s.a.w)}, prenaient de lui des
morceaux du texte avec leurs significations et explications et à leur
tour, enseignaient le même aux autres.

Ainsi d'une part, le Saint Prophète (s.a.w) a transmis les sens reéls
et l'explication vraie du Saint Coran à ses compagnons et à travers
eux aux générations qui devaient suivre et d'autre part, il a
prononcé un avertissement définitif à tous ceux qui voudraient
changer les significations et explications. II a dit: "Celui qui
interprête le Saint Coran d'après son opinion personelle, qu'il
choisisse sa demeure en enfer ! »

Il a d'avantage averti ceux qui pourraient attribuer de fausses


explications et de faux Hadiths à son nom, disant: « Celui qui
m'attribue exprès un mensonge, qu'il choisisse sa demeure en
enfer.»

Puis après qu'il eut tout fait pour préserver les enseignements de
'Islam, le Saint Prophete (s.a.w) informa le monde que:- "Une
partie de mes croyants resteront toujours au-dessus des autres
avec claire verité. Quiconque les opposera ne pourra pas leur faire
du mal (c'est à dire, les vaincre avec arguments), jusqu'au Dernier
Jour."

A la lumière des préliminaires exposés, je suis sûr que vous avez


bien compris que la religion islamique, qui comprend en lui rnême
la loi islamique (la Shariah) est basée, du début jusqu'à la fin, sur la
Révélation Divine et restera dans sa pureté originale (Insha-Allah)
jusqu'au Dernier jour.

Chaque mot du Saint Coran vient d’Allah et pour l'explication de


chaque mot la conduite Personnelle (ou Sunnah) du Saint
Prophete (s.a.w) est disponible. Ainsi, quand Bibi Aisha (r.a), la

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véridique fût interrogée à propos de la moralité et la conduite du
Saint Prophete (s.a.w), elle répondit. « Sa moralité est le Coran, »
qui veut dire que les actions et paroles du Saint Prophète (s.a.w)
étaient la partie pratique du Saint Coran, ou en d'autres mots, le
Saint Prophète (s.a.w) était la personnification de l'action basée sur
le Saint Coran (Que sa Mémoire reste toujours verte!)

C'est à cause de cela qu’Allah nous a ordonné dans le Saint Coran:


« Prenez ce que le Prophète vous donne et abstenez-vous de ce
qu'il vous interdit. » (S 59 : V 7)

Et encore:- « Vraiment, en l'Apôtre de Dieu il y a pour vous le


meilleur modèle ». II nous est d'avantage dit avec beaucoup
d'emphase que chaque action et chaque parole du Saint Prophète
(s.a.w) sont tout à fait basées sur la Révélation de Dieu. Ainsi, le
Saint Coran dit: « 'Il ne parle pas sous l’emprise de sa passion c'est
seulement une Révélation qui lui a été inspirée. » (S 53 : V 3-4)

Le verset coranique suivant est encore plus catégorique: « Ceux


qui te prennent un serment d'allégeance ne font que prêter
serment à Allah. La Main d’Allah est posée sur leurs mains. » (S
48 : V 10)

En outre, le Saint Qur’aan décrit l'acte du Saint Prophète (s.a.w)


comme étant l'acte de Dieu. Il dit, en se réferrant à l’acte du Saint
Prophète (s.a.w) de jeter de la poussière vers l'ennemi pendant la
bataille de Badr : « Tu ne lançais pas toi-même les traits quand tu
les lançais, mais Dieu les lançait. » (S 4 : V 80)

Ainsi dans une autre place le Saint Coran dit: "Ceux qui obéissent
au Prophète (s.a.w), obéissent à Allah. » (S 4 : V 80)

Ainsi donc, la base de la religion et la loi Islamique sont en


premier lieu, le chemin divinement revélé existant sous la forme
du Saint Coran et en second lieu la Sunnah (exemple personnel)
du Saint Prophète (s.a.w) qui n'est rien d'autre qu'un reflet

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pratique et élargi du Saint Coran.

C'était cette importance fondamentale de la Sunnah du Saint


Prophète(s.a.w) qui a obligé les premiers musulmans à prendre de
grandes précautions en recevant et en transmettant les Traditions
Prophétiques (Hadith). Les Compagnons estimaient chaque parole
du Saint Prophète (s.a.w) comme le plus grand trésor, faisaient
tout leur possible pour la préserver et ils comprenaient chaque
enseignement du Saint Coran qu’à la lumiere de ces paroles.

Dans les remarques préliminaires, j'ai fait ressortir que le Prophète


de l'Islam était le Dernier Prophète, après qui personne ne recevra
la prophétie et que La Loi que l'humanité a reçu par lui est la Loi
parfaite, après quoi il n'y a nul besoin d'autre loi et que cette loi
tient comme le Code de conduite pour l'humanité jusqu'au
Dernier Jour. En effet, le Saint Coran affirme et l'histoire soutient
cette affirmation que, quelles que soient les nouvelles formes que
les problèmes humains puissent prendre et si complexes puissent
être les questions affrontant l'humanité, le Guide Coranique est
toujours compétent pour résoudre la nouvelle situation. Dieu lui
même décrit le Saint Coran comme: "Nous avons fait descendre le
Livre sur toi, comme un éclaircissement de toute chose (S 16: V
89)

Ce Guide compréhensif et fondamental, reçu à la lumière de la


Sunnah du Saint Prophète (s.a.w), et mis en pratique, est jusqu’à
ce jour infaillible et suffit [amplement à nos besoins même
aujourd’hui]. Il se peut, toutefois, qu'il y ait certains points de
détail qui puissent se manifester dans une certaine situation et la
direction à suivre sur ce point peut être implicite et non explicite
dans le Coran et dans la Sunnah. Dans une telle situation, surgit
le besoin de Qiyas (ou Analogie) qui consiste à rechercher la
direction impliquée du Coran et de la Sunnah sur le point
concerné.

La tâche du Qiyas doit être faite par des experts en éducation

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islamique et le consentement Coranique se trouve dans les versets
que je vais à présent citer. Le Saint Coran dit: " Ne méditent-ils
pas sur le Coran? " (S 4 : V 82)

A propos de ceux qui font ce travail de méditation le Saint Coran


dit : « II accorde la sagesse à qui Il veut. Celui à qui la sagesse a été
donnée bénéficie d’un grand bien. Sauf ceux qui sont doués
d'intelligence sont seuls à s'en souvenir. » (S2 : V 269)

Il nous est encore dit: « A quiconque Allah veut du bien, Il lui


accorde la compréhension de la religion.»

Le Saint Coran accentue davantage ce ‘tafaqquh’, cette


‘compréhension de la religion’ en disant: " Pourquoi quelques
hommes de chaque jonction ne s'en iraient-ils pas s'instruire de la
Religion afin d'avertir leurs compagnons lorsqu'ils
reviendraient parmi eux ? (S 9 : V 122)

Un autre endroit, le Saint Coran dit: "Ceux qui sont enracinés


dans la science disent: « Nous y croyons Tout vient de Notre
Seigneur : mais seul les hommes doués d'intelligence s'en
souviennent. » (S 3 : V 7)

Parlant de ces 'hommes doués d'intelligence' ces Fuqaha, le Saint


Coran observe davantage: « Est-ce que ceux qui savent et ceux qui
ne savent pas sont sur le même pied d'égalité. »

Puis le Saint Coran precise à qui, même parmi les plus éduqués,
revient le droit d'être considéré comme un vrai savant de la
religion. Le Saint Qur’aan met l’emphase en soulignant que ‘la
compréhension de la religion,' la sagesse, ‘le fondement solide
dans la connaissance’, ne se résument pas à lire seulement certains
livres. Non, il dit plutôt: « Vraiment, eux seuls sont (de vrais)
savants (de la religion) ceux qui craignent Dieu.»

Ainsi donc, la qualification de base est ‘la crainte de Dieu’.

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Seulement ceux qui, tout en poursuivant leur éducation formelle
cultivent leur spiritualité et dont les coeurs deviennent des
receptacles de la ‘Crainte de Dieu’, qui, dans chacune de leur
actions et paroles se rappelent de leurs responsabilités envers
Dieu, qui en bref, restent absorbés dans la pensée de Dieu - eux
seuls sont considérés dans le Saint Coran comme des hommes
doués d'intelligence. C'est ce qui nous est dit dans un verset qui
suit: « Vraiment, dans la creation des cieux et de la terre et dans la
sucession de la nuit et du jour, il y a vraiment des signes pour ceux
qui sont doués d'intelligence, ceux qui pensent à Allah, debouts,
assis ou couchés sur leurs cotés et qui méditent sur la création des
cieux et de la terre. » (S 3 : V 190-191)

Leur absorption dans ‘le souvenir d’Allah’ leur révèle finalement


les realités derrière les choses, jusqu'à ce qu'ils s'écrient: « O notre
Seigneur ! Tu n'as pas créé tout ceci en vain. Gloire à Toi.
Préserve-nous du chatiment du Feu.» (S 3: V 191)

‘La compréhension de la religion’ et ‘la maîtrise des subtilités de la


Loi Islamique’ font partie de cette vraie ouverture du coeur qu’on
vient de mentionner. L'étape suivante est la réalisation des plus
hautes vérités, comme les Attributs d’Allah etc ..

C'est ainsi que sont désignés ceux qui ont été appelés comme les
Ahle-Zikr (i.e les gens qui ont vraiment compris le Message) dans
le Saint Coran, qui, comme nous l'avons vu auparavant se désigne
lui même AZ-ZIKR (voir S 15 : V 9).

Ce sont ces Ahle-Zikr, ces personages qui combinent illumination


spirituelle et connaissance religieuse d'un très haut niveau, que le
Saint Coran considère au-dessus du reste. En effet il invite les
Musulmans en général à les prendre comme leurs maîtres et
accepter leurs avis légaux, puisqu'il impose clairement le principe:
"Renseignez-vous chez les Ahle-Zikr si vous ne savez pas."

Le Saint Coran est clair et évident. Il ne nous a pas été permis

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d'interpréter ses enseignments à la lumière de notre propre petite
éducation et maigre compréhension. Puisqu'en les interprêtant à
la lumière de nos opinions préconçues et préjugés, nous ne
recevons rien que l'enfer, comme le Saint Prophète (s.a.w) l'a
precisé dans le Hadith cité auparavant. Encore, à cause du manque
de vision compréhensive, nous allons au mieux avoir une vue
partielle du problème. Cela doit nous amener à de mauvaises
conclusions. Puis le moi animal (Nafs-al Ammarah) en nous a
toujours une tendance vers le mal. Il cherche toujours le chemin
des plaisirs physiques et nous conduit vers toutes sortes de
péchés.

Ce n'est que lorsque nous soumettons nous-mêmes à une


conduite impartiale que nous pouvons espérer nous sauver des
deceptions de nos préjugés. Ceux qui intoduisent leurs opinions et
désirs personnels dans les interprétations des affaires religieuses
peuvent bien se rappeler de la puissante et fondamentale
condamnation du Saint Coran en ces mots suivants: « N'as tu pas
vu celui qui prend sa passion pour divinité? Serais-tu donc un
protecteur pour lui? Estimes-tu que la plupart d'entre eux
entendent ou raisonnent? Ils ne sont comparables qu'à des
bestiaux, et plus égarés encore, loin du chemin droit (S 25; V 43-
44}

Celui qui se glorifie de ‘jugement personnel’, sans posséder les


qualifications imposées par le Coran, trouvera en s'examinant lui
même honnêtement qu'il est en train de décevoir lui-meme et les
autres. La force primaire dans tous ces cas est le désir de suivre
ses propres passions au lieu de se soumettre à la discipline du
Qur’aan et de la Sunnah.

C'est pour nous sauver de tels pièges que le Saint Qur’aan nous a
ordonné de prendre conseils des Ahle-Zikr, de ces vrais experts en
étude islamique, qui à cause de leur pureté spirituelle, sont
capables de voir les choses impartialement, dont les vies sont des
édifications de la crainte de Dieu; qui quand ils interprêtent le

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Saint Coran et les Hadiths ne se basent pas sur leurs opinions
individuelles, mais s'efforcent pleinement de connaitre et
comprendre les conclusions auxquelles les autres experts sont
arrivés.

Ils ne souffrent point du culte de la personalité et de l’égotisme


mais procèdent dans leur recherche de la solution avec toute
humilité et en conformité avec les opinions de la majorité des
érudits en connaissance islamique. Un tel consensus d'opinion qui
est obtenu dans la solution d'un nouveau détail legal est connu
sous le nom de Ijma (ou Consensus).

Ainsi nous voyons qu'il y a quatre bases de la Loi islamique


codifiée, notamment:-

1. Le livre de Dieu,
2. La Sunnah du Prophète d’Allah.
3. Compréhension et Analogie.
4 Consensus et Opinion d'experts.

Allons maintenant jeter un coup d'oeil sur l'histoire et voir


comment la Loi Islamique a assumé sa forme codifiée.

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Chapitre 2
L'arrangement et la compilation du Saint
Qur’aan

Vous avez peut-être déjà entendu que le Saint Prophète (s.a.w) n'a
point reçu le Saint Coran d'emblée comme un livre déjà compilé
mais [que le Livre sacré] s'est constitué au fur et à mesure à partir
des révélations séparées et successives qu'il a reçues par
l'entremise de l'archange Gabriel (paix soit avec lui !).

Le Saint Prophète (s.a.w) avait quarante ans et s'etait engagé dans


une forme speciale de communion avec Dieu dans la solitude de
la cave de Hira, quand l'ange lui apparut pour la première fois et
lui a transmis la première révélation comme suit : « Lis! au Nom
de ton Seigneur qui a créé! Il a créé l'homme, d'un (simple) caillot
de sang: Lis! Car ton Seigneur est le Très Généreux - Qui a instruit
l'homme au moyen de la Plume - et lui a enseigné ce qu 'il ignorait
» (S 96; V 1-5)

Après une intervalle, une deuxième révélation est venue: «O toi


qui est revêtu d'un manteau lève-toi et avertis! Glorifie ton
Seigneur! Purifie tes vêtements! Fuis l'abomination! Ne donne pas
en espérant recevoir davantage. (S74 : V 1-6)

Par la suite, commença la prédication et le monde fut invité à


accepter le Message Divin. Les membres de la puissante tribu des
Quraish furent invités à s'assembler pour écouter le premier
sermon du Saint Prophète(s.a.w) sur le Mont. Le message de
l'Unicité de Dieu fut proclamé haut et le polythéisme et l'infidélité
furent condamnés dans les termes les plus clairs. Entretemps les
révélations continuaient à descendre. Le Saint Prophète (s.a.w) les
mémorisait et les enseignait à ses Compagnons, tels Hazrat Bibi

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Khatija(r.a), Hazrat Abu Bakr Siddique(r.a) et Hazrat Ali(r.a) afin
qu'ils puissent les mémoriser à leur tour.

Comme les Arabes de l'époque étaient généralement des illétrés,


seulement un tout petit nombre de personnes résidant à la
Mecque pouvaient lire et écrire. Il n'y avait pas de papier, et la
plume et l'encrier étaient rares. C'etait, en effet une tâche des plus
difficiles à copier ces révélations aussitôt qu'elles étaient reçues.
Mais des dispositions furent prises. Quelques-uns de ceux qui
savaient écrire embrassèrent l'Islam. Les versets du Saint Coran
furent inscrits sur des feuilles de palmiers et des morceaux de cuir.
Quelques compagnons étaient spécialement chargés de mémoriser
des portions du Coran aussitot qu'elles furent révélées. Certains
des compagnons étaient désignés pour prendre des leçons du
Saint Prophète (s.a.w), chaque leçon consistant de dix versets du
Saint Coran. Ils apprenaient ces versets par cœur aussi bien que
leurs significations et interprétations, comme les leur enseignait le
Saint Prophète (s.a.w), et ceux-ci ensuite enseignaient la même
chose aux autres.

Puis, vînt le moment de l'Emigration vers Médine. Le nombre de


musulmans augmentait graduellement. A Medine les musulmans
étaient unis comme une communauté 'active'. Parmi autres
choses, le Saint Prophete (s.a.w) prit des dispositions afin
d’amener un plus grand nombre de Compagnons à pouvoir
apprendre à lire et écrire. La tâche de rédiger les révélations du
Coran, continua avec la plus grande application. On veilla à la
compilation des révélations sous la forme d'une Ecriture. Zaid Bin
Thabit qui était un esclave affranchi, était l'un de ces compagnons
auxquels fûrent imparti la tâche de rédiger le Coran. Les
révélations arrivaient, et elles étaient non seulement préservées en
écrit, mais le Saint Prophète (s.a.w) sous la Direction Divine
assignait des chapitres et donnait des instructions aux scribes
d'insérer telle ou telle révélation à sa place spécifique dans un
chapitre précis.

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Peu à peu, la transmission de la Parole de Dieu arriva à sa fin et,
au pèlerinage d'Adieu dans la plaine d'Arafat, vînt la
revelation: « ...Aujourd'hui j'ai rendu votre religion parfaite.
Aujourd'hui j'ai parachevé ma Grâce sur vous; J'agrée l'Islam
comme votre Religion. (S 5 : V 3)

Non seulement le classement des versets et des chapitres a été fait


par le Saint Prophète (s.a.w), mais il a aussi lui-même déterminé la
séquence des chapitres, et il a fait tout cela avec sous instruction
Divine. Pour mener le travail à sa fin logique, la contribution de
Hazrat Abu Bakr Le Veridique le premier Caliphe de l'Islam, fut
de compiler et consolider les chapitres dans un ensemble unique !

De différentes portions du Coran rédigées par de différentes


personnes restaient toutefois, en leur possession. Les gens des
différentes localités aussi continuaient à suivre leurs
prononciations locales des versets Coraniques.

Puis vint l'époque du troisième Caliphe, Hazrat Oosmân (Dieu


soit content de lui !). L’Islam n'était plus limité à la Mecque et
Madina, mais avait traversé les frontières de la Peninsule Arabique
et avait pénétré en Egypte, la Palestine, la Syrie, l'Iraq et l'Iran. Les
gens se convertissaient à l'Islam en nombre grandissant. L'intéret
dans la récitation Coranique devenait universel. De grands
nombres de gens n'avaient que des portions du Coran en leur
possession. Des malentendus pouvaient s'élever que seulement
telle et telle portion formait le Coran en entier, et que les autres
portions n'en faisaient pas partie. De là, le Caliphe Osman eût
plusieurs copies du manuscrit compilé pendant le régime du
Caliphe Hazrat Abu Bakr Siddique(r.a) et envoya ces copies à de
différents centres de l'empire Islamique. La copie dont le Caliphe
Oosmân se servait et sur lequel, il est dit, les gouttes de son sang
tombèrent lorsqu'il fût assassiné, fût préservé à Madina Shareef, et
fût transféré plus tard à la Librairie Impériale d'Istambul par les
sultans Turcs.

20
Toutes les copies du Saint Coran qui existent dans le monde
aujourd'hui, sont des copies authentiques de ce manuscrit, et non
seulement les musulmans, mais les adversaires de l'Islam se voient
obligés d'admettre que le Saint Coran a maintenu sa pureté
originelle du texte à la lettre.

En ce qui concerne les voyelles, c'est une coutume dans la langue


arabe de ne pas les mentioner dans les écrits, car elles ne sont que
des symboles et ne sont pas exprimés sous la forme d'une lettre.
Mais quand 1'Islam se répandit à travers les peuples non-arabes,
ces musulmans non-arabes eûrent des difficultés à lire le Coran.
Ainsi, sous l'ordre de Hajjaj bin Yusuf, les symboles des voyelles
furent inclus dans les copies écrites, dans la forme universelle par
laquelle des milliers de musulmans ont appris le texte du Saint
Coran par coeur, et cette forme a été transmise avec fidélité par les
Préservateurs (Huffaaz) de génération en génération. Les sept
styles d'intonation que le Saint Prophète (s.a.w) apprit lui-même
d’Allah, étaient enseignés aux gens par des maîtres qualifiés. Tous
ces styles ont été préservés jusqu'aujourd'hui par des centaines de
milliers de gens, même s'il existe un style qui est plus universel que
les autres. Ainsi c'est clair comme le jour que le Saint Qur'aan
existe aujourd'hui dans sa pureté originelle et absolue, non
seulement comme un texte écrit, mais aussi dans les cerveaux de
centaines de milliers de musulmans, ce qui fait qu'il est impossible
à qui que ce soit d'y changer ne serait-ce qu'un point.

21
Chapitre 3
Compilation des traditions prophétiques et
biographies des rapporteurs
On a déjà prouvé dans le chapître précédent que la base de la
compréhension du Saint Coran est l'interprétation donné par le
Saint Prophète de l'Islam (s.a.w). (Le sens des versets coraniques
se trouve dans l'interprétation qui en fût donné par le Saint
Prophète (s.a.w) par la parole ou par le geste). Par conséquent, les
Compagnons du Saint Prophète (s.a.w) étaient toujours
extrêmement attentifs à chaque mot qu'il prononçait et essayaient
de s'en souvenir à la lettre. Ils étaient si prudents en la matière que
si jamais ils pensaient qu’ils avaient oublié un mot véritable et ne
se rapellaient que le synonyme, ils le faisaient toujours souligner
en racontant une Tradition Prophétique (ou Hadith). Ainsi non
seulement l'histoire de la vie du Saint Prophète (s.a.w) a été
préservée pour nous mais aussi les solutions des différents
problèmes de la religion et de la loi telle que préconisées par le
Saint Prophète (s.a.w).

Quand il devînt impératif de préserver le Saint Coran sous forme


écrite, et que des dispositions en ce sens fûrent prises, quelques
Compagnons songeaient à rédiger également les Traditions du
Saint Prophete (s.a.w). Mais puisque l'Islam était encore à un
stade ‘embryonaire’ le Saint Prophète (s.a.w) craigna que si ses
Traditions étaient écrites en même temps que le Coran, les gens
pourraient se confondre et mélanger les deux. Ainsi il les empêcha
au début de le faire. Néanmoins, quand le danger était éloigné et
que les gens étaient suffisamment instruits à distinguer le Coran
du Hadith il leur donna la permission d'écrire ses Paroles. En
effet, lui-même les fit écrire quand, par exemple, il dicta les règles
de la Zakat etc à Hazrat Ali(r.a).

22
Parmi les Compagnons, il y en avait quelque-uns qui passaient
tout leur temps, pour ainsi dire, aux pieds du Saint Prophète
(s.a.w). Non loin de la chambre résidentielle et de la Mosquée du
Saint Prophète (s.a.w), il y a une terrasse élevée qui est appelée
‘Suffa’. Un groupe d'étudiants avaient l’habitude d'occuper cette
terrasse en permanence. Leur but était d'apprendre par coeur tout
ce qu'ils entendaient du Saint Prophète (s.a.w). L’une de ces
‘personnes du Suffa’ était Hazrat Abu Huraira(r.a). Il avait une
puissante mémoire et se rappelait d'un grand nombre des
Traditions du Saint Prophète (s.a.w) et les rapportait.

Cela je l’ai raconté dans le but de faire comprendre que, tout


comme des dispositions fûrent prises pour préserver le Saint
Coran par l’usage de l’écriture et l'apprentissage par coeur, de la
même manière les Cornpagnons de Saint Prophète (s.a.w) se sont
exercés à préserver les Traditions du Prophète (s.a.w). Leur
méthode consistait à apprendre par coeur et de les rapporter avec
toute la prudence que demandait le caractère sacré de leur tâche et
leur dévotion envers le Saint Prophète (s.a.w) et l'Islarn. Une
personne le rapporta à une autre, une génération le rapporta à
l'autre qui lui succédait. Ainsi, une chaîne continue de rapporteurs
a été forgée - une chaîne continue à travers laquelle passa le trésor
le plus précieux des Paroles et Actions du Saint Prophète (s.a.w).

Maintenant, la façon par laquelle cette ‘chaîne de rapporteurs’ a


été établie et la méthode extrêmement critique qui lui a donné un
si grand éclat a fait de cette chaîne l'une des gloires de l'histoire
islamique. En fait les experts de la science de l'histoire ne peuvent
produire aucune autre instance dans l'histoire du monde où ces
mesures historiques et critiques ont été suivi avec autant de
rigueur, et cela a abouti à faire de la littérature du Hadith, un écrit
aussi authentique.

Si, aujourd'hui, on me demande de raconter un Hadith à quelque


savant de cette science, il ne me sera pas suffisant de réciter son
texte. Plutôt j'aurai à rapporter mon autorité et j'aurai à prouver

23
que ma chaîne de rapporteurs est sans faute et s’achève au Saint
Prophète (s.a.w).

En effet, ceux qui étaient responsables de la compilation de la


littérature du Hadith, observaient une mesure de prudence au-delà
de laquelle l'effort humain ne pouvait aller. Au sujet de chaque
Hadith qui leur tombait dans les mains, ils examinaient son
authenticité à fond. Ils testaient la chaîne de rapporteurs à travers
laquelle il était transmis. Ils demandaient si un certain rapporteur
avait vu et rencontré l'autre rapporteur de qui il prétendait avoir
reçu le Hadith. Ils veillaient à ce que les rapporteurs fussent des
personnes ayant de bonnes mémoires et étaient dignes de foi. Ils
recherchaient la piété et la crainte de Dieu dans les vies des
rapporteurs. En bref, ils employaient toutes les mesures
concevables pour estimer la vraie valeur de chaque Hadith
rapporté et ne l'acceptaient seulement après qu'ils furent
entièrement satisfaits.

Cela nous amène au fait qu’il y avait, et qu'il y a, des Traditions (ç-
à-d, les Ahadith} de grades différentes et conformément à leur
niveau d'authenticité. Ce classement a été fait sur la base de
différents critères. Diversément, les considérations étaient:

(1) la condition morale des rapporteurs et le niveau de leur piété;


(2) la capacité de mémoire des rapporteurs;
(3) l'intelligence et la capacité à saisir des vérités religieuses;
(4) la considération du fait si le rapport avait passé par une voie
seulement ou par des voies différentes, et ainsi de suite. Quand
les détails de la loi Islamique étaient conclus, ces critères
déterminant la valeur des différentes Traditions étaient toujours
pris en compte.

En relation avec l'extrême prudence que les compilateurs de


Hadith prenaient, je peux mentioner ici un incident dans la vie de
Imam Mohammed Bin Ismail Al-Bukhari, le chef des
compilateurs. Le recueil de Hadiths, que ce grand savant a donné

24
au monde est le résultat d'un examen minutieux des plus
appronfondis de la littérature du Hadith. Son sens de respect qu'il
avait pour la tâche qu'il avait en main, et sa piété, peuvent être
jugés par le fait que quand il écrivait le Sahih-al-Bukhari, il faisait
une nouvelle ablution et offrait deux cycles de prière avant d'écrire
chaque Hadith individuel.

Un jour, le grand Imam avait entendu que loin d'où il habitait, il y


avait une personne qui connaissait quelques Paroles du Saint
Prophète (s.a.w). L'Imam fit le penible voyage à pied afin
d'obtenir de lui les Paroles en question. Quand enfin il arriva au
village où habitait cet homme, il se renseigna dans les lieux.
Quelqu'un lui désigna tout près. L'homme était occupé à appeler
son cheval qui s'était enfui. Il avait un bidon de nourriture en main
qu'il montrait au cheval à une distance afin de l'attirer. Imam
Bukhari se dirigea vers l'homme et la première chose qu’il fit
c’était de jeter un coup d’œil dans le bidon qu'il trouva vide. Tout
de suite, l'Imam revint sur ses pas. L'homme remarqua cela et fut
désorienté. Il abandonna la poursuite du cheval, courût vers
l’Imam et lui demanda des explications. L'Imam répondit: "J'avais
entendu dire que vous racontez les Traditions du Saint Prophète
(s.a.w), et j'étais donc venu après un long voyage pour vous
rencontrer. Mais lorsque je vous ai vu appeler un cheval avec un
bidon vide, j'ai conclu qu'une personne qui peut tromper un
cheval est aussi capable de tromper des hommes. Je ne peux
accepter aucun Hadith rapporté par cette personne."

Avec une telle extrême prudence, les Traditions ont été recueillies.
Cette prudence extrême était prise non seulement à cause de la
nécessité inhérente, mais aussi à cause des complots des juifs.
Ces ‘vieux amis’ des musulmans ont toujours remué ciel et terre
pour complotercontre l'Islam, quoique les gouvemements
musulmans les traitaient toujours magnanimement et leur
accordaient asile quand le reste du monde les persécutait. Pendant
ces jours lointains, ils tramaient toutes sortes de complots pour
saboter l'Islam. Ils trempèrent leurs mains dans plusieurs

25
complots, mais échouèrent. Finalement ils projetèrent de se
déguiser en musulmans, de falsifier les Traditions au nom du Saint
Prophète (s.a.w) et de les propager parmi les musulmans, ainsi
visant à contaminer la pureté des enseignements Islamiques et
corrompre la vie religieuse des musulmans. Un grand nombre de
telles fausses Traditions a été propagé parmi les musulmans. Les
savants de L'Islam, qui avaient été avertis par le Saint Prophète
(s.a.w) de l'apparition d'une telle menace, étaient sur leurs gardes.
Ils batîrent toute une science de 'critique de l'histoire', et
compilèrent des travaux étendus sur les biographies des
rapporteurs, par lesquels une Tradition authentique pouvait être
correctement distinguée d'une fausse.

En passant, je peux faire remarquer ici que certaines personnes de


notre temps ont essayé de falsifier la littérature du Hadith afin de
convenir à leurs propres intérets, bien que leur méthode soit
différente. Ils ne pouvaient falsifier de nouvelles Traditions, ayant
apparus si tard dans l'histoire Islamique. Ils ont donc essayé de se
rabattre sur les fausses ou 'faibles' Traditions qui fûrent transmises
par le passé. Mais cela, aussi, n’a pas marché en vue de l'écrasante
critique de la part des experts dans la science des Traditions.
Donc, l'un d'eux, à savoir, Mirza Ghulam Ahmad de Qadian,
quand il vit que ses réclamations ne pouvaient se loger
confortablement dans les Traditions authentiques, se rabattit sur
l'affirmation arbitraire qu'il était ‘le juge divinement nommé et
qu'il pouvait donc, accepter toute Tradition qui lui plaisait et
rejeter toute autre qu'il n'aimait pas, en dépit des principes de
critique logique et historique.

Par rapport avec notre discussion du Hadith et Sunnah, là il y a un


point important qu'on peut bien garder en tête. Nous avons déjà
vu que le Saint Coran a été révélé en morceaux. Les
commandements étaient remis graduellement pour corriger et
réformer progressivernent un peuple qui était malade, difforme et
corrompu au delà des limites. S'ils avaient été subjugués à la
discipline complète de l'Islam du premier jour même, ils l'auraient

26
trouvé en toute probabilité, psychologiquement trop lourd à
porter et à exercer. Prenons, par exemple, le cas des boissons
alcooliques. Comme tous les étudiants de l'histoire arabe le savent,
côte à côte avec l'idolatrie et le polythéisme et les divers maux
spirituels et moraux, l'habitude de la boisson était si ancrée dans la
vie des Arabes qu'aucune autre race du monde pouvait à peine
prétendre à un plus haut degré d'alcoolisme. Si la loi de
Prohibition leur avait été imposée sur le champ, leur condition
psychologique et leur état mental malade les auraient obligés à
sacrifier Iman (foi) et Islam à l'alcool. Ils auraient préféré ce
demier au premier. Mais l'infidelité et le polythéisme sont des
péchés capitaux qui donnent à l'homme rien de moins que le feu
éternel, tandis que les autres péchés, majeurs ou mineurs, se
tiennent au-dessous en degré. Si la racine d'un arbre est saine et
sauve, quelles que soient les calamités qui pourraient affliger les
autres parties, ii y a toujours l'espoir que l'arbre puisse survivre.
Mais une fois que la racine devient morbide et est enlevée, l'arbre
tout entier est obligé de périr une fois pour toutes. Donc, dans le
cas du vin, le commandement poli fut révélé en premier : II
stipula :- "N'approchez pas de la prière alors que vous êtes ivres.
(S 4: V 43)

Plus tard vint la seconde révélation concernant la même chose et


qui contenait l'exhortation que: 'Ils t'interrogent au sujet du vin et
du jeu de hasard; dis: "Ils comportent tous deux, pour les hommes
un grand péché et un avantage; mais le péché qui s'y trouve est
plus grand que leur utilité. (S 2 : V 219)

Quand ainsi, les gens avaient été suffisamment entraîné à détester


le vin, le commandement final arriva: « O vous qui croyez! le vin,
le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont
une abomination et une oeuvre du Démon. Evitez-les.. Peut-être
serez vous heureux. (S 5 : V 93)

Le résultat en adoptant le procédé graduel fut que, lorsque la


prohibition fut annoncée tout de suite les gens brisaient en

27
morceaux les récipients de vin et la boisson venant des pots brisés,
coulait dans les rues de Médine.

Ici vous pourrez aussi comprendre aussi facilement le problème


de ‘l'abrogation des Versets’; on peut vous expliquer cela en détail
une autre fois. En cette relation, gardons en tête le fait que
n'importe quels commandements qui fûrent révélés à n’importe
quelles occasions, ils étaient tous invariablement basés sur la
sagesse. Toutefois, quand un certain commandement se référait à
une situation passagère, il était remplacé par un autre à un stade
ultérieur. En fait, de tels commandements ne signifiaient pas
d'appeler une même chose 'blanche' une fois et 'noire' une autre
fois. Ils représentaient plutôt la révélation progressive de la
conduite appropriée en ce qu’il s’agit de la réformation graduelle
de la première Communauté Islamique.

Nous avons vu dans le cas du vin, qu'aux premiers jours de l'Islam


ceux qui s'adonnaient à la boisson continuaient à s'en servir, en
s'en abstenant seulement pendant les heures de prières, jusqu'à ce
que le commandement ayant trait à l'interdiction totale fût révélé.
Maintenant, c'est tout à fait concevable que ces musulmans qui
vivaient à une grande distance de Madina Shareef, aient continué à
agir d'après le premier ordre même quelque temps après la
révélation du commandement final. Les moyens de
communication étaient très limités à cette époque la, surtout dans
un pays aussi peu dévéloppé que l’Arabie. La communication de
l'interdiction était, toutefois, très vitale. C'est pourquoi la
communauté islamique de Madina Shareef fit l'extrême effort
pour informer tout le monde à propos du commandement final de
Dieu, et peu de temps après il fût entendu par tous.

Mais, pensez maintenant, à la lumière de cela, à l'information que


les gens recevaient concernant les Paroles et Actions du Saint
Prophète (s.a.w). Supposons que le Saint Prophète (s.a.w) ait agi
d'une certaine manière à la lumière de certaines considérations
spéciales au sujet de quelque affaire et supposons que quelques

28
Compagnons vivant en dehors de Madina Shareef étaient présents
avec lui à cette occasion, et qu’ils emporterent chez eux la
mémoire de cet incident et la préservèrent dans leurs têtes comme
un guide dans leur comportement.

Cependant, après quelques jours le Saint Prophète (s.a.w) agît de


manière différente au sujet d'une pareille affaire, sous la direction
la Divine. Et ceux qui avaient observé son action antérieure ne
purent prendre connaissance de ce nouveau développement.
Maintenant, supposons que les deux actions différentes avaient
rapport à quelque affaire mineure qui n'était pas aussi importante
que la question de la prohibition de l'alcool, et n'était pas transmis
de la même manière. Donc, ceux qui connaissaient seulement
l'action antérieure du Saint Prophète (s.a.w) continuaient à être
inspirés par elle. Certainement, leur motif était de suivre la voie du
Saint Prophète (s.a.w) et leur action était donc correcte. Mais ceux
qui eûrent l'occasion d'observer l'action ultérieure du Saint
Prophète (s.a.w) et en firent leur principe directeur, avaient aussi
raison, bien plus encore.

Apparemment, les positions des deux parties devinrent différentes


de cette manière. Mais tous deux étaient sincères dans leurs
motifs. Et c'est à cela que le Saint Prophète (s.a.w) se référa quand
il dit: « Les différences de rnes croyants sont basées sur la grâce. »

Ces différences n'étaient ni fondées sur l'égoïsme, l'égotisme et


l'obstination, ni fûrent-elles créés par les réclamations de faux
prophètes et soi-disants réformateurs, comme c'est le cas de nos
jours, mais elles s'élevaient toujours des plus purs motifs et en la
dévotion au Saint Prophète (s.a.w).

Je peux vous expliquer la nature de ces premières différences


davantage. Une fois le Saint Prophète (s.a.w) ordonna à un groupe
de ses Compagnons d'aller à un certain endroit, d'y offrir leur
prières de Asr, d'accomplir un certain travail, et de retourner. Le
groupe se mît en route pour l'endroit sur le champ. Mais ils

29
étaient encore sur leur chemin quand ils réalisèrent que le temps
accordé pour le Namaz Asr allait expirer. Le groupe se divisa en
deux parties au sujet de l'interprétation de l'ordre du Saint
Prophète (s.a.w). Un groupe disait que lorsque le Saint Prophète
(s.a.w) leur avait donné cet ordre, il voulait réellement dire que le
groupe devait procéder au plus vite possible et non qu'ils devaient
renoncer à offrir la prière Asr à temps. L'autre groupe insistait que
le Saint Prophète (s.a.w) était lui-même le donateur de loi et son
ordre d'offrir la prière Asr après s'être arrivé à l'endroit devait être
accompli dans son integralité. Les deux groupes offrirent leur
prière selon leurs décisions. Quand le groupe revint, ils soumirent
leur différence d'opinion au Saint Prophète (s.a.w). II sourit et dit
que tous deux avaient raison parce que le motif de chacun d'eux
était de lui obéïr. La différence ne reposait que dans
l'interprétation. Un groupe avait appuyé sur la lettre, tandis que
l'autre avait accentué l'esprit.

Ainsi, nous savons que des divergences de vues s'élevaient même


parmi les Compagnons. Mais ces différences étaient liés à la
compréhension honnête des problèmes et n'avaient rien à faire
avec les jalousies personelles, disputes et rivalités. En un mot, les
différences d'opinion parmi les Compagnons surgissaient sur la
base de l'une des deux causes:

1. Quand une certaine Tradition parvenait à un groupe et pas


à un autre.

2. Les différences dans la compréhension et l'interprétation.

30
Chapitre 4
Les préservateurs de Hadith et les Savants de
la Loi parmi les Compagnons
Les étudiants de l'histoire islamique savent que tous les
Compagnons du Saint Prophète (s.a.w) ne possédaient pas le
même statut quand il s'agissait de diriger les gens dans les matières
de religion et de loi. Ceux qui avaient passé la plus grande partie
de leur temps, du commencement de la période prophétique en
compagnie du Saint Prophète (s.a.w), ceux, que le Saint Prophète
(s.a.w) lui-même consultait en matières islamiques, ceux dont les
grandes qualités étaient louées par nulle autre personne que le
Saint Prophète (s.a.w), étaient des personnes bien au dessus des
autres. Le Saint Prophète (s.a.w) appela Hazrat Abu Bakr
Siddique(r.a) comme « la plus grande personne en dehors de la
catégorie des Prophètes(a.s) ».

II dit de Hazrat Omar (r.a): « S'il y aurait eu un prophète apres


moi, Omar aurait été ce prophète ». Il décrit Hazrat Oosman(r.a)
comme 'le plus parfait en piété’. Il observa à propos de Hazrat
Ali(r.a): « Je suis la cité de la Connaissance, et Ali en est la porte. »
Pareillement distingués étaient Bibi Ayesha(r.a) la femme bien-
aimée du Saint Prophète (s.a.w); Hazrat Abdullah Ibn Abbas(r.a)
etc. Agissant sous conseil Divin: "Interrogez les gens auxquels le
Rappel a été adressé, si vous ne savez pas (S21: V 7) même les
éminents Préservateurs (Huffaaz) de Hadith et du Coran parmi les
Compagnons venaient vers ces distingués personnages pour la
solution des problèmes d'ordre religieux et légal et soumettaient
leur propre compréhension et interprétation à l'interprétation du
Coran et du Hadith donnée par eux.

Hazrat Abu Huraira (r.a) était l'un de ces éminents Compagnons


qui s'étaient distingués dans l'art de préserver et de rapporter les

31
Traditions du Saint Prophète (s.a.w), et cela est manifesté par un
grand nombre de Traditions rapportées par lui et inclues dans les
livres de Hadith. Mais c'est un fait bien connu aux élèves de
l'histoire des Compagnons, qu'à chaque fois quelqu'un affrontait
n'importe quel problème religieux ou légal, il n'approchait pas les
Compagnons comme Hazrat Abu Huraira(r.a) mais ceux qui
étaient considérés Fuqaha (i e. les hommes de compréhension).

C'était cette demière classe dont le verdict (Fatwa) était compté et


n'importe quelle interprétation qu'ils donnèrent aux Paroles et
Actions du Saint Prophète (s.a.w) était acceptée.

Pour préciser la distinction entre les deux catégories de


Compagnons, je peux attirer votre attention sur un fameux
Hadith. Un jour, le Saint Prophète (s.a.w) alla à un jardin,
cherchant la solitude, sans souffler mot à personne... Par leur
amour intense, les Compagnons devinrent inquiets apres quelque
temps et se mirent en route dans des directions différentes pour le
retrouver. Hazrat Abu Huraira(r.a) réussit dans son effort. II vit le
Saint Prophète (s.a.w) assis sur la margelle d'un puits, dans un
calme spirituel et absorbé en communion avec Dieu. Trouvant
Hazrat Abu Huraira(r.a) à son coté, le Saint Prophète (s.a.w) se
tourna vers lui et lui dit: « Quiconque récite ‘il n'y a personne
digne d’adoration à part Allah’ entrera au Paradis. »

Hazrat Abu Huraira(r.a) entendit ce message encourageant et était


au comble de la joie, sentant que le problème du salut était devenu
si simplifié, demanda la permission de le faire savoir à d'autres. Le
Saint Prophète (s.a.w) qui était probablement dans un état spirituel
spécial à ce moment-là, répondit: « oui. »

Tout de suite, Hazrat Abu Huraira(r.a) partit pour la ville. Mais il


n'était pas allé trop loin lorsqu’il rencontra Hazrat Omar(r.a), qui
lui même était engagé dans la recherche du Saint Prophète (s.a.w).
Hazrat Abu Huraira(r.a) lui parla du Saint Prophète (s.a.w) en
mentionant aussi la Parole qu’il venait d'entendre. Hazrat

32
Omar(r.a) lui demanda sa destination, et Hazrat Abu Huraira(r.a)
lui informa qull allait à la ville pour répandre la Parole du Saint
Prophète (s.a.w) parmi les gens. Hazrat Omar(r.a) dit: « Non! ne le
proclame pas. » Hazrat Abu Huraira(r.a) insista qu'il allait le faire.
Hazrat Omar(r.a) insista qu'il ne devait pas. A la fin, tous deux
allèrent voir le Saint Prophète (s.a.w). Hazrat Omar(r.a) implora:
"O apôtre de Dieu! Si les gens sont informés de ce Hadith à ce
stade de la culture islamique, ils s'attacheront à sa signification
litérale que la recitation du Kalima (article de foi) est suffisant
pour le salut et abandonneront les actions Islamiques. » Le Saint
Prophète (s.a.w) exprima son appréciation du point de vue de
Hazrat Omar(r.a). »

Maintenant, cela montre clairement que le savoir en Islam, ne


consiste pas seulement à lire l’arabe mais dans l'habileté d'atteindre
les profondeurs intérieurs des renseignements contenu dans le
Coran et le Hadith. Prenons, par exemple, le Hadith en question.
Réciter le Kalima avec la langue est denué de sens à moins qu'il
n’exprime la conviction correspondante. Et conviction ne dit rien
de moins que de se soumettre véritablement aux commandements
de Dieu et de suivre le (la Sunnah du) Saint Prophète (s.a.w). Il
comprend en lui-même toute l'envergure de la vie islamique.
Pendant ces premiers jours de L'Islam, la crainte était justement
que les gens pouvaient prendre la Parole du Saint Prophète (s.a.w)
à la lettre seulement. Donc le Faqui-ul-Millat, l'homme Sage de la
Communauté, Hazrat Omar(r.a) le Grand au sujet duquel le Saint
Prophète (s.a.w) a déclaré: « ..Vraiment, Dieu a manifesté la verité
sur la langue d'Omar. » - il considéra qu'il n'était pas opportun
d'informer les gens de ce Hadith à ce moment-là et le Saint
Prophète (s.a.w) approuva son jugement.

En bref, c'était le principe suivi par les Compagnons, que


n'importe quand ils voulaient mieux connaître quelque problème
religieux ou moral, ils approchaient invariablement pour de l'aide
ces Compagnons qui étaient considérés, comme possédant non
seulement la connaissance des mots du Coran et du Hadith mais

33
aussi une perspicacité et une compréhension supérieures et avaient
ainsi le droit de guider les autres.

Ce principe a été suivi pendant toute la période du Caliphat Juste


(Khalifate Râshida). Pour l'interprétation et l'execution de la loi
Islamique, il y avait un Conseil Consultatif qui était composé de
tels Compagnons qui étaient considérés les plus compétents en
matières de religion et de loi. Le Amir-ul-Mumineen (Chef des
Croyants) était toujours le Président du Conseil et n'importe
quand il y avait un désaccord sur quelque question légale entre les
membres, c'était son privilège de donner le verdict final.

34
Chapitre 5
La Codification de la Loi
Après la période des quatre grands Caliphes l'empire islamique se
trouva sous l'autorité des Caliphes-monarque, l'un d'eux, portant
le nom ‘Yazid’, étant très connu comme un tyran et un dirigeant
inconsciencieux. D'ailleurs, les frontières de l'Etat islamique
s'élargissaient rapidement. Dans un tel état de choses, il y avait
toute probabilité d'interpretations arbitraires, d'hétérodoxies et
d'hérésies. Conséquemment, il devînt absolument nécessaire de
compiler la Loi Islamique dans une forme codifiée dans un livre,
en classant les lois et règlements et en éclaircissant les matières et
les problèmes, afin que chaque musulman lettré pût connaître la
loi sans prendre la longue, et, dans la plupart des cas, impossible
route vers les sources originales, apprenant le niveau de
connaissance d'un savant-rechercheur dans le Coran, le Hadith et
l'histoire Islamique, dans tous ses aspects, et essayant de découvrir
chaque loi minutieuse et sa déduction lui-même. Cette tâche de
présentation simple et nette de la loi Islamique fût entreprise par
ces distingués savants et lumières spirituelles qui, par leur grandes
qualités d'esprit et de coeur, méritaient d'être considérés les vrais
‘successeurs des Prophètes(a.s)’, d'après les mots du Hadith.

D'un coté, le savant Médinite le célèbre Imam Mâlik Bin Anas,


commença son Académie à Madina Munawwarah, tandis que, de
l'autre coté, Imam-e-Azam Abu Hanîfa Noman bin Thabit
s'appliqua au même travail à Kufa. Le système poursuivi à
l'Académie de Imam Malik était que tous les savants et experts
islamiques s'assemblaient la-bas. II n'y avait point de haut-parleurs
à cette époque la. Donc, pour le vaste rassemblemcnt, dix
annonceurs devaient être nommés pendant chaque discussion. A
chaque fois, la discussion commençait par une déclaration de
l’Imam. Elle était répandue dans le rassemblement par les
annonceurs. Puis le débat géneral commencait. Chaque savant

35
individuel présentait son opinion sur le problème et citait de la
littérature du Hadith pour le soutenir. Critique et contre-critique
venant de tous les points de vue amenaient finalement l'assemblée
à favoriser et soutenir un certain Hadith sur un certain problème.
Par la suite, un titre était fixé et le Hadith y entra. Ainsi, vînt en
existence le fameux livre, connu comme Muatta Imam Mâlik qui
représente l'un des tentatives de la codification de la loi Islamique.

Le transfert de la capitale de l'empire Islamique de Madina Shareef


par les dirigeants Omayyad, donna de la prominence à Kufa et à la
Syrie. L'étude Islamique était graduellement centralisée dans cette
region et l'activité légale Islamique de tout l'empire y fut
concentrée. A ces endroits vînrent les meilleurs cerveaux de la loi
Islamique et les plus grands hommes de l'étude religieuse, non
seulement pour remplir les diverses fonctions gouvernmentales
mais aussi pour ajouter de l'éclat au centre de l'empire.

La-bas, à Kufa, existait l'Académie de l'Imam Abu Hanifa,


incorporant l'étude de quelques meilleurs cerveaux islamiques de
cette époque là. Imam Abu Hanifa aggissait comme Président, et
Imam Mohammad et Imam Abu Yusuf travaillaient comme co-
secrétaires. Un nombre des plus grands savants était présent, et ils
étaient ceux qui se rappelaient de, non seulement de milliers, mais
des centaines de milliers des Traditions du Saint Prophète (s.a.w).
C'était à une époque proche de celle du Saint Prophète (s.a.w).

Nous savons tous que Imam Abu Hanifa avait recu des Traditions
de la seconde génération de musulmans. Mais c'est aussi un fait
qu'il recût la connaissance du Hadith de quelques Compagnons
aussi. Le système adopté à l'Académie était de classifier en premier
lieu les versets du Saint Coran sous divers titres et sous-titres
topiques. Toute la litérature du Hadith fut à ce moment là prise en
main. Chaque Hadith fut examiné entièrement de tous les points
de vue, en employant la critique de l'histoire aussi bien que la
critique logique. Finalement, la question sous examen fut éclaircie,
la forme légale de la question fixée, et la section de la loi fut mise

36
dans une forme classifiée dans la compilation. Musnad Imam
Azam et Muatta Imam Mohammad sont les livres qui représentent
cette tentative de codification légale, du point de vue des
Traditionistes (Muhadditheen). Ils sont réellement des livres de
Hadith arrangés d'apres les problèmes légaux et donnant de
l'autorité à chaque Tradition mentionnée à cet égard.

II vaut la peine de se rappeler que le Saint Coran décrit l'Islam


comme Deen. Ce mot est ordinairement traduit comme "religion"
en francais à défaut d'un meilleur mot singulier. L'expression
"facon de vivre" dénote mieux la signification.

Maintenant, l'Islam comprend en lui-même deux elements


distincts, à savoir I
1. Les enseignements ayant trait à la foi et la croyance;
2. Les enseignements concernant les diverses formes
d'Action Islamique.

Ceux qui essayèrent la codification classifiée de l’Islam prirent en


considération ces deux élements. Le premier ils le decrirent
comme la Théologie (Imaniyat) et le second comme la Loi. A
l’'Académie de Imam Abu Hanifa, la compilation des
enseignements Islamiques tombant dans la première catégorie
reçut donc le nom de Fiqh-al-Akbar (ou la Loi Supérieure), tandis
que la tâche tombant dans la deuxième catégorie a été décrit
comme Fiqh dans le sens général.

Dans le Fiqh-al-Akbar, tous les articles de la croyance Islamique


ont ete placé en ordre logique, afin que chacun qui veuille
connaitre sa Foi puisse se référer à ce livre commode. Des
discussions relatifs aux Sources et les arguments en sont exclus.
Cette tâche fût accomplie séparément par d'autre Imams qui ont
écrit des volumes entières en soutien à la métaphysique islamique
et controversèrent les enseignements faux des adversaires parmi
les philosophes. IIs ont traité tous ces problèmes à fond, si tant
qu’au final ils ont réussi à créér une nouvelle science toute entière,

37
notamment la la science des Dialectiques ou Kalaam. Les Imams
des écoles Acha’rih et Matureediyyeh établirent leurs académies
respectives et rendirent un service immortel à la cause de l'Islam.
Ils systématisèrent les enseignements théologiques Islamiques et
ils bâtirent un trésor d'arguments philosophiques et logiques qui
resteront pour toujours la fierté de l'histoire islamique. Le livre sur
Aqaid par Nasafi et ses commentaires sont trop connus. II y en
plusieurs encore que les savants de Ach'ari et Matureediyyeh ont
écrit et ils ont ainsi renforcé la croyance islamique.

Lorsque nous jetons un coup d'oeil a l'autre branche du Fiqh qui


traite nos Actions en référence avec Dieu aussi bien qu'avec nos
semblables humains, nous voyons que l' Academie de Imam Abu
Hanifa compila les livres de source du Hadith connus comme
Musnad Imam Azam et Muatta Imam Muhammad. C'etaient,
pour ainsi dire, des livres de guide pour la codification scientifique
de la loi dans une forme precise.

Mais ce travail n'était pas suffisant en lui-même. Les principes de


déduction avaient été aussi reglés à la lumière de la méthode
employée par les Compagnons du Saint Prophète (s.a.w). Sans de
tels principes, la tâche de conclure n'importe quelle section de loi
du Saint Coran et le Hadith n'aurait pas été possible. Cette tâche
importante ne pouvait être basée sur des opinions individuels et
personels, si grands qu"ils auraient pu être, mais sur des principes
qui étaient basés à fond dans le Saint Coran et le Hadith et la
direction à suivre donnée par les Compagnons. C'etait une grande
tâche et elle a été accompli sous le nom de Usool-i-Fiqh (ç-à-d
Principes de Loi). Aujourd'hui, il existe des livres volumineux sur
ce sujet. Parmi ceux qui sont enseignés dans les universités
théologiques Usool-i-Shashi pour les petites classes, et Noor-ul-
Anwar pour les classes moyennes, sont très célèbres.

C'était seulement sur les fondations du Saint Coran et du Hadith


et les Principes de Loi conclus du Saint Coran et du Hadith que la
science de la Loi a été établi. Cette science traite les règles pour

38
l’Ibadaat (i.e. types d'adoration ou culte) et avec les lois relatives
aux problèmes extrêmement variés découlant des relations
humaines plusieurs niveaux. Les personages clés qui se sont
engagés dans ce travail à l'Académie de Imam Abu Hanifa, étaient
trois, à savoir, Imam Abu Hanifa (President), Imam Muhammad
et Imam Abu Yusuf comme Scribes et Co-secrétaires. Ils étaient
aidés et conseillés par presque cinq cents savants de I 'Islam, qui
s’étaient distingués par leur piété et leur éducation.

On doit souligner ici que la fonction d’Imam Abu Hanifa à cette


Academie était loin de celle d'un dictateur. La méthode de travail
n'etait pas qu’il ordonnait une partie de loi d'être écrite et que cela
se faisait illico presto. Ce n'était pas son opinion personel qui
prédominait le travail. Non, la vraie méthode était que le Livre de
Dieu et la Sunnah du Saint Prophète (s.a.w) étaient
minutieusement étudiés pour trouver la decision explicite de
l'Islam sur un certain problème de Loi. La tâche de conclure la loi
fut entreprise la où le guide n'était pas explicite. Dans ce cas, les
Principes scientifiques, objectifs et fixes de la Loi étaient le guide,
et non pas quelque opinion ou considération subjective. Chaque
savant avait le droit égal d'appliquer les Principes. Il y avait des
discussions complètes, des critiques et contre-critiques sur chaque
question. Le meilleur et le plus honnete effort fut utilisé pour
arriver à une conclusion unanime. Si même à ce moment là, il y
avait une différence d'opinion, la décision de l'Imam Abu Hanifa
était préférée dans certains cas et celle des Imam Muhammad et
Abu Yusuf dans d'autres. Ca c'était la méthode démocratique,
honnête et impartiale de codifier la Loi Islamique par l'Academie
de l'Imam Abu Hanifa.

Pendant des époques ultérieures, les nouvelles générations de


savants ont bâti de grandes édifices de loi sur ces fondations, des
milliers de livres ont été écrit, commentant et expliquant les divers
aspects de ce travail. Aujourd'hui, cette littérature vaste est une
mine d'informations, capable de satisfaire n'importe quel besoin
légal dans le monde Islamique.

39
Si je devais seulement mentionner les noms de ces nombreux
livres qui ont été écrits à ce propos, cela ferait un volume. II y en a
qui sont plus connus en commun, et enseignés dans les facultés
théologiques et ont ete aussi traduits en Urdu, comme par
exemple, Qudoori, Kanz-ud-Daqaiq, Sharh Waqayah, Hedayah,
Durre Mukhtar, etc Radd-ul-Mukhtar et Fath-ul-Qadeer sont tous
des livres commodes de réference pour les Muftis.

D'ordinaire les livres sur la loi Islamique qui sont en usage


commun ne contiennent pas d'informations minutieuses sur les
sources et arguments. Ce qui amene certaines personnes
d'attaquer ces livres en disant qu'ils traitent des opinions
personnels des Imams. Rien ne pourrait être aussi loin de la vérité.
Les livres pour le guide pratique de tous les jours des masses
populaires doivent naturellement être tout à fait simples et
doivent contenir rien de plus qu'une simple et claire explication
de la Loi. De tels livres sont toujours des formes condensées de
compilations plus étendues, où on peut trouver un compte rendu
des Sources et des Arguments en entier. Comme je l'ai déjà
expliqué la tâche des Imams était simplement d'exposer ces lois
qui étaient simplement mentionnées dans le Saint Coran et la
Sunnah du Saint Prophète (s.a.w) et de découvrir les lois qui y
étaient implicites, et de les faire connaitre en conséquence.

En fait, il n'y a pas une seule loi affirmée par les Imams qui ne soit
pas basée sur le Coran et la Sunnah, et il n'y a pas une seule
déduction qui n’ait été faite sans référence au Coran, au Sunnah et
à la méthode de déduction employée par les Compagnons, étant
eux-mêmes directement enseignés par le Saint Prophète (s.a.w).

Cela precise que le ‘Ilm-ul-Fiqh n'est rien qu'une déclaration


systématique des lois, explicites et implicites se trouvant dans le
Saint Coran et la Sunnah du Saint Prophète(s.a.w), et les titres de
Fuqaha ou Mujtahids ont été octroyé à ceux qui accomplissaient
cette tâche.

40
Si nous utilisons notre bon sens pour un moment, nous pourrons
facilement comprendre que par la systématisation de la loi
Islamique, les Imams ont mis le monde musulman sous une telle
profonde dette de reconnaissance pour laquelle aucune quantité
d'expression de remerciements ne pourrait suffire.

Ces grandes personalités de l’Islam étaient des gens qui avaient


atteint le couronnement de la perfection possible dans la
connaissance theorétique, dont les coeurs étaient illuminés de
lumière spirituelle, dont les vies étaient des personnifications de
piété et de "crainte de Dieu", qui avaient consacré des années et
des années à la comprehension de la science légale de l'Islam ; ils
avaient premièrement travaillé sous la direction d'un maitre
comme Imam Abu Hanifa et, ont plus tard perfectionné le travail
avec la même lumière. Ils connaissaient le fait, et ils avaient foi
absolu en Lui que, comme humains ils n'avaient pas le droit de
créér des lois à partir de leurs cerveaux. IIs étaient extrêmement
conscients de cette vérité que Dieu Tout Seul avait le droit de faire
des lois pour ses créatures :

« Soyez fidèles à mon alliance; (S 2; V 40)

Ils savaient que: "Ceux qui ne jugent pas les hommes, d'après ce
que Dieu a révélé sont pervers (S 5; V 45), pécheurs (S 5; V 48),
ceux qui se rebellent (S 5; V 50). Leur tâche était simplement
d’utiliser le cadeau de comprehension supérieure (taffaqquh) que
Dieu leur avait donné pour systematiser les lois décrétées dans le
Sainl Coran et la Sunnah, d'après les besoins de la communauté
musulmane adulte.

C'est le travail qui fut accompli par Imam Malik et ses


collaborateurs et élèves à Médine, et par Imam Abu Hanifa et ses
collaborateurs et élèves en Syrie et en Iraq. Plus tard, l’Imam
Shafei et Imam Ahmad Ibn Hambal accomplirent la même tâche
avcc la même honnêteté et érudition. Ces grands Imams rendirent
le service fondamental à l'Islam et ont laissé derrière eux une

41
littérature solide sur la Loi Islamique, sur laquelle la puissante
structure de l'administration Islamique fut batie. Les musulmans
étaient maîtres de leurs destinées pendant douze siècles. Pendant
cette longue période, c'était le travail de ces Imams qui continuait
à sevrer le progrès musulman et la vie islamique, non seulement
dans les rites et les matières d'adoration, mais aussi dans tous les
aspects concevables de la politique, l'économie, la loi d'Etat, la loi
internationale et tant d’autres. Notre passé et le présent en entier
sont une attestation durable au consensus d'opinion islamique
savant que la vérité demeure dans quatre écoles de pensée, c'est à
dire, Hanafi, Shafei, Maliki et Hambali, et quiconque se lève
contre eux se révolte réellement contre le livre de Dieu et la
Sunnah.

Cela veut dire, que dans l'exposition fondamentale de la Loi


Islamique, ces écoles de pensée ont accompli ce qui était
humainement possible, de tous les aspects. Le chemin honnête
pour nous est de suivre cette exposition sur toutes les questions
qui y sont éclaircies. Si, toutefois, nous devons jamais faire face à
quelque problème, qui entre en existence à cause de la complexité
grandissante de la vie humaine, le chemin pour nous est que ceux
parmi nous qui en sont réellement capables à cause de leur piété et
étude profonde, et pas n'importe quel Paul, Pierre et Jacques,
devront approcher le Saint Coran et la Sunnah du Saint
Prophète(s.a.w) pour des éclaircissements et devront y déduire la
loi, tout en se conformant toujours à la méthode Islamique basé
suivie et au chemin d'investigation tracé par les grands Imams.

C'est, vraiment, un grand malheur que quelque-uns de nos frères


sentent qu’aujourd'hui ils peuvent égaler, non, même surpasser les
grands Imams sur la base de leur légère connaissance Islamique
provenant des traditions incorrectes du Saint Coran et des livres
anglais sans importance sur le Hadith, et qu'ils sont capables de
déduire la direction légale du Coran et le Hadith eux-memes. Je
souhaite qu'ils puissent cultiver plus d'humilité et évaluer leurs
vraies capacités.

42
Par rapport au problème à trouver le décret Islamique concernant
un problème nouvelment créé, je peux citer un incident de ma vie
personnelle. Un jour quelques jeunes gens ayant une éducation
moderne et venant de l'Université Osmania de Hyderabad, en
Inde, sont venus me voir, pour me présenter un certain nombre
de questions, et insistaient que je devais dans chaque cas, donner
la réponse du Saint Coran. Lorsque j'ai effectivement fait cela, ils
m’ont demandé comment le Coran pouvait fournir la direction à
suivre sur n'importe quelle question qui n'existait même pas à
l'epoque où il fut révélé? A titre d’exemple, ils m’ont demandé de
citer du Coran s'il était permis ou pas, pour un musulman d'aller
voir un film au cinema. Je leur ai dit que moi-même, je n'y suis
jamais allé et donc que je voulais savoir premièrement d'eux ce
que véritablement était le cinéma. Ils m'ont alors expliqué
comment on monte une pièce (scénario) puis une histoire est
inventée puis elle est réalisée par des auteurs à la réalisation,
enregistrée et finalement projetée sur un écran grâce à l'electricité.
Je leur demandai de ne pas me raconter toute une histoire mais de
me donner une définition appropriée. Après une brève discussion,
nous nous sommes mis d'accord en définissant une séance
cinématrographique comme étant ‘une pièce basée sur une histoire
inventée’.

Puis, je leur demandai s'ils étaient prêts à maintenir la decision si le


Coran le leur interdisait. Ils donnèrent leur ferme promesse. Puis
je leur lus le verset suivant du Coran:

"Tel homme ignorant se procure des discours futiles (ou, ceux qui
dépensent de l’argent sur les pièces basées sur histoire), pour
égarer les autres hors du Chemin de Dieu et prendre celui-ci en
dérision - voila ceux qui subiront un châtiment ignominieux (S 31;
V 6). Toux ceux qui étaient présents s'inclinèrent devant le verdict
coranique et se repentirent comme promis.

J'ai cité cet incident pour faire ressortir que le Saint Coran est
vraiment le Livre pour la Conduite Parfaite. Si quiconque plonge à

43
fond dans ses significations, il peut y découvrir la direction sur
chaque issue concevable. Mais cette perspicacité vient seulement
quand l'on acquiert une formation specialisée dans les écoles des
Mujtahid Imams.

44
CHAPITRE 6
Ijtihad et Mujtahid
L 'île de Trinidad jouit d'une administration britannique et de la loi
britannique. Ceux qui souhaitent assumer une quelconque
fonction au sein d'un département de l'état, visant à
l'administration de la loi sont obligés de se qualifier dans une
connaissance de la Loi britannique. Par exemple, même celui qui
cherche à devenir sergent de police doit étudier les sections de la
Loi Criminelle avant qu'il puisse être recruté au sein de la force
policière.

Ainsi chaque sergent de police dans la colonie peut avancer qu'il


possède une connaissance de la Loi, mais, imaginez-vous qu'à
cause de cette connaissance de la Loi que puisse posséder un
sergent de police que le gouvernement puisse jamais le considérer
éligible pour le poste du Juge de la Cour Supreme ou celui de
procureur général du gouvernement et chef du barreau. Si un
sergent pouvait égaler un avocat ou un L.D, les Ecoles de droit de
Lincoln et les Facultes de droit des grandes universités n'auraient
pas existé. Personne ne peut avoir le droit d'interpréter les lois
(faites par les hommes) qui continuent à changer et d’être
amendés de jour en jour, à moins d’être un avocat bien qualifié,
non, à moins d'avoir maitrisé les sujets avancés, comme, par
exemple, la Philosophie de la Loi, l'Histoire de la loi, la
psychologie sociale et la sociologie etc et peut vraiment agir
comme Docteur de la loi. Mais, quel dommage, que les gens
puissent croire que la tâche d'Ijtihad, c'est à dire, interpréter la loi
révélée par Dieu et d'en conclure de nouvelles lois, puisse être
accomplie par X, Y, Z. Une telle suggestion monstrueuse fait
simplement tituber l'imagination, et elle ne peut possiblement
venir que de ceux qui n'ont que peu de respect pour Dieu et sa
Loi!

45
Le mot IJTIHAD tire son origine de la racine JHD et litéralement
cela veut dire " s'efforçant avec tout effort " - Dans la
terminologie légale de L 'Islam, il signifie l'effort de choisir, à la
lumière du Coran et de la Sunnah, entre deux ou plusieurs
interprétations différentes de la loi et de conclure, du Coran et de
la Sunnah, toute nouvelle decision sur un point de droit pour faire
face à de nouvelles situations concernant la loi. Celui qui pratique
le "Ijtihad" est un "Mujtahid."

Les savants de l’Islam ont imposé quelques qualifications, à la


lumière du Saint Coran et de la Sunnah, qu'une personne doit
posséder pour agir et pour être accepté comme Mujtahid. Allama
Shah Waliullah de Delhi (que la misericorde de Dieu soit sur lui), a
mentioné ces qualifications en détail dans son célèbre livre:
Hujjatullahil - Baligha. Je peux les résumer ici dans leur forme
abrégée, surtout, pour le bénéfice de mes frères et sœurs simples
d'esprit qui ont été amené à croire qu’ils pouvaient agir en tant que
Mujtahids avec leurs facultés indépendantes. Laissez ceux dont les
incitations d'imagination personelle les entrainent à se faire passer
pour Mujtahids sans droit, et qui condamnent les grands services
rendus par les Imams simplement parceque leurs coeurs sont
agripés à des choses anti-Islamiques et qui sont incapables de
suivre la discipline Islamique systematisée et codifiée par ces
derniers, s'arretent un instant avec une attitude de juste
considération et réfléchir. Voici les qualifications minimales
raisonnables, dans leur côté Islarnique, qu'un Mujtahid doit
posséder:-

1. Il doit etre un expert en langue Arabe, sa littérature et sa


philosophie, afin qu'il puisse trancher proprement les
différentes significations d’un même mot.

2. Il doit être un savant de grande classe du Coran et son étude


de ce dernier doit etre si étendue et si intense que n'importe
quand il a à considérer un problème donné, il doit être capable

46
de retenir devant les yeux de son esprit toute l'étendue de la
pensée Coranique et tous les versets qui se rapportent au
problème.
3. Il doit avoir les Traditions du Saint Prophète(s.a.w) en
mémoire, afin que lorsqu'il concentre son esprit sur n'importe
quel problème il puisse avoir toutes les Traditions ayant
rapport à celui-ci même ceux qui y sont indirectement
rattachées devant lui, clairernent et vivement pour guider son
processus de raisonnement correctement et dans un sens très
large.

4. Il doit davantage être expert dans la critique de l'histoire


(Riwayat) et la critique logique (Dirayat), afin qu'il puisse
examiner la valeur et la signification des diverses Traditions, à
l'étude à l'époque, dans leur juste perspective.

5. Après tout, il doit posséder la piété et un caractère vraiment


islamique, et son coeur doit être imprégné de ce que le Coran
appelle le Taqwa ou la 'crainte de Dieu.'

Maintenant, mes Amis! s'il y a quelqu'un qui affirme être un


Mujtahid, mais qui ne possède même pas un dixième de ces
qualifications, quoi d'autre pouvez-vous dire de lui, sinon qu'il est
en train de tâtonner dans le noir, et quoi d'autre puisse être le
résultat de son faux pas à part l'égarement.

Allama Shah Waliullah de Delhi, le célèbre philosophe, théologien,


légiste traditioniste et commentateur, devant l'éducation et la piété
duquel ont courbé les Ulemas Arabes et non-Arabes, se retrouva
avec toutes les qualités d'un Mujtahid en sa personne. Pourtant
son sens de responsabilité et crainte de Dieu l'empêchèrent de
declarer son Imamat et Ijtihad. Et avec toute humilité, il continua
à se considérer comme un disciple (Muqallid de l'école de Loi de
Imam Abu Hanifa et continuait à faire ressortir aux musulmans de
l'Inde qu'ils devaient s'attacher à l'école Hanafite, qui avait guidé

47
les gouvernements musulmans pendant des siècles et avait évolué
en un système parfait.

Qalaadah et Taqleed sont deux mots connexes. Le mot Qalaadah


signifie "une corde ou une chaîne qui est attachée au cou de
quelqu'un pour le faire suivre." Taqleed implique l'action de
suivre. Comme terme religieux, il fait référence au fait que les
serviteurs de Dieu, qui sont liés ensemble par l'obéïssance à Dieu
reçoivent les Commandements de Dieu par une telle et telle
chaine."

C'est à dire, quand quelqu'un dit qu'il est le Muqallid de Imam-e-


Azam, cela signifie que la chaîne à travers laquelle il est en train de
recevoir les commandements de Dieu est celle qui passe par
Imam-e-Azam au Saint Prophète Muhammad (s.a.w). Cela ne veut
nullement dire qu'il est en train de suivre les commandements de
Abu Hanifa, oh que non ! Le commandement est celui donné par
Dieu, la façon de comprendre est celle enseignée par le Saint
Prophète (s.a.w), l'interprétation est celle donnée par les
Compagnons, l'arrangement est celui fixé par l'ecole Hanafite. La
tâche du Aalim et du Mufti est de suivre cette chaîne, d'acquérir sa
connaissance de la Loi Islamique en conformité avec elle (la
chaîne) et de guider les gens au sujet des affaires légales.

Supposons, qu'aujourd'hui, quelqu'un s'adresse à moi à propos de


quelque point de droit Islamique. Que ferai-je? Je n'ai pas le droit
de lui donner quelque commandement de ma part ou lui dire
quelque chose à la lumière de mon propre jugement. Mon devoir
est seulement de prononcer la loi que Dieu a donné et de guider
les gens sur la base de cette Direction revélée. Cette fonction est
aussi basée sur une certaine autorité et certaines qualifications.

Si je suis interrogé sur n'importe quel probleme relatif au texte


Coranique, je peux répondre avec autorité, parce que je possède
une autorité continue qui mène au Saint Prophète Muhammad
(s.a.w).

48
Si je suis interrogé sur n'importe quel problème relatif à l'exégèse
Coranique ou les sciences relatifs à la littérature du Hadith, je peux
répondre avec autorité parceque je possède un lien continu
d'autorité qui mène au Saint Prophete. (s.a.w)

Pareillement, si je suis interrogé sur n'importe quel problème


relatif à la loi Islamique, conformément avec les écoles de pensée
Hanafi ou Maliki ou Shafei ou Hambali, je peux répondre avec
autorité, parceque je possède des chaînes continues d'autorité
passant par les quatre Imams et menant au Saint Prophète (s.a.w).
Je suis là devant vous. Mon mode de vie et mon caractère sont
devant vous. La preuve de l'histoire à propos de l'étude et la piété
exemplaires de mes maîtres sont devant vous. Les
commandements que je suis en train de vous prononcer
aujourd'hui et l'enseignement que je vous explique en ce moment
n'est pas, en réalité, de moi. C'est le commandement et
l'enseignement envoyés à l'humanité par Dieu par l'intermédiaire
du Saint Prophète Muhammad (s.a.w).

Dans le domaine de la loi, je sais que chaque section de la loi qui


se trouve dans Hidaya, ou Fath-ul-Qabeer, ou Durre-Mukhtar, ou
Shami, ou n'importe quel autre pareil livre, y a été introduite apres
une étude des plus approfondies, et je suis prêt à tout moment de
le prouver .

Après tout, que sont tous ces livres de la Loi Islamique (Fiqh) ? Ce
sont les manuels détaillant la Loi que le Saint Prophète(s.a.w) a
apporté à l'humanité. II y a des recueils de lois où chacun d'entre
nous peut trouver une réponse nette et toute faite à son problème
légal.

Même si cela puisse prolonger la discussion, laissez-moi exposer à


nouveau l'argument que j'ai interprété jusqu'ici. Laissez-moi
réaffirmer que:-

49
1. Le Saint Coran est le livre de base, le travail de fond de la
loi Islamique. L'explication et l'interprétation de ses
enseignements, à la lumière des traditions du Saint
Prophète(s.a.w), est appellé Ilm-ut-Tafsir (ou, la science du
commentaire). II existe de nombreux livres à ce sujet,
parmi lesquels les classiques les plus connus sont: Tafsir
Tabari, Tafsir Baidwi, Tafsir Kashshaf et Tafsir Ma'alim-
ut- Tanzeel.

2. L'explication et l'interprétation détaillé des enseignements


Coraniques par le Saint Prophète(s.a.w), dans ses paroles
et Actions, forment la seconde source de base de la
connaissance Islamique. Maintenant la science qui traite
avec la collection des ces Paroles et Actions du Saint
Prophète(s.a.w) est appellée la Science du Hadith. II y a de
nombreux livres à ce sujet, les travaux classiques les plus
connus étant le Sahih de Bukhari, Muslim, Abu Daud,
Tirmizi, Ibn Majah, Muatta de Imam Malik, Musnad de
Imam Azam, Musnad de Imam Ahmad etc. Il y a plusieurs
recueils où les Traditions ont ete arrangé
alphabétiquement, par exemple Kanz-ul-Ummal et Bihar-
ul-Anwar. II y a quelques compilations arrangées dans une
troisieme façon, par exemple Ma'ani-ul-Aktar.

3. La science qui traite les biographies des rapporteurs de


Traditions pour l’évaluation de leur valeur, est connu
comme la science de Asma-ur-Rijal, et il y a plusieurs
livres classique qui leur sont relatifs.

4. La science qui traite la gradation des traditions est connue


comme la science de Usool-e-Hadith.

5. La science qui traite les Principes du Coran et du Hadith et


qui s'appelle Usool-e-Fiqh et il y a plusieurs travaux
classiques et de nombreux livres explicatifs à ce sujet.

50
6. Quand les lois sont reglées et conclues du Saint Coran et
du Hadith d'après les lois de Usool-e-Fiqh, et elles sont
arrangées et systematisées dans la forme d'une code-de-loi,
la science est appellée Ilm-ul-Fiqh. II y a un nombre de
classiques et plusieurs manuels à ce sujet.

En mentionnant cette classification des sciences Islamiques, mon


but est de donner seulement une idée à mes frères et sœurs
simples d'esprits qui sont en train d’être jetés dans la confusion à
propos des écoles Islamiques de droit par certaines personnes sans
scrupules qui veulent élablir leur propre hégémonie et
commandement et donc ils propagent toutes sortes de confusion:

Quelque-uns parmi eux ont leurs fins sectaires à gagner plus tard.
La plupart d'entre eux sont ignorants des sciences Islamiques et la
meilleure façon qu'ils peuvent adopter pour leur conduite est celle
du refus de la validité ou la necessité de ces sciences. Beaucoup
d'entre eux sont tellement sans scrupules qu'ils imputent
absolument faux aux Imams, de les appeller comme "dieu à part
Allah," et d'imputer criminellement le Shirk (polytheisme) à la
majorité écrasante du monde Islamique qui accepte le guide des
Imams à l'égard de la comprehension de la loi Islamique. Même
un aveugle peut voir jusqu'où ils ont raison. Même la personne la
moins intelligente peut saisir l'élément de blasphème dans leur
position. Même le simple musulman peut comprendre que:-

Quand le Commentateur du Coran médite sur les versets du Livre


Sacré, en conformité avec les principes de langage et de
grammaire et à la lumière des Traditions du Saint Prophète (s.a.w),
il ne fait rien qu’obéïr au commandement suivant du Coran lui-
même: "Ne vont-ils pas méditer le Coran"(S 47 : V 80.)

Quand le savant de Hadith (Muhaddis), s'applique à la


compréhension des Paroles et actions du Saint Prophète(s.a.w), il
le fait, seulement en obéissance aux enseignments coraniques:
"Ceux qui obéissent au Prophète(s.a.w), obéïssent à Dieu (S 4 :V

51
80)

Quand le savant de Asma-ul-Rijal, exécute la tache d'examiner la


véracité des rapporteurs de Traditions il le fait conformément
avec le principe coranique de n'accepter aucun rapport sans étude
approfondie.

Ô vous qui croyez ! Si un homme pervers vous apporte une


nouvelle, vérifiez-en la teneur, de crainte de faire du tort à des
innocents, par ignorance, et d’en éprouver ensuite des remords.
( S 49: V 6)

Le savant qui applique la science de Usool-e-Hadith pour classer


les Traditions qui sont existantes et pour arranger les catégories de
Fard, Sunnat, Mustahab, permis, non-permis, partiellement-permis
etc dans le domaine des injonctions pratiques, est seulement en
train d'élaborer sur le commandement Coranique:

"Prenez ce que le Prophète vous donne, et abstenez-vous de ce


qu'il vous interdit (S 59 : V 7)

Le savant de Usool-e-Fiqh arrange les Principes de la Loi


Islamique pour élaborer les enseignements pratiques de l'Islam
pour les fidèles, en obéissance à l'injonction coranique suivante:
"Pourquoi quelques hommes de chaque faction ne s'en iraient-ils
pas s'instruire de la Religion" (S 9; V 122)

Quand les Imams de Fiqh, systematisent les injonctions légales de


l 'Islam, à la lumière du Usool-e-Fiqh, ils les font seulement pour
éxécuter l'injonction Coranique, qui forme la partie restante du
verset qui vient d'etre cité, à savoir: "d'avertir leurs compagnons
lorsqu'ils reviendraient parmi eux ? Peut-être, alors, prendraient-ils
garde ? (S5; V 67)

Ces Imams ne font qu'avancer la mission du Saint Prophète(s.a.w)


se réfère dans le verset suivant: "O Prophète! Fais connaître ce qui

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t'a été enseigné par ton seigneur," (S 5; V 67)

Quand ils enseignent la direction Islamique aux peuples, ils font


cela en obéissance au commandement du Saint Prophète(s.a.w):
"Voyez, assurement, laissez celui qui est présent transmettre Le
Message à celui qui est absent."

Quand les Imams systematisent les lois Islamiques pour empêcher


aux hommes de tomber en erreur et pour faciliter leur chemin de
compréhension, ils ne font qu'agir en conformité avec le
commandement coranique suivant: "Appelle les hommes dans le
chemin de ton seigneur, par la sagesse et une belle exhortation ;
discute avec eux de la rneilleure manière, Oui, ton seigneur
connait parfaiternent celui qui s'égare hors de son chemin, comme
il connait ceux qui sont bien dirigés." (S 16; V 125)

Examinons le problème concrèternent, supposons qu'un


rnusulman va vers un savant Islamique et l'interroge à propos de
la Loi Islamique sur quelque point de cérémonie et d'adoration ou
sur quelque point sur les affaires humaines, que pensez-vous, doit-
être la procédure que le savant doit adopter? Pensez-vous que la
procédure suivante puisse être adoptée comme la routine normale
dans tous les pareils cas ? Lorsqu'un interrogateur vient vers un
savant (Aalim), et lui pose une question le savant concerné prend
le Saint Coran, l'étudie entièrement pour trouver le ou les versets
qui se rapportent à l'affaire, montre le ou les versets à
l’interrogateur, explique le ou les versets à la lumière des principes
linguistiques, logiques ou historiques:- puis il étudie toute la
littérature du Hadith comprenant des centaines de milliers de
Traditions, choisit celles à propos de l’affaire, examine leur
authenticité à la lumière de la critique Logique Historique, arrange
les principes qui font préférer un Hadith à un autre: puis il régie la
forme légale exacte de la question, applique la connaissance qu'il a
obtenu du Coran et du Hadith en conformité avec certains
principes validés, formule la loi Islamique sur ce point, et explique
la procédure entière à l'interrogateur et lui prouve sa validité du

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point de vue du Coran et de la Sunnah. A ce moment-là,
l'interrogateur put sentir qu'il avait échappé au Taqleed et qu'il a
reçu la direction à suivre directement du Coran et de la Sunnah.
En fait, même avec une telle procédure l'enquêteur ou
interrogateur a effectivement glissé dans le Taqleed, puisque la
connaissance qu'il a obtenue est à travers l'intermédiaire de ce
savant.

Même si vous considérez une telle procédure comme faisable dans


n'importe quel cas, pensez-vous que chaque Molvi (théologien) est
réellement capable d'adopter de travailler d'après cette procédure?
Est-ce que chaque Molvi possède cette vaste éducation et cette
profonde clairvoyance qui sont nécessaires pour l'utilisation de
cette procédure ? Est-ce que chaque musulman possède cette
compréhension par laquelle il peut s'associer à l'effort savant du
Molvi pour pouvoir affirmer, même formellement, qu'il a reçu la
direction à suivre directement du Coran et du Sunnah et a
echappé au Taqleed ?

Est ce que le verdict du Coran peut-il être falsifié quand il dit:


«Est-ce que les savants et les non-savants peuvent-ils être jamais
égaux ?"

Dites moi, mes Amis, est-ce humainement possible pour vous de


conclure la procédure mentionnée en haut comme une routine
normale et necessaire ?

Et, laissez-moi vous demander, ce que vous faites lorsque vous


faites face à n'importe quel problème relatif à la Loi qui a été fait
par l'homme régissant votre colonie. Quand vous avez un procès,
demandez-vous à votre avocat de vous expliquer l'arrière-plan des
sections de la loi qui ont rapport à l'affaire, leur origine, leur
histoire, leurs différentes interprétations par les autorités légales,
les diverses décisions données par les juges de temps, et ainsi de
suite. Eh bien, allez seulement expliquer le cas à l'avocat et
discutez le avec lui et oubliez tous les questions mentionnées en

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haut comme hors de propos.

De nouveau, c'est la fonction de l'avocat d'énoncer la loi et de


l'employer ct l'interpréter pour plaider son cas. Pensez vous que le
Gouvemement puisse l'accuser sur ce fondement comme agissant
comme un législateur et un faiseur de lois ? Ou, croyez-vous que
que les auteurs des livres de loi et les commentateurs de loi
puissent être raisonablement accusés de prendre la justice entre
leurs mains ?

Si la reponse est négative et elle peut être seulement negative


comment est-ce que quiconque peut accuser les Imams d’usurper
l'autorité de Dieu et son Prophète (s.a.w) ? Lalssez-moi affirmer,
et affirmer plus catégoriquement, que si les Imams ont enlevé
l'autorité à quiconque ce fut seulement l'autorité de ces faiseurs de
troubles qui s'efforcent toujours de créér de la contusion dans les
rangs des musulmans et de ces gens semi-éduqués qui, à cause de
leur vanité et autres défauts, comme se faire passer pour les
autorités pour induire les gens en erreur. Seuls les Imams ont agi
comme les porte-paroles de Dieu et son Prophète(s.a.w), et celui
qui suit leur direction aujourd'hui en fait ne suis rien à part le
chemin du Coran et de la Sunnah. Le travail des Imams est une
démonstration que "La religion (de l'Islam) est facile." Grace aux
grands labeurs des Imams de Tafsir et Hadith et Fiqh, aujourd'hui'
la connaissance relative à chaque departement et branche de la
Manière de vivre en Islam nous est accessible, proprement
systématisée et simplifiée, complètement préservée et protégée.

(1) Le texte coranique est présent, préservé à la lettre même;


(2) Le commentaire du Coran est présent dans des livres
volumineux;
(3) Les traditions du Saint Prophète sont présentes dans les livres
de Hadith et Siyar;
(4) La littérature sur Asma-Ur-Rijal est présente pour nous aider à
examiner les Traditions
(5) Des livres complets sur les Principes de Tradition et les

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principes de loi sont présents pour nous faire comprendre, la
méthode de conclure des lois du Coran et du Sunnah;
(6) Des livres volumineux sur les problèmes théologiques sont
présents pour nous guider sur les Croyances (Aqaid);
(7) Des livres approfondis sur la Loi sont présents pour nous
guider dans les matières de cérémonie, lois civils et criminels.

C'est à nous maintenant de pratiquer l'Islam, qui est le but pour


lequel l'Islam est venu, ou à continuer à perdre notre temps dans
les polémiques denuées de sens et d'une modernité outrée. II n'y a
point de doute que le Saint Coran est "la mine qui contient toutes
les connaissances qu'il nous faut. »

De même, les Traditions du Saint Prophète(s.a.w) sont le vaste


trésor de la Direction à suivre," Si vous voulez trouver une
réponse à n'importe laquelle de vos problèmes vous la trouverez
dans le Coran et le Hadith. Là-bas vous avez la source, mais pour
la découvrir de ce vaste et profond trésor demande toute votre
ambition et effort et courage et une maitrise profonde de toutes
ces sciences qui forment la clé de ce trésor unique. Même si vous
pouvez faire cela d'après votre lumière, vous pouvez quand meme
ne pas être sur de vos conclusions. Le chemin le plus sûr et le plus
vrai pour tous est de chercher de l'aide de ces livres de guiide qui
ont été écrits par des siècles de labeurs en recherches honnêtes,
par les plus grands et plus pieux savants de l'Islam. Ainsi si vous
avez un problème relatif à la signification des versets Coraniques,
référez-vous aux commentaires. Si vous voulez obtenir de
l'information sur n'importe quel point relatif à la vie du Saint
Prophète (s.a.w), référez-vous aux livres authentiques de Hadith.
Si vous voulez être éclaircis sur n'importe quel problème sur la
croyance, référez-vous aux classiques des philosophes Ashari et
Matureediyyah. Si vous voulez une réponse sur quelque problème
relatif à la cérémonie ou la loi génerale, référez-vous aux livres de
Loi d'après les écoles de pensee Hanafi, Maliki, Shafe’i et Hambali.
Vous verrez vos problèmes résolus, vos questions répondus sans
trop d'embarras. Vous découvrirez les beautés de la Loi Islamique

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Codifiée. Je vous conseillerai de ne pas suivre l'exempte du rat qui
trouva un morceau de tamarin et qui commença à affirmer qu'il
etait un épicier doué.

Souvenez-vous! Le Saint Prophète(s.a.w) a prédit pour les jours


derniers en termes clairs: ..Lcs gens nommeront des ignorants
comme leurs chefs (religieux), qui donneront des Fatwa (verdict
legal) sans connaissance et induiront eux-mêmes aussi bien que les
autres en erreur. Méfiez-vous de ces trompeurs !"

De ce gens là même qui ne savent même pas la langue arabe


correctement mais qui se font passer non seulement pour des
Muftis mais, des Mujtahids, le Saint Prophète(s.a.w) a prédit qu’ils
seront des loups sous vêtements humains, des hypocrites voleurs
de la Foi. Ils portent une couronne de service à 'celui qui souffle le
mal dans les coeurs des hommes, qu'il soit au nombre des Djinns
ou des hommes" {S 114; V 5-6), Ils portent le manteau de
l'hypocrisie, ils prononcent le nom de l'Islam avec leurs lèvres
mais invitent les gens à toutes sortes d'immoralités, voire quelques
fois au kufr lui-même.

Ces mauvais démons sont là grâce à l'ignorance des musulmans.


Mais les vrais savants de l'Islam sont aussi présents à tout moment
pour déchirer le masque du visage du Mal - tout comme le vrai
Prophète(s.a.w) de Dieu a prédit vraiment, « Une partie de mes
croyants continueront à démontrer d'une manière concluante la
vérité "Pour l'accomplissement de cette prophétie, de nombreuses
étoiles éclatantes ont apparu de temps en temps au firmament de
l'éducation Islamique et ont illuminé le chemin des croyants en
Islam. Quant à mon humble moi, je considérerais cela comme une
grande chance si Dieu Tout Puissant me comptait parmi leurs
vrais élèves. Comme tel, je suis toujours prêt à rendre n'importe
quel service dont je suis capable.

Depuis mon arrivee sur cette île (Ndt : Trinidad), j'ai trouvé les
musulmans embrouillés dans certaines controverses. Ce qui suit

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sont les questions qu’on m’a demandé de répondre de temps en
temps.

1. Si Jésus (paix soit sur lui) est né sans un père, ou par


l'intermédiaire d'un père.
2. Si Jésus est mort d'une mort naturelle ou s'il est encore
vivant?
3. Si le Miraj (Ascension au ciel) du Saint Prophète
Muhammad (s.a.w) était d'un caractère spirituel ou
physique?
4. Si un musulman doit accomplir vingt Rakaats pendant le
Tarawih ou huit seulement ?
5. Est-il permis de pratiquer le Milaad ?
6. Est-il permis d'envoyer des bénédictions pour les défunts
avec récitation coranique ?
7. Est-il permis pour les musulmanes de porter des robes
dans le style décolleté de l' ouest devant des étrangers ?

J'ai répondu à ces individus sur ces points. Mais on m'a demandé
le verdict de l'Islam sur ces affaires pour la bénéfice pour le public
musulman en general.

D'après l'argument que j'ai pleinement éclairci pendant la


discussion de "la codification de la Loi Islamique", ma fonction
est seulement de faire connaitre le Fatwa comme il se trouve dans
les livres de bonne source de Fiqh. C'est le procédé que le monde
islamique a suivi. Laissez-moi maitenant faire savoir que pendant
les derniers treize siècles, la majorité écrasante des hommes
savants de l'Islam ont unanimement professé à la lumière du
Coran et de la Sunnah, que:

1. Jésus (paix soit sur lui!) est né sans un père.


2. Jésus fut ni tué ni crucifié. Mais Allah le sauva des griffes
de ses ennemis et l'a preservé vivant sous sa protection à
une place qu'il a choisi pour lui.
3. Le Saint Prophete (paix soit sur lui) a effectué le Mi’raj

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avec son corps qui était lumière personifiée. Ce point sera
expliqué de manière rationelle au cours de mes discours
sur les 'Miracles'.
4. Retenant les Paroles du Saint Prophète(s.a.w), qui faisait
allusion aux bénédictions à être obtenus par une plus
grande quantité de prières accomplies pendant les nuits du
Ramadan, et considérant minutieusement la Sunnah du
Saint Prophète(s.a.w), Amir- UI- Momineen Omar (Dieu
soit content avec lui) fixa vingt Rakaats de prières
congrégationelle Tarawih derriere l'Imam. Vingt Rakaats
de Tarawih sont les Sunnah d'Omar, et il est suivi en
obéissance à l'ordre du Saint Prophète(s.a.w) 'Vous devez
suivre mon Sunnah et la Sunnah des Caliphes vertueux. »
5. Célébrer le Milaad et réciter la vie du Saint Prophète
(s.a.w), conformément avec le Coran et le Hadith est
Mustahab et Mustahsan, c'est à dire une action
religieusement bonne.
6. Envoyer des bénédictions pour les defunts avec récitation
coranique est permis et c'est un acte basé sur le Coran et le
Hadith.
7. Il est interdit aux musulmanes de venir devant les étran-
gers habillées dans le style occidental en portant des
décolletés.

Cette simple exposition de guide Islamique ne doit pas, cependant


faire croire à qui que ce soit que je ne suis pas preparé à discuter
les Fatwas que je pourrai ainsi affirmer. En fait, je suis toujours
prêt à discuter n'importe quel sujet sur la base de sources
originales qui se trouvent dans le Saint Coran et le Hadith. Pourvu
que la personne qui veuille discuter avec moi ait un accès facile à
la connaissance technique nécessaire et vient vers moi comme un
étudiant honnête sur ce sujet. Autrement discuter les coins et
recoins des points techniques à ceux qui ne possèdent aucune
connaissance technique du Coran et de la Sunnah serait un acte
aussi insensé que de discuter la physique nucléaire avec un écolier.
Malheureusement, certains musulmans aujourd'hui ont perdu tout

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sens de proportion. II se peut qu'ils ne savent meme pas l'ABCD
des diverses sciences Islamiques mais ils ont le courage de se livrer
à ses discussions dans des affaires islamiques avec un tel ton
d’autorité qui pourrez faire la pire forme de folie paraître serieuse.
Et non seulement peuvent-ils se faire passer pour les autorités,
mais ils peuvent aussi se battre avec les confréres musulmans sur
la base de leurs points de vue injustifiés et non autorisés et
peuvent étendre la bagarre au point où la communauté se fait
briser en morceaux et devient la risée des ennemis de I 'Islam. Ce
qui est encore plus pitoyable c'est que la lutte de ces ignorants et
insignifiants "Mujtahid" tourne pour la plupart autour des
problèmes et sujets qui n'ont aucune relation avec la mission de
l'Islam ou le progrès et la stabilisation de la communauté
musulmane.

Ici je peux vous rappeler un incident de l'histoire qui dépeint très


bien la condition de ces 'amis' de l'Islam. Avant la conquête
Islamique, Constantinople était le siège de l'Eglise Byzantine et un
grand centre pour les controverses Chrétiennes. Le clergé se
complaisait dans des disputes sur des questions d'ordre trivial
touchant au cérémonial et aux rituels. Ils étaient plongés dans une
telle discussion durant la nuit où les armées de Mohammad (Fatih)
le Conquérant traversaient le Bosphore. Les éminents d'entre eux
étaient présents dans la belle église de St. Sophie et une discussion
animée était en cours. La question était si le pain à être servi pour
le festin de l'eucharistie devait être impregné de levain ou pas. La
furie des orateurs s'éleva finalement à un tel degré qu'ils
déchirèrent les vêtements des uns et des autres. Chacun avait en
tête de vaincre son adversaire, non seulement en argument, mais
aussi physiquement. Entretemps, les armées de l'Islam perçaient
les fortifications de la ville. L 'empire Byzantin touchait à sa fin.
Lé'glise Byzantine devait aussi disparaître peu de temps après.
L'église de St Sophie où les éveques se disputèrent si
farouchement sur cette question sans importance devint une
Mosquée. Non seulement cette controverse sans importance mais
la Chretienneté elle-même fut anéantie. (Ndt : dans cette partie du

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monde – l’auteur fait référence à la fameuse prise d’Istanbul par
Mohammad Fatih en l’an 1453 et l’église St. Sophie n’est autre que
le site mondialement connu comme Hagia Sophia).

Je dois avouer bien qu'avec une profonde tristesse au coeur que je


trouve les musulmans aujourd'hui dans la même position
déplorable des chrétiens à l'époque Byzantine. Les musulmans ont
dilapidé leur glorieux héritage. La communauté musulmane risque
de se désintegrer à n'importe quel moment. Les forces opposées
sont pleinement occupées à liquider leur héritage spirituel et
moral. Les principes même de l'Islam sont menacés. Les
mouvements athées qui se sont donnés pour mission d'anéantir la
religion s'acharnent contre la vie religieuse des musulmans aussi
avec toute force. De vastes populations musulmanes en Asie
Centrale, en Europe de l'est, dans les republiques du sud de
l’'URSS et en Chine sont sous le joug du communisme athé.
D'autres populations musulmanes subissent également l'emprise
du modernisme qui s'inspire d'un matérialisme outrancier.

Cette situation catastrophique exige que les musulmans s'unissent


fermement en consacrant toute leur énergie aux problémes
fondamentaux d'ordre moral et spirituel auxquels ils doivent faire
face. Et plus encore, ils doivent inviter les autres communautés
religieuses à se joindre à eux pour contrer la menace des
mouvements athés. Mais, tout au contraire, il y a certaines
personnes qui ne se lassent pas à créér des problèmes sans
importance pour diviser les musulmans et gaspiller leurs énergies.
De telles personnes ont bien sûr, un intéret personnel à servir. Ils
ne se souçient guère des conséquences néfastes que peuvent avoir
leurs actions sur l'Islam. II est, cependant, le devoir de tous les
musulmans sincères de veiller à ce qu'ils ne tombent pas dans le
piège et ne se laissent pas entrainer dans des débats futiles. Avant
de conclure, je prie Allah Tout-Puissant de bénir tous les
musulmans avec la juste comprehension afin qu'ils puissent
distinguer le bien du mal et se préserver des influences malsaines.
Ameen.

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