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chapitreII:

les problèmes de
l'exportation qui entravent
les entreprises marocaines
introduction 
I ; Les exportations marocaines

Les exportations marocaines


progressent fortement depuis des années. L’émergence de secteurs
d’avenir a en effet changé la donne, même si les activités traditionnelles
maintiennent leur cap. Pourtant, les PME restent à l’écart de cette
dynamique.

Les exportations marocaines poursuivent leur tendance haussière. En


2018, elles se sont accrues de 10,6 %, après avoir enregistré une
augmentation de 10,3 % en 2017, selon l’Office des Changes.

Ces chiffres dépassent nettement la croissance du PIB qui stagne entre


3 et 4 % depuis plusieurs années. Dans ce régime de « croissance molle
» que connaît le Maroc depuis la fin des années 2000, le secteur des
exportations détonne donc clairement. « L’effort d’exportation, mesuré
par le rapport entre les exportations et le PIB, s’inscrit en hausse depuis
2013, passant de20,6% à 23,4% en 2017 et 24,7% en2018 », indique
ainsi l’Office des Changes dans son rapport annuel 2018.

Le Royaume affiche néanmoins un déficit commercial important qui a


atteint 205,9 milliards de dirhams en 2018.

En effet, les importations sont elles aussi marquées par une hausse
constante : elles ont augmenté de 9,8 % en 2018. Le taux de couverture
s’élevait alors à 57,2 %, contre 56,8 % en 2017.

À la fin des années 2000, lorsque les exportations étaient largement


dominées par les produits agroalimentaires, les phosphates et le textile,
ces équilibres ont été profondément modifiés avec l’émergence des
secteurs d’avenir comme l’aéronautique ou l’automobile.

Depuis 2013, ce dernier est devenu le premier secteur exportateur alors


qu’il était quasiment inexistant il y a encore une dizaine d’années.
Suivent ensuite l’agroalimentaire, les phosphates et dérivés, le textile et
cuir et l’aéronautique.

1.1 Le Gouvernement lancer des stratégies sectorielles pour booster les


offres exportables
L’Europe, premier partenaire commercial
Les secteurs d’avenir ont bénéficié du soutien appuyé de l’État via le
Plan d’Accélération Industrielle (PAI) lancé en 2014 par le Ministère de
l’Industrie, du Commerce, de l’Économie Verte et Numérique.

Ils ont notamment profité de la création de zones franches ou encore de


subventions publiques. « Il y a quelques années, alors que le Maroc
engageait une stratégie d’ouverture de son marché et de mise en place
d’accords de libre-échange, l’État a constaté qu’il y avait un problème
d’offre et de compétitivité.

Ces bouleversements n’ont, en revanche, toujours pas remis en question


les partenariats traditionnels du Maroc : l’Europe reste le principal
partenaire commercial du Royaume en totalisant 66,4 % des échanges
commerciaux du Royaume.

 L’Espagne est le premier client et fournisseur du pays, talonnée par la


France.

Cette relation a été sécurisée par la signature d’un accord de libre-


échange avec l’Union européenne tandis que d’autres accords ont été
conclus avec la Turquie ou encore les États-Unis.

L’Asie arrive loin derrière l’Europe avec 16,2 % des échanges, suivie de
l’Amérique avec 11,1 % et de l’Afrique avec 5,3 %. Les échanges sont
en hausse constante avec tous les continents. Mais, si le Maroc affiche
sa volonté de se concentrer sur l’Afrique, les échanges avec le reste du
continent ont baissé en 2016 et 2017 avant de repartir à la hausse en
2018.
1.2 Les PME à l’écart

Les performances à l’export du Maroc sont avant tout réalisées par les
grandes entreprises.

En effet, alors qu’elles sont la colonne vertébrale de l’économie 

les PME restent relativement à l’écart de l’export Selon le rapport


Euromed du FEMISE « Identification des obstacles à l’intégration dans
les chaînes de valeurs mondiales des PME marocaines » de septembre
2019, elles représentent 40 % du PIB, 46 % de l’emploi, mais seulement
31 % des exportations.

« Dans le commerce international, il existe de fortes contraintes que les


grandes entreprises peuvent supporter plus facilement », analyse Nabil
Boubrahimi.

Pourtant, l’export peut s’avérer nécessaire pour permettre le


développement de l’entreprise. « Beaucoup d’entre elles sont passées
du statut de PME à celui de grande entreprise grâce à l’export, car la
taille du marché marocain n’est pas suffisante. »
1.3 les principaux obstacles rencontrés par les PME marocaines

le démarche des PME a l’export.

Interrogées, les entreprises citent, dans l’ordre,

1- la capacité à pénétrer les marchés

2- l’obtention d’un financement

3- les coûts de transport

4-la lourdeur des procédures douanières

5-le coût de la couverture contre le risque de change

6-la faiblesse de la R&D

7-la difficulté d’adapter les produits aux normes imposées sur les
marchés étrangers

8- le manque de main-d’œuvre qualifiée.

Résultat :

1.4 Les chiffres du Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie


Verte et Numérique

Relayés par L’Économiste, à peine 1 % des 600 000 entreprises du


Royaume exportent et 400 d’entre elles réalisent 90 % des flux.
L’enjeu des prochaines années sera donc de réussir à insérer les PME
marocaines dans la globalisation et, notamment, dans les chaînes de
valeurs mondiales.

L’étude du FEMISE montre que le Maroc est parvenu à améliorer son


intégration à ces chaînes de valeurs entre 1995 et 2011, mais que la part
de sa valeur ajoutée a diminué.

Les chercheurs estiment que « le Maroc devrait accroître sa


participation dans les [chaînes de valeurs mondiales] et surtout,
augmenter la part de la valeur ajoutée contenue dans les exportations,
qui est source de création de richesses pour le pays.

Cela peut passer par une plus forte implication des PME dans les
[chaînes de valeurs globales] et par une montée en gamme de son
système productif ».

1.5 méfiance entre les PME et les banques .

Le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le Parlement à


l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire, le 11 octobre
dernier, va dans ce sens. Le Souverain demande aux banques de
faciliter l’accès au financement pour les PME et demieux les
accompagner.

Il a notamment appelé à « soutenir les petites et moyennes entreprises


spécialisées dans les activités d’exportation, notamment vers l’Afrique, et
leur permettre de capter une partie de la valeur ajoutée générée au profit
de l’économie nationale ».

Bank Al-Maghrib et le Groupement Professionnel des Banques du


Maroc devront élaborer des mesures en ce sens.

« Il existe toujours une méfiance entre les PME et les banques.

Ces dernières estiment que les PME ne sont pas capables d’aller à
l’export, et les PME estiment que les banques imposent trop de critères
pour accéder à leurs services.
Les banques doivent changer de culture et ne plus chercher à minimiser
le risque quand elles traitent avec ces entreprises.

L’État, de son côté, doit notamment proposer des garanties », estime


Nabil Boubrahimi.

1.6 la nouvelle stratégie nationale de l’export élaborer par les banques

«les éléments de promotion des exportations », comme les désigne


Nabil Boubrahimi : les accords signés avec les autres pays, les
stratégies sectorielles, la stratégie nationale logistique. Selon le
chercheur, « le gouvernement n’a pas encore trouvé cette stratégie.

Elle devra permettre de donner une vision claire aux exportateurs et faire
émerger des mesures courageuses pour les booster sur les marchés
internationaux ».

1.7 Les dispositifs d’accompagnement dédiés à l’export

• AMDIE : l’Agence Marocaine de Développement des Investissements


et des Exportations est issue de la fusion en 2017 de Maroc Export, de
l’AMDI et de l’Office des Foires et Expositions de Casablanca (OFEC).
Organe du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie Verte
et Numérique, elle est notamment chargée d’organiser la participation du
Maroc aux salons internationaux, d’accompagner les investisseurs
étrangers ou encore de planifier des missions au profit des entreprises
qui souhaitent développer leur activité à l’export.

• SMAEX : la Société Marocaine d’Assurance à l’Exportation est une


société d’économie mixte créée par dahir en 1974. Elle propose deux
types de produits d’assurance pour les opérations d’exportation.

D’abord, l’assurance-crédit de marché qui protège contre les risques de


non-paiement et ensuite l’assurance export publique pour accompagner
l’entreprise dans, par exemple, ses opérations de prospection ou encore
sa participation aux salons internationaux.

• ASMEX : l’Association marocaine des exportateurs est une association


professionnelle qui s’est donnée pour mission de promouvoir les
exportations marocaines et d’accompagner les entreprises exportatrices.
• Programme d’appui aux primo-exportateurs : ce dispositif du Ministère
de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie Verte et Numérique est
destiné aux entreprises qui veulent se lancer à l’export. Il comprend un
accompagnement via du conseil, des formations et des aides
financières.
https://www.cfcim.org/magazine/70142

consulté le 28 avril 2020

II.Le poids des contraintes étrangle les exportations marocaines

2. Les opérateurs nationaux jugent inadéquats les services publics de


soutien au commerce international, selon le CMC
Le Maroc n’exporte pas suffisamment de produits et de services vers
l’étranger, déplorent les opérateurs nationaux qui précisent que plusieurs
contraintes entravent encore le développement des ventes marocaines
sur les marchés extérieurs.

Selon les résultats d’un sondage réalisé auprès de ces derniers au titre
du premier trimestre 2019, par le Centre marocain de conjoncture
(CMC), une large majorité d’entre eux (90%) estime que les ventes du
pays sur les marchés extérieurs demeurent insuffisantes.
En dépit des efforts déployés ces dernières années pour faire jouer aux
exportations un rôle d’impulsion, les résultats obtenus restent en deçà
des attentes, selon les conclusions de cette enquête consacrée au point
de vue des opérateurs sur le poids des contraintes dans le
développement des exportations marocaines.
Les opérateurs nationaux sondés pointent du doigt.

2.1 Les obstacles à la diversification de marchés d’exportation et à la


compétitivité .
En ce qui concerne la diversification du marché à l’exportation, les chefs
d’entreprise marocains font état de nombreux obstacles, selon le CMC. 
En effet, plus d’un quart des opérateurs nationaux (27,3%) considère
que les coûts liés au développement des marchés étrangers constituent
l’un des principaux obstacles à cette diversification

Tout comme le manque d’information sur les différents marchés


d’exportation potentiels qui, selon 23,9% d’entre eux, les empêche
également d’être présents sur plusieurs marchés.
Ce n’est pas tout. A en croire les patrons d’entreprises, d’autres
contraintes constituent également des obstacles importants à une plus
grande diversification des débouchés à l’international.

En l’occurrence, la taille des entreprises marocaines (20,5%), la


nécessité d’investir beaucoup en recherche et développement sur les
produits ou services exportables (14,8%) et les difficultés légales et
réglementaires à l’étranger (13,6%).
A propos de la diversification des marchés à l’exportation, une large
proportion des opérateurs (89,7%) affirment que les entreprises
marocaines sont fortement dépendantes des échanges avec l’Union
européenne du fait que les leurs produits sont destinés principalement à
ce marché, selon l’enquête du CMC
A noter que seuls 10,3% des sondés croient au contraire et soutiennent
que d’autres marchés leur sont accessibles.
Parmi les autres marchés qu’ils pourraient conquérir, plus d’un tiers des
opérateurs nationaux (31,1%) mettent au premier rang le marché
africain. 
« Les autres marchés potentiels cités par une proportion non négligeable
des opérateurs sont le marché asiatique (17,6%) et le marché arabe
(16,6%) », souligne le CMC, indiquant que les marchés américains et
maghrébins ont été, également, reconnus comme espaces susceptibles
d’être explorés par 14,3% des sondés. 

2.2 les obstacles qui pèsent sur la compétitivité des entreprises


marocaines à l’international
« Le marché européen semble être suffisamment exploré puisque seuls
5,9% des chefs d’entreprise pensent qu’il faut continuer à chercher à
pénétrer d’autres marchés européens »

l’enquête relève quatre facteurs

1. le manque d’aide à la recherche le


2. le manque d’aide au développement
3. l’insuffisance des aides à l’exportation
4. le coût du transport .

que 16,7% des industriels marocains sondés considèrent comme


importants.
« Selon ces mêmes opérateurs le coût des composantes des produits
(13%), les lois et les règlements à l’étranger (10,2%) et dans une
moindre mesure les impôts et taxes au Maroc (8,3%) pèsent
négativement sur la compétitivité à l’exportation de l’économie
marocaine », souligne l’enquête.
Parmi les autres facteurs qui influencent également la compétitivité des
entreprises marocaines sur les marchés mondiaux, les opérateurs citent

5. les barrières tarifaires à l’étranger (8,3%)


6. le coût de la main-d’œuvre locale (4,6%).

« A ces différentes contraintes qui entravent le développement des


ventes marocaines sur les marchés extérieurs viennent s’ajouter, selon
ces mêmes enquêtés, les services publics de soutien au commerce
international qui sont jugés inadéquats par 79,4% d’entre eux », note
également le CMC.
Afin de favoriser la compétitivité des entreprises marocaines, plus d’un
tiers des opérateurs nationaux (37,7%) estime que des mesures de
financement pour le développement des exportations sont nécessaires. 
« Les autres avis sont partagés entre des actions en faveur de
programmes d’amélioration de la productivité (23,5%), des crédits
fiscaux à la recherche et au développement (21,2%) et de l’appui au
financement bancaire (17,6%) », conclut le CMC.
https://www.libe.ma/Le-poids-des-contraintes-etrangle-les-exportations-
marocaines_a107353.html consulté le 26 avril 2020

CMC Centre marocain de conjoncture

lll. logistiques et administratives pour le commerce international.

Les entreprises des régions moins bien


équipées comme celles d’Agadir, de Fès ou de Marrakech sont
davantage affectées. Ces régions abritent de
nombreuses entreprises exportatrices de produits agricoles et
agroalimentaires qui paraissent dès lors plus
sensibles aux MNT que les entreprises des autres secteurs.

La perception des MNT est étroitement liée aux


secteurs d’activité des entreprises, qu’elles soient exportatrices ou
importatrices.
À l’exportation, les aliments et les produits agricoles sont davantage
affectés par des obstacles au
commerce que les produits manufacturés.
La proportion des entreprises affectées par des MNT ou d’autres
obstacles au commerce est en effet bien plus faible dans le secteur du
textile, de l’habillement et des cuirs
comme dans tous les autres secteurs manufacturiers.
Ces produits sont bien souvent utilisés comme biens
intermédiaires dans les pays importateurs dont l’Union européenne, les
États-Unis ou encore l’Inde, et
peuvent bénéficier de ce fait de conditions plus souples pour leurs
importations.
Les produits agricoles
peuvent en revanche se retrouver en concurrence avec les produits des
pays partenaires et sont
généralement sujet à davantage de contrôles que les produits
manufacturés du fait des risques qu’ils
peuvent représenter pour la santé des consommateurs.

généralement des biens ou des matières premières destinées à la


production ou au conditionnement de
leurs produits, tandis que les entreprises transitaires importent tout type
de biens pour le compte d’un
revendeur ou d’un fabricant, ou pour les vendre elles-mêmes sur le
marché domestique ou les réexporter.

3.1 Obstacles au commerce des produits agricoles et alimentaires

A l’exportation, 56% des entreprises du secteur rencontrent des MNT


contraignantes et d’autres obstacles
au commerce.
Les problèmes rencontrés sont très spécifiques aux produits exportés et
concernent
principalement des mesures appliquées par les pays partenaires. Parmi
les principaux pays appliquant des
MNT contraignantes, on retrouve les marchés traditionnels de l’Union
européenne ainsi que des marchés
plus récents comme la Fédération de Russie et la Chine.
Les principales MNT rapportées par les entreprises exportatrices
interviewées portent sur des exigences
techniques et des procédures étrangères d’évaluation de la conformité
des produits. Elles rapportent
notamment faire face à des exigences contraignantes en matière de
limites de tolérance de résidus,
l’étiquetage et les procédures de certification, qui frappent
particulièrement les produits agricoles frais dont
les asperges, les fruits (notamment les oranges) et certaines épices.
De l’avis des experts, la montée des
inquiétudes dans les pays consommateurs des produits alimentaires
quant à la salubrité et la conformité de
ces produits s’est traduite par le renforcement des exigences en matière
de l’utilisation des pesticides et de
certains produits chimiques dans la production et la transformation de
ces produits. Ces mesures impliquent
souvent un nombre élevé de documents à produire ainsi que des frais
supplémentaires pour se conformer
aux exigences et/ou obtenir les documents requis.
Des restrictions quantitatives sont également rencontrées
dans la filière halieutique. Les prohibitions pour des raisons techniques
telles que la sécurité nationale, la
prévention de pratiques trompeuses, ou encore la protection de la
sécurité et de l’environnement, pénalisent
également fortement les exportateurs du secteur. Les entreprises
exportatrices de produits de la mer sont
également affectées par des MNT appliquées par le Maroc.

3.2 Les difficultés rencontrées par les entreprises.

concernent des exigences en matière d’inspection à l’exportation.


La majorité des MNT
appliquées par les partenaires ou par le Maroc sont à l’origine
d’obstacles procéduraux (OP) se déroulant au maroc.

Les retards des procédures administratives au Maroc représentent un


tiers des problèmes rencontrés
par les exportateurs interviewés.
Les problèmes administratifs et les frais exceptionnellement élevés
figurent
également parmi les principaux obstacles rencontrés par les entreprises
interviewées. Les obstacles se déroulent généralement en 

1- douane
2- les laboratoires habilités à procéder aux contrôles et inspections

qui s’avèrent trop nombreuses et trop coûteuses.

(OP)  obstacles procéduraux

MAROC : PERSPECTIVES DES ENTREPRISES

IV-SÉRIE DE L’ITC SUR LES MESURES NON TARIFAIRES


L’industrie du textile, de l’habillement et du cuir est l’une des plus
importantes au Maroc.

le secteur représente près de 38% des emplois de l’industrie marocaine,


et au moins autant dans le secteur informel,
selon les responsable de l’Association marocaine des industries du
textile et de l’habillement (AMITH). Les
exportations marocaines dans ce secteur ont cependant diminué depuis
2008 face au recul de la demande
européenne et les contraintes qui peuvent peser sur les échanges
commerciaux.

Les exportations du secteur sont moins entravées par des obstacles non
tarifaires que celles du secteur
agricole.
Les principales MNT contraignantes rencontrées par les exportateurs
interviewés concernent des
mesures appliquées par le Maroc notamment en matière
d’enregistrement et d’inspection des produits.
Ces
entreprises se sont également plaintes des exigences étrangères en
matière d’enregistrement ainsi que des
conditions relatives à l’origine des produits.
La majorité des ces mesures génèrent des obstacles
procéduraux au Maroc. Il s’agit tout d’abord de contraintes relatives aux
infrastructures que les entreprises
associent généralement au processus d’enregistrement à l’exportation,
ainsi que de lourdeurs et retards
administratifs.

Les importations semblent souffrir davantage d’obstacles non tarifaires


que les exportations. Plus de la
moitié des mesures contraignantes rencontrées concernent des
exigences en matière d’inspection physique
des marchandises. Les autres mesures portent sur les procédures de
mise en conformité et les frais de
manutention et d’entreposage des marchandises. Ces mesures semblent
liées, dans la mesure où
l’inspection technique (évaluation de la conformité) et physique (contrôle
des marchandises) et l’évaluation
en douanes des marchandises se déroulent généralement au même
moment et au même endroit. Elles sont
généralement perçues comme contraignantes en raison des
infrastructures qu’elles nécessitent et des
retards qu’elles peuvent occasionner. Ces obstacles s’ajoutent à des
paiements informels constatés par les
importateurs du secteur.

Les responsables de l’AMITH confirment que certains obstacles


persistent dans le secteur mais que de
nombreuses améliorations ont également été observées notamment en
matière de contrôle douanier. Selon
l’AMITH, il y a bien eu certains problèmes en douane notamment lors du
lancement de la Base automatisée
des douanes en réseau (BADR) qui dut même être momentanément
suspendue mais ces principaux
problèmes ont été progressivement résolus. Ainsi, le système BADR qui
semblait être la source de la plupart
des problèmes cités par les entreprises de l’échantillon du fait de ses
pannes fréquentes au début,
fonctionne actuellement correctement, selon cette association
professionnelle, et apporte de nombreuses
améliorations et une grande convivialité d’utilisation par rapport au
système antérieur (SADOC). Afin de
faciliter, à l’avenir, de tels changements il conviendrait d’apporter
davantage de formation et d’information
aux entreprises. Au-delà des résultats de l’enquête, les responsables de
l’AMITH proposent de réviser les
règles d’origine sur le marché européen afin que les produits textiles
marocains obtiennent le statut de
production nationale quelle que soit la méthode et le procédé de
fabrication. D’autre part, le
transport international doit être facilité et les coûts réduits afin que les
produits exportés restent compétitifs.

Obstacles au commerce des autres produits manufacturés

Les produits manufacturés (hors textile et habillement) semblent jouir de


meilleures conditions d’accès au
marché que les autres produits marocains. Cependant, de nombreux
obstacles persistent. Un tiers des
exportateurs et deux tiers des importateurs de produits manufacturés
souffrent d’obstacles non tarifaires.
Les entreprises sont confrontées à des obstacles transversaux
provenant généralement des règlements
marocains et de leur mise en œuvre, et il existe,
à l’exportation, des obstacles spécifiques aux différentes
filières.
Il existe des obstacles transversaux au commerce des produits
manufacturés
qui proviennent généralement
des contrôles et des inspections nationales des marchandises, et des
procédures qui y sont liées. Les
autorités marocaines réalisent généralement un contrôle documentaire
des produits entrant et sortant, et
parfois des contrôles ou analyses plus approfondis selon le type de
produits. Ces formalités sont, selon les
entreprises, trop nombreuses et trop complexes. Les opérateurs se
plaignent surtout du contrôle des
importations jugé trop sévère et intransigeant. Ces mesures se
traduisent par l’apparition de plusieurs

https://vi.unctad.org/resources-mainmenu-64/digital-library?
view=show&doc_name=758_maroc_persp consulté le 27 avril 2020

MNT  MESURES NON TARIFAIRES


4.1Limites du marché de change marocain actuel

Si tout le monde s’accorde à dire que le marché des changes marocain a


démarré dans de bonnes conditions et fonctionne de manière plus ou moins
satisfaisante, il est loin de remplir pleinement la mission pour laquelle il a été
institué : à savoir aider les entreprises à améliorer leur compétitivité et à
accroître leurs performances sur les marchés extérieurs. Certes, il est encore
prématuré de porter un jugement définitif sur ce marché. Il s’agit d’un marché
très jeune qui ne traite pas l’ensemble des opérations et dont le volume des
transactions effectuées est encore modeste. En outre, les obstacles auxquels se
heurte ce marché sont loin d’être négligeables. Ils sont d’ordre culturel,
structurel et professionnel et ils interpellent l’ensemble des acteurs qui
interviennent sur le marché. Impact de la libéralisation du marché des changes
marocain 25 La Revue Subsaharienne d’Economie et de Finance, N° 10, 2018 1.

4.2 Les obstacles culturels :

Ils sont en rapport avec la question suivante : Comment peut-on expliquer le


peu d’intérêt manifesté par les entreprises

au fonctionnement de ce marché et plus particulièrement à la gestion du


risque de change ? Il y a une tradition historique au Maroc qui consiste à vivre
dans un univers fortement administré.

Jusqu’au début des années 90, la vie d’un financier d’entreprise comme celle
d’ailleurs d’un banquier était rythmée par la réglementation des prix et des
changes, l’encadrement du crédit, la bonification des taux d’intérêt, le
financement sélectif, la tarification uniforme de l’épargne et du crédit, la
fixation administrée des taux de changes ... Bref, tout était réglementé dans le
moindre détail. La plupart des entreprises actuelles ont passé une grande
partie de leur vie professionnelle dans cet univers. Elles sont culturellement
plus proches des règlements que du marché. C’est ce qui empêche d’ailleurs les
trésoriers et les financiers d’entreprises de s’orienter spontanément vers la
prise en compte réelle des risques financiers.

4.3– Les faiblesses structurelles

L’existence d’un marché monétaire fiable et transparent est une condition au


bon fonctionnement du marché des changes. Or l’absence, pour le moment,
d’une grille de taux des prêts et emprunts en dirham constitue un handicap
pour les opérateurs qui interviennent sur le marché à terme. Cette grille devant
être systématiquement affichée sur l’écran Reuter, elle se veut une
composante essentielle dans le calcul du change à terme. Par ailleurs, les
opérations de swaps sont trop peu utilisées par les banques. Bien qu’elles
soient légalement autorisées par la Banque centrale, les opérateurs n’en
perçoivent pas encore l’utilité. Pourtant, les swaps apportent un complément
appréciable en matière de couverture du risque de change.

Enfin, l’absence de techniques de couverture contre la variabilité des taux


d’intérêt risque de limiter l’utilisation des swaps par des opérateurs qui
souhaitent avoir une vision globale de la couverture des risques dans le cadre
d’une véritable gestion financière. Mohamed Solimani & Horia Zaam 26 The
SubSaharan Review of Economics and Finance, N° 10, 2018 3.

4.5– Le manque d’information et de formation

Le marché des changes a donné lieu à la création de nouveaux métiers. Si les


banquiers s’y sont préparés en formant des cambistes, les entreprises, en
revanche, n’ont donné à leurs trésoriers aucune formation particulière. Or ce
sont ces trésoriers qui sont appelés à dialoguer avec les cambistes. Non
seulement ils doivent comprendre les produits qu’on leur propose, mais ils
doivent aussi savoir arbitrer et négocier en connaissance de cause. Quelle que
soit la pertinence des instruments utilisés dans ce marché, aucun résultat
probant ne peut être obtenu si le trésorier ou le financier de l’entreprise à qui
sont destinés ces instruments n’est pas en mesure de les assimiler, de les
exploiter et d’en tirer profit. On ne saurait donc trop insister sur le rôle
fondamental de la formation et du perfectionnement V.
5– Conclusion

Dans cette étude, nous nous sommes arrêtés sur les interrogations actuelles
sur l’avenir du marché de change marocain et la façon dont les principaux
acteurs économiques, à savoir les entreprises s’adaptent à son changement. Au
centre de ces interrogations, se trouve naturellement le problème de
l’efficacité de la manipulation du taux de change. Cette efficacité ne dépend
pas seulement des différentiels d’inflation et d’intérêt, mais aussi d’autres
facteurs tels que le niveau de développement atteint par le secteur industriel
ou encore la spécialisation de l’insertion internationale. Toute manipulation du
taux de change aura des influences directes ou indirectes sur les structures. Le
problème reste de savoir si cette manipulation est de nature à favoriser la
mutation structurelle désirée. Finalement, en matière de libéralisation du
marché des changes, le Maroc a franchi une grande étape et on peut même
dire que, sur ce point, il dépasse de nombreux pays autrement plus à l’aise en
matière de balance des paiements. Le problème est aujourd’hui de savoir
comment, dans une conjoncture moins favorable, voire défavorable, le pays
peut s’appuyer sur son marché, le marché des changes, pour relever nombre
de défis qui se présentent. Impact de la libéralisation du marché des changes
marocain.
Chapitre III

Les obstacles internationaux à l'exportation des entreprises marocaines.

Les nombreux obstacles à l’exportation

Les exportateurs sont confrontés à de nombreux défis lorsqu’ils essaient


de vendre leurs produits et services sur les marchés étrangers.

1.Obstacles à l’exportation
(Pourcentage des entreprises)

Obstacles à l’exportation   % des entreprises


Manque de savoir-faire
  7,9 %
en matière de gestion
Efficacité, capacité
ou fiabilité des   8,4 %
infrastructures de transport
Préoccupations en matière   8,5 %
de protection de la propriété
Obstacles à l’exportation   % des entreprises
intellectuelle
Accès au financement   10,4 %
Obstacles juridiques ou
  10,4 %
administratifs au Canada
Réception de paiement
  10,6 %
de la part de clients étrangers
Tarifs ou barrières
  13,9 %
commerciaux étrangers
Insuffisance de ressources
  15,6 %
internes ou de capacité
Obstacles juridiques ou
  16,9 %
administratifs étrangers
Identification des partenaires,
des fournisseurs ou des   17,1 %
distributeurs étrangers
Identification des clients étrangers  18,4 %
Incertitude en matière
de normes étrangères   19,4 %
ou internationales
Frais d’expédition   22,6 %
*Entreprises qui ont considéré les obstacles énumérés comme
« difficiles » ou « très difficiles » à relever.
L’Enquête sur l’innovation et les stratégies d’entreprise 2017 de
Statistique Canada a demandé aux entreprises de classer selon la
difficulté divers obstacles pour exporter ou tenter d’exporter des biens ou
des services. Les frais d’expédition sont l’obstacle le plus fréquemment
signalé (22,6 %), suivi par l’incertitude en matière de normes étrangères
ou internationales (19,4 %) et par l’identification des
clients étrangers (18,4 %).
Le résultat

Bien qu’il existe de nombreux obstacles à l’exportation, le Service des


délégués commerciaux du Canada (SDC) peut vous aider à les
surmonter. Depuis plus de 120 ans, le SDC aide des entreprises à
naviguer sur les marchés internationaux. Nos délégués commerciaux du
Canada se trouvent dans plus de 160 villes dans le monde et peuvent
vous fournir des renseignements commerciaux clés et un accès à un
réseau incomparable de contacts d’affaires internationaux.

80 % des clients du SDC affirment que…


Les délégués commerciaux les ont aidés à entrer en contact avec des
personnes-ressources d’entreprises étrangères qui autrement auraient
été plus difficiles à identifier ou à consulter.
Les délégués commerciaux les ont aidés à avoir la confiance nécessaire
pour explorer ou étendre leurs activités dans les nouveaux
marchés mondiaux.

https://www.deleguescommerciaux.gc.ca/canadexport/0003497.aspx?
lang=fra&fbclid=IwAR29atWlbvhEXSqe0O6KIticsrUYf1bwBh7u8CF1OFJvSNt4iP
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consulté 1 mai 2020