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ECOLE SUPERIEURE DES

SCIENCES ET TECHNIQUES DE
LA SANTE DE SFAX

Cours de
Gériatrie

Pr. Ag. Wajdi KETATA


Généralités sur le vieillissement

Les Objectifs :
Au terme de ce cours, l’étudiant doit être capable de:
1- Définir le vieillissement, la gériatrie, la personne âgée, le troisième et le
quatrième âges.
2- Préciser les principales caractéristiques statistiques de la population âgée.
3- Expliquer les principaux aspects de la physiologie du vieillissement.
4- Détailler les aspects macro anatomiques des personnes âgées.
5- Rapporter le vieillissement des systèmes physiologiques
Le document de base :
I- DÉFINITIONS :
Le vieillissement : c’est le fait de vieillir ou c’est l’action du temps sur les
organismes vivants.
La gérontologie : c’est la science qui étudie le vieillissement normal et
pathologique sous ses différents aspects : médical, socio-économique, culurel,
psychologique et démographique.
La gériatrie : c’est une discipline médicale visant à la pise en charge de la
personne âgée malade (diagnostic, traitement et prévention des maladies) comme la
pédiatrie prend en charge les enfants malades.
Le sujet âgé : c’est celui dont l’âge est supérieur ou égal à 65 ans.
Le 3ème âge : c’est la période de la vie qui s’étend de 65 ans jusqu’au 4ème
âge.
Le 4ème âge : c’est la période de la vie qui commence dès l’apparition d’un
handicap ou à partir de 85 ans.
II- EPIDÉMIOLOGIE
1- Dans le monde :
En 2000, le nombre de personnes âgées était d’environ 600 Millions
(population mondiale 6 milliards). Actuellement, ces personnes âgées vivent surtout
dans les pays développés oŭ elles représentent environ 15 à 20% de la population.
C’est le groupe d’âge dont le nombre augmente le plus, particulièrement dans
les pays en voie de développement. Ainsi, on estime qu’en 2050, il y aura 2 milliards
de personnes âgées dont la majorité vivra dans les pays en voie de développement
(population mondiale 10 milliards).
L’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes. C’est
pourquoi les femmes représentent la majorité des personnes âgées ( 60%). Ceci
est particulièrement vrai aux grands âges (au delà de 75 ans).
2- En Tunisie :
En 2014, les personnes âgées de plus de 60 ans ont représenté 11.7% de la
population (1285000) avec une espérance de vie de 72 pour les hommes et 74 ans
pour les femmes.
En 2030, il y aura 2 millions de personnes âgées de plus de 60 ans (1/6 de la
population).
III- PHYSIOLOGIE DU VIEILLISSEMENT :
Le vieillissement est un processus physiologique aboutissant à une diminution
des réserves fonctionnelles de l’organisme. Ces réserves lui permettent de
surmonter des situations difficiles (effort, maladie). L’organisme vieillissant n’a plus à
sa disposition ces réserves. Il ne peut donc plus faire face avec succès à certaines
situations physiologiques (effort, adaptation climatique) ou pathologiques (maladies,
accidents).
Le vieillissement est un processus lent, progressif et irréversible qui doit être
distingué des manifestations des maladies. Il touche de façon variable les différents
organes constituant notre organisme (variabilité intra-individuelle). Il se manifeste de
façon différente entre les individus (variabilité inter-individuelle). Nous distinguons 3
types de vieillissement :
▪ Vieillissement normal : avec des atteintes définies comme physiologiques,
liées à l’âge de certaines fonctions ; il entraine une diminution de la résistance
et de l’adaptabilité de l’organisme à son environnement.
▪ Vieillissement pathologique : accéléré par la survenue de morbidités :
dépression, démence, troubles de la locomotion, troubles sensoriels,
affections cardio-vasclaires favorisant l’émergence de pathologies aiguës.
▪ Vieillissement réussi : avec maintien des capacités fonctionnelles ou atteinte
très modérée de celles-ci avec absence de pathologies.

IV - Vieillissement des systèmes physiologiques:


1- Le vieillissement cellulaire

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Nous naissons avec un certain nombre de cellules post mitotiques (qui ont
perdu la capacité de se diviser) qui vont disparaître tout au long de notre existence
sans être remplacées. Les cellules survivantes vont accumuler des signes de
sénescence (dépôts de lipofuschine, réticulum endoplasmique moins dense…).
Parallèlement, la capacité de régénération des cellules souches et intermitotiques
(qui ont la capacité de se diviser) va décroître au cours du vieillissement.
2- Le vieillissement du tissu conjonctif
* Le collagène augmente quantitativement et se détériore qualitativement ;
3- Le vieillissement du système nerveux
* La masse et le volume du cerveau diminue
* Le nombre des neurones corticaux diminue
* La substance blanche se raréfie
* Le débit sanguin cérébral diminue
* Les neurotransmetteurs diminuent.
4- Le vieillissement de l’appareil locomoteur
* Le vieillissement du muscle squelettique s traduit au plan histologique par
une diminution de la densité en fibres musculaires, au plan anatomique par une
réduction de la masse musculaire (sarcopénie) et au plan fonctionnel par une
diminution de la force musculaire.
* Le vieillissement osseux se caractérise par la réduction de la densité
minérale osseuse principalement chez la femme sous l’effet de la privation
oestrogénique de la ménopause.
* Le vieillissement du cartilage articulaire se caractérise essentiellement par la
diminution de son contenu en eau, la réduction du nombre de chondrocytes. Ces
modifications génèrent un amincissement du cartilage et une altération de ses
propriétés mécaniques à l’origine de l’arthrose.
5- Le vieillissement du système cardio-vasculaire
* Diminution de l’élasticité et de la contractilité cardiaque ;
* Diminution du débit cardiaque ;
* Diminution de la tolérance à l’effort ;
* Le système de conduction se modifie aboutissant à des troubles de la
conduction ;
* Les anneaux moléculaires se calcifient.

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6- Le vieillissement du système respiratoire
*La surface pulmonaire décroît régulièrement
* Les débits respiratoires, la capacité vitale et la pression partielle en O2
diminuent.
7- Le vieillissement du système digestif
* Modifications de l’appareil bucco-dentaire
* Réduction des sécrétions acides gastriques
* Ralentissement du temps de transit par diminution du péristaltisme
* Diminution du débit sanguin hépatique entraînant une réduction de la
clairance métabolique (médicaments)
8- Le vieillissement du système urinaire
* Petre du nombre de néphrons fonctionnels induisant une réduction de la
filtration glomérulaire et des capacités d’élimination du rein
* Diminution de la clairance rénale
9- Le vieillissement des organes sexuels
* Chez la femme, la ménopause s’accompagne de l’arrêt de la sécrétion
ovarienne d’œstrogènes, de la disparition des cycles menstruels, de l’involution de
l’utérus et des glandes mammaires.
* Chez l’homme, il se produit une diminution progressive de la sécrétion de
testostérone. Une proportion importante d’hommes âgés conserve une
spermatogenèse suffisante pour procréer. Le vieillissement s’accompagne d’une
augmentation du volume de la prostate.
10- Le vieillissement du système immunitaire
La réponse immunitaire humorale est globalement préservée chez les
personnes âgées. En revanche, les réponses immunitaires à médiation cellulaire
sont diminuées, notamment celles impliquant les lymphocytes T. L’organisme âgé
devient de ce fait plus sensible aux agressions microbiennes et aux cancers.
11- Le vieillissement des organes des sens
* L’œil : le vieillissement oculaire s’accompagne d’une réduction de
l’accommodation (presbytie) gênant la lecture de près. Ce processus débute en fait
dès l’enfance, mais les conséquences fonctionnelles apparaissent vers l’âge de la
cinquantaine. Il se produit aussi une opacification progressive du cristallin débutant à
un âge plus tardif et retentissant sur la vision (cataracte).

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* L’oreille : perte progressive de l’audition, portant principalement sur les sons
aigus, à l’origine d’une presbyacousie.
V - Les changements macro-anatomiques :
Le vieillissement normal d’un individu entraîne un certain nombre de
modifications apparentes ou non de l’organisme :
* La proportion d’eau diminue ;
* La masse grasse augmente ;
* La masse musculaire diminue ;
* La taille diminue à partir de 50 ans : d’environ 3 cm pour l’homme ;
* La taille diminue à partir de 50 ans : de 4 à 5 cm pour la femme;
* L’épaisseur de l’abdomen, de la cage thoracique, la largeur du nez, la
longueur du pavillon de l’oreille augmente linéairement avec l’âge ;
* L’élasticité de la peau diminue ;
* Les cheveux deviennent gris ;
* Les poils se raréfient.

L’évaluation:
1- Définir le vieillissement, la gériatrie, la personne âgée, le troisième et le
quatrième âges.
2- Quelles sont les principales caractéristiques statistiques de la population
âgée ?
3- Décrire brièvement les principales modifications macro-anatomiques en
rapport avec le vieillissement.
4- Décrire brièvement la principale caractéristique physiologique du
vieillissement.
5- Rapporter le vieillissement des systèmes physiologiques.

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La prévention en Gériatrie

Les Objectifs :
Au terme de ce cours, l’étudiant doit être capable de:
1- Décrire la prévention des maladies.
2- Détailler les moyens non médicamenteux de lutte contre le vieillissement.
3- Détailler les moyens médicamenteux de lutte contre le vieillissement.

Le document de base :
I- La promotion de la santé :
Chez le sujet âgé, la promotion de la santé et du bien être vise l’amélioration
et la préservation de l’autonomie et de l’intégration sociale optimale. Autonomie est
définie comme étant la capacité qu’a un individu de se gouverner lui-même.
Les secteurs socio-économiques et socio-politiques jouent un rôle important à
coté du secteur sanitaire pour la promotion de la santé.
II- La prévention de la Maladie :
Elle vise la diminution de l’incidence de la maladie et de ses conséquences
sur le malade et sa famille.
On distingue 3 niveaux de prévention :
1- Primaire : vise à empêcher l’apparition d’un problème de santé. Exemple :
la prévention de la grippe par la vaccination antigrippale et la prévention du tétanos
par la vaccination anti-tétanique. Ceci permet la diminution de survenue de maladies
graves responsables de décès et de séquelles parfois graves.
2- Secondaire : vise l’arrêt ou le ralentissement de la progression de la
maladie à un moment précoce de son évolution naturelle (exemples : le dépistage
précoce du cancer du sein, le traitement de l’hypertension artérielle...). Ceci permet
la prévention de ses complications et réduit sa gravité.
3- Tertiaire : vise la diminution des conséquences et des répercussions d’une
maladie déjà survenue. Exemple : Le traitement et la réadaptation de l’hémiplégique.
Ceci permet la diminution de ses séquelles et de ses conséquences sur le malade et
sa famille.
La prévention est intéressante dans plusieurs maladies :
• Le tétanos : vaccination anti-tétanique avec des rappels réguliers tous les 10
ans durant toute la vie.
• La grippe : la vaccination antigrippale est recommandée à partir de 65 ans
ou en cas de pathologie chronique chez les malades plus jeunes. Une seule injection
en sous cutanée ou en intramusculaire est nécessaire, tous les ans, entre septembre
et Novembre. La seule contre indication étant l’allergie aux œufs.
• L’infection à pneumocoque est prévenue par la vaccination anti-
pneumococcique qui a les mêmes indications que la vaccination antigrippale.
• Les maladies cardiovasculaires : Les mesures utilisées pour lutter contre les
maladies cardiovasculaires se basent surtout sur un régime pauvre en lipides et en
glucides, une activité physique régulière, l’éviction du stress et du tabac.
• Les cancers du sein: L’autopalpation, des consultations médicales régulières
ainsi qu’une mammographie tous les 2 à 3 ans (à partir de 35 à 40 ans) sont
nécessaires au dépistage précoce de cette maladie fréquente chez la femme et dont
le traitement est fonction de la précocité du traitement.
• Les cancers du col de l’utérus : Les frottis cervico-vaginaux périodiques sont
nécessaires pour le dépistage du cancer du col de l’utérus. Le cancer du col est le
2ème cancer après le cancer du sein.
• L’ostéoporose : est prévenue par plusieurs mesures : activité physique
régulière, apport alimentaire suffisant en calcium dès le jeune âge, le traitement
hormonal substitutif de la ménopause.
• Le traitement hormonal substitutif de la ménopause : doit se faire sous un
contrôle médical rigoureux. Il permet de prévenir plusieurs complications : les
infections urinaires à répétition, l’ostéoporose, les fractures osseuses, les troubles de
l’humeur, la dyspareunie (les douleurs au cours du rapport sexuel)...
• L’alcoolisme, la toxicomanie (surtout la consommation excessive des
médicaments) et le tabagisme : sont à prévenir ou à arrêter chez le sujet âgé.

III- Stratégies pour ralentir le vieillissement :


Le vieillissement en tant que conséquence du temps qui passe est un phénomène
obligatoire et inéluctable. Toutefois, plusieurs travaux de recherche ont montré qu’il
est possible d’influencer le vieillissement par des mesures préventives.
A- Les techniques non hormonales :

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Elles se basent surtout sur la restriction calorique et l’activité physique.
a- La restriction calorique :
Les besoins énergétiques permettent de conserver une bonne santé, une
nécessaire activité et une composition corporelle normale. Ils sont de l’ordre de
36kcal/kg/j.
Les besoins nutritionnels des sujets âgés ne sont pas différents par rapport à
la population adulte. Les dépenses énergétiques sont dispensées de la même
façon : 60% pour les besoins du métabolisme de base, assurant le métabolisme
oxydatif nécessaire au maintien de la vie, 10% pour la thermorégulation et 30% pour
l’activité physique.
Les protéines ont un rôle de structure (renouvellement tissulaire) comme ils
ont un rôle fonctionnel (activité enzymatique et action anti-infectieuse par la
production d’anticorps). Les besoins protéiques chez les sujets âgés sont plus
importants en raison de la diminution des réserves et constituent de 12 à 15% de la
ration calorique journalière. Cet apport protéique devrait se situer à 1,1 – 1,2g/k/j
contre 1g/kg/j chez un adulte et aller jusqu’à 1,5 g/kg/j en cas d’hypercatabolisme.
Les protéines doivent être réparties en moitié protéines animales et moitié protéines
végétales.
Les besoins glucidiques représentent 50 à 55% de la ration calorique. L’apport
des glucides doit être réduit chez les personnes âgées particulièrement les glucides
à absorption rapides (les sucreries). Les 2/3 des glucides doivent être sous fore de
sucres complexes.
Les lipides : La ration calorique lipidique ne doit pas excéder 30%. Les acides
gras se présentent sous 3 formes
-AG saturés : beurre, graisse animale (1/4)
-AG mono-insaturés : huile d’olive (2/4)
-AG poly-insaturés : huiles végétales, noix, cacahuètes, huile de poissons
(1/4)
Les apports en vitamines, en sels minéraux et en oligo-éléments pour les
personnes âgées sont les mêmes que ceux préconisés pour les adultes et assurés
habituellement par une alimentation équilibrée. Par contre, la vitamine D est mal
synthétisée chez les sujets peu exposés au soleil et les apports alimentaires en
calcium sont trop faibles dans la population générale et n’arrivent pas aux 900mg/j

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recommandés. Il est donc indispensable de supplémenter l’alimentation des
personnes âgées en vitamine D et calcium pour atténuer le risque d’ostéoporose.
Les aliments contenant les fibres alimentaires sont fortement conseillés. En
effet, les fibres ont un effet métabolique (ralentissement de l’absorption intestinale de
glucose et de lipides) et ont un effet régularisant du transit intestinal.
La plupart des sujets âgés réduisent leur consommation liquidienne par
diminution de la sensation de soif. L’âge s’accompagne d’une réduction du pouvoir
de concentration des urines. L’apport hydrique quotidien doit être de l’ordre de 2,5L/j
fourni pour moitié par les boissons, l’autre moitié étant apportée par l’eau de
constitution des aliments et l’eau produite par les réactions d’oxydation.
b- L’exercice physique :
Une bonne activité physique au bon rythme favorise le maintien d’une bonne
santé. Elle améliore l’état cardiovasculaire et diminue la probabilité de survenue de
maladies cardiovasculaires, des AVC et de certains cancers. Elle améliore aussi le
métabolisme des glucides, retarde les anomalies des fibres musculaires liées au
vieillissement et améliore la fonction cérébrale.
B- Les techniques hormonales :
Plusieurs hormones pourraient avoir des effets bénéfiques telles que la
Dihydroépiandrostérone (DHEA), l’hormone de croissance, la mélatonine... Ces
traitements sont coûteux et leur utilisation et leur efficacité sont discutées.
Le traitement substitutif d la ménopause par son action sur l’os, la peau, le
cerveau et les organes uro-génitaux, s’oppose à certains effets du vieillissement
chez la femme.
L’évaluation:
1- Décrire les trois niveaux de prévention des maladies en donnant des exemples.
2- Détailler l’alimentation en tant que moyen non médicamenteux de lutte contre le
vieillissement.
3- Détailler le rôle de l’activité physique en tant que moyen non médicamenteux de
lutte contre le vieillissement.
4- Citer les principaux moyens médicamenteux de lutte contre le vieillissement.

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Les aspects sociaux du vieillissement

Les Objectifs :
Au terme de ce cours, l’étudiant doit être capable de:
1- Décrire les principales causes des problèmes sociaux.
2- Détailler les principaux problèmes liés à la retraite.
3- Expliquer les principaux problèmes familiaux rencontrés par les personnes âgées.
4- Préciser les principaux problèmes rencontrés par les aidants naturels.

Le document de base :
Les modifications profondes du vingtième siècle ont créé des problèmes sociaux
touchant surtout les personnes âgées :
*L’urbanisation (avec l’affaiblissement des liens sociaux comparativement à la vie
rurale),
*La mobilité des travailleurs (éloignant les enfants de leurs parents et donc réduisant
les possibilité de soutien en cas de besoin),
*La dénatalité (avec la diminution des aidants potentiels des personnes âgées),
*Le travail de la femme
*et la nucléarisation de la famille (avec la réduction des possibilités d’aide aux
personnes âgées).
Ces facteurs ont induit un affaiblissement des points de soutien sur lesquels les
personnes âgées pourraient compter.
Les aspects sociaux du vieillissement concernent surtout la retraite, les problèmes
familiaux, l’épuisement des aidants, les problèmes du logement et les
comportements à risque.
I- La retraite :
Elle pourrait être mal perçue. Ainsi, une vie auparavant remplie par le travail peut
paraître vide d’autant plus que certains retraités mènent une vie d’oisiveté. Le retraité
peut avoir le sentiment d’inutilité, de rejet et d’exclusion sociale car le travail favorise
les relations sociales et l’estime de soi même. Une occupation (travail associatif, club
de personnes âgées…) serait bénéfique pour ces retraités et pour la société qui
pourra profiter de leur expérience.
Des problèmes au niveau du couple peuvent parfois apparaître quand le mari,
disposant de beaucoup de temps libre, s’immisce dans le fonctionnement quotidien
de son foyer, chose qu’il n’a jamais faite depuis son mariage, ce qui peut être
dérangeant pour l’épouse.
La retraite peut être l’origine d’une diminution des revenus : le montant de la rente
est souvent inférieur à celui du salaire qu’il percevait lorsqu’il était actif en plus il ne
peut souvent pas effectuer des heures supplémentaires majorant ses revenus malgré
les charges souvent lourdes à assumer particulièrement dans notre société où les
sujets âgés gardent, souvent, de lourdes charges familiales (éducation et mariage
des enfants…)
II- Les problèmes familiaux :
La détérioration de l’état de santé avec la perte du conjoint (veuvage), des amis et du
statut social (sentiment de ne plus être productif) constitue des changements
majeurs auxquels les personnes âgées et leurs proches doivent s’adapter (le
vieillissement est la saison des pertes).
Les enfants des sujets âgés dépendants nécessitent de l’aide et se trouvent eux
mêmes dans une période active de leur vie. Ils ont souvent des adolescents ou des
jeunes à charge et sont très souvent pris par leurs activités professionnelles.
Lorsque les parents âgés nécessitent de l’aide, des incompréhensions et des
discordes familiales peuvent apparaître.
Ainsi les problèmes concernent surtout :
* les problèmes de pouvoir au sein de la famille,
* les disputes relatives à la contribution attendue de chacun des membres de la
famille,
* les disputes relatives aux biens.
III- L’épuisement des aidants :
Les aidants naturels sont des personnes qui, en dehors d’un rôle professionnel,
doivent répondre aux besoins psychologiques, physiques sociaux et économiques
d’une autre personne. Ce sont essentiellement les femmes (fille, belle-fille…)qui
jouent ce rôle.
Les principaux aidants cohabitent souvent avec la personne handicapée et assure la
majorité de la charge du travail.
Les motivations sont multiples : l’amour, le sens de devoir et le bénéfice.

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La charge de travail est d’importance variable selon les cas. La démence est la
cause la plus fréquente de perte d’autonomie parmi les sujets âgés.
A la longue, les aidants, particulièrement ceux ayant une lourde charge de travail,
souffrent, plus que le reste de la population, de dépression, d’anxiété, du sentiment
d’insécurité et de consommation d’alcool et de psychotropes.
Pour aider les aidants, plusieurs possibilités existent: aides professionnelles
ponctuelles, lits de répit, aides financières, soutien psychologique, apprentissage…
IV- Les problèmes de logement :
Des aménagements de domicile sont parfois nécessaires pour maintenir une
personne âgée chez elle. Par exemple, le changement de lieu d’habitat d’une
personne ayant fait un infarctus du myocarde et qui habite au troisième étage d’un
immeuble sans ascenseur est souvent nécessaire. Ainsi, en habitant au Rez-de-
chaussée ou dans un immeuble avec ascenseur lui permettra de continuer à sortir de
son domicile et de garder ses activités sociales.
Il est aussi important d’aménager la cité et les établissements pour faciliter la vie de
ces personnes : accès plus facile, moins de risque de chutes...
V- Les comportements à risque :
Les personnes âgées ayant un comportement à risque doivent être prises en charge
correctement : alcoolisme, tabagisme, malnutrition, négligence de l’hygiène
corporelle, la salubrité du logement…
L’arrêt du tabagisme est toujours utile même à un âge très avancé et après plusieurs
années de tabagisme car ceci permettra de réduire de façon significative et juste
après une année le risque de complications cardio-vasculaires.
L’éducation sanitaire aussi bien de la personne âgée que de son entourage est très
bénéfique pour éviter de telles situations.
L’évaluation:
1- Décrire les principales causes des problèmes sociaux liés au vieillissement.
2- Détailler les principaux problèmes liés à la retraite.
3- Expliquer les principaux problèmes familiaux rencontrés par les personnes âgées.
4- Préciser les principaux problèmes rencontrés par les aidants naturels.

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LA PATHOLOGIE PULMONAIRE DU SUJET AGE

Les Objectifs :
Au terme de ce cours, l’étudiant doit être capable de:
1- Citer les principaux signes fonctionnels respiratoires.
2- Décrire les particularités de chacun de ces signes chez la personne âgée.
3- Préciser les principales pathologies pleuro-pulmonaires du sujet âgé.

Le document de base :
Le vieillissement modifie la structure et le fonctionnement du système respiratoire
entraînant des variations importantes des symptômes et donne des spécificités aux
maladies respiratoires.
Ils s’accompagnent souvent d’atteinte d’autres organes rendant le diagnostic et le
traitement plus complexes.

I- Sémiologie :
A- la toux :
Il s’agit d’un réflexe de défense pulmonaire. Son intensité diminue avec le
vieillissement
Ses causes sont variées. Si la toux dure plus qu’un mois, elle nécessite une prise
en charge correcte : examen clinique et bilan para clinique. Elle est alors surtout en
rapport avec :
▪ La bronchite chronique
▪ L’insuffisance cardiaque globale
▪ Le reflux gastro-œsophagien
▪ Une cause ORL (sinusite, pharyngite…)
▪ La tuberculose pulmonaire
▪ Un cancer du poumon
▪ Ou un médicament (anti-HTA)
B- La dyspnée :
C’est une sensation subjective de gêne respiratoire. Chez le sujet âgé, elle n’est
pas toujours exprimée ou ressentie.
Ses causes sont fréquentes :
▪La bronchite chronique
▪ L’insuffisance cardiaque
▪ L’anémie
▪ L’embolie pulmonaire
Le bilan comporte surtout : l’examen clinique, radio thorax, ECG, NFS.
C- Hémoptysie :
C’est un symptôme alarmant pour le malade et son entourage. Il est important de
préciser son retentissement et sa cause.
Ses causes sont multiples:
▪ Les infections pulmonaires tuberculeuses ou non
▪ Les cancers primitifs ou secondaires des poumons
▪ L’embolie pulmonaire
D- Douleurs thoraciques :
Elles posent surtout le problème de leur origine. Les diagnostics les plus
fréquents sont :
▪ L’insuffisance coronarienne (infarctus du myocarde, angine de
poitrine).
▪ Les pneumopathies infectieuses, tuberculeuses ou non
▪ L’embolie pulmonaire.
II- Pathologie :
A- Bronchite chronique :
Caractérisée par une toux et une expectoration chroniques durant au moins 3 mois
par an pendant au moins 2 ans consécutifs.
L’arrêt du tabac est bénéfique même aux grands âgés.
Les vaccinations antigrippales et antipneumococcique sont fortement recommandées
chez ces sujets.
B- Infections respiratoires et tuberculose :
Elles sont des causes fréquentes de décès et favorisées par :
▪ la diminution du réflexe de la toux.
▪ l’affaiblissent des défenses immunitaires.
▪ et parfois la malnutrition.
Leur prévention s’impose.
C- Cancers du poumon :
Ils sont dus surtout au tabac ; leur traitement à cet âge est plus compliqué.

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D- Epanchements pleuraux :
Ils sont dus surtout à l’insuffisance cardiaque et au cancer.

L’évaluation:
1- Citer les principales causes de la toux chez la personne âgée.
2- Citer les principales causes de la dyspnée chez la personne âgée.
3- Citer les principales causes de douleur chez la personne âgée.
4- Citer les principales causes d’hémoptysie chez la personne âgée.
5- Décrire les particularités de la bronchite chronique chez la personne âgée.
6- Décrire les particularités des infections respiratoires chez la personne âgée.
7- Décrire les particularités du cancer bronchique chez la personne âgée.

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