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FABRICATION DES ASSIETTES JETABLES PAR THERMOFORMAGE A PARTIR

DE FIBRES ISSUES DE RESINEUX ET FEUILLUS

NOTE DE SYNTHESE

UE 901 Biomasse, substances renouvelables pour l’industrie chimique

Professeur :

NICOLAS OGET

Par :

JONNY ARIEL FAJARDO DAZA

M2 CHIMIE DURABLE ET ENVIRONNEMENT – CDE

FACULTÉ DE SCIENCES FONDAMENTALES ET APPLIQUES

UNIVERSITÉ DE LORRAINE

ANNEE UNIVERSITAIRE 2019-2020


Introduction

L’utilisation des matériaux biosourcés pour la fabrication des emballages alimentaires


est à l’essor dans les dernières années grâce aux nouvelles lois qui favorisent la
substitution des emballages actuels issus de la pétrochimie, et puisque les matériaux
issus de la biomasse, présentent une meilleure empreinte environnementale (Guillard,
2018).

Les fibres de cellulose, le bio polymère le plus abondant dans la terre, est une
alternative durable et respectueuse de l’environnement, due à plusieurs
caractéristiques avantageuses telles que : la renouvelabilité, la biodégradabilité, la
recyclabilité et son poids léger (Zahel, 2018 ; Vishtal, 2015).

Cependant, son utilisation pour la production des assiettes par thermoformage est
limitée à cause de sa faible thermo-plasticité; en plus de son caractère hydrophile et
lipophile (Zahel, 2018 ; Stinga 2008 ; Gélinas, 2013). C’est pour cela qu’il est
nécessaire d’apporter des modifications à la fibre, à fin de la rendre adéquate pour les
procédés de fabrication d’assiettes jetables et donner des propriétés barrières à l’eau
et aux graisses.

Après une description des procédés de fabrication, on va s’intéresser aux traitements


qui apportent des propriétés hydrophobes et lipophobes, et enfin on va analyser les
modifications de la pulpe fibreuse et les additifs qu’on peut trouver sur le marché.

1. Les procédés de fabrication de jetables et emballages biosourcés :

Pour arriver à une production à échelle industrielle des emballages à partir de


matériaux biosourcés, il est souhaitable que ceux matériaux puissent subir les
procédés qui normalement sont utilisés dans la plasturgie comme l’extrusion, l’injection
et le thermoformage (Guillard, 2018 ; Rivollet, 2014).

Les principaux procédés pour la fabrication de jetables biosourcés comportent :

 Moulage et injection : un bio polymère thermoplastique ramolli est injecté dans


un moule pour obtenir la forme souhaitée. (Ecozema ; Guide, 2016).
 Thermoformage : le bio polymère est extrudé en feuilles qui sont insérées dans
un moule, sous vide, à haute température, pour obtenir des formes diverses
(Ecozema ; Guide, 2016).
 Fibre moulée (fibre séchée dans le moule) : la pulpe est versée dans un moule,
après un pressage les pièces avec un fort taux d’humidité sont formées à la
chaleur dans un deuxième moule (Ecozema).

Spécifiquement pour les processus de formation de fibres de cellulose à usage


commercial ils existent deux méthodes : estampage (formage à la presse) pour la
production de barquettes et de plaques, et le type Multivac® (air assisté par le vide) du
procédé de production de barquettes à sceller. Les technologies émergentes
comprennent l'emboutissage, l'hydroformage et le pressage à chaud (Vishtal, 2015).
Zahel (2018) affirme que d’entre les procédés de formage à blanc glissant et formage à
blanc fixe, ce dernier, notamment par thermoformage, est le procédé prédominant
dans l’industrie.
2. Procédés permettant d’apporter des propriétés hydrophobes et lipophobes

Afin d’améliorer les propriétés barrières contre l'eau et la graisse, les fibres de cellulose
subissent des traitements comme :

2.1. L’utilisation d’une réaction chimique ou physique à la surface de la fibre : pour


augmenter sa résistance à un ou aux plusieurs pénétrants (Stinga, 2008). Babacar
(2008) mentionne par exemple, que l’utilisation de l’acide stéarique sur la fibre rend
celle‐ci hydrophobe. Le traitement Corona (couronne) à l’aide d’un champ électrique
est l’une des méthodes physiques le plus utilisée (Babacar, 2008 ; Le Roux, 2003).

2.2. L’ajout d’un film ou des films (films multicouches) de matériaux barrières : En
général, les revêtements de barrière sont basés sur des polymères dérivés du pétrole
(PE, PP, PA), mais on peut utiliser aussi des composés biosourcés comme cires,
protéines de lactosérum, protéines de soja isolées, caséinates, gluten de blé, et les
alginates (Johansson, 2012 ; Stinga 2008 ; Remy, 2014).

3. Modifications de la pulpe fibreuse :

Compte tenu de l’importance de l’élongation potentielle des fibres de cellulose sur la


formabilité des emballages, l’amélioration de ce facteur est indispensable (Zahel, 2018
; Visthal et Retulainen, 2014). Les modifications chimiques que l’on peut envisager à
cette fin est large et comportent principalement : le greffage avec divers polymères,
l’éthérification, l’estérification, le mélange avec des polymères et l’introduction de
groupes fonctionnels (Visthal, 2015 ; Le Roux, 2003).

Zahel, (2018) dans son étude a trouvé que l’approche en deux étapes : clivage –
réduction du glycol donne de meilleurs résultats que l’acétylation, pour produire un
matériau adéquate pour les procédés de thermoformage. Kuoko et al. (2018) ont
développé un traitement par oxyalkilation pour introduire des substituants de longue
chaîne sur la surface de la fibre pour améliorer sa formabilité. Dans leur travail Visthtal
et al. (2015) ont appliqué séquentiellement agar et gélatine, pour produire du papier
avec une plus grande extensibilité que celle obtenue par l’application d’un seul
composant.

4. Les additifs commerciaux et leurs fonctions :

L’ajout des additifs pendant le procédé de formation du réseau de fibres de cellulose


est couramment utilisé pour améliorer la résistance à la traction et augmenter son
extensibilité, par exemple l’ajout d’amidon. La cellulose micro fibrillée (MFC) ajoutée à
la pulpe fibreuse augmente la résistance à la rupture. L’ajout de latex naturel ou
synthétique améliore l’élongation et la résistance du réseau de fibres, dans ce même
sens l’addition d’une dispersion de PLA améliore ces caractéristiques (Vishtal, 2015).

Généralement les additifs qui apportent des propriétés barrière contre l’eau et les
graisses, améliorent aussi les propriétés de résistance et élongation du réseau de
fibres de cellulose. En plus des polymères petro-sourcés, les matériaux biosourcés
qu’on peut utiliser sont regroupés en trois familles différentes : protéines comme le
lactosérum, le gluten et la zéine de blé, polysaccharides comme le chitosane, l’amidon
et la cellulose, et polyesters comme PLA, PCL et PHA (Johansson, 2012).
Conclusion

La fabrication par thermoformage des assiettes jetables, à partir de fibres de


bois de résineux et feuillus, est viable d’un point de vue technique. Il est
nécessaire d’incorporer un traitement pour améliorer l’élongation de la fibre et la
rendre thermoformable : soit par l’ajout séquentiel d’agar et de gélatine, soit par
le clivage et la réduction de glycol sur les fibres ; ainsi qu’un traitement
permettant d’apporter des propriétés barrières à l’eau et aux graisses,
notamment l’ajout d’un film de matériaux biosourcés comme protéines
(lactosérum), polysaccharides (amidon) ou polyesters (PLA) ; additifs qui
apportent aussi résistance à la traction et augmentent l’extensibilité de la fibre.
Références Bibliographiques

Principales :

1. Zahel, M., et al. (2018) Chemical modification of pulp fibres for the production of
thermoformable paper. FRC, Manchester. 345-365.

2. Vishtal, A. (2015). Formability of paper and its improvement. VTT Technical Research Centre
of Finland Ltd. Thesis of Doctor of Science Technology, Tempere University, Finland. 232 p.

3. Stinga, N. C. (2008). Utilisation de la chimie chromatogénique pour la conception et la


réalisation de matériaux cellulosiques barrières à l'eau, aux graisses et aux gaz (Doctoral
dissertation) Université Joseph Fourier, Grenoble. 243 p.

4. Johansson, C., et al. (2012). Renewable fibers and bio-based materials for packaging
applications–a review of recent developments. BioResources, 7(2), 2506-2552.

5. Le Roux, J. (2003). Modification des fibres cellulosiques: amélioration des propriétés


hydrophiles des pâtes bisulfites (Doctoral dissertation) Université Bordeaux 1. 195 p.

6. Guillard, V. et Angellier-Coussy, H. (2018) Emballages issus des agro-ressources.


Techniques de l’ingénieur, Génie industriel, Emballages. 35 p.

Accessoires :

7. Vishtal, A., et Retulainen, E. (2014). Boosting the extensibility potential of fibre networks: A
review. BioResources, 9(4), 7951-8001.

8. El Hadji Babacar, L. Y. (2008). Nouveaux matériaux composites thermoformables à base de


fibres de cellulose (Doctoral dissertation), Thèse de doctorat, Institut National Polytechnique de
Grenoble. 219 p.

9. Vishtal, A., Retulainen, E., Khakalo, A., et Rojas, O. J. (2015). Improving the extensibility of
paper: Sequential spray addition of gelatine and agar. Nordic Pulp & Paper Research
Journal, 30(3), 452-460.

10. Kouko, J., et al. (2018). The effect of oxyalkylation and application of polymer dispersions
on the thermoformability and extensibility of paper. Carbohydrate polymers, 186, 411-419.

11. Ecozema. (s.d.) Technologies. Sur le site : https://ecozema.com/fr/technologies/


(Consulté le 16 février 2020)

12. Rémy, É. (2014). Les plastiques biosourcés présentent-ils moins d'impacts négatifs pour
l'environnement que les plastiques issus de la pétrochimie? (Master dissertation), Université de
Sherbrooke.

13. Gélinas, L. (2013). Plastiques biosourcés: étude de leur performance environnementale


comparativement aux plastiques pétrochimiques (Master dissertation), Université de
Sherbrooke.

14. Rivollet, B. et Serre, C.E. (2014). Action collective : étude et accompagnement des PME
franciliennes dans l’intégration des polymères biosourcés. Rapport final, Tech2Market.

15. Guide pour la Fabrication et la Transformation des Matériaux à base de Fibres de Cellulose
Destinés au Contact des Denrées Alimentaires. (2016). Association Matériaux pour Contact
Alimentaire et Santé (filière Papier-Carton).

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