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Université Moulay Ismail

Faculté des Sciences Juridiques

Économiques Et Sociales

Meknès.

Mémoire de licence en sciences économiques

et gestion.

Sous le thème :

Evaluation et étude de cas.

Option : Economie et Gestion


d'entreprises
Préparé par :

Encadré par :

§ FASKA Mohamed

C.N.E : 2321933905
§ KHOUYA Chafiq

C.N.E : 2321933970

Encadré par:

F Mr : HASSANI Kamal

Professeur de l'enseignement supérieur.

Kam

Année universitaire : 2005/2006

Au terme de ce modeste travail,

nous remercions ·ALLAH· d'avoir nous aider et nous donner

patience et courage durant ces longues années d'étude.

Nos remerciements s'adressent aussi à :


Le professeur et encadrant monsieur

qui n'a épargné aucun effort pour nous donner soutien

à mener ce travail à bien, et grâce à ses précieux conseils.

nos professeurs et enseignants de la branche

Sciences Economiques et Gestion

ainsi que les membres de l'administration

et à tous ceux qui ont participé de près ou de loin

à l'accomplissement de ce travail.
A toi mon dieu tout puissant, pour ton amour, ta grâce et ton assistance sans fin, je lève mes
yeux vers toi et le secours me vient, seigneur tu es un bouclier pour moi, ma gloire, celui qui
relève ma tête.

A la mémoire de mes très chers parents qui ont toujours été pour moi, et qui m`ont donné
courage et patience .j`espère qu`ils trouveront dans ce travail mon amour

A mes chers frères et soeurs : KHADIJA, IBRAHIM, HAFIDA  ; YOUNES, KHALID et


KARIMA.

A mon très cher neveu « SOUFIAN ».

A mes tantes et à mes oncles

A mon cousin et ma cousine.

A mes meilleurs amis.

Je dédie ce mémoire

Faska Mohamed

Introduction générale :
La communauté internationale a adopté, lors du sommet des Nations Unies en 2000, les
objectifs de développement du Millénaire »1(*) (ODM), le but recherché est de permettre aux
pays pauvres de réaliser un développement humain durable et d'éradiquer la pauvreté. En
réduisant de moitié le nombre des pauvres à l'horizon 2015.

Consciente de l'ampleur de ce défi, l'assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2005
Année Internationale du Microcrédit (AIM). L'objectif majeur de cette initiative est de
donner un nouvel élan aux programmes de microcrédit de par le monde afin de lutter
davantage contre la pauvreté.

En effet, les populations pauvres ne peuvent généralement accéder aux adaptés à leurs
besoins. De ce fait, elles recourent souvent à des circuits informels de financement (préteurs
individuels, tontines... etc.) pour faire face a leurs besoins financiers.
Le non accès des populations pauvres au crédit bancaire handicape sérieusement leur
aptitude à investir dans le capital humain ainsi que dans la création d'activités génératrices
d'emplois et de revenus.

C'est sans doute là un mécanisme essentiel de reproduction de la pauvreté.

Dans ce contexte, la micro finance s'est développée à travers le monde, notamment dans les
pays en développement pour rependre aux besoins financiers des populations défavorisées
en matières de prêt, d'épargne, d'assurance et de transfert de fonds.

Il est reconnu que l'apparition et la diffusion de la microfinance de par de monde doivent


beaucoup à l'expérience de la Crameen Bank du Bangladesh, qui remonte à 1976, et à son
fondateur le professeur. M. Yunus.

Un premier élan a été donné à la microfinance lors du premier sommet du microcrédit de


Washington en 1997, en la médiatisant davantage et en la présentant à l'ONU comme un
instrument efficace de lutte contre pauvreté.

Il convient toutefois de préciser que la micro finance n'est pas une panacée pour lutter contre
la pauvreté, c'est un outil parmi d'autres qui permet aux demains d'accéder aux différents
types de services financiers. Elle offre des petites sommes qui permettent, entre autres, de
créer ou de développer des petites activités génératrices de revenu, et d'accéder à des
infrastructures de base comme l'eau et l'électricité. L'amélioration des conditions de vie des
populations-cibles en terme de soins, éducation, logement, etc., est largement confirmée par
les enquêtes de terrain. A titre d'exemple, il ressort d'une étude2(*) assez récente menée par
Shahidur Khauder de la banque mondiale qu'environ 5% des foyers participant aux
programmes de microcrédit arrivent à faire sortir leur familles de la pauvreté chaque année
en contractant un microcrédit. 

Le secteur de la micro finance au Maroc n'a débuté qu'au milieu des années 1990, avec
l'appui d'AMSED (Association Marocaine de Solidarité et de Développement) et s'est,
depuis, progressivement consolidé, à travers l'initiative Microstart3(*) du PNUD et
l'intervention de l'USAID

A ces efforts le soutien du secteur de la micro finance s'ajoute une subvention de 100
millions de dh du fond Hassan II en 2000. Face au développement des activités de
microcrédit, les pouvoir publics ont adopté, en 1999, un cadre réglementaire (loi n° 18 - 971,
relative au microcrédit, et confié la supervision du secteur au ministère de finances via Bank
Al Maghreb. Malgré son jeune âge, la microfinance au Maroc représente une expérience
assez riche et un exemple pour les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, au 31 décembre
2003, le nombre d'emprunteurs actifs au Maroc s'élevait à 307523 dont 80% de femmes,
pour un encours total de plus de 537 millions de dh, et la demande potentielle est aujourd'hui
évaluée à environ 1200000 micro entrepreneurs. Deux institutions se sont démarquées
rapidement par l'ampleur de leur programme atteignant en moins de 5 ans plus de 90000
emprunteurs actifs chacune (AL Amana et Zakoura), aujourd'hui ce sont 13 association de
microcrédit de tailles différentes qui exercent au Maroc et servent plus de 570000 clients
actifs.

Ce développement du secteur engendre des retombées socio-économiques non négligeables.


En effet, une étude d'impact et de marche4(*) menée en 2004 auprès de 1250 bénéficiaires
dans 7 régions du Maroc a bien montré l'impact positif et significatif du microcrédit sur les
dépenses de consommation propres aux clients ainsi que sur les dépenses globales des
ménages (un changement positif de l'alimentation, notamment).

Vu les apports sociaux incontestables de la microfinance et afin de la promouvoir davantage,


le Maroc a, dans le cadre l'AIM, retenu le thème suivant « Micro finance, vecteur de
développement social ».

L'objectif est de préparer une stratégie nationale permettant de répondre aux enjeux actuels
du secteur du microcrédit. Plus précisément, il s'agit de renforcer les capacités
institutionnelles des AMC (management gouvernance et assistance technique... etc.) et de
satisfaire les besoins en financement du secteur.

Même s'il est crucial de développer toutes les dimensions de la micro finance, l'enjeu majeur
que le secteur est appelé à relever est sans doute de faire face à ses besoins financiers. Les
AMC envisagent d'atteindre plus d'un million de clients actifs, en 2010. Pour ce faire, le
besoin en financement est estimé à plus de 5 milliards, dont une partie sous forme de dons et
de subventions (100 millions de dhs), de la capacité à relever ce défi dépendra de l'avenir
des AMC.

Le présent mémoire vise très modestement à contribuer à la réflexion suivante « comment le


microcrédit contribue à la lutte contre la pauvreté », il a pour principal objet d'analyser
comment les pauvres peuvent satisfaire leurs besoins en matière de financement par le
recours à cette pratique.

L'intérêt de cette problématique réside dans le fait qu'elle traite d'un thème d'actualité (le
secteur de microcrédit au Maroc ».

Cette problématique explicitée ci-dessus sera abordée à travers l'articulation de 2 parties :

- Une première partie, intitulée tendance de secteur de micro crédit, est une partie théorique
qui vise à présenter le concept de micro crédit et expliquer comment le micro crédit est né
dans un contexte où la principale préoccupation de la société civile internationale est la lutte
contre la pauvreté.

- La deuxième partie sera consacrée à l'analyse de l'état du secteur de micro crédit au Maroc
par l'établissement d'un bilan sur  l'histoire de cette industrie, les besoins du secteur, la loi
relative à ce secteur, les association du microcrédit au Maroc, les instruments de
financement de ces associations et enfin un chapitre sera consacré à une étude de cas sur
deux associations du microcrédit marocaines et qui vise à expliquer comment ces
associations ont pu réussir à lutter contre la pauvreté.
Chapitre I :

Le concept du micro crédit

Section I : L'historique et développement.

I. Historique :

Dans le passé, mais aussi dans nos jours dans certaines parties du mande, le microcrédit est
souvent lié à l'usure. Les marchands, qui prêtent des petites sommes d'argent aux villageois
qui ne l'avaient pas pour payer les médicaments ou l'écoulage des enfants, sont considérés
comme les premiers à accorder des microcrédits. Malgré les taux d'intérêt très élevés, les
usuriers avaient du succès et se sont enrichis car ils étaient proches des besoins des
populations parmi lesquelles ils vivraient.

Peu à peu, ces prêteurs furent contestés à cause des intérêts astronomiques qu'ils
demandaient. Les églises et les prêtres prirent des initiations d'organiser le petit crédit local.
Les Caisses Raiffeisen en Allemagne, puis dans toute l'Europe, les Caisses Desjardins au
Canada et d'autres initiatives semblables dans d'autres pays se sont créées.

En Afrique par exemple, le principe de petit crédit existe depuis plusieurs décennies5(*), et
fonctionne parfaitement, mettant en oeuvre le principe de l'épargne préalable, ce sont des
regroupements (en général à l'échelle d'un ou plusieurs villages) de clients qui peuvent
obtenir un prêt après avoir constitué une épargne suffisante pour garantir ce prêt.

Plus de 3 milliards de personnes sont exclues du système bancaire dans le monde. Pour
pouvoir bénéficier d'un prêt et se lancer dans une activité, elles doivent donc se tourner vers
des services financiers spécialisés.

Dans tout le monde, les réseaux bancaires sont, traditionnellement, plus réticents à financer
les activités des petites et moyennes entreprises (PME). Manque de garanties, manque de
transparence, manque de ressources : le rengaine est connu des petits patrons en quête d'un
prix. Quant aux microentrepreneurs, ils ont eux abandonné l'idée même de se lancer dans la
quête de ce nouveau prêt. Selon l'ONU, 3 milliards de personnes soit prêt de la moitié de la
population mondiale, seraient exclues des systèmes bancaires et n'ont aucun moyen
d'accéder aux services financiers classiquement proposés par les banques pour lancer une
affaire. C'est cette lacune qu'ont voulu combler les associations de microcrédit à partir des
années 1970. Prêter de très petites sommes à des très petits gens qui à leur échelle veulent
constituer une activité génératrice de revenus pour sortir de la misère, telle était alors l'idée à
l'origine du projet. Sans compter qu'en plus, ce prêt d'un genre nouveau allait leur permettre
de se passer des usuriers peu scrupuleux qui agissent un peu partout en toute impunité.
Aujourd'hui, les institutions internationales sont unanimes pour reconnaître à la
microfinance un rôle clé dans la lutte contre la pauvreté. Les Nations Unies ont décrété que
2005 était l'année de microcrédit, afin de donner une plus grande visibilité à cette activité
encor mal connue. Encouragée par les organismes internationaux, la commission autour de
l'événement s'est donc amplifiée, prenant des formes très diverses : diffusion de feuilletons
populaires en Amérique latine ; interventions de personnalités politiques et de stars de
chanson ; ou encor organisations de conférences internationales un peu partout dans le
mande sur le sujet. Pas de doute, le microcrédit est à la mode.

Mais, si de nombreuses expériences en la matière ont vu le jour ces dernières décennies,


c'est surtout Mohamed Yunus qui a popularisé la forme sous laquelle le microcrédit se
présente aujourd'hui. Considéré comme le père et le fondateur du microcrédit moderne, le
professeur Yunus a fondé la première institution concédant ce type d'emprunt au Bangladesh
en 1976. Elle deviendra par la suit la Grameen Bank.

En se basant sur un principe très simple : les pauvres ne peuvent offrir de garanties, ils sont
donc à la merci des usuriers qui leur prêtent pour assurer une activité économique minimale
génératrice d'un revenu minimal dont une grande partie servira à rembourser le prêt et le
reste à acheter de nourritures. Cette solution très concrète présente l'avantage de pouvoir
répondre à des problèmes individuels et locaux, à l'inverse des grands programmes d'aides
internationales « trop bureaucratisés » selon Mohamed Yunus.

La solution de Yunus consiste à prêter à ces pauvres mais collectivement d'une façon
solidaire. Le prêt est octroyé à un individu qui appartient à un groupe de 4 ou 5 personnes.
Le rôle du groupe consiste à assister l'emprunteur dans sa gestion de prêt, et de rembourser
le prêt si l'emprunteur n'est en mesure de le faire lui-même.

Le microcrédit concerne aujourd'hui plus de 60 millions de personnes réparties sur les cinq
continents, même si la plus grande part des souscripteurs se trouvent en Asie (48% en
Extrême-Orient et 36% en Asie du Sud, Inde incluse). Les pays rabes y viennent peu à peu,
mais beaucoup reste à faire (7% des souscripteurs).

Quant à l'Afrique, pourtant en tête de tous les classements rendant compte de la pauvreté,
elle reste à la traîne avec un petit 4%.

Les organismes de microcrédit opèrent également dans les pays industrialisés, en direction
des personnages en marge de la société. L'Association pour le Droit à l'Initiative
Economique (ADIE) créée en 1998 par Maria Nowak en est exemple le plus connu en
France.

II. Définition du microcrédit :

1) En ce qui concerne la microfinance

La microfinance désigne l'ensemble des services financiers para bancaires de faible montant
destinés à financer les exclus du système bancaire traditionnel (chômeurs, inactif,
travailleurs pauvres...). La microfinance vise l'accès au financement de petits projets, portés
par des personnes marginalisées qui aspirent à créer leur propre projet, souvent par défaut
d'autres prospectives professionnelles et parce que l'accès aux sources traditionnelles s'avère
impossible.

2) En ce qui concerne le microcrédit :

Le microcrédit est définit comme une sphère où le creux du marché doit être comblé en
encourageant les institutions financières à jouer un rôle plus important.

Le but de la microfinance est d'avoir l'accès aux services financiers aux personnes que en
sont exclues. Le prêt vise à financer la création et le développement d'entreprise en matière
d'investissement et /ou de fonds de roulement. Les opérateurs de microcrédit assurent
souvent, mais pas toujours, un accompagnement et un suivi de microentreprises financées.
Le risque pesant sur le microcrédit n'est presque jamais couvert par des garanties réelles, les
opérateurs de microcrédit ont, en conséquence, développé des pratiques innovantes pour
réduire ce risque et limiter les impayés, comme les prêts progressifs et les prêts de groupe.
Ces efforts de définition permettent de conclure que :

· la microfinance est le terme générique englobant tous les outils financiers et leurs
environnements destinés à faciliter le financement de très petites activités.

· le microcrédit est une des déclinations particulières de la microfinance en ce qu'il ne porte


que sur le crédit et son environnement (garantie, préparation, suivi, accompagnement...)

3) Définition du microcrédit dans le détail :

a) Le microcrédit est un outil financier :

Un prêt appelle un remboursement. Quelle évidence ! Pourtant la vingtaine de rencontres


avec des bénéficières du prêt solidaire montre que cela ne va pas de soi. Parmi ces 20
personnes, plusieurs croient à tort que le prêt solidaire est « presque un don », que si
l'entreprise ne tombe pas en faillite. Mieux, nous avons vu plusieurs dossiers de demande de
crédit dont le plan financier ne prévoyait pas le remboursement, oubli ? Proposer un
microcrédit à un microentrepreneur qui n'a pas accès aux crédits bancaires laisse parfois
penser que la dimension sociale doit prendre le pas sur tout le reste. En tant que prêt, le
microcrédit est un formidable outil pédagogique destiné à introduire les microentrepreneurs
aux pratiques bancaires. Et une banque ne donne jamais un petit prêt.

Par ailleurs, on ne peut pas considérer qu'un faible taux d'intérêt partant et en tout lieu. Au
contraire, la plus part des programmes de microcrédit dans le monde exige des taux
nettement supérieurs, tournant parfois autour des 20%. Tout cela s'explique et il est
important de comprendre les raisons pour lesquelles les taux pratiqués au Maroc sont
généralement très réduits.

b) Destiné aux microentrepreneurs :

Parmi les caractéristiques de ces microentrepreneurs, pointons les suivantes :

Ø ils sont seuls : la solitude de l'entrepreneur doit être largement étudiée. Elle aura des
incidences sur le capital social sur lequel ancré l'activité.
Ø ils présentent d'inévitables lacunes fonctionnelles : il n'est structurellement pas possible de
concentrer toutes les qualités de l'entrepreneur idéal dans une seule personne. Celle-ci devra
posséder le métier qu'elle exerce, et disposer de compétences commerciales, marketing, et en
communication, administratives, financières et comptable, etc. Chaque microentrepreneur va
donc développer des zones d'incompétence qu'il devra compenser d'une manière ou d'une
autre. Ce n'est pas une critique mais l'expression d'une réalité incontournable de l'aide aux
microentrepreneurs.

Ø la valeur ajoutée qu'ils génèrent ne permet pas d'amortir des coûts fixes importants, ni de
lever du capital risque.

Ø ...etc.

L'étude des acteurs économiques à longtemps négligé, on l'a vu, les petites entreprises.
Progressivement et en raison du chômage croissant, les petits créateurs ont fait l'objet d'un
début d'attention. L'absence de statistiques montre qu'on est encor loin du compte. Quant
aux très petites entreprises qui, ses créateurs, ont démarré leurs activités depuis x temps, ils
restent singulièrement dans l'anonymat. Il faudra probablement attendre encor quelques
années pour qu'on tienne compte des difficultés quotidiennes des microentreprises.

Progressivement toutefois, les professionnels de l'animation économique changent leur fusil


d'épaule et commencent à croire qu'il y a plus de potentiel économique et social dans le
développement d'activités existantes que dans la création de nouvelles. Pour notre part,
voyant l'initiative économique comme un droit et son développement comme un droit
dérivé, nous pensons qu'il n'y a pas à quitter l'un pour l'autre mais à les coupler l'un à l'autre.
Ainsi verra-t-on progressivement apparaître des femmes dérivées du microcrédit starter.

Mais nous n'en sommes encor qu'aux balbutiement : actuellement, une large majorité des
structures relais du microcrédit sont orientées « création » tandis que le prêt solidaire n'est
pas accessible aux indépendants installés depuis plus de 6 mois.

Réserver le microcrédit aux starters a pourtant au moins deux conséquences :

ü le microcrédit vient en tout ou en complément pour financer divers actifs nécessaires au


démarrage. En ce sens, il risque d'apparaître noyé dans les diverses sources de financement
(apports propres, crédits bancaires, leasing...) ce qui diminue sa lisibilité. Nous avons
rencontré bon nombre de microentrepreneurs ne pouvant définir avec précision ce qu'ils
avaient financé avec un prêt solidaire. Cela signifie qu'ils ne savent pas ce qu'ils
remboursent. Les structures d'appui ont ici un rôle important à tenir : expliquer le montage
financier et ne pas se limiter à boucler le tour de table.

ü Il est impossible de connaître parfaitement sa clientèle puisque financés une première fois,
les entrepreneurs ne pourront revenir. Cette situation pose problème parce qu'elle génère des
coûts d'instruction des dossiers qui ne sont pas amortissables sur plusieurs prêts, parce qu'il
ne permet pas d'entretenir une relation de long terme avec l'emprunteur et ne facilite donc
pas le recouvrement de la créance, l'accompagnement poste-création financé par le prêt
solidaire permet de palier cette lacune. Encor un rôle majeur pour les structures d'appui !!!
c) Présente des lacunes d'adaptation au marché :

Dans ce cadre, nous n'abordons que les lacunes d'adaptation au marché du crédit.

En effet, la plus part des discussions politiques relatives aux microcrédits opposent les
défenseurs du libre marché aux critiques du « tout marché ». Pour les premiers, le non accès
bancaire prouverait que la demande n'est économiquement pas « rencontrable » et donc, qu'il
ne faut surtout pas rencontrer sous pine soit de fausser la concurrence, soit d'envoyer
l'emprunteur au casse-pipe. Pour les autres, le marché est imparfait, myope et source
d'exclusion. Le corriger, voire le contrer relève de la saine politique.

Il faut que nous vivons dans une économie de marché et que les grands principes sur
lesquels nous fondons nos activités économiques contiennent la libre concurrence. Les
premiers ont donc structurellement gagné. Il faut dès lors expliquer que le microcrédit, loin
d'enfreindre les règles du marché, prépare une série d'entrepreneurs à y rentrer, un peu
comme le ferait l'école.

La rencontre entre l'offre et la demande s'exprime toujours au travers d'un prix. Ce prix est
toujours basé -au moins- sur un coût de revient et une marge bénéficiaire. En terme de
crédit, le prix se répartit entre les frais de dossier et le taux d'intérêt.

Mais le marché exige également une confiance. En terme de crédit, cette confiance
s'exprime dans les garanties exigées et les modalités de remboursement.

En fin, le marché nécessite une demande. D'abord, le demandeur de crédit doit accepter ce
prix et être capable de le payer ; ensuite, le volume de la demande aura un impact sur le coût
de revient et donc sur la fixation du prix.

Par ailleurs, si on reprend quelques éléments simples présentés ci-dessus, une lacune
d'adaptation au marché peut concerner :

o un problème de confiance : cette confiance se fonde sur des critères tant subjectifs. Une
situation de fort endettement est objectivable. Ce n'est pas une interprétation subjective que
de réduire sa confiance à l'égard d'une personne largement surendettée. Une personne qui ne
dispose pas d'expérience dans le secteur d'activité dont il veut faire son métier à moins
d'atouts qu'une autre ayant dix ans d'expérience. C'est objectif, mais la confiance peut
également se fonder sur des critères : judiciaires, la religion, la couleur de peau... tous ces
critères n'ont aucun rapport avec les chances de réussite du projet. Toutefois est-il que le
degré de confiance aura des répercutions sur les garanties exigées et/ou sur les modalités de
remboursement parfois, le manque de confiance conduira à édicter des obligations trop
stricte, correspondant mal, voire pas de tout à l'activité économique lancée.

o un problème de volume puisque, bien qu'en grand nombre, les allocataires sociaux n'ont
pas réussi à visualiser l'importance de leur demande. En effet, l'élasticité du prix du crédit est
grande. Un volume de demande important permettra d'amortir facilement les coûts fixes et
d'offrir des crédits à un meilleur prix. Or, qui sait qu'un créateur d'entreprise sur cinq est un
allocataire social ? Comment se sont organisés les allocataires sociaux pour faire connaître
l'importance du microcrédit ?
Ces deux exemples de lacune justifient économiquement l'opportunité du microcrédit.

Socialement, la réalité est encor plus claire :

v le marché a ses codes qu'il faut connaître et dont il faut user. Certaines personnes ne les
maîtrisent pas. Les leur apprendre par l'exemple, dans la réalité, c'est une des dimensions
pédagogiques du microcrédit.

v le marché régule les transactions mais la réussite ou non d'une activité économique peut
être déterminé par des choix réalisés bien avant l'entrée sur le marché. C'est la raison pour
laquelle la plupart des programmes de microcrédit prévoient un accompagnement pré-
création. L'entrepreneur sera alors conseillé sur les choix à réaliser dans la création de
l'activité. Le crédit ne viendra que lorsque l'activité et l'entrepreneur seront prêts.

v le marché est relativement myope. Il ne parvient pas à prendre en compte plusieurs


bénéfices engendrés par une auto-création d'emploi : suppression d'une allocation sociales,
augmentation des recettes fiscales et de cotisations sociales, amélioration du bien être de
l'individu...

Y a t-il beaucoup d'entrepreneurs présentant des lacunes d'adaptation au marché ??

Lorsque on interroge les spécialistes du marché bancaire, ils confirment tous que le marché
de crédit n'est pas le plus intéressant pour le secteur bancaire.

Lorsque on interroge les conseillers des agences bancaires, les discours sont paradoxaux :

· Tous confirment la difficulté pour un microcréateur de gagner la confiance des banques en


général ;

· La plus part mettent en avant leur engagement personnel à aider ce public dans la
construction de sa demande.

Lorsqu'on interroge quelques indépendants au hasard, la plupart reconnaît n'avoir poussé la


porte d'une agence bancaire au démarrage de leur activité que pour ouvrir un compte ;
s'autocensurant quant au crédit, estimant qu'ils n'avaient aucune chance.

Que propose le microcrédit face au problème d'adaptation ??

§ Ne stratégie de partenariat sortant de la banque ou de l'opérateur financier; les coûts de


préparation de la demande de crédit et de construction de la confiance.

§ La mobilisation de garanties facilitant la levée d'autres financements.

d) Prenant en charge plusieurs dimensions :

Avant de décrire les différentes dimensions prises en charge par les opérateurs de
microcrédit mentionnons que cette prise en charge globale est assurée directement mais
surtout indirectement par les opérateurs.
La caractéristique principale du microcrédit réside dans l'animation économique qui
l'entoure. Si l'opérateur de microcrédit vise à promouvoir le droit à l'initiative économique, il
doit offrir un minimum de balises à celui qui s'en saisit. Si l'opérateur de microcrédit veut
toucher un public exclu par les banques, il doit lui proposer un accompagnement qui le
rendra bancarisable.

On le voit, les opérateurs de microcrédit ne se profilent pas uniquement sur la vente de


produits financiers (le microcrédit en l'occurrence) mais veillent à optimiser la viabilité
économique de l'activité financièrement soutenue. Ils construisent avec l'emprunteur son
plan de développement avant d'en identifier les besoins financiers.

Cela peut apparaître élémentaire mais ce n'en est pas évident pour autant. Optimiser la
viabilité économique de l'activité financièrement soutenue constitue le coeur du projet du
microcrédit. Pourtant, une série de raisons tantôt objectives, tantôt subjectives mettent
parfois cet objectif entre parenthèses.

En effet, mobilisés au service du porteur de projet par l'outil financier, les opérateurs
peuvent parfois oublier qu'ils n'ont pas à défendre un entrepreneur auprès d'une banque mais
à construire avec leurs outils, un avenir avant tout viable.

Prendre en charge la dimension économique d'un projet ne se limite donc pas à vérifier la
capacité de remboursement de la somme prêtée. Prendre en charge la dimension économique
d'un projet, c'est : veiller à la bonne affectation des ressources, ou parfois dimensionnement
du projet en fonction des capacités du porteur, de l'ouverture du marché et des opportunités
dont il est possible de bénéficier.

Cette dimension d'optimisation de la viabilité économique d'un projet doit donc se penser
jusqu'au « redimensionnement du projet ».

En d'autre terme, les opérateurs de microcrédit doivent ouvrir plusieurs fronts sur le plan
social. A commencer par les aspects individuels, voire psychologique comme la motivation
de la personne à se lancer dans une activité économique, le contexte favorable ou
défavorable de sa situation familiale, la stabilité de l'entrepreneur et sa capacité de résistance
aux pressions externes.

Mais la place d'un individu dans le groupe (c'est-à-dire le social) ne se limite pas au
psychosocial. Tenir compte de la dimension sociale de l'entreprenariat consiste à maîtriser
les codes et les règles de droit social afin de garantir à l'entrepreneur un filet de sécurité
optimale.

Enfin, un troisième front du social s'ouvre : celui de la proximité. L'opérateur de microcrédit


s'inscrira dans le tissu économique local afin d'aider l'entrepreneur à en maîtriser les
caractéristiques. La proximité géographique de l'opérateur n'a de sens que si elle
s'accompagne d'une connaissance du terrain. Se déplacer chez l'entrepreneur n'a intérêt que
pour en mieux cerner l'environnement, pas pour éviter le déplacement à l'entrepreneur, ce
que certains défendent encor aujourd'hui.

La troisième dimension qu'offre le microcrédit réside dans la dimension financière, tous les
programmes de microcrédit partagent un même constat : l'accès au financement demeure
une contrainte majeure pour 15% des microentreprises6(*). Cela s'explique par la conjonction
d'au moins trois facteurs :

· Les coûts opérationnels et de transaction bancaire sont élevés par rapport aux montants
prêtés ;

· Les microentreprises ne présentent que peu de garanties ;

· Quarante pour cent des nouvelles entreprises disparaissent dans les cinq ans, ce qui
représente un risque très élevé.

Ces trois facteurs7(*) n'incitant pas évidemment les organismes financiers à faciliter l'accès au
financement pour les microentreprises. Contourner ces difficultés constitue la technique
même du microcrédit.

Section II : Les principes du microcrédit.

Le microcrédit repose sur des principes directeurs qu'on va traiter régulièrement dans ce
cadre.

I- Assurer des services à la population pauvre :

Le but essentiel de la création des institutions de microcrédit est de servir les pauvres, en
apportant des ressources financières à ceux qui en ont le plus besoin. Elles concentrent leurs
efforts sur les individus travaillant pour leur propre compte qui ont besoin d'épargne et de
services de crédit pour faire fructifier leurs activités économiques.

Certes, les programmes de ces institutions veillent à ce que les femmes reçoivent en priorité
leurs services financiers. Les femmes sont souvent, les membres les plus pauvres de leurs
communautés, ne possédant que très peu de ressources. En outre, d'habitude elles
convertissent les prêts et l'épargne en matériels productifs pour leurs activités économiques.
Elles transfèrent aussi le revenu supplémentaire au bénéfice de leurs familles, comme le
paiement de frais de scolarité, l'amélioration de l'alimentation du foyer et la constitution
d'une épargne pour parer aux imprévus.

Trois facteurs contribuent au succès d'un programme de microcrédit au service des clients
les plus pauvres : l'engagement de l'organisation, la conception du produit et l'identification
de la clientèle.

1) L'engagement à s'organiser :

Aucune stratégie visant à atteindre les plus pauvres ne réussira sans un engagement à gérer
pleinement. Telle direction d'une institution de microcrédit doit choisir de servir les clients
plus pauvres comme sa priorité et porte cette priorité à la connaissance du personnel et de
ceux qui la soutiennent ainsi qu'aux détenteurs de capitaux.
2) La conception du produit :

La conception du produit est essentielle pour assurer que les membres les plus pauvres d'une
communauté ont accès aux services financiers dont ils ont besoin. Le petit montant du prêt
initial, par exemple est sciemment prévu pour prendre en compte les besoins du client le plus
pauvre, tout en restant assez réduit pour pouvoir attirer les membres plus riches de la
communauté.

Les méthodologies de crédit basées sur les groupements apportent un environnement


confortable aux pauvres. Les clients sélectionnent eux-mêmes les activités commerciales de
leurs camarades membre et ils prennent part au processus d'approbation des prêts. La
formation de tels pairs en vue d'avoir accès aux prêts et les garanties, apporte une assurance
aux clients pauvres non habitués à avoir accès à des services financiers.

3) Identification des clients pauvres :

Deux critères sont utilisés pour mesurer le degré de pauvreté qui sont en fait : l'analyse de la
richesse et les indices de logement.

L'analyse de la richesse comporte un travail avec la communauté pour en classer les


membres du plus pauvre et les indices de logement utilisent des indicateurs pour juger le
niveau de pauvreté des individus sur la base des matériaux de construction utilisés dans la
partie externe de demeure8(*).

II- Lier les prêts à l'épargne :

L'épargne et le crédit sont les deux faces d'une même médaille (pièce d'argent). Le crédit est
utilisé pour faire les investissements d'aujourd'hui qui seront remboursés demain. L'épargne,
inversement, constitue l'accumulation de bien aujourd'hui pour être investis demain. Nous
respectons à la réciprocité entre l'épargne et le crédit et nous travaillons à les lier ensemble
là où cela est possible. Le crédit lié à l'épargne aide les clients à créer des richesses au fur et
à mesure qu'ils empruntent.

1) l'épargne :

Toute personne épargne pour plusieurs raisons. Elle économise en prévision de situations
urgentes à résoudre au foyer, pour acheter du médicament, pour des funérailles ou pour
toutes autres difficultés imprévues. Elle met de l'argent à coté pour régler les frais de
scolarité, payer la dot et faire des investissements saisonniers pour améliorer son affaire. Les
personnes épargnent petit à petit tout au long de l'année pour assurer de quoi à manger entre
la période de récolte et la saison de culture suivante.

2) les prêts :

Les individus empruntent de l'argent pour compléter leurs économies et les individus
utilisent ces prêts pour les mêmes objectifs qu'en utilisant les économies. Les prêts,
cependant, sont mieux utilisés lorsqu'ils sont destinés uniquement à des objectifs
productifs9(*).
III- Utiliser les garanties solidaires :

Par garanties solidaire, nous faisons allusion à tout accord financier entre paire dans lequel
des groupements d'individus avalisent les prêts de leurs camarades membres en promettant
de rembourser les prêts en retard. De cette façon, les individus les plus pauvres peuvent
emprunter sans donner en garantie un nantissement.

Pour les clients, l'un des gros avantages de la formation d'un groupement est l'étroite
collaboration dans le travail que les membres développent entre eux. Les membres se
soutiennent mutuellement, se donnent des conseils et affichent de plus en plus la fierté, la
discipline et les sens de responsabilité vis-à-vis de leurs activités économique. Les membres
décident eux-mêmes du profil des nouveaux membres qui se joignent au groupement, des
actions à prendre concernant les arriérés d'un membre et du taux d'intérêt demandé sur les
prêts qu'ils font à partir du compte d'épargne interne géré localement.

IV- Assurer la viabilité financière des opérations :

Et cela pour pouvoir couvrir un grand nombre de pauvres.

La plus part des pauvres ne sont pas en mesure d'avoir accès à des services financiers en
raison de l'absence d'intermédiaires financiers solides offrant des services en détail. La mise
en place d'institutions financièrement viables n'est pas une fin en soi. C'est la seule façon
d'accroître l'envergure et l'impact des opérations de manière à porter leur volume à un niveau
supérieur à ce que peuvent offrir les bailleurs de fonds. La viabilité s'entend de la capacité
d'une entité fournissant des microfinancements à couvrir l'intégralité de ses coûts. Elle
permet d'assurer la poursuite des opérations de l'entité en question et de la fourniture de
services financiers aux pauvres.

La viabilité financière passe par la réduction des coûts de transaction, l'offre de meilleurs
produits et services répondant aux besoins des clients, et l'adoption de nouveaux moyens de
servir les pauvres qui n'ont pas accès aux services bancaires10(*).

V- Mise en place d'institutions financières locales permanentes :

Pour créer des systèmes financiers destinés aux pauvres, il faut mettre en place des
intermédiaires financiers intérieurs solides en mesure de fournir en permanence des services
financiers à ceux-ci. Ces institutions doivent pouvoir mobilier et réinjecter l'épargne
intérieure dans l'économie, accorder des crédits et fournir toute une gamme de services. La
mesure dont elles dépendent des financements des bailleurs de fonds et des pouvoirs publics
- y compris les banques de développement financées au niveau des Etats- diminuera
progressivement à mesure qu'elles, et les marchés des capitaux privés, se développeront11(*).

Section III : Les institutions de la microfinance :


tendance et viabilité.

I- Le concept d'institutionnalisation :


1) la notion d'institutionnalisation :

Les concepts de financement du développement, comme toute théorie économique, ont


toujours été fortement imprégnés par les courant de pensé de leur époque. Ainsi, les
premières activités de microcrédit se situent souvent dans un contexte de « l'ajustement
structurel » dans le cadre duquel le retrait de l'Etat suscitait la « promotion » de l'activité
prouvée de la part des agences de coopération. C'est dans ce contexte qu'ont émergé,
notamment en Afrique de l'Ouest. De nombreux projets d'appui aux « microréalisations » de
promotion de l'artisanat ou de développement rural intégré. Pour renforcer leur caractère
promotionnel, ces projets étaient souvent dotés d'instruments financiers, tels que des fonds
de crédit au service du groupe cible.

Au lieu de cette intervention directe dans le secteur financier, encor peu de projets
favorisaient la coopération avec des institutions financières formelles ou informelles sur
place, ces dernières faisant souvent défaut. Aujourd'hui, on constate que le concept de la
« promotion financière » d'hier ne rime pas avec celui de « l'institutionnalisation d'un
projet » de nos jours.

Depuis le milieu des années 90, on est passé du concept de « financement » à celui de
« développement des institutions financière » et notamment des institutions de microfinance
(IMF) avec un objectif de pérennité. Ce changement était accompagné par le développement
des approche systémiques en faveur des secteurs financiers qui mettaient l'accent sur les
conditions cadres (réglementation et supervision des nouvelles institutions financières). En
même temps, on cherchait l'articulation de ces nouvelles IMF avec le système bancaire
classique accentuant ainsi la complémentarité qui peut exister entre les institutions
financières de taille et de part de marché différentes. Finalement, le développement de la
« microfinance » était de plus en plus programmé dans le cadre des stratégies nationales
pour le développement de la microfinance qui ont vu le jour à partir du milieu des années
80, notamment au Mali, au Burkina-Faso et plus récemment, au Niger.

2) Forme juridique de l'institution :

Le statut juridique permet de déterminer qui a la propriété de l'institution et qui a le pouvoir


de décision. L'analyse des textes organiques (notamment les statuts) va permettre d'identifier
les différents organes de décision et leur rôle respectifs.

Une institution de microfinance peut avoir différents statuts (projet, association/ONG,


mutuelle/ coopératives, société anonyme, institution publique). Le choix du statut sera
déterminant pour le type d'organisation. Pour les modalités de prise de décision et donc pour
la gouvernance de l'institution.

Les statuts principalement rencontrés sont caractérisés par un niveau de formalisation plus
ou moins important (du projet à la banque, allant du champ du public au privé, en passant
par l'associatif et le coopératif).

- projet : institution non reconnues au stade de la création et ayant un statut de projet de


développement le plus souvent financé directement ou indirectement par les bailleurs de
fonds.
- association/ONG/ fondation : organisation à but non lucratif. Ce type d'institution ne peut
pas collecter d'épargne. Dans le cas où la collecte existe, c'est une tolérance en l'absence de
cadre juridique pour la microfinance.

- Mutuelle / coopérative : institution détenue par les membres qui sont bénéficiaires directs
des services d'épargne et de crédit proposés.

- société anonyme : société avec une composition du capital très viable selon les situations
en fonction de l'origine des capitaux et de la motivation des investisseurs.

Une analyse des raisons qui ont conduit du statut juridique peut s'avérer intéressante pour
comprendre la démarche et les contraintes éventuelles de l'institution.

Différents éléments peuvent être retenus pouvant conduire à un choix :

le niveau de formalisation, l'âge de l'institution : le statut de projet ou d'ONG est souvent un


statut provisoire en amant de l'institutionnalisation.

les contraintes légales : le choix su montage institutionnel sera étroitement lié au cadre légal
encadrant ou non la profession. En effet, on distingue les pays ayant un cadre légal
spécifique, pour la microfinance et ceux pour lesquels rien n'existe. Parmi les pays ayant un
cadre légal spécifique, on distingue ceux pour lesquels le choix reste ouvert entre les
différents statuts (société, coopérative, association...) et ceux où le choix est très restrictif et
imposé par les textes. Dans les pays n'ayant pas de cadre légal pour la microfinance, tout est
possible pour les institutions, toutefois il est important de vérifier lors du montage
l'acceptation par les autorités de tutelle potentielles afin d'éviter les problèmes de mise en
conformité lors de l'introduction d'une régulation pour le secteur.

le niveau de structuration sociale : la cohésion du groupe notamment des bénéficiaires va


orienter vers une structure plutôt de type coopérative avec une large base sociale si ces
derniers ont participé directement à la mie en place de l'institution.

la structure de financement : selon les sources de revenus, la possibilité ou non de collecter


l'épargne ou au contraire la nécessité de faire appel à des investisseurs extérieurs va
influencer le choix entre un statut de type coopératif ou plutôt une société.

le rôle de l'Etat : En fonction du rôle joué par l'Etat et sa place dans le capital on s'orientera
plutôt vers une structure de type privée ou publique. Le statut associatif peut également être
un moyen pour l'Etat de garder un certain contrôle sur les ressources mises à disposition des
institutions.

II- le concept de viabilité sociale :

1. La problématique de la pérennité des institutions de microfinance :

Si au départ, le crédit était considéré comme moyen d'atteindre d'autres objectifs(lutte contre
la pauvreté, promotion des activités féminines...) ,l'évolution de ces dernières années a
conduit à réfléchir en terme de services financiers et de création d'institutions financières
pérennes. Les besoins des services financiers étant structurels ou permanents, ils ne peuvent
être réglés par des interventions temporaires ou de projets. Pour arriver à une telle
institutionnalisation, la priorité a été mise d'abord sur deux points :

- arriver à l'équilibre financier (ou viabilité financière).

- donner un statut juridique aux IMF et faire rentrer ces institutions dans la surveillance
bancaire (Ministère des finances, Banque Centrale). Mais on s'aperçoit de plus en plus,
notamment avec les crises récentes de certains réseaux, que ces éléments très importants
sont insuffisants.

Par exemple, les causes des impayés ne sont pas seulement financières ou économiques mais
peuvent venir de la volonté de certains de ne pas rembourser. Il y a donc interaction entre
divers éléments et nécessité de prendre en compte de nouveaux facteurs (par exemple la
perception de l'IMF et de l'origine de ses fonds par les emprunteurs, leur confiance vis-à-vis
des élus et des agents...).

2. La viabilité sociale :

Plusieurs acteurs sociaux sont concernés, directement ou indirectement par les IMF ; au
niveau local, les emprunteurs et les épargnants, les élus, l'agent de crédit et le gérant, ceux
qui n'ont pas accès aux services (volontairement ou involontairement). Les démissionnaires
mais aussi les usuriers, les grands commerçants, les autorités religieuses, coutumières et
politiques, à d'autres niveaux les différents types de cadres nationaux de l'IMF (selon leurs
degré de responsabilité, leur ancienneté, leur niveau d'éducation), l'Etat, les bailleurs de
fonds, éventuellement l'opérateur/assistant technique.

Chaque acteur a ses intérêts (par exemple accéder au crédit pour les membres/client ou avoir
une sécurité d'emploi pour le salarié/et ses normes (ou système de références ou de valeurs).
Par exemple l'agent de crédit et l'emprunteur ont des visions différentes sur la nécessité de
rembourser le jour de l'échéance, sur le type de garanties et notamment sur les groupes de
solidarité, sur les pénalités à appliquer, sur le type de sociétaires (faut-il par exemple intégrer
les fonctionnaires et les gros commerçants ?), sur le niveau des taux d'intérêt, sur le niveau
de rémunération et des indemnités...

Il y a viabilité sociale si on arrive à des compromis, des comptabilités, des accords d'intérêt
et des normes entre les différents acteurs. Autrement dit s'il n'y a pas un véritable accord,
une intériorisation des règles, on constate une application ou une détournement de celle-ci,
une réinterprétation officieuse, ce qui débouche souvent sur des crises.

On peut parler de viabilité sociale interne quand ces compromis/accords concernant les
acteurs directement concernés (les emprunteurs, les élus, les cadres, les actionnaires) et de
viabilité sociale externe lorsque l'IMF n'est plus considérée comme un corps étranger venant
de l'extérieur mais devient une véritable institution locale au service de la population et des
autorités coutumières, religieuses ou politiques.

Pour analyser la viabilité sociale, il faut donc identifier les différents acteurs sociaux ;
comprendre leurs intérêts, leurs logiques, leurs stratégies, voir comment peuvent s'établir des
comptabilités (par l'information, la formation, le débat, les décisions conjointes, les co-
évaluation) ; observer les divers dysfonctionnements (par exemple impayés, détournement,
démissions) et les crises.

Chapitre II :

Microcrédit et pauvreté 

Section I : Le rôle du microcrédit dans la lutte contre


la pauvreté :

Les derniers rapports du groupe du travail sur le millénaire -crée pour mesurer les progrès
accomplis dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD)-
indiquent que, si la croissance économique a favorisé un recul rapide de l'extrême pauvreté
en Chine, en Inde et dans d'autres régions d'Asie où vient la majorité des pauvres, des
avancées sont maigres en Afrique, où l'incidence de l'extrême pauvreté est la plus forte. Les
progrès dans la réalisation des autres objectifs du développement sont eux aussi inégaux ; il
reste très en deçà des cibles fixées en matière d'égalité des sexes, de mortalité maternelle et
de durabilité de l'environnement.

Ces tendances montrent à quel point il est nécessaire d'améliorer les politiques des pouvoirs
publics pour soutenir la croissance et réduire la pauvreté. Or, si la communauté
internationale reconnaît qu'il faut agir, le débat reste vif quant à la meilleure façon d'agir12(*).

Contrairement à un idée reçue, les pauvres ont besoin de toute une gamme de services
financiers (dépôts, prêts...) et y ont recours. Ils les emploient aux mêmes usages que tout le
monde : pour mettre à profit des possibilités d'affaire, rénover leur logement, ou faire face à
des dépenses importantes ou à des situations de crise.

Pendant des siècles, ils ont fait appel aux prestataires les plus varies. Certes, la plus part des
pauvres n'ont pas accès aux banque et aux autres institutions financières formelles, et les
systèmes informels (prêteurs sur gage, clubs d'épargne et de crédit, les mutuelles
d'assurance) sont répondant dans presque tous les pays en développement.

La majorité des 1.5 milliards de personnes qui vivent avec moins d'un dollar par jour sont
des femmes ; de plus l'écart entre les femmes et les hommes, s'est accentué au cours de la
dernière décennie ; ce qui a remis en selle le fameux concept de « féminisation de la
pauvreté ». Ainsi, pour ne pas devoir remettre en cause le sacro-saint PAS, un financement
du programme de microcrédit au profit essentiellement des groupes les plus pauvres, à
savoir les femmes, a augmenté considérablement sans l'impulsion du CGAP (Consultatif
Group to Assist the Poorest) qui regroupe entre d'autres donateurs, quelques pays du Nord,
les banques asiatiques et africaines du développement, le Programme des Nations Unies
pour le Développement (PNUD) et la Banque Mondiale...
Tous ces efforts et résultats positifs obtenus font dire à beaucoup de professionnels de
développement que ces programmes contribuent grandement à la réduction de la pauvreté
(des femmes essentiellement).

II- Pauvreté : concepts et évolutions.

Le microcrédit peut également constituer un puissant instrument d'émancipation en


permettant aux pauvres et en particulier aux femmes de devenir des agents économiques de
changement. En effet, en donnant accès à des services financiers, le microcrédit joue un rôle
important dans la lutte contre les nombreuses dimensions de la pauvreté. Pour mieux cerner
l'incidence de ce concept, sur l'efficacité de la lutte contre la pauvreté, il est utile de rappeler
dans un premier temps très sommairement les évolutions des concepts concernant la
pauvreté, la manière dont l'on considère les femmes dans le contexte de la lutte contre la
pauvreté, et les pratiques du microcrédit. Dans un deuxième temps, l'heure sera aux réponses
à la question posée : quels sont les impacts des programmes de microcrédit en terme de
réduction de la pauvreté.

1) Dimensions de la pauvreté :

Pendant de très nombreuses années, l'approche de la pauvreté était surtout monétaire basée
sur le critère de revenu : était pauvre celui qui avait un revenu inférieur à un dollar US par
jour (en valeur de 1985). Si cette approximation pour avoir une certaine utilité, notamment
pour des comparaisons internationales, il s'avérait trop réductrice pour capter la réalité des
vies des êtres humains en question. Avec le lancement de 1990 de « rapport mondial sur le
développement » par le PNUD, le concept de développement humain a très vite eu des
répercutons sur l'approche de la pauvreté : celle-ci se caractérise non plus uniquement par le
faible niveau de revenu d'instruction, par une santé précaire et un vieillissement précoce.
L'édition de 1997 de ce rapport introduit le concept de « pauvreté humaine », tout en
stipulant que l'indicateur de la pauvreté humaine (IPH) qui est également élaboré par le
PNUD, ne saisit pas la totalité des aspects de ce concept :la pauvreté est ·la négation des
opportunités et des possibilités de choix les plus essentiels du développement humain
-longévité, santé, créativité, mais aussi conditions de vie décentes, dignités ; respect de soi-
même et des autres, accès à tout ce qui donne sa valeur à la vie ( PNUD , 1998).

Un des penseurs qui ont fortement influencé cette évolution du concept est l'économiste
indien Amartya SEN. Pour lui, la pauvreté est avant tout une privation des capacités
élémentaires. Néanmoins, ·cette définition ne vise en aucune manière à nier l'évidence : un
revenu faible constitue bien une des causes essentielles de la source de privation des
capacités d'un individu· (SEN, 2000).

Sue la base de l'approche de SEN, ont été développé des concepts multidimensionnels de la
pauvreté. A titre d'exemple, on peut citer Jean-Luc DUBOIS qui circonscrit la pauvreté par
ses dimensions multiples : pauvreté sociale (correspondant à la faiblesse du capital social),
pauvreté culturelle, pauvreté politique, pauvreté d'éthique et pauvreté économique. Cette
dernière étant composée des aspects monétaires, des aspects liés aux conditions de vie et des
aspects liés aux potentialités des individus (DUBOIS, 2000).

Une autre évolution remarquable du concept de la pauvreté est une vision plus dynamique.
Un tel élargissement peut être illustré à travers l'exemple de la pauvreté monétaire. Des
analyses plus fines ont démontré que le revenu est sujet à de fluctuations importantes et que
la pauvreté se traduit aussi par une incapacité de maintenir un niveau de bien-être spécifié
(WRIGHT13(*), 1999).

Cette complixité du concept de la pauvreté a été confirmé récemment par une large enquête
menée par la Banque Mondiale qui visait à dire la pauvreté telle que la ressentent les plus
démunis. Ceux qui recouvrent les statistiques de la pauvreté exprimaient des facettes
multiples de la pauvreté ayant trait surtout à des formes d'impuissance et de mal-être14(*).

2) La pauvreté au féminin :

Les femmes jouent un rôle important dans le développement, d'un tel pays, vu leur travail
fourni notamment dans le domaine agricole. Portant, elles sont exclues dans les politiques de
ce développement.

Pendant la décennie de la femme (1975-1985), la division sexuelle du travail et l'impact des


projets de développement sur les femmes sont largement étudiés. Les résultats de ces études
et leurs répercussions sortent les femmes des niches sociales du développement en
reconnaissant leur rôle productif.

Cette période a vu naître l'approche IFD (Intégration des Femmes dans le Développement)
qui tentait, comme l'indique son nom, d'intégrer les femmes dans le processus de
développement existant, afin de rendre celui-ci plus efficient et efficace. A travers des
projets pour les femmes ou des volets ·femmes· dans des projets qui se voulaient intégrer,
on visait à accroître la productivité et le revenu des femmes.

Ce n'est qu'à partir des années 1970 que les femmes apparaissaient dans d'autres secteurs du
développement, par exemple à travers des programmes de développement rural non-
agricoles qui leur étaient destinés ( entre autres, des programmes de formation concernant
les soins de santé préventifs, la nutrition, l'alphabétisation et des petits travaux manuels).

En revanche, l'approche genre qui succède à l'approche IFD vers les années 1990, tente de
palier cette lacune en mettant l'accent sur les relations inégales de pouvoir comme étant un
des facteurs majeurs qui conditionnent la situation des femmes. Le terme genre fait référence
à la construction sociale des rôles féminins ou masculins. Ceux-ci ne sont pas seulement
définis par le critère biologique du sexe, mais sont le résultat des conditions de production et
de reproduction propres à chaque société et en évolution constante. ·Les genres ont une base
culturelle ; ils sont définis par la société qui en détermine les activités, les statuts, les
caractéristiques psychologiques, culturelles et démographiques, dont le point de départ est la
différence sexuelle, mais qui ne peuvent pas se résumer ou se justifier par cette seule
différence sexuelle·.

En effet, des analyses selon le genre montrent que des aspects tel que le contrôle masculin
de la force de travail des femmes, et leur accès limité au pouvoir politique et à des
ressources à forte valeur sociale et économique sont à l'origine de leur accès limité à une
source de revenu stable.

De tels résultats d'analyse ont de toute évidence des répercussions, sur les politiques de lutte
contre la pauvreté. D'un point de vue opérationnel, il s'agit d'adresser en même temps les
besoins pratiques et les intérêts stratégiques des femmes afin qu'elle puissent sortir
durablement de leur condition de pauvreté.

Dans ce contexte, les enjeux stratégiques se retrouvent dans un concept dont la traduction
n'est pas aisée dans le milieu francophone : ·l'empowerment· des femmes15(*). Isabelle
JACQUET16(*) en donne une définition claire en englobant : l'empowerment correspond à
l'acquisition d'un droit à la parole et à la reconnaissance sociale.

Ce concept fait référence à la capacité de comprendre la nature des structures décisionnelles


dans les contextes particuliers : Qui prend les décisions ? Par quels processus sont-elles
prises ? Comment les personnes qui étaient dans le passé exclues du groupe de prise de
décision font-elles sentir leur influence dans les nouvelles décisions qui émergent ?...17(*)

3) Le microcrédit comme réponse aux pauvres :

Dans la majorité des cas, il est admis que l'utilisation du microcrédit a des effets plutôt
positifs sur les opportunités et les revenus : intensification et/ou extensification de
l'agriculture quand le foncier n'est pas saturé, structuration des réseaux de commerce de
l'artisanat, etc. ces revenus étant prioritairement consacrés à l'alimentation et aux conditions
de vie (santé, éducation, habillement, habitat, etc.). Ensuite, un certain effet positif est
également décelable sur l'empowerment, en termes de statut et d'insertion sociale. Enfin, la
sécurité peut se trouver renforcée par le recours à l'épargne, la possibilité de souscrire de
nouveaux crédits, les opportunités ouvertes par les services encor rares d'assurance. A
travers ces diverses études d'impact, l'idée originelle selon laquelle le recours au microcrédit
peut être compris comme un outil de maintien, voire d'amélioration de la situation des
pauvres, paraît donc globalement se vérifier.

L'aspect le plus répondu de la microfinance est le microcrédit. D'après la Banque Mondiale,


il s'agit des crédit qui sont inférieurs à 40% su PNB (produit national brut) par habitant de
chaque pays.

Un autre trait du microcrédit en particulier est mois contesté : il est local et proche des gens
et il est destiné à financer des microprojets. Son utilisation est étroitement liée aux activités
du secteur informel. Les femmes représentent sans aucun doute la majorité des destinataires
du microcrédit.

En outre, on a pu observer que les femmes qui vivent dans la misère s'adaptent mieux et plus
vite que les hommes au processus d'auto-assistance qui est mis en oeuvre à travers les
groupes solidaires, les ·self-help groups· (SHG). C'est un petit groupe des femmes,
homogènes économiquement, de pauvres urbains ou ruraux, formé volontairement pour
épargner et contribuer à un fonds commun destiné à être prêté aux membres selon des
décisions collectives et dans le but de travailler ensemble pour le développement
économique et social de leur famille et de la communauté18(*). Aussi c'est un groupe de
femmes cohérent et homogène, il est de petite taille, son fonctionnement et sa décision est
prise sur le mode démocratique19(*).

Le microcrédit adresse le problème de la pauvreté dans son acception restreinte : faiblesse


des ressources familiales, et dans son acception plus large et récente : l'inaccessibilité des
ressources et l'absence de contrôle de ces ressources. Incontestablement, le microcrédit est
une solution au moins potentiellement supérieure aux autres cas de figure, parce qu'il
comporte des éléments qui devraient entraîner un plus d'empowerment. Ceci s'avère encor
plus vrai si le microcrédit incite les pauvres à joindre un SHG qui crée un espace d'échange
entre femmes.

II- Impact et viabilité financière des institutions du microcrédit :

1) L'impact du microcrédit :

En dépit d'un fort taux de remboursement, les quelques études statistiques dont on dispose
sur les emprunteurs révèle de faible augmentation de revenus pour la majorité d'entre eux
(WRIGHT, etc.). Ces études nous apprennent aussi que le revenu en hausse se stabilise
habituellement après un certain temps et que seul un faible pourcentage d'emprunteurs
bénéficierait d'une progression constante de leur revenu.

En fait, cela s'explique par le fait que bon nombre de prêts sont affectés plus à des activités
de subsistance voire de consommation qu'à des activités innovantes à risques. Nombreux
étaient ceux (pauvres) à vouloir se cantonner dans des activités informelle traditionnelles ne
faisant pas vraiment appel à l'esprit d'entreprise (couture, échoppe, tissage, vente de
légumes...) sous le prétexte qu'ils n'étaient pas assez instruits. Or, le microcrédit ne peut
enclencher une dynamique d'accumulation à long terme que lorsqu'il y a des possibilités
d'une part d'obtenir les crédits d'un montant significatif et de manière très régulière et d'autre
part de pouvoir les multiplier afin de diversifier les activités génératrices de revenus.

2) Viabilité financière des institutions du microcrédit :

L'un des paradoxes des programmes de financement est la tension entre les politiques
conçues pour accroître la viabilité financière des institutions de microcrédit et les stratégies
conçues pour l'empowerment des pauvres. En effet, les exigences relatives à la durabilité
financière des institutions mènent à réduire au strict minimum les services de soutien
complémentaires. Or, des volets complémentaires des programmes de microfinance , comme
les programmes d'alphabétisation, les services de garderie, la formation en gestion des
entreprises, peuvent avoir un impact significatif tant sur l'amélioration du revenu que sur
l'empowerment.

Presque tous les programmes mondiaux de microcrédit affirment que la viabilité financière
de leurs activités constitue l'un des principes clés de leurs actions. Les subventions sont
considérées comme des aides temporaires pour surmonter les coûts de démarrage de leurs
activités. En fait, le but de ces promoteurs financiers est de développer des programmes de
crédit viables sur le plan financier, c'est-à-dire de recourir, grâce aux charges des clients et
aux intérêts, les coûts de fonctionnement, le coût des fonds et la perte de valeur due à
l'inflation. Des taux d'intérêt, une mobilisation de l'épargne et une responsabilité collective
pour le remboursement du prêt, devraient permettre de maximiser les profits tout en
minimisant les coûts de services financiers20(*).

Section II : Le microcrédit et la microentreprise.


II- Le concept de microentreprise :

1) La notion d'entreprendre :

- Au niveau macro :

L'évolution des conditions macroéconomiques semble être l'un des facteurs qui expliquent le
changement du nombre de nouveaux entrepreneurs ou de starters. Le degré de confiance que
les starters manifestent, ou que leur environnement manifeste, par rapport à la réussite de
leur projet est en partie stimuli par des circonstances macroéconomiques positives.

Les minienteprises dans les écoles secondaires, l'excellente offre d'orientation, les concours
de business plan, ...permettent aux étudiants de développer leurs projets de création
d'entreprise. Néanmoins, il reste du pain sur la planche pour stimuler d'avantage de
comportements propres aux entreprises dans les écoles primaires et secondaires21(*). A côté
de cela, les écoles primaires et secondaires de l'enseignement technique et professionnel
accordent trop peu d'importance aux sujets liés à l'entreprenariat, tels que les orientations
poste secondaires qui ne sont pas spécifiquement axées sur l'entreprenariat. Nous pensons ici
aux traducteurs, aux infermiers ... qui, au cours de leur formation n'apprennent que peu de
choses en rapport avec l'entreprenariat et qui voient plutôt cette branche comme une matière
réservée aux étudiants des écoles commerciales et de gestion22(*).

- Niveau méso :

Lorsque une personne et entourée d'entrepreneurs ou qu'elle a un entrepreneur dans un


entourage, cet aspect a une influence positive sur sa volonté de créer une entreprise, les
jeunes dont les parents sont indépendants se sentent par exemple plus attirés que les autres
par la profession d'entrepreneur.

En général, le fait de progresser sur le plan financier et social est le principal facteur qui
incite à créer une entreprise.

- Les facteurs individuels :

La liste qui suit reprend les motivations le plus souvent évoquées par les personnes qui
souhaitent devenir entrepreneurs 23(*):

ü être indépendant et autonome ;

ü Plus grande liberté ;

ü Progresser sur le plan financier ;

ü Saisir une opportunité ;

ü Etre son propre patron ;

ü Exercer une activité passionnante ;


ü Un défi, une ambition personnelle ;

ü Pouvoir mettre en oeuvre un projet professionnel ;

ü Repartir son emploi du temps de façon flexible ;

ü Pouvoir exercer un contrôle sur tout ;

ü Avoir la personnalité du patron ;

ü Etre proche de sa famille ;

ü Progresser sur le plan social ;

ü Contrôler les événements ;

ü Echapper le chômage ;

ü Pour avoir un revenu ;

ü ...etc.

2) La notion de la microentreprise :

La notion de microentreprise recouvre des réalités et des situations très disparates, d'où une
infinité de définitions qui varient en fonction de degré de  développement des pays qui
l'adoptent et des objets qu'on veut lui assigner24(*).

Le Bureau International de Travail dépendant de l'Organisation Internationale de Travail


(OIT) ainsi que la Banque Mondiale : l'OCDE et l'ONUDI rangent la microentreprise dans le
secteur informel.

Le Bureau International de Travail considère la microentreprise comme des très petites


activités qui emploient plus de 10 personnes et qui, dans leur grande majorité, sont des
sociétés unipersonnelles fondées sur un mode de production traditionnel.

Au cours de la décennie 90, les Etats ont accordé un intérêt remarquable au secteur informel
en développant des politiques d'appui qu'ont permis l'émergence des microentreprises
dynamiques et performantes.

De nouveaux concepts terminologiques ont succédé à la notion de secteur informel, les


chercheurs préfèrent recourir à de nouvelles catégories ou entités : ·microentreprise· ou
·entreprise informelle·.

Est considérée comme ·microentreprise· toute unité à faible capital investi, employant au
maximum 10 personnes, généralement peu qualifiées, partiellement ou totalement hors de
règles administratives ou légales, utilisant le travail familial rémunéré et ayant des horaires
de travail flexible25(*).
Les microentreprises ont des caractéristiques communes : petite taille, leur mode de
production traditionnel ; faible coût fixe ; le recours à la main d'oeuvre familiale ; l'usage de
sources de crédit personnelles ou informelles et la difficulté d'accès au crédit bancaire
classique.

Dans le système économique, la microentreprise s'insère dans le schéma suivant :

Grande entreprise
Secteur
Moyenne entreprise
organisé
Petite entreprise
Secteur Microentreprise

informel Petite entreprise

Indépendant

Activités de subsistance
Source : Fondation banque populaire pour la création d'entreprise.

3) Identification :

a) L'âge des gestionnaires :

L'âge moyen des gestionnaires des microentreprises est de 40 ans, avec un écart-type de
12.1, le coefficient de variation est de 30% ce qui donne une assez forte dispersion des
microentreprises selon l'âge du gestionnaire.

b) Le sexe des gestionnaires :

95.2% des responsables de microentreprise sont de sexe masculin, lorsque nous croisons la
variable sexe avec la nature de l'activité, avec le lieu de l'exercice de l'activité, avec
l'accomplissement des procédures administratives, cela permet de détecter des spécificités de
comportement selon le sexe. Cependant, les conclusions seront fragiles car l'effectif des
femmes n'est pas suffisamment représentatif.

c) Le niveau d'instruction des gestionnaires :

25.3% des gestionnaires sont analphabètes avec un métier appris, 30.4% ont suivi
l'enseignement fondamental (9 années). On observera plus loin que le fait d'avoir appris un
métier augure que le gestionnaire a une expérience pratique qui lui facilite certaines tâches
(procédures administratives, accès au crédit...).

d) Les modalités de création :

52.9% des interviewés ont crée à eux seuls leur microentreprise, 13.6% ont bénéficié d'un
soutien de la famille et 4% d'une autre assistance. Dans 29% des cas, la création de
microentreprise été faite par une personne autre que le gestionnaire même. Il s'agit
fréquemment du père ou encor de l'ancien propriétaire qui cède l'affaire.

e) Lieu d'exercice de l'activité :

81.6% des gestionnaires exercent leur activité dans un local fixe construit, 6.2% au coin de
la rue et 7.4% sont des ambulants.

Le travail à domicile est le fait de 1.24% pour l'ensemble de l'échantillon. Ce pourcentage


est cependant plus élevé pour les femmes (12.9% contre 0.6% pour les hommes).

Au niveau national, l'enquête sur les niveaux de vie des ménages de 1990/1991 réalisée par
la Direction de la Statistique, donne des résultats analogues.

En milieu urbain, la moyenne nationale est de 1.2%. L'exercice du travail à domicile


présente selon les réponses que nous avons recueillie, l'intérêt d'une plus grande souplesse
dans la gestion du temps de la femme. Il lui permet d'être disponible pour ses enfants tout en
répondant à la demande de la clientèle qui s'adresse à elle.

Mais il s'avère que l'achalandage est dans ce cas très réduit, c'est pourquoi, une grande partie
des femmes finissent par exercer à l'extérieur, mais pas dans un local fixe construit, ce qui
facilite encor leur gestion du temps entre le ménage et l'activité professionnelle. Ainsi, 29%
des femmes travaillent comme ambulantes ou au coin de la rue, contre 14% seulement pour
les hommes. La faible part des microentreprises ambulantes ou sans local fixe construit
expliquent ainsi le pourcentage peu élevé de femmes microentrepreneurs.

II- Que propose le microcrédit ?

1-Le microcrédit : un instrument de financement de la microentreprise

Comme nous avons mentionné, le microcrédit ou le crédit solidaire est une création d'un
professeur d'université d'origine bangladaise26(*) spécialisé en économie. Le professeur
·Mohamed YUNUS· observe que l'aide internationale n'a pas beaucoup d'incidences sur les
pauvres qui en le plus besoin27(*). Les pauvres demeurent exclus des circuits économiques
traditionnels notamment les établissements bancaires. Grâce aux microcrédits, ils peuvent
enfin avoir accès à des prêts et participer à la vie économique de leur pays.

Le microcrédit ou le finance solidaire porte sur des petites sommes d'argent censé répondre à
un besoin urgent de financement (de microprojets remboursables en un temps relativement
court, à de faible taux d'intérêt).

Le contexte dans lequel les personnes optent pour le microcrédit a déjà été en grande partie
analysé au premier chapitre de ce mémoire. Un microcrédit peut donner aux starters un
accès au financement et, en conséquence, offrir un droit à l'initiative économique, ce qu'est
rarement le cas auprès des organismes bancaires ordinaires. Les banques refusent la
demande de crédit des microentrepreneurs pur les raisons suivantes : les demandeurs de
crédit ne peuvent présenter suffisamment de garanties. Le montant demandé est trop faible
par rapport au coût qui y lié (risques et frais administratifs)... ou en outre la situation réelle,
selon laquelle les microentrepreneurs ont difficilement accès ou n'ont pas accès au
financement par la banque, certains starters pensent qu'ils ne pourrant obtenir aucun
financement via la banque et ne font donc aucune démarche pour y arriver.

Les bénéficiaires de ces microcrédits sont des personnes seules, soit de petits groupes. En
général, ces crédits sont accordés préférentiellement à des femmes non seulement en raison
de leur affectation des revenus au bien-être de leur ménages et de leurs enfants, mais aussi
parce que le taux de remboursement des prêts qui leur sont consentis, comme l'on démontre
les expériences menées dans de nombreux pays, est sensiblement plus élevé que dans les cas
des hommes. Les institutions assurant ce microfinancement sont généralement des
organisations non gouvernementales ou des associations à but non lucratif. Signalons
toutefois que des réussites remarquables montrent qu'il est possible même pour une banque
commerciale, de prêter de petites sommes à court terme, à des taux non usuriers, à des
clients solvables, de faire des bénéfices non négligeables.

En général, le système de microcrédit s'adresse à une population non bancale ; une


population qui n'a pas accès au crédit classique, surtout qu'il s'agit d'un système qu'il faut
développer en dehors des banques du fait que ces derniers ne sont pas adaptés à ce type de
financement d'activités qu'elles considèrent à hauts risques.

2-L'accompagnement :

a) Définition de l'accompagnement :

Le terme accompagnement désigne un processus qui vise à aider des personnes ayant une
idée de création d'activité afin qu'elles puissent :

§ concrétiser leur projet et devenir des chefs d'entreprise autonome dans l'hypothèse où leur
projet de création s'avère viable ;

§ dans le cas contraire, mettre en évidence des qualités personnelles ou professionnelles sur
lesquelles ces personnes pourront « rebondir » si leur projet s'avère irréalisable.

b) Les fonctions et les étapes de l'accompagnement :

Quelles que soient les pratiques, celles-ci doivent s'assurer de prendre en charge les cinq
fonctions essentielles suivantes :

· la fonction d'ingénierie économique et financière ;

· la fonction de miroir du couple porteur-projet ;

· la fonction de démotivation positive ;

· La fonction de recadrage, de redimensionnement du projet ;

· la fonction de positionnement du porteur dans son projet.

Ces cinq fonctions sont prises en charge à diverses étapes du processus d'accompagnement
mais doivent être rencontrées d'une manière efficace et personnalisée.
i - Analyse des fonctions : 

- La fonction d'ingénierie économique et financière :

Nous appellerons cette fonction le  « modèle de base » de l'accompagnement. Le reste vient
en option. Dans le cadre de ce mémoire consacré au microcrédit, nous pouvons largement,
considérer cette fonction comme acquise.

Rappelons toutefois un élément sensible de l'ingénierie financière. Un condidat-entrepreneur


à la base d'un projet de microentreprise n'a pas beaucoup de chois parmi les différents
instruments de financement lorsqu'il dispose de fonds propres insuffisants. Résultat : les
conditions de possibilité de financement qui peuvent effectivement être obtenues, paraissent
secondaires au condidat-entrepreneur. Le taux d'intérêt, par exemple, est accessoire par
rapport à l'accès au financement. De façon analogue, lorsque le condidat-entrepreneur doit
choisir entre obtenir un crédit dont la période de remboursement n'est pas adapté à la
structure financière des actifs ou ne pas obtenir de crédit du tout, sa décision est vite prise.

L'accompagnement financier lors de la constitution d'un dossier implique que le consultant


examine différentes possibilités de financement du projet avec l'entrepreneur, après que
celui-ci a effectué les calculs nécessaires. Malgré le choix limité de possibilité de
financement qui s'offre aux microentrepreneurs, il convient de viser un plan de financement
aussi équilibré que possible et en harmonie avec les investissements. Vouloir financer une
voiture à l'aide d'un prêt solidaire ou d'un prêt lancement est un bel exemple du contraire.

- La fonction de miroir :

Toute personne ayant une idée doit pouvoir confronter cette idée à un professionnel. Le
professionnel doit servir de miroir dans lequel la personne regarde ce que représente son
idée. Le porteur de projet doit se trouver confronté face à un professionnel qui reformulera
en d'autres mots l'idée qui lui a été soumise. Cette reformulation est importante puisque,
pour la première fois, le porteur se trouvera confronter à sa propre idée. En réentendant son
idée exprimée par quelqu'un d'autre, il pourra commencer à la critiquer, l'évaluer...

Cela peut paraître très psychologisant mais les professionnels d'accompagnement font cela
très bien sans penser psychologiser.

Cette fonction doit rencontrer une double exigence :

ü « Renvoyer l'image la plus faible possible de ce que l'entrepreneur dit de son projet et de
lui-même ». Il s'agit de reformuler ce que l'entrepreneur dit. Lui retourner sa propre image et
celle de son projet ; l'y confronter sans juger.

ü « Identifier le stade de maturité du projet et de son entrepreneur ». Prendre un peut de


hauteur pour photographier non pas le coureur mais le coureur sur le champ de course afin
de donner une image fidèle de la distance parcourue et de celle qu'il reste à parcourir avant
la ligne de départ !

Cette fonction se base sur deux qualités de l'accompagnement :


Ø Expérience, ce qui ne fait dire que limiter la fonction du miroir au premier entretien et
confier le premier entretien aux professionnels les moins chevronnés de l'équipe n'est pas
nécessairement une bonne idée ;

Ø L'intuition (donc l'expérience) !

- La fonction de la motivation positive :

Selon la qualité forte du secteur de la création d'entreprise : « beaucoup d'appelés peu


d'élus ». Quand on s'adresse spécifiquement à un public d'allocataires sociaux, il est
nécessaire de structurer un outil de démotivation positive qui permette en mouvement des
allocataires sociaux vers la création d'entreprise et de ré-aiguiller positivement ceux qui
feront le choix de ne pas entreprendre. Il s'agit de proposer une méthodologie permettant
d'apprendre le métier d'entrepreneur. Les professionnels du secteur appellent cette méthode
de démotivation positive,  « démotivation » car pour dix porteurs de projet rencontrés au
départ, en moyenne deux vont concrétiser leur projet d'entreprise, « positive » car un travail
de précision de projet d'entreprise, même s'il n'aboutit pas sur une création d'entreprise
permet le cas échéant au porteur de faire son deuil sur d'autre pistes d'émancipation
personnelle telles une formation qualifiante et/ou un emploi salarié28(*).

La démotivation positive permet au condidat entrepreneur de :

§ connaître les enjeux de la création d'entreprise pour lui-même et en général ;

§ être sensibilisé à la spécificité du métier d'entrepreneur ;

§ avoir une première information et des premiers réflexes par rapport au statut social
d'indépendant ;

§ être mise en mouvement par rapport à un véritable projet d'entreprise ;

§ analyser ses points forts et ses points faibles ;

§ être réorienté professionnellement si, une fois les enjeux de la création d'entreprise
éclaircis, il faut le choix de ne pas entreprendre.

- La fonction de redimensionnement du projet :

Redimensionner un projet, c'est organiser l'harmonie entre :

· compétences du porteur,

· core busines,

· dimension du marché et

· capacité d'investissement.

Cette fonction est assurée à différentes étapes du processus d'accompagnement. D'entrée de


jeu, il faudra prendre conscience au porteur de la nécessité d'harmoniser entre ces
composantes et surtout des « dysharmonies » flagrantes de son idée. Progressivement, on
pourra travailler sur les différents paramètres, fermer des portes, en ouvrir de nouvelles...
Pour simplifier, c'est ici que se marque toute la différence entre une idée et un projet plus
toute la différence entre un projet et une activité économique viable.

- La fonction de positionnement du porteur :

Il s'agit de présenter à l'entrepreneur les avantages et les inconvénients des divers statuts
sociaux identifier avec lui le statut le plus adéquat.

ii - Analyse des étapes :

- Promotion et présence au bon endroit :

La plupart des structures d'accompagnement du microcrédit sont inscrites dans le paysage de


l'animation économique depuis longtemps. Elles y tiennent une fonction reconnue et
s'inscrivent dans des réseaux, des filières habituelles, rodées... qui leur assurent une
« clientèle » quasiment « structurelle » le problème, c'est que le microcrédit n'est pas
absolument structurel.

La structure d'accompagnement doit donc pouvoir :

ü identifier, parmi les personnes qui demandent un accompagnement, celles qui seraient
mieux aidées par une pratique « microcrédit » ;

ü faire connaître le potentiel du microcrédit dans ses réseaux ou dans les réseaux de ses
réseaux.

- Le prè-accueil :

Objectifs de l'étape :

Ø permettre aux porteurs de projet de fixer leur idée et de réfléchir à leur projet personnel et
aux conditions de leur environnement permettront ou non de rentrer dans la dynamique du
projet.

Ø pré-comprendre le projet de vie personnelle des porteurs et leur permettre d'initier leur
démarche.

Référentiel du métier :

· orienter les porteurs du projet vers l'organisme le plus adéquat.

· détecter l'idée et la motivation des porteurs de projet.

· faire décrire l'idée.

· en cas de motivation mais d'absence d'idée, détecter les qualités, les intérêts et les besoins
des porteurs de projet potentiels.

· vérifier que l'idée de projet est fixée dans l'esprit des porteurs de projet et non mouvante.

· identifier l'état d`avancement de l'idée de projet et les aspects de projet (commercial,


juridique, financier).

· Connaître les porteurs de projet, leur environnement familial et social.

· Connaître la situation et le passé professionnel des porteurs de projet.

· Avoir une première idée de ses ressources financières, de son endettement.

- L'accueil :

Objectif de l'étape :

§ donner aux porteurs de projet les moyens de formaliser leur projet en abordant tous les
aspects à franchir pour permettre d'aboutir à la création effective de leur entreprise ou à leur
réorientation.

§ établir avec les porteurs un diagnostic de l'état d'avancement de leur projet et détecter leurs
besoins de formation.

Référentiel de métier :

Ø permettre aux personnes de se présenter elles-mêmes et de présenter leur projet.

Ø amener les personnes à une première formulation par écrit du projet d'entreprise et des
informations déjà réunies par porteurs de projet : techniques commerciales ; financière,
juridiques.

Ø identifier l'état d'avancement des porteurs de projet par rapport à leur projet et leur état de
connaissance par rapport à leur futur métier de chef d'entreprise.

Ø connaître les porteurs de projet.

Ø faire connaître aux porteurs de projet des différents aspects du projet qui restent à
approfondir, des étapes à franchir et des méthodes pour le faire...

Ø fournir aux porteurs de projet une information détaillée sur la méthode de création
d'entreprise, sur les interlocuteurs qu'ils devront rencontrer et sur les exigences du futur
métier de chef d'entreprise.

Ø en cas de projet collectif, faire prendre conscience aux porteurs de projet des modes de
contractualisation nécessaires.

Ø établir un diagnostic de cohérence personne-projet.


Ø déterminer avec eux et en fonction de leur projet leurs propres atouts et freins, et leurs
besoins de formation.

- L'accompagnement au montage :

Objectif de l'étape :

ü mobiliser les porteurs comme réalisateurs de la conduite de leur projet ;

ü les aider à établir un diagnostic permanent de l'état d'avancement de leur projet ;

ü leur favoriser les contacts avec les institutions et les différents opérateurs intervenant dans
le champ de leur projet ;

ü les encourager à établir des relations avec l'environnement de leur projet ;

ü détecter les besoins de formation et orienter le cas échéant.

- L'accompagnement financier :

Objectif de l'étape :

ü permettre aux porteurs de financer leur projet avec un plan de financement équilibré et
l'engagement d'opérateurs financiers crédibles à leurs côtés ;

ü vérifier l'état de cohérence des éléments financiers du projet et leur adéquation avec le
projet économique.

Section III : L'étude et mesure d'impact du


microcrédit.

I - Objectifs et intérêts d'une étude d'impact :

1) Objectif :

Le définition29(*) de l'impact se rapporte le plus souvent aux changements apportés suite à


l'introduction, dans un système social et économique existant, d'une nouvelle activité et/ou
technologie en fonction des objectifs et des stratégies initiaux.

On peut assez facilement distinguer différentes échelles d'impact : échelle individuelle ou


«micro » (amélioration de revenus, de position sociale) échelle sociétale (structuration du
tissu socioéconomique, services financiers accessibles), échelle mixte (la promotion des
femmes constitue un impact mixte).

La définition de l'impact est liée aux objectifs et aux stratégies des bailleurs de fonds et les
IMF. Deux conceptions s'affrontent ici, elles sont souvent données, dans le domaine de la
microfinance comme incompatible : optique sociale et l'otique économique. Dans le premier
cas, les IMF doivent permettre aux populations de subvenir elles-mêmes à leurs besoins
fondamentaux (objectif de dignité via l'auto-organisation) en mettant en oeuvre leurs
capacités de production (lutte contre la pauvreté). Dans l'approche économique, la
microfinance est un support en soi à l'économie nationale en créant des richesses et en
développant l'emploi (le développement économique). D'où l'importance accordée à la
rentabilité de l'institution.

Le conflit entre les deux approches transparaît à travers le traitement qui est fait de l'objectif
de promotion des femmes : les interventions en direction de cette population visent-elles,
d'abord, à améliorer leur conditions socio-économiques ou, d'abord, à rentabiliser
l'institution de microfinance qui met en oeuvre cette activité, de fait que les femmes
remboursent mieux car elles sont plus respectueuses des traditions du milieu ?

Un troisième objectif a occupé une place importante lors de la seconde phase de


développement des IMF (les années 90), celui de leur pérennisation par le biais de leur
sécurisation financière dans un cadre réglementaire national ou régional.

1) Spécificité de l'évaluation de l'impact du secteur de microcrédit

Trois facteurs spécifiques défavorisent ou compliquent l'évaluation d'impact propre à ce


secteur30(*) :

§ les IMF n'arrivent pas en terrain vierge, le crédit et l'épargne de leur préexistent : elles
viennent en parallèle du secteur bancaire dit classique et en concurrence avec le secteur dit
traditionnel.

Si l'on prétend que les services apportés par les IMF sont d'une nature différente, il y a lieu
de préciser ce qui signifiant les notions introduites telles que le taux de crédit « excessif » ou
« l'exclusion » de l'accès au crédit

§ l'activité financière pose le problème de savoir si l'argent est une valeur ou une moyenne.

- certaines approches de l'impact postulent que l'accès au crédit est en soi utile et efficace
pour l'amélioration de vie de l'emprunteur : agent microéconomique rationnel, emprunteur
optimise son utilité grâce à ses ressources nouvelles, il est logique de situer là l'objectif du
programme et la meure de son impact à ce niveau.

- le parti opposé vise les bénéfices finaux obtenus par les populations que ce soit en termes
de productivité, de revenu, de meilleure sécurité face aux risques de la vie, etc.

Dans cette seconde optique, on doit faire face à une multitude d'objectifs possibles, de
secteur d'activité, d'indicateur, etc. avec des relations de conditionnalité (par exemple, sous
quelles conditions le microcrédit est-il utile à telle activité ?) multiple, fluctuante, difficile à
saisir.

§ Le crédit existe dans le temps. Un système de microfinance qui veut assurer un succès
durable au crédit vise la pérennité. Par conséquent, l'institution est plus qu'un moyen.

L'IMF tend donc à considérer sa propre existence comme un des impacts des programmes et
ses résultats financiers comme une mesure d'impact. Il arrive que des méthodologies
d'évaluation des IMF se concentrent sur la seule évaluation de la viabilité.

Or, une institution des services peut se développer et accroître son portefeuille de clients,
sans pour autant servir les besoins des pauvres. Au contraire, l'institution peut croître et
améliorer des ratios d'exploitation en visant en priorité la clientèle la plus solvable. L'étude
montre toutefois que ces difficultés ne constituent pas des obstacles discriminants au suivi-
évaluation d'un impact des IMF, ce dispositif ayant, au contraire, forte tendance à se
développer. Ceci provient de la dépendance des IMF par rapport à l'économie locale, aux
bailleurs de fonds et aux emprunteurs.

Après une phase de financement « tous azimuts », Les IMF sont maintenant en concurrence
croissante auprès de leurs bailleurs. Cela ne peut que les rendre plus attentives aux
préoccupations des bailleurs s'agissant, en particulier, d'une mesure de leur impact.

Les IMF sont aussi en concurrence croissante auprès de leurs emprunteurs, elles sont donc
poussées à se mettre à l'écoute des besoins des gents, se qui recoupe l'étude de l'impact, cela
relève du marketing classique. Cette motivation est celle qui pèse le plus, si bien que les
mesures d'impact sont de plus en plus constitués par des études à vision marketing.

II - La nature de l'impact à mesurer et les indicateurs utilisés :

1) L'échelle de la mesure d'impact :

a) L'échelle micro :

Dans la totalité des études pour lesquelles l'échelle de mesure d'impact est clairement
précisée, il s'agit de l'échelle microéconomique/microsocial, celle des individus, des
ménages et des entreprises.

L'unité  « ménage » est privilégiée par certains afin de disposer d'un système bien identifié
au plan comptable permettant une mesure aisée de l'impact du crédit obtenu ou des
possibilités d'épargne sur les dépenses de consommation, sur l'investissement social ou
encor sur la production agricole.

Dans un nombre de cas au moins aussi nombreux, c'est l'individu qui est privilégié comme
unité d'analyse, notamment en tant que client. Cette option convient autant à l'approche
marketing de l'impact qu'à l'étude de l'impact social.

L'unité « entreprise » n'est jamais analysée en tant que telle. La production est le fait
d'individu ou de ménage, pour les activités agricoles, on ne finance pas un projet ou un bilan
d'une entreprise mais d'abord une personne qui peut utiliser l'argent à d'autres fins que les
usages productifs : consommation, éducation, couverture des risques.

b) L'échelle méso :

L'échelle mésoéconomique ou mésosociale adoptée d'une façon intéressante par certains


auteurs, en complément de l'échelle micro. Il s'agit d'étudier des impacts sur les villages ou,
exceptionnellement, l'impact quantitatif de l'institution de microfinance à l'échelle de la
région où elle est présente.

c) L'échelle macro :

L'échelle macroéconomique est uniquement utilisée par des auteurs français et semble avoir
déçu des auteurs eux-mêmes en raison du faible poids des populations pauvres dans les
agrégats macroéconomiques. Elle semble assez clairement inadaptée à l'étude de l'impact
des IMF.

2) La description du public :

Par comparaison avec ce qui se fait habituellement en marketing financier, l'identification du


capital est extrêmement peu développée. Tout de passe comme si la population cible était
considérée comme indifférenciée, à l'exception toutefois de la variable « genre ».

Le niveau d'aisance ou degré de pauvreté est également utilisé par un bon nombre d'auteurs.
Ce critère d'analyse implique la prise en compte d'un certain nombre d'indicateurs qui
varient d'une société à l'autre.

L'âge et l'activité professionnelle « avant obtention du crédit » sont rarement utilisés comme
critères d'analyse de l'impact. Des variables géographiques le sont plus souvent, mais sans
qu'un critère commun se dégage : ici urbain/rural, là entre villages avec ou sans caisse
autogérée, etc.

Enfin, des renseignements sur la population de la région d'implantation de l'IMF ne sont


presque jamais fournis, sauf lorsque la notion de « taux de pénétration » est utilisée.

3) Les relations entre IMF et sa clientèle :

Un assez grand nombre de variables peut être utilisé pour décrire les relations,
essentiellement financières, entre l'IMF et sa clientèle. Ces variables sont à priori éloignées
de la mesure d'impact mais pouvant être classées dans la catégorie des « variables de
réalisation » des IMF dont le lien avec les impacts recherchés serait à identifier. Le mode de
fonctionnement de l'IMF est l'un des éléments importants de ces variables de réalisation et
devrait être explicitement lié aux méthodes d'évaluation utilisées.

La propension à évoquer les facteurs de viabilité en réponse à des questions qui portent sur
l'impact est également un décalage observé dans beaucoup d'études, et revendiqué par
quelques-unes.

On relèvera, parmi les variables de ce thème, un sous thème « satisfaction/motivation des


clients », qui fait appel à un recueil d'informations spécifiques en plus des données
commerciales. L'interview des anciens clients est pratiqué ou préconisée par de nombreux
acteurs.

4) L'IMF et sa concurrence :

Cette approche est dite « du point de vue du consommateur ». Elle n'a à priori rien de
révolutionnaire. Elle fait partie des « bases » tant en marketing bancaire que pour la notion
d'impact « avant-après ». Elle tranche cependant avec la représentation classique de l'aide au
développement qui viendrait en terrain vierge, répondre à un manque évident et total de
moyens (ce qui la rend « utile » quelle que soit son efficience).

Il s'agit d'un sujet assez largement traité dans les études de base mais peu repris dans les
synthèses. De toute façon, le secteur bancaire est peu présent dans les zones d'implantation
des IMF. Par contre, son rôle comme partenaire financier potentiel des IMF peut être évoqué
dans les pays qui s'y prêtent.

5) Destination du crédit et impact sur la microentreprise :

Une approche naturelle pour analyser l'impact du microcrédit consiste à étudier l'usage qui
est fait des sommes empruntées. C'est souvent dans le cas du financement d'activités de
production que cette information est collectée par les IMF. Il s'agit en général d'activités
agricoles, artisanales ou commerciales du secteur informel.

L'identification de la destination déclarée du prêt ne fait pas l'unanimité compte tenu de la


fongibilité du crédit et du fait que le contrôle de la bonne affectation du prêt devient
impossible pour une IMF est de savoir quelle stratégie va mettre en oeuvre le bénéficiaire
pour rembourser son emprunt.

La majorité des études de l'échantillon prennent en compte l'activité économique exercée par
le bénéficiaire est assez rarement prise en compte. Moins de la moitié des études identifient
les méthodes de production mais cela recouvre une grande diversité de variables très liées à
la nature de chaque activité ou système économique.

Les actifs productifs sont souvent utilisés et assez facile à mesurer de façon rétroactive :
acquisition directement liée à un crédit, accumulation de capital généré par l'activité, taille
de l'entreprise, propriété foncière.

6) Les résultats pour : la situation financière des ménages ; les conditions de vie ; la
situation individuelle et les indicateurs généraux de pauvreté/aisance.

- des variables de revenu et d'épargne sont utilisées par la majorité des études de
l'échantillon : évolution de leur montant monétaire, diversification des sources de revenu,
emploi régulier ou non, capacité de l'épargnant à dégage un surplus, à faire face à une crise,
capacité à prêter à des tiers.

D'autres variables financières sont moins souvent pratiquées :

Dépenses du ménage ; abondance de monnaie ; marchés financiers régionaux ; taux d'intérêt.

- Pour les indicateurs de condition de vie, il y a quatre types d'indicateurs :

Les actifs des ménages ; l'alimentation et leur répartition dans le temps ; les dépenses de
santé (soin) et pour celle de l'éducation des enfants.

- Les effets sur la situation personnelle des clients sont appréciés à partir de leur situation
économique ; la situation au travail ou la position sociale.

- Au-delà des indicateurs de dépense dans tel ou tel domaine, un certain nombre d'études
mesurent des indicateurs généraux reliés à la thématique de la lutte contre la pauvreté et
espère mesurer des différentiels imputables aux IMF, soit par étude avant-après, soit par
comparaisons entre clients et non clients. Il s'agit des variables qui ne peuvent être
influencées par l'existence de l'IMF que via des mécanismes indirects et de moyen-long
terme. Une exception importante est constituée par la vulnérabilité (ou la résistance) des
individus ou des ménages aux chocs de l'existence-chocs climatique, maladies et décès...etc.

III - Les méthodes d'évaluation d'impact du microcrédit :

1) La méthode classique : prouver l'impact économique du microcrédit.

Il s'agit de prouver l'impact économique du microcrédit à différents niveaux (micro, méso et


macro) et de montrer notamment aux bailleurs de fonds combien une unité monétaire
investie peut « rapporter »31(*).

Ces études s'inspirent généralement de la méthode des effets, utilisée pour l'évaluation des
projets de développement. Il s'agit d'identifier les perturbations liées au crédit et de les
apprécier sous l'angle de l'accroissement de la valeur ajoutée et de sa répartition entre les
différents agents économiques. Elles se fondent sur des enquêtes quantitatives : le plus
souvent, sélection d'un échantillon d'emprunteurs et comparaison avec un groupe de non
emprunteurs ou « groupe de référence ». Les premières applications de cette méthode ont
prouvé que mesurer l'impact du crédit était une tâche plus difficile qu'il n'y a paraissait pour
au moins deux raisons :

- Fongibilité du crédit : au niveau d'un ménage, il y a généralement peu de rapport entre


l'utilisation d'un crédit (productivité ou non) et l'origine du revenu permettant le
remboursement. De même, il est difficile d'affecter directement un emploi à la ressource que
constitue le microcrédit. La traçabilité du crédit étant compliquée à établir au sein du budget
et de la trésorerie du ménage. Il est très difficile d'en identifier les effets.

- Difficulté d'isoler l' « effet crédit » parmi les différents facteurs conditionnant l'évolution
économique des ménages.

2) Méthodes orientées vers l'institution : critères indicatifs d'impact.

Par opposition aux méthodes « classiques », ces méthodes mettent l'accent non plus sur le
ménage, mais sur l'institution qui propose les services. Elles se fondent en effet sur l'opinion
que la meilleure preuve de l'impact est l'existence d'une institution sur la durée ayant de
bonne performances financières, le taux de remboursement, parce qu'il est significatif de la
bonne volonté des clients à payer, serait un critère révélateur de l'impact. Les autres critères
de performances retenus sont le nombre de clients atteints, le pourcentage de couverture des
coûts, la fin de dépendance aux subventions (permettant de maximiser le rapport entre le
nombre de clients touchés et l'apport initial du bailleur).

Pour résumer, l'idée dominante est que la standardisation des produits financiers permet aux
IMF de passer à une échelle large, d'atteindre l'équilibre financier, et de se pérenniser. Il
semble implicitement évident que le client est satisfait de tels services.

3) Méthodes orientées vers le client :

Plusieurs acteurs ont inversé cette vision centrée sur l'institution, et remis l'analyse de
l'adéquation des services financiers à la clientèle cible au centre du débat. Parmi ces
facteurs, il faut citer notamment la concurrence croissante entre IMF, la montrée des
impayés, les premiers faillites d'institution de microfinance et les abandons massifs de
clients dans certaines zones géographiques (jusqu'à 25% en Afrique de l'Est)32(*). Le succès
apparent d'une IMF ayant atteint l'équilibre financier en touchant un grand nombre de
clients.

4) La méthodologie d'analyse d'impact d'AIMS-SEEP :

a) Le cadre conceptuel :

Une analyse d'impact de qualité se fonde sur un cadre conceptuel. Le réseau SEEP a pu
exploiter le cadre conceptuel élaboré par les chercheurs d'AIMS en vue de déterminer
comment les programmes de microfinance contribuent à la stabilité et à la croissance des
microentreprises, à l'accroissement de la sécurité des familles/des ménages, au bien-être des
individus et au développement économique des communautés.

Le cadre conceptuel d'AIMS place la famille/le ménage au coeur de l'analyse33(*).

Microentreprise étant quasiment indissociable de la famille/du ménage, notamment les


familles les plus pauvres, la mesure de l'impact requiert l'exploration d'une vaste gamme
d'activités économiques des familles/ménages. La façon dont la microentreprise s'intègre les
stratégies économiques globales du ménage est déterminée par les facteurs ci-dessous :

§ La composition des familles/ménages qui varie selon le lieu et la culture. Cette


composition et les relations familiales influent sur la gestion des microentreprises que sur
l'affectation des bénéfices.

§ La prise de décision au sein des familles/ménages : pour ce qu'est des investissements, du


choix des activités productives.

§ Lien de la famille/du ménage avec des réseaux sociaux externes plus vastes, par
l'intermédiaire desquels ils utilisent et perçoivent des ressources.

Les microentreprises étant étroitement liées à la famille/au ménage :

- Au niveau de la famille : l'augmentation mette des revenus, l'accumulation des actifs et de


la productivité du travail.

- Au niveau de l'entreprise : l'impact se manifeste par l'évolution des revenus, le volume de


production.

- Au niveau individuel : contrôle des ressources, aptitude à la prise de décision, participation


aux activités

- Au niveau communautaire : emploi et revenu, liens en amont et en aval.

b-Les outils et les hypothèses d'AIMS-SEEP :

Le tableau ci-dessous associe chacun des cinq outils AIMS-SEEP aux hypothèses
correspondantes34(*) :

Tableau n°1 :

Hypothèses
Outils
Etude d'impact E1 : augmentation des revenus de l'entreprise.

E2 : changement des pratiques commerciales, associées à


une meilleure rentabilité.

E3 : amélioration de la capacité à suivre à des difficultés


de trésor.

E4 : augmentation des actifs de l'entreprise.

M6 : augmentation des revenus.

M7 : augmentation des actifs.

M8 : amélioration du bien-être.

M9 : plus grande capacité à faire face aux situations


d'urgence.

I13 : augmentation de l'épargne personnelle.

C15 : diminution du travail des enfants.

C17 : amélioration de la situation de l'emploi salarié et


non salarié.
Etudes des pertes de clients L'objectif est de déterminer à quel moment et pourquoi le
client a participé au programme, ainsi que l'impact.
Utilisation du crédit, des E1 : augmentation des revenus de l'entreprise.
bénéfices et de l'épargne dans le
temps E2 : changement des pratiques commerciales, associées à
une meilleure rentabilité.

E3 : amélioration de la capacité à suivre à des difficultés


de trésor.
E4 : augmentation des actifs de l'entreprise dans le temps.

E5 : plus grande diversification des activités.

M6 : augmentation des revenus.

M7 : augmentation des actifs.

M8 : amélioration du bien-être.

I10 : amélioration de la capacité de négociation.

I11 : participation plus active à la prise de décision.

I12 : meilleur contrôle des ressources économiques.

I13 : augmentation de l'épargne personnelle.


Discussion thématique de groupe L'objectif est de déterminer la satisfaction de la clientèle
sur la satisfaction de la clientèle. vis-à-vis des produits et services offerts dans le cadre du
programme.
Source : connaître la clientèle des IMF : outils d'analyse pour les praticiens de la
microfinance, mardi 2001.

NB  :

E : les hypothèses au niveau de l'entreprise.

M : les hypothèses au niveau de la famille/ménage.

I : les hypothèses au niveau individuel.

C : les hypothèses au niveau de la communauté.

IV - Les nouveaux modèles d'évaluation d'impact :

1) Le modèle : Audit d'impact.

David Hulme35(*) parle d'un ensemble homogène d'objectifs pour l'évaluation d'impact,


depuis la démonstration d'impacts dans le cadre de l'évaluation des résultats d'un
investissement jusqu'à l'amélioration des méthodes pratiquées par une institution de
microcrédit.

Un audit d'impact fonctionnerait de la même manière. Le personnel de l'institution


recueillerait les données de référence pour les indicateurs financiers et sociaux importants
pour chaque client au cours de processus de la demande de prêt.

2) Outil : système de formation intégrée.

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