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Cours : Intégrales de Lesbegue (INTL)

Emily Clement

Professeur : Thibault Deheuvels

Licence de Mathématiques
Semestre 1
2014-2015
Table des matières

0 Cardinaux et dénombrabilité 4
0.1 Cardinaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

1 Dénombrabilité 7

2 Tribus 10
2.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.1.1 Borélien de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.2 Hors cours/TD : Lemme de Borel-Cantelli . . . . . . . . . 13
2.3 Tribu image réciproque
_ - Tribu image . . . . . . . . . . . . . 14
2.4 Boréliens de R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

3 Mesures 17
3.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

4 Fonctions mesurables 22
4.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
4.2 Fonctions mesurables à valeurs réelles ou complexes . . . . . . 24

5 Intégrale de Lesbegue 27
5.1 Intégration des fonctions mesurables positives . . . . . . . . . 27
5.1.1 Fonctions étagées positives . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.1.2 Intégration des fonctions mesurables positives. . . . . . 33
5.2 Fonctions intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
5.3 Théorème de convergence dominée et applications . . . . . . . 46
5.3.1 Théorème de convergence dominée . . . . . . . . . . . 46
5.4 Comparaison intégrale de Riemann et intégrale de Lesbegue . 53
5.4.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
5.4.2 Lien intégrale de Riemann-intégrale de Lesbegue . . . 54

6 Espace Lp 57
6.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
6.2 Inégalité de Hölder et Minkowski . . . . . . . . . . . . . . . . 59
6.3 Espaces de Banach Lpµ (E),1 ≤ p ≤ +∞ . . . . . . . . . . . . 62

1
TABLE DES MATIÈRES

Densité de Cc Rd dans Lpµ (E) . . . . . . . . . . . . . . . . .



6.4 66
6.5 théorème de Radon-Nikodym . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68

7 Convolution et applications 70
7.1 Opérateurs de translation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
7.2 Convolution sur Rd . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
7.2.1 Le cas positif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
7.2.2 Le cas général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
7.2.3 Condition d’existence . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
1 d

7.2.4 L’algèbre L R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
7.3 Approximation de l’unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
7.4 Régularisation par convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

8 Construction de mesures, Unicité 76


8.1 Construction de mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
8.1.1 Mesures extérieures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
8.1.2 Mesure de Lesbegue . . . . . . . .. . . . . . . . . . . 79
8.1.3 Mesure de Lesbegue sur Rd , B Rd . . . . . . . . . . 82
8.2 Unicité des mesures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
8.2.1 Unicité de la mesure de Lesbegue . . . . . . . . . . . . 85
8.3 Tribu complétée,mesure complétée . . . . . . . . . . . . . . . 86
8.3.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
8.3.2 Complétion de BBB Rd . . . . . . . . . . . . . . . . 88

9 Mesures produits 90
9.1 Tribu produit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
9.1.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
9.1.2 Sections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
9.2 Mesure produit . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . 93
9.2.1 Mesure de Lesbegue sur Rd , B Rd . . . . . . . . . . 95
9.3 Théorème de Fubini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96

10 Changement de variables 100


10.1 Mesure image . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
10.2 Changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
10.2.1 Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
10.2.2 Changement de variables . . . . . . . . . . . . . . . . . 102

Emily Clement page 2


Introduction-Mise en contexte

On va avoir un emsemble E, on cherchera une mesure µ i.e :


_
µ : P (E) 7→ R+

tel que :
µ (∅) = 0
Si ∀n ∈ N, An ⊂ E, avec An 2 à 2 disjoints, alors
!
[ X
µ An = µ (An ) .
n∈N n∈N

Application : Probabilité, par exmeple. _


Cas de R : On veut une mesure λ : P (R) 7→ R+ (Mesure de Lesbegue)
vérifiant :
λ ([0, 1]) = 1
λ invariant par translation : i.e si A ⊂ R et a ∈ R, λ (A + a) = λ (A).
Intégrale de Lesbegue : On va vouloir intégrer sur n’importe quel ensemble
pour peu qu’on ai mis une mesure dessus.
C’est une généralisation de Riemann
On pourra intégrer des fonctions qui n’étaient pas Riemmann intégrable
On pourra intégrer des fonction sur autre chose que R
Les théorèmes de convergences sont plus forts
On pourra écrire pour de bon une somme comme une intégrale

3
Chapitre 0

Cardinaux et dénombrabilité

0.1 Cardinaux
On considère E un ensemble quelconque.

Définition 1.

Soient E, F deux ensembles. On dit que E et F sont équipotents si


il existe une bijection entre E et F . On note alors E ' F , ou encore
Card E = Card F (C’est juste une notation !)

Remarque 1.
La relation ' vérifie :
E'E
Si E ' F , alors F ' E
Si E ' F , F ' G, alors ' G
mais ce n’est pas une relation d’équivalence !

Exemple 1.

N →
7 2N
Card N = Card 2N car ϕ : est une bijection.
n τ 2n
P (E) →
7 Card {0, 1}N
Card P (E) = Card {0, 1}N car ϕ : est une
A → 1A
bijection.
E 7→ (Card {0, 1}
Rappel : 1A : 0 si x ∈
/A
x τ
1 sinon

4
CHAPITRE 0. CARDINAUX ET DÉNOMBRABILITÉ

Proposition 1.

Soit E un ensemble. Il n’existe pas de surjection de E dans P (E).


En particulier Card E 6= Card P (E).

Démonstration.
def
Supposons qu’on ait ϕ : E 7→ P (E) surjective. On pose A = {x ∈ E| x ∈ /
ϕ (x)} ⊂ P (E), donc ∃a ∈ E tel que ϕ (a) = A. Soit a ∈ E tel que ϕ (a) = A :
Si a ∈ A, a ∈
/ ϕ (a), donc a ∈
/A
Sinon, a ∈ varphi (a) donc a ∈ A.
C’est absurde.

Remarque 2 (Notation).
Soit E, F deux ensembles, lorsqu’il existe une injection de E dans F on note
E ≤ F , ou encore Card E ≤ Card F .
Si de plus il n’existe pas de bijection entre E et F on note Card E < Card F .
De même s’il existe une surjection de E dans F on note E ≥ F , ou encore
Card E ≥ Card F .

Proposition 2 (démonstration admise).

Si Card E ≥ Card F , alors Card F ≤ Card E (Axiome du choix)


Si Card E ≤ Card F , alors Card F ≥ Card E

Théorème 1 (Canton-Bernstein).

Si Card E ≤ Card F et Card F ≤ Card E, alors Card E = Card F

La démonstration est en ligne (mais technique).

Remarque 3.
E 7→ F
Si E ⊂ F alors Card E ≤ Card F car est injective.
x → x

Définition 2.

On dit qu’un ensemble E est infini si Card N ≤ Card E i.e si l’on


peut établir une injection de B dans E.

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CHAPITRE 0. CARDINAUX ET DÉNOMBRABILITÉ

Exemple 2.

R est infini : N ⊂ R donc Card N ≤ Card R


N 7→ P (N)
est injective.
n → {n}
Donc P (N) est infinie, et même Card (P (N)) > Card N.

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Chapitre 1

Dénombrabilité

Définition 3 (Ensemble dénombrable).

On dit qu’un ensemble E est dénombrsble si Card E ≤ Card N. i.e


s’il existe une injection de E dans N.

Remarque 4.

Si il existe une surjection de N dans E alors E est dénombrable. (sans


utiliser l’axiome du choix)
Quelques fois, on dit que E est "au plus" dénombrable si Card E ≤
Card N et dans ce cas dénombrable signifie Card E = Card N. (pas le
cas dans ce cours).

Exemple 3.

2N est dénombrable.
Z est dénombrable :
N 7 → Z
2n → n
2n − 1 → −n
est une bijection donc Card Z = Card N
N2 est dénombrable.
N2 7→ N
(n+m+1)(n+m)
(m, n) → 2 +n

7
CHAPITRE 1. DÉNOMBRABILITÉ

Proposition 3.

Si E et F dénombrables, alor E × F l’est, car si :


ϕE : E 7→ N et ϕF : F 7→ N sont des injections, alors :
E × F 7→ N2
ϕ: est une injection.
(x, y) → (ϕE (x) , ϕF (y))
Donc Card E × F ≤ Card N2 ≤ Card N
Plus généralement, si E1 , . . . , En est dénombrable, E1 ×· · ·×En l’est.

Corollaire 1.

Nk est dénombrable ∀k ∈ N∗ . Q est dénombrable, en effet :


Q 7→ Z × N
p est injective avec pgcd (p, q) = 1 et p ∈ Z, q ∈ N.
q → (p, q)
donc Card Q ≤ Z × N, or Z × N est dénombrable.

P (N) n’est pas dénombrable : il n’existe pas de surjection de N dans P (N)


donc pas d’injection de P (N) dans N.
Suites à valeur dans {0, 1} :
Card {0, 1}N = Card P (N)
donc {0, 1}N n’est pas dénombrable.
Proposition 4.

Une union dénombrable d’ensembles dénombrables est dénombrable,


donc : S
Si ∀n ∈ N, En est dénombrable, alors En est dénombrable.
n∈N

Démonstration.
N2
S
En 7→
Soit ϕn : En 7→ N est injective, alors n∈N l’est
x → ϕnx (x)
def
S ∈ N| x ∈ En }2
où nx = min{n
donc Card En ≤ Card N ≤ N.
n∈N

Théorème 2.

R n’est pas dénombrable.

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CHAPITRE 1. DÉNOMBRABILITÉ

Démonstration.
On va montrer que Card {0, 1}N ≤ Card R.
{0, 1}N 7→ PR
Je veux construire ϕ (xn ) xn (on se place en fait en base 3.)
n≥1 → 3n
n≥1
def
Si (xn )n≥1 , (yn )n≥1 ∈
{0, 1}N sont deux suites distinctes, alors n0 = min{n ≥
1| xn 6= yn } existe. on a alors :

X
x n − y n
|ϕ (x) − ϕ (y)| = n

n≥1 3




1 X xn − yn
= n0 +

3 3n
n≥n0

X
1 xn − yn
≥ n0 −

n
3 n≥n0 3


Or (xn )n≥1 , (yn )n≥1 sont à valeur dans {0, 1}, donc :
1 X 1
≥ n0 −
3 3n0
n≥n0
1 1
≥ >0
3n0 2

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Chapitre 2

Tribus

2.1 Définitions
Soit E un ensemble quelconque.

Définition 4 (Classe de parties).

On appelle classes de partie de E tout sous-ensemble de P (E).

Définition 5 (Tribus- α−algèbre).

On appelle tribus sur E une classe de partie A qui vérifient :


∅∈A
Si A ∈ A, alors Ac ∈ A. (Stabilité par complémentaire)
S
Si An ∈ A, ∀n ∈ N, alors Ab ∈ A. (Stabilité par union
n∈N
dénombrable.)
On appelle alors le couple (E, A) espace mesurable.

Exemple 4.

P (E), qu’on appelle tribu triviale sur E.


{∅, P (E)} qu’on appelle tribu grossière sur E.
Soit A ⊂ E, {∅, A, Ac , E} est une tribu et c’est la plus petit tribu conte-
nant A, on l’appelle tribu engendrée par A.
{A ⊂ E| A dénombrable ou Ac dénombrable} est une tribu sur A, en
effet :

10
CHAPITRE 2. TRIBUS

— ∅∈A
— Si A ∈ A, Ac ∈ A
— Si An ∈ A, ∀n ∈ N, on a deux cas : S
Soit ∀n ∈ N, An est dénombrable, donc An est dénombrable.
n∈N  c
c
S
Soit ∃n0 ∈ N tel que An0 est dénombrable, alors An =
 c n∈N
T c
An ⊂ Acn0 . Donc
S S
An est dénombrable et An ∈ A.
n∈N n∈N n∈N

Remarque 5.
toute tribu est stable par intersection dénombrable.

Tribu engendrée, tribu borélienne


Remarque 6. T
Si (Ai )i∈I est une famille quelconque de tribu, alors Ai est une tribu, en
n∈N
effet : T
— ∅ ∈ Ai , ∀i ∈ I, donc ∅ ∈ Ai .
n∈N
Ai , alors ∀i ∈ N, Ac ∈ Ai , donc Ac ∈
T T
— Si A ∈ Ai
n∈NT S n∈N S T
— Si An ∈ Ai , ∀n ∈ N, alors ∀i ∈ I, An ∈ Ai et An ∈ Ai
n∈N n∈N n∈N i∈I

Définition 6 (Tribu engendrée).

Si C ⊂ P (E), il existe une plus petite tribu sur E (au sens de


l’inclusion) qui contient C. On la note σ (C) et on l’appelle tribu
engendrée par C. i.e si A est une tribu qui contient C alors σ (C) ⊂ A.

Démonstration.
def T
On pose σ (C) = A : la plus petite tribu sur E contenant C.
A tribu sur E
C⊂A

Exemple 5.

Soit A ⊂ E, quelle est la tribu engendrée par A ?

σ ({A}) = {∅, A, Ac , E}

Tribu engendrée par les singletons de E :

σ ({{x}, x ∈ E}) = {A ⊂ E| A dénombrable ou Ac dénombrable}

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CHAPITRE 2. TRIBUS

Définition 7 (Tribu borélienne).

Soit (E, τ ), τ topologie sur E.


On rappelle que τ ⊂ P (E) tel que :
∅, E ∈ τ
τ stable par union quelconque et intersection finie.
On appelle tribu borélienne sur E la tribu sur E engendrée par τ , on
la note B (E). i.e B (E) = σ (τ ). On appelle ses éléments des boréliens
de E.

Remarque 7.
B (E) est aussi la tribu engendrée par les fermés de E.
En général B (E) 6= P (E) .
Cas E = R : B (R) 6= P (R), on peut montrer que Card B (R) = Card R.
(TD : construction d’un ensemble non borélien)

2.1.1 Borélien de R
Proposition 5.

On a :

B (R) = σ ({]α, β[, α, β ∈ Q})


B (R) = σ ({] − ∞, α[, α ∈ Q})
= σ ({] − ∞, α], α ∈ Q})
= σ ({]α, +∞[, α ∈ Q})
= σ ({[α, +∞[, α ∈ Q})

Démonstration.

1. α, β ∈ Q, ]α, β[∈ O (R) : ouvert de R.

σ ({]α, β[, α, β ∈ Q}) ⊂ σ (O (R)) = B (R) .

Soit ω ∈ O (R), on a :
\
ω∈ ]p, q[.
p,q∈Q,p,q∈ω

On a bien ω ∈ σ ({]α, β[, α, β ∈ Q}), d’où l’inclusion.

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CHAPITRE 2. TRIBUS

2. Soit a ∈ Q, ] − ∞, a[∈ O (R), donc :

σ ({] − ∞, α], α ∈ Q}) ⊂ σ (O (R)) = B (R)

Soient α, β ∈ Q, montrons que ]α, β[∈ σ ({] − ∞, a[, a ∈ Q}).

]α, β[=] − ∞, β[\] − ∞, α[

−∞, α + n1 . donc
T  
or ] − ∞, α[=
n>0

\ !
1
]α, β[=] − ∞, β[\ −∞, α + ⊂ σ ({] − ∞, α], α ∈ Q}) .
n
n>0

2.2 Hors cours/TD : Lemme de Borel-Cantelli


Normalement ce lemme figure dans le TD, mettons le formellement dans
ce cours :

Lemme 1 (Lemme de Borel-Cantelli).

Soit µ une mesure sur (E, A) et An ∈ A, ∀n ∈ N. On a :


X  
µ (An ) < ∞ ⇒ µ lim sup An = 0
n
n∈N

Démonstration. !
P S P
Supposons que µ (An ) < ∞, or µ An ≤ µ (An ) < ∞ donc :
n∈N n≥0 n∈N

 
  [
µ lim sup An = lim µ  Ak 
n n→+∞
k≥n

 
[ X
∀n ∈ N, µ  Ak  ≤ µ (Ak ) −→ 0
n→+∞
k≥n k∈N
| {z }
def
= Rn
!  
S
Donc −→ µ = 0 et µ lim sup An = 0.
n→+∞ k≥n n

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CHAPITRE 2. TRIBUS

2.3 Tribu image réciproque - Tribu image


Soient 2 ensembles E et F , soit f : E 7→ F .

Définition 8.

Si B est une tribu sur F , alors

{f −1 (B) , B ∈ B}

est une tribu sur E. On l’appelle tribu image réciproque par f de B,


on la note f −1 (B).

Démonstration.
Il faut montrer que :
— ∅ = f −1 (∅) ∈ f −1 (B)
— Si A ∈ f −1 (B) : A = f −1 (B) avec B ∈ B. Ac = f −1 (B)c =
f −1 (B c ) ∈ f −1 (B)
— Si An ∈ f −1 (B), n ∈ N, An = f −1 (Bn ), Bn ∈ B.
!
[ [ [
An = f −1 (Bn ) = f −1 Bn ∈ f −1 (B) .
n∈N n∈N n∈N

Exemple 6.
X →
7 E
Si X ⊂ E et A tribu sur E. {A ∩ X, A ∈ A} tribu sur X. Si i :
x → E

{i−1 (A) , A ∈ A} = {A ∩ X, A ∈ A}
Remarque 8.
Si A est une tribu sur E, {f (A) , A ∈ A} n’est pas une tribu en général.

Définition 9 (Tribu image).

Soit A tribu sur E, alors B = {B ∈ F, f −1 (B) ∈ A} est ine tribu


image par f de A.

Démonstration.
f −1 (∅) = ∅ Si B ∈ B, f −1 (B c ) = f −1 (B)c ∈ A
Si Bn ∈ B, ∀n ∈ N,
!
\ \
f −1 Bn = f −1 (Bn ) ∈ A.
n∈N n∈N

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CHAPITRE 2. TRIBUS

Lemme 2 (Lemme du transfert).

Soit C ⊂ P (E),
σ f −1 (C) = f −1 (σ (C))


Notons que f −1 (C) ∈ P (E) et σ (C) est une tribu sur F , donc
f −1 (σ (C)) est une tribu sur E. de plus f −1 (C) = {f −1 (B) , B ∈ C}.

Démonstration.
⊆: On a f −1 (C) ⊂ f −1 (σ (C)) donc

σ f −1 (C) ⊂ f −1 (σ (C))


⊇: Soit B ∈ σ (C), on veut montrer que :

f −1 (B) ∈ σ f −1 (C) .


On considère B = {B ⊂ F, f −1 (B) ∈ σ f −1 (C) } On a clairement



−1
 B ⊂ B.
B est une tribu sur F , c’est la tribu image par f de σ f (C) . Donc B
(tribu contenant C) contient σ (C). on a montré que :

∀B ∈ σ (C) , f −1 (B) ∈ σ f −1 (C)




i.e f −1 (σ (C)) ⊂ σ f −1 (C)




_
2.4 Boréliens de R
_
Construction de R
On considère  −π +π 
R → 7 2 , 2
f:
x → arctan(x)
f homéomorvarphisme de R dans −π +π
 
2 , 2 . On introduit deux éléments : −∞
_ ∼ _
et +∞ et on définit : R= R ∪ {−∞, +∞} On définit f : R 7→ −π +π
 
2 , 2
par :

f |R = f
∼ −π ∼ +π
f (−∞) = et f (+∞) =
2 2

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CHAPITRE 2. TRIBUS

_
Ordre sur R :
_
On prolonge l’ordre ≤ sur R en posant ∀x ∈R, −∞ ≤ x ≤ +∞
_
Topologie sur R :

_ ∼ ∼
On définit la distance δ sur R par : δ (x, y) = f (x) − f (y) On munit

_
R de la topologie associée à la distance δ, on peut montrer que :

f |R est un homéomorvarphisme de R dans −π +π
 
2 , 2 .
∼ _
f est un homéomorvarphisme de R dans −π +π
 
2 , 2 .

Proposition 6.
_   _ 
B R =σ O R vérife :
_
B R = σ ({[−∞, a[; a ∈ Q})
= σ ({[−∞, a]; a ∈ Q})
= σ ({]a, +∞]; a ∈ Q})
= σ ({[a, +∞]; a ∈ Q})

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Chapitre 3

Mesures

3.1 Définitions
Soit (E, A) un espace mesurable.

Définition 10 (mesure).
_
On appelle mesure sur (E, A) une application µ : A 7→ R+ qui
vérifie :
— µ (∅) = 0
— Si An ∈ A, ∀n ∈ N et les An soient 2 à 2 disjoints : ∀i, j ∈
J1, nK, i 6= j, Ai ∩ Aj = ∅ alors
!
G X
µ An = µ (An ) .
n∈N n∈N

Si µ (E) < ∞, on dit que µ est une mesure finie. On appelle parfois
µ (E) la masse de la mesure, on appelle mesure de probabilité une
mesure de masse 1.

Exemple 7 (Exemple de mesures).

— Mesure nulle sur (E, P (E)) définie par :

∀A ⊂ E, µ (A) = 0

— Mesure de comptage m sur (E, P (E)) définie par : si A ⊂ E,


(
|A| si A est fini
m (A) =
+∞ si A est infini

17
CHAPITRE 3. MESURES

— Mesure de Dirac sur (E, P (E)) : Soit x ∈ E, on définit la mesure de


Dirac en x par :
(
1 si x ∈ A, ∀A ⊂ E
δx (A) = .
0 sinon

Mesure de Lesbegue
Théorème 3.

Il existe une unique mesure λ sur (R, P (R)) vérifiant :


— λ ([0, 1]) = 1
— λ invariante par translation, i.e :
∀B ∈ B (R) , ∀a ∈ R, λ (B + a) = λ (B), où B + a = {x +
a; x ∈ B}.
On l’appelle mesure de Lesbegue sur R.

On a même :
Théorème 4.

Il existe une unique mesure λd sur Rd , P Rd vérifiant :




— λd ([0, 1]) = 1
— λd invariante par translation, i.e :
On l’appelle mesure de Lesbegue d−dimensionnelle.

Proposition 7 (Preuve en TD).

Si a, b ∈ R, alors
λ ([a, b]) = b − a
λ (]a, b[) = b − a

Définition 11 (Espace mesuré).

Si on munit un espace mesurable (E, A) d’une mesure µ, (E, A, µ)


est un espace mesuré.

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CHAPITRE 3. MESURES

3.2 Propriétés
Soit (E, A, µ) un espace mesuré.

Proposition 8.

Si A, B ∈ A et A ⊂ B alors µ (A) ≤ µ (B)


et si µ (A) < +∞.

µ (A) − µ (B) = µ (A\B)

Démonstration.
On a :

µ (B) = µ (A t B\A)
= µ (A) + µ (B\A)
≥ µ (A) car µ (B\A) ≤ 0

et si µ (A) > ∞, on a alors

µ (A) − µ (B) = µ (B\A) .

Proposition 9.

Soit (An )n∈N une suite de A.


— Si (An )n∈N est croissante pour l’inclusion (i.e ∀n ∈ N, An ⊂
An+1 , alors :
!
[
µ An = lim µ (An )
n→+∞
n∈N

— Si (An )n∈N est décroissante pour l’inclusion (i.e ∀n ∈ N, An ⊃


An+1 et s’il existe n0 ∈ N, µ (An0 ) < ∞ (*), alors
!
\
µ An = lim µ (An ) .
n→+∞
n∈N

Remarque 9.
 (N, P (N) , m), et si on
L’hypothèse (*) est nécessaire. Si on se place dans
def T
pose An = Jn, ∞K, m (An ) = ∞ mais m An = m (∅) = 0.
n∈N

Emily Clement page 19


CHAPITRE 3. MESURES

Démonstration.

1. On définit la suite (Bn )n∈N de la manière suivante :


— B 0 = A0
— ∀n ≥ 1, Bn = AnS \An−1 S
∀n ∈ N, Bn ∈ A et Bn = An .
n∈N n∈N
S def
Soit x ∈ An , m = min{n, x ∈ An }.
n∈N
si n = 0 : ok.
sinon, x ∈ An \An−1 . Les Bn sont 2 à 2 disjoints, par construction,
donc :
! !
[ [
µ An = µ Bn
n∈N n∈N
X
= µ (Bn )
n∈N
n
X
= lim µ (Bk )
n→+∞
k=0
n
!
X
= lim µ Bk
n→+∞
k=0
n
!
X
= lim µ Ak
n→+∞
k=0

2. µ (An0 ) < ∞, on pose Bn = An0 \An pour n ≥ n0 (Bn )n≥n0 est une
suite croissante dans A, donc d’après 1),
 
n
!
[ X
µ Bn  = lim µ Bk .
n→+∞
n≥n0 k=0

[ [
Bn = An0 \An
n≥n0 n≥n0
 
\
= An0 \  An 
n≥n0
!
\
= An0 \ An
ninN
!  
S T
D’où µ Bn = µ (An0 ) − µ An D’où
n≥n0 ninN

lim µ (Bn ) = lim µ [(An0 ) − µ (An )] .


n→+∞ n→+∞

Emily Clement page 20


CHAPITRE 3. MESURES

 
T
Donc µ An = lim µ (An )
n∈N n→+∞

Proposition 10.

Une mesure µ sur E est sous-additive, i.e si An ∈ A, ∀n ∈ N, alors


!
[ X
µ An ≤ µ (An ) .
n∈N n∈N

Démonstration.
Soit (Bn )n∈N définie par :
— B 0 = A0
n−1
S
— ∀n ≥ 1, Bn = An \ Ak
S S k=0
On a An = Bn , les Bn sont 2 à 2 disjoints par construction, et ∀n ∈ N,
n∈N n∈N
Bn ∈ A. Donc
! !
[ G
µ An =µ Bn
n∈N n∈N
X
= µ (Bn )
n∈N
X
= µ (An )
n∈N

Emily Clement page 21


Chapitre 4

Fonctions mesurables

4.1 Définitions
On considère (E, A) , (F, B) deux ensembles mesurables.

Définition 12.

Soit f : E 7→ F . On dit que f est (A, B) −mesurable si ∀B ∈ B,


f −1 (B) ∈ A, i.e si f −1 (B) ⊂ A

Remarque 10.
On dit souvent que f est mesurable sans préciser les tribus si le contexte est
clair.

Définition 13.

Si E et F sont deux espaces topologique munis de leur tribus bo-


réliennes respectives. On appelle aussi les fonctions mesurables des
fonctions boréliennes.

Exemple 8.

E →
7 F
1. Si f est constante, f est mesurable : f : où y0 ∈ F . Soit
x → y0
(
f −1 (B) = E si y0 ∈ B
B ∈ B,
f −1 (B) = ∅ si y0 ∈
/B

f −1 (B) ∈ A.

22
CHAPITRE 4. FONCTIONS MESURABLES

 f = 1A avec A ⊂ E. f : E 7→ F
2. Si f est la fonction indicatrice.


 E si 0, 1 ∈ B

∅ si 0, 1 ∈ /B
Soit B ∈ B (R), f −1 (B) =


 A si 0 ∈ B, 1 ∈/B
Ac si 0 ∈

/ B, 1 ∈ B
N
αi 1Ai , où les Ai forment une
P
de même si f est de la forme f =
i=1
partition. Si f est mesurable, alors ∀i ∈ J1, N K, Ai ∈ A.

Proposition 11.

Soit f : (E, A) 7→ (F, B) avec B = σ (C) où C ∈ P (E) alors si


∀B ∈ C, f −1 (B) ∈ A alors f est mesurable.

Démonstration.
Supposons f −1 (C) ⊂ A, on a alors σ f −1 (C) ⊂ A.


Par le lemme de transfert σ f −1 (C) = f −1 σ ((C)) = f −1 (B) donc f est


mesurable.

Corollaire 2.

Si E et F sont deux espaces topologiques alors si f : E 7→ F


continue, alors f est (E, F) −mesurable.

Démonstration.
Si ω est un ouvert de F , alors f −1 (ω) ouvert de E donc f −1 (ω) ⊂ B (E)
donc f est mesurable par la proposition.

Cas F = R
Rappel :

B (R) = σ ({] − ∞, a[; a ∈ Q})


= σ ({] − ∞, a]; a ∈ Q})
= σ ({]a, +∞[; a ∈ Q})
= σ ({[a, +∞[; a ∈ Q})

Donc pour montrer que f : E 7→ F est mesurable il suffit de vérifier que


∀a ∈ Q, f −1 (] − ∞, a[) = {f ≤ a} ∈ A

Emily Clement page 23


CHAPITRE 4. FONCTIONS MESURABLES

Remarque 11 (Notation).
On note
f −1 (] − ∞, a[) = {f ≤ a} = {x ∈ E, f (x) ≤ a}
f −1 (]a, +∞[) = ({f > a})
_
Cas F =R
Pour montrer que f : E 7→ F est mesurable il suffit de vérifier que
∀a ∈ Q, f −1 ([−∞, a]) = {f ≤ a} ∈ A

Proposition 12.

Soient (E, A), (F, B), (G, C) espaces mesurables. Si f : E 7→ F


et g : F 7→ G sont respectivement (A, B) −mesurables et
(B, C) −mesurables, alors
f ◦ g : E 7→ G est (A, C) −mesurables.

Démonstration.
f ◦ g −1 (C) = f g −1 (C) ⊂ f −1 (B) ⊂ A car f est mesurable.


Corollaire 3.

— Si f : E 7→ R est mesurable, alors |f | l’est.


— Si f : E 7→ R∗ est mesurable, alors f1 l’est.

Démonstration.
R →
7 R+
Prendre |f | = g ◦ f où g : qui est continue donc mesurable.
x → |x|

4.2 Fonctions mesurables à valeurs réelles ou com-


plexes
On considère (E, A) un ensemble mesurable.

Proposition 13.

Soient f, g : (E, A) 7→ (R, B (R)) mesurables.


1. Si α ∈ R, alors αf + g est mesurable.
2. f g est mesurable.

Emily Clement page 24


CHAPITRE 4. FONCTIONS MESURABLES

Démonstration.

1. Soient les fonctions :


E 7→ R2
ϕ:
x → (f (x) , g (x))
R2 7→ R
ψ:
(x, y) → αx + y
αf + g = ψ ◦ ϕ
ψ est continue de R2 sur R donc (R∈ , R) −mesurable. ϕ est (A, B (R)) −mesurable.
B (R) = σ I1 × I2 , I1 , I2 intervalles ouverts de O R2 }
  

Soit ω ∈ O R2 , ω =
 S
]a1 , b1 [×]a2 , b2 [
]a1 ,b1 [×]a2 ,b2 [⊂ω
ai ,bi ∈Q
Soient I1 , I2 intervalles ouverts de R
ϕ−1 (I1 × I2 ) = {x ∈ E, f (x) ∈ I1 , g (x) ∈ I2 }
= f −1 (I1 ) ∩ g −1 (I2 ) ∈ A
2. f g = ψ ◦ ϕ
ψ : (x, y) → xy
ϕ : x → (f (x) , g (x)) tous deux mesurables.
donc fg est mesurable.

Remarque 12.
On peut montrer que f : (E, A) 7→ (C, B (C)) est mesurable si et seule-
ment si Re(f ) et Im(f ) le sont et les points de la propisition 1 et 2 restent
vrais, avec α ∈ C.
Proposition 14.
 _  _ 
Si fn : (E, A) 7→ R, B R sont des formes mesurables. alors :
— sup fn , inf fn sont mesurables. où
n∈N n∈N
_
E →
7 R
sup fn : x → sup f (x)
n∈N n
n∈N
_
E 7→ R
inf fn : x → inf fn (x)
n∈N
n∈N
_
— Si (fn )n∈N convergent simplement ver f : E 7→ R alors f
est mesurable.

Emily Clement page 25


CHAPITRE 4. FONCTIONS MESURABLES

Démonstration.
Si a ∈ R,

{sup fn ≤ a} = {x ∈ E, sup fn (x) ≤ a}


n∈N n∈N
= {x ∈ E, ∀n ∈ N fn (x) ≤ a}
\
= {x ∈ E, fn (x) ≤ a} ∈ A car fn est mesurable.
n∈N

donc sup fn est mesurable.


n∈N
Si a ∈ R,

{ inf fn < a} = {x ∈ E, ∃n ∈ N, fn (x) < a}


n∈N
[
= {fn (x) < a} ∈ A car fn est mesurable.
n∈N

donc inf fn est mesurable.


n
On a lim sup fn = inf sup fk . Comme les fk sont mesurables, les fonctions
n n∈N k≥n
sup fk le sont, et inf sup fk est mesurable.
k≥n n∈N k≥n
De même lim inf fn = sup inf fk
n n∈N k≥n
Si fk converge simplement vers f alors f = lim fn = lim inf fn = lim sup fn .
n→+∞ n n
Donc f est mesurable.

Emily Clement page 26


Chapitre 5

Intégrale de Lesbegue

5.1 Intégration des fonctions mesurables positives


5.1.1 Fonctions étagées positives
Soit (E, A, mu) un espace mésuré.

Définition 14 (Fonction étagée sur E).

On appelle fonction étagée sur E une fonction f :


(E, A) 7→ (R, B (R)) mesurable ayant un nombre finis de
valeurs. Si f : E 7→ R est étagée, on peut l’écrire.

N
αk 1Ak
X
f=
k=1

où Ai = {x ∈ E, f (x) = αi }.
N
βk 1Bk où les Bi forment une
P
Plus généralement : si f s’écrit
k=1
N
βk 1Bk une écriture canonique de f .
P
partition de E, on appelle
k=1

On rappelle que :

27
CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Définition 15 (Partition de E).

On appelle partition de E une famille (Ai )i∈I de parties de E telles


que : S
— Ai = E
i∈I
— Si i 6= j, Ai ∩ Aj = ∅

Remarque 13.
N
αk 1Ak .
P
Si f : E 7→ R s’écrit f =
k=1

(f est étagée ) ⇔ (∀i ∈ J1, N K, Ai ∈ A) .

Remarque 14 (Notations).
def
On note Et = {f : E 7→ R , f étagée positive}.

Remarque 15.
f : [a, b] 7→ R

(f est en escalier) ⇒ (f est étagée) .

Mais la réciproque est fausse, un contre-exemple sera 1Q .

Définition 16.

N
αk 1Ak avec Ai = {f = αi }. On pose
P R
Si f ∈ Et , f = f dµ =
k=1 E
N
P
αk µ (Ak )
k=1
M
βk 1Bk est une écriture canonique de f , alors :
P
Si f =
k=1

N
X M
X
αk µ (Ak ) = βk µ (Bk ) .
k=1 k=1

On choisit la convention : αi µ (Ai ) = 0 si αi = 0 et µ (Ai ) = +∞.

Démonstration.

Emily Clement page 28


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

M
βk 1Bk est une écriture conique de f .
P
Si f =
k=1

M
X N X
X M
βk µ (Bk ) = αi µ (Bj )
k=1 i=1 j=1
N
X M
X
= αi µ (Bj )
i=1 j=1
N
X
= αi µ (Ai )
i=1

!
M
P F F
car µ (Bj ) = µ Bj car βj = {x ∈ E, f (x) = αi } =
j=1 j,βj =αi j,βj =αi
Ai .

Remarque 16. R R R
On note aussi f dµ, f (x) dµ (x), ou même f dµ si le contexte est clair.
E E

Exemple 9.

1. Mesure de Dirac : Soit x ∈ E, δx mesure sur (E, P (E)) définie par


(
1 si x ∈ A
δx (A) =
0 sinon.
R
Si f ∈ Et , si µ = δx , alors E f dµ = f (x), en effet :

Démonstration.
N
αk 1Ak , (Ai = {f = αi }).
P
Si f =
k=1

Z N
X
f dδx = αk δx ({f = αi })
E k=1

(
1 si i = i0
Soit i0 ∈ J1, N K tel que f (x) = αi0 donc δx ({f = αi }) =
0 sinon
donc : Z
f dδx = αi0 = f (x) .
E

Emily Clement page 29


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

2. Mesure P sur (N, P (N)). Si f : N 7→ R étagée positive.


R de comptage
alors f dm = f (n)
N n∈N

Démonstration.
N
αi 1Ai , où Ai = {f = αi }.
P
Si f =
i=0

X N
X X
f (n) = f (n)
n∈N i=0 n,f (n)=αi
N
X X
= αi 1
i=0 n,f (n)=αi
N
X
= αi Card {f = αi }
i=0
XN
= αi m ({f = αi })
i=0
Z
= f dm
N

Proposition 15.

Soient f, g ∈ E+ , alors :
R R R
1. f + g ∈ E+ et (f + g) dµ = f dµ + g dµ (additivité)
E E E
R R
2. Si α ∈ R+ , αf ∈ E+ et (αf ) dµ = α f dµ
E E
R R
3. Si f ≤ g alors f dµ ≤ g dµ (croissance).
E E

Démonstration.

N M N P
M
αk 1Ak et g = βj 1Bj alors f +g = (αi + βj ) 1AI ∩Bj
P P P
1. f =
k=1 j=1 k=1 j=1
f + g ∈ E+ car αi + βj ≥ 0, (AI ∩ Bj )i,j partition de E, et ∀i ∈

Emily Clement page 30


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

J1, N K, j ∈ J1, M K, Ai ∩ Bj ∈ A
Z N
X M
X M
X N
X
(f + g) dµ = αi µ (Ai ∩ Bj ) + βj µ (Ai ∩ Bj )
E i=1 j=1 j=1 i=1
 
N M M N
!
X G X G
= αi µ  Ai ∩ B j  + βj µ µ (Ai ∩ Bj )
i=1 j=1 j=1 i=1
N
X M
X
= αi µ (Ai ) + βj µ (Bj )
i=1 j=1
Z Z
= f dµ + g dµ
E E

N N
αi 1Ai = ααi 1Ai ∈ E+
P P
2. Si α ∈ R+ , αf =
i=1 i=1

Z N
X
αf = ααi µ (Ai )
E i=1
Z
=α f dµ
E

3. Si f ≤ g, g = (g − f ) + f , or (g − f ) ∈ E+ , donc l’additivité est


prouvée.
Z Z
g dµ = (g − f ) + f dµ
E E
Z Z
= (g − f ) dµ + f dµ
E E
Z
≥ f dµ car (f − g) ≥ 0
E

Emily Clement page 31


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Proposition 16 (Intégration sur une partie mesurable).

Si A ∈ A, si f ∈ E+ , alors f 1A ∈ E+ , et on note :
Z Z
f dµ = (f 1A ) dµ.
A E

N
αi 1Ai , alors :
P
Si f =
i=1

N N
f 1A = αi 1Ai 1A = αi 1Ai ∩A .
X X

i=1 i=1

Donc comme Ai ∩ A ∈ A ∀i ∈ llbracket1, N K, f 1A ∈ E+ .

Lemme 3.

Si A, B ∈ A, et A ∩ B = ∅. Alors ∀f ∈ E+ :
Z Z Z
f dµ = f dµ + f dµ.
A∪B A B

Démonstration.
Comme 1A∪B = 1A + 1B on a :
Z Z Z
f 1A∪B dµ = f 1A dµ + f 1B dµ.
E E E

Lemme 4.

Soit f ∈ E+ , soient En ∈ A tels que :


— ∀nS ∈ N, En ⊂ En+1 (croissance par inclusion)
— En = E
n∈N Z Z
lim f dµ = f dµ
n→+∞
En E

Emily Clement page 32


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Démonstration.
N
αi 1Ai .
P
f=
i=1

Z N
X
f dµ = αi µ (Ai ∩ En )
En i=1

N
Z !
X [
lim f dµ = αi µ Ai ∩ En
n→+∞
En i=1 n∈N

Or Ai ∩ En ∈ A et (Ai ∩ En )n∈N croissante donc


!
[ \ [
Ai ∩ En = Ai En = Ai ∩ E = Ai .
n∈N n∈N

D’où
Z N
X Z
lim f dµ = αi µ (Ai ) = f dµ.
n→+∞
En i=1 E

5.1.2 Intégration des fonctions mesurables positives.


_  _ 
def
On note M+ = {f : (E, A) 7→ R+ , B R+ , f mesurable}.

Définition 17.

Soit f ∈ M+ , on définit :
 
Z Z 
def
f dµ = sup ϕ dµ| ϕ ∈ E+ et ϕ ≤ f
 
E E

Remarque 17.

— Par croissance de l’intégrale des fonctions de E+ , la définition est


R de l’intégrale pour E+ .
compatible avec celle
— Si f ∈ M+ alors f dµ ≥ 0 (ϕ ≡ 0 ≤ f et ϕ ∈ E+ )
E
Si f, g ∈ M+ avec f ≤ g alors
Z Z
f dµ ≤ g dµ
E E

Emily Clement page 33


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

. R R
Si ϕ ∈ E+ avec ϕ ≤ f alors ϕ ≤ g donc ϕ dµ ≤ g dµ par passage
E E
au sup pour varphi ≤ f , où ϕ ∈ E+ .

Théorème 5 (Beppo-Levi, ou théorème de convergence monotone).

Si (fn )n∈N est une suite croissance sur M+ (fn ≤ fn+1 ) alors :

f = lim fn ∈ M+
n→+∞
Z Z
f dµ = lim fn dµ.
n→+∞
E

Démonstration. ∀n ∈ N, fn ≤ f par croissance donc :


Z Z
fn dµ ≤ f dµ
E E
Z Z
lim fn dµ ≤ f dµ
n→+∞
E E
R R
Montrons que f dµ ≤ lim fn dµ.
E n→+∞ E
Soit ϕ ∈ E+ , avec ϕ ≤ f , soit α ∈]0, 1[.
def
En = {x ∈ E, αϕ (x) ≤ fn (x)} = {αϕ − fn < 0} ∈ A
On note que (αϕ) dµ ≤ fn dµ, car αϕ1En ≤ fn On a
R R
E E
[
E= En
n∈N

(si x ∈ E, ∃n ∈ N tel que fn (x) > αϕ (x) car lim fn (x) = f (x) > αϕ (x))
n→+∞
et (En )n∈N est une suite croissance donc
Z Z
lim (αϕ) dµ = (αϕ) dµ
n→+∞
En E
R R
donc αϕ dµ ≤ lim fn dµ On laisse tendre α vers 1 et on obtient :
E n→+∞ E
Z Z
ϕ dµ ≤ lim fn dµ
n→+∞
E E

pour tout ϕ ∈ E+ , ϕ ≤ f

Emily Clement page 34


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Théorème 6 (Lemme d’approximation).

Si f ∈ M+ alors il existe une suite croissance (fn )n∈N de E+ telle


que ∀x ∈ E, lim fn (x) = f (x).
n→+∞

Démonstration.
Soient :
def
— An = {f ≥ n} = {x ∈ E, f (x) ≥ n}
def
— Bn,i = { 2in ≤ f ≤ i+1 n
2n } pour ß ∈ J0, n2 − 1K.
On pose :
n2n −1
i
1B + n1An
X
fn =
2n n,i
i=0
— On a fn ∈ E+ , fn a un nobmre fini de valeur, An , Bn,i ∈ A car f est
mesurable.
— lim fn (x) = f (x) si f (x) = +∞, fn (x) = n qui tend vers ∞ si n
n→+∞
tend vers +∞.
i i+1
— Si f (x) < +∞, ∃n0 ∈ N, f (x) < n et si 2n < f (x) < 2n alors
fn (x) = 2in
1
∀n ≥ n0 , f (x) − fn (x) <
2n
alors lim fn (x) = f (x), ∀n ∈ N, fn ≤ fn+1 . Soit x ∈ E, deux cas :
n→+∞
Si f (x) ≥ n + 1, fn (x) = n, fn+1 (x) > fn (x)
Si f (x) ≤ n, fn (x) = 2in , où i ∈ J0, n2n − 1K, fn (x) ∈ 2i
, 2i+1

2n+1 2n+1
et fn+1 (x) ≥ fn (x)
i
Si n ≥ f (x) ≤ n + 1, fn (x) = n, fn+1 (x) = 2n+1
, avec i ≥ n2n+1 et
fn+1 (x) ≥ fx (x)

Corollaire 4 (Corollaire de Beppo Levi).


P
Si fn ∈ M+ alors fn ∈ M+ et
n
Z X XZ
fn dµ = fn dµ
n n
E E

Démonstration.
P n
P
On a fn = lim fk comme limite de fonctions mesurables. Soit gn =
n n→+∞ k=0

Emily Clement page 35


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

n
P
fk , g ∈ M)+, et (gn )n∈N est croissante donc par Beppo-Levi :
k=0

Z X n
Z X
n
lim k = 0 fk dµ = lim fk dµ
n→+∞ n→+∞
E E k=0

Par additivité de l’intégrale :


Z X n Z
X XZ
n ∈ Nfk dµ = lim fk dµ = fk dµ
n→+∞
E k=0 E n∈N E

Proposition 17.

Si f g ∈ M+ alors
R R R
1. (f + g) dµ = f dµ + g dµ
E E E
R R
2. Si α ∈ R+ , αf dµ = α f dµ
E E
3. Si A ∈ A, alors f 1A ∈ M+ et on note f 1A dµ et
R R
f dµ =
A E
si on a A, B ∈ A tels que A ∩ B = ∅ alors
Z Z Z
f dµ = f dµ + f dµ
AtB A B

Démonstration.

1. Soient (fn )n∈N , (gn )n∈N 2 suites croissantes de E+ telles que :



 lim fn (x) = f (x)
∀x ∈ E n→+∞
 lim gn (x) = g (x)
n→+∞

On sait que ∀n ∈ N,
Z Z Z
(fn + gn ) dµ = fn dµ + gn dµ
E E E
 
Z Z Z
lim  (fn + gn ) dµ = f dµ + g dµ par Beppo-Levi
n→+∞
E E E

Emily Clement page 36


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

(fn + gn )n∈N est une suite croissante de M+ donc par Beppo-Levi :


Z Z
lim (fn + gn ) dµ = (f + g) dµ
n→+∞
E E

2. Si α ≥ 0, soit (fn )n∈N croissante dans E+ avec lim fn = f . On a :


n→+∞
— (αfn )n∈N est croissante
— lim αfn = αf
n→+∞
— αfn ∈ M+ , ∀n ∈ N
donc
Z Z
αfn dµ = α fn dµ
E E
Z Z
lim αfn dµ = α f dµ par Beppo Levi
n→+∞
E E

Donc Z Z
αf dµ = α f dµ.
E E

3. est laissé au lecteur courageux...

Proposition 18.

Soit f ∈ M+ alors
Z
f dµ = 0 ⇔ µ ({f 6= 0}) = 0.
E

Remarque 18. Notations


On dit qu’une propriété P sur E est vraie µ−presque partout (notée µ − pp)
si {x ∈ E, x ne vérifie pas P} ∈ A et µ ({x ∈ E, x ne vérifie pas P}) = 0
Exemple : Montrer que si µ ({f 6= 0}) = 0 alors on dit que f = 0 µ − pp
Démonstration.
"⇐" : Si f = 0 µ − pp, et ϕ ∈ E+ avec ϕ ≤ f alors {ϕ 6= 0} ⊂ {f 6= 0} donc
µ ({ϕ 6= 0}) ≤ µ ({f 6= 0}) donc ϕ = 0 µ − pp
N
αi 1Ai alors αi > 0 ⇒ µ (Ai ) = 0. ϕ = 0 µ − pp,
P
Si ϕ ∈ E+ alors si ϕ =
i=0
donc :
Z N
X
ϕ dµ = αi µ (Ai ) .
E i=1

Emily Clement page 37


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

R
"→" : Si µ ({f 6= 0}) > 0 montrons que f dµ > 0.
E
[  1

{f 6= 0} = f≥
n
n∈N∗

[  ! 
1 1
0 < µ ({f 6= 0}) = µ f≥ = lim µ f≥
n n→+∞ n
n∈N∗
donc ∃n ∈ N∗ , tel que µ f ≥ n1 > 0 on a f ≥ n1 1{f ≥ 1 } donc
 
n
Z Z
1
f dµ ≥ 1 1 dµ
n {f ≥ n }
E E
Z
1
≥ 1{f ≥ 1 } dµ
n n
E
 
1 1
≥ µ f≥ >0
n n

Corollaire 5.

Si f, g ∈ M+ , et f = g µ − pp alors
Z Z
f dµ = g dµ.
E E

Démonstration.
On a µ ({f 6= g}) = 0
Z Z Z
f dµ = f dµ + f dµ
E {f 6=g} {f =g}
Z
= g dµ car µ ({f 6= g}) = 0
{f =g}
Z Z
= g dµ + g dµ
{f 6=g} {f =g}
Z Z
f dµ = g dµ
E E

Emily Clement page 38


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Proposition 19 (Inégalité de Markov).

Soit f ∈ M+ alors ∀a ∈ R∗+ ,


Z
1
µ ({f ≥ a}) ≤ f dµ
a
E

Démonstration.
Z Z Z
f dµ = f dµ + f dµ
E {f <a} {f ≥a}
Z
≥0+ a dµ
{f ≥a}
Z
≥a 1 dµ
{f ≥a}

≥ aµ ({f ≥ a})

Corollaire 6.
R
Si f ∈ M+ et f dµ < +∞ alors
E

µ ({f = +∞}) = 0

Exemple 10.

R
1. Dirac : Soit x ∈ E, si µ = δx , ∀f ∈ M+ , f dµ = f (x), en effet :
E

Démonstration.
Si f ∈ E+ , c’est évident, sinon f ∈ M+ soit (fn )n croissante dans E+
avec lim fn = f . Par Beppo-Levi :
n→+∞
Z Z
lim fn dµ = Ef dµ
n→+∞
E
R R
Or fn dµ = fn (x) donc f dµ = f (x)
E E

Emily Clement page 39


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

2. Mesure de comptage
R P(N, P (N)) :
sur
Si f ∈ M+ , f dm = f (n)
N n∈N
Cas des Rfamille sommables
P sur (E, P (E)) : Théorie des familles som-
mables. f dm = f (x)
E x∈E R
Exercice : f ∈ M+ , montrez que si f dm < +∞ alors {f 6= −}
E
dénombrable.

Théorème 7 (Lemme de Fatou).

Si (fn )n∈N est une suite de fonctions mesurables positives.


Z Z
lim inf fn dµ ≤ lim inf fn dµ.
n n
E E

Démonstration.
def
On pose gn = inf fk :
k≥n
— gn ∈ M+ car les fn sont mesurables positives.
— (gn )n est une suite croissante par Beppo-Levi :
Z Z
lim inf fk dµ = lim inf fk dµ
n→+∞ k≥n n→+∞ k≥n
E E

On a pour m ≥ n, inf fk ≤ fm , donc


k≥n
Z Z
inf fk dµ ≤ fm dµ
k≥n
E E

et par passage à l’inf pour m ≥ n, on a


Z Z
inf fk dµ ≤ inf fm dµ
k≥n m≥n
E E
R R
Alors lim inf fk dµ ≤ lim inf fn dµ d’où
n→+∞ E k≥n n
E
Z Z
lim inf fn dµ ≤ lim inf fn dµ.
n n
E E

Emily Clement page 40


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

5.2 Fonctions intégrables


On se place dans un espace mesurables (E, A, µ).

Définition 18.

On dit que f  : (E, A) 7→ (K, B (K)) où K = R ou C est


f mesurable de (E, A) dans (K, B (K))
µ−intégrable si R |f | dµ < ∞

E
On note
def 
L1µ (E, K) = f : (E, A) 7→ (K, B (K)) , f est µ − integrable

On le note parfois L1µ (E) ou même L1µ , ou même L1 ...(si la contexte


est clair)

Proposition 20.
  _ 
f ∈ L1µ E, R ⇔ f + , f − ∈ L1µ E, R+


def def
Où f + = max {0, f } et f − = max {0, −f } et

f ∈ L1µ (E, C) ⇔ Re (f ) , Im (f ) ∈ L1µ (E, R)


 

Remarque 19.
Si f est mesurable, f − , f + sont mesurables positives :

f + = f 1{f ≥0} ∈ M+ , f − = f 1{f ≤0} ∈ M+

On a f = f + − f − et |f | = f + + f −

Démonstration.
Par la remarque on a f mesurable ⇔ f + , f − sont mesurables.
On a |f | = f + + f − donc si f est mesurable,
Z Z Z
|f | dµ = f dµ + f − dµ
+

E E E
   
f dµ < +∞, f dµ < +∞ (f + , f − sont
R R + R −
donc |f | dµ < +∞ ⇔
E E E
à valeurs positives).

Emily Clement page 41


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

— f : E 7→ C mesurable ⇔ Re (f ) et Im (f ) sont mesurables. Si f


est mesurable on a :

|Ref | ≤ |f | ≤ |Ref | + |Imf |


|Imf | ≤ |f | ≤ |Ref | + |Imf |

D’où le résultat.

Définition 19 (Intégrale de Lesbegue).


 _
Soit f ∈ L1µ E, R , on définit :
Z Z Z
f − dµ
def +
f dµ = f dµ −
E E E

Soit f ∈ L1µ (E, C), on définit :


Z Z Z
def
f dµ = Ref dµ + i Imf dµ
E E E

Proposition 21.

Si f, g mesurables de E dans K et f = g µ−pp Alors

f ∈ L1µ ⇔ g ∈ L1µ

et dans ce cas Z Z
f dµ = g dµ
E E

Démonstration.
On a {x ∈ E, |f (x)| =
6 |g (x)|} ⊂ {x ∈ E, f (x) 6= g (x)} donc

µ ({|f | =
6 |g|}) ≤ µ ({f 6= g}) = 0

6 0} = (|f | − |g|)−1 (R\{0}) ∈ A


{|f | − |g| =
Si K = R
x ∈ E, f + 6= g + ⊂ {x ∈ E, f 6= g}


x ∈ E, f − 6= g − ⊂ {x ∈ E, f =

6 g}

Emily Clement page 42


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

donc
f + = g + µ − pp, f − = g − µ − pp
donc Z Z Z Z

+
f dµ − f dµ = +
g dµ − g − dµ
E E E E

Si K = C
{x ∈ E, Ref 6= Ref } ⊂ {x ∈ E, f 6= g}
{x ∈ E, Imf 6= Imf } ⊂ {x ∈ E, f 6= g}
...reproduire le même raisonnement.

Remarque 20. 
_
Soit f ∈ L1µ E, R ,
 _
µ ({|f | = ∞}) = 0 donc µ ({x ∈ E, f = ∞}) = 0. Donc si f ∈ L1µ E, R
∼def ∼
et si on pose f = f 1{|f |<∞} , on a f =f µ−pp et
Z Z ∼ Z
f 1{|f |<∞} dµ
def
f dµ = f dµ =
E E E

Proposition 22 (Linéarité de l’intégrale).

Si f, g ∈ L1µ (E, K), alors


— f + g ∈ L1µ (E, K) et
Z Z Z
(f + g) dµ = f dµ + g dµ
E E E

— si α ∈ KK, αf ∈ L1µ (E, K) et


R R
αf dµ = α f dµ
E E

Démonstration.

— f + g mesurable car f et g le sont.

|f + g| ≤ |f | + |g|

donc Z Z Z
|f + g| dµ = |f | dµ + |g| dµ < +∞
E E E

Emily Clement page 43


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

et f + g ∈ L1µ (E, K)
Cas K = R : on remarque que f + g = (f + g)+ − (f + g)− = f + −
f − + g + − g − alors (f + g)+ + (f + g)− = f + + g + + f − + g − d’où
Z Z
(f + g) + f + g dµ = (f + g)− + f + + g + dµ
+ − −

E E

Z Z Z Z Z
+ − −
(f + g) − (f + g) dµ = +
f dµ − f dµ + +
g dµ − g − dµ
E E
Z ZE E E

= f dµ − g dµ
E E

par additivité de l’intégrale des fonctions de M+ .


Cas K = C :
Z Z Z
(f + g) dµ = (Ref + Reg) dµ + i (Imf + Img) dµ
E E E
Z Z Z Z
= Ref dµ + Reg dµ + i Imf dµ + i Img dµ
E E E E
Z Z
= f dµ + g dµ
E E

— Cas K = R si α ∈ K, |αf | = |α| |f |, αf ∈ L1µ (E, K). Si α ∈ R,


soit α ≥ 0 et
(αf )+ = αf +
(αf )− = αf −

soit α ≤ 0 et
(αf )+ = −αf +
(αf )− = −αf −

On conclut par l’homogénéité positive pour l’intégrale sur M+ .


Cas K = C, α = a + ib.

αf = (a + ib) (Ref + iImf ) = (aRef = bImf ) + i (bRef + aImg)

Emily Clement page 44


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Z Z
αf dµ = (aRef )
E E
Z Z
= (aRef = bImf ) dµ + i (bRef + aImg) dµ
E E
Z Z
= (a + ib) Ref dµ + i (a + ib) Imf dµ
E E
Z
=α f dµ
E

Proposition 23 (Inégalité triangulaire).

Soit f ∈ L1µ (E, K) où K = |RR ou C. On a :



Z Z

f dµ ≤ |f | dµ


E E

Démonstration.

K = R on a |f | = f + + f − donc :

Z Z Z
f dµ = f + dµ + f − dµ



E
ZE ZE
≤ f + dµ + f − dµ
E E
Z
≤ f + + f − dµ
E
Z
≤ |f | dµ
E

Emily Clement page 45


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

R
K = CCR Si f dµ 6= 0 on a :
E

R

Z

Z f dµ


f dµ = E
R dµ



f dµ
E E E
Z Z
= Re (αf ) dµ + i Im (αf ) dµ
E E
Z
≤ |Re (αf )| dµ
E

R
Z Z f dµ

≤ |αf | dµ = E dµ
R
f dµ
E E E


Z
≤ |f | dµ
E

5.3 Théorème de convergence dominée et applica-


tions
5.3.1 Théorème de convergence dominée
Théorème 8 (Convergence dominée de Lesbegue).
N
Soit (fn )n∈N ∈ L1µ (E, K) où K = R ou C telle que :
— Pour µ−presque tout x ∈ E (fn (x))n converge.
— ∃g ∈ L1µ (E, K) telle que fn −→ f µ−pp et
R n→+∞
|fn − f | dµ −→ 0
E n→+∞
Cette convergence sera appelée Convergence L1µ .

Remarque 21.
On dit que (fn (x))n convergence pour µ− presque tout x si

µ ({x ∈ E, fn (x) ne converge pas}) = 0

On note aussi (fn (x))n converge µ−pp x


Plus généralement, si P est une propriété sur E,on dit que P est vérifiée en

Emily Clement page 46


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

x pour µ−presque tout x ( ou P est vérifiée en x µ−pp x ) si et seulement


si :
— {x ∈ E, P n’est pas vérifiée en x} ∈ A
— µ ({x ∈ E, P n’est pas vérifiée en x}) = 0
À noter également que
   
fn −→ f µ − pp ⇔ µ x ∈ E, fn (x) −→ f (x) =0
n→+∞ n→+∞

Démonstration.
def
On pose f = lim inf fn donc f est mesurable. fn −→ f µ−pp :
n n→+∞
   
x ∈ E, fn (x) 9 f (x) = x ∈ E, lim inf fn (x) 6= lim sup fn (x)
n→+∞ n n
= {x ∈ E, (fn (x))n ne converge pas = 0}
 
µ fn 9 f = 0 f est intégrale.
n→+∞

 \ !
def
\
A= fn −→ f {|fn | ≤ g} ∈A
n→+∞
n∈N

car les fn , f, g sont mesurables.


 [ !!
\
c
µ (A ) ≤ µ fn 9 f {|fn | > g}
n→+∞
n∈N
  !!
[ [
≤µ fn 9 f +µ {|fn | > g}
n→+∞
n∈N
X
≤ µ ({|fn | > g}) = 0
n∈N

Donc
Z Z
|f | dµ = |f | dµ
E A
Z
≤ g dµ
A
Z
≤ g dµ < +∞
E

R si x ∈ A, ∀n ∈ N, |fx (x)| ≤ g (x), donc |f (x)| ≤ g (x)


car
|fn − f | dµ −→ 0
E n→+∞

Emily Clement page 47


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Si x ∈ A, |fn (x) − f (x)| ≤ 2g (x), donc 1A (2g − |fn − f |) est mesurable,


positive, pour tout n ∈ N. Par le lemme de Fatou :
Z Z
lim inf (2g − |fn − f |) dµ ≤ lim inf (2g − |fn − f |) dµ
n
A A
 
Z Z Z Z
2 g dµ − lim inf |fn − f | dµ ≤ 2 g dµ + lim inf − |fn − f | dµ
n
A A A A
Or lim inf |fn − f | = 0 car inf (−fk (x)) = − sup (−fk (x))
k≥n k≥n
R
donc lim sup |fn − f | dµ ≤ 0 alors :
n A
Z Z
0 ≥ lim inf |fn − f | dµ ≤= lim sup |fn − f | dµ = 0
n n
A A

alors : Z
|fn − f | dµ −→ 0
n→+∞
A
Z Z
|fn − f | dµ = |fn − f | dµ −→ 0
n→+∞
E A

Proposition 24 (Extension du théorème de convergence dominée).

Le théorème Rde convergenceR dominée ne couvre pas tous les cas de


convergence, fn dµ −→ f dµ
E n→+∞ E
Si fn = n1 1Jn,n+1K , fn dλ = n1 −→ 0 et fn (x) −→ 0, ∀x ∈ R.
R
n→+∞ n→+∞
R
Or Si ∀n ∈ N, |fn (x)| ≤ g (x) µ−pp. Alors
Z X Z
1
1 dλ ≤ g (x) dλ (x)
n Jn,n+1K
R n≥1 R
Z X1 Z
1
1Jn,n+1K dλ ≥ 1
X
Or n>0 dλ
n n Jn,n+1K
R n≥1 R

1
1 1
P R P
Par Beppo-Levi n>0 n Jn,n+1K dλ = n = ∞ et
R n>0
Z
f dλ = ∞
R

Emily Clement page 48


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Remarque 22.
On utilise dans la pratique que (car en général on connaitra f ) :
— Si (fn )n est une suite de fonctions mesurables, f mesurable.
— fn −→ f µ−pp
n→+∞
— ∃g ∈ L1 telle que ∀n ∈ N, |fn (x)| ≤ g (x) µ−pp en x.
Alors f ∈ L1 et Z
|fn − f | dµ −→ 0
n→+∞
E

et en particulier Z Z
fn dµ −→ f dµ
n→+∞
E E

Proposition 25 (Interversion Somme et Integrale).

Soit (fn )n une suite de fonctions intégrales telles que :


XZ
|fn | dµ < ∞
n
E
P
Alors la fonction fn est définie µ−pp et est intégrable, et
N

XZ Z X
fn dµ = fn dµ
n n
E E

Démonstration.
C’est une conséquence
PR quasi-immédiate du théorème de convergence domi-
née : On a |fn | dµ < ∞ donc comme les |fn | sont mesurables, positifs,
n E
on a : Z X
|fn | dµ < ∞
n
E
 
L1µ (E),
P P P
donc |fn | ∈ et µ |fn | = ±∞ = 0 Alors fn (x) converge
n n P n∈N
absolument (donc converge) µ−pp x. fn est donc définie µ−pp (on peut
n
fn ∈ L1µ
P
la prolonger en une fonction définie partout, par exemple par 0).
n∈N

Z X Z X
fn dµ ≤ |fn | dµ < ∞


n n
E E

Emily Clement page 49


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

n
def P
On pose gn = fk , mesurable car les fk le sont. On a :
P k=0
— gn (x) −→ fn (x) pour µ− presque tout x ∈ E.
n→+∞ n∈N
— ∀n ∈ N, pour µ−presque tout x,
X
|gn (x)| ≤ |fn (x)|
n∈N

|fn | ∈ L1µ (E), alors par le théorème de convergence dominée :


P
Or
n∈N
Z Z X
lim gn dµ = fn dµ
n→+∞
E E n∈N
n
Z X Z X
lim fk dµ = fn dµ
n→+∞
E k=0 E n∈N
Xn Z Z X
lim fk dµ = fn dµ
n→+∞
k=0 E E n∈N

XZ Z X
fk dµ = fn dµ
n∈N E E n∈N

Intégrale dépendant d’un paramètre


Soit (Y, d) un espace métrique. On considère f : E × Y 7→ K où
K = R ou C.

Théorème 9 (Continuité sous l’intégrale).

Soit z ∈ Y , on suppose :
— Intégrabilité par rapport à la première variable : ∀y ∈ Y ,
x → f (x, y) est intégrable.
— continuité par rapport à la deuxième variable : Pour
µ−presque tout x ∈ E, y → f (x, y) est continue en z.
— Hypothèse de domination : ∃g ∈ L1µ (E), telle que : ∀y ∈ Y ,
pour µ−presque tout x ∈ E, |f (x, y)| ≤ |g (x)| est continue
en z. R
Alors la fonction : F : y ∈ Y 7→ f (x, y) dµ(x) est définie en
E
tout point de Y et est continue en z.

Emily Clement page 50


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Démonstration.

— Par la première hypothèse, la fonction F est définie partout.


— Soit (zn )n∈N ∈ Y N telle que zn −→ z. On pose fn : x 7→ f (x, zn ) ,
n→+∞
par la première hypothèse, les fn sont mesurables
f (x, zn ) −→ f (x, z) µ−pp x
n→+∞
∀n ∈ N,

|fn (x)| = |f (x, zn )|


≤ g (x) µ − pp x

Par le théorème de convergence dominée, on a


Z Z
F (zn ) = f (x, zn ) dµ(x) −→ f (x, z) dµ(x) = F (z)
n→+∞
E E

Remarque 23.
Si on remplace la deuxième hypothèse par f (x, y) −→ l µ−pp x. Où l est
y→z
une fonction mesurable, alors on obtient de la même façon la conclusion :
Z Z
F (y) = f (x, y) dµ (x) −→ l (x) dµ (x) .
y→z
E E

R →
7 R
On a l’application suivante : Soit f ∈ L1λ (R) on pose : F : y →
R
f (x) dλ (x)
]−∞,y]
Alors F est continue sur R.

f (x) 1]−∞,y] (x) dλ (x) On pose ϕ (x, y) =


R def
Démonstration. ∀y ∈ Y , F (y) =
R
f (x) 1]−∞,y] (x) On a ∀z ∈ R :
— ∀y ∈ R, x 7→ f (x) 1]−∞,y] (x) est mesurable, comme produit de
telles fonctions.
— Soit x ∈ R, y 7→ f (x) 1]−∞,y] (x) = f (x) 1[x,+∞[ (y) est continue
en z si et seulement si x 6= y. Donc y 7→ ϕ (x, y) est continue en
z pour λ−presque tout x.
— ∀y ∈ R, ∀x ∈ R,

|ϕ (x, y)| = f (x) 1]−∞,y] (x) ≤ |f (x)|


Comme f ∈ L1λ (R), par le théorème de continuité sous l’intégrale,


∀y ∈ R, f est continue en z. Alors F est continue sur R.

Emily Clement page 51


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Théorème 10 (Dérivabilité sous l’intégrale).

Soit f : E × I 7→ R où I intervalle ouvert non vide de R. On


suppose :
— Intégrabilité par rapport à la première variable : ∀y ∈
I, x 7→ f (x, y) est intégrable.
— Dérivabilité par rapport à la deuxième variable : Pour
µ−presque tout x ∈ E, y 7→ f (x, y) est dérivable sur
I. On note ∂f
∂y (x, y) la dérivée en x.
— Hypothèse de domination : ∃g ∈ L1µ (E, R+ ) telle que ∀y ∈ I,
pou µ−presque tout x ∈ E,

|derf | ≤ g (x)
R
Alors la fonction F : y 7→ f (x, y) dµ (x) est définie sur
E
I, dérivable sur I et :
Z
∂f
∀y ∈ I, F 0 (y) = (x, y) dµ (x) .
∂y
E

Démonstration. Soit z ∈ I, soit (zn )n ∈ I N telle que zn −→ z, ∀n ∈


n→+∞
F (zn )−F (z) R f (x,zn )−f (x,z) def f (x,zn )−f (x,z)
N, zn 6= z zn −z = zn −z dµ (x) ϕn (x) = zn −z
E
— ∀n ∈ N, ϕn est mesurable car f l’est, par la deuxième hypothèse,
ϕn (x) −→ ∂f
∂y (x, z) pour µ−presque tout x ∈ E.
n→+∞
— ∀n ∈ N,

∂f
|ϕn (x)| ≤ sup (x, z) par le théorème des accroissements finis
y∈[zn ,z] ∂y

∂f
|ϕn (x)| ≤ sup
(x, z) ≤ g (x) pour µ − presque tout x ∈ E
y∈I ∂y

Alors par le théorème de convergence dominée :


F (zn ) − F (z)
Z
∂f
lim = (x, z) dµ (x)
n→+∞ zn − z ∂y
E
Z
∂f
F 0 (z) = (x, z) dµ (x)
∂y
E

Emily Clement page 52


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

5.4 Comparaison intégrale de Riemann et intégrale


de Lesbegue
5.4.1 Rappels
On se place dans un intervalle fermé [a, b] ⊂ R.

Définition 20 (Fonction de escalier).

1. On appelle fonction en escalier sur le segment [a, b] toute fonc-


tion de la forme

k = 0N αk 1Ik
X
ϕ=

où les Ik sont des intervalles de [a, b].


2. Soit f : [a, b] 7→ R bornée, on note :
 
Zb 
Z 

def
f (x) dx = sup ϕdλ, ϕ en escalier, ϕ ≤ f

 

_ a [a,b]
 
Z_ b  
Z 
def
f (x) dx = inf ϕdλ, ϕ en escalier, ϕ ≥ f

 

a [a,b]

f est Riemann intégrale


! (RI) sur [a, b] ⇔
Rb
_ Rb
f (x) dx = f (x) dx On note alors :
a _ a

Zb Zb Z_ b
def
= f (x) dx = f (x) dx
a _ a a

Contre-exemple où c’est faux : 1Q∩[0,1] .

Remarque 24.
La définition et équivalente à la définition par somme de Riemmann-Darboux.

Emily Clement page 53


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Proposition 26.

— f : [a, b] 7→ R ; f Riemann intégrable est un espace
vectoriel.
— Relation de Chasles.

Théorème 11.

Si (fn )n suite de fonctions Riemann intégrable sur [a, b], et fn


converge uniformément vers f sur [a, b] alors f est Riemann inté-
grable et
Zb Zb
f (x) = lim fn (x) .
n→+∞
a a

Définition 21 (Fonction réglée).

On appelle fonction réglée une fonction de [a, b] dans R qui est limite
uniforme de fonctions en escalier.

Remarque 25.
Par le théorème précédent, toute fonction reglée sur [a, b] est Riemann inté-
grable.

Proposition 27.

Une fonction f : [a, b] 7→ R est reglée ⇔
( f a une limite à gauche et à droite en tout point.)

exemple de fonctions vérifiées : les fonctions C o continues par morceaux,


monotones...

5.4.2 Lien intégrale de Riemann-intégrale de Lesbegue


Si (E, A, µ) espace mesurée et P une propriété sur E. On étend la situa-
tion : P est vraie µ−pp : si ∃A ∈ A telle que µ (E) = 0 et ∀x ∈
/ A, x vérifie
P.
Cela autorise le cas {x ∈ E, x vérifie pas P} ∈
/A

Emily Clement page 54


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

Théorème 12.

Si f : [a, b] 7→ R Riemann intégrable alors ∃g ∈ L1λ ([a, b]) telle


que :
f = g λ − pp
au sens où ∃F ∈ B ([a, b]) telle que λ (A) = 0,∀x ∈
/ A, f (x) = g (x).

Zb Z
f (x) dx = g (x) dλ
a [a,b]

Démonstration.
Soit (ϕn )n une suite de fonctions en escalier telle que : ∀n ∈ N, ϕn ≤ f et
Z Z
ϕn (x) dλ −→ f (x) dx
n→+∞
[a,b] [a,b]

∼ def
On peut supposer (ϕn )n croissante quitte à considérer ϕn = max (ϕ0 , . . . , ϕn ),

où ϕn est en escalier, ϕn ≤ f et
Z Z

ϕn (x) dλ −→ f (x) dx
n→+∞
[a,b] [a,b]

Soit g : x 7→ lim ϕn (x) mesurable, g ≤ f , montrons que


n→+∞
Z Z
ϕn dλ −→ g dx
n→+∞

On a ϕn (x) −→ g (x), ∀x ∈ [a, b],


n→+∞

ϕ0 (x) ≤ ϕn (x) ≤ max (kf k∞ , −ϕ0 ) ∈ L1 ([a, b])

Donc par le théorème de convergence dominées :


Z Z
ϕn dλ −→ gdλ
n→+∞
[a,b] [a,b]
R R
On a donc gdλ = f (x) dx.
[a,b] [a,b]
Soit (ψn )n∈N une suite de fonctions en escaliers avec :
— ψn ≥ f

Emily Clement page 55


CHAPITRE 5. INTÉGRALE DE LESBEGUE

R Rb
— ϕn dλ −→ f (x) dx
n→+∞ a
[a,b]

On peut supposer que (sin )n est décroissante, quitte à considérer ψn = min (ψ0 , ψn )
def
Soit h = lim ψn alors : h est mesurable et h ≥ f comme ci-dessus par le
n→+∞
théorème de convergence dominée.
Z Zb
ψn dλ −→ hdλ
n→+∞
[a,b] a

On a alors
Z Zb Z
hdλ = f (x) = gdλ
[a,b] a [a,b]

donc g = h λ−pp i.e λ ({g 6= h}) = 0 or g ≤ f ≤ h donc {g 6= f } ⊂ {g 6= h}


et f = g λ−pp au sens de l’énoncé.
Remarque 26.
Si f est mesurable, le théorème devient :
Rb
f est Riemann intégrable, f ∈ L1 ([a, b]) et
R
f dλ = f (x) dx
[a,b] a
Si on se place dans [a, b] muni de la tribu de Lesbegue (voir plus loin) le
théorème devient : R
Si f est Riemann intégrable, alors f est lesbegue intégrable et f dλ =
Rb
f (x) dx
a
La réciproque est cependant fausse : en effet si f = 1Q∩[0,1] , f n’est pas
Rb Rb
_
Riemann intégrable, f (x) dx = 0 et f (x) dx = 1 ϕdλ ≤ 0 si ϕ est en
_ a a
escalier telle que ϕ ≤ f .
αk 1Ik
def
X
ϕ ==
∃x ∈ Ik \Q, t.q., αk = ϕ (x) ≤ f (x) = 0 et f ∈ L1 ([0, 1]) et
R
f dλ =
[0,1]
λ ({Q ∩ [0, 1]} = 0)
Théorème 13.

Si f : R 7→ R localement Riemann intégrable d’intégrale abso-


lument convergente, i.e Riemann intégrable sur tout compact de R,
+∞
∃g ∈ L1λ (R) telle que f = g λ−pp et
R R
f (x) = f dλ.
−∞ R

Emily Clement page 56


Chapitre 6

Espace Lp

On se place sur un espace mesurable (E, A, µ).

6.1 Définitions
Définition 22.

Soit p ∈ [1, +∞[, on définit :


 
 Z 
p def p
Lµ (E) = f : E 7→ R mesurable, |f | dµ < ∞
 
E

L∞
def 
µ (E) = f : E 7→ R mesurable, ∃c > 0, |f | ≤ c µ − pp

Les fonctions de L∞
µ sont dites essentiellement bornées. On note aussi
L (E) , L (E) , Lp , L∞ , lorsque le contexte est clair.
p ∞

Remarque 27.
Si p ∈ [1, +∞[, si m mesure de comptage sur (N, P (N)).
( )
def
X p
Lpm (N) = lp (N) = (un )n∈N , |un | < ∞
n∈N

Proposition 28 (Demo en TD).

Si µ (E) < ∞ si 1 ≤ p ≤ q ≤ +∞, alors Lpµ (E) ⊂ Lpµ (E)


Si p ≤ q, lp (E) ⊂ lq (E)

57
CHAPITRE 6. ESPACE LP

Exemple 11 (Exemple de non égalité).


x 7→ 1[1,+∞[ (x) ∈ L2 \L1
1]0,1[ (x)
x 7→ √
x
∈ L1 \L2

Définition 23.

Si p ∈ [1, +∞], on introduit la relation d’équivalence, si f, g ∈ Lpµ (E),

(f ∼ g) ⇔ (f = q mu − pp)

Définition 24.

Si p ∈ [1, +∞], on définit Lpµ (E) = Lpµ / ∼


def

Remarque 28._
si f ∈ Lpµ (E) , f = {g ∈ Lpµ (E) , f = g µ − pp} Les éléments de Lpµ (E) sont
des classes d’équivalences de fonctions égales µ−pp. Dans toute la suite, on
fera l’abus d’écriture consistant à assimiler f ∈ Lp à sa classe d’équivalence
pour ∼.
On ne fait plus la différence entre les deux fonctions égales
µ−pp
Exemple 12.
On dit que f = 0 dans L1µ (E) si f = 0 µ−pp
(f ∈ Lp est continue) ⇔ (∃g ∈ C o , f = g µ − pp)
Remarque 29 (Notations).
Si 1 ≤ p ≤ +∞,∀f ∈ Lp µ (E) on note
Z 1
p
p
kf kp = |f | dµ

Pour f ∈ L∞
µ (E) on note

kf k∞ = inf {c > 0, |f | < c µ − pp}


Avec la convention : inf ∅ = ∞, on appelle kf k∞ le sup essentiel, noté aussi
supess f .
Il est à noter que les notations ne sont pas ambiguës :
— Si f, g ∈ Lp ,1 ≤ p ≤ +∞, et f = g µ−pp, alors kf kp = kgkp
(exercice)
— ∀f ∈ L∞ µ (E), |f | ≥ kf k∞ µ−pp

Emily Clement page 58


CHAPITRE 6. ESPACE LP

6.2 Inégalité de Hölder et Minkowski


Définition 25 (Composantes conjuguées).

Si p, q ∈∈ [1, +∞], on dit que p et q sont des composantes conjugées


si p1 + 1q = 1.

Exemple 13.
p=q=2

Théorème 14 (Inégalité de Hölder).

Soient p, q 2 composantes conjuguées, si (f, g) ∈ Lpµ (E) × Lqµ (E),


alors Z
f g ∈ L1µ (E) , et |f g| dµ ≤ kf kp kgkq
E

On a l’inégalité de Cauchy-Schwarz si p = q = 2

Démonstration.
Si kf kp = 0 ou kgkq , on a |f g| = 0 µ−pp et l’inégalité est vraie.
Supossons que kf kp neq0 et kgkq 6= 0, alors on a plusieurs cas :
Cas p = 1 et q = ∞ : On a |f g| ≤ |f | kgk∞ µ−pp. alors :
Z Z
|f g| dµ ≤ kgk∞ |f | dµ = kf k1 kgk∞

Cas 1 < p et q < ∞ : On montre que ∀u, v ≥ 0, ∀α ∈]0, 1[,

uα v 1−α ≤ αu + (1 − α) v

On effectue la démonstration de cela dans le cas u, v > 0, on a :

ln uα v 1−α = α ln u + (1 − α) ln v


≤ ln (αu + (1 − α) v)
uα v 1−α ≤ αu + (1 − α) v

L’inégalité reste vraie si u = 0 ou v = 0.


p q
Soit x ∈ E, u = |fkf(x)| et v = |g(x)|
def def def 1
kp kgkq
et α = p on a alors
p q

|f g (x)| 1 |f (x)|p 1 |g (x)|q


≤ +
kgkq kf kp p kf kpp q kgkqq

Emily Clement page 59


CHAPITRE 6. ESPACE LP

On intègre sur E :

(|f |p dµ) (|g|q dµ)


R R R
(|f g| dµ)
E 1 1E
≤ E + =1
kgkq kf kp p kf kpp q kgkqq
(|g|q dµ) (|f |p dµ)
R R
E E
car kgkq = 1 = kf kp .
q p
D’où l’inégalité suivante :
Z
(|f g| dµ) ≤ kgkq kf kp .
E

Exemple 14 (Exercice). Cas d’égalité : Montrer que il y a cas d’égalité si


et seulement si ∃α, β non tous nous, α |f |p = β |g|q µ−pp

Remarque 30. Si µ (E) est fini (i.e si µ est une mesure fini), et f ∈ Lpµ (E)
alors :
Z Z
|f | dµ = |f | × 1dµ
Z  1 Z 1
p q
p
≤ |f | dµ 1dµ
Z 1
p 1
p
≤ |f | dµ µ (E) q

Proposition 29.

Si µ (E) < ∞, on sait que si p ≤ q, Lpµ (E) ⊂ Lqµ (E) De plus :


Lqµ (E) 7→ Lpµ (E)
est continue.
f → f
En d’autres termes, ∃c > 0, ∀f ∈ Lqµ (E) , kf kLp ≤ ckf kLq .

Théorème 15 (Inégalité de Minkowski).

dans le cas où 1 ≤ p ≤ +∞. p ∈ N Soient f, g ∈ Lpµ (E), alors


f + g ∈ Lpµ (E) et

kf + gkp ≤ kf kp + kgkp .

Emily Clement page 60


CHAPITRE 6. ESPACE LP

Démonstration.
On a plusieurs cas :
Cas 1 < p < +∞ On a :

|f + g|p ≤ (|f | + |g|)p


≤ 2max (|f | , |g|)p
≤ 2p (|f |p + |g|p )

donc
Z Z Z 
|f + g|p dµ ≤ 2p |f |p dµ + |g|p dµ

≤∞

et f + g ∈ Lpµ (E) On a

|f + g|p ≤ (|f | + |g|) |f + g|p−1


≤ |f | |f + g|p−1 + |g| |f + g|p−1

On intègre sur E :
Z Z Z
p p−1
|f + g| dµ ≤ |f | |f + g| dµ + |g| |f + g|p−1 dµ
1 1
+ = 1 ⇔ p + q = pq
p q
p
Donc q =
p−1
D’où |f + g|q(p−1) = |f + g|p

On a |g|,|f | ∈ Lp et |f + g|p−1 ∈ Lq où p1 + 1q = 1, donc en appliquant


Hölder :
Z Z  1 Z  p−1 Z  1 Z  p−1
p p p p
p p p p p
|f + g| dµ ≤ |f | dµ |f + g| dµ + |g| dµ |f + g| dµ

D’où : kf +gkpp ≤ kf kp kf +gkpp−1 +kgkp kf +gkp−1


p Si kf +gkp = 0, l’inégalité
est triviale.
Sinon, on divise par kf + gkp−1
p , et on a :

kf + gkp ≤ kf kp + kgkp

Cas p = 1 |f + +g| ≤ |f | + |g| par l’inégalité triangulaire.


Z Z Z
|f + g| dµ ≤ |f | dµ + |g| dµ.

Emily Clement page 61


CHAPITRE 6. ESPACE LP

Cas p = +∞ |f + +g| ≤ |f | + |g| ≤ kf k∞ + kgk∞ µ−pp, par passage au plus


petit majorant on a :

kf + gk∞ ≤ kf k∞ + kgk∞ .

6.3 Espaces de Banach Lpµ (E),1 ≤ p ≤ +∞


Proposition 30.

Soit p ∈ [1, +∞], k.kp définit une norme sur Lpµ (E).

Démonstration.
Si p < +∞,
Z
kf kp = 0 ⇔ |f |p dµ = 0

⇔ f = 0 µ − pp
⇔ f = 0 dans Lpµ (E)

Si p = +∞

kf k∞ = 0 ⇔ |f | ≤ 0 µ − pp
⇔ f = 0 dans L∞
µ (E)

Si α ∈ R, kαf kp = |α| kf kp
Pour l’inégalité triangulaire, se référer à Minkowski.

Théorème 16 (Riesz-Fischer).

Soit p ∈ [1, +∞], l’espace (Lpµ (E) , k.kp ) est un espace vectoriel normé
complet.

Démonstration.
p
Cas p < +∞, soit (fn )n une suite de Cauchy dans Lµ (E), il existe donc une
sous-suite fϕ(n) n∈N telle que ∀n ∈ N :

1
kfϕ(n+1) − fϕ(n) kp ≤
2n

Emily Clement page 62


CHAPITRE 6. ESPACE LP

+∞
|gn+1 − gn | ∈ Lpµ (E) : On
def P
On pose gn = fϕ(n) , montrons à présent que
n=0
peut montrer que
Z +∞
!p Z N
!p
X X
|gn+1 − gn | dµ = lim |gn+1 − gn | dµ
N −→+∞
E n=0 E n=0

 N
p 
P
Par Beppo-Levi, car |gn+1 − gn | est une suite croissante de
n=0 N ∈N
 +∞
p
P
fonctions mesurables, ayant pour limite µ−pp |gn+1 − gn | . Donc
n=0

Z +∞
!p N
!p
X X
|gn+1 − gn | dµ ≤ lim kgn+1 − gn kp
N −→+∞
E n=0 n=0
+∞
!p
X
= kgn+1 − gn kp
n=0
1
Or (kgn+1 − gn kp )p ≤ n
!p 2
Z +∞
X
|gn+1 − gn | dµ < +∞
E n=0

 +∞ p
P
Donc, |gn+1 − gn | < ∞ µ−pp et on définit :
n=0

+∞
X
def
h (x) = gn+1 (x) − gn (x) + g0 (x)
n=0

h est définie µ−pp, (partout quitte à prolonger par 0...) h = lim gN , h


N −→+∞
mesurable comme limite de fonctions mesurable, h ∈ Lpµ (E).
Z Z
p
|h| dµ = lim inf |gN |p dµ
N −→+∞
Z
≤ lim inf |gN |p dµ
N −→+∞
Z
≤ sup |gN |p dµ
N
< +∞

Emily Clement page 63


CHAPITRE 6. ESPACE LP

car ((fn )n est de Cauchy dans Lp donc est bornée.


Z
|h − gn | dµ = lim inf |gN − gn |p dµ
p
N
Z
≤ lim inf |gN − gn |p dµ
N
≤ lim inf kgN − gn kpp dµ
N
N
!p
X
≤ kgk+1 − gk kp dµ Minkowski
k=n
N
!p
X1

2k
k=n
 p
1

2n−1

Cas p = ∞ on se ramène au cas de fonctions bornées. soit (fn ) suite de Cau-


def T
chy dans L+∞
T T
µ (E). Soit A = {|fn | ≤ kfn k+∞ } {|fn − fm | ≤ kfn − fm k+∞ }
n n,m
= 0 et on pose gn = fn 1A . On a ∀n ∈ N, kgn ksup = sup {|gn (x)| , x ∈ E} =
def
On a µ (Ac )
kf k+∞
∀n, m ∈ N, kgn − gm ksup = kfn − fm ksup donc (gn )n est de Cauchy dans
Ff (E, R) donc convergence uniformément vers une fonction f . On a kgn −
f ksup −→ 0 or |fn − f | ≤ kgn − f ksup , d’où :
n→+∞

|fn − f k+∞ −→ 0.
n→+∞

Remarque 31 (Notations).
Soit (fn ) une suite de Lpµ (E) avec 1 ≤ p ≤ +∞
Lp
on note fn −→ f si et seulement si kfn − f kp −→ 0
n→+∞ n→+∞
i.e (fn ) converge vers f dans (Lpµ (E) , k.kp ).

Remarque 32.
Lp
fn ∈ Lpµ (E), fn −→ f µ−pp ; fn −→ f
n→+∞ n→+∞
Exemple :
— fn = n1[0, 1 , fn −→ 0 λ−pp, |f | dλ = 1.
R
n n→+∞
Lp Lp
fn ∈ Lpµ (E), f ∈ Lp , fn −→ f ; fn −→ f µ−pp.
n→+∞ n→+∞
— fn,k : x 7→ 1[ kn , k+1 n
] où k ∈ [0, 2 − 1]. Si x ∈ [0, 1], ∀n ∈ N,
2 2n
∀kn , 2kn ≤ x ≤ k+1
2n , fn, k (x) = 1 Or (fn,k (x))n ne converge pas.
2

Emily Clement page 64


CHAPITRE 6. ESPACE LP

En revanche, la démonstration du théorème de Riesz Pischer donne immé-


diatement :
Proposition 31.

Lp
Si ∀n ∈ N, fn , f ∈ Lpµ (E), fn −→ f . Alors il existe une suis-suite
 n→+∞
fϕ(n) n qui converge µ−pp.

Théorème 17 (Convergence dominée - Lp ).

Si (fn )n suite de fonctions dans Lpµ (E) et f ∈ Lpµ (E) telle que
— fn −→ f µ−pp
n→+∞
Lp
— ∃f ∈ Lpµ (E), ∀n ∈ N, |fn | ≤ g µ−pp donc fn −→ f .
n→+∞

Démonstration.
On a |fn − f |p mesurable donc |fn − f |p −→ 0 µ−pp et |fn − f |p ≤ (2g)p ,
n→+∞
or g p ∈ L1 car g ∈ Lp , donc par le théorème de convergence dominée :
Z
|fn − f |p dµ −→ 0.
n→+∞
E

Dans le cas où p = 2 : L’espace L2µ (E) muni du produit scalaire :


Z
hf, gi = f g dµ
E

est un espace de Hilbert :


— h., .i est bien défini (par Cauchy Schwarz) p
— h., .i est un produit scolaire, de norme associée k.k2 = h., .i
Or L2µ (E) , k.k2 est complet. On peut donc utiliser tous les résultats dans


les espaces de Hilbert.

Emily Clement page 65


CHAPITRE 6. ESPACE LP


6.4 Densité de Cc Rd dans Lpµ (E)
Définition 26.

On appelle Cc Rd , (l’espace des fonctions continues à support com-




pact), l’espace des fonctions ϕ : Rd 7→ Ru continues telles qu’il


existe K ⊂ Rd compact avec ϕ ≡ 0 K c

Théorème 18.

L’espace Cc Rd est dense dans Lpµ Rd , k.kp .


  

Il faut noter que ∀f ∈ Lpµ Rd , ∀ > 0 ∃ϕ ∈ Cc Rd telle que kf − ϕkLp < 


 

Démonstration.
d = 1, on va faire une série de simplification :
— On peut supposer f positive, quitte à écrire f = f + − f − .
Si kf + − ϕkp ≤ 2 et kf − − ψkp ≤ 2 où ϕ, psi ∈ Cc Rd . Alors :

kf − ψkp = kf − − f − − (ϕ − ψ) kp ≤ 

par inégalité triangulaire.


— Montrons que l’on peut supposer f étagé positive intégrale.
Soit f : E 7→ R+ ∈ Lp Soit fn une suite de fonctions de Et ,
croissante et convergeant simplement vers f . On a : fn (x) −→ f (x)
n→+∞
∀n ∈ N, fn ≤ f avec f ∈ Lp , donc par le théorème de convergence
dominée dans Lp ,
kfn − f kp −→ 0
n→+∞

On peut même supposer f = 1A où A ∈ B (E) et λ (A) < +∞.


— Montrons qu’on peut supposer f = 1ω , où λ (ω) < ∞, et ω est un
ouvert. On a λ (A) = inf {λ (ω) , A ⊂ ω, ω ouvert de R} donc si  >
0, ∃ω ∈ O (R) tels que A ⊂ ω et λ (ω\A) < . Donc
Z Z
|1ω − 1A | dλ = 1ω\A dλ
p

R R
= λ (ω\A) <

— on peut donc supposer que f = 1ω , ω ouvert borné,car : Soit ωn =


Lp
ω ]−n, n[, montrons que 1ωn −→ 1ω , on a déjà que 1ωn −→ 1ω
T
n→+∞ n→+∞

Emily Clement page 66


CHAPITRE 6. ESPACE LP

λ−pp. ∀n ∈ N, 1ωn ≤ 1ω , or 1ω ∈ L1 (R) donc :


Z
(|1ω − 1ωn |p ) dλ −→ 0
n→+∞
R
F
Si ω est un ouvert bornée de R, ω s’écrit : ω = In , où In est un
n∈N
intervalle ouvert et borné de R. on a donc :
n
1Ik −→ 1ω λ − pp
X
n→+∞
k=0
≤ 1ω
n
Donc, par convergence dans Lp , k1ω − 1Ik kp −→ 0.
P
k=0 n→+∞
n
1Ik , où Ik est un intervalle borné
P
On peut donc supposer f =
k=0
ouvert de R
— On peut même supposer que f = 1I , où I est un intervalle ouvert
bornéeR de R. Si I =]a, b[, on approche 1I par fn :
Alors |f − fn |p dλ −→ 0.
n→+∞
S comme ci dessus à f = 1ω , où
— alors pour d quelconque, on se ramène
ω est un ouvert borné, on a ω = Pn où Pn sont des pavés ouverts
n∈N
bornés.
n
[[ [ Nn
G
ω= Pk = n Pin
n k=0 i=0
Nn
1ω = lim 1Pin
X
n→+∞
i=0
N
p
Et on a enfin : 1ω − 1Pi dλ −→ 0
R P
n
i=0 n→+∞

Emily Clement page 67


CHAPITRE 6. ESPACE LP

6.5 théorème de Radon-Nikodym


Définition 27.

Si (E, A, µ) est un espace mesuré et que f : (E, A)


R 7→ R alors si
ν : A 7→ R est définie par : ∀A ∈ A, ν (A) = f dµ, alors :
A
— ν est une mesure sur (E, A).
— On dit que ν est une mesure de densité par rapport de µ
— f est une densité de ν par rapport a µ
On a alors : si A ∈ A, µ (A) = 0 ⇒ ν (A) = 0 (La réciproque est
fausse en général)

Définition 28.

On dit qu’une mesure ν sur (E, A) est absolument continue par rap-
port a µ si :
∀A ∈ A, µ (A) = 0 ⇒ ν (A) = 0.
On note ν  µ.

Théorème 19 (Théorème de Randon-Nikodym).

Si µ, ν deux mesures σ−finies sur (E, A), alors :

(ν  µ) ⇔ (ν est à densité par rapport à µ)


R
i.e ∃f : E 7→ R+ mesurable telle que ∀A ∈ A, ν (A) = f dµ
A

Définition 29.

On dit que ν est une mesure sur (E, A) est étrangère à ν si et seule-
ment si : ∃A ∈ A telle que µ (A) = 0 et ν (Ac ) = 0. On note alors
ν ⊥ µ.

Emily Clement page 68


CHAPITRE 6. ESPACE LP

Théorème 20 (Théorème de décomposition des mesures).

Si µ, ν,σ−finies, alors ∃ un unique couple de mesures sur (E, A)


(νac , ν⊥ ) tel que :
— ν = νac + ν⊥
— νac  µ
— ν⊥ ⊥ µ

Emily Clement page 69


Chapitre 7

Convolution et applications

7.1 Opérateurs de translation


Définition 30.

Si f : Rd 7→ R . On définit la fonction τa f : x 7→ f (x − a) ,
a ∈ Rd .

Proposition 32.

τa définit une isométrie de Lp Rd dans lui-même pour tout p ∈




[1, +∞].

Démonstration.
si f = g pp, alors τa f = τa g pp. Si f ∈ Lp Rd alors : τa f est borélienne,


comme composée de fonctions mesurables, et :


Z Z
|τa f (x)| dx = |f (x − a)|p dx
p

Rd Rd

(changement de variable y = x − a )
Z Z
|τa f (x)| dx = |f (y)|p dy = kf kpp
p

Rd Rd

70
CHAPITRE 7. CONVOLUTION ET APPLICATIONS

Théorème 21.

Si 1 ≤ p < +∞ alors : ∀f ∈ Lp Rd ,


kτa f − f kp −→ 0
kak→0

Contre-exemple pour si p = +∞, f = 1[0,1] , kτa f − f k∞ = 1, ∀a 6= 0.

7.2 Convolution sur Rd


7.2.1 Le cas positif
Définition 31.

Si f, g boréliennes,
R positives de Rd dans R. On définit f ? g :
x 7→ f (x − y) g (y) dy ∈ R+ On appelle f ? g le produit de
d
R
convolution de f et g.

Proposition 33.

f ? g est bien définie, positive, et mesurable sur Rd .


Z Z Z
f ? g (x) dx = f (x) dx g (x) dx
Rd Rd Rd

Démonstration.
∀x ∈ Rd , y 7→ f (x − y) g (y) est borélienne car :
— y 7→ x − y mesurable
— f, g mesurables.
— f ? g ≥ 0R
— x 7→ d f (x − y) g (y) dy est mesurable On a (x, y) 7→ f (x − y) g (y)
R
Rd × Rd 7→ Rd
B R ⊗B Rd = B Rd ⊗ Rd −mesurable , en effet :
d
  
(x, y) → x−y
d d

continue, donc B R ⊗ R −mesurable.
Donc (x, y) 7→ f (x − y) et (x, y) 7→ g (y) sont B Rd ⊗ Rd −mesurable.


Emily Clement page 71


CHAPITRE 7. CONVOLUTION ET APPLICATIONS

R
Donc par Tonelli-Fubini : x 7→ f (x − y) g (y) dy est B Rd  −mesurable.
Rd
Toujours pas Fubini-Tonelli on a aussi que
Z Z Z
f ? g (y) dx = f (x − y) g (y) dy dx
Rd Rd Rd
 
Z Z
=  f (x − y) g (y) dy  dx
Rd Rd
  
Z Z
=  f (x) dx  g (y) dy 
Rd Rd

Proposition 34.

— f ? g = g ? f (changement de variable z = x − y )
— {f ? g 6= 0} ⊂ {f 6= 0} + {g 6= 0} Si x ∈
/ {f 6= 0} + {g 6= 0},
i.e ∀y ∈ {g 6= 0}, x − y ∈/ {f 6= 0}.
Si g (y) 6= 0, alors f (x − y) = 0

def
Remarque 33 (Rappel). A, B 2 ensembles, A + B = {x + y, x ∈ A, y ∈ B}
Exemple 15. Soit f = 1[ −1 , 1 ]
2 2
— si x < −1, f ? f (x) = 0
— si x > 1, f ? f (x) = 0
— si x ∈ [−1, 1] ,
Z
f ? f (x) = 1[ −1 , 1 ] (y) 1[ −1 , 1 ] (y) dy
2 2 2 2
E
+1
Z2
= 1x−[ 12 ,x+ 12 ] (y) dy
−1
2
   
−1 +1 \ 1 1
=λ , x − ,x +
2 2 2 2

7.2.2 Le cas général


Si f, g boréliennes de Rd dans R. on définit :
Z
def
F ? g (x) = f (x − y) g (y) dy
Rd

Emily Clement page 72


CHAPITRE 7. CONVOLUTION ET APPLICATIONS

aux points x ∈ Rd tels que y 7→ f (x − y) g (y) ∈ L1 Rd , i.e tels que




|f | ? |g| < ∞

7.2.3 Condition d’existence


Proposition 35 (Convolution Lp − Lq ).

Si f ∈ Lp Rd , g ∈ Lq Rd , si 1 ≤ p, q ≤ ∞, p1 + 1q = 1 : alors : f ? g
 

est définie en tout point, bornée et uniformément continue.

Démonstration.
Soit x ∈ Rd , on a :
 1  1
Z Z p Z q
p q
|f (x − y) g (y)| dy ≤  |f (x − y)| dy   |g (y)| dy 
Rd Rd Rd
≤ kτy f kp kgkq = kf kp kgkq

f ? g existe et est bornée. f ? g uniformément continue, soit a ∈ Rd :



Z

|f ? g (x + a) − f ? g (x)| = |(f (x + a − y) − f (x − y)) g (y)| dy
d
R
Z

= |(τy−a (f ) − τy (f )) (x) g (y)| dy

d
R
Z

= |(τ−a (f ) − f ) (x − y) g (y)| dy

d
R
≤ kτ−a (f ) − f kp kgkq −→ 0
kak→0

Car τ−a f, f ∈ Lp .

Proposition 36 ( Lp − L1 ).


Si f ∈ Lp , g ∈ L1 , alors : f ? g existe pp et f ? g ∈ Lp

Emily Clement page 73


CHAPITRE 7. CONVOLUTION ET APPLICATIONS


7.2.4 L’algèbre L1 Rd
Théorème 22.

— L1 Rd , +, ., ?, est une R−algèbre commutative.


 

— L1 Rd n’a pas d’unité : i.e il n’existe pas de fonctions ϕ ∈ L1


telle que ∀f ∈ L1 , f ? ϕ = f .

Démonstration.

— est laissé en exercice.


2
— Supposons ϕ ∈ L1 est une unité, alors posons : fn : x 7→ exp−nkxk ∈
L∞ , ϕ ∈ L1 . Donc fn ? ϕ est uniformement continue, donc fn ? ϕ = fn
en tout point.

fn ? ϕ (0) = f (0) = 1
Z
= fn (y) ϕ (y) dy
R
Z
2
= exp−nkxk ϕ (y) dy −→ 0 par théorème de CVD
n→+∞
R

7.3 Approximation de l’unité


Définition 32.

On appelle approximation de l’unité une suite (ϕn )n dans L1 Rd




telle que ∀n ∈ N :
— ϕ Rn ≥ 0
— ϕn (x) dx = 1
Rd R
— ∀δ > 0, ϕn (x) dx −→ 0.
n→+∞
B(0,δ[

Emily Clement page 74


CHAPITRE 7. CONVOLUTION ET APPLICATIONS

Théorème 23.

Si 1 ≤ p < +∞, si f ∈ Lp Rd , alors :




Lp
f ? ϕn −→ f.
n→+∞

NB : Construction
R d’approximation de l’unité :
Si ϕ ≥ 0 et ϕ = 1.
Rd
Si ϕn : x 7→ nd ϕ (nx)

7.4 Régularisation par convolution


Théorème 24.

Si f ∈ L1 , ϕ ∈ Cc1 , alors :

f ? ϕ ∈ C 1 et ∀i ∈ J1, dK
 
∂ ∂ϕ
(f ? ϕ) = f ? .
∂xi ∂xi

R
Démonstration. — Dérivation sur l’intégrale : f ?g (x) = f (y) ϕ (x − y) dy
Rd
— Domination : ∀x ∈ Rd :

∂ϕ
|f (y) ϕ (x − y)| ≤ |f (y)|

∂xi ∞

Théorème 25.

Cc∞ Rd est dense dans Lp Rd , 1 ≤ p < ∞.


 

Démonstration. f ∈ Lp Rd ,  > 0, ∃qinC Rd , kf − qk < 2 .


 

Si (ϕn ) est une suite d’approximation de l’unité, telle que ∀n ∈ N ϕn ∈ Cc∞


Lp
(suite régularisante), alors : G ? ϕn ∈ Cc∞ , or on a g ? ϕn −→ g
n→+∞
Soit alors ϕn telle que kg − g ? ϕn kp < 2 , alors
kf − g ? ϕn kp ≤ kf − gkp + kg − g ? ϕn kp < 

Emily Clement page 75


Chapitre 8

Construction de mesures,
Unicité

8.1 Construction de mesures


Cas de la mesure de Lesbegue : On chercher λ mesure sur une tribu A
sur R telle que :
— λ ([0, 1]) = 1
— λ invariante par translation : ∀A ∈ A, ∀x ∈ R, λ (A + x) = λ (A)

Théorème 26 (Demo par l’axiome du choix : construction similaire à celle faite en TD).

Il n’existe pas de mesures sur (R, P (R)) vérifiant la première et


deuxième hypothèse.

Théorème 27.

Il existe une unique mesure


T λ sur (R, B (R)) vérifiant 1), 2). On rap-
pelle que B (R) = .
A tribu sur R
R∈A

Quel est le but de toute cela ? Prolonger λ intervalle ouverts bornés sur R+ .

8.1.1 Mesures extérieures


Sur les boréliens ça donnera la mesure de Lesbegue, ailleurs quelque chose
qui ne sera pas nécessairement une mesure. Une mesure extérieure n’est pas
nécessairement une mesure, mais une mesure est une mesure extérieure :

76
CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

Définition 33 (Mesure extérieure).


_
Soit E un ensemble, on dit que µ∗ : P (E) 7→ R+ est une mesure
exterieure sur E si :
— µ∗ (∅) = 0
— Si A, B ⊂ E, et A ⊂ B, alors µ∗ (A) ≤ µ∗ (B) (croissance)
Si ∀n ∈ N, An ∈ E :
!
[ X

µ An ≤ µ (An ) .
n∈N n∈N

Remarque 34. Une mesure sur P (E) est une mesure extérieure, la réci-
proque est fausse.

Définition 34.

Soit A ⊂ E, on dit queTA est µ∗ −mesurable si et seulement si :


∀F ⊂ E, µ∗ (B) = µ∗ (B A) + µ∗ (B\A). On note Mµ∗ l’ensemble
des parties µ−mesurable de E.

Théorème 28.

— Mµ∗ est une tribu sur E.


— µ∗ est une mesure sur Mµ∗ .

Démonstration.

— Si B ⊂ E, µ∗ (B) = µ∗ (B ∅) + µ∗ (B\∅) = µ∗ (∅) ∗


T
T + µ (B)
— Si A ∈ Mµ∗ , soit B ⊂ E, comme µ (B) = µ (B A) + µ∗ (B\A),
∗ ∗

µ∗ (B) = µ∗ (B Ac ) + µ∗ (B\Ac ).
T

Ac ∈ Mµ∗

Emily Clement page 77


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

si ∀n ∈ N, An ∈ Mµ∗ , soitB ⊂ E, montrons que :


! !!
\[ [
µ∗ (B) ≤ µ∗ B An + µ∗ B\ An
n∈N n∈N
(Par sous-additivité) :
 \ 
= µ∗ B A0 + µ∗ (B\A0 )
 \ \   [ 
µ∗ (B\A0 ) = µ∗ B A0 A1 + µ∗ B\A0 A1
 [    [     [ 
µ∗ B\A0 A1 = µ∗ B\ A0 A1 ∩ A2 + µ∗ B\ A0 A1 ∪ A2

N n−1 N
! !! ! ! !
\[ [ X [ [
µ∗ B An +µ∗ B\ An = µ∗ B Ak ∩ An +µ∗ B An
n∈N n∈N i=0 k=0 n=0

On passe à la limite pour N −→ +∞, on a alors :


n−1
! ! !
X [ [
µ∗ (B) ≥ µ∗ B Ak ∩ An + µ∗ B An
n∈N k=0 n∈N
n−1
! !
[ [ [
≥ µ∗ B Ak ∩ An +µ∗ B An
n∈N k=0 n∈N
| {z }
=0
 
 
 n−1
 !
 \[ [  [
≥ µ∗ B An \ Ak  + µ ∗ B An
 
 
 n∈N k=0  n∈N
 | S
{z } 
= An
n∈N
! !
\[ [
∗ ∗
≥µ B An +µ B An
n∈N n∈N

— Montrons que µ∗ est une mesure sur Mµ∗ . µ∗ (∅) = 0.

Emily Clement page 78


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

Si (An )n∈N ∈ MN
µ∗ , An 2 à 2 disjoints.
!
G X

µ An ≤ µ∗ (An ) sous-additivité
n∈N n∈N
N
! !
G G
µ∗ An ≥ µ∗ An N ∈ N fixé
n∈N n=0
−1
NG
! !
G
µ∗ An ≥ µ∗ (AN ) + µ∗ An
n∈N n=0
N
X
≥ µ∗ (An )
n=0
!
G X
µ∗ An ≥ µ∗ (An )
n∈N n∈N

8.1.2 Mesure de Lesbegue


Définition 35.

On définit pour A ⊂ R,
( )
X [
∗ def
λ (A) = inf l (In ) , A ⊂ In et In ∈ T
n∈N ninN

où T est l’ensemble des intervalles ouverts et l = b − a si I =]a, b[

Proposition 37.
_
λ∗ : P (R) 7→ R+ est une mesure extérieure sur R.

Démonstration.

— λ∗ (∅) = 0
— Si A, B ⊂ R, avec A ⊂ B,
( ) ( )
[ [
N N
(In )n ∈ T , B ⊂ In ⊂ (In )n ∈ T , A ⊂ In
n∈N n∈N

Emily Clement page 79


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

donc λ∗ (B) ≥ λ∗ (A) par définition


 de l’inf.
Si Ak ⊂ R, montrons que λ∗
S P ∗
Ak ≤ λ (ak ) :
k k
X   
l Ink ≤ λ∗ (Ak ) +
n
2k+1
 
λ∗
P ∗
Ink , L Ink ≤
S SS S P P 
Or Ak ⊂ donc Ak ≤ λ (Ak )+
k∈NP k n k k∈N n∈N k∈N
 car L Ink ≤ λ∗ (Ak ) + 
2k+1
n∈N
En laissant tendre  vers 0, on a :
!
[ X
λ∗ Ak ≤ λ∗ (Ak )
k k∈N

Donc Mλ∗ est une tribu, et λ∗ est une mesure sur Mλ∗ .

Proposition 38.

— λ∗ ([0, 1]) = 1 item λ∗ est invariant par translation.

Démonstration.

— [0, 1] ⊂]−, 1+[, ∀e > 0, λ∗ ([0, 1]) ≤ 1+2. On fait


S tendre  vers 0, on
a : λ∗ ([0, 1]) ≤ 1 Soit In =]an , bn [ avec [0, 1] ⊂ In , par compacité,
n
N
S
il existe N ∈ N, [0, 1] ⊂ In . Il existe une sous-suite ]aik , bik [ telle
n=0
que :
— a i0 < 0
— ∀k ≥ 1, bik−1 ∈]aik , bik [
— biN > 1

X N
X
(bn − an ) ≥ (bik − aik )
n∈N k=0
N
X 
≥ bik − bik−1 + bi0 − ai0
k=0
≥ biM − ai0 > 1

On passe à l’inf sur (In ) ∈ T N , [0, 1] ⊂ In , on a λ∗ ([0, 1]) ≥ 1 d’où :


S
n

λ∗ ([0, 1]) = 1

Emily Clement page 80


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

— A ⊂ R, x ∈ R,
X
λ∗ (A) = inf l (In )
In ∈T N
n
X
= inf l (In ) .
In ∈TS N
A+x⊂ Jn
n

Proposition 39.

La tribu Mλ∗ contient B (R).

Démonstration.
Il suffit de montrer que ∀α ∈ R, ]−∞, α[∈ Mλ∗ (car B (R) = σ ({] − ∞, α[, a ∈ R})
). On appelle I l’intervalle ] − ∞, α[, soit B ⊂ R, montrons que λ∗ (B) =
λ∗ (B ∩ I) + λ∗ (B\I)

λ∗ (B) ≤ λ∗ (B ∩ I) + λ∗ (B\I)
S
Soit (In )n ∈ T N telle que B ⊂ IN , où In =]ab , bn [., donc si  > 0 :
n
\ [
B I⊂ ]min (an , α) , max (bn , α) [
n
[ 
B\I ⊂ ]max (an , α) − , max (bn , α) [
n
2n+1

S = λ∗ (B I) + λ∗ (B\I)
T

X X  
S≤ (min (bn , α) − max (an , α))+ max (bn , α) − max (an , α) +
n n
2n+1

 \  X
λ∗ B I + λ∗ (B\I) ≤ [(bn + α − an − α)] + 
n
X
≤ (bn − an ) + 
n

On laisse tendre  −→ 0, λ∗ (B ∩ I) + λ∗ (B\I) ≤


P
(bn − an ) On passe
n
à l’inf : (]an , bn [)n , B ⊂ ]an , bn [ λ∗ (B ∩ I) + λ∗ (B\I) ≤ λ∗ (B) Alors
S
n
Mλ∗ ⊃ σ ({] − ∞, α[, α ∈ R}) = B (R) .

Emily Clement page 81


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ


8.1.3 Mesure de Lesbegue sur Rd , B Rd
De la même façon, on peut construire une mesure λd sur Rd , B Rd


telle que :
— λd [0, 1]d = 1


— λd invariante par translation.


On appelle λdmesure de Lesbegue d−dimensionnelle
 sur Rd . Construction :
def
λ∗d (A) = inf
P S
V (Pn ) , A ⊂ Pn , Pn ∈ P où P pavés ouverts bornés
n∈N N ∈N
d d d
Rd ,
Q Q Q
sur i.e les ]ai , bi [, et V (P ) = (ai − bi ), si P = ]ai −bi [ Régularité
i=1 i=1 i=1
de la mesure de Lesbegue :
Proposition 40.

La mesure de Lesbegue λd est régulière au sens où ∀B ∈ B RD ,




def
λd (B) = inf {λ (ω) , ω ouvert , B ⊂ ω}
def
λd (B) = sup {λ (K) , K compact , K ⊂ ω}

Démonstration. En exercice.

8.2 Unicité des mesures


Question : Si (E, A, µ) espace mesuré, et A = σ (C), µ est-elle caractérisée
par ses valeurs sur C ? Non. i.e sur µ = ν sur C. Exemple : E = a, b, σ ({0}) =
P (E).
Définition 36.

On appelle classe monotone sur E une classe de parties M ⊂ P (E)


telle que :
— E∈M
— si A, B ∈ M et A ⊂ B, alors B\A ∈ M S
— si An ∈ M et (An ) est croissante, alors an ∈ M.
n∈N

NB : Toute tribu sur E est une classe monotone. Une intersection quelconque
de classes monotones est une classe monotone, donc on peut définir la plus
petite classe monotone content C ⊂ P (E).
\
m (C) = M
M classes monotone
C⊂M

Emily Clement page 82


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

Lemme 5 (des classes monotones).

Si CsubsetP (E) est stable par intersection finie alors m (C) = σ (C)

Théorème 29 (Unicité des mesures).

Si µ, λ deux mesures sur (E, A), supposons que A = σ (C) avec :


— E∈C
— C stable par intersection finie, ∀A ∈ C, µ (A) = ν (A)
donc :
— Si λ, ν sont finies alors µ = ν sur A
— Il existe (En ) ∈ AN vérifie :
(En )n croissante pour l’inclusion
S
En = E
n
µ (En ) = E
µ (En ) = λ (En )
Alors µ = ν sur A

Démonstration.

— On considère M = {A ∈ A, µ (A) = µ (A)}, M est une classe mono-


tone, en effet :
E∈M
Si A ⊂ B, A, B ∈ M,

µ (B\A) = µ (B) − µ (A)


= ν (B) − ν (A)
= ν (B\A)

Emily Clement page 83


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

Si An ∈ M et est croissante :
!
[
µ An = lim µ (An )
n→+∞
n∈N
= lim ν (An )
n→+∞
!
[
=ν An
n∈N

Par hypothèse C ⊂ M, donc M ⊃ m (C) ( M est une classe mo-


notone) or m (C) = σ (C) = A par le lemme des classes monotones.
Donc ∀A ∈ A, µ (A) = ν (A).T
— On pose : µn : A T7→ µ (A En ) mesure sur A finie : µn (E) < ∞.
νn : A 7→ ν (A En ) finie sur A. Par hypothèse, νn = µn sur C,
donc par le premier point, νn = µn sur A.
 \ 
µn (A) = µ A En
!
[ \
−→ µ A En = µ (A)
n→+∞
n
νn (A) −→ ν (A) pour les mêmes raisons.
n→+∞

donc ∀A ∈ A, µ (A) = ν (A).

Lemme 6.

Si C ⊂ P (E) est stable par intersection finie alors

m (C) = σ (C) .

Démonstration.

— σ (C) est une tribu, donc une classe monotone, donc

m (C) ⊂ σ (C)

— m (C) est une tribu :


∅ = E\E ∈ m (C).
Si A ∈ m (C), Ac = E\A ∈ m (C).

Emily Clement page 84


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

n
S
Si An ∈ m (C), Bn = Ak est croissante ,donc
k=0
[ [
Bn = An
n n
S S
Si on a Bn ∈ m (C) , Bn ∈ m (C), d’où An ∈ m (C). Il suffit
n n
donc de montrer que m (C) est stable par union finie, ou encore T
stable par intersection finie. i.e montrons que ∀A, B ∈ m (C) , A B ∈
m (C).
— montrons que ∀C ∈ C, ∀B ∈ m (C), C ∩ B ∈ m (C).
def
Soit C ∈ C, posons Mc = {B ∈ m (C) , C ∩ B ∈ m (C)} ⊂
m (C). Par hypothèse, Mc ⊃ C Mc est une classe monotone,
en effet :
C ∩ E = C ∈ m (C).
Si B, B 0 ∈ Mc avec B ⊂ B 0
\ \   \   \ 
C B B0 = C B \ C B 0 ∈ m (C)

et B\B 0 ∈ Mc .
Si Bn ∈ Mc est une suite croissante.
\[ [
C Bn = (C ∩ Bn ) ∈ m (C)
N N

Donc Mc classe monotone contenant C, alors Mc ⊃ m (C).


Finalement, Mc = m (C) d’où le résultat. T
— Montrons que ∀A ∈ m (C) , ∀B ∈ m (C), A B ∈ m (C). Soit
A ∈ m (C) m (C), on pose :
def
MA = {B ∈ m (C) , A ∩ B ∈ m (C)}
MA est une classe monotone, qui contient C, par le point pré-
cédent.
Donc : MA ⊃ m (C) d’où MA = m (C), d’où le résultat.

8.2.1 Unicité de la mesure de Lesbegue


Proposition 41 (Voir TD pour la démonstration).

Si µ est une mesure sur (R, B (R)) telle que :


— µ ([0, 1]) = 1
— µ invariante par translation.
Alors pour tout intervalle I de R, µ (I) = longueur (I)

Emily Clement page 85


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

Théorème 30.

La mesure de Lesbegue sur (R, B (R)) est unique.

Démonstration.
Si λ, µ sont deux mesures sur (R, B (R)), vérifiant les hypothèses précédentes,
alors la propriété précédente donne : Elles coïncident sur {I ⊂ R, I intervalle de R}
qui contient R et est stable par intersection finie.
def S
Si on pose En = [−n, n], λ (EN ) = µ (EN ) = 2n < +∞ Or En = R et la
n
suite En est croissante. Par le théorème d’unicitié de la mesure, µ = λ sur
B (R).

8.3 Tribu complétée,mesure complétée


8.3.1 Généralités
(E, A, µ) espace mesuré.

Définition 37 (µ−négligeable.).

On dit que N ⊂ E est µ−négligeable si il existe A ∈ A telle que :


— N ⊂A
— µ (A) = 0
On note Nµ l’ensemble des parties µ−négligeables. Si Nµ ∈ A on dit
que (E, A, µ) est complet.

Définition 38 (Tribu complétée).

On appelle tribu complétée de A par µ la tribu :


_ def n [ o
A = σ A N, A ∈ A, N ∈ Nµ

on peut montrer que ceci est une tribu.

Lemme 7.
_
0 0 0
 
A= A ⊂ E, ∃B, B ∈ A, B ⊂ A ⊂ B et µ B \B = 0

Emily Clement page 86


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

Démonstration.
Si A ∈ A, N ∈ Nµ , ∃B 0 ∈ A telle que N ⊂ B 0 et µ (B 0 ) = 0. S
A ⊂ A ∪ B 0 ∈ A et µ ((A ∪ B 0 ) \A) ≤ µ (B 0 ) = 0, alors A N ∈ B. Soit
soient B, B 0 définies comme dans l’énoncé. _
A ∈ B, S
A = B (A\B) or B ∈ A, A\B ⊂ B 0 \B ∈ A, et A ∈A.

Définition 39 (mesure complétée de µ).


_  _
On appelle mesure complétée de µ la mesure µ sur E, A définie
par :
(
_ µ (A) si A ∈ A
µ (A) = .
µ (B) si B ⊂ A ⊂ B 0 avec B, B 0 ∈ A et µ (B 0 \B) = 0

_
NB : µ (A) ne dépend pas du choix de B, B 0 , si B1 , B10 et B2 , B20 contient
alors :
µ (B1 ) ≤ µ B20


µ (B2 ) ≤ µ B10


or µ (B1 ) = µ (B10 ) et µ (B2 ) = µ (B20 )


Proposition 42.
_  _ _
µ est une mesure qui prolonge µ. E, A, µ est complet.

Démonstration.
_
µ est une mesure :
_
— µ (∅) =_µ (∅) = 0
— Si An ∈A 2 à 2 disjoints, soient Bn , Bn0 ∈ A telle que :
Bn ⊂ An ⊂ Bn0
µ (Bn0 \Bn ) = 0
G
Bn ⊂ An ⊂ Bn0 ∈ A Or
F F
alors
n n
|n {z }
∈A
! !
[ [ [
µ Bn0 \ Bn ≤µ Bn0 \Bn
n n n
X
µ Bn0 \Bn = 0


n

Emily Clement page 87


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

donc
! !
_ G G
µ An =µ Bn
n n
X
= µ (Bn )
n
X_
= µ (An )
n
_ _
µ est complète, i.e M_µ ⊂A.
_ _
Si N ∈ N_µ i.e N ⊂ A ∈A, avec µ (A) = 0.
Soient B, B 0 ∈ A avec B ⊂ A ⊂ B 0 et µ (B 0 \B) = 0. donc

µ B 0 = µ (B)


∅ ⊂ N ⊂ B 0 , µ (B 0 \∅) = µ (B 0 ) = 0


8.3.2 Complétion de BBB Rd
Définition 40.
_
On appelle tribu de Lebesgue la tribu B (R) complétée par la mesure
λ. On la note
_
α (R). On appelle encore mesure de Lebesgue la mesure
complétée λ. On la note aussi souvent λ

Proposition 43.

— La tribu
_
Mλ∗ des parties λ∗ mesurable coïncide avec α (R).

— λ =λ sur Mλ∗ = α (R).

Démonstration en exercice.
Théorème 31.

— Card B (R) = Card (R)


— Card α (R) = Card P (R) et α (R) 6= P (R) (axiome du choix)

Démonstration.

Emily Clement page 88


CHAPITRE 8. CONSTRUCTION DE MESURES, UNICITÉ

— Admise (difficile)
— soit C l’ensemble de Cantor. C ∈ B (R), λ (C) = 0 (exercice), donc
comme Card C = Card R, Card P (C) = cardP (R).
P (C) ⊂ Nλ ⊂ α (R) P (R) donc :

Card P (R) = Card P (C) ≤ Card α (R) ≤ Card Card P (R)

Card α (R) = Card P (R)


et α (R) 6= P (R)

Emily Clement page 89


Chapitre 9

Mesures produits

9.1 Tribu produit


9.1.1 Définitions
Définition 41.

Soient (E, A) , (F, B) deux espaces mesurables. On appelle tribu pro-


duit de A et B la tribu A ⊗ B sur E × F définie par :
def
A ⊗ B = σ ({A × B, A ∈ AA, B ∈ B}) .

Proposition 44.

On définit les projections :

E×F 7→ E
πE :
(x, y) → x

E×F 7→ F
πF :
(x, y) → y
— πE , πF sont respectivement (A ⊗ B, A) −mesurable et
(A ⊗ B, B) −mesurable.

Démonstration.
−1
Soit A ∈ A, on a : πE (A) = A × F ∈ A ⊗ B et piE est (A ⊗ B, A) −
mesurable. idem pour le reste.

On généralise au cas des k espaces mesurables, (E1 , A1 ) , . . . , (Ek , Ak ) en


posant :

90
CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

def
A1 ⊗ · · · ⊗ Ak = σ ({A! × · · · × Ak , ∀i ∈ J1, kK, Ai ∈ Ai }) .

Proposition 45.

(E1 , A1 ) , (E2 , A2 ) , (E3 , A3 ) trois espaces mesurables. On a :

A1 ⊗ (A2 ⊗ A3 ) = (A1 ⊗ A2 ) ⊗ A3
= A1 ⊗ A 2 ⊗ A 3

Démonstration.
(A1 ⊗ A2 ) ⊗ A3 = σ ({C × A3 , C ∈ A1 ⊗ A2 , A3 ∈ A3 }), donc

(A1 ⊗ A2 ) ⊗ A3 ⊃ A1 ⊗ A2 ⊗ A3

Montrons que ∀A3 ∈ A3 , ∀C ∈ A1 ⊗ A2 , C × A3 ∈ A1 ⊗ A2 ⊗ A3 .


def
τA3 = {C ∈ A1 ⊗ A2 , C × A3 ∈ A1 ⊗ A2 ⊗ A3 }

τA3 contient {A1 × A2 , A1 ∈ A1 , A2 ∈ A2 } et est une tribu :


— ∅ × A3 ∈ A1 ⊗ A2 ⊗ A3 .
— Si C ∈ τA3 , C c × A3 = E1 × E2 × A3 \ C × A3 et C c ∈ τA3 .
| {z } | {z }
∈A1 ⊗A2 ⊗A3 ∈A1 ⊗A2 ⊗A3
— Si Cn ∈ τAn , alors
! Cn × A3 ∈ A1 ⊗ A!
2 ⊗ A3 .
[ [
C n × A3 = Cn × A3 ∈ A1 ⊗ A2 ⊗ A3
n n

Alors τA3 = A1 ⊗A2 et on a l’inclusion (A1 ⊗ A2 )⊗A3 ⊂ A1 ⊗A2 ⊗A3 ...

Cas de B Rd : a-t-on B (R) ⊗ · · · ⊗ B (R) ?




Proposition 46.

On a B R2 = B (R) ⊗ B (R).


Démonstration.
R2 7 → R R2 7 → R
B R2 ⊃ B (R) ⊗ B (R) π1 :

,π2 : sont conti-
(x, y) → x (x, y) → y
nues, d’où le résultat.

Emily Clement page 91


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

9.1.2 Sections
Définition 42.

Si C ∈ A ⊗ B, on appelle section de C :
def
∀x ∈ E : Cx = {y ∈ F, (x, y) ∈ C}
def
∀y ∈ E : Cy = {x ∈ E, (x, y) ∈ C}.

Proposition 47.

Si C ∈ A ⊗ B, alors :
∀x ∈ E, Cx ∈ B
∀y ∈ F, Cy ∈ A.

Démonstration.
def
Soit x ∈ E, montrons que ∀X ∈ A⊗B, Cx ∈ B. Soit Tx = {C ∈ A ⊗ B, Cx ∈ B}.

{A × B, A ∈ A, B ∈ B} ⊂ Tx
(
∅ si x ∈
/A
Si C = A × B, Cx = donc Cx ∈ B. Tx est une tribu :
B si x ∈ A
— ∅x = ∅ ∈ B
— Si C ∈ Tx , (C c )x = (Cx )c ∈ B
— Si ∀n ∈ N, Cn ∈ Tx :
!
[ [
Cn = (Cn )x ∈ B
n x n

donc A ⊗ B ⊂ Tx et finalement Tx = A ⊗ B.
Raisonnement similaire pour Cy .

Proposition 48.

Si f : (E × F, A ⊗ B) 7→ (G, D) est mesurable, où (G, D) est un


espace mesurable, alors :
— ∀x ∈ E, fx : y → f (x, y) est (B, D) mesurable.
— ∀y ∈ F, f y : x → f (x, y) est (A, D) mesurable.

Emily Clement page 92


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

Démonstration. Soit D ∈ D,

fx−1 (D) = {y ∈ F, f (x, y) ∈ D}


= y ∈ F, (x, y) ∈ f −1 (D)


= f −1 (D)x ∈ B
| {z }
∈A⊗B

donc fx est mesurable,o n obtient le même raisonne pour f y .

9.2 Mesure produit


Définition 43.

Une mesure µ sur un espace mesurable (E, A) est dite σ−finie s il


S suite (En )n∈N croissante d’éléments de A telle que :
existe une
— En = E
n∈N
— ∀n ∈ N, µ (EN ) < ∞

Exemple 16.
La mesure de Lebesgue de R est σ−finie. :
En = [−n, n], λ (EN ) = 2n < ∞ La mesure de comptage sur (R, P (R)) n’est
pas σ−finie.

Théorème 32.

Soit µ mesure σ−finie sur (E, A), ν mesure σ−finie sur (F, B). Il
existe une unique mesure µ ⊗ ν sur (E × F, A ⊗ B) vérifiant :
— ∀A ∈ A, ∀B ∈ B, (µ ⊗ ν) (A × B) = (µ) (A) (ν) (B)
La mesure de µ ⊗ ν est σ−finie et vérifie, ∀C ∈ A ⊗ B :
Z
µ ⊗ ν (C) = ν (Cx ) dµx
E
Z
= µ (C y ) dν (x)
F

Démonstration. — Unicité : Si m, m0 sont deux mesures qui coïncident :


0
alors m, m coïncident sur {A × B, A ∈ A, B ∈ B} qui contient E × F

Emily Clement page 93


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

et qui est stable par intersections finies.


\  \   \ 
(A × B) (C × D) = A B × C D

S
Soit (En )n ∈ AN croissante, telle que : En = E, µ (E) < ∞.
Sn
Soit (Fn )n ∈ B N croissante, telle que : Fn = F , ν (F ) < ∞.
S n
Alors E × F = En × Fn , En × Fn ∈ A ⊗ B, et m (En × Fn ) =
n
m0 (En × Fn ) = µ (En ) ν (Fn ) < ∞. Par le théorème d’unicité des
mesures, on a donc m = m0 .
— Posons, pour C ∈ A ⊗ B :
Z
def
µ ⊗ ν (C) = ν (Cx ) dµ (x)
E

µ ⊗ ν est bien définie : ∀C ∈ A ⊗ B, x 7→ ν (x) Soit M =


— 
C ∈ A ⊗ B, c 7→ ν (Cx ) est mesurable

{A × B, A ∈ A, B ∈ B} ⊂ M

Si C = A × B, ν (Cx ) = 1A (x) ν (B) donc x → 7 ν (Cx ) est


mesurable. On pourra montrer en exercice que si ν est finie, avec
M est une classe monotone. Donc

m ({A × B, A ∈ A, B ∈ B}) ⊂ M

Donc par le lemme des classes monotones :

σ ({A × B, A ∈ A, B ∈ B}) = A ⊗ B

Donc M = A ⊗ B.
— Si ν n’est pas finie : On définit la mesure νn par :
 \ 
νn (B) = ν B En

on a
νn (B) −→ ν (B)
n→+∞
T T T
(B En ) est croissante, donc ν (B En ) 7→ ν ( (B ∩ En )) = ν (B)
∀n ∈ N, x 7→ νn (Cx ) mesurable. donc x 7→ ν (Cx ) mesu-
rable, comme limite de fonctions mesurables.
— ν ⊗ µ est une mesure
R sur (E × F, A ⊗ B) :
— µ ⊗ ν (∅) = ν (∅x ) dµ (x) = 0
E

Emily Clement page 94


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

— Si Cn ∈ A ⊗ B 2 à 2 disjoints :
! Z ! !
G G
µ⊗ν Cn = ν Cn dµ (x)
n∈N E n∈N x
| F
{z }
= (Cn )x
n∈N
Z X
= ν ((Cn )x ) dµ (x)
E n∈N
XZ
Et par Beppo levi : = ν ((Cn )x ) dµ (x)
n∈N E
X
= µ ⊗ ν (Cn )
n∈N

— : Caractérisation de µ ⊗ ν : Soient A ∈ A, B ∈ B, soit C = A × B :


Z
µ ⊗ ν (C) = ν (Cx ) dµ (x)
| {z }
E 1A (x)ν(B)
Z
= ν (B) 1A (x) dµ (x)
E
= µ (A) ν (B)
On montre que, de même :
Z
µ (C y ) dν (y) = µ (A) ν (B)
F

Par l’unicité, on a donc : ∀C ∈ A ⊗ B :


Z
ν ⊗ µ − µ (C y ) dν (y)
F


9.2.1 Mesure de Lesbegue sur Rd , B Rd
Proposition 49.

La mesure de Lebesgue : λd sur Rd B Rd



| ⊗ ·{z
coïncide avec λ · · ⊗ λ}
d fois

def
Démonstration. Idée de la démonstration : On pose λd = λ ⊗ · · · ⊗ λ.
On montre par récurrence sur d que elles vérifie les propriétés nécessaires.

Emily Clement page 95


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

9.3 Théorème de Fubini


   
R R R R R
Objectif : Comparer f dµ⊗ν et f (x, y) dν (y) dµ (x) et f (x, y) dµ (x) dν (y)
E×F E F F E
(et il faudra justifier les écritures)

Théorème 33 (Fubini-Tonelli).

Soient µ, ν mesures _σ−finies respectivement sur (E, A), et (F, B) et


si f : E × F 7→ R+ (A ⊗ B) −mesurable alors :
— R
x → f (x, y) dν (y) est mesurable.
F
R
y → f (x, y) dµ (x) est mesurable.
E

 
Z Z Z
f dµ ⊗ ν =  f (x, y) dν (y) dµ (x)
E×F E F
 
Z Z
=  f (x, y) dµ (x) dν (y)
F E

Remarque 35.
L’hypothèse σ−finie est cruciale, en effet si E = (R, B (R) , λ) F = (R, P (R) , m)
Si C = {(x, x) , x ∈ R}, 1C est
 B (R) ⊗ P (R) mesurable.
2
C est fermé, donc C ∈ B R = B (R) ⊗ B (R) ⊂ B (R) ⊗ P (R).
 
Z Z
 1C (x, y) dm (y) dλ (x) = ∞
 
| {z }
R R 1{x} (y)
| {z }
m({x})=1
 
Z Z

1 (x, y) dλ (x)
 dm (y) = 0
| C {z }

R R 1{y}(x)

Exemple 17.
(E, A, µ) espace mesuré σ−fini. Si f : E 7→ R+ mesurable. Soit ϕf :
t ∈ R+ 7→ µ ({f > t}) On a :
Z Z
f dµ = ϕf (t) dt
E R+

Emily Clement page 96


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

( ϕf décroissante donc mesurable.) Si on peut utiliser Fubini :


 
Z Z Z
µ ({f > t}) dt =  1{f >t} (x) dµ (x) dt
R+ R+ E
 
Z Z
1{f >t} dt
 
= 
  dµ (x)
| {z }
E R+ 1[0,f (t) (t)
| {z }
=λ([0,f (x)[)=f (x)

R+ × E →7 R
Justification : µ, λ sont σ−finies. où
(t, x) → 1{f >t} (x) = 1C (t, x)
C = {(t, x) ∈ R+ × E, f (x) > t} = {(t, x) ∈ R+ × E, f (π2 (t, x)) > π1 (t, x)} ∈ B (R+ )⊗A

or f ◦ π2 et π1 sont B (R+ ) ⊗ A mesurables. NB :


[
C= [0, q[ × {f > q}
|{z} | {z }
q∈Q ∈A
∈B(R+ )

Démonstration de Fubini-Tonelli.
On traite 1) et 2) ensemble : Si F = 1C avec C ∈ A ⊗ B, on sait que :
— ∀x ∈ E, fx : y → f (x, y) mesurable
— ∀y ∈ F, fy : x → f (x, y) mesurable.
Soit x ∈ E, on a :
Z Z
f (x, y) dν (y) = 1Cx (y) dν (y) = ν (x)
| {z }
F 1C (x,y) dµ(y)=1Cx (y) F

On a vu que x → ν (Cx ) est mesurable. Si C ∈ A ⊗ B, idem pour l’autre


fonction...
Z Z
1C (x, y) dµ ⊗ ν = µ ⊗ ν (C) = ν (Cx ) dµ (x)
| {z }
E×F E = 1C (x,y) dν(y)
R
F

de même pour l’autre égalité


Si f étagée positive _
: ok par linéarité de l’intégrale.
Si f : E × F 7→ R+ est mesurable.
Soit fn suite croissante de fonctions étagées de E × F → R+ , telles que
fn −→ f .
n→+∞
∀x ∈ E, (fn )x : y 7→ fn (x, y) est mesurable, positive, croissante.

Emily Clement page 97


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

∀y ∈ F, (fn )x (y) = fn (x, y) 7→ f (x, y), donc par Beppo-Levi,G est mesu-
rable comme limite de fonctions mesurable : ∀x ∈ E, :
Z Z
fn (x, y) dν (y) −→ f (x, y) dν (y)
n→+∞
F F
| {z } | {z }
def def
= Gn (x) = G(x)

Par Beppo-Levi, comme (Gn ) est croissante :


Z Z
Gn dµ −→ G dµ
n→+∞
E E
.
Z Z Z Z
fn (x, y) dν (y) dµ (x) −→ f (x, y) dν (y) dµ (x)
n→+∞
E F E F
Z Z
fn dµ ⊗ dν −→ f dµ ⊗ dν
n→+∞
E×F E×F

Même raisonnement pour l’autre sens.

Théorème 34 (Fubini).

Si µ, λ, σ−finies et f : E × F 7→ K où K = R ou C telle que


f ∈ L1µ⊗ν (E × F ) alors :
— y 7→ f (x, y) ∈ L1ν (F ) µ−pp x
x 7→ f (x, y) ∈ L1µ (E) ν−pp y
R
— x 7→ f (x, y) dν (y) ∈ L1µ (E)
F
R
y 7→ f (x, y) dµ (x) ∈ L1 (F ) les fonctions sont définie
ν
E
respectivement µ,  et ν−pp 
R R R
— f dµ ⊗ ν = f (x, y) dµ (y) dµ (x) = ...
E×F E F

Démonstration.
R
— On veut montrer que µ−pp x : |f (x, y)| dµ (x) < ∞ : |f (x, y)| =
F
f + (x, y) + f − (x,
R y), on applique Fubini-Tenelli à f + et f − et on a
±
donc : x → f (x, y) dµ (y) mesurable et
F
 
Z Z Z
f ± dµ ⊗ ν =  f ± (x, y) dν (y) dµ (x) .
E×F E F

Emily Clement page 98


CHAPITRE 9. MESURES PRODUITS

 
Z Z Z Z
|f (x, y)| dν (y) dµ (x) =  f + (x, y) dν (y) dµ (x)
E F E F
 
Z Z
+  f − (x, y) dν (y) dµ (x)
E F
Z
= |f (x, y)| dµ ⊗ µ (x, y) < ∞
E×F
R
Donc : x → |f (x, y)| dν (y) est intégrable. donc R |f (x, y)| dν (y) <
F F
∞ µ−pp x, idem pour
l’autre fonctions.
 
R R R R
— f (x, y) dν (y) dµ (x) ≤
|f (x, y)| dν (y) dµ (x) < ∞
E F E F
— On justifie les écritures et Fubini-Tonelli :
 
Z Z Z
f ± dµ ⊗ ν =  f ± dν (y) dµ (x)
E×F E F

On soustrait et on obtient le résultat.

Emily Clement page 99


Chapitre 10

Changement de variables

10.1 Mesure image


Soient (E, A),(F, B) deux espaces mesurables.

Définition 44.

Soit ϕ : (E, A) 7→ (F, B) mesurable et µ mesure sur (E, A). On


appelle mesure image de µ pour ϕ la mesure µϕ sur (F, B), définie
par :
∀B ∈ B, µϕ (B) = µ ϕ−1 (B) .


µϕ est une mesure sur (F, B). (voir TD)

Proposition 50 (Lemme de transfert, démonstration en TD).

Soit µ une mesure sur (E, A). ϕ : E 7→ F mesurable.


Si f : (F, B) 7→ K , où K = R ou C, mesurable, alors :

f ∈ L1µϕ ⇔ f ◦ ϕ ∈ L1µ (E)


R R
Et dans ce cas : f dµϕ = f ◦ ϕ dµ
F E

Application : Si f ∈ L1 Rd et a ∈ Rd ,


Z Z
f (x + a) dx = f (x) dx.
Rd Rd

100
CHAPITRE 10. CHANGEMENT DE VARIABLES

Rd →
7 Rd
Démonstration. ϕ : , λϕ : mesure image de λ par ϕ.
x → x+a
∀B ∈ B Rd ,


λϕ (B) = λ ϕ−1 (B)




λ (B − a)
= λ (B)
Alors si f ∈ L1 R , d

Z Z
f ◦ ϕ dλ = f dλϕ
|{z}
Rd Rd dλ
D’où le résultat.

10.2 Changement de variables


(
R V ouvert deRd
But : Calculer f (y) dy, où En transportant l’inté-
f ∈ L1 Rd

V
grale sur U ouvert de Rd difféomorphisme à V .
Z Z
f dλ = f ◦ ϕ dν
V =ϕ(U ) U

Quelle mesure ν a pour image λ par ϕ

10.2.1 Rappels
Définition 45.

On dit que ϕ est un C 1 difféomorphisme de U dans V si :


— ϕ est de classe C 1 sur U
— ϕ est bijective de U dans V
— ϕ−1 est de classe C 1 sur V

Théorème 35.

Soit ϕ une fonction de U dans Rd . ϕ est un C 1 −difféomorphisme de


U dans ϕ (U ) si et seulement si :
— ϕ est de classe C 1 sur U
— ϕ est injective
— ∀x ∈ U , Jϕ (x) inversible
 (i.e ∀x ∈ U , Jϕ (x) 6= 0)
∂ϕ(x) ∂ϕ(x)
On rappelle que Jϕ (x) = ∂x1 ... ∂xd

Emily Clement page 101


CHAPITRE 10. CHANGEMENT DE VARIABLES

10.2.2 Changement de variables


Théorème 36.

Soit ϕ un C ! difféomorphisme entre deux ouverts U et V de Rd .


— Si f : V 7→ R+ mesurable, alors :
Z Z
f (y) dy = f ◦ ϕ (x) |det Jϕ (x)| dy
V U

— Si f : V 7→ K , où K = R ou C, alors :
f est intégrable sur V ⇔ (f ◦ ϕ |det Jϕ (.)| intégrable sur U )
Et dans ce cas :
Z Z
f (y) dy = f ◦ ϕ (x) |det Jϕ (x)| dx
V U

Remarque 36. 2) se réécrit : λ est la mesure image par ϕ de la mesure ν


définie par : Z
def
ν (B) = |det Jϕ (x)| dx
B

Application : Changement de variable : Coordonnées polaires.

On note D = R− × {0}
R∗ ×] − π, π[ 7→ R2 \D
| + {z } | {z }
ϕ: =U  =V 
r cos θ
(r, θ) →
r sin θ
ϕ est un C 1 −difféomorphisme de U dans V .
— ϕ est C 1   0
r cos θ0
 
r cos θ
— ϕ est injective : Si = alors r2 = r02 d’où r = R0
r sin θ r0 sin θ0
(
cos θ = cos θ0
car les rayons sont positifs. de plus , or θ ∈] − π, pi[.
sin θ = sin θ0

Emily Clement page 102


CHAPITRE 10. CHANGEMENT DE VARIABLES

 
cosθ −r sin θ
On a Jϕ (r, θ) = det Jϕ (r, θ) = r cos2 θ + r sin2 θ =
sin θ r cos θ
r 6= 0 ∀ (r, θ) ∈ U ϕ C 1 difféomorphisme sur U dans ϕ (U) = R2 \D.
Alors par le théorème de changement de variable, si f ∈ L1 R2 j,
Z
f dλ or λ (D) = 0
R2
Z
= f (ϕ (r, θ)) r dλ (r, θ)
R∗+ \D
+∞Z
Z +π

= f (ϕ (r, θ)) r drdθ


r=0 −π

Application 2 : Coordonnées sphériques.

R+r ×] − π, π[×] − π2 , π2
7→  R3 \P 
r cos θ cos ϕ
phi :
(r, θ, ϕ) →  r sin θ cos ϕ 
sin ϕ
Où P = R− ×{0}×R , λ (P ) = 0 On montre que φ est un C 1 difféomorphisme
de U dans V et ∀ (r, θ, ϕ) ∈ U

det Jϕ (r, θ, ϕ) = r2 cos ϕ

donc i f ∈ L1 R3 ,


π
Z Z∞ Z+π Z2
f dλ = f (φ (r, θ, ϕ)) r2 cos ϕ dr dθ dϕ
R3 r=0 θ=−π ϕ=− −π
2

Emily Clement page 103

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