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Des écarts au « Surplus de Productivité Globale » (SPG), une

trajectoire vers une mesure de la répartition des richesses ?

Jean TANNOUS - Professeur à la FGM

La productivité constitue depuis toujours un des objectifs essentiels des entreprises; sa


mesure doit mener à celles de la performance et du poids des différents facteurs qui en
sont la cause.
Tel que déjà mentionné dans nos publications précédentes (1), la question primordiale à
laquelle nous avons essayé de répondre était de tester la possibilité d’exploitation
avantageuse par les entreprises libanaises des différentes méthodes de calcul de coûts qui
sont en perpétuelle évolution.
Les essais d’applications pratiques des méthodes de calculs de coûts avancées aux
quelques entreprises libanaises se sont avérés très positifs. Les techniques appliquées sur
le terrain semblent intéresser les différents départements concernés des entreprises
commerciales, industrielles, de services ou ceux de la fonction publique.
Dans cet esprit, nous essayons actuellement de répondre aux questions suivantes :
- La méthode du « Surplus de Productivité Globale » (SPG) pourrait-elle constituer
un moyen efficace de mesure de la productivité des entreprises libanaises ?
- Ce moyen de mesure peut-il inciter ces entreprises à augmenter leur productivité ?
- La répartition du « Surplus de Productivité Totale » (SPT) entre les différents
agents économiques partenaires de l’entreprise, serait-il un bon outil de mesure de
répartition des richesses ?
Afin de répondre à toutes ces questions permettant d’ouvrir une brèche de réflexion à ce
sujet, nous tentons de présenter :
- La méthode « SPG »: ses origines, ses formulations mathématiques d’application
ainsi que ses utilisations des techniques comptables et de contrôle de gestion.
- Le passage au « SPT » et au compte de surplus : le calcul du « Surplus de
Productivité Totale » et la répartition des richesses de l’entreprise.
- Les utilités d’application dans les entreprises du secteur privé ainsi que dans les
entreprises publiques.
_____________________________________________________________________
(1) OGER B. et TANNOUS J. « La méthode UVA, un outil de gestion du profit pour les PME
libanaises ? Proche Orient no17- 2005 – FGM
TANNOUS J. « La méthode ABC, principes-Applications-Limites et avantages » Proche Orient
no15 – 2003 - FGM.
TANNOUS J. « Evolution des méthodes de coûts : un regard sur le marché » Proche Orient no19
– 2007 - FGM.
TANNOUS J. « Evolution des méthodes de coûts : un regard sur le marché - II » Proche Orient
no20 – 2008 - FGM.

1
- Le contexte libanais et les difficultés d’application : les conditions et les limites
d’application dans le contexte actuel du marché libanais.

1. La méthode « SPG »
1.1 Notion de productivité
Au départ, pour définir sommairement la productivité, nous pouvons dire qu’il
peut s’agir d’un rapport entre un résultat réalisé et les moyens mis en œuvre afin
de l’obtenir.
Ce résultat pourrait se définir par une production (activité d’une entreprise, d’un
département, d’un atelier, etc.). Les moyens mis en œuvre pourraient se présenter
à travers la matière première consommée, la main-d’œuvre exploitée, les sources
d’énergie utilisées, etc. Ceci nous amène donc à l’idée de l’interdépendance et des
influences réciproques entre les différents facteurs précités.
La productivité globale de l’entreprise peut se présenter comme étant un rapport
entre la production globale et l’ensemble des facteurs qui ont contribué à cette
production. Il sera certes nécessaire de pondérer les facteurs consommés selon
leurs participations aux coûts de production générés.
1.2 Le « Surplus de Productivité Globale » (SPG)
Suite à la deuxième guerre mondiale, les recherches sur les moyens de mesure de
la productivité se font multiples. Plusieurs travaux sont apparus dans ce sens aux
Etats-Unis, en Grande Bretagne (2) ainsi qu’en France où, à partir de 1966, la
méthode des surplus a été mise au point et développée par « le Centre d’Etudes
des Revenus et des Coûts » - C.E.R.C. L’objectif était de comparer l’évolution de
la productivité des entreprises nationales par rapport à leurs concurrentes
étrangères.
Le C.E.R.C. définit la méthode des surplus comme suit : « Si une unité de
production produit au cours d’une période davantage de biens ou services avec
des facteurs de production accrus, mais dans des proportions différentes, on dit
qu’elle a réalisé un surplus de productivité si le supplément de biens produits est
supérieur au supplément de facteurs consommés » (3).
La méthode prend en compte les variations des quantités et des prix à l’instar de
l’analyse des écarts. Sa mise en œuvre suppose donc un travail préparatoire
effectué sur le compte de résultat de l’entreprise, dans le sens d’une dissociation
volume/prix. Les objectifs annoncés de la méthode sont :
- La détection du surplus de productivité.
- La répartition du surplus de productivité.
- L’aide aux entreprises dans le but de les positionner vis-à-vis des tiers.
(2) Se référer par exemple aux travaux de : KENDRICK J.W « Productivity trends : Capital and
labor-June 1956 et « Productivity trends in the United States » National Bureau of Economic
Research-General series no 71-1961, ainsi qu’à ceux de Smith Lan G. et du prof. REDDAWAY.
(3) VIZZAVONA P. « Gestion financière » -5ème édition ATOL.

2
1.2.1 Le calcul du SPG

Les hypothèses de départ supposent que :

- La période zéro est la période de référence.


- La période 1 est la période traitée.
- La dissociation des charges et des produits du compte de résultat: pour permettre
l’analyse en termes de compte de surplus de productivité, une dissociation des
différents postes du compte de résultat en quantités et prix est nécessaire : par
exemple, les postes d’achats et de ventes ne posent pas de problèmes de
dissociation et cela après regroupement des produits homogènes par familles. Les
impôts et taxes peuvent se dissocier en définissant l’assiette de la taxe ou le taux
d’imposition. Les charges de personnel seront distinguées par le volume des
heures travaillées et le taux horaire, les dotations aux amortissements en séparant
dans le compte de résultat la valeur brute de l’immobilisation considérée et le taux
d’amortissement qui s’y rattache, les charges financières par la dissociation entre
le volume des capitaux empruntés et le taux moyen débiteur des intérêts. L’impôt
sur les bénéfices peut se présenter en fonction du taux d’imposition et de la
valeur brute du résultat, etc.
- Pour les biens fabriqués et vendus :
Qté 0i : Quantité produite et / ou vendue durant l’exercice de base zéro.
Qté 1i : Quantité produite et / ou vendue durant l’exercice 1 suivant.
PDV 0i : Prix de vente unitaire durant l’exercice de base zéro.
PDV 1i : Prix de vente unitaire durant l’exercice 1 suivant.
- Pour les facteurs de production consommés :
Fac 0j : Quantité de facteur consommé durant l’exercice de base zéro.
Fac 1j : Quantité de facteur consommé durant l’exercice 1 suivant.
PDR 0j : Prix de revient du facteur consommé durant l’exercice de base zéro.
PDR 1j : Prix de revient du facteur consommé durant l’exercice 1 suivant.
(i) constitue le type du produit vendu et (j) le type de facteur consommé.

Il est à noter que le compte de résultat, tel que défini par le plan comptable général, ne
fait apparaître qu’une part de la productivité créée par l’entreprise, qui est le bénéfice
destiné normalement aux propriétaires et à l’entreprise elle-même à travers les réserves.
Cependant, la méthode des surplus doit mettre en évidence la répartition des gains de
productivité à tous les partenaires de l’entreprise, tels que les clients, les fournisseurs, les
banques, l’Etat, les salariés, etc.

1.2.2 Formulation mathématique


La variation de la productivité entre les deux périodes définies zéro et 1 est représentée
par :
Variation de productivité = Σ (Qté1i – Qté 0i) . PDV0i – Σ (Fac1j – Fac0j) . PDR0j
Donc: Δ Productivité = ΣΔQté x PDV0i – ΣΔFac x PDR0j

3
Quand la variation de la productivité est positive, on dirait que l’entreprise dégage au
cours de l’année de référence 1, un surplus de productivité par rapport à l’année zéro de
base.

1.2.3 La répartition du S.P.G


En passant d’une période à l’autre, les prix pourraient changer. La variation des prix
appliquée à la quantité du facteur consommé représente un avantage pour tel ou tel
bénéficiaire. Deux catégories de bénéficiaires apparaissent à ce niveau :
- Les clients qui ont intérêt à payer leurs achats à des prix plus bas. Les avantages
tirés peuvent donc se présenter ainsi :
Σ Qté1i x variation négative des prix de vente
Soit donc : Σ Qté1i . (PDV1i – PDV0i) où PDV1i < PDV0i

- Les fournisseurs de facteurs de production, tels que les fournisseurs des matières
premières, les salariés, les actionnaires, etc. qui ont intérêt à être payés aux prix
les plus élevés. Les avantages tirés peuvent donc se présenter ainsi :
Σ Fac1j x variation positive des prix de revient
Soit donc : Σ Fac1j . (PDR1j –PDR0j) où PDR1j > PDR0j

La somme des avantages acquis par les bénéficiaires (ou peut-être les désavantages subis)
sera mesurée par :

Σ avantages = (Σ Qté1i x – ΔPDV) + (Σ Fac1j x ΔPDR)

Or, nous savons que:


Σ Qté0i x PDV0i = Σ Fac0j x PDR0j
Ainsi que : Σ Qté1i x PDV1i = Σ Fac1j x PDR1j en partant de l’égalité de base
entre les deux ailes du compte de résultat. Soit donc :

Σ (Qté0i + ΔQté) (PDV0i + ΔPDV) = Σ (Fac0j + ΔFac) (PDR0i + ΔPDR).

En développant, nous aurons :


Σ Qté0i . PDV0i + Σ Qté0i . ΔPDV + Σ ΔQté . PDV0i + Σ ΔQté . ΔPDV =
Σ Fac0j . PDR0j + Σ Fac0j . ΔPDR + Σ ΔFac . PDR0j + Σ ΔFac . ΔPDR

D’où :

[ Σ Qté0i . PDV0i - Σ Fac0j . PDR0j ] + [Σ ΔQté . PDV0i - Σ ΔFac . PDR0j ] =


[(Σ ΔQté + Σ Qté0i ) x – ΔPDV ] + [(Σ Fac0j + Σ ΔFac) x ΔPDR ]

Donc :

4
[ Σ Qté0i . PDV0i - Σ Fac0j . PDR0j ] + [Σ ΔQté . PDV0i - Σ ΔFac . PDR0j ] =

0 Surplus de productivité

[ Σ Qté1i x - ΔPDV ] + [ Σ Fac1j x ΔPDR ]

Somme des avantages répartis

A noter que les avantages répartis aux bénéficiaires peuvent être des désavantages par
rapport à ceux-ci, donc des héritages venant s’ajouter au SPG, d’où la création du
« Surplus de Productivité totale » - SPT.
Nous concluons que :
SPG + Apports de surplus (ou héritages des partenaires)= Σ des avantages répartis
Donc le SPT doit égaliser la somme de tous les avantages répartis aux clients et/ou à tous
les rapporteurs de facteurs de production.
Schématiquement le processus peut se résumer ainsi :

SPG

Apport de Apport de
Surplus Surplus

SPT

Partage aux
différents
partenaires

1.3 Exemple chiffré


Illustrons les développements ci-dessus par un exemple chiffré. Le document de
base représentant des comptes de résultat dissociés en termes de volume/prix

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contient des postes regroupés en grandes masses pour deux années consécutives N
et N+1.

COMPTES DE RESULTAT DISSOCIES VOLUME / PRIX


EXERCICES N ET N+1 (EN $)

Charges N N+1
Qté P.U Montant Qté P.U Montant
Coût d’achat des 5 000 p 10 50 000 5 500 p 11,5 63 250
marchandises vendues
Coût d’achat des matières 8 000 Kg 2,5 20 000 8 500 Kg 2,6 22 100
premières consommées
Charges de personnel 12 000 h 10 120 000 13 000 h 11 143 000
Dotations Amortissements * 100 000 $ 0,1 10 000 100 000 $ 0,1 10 000
Charges financières ** 150 000 $ 0.08 12 000 130 000 $ 0.08 10 400
Impôts et taxes *** 24 000 $ 0.15 3 600 28 250 $ 0.15 4 237,5
Résultat net 20 400 24 012,5
Total charges 236 000 277 000

Produits N N+1
Qté P.U Montant Qté P.U Montant
Ventes marchandises 5 000 p 35 175 000 5 500 p 38 209 000
Production vendue 2 000 u 30,5 61 000 2 125 u 32 68 000
Total produits 236 000 277 000
* Taux moyen des amortissements x valeur brute des immobilisations
** Taux moyen débiteur x montant de l’emprunt
*** Résultat brut x 15 %

1.3.1 Le Calcul du S.P.G


S.P.G = Σ (Qté1i – Qté 0i) . PDV0i – Σ (Fac1j – Fac0j) . PDR0j
Supplément de biens vendus : (5500p – 5000p) x 35 $ = 17 500 $
Supplément de biens produits et vendus : (2125u – 2000u) x 30,5$ = 3 812,5 $
Total : 21 312,5 $
Supplément de facteurs consommés :
- Coût d’achat des marchandises vendues : (5500p-5000p) x 10 $ = 5000$
- Coût d’achat des matières premières consommées: (8500kg-8000kg)x2,5$=1250$
- Charges de personnel : (13000h-12000h) x 10$ = 10000$
- Dotations aux amortissements : (100000-100000) x 0,1=0$
- Charges financières : (130000-150000) x 0,08 = - 1600$
- Impôts et taxes : ( 28252-24000) x 0,15 = 637,5$
Total : 15 287,5 $
D’où « Surplus de productivité globale » SPG = 21 312,5 $ - 15 287,5 $ = 6 025 $

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1.3.2 Les contreparties du surplus

Eléments Apports de surplus à Répartition du surplus


l’entreprise
Ventes marchandises 16 500 $ -
(38$-35$) x 5500p Désavantages clients
Production vendue 3 187,5 $ -
(32$-30,5$) x 2125u Désavantages clients
Coût des marchandises vendues - 8 250 $
(11,5$-10$) x 5500p En faveur des fournisseurs
Coût des matières premières - 850 $
consommées En faveur des fournisseurs
(2,6$-2,5$) x 8500 kg
Charges de personnel - 13 000 $
(11$-10$) x 13000h En faveur du personnel
Dotations aux amortissements - -
(0,1-0,1) x 100000$
Charges financières - -
(0,08-0,08) x 130000$
Impôts et taxes - -
(0,15-0,15) x 28250$
Résultat net - 3 612,5 $
24012,5$-20400$ En faveur des propriétaires
Total 19 687,5 $ 25 712,5 $

La différence : 25 712,5 $ - 19 687,5 $ = 6 025 $ = SPG.

1.3.3 Le tableau de répartition du surplus

Surplus Total Surplus réparti


Eléments % Montant Eléments % Montant
Apports clients Part en faveur des
marchandises 64,17 16 500 $ fournisseurs 32,10 8 250 $
marchandises
Apports clients Part en faveur des
produits fabriqués 12,40 3 187,5 $ fournisseurs matières 3,30 850 $
premières
S.P.G. Part en faveur des salariés 50,55 13 000 $
23,43 6 025 $
Part en faveur des 14,05 3 612,5 $
propriétaires
S.P.T. 100 25 712,5 $ Total 100 25 712,5 $

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2. Quels sont les profits qui pourraient éventuellement être tirés ?

D’après ce qui précède, sans pour autant oublier les limites et difficultés d’application
développées ultérieurement, cette approche doit :
- Faciliter le dialogue entre l’entreprise et ses différents partenaires.
- Améliorer les rendements à partir d’un indicateur de performance considéré
comme significatif. Ainsi, comme déjà vérifié, une économie au niveau des
quantités achetées ou bien une amélioration au niveau des quantités vendues
doivent être interprétées en faveur de l’entreprise. De même qu’un choix de prix
moins élevé auprès des fournisseurs ou bien plus élevé auprès des clients.
- Mesurer la part de la richesse récupérée par l’entreprise, du fait de l’augmentation
de la productivité ainsi que celle reçue par les partenaires de l’entreprise suite à la
variation des prix.
- Profiter d’une étude comparative entre un compte de surplus prévisionnel et un
autre réel et essayer de calculer les écarts entre les différents postes composant ce
surplus. Une analyse poussée de ces écarts doit permettre la compréhension des
causes des déviations constatées.
- Présenter un intérêt majeur à la maximisation d’un surplus spécifique, destiné aux
actionnaires (dans le cadre d’une politique de distribution de dividendes) par
exemple, ou à la clientèle (dans le cas des institutions étatiques ou de ONG
œuvrant pour l’intérêt public). Ceci permet aux entreprises, qu’elles soient
privées ou publiques, de définir une politique vis-à-vis d’un partenaire bien précis
et de cerner l’environnement dans lequel elles opèrent.
- Mener un dialogue avec les salariés de l’entreprise et lier toute augmentation de
salaire aux surplus de productivité réalisés. Ceci va donc aider à la définition des
tâches et des objectifs de chacun ainsi qu’à la contribution des responsables des
différents départements, directions, unités, etc. à la création du surplus attendu.
- Dépasser le calcul du seul résultat de l’entreprise qui ne représente qu’une part
des gains de productivité.
- Constituer un outil performant à l’usage de l’Etat afin de réorienter les surplus
réalisés et de redistribuer les richesses entre les différents partenaires sociaux.

3) Qu’en est-il des limites et des difficultés d’application?

Les difficultés techniques d’application de ce concept ne sont pas négligeables :


- La méthode doit favoriser des séquences d’application plus courtes car elle se
base sur des comptes de résultat annuels. En effet, les prix des différents facteurs
de production changent perpétuellement.
- Le calcul du SPG et, par la suite, sa répartition ne constituent toujours pas un
indicateur de gestion de performance satisfaisant, dans le sens d’une

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augmentation des quantités produites et vendues et d’une baisse de la
consommation des facteurs de production.
- Certainement, les calculs seront plus compliqués avec l’augmentation du nombre
des produits composant la gamme produite et vendue.
- Une séparation des charges entre fixes et variables semble utile car certaines
charges telles que les salaires ne sont pas fonction du volume de la production.
- La répartition du surplus est calculée en fonction de la variation des prix des
facteurs de production et de ceux de vente des produits. Cette évolution des prix
est en fait reliée au marché sur lequel opère l’entreprise et ne constitue toujours
pas un effet direct de sa gestion.
- Un calcul précis suppose la possession d’informations précises au niveau des
différents départements de l’entreprise, ce qui n’est pas toujours évident.
- Les calculs doivent tenir compte de l’effet inflationniste. Ainsi, les gains de
productivité ne doivent pas être qu’apparents. Les effets de l’érosion monétaire
peuvent fausser les calculs. Ainsi, un gain de productivité ne serait plus égal à
15% par exemple si le taux de l’inflation est de 10%. Un calcul en unité monétaire
constante devrait donc s’imposer.
- Des études comparatives sur un même produit ou service peuvent être erronées si
ce produit ou service a subi des changements ou des modifications d’une année à
l’autre. De même, l’étude de surplus sur un produit nouveau peut poser un
problème avec l’absence des références de départ pour les études différentielles.
Revenant au contexte actuel des PME libanaises, d’autres obstacles, aux côtés de ceux
déjà cités, seront à surmonter.
En effet, nos entreprises devraient :
- Bâtir des systèmes d’information solides afin d’alimenter les différents
départements concernés par l’information précise qu’il faut.
- Mettre en place une infrastructure et mener une réorganisation œuvrant dans ce
sens.
- Mener des calculs analytiques de prix de revient, de marges, etc. ainsi que des
calculs prévisionnels et budgétaires. Le choix de la méthode la plus adaptée au cas
de l’entreprise ne constitue plus le seul problème à résoudre mais, d’être
convaincu de l’utilité d’une telle démarche. Ainsi, savoir profiter des avantages
des méthodes de calculs de coûts en évolution constitue un atout majeur à prendre
en compte.
- Etablir des documents financiers périodiques, destinés à être dissociés en
volume/prix.
Finalement, un effort au niveau public devrait se déployer afin d’appréhender toutes
les données et statistiques nécessaires par entreprise, par secteur, etc. Cette
centralisation des données devrait permettre de rendre cet outil de mesure de
productivité plus efficace au niveau national de la répartition des richesses et des
revenus.

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Bibliographie conseillée

- ALAZARD C. et SEPARI C. « Contrôle de gestion »- Editions Dunod Paris 2001.


- CUYAUBERE T. et MULLER J. « Contrôle de gestion » - Editions Université
Paris 2000.
- GERVAIS M. « Contrôle de gestion » - Editions Economica Paris 2000.
- GUEDJ N. et BERTHET J. « Le contrôle de gestion »- Editions d’organisation
Paris 2000.
- HORNGREN C. « Contrôle de gestion et gestion budgétaire » Pearson Education
2004.
- KENDRICK J.W “ Productivity trends : Capital and labor” June 1956.
- KENDRICK J.W “ Productivity trends in the United States” – National Bureau of
Economic Research – General Series no 71 – 1961.
- KENDRICK J.W “ Postwar Productivity trend in the United States, 1948 -1969 –
General Series no 98 – December 1973.
- LANGLOIS G. et BRINGER M. « Contrôle de gestion » - Editions Foucher
2000.
- LAUZEL P. et TELLER R. « Contrôle de gestion et budgets » Editions Sirey
1997.
- OGER B. et TANNOUS J. « La méthode UVA, un outil de gestion du profit pour
les PME libanaises ? – Proche Orient no17 – 2005 - FGM.
- REDDAWAW B. « Measurement of production movements » 1948.
- REDDAWAY B. “Economics of a declining population” - Routledge library -
Edition economics – 1939.
- SMITH L.G “The measurement of productivity; a system approach in the context
of productivity agreements” Gower Press 1973.
- TANNOUS J. « La méthode ABC, principes-Applications-Limites et avantages »
Proche Orient no 15 – 2003 - FGM.
- TANNOUS J. « Evolution des méthodes de coûts : un regard sur le marché »
Proche Orient no 19 – 2007 - FGM.
- TANNOUS J. « Evolution des méthodes de coûts : un regard sur le marché II »
Proche Orient no 20 – 2008 - FGM.
- VIZZAVONA P. « Gestion financière » Atol Editions 1992.

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