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PARTIE C

EDUCATION A LA CITOYENNETE ET A LA MORALE

LEÇON 1 : LES LIBERTES FONDAMENTALES


Le mot liberté employé au singulier est difficile à cerner dans une définition
objective, et pourtant il revient le plus souvent dans nos discussions comme
l’idéal à atteindre par chaque être humain qui jouit de sa raison. Il existe
plusieurs types de libertés mais de nombreuses entraves gênent leur mise
en œuvre effective.

I- Esquisse de définition :
Qu’est-ce que la liberté ?
A- La conception politique : dans ce cadre la liberté revêt deux aspects:
- au plan individuel la liberté est l’auto-détermination de chaque personne.
Ex : je suis libre d’adhérer { un parti politique, d’élire ou d’être éligible…
- au plan social elle est l’auto-détermination du groupe.

B- La conception philosophique : selon les philosophes comme Aristote,


Descartes, Epictète… la liberté est le pouvoir de choisir entre ce qui est
logiquement bien et ce qui ne l’est pas ou bien la possibilité de faire ce que
l’on veut sans déranger autrui. Ex : je suis libre de me suicider.

C- La conception du droit civil : dans ce cadre la liberté consiste à faire


tout ce qui n’est pas contraire { la loi. Il s’agit en fait de ne pas porter
atteinte aux droits d’autrui ou { l’ordre public. Ex : la liberté de se marier ou
non ; la liberté de se procurer un poste-radio ou non.

D- Le langage courant : la liberté signifie indépendance, affranchissement,


absence de limites. Elle s’oppose ainsi { la servitude, { la contrainte, {
l’esclavage. Toutefois la liberté totale n’existe ni au plan individuel, ni en
société, car elle est soumise à des contraintes physiques, intellectuelles,
morales… En définitive la liberté est l’ensemble des droits de l’homme
reconnus, définis et protégés par la loi.

II- Historique de la conquête des libertés :


Depuis les origines jusqu’{ nos jours les hommes se mobilisent soit pour
conserver leurs libertés ou les élargir, soit pour conquérir d’autres.
A- Conquête des libertés dans les cités grecques (Athènes, Rhodes,
Spartes…).
A l’origine dans le monde grec le régime politique est la monarchie absolue
favorisant le Roi et quelques propriétaires terriens. Cependant vers le
milieu du 7e siècle avant J.C le peuple débordé par l’absolutisme d’une
minorité des privilégiés se souleva et obtint une série de reformes. Par
exemple la mise par écrit des lois applicables à tous les citoyens riches ou
pauvres à Athènes sous le règne du Roi Périclès (444-429 av. J.C). Seuls les
femmes, les métèques (étrangers à la cité) et les esclaves sont exclus de
toutes ces réformes. C’est pour cela qu’on parle d’une démocratie
imparfaite et limitée.

B- Conquête des libertés à Rome : comme en Grèce, { l’origine { Rome, le


gouvernement est tenu par un Roi Tyran assisté d’un petit nombre de
privilégiés : c’est la monarchie absolue.
Les sujets privés de leurs droits se soulevèrent maintes fois et finirent par
chasser le Roi et installèrent la République : les nombreuses assemblées du
peuple élisent les magistrats chargés de la justice et de l’administration de
l’Etat.

C- Conquête de libertés en Grande-Bretagne : Au moyen-âge en


Angleterre, le régime politique était la monarchie absolue. Ex : le Roi Jean
Sans Terre était un chef absolutiste, cruel, arbitraire et sans scrupules. Il
n’éprouvait aucune peine { jeter les seigneurs en prison pour s’emparer de
leurs biens et à faire enlever les objets précieux des églises, les évêques et
les nobles se soulevèrent les premiers et marchèrent sur Londres. Plusieurs
réformes s’ensuivirent et seront poursuivies et garanties sous d’autres
règnes.
1- La grande charte ou Magna Carta de 1215 : c’est un ensemble de
textes signés en 1215 par le Roi Jean Sans Terre et dont le fondement limite
le pouvoir du Roi. Selon ce document le Roi ne pouvait plus arrêter les
hommes libres sans jugement, ni lever les impôts sans consultation d’un
parlement.

2- L’Habeas corpus (sois maître de ton corps) en 1679 : c’est une loi
votée par les députés anglais en 1679 qui garantit les libertés individuelles
des citoyens. Toute personne arrêtée même par ordre du Roi devait être
conduite immédiatement devant un juge pour qu’il statue sur la validité de
son arrestation (plus d’arrestations arbitraires).

3- La déclaration des droits (Bill of rights) en 1689 : c’est une série de


textes publiés par la chambre des communes en Angleterre en 1689. Ces
textes définissent une fois de plus les droits du parlement et rappellent que
les pouvoirs du parlement sont supérieurs à ceux du Roi.
D- Conquête des libertés en France :
Jusqu’au 18e siècle la monarchie absolue domine en France, c'est-à-dire que
le Roi exerce sans partage et sans contrôle tous les pouvoirs. La société est
fondée sur l’inégalité juridique : la noblesse et le clergé sont des classes
privilégiées et le Tiers-Etat formé des paysans et des bourgeois n’a ni droits,
ni libertés. Mais { partir du 18e siècle l’ancien régime est sévèrement
critiqué en France par les philosophes comme Jean Jacques Rousseau,
Diderot, Montesquieu… car ils le jugent contraire { la raison et au bonheur
des hommes. Toutes ces critiques vont se couronner par la Révolution
Française de 1789 : le peuple se souleva et prit la Bastille la prison d’Etat le
14 juillet 1789. La révolte gagna ensuite la campagne.
L’Assemblée constituante abolit les privilèges et les droits féodaux et le 26
Août 1789 elle adopta la Déclaration des Droits de l’homme et du Citoyen
qui garantit les principes des droits égaux pour tous, et transforme ainsi les
sujets de l’ancien régime en citoyens. D’autres conquêtes des libertés vont
se poursuivre à travers le temps et l’espace et se poursuivent encore de nos
jours :
- Aux Etats-Unis d’Amérique les colons européens installés depuis le 17e
siècle dans le Nord du continent américain se révoltent et proclament leur
indépendance unilatérale le 4 juillet 1776 au grand dam du gouvernement
anglais (l’Angleterre était la puissance colonisatrice des USA).
- Au 19e siècle les Africains se sont opposés d’une manière héroïque {
l’invasion des Européens. On peut citer quelques résistants célèbres :
Samory Touré en Afrique de l’Ouest, Lock Priso de Bonabéri au Cameroun,
Abdel-Kader en Algérie, Menelik II empereur d’Ethiopie…
- Pendant la décolonisation au lendemain de la deuxième guerre mondiale
l’indépendance est revendiquée par des nationalistes et la lutte pour son
obtention est pacifique pour certains, armée pour d’autres. De nos jours les
organisations nationales telle la commission nationale des droits de
l’homme au Cameroun et internationales comme l’ONU et ses institutions
(HCR, UNESCO, OMS, FAO…), Amnesty international, Médecins sans
frontières, la croix rouge… veillent { la protection des droits de l’homme
dans le monde.

III- L’exercice de la liberté (les formes de libertés)


Il n’est pas aisé de faire une classification des libertés unanimement admise.
Néanmoins selon la classification courante, on distingue deux formes de
libertés :
A- Les libertés individuelles : ce sont des droits garantis aux individus
pour leur assurer l’indépendance et le respect de leur vie privée :
- La liberté de conscience qui englobe la liberté de culte et la liberté de
croyance.
- La liberté d’aller et venir, de se fixer en tout lieu { l’intérieur d’un Etat.
- Le respect de la vie privée qui exige le droit au respect de l’intimité, le
droit { l’image et la protection contre les atteintes à son honneur et à sa
réputation.
- Le respect du domicile
- Le respect de la correspondance…

B- Les libertés collectives : ce sont des droits garantis aux individus


pour leur permettre d’intervenir dans la vie sociale et politique :
- La liberté de réunion
- La liberté d’association
- La liberté de l’enseignement…

IV- Le devenir des libertés (atteintes aux libertés et protection des


libertés)
A- Atteintes aux libertés :
Plusieurs facteurs limitent l’homme dans la jouissance de ses libertés :
1- Les entraves institutionnelles : il s’agit ici des obstacles qui
proviennent des différents corps de l’Etat : les tracasseries policières de
toutes sortes, personnel de santé infidèle au serment d’Hippocrate,
magistrats corrompus, enseignants sans éthique…
2- Les entraves conjoncturelles : la crise économique internationale
actuelle ne permet pas que les citoyens jouissent de leurs droits sociaux ou
économiques. Par conséquent les employeurs se trouvent dans une position
de force au détriment des employés : licenciements abusifs, salaires
minables, remise en cause du droit de grève…
3- Les entraves socio-culturelles :
- L’insécurité, l’instabilité, les guerres gênent la jouissance des libertés car
ces situations sont favorables aux abus commis par des voleurs, des milices,
des violeurs, des pilleurs qui opèrent sans le moindre souci.
- Le niveau d’éducation et l’ignorance de ses droits font du citoyen un
simple exécutant dont abusent les plus éclairés.
- Des usages culturels transmis de génération en génération dans certaines
communautés continuent à vider certains droits et libertés des individus :
l’excision, les rites de veuvage, les abus des chefs traditionnels, la lapidation
des voleurs ou des adultérins…

B- La protection des libertés : la jouissance véritable des libertés implique


des mesures de protection.
1- Sur le plan international : divers organismes se sont spécialisés dans la
lutte pour le respect des libertés fondamentales de l’homme : l’ONU et ses
organismes spécialisés (UNESCO, OMS…), diverses organisations non
gouvernementales (ONG) tels Amnesty international, Reporters sans
frontières, Médecins sans Frontières, Human Rigts Watch…

2- Sur le plan national : la commission nationale des droits de l’homme et


des libertés assure avec d’autres associations et structures (commissariats,
gendarmeries, tribunaux…) la défense et la protection des cas de violation
de libertés.

Conclusion : la liberté n’est pas un don du ciel mais une conquête et une
perpétuelle reconquête. Elle est si précieuse aux êtres humains qu’elle
mérite d’être jalousement protégée.

Vocabulaire :
- Bastille : prison d’Etat en France prise par le peuple de Paris en colère le
14 juillet 1789.
- Déclaration universelle des droits de l’homme : c’est une série de
textes adoptés par l’ONU en 1948 pour garantir les droits et libertés de
l’homme. Presque toutes les constitutions des nations modernes se sont
inspirées sur cette Déclaration universelle.

Exercices :
1- Le continent africain est-il entièrement libéré ? Justifiez votre réponse
2- « La notion de liberté évolue dans le temps et l’espace » Montrez-le.
3- Pourquoi le problème des droits et des libertés reste-t-il d’actualité en
Afrique ?
4- Il existe plusieurs formes de liberté. Citez les plus importantes.
5- On dit souvent que la liberté est une conquête et une perpétuelle
reconquête. Etes-vous de cet avis ?
LEÇON 2 : NOTION DE DEMOCRATIE
La Démocratie est une notion qui date de la haute antiquité mais de nos
jours elle est encore plus que d’actualité. C’est un idéal placé { l’horizon
vers lequel tendent tous les peuples épris de liberté et de justice.

I- Définition : le mot démocratie est formé de deux racines grecques :


démos qui signifie peuple et cratos qui signifie pouvoir ou gouvernement.
La démocratie est donc un système politique dans lequel le peuple est à
l’origine du pouvoir. Néanmoins plusieurs autres définitions sont utilisées
pour donner une signification au terme démocratie et les plus significatives
sont :
- La démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le
peuple selon Abraham Lincoln président des USA de 1861 à 1865.
- La démocratie est un système politique dans lequel le peuple a le droit de
contestation à l’égard du pouvoir.
- La démocratie est un système politique fondé sur la liberté et l’égalité des
citoyens.
- La démocratie est le régime politique où le peuple a la possibilité de
déterminer son destin et d’assurer ses responsabilités en participant
directement à la gestion des affaires publiques.

II- Les piliers de la démocratie (les principes)


Les principes de base de la démocratie sont :
- La reconnaissance et le respect des libertés essentielles de l’homme.
- L’égalité de tous les citoyens devant la loi.
- La reconnaissance de la majorité et le respect des droits de la minorité ce
qui suppose la tolérance, l’esprit de coopération et de solidarité.
- La désignation des représentants du peuple par les élections au suffrage
universel.
- La séparation des pouvoirs c'est-à-dire que l’exécutif, le législatif et le
judiciaire doivent être exercés par des institutions et des personnalités
distinctes les unes des autres afin d’éviter toute forme de concentration des
pouvoirs entre les mains d’une seule personne comme dans les régimes
monocratiques.
- Le multipartisme effectif c'est-à-dire l’existence de plusieurs partis
politiques permettant aux opinions plurielles de s’exprimer.
- L’existence d’un parlement ayant de larges pouvoirs.
III- Les différentes conceptions de la démocratie :
La notion de démocratie a évolué à travers le temps et l’espace, c’est ainsi
qu’on distingue les conceptions anciennes et les conceptions modernes de
la démocratie.
A- Les conceptions anciennes de la démocratie : La démocratie est une
notion très ancienne mais intéressons nous { la Grèce antique et { l’Afrique
traditionnelle.
1- La conception grecque de la démocratie : la Grèce est le berceau de la
démocratie née à Athènes entre 508 et 338 av. J.C. Elle est la victoire du
peuple sur la monarchie absolue. Dès le 5e siècle avant J.C à Athènes le
peuple tout entier se réunit pour décider. Plusieurs institutions ont été
mises en place :
- La Boule : conseil restreint de 500 membres âgés de moins de 30 ans et
tirés au sort à raison de 50 par tribu qui élabore les lois.
- Ecclésia : Assemblée de tous les citoyens âgés d’au moins 20 ans qui se
réunit { l’Agora, pour adopter ou rejeter les lois proposées par la boule
(vote à main levée). En outre cette assemblée élit les magistrats, contrôle
leurs actions, décide de la paix ou de la guerre.
- Les magistrats : ce sont des personnalités ayant des compétences
particulières élues par l’ecclésia ou tirées au sort chargées de l’application
des décisions du peuple. Ce sont notamment les chefs politiques, 10
stratèges qui commandent l’armée et appliquent les lois, les architectes, les
trésoriers…

- L’héliée ou tribunal populaire : ce tribunal du peuple qui comprend


6 000 membres tirés au sort rend justice et sans appel.
- L’ostracisme : système qui permet au peuple par un simple vote d’exiler
tout citoyen soupçonné d’accélérer la tyrannie.
2- La conception africaine de la démocratie :
L’Afrique précoloniale a connu des éléments démocratiques dans
l’organisation et la gestion de la vie en société :
- Le pouvoir exécutif est détenu par le chef qui accède au pouvoir selon des
principes et des règles acceptés par toute la communauté.
- Le pouvoir législatif est assuré par les conseils de notables réputés pour
leur sagesse et leur expérience de palabre. Ils procèdent par délibérations,
consultations, conciliations, résolutions.
- Le pouvoir judiciaire assuré par les juges qui règlent les litiges en
interprétant les coutumes.
- Les sociétés secrètes exercent un rôle suprême de contrôle du
gouvernement et de régulateur de la discipline collective.
- Les débats sous l’arbre { palabre (appelé Aba’a chez les Bétis).
- Les femmes étaient des conseillères très écoutées des chefs avec
l’institution de la Reine mère dans certaines sociétés africaines.

B- Les théories modernes de la démocratie


On distingue deux grandes théories modernes de la démocratie : la
démocratie libérale et la démocratie populaire.
1- La démocratie libérale : elle est pratiquée beaucoup plus en Europe
occidentale et en Amérique du Nord et de nos jours elle a tendance à
s’universaliser c'est-à-dire couvrir toute la planète. Ses principales
caractéristiques sont : un gouvernement civil, des institutions
représentatives (assemblée nationale, sénat…), le respect des libertés
individuelles et collectives, un environnement compétitif, une large
participation dans la gestion des affaires publiques…
2- La démocratie populaire : elle cherche à pratiquer une démocratie
sociale et humanitaire au profit des couches les plus nombreuses et les plus
déshéritées (les prolétaires). Elle est née des idées de Karl Marx et de
Lénine développées aux 19e et 20e siècles. Pratiquée pour la première fois
en Russie en 1917 avec la montée au pouvoir de Lénine, la démocratie
populaire va gagner par la suite l’Europe de l’Est (Roumanie, Hongrie,
Yougoslavie, Pologne…), le Cuba, le Venezuela en Amérique du Sud, l’Asie
(Corée du Nord, Vietnam, Chine) et l’Afrique (Congo-Brazzaville, Ethiopie,
Algérie, Angola, Libye). Les principales caractéristiques de cette théorie
sont : la centralisation des décisions ; l’omniprésence du parti unique qui
joue juste le rôle de mobilisation et d’encadrement pour l’intérêt général ; le
maintien de l’Etat pour lutter contre les réactionnaires ; la primauté de
l’intérêt général ; l’égalité devant la loi, la justice et l’impôt…
Cependant en voulant à tout prix réaliser l’intérêt général au détriment des
velléités individuelles, la démocratie populaire débouche sur
l’embrigadement des libertés et la dictature. Ce qui explique la fragilité et la
disparition progressive de ce régime de nos jours.

III- La pratique de la démocratie (les formes d’expression de la


démocratie)
Bien qu’ayant un caractère universel, la démocratie varie dans sa pratique
selon les époques et les pays.

A- La démocratie directe, primaire ou classique (démocratie


participative)
Ce type de démocratie fait appel à une intervention plus directe des
citoyens dans les affaires de leur pays. C’est le mode employé par les Grecs
pour débattre et participer à la gestion des problèmes de leur communauté
: tous les citoyens se réunissent sur la place publique à tout moment pour
décider des actes importants, voter les lois et désigner les magistrats
chargés de les appliquer. Cette démocratie participative subsiste encore de
nos jours dans les cantons suisses, dans certains Etats des Etats-Unis
d’Amérique… { travers des institutions comme : le référendum, l’initiative
populaire, le veto populaire, le tirage au sort, la rotation des fonctions,
le recall… cf. vocabulaire.

B- La démocratie représentative ou indirecte : dans cette forme de


démocratie, le peuple délègue ses pouvoirs à des représentants élus par lui-
même ou désignés par la loi. Cette forme de démocratie s’explique par le
fait qu’il est difficile de mobiliser et rassembler tout le peuple en
permanence en un seul lieu pour exercer le pouvoir et prendre des
décisions. Ses adversaires trouvent en lui une sorte de retour { l’aristocratie
où des privilégiés jouissent des indemnités et des immunités, au-dessus du
peuple et parfois à sa défaveur. Pour eux la démocratie est avant tout le
pouvoir du peuple pour le peuple et non le pouvoir des représentants du
peuple. De nos jours la démocratie représentative est la forme la plus
répandue à travers le monde : Cameroun, USA, France, Angleterre, Italie,
Sénégal, Gabon, Allemagne…

C- La démocratie semi-représentative (semi-directe) : c’est un mélange


de la démocratie directe et de la démocratie indirecte : les représentants
élus ou désignés exercent le pouvoir au nom du peuple mais ce dernier a la
possibilité de décider par vote sur certaines affaires publiques à travers le
recall, le référendum, l’initiative populaire… Ex : les USA.

D- La démocratie totalitaire ou moniste : c’est un type de démocratie


pratiqué dans les pays à parti unique où toute opposition est intolérable :
Chine, Libye…

E- La démocratie conviviale ou consociationnelle : c’est un type de


démocratie pratiqué dans les pays où les particularismes locaux, et les
antagonismes entre groupes priment sur le sentiment national. Ainsi pour
éviter des affrontements les divers groupes (religieux, politiques…)
acceptent de taire l’esprit de compétition, de coopérer et de se partager les
pouvoirs. Ex : Allemagne (calvinistes, catholiques et séculaires), Liban
(chrétiens, sunnites, chiites, druzes…), Colombie…

F- La démocratie africaine : la palabre : c’est une forme de démocratie


qui s’apparente { la démocratie primaire pratiquée dans les cités grecques
antiques : les prises de décisions importantes sont l’aboutissement de
larges discussions dans la case ou sous l’arbre { palabre. C’est une pratique
qui met l’accent sur le consensus privilégiant ainsi la paix et la cohésion
sociale plutôt que la division, les conflits ou l’individualisme.
Deux principales formes de démocratie ont prévalu de l’antiquité à nos
jours : la démocratie directe ou primaire et la démocratie indirecte ou
représentative. Entre les deux d’autres modes ont vu le jour et fonctionnent
avec plus ou moins de bonheur. L’objectif terminal reste et demeure la
réalisation du bien être collectif.

IV- La culture démocratique (conditions préalables à la démocratie et


les différentes atteintes à la démocratie)
La démocratie de par ses principes qui concourent à élever la dignité
humaine tend à couvrir toute la terre. Mais elle est d’une fragilité que des
précautions doivent être prises pour la conserver et la protéger contre
d’éventuelles menaces.
A- Conditions préalables au fonctionnement d’une démocratie
authentique : certains préalables sont nécessaires à l’épanouissement
de la démocratie :
- L’éducation : l’éducation en général et l’enseignement démocratique en
particulier inculque aux citoyens l’esprit critique c'est-à-dire leur donne la
possibilité de savoir distinguer le vrai du faux, de se poser des questions, de
manifester leurs capacités d’analyse.
- L’existence et le fonctionnement effectif des institutions
démocratiques : commission électorale indépendante, la justice,
commission nationale des droits de l’homme…
- Le niveau de développement économique du pays : la démocratie
devrait fonctionner mieux dans les pays développés que dans les pays
pauvres car elle est exigeante quant à la mise en pratique de ses principes.
Par exemple la jouissance effective des droits au travail, à l’école, au vote, {
la santé… nécessite au départ le déblocage permanent des fonds.
- La restriction du nombre des partis politiques : le multipartisme
intégral (autant de partis sans limites) crée le désordre dans certaines
sociétés et empêche ainsi à la démocratie de bien fonctionner Ex : les pays
comme les USA (deux grands partis), la Grande-Bretagne (deux grands
partis), la France (deux grandes tendances : la gauche et la droite)
présentent des modèles de démocratie enviables par rapport aux pays du
Tiers-monde qui pour la plupart ont des dizaines de partis politiques.
- Le tempérament démocratique : la démocratie n’est pas une machine
automatique qui fonctionne d’elle-même une fois qu’elle a été programmée.
Elle exige de la part des citoyens un certain tempérament, un certain
comportement qui doit se traduire par : la tolérance (accepter que l’autre
camp a des droits et des points de vue légitimes), la solidarité, la
coopération, l’esprit de compromis, le respect de la règle de la majorité et la
protection des droits de la minorité, reconnaître { l’autre le droit {
l’existence…
- Un électorat averti : les individus instruits et raisonnables sont mieux
informés sur les problèmes importants de la société. Cela suppose qu’ils
doivent en permanence flirter avec les médias (presse, radio, télévision,
internet, livres…).

B- Les atteintes et les limites à l’exercice de la démocratie


Plusieurs obstacles portent atteinte { l’expression démocratique et freinent
son exercice :
- La violation des droits et libertés des citoyens par les gouvernants tout
comme les citoyens parfois par non assimilation des textes universels et
nationaux définissant le cadre d’exercice des libertés des citoyens et des
Etats.
- La corruption : elle s’exprime à plusieurs niveaux : manipulation des
résultats des
élections exprimés par la majorité, achat des consciences…
- Les coups de force : il s’agit surtout de la prise du pouvoir par la force et
l’interruption du processus démocratique. On peut également mentionner
les manipulations des textes législatifs et constitutionnels pour s’éterniser
au pouvoir.
- Le niveau du développement économique : l’organisation régulière des
consultations populaires, de même que le fonctionnement des institutions
démocratiques nécessitent des dépenses énormes. Ce qui n’est pas aisé {
tous les pays. C’est dans ce sens que va la déclaration de Jacques Chirac
encore premier Ministre de la France : « la démocratie est un luxe pour les
Africains ».
- L’abstentionnisme : c’est la renonciation volontaire { exercer son droit
de vote. C’est un phénomène très récurrent dans les pays où les pauvres, les
aigris, les déçus, les femmes… prennent difficilement part aux élections. Ce
qui finit par fausser les résultats des élections et affaiblit à la longue la
démocratie.
- L’absence d’une culture civique : des valeurs et principes doivent être
respectés dans une société démocratique malheureusement ils ne le sont
pas souvent : la tolérance, accepter le verdict des urnes, reconnaître le
pouvoir accordé aux vainqueurs par le peuple, de même respecter la liberté
des vaincus.
Conclusion

La démocratie est le seul système politique au monde qui met l’accent sur la
dignité humaine car elle respecte les libertés essentielles de la personne
humaine et offre un espace de dialogue au sein duquel les débats et les
expériences peuvent conduire au compromis et la paix. Son succès suppose
l’alternance au pouvoir, le culte de la tolérance et l’encouragement des
débats contradictoires.
Vocabulaire
- référendum : vote direct des citoyens dont l’objet est de se prononcer par
oui ou non sur une décision importante prise par le pouvoir exécutif ou le
pouvoir législatif.

- le veto populaire : c’est une procédure qui permet au peuple d’opposer


son refus à une mesure, { condition qu’il réunisse le nombre de signatures
requises. Ex : certaines contrées aux Etats-Unis comme la nouvelle
Angleterre.
- la rotation des fonctions : système qui permet à chaque citoyen
d’occuper au moins une fois dans sa vie, une charge publique. Il revit de nos
jours à travers la limitation du nombre et de la durée des mandats électifs
dans certains pays comme les Etats-Unis, la France…
- le recall ou le rappel : c’est un système qui permet la destitution ou la
révocation d’un fonctionnaire ou d’un élu par la volonté des citoyens avant
la fin de son mandat. Ex : le président du Brésil Fernado color fut destitué
en 1922 par le parlement pour cause de corruption avérée.
LEÇON 3 : LES PARTIS POLITIQUES
Avec l’évolution sociale et politique les régimes monocratiques tombent un
peu partout dans le monde et les citoyens tentent d’intervenir au quotidien
dans la vie de leurs pays. Dans ce contexte les partis politiques apparaissent
comme des canaux normaux et relativement sûrs pour accéder aux
fonctions électives.

I- Définitions : il existe plusieurs définitions des partis politiques même si


l’idée générale reste la même depuis la première moitié du 19e siècle :
1- un parti politique est un groupe de personnes partageant les mêmes
intérêts, la même opinion et la même ligne politique.
2- un parti politique est une association reconnue et réglementée par la loi
qui a pour objet direct la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir.
3- Un parti politique est un groupe organisé de personnes qui partagent les
mêmes idées sur l’organisation de la société et qui cherchent à les faire
triompher en accédant au pouvoir.
Ces trois définitions nous permettent de distinguer les partis politiques des
cliques, des clubs, des sectes, des groupes de pression ou lobbies, des
organisations terroristes comme les « Brigades Rouges » en Italie, les
Sandinistes au Nicaragua en Amérique Centrale, Al Qaïda de Ben La Den…
qui ne cherchent qu’{ influencer le pouvoir dans le sens de leurs intérêts.
En définitive un parti politique se distingue par son organisation et son
projet politique.

II- Les fonctions des partis politiques : les partis politiques


remplissent plusieurs fonctions dans la nation :

1- L’éducation politique ou la formation des masses


A travers les meetings, les médias, les sondages et les séminaires les partis
politiques éveillent la conscience politique des citoyens et leur permettent
ainsi d’expliciter plus clairement leurs choix politiques. Bref les citoyens
formés font une participation consciente et responsable à la vie nationale.

2- La sélection et la présentation des candidatures aux fonctions


électives.
Les partis politiques sélectionnent les candidats entre lesquels se déroule
une compétition électorale. Divers procédés sont employés à cet égard
suivant la structure des partis : cooptation par les dirigeants du parti,
élection par les délégués élus ou directement par les militants lors des
primaires…
3- L’encadrement des élus : cet encadrement est à la fois politique et
fonctionnel.
- politique : les élus doivent rester fidèles à la ligne de conduite de leurs
partis ; c’est { leur intention que sont donc organisés régulièrement des
réunions de concertation, des séminaires de formation.
- fonctionnel : les partis mettent à la disposition des élus des facilités de
travail : bureaux, secrétariats, conseillers. En outre les partis politiques
assurent à la fois le contact permanent entre les élus et les électeurs et le
contact des élus entre eux.
4- Rôle d’impulsion et de conseiller des institutions nationales
Les partis politiques proposent des solutions d’une façon objective et
critique aux problèmes de politique intérieure et extérieure. Les partis
mettent donc leurs efforts de réflexion à la disposition du pouvoir qui peut
s’en inspirer { tout moment pour apporter des solutions durables à de
nombreux problèmes des populations.

5- La conquête démocratique du pouvoir au moyen des élections


Le rôle fondamental des partis politiques est la conquête démocratique du
pouvoir. Cela suppose pour ces partis la participation régulière aux
élections. Pour cela presque tous les partis ont la même tactique pour avoir
les faveurs des électeurs malgré l’inégalité des moyens financiers : forte
présence médiatique (des émissions à la télévision, interviews à la radio et
dans les presses, articles de presse et sur internet…) ; une activité militante
des adhérents pour affichage, distribution des tracts, meetings… ;
recrutement d’équipes de campagne…

III- Structure ou organisation des partis politiques


L’organisation des partis politiques varie en fonction des statuts et
règlements. Néanmoins la structure des partis se présente généralement de
la manière suivante : les membres, l’organisation et le fonctionnement des
partis.

A- Les membres du parti : généralement les membres d’un parti sont


classés en deux groupes :
- Les couronnes intérieures : électeurs, compagnons de route,
sympathisants.
- Les strates intérieures : adhérents, militants, élites, dirigeants salariés
pour certains, bénévoles pour d’autres.
B- L’organisation des partis : De la base au sommet on distingue les
instances locales (cellules, comités de base, sous-sections, sections ou
fédérations) et les instances nationales (comité central, comité directeur,
conseil national, bureau politique, convention ou assemblée générale du
parti, congrès, secrétariat général…).

C- Le fonctionnement du parti : les différentes instances sont placées sous


l’autorité des responsables élus ou désignés selon la réglementation en
vigueur. Ces responsables portent des titres variés selon les pays
(présidents, directeur, secrétaires, délégués, commissaires…)
mais ont tous la charge d’animer la vie du parti dans leur ressort de
compétence et de vulgariser les directives de la hiérarchie.

IV- Types et systèmes de partis politiques


A- Types des partis politiques :
Malgré leur extrême variété, on peut regrouper les partis politiques selon
trois principaux critères :

1- Selon le nombre et la qualité des adhérents : on a les partis d’élite ou


de cadre dont l’accès est réservé { un nombre restreint et sélectif des
citoyens notamment les intellectuels, les cadres de l’administration et de
l’économie pour leur influence ou leur fortune (Ex : le parti conservateur en
Angleterre, l’ancien PCUS dans l’Ex-URSS…) ; les partis de masse ou
pragmatiques largement ouverts à toutes les couches de la population et
dont l’objectif principal est l’éducation politique du plus grand nombre
possible d’adhérents (Ex : les partis socialistes en général, les partis des
pays du Tiers-monde comme au Cameroun, le parti travailliste en Grande-
Bretagne…) ; et les partis minoritaires qui défendent les intérêts de
certaines minorités ethniques, régionales ou sectorielles : le parti des
fermiers en Suisse ; les verts en France, le parti nationaliste irlandais au
Royaume-Uni…

2- Selon la discipline de vote : on a les partis rigides dont les élus


rigoureusement encadrés doivent suivre les directives de vote et la
discipline du parti au niveau des instances représentatives (Sénat,
assemblée nationale, municipalités, régions) et sur tous les problèmes
importants (Ex : les partis de masse) et les partis souples faiblement
structurés qui laissent à leurs élus une grande liberté de vote. Ex : les partis
démocrate et républicain aux Etats-Unis, l’UMP en France.

3- D’après la parenté ou l’appartenance idéologique : une typologie des


partis politiques reposant sur les grands choix idéologiques est d’actualité
en Europe et plus particulièrement en France. Ainsi, on distingue :
- Les partis de la droite d’obédience capitaliste conservatrice (les piliers
traditionnels sont patrie, famille, religion) : l’UMP en France, le parti
conservateur en Angleterre…
- Les partis d’extrême droite, capitalistes et nationalistes ou ultra
nationalistes. Ex : le Front National (F.N) de Jean Marie Le Pen en France.
- Les partis de la gauche d’obédience socialiste réformiste : le parti
socialiste, le parti communiste français (PCF).
- Les partis d’extrême gauche, socialistes révolutionnaires ou anarchistes.
Ex : la ligue communiste révolutionnaire (L.C.R).
- Les partis du centre ou centristes d’obédience libérale opposés au
marxisme (doctrine fondée sur la violence). Ils luttent pour le changement
socio-politique progressif. Ex : Union pour la Démocratie Française (UDF).

B- Les systèmes de partis politiques :


Selon le nombre et la dimension des partis qui animent la vie politique dans
un Etat on distingue les systèmes pluralistes, les systèmes à parti unique et
les systèmes sans parti. Chaque système a des avantages et des
inconvénients.
1- Les systèmes pluralistes : ils supposent l’existence d’au moins deux
partis dans le pays concerné. Ils se divisent eux-mêmes en système
bipartiste et en système multipartiste :
- Le bipartisme : c’est un système caractérisé par la présence de deux
partis dominants qui alternent au pouvoir. C’est le cas des USA où la vie
politique est dominée par deux grands partis : le parti démocrate
progressiste et le parti républicain conservateur ; de la Grande- Bretagne où
le parti travailliste et le parti conservateur dominent la scène politique ; du
Japon avec les Démocrates libéraux et les socialistes. Dans le bipartisme la
majorité absolue est facile à dégager aux élections et dans le pays règne une
certaine stabilité entre deux scrutins puisqu’il n’y a pas un grand
émiettement de la société comme dans le multipartisme.
L’inconvénient est qu’il peut avoir blocage des institutions en cas de
mésentente absolue entre le président et le parlement dominé par le parti
adverse ou dictature d’un président soutenu au parlement dominé par un
parti majoritaire et discipliné.
- Le multipartisme : c’est un système caractérisé par la présence de
plusieurs partis politiques dans un pays. Le multipartisme peut être intégral
c'est-à-dire sans limitation du nombre des partis (Cameroun, pays
développés…), { parti dominant dans lequel un même parti obtient
régulièrement la majorité absolue aux élections (RPC au Cameroun, le parti
du congrès en Inde…) et tempéré dans lequel on note l’existence d’alliances
stables et cohérentes entre les divers partis qui occupent la scène politique
nationale.
Comme avantages : les libertés individuelles et collectives sont plus
élargies et plus respectées ce qui suppose une société un peu plus libérale
que par le passé ; il n’y a plus confiscation de parole par un seul parti ; le
gouvernement devient de plus en plus responsable de peur d’être critiqué
par les partis de l’opposition…
inconvénients : perte de l’autorité de l’Etat car il est critiqué et ses actions
sont souvent paralysées par les partis d’opposition ; le tribalisme et la
division sociale se développent…

2- Les systèmes à parti unique (le monopartisme) : c’est un système


politique caractérisé par l’existence de droit ou de fait d’un seul parti
dominant sur la scène politique d’un pays. Ex : Les pays socialistes de
l’Europe de l’Est avant 1990, la Chine, la majorité écrasante des pays
africains avant 1990. Des facteurs combinés tels la colère de la rue, les
bailleurs de fonds, la conjoncture internationale particulièrement difficile…
ont obligé l’Afrique { accepter le multipartisme à partir de 1990. Avantages
: encadrement des masses ; intégration et éducation du grand nombre des
citoyens ; la consolidation de l’unité nationale et la stabilité du
gouvernement ; la mobilisation des masses est facile pour la lutte contre le
Sous développement… Inconvénients : le monopole de la vie politique par
un seul parti ; la restriction des libertés essentielles de l’homme ; la
mauvaise gestion due { l’absence d’un contrôle extérieur ; des élections
sans but avec le système du candidat national ou naturel, liste nationale…

3- Les systèmes sans parti : dès le début du 20e siècle les partis politiques
se sont généralisés dans le monde. Mais de nos jours il existe encore des
Etats qui fonctionnent plus ou moins démocratiquement sans parti
politique : c’est le cas de certains pays du Moyen-Orient comme l’Arabie
Saoudite et le Koweit, de la Libye.

V- Les moyens d’existence des partis politiques


Comment vivent les formations politiques en situation concurrentielle?
Deux modes de financement sont envisagés :

A- Le financement public : l’Etat dans plusieurs pays subventionne les


partis politiques : le cas de la RFA, de l’Italie, de la France, du Cameroun,
surtout pendant les périodes de campagnes électorales.

B- Le financement privé : il provient des cotisations des adhérents, des


versements des élus, des revenus immobiliers et commerciaux, des dons
des entreprises et des milieux d’affaires.
CONCLUSION

Malgré de nombreux problèmes auxquels sont confrontés les partis


politiques (financement, harmonisation de l’opinion…), ils demeurent des
canaux normaux et sûrs dans tout régime démocratique pour accéder au
pouvoir.

Exercices :
1- La valeur d’un parti politique dans une société démocratique
2- Conditions à remplir pour créer un parti politique au Cameroun
3- Etudiez 04 partis politiques de votre choix en suivant le plan ci-après :
historique – devise
– emblème – objectifs – structure et fonctionnement.
LEÇON 4 : LES SYNDICATS
A l’origine du mot syndicat il y’a syndic qui désigne une personne qui a été
élue pour sauvegarder les intérêts d’un groupe de personnes, d’une
compagnie ou d’un corps dont elle-même fait partie. On parle ainsi du
syndic des notaires par exemple. Aujourd’hui les syndicats sont des
associations permanentes formées entre des personnes de même métier ou
de même profession en vue de défendre les intérêts professionnels,
matériels et moraux de leurs adhérents. Ex : le syndicat national autonome
de l’enseignement secondaire au Cameroun (SNAES).

I- Historique :
pendant plusieurs décennies les masses ouvrières furent l’objet d’une
exploitation inhumaine sous tous les cieux. Elles ne disposaient d’aucun
moyen légal pour la défense de leurs intérêts professionnels ou matériels.
En face d’elles se dressait un patronat impitoyable souvent appuyé par les
milieux politiques. Conscients de leur fragilité et de leur solidarité les
ouvriers commencent { s’organiser. Mais il fallait attendre la montée de
l’industrie et du salariat au 19e siècle pour que le mouvement syndical se
développe. Jusqu'à la fin du 19e siècle les syndicats considérés un peu
partout en Europe comme des organisations subversives rencontrent
l’hostilité des patrons et des gouvernements et se heurtent au manque
d’instructions des ouvriers, au manque de formation des cadres et { la
passivité des masses. Les premiers syndicats au sens vrai du terme (ayant
une existence légale) apparaissent dès 1868 en Grande-Bretagne avec la
fondation du Trade-union Congress et par la suite en Allemagne, puis aux
Etats-Unis. Il faut attendre 1884 pour que l’action syndicale devienne légale
en France (la loi Waldeck-Rousseau adoptée le 21 mars 1884 donne
le droit syndical aux travailleurs et aux patrons français). Cependant c’est
vers la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle que se multiplient les
syndicats à plusieurs niveaux

II-constitution, dissolution et rôle des syndicats


A-constitution ou création d’un syndicat : toute personne jouissant de
ses droits civils peut créer un syndicat. Un syndicat ne peut fonctionner que
s’il a une existence légale. Comme toute association il faut qu’il soit déclaré
et approuvé par le ministre de l’administration territoriale. La déclaration
doit comporter notamment l’objet du syndicat, sa dénomination, son siège,
sa durée, la liste de ses membres et son mode de fonctionnement.
B- Dissolution : Un syndicat peut prendre fin soit par dissolution
volontaire prononcée par l’Assemblée générale, soit par dissolution forcée
(décision judiciaire).

C- Rôle des syndicats :


Dans l’ensemble les syndicats sont créés pour la défense et l’amélioration
des conditions de travail et de vie des adhérents : de façon générale assurer
un salaire suffisant et une sécurité minimale, réduire la cadence du travail,
préciser les plans de carrière des travailleurs, assurer les conditions
d’hygiène… En plus les syndicats se préoccupent de la formation et de
l’information des syndiqués de leurs droits et devoirs. Pour cela ils doivent
inculquer à leurs membres les valeurs de conscience professionnelle,
d’assiduité et de ponctualité, d’amour du travail bien fait…

D- Formes d’action :
pour défendre les droits des travailleurs les syndicats usent de diverses
voies : les revendications – le dialogue – les négociations locales ou
nationales avec les patrons ou l’Etat-patron qui se terminent par la
signature des conventions collectives – l’inspection du travail – le recours à
la justice. Lorsque toutes ces voies de recours échouent les syndicats
exceptionnellement font usage d’une arme dissuasive : la grève (cessation
concertée du travail par les salariés en vue d’amener l’employeur {
satisfaire leurs revendications).

III- Le syndicalisme au Cameroun :


A- Historique :
comme dans la plupart des colonies françaises d’Afrique noire (AOF,
AEF…), c’est le décret français du 7 Août 1944 qui autorise les syndicats au
Cameroun oriental. Le mouvement syndical s’organise au Cameroun grâce
au concours et { l’initiative des centrales métropolitaines : Maurice Soulier
et Lalaurie organisent le mouvement syndical parmi les cheminots, de leur
côté Mme Jacquot, Mr Gaston Donat organisent le personnel de
l’enseignement public. Le 18 décembre 1944 est créé le premier syndicat
Camerounais l’union des syndicats confédérés du Cameroun, (USCC) affilée
à la confédération, générale des travailleurs français (CGT). Charles Assalé,
UM Nyobé , Jacques Ngom, André Fouda en sont les premiers dirigeants
nationaux. Cette première centrale syndicale va connaître des divisions et
plusieurs syndicats voient le jour au Cameroun à partir de 1945 : la
Confédération Générale Kamerounaise du Travail (CGKT) dirigée par
Jacques Ngom et fondée en 1956 à Douala ; la Confédération Générale du
Travail-Force ouvrier (CGT-FO) créée en 1948 par Alphonse Tonyé ; l’union
nationale des cheminots du Cameroun créée en 1950… Dans la partie
anglophone du Cameroun le droit syndical est octroyé aux travailleurs en
1946. Ainsi naîtra une centrale syndicale : la Cameroon Development
Corporation Worker’s Union (CDCWU) qui regroupe l’essentiel des
syndiqués. Après le pluri syndicalisme de l’époque coloniale, le mono
syndicalisme est institué après l’indépendance sous l’impulsion du pouvoir
politique : une centrale syndicale unique est créée le 10 février 1972 (union
nationale des travailleurs du Cameroun : UNTC) apparentée { l’UNC le parti
unique de l’époque. Le 7 décembre 1985 l’UNTC devient l’organisation
syndicale des travailleurs du Cameroun (OSTC) affiliée au RDPC né en mars
1984. Aujourd’hui { la faveur des libertés d’association et du retour au
multipartisme la loi reconnaît aux travailleurs et aux employeurs le droit de
créer librement les syndicats : la Confédération Syndicale des Travailleurs
du Cameroun (CSTC) naît en 1992 et d’autres centrales syndicales voient le
jour c’est le cas de l’Union des Syndicats Libres du Cameroun (USLC) créée
en 1994 à Douala ; le syndicat des industriels du Cameroun
(SYNDUSTRICAM) ; le Groupement Inter Patronal du Cameroun (GICAM),
le Groupement des Femmes d’Affaires du Cameroun (GFAC)…
L’histoire des syndicats au Cameroun s’apparente { celle des partis
politiques et a traversé trois étapes : pluri syndicalisme { l’époque
coloniale, mono syndicalisme après l’indépendance et pluri syndicalisme {
partir de la loi du 19 décembre 1990 sur les libertés
d’associations et publiques au Cameroun.

B- Organisation du syndicalisme camerounais : la loi reconnaît le droit


d’association au Cameroun et par conséquent les syndicats se constituent
librement dans tous les domaines d’activité. Toutefois les statuts et la liste
des noms des responsables doivent être déposés auprès des autorités
administratives. Considérés au départ comme de véritables organisations
subversives, les syndicats sont devenus aujourd’hui une force avec laquelle
les gouvernants doivent travailler. Grâce à leur combativité et à leur
efficacité la condition ouvrière a connu une amélioration exemplaire dans
les pays développés. Mais dans le Tiers-monde en général et en Afrique en
particulier deux tendances s’affrontent : d’une part les détenteurs du
pouvoir partisans du monosyndicalisme inféodé au pouvoir et d’autre part
les syndicalistes favorables au plurisyndicalisme.
Leçon 5 :
On entend par association, un regroupement de plusieurs personnes qui ont
accepté mettre leurs connaissances et leurs activités au service du public
mais dans un but non lucratif. Il existe des millions d’associations { travers
le monde mais elles sont très différentes par leurs objectifs, leurs moyens,
leurs méthodes et leurs origines.

I- Création et dissolution des associations :


La constitution camerounaise garantit la liberté d’association et les
conditions de création sont assez souples. En effet la création se fait soit sur
simple déclaration, soit sur l’autorisation des autorités compétentes.

A- Le régime de déclaration : il consiste à adresser une déclaration sur


papier libre au préfet comportant des éléments préalablement définis
(objet de l’association, dénomination, siège, liste des administrateurs…). Si
au bout de deux mois l’autorité administrative garde silence, son silence
vaut acceptation et par conséquent cette association peut démarrer ses
activités. Ce régime de déclaration est réservé aux associations nationales.

B- Le régime de l’autorisation : une demande d’autorisation est adressée


au ministère de l’administration territoriale après avis du ministère des
relations extérieures. Ce régime concerne les associations religieuses et
étrangères, c'est-à-dire celles dont le siège est à l’étranger ou dont les
dirigeants sont entièrement ou en majorité des étrangers. Les associations
religieuses particulièrement doivent adresser leur demande d’autorisation
au président de la république qui décide par décret après avis motivé du
MINATD. Retenons qu’une association peut prendre fin soit par dissolution
volontaire prononcée par l’Assemblée générale soit par une décision de
justice et le MINATD dans le cas où elle porte atteinte à l’ordre public ou
s’écarte de ses objectifs.

II- Le fonctionnement des associations : depuis la loi N° 90/053 du 19


décembre 1990 on note une prolifération d’associations nationales et
étrangères au Cameroun. Leurs domaines d’activités sont immenses : santé,
loisirs, les personnes âgées, la famille, l’aide, l’adoption des enfants, les
victimes des catastrophes humaines et naturelles, l’éducation, le sport…
Toutes les associations disposent de leurs fonds propres qui sont utilisés
selon leurs objectifs. Ces
Les autres associations
fonds proviennent de plusieurs origines : cotisations des membres, dons,
legs des sympathisants, subventions publiques si elles sont d’utilité
publique. Les associations fonctionnent selon leurs statuts et la
réglementation en vigueur.

III- Les grandes catégories d’association :


On distingue plusieurs catégories d’associations, mais nous nous
attarderons ici sur trois principales.

A- Les associations humanitaires : ce sont des organisations caritatives


qui viennent en aide aux plus démunis en leur apportant réconfort moral et
soutien matériel en temps de paix ou lors des conflits politiques et
catastrophes naturelles Ex :
- Amnesty international : c’est une organisation internationale basée à
Londres qui intervient dans le monde entier pour lutter contre toutes
sortes de violation physique et morale des droits et libertés de l’homme.
Créée en 1961 par l’Anglais Peter Benenson (un avocat) cette organisation
anglo-saxonne aujourd’hui jouit d’un statut consultatif auprès de l’ONU et
de l’UNESCO et veille { l’application de la déclaration universelle des droits
de l’homme.
- La croix rouge internationale : c’est un organisme international
apolitique fondé par Henri Dunant riche commerçant suisse de Genève en
1863 pour venir en aide aux victimes de la guerre, et des catastrophes sans
distinction de nationalité, de race, de religion, d’appartenance politique et
de condition sociale des individus à secourir. La version des pays
musulmans s’appelle depuis 1949, croissant rouge.
- Peace corps (corps de la paix) : organisation américaine fondée en 1961
par le président John Kennedy qui recrute les bénévoles américains pour
aller servir { l’étranger surtout en Afrique et en Amérique du Sud dans des
domaines aussi divers que la santé, l’éducation…
- Médecins sans Frontières : première organisation d’aide d’urgence
médicale au monde créée le 20 décembre 1971 par un groupe de médecins
et journalistes français au Nigéria lors de la guerre de Biafra (Bernard
Kouchner l’actuel ministre français des affaires étrangères, Max Ramadier,
Xavier Emmanuelli…). Ses activités médicales recouvrent la vaccination, la
chirurgie, la nutrition, la formation du personnel médical, la santé mentale…
et sur le plan non médical le traitement de l’eau, l’hygiène et
l’assainissement comme au Port-au-Prince à Haïti victime d’un terrible
tremblement de terre le mardi 13 Janvier 2010.
- La Fondation Chantal Biya (FCB) : c’est une association apolitique, non
confessionnelle à but non lucratif et à caractère humanitaire fondée en
1994 par Madame Chantal Biya. Reconnue d’utilité publique, ses objectifs
sont immenses : poser des actes sociaux en faveur de la mère et de l’enfant ;
assister les malades démunis ; assister les hôpitaux et centres de santé en
matériels et en médicaments ; assister et encadrer les enfants abandonnés ;
prévenir et soulager les souffrances humaines…

B- Les associations économiques : ce sont les tontines, les coopératives et


les groupes d’initiatives.

1- Les tontines : on appelle tontine un groupe de personnes qui mettent en


commun leurs épargnes et en font bénéficier chaque membre à tour de rôle.
Ce terme n’est pas une création camerounaise, mais inventé en 1653 par un
banquier italien, Lorenzo Tonti. Les tontines existent dans presque tous les
pays africains notamment d’Afrique Noire (elles portent le vocable de
Kelemba en RCA, AZOUMA au Tchad, ESUSU au Nigéria, Likelimba en RDC,
Calimba en Zambie…). Il existe une grande variété de tontines au Cameroun
: - La tontine de travail : association de personnes qui mettent ensemble
leur force de travail, à tour de rôle au profit de chaque membre.
- La tontine d’argent (ou tontine simple) : association de personnes qui
mettent ensemble leur épargne, à tour de rôle au profit de chaque membre.
- La tontine économique à enchères : tontine dont les épargnes des
membres sont mises aux enchères au profit de l’un des membres.
- La tontine de projet : tontine qui regroupe des personnes ayant des
projets individuels financés à tour de rôle.

2- Le groupe d’initiatives communes (GiC) : c’est une association de


personnes qui mettent ensemble leurs moyens financiers, physiques et
intellectuels en vue d’investir dans des micros projets de développement.
Régis au Cameroun par la loi N° 92/06 du 14 Août 1992 les GiC présentent
un double caractère :
- Economique car produisent et livrent des biens et des services.
- Social car ces biens et services livrés à des coûts modestes améliorent les
conditions de vie des membres.

C- Les associations de développement : ce sont des associations à but non


lucratif qui oeuvrent en faveur du développement. Ex : Les organisations
non gouvernementales (ONG).

1- Les modes d’intervention et les domaines d’activités :


- Les interventions directes { travers l’envoi de volontaires ou la mise en
œuvre des projets par les locaux.
- Les appuis aux initiatives locales par le transfert des compétences
nécessaires ; octroi de crédits ou de micro crédits pour les petits projets ;
formation du personnel local.
- Les appuis aux Etats par une attitude de veille et d’alerte concernant les
dangers qui menacent leur développement, c’est le cas des ONG comme
Amnesty international qui agissent pour le respect des droits de l’homme,
l’abolition de la peine de mort et la torture ; des ONG d’environnement
comme Greenpeace ou WWF qui exercent une activité de veille et
d’alerte sur l’état de l’environnement dans les pays du sud.
- Les interventions d’urgence qui visent { venir en aide à des populations en
situation d’extrême précarité suite { des crises provoquées par l’homme
(guerres, génocides, famines…) ou { des catastrophes d’origine naturelle
(inondations, séismes, cyclones, sécheresse, tsunamis…).

2- Les atouts des ONG : longtemps ignorées par les gouvernements les
ONG sont de nos jours davantage écoutées car elles présentent de
nombreux atouts :
- bonne connaissance du terrain
- rapidité dans la prise des décisions par rapport à la lourdeur
administrative paralysante caractérisant la plupart des gouvernements des
pays du Sud.
- solutions bien appropriées aux problèmes identifiés.

3- Les faiblesses des ONG : les faiblesses des ONG se situent


essentiellement au niveau des finances qui ne sont toujours pas
proportionnels à leurs ambitions. En outre on note une forte extension des
ONG à travers le monde sans que les moyens suivent.
L’importance des associations dans la lutte pour le développement est
indéniable. Les Etats devraient promouvoir davantage la liberté
d’association et manifester la solidarité à leur égard notamment les ONG
étrangères. Cependant ces associations devraient s’en tenir rien qu’{
leurs objectifs et éviter les dérives qui les conduisent souvent à
l’exploitation de la naïveté et la misère des populations du Tiers-monde.

Exercices :
I- L’importance des autres associations dans le développement des
Etats.
Consigne de travail : le candidat précisera le rôle des associations sur les
plans économique et humanitaire.
II- En 1952 est créé le mouvement international de la croix rouge et du
croissant rouge. Présentez ses trois composantes essentielles.
Conclusion

Réponse :
- Le comité international de la croix rouge (CICR) basé à Genève en Suisse. Il
aide les victimes civiles et militaires des conflits armés.
- La fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du croissant
rouge créée en 1919 et basée à Genève. Elle est spécialisée dans le secours
des victimes des catastrophes naturelles et coordonne les actions des
sociétés nationales qu’elle soutient. Actuellement elle est { pied d’oeuvre {
Haïti pays durement frappé par un tremblement de terre particulièrement
dévastateur au petit matin du mardi 13 Janvier 2010 (des milliers
d’immeubles détruits, des centaines des milliers des victimes : morts,
disparus, les sans-abris…).
- Les sociétés nationales (177 actuellement) actives en temps de guerre,
comme en temps de paix.
LEÇON 6 : LES ELECTIONS
L’élection est le choix que les citoyens expriment par l’intermédiaire d’un
vote. Elle constitue dans les démocraties une voie fondamentale par
laquelle le peuple a la possibilité de choisir ses représentants ou de
participer directement au vote d’une loi.

I- Généralités sur les élections dans le monde.


A- Les types de suffrage :

Le suffrage est un vote émis par l’électeur. On distingue plusieurs formes de


suffrages dans le monde :
- Le suffrage facultatif : c’est celui dans lequel l’électeur n’est pas obligé de
voter. C’est le cas du Cameroun pour plusieurs élections.
- Le suffrage obligatoire : l’électeur est obligé d’aller voter sous peine de
sanction.
- Le suffrage universel : c’est le système dans lequel tous les citoyens
ayant rempli les simples conditions d’âge (majeurs) et de bonne moralité
ont le droit de vote.
- Le suffrage restreint : c’est celui dans lequel le vote est réservé aux
citoyens sélectionnés sur la base de fortune (suffrage censitaire) de sexe
(suffrage masculin ou féminin), du niveauintellectuel (suffrage capacitaire),
de la couleur de la peau (suffrage raciste)…
- Le suffrage direct : la désignation des représentants se fait directement
par les électeurs sans intermédiaires. Ex : Elections présidentielles et
législatives en France et au Cameroun.
- Le suffrage indirect ou suffrage à degré : dans ce type de suffrage les
citoyens votent des représentants qui à leur tour désignent les dirigeants.
Ex : l’élection présidentielle aux Etats- Unis d’Amérique.
- Le suffrage égal : ici chaque citoyen dispose d’une voix. Ex : le Cameroun.
- Le suffrage plural : c’est celui dans lequel certains électeurs peuvent
disposer de plusieurs voix.

B- Les différents types de scrutins : le scrutin est le vote émis au moyen


de bulletins que l’on introduit dans une urne. Il existe plusieurs types de
scrutin :
- Le scrutin secret : il est dit secret parce que l’électeur opère son choix
dans un isoloir ignoré des autres.
- Le scrutin public : il s’effectue au vu et au su de tous. Ex : les mains levées
ou l’alignement derrière le candidat.
- Le scrutin uninominal : c’est celui dans lequel le bulletin de vote porte le
nom d’un seul candidat pour un seul siège à pourvoir. Ex : élections
présidentielles.
- Le scrutin de liste : c’est un mode de scrutin dans lequel chaque électeur
choisit entre plusieurs listes de candidats. Ex : élections législatives au
Cameroun.
- Le scrutin de liste bloquée ou scrutin de liste sans panachage et sans
vote préférentiel : le vote de l’électeur porte sur une liste dont il ne peut
modifier le contenu arrêté par un parti politique.
- Le scrutin de liste non bloquée avec panachage et vote préférentiel :
l’électeur peut changer la composition de la liste des candidats qui lui est
proposée soit en intervertissant l’ordre de présentation des candidats (vote
préférentiel ou alternatif), soit en remplaçant les noms des candidats par
ceux de son choix pris dans une autre liste (c’est le panachage).
- Le scrutin à liste complète : c’est celui dans lequel le nombre des
candidats dans la liste est proportionnelle au nombre de sièges à pouvoir.
- Le scrutin à liste incomplète : c’est un vote dans lequel les partis
politiques n’ont pas l’obligation de présenter une liste avec un nombre de
candidats égal à celui des sièges mis en compétition dans la circonscription
électorale concernée. Bref c’est un vote dans lequel le nombre de candidats
dans la liste n’est pas égal { celui des sièges { pourvoir.

II- Les différents systèmes électoraux : il existe deux grands systèmes


électoraux dans le monde : le système majoritaire et le système de
représentation proportionnelle.

A- Le système majoritaire : c’est un système électoral dans lequel le


candidat ou la liste ayant obtenu le plus de voix est élu. Cette majorité peut
être relative c'est-à-dire simple, absolue (50% + 1) ou qualifiée (un
pourcentage fixé { l’avance). Le système majoritaire peut être à un ou deux
tours.
1- Le scrutin majoritaire à un tour (système majoritaire pur et
simple), ici le candidat ou la liste qui obtient la majorité c'est-à-dire le plus
grand nombre de suffrages est élu même si le total de ses adversaires
dépasse le sien. Ex : en octobre 1992 Paul Biya est élu président de la
République du Cameroun avec une majorité relative de 39,6%.
2- Le scrutin majoritaire à deux tours : dans ce système, pour être élu
d’entrée de jeu, le candidat doit obtenir la majorité absolue c'est-à-dire 50%
+ une voix. Dans le cas contraire un second tour est organisé surtout s’il
n’ya pas de désistement entre temps d’un candidat au profit de l’autre. Ex :
France, Mali, Sénégal, Afghanistan… pour les élections présidentielles.
3- Avantages et inconvénients : le système majoritaire le plus répandu
dans le monde a l’avantage d’être facile { comprendre et { appliquer. En
outre il permet de dégager une majorité stable mais l’inconvénient est qu’il
favorise les grands partis et n’accorde pas la possibilité aux petits partis de
faire entendre leurs voix.

B- Le système de représentation proportionnelle :


C’est un système électoral apparu vers la fin du 19e siècle notamment en
Belgique (1899) et dans les pays scandinaves (pays nordiques : Danemark,
Norvège…). Ce système permet d’attribuer aux partis en compétition un
nombre de sièges proportionnel à leurs suffrages. Il intervient alors
lorsqu’aucune liste n’a pu obtenir la majorité absolue et on tient alors
compte de la majorité relative c’est-à-dire qu’on classe les partis ou les
listes selon le pourcentage des voix obtenus par chaque liste.

1- Avantages : ce système électoral présente l’avantage d’être plus juste


que le système majoritaire dans la mesure où les listes minoritaires sont
elles aussi représentées, c'est-à-dire que même les petits partis politiques
ont la possibilité d’obtenir des sièges dans les représentations nationales
(Ex : l’Assemblée Nationale).

2- Inconvénients : ce système présente également quelques


inconvénients :
- trop de calcul au niveau de décompte de voix.
- système électoral coûteux à cause de la multiplicité des candidatures.
- les petits partis se maintiennent alors qu’ils ne jouent aucun rôle décisif
sur la scène politique.

II- Le système électoral camerounais : jusqu’en 1956 une petite portion


seulement de la population camerounaise (les privilégiés ou les évolués)
jouissait du droit de vote. Mais avec la loi-cadre de Gaston Defferre ministre
français d’outre-mer qui institue le suffrage universel dans les colonies
françaises d’Afrique noire, le système électoral camerounais va
progressivement se constituer, et s’améliore davantage depuis la loi du 19
décembre 1990 sur les libertés publiques et les associations.
Dans le système électoral camerounais le gouvernement a opté pour un
mixage entre le système majoritaire et la représentation proportionnelle :
- Dans les circonscriptions électorales à scrutin uninominal le candidat
ayant obtenu la majorité des suffrages est déclaré élu.
- En cas d’égalité de voix entre deux candidats, le plus âgé est proclamé élu.
- Dans les circonscriptions soumises au scrutin de liste, la liste ayant obtenu
la majorité absolue enlève la totalité des sièges mis en compétition.
- En cas d’égalité de voix la liste dont la moyenne d’âge est la plus élevée
emporte la moitié des sièges et les sièges restants sont octroyés aux autres
listes si elles ont obtenu au moins 5% des suffrages exprimés.
- Une des listes obtient plus de suffrages que les autres, elle gagne la moitié
des sièges mis en compétition. Les sièges restants sont partagés suivant le
critère ci-dessus évoqué.
Les élections ont une importance capitale dans les sociétés démocratiques
mais tous les intervenants du système électoral doivent être responsables
(pouvoirs publics, opposition, société civile).

Exercices
I-a) Citez les différents types d’élections organisées au Cameroun.
Réponse :
les élections présidentielles, les élections législatives, les élections
sénatoriales prévues dans la constitution du 18 Janvier 1996, les élections
régionales (constitution du 18 Janvier 1996), les élections municipales, le
plébiscite (les 11 et 12 Février 1961), le référendum (le 20 Mai 1972).
b) Présentez les conditions électorales et d’éligibilité au Cameroun.
N.B : Cherchez même à partir d’ECM en classe de 3e.

II-
a) Citez les trois opérations électorales en cours au Cameroun.
b) Après avoir cité les principaux systèmes électoraux qui existent dans le
monde, vous direz quels avantages et dangers ils présentent dans un pays
comme le Cameroun.

III- … ELECAM, (« Elections Cameroon » est née de la volonté partagée du


pouvoir en place, de l’opposition, de la société civile et des partenaires au
développement d’améliorer fondamentalement le système d’organisation
des élections au Cameroun par la création d’un organe indépendant de
gestion de l’ensemble du processus électoral… Essomba Essomba, in «
Cameroon Tribune » N° 8757 du Vendredi 29 Décembre 2006.
1- Donnez la nature du texte, l’auteur et l’idée générale
2-a) Quand dit-on qu’une élection est transparente ?
b) Quel nom donne-t-on à une loi émanant du pouvoir exécutif ?
3- Présentez les acteurs ayant participé { l’élaboration d’ELECAM.
4- Les élections au Cameroun sont-elles transparentes ? Justifiez votre
réponse.
LEÇON 7 : LA MONARCHIE
La monarchie fut pendant des siècles le mode de gouvernement le plus
répandu dans le monde : Egypte antique, cités grecques, Amérique
précolombienne, Rome antique, Europe préindustrielle, Afrique
précoloniale… Ce régime a connu des mutations au fil des siècles.

I- Définition : formé de deux racines grecques monos (seul) et archéin


(commander) le mot monarchie désigne soit un régime politique où un seul
gouverne par droit d’hérédité, soit un Etat gouverné par un roi ou un
empereur généralement héréditaire.

II- Caractéristiques :
- La transmission héréditaire du pouvoir au sein d’une même famille.
- La concentration des pouvoirs : le souverain exerce sans contrôle les
pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
- L’inégalité sociale : la société est inégalement divisée en classes : la
noblesse et les ecclésiastiques qui détiennent la plus grande partie des
terres et vivent du travail des paysans ou des roturiers ; les sujets ou le bas
peuple accablés d’impôts et toutes sortes de tracasseries.

III- Typologie des monarchies et fonctionnement : trois grands types de


monarchie peuvent être relevées :

A- La monarchie absolue : c’est un type de monarchie où le pouvoir du


monarque n’est soumis à aucun contrôle. Le monarque exerce seul le
pouvoir et n’a de compte { rendre { personne sauf à Dieu de qui il tient le
pouvoir (la monarchie du droit divin). Le monarque administre l’Etat, lève
les impôts, crée des lois, peut emprisonner sans jugement. Montesquieu au
18e siècle décrit la monarchie absolue comme un système où « un seul sans
lois et sans règle entraîne tout par sa volonté et par ses caprices… ». Ce type
de gouvernement a été pratiqué en France pendant « l’ancien régime » du
début du 16e siècle à 1789, en Russie jusqu’au début du 20e siècle, dans les
royaumes africains et asiatiques jusqu’{ leur destruction par les puissances
colonisatrices. Mais de nos jours il se fait de plus en plus rare.

B- La monarchie constitutionnelle ou monarchie limitée : c’est une


forme de monarchie dans laquelle les pouvoirs du monarque sont définis et
limités par une constitution. Ex : le Maroc, le Japon… le pouvoir royal perd
de son absolutisme.
C- La monarchie parlementaire : c’est la monarchie constitutionnelle
dans laquelle le gouvernement est responsable devant le parlement. Dans
ce cas le monarque qui est chef de l’Etat n’a qu’un pouvoir symbolique et la
réalité du pouvoir exécutif est détenue par le premier ministre responsable
devant le parlement. Ex : le Japon, l’Angleterre où la Reine règne mais ne
gouverne pas (c’est plutôt David CAMERON le premier ministre qui
gouverne), l’Espagne, la Belgique…
Le régime monarchique est très ancien sur tous les continents, mais a
beaucoup évolué avec le temps et présente aujourd’hui une forme moderne
caractérisée par l’existence d’un contrepoids au pouvoir du monarque.

Vocabulaire
- Roturier : celui qui n’est pas noble
- La taille : impôt direct en France jusqu’en 1789 prélevé sur les roturiers
- La seigneurie : domaine qui comprend le château, les terres du seigneur
et les villages sur lesquels le seigneur étend son autorité et perçoit des
redevances.
- La noblesse : classe d’hommes qui par leur naissance ou une concession
du souverain jouissent de certains privilèges ou possèdent seulement des
titres qui les distinguent des autres citoyens. Les nobles sont exempts de la
taille et ont le droit de classe.
LEÇONS 8 ET 9 : LES REGIMES
PARLEMENTAIRE ET PRESIDENTIEL
I- Le régime parlementaire :
A- Définition :
C’est un système politique dans lequel le gouvernement est dirigé par un
premier ministre { la tête d’un cabinet responsable devant le parlement.
Dans ce cas le parlement détient des pouvoirs prépondérants par rapport à
l’exécutif.

B- Les caractéristiques du régime parlementaire :


- Le dualisme ou le bicéphalisme du pouvoir exécutif : deux personnalités
bien distinctes cohabitent { la tête de l’exécutif avec des attributions
clairement définies par des textes législatifs. Il s’agit du chef de l’Etat qui
peut être un monarque (roi ou reine) ou un président de la République
(comme en Allemagne ou en Israël) et du premier ministre qui est chef du
gouvernement.
- Le bicaméralisme c'est-à-dire l’existence d’un parlement à deux chambres
: une chambre basse élue par le peuple au suffrage universel et détenant
l’essentiel du pouvoir législatif et une chambre haute désignée soit par
nomination, hérédité ou élection.
- La séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire détenant chacun
une fonction particulière.
- L’équilibre des pouvoirs : chaque pouvoir dispose des moyens d’action {
l’égard de l’autre. Ex : le parlement contrôle les activités du gouvernement
et peut le renverser. En retour le gouvernement contrôle l’ordre du jour des
sessions parlementaires et peut dissoudre la chambre basse.
- La collaboration des pouvoirs : pour le bon fonctionnement du système
chaque pouvoir accepte de collaborer avec l’autre. Ex : le gouvernement
intervient dans la fonction législative en proposant des projets de lois ou en
promulguant les lois. Le parlement est associé à l’exécutif en autorisant la
création des services publics et dépenses publiques des
administrations.

C- Le fonctionnement du régime parlementaire


1- Au niveau du pouvoir exécutif :
l’exécutif est bicéphal c'est-à-dire qu’il est assuré par deux chefs dotés
chacun d’attributions précises : le chef de l’Etat qui joue un rôle purement
honorifique ou symbolique (il négocie les traités, décerne les titres et les
décorations…) et le chef du gouvernement qui détient la réalité du pouvoir
exécutif : il choisit ses ministres et le chef de l’Etat approuve le choix ; il
préside les réunions du cabinet et définit les grandes lignes de la politique
de la nation et la met en œuvre. Il est responsable devant le parlement
qui contrôle son action et peut l’obliger { démissionner à travers les
procédures réglementaires définies comme la motion de censure ou le refus
de la confiance.

2- Au niveau du pouvoir législatif : ce pouvoir est assuré par le parlement


pour la plupart des temps bicaméral. Le parlement vote les lois et le budget
et contrôle l’exécutif.

3- Au niveau du pouvoir judiciaire : le pouvoir judiciaire échappe à


l’exécutif et au législatif. Il est indépendant.

D- Le régime parlementaire en Angleterre : le régime parlementaire est


né en Grande- Bretagne il y a près de huit siècles et son aspect actuel résulte
d’une longue évolution qui fut achevée au 19e siècle.

1- Le pouvoir exécutif est assuré par la Reine Elisabeth II depuis


1952 à la mort de son père le Roi Georges VI et le premier
ministre David CAMERON qui a d’immenses pouvoirs :
Des membres du gouvernement, a la majorité des projets de loi (90%). Le
premier ministre britannique est un véritable « Roi sans couronne ». Tandis
que la Reine chef de l’Etat (née en 1926 { Londres) est entourée d’un
cabinet privé de 300 membres environ, le premier ministre s’appuie sur le
cabinet, un organe restreint de 20 à 25 membres environ qui prend les
décisions importantes du pays, mais doit être prêt { s’expliquer à chaque
instant devant le parlement notamment la chambre des communes.

2- Le pouvoir législatif en Angleterre est assuré par le parlement qui


est bicaméral c'est à- dire formé de deux chambres : la chambre des
communes ou chambre basse (659 députés élus pour 4 ans et est présidée
par le Speaker) et la chambre des Lords ou chambre haute (house of Lords)
formée de 1 100 membres tous des nobles nommés par la Reine Elisabeth
II.
Cette chambre est présidée par le « Lord Chancellor » membre du cabinet,
et est pratiquement privée du rôle législatif. Néanmoins elle dispose d’un
droit de vote suspensif d’une durée maximale d’un an pour les lois
ordinaires (sauf pour les lois de finances c'est-à-dire le budget). C’est plutôt
la chambre des communes qui exerce l’essentiel du pouvoir législatif c'est-
à-dire qu’elle vote les lois et examine le budget, mais surtout exerce un
contrôle permanent de l’action gouvernementale par les procédures
suivantes :
* les questions des députés aux membres du gouvernement au début de
chaque séance (50 mn de question-time)
* les débats proposés { n’importe quel moment.
* la transmission des plaintes des citoyens.
* la voie de « motion de censure ».

3- Le pouvoir judiciaire : il est indépendant c'est-à-dire qu’il échappe { la


monarque et au parlement. Par conséquent le juge britannique jouit d’une
très grande liberté d’action.

E- Les autres terres d’accueil du régime parlementaire


Né en Grande-Bretagne, le régime parlementaire a été imité par de
nombreux Etats :
- Canada, Australie, Nouvelle-Zélande : régime parlementaire moniste ou
parlementarisme démocratique dans lequel le chef de l’Etat a perdu tout le
pouvoir et il n’existe plus qu’un seul pôle du pouvoir : le parlement. Le
bipartisme est de règle comme en Angleterre.
- Suède, Norvège, Danemark, Belgique, Pays-Bas : monarchies
parlementaires européennes avec tendance au multipartisme.
- Japon, Inde, Israël : parlementarisme multipartiste en dehors de l’Europe.

F- Les avantages et les inconvénients du parlementarisme


1- Les avantages : ils sont nombreux :
- Le chef de l’Etat est { l’abri des tracasseries de la politique puisqu’il est
sans autorité réelle.
- Le premier ministre issu du parti majoritaire au parlement possède une
très grande et réelle autorité puisqu’il est l’émanation du choix du corps
électoral.
- Aux élections la majorité absolue est facile à dégager puisqu’en général il
n’existe que deux grands partis sur la scène politique.
- La stabilité et l’alternance harmonieuse au pouvoir.

2- Les inconvénients :
- Dans le régime parlementaire à tendance bipartiste les partis minoritaires
ne s’expriment pas aisément
- En cas de mésentente absolue entre le pouvoir exécutif et le parlement
dominé par un parti adverse, le risque de blocage des institutions est grand

II-Le régime présidentiel


A- Définition : c’est une forme de gouvernement dans laquelle le pouvoir
exécutif est assuré par un chef de l’Etat élu au suffrage universel qui n’est
pas responsable de sa politique devant le parlement sauf dans les
circonstances exceptionnelles. Dans ce régime le président de la
République, donc le chef de l’Etat détient une très grande autorité d’où le
qualificatif de régime présidentiel.

B- Les caractéristiques du régime présidentiel : le régime présidentiel


classique se distingue du régime parlementaire à plusieurs niveaux :
- L’indivision du pouvoir exécutif exercé et incarné par un chef de l’Etat qui
est aussi chef du gouvernement.
- L’élection du président de la République au suffrage universel.
- L’indépendance réciproque du président de la république et du parlement
dans le cadre d’une division rigide des pouvoirs.
- La séparation rigide des pouvoirs c'est-à-dire que les pouvoirs sont
rigoureusement indépendants l’un de l’autre et que chaque pouvoir exerce
ses compétences de façon autonome. Mais dans la pratique afin d’éviter
l’immobilisme dans la gestion des affaires publiques la collaboration existe
entre les trois pouvoirs.

C- Organisation et fonctionnement : les pouvoirs de l’Etat sont divisés


en trois :
1- Le pouvoir exécutif :
ce pouvoir est exercé totalement par le président de la république.
C’est un exécutif monocéphal ou moniste, c'est-à-dire que le président de la
république est à la fois chef de l’Etat et chef du gouvernement. A cet effet
c’est le président qui choisit, nomme et révoque librement les ministres. En
outre il promulgue les lois, exerce le droit de grâce, accrédite les
ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des autres pays,
négocie les traités et accords internationaux, nomme aux emplois civils et
militaires, veille à la sécurité intérieure et extérieure…

2- Le pouvoir législatif : ce pouvoir est détenu par le parlement qui peut


être monocaméral ou bicaméral. Le parlement vote les lois et le budget et
contrôle l’action de l’exécutif.

3- Le pouvoir judiciaire : il est assuré par les tribunaux et les cours dont
la plus haute instance est la cour suprême ou la cour constitutionnelle selon
les pays. Le pouvoir judiciaire échappe { l’influence de l’exécutif et du
législatif. Il est donc indépendant.

D- Fonctionnement du régime présidentiel aux Etats-Unis


1-Au niveau du pouvoir exécutif : ce pouvoir est exercé par le président
de la république élu au suffrage universel indirect pour un mandat de
quatre ans renouvelable une fois.
La campagne pour l’élection présidentielle s’étend de février à novembre de
toutes les années bissextiles. Le président des Etats-Unis dispose de larges
attributions : il nomme tous les hauts fonctionnaires fédéraux parmi
lesquels les ministres ou « Secrétaires » qui dirigent les 14 départements
ministériels ; il nomme les ambassadeurs et les consuls ; il négocie et
conclue des accords ; il est commandant en chef des armées ; il a le droit de
grâce ; il nomme les juges à la cour suprême fédérale, propose
périodiquement au congrès des projets de loi ; il assure la tutelle de
nombreuses administrations spécialisées telles la National Aeronautics and
Space Administration (N.A.S.A), la Central intelligence Agency ( CiA)… Le
chef de l’Etat américain joue un rôle capital au sein de l’exécutif grâce à la
collaboration de nombreux services : le cabinet du président, le bureau du
président ou brain-trust et le bureau du vice président.
Retenons qu’environ 1758 personnes sont au service de la présidence
américaine qui connaît depuis le 20 janvier 2009 son 44e président en la
personne de BARACK HOSNI OBAMA.

2- Au niveau du pouvoir législatif : ce pouvoir est exercé par le parlement


fédéral appelé congrès des Etats-Unis. Le congrès comprend deux chambres
élus au suffrage universel : la chambre des représentants et le Sénat.
- La chambre des représentants : elle est constituée de 450 députés élus
tous les deux ans au scrutin uninominal à un tour proportionnellement au
nombre d’habitants de chaque Etat (un député pour 500.000 habitants).
Chaque candidat doit être âgé de 25 ans au moins et être citoyen américain
depuis au moins 7 ans. Les pouvoirs spécifiques de la chambre des
représentants sont : l’initiative des lois fiscales ; l’initiative de
l’impeachment contre le président de la république ou ses ministres ;
l’élection du président de la république en cas de l’absence de la majorité
des voix des grands électeurs.
- Le Sénat : le Sénat est composé de 100 membres à raison de deux par Etat.
Les sénateurs sont élus pour six ans avec renouvellement par tiers tous les
deux ans. Le candidat au Sénat doit être citoyen américain depuis au moins
9 ans et être âgé de 30 ans. Le Sénat est dirigé par le Vice-président des
Etats-Unis et a les mêmes pouvoirs législatifs que la chambre des
représentants c'est-à-dire voter les lois et le budget, contrôler l’exécutif,
mais il a des prérogatives particulières : seul le Sénat ratifie les traités
internationaux conclus par le président de la république ; il doit approuver
les nominations des hauts fonctionnaires fédéraux (juges, ministres,
ambassadeurs…) proposés par le président de la république.

3- Au niveau du pouvoir judiciaire : le pouvoir judiciaire est confié à la


cour suprême fédérale, composée de neuf juges nommés à vie par le
président de la république avec l’approbation du Sénat. Chargée avant tout
de faire respecter la constitution et d’arbitrer les conflits entre les Etats, la
cour suprême peut annuler les lois votées par le congrès et les législatures
des Etats fédérés ainsi que les décrets présidentiels si elle les juge
contraires à la constitution.
4- Les contre-pouvoirs : la réalité américaine donne une grande
importance à des forces non officielles qu’on appelle des « contre-pouvoir ».
Ce sont :
- La presse (le 4e pouvoir) : Elle est particulièrement importante aux
Etats-Unis : les journalistes peuvent reléguer aux oubliettes une
personnalité, un évènement ou les mettre en exergue.
- L’opinion publique : elle s’exprime par des consultations électorales mais
beaucoup plus par des fréquents sondages dont le président doit sans cesse
tenir compte.
- La « troisième chambre » : c’est l’ensemble constitué par des groupes de
pression ou lobbies. Ex : le lobby pétrolier, le lobby juif, le lobby militaro-
industriel, les ligues féministes, les écologistes…
Dans le régime parlementaire c’est le premier ministre qui exerce l’action
gouvernementale, le chef de l’Etat est sans autorité réelle alors que dans le
régime présidentiel le chef de l’Etat qui est en même temps chef du
gouvernement détient une très grande autorité. Mais le point commun pour
les deux régimes politiques est le fait que le corps électoral demeure le
dernier arbitre : ni le parlement, ni le gouvernement ne sont coupés de
l’opinion publique.

Vocabulaire
- Impeachment : procédure par laquelle le parlement aux Etats-Unis
désapprouve le président de la république et les hauts fonctionnaires
fédéraux pour trahison ou autres crimes et délits majeurs et peut les
contraindre à démissionner.
- Séparation des pouvoirs : claire distinction des différents pouvoirs dans
un Etat.
- Lobby : groupe de pression tout à fait légal ayant pour but de défendre les
intérêts privés ou une cause particulière en essayant d’influencer les
dirigeants politiques.
- Cabinet : en Angleterre ce terme désigne un conseil restreint de 20 à 25
ministres choisis par le premier ministre pour prendre les grandes
décidions. Aux Etats-Unis le mot cabinet désigne l’ensemble de tous les
ministres qui forment le gouvernement.
- Le capitole : c’est le siège du congrès américain { Washington.
- Bicéphalisme : système d’organisation du gouvernement qui consiste {
confier le pouvoir exécutif { deux personnalités { savoir le chef de l’Etat et
le chef du gouvernement.
LEÇON 10 : LA DICTATURE
I- Définition et historique
A- Définition :
- régime politique dans lequel tous les pouvoirs sont confisqués par un seul
individu ou un groupe restreint d’individus.
- régime politique dans lequel les détenteurs du pouvoir souvent pris par la
force l’exercent autoritairement sans véritable participation du peuple et
sans tolérer d’opposition.

B- Historique : la dictature est un régime politique qui a existé depuis des


temps reculés, par exemple à Rome dès la fin du 6e siècle avant J.C. Plus
tard avant la révolution française de 1789 on assiste en France pendant
près de trois siècles au despotisme qui n’est autre chose qu’une forme de
dictature. Au 20e siècle la dictature, réapparaît notamment entre les deux
guerres mondiales (Ex : le fascisme institué en 1922 en Italie par Mussolini ;
le nazisme institué en Allemagne en 1933 par Adolf Hitler…). Aujourd’hui
elle existe encore mais sous des formes plus ou moins voilées surtout en
Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

II- Caractéristiques :
- Opposition et critiques interdites puisqu’il existe un seul parti politique,
celui au pouvoir.
- Concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’une seule personne
ou d’un groupe restreint de personnes.

- L’antilibéralisme ou le mépris total des libertés individuelles et collectives


des citoyens.
- La primauté de l’Etat sur l’individu.
- Le culte du chef considéré comme un infaillible, un génie exceptionnel.
- La force : qu’il s’agisse de l’armée régulière, des milices privées ou
d’organisations politico-policières.
- L’illégitimité, puisque ce régime n’émane pas de la volonté de la majorité
des citoyens.
- L’ultra-nationalisme se traduisant par l’exaltation très poussée de l’amour
de la nation et un militarisme excacerbé.
- Le caractère transitoire ou temporaire du régime.
III- Fondements ou justifications et typologie des dictatures
A- Fondements ou origines :
- La crise du système social :
lorsque les institutions socio-politiques deviennent faibles ou inefficaces, le
système social est ébranlé et on doit recourir à la force pour restaurer
l’ordre. Ex : dans la Rome antique en cas de crise sérieuse on désignait un
magistrat à qui on donnait des pouvoirs quasi absolus pour une durée
limitée de 6 mois renouvelables.
- La crise de légitimité : un gouvernement est légitime s’il est conforme
aux normes du jeu politique d’une société donnée basées sur le consensus.
Et il y’a crise de légitimité quand ce consensus n’existe plus et le détenteur
illégitime du pouvoir recourt à la force pour rétablir l’ordre.
- Les théories révolutionnaires de la dictature : selon les marxistes par
exemple, il ne peut avoir démocratie réelle sans commencer par la dictature
puisqu’elle met en place grâce { sa rigueur les conditions d’une future
société libérale : l’instruction de la masse, l’encadrement politique des
populations par un parti unique, la formation civique des citoyens…
Schématiquement la dictature permet le « dressage » des masses ce qui
permet d’obtenir des citoyens vertueux et la république peut fonctionner.
Et alors la dictature doit être supprimée.
La dictature est ainsi conçue comme étant essentiellement éducatrice et
temporaire limitée au but poursuivi qui est de résoudre une crise ou de
conjurer un péril. La dictature en temps normal et à durée illimitée porte le
nom de tyrannie ou despotisme.

B- Typologie des dictatures :


Selon le contexte socio-économique ou idéologique le monde à travers le
temps et l’espace a expérimenté une variété de régimes dictatoriaux mais
qu’on peut regrouper en quatre grands types.
1- Les dictatures religieuses : ces dictatures arrivent au pouvoir sous
prétexte qu’elles viennent restaurer l’autorité de Dieu sur la terre. C’est un
système fondé sur l’obéissance aveugle au souverain car nul n’ose s’opposer
{ sa volonté. C’est donc un pouvoir fort basé sur le dogmatisme, la crainte et
la soumission. Ces dictatures ont pris de l’ampleur avec la renaissance de «
l’intégrisme musulman » dont l’un des apôtres fut l’Ayatollah Khomeiny en
Iran.

2- Les dictatures conservatrices ou politiques : fonctionnant surtout


dans les pays capitalistes elles tendent généralement à conserver le
système socio-économique existant en supprimant les institutions libérales.
Ex : le fascisme de Mussolini en Italie de 1922 à 1945 ; le Nazisme d’Hitler
dit le Führer (le guide) en Allemagne de 1933 à sa mort le 30 Avril 1945 ;
le régime de Macias Nguema Francisco qui institua la terreur en Guinée
équatoriale de 1968 à sa chute et son exécution en 1979…

3- Les dictatures militaires : ces dictatures arrivent généralement au


pouvoir par un coup d’Etat et l’armée devient le socle du régime. Ex : les
dictatures militaires de l’Afrique noire surtout après les indépendances : les
civils qui prennent le pouvoir juste après les indépendances au nom de la
démocratie n’arrivent pas { convaincre ce qui entraîne des crises graves et
répétées et justifie la prise du pouvoir par les militaires ; les dictatures
militaires en Amérique Latine : le Général Augusto Pinochet au chili à la tête
d’une junte militaire renverse le président élu, Salvador Allende le 11
septembre 1973 ; le Général Manuel Noriega arrive au pouvoir au Panama
par un coup d’Etat en 1983, mais sera renversé en 1985 par les Américains
pour crimes et trafic de drogue.

4- Les dictatures révolutionnaires ou socialistes : elles fonctionnent


dans des pays socialistes pour changer le système socio-économique en
vigueur, de façon à supprimer ou diminuer l’inégalité et l’injustice créées
entre les hommes. Ex : la dictature du prolétariat de 1917 en Russie avec
Lénine ; la révolution de Fidel Castro qui renverse Batista au Cuba en 1959
et institue le socialisme autoritaire jusqu’en 2007 ; la Libye avec
Mouammar Kadhafi au pouvoir depuis 1969 à la suite du renversement de
la royauté…

IV- Organisation et fonctionnement des dictatures : presque toutes les


dictatures fonctionnent avec les mêmes institutions politiques : d’une part
une force matérielle qui protège le régime (cette force comprend la police
politique, un parti unique, l’armée) et d’autre part des moyens d’actions sur
la population : la répression ou la violence qui vise à museler l’opposition, la
propagande qui vise à attirer la confiance du peuple. Les dictatures sont de
très anciens régimes politiques. Qu’elles soient conservatrices ou
révolutionnaires elles interviennent généralement là où des crises sociales
graves ont entraîné un ébranlement profond du système social et leur
vocation est de dresser les masses pour un bon fonctionnement de la
société. Mais de nos jours malgré quelques aspects positifs des régimes
dictatoriaux, ceux-ci tombent un peu partout dans le monde et laissent
place à la démocratie libérale une forme de gouvernement qui respecte la
dignité humaine et tend à s’universaliser.

Exercices :
I- Après avoir défini la dictature, dites en prenant des exemples quelles en
sont les origines et les caractéristiques.
II- Montrez en quoi les régimes politiques en cours en Afrique sont des
démocraties et en même temps des monocraties.

PROBATOIRE A-B-C-D-E SESSION 2009

EPREUVE D’EDUCATION A LA CITOYENNETE : Le candidat traitera l’un


des sujets au choix.
Sujet 1: Montrez qu’il n’y a pas démocratie sans élection, mais que toute
élection n’est pas démocratique.

Sujet 2 : Texte : L’indépendance politique


« Depuis bien longtemps, j’ai souvent lutté contre l’injustice… Je n’ai jamais
compris… comment on peut concilier l’instruction que les Européens nous
donnaient { l’école, principes de civilisation, de morale, avec les actes que
les Européens commettaient vis-à-vis des populations noires…
Alors, j’ai commencé { prendre de plus en plus conscience. J’ai commencé {
étudier les révolutions dans l’humanité et très souvent la révolution
française. Pourquoi ces gens se sont-ils révoltés, pourquoi ils ont lutté pour
leur liberté ? J’ai compris vraiment que dans toutes les révolutions il y’a un
élément profond : c’est la lutte contre l’injustice, contre l’oppression…
Revenu au Congo… j’ai proposé { mes amis de créer un mouvement d’union
nationale. Deux mois après, il s’est ouvert à Accra la conférence des peuples
africains… revenu d’Accra, j’ai organisé une manifestation où il y avait plus
de dix mille personnes. J’ai dit « maintenant, il faut l’indépendance du
Congo, il faut notre autonomie ».
Interview de PATRICE LUMUMBA, Reproduit dans France Soir du 15
Février 1961.
En vous inspirant du texte ci-dessus et { l’aide de vos connaissances, vous
répondrez aux questions sous la forme d’une explication de texte.

Questions
1- Quelle est la nature du texte ? Qui en est l’auteur et quel est le contexte
historique ?
2- Dans le texte, l’auteur fait allusion aux révolutions dans le monde
a- Qu’est qu’une révolution ?
b- Présentez deux révolutions de votre choix
3- Quand l’auteur dit : « Maintenant, il faut l’indépendance du Congo, il faut
notre autonomie ». Il voudrait un Congo où le peuple jouit des libertés.
Quelles sont d’après vous les types de libertés dont l’auteur voudrait voir
son pays jouir ?
4- Aujourd’hui, le Congo est indépendant, pensez-vous que c’est un pays de
libertés ? Justifiez votre réponse.
5- D’après vous, l’auteur peut-il réussir dans ses ambitions ? à savoir faire
du Congo un pays entièrement libre ?

Correction

Sujet 1 :

Introduction
Inventée par les Grecs et les Romains, la démocratie est parmi les formes de
gouvernement connues dans le monde d’aujourd’hui, celle la plus répandue.
Elle se définit comme le régime politique dans lequel tous les citoyens
possèdent { l’égard du pouvoir un droit de participation et un droit de
contestation. Son application exige le respect de certains principes dont les
élections.
Une élection est un procédé par lequel tous les citoyens majeurs désignent
certains d’entre eux pour leur confier la conduite des affaires publiques.
Quel rôle joue l’élection dans une démocratie ? Pour répondre à cette
préoccupation nous nous efforcerons dans la suite de notre devoir de
montrer d’abord que la pratique des élections est un gage pour le bon
fonctionnement de la démocratie et ensuite présenter les dérives
électorales qui constituent de véritables entraves au fonctionnement de la
démocratie.

Développement
I- La pratique des élections, gage de la démocratie
Les élections conditionnent tous les autres principes de la démocratie et ce
pour plusieurs raisons :
1- L’élection donne l’occasion aux citoyens d’exercer leur souveraineté
2- L’élection permet l’alternance au pouvoir et ainsi toutes les expériences
ont la possibilité de s’exprimer et il n’y a plus de confiscation de paroles par
un individu ou un groupe restreint d’individus
3- L’élection garantit la stabilité politique, économique et sociale car les
détenteurs du pouvoir sont l’émanation de la volonté de la majorité des
citoyens. Et dans ce cas la majorité doit gouverner jusqu’{ ce que la
minorité la renverse à son tour par élection bien sûr
4- L’élection permet de distinguer les partis majoritaires des partis
minoritaires au parlement. L’élection est indispensable { la pratique de la
démocratie mais toute élection est-elle démocratique ?

II- Les dérives électorales, entraves { l’exercice de la démocratie. Toute


élection n’est pas démocratique. En l’absence d’une loi ou d’un code
électoral librement défini les élections pourraient ouvrir la voie à de
nombreuses malversations et à leurs corollaires.
1- Les fraudes avec des inscriptions fictives, les omissions volontaires des
noms, la rétention des cartes électorales, la publication tardive des listes
électorales…
2- L’achat des consciences détourne le public de ses véritables aspirations
3-Le tribalisme, le népotisme, le favoritisme et l’intimidation masquent les
véritables objectifs des élections.
La démocratie est un régime politique qui accorde au peuple la possibilité
d’exercer le pouvoir à travers les élections, si et seulement si celles-ci sont
transparentes et justes. Les élections jouent un rôle primordial dans la
démocratie car elles conditionnent l’application des autres principes de la
démocratie. Toutefois peut-on parler de démocratie dans les pays africains
au regard de l’organisation de leurs élections ?

Sujet 2 :
Introduction
Le texte soumis { notre réflexion est un extrait d’une interview accordée
par Patrice Lumumba au Journal France Soir du 15 février 1961. Patrice
Lumumba né en 1925 au Congo dans le Kasaï est un homme politique
congolais, premier ministre du Congo Kinshasa en 1960 leader du
mouvement national congolais (MNC). Destitué il fut arrêté et assassiné en
1961. Son interview intervient au moment où l’Afrique en général et le
Congo belge en particulier traversent la période de la décolonisation. La
suite de notre devoir consistera d’abord { définir et présenter deux types de
révolution, ensuite dégager les types de libertés défendues par l’auteur et
enfin analyser la problématique de l’exercice des libertés au Congo actuel

Développement
I- Définition et présentation de deux types de révolutions
1- Définition :
La révolution désigne un ensemble de changements brusques et profonds
dans les structures politique, économique et socio-culturelle d’un pays. De
nombreux peuples ont emprunté cette voie pour obtenir leur liberté.
2- Deux exemples de révolution
- La révolte des treize colonies d’Amérique contre le gouvernement de
Londres, ce qui a abouti { l’indépendance des Etats-Unis le 4 juillet 1776.
- La révolution Française de 1789 qui renverse la monarchie absolue dite
monarchie de droit divin en France. Elle est marquée par la prise de la
Bastille le 14 juillet 1789 et l’adoption de la Déclaration des Droits de
l’Homme et du citoyen le 26 août 1789.
Depuis les origines jusqu’{ nos jours l’histoire des hommes se résume en un
combat inlassable pour la conquête des libertés, tel est le souhait de Patrice
Lumumba dans son pays.
II- Les libertés défendues par l’auteur dans son pays
La liberté est l’ensemble des droits et privilèges que la loi reconnaît et
garantit aux citoyens ou alors le pouvoir de faire ce qui n’est pas défendu
par la loi. Les libertés défendues par Lumumba sont de deux types : les
libertés politiques et les libertés sociales.
1- Les libertés politiques
Ce sont celles qui permettent { l’individu de participer { l’exercice du
pouvoir : libertéd’expression, liberté d’opinion, liberté d’association et de
réunion… A propos l’auteur dans son interview parle de « créer un
mouvement d’union nationale »
2- Les libertés sociales
Ce sont celles garanties aux individus pour leur assurer l’indépendance et le
respect de leur vie privée : la liberté de conscience ou le droit d’avoir ou
non une religion, la liberté de circulation, le respect de la dignité humaine,
le respect du domicile… A cet effet l’auteur dit « J’ai compris vraiment que
dans toutes les révolutions il y a un élément profond : c’est la lutte contre
l’injustice, contre l’oppression… ». Lumumba s’est battu pour l’avènement
d’un Congo où le peuple jouit des libertés. Est-ce le cas aujourd’hui dans ce
Congo indépendant ?

III- La problématique de l’exercice des libertés au Congo actuel


Le Congo est certes indépendant mais c’est un pays en proie à de
nombreuses crises politiques, économique et sociales
1-crises politiques :
immédiatement après l’indépendance du Congo belge en juin 1960 le pays
sombre dans le chaos à cause des guerres civiles nées des idées
sécessionnistes dans le Katanga qui continuent jusqu'à nos jours.
L’existence des milices, du tribalisme et du régionalisme contribuent à
déstabiliser le pays
2-crises économiques et sociales
La liberté économique au Congo est mal vue par les multinationales qui
pillent le pays et asservissent la main-d’oeuvre. Au sortir de la colonisation
belge, PATRICE LUMUMBA présente son projet de société libre,
indépendante. Mais l’auteur n’a pas réussi dans ses ambitions de faire du
Congo un pays entièrement libre. Il fut assassiné en 1961, car incompris et
victime de la guerre froide. La situation actuelle du Congo semble confirmer
que l’indépendance politique et économique est une construction
permanente.