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Séminaire national sur la crise au Sahel africain à TamAnrasset

L’Algérie face aux enjeux géostratégiques des USA et la


France
Le rôle de l’Algérie dans le développement, la sérénité et l’instauration de la paix au Sahel est on ne peut plus
déterminant, s’accordent à dire les professeurs universitaires venus des quatre coins du pays pour prendre part au
séminaire national sur la thématique organisé, hier, au centre universitaire El-Hadj Moussa-Ag Akhamok de
Tamanrasset. Deux jours durant, une vingtaine de chercheurs et spécialistes en sciences politiques et relations
internationales se relaieront à la salle de conférences pour débattre de la situation sécuritaire au Sahel et ses
retombées sur l’intégrité territoriale et les forces de l’État algérien. Dans cette optique, le professeur Mustapha Saïdj de
l’université d’Alger a, en expliquant les enjeux géostratégiques et géopolitiques de la France et du pays de l’oncle Sam,
mis en relief “le rôle primordial que devaient jouer nos diplomates tout en évitant la politique de l’autruche. Du point de
vue géopolitique, l’Algérie doit faire preuve de plus de sagesse pour assurer son unité et son intégrité territoriale,
notamment avec les soubresauts que subit le Sahel africain. Les accords de coopération militaire et d’alliance conclus
avec les grandes puissances doivent jouer en sa faveur en raffermissant son rôle dans la prise de décisions en tant
qu’acteur principal et non pas en tant que subalterne dont le rôle est simplement réduit à l’exécution des décisions
prises par les Occidentaux”. Et de poursuivre : “Il convient de rappeler les bonnes leçons tirées de la crise libyenne. La
crise au Sahel est l’affaire de tous les pays nord-africains. Il est temps d’unifier les rangs pour faire face à toutes les
menaces étrangères et aux conflits ourdis sous le couvert humanitaire. Les pays du Sahel doivent savoir que leurs
problèmes socioéconomiques n'intéressent guère les Occidentaux qui deviennent, eux-mêmes, des ennemis une fois
après avoir senti que leurs intérêts sont menacés. Cela mène à dire que les Français et les Américains ne veulent
aucunement de la stabilité sécuritaire aux pays du Sahel, car ce qui les importe réellement ce sont les richesses
confinées dans les entrailles de ces régions. Je recommande de relire l’histoire de la politique algérienne, notamment
en ce qui concerne les dispositions des accords d’Évian relatives à l’occupation des Français du Sahara deux ans après
la découverte du pétrole en 1957.” Le conférencier a, en fouinant dans l’histoire de la colonisation française, fini par
déduire que la guerre menée par la France au Nord-Mali sert de protection aux intérêts de ses grandes sociétés et n’a
rien à voir avec la conceptuelle des droits de l’Homme. “L’intervention militaire de la France vise essentiellement à
changer la carte géostratégique dans la zone du Sahel. Nul besoin de rappeler que les Français et les Américains ont
toujours cherché à se partager le gâteau. L’exemple de ce qui s’est passé entre la société pétrolière italienne ENI, la
société française Total et les sociétés américaines en Libye est palpable. L’exportation du Printemps arabe est une
stratégie adoptée par les Occidentaux dans le but de parvenir aux richesses des pays du Sahel. Africom, lancé par
Bush, consiste à renforcer les bases militaires des Américains dans certains pays de l’Afrique à l'effet d’élargir son
champ d’intérêt et, surtout, couvrir jusqu'à 25% de ses besoins en matière de pétrole. Plus de 5 000 soldats américains
ont été dépêchés en Afrique. Toutefois, l’objectif est le même : s’enrichir et renforcer leur stratégie sur la scène
mondiale.” De son côté, le professeur Omar Ferhati de l'université de Biskra a brossé un tableau peu reluisant sur les
retombées de cette crise sur la sécurité nationale, notamment en ce qui concerne le crime organisé qui a pris des
proportions alarmantes. Il a aussi évoqué, lors d’une présentation étayée par des chiffres, les attaques terroristes
perpétrées sur le territoire algérien depuis ces huit dernières années. Des actes barbares et hostiles souvent
revendiqués par des sbires obscurantistes activant au nord du Mali sous le sceau d’Aqmi ou d’autres organisations
terroristes.

RK