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Année universitaire 2019–2020

PM601

TD 1 : Modèles d’elasticité
1 Elasticité d’un solide cristallin
1.1 Potentiel de Lennard Jones
Le potentiel de Lennard Jones est un modèle physique d’interaction entre atomes ou molécules neutres. Il est
constitué d’un terme répulsif à faible portée et d’un terme attractif à longue portée.Il s’écrit :
  
σ 12  σ 6
VLJ (r) = 4ε − (1)
r r
1. Que représente la grandeur σ , quelle est sa dimension ?

2. Calculer la position d’équilibre r0 entre deux atomes en interaction. Que vaut VLJ (r0 ) ?

3. On considère un déplacement d’un atome au voisinage de sa position d’équilibre. Montrer qu’on a :

VLJ (r ≈ r0 ) ≈ −ε + 1/2k(r − r0 )2 (2)

où k est une constante de raideur dont on précisera l’expression.

1.2 Constante de raideur et module d’Young


Nous avons vu dans la partie précédente qu’au voisinage de l’équilibre le potentiel de Lennard Jones peut être
approximé par un potentiel harmonique. Nous modéliserons donc dans ce qui suit la déformation d’un solide
élastique sous l’action d’une force extérieure par celle d’une assemblée de ressorts (voir Fig. 1A). Considérons tout
d’abord un seul ressort de longueur au repos l et de constante de raideur k.
1. On applique une force ~F à l’extrémité du ressort (voir Fig. 1B). Que vaut l’allongement ∆l?

2. On considère 2 ressorts en série, de même raideur k (voir Fig. 1C). Exprimer la constante de raideur équiva-
lente keq d’un tel système. Sous l’action de la même force ~F, que vaut l’allongement ∆l?

3. On considère enfin un système de 2 ressorts en parallèle de même raideur k (voir Fig. 1D). Exprimer la con-
stante de raideur équivalente keq d’un tel système. Sous l’action de la même force ~F, que vaut l’allongement
∆l?
On suppose maintenant qu’une barre solide de longueur L, section A et soumise à une force ~F peut être modélisé
en tant que ns = L/l ressorts identiques en séries et n p ressorts en parallèle. Soit ρr la densité de ressorts par unité
de surface.
4. Exprimer n p en fonction de ρr et A.

5. Déduire une relation entre la déformation de la barre ∆L et la déformation d’un seul ressort ∆l.

6. Déduire des questions précédentes une relation entre la contrainte σ = F/A et l’allongement relatif de la
barre ∆L/L. Selon ce modèle quel est le module d’Young E?

1
A B

Figure 1: Modèles de ressort. a) Une barre élastique de longueur L et de section A est modélisée par un assemblé
de ressorts. b) Sous l’action d’une force F un ressort s’allonge de ∆l. c) Ressorts en série. d) Ressorts en parallèle.

2 Un modèle simple de l’élasticité des polymères (facultatif)


2.1 Préliminaire: formule de thermodynamique
On rappelle qu’un fil (élastique ou non) exerce une force sur son point d’attache qui est dans l’axe du fil et dirigé
vers le fil. La norme de cette force s’appelle la tension du fil.
On considère un fil ayant une tension τ sur une de ses extrémités. Un expérimentateur tire sur cette extrémité,
la déplaçant d’une distance dL, en appliquant une force de norme f .
1. Quel est le travail δW fourni par l’expérimentateur au fil ?

2. Pour que cette transformation soit réversible, quelle relation doit-on avoir entre f et τ ?

3. En supposant la transformation réversible, écrire à l’aide du premier principe de la thermodynamique une


relation entre dU, dS et dL.

4. En déduire que la tension du fil est donnée par



∂ S
τ = −T (3)
∂ L U,N

2.2 Le modèle de polymère

Un polymère est constitué de N monomères supposés rigides et de même longueur a, mais d’orientation
arbitraire. On travaille, pour simplifier, en une dimension d’espace, ce qui signifie qu’un monomère peut être
orienté vers la droite ou vers la gauche. On néglige toute énergie d’interaction entre les atomes, de sorte que
les monomères peuvent se recouvrir. Le polymère a la même énergie dans toutes ses configurations.
Si le polymère était entièrement étiré, sa longueur totale serait Na, mais à cause des plis et replis, le polymère
prend moins de place. On appelle extension du polymère la distance entre les deux extrémités du polymère.
On contraint le polymère à avoir une extension L en fixant les deux extrémités. Soit Nd le nombre de
monomères orientés à droite et Ng le nombre de monomères orientés à gauche (voir Fig. 2). Pour simplicité
on supposera les extrémités sont fixées de tels sort que Nd ≥ Ng .

2
Figure 2: Polymère de N = 8 monomères en une dimension. Les monomères sont représentés par des flèches. Dans
cet exemple, Nd = 6, Ng = 2 et donc l’extension est 4a.

5. Trouver une relation entre L, a, Nd et N.

6. Combien y a-t-il de micro-états Ω dans le système tels que le nombre de monomères orientés à droite est Nd ?
Pour quelle valeur de Nd , et donc L, est Ω un maximum?

On rappelle que l’entropie de Boltzmann, s’écrit, pour un système isolé, S = kB ln(Ω), où kB est la constante de
Boltzmann. On note également la formule de Stirling : ln(N!) ≈ N ln(N) − N pour N  1. Dans la suite on
supposera que L reste petite.
N+δ N
7. On pose Nd = 2 . Exprimer L en fonction de a et δ N. En supposant δ N  N, montrer que

kB L 2
S(L) = − + cst
2Na2

8. En déduire la tension τ du fil en fonction de L et T , puis l’extension L en fonction de τ et T .

9. En admettant qu’une fibre élastique est constituée de ce type de molécules, que se passe-t-il quand on aug-
mente la température sous tension constante?