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1.2   La fontaine d'eau vive (v.

7-18) Admirons la manière dont le Seigneur s'adresse à


cette samaritaine : « Donne-moi à boire » (v. 8). Celui qui donne en abondance
s'abaisse jusqu'à dépendre de cette femme en lui demandant de l'eau pour apaiser
sa soif. Quelle surprise pour elle d'entendre Jésus, qu'elle reconnaissait pour un Juif,
lui demander à boire !
                        Aussitôt, le Seigneur parle à son intelligence et à son coeur : « Si tu
connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui
lui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive » (v. 10). Il lui montre non
seulement qu'Il s'intéresse à elle, mais qu'Il peut répondre pleinement à ses besoins
qu'il connaît.
 Le « don de Dieu » est pour tous, pour « quiconque » ; au chapitre 3, c'est un
homme éminent, un pharisien, chef des Juifs, qui a reçu ce merveilleux message. Ici,
le Seigneur Jésus apporte ce même don de Dieu à une femme samaritaine, une
étrangère, assoiffée moralement et spirituellement. Il avait dit à Nicodème : « Tu es
le docteur d'Israël, et tu ne connais pas cela ? » (3 : 10). Il déclare maintenant à cette
femme : « Si tu connaissais le don de Dieu … ».
 
 
                        Cette « eau vive » que le Seigneur Jésus propose à la femme
samaritaine nous parle de l'action du Saint Esprit dans une âme. « Si quelqu'un a soif
qu'il vienne à moi et qu'il boive. Celui qui croit en moi… des fleuves d'eau vive
couleront du plus profond de son être. Or il disait cela de l'Esprit qu'allaient recevoir
ceux qui croyaient en lui » (7 : 37-39).
                        Si quelqu'un est altéré par la sécheresse de ce monde, il a besoin de
venir au Seigneur Jésus qui peut lui donner cette eau vive. L'Ancien Testament
présente une scène semblable : dans un temps de sécheresse et de famine, le
prophète Elie est envoyé à Sarepta vers une pauvre veuve et lui demande :
« Prends-moi, je te prie, un peu d'eau dans un vase, afin que je boive » (1 Rois 17 :
10).
 Remarquons le travail qui s'opère chez cette femme. Au début, lorsque le Seigneur
lui parle des choses éternelles, elle pense aux choses terrestres (v. 10-12). Le
Seigneur insiste encore et lui dit ce qu'Il peut lui donner (v. 14). La Samaritaine sent
alors le besoin d'avoir cette eau jaillissant en vie éternelle. Elle veut saisir ce que
Jésus lui offre : « Seigneur, donne-moi cette eau… » (v. 15).
                        Le Seigneur veut toujours nous donner ce qui est excellent. Est-ce
aussi notre désir de le recevoir ?
 
                        Cependant il y a encore un point important à régler : il faut que tout ce
qui concerne la vie de cette femme soit placé devant Dieu, dans la pleine lumière. Il
ne peut pas y avoir de bénédiction sans cela ! Jésus parle à sa conscience : « Va,
appelle ton mari et viens ici » (v. 16).
                        Quel exemple pour nous ! D'abord gagner la confiance de quelqu'un
avant de pouvoir lui montrer ce qu'elle est et le besoin qu'elle a du Sauveur.
                        « Va », c'est le mot qui atteint la conscience, lorsque le Seigneur met
le doigt sur l'état de cette pécheresse. « Viens ici », c'est la grâce qui attire le coeur.
« Voici, moi, je l'attirerai, et je la mènerai au désert, et je lui parlerai au coeur » (Osée
2 : 14).« Tu m'as consolé. Voici Dieu est mon salut ; j'aurai confiance et je ne
craindrai pas… Et vous puiserez de l'eau avec joie aux fontaines du salut. Et vous
direz en ce jour-là : Célébrez l'Eternel… Chantez l'Eternel, car il a fait des choses
magnifiques… » (Es. 12 : 1-5).
 
                        Alors la femme samaritaine va reconnaître son état, sa triste situation,
que le Seigneur connaît d'ailleurs parfaitement bien. Elle est obligée de déclarer :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète » (v. 20). 
 Le lieu où il faut adorer (v. 19-26)
 
                        Avec Nicodème, le Seigneur n'avait abordé que les premiers
rudiments de la foi : le salut par la nouvelle naissance. Mais avec cette femme, Il va
aller beaucoup plus loin, en lui apportant la révélation du Père qui cherche des
adorateurs.
 
                        A partir du verset 20, le cours de la conversation change. La
Samaritaine se met à parler avec Jésus du lieu et de la manière d'adorer Dieu. Elle a
bien reconnu qu'elle a devant elle un prophète, mais comme pour échapper à la
lumière divine, elle détourne la conversation pour parler de religion : « Nos pères ont
adoré sur cette montagne-ci… » (v. 20).
                        N'y a-t-il pas beaucoup de personnes qui cherchent de la même
manière à détourner le tranchant de la Parole de Dieu lorsqu'elles se sentent jugées
par elle ? Ne faisons pas ainsi ! Laissons le Seigneur mettre le doigt sur ce qui ne va
pas dans notre vie ; c'est alors seulement qu'Il pourra user de grâce et de
miséricorde et se révéler pleinement à nous.
  
                        Beaucoup de gens sont préoccupés de l'endroit où il faut adorer. Quel
lieu choisir ? Mais le seul que nous ayons à rechercher, c'est celui où le Seigneur se
trouve ! Il est question ici de la religion de l'homme, de l'importance de la tradition (v.
20). Mais, à cette personne avide d'apprendre, le Seigneur Jésus apporte cette
merveilleuse révélation : « les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en
vérité ; et en effet le Père en cherche de tels qui l'adorent » (v. 23-24).
                        Le Seigneur déclare qu'il faut adorer le Père « en esprit et en vérité ».
Il n'est pas possible d'adorer Dieu si on ne le connaît pas comme Père, c'est-à-dire si
l'on est pas d'abord un enfant de Dieu ! Seuls ceux qui sont nés de nouveau peuvent
rendre culte, adorer. Ce n'est que par l'Esprit que nous pouvons le faire (Phil. 3 : 3).
                        Connaissons-nous le lieu du rassemblement des enfants de Dieu
dans la présence du Seigneur Jésus qui lui-même a dit : « Là où deux ou trois sont
assemblés en mon nom, je suis là au milieu d'eux » (Matt. 18 : 20).
 
                        Le lieu où il convient d'adorer, c'est là où l'on jouit de sa présence.
C'est Lui seul qui attire notre coeur. Ce n'est pas seulement le dimanche que la
louange doit monter vers Dieu, mais constamment ! « Offrons donc, par lui (par
Jésus), sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c'est-à-dire le fruit des lèvres qui
confessent son nom » (Héb. 13 : 15). « Jour après jours, ils persévéraient d'un
commun accord… ils louaient Dieu… » (Act. 2 : 46). « Vers minuit, Paul et Silas, en
priant, chantaient les louanges de Dieu » (Act. 16 : 25).
                        Le Père « cherche » des adorateurs. C'est à Lui que revient notre
adoration. Mais le thème de notre adoration, c'est le Seigneur lui-même. Et c'est le
Saint Esprit qui nous conduit dans la louange et l'adoration.
 
                        Le Seigneur Jésus, l'homme rejeté, s'est  trouvé en présence d'une
personne méprisée ; c'est pour de tels êtres qu'Il est venu ; ce sont ceux-là
même qu'il conduit à adorer.
                        De même, c'est à Marie de Magdala, délivrée de sa condition
pécheresse, que le Seigneur révèle après sa résurrection : « Je monte vers mon
Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (20 : 17). « Dieu a choisi les
choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes ; et Dieu a choisi
les choses viles du monde, celles qui sont méprisées… » (1 Cor. 1 : 27-28).
                        Oui, les conseils de Dieu sont magnifiques, et le Seigneur Jésus est
venu vers nous pour être véritablement le Sauveur du monde.
 
 
                                    1.4 Le témoignage de la femme samaritaine (v. 27-30)
 
                         « La femme donc laissa sa cruche et revint à la ville… » (v.
28). Jusque-là, elle avait sa cruche pour aller chercher de l'eau, mais sa soif n'avait
pas été étanchée. Désormais, elle connaît Jésus, la source des eaux vives, et elle
n'a plus besoin de sa cruche !
                        Il y a là aussi une leçon à retenir. Souvent, nous sommes occupés de
beaucoup de choses qui nous empêchent de venir à Jésus, de jouir de sa
communion. Il nous faut laisser notre cruche !
 
                        La femme a trouvé la réponse aux besoins profonds de son âme et
maintenant, elle désire rendre témoignage autour d'elle de ce qu'elle a trouvé en
Jésus. Elle s'adresse à ceux de sa propre ville, là où sa vie de péché était connue.
Elle peut dire maintenant : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ;
celui-ci n'est-il point le Christ ? » (v. 29). Elle a cru ce que le Seigneur Jésus lui
disait, et elle le confesse de sa bouche devant les hommes. Voilà le signe d'une vraie
conversion ! « Si, de ta bouche, tu reconnais Jésus comme Seigneur, et si tu crois
dans ton coeur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10 :
9-10).
 
                        Soulignons la sobriété de la Parole sur le témoignage de cette femme
: « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ». Ces paroles toutes simples
sont encore répétées au verset 39. C'est un témoignage suffisant qui amène d'autres
âmes à croire en Jésus. Il n'est pas utile d'étaler la noirceur du péché dans tous ses
détails, comme on le fait parfois dans certains témoignages. Cela ne produit que
curiosité malsaine et souillure de l'esprit chez ceux qui entendent ! L'important est de
savoir ce que le Seigneur a opéré dans notre coeur sans avoir à décrire le péché aux
yeux des hommes.
 
                        Il y a un parallèle intéressant à faire avec les paroles que la femme
adresse aux Samaritains et celles de Jésus dans le premier chapitre : « Venez et
voyez » (1 : 39). Lorsque le Seigneur invite les deux disciples à Le suivre, ceux-ci
« demeurèrent auprès de lui ce jour-là ». Ici, les Samaritains ont été touchés par le
témoignage de cette femme et ils ont cru en Jésus. C'est pourquoi ils désirent qu'Il
demeure avec eux pour l'entendre encore : « Beaucoup plus de gens crurent à cause
de Sa parole » (v. 41). La conséquence, c'est que le Seigneur Jésus n'est plus connu
seulement comme « le Christ », mais comme « le Sauveur du monde ».
 
                        Remarquons encore que cette femme a conduit plusieurs personnes
à Jésus par le témoignage qu'elle a rendu. Mais ensuite, c'est comme si elle
s'effaçait et disparaissait pour laisser la place au Seigneur. « Ce n'est plus à cause
de ce que tu as dit que nous croyons ; car nous-mêmes nous l'avons entendu, et
nous savons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde » (v. 42), disent les
Samaritains qui l'ont accepté. Ce qui importe en définitive c'est que le Seigneur soit
entendu et que ce soit Lui qui soit cru.
 
                        Il est intéressant de voir comment la connaissance du Seigneur Jésus
augmente chez la femme samaritaine. D'abord, elle ne le considère que comme un
Juif (v. 9). Puis elle reconnaît qu'il est un prophète (v. 19). Ensuite elle découvre qu'Il
est le Messie, le Christ (v. 25, 29). Enfin Il deviendra pour elle, et pour ceux qui ont
cru par son témoignage,  le Sauveur du monde (v. 42).