Vous êtes sur la page 1sur 19

MINISTERE DE L’AGRICULTURE,

DE LA PRODUCTION ANIMALE
ET HALIEUTIQUE
-----------

INSTITUT TOGOLAIS DE RECHERCHE AGRONOMIQUE

REFERENTIEL TECHNICO-ÉCONOMIQUE DE
LA PRODUCTION DE MAÏS GRAIN AU TOGO

Avec l’appui financier du PPAAO Togo

Nous assurons les bases technologiques d’un développement agricole durable


Préface

La présente série de Référentiel Technico-Economique (RTE), vient satisfaire un besoin


pressant, celui de mettre à la disposition des entrepreneurs agricoles, des outils d’aide à la
décision pour investir dans des domaines porteurs et de rentabilité certaine. Pour y parvenir,
l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA), a sollicité et obtenu, le soutien
financier du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO/WAPP),
très attaché à sa mission, celle de la performance du secteur agricole. Au moment où le Plan
National de Développement (PND) 2018-2022 prend véritablement son envol dans notre
pays, ces écrits viennent à point nommé pour inciter les acteurs à plus de déterminisme et à
l’action dans l’agriculture et la production animale.

Je tiens à exprimer ici notre reconnaissance, aux autorités du Ministère de l’Agriculture, de la


Production Animale et Halieutique (MAPAH), pour avoir permis l’accompagnement du
PPAAO –Togo dans la réalisation de cette première collection de RTE par l’ITRA.

Je voudrais féliciter et encourager les chercheurs de l’ITRA, à, davantage de sacrifice en vue


de la production constante d’ouvrages de synthèse au profit du monde rural. Nous ne devons
pas dormir sur nos lauriers et nous arrêter en si bon chemin, pendant que, d’autres défis nous
attendent au-delà des cinq RTE qui composent la présence collection.

Enfin, je tiens à rassurer les lecteurs, que l’ITRA reste ouvert aux critiques et propositions
constructives pouvant l’aider à améliorer ses futurs écrits.

Bonne lecture

Yao LOMBO
Directeur général de l’ITRA

ii
Dans la même série

Référentiel Technico-Economique de l’élevage Du mouton Djallonké au Togo

Référentiel Technico-Economique d’une de l’exploitation du poulet local amélioré

Référentiel Technico-Economique de la production du riz paddy en conditions irriguées au


Togo

Référentiel Technico –Economique de la production de semences certifiées de riz en


conditions irriguées

Sigles et abréviations

INADES-FORMATION : Institut Africain pour le Développement Économique et social


ITRA : Institut Togolais de Recherche Agronomique
PDAV : Programme de Développement de l’Aviculture Traditionnelle
CFA : Communauté financière d’Afrique

iii
Sommaire

1. Introduction ......................................................................................................................... 1
2. Gestion de la parcelle de production du maïs ..................................................................... 1
3. Les intrants agricoles .......................................................................................................... 3
4. La préparation du sol .......................................................................................................... 4
5. Le semis .............................................................................................................................. 4
6. Les travaux d’entretien........................................................................................................ 5
7. La fertilisation ..................................................................................................................... 5
8. L’irrigation .......................................................................................................................... 6
9. La protection des plants ...................................................................................................... 6
10. La récolte ......................................................................................................................... 6
11. Les travaux post récolte ................................................................................................... 7
12. La conservation et le stockage des grains de maïs .......................................................... 8
13. Analyse économique ....................................................................................................... 8
14. Conclusion ..................................................................................................................... 13

Liste des tableaux

Tableau 1 : Calendrier cultural du maïs dans la région Maritime .............................................. 2

Tableau 2 : Variétés améliorées produites au Togo ................................................................... 3

Tableau 3 : Amortissement du matériel de production .............................................................. 9

Tableau 4 : unité et base de calcul du compte d’exploitation d’un hectare dans la région
Maritime ..................................................................................................................................... 9

Tableau 5 : Compte d’exploitation d’un hectare de maïs grain en système semi intensif dans la
région Maritime ........................................................................................................................ 10

Tableau 6 : Unité et base de calcul du compte d’exploitation d’un hectare de maïs dans la
région Centrale ......................................................................................................................... 11

Tableau 7 : Compte d’exploitation de la production de maïs grain sur un hectare en système


semi intensif dans la région Centrale ....................................................................................... 11

Liste des figures

Figure 2 : plant de maïs à maturité ............................................................................................. 6

Figure 4 : Egrenage motorisé du maïs ........................................................................................ 7

i
1. Introduction

Le maïs est la céréale alimentaire de base des Togolais. Il est consommé sous plusieurs
formes. Autrefois considérée comme culture essentiellement vivrière, le maïs se positionne de
plus en plus comme une culture de rente ces dernières années.
L’application d’un itinéraire technique de production permet d’obtenir une meilleure
rentabilité de cette culture.
L’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) a pour vocation de générer et de
rendre accessible les connaissances et savoir-faire dans le domaine agricole.
Ces informations sont mises à la disposition des producteurs à travers des fiches techniques et
des référentiels technico économiques.
Le référentiel technico économique (RTE), au-delà de la description des technologies, va plus
loin en intégrant une évaluation économique rigoureuse.
C’est un document pratique, d’aide à la décision d’investissement dans diverses spéculations,
destiné aux producteurs et investisseurs.
Ce référentiel technico économique a pour but de servir d’outil de référence pour une bonne
production du maïs dans un système semi intensif au Togo.
2. Gestion de la parcelle de production du maïs

2.1. Choix de la parcelle


Le choix des parcelles se fait en prenant en compte les exigences des plants de maïs en sol. Le
maïs se cultive sous les conditions pluviométriques variant de 800 à 1500 mm.
La parcelle choisie doit être riche en matière organique, profonde, meuble et argileuse. Elle ne
doit pas retenir trop d’eau en période de pluie.
La date du choix de la parcelle doit être fonction de la durée des activités de préparation du
sol et de la période de semis.
Il est conseillé de choisir sa parcelle de production du maïs au moins un mois avant le
démarrage de la saison des pluies.
Dans les régions Maritime et des Plateaux, le choix de la parcelle se fait à partir de janvier
pour la grande saison pluvieuse et à partir de juillet pour la petite saison pluvieuse.
Dans les régions Centrale, de la Kara et des Savanes le choix se fait à partir d’avril. Ces trois
régions ont une seule saison de pluie qui couvre généralement les mois de mai à octobre.
2.2. La rotation culturale
La rotation culturale permet à la parcelle de gardé son potentiel et d’éviter les attaques des
maladies et des ennemies du maïs notamment le Striga.
Le plant de maïs est exigeant en matière de texture du sol. Il est également sensible aux
maladies. Pour cela, une rotation culturale permet de garantir les meilleures conditions de
culture aux plants de maïs.
Le maïs se développe bien en début de rotation sur les sols riches. Dans une rotation culturale,
le maïs peut venir après la culture des légumineuses (niébé, soja, arachide, mucuna etc.).
Il n’est pas recommandé de faire le maïs après le manioc dans une rotation culturale car les
plants de manioc appauvrissent le sol.
Il n’est pas conseillé de répéter maïs sur maïs sur la même parcelle après un cycle de
production.
2.3. Calendrier cultural
Le calendrier cultural est un guide pour les meilleures périodes d’exécution des activités. Le
tableau 1 contient les informations relatives au calendrier cultural de la région Maritime.

1
Tableau 1 : Calendrier cultural du maïs dans la région Maritime

Mars
Avril

Août
Juin

Sept
Travaux à faire

Mai

Nov
Juil

Déc
Oct
Jan
Fév
Choisir et délimiter la parcelle
Nettoyer la parcelle
Labourer la parcelle
Achat des intrants : Semences, engrais et
pesticides
Semer et ressemer
1er sarclage et le démariage
1er apport d’engrais : NPK 15.15.15
2ème sarclo-buttage
2ème apport d’engrais : urée 46%
Récolte et despathage du maïs sec
Séchage, égrenage, stockage
Vendre

Légende
Grande saison pluvieuse
Petite saison pluvieuse

2
3. Les intrants agricoles

3.1. Les semences de maïs


La quantité de semences nécessaire pour la culture d’un hectare de maïs est estimée à 20 kg.
Les semences doivent être de bonne qualité. Il est conseillé d’utiliser les semences certifiées.
Elles sont obtenues auprès des sociétés agrées et multiplicateurs de semences.
Il n’est pas conseillé d’utiliser les grains issus de sa production pour la culture suivante car
cela diminuera le potentiel de production de la variété.
 Variétés améliorées les plus produites dans la région Maritime
Les variétés améliorées sont résistantes aux maladies et ont un rendement élevé. Le choix de
ces variétés doit prendre en compte la saison.
Ainsi pour la région maritime, on choisira les variétés à cycle intermédiaire pour la grande
saison pluvieuse et les variétés à cycle précoce pour la petite saison pluvieuse.
Il est conseillé de choisir les variétés améliorées car elles ont un bon potentiel de rendement.
Tableau 2 : Variétés améliorées produites au Togo
Variétés de maïs Cycle (jours) Couleur du grain Rendement potentiel
(t/ha)
IKENNE 9449 SR 90 - 95 Blanche 6
OBATAMPA(QPM) 95 - 100 Blanche 5
SOTUBAKA 95 - 100 Jaune 6
TZEE W Pop STR QPM 75 – 85 Blanche 4
ACR97 TZL Comp 1 W 100 – 110 Blanche 7
3.2. Les engrais minéraux et organiques
Les plants de maïs répondent favorablement à l’apport d’engrais. Pour une production élevée,
il est recommandé d’apporter de l’engrais et de la matière organique ou uniquement de
l’engrais minéral.
L’engrais minéral à apporter est le NPK 151515 à 200 kg à l’hectare, au plus tard deux
semaines après le semis ; l’urée (46% d’azote) à 100 kg au début de la floraison et le
potassium à 30 kg. Ceci est la recommandation de la fertilisation dans la région maritime.
Dans les autres régions, l’engrais minéral NPK et l’urée seront apporté aux plants.
La quantité de matière organique conseillé est de 5 tonnes en apport au poquet et 10 tonnes
par épandage à l’hectare.
3.3. Les pesticides
Les plants de maïs ont besoin d’être bien entretenus. Pour cela, il faut prévoir l’achat des
insecticides, des fongicides et des herbicides.
Ces produits seront utilisés contre les mauvaises herbes et contre les insectes et autres
ravageurs.
L’herbicide sélectif de prélevé après le semis de maïs peut être utilisé et ceci remplace le
premier sarclage.
Les produits à utilisés sont ceux qui sont homologués.

3
4. La préparation du sol

Le maïs a des racines fasciculées qui peuvent atteindre 1 m de profondeur. Une bonne
préparation du sol, permettra aux plants de bien se développer et garantir une bonne
production.
4.1. Le Défrichement
Le défrichement consiste à débarrasser la parcelle de toutes les herbes et arbustes. Cela rend
le champ prêt pour le labour.
Cette activité peut se faire manuellement avec de coupe coupes et autres matériels agricoles
ou à l’aide d’un tracteur. Un bon défrichement facilite le labour du sol.
Les débris et autres seront enfoui au moment du labour ou serviront pour le compostage. Les
souches seront enlevés et bruler hors du champ.
Il est indiqué de faire le défrichement de janvier à mars pour la grande saison pluvieuse et en
juillet-août pour la petite saison pluvieuse dans la région Maritime.
Cette activité peut débuter en avril dans les régions Centrales, de la Kara et des Savanes.
4.2. Le Labour
Le labour permet de retourner le sol et d’enfouir les débris et les résidus de récolte ce qui
enrichit le sol. Il détruit les mauvaises herbes et nettoie le sol.
Le labour du sol se fait à une profondeur de 15 à 30 cm. Il peut se faire manuellement à l’aide
de la daba ou au tracteur. Un bon labour assure une bonne installation de la culture.
Il est conseillé de faire le labour juste avant les semis afin d’éviter l’envahissement des
parcelles par les mauvaises herbes.
4.3. Le Pulvérisage
Le pulvérisage permet de casser les mottes et de raffiner le lit de semis après le labour. Il est
conseillé de faire le pulvérisage pour augmenter le taux de levé des plants de maïs et leur
développement rapide au stade jeune.
Le pulvérisage se fait à l’aide de herse ou de pulvériseur au tracteur ou attelé.
Le fumier ou compost bien décomposé est apporté avant le pulvérisage.
5. Le semis

5.1. Le schéma cultural


Pour les variétés à cycle intermédiaire comme les variétés IKENNE 9449 SR et OBATANPA
et la variété ACR 97 TZL Comp 1 W, le schéma cultural est de 80 cm entre les lignes et 40
cm entre poquets à deux plants par poquet. Ce schéma cultural permet d’obtenir une densité
de 62500 plants de maïs à l’hectare. Cette densité permet d’obtenir le meilleur rendement de
ces variétés.
Pour les variétés précoces comme la variété TZEE W Pop STR QPM, le schéma adapté est 80
cm entre les lignes et 35 cm sur les lignes entre les poquets. Une densité de 71428 plants à
l’hectare sera obtenue à raison de deux plants par poquet.
5.2. Le semis proprement dit
Le semis de maïs peut se faire manuellement ou à l’aide du matériel agricole. La profondeur
de semis ne doit pas dépasser 5 cm.

4
Les semis se font quand le sol est bien mouillé. Il faut semer quand la saison est bien installée
et après une pluie utile.
Cette période est comprise en général entre la moitié du mois de mars et jusqu’au 15 mai pour
la grande saison pluvieuse. Elle va du 15 août au 15 septembre pour la petite saison pluvieuse
dans la région Maritime.
Les semis peuvent se faire jusqu’au 15 juin dans les régions Centrale, de la Kara et des
Savanes.
Pour que les semences puissent bien germer, il faut les traiter avec un produit fongicide –
insecticide.
Faire le ressemis si nécessaire 7 jours après semis.
6. Les travaux d’entretien

6.1. Le démariage
Le démariage consiste à enlever le surplus des plants du maïs dans les poquets.
Démarier à deux plants par poquet.
6.2. Les sarclages et sarclo-buttage
La recherche recommande généralement deux sarclages dont le premier sarclage devra
intervenir entre le 10ème et le 15ème jour après le semis et le second entre le 35ème et le
45ème jour après semis.
Le sarclo-buttage permet d’éviter la verse et de conserver l’humidité du sol. Il peut remplacer
le deuxième sarclage.
Faire un sarclage supplémentaire avant la récolte si c’est nécessaire.
7. La fertilisation

7.1. L’apport de l’engrais NPK 151515


L’apport de l’engrais NPK 151515 est fait avant ou au moment du semis. Il peut être apporté
jusqu’au stade 3 feuilles des jeunes plants de maïs correspondant en général à la période avant
le 15ème jour après semis.
L’engrais est apporté manuellement ou à l’aide d’un épandeur. Il est apporté quand le sol est
humide en faisant des poquets ou des drains fermés à 5 cm des plants.
Quand il est apporté en poquet, se servir d’un dosseur pour que chaque poquet reçoive 6,4 g
ce qui correspond à 2 capsules de bouteilles de bière.
La quantité d’engrais nécessaire sera calculée en fonction de la superficie.
7.2. L’apport de l’engrais minéral Urée 46%
L’urée est apportée trois à quatre semaines après l’apport de l’engrais NPK. Cela correspond à
35 à 45 jours après le semis. L’urée est apportée avant la sortie des panicules.
L’urée apportée en poquet se fait à la quantité de 3,2 g à l’aide d’un doseur.
7.3. L’apport d’engrais potassique
Les sols de la région maritime sont pauvres en potasse. Un apport d’engrais potassique K2O à
30 kg à l’hectare sera apporté avant la floraison.
Cette quantité est apporté en même temps que l’urée ou à la floraison.

5
Si l’engrais potassique est apporté au même moment que l’Urée, bien mélangé les deux
engrais.
8. L’irrigation

Le maïs est sensible à la sècheresse. Quand l’arrêt de pluie devient long de sorte que le sol
devient sec, il est conseillé d’apporter de l’eau aux plants de maïs notamment au moment de
la floraison qui est une étape critique de production du maïs.
9. La protection des plants

Les plants de maïs doivent être protégés des insectes et des ravageurs. Actuellement, les
insectes qui créent plus de dommage aux plants sont les chenilles légionnaires.
La protection se fait par le traitement des plants par l’utilisation des insecticides efficaces
homologués.
Plusieurs maladies peuvent affecter les plants. Pour la plupart des maladies, le remède est
d’enlever les plants malades de la parcelle de production.
10. La récolte

La récolte du maïs se fait quand les spathes des épis de maïs sont sèches. Il est conseillé de le
faire quand les spathes prennent une coloration paille.
Au cours de la récolte enlever les spathes sur place au champ. Ceci permettra de les enfouir
plus tard dans la terre au moment des prochains labours.

Figure 1 : plant de maïs à maturité

6
11. Les travaux post récolte

11.1. Le séchage
Les épis sont séchés sur une aire de séchage jusqu’à ce que les grains soient bien secs. Un
taux d’humidité de 12 à 16 % est idéal avant l’égrenage. Ce taux peut être donné par un
humidimètre. L’égrenage est plus facile car les grains se détachent facilement des rafles.

11.2. L’égrenage et le vannage


L’égrenage des épis peut se faire manuellement ou à l’aide des égreneuses manuelles ou
motorisées. Les grains obtenus sont séchés pour la conservation.
Il est conseillé de bien vanner les grains afin de débarrasser votre production des débris.

Figure 2 : Egrenage motorisé du maïs

7
12. La conservation et le stockage des grains de maïs

Le stockage permet de conserver la qualité du maïs grain jusqu’au moment d’utilisation


12.1. La conservation avec les produits chimiques
Il faut s’assurer que le maïs grain est bien sec après égrenage. Le maïs peut être est traité
avant le stockage.
Le traitement pour la conservation peut se faire par fumigation ou par mélange des grains
avec un produit de conservation. La durée minimale de conservation des grains est de trois
mois.
Prendre soin de se protéger au cours de cette opération par le port de gants et de cache nez.
12.2. Le stockage du maïs grain
Le maïs grain est stocké dans un magasin bien aéré. Les sacs de maïs sont à disposer sur des
palettes de planches en bois.
Au cours de cette opération prendre soin de garder une distance du toit et des murs. La
distance minimale est de 1 m.

13. Analyse économique

13.1. Définition des concepts

Les indicateurs de rentabilité retenus sont la marge brute, la marge nette, le taux de rentabilité
et le seuil de rentabilité.

 Marge brute
La marge brute mesure la rentabilité avant l’amortissement. Il s’agit des recettes diminuées
des coûts d’exploitation ou coûts variables pour chaque année.

 Marge nette
La marge nette ou bénéfice est égale à la marge brute diminuée des charges fixes soit les
recettes diminuées des coûts totaux (coûts fixes + coûts variables) pour chaque année.

 Taux de rentabilité

Le taux de rentabilité est le rapport de la marge nette sur le total des charges, multiplié par
100.

 Seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité correspond au niveau de chiffre d’affaires à réaliser afin d’avoir un


résultat nul.
 Seuil de rentabilité en valeur = Charges fixes*chiffre d’affaire / Chiffre
d’affaire – Coûts variables

8
 Seuil de rentabilité en quantité = Seuil de rentabilité en valeur/Prix de vente
unitaire

13.2. Compte d’exploitation prévisionnel d’un hectare de maïs dans les


régions maritime et centrale
Le compte d’exploitation prévisionnel de la production du maïs est établi sur une campagne et
se base sur les charges et les recettes de la campagne.

Pour la culture du maïs, les coûts de production comportent d’une part les charges fixes et
d’autre part les charges variables. Les charges fixes comprennent les charges d’amortissement
du matériel de production et les charges liées à la location du terrain. Les charges
d’amortissement du matériel de production sont présentées dans le tableau 3 qui indique que
le producteur doit dépenser 15 433 FCFA par cycle de production afin de renouveler le
matériel de production. Cet amortissement est identique dans les deux régions Maritime et
Centrale

Tableau 3 : Amortissement du matériel de production


Matériel Quantité Coût unitaire Coût initial Durée de vie Amortissement annuel
Coupe-coupe 5 3000 15000 3 5000
Daba 2 2000 4000 3 1333
Houe 5 1500 7500 3 2500
Total amortissement 15 433

 Compte d’exploitation d’un hectare de maïs en système semi intensif dans la


région Maritime

Le compte d’exploitation est réalisé sur la base des éléments contenus dans le tableau 4.

Tableau 4 : unité et base de calcul du compte d’exploitation d’un hectare dans la région
Maritime
Pays Togo
Monnaie locale F CFA
Unité de mesure de parcelle Hectare
Année de calcul 2018
Unité de mesure de quantité Kilogramme
Zone de production Région Maritime
Système de culture Semi intensif
Prix de vente 160 FCFA
Rendement moyen en grain 3500 kg/ha
Main-d’œuvre Homme jour (h/j)
Homme jour 1200 F CFA

9
Tableau 5 : Compte d’exploitation d’un hectare de maïs grain en système semi intensif
dans la région Maritime
Rubrique Unité Quantité Coût Uni. Cout total
Charges liées aux intrants
Semence certifié kg 20 500 10 000
Herbicide total litre 2 2 500 5 000
Insecticide (contre chenille légionnaire) flacon (1/4 l) 8 2 500 20 000
Engrais (NPK 15.15.15) sacs 4 13 720 54 880
Engrais (NPK 15.15.15 + Urée 46%) sacs 2 13 720 27 440
Achat du compost sacs 20 2 500 50 000
Produits de traitement (Insecticides + fongicides) sachet 5 700 3 500
Produit de stockage boîte 30 500 15 000
Achat de sacs pour égrenage 100 kg sacs 15 350 5 250
Achat de sacs de conditionnement de 100 kg sacs 30 350 10 500
Transport engrais 6 400 2 400
Total Charges liées aux intrants (a) 203 970
Charges liées aux opérations culturales
Défrichage h/j 15 1 200 18 000
Application de l'herbicide h/j 2 1 200 2 400
Epandage fumier h/j 8 1 200 9 600
Labour h/j 30 1 200 36 000
pulvérisage h/j 15 1 200 18 000
Semis h/j 15 1 200 18 000
Resemis h/j 2 1 200 2 400
Epandage de NPK (15.15.15) h/j 12 1 200 14 400
Sarclages (2 fois) h/j 30 1 200 36 000
Epandage de l’Urée 46% h/j 12 1 200 14 400
Récolte, despathage et ramassage h/j 16 1 200 19 200
Séchage h/j 4 1 200 4 800
Triage des épis h/j 2 1 200 2 400
Egrenage et vannage h/j 12 1 200 14 400
Traitement et ensachage des grains h/j 2 1 200 2 400
Transport récolte du champ à la maison Sac de 100 kg 30 400 12 000
Transport vente de la maison au marché Sac de 100 kg 30 400 12 000
Total Charges liées aux opérations culturales (b) 236 400
Charges variables c=a+b 440 370
Charges fixes
Location de terre ha 1 20 000 20000
Amortissement du matériel de production campagne 1 15 433 15 433
Total Charges fixes (d) 35 433
Dépenses de production e=c+d 475 803
Produit
Rendement kg/ha 3500
Prix de vente Fcfa/kg 160
Chiffre d'affaire (f) 560 000
Marge brute (mb=f-c) 119 630
Marge nette (mn=mb-d)) 84 197
Seuil rentabilité en valeur (srv=d*f/f-c) Fcfa 165 865
Seuil de rentabilité en quantité (srq=srv/prix) kg 1 037
Taux de rentabilité (t=mn/e)*100 % 18

10
 Compte d’exploitation d’un hectare de maïs grain en système semi intensif dans
la région Centrale

Le compte d’exploitation pour la région Centrale est réalisé sur la base des éléments contenus
dans le tableau 6.

Tableau 6 : Unité et base de calcul du compte d’exploitation d’un hectare de maïs dans
la région Centrale
Pays Togo
Monnaie locale F CFA
Unité de mesure de parcelle Hectare
Année de calcul 2018
Unité de mesure de quantité Kilogramme
Zone de production Région Centrale
Technique de production Semi intensif
Prix de vente 150 FCFA
Rendement moyen en grain 4000 kg
Main-d’œuvre Homme jour (h/j)
Homme jour 1200 FCFA

Tableau 7 : Compte d’exploitation de la production de maïs grain sur un hectare en


système semi intensif dans la région Centrale
Rubrique Unité Quantité Coût Uni. Cout total
Charges liées aux intrants
Semence certifié kg 20 500 10 000
Herbicide total litre 2 2 500 5 000
Insecticide (contre chenille légionnaire) flacon (1/4 l) 8 2 500 20 000
Engrais (NPK 15.15.15) sacs 4 13 720 54 880
Engrais (Urée 46%) sacs 2 13 720 27 440
Achat du compost sacs (25kg) 20 2 500 50 000
Produits de traitement (Insecticides + fongicides) sachet 5 700 3 500
Produit de stockage boîte 30 500 15 000
Achat de sacs pour égrenage 100 kg sacs 15 350 5 250
Achat de sacs de conditionnement de 100 kg sacs 30 350 10 500
Transport engrais 6 400 2 400
Total Charges liées aux intrants (a) 203 970
Charges liées aux opérations culturales
Défrichage h/j 15 1 200 18 000
Application de l'herbicide h/j 2 1 200 2 400
Epandage fumier h/j 8 1 200 9 600
Labour ha 30 1 200 36 000
pulvérisage ha 15 1 200 18 000
Semis h/j 15 1 200 18 000
Resemis h/j 2 1 200 2 400
Epandage de NPK (15.15.15) h/j 12 1 200 14 400
Sarclages h/j 15 1 200 18 000
Epandage de l’Urée 46% h/j 12 1 200 14 400
Buttage h/j 24 1 200 28 800
Récolte, despathage et ramassage h/j 16 1 200 19 200
Séchage h/j 4 1 200 4 800
Triage des épis h/j 2 1 200 2 400
Egrenage et vannage h/j 12 1 200 14 400

11
Traitement et ensachage des grains h/j 2 1 200 2 400
Transport récolte du champ à la maison 30 400 12 000
Transport vente de la maison au marché 30 400 12 000
Total Charges liées aux opérations culturales (b) 247 200
Charges variables c=a+b 451 170
Charges fixes
Location de terre ha 1 20 000 20000
Amortissement du matériel de production FCFA/an 1 15 433 15 433
Total Charges fixes (d) 35 433
Dépenses de production e=c+d 486 603
Produit
Rendement kg/ha 4000
Prix de vente FCFA/kg 150
Chiffre d'affaire (f) 600 000
Marge brute (mb=f-c) 148 830
Marge nette (mn=mb-d)) 113 397
Seuil rentabilité en valeur (srv=d*f/f-c) FCFA 142 846
Seuil de rentabilité en quantité (srq=srv/prix) kg 952
Taux de rentabilité (t=mn/e)*100 % 23
 Recette

Quand on respecte les bonnes pratiques agricoles (itinéraire technique), le rendement moyen
obtenu est de 3,5 tonnes à l’hectare dans la région Maritime. Ce rendement est de 4 tonnes
dans la région Centrale en suivant l’itinéraire recommandé.

Le prix de vente de maïs varie de 120 francs à 200 francs CFA/kg en fonction de avec la
période de vente sur le plan national.

- Dans la région Maritime

Dans la région Maritime, le prix de vente du maïs est en moyenne de 160 francs CFA/kg. Ce
qui permet de dégager une recette de 560 000 FCFA pour un hectare de production.

Les valeurs des indicateurs de rentabilité qui sont présentées dans le tableau 5 indiquent une
marge brute de 119 630 FCFA et une marge nette de 84 197 FCFA.

Le tableau 5 indique un taux de rentabilité de 18 %, autrement dit, pour 100 FCFA investi, le
producteur enregistre un gain de 18 FCFA.

Le seuil de rentabilité en valeur indique que pour une recette d’exploitation de 165 865 FCFA
par hectare, la marge nette devient nulle. Le producteur commence à faire des bénéfices au-
delà de cette valeur. Pour le seuil de rentabilité en quantité, il faut une production de 1037 Kg
de maïs à un prix de 160 FCFA/kg pour avoir une marge nette nulle.

12
- Dans la région Centrale

Le prix de vente du maïs est en moyenne de 150 francs CFA/kg dans la région Centrale. Ce
qui permet de dégager une recette de 600 000 FCFA pour un hectare de production.

Les valeurs des indicateurs de rentabilité qui sont présentées dans le tableau 7, indiquent une
marge brute de 148 830 FCFA et une marge nette de 113 397 FCFA.

Le taux de rentabilité est de 23 %. Ce qui signifie qu’un investissement de 100 FCFA dans la
région Centrale entraine un gain de 23 F FCFA. Le gain induit par cet investissement est
légèrement supérieur à celui de la région Maritime.

Le seuil de rentabilité en valeur indique que pour une recette de 142 846 FCFA par hectare la
marge nette devient nulle. Le producteur commence à faire des bénéfices au-delà de cette
valeur. Par contre le seuil de rentabilité en quantité est de 952 kg de maïs vendu au prix de
150 FCFA/kg.

14. Conclusion

La culture du maïs est une activité agricole rentable. L’obtention d’un meilleur profit passe
par la maîtrise de la technique de production, des coûts des opérations culturales et la gestion
de la vente.

Pour produire un kilogramme de maïs dans la région Maritime on a besoin de 136 FCFA avec
un taux de rentabilité de 18%. Dans la région Centrale, la production d’un kilogramme de
maïs nécessite 122 FCFA avec un taux de rentabilité de 23%.

Ce référentiel technico économique sert de guide technique et économique pour une meilleure
gestion de la culture du maïs au Togo.

13
Revue bibliographique

Didjéira A., Badjare B., 2008. Bien cultiver et conserver le maïs. ITRA, Brochures et fiches
techniques.
INADES formation, 2000. Le Maïs. Productions de l’agriculteur.

Apedo K. D., Heldmann M., Matthess A., S. Amadou, Akassi K., Eho Y., 2016. Faire de
bonnes affaires avec la culture du maïs. Référentiel technico-économique, zone cacaoyère
Togo. GIZ/Sustainable Smallholder Agribusiness

PDAV, 2009. Référentiel technico-économique pour la mise en place d’une exploitation de


poulets de race locale. Burkina Faso

14
Réalisation

ITRA, Direction Générale

Coordination

ITRA, Direction Scientifique

Equipe de rédaction
M. AMADOU Sadate, Ingénieur agronome, ITRA/CRAL

Dr TCHALA Noudifoulè, PhD, Agronome-Sélectionneur, ITRA/CRAL

M. ZOUPOYA Kokou, Ingénieur Agroéconomiste, ITRA/CRAL

M. SANOU Komi, Ingénieur Agroéconomiste

AGBO Kokouvi Amos, Agroéconomiste

Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA)


B.P. 1163 Lomé- TOGO
Tél. : (228) 22 25 21 48 – Fax : (228) 22 22 15 59
E-mail : itra@cafe.tg

15