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CHAPITRE 4 : INTRODUCTION A LA MACROECONOMIE ET A LA

COMPTABILITE NATIONALE

4.1 Les problèmes


La macroéconomie est l’étude du fonctionnement de l’ensemble de l’économie. L’inflation, le
chômage et la croissance sont trois des principaux problèmes macroéconomiques.

Inflation

L’inflation indique la manière dont les prix monte, augmentent. On parle de taux d’inflation
lorsqu’il y a une différence de prix entre le prix avant et le prix de maintenant. Le taux
d’inflation calculé généralement sur une année est l’augmentation en pourcentage du niveau
moyen des prix des biens et services. On utilise généralement l’indice des prix de détail à la
consommation (IPC)

Chômage

Le chômage correspond au nombre d’individus qui sont sensés chercher du travail et


dépourvus d’emploi.
Le taux de chômage est le % de la population active en chômage. La population active est le
nombre de personnes qui travaillent ou qui cherche à travailler.

La population active exclut tous ceux qui ne travaillent pas et ne cherchent pas un emploi
comme les riches propriétaires et les étudiants.
Le produit et la croissance

Le produit intérieur brut réel (PIB réel) mesure le revenu total de l’économie .Il indique la
quantité de biens et services que l’ensemble de l’économie a les moyens d’acheter.

Le gouvernement dispose de diverses mesures de politique économique par lesquelles il peut


tenter d’influer sur les résultats de l’ensemble de l’économie à travers les indicateurs que sont
le taux d’inflation, le PIB, la croissance économique ou le taux de croissance qui est une
augmentation du PIB réel. Il lève les impôts, engage des dépenses, régule la masse monétaire,
les taux d’intérêt, le taux de change dans ses activités économiques. Il fixe les objectifs pour
la production et les prix des secteurs nationalisés. Toutes ces attributions de l’Etat relève de la
politique macroéconomique.

4.2 Le cadre général


Une économie complète comprend plusieurs millions d’unités économiques distinctes : des
ménages, des entreprises (firmes), des administrations centrales ou locales et l’étranger (reste
du monde). Globalement, leurs décisions déterminent la dépense totale de l’économie, son
revenu total et sa production totale des biens et services.

Le circuit économique

Si l’on considère l’ensemble des transactions entre les ménages et les entreprises seulement
sans l’Etat et l’étranger, elles représentent un circuit économique

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Le graphique 1 suivant représente le circuit économique de base entre les ménages et les
entreprises non compris l’Etat et l’étranger.

Graphique 1°- Représentation des relations entre les deux agents (entreprises,
ménages)

Dépense en biens et services

Biens et services

Ménages
Entreprises

Services des facteurs de production

Revenus des facteurs

La boucle intérieure décrit les transferts des ressources réelles ou flux réels entre les deux
agents économique et la boucle extérieure décrit les flux d’argent ou monétaires
correspondants

La figure suggère qu’il existe trois façons de mesurer le niveau d’activité économique dans
une économie. Ce niveau d’activité est mesuré par :
(a) la valeur des biens et services produits,
(b) le niveau des revenus des facteurs de production qui représentent la valeur des services des
facteurs offerts, ou
(c) le montant des dépenses consacrées à l’achat des bien et services.

Il est important de noter que les revenus des facteurs sont nécessairement égaux aux dépenses
des ménages sous l’hypothèse que tout le revenu des ménages est dépensé.

Le circuit économique présenté par ce graphique montre l’importance des interactions dans
l’ensemble de l’économie. Il est cependant trop simple pour décrire la réalité. En effet, il
laisse de côté un trop grand nombre de caractéristiques du monde réel : l’épargne,
l’investissement, les dépenses publiques, les impôts et les transactions entres les entreprise et
le reste du monde

Si une économie ne réalise pas des transactions avec le monde extérieur, on parle d’économie
fermée. Au contraire, une économie ouverte est une économie qui a des relations s avec
l’extérieur.

La priorité doit être de développer un système complet de comptabilité nationale qui intègre
tous les aspects.

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4.3 La comptabilité nationale
La mesure du PIB
Le produit intérieur brut (PIB) mesure le produit (revenu ou richesse) fabriqué par les
facteurs de production situés sur le territoire national, quelles que soient les personnes qui
possèdent ces facteurs.

Le produit national brut (PNB) est la richesse produite par les agents économiques
nationaux vivant sur le territoire ivoirien ou à l’étranger.
Si on calcule le PIB en faisant la somme de la valeur des biens produit, il ne faut pas y inclure
aussi celle des matières premières ayant servi à la fabrication du bien qui contient déjà cette
valeur. Pour éviter les doubles comptes, on se sert du concept de valeur ajoutée

La valeur ajoutée est l’augmentation de la valeur des biens qui résultent du processus de
production.
On calcule la valeur ajoutée en retranchant de la valeur de la production de la firme ou de
l’entreprise le coût des moyens de production qui ont été consommés dans le processus de
fabrication du produit.

Au concept de valeur ajouté est étroitement liée la distinction entre biens finals et biens
intermédiaires.

Les biens finals sont des biens achetés par l’utilisateur final. Ce sont soit des biens de
consommation acquis par les ménages, soit des biens d’équipement, comme les machines
achetées par les entreprises. Les biens intermédiaires sont des biens semi-finis qui sont
consommés dans le processus de production.

Le PIB est la somme des valeurs ajoutées. Comme il est évalué aux prix du marché, mais que
les valeurs ajoutées sont calculées hors taxes, il convient d’ajouter la TVA et les droits de
douane

PIB = somme des valeurs ajoutées + TVA + droits de douane

Le PIB marchand et le PIB non marchand


On distingue le PIB marchand et le PIB non marchand
Est marchande, toute production vendue à un prix qui couvre au moins les coûts de
production. Il s’agit généralement des biens privés (biens alimentaires, vêtements, etc.)
Est non marchande, toute production de services fournis gratuitement ou à un prix
inférieur à son coût de production (défense nationale, justice, police, enseignement public, la
santé publique etc.)

PIB= PIB marchand + PIB non marchand

L’investissement et l’épargne

L’investissement est l’achat de nouveaux biens d’équipement par les entreprises.


L’épargne est la fraction du revenu qui n’est pas dépensé pour acheter des biens et services,
c’est-à-dire pour consommer.

Supposons qu’on désigne par

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Y= la valeur du PIB qui est aussi égale au montant des revenus des ménages.
C =représente la demande de consommation des ménages et
S= leur épargne, fraction du revenu non dépensée, il résulte que

S ≡ Y – C et Y ≡ C + S (1)
Le symbole ≡ signifie « est identiquement égal à, par définition.

De même comme le PIB Y peut être mesuré par la somme des demandes finales de
consommation C et d’investissement I,

Y≡C+I (2)

Il résulte tout simplement des définitions de la comptabilité nationale que

Y≡C+S ≡C+I
Il est donc nécessairement vrai que

S ≡I (3)
L’identité (3) indique que l’épargne est égale à l’investissement.

Les stocks sont des biens détenus par une entreprise en vue d’une production ou d’une vente
future.
L’Etat

Les administrations publiques collectent des recettes à la fois par des impôts directs Td et
prélevés sur les revenus qui sont composés de salaires, de rentes, des intérêts et des profits et
par des impôts indirects Tb ou impôts sur la dépense appelés impôts sur les biens et services
Tb (TVA, taxes sur les produits divers (cigarette, produits pétroliers) et taxes sur les produits
nuisible à l’environnement. Les impôts son collectés pour financer deux sortes de dépenses.
Les dépenses publiques en biens et services (G) qui comprennent des achats de biens et
services matériels par l’Etat. Elles incluent des dépenses servant à payer les traitements des
fonctionnaires civiles et militaires ainsi que l’achat des machines et matériels divers.
Mais les administrations publiques dépensent aussi de l’argent pour financer des transferts ou
prestations (F). Ces transferts comprennent des pensions, des allocations chômage et des
subventions aux entreprises privées (subvention d’équipement) et aux entreprises publiques
(compensation des pertes)
On rappelle que les transferts sont des paiements sans fourniture de biens et services en
contrepartie.
Les transferts n’ajoutent rien au revenu national. Ils ne doivent être incluent dans le PIB car il
n’y a pas de valeur ajoutée ou de produit net fabriqué correspondant.

Les impôts et les transferts ne font que redistribuer le revenu existant et retirent un pouvoir de
dépense aux gens soumis à l’impôt pour le donner à ceux qui bénéficient des subventions.

Ainsi, le PIB aux prix du marché mesure la production intérieure à l’exclusion des impôts
indirects sur les biens et services

Soit
PIB aux prix du marché = C + I+ G (4)

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Des taux d’impôts indirects élevés augmentent le prix des biens et services. Ceci augmente la
valeur du produit au prix du marché, la quantité physique produite n’augmente pas. Il est donc
plus aisé d’utiliser la mesure du PIB au coût des facteurs. Ainsi en retranchant les impôts
indirects (nets des subventions) Tb, on obtient :

Y≡ PIB au coût des facteurs ≡ C + I+ G-Tb (5)

Le revenu disponible est le revenu des ménages après impôts directs et transferts. Il exprime
ce dont ils disposent pour dépenser ou épargner

Yd = Y + F - Td
En tenant compte du secteur public, l’épargne est la fraction du revenu disponible qui n’est
pas consommée. Soit

S ≡ (Y + F – Td) – C (6)
Sur la figure 5-5, la consommation C aux prix du marché est complétée par les injections des
demandes d’investissement I et des dépenses publiques G. Du PIB aux prix du marché, on
soustrait les impôts indirects Tb pour retrouver le PIB au coût des facteurs (Y).

L’identité (6) implique que le PIB au coût des facteurs est donné par

Y ≡ C + S –F +Td
En comparant cette identité à notre définition de Y dans (5) on arrive à :

C +S –F +Td ≡ C + I +G -Tb
Comme ces expressions sont identiquement égales, nous pouvons dire que

S + Td +Tb ≡ I +G +F (7a)
et que
S - I ≡ G + F –Td -Tb (7b)

Le membre de gauche (7a) nous indique que le total des fuites ou retraits du circuit de
paiement (épargne et impôts payés à l’Etat) est égales aux injections (la demande
d’investissement, les dépenses publiques en bien et services, et les transferts)

L’identité (7b) exprime la même chose différemment. (7b) dit que l’excédent du secteur privé
(S-I des ménages et des entreprises) est compensé par les injections nettes du secteur public
G +F – Td - Tb (le déficit financier de l‘Etat). Globalement, le secteur privé ne peut avoir un
excédent que si l’Etat a un déficit, et vice versa.

L’étranger (ou le reste du monde)

Si on incorpore l’étranger dans le circuit économique, l’économie nationale est mise en


relation avec l’extérieur, on dit alors que l’économie est ouverte.

Les exportations (X) sont des biens produits à l’intérieur du pays mais vendu à l’étranger
Les importations (M) sont des biens et services produits à l’étranger mais achetés en vue en
vue d’une utilisation dans l’économie nationale.
Les exportations nettes (XN) =X - M

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Si X –M =XN >0 la balance commerciale est excédentaire

Si X –M =XN <0 la balance commerciale est déficitaire


Ainsi dans une économie ouverte, on peut intégrer la présence d’échanges commerciaux avec
l’étranger en redéfinissant comme suit le PIB au coût des facteurs :

Y ≡ C +I +G + X – M - Tb (8)
≡ C + I +G + XN -Tb

Les importations représentent une fuite d’argent du pays or les exportations constituent une
entrée ou une injection de ressources en provenance de l’extérieur.

En combinant l’identité (8) à l’identité (6), on obtient

S + (Td + Tb –F) +M ≡ I +G +X (9a)


et
S - I ≡ (G + F–Td- Tb) + XN (9b)

L’identité (9b) étend (7b) à une économie ouverte. Un excédent du secteur privé S-I est une
fuite hors du circuit de paiement. Il doit être compensé par une injection d’égal montant.
Autrement dit l’excédent du secteur privé doit être équilibré par le déficit budgétaire de l’Etat
le déficit commercial des étrangers.

Du PIB au PNB

Le produit national brut (PNB) mesure le revenu total gagné par les agents économiques
nationaux quel que soit le pays où ils offrent les services de leurs facteurs de production. Le
PNB est égal au PIB majoré des revenus du travail, de la propriété et de l’entreprise, reçus du
reste du monde net des revenus de même nature versés à des non-résidents :

PNB = PIB + revenus des facteurs en provenance du reste du monde – revenus de


facteurs versés au reste du monde

Du PIB au revenu national (RN)

Avant de passer au revenu national, il faut tenir compte de l’amortissement et définir le


produit intérieur net (aux prix du marché).
L’amortissement ou consommation de capital fixe, mesure le taux auquel la valeur du stock
de capital existant diminue par période à cause de l’usure ou de l’obsolescence.

Le Produit intérieur net (PIN) = PIB – Amortissement ou consommation de capital fixe

Le revenu national (RN) = Produit intérieur net


(aux prix du marché) -Revenus des facteurs reçus du reste du monde nets
Des mêmes revenus versés au reste du monde
-Impôts liés à la production et aux importations nets
Des subventions d’exploitation reçues du reste du monde
Revenu national = Revenu national aux prix du marché
(au coût des facteurs) -Impôts liés à la production et aux importations nets
des subventions d’exploitation reçues du reste du monde

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4-4 Une mesure complète du PIB

Le PIB nominal mesure le produit aux prix courants et le PIB réel à prix constants
Ainsi le PIB réel est égal au PIB nominal ajusté des variations dans le niveau général des prix
dues à l’inflation. L’indice du niveau général des prix qui sert à opérer cet ajustement est
appelé le déflateur ou indice de prix du PIB.

Le PIB réel et le PIB réel par habitant (ou par tête= PIB divisé par la population) sont des
mesure très grossière du bien-être national et individuel. En effet, le PIB ne tient pas compte
des maux tels que la pollution, le bruit, les encombrements et d’activités intéressantes mais
non commercialisée sur le marchés donc difficiles à évaluer. Ce son par exemple les travaux
ménager et les emplois non recensés et l’économie souterraine (invisible, corruption), les
loisirs.