Vous êtes sur la page 1sur 16

CHAPITRE 3 : L’EQUILIBRE ECONOMIQUE GENERAL ET L’ECONOMIE DU

BIEN-ETRE

I- Equilibre général et optimum économique


Introduction

a) Données de base

Préférences Possibilités Revenu Prix Quantité


ou fonctions technique ou courant
d’utilité fonctions de
production
Décision du Donné Données Expliquées
consommateur Données

Décision du Données Quantités de


producteur Données facteurs et du
produit
expliquées

Un seul Données Données Donné Tous donnés Seule est


marché en sauf le prix expliquée la
CP.P du bien quantité du
étudié bien

Equilibre Données Répartition Tous Toutes


général Données initiale expliqués par expliquées
donnée mais le modèle par le modèle
revenu
expliqué
D’après ce tableau, l’étude de l’équilibre général consiste à élargir l’équilibre partiel de CPP.
On s’intéresse à tous les marchés et à tous les biens de l’économie considérée.

b) Définition

Equilibre général (Walrassien)

L’équilibre général est la manifestation d’un système de prix de tous les biens et services dans
l’économie, de telle sorte qu’avec la maximisation des fonctions d’utilité des consommateurs
et des fonctions de profit des producteurs, sans coût de transaction et sous les contraintes
budgétaires et technologiques, la quantité de biens consommés est inférieure ou égale à
l’ensemble des dotations et des productions.

Optimum économique (au sens de Pareto)

Une allocation de ressources est efficace ou optimale au sens de Pareto s’il est impossible
d’augmenter le bien-être d’un agent économique sans diminuer celui d’au moins un autre.
Cela implique que pour faire changer une allocation, il faut l’accord de tout un chacun.

1
On dit qu’une situation A est pareto-supérieure à une situation B si le bien-être des individus
en A est supérieure à celui de B.

U (individu
B) Frontière des possibilités d’utilité ou
frontière de bien-être social

B
C

U (individu A)

NB : si on s’intéresse à l’analyse d’un ensemble de biens, partie de l’économie totale, on fait
de l’analyse partielle.
Le problème de l’équilibre général sera analysé en deux temps. D’abord, on envisage une
économie où les individus ont des dotations fixes de biens qu’ils peuvent échanger entre eux.
Il n’y a pas de production, on parle alors d’échange pur. Dans un second temps, il sera
examiné le comportement de production dans un modèle d’équilibre général.

1) Economie d’échange sans production, sans externalité et sans bien public

On considère deux individus A et B et deux biens X et Y consommés par les deux individus.
Les utilités sont définies de manière implicite
UA (XA, YA) ; UB (XB, YB)

WX0 = dotation initiale de bien X = X0A + X0B


WY0 = dotation initiale de bien Y = Y0A + Y0B

La recherche de l’optimum consiste à max UA (XA, YA)  sous la contrainte de UB (XB, YB) = ūB
avec aussi
X0A + X0B = WX0
Y0A + Y0B = WY0
Soit

2
L = max UA (XA, YA) + λ1[UB(XB, YB) - ūB ] +λ2[X0A + X0B - WX0 ] + λ3[Y0A + Y0B - WY0 ]

CPO
∂L/∂ X A = ∂UA /∂XA + λ2 = 0 (1)
∂L/∂ Y A = (∂UA/∂YA) + λ3 = 0 (2)

∂L/∂ XB = λ1 (∂UB /∂XB) + λ2 = 0 (3)

∂L/∂YB = λ1 (∂UB /∂YB) + λ3 =0 (4)


∂L/∂λ1= UB(XB, YB) - ūB= 0 (5)
∂L/∂λ2= X0A + X0B - WX0 =0 (6)
0 0 0
∂L/∂λ3 = Y A + Y B - WY =0 (7)

Après transformation et en divisant (1) par (2) et (3) par (4) nous obtenons

(1)/(2) = λ2/λ3 = (∂UA/∂XA)/(∂UA/∂YA) =(3)/(4) = (∂UB/∂XB)/(∂UB/∂YB)


 TMS(X/Y)A=TMS(X/Y)B
Un optimum économique est défini dans une économie d’échange lorsque les taux marginaux
de substitution sont égaux pour tous les individus ou agents économiques quel que soit le
nombre d’individu et le nombre de biens

Remarque : L’optimum de Pareto est indépendant de la façon dont est organisé l’échange
dans l’économie ie indépendant du marché.

La boîte d’Edgeworth

Pour analyser l’échange de deux biens entre deux personnes on utilise un instrument
graphique assez commode connu sous le nom de boîte d’Edgeworth ((du nom de Francis
Ysidro Edgeworth (1845-1926, un économiste anglais qui fut l’un des premiers à utiliser cet
outil analytique).
A = (XA, YA) est le panier de consommation de l’individu A. De même, B = (XB, YB)
représente le panier de consommation de l’individu B
Une paire de panier de consommation, A et B est appelée une allocation
Une allocation est dite réalisable si la quantité totale consommée de chaque bien est égale à la
quantité totale disponible

X0A + X0B = WX0


Y0A + Y0B = WY0
Une allocation réalisable intéressante est l’allocation de dotation initiale WX0 et WY0 . Il
s’agit de l’allocation avec laquelle les consommateurs démarrent.

La boîte d’Edgeworth permet d’illustrer graphiquement ces concepts.

3
Individu B
X0B
Bien Y

Noyau

Y0A Y0B

Dotation
W
Individu A
Courbe de X0A
contrat
La courbe de contrat correspond à l’égalité entre les taux marginaux de substitution à la
consommation (TMS) des différents individus pour les deux biens. C’est l’ensemble des
points de tangence des différentes courbes d’indifférence avec les dotations correspondantes.
Le noyau est la possibilité d’échange qui ne peut être bloquée ni par un individu ni par aucune
coalition d’individus.

X0B
OB
Bien 2
Individu B
C

Noyau

Bien 1
Y0A Y0B

Individu A

OA X0A
-P1/P2=
prix relatif

4
La courbe de contrat part de l’origine (OA) à l’origine OB à travers la boîte d’Edgeworth.

Rappel

X2

X1
-P1/P2

Max U1(X1, X2)


Sous contrainte de P1X1 + P2X2 = R
D’où X2 = R/P2-(P1/P2) X1

La pente de la droite de budget à l’équilibre doit être la même que celle de la courbe
d’indifférence. Il y a tangence entre la droite de budget et la courbe d’indifférence.

Si on a une économie concurrentielle, le principe de maximisation est connu avec


maxUi(X1i, X2i) i= 1,2,3 ……..j individus
sous la contrainte P1X1i + P2X2i =Ri
Alors
U’1i/U’2i = P1/P2 = U’1j/U’2j

Cette égalité nous conduit à ce qu’on appelle les théorèmes de l’économie du bien-être

Premier théorème de l’économie du bien-être

En absence de bien public et d’externalité, un équilibre concurrentiel donne une solution


Pareto optimale (niveau d’utilité où il y a tangence entre les courbes d’indifférence)

Deuxième théorème de l’économie du bien-être


Sous certaines conditions techniques qui regroupe la convexité des courbes d’indifférence et
les fonctions d’utilité concave et donc en absence de rendement d’échelle décroissant
(absence de biens publics) alors un optimum de Pareto correspond à un équilibre
concurrentiel.

5
L’avantage de tenir compte du prix dans la recherche de l’optimum est de situer le point
unique après échange entre les agents économique sur le noyau.
L’introduction de l’incertitude et de l’assurance place l’échange dans un marché contingent.
Exemple : le marché à terme

2. L’échange sur le marché : notion de demande brute et de demande nette


La boîte d’Edgeworth représente les demandes moyennes dans une économie où il n’y a que
deux consommateurs ; chaque type de consommateur représentant cependant plusieurs
consommateurs. Ainsi la notion de demande comprend deux éléments : la demande brute et la
demande nette ou excédentaire.
- la demande brute d’un agent A pour un bien donné, soit XA est la quantité totale qu’il désire
aux prix en vigueur.
- la demande nette (excédentaire) de l’agent (A) pour le bien X est la différence entre la
demande totale et la dotation initiale (X0A) dont il dispose :
Soient :
XA= demande brute de l’agent A
X0A =dotation initiale de l’agent A pour le bien X
EXA= demande nette de l’agent A

EXA= XA – X0A
Pour les prix quelconques (P1, P2), rien ne garantit que l’offre soit égale à la demande (quel
que soit le concept de demande).
En terme de demande nette, cela signifie que la quantité que l’individu (A) désire acheter (ou
vendre ne sera pas nécessairement égale à la quantité que (B) souhaite vendre (ou acheter)

En terme de demande brute, cela signifie que la somme des quantités totales que les agents A
et B désirent détenir d’un des biens n’est pas nécessairement égale à la quantité totale
disponible de ce bien.
Dans ce cas le marché est en déséquilibre et un agent appelé commissaire –priseur peut
intervenir pour modifier les prix des biens. Si la demande excédentaire est > 0, cela signifie
que la demande est > à l’offre. On augmentera les prix. Ce processus continue jusqu’à ce que
la demande de chaque bien soit égale à l’offre : c’est le tâtonnement Walrassien.

a) La lois de Walras

A l’équilibre, l’offre est égale à la demande. Il s’agit de l’égalité comptable ou l’identité


comptable de Walras.

Soient :
Dx = demande du bien X
Dy = demande du bien Y
Ox = offre du bien X
Oy = offre du bien Y
Px = prix du bien X
Py = prix du bien Y

PxDx + PyDy = PxOx + PyOy


Ahats Ventes

6
Selon la loi de Walras, si le marché du bien X est en équilibre (Dx= Ox), le second marché est
lui aussi nécessairement en équilibre. Cette observation est vérifiée quel que soit le nombre de
bien et de marchés. Par conséquent, si (n-1) marchés sont en équilibre, le nième marché est
nécessairement en équilibre.
On peut aussi formuler la loi de Walras en termes de valeurs de demandes
excédentaires :
Deux agents A et B et leurs demandes nettes respectives
Agent A
ExA = XA-X0A= demande excédentaire du bien X
EYA = YA-Y0A= demande excédentaire du bien Y

Agent B
EXB = XB-X0B = demande excédentaire du bien X
EYB = YB-Y0B = demande excédentaire du bien Y
Selon la loi de Walras, la somme des demandes nettes des deux agents doit être nulle. Ceci
implique que la quantité nette que l’individu A choisit de demander (ou d’offrir) doit être
égale à la quantité nette que l’individu B choisit d’offrir (ou de demander).
D’où :

(1) (XA-X0A) +(XB-X0B) = 0

(2) (YA- Y0A) + (YB-Y0B) = 0


Exprimées en termes de valeurs, les demandes excédentaires deviennent :

(1)’ P1XA(P1,P2) + P2YA(P1,P2) = P1X0A + P2Y0A


(2)’ P1XB(P1,P2) + P2YB(P1,P2) = P1X0B + P2Y0B
ou

(1)’ P1[XA(P1,P2)-X0A]+ P2[YA(P1,P2)-Y0A]= 0


(2)’ P1[XB(P1,P2)-X0B] + P2[YB(P1,P2)-Y0B]= 0
Soit
(1)’ P1EXA(P1,P2)+ P2EYA(P1,P2) = 0
(2)’ P1EXB(P1,P2) + P2EYB(P1,P2) = 0

En additionnant (1)’ et (2)’, on obtient

(3) P1[EXA(P1,P2)+ EXB(P1,P2)] + P2[EYA(P1,P2) + EYB(P1,P2)] = 0

(3) signifie que: puisque la valeur de la demande excédentaire de chaque agent est nulle, alors
la somme des demandes excédentaires est également nulle.

a1) Définition générale de la loi de Walras

En règle générale, la loi de Walras stipule que si on a n marchés de biens, il suffit de trouver
un ensemble de prix tel que (n-1) marchés soient en équilibre pour que l’équilibre entre l’offre
et la demande soit automatiquement réalisé sur le nième marché.

a2) Le numéraire

La loi de Walras montre que les n équations Ej(P1, P2, …Pj) = 0 sont liées par la relation

7

n
j 1
PjEj = 0
Donc nous avons en définitive au maximum (n-1) équations indépendantes avec n inconnues
P1, P2, …, Pn. Pour donc résoudre le système, il faut se ramener à un système qui n’a plus
que (n-1) inconnues. Pour y parvenir on va prendre le prix de l’un des biens comme une
donnée. Les prix des autres biens vont alors s’exprimer en termes de celui-ci. C’est en ce sens
qu’on dit que le modèle de Walras ne donne que des prix relatifs. Le bien dont le prix est pris
comme base est appelé le numéraire.

3 Equilibre général de la production

a) Cas de deux producteurs, deux biens et deux facteurs

L’analyse prend désormais en compte le processus de production et met en présence les


éléments suivants :
- deux producteurs
- Deux bien X et Y
- deux facteurs de production K et L disponibles en quantités fixes et représentent les
dotations initiales.
On suppose que les facteurs de production (K, L) sont initialement affectés à la production
des deux biens dans les proportions suivantes :
Oxkx unités de K
Pour produire le bien X
Oxlx unités de L

Les unités restantes ieOyky et Oyly sont respectivement affectées à la production de l’autre
bien Y.
Cette répartition est représentée par le point D dans la boîte d’Edgeworth.

8
ly
Oy
K

Noyau

D
kx ky

Dotation

Ox
lx L

Théorème : l’équilibre général de la production est obtenu lorsque les taux marginaux de
substitution technique(TMST) sont égaux pour tous les producteurs qui utilisent ces facteurs.
L’équilibre qui se réalise en tout point de la courbe de contrat n’est pas unique et chaque point
correspond à un type de répartition équivalent à un équilibre optimal au sens de Pareto.

b) équilibre général de production et d’échange sans concurrence, sans externalité et


sans bien public

Une économie de production et d’échange sans concurrence est celle dans laquelle un
consommateur unique des biens X et Y fait face à un producteur unique de ces deux biens
disposant des inputs K et L en quantité limitée.

b1) Cas d’un producteur, deux biens et deux facteurs

Soient K et L les quantités maximales de capital et de travail à la disposition d’un


entrepreneur unique produisant deux biens X et Y.

Dans la détermination de l’équilibre du producteur, à l’optimum, l’égalité suivante doit être


vérifiée :

TMSTK/L(X) = TMSTK/L(Y) pour chaque prix relatif w/r


Avec w = prix du facteur L
r = prix du facteur K
En définitive, l’équilibre général de production sera atteint lorsque les conditions suivantes
sont simultanément vérifiées :

TMSTK/L(X) = TMSTK/L(Y) = w/r

9
Et TTP =Px/Py avec Px= prix du bien X
Py = prix du bien Y
TTP= Taux de transformation à la production
b2) Cas d’un producteur, un consommateur, deux biens et deux facteurs
L’équilibre général de production et d’échange se présente graphiquement

En confrontant la courbe de transformation du producteur (TT’) à la courbe d’indifférence du


consommateur, on obtient le point E, l’équilibre général de production et d’échange. Il a les
propriétés suivantes :

- pour un prix relatif donné (Px/Py)*, TMSTX/Y = TTPX/Y

-En outre au point E offre et demande de X sont égales à x* ; de même offre et demande de Y
sont égales à y* ; d’où
Ox= Dx
Oy=Dy
Enfin, x* et y* étant définis, la répartition des quantités fixes de production K et L entre deux
processus de production est également connue ie kx*/ky* et lx*/ly*. Ainsi, kx*/ky* et lx*/ly*
étant connus, alors r*/w* l’est également.

Y
Frontière des possibilités
de production
T

T’ X

10
- Le système de prix relatif d’équilibre étant ainsi déterminé, il ne reste plus qu’à choisir un
bien ou un facteur de production quelconque comme numéraire et lui attribuer un prix P = 1
pour que toutes les autres variables du système soient déterminées comme l’indique le tableau
suivant :

Variables connues Variables déduites


1 :x*, y* Px*/Py* ; Kx*/Ky* ; Lx*/Ly*
2: Kx*/Ky*; Lx*/Ly* r*/w*
3: Kx*/Ky*; Lx*/Ly*; r*/w* Revenu du producteur rK + wl = rK +L si
w=1
4 : Σ Achats =Σ Ventes Revenu du producteur = revenu du
consommateur
5 :Revenu du consommateur ; Px*/Py* ; x*, y* Px* et Py*

b3) L’équilibre général de production et d’échange avec concurrence

Toutes les conditions d’équilibre général ont été définies dans les cas précédents. Il suffit de
l’étendre à l’ensemble de l’économie.
D’une manière général, on a montré qu’il y a équilibre général quand le système des prix
relatifs est tel que quel que soit deux biens finals, les deux consommateurs et les deux
producteurs considérés, ont leur TMS entre biens = TTP.
Dans ce cas, on a aussi montré que l’offre = demande sur chaque marché ie l’excès de
demande (Ei = Di -Oi =0) est nul.
L’offre et la demande d’un bien dépendant du prix de tous les biens, on peut écrire

Oi = Oi(P1, P2, ….,Pn)


Di = Di(P1, P2, ….,Pn) à l’équilibre Oi = Di et Ei = Ei(P1, P2, ….,Pi, Pn) = 0
Comme en CPP, les profits de longue période sont nuls, aucune autre firme nouvelle ne vient
sur le marché et par conséquent, le nombre de firme est fixé.

Ainsi, un système de n équations à n inconnues (prix) peut être établi si l’économie comporte
n biens. La résolution de ce système ne permettra de connaître que les prix relatifs des
différents biens car l’une des équations est redondante (ie elle n’ajoute rien à la connaissance
du système). En effet, dans la mesure où tout le revenu de chaque agent est dépensé, la
somme de toutes les offres est nécessairement égale à la somme de toutes les demandes.

n n n
Donc  PiOi =  PiDi
i 1 i 1
  PiEi
i 1
=0

Si l’on suppose que l’équilibre est réalisé sur (n-1) marchés, alors

n 1 n 1 n 1

 PiOi =  PiDi
i 1 i 1
  PiEi
i 1
=0

Dans ce cas, l’équilibre est nécessairement réalisé sur le nième marché car

n n 1
PnEn =  PiEi -  PiEi = 0-0=0
i 1 i 1

11
II- L’économie du bien-être

La première partie de ce chapitre a traité de l’optimum de Pareto pour évaluer l’allocation des
ressources. Notons que l’efficacité de Pareto n’a rien à voir avec la distribution de bien-être.
Ainsi donner la totalité des ressources économiques à une seule personne est en principe
efficace au sens de Pareto. Mais les autres individus pourraient estimer que cette allocation
n’est pas acceptable.
L’allocation au sens de Pareto est elle-même un objectif désirable : s’il est possible
d’augmenter le niveau de satisfaction d’un groupe d’individus sans pénaliser les autres
personnes pourquoi ne pas le faire. Mais en général il y a plusieurs allocations au sens de
Pareto et se pose alors la question de choix parmi ces diverses allocations.
L’objectif de ce chapitre est le concept de fonction de bien-être qui permet d’« additionner »
l’utilité des différents consommateurs. De façon générale, une fonction de bien-être permet de
classer différentes distributions d’utilité entre les consommateurs
Exemple :

Le point A est Pareto efficace mais présente une parfaite inégalité en termes d’utilité ou de
satisfaction (bien-être).
B est Pareto optimal mais correspond à une situation d’équilibre U1= U2
NB : B est meilleur à A

U2
Frontière des possibilités
d’utilité= dérivée de la
A courbe de contrat

U2C
C

O
U1c’
U1

12
Le point C n’est pas Pareto optimal mais est équitable. Donc le passage de A à C est
économiquement coûteux

1) L’agrégation des préférences


Les préférences d’un consommateur sont définies par rapport à son panier de biens personnel
Supposons que chaque individu puisse dire face à deux paniers x et y qu’il préfère ou non x à
y.
Disposant ainsi des préférences de tous les agents, nous désirons avoir une méthode
permettant de les agréger pour obtenir un système de préférences sociales. Il s’agit en fait du
problème de la prise de décision sociale à son niveau général.
Pour agréger les préférences individuelles, on pourrait utiliser un système de vote. Toutefois
cette méthode pose des problèmes : elle ne permet pas de faire un classement de préférences
sociales non transitives et présente des paradoxes. (Voir 1ère année).
Existe-t-il des méthodes permettant d’additionner les préférences ?
ARROW a montré qu’il est impossible d’avoir un modèle raisonnable de choix sociaux
(Kenneth ARROW)
Le raisonnement d’ARROW

On considère 3 choix A, B, et C et deux individus

Si A> B, B>c  A>C

C>A, A> B  C>B

Un processus de choix social est efficace s’il respecte les 6 conditions suivantes :
1. La société doit pouvoir classer les possibilités

A>b, B>A  A ≈B

2. les choix sociaux doivent être transitifs

Si A> B et Si B> C  A>C

3. Le classement social doit être positivement relié aux préférences individuelles

Si A >1 B et si A >2 B  A> B

4. les classements entre deux possibilités doivent être indépendants de l’environnement social
C’est-à-dire si avec 3 possibilités A, B, C on a A>B, alors avec 4 possibilités on doit toujours
avoir A> B
5. L’ordre social ne peut être imposé indépendamment des préférences de la société elle-
même
6. La préférence de la société ne doit pas être imposée par un individu de la société (un
dictateur)
Théorème d’impossibilité d’ARROW
Il n’existe pas de mécanisme de vote qui conduisent à des préférences sociales transitives et
qui satisfassent également aux six conditions énoncées.

2) Les fonctions de bien-être social

13
Une fonction de bien-être social est simplement une fonction quelconque des fonctions
d’utilités individuelles :
W(u1(x), ……, un(x)). Elle permet de classer différentes allocations sur la base des seules
préférences individuelles et elle est croissante par rapport à l’utilité de chaque individu.
n
W(u1, ……, un).=  ui
i 1
Où n est le nombre d’individu dans la société.
Examinions quelques exemples

La fonction de bien-être utilitarienne


C’est le cas particulier indiqué précédemment.
Elle consiste à prendre la somme des fonctions d’utilité individuelles.
n
W(u1, ……, un).=  ui
i 1
Cette fonction est souvent appelée fonction de bien-être de Bentham (1748-1832 est le
fondateur de l’école utilitarienne de philosophie morale, une école qui considère que l’idéal
est le plus de bonheur possible pour le plus grand nombre.
En procédant à une généralisation de cette forme, nous obtenons comme fonction de bien être
la somme pondérée des fonctions d’utilité
n
W(u1, ……, un).=  a ui
i 1
i

ai= pondération sensée être l’importance de l’utilité de chaque agent dans le bien-être social
général.

- La fonction de bien-être social minimax ou fonction de bien-être de Rawls

C’est le point B obtenu sur la courbe avec un niveau d’utilité identique pour chacun des
individus, indépendamment des quantités X1 et X2 des biens consommés, tout en restant sur
la frontière des possibilités d’utilité
W(u1, ……, un).= min(u1, ….., un)

Cette fonction de bien-être indique que le bien-être d’une allocation dépend uniquement de
l’individu qui a le niveau de satisfaction le plus bas.
Cette fonction repose sur les règles de Rawls)

Règles de Rawls.
L’individu est averse au risque dans son choix. De manière spécifique, l’individu membre de
la société accepte une situation d’inégalité par rapport à une situation d’égalité si la perte de
bien-être qu’il subit dans la nouvelle distribution des utilités est meilleure par rapport à la
situation égalitaire dans un monde d’incertitude (modèle de partage du risque)
3) La maximisation

Soit V  v(U 1 ( X 11 , X 21 ),U 2 ( X 12 , X 22 ))


V est la fonction d’utilité sociale ou fonction de Bergson-Samuelson. On suppose que V est
quasi concave

∂V/∂U1>0, ∂V/∂U2>0
Le problème du planificateur est la maximisation d’utilité sociale. Soit

14
Max V (( X 11 , X 21 ); ( X 12 X 22 ))

S/C X 11  X 12  W1
X 21  X 22  W2

La fonction de Lagrange est

L = V (( X 11 , X 21 ); ( X 12 X 22 )) + λ1( X 11  X 12  W1 ) + λ2( X 21  X 22  W2 )
En différenciant par rapport à chacune des variables, on obtient les CPO suivantes :
CPO
∂L/∂ X 11 = (∂V/∂U1 )(∂U1/∂ X 11 ) + λ1 = 0 (1)
∂L/∂ X 21 = (∂V/∂U2 )(∂U2/∂ X 21 ) + λ2 = 0 (2)

∂L/∂ X 12 = (∂V/∂U1 )(∂U1/∂ X 12 ) + λ1 = 0 (3)


∂L/∂ X 22 = (∂V/∂U2 )(∂U2/∂ X 22 ) + λ2 = 0 (4)

∂L/∂λ1 = X 11  X 12  W1 =0 (5)

∂L/∂λ2 = X 21  X 22  W2 =0 (6)

Après transformation et en divisant (1) par (2) et (3) par (4) nous obtenons

λ1/λ2 = (∂U1/∂ X 11 )/(∂U2/∂ X 21 )= )(∂U1/∂ X 12 )/(∂U2/∂ X 22 )

Ces expressions sont identiques à celle que nous avons rencontrée dans les conditions
d’efficacité au sens de Pareto. Le problème de maximisation de bien-être nous donne les
mêmes conditions de premier ordre que le problème de maximisation au sens de Pareto. Cela
s’explique par le fait que la maximisation d’une fonction de bien-être de Bergson-Samuelson
est une allocation efficace au sens de Pareto et que toute allocation au sens de Pareto
maximise une fonction de bien-être particulière. Les allocations qui maximisent le bien-être et
celles qui sont efficaces au sens de Pareto doivent par conséquent respecter les mêmes
conditions de premier ordre.

15
U2
Frontière des possibilités
d’utilité= dérivée de la
A courbe de contrat

Ensemble des
possibilités
d’utilité B

U2C
C

O
U1c’
U1

Le point optimum est caractérisé par une condition de tangence entre la frontière des
possibilités d’utilité et la courbe d’iso-bien-être c’est-à-dire diverses combinaisons de bien-
être qui correspondent à un niveau constant de bien-être.

16