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Mémoire de fin d’études

Institut de Formation en Masso-Kinésithérapie


de l’APSAH

Année universitaire

2018/2019

Evaluation masso-kinésithérapique de la douleur dans la lombalgie


chez l’adulte sans pathologie associée

Soutenu en juin 2019 par


Mathieu ALLIBE
Mémoire dirigé par
Mariama BAH
Cadre formateur à l’APSAH de Limoges
Remerciements

Je remercie en premier lieu ma directrice de mémoire, madame Mariama BAH, pour


m’avoir aidé et soutenu durant toute cette année.

Je remercie ma famille sans laquelle je n’en serais surement pas là aujourd’hui.

Je remercie mes ami(e)s, (Amandine, Clément, Cyril, Delphine, Sandie) pour avoir
été présent tout au long de ces cinq années et qui m’ont permis de continuer malgré la
distance.

Je remercie Elsa d’avoir été patiente, de m’avoir soutenu et d’avoir été présente dans
les meilleurs moments comme dans les plus durs.

Je remercie mes collègues de promotion (Alexis, Magalie, Marion, Romains,


Timothée) qui m’ont aidé à travailler mais surtout à passer de bons moments durant ces cinq
années.

Je remercie Madame LEGOFF pour m’avoir conseillé et orienté durant la mise en place
de mon cadre théorique.

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Droits d’auteurs

Cette création est mise à disposition selon le Contrat :


« Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de modification 3.0 France »
disponible en ligne : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/fr/

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Charte anti-plagiat

La Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale délivre sous


l’autorité du Préfet de région les diplômes du travail social et des auxiliaires médicaux et sous
l’autorité du Ministre chargé des sports les diplômes du champ du sport et de l’animation.
Elle est également garante de la qualité des enseignements délivrés dans les dispositifs de
formation préparant à l’obtention de ces diplômes.
C’est dans le but de garantir la valeur des diplômes qu’elle délivre et la qualité des dispositifs
de formation qu’elle évalue que les directives suivantes sont formulées à l’endroit des
étudiants et stagiaires en formation.
Article 1 :
Tout étudiant et stagiaire s’engage à faire figurer et à signer sur chacun de ses travaux,
deuxième de couverture, l’engagement suivant :
Je, soussigné Mathieu ALLIBE
atteste avoir pris connaissance de la charte anti plagiat élaborée par la DRDJSCS NA
- site de Limoges et de m’y rtre conformé.
Et certifie que le mémoire/dossier présenté étant le fruit de mon travail personnel, il ne
pourra être cité sans respect des principes de cette charte.
Fait à Limoges, Le 10/05/2019
Suivi de la signature.
Article 2 :
« Le plagiat consiste à insérer dans tout travail, écrit ou oral, des formulations, phrases,
passages, images, en les faisant passer pour siens. Le plagiat est réalisé de la part de l’auteur
du travail (devenu le plagiaire) par l’omission de la référence correcte aux textes ou aux idées
d’autrui et à leur source ».
Article 3 :
Tout étudiant, tout stagiaire s’engage à encadrer par des guillemets tout texte ou partie de
texte emprunté(e) ; et à faire figurer explicitement dans l’ensemble de ses travaux les
références des sources de cet emprunt. Ce référencement doit permettre au lecteur et
correcteur de vérifier l’exactitude des informations rapportées par consultation des sources
utilisées.
Article 4 :
Le plagiaire s’expose aux procédures disciplinaires prévues au règlement intérieur de
l’établissement de formation. Celles-ci prévoient au moins sa non présentation ou son retrait
de présentation aux épreuves certificatives du diplôme préparé.
En application du Code de l’éducation et du Code pénal, il s’expose également aux poursuites
et peines pénales que la DRJSCS est en droit d’engager. Cette exposition vaut également
pour tout complice du délit.

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Vérification de l’anonymat

Mémoire DE Masseur-Kinésithérapeute
Session de juin 2019
Attestation de vérification d’anonymat

Je soussigné Mathieu ALLIBE


Etudiant de 4ème année

Atteste avoir vérifié que les informations contenues dans mon mémoire respectent strictement
l’anonymat des personnes et que les noms qui y apparaissent sont des pseudonymes (corps
de texte et annexes).
Si besoin l’anonymat des lieux a été effectué en concertation avec mon Directeur de mémoire.

Fait à : Limoges
Le : 10/05/2019

Signature de l’étudiant

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Liste des abréviations

ANAES : Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé


ASP : association internationale pour l’étude de la douleur
ATP : Adénosine triphosphate
AVC : Accident vasculaire cérébral
BDK : Bilan diagnostic kinésithérapique
CNRD : Centre national de ressources de lutte contre la douleur
EFSP : Echelle fonctionnelle spécifique au patient
EIFEL : Echelle d’incapacité fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies
EN : Echelle numérique
EVA : Echelle visuelle analogique
EVS : Echelle verbale simple
FABQ : Evaluation individuelle face à la douleur
FFMKR : Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs
HAS : Haute autorité de santé
HDRS : Echelle de dépression de Hamilton
NGAP : nomenclature générale des actes professionnels
NPSI : Neuropathic Pain Symptom Inventory
NPSI : Questionnaire d’évaluation des douleurs neuropathique
OMS : organisation mondiale de la santé
ONDPS : Observatoire national de la démographie des professions en France
PAP : processus articulaire postérieur
QDSA : Questionnaire douleur de Saint-Antoine
SFETD : Société française d’étude et de traitement de la douleur
SNMKR : Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs

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Table des matières

Table des illustrations

Table des tableaux

Introduction............................................................................................................................. 1

1. Le cadre théorique.............................................................................................................. 3
1.1. Le rachis : Généralités................................................................................................. 3
1.2. Anatomo-physiologie de la région lombaire................................................................. 4
1.2.1. Ostéologie............................................................................................................. 4
1.2.2. Arthrologie............................................................................................................. 5
1.2.3. Myologie................................................................................................................ 6
1.2.4. Neurologie............................................................................................................. 8
1.2.5. Cinésiologie........................................................................................................... 9
1.3. La lombalgie............................................................................................................... 10
1.3.1. Définition............................................................................................................. 10
1.3.2. Données épidémiologiques................................................................................. 11
1.3.3. Les facteurs de risques....................................................................................... 12
1.3.4. La douleur........................................................................................................... 14
1.4. La place du masseur-kinésithérapeute et la législation.............................................. 18
1.5. Les recommandations de bonnes pratiques concernant la lombalgie........................ 19
1.6. Les outils d’évaluation pour les douleurs lombaires................................................... 20
1.7. Conclusion................................................................................................................. 23
2. Problématique.................................................................................................................. 24
2.1. Question de recherche............................................................................................... 24
2.2. But et hypothèses de ce travail.................................................................................. 24

3. Matériel et méthodologie de recherche............................................................................. 25


3.1. Action préalable......................................................................................................... 25
3.1.1. Objet de l’enqurte................................................................................................ 25
3.1.2. Choix de la population......................................................................................... 25
3.1.3. Mise en place de l’échantillon.............................................................................. 25
3.2. Méthode d’investigation............................................................................................. 26
3.2.1. Elaboration de l’étude.......................................................................................... 26
3.2.2. Présentation du questionnaire............................................................................. 27
3.3. Phase de test du questionnaire.................................................................................. 32
3.4. Phase de diffusion du questionnaire.......................................................................... 33

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3.4.1. Outil de rédaction................................................................................................ 33
3.4.2. Début de la diffusion............................................................................................ 33
3.4.3. Fin de la diffusion................................................................................................ 34
3.5. Recueil et traitement des données............................................................................. 35

4. Résultats et analyse......................................................................................................... 36
4.1. Résultats.................................................................................................................... 36
4.2. Analyse des résultats................................................................................................. 44

5. Discussion........................................................................................................................ 60
5.1. Analyse et comparaison des résultats avec la littérature............................................ 60
5.2. Intérrts et limites de l’étude........................................................................................ 63
5.3. Les perspectives de l’étude........................................................................................ 64
5.3.1. Pour la recherche................................................................................................ 64
5.3.2. Pour la profession................................................................................................ 64

Conclusion............................................................................................................................ 65
Références bibliographiques................................................................................................ 66

Annexes............................................................................................................................... 72

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Table des illustrations

Figure 1 : Pourcentages des régions douloureuses les plus prises en soin.......................... 37

Figure 2 : Temps consacré à la prise en soin d'un patient.................................................... 37

Figure 3 : Pratique de l'évaluation de la douleur dans le diagnostic masso-kinésithérapique38

Figure 4 : Fréquence des évaluations de la douleur en fonction des séances...................... 39

Figure 5 : Utilisation des outils d'évaluation dans la douleur................................................. 40

Figure 6 : Evaluation de la douleur en fonction de sa classification...................................... 40

Figure 7 : Masseurs-kinésithérapeutes formés à la douleur................................................. 41

Figure 8 : Justification de refus de se former à la douleur.................................................... 42

Figure 9 : Utilisation d'un arbre décisionnel pour l'évaluation de la douleur.......................... 42

Figure 10 : Temps alloué à l'évaluation de la douleur........................................................... 43

Figure 11 : Orientation des évaluations de la douleur dans les prescriptions médicales...... 44

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Table des tableaux

Tableau 1 : Comparaison entre la région du corps prise en soin et le secteur d'activité


professionnel........................................................................................................................ 45

Tableau 2 : Relation entre le secteur d'activité et la durée d'une prise en soin..................... 45

Tableau 3 : Les outils d'évaluations de la douleur en fonction du secteur d'activité.............. 46

Tableau 4 : Formation effectuée en fonction de l'année d'obtention du diplôme (à gauche). 47

Tableau 5 : Souhait d'effectuer une formation sur la douleur en fonction de l'année du


diplôme (à droite).................................................................................................................. 47

Tableau 6 : Relation entre le secteur d'activité et le temps alloué à l'évaluation de la douleur


............................................................................................................................................ 47

Tableau 7 : Corrélation entre la durée d'une séance et la région traitée............................... 48

Tableau 8 : Rapport entre la région douloureuse et l'échelle d'évaluation de la douleur


utilisée.................................................................................................................................. 48

Tableau 9 : Relation entre la région traitée et les formations sur la douleur effectuées ou non
............................................................................................................................................ 49

Tableau 10 : Relation entre régions douloureuses du corps et souhait de faire une formation
sur la douleur........................................................................................................................ 49

Tableau 11 : Temps alloué à l'évaluation de la douleur dans une prise en soin................... 50

Tableau 12 : Utilisation d'un arbre décisionnel par rapport au temps de prise en soin.......... 50

Tableau 13 : Formations sur la douleur effectuées ou non par rapport aux outils utilisés..... 51

Tableau 14 : Comparaison en fonction des outils d'évaluations de la douleur et l'utilisation ou


non d'un arbre décisionnel.................................................................................................... 51

Tableau 15 : Rapport entre le temps alloué à l'évaluation de la douleur et les outils utilisés 52

Tableau 16 : Comparaison entre les formations faites sur la douleur ou non et le temps
consacré à l'évaluation de la douleur.................................................................................... 53

Tableau 17 : Relation entre le souhait d'effectuer une formation ou non et la justification


correspondante.................................................................................................................... 53

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Tableau 18 : Mise en relation entre les différentes régions douloureuses traitées et
l'utilisation ou non d'un arbre décisionnel............................................................................. 54

Tableau 19 : Corrélation entre l'utilisation ou non d'un arbre décisionnel et la pratique ou non
d'évaluation de la douleur..................................................................................................... 54

Tableau 20 : Relation entre l'utilisation ou non d'un arbre décisionnel et le temps alloué à
l'évaluation de la douleur...................................................................................................... 55

Tableau 21 : Corrélation entre le détail des prescriptions médicales et le secteur d'activité


professionnel........................................................................................................................ 55

Tableau 22 : Comparaison entre le secteur d'activité professionnel et la fréquence des


évaluations de la douleur...................................................................................................... 56

Tableau 23 : Mise en relation des régions douloureuses traitées et de la fréquence des


évaluations des douleurs...................................................................................................... 57

Tableau 24 : Relation entre la durée moyenne d'une séance et la fréquence des évaluations
de la douleur......................................................................................................................... 58

Tableau 25 : Mise en relation d'une formation effectuée ou non et la fréquence des


évaluations de la douleur...................................................................................................... 59

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Introduction

« La douleur est une grande institutrice, elle nous révèle bien des secrets que la joie
ne connait pas. » (1) Cette citation, contextualisée avec le sujet de cet écrit, met en avant une
idée intéressante sur la douleur : elle est utile. Aujourd’hui beaucoup de personnes ont
souffert, souffrent, ou vont souffrir de douleurs lombaires. Cette sensation est souvent perçue
comme une mauvaise chose. Mrme si elle peut s’avérer désagréable au quotidien, elle permet
à l’individu qui « l’endure » d’identifier un trouble corporel ou cognitif. Cette constatation fait
suite à une observation de nombreux patients. Il apparait que, quel que soit le secteur ou le
service hospitalier, les douleurs lombaires peuvent être présentes en dehors de la pathologie
initiale. La présence de lombalgie dans des services comme la rhumatologie semble cohérent.
En outre l’existence de ces douleurs dans un service de traumatologie crânienne paraît moins
logique. En effet ces douleurs peuvent faire suite aux différentes conséquences que la
pathologie initiale peut entrainer, comme des troubles de la posture. De plus, cette réflexion
est identique dans le secteur libéral. Un nombre important de patients qui se présentent en
cabinet souffrent de lombalgie.

Aujourd’hui en France, comme dans de nombreux pays dans le monde, la lombalgie


est un problème d’enjeu social et économique. De nos jours, deux tiers des travailleurs français
ont eu, ont ou auront une lombalgie que ce soit les femmes ou les hommes. Ainsi, le coût
moyen pour un arrêt maladie professionnel est de 44 000 euros par an et par personne. C’est
pourquoi il est compliqué de la caractériser uniquement par « le mal du siècle ». Même de
grands organismes comme la Haute Autorité de Santé publient presque toutes les années de
nouvelles recommandations de bonnes pratiques ou des documents complémentaires
concernant ce symptôme. Autrefois soignée par un repos strict, aujourd’hui la lombalgie est
traitée à l’aide d’une activité physique régulière. Le masseur-kinésithérapeute a une place
prépondérante dans sa prise en soin. Depuis la réforme de la profession en 2015, la formation
des professionnels intègre l’éducation thérapeutique au patient. C’est-à-dire que le praticien
intervient en aval mais également en amont de la lombalgie. (2,3)

C’est pourquoi il est indispensable d’écouter cette douleur et de pouvoir l’identifier.


C’est en quoi le masseur-kinésithérapeute peut avoir un rôle important. Celui-ci possède des
compétences et des outils adaptés pour déterminer une douleur précise pour pouvoir, par la
suite, adapter sa prise en soin. Il est donc indispensable de savoir si les masseurs-
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kinésithérapeutes effectuent des évaluations de la douleur et si les outils d’évaluations sont
adaptés dans le cadre de patients atteints de lombalgie. Pour répondre à cette question cet
écrit se découpera en cinq grandes parties : le cadre théorique, la problématique de cet écrit,
le matériel et la méthode de recherche, les résultats et l’analyse du questionnaire, la discussion
et la conclusion.

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1. Le cadre théorique

La définition et la présentation du sujet vont s’établir grkce à sept éléments. Une partie
qui va introduire le sujet dans son ensemble, c’est-à-dire la colonne lombaire dans le rachis.
La suite mettra en avant l’anatomie et la physiologie de la région lombaire pour recentrer sur
le sujet principal de cet écrit et permettre sa compréhension. Une partie plus importante mettra
en avant la lombalgie et la douleur. Pour mettre en relation le masseur-kinésithérapeute dans
le propos, la partie suivante montrera, du point de vue législatif, la place du professionnel dans
les douleurs du rachis lombaire. Ce terrain doit également être encadré par les organismes de
santé. Pour cela, la partie suivante visera les recommandations de bonnes pratiques mises en
place par ces administrations. Grkce à ces données, des outils d’évaluations de la douleur
vont pouvoir être extraits. Pour avoir une vue d’ensemble du sujet et des éléments exposés,
un paragraphe viendra conclure cette partie.

1.1. Le rachis : Généralités

Dans cette première sous partie, les généralités sur la colonne vertébrale vont être
mises en avant. Avant d’introduire le sujet principal de cet écrit, il est indispensable d’avoir une
vue d’ensemble.

Le rachis, ou colonne vertébrale, se situe à la face postérieure du corps. (4) Le


dictionnaire Larousse Médical le définit comme une « Structure osseuse constituée de 33
vertèbres superposées, s'étendant de la base du crâne au bassin, qui entoure et protège la
moelle épinière et soutient la tête et le tronc ». (5) Cet axe central est articulé dans sa partie
supérieure avec l’occiput et se termine par l’apex du coccyx. (6) Sa portion moyenne, ou
thoracique, s’articule en latéral avec les douze côtes. Cette structure est composée d’une
partie mobile, du sacrum et du coccyx. La partie amovible est agencée en vingt-quatre
surfaces osseuses appelées vertèbre. Elle est segmentée en trois, le rachis cervical,
thoracique et lombaire. Cet axe va former trois courbures distinctes dans le plan sagittal : une
lordose cervicale, une cyphose dorsale / thoracique, une lordose lombaire. Cette dernière est
constituée dans la majorité des cas de cinq vertèbres lombaires. (7) En plus de supporter le
poids du corps, la colonne vertébrale a un rôle protecteur de la moelle épinière. Ainsi, un

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ensemble osseux, musculaire, ligamentaire et capsulaire permet une homogénéité, une
stabilité et une mobilité de cet axe. (Annexe 1)

1.2. Anatomo-physiologie de la région lombaire.

1.2.1. Ostéologie

Le rachis lombaire est constitué de quatre à six vertèbres. Il est articulé dans sa partie
supérieure avec la face inférieure de la dernière vertèbre thoracique et dans sa partie inférieure
par la face supérieure du sacrum. L’ensemble forme une concavité postérieure. (8)

1.2.1.1.1. Vertèbres types.

Une vertèbre se découpe en deux parties, un arc antérieur et un arc postérieur. Ces
deux structures forment un orifice, le foramen vertébral. L’arc antérieur correspond au corps
de la vertèbre et représente sa partie la plus volumineuse. Il est schématiquement cylindrique.
Les faces supérieures et inférieures s’articulent avec les vertèbres sus et sous-jacente. La
face postérieure constitue la structure antérieure du foramen vertébral. L’arc postérieur est
plus complexe. Il est en forme de fer à cheval accolé la face postérieure du corps vertébral. Il
se découpe en cinq parties. De chaque côté de cette surface se situent les processus
articulaires (supérieurs et inférieurs). Ils permettent l’articulation avec les autres vertèbres.
Ainsi la partie antérieure à cette structure est appelée pédicules et la partie postérieure, lames.
Les processus transverses se fixent près des processus articulaires pour se diriger vers le
dehors. Enfin, les processus épineux débutent partie postérieure de l’arc postérieur pour
s’orienter en arrière et en bas. La succession de deux pédicules forme le foramen
intervertébral par lequel passe un nerf rachidien. (9) Mais cela ne représente que la vertèbre
type. Chaque étage de la colonne vertébrale se différencie l’un de l’autre.

1.2.1.1.2. Particularités des vertèbres lombaires.

Les vertèbres lombaires se caractérisent par plusieurs critères. Leur corps vertébral
ainsi que leur processus épineux sont plus volumineux. Les processus transverses sont fins
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et se dirigent vers le dehors et vers l’arrière. Les processus articulaires supérieurs regardent
en arrière et en dedans ce qui explique un « certain emboitement » avec les processus
articulaires inférieurs de la vertèbre sous-jacente. La 5 e vertèbre lombaire, qui est articulée
avec le sacrum, est la vertèbre la plus volumineuse. (10) (Annexe 2)

1.2.2. Arthrologie

La région lombaire est composée de treize articulations : quatre articulations


intercorporéales, huit articulations interfacettaires postérieures et une articulation lombo-
sacrale.

1.2.2.1. Les articulations intercorporéales

Elle désigne l’articulation entre les corps vertébraux de deux vertèbres consécutives.
Sur ces surfaces se trouve du cartilage hyalin qui donne insertion au disque intervertébral.
Celui-ci est fait de deux parties. Sa partie centrale, le nucleus pulposus (noyaux), représente
en moyenne quarante-cinq pourcents du volume total. Il a pour rôle la mobilité des vertèbres
étant donné sa capacité à être déformable mais incompressible. Sa partie périphérique est un
large anneau fibreux. L’ensemble formant une symphyse.

Pour permettre un meilleur emboitement de ces articulations, deux ligaments sont présents en
plus du disque articulaire : le ligament longitudinal antérieur et postérieur. Les deux débutent
au foramen magnum et se terminent au sacrum, l’un partie antérieure, l’autre partie postérieur
du corps vertébral.(11) (Annexe 3)

1.2.2.2. Les articulations interfacettaires postérieures.

Les processus articulaires postérieurs supérieurs d’une vertèbre avec les processus
articulaires postérieurs inférieurs d’une autre vertèbre forment cette articulation. Au niveau
lombaire, on parle de trochoïdes. Les facettes supérieures se dirigent en dedans et en arrière,
contrairement aux inférieures qui se présentent en dehors et en avant.

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Les moyens d’unions sont deux capsules articulaires ainsi que quatre ligaments. Les ligaments
intertransversaires, interépineux, supra-épineux et jaune permettent une bonne cohésion des
arcs postérieurs durant le mouvement.(12)

1.2.2.3. L’articulation lombo-sacrée

Elle est semblable aux autres articulations, mais diffère sur quelques caractéristiques.
L’inclinaison de la face supérieure est davantage oblique en bas et en avant. Les processus
articulaires postérieurs sont plus écartés, avec une frontalisation plus accentuée.

La présence des ligaments illolombaires, tendus de l’os coxal à la 4 e et 5e vertèbre lombaire,


justifie le terme de charnière lombo-sacrée. (13)

1.2.3. Myologie

1.2.3.1. Physiologie musculaire

Le système musculaire représente un ensemble de six cent muscles constants. Il


représente la clé de voute dans le mouvement du corps humain. Il existe trois types de
muscles : lisse, mixte et squelettique. Ce dernier est composé d’une partie centrale appelée
corps ou ventre, et d’une partie distale nommée tendon. Le muscle est entouré par plusieurs
systèmes : artériel, veineux, lymphatique et nerveux. Ils ont pour rôle de maintenir le muscle
dans ses fonctions physiologiques. (14) L’une d’elle se trouve dans la partie la plus profonde,
la contraction musculaire.

Cette capacité est possible grâce à deux composants : l’actine et la myosine. Ces deux
filaments, constitués de protéines, sont parallèles les uns par rapport aux autres. Des têtes,
qui sont situées sur la myosine, vont se fixer sur l’actine pour permettre un déplacement. Cela
va provoquer le raccourcissement du muscle. Schématiquement, un influx nerveux va être
émit par le système nerveux central pour se propager jusqu’au muscle. A ce niveau, l’influx va
devenir chimique. Ce dernier va permettre d’une part, la libération des sites de liaison des
trtes, mais également leurs mouvements. Le stockage et la formation d’adénosine

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triphosphate (ATP) vont subir une réaction chimique. Cette dernière constituant l’énergie
nécessaire à la contraction musculaire. (15) (Annexe 4)

1.2.3.2. Les muscles de la région lombaire.

Selon Michèle Lacôte, les muscles cités ci-dessous sont les organes principaux de la
région lombaire, ainsi que les plus touchés par les différentes pathologies de ce même
territoire. (Annexe 5)

Le muscle ilio-costal, et plus précisément son faisceau lombaire, a pour origine la crête sacrale
médiale ainsi que le bord postérieur de la crête iliaque. Il se termine sur les processus
costiformes lombaires ainsi que sur les six dernières côtes.

Le muscle longissimus du thorax a pour origine la partie caudale des muscles érecteurs du
rachis. Il se termine, dans sa partie lombaire, sur les processus costiformes.

Ces deux muscles ont pour action l’inclinaison homolatérale du thorax et son redressement.

Le muscle épineux a pour origine les processus épineux de la onzième vertèbre thoracique à
la deuxième vertèbre lombaire (T11-L2) et se termine sur les processus épineux T1-T10. Son
rôle est l’inclinaison thoracique homolatérale.

Les muscles multifides (long lamellaire et long épineux) ainsi que les muscles rotateurs (court
lamellaire et court épineux) débutent sur un processus transverse d’une vertèbre pour se
terminer sur les quatre vertèbres sus-jacentes au niveau des processus épineux. Ils ont pour
rôle le verrouillage ainsi que la stabilisation de chaque vertèbre. De plus ils ont pour fonction
la rotation controlatérale et l’érection du rachis.

Le muscle carré des lombes est composé de trois chefs. Le muscle ilio-costal et ilio
transversaire débutent sur la partie postérieure de la crête iliaque. Le premier se termine sur
la douzième côte et le deuxième, sur les processus transverses L1-L4. Le dernier chef, le
costo-transversaire, a pour origine la douzième côte et se termine sur les processus transverse

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de toutes les vertèbres lombaires. Ses actions sont l’inclinaison homolatérale du rachis,
élévation homolatérale du bassin et inflexion du rachis lombaire.

Le grand dorsal s’insère de T6 à S5 ainsi que la partie postérieure de la crête tibiale. Il se


termine dans le sillon intertuberculaire de l’humérus. Ses actions sur le bassin sont l’inclinaison
latérale du tronc et l’extension du rachis.

Le muscle psoas débute sur le corps des vertèbres T12 à L5 et sur les processus costiformes
L1-L4 pour se terminer sur l’apex du petit trochanter. Le muscle iliaque s’insère sur la fosse
iliaque, la symphyse sacro-iliaque et sur l’aile du sacrum, face supérieure. Il se dirige vers le
petit trochanter. Leurs actions sur le bassin sont la flexion du bassin sur le rachis lombaire. Le
muscle grand psoas va entrainer les vertèbres lombaires en avant, en rotation controlatérale
ainsi qu’en inclinaison homolatérale. La contraction de l’iliaque engendre une rotation et une
antéversion du bassin. (16)

1.2.4. Neurologie

Les vertèbres de la colonne vertébrale constituent du canal vertébral. Celui-ci permet


à la moelle épinière de circuler tout au long du rachis. De cette structure nait les différentes
racines qui vont constituer les nerfs. Elles sortent de la colonne vertébrale par l’intermédiaire
des foramens vertébraux présent à chaque étage. Ainsi, la région lombaire est composée du
plexus lombaire. C’est un ensemble de racine qui se situe entre la première et la cinquième
vertèbre lombaire. Chaque nerf possède une innervation sensitive et motrice. (Annexe 6)

Il est composé du nerf ilio-hypogastrique (nerf spinal L4) qui innerve sensitivement la région
pubienne, la partie inférieure de la hanche et du dos ; la partie motrice contrôle les muscles
obliques et transverses de l’abdomen ainsi que le pubis.

Le nerf ilio-inguinal (L4) permet la sensibilité des organes génitaux externes ainsi que la partie
crâniale médiale de la cuisse. Les muscles obliques internes et transverses de l’abdomen sont
innervés par ce nerf.

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Le nerf génito-fémoral (L1-L2) innerve le muscles crémaster et la sensibilité du scrotum, des
grandes lèvres et de la face antérieure de la cuisse.

La sensibilité de la face postérieure et latérale de la cuisse et du périnée est due au nerf cutané
latéral de la cuisse (L2-L3).

La contraction des muscles grand, long et court adducteur, ainsi que des muscles gracile et
obturateur externe est possible grâce au nerf obturateur (L2-L3-L4). Sa partie sensitive permet
la sensation des articulations du genou et de la hanche ainsi que la face médiale de la cuisse.

Le nerf fémoral (L2-L3-L4) engendre la contraction des muscles quadriceps, sartorius, pectiné
et iliaque. Sa partie sensitive innerve la face antérieure et médiale de la cuisse, la face médiale
de la hanche, de la jambe et du pied, mais aussi de l’articulation du genou.

Le plexus lombaire ne peut être dissocié du plexus sacré. En effet, les nerfs spinaux S1 à S4
constituent le plexus sacré. Cependant les nerfs L4 et L5 sont communs aux deux plexus
formant le tronc lombo-sacral. De plus, l’ensemble des nerfs qui se trouvent au-dessous de la
cinquième vertèbre lombaire, passent obligatoirement par la région lombaire. Ainsi, un trouble
de la région lombaire peut avoir une conséquence sur les nerfs inférieurs. Ces derniers
participent à l’innervation des régions sensitives et motrices des membres inférieurs non cités.
(17)

1.2.5. Cinésiologie

Le rachis lombaire est la deuxième région la plus mobile dans la colonne vertébrale.
Dans sa mobilité analytique, il est capable d’effectuer des mouvements de flexion, d’extension,
d’inclinaisons ainsi que de rotations.

La flexion et l’extension sont des mouvements se déroulant autour d’un axe transversal frontal,
qui mène le rachis en avant/arrière du plan frontal de référence. Le mouvement va amener
une migration du noyau fibreux en avant pour l’extension et en arrière pour la flexion. On va

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également observer une compression du disque articulaire en avant pour la flexion et en
arrière pour l’extension. Pour cette dernière les processus articulaires postérieurs (PAP) vont
subir un glissement antérieur et un bâillement postérieur, inversement pour la flexion.

L’inclinaison est le mouvement qui s’effectue autour d’un axe transversal sagittal, qui porte le
rachis en dehors du plan sagittal de référence. Les PAP du côté de l’inclinaison vont subir un
hyper appui ainsi qu’une convergente. Pour les PAP côté opposé, ils vont s’écarter et diverger.
Dans son ensemble, le mouvement n’est pas pur, dû aux courbures sagittales du rachis. Le
noyau fibreux va se déplacer côté opposé à l’inclinaison.

La rotation est le mouvement qui s’effectue autour d’un axe vertical, sur un plan transversal.
Le mouvement est semblable à l’inclinaison, car l’action combine les deux autres mouvements.
Cependant la mobilité en rotation est prédominante. En outre les rotations s’effectuent
davantage dans la partie supérieure du rachis que dans sa partie lombaire.

L’antéversion et la rétroversion se font au niveau du sacrum. Le plan et l’axe sont identiques


à la flexion. Cinquante pourcents de la mobilité lombaire se situent dans le sacrum. (18)

1.3. La lombalgie

Pour comprendre ce symptôme il est essentiel, dans un premier temps, de définir le


terme. Il est également important d’exposer les données épidémiologiques les plus récentes
sur le sujet. Pour obtenir une modification de ces dernières, des facteurs de risques ont été
identifiés dans le but de pouvoir les éviter, une partie leur sera donc consacrée. La douleur est
un élément fondamental de ce symptôme, c’est pourquoi une partie lui sera dédiée.

1.3.1. Définition

Selon la société française de rhumatologie la lombalgie se définie comme une «


douleur lombo-sacrée située à hauteurs des crêtes iliaques, médiane ou latéralisée avec
possibilité d’irradiation ne dépassant pas le genou. » (19)
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1.3.2. Données épidémiologiques

De nos jours les douleurs lombaires sont considérées comme « le mal du siècle ». Il
est possible de trouver sur Internet une multitude d’articles sur la façon de guérir de ces
douleurs. Cependant beaucoup ne sont pas référencés et ne s’appuient sur aucune preuve
scientifique. (20) A ce jour, quand est-il réellement de ce symptôme ?

1.3.2.1. A l’international

Une étude de 2010, qui compare différents pays, montre une variation de l’incidence
pour le premier épisode de lombalgie. Le taux le plus bas de l’étude est de 6.3% pour le
Danemark, et le taux le plus haut de 15.4% pour le Royaume-Uni. (21). Une étude faite au
Brésil en 2015 a montré que la prévalence des douleurs lombaires chroniques était de 19.6%
chez les personnes âgées de 20 à 59 ans. (22) Une étude Américaine a également démontré
que la prévalence est plus importante chez les femmes, avec 40,7%, que chez les hommes
avec 37.1%.(23). Au Royaume-Uni, dans 45.3% des cas, les patients privilégient le repos,
contre 31,5% pour la kinésithérapie. Selon cette même étude les femmes à la maison ou les
personnes n’ayant pas de travail sont les plus susceptibles, avec 40.2%, de contracter une
lombalgie. (24) En 1996, le coût direct et indirect des douleurs lombaires aux Etats-Unis était
de 40.370.000.000 dollars (≈ 36.000.000.000 euros). (25)

1.3.2.2. L’incidence en France

En France, d’après l’Assurance Maladie, « 80% de la population française aura au


moins une fois dans sa vie une douleur au niveau de la colonne vertébrale ». (26) En 2003, le
coût financier direct pour ce symptôme est de 1.4 milliards d’euros. En 2010, le coût financier
pour une personne atteinte de lombalgie était de 6000 euros par ans.(27) Elle représente la
première cause d’invalidité pour les personnes kgées de moins de quarante-cinq ans, ainsi
que le nombre d’arrrt de travail et de maladie professionnelle.

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1.3.2.3. La prévalence en France

La prévalence de la lombalgie, sur une période d’un an, était de 57.2% pour les femmes
et 54% pour les hommes. Les études ont également démontré que la prévalence augmente
avec l’kge, les postures pénibles et le port de charges lourdes. (28±30) Une étude de 2018 a
établi la prévalence des douleurs lombaires en fonction des secteurs d’activités. Ainsi la
prévalence des hernies discales chez les hommes est majoritaire dans le secteur de la
construction. La lomboradiculalgie est plus présente dans le secteur de l’agriculture. Chez les
femmes, ces deux pathologies se retrouvent dans le secteur de la manutention. (31). Entre
2005 et 2015 le nombre de lombalgie dans les accidents de travail a augmenté. Il est passé
de 13% à 19%.(32)

1.3.3. Les facteurs de risques

En 1997, un groupe d’experts Néo-Zélandais ont publié deux livres. Ces derniers
mettent en avant des indicateurs ou « drapeaux » de couleur, pour identifier les facteurs de
risques et leur importance dans la lombalgie. Ainsi, dans ces publications, les auteurs parlent
de « drapeaux jaunes » et de « drapeaux rouges ».(33,34) Cette méthode a été reprise par
d’autres auteurs et d’autres pays et est toujours employée de nos jours.

En 2013, la société française de médecine du travail a publié des recommandations de


bonne pratique sur la surveillance médico-professionnelle du risque lombaire. Ainsi, elle
actualise les items des drapeaux rouges et jaunes et elle ajoute deux autres couleurs

Les drapeaux rouges évoquent des alarmes sur la gravité médicale. Les éléments qui
les caractérisent sont :

- Une douleur non mécanique.

- Un symptôme neurologique étendu. (Exemple : syndrome de la queue de


cheval)

- Des paresthésies au niveau du pubis.

- Un traumatisme important.

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- Une perte de poids inexpliquée.

- Un antécédent de cancer.

- Un usage de drogue par intraveineuse ou un usage prolongé de corticoïdes.

- Une déformation importante du rachis.

- Une douleur thoracique.

- L’kge d’apparition est inférieur à 20 ans ou supérieur à 55 ans.

- Une fièvre.

- Une altération de l’état général.

Les drapeaux jaunes mettent en avant l’aspect psychologique ou comportemental du


patient. Leurs items sont :

- Les problèmes émotionnels. (Exemple : arrêt des activités sociales)

- Les attitudes et représentations inappropriées. (Exemple : ne plus faire


d’activité physique)

- Les comportements douloureux inappropriés.

- Les problèmes liés au travail. (Exemple : insatisfaction professionnelle)

Les facteurs sociaux et économiques sont symbolisés par les drapeaux bleus. Ils se
définissent par :

- Une charge physique élevée de travail

- Une forte demande au travail.

- Un manque de capacité à modifier son travail

- Un manque de soutien social.

- Une pression temporelle au travail.

- Une absence de satisfaction au travail.

- Un stress au travail.

- Un espoir de reprise de travail.

- Une peur de la rechute.

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Les drapeaux noirs ont pour but d’identifier les facteurs professionnels. Ils sont au nombre de
six :

- Une politique de l’employeur empêchant la réintégration progressive ou le


changement de poste.

- Une insécurité financière.

- Des critères du système de compensation.

- Les incitatifs financiers.

- Un manque de contact avec le milieu de travail.

- La durée de l’arrrt maladie.(35)

Les facteurs de risques du passage à la chronicité sont généralement représentés par


les drapeaux jaunes. Les plus récurrents pour les douleurs lombaires, que ce soit dans le
milieu professionnel ou non, sont la manutention manuelle, les chutes et les antécédents de
lombalgie. (36,37) Dans 73% des cas, la douleur est suivie d’un autre épisode douloureux.
Cependant, il est important de signaler que seulement 5 à 10% des cas souffriront de
sensations désagréables après trois mois. (38)

1.3.4. La douleur

Pour comprendre la douleur plusieurs étapes sont nécessaires. Tout d’abord donner
une définition du mot pour ensuite pouvoir expliquer son fonctionnement. Mais cette approche
ne suffit pas. En effet, Elle se définie par plusieurs caractéristiques : sa classification, ses
mécanismes, et ses composantes.

1.3.4.1. Définition

Selon l’Association Internationale pour l’étude de la douleur (IASP) et l’Organisation


Mondial de la Santé (OMS) la douleur est définie comme « une expérience sensorielle et

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émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite
dans ces termes » (39).

1.3.4.2. Anatomo-physiologie de la douleur.

1.3.4.2.1. Le trajet du message douloureux

Le message douloureux se transforme d’un influx mécanique, chimique ou thermique


en un influx électrique. Ainsi de manière schématique, le message se fait selon le trajet
suivant :

L’élaboration de l’influx nerveux commence tout d’abord par le rôle du neurone


nociceptif ou protoneurone. Il a pour but de transmettre le message des récepteurs
périphériques, à la corne postérieure de la moelle épinière. Il peut se constituer de deux types
de fibres pour communiquer la douleur : les fibres appelées « A delta », sont myélinisées et
servent à délivrer le message douloureux mécanique et thermique lentement ; les fibres
nommées C, sont non myélinisées et encore plus lentes, qui transmettent l’influx douloureux
mécanique, thermique et chimique.

Après l’arrivée du message électrique dans la moelle épinière, il va y avoir une synapse
avec un autre neurone. Celui-ci a pour but de transmettre l’information de la corne postérieure
de la moelle épinière au thalamus. Ce neurone est appelé spino-thalamique. Il débute au
niveau de la corne postérieure de la moelle épinière. Par la suite, il effectue une décussation.
A ce moment-là, il va se séparer en deux voies, l’une ventrale, l’autre ventro-latérale au niveau
de la moelle épinière. Ils se terminent par un trajet direct au niveau du thalamus.

Le troisième et dernier neurone relie le thalamus au cortex. Les informations contenues


dans la voie ventrale vont se diriger vers les cortex somato-sensoriels primaire et secondaire.
C’est à ce niveau que se fait l’intégration de la douleur. Ainsi, ces deux cortex codent de façon
spécifique, la localisation, l’intensité et la modalité du stimulus. Les messages inclus dans la
voie ventro-latérale vont rtre conduit jusqu’au cortex limbique. Celui-ci est responsable de la
composante émotionnelle de la douleur. (40) (Annexe 7)

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1.3.4.2.2. La régulation de la douleur

En 1965, Melzack et Wall ont formulé une argumentation sur le contrôle de la douleur
appelé communément « Gate control » (41). Par la suite, elle a été améliorée par d’autres
auteurs pour obtenir le système d’aujourd’hui. Celui-ci se schématise comme un système de
porte. Si cette dernière n’est pas ouverte, le message nociceptif (douloureux) ne peut pas
passer.

Le Gate control se situe au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière, entre


le protoneurone et le neurone spino-thalamique. Pour permettre au message nociceptif de
continuer son chemin dans le deuxième neurone, il faut qu’il franchisse un seuil d’excitabilité.
C’est-à-dire que l’intensité des signaux électriques reçus, doivent être supérieurs au seuil de
déclanchement au niveau de l’élément post synaptique. Si cette condition est remplie, le
message douloureux pourra se transmettre dans le tractus spino-thalamique. (42) (43)
(Annexe 8)

1.3.4.3. La classification des douleurs

La douleur peut se classer en trois catégories : la douleur aigue, la douleur liée aux
soins (ou procédurale) et la douleur chronique.

La douleur aigue est une souffrance que l’on qualifie de « normal ». Elle peut se
produire à n’importe quel moment du quotidien. En effet, cette première catégorie a pour but
de signaler un danger. C’est un système qui permet à l’individu d’éviter de se blesser. Il est
comparable à la sensation d’une punaise sous le pied. Il cible également une partie de
l’organisme qui mérite une attention particulière comme une douleur gastrique. (44) (45)

La douleur liée aux soins est due aux différents soins que le patient peut avoir. On parle
de cette catégorie, par exemple, pour une douleur lors de la mobilisation d’un membre du
patient.(46)

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La douleur chronique est caractérisée soit par une douleur continue de plus de trois
mois, soit une douleur se produisant trois fois en trois mois. Elle est donc continue ou
récurrente. La douleur chronique, à l'inverse de la précédente, n’a pas pour but de protéger
l’individu. On peut l’a considéré comme une réaction anormale du système d’alarme du corps.
Elle est destructrice. (47)

1.3.4.4. Les mécanismes de la douleur.

Il existe cinq formes pour décrire une douleur. Tout d’abord, on peut mettre en avant
les deux grandes formes les plus répandues.

La première est nommée nociceptive. Cette douleur est représentée par une
augmentation du signal douloureux dans un système nerveux sain. L’exemple le plus parlant
est de poser une main sur une plaque chauffante. La douleur augmente jusqu’au moment où il
devient impossible de la laisser. Ce mécanisme comprend les atteintes tissulaires locales,
mécaniques et/ou inflammatoires.

La seconde est la douleur neuropathique. Elle désigne l’atteinte du système nerveux,


qu’elle soit centrale ou périphérique. La neuropathie diabétique et la douleur post-accident
vasculaire cérébral (AVC) sont les exemples dominants de ces maux. Elle est décrite comme
une sensation de brûlure, de picotement, d’aiguille et/ou électrique.

La douleur idiopathique est décrite comme étant sans cause apparente, ou qui persiste
après la guérison de la pathologie. Certains auteurs considèrent que cette forme est
psychogène.

Cette dernière est provoquée ou renforcée par des facteurs émotionnels, mentaux
et/ou comportementaux. Aujourd’hui, la stigmatisation faite aux personnes atteintes de cette
forme de douleur tant à changer. Elle a tendance à n’rtre plus jugée comme irrationnelle mais
plutôt venant d’une source non connue.

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La dernière forme est appelée mixte. Le mécanisme de la douleur est complexe. Dans
certaines situations, il peut être difficile de classer une douleur dans l’une des formes
précédentes. Elle peut en combiner plusieurs, elle est alors identifiée comme douleur mixte.

En somme, la douleur peut être difficile à classer. Après avoir identifié sa catégorie et
sa forme, il faut définir sa composante. (48)

1.3.4.5. Les composantes de la douleur.

Comme a pu l’expliquer le système de G. Waddel, la douleur ne comprend pas


uniquement la souffrance lésionnelle. En effet, son système comprenait cinq items entourant
la douleur du patient : le sensitif, le cognitif, l’affectif, le comportement du malade et
l’environnement social. Quelle que soit sa forme, la douleur peut rtre associée à l’une ou
plusieurs de ces quatre composantes. (49) (Annexe 9)

La première est appelée sensori-discriminative. Elle met en avant le caractère


quantitatif et qualitatif. Elle permet d’analyser la douleur, comme son intensité ou sa
localisation. La deuxième correspond à l’aspect affectif est émotionnel. Elle concerne la
propriété désagréable et pénible de la douleur. Elle est propre à chaque individu. Elle peut
avoir un impact sur les activités de la vie quotidienne et l’humeur. La composante cognitive
répond aux processus mentaux qui peuvent influencer l’expression de la douleur de la
personne. Elle est donc différente selon l’individu. Cela dépend de la réaction
comportementale face à ce stimulus, ainsi que celle de son entourage. Elle est en corrélation
avec le milieu familial et socio-économique durant toute la vie. La dernière concerne l’aspect
comportemental. Elle désigne les répercussions de la douleur sur les attitudes. Ces
manifestations peuvent être verbales ou non. Elle dépend également du milieu dans lequel la
personne a été immergée. (50)

1.4. La place du masseur-kinésithérapeute et la législation

Le professionnel a une place primordiale dans la prise en soin des douleurs lombaires.
Ces dires ne sont pas basés uniquement sur les recommandations de bonnes pratiques. Les
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textes législatifs en vigueur et le référentiel de la profession viennent appuyer cette affirmation.
L’état établi donc un cadre à la douleur et à la masso-kinésithérapie pour pouvoir définir le rôle
de ce dernier dans le traitement de la douleur.

D’après l’article L. 1110-5, de la loi numéro 2016-87 du 2 février 2016, « Toute


personne a [«] le droit de recevoir [«] le meilleur apaisement possible de la souffrance au
regard des connaissances médicales avérées. » (51)

L’article L. 4321-1 modifié par la loi n’2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de


notre système de santé, donne une nouvelle définition à la profession de la masso-
kinésithérapie. Il la présente comme suit : « La pratique de la masso-kinésithérapie comporte
la promotion de la santé, la prévention, le diagnostic kinésithérapique et le traitement [«]. (52)

Selon l’article R. 4321-2 « Dans l’exercice de son activité, le masseur-kinésithérapeute


[«] établit un bilan qui comprend le diagnostic kinésithérapique et les objectifs de soins, ainsi
que le choix des actes et des techniques qui lui paraissent les plus appropriés. »

D’après l’arrrté du 2 septembre 2015 relatif au diplôme d’Etat de masseur-


kinésithérapeute, l’annexe I précise dans le contexte d’intervention, que le professionnel doit
tenir compte « des caractéristiques biologiques, psychologiques, sociales, culturelles et
environnemental de chaque patient ». De plus, selon les activités détaillées 1 et 2, il peut
évaluer la douleur éventuelle et analyser la cause de la douleur. Il a également un rôle à ternir
dans l’éducation de son patient. L’éducation thérapeutique est aujourd’hui ancrée dans la
formation initiale. Cette nouvelle compétence conquière à une meilleure prise en charge du
patient et à son information. (53)

1.5. Les recommandations de bonnes pratiques concernant la lombalgie

Certains organismes de santé français publient des recommandations de bonnes


pratiques pour aider les professionnels. Ceux cités ci-dessous sont les plus pertinents, car les
plus mentionnés dans la littérature, et constituant les recommandations les plus récentes.

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Dans ces dossiers seuls les échelles seront prises en compte. La langue de ces outils doit être
en français.

Selon la Haute Autorité de Santé (HAS) certaines échelles sont à privilégier. Dans son
document « Modalités de prescription » de 2005, elle donne comme exemple trois méthodes
d’évaluation : l’échelle d’incapacité fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies (EIFEL),
l’auto-questionnaire de DALLAS (ou DRAD) et l’échelle d’incapacité de Oswestry. (54)

Selon cette même agence, en 2011 et suivant son « Référentiel concernant la rééducation en
cas de lombalgies communes », l’échelle visuelle analogique (EVA), le questionnaire Eiffel et
l’échelle fonctionnelle spécifique au patient (EFSP) sont « des éléments majeurs ». (55)

Selon l’Agence Nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé (ANAES), quatre


échelles sont proposées : l’Echelle visuelle analogique, l’échelle d’incapacité fonctionnelle
pour l’évaluation des lombalgies (EIFEL), l’auto-questionnaire de DALLAS et de dépression
de Hamilton. (56)

Selon la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur (SFETD), il est


nécessaire d’utiliser des outils d’auto-évaluation et d’hétéro-évaluation. Ainsi les échelles
suivantes sont citées : l’Echelle visuelle analogique, l’Echelle Numérique (EN), l’Echelle
Verbale Simple (EVS), questionnaire de Saint-Antoine (abrégé ou non), questionnaire concis
de la douleur (ou Brief Pain Inventory), questionnaire DN4 et Neuropathic Pain Symptom
Inventory. (57)

1.6. Les outils d’évaluation pour les douleurs lombaires.

Dans cette partie, seule les échelles en français et les plus citées dans la littérature et
dans les recommandations professionnelles seront exposées. Elles doivent concerner la
douleur dans les lombalgies chroniques chez les adultes de 18 à 60 ans.

L’échelle visuelle analogique permet d’établir la douleur du patient grâce à une échelle non
graduée du côté du patient et graduée de 0 à 10 du côté du thérapeute. Le patient va déplacer

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le curseur de gauche à droite pour établir l’intensité de sa douleur. Cette échelle évalue tous
types de douleurs.(58) (Annexe 10)

L’échelle numérique est une graduation de 0 à 10. Le patient entoure le nombre qui représente
le mieux sa douleur. Elle évalue tous types de douleurs.(59) (Annexe 11)

L’échelle verbale simple est orale. Le patient établit sa douleur sur une échelle de 0 à 10 qui
permet d’évaluer tous types de douleurs. (60) (Annexe 12)

L’échelle d’Incapacité Fonctionnelle pour l’Evaluation des lombalgies (EIFEL), se présente


sous la forme de vingt-quatre questions. Chaque question est en rapport avec les activités de
la vie quotidienne du patient. Si le patient coche la case, un point est attribué, dans le cas
contraire aucun. Le score est côté de 0 à 24. Plus le total se rapproche du maximum plus
l’incapacité est importante. Cette échelle permet d’évaluer tous types de douleurs. (61)
(Annexe 13)

L’échelle Douleur du rachis : auto-questionnaire de Dallas (DRAD) se découpe en 4 parties :


les activités quotidiennes, les activités professionnelles et de loisirs, l’anxiété et/ou la
dépression et la sociabilité. Seize questions sont représentées avec une échelle propre qui
est divisée en un certain nombre de portions. En outre, les échelles sont tous côtés de 0 à 100
%. Le premier segment compte 0 point, le second 2 et ainsi de suite. Dans la première partie,
le score obtenu aux questions est multiplié par 3, pour les autres parties par 5. Il est représenté
ainsi pour chaque partie une estimation en pourcentage du retentissement de la douleur
chronique. Cette échelle évalue toutes les douleurs. (62) (Annexe 14)

L’échelle fonctionnelle spécifique au patient (PSFS) permet d’identifier au moins cinq activités
que le patient a des difficultés à effectuer. Pour chacune de ces activités, il va devoir évaluer
son incapacité sur une échelle de 0 à 10. La note 0 représente l’incapacité de réaliser l’activité
et le 10, la capacité « de réaliser l’activité à un niveau égal à celui d’avant le problème ». Le
résultat peut se faire sous forme de pourcentage, de moyenne de l’ensemble des scores ou
en notant les changements de chaque activité. Cette échelle évaluer toutes les douleurs. (63)
(Annexe 15)

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Le questionnaire DN4 estime la probabilité que le patient ait une douleur neuropathique. Il se
présente sous forme de dix mots de vocabulaire répartis sur quatre questions. Le patient doit
répondre « oui » ou « non », le premier est comptabilisé 1 point le deuxième 0 point. Si la
somme est supérieure ou égale à 4 sur 10, la douleur est diagnostiquée comme
neuropathique. Cette échelle permet donc d’identifier les douleurs neuropathiques. (64)
(Annexe 16)

L’indice de handicap d’Oswestry se fait sur une totalité de dix sections. Il a pour but d’observer
l’incidence de la douleur sur les activités de la vie quotidienne. Chaque section possède six
phrases notées de 0 à 5, cinq étant un désordre majeur. Pour obtenir l’indice, il suffit de diviser
le totale des notes par 50 et le multiplier par 100. On obtient un pourcentage qui permet
d’établir un handicap (minime, modéré, sévère, majeur, patient alité). Cet indice évalue tous
types de douleur. (65,66) (Annexe 17)

Le questionnaire de la douleur de Saint-Antoine a été traduit du « McGill Pain Questionnaire ».


Il permet une évaluation quantitative, qualitative et multidimensionnelle de la douleur
chronique. C’est un ensemble de seize mots de vocabulaire qui décrivent la douleur. Chaque
description est notée sur une échelle de 0 à 4. Le « 0 » caractérise une absence de douleur
et le « 4 » une douleur « extrêmement forte ». Cela se fait sur un laps de temps restreint, au
maximum huit jours avant la date d’évaluation du patient. Le score se distingue en deux
parties. La première oriente vers un aspect sensoriel. Cela correspond aux neuf premiers
morts. L’aspect affectif concorde avec les sept autres mots. (67±69) (Annexe 18)

Le questionnaire d’évaluation des douleurs neuropathiques (ou NPSI) se découpe en douze


questions. Elles doivent être notées de 0 à 10, sachant que le 0 ne représente aucune douleur
et le 10 la douleur maximale. Le patient doit entourer sa douleur moyenne pendant les vingt-
quatre dernières heures. Le score s’établit de différentes façons. La première manière est un
score individuel pour chaque question. La seconde distingue les douleurs entre elles. Ainsi la
question 1 correspond à une brûlure ; les questions 2 et 3 à des douleurs de constriction ; la
question 5 et 6 à des douleurs paroxystiques ; les questions 8, 9 et 10 à des douleurs évoquées ;
les questions 11 et 12 à des paresthésies / dysesthésies. La dernière manière est un
pourcentage correspondant à la somme des catégories précédentes. Cette échelle met en
avant les douleurs neuropathiques. (70,71) (Annexe 19)

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L’échelle de dépression de Hamilton (HDRS) a pour objectif d’évaluer l’état dépressif d’un
patient. L’échelle de 1967 possède dix-sept items. Chaque item est noté de 0 à 2 pour huit
d’entre eux, et de 0 à 4 pour les neuf autres. Le score global se fait sur 52. Ainsi la dépression
est considérée comme légère de 8 à 17, de modérée de 18 à 25 et de majeur quand elle est
supérieure à 25. L’échelle HDRS permet donc d’identifier les douleurs psychogènes. (72,73)
(Annexe 20)

1.7. Conclusion

La région lombaire est une partie anatomique complexe du fait de ses différents
aspects anatomiques, cependant, ils ont tous un point en commun. Dans le cas d’une lésion
d’un de ces éléments, le patient peut ressentir une douleur. On parle alors de lombalgie. Les
masseurs-kinésithérapeute ont un rôle à jouer dans l’évaluation de ces douleurs lombaires.
Ainsi, grâce à un ensemble d’outils mit à leur disposition, les professionnels peuvent évaluer
leurs patients pour améliorer leur prise en soin.

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2. Problématique

2.1. Question de recherche

Existe-t-il des échelles adaptées et pertinentes pour la pratique professionnelle en


masso-kinésithérapique, permettant l’évaluation des différentes douleurs dans la lombalgie
durant la prise en soin ?

2.2. But et hypothèses de ce travail

Comme il a été démontré dans le cadre théorique, le masseur-kinésithérapeute à une


place prépondérante dans la prise en soin des douleurs dans la lombalgie. De plus,
l’épidémiologie a prouvé que les lombalgies concernent un grand nombre de patients. Cette
étude a donc pour but de développer des compétences et des connaissances nécessaires
pour améliorer la prise en soin futur. De plus, à moindre ampleur, elle a également pour objectif
de faire avancer le regard que les professions peuvent avoir sur leur pratique, et plus
précisément sur l’évaluation de la douleur ainsi que les outils utilisés.

Il existe quatre hypothèses pour la suite de cet écrit :

- Un nombre important d’échelles d’évaluation de la douleur doivent exister, mais


certaines sont sûrement trop détaillées ou importantes pour être appliquées
dans une prise en soin quotidienne en masso-kinésithérapie.

- L’évaluation de la douleur lombaire n’est pas l’évaluation la plus importante


pour les masseurs-kinésithérapeutes durant leurs séances.

- Après le bilan diagnostic masso-kinésithérapique, il n’y a pas ou peu de suivi


de la douleur.

- Les échelles les plus utilisées sont également les plus simples à appliquer, soit :
l’échelle visuelle analogique, l’échelle verbale simple et l’échelle numérique.

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3. Matériel et méthodologie de recherche.

3.1. Action préalable

3.1.1. Objet de l’enqurte

Cette enqurte aura pour but d’interroger les masseurs-kinésithérapeutes sur


l’évaluation de la douleur dans la pratique masso-kinésithérapique en France.

3.1.2. Choix de la population

Le critère de choix de la population est sa localisation. L’ensemble des participants


doivent pratiquer leur profession en France Métropolitaine. D’une part, cette décision a été
prise car l’enqurte se déroule sur le territoire, mais également pour éviter toutes erreurs de
compréhension due à la langue. Ainsi tous participants exerçant leur profession dans un autre
pays ou en outre-mer ne feront pas partie de l’étude.

3.1.3. Mise en place de l’échantillon

Les critères cités ci-dessous sont cumulatifs.

3.1.3.1. Critères d’inclusions

- Le premier critère de sélection est la profession. L’ensemble des professionnels


doivent être des masseurs-kinésithérapeutes diplômés d’état.

- Le deuxième critère est l’activité. L’ensemble des participants doivent être en


activité.

- L’activité professionnelle doit se situer en France métropolitaine

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3.1.3.2. Critères d’exclusions

- Le professionnel n’est pas un masseur-kinésithérapeute diplômé d’état.

- Le professionnel ne possède pas son diplôme ou n’est plus en activité à ce jour.

- L’activité professionnelle se fait dans les DOM-TOM ou à l’étranger.

3.1.3.3. Taille de l’échantillon

L’enqurte se fera sur l’ensemble des masseurs-kinésithérapeutes en France qu’il soit


salarié, libéral ou en activité mixte. Ainsi selon l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes, en
septembre 2017, les professionnels inscrits au tableau de l’ordre, étaient au nombre de
85 223. Il faut soustraire à cela les départements d’outre-mer et les territoires d’outre-mer
(DOM-TOM) qui comptent 2582 praticiens. La taille de l’échantillon est donc de 85 223 - 2582
soit 82 641 masseurs-kinésithérapeutes. (74)

3.2. Méthode d’investigation

3.2.1. Elaboration de l’étude

3.2.1.1. Sélection de la méthode d’enqurte

Le but de l’étude est de collecter un ensemble d’informations pour vérifier les


hypothèses précédemment abordées. La méthode choisie doit permettre d’établir un état des
lieux de la profession en ce qui concerne l’évaluation de la douleur dans la lombalgie.

Ainsi la méthodologie la plus adéquate pour permettre cette étude est le questionnaire.
C’est en ensemble de questions qui va objectiver dans un temps donné, et à l’aide des
réponses, la pratique d’un échantillon de praticiens dans le but d’obtenir des résultats à
analyser.

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Il existe deux types de questionnaires : le questionnaire par administration direct et le
questionnaire par administration indirect. Etant donné la taille importante de l’échantillon et le
temps alloué à l’étude, le questionnaire par administration direct est le plus pertinent. Le
second pourrait être réalisé dans le cas où le temps nécessaire à l’étude serait plus important.
(75)

3.2.1.2. Moyen d’administration

Le moyen d’administrer le questionnaire à l’échantillon est le courriel. En effet il est


avantageux pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il ne nécessite aucun frais d’envoi, que ce
soit pour le créateur du questionnaire, que le questionné. De plus les échanges sont facilités
par l'instantanéité des courriels. Au vu de la prédominance du numérique dans le monde
d'aujourd'hui le taux de réponse n'en sera que plus élevé. Enfin, la taille de l’échantillon est
trop importante pour opter pour un autre moyen. D’autant que le laps de temps nécessaire à
l’étude n’est pas assez conséquent.

3.2.2. Présentation du questionnaire

Le questionnaire met en avant seize questions. Il sera formé de deux parties. La


première a pour but de collecter des informations sur la pratique générale du professionnel.
La seconde met en avant la douleur dans l’activité quotidienne du masseur kinésithérapeute.
Toutes les réponses sont obligatoires, sans quoi la personne ne pourra poursuivre le
questionnaire. (Annexe 21)

La première partie nommée « Généralités » propose les questions suivantes :

Question 1 : Quelle est l’année d’obtention de votre diplôme d’état en masso-kinésithérapie ?


(ex : 1990)

L’intérrt de cette question est double. Tout d’abord, de savoir si le praticien possède
effectivement son diplôme, mais également si l’expérience à une influence sur l’évaluation de
la douleur.

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La réponse est établie sous forme ouverte. En effet, élaborer une liste déroulante pour une
quarantaine d’années pourrait représenter une perte de temps pour l’individu qui répond au
questionnaire. Du plus l’exemple donné permet une compréhension claire. Une seule réponse
est possible car le professionnel ne peut obtenir son diplôme d’état qu’une seule fois.

Question 2 : Etes-vous toujours en activité cette année ?

Cette question fait partie des critères d’exclusion de l’étude. Elle est présente uniquement pour
réponde au critère sur l’activité.

La réponse se fait sous forme fermée. La personne n’a que deux choix : oui ou non. Si elle
coche « non », la suite du questionnaire ne sera pas visible.

Question 3 : Dans quelle région se situe votre activité professionnelle ?

Cette question a pour objectif de connaître la localisation du professionnel. Si la personne


interrogée n’est pas présente en France Métropolitaine, son choix entrera dans les critères
d’exclusion.

La réponse s’effectue sous forme semi-ouverte avec une carte de France interactive. La
personne doit choisir la région dans laquelle elle pratique son activité professionnelle. Cela est
plus simple au niveau visuel et évite une lecture de toutes les régions. Une case « autre » est
présente pour renvoyer le questionné à la fin du questionnaire.

Question 4 : Quel est votre secteur d’activité professionnel ?

Cette question a pour but d’observer l’influence du secteur d’activité sur l’évaluation de la
douleur.

La réponse est proposée sous forme fermée. Etant donné qu’il existe que trois secteurs
d’activités, le professionnel a le choix d’une seule sélection entre : libéral, salariat ou activité
mixte.

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Question 5 : Quelle région douloureuse du corps prenez-vous le plus en soin ?

Grâce à cette question, les résultats obtenus mettront en avant l’importance des douleurs
lombaires dans les douleurs totales.

La réponse est formulée sous forme semi-ouverte. Les réponses proposées sont les régions
les plus importantes. Elles sont au nombre de sept : région de l’épaule, région de la hanche,
région du genou, région de la cheville, région cervicale, région thoracique et région lombaire.
Si la réponse voulue n’est pas présente, le choix « autre » permet d’en ajouter une. Une seule
sélection est possible.

Question 6 : Quelle est la durée moyenne d’une séance avec un patient ?

Cette question a pour objectif d’évaluer l’influence du temps alloué au patient par apport au
temps alloué à l’évaluation de la douleur.

La réponse se fait sous forme fermée. Il y a cinq réponses : < 30 minutes, 30 minutes, 45
minutes, 60 minutes et > 60 minutes. Une seule réponse est possible.

La suite des questions concerne la deuxième partie « Evaluation masso-kinésithérapique de


la douleur

Question 7 : Pratiquez-vous des évaluations de la douleur pendant votre bilan diagnostic


masso-kinésithérapique ?

L’intérrt de cette question est de mettre en avant le pourcentage de masseurs-


kinésithérapeute qui effectue une évaluation de la douleur pendant leur bilan diagnostic.

La réponse est exposée sous forme fermée. Les trois réponses sont : Oui, Non et En fonction
de la pathologie ou du patient. Une seule sélection est possible.

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Question 8 : Quelle est la fréquence de l’évaluation masso-kinésithérapique des douleurs
lombaires chez un patient, lors de vos différentes séances ? (Sous forme : X fois toutes les X
séances ; exemple : 1 fois toutes les 5 séances)

Cette question met en évidence la place de la douleur dans la kinésithérapie.

La réponse est sous forme ouverte. Cette méthode de réponse permet un gain de temps pour
la personne. Cela permet d’éviter de rechercher sa réponse dans une liste déroulante trop
conséquente. La question est suffisamment détaillée pour éviter les erreurs de
compréhension.

Question 9 : Quel(s) outil(s) d’évaluation des douleurs lombaires utilisez-vous ?

Cette question permet de montrer les échelles qui sont le plus utilisées en pratique pendant
les différentes séances.

La réponse se fait sous forme semi-ouverte avec des choix multiples. Ainsi les réponses
proposées sont : l’auto-questionnaire de DALLAS, l’échelle DN4, l’échelle d’incapacité
fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies (EIFEL), l’évaluation individuelle face à la
douleur (FABQ), le questionnaire de la douleur de Saint Antoine, l’échelle visuelle analogique,
l’échelle numérique, l’échelle verbale simple et autre. Cette liste est tirée des
recommandations de bonnes pratiques. Cependant elles ne sont pas toutes présentes. Celles
cités permettent, dans un premier temps, de cerner la question. De plus, cela peut peut-être
palier à des oublies de nominations. Ainsi la case « autre » est proposée pour inciter les
professionnels à réfléchir sur d’autre(s) outil(s) qu’ils peuvent utiliser.

Question 10 : Sur quel type de douleur procédez-vous à une évaluation de la douleur ?

Pour cette question, la finalité est de mettre en avant l’utilisation de l’évaluation de la douleur
en fonction de la pathologie.

La réponse est sous forme fermée. Il y a trois choix : aigue, chronique ou les deux. Une seule
sélection est possible.

Question 11 : Avez-vous effectué une formation sur la douleur ?

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Cette onzième question permet d’établir si les masseurs-kinésithérapeutes s’appuient sur
leurs connaissances étudiantes ou s’ils ont effectué des formations annexes.

La réponse est fermée avec deux choix : Oui ou Non. Un seul choix est sélectionnable.

Question 12 et 13 : Souhaiteriez-vous faire une formation sur la douleur ?

Cette question met en avant l’intérrt des professionnels pour la douleur.

La réponse est unique et sous forme fermée. Les réponses « oui » ou « non » sont les seuls
choix.

Si la réponse est « non », une question complémentaire apparaît : « Si non, pourquoi ? ». Elle
a pour rôle de connaître la raison du refus, pour pouvoir justifier ce désintéressement. La
réponse est sous forme semi-ouverte avec quatre réponses fermées : Non primordiale pour
ma profession, la formation est trop chère, pas assez de temps, je préfère privilégier une autre
formation. Une dernière réponse qui est ouverte, « autre », permet de répondre par une autre
justification.

Question 14 : Utilisez-vous un arbre décisionnel pour différencier les douleurs lombaires ?

Cette question permet d’établir si cette méthode est utilisée durant l’évaluation de la douleur.
Ainsi par déduction si cette méthode est applicable dans la pratique.

La réponse est fermée. Le professionnel a deux choix : Oui ou Non. Un seul choix est
sélectionnable.

Question 15 : Selon votre expérience, quel est le temps nécessaire pour évaluer une
douleur lombaire ?

Cette question permet d’en conclure si le temps nécessaire pour évaluer une douleur a un
impact sur la fréquence de ces expertises.

La réponse est sous forme ouverte. La réponse doit être exprimée en minute.

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Question 16 : Les prescriptions médicales concernant les douleurs lombaires, orientent-elles
l’évaluation de la douleur ?

Cette question a pour but de démontrer que l’expertise des douleurs lombaires en
kinésithérapie est indispensable.

La réponse est sous forme fermée. Elle se présente sous trois choix : oui, non, cela dépend
des prescriptions. Le choix est unique.

3.3. Phase de test du questionnaire

L’objet de cette partie est d’interroger un nombre restreint de personne pour évaluer
s’il n’y a pas de modification à apporter au questionnaire.

Cette phase a été effectuée grâce à deux masseurs-kinésithérapeutes libéraux qui ne


sont pas connus du rédacteur. Le questionnaire a été envoyé à un masseur-kinésithérapeute
de la région Auvergne Rhône-Alpes le 18 février 2019. Par la suite, ce dernier, l’a fait parvenir
à deux de ses confrères. Ces derniers ont répondu le même jour, et plusieurs éléments sont
indispensables pour la suite de l’étude.

Tout d’abord il a été noté que, lors des deux expériences, il n’y a eu aucun problème
sur le déroulement du questionnaire. De plus, le temps moyen approximatif pour répondre à
toutes les questions est de six minutes. Cette information est importante, elle sera fournie de
manière indicative aux futurs questionnés. Ainsi, elle aura pour but de leurs donner une
estimation sur le temps nécessaire à prendre pour terminer l’étude. Aucune proposition de
modification n’a été apportée de la part des questionnés.

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3.4. Phase de diffusion du questionnaire

3.4.1. Outil de rédaction.

L’ensemble des questions a été reportées sur le logiciel Sphinx IQ2 ®. C’est un outil
d’enqurte pour les projets d’études portant sur l’élaboration d’un questionnaire.

3.4.2. Début de la diffusion

L’outil utilisé pour la diffusion est le logiciel Sphinx IQ2 ®. Grâce au programme, un lien
en ligne vers le questionnaire est édité pour permettre son envoi. Ainsi, pour toucher le plus
grand nombre de masseurs-kinésithérapeutes, il a été envoyé à :

- L’ordre national des masseurs-kinésithérapeutes : cet organisme est en contact


avec l’ensemble des masseurs-kinésithérapeutes de France grâce à une
inscription obligatoire. C’est donc le moyen le plus efficace pour obtenir une
étude de grande ampleur.

- L’ensemble des ordres régionaux des masseurs-kinésithérapeutes : Sous


organisme de l’ordre précédent, qui permet d’obtenir des réponses en cas de
refus ou de réponse tardive.

- L’ensemble des ordres départementaux des masseurs-kinésithérapeutes :


C’est le dernier échelon de l’organisme pour avoir des réponses. Etant plus
local, donc avec moins de sollicitation, ils sont plus aptes à répondre
rapidement aux courriels.

- Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs


(FFMKR) et le Syndicat National des Masseurs-Kinésithérapeutes
Rééducateurs (SNMKR) : Ce sont deux organismes syndicaux pour les
professionnels du secteur. Ils ont donc la possibilité de joindre un nombre
important de praticiens.

- Les logiciels Kiné+4000 ® et VEGA ® : Ce sont deux logiciels de gestion d’un


cabinet pour un masseurs-kinésithérapeute. Le contact avec les professionnels
leur est donc facilité.

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Le texte contenu dans le mail comprend la rédaction ci-dessous. Il permet d’encadrer
le sujet, et de donner des informations sur le questionnaire aux personnes interrogées. Le
questionnaire a donc été envoyé le mercredi 20 février 2019 dans l’après-midi.

3.4.3. Fin de la diffusion

L’enqurte a été fermée le mercredi 3 avril 2019 à 9h. Les réponses au questionnaire
après clôture s’élèvent à 232 réponses. Le lien reste accessible aux personnes intéressées.
Pour les remercier de l’intérrt porté à l’étude, le message ci-dessous a été envoyé :

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3.5. Recueil et traitement des données

Le recueil des données a été effectué par le logiciel Sphinx IQ2 ®. Une vérification de
l’évolution des réponses a été faite trois fois par semaines (Annexe 22). La première réponse a
été enregistrée le mercredi 20 février à 20h36 et la dernière le lundi 01 avril.

Le traitement des données s’est effectué à l’aide du mrme logiciel. De plus le logiciel
Microsoft Excel 2017 ® a été utilisé pour certaines données spécifiques et la mise en forme
des graphiques.

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4. Résultats et analyse

Les résultats mettront en avant les données brutes importées après la fermeture du
questionnaire. Par la suite, ces renseignements vont être comparés les uns aux autres pour
analyser les points clés à retenir.

4.1. Résultats

Les informations ci-dessous représentent le tri à plat des données obtenues par la suite
de la fermeture du questionnaire. Le premier paragraphe correspond aux questions de la partie
généralité du questionnaire. Elles ne nécessitent pas d'analyse poussée étant présentes
uniquement pour exclure de l'étude les réponses en lien avec les critères d'exclusion
prédéfinis.

Dans le panel de personnes ayant participé au questionnaire, 51% 117 participants)


ont eu leur diplôme entre 2001 et 2018, 35% (82) entre 1983 et 2000, 13% (31) entre 1965 et
1982, et 1% (2) entre 1946 et 1964. Dans les 232 réponses obtenues, 222 sont toujours en
activité et 220 pratiquent en France Métropolitaine. La majorité, soit 173 (78.6%), travaillent
dans le secteur libéral, 39 praticiens sont en salariat (17.7%) et 8 (3.6%) en mixte.

La région la plus importante dans la prise en soin par les masseurs-kinésithérapeutes


est la région lombaire avec 41.8%, ce qui correspond à 92 personnes sur 220. Les régions
suivantes sont : la région de l’épaule avec un résultat de 59, 28 pour la région cervicale, 16
pour la région du genou, 6 pour la région de la hanche, 2 pour la région de la cheville et du
thorax. La réponse « autre » qui représente 15 votes, concerne les autres régions citées par
les questionnés. Il s’agit de la région de la tête, de la main, du périnée et de la globalité du
corps. Parmi ces réponses, 5 ne sont pas pertinentes pour cette étude. Les données sont
schématisées dans l’histogramme en barre ci-dessous.

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Figure 1 : Pourcentages des régions douloureuses les plus prises en soin

Lombaire 41,82%
REGION DU CORPS
Epaule 26,82%

Cervicale 12,73%

Genou 7,27%

Hanche 2,73%

Cheville 0,91%

Thorax 0,91%

Autre 6,82%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00%

La question suivante interrogée les masseurs-kinésithérapeutes sur le temps consacré à


la prise en soin d’un patient. La majorité d’entre eux effectuent leur prise en soin sur 30
minutes, ce qui correspond à 140 personnes interrogées (63.6%). 39 sur les 220 prennent 45
minutes pour leur rééducation, 19 moins de 30 minutes, 16 égales à 60 minutes et 6 supérieur
à 60 minutes. En moyenne l’ensemble de cet échantillon consacre 8.6 minutes à l’évaluation
de la douleur. L’histogramme ci-dessous résume les données.

Figure 2 : Temps consacré à la prise en soin d'un patient

70,00%
63,60%

60,00%

50,00%

40,00%

30,00%

20,00% 17,70%

10,00% 8,60% 7,30%


2,70%
0,00%
< 30 minutes 30 minutes 45 minutes 60 minutes > 60 minutes

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L’interrogation qui suit porte sur l’évaluation ou non de la douleur pendant le diagnostic
masso-kinésithérapique. Sur un total de 220, 163 praticiens réalisent une évaluation de la
douleur, ce qui représente 74.1%. 15 déclarent ne pas le faire et 42 l’expertisent en fonction
de la pathologie du patient.

Figure 3 : Pratique de l'évaluation de la douleur dans le diagnostic masso-kinésithérapique

74%
oui

non

7% En fonction de la
pathologie du patient

19%

Sur les 205 professionnels qui réalisent une évaluation de la douleur, la fréquence de
l’examen varient énormément d’un professionnel à l’autre. Sur un total de 205 individus, 97
effectuent cette observation 1 fois toutes les séances, ce qui représente 47.31%. L’intervalle
suivant le plus utilisé est 1 fois toutes les 5 séances avec 27 personnes. Par la suite, les
questionnés sont au nombre de 17 pour 1 fois toutes les 3 séances, 16 pour 1 fois toutes les
2 séances, 13 pour 1 fois toutes les 10 séances, 11 pour 2 fois toutes les 1 séances, 4 pour 3
fois toutes les 1 séances, 3 pour une fois toutes les 4 séances et 2 pour une fois toutes les 15
séances. Pour les catégories 1 fois toutes les 6 séances, 1 fois toutes les 7 séances et 3 fois
toutes les 8 séances une seule personne interrogée utilise l’intervalle. En outre, les 3.41%
manquant correspondent aux sept questionnés qui n’ont pas respecté les consignes de la
question. C’est pourquoi, ils ne figurent pas sur l’histogramme récapitulatif ci-dessous.

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Figure 4 : Fréquence des évaluations de la douleur en fonction des séances

NOMBRE D'EVALUATINO X NOMBRE DE SÉANCE


1x1 47,31%
1x5 13,17%
1x3 8,29%
1x2 7,80%
1 x 10 5,85%
2x1 5,37%
3x1 2,43%
1x4 1,95%
1 x 15 0,98%
1x7 0,98%
4x5 0,49%
3x8 0,49%
3x3 0,49%
2x5 0,49%
1x8 0,49%
1x6 0,49%
0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00%

Les outils d’évaluations de la douleur sont nombreux. Parmi les 205 personnes
consultées, l’outil le plus utilisé est l’échelle verbale simple avec 125 emplois, ce qui
correspond à 48.26%. Ensuite les dispositifs les plus employés sont : l’échelle visuelle
analogique avec 102 personnes, l’échelle numérique avec 55, l’échelle d’incapacité
fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies avec 29, l’échelle individuelle face à la douleur
avec 16, l’auto-questionnaire de DALLAS avec 12, l’échelle DN4 avec 11 et le questionnaire
de la douleur de Saint-Antoine avec 5 usages. Grâce à la réponse « autre » d’autres outils ont
été apportés par les questionnés. Ces moyens sont : l’évaluation personnelle avec 4
applications, l’évaluation de M. Mc Kenzie 2 usages et l’échelle des visages, les outils propres
à un service et l’inventaire de la sensibilité centrale avec 1 utilisation chacune. Deux personnes
ont répondu en dehors des critères de réponses. L’ensemble de ces données est répertorié
dans l’histogramme en barre ci-dessous.

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Figure 5 : Utilisation des outils d'évaluation dans la douleur

EVS 61,00%

EVA 49,80%

EN 26,80%

EIFEIL 14,10%

FABQ 7,80%

DALLAS 5,90%

DNA 5,40%

Saint-Antoine 2,40%

Autre 6,80%

0,00% 10,00% 20,00% 30,00% 40,00% 50,00% 60,00% 70,00%

Dans leur pratique quotidienne les masseurs-kinésithérapeutes apprécient la douleur.


Sur 205 personnes participants à la question, 190 évaluent cette souffrance qu’elle soit aigue
ou chronique, soit 92.70%. Dans la représentation graphique en secteur ci-dessous, les deux
plus petits secteurs correspondent à 8 questionnés pour l’expertise de la douleur aigue et 7
pour la douleur chronique.

Figure 6 : Evaluation de la douleur en fonction de sa classification

92,70%

Aigue
Chronique
Les deux

3,90%
3,40%

40
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La douleur fait partie du programme du cursus initial pendant les études de masseurs-
kinésithérapeutes, mais qu’en est-il des formations à postériori ? Selon cette étude sur 205
professionnels, plus de la moitié ne se sont pas formé à la douleur avec 79,5%, soit 163
personnes. A l’opposé 42 praticiens ont effectué une formation complémentaire à leur
formation initiale.

Figure 7 : Masseurs-kinésithérapeutes formés à la douleur

79,50%

Oui
Non

20,50%

La discipline de la douleur fait partie des nombreuses formations disponibles après le


diplôme. Sur un total de 205 questionnés, 106 ne souhaitent pas avoir davantage
d’enseignement sur cette pratique. Cela représente 41.70%. En outre, 99 personnes
aimeraient compléter leur connaissance sur le sujet.

Dans le cas d’une réponse négative, une justification a été demandée. Parmi ces 112 individus
plus de la moitié d’entre eux, c’est-à-dire 61 praticiens, préfèrent privilégier d’autre(s)
formation(s) que la douleur. Cela indique un total de 57.5%. Dans les personnes interrogées
restantes 15 n’ont pas assez de temps, 2 estiment que cela n’est pas primordial pour leur
profession et 0 pense que la formation est trop chère. Plus d’un quart, soit 29 masseurs-
kinésithérapeutes, ont proposé d’autres réponses. 13 d’entre eux ont déjà effectué une
formation et ne souhaitent pas en faire une nouvelle. 4 vont rtre en cessation d’activité future.
3 considèrent que leur expérience professionnelle est suffisante. 3 n’ont pas envie. 4 ont une
justification chacun qui sont : une formation annexe qui est suffisante ; la douleur est subjective
et une formation n’est pas pertinente ; travaille avec une équipe spécialisée dans la douleur.

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3 n’ont pas respecté les consignes de la réponse. L’ensemble des données de la réponse «
autre » est résumé dans l’histogramme en barre ci-dessous.

Figure 8 : Justification de refus de se former à la douleur

Je préfère privilégier d'autre(s)


57,50%
formation(s)

Je n'ai pas assez de temps 14,20%

Non primordal pour ma profession 1,90%

La formation est trop chère 0,00%

Autre 26,40%

0,00% 10,00%20,00%30,00%40,00%50,00%60,00%

Dans le but d’obtenir une méthodologie précise pour simplifier la prise en soin, un arbre
décisionnel peut être utilisé. D’après un total de 205 masseurs-kinésithérapeutes, 74.10%, soit
152 individus, déclarent ne pas se servir d’un arbre décisionnel. A contrario, 53 utilisent un
arbre décisionnel pour leur évaluation de la douleur. Le graphique en secteur ci-dessous
donne le pourcentage de chaque donnée.

Figure 9 : Utilisation d'un arbre décisionnel pour l'évaluation de la douleur

74,10%

Oui
Non

25,90%

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Les réponses obtenues montrent que le temps alloué à l’évaluation de la douleur est
très variable d’un professionnel à l’autre. Dans la majorité des cas, 60 personnes sur 196 soit
30,61%, le temps nécessaire consacré est de 5 minutes ; 43 pensent que 10 minutes est
suffisant ; 20 praticiens affectent 1 minute de leur temps et 20 autres 2 minutes ; 16 proposent
15 minutes ; 13 dédient 20 minutes à leur évaluation ; 10 destinent 3 minutes dans leur prise
en soin ; 6 réservent 30 minutes ; 2 vouent 60 minutes ; 6 emploient indépendamment 0, 4, 7,
8, 40 et 45 minutes. En outre, 9 ont été exclus car ils n’ont pas respecté les consignes de la
réponse. L’histogramme en barre ci-dessous est plus représentatif.

Figure 10 : Temps alloué à l'évaluation de la douleur

5 30,61%
10 21,94%
1 10,20%
MINUTES

2 10,20%
15 8,16%
20 6,63%
3 5,10%
30 3,06%
60 1,02%
0 0,51%
4 0,51%
7 0,51%
8 0,51%
40 0,51%
45 0,51%
0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35%

La prescription médicale est un outil à la disposition du masseurs-kinésithérapeute.


Mais permet-elle d’orienter l’évaluation de la douleur ? En réponse à cette question 117
questionnés sur 205 répondent que non. Ces précisions dépendent des prescriptions selon 76
personnes. Malgré cette grande opposition 12 pensent que la prescription oriente leur
expertise.

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Figure 11 : Orientation des évaluations de la douleur dans les prescriptions médicales

5,85%

37,70%
Oui

Non

Cela dépend des


57,07% prescriptions

4.2. Analyse des résultats

Grâce aux résultats bruts obtenus, il va être possible de mettre les différentes questions
en relations. Cela dans le but de mettre en corrélation des données ou obtenir des variables
explicatives.

Avec une probabilité inférieure à 0,01, le rapprochement entre la partie du corps la plus
prise en charge par les masseurs-kinésithérapeute et le secteur d’activité professionnel, est
très significatif. Le tableau ci-dessous montre que la région la plus traitée durant les séances
est la région lombaire quel que soit le secteur d’activité.

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Tableau 1 : Comparaison entre la région du corps prise en soin et le secteur d'activité professionnel

La relation entre le secteur d’activité professionnel et la durée d’une prise en soin, a


une probabilité très significative avec p = 0.002. Le tableau 2 met en évidence le temps que
prend un praticien avec son patient. En effet, que ce soit dans le secteur libéral, salarial ou
mixte, la majorité des personnes interrogée prenne en moyenne 30 minutes par séance.

Tableau 2 : Relation entre le secteur d'activité et la durée d'une prise en soin

La corrélation entre les outils d’évaluations utilisées et le secteur d’activité présente


une probabilité significative de 0.01. Le tableau ci-dessous met en évidence l’utilisation plus
importante de l’échelle verbale simple et de la moins importante l’échelle DN4 chez les
professionnels libéraux. En outre, les professionnels salariés emploient l’échelle visuelle
analogique et l’échelle verbale en majorité. Le questionnaire de la douleur de Saint-Antoine

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est, en outre, peu utilisée. Les professionnels en activité mixte ne seront pas analysés.
L’échantillon étant trop faible, l’observation ne serait pas pertinente.

Tableau 3 : Les outils d'évaluations de la douleur en fonction du secteur d'activité

La relation entre l’année d’obtention du diplôme d’état de masseur-kinésithérapeute et


les formations faites sur la douleur est moyennement significative (p = 0.06). Elle montre que
la majorité des diplômés, que ce soit avant ou après l’année 2000, n’ont pas effectué de
formation sur la douleur. Cependant, la comparaison entre l’année d’obtention du diplôme et
le souhait de vouloir effectuer une formation sur la douleur est très significative (p < 0,01 et
Khi2 = 19.93). D’après le tableau obtenu ci-dessous, la majorité des jeunes diplômés (> 2000)
ont un intérêt plus prononcé pour effectuer une formation sur la douleur que les diplômés
antérieurs à l’année 2000.

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Tableau 4 : Formation effectuée en fonction de l'année d'obtention du diplôme (à gauche)
Tableau 5 : Souhait d'effectuer une formation sur la douleur en fonction de l'année du diplôme (à
droite)

Avec une probabilité égale à 0.98, la relation entre le secteur d’activité professionnel
et le temps alloué à l’évaluation de la douleur n’est pas significative. En outre, les chiffres
indiquent que la majorité des professionnels libéraux et salariés consacrent moins de dix
minutes pour l’évaluation de la douleur. Le secteur mixte n’est pas pris en compte car
l’échantillon est trop faible, avec un regroupement au niveau de la troisième et quatrième ligne
trop important.

Tableau 6 : Relation entre le secteur d'activité et le temps alloué à l'évaluation de la douleur

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Avec une probabilité significative à p = 0,04, le tableau ci-dessous met en évidence la
durée d’une séance pour la région lombaire. La prise en soin, pour 60 personnes sur 220, doit
durer 30 minutes en moyenne.

Tableau 7 : Corrélation entre la durée d'une séance et la région traitée

La relation entre l’échelle d’évaluation de la douleur utilisée et la région traitée n’est


pas significative (p = 0,67). En outre, les informations mises en rapport dévoilent les échelles
employées pour l’évaluation de la douleur pour la région lombaire. Les trois échelles les plus
utilisées sont l’EVA, l’EN et l’EVS.

Tableau 8 : Rapport entre la région douloureuse et l'échelle d'évaluation de la douleur utilisée

Le tableau ci-dessous affiche la relation entre les différentes régions douloureuses et


les formations sur la douleur effectuées ou non. Avec une relation peu significative (p = 0.10),

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il met en évidence la région lombaire. En effet, la majorité des professionnels, 74 sur 86
traitants cette partie douloureuse du corps, n’ont pas fait de formations qui y sont associées.
De plus, selon le tableau 10, qui compare les mêmes régions du corps avec le souhait
d’effectuer une formation, illustre que plus de la moitié de ce même effectif ne souhaite pas
faire de formation.

Tableau 9 : Relation entre la région traitée et les formations sur la douleur effectuées ou non

Tableau 10 : Relation entre régions douloureuses du corps et souhait de faire une formation sur la
douleur

Le tableau 11 montre la corrélation entre le temps alloué à l’évaluation de la douleur et


celui accordé à la prise en charge. La probabilité n’est pas significative avec un p = 0.25. La
majorité des professionnels utilisent entre 0 à 10 minutes de leur temps, dans une prise en
soin de 30 minutes.

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Tableau 11 : Temps alloué à l'évaluation de la douleur dans une prise en soin

Le tableau 12 met en évidence la corrélation entre l’utilisation d’un arbre décisionnel et


le temps consacré à la prise en soin. Avec un p = 0.73, les informations du tableau ne sont
pas significatives. Pour autant, dans les questionnés qui consacrent 30 minutes à leur patient,
98 n’utilisent pas d’arbre décisionnel contre 32 qui le font.

Tableau 12 : Utilisation d'un arbre décisionnel par rapport au temps de prise en soin

Le tableau ci-dessous met en rapport les outils utilisés pour l’évaluation de la douleur
et une éventuelle formation effectuée sur la douleur. Le tableau dévoile que les personnes qui
ont fait une formation, se servent de l’EVA et de l’EVS en première intention.

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Tableau 13 : Formations sur la douleur effectuées ou non par rapport aux outils utilisés

Le tableau 14 compare les outils d’évaluations utilisés pour la douleur avec l’emploi ou
non d’un arbre décisionnel. La majorité des professionnels qui mettent en œuvre l’arbre
décisionnel, incorpore l’EVA et/ou l’EVS. Cependant 15 personnes se servent de l’échelle
EIFEL. Cette information a une probabilité significative de 0,02.

Tableau 14 : Comparaison en fonction des outils d'évaluations de la douleur et l'utilisation ou non d'un
arbre décisionnel

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Le tableau ci-dessous met en évidence la relation entre le temps alloué à l’évaluation
de la douleur et les outils utilisés pour la coté. Les données ont une probabilité de 0,95. Pour
les temps d’évaluation compris entre 0 et 20 minutes, les outils contenus dans l’estimation de
la douleur les plus utilisés sont l’EVS, l’EVA, l’EN et l’échelle EIFEL.

Tableau 15 : Rapport entre le temps alloué à l'évaluation de la douleur et les outils utilisés

Le tableau suivant met en rapport les formations faites ou non sur la douleur et temps
consacré à l’évaluation de cette dernière. La probabilité pour ces informations est de p = 0,64.
Pour la majorité des professionnels qui ont participé à l’étude et qui ont fait une formation,
c’est-à-dire 27, la durée d’une évaluation de la douleur est inférieur à 10 minutes.

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Tableau 16 : Comparaison entre les formations faites sur la douleur ou non et le temps consacré à
l'évaluation de la douleur

La corrélation entre le souhait d’effectuer une formation sur la douleur ou non et la


justification correspondante en cas de réponse négative, montre une probabilité égale à 1. Le
tableau met en évidence que la majorité des praticiens questionnés préfèrent se former à
d’autre(s) formation(s) plutôt que celle(s) sur la douleur.

Tableau 17 : Relation entre le souhait d'effectuer une formation ou non et la justification


correspondante

Avec une probabilité à 0,08, la mise en relation entre les différentes régions
douloureuses traitées et l’utilisation ou non d’un arbre décisionnel est peu significative. Le
tableau 18 met en évidence que 62 personnes ne se servent pas d’un arbre décisionnel dans
la région lombaire, contre 24 professionnels qui en utilisent un.

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Tableau 18 : Mise en relation entre les différentes régions douloureuses traitées et l'utilisation ou non
d'un arbre décisionnel

Sur 205 masseurs-kinésithérapeutes, 47 se servent d’un arbre décisionnel dans leur


évaluation de la douleur. La corrélation entre l’utilisation ou non d’un arbre décisionnel et la
pratique ou non d’une évaluation de la douleur a une signification de 0,05.

Tableau 19 : Corrélation entre l'utilisation ou non d'un arbre décisionnel et la pratique ou non
d'évaluation de la douleur

Dans le tableau 20, la relation entre l’utilisation ou non d’un arbre décisionnel et le
temps alloué à l’évaluation de la douleur a une probabilité de 0,02. Cette comparaison montre
que la majorité des professionnels qui utilise un arbre décisionnel (22) ne prenne pas plus de
10 minutes pour leur évaluation de la douleur.

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Tableau 20 : Relation entre l'utilisation ou non d'un arbre décisionnel et le temps alloué à l'évaluation
de la douleur

Le tableau 21 met en relation l’avis des masseurs-kinésithérapeutes sur l’orientation


effective ou non des prescriptions médicales sur l’évaluation de la douleur et le secteur
d’activité professionnel. Les informations mettent en avant les réponses majoritairement
négatives à cette question. En effet que cela soit dans le secteur libéral, salarial ou mixte, les
praticiens pensent que les prescriptions médicales n’orientent pas l’évaluation de la douleur.
Mrme si le nombre de réponse n’est pas égal pour chaque secteur, proportionnellement, cette
affirmation se retrouve chez les professionnels libéraux. Ces données sont significatives avec
une probabilité à 0,03.

Tableau 21 : Corrélation entre le détail des prescriptions médicales et le secteur d'activité


professionnel

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Les tableaux 23 à 25 mettent en relation différentes interrogations avec la question
ouverte sur la fréquence des évaluations de la douleur. Cependant, elle a été traitée sous
forme fermée. En effet, les réponses ont été données sous forme de texte, et pour une même
valeur quantitative, la donnée a pu rtre écrite d’une forme différente. Ainsi le logiciel Sphinx
IQ2 ® n’a pu traiter les informations de façon satisfaisante. Ces dernières ont donc été
regroupées par valeurs numériques identiques et aucun effectif n’a été modifié.

Avec une probabilité de 0,90, le tableau 22 met en relation le secteur d’activité


professionnel avec la fréquence des évaluations de la douleur. Ainsi la majorité des praticiens
ayant répondu au questionnaire évaluent la douleur une fois par séance. Toute proportion
gardée, cette affirmation est vrai autant pour le secteur privé, salarial ou mixte.

Tableau 22 : Comparaison entre le secteur d'activité professionnel et la fréquence des évaluations de


la douleur

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Le tableau ci-dessous compare les différentes régions douloureuses prises en soin
avec la fréquence des évaluations de la douleur. Ces données ont une probabilité de 0,36.
Les données essentielles à observer sont la fréquence des évaluations de la douleur en
fonction de la région lombaire. Le nombre de réponse le plus important se situe à une
évaluation par séance.

Tableau 23 : Mise en relation des régions douloureuses traitées et de la fréquence des évaluations
des douleurs

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Le tableau 24 met en évidence la relation entre la durée moyenne d’une séance avec le
patient et la fréquence des évaluations de la douleur effectuées. Une grande partie des
professionnels pratiquants 30 minutes par séance, font une évaluation par prise en soin (66).
La probabilité pour ces éléments est de 0,25.

Tableau 24 : Relation entre la durée moyenne d'une séance et la fréquence des évaluations de la
douleur

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Il est présenté dans le tableau ci-dessous la formation sur la douleur effectuée ou non
par apport à la fréquence de ces dernières. Les personnes ayant effectuées une formation sur
la douleur effectuent une évaluation toutes les séances. La probabilité de ce tableau est de
0,59.

Tableau 25 : Mise en relation d'une formation effectuée ou non et la fréquence des évaluations de la
douleur

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5. Discussion

Cette étude de recherche a pour objectif de répondre à la question suivante : Existe-t-


il des échelles adaptées et pertinentes pour la pratique professionnelle en masso-
kinésithérapie, permettant l’évaluation des différentes douleurs dans la lombalgie chronique
durant la prise en soin ? Pour cela, un encadrement du sujet par la littérature a été effectué.
Par la suite, un questionnaire de seize questions a été établi puis envoyé et a obtenu un total
de 232 réponses. Grkce au tri à plat et au tri croisé, l’ensemble des informations essentiels en
ont été extraites. Cette discussion aura donc pour rôle de comparer les résultats finaux
obtenus avec la littérature pour en faire un bilan. La suite mettra en avant les intérêts et les
limites de cette étude. Cet ensemble sera conclu par les perspectives de cette étude.

5.1. Analyse et comparaison des résultats avec la littérature

D’après cette étude, et en extrapolant les données, 34,5% des masseurs-


kinésithérapeutes traitant les douleurs pendant la prise en soin le font en majorité dans la
région lombaire. Une étude parue en 2009 par l’Observatoire National de la Démographie des
Professions en France (ONDPS), considère que les douleurs liées au rachis sont une
« pathologie phare » de la profession. (76) Il est donc approprié de dire que les premières
douleurs du corps humain prises en soin par les masseurs-kinésithérapeutes sont les douleurs
lombaires.

Pour traiter ces lombalgies, 41.8 % des praticiens consacrent une prise en soin de
trente minutes par patient parmi les personnes ayant répondu au questionnaire. D’après le
Guide pratique de la NGAP en masso-kinésithérapie de 2017 la durée d’une prise en charge est «
de l’ordre de 30 minutes ». (77) Les professionnels respectent donc le temps alloué à une
prise en soin pour un individu atteint de lombalgie.

Dans cette durée, les praticiens questionnés utilisent un tiers de ce temps pour
l’évaluation des douleurs lombaires, soit dix minutes. D’après les recherches effectuées,
aucune étude ne montre le temps alloué pour telle ou telle échelle, cependant l’ensemble des
articles portant sur le sujet sont d’accord. Les échelles EN, EVA et EVS permettent l’évaluation
de la douleur en moins d’une minute contre moins de dix minutes pour les échelles plus
longues comme l’échelle d’EIFEL. L’outil le plus utilisé dans cette évaluation, avec 35.2% des

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évaluations en moins de 10 minutes, est l’échelle verbale simple. Les praticiens utilisent donc
le temps imparti pour mettre en œuvre correctement leur échelle. Il est également possible
qu’ils combinent différentes échelles pour obtenir un meilleur résultat. Ce constat est fait car
la plupart des questionnés utilisent plusieurs outils.

Selon l’étude effectuée ci-dessus, quel que soit le secteur d’activité professionnel, la
fréquence d’évaluation de la douleur pour une séance de 30 minutes, est de 1 fois toutes les
séances. D’après les recherches effectuées, il n’existe pas de recommandation ou d’obligation
pour la mise en place d’évaluation de la douleur. En outre, cette évaluation ne fait qu’un avec
le bilan diagnostic kinésithérapique (BDK). D’après la Nomenclature Générale des Actes
Professionnels (NGAP), un BDK doit être réalisé une fois entre la première et la dixième
séance, puis à la trentième et par la suite toutes les vingt séances ou à la soixantième et
ensuite toutes les cinquante séances en fonction de la pathologie. (78) La fréquence des
évaluations de la douleur pratiquées est donc faite dans les règles selon le BDK de la NGAP.

Un arbre décisionnel peut être un bon moyen pour gagner en efficacité et en rapidité
durant la prise en soin. D’après le questionnaire, la majorité des professionnels n’utilisent pas
d’arbre décisionnel. Entre outre, pour une séance de trente minutes, 24.6% le trouve
nécessaire. Pour les praticiens traitant en majorité la région lombaire, 72.1% ne se servent
pas d’un arbre décisionnel. Parmi les masseurs-kinésithérapeutes qui en utilisent un, la
majorité, soit 41.5%, le font en moins de dix minutes. Il est important de noté que malgré la
mise en place d’un arbre de décision ou non, les échelles sont identiques. Dans l’ordre il s’agit
de l’EVA, l’EVS, l’échelle EIFEL et l’EN.

D’après ces observations il est possible d’en conclure plusieurs choses. Tout d’abord,
l’arbre décisionnel est un système qui n’est pas mis en avant par les professionnels, malgré
une efficacité certaine. En outre, une minorité arrive à mettre en place cet outil dans une
séance de trente minutes comprenant dix minutes d’évaluation de la douleur. De plus, les
échelles de l’évaluation de la douleur utilisées sont identiques dans les deux cas. La place de
l’échelle EIFEL est positionnée à la quatrième place dans le cas d’une non utilisation de l’arbre
décisionnel et à la troisième place dans le cas inverse. Il est donc possible de se servir d’un
tel outil dans un temps imparti avec des échelles plus ou moins longues à réaliser. Il serait
donc justifié de créer un arbre décisionnel pour l’évaluation des douleurs pour les patients
atteints de lombalgies dans le but d’avoir un outil validé qui améliore la prise en soin de la
profession.

61
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Comme a pu le dire le Centre National de Ressources de lutte contre la Douleur
(CNRD) dans son Livre blanc de la douleur 2017, (27) « la profession manque cruellement de
formation sur le domaine. ». D’après ce mrme document, la formation initiale sur la douleur
serait comprise en une et quinze heures. D’après l’étude effectuée dans ce document, 79,5%
des masseurs-kinésithérapeutes n’ont pas effectué de formation sur la douleur en dehors de
leur formation initiale. Cependant, 48,3% souhaiterai en faire une. Ces chiffres sont presque
identiques pour les professionnels traitants la région lombaire. Donc ces derniers marquent
l’importance que la douleur dans la pratique quotidienne de la profession. Il serait donc peut
rtre nécessaire d’obtenir une formation initiale de la douleur, et de son évaluation, plus
adaptée et complète pour la prise en soin des patients.

Pour les praticiens ayant fait une formation complémentaire, soit 20,5%, 64,3%
effectuent leur évaluation de la douleur en moins de dix minutes. Pour 47.6% des formés, ils
réalisent cet examen une fois par séance. Les deux outils les plus utilisés dans les 20,5% des
personnes sont l’EVA et l’EVS. Il a été démontré précédemment que ces deux échelles ne
sont pas propres pour un type de douleur. Au contraire, elles sont simples d’utilisation car elles
peuvent s’adapter à toutes les douleurs. En somme, la formation ou non d’un professionnel
sur la douleur, n’importe aucune modification dans l’évaluation de la douleur durant la prise en
soin des patients. Cela peut rtre dû soit à un manque d’information sur les outils d’évaluation
de la douleur, soit du choix des praticiens à ne pas se servir de ces outils. Les recherches sur
des formations certifiées prises au hasard, montrent qu’un chapitre sur les outils d’évaluations
de la douleur est toujours présent.

Comme dit précédemment, 79,5% des masseurs-kinésithérapeutes n’ont pas effectué


de formation complémentaire sur la douleur. Il est important de comprendre pourquoi. En effet,
la majorité, soit 57,4%, ne souhaite pas effectuer de formation sur la douleur car ils préfèrent
en privilégier d’autres. Le site la Maison des Kiné, à lui seul, compte 116 formations (79). Il est
donc compréhensible que d’autres formations sur d’autres compétences de la profession soit
privilégié. En outre, l’évaluation de la douleur n’est pas uniquement importante dans les
pathologies lombaires. Les outils d’évaluations peuvent rtre nécessaires pour tous patients
souffrant de douleur(s).

D’après l’étude faite dans ce document, 94,1% des questionnés pensent que les
prescriptions médicales ne permettent pas, ou pas tout le temps, d’orienter l’évaluation de la
douleur. D’après l’article R5132-3 de décembre 2013, la prescription médicale à destination
du masseur-kinésithérapeute doit contenir les points suivants : « l’indication
médicale,l’organe cible,la localisation,le rapport de la rééducation avec une affection de
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longue durée, un accident du travail ou une maladie professionnelle ». Depuis 2000, l’article 2
n’impose plus la notion de qualité et de quantité dans la prescription (exemples : nombre de
séance, techniques). (80±82) En somme, les médecins mettent en place des prescriptions peu
détaillées pour, d’une part, respecter le texte en vigueur depuis 2000 et d’autre part pour
permettre une meilleure liberté et indépendance du masseur-kinésithérapeute durant ses
séances.

5.2. Intérêts et limites de l’étude

Toutes études engendrent des limites et des intérêts. Ces derniers sont présentés ci-
dessous.

La première limite met en évidence l’échantillon. En effet, l’échantillon sélectionné est


très important par rapport au nombre de réponse. Ce dernier ne représente que 0,3% du total.
Cela est dû au fait que l’ensemble des contacts n’ont pas tous répondu au courriel. De plus,
pour éviter les biais éventuels à l’étude, toutes propositions de publication sur un compte
Facebook® a été refusées. En outre, même si le nombre de réponse ne représente pas un
pourcentage important du total, l’ensemble des réponses des questionnés permet d’obtenir
une étude conséquente permettant un traitement des données efficace.

La seconde limite concerne les destinataires du questionnaire. En effet, deux syndicats


ainsi que deux logiciels de gestion de cabinet ont été énumérés. En outre, certaines personnes
pourraient voir cela comme de la partialité. Il est compte important de signaler qu’il n’y a aucun
conflit ou lien intérêt que ce soit en vers une personne ou une institution dans cet écrit. Il aurait
été judicieux de citer l’ensemble des syndicats et des logiciels pour marquer cette impartialité.

L’intérrt de cette étude est de mettre en avant l’importance de l’évaluation de la douleur


dans les lombalgies pour la pratique de la masso-kinésithérapie. En effet, une meilleure
compréhension des mécanismes et des composantes de la douleur ainsi que des outils
d’évaluation adaptés, permettrait une amélioration de la prise en soin. Un ciblage précis de
cette douleur va entrainer un traitement et des techniques pertinentes pour cette dernière.

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5.3. Les perspectives de l’étude

5.3.1. Pour la recherche

La profession de masseur-kinésithérapeute souhaite améliorer son niveau d’expertise


en intégrant la recherche à leurs compétences. Cette étude va donc permettre de mettre en
avant cette initiation à la recherche. Cette dernière a pour objectif de montrer les défauts et
les qualités d’une technique ou d’un élément de la prise en soin.

Cette étude a donc mis en lumière les qualités et les défauts de l’évaluation de la
douleur en masso-kinésithérapie dans la lombalgie. Il est donc simple de trouver des
perspectives à cette étude pour la recherche. L’une des pistes possible est la modification de
la formation initiale sur la douleur pourrait-elle permettre une amélioration de la prise en soin
dans la lombalgie. En outre l’interrogation la plus permettent pour faire suite à cette étude de
recherche est la suivante : l’élaboration d’un arbre décisionnel pour l’évaluation des douleurs
en masso-kinésithérapie permettrait-il une prise en soin plus adaptée et rapide d’un patient
souffrant de lombalgie ?

5.3.2. Pour la profession

Cette étude montre du doigt les différents outils d’évaluations pour les douleurs
lombaires qui sont utilisées par les praticiens, mais pas forcément adaptées à la prise en soin.
Elle peut donc permettre de faire voir aux professionnels les échelles valables pour une
première évaluation de la douleur ainsi que les échelles pour le suivi de la douleur. La
perspective suite à cela est une amélioration de la prise en soin. C’est-à-dire une prise en
charge plus rapide et plus efficace pour un meilleur traitement.

Une autre perspective serait d’ajuster certaines échelles ou en créer une autre pour
l’adapter à la masso-kinésithérapie. En effet, cette profession à la chance d’avoir des séances
assez longues et régulières. Ainsi le professionnel peut consacrer davantage de temps à
l’évaluation de la douleur et à sa compréhension avec le patient. C’est pourquoi un protocole
établi sous forme d’un arbre décisionnel pourrait être un moyen efficace pour améliorer
compétence.

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Conclusion

Cette étude avait pour but de répondre à une question et à quatre hypothèses. Donc,
en effet, il existe des outils adaptés pour l’évaluation des différentes douleurs lombaires. Pour
autant, l’objectif pour le terme « pertinents » de la question de recherche n’est pas rempli. En
effet, le questionnaire a pu mettre en avant que les masseurs-kinésithérapeutes effectués des
évaluations de la douleur dans une durée inférieure à dix minutes. Cependant pour avoir une
vue d’ensemble des différentes douleurs, plusieurs échelles doivent rtre appliquées ce qui
aurait pour conséquence d’augmenter cette durée. Il serait donc nécessaire soit de créer une
nouvelle échelle capable de regrouper l’ensemble des différentes douleurs, soit de mettre en
place un arbre décisionnel dans le but d’identifier précisément la douleur perçue. Tout cela
dans le but d’obtenir une meilleure prise en soin et un traitement approprié.

Dans le cadre des recommandations de bonnes pratiques, les organismes de santé citent
onze échelles d’évaluation validées sur la douleur. Cependant, cela ne comprend pas les
autres outils d’évaluation de la douleur comme les questionnaires et les outils en langue
étrangère. De plus, il existe, par exemple, une réelle différence entre l’EVS qui ne contient
qu’un seul item et l’échelle EIFEL qui en contient vingt-quatre. Il peut donc être compliqué de
faire un choix parmi cet ensemble pour être le plus pertinent durant sa prise en soin. Les
échelles les plus utilisées sont donc les plus simples à appliquer au quotidien, soit : l’EVS,
l’EVA et l’EN. Pour autant, les masseurs-kinésithérapeutes ne prennent pas cette évaluation
à la légère.

Même si une majorité d’entre eux préfère privilégier une autre formation, ils souhaiteraient
quand même améliorer leurs connaissances sur la classification, les mécanismes et les
composantes de la douleur. En effet, même si leurs connaissances sont acquises durant la
formation initiale et à leur expérience, la majorité de ces professionnels évalue la douleur du
patient lombalgique à chaque séance. Donc mrme si cette évaluation n’est pas la plus
importante de leurs prises en soin, ils ne la délaissent en aucun cas et la réévaluent
quotidiennement.

De nos jours, la prévention dans la lombalgie est de plus en plus primordiale étant donné le
coup social et économique de ce symptôme. C’est pourquoi il est indispensable de savoir
évaluer les différentes douleurs du patient grâce à des outils adaptés. Un arbre décisionnel
incorporant les différentes douleurs permettant une évaluation de la douleur dans une séance
de masso-kinésithérapie pourrait permettre une meilleure prise en soin.

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Annexes

Annexe 1. Morphologie de la colonne vertébrale.............................................................. 73


Annexe 2. Vertèbres lombaires......................................................................................... 74
Annexe 3. Articulations intercorporéales........................................................................... 75
Annexe 4. La contraction musculaire................................................................................ 76
Annexe 5. Muscles postérieurs du tronc........................................................................... 77
Annexe 6. Plexus lombaire............................................................................................... 78
Annexe 7. Trajet du message douloureux......................................................................... 79
Annexe 8. Le Gate control................................................................................................ 80
Annexe 9. Modèle biopsychosocial de Waddel................................................................. 81
Annexe 10. Echelle visuelle analogique............................................................................ 82
Annexe 11. Echelle numérique......................................................................................... 82
Annexe 12. Echelle verbale simple................................................................................... 82
Annexe 13. Echelle d’incapacité fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies............... 83
Annexe 14. Echelle de la douleur du rachis : auto-questionnaire de Dallas...................... 84
Annexe 15. Echelle fonctionnelle spécifique au patient..................................................... 86
Annexe 16. Echelle DN4................................................................................................... 87
Annexe 17. Echelle de Oswestry...................................................................................... 88
Annexe 18. Questionnaire QDSA...................................................................................... 89
Annexe 19. Echelle NPSI.................................................................................................. 90
Annexe 20. Echelle HDRS................................................................................................ 91
Annexe 21. Questionnaire................................................................................................. 94
Annexe 22. Calendrier de l’évolution des réponses au questionnaire............................... 98

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Annexe 1. Morphologie de la colonne vertébrale

Michel Dufour, Anatomie de l’appareil locomoteur, 2007.

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Annexe 2. Vertèbres lombaires

Michel Dufour, Anatomie de l’appareil locomoteur, 2007.

74
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Annexe 3. Articulations intercorporéales

Michel Dufour, Anatomie de l’appareil locomoteur, 2007.

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Annexe 4. La contraction musculaire

Elaine N. Marieb, Anatomie et physiologie humaines, 2005

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Annexe 5. Muscles postérieurs du tronc

Anatomie de l’appareil locomoteur, 2007.

77
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Annexe 6. Plexus lombaire

Kamina, Anatomie clinique tome 1 anatomie générale, 2005

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Annexe 7. Trajet du message douloureux

Kamina, Anatomie clinique tome 5 neuroanatomie, 2005

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Annexe 8. Le Gate control

Ronald Melzack, Gate Control theory, 1996

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Annexe 9. Modèle biopsychosocial de Waddel

Ronald Melzack, Gate Control theory, 1996

81
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Annexe 10. Echelle visuelle analogique

Haute autorité de santé, 2008

Annexe 11. Echelle numérique

Haute autorité de santé, 2008

Annexe 12. Echelle verbale simple

Haute autorité de santé, 2008

82
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Annexe 13. Echelle d’incapacité fonctionnelle pour l’évaluation des lombalgies

Coste J. et al., 1993

83
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Annexe 14. Echelle de la douleur du rachis : auto-questionnaire de Dallas

84
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Société française de rhumatologie, 1997

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Annexe 15. Echelle fonctionnelle spécifique au patient

Kinésithérapie la revue, 2010

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Annexe 16. Echelle DN4

Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur, 2004

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Annexe 17. Echelle de Oswestry

D. Vogler et al., 2008

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Annexe 18. Questionnaire QDSA

Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé, 1999

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Annexe 19. Echelle NPSI

Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé, 2015

90
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Annexe 20. Echelle HDRS

91
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J.D.Guelfi, S.Criquillion-Doublet, Laboratoires Ardix, 1993

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Annexe 21. Questionnaire

94
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Annexe 22. Calendrier de l’évolution des réponses au questionnaire

Date de la vérification Nombre de réponse au total

Samedi 23 février 1

Mardi 26 février 1

Vendredi 1 mars 3

Lundi 4 mars 6

Jeudi 7 mars 25

Dimanche 10 mars 25

Mercredi 13 mars 129

Samedi 16 mars 202

Mardi 20 mars 220

Vendredi 23 mars 226

Lundi 26 mars 230

Jeudi 29 mars 231

Dimanche 1 avril 232

Mercredi 3 avril 232

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Evaluation masso-kinésithérapique de la douleur dans la lombalgie chez l’adulte sans pathologie
associée

Objectif : Cette étude a deux objectifs : le premier permet à l’auteur de cet écrit d’améliorer sa pratique
et ses connaissances pour obtenir une meilleure prise en soin future. Le second souhaite mettre en
avant le regard porté à l’évaluation de la douleur ainsi que les outils utilisés pour améliorer la prise en
soin des patients atteints de lombalgie.
Méthode : Une étude par questionnaire indirect a été produite pour communiquer avec les masseurs-
kinésithérapeutes. Cette recherche a été effectuée en France métropolitaine. Elle regroupe un
ensemble de seize questions destinée à 82 641 professionnels. Après une phase d’élaboration ainsi
qu’une phase de test, l’enqurte a été mise en place le 20 février 2019 pour se clôturer le 3 avril 2019.
Résultats : Le sondage a obtenu un ensemble de 232 réponses. Il montre que 41.8% des interrogés
prennent en charge le plus souvent des douleurs lombaires. La prise en soin se fait à 63,6% sur une
séance de 30 minutes sachant que 74,1% des masseurs kinésithérapeutes effectue une évaluation de
la douleur. Cette dernière se fait à 30,6% en 5 minutes. Cette expertise est effectuée une fois par séance
pour 47,3% d’entre eux et l’outil le plus utilisé, à hauteur de 48,3%, est l’échelle verbale simple. Pour
permettre une meilleure compréhension de la douleur, les professionnels peuvent réaliser des
formations. Cependant les résultats ont montré que plus de la moitié, 79,5%, ne sont pas formés et
41,7% ne souhaitent pas le faire car, pour 57,5% d’entre eux, ils préfèrent privilégier d’autres formations.
Pour aider cette évaluation de la douleur 25,9% des interrogés utilisent un arbre décisionnel. Pour
57,1% des questionnés pensent que la prescription médicale n’oriente pas leur évaluation de la douleur.
Conclusion : Cette étude a démontré que les douleurs les plus traitées par les masseurs-
kinésithérapeutes sont les douleurs lombaires. Leurs évaluations de la douleur sont régulières avec une
durée suffisante mais les outils d’évaluations peuvent être utilisés à mauvais escient. De plus, que ce
soit avec ou sans formation sur la douleur, cela n’a aucune incidence sur l’évaluation de la douleur.
Enfin, les prescriptions médicales montrent que le masseur-kinésithérapeute doit être apte à établir une
bonne évaluation de la douleur dans le but d’identifier les différentes douleurs.

Mots-clés : [Lombalgie, douleur, outils d'évaluation, masseur-kinésithérapeute]

Physiotherapy assessment of pain in low back pain in adults without associated pathology

Objective: This study has two objectives: the first one allows the author of this paper to improve his
practice and knowledge to obtain better future care. The second would like to highlight the focus on pain
assessment and the tools used to improve the care of patients with low back pain.
Method: An indirect questionnaire study was produced to communicate with physiotherapists and
masseurs. This research was carried out in France. It includes a set of sixteen questions for 82,641
professionals. After a development phase and a test phase, the survey was released on February 20,
2019 and closed on April 3, 2019.
Results: The survey received a total of 232 responses. It shows that 41.8% of the respondents report
that the most common pathology they treat is lumbar pain. For 63.6%, treatment takes place over a 30-
minute session, with 74.1% of physiotherapists performing a pain assessment. The latter is done in 5
minutes for 30.6%. This expertise is carried out once per session for 47.3% of them and the most
commonly used tool, up to 48.3%, is the simple verbal scale. To provide a better understanding of pain,
professionals can provide training. However, the results showed that more than half, 79.5%, are not
trained and 41.7% do not wish to do so because, for 57.5% of them, they prefer other training. To help
with this assessment of pain, 25.9% of respondents use a decision tree. For 57.1% of respondents,
medical prescription does not guide their pain assessment.
Conclusion: This study showed that the pain most often treated by physiotherapists is lumbar pain.
Their pain assessments are regular and of sufficient duration, but assessment tools can be misused. In
addition, with or without pain training, it has no impact on pain assessment. Finally, medical prescriptions
show that the masseur-physiotherapist must be able to establish a good pain assessment in order to
identify the different pains.

Keywords : [Low back pain, pain, assessment tools, physiotherapist]