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LUBRIFICATION et ANALYSE d’HUILES

I – BUT DE LA LUBRIFICATION :

Définition : procédé par lequel la friction entre deux pièces en mouvement est réduite (introduction d’un fluide entre les
deux surfaces).
Fonctions du lubrifiant :
 Réduire la friction (frottement ou déformation),
 réduire l’usure des pièces,
 absorber / atténuer les chocs,
 réduire la température,
 protéger de la corrosion,
 isoler les composantes de la contamination,
 nettoyer / enlever les contaminants.
Types de lubrification :
 Hydrodynamique : séparation de deux surfaces par un film relativement épais, par un mouvement dynamique de
la pièce en mouvement.
 Hydrostatique : introduction de lubrifiant sous pression entre les surfaces en mouvement (source de pression).

II – LES LUBRIFIANTS :

Les lubrifiants ont pour rôle de réduire les frottements entre pièces en mouvement, ou de diminuer la résistance passive
de pièces fixes. Ils sont obtenus par raffinage des fractions lourdes du pétrole brut.
Les lubrifiants peuvent être
 liquides ou fluides (huiles),
 consistants (graisses ou gel de silicone),
 ou solides (graphite, téflon).
Les performances et caractéristiques diffèrent d'un lubrifiant à l'autre, leur seul point commun est qu'ils sont tous
composés d'un constituant principal appelé « base lubrifiante », qui représente 75 à 85% de l'huile ou d'une graisse et
qui peut être d'origine pétrolière ou synthétique.

II.1 – LES BASES LUBRIFIANTES :


 Les bases minérales sont fabriquées à partir du pétrole brut. Elles sont de très loin les plus utilisées, aussi bien
dans les applications automobiles qu’industrielles. Ce sont des mélanges d’hydrocarbures ayant subi de
nombreuses opérations de raffinage.
 Les bases de synthèse sont des produits obtenus par réaction chimique de plusieurs composants. Deux grandes
familles de produits sont utilisées pour la formulation des lubrifiants : les esters et les hydrocarbures de synthèse.
Ces produits présentent une viscosité remarquablement stable quelle que soit la température. Cette propriété est
une supériorité majeure sur les bases minérales qui nécessitent l'adjonction d'additifs améliorants de viscosité
en plus grande quantité. Leur résistance à l'oxydation est aussi accrue, d'où une plus grande longévité de l'huile
qui permet un espacement entre vidange plus important.
A noter qu'il existe aussi des huiles dites de semi synthèse qui s'obtiennent à partir d'un mélange des deux
précédentes (généralement 70 à 80% d'huile minérale et 20 à 30% d'huile de synthèse).
II,2 - LES HUILES :

Les huiles sont composées d'une base lubrifiante et d'additifs.


LES ADDITIFS DES HUILES : les additifs sont présents à hauteur de 15% à 25 % dans les huiles finies :
 soit pour renforcer certaines propriétés de l'huile de base
 soit pour apporter à l'huile de base des propriétés qu'elle ne possède pas naturellement
 Les améliorants de viscosité : ils permettent à l'huile d'être suffisamment fluide à froid et visqueuse à chaud
pour éviter le contact des pièces en mouvement. Ce sont des polymères introduits dans une base lubrifiante.
Une huile contenant ces additifs est dite multigrade. Les polymères à longue chaîne se contractent à basse
température et n'offrent ainsi qu'une résistance négligeable au mouvement des molécules d'huile mais, à haute
température, ils se déroulent et s'opposent à la fluidification du mélange.
 Les additifs anti-usure : ils renforcent l'action anti-usure qu'exerce un lubrifiant vis-à-vis des organes qu'il
lubrifie. Ils agissent en formant un film protecteur, en réagissant directement ou par l'intermédiaire de leur
produit de réaction avec les surfaces métalliques.
 Les additifs anti-oxydants : ils ralentissent les phénomènes d'oxydation du lubrifiant et contribuent à
l'espacement des vidanges par une meilleure tenue aux hautes températures.
 Les additifs détergents : ils évitent la formation de dépôts ou de vernis sur les parties les plus chaudes du
moteur telles que les gorges des pistons. Ils exercent une action détergente, en particulier à l'intérieur des
moteurs où ils empêchent que les résidus charbonneux de combustion ou composés oxydés ne forment des
dépôts ou des gommes sur les surfaces métalliques. Les additifs les plus récents sont des polymères de
composés basiques azotés qui ne laissent pas de cendres. Les huiles dites détergentes doivent être utilisées
avec précaution dans les moteurs anciens car leur capacité à nettoyer les dépôts déjà sédimentés dans les
carters (la calamine par exemple) peut entraîner l'obturation des canaux de circulation du lubrifiant.
 Les additifs dispersants : ils maintiennent en suspension toutes les impuretés solides formées au cours de
fonctionnement du moteur : imbrûlés, gommes, boues, suies diesel (dépôt carboné de couleur noire et
d'apparence huileuse), dépôts nettoyés par les détergents. Ils empêchent les résidus solides de s'agglomérer
et ainsi limitent le risque de dépôt (boues) dans les parties froides du moteur (carter).
 Les additifs de basicité : ils neutralisent les résidus acides de combustion des carburants, principalement sur
moteur diesel, au fur et à mesure de leur formation.
 Les additifs anti-corrosion : ils empêchent l'attaque des métaux ferreux, attaque due à l'action conjuguée de
l'eau, de l'oxygène de l'air et de certains oxydes formés lors de la combustion. Ils forment un film protecteur ou
une passivation (état des métaux ou des alliages dans lequel leur vitesse de corrosion est ralentie par un film
passif naturel ou artificiel, par rapport à ce qu'elle serait en l'absence de ce film. de la surface à protéger).
 Les additifs anti-congélation : ils permettent au lubrifiant de garder une bonne fluidité à basse température
(de -15°C à -45°C).
 Les additifs anti-mousse : le moussage de l'huile peut être dû à la présence d'autres additifs (les additifs
détergents agissent dans l'huile comme du savon dans l'eau : ils nettoient le moteur mais ont tendance à
mousser) ou au circuit de graissage qui provoque des turbulences lors de l'écoulement du lubrifiant, facilitant
ainsi le brassage air huile et la formation des bulles. Ces additifs ont pour but de limiter la dispersion d'un grand
volume d'air dans l'huile.
 Les additifs d'extrême pression : ils ont pour but de réduire les couples de frottement et par conséquence
économiser l'énergie et de protéger les surfaces des fortes charges. Ils apportent au lubrifiant des propriétés
de glissement spécifiques, en particulier aux organes équipés d'engrenages ou de garnitures de friction
travaillant dans l'huile ( boîtes de vitesse, freins immergés, etc.).
II.3 – LES GRAISSES :
Les graisses sont composées de :
 70 à 95 % d'huile de base (minérales, synthétiques ou végétales) qui sert d'agent lubrifiant
 0 à 10 % d'additifs identiques à ceux des huiles
 3 à 20 % d'un agent épaississant ou gélifiant qui à pour rôle de donner la consistance au lubrifiant
(semi fluide, fluide, mou ou dur) et d'emprisonner l'huile de base et les additifs pour qu'ils ne s'écoulent pas.
Les graisses se distinguent par leur adhérence aux surfaces à lubrifier, leur insolubilité à l'eau, leur résistance au
cisaillement et leur durée de vie. En règle générale une graisse ne peut dépasser plus de 300°C (température à laquelle
l'huile de base se sépare de l'épaississant). Au delà, on parle plutôt de pâtes ou vernis à base d'aluminium ou de cuivre.
Outre son rôle de lubrifiant (réduction de l'usure mécanique et des pertes d'énergie dues aux frottements), la graisse crée
une barrière d'étanchéité vis-à-vis des éléments extérieurs (poussières, eau, solvants, chaleur, etc.).
 Les graisses silicones : les silicones sont des polymères à base de composés organiques du silicium,
remarquables pour leur stabilité thermique, leur grande inertie chimique et leur caractère d'isolant électrique.
Les silicones sont très résistantes vis-à-vis de la chaleur, de l'oxydation et des rayons ultraviolets.
Les silicones peuvent se présenter sous forme d'huiles, d'élastomères ou de résines.
 Les graisses alimentaires : ces graisses sont spécialement conçues pour un contact eventuel avec les aliments.
Les lubrifiants, additifs et gélifiants qu'elles contiennent doivent être conformes aux prescriptions du CNERNA
(Centre National d'Etude et de Recherche sur la Nutrition et l'Alimentation) ; seul organisme reconnu à ce jour en
Europe pour le référencement des matières premières utilisables en contact fortuit avec les aliments.

II,4 – LES LUBRIFIANTS SOLIDES :


Le graphite et le bisulfure de molybdène constituent les deux lubrifiants solides utilisés dans les conditions extrêmes (vide
poussé, températures trop hautes ou trop basses).Le graphite peut être utilisé jusqu'à 400°C en présence d'air et jusqu'à
1900°C en atmosphère inerte. Le bisulfure de molybdène peut être utilisé jusqu'à 450°C, au-delà il devient abrasif. Aux
basses températures on utilise les Téflons, nylons et divers polyamides.

II.5 – LES HUILES DE COUPE :


Pour de nombreuses opérations de coupe, des liquides sont utilisés pour refroidir et lubrifier. Le refroidissement accroît
la longévité des outils et facilite l'obtention de cotes conformes sur les pièces finies. La lubrification réduit les frottements,
ce qui diminue la chaleur dégagée et la puissance nécessaire pour une coupe donnée. Ces huiles de coupe sont des
solutions aqueuses, des huiles chimiquement inactives ou des liquides de synthèse.
II,6 – Caractéristiques des huiles obtenues par additifs :

Aptitude du fluide à nettoyer les surfaces et à


Détergence
maintenir en suspension les particules
La présence d'air sous forme de micro bulles d'air
Aptitude de l'huile à permettre aux bulles d'air
Pouvoir de désaération augmente la compressibilité de l'huile, diminue le
à remonter à la surface et à crever.
rendement et favorise la cavitation et l'oxydation.
Aptitude de l'huile à abaisser l'effet de
Voir effet anti stick-slip (« coller-glisser »=mouvement
Pouvoir lubrifiant "frottement fluide" et assurer le maintien du
saccadé observé lors du glissement relatif)
film d'huile entre les surfaces.
Important si l'installation est arrêtée longtemps ou si elle
Anti-oxydation Aptitude à protéger contre l'oxydation.
est soumise à un risque de pollution par l'eau.
Décantation de l’eau dans la bâche. La taille de la bâche
Aptitude de l'huile à se séparer de l'eau (ou
Pouvoir de désémulsion et sa conception sont des facteurs importants pour la
autre liquide).
désémulsion.
Pouvoir à limiter l'usure des pièces métalliques
Pouvoir anti-usure Souvent obtenu par des additifs métalliques ou graphités.
en contact.
Aptitude à éviter la formation de mousse
Pouvoir anti-mousse La présence d'eau favorise la mousse.
provenant de la désaération.
Température à laquelle l'huile s'enflamme
Point éclair Permet d'utiliser une huile à haute température
spontanément.
Température en dessous de laquelle l'huile ne
Point d'écoulement On préfère souvent la température limite de pompabilité.
s'écoule plus.
Donne une indication sur la compatibilité de l'huile avec
Température à laquelle un mélange à 50%
Point d'aniline les élastomères. Un point d'aniline > 90°C est souvent
huile/aniline change d'aspect.
nécessaire.
Résistance au Aptitude de l'huile à conserver sa viscosité en Cisaillement: film d'huile, lubrification d'engrenage,
cisaillement présence de cisaillements. fuites...
Aptitude de l'huile à conserver ses qualités
Résistance thermique avec des variations importantes ou fréquentes Une régulation de température est souvent nécessaire.
de températures.
Température à laquelle une pièce métallique
Point de congélation Essai normalisé.
ne coule plus dans l'huile.
Compatibilité avec les Aptitude de l'huile à ne pas attaquer certaines Composants mécaniques, revêtements métalliques,
métaux parties métalliques. câbles...
Compatibilité avec les Aptitude de l'huile à pouvoir se mélanger dans
autres fluides diverses proportions.
Conductibilité Permet l'évacuation de l'énergie de frottement. Peu de
Aptitude à transmettre l'énergie calorifique.
thermiques différences entre les différentes huiles.
A augmenter dans certains cas: bobines immergées... A
Aptitude de l'huile à ne pas conduire
Isolation électrique diminuer dans d'autre: mise à la masse par des paliers à
l'électricité.
roulements...
Aptitude à garder sa masse volumique sous La compressibilité dépend de l'huile, mais aussi des gaz
Faible compressibilité
fortes variations de pression. dissous.
Aptitude à subir une filtration sévère sans Le passage de l'huile dans un filtre provoque un
Filtrabilité
perte de caractéristiques. cisaillement important de l'huile.
Aptitude à ne pas polluer et/ou à ne pas être
Non toxicité Il existe même des huiles de qualité alimentaire.
toxique.
Nb de mg de potasse nécessaire pour neutraliser 1g
Indice d'acidité Indique l'acidité de l'huile.
d'huile. L'acidité de l'huile augmente avec son usure.
Chaleur spécifique à Quantité de chaleur nécessaire pour élever
Cp = 2100 J/kg.°C (huile minérale)
pression constante : Cp une masse d'un °C à pression constante.
Chaleur spécifique à Quantité de chaleur nécessaire pour élever
Cv = 1800 J/kg.°C (huile minérale)
volume constante : Cv une masse d'un °C à volume constante.
III – CARACTERISTIQUES D’UN LUBRIFIANT :

La viscosité d’un fluide est la résistance qu’il oppose au glissement interne de ses molécules au cours de son
écoulement. C’est son aptitude à pouvoir s’écouler plus ou moins facilement.
La viscosité varie avec la température. Elle est donnée pour une température de référence de 40°C.

Viscosité dynamique Viscosité cinématique


  viscosité dynamique en Pa.s   viscosité cinématique en m 2/s
F  force de frottement en N
F .l
  viscosité dynamique en Pa.s


S  section d’écoulement en m²   masse volumique du fluide en kg/m 3
L  longueur de l’écoulement en  La viscosité cinématique s’exprime aussi en
m
V  vitesse de l’écoulement en
S .v Stockes (St) ou en centistokes (cSt)
1 St = 10-4 m²/s

m/s 1 cSt = 10-6 m²/s
Un lubrifiant a d’autres caractéristiques telles que sa stabilité chimique, son point éclair (température d’inflammation des
vapeurs du fluide), son point de congélation (température à laquelle le fluide ne coule plus), etc.

IV, CONTAMINATION et DEGRADATION des LUBRIFIANTS :


Pour remplir sa fonction, le lubrifiant doit avoir des caractéristiques physico-chimiques déterminées. Or ces
caractéristiques se trouvent modifiées sous l’action de phénomènes de contamination et dégradation qui finissent
par rendre l’huile inapte à son emploi.

IV,.1 Contamination des lubrifiants :

Elle se manifeste essentiellement sous deux formes :


 liquide (eau, hydrocarbures (gas oil ; essence), liquides antigel),
 solide : (particules issues des usures, et autres particules :matière charbonneuse provenant de la
décomposition des lubrifiants ; poussière, silice…
Cette pollution peut être :
 générée (usure, décomposition des lubrifiants)
 introduite (durant l’entretien : démontage, pleins, vidange… ou par l’environnement :manque d’étanchéité),
 dû à la construction (usinage, soudure, peinture…)
 dégradation de construction (usinages, soudages, assemblages…)
 pollution générée (composant en mouvement, oxydation et décomposition du lubrifiant…)
.
La contamination peut se chiffrer :
 Pour les liquides : en % ou en PPM (particules pour mille)
 Pour les particules solides : en nombre de particules ou en teneur en particules en mg/ml (milligramme /
millilitre d’huile)

IV,2 Dégradation des lubrifiants.

La dégradation est due :


 à l’oxydation se produisant sous l’action conjuguée de l’oxygène et de la température.
 Aux conditions d’utilisation (température, durée, efforts, filtration…)

Conclusion :
Il est donc nécessaire de suivre régulièrement l’évolution de la contamination et de la dégradation du fluide afin
d’en assurer sa dépollution ou son changement lorsque la pollution atteint un seuil déterminé.
V, METHODES D’ANALYSE DE LA CONTAMINATION

Ces analyses peuvent être globales (détection par rapport à un seuil d’alerte) ou par élément (diagnostic)

V.1 Analyse de la contamination par les particules solides :

V.1.1 Analyse colorimétrique :


Elle est utilisée lorsque l’on veut contrôler des niveaux de pollution relativement élevés ( en particulier pour de l’huile
de lubrification : boite de vitesse, réducteur…) et lorsqu’une très grande précision n’est pas requise.
L’analyse peut se faire sur le site.
L’analyse consiste à filtrer à travers une membrane en mélange d’esters de cellulose de dimension de pores
d’environ 5 µm, un volume connu et toujours identique du fluide à contrôler (généralement 100 ml).
Pour connaître le taux de pollution, il suffit de comparer la couleur obtenue à une couleur étalon réalisée préalablement.

V.1.2 Analyse par évaluation du niveau de pollution :


Elle est utilisée lorsque l’on veut contrôler des lubrifiants moyennement pollués (en particulier pour de l’huile hydraulique).
L’analyse peut se faire sur le site.
L’analyse consiste à filtrer un volume de fluide à contrôler (généralement 100 ml) à travers une membrane
de 0,8 µm de dimension de pore.
Pour connaître le taux de pollution, il suffit de comparer la membrane contaminée avec des images de référence.
On peut ainsi évaluer sommairement le niveau de pollution du fluide.
L’observation visuelle permet également de reconnaître la nature des débris : particules brillantes (argentées ou
dorées), particules noires (oxyde, calamine), silice, fibres… et de renseigner ainsi sur leur provenance.

V.1.3 Analyse par comptage automatique de particules :


Méthode de laboratoire très précise avec matériel spécifique et onéreux.
Cette méthode permet de connaître le nombre exact de particules contenu dans le fluide à analyser.

V.1.4 Expression de la pollution particulaire :


Norme NAS 1638 (National Aerospace Standards)
Tableau où le nombre de particules est indiqué pour chaque gamme dimensionnelle (5-15, 15-25, 25-50 … en µm)
pour un volume de fluide de 100 ml.

Le résultat est représenté par un numéro de classe (de 00 : circuit ultra propre à 12 : circuit très pollué ;
les circuits industriels se situent vers la classe 6)

Remarque : le tableau de la norme NAS 1638 a été repris par la norme française NF E 48.655 et aménagé.
En particulier, ce document fait apparaître un dénombrement pour la gamme dimensionnelle 2 à 5µm (débris de
petites dimensions, appelés boue micronique, pouvant nuire au fonctionnement d’organes très sensibles ou
possédant des jeux de fonctionnement de quelques microns :servo valves, commande proportionnelle…)

On a aussi la norme IS0 4.406


V.1.5 Analyse par spectrométrique
3.2.2. Analyses spectrométriques
• Analyse spectrométrique à émission optique :
Elle permet de déterminer de manière rapide les concentrations, exprimées en ppm (particules par million) en masse, des
différents éléments présents dans les huiles sous forme d’additifs (calcium, magnésium...), de particules d’usure
métalliques (fer, nickel, chrome, étain, cuivre, aluminium...), ou de contaminants solides divers (poussières
atmosphériques, silicone...).
• à Analyse spectrométrique absorption :

Définition ;L'adsorption est un phénomène de surface par lequel des molécules de gaz ou de liquides se fixent sur les
surfaces solides des adsorbants. Les molécules ainsi adsorbées constituant l'adsorbat. Si les conditions énergétiques ou
cinétiques permettent à la molécule de pénétrer au sein de la phase adsorbante, il y a absorption.

Elle permet de déterminer la structure chimique générale d’un corps ou d’un mélange de corps ainsi que la concentration
dans le mélange des composés à l’aide d’un rayonnement infrarouge. La spectrométrie d’absorption permet d’identifier la
nature des hydrocarbures de l’huile de base, la nature des additifs et de suivre leur état par une analyse différentielle huile
neuve / huile en service.

Méthodes de laboratoire très précises avec un matériel spécifique et onéreux.

V.1.6 Teneur en carbone :

La mesure de cette caractéristique se fait uniquement pour les huiles moteurs. Une teneur en carbone élevée est
un signe de mauvaise carburation ou injection, ou d’un défaut d’étanchéité de segmentation. Au dessus de 3% en
carbone l’huile ne peut remplir son rôle et doit être éliminée.
La méthode consiste à comparer, dans 2 cuves à faces parallèles d’un photomètre très simple, l’opacité de l’huile à
doser avec les étalons incorporés dans le photomètre. L’appareil est gradué directement en teneur en carbone

V.2 Analyse de la contamination par les particules liquides :


V.2.1 Analyse de la teneur en eau :
Permet de déceler la présence de faible quantité d’eau dans l’huile.
Si la quantité d’eau est suffisante, un examen visuel de l’échantillon permettra de la mettre en évidence (celui-ci
sera opaque et l’émulsion sera stable).
Pour obtenir des résultats très précis, nous pouvons utiliser des appareils de laboratoire

VI, METHODES D’ANALYSE DE LA DEGRADATION

VI.1 Analyse de la viscosité cinématique :


On utilise un viscosimètre pour mesurer l’indice de viscosité
L’indice de viscosité est un nombre sans dimension caractérisant la variation de viscosité en fonction de
la température.

VI.2 Analyse de l’indice d’acide (TAN Total Acid Number) :


Son augmentation indique une oxydation de l’huile due à la température ou à la contamination.
Le principe de l’analyseur est de mettre en évidence l’acide contenue dans l’huile par le changement de couleur, d’un
indicateur coloré, provoqué par une réaction chimique.

VI.3 Analyse de spectrographique :


La spectrométrie infrarouge donne une évaluation de la structure moléculaire d’un produit. Le spectre obtenu (huile
neuve) est l’empreinte digitale du produit.
En comparant deux spectre (huile neuve, huile usagée) on peut détecter l’apparition de nouveaux composants
(contamination) et la disparition de certains constituants de l’huile (additif par exemple).
Méthode de laboratoire, très performante avec un matériel spécifique et onéreux.
VI.4 Essai à la tache:
 DEFINITION.
Cet essai est très spécifique des huiles moteurs car il vise à qualifier les propriétés suivantes :
• Encrassement de l’huile en service par les particules d’imbrûlés (combustion incomplète),
• Pouvoir dispersant résiduel de l’huile et capacité à maintenir ces particules en suspension.
Il peut également révéler une certaine oxydation de l’huile, ou une présence de carburant non brûlé dans l’huile.

 PRINCIPE.
Consiste à déposer une goute de l’échantillon d’huile (détergente) sur un papier filtre et à examiner la tache après
diffusion (généralement à température ambiante).
L’examen de la tache révèle :
• Une tache centrale plus ou moins noire suivant l’encrassement de l’huile,
• Une tache circulaire grise plus ou moins large suivant que la dispersion est encore efficace ou non.

 INTERPRETATION.
EXAMEN GLOBAL :
La coloration générale de la tache (plus ou moins grise ou noire) renseigne sur l’état d’encrassement du
moteur (taux de matière charbonneuse)
La diffusion plus ou moins importante des particules de matières charbonneuses renseigne sur la
détergence résiduelle de l’huile :
• Etendue de cette zone de diffusion (le diamètre de la tache après étalement peut être le double de
celui de la tache initiale si la détergence est satisfaisante).
• Homogénéité de la coloration : une partie centrale noire cernée et un pourtour clair correspondent
à un niveau de détergence d’autant plus faible que le diamètre de la tache est réduit.

 EXAMEN DETAILLE PAR ZONE :


Une tache d’huile détergente est constituée de l’intérieur vers l’extérieur par 4 zones :
Zone1- est d’autant plus opaque que le taux de matière charbonneuse est élevé.
Zone 2- Disparaît si le taux d’imbrulés solides est faible. Sinon caractérise une mauvaise combustion

Zone 3- Caractérise le pouvoir dispersif de l’huile.


Quand cette zone disparaît, l’huile ne contient plus d’additifs de détergents et
des dépôts apparaissent.
Zone 4- Caractérise l’état d’oxydation de l’huile et sa dilution par le carburant.
 CONCLUSION.
Le contrôle des lubrifiants doit être traité à deux niveaux :
- Par le service maintenance (analyse de terrain permettant un diagnostic
rapide)
- Par un laboratoire spécialisé (analyse plus complète nécessaire suite au
diagnostic précédent
VI.6 LES PRELEVEMENTS : :
L’échantillonnage est une étape essentielle lors du contrôle d’un circuit. En effet, celui-ci doit être effectué en
respectant des règles strictes de manipulation pour éviter toute contamination étrangère.
VI.6.1 Principales règles à respecter :
S’assurer que le système à fonctionné pendant ½ heure avant le prélèvement (pollution répartie)
Choisir convenablement le volume de l’échantillon (représentativité du volume total : prélèvement de 100 à 150 ml
pour un volume jusqu’à 60 litres)
Adopter toujours les mêmes conditions de prise (endroits, moyens)
Eviter les pollutions étrangères (le matériel de prélèvement doit être le plus propre possible)
Les prises de prélèvement doivent être appropriées (certaines sont génératrices de pollution par exemple bouchon
de vidange)
Etiqueter l’échantillon (référence, date, mode et endroit de prise, équipement, fluide)
VI.6.2 Techniques de prélèvement :
Echantillons prélevés dans des flacons (soit par prise spécifique ou pompe)
Echantillonnage en ligne (directement sur canalisation avec filtration)