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LA transformation missionnaire de l’Eglise

Le premier chapitre d’ Evangelii gaudium est zun appel à l’Église à sortir d’elle-
même, de la bureaucratie, pour proposer avec joie le message de l’Évangile trop souvent
réduit à son aspect moral. C’est l’Eglise qui est appelée à se mettre en marche. Comme tel,
cette œuvre appelle une mobilisation qui se déploie fort généreusement dans les Eglises
particulières. C’est dans cette optique que nos diocèses sont de hauts lieux de créativité et
d’inventivité de structures et de commissions pour la transmission fluide d’un message
évangélique qui se veut de proximité. Véritablement actives et soutenues dans leur rôle, il faut
dire que ces commissions et structures sont une cheville ouvrière pour l’épanouissement de
cette vocation missionnaire qui nous interpelle au quotidien. De ce fait, l’accomplissement
d’une telle tâche dépasse largement la restriction à la responsabilité cléricale pour embrasser
le laïcat. Nos laïcs se sentent donc comme partie prenante à ce grand rendez-vous
d’évangélisation de proximité. Les associations paroissiales et les confréries étant des hauts
lieux de déploiement de cet appel perpétuel à être des apôtres dans le sens du mot grec
Apostolos c’est-à-dire envoyé. N’oublions pas d’illustrer, à titre d’exemple, cette déclinaison
missionnaire commune dans l’archidiocèse de Yaoundé avec le cas de l’AMADY. Dans ce
contexte d’évangélisation globale de tout homme et de tout l’homme, les prêtres et prélats
saisissent leur responsabilité élargie et se montrent sensibles à la mission nationale : celle
d’améliorer tant qualitativement que quantitativement le quotidien des hommes et des
femmes. On peut apprécier cette participation à la mission nationale dans les homélies, les
exhortations, la participation aux évènements qui engagent la nation, la construction des
orphelinats pour venir en aide la veuve et à l’orphelin etc… et par là être une source de
consolation (Tite 2, 3-5). De grands efforts sont consentis au quotidien pour que
l’évangélisation porte du fruit. C’est dans ce sens que la conjugaison perpétuelle
évangélisation et inculturation en Afrique ne cesse de porter à des horizons bien meilleurs.
Car restant sauf le message du Christ, l’Africain s’y retrouve en gardant son originalité. Et
cet engouement et cet engagement à vivre la foi en Afrique en fait un poumon spirituel ( Cf.
Benoît XVI, Africae Munus, 2011) et pourrait par ricochet faire de cette Afrique le point de
départ de la nouvelle évangélisation ; l’argument nous étant conforté dans les envois de
prêtres fidei Donum dans les Eglises-mères.

La pastorale trouve son plein épanouissement dans la charité. C’est pourquoi en vue
d’avoir des chrétiens bien formés, informés qui puissent être transformés dans leurs habitudes
et mœurs quotidiennes, nos paroisses et nos diocèses mettent un point d’honneur sur une
formation approfondie et continuelle. La création des espaces-temps de catéchèses et des
commissions de catéchèse en est un témoignage fort éloquent. Il est question d’offrir aux
chrétiens de notre temps des instruments et un bagage assez aguerri pour passer de cette foi de
charbonnier au credo ut intelligam ; ce qui leur permettra véritablement de rendre compte de
la foi qui est en eux (1P 30, 15-15). En outre, comme la pastorale est charité, il est important
de souligner que nos paroisses ne dérogent pas à cette invitation à voir le visage du Christ
dans le pauvre et le défiguré. Des organes de relais paroissiaux tels que la Caritas se
concentrent à offrir aux nécessiteux et aux malades le sourire et la joie des enfants de Dieu.
N’oublions pas les visites pastorales effectuées de manière régulière pour apporter de la
compassion, de la proximité et de l’espoir d’un lendemain rayonnant. De plus, cette pastorale
n’entend pas laisser au loin les distants. Les activités et des campagnes d’évangélisation pour
raviver la foi de ceux qui se sont éloignés de l’Eglise. Il est question de rallumer la flamme
d’une spiritualité riche, vive et intense. Comme tel, on y voit dans les paroisses les séances de
prière à domicile durant lesquelles, les partages d’expériences sont faits. C’est aussi une autre
implémentation de Domus ecclesiae. Quant à ceux qui ne sont ni de même confession
religieuse ni de même religion, les paroisses et les diocèses mettent en place une pastorale de
proximité et de fraternité puisqu’avec les autres, l’Eglise catholique romaine est tendu vers le
même but : le plein épanouissement de l’homme. On assiste donc à des rencontres
œcuméniques. Le dialogue interreligieux se trouve aussi de plus en plus sollicité. Il est
question de conjuguer la foi en un Etre qui transcende notre entendement. La catéchèse, la
visite des malades, la visite des vieillards, les tables rondes, les enseignements, les rencontres
œcuméniques et les dialogues interreligieux sont quelques activités créées ca et la dans les
paroisses qui ne font que consolider cette pastorale qui se fait constamment dans la formation,
la proximité et l’annonce à ceux qui sont distants. C’est dire que « La paroisse n’est pas une
structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des
formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la
communauté ». ( François, Evangelii gaudium, 2013, n°28)

Les paroisses sont des antennes capitales pour l’action missionnaire. Celles-ci revêtent
plusieurs formes positives. Car primo, elles sont des cadres de départ de la mission qui se
poursuit dans le quartier. C’est a partir de la paroisse que la pastorale spécifique au quartier
est tracée et se étale pour rejoindre le chrétien dans son domicile. De plus, les paroisses sont
des espaces de haute promotion du vivre ensemble. Comme tel, ce sont de véritables espaces
de promotion de la communauté et de la fraternité. Les valeurs de charité, de cohésion et
solidarité étant inculquées. Elles peuvent se poursuivent dans le quartier. Les paroisses sont de
véritables lieux O0Cd’éclosion où chacun peut retrouver dans le visage de l’altérité
l’expression d’une famille. Véritable lieu de rassemblement, la différence exclusive tombe
pour laisser place à cette diversité qui signe de richesse. Voilà pourquoi, «même si,
certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se
réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être ‘’l’Église elle-même qui vit au
milieu des maisons de ses fils et de ses filles’’ » (François, Idem). Cependant, cet aspect des
choses ne va pas sans limites. Les limites de l’action missionnaire des paroisses sont
multiples, l’on peut alors en citer : le manque de dynamisme de certains pasteurs, le
désengagement des fidèles à la mission commune d’évangélisation, la montée en puissance de
la double fidélité des chrétiens, l’avancée fulgurante des nouveaux mouvements religieux. Il
importe donc de revitaliser les contenus des exercices spirituels. Une grande implication des
pasteurs et une mise en place d’un plan pastoral fiable garantiront un essor à l’action
missionnaire dans les paroisses. Il faudrait redynamiser les paroisses qu’elles redeviennent
des pôles d’attraction et de mobilisation de toutes les franges de la société. Cela passe par la
création ou mieux l’institution des loisirs pouvant attirer les enfants et les jeunes. La vie
paroissiale fleurirait aussi davantage si la paroisse se donne le but de dépasser le simple cadre
de la prière et des groupes et associations d’Eglise pour s’élargir à des groupes d’entraide,
d’entente et mobilisation des forces pour l’épanouissement des personnes, des familles et du
quartier. Une telle action implique aussi que les laïcs soient davantage partie active. Car ils
sont un rôle crucial à jouer. Cela est d’ailleurs remarquable quand on est vient à
l’établissement des Communautés Ecclésiales Vivantes ( CEV) où les laïcs sont capables de
partager la Parole de Dieu, d’exposer des problèmes et de réfléchir et méditer sur l’action
concrète à mener pour un développement intégral qui ne néglige aucun aspect de la vie des
Hommes. Ainsi, dans la logique du tous embarqués dans cette pastorale missionnaire
d’ensemble, dans nos diocèses comme dans nos paroisses, il est de bon aloi de noter que les
consacrés, les associations et les mouvements vivent et s’intègrent véritablement dans cette
œuvre d’establishment du règne du Dieu au milieu de nous. La floraison des congrégations,
des associations et des mouvements dans les circonscriptions paroissiales et diocésaines en
sont des exemples forts bien révélateurs.