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Université de Yaoundé 1

Faculté des Sciences


Service des Langues
Niveau 1
Semestre 2
Filières : PHY/CHM, BIOS/GEOS, MATH/INFO

Contenu du support de cours : ce cours est destiné aux étudiants d’expression


anglaise de Licence 1 de la faculté des sciences dans le cadre du programme de formation
bilingue. Il est subdivisé en quatre modules : lecture et compréhension, grammaire,
vocabulaire et expression écrite. Ce support compte douze (12) chapitres qui englobent les
leçons de grammaire, d’orthographe, de vocabulaire et d’expression écrite. Les textes et les
questions de compréhension seront proposés comme TPE dans un autre support.
Sommaire
Chap. 1 : les parties du discours ou les catégories grammaticales
Chap. 2 : les liaisons (obligatoires et interdites)
Chapitre 1 : Les parties du discours ou classes grammaticales
Toute langue est composée de mots qui se regroupent en classes grammaticales en
fonction de leurs caractéristiques. Une classe grammaticale, catégorie grammaticale ou partie
du discours est un ensemble de mots qui présentent les mêmes caractéristiques grammaticales.
En français, on distingue 10 classes grammaticales subdivisées en deux grands groupes : les
mots variables et les mots invariables.

Les classes de mots variables


Les mots variables se subdivisent en cinq (05) classes : les noms, les déterminants, les
pronoms, les adjectifs et les verbes.
Les noms
Encore appelé substantif, le nom est tout mot qui désigne un être vivant animé, (être
humain ou animal) ou une réalité abstraite inanimée (objet, action, notion ou sentiment). Le
nom varie en genre c'est-à-dire qu’il peut être masculin ou féminin ; et en nombre c'est-à-dire
qu’il peut être singulier ou pluriel. On distingue parmi les noms : les noms propres qui
s’emploient souvent sans déterminant et les noms communs qui désignent des réalités
générales et sont majoritairement précédées d’un déterminant. (Ex : la nuit N.C., Yaoundé
N.P).
Les déterminants
Le déterminant est un mot qui précède le nom et forme avec lui le groupe nominal
minimal. Les déterminants varient en fonction du genre et du nombre du nom qu’ils
précèdent. C’est lui qui indique le plus facilement le genre et le nombre d’un nom. On
distingue parmi les déterminants : les articles, les déterminants, les possessifs, les
démonstratifs, les interrogatifs, les numéraux, les indéfinis, les exclamatifs.
Les articles : on distingue les articles définis, indéfinis et partitifs.
Les articles définis servent à désigner des êtres ou des choses qu’on connait ou dont
on a déjà parlé. (J’entre dans la salle d’informatique). On distingue parmi les articles « le, la,
l’, les ». « l’ » est l’article défini élidé ou contracté qui se place devant un mot commençant
par une voyelle ou un « h » muet. Les articles indéfinis quant à eux désignent des réalités
dont on ne peut préciser l’identité ou qui n’ont jamais été évoquées (une grenouille vit un
bœuf). On distingue parmi les articles indéfinis « un, une, des ». Les articles partitifs
s’emploient avec des noms indénombrables ; ils indiquent des quantités indéfinies. (Ex : nous
avons mangé de la soupe, du poisson, des pommes et de la salade). On distingue « du, de l’,
de la, des ».
Les adjectifs démonstratifs ou déterminants démonstratifs
Ils s’emploient pour désigner des êtres ou des choses qui appartiennent à la situation
d’énonciation et que l’on montre (Ex : cette table est salle), dont on a déjà parlé (Ex : le prof
dispensait bien le cours. Ce prof est intéressant), dont on veut parler (Ex : cette élève qui ne
veut rien comprendre échouera). On distingue les démonstratifs : ce, cet, cette, ces (cet est
toujours suivi d’un nom commençant par une voyelle ou un h muet). Ils peuvent être
renforcés par les particules –ci et –là qui insistent respectivement sur la proximité et
l’éloignement dans le temps et dans l’espace. (Ex : Cette année-là, plusieurs ont réussi.).
Les déterminants possessifs
Les déterminants possessifs indiquent le possesseur et sont porteurs des marques du
nombre, du genre et de la personne. Ils peuvent indiquer les interlocuteurs. A travers la
première personne, le possesseur est le locuteur tandis qu’à la deuxième personne le
possesseur est l’allocutaire. On distingue les pronoms « mon, ma, mes, notre, nos, ton, ta, tes,
votre, vos, son, sa, ses, leur, leurs ».
Les déterminants indéfinis
Ils expriment des notions variées. On note entre autres « aucun, autre, certain,
chaque, différents, divers, maint, même, nul, plusieurs, quelque, quelconque, tel, tout pas
un n’importe quel… » Souvent ces déterminants s’emploient associés à un article, un
déterminant possessif ou démonstratif.
Le déterminant interrogatif et exclamatif
Le déterminant « quel » peut jouer le rôle d’interrogatif ou d’exclamatif. Il s’accorde
en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte et prend les formes « quel, quels,
quelle, quelles ». Lorsqu’il est un exclamatif, il exprime une réaction et des sentiments variés
comme la surprise, l’impatience, l’admiration.
Le déterminant numéral
Les déterminants numéraux cardinaux indiquent le nombre précis de ce dont on parle.
Ils sont invariables à l’exception de vingt et cent quand ils forment un nombre par
multiplication (deux cents, quatre-vingts), sauf si le numéral ainsi composé est complété par
un autre numéral (deux cent trois, quatre-vingt-douze). Les adjectifs numéraux ordinaux qui
indiquent le rang (premier, deuxième, troisième…) ne sont pas considérés comme des
déterminants mais comme des adjectifs qualificatifs.
L’adjectif qualificatif
C’est un mot qui caractérise un nom ou un pronom en lui apportant des précisions. Il
varie en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte. L’adjectif
qualificatif se place généralement après le nom qu’il qualifie (Ex : Jean a raconté une histoire
formidable). Cependant certains adjectifs courts, exclus certains adjectifs de couleur, se
placent avant le nom et d’autres, attributs, après le verbe avec des interprétations distinctes.
(Ex : un garçon curieux fait preuve de curiosité mais un curieux garçon est un garçon
étrange.). Par ailleurs, certains adjectifs dits relationnels puisqu’exprimant une relation (de
complément) avec le nom sont toujours placés après lui ; ils ne varient pas en degré et sont
toujours épithète (Ex : les règles grammaticales = les règles de grammaire). L’adjectif
qualificatif varie en degré car l’on peut exprimer une qualité ou une caractéristique avec plus
ou moins de force en ajoutant les adverbes « plus » ou « moins ».
Les pronoms
Etymologiquement, le pronom signifie à la place du nom, mais il remplace aussi des
mots ou des groupes de mots et parfois rien du tout. Les pronoms regroupent une classe
de termes grammaticaux qui peuvent remplir les fonctions du groupe nominal.
On distingue sept catégories de pronoms : personnels, possessifs, démonstratifs, indéfinis,
interrogatifs, exclamatifs et relatifs. Il faut y ajouter une catégorie d'adverbes fonctionnant
comme des pronoms : les adverbes pronominaux.
Les pronoms personnels
Les pronoms personnels remplacent des groupes nominaux pour éviter les répétitions
ou désigner des personnes qui communiquent entre elles : celui qui parle, celui à qui l’on
parle et celui dont on parle. Ils existent aux trois personnes du discours : je, tu, il, elle, on au
singulier et nous, vous, ils, elles au pluriel qui sont des pronoms sujets. On distingue les
pronoms personnels simples, renforcés, réfléchis et adverbiaux qui peuvent être sujet ou
complément.
Singulier Pluriel
Pronoms
1 pers. 2 pers. 3 pers. 1 pers. 2 pers. 3ème pers.
ère ème ème ère ème

Simples (sujet) Je Tu Il, elle nous vous Ils, elles


Simples (objet) Me, moi Te, toi Le, la lui Nous Vous Les, leur
Renforcés Moi Toi lui nous vous Eux, elles
Réfléchis Me Te Se, soi Nous Vous se
Adverbiaux En, y
Les pronoms personnels simples sont les plus utilisés et varient selon la fonction qu’ils
occupent dans la phrase. (Ex : il la regarde : « il » est sujet, « la » est COD). Les pronoms
personnels renforcés sont utilisés pour renforcer des pronoms ou après une préposition. Les
pronoms réfléchis sont utilisés quand ils renvoient aux sujets des propositions dans lesquelles
ils se trouvent, ils sont généralement COD. (Ex : Pauline se regarda dans le miroir. Se COD
renvoie aussi au sujet pauline.). Les pronoms personnels adverbiaux ou adverbes
pronominaux « en et y » peuvent aussi bien être considérés comme des pronoms. Ils sont à la
fois employés comme compléments de lieu (J'en viens) et comme représentants d'un être non
animé (chose, idée) avec la fonction de remplaçant d'un complément construit avec de (pour
en) ou à (pour y) (Ex : Il craint la dispute, il en a peur. Il va à l’école, il y va.). En est aussi
utilisé pour remplacer des compléments à construction directe introduit par un de (à valeur
partitive par exemple) : (Ex : Il mange de la glace, il en mange souvent.).
- Les pronoms possessifs
Les pronoms possessifs permettent de reprendre des noms en les présentant comme
des objets appartenant à quelqu’un. (Ex : Voici une mangue sur la table : c’est la mienne.)
L’adjectif possessif est toujours précédé d’un article. Il varie selon le possesseur mais aussi
selon le genre et le nombre de l’objet possédés.
Une seule réalité possédée Plusieurs réalités possédées
Possesseur
Masculin Féminin Masculin Féminin
Moi Le mien La mienne Les miens Les miennes
Toi Le tien La tienne Les tiens Les tiennes
Lui, elle Le sien La sienne Les siens Les siennes
Nous Le nôtre La nôtre Les nôtres Les nôtres
Vous Le vôtre La vôtre Les vôtres Les vôtres
Eux, elles Le leur La leur Les leurs Les leurs
- Les pronoms démonstratifs
Les pronoms démonstratifs s’emploient pour désigner d’une part des réalités qui
appartiennent à la situation d’énonciation et que l’on montre (Ex : regarde la télévision sur le
buffet, celle-ci m’appartient.) et d’autre part des choses dont on a parlé ou va parler.
La série des pronoms démonstratifs comporte également des formes composées comportant
les particules -ci signifie la proximité dans l'espace et -là l'éloignement (celui-ci, celui-là,
ceux-ci, ceux-là, celle-ci, celle-là, celles-ci, celles-là, ceci et cela). En outre les formes ce, c’,
ceci, cela, ça sont des formes invariables.
Singulier Pluriel invariables
Masculin Féminin Masculin Féminin
Formes simples Celui celle ceux Celles Ce, c’
Formes composées Celui-ci Celle-ci Ceux-ci Celles-ci Ceci, cela, ça
Celui-là Celle-là Ceux-là Celles-là
- Les pronoms indéfinis
Les pronoms indéfinis sont des termes de formes variées permettant de quantifier. Le
mot indéfini indique une idée d’imprécision ou d’une incertitude dans l’élément remplacé ou
désigné par ces pronoms. Il dénote des sens divers :
Sens négatif : aucun, nul(le), personne, pas un (Ex : personne ne sait rien.)
Sens quantitatif : plusieurs, certain(e)s, beaucoup, tout (tous, toute, toutes) quelques-un(e)s,
(Ex : Parmi les spectateurs, certains approuvèrent mais plusieurs quittèrent la salle).
Sens distributif : les uns, les autres, chacun, chacune (Ex : Chacun à son poste.)
Sens indéterminé : on, quelque chose, quelqu’un, (Ex : à quelque chose malheur est bon).
- Les pronoms relatifs
Les pronoms relatifs introduisent des subordonnées relatives. Ils ont un antécédent qui
peut être un nom, un groupe nominal ou un autre pronom. On distingue les pronoms relatifs
simples : « qui, que, qu’, où, quoi, dont » dont l’utilisation varie en fonction de la fonction
qu’ils occupent à l’intérieur de la proposition relative (Ex : la jolie fille que mon père aimât
est ma mère.) ; et les pronoms relatifs complexes qui varient selon le genre et le nombre de
leur antécédent et peuvent être soudés aux préposition « à, au(x), de » (Ex : C'est une idée à
laquelle il faudra réfléchir).
Masculin Féminin Masculin Féminin
singulier singulier pluriel pluriel
Sans préposition Lequel Laquelle Lesquels Lesquelles
Avec la préposition à Auquel A laquelle Auxquels Auxquelles
Avec la préposition
Duquel De laquelle Desquels Desquelles
de
- Les pronoms interrogatifs
Les pronoms interrogatifs permettent de poser des questions. On distingue les pronoms
interrogatifs de forme simple de forme composée et complexe. Les pronoms interrogatifs
simples sont invariables en genre et en nombre. Cependant, ils varient selon qu’ils désignent
un être humain (qui) et (que) un animal ou un objet ; selon qu’ils soient COD (qui, que) ou
COI (à qui). Les pronoms composés varient en genre et en nombre : lequel, laquelle,
lesquelles, lesquels. (Ex : Tu as mangé deux bonbons. Lequel était le meilleur ?). Les
pronoms complexes se présentent sous forme de locutions verbales composées de l’auxiliaire
être et de pronoms : qui est ce qui, qu’est-ce que.

Les verbes
Le verbe est un mot qui peut exprimer une action (ex : il soulève la charge) ou subie
par le sujet (ex : elle est lourde). Le verbe est le noyau de la phrase car c’est autour de lui
qu’elle se construit. (Ex : Pascal formule son théorème). Le verbe est le seul mot qui peut
varier en genre, en nombre, en temps, en personne, en mode, en voix : l’ensemble des formes
que peut prendre un verbe s’appelle sa conjugaison. Seul le verbe peut être encadré par la
négation ne…pas, ne plus, ne…jamais, ne…rien (Ex : la masse ne correspond pas au poids).
Le verbe se compose de deux parties : un radical qui porte de le sens du verbe et une
terminaison (encore appelé désinence) qui porte les marques de la conjugaison (temps, mode,
personne…). (Ex : … tout se tranform-era : transform- radical, -era marques du futur simple
de l’indicatif 3ème personne). Les verbes se répartissent selon leur infinitif en trois groupes.
Savoir à quel groupe appartient un verbe permet de bien le conjuguer.
Le premier groupe rassemble tous les verbes qui s’achèvent par -er à l’infinitif. Ces
verbes ont un même modèle de conjugaison et un radical unique dans leur conjugaison.
(Exemple : catalyser, fixer, noter…).
Le second groupe rassemble les verbes qui s’achèvent par –ir à l’infinitif et qui font
leur participe présent en –issant. Ils se conjuguent suivant un modèle et ont un radical tantôt
en –i (je finis) tantôt en -iss (finissent). Ex : convertir, finir, grandir)
Le troisième groupe rassemble tous les autres verbes. Il compte plusieurs modèles de
conjugaison. Les verbes de ce groupe changent de radical dans leur conjugaison. Les formes
les plus difficiles à reconnaitre pour ces verbes sont le passé simple de l’indicatif et le
participe passé. On distingue cependant quelques grands sous-groupes :
Les verbes en -oir qui ont leur passé simple en -u- (Ex : vouloir : il voulut; savoir : il
sut)
Les verbes en -oir qui ont leur participe en -i- (Ex : voir : vit, asseoir : il s’assit)
Les verbes en -re qui ont leur passé simple en -i- (Ex : prendre : il prit ; faire : il fit)
Les verbes en -ir qui ont leur participe présent en -ant et non en –issant comme les
verbes du deuxième groupe. (Ex : dormir : dormant ; tenir : tenant).

Les classes de mots invariables


Les invariables sont les adverbes, les prépositions, les conjonctions de subordination,
les conjonctions de coordination et les interjections.
Les adverbes servent à modifier le sens d’un verbe (vendre cher), d’un adjectif
qualificatif (très aéré), d’un adverbe (parfaitement bien) ou d’une phrase. Certains adverbes
joue le rôle de mot de liaison chronologique (d’abord, ensuite…) logique (toutefois, en
effet…). On distingue une grande variété d’adverbes : de manière (calmement), de temps
(hier, demain), de lieu (ici, là, ailleurs), de quantité (assez, autant), de liaison (puis, enfin,
cependant), adverbes interrogatifs (où, quand, pourquoi), exclamatif (comme, combien que),
d’affirmation et de négation (oui, peut-être, non).

Les prépositions servent à mettre en relation un mot ou un groupe de mots avec un


autre élément de la phrase avec lequel elles forment un groupe prépositionnel (de ses
vacances, à louer, en briques… sont des groupes prépositionnels introduits par les
prépositions de, à, en.). Il existe aussi des groupes de mots composés d’une préposition et
d’un autre mot qui jouent le rôle des prépositions : on les appelle des locutions
prépositionnelles (Ex : à cause de, grâce à, en vue de…)

Les conjonctions : on distingue les conjonctions de coordination et de subordination.

Les conjonctions de coordination servent à relier des mots ou des groupes de mots
qui ont une même fonction dans une phrase. Ils servent aussi à relier deux propositions ou
deux phrases ; on dit dans ce cas que ces propositions sont coordonnées. Il en existe 7 : mais,
ou, et, donc, or, ni, car.

Les conjonctions de subordination servent à relier deux propositions en


subordonnant l’une à l’autre. La proposition introduite par la conjonction de subordination est
appelée proposition subordonnée conjonctive. On distingue que qui introduit les
complétives en italique dans l’exemple (Ex : Einstein dit que la matière et l’énergie sont deux
aspects d’une même réalité) des autres conjonctions (après que, comme, afin que, bien que,
aussi que, quoique, puisque, parce que…) qui expriment un rapport logique ou chronologique
et introduisent les différentes propositions subordonnées conjonctives circonstancielles (Ex :
Depuis que je suis entré en faculté des sciences, je n’ai plus de répit avec les TD : depuis que
introduit une subordonnée de temps) . Lorsqu’une conjonction est formée de plusieurs mots,
on parle de locution conjonctive (Ex : avant que, si bien que…).

Les interjections sont des mots qui expriment un comportent affectif, une émotion de
la part du locuteur (colère, étonnement, satisfaction, politesse…). On distingue entre autre les
onomatopées (oh, ah, eh, ho, he, ha…) et les mots expressifs : (hélas, bigre, zut, bon, chic,
alors, bis, tiens, voyons, sauve qui peut, bonjour…).

Chapitre 2 : Les liaisons obligatoires et interdites

La liaison est un phénomène phonétique qui consiste à prononcer la consonne finale d’un
mot, consonne habituellement muette, avec la voyelle initiale du mot suivant pour en faire une
syllabe. Exemple : plus exactement (pluzèzacteman). Le « s » muet se prononce associé au è
[zè]. La liaison se distingue de l’enchainement. L'enchaînement se produit lorsqu'un mot se
terminant par une consonne qui est toujours prononcée est suivi d'un mot commençant par une
voyelle ou par un h muet. La dernière consonne du premier mot forme alors une syllabe avec
la voyelle initiale du mot suivant ? Exemple : partir avec elle [paʀtiʀavɛkɛl] (par-ti-ra-vè-
kèl). En français, on distingue les liaisons obligatoires, les liaisons facultatives et les liaisons
interdites. Quelques liaisons obligatoires et interdites seront évoquées dans ce cours.

Les liaisons obligatoires


Les liaisons sont obligatoires dans un grand nombre de contextes. Bien qu’elles le soient
d’autres contextes possibles, nous présenterons seulement ici les contextes les plus courants.

i) La liaison est obligatoire, dans le groupe nominal, entre le déterminant (article,


déterminant possessif, indéfini, numéral, interrogatif ou exclamatif) et le nom qu’il
accompagne, ou avec l’adjectif qui précède ce nom. Exemples : aul a un intérêt
marqué pour le sport. œn teʀɛ] (un-nin-té-rè) ; les amis de mes amis sont mes
amis. [lezami] (lé-za-mi); [mezami] (mé-za-mi)
ii) La liaison est aussi obligatoire, dans le groupe nominal, entre le nom et l’adjectif
qui précède. Exemples : arc et athieu sont de bons amis. b zami] (bon-za-
mi) ; les fines herbes. finzɛʀb] (finn-zerb) ; le gros arbre gʀozaʀbʀ] (gro-zarbr)
iii) La liaison est également obligatoire entre les pronoms, sujet ou objet, et le verbe,
ainsi qu’entre deux pronoms qui se suivent. Exemples : ous avons nuzav ] (nou-
za-von) On apercevait napɛʀs vɛ] (on-na-pèr-se-vè) ; eut-on y aller p t ]
(peu-ton)
iv) La liaison est aussi obligatoire entre une préposition ne comportant qu’une syllabe
et le mot qui suit; pour les prépositions ayant plus d’une syllabe, la liaison est
généralement facultative, sauf après à travers et selon qui ne se lient pas au mot
qui suit. Exemples : dans une heure. dãzynœʀ] (dan-zu-neur) ; sans objectif
précis. [sãz bʒɛktif] (san-zob-jèk-tif) ; chez eux ʃez ] (ché-zeu)
v) On fait également la liaison entre l’adverbe et l’adjectif qu’il accompagne.
Lorsqu’il s’agit d’un adverbe en -ment, toutefois, la liaison est facultative.
Exemples : très honnête. tʀɛz nɛt] (trè-zo-nèt) ; il est moins aimable
mw zɛmabl] (mou-in-zè-mabl) ; bien intéressante bj n teʀɛsãt] (bi-in-nin-té-rè-
sant)
vi) La liaison est enfin obligatoire dans de nombreuses locutions et dans certains mots
composés. Exemples : de plus en plus. d plyzãply] (de-plu-zan-plu) petit à petit
[ptitapti] (pti-ta-pti) ou p titap ti] (pe-ti-ta-pe-ti) ; tout à coup [tutaku] (tou-ta-
cou) ; de haut en bas d otãba] (de-o-tan-ba) ; droit au but dʀwatoby] (drwa-to-
bu) [kãta] (kan-ta)

Les liaisons interdites

La liaison est interdite dans certains contextes.

i) Elle est interdite lorsqu'il y a une pause entre deux mots, c’est-à-dire lorsqu'un
signe de ponctuation les sépare. Exemple : Hommes, femmes, enfants, tous
appréciaient cette musique. [fam ãfã] (fam-an-fan).
ii) La liaison est aussi interdite après la conjonction et. Exemples : un garçon et une
fille. [eyn] (é-unn).
iii) La liaison est interdite après un nom singulier. On ne fait donc pas la liaison entre
un nom singulier qui est le sujet d'un verbe et ce verbe, ni entre un nom singulier et
l'adjectif qui le suit. Exemples : Le chat est sorti par la fenêtre. ʃae] (cha-é) ;
Fabien est un enfant à problèmes. ãfãapʀ blɛm] (an-fan-a-pro-blèm).
iv) La liaison est interdite devant les noms d'origine étrangère commençant par la
semi-voyelle (aussi appelée semi-consonne) [j] (ces noms commencent
généralement par la lettre y) ainsi que devant oui, ouistiti, whisky et devant un,
huit, huitième, onze et onzième. Exemples : Gérald a commandé un whisky.
œwiski] (un-ouis-ki) ; Je pense que c'est un huit. œ it] (un-uit).
v) La liaison est aussi interdite après le -s du pluriel à l’intérieur de certains noms
composés. Exemples : Les porcs-épics portent des piquants sur presque tout le
corps. p ʀkepik] (por-ké-pik) ; Il y a deux moulins à eau sur cette île. mul ao]
(mou-lin-a-o).
vi) Enfin, on ne fait pas la liaison après le -s du verbe à la deuxième personne du
singulier à l'indicatif présent ou au subjonctif présent. Exemples : Je ne veux pas
que tu partes au Chili. paʀto] (part-o).