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Le contentieux administratif

Introduction

I. Contentieux administratif en France


II. Contentieux administratif marocain (1913- 1974)
A. Après le Protectorat
B. Après l’indépendance
1. Réforme de 1957
2. Réforme de 1965
3. Réforme de 1967
4. Réforme de 1974
a. Organisation judicaire
b. Code de procédure civile

I. Réintervenues depuis 1991


A. Raisons et objectifs
B. Création des tribunaux administratifs
1. Organisation et fonctionnement
2. Compétences des tribunaux administratifs
a. Compétence en raison de la matière
b. Compétence territoriale
c. Difficultés de compétence
d. Procédure

A. Création des cours d’appel administratives


1- Organisation et fonctionnement
2- Procédure

I. Recours contentieux
A. Recours en annulation pour excès de pouvoir
B. Recours en indemnité

LE SECTEUR JUDICIAIRE
La Constitution

94. Le principe d’indépendance de l’autorité judiciaire est inscrit dans l’article 82 de la


Constitution qui stipule que « l'autorité judiciaire est indépendante du pouvoir législatif
et du pouvoir exécutif ». On peut se poser la question de savoir si le terme « autorité »
implique que le principe d’indépendance judiciaire relève d'un degré inférieur
d’importance constitutionnelle. Ceci ne semble pas être le cas selon la présentation qui
en est faite par le site Internet officiel du Ministère de la Justice. Organisation judiciaire

95. Au Maroc, l’organisation judiciaire est fixée par la loi du 15 juillet 1974, amendée, par
exemple en 1991 en vue de créer les tribunaux administratifs et en 1997 en vue d’établir
les tribunaux de commerce. Le système judiciaire se répartit en trois catégories de
juridictions: les juridictions de droit commun, les juridictions spécialisées et les
juridictions d’exception. La Cour suprême est investie du pouvoir de cassation pour les
décisions des trois ordres.

Juridictions de droit commun

96. On dénombre 837 juridictions communales et d’arrondissement comportant un juge


unique. Institués en 1974, ces tribunaux facilitent l’accès des citoyens à la justice. Les
juges sont soit issus de la magistrature, soit choisis par une commission présidée par les
pouvoirs politiques locaux. Dans ce dernier cas, les juges sont assistés par deux
suppléants élus. Ces tribunaux connaissent des affaires mineures en matière pénale et en
matière civile si le montant de ces actions n’excède pas la valeur de 110 USD. Les litiges
dont la valeur n’excède pas 220 USD peuvent être entendus moyennant accord entre les
parties. Ils traitent encore des baux d’habitation. Ces tribunaux ne peuvent cependant
connaître des litiges relatifs aux affaires immobilières et au statut personnel.

97. Le Ministère de la Justice a récemment déposé un projet de loi visant à remplacer les
juges non professionnels par des magistrats de carrière en raison de critiques formulées
quant à l’intégrité et l’indépendance des juges non-magistrats. Toutefois, cette
problématique fait toujours l’objet de débats. 26

98. Les 68 tribunaux de première instance sont compétents dans les matières civiles,
sociales et commerciales et peuvent connaître du statut personnel et des affaires
immobilières. En matière pénale, les tribunaux de première instance sont compétents
pour juger les infractions et les délits passibles d’une peine inférieure à un mois de prison
et d’une amende de plus de 1 200 dirhams. Jusqu’en 1993, des juges uniques y
statuaient. Ils ont depuis fait place à un collège de trois juges. La juridiction des juges
uniques a été réintroduite pour les affaires de droit social. Le Président du tribunal de
première instance peut connaître des affaires correctionnelles et urgentes ainsi que des
ordonnances de référé. Les délits graves sont instruits par un juge d’instruction qui est
habilité à placer un détenu en détention préventive.

99. Les 21 juridictions d’appel examinent les appels interjetés contre les jugements
rendus par les tribunaux de première instance. Une cour d’appel comporte une chambre
criminelle qui statue sur les infractions les plus sérieuses, appelés crimes, et définies
comme étant celles qui sont passibles de la peine de mort, d’une peine de réclusion à
perpétuité ou à temps, d’une mise en résidence surveillée ou de la déchéance des droits
civils. Cette chambre se compose de cinq juges. Elle comprend aussi une chambre
correctionnelle qui connaît des appels des jugements rendus en première instance ainsi
que des ordonnances rendues par les juges d’instruction.
Juridictions spécialisées

100. La loi de 1991 a institué 7 tribunaux administratifs. Leurs magistrats font l’objet d’un
recrutement spécifique et ont suivi une formation spéciale à l’Institut Supérieur de la
Magistrature. Les tribunaux administratifs connaissent des recours contre les décisions
prises par les autorités administratives, des litiges relatifs aux contrats administratifs, aux
pensions du secteur public, aux contentieux fiscaux, aux expropriations, aux litiges
électoraux et aux actions en réparation de dommages causés par les activités des
personnes publiques. Le tribunal administratif de Rabat possède une compétence
nationale.

101. Les tribunaux administratifs sont largement respectés. La création de cours d’appel
administratives est à l’étude. Pour l’heure, les appels sont portés devant la chambre
administrative de la Cour suprême.

102. Il existe un système indépendant de tribunaux financiers aux niveaux central et


régional. Leur importance dans la structure institutionnelle de l’appareil judiciaire est
telle que la Constitution leur consacre un titre entier (titre X, articles 96 et suivants).

103. Le Maroc compte huit tribunaux de commerce et trois cours d’appel de commerce
institués en 1997. Ces tribunaux sont compétents pour connaître des litiges commerciaux
dont la valeur dépasse 20 000 dirhams ainsi que des actions relatives aux contrats
commerciaux, aux effets de commerce et aux biens commerciaux.

104. Entre également dans la compétence des tribunaux de commerce la surveillance des
formalités du registre du commerce composé de registres locaux conservés par les