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LES PRATIQUES LOGISTIQUES DES ENTREPRISES QUÉBÉCOISES

Claudia Rebolledo, Jacques Roy

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HEC Montréal | « Gestion »

2014/4 Vol. 39 | pages 21 à 35


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ISSN 0701-0028
Article disponible en ligne à l'adresse :
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http://www.cairn.info/revue-gestion-2014-4-page-21.htm
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Pour citer cet article :


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Claudia Rebolledo, Jacques Roy« Les pratiques logistiques des entreprises
québécoises », Gestion 2014/4 (Vol. 39), p. 21-35.
DOI 10.3917/riges.394.0021
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Gestion  vol. 39  no 4  |  Hiver 2015  |  revuegestion.ca

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Dossier « Logistique »

Les pratiques logistiques


des entreprises québécoises
Par Claudia Rebolledo et Jacques Roy1

Résumé
Cet article présente un bilan de l’utilisation des meilleures pratiques logistiques au
Québec. Les résultats se basent sur une enquête réalisée auprès des 173 entreprises
manufacturières et du commerce de gros et de détail de plus de 30 employés. Les
résultats montrent que les entreprises québécoises font une utilisation modérée de
la plupart des meilleures pratiques, utilisation comparable à celle qu’en font d’autres
régions ailleurs dans le monde. Nos analyses confirment le lien entre l’utilisation des
meilleures pratiques et une meilleure performance. Nous constatons que la famille
des pratiques les moins utilisées, les technologies de l’information (TI), est aussi celle
qui a le lien le plus fort avec la performance.

Claudia Rebolledo et Jacques Roy sont professeurs


à HEC Montréal, claudia.rebolledo@hec.ca, jacques.roy@hec.ca. 21
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Dans une récente recension des écrits sur les impacts identifié huit catégories de meilleures pratiques en logis-
de la gestion de la chaîne logistique sur la performance des tique : intégration interne et externe, gestion de la relation
entreprises, Beaulieu et Roy (2009) arrivent aux conclusions client, techniques d’amélioration, gestion de la livraison,
suivantes : pratiques écologiques, gestion de risques, investissements
en technologies de l’information et impartition des activités
• Le déploiement de pratiques logistiques a une incidence
logistiques. Le niveau d’utilisation de ces pratiques constitue
positive sur la performance opérationnelle (taux de rota-
l’objet de notre étude.
tion des stocks, délai de livraison, niveau de service)
d’une organisation. La version préliminaire du questionnaire a été testée
auprès de 15 gestionnaires de la chaîne logistique, et nous
• Il y a cependant très peu d’études empiriques récentes sur
avons tenu compte de leurs commentaires, questions et sug-
ces concepts auprès des entreprises québécoises.
gestions pour élaborer la version finale du questionnaire. Le
• Il n’y a pas d’études sur les facteurs qui expliquent le questionnaire final, disponible en français et en anglais, a été
niveau d’utilisation des pratiques. L’identification de ces mis en ligne sur Qualtrics. Le contact initial avec le répon-
facteurs est essentielle pour émettre des recommanda- dant potentiel nous indiquait si on devait envoyer le lien

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tions de politiques visant à inciter les entreprises à utiliser pour le questionnaire en français ou en anglais. Seulement
les meilleures pratiques. six gestionnaires ont répondu en anglais. La grande majo-
rité de participants a répondu en ligne; seulement quatre ont
• Les entreprises étudiées sont fréquemment les mêmes, et
envoyé leurs réponses par la poste.
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encore là, on retrouve très peu d’entreprises québécoises


ou d’entreprises représentatives du tissu industriel de la La population de l’étude est formée d’entreprises manu-
province, qui se compose en très grande partie de PME. facturières et du commerce de gros et de détail de plus de
30 employés localisées au Québec et inscrites dans les réper-
Selon ce qui vient d’être dit, nous croyons qu’il est impor-
toires Scott’s. Nous avons contacté un échantillon aléatoire
tant de poser un diagnostic plus précis des comportements
de 746 entreprises enregistrées dans ce répertoire. De plus,
logistiques des entreprises québécoises. La première partie
nous avons invité une trentaine d’entreprises faisant partie de
de cet article présente la méthodologie utilisée pour le son-
nos contacts professionnels à participer au sondage. Parmi
dage et le profil des répondants. La deuxième partie décrit
les 776 entreprises contactées, 532 ont accepté d’y participer.
les résultats obtenus, les analyse et les compare, lorsque
Après deux rappels téléphoniques et un rappel par la poste,
c’est possible, avec les résultats obtenus ailleurs. L’article se
nous avons obtenu 173 réponses. Le taux de réponse après
conclut avec des recommandations et des pistes de recherche
rappel est alors de 22,3 %, ce qui se compare favorablement à
futures.
des études publiées récemment sur le sujet2.
L’unité d’analyse de l’étude est l’unité d’affaires et le répon-
dant ciblé est la personne responsable de la plupart des acti-
Le sondage vités logistiques de l’entreprise. L’échantillon résultant est
composé à 74 % de manufacturiers, à 19 % de distributeurs
et à 6 % de détaillants. Des entreprises interrogées, 25 % sont
Les données de cet article proviennent d’un sondage
des filiales d’une entreprise multinationale et 51 % sont des
auprès des entreprises manufacturières et du commerce de
entreprises familiales.
gros et de détail du Québec. Ce sondage a été réalisé pen-
dant l’été et l’automne 2013. Le questionnaire a été déve- Selon leur nombre d’employés, la plupart des entreprises
loppé à partir d’une revue exhaustive de la littérature réalisée dans notre échantillon sont petites. La répartition d’entre-
par Aouane (2013), notamment des études académiques et prises selon leur nombre d’employés est similaire à celle
professionnelles sur les pratiques logistiques. Nous avons des entreprises des secteurs étudiés au Canada (Tableau 1).

Tableau 1
Taille de l’entreprise
Catégorie Effectifs Pourcentage Pourcentage valide Pourcentage au Canada
Petite entreprise (30-99 employés) 72 41,6 46,8 57,3
Moyenne (100-499 employés) 67 38,7 43,5 40,7
Grande (500+ employés) 15 8,7 9,7 2,0
Total 154 89,0 100,0 100,0
Manquant 19 11,0

22 Total 173 100,0


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En pourcentage, notre échantillon compte un peu plus de et grandes entreprises. Pour les pratiques écologiques, ce
grandes entreprises et moins de petites. Par rapport au sont les grandes entreprises qui se démarquent des deux
chiffre d’affaires, 70 % des entreprises dans notre échantillon autres par une plus grande utilisation. Ces résultats sont
ont un volume de ventes annuel de moins de 50 millions de cohérents avec ceux publiés dans les différentes études réa-
dollars. lisées par Industrie Canada au cours des dernières années.
Nous voulions aussi savoir si l’utilisation des pratiques
logistiques varie selon le secteur, la propriété ou le carac-
Résultats tère familial de l’entreprise. Les analyses statistiques nous
indiquent qu’il n’y a pas de différences significatives entre
le niveau d’utilisation des pratiques des entreprises fami-
La présentation des résultats se divise en deux grandes liales et de celles qui n’en sont pas; ni entre celui des filiales
parties : les résultats sur l’utilisation des pratiques logistiques d’une entreprise multinationale et de celles qui n’en sont pas.
et ceux décrivant les liens entre l’utilisation des pratiques et Finalement, seule l’utilisation des pratiques d’amélioration
la performance des entreprises participantes. diffère significativement selon le secteur de l’entreprise, les

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entreprises manufacturières étant habituellement plus aptes
L’utilisation des pratiques logistiques à adopter des pratiques d’amélioration, notamment avec
leurs fournisseurs.
Le niveau d’utilisation des différentes pratiques Nous présentons maintenant les résultats obtenus pour
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chaque pratique étudiée.


Afin de comparer l’utilisation des pratiques, nous avons
créé un index pour chaque famille de pratiques, en fai-
sant la moyenne de chacun des niveaux d’utilisation. Le L’intégration
Tableau 2 présente les statistiques descriptives de ces index. L’intégration est la pratique exemplaire la plus citée dans
En moyenne, les pratiques logistiques reliées à l’intégration la littérature en gestion de la chaîne logistique. L’intégration
interne sont les plus utilisées, suivies de celles reliées à la de la chaîne implique la gestion collaborative des processus
gestion de la relation client et des pratiques exemplaires en intra et interorganisationnels dans le but d’obtenir des flux
livraison et en distribution. Les pratiques les moins utilisées efficaces et efficients de produits et services, d’information,
sont les investissements en TI, l’impartition et les pratiques d’argent et de décisions. L’intégration concerne deux dimen-
écologiques. sions : externe et interne, que nous présentons par la suite.
Nous avons utilisé ces index pour vérifier si l’utilisation L’intégration externe. L’intégration avec clients et four-
des pratiques varie selon la taille de l’entreprise, mesurée par nisseurs comprend des pratiques logistiques permettant
le nombre d’employés. L’analyse révèle que seuls les investis- une coordination des flux en amont et en aval de la chaîne.
sements en TI diffèrent de façon significative entre les trois Pour mesurer le niveau d’intégration externe, nous avons
groupes, leur usage augmentant avec la taille des entreprises. demandé aux répondants d’évaluer l’étendue de l’intégration
Cependant, il y a des différences significatives pour l’intégra- ou de partage d’information avec leurs clients et leurs four-
tion avec les clients et l’intégration interne entre les petites nisseurs stratégiques par rapport à 11 activités logistiques,
entreprises, avec des moyennes plus faibles, et les moyennes sur une échelle de 1 (pas du tout) à 7 (complète). Le tableau 3

Tableau 2
Niveau d’utilisation des pratiques
Pratiques N Moyenne Écart type
Intégration interne 163 4,97 1,25
Relation client 164 4,85 1,30
Livraison et distribution 163 4,51 1,24
Amélioration 163 4,01 1,29
Intégration avec les clients 173 3,94 1,29
Intégration avec les fournisseurs 163 3,77 1,31
Gestion de risques 150 3,59 1,61
Pratiques écologiques 158 3,15 1,45
Impartition 162 3,14 1,45
Investissements en TI 159 3,04 1,35 23
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présente le pourcentage d’entreprises qui n’utilisent pas cha- L’intégration ou le partage d’information avec les fournis-
cune des pratiques sondées, alors que le schéma 1 rapporte seurs a surtout lieu au niveau du suivi ou de la traçabilité
les moyennes par activité. des commandes et de la fréquence des livraisons. Comme
pour l’intégration avec les clients, les systèmes de commande
Les systèmes de commande automatisés, le CPFR
automatisés et le CPFR sont très peu utilisés.
(Collaborative Planning, Forecasting and Replenishment) et
la gestion partagée des stocks (VMI ou Vendor Managed Une étude récente3, similaire à la nôtre, a trouvé que les
Inventory) sont les pratiques les moins utilisées, tandis que entreprises espagnoles avaient en 2008 un niveau de coordi-
le suivi des commandes, les ententes sur la fréquence des nation opérationnel avec les fournisseurs de 3,42/5, ce qui
livraisons et le partage d’information sur les stocks sont les est significativement plus élevé que la valeur moyenne des
plus pratiquées. pratiques d’intégration que nous avons trouvée dans cette

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Tableau 3
Entreprises qui n’utilisent pas les pratiques d’intégration externe
Pratiques N Ne l’utilise pas avec les clients Ne l’utilise pas avec les fournisseurs
Systèmes de commande automatisés 167 47,9 % 46,2 %
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CPFR 164 42,7 % 42,9 %


VMI / consignation des stocks 167 39,5 % 36,8 %
Partage des plans de production 168 29,8 % 27,7 %
Partage des prévisions de la demande 169 22,5 % 27,0 %
Réapprovisionnement en juste-à-temps 169 22,5 % 25,0 %
Partage des informations au point de vente 163 22,1 % 16,3 %
Partage de l’information sur les stocks 172 18,0 % 14,7 %
Développement de nouveaux produits 169 12,4 % 12,4 %
Ententes sur la fréquence des livraisons 170 8,8 % 8,1 %
Suivi / Traçabilité des commandes 171 7,0 % 7,4 %

Schéma 1
Étendue de l'intégration externe

2,82
CPFR 2,77
2,91
Systèmes de commande automatisés 2,78
3,16
VMI / consignation des stocks 2,99
3,45
Partage des informations au point de vente 3,40
3,76
Partage des plans de production 3,34
3,84
Réapprovisionnement en juste-à-temps 3,69
4,15
Développement de nouveaux produits 4,00
4,15
Partage de l’information sur les stocks 4,07
4,57
Partage des prévisions de la demande 4,16
5,09
Ententes sur la fréquence des livraisons 4,85
5,32
Suivi / traçabilité des commandes 4,93

1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00

Client Fournisseur
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étude (3,77/7). Cette comparaison n’est cependant pas com- La gestion de la relation client
plètement juste, puisque le sondage espagnol ciblait exclusi-
La gestion de la relation client comprend toute la gamme
vement des entreprises de moyenne et grande taille. des pratiques utilisées dans le but de construire des relations
L’intégration ou le partage d’information avec les four- à long terme avec les clients, d’améliorer leur satisfaction et
nisseurs et les clients est relativement semblable, mis à part de gérer leurs plaintes. La gestion de la relation client per-
pour le développement des nouveaux produits et le partage met à l’organisation de différencier ses produits et services
des informations au point de vente. En ce qui concerne ces de ses concurrents, de maintenir la fidélité de ses clients et
deux éléments, les entreprises ont effectivement tendance d’étendre la valeur qu’elle leur apporte. Ainsi, elle s’impose
comme une composante majeure des pratiques de gestion
à intégrer (ou à partager) l’information de manière plus
de la chaîne logistique. Nous avons demandé aux répon-
importante avec leurs clients qu’avec leurs fournisseurs stra-
dants d’évaluer leur niveau d’utilisation de sept pratiques
tégiques. Ce constat rappelle les conclusions d’une autre
exemplaires en termes de gestion de la relation client, sur
étude réalisée au Québec en 2005 qui observait que les entre- une échelle de 1 (pas du tout pratiquée) à 7 (largement pra-
prises avaient tendance à échanger les informations plus fré- tiquée). Les pratiques de gestion de la relation client les plus

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quemment avec leurs clients qu’avec leurs fournisseurs, ce souvent pratiquées sont la facilitation de l’accès des clients
qui traduirait une volonté naturelle de se rapprocher davan- aux services d’assistance et les interactions fréquentes avec
tage de ses clients4. les clients pour établir des standards (Schéma  3). Cela dit,
L’intégration interne. L’intégration interne est définie pour l’ensemble des pratiques suivantes, les entreprises ont
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un niveau d’utilisation moyen relativement semblable. De


comme le niveau d’interaction et de collaboration des diffé-
façon générale, les pratiques de gestion de la relation client
rentes fonctions de l’entreprise pour contribuer aux objectifs
sont très populaires et seulement un petit pourcentage d’en-
globaux. Nous avons identifié six domaines qui témoignent
treprises ne les utilise pas.
du niveau d’intégration interne de l’organisation (Schéma 2).
Les gestionnaires répondant au sondage devaient évaluer le
Les pratiques d’amélioration de la performance
niveau de l’étendue de l’intégration interne des domaines
de la chaîne logistique
identifiés de 1 (pas du tout) à 7 (complète). Au niveau de
l’intégration interne, la recherche en temps réel du niveau De nombreux outils d’amélioration de la qualité peuvent
des stocks est le domaine pour lequel l’étendue de l’inté- être appliqués aux activités de gestion de la chaîne logistique.
gration est la plus élevée. Somme toute, l’étendue de l’inté- Nous avons choisi huit pratiques reconnues pour améliorer
gration interne moyenne est relativement semblable pour les processus logistiques, minimiser le gaspillage et amélio-
l’ensemble des domaines suivants, avec un écart type de 0,26. rer la qualité des achats.
Seulement une minorité d’entreprises n’utilisent pas les tech- Le tableau 4 montre que le niveau d’utilisation des pra-
niques d’intégration interne. tiques d’amélioration est très variable. Ainsi 44  % des

Schéma 2
Étendue de l’intégration interne

Équipes multifonctionnelles 4,61


pour l’amélioration des processus

Recherche en temps réel des données 4,81


opérationnelles de logistique

Prise de décisions partagée entre les fonctions 4,87

Intégration des données entre


5,06
les différentes fonctions

Rencontres périodiques
5,08
entre les différentes fonctions

Recherche en temps réel du niveau des stocks 5,36

1 2 3 4 5 6 7
25
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Schéma 3
Utilisation des pratiques de gestion de la relation client

Segmentation à jour des clients en fonction de 4,51


leurs exigences de niveau de service
Processus intégrés de ventes et de planification 4,56
des opérations
Établissement fréquent des attentes
4,61
futures des clients

Mesure et évaluation fréquentes


4,87
de la satisfaction des clients

Évaluation périodique de l’importance


4.89

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de la relation avec les clients

Interaction fréquente avec les clients 5,2


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Facilitation de l’accès des clients 5,33


aux services d’assistance

1 2 3 4 5 6 7

Tableau 4
Entreprises qui n’utilisent pas les pratiques d’amélioration
Pratiques N Ne l’utilise pas
Implantation des initiatives six-sigma pour améliorer les activités logistiques 154 44,16 %
Techniques d’analyse comparative (benchmarking) pour améliorer les activités logistiques 157 22,29 %
Programmes d’amélioration continue qui incluent fournisseurs clés 162 19,14 %
Aide aux fournisseurs clés à améliorer leurs processus 162 11,73 %
Certification de la qualité des fournisseurs 162 7,41 %
Programmes d’amélioration de la qualité pour les activités logistiques 162 6,79 %
Identification et élimination systématique du gaspillage 162 4,94 %
Résolution régulière des problèmes, conjointement avec fournisseurs clés 161 2,48 %

compagnies n’ont pas implanté des initiatives six-sigma pour qualité. Ce pourcentage est le même pour les 152 sociétés
améliorer leurs activités logistiques, mais presque toutes canadiennes sondées. Par ailleurs, dans le même sondage,
s’impliquent dans la réduction du gaspillage et la résolution 53 % des sociétés mondiales et 45 % des sociétés cana-
conjointe de problèmes avec leurs fournisseurs. diennes identifient la performance des fournisseurs aux
chapitres du risque, de la fiabilité et de la qualité comme
Le schéma 4 présente le niveau d’utilisation de ces huit une des principales difficultés en ce qui concerne la chaîne
pratiques de 1 (pas du tout) à 7 (amplement). Les pratiques d’approvisionnement.
d’amélioration les plus utilisées par les entreprises sondées
sont les résolutions régulières de problèmes conjointement Les pratiques de livraison et de distribution
avec les fournisseurs clés et la certification de la qualité des
fournisseurs. La gestion de la distribution a comme objectif d’assurer
une disponibilité et un flux fiable et efficace des produits afin
Un sondage récent de KPMG (2013) auprès des diri- de répondre aux exigences des clients. Nous avons sélectionné
geants du secteur manufacturier rapportait que 36 % des 335 huit pratiques exemplaires en gestion des livraisons et avons
sociétés mondiales sondées avaient des programmes de ges- demandé aux répondants d’évaluer leur niveau d’utilisation
26 tion de fournisseurs afin de gérer les risques, la fiabilité et la de 1 (pas du tout) à 7 (largement). Les pratiques de livraison
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Schéma 4
Utilisation des pratiques d’amélioration

Implantation d’initiatives six-sigma pour améliorer 2,82


les activités logistiques
Analyse comparative pour améliorer 3,32
les activités logistiques
Programmes d’amélioration continue 3,59
qui incluent les fournisseurs clés
Aide aux fournisseurs clés pour améliorer 4,15
leurs processus
Identification et élimination systématique 4,28
du gaspillage dans les activités logistiques

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Programmes d’amélioration de la qualité 4,38
pour les activités logistiques
Certification de la qualité des fournisseurs 4,59
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Résolution régulière de problèmes conjointement 4.78


avec les fournisseurs clés

1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00

et de distribution les plus utilisées dans les entreprises sont la Les investissements en technologies de l’information
livraison aux principaux clients en juste-à-temps, la conso-
La gestion de l’information dans la chaîne logistique s’ap-
lidation des commandes et l’utilisation d’un unique point
puie sur l’utilisation des systèmes d’information. Bien que
de contact pour la gestion de toutes les commandes. La pra-
l’investissement dans les systèmes d’information ne garan-
tique la moins populaire est l’entreposage dans des points de
tisse pas un avantage concurrentiel, le support technolo-
distribution proches des clients (Schéma 5).
gique permet un transfert d’information efficace, élément
clé pour une bonne gestion de la chaîne logistique.

Schéma 5
Utilisation des pratiques de livraison et de distribution

Produits entreposés dans des points 3,11


de distribution proches des clients
Système d’identification automatique 3,96
lors de la livraison

Optimisation du plan de transport et des itinéraires 4,26

Optimisation des modes de transport


4,46
et des itinéraires correspondants
Visibilité en temps réel de la traçabilité 4,97
des commandes
Un unique point de contact pour la gestion 5,02
de toutes les commandes
Consolidation des commandes par client, 5,08
fournisseur, entreprise de transport, etc

Livraison aux principaux clients en juste-à-temps 5,26

1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00


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Nous avons demandé aux répondants de nous indiquer Le niveau d’utilisation des technologies de l’information
l’ampleur des investissements consentis dans les systèmes en logistique a été répertorié dans plusieurs pays. Ainsi,
d’information pouvant supporter les activités logistiques sur selon l’Association française pour la logistique (2008), 10 %
des 346 entreprises françaises sondées avaient fait des inves-
une échelle de 1 (aucun investissement) à 7 (investissements
tissements en systèmes Radio Frequency Identification RFID,
lourds). La majorité des entreprises utilisent les principaux
60 % dans des codes à barres et 77 % en systèmes ERP. L’étude
systèmes et technologies susceptibles de supporter la gestion espagnole, citée auparavant, affirme que les entreprises
de la chaîne (Tableau 5), mais les investissements sont plutôt espagnoles de moyenne et grande taille avaient en 2008 un
faibles (Schéma 6). niveau d’utilisation de 3,12 sur 5 pour les systèmes de ges-
tion du transport (TMS) et de 3,67 sur 5 pour les systèmes
Les résultats du schéma 6 nous indiquent qu’au sein des
de gestion d’entreposage (WMS). Une étude plus récente sur
entreprises interrogées, les investissements les plus lourds les entreprises suisses a trouvé qu’en 2011, 52 % des entre-
ont lieu dans les systèmes Enterprise Resource Planning ERP, prises sondées utilisaient des WMS (GS1 Suisse, 2011). Une
suivi de loin par l’Échange de données informatisé EDI. autre enquête menée en 2005 auprès de professionnels de la

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Tableau 5
Entreprises qui n’utilisent pas les TI
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supportant la gestion de la chaîne

Pratiques N Ne l’utilise pas


Systèmes de gestion du transport (TMS) 157 45,2 %
Systèmes d’identification automatique 155 41,9 %
Systèmes de gestion d’entreposage (WMS) 159 40,3 %
Systèmes EDI 149 34,2 %
Logiciels de prévision/gestion de la demande 156 32,7 %
Systèmes d’approvisionnement via Internet 157 32,5 %
Systèmes de gestion de la relation client (CRM) 157 31,2 %
Systèmes ERP 154 25,3 %

Schéma 6
Investissements en technologies de l’information

Systèmes de gestion du transport (TMS) 2,48

Systèmes d’identification automatique 2,77

Systèmes d’approvisionnement via Internet 2,77

Systèmes de gestion d’entreposage (WMS) 2,82

Logiciels de prévision/gestion de la demande 3,02

Systèmes de gestion de la relation client (CRM) 3,05

Systèmes EDI 3,21

Systèmes ERP 4,11

1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00


28
Gestion  vol. 39  no 4  |  Hiver 2015  |  revuegestion.ca

gestion de la chaîne logistique situés en Amérique du Nord, Les pratiques écologiques


en Europe et en Australie (120 répondants) rapporte que
De nos jours, les entreprises commencent à reconnaître
62 % des répondants adoptent des systèmes ERP, 46 % des
que la conscience environnementale peut être un avantage
systèmes de gestion d’entreposage, 43 % des systèmes d’ap-
concurrentiel considérable. La décision de mettre en place
provisionnement électroniques, 34 % des TMS, et 30 % des des pratiques écologiques est aussi motivée par l’opinion
systèmes de gestion de la relation avec les clients (CRM)5. publique et la législation gouvernementale. L’accent mis sur
Au Canada, des études récentes indiquent que le recours la gestion environnementale a dépassé le niveau organisa-
aux technologies de l’information à des fins de gestion de tionnel pour s’établir au niveau de l’ensemble de la chaîne.
la chaîne logistique accuse un retard certain par rapport à La gestion environnementale de la chaîne se compose de
l’utilisation qu’en font nos voisins américains. Basée sur les plusieurs pratiques qui touchent tous les aspects de l’orga-
résultats d’enquêtes auprès d’environ 20 000 répondants, une nisation. Dans cette étude, nous nous sommes concentrés
étude d’Industrie Canada6 rapporte que le degré d’adoption sur dix pratiques écologiques associées aux activités logis-
des technologies de l’information serait de 30 % plus élevé tiques. Nous avons demandé aux répondants d’évaluer l’uti-
lisation de ces pratiques de 1 (pas utilisées du tout) à 7 (très

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chez les entreprises américaines. Plus spécifiquement, tou-
jours selon la même étude, l’adoption de systèmes électro- pratiquées).
niques pour gérer les fonctions logistiques est relativement Les pratiques écologiques les plus souvent utilisées par les
faible au Canada avec un taux d’utilisation d’un peu plus de entreprises sont le recyclage et la réutilisation des produits et
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20 % seulement chez les moyennes et grandes entreprises. des emballages de même que la conformité environnemen-
Ce taux chute à 10 % pour les petites entreprises. Une autre tale et les programmes d’audit. La certification ISO14000 des
étude canadienne réalisée par l’association des manufactu- fournisseurs est la pratique écologique la moins souvent uti-
riers et exportateurs du Canada (2006) indique clairement lisée (Tableau 6 et Schéma 7).
que l’adoption des technologies de l’information n’en était
L’étude de l’Association de la Supply chain et de la
qu’à ses débuts à ce moment-là. À l’époque, seulement 38 %
LOGistique ASLOG citée précédemment rapporte que 52 %
des entreprises sondées utilisaient l’EDI et moins de 25 % les des entreprises françaises affirmaient intégrer des considé-
systèmes ERP. Le pourcentage d’utilisation de technologies rations environnementales dans leurs choix logistiques en
plus sophistiquées comme les systèmes de gestion du trans- 2008. Pour la Suisse, ce pourcentage est de 53 %. Le son-
port ne dépassait pas le 20 %. Les résultats de la présente dage de KPMG rapporte que 23 % des sociétés mondiales
enquête suggèrent que le niveau d’utilisation des technolo- adoptaient des stratégies visant à créer des chaînes d’appro-
gies de l’information des entreprises québécoises a augmenté visionnement consommant peu d’énergie et économes en
de façon importante ces dernières années. Cependant, ressources. Ce pourcentage est de 13 % pour les sociétés
puisque nous n’avons pas de données comparables aux États- canadiennes sondées. Aux États-Unis, une enquête réalisée
Unis pour l’année en cours, nous ne pouvons pas savoir si en 2012 auprès de 200 entreprises manufacturières, détail-
l’écart par rapport au niveau d’utilisation des entreprises lants et prestataires de services, révèle que 81 % des répon-
américaines s’est rétréci ou pas. dants affirment pratiquer le recyclage, 66 % pratiquent la
réduction de la consommation d’énergie, 58 % adoptent
des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de

Tableau 6
Entreprises qui n’utilisent pas les pratiques écologiques
Pratiques N Ne l’utilise pas
Certification ISO14000 des fournisseurs 151 73,5 %
Certification ISO 14001 152 67,8 %
Audit environnemental de la gestion interne des fournisseurs 154 49,4 %
Logistique inversée 150 42,7 %
Réduction des gaz à effet de serre 153 41,8 %
Réduction des emballages/utilisation accrue des emballages biodégradables 156 32,1 %
Pratiques d’approvisionnement écologiques 152 27,6 %
Coopération avec les fournisseurs pour des objectifs environnementaux 153 27,5 %
Conformité environnementale et programmes d’audit 152 23,0 %
Recyclage/réutilisation des produits et des emballages 157 15,3 %
29
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Schéma 7
Utilisation des pratiques écologiques

Certification ISO14000 des fournisseurs 1,75

Certification ISO 14001 2,32

Logistique inversée 2,64

Audit environnemental 2,69


de la gestion interne des fournisseurs

Réduction des gaz à effet de serre 2,88

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Pratiques d’approvisionnement écologiques 3,09

Réduction des emballages/utilisation 3,26


des emballages biodégradables
Coopération avec les fournisseurs – 3,48
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objectifs environnementaux

Conformité environnementale et programmes d’audit 4,27

Recyclage/réutilisation des produits et des emballages 4,62

1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00

serre, 54 % réduisent les emballages et 38 % adoptent des La majorité des entreprises utilise toutes les pratiques de
politiques d’approvisionnement écologiques7. Au Canada, gestion de risques identifiées. Les pratiques les plus souvent
une étude publiée en 2009 révèle que 55 % des 600 entre- utilisées afin de contrecarrer les interruptions dans le flux des
prises manufacturières consultées affirment adopter des matières à travers la chaîne logistique sont l’estimation des
pratiques visant à améliorer l’efficacité énergétique, plus de risques de l’entreprise, des clients et des fournisseurs impor-
30 % la réduction des émissions de gaz à effet de serre, 30 % tants et l’identification systématique des sources potentielles
l’utilisation de sources d’énergie écologique et 25 % le recy- des interruptions (Schéma 8). Par ailleurs, 37 % des répon-
clage et la réutilisation des produits et des emballages8. La dants indiquent ne jamais utiliser les systèmes appropriés de
même enquête a été réalisée auprès de 170 détaillants cana- mesure du rendement et de récompenses pour les stratégies
diens. Il en ressort que 45 % des répondants adoptent des de gestion de risques.
pratiques visant à améliorer l’efficacité énergétique, 30 % le
recyclage et la réutilisation des produits et des emballages, Dans le sondage de KPMG (2013), 37 % des sociétés mon-
plus de 20 % la réduction des émissions de gaz à effet de serre diales et 23 % des sociétés canadiennes affirmaient surveiller
et environ 15 % la réduction des emballages et l’utilisation et planifier les risques de la chaîne d’approvisionnement
des emballages biodégradables. Il est difficile de comparer la comme les catastrophes naturelles et autres perturbations
performance des entreprises québécoises avec celle rappor- imprévues. Une autre enquête mondiale réalisée par PwC
tée dans les autres sondages, mais de façon générale, on peut (2013) auprès de 1 400 chefs d’entreprises nous apprend que
affirmer que les entreprises québécoises adoptent les mêmes 71 % des répondants affirment centraliser la responsabilité
pratiques écologiques que les autres entreprises canadiennes pour la gestion du risque dans leur organisation et que les
et américaines. Le rythme d’adoption peut cependant varier stratégies mises en place sont partagées entre des mesures
dans le temps. visant à prévoir les événements ayant potentiellement des
conséquences négatives majeures (49 %) et des plans de
La gestion de risques contingence visant à se remettre de ces événements (47 %).

La gestion de risques comprend des activités visant à


L’impartition
identifier, à évaluer et à contrecarrer le risque d’interruption
dans le flux des matières à travers la chaîne logistique. Nous Pour connaître le niveau d’impartition des activités
avons demandé aux répondants d’évaluer l’utilisation de ces logistiques au Québec, nous avons demandé aux gestion-
30 pratiques de 1 (jamais) à 7 (tout le temps). naires sondés d’évaluer sur une échelle de 1 (aucune) à 7
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Schéma 8
Utilisation des pratiques de gestion des risques

Systèmes de mesure du rendement 2,86


et de récompenses – stratégies de gestion du risque

Programmes de contingence efficaces – 3,47


interruptions de la chaîne logistique

Surveillance continue des développements 3,71


qui pourraient causer de telles interruptions

Assignation de personnes responsables


3,75
pour la gestion des risques

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Identification systématique des sources
3,84
potentielles de telles interruptions

Estimation des risques de l’entreprise, 3,89


des clients et des fournisseurs importants
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1 2 3 4 5 6 7

(complètement) le niveau d’impartition de dix activités 23 % l’entreposage. L’étude de GS1 (2011) en Suisse rapporte
logistiques. Les activités logistiques les plus imparties sont, un niveau d’impartition des activités logistiques de 51 %, ce
de loin, le transport ainsi que le dédouanement et le cour- pourcentage est de 60 % dans l’étude espagnole. Aux États-
tage en douanes (Tableau 7 et Schéma 9). Les autres activités Unis, l’enquête annuelle publiée en 2014 par Capgemini10
logistiques sont très peu imparties. nous révèle que les entreprises choisissent d’impartir 81 %
des activités de transport intérieur, 78 % du transport inter-
Plusieurs études sur les pratiques logistiques dans dif- national, 73 % des activités d’entreposage, 57 % des activités
férentes régions du monde rapportent le niveau d’imparti- de courtage en douanes et 36 % des activités de logistique
tion des activités logistiques. L’étude de l’ASLOG en France inversée. On constate donc qu’il y a un écart important entre
rapporte que 85 % des entreprises sondées ont imparti le le degré d’impartition au Québec et celui observé ailleurs
transport, 51 % la manutention et 41 % l’entreposage. En dans le monde. Ce phénomène s’appliquerait également au
Finlande, une étude gouvernementale à grande échelle9 a reste du Canada. En effet, une étude d’Industrie Canada
trouvé que 93 % des entreprises manufacturières et de dis- (2008) rapporte que la proportion des coûts des activités
tribution sondées avaient imparti, complètement ou partiel- logistiques imparties aux États-Unis est environ 50 % plus
lement, le transport, 63 % la manutention, mais seulement élevée que celle observée au Canada, et ce, que ce soit pour

Tableau 7
Entreprises qui n’impartissent pas les activités logistiques
Pratiques N Ne l’utilise pas
Service à la clientèle 159 62,3 %
Entrée, traitement et préparation des commandes 159 59,8 %
Paiement et audit des factures de transport 160 58,1 %
Approvisionnement 159 57,9 %
Logistique inversée 149 57,7 %
Gestion des stocks 162 56,2 %
Étiquetage, emballage et assemblage 160 50,6 %
Entreposage 161 45,3 %
Dédouanement et courtage en douanes 161 13,7 %
Transport 159 8,8 % 31
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Schéma 9
Niveau d’impartition des activités logistiques

Logistique inversée 2,4

Entrée, traitement et préparation des commandes 2,48

Paiement et audit des factures de transport 2,53

Approvisionnement 2,53

Gestion des stocks 2,54

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Service à la clientèle 2,59

Étiquetage, emballage et assemblage 2,71

Entreposage 2,79
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Dédouanement et courtage en douanes 5,12

Transport 5,21

1,00 2,00 3,00 4,00 5,00 6,00 7,00

les secteurs manufacturiers, grossistes ou détaillants. Cela Pratiques logistiques et performance


pourrait expliquer l’écart entre les coûts logistiques obser-
vés au Canada et aux États-Unis, à l’avantage de ces derniers. Une utilisation accrue des pratiques logistiques étudiées
Enfin, nos résultats confirment ceux obtenus dans une autre dans cet article a été souvent associée à de meilleures perfor-
étude réalisée au Québec en 200111 qui rapportait que si la mances de l’entreprise et de sa chaîne logistique. Pour véri-
vaste majorité des entreprises québécoises avaient recours à fier cette association dans le contexte québécois, nous avons
l’impartition pour le transport et les douanes, elles étaient fait des analyses de corrélation entre le niveau d’utilisation
peu nombreuses, soit environ 25 %, à impartir l’entreposage. des pratiques et la performance des entreprises sondées
Il semble bien que cette situation n’ait pas changé au cours de (Tableaux 8 et 9).
la dernière décennie. Pour mesurer la performance des chaînes logistiques,
Nous nous sommes aussi intéressés au phénomène de la nous avons demandé aux gestionnaires sondés de compa-
désimpartition, dans lequel une entreprise décide d’interna- rer la performance de leur chaîne à celle de leurs meilleurs
liser une activité logistique qui avait été impartie au cours des concurrents au niveau des coûts, du service et de la flexi-
trois dernières années. Seulement 14 des 160 entreprises qui bilité. Toutes les pratiques, sauf l’impartition, sont signifi-
ont répondu à cette question (8,8 %) affirment avoir désim- cativement associées à des coûts plus bas. Les pratiques de
parti une activité logistique. Parmi les activités internalisées livraison et de distribution ainsi que de gestion de risques
par ces entreprises, on retrouve notamment les activités de sont associées à des niveaux de service plus élevés. Pour
transport (4 entreprises) et d’entreposage (2 entreprises). l’impartition, la corrélation est également significative, mais
D’autres activités ont également été internalisées par les négative, ce qui veut dire que plus l’entreprise impartit des
répondants, comme le service de douane, la commande activités, moins élevé est son niveau de service. Toutes les
uniformisée interne, l’étiquetage et l’emballage, les achats pratiques, sauf la relation client et l’impartition, sont signi-
ficativement associées à une chaîne logistique plus flexible.
Internet et la maintenance de certains équipements. Selon
l’étude de PwC citée précédemment, 20 % des répondants Nous avons mesuré la performance de l’entreprise par
auraient internalisé en 2012 une activité qui avait été impar- la comparaison à la moyenne de l’industrie au niveau de la
tie précédemment. De plus, 17 % des répondants avaient croissance de ventes, du retour sur investissement (ROI), du
l’intention d’internaliser de telles activités au cours des 12 profit moyen et de la croissance des profits (Tableau 9). Les
32 prochains mois. pratiques reliées avec la relation client et l’amélioration sont
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Tableau 8
Corrélations entre les pratiques logistiques
et la performance de la chaîne

Pratiques Coûts Niveau de service Flexibilité


Intégration avec les clients 0,216* 0,107 0,189*
Intégration avec les fournisseurs 0,227* 0,154 0,247**
Intégration interne 0,227* 0,154 0,266**
Relation client 0,297** 0,145 0,136
Amélioration 0,317** 0,112 0,205*
Livraison et distribution 0,356** 0,218* 0,292**
Investissements en TI 0,425** 0,124 0,209*

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Pratiques écologiques 0,286** 0,047 0,232**
Gestion de risques 0,420** 0,181* 0,235**
Impartition 0,067 -0,198* -0,103
* Significative à 5 %, **Significative à 1 %
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Tableau 9
Corrélations entre les pratiques logistiques
et la performance de l’entreprise

Pratiques Croissance ventes ROI Profit moyen Croissance profits


Intégration avec les clients 0,087 0,130 0,102 0,086
Intégration avec les fournisseurs 0,069 0,141 0,142 0,105
Intégration interne 0,140 0,268** 0,155 0,183*
Relation client 0,193* 0,266** 0,256** 0,256**
Amélioration 0,239** 0,331** 0,288** 0,276**
Livraison et distribution 0,106 0,316** 0,240** 0,235*
Investissements en TI 0,097 0,252** 0,186* 0,178
Pratiques écologiques 0,126 0,257** 0,245** 0,208*
Gestion de risques 0,165 0,293** 0,241** 0,263**
Impartition 0,061 0,117 0,078 0,065
* Significative à 5 %, **Significative à 1 %

significativement associées à la croissance des ventes. Toutes rend compte que dans la grande majorité des cas, la gestion
les pratiques, sauf l’intégration externe et l’impartition, sont de ces activités d’entreposage a été conservée à l’interne au
associées à des ROI au-dessus de la moyenne de l’industrie. lieu d’être confiée à des prestataires logistiques (3PLs). C’est
Des profits moyens au-dessus de l’industrie sont associés le cas, par exemple, des entreprises suivantes  : Agropur,
avec toutes les pratiques sauf celles reliées à l’intégration Alimentation Couche-Tard, Groupe Aldo et RONA. Par ail-
(interne et externe) et à l’impartition. La croissance des pro- leurs, durant la même période, l’entreprise Canadian Tire a
fits n’est pas associée aux pratiques d’intégration externe, aux inauguré un nouveau centre de distribution dont la gestion
investissements en TI et à l’impartition. a été confiée à un 3PL.
Le cas de l’impartition est particulièrement intéressant, Plusieurs raisons ont été invoquées pour expliquer cette
car cette pratique dite exemplaire est beaucoup moins répan- propension moins élevée à impartir les activités d’entrepo-
due au Québec et dans le reste du Canada qu’ailleurs dans sage au Québec : la plus petite taille des entreprises québé-
le monde, notamment aux États-Unis. Ceci est surtout vrai coises par rapport aux américaines, la plus forte proportion
pour les activités d’entreposage. Or, en examinant som- d’entreprises familiales, le degré de syndicalisation plus élevé
mairement le cas des nouvelles installations de centres de au Québec et les lois restreignant la sous-traitance. Or, nous
distribution au Québec depuis une dizaine d’années, on se n’avons pas observé de différence significative selon la taille 33
Gestion  vol. 39  no 4  |  Hiver 2015  |  revuegestion.ca

ou le statut d’entreprise familiale des répondants. Par ail- commencé à adopter plusieurs des pratiques exemplaires
leurs, une recherche récente12 portant sur le processus déci- dans ces domaines, il faut cependant promouvoir leur uti-
sionnel d’impartition des activités d’entreposage au Québec lisation plus intensive, puisque nos résultats nous montrent
démontre que plusieurs facteurs sont à considérer quand qu’elles sont particulièrement rentables. En particulier,
vient le temps de choisir ou non d’impartir ces activités. Les nous estimons que les PME devraient considérer l’implan-
entreprises effectuent un arbitrage entre les coûts fixes et tation des pratiques écologiques, qu’elles utilisent très peu
variables d’une part et les critères de service et de flexibilité actuellement. Ensuite, la famille des pratiques les moins
d’autre part. La corrélation négative que nous avons obtenue intensivement utilisées, les technologies de l’information,
entre l’impartition et le niveau de service semble indiquer est aussi celle qui a le lien le plus fort avec la performance.
que les entreprises québécoises ayant imparti certaines acti- Ainsi, il serait souhaitable que les entreprises québécoises,
vités logistiques ont vécu des difficultés au niveau du ser- en particulier les petites et moyennes, investissent plus dans
vice à la clientèle. D’autres facteurs comme la syndicalisation des technologies de l’information supportant la gestion de
peuvent également intervenir, et ce, dans un sens ou dans la chaîne. On pourrait se demander par contre si les solu-
l’autre, tantôt favorisant l’impartition et parfois l’internalisa- tions informatiques actuellement disponibles sur le mar-

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tion de l’entreposage. ché s’adaptent bien aux besoins des plus petites entreprises.
Puisqu’il s’agit ici d’un enjeu important pour la compétiti-
vité des entreprises québécoises, il serait souhaitable que
le gouvernement du Québec intervienne pour, d’une part,
Conclusion faire connaître l’importance des technologies de l’informa-
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tion dans la gestion de la chaîne logistique et, d’autre part,


faciliter l’acquisition de telles technologies chez les petites et
Les résultats de cette enquête dressent un portrait plutôt
moyennes entreprises qui n’ont pas toujours les ressources
positif de l’utilisation des meilleures pratiques logistiques
informationnelles et financières nécessaires.
par les entreprises au Québec. En effet, plus de 60 % des
répondants affirment utiliser la plupart des meilleures pra- Pour les gestionnaires qui souhaitent entreprendre des
tiques reliées à l’intégration interne et externe, à la relation projets d’implantation de meilleures pratiques, les tableaux 8
client et à la livraison et la distribution. Les niveaux d’utili- et 9 de notre étude signalent les actions à prioriser selon les
sation sont aussi relativement élevés pour des pratiques plus objectifs de performance de leurs entreprises. Par exemple,
récentes reliées à l’amélioration, à la gestion de risques et aux si une entreprise a comme objectif principal d’offrir des
pratiques écologiques. La comparaison avec des études dans niveaux de service élevés à ses clients, les résultats de notre
plusieurs pays européens nous indique que le niveau d’uti- étude suggèrent qu’elle devrait prioriser l’implantation des
lisation des entreprises d’ici est similaire aux niveaux d’uti- pratiques associées à la livraison et à la distribution ainsi
lisation rapportés ailleurs. La comparaison avec des études qu’à la gestion des risques. Cette entreprise devrait aussi être
canadiennes suggère également que les entreprises qué- très critique par rapport à l’impartition de ses activités logis-
bécoises utilisent de plus en plus des pratiques logistiques tiques, puisque nos résultats suggèrent que cette pratique est
exemplaires. Ceci est une bonne nouvelle, puisque nos résul- associée à des niveaux de service plus faibles. Également, nos
tats confirment clairement le lien positif entre l’utilisation de résultats montrent que l’utilisation des pratiques d’améliora-
ces pratiques et la performance de la chaîne et de l’entreprise. tion est associée autant à des ventes et à des profits plus éle-
vés qu’à un retour sur investissement plus grand. La révision
Il y a cependant des nuances à apporter à ce bon por-
et l’actualisation des pratiques d’amélioration pourraient être
trait. Tout d’abord, bien que le pourcentage d’entreprises
une première étape gagnante pour une entreprise intéressée
qui affirment ne pas du tout utiliser les meilleures pratiques
à améliorer la performance de sa chaîne logistique.
soit faible, le pourcentage d’entreprises qui utilisent ces
techniques de façon intensive l’est aussi. On pourrait alors Les résultats de cette étude suggèrent plusieurs pistes de
conclure que les entreprises québécoises ne sont pas réfrac- recherche futures. Tout d’abord, le lien inexistant ou néga-
taires à utiliser de meilleures pratiques logistiques, mais qu’il tif de l’impartition avec la performance est surprenant,
y a encore du travail à faire pour accroître leur utilisation au puisqu’il indiquerait que l’impartition ne devrait pas se
sein de chaque entreprise. Ceci est surtout vrai pour les pra- présenter comme une pratique exemplaire en gestion de la
tiques écologiques et les pratiques associées à la gestion de chaîne logistique. Avant d’arriver à cette conclusion, il fau-
risques. Bien que les entreprises québécoises semblent avoir drait approfondir davantage les mécanismes d’impartition

Les entreprises québécoises utilisent de plus en plus des pratiques


logistiques exemplaires.
34
Gestion  vol. 39  no 4  |  Hiver 2015  |  revuegestion.ca

propres à différentes activités logistiques. Le cas des activités ne nous permet pas de nous prononcer sur cette question
d’entreposage est particulièrement intéressant, comme on avec certitude. Finalement, bien que nos résultats suggèrent
l’a vu, et met en lumière l’importance, d’une part, des arbi- que les entreprises québécoises utilisent de plus en plus des
trages à réaliser entre les coûts et niveaux de service, et des pratiques exemplaires, et que leur niveau d’utilisation est
facteurs spécifiques comme le degré de syndicalisation et le similaire à celui des entreprises d’autres pays, il faut préciser
contexte légal, d’autre part. Le rôle des TI pour les petites que la comparaison avec d’autres études a été particulière-
et moyennes entreprises reste aussi à explorer davantage. ment ardue et qu’il serait nécessaire de continuer à suivre
Est-ce que le support technologique est aussi crucial pour leur niveau d’utilisation des pratiques exemplaires et de le
les petites et moyennes entreprises que pour les grandes ? comparer avec des régions similaires pour identifier des
Est-ce que la réponse à cette question dépend du type de domaines où les entreprises québécoises pourraient rentabi-
solution informatique utilisée ? La taille de notre échantillon liser leurs efforts d’amélioration de la chaîne logistique.

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Notes

1. Ce document a été rendu possible grâce au soutien financier 6. Richer (2009).


du Centre sur la productivité et la prospérité et du Carrefour 7. American Shipper (2012).
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logistique de HEC Montréal.


8. Industrie Canada (2009).
2. Flynn et al. (2010), Omar et al. (2012).
9. Ministry of Transport and Communication of Finland (2012).
3. Diaz et al. (2010).
10. Langley Jr. (2014).
4. Halley et al. (2006).
11. Roy et al. (2002).
5. Poirier et Quinn (2006).
12. Adam (2012).

Références

Adam, D. (2012), La décision d’impartition des activités logistiques Industrie Canada (2008), « L’état de la logistique : le rapport canadien
dans les entreprises au Québec, mémoire de M.Sc. en logistique 2008 », en collaboration avec l’Association chaîne d’approvision-
internationale, HEC Montréal. nement et logistique Canada SCL/CAL et l’Association des manu-
American Shipper (2012), « Sustainability Study », NRF Global Supply facturiers et exportateurs du Canada, Gouvernement du Canada.
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