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La cavité péritonéale

Définition :

Le péritoine est une membrane séreuse qui enveloppe en totalité ou en partie la plupart des organes de la
cavité abdomino-pelvienne, et qui tapisse entièrement ses parois.

Comme toute séreuse, le péritoine présente deux feuillets en continuité l’un avec l’autre:

1. un feuillet pariétal : qui recouvre les parois de la cavité abdomino-pelvienne.

2. un feuillet viscéral : qui tapisse la surface des organes de la cavité péritonéale, en y épousant les
moindres reliefs. Il fait partie intégrante de la paroi des viscères.

Entre ses deux feuillets, il existe une cavité virtuelle appelée cavité péritonéale, espace tapissé d’un film
liquidien. Elle est fermée chez l’homme et ouverte chez la femme au niveau des trompes utérines.
Embryologie :

Primitivement, le tube digestif sous diaphragmatique est coulé dans une masse uniforme de tissu muqueux
qui comble toute la cavité abdomino- pelvienne: ce tissu muqueux est appelé « mésoderme » Le tube
digestif sous diaphragmatique est coulé dans ce mésoderme. Le tube digestif primitif se nomme «
entoderme » Après le troisième mois de la vie intra- utérine, ce mésoderme est clivé par l’apparition d’une
fissure irrégulière, en deux feuillets, qui deviendront respectivement le « péritoine viscéral » et le «
péritoine pariétal ».

Histologie :

Le péritoine est constitué d’une couche de cellules mésothéliales (épithélium simple, cubique ou aplati
d’origine mésodermique) et d’une fine couche sous mésothélale avec des fibroblastes et quelques fibres
(collagène, élastine) .
Rôle du péritoine :

1. Sécrétion : Le liquide péritonéal forme un film tapissant la cavité péritonéale, et permettant le


déplacement des viscères. Son volume est estimé à20 - 50 ml. Il provient du liquide interstitiel.

2. Résorption : Le péritoine est capable de résorber les liquides qui s’accumulent au niveau de la cavité
péritonéale grâce à sa propriété de membrane semi-perméable et à sa grande surface, comparable à celle
de la peau (1,7 cm2). Cette capacité est plus marquée au niveau du grand omentum et à l’étage sus-méso
colique.

3. Défense : Le péritoine intervient activement dans la défense contre les suppurations intra-
péritonéales par sa perméabilité envers les facteurs immunitaires et surtout par sa capacité de
cloisonnement adhérentiel, limitant ainsi la diffusion de l’infection.

4. Propriété plastique : Comme tout épithélium de recouvrement, la séreuse péritonéale est dotée
d’une capacité réparatrice importante et rapide.

Organisation générale :

La grande cavité péritonéale :

1. Limites :
La cavité péritonéale est limitée en haut par le diaphragme et en bas par la cavité pelvienne,

2. Division :
Elle est divisée en deux étages sus-méso colique et sous-méso colique par le Méso colon transverse.

 A - Etage sus méso-colique :


a. Situation : thoraco-abdominale.

b. Contenu : L’étage sus-méso colique contient à droite le foie et les voies biliaires, à gauche la rate et en
avant l’estomac et la première portion du duodénum.

c. Divisions : Cet étage est divisé en cinq loges ou récessus péritonéaux:

• Les loges : inter-hépato-diaphragmatiques (loges sub-phréniques, sous-phréniques, inter-hépato-


phréniques) droite et gauche , situées entre la convexité du foie et le diaphragme. Elles sont séparées l’une
de l’autre par le ligament falciforme.
• La loge sous-hépatique : située entre l’estomac et le petit omentum d’une part, et la face inférieure du foie
d’autre part.

• La loge péri-splénique : située autour de la rate, elle va prolonger la loge sous-phrénique gauche en arrière.

• La bourse omentale .

 B- Etage sous méso-colique :

a. Situation : en-dessous du méso colon transverse.

b. Contenu : Cet étage renferme les anses grêles recouvertes du grand omentum, ainsi que le cadre
colique.

c. Divisions : Cet étage est divisé par le mésentère et sa racine en loge ou espace supra mésentérique
(latéro-mésentérique droit) et espace infra-mésentérique (latéro mésentérique gauche).Entre la paroi
abdominale latérale et respectivement les côlons ascendant et descendant, se trouve les deux gouttières
pariéto-coliques (ou para-coliques) droite et gauche. En-dessous du méso colon sigmoïde, se définit le
récessus inter-sigmoïdien.

En cas d’une pathologie inflammatoire ou infectieuse, les collections des espaces sub-phréniques droit et
sous-hépatique peuvent diffuser vers la fosse iliaque droite à travers la gouttière pariéto-colique droite ou
l’espace supra mésentérique.

Les épanchements ont tendance à s’accumuler dans le cul-de-sac recto-vésical (chez l’homme) ou recto-
utérin (chez la femme)5 du fait de sa position déclive.
 C- La bourse omentale :

Anciennement nommée arrière-cavité des épiploons puisque délimitée par le petit omentum (épiploon
gastro-hépatique), le grand omentum (épiploon gastro-colique), l'épiploon gastro-splénique et l'épiploon
pancréaticosplénique.C’est un diverticule ou prolongement de la grande cavité péritonéale, située, dans
l’étage sus-méso colique :

* sous le foie et le diaphragme

* en ventral, la face dorsale de l’estomac.

* en dorsal, le rétro-péritoine

* en caudal, le colon transverse.

Elle est constituée de 2 cavités, ouvertes sur 2 orifices ou foramen :

1. A droite de l'estomac, le vestibule qui communique avec la grande cavité péritonéale par le
foramen épiploïque, parfois appelée "porte bleue" (car situé entre la veine porte et la veine cave
inférieure)

2. En arrière de l'estomac, la bourse omentale qui communique avec le vestibule par le foramen
bursae omentalis, parfois appelée "porte rouge" (car situé entre l'artère gastrique et l'artère
hépatique).

La bourse omentale proprement dite :

1. Définition :
C’est une cavité profonde, étendue horizontalement du foramen bursæ omentalis au hile de la rate, et
verticalement du diaphragme jusqu’au côlon transverse.

2. Division : Elle est divisée en deux parties :


i. La poche rétro-gastrique : située en haut, elle est limitée par :

 En arrière, le péritoine pariétal postérieur

 En avant, la face dorsale de l’estomac

 À droite, le foramen bursæ omentalis

 À gauche, d’arrière en avant, l’omentum pancréatico-splénique contenant la queue du pancréas et


le pédicule splénique, le hile de la rate et le ligament gastro-splénique.

i. La bourse épiploïque : située en bas, elle est limitée par :

• En arrière et en bas : le méso colon transverse qui s’accole au feuillet dorsal du grand omentum.

• En avant et en haut : le ligament gastro-colique qui contient le cercle vasculaire de la grande


courbure gastrique.
 D- Les principaux épiplons :

A. Le petit omentum:
C’est l'épiploon gastro-hépatique tendu entre l’estomac et le foie. De forme quadrilatère, il présente 4
bords et 2 faces.

* Bord droit ou latéral: vertical, tendu du hile du foie au premier duodénum. Il forme le bord ventral du
foramen épiploïque et contient le pédicule hépatique. On l'appelle bord libre du petit omentum.

* Bord gauche ou médial: gastrique, est fixé au bord droit de l’estomac et au bord droit de l’œsophage. Il
contient les artères gastriques, droites et gauches

* Bord caudal : se fixe aussi sur la petite courbure de l’estomac et sur le premier duodénum.

* Bord crânial : hépatique, fixé sur le foie,

* Face dorsale : elle forme la paroi ventrale du vestibule

* Face ventrale : elle est recouverte, en partie, par la face caudale du foie. Elle regarde vers la grande
cavité péritonéale.
B. Le grand omentum :
C’est l’épiploon gastro-colique, allant de l’estomac au colon transverse et au delà. Il est de taille variable,
très irrégulier, épaissi par des pelotons de graisse.

Il forme la portion caudale de la bourse épiploïque. Il est formé de 2 portions :

* une PORTION TRANSVERSALE, le ligament gastro-colique, qui contient les vaisseaux du fond de
l’estomac (petite tubérosité)

* une PORTION FRONTALE, qui démarre au bord ventral du colon transverse et forme le tablier épiploïque
qui s’étend d’une gouttière pariéto-colique à l’autre en recouvrant le côlon transverse et les anses grêles.
Le tablier épiploïque contient les vaisseaux du colon transverse Il joue un grand rôle dans la défense
intestinale et la protection de l'intestin grêle.
La vascularisation et innervation :
Pathologies du péritoine :

 A- La péritonite aigue :

La péritonite aiguë se définit comme un état inflammatoire aigu de la séreuse péritonéale avec œdème,
hyperhémie et hypersécrétion suite à l’irruption d’un agent plus ou moins agressif dans la cavité
péritonéale provoquant une agression infectieuse ou chimique. Cet agent peut être :

- Bactérien (perforation du tube digestif ou plaie pénétrante de l’abdomen) ;

- Chimique (acide chlorhydrique, amylase, bile) ;

- La présence de sang dans la grande cavité péritonéale induit des signes d’irritation péritonéale.

Le tableau de péritonite n’est pas limité aux manifestations abdominales, et c’est l’ensemble des
phénomènes généraux, hémodynamiques, respiratoires, infectieux, rénaux et hépatiques qui en font la
gravité.

Étiologie des péritonites :

1. Péritonite primaire

Les péritonites primaires sont dues à une infection spontanée mono bactérienne du péritoine d’origine
hématogène ou par translocation. Leur traitement est médical

2. Péritonite secondaire

Les péritonites secondaires sont liées à la diffusion d’une infection abdominale localisée ou à la perforation
d’un viscère digestif.

3. Péritonite tertiaire

Les péritonites tertiaires correspondent à des infections abdominales persistantes malgré un traitement
bien conduit (antibiothérapie adaptée et éradication du foyer primitif abdominal par une ou plusieurs
interventions). La cavité abdominale est surinfectée par des micro-organismes peu virulents mais devenus
résistants ou des levures. Ces péritonites sont fréquemment associées à un syndrome de défaillance multi
viscérale.

 B-pathologie tumorale primitive et secondaire :

1. Le mésothéliome péritonéal malin (MPM):

C’est une tumeur maligne péritonéale primitive des cellules pariétales (mésothélium) de la cavité
péritonéale. Le mésothéliome péritonéal représente 10 à 30% des mésothéliomes malins.

Aspect anatomopathologique des MP malins:

• épithélioïde

• biphasique

• Sarcomatoïde
2. La carcinose péritonéale :

La carcinose péritonéale (CP) est l’atteinte du péritoine par une tumeur d’origine extra-péritonéale. Elle
s’accompagne ou non de métastases ganglionnaires et/ou viscérales .

Le drainage chirurgical :

Il est utilisé pour drainer une collection symptomatique, après une intervention chirurgicale, un
traumatisme. Ce liquide peut être du sang, du pus, des sérosités, de l'urine, de la bile ou encore du liquide
digestif ou des selles.

7 grands sites :

• cul de sac de Douglas

• espace sous-diaphragmatique droit (coupole Dte)

• espace sous-diaphragmatique gauche (coupole Gche)

• gouttière pariéto-colique droite

• gouttière pariéto-colique gauche

• espace de Morrison

• arrière cavité des épiploons

La dialyse péritonéale :
C’est une méthode d’épuration du sang qui peut, comme l’hémodialyse, remplacer la fonction des
reins malades. On utilise le péritoine comme surface d’échange qui est une membrane naturelle semi
perméable enveloppant les parois du ventre et les organes situés dans le ventre (foie, intestins, etc..)

Conclusion :
La connaissance de l’embryogénèse de péritoine, et de ses éléments anatomiques est importante pour
comprendre les mécanismes de diffusion des atteintes infectieuses ou tumorales abdomino- pelviennes.

Au sein de la cavité péritonéale, la diffusion d’un épanchement gazeux ou liquidien se fait par contiguïté
puis selon l’anatomie des réflexions péritonéales.