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Guerre contre les Majors

Fredleborgne

Guerre contre les Majors

Fredleborgne Guerre contre les Majors

J'ai dédié ce livre à Pierre Jean Duvivier, en remerciement de son travail et de son rayonnement sur le site www.odebi.org. Ce livre a été écrit pour ce site, durant les débats de la DADvSI, à partir de février 2006. J'espère que chaque lecteur sera ou deviendra un internaute épris de liberté, numérique et autre.

Table des matières

Guerre contre les Majors Titre 2

1

Préface de Jack Minier

4

Présentation par l'auteur

10

D. Day Two

14

Veille d'élection 19

Un enlisement perceptible

23

Fuite à Varennes

27

L’Appel du petit Kaporal

34

La cache aux serveurs

38

La Net Révolution

43

La Campagne de France

48

Franck 53

Manifestation tragique

58

Une défaite sans combat

64

Contre−Attaque 68

BRIAN

72

Chantage en chanson ou ratage en rançon

?

76

VERA 79

Nuit d'amour 83

85

Le Site Assassiné (ELSA et CHRISTIAN) 89

L'homme de l'ombre

Fusions chaudes

93

14 juillet en berne

97

Expulsion 102

Fils de héros

106

Prise du Net pouvoir

109

Epuration idéologique 114 Supra Net 118

Table des matières

Guerre contre les Majors Enrôlé 123

Derrière les barreaux

129

ALAIN

136

Puces motos à Niort

140

Bienvenue Major DAD

146

Camps de redressement

151

Les DRM passent dans les moeurs

157

Honneur et décadence

159

Manifestations 164 Dure journée 169 Triste conjoncture 175

Captivante captivactivité 179

Die Hard 2

184

Un scénario pour l’été 2007

188

Avis de tempête

195

La voiture qu'il nous faut

203

Installation 214

221

JASMINE 228

Le mariage d’Elsa et Christian

Souriez, vous êtes filmés

236

Die Hard 3

242

Night hard too

248

Rafle au réveil

256

Du rififi dans le Médoc : Préambule

261

Escapade 269 Du rififi dans le Médoc : D’est en Ouest 277 Incarcérations 285

Palpitations 291

Du rififi dans le Médoc : Bombannes

Le Pouilleux 306

293

Table des matières

Guerre contre les Majors Interrogatoires 314 Du rififi dans le Médoc : Promenade au bord du lac 320 Contre espionnage 332 Du rififi dans le Médoc : Tourisme 339 La plus belle des prisons ? 352 Du rififi dans le Médoc :Commando malgré lui 359 Cœurs froids banlieues chaudes 367 Du rififi dans le médoc : retour précipité 374 Les horreurs de la guerre 381 Du rififi dans le Médoc : Dernier jour de plage 398 Au bout du monde 411 Du rififi dans le Médoc : Odyssée Epilogue 418 Un nouveau départ 429 La Boite de Nuit : Acte 1 436 Sombres prémices 443 La Boite de Nuit : acte 2 454 Pour toujours 465 Musique de guerre 478 Postface 493 Bonus : La clique des Peoples 496 Essai : Divagations 501 Le Radar 507 Factice 512 Les auteurs de In Libro Veritas 519

Guerre contre les Majors

Auteur : Fredleborgne Catégorie : Romans / Nouvelles

La France état voyou envahie par les forces américaines à la recherche des serveurs pirates. Comment en est−on arrivés là ? Ce premier tome, à travers une mosaique d'épisodes, et des personnages qu'on ne découvre qu'au fur et à

mesure est un pamphlet de prospective fiction contre

certaine dérive rendue possible par la tyrannie mondiale d'un certain code de la propriété intellectuelle.

une

Licence : Licence Creative Commons (by−nc−nd)

Titre

FRED LE BORGNE

Sans l’accord de

Vivendi La Sacem Les Artistes Associés Le Syndicat du Livre L’UMP Le Ministère de la Culture L’Assemblée Nationale Le Sénat La C.M.P Le Conseil Constitutionnel La Maison Blanche Le Pentagone

Vous propose

MAJORS' WAR

Jusqu’où ira la "Guerre contre les Majors "?

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Guerre contre les Majors

Du même auteur chez le même éditeur

Quelques Nouvelles du Net

Ces recueils sont en lecture libre et téléchargeables gratuitement

Préface de Jack Minier

PREFACE de Jack Minier

De tous temps, il y eut des guerres de religions. De nos jours encore, certains conflits sont désignés comme tels même lorsqu’ils recouvrent des intérêts parfaitement étrangers au monde spirituel… Au cours de l’histoire, outre les guerres purement

territoriales, il y eut les croisades, il y eut des jihads, il y eut et il y a encore des guerres d’idéologie politique, d’intérêts stratégiques, mais y avait−il eu jusqu’à ce jour une guerre culturelle ? Ou une guerre artistique ? Y avait−il seulement jamais eu une guerre

« en vrai » dans des mondes virtuels ou à cause d’eux ?

A notre connaissance, Non.

C’est pourtant au nom du sacro−saint

« Copyright » qu’en ce début de 3ème millénaire,

deux pays parmi les plus démocratiques au monde (ou sensés l’être) vont se livrer la plus ravageuse des batailles.

La cause ? Mais le réseau ! Ce fameux réseau sur adresses IP que des français inventèrent au CERN, que les militaires américains utilisèrent sous

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le nom d’Arpanet avant qu’il ne devienne Internet, puis le Web, réseau non pas sans queue ni tête, ni sans PC, mais sans « centre de commandement ».

Des « PC » sur ce réseau, ce n’est pas ce qui manquait. Ni des Macs. Mais ce n’étaient pas des Postes de Commandement, c’était des Personal Computers, et ce qui les faisait tous fonctionner, en tous cas en France, ne relevait d’aucune grande industrie multinationale. Et çà, c’était carrément difficile à avaler pour l’Amérique, pays de la « libre entreprise » à condition qu’elle appartienne à un groupe financier important et ami du pouvoir.

Depuis la seconde guerre mondiale, dans laquelle certains proches parents de son président avaient joué un rôle obscur, l’Amérique était devenue la référence en matière de traitement informatique. La grosse société International Mega Bytes (IMB) était installée un peu partout dans le monde avec ses énormes machines traitant la comptabilité des entreprises indigènes. Qui dit comptabilité dit investissements et profits. Le vers était donc déjà dans le fruit quand arrivèrent sur le marché des machines miniaturisées, et que M$, entreprise mondiale de logiciels, réussit à installer sur ces petites machines IMB ses applicatifs système, bourrés de failles de sécurité afin que les services de renseignement américains puissent aller où il voulaient et quand il voulaient.

Partout, sauf en France précisément, parce que

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la France dans son ensemble, administration comprise, avait adopté le logiciel libre. C’était déjà une bonne raison d’envahir la France afin de contrer cette politique d’indépendance. Mais ce ne fut pas la seule. Le Droit d’Auteur en était une autre.

Comment pouvait−on accepter que ces bastards de frenchies copient sans payer les œuvres inénarrables des grands artistes mondiaux, tous sous contrat avec Universal ou EMI, les grandes sociétés US de broadcast et d’entertainment.

En 1945, la Libération avait apporté le Jazz à Paris. Ca avait été une révolution. Non seulement sur le plan culturel mais sur le plan commercial. Cette musique libre avait introduit avec elle le Blues, le Rock’n’roll, le Swing et la Bossa−nova. Des millions de disques vinyle avaient été vendus par les artistes américains. La culture littéraire et audiovisuelle avait suivi. Les polars de Chandler, Marlowe, et autres romans noirs américains avaient fleuri dans les bacs des bouquinistes, et les salles de cinéma s’étaient remplies de foules d’amateurs des productions hollywoodiennes.

Durant les décennies qui suivirent le Plan Marshall avait habitué les français à consommer, voire souvent à consommer à crédit. La société de consommation était née. Whisky, chewing−gum, westerns hollywoodiens, coca−cola et hamburgers à satiété jusqu’à s’en faire péter les bretelles tricolores. Qu’importait, l’Amérique fournissait ses protégés.

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Vous en voulez ? En voilà ! Ca dura bien quarante ou cinquante ans et la culture américaine domina le monde aussi sûrement que Rome domina l’empire aux premiers siècles de notre ère. (Enfin… Presque tout l’empire, parce qu’en Gaules un certain petit village résistait toujours… mais c’est une autre histoire.)

Et voici qu’en ce début de 3ème millénaire, la petite France avait des velléités de faire bande à part ? De ne plus jouer ce jeu pour de futiles raisons mercantiles ?… Mais pour qui se prenait−elle, la France ?

La première attaque survint un matin d’hiver, à la Chambre des députés. C’était un peu avant Noël 2005. On allait essayer de lui faire adopter une transposition fort améliorée du Millenium Act, concoctée par les avocats de grandes industries culturelles, et baptisée pour la circonstance : Projet de loi DADVSI.

Mais contre toute attente, le projet de loi est repoussé par l’unanimité des députés de gauche comme de droite. C’est là que les choses sérieuses commencèrent…

Au nom de sa non−conformité avec les directives imposées par le commerce mondial de la culture, considérée par d’autres comme un produit de consommation ordinaire, la France est bientôt mise au ban des Nations Unies par son filleul dans l’histoire des nations, devenu la toute puissante

Guerre contre les Majors

Amérique de Bush. Pays de la Liberté et initiateur des Droits de l’Homme, pays de Montesquieu, Voltaire, Rousseau, mais aussi de Beaumarchais l’inventeur du Droit d’Auteur, elle subit bientôt l’invasion du pays de la culture sous vide pasteurisée et prête à consommer.

Mais ce n’est que le début de lhistoire….

*

Je ne connaissais pas Fredleborgne avant de devenir un habitué des forums odebi.org, au moment de la surréaliste bataille législative autour du projet de loi DADVSI, honte du débat démocratique en France. Fred fut l’un des premiers à me répondre calmement sur un forum souvent très agité par les passions. Je respecte les passionnés mais il est souvent difficile de discuter calmement avec eux. Quand il m’arrive moi−même de m’exciter sur un sujet, j’essaie de prendre un peu de recul et je m’aperçois que bien souvent Fredleborgne a une vision approchant la mienne. Pas sur tout, mais souvent.

A ma connaissance, il n’avait jamais écrit avant de se lancer dans cette aventure. Il a bien fait de commencer et surtout d’y croire. Entre ses premières pages (qu’il a reprises depuis) et les dernières, quelle progression !

Fredleborgne nous fait entrer dans le monde surréaliste (mais qui sait ? Peut−être pas tant que ça ?) d’une guerre improbable mais dont tous les ingrédients sont sous nos yeux.

Guerre contre les Majors

J’aime son humour et la mise en situation de personnages qui pourraient figurer dans un scénario de La Panthère Rose.

Merci Fred, de désarmer un conflit latent (DADVSI) par la mise en scène humoristique de ton conflit virtuel.

Jack Minier

Présentation par l'auteur

20/08/2006

Préface

Depuis le 17 février 2006, je me suis lancé dans une rubrique de politique fiction sur le site de Odebi.org. Le titre est le titre du topic que j’ai crée dans un sous forum qui portait le nom de « Guerre contre les majors » Sans le soutien moral, et la verve des forumeurs d’Odebi.org, je n’aurai jamais écrit ce texte que je voulais au départ être un roman écrit par les internautes eux−mêmes, à plusieurs mains. Je donnai le contexte de départ et chacun pouvait y créer ses personnages. Je retenterai certainement l’expérience dans un autre contexte.

Aujourd’hui, je remets en forme pour en constituer un livre électronique que je dédierai à PJD, qui a été pendant six ans la figure de proue de Odebi, au moins pour les nouveaux membres.

Je salue aussi mes camarades lecteurs sans les nommer. Ainsi, je suis sûr de ne pas en oublier, sans gêner ceux qui cités ne m’auraient pas lu.

Le texte tourne autours du Net et de la recherche d’une Net Démocratie face à un capitalisme mondial devenant dictatorial en sous−main. C’est une vision

Guerre contre les Majors

personnelle du monde d’aujourd’hui. Je ne demande

à personne d’y adhérer et de croire tout ce que j’écris.

Je mets dans ce texte pamphlétaire beaucoup d’humour, parfois grinçant, mais surtout pas de haine. Je vise parfois ou je cite quelques personnes politiques ou personnes du Show Biz mais à titre de « personnages représentatifs » et sans vouloir les attaquer personnellement. Personnages publics, je leur renvoie la mauvaise image qu’ils ont pu avoir vis à vis du public au cours de ces derniers mois,pour leurs déclarations que je préfère ne pas qualifier.

En effet, ce texte a été aussi écrit en réaction à

l’établissement de la loi DADvSI, une terrible erreur

à mon avis. J’espère le faire partager pour qu’on

puisse faire le texte équilibré promis avec un vrai ministre de la culture.

Ce texte est proposé sous forme de pdf en téléchargement gratuit. Vous pouvez le lire et le diffuser gratuitement, mais dans son intégralité. Il ne doit pas être vendu. Il peut être incorporé sur un site littéraire proposant des textes gratuits à ceux qui le fréquentent.

Cette histoire n' a pas de fin pour l'instant, parce qu’elle est présentée comme une chronique, avec des personnages. Chaque chapitre est un petit bout de la fresque, montée comme un puzzle au fur et à mesure. Mais la place de chaque chapitre est importante. Ils ne sont pas interchangeables dans l’ordre de présentation. Les derniers bouts de la fresque ne sont

Guerre contre les Majors

pas présents non plus. C’est l’avenir. Il est ouvert.

Pour mes personnages principaux, j’ai choisi de ne leur donner qu’un prénom, sauf pour deux qui ont aussi un nom, mais qui n’est pas important. Ils ne sont pas souvent utilisés. Le choix des prénoms n’est pas anodin non plus.

Pour terminer, je dirai que si je « joue » parfois avec des notions qui peuvent exacerber certaines passions, mon message est un message de tolérance ou de ras le bol de l’intolérance. Je serai désolé de choquer ou de peiner un ou plusieurs lecteurs si quelques évènements auxquels je fais référence leur rappelle des situations douloureuses. La vie est dure parfois, et j’essaie de dénoncer ce qui la rend encore plus dure, à savoir une certaine bêtise humaine.

Enfin, je n’ai pas la science infuse et je peux me tromper dans mes opinions. Je ne prétends pas être parfait. Je fais donc appel à votre indulgence.

Et si la lecture de ma prose ne vous plait pas, j’en suis peiné mais ne vous forcez pas. Ne faisant pas partie d’un programme scolaire obligatoire, ni faisant l’objet d’une question d’examen ou de test à l’embauche, vous n’êtes en aucun cas obligé de me lire.

Néanmoins, passé un début un peu spécifique, je suis sûr que mes personnages vous plairont. Car c’est pour eux que je continue cette chronique. Je les mets dans des situations pas possible et je n’aime pas les

Guerre contre les Majors

laisser en suspens. En plus, les seuls morts (sauf deux pour l’instant) sont des personnages très secondaires.

Oui, il y a des morts. C’est une guerre.

D. Day Two

12 / 02 / 2006, 20:59 D.DAY .TWO

6 juin 2014.

4 h du matin. De longues formes noires lugubres quittent les ports anglais et glissent furtivement vers les côtes françaises. Mis à part le sinistre ronronnement des diesels et la lancinante lamentation des câbles qui déchirent le brouillard, ainsi que les coups sourds d’origine inconnue étouffés par les coques, le silence est total. Dans les flancs des transporteurs de troupes, les hommes, serrés les uns contres les autres, moitié assis, moitié couchés, ont les yeux fermés ou vides. Beaucoup comme Brian mâchent un chewing−gum pour lutter contre le stress et le mal de mer. A quoi peuvent−ils penser ? Aujourd’hui, ils partent à la reconquête d’un état voyou, la France, qui depuis 5 ans refuse d’adhérer au traité de non piratage des œuvres artistiques. Le bras de fer, qui a été efficace dans le reste de l’Europe est resté vain au pays de l’Exception Culturelle. En 2007, après la chute du gouvernement libéral, la coalition de gauche a remplacé le Ministère de la Culture par le Ministère du Patrimoine. A ce titre, les œuvres françaises furent déclarées nationalisées et accessibles à tous. Toute protection gênant la réalisation d’une copie privée fut jugée illégale. Les produits culturels étrangers intégrant des protections,

Guerre contre les Majors

dépendants alors du Ministère du commerce Extérieur, furent déclarés « non conforme » à la vente et interdits à la commercialisation sur le territoire. Néanmoins, les internautes souhaitant malgré tout consommer ces produits pouvaient les importer à titre individuels, au nom de la liberté de chacun. En outre, radios, télévisions et cinéma pouvaient très bien distribuer films et musiques. Seule la vente de mp3 ou de dvd bridés sur des sites et des serveurs français était interdite. Les majors décidèrent par contre un embargo total pour la France. La RIAA licencia ses artistes français. Johnny Hallyday s’exila définitivement en Belgique, Florent Pagny avait depuis longtemps préparé sa reconversion en Amérique du Sud tandis que bon nombre d’entre eux , trop vieux pour évoluer, prirent leur retraite en des lieux reculés. Les chaine de la TNT et M6, par manque de contrats de publicité (Coca−cola, Nike, Warner…) firent faillite. Et TF1 redevint la première chaîne des français, FR1 afin de bénéficier de la redevance, bien que celle−ci fut réduite de moitié. En effet, les producteurs de programmes français devinrent moins gourmands et la concurrence pour attirer des vedettes « chères » était terminée. FR3 fusionna avec arte devint la chaîne culturelle, avec mission d’intéresser les enfants (ainsi le coté ennuyeux d’ARTE fut banni des ondes), FR2 devint la chaîne du Cinéma et FR1 celle des variétés et des séries françaises. La CINQ redevint la chaîne de l’info avec Jean Claude BOURRET comme directeur. Canal + fusionna avec TPS pour être la grande chaîne du sport. Les Français s’y abonnèrent d’autant mieux que la

Guerre contre les Majors

non−concurrence permit d’acheter le foot et le rugby

dix fois moins cher et que les tarifs furent divisés par

3. Une chaîne musicale payante, avec des animateurs de radio, fut créée et diffusée sur le net, avec un tel succés que des internautes du monde entier s’y connectèrent dés que l’embargo mondial contre les œuvres françaises fut mis en place. De plus, la récupération en streaming des morceaux diffusés était autorisée puisque l’auteur était rémunéré grâce aux abonnements à chaque diffusion, chaque titre ne pouvant être diffusé qu’une fois par semaine, ceci afin de permettre le passage de tous les

titres plébiscités par un panel aléatoire d’internautes

qui changeait toute les semaines.

L’embargo des produits américains eut une nouvelle conséquence imprévue. Le rap tomba en désuétude dans les quartiers « sensibles » qui développèrent leur propre style. Ainsi dans la musique, puis les autres médias, il put y avoir, comme l’avait souhaité sans rien faire pour le mettre en œuvre un ex−président Français, une diversité culturelle plus représentative de la population. L’embargo eu aussi d’autres répercussions dans d’autres domaines commerciaux. Dans le domaine vestimentaire, des marques françaises comme « Le Coq Sportif » renaquirent de leurs cendres pour supplanter NIKE et ASICS. La marque au crocodile choisit de se démocratiser et décupla ses bénéfices en 5 ans, surtout qu’elle se relocalisa en France pour éviter la contrefaçon chinoise, après qu’elle eut constaté qu’on trouvait sur les étals des petits revendeurs thaïlandais des modèles avant leur diffusion en France.

Guerre contre les Majors

Malgré les DRM installées sur les titres internationaux, les pirates français parvenaient à les détourner légalement sur leur territoire. Et ils ne se gênaient pas de les diffuser à des internautes étrangers libres de toute protection. Les majors firent alors pression sur les gouvernements mondiaux pour déclarer la France état voyou, qui refusait de poursuivre en justice ses programmeurs−pirates.

Voilà en gros ce que pouvait savoir chaque homme qui embarquait aujourd’hui pour défendre la culture face aux pirates d’état voyou. Les détails, ils n’avaient pas besoin de les connaître, mais surtout peu de gens les connaissaient en dehors des français. L’Europe, au point mort, noyautée par les lobbies libéraux, après le « non » Français, Anglais et Polonais ne sut dire « Non » aux Etats−Unis. Les soldats de l’Alliance ne savaient pas ce qui les attendait sur les côtes françaises. Mais cette campagne ne ressemblait à aucune autre. Aucune préparation par des bombardements. Les avions n’avaient pu risquer leurs ailes au dessus du territoire français. Malgré leurs tentatives de brouillage, les satellites français et les radars étaient toujours opérationnels. Les missiles matra avaient la réputation d’atteindre leurs buts à 97% et l’avion furtif américain faisait bipbiper de rire les radars de Thomson. Durant 6 mois, 800.000 alliés se positionnaient en Angleterre, seul pays européen limitrophe ayant autorisé le stationnement de leurs troupes.

Guerre contre les Majors

En face, le long de l’atlantique, c’était l’inconnu. Les satellites n’avaient déterminé aucun mouvement de troupe. Aucune fortification n’avait été édifiée. Mais les sous−marins atomiques français n’étaient pas à leur port d’attache. L’aviation Française pouvait intervenir en cinq minutes avec des armes classiques comme des armes nucléaires. L’affirmation de l’utilisation de cette arme, faite début 2006, retentissait aujourd’hui d’un écho sinistre. L’Amérique riposterait−elle de la même façon pour envahir un pays ? Surtout que la bombe lancée par les français sur le territoire français ne pourrait pas être assimilée à une attaque sur le territoire américain.

Pire. Les responsables politiques français avaient fait mine d’ignorer sciemment l’ostensible montée en puissance des troupes pré−positionnées… Il n’y avait pu avoir montée de ton diplomatique et les dernières injonctions de Washington ne pouvaient être assimilables à une déclaration de guerre.

Mais il était peu probable d’être attendu par un régiment de douaniers qui allaient se contenter de demander "papiers, SVP ?".

Veille d'élection

16

/ 02 / 2006, 00:24 Veille d’élections

30

janvier 2007.

La campagne électorale bat son plein. Chaque

formation politique bat le rappel de ses troupes. 2006

a été une année de fin de règne. Si la bourse a

progressé jusqu’à novembre, elle a ensuite plongé et après quelques rebonds erratiques est tombée dans une atonie légèrement négative, mais 20% en dessous de ses plus hauts de l’année. Il faut dire que le budget voté en novembre a été un véritable cadeau fiscal pour les classes supérieures. Les classes moyennes n’ont eu droit qu’aux miettes et le budget voté, à part pour le ministère de la Défense Nationale et celui de l’Intérieur est en baisse pour toutes les autres administrations, et surtout la Justice.

La Gauche promet la suppression du CNE et du CPE. La Droite parle de nouvelles mesures contre l’insécurité et défend son bilan : 100.000 chômeurs de moins cette année. Aux informations, chacun se presse pour commenter la mort de chaque célébrité,

comme si il regrettait la voix qui vient de s’éteindre

et qui lui était destinée. On a d’ailleurs l’impression

d’assister à une hécatombe, et parfois on se demande

« mais c’est qui au fait dans la boite ?» car on voit

plus les hommes politiques que l’hommage au défunt.

Guerre contre les Majors

Il faut dire que tant qu’il n’a pas réellement les racines de pissenlits comme voûte céleste, on a l’impression que l’infortuné a été enterré plusieurs fois.

Dans ce contexte, les éternelles discussions sur le projet DADVSI 2 n’ont pas progressé. Après le coup de force du Ministre de la Culture en 2006 et malgré les protestations des internautes et des organismes de défense des consommateurs, les DRM sont devenues légales. Néanmoins, aucun internaute n’a encore été traduit devant les tribunaux malgré le flicage et la mise en place d’un système de répression gradué non avalisé par DADvSI 1. On attend la décision du Conseil d’état, qui n’est pas pressé de se prononcer à nouveau dans la conjoncture actuelle.

Mais les internautes s’adaptent déjà. Un CD de musique drmisé est d’abord craqué. Puis on lui adjoint une enveloppe de code qui le rend semblable à un morceau protégé, mais qui autorise 1024 copies. Et d’ailleurs, des petits logiciels permettent de faire sauter sur un morceau le nombre de copies autorisées pour des morceaux acquis légalement.

Quand à se procurer le dernier exemplaire de la DRM qui tue, c’est le lot de quelques bidouilleurs que d’acheter légalement la dernière daube en tranche, afin d’être le premier à faire exploser la protection. D’autres rootkits ont aussi fait leur apparition. Au bout d’une semaine, au lieu de

Guerre contre les Majors

renvoyer des répertoires de fichiers, ils expédient journalièrement des listes d’insultes choisies à leurs concepteurs.

Mais ces blagues de potaches n’amusent guère certains sombres personnages, serviteurs de nains. Des listes d’adresses MAC suspectes sont constituées dans des caves parisiennes. Leur emploi dépendra du résultat des élections. Les listes d’adresses internet des pétitions anti−DADVSI sont aussi pieusement conservées. Un nouveau support de musique est aussi sorti. Il s’agit de deux bouchons auriculaires reliés par un fil

dont l’un est équipé de trois petits boutons : On−Off ,

« morceau suivant », et mono/stéréo. A l’intérieur du premier petit bouchon, une carte mémoire miniature contient l’album. Dans l’autre, une pile. Les nouvelles chaînes hifi sont aussi vendues avec un orifice permettant l’introduction du petit album−bouchon ou bouchon−album. Ainsi, l’écoute

y est possible de façon plus conviviale que celle des amoureux qui se mettent chacun un bouchon (oui, dans l’oreille) et restent quasiment joue contre joue

« Le temps d’une chanson ». Bref, les ventes de

constructeurs de matériels audio restent soutenues. Les bouchons piles peuvent se changer, tandis que les bouchons−album peuvent être utilisés indépendamment avec la chaîne ou même un téléphone portable nouveau modèle ( produits qui se vendent comme des petits pains). Le problème, c’est que malgré cela, il faut se

coltiner 3 minutes de sermon non débrayable sur la vilaineté qui consiste à pirater de la musique.

Guerre contre les Majors

Pourtant, le prêt de bouchon−album peine à se développer… Le 4 février 2007, pour la Sainte Véronique, patronne des photographes, un jeune programmeur diffuse sur internet l’arme absolue contre toutes les DRM. Son programme, basé sur le test du couillon , la cryptographie et la validité du signal reconstitué évite les pièges d’identification, trouve la clé de décryptage et commence la lecture au bon endroit à tous les coups. Véronique deviendra aussi la Sainte des Cloneurs quelques mois plus tard en souvenir de cette date.

Un enlisement perceptible

18 / 02 / 2006, 15:18 Un enlisement perceptible

Noël 2014.

Le haut commandement allié s’inquiète. Non pas pour le moral des troupes, qui se ramollissent à ne servir à rien, mais parce que la coûteuse opération militaire n’a servi à rien Aucune réaction militaire, ni terroriste de la part des français, sinon une attitude collective de non−consommation des programmes étrangers. Les stations de radio et de télévision matraquent à plein régime, mais pas un seul CD ou DVD n’est vendu, même pas les films français pourtant estampillés « Sans DRM ». Il faut dire qu’il y a tout de même un rootkit, mais sa diffusion est compromise. Par contre, il est impossible de lutter contre les serveurs F.A.I. mis en place durant six ans par l’ancien gouvernement français, renversé 3 jours après le début de l’invasion. Ces FAI diffusent radio, télévision et accés ADSL gratuitement . Et çà leur a coûté moins cher que d’entretenir une armée. Il est impossible d’interdire internet aux citoyens. L’opinion internationale ne le tolérerait pas. Les « immigrés », revenus dans les fourgons de l’armée alliée, ont constitué un gouvernement, puis

Guerre contre les Majors

ont remplacé toutes les directions de la fonction publique. Mais les chefs sont totalement coupés de leur base, qui les écoute, sans les renseigner. Jamais direction ne fut plus inutile. Il semblerait qu’il existerait une hiérarchie parallèle.

Les dernières élections ont du être annulées par manque de candidats autres que ceux du nouveau pouvoir et par manque d’électeurs. Tout le pays est en résistance passive. Pas si passive pourtant. Car les soldats alliés sont sollicités à participer à des forums et à se connecter gratuitement sur les programmes français. Bien sûr, ces programmes sont exempts d’indices pour trouver leurs lieux de diffusion et d’habiles propagandistes invitent les soldats à défendre des valeurs « anti−majors » et brocardent les chefs militaires alliés. Délices de Capoue, blagues de potaches, dénigrement de la hiérarchie… Si une réaction populaire agressive avait lieu (des caches d’armes individuelles et collectives ont été découvertes en petite quantité, ce qui en laisse présager bien d’autres), les troupes seraient balayées en quelques heures, car la vigilance et la discipline ne sont plus de mise au niveau du troufion. Le samedi soir, les petites françaises « plument » sans vergogne les GI’s . Le personnel féminin est aussi bien encadré, cette fois par des cavaliers attentionnés. Ceux qui restent aux postes consomment drogues et alcool pour « faire passer le temps ». La solution de l’autarcie, si rassurante en cas de danger, et si favorable à la cohésion, a du être abandonnée par les trop nombreux

Guerre contre les Majors

manquements graves à la discipline qu’ils engendraient. Les échelons subalternes du commandement eux−mêmes profitent de la situation. Ils sont bien mieux là que dans les pays musulmans. Ils savent maintenant que leur intervention est non justifiable, et ils veulent s’amuser un peu avant la fin de la campagne.

Et voila qu’en plus les « immigrés » les lâchent. Le budget 2008 n’a pas été voté. Pour cause la part du budget dédiée au remboursement des frais de l’occupant et à la mise en place des crédits pour financer les troupes en place. Ils ont peur d’un retournement de situation soudain qui les balaierait sans pitié si l’attitude de collaboration était trop évidente. En attendant, l’oncle SAM s’endette dans l’enlisement. Les majors, qui ont financé 20% des préparatifs, veulent jeter l’éponge, car le retour sur investissement est nul. Ils savent que les nouvelles lois et les accords passés de force seront caduques dés que les troupes auront quitté le pays. Il ne reste que 300.000 soldats alliés. Quel est le chiffre décisif en dessous duquel il ne faut pas descendre sans quoi la réaction pourrait avoir lieu ? Car même si aucun gouvernement « provisoire immigré » semble exister, si aucune armée française n’est visible, il ne s’agit que d’un bluff. A de petits signes, on voit que chaque citoyen semble savoir que le retour de bâton viendra pour les envahisseurs. Sur le net, les programmes français clandestins insistent sur le coté pacifiste de leurs citoyens, ce qui interdit toute opération musclée de représailles. Les «

Guerre contre les Majors

démonstrations de force» américaines tournent à la fanfaronnade et l’état major sait qu’il a déjà perdu la non−guerre. Il ne sait même pas comment expliquer un éventuel retrait, puisque l’état−voyou continue son action de diffusion pirate sur le web…

Fuite à Varennes

20 / 02 / 2006, 01:09 Fuite à Varennes

Mai 2011.

Rien ne va plus pour la famille de l’ancien président. Poursuivi pour nombre d’affaires de pots de vin et d’emplois fictifs antérieures à ses mandats présidentiel, le vieillard d’aujourd’hui sent l’étau de la justice se refermer. Il est même assigné à résidence, à Paris. Ce pied−à−terre parisien est pour lui une vraie prison, alors qu’il pensait terminer sa vie à la campagne, (après une longue carrière en campagne). La politique française d’autre part s’éloigne de plus en plus de l’europe. Un nouveau gouvernement vient d’être nommé pour prendre des mesures d’urgence. La nouvelle constitution, encore en construction, prévoit de changer les rapports entre la France et l’Europe. Il s’agit de rétablir la souveraineté Française sur toute décision concernant les citoyens Français. Les décisions de Bruxelles redeviendraient alors des suggestions que l’état français appliquerait ou pas. Plus de diktat du parlement. De toute façon, la constitution européenne étant toujours au point mort, la France refuse de devoir se plier à des demi−décisions qui sont plus des compromis à 25 qu’une véritable gestion. De même, la plupart des

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décisions sont aussi fortement influencés par les lobbies anglo−saxon libéraux et les mafias de l’est, ce qui ne fait pas le jeu du gouvernement sinistro−centriste français. La France se veut donc autonome au sein de l’europe. Mais les autres partenaires ne l’entendent pas ainsi.

L’Amérique durcit le ton. Malgré les lois votées en 2006 et 2007, la justice française ne fait pas appliquer les lois en matière de fichiers numériques. Selon Washington, ce serait 2 milliards de dollars que la France devraient à l’Amérique depuis 2007, pour manque à gagner à cause du piratage. Surtout que d’autres internautes profitent des serveurs français pour « faire le plein ». La politique d’informatique pour tous et d’exception pour l’éducation a bon dos, c’est vrai. 18 juin 2011. L’ « Appel » du « petit Kaporal » provoque une forte vague de mécontentement dans l’opinion française. Le rappel des « libéraux » outre−manche offusque l’électeur de 2007, dont la fureur a balayé les institutions de tout membre de l’ancien parti de droite. Un pays moins « démocratique » dans un tel chambardement aurait même interdit l’ancien parti. Encore heureux que l’éducation républicaine ait fait garde−fou. Néanmoins, cette débacle électorale a emporté dans l’ombre la moitié des politiques et la totalité des hauts fonctionnaires. Même l’armée a fait l’objet d’un grand nettoyage. Peu de démissions, mais beaucoup de mutations et de retournements de « veste ». Le style élitisto−prolifico−catholico−infaillible a été remplacé par le

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proximo−amico−rationo−démagogue en quelques mois. La troupe n’a pas semblé s’en offusquer. Pour elle, le commandement perdure même si le style change. Et le style, il est pour les politiques, pas pour les subordonnés. Un virus informatique dans les réseaux de la maréchaussée a aussi corrompu les fichiers de contraventions, et les sauvegardes ont été condamnées aux oubliettes. Cela a évité une amnistie controversée ou partielle, et ce virus surnommé l’Effaceur a permis que le citoyen ne s’en prenne pas aux forces de l’ordre après les résultats des élections.

Mais aujourd’hui, 19 juin, les vitres grillagées anti−balles de l’appartement de l’ancien chef de l’état crépitent de mille impacts de cailloux et boulons lancés par les manifestants. Des cris fusent. Heureusement, personne ne fait mine d’entrer. Les deux pandores ont refermé au rez−de chaussée le lourd portail de fer, qui gongue sous le choc des pavés, mais personne ne tente de le franchir ou de l’abattre. L’ombre de sa silhouette provocant une nouvelle pluie de caillasses, l’ancien président se réfugie dans une chambre plus au calme. Sa sécurité ne lui semble plus assurée, les secours tardent, volontairement selon lui. Son cœur lui fait mal et la peur s’insinue en lui. Il ne comprend pas cette colère, contre lui qui a essayé jusqu’au bout d’être un « grand président ». Mais la crise économique, et les incapables qui l’entouraient l’ont fragilisé, déligitimé, comme ils ont conduit le pays au bord de la faillite. Il croyait être sympathique pour ses concitoyens. Mais ses détracteurs l’ont caricaturé en chef d’une bande de

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vautours gras, se nourrissant des nombreuses carcasses de chômeurs et emportant entres leurs serres de lourds sacs d’euros. Avec bien sûr une couronne sur la tête et toujours haut perché. Hier, les juges lui ont posé des tas de questions, dont il a depuis longtemps oublié les réponses. Le dossier qu’on instruit contre lui ne lui ressemble pas. Les preuves d’un lointain passé ne peuvent avoir fait partie de sa propre vie. Ils veulent sa peau. Il en est sûr. La traque est terminée. Il ne peut plus se dérober à la justice, sauf si sauf si…

Fuir. Fuir ce pays qui aujourd’hui le hait alors qu’il l’aime tant. C’est sa seule chance. L’espoir renaît chez cet homme qui l’instant d’avant se recroquevillait pour mourir, pour ne pas voir le coup qui allait le tuer. Il est surveillé. Ces déplacements se font entre quatre gardes républicains dans un monospace aux vitres teintées. Mais la nuit, seuls deux pandores sont de faction au portail. Et a priori, ils sont encore bien seuls à cet instant alors qu’une foule hostile le conspue. Il en informe sa femme, durant la visite de l’après−midi. Il a un plan. A trois heures du matin, il descendra au premier étage. Il n’y a personne qui garde sa porte au troisième et les deux autres appartements en dessous sont vides. Là, il passera par la fenêtre du couloir, non barricadée, donnant sur la petite rue transversale. Que 4 hommes sûrs soient prêts à le réceptionner dans une bâche. La petite dame derrière son sac à main relève la tête et regarde avec admiration son mari. Si elle ne sourit pas, ses yeux brillent d’un éclat nouveau.

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L’apathie de ces deux vieillards n’est qu’apparente. Ils brûlent d’enthousiasme même si leur corps les trahit. Mais leurs cœurs et leurs tempes cognent furieusement. L’ex première dame du pays a rempli sa mission. Il est 3h 10 en ce 20 juin 2011. Quatre jeunes fidèles remettent leur président d’aplomb et le guident vers une grosse berline sombre. L’évasion est réussie, la cavale commence. Le but est d’atteindre la Belgique. Mais dés que l’évasion sera constatée, toutes les routes les plus courtes risquent d’être bloquées. Afin de ne pas prendre l’itinéraire le plus évident, il est conseillé au président de rejoindre un lieu sûr, prés de Metz. Puis d’attendre que les choses se calment. Mais la chance n’est pas de leur coté. Ils doivent attendre jusqu’à six heures du matin à Meaux, le monospace qui doit les emmener à l’abri. En effet, leur berline est depuis plus d’une heure l’objet de toutes les recherches. Celui−ci arrive enfin. Mais après une petite demi−heure, l’estomac du président crie famine. Ce signe de bonne santé réjouit celui dont l’appétit est plus qu’une légende. Mais pas question de s’arrêter n’importe où en bord d’autoroute. Le véhicule trouve un petit relais pour routiers, dont la spécialité est « le pied de cochon de Sainte Ménéhould » Là, l’ancien président s’empiffre. Au−delà de toute raison. Il avale le premier pied de cochon, poussé par une première corona. Il prend un café en écoutant la radio. On ne parle pas d’une évasion mais d’un enlèvement. Il sourit. Personne ne peut imaginer qu’à son age, il est eu envie de prendre la clé des champs.

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Il entend un groupe commenter bruyamment les nouvelles en terrasse. Une voix qu’il connaît bien. Un homme qui ne devrait pas être là. Un homme dont il pourrait avoir confiance, mais dont la notoriété est égale à la sienne. Une vedette de cinéma : l’acteur Alain Delon, en compagnie d’une grosse légume de la finance en train de se taper une veuve Clicquot d’une bonne année. Incroyable mais vrai qu’au même moment se croisent dans ce relais deux « célébrités ». Heureusement, tout le monde n’a d’yeux que pour l’acteur. A la table voisine, Arielle Dombasle et BHL en sont au café croissants. Le président pense à une journée particulière, sans penser à une nuit pourtant prémonitoire.

L’appétit et la troisième (déjà) corona lui fournissent un plaisir rare dont il a envie de jouir à la carte. Car il s’agit pour lui du Menu, le vrai. Après le pied de cochon à la Sainte Ménehould, les rognons au champagne et filet mignon de Porc à l'ancienne ou au champagne, il veut goûter aux salades de gésiers, de magret,et au chèvre chaud, à l’Oeuf−cocotte à la bretonne, à l’Assiette de cochonnailles , la Terrine de lapin maison , aux Rillettes de raie, sauce aïoli et aux escargots. Et puis, pour passer aux choses sérieuses, à l’Andouillette au muscadet, au Filet de haddock au citron , à l’Entrecôte bordelaise et au Filet de boeuf au poivre vert. Tous les plats sont garnis de frites maison mais rien ne rassasie l’appétit féroce d’un homme qui n’a pas mangé depuis longtemps en homme libre. A la dixième corona, le tenancier fait le lien entre

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cet homme grimé et un autre, plus célèbre, et que tout le monde recherche. Il n’en revient pas. Lui, Jon Batista Derupete (un anagramme pareil, çà ne s’invente pas, çà se découvre ) va changer la face du monde. Ayant repéré le véhicule « présidentiel », il va en saboter la batterie. Il est maintenant 14 heures. Après quelques profiteroles, l’ancien président est repu. Il manifeste l’envie de dormir. Désir qui sera accordé de mauvaise grâce quand on constatera le véhicule en panne. Un autre véhicule arrive de Paris vers 19 heures, appelé après qu’on ne soit parvenu à faire démarrer le monospace discrètement. Un mécanicien de confiance, venu avec celui détecte le problème en dix minutes et une autre voiture, sur le parking, est discrètement délesté de sa batterie. Puis, tout le monde repart, la nouvelle voiture en tête, pour « ouvrir la voie ». JBD les suit, discrètement. Avec son portable, il prévient la gendarmerie, et à Varennes, le convoi est arrêté par un barrage. Le monospace du président fait brutalement demi−tour mais JBD le stoppe en venant le percuter volontairement. Le retour vers Paris au matin du 21 juin fut l’occasion d’un dernier plaisir pour le président. Durant tout le trajet, en ce solstice d’été, il eut devant sa berline six motards, et autant à l’arrière, comme aux plus belles heures de son passé. Celle−ci fut bien caillassée au champs de Mars, malgré sa marque française, et l’ancien président entra dans un long, très long hiver…

L’Appel du petit Kaporal

20 / 02 / 2006, 01:17 L’Appel du petit Kaporal

Avertissement avant lecture

Le texte ne brille pas trop et je présente des excuses à ceux qui le jugeraient iconoclaste. Je respecte les valeurs défendues par l'original mais celui−ci n'est qu'une caricature grossière à seule fin de pamphlet visant ceux qui détournent des références du passé à leur usage en espérant faire rejaillir sur eux un peu de la gloire de l’original. Si cette caricature est mauvaise malgré tout mes efforts, c'est que primo je ne suis pas très bon, et surtout que l'original se laisse très mal déformer. (Une forme de protection intrinsèque en quelque sorte) Bonne lecture quand même.

7 juin 2011.

Le nouveau gouvernement vient de déclarer illégales toute action d’un lobby industriel en direction d’un élu. De plus, tout élu ayant favorisé volontairement des politiques économiquement désastreuses pour l’état au profit d’industriels sera personnellement poursuivi.

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10 jours plus tard, sans qu’aucune enquête ne soit encore amorcée, l’ancien parti de droite n’avait plus un seul responsable politique sur le sol français, hormis les quelques uns, déjà inquiétés pour d’autres affaires de détournement d’argent, dans l’impossibilité de s’absenter.

Un ancien chef du Parti, ancien ministre de l’économie et de l’intérieur entre autres, associé et immigré en Angleterre avec son frère industriel, déclama le texte suivant lors d’une interview à la BBC.

A TOUS LES FRANÇAIS… "Les élus qui, depuis quelques années, sont à la tête de l'état, ont formé un nouveau gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de notre politique passée, a décidé de doubler le RMI pour casser les marchés financiers.

Certes, nous avons été, nous sommes, ruinés par la faiblesse économique et politique de l'union européenne.

Infiniment plus que l'inflation, ce sont les parts de marché, les actions, la politique des américains qui nous ont coulés.

Ce sont les parts de marché, les actions, la politique des américains qui ont surpris vos élus au point de

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vous amener là où vous en êtes aujourd'hui.

Mais le dernier mot est−il dit ? L'espérance doit−elle disparaître ? Le déficit est−il définitif ?

Non !

Croyez−moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France.

Les mêmes moyens qui nous ont ruinés peuvent faire revenir un jour la richesse.

Car je ne suis pas seul ! Je ne suis pas seul ! Je ne suis pas seul ! J'ai un faste Empire derrière moi.

Je peux faire bloc avec la City britannique qui tient la bourse et continue la lutte. Je peux, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense crédit des États−Unis.

Cette guerre économique ne doit pas être limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la racaille de France. Cette guerre appartient à une économie mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour le RMI uniformément.

Foudroyés aujourd'hui par la farce politique, nous

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pourrons vaincre dans l'avenir par une force économique supérieure.

Le destin du monde est là.

Moi, Président Directeur Général, actuellement à Londres, j'invite les financiers et les libéraux français qui se trouvent en territoire britannique, ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs économies, ou sans leurs économies,

j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'équipement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à travailler avec moi.

Quoi qu'il arrive la flamme de la performance libérale française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain comme aujourd'hui, je recruterai à la radio de Londres ».

Le soir même, dans toute le presse française, on caricaturait « L’appel du petit Kaporal ». Mais l’agitation sociale monta d’un cran.

La cache aux serveurs

20 / 02 / 2006, 19:29 La cache aux serveurs

5 mars 2015

« Une cache de serveurs Internet clandestins a été

découverte sur la zone industrielle de Plaisir (yvelines), dans un entrepôt en sous−sol. Six soldats américains ont été tués par une grenade lâchement jetée dans un espace confiné par un terroriste qui s’est enfui. Néanmoins, le matériel informatique est intact ».

« Une cache de serveurs Internet clandestins a été

découverte sur la zone industrielle de Plaisir (yvelines), dans un entrepôt en sous−sol. Six soldats américains ont été tués par une grenade lâchement jetée dans un espace confiné par un terroriste qui s’est enfui. Néanmoins, le matériel informatique est intact ».

L’image montre un sas noirci derrière lequel ont trouve des ordinateurs aux façades clignotantes. L’officier de communication élude les questions concernant les circonstances et les investigations en cours. Secret absolu. « Tout au plus affirme t−il d’un air satisfait, je peux vous dire que grâce à cette découverte, d’autres suivront et que les heures du réseau internet clandestin sont comptées ». A l’état major américain cependant, l’optimisme n’est pas de mise. Une nouvelle vidéo, sur le réseau

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clandestin, donne une autre version des faits.

2 mars 2005 (Trois jours plus tôt)

L’homme a été trahi par son passé. Il figurait sur des photos prises par les marines vingt ans plus tôt lors de manœuvres communes en ex−yougoslavie. Alors simple sergent de l’IFOR, il était responsable du montage des quelques ordinateurs français en réseau pour l’Etat Major de la DMNSE. Son dossier civil indiquait un emploi de cariste dans cette société de déménagement. Un emploi peu compatible avec ses capacités et ses diplômes.

Une section a donc pris d’assaut le bâtiment, sans aucune résistance. A l’intérieur, ils ont trouvé une trappe en bois donnant sur un escalier en béton. En suivant cet escalier, ils ont trouvé une porte blindée.

Un petit peu de C4 au niveau de la serrure et ils sont entrés, dispositifs infra rouge sur les yeux, bouchons dans les oreilles, casque sur la tête, arme en avant.

Un homme leur tournait le dos. Il tapait avec frénésie au clavier de son micro. Ayant peur qu’il soit en train de détruire des données confidentielles, le caporal ouvrit le feu. La balle qui lui traversa l’occipital ressortit en faisant sauter une grande partie du frontal vers l’avant et projeta de la cervelle sur le moniteur de 19 pouces plat, moniteur qui noircit dans

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la seconde, traversé lui aussi de la même balle.

Le reste de la tête retomba sur le clavier et le sang s’écoula sur et entre les touches. L’homme était seul et une alarme hurlait frénétiquement. Dix secondes plus tard, alors que toute l’équipe était dans la pièce, à la recherche du dispositif d’arrêt de l’alarme, une explosion secouait la pièce et tuait tous ses occupants, détruisant le matériel de cette pièce comme tous les serveurs de la pièce voisine.

Durant trois jours, une équipe nettoya les lieux, obtura la pièce voisine et monta quelques micro−ordinateurs afin de les faire passer à la télévision, et transformer ce fiasco en premier succès.

Peine perdue. Ce que les officiers de renseignement purent voir, ce 5 mars 2015, en même temps que le reste du monde, c’était la mort du malheureux technicien, vue de face, puis l’intrusion des soldats et la terrible explosion meurtrière. La caméra a été détruite par la déflagration et le film s’acheva brutalement. Puis une voix off expliqua « cet homme était en train de vouloir sauver sa vie et celle des autres. En cas d’intrusion non autorisée de la première porte, une procédure d’auto destruction est lancée. Si le technicien parvient à taper un code de six chiffres, il y a trois minutes de délai supplémentaire. Si la deuxième porte est forcée au C4, tout explose. Si on veut l’ouvrir délicatement, il faut plus que trois minutes. Si le technicien n’avait pas été abattu sans sommation, il aurait pu tout

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expliquer et sauver tout le monde…

Et puis, un message de félicitation : « Grâce à votre action d’éclat, vous avez réussi à détruire une grappe de serveurs. Ces serveurs, en raid avec d’autres grappes, avaient leurs données propres stockées sur les autres grappes. Il a donc suffit d’activer une nouvelle cache, une heure plus tard, pour pouvoir reprendre le débit théorique maximal sur le réseau. A cette vitesse là (Huit mois pour découvrir la cache), il vous faudra quelques siècles avant de toutes les découvrir ».

Le réseau clandestin fut baptisé l’ « hydre de Lerne » et l’état−major engagea cinq cent informaticiens indiens, à Bangalore, pour pouvoir étouffer d’un coup l’ensemble du système. Ce qu’ils n’avaient pas encore compris, c’est que de toute façon, il y avait un taux potentiel de remplacement de 1 pour 500, et que certaines grappes, prêtes à démarrer, étaient configurées pour prendre le relais, avec une situation avec 24 h d’écart , de la totalité du réseau, en moins de 10 minutes.

Mais, l’état−major savait maintenant que l’Armée Française avait réussi là où toute autre armée avait échoué. Son effectif et ses matériels étaient totalement intégrés dans la structure civile. Nombre de citoyens devaient pouvoir s’armer et s’équiper en quelques heures, voire quelques minutes. A part pour des périodes d’entraînement, périodes suspendues

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depuis l’invasion, les militaires avaient un emploi régulier au sein du secteur civil. Et le « pire », c’est que le gouvernement fantôche croyait toujours qu’il devait en recréer une et s’étonnait du manque d’intérêt de leurs concitoyens pour les campagnes de recrutement…

Bien sûr, hiérarchie militaire et gouvernement parallèle devaient fonctionner de la même manière… Les institutions renversées n’étaient qu’un simulacre, remplacé par un nouveau qui en était un aussi. Leurs « alliés » français, au «pouvoir » ne se vantaient pas de servir à rien. L’ordre régnait en France grâce au vrai pouvoir, bien dissimulé, mais omniprésent. A peine les forces alliées seraient−elles reparties que les instances aujourd’hui en place seraient déchues sans coup férir.

Et dans les casernes alliées, c’était le souk. Si l’annonce de six morts avait inquiété depuis 72 heures, le petit film avait sapé tout le travail de remise à niveau de la discipline en trois minutes, sans compter pour les soldats à tous les niveaux la perte de confiance en leurs chefs suprêmes. Et les sorties distraction reprenaient de plus belle. Si l’état−major avait dit ce qu’il savait, il serait passé pour paranoïaque. Il fallait provoquer les français pour avoir, tant qu’il en était encore temps, un véritable affrontement.

La Net Révolution

21 / 02 / 2006, 19:15 La Net Révolution

Ce 14 juillet 2011, à 13 h, les studios de télévision de TF1 et de France 2 sont simultanément envahis par une foule de manifestants en colère. Ils tiennent à exprimer avec leurs mots à eux ce qu’ils ont à dire. Ils le font déjà sur le net via les blogs et les fora (9 foyers sur 10 sont équipés de l’ADSL) mais les chaînes de télévision continuent leur stupide concurrence en faisant du fric, de la désinformation et surtout, en exprimant des avis contraires aux aspirations de la population. Et puis, il y a trop de publicité et de programmes « prétextes » entre les publicités, ce qui irrite les téléspectateurs. Les présentateurs des chaînes de télévision ne sont pas en plus représentatifs de la population. Il y a trop de consanguinité entre les producteurs d’émission, les présentateurs, les VIP d’hier et d’aujourd’hui. Enfin, les jeux d’argent continuent même si les SMS ne les financent plus. Les sommes ont baissé et elles sont réglées par la publicité sur le plateau.

La garden party présidentielle est donc interrompue, en diffusion comme sur place. La situation est tendue mais il n’y a pas d’agressivité contre le nouveau gouvernement, juste une exigence de réforme de l’audio−visuel.

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Au pouvoir, la gauche a lassé entre 2007 et 2010. En 2011, c’est un président de gauche avec un gouvernement « centriste » qui est en place. En plus, le « centre » est depuis peu un « extrême » puisque la droite a quitté le pays. Mais le gouvernement « centriste » est en fait un gouvernement avec un premier ministre centriste et une coalition de compétences. Ce gouvernement par la suite sera appelé « Le Cercle des Scientocrates »

A partir du 15 juillet, alors que l’agitation gagne la province, un homme dans ce gouvernement, le Ministre de l’Education, va permettre le vrai passage à la société de l’information. Il va mettre le Net au centre de toute l’organisation de la société. Le premier acte sera la suppression des chaînes hertziennes et du satellite dans leur mode de diffusion. Tout canal de communication devra être un canal dédié au net. Ainsi, le net touchera tous les foyers, que ce soit par les canaux de la TNT ou des satellites. Ensuite, les chaînes n’émettront plus en continu. (décision non retenue pour les radios) .Elle mettront à disposition des fichiers vidéos en téléchargement ou en streaming . Ainsi, quelqu’un qui se connectera à 13 h 10 pourra voir le début du journal de 13 h sur une chaîne, et ensuite pourra voir le journal de la chaîne concurrente. La publicité sera autorisée sur un dixième de l’écran en bas durant un dixième du temps du document. Au publicitaire de s’adapter à ce nouveau mode. Et il pourra choisir les « programmes qu’il « subventionne » ainsi car les prix seront

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fonction du prix de revient du document audiovisuel et de sa « cote ». Ils auront un nombre de passage garanti, durant des périodes d’attention du téléspectateurs, et le nombre de « documents potentiellement visible est tellement élevé que même des petits produits pourront se faire de la publicité.

Enfin, les chaînes deviennent toutes publiques et garderont leur nom, à part TF1 qui deviendra FR1… Chaque chaîne aura la responsabilité de « types de programme » afin d’éviter la concurrence (sauf pour l’information où la pluralité doit être de mise) .

A ce titre, une fois acheté à une société de production, un film ou un clip musical sera téléchargeable sur le site des chaînes publiques à la demande sans supplément. Les artistes seront donc rétribués par les recettes publicitaires « accrochées » au document audio−visuel ( Les publicités seront vendues au nombre de visualisations. Ensuite le bandeau sera refait. La publicité sera interdite sur les produits d’information ). La redevance télévision sera perçue mensuellement sur l’abonnement au F.A.I. Elle sera divisée de moitié, sachant que les personnes de plus de 60 ans ne paieront ni internet, ni la redevance. Les sociétés de production qui désireront vendre un produit aux chaînes publiques devront le faire sans limitation dans le temps. C’est un peu un produit qui tombera alors dans le domaine public.

Enfin, toute création française de plus de dix ans diffusée trois fois au moins au total sur les chaînes

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publiques entre dans le berceau (« capital de départ ») de la toute jeune Nettélévision Française.

Durant la mise au point du projet, les lobbyistes envoyés par la société des Phonographes et du Disque, et consorts, firent le siège de l’Assemblée, envahirent les couloirs et crièrent au scandale. La SPD rejoint alors dans l’heure qui suivit Edison dans l’Histoire, avec en outre la SACEM et les taxes sur les supports magnétiques. La rétribution des artistes ferait l’objet de mesures particulières par la suite, et une nouvelle répartition des sommes réunies, plus universelle, serait envisagée. Enfin, les droits d’auteurs ne seraient plus transmissibles aux héritiers mais les œuvres passeraient dans le domaine public.

Ces mesures furent annoncées et mises en application immédiate le 4 août 2011 alors que les Français étaient en vacances ainsi que les gros pontes de l’industrie audio−visuelle. Reprenant un trait d’esprit et de rage de l’un d’entre eux, cette journée devint le jour de l’ « Abomination des Sacrilèges ». N’empêche que tous les citoyens internautes ( 9 français sur 10) se sentirent libérés d’un joug financier d’autant plus intolérable qu’il était injustifié.

Ces premières mesures eurent de nombreuses conséquences. Mais surtout, l’audio−visuel fut le premier domaine à être intégré au Net. Le monde de l’éducation, le monde du travail, le monde du social et le monde de la politique allaient suivre, d’autant

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plus vite, que « la patrie était en danger ».

La Campagne de France

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/ 02 / 2006, 21:07 La Campagne de France

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août 2014.

Les troupes américaines sont déployées dans toutes les grandes villes françaises. Nulle part elles n’ont rencontré de menace physique. Durant leur progression, les seuls obstacles à la circulation ont été des barricades et des monceaux de poubelles, fumier, clous , huile de colza, épaves… A chaque fois, il a tout fallu dégager avec les puissants bulldozers blindés du génie en cas de piège explosif dissimulé. Les routes bloquées dégagées durant le jour étaient rebloquées le lendemain , perturbant la logistique et imposant de fréquents contrôles de surveillance d’axes routiers. Il y eut quand même quelques arrestations mais le déversement de 10 tonnes de pommes sur la route, même en plein virage n’a jamais été jugé comme acte de guerre. Pourtant, le petit véhicule blindé de reconnaissance à roues qui les a bien percutées de nuit a terminé dans le fossé avec les deux roues arrière en l’air tandis que les militaires restaient coincés à l’intérieur. Cette photo, attendue depuis longtemps, a fait le tour du monde. Mais la même n’a pas été réussie avec des choux. Bien dommage.

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Des photos de soldats américains en train de détruire des panneaux hostiles à leur action ont aussi compté dans la guerre psychologique sur le net. La France est envahie. Elle est pacifiste.

Difficile de passer dans ces conditions là pour des libérateurs ou des sauveteurs. La France ne souffre ni de la famine, ni de l’oppression, ni de la pauvreté.

L’exécutif (président et gouvernement) a démissionné dés la réception de la déclaration de guerre, et l’Assemblée Nationale comme le Sénat a suspendu toutes les séances . Les américains n’ont aucun contact avec des responsables politiques qui pourraient représenter un pouvoir légal en France. Il est impossible de faire signer une quelconque capitulation .

L’autre problème est d’importance. Les « alliés » pensaient pouvoir utiliser le réseau internet en se connectant sur France Télécom. Les liaisons s’établissent correctement durant les tests mais dés l’emploi de la cryptographie pour communiquer, plus rien ne passe durant deux heures environ. Puis, des messages codés correspondant aux mêmes clés arrivent aux destinataires. Ces messages sont plutôt moqueurs, et accompagnés du dernier tube de Madonna, présenté comme incopiable. Les messages originaux quand à eux sont déplombés et balancés sur le net mondial . Ce réseau devient donc inutilisable, car les Français en ont la maîtrise complète.

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En représailles, tous les tuyaux de fibres optiques de Rennes furent sectionnés en plusieurs endroits. Mais le net continua de fonctionner. En effet, le réseau satellitaire, par courant porteur et même par les tuyaux de distribution du gaz de ville, prend localement le relais, et chaque parabole détruite est déjà en double un peu plus loin.

Deux personnes ont été prises en train d’en monter une, pour un propriétaire privé apparemment. Elles étaient habilitées par un F.A.I. Il en existe deux mille sept cent quatre vingt douze en France, pratiquant les mêmes tarifs. Très difficile alors de faire la différence entre un vrai et un faux, utilisé par le pouvoir français dans la guerre des télécommunications.

Car celle−ci fait rage, même en dehors du réseau internet. Les radio−communications sont aléatoirement brouillées, et quand un canal est décrypté, ce sont des faux messages qui arrivent. Sur le net, on a même pu voir un capitaine américain en train de communiquer avec sa hiérarchie devenir livide en entendant sa propre voix diffusée en direct sur les haut−parleurs de la mairie qu’il venait d’atteindre, avec la traduction française à la suite. Enfin, les GPS sont inutilisables pour cause de « saturation ». Et les cartes sont contredites par les panneaux récemment mis en place. Bref, les américains doivent réapprendre à se servir de carte, et de la boussole, car ils ont toujours l’impression de tomber sur le loquedu du coin chaque fois qu’ils

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demandent leur chemin. Et chaque gag… se retrouve encore une fois sur le net. D’ailleurs, il commence à y avoir des débordements de violence de certains groupes de combat au contact de la population car trop de personnes éclatent carrément de rire sur leur passage.

Le summum a été atteint quand une trentaine d’enfants de 12−13 ans ont attaqué une patrouille avec de l’eau, de la farine et des œufs pourris en direct sur le net. Deux se sont fait attraper et deux mille personnes se sont massées devant le cantonnement local. Il a fallu les relâcher. Et les quelques claques qu’ils ont reçu ont coûté cher au commandant du camp et à celui qui les a données.

Paradoxalement, les soldats dans le cantonnement reçoivent des invitations à se connecter sur des sites français, mais « formatés » pour eux. On leur propose des rencontres avec des filles sympas du coin où ils sont stationnés. On leur indique les cinémas et les lieux de distraction . Et bien sûr, seuls ces portails leur permettront de communiquer avec le reste du Web par les « tuyaux français », c’est à dire leurs famille et amis. On leur rappelle bien qu’ils ne doivent pas divulguer d’informations militaires à leurs «ennemis », donc d’être bien prudents quand ils écriront. Et surtout, ils peuvent télécharger tous les films et musiques récents de chez eux, exempts de DRM, ce qui est impossible pour eux, sauf à passer par les sites français (raison invoquée pour l’invasion). Mais bien sûr, on leur fait comprendre «

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qu’on ne leur en veut pas, qu’ils obéissent aux ordres, et qu’en civil, ils ne risqueront rien à se promener à l’extérieur ».

Tout cela agace fortement le haut commandement allié. Ils ne sont pas venus en France faire du tourisme et passer pour des boy−scouts maladroits.

Alors, quand des renseignements convergents semblent indiquer qu’un gros centre de contrôle est situé en pleine ville, le haut commandement allié décide de faire un exemple. La ville est évacuée puis bombardée à 95 % le cinq septembre 2014. Les ruines fumantes du Havre ne seront pas oubliées lorsque l’heure des comptes viendra

Franck

23 / 02 / 2006, 19:33 FRANCK A la demande de mes premiers lecteurs, enfin des personnages

Réveil en musique pour Franck. Il ne se rappelait pas du tout ce morceau. Mais il lui plait, comme il lui a plût le jour où il l’a téléchargé puis installé dans son juke−box réveil matin. Il sait qu’il a jusqu’à la fin du morceau pour sortir des limbes. Ensuite, il devra se lever et cocher la case « réveillé » sinon ce sera la « terrible sirène ». Douche en musique, petit déjeuner avec les infos de FranceNet1 et retour devant son micro. Que va −t−il faire aujourd’hui ? Franck est célibataire. Il habite un appartement social de 16 mètres carrés dont le loyer est retiré sur son salaire. C’est un logement neuf, bâti en 2012, selon les normes de confort minimal définies dans les droits du citoyen français. Comme Franck en plus est un travailleur social sous tutelle de niveau 4 (niveau le plus élevé), son appartement était meublé et équipé selon ces normes. Il a pu choisir parmi une trentaine de styles et de couleurs différents ses meubles, sa kitchenette intégrée et sa salle de bain. Franck revient de loin. Il y a trois ans, il suivait encore les cortèges de manifestants pour saccager les magasins et récupérer quelques trucs qu’il revendait une misère le jour même pour s’offrir de l’alcool et

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des cigarettes. Pas de drogue cependant. Et heureusement pour lui. En échec scolaire en septembre 2011, (et arrêté en août), il a été parmi les premiers à qui on a proposé un contrat « école nouvelle chance rénovée ».

L’Armée, les matons retraités, les flics qui ne voulaient plus être sur le terrain, étaient les seuls à encore croire en cette solution pour « réintégrer » dans le système social la « racaille des banlieues ». A cette époque aussi, le gouvernement reconstitué au mois de mai précédent présentait un nouveau modèle global de société autours du Net à la française. Et ce programme anti−exclusion bénéficiait de nouveaux crédits, véritable bol d’air et latitude de moyens pour les « managers ». Franck se souvenait de son premier entretien sur le net avec celui−ci. (il ne l’a jamais vu). Quand il lui avait demandé « Que sait tu faire ? », il avait répondu « rien ». Alors, son manager avait simplement écrit « Tu seras donc polyvalent, mon gars ». Et depuis, chaque jour, il avait quatre heures de travail manuel, deux heures de cours d’informatique et de mathématiques, une heure de cours de « Français et citoyenneté », une demi−heure d’infos journalières obligatoires. Ensuite, il pouvait choisir en option deux heures de travail en plus et une heure de cours de spécialité. Ces options lui rapportaient des crédits−euros en plus à la fin du mois. Plus de crédits−euros, plus de distractions et l’assurance plus tard de plus d’économies pour fonder un foyer. Chaque centime « économisé » serait doublé ce jour là.

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Aujourd’hui, le premier emploi du temps proposé était « quatre heures d’installation de fibres optiques » à 15 km de là, puis repas, puis cours à partir de 14 h 30 jusqu’à 18 h. Il avait déjà appris durant ces deux ans à poser des câbles électriques. Poser de la fibre optique était une mission de confiance, il le savait. Surtout qu’aujourd’hui, il fallait se dissimuler pour le faire. Il accepta donc avec enthousiasme. Il fit bien. L’option d’aujourd’hui était particulière, inespérée même. Il allait travailler « pour son pays ». Ce soir, c’était « Mac do à 19 heures » et boite de nuit de 21 h à 2 h du matin. Et si il « levait » une américaine, il avait l’hôtel payé, avec petit déjeuner et la journée de demain payée « à se prélasser ». Si l’américaine quittait l’hôtel après 7 heures du matin, (elle serait donc en retard à l’appel du matin) il y avait une petite prime, à condition qu’elle parte avec une mine radieuse (pas le droit de la séquestrer de force). Cette prime dépendait donc du responsable de l’hôtel. Il valida aussitôt le choix proposé par son manager. Il était sept heures. Il attendit son plan de route pour rejoindre son travail. Cette solution permettait de ne pas avoir les transports en commun saturés le matin et le soir. L’imprimante ne mit que cinq secondes à le sortir au lieu de une minute habituellement. Franck n’en crut pas ses yeux. C’était juste un code, un modèle et une plaque d’immatriculation. Aujourd’hui , c’était GPS et grand luxe. Il avait droit gratuitement au « Modèle V », un rêve. « Merci chef » prit−il le temps décrire avant de filer à son véhicule. Il devait suivre le trajet imposé,

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mais il avait le droit d’être dans la voiture à l’avance et d’en profiter un peu avant de démarrer. Et il verrait les regards envieux des passants. Si tout le monde pouvait espérer un jour en profiter, la probabilité était assez rare et réservée aux bons éléments. Sinon une « promenade » coûtait assez cher.

Ce « merci » alla droit au cœur de Bernard. Il sut qu’il avait enfin réussi avec Franck. Quand il avait choisi de s’occuper de Franck, il avait été plus intéressé par le parcours très particulier de sa vie, loin d’être un fleuve tranquille, que par sa « côte ». En effet, Franck était classé dans les dix cas les plus difficiles du mois, et la prime pour son suivi et la réussite de sa socialisation était conséquente. Le bonus, c’est que Franck n’avait jamais touché à la drogue. Ce gamin n’était donc pas suicidaire et avait un petit coté réfléchi, même inconscient. Il est vrai aussi que, de par ce challenge, Franck était devenu un de ses préférés à suivre. Cet enfant violent avait la rage de réussir. Bernard avait du retoucher certains cours dés qu’il avait commencé à adhérer à sa formation pour accélérer ses progrès. Ensuite, dans le choix des missions, qui auraient du être orientées selon les goûts de l’individu, Bernard avait choisi l’éclectisme alors que Franck aurait pu déjà être un bon spécialiste. A terme, Bernard y perdait de sa productivité, donc des crédits−euros, mais Franck serait plus « complet ». Bernard avait insisté pour que son poulain fasse un sport de combat assez exigeant et Franck avait bien adhéré au taekwondo. Ainsi, une fois sa violence canalisée, Franck avait pu s’investir dans une formation plus ardue. Aujourd’hui, Franck

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aurait droit au meilleur, mais pas seulement pour ses beaux yeux. Bernard s’était levé une heure plus tôt pour choisir pour son poulain les meilleures missions disponibles. Car il avait su hier qu’aujourd’hui il pourrait attribuer à un de ses protégés un cadeau exceptionnel. Franck, intelligent, sportif, pragmatique mais cruellement sensible, aujourd’hui allait se tester auprès des filles, gonflé à bloc, confiant en lui, intéressé par sa mission, qui elle, était un élément de la stratégie de défense du territoire. Franck ferait merveille, il y croyait. Ce « merci » valait pour l’instant tous les euros−crédits du monde. Bernard alla prendre un café avant de préparer les cours de l’après−midi pour ses cents protégés. Il ne comptait pas ses heures et tous les euros−crédits économisés étaient pour sa future retraite dans un dom−tom. C’était son seul rêve, sa seule possibilité de jouir de la vie. Voir de belles choses et se sentir au chaud en plein air. Car lorsque Bernard quittait son poste informatique pour passer à la cuisine, il ne se levait pas de son fauteuil… roulant. Et il bénissait chaque jour cette société de plein emploi qui ne laissait personne sur le carreau grâce au télétravail dés que c’était possible. Sortant très peu de chez lui, il avait des aides pour payer son 4 pièces terrasse plein sud au dernier étage à Bayonne. Alors que Franck habitait Lyon Après sa mise à la retraite forcée (militaire) pour cause d’accident, Bernard ne pensait pas qu’il aurait pu à ce point être utile. En faisant sortir Franck ce soir là, il ne savait pas non plus que celui−ci allait jouer un rôle important dans l’avenir à cause de cette soirée là.

Manifestation tragique

24 / 02 / 2006, 00:39 Manifestation tragique.

Avertissement avant lecture

J’ai longuement hésité à mettre en ligne ce texte. Et puis, je le trouve tout de même indispensable pour expliquer « jusqu’où peut aller la guerre contre les majors ». La date n’est pas innocente, comme la plupart de celles que j’utilise. Elle rappelle bien sûr un fait similaire. Néanmoins, ce rappel n’est pas pour donner un avis sur ce qui s’est passé alors, mais juste pour dire que certains dérapages peuvent se produire, et que quelqu’un, venu manifester même correctement son opinion, prend un risque qui n’est pas anodin. J’espère parvenir à rendre un hommage à tous les Gavroches passés et futurs sans encourager de vocation. (A ce moment là, il y avait appel des collégiens pour aller manifester contre le CPE ) J’ai aussi choisi de ne pas trop coller à la réalité du fait divers « inspirateur » afin de ne pas rentrer dans la polémique du racisme, polémique inutile dans un sujet sur le DADvSI. De plus, un individu a beau appartenir à un groupe, le meilleur moyen de le respecter est toujours de le considérer comme un individu. En ces jours où la bêtise et l’horreur n’ont épargné aucune communauté dans l’actualité, je tiens

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à dire que la réduction d’une personne à sa couleur politique, sa couleur de peau, sa religion, son uniforme, son sexe ou même ses habitudes sexuelles est une négation de cette personne car elle est fondue dans une catégorie qui ne tient pas compte de son unicité. En cas de drame, cette réduction peut occulter l'hommage du à la personne elle−même et à ses proches. Le débat doit être différé par respect et pour qu'il puisse se tenir posément et efficacement. Même lorsque je critique un groupe politique, les américains etc…, je critique des actes ou des opinions que je juge contestables, mais je ne juge pas des personnes. J’ai aussi choisi 2008 au lieu de 2006 car on connaît le nom des responsables politiques d’aujourd’hui et non ceux de demain. Je ne peux pas accuser des personnes réelles d’actes futurs plus ou moins reluisants imaginaires, ni prétendre ou laisser supposer qu’elles en seraient capables. Néanmoins, si des personnes se sentent choquées par ce texte, je leur demande de me le faire savoir. Avec honnêteté de part et d’autre, il peut être possible de retoucher sans en changer le sens voulu, qui en aucun cas ne veut nuire à quelqu’un.

5 décembre 2008.

Tribunal de Versailles. Vingt sept internautes sont inculpés de « copie illégale » de fichiers copyrightés. Le plaignant, Home Vidéo a la part belle. A partir de

3 goct de données mises à disposition sur le net, l’amende encourue est de 3750 euros. Ce texte,

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initialement prévu pour des fichiers audio parle ainsi de « diffusion massive », alors qu’il s’agit de même pas un DVD.

Ce texte n’a pas évolué depuis 2006, date à laquelle la majorité de droite l’a fait passer de force face à l’opposition générale.

Depuis, les internautes en demandent la révision, mais le gouvernement de gauche préfère s’occuper de la lutte contre le déficit. Et, par erreur de calcul lui aussi, assimile le piratage à un manque de rentrée fiscale (TVA 22.6 ).

Les associations d’internautes se sont mobilisées et cette fois ne se contentent pas de faire du remue−méninges sur le Net. Le gouvernement n’en a plus rien à faire de ses discussions stériles où des petits merdeux se montent le bourrichon. Toutes les manifestations en faveur de la licence globale antérieures à 2007 étaient un prétexte à récupérer des voix. D’ailleurs, la licence globale n’est pas une idée uniquement de gauche. Et puis, certains n’en veulent même pas de cette licence, qu’ils appellent « la redevance bis ».

Ils sont prés de trente mille entre la gare de Versailles −Rive Gauche et le tribunal. Et seulement 300 mobiles et 150 CRS. Les mobiles ont des sections sur les grands axes, tandis que les CRS sont assiégés et font rempart autours du tribunal. Les noms d’oiseaux commencent à pleuvoir. Un peu différents

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que d’habitude. « Suppôts des majors ! » ça les a

surpris. « DRMerdes ! » ils n’ont compris que la fin. « P2PD », c’était homophobe, mais ça marche toujours pour exciter la troupe. « Les mules du PAF »

ils ont bien compris de travers

de base auquel à droit tout service d’ordre confronté à une foule en colère, bloquée 100 mètres avant le tribunal alors qu’elle voulait se faire entendre dans la salle d’audience.

Et puis l’assortiment

Dans les rues adjacentes, des manifestants, non internautes, mais bien décidés à en découdre, puis à profiter ensuite du désordre pour piller quelques boutiques, commencent à desceller les beaux pavés décoratifs des allées piétonnes.

Informé du désordre, le juge décide de reporter la séance. Les prévenus conduits à la sortie peuvent constater leur popularité. Le chef d’escadron décide de les évacuer afin que la foule se disperse. Il les fait monter dans un fourgon… C’est la méprise et l’explosion. Les premiers rangs sont poussés sur les barrières retenues par les CRS. Il y a danger de mort à les retenir plus longtemps, et il est inutile de les matraquer : ils ne peuvent pas reculer. A l’arrière, les CRS mettent les masques et tirent en catastrophe des grenades lacrymogènes un peu partout sur la foule pour la disperser, et surtout pour qu’elle cesse sa pression en avant. Mais le premier rang de CRS, non équipé de masque, lâche les barrières. Celles−ci s’affaissent. Chute des premiers rangs des manifestants, puis bousculades vers l’avant, autre direction de fuite. Des dizaines de personnes ne

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parviennent pas à se relever et sont piétinées. Les CRS les plus exposés se replient en désordre derrière les rangs de leurs camarades tandis qu’une première salve de balles en caoutchouc mitraille les manifestants. Les premiers pavés commencent à tomber sur les casques et boucliers et une centaine de jeunes cagoulés et casqués enfonce les rangs. Les manifestants non agressifs essaient de trouver refuge dans le tribunal, dont les portes n’ont pas été verrouillées. Ils sont repoussés par des CRS aux yeux rouges, ceux qui ont tout pris dans la gu…les insultes, le gaz puis les pavés. Un jeune homme s’appuie sur un mur dans le hall. Trois mahousses costauds l’entourent. On ne voit rien.

2 heures plus tard, le calme est revenu… dans la rue. Devant les nombreux micros, un colonel de gendarmerie explique qu’un jeune garçon de 22 ans environ est mort, en plus des nombreux blessés (137 dont 42 graves).

L’enquête a déjà commencé. Rien ne permet pour l’instant de dire que les traces de coups retrouvées sur le corps soient dues aux fonctionnaires de police qui l’ont entouré lors de son arrivée dans le hall. Il aurait pu aussi se faire ces contusions graves contre les barrières.

On recherche aussi des responsabilités parmi les organisateurs de la sécurité du tribunal pour cette journée qu’on aurait du savoir « à haut risque ».

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Entre cette date et la fin de la présence des majors en France, aucune autre plainte de téléchargement illégal ne sera prise en compte devant un tribunal.

Une défaite sans combat

24 / 02 / 2006, 14:36 Une défaite sans combat

Février 2016

La maîtrise française du Net et le pacifisme apparent de la population ruine tout espoir de retrait honorable des troupes américaines. Au bout de bientôt deux ans d’occupation, le nombre de morts est inférieur à ce qu’il aurait été si les soldats avaient été chez eux, en Amérique, où le nombre de tués sur la route, additionné aux meurtres en tout genre aurait fait plus de victimes dans les rangs. Néanmoins, le nombre de déserteurs est très important, surtout qu’on n’en retrouve qu’un sur dix environ. Dans les disparus, on compte aussi les taupes que les services de renseignement ont voulu infiltrer chez l’adversaire et qui ne donnent plus de nouvelles. Et impossible d’ébruiter l’affaire, comme il va bientôt devenir impossible de la cacher. Les familles sans nouvelles s’inquiètent et accusent leur gouvernement de leur «cacher des choses ».

En apparence, la France est un pays prospère où il fait bon vivre. Pour un haut responsable de l’état major, c’est un bourbier dans lequel on s’enfonce.

Le gouvernement fantoche en place paye aujourd’hui pour les deux cent mille alliés qui

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occupent encore le pays. Il n’a pas réussi à lever une armée ou à instaurer une autre police que celle qui est en place, et qui fonctionne selon ses propres règles.

Le « copinage » a aussi atteint les limites de la patience du pouvoir clandestin. Des hauts fonctionnaires nouvellement nommés ne touchent pas leurs salaires à leur banque. Des «erreurs » leur assure t−on. On rectifie, et deux jours plus tard, le compte s’est à nouveau volatilisé. Chaque somme donnée en liquide se retrouve prélevée sur un compte d’un autre haut fonctionnaire du gouvernement fantoche. Et les effectifs en place commencent à être «grignotés » ainsi petit à petit par ce harcèlement bancaire informatisé.

Les « immigrés » quittent à nouveau le pays. Leurs commerces ne fonctionnent pas car personne ne répond à leurs propositions d’embauche. Ils quittent le pays avec ce qu’ils avaient laissés en banque en 2011 et qu’ils n’ont pas dépensé à leur retour. D’autres moins chanceux, ruinés et sans travail s’inscrivent au « Soutien Social ». Ce service n’existait pas à l’arrivée des troupes en 2014. Ce n’est pas le gouvernement fantoche qui l’a mis en place. Il est apparu il y a six mois, et les « immigrés » ont reçu à leur domicile les conditions d’admission, et les possibilités de revente de leurs biens immobiliers, si ils veulent quitter le territoire.

Pour bénéficier du soutien social, il faut « − aucun bien immobilier − aucun revenu − aucunes économies − pas plus de 1000 crédits−euros

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de biens personnels » Aucun revenu, c’est bien le cas pour tous ceux qui n’ont pas intégré la fonction publique fantoche.

Les admis à ce soutien quittent leur région d’origine et rejoignent des ghettos nouvellement construits. Il n’y a aucune barrière et les conditions de vie y sont correctes. Sur place, ils choisissent une fonction qu’ils sont capables d’effectuer et touchent une rétribution pour celle−ci. Le logement est au prorata de la famille, et un loyer est prélevé sur le compte. Aucune vexation ne semble être faite à ces « vaincus »., si ce n’est qu’ils n’ont pas le droit aux voitures, mais doivent emprunter les transports en commun.

Le mandat des troupes alliées n’autorise officiellement pas à se mêler des affaires franco−françaises. Des militaires américains ont inspecté ces bâtiments et interviewé leurs habitants. La vraie peur de ceux−ci est de perdre ce que leurs ennemis viennent de leur offrir. Néanmoins, aucune trace d’humiliation ou de mauvais traitement n’est visible. Une section patrouille régulièrement et la vie semble normale dans ces camps de prisonniers où les habitants se réfugient volontairement.

Dans une maison investie « de force », les informaticiens ont pu constater que les personnes bénéficiaient du Net, mais que leurs fora étaient eux

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aussi spécifiques à leur condition. L’étude des programmes d’éducation pour les enfants ne donne pas non plus d’éléments pour comprendre comment fonctionne aujourd’hui la société française.

Le seul espoir de « progrès social » et d’intégration proposé aux habitant est « votre situation s’améliorera quand les américains seront partis » Eux−mêmes commencent à souhaiter ce départ, pour quitter la précarité. Néanmoins, ils craignent aussi une répression.

Les américains compte profiter aussi de ce regroupement géographique pour armer ces parias. Ainsi, si le désordre naît de leur départ, cela pourra justifier la volonté qu’ils ont eu à rester si longtemps. D’un autre coté, ils peuvent organiser la pression internationale contre eux pour être « contraints » au départ « prématurément » et rejeter la faute des troubles consécutifs sur les pays ayant souhaité leur départ.

Le 6 mars 2016, le drapeau mexicain flotte sur FORT ALAMO. La frontière a été enfoncée par 10.000 citoyens mexicains à bord de plus de deux mille véhicules. Cette opération a été menée grâce à des « amis » français pour faire réagir la communauté internationale sur l’impérialisme américain.

Contre−Attaque

26 / 02 / 2006, 21:54 Contre−attaque

Janvier 2009

Un informaticien télécharge le dernier clip de Madonna. Et sa bécane, équipée de Windows Vista se réinitialise. 5 minutes plus tard, l’ordinateur ne redémarre toujours pas, tandis que son modem clignote comme un forcené. Alerté, il retire le câble ADSL. Message d’erreur et Windows lui rend la main. Il rebranche le câble et la transmission reprend. Windows est à nouveau bloqué. Il débranche à nouveau. Puis il démarre son portable, lance son sniffer et rebranche le câble ADSL. Le résultat : avec l’analyse de trame, il constate que son ordi est en train de scanner le disque dur et expédie la liste de tous les fichiers ayant une extension multimédia à une adresse IP précise. Cette fois, il arrête son fixe. Et cherche à identifier l’adresse IP. Difficile. Il va se faire aider par ses camarades. Après moult recherches, il a l’idée de se reconnecter au site de téléchargement de son clip. Bingo, l’adresse IP recherchée appartient au même D.N.S . Un petit groupe va paramétrer une machine pour intégrer le réseau avec un statut d’administrateur.

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Les autres donnent l’alerte sur les fora. Le clip est téléchargé sur un disque externe. Au redémarrage du PC, ils le stoppent. Le disque externe est connecté sur un micro pingouin. Le clip est disséqué. Le rootkit identifié, et on parvient à détecter son login et son password pour écrire sur le serveur récepteur, celui qui va servir de preuve pour les majors afin d’attaquer les internautes en justice. Certains veulent hacker la bécane. Mais depuis les lois iniques de 2006, seules les majors ont le droit de pénétrer les disques durs qui ne leur appartiennent pas, et juste pour «vérifier qu’elles n’ont pas été spoliées ». Les autres risquent très gros. Les politiciens obnubilés par les modifications concernant le droit d’auteur n’ont pas touché à ce qui permet encore de «tenir» les internautes, à savoir quelques dispositions techniques qui avaient été discrètement introduites et dont personne d’important ne s’est battu pour en demander l’abrogation . On décide de relâcher le rootkit, génétiquement modifié. Sa signature lui assure le passage à travers tous les pare−feu dans les deux sens. Les antivirus le scannent et le laisse circuler. Au lieu qu’il reste accroché sur son fichier son, il est couplé à un organe reproducteur qui le colle dans les exécutables et les messageries. Et au lieu de renvoyer des listes de fichiers multimédia, il va renvoyer le contenu des répertoires de Vista, avec extension mp3, à peu prés 100.000 entrées de répertoire. Multiplié par le nombre d’internautes qu’il va infecter dans les douze heures avant de se déclencher, il va polluer les données déjà collectées et saturer le réseau de la major espionne.

Guerre contre les Majors

Le résultat fut au−delà de toute espérance. Mais le grand public ne sut jamais pourquoi tous les services internet mondiaux furent arrêtés durant deux semaines. Et malheureusement, aucun gouvernement n’osa poursuivre la major au « rootkit ». Les frais et parfois les terribles conséquences furent à la charge des victimes.

En France, les fora spécialisés parvinrent à faire comprendre aux militaires la cause de la propagation express. Les antivirus ne devaient pas tolérer de signatures du tout. Et on doit connaître les programmes autorisés à franchir les pare−feu. En Amérique, on sait aussi qu’il s’agissait d’un coup d’origine française. Mais ils ne pouvaient rien dire non plus. L’attaque « informatique » ne venant pas d’eux, ils n’avaient pas protégé leurs serveurs. Et ils ont perdu le coup d’avance qu’ils avaient en ayant imposé les DRM et en en étant les créateurs. Leur arme a été retournée contre eux avant qu’ils ne s’en soient servis. En France, la petite dizaine d’informaticiens responsable de la riposte fut mise au secret par les militaires. La prison ou l’engagement. S’engager, c’était aussi être protégé d’une « demande » américaine. Le haut gradé qui les reçut sut entre deux sucettes les convaincre. Le choix fut donc vite fait, surtout que le grade proposé n’était pas celui auquel on débute habituellement. Il faut dire qu’ils étaient devenus les vétérans de la première bataille numérique globale. Et ils ne le regrettèrent pas. Ils avaient accès à tous

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les moyens pour identifier les sites ennemis, et disposaient déjà d’une petite liste intéressante. L’équipe en place les accueillit avec le sourire et deux ans plus tard, ils étaient de hauts responsables de la nettisation militaire.

BRIAN

27 / 02 / 2006, 19:23

Mai 2015

BRIAN

Brian se réveille avec un troupeau de mammouths dans le crâne et leur langue dans sa bouche. A priori, il y avait trop de J.B dans son coca cette nuit. « Bon sang (« fuck » mais je traduis Brian en live dans le texte. Ca fera moins primaire niveau vocabulaire), mais je ne suis pas dans mon lit. Et ce n’est ni une chambre de nana, ni une chambre d’hôtel. La peur. "Où suis−je ?". La porte est fermée, il est prisonnier. Il y a un petit lavabo dans un coin. Brian se lave le visage, se rince la bouche. Pas de miroir, forcément. Au pied du lit, ses chaussures, sans lacet. Au mur, pas de fenêtre. Au plafond, une lampe inaccessible sous un plastique épais encastrée dans le plafond. Contre un mur, une petite table en pin et une chaise du même métal. "Maudits français". Puis, une pensée peu galante pour la fille qui lui a offert quelques verres. Il a été drogué, il en est sûr. Le temps passe. Le silence est oppressant. Assis sur son lit, Brian échaffaude 1000 scénarii. Il voudrait rentrer chez lui. Cette « guerre balade » tout d’un

Guerre contre les Majors

coup vire au cauchemar. Pas de montre. Brian se lève plusieurs fois pour boire de l’eau. Il commence à avoir faim et… il n’y a pas de toilettes dans la pièce. La porte s’ouvre alors qu’il comptait aller se soulager dans le lavabo. « Good morning Mister Oneyed." Que désirez vous pour votre breakfast ? Le ton est sarcastique, mais le français n’a rien d’un tortionnaire. Brian n’est plus, par contre, qu’un ado attardé. Oubliée la formation mentale de soldat . « Les toilettes s’il vous plait ? » demande t−il implorant. « Suivez moi ». Drôle de prison et drôle de gardien. On dirait un hôpital dont les chambres seraient fermées à clé. Brian apprécie de se soulager et c’est un peu ragaillardi qu’il retourne en cellule. Il y a un plateau sur la table et le gardien repart sans rien dire d’autre. Brian s’assoie sur la chaise en pourcekisuive , commence son repas et s’absorbe dans cette occupation qui lui permet de se reconstruire tout en passant du temps. Quand le dernier craquement de pomme est passé, le silence revient après un long soupir. Retour sur le lit. Retour du gardien. Et à nouveau l’ordre « suivez moi ». Passage aux toilettes puis Brian est conduit dans une petite pièce, avec vitre sans tain, table au milieu et deux chaises. La peur revient. Le gardien se campe dans un coin. Brian est assis face à la porte. On attend quelqu’un. Ce quelqu’un est bien sûr derrière le miroir. Il jauge Brian. Soit il fait l’affaire, soit c’est la guerre et c’est assez moche. Les ricains ne doivent pas savoir ce qui se trame contre eux. Et les prisonniers doivent être « utiles ».

Guerre contre les Majors

Le gamin semble résigné. Pas de rébellion, pas de panique. Il est prêt pour le dialogue.

Il passe de l’autre coté.

« Bonjour Mr Oneyed. Avez−vous bien dormi ? »

− bonjour Monsieur, soldat Oneyed Brian, matricule

079847692748.

− Soldat Oneyed ? Vous faites donc partie de cette armée d’occupation ?

Oui Monsieur !

Vous avez été capturé en civil. A ce titre, vous

n’avez pas tout à fait les mêmes droits. Nous pouvons vous fusiller pour espionnage. » Brian pâlit, s’effondre. En face, son interlocuteur voit

bien qu’il ignore tout de ses droits individuels en tant que prisonnier. C’est ce qui peut lui sauver la vie. « Néanmoins nous pouvons trouver un terrain d’entente. Si vous êtes prêt à coopérer, vous pourrez peut−être voir la fin de cette guerre . Je vous laisse y réfléchir. Au revoir » Brian est raccompagné à sa cellule. Il va y mitonner deux jours, sous surveillance permanente, avec un dictionnaire anglais français , une méthode assimil anglais français et un livre pour enfants ayant pour thème « Les aventures de Tom Sawyer » en français.

Il lui a fallu un quart d’heure pour comprendre et se

mettre au travail.

A

la rencontre suivante, Brian dit bonjour en français

et

tente une formule de politesse. Il n’y a plus qu’à lui

expliquer ce qu’on attend de lui. D’abord, il passe à table. L’interrogatoire est informatisé. Il répond à un panel de questions sur l’armée américaine, son rôle, ses origines sous forme

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courte. Puis question d’état civil. Evaluation de français. Tests psychotechniques. A nouveau

questionnaire de renseignement, avec des questions

se recoupant avec le premier, maths, informatique,

sciences…8 heures par jour durant 6 jours puis retour à la cellule.

Le

rôle de Brian va être de saper le moral des familles

en

Amérique, de dénoncer les abus courtelinesques

de

l’armée américaine en occupation, de critiquer les

DRM sur les fora… Mais au début, il traduira du français vers l’anglais pour les production audio−visuelle françaises à destination des troupes américaines (sous−titre ou doublage). Il travaillera en binôme avec un français dont il corrigera l’anglais, alors que lui lui enseignera les «

richesses » de la langue afin qu’il puisse les transcrire

en américain.

Bien sûr, il n’y aura pas de « direct » pour Brian. Si il tente de communiquer avec l’extérieur, il ira apporter à ses camarades la preuve que les français ne plaisantent pas avec les déserteurs qui sombrent dans la délinquance.

A aucun moment Brian n’aura l’impression

d’accomplir un travail forcé, tout à fait contraire aux lois internationales en vigueur. Et Brian fera partie de ces armes non létales qui mirent les américains à genoux.

Chantage en chanson ou ratage en rançon ?

27 / 02 / 2006, 19:32 Chantage en chanson ou ratage en rançon ?

Décembre 2008

Les majors américaines ont réussi à faire voter à Bruxelles le principe du « paye à chaque fois ». Ainsi, une œuvre filmatographique ou musicale, située sur CD, DVD ou disque dur ne pourra être visionnée ou écoutée qu’après paiement complémentaire.

Depuis deux ans, les lecteurs multimédia ont des prises éthernet afin de pouvoir être raccordés aux « box » internet individuelles. Une fois connectés, ces lecteurs se mettront à jour (bios) et débiteront, selon consommation, un compte pré−approvisionné par l’utilisateur. Même chose pour les micros reliés par internet.

Toute la musique, en vente à partir du premier janvier va fonctionner ainsi.

Trop, c’est trop. Suite à un mouvement d’internautes, les consommateurs se retrouvent dans la rue, puis décident de briser les « chaînes ». Cela commence par les chaînes Hifi et les CD DVD en vente. Dans

Guerre contre les Majors

chaque ville, des magasins de type FNAC ou megastore sont vandalisés. Au lieu de briser les cd et dvd, on y pulvérise de l’acide ou de la peinture, ce qui rend le produit impropre à la vente. Les forces de l’ordre sont débordées.

Sur le net, la réaction s’organise.

Primo, les fora parlent de désobéissance citoyenne.

Les DRM sont un danger. Il faut les éliminer à la

source, d’où saccage des lieux de vente. Secundo, il s’agit de contourner vraiment ces DRM. Et que tout le mode puisse le faire.

Il s’agit de proposer un linux pour débutant, car Vista

est trop plombé. Le truc qui permet de surfer,

d’utiliser sa messagerie, d’écouter des CD, de visionner des DVD, sans être emm… par les DRM.

Actuellement, Linux ne peut pas lire les DVD et les

CD pressés depuis le 1 juillet 2007. On continuait

sous Windows à faire sa petite copie perso au nez et à la barbe des majors qui recevaient les comptes rendus de leurs flics numériques, mais ceux ci ne leur servaient à rien, suite aux désordres de décembre 2008. Encore une fois, c’est le manque d’imagination

des majors (et la recherche du moindre coût )qui

fournira la solution. C’est dans la DRM que le lecteur de DVD trouvait l’adresse du premier secteur de musique ou de film non codé. Un petit programme de recherche dichotomique, en partant du 2° morceau de musique ou de film vers le début éventuel du premier morceau permet un démarrage en lecture de 40

secondes environ

Enfin, linux choisit au démarrage

une adresse mac sur 40.000 pour chacun des éléments

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constitutifs de la configuration PC. Ainsi, celui ci devient non identifiable par l’usage des variables mémoires testées par les fliqueurs (fuckers en anglais).

Le système pouvant tenir sur une clé USB de 256 mégas, le piratage sans risque revient à la portée de tous. Surtout qu’un petit pack d’extracteur de DRM pour mp3 est disponible. Le fichier mp3 obtenu utilise le code réservé à la musique classique, trompant ainsi les bits−flics. Entre les destructions et le boycott, les ventes de musique et de DVD baissent de 70% ce mois là .30% des enseignes saccagées font faillite dans les trois mois. En représailles, les majors licencient la moitié des vedettes françaises. On compte à partir de cette date un nombre plus important de chanteurs étrangers (belges, canadiens et africains) qui chantent en français, que de français d’origine.

Michel Sardou chante « Ne mappelez plus jamais en France, la France je l’ai laissée tomber… » au Japon, Jean Jacques Annaud devient garde forestier permanent du parc de Yellowstone, et Marc Lavoine joue dans « J’aime les OGM, j’aime les DRM, mais j’aime pas la bohème » , comédie de l’été en six épisodes grâce à RDDV devenu producteur de navets pour une grande firme internationale

VERA

28 / 02 / 2006, 20:53

Véra

Le lieutenant Vera Sanders se prépare pour sa soirée. Elle dispose d’un petit appartement réquisitionné en ville, duquel elle doit « comprendre » la vie des français. En effet, les américains ne comprennent pas cette passivité face à l’envahisseur. Ce job est agréable mais il n’est pas vraiment couronné de succès. Les français vaquent à leurs occupations mais ne parlent pas de politique, ni d’argent. « Tout va bien » semble être leur maître mot. Elle a pu constater que tous les cafés ont leur espace internet, mais qu’il est impossible d’être à deux pour consulter un écran. En effet, leur gestion bancaire, leurs achats de petits et gros matériels, tout cela passe par internet et ils doivent pouvoir accéder à leur courrier de façon confidentielle. Il y a aussi peu de magasins avec du matériel a vendre. Il est plutôt en exposition, et tout est vendu « livré » après consultation sur internet avec le vendeur. Et le vendeur−conseiller touche sa commission payée par le site de mise en ligne. Tout ce qui est encombrant est livré. En effet, et c’est flagrant, les français n’ont pas de voiture individuelle. Il faut prendre une location automatisée, avec tarif en fonction du modèle de la voiture. Et c’est assez

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onéreux. En contrepartie, il y a beaucoup de transports en commun et les livraisons, plus montage et enlèvement de l’ancien donne du travail , permet le recyclage et évite la pollution. Il y a aussi un service bancaire d’état. Les salaires sont versés de compte à compte (entreprise vers salarié) ainsi que les achats (acheteurs − entreprise). Les taux de crédits sont les mêmes partout (pas de concurrence) et l’état rémunère les comptes en fonction de la durée minimale d’économie. Les conditions d’attribution de prêt sont équitables et l’état n’a pas besoin de justice pour rentrer dans son argent. En nationalisant toutes les banques, l’état « jouent » à l étranger avec l’argent des français et n’a plus de dette à rembourser. Les impôts collectés ne servent dont pas à payer des intérêts mais les travaux réellement effectués. Et comme c’est du compte à compte, l’argent sort d’un coté pour être disponible de l’autre. Et que ferait l’entreprise de son crédit papier hors de la banque d’état ? Alors que placé, son argent rapporte un peu. En fait, son argent sert à prêter à d’autres et c’est lui qui récupère les intérêts. Car l’état ne peut faire comme bénéfice que la paye des employés et l’entretien des immeubles (réduits au nombre minimal grâce au télétravail. L’armée ? Non vue. L’état ? Non vu. Il existe un site mairie−préfecture pour les problèmes d’habitation et d’état civil. Pas de site sur l’assemblée nationale depuis 2011. L’état ne possède plus aucune entreprise dans le domaine de l’énergie, des télécommunications, de l’eau … alors que la peur de celles−ci avait été d’être

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nationalisées. Mais ces industries n’ont pas le droit de vendre leur production en France, hormis à l’état. Le citoyen de droit bénéficie donc de tout, et l’état lui facture directement en se servant sur son compte au tarif national. Par contre, il paie le prix de gros directement au « producteur ». Encore une fois « compte à compte ». Mais l’entreprise a le droit de vendre à l’extérieur et peut demander des crédits très avantageux pour se moderniser au lieu de lever des capitaux en bourse. A condition d’avoir le siège social en France, 80% de ces avoirs financiers en France et d’employer au total 50% de personnels français. EDF, GDF, Lyonnaise des eaux font donc toujours des bénéfices… à l’extérieur. Mais aussi AIR France International, ATLANTIQUE FERRIES et MEDITERRANEE VOYAGE. La SNCF comme les autres transporteurs intérieurs touchent une enveloppe pour le marché annuel et l’état s’occupe de la vente des billets sur internet. Par ce « compte à compte », l’état dispose de la masse monétaire globale, pouvant créditer les gens en fonction de leur travail et acheter à des entreprises …tout en gardant l’argent. Il s’agit de jeux d’ « écriture » que personne ne remet en cause puisque chacun à la possibilité de retirer la totalité de son argent, si il le désire. Mais qui voit les bilans ? Qui prend les décisions ? Impossible à déterminer. En tout cas, la confiance fonctionne. Depuis 3 ans et pour encore deux ans, les marins pêcheurs sont salariés et ne pêchent plus. Ils ont obligation de sortir en mer éviter que des pêcheurs étrangers viennent pêcher dans les eaux françaises. En effet, les petits

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poissons plus nombreux attirent les gros et les eaux françaises sont devenues les plus poissonneuses d’europe. Des pêcheurs britanniques, alliés des américains ont, comme les espagnols, tenté leur chance après l’invasion. Ils ont sombré, et on ne sait pas ou mouillent les sous−marins français. Pas de victime, car les pêcheurs français sont allés repêcher les braconniers, mais la leçon a été bien retenue. Vera est prête. Petit restau sympa, mais de standing, loin de la troupe. La présence américaine hormis elle est nulle ce soir et elle peut observer les clients français. La moitié a des vêtements de standing, mais manifestement une autre moitié ne devrait pas avoir les moyens de s’offrir ce genre de prestation. Le garçon lui glisse qu’ils ont des « chèques cadeaux uniquement valables ici ». C’est à la fois une aide de l’état et une récompense pour les classes laborieuses. C’est moralement mieux que des aides directes puisque les salaires et les revenus du patron sont justifiés par du travail, et que les payeurs des aides (l’état c’est nous) en profitent aussi. Manifestement, c’est le cas aussi en boite de nuit. Là, il y a beaucoup de compatriotes, mais Vera est venue pour faire connaissance avec un français. (« joignons l’utile à l’agréable»). Seule à sa table, Vera attire les regards, tandis qu’elle sirote lentement son cocktail sans alcool. Elle repère un beau mâle, un peu timide mais qu’elle semble intéresser, adossé au bar, seul lui aussi. Elle vide son verre d’un trait et le ramène au bar, comptant l’aborder sous un prétexte fallacieux. Mais il se jette à l’eau tout seul en premier « Bonsoir ! Vous êtes américaine non ? » .Un silence. « Glad to meet you, moi c’est Franck »

Nuit d'amour

01 / 03 / 2006, 00:34 Nuit d’amour

Franck et Véra sont dans la même chambre. Manifestement, si nous devions émettre des supputations sur ce qui est susceptible de se passer entre deux adultes consentants, motivés et en parfaite santé, ce qui suit n’aurait rien à voir avec les motifs de cette guerre, bien que, nous devons tout de même nous en assurer.

Franck en parfait gentleman propose le mode protégé. Cela n’altère en rien les performances quand les systèmes sont bien configurés. Ils ne vont pas être d.c.u .Véra, avec un sourire, prouve alors un début d’universalité de compatibilité de ports. Franck va pouvoir le constater . Multi usages pour multi standards la miss. Normal dans sa spécialité :

l’espionnage. A Franck de savoir composer une bonne constitution initiale avec des prouesses physiques. Très vite, l’interconnexion se diversifie, se complexifie, s’organise, ou se toutazimute tour à tour en série, en parallèle, en droit, en croisé, en simultané, par lots ou en continu.

Sur la couche iso plane une prima Vera, puis une Vera mante, une Vera−cible et qui Vera vibrera verra nvidia. Elle est prête à partager son chic associel avec son français au dico. (pour

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anglophones) .Les circuits s’échauffent alors que l’air vibre. Flux et reflux d’informations se mêlent dans un ensemble plus ou moins désordonné. Le dual core fait des merveilles même si les bus saturent. En regardant dans la glace au mur, on peut y voir un pingouin farceur croquer une pomme, un rootkit s’entortiller sur lui même, un multi support tenir sur la tranche , un pont suspendu, une passerelle, une bonne impression, une hard copy, un téléchargement sauvage, l’explosion d’une DRM, une grande tour vrombissante de JackyPC, le tourniquet infernal, un alunissage pas si sage, une enluminure, des digits agités, des octets qui hoquètent, des sites et des coms, des airs à zed, des rez déchaussés, des shows chauds,des vis cachées, des vis patinées, une distribution à cascade de pignons, des rivets et des primitives, une AP libre, des crackz, et des étincelles.

Lorsqu’ils retombent enfin, l’un et l’autre exténués, main dans la main, le capuchon, depuis longtemps devenu anneau leur promet de nombreux lendemains qui déjantent.

L'homme de l'ombre

01 / 03 / 2006, 22:22 L’homme de l’ombre

Paris 2010.

L’espionnage des adresses mac des hommes politiques ne fait l’objet d’aucun contrôle judiciaire. Une faille dans le droit français. Le seul à en connaître la réalité est le ministre de l’intérieur. Officiellement, cette cellule n’existe pas. Elle est à part des équipes classiques de veille sur le net.

Eux collectent des données sur des pseudos , des adresses mac, des boites aux lettres pour les plus virulents, pertinents ou dangereux pour la sûreté de l’état. Ils aiment bien se servir sur les listes de membre des foras… Ils piratent aussi les listes de pétition et font des recoupements (pseudos, fora usuels, évaluation activisme, tendance politique). Et leurs travaux filent vers une autre section, dite d’état civil… La CNIL n’a bien sûr pas besoin d’être au courant.

Il y a, en concertation avec la gendarmerie, des sous−sections spécialisées dans la pédophilie, le terrorisme, le blanchiment d’argent, les trafics en tout genre.

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Mais la Cellule Politique, comme la Cellule « Entreprises et industries sensibles » travaille à l’envers. On a les noms des politiques et on veut retrouver les autres éléments. Ensuite, on sniffe les flux entrants et sortants. Et pareil, on classe. Par politique, il n’y a bien sûr pas les deux millions de personnes impliquées électoralement qui sont traités dans cette Cellule. Mais par contre, de nombreuses vedettes, des journalistes entre autres gens influents ou médiatiquement importants en font partie. Le Ministre de l’intérieur y place un de ses meilleurs hommes de confiance … de l’ombre. Un peu plus que la quarantaine, taille moyenne, un passé de militaire (renseignements) exemplaire, un goût du secret et surtout une passion pour les outils informatiques et leurs fonctionnalités. Il sait croiser la carpe et le lapin pour trouver le dénominateur commun. A cela, il faut rajouter un sens de la droiture qui lui permet d’assumer ses tâches parfois à la limite de la légalité. « Mieux vaut que ce soit moi qui le fasse et pas un salopard car moi, je sais pourquoi je le fais ». Et une méchante habitude de porter très souvent une sucette à la bouche depuis qu’il a arrêté de fumer.

Petit tour des effectifs : 20 personnes . 1 chef, 1 adjoint, 3 équipes, changement toutes les 24 h. Un ordinateur par personne et 3 serveurs surdimensionnés. Dans chaque équipe, un programmeur pour les automates de recherche et la gestion des bases un

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spécialiste réseau, un spécialiste Web un spécialiste UNIX ,et un spécialiste people. Le chef d’équipe quand à lui est spécialiste renseignement.

Après trois jours d’adaptation, l’homme à la sucette constate que un député sur trois est compromis par le lobby des majors. Menace de plainte pour avoir piraté quelques DVD, visites « cadeau » d’artistes à des soirées de prestige, et même main baladeuse sur une choriste mineure. Sans compter les invitations à des spectacles et des avant−premières.

En plus, un important débat a lieu à l’assemblée pour recoller les morceaux de 2008 et 2009. Et les majors abreuvent leurs boites aux lettres de directives « expliquées », d’éléments de langage à avoir et bien sûr de consignes de vote.

Il en parle à son chef. Celui−ci avec un petit sourire lui demande de faire en sorte de court−circuiter le résultat escompté. Un petit geste pour la culture ne lui déplairait pas.

Durant quatre jours, les députés reçoivent, soit des menaces précises de dénoncer leur corruption si ils sont présents pour le vote, soit des conseils biaisés’ à l’inverse de la volonté réelle des lobbies. Et le 22 décembre 2010, l’impensable : un serpent de mer repointe le bout de son nez : La licence globale à nouveau « souhaitée » par le vote tardif de l’Assemblée alors que les majors y sont farouchement opposées.

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Ce qui permettra au ministre de l’intérieur d’être le « Deus ex machina » pour les majors et un gouvernement en difficulté un mois plus tard. Seulement cette fois, en ce début 2011, l’agitation sociale, sur le net est au plus haut. Et l’homme à la sucette a compris le rôle qu’il pouvait jouer dans un proche avenir.

Le Site Assassiné (ELSA et CHRISTIAN)

02 / 03 / 2006, 23:13 ELSA et CHISTIAN − LE SITE ASSASSINE

1 juin 2006

Elsa n’a que 20 ans. Et c’est un petit bout de chou adorable. A croquer. Elle est musicienne classique, sans emploi. Son instrument, c’est l’accordéon. Un orchestre à lui tout seul. Mais un peu trop associé au bal musette. C’est pour cela qu’elle est un peu oubliée. Et pourtant, sa chambre porte les stigmates de son talent. Les étagères sont pleines de prix remportés depuis sa tendre enfance. Elsa a une autre passion. (Malheureusement pas moi). L’informatique, et le net en particulier. Elle s’y était mise pour apprendre à mixer les films de famille avec sa musique. Cela fait depuis le 22 décembre qu’elle suit le feuilleton des lois « DADvSI ». Et elle est outrée. Outrée par l’outrecuidance des nantis dans le milieu musical. Outrée par les auditions parfois traumatisantes car elle doit subir parfois des réflexions à la limite du harcèlement sexuel. Enfin, en se promenant sur les sites, elle a appris le contenu liberticide des à cotés de la « protection » des artistes : Délimitation des territoires−marchés des grandes majors, étouffement de tout nouveau venu

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éventuel, main basse sur le net, presser le consommateur au maximum… Elle a vu comment des jeunes musiciens comme elle doivent galérer, à cause des vieux en place, à cause de la crise qui limite les subventions pour les spectacles populaires (il faut bien que plus malheureux qu’elle mange aussi), mais surtout parce que le système, gangrèné par le copinage, ne laisse que peu de place pour les autres (acceptés que si ils ont un très fort potentiel). L’accordéon est donc un « parent pauvre » mais elle s’en moque. Heureusement, ses parents gagnent bien leur vie et sont très fiers d’elle. Elle poursuit donc pour l’instant dans la voie musicale.

Et aujourd’hui, c’est un grand jour. Son petit ami, Christian, avec quelques bons camarades de son école, ouvre son site internet, avec forum, contre les lois DADvSI encore en suspend.

Le site annonce d’ailleurs fortement la couleur :

www.podzobi.org « La devise est : Ils veulent notre pognon. Ils n’auront que des gnons » Sur la page d’accueil, sa photo, comme animatrice modératrice. Ses yeux verts feraient damner un saint à eux deux. Mais son sourire, son petit nez retroussé, sa mèche rouge dans ses cheveux d’ébène coupés mi−court, ses petits sourcils rieurs, ses dents parfaites n’encouragent guère à la modération. Christian n’était pas trop d’accord pour cette photo, mais c’est vrai qu’en avatar, elle donne bien et que n’importe quel internaute sera motivé de lui répondre, et sera ravi d’un de ses messages.

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Il faut innover, et les fora existants sont nombreux. Christian et ses copains font « inviter » quelques forumeurs, alors que dans le garage de Claude ( le PC de podzobi.org est dans la pièce du fond en sous−sol) règne une joyeuse effervescence. Tout à l’heure, ce sera la fête. Après un peu de bousculade à l’inscription, les premiers sujets de lecture commencent à être commentés et les premiers dialogues se nouent déjà avec la bande de copains en admin. Quelques réflexions plus ou moins déplacées fusent sur la nana de la page d’accueil. Christian modère « à la hache ». Elsa met les choses au point sur un topic spécifique et rapidement, il n’y a plus de quiproquos, d’autant plus qu’elle participe avec pertinence aux débats.

Quelques pointures passent faire un tour et se réserver le pseudo : Paflechien, Tifétondu, Kidikoa, copyrail, Honnicroah, Ptroll…D’autres viennent et promettent de mettre un lien sur d’autres sites, leur blog… Les pizzas arrivent et les admins laissent les nouveaux membres s’amuser entre eux. Claude peste. Un intrus commence à semer sa daube. Des liens pourris. Il l’éjecte, après avoir récupéré son adresse IP. La réaction ne se fait pas attendre. Cette fois, l’attaque à lieu sur tous les sujets. Grossièretés, propos moralement répréhensibles, incitations diverses. Claude collecte le maximum de données pour virer les responsables. La liste est assez longue. Cela fait un petit moment qu’ils s’inscrivaient.

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Claude est obligé de bloquer les inscriptions. Puis quand les cafards envahissent les écrans des internautes, de tout couper pour nettoyer. C’est rageant. Il faudra une heure pour tout vérifier, et encore. Des liens au nom anodins renvoient sur des pages monstrueusement choquantes et barbares. Mais il y a eu jusqu’à 200 connexions en simultané. Pour un premier essai, c’est une belle consolation. Néanmoins, Claude décide de laisser le maximum à 50 seulement, pour pouvoir éviter une nouvelle attaque. Il est tard. On envoie un message à tous les membres inscrits pour présenter des excuses, et on bloque un certain proxy. Claude a une liste. « Mon oncle travaille pour la préfecture de police, sur le net contre les trafics de contrefaçon. Il pourra peut−être retrouver ces salopards. » En partant de chez Claude au bras de Christian, Elsa aperçoit ce père si cool avec son fils pour lui offrir tout ce matériel, discutant avec son oncle, un personnage à l’air peu commode avec ses cheveux courts et une sucette à la bouche. Elle envoie un grand signe de la main en guise de « Au revoir » et monte dans la 205. Claude et son père périrent dans l’incendie de leur maison cette nuit là.

Fusions chaudes

06 / 03 / 2006, 20:13 FUSIONS CHAUDES

Avril 2009.

Les lois anti−trusts sont abrogées par le sénat américain. Les plus grosses firmes mondiales fusionnent en deux camps en l’espace de trois mois dans tous les secteurs ( les industries gravitant autours du pétrole, de l’énergie, de la sidérurgie, de l’exploitation minière, de la chimie fusionnent avec les banques, assurances, fabricants d’automobiles, l’immobilier, le tourisme et bien sur l’informatique, le cinéma, la télévision, la radio, internet, la musique…)

La course à la conglomération de ces deux géants déstabilise les bourses mondiales et inquiète les gouvernements.

En effet, les petites entreprises sont absorbées puis fermées ou intégrées. Les taux de chômage, du cadre à l’ouvrier, explosent dans le monde entier. Des marques disparaissent brutalement . Les délocalisations sont amplifiées. L’inflation est relancée car les groupes empruntent massivement pour réaliser les acquisitions.

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Dans le même temps, les médias minimisent les conséquences par la censure et le mensonge. Les hommes politiques cèdent à la corruption ou à d’autres pressions des lobbyistes et les citoyens du monde sont plus préoccupés par la survie immédiate, la peur du lendemain, l’insécurité ou le prochain match de foot (selon cas personnel).

Des deux boules de neige qui ont lancé le mouvement, l’une se met à attirer plus fort que l’autre, et très vite l’écart se creuse. Encore trois mois et la World Company inventée vingt ans plus tôt est devenue réalité. Elle brasse la quasi−totalité de l’argent de la planète. La concurrence n’existe plus qu’entre petits revendeurs, qui achètent chez le même grossiste, au même prix sur internet, même quand il s’agit de produits frais. Les paysans produisent au prix imposé. Seules les marques du « bon camp » subsistent. Coca−Cola se frotte les mains.

La seule concurrence entre entités est la compétitivité de la production. Si un directeur ne veut pas être viré, si les employés ne veulent pas de délocalisation, il faut produire et accepter des baisses de salaire.

La peur du chômage, le fatalisme, l’apathie et la faiblesse des hommes politiques corrompus permet la prise en main du pouvoir par les 50 grands PDG, responsables chacun d’un secteur d’activité.

La seule opposition qui commence à prendre forme,

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de part le monde, est celle des chômeurs. Les grandes entreprises veulent bien diriger le monde, elles laissent aux politiques la gestion de la fonction publique et celle des impôts, qui permettent le train de vie de l’état, à condition que la totalité de l’impôt soit prélevée sur les individus et non les entreprises. Ensuite, l’état achète aux entreprises, au prix fixé, ses produits. Certaines « ristournes » seront fonction de la docilité des lois pour motiver les masses à produire et à enrichir la caste des entrepreneurs.

La France, comme le reste du monde, a subi ce tsunami économique. Mais elle est un pays avec beaucoup plus de fonctionnaires que ses voisins, et avec un passé politique considérable. Enfin, le goût du bon vin, du fromage et de bien d’autres spécialités culinaires n’est pas compatible avec la culture hamburger. Un rejet de la World Company se développe progressivement.

En avril 2011, le pays est au bord de l’émeute. Les 25 % de chômeurs sont rejoints dans la rue par les 70 % de smicards. En effet, après le smic jeune inférieur au smic normal jusqu’à 30 ans (formation permanente) et le smic vieux institué en complément de retraite pour une cessation progressive d’activité jusqu’à 70 ans lui aussi inférieur au smic normal, le gouvernement a l’intention de supprimer le smic (coût des fonctionnaires trop élevé) et de rendre concurrentiel entres employés le salaire avec une solution de « moins disant » pour occuper un poste

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précis.

Dans la rue, les CRS et les gendarmes mobiles refusent d’effectuer le maintien de l’ordre, même avec les primes promises. L’Armée n’occupe que les points sensibles vitaux. Elle n’est plus assez conséquente pour pouvoir autre chose. Les magasins qui n’appartiennent qu’à la World Company sont pillés. Dans les usines, seuls les bureaux de patron sont saccagés. La population ne s’en prend pas à « l’outil de travail ». Rétrospectivement, on s’apercevra que le mouvement de révolte a été « encadré ».

Les émeutes ne se passent pas que dans la rue. Les internautes les plus actifs politiquement et socialement se passent le mot pour provoquer des dénis de service sur tous les sites. Les serveurs commerciaux privés « tombent » , abattus par de pernicieuses commandes ou « croulent » sous les assauts de robots générateurs de requêtes.

Ce soir du 10 mai 2011, l’Elysée, Matignon ,l’Assemblée Nationale, le Sénat et 25418 mairies ou préfectures sont assiégés par une foule vociférante, mais non destructrice. Elle réclame la démission de tous les politiques.

La France sera aussi le seul pays à réagir ainsi jusqu’en 2017. Mais là est une autre histoire.

14 juillet en berne

07 / 03 / 2006, 20:01 14 Juillet en berne

14 juillet 2014. En ce jour de Fête Nationale, la « présence américaine » (pour ne pas parler d’occupation) dérange fortement. Elsa sait qu’aujourd’hui, elle a un rôle important à jouer pour ses compatriotes. Ce matin, après un petit déjeuner coquin avec Christian, elle s’est connectée avec son manager pour voir son emploi du temps de la journée. Bien sûr, elle et son accordéon sont « de service » toute la journée. Elle pourra ensuite se reposer deux jours si elle le désire. Et ses heures d’aujourd’hui seront payées double en crédit−euros. Elle sourit. Le restaurant où elle va jouer ce midi a une bonne carte. Elle mangera léger à 11 h et plus conséquent à 15 h avec le reste de l’orchestre et l’équipe du restau. Petite sieste. Infos. Et à partir de 18 h, kiosque à musique. 19h 30. Repas. 2 ° restaurant. Le bat blesse cette fois. Elle va jouer dans un palace fréquenté par les américains. Son visage charmant se fend d’une grimace sacrilège explicite. Mais elle est passionnée, et son engagement dans la net−république est total. Donc, si il faut distraire ces balourds envahissants (il ne faut pas parler d’envahisseurs, même si le jeu en leur présence est de garder les petits doigts raides),

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elle le fera. A deux heures du matin, elle devra animer une fanfare mobile dans les rues de la capitale. Avec la nuit du 13 qui a déjà été animée, elle aura bien besoin des deux jours suivants pour retrouver le teint de ses vingt ans. Son enfant sera gardée par la voisine, nourrice agréée de quartier, à partir de 10 h 30. Ce n’est pas la première fois, et autant que faire ce peu, les managers respectent le besoin d’habitude chez les enfants pour qu’ils ne soient pas déstabilisés. Ils ne peuvent avoir que 3 nourrices au maximum pour les suivre. Il lui reste une heure pour se préparer, mais elle décide d’aller passer une petite demi−heure de bonheur avec la petite, avant de commencer cette deuxième longue journée. Christian a la mine un peu sombre. Lui aussi doit avoir un travail déplaisant aujourd’hui. « Service d’ordre ». Il doit patrouiller à deux ou trois selon les heures pour repérer un éventuel « écorché vif » qui voudrait rappeler aux américains qu’ils ne sont pas chez eux. Il a quand même quelques tickets consommation pour se rafraîchir et « surveiller » de la terrasse d’un café après une petite marche. Les managers pensent à tout. Il n’y aura pas de défilé militaire cette année sur les Champs Elysées. A la place, il y aura l’arrivée du tour de France. Il n’y aura pas non plus de maillot jaune américain. Le dernier américain en course a raté un virage dans une descente dans les alpes. Ces freins ont cédé brusquement (un sabotage évidemment) . Si le vélo a heurté perpendiculairement la barrière de sécurité, le cycliste

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lui a fait un salto avant parfait dans le vide. La cime d’un providentiel sapin l’a réceptionné et les branches ont guidé sa chute en la ralentissant et en lui évitant de graves blessures. On recherche toujours celui qui a littéralement fait sauter les patins de frein avec une petite charge de plastique et un détonateur électronique situés à l’intérieur. Il a suffit d’un signal radio pour exploser les 4 patins au bon endroit. Cet attentat, le seul répertorié contre les non−invités, fait couler beaucoup d’encre outre−atlantique. En tout cas, pas de successeur à un certain prédécesseur (déjà objet de certaines polémiques en son temps) cette année. Le maillot jaune sauf surprise devrait revenir à un italien, et le maillot à pois restera français. Et le boudin, même pas pour les belges ! Il fait beau dans la capitale. Le peu de véhicules et la brise permettent de larges bouffées d’air pur revigorantes. Mais, si on entend de la musique ici et là, l’ambiance est à la torpeur malgré qu’on soit en fin d’après−midi. C’est un espagnol qui a gagné l’étape mais on sent que les cyclistes français n’ont pas appuyé sur la pédale. Peut−être pour ne pas trop se réjouir de façon patriote, ce qui pourrait entraîner des débordements. En effet, depuis la World Company, il n’y a plus de marques pour payer les cyclistes. Ce sont donc les régions d’origine des coureurs qui les sponsorisent, et ce sont des équipes nationales ou régionales européennes (par exemple l’équipe serbo−croate) qui courent, si ce n’est l’exception américaine, en tant que membre de l’OTAN. Elsa est ravissante dans sa robe de soirée.

Guerre contre les Majors

Plusieurs dragueurs lui ont d’ailleurs proposé de l’aider à porter sa valise. Mais elle ne confierait son accordéon à personne. Son sourire enjoliveur et désarmant la libère de ces empressés sans que pour autant ils soient déçus de leur rencontre. Arrivée au restaurant, elle mange un morceau avec le reste de l’équipe. Les plaisanteries vont bon train. Elle en connaît déjà deux ou trois et le courant passe bien avec les autres. Un compositeur leur propose à chacun une partition, pour faire découvrir à ses pairs sa dernière création. Il espère ainsi qu’ils l’apprendront, et que la prochaine fois peut−être ils pourront la jouer ensemble. Elsa y jette un coup d’œil et une cascade de notes l’emplit de joie. Le morceau est beau, bien qu’un brin nostalgique. Cette fêlure dans le cristal illustre ce jour de fête imparfait. Elle est prise d’un mauvais pressentiment qui la fait frissonner. Son voisin se fige un peu et elle lui adresse un sourire rassurant. Le monde redémarre.

La soirée se passe bien. C’est le moment du solo d’Elsa. Elle décide de changer son morceau. Puisque il y a des américains en surnombre, elle va leur montrer qu’elle connaît leur culture.

Elle joue un petit air de country qu’il lui avait plût l’année dernière quand elle l’avait téléchargé sur un site américain. Elle l’avait ensuite joué « à sa sauce » et ce soir, elle a envie de le jouer avec une intime conviction. Un bruissement de joie parcourt l’assistance dés les premières notes. Les français ne bronchent pas. L’ambiance monte de deux crans

Guerre contre les Majors

tandis que l’accordéon déverse son flot intarissable d’ondes positives. Il fait vibrer les verres, les murs, les cœurs. Les serveurs ont arrêté leur noria et tous les regards convergent vers cet ange brun qui les charme. A la dernière note, le silence se fait. Une seconde, deux secondes, puis un premier applaudissement timide, enfin une vrai salve de reconnaissance humaine, chaude, bruyante, où se mêlent les mains, les voix, les tintements du fer contre les verres, toute la panoplie de la joie. Elsa se retire timidement, après une révérence à son public enthousiaste et laisse la place au guitariste. Ce n’est pas son premier solo, mais elle est toujours un peu émue après.

Alors qu’elle se refait une beauté aux toilettes, une femme vient la chercher. Un homme l’attend dans le coté droit de la salle. Un admirateur sans doute,. Quand elle le repère et s’approche de lui, elle constate son visage assez fermé et ses vêtements sombres. « Mademoiselle, votre morceau n’était pas prévu au répertoire. Vous avez joué un morceau américain sans autorisation. Veuillez me suivre sans faire d’histoire » dit−il avec un fort accent étranger. Deux individus qu’elle n’avait pas vu venir l’encadrent par l’arrière. Un troisième prend son accordéon. Elle est poussée vers la sortie.

Seul à une table, un homme, un bâton en plastique dans la bouche, la voit sortir ainsi accompagnée et marmonne quelque chose dans le creux de sa paume.

Expulsion

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/ 03 / 2006, 21:24

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juillet 2002

Expulsion

6 h du matin. Les lueurs de l’aube n’ont pas encore l’intensité des gyrophares. Un bâtiment est assiégé par les forces de l’ordre, qui ont aussi investi l’intérieur. On entend des cris de femme, des voix d’homme, des pleurs d’enfant. Par l’entrée commencent à sortir, la tête basse, de pauvres gens, mal vêtus et agrippant fermement quelque objet contre eux, un grand sac à moitié vide, un nounours ou une poupée pour les enfants, une valise usée , un baluchon… On les fait embarquer dans des fourgons. A sept heures du matin, il ne reste que deux policiers surveillant un maçon qui mure la porte .

A quelques rues de là, Véra s’éveille. Une longue journée l’attend. Elle travaille à la mairie à l’état civil. Son travail l’intéresse peu dans ce morne département du 93. Elle doit bientôt être mutée à Lyon, sur sa demande. Elle y sera plus prêt des montagnes et de la mer…

L’enfant a faim. Il est plongé dans le noir depuis plusieurs heures, et sa mère ne vient pas le chercher. Il décide de sortir de sa cachette, dans un recoin du

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placard. Toutes les pièces sont plongées dans une semi−obscurité blafarde car les volets sont fermés. Malgré tout, il est possible de se diriger. L’enfant trouve un peu de pain dans la cuisine dévastée et quelques biscuits. L’eau est coupée. Il trouve aussi du lait et quelques fruits. Dans sa chambre, il retrouve quelques petites voitures éparpillées et il décide de jouer, en attendant que les autres reviennent. La lumière ne marche plus depuis longtemps. Mais il sait où sont les bougies.

Véra écoutait les informations. Manifestement, le gouvernement a décidé de reconduire à la frontière toutes les personnes en situation irrégulière. Il s’agit aujourd’hui de familles complètes, pas seulement d’adultes venus chercher du travail en France et qui expédient l’argent à leur famille restée au pays. Les femmes souvent ont eu un enfant en France. Elles pensaient pouvoir rester grâce à ça. Mais, inflexibles, les autorités sont prêtes à confier les enfants nés en France aux services sociaux et à expulser les parents. Ceux−ci préfèrent alors repartir avec leur enfant et tenter de revenir plus tard. A la mairie, Véra en voit chaque jour de ces familles qui demandent à être naturalisées. Mais les dossiers stagnent sur des bureaux surchargés, avant d’être tamponnés « NON » quand la date commence à être dépassée. Elle sait que dans la situation actuelle, la France ne peut plus jouer son rôle de terre d’accueil. Et elle sait aussi la cruelle misère de beaucoup dans son quartier. Beaucoup de sans−papiers sont fatalistes, même si ils se forcent à faire croire en un espoir. Pour eux,

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chaque jour passé en France est un jour de gagné. La situation est bloquée dans leur pays. La sirène des pompiers l’affole un instant. Elle peut voir les flammes entourer un squat, pas loin.

Dés les premières fumées, un voisin a donné l’alerte. Après moult vérifications et ayant obtenu l’escorte d’une patrouille de police, un véhicule de pompiers est intervenu. Le brigadier ayant trouvé la porte murée a brisé les volets sur une fenêtre latérale au plus loin des flammes et est entré. Le feu avait pris dans une chambre d’enfant. Etonnant, puisque le squat était désert. Mais une enquête serait menée ultérieurement. Le véhicule étant insuffisant, les pompiers rejoignirent leur véhicule pour demander du renfort. L’enfant en profita pour sortir du bâtiment sans être vu. Il ne voulait pas être battu pour sa maladresse.

Le film terminé, Véra va se coucher. Un dernier coup d’œil par la fenêtre et elle commence à descendre le volet roulant. Elle voit la petite silhouette sur le trottoir, manifestement égarée. Un enfant. Elle en est sûre, il a l’air vraiment trop jeune pour pouvoir être seul sans danger. Elle termine de baisser le rideau, y réfléchit à deux fois, et … décide d’intervenir.

Le temps de descendre, l’enfant a disparu. Elle court au premier carrefour. Il est là, dix mètres plus loin. Elle s’en rapproche. Il se colle contre le mur.

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Elle lui parle alors doucement, pour savoir son nom, où il habite… L’enfant éclate en sanglots. Elle le serre contre elle, pour le réconforter et doucement le ramène chez elle.

Elle l’assied dans le canapé. L’enfant est sale, en pyjama. Mais il n’a pas l’air d’avoir subi des mauvais traitements. Son premier réflexe est de vouloir appeler les services sociaux. Néanmoins, avant, elle veut en savoir plus. L’enfant parle très mal le français. Il a peur, il a faim. Malgrés tout, elle parvient à reconstituer les douze dernières heures de l’enfant. Après le reportage vu à la télévision, elle sait ce qu’il risque : la DDAS ou la misère. Cet enfant ne semble pas faire l’objet de recherches pour l’instant. Elle va laisser passer quelques jours. Si personne ne le cherche, elle va lui construire une identité avec les moyens de la mairie d’ici. Et lorsque elle aura déménagé, tout le monde pourra la voir arriver avec son enfant. Même noir, pour elle, c’est déjà le plus beau. Véra ne voit pas la peine d’une mère ou d’un père qui a oublié ou a été séparé de son enfant dans l’affolement d’une descente de police. Elle y voit un signe du destin, pour elle, qui fuit les hommes depuis qu’elle sait qu’elle ne peut pas avoir d’enfant. L’enfant s’est endormi, rassasié. Elle le regarde déjà avec tout l’amour d’une mère. « Dors, mon petit Franck, dors. Je veille sur toi. »

Fils de héros

09 / 03 / 2006, 23:54 Fils de héros

Septembre 2014

Alexis finit son petit déjeuner. Aujourd’hui, il s’est levé plus tôt, et il est heureux. Il a neuf ans et c’est la rentrée des classes. Il a eu trois mois de vacances au lieu de deux car en juin, les classes ont été fermées dans toute la Bretagne et la Normandie. Il y avait les américains qui débarquaient. Il les avait vus de derrière sa fenêtre, alors que sa mère ne surveillait pas. Il savait pourtant que c’était interdit. Il y avait des chars et des hommes qui marchaient derrière. Et son père était sorti en « mission » à la terrasse du café pour les regarder passer. Il en riait encore de les voir courir, dégoulinant de sueur avec tout leur équipement sur le dos, se cognant les uns aux autres au moindre ralentissement car ils regardaient en l’air , apeurés à l’idée d’un tir de sniper à partir d’une des si nombreuses fenêtres, et repartir sous les aboiements de leur chef d’élément. Et lui commandait de larges bocks de bière fraîche (sans alcool) et trinquait à leur santé. La guerre psychologique avait commencé et à tous les cafés, les fantassins lorgnaient déjà sur la tentation de laisser tomber leur mission.

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Puis il y avait eu des vacances raccourcies à la mer. Son père avait plus de travail, et quand il avait demandé « tu vas encore au café ? », il avait ri, mais bien vite repris sa mine sombre. Durant les vacances, il voyait ses petits camarades quatre heures par jour, et encore pas tous, car chacun partait à la mer à son tour. Ils étaient au complexe éduco−sportif et suivaient les activités souhaitées. Puis au retour, il y avait les devoirs de vacances et les infos, avant de pouvoir jouer librement dans la chambre. Aujourd’hui, il allait suivre un film d’histoire, puis un documentaire. Il irait ensuite à l’école, où avec le maître, ils allaient reparler du film et du documentaire. Puis, après le repas à la cantine, et la pause d’après manger, il y aurait cours de Français et de maths. De retour chez lui après une petite collation (prise à l’école), il aurait un petit résumé à lire, puis des exercices portant sur ses cours. Après son petit quart d’heure d’informations, il serait libre de son temps. Il pouvait aussi choisir d’aller pratiquer une activité sportive ou une activité artistique. Il avait droit à une activité impérativement pratiquée toute l’année et des « ateliers découvertes ». Comme beaucoup de ses copains, il faisait du foot, mais il était bien intéressé par faire un peu de karaté et d’ « informatique amusante ». A 18 h 30, il serait disponible pour être avec soit sa mère, soit son père, soit les deux. Cette petite vie d’enfant de son âge, en France, en 2014, allait être malheureusement perturbée aujourd’hui.

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Sa mère vint le chercher à l’école. Ils prirent une voiture pour aller à l’hôpital. Devant une porte, il y avait deux soldats américains. Son père était derrière, allongé, méconnaissable sous les bandes blanches. Il semblait dormir, mais sa mère pleurait. Certaines bandes étaient tachées de rouge. Alexis prit la main de son père, la trouva lourde et froide et alla pleurer contre sa mère. En sortant, il donna un coup de pied dans la jambe du garde. Celui ci se crispa, puis s’écarta honteux. Sa mère le tira en arrière et l’entraîna vers l’ascenseur. « Ton père est un héros » lui dit−elle comme pour le consoler. Trois jours plus tard, à l’enterrement, il y avait toute la famille, quelques amis de son père et un monsieur étrange. Ce monsieur, avant de partir, prit deux sucettes dans sa poche, lui en offrit une et lui dit la même chose.

Prise du Net pouvoir

10 / 03 / 2006, 23:48 Prise du Net Pouvoir

« Déclaration de politique générale de la net république » « Alors que les citoyens assiègent le pouvoir en place pour le faire tomber, la Net république vient de prendre le contrôle virtuel des entreprises et de la fonction publique. En effet, celles ci ne peuvent plus fonctionner sans passer par les serveurs et proxy des FAI et de France télécom, matériels que nous contrôlons totalement. La net république est aussi un gouvernement collégial avec une gestion par cercle et des commissions par domaine. Elle réunit des techniciens, des décideurs et des gestionnaires. Tous ont le souci de la «Res Publica». Durant deux ans, nous avons débattu d’un système équilibré, au plus prés du citoyen, et pour le citoyen. Les représentant et décideurs sont responsables devant lui. A leur niveau, corruption et enrichissement personnel seront sanctionnés comme fautes envers l’état ( et non la société) et passibles de peine supérieure à dix fois la même peine pour un simple citoyen. Ceux qui ont débattu sont des citoyens de sensibilité diverses qui ont été « recrutés » sur les fora pour leur implication personnelle et leur altruisme. Ils sont une bonne représentation de la société d’aujourd’hui, car ils ont aussi recruté des

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personnes qui dans un premier temps n’avaient pas accès à l’information dans les couches les plus défavorisées de la population. Les responsables et adhérents actuels de la Net république doivent aujourd’hui rester anonymes afin

de ne subir aucune pression dans leurs travaux. D’ici un mois, une frange de ceux−ci deviendront publics pour informer la population et débattre des choix aujourd’hui imposés… » Après cette introduction un peu pompeuse, cette déclaration annonce les mesures immédiates de fait. De plus elle appelle à la coopération et à l’adhésion de tous, enfin presque. Tous les cadres à bénéfices sont exclus de la pompe à fric nourricière.

.

Primo : Le secteur privé est nationalisé. Il ne restait qu’une méga−société présente sur le marché. Ce monopole devient régalien. Tous les salaires demeurent au moins en l’état. Des revalorisations seront effectuées sur les plus faibles pour atteindre un minimum décent pour chaque travailleur. Il est amusant de noter que le capitalisme extrême n’a laissé qu’une seule et même entreprise, avec des milliers de propriétaires virtuels (actionnaires) mais aucun réel. La nationalisation est donc un moyen de permettre que la consommation alimente directement l’état qui peut ainsi organiser l’extension de l’ensemble de la société et la répartition des bénéfices sur les citoyens. La "pompe à fric" fonctionne pour la collectivité plutôt que pour quelques uns. On supprime du coup toute la gestion du droit du travail, des impôts afférents aux entreprises etc et on peut faire une vraie distribution adaptée au lieu qu’il y ait

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une concurrence dumping ou ensuite une offre réduite et des prix excessifs comme la World Company pouvait faire. Le lit du collectivisme a donc été fait par le libéralisme, car il ne se trouve plus personne pour regretter la World Company.

Secundo : Au titre du primo, les fonds du secteur bancaire passent dans les caisses de l’état. Les crédits négatifs passent à zéro tandis que les montants actuels sont gelés et garantis. Sont également gelés tous les crédits et tous les prélèvements pour le premier mois. Ce mois−ci, chaque citoyen recevra une somme égale à trois fois le salaire moyen. Personne ne sera lésé. Cet argent permettra l’achat des services et de la nourriture du mois. Les non titulaires de compte recevront eux aussi la même somme. (Ainsi, l’état n’a plus de remboursement au secteur privé à faire et donc envolée la dette, orchestrée depuis des années avec la complicité de certains politiques au pouvoir. Le citoyen lambda lui ne va pas retirer de son compte tout son argent, puisque on lui en donne. Donc, pas de panique. La confiance peut régner. Le citoyen riche ( un très petit nombre :

merci la World Company) a lui son argent aux Caïman. Il va donc quitter le pays car, plus d’affaires possibles et impossible de vivre, pour lui, comme un citoyen ordinaire.) Nota : la propriété privée (domicile, voiture, bijoux) n’est pas touchée. Le principe du bien acquis demeure.

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Tertio : Toute personne prise à frauder, voler ou détériorer les biens publics ou privés dans cette période difficile sera emprisonnée sans délai dans l’attente d’un procès ultérieur. (No comment : il faut bien un minimum d’ordre.)

La société va s’organiser autours du Supra Internet. Le Supra Internet est un ensemble de techniques nouvelles pour gérer la société de manière sécurisée par rapport à l’internet d’aujourd’hui (techniques secrètes permettant la prise du pouvoir sur le net et la défense de celui−ci contre l’extérieur). Chaque citoyen va pouvoir, grâce à une gestion informatique poussée et l’usage des forums, des messageries et de la vidéo−téléphonie trouver sa place correspondant à ses capacités et à ses aspirations dans la mesure du possible. Ce possible dépend de chacun d’entre nous. Néanmoins, il n’y aura aucun laissé pour compte. Le droit au logement est un des premiers impératifs.

La démocratie sera électronique et la concertation permanente. A ce titre, des postes informatiques vont être distribués à chaque citoyen de plus de 6 ans. Chaque acte du citoyen pour l’état sera rétribué, dans le cadre d’un travail régulier ou non, à titre normal ou exceptionnel. Les gens sans travail toucheront un minimum décent sous condition de disponibilité immédiate. L’action portera vers le plein emploi pour que chacun puisse jouir de ses revenus sans

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impression d’assistanat.

L’état financera ces mesures avec les fonds récupérés dans les banques nationalisées. Les impôts seront retenus « à la source » et la consommation des citoyens enrichira l’état, ce qui lui donnera les pouvoirs d’agir et de faire jouer la solidarité nationale. Tous les fournisseurs de services ou de bien toucheront des euros−crédits leur permettant d’acquérir pour eux−mêmes bénéfices de services ou de biens personnels. ( réaffirmation de la propriété privée). En définitive, une dizaine de milliers de personnes remplaça donc dans un premier temps à peu prés le centuple. Le premier mois fut donc celui de la mise en place des méthodes étudiées et la formation express de la population. L’argent distribué à flot le premier jour permit d’éviter une casse qui aurait été bien plus préjudiciable. Les citoyens voulurent aussi défendre ceux qui venaient de leur redonner un espoir. Si rien n’était encore réglé, on chanta plus « le petit vin blanc » que « La Carmagnole » ce jour là.

Epuration idéologique

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/ 03 / 2006, 18:39 Epuration idéologique

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mai 2011.

La population semble accepter la mise en place de la Net république. Les premiers cours de net−civisme sont accessibles en ligne et les gens répondent aux questionnaires avec enthousiasme. Toute la population ?

Non, bien sûr. La gauche et l’extrême gauche confondent le nouveau régime avec un communisme moderne. A part que… les partis n’existent plus. On se fond dans des comités de discussion après les heures de travail. Et il s’agit de construire une société pour tous dans les moindres détails.

Il faut dire que la première mesure de rétorsion de la World Company a été de supprimer la diffusion de programmes en langue française. Les artistes français désirant poursuivre leurs activités avec leurs majors quittent le pays. Las, dans quelque mois, réduits au marché canadien et africain (bien moins rentable), ils vont être virés en grand nombre. Les autres investissent les studios, mais la télé est devenue bien amateur et un grand nombre de programmes ont été détruits par des employés zélés (qui seront bien mal récompensés).

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Donc, la télévision n’est plus un média très suivi ( fait peut−être un peu voulu par le net−gouvernement), et le web attire tous les publics, surtout que des milliers d’ordinateurs sont distribués.

Il fait aussi très beau en ce mois de mai. On discute ferme à la terrasse des cafés grâce à la largesse du net−gouvernement pour compenser la fermeture momentanée du système bancaire.

La droite se scinde en deux. Ceux qui lui faisait confiance, mais qui modestes, n’en tirait que des peurs du pire de l’autre camps et ceux qui se remplissaient les poches. Etonnamment, on voit partir les seconds pour l’étranger ayant vendu leur bien à l’état un bon prix. Cela choque certains, qui auraient voulu danser sur les cendres fumantes des « châteaux » mais ces biens sont rapidement investis par de nouveaux occupants, bien plus nombreux et démunis au départ. Les jardins en souffrent un peu quand il y en a, mais voir une cinquantaine de « Sans Domicile Fixe » dans l’appartement d’un ancien ministre des finances calme la fureur populaire.

Il reste pourtant une petite minorité d’ «incasables». Leurs employeurs s’en vont les poches pleines, mais eux n’ont rien. Ils étaient là pour terroriser, casser du beur, du nègre, du juif, de l’étudiant, du gêneur… Impossible pour eux de s’adapter à un monde de moutons. Ils sont supérieurs à tout le monde eux. Et leurs tatouages sont bien

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encombrants de toute façon.

Partir ? Certains ont essayé. Ils ont été refoulés.

Alors, en cet après−midi, ils se sont donnés le mot pour aller tout casser à la capitale. 3000 enfants du Reich vont manifester pour eux aujourd’hui. Ca va saigner. Malgré leurs petits groupes, leurs portables, leurs blousons sous lesquels ils cachent des armes, ils tombent tous dans le piège de la place de l’arche de la défense. A peine sortis du métro, ils sont anesthésiés comme des bêtes sauvages : à la seringue tirée à distance. Si quelques uns font demi−tour, ayant

échappé à la première salve, ils tombent dans les filets d’autres membres des forces de l’ordre. Ils sont alors ramenés sur la place, fouillés, dépouillés, et à leur réveil arrêtés en bonne et due forme. Embarqués dans de sombres fourgons pour une destination inconnue, ils subissent le sort des vaincus. L’un d’entre eux, au cours de son arrestation, déversa un torrent d’invectives à un civil qui se tenait là, semblant satisfait de l’opération, bien que gardant l’air sombre. Peut−être songeait−il à ces deux petits tas de cendres, dans un garage, ramassés quelques années plus tôt, dans lesquels on avait trouvé des fragments d’os et de dents. Pas besoin d’éprouvette pour se douter que ces petits tas, qui au moment de l’incendie auraient du pouvoir quitter les lieux s’ils n’en avait été empêchés, étaient les restes de sa famille.

» lui cracha le

« Fout toi ta sucette dans le c

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nazillon avant de se prendre un bon coup de matraque dans l'occiput. « On va se revoir, et tu seras moins fier » sembla t−il lui répondre en le fixant d’un regard inquiétant alors que deux gendarmes l'emmenaient vers les camions, le traînant sans ménagement, tirant chacun sur un bras.

Supra Net

13 / 03 / 2006, 00:19

Avril 2008

Supra Net

« Bonjour messieurs et… veuillez m’excuser, madame, Je vais vous présenter mon nouveau projet : le supra Net.

Comme son nom l’indique, je le situe au dessus du Net tel que nous le connaissons aujourd’hui. Et cela pour deux raisons :

Primo : Il peut contrôler le net normal. Secundo : Il profite du net normal pour fonctionner sans que quelqu’un non possesseur du programme spécifique ne puisse le soupçonner.

Il fonctionne comme un parasite qui peut prendre le contrôle de son hôte en cas de besoin. La recherche sur ce supra Net, doit donc porter sur 3 axes

− La dissimulation − l’intrusion − la prise de contrôle

Le supra Net se situe au même niveau que le net normal : dans les serveurs, dans les voies de communication et au sein des stations clientes. Tout programme du monde du net normal ne doit pas être

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capable de détecter le Supra Net. Dans les voies de communication, le supra−net se déplace au sein des trames normales. Il modifie 1 octet au hasard et ensuite « code » ses 0 et 1 dans les bits de parité. Les trames qui circulent véhiculent un peu plus d’infos sans s’en rendre compte.

Sur disque dur, les espaces dévolus au supra Net sont situés dans des espaces considérés comme détériorés (secteurs défectueux) par le système d’exploitation, mais non référencés par les utilitaires vérifiant l’état des disques. Il peut utiliser aussi les secteurs utilisés de façon incomplète par le système d’exploitation. Le pire (ou le meilleur): Le supra Net peut utiliser à l’insu du système des dll lui appartenant. Cela évite de « retaper » du code, et les lignes de code propres au Supra Net sont moins nombreuses, donc moins visibles. Le supra Net ne modifie pas les programmes du système infecté. Il se contente d’en modifier la teneur des échanges quand il veut en prendre le contrôle. Ainsi, un scan des fichiers ne permet pas de détecter une modification des fichiers originaux et ne concerne pas les espaces non utilisés par le système (ou considérés défectueux)

Enfin, un programme supra Net doit pouvoir être expédié en petits modules et se retrouver prêt à fonctionner avec un jeu minimal de modules. De plus, ces modules, agencés différemment, doivent pouvoir être réutilisés pour d’autres actions.

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Cela nécessite : De bien connaître les systèmes d’exploitation à infecter (même si le supra Net doit être « portable »), de gérer une fat parallèle tenant compte des spécificités des trous de gruyères utilisés, et d’inventer des petits modules autonomes et assemblables.

Enfin, le supra Net doit fonctionner en même temps que le net normal, et pour les serveurs ou stations clients, en arrière plan en mode infiltré.

Aujourd’hui, ma première version de supra Net permet d’espionner une machine distante sans que le possesseur puisse s’en douter puisque les infos ne me parviennent que lorsque l’utilisateur demande lui−même une émission. Le pare feu ne refuse donc pas une sortie autorisée. Elle permet aussi, à quelqu’un qui utiliserait cette même machine , mais avec le code approprié, de pouvoir recevoir des pages html différentes que celles reçues par l’utilisateur habituel. Ainsi, les données du supra Net peuvent cohabiter avec les données du web normal sans qu’un non autorisé puisse les consulter.

Il y a encore quelques petits progrès à faire pour l’intrusion et la prise de contrôle en toute opacité.

Avant de rentrer plus avant dans la technique, y a−t−il des questions ? »

− Professeur, avez−vous utilisés ces principes lors de

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la programmation de DRM quand vous travailliez pour une des grandes majors ? − Non. Les principes m’en sont venus pendant l’élaboration de celles−ci , quand je devais étudier le moyen de pénétrer un système et de rapatrier les données souhaitées. Mais mes employeurs n’étaient pas pour faire une œuvre d’art. Tout ce qu’ils souhaitaient était très primaire. Pénétration comme un virus, mais comme cette pénétration était autorisée par le pare−feu du système, autant le faire rentrer par Outlook. Ou le lecteur Windows média quand il s’agissait de lire un CD musical ou un film.

Ensuite, un scan progressif peu rapide et une expédition lente. Ainsi, l’utilisateur lambda n’avait rien remarqué. Mais une simple analyse des programmes et services en cours l’aurait montré si encore une fois Windows Vista n’avait pas occulté l’information. Le patch « correcteur de sécurité » sortait un mois avant la DRM, DRM commercialisée

à prix d’or aux majors de la musique et du cinéma qui

répercutaient alors à moitié sur les consommateurs et

à moitié sur les artistes. Après tout, c’était pour protéger leurs œuvres, n’est ce pas ?

− Et aujourd’hui, pourquoi nous proposer votre

projet ?

− Vous êtes le seul pays qui n’a pas encore condamné

sévèrement un internaute et qui agace profondément mes anciens patrons. Et puis, votre camembert et vos vins sont les meilleurs du monde… »

Guerre contre les Majors

Dans l’assemblée, un homme ne regrettait pas ses vacances à Disneyworld. Si le projet de cet excentrique était mené a bien par une équipe française, déjà bien avancée grâce à quelques acquis et quelques développeurs émérites, tout le contrôle ennemi, basé sur les DRM modifiées était caduque. Caramel ou citron ? Il lui fallait être prudent. Et surveiller d’éventuelles caries.

Enrôlé

13 / 03 / 2006, 18:52

Enrôlé

Avertissement avant lecture

Le petit bijou technologique décrit a été en partie réalisé. C'est la synthèse mini équipement − liaison haut débit et machine virtuelle sur méga calculateur qui peut être une sacré idée pour demain (plus besoin d'avoir des processeurs individuels surpuissant, des méga disques durs (que la Sacem−Socorep espère bien taxer un jour où l’autre) etc )

Sonnerie de clairon dans l’appartement de Franck. Réveil en sursaut. Agressivité maximum. Qu’est qui lui prend à ce #@[& d’ordinateur ?

Et sur l’écran, la mine réjouie de Bernard, son tuteur étale son demi cercle de dominos.

« Debout Franck, il est 14 heures »

« Mais chef, j’ai ma journée de libre ! »

Et tu as eu une dure nuit, je sais. Enfin, dure, il faut relativiser. Comment va tu mon garçon ? »

«

«

J’étais bien, jusqu’à cette horrible musique militaire

»

Guerre contre les Majors

« Un peu tard tout de même pour le «réveil du

matin », soldat . Aurais−tu préféré un simple « garde à vous » ? »

« Assez avec vos références de bidasse en folie. Que me vaut un tel traitement de votre part ? »

« Mon cher Franck, je bataille pour toi depuis ce

matin. Il faut dire que tu en as fait de belles cette nuit ! »

A

cette évocation, Franck retombe dans un état béat

et

nostalgique. Il lui semble encore sentir contre lui le

corps de Véra, sa douceur, son parfum… Bernard rit

« Oui, il semblerait que tu aies tiré le gros lot. Et de

quelle manière. Nous en avons ri encore à la réception du compte rendu du taulier. Il a eu quelques plaintes et manifestement, quand vous êtes descendus, vous n’êtiez plus que l’ombre de vous mêmes mais vous ne vous en plaigniez pas. Ca a même calmé un des clients mécontents. Mais vois tu Franck, tu es un peu passé en direct une bonne heure chez les grandes oreilles avant qu’un supérieur fasse couper et que l’équipe se remettent aux autres écoutes

en cours. Ce n’était pas toi qu’ils surveillaient et tu as foiré tous leurs plans. Sais tu avec quelle fille tu étais ?

− Elle s’appelle Véra, je crois, et elle est américaine.

− Elle s’appelle Véra Sanders, elle est officier de renseignements, et surtout la fille unique d’un très grand ponte de la World Company.

− En plus elle est belle

− Et intelligente. Diplômée de Harvard en français et

espagnol classiques. Je me demande ce qu’elle a pu te trouver.

Guerre contre les Majors

− Mon charme naturel.

− Je n’en doute pas, bien que je ne sois pas spécialement un spécialiste en la matière. En tout cas, le playboy étalon de service a sportivement reconnu qu’il n’aurait pas mieux fait que toi, et j’ai défendu ferme ta candidature. Il faut dire que lorsque tu es reparti à l’assaut la quatrième fois, tu en as impressionné plus d’un. Félicitation, elle est acceptée. Te voilà lieutenant du renseignement dans l’Armée Française Libre de

l’Intérieur. J’ai fait valoir que tu ne pouvais pas avoir un grade inférieur à ta dulcinée, bien que je pense que tu aurais pu faire un excellent sous−officier. Je vais devoir te saluer mon garçon ;

− Vous plaisantez Chef, je ne veux pas

− Va voir dans ta boite aux lettres. Y’a une surprise »

Franck s’assoit devant le micro, saisit la souris. Bernard éclate de rire, à s’en étouffer. Emu pour son

poulain, ce rire salvateur lui permet de dissimuler ses sentiments.

« Pas celle−là, Franck, la vraie. Tu dois y avoir un

colis » C’est une première pour Franck. Un colis qu’il n’a même pas commandé. Curieux, il cède à l’envie d’invectiver son tuteur pour aller chercher un petit paquet.

Il en ressort une sorte de grosse calculatrice.

« Alors, elle est comment cette merveille ?

− c’est quoi ce truc ?

− c’est ce qu’il se fait de mieux aujourd’hui comme assistant personnel. C’est à la fois un micro

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ordinateur personnel, avec accès sur internet, un appareil photo numérique, un enregistreur, un téléphone, un navigateur, une balise argos, porte monnaie électronique avec argent de l’état en

mission, et surtout un ange gardien. En mode assisté, tu es en permanence en contact avec un agent, voire bien plus pour t’aider dans ta mission .

− Vous plaisantez .

Il est trop petit l’écran.

− En mode ordinateur, tu défais la petite patte a

l’arrière et elle te sert de socle. Tu écartes le volet du haut et le volet latéral. Fais « on » sur le coté et un clavier est éclairé sur le bureau. Tu as aussi une zone rouge ou tu peux en y promenant le doigt diriger ta souris. Par le haut, l’image est projetée contre le mur blanc de préférence. Sinon, tu as un petit écran pliant dans les options qui se clipse à l’arrière du boîtier pour le transport. La webcam est bi−oculaire. Elle surveille et interprète la place de tes doigts pour saisir les caractères que tu désignes. L’autre oculaire est à 360° et informe de toute la pièce autours de toi. Un logiciel spécifique redresse ton visage et tes épaules pour te redonner l’air humain. La caméra enregistre en continu ou peut faire de très bonnes photos panoramiques. Cette boite inclut une mémoire flash, et un modem wifi grâce auquel tu te connectes au supra net. Tu disposes alors de toutes les ressources d’ici (ordinateur virtuel) et non du petit processeur embarqué. Bien sur, tu as l’oreillette qui fait à la fois écouteur et qui interprète les vibrations de ta mâchoire et de tes joues pour retranscrire tes paroles. L’écran sert de navigateur et d’assistant personnel

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classique. Nul ne doit savoir ce que tu as entre les mains. Cette petite merveille technologique vaut son pesant d’or. Pose ton index sur l’écran et enregistre ton empreinte comme mot de passe. Elle est à toi, si tu accepte le poste bien entendu.

− Pas question de me laisser manipuler . Je ne suis

plus un gamin qui travaille bien à l’école parce qu’il a reçu un train électrique pour Noël. Je ne suis pas intéress…

− As tu songé que tu devrais arrêter de voir ta

nouvelle conquête ? Si tu ne veux pas faire le travail, il faudra bien que quelqu’un d’autre le fasse.

− Et qu’est ce qu’il fait son père pour que sa fille aie autant d’importance ?

− Je vois que tu comprends vite. Son cher papa est

juste celui qui a produit toutes les DRM de troisième

génération. Mr Sanders senior était chef de département dans l’ancienne entreprise Microsoft à

ce moment là. Là, il est juste numéro 30 de la world company et ses équipes se frottent à notre supra net de plus en plus souvent.

− Vous désirez quoi ?

− Pour l’instant, tu restes avec elle. Tu vas même lui donner un peu de ce qu elle cherche pour que ses

supérieurs en soit satisfaits. Mais le cas échéant, tu pourrais l’enlever…

− Pas question de lui faire du mal !

− … pour l’emmener dans une retraite terriblement

romantique tandis que Beau Papa se ferait un sang d’encre. N’aie pas de remords. Elle est d’une vieille

famille sudiste et je doute que tu correspondes pour lui au gendre idéal. Tu as besoin de nous si tu veux

Guerre contre les Majors

continuer à la voir, car dés qu’il saura pour toi, tu seras en danger.

− Je suis « vraiment » lieutenant ?

− Promis, mon gars. Si tu le veux bien sûr ! Ah, pour

avoir la paix durant cinquante minutes, il faut appuyer là. Mais c’est liaison obligatoire toutes les cinquante minutes. Sinon on s’inquiète

− La quatrième fois, c’était au bout de trois heures. Je crois que vous êtes plutôt longs à réagir dans les

services secrets avant de prendre une décision. Je n’ai pas d’arme ?

− Tu as ce qu’il faut où il faut pour ta mission actuelle. Le cas échéant, nous aviserons Mon Lieutenant»

Derrière les barreaux

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/ 03 / 2006, 21:05 Derrière les barreaux

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juillet 2014 (suite)

Elsa n’en croit pas ses yeux. Le commissariat est ouvert. Mais il n’y a plus de police depuis 2012! En effet, depuis la création des centres de rééducation, en campagne, commissariats et prisons insalubres, contre−indiqués pour parvenir à la rédemption des délinquants, ont été abandonnés. Ce commissariat sent le neuf. Il a du être rouvert depuis peu. Mais quel français accepterait aujourd’hui de remettre un képi ? L’homme à l’accueil a le regard fuyant. Son manager sait−il qu’il est là ? Comment espère t−il être payé ? Sa carte de crédits euros ne peut accepter d’argent extérieur. La masse monétaire globale a été établie cette année et ne peut varier. Elle est sensée limiter l’inflation mais elle progresse en correspondance avec les volumes de services accessibles et de la production. Ses « guides » la mènent en cellule. Elsa veut protester. Les seules personnes encore enfermées sont considérées comme potentiellement dangereuses pour les autres. Sinon, tout le monde sait que la fuite est inutile. En dehors de la France, personne ne prend les crédits euros. Il faut pouvoir changer ses unités en billets pour pouvoir voyager à l’étranger. Mais la

Guerre contre les Majors

mine peu engageante des molosses la dissuade. Le choc métal contre métal l’ébranle. La voilà bouclée et la peur la saisit. Les gens ne s’enferment plus de nos jours. Il y a toujours une alarme pour le faire automatiquement en cas de danger.

Manifestement, elle inaugure le produit. Le mur sur lequel le banc est fixé est d’un blanc parfait. Personne ne s’est encore assis là. Elle s’allonge, la tête appuyée sur son sac, ferme les yeux et tente de s’endormir pour oublier ce triste lieu. La lumière blanche rend encore plus nette cette petite femme brune toute de noir vêtue qui semble flotter allongée dans un nuage. Elle est réveillée en sursaut par l’arrivée d’un autre pensionnaire. Et, ils l’enferment avec elle. A sa vue, l’homme sourit gentiment « Bonsoir zoulie madam . Est−ce vous qui allez me torturer ? » Elsa rit. « J’ai oublié mon fouet à la maison » L’homme a un peu bu. Il s’en excuse, se présente.

« Enchanté de vous rencontrer, même en ce lieu sinistre. Bonsoir, je m’appelle Henri. Vraiment. Mais Tournel est mon nom de scène, vous vous en doutez. Auteur, compositeur, interprète. Je faisais seulement mon boulot, et je vous promets que je ne joue pas si mal de ma guitare. Mais ils ont préféré me mettre au violon. − Moi, c’est Elsa, et je suis accordéoniste.

− Et vous jouez si mal ?

− J’ai surtout joué le morceau d’un autre.

Guerre contre les Majors

− Morceau qui vous fera cracher petite madame. L’amende est salée de nos jours.

− Ils acceptent les euros−crédits selon vous ?

− Je crois qu’ils vont avoir la surprise de constater qu’eux seuls ont des billets.

− C’est incroyable cette histoire. J’en suis toute retournée.

− C’est la guerre, il faut s’attendre à tout. Mais je suis prêt à vous protéger de mon corps en cas de besoin, même si je ne suis pas un héros.

− Vous feriez mieux de garder vos distances, sinon

vous pourriez constater que je n’ai nul besoin de protection.

− Ne vous méprenez pas. Je suis un gentil. Juste un

peu dragueur mais correct.Puisque vous me renvoyez

si promptement dans les cordes, j’arrête la flûte.

− Vous avez déjà abusé du champagne.

− Normal, j’étais sur scène et le haut boit.

− Et pourquoi êtes vous ici ?

− J’ai adaptée une chanson d’un ancien chanteur

français, aujourd’hui en green card sur les américains, mais moins gentille que l’original

« Si les Ricains n’étaient pas là Nous serions tous en Piraterie

A parler musique ou cinéma

Et sans payer de royalties.

Bien sûr les alliés sont dépassés. Les milis sont montrés du poing. Est−ce une raison pour oublier Qu’un jour on les renverra au loin ? »

Guerre contre les Majors

« C’est malin, nous ne devons pas les provoquer.

− Je crois que je vais encore aggraver mon cas »

« Un gars venu de Géorgie

Qui se foutait pas mal de toi Est venu se divertir à Paris. Les putains ne parlent que d’çà.

Bien sûr les alliés sont dépassés. Ils sont devenus des pantins.

A l’Amicale des Flibustiers

On dit qu’ils s’enfuiront un matin. »

Allez Elsa, à deux .

« Si les Ricains n’étaient pas là Nous serions tous en Piraterie

A parler musique ou cinéma

Et sans payer de royalties. »

Le fou rire les prit tous les deux. Durant une heure, ils échangèrent des banalités, parlèrent beaucoup de leur vie, oubliant l’odeur entêtante de peinture fraiche, les grilles et leurs gardiens. Le petit matin les trouva endormis l’un contre l’autres comme deux enfants. Les grilles s’ouvrirent bruyamment et ils furent brutalement tirés de leur sommeil. Séparés dans le couloir, chacun fut conduit devant un responsable, dans des pièces différentes.

L’homme en face d’Elsa lui rappela un professeur

Guerre contre les Majors

de maths qu’elle n’avait pas apprécié. Petit, gras, les cheveux rasés, le visage rougeaud, de vilains petits yeux marrons, il semblait jubiler intérieurement.

« Madame, votre cas est grave.

Je peux constater ici de nombreuses interpellations par la police durant les années 2007 à 2011. Manifestations hostiles au gouvernement, à la World Company et aux lois de protection des droits d’auteurs principalement. Droits que vous avez à nouveau bafoués hier au soir.

− mais enfin qui êtes vous ?

− Commissaire Senventa, brigade numérique. Chargé

de la lutte contre la copie, la contrefaçon et la reproduction non autorisée par l’auteur. La création de la section française de cette brigade, découlant de

la loi européenne a été votée hier et ses règles ont été publiées.

− Un 14 juillet ? Mais je travaillais …

− Nul n’est censé ignorer la loi.

− Et puis, je n’ai rien copié ou enregistré…

− Vous avez joué un morceau à l’identique de celui

de l’auteur. Vous l’avez donc reproduit et diffusé.

− Et le décret d’application ne peut avoir été…

− Procédure d’urgence. 5 ans de retard, c’était trop. On a appliqué la loi dés le vote.

− Ce gouvernement n’a pas été élu

− Il s’est substitué au gouvernement fantoche qui a quitté un peu précipitamment le pouvoir.

− Vous n’êtes pas français vous ?

− Madame, je ne vous permets pas. Ma famille est

française de père en fils depuis cinquante générations. Mas ancêtres ont été de toutes les batailles pour

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défendre ce sol sacré. J’ai du, comme mon grand−père, faire un séjour en angleterre avant de pouvoir à nouveau, fouler le sol de ma terre natale. J’ai perdu cette oreille en débarquant, à cause d’un imbécile maladroit qui avait mis sa baionnette. J’étais prêt à me battre pour ce pays.

− Maintenant, tout s’explique. Vous êtes un traître et un collabo.

− Insulte à un représentant de l’ordre. Avec votre

infraction d’hier et votre passé, votre compte est bon.

− Mais qu’allez vous me faire ? Il n’y a plus de prison.

− La Santé a été la première préoccupation du

gouvernement. Elle a gardé tout son charme d’antan, alors que ce commissariat lui, a été rénové.

− Relâchez moi. Je connais du monde. J’ai droit à un procès.

− Défavorable. Vous restez en garde à vue. Séance suspendue. Je vous revoie cet après−midi. »

A 15 heures, sans explication, les deux américains

en civil lui rendirent son accordéon et la firent sortir en lui conseillant d’être plus prudente à l’avenir. Le bureau du commissaire était inoccupé. Le commissariat était vide. Les américains le fermèrent. Pas de traces d’Henri. Il ne l’avait pas attendue ?

Elle devait apprendre, bien plus tard, un peu après la libération, de la bouche d’un de ses amis, lors d’un repas après un concert, le destin d’Henri.

Il était mort, durant l’interrogatoire. Il se serait

débattu alors qu’il était menotté les mains en arrière.

Guerre contre les Majors

Il aurait glissé et serait tombé, se cognant la tempe contre un coin de bureau. Elle raconta alors cette nuit, où Henri et elle s’étaient rencontrés. Lorsque elle parla de la tentative de séduction, certains sourirent. Elle comprit alors que manifestement, elle n’était pas son genre. Elle continua cependant sans tiquer. « C’était un homme, et son courage m’a rassurée » Elle ne sut jamais, par contre, que les deux commissaires avaient disparu durant la pause de midi. Nul ne les avait revus et personne n’essayait de les rechercher.

En sortant du commissariat, elle vit de l’autre coté de la rue un homme tirer une sucette de sa poche. Elle pensa qu’elle avait faim, n’ayant rien mangé depuis la veille et soulagée, s’offrit un petit steak frites dans un restaurant voisin qui se fit un plaisir de la servir.

ALAIN

18 / 03 / 2006, 18:10

ALAIN

16 mars 2006 8h 30 8h 30 Un jeune homme en région parisienne. Il est à la sortie d’une station de métro. Il fait beau bien qu’un peu frais. Mais il a gardé son bonnet. Il est habillé pour supporter le froid, avec des vêtements défraîchis et un peu sales malgré ses efforts. Le mouvement de révolte anti−CPE pousse les jeunes dans la rue. Etudiants, lycéens, chômeurs… Mais le débat est clos, par l'utilisation d’un petit 49.3 qui a évité bien des amendements. Pour tous les manifestants, cela veut dire la fin d’un travail sûr, même mal payé. Ils peuvent être « remerciés » sans justification durant deux ans. C’est un contrat seulement pour eux. L’injustice est trop flagrante. Pas de discussion ? Un autre combat a lieu à l’Assemblée Nationale. Un ministre aux ordres écoute l’opposition à son projet, puis conclut par un avis personnel dithyrambique qui soutient par des propos souvent mensongers le contraire et fait adopter, car il dispose d’une majorité absolue bien disciplinée, des articles de lois liberticides sur le net. Ce simulacre de démocratie, appelé « discussion et transparence » dégoûte les internautes floués et

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bafoués. Pour Alain, debout devant cette station de métro à cette heure de grand passage, le combat est plus actuel et trivial. Il mendie. Il a besoin de 50 euros par jour pour l’ «hôtel ». Sinon, il ira dormir dehors la nuit. Les plus grands froids sont passés mais la pluie ou le gel peuvent lui gâcher son sommeil. Il existe bien des centres d’hébergements. Le soir, on peut les y emmener, mais à eux ensuite de revenir sur Paris car ces centres sont situés à l’extérieur. (un comble nda). La mendicité ne peut être viable que sur Paris, grâce aux nombreux passages. Et puis, ces centres sont parfois sous la coupe de bandes qui rackettent en toute impunité, volent et tabassent pour le plaisir. Alain tend la main à un passant, manifestement provincial. Il tient un plan dans la main et semble chercher à s’orienter. Celui−ci le dévisage d’un air incrédule. Alain a l’air gentil avec sa barbe blonde de deux jours. Il est jeune, en bonne santé. Il s’exprime correctement. Il est français et blanc. Il n’a pas l’air alcoolique ou drogué. Alors, que fait−il dans la rue ? Un emploi sans contrat précaire, c’est quand même un emploi, prétend le premier ministre. La précarité est là depuis longtemps. Cet emploi ne l’a pas créée. Et puis, licencier sans motif, c’est une garantie pour l’employeur, pas une volonté manifeste ni une obligation. Seulement, lorsque on a ce genre de contrat, et pas de parents friqués, les banques ne prêtent pas, les loueurs ne louent plus, les profiteurs en abusent. Trois millions de mal logés… recensés, dont certains qui pourraient payer si on leur faisait confiance. Des

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taux usuriers pour des crédits revolver, voilà la seule opportunité qui reste aux petites gens. Payer plus pour avoir moins. Elsa choisit de sortir manifester alors que le débat sur les lois DADvSI continue. Des pans entiers des droits personnels, parait−il protégés par une certaine commission, tombent en silence. Car les cris des internautes sont couverts par les « chansons » des « artistes ». Les médias distillent un silence complice ou se complaisent à jeter de l’huile sur le feu des barricades. En attendant, le consommateur moyen ne tire même plus sur sa laisse. La technique lui échappe. Le rêve, les illusions aussi. Il mange des plats insipides, consomme des boissons sucrées industrielles, écoute de la musique primaire et mixée sous fond de paroles insignifiantes et se courbe naturellement pour passer les fourches caudines de la sécurité. Alain a un don. Inconnu pour lui, non reconnu tel quel par le bénéficiaire. A la faveur du contact peau−métal−peau, un peu de son fluide magnétique passe entre lui et son modeste mécène. Celui−ci en ressent un léger bien−être et une plus grande agilité des doigts qu’il attribue à la sensation de sa propre générosité. Mais c’est aussi un peu de santé qu’Alain lui a ainsi transmis. Le soir, à la télé, il y a un bilan « nuancé » des manifestations. Les journalistes ont gardé les images les plus violentes, des barricades se montent, puis se font enfoncer. La Sorbonne est un champs de bataille. Des agitateurs violents sont arrêtés. Franck boit toutes ces images, seul dans son appartement tandis

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que Véra (sa mère « adoptive ») tarde et qu’il ne s’en aperçoit pas. A l’assemblée, le spectacle, retransmis sur une chaîne moins populaire sombre dans l’absurde. A Samara (Irak), les américains mènent une énième grande offensive dans une guerre qui n’en finit pas, sur un territoire qui n’est pas le leur.

Et cette nuit, nul ne se demande ce qu’il advient d’Alain.

Puces motos à Niort

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/ 03 / 2006, 00:55 Puces motos à Niort (Deux−sèvres)

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mars 2012

Il fait froid, mais beau. C’est un plaisir de sortir sa bécane pour se rendre aux « 27 émes Puces Motos » de Niort. Sous ce nom se cache en fait une grande concentration de motards, avec la possibilité d’acheter des équipements à moitié prix, des pièces de tuning pour certaines bécanes, des motos d’occase de tout âge et de toute catégorie.

Ce matin, c’est le moment de faire des affaires. Beaucoup de monde va tenter de vendre sa moto depuis que la net−république veut limiter les embouteillages et la pollution par la suppression des véhicules privés sur la route. Une grande manifestation est prévue. Le parc de deux roues en France est négligeable, si on en retranche les cyclomoteurs. Et les deux roues ne provoquent pas d’embouteillages. C’est vrai qu’ils n’ont pas de pots catalytiques. Mais, depuis huit mois, les importations de motos étrangères ont cessé. Voxan peine à fournir un dixième de la demande. Le parc de motos décroîtra avec le temps. Seuls les passionnés pourraient continuer à rouler. Les motards vont donc tenter de défendre leur existence.

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Avec le nouveau mode de scrutin, pour les décisions de la Net Assemblée Nationale, pour obtenir quelque chose, il faut frapper un grand coup, au niveau national. La manifestation sera donc grandiose : Les motards feront faire des tours de Niort aux visiteurs non motards. On a récupéré des enfants dans les hôpitaux, et des vieux dans les hospices pour défendre les « nouveaux rebelles ». Des exhibitions spectaculaires sont prévues… Car, pour « survivre, il faudra être « populaire ». Pas question donc de garder l’image d’un motard mauvais garçon à la recherche de vitesse pure et de sensations extrêmes. Le motard d’aujourd’hui est gentil, serviable, bucolique… Le Père Jean François Audrain sera là aussi pour dire la messe des motards et la Dark Dog Academy s’est changée en Pink Panther School. Les blousons noirs resteront cependant, mais dans un rôle d’anges gardiens pour effrayer les méchants. Car les enfants, c’est eux qui feront toute la différence auprès de leurs parents.

Ainsi, quand chaque député nouvellement désigné devra statuer sur le sort des motards, il ne devra pas voir en eux, comme quelques années auparavant leurs prédécesseurs, des déviants individualistes, mais une communauté éprise de liberté au service de tous. Finie la guerre entre les caisseux et les motards. Les collectionneurs de voiture ont été invités à participer aux réjouissances. Eux aussi veulent préserver leurs droits de rouler et de conserver leur véhicule.

Guerre contre les Majors

Il y a déjà beaucoup de monde sur les bords de la Sèvre. Le parc des expositions est noir de monde. Le parking à motos est déjà plein et heureusement, un des parkings extérieurs leur est aussi réservé. Un autre l’est aussi pour les voitures de collection. Depuis la gare, ou depuis la place de la brèche, des navettes incessantes emmènent des centaines de visiteurs. La rocade de Niort vient d’être interdite à la circulation automobile pour que les véhicules qui y sont bloqués y restent en stationnement. Les motos, quand à elles, utilisent la voie en sens inverse pour circuler et récupérer les passagers coincés dans leur véhicule. Le Parc des Exposition ne devient plus qu’un dixième de la fête, car il est décidé de mettre la moitié des exposants dans les alentours afin que tout le monde puisse en faire le tour.

Les organisateurs pour le midi donnent délégation à d’autres vendeurs de restauration rapide car le service initialement mis en place est cruellement déficient. Des magasins de motos, à Poitiers, Saintes et même Bordeaux chargent en vitesse camions et remorques pour amener de la marchandise à vendre. Car les caisseux dévalisent les stands de pantalons de cuir, de blousons, de souvenirs et achètent même les pires saucissons qui un jour ont pu rouler sur les routes françaises.

Le samedi soir, la petite ville de Niort a doublé sa population. Mais aucun motard ne boit plus que de raison. Pas question non plus de rodéos dans les rues,

Guerre contre les Majors

sauf sur la place de la brèche, réquisitionnée au dernier moment, ou des pelotons complets de motos pétaradantes défilent sans discontinuer et contribuent à la liesse populaire. Au parc des expositions, des vedettes sont arrivées : Randy de Puniet, Arnaud Vincent, Sylvain Guintoli, Alexis Masbou, Jules Cluzel, et même Olivier Jacques pour ne citer qu’eux.

Puis, les caisseux sont ramenés à leur voiture pour ceux qui veulent y dormir. Tous les lieux publics type gymnase ont eux aussi été reconvertis en dortoir. L’école des sous officiers de Saint Maixent a rappelé en hâte ses cadres non motards et ses élèves pour monter lits et tentes sur tous les terrains possibles. Les cadres motards, en tenue, guident ou emmènent les gens désireux de se coucher. A 6 heures du matin, les couche−tard croisent les lève−tôt.

Et pour les autorités, il s’agit de gérer la deuxième journée. Une voie est dégagée pour permettre aux poids lourds chargés de motos, arrivés pendant la nuit, de passer pour amener leur marchandise au parc des expositions et au stade niortais. En effet, les chamois acceptent d’annuler leur match et leur pelouse est prise d’assaut par vendeurs et visiteurs à compter de 10 h du matin . Toutes les voitures du périphérique sont soit poussées sur le coté, soit évacuées avec leurs occupants. Les voitures qui arrivent de toute la France resteront bloquées jusqu’à 11h 30 aux péages des autoroutes en provenance de Poitiers, Saintes ou Nantes, puis seront guidées sur

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des aires de stationnement. Là, les motards nouvellement arrivés, reprendront avec les bus leurs navettes incessantes. Ils sont à la fois le spectacle, et les acteurs de son organisation. Les motos vendues ne pouvant quitter les lieux (car la plupart des acheteurs n’ont pas le permis), elles aussi font le spectacle même si le panneau « Vendu » donne des regrets à certains retardataires. Car maintenant, on arrête des motards avec des liasses de billets pour leur acheter leur bécane. Et là, le bât commence à blesser. Des appels à la patience sont lancés par la FFMC (Fédération Française des Motards Contents) . Le but est proche. Le vote aussi. Il faut que la population française soit favorable à l’existence des motards, même si les voitures individuelles sont condamnées à brève échéance. Les nouveaux médias couvrent l’évènement.

Le lundi, les gens commencent à repartir et la situation redevient normale le mercredi. Les clubs moto de la région se chargent du nettoyage des rues et des parkings, puis du convoyage des bécanes achetées par les caisseux. Chanceux celui qui conduit une vieille 1200 venture à Marseille. Moins, celui qui ramène une 125 à Lille. Le mercredi 21 mars 2012, la décision de la Net Assemblée Nationale tombe. Les motards auront le droit de circuler les week−ends uniquement pour des activités de loisirs, ainsi que les voitures de collection et un contingent de 1% de caisseux pour chaque modèle existant de moins de dix ans. Ce contingent sera tiré au hasard parmi les numéros de plaque. Les autres voitures seront rachetées à leurs propriétaires

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pour être nationalisées (et donc collectives et attribuées chaque jour) ou détruites. La mise en application se fera le deux mai, aux beaux jours. Au feu rouge, quand il apprend la nouvelle au guidon de sa superbe Goldwing modèle 92, l’homme sourit et en mordille le bâton de sa sucette de plaisir. Il n’a pas choisi un casque intégral à cause de cette manie, mais grâce à la généreuse bulle sur ce modèle, et une visière qui descend assez bas il est bien protégé du froid et des insectes qui croisent sa trajectoire tout en pouvant satisfaire son « vice ». C’est important de penser à tout quand on s’équipe et qu’on choisit une bécane.

Bienvenue Major DAD

21 / 03 / 2006, 20:07 Bienvenue Major DAD

Mars 2015. L’occupation de la France par les américains dure depuis dix mois. Il faut commencer les relèves afin de faire un équilibre entre ceux qui vont prendre des congés avant de revenir pour un an et ceux qui vont rester un an pour ne pas revenir. On prévoit large car le conflit s’enlise. Les centres de communications français sont toujours opérationnels et introuvables. « Curieusement », la relève n’est pas trop difficile à effectuer. La vie en France est un long fleuve tranquille. Les familles désirent voir leurs proches mais ne tremblent pas pour eux. Et pourtant, pour le major « DAD », ainsi surnommé par ses hommes pour son paternalisme en opération, cette tranquillité est pour lui trompeuse. Responsable adjoint de la Cellule Renseignement − collecte des informations fait divers. Tous les petits problèmes ou sont impliqués des soldats américain lui parviennent. Et il peut constater un taux de disparitions assez élevé, souvent attribué à de la désertion. Or, la vie du soldat américain n’est pas trop dure ici. Il faut rajouter la disparition systématique des agents envoyés sur le terrain au bout de quelques mois. Peut−être avaient −ils trouvé quelque chose, car actuellement ils n’avaient rien. Impossible de s’intégrer dans des populations désoeuvrées,

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marginalisées ou réfractaires. La seule qui existe est celle des « immigrés » et ils sont étrangers dans leur propre pays. Ils commencent à repartir pour l’étranger, souvent avec de l’argent mais leurs biens, qui avaient été en majorité respectés dans la période 2011−2014 sont cette fois occupés après leur départ. Comment vendre à des gens qui ne sont pas propriétaires de leur logement ? Qu’ont ils fait de leurs pauvres, de leurs drogués, de leurs délinquants, de leurs « sans papier », de leurs « sdf » ?

Par contre, c’est la vraie galère avec les avions. Sous l’effet du printemps, certainement, la noria des avions pour la relève est assez perturbée. Pannes d’ordinateur, témoins d’alerte des avions, bagages mal chargés, tour de contrôle… Son chef direct est exaspéré. Cela fait quatre fois qu’il rate son départ Il a même décollé une fois et l’avion a du faire demi−tour pour un problème d’erreur de quantité de carburant. Le summum, c’est quand au dernier moment pour embarquer, il n’était pas sur la liste…

En plus, au deuxième avion, les passagers qui étaient avec lui et n’avaient pu décoller sont bien partis. Par contre, lui est resté sur le carreau pour cause de 4 heures de grève imprévue suite à l’agression d’un pilote par un « partant » un peu contrarié. Il fulmine. Il retourne à l’aéroport et demande à un général de faire débarquer un troufion au dernier moment. Ca fait 72 heures qu’il devrait être chez lui.

Deux heures plus tard, le major Dad voit revenir

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son chef, au bord de l’épuisement après une dernière

crise de nerf. Air France refuse de l’embarquer pour 24 heures. A bord, dix minutes après le décollage, quand le pilote a annoncé un retour sur ROISSY car

le train d’atterrissage ne rentrait plus, il a bondi sur

l’hôtesse qui lui demandait de retourner à sa place et d’accrocher sa ceinture (Elle avait souri narquoisement selon lui).

2 stewards, le copilote et le mécanicien ont eut toutes les peines du monde à le maîtriser. L’hôtesse a retiré

sa plainte et Air France n’a fait preuve de clémence

que sur l’intervention du général 5 étoiles chapeautant l’opération « restore artists bénéfits » comme l’appellent les français. Le reste de l’avion est parti deux heures plus tard sans problème.

A la réflexion, une telle poisse n’est pas naturelle.

Le major Dad décide de s’interroger sur tous les « départs manqués» tandis qu’il est parallèlement décidé que le colonel chef de bureau parte en hélicoptère militaire jusqu’à Londres, sous couvert d’un exercice de commandos parachutistes plongeurs de combat. Pas besoin de paperasse à présenter aux français . Départ le plus discret possible au cas où le colonel était la cible de enchevêtrement de circonstances troubles !Et vol tranquille depuis Heathrow jusqu’à New−York.

A mi−chemin entre la France et L’Angleterre, on perd l’hélico sur le radar. Les recherches en mer ne donneront rien, pas même un débris.

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Après que trois autres personnels non évacuables

par les voies classiques aient disparu en fin de compte

alors qu’ils appartenaient à de hauts échelons de responsabilité, le major DAD trouva un premier point commun : la préparation et la conduite du bombardement de la ville du HAVRE.

Le major DAD passa quelques nuits blanches à analyser les disparitions. Celles ci étaient souvent liées à des heurts avec la population française :

accident de la route entre un véhicule militaire et un véhicule civil, bagarre ou accusation de viol, brutalités lors de manœuvres…ainsi que, en plus des

« observateurs libres », des sergeants bilingues et des administratifs, quelques jeunes officiers… Manifestement, les français étaient bien en guerre alors que les troupes américaines se prélassaient, insouciantes. Le montant des pertes, avec les accidents un peu bizarres se montaient à 1500… en

dix mois seulement. Proportionnellement au temps

passé, plus qu’en Irak quelques années auparavant, alors qu’il y avait des attentats, des opérations de guerre et des accidents de manipulation d’arme.

Mais, pour les évacuations en hélico avortées, comment les Français avaient−ils pu parvenir à savoir

qui était à l’intérieur ? Dans cette pièce, tout était

sécurisé, pas de micro ni de caméra. Illumination non évidente en anglais à trois heures du matin, dans cette grande pièce aux lumières trop crues et au silence assourdissant : le major DAD envoie un e−mail à son chef d’état−major. « Mon

Guerre contre les Majors

général, nous avons un problème. Je crois que nos ordinateurs ne sont pas sûrs». Click to « send » et, dans les dix secondes, retour d’un message de réponse «from intelligency officer » mais en français cette fois. «Vous croyez Major ? Mais vous pouvez en être sûr ». Et là dessus, l’ordinateur éclate d’un rire sardonique à glacer le sang dans les chaumières et à résonner encore longtemps dans la grande pièce vide ainsi que dans la tête du major DAD.

Camps de redressement

21 / 03 / 2006, 22:40 Camps de redressement

Octobre 2012

En pleine forêt domaniale landaise, au bout de l’unique voie d’accès, on atteint un camp grillagé. Une triple rangée de barbelés et des mâts avec des caméras et des dispositifs de détection de mouvement en interdisent l’entrée ou la sortie. Entre les deux dernières barrières, un chemin de ronde assez large pour un véhicule peut permettre une intervention rapide des gardes. Entre les deux premières, un espace canin dissuade les plus courageux de se faire la belle ou de venir faire une visite. A l’intérieur, sur une surface de 150 hectares, on y trouve une vraie ville avec différents quartiers. Chaque quartier correspond à un type de délinquant, sauf le quartier des gardiens et des éducateurs. Le futur quartier de haute sécurité correspond pour l’instant au quartier des ouvriers bâtisseurs. En France, cinq lieux ainsi isolés doivent permettre de loger les 70.000 délinquants potentiels auxquels le pays est habitué depuis trois ans. Mais depuis le plein emploi, l’arrivée des euros−crédits et la certitude pour les condamnés d’avoir à travailler durant leur séjour, la délinquance a commencé à fortement baisser.

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Néanmoins, il ne s’agit pas de camps de concentration, comme on put l’affirmer les détracteurs. Les caméras de surveillance, comme une dizaine d’autres spécifiquement installées pour la durée des travaux sont connectées sur le supra net. Tout citoyen peut constater que personne n’est maltraité, ni encouragé à l’inaction.

Il y a un quartier témoin qui fonctionne déjà. C’est celui des petites peines. Chaque détenu est responsable de son studio avec commodités pour la durée de son séjour après état des lieux. Il est relié au supra net pour les loisirs et les cours. Car chaque détenu, si il veut pouvoir sortir à la fin de la peine prononcée par le tribunal doit avoir « progressé » au niveau imposé dés le départ avec un manager, manager qui sera ensuite relayé par un manager spécialisé à sa libération. Mais le manager, est présent sur le lieu de détention car on estime que les délinquants ont besoin, dans un premier temps d’être physiquement suivis. Il dispose d’un lit correct, d’un grand placard, et d’un coin douche−toilette. Il n’y a pas de coin cuisine, mais le micro onde est autorisé après deux mois de présence sur autorisation du manager, surnommé ici tuteur.

Sinon, le quartier dispose d’un gymnase, d’une piscine, d’une piste d’athlétisme et d’un supermarché, au contenu approprié bien sûr. Les détenus doivent avoir une vie en un maximum de points semblable à la vie à l’extérieur. La punition de l’enfermement ne prive que des moments intimes avec le sexe opposé, et des fréquentations habituelles. Certaines pratiques

Guerre contre les Majors

ne peuvent non plus être exercées sur place, mais l’essentiel d’une vie sociale est maintenu. Cela fait partie de la rééducation pour les petits voyous des anciens quartiers dit défavorisés.

Un autre quartier n’est pas prés d’être amélioré, c’est le quartier des racistes. On aurait pu l’appeler autrement, mais il permet d’y mettre tous les racistes. Actuellement en majorité blanche anti−tout sauf eux, les autres « communautaires » renoncent à affirmer leur supériorité depuis qu’un musulman un peu violent a fait un vilain sourire à un noir antillais. Déplacé dans ce quartier, il a permis à tout le monde de l’entendre crier durant la nuit, au milieu des rires gutturaux, mais personne dans l’encadrement n’est intervenu et la leçon est bien retenue pour les autres.

Depuis, il n’y a pas d’incident car la consigne est soigneusement passée aux nouveaux. Les seuls heurts sont donc intra ethniques afin de ne pas être catalogué comme raciste, donc beaucoup moins fréquents. Ce quartier là est donc un ensemble de préfabriqués. Les détenus ne veulent pas travailler et ils se débrouillent avec la nourriture qu’on leur fournit tous les jours. Néanmoins, il est possible pour quelqu’un qui le désire de le faire savoir devant une des caméras blindées de surveillance. Il est alors extrait lors d’un difficile « rassemblement général » et isolé de tout le monde durant un petit moment. Puis, une fois interrogé et orienté, il est changé de centre pour suivre une rééducation adaptée à son autre profil.

Guerre contre les Majors

Ainsi, le nombre d’extrémistes racistes baisse t−il régulièrement.

Mais cette solution ne satisfait pas trop l’homme à la sucette, venu faire une inspection de visu. Il veut depuis longtemps mettre un nom sur les assassins de son frère et de son neveu. Chaque fois qu’un nazillon veut s’amender, il vient l’interroger à ce sujet. De plus, il veut connaître les noms des anciens patrons qui prônaient le rétablissement d’un reich. Car ce sont ceux là qui contaminent encore à l’extérieur les couches défavorisées de la race blanche. Même si ils sont exilés, ils seront inquiétés par les services de renseignements étrangers qui apprécient l’aide des français en la matière.

Le type a pu se laver, et mettre une nouvelle tenue propre. Elle est blanche et non orange comme pour ses ex−congénères. Ils vivent dans des conditions de vie déplorables car ils veulent apitoyer les internautes sur leur sort. Pour cela, ils détruisent les installations sanitaires, mettent le feu quand ils peuvent, et souillent leurs vêtements. Le seul résultat probant obtenu est la capitulation de leurs éléments les plus faibles psychologiquement

« Bonjour Hans » attaque l’homme à la sucette.

L’individu ne répond pas à la provocation. Il est brisé et il a peur de retourner dans « la cage aux fauves »

« Pas très bavard, mon garçon. Pourtant, tu sais ce

qu’on vous a dit par haut parleur. Pour pouvoir être rééduqué, il faut d’abord renier et participer à la lutte

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contre la barbarie, c’est à dire se mettre à table. » L’autre renifle. Il repère la caméra face à lui malgré son camouflage. Il sait qu’il est observé, que c’est sa dernière chance, qu’il a intérêt à ne rien oublier. Sinon, à court ou long terme, c’est le retour dans la cage et l’exécution réservée aux traîtres.

Alors, il raconte. Il raconte son frère qui l’a emmené dans son groupe. Il raconte les ratonnades, les chasses aux pédés, les dégradations dans les cimetières juifs, les agressions dans les manifs, les projectiles pour attiser les forces de l’ordre, les camps d’entraînement militaire. Il donne deux trois surnoms de commanditaires, reconnaît quelques photos, donne ses chefs. On tire le fil et le sac s’éventre. Il n’y a plus qu’à ramasser.

Mais manifestement, il n’est pas de la région pour

ce qu’il recherche, et il n’est pas d’un niveau scolaire très élevé. Ce qu’il raconte sera analysé par les enquêteurs, mais il n’y a pas grand chose à tirer.

« Et puis, avec tes amis, tu t’éclatais sur internet à insulter les autres ? » « Ah non, pas moi ! C’est du rayon des binoclards çà ! »

« Les binoclards ? » « Ouaih, les crânes d’œuf, les tronches. Eux, ils passaient leur temps à ça.

« Et il y en a des binoclards ici ? »

« Non, ils supportaient pas d’être ici. Ils ont été les premiers à partir en faisant mine de pleurer »

« Tu as des noms ? » Espoir et colère. Ils se sont fait abuser en beauté.

A la lecture des dossiers, on a cru relâcher de pauvres

types. Et il s’agit des plus dangereux qui sont dehors.

Guerre contre les Majors

Enfin, pas pour longtemps. Mais sous quel motif aussi pour les remettre en cage ? Ils ont passé des

tests de « crédibilité ». Ils ont déjà été enfermés sous prétexte de « dangerosité potentielle », et n’ont jamais été jugés. Et si en plus certains commençaient à acquérir des bases de supra net ? On croyait relâcher les imbéciles les plus timorés et on a relâché les informaticiens du mouvement. Ceux qui programmaient les jeux de « reconstitution historique

» ou « gestion de camp de la mort » « art de la torture

» …et les utilitaires d’intrusion, de virus bloquants ou désorganisateurs , ou encore des logiciels de cryptographie.

L’homme à la sucette sort en déguster une dehors. Il a besoin de mettre de l’ordre dans ses idées. En sortant précipitamment, il renverse le seau d’un jeune en train de serpiller. Un petit mot d’excuse. Franck, encore en « rééducation » prend sur lui pour ne pas éclater de rage et éponge le sol sans un mot.

Les DRM passent dans les moeurs

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/ 03 / 2006, 22:47 Les DRM passent dans les moeurs

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Mars 2006

« Putain, j’y crois pas ! »

A deux heures du matin, cet internaute fraudeur

vient de faire une terrible découverte.

Cela fait deux semaines qu’il suit, tant bien que mal, les débats au sujet de la loi DADvSI à l’Assemblée Nationale.

Il a vu passer des amendements à la trappe, des

sous−amendements à l’as, des sous−sous−amendements sous les huées. Il a vu repasser des amendements supprimés, des cons primés et des vieux films périmés. Il a vu dépasser des bornes par le ministre de la culture, des cornes sous les cheveux de son rapporteur ainsi que de mornes dépassés qui ressassaient. Il a vu trépasser les chances de progrès sur le Net et les libertés fondamentales des internautes. Depuis un an, il avait découvert en surfant un site de mots de passe de X. Tous ne fonctionnaient pas, mais qu’importe. La syntaxe en était assez simple pour comprendre

Couplé avec DAP 7 (pour télécharger films et photos) ou DAP 8 (soyons modernes), voire WinHTtrack (aspirateur de site), il avait pu se faire

Guerre contre les Majors

une super collection de films et de photos X, légale en matière de diffusion. Il croyait que le monde était suspendu aux décisions françaises, et comme le vote solennel n’était prévu que le mardi 21 mars 2006, qu’il fallait ensuite que le projet soit accepté par le conseil constitutionnel, ce ne serait pas encore pour demain, toutes ces MTP,DRM et DCU. Bref, il vient de télécharger péniblement, sans mule, ni casa quelques petits wmv. En en lançant un, on lui demande à nouveau son log et son mot de passe pour obtenir une licence et pouvoir la sauvegarder. Le mot « DRM isé » est en toute lettres et il sait que si il veut voir ce film, il va y avoir une partie de son environnement informatique qui risque être stocké chez le fournisseur. Il ne lui reste plus qu’à effacer les fichiers sans les avoir vus. Le sexe avait−il besoin du net pour être rentable ? Heureusement il y a assez de sexe libre pour couvrir de nombreux besoins. Mais avec les DRM, si le revenu du site augmente, les artistes auront−ils plus de plaisir à pratiquer leur art ? En tout cas, si cette pratique se généralise et tue le sexe libre à cause des lois DADvSI, un jour ou l’autre, Fred Le Borgne devra payer pour se rincer l’œil.

Honneur et décadence

23 / 03 / 2006, 00:16 Honneur et décadence 11 novembre 2015

Les critiques quand à l’occupation américaine en France s’amoncellent. La World Company a payé deux cents informaticiens Sri Lankais rien que pour « nettoyer » à leur insu les forum de discussion (sujets passés) afin que la trace en soit perdue sans que personne ne réalise. L’état major américain a eu une idée pour communiquer sur l’amitié américano−française. Alors, aujourd’hui, tous les cimetières américains de France vont recevoir la « visite » d’une compagnie en grande tenue. Ces manifestations sont prévues décalées dans la journée pour être toutes filmées et diffusées sur le Net. Le major est désespéré. Ces maudits français vont encore détourner les images et les américains vont être ridiculisés, comme toujours. Depuis six mois, c’est un sujet de plaisanterie permanent. Le major DAD se dit espionné par les micro ordinateurs de son bureau. Depuis la disparition de son chef, il semble avoir craqué et refuse de prendre l’avion ou de quitter le quartier retranché. Certaines sentinelles l’auraient entendu rire étrangement la nuit quand il est seul dans les bureaux de son service. On ne l’a pas changé car ce service ne ramène rien depuis un an et demi et les gens envoyés

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sur le terrain finissent par disparaître dans la nature. De plus, il relie tous les accidents, les désertions, et les dysfonctionnements à une grande organisation d’espionnage et de sabotage française. Ses chefs l’écoutent sans comprendre.

Selon eux, les serveurs français qui inondent l’internet ne seraient pas nombreux. La seule cache découverte était de petit format. Et la France n’est vraiment pas une menace militaire. Mais c’est vrai qu’il faut des résultats, et après l’affaire des « camps de la mort », il vaut mieux être sûr de son fait. Pour cela, il vaut mieux s’attirer la sympathie de la population avant de lancer une campagne contre les pirates terroristes qui sont la cause de l’invasion et qu’il faut dénoncer.

L’état Major rendra hommage à ses « morts pour la France » au cimetière américain situé sur les contreforts du Mont Valérien. Cette forteresse, qui abritait jusqu’en 2010 un régiment de transmission est un haut lieu de recueillement car des résistants français y étaient maintenus au secret avant d’être fusillés durant la deuxième guerre mondiale. Le dernier président républicain français y était tous les 18 juin pour commémorer l’appel du grand général.

Le lieu, en hauteur, desservi et ceinturé par de grandes artères, est facilement sécurisable et au sommet, à l’intérieur des fortifications, il y a une grande aire de poser d’hélicoptère possible. Après la cérémonie, vers 10 h 30, le major DAD a prévu une petite visite de la plaine des fusillés, des cellules, du

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musée des transmissions et du musée du colombier, puis un bon repas servi dans le grand restaurant du sommet, avec une vue imprenable sur Paris.

A nouveau un petit tour d’hélico sur Paris avant de regagner l’état major, et cette journée sera agréable pour tout le monde, avec un maximum de sécurité.

Alors qu’il survole la zone, le major DAD est déçu. La population est absente. Il y a des groupes de cinq soldats de protection tous les 50 m, mais leur attitude est volontairement relâchée, afin de ne pas être considérés comme menaçants. Au parking au sud du Mont sont garés les bus plein de soldats en grande tenue d’apparat. Il fait beau et presque bon pour la saison.

L’entrée du fort est sérieusement gardée. La route en sens unique qui en permet la circulation est parsemée de check point. Des équipes patrouillent dans les douves et le long des remparts. Les oies (changées tous les ans) crient à la concurrence déloyale et le GI qui devait normalement stationner le long du rempart dans leur enclos reste maintenant prudemment à l’extérieur. La « Valérie » intrigue les « boys » qui ne lisent pas le français, mais se font prendre en photo à ses côtés. Comme d’autres se permettent quelques facéties avec la statue située prés du colombier… La cérémonie retransmise sur le Net est émouvante. Néanmoins, pas une parole qui

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permettrait de comprendre que le nombre de victimes de cette guerre en France, si il est égal au nombre de disparus, pourrait être assez choquant pour ceux qui suivent la diffusion. Les Français ne sont pas au rendez−vous et cela attriste le major DAD. Leur action déconsidère les morts d’une guerre précédente qu’on a voulu utiliser, en vain semble t−il. Le programme au Fort se poursuit sans embûches au grand soulagement du major DAD, ainsi que dans les autres endroits, où les troupes américaines rendent hommage. A 17 heures, alors qu’il va falloir songer au retour, un jeune lieutenant vient chercher le major DAD. « Venez voir, c’est incroyable, c’est sur le Net ».

Effectivement, le major DAD n’en croit pas ses yeux. Les mêmes lieux, déjà décorés par les gerbes américaines, sont investis par des milliers de personnes arrivées ici par un phénomène de « Flash Mob ». A chaque endroit, un homme en écharpe tricolore remercie les soldats américains venus défendre les valeurs de liberté à leur époque. Sans être articulé, le message rapporté à l’actualité est tout de même explicite tout en restant décent. Très fort.

La suite est une véritable bombe. On y voit, dans quelques entrepôts, des soldats américains enchaînés, qui restent très calmes pour autant. Ils n’ont pas l’air d’être maltraités. On sent même une certaine joie contenue chez certains d’entre eux. Puis on y voit les environs du Fort du Mont Valérien, un des bâtiments, surnommé « Le petit château » à cause de deux petites tours et une dizaine d’hommes menottés et

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bâillonnés. Le commentaire précise que chacun d’eux saura retrouver un entrepôt et que ce soir, un millier d’hommes, prisonniers pour des raisons diverses, allaient retrouver leur liberté.

La nuit qui suivit fut encore une nuit blanche pour le major DAD. Le compte−rendu fait par ses hommes, les « spécialistes de l’infiltration » qui avaient disparu, n’était en effet pas pour le rassurer. Et l’impact médiatique de l’annonce d’un millier de prisonniers ignorés de toute la planète était considérable.

Mais ce que le pauvre major DAD n’a vraiment pas apprécié du tout, c’est de découvrir sur le net, en même temps que des millions de personnes, juste après les images des prisonniers où il venait de reconnaître certains de ses hommes,( et il s’était donc bien approché de l’écran) la tête qu’il était en train de faire face au micro−ordinateur, avec à ses cotés le jeune lieutenant qui était venu le chercher et qui manifestement ne comprenait rien à ce qui se passait. Et le rire qui avait, encore une fois, résonné à ses oreilles…

Manifestations

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/ 03 / 2006, 21:11 Manifestations

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Mars 2011.

Elsa a 25 ans, et toujours pas de travail. Elle a arrêté ses études deux ans plus tôt et elle passe de stage en stage non payés, varie les petits boulots mal payés et trouve parfois l’occasion de quelques cachets salvateurs grâce à son talent pour l’accordéon. Mais comme elle n’a pas fait le conservatoire, elle ne trouve rien de stable dans la musique. Christian poursuit encore ses études. Il a une bourse. Leurs parents sont modestes, mais aimants et ils leur assurent le gîte : un studio sous les toits, très sympa et pas trop petit quand même. Pour le reste, c’est un peu la galère. La World Company omnipotente tente d’imposer à l’assemblée la déréglementation des minimums sociaux. Comme le marché du travail , c’est un secteur public en pleine déliquescence et réduit à la portion congrue, et le secteur privé entièrement contrôlé par la World Company, cette dérèglementation va entraîner une baisse immédiate généralisée des salaires. Le pouvoir en place ne sait plus que faire. C’est çà, ou le travail sera fait à l’étranger. Le « pays riche » que fut la France n’est plus que l’ombre de lui−même. La déflation a déjà commencé. Elle enrichit relativement ceux qui disposent de biens et à

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terme va précariser l’ensemble de la population. Des économistes commencent à prendre peur. Appauvrir la population, c’est se priver de la demande. D’ou un manque d’enrichissement par l’offre. Un visionnaire sur le net (Prof JM) développe une théorie. D’abord il explicite la tactique de la World Company. La première étape est de niveler de façon homogène la population mondiale. Niveler, pour éviter les migrations économiques et … limiter la consommation. En effet, la terre ne peut supporter l’équivalent de huit milliards de consommateurs américain, mais pas de problèmes avec huit milliards de chinois. Puis, organiser un ’appauvrissement progressif, avec une offre encore existante, qui permet la vente à perte des biens tels que l’immobilier (pour devenir locataire et se payer quelques loisirs) . Les suppôts de la World company vont pouvoir se payer de larges domaines, sur lesquels survivra une population qui travaillera pour presque rien. Une majorité de pauvres, serviles en échange de quelques pièces, une petite classe à peine moyenne pour gérer les institutions, la production de base, assurer la continuité de la recherche scientifique, permettre la pérennité des acquis et produire quelques « artistes ». Des imbéciles élevés au rang de notables grâce au métier des armes pour tenir le tout en place, des illuminés pour convertir à une religion quelconque pourvu qu’elle contrôle les aspirations métaphysiques de la populace, et ensuite, un dix millième de la population, extrêmement riche, chargé d’administrer une région, et pouvant profiter du

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meilleur de la production humaine et terrestre. Bref une classe regroupant une quintessence de l’humanité, seule représentative de la dignité de l’humanité selon elle. Quelques guerres ou épidémies et le réservoir humain pourra s’adapter au nombre des privilégiés et à la nature. Les riches par accident disparaîtront peu à peu et la vraie élite de l’ancien temps pourra profiter de la quasi totalité des ressources. C’en sera fini des « congés payés » qui encombrent mer et montagne une partie de l’année. Pour satisfaire le peuple avec rien, il y aura la Hifi, internet (pas trop quand même), la drogue, le cinéma, le sport, le lèche vitrine. Bref, il s’agit ni plus, ni moins que d’un retour au moyen âge. C’est la solution retenue par la World Company pour « gérer » la planète. Puis, Prof JM, et le Cercle e−pol qui cherchent à définir un nouveau modèle social, préconisent un collectivisme rationnel fondé sur les besoins réels d’un individu,( à savoir ses droits élémentaires dont celui de la juste rémunération pour son travail), collectivisme co−géré par tous les citoyens volontaires tenant compte de l'équilibre de la planète. C’est encore assez fumeux, mais de nombreux jeunes adhèrent à ces théories, bien que ce qu’ils veulent surtout, c’est avoir un avenir moins bouché que celui qui s’annonce à grand pas. L’urgence, c’est de protester. Avec les moyens habituels de revendication. On descend dans la rue et on menace les gouvernants, les intérêts des puissants, la société toute entière si il le faut. Franck est surexcité. Chaque jour, il suit les

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manifestants, crie avec eux, insulte les forces de l’ordre. Quand ça commence à chauffer, il jette des barrières avec d’autres dans les rangs serrés de la maréchaussée. Puis, au milieu des lacrymogènes, il casse une vitrine non protégée et se sert. Pas des bijoux non. Mais ça peut être des films ou des disques ou des stylos dans une librairie, comme des fringues, de la hifi, de l’informatique, des appareils photos, en fonction de la chance et de l’occasion. Vite revendu, vite dépensé, son butin lui permet d’améliorer son ordinaire (Il est plongeur dans un petit restau le soir). Elsa a décidé de manifester aujourd’hui. Défendre le monde du travail va la changer de la défense des libertés sur le net. Elle aussi est déçue de la médiocrité du gouvernement et elle comprend la détresse des exclus. Elsa à Paris. Franck à Lyon. Tout deux vont se faire capturer lors d’une charge de mobiles. La première parce qu’elle était mignonne et que les garçons, autours d’elle, criaient deux fois plus fort pour lui plaire. Et Franck, parce qu’il visait trop bien les failles de la « tortue » des mobiles. Comme quoi, dans une foule, il ne faut pas se faire remarquer… Elsa sortira vers 21 heures, le même jour, avec une bosse faite par un butor, les cheveux en bataille et quelques contusions. Elle sera fichée multirécidiviste maintenant. Christian et ses parents sont venus la chercher et elle a eu un peu honte quand même. Mais en sortant du commissariat, son père l’a embrassée sur la joue, avec la larme à l’œil. Il était fier d’elle malgré la peur qu’il avait pu ressentir. Par contre, personne n’est venu chercher Franck. De plus, il en a

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pris plein la tête, ses côtes sont douloureuses à chaque respiration et sa future progéniture lui semble pour l’instant bien compromise. Lui va être déferré devant un juge, sera condamné à trois mois de prison et fera partie des premiers pensionnaires des nouveaux centres de rééducation civique.

Dure journée

25 / 03 / 2006, 00:40 Dure Journée

Véra vient d’arriver à son studio. Il est 9h 30 et elle est épuisée. Dans une heure, elle a un briefing à l’état major de région. Il lui faut partir en civil et se changer là−bas. Une douche et elle va mettre un jogging. L’eau chaude la réveille mais la maintient dans une douce torpeur. Le contact soyeux de son gel douche, sa nudité, son bien être … elle ressent à nouveau les sensations qui l’ont bercée cette nuit. Son cœur s’accélère, elle s’abandonne dans quelques images coquines et … met l’eau froide. Ce n’est pas le moment. On l’attend. Malgré tout, même l’eau froide, en raffermissant son corps, lui procure des frissons agréables. Passage devant le miroir. Quelle mine affreuse. Coup de brosse rapide, crème de beauté, rouge à lèvre discret… le minimum syndical après l’hygiène en fait. Et même pressée, son esprit ne la laisse pas en paix et martèle « franck franck franck » sous son crâne. Elle part sans manger, et heureusement les transports en communs ne sont pas bondés et sont à la hauteur. Elle regarde les gens, mais ils lui semblent bien loin en fait. Elle en manque son arrêt. En retard, dans les vestiaires, elle est toujours obnubilée. Elle parvient quand même à shabiller correctement, le

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nœud de cravate bien fait, les grigris en place, tous les boutons boutonnés. Elle tente une entrée discrète dans la salle de réunion, mais peine perdue. Le major DAD, descendu de Paris pour motiver ses troupes en province, lui « souhaite la bienvenue » et « la remercie de l’honorer de sa présence » et tout le monde la regarde avec un petit sourire. Elle en rougit jusqu’à la racine des cheveux, balbutie un « sorry », rejoint sa place et fixe le major DAD pour lui « permettre » de continuer. Bien sûr, tout le monde a remarqué qu’elle ne pourra pas prendre de notes, ayant manifestement oublié sa mallette. Au culot, elle sort de sa poche une clé USB. De loin, personne ne peut voir qu’elle ne fait pas enregistreur. Son voisin lui glisse tout de même une feuille blanche et un stylo. Elle le remercie d’un sourire sincère.

Le major expose un relevé de situation. « Notre service est en crise. Nous n’avons en ce moment rien de probant. Il est tout de même tout à fait anormal que la population ne réagisse pas à notre présence. Pas plus qu’à la mise en place d’un gouvernement qui a été chassé il y a plus de 3 ans et demie. Il doit y avoir un pouvoir parallèle. Il doit y avoir des implantations informatiques d’envergure. Il doit y avoir des installations militaires autres que les magasins de chaussettes correspondants aux locaux encore en service des régiments traditionnels. Il doit y avoir des caches d’armes et des résistants qui savent où elles se trouvent. Ils attendent que notre attention se relâche pour nous attaquer. Profitons de ce délai pour découvrir leurs positions.

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Depuis deux ans que nous surveillons plus particulièrement le pays par satellite, nous n’avons pas pu déterminer la destination des matériels. Les chars existent. Voyez ces photos. Ils apparaissent toujours dans les camps d’entraînement pour une manoeuvre et à la fin de celle−ci, ils s’évaporent durant la nuit. On a pu remarquer que le char passait dans un parking souterrain avant d’être évacué par train. Mais impossible de suivre tous les wagons. Nous avons juste retrouvé les parkings et les ateliers de réparation après la manœuvre. Les avions ont filé à Djibouti, pays où la France a des accords militaires puis à la Réunion. Les navires de guerre sont eux aussi en territoire français outre mer. Sachant où ils sont, nous savons ne pas avoir à les craindre. Mais leurs hélicoptères sont eux aussi portés disparus, comme le reste de l’armée de terre et de leurs états majors. Plus grave, nous ne savons pas où se ravitaillent les sous−marins. Et eux croisent au large. Des pêcheurs en ont fait l’amère expérience en voulant profiter du moratoire français de la pêche dans ses eaux pour faire la récolte à la place des français. Ils ont été torpillés par des munitions spécifiques qui coulent le bateau. Ce sont les pêcheurs français qui font les sommations et recueillent les naufragés, mais ce sont les sous marins qui coupent le filet et envoient le navire par le fond. Nous avons voulu en piéger un il y a trois mois avec des chalutiers espagnols en guise d’appâts. L’embuscade a échoué. Les navires ont pu emporter ce qu’ils ont voulu et le lendemain étaient coulés à quai. Les français ont une stratégie globale. Nous ne

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devons pas relâcher notre attention. Ils nous espionnent. Votre rôle a chacun… » Véra rêve. Appuyée sur son coude gauche, elle soutient son menton, ferme les yeux. La voix du major devient une litanie lointaine, lointaine… « MISS SANDERS » Réveil en sursaut. Yeux ronds. Tout le monde la regarde. Confuse, elle se change pour la deuxième fois en charmante pivoine. Le major enchaîne, venant généreusement à son secours :

« Je veux que vous soyez tous aussi épuisés que

Miss Sanders et que vous recherchiez jour et nuit tous les renseignements qui nous manquent. Les Français ont peut−être une arme secrète redoutable qui leur permet d’être aussi sûrs d’eux ou pas mal d’atouts dans leur manche. Moi−même, j’en serai presque

persuadé

En anglais, la manche ne peut rien inspirer à Véra,

mais l’arme secrète et les atouts suffisent à lui faire repenser à la merveilleuse nuit que Franck lui a faite passer. Elle sourit béatement, ce qui n’échappe pas au major DAD qui cette fois ne va pas lui permettre de s’en tirer à si bon compte.

« Je vois que Miss Sanders a une petite idée sur la

question. Avez−vous découvert quelque chose, Miss Sanders ? » lui dit−il d’un ton narquois. Mais cette fois, Véra ne va pas faillir. Une évidence lui apparaît.

« Peut−être Major, peut−être. Une théorie déjà, basée

sur l’observation. Les Français ne vivent pas sur un même plan économique que nous. Ils sont comme

une ruche, avec des éléments interchangeables d’une part, et des spécialistes de l’autre. Tous semblent

»

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vivre décemment. Et surtout rationnellement. Or, dans un même temps, il existe une structure de loisirs 24 h sur 24. Ces structures elles−mêmes semblent gérées rationnellement. L’alcool coule à flot mais les français en boivent peu. Les couples franco−américains sont nombreux, et pourtant, l’intention n’est pas de faire payer cher l’envahisseur en échange de compagnie. Il y a une différence entre les établissements pour américains et les établissements exclusivement français. Enfin, alors qu’il y a des loisirs « offerts » , les loisirs « payants » sont très élevés, parce que choisis en plus des loisirs offerts, et les loisirs « offerts » sont de la même qualité que les loisirs payants. Ainsi, pas de concurrence, ni d’encouragement à avoir des loisirs supplémentaires aux loisirs « normaux ». Les loisirs sont peut−être l’arme que vous recherchez, car ils se sont arrangés pour que pour nous américains, les loisirs sont tout à fait abordables.

− Ne pensez vous pas Miss Sanders, que leur

monnaie électronique, bien que basée sur l’euro, est en fait très dévaluée ?

− Non Major, car sinon les produits locaux seraient

abordables pour eux aussi.

Très intéressant mais un peu saugrenu malgré tout.

»

Son intervention avait dégrisé Véra. De plus, elle venait de douter de Franck. Un instant, elle l’avait réduit à un dragueur économique, voire à un

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imposteur. Et si c’était vrai ? Elle en aurait pleuré. Elle verrait bien si il la rappelait. Normalement, ce soir ils avaient rendez−vous.

Triste conjoncture

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/ 03 / 2006, 19:26 Triste conjoncture

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juin 2009

Véra fait un malaise dans le métro. (Véra est aussi le prénom de la mère adoptive de Franck. C’est d’elle dont il s’agit) .Elle a eu son premier il y a trois ans. Et deux dans l’année précédente. Il est 18 h 30, heure d’affluence. Aussitôt, un passager donne l’alerte. Mais personne ne peut vraiment s’écarter. A la station suivante, Véra est allongée sur des sièges inconfortables (pour éviter que des clochards viennent y dormir). Mais les secours tardent. L’ambulance est gênée à cause des manifestations. Elle n’arrive à l’hôtel Dieu (distant seulement de 2 km) qu’une heure après. A 19 h 30, Véra rentre maintenant dans le cadre des urgences. Elle est un peu vaporeuse mais consciente. Elle va donc pouvoir attendre une heure de plus, allongée tout de même. Cela permet au secrétariat de l’hôpital de consulter son dossier « Sécu ». Tiers payant, mutuelle… et petit salaire de fonctionnaire. Quand un docteur va la prendre en charge, il va constater (chance car parfois, on ne peut le voir même après un malaise) une anomalie cardiaque grâce à un monitoring. Il va donc la diriger sur le service effectuant les échographies en couleur. Le

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cœur est ainsi filmé durant une minute. On y voit bien les dégâts causés par le mini−infarctus qu’a fait Véra trois heures plus tôt. On y voit aussi deux coronaires au diamètre très réduit. Il va falloir opérer dans un proche avenir et lui faire un pontage, voire plusieurs.

Et c’est là que le bât blesse. Il y a encore deux ans, un cardiaque était pris en charge à 100% par la Sécu. Le 100% Sécu n’existe plus à cause de la crise économique. Deux fois plus de chômeurs, des finances exsangues malgré les 20% de prélèvement sur les salaires. En plus, la base salariale, avec la mondialisation a encore baissé. Mais les frais hospitaliers ont explosé.

Alors, il a fallu tailler dans les remboursements et prendre des décisions. Les cures dans les villes d’eau pour « maigrir » ou soigner des problèmes allergiques, des problèmes respiratoires etc… sont toujours bien remboursées car elles contribuent aux économies locales. Il faut aussi financer une grande part du prix demandé par les maisons de retraite, organismes privés d’utilité publique, car sinon elles seraient vides. Par contre, les malades chroniques doivent participer à leur traitement.

La mortalité chez les personnes âgées ou fragiles, et pauvres a donc doublé depuis deux ans. C’est autant de frais en moins pour la collectivité. Mais c’est aussi moins de revenus pour les hôpitaux. Il faut donc augmenter les tarifs, donc augmenter la part que doivent verser les patients. Les guerres économiques

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peuvent être plus meurtrières que les vraies et personne ne s’aviserait de faire le décompte des victimes.

Afin de ne pas permettre la critique, il existe encore la possibilité d’être soigné gratuitement. C’est le vendredi. Ce jour là, l’hôpital opère les indigents. Il y a six mois d’attente. Et Véra n’y a pas droit car elle gagne trop. C’est un paradoxe à la française. Depuis 20 ans que Véra travaille, avec les 11% puis les 14% et enfin les 21% de CSG qui lui sont retirés du salaire, elle aurait pu se payer l’opération. Mais le prix de celle−ci pour Véra est hors d’atteinte pour elle aujourd’hui. Non seulement elle paye, mais ceux qui ne payent pas pourront peut−être être soignés (un sur vingt) mais pas elle. Coluche avait dit, 30 ans avant « La solidarité, c’est de faire payer aux pauvres pour plus pauvres qu’eux ».

Aujourd’hui, être celui qui aide n’est pas un avantage par rapport à l’assisté.

En 2006, l’heure était déjà aux économies. Véra « pouvait attendre ». En 2007, elle n’était pas encore opérée quand la gauche décida de ne plus rembourser les cardiaques à 100%. Et aujourd’hui, elle devra encore survivre grâce à une petite intervention de dilatation pour les coronaires (mais pas de pontage) et de médicaments qui amélioreront un peu le rendement du cœur mais qui ne soigneront pas la cause des malaises et ne récupéreront rien de la zone

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endommagée par l’infarctus qui va alors se nécroser. Et pourtant, ce traitement insuffisant va mettre son compte en banque dans le rouge. Véra survivra encore une petite année. Les banques ne lui accorderont pas de crédit lui permettant de se faire soigner car elle n’était en assez bonne santé pour prétendre y avoir droit à la lecture de ses réponses au questionnaire. Franck ne se résignait pas à l’inéluctable. Il tenta, à 15 ans, ses premiers trafics pour trouver l’argent nécessaire pour sa mère adoptive. Il commença aussi à cambrioler, ou voler dans les voitures. Mais l’argent obtenu auprès des receleurs était très insuffisant. Sa haine pour la société s’en trouva exacerbée.

Conduite en urgence le 13 mai 2010 après une troisième attaque, une infirmière miséricordieuse la plaça seule dans une chambre pour lui laisser ses dernières heures au calme. La Faucheuse s’arrangea entre copines avec la troisième Parque pour venir chercher Véra durant son sommeil, sans douleur. Dans l’hôpital, nul ne faisait trop attention, (sauf le fantôme de la SACEM encore prêt pour empocher post mortem des royalties puisque l’hôpital selon lui n’était pas digne d’une exception), à la voix de Georges, sur la radio interne, qui chantait, pas très fort « Toi, petite Véra, quand tu mourras, quand le croque−mort t’emportera, qu’il te conduise à travers ciel, au Père Eternel »

Captivante captivactivité

28 / 03 / 2006, 19:29 Captivante captivactivité

Brian en est à son troisième mois de captivité. Il a pu monter sur le toit de l’immeuble et en est resté pantois. Il est en pleine ville. Il ne voit aucun monument qui pourrait lui permettre de l’identifier. La terrasse est agréable car elle est arborée. Elle est censée éviter les barbelés empêchant une évasion. Ainsi, par satellite, cet immeuble est anodin. Il a droit à une heure. Ils sont quelques uns dans son cas. Mais aucun n’a envie de discuter pour l’instant. Chacun pourrait être un des éléments du trinôme des traducteurs en veille du net. En fait (Brian ne le sait pas. Les trinômes évoluent). Des idées d’évasion lui traversent l’esprit. Ce qu’il ne sait pas, c’est que c’est fait exprès. Le sentiment d’une liberté possible évite le désespoir et invite à la patience. Il échafaude alors mille plans pour descendre sans encombre les 30 étages. 1) Franchir les barrières de sécurité 2) Sauter dans le vide 3) Il reste15 secondes pour apprendre à voler. Alors, des idées de corde assez longue, d’élastique, de tuyau incendie… Y’en a un. Est−il assez long ? Il est bloqué par une manette, elle même derrière une vitre… Il doit y avoir une alarme si on la brise …Et l’heure passe si vite. Malgré tout, il ne sait pas si il a vraiment envie de s’enfuir. La vie est plutôt agréable. Il commence à

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bien se débrouiller en français, et si il traduit des

textes pour les français, il s’agit plus de textes pris sur le net que de conversations militaires. Sa « trahison » est relative. Il « aide » à l’enseignement de l’anglais pour les français qui espionnent les militaires. Il écrit en anglais ce qu’on lui explique en français pour les messages de « propagande ». Il a du travail.

Il sait les zones à ne pas approcher. Il y a une salle de

sport, une salle de détente, et si les américains ne sont jamais laissés seuls pour discuter, les français ne maintiennent pas une chape de plomb sur les débats. Et surtout, il y a Véronique. Il n’avait que peu de souvenirs de la nuit précédant sa capture. Véronique est la fille avec laquelle il avait flirté. Elle l’avait repéré depuis un certain temps et l’avait trouvé « à son goût ». Sélectionné, il a donc été drogué. Il lui en

a un peu voulu au début, mais elle est revenue à la

charge, lui expliquant qu’il lui avait « tapé dans l’œil

» et qu’ils pouvaient travailler ensemble. En fait,

c’est elle que Brian forme pour les « écoutes ». les cours de « langues » fatalement se sont poursuivis plus tard que prévu après quelques jours. Brian a pu constater que la plupart de ses camarades avaient leur amazone. Il avait trouvé curieux que les français n’aient pas capturé de femme. Véronique lui avait expliqué que la « disparition » de soldats pouvait être expliquée par de la désertion. De plus, les parents s’inquiètent plus pour des filles que pour des garçons. Des parents pensant que leur fils avait déserté comprendraient de ne pas recevoir de nouvelles. Ceux qui avaient des

filles demanderaient des enquêtes. Et l’opinion internationale serait défavorable aux français si on

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pensait qu’ils s’en prenaient aux femmes. Brian est tombé un jour sur les « droits » des prisonniers de guerre. Sa situation n’existe pas. Il tombe sous le coup des droits élémentaires dus à tout individu. Le droit vraiment bafoué est celui du courrier aux familles. Officiellement déclaré déserteur, un « intermédiaire » a pris contact avec sa famille pour leur proposer, contre argent, de donner des nouvelles à leur enfant. Il reçoit donc du courrier. Il peut y répondre électroniquement mais il est censuré. Il faut qu’il n’y ait rien d’identifiable à coup sûr. Il doit aussi ne rien raconter de sa détention. Ainsi l’intermédiaire peut apparaître pour un escroc aux yeux d’enquêteurs. Par contre, la famille qui veut y croire est « rassurée ». Et Brian a du courrier. Les français sont encore plus malins. Les prisonniers travaillent, donc ils sont payés. Avec un petit versement immédiat pour améliorer l’ordinaire, et le reste pour leur « pécule de libération ». Certains pensent qu’il s’agit d’une escroquerie, mais comme les français ne sont pas obligés de le faire… Enfin, Brian ne sent pas sur le dos la hiérarchie militaire pesante à laquelle il est habitué depuis son engagement. Si son travail est imposé, ainsi que les périodes de repos et de sport, il reçoit ses directives sur un ton normal, et non des ordres qui claquent. Brian ne prendra donc pas le risque d’une évasion. Ces camarades non plus. Les meilleures prisons sont celles où le prisonnier accepte de s’enfermer tout seul. Il y a tellement de prisons qu’on ne soupçonne même pas. Dans le bureau du chef de centre, un homme

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étudie les résultats de ce centre. Bien−être des prisonniers, efficacité des écoutes, les actions en cours, le travail de sape, les « petites victoires » sur l’ennemi, les informations recueillies pour la suite… Ca marche mieux que prévu. A croire que la torture, le sérum de vérité ou les sévices n’ont pas été inventés pour le renseignement, mais bien pour le plaisir de quelques malades. Il y a déjà quelques vocations d’agent double. Mais cela ne l’intéresse pas. Le risque d’une trahison mettrait en danger tout l’édifice. Le personnel français est aussi maintenu sous pression. Le lien affectif qui existe entre l’agent français et son prisonnier doit être au bénéfice de l’agent. Aucun ne doit être tenté de « faire plaisir à son prisonnier » et lui permettre une évasion. Ce serait le peloton d’exécution pour les deux. C’est la guerre, malgré les apparences. Il y a trois mois, un agent a été surpris à collecter des données sensibles dans le but de les vendre aux américains. Il est aujourd’hui célèbre pour les 13 deniers en plomb qui ont été sa récompense. La vidéo est ignoble, et on ne reconnaît pas l’individu, mais elle a eu son petit effet sur le réseau. Peu ont plaint la victime, en fin de compte. Si les agents sont au courant, la famille ne l’est pas. Elle n’a pas à porter le poids de cet acte. Un bon exemple est toujours plus efficace que mille menaces qui gâchent la vie et se banalisent, donc peuvent en devenir inefficaces. L’homme est songeur. La guerre ne se gagnera que sur le long terme. Combien de temps arrivera t’on à limiter le pire ? Il connaît trop ce qu’est une vraie guerre. Yougoslavie, Afghanistan, Côte d’Ivoire, République Démocratique du Congo…,

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autant de théâtres d’opérations qu’il ne pourra jamais oublier, et dont il ne veut pas une nouvelle illustration en France. Si les américains se sentent trop menacés, ce sera le bain de sang. « Trop pessimiste » pense t−il tout haut. Et pour se détendre, il se choisit une sucette à l’anis

Die Hard 2

28 / 03 / 2006, 19:35

Die Hard 2 Jamais Véra n’aurait pensé qu’une journée de travail puisse être aussi longue. Après le repas pris en commun par les participants à la table ronde du matin, le major DAD l’avait un peu sermonnée. Elle savait bien que si son père avait été un simple ouvrier, elle en aurait encore les oreilles endolories. Il avait substitué à « stupide » et « insolence » les termes de « peu probable » et « attitude équivoque », mais le message lui était parvenu dans toute sa clarté. Jamais Véra n’aurait pensé qu’une journée de travail puisse être aussi longue. Après le repas pris en commun par les participants à la table ronde du matin, le major DAD l’avait un peu sermonnée. Elle savait bien que si son père avait été un simple ouvrier, elle en aurait encore les oreilles endolories. Il avait substitué à « stupide » et « insolence » les termes de « peu probable » et « attitude équivoque », mais le message lui était parvenu dans toute sa clarté. Elle regrettait à ce moment d’avoir voulu servir son pays dans l’armée comme son père l’aurait souhaité si il avait eu un fils. Pour sa fille, il avait d’autres desseins, qu’elle ne partageait pas. Mais elle sentait bien que le bât qui blesse chez les militaires, c’est la rigidité des idées appuyée sur une « expérience » proportionnelle au temps de service.

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Pourtant, cette guerre était nouvelle. Les américains croyaient la mener seuls. C’était le contraire. Les français avaient développé un nouveau mode de société. Elle ne parvenait pas à en deviner les contours, mais le résultat était là. L’armée ennemie était superbement ignorée. Le gouvernement mis en place n’avait aucun pouvoir. Les hauts fonctionnaires nommés par ce gouvernement se retranchaient dans leur bureau et la population semblait heureuse. Très vite, ses pensées se tournèrent vers Franck. Quelle était sa place dans ce jeu ? Etait−il sincère ? Le garçon lui avait semblé prévenant et gauche pour la séduire, mais lorsqu’il avait fallu assumer côté lit, elle avait pu sentir une force intérieure peu commune. Non pas qu’il n’ait pas su se montrer attentionné et précautionneux envers elle, mais c’était l’impression qui lui en restait aussi après. Enfin, ses baisers lui semblaient posséder toute la chaleur d’une passion nouvelle et intense. Leur dernière étreinte avant de se quitter avait été tendre et mélancolique. Ils s’étaient promis de recommencer et il lui avait demandé son numéro de portable pour reprendre rendez−vous. Elle pensa qu’elle avait désactivé sonnerie et vibreur. Elle consulta sa messagerie. Il était 17 h. Il n’avait pas appelé. Franck se réveillait doucement. Son studio était en désordre, ses fringues éparpillées, les restes de son grignotage de midi au pied de son lit. Il lui fallait suivre sa demi−heure d’infos. Il passa un tee−shirt et se planta devant sa bécane. Il tapa son numéro de compte, son mot de passe, et consulta les différents

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articles. Il répondit ensuite aux questions citoyennes, aux sondages et référendums journaliers puis consulta sa boite aux lettres. Bernard lui souhaitait une bonne soirée, avec un smiley égrillard. Il chercha alors le bout de papier sur lequel il avait noté le numéro de Véra, ce qui acheva l’impression de désordre dans la pièce. Mais que foutait il posé sur le micro−onde à la merci du moindre courant d’air qui l’aurait projeté derrière le meuble de cuisine ? Il le consigna d’abord dans la mémoire de son nouveau gadget et le regretta aussitôt. Celui−ci était en contact permanent avec « la base ». Il leur avait livré déjà ce à quoi il tenait le plus au monde aujourd’hui. Puis il pensa qu’il aurait mieux fait de leur

demander de consulter la fiche de Véra pour avoir son numéro au lieu de mettre son studio sans dessus dessous pour le retrouver. Il appela. Il était 18 h 15. Véra décrocha à la deuxième sonnerie.

« Hello darling » tenta t−il .

« Bonjour mon cher » répliqua t’elle. Il sentit une bouffée de chaleur soudaine, bonheur intense, surprise et gêne car il prit conscience qu’une troisième personne au moins écoutait.

« Vé Véra ? » bredouilla t−il.

« Herself for you » gazouilla t−elle. Silence. Tous deux se sentaient ridicules. Ils prenaient conscience que l’autre avait pris une place importante dans leur vie. Mais chacun voulait refuser cet état de fait. « Je n’ai pas le droit » pensait l’un. « Je suis stupide » pensait l’autre.

« Qu est ce que

que tu fais ce soir ? » lâcha Franck.

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« I’m tired » gémit Véra.

« Ca c’est sûr » pensa Franck avant de traduire

correctement in petto.

« Like me » mentit il bon prince. Ils échangèrent alors quelques banalités, chacun imaginant l’autre. Franck était assez proche de la réalité, Véra ne s’étant pas encore totalement habillée après la douche qu’elle avait prise pour se réveiller. Elle se tortillait sur le lit ou s’étendait langoureusement en écoutant sa voix et quelques trémolos dans ses soupirs alanguis provoquaient de brutales montées de tension via le tympan et le cervelet chez Franck. Ils se quittèrent sur un smack−smack de bon aloi. Franck regarda son studio. Il préférait sortir plutôt que ranger. Il se sentait à l’étroit. Véra regrettait déjà d’avoir décliné l’invitation.

Un scénario pour l’été 2007

29 / 03 / 2006, 19:57 Un scénario pour l’été 2007 01 juin 2007

La gauche pavoise. C’est son grand retour au pouvoir après douze ans. Et sans avoir du présenter une femme. En échange, il a fallu se radicaliser pour prendre les voix du facteur, préférables à celles du centre. C’est encore un gouvernement d’intérêts divers. Il fallait battre la droite. Il y a eu coalition. Mais il n’y a pas eu de programme commun, juste des arrangements en sous−main. Pas question de décourager un socialiste libéral ou se refuser un marxiste léniniste à tendance révisionniste. Le parti socialiste ne représente que 40% de la gauche. Il a besoin des écologistes pour mener une politique mesurée malgré les exigence de la LRG (Ligue Révolutionnaire de Gauche) qui représente, grâce à l’union des divers gauches (sauf le PC indéboulonnable ) 35 % de celle−ci. La banquière a cédé la place au facteur porteur de bonnes nouvelles. On passe de la R5 au vélo jaune. Seulement, si la première décision est de dissoudre l’Assemblée, à majorité absolue de droite, la reconquête des sièges s’avère difficile. Au niveau local, l’entente qui a fonctionné pour la présidentielle fonctionne mal. Entre la parité, les places promises pour chacun, le charisme et la notoriété de certains élus en place, le

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futur cumul des mandats, le type d’adversaire en face… et le délai très court pour la campagne des législatives, la désignation des candidats est un vrai casse−tête et il faut éviter les candidatures multiples qui provoquent l’émiettement des voix et risquent permettre des duels Droite − extrême droite au second tour.

La droite elle−même s’organise. Le centre veut rester indépendant. Il ne faut pas aller chercher les voix extrêmes. Alors, tout est bon. On déterre les vieux démons. On rappelle ce que peut faire une majorité sans partage, surtout que la gauche tient les régions. Et surtout, on effraie avec l’archaïsme des idées, l’incompétence, la corruption et la chienlit… Pas un candidat n’échappe à l’opprobre. Le citoyen est désabusé. Personne n’a de programme. Et les slogans sont simplissimes.

Alors, les politiques ont recours aux vedettes. Les champions olympiques, les footballeurs et les artistes. Le ministre de la culture sortant « dépanne » ses collègues avec l’aide des grandes industries internationales du disque et du cinéma. Les derniers décorés disent quelques mots gentils à la tribune des politiques en échange des médailles. Certains ont été amnistiés par Bercy et eux aussi viennent avec leur tube de pommade. Les politiques investissent non seulement les créneaux d’information, mais surtout les émissions de jeu, de variétés et les reality show. Le maillon faible avec neuf candidats de neuf partis différents devient une émission culte. La vérité qui compte fait un flop mais vis ma vie démontre

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l’interchangeabilité des uns et des autres. Sans aucun doute ne parvient pas à convaincre, alors que certains font un tabac en guest stars « sous le soleil ». Certains se mettent même à chanter. Bernard Tapie quitte la France, écoeuré.

Les lois DADvSI refont leur apparition à l’improviste. Un candidat de gauche, sur le plateau de TF1 commente l’arrestation d’un internaute pour possession d’un logiciel de contournement des DRM Et il reparle de licence globale. Le journaliste lui déforme par « taxe sur les FAI » et augmentation de la facture d’internet . L’un comme l’autre confondent tout. Mais force revient au candidat qui parle de respect des droits d’auteurs car si il y a moins de piratage, il y a aussi beaucoup moins de vente de CD et nos artistes vont finir par chanter au coin des rues. Si chaque internaute donne l’équivalent d’un ticket restaurant par mois, aucun chanteur ne mourra de faim (16 Millions de ticket quand même )

Les associations d’internautes s’invitent dans le débat. La présidentielle a été gagnée grâce aux promesses concernant l’emploi, le CPE n’en ayant créé aucun, sauf dans les discours des candidats de droite. Les internautes veulent le vrai débat et la remise à plat de la loi DADvSI à l’Assemblée Nationale. Certains députés UMP rappellent leur action du 21 décembre 2005 et durant les débats suivants. L’ancien ministre de la culture parle de son

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évaluation positive au bout d’un an, des longs débats constructifs de 2006, des décrets d’application complémentaires concernant l’interopérabilité afin de permettre aux sociétés vendeuses de faire le meilleur choix technique pour leur gamme de produits HIFI etc… La gauche reparle de licence globale miraculeuse, permettant de supprimer le système répressif sur le net.

La dernière semaine de campagne entre deux tours est donc animée par des internautes pleins d’espoir qui reprennent de bons tubes inventés durant les durs moments de mars 2006. Henri Tournel se fait connaître en interprétant le « chant des partisans » version internaute aux « enfants de la télé » (Paroles empruntées à profJM)

La gauche remporte une grosse majorité sur les bancs de l’Assemblée. Néanmoins, il s’agit d’une des conséquences du système du scrutin uninominal majoritaire à deux tours où nombre de duels et de triangulaires (gauche, droite,centre ou gauche, droite extrême droite) ont pu être remportés grâce à l’union des gauches. A la proportionnelle, le résultat eut été moins rose.

Le 18 juillet 2007, une licence globale de 15 euros permettant l’échange P2P des fichiers musicaux diffusés sur webradios est instituée. Elle permet de justifier les taxes prélevées depuis 18 mois sur les CD et DVD. Le droit aux DRM est maintenu pour les vendeurs de musique en ligne afin de maintenir la viabilité de leur commerce. Les amendes de 38 et 150

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euros sont supprimées de la grille de répression. Par contre, la possession d’un DVD shrinké passe à 1000 euros et celle d’un logiciel briseur de DRM à 5000 euros. Les majors ont tout de même obtenu trente pour cent sur le montant des taxes collectées à titre de dédommagement. 20 pour cent iront à l’état en tant que TVA sur les taxes et les artistes pourront se partager le reste au prorata des albums vendus sur les plateformes légales. Les « partenaires » se félicitent alors de ce point d’équilibre enfin trouvé dans cette stratégie gagnant−gagnant.

Le 19 juillet, les FAI recevaient neuf millions de demandes de résiliation. Un comité d’internautes fut créé en trois jours par élection sur le net grâce à la fusion des ligues et associations. Le pouvoir prit peur. Le 25 juillet, un jeune internaute inconnu du monde politique devenait « Ministre de la Culture Numérique ». Ce ministère incluait tous les médias numériques, y compris les programmes de Web télé et la musique sur Internet. Les majors avaient le choix entre passer par les règles fixées par ce ministère ou vendre leurs films et musiques sur cassettes analogiques. La télévision hertzienne quand à elle était condamnée.

Un site « Ministère de la Culture Numérique » fut ouvert et la « concertation » fut reprise, démocratiquement, puisque chaque internaute en ligne au moment des choix pu voter pour les premières mesures. Le « point d’équilibre » se déplaça donc plutôt radicalement. Pourtant, le vote ne fut pas à la proportionnelle. Il y avait trois camps. Le

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premier était celui de l’industrie du disque, avec peu de participants. Le second fut celui des artistes. Le troisième celui du consommateur. A chaque question, le « oui » ou « non » au sein de chaque camps était proportionnels aux voix exprimées pour ou contre. Ensuite, le nombre de réponses (3) étant impair, la décision était emportée.

Contrairement à ce qu’auraient pu attendre le commun des mortels, les artistes se rangèrent du coté des internautes contre l’industrie du disque pour la plupart des décisions. Il faut dire que par « artistes », il n’y avait pas que ceux qui travaillaient pour les majors. Néanmoins, quand il fut question de points concernant la possibilité de création avec les moyens des majors, il y eu unanimité. Comme quoi, les majors n’étaient pas exclues de participer, par leurs moyens de production, à la diffusion de la culture. Seulement, les bénéfices escomptés n’étant pas à la hauteur de leurs prétentions, et ayant peur que les décisions prises en France puissent faire jurisprudence ailleurs, les majors quittèrent le débat et décidèrent d’exclure la France de leur zone de diffusion.

Le jeune Ministère adopta en première instance un adage très simple avant de vraiment cerner le problème pour le Net. « Interdit d’interdire ». Puis le ministre se tourna vers les instances plus classiques pour réformer avec des idées neuves tout en maintenant certaines contraintes malheureusement indispensables le paysage audio−visuel français.

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Tandis que sur le Net français, les DRM ne firent pas donc pas long feu tandis que de jeunes artistes purent monter avec des internautes des plates−formes de musique « originale » avec paiement volontaire. Un peu lent à démarrer au début, le flot de contributions équitables prit ensuite une altitude acceptable, alors que dans la vraie vie, les difficultés sociales et économiques se dégradaient de plus en plus. Enfin, les majors n’avaient pas dit leur dernier mot.

Avis de tempête

30 / 03 / 2006, 22:38 Avis de tempête

Janvier 2014.

Les fêtes de fin d’année se sont bien passées. La population a pu bénéficier de largesses imprévues pour elle et dont elle avait perdu l’habitude. Une « pénurie » voulue à l’exportation des produits de luxe français a permis de faire monter les prix à l’international et d’accumuler des réserves. Réserves consommées ensuite avec les crédits euros accordés en prime de fin d’année au 15 décembre. Donner l’argent et la disponibilité du produit… ça a été une razzia. Il était préférable de laisser des prix élevés et de donner l’argent à part. En effet, brader les produits aurait permis aux plus économes habituellement d’en acheter beaucoup, alors que les autres n’aurait pas pu se les payer, ou les stocks auraient été insuffisants quand même. Tandis que les prix élevés ont permis de vendre le stock existant pour les jouisseurs tandis que ceux qui ont préféré acheter du quotidien moins luxueux ont bénéficié d’une amélioration substantielle de leur ordinaire. Quand aux émigrés, à l’étranger, qui avaient payé à prix d’or le luxe français, ils ont pu voir sur le net des familles modestes manger foie gras, charcuterie fine, fromages etc. accompagnés de rouges

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prestigieux sans copeaux, de blancs moelleux, de champagne… C’est formidable l’économie au service de la population… et surtout pour son moral. Le cercle qui en est responsable, rattaché en un point à la défense globale, a fait du bon boulot. Car les nuages s’amoncellent autours de la jeune Net−république. L’homme à la sucette est dans son bunker souterrain officiel en région parisienne, c’est à dire sur les lieux de l’ancienne « piscine ». Ce matin de reprise, sa boite aux lettres est à la limite de la saturation. Le téléphone sonne. C’est une particularité rare aujourd’hui. Les interlocuteurs s’invitent dans le coin supérieur gauche de l’écran. Leur identité s’affiche, avec le motif de l’appel et un petit gling pour attirer l’attention. On ne prend la com que lorsqu' on est disponible. Et alors, c’est comme un visiophone, et on peut continuer de travailler en même temps. Lorsque le téléphone sonne, c’est le téléphone sécurisé à l’extrême. Les abonnés sont très peu nombreux et chacun a fait l’effet d’une enquête. Lorsque on décroche, le combiné identifie grâce à sa surface tactile, la main qui le tient (et en vérifie la température). Si celle ci ne correspond au possesseur, il proteste en donnant l’alerte avec une sirène stridente. Il décroche, il s’agit de son équipe, située à quelques minutes de là, dans une nouvelle implantation souterraine. Le Colonel ne donne même pas de motif. Il lui demande de venir. C’est urgent. Il sort de son bureau et se rend à la « station ». Depuis deux ans, grâce à l’évolution des lignes du

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métro parisien, on a pu dans le plus grand secret faire un métro parallèle qui relie toutes les implantations

souterraines de la capitale et les bâtiments officiels. Mais au lieu d’attendre une rame, on prend un petit véhicule électrique ( et silencieux) situé en bordure de quai et on rejoint la voie principale en fonction de

la direction que l’on emprunte.

Le choix de voie a été fait pour des questions de sécurité. Les navettes peuvent se croiser sans risquer de se heurter. Elles peuvent aussi adapter la vitesse maximale en fonction de la charge et circuler vides. Ainsi, à l’approche d’une navette qui va s’arrêter (la

destination est choisie au départ), si le quai est plein, une navette va quitter le quai et aller se ranger à la station suivante. De même, quand l’avant dernière navette d’un quai quitte celui ci, le système central « appelle » une navette vide de la station précédente. Ca fait un peu James Bond, mais ainsi, tous les déplacement sont sécurisés, non gênés par la circulation (même si elle est fluide), économiques, fiables, non polluants (grâce à l’électricité) et invisibles.

A chaque fois, les ouvriers ont cru travailler pour le

métro. Il a juste fallu refaire les quais pour le stockage des navettes. Enfin, les tunnels sont prévus pour être « écroulables » en cas d’intrusion en un point. Chaque implantation dispose d’une autre sortie de secours dans les égouts ou les catacombes. Le sous−sol de Paris est un vrai gruyère. A son arrivée, l’homme à la sucette peut constater la tension et l’inquiétude qui règnent. Les

conversations s’interrompent et le colonel vient se camper devant lui, immobile. Il lui tend la main et

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celui−ci la lui serre un peu plus fort que d’habitude. «Bonjour Monsieur. Cette fois, c’est parti. »

Le New York Time annonce dans sa première édition du matin le départ de deux divisions pour l’angleterre. Même information au Washington Post. On y explique que la France n’a toujours pas obtempéré pour se soumettre aux règles du droit international. De plus, une mystérieuse et sournoise dictature y aurait pris le pouvoir alors que le gouvernement légitime est en Angleterre depuis 3 ans. Cet état voyou abrite aussi des terroristes du Net qui veulent replonger le monde libre dans la barbarie en paralysant les ordinateurs à distance Le chef du Gouvernement provisoire en exil, constitué à Londres avec les votes des martyrs français exilés déclare « Amis américains, merci de votre aide pour libérer nos compatriotes». Le plus grave, c’est que les images satellites montrent aussi l’embarquement de SHERMAN dernier modèle, du départ de deux porte avions entourés d’une escadre conséquente et , en Angleterre, prés de Londres, on comprend mieux le terrassement qui y a été effectué. L’homme a la sucette fait en son for intérieur un rapide tour de situation. Ou en est aujourd’hui la Net République ? Et surtout son armée. Il y a trois ans, en Août 2011, il a été chargé par le cercle « Défense globale » de réformer en concertation avec le Chef d’état−Major et les officiers de son bureau études les armées, enfin ce qui en restait, pour maintenir une défense opérationnelle

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malgré les faibles effectifs. Il avait quitté l’armée "officielle" en 2003. Celle qu’il avait retrouvée avait évolué dans le mauvais sens dont on avait toujours pensé qu’elle pouvait évoluer. Une armée de métier a tendance à se couper de la population, puis à vouloir prendre le pouvoir. L’état déficitaire et de plus en plus contesté avait concentré ses efforts sur la gendarmerie et le ministère de l’intérieur. Le turn−over pour permettre un renouvellement des cadres n’avait pas résisté à la réforme des retraites qui préconisait des allongements de carrière pour la même retraite. Si le haut de la pyramide se bouche, ce sont les nouveaux qui ne sont pas recrutés. Avec en plus la baisse des soldes et le désoeuvrement induit par la raréfaction des manœuvres, la civilianisation de certains services et l’externalisation d’autres, les militaires avaient vu leur nombre décroître, avaient subit plusieurs réorganisations s’avérant être des concentrations, avaient vu leur solde divisée par trois et avaient développé un retour aux « traditions » pour se tenir les coudes.

Ainsi, cette collectivité dont la cohésion était un des maîtres mots avait réussi à maintenir intactes les notions de patrie, de sacrifice, d’honneur, d’honnêteté et d’efficacité. Seulement leur « élitisme » les confortait dans leur opinion d’être les seuls dignes de reprendre les rênes du pays. Dans les rangs des officiers, on retrouvait beaucoup de personnes qui civiles aurait émigré, mais que la passion de leur métier avait retenu auprès de leurs hommes et de leurs responsabilités.

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Au départ, il était convenu de leur faire passer la pilule qui allait les faire intégrer le ministère de l’intérieur. Afin de s’assurer de leur concours indispensable, ce fut le contraire qui se produisit. Généraux et bureaux d’études allèrent renforcer d’autres responsabilités dans d’autres cercles. Leurs qualités seraient bien utiles pour les stimuler. Les officiers subalternes prirent de hautes responsabilités et touchèrent des missions « nouvelles ». Les sous officiers progressèrent aussi grâce à la création de deux échelons supplémentaires et le recrutement fut relanc