Vous êtes sur la page 1sur 2

Quartier général

1441, rue Saint-Urbain


Montréal (Québec) H2X 2M6
www.spvm.qc.ca

Le 3 juin 2020

À l’ensemble du personnel du SPVM

C’est avec horreur et consternation que le monde a assisté en direct à la mort de Georges Floyd, tué par des
policiers dont la mission première est pourtant de protéger la vie. Des millions de personnes sont restées sans
mot en constatant que ces officiers ont ignoré les demandes des passants qui désiraient que cesse cette façon
inhumaine de traiter M. Floyd. Plusieurs ont pleuré l’agonie de cet homme qui suppliait de le laisser respirer.
Témoins de ce meurtre, les citoyens ont perdu confiance en la police. Comment expliquer que les autres
officiers ne soient pas intervenus face à ce comportement criminel, effectué avec désinvolture, en disant que ça
suffit?

Gandhi a dit un jour : « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le monde ». Ce sont là des
paroles qui, à la lumière des derniers événements et manifestations, font sens et qui je l’espère, éclairent
l’organisation que nous représentons.

Sur le compte Twitter du SPVM le 31 mai dernier, un peu avant la manifestation montréalaise, on pouvait lire le
message suivant :

« Le #SPVM souhaite exprimer son désarroi devant la situation qui fait echo partout dans le monde suivant
le décès de Georges Floyd. Autant le geste posé, que l'inaction des témoins présents, vont à l'encontre des
valeurs de notre organisation.

Soyez assurés de notre soutien et de notre accompagnement pour la manifestation pacifique tenue à Mtl
en appui à toute la communauté. Nous respectons les droits et le besoin de chacun de dénoncer haut et
fort cette violence et serons à vos côtés pour assurer votre sécurité. »

Ce tweet a été un réconfort le temps d’un instant puisqu’on peut se questionner sur la suite des choses. En effet,
quelles seront les actions que préconisera l’organisation? Est-ce que le SPVM peut insuffler en son sein et par
ses actions les changements dont parlait Gandhi? Les valeurs de l’organisation sauront-elles s’actualiser afin de
prendre en compte les injustices et les inégalités qui persistent en vue de les bannir dans la communauté et,
peut-être, devenir l’exemple à suivre?

Tout au long de ma carrière, j’ai souhaité amorcer ce changement en tentant de faire une différence. Avec l’aide
du directeur Yvan Delorme et d’autres, nous avons organisé l’hommage du 5 février 2008 pour le premier
policier noir de la Ville de Montréal, Édouard Anglade, qui avait rallié les rangs de la force constabulaire en 1974.
Nous avions alors dévoilé un cadre en sa mémoire qui était exposé avec ceux d’autres gens qui avaient marqué
le corps de police. Où se trouve maintenant ce cadre et l’histoire qu’il raconte?

…2
Madame Prénom Nom -2- Le jour mois année

À l’époque, nous avons également mis sur pied une rencontre de rapprochement sous la forme d’un 5 à 7 pour
le Mois de l’histoire des noirs. Cette activité se voulait un moment pour marquer la présence et la contribution
des noirs au sein de la police. Nous l'avons maintenue sous l’ère du directeur Marc Parent parce que nous
étions conscients qu’il restait encore du travail à faire. Il est impératif de reprendre le dialogue, de continuer
notre marche vers ce rapprochement, au nom des valeurs qui nous unissent. Ensemble, pour se dire que ça va
bien aller.

Je crois que nous devons honorer nos valeurs d’intégrité, de respect et d’engagement envers nous-mêmes,
mais également envers les citoyens que nous servons, notamment en condamnant le profilage racial. En soutien
aux manifestants pacifiques de dimanche qui ont su rendre hommage à Georges Floyd qui n’a pas fait usage de
violence lors de l’arrestation où il fut tué, on doit dénoncer haut et fort les casseurs qui ont porté ombrage à cet
événement.

Notre premier ministre François Legault a dit :


« C’est vraiment choquant, révoltant et je comprends tous les gens qui ont été révoltés et je suis d’eux
autres. Il y a encore du travail à faire pour lutter contre le racisme. Il y a encore, au Québec, des problèmes
de profilage racial et un manque de représentation dans les forces de l’ordre des personnes qui viennent
des communautés. »

Parce que c’est plus qu’une question de « pomme pourrie » : notre organisation doit intensifier de façon concrète
sa lutte contre le racisme et le profilage racial qui existent encore, tant à l’intérieur de ses murs que lors de
certaines interventions. Le SPVM doit être un chef de file dans cet élan de prise de conscience. Comme tant
d’autres, il m’importe de voir mon organisation briller sur ces questions. Et comme plusieurs, je suis prêt à
continuer mon engagement pour un monde meilleur.

Est-ce que vous serez également de cette quête?

Cmdt Patrice Vilcéus


« Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons. »
Martin Luther King