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Chapitre 13.

Les planchers

Chapitre 13

LES PLANCHERS

1. GENERALITES

1.1. Définitions et fonctions

Les planchers sont des éléments plans horizontaux divisant horizontalement un


bâtiment en différents niveaux appelés étages. Ils jouent ainsi le rôle :
- de plate-forme porteuse pour l’étage considéré, donc ils doivent être
résistants ;
- de toit pour l’étage sous jacent, donc ils doivent être étanches ;
- d’écran permettant le confort de l’habitat, donc ils doivent avoir une
certaine isolation phonique et thermique ;
- d’élément de stabilité sous l’action des charges horizontales comme
diaphragmes horizontaux de l’ossature du bâtiment.

1.2. Types de planchers

Les planchers en béton armé peuvent être coulés sur place, préfabriqués ou semi
- préfabriqués. Les types les plus utilisés sont :
- les planchers à « hourdis creux »;
- les planchers avec dalles pleines et poutres;
- les planchers à poutrelles parallèles rapprochées;
- les planchers en caissons;
- les planchers - champignons et planchers - dalles.

1.3. Charges sur les planchers

Les charges sur les planchers comprennent les charges permanentes et les
charges d’exploitation. Les charges permanentes sont constituées par le poids de
la structure du plancher et de certains équipements fixes sur lui. La valeur de la
charge d’exploitation sur un plancher dépend de la destination de cette dernière.

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Dans le tableau 13.1 sont données les valeurs de certaines charges permanentes
et d’exploitations sur les planchers.

Désignations Charges, en
daN/m2

CHARGES PERMANENTES

Béton, par mètre d’épaisseur 2300


Béton armé, par mètre d’épaisseur 2500
Acier, par mètre d’épaisseur 7850
Maçonnerie en moellons, par mètre d’épaisseur 2200 ... 2500
Maçonnerie en agglos creux de béton, par mètre d’épaisseur 1400 ... 1600
Maçonnerie en briques pleines de béton, par mètre d’épaisseur 2000 ... 2200
Mortier de ciment, par mètre d’épaisseur 2200
Sable, par mètre d’épaisseur 1800
Gravier, par mètre d’épaisseur 1900
Cailloux concassés, par mètre d’épaisseur 1500
Bois, par mètre d’épaisseur 800 ... 1100
Plancher en dalle pleine de béton armé, par mètre d’épaisseur 2500
Plancher à corps creux de béton, type :
15+5 325
20+5 375
Revêtements en béton, par mètre d’épaisseur 2300
Chape en mortier de ciment, par mètre d’épaisseur 2200
Carrelage, par mètre d’épaisseur 2200
Dallage en pierres, par mètre d’épaisseur 2500 ... 3000
Enduit en plâtre, par mètre d’épaisseur 1000
Matériau isolant thermique, par mètre d’épaisseur 400 ... 1000
Etanchéité, par mètre d’épaisseur 1000 ... 2800

CHARGES D’EXPLOITATION

Maisons d’habitations

Logement, terrasses accessibles 150


Balcons 350
Halls, Greniers 250
Terrasses non accessibles 100

Bâtiments scolaires et universitaires

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Classes, ateliers, laboratoires, sanitaires collectifs, dortoirs


collectifs, petites salles à manger 350
Amphithéâtres, dépôts, lingeries, cantines, circulations,
bibliothèques, salles polyvalentes 400
Chambres individuelles 150
Cuisines collectives 500
Dépôts de cuisine 600

Bureaux

Bureaux, circulations, halls de réception, salles à manger, salles


d’ordinateurs et reprographie 250
Cantines 250 ... 350
Bureaux paysages, zones de dépôts, salles de conférence et de
projection avec une surface  50 m2 350
Halls, Guichets, salles de conférence avec une surface > 50 m2 400

Bâtiments hospitaliers et dispensaires

Chambres, sanitaires 150


Salles de soins, circulations internes, salles de conférence avec
surface  50 m2 250
Salles d’opérations, salles d’accouchements, salles de plâtre, salles
de travail, buanderies 350
Halls, circulations générales, salles de conférence avec une surface
> 50 m2 400
Cuisines 500
Réserves et dépôts 350 ... 600

Maisons de culture, parcs de stationnement et autres

Salle de danse, salles de spectacles, terrasses accessibles au


public, grands magasins (sous réserves de marchandises lourdes) 500
Bibliothèques 600
Archives 600 ... 800
Boutiques 400 ... 500
Riz en sac, par mètre de hauteur 950
Blé en sac, par mètre de hauteur 650
Farine en sac, par mètre de hauteur 450
Betterave ou pomme de terre en vrac, par mètre de hauteur 600
Bois en fagots, par mètre de hauteur 150

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Bois en brèches, par mètre de hauteur 350 ... 700


Ciment Portland, par mètre de hauteur 1650
Chaux hydraulique, par mètre de hauteur 750
Papiers, par mètre de hauteur 1000
Peaux et cuirs en balles comprimées, par mètre de hauteur 400
Plâtre, par mètre de hauteur 1300
Quincaillerie 1000 ... 1600
Tableau 13.1. Valeurs des charges permanentes et d’exploitation sur les planchers

2. STRUCTURES ET CALCUL DES PLANCHERS

2.1. Planchers à hourdis creux

2.1.1. Domaine d’utilisation et structure

Ce type de plancher est généralement utilisé dans les bâtiments à usage


d’habitation et publics. Ils sont constitués de nervures en béton armé
(préfabriquées ou coulées sur place) entre lesquelles on place des éléments de
remplissage appelés entrevous, hourdis ou corps creux. Le tout (entrevous et
nervures) est surmonté par une dalle en béton armé d’épaisseur 4 ... 10 cm (voir
fig. 13.1).

Les dimensions des corps creux sont variables suivant les pays, les portées à
couvrir et l’usage du bâtiment. En général, pour les corps creux courants, on a :
- la longueur Lc = 20 ... 50 cm;
- la largeur lc = 15 … 25 cm;
- la hauteur hc = 10 … 30 cm.

Fig. 13.1. Plancher à corps creux.


1 - dalle de compression; 2 - nervure en béton armé; 3 - entrevous (corps creux).

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Au Mali, on produit, en général, des entrevous de dimensions suivantes : Lc = 50


cm ; lc = 20 cm ; hc = 15 cm et 20 cm.
Les entrevous sont exécutés en céramiques, en terre cuite, en béton. Ils doivent
pouvoir résister aux charges de montage. L’entraxe b des nervures dépend de la
longueur des entrevous et de la largeur de la nervure:
b = Lc + bner (13.1)

Si Lc = 50 cm et bner = 10 cm, on obtient b = 50 + 10 = 60 cm.

Les nervures reposent soit sur des poutres qui prennent appuis sur des poteaux,
soit sur un chaînage qui répartit la charge sur un mur porteur (voir fig. 13.2).

Fig. 13.2. Plancher à «  hourdis creux  ».


N - nervures; PP - poutres principales; CH - chaînages horizontaux.

2.1.2. Calcul des éléments constitutifs du plancher

a) Dalle de compression

La dalle de compression surmonte les entrevous et assemble les nervures


permettant ainsi un fonctionnement d’ensemble de la structure. Elle est armée
d’un quadrillage de barres, de diamètre 5, 6, 8 ou 10 cm, dont les dimensions des
mailles ne doivent pas dépasser (voir fig. 13.3) :
 20 cm (5 p.m.) pour les armatures perpendiculaires aux nervures ;
 33 cm (3 p.m.) pour les armatures parallèles aux nervures.

Les sections d’armatures, exprimées en cm2/ml (centimètre carré par mètre


linéaire) doivent satisfaire les conditions suivantes :

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 pour les barres perpendiculaires aux nervures :


- si l’entraxe des nervures b  50 cm :

200
A  fe
(13.2)

- si l’entraxe des nervures


est tel que  : 50 < b  80
cm :
4b
A  f (13.3)
e
Fig. 13.3. Quadrillage d’armatures avec, fe - la limite d’élasticité
pour ferrailler la dalle de compression. garantie des barres, en MPa  et
b l’entraxe exprimé en cm.

 pour les barres parallèles aux nervures :


A = 0,5 A (13.4)
où, A est la section choisie des armatures perpendiculaires aux nervures.

La disposition des armatures sur les entrevous permet une bonne répartition des
charges localisées et limite les risques de fissuration.

b) Les nervures

Les nervures sont calculées comme des poutres (continues ou non) prenant appui
sur d’autres poutres ou sur des chaînages. En travée, elles sont calculées comme
des sections en T (section transversale en T) et sur appui comme des sections
rectangulaires (voir fig. 13.4). La portée L est comptée entre nus des appuis. La
hauteur h doit être telle que :

Mt
h  L (13.5)
15M o
avec, Mt = (0,67 ... 0,95)Mo
ou encore
L
h  22,5 (13.6)

Fig. 13.4. Section droite de la nervure. Si la hauteur h vérifie ces


b - entraxe des nervures; bo = bner - conditions, une justification de la
largeur de la nervure; ho - épaisseur de la rigidité (calcul de la flèche) n’est
dalle de compression  ; h - hauteur totale
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de la nervure. pas indispensable.

Le calcul consiste à déterminer les moments et les efforts tranchants à partir


des charges agissantes. La charge linéaire totale sur la nervure est:
p = po b (13.7)
avec,
po est la charges totale au m2 : po = go + qo , où, go et qo sont
respectivement les charges permanentes et d’exploitation au m2 ; b est
l’entraxe des nervures.

On calcule ainsi les moments et les efforts tranchants. Dans le cas d’une nervure
continue, on doit tenir compte des différents cas de chargement défavorables
pour déterminer les sollicitations dans les différentes sections. A partir des
sollicitations, on détermine les sections des armatures longitudinales et
transversales. Les justifications sont, en général, relatives à l’état limite ultime
seulement; mais dans le cas des nervures exposées aux intempéries, il faut faire
une justification vis à vis de la durabilité.

c) Les poutres

Elles reçoivent les charges des nervures et sont, en général, calculées comme
des poutres continues de section droite rectangulaire. Un calcul plus précis et
économique consiste à prendre une section transversale en T avec des ailes
formées par la dalle de compression.

On admet la transmission des charges des nervures sur les poutres sans tenir
compte de la continuité de ces premières (nervures). La charge linéaire p sur la
poutre sera :

p = gp + (go + qo )Ln (13.8)


où,
gp est la charge linéaire due au poids propre de la poutre: gp = 2500*b*h
avec b, h - les dimensions de la section droite de la poutre; go , qo - les charges
permanentes et d’exploitation au m2; Ln - la largeur de la bande d’influence
revenant à la poutre, comptée à mi-portée des nervures.

On calcule les sollicitations (moments et efforts tranchants), puis on détermine


les sections des armatures longitudinales et transversales. Les justifications
sont en général relatives à l’état limite ultime et à l’état limite de service.
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2.2. Planchers avec dalles pleine et poutres

2.2.1. Domaine d’utilisation et structure

Ce type de plancher est utilisé, en général, pour les bâtiments industriels. Il est
constitué d’une dalle pleine en béton armé d’épaisseur constante 6 ... 12 cm,
parfois jusqu’à 15 cm ou 20 cm, reposant sur un réseau de poutres (poutres
secondaires et poutres principales) (voir fig. 13.5). Les poutres principales
reposent sur des poteaux ou sur des murs porteurs. L’espacement des poutres
secondaires (petite portée Lx de la dalle) varie, en général, de 1,5 à 3,0 m
(rarement jusqu’à 3,5 m ou 4,0 m) et celui des poutres principales (portée des
poutres secondaires ou grand côté Ly des dalles) est, en général supérieur à 5,0
m. Donc, la petite portée de la dalle est telle que Lx = 1,5 ... 3,0 m (4 m) et la
portée Ly des poutres secondaires est elle que Ly  5,0 m.

Fig. 13.5. Plancher avec dalle pleine et poutres.

2.2.2. Calcul des éléments constitutifs du plancher

a) Dalle pleine

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La dalle pleine est calculée par les méthodes habituelles (voir chapitre
précédent). La charge peut être répartie ou concentrée. La dalle peut porter
dans un seul sens (si Lx /Ly  0,4 ) ou dans les deux sens (si 0,4 < Lx /Ly  1,0). Les
moments d’encastrement des dalles dans les poutres ne doivent pas être pris
inférieurs à 40% du moment en travée.

Les armatures dans les différentes sections et dans les différents sens sont
déterminées à partir des valeurs des moments en travée Mt,x et Mt,y et sur
appuis Ma . Le premier lit est toujours constitué par les armatures dans le
sens de la petite portée Lx.

b) Poutres

Les poutres reçoivent les charges des dalles et sont calculées par les méthodes
exposées précédemment (voir chapitre précédent). Deux cas sont à distinguer
pour la transmission des charges des dalles aux poutres :
- 1er cas : cas où Lx /Ly  0,4;
- 2ème cas : cas où 0,4 < Lx /Ly  1,0.

1er cas: Lx /Ly  0,40:

Dans ce cas, on suppose que les dalles transmettent la totalité de la charge aux
poutres secondaires PS, qui, à leur tour, transmettent la charge aux poutres
principales PP (voir fig. 13.6). La largeur de la bande chargée Bs revenant à la
poutre secondaire PS est :
Bs = Lx + bps (13.9)
où,
bps est la largeur de la poutre secondaire.

La charge répartie au mètre linéaire sur la poutre secondaire PS est :


ps = gps + po Bs (13.10)
où,
gps est la charge linéaire due au poids propre de la poutre secondaire; po -
la charge répartie au m2 (pression sur la dalle).

On détermine ainsi les sollicitations, puis les sections d’armatures. La poutre


secondaire est, généralement calculée, en travées, comme une section en T, l’aile
étant représentée par la dalle pleine. Sur appuis, la section est considérée
rectangulaire. On recommande, en général, l’arrêt des barres longitudinales
surabondantes une seule fois.

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Les poutres secondaires transmettent les charges aux poutres principales PP


sous forme de forces concentrées de valeurs :

Fig. 13.6. Transmission des charges.

Pc = ps Bp = ps Ly (13.11)

Cette transmission des charges doit tenir compte de la continuité des poutres
secondaires (majoration des réactions aux appuis voisins des appuis de rive). Le
poids propre de la poutre principale qui est uniformément répartie le long de la
poutre peut être ramené sous forme de charges concentrées ajoutées aux
valeurs de Pc.

La détermination des sollicitations se fait par les méthodes précédentes. A


partir des sollicitations, on détermine les sections d’armatures longitudinales et
transversales comme des éléments fléchis. En général, les poutres principales
sont calculées comme des sections rectangulaires. Pour les poutres principales, il
est recommandé, suivant les portées, de faire un, deux ou trois arrêts des
barres longitudinales surabondantes.

2ème cas: 0,40 < Lx /Ly  1,0  :

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Dans ce cas, on suppose que la charge de la dalle est répartie entre les poutres
secondaires PS et les poutres principales PP (voir fig. 13.7 et 13.8). Quand il y a
des poteaux à chaque croisement de poutres (fig. 13.7), on peut distinguer deux
types de poutres : les poutres PP1 et les poutres PP2.

 Pour les poutres PP1, on a :


- pour le moment maximal en travée :
1
Mmax = pa Lx2 (13.12)
12
avec, pa = 0,5po Lx (13.13)

po étant la pression totale sur la dalle;

- pour les réactions aux appuis :


1 1
VA = VB = pa Lx = po Lx2 (13.14)
4 8

 Pour les poutres PP2, on a :

- pour le moment maximal en travée :


1
Mmax = pa (3Ly2 - 4a2) (13.15)
24
- pour les réactions d’appuis :
1
VA = VB = pa (Ly - a) (13.16)
2
ou encore les expressions suivantes :
1
Mmax = po Lx (3Ly2 - Lx) (13.17)
48
1
VA = VB = po Lx (2Ly - Lx) (13.18)
8

Quand il n’y a pas de poteaux à tous les croisements de poutres, on est alors en
présence de poutres secondaires PS et de poutres principales PP (voir fig. 13.8).
Dans ce cas, les poutres secondaires sont calculées comme les poutres de type
PP2 (formules (13.15) ... (13.18)) avec une section droite en T. Quant aux poutres
principales PP, elles reçoivent les charges :
- des poutres secondaires PS sous forme de forces concentrées Pc (fig.
13.8, d);
- de la dalle sous forme de charge répartie linéaire avec une intensité
maximale pa;
- de son poids propre sous forme de charge répartie uniformément le
long de sa longueur.

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Fig. 13.7. Fig. 13.8.

On détermine alors les valeurs des sollicitations par application du principe de


superposition, puis les sections des armatures longitudinales et transversales.

Dans le cas, par exemple, où l’on a une seule force concentrée Pc au milieu de la
portée, on a :
1
Mmax = Pc Lp (13.19)
4
1
V A = VB = Pc Lp (13.20)
2

Par simplification, on peut ramener les charges réparties linéaires en charges


réparties uniformes pl (fig. 13.8, e), telle que pl = (2/3)pa .

Dans le cas où il y a plus de trois forces concentrées, toutes les charges se


ramènent à une charge uniformément répartie pe le long de la portée (voir fig.
13.8, f).

Les poutres principales sont calculées comme des sections rectangulaires. Les
justifications sont relatives à l’état limite ultime et à l’état limite de service.

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2.3. Planchers à poutrelles parallèles rapprochées

2.3.1. Domaine d’utilisation et structure

Ce type de plancher est utilisé surtout dans les bâtiments civils et parfois dans
les bâtiments industriels. Il est constitué par une dalle d’épaisseur ho = 4 ... 20
cm et par des poutrelles rapprochées avec une distance c entre axes variant de
50 à 150 cm en général (voir tableau 13.2). On les appelle aussi planchers
nervurés (fig. 13.9, a).

Types de bâtiments Epaisseur de la dalle, en Distance entre axes des


cm poutrelles, en cm
Bâtiments civils 4 ... 10 50 ... 100
Bâtiments industriels 8 ... 20 80 ... 150
Tableau 13.2.

Fig. 13.9. Plancher à poutrelles parallèles rapprochées.


a ) structure  ; b) exécution  ; 1 – dalle  ; 2 – poutrelles  ; 3 - coffrage (tôle) en U
renversé  ; 4 – lambourdes  ; 5 - faux plafond.

Pour l’exécution d’un tel plancher, on utilise des coffrages en tôles métalliques,
généralement, sous forme de U renversés qui servent à coffrer les joues des
poutrelles et la face inférieure de la dalle (fig. 13.9, b). En fond de moules des
poutrelles formées par les tôles, on dispose des lambourdes qui seront bien
scellées dans le béton par des clous à grosse tête. La forme nervurée de la face
inférieure du plancher est souvent cachée par un faux-plafond.

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2.3.2. Calcul des éléments constitutifs du plancher

On admet un calcul séparé des différents éléments (dalle et poutrelles). Dans ce


cas, la dalle est considérée comme un élément fléchi de portée Ld = c - bp où,
bp est la largeur de la poutrelle. La dalle transmet ainsi la charge aux poutrelles
servant d’appuis (fig. 13.9, c). Ce calcul conduit, généralement, à des armatures
de très faible section. Dans tous les cas, la dalle sera armée d’un quadrillage de
mailles rectangulaires ou carrés en un seul lit pour les petites épaisseurs et en
deux lits pour les grandes épaisseurs. Dans le choix des armatures, on doit tenir
compte du rôle de répartition des charges localisées que doit jouer la dalle.

Les poutrelles sont calculées comme des poutres (fig. 13.9, d) de section en T
1 1
avec une hauteur totale h =    Lp et reposant sur des poutres
 10 18 
principales ou sur des murs porteurs.

Dans le cas où le plancher est conçu en dalle articulée aux contours et renforcée
par des nervures très rapprochées parallèles au grand côté (voir fig. 13.10), on
peut déterminer la flèche  au centre de la dalle et les moments de flexion M
par les expressions suivantes :
- pour la flèche au centre, on a :
 k1 cb 4 c4 

 =  4  0, 0284  po (13.21)
 10 EI Eh 3 
- pour les moments de flexion au centre entre les nervures :
 k2 2 c 2 
Mx =  4 b   p o (13.22)
 10 24 
 k3 2 c2 
My =  4 b    po (13.23)
 10 24 
- pour les moments de flexion au centre dans les nervures :
 k2 2 c 2 
Mx =  4 b   p o (13.24)
 10 12 
 k3 2 c2 
My =  4 b    p o (13.25)
 10 12 
- pour le moment de flexion maximal dans la nervure :
k4 2
Mn = b po (13.26)
10 4
Dans ces expressions :

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Fig. 13.10.

Coefficient b/a Valeurs des coefficients pour  égale à


s
0 0,10 0,25 0,50 0,75 1,00
0 130 130 130 130 130 130
0,25 130 130 130 130 129 128
k1 0,50 130 130 130 121 111 101
0,75 130 130 117 94 78 66
1,00 130 126 96 66 50 41
0 0 37 93 185 278 375
0,25 0 37 102 194 281 384
k2 0,50 0 37 120 252 357 464
0,75 0 72 197 341 434 504
1,00 0 128 262 378 438 479
0 0 125 313 625 940 1250
0,25 0 125 318 623 930 1235
k3 0,50 0 125 322 600 820 1017
0,75 0 138 313 508 626 713
1,00 0 145 283 389 440 479
0 125 125 125 125 125 -
0,25 125 125 125 124 123 -
k4 0,50 125 125 125 115 105 -
0,75 125 125 111 88 73 -
1,00 125 117 92 61 45 -
Tableau 13.3.

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po est la pression sur la dalle ; c est la distance entre axes des nervures ;
I - le moment d’inertie de la section de la nervure ; ki , i = 1, 2, 3, 4 - coefficients
dont les valeurs sont données dans le tableau 13.3 et qui sont fonction du
paramètre  :
cD
 = (13.27)
I
où, D est la rigidité cylindrique de la dalle.

2.4. Planchers en caissons

2.4.1. Domaines d’utilisation et structure

Les planchers en caisson sont utilisés généralement dans les grandes salles des
bâtiments civils (halls d’entrées, salles de spectacles, grandes salles
commerciales, etc...). Ils peuvent être utilisés parfois dans les bâtiments
industriels.

Les planchers en caisson sont constitués d’une dalle pleine d’épaisseur 5 ... 10 cm
avec des nervures dans les deux sens, distantes de 80 ... 200 cm , en général
(voir fig. 13.11, a). Les nervures sont toujours perpendiculaires, mais peuvent
être parallèles au côté ou formées un angle de 45° avec les côtés. Ce type de
plancher peut être coulé sur place ou être préfabriqué.

2.4.2. Calcul des éléments constitutifs du plancher

La dalle pleine est calculée comme une plaque prenant appui sur les nervures
(donc s’appuyant sur les poutrelles sur les 4 contours). Elle est armée d’un
quadrillage de maille carrée ou rectangulaire. Les nervures (ou poutrelles) ont la
 1 1
même hauteur h dans les deux sens avec h =    L. Elles sont calculées
 20 10 
comme une section en T. En supposant que le plancher repose librement sur les 4
côtés, les moments de flexion dans les poutrelles disposées au milieu du plancher
peuvent être déterminés par les expressions suivantes (voir fig. 13.11, b) :
- pour les poutrelles dans le sens de L1 :
4
1 L2 2
M1 = 4
c p L
4 1 o 1 (13.28)
8 L1  L2

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Chapitre 13. Les planchers

Fig. 13.11.

- pour les poutrelles dans le sens de L2 :


4
1 L1 2
M2 = 4
c p L
4 2 o 2 (13.29)
8 L1  L2

Les poutrelles, proches des côtés, fléchissent moins et les moments de flexion
sont plus faibles. Approximativement, le moment fléchissant dans une nervure
située à une distance x du bord est déterminé comme suit :
M1x = k1 M1 (13.30)
M2x = k2 M2 (13.31)
16  xi xi xi 
3 4
où, ki =  2 3  4 avec, i = 1, 2. (13.32)
5  Li Li Li 

2.5. Planchers - champignons et planchers - dalles

2.5.1. Domaine d’utilisation et structure

Les planchers - champignons et planchers - dalles sont des planchers constitués


de dalles continues, d’épaisseur constante, armées dans les deux sens, sans
nervures et supportées par des poteaux formant dans le plan un réseau à mailles
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Chapitre 13. Les planchers

carrées ou rectangulaires (voir fig. 13.12, a). Quand la tête des poteaux est
élargie en forme de chapiteaux ou « champignons », on a un plancher -
champignon (fig. 13.12, b). Lorsque les chapiteaux n’existent pas, on a un
plancher - dalle (fig. 13.12, c). Les chapiteaux ont pour but :
- de réduire la portée de la dalle;
- d’accroître la rigidité de la dalle;
- d’éviter le poinçonnement de la dalle au droit des poteaux.

Fig. 13.12. a - plan du plancher; b – plancher - champignon; c – plancher - dalle;


1 - poteaux; 2 - dalle pleine; 3 - chapiteaux (champignon).

Les planchers - champignons sont utilisés dans les bâtiments industriels à forte
surcharge. Ils ont l’avantage d’un éclairage facile et de l’absence de coffrage de
poutres avec retombées.

Les planchers - dalles sont utilisés aussi bien dans les bâtiments industriels que
civils. Ils ont l’avantage d’un éclairage facile, d’un toit plan et de la souplesse
dans le cloisonnement.

2.5.2. Calcul

Le calcul exact de ces types de planchers se fait, en général, par des méthodes
numériques (méthodes des éléments finis, méthode des différences finies).On
admet un calcul approché comme des portiques dans les sens de x et y. Ces
portiques sont étudiés indépendamment l’un de l’autre en prenant chaque fois la
totalité des charges permanentes et d’exploitation (voir fig. 13.13). On obtient
ainsi une série de portiques (dans le cas général à plusieurs travées et à plusieurs
niveaux) dont chacun est étudié comme un système à deux dimensions composé
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Chapitre 13. Les planchers

de montants verticaux constitués par les poteaux et de traverses horizontales


définies à partir des bandes de charges correspondantes. On aura des portiques
intermédiaires et des portiques de rive dans les deux sens. Les sollicitations sont
alors déterminées par les méthodes de la Résistance des Matériaux ; les
déformations dues aux efforts tranchants et normaux sont négligées.

Fig. 13.13.
PF - porte à faux; PISX et PISY - portique intermédiaire respectivement dans les sens
de x et y ; 1 - axe des panneaux.

Il existe aussi des méthodes très rapprochées fixant forfaitairement les


valeurs des moments dans les différentes parties (sections) du plancher à des
fractions de la valeur maximale du moment en travée. On peut aussi se servir des
données du tableau 12.10 correspondant au schéma 10.

A partir des valeurs des sollicitations, on détermine les sections d’armatures


inférieures et supérieures dans les différentes directions. Les armatures sont
toujours conçues sous forme de quadrillage (treillis soudés ou attachés) de
mailles carrées ou rectangulaires avec des barres de même diamètre ou de
diamètres différents dans les différentes directions.

Le calcul des planchers - champignons et planchers - dalles par la méthode


d’équilibre limite consiste à supposer que les lignes de rupture (charnières
plastiques) sont disposées comme le montre la fig. 13.14. Les conditions
d’équilibre des forces extérieures et des efforts internes (application du
principe des déplacements virtuels) s’écrit :
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Chapitre 13. Les planchers

pL x L y  L x  L y  fs
8 

2
 2c 
4 c3
3 Lx L y

 2
   
Asx,sup  Asy,sup z s ,sup  Asx,inf  Asy,inf z s ,inf 

(13.33)
où,
x y
p est la pression sur la dalle ; As ,sup , As ,sup - les sections des armatures
supérieures sur les longueurs Lx et Ly ; As ,inf , As ,inf - les sections des
x y

armatures inférieures sur les longueurs Lx et Ly ; zs,sup , zs,inf - les bras de levier
des armatures supérieures et inférieures.

Fig. 13.14. 1 - lignes de ruptures.

En connaissant le rapport Lx/Ly , on peut en déduire un rapport entre les sections


des armatures dans les directions x et y et en fixant un rapport entre les
sections d’armatures supérieures et inférieures, on obtient, en finalité, une seule
inconnue dans l’expression (13.33) ; le problème peut être ainsi résolu.

2.6. Les planchers préfabriqués

Les planchers préfabriqués sont très répandus ; ils sont utilisés aussi bien dans
les bâtiments civils qu’industriels. Avec la préfabrication dans les usines et
parfois sur des aires spécialement aménagées sur chantier, on arrive à
industrialiser la construction et réduire considérablement les temps d’exécution
des travaux.

Les planchers préfabriqués se présentent comme une dalle rectangulaire (forme


habituelle) sans ou avec des alvéoles longitudinales de forme circulaire,
elliptique, ovale ou rectangulaire (fig. 13.15). Les alvéoles ont pour rôle de
diminuer le poids propre de la dalle.
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Chapitre 13. Les planchers

Fig. 13.15. Planchers préfabriqués.


a - dalles de planchers; b - dalles de couvertures.

L’épaisseur h des dalles varie de 5 cm pour pré-dalles préfabriquées à 30 cm


pour les dalles de couverture des usines.

Les largeurs l ont, en général, des valeurs normalisées: 1,00 m; 1,50 m; 2,00 m;
3,00 m; 4,50 m; 6,00 m.

La longueur L (portée) des planchers préfabriqués peut atteindre 12,00 m; les


valeurs courantes sont : 1,50 m; 2,00 m; 3,00 m; 4,50 m; 6,00 m; 9,00 m; 12,00
m.

Les planchers préfabriqués en béton armé sont calculés comme des poutres de
section rectangulaire, en T ou I (H), reposant sur deux appuis simples. La bande
chargée revenant à la poutre est égale à la largeur l de la dalle et les armatures
calculées sont réparties sur cette largeur.

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