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Cours de procédure civile

Droit privé
Section française
Semestre 6

Prof. Kawtar NFISSI

Année Universitaire 2019-2020


Introduction générale

I/ Définition de la procédure civile


Le sens étymologique du terme « procédure civile » revêt deux sens :
Au sens large il désigne l’ensemble des formalités devant être suivies pour l’obtention d’un
certain résultat (il y a une procédure à suivre pour s’inscrire au barreau).
Dans un sens plus restreint il indique les formalités à accomplir pour saisir valablement telle
ou telle juridiction.
Dans un sens purement juridique, la procédure civile est la voie judiciaire à suivre pour la
résolution d'un contentieux à caractère civil via l'utilisation des règles du code de procédure
civile. C'est une application de règles de procédure qui constituent les garanties de l’équité.
La finalité de la procédure civile étant d’éviter que les particuliers ne se fassent justice à eux-
mêmes. Elle permet à ceux-ci de s’adresser aux tribunaux pour faire valoir leurs droits, en leur
conférant les moyens d’assurer l’exécution forcée des obligations de leur débiteur, ainsi que
les sanctions appropriées.
La procédure civile est une branche du droit processuel dans la mesure où elle constitue le
droit commun des procédures. Elle comprend :
*les principes directeurs de la procédure ;
*les conditions d’exercice de l’action en justice ;
*les règles selon lesquelles les tribunaux sont saisis ;
*les formalités qu’il convient d’observer et d’accomplir pour la recevabilité de la requête
(notion à faire figurer dans les actes et les délais qu’il convient d’observer) ;
*la façon dont les tribunaux instruisent les procès et rendent les jugements qui feront l’objet
d’une exécution ;
*les différentes voies de recours et leurs effets.
Ce sont généralement des dispositions qui doivent être appliquées si les procédures spéciales
ne prévoient aucune disposition contraire.

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II/ Distinction de la procédure civile des disciplines
voisines

A/ Le droit processuel
Le droit processuel fait l’objet de deux approches distinctes :
Une partie de la doctrine estime que ce droit constitue une branche commune à toutes les
procédures ; dans ce sens il rassemble toutes les règles juridiques de forme.
Une autre partie attribue à cette discipline un aspect uniformisateur ; c'est-à-dire une
discipline fondée sur la réalisation d’une étude des différentes procédures en vue de leur
unification.

B/ Le droit judiciaire privé


Son domaine est plus large que celui de la procédure civile. Outre les règles de procédure déjà
citées, il contient aussi les règles relatives à l’organisation judiciaire.
Ces règles ont pour objectif l’étude des principes communs aux différentes juridictions, les
ordres de juridictions devant lesquels les justiciables sont habilités à faire valoir leurs droits,
le statut des membres siégeant à la tête de ces juridictions, ainsi que celui des auxiliaires de
justice.
Les règles d’organisation judiciaire déterminent également les attributions de chacune des
juridictions et précisent en conséquence la juridiction à laquelle le justiciable devra
s’adresser : ce sont les règles de compétence.

C/ La procédure Pénale
La principale différence entre la procédure pénale et la procédure civile est que le procès civil
oppose deux parties, personnes privées alors que dans le procès pénal, l’Etat est partie par
l’intermédiaire du parquet, demandeur au pénal.
La ressemblance entre procédure pénale et procédure civile est que celui qui va prononcer la
décision est un tribunal de l’ordre judicaire indépendant du pouvoir exécutif.
La différence se situe également au niveau de la preuve : en matière civile, la preuve préexiste
au procès la plupart du temps (il existe notamment des actes juridiques), tandis qu’en matière
pénale la preuve, bien que déterminante, ne peut pas être préconstituée avant même que la
procédure ne soit lancée.

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III/ Les caractéristiques de la procédure civile

A/ Le caractère impératif
On ne peut pas abandonner au plaideur le choix de la juridiction à saisir car ce serait source
d'insécurité et d'inégalité. C'est ce qui explique que la plupart des règles de procédure civile
sont d'ordre public, elles s'imposent aux parties et au juge.
Néanmoins, il y a une atténuation à apporter à ce caractère car la procédure par son essence
gère un contentieux de droit privé. De même, le service public de la justice vise la défense des
intérêts particuliers et à ce titre doit prendre en compte l'intérêt des plaideurs.
Donc n'apparaissent véritablement d'ordre public que les règles d'intérêt général.

B/ Le caractère accusatoire
Le caractère accusatoire signifie que la juridiction saisie se contente de trancher le litige en
fonction des éléments versés par les litigants et selon leurs requêtes. Dans ce cas là, ce sont les
litigants qui se chargent de diriger l’instance et le juge ne peut pas statuer au delà des
demandes des parties.
En revanche, la procédure est dite inquisitoire quand l’instance est entièrement dirigée par la
juridiction compétente.
De nos jours la procédure civile est devenue hybride. Elle est accusatoire dans certaines
phases et inquisitoire dans d’autres. Mais en pratique ce sont les parties qui dirigent
principalement l’instance et déterminent sa portée.

C/ Le caractère formaliste
Ce caractère semble aller de soi puisque la définition même de la procédure est d'accomplir
des actes sous certaines formes et dans certains délais. Ce formalisme vise à assurer au
justiciable une totale sécurité juridique et à le protéger contre des manœuvres dilatoires de
l'adversaire ou contre l'arbitraire du juge : (Par exemple, le délai qui permet au défendeur de
préparer sa défense). Ce formalisme n'est donc qu'une technique au service de principes
supérieurs, et c'est donc un gage de sécurité. Par contre, son inconvénient principal réside
dans son caractère excessif, car dans certaines hypothèses, il devient un facteur de rigidité. On
essaie de combattre ce facteur par des réformes qui visent à l’alléger.

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D/ Le caractère écrit : Article 45 du CPC
Notre système est non seulement accusatoire mais aussi obligatoire, c'est-à-dire que la
procédure civile est obligatoirement écrite. Par conséquent, tous les actes de procédure
produits par les parties, accomplis par les juridictions ou réalisés par les auxiliaires de justice
doivent faire l’objet d’un écrit.
Par dérogation à ce principe, l’oralité demeure applicable devant les TPI dans le cadre des
affaires limitativement déterminées par la loi, alors que dans les autres juridictions la
procédure doit être écrite. Le caractère écrit de la procédure engendre l’obligation pour les
justiciables d’être assistés d’un avocat.
Si le plaideur réside par exemple à l’étranger, il peut dans ce cas nommer un mandataire. Ce
dernier ne doit pas être un notaire, huissier de justice ou un représentant de la justice…
Si la demande est acceptée par le tribunal, toutes les notifications seront acceptées.

IV/ Les parties de l’action civile


Toute personne prétendant à un droit peut saisir la justice et lui demander d’examiner le bien-
fondé de sa prétention.
L’action civile met en opposition deux parties principales : le demandeur et le défendeur avec
une intervention importante du ministère public.

A/ Le demandeur
Le demandeur est celui qui a usé de son droit d’accès à la justice. C’est lui qui prend
l’initiative du procès et qui déclenche l’action par le dépôt d’une requête écrite ou par une
déclaration verbale faite au greffe. En principe l’action en justice est exercée par un seul
demandeur. La recevabilité de cette saisine est subordonnée à la réunion de trois conditions à
savoir : l’intérêt, la capacité et la qualité.

B/ Le défendeur
Est celui contre lequel une action est intentée. Par opposition au demandeur, le défendeur doit
réunir seulement les deux dernières conditions (capacité et qualité).

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C/ Le ministère public
L’intervention du ministère public dans les instances civiles est régie par les dispositions de la
loi. Celui-ci intervient soit comme partie principale soit comme partie jointe.

1. Intervention du parquet comme partie principale :


Le Ministère public agie d’office comme partie principale, en tant que demandeur ou
défendeur, dans les cas expressément déterminés par la loi.
Le fait d’agir en cette qualité permet au représentant de la société de prendre la parole le
premier et lui impose l’obligation d’assister à toutes les audiences en vertu des dispositions de
l’article 10 du CPC.
En tant que partie principale, le parquet dispose de toutes les voies de recours prévues par la
loi à l’exception de l’opposition.

2. Intervention du parquet comme partie jointe :


L’intervention du ministère public en tant que partie jointe lui permet de se joindre à un
procès déjà engagé pour donner son avis. Dans ce cas le parquet prend connaissance du
dossier qui va lui être communiqué et prend la parole le dernier. Agissant en cette qualité, sa
présence aux audiences n’est pas obligatoire et il ne dispose pas de voies de recours.

V/ Les principes directeurs de la procédure civile

A/Le principe du contradictoire (Droit de la défense)


Selon ce principe, les parties au litigene peut pas être jugée sans avoir été entendue ou
appelée. Ce principe consacre la liberté de la défense et s’impose aux parties et au juge.
Il permet aux parties de se faire connaitre les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs
prétentions. Il leur permet aussi de prendre connaissance des éléments de preuve qu’elles
produisent et des éléments de droit sur lesquels leur adversaire compte s’appuyer pour obtenir
gain de cause.
Les règles de notification (art 36 CPC) et autres actes de procédure veillent au respect des
échanges d’informations entre les parties adverses en vue de faire respecter le principe du
contradictoire.

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Le CPC prévoit une seule dérogation au principe du contradictoire, à savoir celle de
l’ordonnance sur requête prévue par l’art 148 du CPC.

B/ Le principe de publicité
Le procès civil doit être public. Cela veut dire que les débats sont généralement publics à
moins que la loi n’en décide autrement.
Cette publicité s’applique à l’audience et au jugement et elle a pour corollaire la publicité des
débats et des décisions judiciaires notamment par voie de presse.
La publicité du procès civil est une garantie de bonne administration de la justice.
Toutefois dans certains cas, la loi décide que les débats auront lieu à huit clos s’il doit résulter
de la publicité une atteinte à l’intimité de la vie privée ou s’il survient des désordres de nature
à troubler la sérénité de la justice.
Au regard du principe de publicité, on peut faire la différence entre la matière contentieuse où
les décisions doivent être rendues publiquement, et la matière gracieuse où les décisions sont
toujours prononcées dans une audience non ouverte au public.

C/ le principe dispositif
Selon ce principe, la direction de l’instance est attribuée en grande partie aux justiciables.
Cela veut dire que l’objet de la matière litigieuse est librement déterminé par les parties et
notamment par le demandeur dans sa requête introductive d’instance.
Une fois l’objet du litige est déterminé par le demandeur, il s’impose aux deux parties au
procès.

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Partie I. La théorie de l’action en justice

L’action est l’acte par lequel un justiciable s’adresse à une juridiction de fond et requiert la
protection d’un droit, sa déclaration ou sa négation.
Autrement dit, l’action est le pouvoir reconnu aux sujets de droit de s’adresser à la justice
pour obtenir le respect de leurs droits ou de leurs intérêts légitimes. Elle désigne aussi le droit
pour l’adversaire de discuter le bien-fondé de la prétention émise contre lui.
En se basant sur les trois définitions précitées, peut on résumer l’action en justice dans « l’acte
qui confère le pouvoir d’agie en justice afin de faire prévaloir un droit. ».
Considérée du côté de celui qui s’adresse le premier au juge, l’action s’appelle « demande en
justice ». A contrario elle prend le nom de « défense » quand elle est envisagée du côté de
celui contre qui le demandeur agit : il s’agit du défendeur.
Le droit substantiel est le fondement de l'action qui se concrétise dans une demande en
justice.
L’action est distincte de la requête, qui désigne l’acte écrit produit par le titulaire d’une
prétention par le biais duquel la juridiction compétente est saisie.
Certes, il n’y a pas de procès sans action en justice. Or, le code de procédure civile marocain
ne réserve aucune disposition à la théorie de l’action en justice, il traite seulement les
catégories d’actions en justice. Cette théorie est donc purement doctrinale, son but est
d’examiner les particularités de l’action en justice ainsi que son régime juridique.

Définition de l’action par rapport au droit


En relation avec le droit, l’action en justice est appréhendée par référence à deux théories
opposées :
*La théorie classique considère que l’action ne constitue que le droit de mouvement. En ce
sens, elle s’appuie toujours sur un droit qui lui sert de fondement légal.
*La théorie moderne à travers laquelle les acteurs contemporains s’accordent à dire que
l’action est distincte du droit qu’elle vise à défendre. Ce droit ne doit pas obligatoirement
exister lors de l’introduction de l’action.
En effet, l’existence ou le défaut du droit ne peuvent être constatés qu’à la fin de l’instance.
C’est la juridiction saisie qui doit prononcer sur cette question.

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L’abus dans l’action en justice
Le droit d’agir en justice ne doit pas être utilisé dans le but de nuire aux tiers. Le défendeur
Dans ce sens, l’article 5 du CPC stipule que « tout plaideur est tenu d’agir de bonne foi ».
Dans ce contexte, la révision du code de procédure civile marocain a touché le principe du
dépôt de plainte afin de renforcer le principe de bonne foi.
Ainsi d’après l’article 5 du CPC «Tout plaideur est tenu d’exercer ses droits selon les règles
de bonne foi». Cependant, la pratique a démontré que ce principe général de droit est loin
d’être scrupuleusement respecté. Le futur code instaure une amende civile de 500 à 5.000
DH qui devra être versée au Trésor public par un plaideur de mauvaise foi. Et ceci
indépendamment des dommages et intérêts accordés par une juridiction.
La théorie de l’abus du droit d’agir en justice s’applique à la malice du demandeur ou la
commission d’une erreur grossière équipollente au dol. Exemple : (c’est le cas du créancier
qui pour une créance minime saisit des immeubles très importants de son débiteur.)
Par conséquent, celui qui a subi un préjudice du fait de l’exercice abusif du droit d’agir en
justice peut intenter une action en réparation qui lui donne droit à des dommages et intérêts.
Chapitre I : Conditions de recevabilité de l’action

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Chapitre 1. Conditions de recevabilité de l’action en
justice

L’action en justice constitue l’acte de procédure qui exprime la décision de passer de la


faculté d’agir à la volonté d’engager une instance précise et déterminée. C’est pourquoi le
plaideur devra accomplir certaines conditions pour intenter une action en justice au moyen
d’une demande.
Selon l’article 1er du CPC : « ne peuvent ester en justice que ceux qui ont qualité, capacité et
intérêt pour faire valoir leur droit. » Ce droit a un caractère légal car il est garanti par la loi,
mais il est aussi facultatif en ce qu’une personne n’est pas forcée d’agir en justice.
La recevabilité de l’action en justice dépend de la réunion de plusieurs conditions portant à la
fois sur le fond et sur la forme.
Trois conditions essentielles sont exigées ici et auxquelles tous ceux qui agissent en justice
sont soumis (demandeur, défendeur, intervenant), ce sont l’intérêt, la qualité et la capacité.
Mais les plaideurs peuvent aménager l’action si elle est affectée par certains évènements.
Le défaut de ces conditions entraine l’irrecevabilité de l’action.

Section 1/ Conditions relatives à la personne qui agit


La personne qui intente une action en justice doit avoir un intérêt à agir, la qualité de titulaire
du droit litigieux et la capacité d’agir.

§1/ L’intérêt
L'action en justice est ouverte à ceux qui ont un intérêt légitime au succès ou au rejet d'une
prétention, sous réserve des cas dans lesquels la loi attribue le droit d'agir aux seules
personnes qu'elle qualifie pour élever ou combattre une prétention ou pour défendre un intérêt
déterminé.
Cette condition s'exprime sous l'adage «Pas d'intérêt, pas d'action ».
La notion d'intérêt est indécise, mais l'on considère traditionnellement que l’intérêt d’agir en
justice doit présenter un certain nombre de caractères :

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A/ L’intérêt doit être légitime et juridique
L’intérêt doit être légitime : le titulaire de l’action doit justifier d’un droit reconnu par la loi
dont il a été lésé. Ainsi la concubine ne peut réclamer la réparation du préjudice à la suite du
décès du concubin, car le concubinage est, au Maroc, une situation de fait non reconnue par la
loi.
Il est nécessaire que la partie qui agit en justice fasse état également d’un intérêt protégé. Cet
intérêt juridique peut être pécuniaire (réclamer le paiement d’une créance) ou moral (si la
personne demande la réparation d’un préjudice qu’il éprouve suite à une atteinte à sa
réputation ou aux mœurs).

B/ L’intérêt doit être direct et personnel


La personne qui agit doit prouver qu’elle a subi une atteinte à un droit qui lui est propre.
L’action ne pouvant être effectivement intentée que par le titulaire du droit allégué. Par
conséquent, il n’est pas permis d’agir dans l’intérêt d’autrui (nul ne peut plaider par
procureur).
Cette condition ne soulève aucune difficulté s’agissant des personnes physiques, mais la
question revêt un autre aspect lorsqu’il s’agit d’apprécier ce caractère direct et personnel, dans
le cadre des groupements dotés de la personnalité morale.
Il est évident qu’un groupement peut agir en justice pour la défense de ses intérêts, mais cette
action sociale se distingue de l’action individuelle qui appartient à chaque membre du
groupement pour défendre ses intérêts individuels.
La question qui se pose est de savoir si le groupement peut se substituer à l’un de ses
membres pour exercer une action individuelle lorsqu’il ya atteinte de l’intérêt collectif du
groupement.
Quant aux associations, elles ne sont pas en mesure de se substituer à leurs adhérents pour
défendre les intérêts individuels de ceux-ci. Ceci s’explique par le fait que les pouvoirs
publics ont une certaine méfiance à l’égard des associations car il est à craindre qu’elles ne
s’arrogent la fonction de défenseurs de l’ordre en portant atteinte au rôle du ministère public ;
seul le juge a l’opportunité des poursuites.

C/ L’intérêt doit être né et actuel


Il faut que l’atteinte au droit allégué soit certaine au moment où la demande est formée : un
intérêt éventuel ou futur ne peut servir de base à une action en justice. On ne peut pas saisir un

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tribunal à titre préventif s’il n’existe pas un préjudice réel et avéré, car le rôle du juge est de
trancher les litiges déjà nés. L’exigence d’un intérêt né est d’éviter que les guerres préventives
ne viennent à engorger les tribunaux : une certaine moralisation rejoint la régulation des faits
judiciaires et le manque de magistrats sur le terrain de la pratique.

§2/ La qualité d’agir en justice


C’est le titre juridique en vertu duquel une personne a le pouvoir de figurer dans une
procédure lorsque l’action est intentée par le titulaire du droit lui-même.
Ont qualité pour agir, le titulaire du droit litigieux ainsi que ces héritiers et ayant cause
universel, le mandataire légal ou conventionnel (le premier ministre pour l’état, ou le trésorier
général pour le trésor).
En tout cas, les personnes ayant qualité pour représenter les plaideurs ne peuvent le faire que
dans certaines situations et en respectant certaines conditions.

A/ Cas de représentation en justice


Le mandat conféré par une personne à une autre en vue d’agir en son nom et pour son compte
est parfaitement licite : c’est un mandat ad litem, c’est à dire un mandat de représentation en
vue d’un procès.
La représentation est obligatoire avec constitution d’avocat devant certaines juridictions (cour
d’appel, cour suprême) sauf autorisation expresse d’agir en justice pour soi même accordé par
le chef de la juridiction saisi du litige. Il en va de même devant le TPI en cas de procédure
écrite.
A préciser qu’exceptionnellement, la représentation en justice n’est pas admise lorsque le
tribunal ordonne la comparution des parties en personne : par exemple, quand il s’agit des
mesures d’instruction supposant la présence des parties (expertise).

B/ Conditions de la représentation en justice


- Toute personne capable peut être mandataire en justice.
- Les pouvoirs du représentant sont déterminés par la loi (mandataire légal pour les
administrations publiques) par le juge (mandataire judiciaire : pour le mineur qui peut être
représenté par le tuteur autorisé par le juge) ou par la volonté des parties (mandataire
conventionnel).

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- Le représentant doit justifier de son pouvoir par acte authentique ou sous seing privé dûment
légalisé, soit par la déclaration verbale de la partie comparaissant avec lui devant le juge. A
noter que le mandat doit être spécial à telle affaire déterminée.
- La procuration doit être écrite, le nom du mandant devant figurer à côté de celui du
mandataire. Cette obligation s’impose en vertu de la règle, nul ne plaide par procureur.

C/ Effets de la représentation en justice


Ce n’est pas le mandataire qui est partie au procès, mais le plaideur représenté.
Par conséquent, tous les actes de notification doivent être faits à l’adresse du plaideur, plutôt
qu’à celle de son avocat.

§3 La capacité
Pour être recevable, l’action en justice doit être exercée par une personne ayant la capacité
d’agir en justice. On distingue deux types de capacités :
*La capacité de jouissance qui est le droit d’agir en justice : en principe toute personne
physique ou morale a ce droit.
*La capacité d’exercice qui correspond à l’exercice du droit d’agir en justice, de sorte que les
personnes qui sont frappées d’incapacité ne peuvent agir que par l’intermédiaire de leur
représentant légal.

Section 2/ Sanction des conditions de recevabilité


Le juge saisi relève d’office le défaut de qualité, de capacité ou d’intérêt. Mais le juge n’a pas
seul le monopole pour relever l’absence de ces conditions. Les parties peuvent elles aussi
relever le défaut d’une condition de recevabilité de l’action en justice.
Lorsque le juge constate ce défaut, il mettra en demeure la partie de régulariser la situation
dans un délai qu’il fixe. Si la régularisation intervient, l’action est considérée comme étant
valablement engagée. Dans le cas contraire, le juge va déclarer l’action irrecevable.
La régularisation concerne souvent la condition relative à la capacité, car l’incapable peut se
faire représenter par la personne ayant qualité pour la défense de ses intérêts.
Par contre, la régularisation du défaut de qualité ou d’intérêt est très difficile en pratique.

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Chapitre 2. Classification des actions en justice
La classification des actions en justice est liée au droit litigieux car le régime juridique de
l’action dépend de ce droit, c’est pourquoi l’action donne lieu à des classifications des droits
subjectifs, des droits réels et personnels, des droits mobiliers et immobiliers.
Ainsi, la classification des actions en justice est faite selon la nature du droit litigieux ainsi
que selon l’objet de ce droit.

Section1/ Classification fondée sur la nature du droit


litigieux
Selon la nature du droit litigieux, les actions en justice se divisent en actions réelles, actions
personnelles et actions mixtes.

§1/ Action réelle, action personnelle et action mixte

A/ L’action réelle protège un droit réel, elle peut être exercée par tous ceux qui prétendent
détenir un droit sur une chose contre tous ceux qui contestent la réalité de ce droit. Cette
pluralité de parties est liée à l’opposabilité absolue du droit réel. Le détenteur du droit réel
peut exiger de tout le monde le respect de ses prérogatives sur la chose détenue.
C’est le cas de l’action en revendication sanctionnant le droit de propriété et grâce à laquelle
on réclame la restitution d’un bien à titre de propriétaire. Le droit de propriété est le droit le
droit le plus absolu que l’on puisse avoir sur une chose.
L’action réelle peut être exercée contre tout détenteur du droit réel. Ainsi le créancier
hypothécaire par exemple s’il n’est pas payé, pourra exercer son droit de suite à l’encontre de
toute personne détentrice de l’immeuble.

B/L’action personnelle est destinée à protéger un droit de créance dit aussi personnel.
C’est le cas du créancier qui réclame le paiement d’une somme due par son débiteur.
Cette action ne peut être exercée que par le créancier ou ses ayants cause contre le débiteur ou
ses ayants cause.

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C/ L’actions mixte ou intermédiaire quant à elle met en présence un droit réel et un droit
personnel ; on peut la ranger dans deux catégories :
-Les actions tendant à obtenir l’exécution d’un acte qui a transféré ou créé un droit réel
immobilier en même temps qu’il a fait naître un droit de créance. C’est l’exemple d’une
personne qui achète un immeuble et agit en délivrance de cet immeuble ; cette action est
mixte car d’une part le vendeur doit livrer la chose à l’acheteur qui est donc créancier de la
livraison et à ce titre l’action est personnelle. D’autre part, l’acheteur devenant propriétaire
dès le jour ou l’inscription de l’acte de vente à la conservation foncière et à ce titre, cette
action est réelle.
-Les actions qui tendent à l’annulation, la résolution ou la révocation d’un acte translatif de
propriété. Il s’agit d’actes qui tendent à la destruction d’un contrat. C’est le cas du vendeur
qui va demander la résolution de la vente d’un immeuble. Son action est mixte car elle tend à
obtenir la résolution du contrat d’où son caractère personnel et à lui redonner la propriété de
l’immeuble d’où son caractère réel.

§2/ Intérêt de la distinction


La classification des différentes catégories d’actions permet de déterminer les parties au
procès ainsi que la juridiction compétente.
Les actions réelles sont portées devant le tribunal du lieu de situation de la chose.
En matière personnelle, l'action est portée devant le tribunal du lieu où demeure le défendeur.
En matière mixte, le demandeur dispose d’une option de compétence, autrement dit il peut
choisir le tribunal compétent. Soit il choisit la juridiction du lieu du domicile du défendeur,
soit il choisir la juridiction du lieu de situation du bien.

Section2/ Classification fondée sur l’objet du droit litigieux


Selon l’objet du droit litigieux, les actions en justice se divisent en actions mobilières et
actions immobilières, actions pétitoires et actions possessoires.

§1/ Action mobilière et action immobilière


Si le droit porte sur un meuble, l’action est dite mobilière et s’il porte sur un immeuble,
l’action est dite immobilière.

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A/ L’action mobilière est celle qui tend à sanctionner un droit de créance. C’est exemple
de l'obligation d'accomplir des travaux sur un immeuble qui fait l’objet d’une action
mobilière. D’ailleurs toutes les obligations de faire ou de ne pas faire sur un immeuble sont
mobilières.
La catégorie des actions mobilières est une catégorie ouverte, car la catégorie des meubles est
elle-même une catégorie ouverte. Ce qui signifie que tout ce qui n’est pas immeuble est réputé
meuble. En conséquence, toutes les actions qui ont pour objet un bien qui n’est pas qualifié
d’immeuble sont des actions mobilières.
Les actions mobilières relèvent du tribunal du lieu de la demeure du défendeur.

B/ L’action immobilière est celle qui a directement pour objet un immeuble. Ainsi par
exemple l'action en rescision d'une vente d'immeuble pour lésion est nécessairement
immobilière.
En ce qui concerne la compétence territoriale, les actions immobilières sont jugées par le
tribunal du lieu de situation de l'immeuble.

§2/ Action pétitoire et action possessoire

A/ L’action pétitoire
Est celle qui tend à la sanction du droit réel, c'est-à-dire du droit de propriété et ses
démembrements (l’usufruit ou la servitude). Elle tend à faire juger le fond du droit.
Par exemple : l’action qui invoque le droit de propriété sur un immeuble.
Le but de l’action pétitoire est de mettre en cause le fond du droit litigieux ; le juge doit
déterminer dans chaque cas si le droit réel invoqué par cette action existe et qui en est le
titulaire.

B/ L’action possessoire
Tend à protéger non pas la propriété, mais la possession ou la détention du droit réel
d’immobilier. Exemple : la dénonciation de nouvelles œuvres qui est une action préventive
destinée à faire cesser les travaux effectués par un voisin dont l’achèvement provoquerait un
trouble grave. Cette action est introduite s’il ya une crainte d’un trouble éventuel.

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Le juge saisi au possessoire ne doit s'occuper que de la question de la possession. Cette règle a
aussi des conséquences sur les parties puisque le demandeur qui agit au pétitoire n'est plus
recevable à agir au possessoire parce qu'implicitement on va considérer qu'il a renoncé à
invoquer sa possession.
Les actions possessoires sont au nombre de trois :
-La complainte : elle est donnée à tout possesseur actuel d’immeuble dont la possession est
troublée par autrui.
-La dénonciation d’une nouvelle œuvre est une action liée à un trouble éventuel et futur.
Exemple : une personne qui va construire un mur devant votre fenêtre vous priverait des
rayons du soleil et de l’air.
-La réintégrande : c’est une action donnée à une victime d’une voie de fait accompagnée ou
non d’une violence. Elle sanctionne la dépossession brutale et réprime une atteinte à l’ordre
public.

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Partie II. Le déroulement de la procédure

Chapitre 1. Les débats judiciaires


Le procès civil oppose deux justiciables qui sont respectivement le demandeur et défendeur.
Chaque partie du litige cherche à faire pencher la balance en sa faveur.
La prétention doit être évoquée par le biais d’une demande qui précède la saisine du tribunal
qui sera compétent pour trancher le litige. En contrepartie de cette demande, l’adversaire peut
réagir contre l’attaque du demandeur en utilisant ses moyens de défense.

Section 1/ L’introduction de la demande en justice


La demande en justice est un acte de procédure par lequel la personne qu'on dénomme
"demandeur" ou "requérant", c'est à dire, celui qui prend l'initiative du procès, saisit le juge
d'une prétention qu'il entend faire valoir contre une ou plusieurs personnes dites "défendeurs".
La demande en justice prend des formes déterminées par la loi. Elle est de différents types, et
elle peut produire des effets divers.

§1/ Les formes de la demande en justice


A/ La requête écrite
C’est le premier mode de la procédure écrite, il s’avère le plus courant en pratique.
La requête écrite est signée par le demandeur ou par son mandataire (arts. 33-34-35 CPC) ;
elle doit comporter les noms, prénoms, qualité ou profession, domicile ou résidence du
défendeur et du demandeur ainsi que les noms, qualité et domicile du mandataire du
demandeur.
Si le demandeur ou le défendeur est une société, le requérant est tenu d’indiquer la
dénomination sociale, la nature et le siège de la société.
La requête doit aussi énoncer l’objet de la demande, les faits et les moyens invoqués.
Si la demande est formulée contre plusieurs défendeurs, le demandeur devra déposer autant
d’exemplaires de requête qu’il y a de défendeurs en cause (art. 32 CPC).
Les indications requises sont impératives, leur non respect entraine l’irrecevabilité de la
demande.

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Par ailleurs, dans les tribunaux de commerce, le caractère essentiellement écrit de la
procédure risque de l’aligner sur celle suivie devant les TPI, et par conséquent ne pas éviter la
lenteur de la procédure judiciaire ordinaire.

B/ La déclaration orale
Le demandeur en justice a la possibilité de saisir le TPI par voie de déclaration (art. 31 CPC).
Dans ce cas, le demandeur comparait en personne devant l’un des agents assermentés du
greffe pour faire sa déclaration. Un procès-verbal porte la signature du déclarant.
Un mémoire supplétif est nécessaire après la déclaration, à produire au début de l’instruction
du procès.
Le juge est saisi dès le dépôt de la requête ou l’établissement du procès verbal de la
déclaration.

§2/ Les types de demandes en justice


En tant que moyens utilisés par celui qui déclenche le procès civil, les demandes peuvent être
principales ou initiales et incidentes. Qu’elle que soit sa nature, la demande ne peut conclure
que si elle est fondée en fait et en droit.

A/ Les demandes principales


Ce sont celles qui commencent un procès et elles sont également dénommées « demandes
initiales » car elles initient le procès et introduisent l’instance.
La demande initiale est très importante car elle délimite l’objet du litige et par conséquent
délimite l’étendue des pouvoirs du juge.
La forme de la demande initiale dépend de la matière concernée :
En matière contentieuse, lorsqu’il y a un litige, la demande initiale peut prendre trois
formes :
L’assignation : il s’agit d’un acte d’huissier de justice par lequel le demandeur cite son
adversaire à comparaitre devant le juge.
La requête conjointe remise au secrétariat de la juridiction : il s’agit d’un acte commun par
lequel les parties soumettent au juge leurs prétentions respectives, les points sur lesquels elles
sont en désaccord, et leurs moyens respectifs.
La requête au secrétariat de la juridiction : c’est l’acte par lequel le demandeur saisit la
juridiction sans que son adversaire en soit informé.

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En matière gracieuse, lorsqu’il n’y a pas de litige (ex : changement de prénom), pas
d’adversaire : la demande initiale est formée par une requête remise au secrétariat de la
juridiction. Il y a le cas du tribunal d’instance, devant lequel la demande initiale peut prendre
la forme d’une déclaration verbale.

B/ Les demandes incidentes


Ce sont celles qui sont formées au cours d’un procès déjà engagé, ces demandes se
subdivisent en trois groupes selon qu’elles émanent du demandeur, défendeur ou mettent en
jeu les intérêts du tiers.

1. Les demandes additionnelles


Les demandes additionnelles sont des demandes incidentes émanant du demandeur : ce sont
celles par lesquelles le demandeur modifie sa demande, la tend ou la réduit à condition que
ces demandes se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.
Par exemple pour une demande de paiement de loyer, le demandeur peut, le jour où l’affaire
sera jugée, former une demande additionnelle pour obtenir le paiement des loyers échus
depuis l’introduction de la demande principale.

2. Les demandes reconventionnelles


Ici le défendeur peut se contenter de résister à la demande, il va se défendre en prouvant qu’il
ne doit rien au demandeur. C’est une demande est formée par le défendeur dans le but de
neutraliser la condamnation réclamée à son encontre, soit l’atténuer, soit obtenir la
condamnation du demandeur. Cette demande a pour effet d’élargir la saisie initiale du tribunal
en lui faisant trancher deux demandes distinctes, celle du demandeur initial et celle
reconventionnelle du défendeur.
Sont considérées comme demandes reconventionnelles :
- Celles qui servent de défense à l’action principale : le défendeur auquel on réclame
l’exécution d’un droit pourra par voie reconventionnelle demander la nullité ou la résolution
de ce droit parce que l’action s’avère être présente. Cette demande tend le rejet de la demande
principale.
- Les demandes en DI fondées exclusivement sur la demande principale : si le défendeur
estime que l’action qui est introduite contre lui est abusive, il peut former une demande

19
reconventionnelle en DI à raison du préjudice qu’il subit du fait de la demande principale (ex :
diffamation).
Les demandes reconventionnelles permettent de gagner du temps et de l’argent en faisant
trancher deux procès à la fois et en faisant l’économie d’une autre procédure. Toutefois ces
demandes peuvent constituer un frein et ralentir le cours de la justice, car d’une part le
jugement de la demande principale va être retardé par l’examen de la demande
reconventionnelle, et d’autre part il est à craindre que ces demandes ne soient utilisées à titre
dilatoire pour retarder la solution du litige.

3. Les demandes en intervention


Ces demandes peuvent émaner d’un tiers ou bien formées contre lui.

a/ L’intervention volontaire
C’est une demande incidente émanent du tiers : un tiers se joint au procès auquel il n’est pas
partie pour faire valoir ses droits qui peuvent être compromis par le jugement à intervenir
entre les plaideurs primitifs.

b/ L’intervention forcée
C’est une demande incidente formée contre un tiers : l’une des parties au procès appelle à
l’instance un tiers pour que le jugement rendu lui soit opposable. Par exemple l’une des
parties (le vendeur) appelle au procès un tiers (le fabricant) pour le forcer à l’indemniser des
condamnations qui seront prononcées contre lui par décision judiciaire rendue au profit de
l’acheteur.

§3/ Les effets de la demande en justice


Par la demande, l’instance se trouve engagée à travers un lien de droit en vertu duquel les
parties et le juge vont participer.
La demande en justice produit ses effets à la fois à l’égard du juge qu’à l’égard des parties.

A/ Les effets à l’égard du juge


La demande initiale impose au juge de statuer sous peine de déni de justice. Cela signifie que
lorsqu’on soumet au juge une prétention, il est obligé de l’examiner et y statuer.

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Le juge va devoir répondre à tous les points soulevés et tout ce qui a été demandé par les
parties mais à cela seulement. Tout ce qui a été demandé et rien que ce qui a été demandé.
En effet, le juge n’a pas à modifier d’office ni l’objet, ni la cause de la demande.
Par ailleurs, pour apprécier la demande, le juge doit donc se placer au moment où la demande
est introduite, il n’a pas à tenir compte de ce qui a pu modifier les droits des parties ; par
exemple : les lois nouvelles.

B/ Les effets à l’égard des parties


A l’égard des parties au litige, la demande initiale crée le lien juridique d’instance.
- La demande entraine mise en demeure du débiteur avec toutes ses conséquences (on avise le
débiteur qu’il sera contraint d’exécuter ses obligations).
Dès lors, des intérêts moratoires (intérêts de retard) vont courir et un transfert des risques de
la chose s’opère à la charge du défendeur s’il est débiteur d’un corps certain.
Si l’acte introductif d’instance n’est pas placé au greffe, il deviendra caduc.
- La demande en justice interrompt les délais de prescription (il s’agit du délai pour agir) si
elle est régulière en la forme.
- La demande rend transmissibles certaines actions aux héritiers, en l’occurrence certaines
actions à caractère personnel lorsqu’elles ont été formées par le dé cujus avant son décès.
C’est le cas par exemple de l’action en dommages et intérêts pour diffamation qui est
transmissible aux héritiers à condition que l’action ait été introduite du vivant du décujus.

Section 2/ La saisine du tribunal


§1/ Dépôt de la requête et paiement de la taxe judiciaire
Après avoir introduit la demande, le demandeur est tenu d’acquitter la taxe judiciaire à la
caisse du greffe du tribunal saisi au moment même où il dépose sa requête introductive
d’instance ou fait sa déclaration. Mais le paiement de la taxe n’a pas lieu si le requérant
bénéficie de l’assistance judiciaire.
Le greffe inscrit ensuite les requêtes ou les déclarations sur un registre spécial par ordre de
réception, avec indication des noms des parties et la date des convocations (art. 31 CPC).
Au sein du tribunal de commerce, la requête écrite est signée par un avocat inscrit au tableau
de l’un des barreaux du Maroc. La constitution d’un tel défenseur s’impose à moins

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qu’exceptionnellement le demandeur ne requière du président de cette juridiction
l’autorisation d’ester lui-même en justice.
Le recours à un avocat va de pair avec la procédure écrite.

§2/ Fixation de l’audience et désignation du juge rapporteur


Après l’enregistrement de la requête ou de la déclaration, le président du tribunal désigne le
juge rapporteur ou le magistrat qui sera chargé de l’affaire. Celui-ci doit convoquer à son tour
par écrit le demandeur et le défendeur à l’audience au jour qu’il indique.
Cette convocation est diligentée par le greffe.
Signalons qu’aucun délai n’est prescrit durant cette 1ère phase de la procédure ordinaire. Les
instructions du juge ne sont pas exécutées rapidement par le personnel concerné (greffe ou
huissier de justice).

Section 3/ Les moyens de défense


C’est l’ensemble des moyens mis à la disposition du défendeur pour résister à l’attaque du
demandeur.
Dans l’objectif du renforcement des droits de la défense, le projet de réforme du CPC donne
la possibilité à la partie qui a fait un recours en appel de soulever d’autres moyens pour
contester les prétentions de son adversaire ; option qui reste ouverte jusqu’à la clôture des
débats.
La défense peut prendre plusieurs formes :

§1/ La défense au fond


Le défendeur va s’attaquer au droit du demandeur et soutenir que ce droit n’a jamais existé ou
qu’il est éteint. Par exemple : le défendeur poursuivi pour le paiement d’une dette soutient
qu’il l’a déjà payée.

§2/ Les exceptions de procédure


Il s’agit de tout moyen invoqué par le défendeur pour paralyser momentanément la demande
en déclarant la procédure irrégulière ou en désirant en suspendre le cours. Les exceptions de
procédure sont les suivantes :

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A/ L’exception d’incompétence par laquelle une partie prétend que la juridiction saisie
est incompétente.
B/ L’exception de litispendance suppose que le même litige entre les mêmes parties se
trouve soumis à deux juridictions distinctes,
C/ L’exception de connexité lorsqu’il existe entre deux litiges portant devant deux
juridictions différentes un lien étroit tel que la solution du premier litige pourra influer
directement sur celle du second.
D/ L’exception dilatoire par laquelle il est demandé au juge de suspendre l’instance ;
exemple : une caution qui se prévaut du bénéfice de discussion pourra sur la base de celui-ci
exiger du créancier qu’il exerce d’abord ses poursuites contre le débiteur.
E/ L’exception de nullité par laquelle une partie invoque la nullité de procédure pour
non respect des délais, mentions insuffisantes sur la requête...etc.
En conclusion, par le biais des exceptions, le défendeur met un obstacle temporaire à
l’examen du fond de la demande ce qui explique que les exceptions doivent être
nécessairement invoquées in limine litis càd au seuil de l’instance avant tout débat au fond.

§3/ La fin de non recevoir


Il s’agit d’un moyen de défense par lequel le défendeur va soutenir qu’il manque une
condition de recevabilité de l’action. Par exemple, il va invoquer le défaut d’intérêt ou de
qualité ou se prévaloir de la prescription. Le défendeur ne conteste pas ici la demande au fond
mais seulement le droit à l’exercice de l’action.
Si la fin de non recevoir est accueillie par le juge, elle aboutit à l’échec définitif de la
demande.

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Chapitre 2. Les mesures d’instruction
L’instruction du procès civil se déroule généralement selon une procédure écrite. D’après
l’article 45 du CPC ce sont les dispositions mises en œuvre devant la cour d’appel qui sont
applicables devant les tribunaux de première instance.

Section 1/ Le régime juridique commun à toutes les


mesures d’instruction
Pour étudier le régime juridique commun aux différentes mesures d’instruction, il est
judicieux de déterminer leur caractère et les règles de procédure régissant leur déroulement, la
direction de l’instruction et la procédure relative à l’exécution des différentes mesures
d’instruction. Ces mesures d’instruction sont soumises aux mêmes conditions de validité.

§1/ Le caractère facultatif


L’instruction du procès civil est facultative. Les juridictions de fond ne sont pas obligées
d’instruire toutes les affaires dont elles sont saisies.
Les mesures d’instruction peuvent être ordonnées d’office par la juridiction de fond ou à la
demande des parties. De même, les juridictions de fond ne sont pas obligées de répondre
favorablement aux demandes formulées par les parties.

§2/ Les décisions ordonnant les mesures d’instruction


Les mesures d’instruction peuvent être ordonnées soit par le biais d’un jugement avant dire
droit (quand la juridiction de fond décide de leur réalisation après le dessaisissement du juge
rapporteur), soit par le biais d’une ordonnance (Quand elles sont décidées par le juge
rapporteur, le président du tribunal chargé de l’affaire).

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§3/ Les conditions de validité des mesures d’instruction
Les mesures d’instruction doivent respecter les dispositions légales et doivent être d’une
certaine utilité pour le procès civil.

A/ Conditions de légalité
Les mesures d’instruction doivent avoir lieu dans le respect de la loi et leur portée doit être en
conformité avec les dispositions légales. Ces mesures ne doivent en aucun cas avoir pour effet
de porter atteinte au secret professionnel, à la vie privée, à l’inviolabilité du domicile…etc.

B/ Conditions de l’utilité
L’exigence du caractère utile des mesures d’instruction vise à atteindre deux objectifs :
l’utilité permet de minimiser le coup du procès d’une part, et constitue une garantie à la
célérité de la justice d’autre part.

§3/ La direction de l’instruction


La direction de l’instruction est confiée en principe au juge rapporteur ou au juge chargé de
l’affaire. Si la juridiction saisie est constituée d’un juge unique, c’est ce dernier qui se charge
lui même de l’instruction.
Le juge rapporteur et le juge chargé de l’affaire doivent superviser et contrôler toutes les
phases de la procédure d’instruction, et à ce titre ils jouent deux rôles : D’une part ils
rapportent fidèlement le déroulement des différentes mesures ordonnées et d’autre part
mettent en exergue les questions juridiques qui nécessitent d’être tranchées.
Enfin, une fois l’instruction terminée, le juge rapporteur dresse un rapport écrit relatant les
incidents de la procédure d’instruction.

§4/ L’exécution des mesures d’instruction


La réalisation des mesures d’instruction est effectuée sous le contrôle du juge rapporteur ou
du juge chargé de l’affaire qui les a ordonnées.
En plus le juge chargé de l’instruction d’une affaire peut se déplacer en dehors du ressort de
sa juridiction pour superviser le déroulement de la mesure qu’il a ordonnée.

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Les parties au litige doivent être appelées conformément aux dispositions de l’article 36 et
suivants du CPC, en vue d’assister à leur déroulement. Toute mesure réalisée en violation du
principe contradictoire risque l’annulation.

Section 2/ Classification des mesures d’instruction


Les mesures d’instruction ont été énumérées par l’article 55 du CPC. Il s’agit respectivement
de l’expertise, la visite des lieux, l’enquête, la vérification d’écriture et le serment.

§ 1/ L’Expertise
L’expertise est une mesure d’instruction dans laquelle il est fait appel à un homme de l’art. Sa
réalisation permet à la juridiction saisie de disposer de l’avis d’un spécialiste sur une question
à caractère technique dont dépend la solution du litige (et pas des questions juridique
tranchées par les magistrats).
L’expert est désigné par le juge rapporteur ou par la juridiction du jugement statuant en
audience ou en chambre du conseil. Cette désignation est effectuer d’office ou à la demande
de l’une des parties. L’expert doit être inscrit au tableau des experts judiciaires comme il doit
prêter serment(en cas de peine de nullité).
Lé délai de déposition du rapport de l’expert est fixé par le juge chargé de l’affaire ou par le
juge rapporteur. L’expert doit se limiter à donner des réponses aux questions techniques qui
lui ont été posées par le magistrat chargé de l’instruction.
Le rapport de l’expertise peut être soit écrit soit oral. Le rapport écrit doit être déposé dans le
délai fixé par le juge rapporteur au greffe de la juridiction compétente. En fait, le rapport ne
s’impose pas à la juridiction qui a ordonné cette mesure.
L’expertise doit être réalisée contradictoirement. Les parties ont le droit d’assister à son
déroulement. L’expert dans ce cas la, doit procéder à la convocation des partie et de leurs
conseils.

§2 / La visite des lieux


La visite des lieux est une mesure qui permet au juge, pour les besoins de l’instruction, de se
transporter sur des lieux ayant abrité le litige afin de constater, par lui-même, l’existence ou
l’absence d’un fait. Cette mesure peut ordonner soit d’office soit à la demande de l’une des
parties. Elle peut être ordonnée par jugement ou par ordonnance.

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La décision ordonnant cette mesure doit à peine de nullité déterminer le jour, l’heure et le lieu
où elle sera effectuée. Cette décision doit dument notifiée aux parties qui ont le droit
d’assister à son déroulement.
Le juge de l’instruction peut, le cas échéant, procéder à la désignation d’un expert qui aura
rôle de l’assister lors de l’accomplissement de cette mesure. En fait, le juge rapporteur et le
juge chargé de l’affaire dispose de tous les pouvoirs d’investigations (ex : entendre toutes
personnes se trouvant sur les lieux).
Après la clôture de cette mesure, un procès verbal (PV) relatant son déroulement, doit être
dressé par le secrétaire greffier, et une copie mise à la disposition des parties.

§3/ L’Enquête
L’enquête est une mesure d’instruction qui permet au juge d’entendre les témoins et les
parties du litige. Cette mesure peut ordonnée soit d’office soit à la demande de l’une des
parties.
Le témoignage peut être défini comme étant le fait pour un tiers au litige d’informer le juge,
après avoir prêté serment, des éléments dont il a eu connaissance. Cette mesure peut être
ordonnée pour permettre aux juridictions de fond de vérifier la réalisation d’un fait déterminé.
La présence des témoins convoqués est obligatoire. La défaillance est sanctionnée 50DH pour
la 1ère fois et 100 DH pour la 2ème fois.
Pour les délais de la présence des témoins ; 5 jours pour les personnes qui résident dans le
ressort de tribunal, et ceux qui résident dans un autre lieu doivent bénéficier d’un délai de 15
jours.
La décision rendue doit être notifiée aux parties, selon les dispositions des articles 37 - 38 - 39
du CPC.
Au cours de l’audience le juge essayera de chercher à résoudre le conflit, par le fait
d’entendues séparément les témoins, après avoir prêté serment et après avoir précisé leur
identité. Cette règle permet d’éviter que l’un d’entre eux soit influencé par le témoignage d’un
autre.
Les parties peuvent adresser des reproches à un ou plusieurs témoins même après la
déposition, par le fait de demander au juge d’apporter d’autres témoins qui a un lien par
exemple de l’un des parties. En fait, les reproches doivent être présentés avant la déposition.

A défaut, ils seront déclarés irrecevables, sauf en cas de preuve contradictoire.

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§4 / Les mesures relatives à la preuve écrite
Les justiciables peuvent prouver la véracité de leurs prétentions en produisant des actes écrits
qui peuvent être soit authentiques soit sous seing privé. --Les actes authentiques sont ceux
établis par les soins d’un notaire. --Les actes sous seing privé sont ceux établis par les soins
des intéressés ou par toute personne autre qu’un notaire.
La vérification d’écriture et le faux incident ne constituent pas réellement des mesures
d’instruction, mais ce sont des moyens de défense qui peuvent être évoqué par la partie contre
laquelle un acte écrit est produit.

A/ La vérification d’écriture
Cette mesure permet d’examiner la sincérité d’un acte sous seing privé qui a été déniée par la
partie contre laquelle il a été produit. La vérification peut porter soit sur le contenu de l’acte
soit sur la signature apposée sur lui. Cette mesure ne peut être ordonnée que si elle est
nécessaire à la solution du litige.
La vérification d’écriture est faite soit par titres (comparaison) soit par témoins soit par expert.
La première méthode consiste en la comparaison des écritures et des signatures figurant sur
l’acte concerné. La seconde méthode consiste en l’audition de témoins qui ont assisté à la
signature de l’acte. La 3ème méthode est celle dans laquelle il est fait recours à un expert.
La peine peut aller à 5ans d’emprisonnement comme elle peut aggravée s’il y a des
circonstances aggravantes. Si la sincérité de l’acte est prouvée, la partie qui l’a dénié peut être
condamnée à une amende civile de 100 à 300 DH ainsi qu’aux dépens.

B/Le faux incident ‫دعوى الزور‬


Le faux incident concerne ainsi bien les actes authentiques que les actes sous seing privé. Le
faut incident constitue un moyen de défense au fond. Il peut être évoqué en tout état de cause
et même pour la première fois devant la cour d’appel.
Les faux incident doit être expressément requis par la partie concernée. La juridiction de fond
ne peut pas l’évoquer d’office. Si ce moyen est déclaré recevable, la juridiction de fond
adresse une sommation à la partie qui à produit la pièce concernée. Ce dernier doit déclarer
dans un délai de 8 jours. Le défaut de dépôt dans ce délai vaut renonciation.
En cas d’échec de la demande la partie qui a requis cette mesure sera passible d’une amende
de 500 à 1500 DH.

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Enfin, la ou les déclarations est faux, l’action est transférer immédiatement au procureur du
Roi, le juge civil dans ce cas la ne peut plus statuer dans cette action, et il faut que l’action
déjà engager devant le tribunal pour que le juge pénal statuer sur cette action.

§5/ Le Serment judiciaire ‫ القسم القضائي‬/ ‫اليمين‬


Le serment constitue l’un des derniers bastions de la loi religieuse en droit processuelle qui
constitue la partie la plus séculière du droit positif. Il est un moyen par lequel une partie du
litige obtient soit attestation de la véracité d’un fait ou d’un acte soit la négation de leur
existence. Il est un moyen de preuve qui peut être qualifié d’extraordinaire.
Il y a deux types de serment distingué par le CPC :

A/ Le serment décisoire ‫اليمين الحاسمة‬


Le serment décisoire ne constitue pas réellement une mesure d’instruction. Il est seulement un
moyen de preuve. Ce serment peut être déféré par une partie a son adversaire. Il ne peut être
utilisé que sur requête de l’une des parties.
Le serment décisoire constitue une partie de la décision rendue sur le fond. Il doit être prêté
conformément aux dispositions de l’art 85 du CPC, a l’audience par la partie concerné en
personne. Ce serment peut être déféré a tout moment du litige. Il peut être requis même pour
la première fois devant la cour d’appel. Mais Il ne peut en aucun cas être déféré devant la cour
de cassation.

B/ le serment supplétoire ‫القسم التكميلي‬


Contrairement au serment décisoire, qui ne peut être déféré que sur la requête de l’une des
parties, le serment supplétoire est déféré d’office par le juge. Ce serment ne constitue pas un
moyen de preuve entier mais seulement un complément de preuve.
Le serment supplétoire constitue une mesure d’instruction il doit ordonner par le biais d’un
jugement avant dire droit. Cette mesure permet au juge de mettre un terme au doute qui plane
autour d’un fait déterminé. La juridiction de fond n’est pas obligée de prendre en
considération les effets de cette mesure.
NB : Autres mesures d’instruction définit par le CPC qui peuvent apporter une
modification ou précisément affronté le déroulement du procès:

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- L’acquiescement – Désistement – Demande Désistement Partielle et Totale – Demande
Initiale ou principale –Demande Reconventionnelle – Demande Additionnelle –Reprise
d’instance – Délaissement.

Chapitre 2. Les incidents de procédure


Un procès ne se déroule jamais aussi simplement qu’il vient d’être décrit, il est parfois
l’occasion d’incidents qui ralentissent ou qui alourdissent son cours normal.

Section 1/ Les causes de suspension et d’interruption de


l’instance

§1/ Causes de suspension de l’instance


Les causes de suspension sont des événements qui arrêtent le cours de l’instance
momentanément pour la laisser se continuer ensuite quand la cause disparaît. C’est le juge qui
va statuer sur la recevabilité de ces causes, parmi ces événements, on peut citer le sursis à
statuer par exemple à la suite d’une poursuite criminelle (la radiation en cas de défaut de
diligence d’une partie).

§2/ Causes d’interruption de l’instance


Les causes d’interruption de l’instance se rattachent à une modification dans la situation des
parties ou de leur représentant ; ex : le décès de l’une des parties. L’instance interrompue ne
reprend qu’après les formalités de reprise d’instance : Reprise volontaire par la partie (Art 118
du CPC) ; Reprise forcée par voie de citation émanant du juge ou de la partie adverse (Art 115
du CPC).
En tout cas, le décès ou la modification dans la capacité des parties ne peuvent retarder le
jugement de l’affaire si celle-ci est en état d’être jugée.

Section 2/ Les causes d’extinction de l’instance


L’instance se termine normalement par le jugement mais les parties peuvent mettre fin à
l’instance par le désistement ou l’acquiescement et en vertu de la loi, la péremption met fin à
l’instance.

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§1/ Le désistement
Il se produit quand le demandeur renonce à l’instance actuellement engagé sans renoncer pour
autant à sa prétention ; il y a intérêt par exemple si l’instance a été engagée devant un tribunal
incompétent. En d’autres termes, le désistement d’instance n’entraîne pas la renonciation de la
partie au fond du droit. A côté de ce premier type de désistement appelé désistement d’un
acte, on distingue le désistement d’action qui est bien plus grave puisque le demandeur dans
ce cas d’espèce renonce non pas à l’instance mais à l’action elle-même donc au droit agir lui-
même.

§2/ L’acquiescement
C’est le fait de la part d’un plaideur (le défendeur) de se soumettre aux prétentions de l’autre,
on distingue deux sortes d’acquiescement :
- L’acquiescement à la demande : le défendeur se soumet alors à toutes les prétentions du
demandeur.
- L’acquiescement au jugement : qui emporte renonciation aux voies de recours et soumission
à tous les chefs du jugement.

§3/ La péremption de l’instance


C’est l’extinction de l’instance par suite de l’inaction des parties pendant un certain délai. La
péremption n’est cependant pas réglementée par le CPC, elle peut être considérée seulement
comme une pratique consacrée par la jurisprudence mais aucune disposition légale ne fixe le
délai de péremption (qui est de deux ans en France).
A noter que ce délai de péremption peut être interrompu par l’acte de procédure.

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