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INGENIEURIE DES FONDATIONS

LA RECONNAISSANCE ET
L’ECHANTILLONNAGE

Mme Z. KECHOUANE
CHAPITRE II LA RECONNAISSANCE ET L’ECHANTILLONNAGE

I. Introduction
Le succès de tout projet de construction requiert une bonne planification des travaux et une juste
estimation des difficultés et des coûts. La préparation du site et l’aménagement des fondations sont
des étapes critiques du projet, car elles représentent une grande part du coût global ; une mauvaise
surprise dès cette phase initiale peut compromettre la suite d’un projet. Compte tenu de
l’importance structurale des fondations, leur conception requiert une excellente connaissance du
milieu ; leur choix et leur dimensionnement se fondent sur les résultats d’études sérieusement
planifiées à l’intérieur d’un programme de reconnaissance géotechnique.

II. Les objectifs de la reconnaissance


Globalement, la reconnaissance géotechnique a pour but de révéler la présence de tout facteur
environnemental lié au sol ou à la roche et susceptible d’influer sur le comportement de l’ouvrage.
Les renseignements qu’elle procure doivent garantir que la réaction d’une fondation à son
chargement n’excèdera pas la marge de sécurité prévue pour le tassement et la rupture éventuelle
du sol, quelle que soit l’évolution des conditions hydrauliques. Dans son ensemble, la
reconnaissance comprend la planification, la recherche, ainsi que la cueillette et la communication
des données relatives aux propriétés du sol. Ses objectifs sont les suivants :
− Révéler la présence actuelle ou potentielle de tout accident ou phénomène géologique
présentant des dangers pour l’ouvrage : faille, subsidence, sismicité, zone de glissement ou
de coulée, instabilité de talus, etc. ;
− Décrire la stratigraphie, c'est-à-dire la nature et l’épaisseur des couches de sol et de roche
sous l’ouvrage ;
− Déterminer la nature, la profondeur et la pression des diverses nappes d’eau souterraine ;
− Mesurer les caractéristiques physiques ainsi les propriétés mécaniques et hydrauliques du
sol et de la roche en place, en réalisant des essais sur le terrain.

III. Le programme de reconnaissance


Il est évident que les ressources financières allouées à la reconnaissance sont toujours
proportionnelles à l’ampleur du projet. Plus elles sont importantes plus les investigations sont
poussées et les sondages, nombreux et variés. La qualité et la sûreté d’une reconnaissance
dépendent donc en grande partie des sommes qu’on y consacre.

III.1. La collecte de données


Dans le cas de projets d’envergure, la reconnaissance débute par la collecte de documents sur la
région et le site du projet : rapports existants, cartes topographiques, hydrographiques et
géologiques à différentes échelles, photographies aériennes et même enregistrement provenant de
la télédétection par satellite. Les relevés faits par satellite enregistrent sur pellicule ou ruban
magnétique la réflexion ou l’émission d’ondes diverses telles que les infrarouges et les ondes
radar. Ces nombreuses sources mettent en évidence les accidents géologiques majeurs et les
anciennes zones de glissement, renseignent sur la nature des roches et l’évolution de l’érosion et
signalent les relations entre le relief, le ruissellement et le grainage. Les renseignements qu’elles
contiennent servent à planifier et à concevoir des barrages, des centrales électriques, de grands
complexes industriels, des bâtiments en hauteur avec charpente métallique ou de béton et même
des projets routiers.

III.2. La visite du site


L’étude préliminaire des rapports, des cartes et des photographies aériennes offre des garanties à
l’échelle régionale, mais il faut également visiter le site du projet afin de bien connaitre le terrain.
On y inspectera les pentes afin de détecter tout signe d’instabilité ou de solifluxion (lent
phénomène de mouvement de terrain). On portera attention au type de végétation qui témoigne des
conditions de drainage, et à la présence de gros blocs erratiques (discontinus) ou d’affleurements
rocheux pouvant déterminer le choix des méthodes de construction.

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III.3. La planification de la reconnaissance


À l’aide des données rassemblées lors de l’étude des cartes et de la visite du site, on planifie la
reconnaissance géotechnique en tenant compte de la nature, des dimensions et de la structure de
l’ouvrage projeté. Il s’agit de déterminer le type, le nombre, la localisation et la profondeur des
sondages et des essais qu’il faudra effectuer sur le terrain. Ces sondages et essais vont permettre
de faire un profil précis des propriétés physiques, mécaniques et hydrauliques du sol et du sol
substratum rocheux.
L’étendue de la reconnaissance, c'est-à-dire le nombre de sondage et leur localisation, dépend
surtout du type de projet et de l’homogénéité des conditions du sol. Quant à la profondeur de la
reconnaissance, elle dépend d’avantage du poids des ouvrages et de la valeur des contraintes
qu’ils induiront dans le sol.
En général, la profondeur des sondages est d’au moins six mètres ou quatre fois la largeur de la
fondation sous son propre niveau dans le cas des ouvrages légers. Pour ce qui est des ouvrages
lourds et des bâtiments massifs à plusieurs étages, la moitié des sondages devraient atteindre une
profondeur d’une fois et demie la largeur de la construction sous les fondations.

IV. Les méthode de reconnaissances des sols

Introduction

L’établissement de tout projet de génie civil nécessite une parfaite connaissance du sol de
fondation.
Pour cela, il faut déterminer :
· La nature des couches sur une profondeur suffisante au droit de la zone à construire ;
· les caractéristiques du terrain, soit en laboratoire sur des échantillons intacts prélevés
par sondages, soit «in situ» ;
· La perméabilité des couches et les caractéristiques de la nappe phréatique (variation
de niveau, composition de l’eau).

Avant de choisir les méthodes à utiliser, une première étape s’impose, basée sur :
· L’étude des cartes géologiques existantes;
· La recherche des documents établis sur la région;
· Une première reconnaissance rapide du terrain.

Le résultat de cette étude doit permettre à l’ingénieur responsable du projet de déterminer la


marche à suivre, d’indiquer si la réalisation est possible sur le site choisi et de donner une
approximation du coût des études et des fondations.
Ensuite commence l’étude géotechnique approfondie du terrain permettant de définir
parfaitement le type de fondation qui assurera la stabilité générale de l’ouvrage et empêchera
les tassements différentiels pouvant créer la ruine de la construction.
Le déroulement d’une campagne de reconnaissance est toujours progressif et n’est jamais fixé à
l’avance avec rigueur: en effet, les procédés dépendent des terrains rencontrés et les problèmes en
cours d’essais sont souvent fréquents. µ

Parmi les méthodes de reconnaissance géologique et géotechnique, les forages et sondages


tiennent une place importante du fait des renseignements qu’ils peuvent fournir par eux-mêmes,
ou grâce à l’adjonction de systèmes complémentaires d’information.
Les principaux domaines d’intervention du forage peuvent être groupés sous les rubriques
suivantes :
v recherche et exploitation de matières utiles : minerais, charbon, eau, pétrole,
matériaux de carrières ;
v reconnaissance des sols dans le cadre d’études géologiques, géotechniques,
hydrogéologiques, pédologiques ;
v préparation de sols en vue de la réalisation d’ouvrages de génie civil : pieux forés,
injections.
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De nombreuses méthodes sont à la disposition du spécialiste:


ü Les reconnaissances par puits et tranchées;
ü Les reconnaissances géophysiques;
ü Les sondages rotatifs, les sondages par poinçonnement ou par vibro-percussion;
ü Les sondages destructifs à la tarière ou au battage;
ü Les essais «in situ» quand le prélèvement devient très difficile.

Les reconnaissances par puits,

1) Tranchées et galeries
Cette méthode, la plus ancienne, est celle qui permet le mieux de «voir» les terrains en place et
de faire des prélèvements de gros échantillons et des essais directs sur la roche en place.
Les travaux sont réalisés à la main en blindant les parois par des coffrages en bois ou
métalliques. A partir des puits on peut creuser des galeries dans les zones les plus dangereuses,
en particulier dans les régions qui recèlent de nombreuses carrières.
Si l’on veut atteindre les couches profondes, ces travaux deviennent très chers et sont
impossibles dès que l’on rencontre la nappe phréatique. Ils ne sont utilisés que comme
compléments d’autres essais.

2) Les reconnaissances géophysiques


Ces méthodes présentent l’avantage d‘être rapides et assez économiques mais l’interprétation des
résultats est très difficile; elles doivent toujours être complétées par des sondages qui permettent
de vérifier certaines mesures.
Ces essais indiquent l’épaisseur et l’orientation des couches, la positon de la nappe phréatique et
la présence d’anomalies géologiques importantes telles que éboulis, surface de glissement,
présence de carrières. Ils ne sont utilisés pratiquement que pour les grands ouvrages et donnent
surtout des résultats géologiques.
a) La méthode sismique
Le principe de l’essai est basé sur le fait que les ondes se propagent à des vitesses différentes
suivant la nature des couches du terrain : la vitesse croît avec la compacité du sol. L’équipement
comprend :
ü un émetteur d’ondes (la plupart du temps l’ébranlement est créé par une explosion);
ü un récepteur (sismographe) associé à un enregistreur mesurant le temps de parcours;

b) La méthode électrique
Elle consiste à mesurer la résistivité du sol qui varie suivant la composition des roches et
l’importance de l’eau.
Deux électrodes impolarisables envoient dans le sol un courant ; on mesure la différence de
potentiel entre deux joints intermédiaires. La résistivité est alors déterminée par des abaques
établis à partir des résultats expérimentaux.
Cette méthode donne des indications rapides mais manque de précision.

Les sondages
La campagne de sondage représente la plus grande partie des études du sol. Sa réussite
dépend du choix du matériel, de l’implantation correcte des forages et de la capacité du
sondeur.

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Schéma d’un atelier de carottage

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a) Sondages rotatifs carottés (Carottage par rotation)

Ils sont utilisés pour le prélèvement d’échantillons dans les terrains durs. Leur point faible est
le terrain incohérent, dans lequel l’échantillonnage complet est impossible.
Les machines utilisées sont les mêmes que pour le forage au tricône. Dans sa forme la plus
simple, le carottage consiste à foncer en rotation dans le sol un tube muni à sa partie inférieure
d’une couronne très résistante qui isole un cylindre de sol, ou carotte, du reste du terrain, et à
remonter cette carotte à la surface.
L’outil est refroidi par un courant d’eau, de boue, d’air comprimé.
Ce moyen de sondage permet de voir le terrain tel qu’il est en place, si les conditions
d’exécution sont satisfaisantes, et demeure, de ce fait, un moyen de reconnaissance privilégié,
notamment pour l’étalonnage de la coupe géologique dans une zone donnée.
Il arrive que l’échantillon remonté ne comporte pas la totalité du terrain traversé, notamment
dans les couches non cohérentes aquifères et dans les alternances de couches dures et tendres.
Dans le premier cas, la carotte peut retomber au fond du trou ; dans le second cas, les
éléments les plus durs du terrain détruisent les couches fragiles et meubles qui se perdent alors
dans la remontée du fluide de forage.
Pour remédier à ces inconvénients, on a imaginé des perfectionnements destinés à isoler la
carotte du frottement du tube carottier et du fluide de forage, et à empêcher qu’elle puisse
retomber : il s’agit des carottiers doubles, à triple enveloppe, à câble et spéciaux.

1) Carottier double : le tube extérieur, portant la couronne, est entraîné par le train de
tiges. Un autre tube tourillonne à l’intérieur, et se trouve donc immobile en rotation
par rapport à la carotte qu’il isole ainsi des frottements et contacts préjudiciables
(figure1).

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2) Carottier à triple enveloppe : variante du précédent, ce système comporte une gaine


en laiton ou en poly(chlorure de vinyle) qui vient s’appuyer sur un épaulement ménagé
au bas du tube intérieur.
Lorsque la passe est terminée, l’ensemble est démonté, et si le carottage s’est déroulé dans de
bonnes conditions, on obtient un échantillon intact qui peut être étudié en laboratoire.

3) Carottier à câble : dans les systèmes précédents, la remontée de la carotte nécessite le


dévissage successif de toutes les tiges, puis l’opération inverse avant de reprendre le
sondage, sans compter les risques d’éboulement des parois du trou dans les terrains
médiocres. Dans le carottage à câble (figure2), un train de tubages remplace le train de
tiges et comporte une couronne à sa partie inférieure. Le carottier lui-même est
enclenché dans le tube inférieur. Lorsque la passe de forage est terminée, un messager
(overshot), envoyé au bout d’un câble, déclenche le système et le carottier est ainsi
remonté au treuil. Le carottage à câble présente essentiellement deux avantages
importants : le tubage continu à l’avancement protège les parois du trou, tandis que la
remontée du carottier au treuil est très rapide et évite les dévissages successifs du train
de tiges, ce qui raccourcit beaucoup le temps de manœuvre.

Cette dernière caractéristique présente d’autant plus d’intérêt que le sondage est plus profond.
En contrepartie, l’utilisation d’un carottier à câble nécessite une machine disposant d’un
couple important (au moins 1 000 daN · m pour un diamètre de 140 mm).

4) Carottiers spéciaux : ces carottiers sont destinés à permettre la récupération d’une


carotte la plus intacte possible en terrains fragiles ou hétérogènes. Pour le carottage à
rotation, un des plus connus est le carottier Mazier, à trousse rétractable poussée par
un ressort (figure), étudié pour la récupération de terrains dont la dureté va de celle de
l’argile plastique à celle de la craie : le dépassement de la trousse est inversement
proportionnel à la résistance du terrain.

a) Principe
Ces sondages consistent à exécuter un «trou» dans le sol à l’aide d’un tube en rotation muni à
sa base d’un outil coupant (couronne) et à remonter ensuite avec précautions des échantillons
(carottes) les moins remaniés possible pour l’étude en laboratoire.

b) Le matériel

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- Le train de tiges
Par l’intermédiaire d’un train de tiges, la machine transmet à l’outil:
ü Un effort de poussée vertical;
ü Un couple de rotation.
Il est formé d’éléments de 2 à 3 m de longueur permettant de descendre à de grandes
profondeurs.
Il existe deux procédés:
v La rotation est transmise à une broche polygonale coulissante entraînant les tiges; la
pression verticale, manuelle, mécanique ou hydraulique s’exerce sur cette broche;
v Le moteur ou un renvoi actionne directement les tiges; la poussée s’exerce sur le moteur
ou le renvoi qui peuvent coulisser sur une glissière.

- Le carottier
C’est l’élément important car la qualité du sondage et des échantillons dépend en grande
partie de lui. Il en existe de nombreuses sortes.
Dans les carottiers simples l’échantillon est en contact direct avec le tube perforateur.
Pour éviter que la carotte ne soit en contact avec la partie mobile et ne soit détériorée par l’eau
de perforation on utilise un carottier double qui possède un tube intérieur recevant la carotte
dès son entrée dans l’appareil. Ils donnent d’excellents résultats pour les roches homogènes,
quelque soit leur dureté, mais, pour des argiles compactes et des terrains hétérogènes, seuls les
carottiers triples donnent satisfaction.
Les caractéristiques géométriques du carottier définissent le jeu et l’indice de surface.

Schéma d’un carottier

De = Diamètre extérieur du carottier


Di = Diamètre intérieur du carottier
Dt = Diamètre intérieur de la trousse coupante.

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- La couronne
Elle est composée d’un matériau dur (généralement en diamant); il est très important de la
choisir en fonction du terrain pour éviter une usure prématurée et obtenir un bon rendement; il
peut même être avantageux de changer de couronne en cours de forage.
Pour empêcher un échauffement trop important, l’outil doit être refroidi par un fluide qui est
soit de l’eau, soit de l’air; ce fluide a, d’autre part, le rôle d’évacuer jusqu’à l’orifice les débris
qui se forment autour de l’outil de découpage. L’utilisation de l’air, plus récente, n’est valable
que pour terrains de faible dureté.
L’eau a l’inconvénient de désagréger les terrains peu cohérents: les carottes sont alors
remaniées. Pour éviter cela, l’eau est additionnée d’argile (bentonite): les échantillons ont un
meilleur aspect et la désagrégation des roches est moins importante.
La circulation du fluide est assurée dans le train de tiges creux par une pompe ou un
compresseur.

c) Les résultats
Les échantillons recueillis par le carottier prennent place dans une caisse à carotte dès leur
remontée à leur surface. Les échantillons intacts destinés aux essais en laboratoire seront
enveloppés pour éviter une altération pendant le transport. Le sondeur doit indiquer
clairement toutes les indications nécessaires: le numéro du sondage, les coordonnées du lieu
de forage, le mode d’exécution, les caractéristiques de l’appareil, la profondeur de tous les
éléments prélevés et le pourcentage de carottage à cause du remaniement toujours possible
(c’est le rapport de la longueur de la carotte sur la longueur du trou de forage), De plus, une
coupe du terrain sera exécutée, regroupant les différentes observations effectuées pendant
l’opération: vitesse de forage, zones d’éboulements, vides ou carrières, passages de perte en
eau, niveau de la nappe, résultats d’essais géotechniques «in situ».

Sondages par vibropercussion


Cette méthode, récente, mise au point par l’entreprise Bachy, permet d’obtenir une
reconnaissance beaucoup plus précise des alluvions pulvérulentes, des argiles ou des marnes
tendres par forage au battage.

a) Principe

Le principe de cette méthode consiste à enfoncer dans le terrain au-dessous du pied de tubage
un tube échantillonneur ayant les dimensions des carottiers classiques de façon à prélever une
carotte parfaitement représentative bien que remaniée par effet de parois.
Le fonçage se fait par percussion à l’air comprimé, à l’aide d’un marteau «fond de trou». La
colonne de soutènement est descendue par battage au fur et à mesure de la progression de
l’échantillonneur.

b) Les échantillons

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Ils sont prélevés sous gaine plastique; pour cela le carottier est muni d’une gaine inférieure
qui permet de recueillir les terrains dans un emballage pouvant être envoyé directement au
laboratoire qui effectue les essais; il est possible de faire des analyses granulométriques, sous
réserve d’estimation en ce qui concerne les éléments les plus gros qui auraient pu être
découpés ou cassés par le sabot de l’échantillonneur.

Sondages à la tarière et au battage


Ces méthodes ne fournissent pas de carottes mais des débris (ou «cuttings») remontés à la
surface avec la boue de forage. Elles viennent en général en complément des sondages rotatifs
carottés. Les avantages reposent sur leur rapidité d’exécution, leur économie et l’utilisation de
diamètres plus gros.
a) Sondages à la tarière
Ils sont utilisés dans les terrains meubles ou peu résistants dépourvus de gros éléments
rocheux.
La tarière est une vrille montée sur une machine du type sondeuse rotative avec tête
d’entraînement mobile sur glissière qui transmet une vitesse de rotation faible et un couple
élevé.
C’est une méthode très rapide et économique qui donne une bonne idée de l’épaisseur des
couches traversées par examen des débris remontés.
Ce sondage, souvent couplé à un sondage carotté, permet de traverser rapidement les couches
correspondant au futur terrassement avant d’atteindre le terrain à étudier où l’on veut exécuter
des prélèvements d’échantillons intacts.

Trépan-benne Benoto
Tarière continue et outils
b) Sondages au battage
Les machines de battage légères sont constituées d’un cabestan sur lequel le sondeur enroule
un câble avec lequel il imprime des mouvements alternatifs au trépan. Après avoir battu
pendant un moment on évacue les débris à l’aide d’une soupape.
En général le sondage est systématiquement revêtu d’un tubage métallique qui est foncé par
battage.
Cet équipement peut être monté sur une sondeuse rotative pour obtenir une machine mixte de
rotation-battage.
Les essais « in situ»

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Le but de ces essais est de compléter ou même de remplacer les essais sur échantillons intacts
en laboratoire pour déterminer les caractéristiques physiques et mécaniques des sols. Ils sont
surtout utilisés dans les terrains très hétérogènes ou très incohérents quand les carottes
prélevées sont trop remaniées.
I – Essai de chargement statique
L’essai de chargement statique consiste à exercer une compression croissante au moyen d’un
vérin sur une surface de 10 x 10 cm à 40 x 40 cm par l’intermédiaire d’une table de
chargement et à mesurer les déformations avec un fléxigraphe enregistreur. Il doit être
effectué en principe à la profondeur prévue pour les fondations futures.
Cet essai présente un intérêt dans le cas de sols pulvérulents à granulométrie grossière ou dans
le cas de sols stratifiés dans lesquels tout prélèvement d’échantillons intacts n’a qu’une valeur
ponctuelle.
L’interprétation des résultats doit se faire avec beaucoup de prudence car l’étude n’intéresse
qu’une profondeur et une superficie très faible du terrain. L’essai peut tout au plus donner un
ordre de grandeur du module de déformation dans le cas d’un sol homogène sur une grande
épaisseur mais les valeurs du taux de travail admissible sont souvent très Page 6

Prélèvement d’échantillons intacts


Pour les terrains meubles le prélèvement d’échantillons intacts s’effectue avec des tubes à paroi
mince enfoncés sans rotation dans le sol.
Cette méthode est cependant limitée aux terrains ne contenant pas d’éléments durs, caillouteux,
difficilement coupés par poinçonnement.
L’appareil à paroi mince, enfoncé par battage, est utilisé pour les sols compacts (argiles dures,
marnes) et l’appareil à piston pour les couches plastiques (vases, argiles sableuses).
Pour éviter un remaniement, les carottes sont conservées dans leur gaine d’origine:
ü Soit dans le tube à paroi mince;
ü Soit dans la gaine intérieure d’un tube à double paroi.

1) Échantillon intact

Le seul fait de sortir un échantillon de sol de son site d’origine le remanie quelque peu. On
appellera intact un prélèvement qui aura conservé, autant qu’on puisse l’apprécier, l’intégralité de
ses constituants, de sa structure, de ses caractéristiques et sur lequel on pourra effectuer des essais
d’identification (granulométrie, sédimentométrie, plasticité, etc.) et des essais mécaniques
[triaxial, oedomètre, Californian Bearing Ratio (CBR)].
Ce genre d’échantillon sera prélevé soit par une carotteuse en rotation (carottier triple enveloppe)
ou par battage (trousse coupante), soit par une tarière simple dont on aura remplacé l’outil habituel
par un carottier à hélice type laboratoire des Ponts et Chaussées ou Bonne Espérance.
On considère que l’on dispose, dans ces cas, des échantillons le plus représentatifs possible.

Dans certains cas, on place dans une gaine en poly(chlorure de vinyle) des sections de carottes
extraites au carottier double, et qui apparaissent de très bonne qualité, les extrémités étant
paraffinées comme dans le cas des échantillons prélevés au carottier à triple enveloppe. Il s’agit le
plus souvent de marnes ou d’argiles, et l’on considère alors que l’échantillon est suffisamment peu
remanié pour fournir des renseignements représentatifs.
En fait, malgré les précautions prises lors du prélèvement, il arrive que la périphérie de
l’échantillon porte des traces du battage ou de la pression appliquée sur la couronne du carottier
(retroussement) : l’essai mécanique se fera donc sur une partie interne exempte de traces visibles
de remaniement. Pour cela, le carottage ne peut descendre au-dessous d’un certain diamètre pour
permettre d’éliminer cette zone périphérique remaniée : en pratique, pour un échantillon d’essai de
70 mm de diamètre, on prélèvera une carotte de 90 mm au minimum ; le plus souvent on utilise le
carottier de 131 mm, qui donne des carottes de 101 mm.

2) Échantillon intégral, plus ou moins remanié

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La structure de l’échantillon est plus ou moins altérée à complètement détruite par l’outil de forage
(les termes sont forcément imprécis). Par contre, la totalité des constituants sont présents : cela
permettra d’effectuer des essais d’identification, ce qui est particulièrement intéressant pour les
études de terrassement (teneur en eau, plasticité, compacité Proctor, etc.).
Ce genre d’échantillonnage est typique de la tarière simple, laquelle permet en outre des
prélèvements volumineux de l’ordre de 10 à 20 dm3, par exemple.
Le carottage simple à sec fournit également des échantillons de ce type, mais moins volumineux,
qui seront surtout destinés à l’établissement du profil géologique. Il convient de noter que, dans ce
cas, l’échauffement sèche le matériau et peut altérer son aspect.

3) Échantillon incomplet plus ou moins remanié


Une partie de l’échantillon reste dans le trou, celle qui remonte à la surface est destructurée. Les
cas de figures sont nombreux, et cette situation peut se présenter avec la plupart des moyens de
forage. Les pertes partielles ou complètes de prélèvement sont d’autant plus aisées que le matériau
est peu cohérent. Quelques cas typiques :
ü fines lavées lors du forage à la soupape dans les graves noyées ;
ü une partie du prélèvement se trouve éjecté de la tarière en passant à la hauteur
d’un élargissement du forage (éboulement ou cavité préexistante), notamment
lors de la remontée de la passe ;
ü lors du carottage, au carottier simple ou double, dans des alternances de terrains
durs et tendres, un élément dur poussé par la couronne du carottier détruit le
reste de la carotte constitué de matériaux tendres ou peu cohérents qui se
perdent alors avec le fluide de forage ;
ü les débris (cuttings), produits par le forage au tricône ou au marteau perforateur,
représentent d’une certaine manière l’échantillonnage le plus remanié et
déstructuré.

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