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Ancrage et ODF

INTRODUCTION

I. LES PRINCIPES DU MOUVEMENT DENTAIRE


I.1) Le mouvement dentaire passif
I.1.1) Le mouvement mésial physiologique
I.1.2) Le mouvement mésial pathologique
I.2) Le déplacement provoqué des dents
I.3) Les facteurs de variation des réactions tissulaires
I.3.1) Notion de force optimale
I.3.2) Variations individuelles

II. LE CONCEPT D’ ANCRAGE


II.1) Les principes mécaniques
II.1.1) Le trinôme de De Nevrezé
II.1.2) Les lois de Newton
II.1) Classification des ancrages
II.2.1) Selon l’arcade
II.2.2) Selon le site : intra/extra oral
II.2.3) L’ancrage dentaire
II.2) La perte d’ancrage

III. LA GESTION DE L’ ANCRAGE


III.1) Ancrage et plan de traitement
III.2) Ancrage et thérapeutique
III.2.1) En thérapeutique amovible
III.2.2) En thérapeutique fixe
III.3) Les auxiliaires d’ancrage
III.3.1) Les dispositifs d’ancrage intra oraux
III.3.2) Les dispositifs d’ancrage extra oraux

CONCLUSION

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Les mouvements dentaires orthodontiques sont provoqués par l’application de forces : ils sont
donc le résultat d’une transformation de forces en déplacements dentaires, c’est à dire la transformation
d’une composante physique en composante histologique et cellulaire. Or ces mouvements dentaires
sont indissociables de la notion d’ancrage, c’est à dire la résistance d’un corps au déplacement. De cet
ancrage, l’orthodontiste doit en connaître les principes mécaniques et biomécaniques tout au long de sa
démarche thérapeutique, car de la bonne gestion de l’ancrage dépend la réussite des traitements. Les
principes du mouvement dentaire permettront d’aborder le concept d’ancrage, puis de traiter la gestion
de celui ci dans la prise en charge thérapeutique des patients.

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I. LES PRINCIPES DU MOUVEMENT DENTAIRE

I.1) Le mouvement dentaire passif


I.1.1) Le mouvement mésial physiologique
Il s’agit de la migration physiologique des dents, dirigée de façon constante en direction disto-mésiale ;
elle est réalisée par des phénomènes d’apposition - résorption. Si on connaît les mécanismes celulaires
impliqués, les raisons qui provoquent cette migration restent mal connus. Les auteurs évoquent
successivement : la poussée éruptive des dents de sagesse, la résultante générale des forces
masticatoires, les pressions musculaires, l’usure proximale des dents, le raccourcissement progressif
des fibres trans septales.

I.1.2) Le mouvement mésial pathologique


 Les extractions :
Certains auteurs ont relevé un mouvement mésial d’origine pathologique. Ainsi, après extraction, les
dents de 6 ans migrent en direction mésiale. BOUVET constate une fois sur deux une fermeture
naturelle de l’espace au niveau du site d’extraction ; il note aussi qu’en cas de DDM importante, la dent
de six ans fait son éruption en distoversion, et cherche à retrouver son inclinaison physiologique à 90°
sur le plan d ‘occlusion lors de la chute des dernières molaires lactéales. La perte prématurée des 1è
ou 2è molaires lactéales provoque une réduction d’espace lorsqu’elle survient avant 6 ou 7 ans.
Les extractions programmées doivent donc être réalisées avec grande prudence, afin d’éviter
une perte de place difficile à rattraper

 L’ankylose
C’est la fusion anatomique du cément et de l’os alvéolaire. Elle peut être totale, avec disparition de
l’espace ligamentaire, ou partielle. Elle entraîne l’impossibilité totale de mouvement, spontané ou
provoqué de la dent ankylosée. Lorsqu’elle touche les dents lactéales, l’ankylose provoque la ré-
inclusion de celles ci.
Tout mouvement orthodontique est impossible sur une dent ankylosée, et aboutit à la déformation de
l’arcade d’ancrage si la traction mécanique persiste.

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I.2) Le déplacement provoqué des dents
Il est obtenu par l’application de forces, orthodontiques ou orthopédiques, sur les dents. Le
mouvement orthodontique apparaît comme une réponse biologique aux forces appliquées. Le
processus biologique est le même que celui impliqué dans le mouvement mésial physiologique.
Le facteur clé dans un mouvement dentaire efficace semble être le flux sanguin, qui transporte les
monocytes. Ceux ci se différencient en cellules ostéorésorptives dès que le besoin se fait sentir au
niveau de l’os alvéolaire . Quand le flux sanguin est ralenti, l’activité ostéoclasique ralentit elle aussi, et
les dents ne se déplacent pas : c’est ce phénomène que l’on retrouve quand la force appliquée sur la
dent dépasse le seuil de compression vasculaire.

I.3) Les facteurs de variation des réactions tissulaires


I.3.1 Notion de force optimale

BARIL(1970) a étudié la variation du mouvement dentaire en fonction de la force utilisée :

La phase 1 correspond à la force idéale,ou optimale : le déplacement augmente avec l’intensité.


La phase 2 est une zone plateau, où le déplacement n’augmente plus malgré l’augmentation
d’intensité.
La phase 3 traduit un arrêt du déplacement dentaire, avec hyalinisation et début de résorption
radiculaire.
L’intensité optimale doit stimuler la prolifération cellulaire sans créer de compression du ligament. Pour
DAVIDOVITCH, la force optimale doit être légère ; les forces lourdes déclenchant une nécrose du
ligament.
BRIAN LEE a évalué les forces optimales pour le déplacement des dents : pour rétracter une canine
inférieure une force de 150 à 250g suffit, pour ne pas mésialer la molaire. Par contre une force
excédant 300g provoquerait une mésialisation de la molaire.

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I.3.2 Variations individuelles
Les réactions tissulaires seront différentes selon :
 la densité de l’os alvéolaire  : plus l’os sera dense, et plus la résorption sera lente, et
les mouvements dentaires se feront plus lentement. La densité osseuse varie selon :
 L’individu : les femmes auraient une densité osseuse inférieure à celle des hommes ;
 Le maxillaire concerné : l’os mandibulaire est plus dense que le maxillaire ;
 La localisation intra arcade : l’os vestibulaire et lingual est plus dense que l’os apical ;
 L’élasticité du ligament alvéolo dentaire  : les fibres marginales, après avoir été
étirées pendant la thérapeutique active, pourront reprendre leur forme initiale, et être
responsables de la récidive.
 Les caractéristiques dentaires : la forme, la position initiale, la taille des dents
interviennent également. Ainsi, une dent courte favorisera la hyalinisation et sera retardée
dans son déplacement par rapport à une dent plus longue.
 L’âge du patient : chez l’enfant, les tissus sont en perpétuel remaniement, les
cellules conjonctives sont nombreuses dans le desmodonte, la surface interne de l’alvéole est
recouverte d’ostéoïdes : les conditions les plus favorables sont réunies pour obtenir un
déplacement dentaire. Chez l’adulte, l’os alvéolaire est plus dense, les ostéoclastes sont plus
rares : le déplacement dentaire est possible, mais ralenti.

II. LE CONCEPT D’ANCRAGE


II.1) Principes mécaniques
En ODF, l’ancrage désigne les structures d’appui qui, d’après la loi de l’action-réaction de NEWTON,
vont devoir résister au déplacement induit par la réaction, c’est à dire absorber un minimum d’énergie
mécanique. En effet, selon la 3ème loi de NEWTON : « pour chaque action ou force, existe une
réaction égale de même direction, et de sens opposé ». ainsi, tout mouvement orthodontique va créer
une réaction du support en réponse à l’application de la force. Le trinôme de DE NEVREZE résume les
différentes situations possibles. Il comporte :
 Une résistance mobile :RM, la structure à déplacer,
 Une résistance stabile : RS, la structure d’appui, qui constitue l’ancrage,
 Une force motrice : FM, le moyen du mouvement.

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Trois cas de figures sont alors possibles en ODF :
 La RS=RM :
Si FM<RS+RM : pas de déplacement
Si FM>RS+RM : déplacement, égal et symétrique
 RS > RM :
Si FM>RS>RM : le déplacement est double et inégal :RM se déplace davantage
Si RS>FM>RM : la RM se déplace seule
 RM > RM :
Si RM>RS>FM : pas de déplacement possible
Si RM>FM>RS : RS se déplace seule
En fonction de l’étape thérapeutique, toute dent pourra faire partie de la RM, ou de la RS. C’est le
système de force appliqué qui déterminera le sens de la force, et la situation de chaque dent par
rapport au trinôme de DE NEVREZE.

II.2) Classification des ancrages


Il existe plusieurs types de classifications, selon que l’on considère l’anatomie, l’arcade d’ ancrage, ou
le site de l’ancrage.

a) Classification « anatomique :
 L’ancrage dentaire :
Des dents larges et longues, aux racines coudées, offriront un meilleur ancrage que des dents petites et
courtes. FREEMAN, en calculant la surface projetée de chaque dent, a établi une moyenne des
surfaces radiculaires de chaque dent en cm2 : plus la surface radiculaire est grande et plus la
résistance offerte sera élevée. JARABAK a attribué des coefficients à chaque dent : la valeur 1 est
donnée à l’incisive mandibulaire, et la valeur 10 à la 1 ère molaire mandibulaire

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Surfaces radiculaires en mm2, d’après FREEMAN valeurs guides d’ancrage d’après JARABAK
 L’ancrage musculaire
La typologie, et les muscles jouent un rôle important dans la notion d’ancrage. En effet, la forte
musculature d’un brachy facial résiste davantage aux effets d’ouverture de l’occlusion ; inversement,
celle du dolicho facial résiste mal à l’egression molaire.
De même, la tonicité labiale conditionne le degré de version des incisives  : des lèvres hypotoniques
résistent moins à la proversion incisive que des lèvres minces et hypertoniques.

 L’ancrage squelettique
Il est fonction de la densité osseuse : le turn over cellulaire est plus élevé dans l’os alvéolaire que dans
l’os spongieux. RICKETTS propose ainsi d’ancrer les molaires mandibulaires dans la corticale dense de
la corticale externe par un torque radiculo vestibulaire. Selon CHATEAU, une même force, chez un
même sujet, produit un déplacement 3 fois plus élevé au maxillaire qu’à la mandibule  ; ceci est lié à la
nature de l’os alvéolaire maxillaire, qui est moins dense que l’os alvéolaire mandibulaire.
Depuis quelques années se développent de nouveaux moyens d’ancrage que l’on peut assimiler à un
ancrage squelettique : des implants ont été mis en place dans le cadre de traitement orthodontiques.
L’implant peut être assimilé à une dent ankylosée, et permet la prise en charge orthodontique de patient
qui jusqu’alors ne pouvaient être traités orthodontiquement. C’est le cas des patient présentant
l’absence de une ou plusieurs dents, par agénésies multiples, extractions, expulsion ou inclusion.. Les
implants possèdent ainsi un potentiel d’utilisation en tant qu’ancrage orthodontique ; leur avantage est
qu’après traitement orthodontique, ils peuvent être conservés dans le cadre d’un traitement prothétique.

b) classification selon l’arcade concernée :


Ancrage intra maxillaire : une dent ou un groupe de dents sert de résistance stabile au déplacement
des dents de la même arcade.
Ancrage intermaxillaire : la résistance à la force est recherchée dans l’arcade antagoniste. Ex :TIM

c) classification selon le site de l’ancrage :


 Ancrage intra oral : l’ancrage se situe en bouche, au niveau des dents, des
muqueuses.
 Ancrage extra oral : l’ancrage se trouve en dehors de la cavité buccale. C’est le cas
de l’utilisation de FEO . On dispose de plusieurs types d’appui : l’appui cervical utilise la nuque
comme point d’ancrage ; les appuis occipital, cranien, et facial utilisent respectivement la
région occipitale, le crâne, et certaines régions de la face comme point d’ancrage (ex :masque
de Delaire)

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A.appui cervical ; B.appui occipital ; C.appui moyen ; D.appui oblique ; E.appui pariétal

II.1) La perte d’ancrage


Elle désigne le mouvement mésial des molaires dans le plan sagittal. La perte d’ancrage peut être
volontaire ou non contrôlée. C’est pour éviter cette perte d’ancrage non contrôlée que la notion
d’ancrage doit impérativement faire partie du plan de traitement : l’orthodontiste se doit de maîtriser la
gestion de l’ancrage.

III. LA GESTION DE L’ANCRAGE


En fonction des objectifs de traitement, l’orthodontiste doit respecter des règles précises afin d’éviter les
récidives. La thérapeutique se doit de contrôler la position d’équilibre fonctionnel des dents dans les 3
sens de l’espace. Chaque phase thérapeutique devra respecter ces exigences. Pour cela, le contrôle
de l’ancrage devra être strict et efficace dans les 3 sens de l’espace : transversal, vertical, et sagittal.

III .1 Ancrage et plan de traitement

a) Ancrage et céphalométrie :
Pour pouvoir prévoir les réactions de l’ancrage aux forces appliquées, la céphalométrie va permettre de
préciser le diagnostic. Ainsi, elle est un outil précieux, bien qu’examen complémentaire de l’examen
clinique, qui va permettre de déterminer la position des dents dans l’espace avant, pendant, et après
traitement, et ce dans les 3 sens de l’espace si un dossier tridimensionnel a été établi. Les analyses
angulaires vont permettre de déterminer la position des dents dans l’espace ; les analyses
architecturales vont préciser les rapports dento- maxillaires et inter maxillaires. En utilisant quelques
mensurations sur les clichés téléradiographiques, la céphalométrie va permettre de poser le diagnostic
des dysmorphoses squelettiques, de DDM, et la situation spatiale de toutes les dents :

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 Dans le sens transversal :
Quelques analyses étudient la position des dents dans le sens transversal, en utilisant les clichés
frontal et/ou axial : on peut citer les analyses de RICKETTS, SASSOUNI, BOUVET…
 Dans le sens vertical :
une simple observation des clichés en s’aidant des analyses morphologiques peut suffire à préciser la
divergence faciale : les rotations de BJORK, le « Z de croissance faciale » de DANGUY. Ou bien des
mesures peuvent être prises : le FMA apprécie la divergence faciale, la mesure du GoGN/SN, la
mesure de l’angle goniaque, les rapports du F5 de DELAIRE…
 Dans le sens sagittal :
De nombreuses mesures peuvent être réalisées : ANB de STEINER, le F1 de DELAIRE, le I/F , le i/m,
L’AOBO, les mesures de DANGUY : ESNp et ES-TM.

b) Contrôle de l’ancrage dans les 3 sens de l’espace  :


Le contrôle de l’ancrage a pour but de limiter certains déplacements indésirables et d’en favoriser
d’autres, le tout devant aboutir à la fin du traitement à situer les dents de façon idéale dans ce complexe
crânio facial du patient. Ce contrôle doit se faire dans les 3 sens de l’espace  ; ceux ci étant inter
dépendants et une erreur dans l’un des plans aura des répercussions sur les autres.
Le contrôle sagittal de l’ancrage implique souvent de limiter le déplacement mésial des dents
postérieures et de faciliter le recul des antérieures. Le contrôle vertical de l’ancrage implique de pouvoir
contrôler le développement dento-squelettique des secteurs postérieurs (dans les cas hyper divergents
par exemple), et parfois de limiter l’éruption verticale des secteurs antérieurs (dans les cas de supra
alvéolie incisive par exemple). Le contrôle transversal de l’ancrage implique habituellement de
conserver la largeur transversale de l’arcade (surtout les largeurs inter canine et inter molaire), et
d’éviter versions et égression des dents postérieures lors de l’expansion.

III.2 Ancrage et thérapeutique

III.2.1) En thérapeutique amovible :


Lors de l’application des forces, l’ancrage est maintenu par le principe de conception de la
plaque elle même : la résistance stabile est réalisée par les crochets (ancrage dentaire), et la résine
(ancrage muqueux).

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III.2.2) En thérapeutique fixe :
a. l’ancrage en technique EDGEWISE:
Le contrôle de l’ancrage va s’appliquer en utilisant :
 un système de forces qui ne déplacera qu’un minimum de dents pour un maximum de
dents d’ancrage : c’est le « Ten-two system ». On mobilise 2 dents alors que le reste de
l’arcade est maintenu par une FEO ;
 un ancrage extra oral qui limite les effets parasites des forces sur l’arcade. Mises au
point par TWEED et MERRIFIELD, elles sont de 3 types : traction haute (high pull), traction
horizontal, et traction basse.
 Une préparation d’ancrage de l’arcade aux sollicitations des forces orthodontiques,
dont le but est de faire effectuer au préalable un mouvement compensatoire des structures
d’ancrage. Ainsi, après application des forces, ces structures retrouvent leur position
d’origine.

b. L’ancrage en
technique
bioprogressive de
RICKETTS :
Dans cette technique segmentée, plusieurs
moyens sont utilisés pour renforcer l’ancrage
(notamment lors de la phase de rétraction canine, ou de recul incisif) :
 Les auxiliaires tels que l’arc de Nance, l’arc transpalatin,la FEO
(voir le III. 3)
 Les arcs sectionnels : ce sont des arcs lourds qui solidarisent les
secteurs latéraux.
 L’arc de base, sui solidarise les 1ères molaires aux 4 incisives. Il
reçoit les informations de préparation d’ancrage des molaires : tip back, toe-in,

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torque radiculo vestibulaire. L’angulation du tip back détermine le niveau
d’ancrage : 15° pour un ancrage minimal, 15 à 30 ° pour un ancrage moyen, et
30° pour un ancrage maximal. Le torque radiculo vestibulaire a pour but de placer
les racines dans la corticale externe, et est donc facteur de stabilité.

Arcs de base et sectionnels mandibulaires en technique de RICKETTS

c. L’ancrage dans d’autres techniques :


 La technique de BEGG : c’est une technique de perte d’ancrage contrôlée. Elle utilise des
« courbures d’ancrage », réalisées au niveau des prémolaires, qui ont pour but de disto verser les
molaires pour s’opposer aux mouvements parasites engendrés par les TIM, et d’ingresser les incisives.
 La technique de BURSTONE : c’est une technique segmentée qui permet un contrôle de tous les
mouvements dentaires réalisés au cours du traitement. L’appareil de BURSTONE comprend 2 unités :
une unité active, qui délivre la force ; et une unité passive qui stabilise le secteurs d’ancrage. Cet
appareil passif contrôle, dans les 3 sens de l’espace, les rapports des dents postérieures entre elles,
et celui des dents antérieures entre elles.

d. en thérapeutiques d’arc droit :


Le « straight wire » a bouleversé les thérapeutiques multi bagues, puis que dans cette technique toute
l’information nécessaire au déplacement dentaire est incorporée dans le bracket, et non plus dans l’arc.
La plupart des traitements peut se diviser en 6 étapes thérapeutiques [BENNETT] : contrôle de
l’ancrage ;nivellement/alignement ;contrôle de la supraclusion ;correction du surplomb
horizontal ;fermeture des espaces ;coordination des arcades et finition.
Ces différentes étapes ne sont pas indépendantes les unes des autres : elles se suivent, mais
dépendent l’une de l’autre. En effet une étape ne peut être entreprise,dès lors que la précédente n’est
pas terminée.
Au fur et à mesure de l’utilisation les techniques d’arc droit, des différences sont apparues par rapport à
la mécanique des techniques d’Edgewise standard. La première différence concernait le contrôle de
l’ancrage : lorsque les arc sont insérés dans des brackets pré informés, les couronnes des incisives et
des canines ont tendance à verser mésialement par l’effet du tip programmé dans les brackets

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antérieurs. Cette phase thérapeutique brûle en effet de l’ancrage si quelques précautions ne sont pas
prises dès le début du traitement : selon les auteurs, peuvent être réalisés :
 une boucle oméga d’edgewise en butée(mais ce n’est plus de l’arc « droit » !)
 un rabattement des arcs en distal de la dernière molaire baguée,pour contrôler le
mouvement des 6 dents antérieures
 un contrôle des molaires maxillaires par un arc trans palatin et/ou une FEO, des
molaires mandibulaires par un arc lingual
 des ligatures en huit,ou « lacebacks » des canines aux molaires pour contrôler la
version des canines lors du nivellement :

Lacebacks,d’après BENNETT

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De nombreuses techniques d’arc droit existent, chacune tentant à sa manière de suivre les 6 étapes
citées précédemment.

 LA TECHNIQUE DE PLANCHE tente « de concilier les avantages du Straight-Wire et les avantages de
la technique de TWEED » [PLANCHE]. PLANCHE a réalisé deux séries de brackets pré informés avec
des angulations différentes : une série d’ « ancrage moyen », et une série d’ « ancrage maximal » :

Série « ancrage moyen » de PLANCHE


Série « ancrage maximal »
 LA TECHNIQUE D’ALEXANDER est basée sur des principes simples ayant déjà fait leurs preuves. La
préparation d’ancrage,inspirée des principes de TWEED, se traduit par une version distale de –6°
incorporée dans les brackets des 1ères molaires mandibulaires.

 LE « LEVEL ANCHORAGE SYSTEM », mis au point par le Dr ROOT :celui ci évalue pour chaque cas
l’ancrage nécessaire, l’ancrage disponible, et en déduit son plan de traitement.

III.3 Les auxiliaires d’ancrage :

a) Auxiliaires intra-oraux :
a.1 l’arc de NANCE :
C’est un arc transpalatin réalisé en fil 9/10, et soudé aux bagues des 1ères molaires
maxillaires. On peut lui ajouter une papille de résine dans sa partie antérieure.il augmente
l’ancrage des molaires, et peut permettre ,comme le quadhellix, des mouvements
d’expansion ou de rotation- dérotation des molaires, par activation de ses branches
postérieures.

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a.2) l’arc trans palatin
Il peut se présenter sous différentes formes :
o Arc de 9/10 soudé aux bagues des 1ères molaires maxillaire, avec ou sans boucles de
compensation.
o Arc amovible, inséré dans des boîtiers soudés aux bagues molaires.
Il augmente l’ancrage molaire et maintient le sens transversal. Les boucles de compensation
peuvent être activées pour provoquer une petite expansion transversale.

a.3) LA BARRE PALATINE DE GOSHGARIAN :


Elle peut être à boucle antérieure ou postérieure. Il renforce l’ancrage vertical par appui lingual,
et permet le déplacement molaire.

a.4) LE QUADHELLIX :
c’est un arc palatin d’expansion à spires, situées aux quatre angles. Il est réalisé au fil 9/10,
peut être soudé ou amovible, et s’active à chaque rendez vous de contrôle. Une fois l’expansion
réalisée, il constitue un excellent moyen d’ancrage.

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a.5) LE PLAN RÉTRO INCISIF SOUDÉ
C’est un plan de morsure incisif, appliqué contre la face palatine des incisives et des canines, et
soudé aux bagues molaires maxillaires. Il peut comprendre des courbures de compensation,
être incliné selon l’angulation du plan d’occlusion. Il permet la désocclusion postérieure, et le
collage des brackets mandibulaires en présence d’une supra clusion. Il constitue un excellent
moyen d’ancrage.

a.6 L’ARC LINGUAL


Réalisé au fil 9/10, il peut être soudé ou amovible. Il peut servir de mainteneur d’espace, il stabilise le
sens transversal, et maintient l’ancrage molaire.

a.7 le bumper ou écran labial :


Il s’agit d’un arc vestibulaire, le plus souvent mandibulaire, parfois maxillaire, amovible, glissé dans des
tubes soudés aux faces vestibulaires des 1ères molaires. Son indication est le recul des molaires
mandibulaires. Il maintient l’ancrage mandibulaire, surtout lors de l’utilisation de TIM de classe 2, où il
s’oppose au mouvement mésial de toute l’arcade mandibulaire.

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Schémas d’après LANGLADE

b) Auxiliaires extra-oraux :
b.1 le masque de DELAIRE
Le masque comprend deux points d’ancrage : le front et le menton, qui constituent la Résistance
Stabile. La Résistance Mobile est constituée du maxillaire ou du pré maxillaire. L’indication du masque
est la classe III squelettique, par brachy pré maxillie. L’ancrage est purement extra oral , sans appui
intra oral. Le masque favorise le développement antéro postérieur du maxillaire, et freine la croissance
mandibulaire. Il s’agit de traitement orthopédique et non pas orthodontique. Il n’y a aucune perte
d’ancrage dentaire.

Schémas d’après france.orthodontie@wanadoo.fr

b.2 la fronde mentonnière


L’appui se fait derrière les oreilles, à l’aide d’un casque. Deux barrettes métalliques sortent de la fronde
et sont reliées à l’appui crânien par des élastiques extra oraux. L’ancrage crânien permet le blocage de
la croissance mandibulaire.

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Fronde mentonnière, d’après LANGLADE
b.3 La force extra orale
Elle est utilisée comme ancrage, lorsque la force employée est inférieure à 400g : il n’y a pas de
mouvement, ni de la part de RS, ni de la part de RM. Elle permet de compenser les mouvements
parasites entraînés par la mécanique.

b.4 Les implants


ce sont des systèmes d’ancrage squelettique. Leurs indication principales sont les cas d’édentement
par agénésie ou extraction. Depuis quelques années, en parallèle avec l’explosion de l’implantologie,
les indications orthodontiques des implants se sont diversifiées : orthodontie pré prothétique, déficit de
l’ancrage dentaire en cas de parodonte compromis, mise en place de dent incluse… l’intérêt des
implants est qu’ils ne provoquent pas de perte d’ancrage, comme le feraient les dents d’appui.

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CONCLUSION

L’ancrage en thérapeutique ODF est une notion capitale pour la réussite du traitement, car
indissociable de la notion de force. En effet, de la connaissance et de la maîtrise des principes
mécaniques des mouvements orthodontiques va dépendre la gestion clinique de l’ancrage. Car quelle
que soit la technique utilisée, il est toujours plus facile de perdre de l’ancrage que de le maîtriser ou
d’en gagner.

L’ancrage devra être considéré dès la pose du diagnostic et du plan de traitement : dès cette
phase, l’orthodontiste doit connaître les objectifs thérapeutiques du cas, les capacités d’ancrage,
l’ancrage nécessaire, et établir les moyens thérapeutiques pour renforcer cet ancrage.
Ces moyens sont nombreux, se diversifient encore aujourd’hui, et doivent permettre au praticien de
s’adapter à la variété des cas.

BIBLIOGRAPHIE

J.C. BENNETT, R.P. Mc LAUGHLIN : « Les mécaniques de Traitement de l’Appareil Pré informé »
H. DE CLERCK : « L’ancrage squelettique orthodontique », Journées de l’Orthodontie Nov 2003
H. DE VADDER : « Les ancrages implantaires en ODF » mém CECSMO LILLE 1998
R.GARCIA : « Ancrage et thérapeutique Edgewise » rev ODF vol 19n°2 1985
C. KOTWICA : « Ancrage et ODF », mém CECSMO LILLE 1993
M.VAUGEOIS : « Ancrage et céphalométrie en thérapeutique Edgewise » rev ODF 1985 vol.19n°2

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