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1 Anneaux, corps et théorie des nombres

L’arithmétique est la branche des mathématiques qui s’intéresse à la struc-


ture de l’ensemble des nombres entiers ainsi qu’à ses irréductibles, les nombres
premiers. Plus généralement, la théorie des nombres peut être vue comme la
recherche de structures arithmétiques dans la cadre des anneaux et des corps
quelconques : elle se concentre sur l’étude des corps de nombres, extensions finies
de Q, et de leurs propriétés arithmétiques. Jusqu’au XXe siècle, la théorie des
nombres est restée exclusivement dans le domaine des mathématiques fondamen-
tales, sans guère d’application concrète. Toutefois, l’avènement des ordinateurs et
des télécommunications a révélé de nombreuses applications d’une grande impor-
tance de ces idées, notamment en cryptographie et en compression de données.
La théorie des anneaux émerge dès les années 1870, dans le cadre de l’étude
des polynômes et des entiers algébriques, lorsque Dedekind essaie de formaliser
les propriétés d’ensembles apparaissant en théorie des nombres.
Les anneaux et les corps sont une extension de la notion de groupe : une
multiplication associative est adjointe à l’addition (toujours commutative dans
ce cas) et s’entrelace avec elle (par une propriété de distributivité). Les ques-
tions multiplicatives se posent avant tout avec la recherche et l’utilisation des
idéaux, analogues en théorie des anneaux des sous-groupes distingués en théorie
des groupes, qui permettent de « dévisser » les anneaux. Les corps, caractérisés
par l’existence d’un inverse de tout élément non nul pour la multiplication, ont
une structure beaucoup plus forte que les anneaux et leur sont préférés dans de
nombreux domaines : polynômes, espaces vectoriels et formes quadratiques vé-
rifient de nombreux résultats très utiles lorsqu’ils sont considérés sur des corps,
qui tombent en défaut sur les anneaux plus généraux.
La théorie de Galois est au cœur de l’étude des corps, remplaçant l’étude
d’une extension de corps par l’étude du groupe de ses automorphismes. Sans aller
très loin dans cette direction, il est important d’être conscient de cette approche
adoptée par la théorie de Galois, qui découle du même changement de point de
vue que celui opéré en théorie des groupes ou en géométrie : les morphismes sont
plus importants que les points. Le théorème fondamental de la théorie de Galois
est énoncé dans le Développement ??.

1
Liste des notations — anneaux et corps
0A élément neutre de l’anneau A pour l’addition
1A élément neutre de l’anneau A pour la multiplication
[E : F ] degré de l’extension de corps E/F
K∗ ensemble K privé de l’élémént nul
K× ensemble des éléments inversibles de K
hFi groupe ou structure engendrée par la famille F
H algèbre des quaternions de Hamilton
1X fonction caractéristique (ou : indicatrice) de l’ensemble X
Aut(E) ensemble des automorphismes de E (pour la structure considérée)
degP degré du polynôme P ∈ K[X]
degX P (X, Y ) degré partiel du polynôme P (X, Y ) en l’indéterminée X
' isomorphe (pour la structure considérée)
E/F extension de corps F ⊂ E
p ∨ q ou ppcm(p, q) plus petit commun multiple des entiers p et q
p ∧ q ou pgcd(p, q) PGCD de p et q
Sk somme de Newton

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