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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université Mentouri Constantine


Faculté des Sciences Exactes

Département de Mathématique

Mémoire en vue de l’obtention


du diplôme de Licence

Option :
Analyse Mathématique :

Thème :

Complétion des Espaces Métriques

Étudié par :
Proposé et dirigé par :
AIBACHE Khaled
Mr. MARHOUNE Ahmed Lakhdar
FEDALA Radouane
GUERRAICHE Nassim

Juin 2013

Université Mentouri Constantine, Route Ain El Bey.25017, Constantine.


Remerciement

Tout d’abord, nous remercions Dieu, le tout puissant de nous avoir accordé le

savoir, le droit chemin, l’opportunité de poursuivre nos études et la force pour

réaliser ce modeste travail.

Nous tenons à exprimer tous nos vifs remerciements et nos profondes grati-

tudes à notre promoteur : Mr MARHOUNE Ahmed Lakhdar, pour sa disponi-

bilité, aides et bonne humeur durant toutes les étapes de ce projet.

Notre sincère remerciement et notre profonde gratitude vont également au

président et aux membres du jury pour l’honneur qu’ils nous accordent, en ac-

ceptant de juger notre travail.

Et enfin, merci à tout ceux qui ont contribué de près ou de loin pour l’accom-

plissement de ce travail.
Dédicace

Nous dédions ce modeste travail :

A nos très chers parents, qui n’ont pas

cessé de nous encourager, et qui nous

ont donné une éducation digne de confiance, que

Dieu vous garde pour nous et pour nos familles,

A toutes nos familles.

A nos amis et tous nos camarades du lycée.

..........

Radouane, Khaled et Nassim ...


Résumé

Notre travail est constitué de deux chapitres importants :

Le premier chapitre traite les notions fondamentales de l’analyse fonctionnelle comme : l’espace

métrique, l’espace normé....

Dans le second chapitre vu que tout espace métrique (E, d) non complet, on peut construire

un espace métrique complet (F, δ) de manière que (E, d) soit isométrique avec une partie partout

dense de (F, δ) dit complété de (E, d).

Ci-dessus est la base de notre travail que tout espace normé (E, k . k) et tout espace pré-

hilbertien (E, (.)) non complet. On fait le même travail que l’espace métrique tel que l’espace

normé est un espace métrique et l’espace pré-hilbertien est un espace normé.

-Un espace de Banach est un espace normé complet avec la topologie définie par la norme.

-Un espace de Hilbert est un espace pré-hilbertien complet.


Table des matières

Introduction 6

1 Rappels de l’analyse fonctionnelle 8


1.1 L’espace métrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.1 Distance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.2 L’espace métrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.3 Isométrie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2 L’espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 L’espace normé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.1 La norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.5 Espace pré-hilbertien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5.1 Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5.2 Inégalité de Cauchy-Schwarz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5.3 L’espace pré-hilbertien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.5.4 Théorème de prolongement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.6 Les suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.6.1 Suite de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.7 Espace métrique complet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.7.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.7.2 L’espace de Banach . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.7.3 L’espace de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

2 Complété d’un espace métrique, d’un espace normé et d’un espace pré-
hilbertien 18

5
2.1 Théorème (de complétion métrique) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.1.1 Preuve . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2 Complété d’un espace vectoriel normé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2.1 Théorème (fondamental ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2.2 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3 Complété d’un espace pré-hilbertien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3.1 Théorème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3.2 Remarque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3.3 Démonstration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

Conclusion 28

Bibliographie 29

6
Introduction

L’idée principale de la topologie générale est qu’il est possible de définir, sur un en-
semble quelconque, des structures précisant les relations de proximité entre ces points,
permettant ainsi de poser les bases de la notion essentielle de limite. Sa formalisation
complète est donc postérieure à celle de la théorie des ensembles.
La définition d’une distance sur un ensemble donne un exemple fondamental de ce
type de formalisation.
En 1820 la notion mathématique de nombre réel, et surtout celle d’ensemble des
nombres réels reste encore un peu trouble, en dépit des éclaircissement apportés par
Cauchy aux environ de 1850.
Vers 1870, avec les méthodes diverses, et indépendamment les uns des autres, Bolzano,
Weierstrass, Dedekind, Mérey, et Canton construisent effectivement l’ensemble des réels
en ”complétant” celui des rationnels.
Il est possible aussi d’exploiter la propriété de complétude pour obtenir des résultats
systématiques d’existence, dont le théorème de prolongement pour les applications uni-
formément continue, qui sont à base de nombreuses constructions d’analyse fonctionnelle.

7
Chapitre 1

Rappels de l’analyse fonctionnelle

1.1 L’espace métrique

1.1.1 Distance

Soit E un ensemble quelconque (non vide).


On appelle distance sur E, toute application d définie de ExE dans R+ et vérifiant
les conditions suivantes :

1. ∀u ∈ E, ∀v ∈ E : d(u, v) ≥ 0 [Positivité]

2. ∀u ∈ E : d(u, u) = 0 [Nullité sur la diagonale]

3. d(u, v) = 0 −→ u = v [Séparation]

4. ∀u ∈ E, ∀v ∈ E : d(u, v) = d(v, u [Symétrie]

5. ∀u ∈ E, ∀v ∈ E, ∀w ∈ E : d(u, v) ≤ d(u, w) + d(w, v) [Inégalité triangulaire]


Pour u ∈ E et v ∈ E donnée, le nombre réel positif ou nul d(u, v) est appelé distance
entre u et v.
Note : On dit parfois métrique à la place de distance.

Terminologie

Si l’on n’impose pas la condition 3, on dit que (d) est une semi-distance sur E.

Propriétés

6. ∀u ∈ E, ∀v ∈ E, ∀w ∈ E : d(u, v) ≥ | d(u, w) - d(w, v) | [Second inégalité triangu-


laire]

8
CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

d(uk , uk+1 ), (u1 , ..., up ) ∈ E p


P
7. ∀u1 ∈ E, ∀u2 ∈ E, ∀up ∈ E : d(u, v) ≤ 1≤k≤p−1

[Inégalité triangulaire généralisée]

Exemples

1. On prend pour E le plan ou bien l’espace à trois dimensions de la géométrie


élémentaire ; on suppose choisie une unité de longueur. La distance au sens usuel du
terme est effectivement une distance au sens du présent cours. Soient A, B, C trois
points :

d(A, B) ≤ d(A, C) + d(C, B)

d(A, B) ≥| d(A, C) − d(C, B) |

Et les autres inégalités obtenues par permutation circulaire de A, B, C, sont des


inégalités bien connues entre les longueurs des cotés d’un triangulaire.

2. E = Rn tel que n entier n ≥ 1


Soient x = (x1 , x2 , ..., xn ) et y = (y1 , y2 , ..., yn ) dans Rn , on a :

s
X
d(x, y) = (xi − yi )2
1≤i≤n

définit la distance euclidienne sur Rn .


En particulier, pour n = 1 : d( x, y) =| x − y | (la distance usuelle sur R).
La distance euclidienne est la distance du plan (n=2) et de l’espace (n=3) quand
on identifie le plan a R2 et l’espace a R3 , en choisissant des axes de coordonnées et
une unité de longueur.

3. Les deux applications suivantes sont des distances : RxR → R+


(x, y) 7→ d(x, y) =| x − y |
ExE → R+ 
 1 pour x 6= y
(x, y) 7→ d(x, y) =
 0 pour x = 0
Cette dernière distance est dite distance discrète.

4. Si d est une distance sur un ensemble E, alors :

(a) α d (α > 0) ;

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

d
(b) d+1
;

(c) inf (1, d).

sont aussi des distances sur E.

1.1.2 L’espace métrique

On appelle espace métrique, tout couple (E, d) formé d’un ensemble non vide E et
d’une distance d.

1.1.3 Isométrie

Si (E, d) est un espace métrique et f une application bijective de E sur un ensemble


non vide F , alors on peut définir sur F une distance δ en posant :

δ(f (x), f (y)) = d(x, y), (x, y) ∈ E 2

Définition

Soient (E, d) et (F, δ) deux espaces métriques.


On appelle isométrie de E sur F , toute bijection f de E sur F vérifiant :

δ(f (x), f (y)) = d(x, y) , ∀x, y ∈ E

On déduit de cette définition que deux espaces isométriques ont les mêmes propriétés
topologiques et métriques. Il est facile de voir que toute isométrie est un homéomorphisme.
Nous reprendrons ce point dans le chapitre suivant.

Exemples

1. L’application f définie par :

f : (R, | . |) → (R, | . |)

x 7→ f (x) = x ± b, b ∈ R

forme une isométrie sur R.

2. Soient (Ei , di )i=1,2,...,n une famille d’espaces métriques et ai un élément de Ei , i =


1, 2, ..., n.
L’application :

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

f : Ei → E1 x...xEi−1 x{ai }xEi+1 x...xEn .

est une isométrie de Ei sur l’espace produit muni de la distance fondamentale D̀.

1.2 L’espace vectoriel


La notion d’espace vectoriel est une notion fondamentale des mathématiques contem-
poraines. Il est possible de caractériser l’ensemble de tous les vecteurs du plan ou de
l’espace a trois dimension et, ce qui est particulièrement important, différents ensembles
de fonctions (espaces fonctionnels) par les mêmes propriétés générales. Conformément au
principe axiomatique adopté par les mathématiciens, on réunit les propriétés générales
les plus importants de façon à obtenir un système d’axiomes propres à définir la notion
générale d’espace vectoriel.

1.2.1 Définition

Un ensemble E d’éléments est appelé espace vectoriel si :


• A deux éléments quelconques x, y ∈ E correspond un troisième élémentx + y ∈ E,
dit somme de x et y ;
• Tout élément x ∈ E et à tout nombre (scalaire) λ correspond un élément λx ∈ E, dit
produit de x par λ. Ces deux opérations doivent être telles que pour trois éléments
quelconques x, y, z ∈ E et deux scalaires quelconques λ, µ il y ait :

1. 1. x + y = y + x

2. 2. x + (y + z) = (x + y) + z

3. 3. un élément 0 ∈ E tel que x + 0 = x

4. 4. λ(µx) = (λµ)x

5. 5. 1.x = x, 0.x = 0 il est à noter que 0 est un scalaire dans le premier membre
et un élément de l’ensemble E dans le second

6. 6. λ(x + y) = λx + λy

7. 7. (λ + µ)x = λx + µx

Comme facteurs numériques (scalaires) λ, µ,... dans l’espace vectoriel, on prend des
nombres réels ou complexes. Dans le premier cas, E est un espace vectoriel réel et dans

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

le second, un espace vectoriel complexe. Dans tout espace vectoriel E, il existe pour tout
élément x ∈ E un opposé (−x).
Donc aussi l’opération de soustraction d’éléments y − x, posons par définition (−x =
(−1)x). Alors en vertu des axiomes (5) et (7), on a : x + (−x) = 1.x + (−1).x = 0.x = 0
Introduction la notion de différence x − y on a :
x − y = x + (−y) citons quelques conséquences élémentaires qui découlent de la
définition de l’espace vectoriel.

1.3 L’espace normé

1.3.1 La norme

Définition
Soit E un espace vectoriel sur un corps K (K = R ou C) une norme sur E est une
application N : E → R+ vérifiant les propriétés suivantes :

1. ∀x ∈ E, N (x) = 0 ⇐⇒ x = 0E

2. ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K, N (λx) =| λ | N (x) (homogénéité)

3. ∀x, y ∈ E, N (x + y) ≤ N (x) + N (y) (inégalité triangulaire)

Exemple
Sur K n , on utilise souvent les normes ”usuelles” suivantes si : x = (x1 , ..., xn ) ∈ K n
X n
• N (x)1 = | xi |
i=1
s n
X
• N (x)2 = | xi |2
i=1
• N (x)+ ∞ = sup{| xi |, i = 1, n}
On vérifie aisément qu’il s’agit effectivement de normes, le seul résultat non immédiat
étant peut être l’inégalité triangulaire pour N2 , utilisant l’inégalité de Minkowski.

1.4 Espace vectoriel normé


l’espace vectoriel C o (E[a, b], K) des fonctions continues sur le segment [a, b] à valeurs
dans K, les expressions suivantes définissent également des normes :
• k f k∞ = supx∈[a,b] | f (x) |
Rb
• k f k1 = a
| f (t) | dt

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

Rb 1
• k f k2 = ( a
| f (t) | dt) 2

1.5 Espace pré-hilbertien

1.5.1 Produit scalaire

On appelle produit scalaire sur un espace vectoriel réel (resp. complexe) une applica-
tion f de ExE dans R (resp. C) qui possède les propriétés suivantes :

1. f (x + x̀, y) = f (x, y) + f (x̀, y)

2. f (λx, y) = λ̄f (x, y)

3. f (y, x) = f (x, y)

4. f (x, x) ≥ 0

5. f (x, x) = 0 ⇐⇒ x = 0

Où x, x̀ et y sont des éléments quelconques de E et λ un élément quelconque de R


(resp. C).
On déduit immédiatement de cette définition les propriétés suivantes :
– f (x, y + ỳ) = f (x, y) + f (x, ỳ)
– f (x, λy) = λf (x, y)
Remarque

1. Si l’espace vectoriel E est réel, l’application f est une forme bilinéaire symétrique
et définie positive ;

2. Tout produit scalaire sur E, on peut associer une norme tel que :
p 1
∀u ∈ E; k u k= hu, ui = [hu, ui] 2

1.5.2 Inégalité de Cauchy-Schwarz

Quels que soient les vecteurs x et y appartenant à un espace pré-hilbertien E, on a :


| hx, yi |≤k x k . k y k
Par ailleurs si x = λy ou λ est un scalaire, l’égalité | hx, yi |=k x k . k y k est satisfaite.
Proposition
Soit E un espace vectoriel réel et soit h., .i un produit scalaire sur E. Soit k . k la
norme associé, on a les trois formules d’utilisation très fréquente :

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

– ∀u, v ∈ E :k u + v k2 = 2 k u k2 +2 k v k2 (identité parallélogramme).


– ∀u, v ∈ E : hu, vi = 14 [k u + v k2 − k u − v k2 ] (identité de polarisation).
– ∀u, v, w ∈ E : 2 k u − v k2 +2 k u − w k2 = 4 k u − 21 (v + w) k2 + k v − w k2 (identité
de la médiane).

1.5.3 L’espace pré-hilbertien

Définition
On appelle espace pré-hilbertien le couple constitue par un espace vectoriel E est
par un produit scalaire h., .i sur E . Les espaces pré-hilbertiens de dimension finie sont
appelés : ”espace euclidien”.
Le terme ”pré-hilbertien” a été forgé d’après le nom du très grand mathématicien
allemand David Hilbert.
Les anglo-saxons parlent ”d’espace à produit scalaire”.
Exemples

1. Rn muni de produit scalaire :


hx, yi = x1 y1 + x2 y2 + ... + xn yn
est un espace pré-hilbertien. La norme associée est la norme euclidienne.

2. l2 est un espace vectoriel normé des suites réelles carrées sommables, c’est-à-dire
vérifiant :
+∞
X
x2n < ∞ que nous avons normé naturellement par :
n=1

+∞
1
X
k x kl 2 = ( x2n ) 2
n=1
+∞
X
2
l est un espace pré-hilbertien pour le produit scalaire : hx, yi = xn y n
n=1
La norme associé à produit scalaire est k . kl2 .

1.5.4 Théorème de prolongement

Théorème
Soient (E, d), (F, δ) deux espaces métriques tel que (F, δ) est complet. Soit A partie
dense de (E, d), soit aussi f : A → F une application uniformément continue sur A.
Alors il existe une application unique g : E → F tel que g|A = f et uniformément
continue sur E.

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

Le point fondamental de la démonstration est la construction de g, c’est-à-dire, calculer


g(u) à tout point de u ∈ E.
g(u) = lim(f (an )) d’où (an ) est une suite de point de A converge vers u ∈ E, cette
suite est arbitraire.

1.6 Les suites

1.6.1 Suite de Cauchy

Soit (E, d) un espace métrique et (un )n∈S une suite d’élément de E (S ⊂ N ).


On dit que (un )n∈S est une suite de Cauchy dans (E, d) si :

∀ε > 0, ∃m ∈ S, ∀p ∈ S, ∀q ∈ S : p ≥ m et q ≥ m =⇒ d(up , uq ) ≤ ε (∗)

Commentaires

1. Au lieu de dire qu’une suite est de Cauchy, on dit aussi que la suite vérifie le critère
de Cauchy. On trouve aussi l’expression suite fondamentale.

2. L’expression (∗) signifie que :

lim d(up , uq ) ≤ ε
p,q→+∞

3. Quand S = N on écrit souvent le critère de Cauchy :

∀ε > 0, ∃m ∈ N , ∀n ∈ N , ∀p ∈ N : n ≥ m =⇒ d(un+p , un ) ≤ ε

4. Les inégalités larges peuvent être remplacées par des strictes, sauf pour ε > 0

5. Si d et δ sont des distances équivalentes sur E : les suites de Cauchy de (E, d) et


(E, δ) sont les mêmes

6. Soit (F, δ) un sous-espace métrique de (E, d) [F ⊂ E, δ : F xF −→ R+ ] et soit


(un )n∈N une suite de Cauchy dans (E, d) si seulement elle est de Cauchy dans (F, δ).

Remarque

En général une suite de Cauchy dans un espace métrique n’est pas convergente dans
cet espace.

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

Exemples

1. E =]0, 1] muni de la distance de R usuel. sn = n1 , n ≥ 1 définit une suite de Cauchy


de E : en effet (sn )n∈N converge vers 0 dans R, donc (sn )n∈N est une suite de Cauchy
dans E. Cette suite ne converge pas dans E.

2. E = Q muni de la distance de R usuel. La suite t1 = 1, t2 = 1.4, t3 = 1.41,



t4 = 1.424, t5 = 1.4142 des approximations décimales par défaut de 2 est une

suite de Cauchy dans E (car convergente dans R, vers 2), mais elle ne converge
pas dans E.

Propriétés

Soit (E, d) un espace métrique, et soit (un )n∈S une suite d’éléments de E. On a :

1. Si (un )n∈S est une suite de Cauchy, il en est de même de tout suite extraite (un )n∈T
[T ⊂ S, T inf ini]

2. Si (un )n∈E est une suite convergente dans (E, d) : (un )n∈S est une suite de Cauchy

3. Si (un )n∈E est une suite de Cauchy dans (E, d) : (un )n∈S est une suite bornée dans
(E, d)

4. Si (un )n∈S est une suite de Cauchy et si (un )n∈T , T infini : limn→+∞ (un )n∈S admet
une valeur d’adhérence u ∈ E, c’est à dire ∃T ⊂ S, T inf ini : limn→+∞ (un ) = u
(n ∈ T ), (un )n∈S est convergente dans (E, d) et on a : limn→+∞ (un ) = u (n ∈ S)

1.7 Espace métrique complet

1.7.1 Définition

Un espace métrique (E, d) sera dit complet si toute suite de Cauchy d’élément de E
est convergente dans (E, d).

1.7.2 L’espace de Banach

On appelle espace de Banach tout espace vectoriel normé (E, k . k) sur K = R ou


bien C, qui est complet pour la distance définie par la norme.

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CHAPITRE 1. RAPPELS DE L’ANALYSE FONCTIONNELLE

1.7.3 L’espace de Hilbert

On appelle espace de Hilbert tout espace pré-hilbertien (E, h., .i) réel ou complexe, qui
est complet pour la distance associé à son produit scalaire.

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Chapitre 2

Complété d’un espace métrique,


d’un espace normé et d’un espace
pré-hilbertien

2.1 Théorème (de complétion métrique)


Tout espace métrique possède un complété ; ce complété est unique à une isométrie
bijective près.

2.1.1 Preuve

1. Unicité du complété métrique à une isométrie bijective près


Supposons que (Ê1 , ϕ1 ) et (Ê2 , ϕ2 ) sont deux complétés métriques de (E, d) ; les
applications ϕ1 : E → Ê1 et ϕ2 : E → Ê2 sont donc deux isométries telles étant
toujours injectives, on sait que ϕ1 : E → ϕ1 (E) est une isométrie bijective.
considérons l’isométrie composée : h = ϕ2 ◦ ϕ1 −1 : ϕ1 (E) → Ê2 . On peut prolonger
h en une isométrie ĥ : Ê1 → Ê2 (car ϕ1 (E) est deux dans ϕ1 et ϕ2 est complet).
Montrons que ĥ est une bijection : elle est injective (car c’est une isométrie) ; prou-
vons qu’elle est subjective. Comme ĥ(Ê1 ) est un sous espace complet de Ê2 (car il
est isométrique à Ê1 ), c’est un fermé de Ê2 .
Il reste donc à utiliser l’inclusion ϕ2 (E) = h(ϕ1 (E)) ⊂ ĥ(Ê1 ), et le fait que ϕ2 (E)
est deux dans Ê2 , pour obtenir que Ê2 = ϕ2 (E) ⊂ ĥ(Ê1 ) et donc que Ê2 = ĥ(Ê1 ).
Ainsi, ĥ : Ê1 → Ê2 est une isométrie bijective.

18
CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
2. Existence d’un complété métrique

(a) 1ere construction


Complété d’un espace métrique
Soit C l’espace de toutes les suites de Cauchy de E. On définit sur C la relation
d’équivalence ∼ suivante :
pour : X = (xn )n∈N ∈ E N , Y = (yn )n∈N ∈ E N :

X ∼ Y ⇐⇒ lim d(xn , yn ) = 0
n→+∞

* Vérification que ∼ est une relation d’équivalence

i. Montrons qu’elle est réflexive

(xn )n∈N ∼ (xn )n∈N


car d(xn , xn ) = 0, ∀n ∈ N

ii. Montrons qu’elle est symétrique

(xn )n∈N ∼ (yn )n∈N =⇒ (yn )n∈N ∼ (xn )n∈N


car d(xn , yn ) = d(yn , xn ), ∀n ∈ N

iii. Montrons qu’elle est transitive

(xn )n∈N ∼ (yn )n∈N et(yn )n∈N ∼ (ωn )n∈N =⇒ (xn )n∈N ∼ (ωn )n∈N
car d(xn , ωn ) ≤ d(xn , yn ) + d(yn , ωn ), ∀n ∈ N

d’où :

lim d(xn , ωn ) = 0
n→+∞

si :
lim d(xn , yn ) = 0
n→+∞

et :
lim d(yn , ωn ) = 0
n→+∞

On considère ensuite l’ensemble quotient F = C/∼, l’espace des classes


d’équivalence pour la relation ∼.

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CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
* Prolongement de E dans F = C/ ∼
Soit u ∈ E, posons Un = U , ∀n ∈ N , ce qui définit une suite de Cauchy
convergente de limite u
Soit ū ∈ F la classe à laquelle appartient la suite définit ci-dessus, sont dans
toutes les suites de Cauchy convergente et de limite u.
L’application : f : E → F , u ∈ F 7→ ū ∈ F , associe donc à u ∈ E, l’ensemble
de toutes les suites de Cauchy convergente et de limite u. C’est une application
injective, car si u 6= υ on a clairement ū = f (u) 6= ῡ = f (υ) : une suite
convergente vers u ne peut pas converger vers υ 6= u.
On peut donc, grâce à f , identifier E au sous-ensemble f (E) de F , avec lequel
il est en bijection.
On définit sur F une distance δ de la manière suivante :
soient x̄, ȳ ∈ F et x, y ∈ C, respectivement un représentant de x̄, ȳ. Alors :

δ(x̄, ȳ) = lim d(xn , yn )


n→+∞

Cette limite existe car la suite (d(xn , yn ))n∈N est de Cauchy dans R qui est
complet, donc a une limite.
En effet, soit ε > 0, les suites x et y étant de Cauchy dans E, il existe m ≥ 0
tel que p, q ≥ m entraine d(xp , xq ) < 2ε , d(yp , yq ) < 2ε , on a alors pour p, q ≥
m:

| d(xp , yp ) − d(xq , yq ) |≤| d(xp , yp ) − d(yp , xp ) | + | d(yp , xq ) − d(xq , yq ) |

≤| d(xp , xq ) + d(yp , yq ) |< ε

La suite (d(xn , yn ))n∈N est donc de Cauchy dans R.


De plus elle ne dépend pas de représentants x, y choisit. En effet, si x, x̀ sont
deux représentants de x̄, et y, ỳ sont deux représentants de ȳ, on a alors :

| d(x̀n , ỳn ) − d(xn , yn ) |≤| d(x̀n , ỳn ) − d(xn , ỳn ) | + | d(ỳn , xn ) − d(xn , yn ) |

≤| d(x̀n , xn ) + d(ỳn , yn ) |

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ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
Or d’après la définition de la relation d’équivalence ∼,

lim d(xn , x̀n ) = 0


n→+∞

et :

lim d(yn , ỳn ) = 0


n→+∞

d’où
lim d(x̀n , ỳn ) = lim d(xn , yn ) = δ(x̄, ȳ)
n→+∞ n→+∞

* Montrons que δ est une distance sur F


• ∀x̄, ȳ ∈ F : δ(x̄, ȳ) = δ(x̄, ȳ) est vérifié car d(xn , yn ) = d(xn , yn ), ∀n ∈ N .
• Si x̄ 6= ȳ, et si (xn ), (yn ) soient des représentants respectifs, les deux suites
(xn ) et (yn ) ne sont pas équivalentes, et donc :

lim d(xn , yn ) 6= 0
n→+∞

soit : δ(x̄, ȳ) 6= 0.


• Inégalité triangulaire
On prend des représentants de x̄, ȳ, ω̄ et :
d(xn , yn ) ≤ d(xn , ωn ) + d(ωn , yn ), ∀n ∈ N
donne à la limite : δ(x̄, ȳ) ≤ δ(x̄, ω̄) + δ(ω̄, ȳ),
δ est une distance sur F .

(b) On construit une isométrie entre E et une partie ζ de F A présent, on


identifie E à une partie de F . Soit ζ0 ⊂ ζ l’ensemble des suites constantes de
E, et soit ζ ⊂ F , l’ensemble des classes d’équivalence de ζ0 . A tout x ∈ E on
associe x ∈ ζ0 la suite constante égale à x et x̂ ∈ ζ sa classe d’équivalence. On
a une isométrie évidente entre E et ζ puisque pour x̂, ŷ ∈ ζ.
Il existe x, y ∈ E tel que :

δ(x̄, ȳ) = lim d(xn , yn ) = lim d(x, y) = d(x, y)


n→+∞ n→+∞

(c) On montre à présent que ζ est dense dans F


Soit ε > 0 et x̄ ∈ F , il existe m > 0 tel que n ≥ m, d(xn , ym ) < ε, on a donc :

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lim d(xn , xm ) < ε


n→+∞

autrement dit : δ(x̄, x̂m ) < ε, où x̂m est la classe de la suite constante égale à
xm .

(d) On montre que F est complet


On montre enfin que F est complet. Soit (ūq )q∈N une suite de Cauchy de F et
soit ε > 0. Il existe m ≥ 0 tel que, pour p, q ≥ m : δ(ūp , ūq ) < ε.
1
Par densité de ζ, pour tout p ∈ N , il existe x̂p ∈ ζ tel que : δ(ūp , x̂p ) < p
on
construit ainsi une suite (x̂p )p∈N d’élément de ζ vérifiant, pour p, q ≥ m :

1 1
δ(x̂p , x̂q ) ≤ δ(x̂p , ūp ) + δ(ūp , x̄q ) + δ(ūq , x̂q ) ≤ +ε+
p q
La suite (x̂p )p∈N est donc une de Cauchy de ζ, et par isométrie, la suite x =
(xp )p∈N est une suite de Cauchy de E, donc un élément de ζ et note x̄ sa classe
dans F . La suite (x̂p )p∈N converge alors vers x̄ dans F . En effet, il existe p ∈ N
tel que, pour tout ε > 0 :

δ(x̂p , x̄) = lim d(xn , xp ) < ε


n→+∞

car la suite (xn )n∈N est de Cauchy.


Finalement, on prouve que la suite (ūp )p∈N , bien pour limite x̄ dans F .
Soit ε > 0, il existe p ∈ N tel que : δ(x̂p , x̄) < 2ε , d’après la convergence de
1 ε
(x̂p )p∈N et δ(x̂p , ūp ) < p
< 2
par densité de ζ, d’où, pour tout ε > 0, il existe
p ∈ N tel que :

δ(ūp , x̄) ≤ δ(ūp , x̂p ) + δ(x̂p , ū) ≤ ε

a prouvé qu’une suite de Cauchy quelconque d’éléments de F converge dans


F , F est complet.

Exemple
π π π π
([− , ], du) est un complété métrique de (] − , [, du) ; mais c’est aussi un
2 2 2 2
¯ d’ailleurs
complété métrique de (R, d)! tout comme (R̄, d)
(où d(x, y) =| arctan x − arctan y | et d¯ est son prolongement à R̄), à savoir que
¯ il est complet, puisque compact.
(R, d) n’est pas complet, quand à (R̄, d),

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Preuve
π π ¯ -du : distance usuelle de R- sont des espaces complets
D’abord ([− , ], du), (R̄, d)
2 2
car ils sont compactes (les intervalles fermées sont des compactes dans R), par un
π π ¯ sont respectivement des
argument de densité, on sait que ([− , ], du) et (R̄, d)
π π 2 2
complétés métriques de (] − , [, du) et (R, d) ; on conclut grâce aux isométries
2 2
bijectives.
π π ¯ ' ([− π , π ], du)
(] − , [, du) ' (R, d), (R̄, d)
2 2 2 2

2.2 Complété d’un espace vectoriel normé

2.2.1 Théorème (fondamental )

Soit (E, k . k) un espace vectoriel normé sur K = R ou C. Soit d la distance associée à


sa norme : d(u, v) = k u − v k. Soit (F, δ) l’espace métrique complété de l’espace métrique
(E, d).
Il existe sur F une structure unique d’espace vectoriel sur K, et une norme k| . k| tel
que k| ū − v̄ k|= δ(ū, v̄) pour tous ū, v̄ ∈ F .
(E, k . k) est linéairement isométrique à un sous-espace vectoriel partout dense de
l’espace de Banach (F, k| . k|)

2.2.2 Définition

(F, k| . k|) est appelé l’espace de Banach complété de l’e.v.n. (E, k . k).

Démonstration

Puisque E est un espace vectoriel sur K, il en est de même de C, avec les opération :

(un )n∈N + (vn )n∈N = (un + vn )n∈N et λ(un )n∈N = (λun )n∈N

Si la relation ∼ sur C est compatible avec la structure vectorielle de C, à savoir si :

[(un )n∈N ∼ (ún )n∈N et (vn )n∈N ∼ (v́n )n∈N =⇒ (un + vn )n∈N ∼ (ún + v́n )n∈N ]
et [∀λ ∈ K : (un )n∈N ∼ (ún )n∈N =⇒ (λun )n∈N ∼ (λún )n∈N ]

On sait que l’ensemble quotient C/∼ = F peut être muni d’une structure d’espace
vectoriel sur K en posant :

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CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
ū + v̄= la classe à laquelle appartient (un + vn )n∈N ;
λū= la classe à laquelle appartient (λun )n∈N .
Effectuons les vérifications nécessaires :

∀n ∈ N :d(un + vn , ún + v́n )=k (un + vn ) − (ún + v́n ) k≤k un − ún k + k (vn − v́n ) k≤
d(un , ún ) + d(vn , v́n )

d’où :

lim (d(un + vn , ún + v́n ))n∈N = 0


n→+∞

∀n ∈ N :d(λun , λún )=k λun − λún k=| λ | . k un − ún k=| λ | d(un , ún )

d’où :

lim (d(λun , λún ))n∈N = 0


n→+∞

On sait de plus que l’application naturelle π : C → C/∼ = F est une application


linéaire (et surjective).
Soit F le sous-espace vectoriel de C constitué par les suites de la forme (u, u, ..., u, ...),
où u ∈ E (stabilité évidente des opérations).
Considérons la restriction π|F -qui est une application linéaire- d’une part, et, d’autre
part, l’application ϕ : E → F , u 7→ (u, u, ..., u, ...) manifestement linéaire.
La composée π|F ◦ϕ est l’application f : E → C/∼ qui est donc linéaire.
A présent, on a une distance δ sur F espace vectoriel sur K. On sait que δ(ū, 0̄) =|k ū |k
définit une norme sur F si l’on a :

∀ū, v̄, w̄ ∈ F : δ(ū + w̄, v̄ + w̄) = δ(ū, v̄)

et

∀λ ∈ K : δ(λū, λv̄) =| λ | δ(ū, v̄)

Or, en prenant des représentants, et en considérant la distance d qui est liée à la norme
de E, on a :

δ(ū + w̄, v̄ + w̄) = lim (d(un + wn , vn + wn ))n∈N = lim (d(un , vn ))n∈N = δ(ū, v̄)
n→+∞ n→+∞

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CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
et :

δ(λū, λv̄) lim (d(λun , λvn ))n∈N = lim (| λ | d(un , vn ))n∈N =| λ | δ(ū, v̄)
n→+∞ n→+∞

Donc ū 7→k| ū |k est une norme sur F , qu’on peut calculer en prenant un représentant
(un )n∈N :

k| ū |k= δ(ū, 0̄) = lim (d(un , 0))n∈N = lim (k un k)n∈N


n→+∞ n→+∞

En particulier, pour tout u ∈ E :

k| ū |k= lim (k u k)n∈N =k u k


n→+∞

On a donc muni (F, δ) d’une structure d’espace vectoriel sur K et d’une norme k| . |k
associée à la distance δ pour laquelle (F, δ) est complet. Donc , (F, k| . |k) est un espace
de Banach sur K.
f : E → F est une application linéaire, bijective sur f (E) = (π|F ◦ϕ )(E), et le sous-
espace vectoriel f (E) est partout dense dans (F, δ).
f est une isométrie, car pour tout u ∈ E :

k| f (u) |k= δ(f (u), 0̄) = δ(f (u), f (0)) = d(u, 0) =k u k

La structure d’espace de Banach ainsi construit est unique, car s’il y en avait une autre :
somme, produit par un scalaire et norme qui sont des opérations continues coı̈ncideraient
avec la première sur f (E) partout dense, et donc coı̈ncideraient sur F tout entier.
En effet, on a déjà vu que pour u ∈ E : k| u |k=k u k, et on a aussi pour u, v ∈ E et
¯ = classe de (λu, ...λu, ...).
¯ v = classe de (u+v, ..., u+v, ...) et λū = λu
λ ∈ K : ū+ v̄ = u +
Le théorème est donc démontré.

Remarque

Les applications (u, v) 7→ u + v, u 7→ λu (λ ∈ Kfixé), et u 7→k u k sont uniformément


continues, et le restent si l’on compose avec l’isométrie f : on aurait donc aussi pu utiliser
le théorème pour obtenir directement un prolongement de ces applications à F .
Le procédé est plus rapide et plus élégant, mais nous avons préférer rester élémentaire
dans ces questions de complétion.

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CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
Exemple

En procédant exactement comme nous l’avons fait dans les théorèmes précédents, on
peut construire R à partir de Q : ”en gros” (R, | . |) est complété de (Q, | . |). Il faut
bien sur prolonger la multiplication et la relation d’ordre aux classes, et vérifier qu’on
obtient bien un corps commutatif totalement ordonné et archimédien ; il sera évidemment
complet.
Il y a tout de même un petit problème : c’est qu’on ne peut pas définir une ”vrai”
distance, ou une ”vrai” norme, sur Q si l’on suppose que R n’existe pas encore....Mais ce
n’est pas tragique, on définit | r | pour r ∈ Q, et on étend | . | au cours de la construction.
C 1 ([0, 1]) est un espace de Banach pour la norme k f k= k f k∞ + k f` k∞ , mais
pas pour la norme k . k∞ (à savoir que ces deux normes ne sont pas équivalentes sur
C 1 ([0, 1], R) ).

Preuve

Posons E = C([0, 1], R) et E1 = C 1 ([0, 1], R) ; E1 est un sous-espace de E qui est


complet pour la norme : k f k= k f k∞ + k f` k∞ :
Soit (fn ) une suite de Cauchy dans (E1 , k . k) ; les suites (fn ) et (f`n ) sont donc de
Cauchy pour k . k∞ , de sorte qu’elle converge dans (E, k . k∞ ) complet, posons :

f = limn→+∞ fn

On sait que f est de classe C 1 et que :

f` = limn→+∞ f`n

Le fait que (fn ) converge vers f dans (E1 , k . k) résulte immédiatement de k fn − f k=


k fn − f k∞ + k f`n − f` k∞ , E1 n’est pas complet pour la norme k . k∞ puisqu’il n’est pas
fermé dans (E, k . k∞ ).
En effet, E1 est dense dans E, car l’espace F des fonctions polynôme sur [0, 1], qui est
inclus dans E1 .

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CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN
2.3 Complété d’un espace pré-hilbertien

2.3.1 Théorème

Soit (E, (. | .)) un espace pré-hilbertien réel. Il existe une structure unique d’espace
pré-hilbertien réel sur l’espace de Banach complété (F, ||| . |||), notée (F, h. | .i), telle que
pour tout ū ∈ F : ||| ū |||2 = hū | ūi
(E, (. | .)) est linéairement isométrique à un sous-espace vectoriel partout dense de
l’espace de Hilbert (F, h. | .i).
(F, h. | .i) s’appelle l’espace de Hilbert complété de l’espace pré-hilbertien (E, (. | .)).

2.3.2 Remarque

Nous démontrerons que cet espace de Hilbert complété n’est autre que le dual topo-
logique È = L(E, R) de (E, (. | .)), et nous préciserons alors le produit scalaire sur le
complété.

2.3.3 Démonstration

On va procéder rapidement en utilisant des résultats connus.


Dans (E, (. | .)) on a l’identité du parallélogramme :

k u + v k2 + k u − v k2 = 2k u k2 + 2k v k2

pour tous u, v ∈ E.
Soient ū, v̄ ∈ F , et prenons des représentants (un )n∈N et (vn )n∈N :

∀n ∈ N : k un + vn k2 + k un − vn k2 = 2k un k2 + 2k vn k2

et donc, à la limite quand n −→ ∞ :

( lim (k un + vn k))2 + ( lim (k un − vn k))2 = 2( lim (k un k))2 + 2( lim (k vn k))2


n→+∞ n→+∞ n→+∞ n→+∞

soit :
||| ū + v̄ |||2 + ||| ū − v̄ |||2 = 2||| ū |||2 + 2||| v̄ |||2

Et donc on trouve :

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CHAPITRE 2. COMPLÉTÉ D’UN ESPACE MÉTRIQUE, D’UN ESPACE NORMÉ
ET D’UN ESPACE PRÉ-HILBERTIEN

1
ψ(ū, v̄) = (||| ū + v̄ |||2 − ||| ū − v̄ |||2 )
4
qu’on notera hū | v̄i, est un produit scalaire sur F tel que ||| ū |||2 = hū | ūi.
En passant à des représentants :
hū | v̄i = 14 ((limn→+∞ (k un + vn k)n )2 − (limn→+∞ (k un − vn k)n )2 )
= limn→+∞ 41 (k un + vn k2 − k un − vn k2 ) = limn→+∞ (un | vn )
En particulier, pour u, v ∈ E : hu | vi = hf (u) | f (v)i = (u | v).
Il n’y a pas d’autre produit scalaire possible sur F faisant de F un espace de Hilbert
réel, car continu et coı̈ncidant avec (. | .) sur f (E)xf (E) partout dense dans F xF , il
coı̈nciderait partout avec celui que l’on vient de donner.

Université de Mentouri.Constantine.2013 28
Conclusion

Tout espace métrique non complet possède un complété.


Les espaces complets sont les espaces dans lesquels les problèmes de limite s’étudient
le plus simplement.

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Bibliographie

[1] S.KHALFAOUI et A.MAHLOUL ”Complétion des Espaces Métriques”. Mémoire de


Master, Université Mentouri, Constantine, 2012.

[2] ”Mathématique L3”. Pearson Education, 2009.

[3] E.BURRONI ”La topologie des espaces métriques”. Ellipses.

[4] Y.SONNTAG ”Topologie et analyse fonctionnelle”. Ellipses. Maitre de conférence,


Université de Provence, France, 1981.

[5] V.TRENOGUINE ”Analyse Fonctionnelle”. Traduit du russe par V.KOTLIAR tra-


duction français Édition MIR. 1985.

[6] N.BOCCARA ”Analyse fonctionnelle une introduction pour physicien”. Édition


MARKETING, Paris, 1984.

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