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Université Sultan Moulay Slimane ‫ﺟــــﺎﻣﻌﺔ اﻟﺳﻠطــــﺎن ﻣـوﻻي ﺳﻠﯾﻣــــﺎن‬

Faculté Polydisciplinaire ‫اﻟﻛﻠﯾـﺔ اﻟﻣﺗﻌددة اﻟﺗﺧﺻﺻــﺎت‬


Béni Mellal ‫ﺑﻧـﻲ ﻣـﻼل‬

Filière : Droit Français Professeur: Mohammed Zehiri


Semestre : S 2 Année : 2019-2020

Module : Droit Pénal Général

Semaine 4 (21 mars 2020)


La classification des infractions (suite)

CHAPITRE IV. LA CLASSIFICATION DE L’INFRACTION

Section I : La classification des infractions selon leur gravité

C’est une classification qui repose sur la gravité de la sanction en fonction


de l’infraction commise. On distingue alors : les crimes, les délits et les
contraventions.

A) Présentation de la classification tripartite des infractions

Comme le précise l’article 1111 du code pénal, les infractions sont qualifiées
crime, délit correctionnel, délit de police ou contravention.

Les crimes : Ils sont considérés comme les infractions les plus grave parce
qu’elles portent atteinte sérieuse à l’ordre social. Ce sont des infractions
qu’on ne peut réparer que par des peines criminelles graves telles que
mentionnées dans l’article 162 du code pénal.

Les délits : Ils sont considères comme des infractions moins grave par
rapport aux crimes. Ce sont des infractions dont les sanctions encourues sont
hybrides c’est-à-dire les peines dont le minimum se rattachent à une peine de
police et le maximum à une peine correctionnelle. Ces sanctions sont
mentionnées dans l’article 111 du code pénal qui dispose :


1
En vertu de l’article 111 du code pénal : « Les infractions sont qualifiées crime, délit correctionnel, délit
de police ou contravention :
L'infraction que la loi punit d'une des peines prévues à l'article 16 est un crime;
L'infraction que la loi punit d'une peine d'emprisonnement dont elle fixe le maximum à plus de deux ans est
un délit correctionnel;
L'infraction que la loi punit d'une peine d'emprisonnement dont elle fixe le maximum à deux ans ou moins
de deux ans, ou d'une amende de plus de 200 dirhams est un délit de police;
L'infraction que la loi punit d'une des peines prévues à l'article 18 est une contravention ».

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l’article 111 du code pénal : « Les peines criminelles principales sont :
1° La mort;
2° La réclusion perpétuelle;
3° La réclusion à temps pour une durée de cinq à trente ans;
4° La résidence forcée;
5° La dégradation civique ».

« L'infraction que la loi punit d'une peine d'emprisonnement
dont elle fixe le maximum à plus de deux ans est un délit
correctionnel;
L'infraction que la loi punit d'une peine d'emprisonnement
dont elle fixe le maximum à deux ans ou moins de deux ans,
ou d'une amende de plus de 200 dirhams est un délit de
police ».

Les contraventions : Il s’agit d’une catégorie qui regroupe les infractions


les moins graves. Elles sont punies selon l’article 18 du code pénal qui
stipule :
« Les peines contraventionnelles principales sont :
1 - La détention de moins d'un mois ;
2 - L'amende de 30 dirhams à 1.200 dirhams».

Cette classification tripartie permet d’observer que les infractions sont


classées, suivant leur gravité ou selon leur élément légal, en contraventions,
délits et crimes. Ensuite, la distinction entre ces infractions réside dans les
sanctions attribuées à chacune de ces infractions.

B) Les conséquences de la classification tripartite des infractions

Sur le plan du fond, la classification tripartite révèle des conséquences


quant à :
1) l’application de la notion de tentative
2) la théorie de la complicité
3) la notion de récidive légale
4) des mécanismes du sursis à l’exécution des peines que le juge peut
prononcer et ce, en vertu de l’article 55 du code pénal3.
5) et la confiscation au profit de l’État que le juge peut prononcer en cas
de crime (art : 43 du code pénal). Cependant, la confiscation n’est pas
applicable en cas de délit ou de contravention sauf s’il existe une
disposition spécial (art : 44 du code pénal).

Au niveau de la forme, la division tripartite fait ressortir des conséquences


quant à :
1) la compétence du tribunal
2) la procédure d’une manière générale
- les délais de prescription (al-Taqadoum)
- l’interrogatoire : (art : 83 du code de la procédure pénale)
- le contrôle judiciaire (art : 159 du code de la procédure pénale)

Section II : La classification des infractions selon leur nature

Outre la classification tripartite, il existe d’autres classifications des


infractions à savoir :

1) Les infractions de droit commun



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Article 55 du code pénal : « En cas de condamnation à l'emprisonnement ou à l'amende non
contraventionnelle, si l'inculpé n'a pas subi de condamnation antérieure à l'emprisonnement pour crime ou
délit de droit commun, la juridiction de jugement peut, par une disposition motivée de sa décision,
ordonner qu'il sera sursis à l'exécution de la peine».
Ce sont les infractions commises par une ou des personnes et qui
portent atteinte à l’ordre général non politique et non militaire d’un
État. Ce sont des infractions prévues et sanctionnées, principalement,
par le code pénal et relèvent des juridictions de droit commun.

2) Les infractions spéciales

- Les infractions politiques


- Les infractions militaires
- Les infractions terroristes

Section III : La classification des infractions selon leur élément matériel

1) Les infractions positives et les infractions négatives

Une infraction peut être considérée positive lorsque le comportement se


matérialise par un fait extérieur.
Cependant, une infraction peut être considérée négative lorsque le
comportement se matérialise par omission.

2) Les infractions matérielles et les infractions formelles

Dans le cas d’une infraction matérielle, l’élément matériel est composé d’un
acte criminel et d’un résultat criminel. On n’a pas besoin d’un élément moral
pour qualifier une infraction de matérielle.

L’infraction formelle est une infraction consommée par le seul


accomplissement de l'acte incriminé, même s'il n'y a pas de résultat.

Contrairement à l’infraction matérielle qui nécessite une relation de causalité


entre l’action et le résultat criminel, l’infraction formelle suppose juste l’acte
incriminé et le lien de causalité est absent.

3) Les infractions simples, les infractions d’habitude et les


infractions complexes

Une infraction peut être considérée simple lorsque la consommation suppose


l'accomplissement d'un acte unique, etc.

Les infractions d’habitude sont commises à l'aide d'une pluralité d'actes.


Ce sont des infractions dont la consommation exige l'accomplissement de
deux actes de même nature par une même personne.

L'infraction complexe est une infraction dont la consommation suppose


l'accomplissement de deux actes de nature différente. L'infraction ne sera
considérée comme accomplie que si les deux actes ont été accomplis.

Section IV : La classification des infractions selon leur élément moral

1) Les infractions volontaires et les infractions involontaires


L’infraction volontaire : Pour qu'une infraction pénale soit reconnue
comme telle, outre la présence d'un élément légal et matériel, il faut encore
que l'auteur ait eu la volonté de le faire.

Dans le cas d’une infraction involontaire, l'auteur agit par imprudence. Il a


eu conscience de mal agir mais ne souhaitait pas le résultat final.
Cette classification peut engendrer des conséquences comme :
- Pas de tentative dans les infractions involontaires
- Pas d’aggravation de sanction dans les infractions involontaires

2) Les infractions instantanées et les infractions continues

Concernant l'infraction instantanée, l’élément matériel s’effectue en un


instant, et se consomme en un trait de temps. C’est le cas de la plupart des
infractions.

L'infraction continue est celle dont


l’exécution s’étend sur une certaine
durée, exprimant le maintien de la
volonté infractionnelle.