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RAPPORT DE MISSION DE SUIVI DU PROJET CECLET AU TOGO PAR USDOL

Lieu et date de la mission : Région des Savanes, Kara, Centrale, Plateaux et Maritime (Togo)

Type de la mission: Suivi de la mise en œuvre du Projet CECLET/USDOL

Cadre de la mission : Lutte contre le travail des enfants

Période de la mission : 26 au 30 juillet 2011

Equipe de la mission : Essodina M. ABALO, CTP/Projet CECLET/USDOL

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I. Rappels

Objectifs de la mission
L’objectif de la mission était de faire le suivi de la mise en œuvre du projet CECLET/USDOL
au Togo en donnant la priorité à la visite des écoles construites dans le cadre du projet et à la
visite et à la Commune du Millénaire.

II. Déroulement de la mission (Cf. Programme de la mission)

Le programme de la mission de Madame Chanda A. Uluca, (International Relations Officer -


Africa Division Office of Child Labor, Forced Labor, and Human Trafficking U.S.
Department of Labor de USDOL) comme l’indique annexe1 a prévu :
• la visite dans les cinq (05) localités où les écoles ont été construites le cadre du projet
CECLET/USDOL, la Commune du Millénaire de Naki-Est,
• la rencontre avec le coordinateur du PA4/DRAS sur la lutte contre le travail des
enfants dans le secteur de l’agriculture et la visite de NADJAK, une des localités
couvertes par ledit programme d’action,
• la rencontre avec l’équipe de l’ONG Providence qui assure la mise en œuvre du
programme d’action sur le CSEC,
• la rencontre avec l’équipe de coordination du programme d’action sur la traite des
enfants mis en œuvre par RELUTE.
• la rencontre le Ministre du Travail.
La mission s’est déroulée conformément au programme établi. En dehors du village de
NADJAK qui n’a pas était visité, toutes les autres rencontres prévues ont eu lieu.

2.1. La visite des écoles


L’ensemble des cinq (05) écoles construites dans le cadre du projet CECLET USDOL ont été
visitées. Il s’agit des écoles construites dans les localités de Tapoune, Kolbigue, Kpindéli,
Modoukou et Adétikopé.
Dans chacune de ces écoles, la mission a visité les
bâtiments, constater la disponibilité des équipements
(Tables-bancs, bureaux-meubles pour le corps enseignants,
les équipements pédagogiques pour les enseignants. Toutes
les écoles sont dotées de
latrines scolaires.

Les bâtiments devant


servir d’infirmeries
scolaires sont construits à Kolbigue et Adédikopé par le
HCR qui a pris l’engagement de le faire dans toutes les
écoles. Les forages sont aménagés à Modoukou et à
Kpindéli par l’Ambassade de Chine et le Ministère de
l’Hydraulique villageoise.

Dans chaque localité, la mission a rencontré les membres des structures communautaires, les
chefs traditionnels, les représentants du Ministère de l’Education, les enseignants, les élèves et
les techniciens ayant supervisé la construction des bâtiments scolaire.

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Principaux constats et observations
• La bonne qualité des bâtiments et équipements scolaires
La mission d’USDOL a apprécié la bonne qualité des ouvrages scolaires sur l’ensemble des
sites visités. Elle a jugé responsable de la part du projet d’avoir décidé de remplacer les
tables-bancs de mauvaise qualité livrés par le HCR dans les écoles de Tapoune et de
Kolbigue afin d’assurer la sécurité des enfants.

• La forte adhésion des communautés au projet


La mission a indiqué constaté que les communautés visitées ont compris et se sont approprié
la lutte contre le travail des enfants. L’engagement des leaders communautaire est manifeste.
Cela a contribué, comme l’ont indiqué les Inspecteurs des enseignements primaires et
secondaires du Zio et de l’Ogou Nord à l’augmentation des effectifs des élèves dans les
différentes écoles, surtout ceux des filles.

• La pertinence des choix des groupes cibles, surtout des communautés bénéficiaires
La mission a noté que le choix des sites a été très pertinent car l’implantation des bâtiments a
répondu aux besoins réels des communautés bénéficiaires. Il a été noté l’intervention du
projet à Kolbigue, une zone frontalière entre le Togo et le Ghana, a contribué à éradiquer le
phénomène de la traite des enfants du Togo vers le Ghana et la Côte d’ivoire.

• Une bonne pratique


La mission a vivement apprécié les efforts entrepris par la communauté de Tapoune, en
particulier le Directeur de l’Ecole pour aménager et reboiser le site où le bâtiment scolaire a
été construit et créée des conditions d’attraction à l’école des enfants. Cette école devrait
servir de modèle pour les autres écoles.

• Des efforts à faire


Le problème de suivi médical des enfants dans les différentes communautés visitées est un
besoin réel et que l’intervention en cours de l’OMS et du HCR dans le cadre de l’accord
conclu avec le BIT permettra d’envisager des réponses à ces besoins.

La mission a noté la nécessité et les efforts du projet à soutenir les différentes communautés
dans la réalisation des forages au niveau des écoles pour permettre aux élèves de disposer de
l’eau potable.

Demandes de la mission
Concernant la réalisation des bâtiments, la mission a demandé au projet de lui transmettre
les attestations des techniciens du Ministère de l’Education certifiant que les normes de
qualité et de sécurité ont été respectées.

2.2. Visite de la commune du millénaire

La visite de la Commune du millénaire a connue deux


étapes : la rencontre avec l’équipe de coordination du
programme de Commune du millénaire et du Comité
Directeur Régionale de lutte contre le travail des enfants de
la région des savanes à Dapong et de la visite de terrain de
Naki-Est ponctuée d’une séance de travail avec les
responsables des comités inter villageois, les chefs de
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villages et l’ensembles des enseignants de la Commune de Naki-Est.
La première rencontre a permis à la mission d’appréhender les contours du programme
conjoint de commune du millénaire et l’importance du mainstreaming de la question du
travail des enfants dans ce programme.

La deuxième séance permis à la mission d’échanger avec les leaders communautaires et les
enseignants sur la situation du travail des enfants dans la Commune essentiellement
caractérisée par la mise précoce des enfants au travail agricole et à l’élevage, notamment dans
ses formes dangereux des enfants, la traite des enfants vers la Côte d’Ivoire particulièrement.

Constats et recommandations

• La pertinence du programme d’action d’appui à


l’intégration des stratégies de lutte contre le travail des
enfants dans le programme conjoint de commune du
millénaire
La mission a relevé la pertinence du programme d’action
commune du millénaire et constaté la mobilisation à la fois
des intervenants techniques que des populations pour la
mise en œuvre rapide du programme.

• L’engagement de l’équipe du projet pour la mise en


œuvre rapide de ce programme d’action
Elle a noté les efforts faits par l’équipe du projet pour assurer la mise en œuvre rapide de ce
programme afin de rattraper le retard accusé dans le démarrage de ce programme,
notamment le travail de recensement des enfants, les quatre (04) missions réalisées au cours
du mois de juillet pour assurer le démarrage effectif des activités du programme d’action.
Elle a apprécié l’option de recruter et localiser un chargé de programme dans la commune
pour assurer le suivi et la supervision des activités.

Recommandation
La mission a recommandé que le projet intensifie la formation des leaders communautaires et
les acteurs techniques sur la question du travail des enfants pour leur permettre de
s’approprier rapidement aussi bien la thématique que les stratégie de lutte contre ce
phénomène.

3.1. Rencontre à Anié avec les enfants et familles victimes ou exposés à la traite des enfants

La mission a rencontré à Anié, 65 enfants et 50 familles des enfants bénéficiaires du


programme sur la traite des enfants mis en œuvre par RELUTET. Les membres du comité
local de lutte contre la traite des enfants ainsi que l’équipe de coordination du programme ont
également pris part à la rencontre. Cette rencontre a permis de sensibiliser davantage les
parents et les enfants sur les risques et les conséquences liées à la traite des enfants et aussi de
mesurer l’engagement à la fois des parents et des responsables locaux à combattre le
phénomène.

Les échanges ont eu lieu sur les stratégies pour combattre les nouvelles formes de travail
dangereux des enfants que sont l’exploitation des enfants dans la recherche de la ferraille sur
les dépotoirs et l’exploitation des enfants à travers les vidéos-clubs.
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3.2. Rencontre avec le coordinateur du programme sur le travail agricole dangereux.
Cette rencontre a permis à la mission d’avoir des données sur la réalisation de ce programme
d’action, notamment sur les enfants bénéficiaires et aussi sur les services éducatifs alternatifs
données aux enfants âgés de plus de 15 ans à savoir l’alphabétisation et le placement en
apprentissage.
La mission a insisté sur la nécessité de diversifier les opportunités d’apprentissage pour les
enfants en prenant en compte l’aspect genre.

3.3. Rencontre à Lomé avec les enfants bénéficiaires du Programme d’action sur le CSEC.
Au cours de cette rencontre, l’équipe de coordination a fait le point sur les actions menées,
notamment le nombre des enfants retirés et prévenus du CSEC (162 enfants). Elle présenté
aussi le rapport de l’étude réalisée dans le cadre du programme sur le phénomène tout en
insistant sur les besoins résiduels, notamment le souhait de disposer d’un centre
d’apprentissage pour augmenter la capacité de prise en charge des enfants.

Demande de la mission
La mission a demandé au projet de lui transmettre la copie du rapport d’étude sur le CSEC.

3.4. Rencontre avec le Ministère du Travail


Pour des raisons de préavis de grève des syndicats du secteur des transports à la suite de
l’augmentation du prix de l’essence, la mission n’a pas pu rencontre le Ministre du Travail
comme prévu le mardi. La rencontre a pu avoir lieu avec le Directeur Général du Travail.

Le Directeur Général du Travail a indiqué à la mission que le Ministre l’a chargé d’exprimer à
la mission la ferme volonté du Gouvernement de poursuivre la lutte contre le travail des
enfants et de la façon la plus efficace possible. Cette préoccupation est prise en compte dans
le programme du gouvernement et cela fait partie de la lettre de mission du Ministre du
travail. Il a aussi indiqué que le Gouvernement avait adressé une requête au BIT en vue de
solliciter le renouvèlement de l’assistance dans le cadre du projet IPEC.

Demande de la mission
La mission a demandé que lui soient transmises les copies des lettres de mission et de la
requête adressée au BIT.

3.5. Séance de travail avec l’équipe du projet.


La mission a visité le mardi 26 juillet 2011 les bureaux du projet. Cette visite a donné lieu à
une séance de travail qui a permis à l’équipe du projet de faire le point de l’exécution du
projet à la mission, notamment sur les choix stratégiques pour atteindre les objectifs
quantitatifs et qualitatifs. Ainsi le processus d’intégration des modules sur le travail des
enfants dans les programmes scolaires, les processus de mise en place du CLMS et
d’élaboration du PAN ont été présentés à la mission. Il en été de même pour la planification
du programme commune du millénaire ainsi que la révision des programmes en cours en vue
de leur extension pour atteindre les objectifs quantitatifs du projet.

Les questions spécifiques concernant les commentaires de USDOL sur les derniers TPR ont
été abordés particulièrement les écarts sur le nombre des enfants. Des explications ont été
données à la mission quant au nombre des enfants retirés de la traite (121) mentionné dans le
TPR d’avril.

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Par ailleurs des informations précises ont été données à la mission pour lui permettre de faire
la distinction entre le Child Labor Monitoring System et le Child trafficking monitoring
system mis en place dans le cadre du projet Lutrena sur la base de l’expérience des comités de
vigilance.

La mission a émis ses préoccupations concernant le fait que l’équipe était très réduite. Par
rapport à cela, des informations sur le processus de recrutement ont été données à la mission
et il lui a été indiqué que les interviews des candidats auront lieu au cours de la semaine du
1er août 2011 pour les postes d’Assistant de terrain et de chargé de programme commune du
millénaire.

Les mesures prises pour poursuivre les activités du projet, notamment le rappel à la
coordination de l’Assistant de terrain le système de polyvalence instauré au sein de l’équipe
ont été portées à la connaissance de la mission qui a indique être ainsi rassurée.

Le projet a indiqué qu’il pourrait soumettre une demande de révision budgétaire afin de
disposer de plus de ressources sur les Lignes 21 et 32.

Des échanges sur l’avenir des actions de lutte contre le travail des enfants au Togo et du
soutien de USDOL ont été abordées et la mission a dit espérer que les propositions qui seront
faites suite à l’offre de USDOL et qui prend en compte le Togo seront acceptées pour
contribuer à la poursuite des activités.

Pour ce qui est des relations avec l’Ambassade des USA au Togo, le projet a informé la
mission de l’appui que l’Ambassade ne cesse d’apporter au projet à travers sa participation
régulière aux activités auxquelles. La mission a recommandé le CTP du projet rencontre le
nouvel ambassadeur dès sa prise de fonction et le mention dans le TPR d’octobre 2011.

Recommandation de la mission
La mission, tout en exprimant sa satisfaction par rapport à l’évolution dans l’exécution du
projet, a recommander que toutes les informations soient capitalisées pour le TPR d’octobre
2011.

Concernant la révision budgétaire, la mission a demandé au projet de soumettre au cas


échéant la demande dans un délai de six mois avant la fin du projet.

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