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République Algérienne Démocratique et populaire

Ministère de l'enseignement Supérieur et de la recherche Scientifique

Université L'Arbi Ben M’hidi Oum El Bouaghi

Faculté des sciences de la Terre et de l'univers et de l'architecture

Département de Géologie

En vue de l’obtention d’un master en géologie.

Un mémoire de fin d’étude intitulé :

Présenté par :
Chanbi Saleh.
Bouchareb Mohamed Elamine.

DEVANT LE JURY

PRESIDENT : Dr Zedam
EXAMINATRICE : Mme Ouddah
Encadreur : Mr Aouissi ryadh
Co-Encadreur : Mme Necham

L'année Universitaire:2016/2017
Remercîments

Mes sincères remerciements s’adressent en particulier et avant tout à Allah qui nous a
mis sur la bonne voie, et m’a aidé à la réalisation de ce mémoire.

Mes vifs remerciements s’adressent également à :

Monsieur Aouissi Riadh, mon Encadreur et Mme Necham Dounia qui nous
ont beaucoup aidés durant la période de la préparation de ce mémoire, ainsi
que pour leurs précieux conseils.
Aux membres du jury, Dr Zedam, et Mme Oudah, qui ont accepté de
consacrer du temps précieux, pour la critique de ce travail.
Monsieur Saadali badreddine chef du département de géologie de l’université
d’Oum El Bouaghi.
La géologue de la direction d’études et de développement (D.E.D) -
OUENZA, pour son aide infinie, ainsi qu’à tout le personnel de cette dernière.
Mes amis Bouzid et Halim pour leur aide durant la préparation des lames
minces dans l’université de badji mokhtar Annaba.
Monsieur Djaafar l’ingénieur de laboratoire des lames minces de département
de géologie d’Annaba.
Notre Youcef pour son aide appréciable pour réaliser ce travail.
Nos familles, qui nous ont offert les conditions convenables pour la réalisation
de ce travail, ainsi que pour leur aide.
Laborantin du laboratoire de géologie de l’université d’Oum El Bouaghi
Haider pour sa disponibilité et son aide précieuse.
Mon frère Ala Eddine pour son soutien afin de réaliser ce mémoire.
DEDICACES

Je dédie ce travail à :

Mes parents pour l'éducation qu’ils m’ont prodigués; avec tous les moyens et au prix
de tous les sacrifices qu'ils ont consentis à mes égards, pour le sens du devoir qu’ils
m’ont enseignés depuis notre enfance.

 Mes frères.
 Mes amis (es).
 Toute la famille Bouchareb.
 Toute la Famille Chanbi.
 Nos amis qui nous ont soutenus contre vents et marées.
 Pour chaque personne qui a contribué à notre arrivée financièrement et
moralement a ce modeste travail.
Sommaire

I.1 Présentation du travail 01

I.2 Situation géographique 02

I.3Historique de la mine 03

I.3.1 Dans la construction 03

I.3.2 Dans l’automobile 03

I.3.3 La sidérurgie de demain 03

I .4 . Utilité du fer 04

II. Chapitre II : Géologie Générale.

II.1 Introduction 06

II.2 Les séries Alpines 06

II.2.1 Le domaine Interne 06

II.2.2 Le domaine des Flyschs 06

II.2.3 Le domaine Externe 07

II.2.3.1 Les séries telliennes 07

II.2.3.2 Les série de l’avant pays allochtone 07

II.3 Les phases Tectoniques 08

II.3.1 Les phases tectoniques mésozoïques 08

II.3.2 Les phases Tectoniques Tertiaires 09

III.3.3 La Tectonique récente 10

II.4 Lithostraigraphie 11

II.5 Etude structurale 16

II.6 Paléogéographie régionale 21

II.7 Notion de gîtologie 23

II.7.1 Les minéralisations péridiapiriques 23

II.7.1.1 Introduction 23

II.7.1.2 Les gîtes péridiapiriques dans la région de Tébessa 23

II.7.2 Les facteurs contrôlant la minéralisation 27

III.Chapitre III :Géologie Locale.


Sommaire

III. 1 Introduction 30

III.2 Lithostratigraphie 30

III.2.1 Mésozoïque 31

III.2.2 Quaternaire 33

III.3 Sédimentologie 33

III.4 Tectonique 36

III.5 Minéralisations 37

II.5.1 Minéralisation ferrifère 37

II.5.2 Minéralisation métallique 38

II.5.2 La minéralisation polymétallique 42

IV. Chapitre IV : Gitologie.


IV.1 Introduction 45
VI.2 Classification des gisements de fer 45
VI.2.1 Classification de SWIOR 45
IV.2.2 Une autre classification à été établie par A. Popov 1967 46
IV-3 Minéralisation ferrifère 48
IV-3-1 Localisation des corps minéralisés 48
IV.3.3 Contact minerai – encaissant 48
IV.3.3 Considérations sur les chapeaux de fer 50
IV.3.3.1 Définition d’un chapeau de fer 50
IV-3-3-2 Facteurs influant sur la formation des chapeaux de fer 50
IV.3.3.3 Processus de formation du chapeau de fer 51
IV.3.3.4 Le rôle de fer dans la genése d’un chapeau de fer 51
IV.3.3.5 Les manifestations superficielles d’un chapeau de fer 52
IV.3.4 Etude minéralogique 53
IV.3.4.1 le protore carbonaté 53
IV.3.4.1.1 Son origine 53
IV.3.4.1.2 La composition minéralogique (sous le niveau hydrostatique) 53
IV.3.4.1.3 Son altération 54
IV.3.4.2 les limonites de la zone oxydée (au-dessus du niveau
hydrostatique) 54
IV.3.4.2.1 Textures des limonites 54
IV.3.4.2.1.1 Textures indigènes 54
IV.3.4.2.1.2 Texture transportées 55
IV.3.4.2.2 Leur minéralogie 55
Sommaire

IV.3.5 Relation entre minéralisation ferrifère et la minéralisation 55


IV.3.6 Origine de la minéralisation 56

Point de vue personnelle 57

V. Chapitre V : Environnement.

V.1 L’exploitation minière et ses conséquences 60

V.1.1 Définition 60

V.1.2 Historique 60

V.1.3 Conséquence de l’exploitation minière 60

V.1.3.1 Pollution de l’air 61

V.1.3.1.1 Définition de la pollution atmosphérique 61


V.1.3.1.2 Classification de la pollution 61
V.1.3.1.3 Facteurs intervenant dans le transport et la diffusion de polluants 61

V.1.3.1.4 Type de polluants 62

V.1.3.2 Pollution des sols 63


V.1.3.3 Pollution des eaux 63

V.1.4 Effets de l’exploitation du gisement ferrifère de l’Ouenza sur


l’environnement et sur la santé humaine 63
Liste des tableaux et figures :
TABLEAUX
Tableau 1.Composition chimique moyenne du minerai d’Ouenza………………….47
Tableau 2.Etat des réserves exploitables au 31 décembr 20114………………….....48
FIGURES
Fig- 1.Localisation géographique de la région d’étude……………………………....02
Fig-2.Schéma structural simplifié des maghrébides (Durand Delga, M ; J. M Fonboté,
1969)………………………………………………………………………………….06

Fig-3.Les principales déformations rattachées à la compresion miocène (Mahdjoub.


Y ; Merle.O, 1990)…………………………………………………………………...10
Fig.-4.Carte géologique régionale (Dubourdieu,1956)………………………………12
Fig.-5.Colonne lithostratigraphique synthétique des monts du Mellègue
(d’après:Dubourd1956, 1959 ; David 1956; Madre 1969 ; Fleury 1969 ; Thibieroz et
Madre 1976 Chikhi, 1980 ; Otmanine 1987, Bouzenoune 1993 et Vila et al, 2000)...14
Fig-6 Délimitations des trois domaines triasique dans les confins algéro-tunisiens
(Vila et al., 1993-2000)………………………………………………………………18
Fig-7.Position des extrusions triasiques par rapport aux fossés d’effondrements
(Aouissi, 2008)……………………………………………………………………….20
Fig-8.Carte paléogéographique de la Tunisie et des confins algéro-tunisiens durant
l’Aptien (in Memmi, 1999) …………………………………………………………..22
Fig-9.Coupe schématique montrant l'anatomie de l'Ouenza (Bouzenoune, 1993,
simplifiée)…………………………………………………………………………….30
Fig-10.Carte géologique du massif de l'Ouenza (Dubourdieu, 1956)………………..32
Fig-11.quelques faciès récolté du massif de Ouenza (a : calcaires gris, b : calcaires
noirs et c : marnes jaunes)……………………………………………………………34
Fig-12.Microphotographie de calcaires à polypier (a) en lame mince (LN) et calcaires
à textularidés (b)……………………………………………………………………...34
Fig-13.Microphotographie de calcaires à polypier microfracturé (a) et calcaires à
milioles (b)…………………………………………………………………………...35
Fig-14.Microphotographie de calcaires à textularidés (a) et à Rudiste (b)…………..36
Fig-15.Microphotographie de galène et baryte en LP (Tlili, 2006)………………….38
Fig-16.Hématite de la mine de Ouenza (District de Douamis)………………………39
Fig-17.Microphotographie de quartz en LP………………………………………….41
Fig-18.Microphotographie de cuivre gris en LP (Tlili,2006)………………………..42
Fig-19.Microphotographie en LP d’azurite (Tlili, 2006)……………………………..42
Fig-20.Microphotographie d’azurite et malachite (Tlili, 2006)………………………43
Fig-21.Contacts minerai-encaissant (Contact régulier (a), contact irrégulier avec
inclusion des calcaires dans le minerai (b))…………………………………………..49
Fig-22.contacts minerai-encaissant (contact irrégulier avec inclusion du minerai dans
les calcaires (a), contact anormal (b))……………………………………………………..50
RESUME
En Algérie, le gisement de fer de l’Ouenza représente une des sources principales en
Matière d’approvisionnement en minerai de fer de la sidérurgie nationale. Ces
minerais sont orientés vers l’usine sidérurgique d’El Hadjar où leur transformation
conduit à l’élaboration de la fonte et l’acier répondant aux exigences de l’industrie
sidérurgique moderne.
Ce chapeau de fer analogue au gisement de Bilbao en Espagne, montre deux types de
minéralisation, dont une tardive accessoire composée de sulfures polymétalliques,
localisée dans les fractures n mais qui n’est pas assez importante de point de vue
économique. L’autre précoce, composée d’une partie sidérique profonde et une partie
limonitisée, affleurante, exploitée.
Etant une richesse fondamentale dont dispose l’Algérie, l’exploitation de ce dernier,
provoque des conséquences fortes négatives sur l’environnement, essentiellement par
l’expansion de poussières qui seront une source d'une dégradation de
l’environnement, aussi de la qualité des eaux de surface, et de la végétation.

Mots clef :

Ouenza, Fer, Chapeau de fer, Aptien, Environnement.

Abstract

In Algéria, the iron layer of Ouenza represents one of the primary sources of iron ore
destinated to national steel industry.

The iron layer is so similar to the layer of Bilbao in Spain, and presents two types of
mineralisations, the accessory one is late and made up of polymetallic sulphides,
localised in the fractures but which is not important enough from economic point of
view, the other one is early and composed of sideritic and limonitic parts.

Considered as a fundamental wealth available to Algeria, the exploitation of this last,


causes negative consequences on the environment, by the expansion of dust which
will be a source of degradation of the environment, also of the quality of vegetation
and suface water.

Keywords :

Ouenza, Iron, Hat of iron, Aptian, Environment.


‫ملخـــص‬
‫في الجزائر تمثل طبقة الونزة أحد المصادر األولية لخام الحديد لصناعة الصلب الوطنية‪.‬‬

‫طبقة الحديد هي مشابهة جدا لطبقة بيلباو في إسبانيا‪ ،‬وتمثل نوعين من المعادن‪ .‬األول متأخر ويتألف‬
‫من الكبريتيدات المتمركزة أو المتموضعة في الكسور أو األجزاء والتي ليست مهمة بما فيه الكفاية من وجهة‬
‫النظر االقتصادية‪.‬‬

‫واآلخر متقدم أو مبكر ويتكون من أجزاء السيديريتيك والليموني‪ .‬و تعتبر ثروة أساسية متاحة للجزائر‪.‬‬
‫استغالل هذا األخير يسبب عواقب سلبية على البيئة من جراء توسع الغبار الذي سيكون مصدرا لتدهور البيئة‬
‫وأيضا من نوعية الغطاء النباتي والمياه السطحية‪.‬‬

‫الكلمات المفتاحية‪:‬‬
‫الونزة‪ ،‬الحديد‪ ،‬قبعة الحديد‪ ،‬األلبية‪ ،‬البيئة‪.‬‬
Chapitre I :

Introduction
INTRODUCTION

I.1 Présentation du travail :


En Algérie, le gisement de fer de l’Ouenza représente une des sources principales en
matière d’approvisionnement en minerai de fer de la sidérurgie nationale. Ces
minerais sont orientés vers l’usine sidérurgique d’El Hadjar où leur transformation
conduit à l’élaboration de la fonte et l’acier répondant aux exigences de l’industrie
sidérurgique moderne.
Le texte qui traduit l’ensemble de cette étude s’articulera donc sur plusieurs
chapitres :
1. Le premier chapitre est consacré à la présentation de la région d'étude où on a
placé d'une manière exhaustive et cohérente la région dans son contexte
géographique, géomorphologique et apporter un bref rappel sur l'historique de la
mine.
2. Le deuxième chapitre est réservé à la géologie régionale. Dans ce chapitre on a
présenté dans un premier temps le cadre lithostratigraphique et décrit les principaux
traits structuraux résultant des mouvements tectoniques que la région a subit durant
son évolution paléogéographique et structurale.
3. Le troisième chapitre est réservé à la géologie locale. En plus d'une étude
sédimentologique évoquant les principaux facies présents, une étude minéralogique
tenant en compte les deux types de minéralisation : Ferrifère et polymétallique, est
réalisée.
4. Le quatrième chapitre est réservé à la gitologie du gisement à travers lequel on
essayera d'introduire une classification du gisement et d'apporter par la même
occasion une idée sur le protore et ses dérivés puis terminer avec les différents
contacts minerai-encaissant existant.
5. le cinquième et dernier chapitre sera une brève mise de lumière sur l'impact de
l'exploitation du gisement ferrifère sur l'environnement.
6. Des conclusions termineront le manuscrit.

Méthodes et matériel :

Afin de réaliser les objectifs essentiels de ce travail plusieurs démarches méthodiques


ont été suivies :

- Une collecte de documents s’avérait nécessaire pour classer la zone d’étude


dans un contexte historique, géographique et bioclimatique.
- Une structuration de la chaine des maghrébides et déterminer par la même
occasion le positionnement de notre zone d’étude, et par conséquence avoir
une idée sur la paléogéographie et la lithostratigraphie à l’échelle régionale.
- Une carte géologique de l’Ouenza a été utilisée pour mettre le point sur la
lithostratigraphie de la zone en question.
- Des sorties vers la mine de Ouenza ont été réalisées afin d’obtenir des
renseignements sur les différents faciès régnant dans cette région et surtout
pour procéder à l’échantillonnage.

1
INTRODUCTION

- Des lames minces ont été confectionnées au niveau du laboratoire de géologie


de l’université de Sidi Ammar (Annaba) pour étoffer le travail sur le plan
sédimentologique, pétrographique et paléontologique.
- Une gitologie détaillée du gisement a été établies en se référant aux différentes
classifications gitologiques internationales.
- Des conclusions et des points de vue ont conclu le mansucrit.

I.2 Situation géographique :


Le massif de l’Ouenza est situé dans le Nord-est algérien. Il se trouve à 160 km au
Sud de la ville d’Annaba, dans l’Atlas saharien oriental, près des frontières Algéro-
tunisiennes. La distance entre ce massif et la ville de Tébessa dont il est rattaché
administrativement atteint 72 km (Fig. 1). Les principales voies de communications
sont représentées par un réseau routier reliant l’Ouenza aux villes voisines ; Tébessa,
Souk-Ahras et Annaba. Une ligne de chemin de fer relie la mine de l’Ouenza au
complexe sidérurgique d’El Hadjar où s’effectue le traitement du minerai de fer.
La topographie est très caractéristique de celle de l’Atlas saharien. Son relief est
assez accidenté. L’altitude maximale signalée à Djebel Ouenza est de 1206m à
Chagoura. La région présente un climat semi désertique : hiver relativement froid et
un été chaud et sec, avec une précipitation annuelle moyenne de 400 mm. Les
principaux cours d’eau sont : Oued Mellègue, Oued Harraba et Oued El Ksab, dont
les débits sont irréguliers et varient selon la saison et la quantité de précipitation. La
couverture végétale est pauvre ; elle est représentée par de petites forêts de pins. La
population vit généralement de l’activité minière et de l’élevage d’ovins et de caprins.

Fig. 1 - Localisation géographique de la région d’étude

2
INTRODUCTION

I.3 Utilité du fer :

Traditionnellement, deux principaux types de produits peuvent être distingués : les


plats et les longs.

a) Les produits plats : en feuilles ou en bobines comprennent les plaques, les


feuillards, les tôles minces nues ou revêtues.

b) Les produits longs : regroupent principalement les profilés lourds du type


poutrelles, rails et fils. Ce sont ces produits "semi-finis" qui entreront dans le
processus de fabrication de différentes industries allant du bâtiment, aux boites de
conserves alimentaires, en passant par les composants électroniques ou les coques de
certains bateaux.

I.3.1 Dans la construction : Les inventions de bessemer, martin et thomas en


permettant de fabriquer un acier normalisé et standardisé ont ouvert la voie à une
production de masse. A partir de cette époque, l’acier a commencé à être plus
généralement employé notamment dans la réalisation d’ouvrages architecturaux. Il est
aujourd’hui le métal le plus utilisé dans ce secteur où il sert notamment à la réalisation
d’ouvrages d’arts tels que des ponts par exemple. Même s’il n’en constitue pas le
matériau de base, l’acier est presque toujours présent puisqu’il sert à armer le béton,
permettant ainsi de renforcer les fondations et de le rendre plus résistant aux années. Il
permet également de fermer le squelette de certains bâtiments. La construction est le
premier secteur d’utilisation de l’acier.

I.3.2 Dans l’automobile :

Le secteur de l’automobile est le deuxième marché pour l’acier. Les pièces en acier
représentent de 55% à70% du poids d’un véhicule. Au sein de cette industrie, l’acier
va servir à fabriquer des châssis, des pièces de carrosserie ou de moteur. Sous forme
de fils, il peut entrer dans la réalisation de carcasse de pneu. Si l’acier est employé
sous sa forme brute, il devra être traité contre la corrosion (application d’une couche
de zinc et d’une couche de peinture, pour les carrosseries notamment).

I.3.3 La sidérurgie de demain :

Le coût, la résistance aux chocs et à la température rendent les aciers encore


aujourd’hui irremplaçables. Toutefois cette suprématie s’émousse face à la
concurrence chaque jour plus important des matériaux de synthèse. On s’oriente donc
vers de nouveaux marchés, de nouvelles niches, telles que celles crées par les aciers à
haute limite élastique (HLE), les aciers cryogéniques, les aciers à inclusions
contrôlées, les aciers inoxydables ou l’association avec d’autres éléments comme dans
le cas de l’acier zingué ou de la tôle sandwich acier polypropylène-acier.

3
INTRODUCTION

I .4 Historique de la mine :

Le gisement de fer de l’Ouenza se trouve à une dizaine de kilomètres de la frontière


algéro-tunisienne, sur le prolongement du sillon Aurès-El Kef, à 70km au Nord de
Tébessa et à 150 km au Sud-Est de Annaba. Il est relié à cette dernière par une voie
ferrée électrique qui sert au transport du minerai de fer vers le complexe sidérurgique
d’El Hadjar. Le Gisement de fer de l’Ouenza entre dans l’histoire vers la fin du 19ème
Siècle avec l’exploitation du Cuivre au niveau des Quartiers Douamis et Hallatif,
comme l’atteste les vestiges encore existants sous formes de puits et de galeries. En
effet, c’est vers 1875 que l’ingénieur des mines « J. Tissot » signale l’importance des
affleurements du minerai de fer. Le premier permis de recherche du fer du djebel
Ouenza a été octroyé en 1878. Il s’en est suivit l’obtention par le prospecteur « F.R.
Pascal » d’une concession minière en 1901. Ce n’est qu’aux environs de 1913 que la
Société de l’Ouenza fut créée. Elle a débuté l’exploitation de la mine au début des
années vingt (1921). Le début de la modernisation de la mine remonte à 1939 avec
l’électrification de la voie ferré. L’après indépendance a connu une mutation très
importante, plusieurs évènements se succèdent :

- En 1966, il y avait la nationalisation des mines


- En 1967, c’est le début d’aménagement des installations
- En 1983, c’était la restructuration de la SONAREM et la création de l’entreprise de
recherche
- Par contre l’évènement le plus important d’eux est celui du partenariat avec le
Groupe LNG « ISPAT » en 2001, devenu « ArcelorMittal » en 2006.

4
Chapitre II :
Géologie régionale
GEOLOGIE REGIONALE

II.1 Introduction :
Afin de mieux comprendre la géologie de la région d’étude, il s’avère indispensable de la
situer dans le cadre de la chaine alpine de l’Algérie Nord orientale. La structuration de la
chaine maghrébine ainsi que ses marges situées entre les marges continentales européennes et
africaine (P. Tapponier, 1976 ; Trumpy, 1983 ; W.Wildi, 1983 ; Dercourt et al, 1985),
détermine l’édifice orogénique de la chaine alpine. La chaine alpine d’Algérie orientale est
caractérisée par des structures en nappe à vergence Sud dominante et une unité orogénique
remarquable (Fig. 02) avec du Nord vers le sud.
 Les zones internes.
 Le sillon des flyschs.
 Les zones externes
II.2 Les séries Alpines :
II.2.1 Le domaine Interne
Regroupant des affleurements d’un socle métamorphique, caractérisé par des formations
antécambriennes (granulite, gneiss, phyllade…) et des formations paléozoïques (ensemble
sédimentaire) et d’une frange étroite de formations de l’ensemble et qui constitue la chaine
calcaire (L.Glangeaud, 1932) ou dorsale Kabyle (J.F.Raoult, 1974). Ce domaine correspond à
un ensemble Kabyle septentrional.
II.2.2 Le domaine des Flyschs :
Il est caractérisé par des formations de plaines abyssales, mises en place par des courants de
turbidites (J.P. Bouillin, 1986). Ces formations sont subdivisées en trois groupes (M. Durand-
Dalga, 1969).
• Le Flysch de Guerrouch
• Le Flysch Schisto-quartzeux Albo-Aptiens (L.Glangeaud, 1932)
• Le Flysch Numidiens
Signalons que ces trois flyschs ne sont pas synchrones. J.F.Raoult (1969) attribua pour le
flysch Schisto-quartzeux, le terme de Flysch massylien, tandis que J.P.Gelard (1969) fait
correspondre le flysch mauritanien aux flyschs de type Guerrouch qui comportent un Crétacé
inferieur.

Fig 2. Schéma structural simplifié des maghrébides (Durand Delga, M ; J. M Fonboté,


1969)
6
GEOLOGIE REGIONALE

Les Flyschs reposent, avec des modalités structurales variées, sur les zones internes et
occupent une position allochtone par rapport aux zones externes. La nappe numidienne
correspond aux formations les moins tourmentées. Elle n’est que peu impliquée dans les
accidents qui affectent le reste de l’édifice allochtone, sauf au Nord-est de Constantine et au
Nord d’el Aria ou elle se présente comme un ensemble écaillée.
II.2.3 Le domaine Externe :
Il correspond aux séries telliennes, les séries de l’avant pays allochtone et les séries de l’avant
pays Atlasique autochtone.
Ces zones comportent plusieurs séries de grandes diversifications lithologiques et structurales
qui ne permettent pas d’établir des corrélations stratigraphiques sur des grandes distances.
II.2.3.1 Les séries telliennes :
Elles sont formées par des séries épaisses à dominante marneuse qui seraient issues du sillon
tellien (J.V. Vila 1980), après avoir mis en évidences des séries telliennes très méridionales,
J.V.Vila les a subdivisées en trois grandes unités :
Les unités Ultra telliennes, les unités telliennes sensu stricto et les séries péni-telliennes et les
unités méridionales a Nummulites dont les limites suivent a peu près les lignes
paléogéographique du Crétacé, du Paléocène et de l’Eocène.
-Les Unites ultra-telliennes :
Elles sont localisées à Kef sidi Driss (J.F.Raoult, 1968) et au Djebel Bousbaa (region de
Guelma) (J.M.Vila1968). Les formations typiques comportent un Crétacé inferieur, des
formations marno-calcaires clairs a Ammonites (Valanginien à Vraconien), un Crétacé
moyen a Rotalipores, un Sénonien marneux et micritique riche en microfaunes de
Globotruncana et d’Heterohelicides et un Eocène a trois termes : marnes noires a boules
jaunes dano-paléocènes, yprésien-Lutétien inferieur formé de calcaires a silex noirs, Lutétien
supérieur marneux sombre.
-Les unités telliennes Sensu Stricto :
Se caractérisant par un Crétacé inferieur riche en sédiments terrigènes ou les intercalations de
faciès néritiques restent modérées du Crétacé supérieur a l’Oligocène. Elles ont été définies
par (J.M.Vila1980) et représentent l’équivalent de la série méso-tellienne dans la
nomenclature de M. Durend Delga (1969).
-Les séries péni-telliennes et les unités méridionales a Nummulites :
Ce terme est attribué à une série localisée sur le versent Sud de Djebel Zouaoui dans le
massif du Chattabah près de Constantine. Ces séries assureraient la transition entre les facies
néritiques Constantinois et les facies septentrionaux plus profonds d’affinité Bibanique
(N.Kazi-Tani 1986).
Montrant une grande affinité avec leur avant pays méridionaux, ces séries péni-telliennes se
caractérisent par des facies néritiques prépondérants du Crétacé supérieur à l’Oligocène.
Les unités méridionales à Nummulites ne sont localisées que dans les confins méridionaux de
la mole néritique Constantinoise, elles sont formées uniquement du Sénonien et des
formations Eocènes riches en Nummulites.
II.2.3.2 Les série de l’avant pays allochtone :
Ces unités englobent trois grandes familles (J.M.Vila 1980) :
• Une organisation sétifienne
• Une organisation Constantinoise

7
GEOLOGIE REGIONALE

• Une organisation Algéro-Tunisienne


a) l’organisation sétifienne :
Présentant uniformément un caractère de plate-forme subsidente, seule leur partie
méridionale décèle des variations significatives qui annoncent l’autochtone Hodnéen plus
méridional à l’Ouest (Djebel Tafourer).
b) l’organisation Constantinoise :
Du Nord au Sud, elle est formée des séries suivantes :
-Les séries néritiques Constantinoises :
Caractérisées par d’épaisses formations carbonatées à caractère de plate-forme subsidente,
elles représentent l’essentiel des massifs calcaires qui constituent le mole néritique
Constantinois. La série des massifs calcaires méridionaux ne dépasse pas le Turonien et se
terminent par un contact anormal. Aucune formation d’âge éocène n’est liée
stratigraphiquement à la série néritique Constantinoise (J.M.Vila 1980).
-Les unités des Sellaoua :
Ces unités montrent une sédimentation argilo-marneuse durant tout le Crétacé. Le Djebel
Djaffa offre une image des facies de transition entre les séries néritiques constantinoises
méridionales et les séries septentrionales des Sellaoua.
c) l’organisation Algéro-tunisienne :
Caractéristique aux confins Algéro-Tunisiens et à la Tunisie septentrionale, cette série montre
une sédimentation analogue à celle des nappes telliennes ou à celle des séries septentrionales
de type Sellaoua.
- L’Avant pays atlasique :
Ces séries correspondent d’Ouest en Est aux monts du Hodna, les monts de Batna et le massif
de l’Aurès et les monts de Mellègues . Avec une sédimentation restant très homogène et se
caractérisant par des facies de plate-forme subsidente envahie par une sédimentation gréseuse
qui débute au Berriasien et se termine à l’Albien (R. Guirand, 1973 ; J. Delfand, 1974 ; et
J.M. Vila, 1980), L’Avant pays atlasique se distingue par des séries mésozoïques très
épaisses. Notre zone d’étude se trouve dans cette unité de la chaine des maghrébides.
-Le massif de l’Aurès : ce massif est bien connu depuis les travaux de R. Lafitte (1939), est
représenté par de vastes plis plus ou moins réguliers orientes Nord-est, Sud-ouest, esquissés
lors d’une phase tectonique post-Lutétienne ayant abouti à l’émersion de ce massif. Il forme
le prolongement oriental de l’Atlas Saharien.
-Les Monts de Batna –Bellezma :
Ces monts ont été le sujet de plusieurs études géologiques entreprises par Y.Bellion (1972),
D.Bureau (1973), et J.M.Vila, 1980). Ils sont structurés en de vastes anticlinaux dont les
flancs Sud sont très redressés et les flancs Nord présentent des pendages plus faibles.
II.3 Les phases Tectoniques :
II.3.1 Les phases tectoniques mésozoïques :
Malgré que l’entame de la tectonique date du Trias, la structuration de la chaine alpine
d’Algérie rattachée à la fermeture du sillon des flyschs dont le contenu a été expulsé et
largement charrié au-dessus des zones externes, a débuté au cours des phases tectoniques
tertiaires.

8
GEOLOGIE REGIONALE

A partir des études géologiques entreprises sur le socle paléozoïque de la septentrionale


africaine et le Paléozoïque saharien, il est admis que la structuration du bassin maghrébin est
héritée d’une structuration ancienne (R.Guirand, 1973).
Cette différentiation serait due au fonctionnement d’un accident connu actuellement sous le
nom de flexure sud atlasique, qui délimite la plateforme saharienne stable des domaines de
l’avant-pays de la chaine des Maghrebides (R.Guirand, 1973 ; D.Aissaoui, 1984 ; D.Bureau
,1984 et 1986).
- La phase Jurassique
Accompagné d’un volcanisme basique contemporain à une sédimentation argilo-gypseuse
(D. Bureau, 1970 ; R. Guiraud, 1973), cette période est caractérisée par une distension
généralisée.
Cette distension va se poursuivre pendant le Jurassique et provoquer une subsidence
différentielle qui persiste jusqu’à la fin du Crétacé inferieur avec la structuration générale E-
O caractéristique des bassins Maghrébins.
Cette phase tectonique est mise en évidence par des variations de facies, des lacunes de
dépôts et des discordances angulaires.
- La phase Jurassique supérieur :
Marquant la fin d’une période distensive et subsidente qui caractérisait le Jurassique inferieur
et moyen (J. Proust et al 1977, J. Aubouin, 1977), cette phase correspond à des changements
paléogéographiques majeurs du régime sédimentaire (B. Besent, 1981). Son importance est
surtout attestée par des discordances angulaires qui marquent la base du Crétacé inferieur (J.
Savornin, 1904 ; M. Durand-Dalga 1949 et 1955).
- La phase Anté-Sénonienne :
Elle est marquée par une compression associée a des plis E-O (M. Durand-Delga, 1955. P.
Deleau, 1938). Liées à des discordances, à des lacunes et à des intercalations détritiques, les
structures issues de cette phase, sont souvent déversées vers le Sud.
La lacune du Turonien et du Sénonien inferieur a souvent été mise en évidence dans les
massifs du Constantinois par plusieurs auteurs (R. Van der Fliert, 1955 ; B. C. Bar, 1954 ; G.
Durozoy, 1960 ; C. Voute, 1967). Dans les Babors, plusieurs auteurs mettent en évidence une
phase Tectonique anté-Sénonienne accompagnée par une forte schistosité de fracture (M.
Leikine et V. Velde, 1974 ; D. Obert, 1981).
II.3.2 Les phases Tectoniques Tertiaires :
- La phase Fini-lutétienne :
Cette période est marquée par une phase atlasique (R. Guiraud.1973) Fini-lutétienne (M.
Durand-Delga ,1969 ; J. F. Raoult, 1974) Priabonienne (J.M.Vila ,1980).
Provoquant la structuration de la chaine calcaire (ou Dorsale Kabyle), les flyschs et les séries
telliennes en grandes lames ou en plis couchés a vergence Sud, avec les unités les plus
internes en position plus haute, cette phase marque la fin d’un grand cycle sédimentaire qui a
débuté dès le Trias supérieur et dont l’organisation n’a pas été perturbée malgré des
manifestations tectoniques locales enregistrées avant le Cénomanien (D. Obert et M. Leikine,
1974).
J. P. Bouillin (1971-1978) entrepris une étude géochronologique des différents événements
tectoniques et conclut à l’existence d’une tectonique continue de la fin du Lutétien au
Burdigalien moyen.

9
GEOLOGIE REGIONALE

La tectonique burdigalienne se manifeste par un bombement à l’aplomb du domaine Kabyle


méridional qui alimentera le bassin sédimentaire de l’Oligo-Miocène Kabyle au Nord, en
Olistolithes et mettra en place la nappe Numidienne au Sud.
En petite Kabylie, cette déformation se manifeste par des déplacements tangentiels vers l’Est
et qui sont responsables de la mise en place des unités de flyschs et de la nappe du socle de
petite Kabylie.
Ces chevauchements sont à l’origine d’un grand cisaillement transcurrent limitant le socle
dans sa partie méridionale (Y. Mahdjoub et O. Merle 1990).
Dans l’Atlas saharien où elle était plus intense et en raison de l’absence ou du peu
d’importance des déformations ultérieures, la phase fini-lutétienne est plus évidente,
montrant une direction de raccourcissement Nord-Ouest Sud-Est ou elle a génère des plis a
grand rayon de courbure et des structures de direction NE-SO.
- La phase Miocène :
Cette phase aurait débuté plutôt dans les zones septentrionales (Burdigalien moyen) que dans
les contrées méridionales (Langhien inferieur) (J. M. Vila, 1977 ; M. D. Courme-Rault,
1985). Elle est caractérisée par une direction de raccourcissement Nord-Sud.
La phase Tortonienne à vergence Sud serait responsable de la genèse de la Nappe néritique
Constantinoise, des unités allochtones des Sellaoua, de l’ensemble Sud- Sétifien, et des unites
méridionales à Nummulites (J.M.Vila, 1980).

Fig-3 Les principales déformations rattachées à la compresion miocène


(Mahdjoub. Y ; Merle.O, 1990)

III.3.3 La Tectonique récente :


Dans les zones externes de la chaine Alpine d’Algérie orientale, la Tectonique post nappe n’a
pas fait l’objet d’études détaillées.

01
GEOLOGIE REGIONALE

Dans le constantinois J. M. Vila (1980) et P. E. Coiffait (1992), considèrent que les


déformations de la tectonique récente sont représentées par des failles normales, de directions
variables, en bordure des massifs calcaires Jurassico-Crétacés.
Les déformations postérieures à la tectonique compressive Miocène dans l’avant pays, sont
attribuées à une phase de distension marquée par une subsidence qui a débuté dès la fin du
Burdigalien et qui s’est accentuée au Pliocène (R.Guiraud, 1973).
II.4 Lithostratigraphie :
Les Monts de Mellègue font partie intégrante de l’Atlas saharien, qui se poursuit en Tunisie
par l'Atlas tunisien. Il est composé de trois faisceaux de plis organisés en échelons et formant
du Sud-Ouest vers le Nord-Est : les Monts des Ksours, le Djebel Amour, les Monts de Ouled
Nail, les Aurès et les Monts du Mellègue.
La région des confins algériens est le centre d'intérêt de plusieurs études réalisées par de
nombreux auteurs. Parmi lesquels, ceux qui considèrent les formations triasiques comme des
diapirs polyphasés liés aux phases compressives depuis l’Aptien jusqu’au Quaternaire
(Dubourdieu, 1956; Thibièroz et Madre, 1976; Rouvier et al., 1985; Othmanine, 1987;
Perthuisot et al., 1988; Aoudjehane et al., 1992; Bouzenoune, 1993; Bouzenoune et al., 1995;
Kowalski et Hamimed, 2000). D'autres, par contre, rattachent la mise en place des diapirs à
des phases tectoniques distensives favorisant une éventuelle halocinèse à caractère diapirique
classique (Laatar, 1980; Orgeval et al, 1986; Smati, 1986; Chikhaoui, 1988; Hatira, 1988;
Perthuisot et al, 1988). Vila (1994, 1995, 1996, 2001; Vila et Charrière, 1993; Vila et al,
1994; Vila et al, 1996), considèrant les formations triasiques comme d'importantes lentilles
empruntées des fractures ouvertes qui vont être resédimentées et interstratifiées au sein des
séries crétacées, à la manière de "glaciers de sel" sous-marins.
Plusieurs auteurs (Dubourdieu, 1956; Rouvier, 1977; Perthuisot, 1978 et Perthuisot, 1992),
ont noté la présence d’une zone large qui s’étend sur une centaine de kilomètres dite: «zone
des diapirs » entre les Monts du Mellègue au Nord et la flexure saharienne au Sud.
Le caractère lithologique de faciès sédimentaires et la subdivision stratigraphique ont été
établis à la base de travaux de plusieurs géologues parmi lesquels (Dubourdieu ; 1956),
(Chikhi ; 1980 et Vila ; 1994).
Il s’agit de formations de dépôts mésozoïques - cénozoïques allant de Trias au Quaternaire.
En intégrant la lithostratigraphie de quelques formations du massif de l’Boukhadra, encaissant
généralement des minéralisations ferrifères et polymétalliques, nous distinguons :
A. Le Trias :
Les terrains les plus anciens connus dans la zone des diapirs des monts du Mellègue
appartiennent au Trias. Celui-ci a été daté par analogie à Dj. Chettaba (Bertrand, 1989). Les
pointements triasiques qui affleurent dans cette région ont depuis toujours fait l'objet d'une
attention particulière, en raison de leur importance pour l'exploration des champs miniers et
pétroliers. Dans les monts du Mellègue, le Trias qui affleure à la faveur d'extrusions occupe
généralement le cœur des structures anticlinales (Perthusiot et Rouvier, 1992 ; Aoudjehane et
al, 1992-1994), avec des récifs à son apex à l'Aptien et à l'Albien (Masse et chikhi Aouimer,
1982). En Algérie nord orientale et en Tunisie, les nombreux diapirs sont à Trias évaporitique
sans sel affleurant, toutefois la présence du sel est souvent confirmée en profondeur
(Bouzenoune, 1993, Perthusiot, 1994).

00
GEOLOGIE REGIONALE

Ces appareils diapiriques présentent des corps de dimensions variables, de sections elliptiques
parfois très étirées, sur une bande orientée NE-SO sur environ 80 km.
Les affleurements les plus importants sont ceux de l'Boukhadra, de Boukhadra, de Mesloula,
de Boujaber, de Hameimet nord et de Hameimet sud et bien d'autres massifs.
Le Trias est constitué de marnes bariolées à gypse, de dolomies, de calcaires dolomitiques, de
grés et de fragments de roches vertes qui constituent les formations typiques du Trias en
Algérie (Dubourdieu, 1956).
Il est caractérisé par la présence de grains de pyrite et de petits cristaux de quartz bipyramidal.

Fig.-4 Carte géologique régionale (Dubourdieu, 1956).

B. Le Jurassique :
Les dépôts jurassiques sont absents dans la région en question (Dubourdieu, 1956 ;
Chavenine et al, 1987 et 1988) mais ils ont été recoupés par des sondages pétroliers en dehors
des zones diapiriques (Beghoul, 1974).
C. Le Crétacé :
C.1 Le Crétacé inférieur :
On distingue les étages suivants :

01
GEOLOGIE REGIONALE

Barrémien :
Les seules formations qui se rapportent au Barrémien, affleurent au cœur de l'anticlinal de
Sidi Embarka au NE de Djebel Boukhadra, sur le flanc SO de l'anticlinal de Mesloula et le
long de l'oued Batma et au NO de Dehar Mesloula (Dubourdieu, 1956). Ailleurs des
mouvements d'effondrements (Boukhadra- Hameimet) et la poussée triasique (Boukhadra-
Hameimet), empêchent d'observer les sédiments antérieurs à l'Aptien.
Les formations barrémiennes sont représentées essentiellement par des marnes grises ou
jaunes assez argileuses, à ammonites. Vers le sommet, ces marnes sont intercalées par de
minces passées de calcaires noduleux gris clair à patine ocre (Dubourdieu, 1956). A
Mesloula, le Barrémien est gréseux à passées de marnes, de calcaires et de conglomérats
(Dubourdieu, 1956 ; Masse et Thieuloy, 1979 ; Masse et Chikhi Aouimer, 1982).
Ces formations ne dépassent pas les 250 m d'épaisseur. Elles se sont déposées sur un haut
fond assez proche de la surface (Dubourdieu, 1956), et témoignent des conditions de
sédimentation en mer peu profonde. Ces conditions se sont poursuivies jusqu'au début de
l'Aptien.
Aptien :
Sur de vastes surfaces, l'Aptien prend dans la zone des diapirs des monts de Mellègue une
grande importance par la nature de ses dépôts et leur développement substantiel (300 à 600 m
d'épaisseur). Il est formé de roches carbonatées néritiques qui se sont déposées dans des eaux
chaudes peu profondes. L'étude stratigraphique dans la région d’Boukhadra a montré la
succession suivante :
Aptien marneux :
Représentant les termes les plus anciens de l'Aptien (Masse et Thieuloy, 1979) d'âge aptien
inférieur à moyen, l'Aptien marneux est remarquable par la dominance des marnes verdâtres
qui se forment des pseudo-bancs. Ces marnes alternent avec des calcaires gréseux où des grès
qui sont à ciment sparitique et à oxydation partielle, sur une vingtaine de kilomètres. Tout
l'ensemble est surmonté par des bancs de calcaires, d'une épaisseur moyenne de 30m.
Aptien calcaire :
Surmontant l'Aptien marneux, l'Aptien calcaire renferme le plus souvent des Milioles, des
Rudistes, des Orbitolines , des Polypiers, ou des bioclastes ( Ces niveaux sont distingués par
l'abondance du quartz automorphe et présentent un métallotecte lithologique important
puisqu'ils encaissent l'essentiel de la minéralisation ferrifère et/ou polymétallique
(Dubourdieu, 1956; Bouzenoune, 1993).
Clansayésien :
A l'Boukhadra, le Clansayésien est marneux à Ammonites (Dubourdieu, 1956).
A Mesloula, les calcaires récifaux aptiens, sont surmontés par des marnes à argiles intercalées
de calcaire et de grés lumachéllique. Il s'agit bien de Clansayésien. La puissance de ces dépôts
varie entre 40-90 m à M'Zeita et 250-300 m au SE du massif (Dubourdieu, 1956).
A Boujaber, il est représenté par une alternance de marnes, de grés, de calcaires et de
marnocalcaires, d'épaisseur variable d'un secteur à un autre. La formation aptienne présente
généralement une puissance totale de 250 à 600m
(Dubourdieu, 1956).

01
GEOLOGIE REGIONALE

Fig.-5 Colonne lithostratigraphique synthétique des monts du Mellègue


(d’après:Dubourd1956, 1959 ; David 1956; Madre 1969 ; Fleury 1969 ; Thibieroz et
Madre 1976 Chikhi, 1980 ; Otmanine 1987, Bouzenoune 1993 et Vila et al, 2000).

01
GEOLOGIE REGIONALE

Albien :
Généralement la formation albienne débute par un Albien carbonaté qualifié de « récifal »
dans la partie inférieure et marneux et marno-calcaire dans sa partie moyenne à supérieure.
L’Albien dans les Monts de Mellègue est marqué par une faune benthique dans des zones peu
profondes. A l’Albien supérieur, la couverture albo-aptienne est percée par le Trias, entraînant
le redressement des couches et la complexité des structures (plis évasés, plis en
champignon….), généralement scellées par le Vraconien : Boukhadra, M’zouzia, Boukhadhra
(Bouzenoune, 1993 ; Othmanine, 1987. Nedjari-Belhacène et Nedjari, 1984).
Dans l'ensemble de la région, Dubourdieu a démontré que les calcaires aptiens sont
généralement surmontés par des marnes datées de l'Albien inférieur par des ammonites. Tout
en signalant, la présence d'une barre carbonatée albienne qui s'individualise à l'Boukhadra, de
part et d'autre de la cote 1288m, ces calcaires deviennent plus marneux vers la terminaison
périclinale et présentent la même association microfaunique qu'à la base de l'Albien de Dj
Boujaber. La puissance des dépôts albiens est d'environ 400 à 500m.
Vraconien :
Il est composé généralement par des marnes à intercalation de calcaires argileux et argilites de
500 à 600 mètres d'épaisseur (Dubourdieu, 1956). Il est transgressif sur le Trias à l'Boukhadra
(Thibiéroz et Madre, 1976) et sur l'Aptien à Hameimat (Othmanine, 1987). Avec sa
sédimentation marno-argileuse, le Vraconien forme un écran immédiat et un contrôle
principal à la minéralisation polymétallique dans notre région d'étude.
C.2 Crétacé supérieur :
Cénomanien :
Dans les Monts de Mellégue, une série monotone de marnes argileuses verdâtres s'installe au
Cénomanien inférieur. Au Cénomanien moyen, ces marnes admettent diverses intercalations
calcaires peu développées avec une faune plus au moins abondante et de veinules de calcite
fibreuse. Au cénomanien supérieur, la sédimentation devient carbonatée. L'épaisseur totale de
la formation cénomanienne est estimée entre 750 et 1100 mètres.
Au NE d'Essouabaa, l'analyse lithologique montre que le Cénomanien est formée de deux
assises : Une assise inférieure formée de marnes argileuses gris verdâtre et jaunâtres à
plaquettes de calcite fibreuse ; et une autre supérieure quand à elle, débute par un niveau de
calcaire marneux gris clair à patine rougeâtre souvent lumachéllique qui alterne avec des
marnes argileuses de couleur verdâtre riches en foraminifères
Turonien :
Il se fait remarquer par son changement rapide de sédimentation, vers des calcaires compacts
donnant lieu à des reliefs accusés ; il constitue les flancs des grains anticlinaux et synclinaux.
Ses formations affleurent en dehors des zones diapiriques. Le Turonien affleure au Dj.
Krorza, à 9 km à l'ONO du centre minier de l'Boukhadra.
Il s'agit de calcaires noirs à gris foncé à Inocérames, séparés parfois par des marnes grises. Sa
puissance totale est d'environ 300 mètres.
Coniacien-Santonien :
Il est représenté par des marnes grises à rares passées calcaires à la base d’une épaisseur
d’environ 500m

01
GEOLOGIE REGIONALE

Campanien :
On trouve dans sa partie inférieure des marnes gris clair à patine vert-jaunâtre d’environ 150m
d’épaisseur. Dans ses niveaux moyen et supérieur il est représenté par des calcaires blancs à
gris clair, crayeux, en gros bancs.
Maestrichtien :
Il est marqué par des calcaires blancs bien lités, d'environ 60 mètres d'épaisseur, recouverts
par une très forte accumulation de marnes argileuses grises à noires (150 m) ces dernières
admettent à leur base quelques intercalations de calcaires (Dubourdieu, 1956).
Le régime sédimentaire au Campanien supérieur et au Maestrichtien, indique toujours la
continuité des mêmes conditions de dépôts dans un milieu peu profond et de mer chaude
(Chevenine et al, 1987 et 1988) avec une prédominance de calcaires crayeux rarement
récifaux.
D. Le Tertiaire :
Sa base présente des marnes analogues à celles du Maestrichtien supérieur qui s'intercalent à
des couches phosphatées vers les niveaux supérieurs. Il est représenté par les étages suivants :
Eocène :
Des calcaires à silex et d'autres nummulites caractérisent l'Eocène inférieur et moyen, près des
périmètres des Monts de Mellègue. Leur puissance est de 200 mètres.
Miocène :
Les dépôts du Miocène inférieur et moyen reposent transgressivement sur les formations
anciennes (Albien-Sénonien et même sur le Trias). Il s'agit d'une puissante accumulation de
marnes et de grès dont l'épaisseur peut atteindre dans le bassin de Ouled Soukiès (NO de
l'Boukhadra) 1000 m (Dubourdieu, 1956; Kowalski et Hamimed, 2000). A leur base, les
formations miocènes comportent des conglomérats contenant des éléments de calcaires variés,
de silex gris, des galets ferrugineux et des éléments empruntés au Trias,
témoignant d'une activité diapirique (Bouzenoune, 1993). Le remaniement de silex, réputé
d'âge Yprésien à la base du Miocène témoigne de l'existence d'une mer Eocène où se dépose
une sédimentation marine durant l'Eocène et le Miocène inférieur à moyen. La sédimentation
à la fin du Miocène indique le début d'une phase de régression. La puissance moyenne du
Miocène est de 150 mètres (Dubourdieu, 1956).
E. Le Quaternaire :
Les dépôts quaternaires sont distribués dans les parties basses des reliefs et couvrent des
surfaces importantes (plaines et vallées actuelles). Ils sont formés de croûtes calcaires, limons
éboulis, cailloutis et de poudingues. Le Quaternaire, d'origine continentale, est d'une
puissance de 10 à 30 mètres (Dubourdieu, 1956).
II.5 Etude structurale :
Deux directions structurales majeures caractérisent la région des confins Algéro-tunisiens, La
première NE-SO est marquée par les extrusions triasiques et la deuxième NO-SE à ONO-
ESE, marquée par les fossés d’effondrements, d’où l’existence d’une continuité de grands
ensembles structuraux de part et d’autre de la frontière, où leurs minéralisations arrivent
obliquement sur la frontière (Rouvier et al, 1990).
Les principaux traits structuraux de la région sont représentés par la subsidence, le diapirisme,
les plissements, les failles et les fossés d’effondrements.

06
GEOLOGIE REGIONALE

1. la subsidence :
Au Crétacé, une subsidence rapide et continue, entraînant des poussées horizontales
individualisées sur le sillon Tunisien, suivie par un bombement sous-marin formant ainsi des
hauts fonds de direction NE-SO qui ont permis aux amas récifaux de se former
ultérieurement.
2. le diapirisme :
Dans la région de l'Atlas Saharien, le Trias affleure dans plusieurs endroits sur une bande de
80 km. Avec une direction NE-SO, ce diapirisme est contrôlé par deux facteurs importants
(Perthuisot, 1988).
• Le fluage :
L'écoulement fluide des évaporites est d'autant plus important que la température soit élevée,
il est pratiquement réalisé aux alentours de 300°c pour le sel gemme et à des températures
plus basses pour les sels potassiques ou les sulfates hydratés.
• L'ascension :
Elle est assurée par la densité, il s'agit d'une migration verticale du matériel plastique jusqu'à
une altitude qui dépend du rapport des densités. Cette migration ne peut se faire sauf si la
densité du matériel plastique est inférieure à la densité globale de la couverture, ce
phénomène est dit "halocinèse".
En Algérie, la série triasique n'est connue que partiellement en surface. Des roches du Trias
affleurent à la faveur d'extrusions soit, sous forme de masses chaotiques où dominent le
gypse, les argiles et les dolomies, soit organisées en unités stratifiées localisées plutôt sur les
plans des structures.
Les chlorures, signalés dans le salifère principal du Nord-est saharien (Busson et Cornet,
1989), sont présents dans la région du Mellègue dans la partie enracinée du diapir de
l'Boukhadra. Les pointements triasiques, très nombreux dans la région, sont localisés dans la
partie Nord-est de l'Boukhadra, (Dubourdieu, 1964 et Madre, 1969), au Sud-ouest de
Boukhadra et au cœur de Djebel Mesloula.
Longtemps, les formations triasiques ont été considérées comme des diapirs portés à la
surface par étapes depuis l'Aptien jusqu'au Quaternaire suite aux phases tectoniques
"diapirisme polyphasé" (Dubourdieu, 1956; Thibiéroz et Madre, 1976; Rouvier et al, 1985;
Bouzenoune et al, 1995; Kowalski et Hamimed, 2000). Or, une nouvelle hypothèse basée sur
des études sédimentologiques récentes, propose l'épanchement du matériel triasique sur des
formations plus récentes en milieu marin sous forme de glacier de sel (Vila, 1993, 1994, 1995,
1996, 2001; Vila et al, 1994; Vila et al, 1996). Il y aurait ainsi selon Vila (1994), dans la zone
des diapirs Trois zones pouvant être distinguées du Nord au Sud quant au comportement du
Trias évaporitique :
a- Le domaine du Trias allochtone :
En grandes accumulations tectoniques « au front des nappes » le domaine du Trias allochtone
est analysé surtout aux environs de Sédrata, de Tifech et de Souk-Ahras où des recouvrements
pelliculaires sur de grandes surfaces, observés sur le terrain, sont confrontés aux données
gravimétriques ou électriques. Ils correspondent à de très spectaculaires charriages sur des
séries miocènes pouvant atteindre le Serravallien-Tortonien.

07
GEOLOGIE REGIONALE

b- Le domaine à « glaciers de sel » sous-marins de matériel triasique resédimenté :


Il est d'abord analysé au Djebel Ladjebel. Une coupe de son flanc nord permet d'observer
l'interstratification du matériel triasique dans des formations d'âge albien. Le contact inférieur
et le contact supérieur sont soulignés par des conglomérats polygéniques plus ou moins
grossiers et parfois pour ce dernier par des lentilles de carbonates récifaux. Près du célèbre
gisement de fer du Djebel Boukhadra, classiquement considéré comme localisé sur un diapir
en champignon, au-dessus de l'Aptien calcaire et du Clansayésien marneux, deux horizons
carbonatés albiens successifs sont bien datés par des microfaunes. Ils encadrent une masse
lenticulaire de matériel triasique resédimenté, elle-même limitée dessus et dessous par deux
horizons conglomératiques à galets de Trias.

Fig-6 Délimitations des trois domaines triasiques dans les confins


algéro-tunisiens (Vila et al., 1993-2000).

L’interprétation du matériel triasique de l'ensemble Ladjebel-Boukhadra en termes de «glacier


de sel » sous-marin du type de l'off-shore (Curnelle & Marco, 1983), mis en place en
extension au pied d'un escarpement de bloc basculé, permet de rendre compte du résultat des
forages miniers et de nombreuses données (géométriques, gravimétriques, structurales et
géochimiques).
Elle semble pouvoir être étendue aux vastes secteurs triasiques voisins d'Algérie orientale
(M'kririga-Mesloula et Bou Khadra-Mzouzia) et de Tunisie septentrionale.
Des indices tectoniques (failles normales fossilisées) et sédimentologiques (slumps, complexe
albien à blocs d'Hallatif) permettent de penser que la pente nécessaire à l'écoulement
gravitaire des masses évaporitiques resédimentées était déjà prête.
Si l'on retient cette interprétation, l'ensemble Djebel Ladjebel-Djebel Boukhadra
correspondrait ainsi au premier grand « glacier de sel » sous-marin décrit à l'affleurement
dans le monde. Plus au Sud, au Djebel Boujaber les masses interstratifiées ont un volume bien
moindre. La datation au Djebel Boujaber de l'Aptien et de l'Albien par des microfaunes
variées de plateforme ou pélagiques, la présence de matériel triasique remanié et des
comparaisons avec les résultats de quelques forages pétroliers voisins, permettent d'infirmer le

08
GEOLOGIE REGIONALE

modèle sédimentaire classique de surépaississement de constructions carbonatées à l'apex


d'intrusions salifères, qui passeraient brusquement latéralement à des marnes.
c- Le domaine à véritables structures diapiriques :
Au Sud de Tébessa de vraies structures diapiriques, correspondent, des séries carbonatées
réduites déposées sur d'anciens dômes de sel et s'épaississant latéralement considérablement
en quelques km (forages SER-1, Bdj-2 et HTG-1). Au Nord de Tébessa, il n'y a guère de
différence d'épaisseur entre affleurements et forages (Ge-1, SB-1); au Sud de Tébessa, au
Djebel Djébissa, au Djebel Edalaa et dans les Némemcha, de nouvelles informations sont
apportées grâce à des révisions détaillées, notamment la présence de conglomérats remaniant
des insolubles triasiques à la base ou au sein des séries du Crétacé inférieur. Ces nouvelles
données stratigraphiques et tectoniques ainsi que des indices sédimentologiques, donnent une
vision renouvelée de l'ancien domaine dit « des diapirs » ou « des dômes ». La simplification
structurale apportée par l'interprétation des grands affleurements évaporitiques en « glaciers
de sel » sous-marins ouvre des perspectives nouvelles aux recherches de minerais ou
d'hydrocarbures.
3. Les plissements :
Durant cette période le phénomène marquant, est un système de plis de direction SO-NE
généralement d’allure simple, qui est venu former une succession de synclinaux (Ouled
Kseub, Ain ghenia, Haoud S’ghir) et d’anticlinaux résultant des compressions néogènes. Ces
anticlinaux sont souvent percés dans leurs charnières par le Trias diapirique. On a du mal à
apprécier l’importance des déformations, vu l’absence des terrains de cet étage, l’Eocène
inférieur repose en discordance sur le Crétacé terminal. Selon G.Dubourdieu (1956, et al), la
phase majeure doit être comprise entre l’Eocène supérieur et le Miocène.

09
GEOLOGIE REGIONALE

Fig-7 Position des extrusions triasiques par rapport aux fossés d’effondrements (Aouissi,
2008).

11
GEOLOGIE REGIONALE

4. La tectonique cassante :
Les structures sont recoupées par deux systèmes de failles :
- l'un est constitué de failles principales dites "failles majeures", qui sont orientées,
subparallèlement aux axes des anticlinaux sous l'effet du plissement. Les couches tendres se
plissent tandis que, les couches dures se cassent au niveau des pendages des roches qui sont
subverticaux à inverses. Ce système s'oriente suivant deux directions tectoniques majeures :
Nord-est (30°-60°) et Nord-Ouest (280°-320°).
- l'autre, il est constitué de failles de deuxième ordre. Il est caractérisé par des rejets
importants et des pendages de l'ordre de 60° de direction Est-Ouest. Ses failles sont presque
perpendiculaires aux failles principales, et parfois, elles les regroupent, favorisant ainsi les
concentrations métallifères.
5. Les fossés d'effondrement :
Dans la région de l’Atlas Saharien, le phénomène le plus distingué est celui des fossés
d’effondrement, d’orientation NO-SE et E-O, qui sont bordés par des accidents majeurs, et
qui sont formés par des dépôts plio-quaternaires. Pour certains (Durozoy, 1950; Castany,
1951 et 1954; Dubourdieu 1956; David 1956; Kazi Tani, 1986; Othmanine, 1987) il résulte
d’une activité tectonique distensive post Miocène (fossé de Ouled Boughanem, Tébessa et
Morsott)..
Pour les autres (Bismuth 1973; Chihi, 1984) une distension Crétacée a contribué aux premiers
effondrements des grabens dont l’effondrement majeur s’est produit au Miocène (Aquitanien-
Tortonien).
II.6 Paléogéographie régionale :
La paléogéographie de la région des confins algéro-tunisiens est envisageable depuis le Trias,
quand les dépôts salifères, essentiellement composés de sel, ayant une masse puissante se sont
formés dans les bassins lagunaires (Chavenine et Al 1986), la sédimentation lagunaire s’est
poursuivie jusqu’à la phase terminale du Trias où les bassins lagunaires ont été dessalés pour
permettre aux roches carbonatées de s’intensifier dans les régions avoisinantes. Une légère
transgression est enregistrée au Trias moyen, dont les traces sont conservées en intercalation
de calcaires noirs stratifiés (Dubourdieu, 1956). Le Jurassique est absent à l’affleurement
(Dubourdieu, 1956). Mais des dépôts jurassiques étaient recoupés par des sondages pétroliers
en dehors des zones diapiriques (Beghoul, 1974).
Les grès du Barrémien représentent les plus anciennes roches d'âge crétacé affleurant dans la
région. Ils sont observés au Sud-Ouest de Djebel Mesloula, témoignant ainsi, des conditions
de sédimentation en mer peu profonde.
Dès l'Aptien, des failles affectant le substratum anté-triasique, facilitent les transgressions
marines. La mer était donc plus entendue qu'au Barrémien. Cette période est marquée par le
développement des faciès néritiques sur des hauts fonds correspondant aux extrusions
diapiriques. Autour desquels s'est développée une puissante série marneuse de mer ouverte.
A l'Albien, selon Ammouri (1986) et Chavenine (1989) la sédimentation est transgressive.
Le Cénomanien est caractérisé par le développement d'une sédimentation marnoargileuse à
intercalation de calcaires peu développés dans des conditions abyssales, mais aussi, par des
décrochements traduisant un raccourcissement NE-SO (Othmanine, 1987).
Au Turonien, un changement des conditions profondes vers un milieu néritique chaud a eu
lieu, où d'importantes masses carbonatées se sont installées.

10
GEOLOGIE REGIONALE

A partir du Turonien supérieur, une assise marneuse a été accumulée dans une mer
relativement profonde, parfois rompue par des intercalations calcaires. Ce même régime
continue jusqu'au Campanien inférieur (Chavenine, 1987).
Au Campanien supérieur et au Maestrichtien, Les dépôts se sont formés dans des conditions
de mer peu profonde et chaude avec la prédominance des calcaires crayeux rarement récifaux
et hétérochtones vers le bas. La sédimentation crétacée marine s'arrête à la fin du
Maestrichtien inférieur.

Fig-8 Carte paléogéographique de la Tunisie et des confins algéro-tunisiens


durant l’Aptien (in Memmi, 1999).

Pendant l'Eocène, des anticlinaux et des synclinaux d’orientation NE-SO ont pris naissance à
la suite des grands plissements généralisés qui se sont produits dans le Nord-Africain, induits
par la phase atlasique.
Le retrait de la mer s’est effectué à l’Eocène supérieur, l’érosion s’installe pour causer
d’importantes lacunes. Le remaniement de silex réputé d'âge yprésien à la base du Miocène
où se dépose une sédimentation marine durant l'Eocène et le Miocène inférieur et moyen.
Au Miocène, Le dépôt est présent aux environs de l’Boukhadra (Morssot) avec une puissance
considérable, il est transgressif et discordant sur les terrains crétacés plissés (G. Dubourdieu et
Al 1956). Cette phase Miocène a été responsable de nombreuses déformations tel que
l’effondrement des fossés de Tébessa, Morsott et Ouled Boughanem, ainsi que des charriages.
Cette phase a été amortie par des plissements éocènes dans les confins Algéro- Tunisiens. Ces
déformations sont dues au diapirisme d’une part et de certains effondrements du socle au
moment de la sédimentation d’une autre part (G. Dubourdieu 1956).
La mer s’est retirée à la fin du Miocène et toutes les formations post-miocènes sont
continentales ou continuent, jusqu'au Quaternaire.

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GEOLOGIE REGIONALE

Les dépôts quaternaires sont constitués par des formations continentales, ces derniers sont
formés essentiellement d'éboulis qui ont la particularité d’avoir leurs éléments assez bien
arrondis, et sont fréquemment liés par un ciment calcaire. Ils sont aussi constitués par des
calcaires organo-détritiques, des grés et des marnes.
II.7 Notion de gîtologie :
II.7.1 Les minéralisations péridiapiriques :
II.7.1.1 Introduction :
Il y a un regain d'intérêt pour les gîtes péridiapiriques depuis la découverte des concentrations
économiques de Zn-Pb les trentes dernières années dans la Gulf Coast, et en Tunisie. Les
gisements péridiapiriques sont une variable des gisements de type "Mississipi valley". Ils sont
de petites tailles, mais à des teneurs notables en zinc et en plomb. Le plus grand gisement
appartenant à cette catégorie, est celui de Vburum Trend Missouri (6% de Pb et 1% de Zn),
aux Etats-Unis, qui contient actuellement les plus grandes réserves mondiales de type MVT. Il
s'agit d'amas stratiformes ou stratoïdes encaissés dans le Cambrien supérieur à l'Ordovicien
inférieur. Suivi par le gisement de Cerro de Pasco (3.3% de Pb, 7.9%de Zn et 5 milliards de
réserves) au Pérou. La minéralisation se présente sous forme d'amas stratiformes et des amas
de dissolution dans des dolomies du Trias inférieur. En plus des gisements de Morro Agudo
(Brésil), le gisement de Blendvale (Australie), et Les gisements européens type MVT, qui
sont de moindre taille par rapport aux gisements des Etats-Unis.
En Afrique, enfin, le seul gisement d'importance comparable aux précédents est celui de
Touisset-Bou-Baker-El Abed. Ce district est situé à l'extrémité est du Maroc près de la
frontière Algéro-marocaine et l'ouest Algérien. Il représente la plus grande concentration de
Pb/Zn en Afrique. Ces gisements sont encaissés dans des roches carbonatées. Entre 1926 et
1997, ils produisent 67 millions de tonnes de minerai avec une moyenne de 7% Pb et 3% Zn.
Ils contiennent aussi de l'argent (600 g/t) et produisent localement du cuivre (Bouabdellah et
al, 1999).
II.7.1.2 Les gîtes péridiapiriques dans la région d’Ouenza:
A. Morphologie des corps minéralisés :
L'allure générale et les dimensions des corps minéralisés de la zone couverte par cette étude
sont très variables. Les données recueillies à l'affleurement font ressortir trois types
morphologiques bien distincts :
A la périphérie des masses diapiriques, filoniennes et massives.
- Minéralisation à la périphérie des masses diapiriques:
Ce type morphologique n'est repérable qu'au massif de Hameimet Nord. La minéralisation est
localisée au niveau du contact des formations triasiques avec les grés silicifiés et brechifiés
albo-aptiens. Elle se présente sous forme de lentilles à célestine saccharoïde soit sous forme
de filons de célestine recristallisée. Cette minéralisation peut aussi contenir des veinules de
barytine et de fluorine sécantes sur les horizons à Célestine et montrant ainsi l'antériorité de la
Célestine par rapport à la barytine et les minéraux qui l'accompagnent. La même chronologie
a été décrite à Dj. Slata par Smati (1986). Cette chronologie est bien visible à l'échelle de
l'affleurement où les veines de barytine et fluorine, de direction N40° à N80°, recoupent un
corps à célestine de direction N80° à N120° (Othmanine, 1987).
A l'ouest du chaînon de Hameimet Nord, les filons de célestine recristallisée sont situés sur le
flanc sud-ouest de la partie redressée et renversée des couches albo-aptiennes. Ces filons ont

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GEOLOGIE REGIONALE

une direction N90°, des épaisseurs de 1 à 1.5 m et une longueur de 10 à 15 m. Une autre
minéralisation à F-Ba-Pb et Zn est signalée. Elle est importante surtout à l'extrémité NO de
Hameimet Nord ou elle affleure au sommet de la crête et qui peut être poursuivie tout le long
du flanc SE du massif. Son épaisseur est de 5 m en moyenne au NO et décroit jusqu'à 1 à 2 m
vers le SE. L'extension de la minéralisation en profondeur n'est pas connue, elle n'est
prospectée qu'en surface par des tranchées. Le minerai apparaît sous plusieurs formes :
veinules, disséminé ou massive. La répartition de cette minéralisation est irrégulière.
- Minéralisation filonienne :
A l'Boukhadra, dans le quartier "Douamis", un système de fractures orientées NE-SO,
renferme une minéralisation essentiellement à "cuivre gris", fluorine et carbonates de fer dans
les calcaires aptiens. En surface seulement, le cuivre gris dans ce quartier se présente
généralement sous forme carbonatée (malachite et azurite) et s'associe souvent à la barytine.
Depuis Douamis en allant vers le quartier "Hallatif", c'est la fluorine qui devient associée à la
barytine alors que la quantité du cuivre gris diminue. Cette minéralisation est liée à la zone de
la faille N50-55 qui affecte des calcaires à polypiers de la base de la série aptienne. La
barytine se présente en lattes blanches dans laquelle baignent des cubes de fluorites
translucides (Bouzenoune, 1993). A Hallatif, sur la route d’Boukhadra-Souk Ahras, la
barytine devient de plus en plus abondante. Le minerai a un aspect bréchique et est constitué
de barytine blanche en tablettes, de fluorite violette et fluorite incolore, des quartzs
bipyramidés de plus de 10 cm de taille et des oxydes de fer avec rarement de la galène
(Bouzenoune, 1993). Un peu vers l'Ouest et sur la même direction on y trouve de la dickite en
association avec la même paragénèse avec en plus une sphalérite rare vers la terminaison SO,
à Koudiet Kahlouh, on retrouve toujours la même association (cuivre gris, galène…).
La minéralisation filonienne décelée dans l'anticlinal d'Essouabaa et liée uniquement aux
failles de direction NO-SE qui affectent les calcaires et les calcaires marneux de la partie
supérieure du Turonien inférieur. Ce sont des failles à faible rejet et à remplissage calcitique
accompagné par une minéralisation essentiellement à galène, sphalérite et leurs produits
d'oxydation, pyrite et marcasite et célestine. On a également décelé une minéralisation à
fluorite-barytine, disséminée dans la brèche filonienne, très discrète, qui n'a jamais été décrite
auparavant et des traces d'hydrocarbures. Les secteurs minéralisés signalés dans ce massif
sont: Koudiet el Rhirane qui appartient à la partie NE du periclinal d'Essouabaa, H'jar M'rakeb
situé au SO de Koudiet el Rhirane, Koudiet el Hamra et Koudiet 809 qui constitue le flanc
NO de l'anticlinal d'Essouabaa et Koudiet el Kahla située au SO de Koudiet 809. Dans tous
ces secteurs, la minéralisation occupe plusieurs filonnets parallèles de direction NO-SE, mais
la puissance et la distance entre les filons varie d'un secteur à l'autre. L'extension apparente
des filonnets est généralement de 20 à 300 m et leur puissance varie de 0.1 à 1.5 m.
A Mesloula, la minéralisation filonienne rencontrée est variable. Du sud-ouest (Dehar
Mesloula, Dj. Assa), vers le centre du massif (massif barytique, Koudiet Damous), une
minéralisation cuprifère se manifeste. Elle est le plus souvent localisée dans la série
d'alternance sous-récifale, mais rarement dans les calcaires récifaux. Elle se rencontre dans les
zones brechifiées liées aux décrochements ou dans des filonnets ou fissures de 1 à 2 m de
longueur. Le remplissage de ces derniers est représenté par le cuivre gris, la malachite et
l'azurite. Dans la partie centrale de la structure, au NO de Kef Bouguern-Bardo appelée
encore "zone d'oxydation" un autre type de minéralisation apparaît. Elle est principalement

11
GEOLOGIE REGIONALE

arsénoantimonifère, retrouvée sous une zone d'oxydation à hématite-limonite. La


minéralisation est représentée par le réalgar, l'orpiment, la stibine et la cuprite avec la
présence de petites concentrations de barytine à rares cristaux de galène disséminée (rapport
ORGM, 2000). Elle est localisée dans des marnes noires bitumineuses à intercalation de bancs
de calcaires de l'Albien, antérieurement rapportées au Barrémien. En allant vers le nord
(massif calaminaire, Kef Rakhma, Petit Jaber), la minéralisation zincifère augmente de plus
en plus jusqu'à ce qu'elle devient exclusivement plombo-zincifère. Elle est représentée par la
galène, sphalérite et les produits d'oxydation (smithsonite, cérusite, et calamine) et encaissée
dans les calcaires aptiens qui sont surmontés par des marnes (clansayésiennes ou albiennes).
La zone minéralisée est localisée dans des fissures dont l'extension et la direction changent
d'un massif à un autre ou dans des brèches calcaires.
A Boujaber, la minéralisation filonienne est représentée par la prédominance de la barytine, la
fluorine et les sulfures de Pb-Cu-Sb et Fe. Elle est liée essentiellement aux calcaires récifaux
albiens souvent silicifiés et parfois dolomitisés. Elle se présente soit en fins filonnets de 1 à 4
cm d'épaisseur, continus sur plusieurs mètres, soit en filons dont la puissance varie de
quelques centimètres à deux mètres. La minéralisation dans les filonnets généralement
calcitique est disséminée mais souvent irrégulière et se développe sous forme d'une
dissémination de grains fins. Les zones à dissémination, longues de quelques centaines de
mètres, présentent généralement une largeur de 5 à 10 m mais atteignent parfois 30 à 40 m. le
plus intéressant des filons connus à Boujaber est situé au nord du massif. C'est un filon de
barytine à galène disséminée localisée au contact Gargasien-inferieur-Gargasien supérieur à
Clansayésien. Il s'étend sur 100 à 150 m de long, 1 à 2 m d'épaisseur et quelques dizaines de
mètres de profondeur.
A Hameimet Nord, la minéralisation polymétallique se situe de part et d'autre de l'oued qui
traverse le massif, le long d'une faille de direction N130°. Cette faille fait remonter les grés
silicifiés renfermant une minéralisation qui s'étend aux calcaires sur-incombants. La galène, la
barytine, la fluorine et les oxydes de fer sont les phases minérales principales reconnues dans
ce massif.
A Hameimet Sud, dans sa partie orientale, le long d'une faille de direction NNO-SSE, apparaît
une zone faiblement minéralisée affectant surtout les grés. Cette minéralisation est sous forme
de veinules à remplissage calcitique et barytique et une faible quantité de galène. D'autres
fractures de faible extension de part et d'autre de la faille N130°, qui compartimente le massif,
sont à signaler. Elles présentent la même association minérale déjà citée. Le minerai à
Hameimet sud est moins riche en fluorine qu'à Hameimet nord. Dans la partie occidentale de
Dj Harraba, se distinguent deux types de minéralisations filoniennes, l'une ferrifère liée aux
calcaires à milioles et rudistes d'âge Aptien. L'autre polymétallique liée spécialement à la
faille NO-SE, cette minéralisation comprend une minéralisation argentifère et une autre
plombifère, dont une partie est altérée en cérusite.
A Boukhadra, la minéralisation ferrifère se trouve essentiellement dans des formations
carbonatées d'âge Aptien localisée à proximité des appareils diapiriques. Elle est souvent sous
forme de filons (BKII, Pic, Amont). Accessoirement la minéralisation polymétallique dont la
formation était plus tardive que la première, est essentiellement plombocuprifère portée par
des brèches en remplissage de fractures, parfois elle forme des veinules dans l'encaissant
calcaire.

11
GEOLOGIE REGIONALE

- Minéralisation massive :
A l'Boukhadra, une importante minéralisation ferrifère présente une forme stratiforme en
liaison avec des joints stylolitiques, qui soulignent pour la plupart la stratification. La
minéralisation polymétallique de ce type est moins abondante. Elle est liée principalement aux
cavités de solution au niveau des calcaires récifaux aptiens, les parois des karsts sont
soulignées par de la barytine tardive (Bouzenoune, 1993).
A Boujaber, cette minéralisation de dissolution naît à la suite de remplissage des vides
karstiques et des colonnes qui sont très abondants dans les calcaires récifaux. La répartition
dans le secteur est du massif (secteur col) et la partie ouest (pointe ouest). La minéralisation
est principalement composée de calcite à faible teneur en barytine et en fluorine. Les
minéraux métallifères sont essentiellement représentés par la galène qui se développe sous
forme de bandes rythmiques le long des bords de la colonne et de vide ou en amas dans la
partie centrale. La galène est en quantité subordonnée. La plupart de ces colonnes ont été
exploitées en surface ; cependant, d'après les données de forage d'estimation, leurs teneurs en
composants utiles sont difficiles à estimer.
A Boukhadra, une minéralisation ferrifère intéressante économiquement, est localisée dans
des formations carbonatées d'âge Aptien, et se présente sous forme d'amas qui forme "le gîte
principal" du gisement.
A Hameimet Nord, une minéralisation a été repérée au contact de l'Albo-Aptien et la
discordance Vraconienne dans un corps stratoïde (filon-couche), orientée NO-SE. Affleurant
sur une longueur de 630 m au NO, le corps de minerai a été recoupé par des sondages à plus
de 80 m de profondeur. Sa puissance va de 0.9 à 8 m avec une moyenne de 3.5 m dans sa
partie SE. Le minerai est souvent bréchique, rubané et présente parfois des poches de petites
tailles et de géodes à fluorite. Il est formé par la fluorite et moins souvent la barytine et peu de
galène, sphalérite, et pyrite.
A Hameimet Sud, dans des calcaires brechiques albo-aptiens, une minéralisation instratifiée
est aussi signalée. Le corps minéralisé a une épaisseur moyenne de 0.30 m, qui peut atteindre
par endroits 1 m. le minerai est constitué de barytine contenant des filonnets de galène
associée à la calcite. Vers l'Ouest, le minerai devient caverneux et limoniteux. Il prend l'aspect
de chapeaux de fer. Il se présente soit sous forme massive, soit en boxwork, présentant des
grains de taille millimétrique. Une autre minéralisation stratoïde sans intérêt économique est
localisée près du contact Trias-couverture. Elle se présente sous forme de petits filets de
galène dans les dolomies et en fines couches dans les diaclases des calcaires (Othmanine,
1987).
A Kef M'khirirga, la minéralisation polymétallique est parfois rencontrée au cœur de la série
gréso-calcaro-marneuse de l'Aptien. Elle contient de barytine, fluorine et de la galène sous
forme de nids ou de lentilles avec des traces de silicification. Ces minéralisations à Ba-Pb-F
apparaissent principalement sur le flanc SO de Djebel de Kef M'khirirga.
B. Chronologie des différentes minéralisations :
Dans la région des Monts du Mellègue, la minéralisation la plus ancienne, est la
minéralisation sidéritique qui est née par la transformation des calcaires aptiens par
métasomatose (ex : l'Boukhadra, Bouzenoune, 1993). Suite à la description des différents
types morphologiques des minéralisations trouvées, deux générations de minéralisations
peuvent alors être déterminées. La première génération (la plus précoce des deux

16
GEOLOGIE REGIONALE

générations), est celle qui se dépose dans les horizons à la périphérie des masses triasiques ou
en contact direct de celles-ci. On l'a précédemment définie comme étant une minéralisation à
la périphérie des masses diapiriques. Elle est essentiellement à célestine. La deuxième
génération, plus tardive, est encaissée dans la couverture post-triasique à des horizons
variables. Elle est soit filonienne ou massive, liée aux calcaires néritiques d'âge albo-aptien ou
dans des calcaires fins de type Bahloul, d'âge turonien, dans des filons distants par rapport aux
masses évaporitiques. Cette génération est essentiellement à Pb-Zn, associée le plus souvent à
la barytine, fluorite et calcite.
En comparant ces deux générations trouvées entre l'Boukhadra au Nord et Tébessa au Sud
avec celles de la Tunisie, définies par Sheppard et al, 1996 ; la première génération se
trouvant dans la masse anhydritique, en contact avec la couverture. La deuxième génération
correspondrait à une troisième génération, localisée dans la couverture post-triasique : elle
peut correspondre à la minéralisation liée aux calcaires néritiques, mais aussi à celle liée au
faciès de type Bahloul, formant ainsi un faux SEDEX. Cette dernière s'est déposée grâce à un
enrichissement en élément "anomalie formationnelle" lors des remobilisassions tectoniques,
il y a eu le dépôt de cette minéralisation dans les fractures affectant le Turonien.
II.7.2 Les facteurs contrôlant la minéralisation :
a. Facteurs lithologiques :
Tous les indices de minéralisation connus dans la région située de Tébessa sont localisés dans
des roches carbonatées dont l'âge varie parfois d'un secteur à un autre. La minéralisation
piégée dans les calcaires se présente sous forme bréchique, filonienne, stratiforme, dans des
cassures ou dans des vides karstiques. Les marnes albo-vraconiennes, par contre forment
l'écran immédiat à cette dernière. Dans la région des confins Algéro-tunisiens on note aussi
une minéralisation plus ancienne que celle déjà décrite ci-dessus. C'est celle de la célestine
localisée dans la zone de contact Trias-couverture.
b. Facteurs structuraux :
La structure du massif joue un rôle important dans la répartition de la minéralisation. A
Essouabaa, l'ensemble du massif est marqué essentiellement par une tectonique cassante
représentée par des failles transversales NO-SE. Ces dernières recèlent les indices plombo-
zincifère de la région.
A l'Boukhadra, l'horizon porteur de la minéralisation est affecté par un réseau de failles de
direction générale NE-SO. Elles forment un facteur structural important contrôlant la
minéralisation. Cette fracturation n'est qu'une conséquence de la remontée triasique dans la
région. Dans la région de l'Boukhadra, la majorité des gîtes des zones plissées se localisent
dans les périclinaux ou les formations sont soumises aux tensions maximales, entraînant ainsi,
la formation des pièges pour les minéralisations ascendantes (fissures et zones de broyages).
A Boukhadra, les gites métalliques se localisent dans les périclinaux des anticlinaux, lieu où
les roches sont soumises aux tensions maximales entrainant la formation de pièges pour les
solutions minéralisées ascendantes par les fissures.
A Mesloula, le diapir a joué un rôle primordial dans la fracturation des formations au cours de
son évolution. Il favorise alors le dépôt de la minéralisation aux nœuds des fractures (NE et
NO). Les indices polymétalliques ont été signalés également dans les apex des anticlinaux.
L'analyse géographique de la minéralisation polymétallique (galène, sphalérite,
smithsonite…) s'avère être préférentielle par rapport au Trias. Tandis que, la minéralisation à

17
GEOLOGIE REGIONALE

Pb-Zn est plus répandue au NE du massif, là où le Trias est plus étalé et exerce une poussée
plus forte, la minéralisation cuprifère (cuivre gris, malachite, azurite…) prend place plus au
sud ; au SO du massif, dans des zones plus calmes. La minéralisation arséno-antimonifère
(réalgar, orpiment, antimoine…), quand à elle est repérée au centre de Mesloula.
La répartition de la minéralisation polymétallique, à boujaber est contrôlée notamment par les
failles longitudinales et transversales. Les failles longitudinales sont les principales failles qui
héritent la direction des failles régionales (Dubourdieu, 1956; Zerdazi, 1990). Elles sont
situées au sud et à l'ouest du massif et facilitent ainsi l'infiltration des solutions
minéralisatrices. Quant aux failles transversales, elles ont conditionné la structure en blocs
(compartiments) du Dj. Boujaber et jouent le rôle de pièges pour la minéralisation.
L'analyse microscopique des calcaires accompagnant la minéralisation, montre la présence de
stylolites. Ces structures naissent à la suite de la compression et dessinent des joints
irréguliers. Ces structures ont joué le rôle de pièges ultérieurs pour les fluides minéralisateurs
ou ils auraient déposé. Les gîtes de Hameimet Nord et Hameimet Sud se localisent
préférentiellement dans les endroits de conjonction des structures cassantes et les zones ou se
manifeste la tectonique diapirique. En effet, ces lieux seraient des pièges favorables à
l'accumulation de la minéralisation polymétallique encaissée dans les carbonates du Crétacé.
A Harraba, la minéralisation polymétallique est essentiellement liée à la faille de direction
NO-SE.
Dans le secteur d’Boukhadra, le diapir a joué un rôle très important dans la fracturation des
formations au cours de son évolution. Ces facteurs de deuxième ordre sont associés à un
horizon porteur tel que les calcaires qui représentent un important facteur structural contrôlant
la minéralisation.

18
Chapitre III :
Géologie,
pétrographie et
minéralogie du
secteur
Géologie locale

III. 1 Introduction :
Le massif de l'Ouenza, correspond à un anticlinal allongé, de direction NE-SO, au
cœur duquel affleure un Trias à piston halitique (Bouzenoune, 1993; Bouzenoune et
al.1995). La mise en place halocinétique, au moins dès l’Aptien de ces formations
évaporitiques a eu lieu dans le contexte distensif du Crétacé (Thibiéroz et Madre,
1976). La remontée du Trias est réactivée par les compressions paléogène et néogène.
L'anticlinal de l'Ouenza, présente dans sa partie SO une fermeture périclinale. Ce
périclinal est recoupé par de nombreuses failles décrites par Dubourdieu (1956). Les
plus importantes sont celles orientés N-S à NE-SO (faille du Pic, faille de Kef el
Ahmar).
Le massif de l’Ouenza s’étend sur une longueur de 12 Km avec une largeur de 5Km.
Il est partagé en zones dites "quartiers". On distingue, du Nord- Est au Sud-Ouest, les
quartiers Douamis, Hallatif, Conglomérats, 6 mai (Ex Sainte Barbe), Ilot, Chagoura
Nord, Chagoura Sud, Pic, Koudiat Kahkouh, Koura Ouenza au Nord, et Koudiat Ez
Zerga au Sud.

Fig-9 Coupe schématique montrant l'anatomie de l'Ouenza


(Bouzenoune, 1993, simplifiée)

III.2 Lithostratigraphie :

De point de vue lithologique la région de Ouenza est caractérisé par un contact


tectonique entre le trias et les assisses Albo-Aptiennes, et le développement d’une
sédimentation essentiellement carbonatée se trouvant sur l’apex des diapirs qui s’était
traduite à la suite d’une activité diapirique contrôlant l’évolution tectono-sédimentaire
des massifs de la région (thierberoz et Madre 1976).

Ce domaine comprenant la structure anticlinale de Ouenza ayant une direction NE-


SO et certains terrains environnants est formé des sédiments du Mésozoïque et une
partie du tertiaire et du quaternaire.

30
Géologie locale

III.2.1 Mésozoïque :

Les formations Mésozoïque sont représentées par les sédiments du trais et du crétacé.

A. Trias :

Les formations de trias sont représentées dans la partie sud-ouest du domaine étudié
sous forme d’affleurement à grand extension, couverts seulement par endroits par les
sédiments les plus jeunes.

Les dépôts triasique sont constitués de marnes bariolées à gypse, dolomies


(cargneules), débris de calcaire et des grés.

Les marnes bariolées à gypse et les roches variées qui les accompagnent (dolomies,
cargneules,grés micacés) constituent les formations les plus typiques que l’on observe
en Algérie ,les marnes bariolées à gypse constituent la plus grande partie des
formations des diapirs.

Le gypse est souvent présent, plus ou moins en grande quantité et ne forme qu’assez
rarement des amas d’une grande importance.

En ce qui concerne le sel, sa présence est surtout décelée par la très forte salinité des
eaux qui circulent dans les dépôts du trias ou par les dépôts d’évaporation que l’on
rencontre aux bords des oueds. La puissance constatée des sédiments triasiques
dépasse les 50 m.

B. Aptien :

Les sédiments les plus anciens constatés dans la région d’Ouenza sont représentés par
les sédiments aptiens qui sont formés dans deux lithologies différentes.

 Faciès carbonaté : calcaires et calcaires avec intercalation de marnes.


 Faciès terrigène marno-gréseu-calcaireux.

Les dépôts du faciès carbonaté affleurent dans la partie centrale, la plus élevée de la
partie anticlinale de Ouenza ou ils atteignent la plus grande puissance avec environ de
200 m. Ces dépôts ont une continuité limitée, se présentant sous forme de barrières
redressées d’une épaisseur de 20-30 m, lambeaux isolés dont les épaisseurs avoisinent
les 70 m, ou bien sous forme d’interlits dans les sédiments du faciès terrique avec une
puissance ne dépassant pas les 10 m .

Ces dépôts sont représentés avant tout par des calcaires massifs, organo-détritiques, à
structure micritique (biomicrites) accompagnés de calcaire grenu avec une faune
abondante.

Notons que le gisement de minerai de fer est lié avant tout aux formations des
calcaires micritiques.

Les dépôts du faciès terrigène appartiennent à deux niveaux stratigraphiques :

31
Géologie locale

(a) Niveau inférieur :

Qui est constitué de marnes avec intercalation de calcaires, le plus souvent à


orbitoline, il se présente uniquement sur les flancs de la terminaison périclinale de
l’anticlinal avec une épaisseur qui n’est pas très bien définie mais dépassant les 50 m.

(b) Niveau supérieur :

Se trouve au-dessus des sédiments du faciés carbonaté, il est constitué de marnes avec
intercalation de grés et de calcaires avec une puissance allant jusqu’à 220 m. il est
présent uniquement sur les flancs et terminaison périclinale de la structure de Ouenza.

Les dépôts aptiens présentent une association de calcaire particulièrement compact à


structure micritique avec une faune abondante représentée par des milioles, rudiste,
lamellibranches et des orbitolines.

Fig-10 Carte géologique du massif de l'Ouenza (Dubourdieu, 1956).

C. Clansayesien :

Il s’agit d’une série de marnes grise et gris-jaunes avec de minces interlits de calcaire
gréseux .ces marnes contiennent par endroit des grés finement à très finement grenus
avec une couche de calcaire sublithographique à ammonites, la puissance de la série
atteint les 90 m.

Le ciment carbonaté est constitué par des grains de quartz xénomorphes arrondis
parfois presque jointifs. Les grés sont parfois minéralisés en oxyde de fer et
contiennent un matériel triasique représenté par des inclusions d’anhydrite.

32
Géologie locale

D. Albien :

Dont les dépôts sont connus par leur variété lithologique, et pouvant être divisé en
trois niveaux :

- Niveau inférieur :

Constitué de marnes jaunes et grise-jaunes avec intercalation de calcaire gréseux et


argileux caractérisés par une importante accumulation d’ammonites, la puissance est
de 50 m.

- Niveau moyen :

Constitué de marnes gris-noires avec des interlits de calcaire et de calcaire argileux, la


puissance atteint 130 m.

- Niveau supérieur :

Représenté par des marnes grises ou grise-noires avec des lentilles des calcaires
argileux noirs avec une épaisseur avoisinant les 200 m.

III.2.2 Quaternaire :

Les sédiments du quaternaire sont représentés par des travertins, des éboulis, ainsi que
par des formations d’anciennes nappes d’épandage.

Les travertins occupent la partie NE du secteur, représentant sous forme de lambeaux


isolés d’une puissance moyenne métrique, allant rarement jusqu'à 20 m.

Ils trois sources dans les travertins d’un débit compris entre 0.3 et 1.1𝑚⁄ℎ3 . La
plupart de la surface est occupée par des formations de pente (éboulis) sous forme de
blocs et menus cailloutis carbonato-sableux avec des marnes, d’une puissance
maximale de quelques mètres.

Quelques petites zones à relief plat sont recouvertes d’une couche de 2-3 m de
formations d’anciennes nappes d’épandage, nous y trouvons des marnes avec un
cailloutis fin et très fin redéposé.

III.3 Sédimentologie :

Le Dj. Ouenza situé à une vingtaine de km au sud d’Ouenza est le massif le plus élevé
de la région, essentiellement constitué par une puissante lentille de calcaire, il
comporte aussi de beaux affleurements de sédiments néritiques et plusieurs
accumulations récifale assez peu épaisses dont certaine se prolongent sur de longues
distances.

L’Aptien dans ce secteur est généralement divisé en trois grands ensembles :

o Un ensemble carbonaté à faciès diversifié.


o Un ensemble marno-calcaireux.
33
Géologie locale

o Un ensemble marno-gréseux avec intercalation de calcaire.

Description de faciès :

Différents types de calcaires ont pu être signalés, en plus de la présence du matériel


triasique remanié contenant du quartz automorphes à inclusion d’anhydrite ainsi que
des fragments de dolomie au sein de certains calcaires. Ces remaniements pourraient
être dus à une activité du diapirisme.

Fig-11 quelques faciès récolté du massif de Ouenza (a : calcaires gris, b :


calcaires noirs et c : marnes jaunes)

Outre les faciès, plusieurs phénomènes géo-minéralogiques se sont manifestés dans la


région. Cette étude a permis également de distinguer quelques phénomènes tel que :
Micritisation, silisification, karstification, recristalisation.

(a) Les calcaires micritiques à milioles :

Ce sont des masses caractérisées par leur dureté, fissuration, leur régularité de couleur
grise-claire, ainsi que leur richesse considérable en faune (milioles, rudistes,
orbitolines), elles sont souvent recoupées par des veines de calcite qui sont-elles
mêmes remplis par des oxydes de fer.

a b

Fig-12 Microphotographie de calcaires à polypier (a) en lame mince (LN) et


calcaires à textularidés (b).

34
Géologie locale

Dans ces calcaires et suite à des phénomènes de dissolution, on aperçoit des vides
karstiques dont le diamètre atteint parfois quelques mètres. Ces calcaires portent
souvent la minéralisation ferrifère.

On observe un ciment à grains très fins, très riche en faune et en calcite recristallisées
qui comble les veines avec un remplissage d’oxyde de fer noir. Ces calcaires
présentent souvent un contact direct avec la minéralisation qui est marquée par une
zone de transition formée vraisemblablement d’Ankérite.

L’ensemble calcaire-minerai est très riche en éléments triasiques surtout à base de


quartz bipyramidé.

Les calcaires à milioles et rudistes peuvent être considérés comme un métallotecte


lithologique, car l’essentiel de la minéralisation ferrifère oxydée est encaissé dans ces
faciès (G.Dubourdieu 1956, Madre 1969 et All)

(b) Calcaire biomicritique à orbitoline :

Ces calcaire sont d’une couleur grise-foncé très riche en orbitoline parfois assez
friables bien visibles à l’œil nu, le dépôt ne comprend qu’une partie réduite de
l’édifice des formations aptienne, ils sont généralement limonitisés et comportent de
grandes quantités de quartz bipyramidé, on ne les trouve qu’à leur partie tout à fait
supérieure ou ils se retrouvent souvent avec des intercalations des marnes.

a b

Fig-13 Microphotographie de calcaires à polypier microfracturé (a) et calcaires à


milioles (b).

(c) calcaires à huitres et à débris d’organisme :

Ces calcaires sont très riches en huitres souvent brisée, dont le ciment gris-foncé en
général paraissant peu roulé (souvent traces de lamellibranches).

35
Géologie locale

a b

Fig-14 Microphotographie de calcaires à textularidés (a) et à Rudiste (b)

(d) Marnes :

De couleur grise et jaune, tendre, finement litées et se localisent entre les lames de
calcaire.

(e) Grés :

Ce sont des grés fins à ciment carbonaté, constitués par des grains de quartz
xénomorphe arrondis, parfois presque jointifs, les grés sont parfois minéralisés et
constituent des bancs métriques qui s’intercalent dans les marnes dans la partie SO du
massif d’Ouenza.

III.4 Tectonique :

La tectonique de la région d’Ouenza est bien plus compliquée que celle de la région
de Boukhadra.

Le Dj de Ouenza est un anticlinal à direction NE-SO avec une terminaison périclinale


dans la partie SO.

Dans la partie SO (en bas du pic) cette forme est occupée par une dislocation
affaissante.

Cette structure anticlinale ayant une longueur de 4km et une largeur de 2km, sur le
domaine de la structure anticlinale d’Ouenza nous observons deux grandes
dislocations tectoniques.

- La première se prolonge presque parallèlement à l’axe de l’anticlinal, à partir


du pic vers la terminaison periclinale. C’est le long de cette zone que s’est réalisé le
soulèvement du flanc NO et de la partie centrale de l’anticlinal ainsi que le rejet du
flanc SE le long de la zone de faille, une minéralisation baryto-polymétallique avec
des nids isolés de minerai hématitique ont été constatés.

36
Géologie locale

- Une deuxième zone de dislocation à direction ONO-ESE coupe la structure


dans sa partie centrale en deux parties : la partie NE soulevée et la partie SO rejetée.
L’amplitude de cette dislocation peut arriver à 1000 m.

En outre il y’a certains nombres de failles de seconde ordre (d’un deuxième système)
à dimension réduite, se caractérisant par des petits rejets de quelques à vingt mètres.

Le diaprisme a joué un rôle déterminant dans la formation définitive des structures de


la région d’Ouenza, il s’agit du diaprisme des formations triasiques.

- Diaclases :
Ces déformations affectent les calcaires à Rudistes et Milioles avec trois types qui
sont :
• des diaclases suivant la stratification ;
• des diaclases perpendiculaires à la stratification ;
• des diaclases obliques par rapport à la stratification, qui présentent le type le plus
répondu dans la région étudiée.
III.5 Minéralisations :
Deux types de minéralisations sont mentionnées : ferrifère et polymétallique
II.5.1 Minéralisation ferrifère :
La minéralisation ferrifère est représentée par la sidérite, l'hématite, la goethite et la
limonite.
La minéralisation ferrifère présente deux types morphologiques : stratiforme et
filonien.
a) La minéralisation stratiforme :
Elle est en liaison avec des joints stylolitiques qui soulignent, pour la plupart, la
stratification. Cette minéralisation est parfois liée à la tectonique et de ce fait, de
nombreuses diaclases sont minéralisées. Parfois la combinaison des contrôles
stratigraphique et tectonique donne une minéralisation en forme d’escalier.
b) La minéralisation filonienne :
Elle est observable au niveau des différents quartiers miniers. La minéralisation
ferrifère est représentée par deux types de minerai ; primaire carbonaté et un minerai
secondaire oxydé hématitique (Bouzenoune, 1993). Le minerai carbonaté contient
rarement de la calcite avec l’existence du quartz automorphe, il est présenté par de
fines aiguilles, inclues dans la minéralisation. En plus, certaines coquilles de Rudistes
sont recristallisées en calcite.
Il est à noter que l’abondance de la sidérite (FeCO3) qui est le résultat de la
transformation de la calcite (Bouzenoune, 2006).
Le minerai oxydé est représenté par l’hématite, la goethite et la limonite, dont
l’hématite (Fe2O3) représente un minerai riche. Elle provient dans un stade tardif de
l’oxydation de la sidérite. La minéralisation est généralement pulvérulente comme
elle peut être sous forme des masses ternes ou sous forme d’un minerai homogène
avec l’apparition d’une trame rhomboédrique héritée du minerai carbonaté.

37
Géologie locale

La goethite FeO(OH), qui est un produit d’oxydation de minerai de fer, se trouve


associé à l’hématite et à la limonite (2Fe2O3, 3H2O). Elle forme généralement des
encroûtements à la surface mamelonnée et souvent pulvérulente.
Quant à la minéralisation karstique, elle se trouve surtout dans les failles et les
fissures ouvertes. Cette minéralisation tardive présente une relation étroite avec la
tectonique. La calcite karstique se trouve en bordure des failles limonitésées. Cette
minéralisation se trouve aussi dans les cavités d’effondrement. En effet on trouve des
fragments de minerai de fer cimentés par de la calcite karstique qui constitue aussi un
ciment d’une brèche minéralisée.
II.5.2 Minéralisation métallique :
- Les minéraux métalliques :
La galène PbS
Elle est rare. Elle se présente soit dispersée dans le calcaire aptien à débris de
bioclastes avec le minerai de fer, soit sous forme de fins cristaux disséminés au sein
de remplissage de fractures. Dans ce dernier cas, elle est le plus souvent associée à la
calcite blanche ou à la barytine.

Fig-15 Microphotographie de galène et baryte en LP (Tlili, 2006)

La blende ZnS
Elle est très rare, seuls quelques grains ont été observés à Douamis en association
avec la galène.
La tétraédrite Cu3SbS3
Ce minéral très abondant, se trouve sous forme de cristaux automorphes à
subautomorphes en restitue très caractéristique, associé parfois à la covellite bleue à
réflexion interne rouge brique.
La pyrite FeS2
Elle est de quantité négligeable par rapport aux autres sulfures. Elle est présente en
reliques de remplacement en grains fins (moins de 0.5 mm) dans les cristaux de
sphalérite. Elle est soit disséminée dans le calcaire ou dans la barytine, soit sous forme
de pyritosphère de type fromboidale ou encore sous forme de cristaux automorphes.
La marchasite FeS2
Elle est rare. Elle est soit en cristaux zonés ou elle présente des textures d'altération.
38
Géologie locale

- Les minéraux d'altération secondaire :


La cérusite PbCO3
C'est le minéral le plus abondant. Il est secondaire et résulte de l'oxydation de la
galène. Il apparaît surtout à ses alentours et ses bordures et au niveau de ses zones de
faiblesse, en l'occurrence, les plans de clivage et les microfractures. La cérusite se
présente en structure le plus souvent collomorphe. Elle se trouve dans une gangue
formée de calcaire et/ou de barytine avec parfois du quartz automorphe.
La covellite CuS
La présence de la Covellite témoigne de l'existence des minéraux de cuivre dans la
paragenèse primaire. Elle est souvent associée à la galène et à la cérusite.
- Les carbonates de fer :
A l'Ouenza, les carbonates de fer sont souvent les plus intéressants et à potentiel
économique élevé. Ils sont le plus souvent représentés par l'ankérite et la sidérite
FeCO3. D'après les résultats des travaux de Bouzenoune (1993), la sidérite est de
couleur grise ou blonde. Microscopiquement, la sidérite grise est toujours
isogranulaire et dont la taille varie entre 250 et 1250 micromètres. La sidérite blonde
par contre, se présente sous forme de plage spathique avec une taille allant jusqu'à
5000 micromètres.
Deux types d'ankérite ont pu être aussi observés : blanche et grise. L'ankérite grise,
automorphe, est sous forme de rhomboèdres de 400 micromètres de taille ou sous
forme de plage de 250 à 2000 micromètres. Cette ankérite est toujours associée à la
sidérite grise ou blonde et souvent affectée par des fissures à ankérite blanche
(Bouzenoune, 1993). L'ankérite blanche occupe les fissures qui affectent la sidérite
grise associée ou non à la sidérite blonde. La taille de ces grains peut atteindre jusqu'à
5 mm (Bouzenoune, 1993).
Les Oxydes de fer :
l'hématite Fe2O3

Fig-16 Hématite de la mine de Ouenza (District de Douamis)

- la goethite FeO(OH)
- la limonite 2Fe2O3 ,3HO ce sont les plus présents dans tous les massifs.

39
Géologie locale

- Les carbonates de cuivre :


L'azurite Cu3 (CO3)2 (OH)2
C'est un minéral hydraté du système monoclinique, effervescent, en cristaux aplatis
bleu de Prusse à bleu d'azur.
La malachite Cu2 (CO3)2 (OH)2
Carbonate hydraté du système monoclinique à éclat soyeux, elle fait effervescence
avec l'HCl dilué, de couleur vert émeraude à vert d'herbe.
Ces deux minéraux présents pratiquement dans tous les secteurs, mais de quantité
moins importante, résultent de l'altération de la tétraédrite. Ils sont parfois associés à
la chalcosine.
- Les minéraux de gangue :
La calcite CaCO3
Elle se présente en filonnets millimétriques à centimétriques sécants aux plans de
stratification. Elle assure aussi le remplissage des cavités de dissolution et parfois
même des fissures d'ordre centimétrique qui affectent les roches carbonatées
compacts ou micritiques d'âge varié. Elle est souvent associée à des oxydes et
hydroxydes de fer ainsi qu'à des disséminations de cristaux de barytine. Elle est de
couleur blanchâtre, présentant les formes rhomboédriques caractéristiques.
Microscopiquement, la calcite forme l'essentiel des faciès. Elle est le plus souvent
sous forme de micrite, formant ainsi la matrice des sédiments ou à l'intérieur des
grains (micritisation parfois totale, donnant naissance à des pellétoides). C'est la
calcite cryptocristalline.
Un autre type de calcite dit, calcite d'encroûtement apparaît dans les dépôts
granulaires autour des grains dans le faciès des calcaires à texture grainstone à
packstone.
Une calcite tardive localisée dans les fractures ou dans les cavités bioclastiques. C'est
une calcite limpide dont la taille est inférieure à 1 mm.
Une autre dite poecilitique, c'est la plus tardive. Elle se présente sous forme de
grandes plages monocristallines, dépassent les 3 mm de taille. On note parfois dans
cette calcite la présence des zonations internes ou d'inclusions soulignant les phases
de croissance de cette dernière. Cette même calcite peut montrer des oxydes de fer le
long de ses clivages. Elle occupe les grands vides laissés par la dissolution.
La dolomite CaMg (CO3)2
Ce minéral est très localisé dans tous les secteurs du nord du Méllègue. Il occupe les
premiers termes de l'Albien. La dolomite la plus répandue se présente sous forme de
grands cristaux de grande taille de 50 à 450 micromètres. Ses cristaux sont
généralement automorphes à subautomorphes, donnant naissance à une texture
idiotypique. Cette dolomite est issue d'un phénomène de recristallisation suivi parfois
de dissolution, d’où la création de porosité inter et intra-cristalline. Cette dolomite
renferme des oxydes de fer et elle est si abondante qu'elle donne naissance à des
dolosparites et des dolomicrosparites.
Le quartz SiO2
Le plus souvent, il est détritique de taille moyenne à fine ne dépassant jamais les 0.25
micromètre, donnant naissance parfois à des niveaux gréseux. Un autre type de quartz
40
Géologie locale

apparaît moins abondant que le premier, sous forme de cristaux automorphes,


allongés avec des inclusions et des zonations et dont la taille est considérable qui peut
atteindre 10 micromètre.

Fig-17 Microphotographie de quartz en LP

La Célestine SrSO4
La Célestine est observable au niveau du contact direct du Trias avec sa couverture
aptienne En affleurement, elle se présente sous forme de lentilles interstratifiées à
cristaux saccharoïdes ou elle assure le remplissage des filons sous forme recristallisée.
Des filons de barytine et/ou fluorite et galène recoupent les horizons de Célestine, ceci
explique l'antériorité de la Célestine par rapport à la fluorite et les minéraux qui
l'accompagnent. Microscopiquement la Célestine se présente sous forme de cristaux
tabulaires transparents à translucides de quelques millimètres de taille. Elle a été aussi
observée dans les autres massifs, dans les filons mais à des quantités variables et
moins importantes. Elle assure dans ce cas précis une gangue pour les autres minéraux
sulfurés.
La barytine BaSO4
A l'Ouenza, comme à Ouenza elle est abondante dans l'Aptien, surtout au niveau des
zones de broyage de la faille majeure (N50-55). Le minéral se présente sous forme de
gros cristaux automorphes en tablettes de taille centimétrique. La barytine est souvent
associée au cuivre gris et/ou à ses dérivés carbonatés (azurite et malachite).
La fluorite CaF2
Les grains sont de grande taille et englobent parfois des grains de barytine ou de
carbonates; en profondeur par contre, la taille des grains diminue.
Microscopiquement, sa taille est de 1 cm de moyenne, d'une couleur brune à
transparente et occupe souvent les vides géodiques.
Elle était signalée par l'ORGM, ayant une couleur bleu-violet à blanche translucide,
elle montre des cristaux cubiques accompagnant la barytine. Elle occupe la position
externe dans l'encaissant par rapport à la barytine.
La minéralisation polymétallique est très développée. Elle est composée de cuivre
gris, galène, malachite, azurite et de la barytine.

41
Géologie locale

II.5.2 La minéralisation polymétallique :


Elle suit généralement les directions structurales dominantes à Djebel Ouenza (Sud-
Ouest, Nord-Est). Elle est limitée par les deux failles principales. De même que la
minéralisation ferrifère, celle en cuivre gris se présente sous deux formes ; stratiforme
et filonienne. Pour les corps stratiformes, leur relation avec l’encaissant est diffuse
alors que la concordance avec la stratification est présente dans l’ensemble.

Fig-18 Microphotographie de cuivre gris en LP (Tlili, 2006)

Les corps filoniens sont liés généralement à des diaclases. La minéralisation


polymétallique est assez importante. Elle est cuprifère, représentée par le cuivre gris à
pôle tétraédrite (Cu3SbS3), qui est abondant dans le gisement de Douamis.
Microscopiquement, le cuivre gris se présente sous forme de cristaux automorphes à
sub-automorphes très caractéristique.
La galène (PbS)
Se présente sous de petits cristaux cubiques disséminés dans le minerai, associés
souvent avec la barytine (BaSO4), qui est très répondue au, elle se présente sous
forme de fines aiguilles de couleur blanche envahissant les fissures du minerai de fer.
Elle se trouve dans les fractures orientées NE-SO, affectant les calcaires aptiens
renversés et présente un ciment bréchique ou remplissage non basculés de cavités de
dissolution (Akrour et al. 1991).

Fig-19 Microphotographie en LP d’azurite (Tlili, 2006)

42
Géologie locale

Fig-20Microphotographie d’azurite et malachite (Tlili, 2006)

Le cuivre se présente aussi sous forme carbonatée (malachite Cu2(CO3)2(OH)2 et


azurite Cu3(CO3)2(OH)2 et s'associe souvent à la barytine. Il est présent dans les
fissures d’ouvertures centimétriques affectant un minerai oxydé hématitique, ou sous
forme de grains disséminés dans les espaces intergranulaires et à fluorine incolore. Ce
cuivre gris recoupe la sidérite et la fluorine, il est donc le plus tardif.

43
Chapitre IV :
Gitologie
GITOLOGIE

IV.1 Introduction :
Dans la région d’Ouenza, la minéralisation se trouve essentiellement dans des
formations carbonatées d’âge aptien localisé à proximité des appareils diapirique.
Cette minéralisation est principalement ferrifère ou bien accessoirement
polymétallique la première minéralisation est essentiellement hématique avec la
présence d’autre oxydes et hydroxydes de fer qui sont le résultat d’une oxydation de
minéral à base de sidérite et d’ankérite situés sous le niveau hydrostatique.
L’hypothèse qui considère le gisement d’Ouenza comme un chapeau de fer est
soutenu par la disparition du minéral carbonaté en surface au profit d’un minéral
oxydé.
VI.2 Classification des gisements de fer :
Le fer qui est l’un des éléments les plus abondantes dans l’écorce terrestre avec
un pourcentage de 5% de la croute, il se trouve sous plusieurs formes selon le milieu
du dépôt :
 Sous forme d’oxydes :
-hématites 69.9% Fe +3.
- Magnétites 72.4% Fe +3 et Fe +2.
- Goetites 62.0% Fe +3.
 Sou formes de silicates ex : chamosite (Mg, Fe, Al)6 (Si,Al)4 (OH)8 33 à 42%
+3
Fe
 Sous forme de carbonates ex ; sidérite (FeCO3) 48.2 % Fe +3.
 Sous forme de sulfures ex : pyrite (FeS2) 46.5 % Fe+2
Les minéraux de fer dans l’Est algérien sont essentiellement constitués
d’hématite, de goethite et de sidérite.
Dans la région d’Ouenza le minéral est composé de limonite, Mélange d’oxydes
et d’hydroxydes de fer et de sidérite.
La minéralisation du secteur Ouenza est essentiellement hématitique avec une
quantité d’impuretés (P, As, S...) relativement réduite.
La teneur en fer dépasse les 45%, en plus de cette minéralisation ferrifère il
existe une minéralisation polymétallique mais est moins importante.
En se basant sur des critères descriptifs quantitatifs que des critères génétiques
ou autre, les gisements de fer ont fait l'objet de deux classifications (en moins) ;
 Classification de SWIOR qui est d’ordre universel 1954.
 Classification de Popov, d’ordre local traitant le cas d’Algérie 1976.
VI.2.1 Classification de SWIOR :
Cette classification est basée sur des critères quantitatifs et descriptifs,
autrement dit cette classification est effectuée en fonction de la taille des réserves,
ainsi que la nature, structure et texture des différentes minéralisations.
Vu la quantité des réserves moins importantes, les gites de Ouenza sont
considérés comme des gisements de petites tailles.
D’après ces critères les gisements de fer ont été classés en trois groupes :
(a) Les gisements de fer en lit ou stratiformes.
(b) Les gisements ferrifère massifs.

45
GITOLOGIE

(c) Les gisements non classés


Montrant une certaine analogie avec une région montagneuse Espagnole au
niveau du mode de formation de minéralisation, ainsi que l’origine considérée comme
métasomatique, les gisements d’Ouenza formée par des masses irrégulières
discordantes d’hématite, de Goetite ou de sidérite sont de type ‘Bilboa’ (Catégorie B).
Le type Bilboa caractérise les dépôts de fer massifs dérivés à partir d’une
altération qui affecte les carbonates de fer.
La minéralisation est caractérisée par :
 Des textures variables : compactes, massives, tendres, friables.
 Des pourcentages bas en P et variables en Mn. Elle est accompagnée souvent
de sulfure.
 Des minéralisations polymétallique à Cu, Pb, Zn, Ba (souvent riche en As et
fluorine).
Les trois autres types de catégorie B sont :
 Type Magnitwana (URSS)
 Type Kiruna (suéde)
 Type Taberg (Suéde, URSS,Canada)
IV.2.2 Une autre classification a été établie par A. Popov 1967 qui a pris en
compte des critères génétiques tels que le mode de formation et les facteurs de la mise
en place de la minéralisation ; on distingue ainsi :
(a) Les gisements de Ségrégation :
Associés aux roches volcaniques et acides, dans ce type de gisement, l’hématite
est incluse dans des rhyolites et le granite.
(b) Gisements de type Skarn à magnétite :
Associé aux roches métamorphiques du socle cristallin kabyle, ces gisements
montrent une minéralisation à base de magnétites
(c) Les gisements hydrothermaux :
Se localisant dans une zone littorale entre Tnes et Alger, affectée par un certain
nombre de diapirs provoquant sa dislocation, ces gisements se trouvent sous forme de
filons de sidérite
(d) Les gisements de substitution :
Ces gisements sont encaissés dans des roches carbonatées, comme c’est le cas
pour les gisements d’Ouenza et d’Ouenza.

- Aperçu sur les quartiers gitologiques d’Ouenza :

Le Djebel Ouenza fait partie des zones diapiriques de la région de l’Atlas saharien
oriental. Il est situé dans la région des monts de Mellègue, formant un anticlinal
orienté Nord Est-Sud Ouest. Le gisement est divisé en sept (07) gîtes (quartiers)
principaux dont Chagoura Sud PIC, Chagoura Nord, Sainte Barbe (Ilot),
Conglomérat, Hallatif, Douamis et Zerga.

46
GITOLOGIE

a) Quartier Chagoura Sud-PIC :

Ce gisement se trouve dans une structure anticlinale très fracturée. Il renferme deux
Types de minerai affleurant le long du quartier suivant deux filons (couches). Le
premier est souvent riche et friable, le deuxième de couleur brune et extrêmement dur.
Ce dernier a une grande importance de par sa qualité et sa quantité.

b) Quartier Chagoura Nord :

D’une allure relativement apparente au niveau 1055/1070 avec un rétrécissement en


profondeur, le corps principal s’étend sur 500m de long. Le minerai est localisé dans
la partie sud du quartier, il est différencié par sa teneur en fer en deux types : riche et
pauvre.

c) Quartier Sainte Barbe :

Il représente le prolongement des formations de Chagoura Sud décalé vers le Nord par
un décrochement

d) Quartier Conglomérat :

Ce quartier représente de rares affleurements se rapportant au Trias qui recouvre au


NO et SO l’aptien minéralisé

e) Quartier Hallatif et Douamis :

Ces deux gisements se prolongent vers le NE de la région du Conglomérat jusqu’aux


collines calcaires non minéralisées en surface de Douamis

f) Quartier Zerga :

Fait partie du gisement de l’Ouenza, se trouve sous forme d’une colline dénommée
Koudiat ez Zerga. Située à l’Est du PIC, il est constitué de calcaire récifaux aptiens.

Tableau 1. Composition chimique moyenne du minerai d’Ouenza

47
GITOLOGIE

IV-3 Minéralisation ferrifère :


IV-3-1 Localisation des corps minéralisés :
La minéralisation, ferrifère du secteur d’Ouenza qui est essentiellement
hématitique, se trouve dans les calcaires micritiques de l’aptien.
VI-3-2 Etude des corps minéralisés :
Dans ce chapitre, l’étude a pour objectif de définir la morphologie, la
minéralogie et la chimie des corps minéralisés
A. Etude chimique :
Plusieurs facteurs jouent un rôle fondamental dans la disparité des teneurs de fer
parmi lesquels on cite :
 La fracturation qui facilite la percolation par l’eau et l’oxydation du minerai
carbonaté pendant l’altération de la sidérite ainsi que sa transformation en minerai
oxydé, liées à son importance.
 La composition chimique originale : car la teneur en fer dans un minerai oxydé
varie en fonction des proportions de l’ankérite et de la sidérite dans le minerai
primaire.
Le minerai d’Ouenza contient du quartz et du Mn. Ces éléments sont fréquents
dans la composition des limonites. Le Mn peut être à l’origine de la coloration
noirâtre des limonites (M. Bourezg 1989)
B. Contact minerai – encaissant :
Le contact minerai encaissant ne se distingue pas seulement sous forme de plan
de stratification mais aussi sous formes de passage de l’un vers l’autre, faisant
allusion à un phénomène métasomatique.
Les indices de la minéralisation apparaissent dans les calcaires au niveau des
joints stylolitiques qui deviennent plus nombreux au fur et à mesure que l’on
s’éloigne des calcaires, en allant vers le minerai.

Tableau 2. Etat des réserves exploitables au 31 décembre 2014


48
GITOLOGIE

La minéralisation oxydée est mise en évidence par des taches noires dispersées
au sein des calcaires et qui se multiplient dans le sens du minerai.

Fig-21. Contacts minerai-encaissant (Contact régulier (a), contact


irrégulier avec inclusion des calcaires dans le minerai (b))

B1. Contact stratigraphique régulier :


C’est le type de contact le plus répondant comme. Il s’agit peut-être d’un plan
de stratification. Le minerai est en contact avec un calcaire fin grisâtre riche en débris
des milioles et rudistes et qui passe au niveau du contact à un calcaire fin blanc très
altéré.
B2. Contact irrégulier :
Ce contact se présente sous plusieurs formes :
 Sous forme onduleuse plus ou moins sinueuse
 Sous forme de poches minéralisées à l’intérieur des calcaires.
 Sous formes de reliques de calcaire au sein du minerai.
B3. Contact anormal :
Ce genre de contact est localisé essentiellement près des formations triasiques,
dans ce cas le minerai est en contact avec une brèche tectonique crée par l’ascension
du trias diapirique, le minerai est en contact également avec des argiles vertes a
l’intercalation de petites lames de calcaire.

49
GITOLOGIE

Fig-22 contacts minerai-encaissant (contact irrégulier avec inclusion du


minerai dans les calcaires (a), contact anormal (b))

IV.3.3 Considérations sur les chapeaux de fer :


La morphologie du gisement de Ouenza et celle d’un corps qui n’est que la
partie oxydée de la minéralisation, la sidérite en formerait sa partie profonde, cette
dernière se localiserait sous le niveau hydrostatique local, Cette configuration finale,
oxydes, hydroxydes, limonite en haut et sidérite en bas par rapport au niveau
hydrostatique correspond à la zonalité type d’un chapeau d fer.
IV.3.3.1 Définition d’un chapeau de fer :
Un chapeau de fer est une formation riche en minéraux ferrifères supergénes qui
sont le résultat d’une oxydation météorique du corps minéralisé ou bien de roches
ayant une forte concentration initiale de minerai riche en fer.
Cette formation d’altération montre une zonalité dépendant de la nature du
composé ferrifère initial, cette zonalité montre toujours une zone oxydée affleurante
séparée grossièrement d’une zone réductrice profonde par une surface hydrostatique.

IV-3-3-2 Facteurs influant sur la formation des chapeaux de fer :


a) Aspect dynamique :
Le temps joue un rôle déterminant car l’altération est un phénomène évolutif.
Ainsi les vitesses d'érosion à l’affleurement et celles du rabattement de la surface
hydrostatique doivent être en phase pour offrir de conditions permettant le
développement du chapeau.

50
GITOLOGIE

b) Climat :
Le rôle du climat est d’une importance considérable. Par exemple dans la région
ou le climat est semi-aride a aride, les conditions de formation des chapeaux de fer
sont plus favorables car le lessivage est important, ainsi les températures relativement
élevées facilitent les attaques chimique.
c) Terrain :
Les terrains perméables et/ou poreux permettant l’infiltration des eaux, sont plus
favorables à l’établissement d’un régime en nappe phréatique, En plus de ces trois
facteurs, d’autres rentrent en jeu tel que la matière organique.
IV.3.3.3 Processus de formation du chapeau de fer :
Le chapeau de fer est le résultat d’une altération supergéne d’une minéralisation
ferrifère dans des conditions favorable.
Le développement du chapeau de fer se différencie selon cette minéralisation,
car les mécanismes d’altération ne sont pas les mêmes dans tous les cas.
Le minerai est mieux connu lorsque la minéralisation ferrifère initiale est a base
de sulfure, mais il est moins dans le cas des non sulfures.
Signalons que, quelle que soit la nature de cette minéralisation, le phénomène
d’oxydo-réduction est toujours présent. (fig 5)
A. Cas de l’altération des minéraux ferrifères sulfurés :
Lorsqu'il s’agit de minéraux semi-conducteurs comme c’est le cas pour les
sulfures, l’altération est liée à une circulation d’électrons. Dans ces solides, le site
d’oxydation peut être éloigné du site de réduction. Ce dispositif ressemble à une
cellule électrochimique dont la cathode est formée par les sulfures comme le Cuivre
gris. Enargite, tandis que l’anode est représentée par des sulfures réactifs, ex :
sphalérite, pyrite…... le fonctionnement de cette pile naturelle dépend de plusieurs
facteurs :
 Présence d’une minéralisation plus ou moins ferrifère.
 Un apport optimal d’eau météorique
 Possibilité du transfert d’ions et divers échanges pour assurer des
phénomènes d’enrichissement.
 Des conditions physico-chimiques pouvant mettre en place des
minéraux secondaires essentiellement à base de limonites.
Une zonalité très importante peut se développer lorsque les conditions sont
favorables.
B. Altération des minéraux ferrifères non sulfurés :
Dans le cas d’une altération de minéraux ferrifere non sulfurés tel que : les
carbonates, silicates, oxydes hypogénes, le chapeau de fer se distingue par deux zones
séparées par niveau hydrostatique :
o L’une représente la minéralisation ferrifére initiale (protore).
o L’autre formée de limonites.
IV.3.3.4 Le rôle de fer dans la genése d’un chapeau de fer :
Le phénomène d’altération dépend également de l’oxydation et de l’hydrolyse
du fer et c’est ce dernier qui assure la formation des composée ferrugineux très
insolubles rencontrés en surface.
51
GITOLOGIE

Le lieu de précipitation du fer ainsi que le degré de co-précipitation d’autres


cations ou d’autres, minéraux secondaires dépend du PH des produits de solubilité de
l’EH….etc
a) En milieu peu acide :
Le fer ferreux est rarement en solution sous forme de Fe+2 ou Fe (OH)+ il
s’oxyde généralement a parti du Fe(OH)2 sous forme ferrique :

4 Fe (OH)2 + O2 +2 H2O 4 Fe (HO)3.

Comme il n’y a pas d’acide libéré, le fer se précipite rapidement après des
hydratations de bon oxyde sous forme de goetite ou hématite.

Fe(OH)3 FeOOH + H2O Goetite

b) En milieu acide :
La concentration en Fe2+ dans la solution peut être plus importante que celle
dans un milieu peu acide, ainsi que la formation de l’hydroxyde de fer, aura lieu grâce
à l’oxydation et l’hydrolyse de l’ion Fe2+ .
4Fe+2 + O2 + 10 H2O ←→ 4 Fe (OH)3 + 8H+
Généralement l’acide contrarie la fixation du fer qui migrera en solution sous
forme ferreuse pouvant parfois se précipiter sous forme de sulfates ferreux et/ou
ferriques. Ces sulfates peuvent être le résultat d’une altération de la pyrite selon la
réaction chimique suivante :
2FeS2 + 7.5O2 + H2O → Fe(SO4)3 +H2SO4
La précipitation progressive du fer s’effectue sous forme de composes
ferrugineux auxquels se fixent d’autres éléments ou s’associeront d’autre minéraux
supergènes plus ou moins solubles mais en quantité moindre précédemment.

IV.3.3.5 Les manifestations superficielles d’un chapeau de fer :


a) Définition des limonites :
On entend par limonites les oxydes et les hydroxydes de fer concentrés à
l’affleurement aussi ce terme est un terme de terrain désignant une roche ou se
mélangent des oxydes et des hydroxydes de fer avec la présence de quelques
impuretés tel que :
Les carbonates, sulfates, diverse argiles, calcite… etc, en plus de la silice.
Les différentes caractéristiques de ces limonites constituent un véritable repère
pour la prospection des minéralisations. Grace à leurs caractéristiques, leur couleur
typique qui varie de jaune cor au brun noirâtre en passant par des teintes marron ou
souvent rouilles. Ainsi-que leur particularité de développer des impuretés et des
textures pouvant apparenter ce produit au prédécesseur minéralisé sous des conditions
ou intervient notamment le PH, une classification des limonites a été mise en évidence
(Blanchard 1968).

52
GITOLOGIE

b) Classification des limonites :


1) Des limonites dites indigènes :
Dans le cas où les conditions ne sont pas très acides le fer se précipite dans le
site même du minerai primaire, elle apparait surtout avec les textures suivantes :
 Texture en broxwarks : véritable réseau cellulaire.
 Texture pseudomorphose : ou l’un des minerais ferrifères de limonite
remplit un réseau cristallin qui leur est étranger, c’est l’épigénie évoquée par
Dubourdieu.
2) Les limonites dites exotiques :
Dans le cas où l’acidité est très élevée, le fer, après une migration plus ou moins
lointaine se précipite, les limonites qui ne montrent plus de liens significatifs avec les
minéraux antérieurs sont caractérisée par de nombreuses textures.
 Texture en croute plate ( Noduleuse).
 Texture colunnaire ou en stalactites.
 Texture brotoÏdale.
 Texture granulaire coagulée et pulvérilante.
De point de vue géochimique les limonites constituent généralement le siège de
rétention d’éléments essentiellement chalcophyles (Cu, As, Sb, Zn…), ces rétentions
diminuent avec l’augmentation de l’acidité qui est le résultat d’une altération du
composé primaire et qui peut être neutralisé par l’encaissant.
Pour le cas de Ouenza il s’agit d’un chapeau de fer développé à la faveur de
formations carbonatées, le niveau hydrostatique montre généralement une zone
oxydée avec une présence de sulfures polymétallique mais qui sont tellement
accessoires qu’il est difficile de les considérer comme moteur de l’altération, celle-ci
serait plutôt le résultat d’une transformation de la sidérite en hématite et goetite.
IV.3.4 Etude minéralogique :
IV.3.4.1 le protore carbonaté :
IV.3.4.1.1 Son origine :
D’après (Pahal – Kolli 1986) la mise en solution et le transport du fer et d’autre
cations ont été entrainés par l’augmentation de l’acidité due aux saumures chaudes
issues des évaporites enfouies et/ou des eaux dérivées du gypse et d’autres sédiments
qui semblent avoir réagi avec leurs roches hôtes durant la diagenèse précoce.
Les saumures migrent vers les parties apicales des diapirs ou elles déposent leur
soluté par un processus métasomatique dans les fractures des carbonates.
Le fer contenu dans ces saumures est sous forme de Fe 2+ ou Fe(OH)+ ainsi des
réactions d’échanges ont eu lieu entre les saumures et la roche encaissante
(carbonatée) et se traduisant par une substitution du Ca par le Fer, et dans e cas on
arrive à la formation de la sidérite (FeCO3) en passant par la dissolution du calcaire.
CaCo3- + H+ ←→ HCO3- + Ca 2+ + 1é
HCO3- + H+ + 1é ←→ 2H+ + CO3-
CO3- + Fe2+ ←→ FeCO3 + Ca2+
IV.3.4.1.2 La composition minéralogique (sous le niveau hydrostatique) :
Présentant souvent un aspect bréchique le minerai de Ouenza et se forme
essentiellement de carbonates ferrifères à base de sidérite et d’ankérite.
53
GITOLOGIE

 La sidérite FeCO3 :
Ce carbonate affecté par des fissures lui confessant un aspect brérchique et qui
permettent la circulation des solutions ferrifères, se cristallise dans un système
rhomboédrique, et se présente généralement en grains très fin.

 L’ ankérite : Ca (Fe, Mg, Mn) (Co3)2


Qui est toujours associé à la sidérite, se présente sous forme de rhomboèdres ou
bien de plages.
 Les calcaires :
Qui sont très répondues dans le minerai oxydé ou elles forment de beaux
cristaux contrairement dans le minerai carbonaté.

IV.3.4.1.3 Son altération :


L’altération de la sidérite en divers oxydes de fer s’effectue au fur et à mesure
de la montée de la masse sidérique par le phénomène diapirique qui la rend en contact
avec l’atmosphère, ou bien de l’abaissement du niveau hydrostatique en plus de ces
facteurs dynamiques, des phénomènes de type oxydo-réduction peuvent contribuer à
l’altération.
Lorsque les conditions géologiques et hydrogéologiques sont favorables, l’eau
véhicule l’oxygène est peut circuler profondément dans le terrain minéralisé.
Pour la sidérite le processus peut se décomposer en une dissolution du carbonate
de fer.
FeCO3 + 2H2+ ←→ Fe2+ + Co2 +H2O
(Solide) (aq) (aq) (gaz)
Accompagnée d’une oxydation de fer :
Fe2+ ←→ Fe3+ + 1é
Liée à une réduction de l’oxygène :
2O2 + 4 H2O + 8é ←→ 8(OH)
Suivie d’une précipitation du fer en hématite :
2Fe (OH)3←→ Fe2O3 + 3H2o
Et/ou d’une précipitation du fer en goethite :
Fe (OH)3 ←→ FeOOH+ H2O

IV.3.4.2 les limonites de la zone oxydée (au-dessus du niveau


hydrostatique) :
Les limonites formées à partir d’hématite et de goethite (avec d’autres
impuretés) montrent des textures de type indigène ou de type transporté.
IV.3.4.2.1 Textures des limonites :
IV.3.4.2.1.1 Textures indigènes :
Dans ce cas les limonites montrent un lien avec le prédécesseur minéralisé,
autrement dit l’altération s’opère dans l’espace anciennement occupé par la
minéralisation primaire, parmi celles-ci il y’a :

54
GITOLOGIE

a) Texture des broxworks :


Généralement ils sont à cellules parfois pluricentimétriques, touchant le minerai
et l’encaissant, ils ont souvent des formes indifférenciées mais parfois de
rhomboèdres suggérant un lien avec des carbonates.
b) Texture en pseudomorphose :
On rencontre parfois les limonites en cristaux rhomboèdres tandis que le réseau
hématitique est orthorhombique généralement ces limonites montrent des surface
brillantes et spathiques qui sont d’anciennes surfaces de sidérite ou bien surtout de
calcite, ce type de calcite est très abondant.
Signalant que le minerai à la caractéristique de s’effriter et de salir les doigts.
IV.3.4.2.1.2 Texture transportées :
a) Texture massive et coagulée :
Caractérisent une limonite massive et coagulée, se localisent dans les
affleurements du corps minéralisé en surface.
b) Texture noduleuse :
Dite également en croute, elle caractérise des limonites constituées par une
succession de fines couches ondulées et hérissées de nodules dont les diamètres sont
millimétriques.
c) Texture stalactique :
Caractérisant la limonite rencontrée au sommet des affleurements minéralisés,
elle est due à une précipitation de fer oxydé sous forme de longues et minces colonnes
noirâtres avec éclat sub-métallique. La taille de ces stalactites varie entre 1 mm et
quelques cm.
IV.3.4.2.2 Leur minéralogie :
Le minerai exploité est constitué essentiellement d’oxydes et d’hydroxydes de
fer. C’est un minerai secondaire puisqu’il est issu d’une altération secondaire.avec
une paragenèse simple qui est représenteé surtout par l’hématite, peu de goethite,
accompagnés de minéraux non ferrifères formant la gangue (quartz, calcite,
barytine…).
Trois associations paragénétiques principales existent :
 Une association ferrifère a sidérite de type métasomatique qui s’est formée
grâce à la circulation des solutions hydrothermales.
 Association paragénétique d’altération représentée par des minéraux primaires
de fer oxydé et qui sont constitués essentiellement d’hématite, goethite avec de la
baryte, la fluorite en plus des minéraux d’altération du cuivre gris et de la pyrite.
 Association paragénétique de minéraux accessoires polymétalliques dont la
formation était tardive par apport à la première.
Les deux premières associations se résultent comme suit :
Hématite
métasomatose altération
Calcaire sidérite limonite
Goethite
Le troisième se résume suivant l’ordre d’apparition.

55
GITOLOGIE

IV.3.5 Relation entre minéralisation ferrifère et la minéralisation


polymétallique :
Les gisements de fer sidrétique se trouvent dans un domaine de plate-forme
carbonatée, ou ils sont platées par des calcaires aptiens et déposés sur les hauts fonds
diapiriques, tandis que les minéralistaions polymétalliques sont rencontrées ou délà du
domaine de la plate-forme.
Ainsi contrairement au fer qui s’est toujours substitué aux calcaires à milioles et
à rudistes, les minéralisations polymétallique se développent dans des pièges variés,
elles sont parfois rencontrées dans des poches de dissolution comme c’est le cas de
Slata, Kef M’kherirga, parfois dans des discontinuités trias-crétacé ou albo-aptien-
vraconien. (Ouenza, Ouenza) ou elle peuvent être portées également par des dolomies
ce qui est le cas pour Mesboula et Boudjaber.
En plus de cette différentiation spatiale, il existe un décalage temporel dans la
mise en place.des deux type de minéralisation selon (J.Theirberoz, et Madre 1976) la
minéralisation sidérique est antérieure a seul sulfurée d’après (A.Bouzenoune 1993) la
première minéralisation est d’âge Ante-vraconien tandis que la deuxième est récente,
(Néogène).
IV.3.6 Origine de la minéralisation :
Malgré que de nombreuses études ont été effectuées à ce sujet, le problème
n’est toujours pas résolu, ainsi les théories émise expliquant la formation des
concentrations ferrifères ont permis de donner deux conclusions concernant l’origine
de la minéralisation ; l’une sédimentaire et l’autre hydrothermale.
a) Théorie sédimentaire :
Cette hypothèse soutenue par (Madre, 1969), démontre une relation étroite et
constante sur toute l’étendue de la minéralisation ferrifère d’Ouenza, entre les
calcaires compacts fins à milioles et minerai.
L’auteur lie l’origine des récifs à l’existence de hauts fonds ou les conditions
spécifiques de sédimentation de type faciés récifal sont réunies.
Selon (M. Madre 1969) la genèse de la sidérite est liée à la diagenèse primaire
et en ce qui concerne l’origine du fer il évoque une source continentale, pour bien
appuyer son hypothèse, il cite comme preuves.
1. La concentration du fer dans des zones bien précises de calcaires à milioles et
à rudistes.
2. L’existence de roches volcaniques ou plutonique dans la région d’Ouenza
3. La disparition de la minéralisation si on sort du domaine récifal.
4. Les failles non minéralisantes passant dans les calcaires.
b) Théorie hydrothermale : (Dubourdieu) :
Cette théorie est basée sur des veines minéralisantes qui sont de petits filons de
goethite et de limonite aux abords réguliers et rectilignes existants en dehors des
zones minières proprement dites.
Ces veines minéralisantes comblent les fractures des formations qu’elles
coupent (marnes, grés, calcaire…), le fer a été donc apporté par des fluides
essentiellement carbonatés qui ont laissé la sidérose se déposer sur les cassures.

56
GITOLOGIE

Ces fluides sont également accompagnés d’un peu de pyrite et d’une quantité
plus faible de galène et de cuivre gris.
Pour certains la minéralisation ferrifère est le résultat d’une substitution de la
sidérose au calcaire, tandis que pour d’autres, les solutions chaudes soit d’origine
magmatique, soit dues au réchauffement et la remobilisation des eaux souterraines et
intergranulaires, sont à l’origine des différentes minéralisations.
1. l’existence de cavité et de géodes à l’intérieur de minerai nous laisse penser à
un phénomène principalement métasomatique.
2. la substitution du calcium par le fer se fait par une diminution du volume de
Ca.
3. présence de la barytine et fluorine qui sont des minéraux considérés comme
hydrothermaux.
4. présence de la calcite mono-cristalline dans le minerai formé particulièrement
expulsé lors de la substitution de la calcite par sidérite.
Point de vue personnelle.
A notre avis certains caractères sur lesquels sont basés tantôt la première
hypothèse tantôt la deuxième. Sont distingués sur le terrain :
 L’allure stratiforme du corps minéralisé.
 Le minerai est affecté parfois par les mêmes phénomènes tectoniques que
son encaissant, ces éléments appuient l’hypothèse sédimentaire.
 Présence des cavernes et de géodes.
 Présence de barytine et de fluorine.
 Le passage graduel de minerai vers l’encaissant qui traduit un front
métasomatique bien clair.
 Présence de Qz qui ne peut pas être formé que par une circulation d’une
solution chaude riche en fer et en silice, ces éléments soutiennent l’hypothèse
hydrothermale.
A partir de cela, on peut considérer que la minéralisation ferrifère dans le
gisement d’Ouenza comme minéralisation mixte.

57
Chapitre V :
Environnement
ENVIRONNEMENT

V.1 L’exploitation minière et ses conséquences :

V.1.1 Définition :

Les exploitations minières ont pour but de récupérer les matières minérales présentes
à la surface du globe et qui ont une valeur économique qu’elles soient des
exploitations souterraines ou à ciel ouvert. Parmi les matériaux extraits figurent les
minerais métallurgiques (fer, cuivre, plomb, zinc), les minéraux industriels (calcaire,
sel gemme, potasse, gypse), les métaux natifs (principalement l'or et l'argent), le
charbon, les sables bitumineux, le minerai d'uranium et les pierres précieuses. Par
ailleurs, l'extraction de sable et gravier fait partie des activités minières, tout comme
l'extraction dans les carrières de la pierre de taille ou de la pierre à monuments.

V.1.2 Historique :

L'exploitation minière remonte à l'antiquité, quand l'homme préhistorique a


commencé à creuser le sol à la recherche de roches afin de fabriquer des armes, des
pigments et des outils. Il trouvait des morceaux de cuivre, d'or et d'argent natifs ainsi
que des pierres précieuses dans les ruisseaux et dans le sol. L'exploitation des
carrières était déjà une activité courante quand Stonehenge et les pyramides d'Égypte
ont été construits.

Les progrès de la technologie et de la civilisation, dont témoignent les expressions âge


de la pierre, âge du cuivre, âge du bronze et âge du fer, ont nécessité des quantités de
matériaux qui n'ont pu être obtenus que par l'exploitation minière.

Au Moyen âge (vers 1000 - 1453), l'exploitation minière et la métallurgie ont fait des
progrès, mais ces activités demandent encore une très grande main-d'œuvre.
L'utilisation d'explosifs, qui commence vers 1627, réduit de beaucoup le pénible
travail nécessaire pour briser les roches. La vapeur, comme source d'énergie
industrielle, est d'abord utilisée vers 1700 à Cornwall, en Angleterre, pour faire
fonctionner des pompes d'évacuation d'eau.

Pendant et après l’aire industrielle beaucoup de gisements furent découverts dans le


monde tels l’argent, le plomb, le zinc….etc.
Près de 90% des minerais extraits dans le monde proviennent d’exploitations à ciel
ouvert.

V.1.3 Conséquence de l’exploitation minière : La Pollution de l’air, le sol et de


l’eau
Parmi toutes les substances nécessaires à la vie humaine, l’oxygène atmosphérique est
le plus indispensable. Cet élément essentiel à la vie se trouve dans l’atmosphère. La
civilisation contemporaine a engendré de façon effective, à l’élévation du niveau de
vie, néanmoins, elle a altéré notre environnement particulièrement la qualité de l’air,
de l’eau et du sol.

60
ENVIRONNEMENT

V.1.3.1 Pollution de l’air :

V.1.3.1.1 Définition de la pollution atmosphérique :


On entend par pollution de l'atmosphère, l'émission dans l'atmosphère, de gaz, des
fumées ou de particules solides ou liquides, corrosifs, toxiques ou odorantes de nature
à incommoder la population, à compromettre la santé ou la sécurité publique ou à
nuire aux végétations, la production agricole et aux produits agro-alimentaires, à la
conservation des constructions et monuments ou au caractère des sites.

V.1.3.1.2 Classification de la pollution


La pollution peut être classée selon la nature du polluant en question. On parle donc
de pollution physique, chimique, biologique et les nuisances esthétiques (P. Popescu
et al, 1998), ou encore selon le compartiment affecté : la pollution des eaux, du sol et
la pollution de l’air.

V.1.3.1.3 Facteurs intervenant dans le transport et la diffusion de polluants :

a. Facteurs météorologiques :

- Un épisode de pollution est observé lorsque :


- Les émissions de polluants sont importantes
- La météo est défavorable
Il existe quatre situations météorologiques favorisant les phénomènes de pollution :
Absence de vent ou vent faible
- Chaleur et lumière
- Absence de pluies
- Couche d’inversion basse. (MASCLET. P, 2005)
Nous dénombrons trois facteurs prédominants : le vent, le gradient vertical de
température et la turbulence. Nous allons voir successivement leurs influences.

- Le vent :

Il résulte du déplacement des masses d'air et dilue continuellement la pollution libérée


au point d'émission. Une absence de vent contribuera donc à l'accumulation des
polluants près des sources. Sa vitesse augmente généralement avec l'altitude.
(MARTIN.J&al, 1988).

- La turbulence :
La turbulence est l'irrégularité du mouvement du vent. Elle est caractérisée par le
croisement des trajectoires des masses d'air et par la superposition d'une fluctuation
irrégulière, aléatoire et non reproductible de l'écoulement moyen du vent. Ce facteur
est très difficile à traiter mathématiquement. La diffusion tourbillonnaire est le
processus de mélange le plus important dans les basses couches de la troposphère. Il
provoque la dispersion des polluants dans l'air.
Nous pouvons distinguer deux types de turbulence : la turbulence mécanique
(tourbillons créés par la différence de vitesse des masses d'air, ou par le mouvement

61
ENVIRONNEMENT

de l'air qui entre en contact avec des objets), et la turbulence thermique (tourbillons
créés par la différence de température des masses d'air). (MARTIN.J, &al, 1988).

b. Facteurs physiques :
Il s'agit d'obstacles (relief, bâtiments...) qui modifient le régime des vents. La
direction des vents sera déviée autour des obstacles. Le vent pourra suivre des
trajectoires préférentielles (Vallée...). La vitesse sera elle aussi modifiée (plus élevée
au sommet des ondulations du terrain et plus faible au fond de celles-ci). (AHLVIK,
1997).

- Émission, transport, dégradation et dépôt :

Des polluants primaires sont émis, tels que SO2, NOx, CO etc…. ou de la matière
particulaire. Puis 3 phénomènes interviennent :
- La dynamique atmosphérique qui est un processus mécanique permettant le
transport, le mélange, la dispersion et la dilution des polluants dans l’atmosphère.
- La dégradation chimique ou photochimique des polluants sous l’effet des radicaux
de l’atmosphère ou de l’ozone. Les polluants primaires se transforment en polluants
secondaires. Ainsi, il se forme des sulfates 𝑆𝑂4−2 par oxydation photochimique du
dioxyde de soufre𝑆𝑂2. Il se forme de la matière organique particulaire secondaire par
oxydation des hydrocarbures. Ces dégradations s’accompagnent le plus souvent de
production d’ozone.

- Les dépôts qui permettent d’éliminer les polluants de l’atmosphère. Il existe 2 types
de dépôts :
- Le dépôt sec dû à la pesanteur. Les polluants se déposent sur le sol, sur les plantes et
sur les feuilles des arbres.
- Le dépôt humide dû aux lessivages des polluants par les pluies, les neiges et les
brouillards.
V.1.3.1.4 Type de polluants :
a. Pollution d’air :
On classe les poussières selon leur effet biologique et leur granulométrie. Les
particules nuisibles se subdivisent en quatre catégories à voir :
- Poussières inertes : elles s’accumulent dans le corps sans provoquer aucune
réaction.
- Poussières toxiques : ce sont habituellement des composés métalliques plus ou
moins solubles. Elles peuvent avoir des effets aigus ou chroniques sur certains
organes.
- Poussières allergènes : elles peuvent donner de l’asthme ou de l’eczéma.
- Poussières fibrogènes: Elles sont insolubles et sont à l'origine de la fibrose
pulmonaire
Les plus dangereuses sont celles de silice libre qui entrainent la Silicose (cas du
minerai de fer de l'Ouenza) (CHERIET.F, 2009).

62
ENVIRONNEMENT

b.Pollution des sols :


Les sols constituent en bien des cas, un intermédiaire obligatoire entre l’atmosphère et
l’hydrosphère, pour une fraction de la quantité totale de chaque polluant que l’homme
rejette dans l’air. Contrairement à la pollution atmosphérique qui sévit aussi bien en
ville que dans les zones rurales, la pollution des sols affectés par essence les
compagnes. Elle est avant tout une conséquence de l’expansion de certaines
techniques agricoles modernes.
Les engrais chimiques augmentent certes les rendements, mais leur application
répétée à de très fortes doses, conduites à une pollution des sols par les impuretés
qu’ils renferment, il en est de même des pesticides minéraux ou organiques. La
présence d’un polluant dans le sol n’est pas en soi un danger, le risque apparaît dès
lors que ce polluant peut être mobilisé et agit sur l’environnement (faune, flore) ou sur
l’homme. (DUBEY & DWIVIDI, 1998).
Les métaux lourds peuvent être adsorbés sur la fraction inorganiques des sols, à
travers les réactions d’échanges d’ions (KNOX et al, 2000) ; GADD, 2001). Ainsi le
sol ne joue pas un rôle de « filtre » et ces métaux peuvent suivre plusieurs
cheminements.

Un sol contaminé peut présenter trois types de risques environnementaux qui se


traduiront en risque sur la sante humaine :
1- Le contact direct des polluants avec les occupants du sol, pourra avoir des effets
nocifs sur le système respiratoire, les irritations aux yeux....
2- Lessivage des polluants par les eaux d'infiltration et transfert des polluants vers les
eaux souterraines et superficielles (pollution possible des ressources en eau).
3- Réintroduction des polluants dans la chaine alimentaire par les végétaux et les
organismes vivants du sol.

c.Pollution des eaux :

La pollution des eaux consiste en des déversements, écoulements, rejets, dépôts


directes ou indirectes de matières de toute nature et le plus généralement tout a fait
susceptible de provoquer ou d’accroitre la dégradation des eaux, en modifiant leurs
caractéristiques physiques, biologiques ou bactériologiques, qu’il s’agisse d’eaux
superficielles, souterraines ou des eaux de mer, dans la limite des eaux territoriales.
(FAURIE et al, 1999 ; RODIER, 1996).

V.1.4 Effets de l’exploitation du gisement ferrifère de l’Ouenza sur


l’environnement et sur la santé humaine :

La plupart des composantes de l’environnement peuvent être affectées lors de la


réalisation des activités reliées à un projet minier. En effet même si la population est
sans contredit la première composante affectée, l’eau, le sol, l’air, la végétation, la
faune et le paysage seront touchés avec plus ou moins d’impact selon la dimension du
site.

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ENVIRONNEMENT

Les impacts susceptibles d’être générés par l’exploitation de cette mine sont comme
suit :

- Les nuisances de tir :


Les responsables de la mine affirment que les tirs se font selon les normes, mais les
riverains ont constaté que les maisons sont fissurées et que les fissurent augmentent
chaque jour, bien que les tirs ont depuis sa création font partie du quotidien de la
population de l’Ouenza.

Les principales nuisances liées au tir des mines :


- Les vibrations liées à la déformation élastique des matériaux.
- Les projections.
- Le bruit ou énergie acoustique.
- La projection de gaz résiduel toxique.
- Les poussières.
- Nuisances physiologiques.

- Nuisances sonores :
Dans une mine on peut distinguer :
 Les émissions sonores dues au matériel de chantier provoquant un niveau de
bruit relativement continu et répétitif.
 Les émissions sonores impulsives et brèves, de valeur beaucoup plus forte
généralement.
 Les émissions sonores provoquées par les engins de transport du minerai et de
stérile.
Il est admis que l’utilisation des engins (bulls, camions, chargeurs…) va sans doute
générer du bruit audible pour le voisinage. Le niveau de celui-ci sera proportionnel au
rythme de travail soutenu et au nombre d’engins travaillant en simultanéité.
Les bruits peuvent provoquer des perturbations psychosomatiques notamment chez le
personnel en chantier et risque de détériorer le système d’audition.

- Effets de vides créés par les travaux d’exploitation :


L’extraction des substances naturelles nécessitera l’intervention de l’homme sur la
configuration initiale de la nature qui est caractérisée par la création des vides que ce
qui est à ciel ouvert (fosse) ou souterrains (ouvrages miniers et chambres vides).

Ce changement au niveau de l’état initial du site minier, outre l’intérêt industriel


économique d’extraction des substances utiles à un impact négatif sur
l’environnement qui se traduit comme suit :
1. Impact sur la faune et la fore existante avant l’exploitation.
2. Impact sur le paysage naturel initial de la région du site.
3. Impact sur les nappes d’eaux souterraines, en cas de la région du site.
4. Impact sur le réseau hydrique de surface.

64
ENVIRONNEMENT

5. Impact sur la stabilité du terrain (glissement, fissuration et affaissement).


6. Impact sur la sécurité des personnes et des espèces animales.
7. Impact sur la stabilité des constructions, ouvrages d’art, route…etc. situé dans la
limite de la zone d’affaissement.

65
Conclusion
CONCLUSION GENERALE

L’histoire géologique de l’atlas saharien oriental est le résultat d’un long processus,
caractérisé par une évolution tectono-sédimentaire ou les diapirs des évaporites jouent
un rôle important.

L’évolution paléogéographique du massif entraine deux domaines :

a) Un domaine de haut fond sur lequel se sont déposées des séries carbonatées
néritiques ou les formations albo-aptiennes ne dépassent probablement pas les
500m.
b) Un domaine de sillon subsident plus épais, dont les formations albo-aptiennes
du périclinal ont une puissance avoisinant les 1500 m.

La minéralisation ferrifère est portée par des formations de calcaires à grains fins à
milioles et rudistes, ces calcaires sont attribués à l’Aptien supérieur.

Dans l’ensemble, la région d’Ouenza est caractérisée par son plissement et sa


fracturation, due aux phénomènes affectant la région dés l’Aptien, ainsi que par des
variations de faciès et d’épaisseurs, témoignant l’instabilité du milieu de
sédimentation influencé par cette ascension dont les remaniements du matériel
triasique en sont les preuves.

Les principales formations portantes de minéralisation sont celles des calcaires


micritiques d’âge aptien, fossilisées, lesquelles sont transformées en anticlinal.

L’étude pétrographique à permis de déterminer le type de calcaire qui est un calacaire


généralement à orbitolines et à débris de rudistes et de milioles microsparitiques.

L’étude gitologique du secteur étudié a mis en évidence deux minéralisations


synchrones :

 Une tardive accessoire composée de sulfures polymétalliques, localisée dans


les fractures mais qui n’est pas assez importante de point de vue économique.
 L’autre précoce, composée de deux parties :
(a) Une partie sidérique profonde.
(b) Une partie limonitisée, affleurant,exploitée.

La zonalité développée à tous les caractères d’un chapeau de fer.

Le contact minerai-encaissant est essentiellement progressif a l’affleurement il


suggère que des phénomènes métasomatiques de même type ou différents de ceux
ayant permis à la formation de la sidérite à partir des calcaires à milioles et rudistes
ont eu lieu.

Le gisement d’Ouenza présente des caractéristiques analogues à celui de Bilbao


(Espagne), se caractérisant par une similitude dans la mise en place de la
minéralisation.
Ce gisement a tout les caractères d’un chapeau de fer.

Une expansion de poussières envahit presque tous les quartiers de la ville suite à
l’extraction du minerai. Cette poussière est non seulement la source d'une dégradation
de l’environnement, mais aussi de la qualité des eaux de surface, en plus elle a un
impact sur la végétation.
Références
Bibliographiques
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