Vous êtes sur la page 1sur 16

International Financial Reporting

Standards :IFRS
Depuis 2005, les IFRS ( International Financial Reporting Standard), sont le référentiel
applicable aux sociétés cotées sur un marché européen. Un référentiel comptable est un
ensemble de normes (règles) définissant les méthodes de comptabilisation, chaque pays a
son propre référentiel qui peut être plus ou moins éloigné des IFRS. L'adoption obligatoire
pour les sociétés cotée permet d’accroître la comparabilité des états financiers de sociétés
d'un même secteur dans des pays différents et a fortiori permettre des choix
d'investissement plus pertinent. Elles sont produites par l'IASB (International Accounting
Standard Board), les IFRS ont remplacé les IAS.

Sommaire

 1Enjeux des IFRS


 2Principes
 3Champ d'application des IFRS
 4Calendrier de l'application
 5Impacts des IFRS
o 5.1Impact de la juste valeur
o 5.2Impact sur les banques : modification des normes IAS 32
et 39
o 5.3Impact informatique
 6Convergence
 7Liste des IFRS
 8Panorama des IFRS et perspectives
o 8.1Adoption par l’Europe et la « transition » comptable
o 8.2Difficulté d’application des principes
o 8.3Les normes IFRS et la crise financière
o 8.4Convergence vers les IFRS : les pays émergents suivent
le mouvement
o 8.5La place des IFRS sur l’échiquier mondial
o 8.6La création d’un référentiel pour les entreprises non
cotées et de taille modeste
o 8.7Les perspectives d’évolution du référentiel
 9Critiques
o 9.1La juste valeur
 9.1.1Les actionnaires privilégiés
 9.1.2Les parties prenantes
 9.1.3Une vulnérabilité accrue
o 9.2Les principes plutôt que les règles
o 9.3Une légitimité contestée
 10Notes
 11Sources
o 11.1Références
o 11.2Bibliographie
 12Voir aussi
o 12.1Articles connexes
o 12.2Liens externes

Enjeux des IFRS


Les normes comptables créent des indicateurs qui orientent les marchés et leur
interprétation, parfois critiquées pour leur soumission au PIB et leur difficulté à intégrer les
externalités sociales et environnementales, voire présentées comme les instruments
du capitalisme financier1.

Après les scandales financiers du début des années 2000 en Europe et aux États-Unis
(Enron, WorldCom…), puis la crise de 2008 les pouvoirs publics se sont attachés à
renforcer la qualité de la communication financière afin de rétablir la confiance du public,
des épargnants et des investisseurs. Cet important mouvement s’est traduit par l’adoption
d’un ensemble de textes dont l’objectif commun est l’amélioration de la sécurité
financière.[réf. nécessaire] L’année 2005 a ainsi vu l’application des normes IFRS (International
Financial Reporting Standards, dénommées jusqu’en 2001 normes IAS pour International
Accounting Standards) existant depuis 1973, destinées à toutes les entreprises faisant
appel public à l’épargne.

L'adoption et l'application des normes comptables internationales au sein de l'Union


européenne sont régies par le règlement (CE)1606/2002 du 19 juillet 2002, qui définit
notamment les critères d'application d'une norme.

Le règlement européen du 19 juillet 2002, en imposant aux entreprises faisant appel public
à l’épargne de présenter leurs comptes consolidés selon les normes IFRS, vise
principalement à garantir une meilleure transparence comptable. En effet, la présentation
des comptes de ces entreprises selon des normes harmonisées en facilitera
la compréhension et surtout la comparaison à l’échelon européen.

Elles ont nécessité de profonds aménagements informatiques, aussi bien dans les grands
groupes que dans les PME-PMI. Le changement de référentiel comptable qu'ont connu
toutes les entreprises a transformé le fonctionnement des marchés financiers,
des entreprises et des économies, d’une part, et l’élaboration des comptes, d’autre part.
Moins médiatisé dans le grand public que le passage à l’euro, ce changement
aux normes internationales IAS/IFRS a pourtant eu beaucoup d’impacts. L’objectif est en
effet d'établir la clarté des comptes des entreprises, consolider la confiance des
investisseurs sur les marchés boursiers. Le travail des veilleurs est plus simple, plus rapide
et relativement accessible au néophyte.

Deux nouveaux principes comptables sont ajoutés :

 prééminence de l'économique sur le juridique : les


comptes doivent donner une image fidèle de l'entreprise et
de son patrimoine (ainsi, le crédit bail rentre à l'actif du
bilan)
 importance relative : une information ne doit figurer dans
l'annexe que si elle peut influer sur les choix futurs des
utilisateurs.
Principes
La logique de ces normes comptables repose sur quelques points (parfois divergents par
rapport au droit comptable français) en particulier l'option de valorisation à la juste
valeur des actifs et passifs, la primauté de la substance sur la forme, l’approche
prioritairement bilancielle, la prise en compte prioritaire de la vision de l’investisseur, le
principe de prudence subordonné à celui de neutralité et de pertinence, l’absence de textes
spécifiques à un secteur d’activité, la moindre reconnaissance de la comptabilité
d’intention, la place plus importante qu’occupe l’interprétationNote 1 dans l’application des
normes.
Les états financiers et l’information comptable ne sont pas définis de la même façon dans
le référentiel international. Ces derniers comprennent désormais (IAS 1 article 10):

1. l'état de situation financière (bilan),


2. l'état du résultat global (compte de résultat),
3. l'état des variations de capitaux propres,
4. le tableau de flux de trésorerie (optionnel en France)
(IAS 7),
5. les notes ou l'annexe, contenant un résumé des
principales méthodes comptables et d'autres
informations explicatives... et « tout autre document
utile à la compréhension des comptes » comme
le bénéfice par action pour les sociétés cotées.
Quant à l’information comptable, elle doit être

 « intelligible » : son lecteur doit pouvoir se forger une


opinion sur l’activité de l’entreprise à la simple lecture des
informations comptables,
 « pertinente » : les informations doivent permettre au
lecteur de prendre des décisions économiques
appropriées sur le futur de l’entreprise,
 « d’une importance relative » : une information comptable
ne doit être divulguée que si et seulement si elle apporte
des éléments utiles à la prise de décision. Ce seuil de
signification (langage usuel des auditeurs financiers)
dépend du jugement du professionnel. Par exemple, une
baisse de l’activité économique de l’entreprise peut-être
importante en volume mais non significative par rapport au
chiffre d’affaires généré par le groupe.
 L'information doit enfin être « fiable », utilisée sans risque
d’erreur. La fiabilité repose sur quatre principes
fondamentaux :
 la neutralité,
 l’apparence juridique,
 la prééminence de la réalité économique sur
l’apparence juridique et
 le respect de l’image fidèle.

Champ d'application des IFRS


Les normes IFRS s'appliquent à tous les États qui le souhaitent. Le principal utilisateur de
ces normes demeure l'Union européenne puisque le règlement CE 1606/2002 de l’U.E.
impose à toutes les sociétés cotées publiant des comptes consolidés d’établir des états
financiers dès le 1er janvier 2005 en I.A.S. / I.F.R.S. L’application du référentiel comptable
devient alors obligatoire dès le 1er janvier 2005 et le 1er janvier 2007 pour les sociétés ayant
seulement des titres cotés autres que des actions. Cette adoption a également pu avoir
des effets d’entraînements car de nombreux pays à l’image de l’Arménie, de l’Égypte, ou
de l’Ukraine… utilisent déjà (comme l’U.E.) en totalité ou en partie le référentiel
international. En France, les groupes non cotés peuvent aussi, au choix, opter pour les
normes ou conserver les règles françaises applicables aux comptes consolidés
(CRC99-02).

Calendrier de l'application
Le passage aux I.A.S. a été étalé dans le temps. Les entreprises françaises ont appliqué
progressivement ces normes financières, jusqu'en 2004, les publications financières se
sont faites uniquement en normes françaises, en 2005, la consolidation des comptes selon
les normes I.F.R.S. est optionnelle, en 2006, les entreprises doivent obligatoirement publier
leurs états financiers aux normes I.F.R.S., en 2007, le référentiel international est le
référentiel s'appliquant de plein droit.

Compte tenu de l'obligation de présenter un exercice comparatif dans le même référentiel


comptable, la date réelle de transition aux normes I.F.R.S. est le 1erjanvier 2004 qui
correspond au premier jour de l'exercice fourni à titre de comparaison.

Impacts des IFRS


Nombreux ont été les impacts des IFRS sur les entreprises. Ils varient surtout en fonction
du secteur d'activité. Les établissements de crédit ont été plus affectés par IAS 32 et IAS
39 que les autres entreprises par exemple. Au global, pourtant, les impacts ont été limités :
par exemple, ils n'ont modifié que de 1,5% les capitaux propres des entreprises du CAC 40
(étude FinHarmony sur le passage aux IFRS).

Impact de la juste valeur


La juste valeur (I.A.S. 32) est le montant pour lequel un actif pourrait être échangé, ou un
passif éteint, entre parties bien informées, consentantes, et agissant dans des conditions
de concurrence normale. Le principe de l’évaluation des actifs à leur juste valeur
représente un impact majeur pour les établissements de crédit mais aussi pour toutes les
entreprises qui ont des participations financières importantes. Plus que toutes les autres
normes, l'IAS 32 et 39 rompent avec l'esprit de la comptabilité française notamment.

Elle remet en question les principes comptables « de base » dans la mesure où elle
modifie certains concepts du formalisme comptable. La comptabilité « traditionnelle »
enregistre l'acquisition d'un bien (disons, un titre pour une valeur de mille euros) et ne
revient sur cette valeur dite « historique » qu'au moment de la cession de ce titre, moment
où l'on enregistre, au compte de résultat, une perte ou un gain. Le principe de la juste
valeur oblige, si l'on sait que ce titre ne vaut plus que 500 euros, à reconnaitre une perte
« potentielle » et de montrer aux investisseurs potentiels et aux actionnaires la
réalité économique du patrimoine de l’entreprise (« mon titre vaut 500 euros ») plutôt
qu’une réalité comptable (« j’ai acheté un titre 1000 euros »).

La valorisation à la juste valeur a un impact politique[réf. nécessaire]. La valorisation à la juste


valeur met en danger de la réglementation prudentielle sur laquelle est bâti le secteur
bancaire[réf. nécessaire], la légitimation de concept de valorisation issu de cabinets
privés[réf. nécessaire]. Elle entraine la modification du comportement des managers : autrefois,
en cas de perte de la valeur des titres possédés, le mieux (comptablement parlant) était
d’attendre un hypothétique rebond avant de revendre, pour ne pas faire état de pertes sur
titres. L'application de cette méthode a entraîné des critiques envers les normes
comptables, lors de la crise des subprimes, un journal spécialisé écrit : « le passage aux
normes comptables IFRS expose désormais les sociétés à une très forte volatilité aussi
bien de leur compte de bilan que de leur compte de résultat. »2.

L'impact de la juste valeur a été largement surestimé par les commentateurs voulant, en
réalité, s'opposer aux normes IFRS. Comme le dit la Banque de France dans son étude sur
le passage aux IFRS : « Si la juste valeur a pu être décrite dans la littérature comptable
comme la « pierre angulaire » des IFRS, elle n’a eu, en pratique, qu’un effet limité sur les
comptes des entreprises lors de ce premier exercice de transition. »3

De nombreux auteurs essaient de rétablir la réalité sur le mythe de la juste valeur, tel
Nicolas Véron dans son étude intitulée « La juste valeur est le mauvais bouc émissaire
pour cette crise » parue en 20084 ou le discours du président de l'IASB « Dissiper les
mythes au sujet des IFRS »5.

Impact sur les banques : modification des normes IAS 32 et


39[modifier | modifier le code]
Article détaillé : International Accounting Standard 39.

En septembre 2003, la Commission européenne a adopté les normes comptables


internationales, à l’exception des normes 32 et 39 sur les instruments financiers. Fin 2004,
elle adopte un règlement portant approbation partielle de la norme 39. Celle-ci est entrée
en vigueur le 1er janvier 2005, à l'exception – à titre temporaire – des parties concernant la
comptabilité de couverture et l'option juste valeur. Cette adoption est accueillie avec
satisfaction par les établissements de crédit car elle donne un délai supplémentaire pour
parvenir à une norme mieux adaptée à la réalité économique. En l’état, la norme 39 aurait
engendré une forte volatilité des capitaux propres et des résultats, notamment dans le
domaine de la banque de détail. En juin 2005, l'IASB publie l'amendement à la norme 39
pour la partie concernant l'option juste valeur. La norme IAS 39 entre alors en vigueur dans
les délais, mais elle est encore partielle, car la partie macro couverture est toujours en
discussion. Cette norme sera ensuite amendée à plusieurs reprises et notamment lors de
la crise financière en 2008 en ce qui concerne le reclassement des instruments
financiers. suivre l'avancement du dossier sur fbf.fr

À la suite des critiques formulées par de nombreuses parties prenantes à l'encontre de la


norme IAS 39, l'IASB a décidé de substituer cette dernière par une nouvelle norme : la
norme IFRS 9 "Instruments financiers" qui va petit à petit se substituer à de nombreuses
dispositions de la normes IAS 39. Le premier volet de cette norme, relatif aux actifs
financiers, fut publié le 12 novembre 2009 et devient applicable de manière anticipée dès
l'année 2009 (et deviendra obligatoire au 1erjanvier 2013). Ce premier volet se fonde sur
une nouvelle approche unique pour déterminer si un actif financier doit être évalué au coût
amorti ou à sa juste valeur : une approche basée sur la façon dont l’entité gère ses
instruments financiers (son modèle économique) et les caractéristiques contractuelles des
flux de trésorerie rattachés aux actifs financiers.

Ce premier volet de la norme IFRS 9 porte exclusivement sur la classification et


l’évaluation des actifs financiers (et à l’horizon 2010 des passifs financiers) et sera suivi
ultérieurement par la production des deux autres volets relatifs à la dépréciation
(« impairment » en anglais) des actifs financiers et à la comptabilité de couverture.

Impact informatique
À moins de quelques semaines de l'entrée en vigueur des normes IAS/IFRS, une
entreprise sur deux n'avait encore entamé aucun chantier. L'adoption de la norme SME
destinée aux PME s'effectuera à moyen et à long termes, sous l'impulsion des banques et
des donneurs d'ordre.

À cet effet, les adaptations du système d'information nécessitent la mise en œuvre


d’outils informatiques qui permettent l’extraction de données plus nombreuses et souvent
issues de bases de données disparates. Les flux comptables classiques ne comportent à
ce jour pas suffisamment d’informations pour satisfaire aux normes IFRS. L’acquisition de
ces outils devra se faire avec précaution pour garantir leur compatibilité avec les systèmes
existants et leur évolutivité à raison des normes comptables qui n’ont pas fini d’évoluer. Il
n’est pas exclu que l’audit de l’existant conduise les entreprises à remettre intégralement
en question leur système d’information et à en revoir l’architecture globale de manière à
privilégier un projet d’ensemble harmonisé.

La mise en œuvre de ce volet sécuritaire serait incomplète sans une définition ou


redéfinition précise des procédures d’accès aux applications, des plans de secours,
d’archivage et de protection des données personnelles (voir la fonction de CPD décrite
dans un précédent n° de RIE).

Sur le plan contractuel, la définition du référentiel de conformité, le respect des délais ou la


cohérence des adaptations issues de sources distinctes figureront parmi les
préoccupations récurrentes des entreprises. Ajoutons que le fait que tout ou partie
du système d'information soit placé en infogérance ne modifie pas leurs obligations.
Le contrat d’infogérance nécessitera dans ce cas un toilettage pour y intégrer une clause
d’audit adaptée ainsi qu’une définition précise des niveaux de sécurité et des procédures
de contrôle conformes aux nouveaux textes normatifs.

Les exigences d’une information financière sécurisée vont entraîner une réorganisation
importante des procédures internes des entreprises et le renforcement corrélatif de
la sécurité de leur système d’information. Pour celles qui font appel public à l’épargne et
qui sont installées dans un État membre de l’Union européenne, il s’agit d’ores et déjà
d’une priorité en raison du règlement européen imposant à compter du 1er janvier 2005, de
suivre le nouveau référentiel dans leurs comptes consolidés.

Convergence
La convergence des normes comptables, que la plupart des pays industrialisés appuient,
est avantageuse pour les entreprises cotées sur différentes bourses : elles ne doivent pas
avoir à produire plusieurs jeux d'états financiers et économisent ainsi d'importantes
sommes d'argent. Les investisseurs, pour leur part, peuvent mieux comparer et examiner
les données financières d'entreprises où qu'elles soient établies. Cette harmonisation
comptable internationale est un processus permettant de parvenir à un rapprochement de
fond de diverses normes comptables.

L'IASB et le FASB, dans le cadre de l'accord de Norwalk, conclu en octobre 2002


rapprochent ainsi leurs normes respectives, et contribuent à améliorer la cohérence, la
comparabilité et l'efficacité des marchés internationaux de capitaux6. Dans le cadre du
mémorandum publié en février 2006 découlant de la perspective du projet du cadre
conceptuel commun FASB-IASB, cette recherche de convergence s'est traduite par un
rapprochement des deux référentiels et ce réciproquement sur plusieurs sujets. Le FASB
s'aligne sur la position de l'IASB pour la suppression de la méthode du pooling of interest.
L'IASB s'aligne sur la position du FASB pour la suppression de l'amortissement
systématique du goodwill.

Cependant, l'expérience en cours de la convergence IASB/FASB montre que de


nombreuses années sont nécessaires pour assurer la convergence de deux référentiels
pourtant basés sur une même culture des affaires anglo-saxonne. Ceci est dû
essentiellement à l'existence d'une opposition entre une approche par les règles dans le
cas du FASB et une approche par les principes que suit l'IASB.

D'un côté, les International Financial Reporting Standards (IFRS), sont plutôt considérées
comme des normes européennes, bien que le processus de développement soit dominé
par des experts anglo-saxons. La culture comptable anglo-saxonne est surreprésentée au
sein du Board, il est ainsi difficile de reconnaître le caractère européen des normes IFRS.
C'est le cas aussi en ce qui concerne la répartition géographique des membres du Board.
De l'autre côté, les US Generally Accepted Accounting Principles (US GAAP) américaines
sont beaucoup plus orientées au cas par cas et laissent peu de marge décisionnelle aux
entreprises.

Les IFRS sont décrites comme fondées sur des principes, ce qui signifie qu'elles laissent
une grande marge de manœuvre aux entreprises en ce qui concerne l'évaluation des
données comptables. Les US GAAP sont décrites comme fondées sur des règles et ont
pour but de réglementer tous les aspects possibles de la présentation des comptes. Ces
normes exigent donc des informations très détaillées de la part des entreprises. Dans le
cadre de la convergence IASB FASB, l'harmonisation des IFRS et US GAAP est
actuellement à l'œuvre et des solutions communes ont été déjà trouvées. Cela n'empêche
pas la divergence de plusieurs points de vue, parmi les principaux aspects à résoudre on
évoque les instruments financiers et la présentation des performances.

Liste des IFRS


Au sens large donné par IAS 1, les IFRS comprennent :

 les normes au sens strict : les normes comptables


internationales, ou International Accounting
Standards (IAS), et les normes internationales
d'information financière (IFRS) proprement dites ;
 les interprétations officielles publiées par l'ancien comité
d'interprétation de l'IASC, en anglais Standing
Interpretations Committee (SIC), puis par le comité
d'interprétation des IFRS, en anglais International
Financial Reporting Interpretations Committee (IFRIC).
La préface et le cadre conceptuel sont directement liés à ces normes. Cependant, ils ne
font pas partie du processus d'adoption européen. D'autres documents publiés par l'IASB
ne font pas partie des IFRS :

 la norme internationale d’information financière pour les


petites et moyennes entités, dite IFRS pour les PME (en
anglais IFRS for SMEs) et publiée en 2009,
 la taxonomie IFRS qui codifie les concepts définis par les
normes dans le langage XBRL,
 le guide d'élaboration du rapport de gestion (en
anglais, the IFRS Practice Statement Management
Commentary) publié en 2010.
De 1975 à 2001, 41 normes IAS et 33 interprétations SIC ont été publiées. Lors du
changement de gouvernance et de statuts en 2001, les normes et interprétations ont
changé de dénomination : les IAS sont ensuite des IFRS et les interprétations SIC sont
ensuite des interprétations IFRIC. L'IASB a alors décidé que les normes IAS et les
interprétations SIC en vigueur continuaient à s’appliquer jusqu’à leur retrait.

Certaines normes IAS ont été supprimées depuis, mais beaucoup ont continué à être
profondément modifiées en gardant leur codification IAS. Au 1er janvier 2013, 28 normes
IAS et 12 normes IFRS sont applicables dans le monde (les premières versions d'IFRS 9
ont été publiées mais elles ne sont pas encore d'application obligatoire). Au fil des ans, de
nombreuses interprétations (SIC et IFRIC) sont remplacées par la révision ou la publication
de nouvelles normes IAS ou IFRS (généralement sans modifier les principes applicables).
Au 1er janvier 2013, 8 interprétations SIC et 17 interprétations IFRIC sont applicables.

Article détaillé : Liste des normes internationales d'information financière.

Panorama des IFRS et perspectives


Depuis plus de trente ans, avec la création de l’IASB (International Accounting Standards
Board), l’objectif d’un langage comptable universel a été poursuivi. Comme l’anglais
aujourd’hui dans les relations commerciales, les IFRS, associées aux normes IAS, sont en
passe de devenir le référentiel incontournable de la comptabilité des entreprises
mondiales. Actées en 2002 par règlement européen (1606/2002/CE), elles ont été mises
en application depuis le 1er janvier 2005 pour les sociétés faisant appel public à l’épargne
publiant des comptes consolidés et depuis le 1er janvier 2007 pour les sociétés ayant
seulement des titres cotés autres que des actions. Il visait à rétablir la confiance dans les
comptes en instaurant fiabilité, transparence et lisibilité. Il obéissait à un double objectif :
harmoniser les différentes législations nationales et les rapprocher du modèle américain :
US GAAP. Désormais, les normes IAS/IFRS ne se limitent plus à l’Europe et se diffusent
largement à travers le monde. Ainsi, de nombreux pays s’ajoutent à la liste des pays qui
ont adopté les normes IFRS ou qui envisagent de faire converger leurs normes vers le
référentiel international.

Adoption par l’Europe et la « transition » comptable


L’adoption du référentiel complet par l’Europe ne s’est pas fait sans heurt : on se rappellera
des difficultés d’adoption d’IAS 39 sur les instruments financiers que les banques
françaises refusaient en bloc, soutenues officiellement par Jacques Chirac, alors Président
de la République. Une fois le jeu de normes comptables arrêté, les entreprises cotées ont
dû effectuer l’opération de « transition » comptable de leur propre référentiel national, en
France le CRC 99-02, vers les IFRS afin de présenter leurs états financiers selon le
nouveau référentiel dès le 1er janvier 2005. Certaines entreprises européennes avaient
anticipé très en amont cette étape : celles cotées aux États-Unis, pour lesquelles les
divergences entre référentiel US et IFRS étaient faibles, ou encore celles qui avaient déjà
adoptés les IFRS localement car leur organe de contrôle de bourse le permettait. Pour les
autres, le processus a été plus difficile. D’une part, il a fallu s’approprier un référentiel où le
conceptuel est très présent, avec des préceptes parfois très divergents des anciennes
approches (par exemple, la comptabilisation des stock-options) ; d’autre part, il aura fallu
souvent effectuer des analyses complémentaires lourdes et contraignantes pour
déterminer certains retraitements (par exemple les évaluations actuarielles des retraites).
D’une manière générale, la mobilisation a été forte et n’a pas été exclusivement réservée
aux fonctions comptables et financières mais a amené le management, les directions
opérationnelles, techniques et juridiques à partager les informations financières exigées
par les normes. Le résultat fut positif puisque, dans l’ensemble, les états financiers IFRS
ont été de qualité dès 2005 pour l’ensemble des entreprises, même si toutes n’ont pas
vécu la transition de la même façon, les plus petits groupes ayant en effet rencontré plus
de difficultés. Disposant de moins de moyen, bien souvent sans assistance externe
d’experts pour l’analyse et l’évaluation IFRS des opérations les plus complexes, ils ont plus
« subi » l’application de normes que profité des opportunités qu’elles représentaient.

Difficulté d’application des principes


Les normes IFRS ne constituent pas des règles mais bien des principes. Ainsi, si la
maîtrise des principes est acquise, l’application peut être bien plus difficile et nécessiter
une formation. Si la transition pour les sociétés s’est déroulée de façon globalement
satisfaisante, de nombreuses difficultés subsistent. En effet, la complexité des normes et le
caractère parfois artificiel des résultats publiés mécontentent régulièrement les utilisateurs.
L’information financière n’est en effet pas toujours comprise en dehors du cercle des initiés.
La meilleure illustration étant le retraitement souvent systématique des chiffres IFRS afin
de les rendre exploitables pour les opérationnels, le management ou encore en externe
pour les fonds d’investissement. Par ailleurs, l’une des caractéristiques du référentiel est
son aspect ultra conceptuel, et notamment le principe de prééminence de la substance sur
la forme. Ces concepts, certes souvent pertinents en matière économique et financière, ne
précisent pas toujours de façon explicite le traitement à appliquer à tel ou tel contrat ou
opération spécifique. Il en résulte toujours certaines difficultés d’application. On peut citer,
parmi les principaux thèmes concernés, les problématiques IAS 39 (Instruments financiers)
de transfert des risques lors de la décomptabilisation des créances cédées dans le cadre
d’un contrat d’affacturage, de l'escompte de crédits documentaires7 ou bien encore le
traitement des décotes des Plans d’Epargne Entreprises. En cas de difficulté d’application
des normes, l’IASB peut être consulté via son organe dédié à l’interprétation des textes,
l’IFRIC.

Les normes IFRS et la crise financière


La crise financière qui a touché les économies mondiales à partir de 2008 a conduit à de
sévères attaques contre les normes IFRS notamment de la part du PDG d’AIG et de Dexia
ou encore d’AXA. Ces derniers estiment que l’application de la norme IFRS 7 sur
l’évaluation des actifs financiers à la juste valeur (fair-value) serait à l’origine des
importantes dépréciations constatées par les sociétés menacées de faillite. Selon Eric
Seyvos, associé chez Bellot Mullenbach & Associés dans un article d’Option Finance, « la
crise soulève de véritables questions. La combinaison des IFRS et des règles Bâle II pour
les organismes financiers conduisent à des anomalies. Les règles prudentielles des
banques sont basées sur des instruments de mesure, sans aucun filtre. Il en ressort un
effet procyclique dévastateur en temps de crise qui nécessite une réflexion pour restaurer
la cohérence des deux références8 ». Selon Philippe Danjou et Gilbert Gelard, membres de
l’IASB, ils estiment bien au contraire que l’application des normes IFRS a permis d’afficher
en toute transparence l’état et la nature de la crise. Ils ajoutent même que la méthodologie
de la juste valeur est certes le pire des systèmes si on exclut toutes les autres
méthodologies. Ils déclarent enfin que la crise de confiance qui affecte largement les
marchés financiers pourra être dépassée dès lors qu’on aura renforcé la transparence et
multiplié les révélations. Cependant, un véritable problème se pose sur des marchés moins
liquides c’est-à-dire où il y a peu de transactions. Afin de résoudre cette difficulté, le Board
de l’IASB a constitué un panel d’experts financiers entre mai et août 2008 afin de
déterminer les meilleurs critères afin de passer de la valeur du marché et les modèles
financiers. Un consensus est paru à cette occasion sur le site de l’IASB.

Convergence vers les IFRS : les pays émergents suivent le mouvement


Impliqué dans la transition aux IFRS de pays émergents et en voie de développement, le
cabinet Bellot Mullenbach & Associés et sa filiale BMA Conseil & Formation, ont réalisé
une étude statistique relative à l’application des normes IFRS dans ces pays. L’étude met
en évidence :

 L’important nombre de pays émergents qui ont ou vont


appliquer les principes IFRS et l’accélération du processus
entre 2008 et 2011
 Les modalités de transition choisies par nombre de ces
pays, qui diffèrent de nombreux pays européens comme la
France, qui avait fait le choix d’interdire les IFRS dans les
comptes sociaux et de faire converger très
progressivement le référentiel national vers les principes
des IFRS. Cette solution prudente a rendu incontournable
le débat sur un troisième référentiel (un quatrième si l’on
compte le CRC 99-02 pour les comptes consolidés en
France) : le référentiel « IFRS entités privées » appelé
couramment « IFRS PME ».
À l’inverse, les pays émergents profitent de la refonte de leur réglementation comptable
pour « aller plus loin » que certains pays développés, et adopter un plan comptable
national compatible avec les IFRS. À titre d’exemple, l’Algérie a adopté un plan comptable
très largement inspiré des IFRS : les grands principes et les principales notions sont
identiques aux IFRS, seules les normes les plus complexes et inadaptées à l’économie
locale ont été modifiées. Sur le panel de 27 pays émergents (selon les critères retenus par
le FMI pour recenser ces pays), BMA Conseil & Formation a identifié 17 pays, soit 63 % de
l’échantillon qui, à fin 2007, interdisaient le référentiel IFRS. Ils ne seront plus que trois
(11 %) en 2012 (sous réserve de décisions non encore officialisées) puisque 14 (52 %)
d’entre eux ont ou vont entamer un processus de convergence. Ils vont venir étoffer la liste
déjà significative des pays qui avaient déjà adopté le référentiel (10 pays à fin 2007, soit
37 %) avec des modalités d’application diverses (référentiel IFRS autorisé pour toutes les
sociétés, obligatoire pour les sociétés cotées uniquement…). Sur le panel de 128 pays
(critères FMI), le recensement est plus difficile (manque d’information, décisions en cours
mais non officialisées…). BMA a cependant recensé 69 pays (54 %) autorisant déjà le
référentiel IFRS. Sur ces 69 pays environ la moitié ont choisi d’autoriser ou de rendre
obligatoire les IFRS pour toutes les sociétés quelle que soit leur taille. Cette diffusion des
normes IFRS à travers le monde a même amené l’IASB à envisager l’élargissement du
board à de nouveaux continents en ajoutant un critère géographique aux critères de
sélection des membres. Le board devrait ainsi intégrer 16 membres supplémentaires dont
4 européens, 4 membres originaires du continent américain et 4 autres du continent
asiatique. Les quatre derniers membres pourraient être des représentants du continent
africain.

La place des IFRS sur l’échiquier mondial


La Chine a rendu obligatoire pour les entreprises cotées en Chine l’application du nouveau
système Chinois de Normes de Comptabilité depuis le 1er janvier 2007. Bien que des
différences subsistent entre ce nouveau système et les normes IFRS, la convergence vers
le référentiel international reste le principal objectif. L’Inde et la Malaisie envisagent la
convergence de leur système vers les IFRS ou leur adoption. Un référentiel commun entre
l’Europe et l’Asie semble être plausible à horizon 2011.

Il y a encore quelques années, nombreux étaient les sceptiques qui n’imaginaient pas les
IFRS s’imposer comme une alternative crédible aux US GAAP. Aujourd’hui les temps ont
bien changé et la domination sans partage des US GAAP sur les plus grandes
capitalisations n’est plus d’actualité (le gouvernement américain cherche de plus en plus à
harmoniser ses normes, les US GAAP avec les standards internationaux, ici les IFRS). Les
IFRS font aujourd’hui « jeu égal » au niveau du nombre d’utilisateurs parmi les grandes
entreprises au monde. Depuis l’Union européenne en 2005, plusieurs pays ont également
suivi comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud… et l’inversement des
tendances se confirme puisque d’autres encore ont annoncé leur décision d’adopter ou de
converger progressivement vers le référentiel IFRS. C’est le cas par exemple du Japon
(date prévue pour basculer en IFRS : 2011), du Canada (2011), le Brésil (à partir de 2010),
et bien d’autres suivront. Autre illustration de la marche en avant des IFRS : le 15
novembre 2007, la SEC (équivalent américain de l’AMF) a adopté à l’unanimité une règle
permettant aux émetteurs étrangers désirant lever des capitaux aux USA de conserver les
normes IFRS sans avoir à justifier les différences avec le référentiel américain : le
passeport IFRS est dorénavant valide aux USA. Selon une proposition du SEC d’août
2008, certaines entreprises américaines triées sur le volet qui répondraient à certaines
caractéristiques pourraient volontairement abandonner les normes US GAAP et appliquer
les normes IFRS dès 2009. Une position définitive de la SEC serait véritablement prise en
2011 et pourrait conduire à rendre obligatoire l’application du référentiel international d’ici
2014 pour les entreprises américaines cotées. Afin de permettre l’application des normes
IFRS en Europe, le référentiel est resté relativement stable depuis 2005 et devrait le rester
jusqu’en 2009. D’importantes modifications sont à prévoir entre 2009 et 2011 et vont
précéder un nouveau temps de stabilité afin de permettre la transition des nouveaux pays
adoptant le référentiel comptable international.

La création d’un référentiel pour les entreprises non cotées et de taille


modeste
Toutes les études récentes montrent que les différents acteurs du marché utilisant les IFRS
se disent plutôt satisfaits de la qualité du référentiel et considèrent les IFRS comme un
progrès. En revanche, un consensus se dégage sur le fait que les normes s’adaptent
difficilement aux sociétés non cotées et/ou de taille plus modeste. C’est pourquoi, l’IASB a
souhaité offrir un jeu de normes pouvant répondre aux PME qui ont des problématiques de
communications financières auprès de partenaires comme des investisseurs privés ou des
banquiers. On ne parle pas d’IFRS sur la déclaration fiscale ni pour les dirigeants
d’entreprises. Ce référentiel en cours d’élaboration appelé « référentiel IFRS entités
privées » communément appelés « IFRS PME » se veut plus court, plus simple et plus
adapté aux contraintes des PME tout en conservant ses impératifs de qualité. Cependant,
les sociétés privées et les commentateurs de ce référentiel souhaitent disposer des mêmes
options que dans le référentiel des IFRS classiques. C’est pourquoi la structure pourrait
être composée des normes dans le corps du référentiel et les options en annexes. Le
projet est encore en cours puisque la période de consultation et de test se termine à peine.
Le planning fixé permet d’envisager une publication pour le premier trimestre 2009. La
publication du texte n’entraînera pas pour autant une application obligatoire en France.
L’Europe a d’ores et déjà confirmé son intention de ne pas imposer l’application du
référentiel et de laisser les États membres décider comment utiliser cette nouvelle
possibilité offerte aux PME. Il est probable que la France fasse de même et permette aux
sociétés concernées, le périmètre restant également à définir, d’opter ou non pour les
IFRS. Cependant, certains pays ont adopté ce référentiel « entités privées » puisqu'en
Afrique du Sud toutes les entreprises y sont soumises. Le Danemark et le Royaume-Uni
pour les entreprises non cotées de taille moyenne et grande se sont, quant à eux, montrés
favorables à un référentiel « entités privées ». En France, l'intégration des normes IFRS
PME via une évolution du PCG82 est prévue à l'horizon du second semestre 2013.

Les perspectives d’évolution du référentiel


Une dizaine de sujets nécessite une amélioration ou une actualisation dans la mesure où
certaines normes actuelles s'avèrent anciennes ou incomplètes. L’IASB travaille en
collaboration avec ses homologues américains au remplacement des normes actuelles à
partir du 1er janvier 2009 :

 Les instruments financiers : de l'avis unanime des


utilisateurs, les normes IAS 32 et 39 sont trop complexes.
À ce sujet, suivant les conseils et recommandations des
parties prenantes, l’IASB a publié, le 12 novembre 2009 le
premier volet de la norme IFRS 9 « Instruments
financiers », norme qui vise à remplacer la norme IAS 39
« Instruments financiers : comptabilisation et évaluation ».
Il est important de noter que la norme IFRS9 retient une
approche nouvelle pour le classement et la
comptabilisation des instruments financiers par rapport à
la méthodologie de la norme IAS 39. IFRS 9 retient en
effet une approche unique pour déterminer si un actif
financier doit être évalué au coût amorti où la juste valeur :
une approche basée sur la façon dont l’entité gère ses
instruments financiers (son modèle économique) et les
caractéristiques contractuelles des flux de trésorerie
rattachés aux actifs financiers9.
 La présentation des états financiers : l’IASB s'interroge sur
les besoins des utilisateurs en matière d’informations
financières. Ses travaux consistent à déterminer les
éléments devant ressortir en lecture directe des comptes
et ceux devant figurer en annexe. La présentation de
l'ensemble - bilan, compte de résultat, tableau de flux de
trésorerie et tableau de variation des capitaux propres -
pourrait changer pour une meilleure lecture et
compréhension. Par exemple, la lecture transversale des
trois supports - bilan, compte de résultat et tableau des
flux de trésorerie- devrait faciliter la compréhension de
toutes les incidences d'opérations de financement.
 La distinction entre capitaux propres et dettes :
aujourd’hui, la frontière entre les capitaux propres et la
dette n’est pas toujours nette. L’objectif de l'IASB est de
déterminer un mode rigoureux de distinction entre capitaux
propres et dettes, afin de ne pas s'interroger à chaque
création de nouvel instrument.
 La reconnaissance des revenus : IAS 18 est une norme
courte qui nécessite un approfondissement. L'IASB
souhaite préciser en particulier les règles de
comptabilisation, dans le cas de transactions à
composantes multiples.
 La consolidation : les règles de consolidation sont à revoir,
en particulier les critères pour consolider ou non une entité
particulière (ad hoc).
D’autres thèmes sont à l’étude : comptabilisation des avantages post retraite, pensions et
avantages assimilés (norme IAS 19), les contrats de location (IAS 17), … Ainsi, les
émetteurs et utilisateurs de comptes en IFRS doivent se maintenir en veille permanente et
s’organiser pour absorber la déferlante de nouvelles normes et interprétations à horizon
2009.

On attend également avec impatience que la logique des IFRS s'adapte finalement aux
enjeux du développement durable, et conduise les entreprises à publier des données
beaucoup plus détaillées dans les domaines sociaux et environnementaux. C'est une
question d'orientation des normes, mais aussi de gouvernance de l'IASB qui devrait tenir
compte de l'avis des différentes parties prenantes, et changer son orientation
« investisseurs » en considérant que ces derniers négligent les aspects durables alors
même que la bonne gestion du « capital humain » et du « capital naturel » sont des enjeux
vitaux pour le développement économique et la planète. Pour Colasse (2011), il n'est par
exemple pas neutre de laisser les éléments financiers de "capital humain" en compte de
résultat. Une mise en actif conduirait "certainement" à une autre logique de gestion -
proposition restant à tester. Cependant, un contre-argument à une telle proposition
résiderait tout simplement dans la capacité des marchés - qui reste à tester empiriquement
- à percevoir fort pertinemment les effets à court terme d'une mauvaise gestion, autrement
dit non ou insuffisamment responsable. En conséquence, les estimations de flux de
trésorerie à court terme resteraient parfaitement transformables et valides, notamment
avec l'intégration de critères dits ESG (environnement, social, gouvernance). En somme,
les IFRS n'apportent qu'une partie de l'information nécessaire aux investisseurs, un point
fondamental à méditer.

Critiques
La juste valeur
Les actionnaires privilégiés
L’évaluation des actifs de l’entreprise à la juste valeur fournit la valeur marchande de
l’entreprise au moment présent. Évaluer les actifs à leur valeur marchande est un choix qui
correspond aux intérêts des actionnaires10,11, investisseurs professionnels. Ceux-ci
recherchent les profits non pas sous forme des dividendes mais à travers les transactions
boursières elles-mêmes12. Ils veulent pouvoir acheter et vendre leurs actions en fonction
des fluctuations des cours boursiers13. Ces actionnaires n’ont pas d’intérêt particulier dans
la pérennité de l’entreprise14.

Les parties prenantes


Bernard Colasse souligne que l’information financière est destinée principalement aux
investisseurs et aux créanciers. Elle ne satisfait pas les besoins des autres parties
prenantes15. Le court termisme imposé par la gestion actionnariale ne correspond à l’intérêt
ni de l’entreprise ni des parties prenantes. Les parties prenantes, salariés, fournisseurs,
sous-traitants, clients ont intérêt à la pérennité de l’entreprise. Ce n’est pas le cas d’une
partie des actionnaires. Ceux-ci s’opposent à l’introduction d’une pilule anti OPA qui
éviterait des restructurations ou un démantèlement en cas de cession de l’entreprise16. Les
décisions court-termistes se prennent au détriment parfois de l’emploi, de l’investissement
et du moyen ou long terme17.

Une vulnérabilité accrue


Les provisions pour risques étant quasiment interdites les entreprises ne disposent plus
d’aucune réserve pour amoindrir la volatilité ou faire face aux retournements de
conjoncture18. Il en résulte une fragilité pour elles et un effet procyclique au niveau
macroéconomique19.

Les principes plutôt que les règles


Les normes IFRS basées sur des principes et non sur des règles laissent une importante
marge de manœuvre aux entreprises pour comptabiliser certains engagements. La
comparaison entre entreprises d’un même secteur, voire d’une année sur l’autre pour la
même entreprise, devient incertaine20. Enron a utilisé cette marge concernant les
engagements pour réaliser des opérations comptables frauduleuses et présenter
abusivement d’énormes profits21.

Une légitimité contestée


Les institutions qui déterminent les règles de l’IFRS ne sont ni mandatées ni contrôlées
démocratiquement. Leur légitimité est alors régulièrement contestée22. L’IASB qui édicte les
règles est une fondation privée où siègent les grands cabinets d’audit et les grands
établissements financiers de la planète. Le Comité de Bâle qui émet des avis sur ces
règles financières est composé essentiellement de représentants de banques
centrales23 souvent hors contrôle démocratique.

Notes↑ Ne serait-ce que parce que l’IASB fixe des règles très générales valables pour tout le monde
mais que l’application concrète dans un secteur d’activité doit donner lieu à une interprétation.

Références]
1. ↑ Capron M (2006) Les normes comptables internationales,
instruments du capitalisme financier. Banques: éthique et
responsabilité sociale: Pierre Bourdieu et la science-fiction-Droit
du vivant: l'avis de Florence Bellivier/Regards croisés sur les
sciences sociales, 115.
2. ↑ Sylvain de Boissieu et Yann Morell y Alcover, « Les banques
en pertes de valeur », Investir, 9 février2008 ,page 30
3. ↑ [PDF] Sylvie Marchal, Mariam Boukari et Jean-Luc
Cayssials, « L’impact des normes IFRS sur les données
comptables des groupes français cotés » [archive], Bulletin de
la Banque de France, n° 163, sur banque-france.fr, juillet
2007 (consulté le16 décembre 2013), p. 27

4. ↑ [PDF] (en) Nicolas Véron, « Fair value accounting is the


wrong scapegoat for this crisis » [archive], Bruegel,
sur bruegel.org, 29 mai2008 (consulté le16 décembre 2013)

5. ↑ [PDF] (en) Hans Hoogervorst, « Dispelling myths about


IFRS: Introductory remarks » [archive], 2012 (consulté le 16
décembre 2013)

6. ↑ Rapport d'information relatif aux enjeux des nouvelles normes


comptables [archive] Assemblée Nationale, 10 mars 2009
7. ↑ Dominique et Etienne Doise, « Un moyen de financement du
besoin en fonds de roulement : l’escompte « sans recours » de
crédit documentaire et son traitement au regard des normes
IFRS », Journal des Sociétés, janvier 2009, n°61, p.72s
8. ↑ La crise signe-t-elle la fin de la juste valeur ? Eric Seyvos,
Associé BMA, << Option Finance n°998 >>
9. ↑ Publication de la version définitive d'IFRS 9 "Instruments
financiers" (phase
1) , http://www.focusifrs.com/menu_gauche/actualites_phare/ia
sb/publication_de_la_version_definitive_d_ifrs_9_instruments_fi
nanciers_phase_1 [archive]
10. ↑ Le Monde du 6 décembre 2005
11. ↑ Sous la direction de Michel Capron, Les normes comptables
internationales, instruments du capitalisme financier, La
Découverte, 2005
12. ↑ André Orléan, L’empire de la valeur, Seuil, 2011, p. 268
13. ↑ Aglietta et Rebérioux, Dérives du capitalisme financier, Albin
Michel, 2004. Cité par Partage, novembre 2004, p.22
14. ↑ Alternatives économiques, mars 2005, p. 76
15. ↑ Le Monde du 5 décembre 2006
16. ↑ Aglietta et Berrebi, Désordres dans le capitalisme mondia,
Odile Jacob, 2007, p. 36 et 37
17. ↑ Le Monde du 31 octobre 2003
18. ↑ Le Monde du 3 juin 2003
19. ↑ Le Monde du 23 février 2004
20. ↑ Le Monde du 4 novembre 2004
21. ↑ Akerlof et Shiller, Les esprits animaux, Pearson, 2009, p. 49
et 50
22. ↑ Le Monde du 19 février 2004
23. ↑ Le Monde du 1er septembre 2009

Bibliographie
B. Colasse, La crise de la normalisation comptable internationale, une crise intellectuelle,
Revue Comptabilité-Contrôle-Audit, Tome 17, Avril, 2011, p. 157-174.
 Dossier, les normes IFRS : premier bilan avec les
contributions de W. Nahum, J-L. Mullenbach, P-J. Gaudel,
N. Klapisz, F.Gintrac, S. Bonnet Bernard, F. Chevalier, E.
Seyvos et E. Doise, Journal des Sociétés, no 50, Janvier
2008,
 Bruno Bachy, Analyse financière des comptes consolidés,
Normes IAS/IFRS, Dunod, 2005.
 Pascal Barneto, Normes IAS/IFRS, Application aux états
financiers, Dunod, 2005
 J.-F. Casta, B. Colasse, Juste valeur/Enjeux économiques
et politiques, Ed. Economica, 2005.
 (en) Frederick D.S. Choi, Ann C. Frost, Gary K.
Meek, International accounting, International edition, 1999.
 Élie Cohen, Le Nouvel Âge du capitalisme, Fayard, 2005.
 Sophie Dumas, La réforme comptable de l’IAS 39 et ses
impacts sur les comptes consolidés de groupes européens
cotés, Bibliotique, 2003.
 Ernst & Whinney, L’Impact de la septième directive : la
consolidation des comptes en Europe, ETP, 1985.
 Gérard Hautefeuille, Spécificités Banques, ouvrages IFRS
2005, Ed. Francis Lefebre, 2004.
 IASB, IAS 39 Financial Instruments: recognition and
measurement, IASB, 2003.
 IASC, International Accounting Standards Explained,
Wiley, 2000.
 Michel Lebas, Alfred Fontenilles, Glossary of Accounting,
Armand Collin, 1985.
 (en) J. Le Vourc'h-Meouchy, H. Van Greuning, M.
Koen, International Accounting Standards a practical
guide, The World Bank, 2003.
 Catherine Maillet, Anne Le Manh, Les normes comptables
internationales IAS/IFRS, Foucher, 2004.
 Muriel Nahmias, L’Essentiel des normes IAS/IFRS, Ed.
D’Organisation, 2004.
 Amélie Ober, IFRS Instruments financiers, Editea, 2005
 Robert Obert, Pratiques des normes IAS/IFRS, Dunod,
2003.
 Michael Power, La Société de l’audit, La Découverte, 2005
 PricewaterhouseCoopers, IFRS 2005, Divergences
France/IFRS, Francis Lefebvre, 2005.
 Nicole Rueff, Normes IAS/IFRS. Que faut-il faire ?
Comment s’y prendre ?, Éditions d’Organisation, 2005.
 Laurent Bailly, Comprendre les IFRS - Guide pratique des
différences à connaître entre les normes IFRS et la
comptabilité française - 3e édition, Éditions Maxima, 2007.

Articles connexes
 IPSAS, les international financial reporting standards pour
le secteur public.
 Gouvernance d'entreprise
 Reporting financier aux États-Unis
 Stock-option
 Fonds de pension
 Produit dérivé
 Financiarisation
Liens externes
(en) Site officiel de l'IASB
 (en) Site officiel de l'IASB en anglais, liste des
TRADUCTIONS DES IFRS, Français inclus
 (fr) Site Conseil supérieur de l'OEC / CNCC ]
 (fr) L'impact des normes IAS/IFRS pour les banques
françaises, sur le site de la FBF
 (fr) Règlement (CE) no 1725/2003 de la Commission,
du 29 septembre 2003, portant adoption de certaines
normes comptables internationales conformément au
Règlement (CE) no 1606/2002 du Parlement européen et
du Conseil
 (fr) Commission européenne Normes comptables
internationales (IAS)
Comptabilité générale
Actif · Bénéfice · Caisse · Capitaux propres · Capitaux permanents · Charge · Chiffre d'affaires · Compte ·
Concepts de base fiscal · Exploitation · Immobilisation · Imputation · Lettrage · Logiciel de comptabilité · Partie double ·
net · Ristourne · Stock
Principes comptables Consolidation · IFRS · IASB · Image fidèle · Plan comptable
Documents
Annexes · Balance · Bilan · Brouillard comptable · État de rapprochement · Facture · Compte de résultat ·
comptables
Évaluation
Actif net comptable · BFR · CAF · FDR · Situation nette · SIG · Trésorerie
d'entreprise
Amortissement · Cession d'immobilisation · Charge à payer · Charge constatée d'avance · Charges de perso
Opérations diverses
retraite ·ICNE · Inventaire · Produits constatés d'avance · Provision · Risque de change

 Portail de la finance

 Portail du management
Catégories :
 Principe comptable
 Finance d'entreprise
 Norme