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PROJECTION,
DIVISE EN DEUX LETTRES.
Analyfe tirée de l'Ecriture Sainte.
Moiens pour parvenir à la Poudre

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AUX PHILosoPHEs
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A\va. Ev)"*"
les enfans de l'art ont récherché
de tout tems & pour lequel pluſieurs Riches
fe font fouvent épuiſés ; leur ambition les
aiant pouſé à vouloir monterfur un Thrône
dont ils ont été précipités. *

Chacun fe flatte dans fon fentiment on


croit veritablement entendre ce que les Mai
tres nous ont enfeigné; leurs Livres font aux
uns une Apocalypſe, &- aux autres une lu
miere qui les éclaire &- qu’ils ont toujours
gardé ſous leur boiſeau fans vouloir que
les Philoſophes en profitent. Combien d'hô
nêtes gensen auroient été joyeux ? peut-être en
auroient ils abuſé; &-voilà pourquoi la Di
vine Providente a permis que ce Probleme a
A 2 -gitá
gité dans tous les fideles ait resté ſ long-tems
fans ître dévelopé, faileu tous les Auteurs
qui ont traité cette matiere, j'ai cherché le
Jens Allegorique, Anagogique, Miſtique ,
ề- jamais le #, puiſqu'il ny att róitplus
3

d'obſcurité, f elle étoit revelée. Om eroit être


dans le vrai centier, j'en ai connu dans plu
feurs Roiaumes qui le temoient, les uns juf
ues à la moitié, les autres un peu plus loin ;
3- qui trouvoient des obſtacles invincibles
dont ils n’ont på venir à bout. Heureux ,
qui après avoir long-tems travaillé, parvien
dra à la fin qu'il s'étoit propoffe, plus heu
reux encore, celui qui profitera des devoirs at
tachés à la vraie Philoſophie.
Hæc fufficiant intelligenti pauca.
Tant convaincu du premier principe de l'uni
E que ſubſtance, dont tous les êtres font formez,
par les differens dégrez des quatre qualitez acci
dentelles ; je vous ferai feulement remarquer comme
elles en derivent, en vous expliquant ce que Moyſe
nous en dit, fous une belle ſimilitude Geneſ. Cap. 2.
verf. Io. où il eſt marqué ; Ilfortoit de la Terre un fleu
ve qui aroſoit le Paradis,qui de làſe diviſe en quatre Canaux.
Le premier fi nommé Phyſon, e}» c’eſt celut qui coule tout
autour de la Terre d'Hevila, où il vient de l'Or, e}» l'Or
de cette Terre ef excellent, là auflife trouve Bdellion Ø» la
pierre Donix.
Le ſecond fleuve efi Gehon qui entoure toute la Terre d'E
thiopie.
Le troiſième efi Tigres qui va vers Affrie.
Et le quatrieme eſt l'Euphrate.
A 3 Le
(6) |- -

Le fleuve qui fortoit de ce lieu de Volupté, eſt l'u


nique principe. Il aroſoit le Jardin, qui nous repre
fente le Monde, & ce qui étoit dans le Jardin, tous
les êtres. -

Le fleuve fe ſeparoit en quatre Chefs, qui font les


quatre qualitez contenües dans l’unique principe, com
me le quatre Chefs l’étoient dans le fleuve, dont ils
dérivoient, & de même qu'ils n’étoient que fleuves
accidentellement, aufli les qualitez ne font qu'acciº
dentelles.
Les differentes matrices où croiffentles métaux par
faits nous font auffi repreſentez par la fituation diffe
rente des lieux que fes branches de fleuve environ
noient, comme on peut voir par ces mots. Le premier
eft nommé Phyſon qui environne la Terre d'Hevilath, là
oú croit l'Or e&c. Il eftfeulement fait mention du Mê
tail le plus parfait, qui nous doit faire entendre les
moins parfaits, par les difpofitions & fituations diffe
rentes des Terres où les Mêtaux croiſſent par le même
principe, puiſque les quatre Chefs des fleuves venoient
de la même fource, lefquels non ſeulement contri
buoient à la produćtion des Mêtaux, mais aufli des
Plantes & des autres êtres, par leur humide dans les
Terres qu'ils parcouroient; c’eſt une remarque M.
que je vous prie de faire pour vous détromper desfaux
principes des Ecrivains non Philoſophes, qui bornent
leurs penſées à dire: In Auro invenitur Semen Auri in
Ar
mwm

. ( 7)
-

Argento Argenti e&c: Quc ảnio eft la femence de


- |

l'Or dans l’Ärgent celle de l'Argent &c. Niant après


celà que lafemence des Métaux ne fcut fc troux cr dcas
aucun autre ſujet. - |

Opinion déteſtable & érronée comme je veux vous


fairc voir par raiſonnement en attendant quc vous l'a
prenicz par experience. -

Je foutiens que dans les Métaux il n’y a point de fe


mence feminalle lors qu’ils ont receu la forme mêtalli
que, parceque les Mêtaux, ne font qu’un humide
condenfé de la circonference au Centre de la Terre;
au lieu que tous les êtres qui ont la vertu feminale
pour être mis en aćte, font formez de l'humide pre
mier principe du Centre à la circonference, laquelle
femence produit & multiplie fon eſpéce par corruption
de laquelle fe forme un Germe qui croit & augmente
par adition du principe humide, mais d'une ſcule fc
mence , tous les Mêtaux font formés differemment
feulement par la differente diſpoſition des Matrices fans
vertu feminale. -

Etje dis que dansla deftrućtion de la forme métalli


que,ilne fe trouve qu’un humide incorruptible, & par
confequent qui n'eſt point feminal,parcequ'il n'a point
de Germe vegetatif, ni qui puiſſe prendre croiſſance,
ainfi il eſt mieux de dire in Auro non effemen Auri esc.
que dans l'Or il n'y a point de femence d'Or, ni dans
l'Argent non plus, mais qu'il eſt très certain que :
- JIl1C1C
( 8)
mide dont l’Or & l’Argent fans compoſèz, fe trouve
dans l’un & dans l'autre, non pas, comme lemence
qui puifle multiplier fon eſpécc. En voici la raiſon.
C'eſt que toute lemence doit produire un Germe
par corruption, le Germe croit par adition d'humi
de qui s'incorpore dans le Germe du commencement,
& le Germe ic dilate dans l'adition de l'humide qui
s'augmente petit à petit par ſucceſſion du tems, juf
qu'à ce que le Germe & adition germée , aiant receu
la forme parfaite que la femence contenoiten puiſian
ce avant fa corruption pendant laquelle cette puiſſan
ce a Paflé dans un nouveau compoſé du Germe où elle
s'eſt fortifiée, s'étant dilaté dans le Germe par adi
tion des quatre qualitez furvenües avec l'humide aug
mentatif, fon principe multiplie cette puiſlance juf
qu’à ce : ait receu la forme parfaite à laquelle elle
étoit deſtinée dans la femence, dont les accidents l’ont
fait fortir par le mouvement, de forte que cette puiſ
fance feminalle, aiant une fois agi pour aquerir fa
forme parfaite, le pert dans la perfećtion de fa forme,
à moins que le principe humide ne donne une nouvelle
femence au compoſé, dans laquelle le compoſé eft
contenu en puiſlance, fans que cette femence foit de
l'effence du compoſé, ce qui ne fe trouve point dans
les Mêtaux, puiſqu’on ne peut rien ſeparer d'eux fans
détruire leur forme parfaite & leur compoſé.
Difons plůtôt M. que l'Or eſt dans fa femence
&
(9)
& l'Argent dans la fienne, & ainfi des autres Mê
taux. Les Livres font des trompeurs qui donnent le
change, marquant l’éfét pour la cauſe, & la caule
pour l’éfét: faiſant chercherla matiere dans la forme,
& cependant la forme eſt contenu dans la matiere.
Vous auriez raifon M. . . . de dire que les Philo
fophes n’ont pas écrit la verité, ainfi je veux vous
prouver l’erreur qui eft dans leurs écrits quand ils di
fent impunement que la femence des Métaux ne peut
fe trouver que dans les Métaux, & non dans les autres
fujets; & moi au contraire je leur prouverai par rai
fonnement folide & par experience que cette femence
Métallique fe trouve dans les autres fujets & non pas
dans les Mêtaux. -

Les Philoſophesne peuvent pas difconvenir que la


femence des Métaux ne provienne de l'humide premier
principe ſubſtantiel qui la forme dans la Terre, hu
mide qui lui fert de ſujet & de Matrice par laquelle cet
humide principe eſt receuavec lesinfluences des Aftres
qui lui donne le nom d'eſprit univerſel qui fait germer
& produire touteschofes de differente formeſelon qu’il
eſt receu differemment par la differente difpofition des
ſujets fur leſquels cet eſprit univerſel premier principe
inflüc, portant avec foi les quatre qualitez accidentel-
les, qui doivent agir naturellement dans le Germe fe
minal tant Métallique vegetatif que fenfitif des êtres
de la nature, où tout cft compoſé d'humide ſubſtan
ticl premier principe. B Ce
( 1o)
Ce qui nous fait voir que les formes ne provien
nent auffi que de cet humide par les differentes diſpo.
fitions des Matrices ou ſujets dans leſquels les quatre
qualitez du premier principe agiflent plus ou moins ac
cidentellement, ce que ſeul faitla difference des êtres
dont la ſubſtance derive de l’unique principe.
D’où je conclus que toutes les femences font hu
mides faites d'un même principe fubſtantiel & quelles
ne font determinées à differens Germes que par les dif
ferentes difpofitions des Matrices de differens ſujets
ou les qualitez accidentellesagiffent differemment pour
donner de differentes formes, ainſi il ne faut que dif:
poſer un fujet de la maniere qu’eſt diſpoſee la Terre où
fe forme la femence Métallique par le principe humi.
de, & que ce fujet reçoive les mêmes influences que
cette Terre, dans lequel les quatre qualitez agiflent
la même chofe, & l’on trouvera la femence Métalli
que dans ce ſujet, de même qu'elle eſt formée naturel
lement dans la Terre. Mais M. ce n’eſt pas la femence
Métallique que les Enfans de la Science doivent cher.
cher dans l'art Philoſophique leurs foins & leurs tras
vaux font pour quelque chole de plus parfait que la na
ture des Métaux les plus parfaits, puiſqu’un peu de
Poudre parfaite doit perfectioner les Métaux impar
faits que les accidens ont privé de la perfećtion Métal.
lique parce que les quatre qualitez de la fubſtance pre
micr Principe n'ont pas agi parfaitement.
Je
v II

Je ne fçaiM. fi vous :::: ::::: dans les Livres des


Philoſophes la verité que je vous dis fans Embleme &
fans Enigme, me failant un devoir de vous parler à
coeur ouvert, en attendant que vous puiffiez parve
nir à l'execution d’un ouvrage fi curieux , fachant
que vous étes né pour la Science & pour les grandes
choſes. . .
La connoiſſance de la nature eſt la plus excellente,
il n’y a que les veritables Enfans d'Hermes qui la pof.
fedent. Vous ferez M. un defes plus Illuftres, vôtre
fublime genie penetrant facilement tous les points dif
ficiles des Operations Momentanées, ou les Bâtards
Hermetiques, ne peuvent parvenir. Ce qui a fait dire
à pluſieurs que la chofe étoit impoſſible, ríonobſtant
qu’ils fuffent dans le bon chemin; le nombre en eft
fort petit à proportion de celui de ces difeurs de grands
mots qui foutiennent la chofe fur de faux principes,
ne difant la verité que lorſqu’ils affeurent que l'art doit
imiter la nature , & au lieu de l’imiter ils la détruiſent
par leurs compoſitions oppoſées à la nature quand mê
me elles feroient bonnes. Leur maniere de travailler
les rendroit inutiles & les empécheroit d'operer, par
cequ’ils courent après ce dont il n'eſt pas beſoin fans
fe foucier du neceffaire qui confifte uniquement dans
la matiere denuée de fa premiere forme pour lui en
donner une plus parfaite, renfermant en foi toutes les
qualités du premier principe ſubſtantiel au plus
2.
: C
----------------
-

(I2.
degré dela perfection & de tous les étres des compo
fez, il n'y a quela Poudre de Projećtion qui les poſle
de parfaitement. -

Cette matiere doit avoir une confiftence pour rece


voir la perfection de la qualité de la ſubſtance dans la
quelle elles doivent s'incorporer, il faut aufli que
cette matiere aie la vertu de les retenir & conferver à
meſure quelles influent. Ce qui ne peut fe faire qu'au
tant que la matiere participe de la ſubſtance du pre
mier principe & par confequent defes qualitez.
Le premier principe ſubitantiel eſt humide, fec,
chaud, froid, ſubſtantiellement, la matiere auffidoit
l'être par nature à un certain point, ce qui fait la fim
patie de l'aſcendant & deſcendant d'autant queles qua
litez de la matiere inalterée dans le denûment de fa
premiere forme montent à fa fuperficie pour reçevoir
celles que le principe ſubſtantiel leurs inflüe juſqu'au
Centre, leſquelles qualitez ſe confondent enfemble,
& reſtant d ns cette matiere qui les contient par natu
re, parccoļue celles de la matiere font comme la fe
mence feminale qui croit par adition des nouvelles
qui viennent ſe joindre, & par le mouvement de leur
incorporation fe forme un Germe croiſsitif des quali
tez qui fc multiplie juſqu'à la derniere perfećtion.
Cette matiere eſt capable de recevoir, dont le compoſé
devient avec le tems tout Germe parfait qui commu
nique parfaitement la perfection aux formes imparfai
UCS
- (13) *« ·

tes avec leſquelles on les : Voilà ce qui s'apelle ,


la Poudre de Projećtion. - -

Cette matiere M. eſt moins Heterogene dans les


fimples que dans tous les autres êtres parceque l'humi
de principe ſubſtantiel & fes qualités y font plus abon
damment, & d’une maniere plus pure & plus parfai.
te, & il eſt très facile de leur faire prendre leur pre
miere forme fans alterer leur matiere qui doit inceſlam
ment conferver fes qualités fans être alteré elle même.
L'experience m’a fait conôitre la verité telle queje vous
l’expoſe, je puis vous afleurer qu’il n’eſt point neceſ:
faire pour faire la Poudre de Projećtion ni de fel, ni
de ſouffre, ni de mercure, tel qu’on nous le décrit,
qui ne font que des noms qu’on a donné aux qualitez
de la fubſtance du premier principe.
Le fel nous repreſentantle fec, le fouffre, le chaud,
& le mercurele froid & l'humide de l’unique ſubſtan
ce des êtres, ce qui fe trouve à un degré éminent dans
les fimples, tant dans leur forme, que quand on la
leur a fait perdre par une douce diſtillation qui fepare
l'humide du fec, fans que les eſprits s'évaporent. Il
faut conferver l'un & l'autre bien prétieufement pour
les incorporer à propos quand il eſt neceffaire, &
augmentant le fec au fec & l’humide à l’humide dans
le compoſé que l’on en fait, afin qu’ils fimpatiſent
mieux avec les qualitez du principe ſubſtantiel dont
l’un & l’autre font derivées dans leur production.
. . . -- B 3 Voi
(14)
Voilà tout le Miſtere: Je vas vous aprendre auffice
qui nous eſt décrit dans la Geneſe depuis le commen
cement juſqu'à la fin de l'ouvrage, ce que vous n'au
riez jamais crû ; mais j'eſpere dans la fuite d'avoir le
plaifir & l'honneur de vous en convaincre.
Avant de vous déveloper l’obſcur & les ſecrets les
plus cachez, je vous dirai que dés ma tendre jeuneffe
quoi que j'aie eû beaucoup de malheurs & pourſuivi
de la mauvaiſe fortune, j'ai toujours été curieux de
fçavoir, comment ſe pouvoit faire la conſtrućtion de
tout ce que je voiois, fans ſonger à la Poudre de Pro
jećtion, dont je n’ai entendu parler que depuis quel
ques années comme de l'être le plus parfait, de la na
ture, l'emportant même fur la nature, & pour en
aprendre le compoſé ; j’ai lû les plus celebres Au
theurs qui croient fauffement écrire la verité de ce qu'u
ne foible experience leur a apris, foit par revelation
ou par le moien d'un ami ou d'un avanturier. Si l’on
veut croire leur dire, il faut être à un degré de la plus
haute fainteté pour faire cet ouvrage prétieux que ne
doit être deftiné qu’à des oeuvres faints.
Leurs premieres paroles font veritables & les dernie
res juftes, mais les autres font fauffes. Je conviens a
vec eux qu’on ne peut fçavoir la chofe que par revela
tion de Dieu, ou par un Ami, & n'en faire ufage que
pour de bonnes oeuvres ; mais qu'en la faifant l’on ſoit
faint, je le nic formelement parceque je me flaterois
- de
( 15 ) -

de parvenir à ce fecret, n'aiant d'autre fainteté que le


fouvenir d’une vie paflée & libertine, aiant été élevé
richement & dans les honneurs. J’ai commencé avec
un morceau de toille taillé à mon col en petit collet en
fuite ne prenant pas degoût à cet état a ſuccedé l’envie
de fçavoir l'Analyſe des ſimples, des mixtes du corps
humain, & dans tous les dégrez par où j'ai paftë, je
n'ai pû encore parvenir à celui de la Sanćtification, &
fi je n'ai rien épargné pour tout aprendre.
Joſe vous dire M. que fi l'experience ne leura apris
que la verité qu’ils ont écrit c’eſt une verité bien fauffe,
puis qu’ils conviennent que l’art doit imiter la nature,
& cependant la nature eſt détruite par l'art, la lećture
de tels livres m’a apris l’un & l’experience l'autre.
Cependant étant convaincu de la poſſibilité fãns
fçavoir les principes de cet être accidentel inconnu, je
me fuis ataché à découvrir les principes de tous les au
tres êtres viſibles contenus dans l’Ecriture Sainte rem
plie d'Enigmes & de Paraboles Miſterieuſes, où les ve
ritez des plus grands Mifteres y font renfermées. Et a
près une longue étude le hazard & l’état où mes Parens
m’ont réduit, m’ont fait conôitre dans mes volages un
homme Miſterieux, avec lequel je me fuis entretenu
des Saints Miſteres, qui dans la fuite m’a fait voir la
réalité de la Poudre de Projećtion, & m'a voulu apren
dre les operations fans me donner aucun principe de
l’oeuvre.
J’ai
-

(16
J'ai découvert de moi-même tous les principes les
plus Miſterieux dans la Genefe, que je vas vous expli
quer, pour vous aprendre fans Enigme, par ces prin
cipes la verité de cette Poudre dont les Autheurs trai
tent Miſterieufement, & qu'ils n'entendent point, con
vaincu qu'ils n’ont jamais connu ce Miſtere qu'en
idée, & s’ils ont fait la Projećtion, ce n'a été que pai
le travail d'un autre, qui ne leur a point apris la ma
miere de compoſer la Poudre dont voici l'explication
Enigmatique, fa premiere forme, fon compoſé, les
operations, fa perfećtion & fes effets prodigieux.
De tous les hommes du monde Dieu à choiſi Abram
Jarai & Lot pour les faire paſſer en la Terre de Cha
72/74/2.

C’eſt la Poudre de Projećtion qui eftterreſtrele plus


parfait de l’univers comme la Terre de Chanaan étoit
la plus defirable. -

Abram , Sarai Ø> Lot étoient fortis de Thari Calden.


La Terre des Chaldéens repreſente le Champ où croiſ
fent les fimples, Tharé la nature fimplifte, Abraham le
fimple Solaire. Saraï le Lunaire & Lot celui qui tient
des deux, parcequ'il étoit Neveu d'Abraham & allié
de Saraï, .

Le feigneur dit à Abram fortex de vôtre Terre eò d


vôtre Parenté est de la maiſon de vôtre Pere, & venez en la
Terre que je vous montrerat, je ferai fortir de vous un grand
Peuple, je vous benirai & rendrai vótre nom celebre e}>
TUO £25
(17)
vous ferex benit. cap. 12. Abram , Jarai e> Lot fortirent
avec tous les biens qu'ils avoient poſedé est tout ce qui leur :
étoit né à Haram pour aller en la Terre de Chanaan.
Le Seigneur repreſente l'Artiſte qui fait fortir les
ſimples de leur Terre naturelle en les travaillant les
éloigne de leur Parenté, & les fait paffer dans une au
tre Terre pour qu'ils multiplient en vertu de maniere
qu’ils font magnifiez dans la fuite comme Abram le
fut dans la Terre de Chanaan. - - -

Les biens qu'Abram, Saraï & Lot emporterent d'Ha


ram nous repreſentent les vertus & les qualitez, que
les ſimples ont tiré de leur Terre naturelle : leur voia
ge d’Haram julques en Chanaan, la diftillation qui
leurs fait changer de formes comme ces trois perſonnes
changerent d'habitation. Abram, Sarai e Lot em
porterent d'Haram les biens qu’ils avoient poſed; eż» ce qui
leurs étoit né. Dans ce nouveau Pays il faut auffi que
les ſimples confervent leurs vertus naturelles dans la
nouvelle forme que l'Artiſte leurs donne, qui doit ê
tre terreſtre parcequ'il eſt dit au verfet 5. qu'Abram,
Saraï & Lot parvinrent en la Terre de Chanaan.
Abram paſſa au travers de ce Pays juſqu'au lieu apellé.fi.
chem juſqu'à la Valle illuſtre, e& le Seigneur lui dit je don.
nerai cette Terre à vôtre poſterité. -

Sur quoi il faut remarquer qu'il n'eſt parlé que d'A


bram & non de Sarai ni de Lot. Pour nous montrer
que les trois fortes de ſimples étant reduits en Terre,
C il
( 18 ) -

il en faut faire un compoſé dont le plus noble porte le


nom, & tout ainſi qu'Abram paffa au travers la Terre
juſqu'à Sichem, Vallée illuftre, parcequ’elle produi
foit le pain & le vin que Melchiſedech Roi de Sichem
offroit au Seigneur. -- i . - - , : ;
. . De même il eſt neceſſaire que les fimples reduits en
Terre qui font nôtre compoſé, foient mis dans un vaiſ
feau plat, repreſenté par la Terre de Sichem & la
Vallée illuſtre, & qu'il foit ſubſtanté par le vin & la
nouriture qui doit être dans ce vaiffeau, c’eſt à dire,
par un compoſé d'humide ſubſtantiel produit de cette
Terre. - . . -- - - - - > - - - - -

: Abram étant paſſé de là vers la montagne qui eſt à l'O.


rient de Bethel, il tenditfa tente øst- drefja encore en celieu
un Autelau Jeigntur, e& il invoqua fon nom. Gen. 12.
Le compoſé de nos Poudres étant arrofé devient en
mafle comme une montagne, il faut l’expofer à la ro
fée pendant un certain tems; la confiſtence & le tems
qu’il faut que les Poudres reſtent font fignifiées par la
montagne & par ces paroles, il tendit ſa Tente: Com
me la roſée par l’Orient de Bethel. . . . . . . :::::
Abram alla encore plus loin marchant toujonrs & sa
cangant vers le midi. . . . . . . . . . ' '; .
Quand la Poudre a reçëu la roſée elle s'enfle & s’éle
ve comme Abram s'avançoit, il faut auffi l'expofer
au Soleil qui nous eſt ſignifié par le midi. . . . . .
đais la famine stant ſurvinüe en ce Pays là, Abraz
deſ
defendit en Egipte poury phi quelque temps, paretque la
famine était grande en cette contrie. ibid.
Après ces operations la Poudre étant devenüe ſpiri-
teufe par les influences du Soleil & de la roſée, il faut
lui donner de la nouriture en mêlant avec le fel Ammo
niac, l'Allun de Roche, la, Poudre de fang , le fina
bre &le fel de Mercure qui lui fervent de Terre étran
gere comme l'Egipte à Ābram, & par la tritüration
nôtre compoſé qui eft en maffe en forme de montagne
deſcend & fe mêle avec les autres Poudres.
Lorſqu'il étoit prêt d'entrer en Egipte, il dit à Jaraiſe
femme, je fai que vous été belle, cò que lorſque les Egip
tieni vous auront veie, ils diront, c’efila femme de cet hom
we là, ils metieront, vous referveront pour eux, dite dont
je vous ſuplie que vous étis ma faur, afin qu'ils me traitent
bien à taufe de vous, e me fauvent la vie en vótre conf.
deration. ibid. 3- - - - -- - - .
Ces Poudres étrangeres qui nous font fignifiées par
les Egiptiens, gâteroient la Solaire fans la lunaire avec
laquelle les autres ont plus de raport, de même que
l'homme entre dans la : , que l'Orfe referre dans
l'Argent auffi la Poudre du ſimple Solaire s'englobe
dans la Lunaire & paroiffent mari & femme, parce
qu'elles n'ont rien produit. La Lunaire eſt dite fæur de
la Solaire, & Saraï fæur d'Abram; d'autant qu'elle
n'avoit encore engendré d’enfant. . . *
" Abram ſtant enſuite entré en Egipte les Egiptiens virent
*- 2. que
(zo) - -

que cette femme étoit parfaitement belle, gº lespremieres per


jonnes d'Egipte en ajant donné avis à Pharaon, cờ l'aiant
fort loüée devant lui, elle fut menée au Palais du Roi, ils
traiterent bien Abram à cauſe d'elle, il eut un grand nom
bre de Brebis, de Bauf, d'Anes, de ſerviteurs, de Jer
vantes, est» de Chameaux, ibid. - · · ·

... Les mixtions de ces Poudres avec celle des ſimples


eft l'arrivée d'Abram en Egipte , le fel Ammoniac, l'a
lun de Roche, & la Poudre de fang font les Egiptiens,
le Sinabre, les Princes de Pharaon, le fel de Mercure
Pharaon; cesPoudres fimpatiſent avec la Lunaire com
me les Egiptiens trouverent Sarai belle; Saraï fut me
née au Palais de Pharaon, la Lunaire s'unit avec le fel
de Mercure qui preſide fur les autres Poudres & com
munique fa vertu & augmente celle de la Solaire par
le moien de la Lunaire, de même que Pharaon donna
du bien & des richeffes à Abram en confideration de
Sarai. . . . . . . . . ., z r-ri:123 : :b:c: 220
Mais le Seigneur frappa Pharaon de grandes Playes c}*
toute fa maiſon à faufe de faraż femme d'Abram, ibid. !
_ L'Artifie doit rriturer le cómpofě pour-degagerila
Poudre Lunaire d’avec le fel de Mercure & des autres
après : en a tiré la ſubſtance, & les arroſer afin
que le fel de Mercure & lesPoudres étrangeres nagistent
avec puiſſance furcelle des ſimples. . . . ----
Pharaon aiant fait venir Abram lui dit, pourquoi m'a
vex vous traité de rette forte, que ne m'avez vous averti quel
- - le
-- . ( 21 ) - - 5.

le étoit vôtre femme : d'ońvient m'avex vous dit quelle itoit


vâtre fæur pour me donner lieu de la prendre pour ma femme,
puis donc que celà eſt ainſi, voilà vôtre femme que je vous
rends, prenex là est» vous en allez, Pharaon ajant donní
ordre à ſes gens, ils allerent reconduire Abram fafemme &
tout ce qu'il poſedott. . ' ’
Le cómpoſé étant trituré on l'expoſe au Soleil & les
Poudres des ſimples s'élevent au-deſſus des autres par
fublimation, après en avoir tiré ſes qualités. La Lu-
naire s'incorporant avec la Solaire & celle qui tient des |

deux fe ſeparent du terrestre & des autres qui ne


fubliment point, ainst on prendlesPoudres fublimées,
& l’on garde les terreſtres de celles qùi'deń :
iio Abram domessivt forti de l'Egipte avtėjë fshme ë.
tous et qu' il poſſèdois & Lot avec lui alladh# du midi.
a cap. 13. sisi : ***; ** ** ** i: 1: JC : » -- -

: compoſé de Poudre destróis fºre:se ſimiles te.


prefenté par Abraha, Sarai & Lot döitfaire la même
chofe dáns få fublimation aux raïons du Soleil qui -

:::::: ::::::
bon; ainſi il ne ::::::
faudreitį:::::: ::::::
päș s'étonner' s'il::::::
hereftoit:
que feud: :::::: ::::
changée en celle
res, 'dont lá ſubſtánce fe feroitdes
|

fimples qui les attiferoit avec elles, ce qui nous eft


fignifié par ces mots: Abram, farai est:otitantfortis
d'Egitises tout regº:posthit, ainstqu'ile:Ecři:au
fingulier, ::::: feroit parfait. ***
- - C 3 - Abram
(22) . v

Abram étoit en-4 riche zbavoit beaucoup d'Or


c}» d'Argent. Mais il faut remarquer qu'il n’avoit que
des brebis, des boeufs, des âmes, & des chameaux.
Après cette fublimation nôtre Poudre a les qualités
de l'Or & de l'Argent, comme Abram avoit l'équi
valent, ce qui ne ſufit pas encore. . . . . .
. Il revint parle même chemin qu'il étoitvenu du midi juſ:
qu'à Béthel, juſqu'au lieu où il avoitauparavant dreſë/a
Tente entre Bethil gå. Haień égit l'Antil qu'il avoir báti,
eż il invoqua en ce lieu le nom du Jeignenr. ibid.
- .. .
. Il eſt important de remarquer que le lieu où Abram
retourna eſt la mọntagne de la Vallée illuſtre de Sichem
eńChanaan où Abram furnaturaliſé, parla promeste
--* * --

que Dieu lui fit de lui donner cette Terre, car il étoit
de la race desem filsainé de Noë, natif d'Ur des Chal
déens, d'où il fortit avec ſon pere Tharé & habita
quelque tems en Haram. : gol : L Roig az º I
is: compoſé quia fuivi Abram dans fon voiage
doit le ſuivre auffi dans fon retour, c'eſtà dire revenir,
en maſſe en forme de montagne qui foit dure comme
dans l'operation fignifiée par ley: 8«chi asimaặsi par
une aurre maniere que la premiere fois qu'on l'avoit -
expoſé à la roſée, ſignifiée parl'Orient de Bethel, au
lieu que preſentement nôtrs Poudre doisprendre con
fiftence aux raions du Soleil. Ainſi qu'il eſt marqué
:::::: mots: Abram sear :::: ehemin vers le
midi, qui ſignifie le Soleil. Et il e *"":
# . .
|
| . - 5 C) - C
, ( 23 ) . z - - -

le nom du Seigneur pour nous faire comprendre que


#
le compoſé a befoin des mains de l'Artiſte. . . .
Lot qui étoit avec Abram avoit auf des troupeaux des
Brebis, des Bauß, «B» des Tentes. `
La Poudre du fimple qui tient du Solaire & Lunaire
que Lot nous repreſente, augmente en vertu dans les
operations, de même que Lot recëut des dons & des
biens faits de Pharaon avec Abram par le moien de
; Sata:. , > i - - -- -- -' ';} is - :fi: ::: : , -

La Terre ne leurs fufſoit pas pour demeurer l'un avec


| l'autre , paretque leurs bens, toient fort grandi e} - ils ne
pouvoient demeurer enſemble. 1 ? ' " " " : ? .
Les qualitez de nôtre compoſé font fi grandes qu'il
faut rémettre ce qu’on a gardé de terreſtre dans la ſub
limation precedente, fignifié au Ch. 12.ý.18. 19. e3, 2o.
qui ſont tous expliqués dans un Article afin qu'elle fc
dilate, il faut triturer aroſer & remettre, c{f
Soleil. f. : * I " . C D . . . . . . : ſ: 2 '2': C ) , ,
en maffe
: *
-,
au - -

Cefi pourquoi il s’excita une querelle entre les Pafleurs


d'Abram eż ceux de Lot, en cetemi-là les Chananiense&
les Phereziens habitoient en rette Tºrre: : : : : .
Nôtre cömpofé eſt cette Terre lefel Amfhoniac &
l’alun de Roche font les Chananéens & Pherezéens;
- les qualités des fimples, les Pasteurs d'Abram & de Lot.
Leurs troupeaux, &----
*- -
le debat
- r_1 --
des Paſteurs c'eſt
---air---+---+-- l'agita
n-i-º-:-:-:
tion que ces fels donnent aux Poụdres des ſimples qui
ont augmenté en vertus différentes, les unes étant pour
- - l’Or
l’Or & les autres pour ra: qu'il faut ſeparer necef
fairement. - -

...Abram dit donc à Lot: je vous prie qu'il n'y ait point
de diſpute entre vous & moi, ni entre vos Paſieurs e& les
miens, car nous ſommes freres. Vous voiex devant vouſ toute
la Terre, retirez vou je vous prie d'auprès de moi. Ji vous
choiſiſſex la gauche je prendrai la droite. Ji vous prenez la
droit: je prendrai la gauche. . . a, ... . . . . . .
Voilà la ſeparation qu'il faut faire du compoſé en
maffe, afin que l'influant ne fè confonde dans la dif
ference des fujets de nôtre Poudre qui ne ſe determinc
roit ni pour l'Or ni pour l’Argent fi elle reſtoit cn
femble. ::::: :
-
- · ·. ; ; , *: : · : · , '- : ' -

... Et pour que vous preniez M. la Poudre Solaire pour


clle même & non la Lunaire pour la Solaire , je veux
vous faire conôitre l'une & l'autre. Afin que l'on ne
ſe méprenne pas. . . . - - - .
Le compoſé doit être en maffe comme un gaſteau
èlevé repreſenté par la montagne de Bethel. Tout ce
quifèra blanc au-deſſus de ce gaſteau, c’eſt la Poudre
Lunaire qu’il faut gratter avec un couteau: car la So
laire eft en couleur grifaftre tirant fur le rouge, quoi
qu'il y en ait un peu de l'une parmi l'autre, n'importe
parceque naturellement dans l'Or il fe trouve de l'Ar.
gent, & dans l’Argent de l'Or. Il vaut micux pour
tant qu'il y ait de la Solaire dans la Lunaire, que s'il
reſtoit de la Lunaire dans la Solaire. La ſeparation fai
|- - tc
- ( 25 ) -

te vous les triturez chacun en particulier & travaille


rez comme il fuit: a. . . . . . . . . . . .
Lot donc levant les yeux conſidera tout le Pays fitué le
longdujourdain qui avant que Dieu detruiſt Jodome eż»
Gomorrhe, s'étendoit de ce lieu là juſqu'à ce qu'on vienne
à Jegor, & paroiſſoit un Pays très agrtabletout arofſ d'eau
comme un jardin de delice, gº comme l'Egipte qui ef aroſ:
des eaux du Nil, gº il choiſit fa demeure le long dujour
dain en fe retirant de l'Orient. Ainſi les deux frères ffºpa.
rerent l'un de l'autre. Abram demeura dans la Terre de
Ghanaan, cờ Lot dans les Villes qui étoient aux environs
du Iourdain, gởil habita dans Jodome. - - -

Il eſt bon de remarquer que lorſque Lot éleva les


yeux, il étoit fur la montagne, , nôtre compoſé eften
maſſe quand on fait la ſeparation, de même que Lot
éleva les yeux la Poudre Lunaire s'éleve au-deſſus du
compoſé 2 1'Or & l’Argent étant fondus - enfemble 2

comme j'ai déja dit ci-devant, l'Argent paroit au-deſ:


fus du lingot & l'Or reſte caché dans le çentre. . . . .
Il eſt remarqué que Lot choiſit la Plaine du Jourdain
qui étoit par tout abreuvée comme un Jardin de deli
ces, & comme la Terre d'Egipte, & s'en alla d'O
rient & vint demeurer aux :::::::vers le
Jourdain, pour nous marquer auſſi qu'il faut étendre
nôtre Poudre pour l'Argent & la bien aroſer comme
étoit la Plaine du Jourdain qui fignific l'arrofement &
- |-
Š
l'humide, laquelle Poudre ne faut expoſerienfuite
3U
(26) |- -

au Soleil qu'après huit ou neuf heures du matin quand


il eſt bien chaud, & la retirer une heure avant qu'il fe
couche, nous êtant ordonné par ces mots c> s’en alle
d'Orient : c'eſt à dire qu'il faut éviter la froideur du
matin & lui faire reffentir la chaleur qui nous eſt fig
nifiée par la Terre d'Egipte. . . .. . . . .
Voici M. les accidens de la Poudre Lunaire qu'il faut
travailler d'une maniere toute differente que la Solaire.
. En ce tems-là Amraphel Roi de Jennaar, Arioch Roi -
du Pont, Chodorlahomor Roi Elamite; Thadal Roi des
Gentils, frent la guerre contre Bara Roi de Jodome, contre
Berfa Roi de Gomorrhe, contre Sennaab Roi d'Adama,
contre Jemeber Roi de Jehoin zb. contre le Roi de Bala qui
fut depuis apelle Jegor. Tous fes Rois s'affemblerent dans la
Yale des Bois qui efi maintenant la Mer falle, ces Rois as
toient été affajetis à Chodorlahomorpendant douze ans, eż.:
la treiziėmė année ils fe retirerent de fa domination. Ainſi
l'an quatorziéme Chodorlahomor vint avec les Rois qui s'.
toient joints à lui est ils difirent les Raphaitesdans Afiaroth
Carnaim , les Juzites qui étaient avec eux, les Emites dans
Save-Cartathaim es les Chorréens dans les montagnes de
fir juſqu'aux campagnes de Pharan, qui eſt dans la fo
litude. Etant retourné ils vinrent à la fontaine de Miſphat
près la Ville de Cades, est» ils ravagerent tout le Pays des
, 4malecitese?” des Amorrhéens qui habitoient dans Afaſon
thamar. · · · ·. - - - .... - . . -- .
Les quatre Rois nous repreſente le froid, le chaud,
# le
-
—----

- (27 ) < <

le fec & l'humide, & les cinq la Poudre des ſimples


Ch.*** Im ...... An – l'alun de Roche, la
Poudre de fang, le fel Ammoniac & le Sinabre du
poſé pour l'Argent.
Ces quatre Rois livrerent la Bataille contre les autres
cinq dans la Vallée des Bois, où il y avoit pluſieurs
puits de Bithume qui fignifie les Vaifeaux & les Four
neaux des Philoſophes
lée des Bois
Sophistes denommez parlaval.
& la Bataille, par l'agitation où ils met-
tent le compoſé de la Poudre. .. . . .. . . .. .
Mais les Rois de Jodome e> Gomorrhefurent mis enfuite :
eº leurs gens taillez en piece, est ceux qui eſchaperent s'en«
fuirent fur une montagne. - |- -

Le Roi de Sodome repreſente l'animation de nôtre


Poudre, & le Roi de Gomorrhe fes vertus qui font dé
truites dans l’agitation qu’on leur donne dans les Vaif
feaux, & ceux qui ::::: fur la montagne c’eſt le
terreſtre des Poudres. * - - - -

Les vainqueurs aiant pris tout ce qu’ilyavoit de richeffet


e} de vivres dans Jodome est» dans Gomorrhe , fe retirerent
eż emmenerent parmi le butin, Lot fils du frere d'Abram,
qui demeuroit dans Sadome est» tout ce qui étoit à lui.
. Voilà ce qui arrive à nôtre Poudre fur le feu, non
feulement elle perd fes qualitez & fa fubſtance, mais
auffi les accidens détruiſent la nature comme il eſt mar
qué par ces mots: ils feretirerent & emmenerent auf
fi Lot. - , , * .
Dz En
- Y (28 -

En même tems un homme : s'étoit fauve vint en donner


avis à Abram Hebreu qui demeuroit dans la Vallée de
Mambré Amorréenfrere de Jeole d'Aner qui tous trois
avoient fait alliance avec Abram. .. . , ;
. Ce qui reſte quelquefois dans nos Vaisteaux du com
pofě pour l'Argent repreſenté par Löt contient encore
quelques vertus, ainſi qu'il eſt porte par ces paroles:
un homme qui s’étoit fauve. Lorſque celà arrive on peut
y remedier par le moidn de la Poudre pour l’Or, com:
me je le ferái voir dans la fuite de cd fraitélőừjeveux
ſuivre de point en point l'ordre de Moyſe fans m'écar
ter du chapitre treiziéme, que je reprend pour vous
enfeigner comment il faut travailler le compoſé pour.
l'Or d'une autre mahiere que pour l'Argent: iº ! .
- Jevous dirai donc M. comment on perfeếtionnefë
compoſé de la Poudre qui doit projetter l’Or, :
celà faire il faut remonterau Ch.33. de la Genefaveff.
12, où il eſt marqué que les freres ſe fëþarerent, & que
Lot choifit pour fa demeure Sodome vcrs la Plaine du
jourdain ; & Abram habitoit dans la Terre de Cha
naan qui veut dire meilleure Terre, Terre de defir, -
Alors le feigneur dit à Afbram. après que Lòt fut f'parë
d'avec lui. Levex voyeus e regardsgäu hen ostvomfites
au faptentrion, au Midi, à l'Ortentest» à l'Occident, tou
te cette Terre que vout voiex je vous la donnerai à vous est à
vốtre posterité pour jämais je multiplirai vótre ràtersommé
la pouſſiere de la Terre, fi quelqu'un peut conter la ponfere
– » «i. giov,
. .
... . . taº) ..., i a
::: ~ \? '... izgi rict #5 * * * .
al rºi imitaaff:##########
courexpreſintement tout theňdie di eitte firi dansſa lon
gueur & dans fa largeur, parceque ji von :
mêmeCommele ścigneur
qu l'Arti fit leverles
i E:TÄ : : :fr:### ### ! de
yeux à Abrạm, f.
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:::::::::::::::::
trouve dans les ſimples :::::::: $i;
de rééminen:,:Huel esquát: üalitë##öůš##
::::::::::::::::
Foċċifiċċeſss:::::::: :# :::::
a::::::::::::::::
ire inponderë nàờeřö 23 mèh|}}ậavèg poids doit fe \\$, & s -

::::::::::::::::::
puiſian: à nôtre compoſ: d'ág:::::::::::::
commel on yoit :
voiex je ladonnèra c:no::::::::########us
?:#:: utɔjig ti: rioti Fibre" |

: ::::::: ::::::::::::::::::
:::::::::::::::::::
& lavertu d'agự ſụ: tout dans la fuit: d:#; :
chaque grain devenant üh Geimë ####### :ấiní
qui esti:řquëþ#ßspätöi::#::
a:
tre qualitez
: : :
:::::::::::::::
par les foins de ::::::::
:: - - .: *f rai » L44 12:2:)-12 i 2
dans-
:-’ -; iſe *C. J. f3 - G

::: com::::::::::::::::::::::::::::::
plus depuistinëë hưé:với: aiťaüßặtävästi: :
miême qu'Abfam'st prồmeňšķármità"feliĉ
și estfälöi
}, }
D 3. gucur
|- |
|

. |- ( 30 ) - - - - :

gueur & en fa largueur, au lieu qu'il n'avoit fait que


paffer en certains endroits juſqu'alors, dans fon pre
mier voiage il étoit arrivé en la Vallée illuſtre en la
montagne vers Bethel par l'Orient, & au retour d'E
nõus repreſente la conſiſtance de vôtre compoſé après
la :::: fois ſeulement par la rofée, & la feconde
par le Soleil, c'eſt à dire par l'humide temperé, froid
& par l'humide temperé chaud. Mais dans cette troi
::::::::::::::::: faut que nôtre Poudre prenne con
ſiſtence paruh humide temperé des quatre qualitez in
pondere è menſurá. , .
Abram donc levantfa Tente :vint daturer prid. le va -

lée de Manbrí qui est aux environs d'Hebron, il drefa là


un Autelau Jeigneur.
Après la culture ci-deffus l’Artifte doit étendre la
Poudre non en gâteau élevé mais plat, ainſi qu'il nous
est repreſenté par la Plaine de Manbré, elle doit pren
::::::::::::::::::::::::::::
Autel au Seigneur. . . . . . . .
„ Abram habitoit en la Plaine de Manbré Amorrhéen
fiere de Scol & frere d'Aner, qui tous trois avoient
fait alliance avec Abram. . . . . ::: - - --,

Dans la culture precedente il faut que l'Artiſte mêle


avec nôtre Poudre, lefel de Mercure ſignifié par Man- ,
* · * * - 4.s ---- * * * ** g *, * * * ** * * e - .3 - -* - - - ș –

bré Amorrhéen & deux liqueurs repreſentées par l'Ef.


col & Aherfei freres alliez d'Abram, parceque dans
** · ** * ſ-- " - * l’o * * * * * - *: - - - - , ’
-“ |- . (31) |

l'operation le tout s'incorpore dans le compoſé de la --


Poudre & c'eſt le fel de Mercure, & les deux liqueurs
qui lui donnent les qualitez fuldites repreſentées par le
Septentrion, le Midi, l'Orient & l’Occident qu'A
bram avoit regardé avant de parcourir la Terre en fa.
longueur & largeur. ::::: : : ---- :

Après celà le Seigneur parla à Abram dans ane viſion,


est» lui dit,ne craignex point je fuis vółre Protetteur, eż
vốtre recompenſe fera infiniment grande, Abram luiÉ:
dit Seigneur mon Dieu je mourai fans enfans, eż: Eliezer
Intendant de ma maiſon a anfils qui ef te Pamafut, pour
moi ajoute-ťil vous ne m’avez point donné d'enfans, ainſ le
fils de mon ferviteur fra mon heritier. chap. s. ř. 1.
Nôtre Poudre étant parvenüe jufques ici abien les
qualitez & la vertu de germer la femence des Métaux,
mais non pas de les former ni les multiplier, leſquels
Germes que nôtre Poudre produiroit fe determinc
roient plûtôt en la forme des Métaux imparfaits que
| des parfaits, & les uns & lesautres ne I rovenant que |

d'un même Germe auquel les accidens: les differena


tes difpofitions des Matrices, où ce Germe Métalli
que est produit donne differentes formes, comme la
difpofition de laMatrice, de la femme donne au Ger :
më produit de la femence humaine, la forme d'un
mâle ou d'une femelle, c'eſt pourquoi Abram lui ré
pondit Seigneur mon Dieu je mourai fans enfans &
Eliezer Intendant de ma maiſon a un fils qui eftce Da
- -- - - ---- - w: maſcus
*~ --- |-
-
- ( 32. ) * e
|
mafcus qui nous repreſente le hazard des accidens dans i-*
nôtre compofě. . . stºs eeu le: : : : : „ , ; : :it: ‘.
N - 9 -
"- 1 • --* -

::stà prºpo: defemarquerqu'Abrandi: auſſion:


ne m'avex point donné d'enfans, ainſi le fils de mon ſervi
#surfera møn heritier. .e . . . 2
2. 's 2. * * * · · * |

Ce qui nousſignifie que nôtre Poudre qui peut pro


- duire le Germe Métallique avec toutes fes vertus &
'S 2 • » - 4. - - - - - -

qualitez ne peut pas former l'Or pour lequel elle eft


deſtinée, comme Abram ne pouvoit avoir d'heritier
•* • *« |- -a - - } - - - -

legitimes, le Germe de nôtre Boudre pouvant ſe deter:


sti: daſs cet état en des Métaux imparfaits, ainti
quela femence d'Abram pouvoit engendrer des Bâ
- -- - * *
|

tards. Abram craint que le ſerviteur né dans fà mai:


fon, ne tifon heritiet
u fi le Seigneur n'accomplir faÉ
A * |- - |- |- |- |-

§öt: rºud:
Prºme: 22;--- ne proietteroit que des Mé |- L/ * * * * i *

aux imparfaits fi elle n'augmentoit en qualité par les


foins de l'Artiste, l'Or étant le maitre des autres Mé.
taux repreſentez parlesſerviteurs d'Abram. Lorſqu'A
bram dit que le Seigneur ne lui avoit point donné de
::mense, cel doi:sentendre defemence productive
d'un legitime heritier, car Abram avoit la puiſſance
d'engendrer comme nôtre Poudre à celle de germer,
mais non pas de formerl'Or qui est en puiſſance dans C• • - • •• ** 15 A 1'*' !" |-, i »z
fon Germe, comme le legitime heritier d'Abram l'é * a

... ÉSeigneur lui répondit auſ tá cent fra point celui-là


g«; kravstrº heritier, mais vótre heritier/era telui quinai:
fra 4.zow. " Il
- ( 33 ) .
Il faut auffi que l'Artifte fache le moien de perfe
étioner nôtre Poudre pour produire l'Or, comme le
|
Seigneur donna un legitime heritier à Abranı. . . . .
Après l'avoirfait fortir hord, il lui dit levez les yeux au
Ciel & contex les étoilles s'y vous pouvez c'eſt ainſi adjouta
il que vótre race ſe multiphra. Gen. cap. 15. . . . ..
De même que le Scigneur fit fortir Abram hord fa
:
Tente l'Artiſte doit détruire la confiſtance du compo
fé pour le faire fublimer, ainſi qu'il eſt marqué par
ces paroles, levez les yeux au Ciel & contez les étoil
les, pour nous montrer qu'il faut mettre la Poudre
au ferein quand il fait beau, & la faire fublimer au »

*
4.

Et Abram erſt áu Seigneur e fa foi fut imputé à


juffice. - -
Le compofé obeït à l'Artiſte & devient parfait, la
justice d'Ābram nous : la perfećtion de la Pou
dre, & la foi fon obeïſſance à l'Artiſte, mais il faut
k
';
que fa ſcience foit juſte comme la promeste de Dieu
étoit veritable. . . . . . . . .
Le Seigneur lui dit jefuis celui qui vous ai tiré d'Or en
Chaldſe pour vous donner cette Terre, afin que vous la post
fedez, Abram lui répondit Seigneur mon Dieu comment co
nổitrai je que je dois la poſſéder. cap. 15. . . . . . . .
Si l'Artifte veut voiralors à queldegré de qualité eft
le compoſé avant de paffer outre, quandil a atteint
la perfestion ci-deffus. Voici comme il doit faire l'ex
- E perience
( 34 )
perience quifera inutilefur tous les Métaux, finon fur
le Mercure. -

Le ſigneur lui répondit prentz une Váhe de trois amr


avec une Chevre de trois ans, est» un Bellier de trois ans avec
une Tourterelle ø» une Colombe, Abram prenant donc tour
ces Animaux les diviſa par la moitié, ø3 mit les deux par
ties qu'il avoit coupé vis à vis l'une de l'autre, mais il ne
diviſa point la Tourterelle ni la Colombe. cap. 15. y. io:
La Vâche nous fignific le Cuivre parfa couleur jau
nâtre, la Chevre l’Etain ou le Plomb, le Bellier le
Fer, & la Tourterelle, & la Colombe, le Mercure
qui est volatil. Il eſt dit qu'Abram partagea parle mi
lieu tous les Animaux, & qu'il mit chaque partie l'u
ne à l'opofite de l'autre, mais qu'il ne diviſa point
les Oifeaux. -

Celà veut dire qu'il faut mettre en piece tout l'E


tain, Plomb, Cuivre & Fer, chacun en particulier,
ce qu’on ne fçauroit faire du Mercure reprefenté par
les Qifeaux, car quand on le fepareilfe rejoint, lef
quelles pieces de Métaux, on met infuſer dahs un dif
folvant avec la Poudre du compoſé, comme il eft mar
qué ci-après. ' ,. . . . . . ' | –

Comme les Animaux qui repreſentent les Métaux,


furent ſeparez ainſi qu'il eſt marqué ý. 1o. que les Oi
feaux de proie venoient fondre fur le corps des bêtes
mortes & qu'Abram les chaffoit. ý. 11. -

L’aćtion qu'Abram faiſoit nous fignifie le diffolvant


, ! qui
(35) . .
qui doitagir fur les parties des Métaux repreſentez par
les corps des Animaux , comme la Poudre de nôtre
compofě par le mot de Vallée, c’eſt à dire pincée ou
poignée de Terre. - - - -

Lorſque le Joleil ſe couchoit, Abram futfurpris d'un pro.


fondſommeil, il/e trouva comme dans les tenebresfaifi d'un
grand effroi. Gen. cap. 15. y. 12. . . .

Le fommeil d'Abram nous repreſente le tems del'in


fuſion des Métaux avec le diffolvant & la Poudre &
les tenebres qui tombent ſur lui, l’effet de l’experience
W
inutile qui s'en va en fumée. . . . . - -

Alors illu dit fachez dé maintenant que vôtre posterité


paſſera dans une Terre étrangere eò quelle fera reduite en
fervitude est» acablée de maux pendant quatre centans...
Difons de même de la Poudre qu’on a mis fur les
Metaux en infuſion, pour faire cette experience elle
fera reduite dans une autre Terre, & les Métaux de
truiront ces qualitez pour toûjours ce qui nous eſt mar
qué en ces termes: vôtre poſterité pafera dans une
Terre étrangere, & elle fera reduite enfervitude, aca
blée de maux pendant 4oo. ans, c'eſt à dire pour toû
... jours à l’égard de la Poudre. . . .
Mais j'exercerai mes jugemens ſur le peuple auquel ili ſe
ront aſujetis & ils fortiront enfuite de ce Pays avec de gran
des richeffes. Pour vous, vous irex en paix avec vos peres
dans une heureuſe vieileffe. Gen. cap. 15.
Cette épreuve fera conôitre à l'Artifte que la Poudre
- E z n'a
. . . . (36)
n'a pas encore aflez de vertu pourprojetterles-Métaux,
de même que les Iſraëlitës fortis de la femence d'A
bram qui furent mencz en captivité pour s'être fcpa
rez du culte du vrai Dieu & fervirent en Egipte comme
eſclaves, où ils moururent tous; auffi s’y l'on met
toit toute la Poudre a des épreuves ſur les Métaux elle.
periroit dans la fuite. Les Iſraëlitesfortirent triomphans
du Pays d'Egipte avec de grands biens, mais cene fut
que ceux qui ſuivirent les commandemens du Seig
neur, auffi la Poudre qui fera travaillée felon les re
gles tirera de grands biens des Métaux qui ont détruit
celle de l'experience precedente, tout de même qu'A
bram proſpera dans la Terre de Chanaan, & que fa
femence s’y multiplie à l'infini dans la fuite: . . . .
• Ainſi arrivera à nôtre compoſé s'il est cultivé comº
me je vous montrefai dans la fuite, mais achevons de
fuivre l'effet de l'experiençe contenüe en ce Chapître.
a * * - * •

& expl iquons ces mots ; pour vaus vous. irez en paix.
avec vºsP:c: lans uncheureufeyicileste: " " ";
Ç'està diregie nôtre compoſé repreſenté par A
bram deviendra parfait comme le principe qui lui a.
donné la vic dans fa nouvelle forme, qui est l'uni- ,
que ſubſtance, & nôtre compoſé aiant atteint cette
perfećtion &c. Multiplira dans tous les êtres » COm-:
me fait le premier : , & dureront autant l’un
comme l'autre, puiſque nôtre Poudre ſe multiplic tant
qu'elle trouve des fije: a * *
rºw: ":
* - *
vertu a un certain point, : même qu'un morceau
|
de levain par adition proportionée changeroit tout
Puniwers en pafte fi l’univers étoit farine. - -

Vos deſcendans viendront en ce Pays-ci après la quatrisme


generation, parceque la meſure des iniquitez des Amorrhiens
n’est pas encore remple. ibid. , .
Il faudroit aufli tout recommencer l’ouvrage fi l’on
avoit mis toute la Poudre du compoſé à cette experien
ce & la travailler davantage, c'eſtà direjuſqu'à fa per
festion pouragir fur fi:blables Métaux, de même
que ceux qui fortirent de la captivité d'Egipte, avoient
recëu l'être longtems après ceux qu'on y avoir ame
nez & avoient dans leur coeur une: parfaite con
nơiflance de Diem, qui nous repreſente la plus grande
vertu que doitavoir nôtre Poudre pour pouvoir pro
jetter furles Métaux femblables à ceux de l'épreuve.
- Après le foleil couchéil fe forma une obfurità tenebreuß
il parut un four d'oí fortoit une grandi fumée, & Pon wit
amelampe ardente qui paſſbit au travers des bêtes diviſées.
C’eſt la fin de l’experience le four fumantrepreſente
le fourneau, &le creufet nous eſt marqué par a lam
pe ardente, la flame font les étincelles provenant du
Îalpêtre & du borax qu'on jette pour faire fondre le
Métail. Voilà pourquoi il eſt dit qu’une lampe de feu
paſſoit au travers des bétes diviſées, & la grande obf
curité qu'il y eut ; c'eſt la fumée de l'òpera tion du:
diffolvant & de la Poudre du compofé, n'étant teſté

*
38
qu'un Métail tout obſer: :la à dire imparfait.
Et ce jour là le Jeigneur fit alliance avec Abram difant,
je donnerai cette Terre à vôtre race depuis le fleuve d'Egipte
juſqu'au grand fleuve d'Euphrates, tout ce que poſſèdent les
Cináns &» les Cenezéens, les Montens & les Hethfens,
les Pherezéns & auſſi les Raphaites Ø» les Amorrhéens, les
Cananéens, les Gergezéens & les Iebuzens.
L'alliance que le Seigneur fit avec Abram nous mon:
tre qu’il faut que l'Artiſte travaille fur nôtre compoſé
pour aquerir la perfećtion de projetter fur ſemblables
Metaux comme il eſt marqué par la promefie que Dicu
fait de lui donner la Terre depuis le fleuve d'Egipte
jufqü'à l'Euphrate, La poudre doit agir avec puistance
fur tous les Métaux repreſentez par les noms des peu
ples ci-deffus, comme firent les Iſraëlites fur ces Na
tions dont ils détruifirent les fećtes, ainſi que nôtre
compoſé de Poudre changera les eſpeces des Métaux
quand elle fera parfaite.
- |- ' . .. , . , s.s.: , '. -
v . Or Jarai femme d’Abram ne lui avoit point encore don
në d’enfans, mais aiant une fervante Egiptienne nommée
Agar, elle dit àfon mari: voiez que le Seigneur m’a mis
en ſtat de n'avoir point d'enfans þrenez je vpus prie mafêr
vante afin que je puiſſe avoir des enfans parelle ø Abram
fe rendit à fa priere. - , ,
, Sarai ſignifie la Poudre, Abram le compoſé. Saraï
étoit femme d'Abram, l'homme & la femme ne font
qu'un, parceque la femme eſt formée & l'homme eft
enfanté par : Vous

*
(3
! Vous ne ferez peut-être :'ach: M. que je faffe ici
| une petite difgreflion curieuſe en vous priant de faire at
tention que la nature humaine ou lagenre humain a
recëu l'être de quatre differentes manieres,àfçavoir fans
l'homme & fans la femme, c'eſt Adam. D’un homme
fans femme, c'eſt Eve. D'une femme fans homme, tel
fut Jeſus-Chrift. De l'homme & de la femme c'eſt le
refte des mortels. - : -

* Je reviens M. a l'explication du Simbole Enigmati


que & je dis que l'homme & la femme n'étant qu’un,
nôtre #:: par Sarai & le compoſé par A
bram nôtre Poudre eſt contenüe dans nôtre compoſé
& nôtre compoſé eſt nôtre Poudre, il eſt dit que Sarai
n'avoit point encore donné d'enfans, |

| Saraï fignifie que la Poudre qu'on mettroit à faire


une experience fur les Métaux denommez dans la Gen.
! c. 15. ý. 9. Io. & 11. ne produiroit rien comme nousa
vons vû dans lafuite où il n’eſt parlé que des corps des
bêtes diviſées, qui fignifient les Métaux fufdits.
|. Jarai dit à Abram de prendre Agar ſa fervante Egip
tienne pourvoir fi elle pouroit avoir desenfans parfon moien.
C’eſt une autre épreuve que l'Artiſte peut faire de
nôtre Poudre non pas fur ces Métaux, mais furle Mer-,
cure repreſenté par Agar Egiptienne, comme auffi :
par la Colombe & la Tourterelle qu'Abram n'avoit pas
diviſée, par le fourneau fumant &lalampe de feu qui
n'avoit paſſé qu’au travers des bêtes diviſées, & de
- II) :
-
(4o). v ·-
même que Sarai étoit maîtreffe d'Agar fa fervante, nô
tre Poudre dominera fur le Mercure repreſenté par A
gar fi l'on en met deffus, ainſi qu'Abram connut Agar.
Alors "Jarai ferme d'Abram prit Agar/afervante qui
étoit Egiptienne zo la donna pour femme à ſon mari après
qu'ils eurent habitex dix ans en la Terre de Chanaan, A
bram obéit à Jarai. Agar voiant qu'elle avoit conciu com
mença à mëpriſerfa maitreſſe. cap. 16. . . .. . .
Il y avoit dix ans qu'il étoiten Chanaan elle concëut,
ce qui fignifie que nôtre Poudre doit avoir dix mois
Pour pouvoir projetter, ainfi fi l'Artifte mêle la Poudre
de nôtre compoſé avec du Mercure avant même qu’elle
foit entierement parfaite, il trouvera du Métail au licu.
de Mercure qui ne fera ni Orni Argent comme nous
allons voir par l’anfantement d’Agar qui méprifè få
maitreffe, celà veut dire que ce qui reſte dans le creu
fet eſt un Métail brillant & beau fans lequelle reſte du
compoſé de nôtre Poudre ne peut plus agir qu'il n’ait
augmenté en qualité... , .
Il arrive auffi que dans le Mercure il n’eſt formé
qu’un Germe Métallique qui fè fixe feulement fans a
voir la forme d'aucun Métail fans que nôtre Pondre
puiſic fe determiner davantage, mais en fondant le
Mercure fixé avec de l'Or, augmente l’Or. Si c'eſt avec
de l'Argentil augmente l'Argent, avec le Ferle Fer; &
Alors Jaraidit à Abram vous ne me faites pas juſtice je
- |- - TUOZ/3'
(41)
vous ai donné aneſervante pour être-vốtre femme e> voiant
qu'elle efi enceinte elle me mépriſe, que le Jeigneur ſoit juge
entre vous e}» moi. Abram répondit vótre fervante eſt entre
i vos mains ufez-en avec elle comme il vous plaira, Jarai donc
la traitta mal, Agar s'enfuit. . , -

La plainte de Saraï nous fait conoître le miſtere par.


ceque nous avons remarqué ci-devant que Saraï repre
fentoit le fimple Lunaire qui prenoit la ſubſtance & les
qualitez du Mercure & les communiquoit à la Solaire
pour augmenter ſes vertus leſquelles fixent dans cette
operation le Mercure en un Argent aparent par l'adi
tion des qualitez du premier principe, voilà pourquoi
il eſt dit, je vous ai donné ma fervante. Le mot de fer
vante de Saraï qui repreſente la Lune, nous montre que
le Mercure eſt dominé & formé par la Lune, mais
voiant qu'elle a conçeû elle la mepriſe. Que le Seigneur
foit juge entre vous & moi, ce Métail produit par la
Poudre a une aparence de bonté & un bel ceil comme
l'Argent, dans lequel il paroit auffi quelque jaune a
prochant de l'Or, mais la connoistance de l'Arrifte
doit juger de l'un & de l'autre, & pour celà il eſt dit à
Saraï qu'elle avoit Agar entre les mains & qu’elle en
• |- - |- |- T • •• • • 9 |

pouyolt faire comme bon lui fembleroit , l'Artifte


auffi doit éprouver ce Métail pour voir s’il eſt bon
Ou 11O11. . .----

Et comme Sarai la maltraittoit elle s’enfuit. Cette


forme de Métail qui ne contient veritablement que le
F Ger.
v
( 42 ) -

Germe Métallique, fe confomme & fe detruit dans le


creufer & à la coupolle & le Mercure fixé s'enfuit com
me Agar fit. - , ' . - -. . .
L'Ange du Jeigneur l'aiant trouvé dans le defert auprès
de la fontaine qui fi fur le chemin de feir lui dit Agar fer
vante de Jarai d'oà venex vous est oh allex vous ?. Agar lui
ripondit. je fuis devant Jarai ma maitreffe, l'Ange du Jeig
neur lui ripartit retournex à vôtre maitreffec}} humiliez vous
foû fa main, il ajouta je vous donnerai une fi grande poſte
rité qu'elle fera inombrable vous avez conțâcomme vous voiex
wow enfanterex un fils que vous apellerex Ifwaii, parceque
le Jeigneur a entendu vốtre voix dans vôtre affiittion, ce fera
un homme fier e}» fauvage il levera la main contre tous e}>
tous leveront la main contre lui e il drefera fes Pavillons
|- aux yeux de toas/es frerts. ) 33 í :ft; { B iš - : , ' ' } .
L'Angetrouva Agar enceinte dans un defert près d’u
ne fontaine & il lui dit de retournerà fa maitreffe & de
s’humilie
rité r fous::fa itmain
à l'infini.: & qu'il
is gioiſ’ multipliroit
li l-upº': ' - fa* * pofte e *
* i-

Moife nous décrit dans ces paroles le lieu où fe trou


vele Mercure qui eſt une Terre ſterile & humide où il
n’y a que le Germe Métallique lequel reçevant les in
fluences des Aftres repreſentez par la fontaine , reçoit
la forme de fer parla diſpoſition de la matrice de la
Terre. -

Ces paroles retournez à vôtre thaitreffe; veulent feu


|

lement nous faire voir que pour que le Mercure ait la


- - for
(43) · ·

forme Maliquel doirà: dans la Terre fa mere &


|-

par confequent fa maitreffe & humiliez vous fous fa


main, c'eſt à dire qu'il reçoit l'influence qui eſt auffi
maitreffe de lui donner la forme qu'elle voudra de con
cert avec la Terre, n’étant parlé ici que d'un lieu de
fert après avoir parlé de la Terre de Chanaafi comme
de la plus fertile arrofée par de grands fleuves.
Moyſe traite des Métaux plus ou moins parfa: par
| les Terres plus ou moins fertiles & par les grandes &
: moindres influences repreſentées par les fieuves, &
|
par une feule fontaine, pour nous montrer que tous
les Métaux ne proviennent que d’un feul principe &
d'un feul Germe , & que leurs differentes formes &
qualitez ne font plus ou moins parfaites que par raport
aux differentes diſpoſitions des lieux & des matrices qui
reçoivent differemment les influences.
sy i Celà nous eſt marqué auſsi dans la perſonne :::
fervante de baffe condition qui nous montre la diſpo
fition de la matrice & le lieu du defert, la ſterilité de
- la Terre, nonobſtant d'Agar cut reçû
quc la matrice
une femence noble comme celle d'Abram, º clle en en
fanta Iſmaël qui fut Archer. o: si i h : : : : .,:;
Dans nôtre ſujet la femence d'Abram dans là ma
trice d'Agar & la condition d'Iſmaël nous fignifient la
production des Métaux naturellement plus ou moins
prétieux felon les lieux où la nature les fait croitre *
chaque milie contenant le Germe'ereſcitif de fon eſpe
, -, |- F 2. . » Cc ;
/
(44
ce; ainfí que nousvoions : l’Ange dit à Agar mere
d'Iſmaël qui nous repreſente le Fer par ces paroles: ce
fera un homme fier eż fauvage e& levera la main contre
tous, øst tous contre lui e}: drefera fes Pavillons aux yeux
de tous fesfreres... : i i :: t: , : . . . ..
Comme il eſt vrai qu'on ſe fert du Fer pour tous les
travaux qu'on fait duquel il eſt dit, je multiplirai tel
lement ta femence qu'elle ne fe pourra nombrer.
: Alors Agar invoqua le nom du Jeigneur en lui diſant:
Vous étés le Dieu qui m'avez várar il efi certain ajoutat elle
que j'ai vú ici par derriere celui qui me voit , c'eſt pourquoi
elle apella le puits, le puits de celui qui fi vivant & qui
voit, c'eſt le puits qui,eft entre Cades e? Barad. : |

:e Moyſe veut montrer que Dieu prend foin de toutes


choles & n'abandonne point les affligez. Ainſi M. , le
fens du ſujet que nous traitons eſt que nôtre Poudre a
puıflance fur toutes chofes quand elle eſt parfaite. De
même que Dieu feul a fait toutes choles parfaites dans
leur differente eſpece , c'eſt ainſi que l'unique ſubſtan
ce premier principe forme & multiplie tous les êtres,
aufli nôtre compoſé perfećtionnera les choſes les plus
|-
- - - |- * - * * *
* -

imparfait
P es dans rous les A Métaux. . . . . . . -

Agar enfanta un fils à Abram qui le nomma Iſmail.


Abram avoit quatre cent fix ans lorſqu'Agar lui enfanta
Iſmail. . - |

Abram nous repreſentele Germe Métallique, Iſmaël


la forme du Fer, & Agar la matrice de la Terre vile
Oll
( 45
· ) - *

où le Ferfe forme. L'âge d'Abram nous aprend que le


Germe Métallique demeure quatre-vingt fix ans avant
qu'il puiſſe reçevoir la forme de Fer dans la Terre en
reçevant les influences qui determinent ce Germe en
une forme vile.
Voilà M., en peu de mots la maniere de parvenir à
la grande oeuvre fignifiée & marquée par tous les ver
fets que je vous ai cité. Ainſi je finis, le tems ne me
permettant par de vous èn dire davantage en attendant
que les reflexions que vous ferez fupléent à ce qui ne
m'eft pas permis de découvrir & que j'aie l'honneur
de vous écrire une feconde Lettre où je vous explique
rai clairement tout ce que je vous ai avancé, je fuis
avec un profond reſpećt, *

MoN SI E U R,
Vôtre très-humble &= très
obeifant Serviteur,
D. L. B.
se co N D E LETT R e
Preuvesfar les mbiens deparvenir à. la Pou
* dre de Projection par l'humidefuh- -
fantiel premier principe. |

* . · ·· · · · ·· · · · · · - , . . .. . . . . C · · · · · ·· * *
|- |
- - -- :
u - - - - --- » ' ** ** -- - * * · * * *»

E court entretien que j’eus l'honneur d'avoir avec


vous m'oblige aujourd'hui de rapeller toutes mes
idées pour vous faire conoître que des faux Philofo
phes avoient abufé de vôtre bonté & trop grande cre
dulitê en vous expofant des principes contraires à la
verité de l’oeuvre, la furpriſe où vous fuftes de mes
difcours m’étonna fort peu quoiqu’ils vous paruffent
bien opofez aux livres qui vous: ont occupé juſques à
prefent.
- - Je
(47)
e vous advoüe M., que vôtre étonnement me fit
plaifir, perſuadé que les effets de la realité que j'eſpere
vous faire voir vous defabuleront entierement des So
phiftes qui ont voulu vous ſurprendre. Je fçaile Ca
nal dont pluſieurs perſonnes fe font fervis pour vous .
tromper, qui parloient bien en aparence fans fçavoir
ce qu’ils diloient, ne repetant que ce qu’ils avoient
apris par coeur dans les livres pleins d'Enigmes, que
peu de gens font capables de penetrer: quoique tout
le monde ſe flate de les expliquer clairement , mais
quand il s'agit d'une experience ces difeurs de grands
mots font connus pour des vendeurs de Mithridate.
Un honête homme doit être feur de íon fait & en
ètat de prouver ce qu'il avance furtout à des perfon
nes que Dieu a doué d'un diſcernement égal à vôtre
naiſſance & à vôtre merite : l’un & l’autre devroient
impofer à l’audace de ces affronteurs qui ont eu la te
mérité de vous faire occuper & donner tout vôtre tems
à des choles qui tendoient à la deſtruction de ce qu'ils
pretendoient faire, convaincus qu'ils ne les feroient
jamais, ignorant l’unique principe du compoſ é fans
lequel rien ne peut être, puiſque dans la production
tour vient de lui & dans la deſtruction du compoſé
tout fe reduit à ce principe. -- ; *

· Les plus grands hommes fe font perdus & fe per


dent dans fa recherche, confondant fon unique ſub
stance avec les accidens, qu'ils qualifient de ſubſtance,
( 48)
& les font independantes de ce feul principe, comme
le Feu, l'Air, la Terre, qu'ils apellent Element ſub
ſtantíel, fans penetrer que ces trois accidens ne ſont
ue des compoſez qui nous repreſentent le chaud, le
froid & le fec de l’unique ſubſtance de l'eau qui eſt le
feul principe dont tous les êtres font compolcz qui a
pour quatriéme qualité l’humide. Et pour jetter de la
Poudre aux yeux ils placent ces trois prétendües ſub
ſtances dans des regions où elles ne pouroient pas fub
fifter fans détruire la nature, mettant l’Element du
feu au deſſus de l’air, celui de l'air au deffus de l'eau,
& l'eau au deflus de la terre. . . -
Sur quoi je dis ainſi qu’ils conviennent tous qué les
::::::: la nature fe font ſur la Terre, & que
ans tous les compoſez les quatre qualitez s'y trouvant
elles ne proviennent que de leurs principes. Comment
veulent ils donc que la chaleur du feu penetre le froid
de l'air qui eſt fon contraire pour ſe venir joindre à .
l'humide & au fec qui ne peut pas monter dans la re
gion du feu, parceque l'air s’y oppoferoit auffi bien
que la uature qui eſt prefente, comme celle du feu le
gere & par confequent l’une ne pouroit pas monter,
ni l'autre deſcendre pour former le compoſé, puiſque
le propre de la legereté eft de monter & du peſant de
defcendre. D'autres Philoſophes ::::::: CCUTC

incongauité font tombez dans une plus grande erreur,


veulent que le feu Elementaire foit dans le centre de la
- - Terre.
( 49 ) * - * - -

Terre. Si celà étoit hr::eroit d’abord confommée,


fans que le froid ni l'humide y puflent remedier, que
dans la furface qui leurs feroit plus prochaine que le
centre qui ſouffriroit, & la flame que nous voions def.
cendroit pour aller ſe joindre à fon Element au lieu
qu’elle monte. Et il feroit vrai de dire que plus on
creuferoit dans la Terre & plus on en tireroit le chaud,
ce qui nous obligeroit de levernos glacieres vers la froi
de region de l'air au lieu de faire ce que l'experience
nous aprend & que tout le monde pratique.
Les differens fentimens de la region du feu nous font
comprendre qu'il n'y a point de feu Elementaire, &
le nombre infini de ſubſtance m’a convaincu, qu’il n'y
avoit qu’une fubſtance & tout le refte n’étoit qu’acci
dent provenant d'un feul principe , & l'experience
m’a fait voir que tout retournoit à lui. - -

· Ariſtote, Platon, Trimegifte, & autres l’ont de


fini fans le conoître, ils ont parlé fcavamment de fes
effets fans avoir jamais penetré à fond la caufe; fi quel
ques-uns ont réüffi dans l’oeuvre, comme ils difent
dans leurs livres, j’ofe vous afleurer M. que c'eſt par
l’hazard, ou bien ils n’ont pas écrit la verité, j’ai lëu
les plus celebres fans ajouter foi à leur dire qui eft en
tierement opoſé à la produćtion du fait, leur volume
ne traitant que dela matiere premiere de l’eſprit univer.
fel, des quatre Elemens qui en produiſent un cinquié
mc qu’ils nomment quintefence, qu'Ariſtotc
-
er: C
( 5o ) •

le Lyon qui fait germer toutes choſes icibas; Trime


gifte la ligne verte bien heureufe fans expliquer en quoi
člle confifte, & quel eſt fon principe, ni ce qu'il faut
faire pour trouver cette quintefence qui doit fournir
& fervir de nourriture à l'enfant, étant le vin Philo
fophique. . *.

Le Coſmopolite dit que la matiere premiere fe trou


ve dans le fein d'Aries, elle y eſt effećtivement. Mais
Aries fignifie le Belier, le mois de Mars, & Mars le
Tenfon. Cette Enigme eſt preſque impenetrable. Vous
m'avez avoüé de bonne foi M. que les Philoſophes n'a
voient pas accuſé juſte (je ſuis avec raiſon de vôtre
fentiment) auffi bien que les plus habiles gens qui ont
perdu leur tems à ſuivre la rêverie des Auteurs qui
font la defcription d'entonoirs, de fourneaux, de feux,
de lampes, de fables, de charbons & de mille autres
fottifes qui n’aboutiffent qu’à faire dépenfer de l’Ar
gent pour avoir de la cendre pour toute realité & de la
fumée pour recompenfe de tant de travaux.
La raiſon eſt plauſible : c'eſt qu'ils ne conoiffent pas
le principe de l’unique ſubstance qui fait la produćtion
de tous les compofez. Sans Enigme j'aurai l’honneur
de fatisfaire à vos deſirs en continuant de vous expli
quer le premier Chapître de la Genefe qui m’a con
duit heureufement, & comme par hazard à la conoiſ
- fance de ce principe dont Dieu s'eſt fervi pour créer
toutes chofes. - - |

Je
( 51 )
Je vous montrerai viſiblement les produćtions dela
nature & l’erreur de tous les fouffleurs.
Au commencement Dieu créa le Ciel eż» la Terre, qui
étoient fans forme: Jpiritus Deiferebatur fuper aquas.
Voilà le principe & la matiere dont Dieu a creé tou
tes chofes, étant contenüc đans les eaux, quant à la
matiere, mais non pas quant à la forme que Dieu leurs
2 donné avec le pouvoir de produire & de multiplier
felon leurs êtres &leurs fubſtances qui font diverſes
Paraccident, quoique fubſtantiellement elles ne foient
produites que d’un feul principe auquel elles fe redui
lent dans leur deftrućtion qui eſt l'unique ſubſtance
fubſtantielle qui fubfifte fans alteration dans fon centre
Elementaire, contenant les quatre qualitez que les Phi
loſophes ont pris fottement pour autant de ſubſtances
n’étants qu’accidens, que nous ne conoiffons que dans
les compofez accidentellement contenus dans l’unique
principe incommencè quant à la matiere & la forme
Jpiritus Dei ferebatur fuper aquas, l'Eſprit de Dieu étoic |

porté ſur les eaux avant le commencement du monde.


Il falloit donc que les eaux fuffeņt avant la creation des
autres êtres, & qu’elles aient été le principe & la ma
tiere pour former toutes choſes qui ne fe détruiſentque
lorſque l'humide radical fe corrompt ou s’évapore par
quelque accident. Au contraire elles fubfiftent, croiſ
fent & multiplient tant que cet humide radical croît
& ſubfifte en elles à proportion des accidens dont la
G 2 - mul.
| 52 -

multiplication de l’un & de l’autre change même les


formes de toutes chofes par l’acroiſſement de cet uni
que principe qui fe trouve en tout, fans lequel rien
n'eſt permanant, lui feul contenant en puiſlance le
froid, le chaud, l'humide & le fec, puiſque dans
l'aćte ces quatre qualitez que nous croions dans leurs
êtres ne font produites que de lui. |- , ,'„' ’

Par exemple la generation de l'homme ne fe fait


que par le ſperme humide qui s'échauffe par le mou
yement du lang & de l'aste generique, de ce ſperme fe
forme un ambrion dans la matrice de la femrme qui
croît de jour en jour par adition de l'humide des flux
des mois qui ceſſent à la femme, de cet ambrion fe for
me un enfant, de cet enfant un homme par la nouri
ture humide qu'il prend, & cet homme ſubfifte au
tant quc la ſubſtance radicale de l'humide eſt cn lui ;
mais fi-tôt qu'elle cſt détruite par corruption ou par.
quelque autre accident, l'homme ceffe de vivre & re
tourne dans ſon principe corruptible par la corruption.
Je ne pretens point ici parler de l’ame. C’eſt ce corps
qui devient en Terre, la Terre en cau corrompüe ,
cette cau en air, & cet air en eau incorruptible qui a
voit compoſé le tout de cet homme par la multiplica
tion de fon humide, dont une partie étoit changée
par condenfation en os, l'autre en nerfs, l'autre avoit
compoſé les yeux, l'autre la chair, l'autre la peau,
les ongles, les cheveux & tout le corps humain.
3) |

Voilà M. comme Dia:estou= choſes au com


mencement du monde avant lequel fon eſprit étoit
porté fur les caux qui compofoient le cahos. D’une
artie il en a formé les Cieux, de l'autre la Terre, de
l'autre le Soleil, la Lune & les Etoilles, les Poiſlons;
les Oiſeaux & generalement tous les Animaux, les Ar
bres, les Plantes, les Racines, les Métaux & tous les
êtres qui font au milieu des caux, ſpiritus Dei fereba
tur ſuper aquas. Gencf. t. Dieu fit le Firmament pour
feparer les caux d'avec les caux/paravitaquas ab aquis,
. Le coeur de l’homme repreſënte le Firmament, le
coeur étant au milieu des eaux, la volonté, la lumic
re, les yeux, le Soleil, la Lune; & les Etoilles la chair,
. , la Terre leventre, la Mer les Rivieres & les Ruiſſeaux
les veines. Les Poifions, les Oileaux & les Animaux,
les Vers que nous avons: Les Rochers, les Pierres, les
Métaux, les Os. Les Arbres, les Plantes & les Raci
nes de la Terre, les Cheveux, Poils & Ongles. Les
Montagnes, les Articulations. Il eſt constant enfin que
l'homme parfait eſt le vrai modelle du monde, tant
ſublunaire qu'Elementaire, puiſque tout ce qui le trou
ve dans l’un on le voit pareillement dans l’autre. -ic.
Ce n’eſt pas affez de Pencrrer ce grand point qui ne
fait qu’établir mon unique principe & détruire avec
raiſon la multiplicité des pretendües ſubſtences Ele
mentaires qui ne furent jamais puiſqu'on ne fçauroit
leur trouver un centre fans les faire agir contre nature.
- G 3 - Il
-

( 54 )
Il faut auffi que les enfans de la fcience Philoſophi
que fachent comment un Arbre produit fes fruits, par
quels reforts une Pomme, une Poire, un Abricot,
une Peſche, une Noix, une Grenade, un Raifín, une
Rofe, un Jaffemin, un ceillet ou quelque autre fruit
fe forment au bout de leurs tiges & à l'extremité des
branches. ,, - - -

Il eſt abſolument neceſſaire qu’ils conçoivent de


quelle maniere une partie de cet humide fe change en
écoffe l’autre en bois , l’autre en feve, l’autre en feuil
les, en bouton , en fleur, en fruit, en noyau, en
pepin, & comment dans ce noyau fe forme une aman
de & dans ce pepin eſt contenu en puistance & l'Arbre
& la tige & le bois & les feuilles & les fleurs & les
fruits fubſtantiellement & par quel moien ce même
principe qui les a compoſé leurs donne l'être par aĉte.
. Lorſqu’ils font parvenus à cette conoistance, ils ne
feront pas long-tems à découvrir la production des
Métaux, qui dérivant du même principe fervent de
matiere à tous les êtres du monde qui ne different que
dans la forme par la rarefaćtion ou condenfation qui
doit fè faire in pondere eò menfurá, avec poids & me
fure, telle qui convientau ſujet qu'on veut conſtruire,
la matiere étant d'elle-même difpofée à reçevoir quelle
forme on veut lui donner, quand elle eſt repriſe dans
fon principe ou qu’on le fçait rendre indeterminée ;
c’eſt à dire lui faire quitter une forme pour lui en don
, - IACÍ
(55) -

ner une autre, & qui doit ſe faire en un infiant. Car


étant determinée elle ne fçauroit reçevoir autre forme,
que celle du fujet determiné, ainſi que vous me l'avez
objećté fort à propos. - -

Cette operation fe doit faire fans violence par un


moien qui détruiſe feulement la forme fans alterer ni
abſorber la mariere pour imiter la nature dans la de
ftrućtion descompofez quife fait par corruption & di
latation, «lefquelles defuniffent les parties en feparant
la matiere de la forme degré à gré parl’évaporation de
cet unique principe fubſtantiel qui s’en retourneroit à
fon centre incorruptible après avoir été corrompu, fi
l'art ou les accidens ne l'arêtoient pour lui faire pren
drė une nouvelle forme foit ;: ou autre par
l'acroiflement ou diminution de cet humide qui vient
de quitter la forme où il étoit déterminé en fe détermi
nant facilement par condenfation ou rarefastion à la
* **
forme qu’on veut lui donner. " : ""- " -i - 4

Cette deſtruction de la forme fans alterer la matiere


ne ſe peut faire que par un moien quiſoit dela nature
de la matiere, c’eſt à dire qui renferme dans fon com
polé l'humide & le chaud, afin que l'humide du me
dium reçoive l'humide du compoſé que la chaleur du
medium détruit par la jonćtion & l'acroiffement de ces
deux humides qui ſe trouvent dominans, parceque les
formes du compofé & du medium font détruites par la
dilatation & la chaleur. Vous trouvez ces deux İ:
des
(56)
des du premier principe qui font la matiere premiere
indeterminée, difpofée à reçevoir toutes les formes Par
une Poudre ficcative qui doit ſe joindre à ces deux hu
mides & le tout ne faire qu'un compoſé nouveau par
la ceflation de la forme du premier. , ,
La chaleur de ce medium en détruifant la forme du
compoſé pour rendrefon principe indeterminé qui de
vient tout humide perd la force par la froideur de l'hu
midité ſuperieure, & le froid de l'humide-condenfe
les pores du . Premier principe qui devient peſant, &
par confequent plus ſolide & en moins de volume par
cette condenfation d'humide.
Par exemple le Mercure eſt un compoſé d'humide
vifqueux par condenfation liquide & coulante, qui
étant ſeparée fe rejoint par la vifcofité qui ſe rend in
determinée dans les autres formes Métalliques, quoi
qu'il foit de leur nature, & qu'il en ait la peſanteur,
il faut dilater par un medium la vifcofité de far nature
feparer fes partics condenfées & coulantes par leur hu
midité pour le reduire dans fon premier principe hu
mide ce qu'on ne fçauroit faire qu'en le reduifant cn
cau par un medium chaud & humide, & une Poudre
ficcative laquelle étant jointe avec l'humide froid du
medium & du principe qui compofoit auparavant le
Mercure ôtela vifcofité, & fon humideliquide ſe trou.
ve condenfé dans uninfant, & ainfi fixéil eſt changé
en Métail Lunaire ou Solaire, ce qui depend unique
IlC{1t:
( 57) |

ment de la compoſition de la Poudre qui doit être fai


te de la matiere de cet unique principe, de laquelle
Poudre je parlerai ci-après. -

Ce n’eſt donc pas le feu accidentel comme celui de


charbon ou de la lampe qui peut détruire les formes
fans alterer la matiere des compoſez, & rendre cet uni
que principe indeterminé & propre à reçevoir un autre
forme en produifant un nouveau compoſé. Puiſque
le feu accidentel eſt deſtrućtif de la matiere ne pou
vant la ſeparer ni la disjoindre de la forme, qu’en con
fommant l’une & l’autre par violence, étant l’ennemi
& l'oppoſé de l'humide principe de tous les êtres, qui
veritablement renferme en lui le chaud & le fec par
temperature du froid contenu dans fon humidité fon
unique fubſtance. . ' . -

Ces quatre qualitez étoient en puiſſance dans le pre


mier principe , c’eſt à dire dans la matiere fans forme
ou indeterminée avant le commencement du monde:
mais Dieuraiant entierement determiné cette premiere
matiere par la diverſité des formes de tant de differens
êtres, qu’il a crée, en mettant cette puiſſance du pre
mier principe en aćte, cette premiere matiere ne peut
lus être fans forme, la deſtrućtion d'un compoſé fai
}: dans le même inſtant la produćtion d'un autre,
corruptio unius fit generatio alterius, La deſtrućtion d'un
compoſé ſe fait en deux manieres fans alteration de la
matiere par la trop grande abondance de l'humide , ou
H par
|- |
58 )
par ſon évaporation tant (dans
- |- \, P ɔ e

les choſes animées qu'in


ànimées, vegetales que Métalliques; mais la produ
aion de l’une & des autres ne peut fe faire que par adi
tion d'humide condenfé ou raréfié plus ou moins.
Lorſque cet humide principe eſt raréfié à un certain
point il devient air, plus ou moins froid, fec ou hü
mide fuivant qu’il eftägité en hautil eſt plus ou moins
chaud, lorſque ce même principe d'humide eſt con
denfe, il eſt appellé Terre plus ou moins feche, hu
mide, chaude ou froide à proportion du mouvement
où elle ſe trouve, ni aiant que le feul mouvement ac
cidentel, qui puiſſe augmenter ou diminuer l’une ou
l'autre des quatre qualitez de la fubſtance de ce pre
mier principe dont tous les êtres font compofez, la
quelle augmentation ou diminution des quatre :
tez du premier : ne provient que de la differen
ce du mouvement felon la fituation où ſe trouve le
compoſé. - -

Sur ces principes inconteſtables, il faut M. que les


enfans de la ſcience pour pouvoir reüſſir à la produ
ćtion des Métaux & des autres compofez , :
parfaitement après avoir connu ce premier principe à
quel degré les quatre qualitez doivent être dans le com
poſé qu'ils veulent faire, à quel point ce principe qui
les contient doit être condenfé ou raréfié, pour rendre
leur compoſë parfait fans s’écarter des regles de la na
ture, que l'art ne peut qu'imiter dans la conſtrućtion &
dc
- (59) - - ;

deſtruction des formes plus parfaites aux compofez


imparfaits, & d'abreger le tems que la nature met à les
produire, dont voici M. la maniere infaillible & la
veritable compoſition de la Poudre
.
de Projećtion &
. .. . . . . .
comment il faut la projecter. .
Premierement il faut avoir un compoſé qui ferve de
fijet à la Projection qui confifte uniquement à donner
une forme plus parfaite au compoſé imparfait, ce qui
ne peut fe faire que par un compoſé plus parfait, que
l'on joint au moins parfait, & par l'union de ces deux
compoſez il s’en forme un troifiéme qui eſt moins par
fait qüele plus parfait, & plus parfait que le moins
parfait. ,
. Ce compoſé plus parfait qui doit donner une forme
plus parfaite au compoſé moins parfait, eſt ce que
nous apellons Poudre de Projećtion qui renferme en
elle les quatre qualitez du troifiéme compoſé nous::
voulons faire à un degré plus éminent qu'elles ne ſe
trouvent après l'union qui s'eſt faite avec le compoſé
moins parfait, : eft devenu plus : par adition
des qualitez parfaites du compoſé plus parfait, quideº
vient moins parfait dans la forme du nouveau com
::::::: quc n’étoit le moins parfait, & moins
parfait que le plus parfait. . . . . . ,
Pour faire cette union du compoſé parfait avec le
moins parfait il faut neceſſairement que ce foit par un
agent qui dilate les porcs du::: moins fa : 3
... - - - 2. - []
( 6o) ·
afin que les qualitez du plus parfait les penetre pour
leurs communiquer leurs perfećtions. . .
Cet agent ne doit que dilater le compoſe imparfait
fans alterer la matiere de ce compoſé, qui ne fe peut
faire que par un agent qui contient l'humidité à un de
gré de perfećtion du premier principe, dant tous les
êtres font compoſez, & par le degré de perfećtion du
premier principe, cet agent agit fur tous les êtres çon
denfant les pores dilatez, & dilatant ceux qui font con
denfez à proportion que l'Artiſte le met en mouve
ment, ce même agent auflife petrific ou devient liqui
de toûjours paradition de fon compofé premier priu
cipe, felon le mouvement qui lui eſt donné, & par
confequentil eſt de la nature de tous les compoſez,
avec les humides il eſt froid par l’inaćtion, & avec les
chauds il eftfec par le mouvement fans qu'il altere fa
matiere ni celle des êtres ſur leſquelles ilagit, parceque
toutes les qualitez de la nature des êtres fetrouvent
dans fön compoſé entierement parfaites; quand l'Ar
tifte fçait les ſeparer les unes des autres, & mettre à :
part l'humide de cet agent, pour ajoûter à l'humide
du compoſé s'il eſt neceffaire d'augmenter l'humidité,
le froid au froid, le chaud au chaud, & le fec au fcc;
au contraire il faut fè fervir de l'humide de cet agent
pour diminuerle fec., & du froid pour abatre ou tem
perer la chaleur du compöſe imparfait s'il eſt neceſſai
re, pour lui donner une forme plus parfaite: | 4. . .
. . . . . * * * : C'eſt
( 61 ) - - -

C'eſt pourquoi M. je vous ferai remarquer qu’il eft


d’une neceflité abſolüe que les enfans de la fcience fa-
chent les degrez des quatre qualitez qui doivent être
dans le compofé qu'ils veulent faire. Sans celà ils tra
vaillent à l'avanture, quand mêmcils auroient en leur
poceflion, la matiere premiere indeterminée, comme
elle étoit avant la creation du monde, ce qui eſt du
tout impoſſible ; parceque cette matiere pour être in
determinée, telle que les Philoſophes. Sophistes pr:
tendent trouver devroit êtreifans forme." Mais il eft
conftant que depuis la creation du monde il n'y a ja
mais eu de matiere fans forme, la deftrućtion d'un
compost faifant la conſtruétian d'un aurre, Corruptio
unius fit generatio alterius. savi-ta : * o *.dł z ::
Il n'y a que l’unique degré des quatre qualitez du
premier principe qui doit faire la difference desformes
de tous les compọfez à proportion que cei degré seſt
different dans les êtres. , : a; o i fɔ : * 21-i}
Voilà M. en quoi confifte la fcience Philoſophique,
qui eſt dans la feule conoifiance du degré des quatre
|- :::::::::::::::: tout le reſte cft très
facile, le poids & la meſure fait la multiplication &
l'augmentation du compoſé quand on eſt parvenu à la
conoiffance des differens degrez des qualitez. La com
- poſition eſt un jºu d’enfant, ili n'ya que la mixtion
à faire & la joindre au compofé imparfait, avec le me
dium ou agent dont j’ai parlé, & le compoſé impar
- - *- |- H 3 - fait
ſº

- (62 )
fait prendainfi une forme plus parfaite de lui même.
. La mixtion du degré des qualitez qui doit fe faire
avec poids & meſure cſt ce que nous apellons Poudre
de Projećtion. . . . . . - -
Le medium ou agent qui dilate & condenfe les pores
du compoſé imparfait, c'eſt un diſſolvent que les Phi
loſophes apellent le vin Philoſophique qui n'eſt point
corrońf, & par confequent n’altere jamais la matiere
du premier Principe. ---- *.. . . . . . . - --
... Ce diſſolvent fe tire de trois fortes de fimples, com
me j'ai eu l'honneur M. de vous les nommer ci-devant,
l’une.cft Solaire, l’autre Lunaire & l’autre cient des
deux. L'humide de ces ſimples renfermant en foi le
fel, le fouffre & le mercure, fans être ſeparé de l’un
ni de l'autre humide qu'il faut extraire en prefſant cha
que ſimple en particulier, ces trois humides étant mê
lez enſemble in pondere ex-mtnfará, avec poids &'me
fure pour en faire un feul humide compoſé dans trente
fix heures, refoût toutes fortes de Métaux en cau Mé
tallique qui eſt la matiere de ce premier principe, on
mêlcune Poudre qui renferme le degré des quatre qua
litez qui doit fetrouver dans le compoſé Métallique
qu’on veut faire & par le ſeul mouvement que l'on
donne avec une cfpatulle pour faire incorporer la Pou
dre dans cette cau Métallique, elle fe condenfe & de
vient en grumeleaux quife tiennentenſemble dans un
.creufet qu'on met fur un feu lent pour évaporer l'hu
- * mide
|- *** -

- - ( 63 )
mide du diffolvant, & ce qui étoit d'impur dans le
Métail imparfait, enfuite faifant fondre ce qui refte,
vous trouverez le compoſé parfait felon le degré des
qualitez de la Poudre qu'on a mêlé dans l'eau Métal
lique. .. . . . . .... . . . . . . i - .iº.*
Cette Poudre doit être faite de l'humide principe de
*tous les êtres, fa compoſition eſt le fel des fimples ou
Lunaire ou Solaire cuillies dans la faifon qu'il faut &
fous les conſtellations qui leurs donnent des influen
ces productives defdits fels qui fe trouvent plus abon
damment dans lefdits ſimples au Prin-tems ou pendant
l'Automné. . . . . . - -
Les fels doivent ètre arofez de l’eau du premier prin
cipe qui fe tire deſdits fimples , & expofer le rout au
Soleil qui fait croître & augmenter les fels reduits en
Poudretant par adition de l'humide des caux, que par
les rayons du Soleil qui donneces influences pour con
denfer l'humide de ces eaux avec la ficcité defdits fels .
en Poudre, qui deviennent un compoſé fòlide qu’il
faut triturer dans toutes les cultures avant de les aro-
fer ; cette operation doit fe faire juſqu’à ce que ces
Poudres aient, atteint la perfection du degré des qua.
tre qualitez qui doivent donner la forme parfaite au
compoſé moins parfait.
Cette Poudre compoſée des fels des vegetaux dans
fa premiere operation eſt femblable à l'embrion formé
dans la matrice de la femme par l'humide fpermati
que,
- ( 64 ) . -

que, qui s'augmente paradition des flux des mois pour


former-un cnfant qui eſt la feconde operation de la
nature. * • • . . . . . . . ' •

Il faut auffi arrofer cette Poudre dans la feconde


operation d'une eau diſtillée du fang d’un certain ani
mal quia la chaleur au fupreme degré, quoiqu'il foit
toûjours dans le froid: laquelle eau renferme ces deux
qualitez dans tous les degrez par adition du flegme
qu’on ſeparę dudit fang & qu'on mèle avec poids &
meſure, avec cette même eau fanguine dont on fait un
compoſé humide avec les eaux tirées des ſimples pour
en arrofer lefdites Poudres dans les cultures de la fecon
de operation, où elles doivent changerde couleur, fur
cette cau de fang que les Philoſophes ont apellé ſang
innocent ( comme il eſt vrai) car l'animal eft des plus
innocens, certains Sophiſtes ont eủ la cruauté dégor
ger de jeunes enfans par un cffet de leur ignorance;
la qualité du fang humain n'a pas celle qu'il faut pôur
l'oeuvre. ; : , ; : : r ; ; ; ::::: : , : » . . . . . . . .
*
. ;

De même que l’enfant croît & prend des forces par


la nouriture de l'humide des flux des mois jufques à fa
naiſſance: De même auffi fait la Poudre dans cette fe
conde operation quand on l'arrofe, il faut ſeulement
prendre gårde de ne l'a pas noier par la trop grande
quantité & de lui en donner affez de peur qu’elle ne
*. -

l'anguife.
-- -; : ! - .
-
: ·:
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r. * * * · * -
, - } {{ 2
. .
-
|-
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x
-

L'enfant étantné, on le nourit de lait & à meſure


- - · qu'il
( 65 ) -

qu'il croît on lui donne de : boulie, & dans la fuite


des alimens plus fubſtantiels , il faut faire la même
choſe à nôtre Poudre, en augmentant la doſe des caux
tirées des fimples & non dufang, dans lefquelles eaux
des ſimples on met tremper du bois de F ...... & de
B : . . . . . defquels les eaux tirent la fubſtance qui eft
très-forte qui fe communique audites Poudres dans les
culturcs pendant la troifiéme operation qui repreſente
l'enfance, & l'adoleſcenſe dans lequel il faut lui don
ner pour nouriture le fel de mercure, en faifant la cul
ture après les avoir triturez dans cette troifiéme ope
ration elle change encore de couleur. -

La quatriéme operation eſt femblable à la troifiéme


hormis qu’il faut augmenter la dofe du fel de mercu
re, & des eaux, ce qui eſt neceffaire de faire dans
toutesles cultures juſqu'à ce que ces Poudres foient par.
faitement rouges. -

Les Poudres dans leur principe vegetal des ſimples


font vertes & grifatres, quand elles font en fel, &
qu'on les mêle pour en faire un compoſé elles font
obſcures; dans les premieres cultures de la premiere
operation elles deviennent noircs par l'arroufement.
Dans la feconde operation elles blanchiffent peu à peu.
Dans la troifiéme elles font rougeatres , & dans la
quatriéme elles deviennent tout à fait rouges.
Il faut dans toutes les cultures des quatre opera
I tions
(66)
tions mêler un peu d'eau commune bien nette & tant
ſoit peu d'eſprit de vin dans les caux compoſées, def.
quelles on veut arrouſer leſdites Poudres dans les cul
tures, & qui doit ſe faire par afperſion. -

Daņs toutes les cultures la matiere augmente, mais


principalement dans la quatriéme après la feconde cul
ture, fi la Poudre n’a pas langui dans les operations
precedentes, - -
Le vent leur eft fort contraire, le mauvais air , &
fi la femme en aproche dans certains tems, elle les
corrompt, für tout quand on : a donné la cul
[UlIC. - - · · · -

Il faut toûjours les tenir au foleil ou à l'air dans le


beau tems , quand il pleut, elles doivent être dans un
lieu fec & chaud, ne les arroufer jamais ni les triturer
que quandil fait beau & point de vent, il n'y a que
deux jours dans chaque mois pour leurs donner leur
culture, s’il fait un mauvais tems, il vaut mieux les
laiffer à moins d'avoir un endroit bien fermé où la cha
leur ſoit à quarante quatre degrez, ou du moins à
trente huit, en ce cas là on peut les triturer & les ar
roufer toûjours par afperſion.
On connoît quand la quatriéme culture eft parfaite.
Lorſque les Poudres fubliment, on peut prendre les
fublimềes & s’en fervir comme ci-deffus. Si on les gar
de il faut que ce foit dans une bouteille bien :::::
afin
(67 )
afin qu’elles ne s’évantent, & leur donner de tems en
tems du mercure bien layé, qu’elles devořent com
me l'aimant fait la limaille de fer. Vous prendrez gar
de qu'elles foient dans un lieu fcc & qu’elles ne fouf.
frent pas le froid ni l'humide. * - * *

Ces Poudres dans les operations après être trieurées


& paſſèes dans un tami de foie, on les arrofe, & à
meſure qu’elles fechent elles deviennent dures en maffe
comme une pierre , c’eſt pour celà que l’on apelle
l'oeuvre pierre Philoſophale, mais quand elles font
Parfaites, & qu’elles ont fublimé, elles font toûjours
Poudres, ne fe formant que des petits gremeleaux qui
cn les maniant le réduifent en Poudre. |

On peut auffi projetter en cette maniere : Mettre


tremper de cette Poudre parfaite dans de l'huile d'Or
rećtifiée, dilater le mercure par le diffolvant ci-deffus,
& mêler quelque goute de cette huile d'Or dans la
quelle la Poudre fe diffout avec ledit mercure, onze
goutes projettent une livre dudit mercure.
Vous devez M. être content de ce que vous avez
exigé de moi, j'ai tâché de profiter des leçons que
l’on m’a fait. J'ai donné toute mon application pour
obeïr à vos ordres, quoique j'aie rapellé dans mes
idées tout ce que j’ai peu apprendre foit par lećture
ou par experience je confefferai hardiment, In vanum
laboraverunt qui quæſierunt eam dormierunt ſomnum fuum
I 2
e? nihil juvenerunt in manibus fuis. Je comte autant fur
l'honneur de vôtre eftime que furtous les tréfors Chi
miques, êtant avec beaucoup de reſpećt,

M o N s.1 E U R ,
|- , -

Vötre très-humble &= très


:
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obriſant Serviteur,
... * * - * * * ** |- - D. 9 B.
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