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Le conflit entre la Chine et le Tibet

Le conflit entre la Chine et le Tibet a acquis déjà une longue histoire. Bien qu’il appartienne à
l’actualité, le conflit a été déclanché il y a plus de 50 années, plus précisément lors de
l’invasion et occupation chinoise de la province en 1950, après l’instauration du régime
communiste en Chine1. Au coeur de la dispute se trouve la complexe problématique du statut
de la province Tibet2, revendiquée par la Chine en tant que territoire inaliennable du pays,
mais qui, selon la position tibétaine, a été historiquement indépendante. La divergence des
positions a été clairement exprimée. Selon un document officiel de la République Populaire
Chinoise de 1992, «Pour plus de 700 années, le gouvernement centrale de Chine a exercé
continûment sa souveraineté sur le Tibet et le Tibet n’a jamais été un Etat indépendant»3,
tandis que le gouvernement tibétain en exile déclarait en 1993 que « A l’époque de son
invasion par les troupes de l’Armée de Libération de Chine en 1949, le Tibet était un Etat
indépendant de fait et de loi. L’invasion militaire a constitué l’agression d’un Etat
indépendant et la violation de la loi internationale. » En effet, le territoire a connu une
indépedendance de facto durant la période 1913-19494, ayant aussi proclamé unilatéralement
son indépendance en 1913. De plus, le droit à l’autodétermination du peuple tibétain a été
stipulé dans la Résolution de l’Organisation des Nations Unies de 1961, une des résolutions
émises à l’égard de cette question.
Un premier facteur structurel du conflit se trouve donc dans la même invasion de ce territoire
par l’armée communiste chinoise, qui renvoie en effet à une authentique difficulté de la Chine
à l’intégrer et à le garder, mais aussi au caractère problématique de l’historicité de
l’indépendance de Tibet5. De même, le non-respect, voire les contradictions existentes dans
les prévoyances de « L’Accord en 17 points » issu en 1951 par la Chine, concernant l’octroi
de l’autonomie et la maintenance du système politique en place, du statut et des prérogatives
du dalaï-lama, lorsqu’il n’était pas seulement le leader religieux, mais aussi politique du
Tibet6 jouent un rôle essentiel dans l’alimentation du conflit, d’autant plus qu’à partir de 1988,
par la « proposition de Strasbourg », les revendications du dalaï-lama et du gouvernement
en exile se sot restreintes à l’autonomie de la province. De surcroît, il y a un problème

1
Sperling, Elliot, The Tibet-China Conflict : History and Polemics, East-West Center Washington, 2004, p. x,
disponible en ligne sur le site http://www.eastwestcenterwashington.org/Publications/publications.htm, site
consulté le 20 mars
2
Ibidem
3
Ibidem, p. 1
4
Vernerey Mathieu, « Bourgeonnement précoce du printemps de Lhassa », Le Monde Diplomatique, Avril 2008,
p. 20
5
Ibidem
6
Goldstein Melvyn C., The snow lion and the dragon, University of California Press, 1999, p. 47
identitaire qui contribue à l’extension de ce conflit aussi sur le plan culturel, car le culte
bouddhiste constitue un élément intrinsèque de l’identité nationale tibétaine, or cela ne
s’accorde pas avec la laïcité promue par la Révolution Culturelle Chinoise, fait démontré
aussi par la destruction massive des lieux de cultes après l’invasion chinoise du Tibet. En
plus, le sentiment nationaliste ne cesse pas d’être renforcé par des déclarations des autorités
chinoises, par rapport au dalaï-lama, qui jouit de la légitimité auprès des Tibétains. Pour ne
pas donner qu’un exemple, on précise la formule utilisée par le secrétaire du Parti
Communiste Chinois au Tibet, Zhang Qingli, d’une « lutte à mort contre le dalaï-lama et sa
clique »7

Le conflit a dégénéré dans plusieures crises, concrétisées par des manifestations anti-
chinoises dans la région et mettant en cause la violation des droits de l’homme par les
autorités chinoises par leurs interventions violentes. On peut citer comme un des premiers
événements majeurs le soulèvement national de Lhassa de 1959, écrasé violemment par les
autorités chinoises, suite auquel le dalaï-lama s’est exilé avec son gouvernement en Inde, suivi
par des milliers de réfugiés civiles8. Parmi les facteurs spécifiques, au-delà de ceux structurels
déjà précisés qui ont assurément joué un rôle essentiel, figure l’implication de la CIA
Américaine dans le mouvement9. D’autres crises ont eu lieu après, parmi lesquels celle de
1989, brutalement réprimée, et aussi celle de 2008, ces mouvements ayant eu aussi un but
commémoratif du soulèvement sanglant de 1959, ce qui constitue un facteur spécifique des
ces événements. Cette dernière révolte a été de même réprimée en force10, ayant comme
résultats des milliers de victimes parmi les civiles. De plus, on peut préciser comme un autre
facteur spécifique pour la production de ces mouvements l’activité des organisations comme
le Mouvement Libérer le Tibet ou des groupements de guérilléros tibétains soutenus, selon les
affirmations de Richard M. Bennett (consultant en renseignement et sécurité AFI Research.
American and Foreign Intelligence), par la CIA11.

7
Propos tenus par Zhang Qingli, secrétaire du Parti communiste chinois au Tibet, rapportés par le Quotidien du
Tibet (Lhassa), le 21 mai 2006, et réitérés dans les mêmes colonnes, le 19 mars 2008, selon la formule « lutte à
mort contre la clique du dalaï-lama » in Vernerey Mathieu, « Bourgeonnement précoce du printemps de
Lhassa », Le Monde Diplomatique, Avril 2008, p. 20
8
Vernerey Mathieu, « Bourgeonnement précoce du printemps de Lhassa », Le Monde Diplomatique, Avril 2008,
p. 20
9
Wonacott, Peter. «Revolt of the Monks: How a Secret CIA Campaign Against China 50 Years Ago Continues
to Fester; A Role for Dalai Lama's Brother». Wall Street Journal. 30/08/2008
10
Suciu, Ovidiu, « China, între Jocurile Olimpice şi represiunea din Tibet», 18.03.2008, article disponible en
ligne sur le site http://www.dw-world.de/dw/article/0,2144,3200507,00.html, consulté le 19 mars 2009
11
Bennett Richard M., « Tibet, le « Grand Jeu », et la CIA », mercredi 16 avril 2008, article disponible en ligne
sur le site http://www.voxnr.com/cc/etranger/EkplFyFkllwxEpjimJ.shtml, consulté le 19 mars 2009