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CODE MARITIME MAROCAIN

2007

LIVRE I. DISPOSITIONS GENERALES

TITRE 1 : LES ESPACES MARITIMES SOUS JURIDICTION


MAROCAINE

Article 1 :

L’Etat marocain exerce en haute mer les droits reconnus à tout Etat par la Convention des
Nations Unies sur le droit de la mer.

La souveraineté de l’Etat marocain, s’étend à sa mer territoriale, étant seulement réservé le


droit de passage inoffensif des navires des autres Etats.

L’Etat marocain exerce ses droits souverains sur les espaces maritimes situés au-delà de la
mer territoriale dans les conditions prévues par les conventions internationales sur le droit de
la mer et les dispositions prises par le législateur marocain pour leur application.

Article 2 :

Les eaux intérieures sont les eaux situées en deçà de la ligne à partir de laquelle est mesurée la
mer territoriale.

Article 3 :

La mer territoriale s’étend, conformément à la législation en vigueur, jusqu'à une limite fixée
à 12 milles marins calculée à partir de la laisse de basse mer.

Les lignes de base sont la laisse de basse mer ainsi que les lignes de base droites et les lignes
de fermeture de baies qui sont déterminées par l’autorité maritime.

La souveraineté de l’Etat s’étend à l’espace aérien ainsi qu’au lit et au sous-sol de la mer dans
la limite des eaux territoriales.

Article 4 :

La zone contiguë s’étend au delà de la mer territoriale et adjacente à celle-ci, jusqu'à une
distance de 24 milles marins calculée à partir des lignes de base droites ou des lignes de base

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normales qui servent à mesurer la largeur de la mer territoriale. Dans cette zone l’ Etat exerce
le contrôle nécessaire en vue de :

1- prévenir les infractions à ses lois de police douanière, fiscale, sanitaire ou d’immigration
sur son territoire ou dans ses eaux territoriales ;

2- Réprimer les infractions à ces mêmes lois commises sur son territoire ou dans sa mer
territoriale.

Article 5 :

La zone économique exclusive s’étend au-delà de la mer territoriale et adjacente à celle-ci,


jusqu'à une distance de 200 milles marins calculée à partir des lignes de base visées à l’article
2 de la présente loi.

L’Etat a, dans cette zone, des droits souverains aux fins de l’exploitation, de la conservation et
de la gestion des ressources naturelles, biologiques et non biologiques, du fond des mers, de
leur sous-sol et des eaux surjacentes, ainsi qu’en ce qui concerne d’autres activités tendant à
l’exploration et à l’exploitation de la zone à des fins économiques, comme la production
d’énergie à partir de l’eau, des courants et des vents.

Article 6 :

Le plateau continental est défini conformément au droit international en vigueur et comprend


les fonds marins et leur sous-sol au delà de la mer territoriale, sur toute l’étendue du
prolongement naturel du territoire terrestre jusqu’au rebord externe de la marge continentale,
ou jusqu'à 200 miles marins des lignes de bases visées à l’article 2 ci-dessus, lorsque le rebord
externe de la marge continentale se trouve à une distance inférieure à 200 miles.

Article 7 :

Afin de vérifier s'il n'a pas commis une infraction aux dispositions de la présente loi, tout
navire navigant ou mouillant dans les eaux intérieures, la mer territoriale, la zone contiguë ou
la zone économique exclusive, peut être sommé de stopper immédiatement dans les conditions
et selon les modalités fixées par l'administration.

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TITRE 2 : LE DOMAINE PUBLIC MARITIME

Article 8 :

Pour l’application de la présente loi, est considérée comme domaine public maritime, la partie
du domaine public formée par la mer et les espaces qu’elle baigne, soit temporairement, soit
d’une manière continue.

Le domaine public maritime comprend :

a) les eaux intérieures telles que définies par l’article premier de la présente loi ;

b) le rivage de la mer jusqu'à la limite des plus hautes marées, ainsi qu’une zone de dix mètres
calculée à partir de cette limite ;

c) le sol et le sous-sol des eaux territoriales ainsi que les terrains artificiellement soustraits à
l’action de la mer, sous réserve de dispositions contraires d’actes de concession ;

d) les constructions et ouvrages publics d’utilité maritime situés dans les zones maritimes
placées sous juridiction marocaine.

TITRE 3 : L’AUTORITE MARITIME

Article 9 :

Pour l’application de la présente loi, l’expression « autorité maritime » désigne l’autorité


gouvernementale chargée de la marine marchande, ainsi que les fonctionnaires auxquels elle
est susceptible de déléguer une partie de ses pouvoirs.

Article 10 :

Hors du territoire national, les navires battant pavillon marocain et leurs équipages relèvent
des agents diplomatiques et consulaires du Royaume du Maroc dans les ports relevant de leur
circonscription

Dans les ports étrangers qui ne sont pas compris dans la circonscription d’un consulat
marocain ou d’une mission diplomatique marocaine, le poste diplomatique marocain ou la
mission diplomatique marocaine le ou la plus proche, ou toute autre autorité consulaire
investie à cet effet par le Royaume du Maroc, est compétent pour l’Autorité maritime des
navires marocains et de leurs équipages.

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TITRE 4 : LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
MARIN

CHAPITRE 1 : DISPOSITIONS GENERALES

Article 11 :

Sous réserve des dispositions de l'article 13 ci-dessous, il est interdit à tout navire lors de son
passage ou de son séjour dans les eaux maritimes sous juridiction marocaine de commettre un
acte volontaire de pollution résultant d'un rejet, d'une immersion de matières ou de substances
entraînant ou susceptibles d'entraîner une pollution de ces eaux, lorsque ce rejet, cette
immersion est effectué dans des conditions autres que celles fixées par les dispositions de la
présente loi

Toute opération d'incinération en mer de déchets ou autres matières est interdite.

Article 12 :

Lorsque des considérations de protection particulière de certaines zones vulnérables des eaux
territoriales le justifient, des aires spécialement protégées peuvent être créées par
l'Administration, dans lesquelles elle pourra prendre toutes mesures visant à :

a)- interdire tout rejet, immersion de matières ou substances susceptibles d’entraîner une
pollution du milieu marin;

b)- réglementer le passage, l'arrêt ou le mouillage des navires, notamment par la


détermination de couloirs de navigation;

c)- sauvegarder les écosystèmes marins.

Article 13 :

Le rejet ou l'introduction dans les eaux maritimes d'hydrocarbures, de matières ou substances


nuisibles, dangereuses ou nocives ne constitue pas une interdiction au sens de l'article 11 ci-
dessus lorsque ce rejet ou cette introduction :

a)- a été effectué par un navire pour assurer sa sécurité ou celle d'un autre navire, de son
équipage ou de ses passagers ou pour sauver des vies humaines en mer, à condition toutefois
que les rejets aient été contrôlés conformément aux dispositions de la législation applicable en
la matière ;

b)- provient d'une avarie survenue au navire ou à son équipement, à condition que toutes les
mesures aient été prises, sitôt, l'avarie découverte pour empêcher, réduire ou en limiter les
conséquences ; et que le propriétaire du navire ou le capitaine n'ait pas agi soit avec l'intention
de provoquer le dommage soit témérairement et en sachant qu'un tel dommage en résulterait
probablement ;

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c)- a été effectué après autorisation et sous le contrôle de l'autorité compétente dans le but de
réduire ou de combattre une pollution des eaux maritimes.

Article 14 :

Tout navire transporteur d'hydrocarbures en vrac, de substances ou de matières dangereuses


ou nocives, ainsi que tout navire nucléaire ou transportant des matières nucléaires, doit,
lorsqu'il navigue dans les eaux maritimes, être muni des certificats et attestations d'assurance
garantissant les risques de pollution encourus par les personnes responsables aux termes de la
présente loi.

Article 15 :

L'autorité compétente peut suspendre temporairement l'exercice du droit de passage inoffensif


dans des zones déterminées des eaux territoriales lorsque cette mesure est indispensable pour
prévenir, réduire ou maîtriser une pollution grave.

La même autorité peut exiger le départ immédiat de tout navire étranger qui, lors de son
passage dans les eaux territoriales, ne respecte pas les dispositions de la présente loi.

Article 16 :

L'exercice du droit de passage inoffensif dans les eaux territoriales par tout navire nucléaire
ou transportant des substances nucléaires ou toute autre substance dangereuse ou nocive est
soumis à l'autorisation préalable de l'autorité compétente.

L'entrée d'un tel navire dans les eaux intérieures est également soumise à autorisation
préalable.

Article 17 :

Tout capitaine d'un navire nucléaire et tout capitaine d'un navire transportant des
hydrocarbures en vrac, des matières nucléaires ou toute autre matière ou substance dangereuse
ou novice est tenu, lorsqu'il navigue dans les eaux territoriales de se conformer aux règles
spéciales de circulation et aux règles relatives aux distances minimales de passage le long des
côtes marocaines telles qu'elles sont déterminées par l'Administration.

Article 18 :

Tout capitaine, dont le navire subit, alors qu'il navigue dans les eaux maritimes sous
juridiction marocaine, un incident technique ou un événement de mer entraînant ou
susceptible d’entraîner une pollution de ces eaux, doit en informer l'autorité compétente dans
les formes et conditions déterminées par l'Administration.

L'information donnée doit permettre à l'autorité compétente d'identifier et de localiser le


navire concerné ainsi que son propriétaire, de connaître l'incident dont il est victime, la nature
et l'étendue des dommages subis ou causés, la nature et l'étendue des risques de dommages
causés par pollution à l'environnement marin ainsi que les conditions météorologiques dans
lesquelles le navire évolue.

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Les mêmes obligations incombent à tout capitaine navigant dans les mêmes eaux et qui a
connaissance qu'un tel incident ou événement a eu lieu.

Article 19 :

Tout capitaine de navire marocain ou étranger navigant dans les eaux maritimes sous
juridiction marocaine et tout commandant d'aéronef marocain ou étranger traversant ces
mêmes eaux, est tenu de signaler, immédiatement, à l'autorité compétente, tout fait ou
situation qui laisse supposer qu'il y a eu ou qu'il va y avoir une immersion contraire aux
dispositions de la présente loi.

L'information donnée, qui sera consignée sur un registre prévu à cet effet doit permettre
d'identifier le navire ou l'aéronef auteur du message, le navire ou l'aéronef contrevenant, les
lieux et conditions de l'immersion et toute autre mention propre à identifier les matières ou
substances en cause.

Article 20 :

Tout capitaine d'un navire marocain ou étranger navigant dans les eaux maritimes sous
juridiction marocaine a l'obligation d'assurer un service permanent d'écoute et d'utiliser sans
discontinuité ses instruments d'aide à la navigation, de jour comme de nuit.

CHAPITRE 2 : DISPOSITIONS PARTICULIERES

Section 1 : La réglementation de l’immersion en mer


Article 21 :

Toute immersion dans les eaux maritimes de déchets ou autres matières est interdite à
l'exception de ceux qui sont énumérés à l'annexe I du Protocole de 1996 à la convention de
Londres du 29 Décembre 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de
l'immersion de déchets.

Toute immersion de l'une des matières ou substances figurant sur la liste énumérée par
l'annexe I du Protocole de 1996 à la convention de Londres sus indiquée nécessite l'obtention
d'un permis spécifique délivré dans les formes et conditions prévues par l'Administration.

Article 22 :

Les dispositions de l'article 868 ci-dessus ne s'appliquent pas lorsqu'il est nécessaire :

a) d'assurer la sauvegarde de la vie humaine ou la sécurité de navires, aéronefs, plates-


formes ou autres ouvrages en mer,

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b) dans les cas de force majeure dus à des intempéries ou à toutes autres causes qui
mettent en péril des vies humaines ou qui constituent une menace directe pour un navire, un
aéronef, une plate-forme ou d'autres ouvrages en mer.

Dans tous les cas, une telle immersion doit apparaître comme le seul moyen de faire face à la
menace et, elle ne peut avoir lieu qu'à condition qu'elle entraîne des dommages moins graves
que ceux qui auraient été occasionnés sans le recours à ladite immersion.

En outre, elle doit être faite de telle manière à réduire au minimum les risques d'atteinte à la
vie humaine, à la faune et à la flore marines.

Toute immersion devra être notifiée sans délai à l'Organisation compétente.

Article 23 :

Sans préjudice de la législation applicable à l'embarquement ou au chargement des matières,


substances ou déchets, tout embarquement ou chargement de matières, substances ou déchets
destinés à être immergés en mer est subordonné à l'obtention d'une autorisation délivrée par
l'autorité compétente.

Article 24 :

La délivrance des permis et autorisations prévues au présent titre est subordonnée à la


présentation par le demandeur d'une étude d'impact détaillée, définissant les réactions
chimiques, physiques et biologiques entraînées par l'immersion envisagée sur les eaux
maritimes ainsi que les conditions propres à assurer la sécurité, l'innocuité et l'absence de
pollution de ces eaux.

L'autorité compétente peut demander un complément d'information et effectuer ou faire


effectuer une contre-expertise, aux frais du demandeur.

L'étude d'impact visée à l'alinéa précédent est réalisée par une personne physique ou morale
habilitée à cet effet par l'autorité compétente.

Article 25 :

Tout permis ou autorisation peut être retiré par l'autorité qui l'a délivré si l'une des conditions
fixées par ce permis ou cette autorisation n'a pas été respectée ou si de nouvelles données
scientifiques ou techniques sont intervenues depuis sa délivrance et établissent que les eaux
maritimes sont menacées.

Article 26 :

Il ne peut être délivré aucun permis d'immersion dans les eaux intérieures et les eaux
territoriales.

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Article 27 :

Le capitaine de tout navire ou le commandant de tout aéronef autorisé à pratiquer une


opération d'immersion est tenu de conserver à bord, aux fins de présentation à toute
réquisition, le permis d'immersion ou l'autorisation dont il est détenteur.

Il doit consigner sur un registre spécial tenu à jour et conservé à bord, toutes les opérations
d'immersion réalisées, donnant notamment toutes précisions relatives à la nature et la quantité
de substances immergées le lieu, la date et la méthode d'immersion utilisée, ainsi que les
incidents éventuels qui ont pu accompagner l'opération.

Le permis d'immersion doit être annexé audit registre.

Section 2 : La prévention de la pollution par les navires

Article 28 :

Tout navire battant pavillon marocain, doit répondre aux normes de sécurité et de prévention
de la pollution fixées par la législation en vigueur.

Tout navire étranger entrant dans les eaux territoriales doit répondre aux normes de sécurité et
de prévention de la pollution prévues par les Conventions Internationales en vigueur en la
matière.

Article 29 :

S'il y a de sérieuses raisons de penser que l'état d'un navire ou de son équipement ne
correspond manifestement pas aux mentions portées sur les documents de sécurité et de
prévention de la pollution détenus à bord ou si la teneur de ces documents ne permet pas la
vérification matérielle d'une infraction présumée ou si le navire est dépourvu des documents
sus indiqués, l'autorité compétente peut immobiliser ledit navire.

De même l'autorité compétente immobilisera, dans les ports tout navire ne correspondant pas
aux normes édictées ou dont l'état risque d'entraîner une pollution ou un événement de mer
dans les eaux maritimes, jusqu'à ce qu'il réponde aux normes en vigueur et puisse reprendre la
mer sans risque pour lui même, son équipage ses passagers, sa cargaison ou le milieu marin.

Article 30 :

L'autorité compétente refusera l'accès à la mer territoriale ou aux eaux intérieures à tout navire
étranger ne correspondant pas aux normes édictées ou dont l'état matériel risque d'entraîner
une pollution ou un événement de mer dans les eaux maritimes.

Article 31 :

Tout chargement ou déchargement de déchets ou autres matières dangereuses ou nocives dans


un port ou à un poste de mouillage est soumis à l'autorisation préalable délivrée par l'autorité
compétente dans les conditions et formes déterminées par l'administration.

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L'autorité compétente retire son autorisation, si l'une des conditions fixées par celle-ci n'a pas
été respectée.

Article 32 :

Aux fins de vérifier s'il n'a pas commis une infraction aux dispositions de la présente loi, tout
navire navigant ou mouillant dans les eaux maritimes sous juridiction marocaine peut être
sommé de stopper immédiatement dans des conditions et selon les modalités prévues par
l'Administration.

Section 3. Intervention et lutte contre la pollution marine accidentelle


Article 33 :

En cas de danger grave et imminent pour les côtes marocaines et les activités maritimes
côtières, notamment la pêche maritime, l'aquaculture et toutes autres activités humaines
utilisant la mer y compris les activités portuaires et du littoral provoqué par une pollution ou
une menace de pollution des eaux maritimes à la suite d'un événement de mer ou des actions
afférentes à un tel événement, l'autorité compétente prend, en haute mer, toutes les mesures
nécessaires et adéquates pour prévenir, atténuer ou éliminer ces dangers.

Article 34 :

En cas d'avarie ou d'événement de mer survenu dans les eaux maritimes à tout navire ou
aéronef transportant ou ayant à son bord des hydrocarbures, des substances dangereuses,
nocives, ou des matières nucléaires, et susceptibles d'entraîner une pollution grave et
imminente des eaux maritimes et du littoral marocain ou une atteinte pour les activités
maritimes côtières, le propriétaire ou l'exploitant dudit navire ou aéronef est mis en demeure,
par l'autorité compétente, de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à ces
risques de pollution.

Dans le cas où cette mise en demeure reste sans effet ou n'a pas produit les effets attendus
dans un délai imparti, ou d'office en cas d'urgence, l'autorité compétente fait exécuter les
mesures nécessaires aux frais et risques du propriétaire et recouvre le montant du coût auprès
de ce dernier.

Article 35 :

Les épaves maritimes telles que définies par la législation en vigueur, lorsqu'elles entraînent
ou risquent d'entraîner une pollution des eaux maritimes, doivent être enlevées soit par leur
propriétaire, soit par la personne subrogée audit propriétaire dans ses droits et obligations.

Article 36 :

Lorsque le propriétaire d'une épave est inconnu ou lorsque, dûment mis en demeure,
directement ou en la personne subrogée dans ses droits et obligations, il refuse ou néglige de
procéder, dans les délais et conditions impartis par l'autorité compétente, aux opérations de
sauvetage, de récupération, d'enlèvement, de destruction ou à celles destinées à supprimer les

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dangers de pollution que présente cette épave, l'autorité compétente intervient d'office, aux
frais et risques de ce propriétaire.

Dans ce cas l'autorité compétente peut ordonner toutes mesures d'intervention, y compris la
destruction de l'épave.

Section 4 : La répression des infractions


§1. Compétence et procédures

Article 37:

Outre les juridictions compétentes selon les règles du droit commun, le tribunal du lieu
d'immatriculation du navire, celui du lieu d'immatriculation du capitaine du navire concerné
ainsi que celui du premier port touché par le navire après la commission de l'infraction
lorsque ce tribunal est situé sur le territoire du Royaume est également compétent pour
connaître toute infraction aux dispositions de la présente loi.

Article 38 :

L'autorité compétente :

- Répond aux demandes appropriées concernant les infractions de pollution en dehors des
eaux maritimes marocaines que lui adresse l' Etat du pavillon de tout navire qui,
volontairement, se trouve dans un port ou à poste de mouillage situé sur le territoire du
Royaume ;

- Engage les poursuites, de son propre chef, ou à la demande d'un Etat contre tout navire
battant pavillon marocain, ayant commis une infraction aux dispositions de la présente loi, si
elle est convaincue de disposer de preuves suffisantes pour ce faire ;

- Informe dans les meilleurs délais l'Etat demandeur de l'action engagée et de ses résultats ;

- Enquête et, lorsque les éléments de preuve le justifient, intente une action, conformément
aux dispositions des conventions internationales applicables en la matière pour tout rejet
effectué en haute mer, par tout navire en infraction aux règles et normes internationales en
vigueur qui, volontairement, se trouve dans un port ou à un poste de mouillage situé sur le
territoire marocain ;

- Enquête et, lorsque les éléments de preuve le justifient intente une action pour tout rejet
effectué dans les eaux intérieures, la mer territoriale ou la zone économique exclusive d'un
autre Etat, par tout navire en infraction aux règles et normes internationales applicables, si ces
rejets ont entraîné ou risquent d'entraîner la pollution des eaux maritimes, ou si l'Etat du
pavillon ou l'Etat qui a subi ou risque de subir des dommages du fait de ces rejets, le lui
demande ;

- Transmet, à la demande de l'Etat du pavillon ou de l'Etat côtier, tout dossier d'enquête


effectuée en application du présent article ;

- Décide de l'opportunité de saisir le navire.

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Article 39 :

Tout navire immobilisé en application des dispositions de la présente loi peut faire l'objet
d'une saisie conservatoire selon les formes et conditions prévues par la législation en vigueur.

Toute immobilisation ou saisie d'un navire étranger doit faire l'objet d'une notification de la
part de l'autorité compétente à l' Etat du pavillon.

La main levée de l'immobilisation ou de la saisie du navire peut être décidée par l'autorité
judiciaire compétente après le dépôt d'une caution ou autre garantie financière dont le montant
fixé par cette même autorité ne peut être inférieur au montant des amendes encourues
augmenté des frais occasionnés par l'immobilisation du navire et des frais de procédure, à
moins que la main levée ne risque d'entraîner une pollution des eaux maritimes.

Dans ce dernier cas le maintien de l'immobilisation du navire doit être notifié sans retard par
l'autorité compétente à l' Etat du pavillon.

Après règlement des frais de procédures toute caution ou autre garantie financière déposée à
l'occasion de ces poursuites est restitués.

Article 40 :

Lorsque des poursuites ont été engagées en vue de réprimer une infraction aux dispositions de
la présente loi ou aux règles et normes internationales pour prévenir, réduire, ou maîtriser la
pollution par les navires, commise par un navire étranger au-delà des eaux territoriales, ces
poursuites sont suspendues dés lors que l' Etat du pavillon a lui-même engagé des poursuites
pour la même infraction, dans les six mois suivant l'introduction de la première action, sauf :

- Si l'action concerne une infraction ayant entraîné des dommages à des personnes, aux eaux
maritimes ou au territoire marocain, ou,
- Si l'Etat du pavillon du navire concerné a, par le passé manqué à son obligation d'assurer
l'application effective de ces mêmes règles et normes internationales à la suite d'infractions
commises par des navires immatriculés sur son territoire ou battant son pavillon, ou,

- Si le capitaine ou le propriétaire du navire concerné est de nationalité marocaine.

Lorsque les tribunaux de l'Etat du pavillon ont rendu leur jugement, il est mis fin aux
poursuites.

§2. Régime des poursuites

Article 41 :

Les infractions aux dispositions de la présente loi sont recherchées et constatées par les
commandants des bâtiments et aéronefs des forces armées, les Officiers de la police judiciaire,
les agents de l'autorité gouvernementale chargée de la Marine Marchande et les agents de
toute autre autorité gouvernementale compétente dans les domaines traités par la présente loi,
désignés par ces autorités à cet effet.

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Pour l'accomplissement de leur mission les agents susmentionnés sont habilités à arraisonner
et à inspecter tout navire soupçonné d'avoir commis une infraction.

Cette inspection comprend notamment la vérification de tout documents détenus par le navire
y compris les registres autorisations et permis délivrés par l'autorité compétente et relatifs aux
activités dudit navire.

Au cours de leurs investigations ces agents pourront ouvrir tout colis, conteneur ou emballage
similaire et prélever tout échantillon nécessaire pour analyse, et prendre une copie ou faire
copie de tout document jugé utile pour l'enquête

Les agents verbalisateurs ont le droit de requérir directement la force publique pour
l'exécution de leur mission.

Article 42 :

Toute constatation d'une infraction doit être immédiatement suivie de l'établissement d'un
procès verbal dûment signé par l'agent verbalisateur et par le ou les auteurs de l'infraction.

En cas de refus de ce ou de ces derniers, mention en est faite au procès verbal.

Le procès verbal, précise l'état civil de l'auteur de l'infraction; donne toutes mentions propres
à identifier le navire concerné par l'infraction, relate avec précision les circonstances dans
lesquelles la ou les infractions ont été commises, consigne les déclarations du ou des
contrevenants ainsi que les conclusions de l'agent verbalisateur.

Si des échantillons ont été prélevés, mention doit en être faite au procès-verbal.

Les procès verbaux sont transmis à l'autorité maritime locale du lieu où le navire a été
conduit, ou du port où le navire est immatriculé si celui-ci est marocain.

Ils font foi jusqu'à preuve contraire des faits qui y sont relatés.

Article 43 :

Au vu du procès verbal constatant l'infraction, l'autorité maritime locale saisit la juridiction


compétente dans les conditions et délais prévus par la législation en vigueur.

§3. Régime des sanctions

Article 44 :

Est puni d'une amende de 100 000 à un million de dirhams, tout acte de pollution volontaire
résultant d'un rejet, d'une immersion, tel que visé à l'article 782 ci-dessus et non autorisé
conformément aux dispositions de la présente loi.

Article 45 :

Est puni d'une amende de 10.000 à 100.000 dirhams:

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1/ le défaut ainsi que la non présentation de l'attestation d'assurance prévue à l’article 14 de la
présente loi;

2/ le passage dans les eaux territoriales sans l'autorisation prévue à l'article 16 de cette même
loi;

3/ tout manquement aux obligations stipulées par les articles 17, 18 et 19 ci-dessus.

4/ toute infraction à la réglementation en vigueur concernant les rejets.

Article 46 :

En cas de récidive, les dispositions du code pénal sont applicables

Si l'infraction a été commise sur ordre du propriétaire ou de l'exploitant du navire, ce


propriétaire ou cet exploitant sera puni des peines prévues aux articles 44 et 45 ci-dessus, le
maximum de ces peines étant toutefois porté au double.

Dans tous les cas où le propriétaire ou l'exploitant du navire concerné n'est pas en mesure de
prouver qu'il avait interdit au capitaine dudit navire de se livrer à un acte de pollution
volontaire, ce propriétaire ou cet exploitant est solidairement responsable du paiement des
amendes dues.

Article 47 :

Lorsqu'une infraction aux dispositions de la présente loi a eu pour conséquence des


dommages corporels, les dispositions du code pénal sont applicables aux dites conséquences
et les peines encourues alors, sont cumulables avec les peines prévues au présent chapitre.

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LIVRE II. LA NAVIGATION MARITIME ET LE
NAVIRE

TITRE 1 : LA NAVIGATION MARITIME. DEFINITION ET


CATEGORIES.

Article 48:

La navigation est dite maritime lorsqu’elle s’exerce en mer, dans les ports et rades, ainsi que
dans les lagunes, étangs et parties de rivières où les eaux sont salées et communiquent avec la
mer.

Article 49 :

Les différents genres de navigation sont :

1. la navigation de commerce relative au transport de marchandises et/ou de passagers ;

2. la navigation annexe à la navigation de commerce, notamment le pilotage, le remorquage,


l’assistance maritime, le chalandage et le dragage ;

3. la navigation à des fins de formation maritime, de recherche scientifique ou de travaux


océanographiques ;

4. la navigation de plaisance effectuée dans un but non lucratif ;

5. la navigation de tourisme ayant pour objet la promenade en mer à titre onéreux ;

6. la navigation réalisée par les navires d’ Etat à l’exclusion des navires de guerre ;

7. la navigation réalisée par les navires affectés exclusivement à une mission de service
public.

Article 50 :

La navigation de commerce ou de plaisance exercée par tout navire marocain comprend les
catégories suivantes :

1/ le cabotage est la navigation effectuée dans les ports et rades du Royaume du Maroc et
d’un port marocain à un autre port marocain ;

2/ le cabotage international est la navigation effectuée entre les ports marocains et les ports
d’Europe, les ports de la Méditerranée et les ports de l’Afrique Occidentale jusqu'à
l’Equateur ;

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3/ le long cours est la navigation effectuée au-delà des limites du cabotage international.

ARTICLE 51 :

Les dispositions propres à la navigation de plaisance sont fixées par voie réglementaire.

TITRE 2 : LE NAVIRE

CHAPITRE 1 : REGIME ADMINISTRATIF

Section 1. Définition
Article 52 :

Est considéré comme navire, tout engin flottant pratiquant la navigation maritime par
propulsion autonome ou par d’autres moyens

Section 2. La marocanisation du navire


Article 53 :

La marocanisation confère au navire le droit d’arborer le pavillon du Royaume du Maroc avec


tous les droits et obligations qui s’y attachent.

Elle est constatée par un titre administratif dit « acte de nationalité ».

La nationalité du navire est confirmée par la délivrance d’une attestation annuelle de


nationalité.
Sont toutefois dispensés des formalités de la marocanisation, les canots, les chaloupes et les
embarcations dépendant d’un navire et figurant au registre descriptif dudit navire.

Article 54 :

L’acte de nationalité est le document qui constate le droit du navire à battre pavillon
marocain.

Il est délivré au nom de Sa Majesté le Roi.

Il contient la description du navire et atteste qu’il a été jaugé et immatriculé.

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Il énonce, en outre, le port d’immatriculation du navire, son nom, son type, son numéro
matricule, son tonnage, le ou les noms de son ou de ses propriétaires, le lieu et l’année de sa
construction.

Article 55 :

Avant la délivrance de l’acte de nationalité ; le propriétaire doit déclarer au Secrétariat du


Tribunal de commerce du lieu de son domicile ou du lieu où il a fait élection de domicile, sa
légitime propriété quelle en est l’origine, sa nationalité, et s’il y a lieu, fournir toutes les
indications relatives à ses copropriétaires ou à ceux possédant des droits réels sur le navire.

Procès-verbal de cette déclaration sera dressé par le Secrétaire Greffier du Tribunal et sera
déposé à ses minutes. Une expédition sera délivrée au déclarant.

Les conditions de changement d’un acte de nationalité sont précisées par arrêté de l’autorité
maritime chargée de la Marine Marchande.

Pour obtenir la nationalité marocaine et la conserver, les navires doivent réunir les conditions
suivantes :

I- Conditions communes à tous les navires :


1/ Avoir leur port d’immatriculation au Maroc ;

2/ Avoir leur équipage composé de marins de nationalité marocaine dans des proportions
fixées par l’autorité maritime, sauf dérogation accordée en cas de pénurie constatée de marins
marocains ;

3/ Ne pas dépasser un âge défini par l’autorité maritime pour chaque catégorie de navigation
et type de navire en fonction de l’état présumé du bâtiment et des nécessités de la flotte
marocaine. Toutefois, cette condition n’est exigée que pour l’acquisition de la nationalité
marocaine.

II- Conditions particulières aux navires de commerce :


1/ Soit appartenir pour les 51 % au moins à des personnes physiques
Marocaines.

2/ Soit appartenir pour le tout à des sociétés, dont le siège social effectif ainsi que les organes
d’administration et de direction se trouvent au Maroc.

Article 56 :

Par dérogation aux dispositions de l’article 15 de la présente loi, les navires de plaisance
peuvent appartenir en totalité à des personnes physiques ou morales de nationalité étrangère.

16
Article 57 :

Les navires construits, acquis ou ayant subi des transformations importantes à l’étranger
peuvent bénéficier d’une attestation provisoire de marocanisation dans les conditions et les
formes prévues par l’autorité maritime.

Les navires acquis à l’étranger doivent, pour être marocanisés, produire une attestation de
radiation définitive du registre d’immatriculation de l’Etat du dernier pavillon, ainsi qu’un
document attestant que le navire est libre de toute hypothèque.

Toutefois, les navires saisis et vendus au Maroc sont dispensés de ces attestations.

Article 58:

Les navires appartenant aux catégories définies par voie réglementaire peuvent être
immatriculés sur un registre spécial.

Les conditions concernant leur propriété, la composition de leurs équipages, et le régime


applicable à ces équipages sont pareillement définies par voie réglementaire.

Section 3. Immatriculation et radiation du navire


Article 59 :

L’immatriculation des navires battant pavillon marocain est obligatoire. Elle est effectuée par
l’autorité maritime et constate le nom, le port d’immatriculation, le tonnage et la nationalité
du navire.

Toutefois l’immatriculation dans le port choisi par le propriétaire peut être refusée par
l’autorité maritime si les capacités d’accueil de ce port sont insuffisantes.

Article 60 :

En cas d’affrètement coque nue d’un navire étranger par une personne physique ou morale
marocaine, l’immatriculation dudit navire sur les registres de l’autorité maritime peut être
obtenue pour la période du contrat d’affrètement, dans les formes et les conditions fixées par
l’autorité maritime.

Cette immatriculation temporaire donne le droit au navire d’arborer le pavillon marocain avec
toutes les obligations qui s’y rattachent, notamment en matière de sécurité, de prévention de la
pollution et d’équipage.

Article 61 :

L’acte de nationalité d’un navire sera retiré définitivement et le navire radié du Registre de la
Matricule Centrale des navires battant pavillon marocain dans les cas suivants :

a) Radiation automatique :

17
 Si le navire est vendu à l’étranger ;
 Si le navire est perdu corps et bien à la suite d’un naufrage, d’un échouement avec perte
totale ou d’un cas de force majeure telle que capture ou condamnation par suite d’avaries.

b) Radiation volontaire sur la demande de l’armateur, lorsqu’un navire par suite de son état
de vétusté doit être démoli.

Les pièces justificatives dans chacune de ces situations ainsi que les délais au cours desquels
l’Administration maritime doit être avisée de ces événements seront fixées par arrêté du
Ministre Chargé de la Marine Marchande.

Section 4. Le pavillon et les signalements extérieurs permanents du navire


Article 62 :

Le pavillon national est rouge franc. Le rapport du guindant au battant est de deux tiers. Il
porte en son centre l’étoile évidée à cinq branches de couleur vert naturel, le diamètre du
cercle circonscrit à l’étoile est égal au tiers de la hauteur du guindant et une couronne jaune
d’or frappée dans la partie supérieure.

Les navires marocains doivent arborer le pavillon national dans les ports, à l’approche des
côtes, lorsqu’ils croisent un bâtiment de guerre ou à toute réquisition de l’autorité maritime.

Article 63 :

Nul navire ne peut arborer le pavillon marocain s’il ne possède un acte de nationalité
marocaine ou un permis de circulation

Article 64 :

Hormis le pavillon national, la marque de l’armateur et les signaux réglementaires, aucun


autre pavillon, marque ou guindant ne peut être utilisé sans accord préalable de l’autorité
maritime

Lorsqu’ils sont autorisés, ces pavillons, marques ou guindants sont hissés à la partie avant du
navire ou, au besoin, sur la même drisse que le pavillon national, mais au-dessous de celui-ci.

Article 65 :

Tout navire marocain doit avoir un signalement extérieur permanent, suffisamment visible
pour permettre son identification.

Le signalement extérieur permanent est déterminé par l’autorité maritime en fonction des
caractéristiques des navires et du genre de navigation pratiquée.

Il est interdit d’effacer, d’altérer, de rendre méconnaissable, de couvrir ou de cacher par un


moyen quelconque les éléments du signalement extérieur permanent du navire.

18
Section 5. Les titres de navigation maritime

Article 66 :

Outre l’acte de nationalité, tel que défini à l’article 14 de la présente loi, tout navire doit être
muni des titres de navigation maritime qui sont le permis de navigation, l’attestation annuelle
de nationalité et le registre d’équipage.

Cependant, pour certaine embarcations et certains navires de plaisance ou de servitude définis


par l’autorité maritime, l’acte de nationalité, le permis de navigation et l’attestation annuelle
de nationalité sont remplacés par un seul document dénommé permis de circulation.

Article 67 :

Les titres de navigation sont délivrés par l’autorité maritime locale lors de l’armement du
navire et sont renouvelables annuellement.

Article 68 :

Indépendamment des sanctions pénales susceptibles d’être encourues par les intéressés, le
registre d’équipage est refusé ou retiré à tout navire dont le capitaine ou les officiers ne
réunissent pas les conditions exigées pour l’exercice de leurs fonctions.

Article 69 :

Les énonciations du registre d’équipage font foi en justice jusqu'à inscription de faux.

Article 70 :

Aucun navire ne peut prendre la mer sans être muni de ses titres de navigation. Ceux-ci
doivent être produits à toute réquisition de l’autorité maritime soit en mer, soit au port.

Article 71 :

En cas de désarmement du navire pendant la période de validité des titres de navigation ainsi
que dans tous les autres cas prévus par l’autorité maritime, ces documents doivent être
déposés entre les mains de l’autorité maritime.

Section 6. Le jaugeage des navires


Article 72 :

Le jaugeage est la constatation officielle par l’autorité maritime de la capacité d’utilisation du


navire. La jauge d’un navire exprime la jauge brute et la jauge nette de celui-ci.

19
Article 73 :

Toute opération de jaugeage donne lieu à l’établissement d’un certificat de jauge établi dans
les conditions prévues par la convention internationale de Londres du 23 Juin 1969 sur le
jaugeage des navires.

Article 74 :

Tout armateur pour le compte duquel le jaugeage d’un navire est effectué, est tenu d’accorder
toutes facilités permettant d’assurer les opérations de jaugeage et d’en supporter les frais tels
que fixés par l’autorité maritime.

Article 75 :

Les navires acquis ou construits à l’étranger doivent fournir en vue de leur marocanisation, un
certificat de jauge établi conformément aux dispositions de l’article 45 de la présente loi.

Dans le cas contraire, ils doivent être rejaugés, conformément aux dispositions de la
convention internationale de Londres du 23 Juin 1969 sur le jaugeage des navires.

Section 7. Les documents de bord


Article 76 :

Indépendamment des documents dont la présence à bord est exigée par la présente loi, les
navires marocains sont également tenus dans les conditions déterminées par les dispositions
ci-après, d’avoir en permanence à bord :

1/ un exemplaire de la présente loi et de ses textes d’application lorsque le navire à une jauge
brute ou égale ou supérieure à 500 TX ;
2/ les documents sanitaires maritimes dont la présence est exigée par la police sanitaire
maritime ;
3/ le livre de bord ;
4/ le journal de la machine ;
5/ le journal radioélectrique ;
6/ le manifeste des marchandises dangereuses transportées ;
7/ le plan d’urgence de bord de lutte contre la pollution par les hydrocarbures ;
8/le registre des rejets tranche machine et tranche cargaison ;
9/le plan de gestion des ordures ;
10/ le registre des ordures ;
11/ une liste des passagers mentionnant l’identité, la date et le lieu de l’embarquement de
chacun d’eux ;
12/ tout autre document prescrit par la réglementation en vigueur.

Sont dispensés des documents ci-dessus mentionnés :

a- les navires de plaisance d’une longueur inférieure à 25 m qui ne s’éloignent pas à plus de 12
milles des côtes ;

20
b- tout autre navire d’une jauge brute inférieure à 50 TJB, navigant habituellement dans les
limites d’une rade.

CHAPITRE 2 : REGIME JURIDIQUE

Section 1. Dispositions générales


Article 77 :

Les navires sont soumis aux règles de droit commun applicables aux biens meubles sous
réserve des règles spéciales édictées dans la présente loi et ses textes d’application.

Article 78 :

Sont considérés comme faisant partie du navire, tous les accessoires nécessaires à son
exploitation ou figurant à l’inventaire du navire.

Article 79 :

Les projets de construction, d’achat, de vente ainsi que les transformations importantes de
navires marocains ou destinés à le devenir, doivent être préalablement autorisés par l’autorité
maritime.

L’autorité maritime peut, dans un délai de deux mois, notifier aux intéressés sa décision de
rejet du projet, motivée pour non conformité de celui-ci aux normes de sécurité et de
prévention de la pollution prévues par la législation en vigueur, ou pour toute raison d’intérêt
économique lié au secteur.

Passé ce délai et à défaut de réponse ou de rejet express, le projet est censé avoir été agréé par
l’autorité maritime.

Article 80 :

Tout acte constitutif, translatif ou extinctif de la propriété ou de tous autres droits réels sur un
navire marocain, doit, à peine de nullité, être fait par écrit.

Article 81 :

Une copie de cet acte est déposée auprès de l’autorité maritime du port d’immatriculation du
navire qui procédera à l’inscription de la mutation sur la fiche matricule du navire et au dos de
l’acte de nationalité.

Article 82 :

Faute d’inscription sur l’acte de nationalité du navire, les mutations de propriété ou


constitution d’autre droit réel ne sont pas opposables aux tiers.

21
Article 83 :

Le contrat de construction et les modifications de ce contrat doivent être rédigés par écrit sous
peine de nullité.

Celui qui construit un navire pour le compte d’autrui en demeure le propriétaire jusqu'à la
livraison, sauf conventions contraires. Le transfert de propriété se réalise avec la livraison du
navire après essais concluants.

Néanmoins, si le constructeur fait faillite ou est déclaré en état de liquidation judiciaire et si la


faillite ou la liquidation judiciaire ne termine pas la construction, celui pour le compte duquel
la construction est en cours, a le droit de se faire attribuer le navire et les matériaux
approvisionnés, moyennant le versement du prix d’estimation, sous déduction des acomptes
payés. Il peut ensuite terminer le navire sur place, à ses frais, sauf indemnités pour occupation
des chantiers.

Article 84 :

Le constructeur du navire est garant de la conformité du navire livré avec les spécifications de
la commande.

Article 85 :

Le constructeur est garant des vices cachés malgré la réception du navire sans réserve par le
client.

L’action en garantie contre le constructeur se prescrit par un an. Ce délai commence à courir,
en ce qui concerne le vice caché du navire, du jour de sa découverte.

Section 2. Le régime de la copropriété des navires


Article 86 :

La propriété du navire peut être divisée en un certain nombre de parts.

Article 87 :

Les décisions prises en matière d’exploitation, d’un navire en copropriété doivent être prises à
la majorité des intérêts. La majorité est déterminée par une portion d’intérêt dans le navire
dépassant la moitié de sa valeur.

Toutefois, les décisions contraires aux clauses du contrat d’armement ne sont valables
qu’autant qu’elles sont prises à la majorité des deux tiers des intérêts. Dans ce dernier cas, la
minorité peut exercer un recours en justice contre la décision prise, dans un délai d’une année.

22
L’annulation de la décision est prononcée en cas de vice de forme ou si la décision attaquée
est contraire à l’intérêt général de la copropriété et prise dans l’unique dessein de favoriser la
majorité au détriment de la minorité.

Lorsqu’une majorité ne peut se dégager, ou en cas d’annulation répétée des décisions de la


majorité, le tribunal peut, à la requête de l’un des copropriétaires, soit désigner un gérant
provisoire, soit ordonner la licitation du navire, soit prendre l’une et l’autre de ces mesures.

En outre, le navire ne peut être hypothéqué qu’avec l’accord de la majorité des deux tiers des
intérêts dans le navire.

Article 88 :

L’administration du navire peut être confiée, par une délibération de la majorité, à un ou


plusieurs gérants établis au Maroc, soit parmi les copropriétaires, soit en dehors d’eux.

Le ou les gérants ont les pouvoirs ordinaires d’administration et de gestion et peuvent


notamment conclure tout contrat de transport et faire assurer le navire.

Sauf dispositions contraires du contrat de gérance, ils ne peuvent toutefois choisir le capitaine
ou faire de grosses réparations sans l’autorisation de la majorité des deux tiers des intérêts, ils
ne peuvent faire aucun acte de disposition.

Si les copropriétaires restreignent les pouvoirs du ou des gérants, cette restriction n’est pas
opposable aux tiers qui ont contracté de bonne foi avec ce ou ces derniers.

Sauf dispositions contraires du contrat de gérance, en cas de pluralité de gérants, ceux-ci


doivent agir conjointement.

Article 89 :

Le capitaine ou tout autre membre de l’équipage qui est copropriétaire du navire peut, s’il
vient à être congédié, renoncer à la copropriété et exiger de ses copropriétaires qu’ils
acquièrent sa part à proportion de leurs droits. Cette exigence doit être notifiée à tous les
copropriétaires, par acte du secrétaire greffier du tribunal de première instance du port
d’immatriculation du navire dans les trente jours du congédiement.

En cas de désaccord et sauf compromis, le prix de la part du capitaine est fixé par le Tribunal.

Le règlement du prix, augmenté des intérêts de droit à partir de la notification susvisée, doit
être effectué dans le mois de sa fixation définitive, amiable ou judiciaire.

Article 90 :

Chaque copropriétaire peut disposer librement de sa part dans le navire mais reste tenu des
dettes contractées antérieurement à la publicité réglementaire de l’aliénation.

En cas de cession consentie au profit d’un tiers, les autres copropriétaires ensemble, soit
certains d’entre eux, soit l’un d’entre eux seulement disposent d’un délai franc de trente jours

23
pour exercer le droit de préemption à compter de la notification qui leur est faite par
l’acquéreur, par lettre recommandée avec accusé de réception, de l’acte d’aliénation.

Le ou les copropriétaires qui désirent exercer le droit de préemption doivent, dans le délai
susvisé de trente jours, notifier à l’acquéreur, par lettre recommandée avec accusé de
réception, leur décision d’user de leur droit de préférence et de consigner le prix de la vente.

Article 91 :

Lorsque la cession est consentie au profit d’un étranger et doit avoir pour effet de faire perdre
au navire la nationalité marocaine, elle n’est valable que moyennant le consentement de tous
les copropriétaires.

Si, par suite de succession ou de legs, un étranger devient copropriétaire d’un navire dans une
proportion telle que le navire doit perdre sa nationalité marocaine, le successeur ou le
légataire doit transférer à un marocain, une partie suffisante de ses droits pour que le navire
puisse continuer à être considéré comme marocain.

Faute par ce successeur ou légataire de le faire, dans un délai de six mois à compter de
l’événement qui l’a rendu copropriétaire, l’un quelconque de ses copropriétaires ou l’autorité
maritime peut demander au Tribunal de Première Instance du lieu d’immatriculation du
navire, d’ordonner la licitation à un marocain, de l’excédent de part détenu par le successeur
ou le légataire étranger.

S’il n’y a pas d’acquéreur marocain, le navire est déchu de sa nationalité.

Article 92 :

Chaque copropriétaire peut hypothéquer sa part dans les conditions et les formes prévues par
le chapitre X du présent titre.

Les hypothèques consenties durant l’indivision par un ou plusieurs copropriétaires sur une
part de propriété du navire subsistent après le partage ou la licitation.

Toutefois si la licitation s’est faite par voie de justice, le droit des créanciers n’ayant
hypothèque que sur une part de propriété dans le navire est limité au droit de préférence sur la
partie du prix afférente à la part hypothéquée et sur les charges grevant cette part de propriété.

Article 93 :

Les copropriétaires participent aux profits et pertes de l’exploitation au prorata de leurs


intérêts dans le navire, ils doivent dans les mêmes proportions contribuer aux dépenses de la
copropriété et répondre aux appels de fonds du gérant.

Il est mis fin à l’exploitation, en commun du navire par sa licitation volontaire, décidée à la
majorité des deux tiers des intérêts dans le navire, par sa vente forcée aux enchères ou par
décision de justice.

24
Section 3 . Les privilèges maritimes

Article 94 :

Les privilèges maritimes prévus à l’article 95 de la présente loi constituent des sûretés réelles
légales sans inscription qui priment les hypothèques prévues à la section IV du présent
chapitre. Les privilèges de droit commun prennent rang après les hypothèques.

Article 95 :

Seules les créances énumérées ci-après sont garanties par un privilège maritime sur le navire,
sur le fret dû pour le voyage pendant lequel est née la créance privilégiée et sur les recettes
accessoires du navires et du fret acquises depuis le début du voyage :

1/ Les frais de justice exposés pour parvenir à la vente du navire et à la distribution de son
prix.

2/ Les créances résultant du contrat d’engagement du capitaine, officiers et autres membres


d’équipage ou personnes engagées à bord dû navire y compris les frais de rapatriement et les
cotisations d’assurance sociale due pour leur compte ;

3/ Les créances contre l’armateur résultant de mort ou de lésion corporelle, survenant sur terre
ou sur l’eau, en relation directe avec l’exploitation du navire ;

4/ Les rémunérations dues pour assistance et sauvetage du navire, et contribution aux avaries
communes ;

5/ Les droits de port et les frais de pilotage ;

6/ Les créances délictuelles ou quasi délictuelles en raison de perte ou de dommages matériels


causés par l’exploitation du navire, autres que ceux occasionnés à la cargaison, aux
conteneurs et aux effets personnels des passagers transportés à bord du navire.

7 / Les créances provenant de contrats passés ou d’opérations effectuées par le capitaine ou le


consignataire du navire hors du port d’attache pour les besoins normaux du navire

Article 96 :

Sont privilégiées sur le navire qui se trouve en la possession d’un constructeur ou d’un
réparateur :

1/ Les créances résultant de la construction du navire ;

2/ Les créances résultant de la réparation du navire ;

Ces privilèges prennent rang après tous les privilèges maritimes énumérés à l’article 95 de la
présente loi et priment les hypothèques.

Ils s’éteignent lorsque le navire cesse d’être en la possession du constructeur ou du réparateur.

25
Article 97 :

Les recettes accessoires du navire et du fret visées à l’article 95 de la présente loi s’entendent :

1/ des indemnités dues à l’armateur à raison soit de dommages matériels subis par le navire et
non réparés, soit de pertes de fret ;

2/ des indemnités dues à l’armateur pour avaries communes tant que celles-ci constituent, soit
des dommages matériels subis par le navire et non réparés, soit des pertes de fret ;

3/ des rémunérations dues à l’armateur pour assistance prêtée ou sauvetage effectué jusqu'à la
fin du voyage, déduction faite des sommes allouées au capitaine et autres personnes au service
du navire.

Le prix du passage est assimilé au fret.

Les indemnités dues à l’armateur en vertu de contrats d’assurances, primes, subventions ou


autres aides de l’Etat, ne sont pas considérées comme recettes accessoires du navire ou du
fret.

Par dérogation aux dispositions de l’article 66 de la présente loi, le privilège prévu au profit
des personnes au service du navire, porte sur l’ensemble des frets dus pour tous les voyages
effectués au titre du même contrat d’engagement maritime.

Article 98 :

Les créances se rapportant à un même voyage sont privilégiées dans l’ordre où celles-ci sont
rangées à l’article 95 de la présente loi.

Les créances comprises dans chacun des paragraphes numérotés viennent en concurrence et
au marc le franc en cas d’insuffisance de l’ensemble des recettes visées à l’article 95.

Les créances se rattachant à un même événement sont réputées nées en même temps.

Article 99 :

Les créances privilégiées du dernier voyage sont préférées à celles des voyages précédents.

Toutefois, les créances résultant d’un contrat unique d’engagement portant sur plusieurs
voyages, viennent toujours au même rang avec les créances du dernier voyage.

Article 100 :

Sous réserve des dispositions de l’article 136 de la présente loi les privilégies maritimes
suivent le navire nonobstant tout changement de propriété, d’immatriculation ou de pavillon.

Article 101:

Tous les privilèges maritimes sont soumis aux causes d’extinction ci-après :

26
1/ l’extinction de l’obligation principale ;
2/ la renonciation du créancier ;
3/ la vente en justice du navire ; toutefois, le droit de préférence du créancier privilégié
subsiste sur le prix de vente tant que ce prix n’est pas distribué ;
4/ l’aliénation volontaire du navire, deux mois après la publication de l’acte d’aliénation.

Article 102 :

En dehors des cas prévus à l’article 101 de la présente loi, les privilèges maritimes s’éteignent
à l’expiration du délai d’un an. Ce délai court :

1/ Pour les privilèges garantissant les rémunérations d’assistance et de sauvetage, à partir du


jour où les opérations sont terminées ;
2/ Pour les privilèges garantissant les indemnités d’abordage ou de tout autre accident ainsi
que les indemnités pour lésions corporelles, du jour où le dommage a été causé ;
3/ Pour le privilège garantissant les créances pour pertes ou avaries de la cargaison ou des
bagages, du jour de la délivrance de la cargaison ou des bagages ou de la date à laquelle ils
auraient dû être délivrés ;
4/ Dans tous les autres cas, ce délai court à partir de la date d’exigibilité de la créance.

La faculté de demander des avances ou des acomptes n’a pas pour conséquence de rendre
exigibles les créances des personnes engagées à bord, visées au paragraphe 1 de l’article 66 de
la présente loi.

Article 103 :

Le privilège sur le fret peut être exercé tant que le fret est encore dû ou que le montant du fret
se trouve encore entre les mains du capitaine ou du mandataire de l’armateur. Il en est de
même du privilège sur les recettes accessoires.

Article 104 :

Les créanciers privilégiés ont la faculté d’inscrire leur privilège en vue d’être avisé de la mise
en vente du navire. Cette inscription est sans influence sur le rang du privilège.

Article 105 :

Les dispositions des articles 95 à 104 s’appliquent aux navires exploités, soit par le
propriétaire, soit pas un armateur non propriétaire, soit par un affréteur principal , sauf lorsque
le propriétaire s’est trouvé dessaisi par un acte illicite et que, en outre, le créancier n’est pas
de bonne foi.

27
Section 4. Les hypothèques maritimes

Article 106 :

Les navires de tout tonnage sont susceptibles d’hypothèque. Ils ne peuvent être hypothéqués
que par la convention des parties.

Les hypothèques maritimes ne sont valables que si elles sont consenties sur un ou plusieurs
navires spécialement désignés et pour une somme déterminée.

Article 107 :

Le contrat par lequel l’hypothèque maritime est consentie, doit être rédigé par écrit.

Article 108 :

L’hypothèque sur un navire ne peut être consentie que par son propriétaire ou par le
mandataire de celui-ci justifiant d’un mandat spécial.

Article 109 :

En cas de pluralité de propriétaires, le navire ne peut être hypothéqué qu’à la majorité prévue
au dernier alinéa de l’article 86 de la présente loi.

Article 110 :

Les dispositions des articles 107, 108 et 109 de la présente loi sont prescrites sous peine de
nullité de l’hypothèque.

Article 111 :

L’hypothèque consentie sur le navire ou sur une part de propriété dans le navire, s’étend, sauf
convention contraire, au corps du navire et à tous ses accessoires, machines, agrès et
apparaux.

Article 112:

L’hypothèque ne s’étend ni au fret, ni aux primes, aides et subventions de l’Etat.

Article 113 :

L’hypothèque maritime peut être constituée sur un navire en construction.

Article 114:

L’hypothèque maritime est rendue publique par l’inscription sur un registre spécial, tenu par
le conservateur des hypothèques maritimes.

28
Article 115:

S’il y a deux ou plusieurs hypothèques sur le même navire ou sur la même part de propriété
du navire, le rang des hypothèques entre elles est déterminé suivant l’ordre chronologique de
leur inscription. Les hypothèques inscrites le même jour, viennent en concurrence, nonobstant
la différence des heures de l’inscription.

Article 116 :

L’hypothèque est conservée pendant cinq ans à compter du jour de sa date d’inscription. Son
effet cesse si l’inscription n’a pas été renouvelée avant l’expiration de ce délai sur le registre
des inscriptions hypothécaires.

L’inscription est renouvelée sur présentation dans ledit délai, au conservateur des
hypothèques maritimes, d’une requête du créancier, contenant l’indication précise de
l’inscription à renouveler.

Article 117:

L’inscription garantit au même rang que le capital, deux années d’intérêts, en sus de l’année
courante, à la condition toutefois que le taux d’intérêt soit indiqué dans l’acte et sur
l’inscription.

Article 118 :

Si le titre constitutif de l’hypothèque est à ordre, sa négociation par voie d’endossement


comporte la translation du droit hypothécaire.

Article 119 :

Les inscriptions sont réduites ou radiées, soit du consentement des créanciers intéressés ayant
capacité à cet effet, soit en vertu d’une décision de justice en dernier ressort ou passée en
force de chose jugée.

Elles sont radiées d’office par le conservateur des hypothèques maritimes si elles n’ont pas été
renouvelées dans le délai visé au premier alinéa de l’article 116 de la présente loi.

Article 120 :

Le conservateur des hypothèques maritimes est tenu de délivrer à tous ceux qui en font la
demande, l’état des inscriptions hypothécaires existant sur le navire, ou un certificat
mentionnant qu’il n’en n’existe aucune.

Article 121 :

Les créanciers ayant hypothèque inscrite sur un navire ou portion de navire, le suivent en
quelques mains qu’il passe, pour être colloqués et payés suivant l’ordre de leurs inscriptions.

Si l’hypothèque ne grève qu’une part de propriété dans le navire, le créancier hypothécaire ne


peut faire vendre que la part de propriété qui lui est affectée. Toutefois, si plus de la moitié du

29
navire se trouve hypothéquée, le créancier peut, après saisie, le faire vendre en totalité, à
charge d’appeler à la vente, les copropriétaires.

Dans tous les cas de copropriété, les hypothèques consenties durant l’indivision par un ou
plusieurs copropriétaires sur une portion du navire, subsistent après le partage ou la licitation.
Toutefois, si la licitation s’est faite par justice dans les formes prévues par les articles 139 et
suivants de la présente loi, le droit des créanciers n’ayant hypothèque que sur une portion du
navire est limité au droit de préférence sur la partie afférente à l’intérêt hypothéqué.

Article 122 :

L’acquéreur d’un navire hypothéqué ou d’une part de propriété hypothéquée, qui veut se
garantir des poursuites autorisées par l’article 121 de la présente loi, est tenu, avant les
poursuites ou dans le délai de quinzaine à compter de la signification du commandement
préalable à la saisie, de notifier à tous les créanciers inscrits sur le registre spécial des
inscriptions hypothécaires ;

1/ Un extrait de son titre indiquant la date et la nature de l’acte, le nom du vendeur, le nom,
l’espèce et le tonnage du navire, le prix et les charges en faisant partie ;
2/ Un tableau indiquant la date des inscriptions, le nom des créanciers et le montant des
créances inscrites.

L’acquéreur du navire déclare par le même acte, qu’il est prêt à s’acquitter sur le champ des
dettes hypothécaires jusqu'à concurrence du prix du navire, sans distinction des dettes
exigibles ou non exigibles.

Article 123 :

Tout créancier peut requérir la mise aux enchères du navire ou de la part de propriété sur le
navire, en offrant de porter le prix à un dixième en sus et de donner caution pour le paiement
du prix et des charges.

Cette réquisition, signée du créancier, doit être signifiée à l’acquéreur dans les dix jours des
notifications. Elle contient assignation devant le tribunal de première instance du lieu où se
trouve le navire ou, s’il est en cours de voyage, du lieu où il est immatriculé, pour voir
ordonner qu’il sera procédé aux enchères requises.

La vente aux enchères a lieu à la diligence soit du créancier qui l’a requise, soit de
l’acquéreur.

Article 124 :

Toute opération volontaire qui entraîne la perte de la nationalité marocaine d’un navire
hypothéqué est interdite. Tout acte fait en violation de cette disposition est de nul effet.

Article 125 :

Les hypothèques consenties à l’étranger comme celles consenties au Maroc n’ont d’effet, à
l’égard des tiers que du jour de leur inscription par le conservateur sur le registre des
inscriptions hypothécaires.

30
Cette inscription doit être mentionnée sur l’acte de nationalité et la fiche matriculaire du
navire.

Article 126 :

La conservation des hypothèques maritimes est confiée à l’autorité maritime.

Article 127 :

Le conservateur des hypothèques maritimes est responsable des fautes commises dans
l’exercice de ses fonctions.

Sa responsabilité est limitée au montant du cautionnement qu’il doit fournir dès son entrée en
service, selon les modalités fixées par les textes d’application de la présente loi.

Section 5. La saisie et la vente en justice du navire


§1. La saisie conservatoire

Article 128 :

La saisie conservatoire d’un navire marocain ou étranger sur le territoire marocain, n’est
autorisée qu’en faveur des titulaires, ou présumés tels de créances maritimes.

Elle immobilise le navire, ne porte aucune atteinte aux droits du propriétaire et s’effectue dans
les formes et conditions prévues par le présent chapitre.

La saisie doit être immédiatement levée, s’il est fourni bonne et suffisante caution.

Article 129 :

Sur la base de la décision judiciaire de saisie, qui lui est notifiée, l’autorité maritime locale du
port où se trouve le navire saisi prend les mesures nécessaires pour empêcher le départ de
celui-ci du port jusqu'à ce que main levée de la saisie soit donnée.

Article 130 :

Constituent des créances maritimes, les prétentions à un droit ou à une créance ayant l’une des
causes suivantes :

1/ Pertes ou dommages causés par l’exploitation du navire ;


2/ Mort ou lésions corporelles survenant, sur terre ou sur eau, en relation directe avec
l’exploitation du navire ;
3/Opérations de sauvetage ou d’assistance ainsi que tout contrat de sauvetage ou d’assistance,
y compris, le cas échéant, une indemnité spéciale concernant des opérations de sauvetage ou
d’assistance à l’égard d’un navire qui par lui-même ou par sa cargaison menaçait de causer
des dommages à l’environnement ;
4/ Dommages causés ou risquant d’être causés par le navire au milieu, au littoral ou à des
intérêts connexes ; mesures prises pour prévenir, réduire ou éliminer ces dommages ;

31
indemnisation de ces dommages ; ou coût des mesures raisonnables de remise en état du
milieu qui ont été effectivement prises ou qui le seront ; pertes subies ou risquant d’être subies
par des tiers en rapport avec ces dommages ; et dommages ; coûts ou pertes de nature
similaire à ceux qui sont indiqués dans le présent alinéa 4) ;
5/ Frais et dépenses relatifs au relèvement, à l’enlèvement, à la récupération, à la destruction
ou à la neutralisation d’un navire coulé, naufragé, échoué ou abandonné, y compris tout ce qui
se trouve ou se trouvait à bord de ce navire, et frais et dépenses relatifs à la conservation d’un
navire abandonné et à l’entretien de son équipage ;
6/ Tout contrat relatif à l’utilisation ou à la location du navire par affrètement ou autrement ;
7/ Tout contrat relatif au transport de marchandises ou de passagers par le navire, par
affrètement ou autrement ;
8/ Pertes ou dommages subis par, ou en relation avec, les biens ( y compris les bagages)
transportés par le navire ;
9/ Avarie commune ;
10/ Remorquage ;
11/ Pilotage ;
12/ Marchandises, matériels, approvisionnement, soutes, équipements ( y compris conteneurs)
fournis ou services rendus au navire pour son exploitation, sa gestion, sa conservation ou son
entretien ;
13/ Construction, reconstruction, réparation, transformation ou équipement du navire ;
14/ Droits et redevances de port, de canal, de bassin, de mouillage et d’autres voies
navigables ;
15/ Gages et autres sommes dus au capitaine, aux officiers et autres membres du personnel de
bord, en vertu de leur engagement à bord du navire, y compris les frais de rapatriement et les
cotisations d’assurance sociale payables pour leur compte ;
16/ Paiements effectués pour le compte du navire ou de ses propriétaires ;
17/ Primes d’assurance (y compris cotisations d’assurance mutuelle) en relation avec le
navire, payables par le propriétaire du navire ou par l’affréteur en dévolution ou pour leur
compte ;
18/ Frais d’agence ou commissions de courtage ou autres en relation avec le navire, payables
par le propriétaire du navire ou par l’affréteur en dévolution ou pour leur compte ;
19/ Tout litige quant à la propriété ou à la possession du navire ;
20/ Tout litige entre les copropriétaires du navire au sujet de l’exploitation ou des droits aux
produits d’exploitation de ce navire ;
21/ Hypothèque, « mortgage » ou droit de même nature sur le navire ;
22/ Tout litige découlant d’un contrat de vente du navire.

Article 131 :

La saisie du navire n'affecte pas la cargaison.

Article 132 :

Sous réserve des dispositions du deuxième alinéa du présent article, tout créancier maritime
peut saisir, soit le navire auquel la créance se rapporte, soit tout autre navire appartenant à
celui qui était au moment où est née la créance maritime, propriétaire du navire auquel cette
créance se rapporte, tant que le navire saisi n’a pas appareillé.

32
Toutefois, aucun navire ne pourra être saisi pour l’une des créances prévues aux paragraphes
19, 20, 21 et 22 de l’article130 de la présente loi, à l’exception du navire même que concerne
ladite créance.

Pour l’application des dispositions du présent article, les navires sont réputés avoir le même
propriétaire, lorsque toutes les parts de propriété appartiennent à une même ou aux mêmes
personnes.

Article 133 :

Si un navire a été saisi et qu’une caution ou une garantie a été donnée pour obtenir la
mainlevée de la saisie ou pour éviter celle-ci, il ne peut être procédé, pour la même créance et
pour le même créancier, à aucune nouvelle saisie sur le même navire ou n’importe quel autre
navire appartenant au même propriétaire et aucune nouvelle caution ou garantie ne peut être
exigée.

Article 134 :

Dans le cas de l’affrètement d’un navire avec remise de la gestion nautique à l’affréteur, ou
affrètement « coque nue », et lorsque celui-ci répond seul d’une créance maritime relative à
ce navire, le créancier peut saisir ce navire ou tel autre appartenant à l’affréteur, en observant
les dispositions de la présente section, mais nul autre navire appartenant au propriétaire ne
peut être saisi en vertu de cette créance maritime.

Ces dispositions s’appliquent également à tous les cas où une personne autre que le
propriétaire est tenue d’une créance maritime.

Article 135 :

Un navire ne peut être saisi qu’avec l’autorisation du président du tribunal de première


instance, dans le ressort duquel la saisie a été demandée.

Cette autorisation peut être subordonnée à la condition qu’une caution ou une autre garantie
valable soit fournie par le demandeur si celui-ci n’a pas, au jour de la saisie, son domicile au
Maroc.

L’ordonnance portant autorisation fixe le délai dans lequel le demandeur doit intenter son
action devant le juge compétent. Ce délai ne peut excéder un mois. Si l’action n’est pas
intentée dans le délai imparti, la saisie conservatoire pratiquée est considérée comme nulle et
non avenue et la caution éventuellement fournie déchargée.

La responsabilité du demandeur pour préjudice causé à la suite de la saisie du navire ou pour


frais de caution ou de garantie fournie en vue de le libérer ou d’en empêcher la saisie, peut
être engagée devant le tribunal de première instance dans le ressort duquel la saisie a été
demandée.

33
Article 136 :

Le président du tribunal de première instance peut autoriser le départ du navire pour un ou


plusieurs voyages déterminés. Pour obtenir cette autorisation, le requérant doit fournir une
garantie suffisante.

Le président fixe le délai dans lequel le navire devra regagner le port de la saisie. Il peut
ultérieurement modifier ce délai pour tenir compte des circonstances et, le cas échéant
autoriser le navire à faire des voyages.

Si à l'expiration du délai fixé, le navire n'a pas rejoint son port, la somme déposée en garantie
est acquise au créancier, sauf le jeu de l'assurance en cas de sinistre couvert par la police.

Le président peut aussi autoriser le déplacement du navire, ou les documents de bord étant
préalablement saisis, sa mise sur rade.

§2. La saisie exécution et la vente en justice du navire

Article 137 :

La saisie conservatoire est convertie en saisie exécution lorsque le créancier a obtenu, sur le
fond, un jugement de condamnation contre son débiteur.

Seule l’adjudication suivie du paiement des frais, dépenses et créances visés à l’article 123 de
la présente loi, et de la consignation du prix opère le transfert de propriété du navire.

Elle purge de plein droit le navire de tous les privilèges, hypothèques et autres créances dues,
à l’exception de celles que l’acheteur a pris en charge avec le consentement des titulaires.

Elle met fin aux fonctions du capitaine.

Elle ne transmet pas à l’adjudicataire plus de droits que ceux que le propriétaire saisi ne
détenait.

Elle emporte de plein droit mainlevée de l’opposition du départ du navire.

Article 138 :

Il ne peut être procédé à la saisie exécution que vingt quatre heures après le commandement
de payer.

Article 139 :

Le commandement doit être fait à la personne du propriétaire ou à son domicile. Toutefois il


peut être fait au capitaine du navire si le créancier se prévaut d’un privilège maritime.

Article 140 :

L’agent d’exécution énonce dans son procès verbal de saisie ou de conversion de la saisie
conservatoire en saisie exécution :

34
- les nom, profession et domicile du créancier ;
- la somme dont il poursuit le paiement ;
- la date du commandement de payer ;
- l’élection de domicile faite par le créancier dans le lieu où siège le tribunal devant lequel la
vente doit être poursuivie et dans le lieu où le navire est amarré ;
- le nom, le type, le tonnage et la nationalité du navire.

Il fait l’énonciation et la description des chaloupes, canots, agrès et apparaux du navire,


provisions et soutes.

Il établit un gardien.

Article 141 :

Le procès verbal de saisie est notifié séance tenante à la capitainerie.

Cette notification immobilise le navire dans le port où il est amarré.

Article 142 :

Le saisissant doit, dans le délai de trois jours, notifier au propriétaire copie du procès verbal
de saisie et le faire citer devant le tribunal de première instance du lieu de la saisie pour
entendre dire qu’il sera procédé à la vente des choses saisies.

Si le propriétaire n’est pas domicilié dans le ressort du tribunal, les notifications et citations
lui sont données en la personne du capitaine du navire saisi ou, en son absence, en la personne
de celui qui représente le propriétaire ou le capitaine, dans un délai de quinze jours.

S’il est domicilié hors du territoire marocain et non représenté, les citations et notifications
sont faites dans les formes prévues par le code de procédure civile.

Article 143 :

Le procès verbal de saisie est inscrit dans le délai de huit jours sur les documents
matriculaires du navire par l’autorité maritime du port d’immatriculation.

Article 144 :

Dans les trois jours de cette inscription, le conservateur des hypothèques maritimes délivre un
état des inscriptions.

Dans les huit jours qui suivent cette délivrance, le saisissant notifie aux créanciers inscrits,
aux domiciles élus dans leurs inscriptions, l’assignation prévue à l’article précédent.

Les créanciers ont, pour intervenir s’il le jugent utile, un délai de quinze jours.

Article 145 :

Le tribunal du lieu de la saisie ordonne la vente, en fixe les conditions et la mise à prix.

35
Si au jour désigné pour la vente, il n’est pas fait d’offre, le tribunal fixe une nouvelle mise à
prix, inférieure à la première, ainsi que le jour auquel les enchères auront lieu.

Article 146 :

La vente sur saisie se fait par devant le secrétaire greffier quinze jours après une opposition
d’affiche et une insertion de cette affiche dans un journal d’annonces légales publié dans le
ressort du tribunal, sans préjudice de toutes autres publications qui peuvent être ordonnées par
le tribunal.

Article 147 :

Les affiches sont opposées sur la partie la plus apparente du navire, à la porte principale du
tribunal devant lequel la vente aura lieu, au port où le navire est amarré au siège de l’autorité
maritime.

Les affiches et les annonces doivent indiquer :

- les noms, profession et domicile du poursuivant ;


- les titres en vertu desquels il agit ;
- l’élection de domicile par lui faite dans le lieu où siège le tribunal et dans le lieu où le navire
saisi est amarré ;
- les noms, profession et domicile du propriétaire du navire saisi ;
- les caractéristiques du navire portées au certificat d’immatriculation ;
- le lieu où se trouve le navire ;
- la mise à prix et les conditions de vente ;
- le jour, le lieu et l’heure de l’adjudication.

Article 148 :

Il ne sera admis, après l’adjudication, aucune surenchère.

Article 149 :

L’adjudicataire est tenu de verser son prix, sans frais, à la caisse du tribunal dans les vingt
quatre heures de l’adjudication, à peine de folle enchère.

Article 150 :

Les frais et dépenses engagés ou provoqués par la saisie conservatoire ou par les mesures
d’exécution et par la vente qui l’a suivi sont payés les premiers par prélèvement sur le produit
de la vente.

Ce frais et dépenses comprennent notamment :

- les frais engagés pour la conservation du navire et l’entretien de l’équipage ainsi que les
sommes dues et frais visés à l’article 95 paragraphe 1 de la présente loi, encouru depuis la
date de la saisie conservatoire ou de la mesure d’exécution ;

36
- les frais de justice dus à l’Etat et dépenses encourues dans l’intérêt commun des créanciers,
pour le navire ou pour parvenir à la vente et à la distribution du prix, les droits de quai et les
taxes de péage payables par le navire depuis son entrée dans le port où a eu lieu la vente ;

- les frais dus à l’Administration pour enlèvement, aux fins de la sécurité de la navigation ou
de la protection du milieu marin, d’un navire échoué ou coulé.

Article 151 :

Après paiement des frais et dépenses visées à l’article 150 ci-dessus, le solde du produit de la
vente est distribué conformément aux dispositions du présent chapitre.

Après désintéressement de tous les créanciers, le reliquat éventuel de ce produit est versé au
propriétaire qui peut en disposer librement.

Tout créancier colloqué, l’est tant pour le principal que pour les intérêts admis et les frais.

Article 152 :

La radiation des inscriptions sur le navire est obtenue sur présentation, à l’autorité maritime,
du jugement d’adjudication et du reçu délivré par le secrétaire greffier du tribunal constatant
le versement du prix.

Article 153 :

En cas de vente forcée d’un navire battant pavillon étranger, il est tenu compte des procédures
et délais de notification prévus par les conventions internationales en vigueur en matière de
saisie conservatoire des navires et de privilèges et hypothèques maritimes.

A l’effet de permettre une nouvelle immatriculation du navire, il est délivré, avec les
documents visés à l’article 152 ci-dessus, et à la demande du propriétaire, un certificat
attestant que le navire est vendu libre de toute hypothèque.

CHAPITRE 3 : LES EPAVES MARITIMES


§1. Définition

Article 154 :

Constituent des épaves maritimes soumises aux dispositions de la présente loi :

1/ Les navires, aéronefs et toute autre installation ou leurs débris, ainsi que leur cargaison,
machine, agrès, chaînes, engin de pêche, abandonnés sans esprit de retour par leur équipage
et sans que les propriétaires n’en assurent effectivement la garde, et qui sont :

a- soit échoués ou trouvés flottants sur le rivage, dans les eaux territoriales ou les eaux
intérieures ;

37
b- soit trouvés dans la zone économique exclusive ou en haute mer et ramenés dans la mer
territoriale ou sur le domaine public maritime ;

2/ toute marchandise jetée ou tombée à la mer, abandonnée dans la mer territoriale et


généralement tous objets, y compris ceux d’origine antique dont le propriétaire a perdu la
possession et qui sont :

a- soit échoués sur le rivage dépendant du domaine public maritime ;


b- soit trouvés dans les eaux territoriales ;
c- soit trouvés flottants ou tirés du fond de la mer, en haute mer ou en zone économique
exclusive marocaine et ramenés dans les eaux territoriales ou sur le domaine public maritime.

Ne sont pas considérées comme épaves au sens de la présente loi :

1/ les marchandises ou objets volontairement abandonnés ou jetés à la mer ou sur le rivage, en


vue de les soustraire à l’action de la douane ;
2/ les produits de la mer trouvés échoués sur les côte.

§2. Découverte et sauvetage des épaves

Article 155 :

Toute personne qui découvre une épave maritime est tenue, dans la mesure où cela lui est
possible, de la mettre en sûreté et notamment, de la placer hors des atteintes de la mer.

Elle doit, dans les vingt quatre heures de la découverte ou de l’arrivée au premier port, si
l’épave a été trouvée en mer, en faire la déclaration à l’autorité maritime locale.

Article 156 :

Les épaves maritimes ne sont pas des biens sans maître et les droits des propriétaires doivent
être respectés. Elles sont placées sous la protection et la sauvegarde de l’autorité maritime
locale qui prend toutes mesures utiles pour leur sauvetage et veille à la conservation des objets
sauvés.

L’autorité maritime locale peut requérir en vue du sauvetage et moyennant indemnité, toute
personne physique ou morale capable d’y participer ainsi que tous les moyens de transport et
tous les abris nécessaires.

Elle peut, aux mêmes fins, donner l’ordre d’occuper ou de traverser les propriétés privées.

Tous les risques et frais afférents à ces objets, sont à la charge du propriétaire.

L’autorité maritime locale procède simultanément à la recherche du propriétaire.

38
Article 157 :

Si le propriétaire de l’épave est connu, il doit indiquer, dans un délai de trois mois à compter
de la date du sauvetage, s’il désire procéder à sa récupération ou renoncer à ses droits de
propriété.

Dans le cas où le propriétaire désire récupérer l’épave il doit procéder à cette récupération
dans le délai qui lui est fixé par l’autorité maritime locale compte tenu de la situation de
l’épave et des difficultés que représentent sa récupération.

Si le propriétaire ne respecte pas le délai qui lui est imparti pour la récupération de l’épave,
s’il a indiqué renoncer à ses droits de propriété ou s’il s’est abstenu de faire connaître ses
intentions dans les délais prévus à l’alinéa 1 du présent article, l’autorité maritime locale peut
disposer de l’épave dans les conditions définies par le présent chapitre.

Article 158 :

Si le propriétaire de l’épave est inconnu au moment du sauvetage, la découverte de l’épave


fait l’objet, de la part de l’autorité maritime locale, d’une publicité maritime sous forme
d’affichage dans ses locaux, d’insertion au Bulletin Officiel du Royaume du Maroc et,
éventuellement, sous forme d’affiche au siège de l’autorité locale et d’insertion dans la presse.

Lorsque le propriétaire est identifié, le délai de trois mois prévu au premier alinéa de l’article
157 de la présente loi court à compter de la date de la notification qui lui est faite par
l’autorité maritime de la découverte de l’épave.

Lorsqu’à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de l’insertion de l’avis de découverte
de l’épave au Bulletin Officiel du Royaume du Maroc, l’autorité maritime locale dispose de
l’épave, dans les conditions définies par le présent chapitre.

Article 159 :

Lorsque l’épave maritime constitue un obstacle à la navigation ou à la pêche, ou lorsque sa


récupération présente un intérêt général ou un caractère d’urgence, l’autorité maritime locale
adresse au propriétaire, lorsqu’il est connu, une mise en demeure de procéder lui-même au
relèvement ou à la démolition de l’épave.

Cette mise en demeure fixe les délais impartis pour le commencement et l’achèvement des
travaux.

Si le propriétaire est inconnu, s’il refuse ou néglige d’exécuter les travaux, ou s’il ne respecte
pas les délais impartis pour leur exécution, l’autorité maritime locale peut procéder
immédiatement à l’enlèvement de l’épave aux frais et risques du propriétaire qui possède
cependant le droit de limiter sa responsabilité selon la législation en vigueur relative aux
limitations et exonérations de responsabilité du propriétaire.

Lorsque l’autorité maritime locale estime que l’épave constitue un danger imminent ou
entrave l’activité ou l’industrie maritime, elle peut se substituer au propriétaire et procéder
aux frais de ce dernier, au relèvement ou à la démolition de ladite épave.

39
Article 160 :

L’autorité maritime locale peut également effectuer les mêmes opérations lorsque le
propriétaire, ne dispose pas de moyens de sauvetage suffisants et demande que l’une ou
l’autre de ces opérations soit effectuée pour son compte et à ses frais, à condition, toutefois,
qu’il y ait urgence à agir pour éviter la dépréciation ou la perte de l’épave.

Article 161 :

Lorsque l’épave forme écueil ou obstacle à la navigation, gêne l’exploitation portuaire à


l’entrée d’un port, dans une passe d’accès ou dans une rade, les pouvoirs de l’autorité
maritime locale prévus aux articles 159 et 160 de la présente loi sont dévolus à l’autorité
portuaire qui doit en informer l’autorité maritime.

§3. Vente et concession des épaves

Article 162 :

Lorsque l’épave est récupérée, l’autorité maritime locale fait procéder à sa vente :

1/ soit à l’expiration du délai de trois mois, si le propriétaire est connu et n’a pas revendiqué
son droit dans ce délai ou s’il s’est abstenu de faire connaître ses intentions à l’autorité
maritime locale ;
2/ soit lorsque le propriétaire a déclaré renoncer à ses droits de propriété ;
3/ soit après notification au propriétaire de la décision du tribunal prononçant la déchéance de
ses droits de propriété sur l’épave ;
4/ soit à l’expiration du délai de trois mois, à compter de la date de publication faite au
Bulletin Officiel du Royaume du Maroc, lorsque le propriétaire ne s’est pas manifesté au
terme de ce délai.

Article 163 :

Lorsque l’épave est complètement immergée, l’autorité maritime a la possibilité de passer un


contrat de concession en vue de son relèvement, de sa récupération ou de son exploitation,
soit par priorité avec l’inventeur de l’épave, soit à défaut, avec toute autre entreprise. Cette
concession ne peut cependant intervenir qu’à la condition :

1/ soit que le propriétaire ait renoncé expressément ou non à son droit de propriété, dans les
délais prévus par la présente loi ;
2/ soit que l’épave provienne d’un événement datant de plus de cinq ans. Dans ce cas,
l’autorité maritime peut demander au tribunal de première instance du ressort du lieu où
l’épave est abandonnée de prononcer la déchéance des droits du propriétaire sur l’épave.

Article 164 :

Lorsque l’épave est complètement immergée, dans un port, dans une passe d’accès ou dans
une rade, les possibilités reconnues à l’autorité maritime par l’article 163 de la présente loi
sont dévolues à l’autorité portuaire qui doit en informer l’autorité maritime.

40
Article 165 :

Aucun fonctionnaire ou agent chargé de procéder à la vente d’une épave ne peut se porter
acquéreur ou adjudicataire des objets vendus.

Article 166 :

Les épaves réputées étrangères, sont assujetties au paiement des droits et taxes de douane et
l’acquéreur ne peut en disposer que pour les destinations autorisées par les lois et règlements
en vigueur.

§4. Droits des sauveteurs

Article 167 :

L’inventeur ou le sauveteur d’une épave a droit à une rémunération calculée, en tenant


compte :

1/ des frais exposés, y compris la rémunération du travail accompli et les dommages subis ;
2/ de l’importance du matériel de sauvetage utilisé ;
3/ de la valeur en l’état de l’épave sauvée.

S’il y a plusieurs inventeurs ou sauveteurs, la rémunération se partage entre eux d’après les
bases indiquées ci-dessus.

En aucun cas la rémunération globale des sauveteurs et inventeurs ne peut être supérieure à la
valeur de l’épave.

L’autorité maritime locale peut remettre aux sauveteurs ou inventeurs, en propriété, toutes les
épaves dont il lui apparaît que la vente ne laisserait aucun produit net appréciable.

Article 168 :

Au cours des trois mois qui suivent la déclaration de l’épave immergée, l’inventeur peut faire
valoir le bénéfice de la priorité qui lui est reconnue pour la conclusion du contrat de
concession.

L’utilisation de cette faculté est exclusive de toute autre forme de rémunération de


l’inventeur.

Dans le cas où l’inventeur ne désire pas bénéficier de cette priorité ou laisse s’écouler sans le
revendiquer le délai de trois mois susvisé, la rémunération qui lui est due, son montant et les
modalités de son versement sont prévus à la charge de l’entreprise concessionnaire, par le
contrat de concession.

Article 169 :

Si le propriétaire de l’épave est resté inconnu, s’il ne l’a pas réclamée dans les délais impartis,
s’il a renoncé à ses droits de propriété sur l’épave ou s’il en a été déchu par décision

41
judiciaire, il appartient à l’autorité maritime locale de proposer une rémunération évaluée
conformément aux dispositions de l’article précédent.

Dans tous les cas autres que ceux énumérés à l’alinéa précédent du présent article, la
rémunération est fixée par accord entre le propriétaire et le ou les inventeurs et sauveteurs
avec, s’ils l’estiment utile, le concours d’experts ou de l’autorité maritime locale.

En cas de désaccord, les deux parties peuvent décider de recourir à l’arbitrage ou d’intenter
une action en justice.

Article 170 :

Lorsqu’un navire a contribué au sauvetage d’une épave, la répartition de la rémunération entre


l’armateur, le capitaine et l’équipage est proposée par l’autorité maritime locale en tenant
compte de l’ensemble des circonstances de fait, la part de l’armateur ne pouvant toutefois
dépasser les trois quart de la rémunération du sauvetage.

Si les propositions de l’autorité maritime locale ne sont pas acceptées par les parties, cette
répartition peut être fixée par arbitrage ou par jugement.

Article 171 :

La rémunération du sauveteur et les frais éventuellement engagés par l’autorité maritime


locale ou tout autre service public, sont assortis d’un privilège sur l’épave sauvée.

Article 172 :

Le propriétaire qui réclame l’épave ne peut en obtenir la restitution qu’après paiement de la


rémunération et des frais, droits et taxes occasionnés par le sauvetage ou, en cas de litige, la
consignation au Trésor d’une somme suffisante pour assurer ces paiements.

Article 173 :

Les droits à rémunération de l’inventeur ou du sauveteur à rémunération, se prescrivent par


deux ans à compter du jour où la gestion de l’épave par l’autorité maritime a pris fin.

Article 174 :

Le vol, le recel, ou le détournement d’épave ainsi que le défaut de déclaration ou de remise de


celle-ci, sont constatés, soit par l’autorité maritime, soit par tout autre autorité habilitée à cet
effet par l’Autorité maritime.

§5. Epaves présentant un intérêt culturel

Article 175 :

Les épaves maritimes qui présentent un intérêt archéologique, historique, artistique ou


scientifique dont le propriétaire est inconnu ou n’est pas susceptible d’être retrouvé, sont
soumises aux dispositions des articles suivants.

42
Article 176 :

Lorsque l’épave est un objet isolé, l’autorité maritime peut, sur avis conforme de l’autorité
gouvernementale compétente chargée des affaires culturelles, en remettre la propriété au
sauveteur.

Si l’intérêt de l’objet le justifie, il est déposé, à la requête de l’autorité gouvernementale


chargée des affaires culturelles, dans une collection publique. Dans ce cas, une indemnité,
fixée à l’amiable ou à dire d’expert, est accordée au sauveteur par la partie prenante.

Article 177 :

Lorsque l’épave, de par son importance, constitue un gisement archéologique, il est procédé à
sa récupération soit par l’Etat, soit par un concessionnaire.

Dans ce dernier cas, l’autorité maritime passe, en accord avec l’autorité gouvernementale
chargée des affaires culturelles, un contrat de concession, soit par priorité avec l’inventeur de
l’épave, s’il présente les capacités et garanties voulues, soit à défaut, avec toute autre
entreprise remplissant les mêmes conditions.

Dans le cas où l’inventeur n’obtient pas la concession, celui-ci a droit à une indemnité fixée à
l’amiable ou à dire d’expert.

43
TITRE 3 : REGIME GENERAL DE LA REPRESSION DES
INFRACTIONS

CHAPITRE 1. COMPETENCE ET PROCEDURE


Article 178 :

Les infractions aux dispositions de la présente loi sont recherchées et constatées par les
commandants des bâtiments et aéronefs d’Etat, les agents de l’autorité gouvernementale
chargée de la marine marchande désignés à cet effet, les officiers de la police judiciaire, les
agents de l’Administration des douanes et tout autre fonctionnaire habilité à cet effet.

Pour l’accomplissement de leur mission les agents susmentionnés sont habilités à arraisonner
et à inspecter tout navire soupçonné d’avoir commis une infraction.

Ils ont le droit de requérir directement la force publique pour l’exécution de leur mission.

Afin de vérifier s’il n’a pas commis une infraction aux dispositions de la présente loi, tout
navire navigant ou mouillant dans les eaux intérieures, la mer territoriale ou la zone contiguë
peut être sommé de stopper immédiatement dans les conditions et selon les modalités fixées
par l’Autorité Maritime.

Article 179 :

Toute constatation d’une infraction doit être immédiatement suivie de l’établissement d’un
procès verbal dûment signé par l’agent verbalisateur et par le ou les auteurs de l’infraction. En
cas de refus de ce ou de ces derniers, mention en est faite au procès verbal.

Le procès verbal :
1/ précise l’état civil de l’auteur de l’infraction ;
2/ contient les mentions propres à identifier le navire concerné par l’infraction ;
3/ relate avec précision les circonstances dans lesquelles la ou les infractions ont été
commises ;
4/ consigne les déclarations du ou des contrevenants ainsi que les conclusions de l’agent
verbalisateur.

Les procès verbaux sont transmis immédiatement à l’autorité maritime locale du lieu où le
navire a été conduit, ou du port où le navire est immatriculé si celui-ci est marocain. Ils font
foi jusqu'à preuve contraire des faits qui y sont relatés.

Article 180 :

Au vu du procès verbal constatant l’infraction, l’autorité maritime, hors le cas où la nature de


l’infraction nécessite la saisie de la juridiction compétence fixe le montant de l’amende
conformément aux dispositions du chapitre II ci-après.

Les délais de prescription des actions et d’exécution de pénalités sont fixés conformément au
droit commun.
Le produit des amendes est versé au Trésor.

44
CHAPITRE 2. INFRACTIONS ET PENALITES

Article 181 :

Est punie d’une amende de 200 à 500 Dirhams :

1/ Toute personne qui pénètre à bord d’un navire sans autorisation de l’armateur ou du
capitaine ou sans y avoir été appelée pour les besoins de l’exploitation du navire ou pour
satisfaire aux exigences du service public ;
2/ Toute personne qui n’effectue pas la déclaration obligatoire de découverte d’une épave
maritime.

Article 182 :

Est punie, selon le cas, des peines prévues aux articles 527 ou 571 du Code Pénal, toute
personne qui a détourné, tenté de détourner ou recelé une épave maritime.

Article 183 :

Est punie d’une amende de 240 à 1.000 dirhams, si le navire a une jauge brute inférieure ou
égale à 25 unités de jauge, ou d’une amende de 1.000 à 4.000 dirhams, si le navire a une jauge
brute dépassant 25 unités de jauge, toute personne qui se livre à une navigation maritime sans
être munie de l’un des titres de navigation prévus à l’article 66 de la présente loi ou qui est
munie d’un titre périmé.

La peine s’applique pour chaque titre manquant ou périmé.

Article 184 :

Est puni d’une amende de 500 à 3.000 dirhams, tout capitaine qui, hors le cas d’empêchement
légitime, ne dépose pas son registre d’équipage et, éventuellement, son livre de discipline
auprès de l’autorité maritime dans les délais prévus par les textes d’application de la présente
loi.

Article 185 :

Est puni chacun d’une amende de 2.400 à 12.000 dirhams, le capitaine et armateur d’un
navire dont le pavillon national ou les signalements extérieurs permanents ne sont pas
conformes aux dispositions de la présente loi et de ses textes d’application.

Le navire est retenu au port par l’Autorité Maritime jusqu'à ce qu’il se conforme aux
prescriptions légales et réglementaires relatives au pavillon et aux signalements extérieurs
permanents.

Article 186 :

Sans préjudice de l’application des sanctions prévues par le code pénal en cas de faux et usage
de faux, est puni d’une amende de 5.000 à 50.000 dirhams :

45
1/ Tout armateur qui ne se conforme pas aux lois et règlements relatifs à la marocanisation
des navires ou qui se rend coupable d’une marocanisation frauduleuse ;
2/ Tout armateur qui ne se conforme pas aux dispositions de l’article 54 de la présente loi
relatif aux projets d’achat, de vente, de construction ou de transformation des navires ;
3/ Toute personne qui a frauduleusement, par quelque moyen que ce soit, procuré une
nationalité étrangère au navire marocain hypothéqué par elle ou par ceux dont elle est l’ayant
droit ;
4/ Toute personne qui aura vendu à un étranger un navire hypothéqué.

Article 187 :

Est puni d’une amende de 500 à 10.000 dirhams, tout capitaine ou armateur qui enfreint les
prescriptions concernant les titres et certificats de sécurité maritime et de prévention de la
pollution. Toutefois, le capitaine ne peut être puni d’une amende supérieure à 500 dirhams s’il
est prouvé qu’il a reçu un ordre écrit ou verbal de l’armateur.

Article 188 :

Est puni d’une amende de 1.200 à 2.400 dirhams :

1/ Tout capitaine qui a fait de fausses déclarations concernant le nombre des passagers ou des
marins embarqués à son bord. Cette amende s’applique pour chaque personne faussement
déclarée ;
2/ Tout capitaine qui n’aura pas produit, sur réquisition des agents compétents, les titres de
navigation, de sécurité ou les documents de bord du navire.

Article 189 :

Est puni d’une amende de 200 à 500 dirhams, si le navire a une jauge brute inférieure ou égale
à 25 unités de jauge, ou d’une amende de 500 à 2.000 dirhams si le navire a une jauge brute
supérieure à 25 unités de jauge, tout capitaine ou armateur qui embarque ou débarque un
membre de l’équipage sans en faire mention sur le registre d’équipage.

Les mêmes peines sont encourues pour chaque passager admis à bord du navire sans avoir été
inscrit sur la liste des passagers.

Article 190 :

Est puni d’une amende de 240 à 2.400 dirhams pour chaque infraction constatée, tout
armateur qui ne se conforme pas aux dispositions légales et réglementaires concernant
l’importance, la qualité ou la nationalité des effectifs embarqués à bord des navires.

Article 191 :

Est puni d’une amende de 200 à 2.000 dirhams, tout membre de l’équipage qui, par des
allégations inexactes, a provoqué une visite de sécurité du navire.

46
Article 192 :

Est puni d’une amende de 500 à 20.000 dirhams, tout capitaine ou armateur qui fait naviguer
ou tente de faire naviguer son navire sans titre de sécurité ou avec des titres de sécurité non
valables.

Toutefois, le capitaine n’est puni que d’une amende n’excédant pas 1.000 DH, s’il est prouvé
que celui-ci a reçu un ordre écrit de l’armateur.

Sont passibles dans les mêmes conditions des peines prévues au présent article, les
consignataires ou autres représentants des armateurs de navires étrangers entrant dans un port
marocain.

Article 193 :

Sans préjudice de l’application des sanctions prévues par le code pénal en cas de faux et usage
de faux est puni d’une amende de 240 à 2.400 DH :

1/ quiconque fait naviguer ou tente de faire naviguer un navire avec un acte de nationalité,
tout autre titre de navigation, registre d’équipage ou certificats de sécurité falsifiés ou ne
correspondant pas au navire pour lequel il a été délivré ;
2/ quiconque aura facilité de quelque manière que ce soit l’établissement d’un acte de
nationalité, titre de navigation, registre d’équipage ou certificats de sécurité frauduleux ;
3/ tout capitaine qui, en l’absence des documents requis, aura arboré le pavillon marocain sur
le navire qu’il commande.

Article 194 :

Les peines d’amende et d’emprisonnement prévues au présent chapitre sont portées au double
en cas de récidive.

Il y a récidive, lorsque dans les trois ans qui précèdent l’infraction, le délinquant a déjà subi
une condamnation pour un même fait réprimé par le présent chapitre.

TITRE 4. DISPOSITIONS FINALES.


Article 195 :

La délivrance par l’autorité maritime des titres, certificats et documents prévus aux articles
54, 66, 72 et 76, de la présente loi, ainsi que de tout autre titre de sécurité donne lieu au
paiement des taxes afférentes.

47
LIVRE III. L’ARMEMENT

TITRE 1 : GENERALITES
Article196 :

Les navires sont exploités par des armateurs agissant individuellement ou en copropriété, ou
par des sociétés d'armement constituées conformément au droit commun.

Article 197 :
Est considérée comme armateur toute personne physique ou morale, propriétaire ou non du
navire, qui en assure l’armement, l’équipement et l’exploitation

Article 198 :

L’armateur peut établir une représentation sur le territoire du Royaume du Maroc ou à


l’étranger.

Il donne avis de cette représentation à l'autorité gouvernementale chargée de la Marine


Marchande, dans un délai de trois mois, en indiquant les ports entrant dans la compétence de
chacune d'elles et les personnes habilitées à le représenter.

Article 199 :

Tout contrat conclu et tous actes juridiques passés par la représentation engagent l'armateur.

Article 200 :

Les représentations reçoivent tous actes judiciaires ou extra judiciaires adressés à l'armateur
ainsi que les actes concernant les événements survenus dans les ports relevant de leur
compétence ou qui donnent lieu à refuge dans l'un de ces ports.

TITRE 2 : LE REGIME GENERAL DE LA RESPONSABILITE


DE L’ARMATEUR

CHAPITRE 1 : LES PRINCIPES

Article 201.

L’armateur est responsable de la bonne exécution de tout contrat conclu par lui-même, par le
capitaine agissant dans le cadre de ses fonctions ou par tout mandataire régulièrement habilité
par lui. Il est tenu de tout dommage résultant de son fait ou de sa faute, ou du fait ou de la
faute de ses préposés terrestres ou maritimes.

48
Article 202.

La responsabilité contractuelle de l’armateur est précisée par les dispositions concernant les
contrats concernant l’exploitation du navire. Sa responsabilité extracontractuelle est précisée
par les dispositions qui suivent.

CHAPITRE 2 : L’ABORDAGE
Article 203 :

L'abordage est la collision intervenue soit entre un navire et tout autre bâtiment de navigation,
soit entre un navire et tous engins flottants à l'exception de ceux qui sont amarrés à poste fixe.

Article 204 :

En cas d'abordage entre navire, ou entre navires et bateaux de navigation intérieure, les
indemnités dues à raison des dommages causés aux bâtiments et aux cargaisons, choses et
personnes se trouvant à leur bord, sont réglées conformément aux dispositions ci-après sans
qu'il y ait lieu de tenir compte des eaux dans lesquelles l'abordage s'est produit.

Article 205 :

Les dispositions du présent titre s'étendent à la réparation des dommages qu'un navire a causé,
soit par exécution ou omission de manœuvre, soit par inobservation des règlements à tout
autre navire, aux personnes se trouvant à son bord alors même qu'il n'y aurait pas eu abordage.

Article 206 :

Les règles de prévention de l'abordage sont déterminées par la convention de Londres du 20


Octobre 1972 sur le règlement international pour prévenir les abordages en mer et par les
dispositions de la présente loi.

Article 207 :

Si l'abordage est causé par la faute de l'un des navires ou bâtiments, la preuve de cette faute
incombe au demandeur et la réparation du dommage à celui qui l'a commise.

Article 208 :

S’il y a faute commune, la responsabilité de chacun des navires est proportionnelle à la


gravité des fautes respectivement commise. Toutefois, si d'après les circonstances, la
proportion ne peut pas être établie ou si les fautes apparaissent comme équivalentes, la
responsabilité est supportée par parts égales.

Les dommages causés, soit à leur cargaison, soit aux effets ou autres biens des équipages, des
passagers ou autres personnes se trouvant à bord, sont supportés par les navires en faute, dans
ladite proposition, sans solidarité à l'égard des tiers.

49
Les navires en faute sont tenus solidairement à l'égard des tiers pour les dommages causés par
mort ou blessures sauf recours de celui qui a payé une part supérieure à celle que,
conformément à l'alinéa précédent du présent article, il doit effectivement supporter.

Article 209 :

Les règles de responsabilité du navire établies par les articles précédents subsistent dans le cas
où l'abordage est causé par la faute d'un pilote, même lorsque la présence de celui-ci est
obligatoire.

Article 210 :

Après un abordage, le capitaine de chacun des navires entrés en collision est tenu, autant qu'il
peut le faire sans danger sérieux pour son navire, son équipage et ses passagers, de prêter
assistance à l'autre bâtiment, à son équipage et ses passagers.

Il fait connaître à l'autre navire le nom, la nationalité et le port d'immatriculation de son


navire, ainsi que les lieux d'où il vient et où il va.

Tout manquement à l'une quelconque des obligations énoncées aux alinéas précédents est
puni conformément aux dispositions des articles 388, 389 et 390 du présent Code.

Article 211 :

Les actions en réparation du dommage résultant d'un abordage se prescrivent par deux ans à
compter de la date de l'événement.

Les actions en recours admis par l'alinéa 3 de l'article 208 de la présente loi, se prescrivent par
un an à partir de la date du paiement.

Ces délais de prescription ne courent pas lorsque le navire n'a pu être saisi dans les eaux sous
juridiction marocaine.

Article 212 :

En cas d'abordage, le demandeur pourra, à son choix, assigner devant le tribunal du domicile
du défendeur ou devant celui du port marocain dans lequel soit l'un, soit l'autre des deux
bâtiments s'est réfugié en premier lieu, ou a été saisi.

Si l'abordage s'est produit dans les eaux soumises à la juridiction marocaine, l'assignation
pourra également être donnée devant le tribunal dans le ressort duquel l'événement s'est
produit.

En cas d'abordage impliquant plusieurs bâtiments, seul le tribunal saisi en application des
dispositions de l'alinéa 1 du présent article est compétent pour connaître de toutes les actions
intentées à raison du même événement.

50
Article 213 :

Les autorités judiciaires marocaines sont compétentes pour connaître des poursuites nées d'un
abordage ou d'un autre accident de navigation de nature à engager la responsabilité pénale ou
disciplinaire du capitaine ou de toute autre personne au service d'un navire battant pavillon
marocain.

Les autorités judiciaires marocaines sont également compétentes pour connaître de telles
actions lorsque le capitaine ou tout autre personne au service du navire est de nationalité
marocaine alors même que ledit navire bat pavillon étranger.

Le tribunal saisi de l'action pénale est compétent pour connaître des actions en responsabilité
civile.

CHAPITRE 3 : LA LIMITATIONS DE RESPONSABILITE DE


L’ARMATEUR

Article 214:

La responsabilité de l'armateur peut être limitée, dans les conditions fixées par le présent
chapitre, envers des contractants ou des tiers et même envers l' Etat, si des dommages
corporels ou matériels se sont produits à bord du navire ou s'ils sont en relation directe avec la
navigation, l'utilisation du navire ou avec des opérations d'assistance ou de sauvetage.

L'armateur peut, dans les mêmes conditions, limiter sa responsabilité pour les mesures prises
afin de prévenir ou de réduire les dommages mentionnés à l'alinéa premier ci-dessus, ou pour
les dommages causés par ses mesures.

Article 215 :

La limitation de responsabilité prévue à l'article 214 précédent, n'est pas opposable :

a/ aux créances résultant du contrat d'engagement des membres de l'équipage ou aux


créances de toute autre personne employée à bord, en vertu d'un contrat de travail; ainsi que
de leurs ayants droit ;

b/ aux créances d'assistance, de sauvetage ou de contribution aux avaries communes ;

c/ aux créances de l' Etat ou de toute autre personne morale de droit public qui aurait, au
lieu et place de l'armateur renfloué, détruit ou rendu inoffensif un navire coulé, naufragé,
échoué ou abandonné, y compris tout ce qui se trouve ou s'est trouvé à bord ;

d/ aux créances soumises à un régime spécifique de responsabilité résultant d'une


Convention Internationale ratifiée ou d'une législation spéciale et en particulier les créances
nées des dommages dus à la pollution par les hydrocarbures ou des dommages nucléaires.

51
Article 216 :

L'armateur n'est pas en droit de limiter sa responsabilité s'il est prouvé que le dommage
résulte de son fait ou de son omission personnels.

Article 217 :

Lorsqu'une action est dirigée contre le capitaine ou un membre de l'équipage ou toute autre
personne au service du navire dont les engagements, faits ou fautes sont de nature à entraîner
la responsabilité de l'armateur, ceux-ci sont en droit de se prévaloir de la limitation de
responsabilité prévue à l'article 214 de la présente loi, dans les mêmes conditions que
l'armateur lui même.

Article 218:

L'assureur qui couvre la responsabilité à l'égard des créances soumises à limitation est en droit
de se prévaloir de cette limitation dans les mêmes conditions et mesure que l'assuré lui même.

Article 219 :

La limite de responsabilité applicable aux créances autres que celles des passagers d'un
navire, est fixée comme suit :

a) à l'égard des créances pour mort ou lésions corporelles :

a-1) à 200 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute inférieure à 5
unités;

a-2) à 400 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale ou
supérieure à 5 unités et inférieure à 50 unités;

a-3) à 500 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale ou
supérieure à 50 unités et inférieure à 100 unités;

a-4) à 600 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale ou
supérieure à 1OO unités et inférieure à 150 unités;

a-5) à 700 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale ou
supérieure à 150 unités et inférieure à 250 unités;

a-6) à 900 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale ou
supérieure à 250 unités et inférieure à 300 unités;

a-7) à 333.000 unités de compte pour un navire d'une jauge brute égale ou
supérieure à 300 unités de jauge et inférieure ou égale à 500 unités;

a-8) pour un navire dont la jauge brute est supérieure à 500 unités de jauge, le montant
suivant vient s'ajouter au montant indiqué au paragraphe a-7 ci -dessus :

- pour chaque unité de jauge, de 501 à 3.000, 500 unités de compte;

52
- pour chaque unité de jauge de 3001 à 30.000, 333 unités de compte;
- pour chaque unité de jauge de 30.001 à 70.000, 250 unités de compte;
- pour chaque unité de jauge au-dessus de 70.000, 167 unités de compte.

b) à l'égard de toutes les autres créances :

b-1) à 100 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute
inférieure à 5 unités ;

b-2) à 200 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale
ou supérieure à 5 unités et inférieure à 50 unités ;

b-3) à 250 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale
ou supérieure à 50 unités et inférieure à 100 unités ;

b-4) à 300 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale
ou supérieure à 100 unités et inférieure à 150 unités;

b-5) à 350 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale
ou supérieure à 150 unités et inférieure à 250 unités ;

b-6) à 450 unités de compte par unité de jauge pour les navires d'une jauge brute égale
ou supérieure à 250 unités et inférieure à 300 unités ;

b-7) à 167.000 unités de compte pour un navire dont la jauge brute est égale ou supérieure à
300 unités et inférieure ou égale à 500 unités ;

b-8) pour un navire dont la jauge brute est supérieure à 500 unités, le montant suivant vient
s'ajouter au montant indiqué dans le paragraphe b-7ci-dessus :

- pour chaque unité de jauge de 501 à 3000, 250 unités de compte ;


- pour chaque unité de jauge de 3001 à 30.000 ,167 unités de compte ;
- pour chaque unité de jauge de 30.001 à 70.000 , 125 unités de compte
- pour chaque unité de jauge au dessus de 70.000, 83 unités de compte.

Le tonnage considéré pour le calcul des montants de la limitation de responsabilité est la jauge
brute figurant sur les certificats de jauge du navire.

Article 220 :

Les limites de responsabilité, calculées conformément aux dispositions de l'article 219 de la


présente loi, s'appliquent à l'ensemble des créances résultant de dommages matériels ou
corporels nées d'un même événement, sans qu'il soit tenu compte des créances nées ou à naître
d'un autre événement.

Lorsque les créances pour mort ou lésions corporelles de personnes autres que des passagers
dépassent le montant de la limitation de responsabilité telle que fixée à l'article 219,
paragraphe a) de la présente loi, le solde impayé de ces créances, vient en concurrence avec
les créances visées au paragraphe b) du même article.

53
Toutefois, et sans préjudice du droit des créances pour mort ou lésions corporelles prévu au
deuxième alinéa du présent article, les créances pour dommages causés aux ouvrages d'art des
ports, bassins, voies navigables et aides à la navigation ont la priorité sur les autres créances
visées au paragraphe b) de l'article 219 précédent.

Article 221 :

La limite de responsabilité applicable aux créances résultant de mort ou de lésions corporelles


des passagers d'un navire et nées d'un même événement, est fixée à un montant de 46.666
unités de compte multiplié par le nombre de passagers que le navire est autorisé à transporter
d'après le certificat du navire, sans toutefois pouvoir excéder 25 millions d'unités de compte.

Aux fins du présent article, les termes, "créances résultant de mort ou de lésions corporelles
des passagers d'un navire" signifie toute créance qui appartient à toute personne transportée
sur ce navire, en vertu d'un contrat de passage tel que défini à l'article 579 de la présente loi,
ainsi que toute autre personne qui, avec le consentement du capitaine, accompagne un
véhicule ou des animaux vivants faisant l'objet d'un contrat de transport de marchandises.

Article 222 :

L'unité de compte visée aux articles 219 et 221 de la présente loi est constituée par le Droit de
Tirage Spécial tel que défini par le Fonds Monétaire International.

La conversion en dirhams s'effectue à la date de constitution du fonds de limitation prévu à


l'article 223 de la présente loi, sur la base de la parité déterminée par Bank Al Maghrib.

Article 223 :

Lorsque l'ensemble des créances résultant d'un même événement dépasse les limites de la
responsabilité telles qu'elles sont déterminées par les articles 219 et 221 de la présente loi, le
montant global des réparations dues par l'armateur dans le cadre de la limitation de
responsabilité est constitué en un fonds de limitation unique.

Ce fonds est constitué à la diligence et par les soins de l'armateur ou de toute autre personne à
lui substituée et affecté exclusivement au règlement des créances auxquelles la limitation de
responsabilité est opposable.

Il est constitué, à concurrence du montant de la limitation de responsabilité déterminé


conformément aux dispositions des articles 219 et 211 de la présente loi, augmenté des
intérêts légaux acquis depuis la date de l'événement qui a donné naissance à la responsabilité
jusqu'à celle de la constitution du fonds.

Après la constitution du fonds de limitation, aucun droit ne peut être exercé pour les mêmes
créances sur d'autres biens du constituant par les créanciers auxquels le fonds est réservé, à
condition toutefois que ce fonds soit effectivement disponible au profit du ou des demandeurs.

Article 224 :

Le fonds de limitation prévu à l'article 223 ci-dessus comprend trois parties affectées
respectivement :

54
1/ au règlement des créances pour mort ou lésions corporelles des passagers ;
2/ au règlement des créances pour mort ou lésions corporelles des personnes autres que
les passagers ;
3/ au règlement des créances autres de celles visées aux paragraphes 1 et 2 ci-dessus.

Dans chaque partie du fonds de limitation, la répartition se fait entre les créanciers,
proportionnellement au montant de leurs créances reconnues.

Article 225 :

Si l'armateur est autorisé à faire valoir à l'égard d'un créancier une créance pour un dommage
résultant du même événement, les créances respectives sont compensées et les dispositions du
présent chapitre ne s'appliquent qu'au solde éventuel.

Article 226 :

Lorsque l'armateur a fourni une garantie pour une somme correspondant aux limites de sa
responsabilité, cette garantie sert au paiement de toutes les créances dérivant d'un même
événement et pour lesquelles l'armateur peut limiter sa responsabilité.

Article 227 :

Le fait pour l'armateur d'invoquer la limitation de sa responsabilité ou de constituer le fonds


de limitation n'implique pas pour celui-ci reconnaissance de sa responsabilité.

Article 228 :

Les modalités de constitution et de distribution du fonds sont régies par les dispositions des
articles 267 et suivants du présent Code.

55
TITRE 2 : LES RESPONSABILITES SPECIALES DE
L’ARMATEUR

Article 229 :

Tout propriétaire d'un navire est responsable des dommages par pollution causés par son
navire aux eaux maritimes, personnes, biens, ou intérêts connexes marocains.

CHAPITRE 1 : LA RESPONSABILITE EN MATIERE DE TRANSPORT


D’HYDROCARBURES
Article 230 :

Tout propriétaire d'un navire transportant des hydrocarbures en vrac en tant que cargaison, est
responsable des dommages par pollution due aux hydrocarbures, tels que ces dommages sont
définis par la Convention internationale de 1992 sur la responsabilité civile pour les
dommages dus à la pollution par hydrocarbures, dans les conditions déterminées par la
présente loi.

Lorsque l'événement de pollution visé à l'alinéa I ci-dessus met en cause plus d'un navire et
qu'un dommage par pollution due aux hydrocarbures en résulte, sans qu'il soit possible de
déterminer la part de responsabilité qui incombe à chaque navire, les propriétaires de tous les
navires en cause au moment de l'événement sont conjointement et solidairement responsables
de la totalité du dommage, chacun dans les conditions et limites fixées par les dispositions de
la présente loi.

Article 231 :

Tout propriétaire d'un navire transportant plus de 2000 tonnes d'hydrocarbures en vrac en tant
que cargaison est tenu de souscrire une assurance ou tout autre garantie financière de nature à
couvrir sa responsabilité pour dommage par pollution due aux hydrocarbures conformément
aux dispositions de l'article 233 de la présente loi.

Une attestation garantissant la validité de cette assurance ou garantie financière doit être
détenue à bord du navire pour être présentée à toute réquisition de l'autorité compétente.

Article 232:

Le propriétaire visé à l'article 230 ci-dessus n'est pas responsable de dommages par pollution
due aux hydrocarbures s'il prouve que ceux-ci résultent ou proviennent d'un acte de guerre ou
d'hostilité, ou d'un phénomène naturel ayant revêtu un caractère exceptionnel, imprévisible,
inévitable et irrésistible, ou si l’événement résulte en totalité de la faute ou la négligence de
l’Etat dans l’entretien des aides à la navigation, ou du fait d'un tiers qui a agi ou omis d'agir
dans l'intention de causer le dommage ou en sachant qu'un tel dommage en résulterait
probablement.

56
De même ce propriétaire peut être exonéré par le tribunal compétent de tout ou partie de sa
responsabilité envers une personne, s'il prouve que cette dernière a agi ou omis d'agir soit,
dans l'intention de provoquer le dommage, soit témérairement et en sachant qu'un tel
dommage en résulterait probablement.

Au sens du présent article les préposés et mandataires du propriétaire ne peuvent être


considérés comme des tiers.

Article 233 :

Le propriétaire d'un navire transportant des hydrocarbures en vrac, est en droit de limiter sa
responsabilité à un montant total par événement calculé dans les conditions suivantes:

a)- 3 millions d'Unité de Compte pour un navire dont la jauge est inférieure ou égale à 5000
unités de jauge ;

b)- 420 Unités de Compte par unité de jauge en sus du montant calculé conformément au
paragraphe précédent pour un navire dont la jauge est supérieure à 5 000 unités de jauge.

Toutefois, le montant total de la limitation de responsabilité, calculé, conformément aux


dispositions des paragraphes a) et b) ci-dessus ne peut excéder 59,7 millions d'Unités de
Compte.

La conversion en Dirhams s'effectuera à la date de constitution du fonds de limitation visé à


l'article 235 de la présente loi sur la base de la parité établie par l'Institut d'Emission National.

Article 234 :

Le propriétaire du navire n'est pas en droit de bénéficier de la limitation de responsabilité


prévue à l'article 233 ci-dessus s'il est prouvé que le dommage par pollution provient ou
résulte de son fait ou de son omission personnels, commis soit avec l'intention de provoquer
un tel dommage, soit témérairement et avec conscience qu'un tel dommage en résulterait
probablement.

Article 235 :

Tout propriétaire dont la responsabilité peut être mise en cause pour des dommages par
pollution due aux hydrocarbures résultant d'un même événement doit, si le montant global des
créances dépasse les limites de responsabilité déterminées conformément aux dispositions de
l'article 233 de la présente loi ou s'il désire bénéficier de son droit à limitation, constituer
auprès du tribunal compétent, un fonds de limitation de responsabilité.

Au sein de ce fonds de limitation, constitué et liquidé conformément aux dispositions du


chapitre V du présent titre, la répartition se fait entre les créanciers, proportionnellement au
montant de leurs créances reconnues.

57
Article 236 :

Quel que soit son fondement , aucune demande en réparation, pour dommages par pollution
due aux hydrocarbures ne peut être formée contre le propriétaire du navire en cause autrement
que dans les conditions et limites prévues par la présente loi.

Article 237 :

Sauf s'il est prouvé que le dommage provient ou résulte de leur fait, faute ou négligence
commis soit avec l'intention de provoquer un tel dommage, soit témérairement et avec
conscience qu'un tel dommage en résulterait probablement, aucune demande en réparation au
titre de dommages par pollution due aux hydrocarbures ne peut être formée à l'encontre :

- d'un préposé ou mandataire du propriétaire du navire en cause y compris un pilote , ou de


tout autre personne s'acquittant d'une tâche au service du navire ;

- d'un armateur ou affréteur du navire y compris un affréteur coque nue, ou de leurs préposés
ou mandataires ;

- de toute personne y compris ses préposés ou mandataires, accomplissant des opérations de


sauvetage ou prenant des mesures de sauvegarde avec l'accord du propriétaire ou sur
instruction de l'autorité compétente .

Article 238 :

Les actions en réparation de dommages par pollution due aux hydrocarbures se prescrivent
par six ans à compter de la date de l'événement ayant occasionné ledit dommage.

Les tribunaux du Royaume du Maroc sont seuls compétents pour connaître de telles actions
en réparation.

Aucune disposition du présent chapitre ne porte atteinte au droit de recours de propriétaire à


l'encontre de tiers.

CHAPITRE 2 : LA RESPONSABILITE EN MATIERE DE TRANSPORT DE


MATIERES OU SUBSTANCES NOCIVES OU DANGEREUSES
Article 239 :

Le propriétaire d'un navire transportant des matières ou des substances dangereuses ou


nocives en tant que cargaison est responsable de tout dommage causé par l'une quelconque de
ces matières ou substances au cours de son transport par mer.

Ces dommages s'entendent de tout décès ou lésions corporelles causés par les matières ou
substances dangereuses ou nocives ainsi que tout autre dommage ou perte causé par ces même
matières ou substances à l'extérieur du navire y compris aux eaux et au littoral maritime ainsi

58
que le coût des mesures de sauvegarde prises pour prévenir, combattre ou atténuer les effets
de la pollution entraînée par l'événement.

Si l'événement constitutif du dommage consiste en une succession de faits ayant la même


origine, la responsabilité repose sur le propriétaire du navire au moment du premier fait.

Lorsque l'événement met en cause deux ou plusieurs navires dont chacun transporte des
matières ou substances dangereuses ou nocives, sans qu'il soit possible de déterminer la part
de responsabilité qui incombe à chacun d'eux, les propriétaires de tous les navires en cause au
moment de l'événement sont conjointement et solidairement responsables de la totalité du
dommage, chacun dans les limites et les conditions fixées par les dispositions de la présente
loi.

Article 240 :

Le propriétaire de tout navire transportant des matières ou des substances dangereuses ou


nocives en tant que cargaison est tenu de souscrire et de maintenir valide une assurance ou
autre garantie financière d'un montant lui permettant de couvrir les limites de sa responsabilité
calculées conformément aux dispositions de l'article 243 de la présente loi.

Le certificat attestant la validité de ladite assurance ou garantie financière doit être conservé à
bord du navire pour pouvoir être présenté à toute réquisition de l'autorité compétente.

Article 241 :

Le propriétaire visé à l'article 239 ci-dessus n'est pas responsable des dommages causés par
les matières ou substances dangereuses ou nocives transportées par son navire s'il prouve que
ceux-ci résultent ou proviennent d'un acte de guerre ou d'hostilité, ou d'un phénomène naturel
ayant revêtu d'un caractère exceptionnel, imprévisible, inévitable, et irrésistible ou si
l'événement résulte en totalité de la faute du chargeur, ou de la faute ou la négligence de l’Etat
dans l’entretien des aides à la navigation, ou du fait d'un tiers ayant agi ou omis d'agir soit
dans l'intention de causer un dommage, soit témérairement et en sachant qu'un tel dommage
en résulterait probablement.

Au sens du présent article un préposé ou un mandataire du propriétaire ne peut être considéré


comme un tiers.

Le propriétaire peut être exonéré par le tribunal compétent de tout ou partie de sa


responsabilité envers une personne, s'il prouve que cette dernière a agi ou omis d'agir soit,
dans l'intention de provoquer le dommage qu'elle a subi, soit témérairement et en sachant
qu'un tel dommage en résulterait probablement à condition, toutefois, qu'au sens du présent
article le chargeur de la matière ou substance dangereuse ou nocive qui a causé le dommage
ne puisse être considéré comme un tiers.

Article 242 :

Lorsque l'origine du dommage est le fait à la fois de matières ou de substances dangereuses ou


nocives et d'autres matières ou substances à l'exception des matières nucléaires, sans qu'il soit
possible de déterminer quel est l'effet de chacune de celles-ci sur le dommage, la totalité du
dommage est indemnisée conformément aux dispositions du présent chapitre.

59
Article 243 :

Le propriétaire d'un navire transportant des matières ou substances dangereuses ou nocives est
en droit de limiter sa responsabilité pour des créances nées de dommages dus au transport de
ces matières ou substances à un montant global calculé conformément aux dispositions
suivantes:

a) - s'il s'agit de créances pour mort ou blessures

a-1) - pour un navire d'une jauge inférieure ou égale à 500 unités de jauge 333.000 unités de
compte ;

a-2) - pour un navire dont la jauge est supérieure à 500 unités de jauge, le montant suivant
vient s'ajouter au montant indiqué au paragraphe a-1 ci dessus :

- pour chaque unité de jauge de 501 à 3.000, 500 unités de compte;

- pour chaque unité de jauge de 3001 à 30.000, 333 unités de compte;

- pour chaque unité de jauge de 30.001 à 70.000, 250 unités de compte;

- pour chaque unité de jauge au-dessus de 70.000, 167 unités de compte.

b) - s'il s'agit de créances autres que celles visées au paragraphe a) ci-dessus:

b-1) - pour un navire d'une jauge inférieure ou égale à 500 unités de jauge, 167.000 unités de
compte ;

b-2) - pour un navire dont la jauge est supérieure à 500 unités de jauge, le montant suivant
vient s'ajouter au montant indiqué dans le paragraphe b-1 ci-dessus :

- pour chaque unité de jauge de 501 à 3000 ,250 unités de compte ;

- pour chaque unité de jauge de 3001 à 30.000, 167 unités de compte ;

- pour chaque unité de jauge de 30.001 à 70.000, 125 unités de compte ;

- pour chaque unité de jauge au dessus de 70.000, 83 unités de compte.

Le tonnage considéré pour le calcul des montants de la limitation de responsabilité est la jauge
brute figurant sur l'acte de nationalité du navire.

La conversion en Dirhams s'effectue à la date de constitution du fonds de limitation visé à


l'article 247 de la présente loi, sur la base de la parité établie par l'Institut d'Emission
Nationale.

60
Article 244 :

Les limites de responsabilité prévues à l'article 243 ci-dessus ne sont pas opposables aux
créances des marins résultant du contrat d'engagement et aux créances de toute autre personne
employée à bord ou au service du navire, en vertu d'un contrat de travail ainsi que de leurs
ayant droit.

Article 245 :

Les limites de responsabilité calculées conformément aux dispositions de l'article 243 ci-
dessus s'appliquent à l'ensemble des créances résultant de dommages matériels ou corporels
nées d'un même événement, sans qu'il soit tenu compte des créances nées ou à naître d'un
autre événement.

Lorsque le montant de la limitation de responsabilité, calculé conformément aux dispositions


de l'article 243 alinéa a) ci-dessus est insuffisant pour régler intégralement les créances visées
dans cet alinéa, le montant calculé conformément aux dispositions de l'alinéa b) de cet article
peut être utilisé pour régler le solde impayé des créances visées à l'alinéa a).

Ce solde impayé vient en concurrence avec les créances visées à l'alinéa b).

Toutefois, et sans préjudice du droit des créances pour mort ou lésions corporelles prévu à
l'alinéa a) de l'article 806, les créances pour dommages causés aux ouvrages d'art et
installations des ports, bassins ou voies navigables et aides à la navigation ont la priorité sur
les autres créances visées à l'alinéa b) du même article.

Article 246 :

Le propriétaire n'est pas en droit de limiter sa responsabilité en cas de dol ou de faute


inexcusable de celui-ci, si le créancier apporte la preuve que le dommage résulte d'un acte ou
d'une omission de ce propriétaire, commis soit avec l'intention de provoquer un tel dommage,
soit témérairement et avec conscience qu'un tel dommage en résulterait probablement.

Article 247 :

Tout propriétaire dont la responsabilité peut être mise en cause pour des dommages nés du
transport de matières ou de substances dangereuses ou nocives, résultant d'un même
événement doit, si le montant global des créances dépasse les limites de responsabilité
déterminées conformément aux dispositions de l'article 243 de la présente loi ou s'il désire
bénéficier de son droit à limitation, constituer auprès du tribunal compétent, un fonds de
limitation de responsabilité unique.

Dans chaque partie du fonds de limitation ainsi constitué, la répartition se fait entre les
créanciers, proportionnellement au montant de leurs créances reconnues.

Article 248 :

Toute demande en réparation au titre de dommages nés d'un transport de matières ou


substances dangereuses ou nocives conformément aux dispositions de l'article 239 de la

61
présente loi peut être valablement formée directement à l'encontre du ou des assureurs visés à
l'article 240 ci-dessus.

Ce ou ces assureurs peuvent se prévaloir des limites de responsabilité calculées conformément


aux dispositions de l'article 243 de la présente loi, et peuvent, à tout moment contraindre le
propriétaire concerné à se joindre à la procédure.

Article 249 :

Tout chargeur de substances dangereuses ou nocives est tenu de souscrire une assurance ou
une garantie financière au profit des personnes qui risquent de subir un dommage lors du
transport de ces matières ou substances, afin de fournir une indemnisation complémentaire à
ces personnes si ces dernières ne sont pas en mesure d’obtenir du propriétaire ou de son
assureur la réparation intégrale du dommage subi, pour l’une des raisons suivantes :

a) si les dommages subis excèdent les limites de la responsabilité du propriétaire calculées


conformément aux dispositions de l’article 243 de la présente loi ;

b) si le propriétaire responsable du dommage ou son assureur est financièrement incapable de


s’acquitter de ses obligations et si la victime, après avoir pris toutes les mesures raisonnables
en vue d’exercer les recours qui lui sont ouverts, n’a pu obtenir le montant intégral qui lui est
dû en application du présent Code.

Article 250 :

Le montant de l'assurance souscrite ne peut être supérieur au montant de la limitation de


responsabilité du propriétaire du navire calculée, conformément aux dispositions de l'article
243 de la présente loi.

Un certificat attestant qu'une assurance ou autre garantie financière est en cours de validité est
délivré par l'autorité compétente à chaque chargeur d'une matière ou substance dangereuse ou
nocive.

Copie de ce certificat est conservé à bord du navire transportant la matière ou la substance


concernée, et doit être présenté à toute réquisition de l'autorité compétente.

Le certificat délivré doit comporter les indications propres à identifier immédiatement


l'assureur, le souscripteur, la ou les matières ou substances couvertes, le montant de la
garantie et la période de validité de la couverture donnée, laquelle ne peut, en aucun cas, être
inférieure à la durée du transport concerné.

Ce document doit déclarer que l'assurance dont il donne certificat a été souscrite
conformément aux dispositions de la présente loi.

Article 251 :

Le propriétaire du navire s'assure lors du chargement des matières ou substances dangereuses


ou nocives que tout lot transporté à bord de son navire est couvert par le certificat visé à
l'article 249 ci-dessus

62
Si ce propriétaire n'est pas en mesure de prouver qu'un tel certificat a été délivré pour une
matière ou une substance dangereuse ou nocive chargée à bord de son navire afin d'y être
transportée, il est considéré comme étant l'assureur de ladite matière ou substance et supporte
la responsabilité du chargeur au sens des dispositions de l'article 249 ci-dessus à moins qu'il
ne prouve:

a)- que le chargeur avait omis de l'informer de la nature dangereuse ou nocive de la matière
ou substance concernée ;

b)- qu'il n'avait pas de raisons valables de soupçonner que les indications fournies par le
chargeur étaient inexactes et que lui-même, ses préposés et mandataires au service du navire,
n'ont pas eu la possibilité de vérifier lesdites indications.

Article 252 :

Si le propriétaire du navire ayant transporté les matières ou substances dangereuses ou


nocives indemnise les personnes ayant subi un dommage en application des dispositions de
l'article 249 ci-dessus il est subrogé jusqu'à concurrence du montant ainsi versé aux victimes
du dommage, dans les droits dont ces personnes auraient joui à l'égard de l'assureur des
matières ou substances dangereuses ou nocives concernées.

Article 253 :

En cas de dommages dont la réparation n'a pas été obtenue conformément aux conditions
fixées par les dispositions de l'article 249 de la présente loi, le montant pour lequel l'assurance
ou la garantie financière prévue au même article, a été souscrit est affecté exclusivement au
règlement desdits dommages.

Le ou les assureurs concernés sont responsables de ce versement sauf s'ils prouvent que le
dommage provient ou résulte de l'une des situations prévues à l'article 241 alinéa 1 de la
présente loi.

Article 254 :

Chaque assureur de matières ou de substances nocives ou dangereuses transportées à bord


d'un même navire ou de navires différents transportant de telles matières ou substances,
participe au versement des indemnités dues en vertu des dispositions de l'article 249 de la
présente loi, à raison d'un montant calculé sur la base de la quantité de substances dangereuses
ou nocives assurées par lui. Toutefois, le tribunal saisi a la possibilité de déroger à ce calcul
proportionnel, s'il estime, d'après les rapports d'experts que les substances en cause possèdent
des degrés de nocivité différenciés, influençant l'étendue du dommage considéré.

Cependant, lorsque le dommage résulte d'un événement mettant en cause ces matières ou
substances dangereuses ou nocives sans qu'il soit possible de diviser raisonnablement le
dommage, tous les assureurs des matières ou substances en cause sont conjointement et
solidairement responsables, chacun dans les conditions et limites fixées au présent chapitre.

Toutefois, chacun des assureurs conserve son droit de recours contre les autres.

63
Article 255 :

Lorsque le montant des créances pour lesquelles l'obligation de l'assureur est engagée
conformément aux dispositions de l'article 253 de la présente loi dépasse les limites calculées
en application des dispositions de l'article 250, le ou les assureurs concernés, doivent
constituer un fonds de limitation unique.

Lorsque le dommage résulte d'un événement mettant en cause des matières ou substances
dangereuses ou nocives transportées à bord d'un même navire l'assurance ou la garantie
financière de chaque lot tel qu'il a été initialement individualisé, participe à égalité dans la
constitution du fonds.

Dans chaque partie du fonds la réparation entre les créanciers se fait proportionnellement au
montant de leurs créances admises, mais suit les principes énoncés aux articles 244 et 245 de
la présente loi.

Article 256 :

Toute demande en réparation au titre de l'article 249 doit être exercée directement à l'encontre
du ou des assureurs des matières ou substances dangereuses ou nocives concernées par les
créances ou toute autre personne ayant fourni la garantie financière requise .

Article 257 :

Quel que soit son fondement aucune demande en réparation pour dommages nés d'un
événement mettant en cause des matières ou substances dangereuses ou nocives ne
peut être formée à l'encontre du propriétaire du navire les ayant transportées ou d'un
assureur de ces matières ou substances, selon le cas, autrement que dans les conditions
et limites prévues par la présente loi.

Sauf s'il est prouvé que le dommage provient ou résulte de son fait, faute ou omission commis
soit avec l'intention de provoquer un tel dommage, soit témérairement et en sachant qu'un tel
dommage en résulterait probablement, aucune demande ne peut être formée à l'encontre:

a) d'un préposé ou d'un mandataire du propriétaire du navire en cause, ou de l'assureur des


matières ou substances dangereuses ou nocives selon le cas ;

b) d'un pilote ou de toute autre personne membre ou non de l'équipage qui s'acquitte d'une
tâche au service du navire concerné ;

c) d'un armateur, d'un affréteur ou de toute personne accomplissant des opérations de


sauvetage ou prenant des mesures de sauvegarde avec l'accord du propriétaire, ou sur
instruction de l'autorité compétente.

Article 258 :

Aucune disposition du présent chapitre ne porte atteinte au droit de recours du propriétaire à


l'encontre du chargeur ou de l'assureur de la matière ou substance dangereuse ou nocive qui a
causé le dommage ou à l'encontre de toute autre personne y compris celles énumérées à
l'article 257 ci-dessus.

64
De même l'assureur des matières ou substances dangereuses ou nocives conserve dans tous les
cas son droit de recours à l'encontre du propriétaire du navire sur lequel se trouvaient les
matières ou substances dangereuses ou nocives, du chargeur ou de toute autre assureur.

Le chargeur demeure responsable des faits, fautes ou négligences de ses préposés ou


mandataires dans l'exercice de leurs fonctions au service de la marchandise.

Article 259 :

Les actions en réparation de dommages nés d'un transport de matières ou substances


dangereuses ou nocives se prescrivent par six ans à compter de la date de l'événement qui a
causé le dommage.

Les tribunaux du royaume sont seuls compétents pour connaître de telles actions sitôt que
l'événement qui a causé le dommage concerne les eaux maritimes, le littoral marocain ou les
personnes ou biens qui s'y trouvaient ou les mesures de sauvegarde prises pour éviter,
prévenir ou atténuer ce dommage.

Toute action intentée à l'encontre d'un propriétaire ou son assureur suspend les délais de
prescription d'une action intentée contre le chargeur ou son assureur des matières ou
substances dangereuses ou nocives en cause, depuis la date de cette action jusqu'au jugement
en dernier ressort.

Article 260 :

Les fonds prévus aux articles 247 et 255 ci-dessus, sont constitués et liquidés séparément et
suivent les procédures indiquées aux articles 277 et suivants de la présente loi.

CHAPITRE 3 : LA RESPONSABILITE DE L’ARMATEUR EN MATIERE


NUCLEAIRE

Section 1. La responsabilité de l’exploitant d’un navire nucléaire


Article 261 :

L'exploitant d'un navire nucléaire est seul responsable de tout dommage nucléaire causé par
un accident nucléaire dans lequel sont impliquées des matières nucléaires utilisées par ce
navire.

Lorsque le dommage nucléaire concerne deux ou plusieurs navires nucléaires ou des matières
nucléaires transportées en tant que cargaison sans qu'il soit possible de déterminer avec
certitude ceux de ces dommages qui sont attribuables à chacun d'eux, les exploitants des
navires et des matières nucléaires sont conjointement et solidairement responsables de la
totalité du dommage, chacun dans les conditions et limites fixées par les dispositions de la
présente loi.

65
Chaque exploitant conserve son droit de recours contre les autres exploitants.

Dans ce cas, et si des fautes ont été commises, fautes dont la preuve est à la charge du
demandeur, chaque exploitant peut demander aux autres une contribution proportionnelle à la
gravité desdites fautes respectivement commises.

Dans tous les cas l'exploitant conserve son droit de recours à l'encontre de :

a) toute personne qui a agi ou omis d'agir volontairement et dans l'intention de provoquer un
dommage nucléaire;

b) toute personne qui a entrepris des travaux de relèvement d'épave, sans l'autorisation de
l'exploitant, ni de l'autorité compétente en matière d'épave maritime, ni de l'état dont émane la
licence d'exploitation du navire concerné, lorsque ces travaux sont à l'origine du dommage
nucléaire.

c) toute personne qui s'est obligée par contrat à supporter tout ou partie des dommages
nucléaires considérés.

Article 262 :

La responsabilité de l'exploitant d'un navire nucléaire ne s'étend pas aux accidents nucléaires
survenus avant la prise en charge des matières nucléaires par cet exploitant pour les besoins
de son navire, ni après la prise en charge de ces matières ou de leurs déchets par une autre
personne légalement autorisée et responsable en vertu des dispositions de la présente loi ou de
toute autre législation en la matière.

Article 263 :

L'exploitant d'un navire nucléaire n'est pas responsable des dommages nucléaires causés par
un accident nucléaire dans lequel est impliqué son navire s'il prouve que ceux-ci résultent ou
proviennent directement d'un acte de guerre ou d'hostilité.

Cet exploitant peut être exonéré par le tribunal compétent de tout ou partie de sa
responsabilité envers une personne, s'il prouve que cette dernière a agi ou omis d'agir
volontairement dans l'intention de provoquer le dommage qu'elle a subi.

Article 264 :

L'exploitant d'un navire nucléaire est tenu de souscrire et de maintenir valide une assurance ou
toute autre garantie financière couvrant sa responsabilité pour dommages nucléaires.

Les sommes provenant de cette assurance ou de la garantie financière sont exclusivement


réservées à la réparation des dommages nucléaires, dans les conditions et suivant les
procédures prévues par la présente loi.

Un certificat attestant la validité de cette assurance ou garantie financière est délivré par l'Etat
d'où émane la licence d'exploitation du navire nucléaire, lequel garantit le paiement des
indemnités pour dommage nucléaire reconnues comme étant à la charge de l'exploitant, en

66
fournissant les sommes nécessaires à concurrence du montant fixé par l'article 265 de la
présente loi dans la mesure où l'assurance ou autre garantie financière ne serait pas suffisante.

Article 265 :

L'exploitant d'un navire nucléaire est en droit de limiter sa responsabilité à un montant de dix
millions d'unités de compte par accident nucléaire.

Ce montant, augmenté des intérêts légaux et les dépends allouées par le tribunal dans une
action en réparation intentée en vertu de la présente loi est converti en dirhams sur la base de
la parité fixée par l'Institut National d'Emission, soit au jour du jugement en dernier ressort,
soit au jour de la constitution d'un fonds de limitation de responsabilité, si un tel fonds a été
constitué par l'exploitant.

Lorsqu'un fonds de limitation de responsabilité a été constitué, il est liquidé conformément


aux dispositions des articles 277 et suivants du présent titre.

Article 266 :

Dans tous les cas, autres que ceux où la victime était au service de l'exploitant lors de
l'accident nucléaire et a été indemnisée au titre d'un accident de travail ou de service
proprement dit ou d'une maladie professionnelle, les recours sont exercés contre l'exploitant
du navire nucléaire, son assureur ou les personnes qui lui fournissent une garantie financière.

Article 267 :

Si la victime était au service de l'exploitant du navire nucléaire au moment de l'accident et a


été indemnisée au titre d'une assurance sociale, de sécurité sociale, assurance d'accident de
travail ou maladie ou autrement, l'organisme payeur est subrogé dans les droits de cette
victime dans les conditions et les limites prévues par le présent chapitre.

Article 268 :

La victime ou l'ayant droit d'un dommage peut agir directement contre l'assureur de
l'exploitant du navire nucléaire responsable ou contre toute personne ayant accordé sa garantie
financière.

Article 269 :

Lorsqu'un dommage nucléaire et un dommage non nucléaire sont causés par un accident
nucléaire ou conjointement par un accident nucléaire et un ou plusieurs autres événements,
sans qu'il soit possible de déterminer avec certitude la part du dommage nucléaire et du
dommage non nucléaire, la totalité du dommage est considérée comme un dommage nucléaire
causé par un accident nucléaire.

Article 270 :

Le propriétaire du navire nucléaire est considéré être l'exploitant du navire nucléaire entre la
date du lancement dudit navire et celle de son exploitation.

67
Article 271 :

En cas de dommage dû au combustible nucléaire ou aux produits et déchets d'un navire


nucléaire dont l'exploitation ne faisait pas au moment de l'accident l'objet d'une autorisation
accordée par l'Etat du pavillon, le propriétaire du navire est considéré comme en ayant été
l'exploitant, sans toutefois que sa responsabilité soit limitée.

Article 272 :

Toute demande en réparation relative à un dommage nucléaire doit être intentée dans les 15
années à compter du jour de l'accident.

Lorsqu'un dommage nucléaire est causé par le combustible nucléaire ou par des produits ou
déchets radioactifs qui ont été volés, perdus, jetés à la mer ou abandonnés, le délai visé à
l'alinéa précédent est calculé à partir de la date de l'accident nucléaire, mais ce délai ne peut
en aucun cas être supérieur à 15 années à compter de la date du vol, de la perte, du jet à la mer
ou de l'abandon.

Section 2. La responsabilité en matière de transport maritime des matières


nucléaires
Article 273 :

Est seul responsable, en cas de dommage causé par un accident nucléaire survenu au cours
d'un transport de matières nucléaires, l'exploitant de l'installation en cause au moment de
l'accident, sauf dispositions contraires d'une convention internationale ratifiée par le Royaume
du Maroc ou de la législation marocaine en la matière.

Article 274 :

La responsabilité de l'exploitant telle que déterminée à l'article 273 ci dessus est limitée à un
montant de 10 millions d'unités de compte pour les dommages nucléaires causés lors d'un seul
et même accident nucléaire.

Ce montant, augmenté des intérêts légaux courus depuis la date de l'accident et des frais
alloués par le tribunal est converti en Dirhams sur la base de la parité fixée par l'Institut
National d'Emission, soit à la date du jugement en dernier ressort, soit à la date de constitution
d'un fonds de limitation de responsabilité si l'exploitant a constitué un tel fonds.

Article 275:

L'exploitant d'une installation nucléaire est tenu de couvrir sa responsabilité pour les
dommages nucléaires au moyen d'une assurance ou de toute autre garantie financière à
concurrence du montant de la limitation de responsabilité fixé à l'article 274 ci-dessus.

Il est tenu de maintenir cette couverture pendant toute la durée du transport maritime des
matières nucléaires concernées.

68
Il donne certificat de cette couverture au transporteur maritime.

Le certificat visé à l'alinéa précédent comporte toutes mentions propres à identifier


l'exploitant, son ou ses garants, ainsi que les matières nucléaires couvertes. Il indique
également le montant, l'étendue et la durée de validité de l'assurance ou de la garantie donnée

Article 276 :

Les dispositions des articles 261, 262, 266, 267, 268 et 269 sont applicables en cas de
dommages dus à un accident nucléaire mettant en cause des matières nucléaires.

CHAPITRE 4 : DISPOSITIONS RELATIVES AUX FONDS DE


LIMITATION

Article 277 :

Tout fonds prévu aux articles 223, 237, 255 et 259 de la présente loi ne peut être constitué et
liquidé que dans les conditions et formes prévues au présent chapitre.

Section 1.Constitution du fonds de limitation

Article 278 :

Tout fonds de limitation constitué à la diligence et par les soins de la personne dont la
responsabilité peut être mise en cause aux termes du présent titre, de son assureur ou de toute
autre personne à elle substituée, est affecté exclusivement au règlement des créances
auxquelles la limitation de responsabilité est opposable.

Chaque fonds est constitué à concurrence du montant de la limitation fixé par la présente loi à
laquelle il se réfère, augmenté des intérêts légaux acquis depuis la date de l'événement.

Il fait l'objet soit d'un dépôt de la somme correspondante auprès d'un organisme financier
désigné par l'autorité compétente à cet effet, soit de la présentation d'une garantie bancaire,
assurance ou tout autre garantie admise par la législation en vigueur et acceptée par le tribunal
compétent.

Après la constitution du fonds, aucun droit ne peut être exercé pour les mêmes créances sur
d'autres biens du constituant par les créanciers auxquels le fonds est réservé, à condition
toutefois que ce fonds soit effectivement disponible au profit du ou des demandeurs.

Article 279 :

Si, avant la répartition du fonds, le constituant, son assureur ou toute autre personne apporte la
preuve qu'il a payé en tout ou partie, une indemnité résultant d'une créance soumise à

69
limitation aux termes de la présente loi, il est subrogé, à concurrence du montant versé dans
les droits que la personne indemnisée aurait eus dans la distribution du fonds.

Article 280 :

Si le constituant, son assureur ou toute autre personne établit qu'il pourrait être ultérieurement
contraint de verser en tout ou en partie à titre de réparation, une somme pour laquelle il aurait
bénéficié d'un droit de subrogation conformément aux dispositions de l'article 259 ci-dessus,
si ladite somme avait été versée avant la constitution du fonds, le tribunal peut ordonner
qu'une somme suffisante soit provisoirement réservée afin de permettre à ce constituant , son
assureur ou cette personne de faire valoir ultérieurement ses droits sur le fonds.

Article 281 :

Dans tous les cas où le constituant est autorisé à limiter sa responsabilité en vertu des
dispositions de la présente loi, il peut obtenir la mainlevée de la saisie de son navire ou de tout
autre bien lui appartenant ou des cautions ou garanties données, s'il prouve qu'il a constitué le
fonds de limitation ou s'il fournit toutes garanties propres à sa constitution.

Article 282 :

Lorsque le constituant a fourni une garantie pour une somme correspondant aux limites de sa
responsabilité, cette garantie sert au paiement de toutes les créances dérivant d'un même
événement.

Article 283 :

Pour autant qu'elles soient raisonnables, les dépenses encourues et les sacrifices consentis
volontairement par le constituant aux fins d'éviter ou de réduire les effets de l'événement
confèrent à celui-ci, sur le fonds, des droits équivalents à ceux des autres créanciers.

Article 284 :

Toute personne devant constituer un fonds de limitation doit présenter une requête au
Président du Tribunal de Première Instance compétent aux fins d'ouverture d'une procédure de
liquidation.

Le tribunal compétent est :

a) S'il s'agit d'un navire marocain, celui du port d'immatriculation de ce navire;

b) S'il s'agit d'un navire étranger, celui du port marocain le plus proche du lieu où
l'événement, donnant naissance à la créance, s'est produit, ou celui du premier port marocain
atteint après l'événement, ou à défaut, celui du lieu de la première saisie ou celui du lieu où le
fonds a été constitué à condition toutefois que ces ports soient situés sur le territoire marocain.

Article 285 :

- La requête doit énoncer :

70
a) l'événement au cours duquel les dommages se sont produits;

b) le montant du fonds de limitation calculé conformément aux dispositions de la présente loi


s'y référant ;

c) les modalités de constitution du fonds sous forme de versements en espèces, de constitution


de caution solidaire ou toutes autres garanties admises par la législation en vigueur et
acceptées par le tribunal.

Sont annexées à la requête :

a) une liste nominative des créanciers connus du requérant avec, pour chacun, les indications
de son domicile, de la nature et du montant de sa créance ;

b) toutes pièces justifiant le calcul du montant du fonds de limitation de responsabilité.

Article 286 :

Après avoir vérifié que le montant du fonds constitué par le requérant est conforme aux
dispositions de la présente loi, le Président du Tribunal de Première Instance :

a) se prononce par ordonnance sur les modalités de constitution du fonds;

b) fixe le montant de la provision à verser par le requérant pour couvrir les frais de la
procédure;

c) désigne, en cas de besoin, un juge commis, chargé d'en suivre la mise en œuvre et;

d) nomme un liquidateur.

Article 287 :

En cas de versement en espèces, le requérant dépose auprès d'un organisme financier désigné
par l'autorité compétente le montant du fonds de limitation augmenté des intérêts légaux
acquis depuis la date de l'événement donnant naissance à la responsabilité jusqu'à celle de la
constitution du fonds.

Le dépôt est fait au nom du requérant qui ne peut en disposer sans l'autorisation du Président
du Tribunal ou du juge commis.

Article 288 :

Dans le cas où le fonds est représenté par une caution solidaire ou une autre garantie, cette
sûreté est constituée au nom du liquidateur et aucune modification de celle-ci ne peut être
apportée sans l'autorisation du Président du tribunal ou du juge commis.
Les produits de la sûreté fournie grossissent le fonds.

71
Article 289 :

Une ordonnance du Président du Tribunal de Première Instance constate la constitution du


fonds.

A partir de cette ordonnance aucune mesure d'exécution n'est possible contre le requérant
pour des créances auxquelles la limitation est opposable.

Les créances cessent de produire intérêts à compter de cette ordonnance.

Article 290 :

Le requérant est appelé et peut intervenir à tous les actes de la procédure.

Article 291 :

La faillite, le règlement judiciaire ou la liquidation des biens du requérant prononcé


postérieurement à l'ordonnance prévue à l'article 289 ci-dessus, est sans effet sur la
constitution du fonds.

Section 2. Examen des créances


Article 292 :

Postérieurement à l'ordonnance prévue à l'article 289 de la présente loi, le liquidateur informe


de la constitution du fonds, tous les créanciers dont le nom et le domicile ont été indiqués par
le requérant.

Cette communication effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception porte copie
de l'ordonnance susvisée et indique en outre :

a) le nom, le domicile et la qualité du requérant;

b) le nom et le port d'immatriculation du navire concerné par la créance;

c) l'événement ayant donnée naissance à la créance et le montant de celle-ci d'après les dires
du requérant.

Article 293 :

La communication précise également que :

a) le créancier destinataire doit produire ses titres de créances dans un délai de trente jours à
compter de la date d'envoi de la lettre recommandée ;

b) ce créancier peut, dans le même délai, contester le montant attribué par le requérant à sa
créance;

72
c) passé ce délai, ce créancier est réputé avoir accepté le montant de ladite créance.

Le délai sus indiqué est augmenté : de trente jours lorsque le créancier réside dans un Etat
d'Europe ou du Maghreb et de soixante jours lorsque ce créancier réside dans un autre Etat.

La même communication est publiée au Bulletin Officiel du Royaume du Maroc, dans la


partie réservée aux annonces légales et judiciaires et éventuellement dans une ou plusieurs
publications maritimes ou d'annonces légales étrangères.

Elle précise que :

a) les créanciers connus du requérant mais dont il ignore le domicile, ont un délai de soixante
jours, à compter de la date de la publication pour produire leurs créances et que, passé ce
délai, ils sont réputés avoir accepté les montants attribués par le requérant à celles-ci;

b) les créanciers inconnus du requérant conservent le droit de produire leurs créances jusqu'à
l'ordonnance du Président du Tribunal déclarant la procédure close.

Article 294 :

Aucune réclamation relative aux répartitions ordonnées antérieurement à la production des


dites créances ne sera admise et celles-ci seront éteintes si elles ne sont pas produites avant
l'ordonnance de clôture, à moins que les créanciers demandeurs ne prouvent que le requérant
connaissait leur existence, auquel cas celui-ci sera tenu envers eux sur ses autres biens.

Article 295 :

A l'expiration des délais indiqués à l'article 293 ci-dessus, le liquidateur procède à la


vérification des créances en présence du requérant.

Si le liquidateur ou le requérant conteste l'existence du montant d'une créance, le liquidateur


en informe aussitôt le créancier intéressé, par lettre recommandée avec accusé de réception.

Ce créancier dispose d'un délai de trente jours à compter de la date de l'envoi pour formuler
ses observations écrites ou verbales.

Ce délai est augmenté de trente jours si le créancier réside hors du territoire du Royaume du
Maroc.

Article 296:

L'état des créances établi par le liquidateur est arrêté par le Président du tribunal ou par le juge
commis.

Dans les huit jours, le greffier adresse à chaque créancier, une copie de cet état par lettre
recommandée avec accusé de réception.

Tout créancier porté sur cet état peut, dans un délai de trente jours, à compter de la date
d'envoi de cette lettre, déposer des contredits sur toute créance autre que la sienne. Ce délai

73
est augmenté de trente jours pour les créanciers résidant hors du territoire du Royaume du
Maroc.

Le requérant dispose du même droit dans les mêmes formes et délais.

Ces contredits sont renvoyés par le greffier trois jours au moins à l'avance, à la première
audience pour y être jugés.

Article 297 :

Tout créancier peut, jusqu'à l'expiration des délais fixés à l'article 296 précédent, contester le
montant du fonds de limitation, par réclamation adressée au greffe du tribunal.

Article 298 :

Les créances qui échappent à la compétence du tribunal saisi ne peuvent être inscrites pour
leur montant définitif que lorsque la décision de la juridiction compétente est devenue
définitive. Cependant elles doivent être mentionnées à titre provisoire.

Article 299 :

Dans un délai de trente jours, à compter de l'expiration des délais prévus à l'article 296 le
tribunal détermine par jugement, le montant du fonds de limitation et l'état définitif des
créances admises.

Article 300 :

Tout jugement par le tribunal sur les créances contestées ainsi que sur le montant de la
responsabilité du requérant, est opposable tant à celui-ci qu'à tous les créanciers, parties à la
procédure.

Section 3. Répartition du fonds


Article 301 :

Lorsque le montant du fonds de limitation ainsi que l'état des créances admises sont
définitivement fixés, le liquidateur présente le tableau de distribution au Président du tribunal
ou au juge commis.

Chaque créancier en est informé par le liquidateur avec indication du montant qui lui revient.
Il reçoit en même temps, un titre de perception signé du liquidateur et du Président du tribunal
ou du juge commis et revêtu de la formule exécutoire.

Sur présentation de ce titre, le créancier est réglé par l'organisme financier où le fonds a été
déposé, ou à défaut, au moyen de la garantie ou de la caution fournie.

74
Article 302 :

Avant que le tableau de répartition ne soit devenu définitif, des répartitions provisoires
peuvent être faites au profit des créanciers sur ordonnance du Président du tribunal ou du juge
commis.

Article 303 :

Le paiement à chaque créancier de la part qui lui revient, éteint sa créance à l'égard du
requérant.

Quand tous les paiements ont eu lieu, le président du tribunal sur rapport du liquidateur visé,
s'il y a lieu par le juge commis, déclare la procédure close.

Section 4. Voies de recours


Article 304 :

Les recours s'exercent dans les conditions fixées pour le droit commun.

Toutefois, les ordonnances du Président du tribunal relatives à la nomination ou au


remplacement du liquidateur ou du juge chargé de suivre la procédure, ne sont susceptibles
d'aucune voie de recours.

75
TITRE 3 : L’EQUIPAGE DU NAVIRE

CHAPITRE 1 : LE CAPITAINE

Section 1.Dispositions générales

Article 305 :

Le capitaine est la personne désignée par l'armateur, remplissant les conditions légales et
réglementaires requises, à qui est confié le commandement du navire ou la personne qui
l'exerce en fait temporairement, pour les raisons visées à l'article 308 de la présente loi.

Le capitaine représente l’Etat à bord du navire. En haute mer il agit conformément aux règles
du droit international et dans le respect des instructions des autorités marocaines. Dans les
eaux de souveraineté marocaine, il agit sous la direction et le contrôle des mêmes autorités.

Le capitaine doit avoir la nationalité marocaine, sauf dérogation exceptionnelle accordée par
l’administration.

Article 306 :

Le capitaine est garant de la sécurité et de la sûreté du navire, de la sécurité de l’ équipage et


de ses passagers, ainsi que de la protection de l’environnement ».

Le capitaine a, sur toutes les personnes présentes à bord, pour quelque cause que ce soit et
autant que la nécessité l'exige, l'autorité qu'impliquent le maintien de l'ordre, la sécurité du
navire, des personnes embarquées ou de la cargaison et la bonne exécution de l'expédition
entreprise.

Il peut employer à ces fins tout moyen de coercition utile et requérir les personnes
embarquées de lui prêter main forte.

Les mesures prises par le capitaine et les circonstances qui les ont justifié doivent être
mentionnées au livre de discipline institué par l'article 355 ci-après.

En cas de mutinerie ou de révolte, la résistance du capitaine et des personnes qui lui restent
fidèles est considérée comme un acte de légitime défense.

Article 307 :

Le capitaine exerce, en matière disciplinaire et pénale, les pouvoirs qui lui sont reconnus par
la présente loi.

76
Article 308:

Le second capitaine exerce de plein droit, le commandement du navire jusqu'à l'arrivée au


premier port touché, en cas de décès, de maladie, de blessure, d'indisponibilité ou d'un
empêchement quelconque du capitaine.

En cas de décès, de maladie, de blessure, d'indisponibilité ou d'empêchement quelconque du


second capitaine appelé dans les conditions définies ci-dessus à prendre le commandement du
navire, les fonctions de capitaine sont dévolus jusqu'à l'arrivée au premier port touché, à
l'officier du service pont porté sur le registre d'équipage avec le grade le plus élevé et, en cas
d'épuisement de la liste de ces officiers, à l'officier du service machine, porté sur le même
registre, avec le grade le plus élevé et ainsi de suite, dans l'ordre de la hiérarchie.

Article 309 :

Le capitaine exerce ses fonctions dans le domaine du commerce ou de la pêche, de la manière


fixée par les lois, règlements et usages maritimes dans l'intérêt de l'armateur qui ne peut, à
l'égard des tiers, ni les limiter, ni les restreindre. Notamment, le capitaine passe les contrats de
transport de passagers ou de marchandises, signe et délivre les connaissements, reçoit la
marchandise à bord et en effectue la délivrance, perçoit le fret lorsqu'il reste dû et prend toutes
mesures pour en assurer le paiement.

Le capitaine est tenu d'exécuter et de remplir toutes les obligations et charges attachées à sa
fonction par les lois, les règlements les conventions et accords internationaux et par les usages
maritimes.

Il est toutefois déchargé de certaines fonctions commerciales, dans les lieux où réside
l'armateur ou l'un de ses fondés de pouvoir ainsi que là où il existe une des succursales de
l'armateur.

Les conventions passées entre l'armateur et le capitaine relatives à la fonction commerciale de


ce dernier, peuvent être valablement conclues sans l'intervention de l'autorité maritime.

Article 310 :

Dans l'intérêt du navire et de la cargaison, le capitaine plaide, sans être tenu de les nommer
pour les armateurs, les propriétaires et tous intéressés dont il est le représentant légal et reçoit
pour eux à son bord, tous actes de procédure.

Article 311:

Hors des lieux où l'armateur a son principal établissement ou une succursale, le capitaine
pourvoit aux besoins normaux du navire et de l'expédition.

Il peut, en cas d'urgence, prendre au nom de l'armateur, toutes dispositions conservatoires des
droits de l'armateur, des passagers et des chargeurs. L'armateur est alors réputé agi comme
gérant d'affaires des passagers et des chargeurs.

Hormis les fonctions commerciales qui lui sont dévolues par le présent chapitre, le capitaine
ne peut engager financièrement l'armateur qu'en vertu d'un mandat express de celui-ci ou avec

77
l'autorisation du tribunal compétent en cas d'impossibilité de communiquer avec l'armateur et,
à l'étranger, avec l'autorisation de l'autorité consulaire.

Article 312 :

Le capitaine ne peut être congédié que par l'armateur et pour des motifs légitimes, notamment

- La faute grave,
- L'inaptitude à l'exercice de ses fonctions,
- Les nécessités de fonctionnement de l'entreprise.

Dans les deux derniers cas, le capitaine a droit à une indemnité de licenciement calculée en
fonction de son ancienneté dans l'entreprise.

Dans tous les cas, le capitaine doit bénéficier d'un préavis qui ne saurait être inférieur à huit
jours.

Article 313 :

En cas de congédiement du capitaine, l'armateur est tenu d'en informer immédiatement


l'autorité maritime en indiquant les motifs.

Le congédiement abusif du capitaine donne lieu au paiement de dommages et intérêts au


profit de ce dernier.

Article 314 :

Quelle que soit la durée du contrat, le capitaine ne peut le résilier avant d'avoir touché le port
final de destination.

Article 315 :

Les dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'organisation et à la durée du travail


à bord ne sont pas applicables au capitaine.

Article 316 :

Les dispositions législatives ou réglementaires concernant le règlement des salaires en cas de


retardement, prolongation ou abréviation du voyage, ne s'appliquent pas au capitaine quand
ces événements proviennent de sa faute.

Article 317 :

Le paiement des acomptes n'est sujet à aucune limitation en ce qui concerne le capitaine.

Article 318 :

Les rémunérations du capitaine, autres que la partie fixe de son salaire, sont saisissables en
totalité pour les sommes dues à l'armateur en qualité de mandataire de celui-ci.

78
La partie fixe de ces salaires est saisissable, dans les conditions fixées par les dispositions
législatives et réglementaires régissant la matière.

Section 2. Les obligations du capitaine

Article 319 :

Tout capitaine de navire est astreint, au respect des règles de circulation maritime édictées en
application de la Convention Internationale de Londres du 20 Octobre 1972, en vue de
prévenir les abordages en mer et relatives aux dispositions de séparation du trafic. Il est
pareillement astreint au respect des règles sur la prévention de la pollution.

Tout capitaine de navire est astreint au respect des règles édictées par la législation ou la
réglementation en vigueur en matière de protection des équipements, des systèmes d'aide à la
navigation, des câbles et pipe-lines et de l'activité et engins de pêche.

Article 320 :

Tout capitaine d'un navire à propulsion nucléaire et tout capitaine d'un navire transportant des
hydrocarbures en vrac, des substances radioactives ou toutes autre matières intrinsèquement
dangereuses ou nocives est tenu dans les eaux territoriales marocaines de se conformer aux
règles spéciales de circulation et aux règles relatives aux distances minimales de passage le
long des côtes marocaines telles qu'elles sont déterminées par l'administration.

Article 321 :

Outre les documents, titres et certificats prévus par la législation et la réglementation en


vigueur, le capitaine est tenu d'avoir à bord :

- Les chartes-parties, connaissements ou autres documents commerciaux de la marchandise ;

- Les manifestes et autres documents de douane concernant le navire, ses passagers et sa


cargaison ;

- Tout autre document prescrit par la législation ou la réglementation en vigueur.

Article 322 :

Le capitaine tient le livre de bord qui est côté et paraphé par l'autorité maritime et qui doit
contenir la relation exacte de tous les événements survenus et de toutes les décisions prises au
cours du voyage.

Article 323:

Hormis le cas des empêchements prévues à l'article 543 de la présente loi, le capitaine est tenu
d'exercer en personne, son commandement à l'entrée et à la sortie des ports, des rades, des
canaux, écluses, rivières et parages dangereux.

79
Article 324 :

Le capitaine ne peut abandonner son navire pendant le voyage, pour quelque danger que ce
soit, sans l'avis des officiers et des principaux membres de l'équipage. En ce cas, il est tenu de
sauver avec lui, les documents de bord, les valeurs et ce qu'il peut des marchandises les plus
précieuses du chargement, sous peine d'en répondre personnellement.

Si les objets ainsi retirés du navire sont perdus par quelque cas fortuit, le capitaine en est
déchargé.

Article 325 :

Le capitaine est tenu, à son arrivée au port de destination ou à son entrée dans un port de
relâche et au plus tard, dans les vingt quatre heures, de faire viser le livre de bord et, en cas de
changement dans l'équipage, le registre d'équipage par l'autorité maritime compétente.

Le capitaine est tenu, en cas d'événement extraordinaire intéressant le navire, les personnes à
bord ou la cargaison de faire un rapport de mer énonçant le temps et le lieu de son départ, la
route qu'il a suivie, les accidents dont a souffert l'expédition maritime et toutes les
circonstances remarquables s'y rapportant.

Article 326 :

Le rapport de mer est remis dans les quarante huit heures de l’arrivée du navire au port en
deux expéditions, l'une destinée à l'autorité maritime et l'autre au Tribunal de Première
Instance du lieu d'arrivée et, à l'étranger, à l'autorité consulaire marocaine habilitée.

A défaut de représentation consulaire ou diplomatique marocaine au lieu d'arrivée, le rapport


de mer est remis à l'autorité judiciaire locale compétente.

Article 327 :

Pour vérifier le rapport de mer du capitaine, l'autorité compétente reçoit les dépositions des
hommes de l'équipage et, s'il est possible, celles des passagers, sans préjudices de toutes
autres preuves.

Article 328 :

Le livre de bord visé et le rapport de mer vérifié font foi en justice jusqu'à preuve contraire,
des événements et des circonstances qui y sont relatés.

Article 329 :

Hors le cas de nécessité pour le navire ou la cargaison, le capitaine ne peut décharger aucune
marchandise ni ouvrir les panneaux avant d'avoir remis son rapport de mer à l'autorité
compétente et d'avoir répondu aux demandes d'instruction et de vérification ordonnées par
cette autorité.

80
Article 330 :

En cas de naissance ou de décès survenu à bord pendant un voyage maritime, le navire se


trouvant en mer ou faisant escale dans un port étranger où il n'existe pas d'agent diplomatique
ou consulaire investi des fonctions d'officier de l'état civil, le capitaine du navire et, à défaut,
dans l'ordre, le second capitaine, le commissaire du bord ou le membre de l'équipage majeure
le plus élevé en grade dans la hiérarchie du bord, est tenu de dresser un acte de naissance ou
de décès.

L'original de cet acte demeure annexé au registre d'équipage du navire, jusqu'à sa notification
à la première autorité marocaine compétente à terre en matière d'état civil.

Article 331 :

En cas de disparition en mer d'une personne dont le corps n'a pu être retrouvé, l'officier
instrumentaire dresse un procès-verbal de disparition. L'acte de décès éventuel sera établi
conformément à la législation en vigueur.

Article 332 :

Les capitaines de navire doivent répondre aux demandes des services hydrographiques et
météorologiques en leur fournissant les renseignements techniques et les informations
réclamés concernant les domaines de compétence de ces services.

Article 333 :

L'autorité consulaire a le pouvoir de requérir les capitaines de navires marocains pour recevoir
à leur bord, en vue d'être rapatriés :

- Soit des marins débarqués d'un autre navire marocain ;

- Soit des ressortissants marocains en tant que passagers ordinaires en cas de nécessité.

Section 3. La responsabilité du Capitaine


Article 334 :

Sauf dispositions contraires prévues par la législation en vigueur et notamment le cas de la


mise en responsabilité de l'armateur, le capitaine est responsable des fautes commises dans
l'exercice de ses fonctions.

La responsabilité du capitaine cesse dans les cas de force majeure dont la preuve est à sa
charge.

Article 335 :

Il est interdit au capitaine de charger sur son navire des marchandises pour son propre compte,
sans l'autorisation écrite de l'armateur.

81
Article 336 :

L'autorité maritime peut prononcer l'interdiction de commander ou d'exercer les fonctions


d'officier à bord d'un navire battant pavillon marocain à titre temporaire, jusqu'à intervention
du jugement, lorsque tout capitaine ou officier d'un navire marocain a été reconnu responsable
par la commission d'enquête spécialement désignée à cet effet du sinistre survenu à son
navire.

CHAPITRE 2 : LES MARINS

Section I. Dispositions générales.

Article 337 :

Est considéré comme marin, pour l'application de la présente loi, toute personne remplissant
les conditions prévues par voie réglementaire, qui s'engage envers un armateur ou son
représentant, pour servir à bord d'un navire.

Sont toutefois exclus de cette définition, les personnes embarquées occasionnellement en vue
de travaux de manutention ou de réparation quelle que soit la durée de ces travaux.

Article 338 :

Les marins d'un navire forment son équipage qui est placé sous l'autorité directe du capitaine
du navire tel que défini par l'article 305 de la présente loi.

L'équipage comprend :

- Le personnel du pont et du service radio et télécommunications ;

- Le personnel de la machine ;

- Le personnel du service général.

Article 339 :

Les dispositions concernant l’exercice de la profession de marin, les modalités du contrat


d’engagement maritime, les conditions générales de vie et de travail à bord et la durée du
travail, les salaires et autres indemnités et le statut social des marins sont fixées par voie
réglementaire. Elles doivent respecter les dispositions de la Convention du travail maritime
adoptée à Genève par l’Organisation Internationale du Travail le 7 février 2006, ainsi que
celles de la Convention de l'Organisation Maritime Internationale 1978 révisée en 1995, dite
Convention STCW.

82
Section II. Le règlement des litiges entre armateurs et marins.

§1. Litiges individuels

Article 340.

Les litiges individuels sont régis en priorité par les dispositions de la présente section et s'il y
a lieu par le droit commun.

Article 341 :

Les litiges qui s'élèvent en ce qui concerne les contrats d'engagement maritime, entre
l'armateur ou son représentant et le marin, ne peuvent être portés devant le Tribunal de
Première Instance compétent qu'après tentative de conciliation devant l'autorité maritime
locale.

Il en est de même des actions en responsabilité pour faute commise dans l'exécution du
contrat d'engagement maritime.

Article 342 :

Quand le litige naît au Maroc, soit au port d'embarquement soit au port d'escale, soit au port
de débarquement, l'autorité maritime locale et le tribunal compétent sont ceux de ce port.

Dans tous les autres cas, et aussi lorsque, par suite du départ du navire, la procédure ne peut
être entamée dans les conditions prévues au paragraphe précédent, l'autorité maritime et le
tribunal compétents sont ceux du port où le marin se trouve momentanément et, si la
contestation est soulevée par le marin, ceux du port où l'armateur a son principal
établissement maritime ou une succursale, ou à défaut, ceux du port d'immatriculation du
navire.

Article 343 :

En cas de conciliation l'autorité maritime locale dresse un procès-verbal des conditions de


l'arrangement intervenu. Ce procès-verbal constitue, en ce qui concerne les points auxquels il
s'applique, un nouveau contrat régissant les rapports des parties.

Article 344 :

En cas d'échec de la tentative de conciliation, l'autorité maritime locale dresse un procès-


verbal dont il est remis au demandeur une copie contenant autorisation de saisir du litige, le
Tribunal de Première Instance compétent.

Article 345 :

Toute action dérivant du contrat d'engagement maritime se prescrit par deux ans à compter du
jour du débarquement administratif du marin intéressé.

83
§2. Les conflits collectifs

Article 346 :

Toute cessation concertée du travail est interdite en mer et dans les ports étrangers ; elle ne
peut être déclenchée dans un port marocain qu'après épuisement de la procédure de
conciliation prévue aux articles ci-après et le respect d'un préavis de 48 heures dûment notifié
à l'armateur.

Pendant la durée de cette cessation, les marins doivent continuer de veiller à la sécurité du
navire et d'assurer la préservation de la cargaison.

Les conflits collectifs concernant le travail maritime régis ou non par une convention
collective doivent être soumis, avant tout lock-out ou toute grève à la procédure de
conciliation prévue aux articles ci-après.

Article 347 :

Tout conflit collectif est porté par les parties intéressées devant l'autorité maritime locale dont
dépend le port où est né le conflit. Celle-ci procède alors à une tentative de conciliation.

Article 348 :

En cas de conciliation, il sera procédé comme indiqué à l'article 343 ci-dessus.

A défaut d'accord, l'autorité maritime locale saisit le président de la commission de


conciliation prévue à l'article 349 ci-après.

Article 349:

En vue du règlement des conflits collectifs prévus à l'article 346 de la présente loi, il est
institué une commission de conciliation dont la composition et le fonctionnement sont fixés
par voie réglementaire.

Article 350 :

Lorsqu'un accord est intervenu devant la commission de conciliation, l'autorité maritime en


dresse sur le champ un procès-verbal, lequel remplace sur les points dont il traite, les
dispositions des conventions collectives ou les usages, objet du litige.

Si les parties ne se mettent pas d'accord sur tout ou partie du conflit, il sera procédé comme
indiqué à l'article 344 de la présente loi.

Article351 :

Les marins embarqués à bord des navires de l'Etat affectés à une mission de service public
peuvent être soumis à des statuts particuliers plus favorables en ce qui concerne tout ou partie
des dispositions des dispositions réglementaires régissant leurs droits sociaux. Toutefois dans

84
le cas où lesdits statuts ne prévoient pas de régimes particulier, ces dispositions des chapitres
leur restent applicables.

CHAPITRE 3 : LE REGIME DISCIPLINAIRE ET PENAL

Section 1. Dispositions générales


Article 352 :

Sont soumis aux dispositions du présent titre :

1/ Les navires battant pavillon marocain en quelque lieu qu'ils se trouvent à l'exception des
navires de la Marine Royale ;

2/ Toute personne, même étrangère, embarquée à bord de ces navires, soit à titre de membre
d'équipage, soit à titre de passager ;

3/ Toute personne, même étrangère qui, en dehors des membres de l'équipage et des
passagers, se trouve de fait à bord de ces navires ;

4/ Les navires étrangers, leurs équipages et leurs passagers qui se trouvent dans les eaux
intérieures marocaines ou qui passent dans la mer territoriale après avoir quitté ces eaux ;

5/ Les navires étrangers, leurs équipages et leurs passagers dans les cas suivants :

a- Si les conséquences de l'infraction ont des répercussions en dehors du navire sur le


territoire marocain ;
b- Si l'infraction est de nature à troubler la paix et l'ordre public Marocain ;
c- Si l'assistance des autorités locales a été demandée par le capitaine du navire ou par les
autorités consulaires de l'Etat du pavillon du navire ;
d- S'il s'agit de réprimer le trafic illicite des stupéfiants ou des substances psychotropes,
ou le transport de migrants illégaux.

Article 353 :

Les fautes de discipline, les délits et les crimes énoncés par le présent titre, sont jugés et punis
conformément aux dispositions qu'il renferme.

Sont, au contraire, jugés et punis conformément aux lois ordinaires, les contraventions, délits
et crimes de droit commun commis à bord d'un bâtiment battant pavillon du Royaume du
Maroc.

En ce qui concerne les contraventions, les délits et les crimes, les délais de prescription de
l'action publique, de l'exécution de la peine et de l'action civile sont fixés conformément au
droit commun.

85
En ce qui concerne les fautes contre la discipline, les délais dans lesquels la punition doit être
prononcée, la peine exécutée et l'action civile intentée, sont ceux prévus pour les infractions
contraventionnelles.

Dans tous les cas, ces délais ne commencent à courir qu'à compter du jour où, une fois
l'infraction commise, le navire a touché un port marocain.

Article 354 :

Chaque fois qu'une faute de discipline, une contravention, un délit ou un crime a été commis
par un membre de l'équipage à bord d'un navire battant pavillon marocain, l'autorité maritime
peut, indépendamment des sanctions susceptibles d'intervenir en application des dispositions
du présent titre, prononcer le débarquement de l'intéressé, à titre disciplinaire.

Si le navire se trouve dans un port étranger, le Consul du Royaume du Maroc peut prononcer
ce débarquement.

Dans ce cas, il doit assurer le rapatriement de l'intéressé au Maroc, dans les conditions
prévues à l'article 630 de la présente loi.

Article 355 :

Un livre spécial dit "livre de discipline", côté et paraphé par l'autorité maritime locale, est
remis au capitaine, lors de l'armement du navire.

Le capitaine ou l'autorité maritime, selon le cas, mentionne sur le livre de discipline, la date,
la nature et les circonstances des fautes de discipline, des contraventions, des délits ou des
crimes commis à bord du navire, les résultats des enquêtes effectuées, les punitions infligées
et les mesures ordonnées.

Le livre de discipline doit être présenté pour visa à l'autorité maritime, chaque fois qu'une
faute de discipline, une contravention, un délit ou un crime a été commis dans l'intervalle
compris entre le dernier départ et l'arrivée en relâche du navire.

Le livre de discipline est remis, lors du désarmement du navire, par le capitaine, à l'autorité
maritime locale du port de désarmement.

Pour les navires de moins de cent tonneaux de jauge brute, la tenue du livre de discipline peut
être rendue facultative par décision de l'autorité maritime.

Article 356 :

Il est tenu, en outre, par l'autorité maritime locale, un livre spécial, dit "livre de punition"
sur lequel sont inscrites les punitions graves infligées par l'autorité maritime en matière
disciplinaire. Mention y est également portée des procès-verbaux des enquêtes effectuées pour
contraventions, délits ou crimes en matière maritime ainsi que des suites qui leur ont été
données.

86
Les punitions portées, tant au livre de discipline qu'au livre de punition, sont, avec
l'identification des fautes qui les ont provoquées, inscrites à la diligence de l'autorité maritime
locale, sur la fiche matriculaire du marin intéressé.

Section 2. Les fautes contre la discipline

§1. Fautes légères contre la discipline

Article 357 :

Sont considérées comme fautes légères contre la discipline :

1/ L'absence irrégulière du bord n'excédant pas quatre heures dont se rend coupable, dans un
port, un marin qui n'est pas de service ;

2/ Les querelles et disputes sans voie de fait entre hommes d'équipage ou avec des passagers ;

3/ Toutes autres fautes de discipline non spécifiées à l'article 580 ci-après.

Article 358 :

Le droit de connaître des fautes légères contre la discipline appartient au capitaine du navire,
lequel peut, pour sanctionner de telles fautes, infliger un blâme.

Le capitaine doit porter au livre de discipline la mention de sa décision avec l'exposé


sommaire des faits.

§2. Fautes graves contre la discipline

Article 359 :

Sont considérées comme fautes graves contre la discipline:

1/ Toute nouvelle faute légère contre la discipline commise au cours du même


embarquement ;

2 / Toute faute non intentionnelle commise dans l'exercice de ses fonctions par un membre de
l'équipage, de nature à nuire à la sécurité du navire ;

3/ Le refus d'obéir à tout ordre concernant le navire, après sommation formelle faite devant
témoin par un supérieur s'il s'agit d'un membre de l'équipage ;

4/ Le refus d'obéir à un ordre après sommation formelle faite devant témoin par le capitaine
s'il s'agit d'un passager ;

5/ L'ivresse à bord d'un membre de l'équipage avec ou sans désordre, en dehors du quart ;

87
6/ Le manque de respect envers un supérieur ou les insultes directes adressées à un inférieur ;

7/ La négligence dans un service de quart ou de garde, notamment le fait de s'être endormi en


étant à la barre, de vigie ou au bossoir, de service dans les machines ou de garde dans les
aménagements ;

8/ Le fait d'avoir allumé du feu sans permission ou fumé dans un endroit interdit ;

9/ L'emploi, non autorisé, sans perte, dégradation ou abandon, d'une embarcation du navire ;

10/ L'absence irrégulière du bord, hors le cas prévu à l'article 578 ci- dessus ;

11/ L'abandon de poste lorsque le poste n'est ni de garde ni de sécurité ;

12/ Les larcins, filouteries ou menue contrebande dont l'importance ne justifierait pas, aux
yeux du capitaine ou de l'autorité maritime, de prononcer une sanction ou de déposer une
plainte pour vol ou contrebande ;

13/ La dégradation volontaire de matériel, hors les cas prévus à l'article 590 ci-après.

Article 360 :

Le droit de connaître des fautes graves de discipline est attribué aux autorités suivantes :

1/ Capitaines des navires ;

2/ Autorité maritime, dans un port marocain ;

3/ Consul du Royaume du Maroc, dans un port étranger ;

4/ Commandant des bâtiments de l'Etat.

Spécialement, ce droit appartient :

1/ Au capitaine seul, en mer et dans les lieux où il n'existe aucune des autorités mentionnées
précédemment, sauf à rendre compte au premier port touché, à l'autorité maritime, s'il s'agit
d'un port marocain au Consul du Royaume du Maroc, s'il s'agit d'un port étranger ;

2/ Au commandant du bâtiment de l'Etat lorsque le navire se trouve sur rade ou dans un port
où il n'existe ni autorité maritime marocaine ni Consul du Royaume du Maroc.

En dehors des cas où il doit connaître seul ou d'urgence des fautes graves contre la discipline,
le capitaine doit adresser à l'autorité compétente, avec le relevé utile du livre de discipline, les
pièces à l'appui et l'information faite par lui s'il y a lieu.

Article 361 :

Les punitions suivantes peuvent sanctionner les fautes graves contre la discipline :

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1/ Pour les officiers et hommes d'équipage :

a- Les arrêts dans la limite de quinze jours, sans suspension de salaire et avec continuation du
service ;
b- L'amende de 100 à 1 000 dirhams pour les officiers et de 50 à 500 dirhams pour les
hommes d'équipage.

2/ Pour les passagers :

a- Les arrêts dans la limite de quinze jours ;


b- L'amende de 100 à 1 000 dirhams.

Si l'autorité maritime locale juge que l'infraction sanctionnée par le capitaine rentre dans la
catégorie des fautes légères contre la discipline, elle peut reconsidérer la sanction infligée par
le capitaine.

Article 362 :

La personne punie pour faute grave contre la discipline, peut faire auprès de l'autorité
maritime un recours contre la décision rendue.

Section 3. Les délits maritimes


§1. Infraction à la police du bord

Article 363 :

Est punie d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 200 à 1 200 dirhams ou
de l'une de ces deux peines seulement, l'ivresse, pendant le quart, d'un membre de l'équipage.

Le maximum de la peine est porté au double s'il s'agit du capitaine ou d'un pilote du navire.

Article 364 :

Est puni d'un emprisonnement d'un mois à une année et d'une amende de 240 à 2400 dirhams
ou de l'une de ces deux peines seulement, si le navire se trouve en sûreté dans un port, ou d'un
emprisonnement de trois mois ou de l’une de ces deux peines seulement, si le navire est en
rade foraine, tout capitaine qui, hors le cas de force majeure, rompt son engagement et
abandonne son navire avant d'avoir été remplacé.

Article 365 :

Est puni d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 200 à
1 200 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement :

1/ Tout capitaine, officier ou maître d'équipage qui abuse de son autorité ou qui ordonne,
autorise ou tolère un tel abus vis-à-vis d'une personne embarquée ;

89
2/ Tout capitaine, officier ou maître d'équipage, coupable d'outrage caractérisé par la parole,
geste ou menace envers une personne embarquée ;

3/ Tout officier ou homme d'équipage qui se rend coupable d'outrage par la parole, geste ou
menace envers un supérieur.

Article 366 :

Est puni, conformément aux dispositions de l'article 231 du Code Pénal, tout capitaine,
officier ou maître d'équipage qui, hors les motifs légitimes visés à l'article 296, alinéa 2 de la
présente loi, a usé ou fait user de violence dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses
fonctions.

Article 367 :

Est punie des peines prévues à l'article 207 du Code Pénal, toute personne embarquée qui se
rend coupable de violences ou voies de faites contre le capitaine ou les membres de l'équipage
du navire.

Article 368 :

Est punie d’un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 240 à 2 400 dirhams ou
de l'une de ces deux peines seulement toute personne qui exerce sauf les cas prévus par la
présente loi, soit le commandement d'un navire, soit toute autre fonction à bord, sans remplir
les conditions exigées par les lois et règlements maritimes en vigueur.

Article 369 :

Sans préjudice des dommages intérêts pouvant être réclamés, est punie d'un emprisonnement
d'un mois à deux ans et d'une amende de 240 à 2 400 dirhams ou de l'une de ces deux peines
seulement :

1/ Toute personne embarquée qui, volontairement détourne, détériore ou vend un objet utile à
la navigation, à la manœuvre ou à la sécurité du navire ou qui vend des vivres embarqués pour
le service du bord ;

2/ Toute personne embarquée qui détruit ou altère volontairement des marchandises faisant
parties de la cargaison.

Article 370 :

Sont punis conformément aux dispositions du Code Pénal, les vols commis à bord du navire.

Sont punis conformément aux dispositions du Code des Douanes et Impôts indirects, tout acte
de contrebande commis à bord du navire.

90
Article 371 :

Est puni conformément à l'article 551 du Code Pénal, tout marin qui, après avoir reçu des
avances sur salaire ou parts, s'abstient, sans motif légitime, de prendre son service et ne
rembourse pas les avances qui lui ont été accordées.

Article 372 :

Sont considérées comme délits et punis d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende
de 240 à 2 400 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, la troisième faute grave et
les fautes subséquentes contre la discipline commises au cours d'un même embarquement.

Article 373 :

Est puni d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 240 à 2 400 dirhams ou de
l'une de ces deux peines seulement, tout capitaine ou armateur qui enfreint les obligations qui
incombent à l'armement concernant soit l'assurance en matière d'accidents du travail, soit les
soins à donner aux marins malades ou blessés en cours d'embarquement, soit le rapatriement
des marins débarqués.

Est puni de la même peine tout capitaine qui ayant débarqué dans un port étranger un marin
malade ou blessé, n'en avise pas l'autorité consulaire.

§2. Infractions concernant la police de la navigation

Article 374 :

Est punie d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 240 à 2 400 dirhams,
lesquels peuvent être triplés en temps de guerre :

1/ Toute personne même étrangère embarquée sur un navire marocain ou étranger qui, dans
les eaux territoriales ou les eaux intérieures marocaines ne se conforme pas aux règlements
et ordres émanant des autorités maritimes marocaines relatifs à la police de la navigation ;

2/ Toute personne, même étrangère embarquée sur un navire marocain qui, en quelque lieu
que se trouve ce navire, ne se conforme pas aux règlements sur la police de la navigation ou
aux ordres régulièrement donnés par les autorités maritimes marocaines.

Article 375 :

Sans préjudice du remboursement du prix du passage, est punie d'un emprisonnement d'un à
deux ans et d'une amende de 2400 à 24 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement
toute personne qui embarque clandestinement sur un navire en vue de faire une traversée.

Est punie de la même peine, toute personne qui, à bord ou à terre, aura favorisé
l'embarquement ou le débarquement d'un passager clandestin, lui aura permis de se dissimuler
à bord ou lui aura fourni des vivres à l'insu du capitaine.

91
Le maximum de la peine est prononcé à l'encontre des personnes qui se sont groupées pour
faciliter des embarquements de passagers clandestins.

Article 376 :

Les frais de refoulement hors du territoire, des passagers clandestins de nationalité étrangère
sont imputés au navire à bord duquel le délit a été commis.

Article 377 :

Sans préjudice du droit du capitaine de jeter à la mer les marchandises indûment chargées sur
son navire, est punie d'une amende de 240 à 2 400 dirhams, toute personne qui a introduit à
bord, en vue de les faire transporter, des marchandises non inscrites sur le manifeste.

Article 378 :

Est punie d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 2 000 à 10.000 dirhams ou
de l'une de ces deux peines seulement, toute personne qui, sans risque pour elle-même, a
refusé de participer à une opération de recherche ou de sauvetage de vies humaines en mer.

Article 379 :

Est punie d'un emprisonnement d'un à six mois et d'une amende de 1 200 à 12.000 dirhams ou
de l'une de ces deux peines seulement, toute personne contrevenant aux dispositions de
l'article 431 de la présente loi et relatives au placement des marins. Est puni de la même peine
tout armateur qui enfreint les dispositions de l'article 482 relatives à l'approvisionnement de
l'équipage.

Article 380 :

Est punie d'un emprisonnement de six mois à trois ans et d'une amende de 240 à 2.400
dirhams, toute personne qui contracte ou tente de contracter un engagement maritime en
produisant de fausses pièces professionnelles maritimes.

Article 381 :

Est puni d’une amende de 240 à 2 400 dirhams, tout membre de l'équipage qui, avant tout
recours préalable à la conciliation ou sans avoir respecté le délai de préavis prévu par l'article
346 de la présente loi, aura provoqué ou aura participé à une grève.

Article 382:

Est puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 1.000 à 10000
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, tout membre de l'équipage qui aura
provoqué ou participé à une grève en mer ou dans un port étranger.

92
Article 383 :

Est puni d'une amende de 1 200 à 12 000 dirhams, tout armateur qui aura prononcé un lock-
out avant tout recours préalable à la conciliation, conformément aux dispositions de l'article
346 de la présente loi.

Article 384:

Sans préjudice de l'application, en cas d'évasion ou de complicité d'évasion, des dispositions


des articles 309 à 316 du Code Pénal, est puni d'une amende de 480 à 4 800 dirhams:

1/ Tout capitaine de navire marocain qui, bien qu'ayant été requis par l'autorité compétente,
refuse, sans motif légitime, de se charger du dossier de l'enquête ou des pièces à conviction,
ou d'assurer le transport d'un prévenu, ou qui ne livre pas ce prévenu et le dossier confié à ses
soins à l'autorité maritime désignée pour les recevoir ;

2/ Tout capitaine de navire marocain qui, sans motif légitime, refuse de déférer aux ordres de
l'autorité consulaire pour rapatrier des ressortissants marocains.

Article 385 :

Est puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une amende de 240 à 2400
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, tout capitaine qui, en mer, n'obéit pas à
l'appel d'un navire de guerre marocain et le contraint à faire usage de la force.

Article 386 :

Est puni d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 240 à 2 400 dirhams ou de
l'une de ces deux peines seulement, tout capitaine ou chef de quart qui se rend coupable d'une
infraction aux règles prescrites par l'alinéa premier de l'article 319 de la présente loi
concernant la prévention des abordages en mer, les routes de séparation de trafics et les
distances de passage au large des côtes marocaines.

Est puni de la même peine, tout pilote qui se rend coupable d'une infraction aux règles sur la
route à suivre.

Article 387 :

Est puni d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 2 000 à 20 000 dirhams
ou de l'une de ces deux peines seulement, tout capitaine ou chef de quart qui se rend coupable
d'une infraction aux dispositions de l'article 319, alinéa 2 de la présente loi concernant la
protection des équipements maritimes se trouvant dans les eaux sous juridiction marocaine
ainsi que la protection de l'activité et des engins de pêche.

Article 388 :

Est puni d'un emprisonnement de trois mois à un an et d'une amende de 1 200 à 12000
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, tout manquement aux obligations prévues
aux articles 319 et 320 de la présente loi ou tout autre fait de négligence imputable au
capitaine, chef de quart ou pilote ayant occasionné à son navire ou à tout autre bâtiment soit

93
un abordage, soit un échouement ou un choc contre un obstacle visible ou connu, soit une
avarie grave au navire et à sa cargaison.

Si l'infraction a eu pour conséquence la perte ou l'innavigabilité absolue d'un navire ou la


perte d'une cargaison ou si elle a entraîné des blessures graves pour une ou plusieurs
personnes, le coupable est puni d'un emprisonnement de trois mois à deux ans et d'une
amende de 2 000 à 20 000 dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement.

Si l'infraction a eu pour conséquence la mort d'une ou plusieurs personnes, le coupable est


puni d'un emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de 1 000 à 5 000 dirhams.

Article 389 :

Est puni d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 500 à 2 000 dirhams
ou de l'une de ces deux peines seulement, tout capitaine qui, après un abordage et autant qu'il
peut le faire sans danger pour son navire, son équipage et ses passagers, néglige de faire
connaître à l'autre navire le nom, le pavillon, le port d'immatriculation, le port d'ou il vient et
le port de destination de son propre navire.

Article 390 :

Est puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 1 200 à 12 000
dirhams ou de l'une de ces deux peines seulement, tout capitaine qui, après un abordage et
autant qu'il peut le faite sans danger pour son navire, son équipage et ses passagers, néglige de
prêter assistance à l'autre navire, à son équipage et à ses passagers ou s'éloigne du lieu du
sinistre avant de s'être assuré qu'une plus longue assistance était inutile.

La peine est portée au double, pour tout capitaine qui, hors le cas de force majeure et alors
que l'autre navire a sombré, s'éloigne du lieu de l'abordage avant d'avoir fait tous les efforts
nécessaires pour recueillir les naufragés.

Le capitaine est puni d'un emprisonnement de trois mois à cinq ans et d'une amende de 1 000
à 5 000 dirhams, si, du fait du manquement à son obligation d'assistance, une ou plusieurs
personnes ont péri.

Article 391 :

Est puni d'un emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 1 200 à 12000
dirhams, tout pilote qui ne prête pas assistance à un navire en danger.

Article 392 :

Est puni d'un emprisonnement d'un à trois mois et d'une amende de 600 à 6000 dirhams ou de
l'une de ces deux peines seulement, tout membre de l'équipage autre que le capitaine, le chef
de quart ou le pilote qui se rend coupable pendant son service, d'une faute inexcusable, d'un
défaut de vigilance ou de tout autre manquement aux obligations de son service lorsque cette
faute, ce défaut ou ce manquement a occasionné pour le navire ou tout autre bâtiment, soit un
abordage, soit un échouement ou un choc contre un obstacle visible ou connu, soit une avarie
grave au navire ou à sa cargaison.

94
Si l'infraction a eu pour conséquence la perte ou l'innavigabilité absolue d'un navire ou la
perte d'une cargaison ou si elle a entraîné des blessures graves pour une ou plusieurs
personnes, le coupable est puni d'un emprisonnement d'un à huit mois et d'une amende de 1
200 à 12 000 dirhams.

Article 393 :

Les dispositions des articles 386, 387, 388 et 392 de la présente loi sont applicables à tout
capitaine ou membre de l'équipage quelle que soit sa nationalité, embarqué sur un navire
étranger, lorsque l'infraction a lieu dans les eaux sous juridiction marocaine.

Section 4. Les crimes maritimes


Article 394 :

Est punie d'une réclusion de deux à cinq ans, toute personne qui, embarquée à bord du navire,
détruit ou altère volontairement les vivres, boissons et autres produits de consommation par
l'emploi de substances les rendant impropres à la consommation.

La peine de réclusion est de cinq à dix ans si, de l'absorption des vivres, boissons ou autres
produits de consommation ainsi altérés, il en est résulté la mort pour une ou plusieurs
personnes, sans que l'auteur de l'infraction ait eu l'intention de la donner.

Article 395 :

Sont punies d'une réclusion de cinq à dix ans, les personnes embarquées qui, collectivement et
étant armées ou non, se livrent à des violences à bord ou se soulèvent contre l'autorité du
capitaine et refusent, après sommation formelle, de rentrer dans l'ordre.

La résistance du capitaine aux actes prévus ci-dessus et celle des personnes qui sont restées
fidèles, constitue un acte de légitime défense au sens de l'article 124 du Code Pénal.

Article 396 :

Est punie d'une réclusion de cinq à vingt ans, toute personne impliquée dans un complot ou
dans un attentat contre la sûreté ou la liberté du capitaine.

Il y a complot dès que la résolution d'agir est concertée et arrêtée entre deux ou plusieurs
personnes embarquées à bord d'un navire.

Article 397 :

Est punie d'une réclusion de cinq à vingt ans, toute personne qui échoue, perd ou détruit
volontairement et dans une intention criminelle un navire, par quelque moyen que ce soit.

Le coupable est puni d'une réclusion de vingt à trente ans lorsqu'il en est résulté des blessures
graves pour une ou plusieurs personnes.

Il est puni de mort lorsqu'il en est résulté la mort d'une ou plusieurs personnes.

95
Article 398 :

Est considéré comme pirate et punie d'une réclusion de dix à trente ans :

1/ Toute personne se trouvant à bord d'un navire ou d'un aéronef et agissant à des fins privées
qui commet un acte illicite de violence, de destruction ou de déprédation contre un autre
navire ou aéronef en mer ou contre des personnes ou des biens se trouvant à leur bord ;

2/ Toute personne qui participe volontairement à l'utilisation d'un navire ou d'un aéronef pour
commettre les actes visés au paragraphe premier du présent article ;

3/ Toute personne qui incite à la commission des actes visés au paragraphe premier du présent
article ou qui fournit des facilités pour ce faire ;

4/ Toute personne qui, après avoir participé à une mutinerie sur un navire de guerre et s'en
être rendu maître, commet les actes visés au paragraphe premier du présent article.

Article 399 :

La vente de tout navire ou aéronef capturé pour cause de piraterie est faite par voie de justice
au profit de l'Etat.

Article 400 :

Est punie d'une réclusion de cinq à dix ans, tout capitaine qui, dans une intention frauduleuse,
détourne à son profit le navire dont il a le commandement ou qui, volontairement et dans une
intention criminelle, fait fausse route ou détruit sans nécessité, tout ou partie de la cargaison,
du navire ou des effets du bord.

Article 401:

Est punie d'une réclusion de cinq à dix ans, tout capitaine qui, hors le cas d'innavigabilité
légalement constatée, vend le navire dont il a le commandement.

Section 5. Compétence et procédure en matière de délits et de crimes maritimes


Article 402 :

La juridiction de droit commun compétente pour connaître des délits et crimes maritimes est
celle :

- Soit du lieu de résidence de l'auteur de l'infraction ou du port où il a été débarqué, ou du


lieu où il a été appréhendé ;
- Soit du port d'immatriculation ou du port de relâche du navire.

96
Article 403 :

Les délits et crimes maritimes visés par la présente loi sont recherchés et constatés par :

- Les capitaines des navires à bord desquels l'infraction a été commise, soit d'office, soit sur
plainte de toute personne intéressée ;

- L'autorité maritime dans les ports marocains et les agents diplomatiques et consulaires du
Royaume du Maroc dans les ports étrangers ;

- Les officiers commandants les navires de guerre marocains et les commandants des navires
marocains affectés à la police de la pêche ou de la navigation.

Sont également compétents dans les limites de leurs attributions, les agents de l'administration
des douanes et tous autres fonctionnaires habilités à cet effet, les officiers de police judiciaire,
dans les conditions fixées par le code de procédure pénale.

Article 404 :

Lorsqu'une infraction de droit commun non prévue par les dispositions de la présente loi est
commise en mer à bord d'un navire marocain, le capitaine peut dresser procès-verbal,
procéder aux constatations nécessaires, entendre les témoins et s'assurer éventuellement de
l’identité de son auteur.

Article 405 :

En cas de nécessité, le capitaine peut faire arrêter provisoirement l'auteur de l'infraction


lorsque le navire se trouve en haute mer et le garder à bord dans un local, séparé des autres
personnes embarquées jusqu'à sa mise entre les mains de l'autorité habilitée à cet effet.

L'imputation de cette privation de liberté sera comptée sur la durée de la peine qui pourrait
être prononcée.

Si l'auteur de l'infraction est un mineur de moins de 18 ans, il devra être séparé de tout autre
détenu.

Article 406 :

Les procès-verbaux établis par les agents énumérés à l'article 403 de la présente loi et signés
par eux font foi jusqu'à preuve du contraire.

Ils sont dans tous les cas, transmis par leur rédacteur à l'autorité maritime locale dans la
circonscription de laquelle ils se trouvent ou sont en service.

Article 407 :

L'autorité maritime locale fait procéder à une enquête préliminaire contradictoire,


conformément aux dispositions des articles 58 et 83 du Code de procédure pénale, au vu de
laquelle elle peut prendre les décisions ci-après :

97
1/ Si elle estime que les faits qui lui ont été signalés ne constituent aucune infraction à la
présente loi ou qu'il n'existe pas de charges suffisantes contre le prévenu, elle déclare qu'il n'y
a pas lieu à poursuivre ;

2/ Si elle estime que les faits constituent une contravention, un délit ou un crime, elle saisit le
parquet de la juridiction compétente.

Article 408 :

Le Ministère Public ne peut engager de poursuites pour toute infraction prévue par la présente
loi qu'au vu des conclusions de l'autorité maritime locale ou à l'expiration d'un délai de quinze
jours, à compter du jour où il aura réclamé ces conclusions.

En cas de poursuites, l'autorité maritime locale peut, si elle le demande, exposer l'affaire
devant la juridiction compétente et être entendue à l'appui de ses conclusions.

Article 409:

Dans le cas où l'infraction a été commise sur un navire marocain hors du Royaume du Maroc
l'autorité consulaire peut, si les aménagements du navire le permettent, requérir le capitaine de
tout navire marocain à destination d'un port marocain, de recevoir à son bord avec le dossier
de la procédure, sous pli fermé et scellé, tout prévenu de crime ou délit et de lui procurer le
couchage et la nourriture pendant le voyage.

Dès l'arrivée du navire dans un port marocain, le capitaine doit mettre le prévenu ainsi que le
dossier de la procédure à la disposition de l'autorité maritime locale qui saisit immédiatement
le parquet de la juridiction compétente.

Lorsque l'infraction a été commise par le capitaine et si la gravité des faits incriminés ou la
sécurité du navire ou des passagers lui semblent l'exiger, l'autorité consulaire peut prononcer
son incarcération provisoire ou son renvoi dans un port marocain. Elle prend alors autant que
possible en accord avec l'armateur, les mesures nécessaires afin de pourvoir à son
remplacement. Dans tous les cas, elle adresse le dossier de l'affaire sous pli fermé et scellé, à
l'autorité gouvernementale chargée de la Marine Marchande.

Article 410 :

La personne lésée par tout crime ou délit, a le droit de se constituer partie, civile
conformément au droit commun.

Article 411 :

En ce qui concerne les délits et crimes imputables à une ou plusieurs personnes appartenant à
l'équipage d'un navire étranger, l'autorité maritime locale peut, sans préjudice des mesures de
droit commun, arrêter et retenir le navire jusqu'au dépôt d'un cautionnement dont elle fixe le
montant destiné à garantir l'exécution des condamnations, des frais de garde et d'entretien, des
frais de justice et amendes et des réparations civiles.

En cas de condamnation définitive et non exécutée, le cautionnement est acquis au Trésor,


déduction faite des frais divers et des réparations civiles.

98
Pour assurer l'exécution de ces décisions, l'autorité maritime locale peut requérir les autorités
du port de s'opposer à la libre sortie du navire ou ordonner elle-même les mesures matérielles
empêchant le départ du navire.

Article 412 :

Toute condamnation pour l'une des infractions prévues par la présente loi donne lieu à
l'établissement d'un extrait de la décision de condamnation destiné à l'autorité maritime
d'immatriculation du marin condamné.

Section 6. Les Pouvoirs Disciplinaires de l'Autorité Maritime


Article 413 :

Il est institué un Conseil de Discipline, dont l'organisation et le fonctionnement sont définis


par les voies réglementaire.

Article 414 :

En cas de grave manquement dans l'exercice de la profession, l'autorité maritime peut, soit
directement dans le cas de condamnation définitive à une peine criminelle, soit après avoir
pris l'avis du Conseil de Discipline prévu à l'article 634 ci-dessus dans tous les autres cas,
prononcer contre tout marin titulaire d'un ou plusieurs brevets ou titres, le retrait temporaire
ne pouvant pas excéder une année ou définitif, partiel ou total, des droits et prérogatives
afférents à ce ou à ces titres.

Tout retrait définitif doit être prononcé par jugement et seulement en cas de délit ou de crime.

Tout marin qui est déféré devant le conseil de Discipline perd de ce fait, et jusqu'à ce qu'il ait
été statué à son égard, l'exercice des droits et prérogatives afférents à son titre, sauf décision
contraire de l'autorité maritime.

99
TITRE 4 : LES AUXILIAIRES DE L’ARMATEUR

CHAPITRE 1 : CONSIGNATAIRES DE NAVIRES, COURTIERS


MARITIMES, COMMISSIONNAIRES DE TRANSPORT

Section 1. Dispositions communes


Article 415 :

L'accès à l'activité de consignataire de navire, de courtier maritime et de commissionnaire au


transport est subordonné à l'inscription auprès de l'autorité gouvernementale chargée de la
Marine Marchande.

Article 416 :

L'inscription pour exercer les activités précisées dans l'article, ci-dessus, peut être suspendue
par l'autorité gouvernementale chargée de la Marine Marchande.

La composition du dossier de demande d'inscription, les motifs de l'annulation de l'inscription


et les conditions de reprise de l'activité sont définies par voie réglementaire.

Article 417 :

Il est formellement interdit à toute entreprise non inscrite comme agent consignataire de
navires, courtier maritime ou commissionnaire au transport en application de la présente
réglementation, d'utiliser à quelque titre que ce soit, les dénominations d'agents consignataires
de navires, de courtiers maritimes ou de commissionnaires au transport.

Le non respect de ces dispositions donne lieu, conformément à la réglementation en vigueur, à


des poursuites pour exercice d'activités organisées sans autorisation.

Section 2. Les consignataires de navires


Article 418 :

Le consignataire du navire est le mandataire salarié de l'armateur selon le mandat général ou


spécial qu'il reçoit de celui-ci.

Il effectue pour les besoins et le compte du navire et de l'expédition les opérations que le
capitaine n'accomplit pas lui même.

Il pourvoit aux besoins normaux du navire et de l'expédition.

100
Il passe tout contrat entrant dans le cadre de son mandat.

Article 419 :

Le consignataire du navire peut recevoir de l'armateur ou du capitaine toute autre mission.

Article 420 :

Il reçoit pour le compte du transporteur maritime ou du capitaine tous actes judiciaires ou


extrajudiciaires, assignations ou significations les concernant et agit au mieux de leurs intérêts
dans le cadre de son mandat.

Article 421 :

Toutes actions contre l'armateur consécutives aux opérations définies à l'article 385 ci-dessus
sont portées devant le tribunal du domicile du consignataire qui a accompli ces opérations.

Article 422 :

Le consignataire est responsable dans les termes du droit commun pour les opérations qu'il
effectue dans le cadre de l'article 385 ou pour toute autre mission accomplie dans le cadre du
mandat qu'il a reçu.

Section 3. Les courtiers maritimes


Article 423 :

Les courtiers maritimes sont habilités à assurer la vente des navires, le courtage d’affrètement
et la conduite des navires, qui comprend l’exécution des obligations et formalités à remplir
auprès des tribunaux, de la douane, des officiers du port et autres administrations publiques,
tant à l’arrivée qu’à la sortie du port.

Le recours à un courtier maritime n’est pas obligatoire.

Article 424 :

Les courtiers maritimes ne peuvent se rendre acquéreurs soit pour leur propre compte, soit
pour le compte d'un tiers, des navires ou de leurs accessoires dont la vente ou l'estimation leur
a été confiée.

Article 425 :

Les courtiers ne répondent pas des suites des opérations d'achat, de vente et d'affrètement
conclues par leur entremise, à moins qu'il n'y ait de leur part faute ou dol ou qu'ils ne se soient
portés garants de l'exécution de ces opérations.

101
Article 426 :

Le montant des commissions d'intervention est fixé d'un commun accord entre les courtiers et
les armements concernés.

Section 4. Les commissionnaires de transport


Article 427 :

Le commissionnaire de transport organise et fait exécuter pour le compte d'un commettant


sous sa responsabilité et en son propre nom le transport de marchandises selon les modes de
son choix.

Article 428 :

Toutes actions contre le commettant consécutives aux opérations rentrant dans le cadre de la
mission définie à l'article ci-dessus, sont portées devant le tribunal du domicile du
commissionnaire de transport qui a accompli les dites opérations.

Article 429

Le commissionnaire est responsable dans les termes du droit commun pour les opérations
qu'il effectue dans le cadre de l'article 427 ou pour toute autre mission accomplie dans le
cadre du mandat qu'il a reçu.

CHAPITRE 2 LE CONSIGNATAIRE DE LA CARGAISON

Article 430:

Est considéré comme consignataire de la cargaison, toute personne physique ou morale qui,
en vertu d'un mandat des ayants droit à la marchandise, s'engage moyennant rémunération, à
prendre livraison des marchandises au nom et pour le compte de ces ayants droits, à payer le
fret lorsqu'il reste dû et à répartir les dites marchandises entre les destinataires.

Article 431 :

Le consignataire de la cargaison doit prendre contre le transporteur ou son mandataire, le


manutentionnaire ou son représentant, les réserves que commandent l'état et la quantité de la
marchandise dans les conditions et délais prévus à l'article 470 de la présente loi.

Faute de ces réserves, il est réputé avoir reçu, sauf preuve contraire, les marchandises dans
l'état et l'importance décrits au connaissement.

102
Article 432 :

Le consignataire de la cargaison est responsable des fautes commises dans l'exercice de ses
fonctions dans les termes du droit commun.

Article 433 :

Les actions contre les consignataires se prescrivent par deux ans. Elles sont portées devant le
tribunal du domicile du consignataire.

CHAPITRE 3 : LES ENTREPRISES DE MANUTENTION

Article 434 :

Sous réserve des dispositions de l'article 442 de la présente loi, et sauf convention résultant
d'un accord entre les parties, les entreprises de manutention sont régie par les dispositions du
présent chapitre.

Article 435 :

L'entreprise de manutention est chargée de la manutention des marchandises transportées ou


destinées à être transportées par mer. Elle effectue les opérations de chargement et de
déchargement à quai ou sur allèges des navires accostés à quai ou mouillés dans le port ou
l'avant port y compris le transport à quai et inversement, de navire à navire ainsi que les
opérations de mise et de reprise sous hangar, en entrepôt ou sur terre-plein.

Article 436 :

En dehors des opérations visées à l'article 435 ci-dessus, l'entreprise de manutention peut être
appelée à accomplir les opérations suivantes:

1/ La prise en charge et la reconnaissance à terre des marchandises à embarquer ainsi que


leur garde jusqu'à leur embarquement;

2/ La prise en charge et la reconnaissance à terre des marchandises débarquées ainsi que


leur garde jusqu'à leur délivrance.

Article 437 :

Lorsqu'elle est appelée à accomplir les opérations visées à l'article 435, l'entreprise de
manutention délivre ou prend en charge à bord, sur quai, ou le long du navire selon le cas, les
marchandises à destination ou en provenance des navires et en assure le transport entre le lieu
de stationnement et le navire ou inversement.

La cessation ou le début de la prise en charge s'effectue en présence du transporteur ou de son


mandataire contradictoirement avec le bon d'embarquement pour les marchandises à
l'exportation ou le manifeste pour les marchandises à l'importation.

103
L'état contradictoire des marchandises dressé à cette occasion fait foi pour ou contre
l'entreprise de manutention dans ses rapports avec le transporteur, en ce qui concerne les
quantités reçues et leur état apparent.

Article 438:

L'entreprise de manutention est tenue d'établir, sur le lieu de dépôt des marchandises, un état
contradictoire détaillé des marchandises portant sur la quantité et la nature de celles-ci, qui
fait foi pour ou contre elle dans ses rapports avec le déposant.

Article 439 :

L'entreprise de manutention bénéficie du droit de rétention à raison des avances ou des frais
justifiés qui lui sont dus au titre des marchandises qu'elle a reçues.

Article 440 :

Lorsque l'entreprise de manutention accomplit les opérations visées à l'article 435 de la


présente loi, elle est responsable des dommages causés par son fait, sa faute ou sa négligence.

Article 441 :

Lorsque l'entreprise de manutention accomplit les opérations visées à l'article 436 ci-dessus,
elle répond des dommages et pertes subis par la marchandise pendant qu'elle est sous sa
garde, sauf si ces dommages ou cette perte proviennent ou résultent :

a) de faits constituant un événement non imputable à l'entreprise de manutention,


ses préposés, ou mandataires ;

b) de la faute du chargeur, notamment dans l'emballage, le conditionnement ou le


marquage de la marchandise;

c) des vices propres de la marchandises et/ou freintes en volume ou en poids


résultant de la nature de la marchandises ou de ses manipulations dans la mesure des
tolérances d'usage;

d) d'incendie, grève, lock-out ou entraves apportées au travail soit partiellement


soit totalement lorsque ces faits ne sont pas imputables à l'entreprise de manutention ou à ses
préposés ou mandataires.

La preuve de l'exonération incombe à l'entreprise de manutention ou à toute personne se


prévalant de l'une des exonérations prévues au présent article.

Article 442 :

Est nulle et de nul effet toute clause ayant directement ou indirectement pour objet de
soustraire l'entreprise de manutention à sa responsabilité telle que définie aux articles 440 et
441 ci-dessus, de prévoir des exonérations autres que celles indiquées à l'article 441
précèdent, de limiter sa responsabilité à une somme inférieure à celle prévue à l'article 446 de

104
la présente loi, de renverser la charge de la preuve, de déroger aux règles de la compétences,
ou de céder à cette entreprise le bénéfice d'une assurance maritime de la marchandise.

Article 443 :

Quel que soit son fondement, toute action pour pertes ou dommages causés à des
marchandises faisant l'objet d'un contrat de transport maritime ne peut être intentée contre
l'entreprise de manutention que dans les conditions et limites prévues par la présente loi.

Article 444 :

Lorsque l'entreprise de manutention et le transporteur maritime ne sont pas parties à un même


contrat de transport maritime avec un chargeur et qu'ils ont été mis en cause conjointement,
conformément aux dispositions de l'article 579 de la présente loi. Ils ne peuvent, en aucun cas,
être déclarés solidairement responsables et chacun d'eux est libéré à l'égard du destinataire ou
de l'ayant droit à la marchandise par la réparation de la part du préjudice dont il aura été
reconnu responsable.

Article 445 :

Seul le tribunal dans le ressort duquel se trouve le domicile de l'entreprise de manutention est
compétent pour connaître de toutes actions intentées contre celle-ci.

Article 446 :

L'entreprise de manutention est régie par les règles de limitation de responsabilité ainsi que
par les règles de prescription établies en faveur du transporteur maritime de marchandises ou
à son encontre par la présente loi.

Article 447 :

Lorsque la même entreprise agit en même temps en qualité de consignataire du navire, de


consignataire de la cargaison ou d'entrepreneur de manutention, les droits, les charges et les
responsabilités sont ceux dérivant du contrat en cours d'exécution au moment de la
survenance du fait susceptible d'entraîner une réclamation ou une action en responsabilité.

CHAPITRE 4 : LE REMORQUAGE

Article 448

Il y a convention de remorquage lorsqu'un ou plusieurs remorqueurs fournissent à un navire


la puissance lui permettant de se déplacer ou de manœuvrer sans que ce service ait un
caractère d'assistance ou de sauvetage.

Article 449

La convention de remorquage se prouve par tous moyens, notamment par l'acceptation par le
capitaine du navire remorqué des services offerts par le navire remorqueur.

105
Article 450

Les opérations de remorquage portuaire s'effectuent dans les limites des zones de pilotage
obligatoires telles qu'elles sont fixées par voie réglementaire.

La convention de remorquage portuaire commence au moment où le remorqueur entame les


manœuvres de prise de la remorque ou du navire depuis l'accostage et se termine, lorsque le
remorqueur est libre et à une distance suffisante du navire remorqué.

Article 451

Le prix du remorquage est fixé par les règlements et usages du port du navire remorqueur ou,
à défaut, par la convention des parties.

Article 452

Les opérations de remorquage effectuées entre les ports du Royaume du Maroc, ainsi que
dans les eaux territoriales et les eaux intérieures marocaines y compris les ports, sont
exclusivement réservées au pavillon marocain.

Toutefois, l'autorité maritime peut, en concertation avec l'autorité portuaire et à titre


exceptionnel, autoriser des remorqueurs étrangers à effectuer certaines des opérations visées à
l'alinéa précédent en cas d'indisponibilité de remorqueurs marocains sur place ou dans un port
marocain proche du lieu où les opérations doivent se dérouler.

Article 453

Les remorqueurs étrangers sont autorisés par l'autorité maritime en concertation avec
l'autorité portuaire à traverser les eaux territoriales pour pénétrer dans les ports marocains
dans les cas suivants:

- S'ils remorquent des navires ou chalands, soit à partir d'un port étranger, soit à partir
d'une zone maritime située au delà des eaux territoriales marocaines;

- S'ils viennent prendre en remorque des navires ou chalands se trouvant dans un port
marocain pour les conduire au delà des eaux territoriales marocaines.

Dans tous les cas, les opérations effectuées par ces remorqueurs à l'intérieur des ports
marocains doivent se borner à la conduite ou à la prise des dits navires ou chalands.

Article 454

Les infractions aux dispositions des articles 452 et 453 sont recherchées, constatées et punies
dans les conditions prévues aux articles 478 et 479 de la présente loi.

Article 455

Les opérations de remorquage portuaire s'effectuent sous la direction du capitaine du navire


remorqué. Dans les relations entre les parties au contrat de remorquage, les dommages de tous

106
ordres survenus au cours de ces opérations de remorquage sont à la charge du navire
remorqué à moins qu'il n'établisse la faute lourde du remorqueur.

Les parties peuvent, par convention expresse, confier au capitaine du remorqueur la direction
des opérations. Dans ce cas, les dommages sont à la charge du remorqueur, à moins qu'il
n'établisse la faute du navire remorqué.

Article 456

En dehors des limites de la zone de pilotage obligatoire ou de la limite des eaux intérieures
dans le cas où il n'y a pas de zone de pilotage obligatoire, les opérations de remorquage
s'effectuent sous la direction du capitaine du navire remorqueur.

Dans les relations entre les parties au contrat de remorquage, les dommages de tous ordres
survenus au cours de ces opérations sont à la charge du remorqueur, à moins qu'il n'établisse
la faute du navire remorqué.

Les parties peuvent, par convention expresse, confier au capitaine du navire remorqué la
direction des opérations. Dans ce cas les dommages sont à la charge du navire remorqué à
moins qu'il n'établisse la faute du navire remorqueur.

Article 457

Les actions nées du contrat de remorquage se prescrivent par deux ans à compter de la date
d'achèvement des opérations de remorquage.

Outre les juridictions compétentes selon les règles du droit commun, le tribunal du lieu où les
opérations de remorquage se sont achevées est également compétent pour connaître de telles
actions.

Toutefois, en cas de remorquage portuaire tel que défini à l'article 450 ci-dessus, le tribunal
du port où ont eu lieu ces opérations de remorquage est seul compétent pour connaître des
actions nées des dites opérations .

CHAPITRE 5 : LE PILOTAGE

Article 458:

Le pilotage consiste dans l'assistance donnée par un personnel commissionné par l'autorité
maritime aux capitaines pour la conduite de leur navire à l'entrée et à la sortie des ports, rades
ou autres eaux maritimes dépendant des zones d'intervention où ce service est organisé, ainsi
que pour les mouvements des navires à l'intérieur de ces eaux.

L'autorité et la responsabilité du capitaine demeurent entières nonobstant la présence d'un


pilote à bord.

107
Article 459 :

L'obligation de recourir au pilotage, les conditions de son exercice, les limites des zones
d'intervention du pilotage, les conditions de recrutement et de titularisation des pilotes ainsi
que l'organisation générale et le fonctionnement du service de pilotage sont déterminées par
décret.

Article 460 :

Le pilote est tenu d'assister le navire pour lequel il est désigné par son tour de service.

Toutefois, il n'est pas tenu de servir le navire, s'il apporte la preuve que le pilotage ne peut se
faire dans les conditions normales tant du fait du capitaine que de celui du navire.

Article 461 :

Le pilote qui, par suite d'un cas de force majeure, ou en raison de la décision du capitaine, ne
peut débarquer une fois le pilotage accompli, a droit, aux frais du navire, pendant la totalité de
la durée de son absence de la station, à la nourriture et à une indemnité journalière dont le
taux est fixé par l'Administration.

Le pilote reçoit à bord des navires la nourriture et le logement qui correspondra à son grade et
à sa fonction. Si le pilote est débarqué dans un port autre que le port d'embarquement, il est
pourvu à son retour à ce port aux frais du navire, par les moyens les plus rapides.

Article 462 :

Hors le cas de force majeur, tout pilote doit, nonobstant toute autre obligation de service,
prêter d'abord son assistance à tout navire en danger, même s'il n'en a pas été requis, du
moment qu'il a pu constater le péril dans lequel se trouve ledit navire.

Article 463 :

Le pilote doit fournir, dès son entrée en service, un cautionnement d'un montant et selon une
procédure fixés par voie réglementaire.

Ce cautionnement est affecté par premier privilège à la garantie des condamnations qui
pourraient être prononcées contre le pilote pour les fautes commises dans l'exercice de ses
fonctions, et par second privilège au remboursement des fonds qui auraient été prêtés pour la
constitution totale ou partielle dudit cautionnement.

Les fonds constitués en cautionnement ne peuvent être saisis pendant la durée des fonctions
du pilote pour des créances autres que celles en faveur desquelles il a été institué un privilège
par le présent article.

Article 464 :

Le pilote n'est pas responsable envers les tiers des dommages causés au cours des opérations
de pilotage.

108
Toutefois, il doit contribuer avec l'armateur du navire à la réparation du préjudice causé dans
la mesure où cet armateur établit que le dommage est dû à une faute du pilote.

Article 465 :

Au cours des opérations de pilotage et au cours des manœuvres d'embarquement et de


débarquement du pilote, les accidents survenus au pilote, et les avaries causées au bateau
pilote sont à la charge de l'armateur du navire piloté, à moins qu'il n'établisse la faute du pilote
ou de l'équipage du bateau-pilote.

Au cours des manœuvres d'embarquement et de débarquement du pilote, les accidents


survenus à l'équipage du bateau-pilote sont à la charge de l'armateur du navire pilote à moins
qu'il n'établisse la faute du pilote ou de l'équipage du bateau- pilote.

Article 466 :

Le pilote peut s'affranchir de la responsabilité civile résultant des articles 464 et 465, en
abandonnant le cautionnement prévu à l'article 463 sauf dans le cas où la faute qu'il a
commise constitue une infraction prévue par le régime disciplinaire et pénal de la marine
marchande auquel les pilotes demeurent soumis.

Article 467:

Le capitaine est tenu de prendre le premier pilote qui se présente à lui, à moins que celui-ci ne
lui apparaisse pas en état de remplir sa mission.

Article 468 :

Tout capitaine de navire soumis à l'obligation de pilotage est tenu de payer le pilote même s'il
n'utilise pas ses services, quand celui-ci justifie qu'il a fait le nécessaire pour servir le navire.
Le droit de pilotage n'est pas dû si le pilote ne s'est pas présenté.

Article 469:

Les consignataires de navire sont responsables du paiement des droits de pilotage. Ils sont
tenus, dans les mêmes conditions, des indemnités supplémentaires qui peuvent être dues aux
pilotes.

Le paiement des droits de pilotage doit être effectué dans un délai de soixante douze heures à
compter de la date de la notification du montant des sommes dues.

Passé ce délai, le recouvrement peut être effectué par toutes voies de droit.

Pour les navires qui n'ont pas de consignataire, le montant des sommes dues doit être acquitté
avant le départ du navire du port.

109
Article 470 :

Sans préjudice des sanctions pénales prévues par la législation en vigueur, en cas de préjudice
causé aux biens ou aux personnes, est puni d'une amende de 2000 à 12000 DHS quiconque
entreprend le pilotage d'un navire sans commission régulière.

Article 471 :

Les actions nées à l'occasion du pilotage se prescrivent par deux ans à compter de la date
d'achèvement des opérations de pilotage. Le tribunal du port où se sont achevées lesdites
opérations est seul compétent pour connaître de ces actions.

110
LIVRE IV L’EXPLOITATION DU NAVIRE

TITRE 1: LES CONTRATS CONCERNANT


L’EXPLOITATION DU NAVIRE

CHAPITRE 1 : ORGANISATION DES TRANSPORTS MARITIMES

Article 472 :

Les transports par voie maritime des marchandises et des passagers au départ ou à destination
du Royaume du Maroc doivent être assurés de préférence sur des navires battant pavillon
marocain ou sur des navires affrétés par des armateurs marocains.

Les transports sur les lignes régulières doivent être réalisés par des armateurs marocains dans
une proportion conforme aux dispositions des conventions internationales et des accords en
vigueur prévus en la matière.

Article 473

Les transports maritimes de marchandises et de passagers embarqués dans un port marocain à


destination d'un autre port du Royaume sont réservés aux navires battant pavillon marocain ou
affrétés conformément aux dispositions du présent chapitre.

Article 474 :

Tout affrètement de navires de commerce en vue d'effectuer des transports de marchandises


ou de passagers ou mixtes au départ ou à destination d'un port marocain est subordonné à
l'autorisation préalable de l'autorité maritime.

Toutefois, cette autorisation ne peut être accordée pour certains pavillons dans le cas où des
motifs d'intérêt national l'exigent ou pour répondre à des mesures discriminatoires prises à
l'encontre du pavillon marocain.

Les conditions d'octroi des autorisations sus-indiquées sont fixées par l'Autorité
Gouvernementale chargée de la marine marchande.

Article 475 :

Sur toute ligne desservie par les armateurs marocains et afin d'assurer la meilleure utilisation
de la flotte de commerce marocaine, l'autorité maritime est habilitée à prendre toutes mesures
nécessaires en vue d'éviter toute concurrence déloyale de la part d'armements étrangers, de
nature à porter préjudice au pavillon marocain.

111
Article 476 :

Tout projet de création de ligne régulière et tout projet d'accord de trafic intéressant des
armateurs marocains et étrangers doit être soumis à l'approbation préalable de l'autorité
maritime qui évalue l'opportunité de cette création ou de cet accord compte tenu des
caractéristiques du trafic considéré.

Article 477 :

Les organisations professionnelles et interprofessionnelles, les armateurs, les auxiliaires du


transport maritime et les chargeurs sont tenus de fournir à l'autorité maritime sur sa demande,
tous renseignements relevant de leurs activités.

Article 478 :

Sans préjudice des sanctions pénales encourues en cas de fausse déclaration, les infractions
aux dispositions des articles 472 et 473 de la présente loi donnent lieu au paiement d'une
amende d'un montant égal à cinq fois la valeur du fret encaissé par l'expédition maritime.

Article 479 :

Les infractions aux dispositions de l'article 474 de la présente loi donnent lieu au paiement
d'une amende d'un montant égal au maximum à cinq fois la valeur du fret généré par
l'opération d’affrètement.

Article 480 :

Les infractions aux dispositions de l'article 476 de la présente loi donne lieu à la suspension
du service de ligne concerné ainsi qu'au paiement d'une amende d'un montant égal à cinq fois
la valeur du fret encaissé par l’expédition maritime.

Article 481 :

Les infractions aux dispositions de l'article 477 de la présente loi donnent lieu au paiement
d'une amende de 5.000 à 50.000 DHS, en cas de récidive, dans les deux années qui suivent,
l'amende sera fixée à 1 million de DHS.

Article 482 :

Les infractions aux dispositions des articles 472, 473 ; 474, 475 et 476 de la présente loi sont
recherchées et constatées par l'autorité maritime.

Les sanctions prévues par le présent chapitre sont prises par l'autorité maritime et le produit
des amendes est versé au Trésor.

112
CHAPITRE 2 : LES CONTRATS D’AFFRETEMENT

Section1.Dispositions communes à tous les affrètements


Article 483 :

Par le contrat d'affrètement un fréteur s'engage, moyennant rémunération, à mettre, en tout ou


en partie, un navire à la disposition d'un affréteur.

Les conditions et les effets de l'affrètement sont définis par les parties au contrat d'affrètement
et, à défaut, par les dispositions de la présente loi

En matière internationale, le contrat d'affrètement est régi, sauf convention contraire, par la loi
du pavillon du navire concerné.

En cas de transport effectué entre deux ports marocains, le contrat d'affrètement est régi par
les dispositions de la présente loi.

Article 484:

L'affrètement se constate par charte-partie ou tout autre document écrit. Le contrat


d'affrètement énonce :

- les nom, qualité et lieu de résidence des parties;


- les éléments d'individualisation du navire;
- les obligations réciproques des parties;
- le taux de la rémunération ou fret convenu et les modalités de paiement de celui-ci.

Article 485 :

Le fréteur est tenu de présenter le navire aux jour et lieu fixés par le contrat, en bon état de
navigabilité et qui lui permet sous tous les rapports d'entreprendre en toute sécurité la
navigation à laquelle il est destiné.

Il répond à l'égard de l'affréteur de tous dommages résultant d'un état défectueux du navire, à
moins que cet état ne provienne d'un vice caché du navire qu'un examen scrupuleux n'aurait
pas permis de découvrir.

La preuve de l'innavigabilité du navire peut être admise nonobstant et contre les certificats de
visite au départ.

Le fréteur répond également envers l'affréteur de tout dommage résultant du retard dans la
mise à disposition du navire désigné au contrat.

Article 486 :

Est nulle toute clause ayant directement ou indirectement pour objet ou pour effet de
dispenser le fréteur de faire diligence pour assurer la navigabilité du navire.

113
Article 487 :

En cas d'affrètement à temps ou au voyage, le fréteur ne peut fournir un navire autre que celui
désigné au contrat, sauf en cas de force majeure, de perte ou d'innavigabilité dudit navire
après le commencement du contrat.

Dans ce cas le navire de substitution doit présenter des caractéristiques techniques et


commerciales analogues à celles du navire désigné au contrat et être en bon état de
navigabilité tel que défini à l'article 485 ci-dessus.

Article 488 :

Le fréteur a un privilège sur les marchandises transportées pour le paiement du fret et des
accessoires du fret qui lui sont dus.

Article 489:

En cas d'aliénation d'un navire affrété, les contrats d'affrètement antérieurement conclus par le
propriétaire subsistent, à charge pour ce dernier d'en faire la déclaration au nouveau
propriétaire lors de la conclusion de l'acte d'aliénation.

L'acquéreur du navire est tenu de respecter tous les contrats d'affrètement dont il a eu
connaissance ou qui sont inscrits sur le registre matricule du navire ainsi que ceux en cours
d'exécution.

Article 490 :

Les actions nées du contrat d'affrètement se prescrivent par un an à compter de la date :

a). du débarquement complet de la marchandise, ou de l'événement qui a mis fin au voyage,


en cas d'affrètement au voyage ;

b). d'expiration de la durée du contrat ou d'interruption définitive de son exécution en cas


d'affrètement à temps ou "coque nue".

Article 491 :

Outre les juridictions compétentes selon les règles du droit commun, et sauf convention
contraire entre les parties au contrat, le tribunal du port d'immatriculation du navire concerné
ou celui du port de chargement ou de déchargement de la marchandise, lorsque ce tribunal est
situé sur le territoire marocain, est également compétent pour connaître de toute action née
d'un contrat d'affrètement.

114
Section 2. L'affrètement au voyage

Article 492 :

Par le contrat d'affrètement au voyage, le fréteur met, tout ou partie d'un navire armé à la
disposition de l'affréteur en vue d'accomplir un ou plusieurs voyages.

Ce contrat peut prendre la forme d’un affrètement d’espaces (slot charter agreement) portant
sur un ou plusieurs espaces du navire aptes à recevoir des conteneurs. L’affrètement d’espaces
peur être conclu pour un ou plusieurs voyages, ou pour un temps déterminé.

Article 493 :

Outre les mentions obligatoires visées à l'article 484, le contrat d'affrètement au voyage
énonce:

1/ L'importance et la nature de la cargaison ;

2/ Les lieux et le temps prévus pour le chargement et le déchargement de la marchandise.

Article 494 :

Outre les obligations prévues aux articles 485 et 487, le fréteur est tenu de maintenir le navire
en bon état de navigabilité durant toute la période d'exécution du contrat, et de faire toute
diligence pour exécuter le ou les voyages prévus à la charte-partie.

Article 495 :

Le fréteur conserve la gestion nautique et la gestion commerciale du navire.

Article 496 :

En cas de manquement aux obligations prévues aux articles 485, 487 et 494 ci-dessus, le
fréteur perd le fret convenu et répond de tout préjudice causé de ce fait à l'affréteur.

Article 497 :

Le fréteur est responsable des marchandises reçues à bord par le capitaine dans les limites
prévues à la charte partie.

Il se libère de cette responsabilité en établissant, soit qu'il a satisfait à ses obligations telles
que définies par la présente loi, soit que le dommage ne tient pas à un manquement à ses
obligations, soit que le dommage résulte de la faute nautique du capitaine ou de ses préposés.

Au sens du présent article, constitue une faute nautique, toute action ou omission du capitaine
ou de l'un des membres de son équipage relative à la conduite du navire, de nature à entraîner
des dommages au navire, à son équipage, à ses passagers, à sa cargaison ou à toute autre
personne ou bien en relation avec le navire et la navigation qu'il effectue.

115
Article 498 :

Le capitaine ne peut, sans l'autorisation de l'affréteur prendre d'autres marchandises à bord du


navire ou dans la partie affrétée de celui-ci.
En cas d'infraction, le fret des marchandises ainsi chargées reviendra à l'affréteur, sans
préjudice de dommages-intérêts, s'il y a lieu.

Article 499 :

L'affréteur est tenu de mettre à bord la quantité de marchandise prévue au contrat.

S'il en charge moins il devra néanmoins le fret entier ainsi que les frais qui ont pu en résulter
de ce fait pour le navire, mais, réciproquement, il doit lui être déduit les dépenses épargnées
au navire ainsi que les trois quarts du fret dû au fréteur pour les marchandises prises en
remplacement.

S'il en charge davantage, il devra payer un fret supplémentaire pour l'excédent calculé sur la
base du taux de celui-ci tel que prévu au contrat.

Article 500 :

L'affréteur qui a fait embarquer des marchandises dangereuses, nocives ou prohibées est
responsable à l'égard du navire, de la cargaison et de tout tiers intéressé, des dommages
qu'elles ont pu causer.

L'acceptation de telles marchandises par le capitaine ne fait disparaître cette responsabilité


qu'à l'égard du fréteur.

Article 501 :

Au sens de la présente loi, est considérée comme dangereuse ou nocive, toute marchandise,
qui, en raison de sa nature même, est susceptible d'entraîner des dommages au milieu marin,
au navire, à sa cargaison, à son équipage, à ses passagers, ou à toute autre personne ou bien en
relation avec le navire ou la navigation.

Est considérée comme prohibée toute marchandise dont la production, le stockage, le


transport, la distribution ou l'utilisation est interdite par la législation en vigueur.

Article 502 :

L'affréteur s'oblige à charger et à décharger la marchandise dans les délais alloués par la
charte-partie.

Si celle-ci établit distinctement un délai pour le chargement et un délai pour le déchargement,


ces délais ne sont pas réversibles et doivent être décomptés séparément.

Le point de départ et la computation des jours de chargement et/ou de déchargement appelés


jours de planche ou "staries", sont réglés par la convention des parties ou par les usages du
port dans lequel les opérations ont lieu et, à défaut de la manière suivante:

116
a) pour le chargement, le lendemain du jour où l'affréteur a reçu avis que le navire est prêt à
prendre ses marchandises;

b) pour le déchargement, le lendemain du jour où le destinataire est mis à même de


commencer le déchargement, dans les conditions prévues à la charte-partie.
Les jours ouvrables entrent seuls en compte dans le calcul des staries et les jours de staries ne
sont interrompus que pendant le temps où il a été impossible de charger ou de décharger.

Article 503 :

En cas de dépassement des délais, l'affréteur doit payer des surestaries, considérées comme
un supplément de fret.

Le montant des surestaries est réglé par la convention des parties et, à défaut, suivant l'usage
du port où ont lieu les opérations. Les jours de surestaries ne sont pas interrompus même en
cas de force majeure.

Article 504 :

Le contrat est résolu sans dommages-intérêts de part ni d'autre si, avant la date convenue pour
le départ du navire, survient une interdiction de commercer avec le pays pour lequel il est
destiné ou tout autre événement de force majeure qui rend impossible l'exécution du voyage.

Article 505 :

S'il existe un cas de force majeure qui n'empêche que temporairement la sortie du navire du
port, les conventions subsistent et il n'y a pas lieu à dommages-intérêts à raison du retard.
Elles subsistent également et il n'y a lieu à aucune augmentation du fret si la force majeure
survient pendant le voyage et arrête temporairement le navire. Dans ce cas l'affréteur peut
faire décharger la marchandise à ses frais mais doit payer l'intégralité du fret prévu au contrat.

Article 506 :

En cas d'empêchement durable d'entrer dans le port de destination, le capitaine doit obéir aux
ordres donnés d'un commun accord par le fréteur et l'affréteur. S'il n'a pas reçu d'ordres, ou si
les ordres reçus ne peuvent être mis à exécution il doit agir au mieux des intérêts des
chargeurs, soit en se rendant dans un port voisin, soit en revenant au port de départ.

Article 507 :

En cas d'arrêt définitif du navire en cours de route par l'effet d'un événement non imputable au
fréteur, l'affréteur doit un fret calculé à raison de la distance parcourue.

Article 508 :

En cours de route, l'affréteur peut faire décharger sa marchandise mais doit payer l'intégralité
fret prévu pour le voyage ainsi que les frais entraînés par l'opération.

Cette faculté n'existe que si le navire fait l'objet d'un seul affrètement.

117
Article 509 :

Est nulle toute clause ayant directement ou indirectement pour objet ou pour effet de
transférer la responsabilité d'un affréteur sur un chargeur, tel que défini à l'article 531 de la
présente loi.

Article 510 :

L'affréteur peut résilier le contrat avant tout commencement de chargement.


En pareil cas il doit une indemnité correspondant au préjudice subi par le fréteur. Toutefois,
cette indemnité ne peut dépasser le montant du fret convenu pour l'affrètement.

La résiliation ne peut intervenir après que le capitaine ait effectué le chargement, à moins que
l'affréteur ne paie l'intégralité du fret, les frais supplémentaires occasionnés pour le
déchargement des marchandises, tous les autres frais grevant la cargaison ainsi que le
préjudice dû au retard et à l'immobilisation du navire.

Section 3. L'affrètement à temps


Article 511 :

Par le contrat d'affrètement à temps, le fréteur s'engage à mettre, pour un temps défini, un
navire armé à la disposition de l'affréteur.

Article 512 :

Outre les mentions obligatoires prévues à l'article 484 le contrat d'affrètement à temps énonce
le temps pendant lequel le navire est mis à la disposition de l'affréteur ainsi que les limites
dans lesquelles celui-ci peut l'utiliser.

Article 513 :

Le fréteur conserve la gestion nautique du navire. La gestion commerciale du navire est


transférée à l'affréteur.

Article 514 :

Outre les obligations prévues aux articles 485 et 487, le fréteur doit maintenir le navire en état
de navigabilité pendant toute la durée du contrat, l'assurer, effectuer toutes les réparations
d'entretien nécessaires et le pourvoir d'un équipage suffisant et ayant les compétences requises
par la législation en vigueur compte tenu de l'utilisation du navire.

Article 515 :

Le fréteur est responsable des dommages subis par la marchandise s'il est établi qu'ils sont dus
à un manquement à ses obligations telles que déterminées par la présente loi. Il n'est
cependant pas responsable de la faute nautique du capitaine.

118
Article 516 :

L'affréteur s'oblige à :

1. Utiliser le navire à des trafics légaux, pour le transport de marchandises licites entre des
ports sûrs et bons ;

2. Supporter les frais inhérents à l'exploitation commerciale du navire et notamment pourvoir


les soutes d'une qualité propre à assurer le bon fonctionnement des appareils du navire ;

3. Rembourser le fréteur des réparations du navire occasionnées par sa faute.

Article 517 :

Le fret prévu à la charte-partie est dû par l'affréteur à partir du moment où le navire est mis à
sa disposition jusqu'au moment où il est remis au fréteur en état de prendre charge. Le fret
n'est pas acquis à tout événement.

En cas de perte sans nouvelle du navire, le fret est dû en entier jusqu'à la date des dernières
nouvelles et en outre, pour la moitié du temps qui restait normalement à courir depuis les
dernières nouvelles jusqu'à l'achèvement du voyage.

Article 518 :

Il n'est dû aucun fret pour le temps durant lequel l'affréteur se trouve privé de la jouissance du
navire par le fait d'un Etat, mais celui-ci continue de courir pendant l'arrêt du navire, résultant
d'un événement de navigation.

Si l'arrêt du navire est dû à un fait du fréteur ou à l'état du navire, il n'est dû aucun fret durant
le temps d'arrêt du navire et des dommages-intérêts peuvent être réclamés, s'il y a lieu.

Article 519 :

L'affréteur est responsable des dommages causés au navire du fait de son exploitation
commerciale.

L’affréteur est tenu d’indemniser le fréteur pour les obligations encourues par celui-ci à
l’égard des tiers en conséquence de sa faute.

Article 520 :

Le capitaine doit se conformer, dans les limites prévues à la charte partie, aux instructions que
lui donne l'affréteur pour tout ce qui concerne la gestion commerciale du navire.

119
Section 4. L'affrètement "coque-nue"

Article 521 :

Par le contrat d'affrètement coque-nue, le fréteur s'engage contre paiement d'un loyer, à mettre
à la disposition d'un affréteur, pour un temps défini, un navire déterminé, sans armement ni
équipement ou avec un armement ou un équipement incomplet.

Article 522:

Outre les mentions prévues à l'article 484 ci-dessus, la charte-partie doit indiquer le temps
pendant lequel le navire est mis à la disposition de l'affréteur et les équipements ou
armements laissés par le fréteur en cas d'armement incomplet.

Article 523 :

La gestion nautique et la gestion commerciale du navire sont transférées à l'affréteur.

Article 524 :

Le fréteur a la charge des réparations et des remplacements dus au vice propre du navire.

Si le navire est immobilisé pour une période supérieure à 24 heures en raison de réparations
dues au vice propre, le loyer est suspendu.

Article 525:

L'affréteur s'oblige à :

1 . utiliser le navire pour des transports conformes à sa destination initiale;

2. entretenir le navire et effectuer toutes réparations et tous remplacements, autres que ceux
visés à l'article 524 ci-dessus;

3- engager le capitaine et les membres de l'équipage et en assumer la charge ;

4. assurer le navire conformément aux dispositions de la législation en vigueur, compte tenu


de l'affectation commerciale de celui-ci;

5- Payer le loyer aux échéances prévues à la charte partie ;

6- Restituer le navire avec ses équipements en fin de contrat, dans l'état où il l'avait reçu, sauf
usure normale.

Article 526 :

L'affréteur doit garantir le fréteur contre tous recours des tiers qui sont la conséquence de
l'exploitation du navire.

120
Article 527:

Le contrat d'affrètement coque-nue d'un navire battant pavillon marocain doit faire l'objet, par
le fréteur, d'une publication au Bulletin Officiel du Royaume du Maroc et dans un journal
d'annonces légales, dans les trente jours suivant la conclusion du contrat.

Cette publication doit comporter les mentions propres à identifier les parties au contrat et le
navire, objet du contrat d'affrètement.

La même publication doit être effectuée lorsque l'affrètement coque-nue est effectué par un
affréteur marocain et concerne un navire étranger bénéficiant d'une immatriculation
temporaire sur les registres de l'autorité maritime conformément à la législation en vigueur.

Section 5. Le sous-affrètement
Article 528 :

L'affréteur peut sous-fréter le navire ou l'utiliser à des transports sous connaissement.

Article 529 :

Le sous-affrètement laisse l'affréteur tenu envers le fréteur des obligations résultant du contrat
d'affrètement.

Article 530 :

Le fréteur, dans la mesure de ce qui lui est dû par l'affréteur, peut agir contre le sous-affréteur
en paiement du fret encore dû par celui-ci.

Le sous-affrètement n'établit pas d'autres relations directes entre le fréteur et le sous-affréteur.

CHAPITRE 3 : LE CONTRAT DE TRANSPORT DE MARCHANDISES

Section 1. Définitions
Article 531:

Dans le présent chapitre :

1. Le terme "transporteur" désigne toute personne par laquelle ou au nom de laquelle un


contrat de transport maritime de marchandises est conclu avec un chargeur.

2. Le terme « transporteur substitué » désigne toute personne à laquelle l’exécution du


transport de marchandises ou d’une partie de ce transport est confiée par le transporteur.

121
3. Le terme "chargeur" désigne toute personne par laquelle ou au nom de laquelle un contrat
de transport maritime est conclu avec un transporteur et doit s'entendre également de toute
personne par laquelle ou au nom de laquelle ou pour le compte de laquelle les marchandises
sont effectivement remises au transporteur en relation avec le contrat de transport maritime

4. Le terme "destinataire" désigne la personne habilitée à prendre livraison de la marchandise.

5. Le terme "connaissement" désigne tout document écrit, ou établi par voie informatique en
accord avec les règles du droit commun, faisant preuve d’un contrat de transport maritime tel
que défini à l’article 532 ci-après

Article 532 :

Au sens de la présente loi, on entend par "contrat de transport maritime", tout contrat par
lequel un transporteur s'engage, contre paiement d'un fret, à transporter des marchandises par
mer d'un port à un autre.

Toutefois, un contrat qui implique outre un transport par mer, un transport par quelque autre
mode, n'est considéré comme un contrat de transport maritime que dans la mesure où il se
rapporte au transport par mer.

Article 533 :

Les transports de marchandises effectués en vertu d'un contrat de transport maritime au départ
ou à destination d'un port marocain et non soumis à une convention internationale à la quelle
le royaume du Maroc est partie sont soumis aux dispositions du présent chapitre.

Section 2. Le connaissement
Article 534 :

Le connaissement constate la prise en charge ou la mise à bord des marchandises par le


transporteur ou son mandataire ainsi que l'engagement de celui-ci de délivrer lesdites
marchandises contre remise de l'original de ce document.

Cet engagement résulte d'une mention dans le document stipulant que les marchandises
doivent être délivrées à l'ordre d'une personne dénommée, ou à ordre, ou au porteur.

Le connaissement nominatif n'est pas négociable. Le transporteur ou son mandataire ne peut


remettre la marchandise qu'à la personne dénommée, munie du connaissement original.

Le connaissement à ordre est négociable par endossement. Le transporteur ou son mandataire


ne peut délivrer la marchandise qu'au porteur du connaissement endossé, même en blanc.

Le connaissement au porteur est négociable par simple remise. Le transporteur ou son


mandataire doit délivrer la marchandise à toute personne qui se présente à lui en possession de
ce connaissement.

122
ARTICLE 535 :

La lettre de voiture maritime est assimilée au connaissement nominatif. Elle ne peut prendre
la forme à ordre ou au porteur.

Article 536 :

Une fois que les marchandises sont à bord, le transporteur ou son représentant doit, sur
demande du chargeur lui délivrer un connaissement "embarqué".

Si le transporteur a précédemment délivré un connaissement ou tout autre document donnant


droit à ces marchandises, le chargeur doit, à la demande du transporteur, lui restituer ce
document en échange d'un connaissement "embarqué".

Article 537 :

Le connaissement est établi en deux exemplaires originaux au moins, destinés respectivement


au transporteur et au chargeur.

Il fait foi, sauf preuve contraire, de la prise en charge ou, dans le cas d'un connaissement
"embarqué", de la mise à bord par le transporteur des marchandises telles qu'elles sont
décrites dans le connaissement.

En cas d'émission d'un connaissement négociable, seul l'exemplaire du chargeur peut être
négocié.

Le connaissement doit contenir notamment les mentions suivantes:

1/ Le nom et l'établissement principal du transporteur, du chargeur et du destinataire de la


marchandise si ce dernier a été désigné par le chargeur;

2/ La nature générale de la marchandise, les marques principales nécessaires à son


identification et une déclaration expresse, le cas échéant, de son caractère dangereux ou nocif,
le nombre de colis ou de pièces ainsi que son poids ou sa quantité exprimée autrement, telles
que ces indications ont été fournies par écrit par le chargeur;

3/ L'état apparent de la marchandise;

4/ Les ports de chargement et de déchargement de la marchandise;

5/ La date de prise en charge de la marchandise au port de chargement ainsi que la date ou le


délai de livraison de celle-ci au port de déchargement, si cette date ou ce délai a fait l'objet
d'un accord entre les parties;

6/ La ou les limites supérieures de responsabilité lorsqu'elles sont fixées d'un commun accord
entre les parties, conformément aux dispositions de l'Article 563,

7/ Le lieu d'émission et le nombre d'exemplaires originaux du connaissement;

123
8/ Le montant du fret dans la mesure où celui-ci doit être payé par le destinataire ou toute
autre indication que le fret est dû par le destinataire;

9/ La signature du transporteur ou de son mandataire;

10/ L'indication que le transport est soumis aux dispositions de la présente loi qui frappe de
nullité toute clause y dérogeant au préjudice du chargeur ou du destinataire;

11/ L'indication, le cas échéant, que les marchandises seront ou pourront être transportées en
pontée conformément aux dispositions de l'article 546 de la présente loi.

Tout exemplaire du connaissement qui ne contient pas les mentions ci-dessus indiquées ne
constitue qu'un commencement de preuve.

Article 538 :

Le transporteur est tenu de remettre à toute partie intéressée qui lui en fait la demande, copie
du connaissement en vue de l'accomplissement des formalités administratives.

En cas de divergence entre les exemplaires originaux du connaissement, la préférence est


donnée à celui du chargeur.

Article 539 :

Lorsqu'un "bon à délivrer" est établi par le transporteur ou son représentant, il doit se référer
au connaissement initial et porter toutes mentions propres à identifier immédiatement la
marchandise à délivrer.

En cas de fractionnement du connaissement, chaque "Bon à délivrer" établi conformément


aux dispositions de l'alinéa précédent, permet à son porteur d'obtenir la délivrance du lot de
marchandise qui y est indiqué.

Article 540 :

L'émetteur d'un connaissement direct est tenu, jusqu'au terme du parcours, des actions qui
naissent de ce connaissement. Il est garant des faits des transporteurs successifs auxquels est
transmise la marchandise, chacun de ces transporteurs successifs n'étant responsable vis à vis
du transporteur initial, émetteur du connaissement direct, que des pertes, avaries ou retards
survenus alors que la marchandise était sous sa garde.

Article 541 :

Le chargeur est garant de l'exactitude des mentions relatives à la nature générale de la


marchandise, à ses marques, sa quantité et son poids, fournies par lui pour mention au
connaissement.

Le chargeur reste tenu par cette garantie même si le connaissement a été transmis à un tiers.

124
Article 542 :

En cas de divergence entre la charte-partie préalable d'un navire affrété et le connaissement


émis en exécution de cette charte-partie, la préférence est donnée aux stipulations de la charte-
partie dans les rapports entre le fréteur et l'affréteur.

Dans les rapports entre le transporteur et le chargeur seul le connaissement fait foi à moins
qu'il ne se réfère expressément à la charte-partie préalable et en donne copie.

Article 543 :

Si le connaissement contient des indications particulières concernant la nature générale, les


marques principales, le nombre de colis ou de pièces, le poids ou la quantité des marchandises
dont le transporteur ou son mandataire sait ou a des raisons de soupçonner qu'elles ne
représentent pas exactement les marchandises qu'il a effectivement prises en charge ou qu'il a
mises à bord, dans le cas d'un connaissement "embarqué", ou s'il n'a pas eu les moyens
suffisants de contrôler ces indications, le transporteur ou son mandataire doit faire, dans le
connaissement une réserve précisant ces inexactitudes, la raison de ses soupçons ou l'absence
de moyens de contrôle suffisants.

Article 544 :

Toute lettre de garantie ou tout accord par lequel un chargeur s'engage à indemniser un
transporteur de tout préjudice résultant de l'émission par ce transporteur ou son mandataire
d'un connaissement "sans réserve" quant à l'état apparent des marchandises ou aux indications
fournies par ce chargeur pour mention au connaissement, est nul et sans effet à l'égard de tout
tiers, y compris un destinataire, à qui le connaissement a été transmis, mais celui-ci peut s'en
prévaloir à l'encontre du chargeur.

Cette lettre de garantie ou cet accord reste valable dans les rapports entre le transporteur et le
chargeur.

Si la réserve volontairement omise concerne un défaut de la marchandise dont le transporteur


ou son mandataire avait ou devait avoir connaissance lors de la signature du connaissement,
celui-ci ne pourra se prévaloir de ce défaut pour éluder sa responsabilité et ne bénéficiera pas
de la limitation de responsabilité prévue à l'article 562 de la présente loi.

Section 3. L'exécution du contrat de transport


Article 545 :

Le transporteur est tenu de :

1/ Mettre et conserver le navire en état de navigabilité compte tenu du voyage qu'il doit
effectuer et des marchandises qu'il doit transporter. La preuve de l'innavigabilité peut être
admise nonobstant et contre les certificats de visite au départ;

2/ Convenablement armer, équiper et approvisionner le navire ;

125
3/ Approprier et mettre en bon état toutes parties du navire où les marchandises doivent être
chargées.

Nonobstant toute clause contraire, le transporteur procède de façon appropriée et soigneuse au


chargement, à la manutention à bord, à l'arrimage, au transport, à la garde à bord et au
déchargement de la marchandise.

Article 546 :

Le transporteur n'est autorisé à transporter la marchandise en pontée que si ce transport est


effectué conformément à un accord avec le chargeur ou aux usages du commerce considéré
ou s'il est exigé par la réglementation en vigueur en ce qui concerne notamment les
marchandises dangereuses, nocives, inflammables, explosives ainsi que les animaux vivants.

Si le transporteur et le chargeur sont convenus que la marchandise sera transportée en pontée


ou pourra l'être, le transporteur en fera mention au connaissement.

En l'absence d'une telle mention, le transporteur aura la charge d'établir qu'un accord pour le
transport en pontée a été conclu, mais il n'aura pas le droit d'opposer cet accord à un tiers, y
compris un destinataire qui est détenteur, de bonne foi, du connaissement.

Le consentement du chargeur est supposé donné en cas de chargement de conteneurs à bord


de navires munis d'installations appropriées pour ce type de transport.

Lorsque les marchandises ont été transportées en pontée contrairement aux dispositions de
l'alinéa premier du présent article ou, lorsque le transporteur ne peut pas, en vertu des second
et quatrième alinéas ci-dessus invoquer un accord expresse ou tacite pour le transport en
pontée, il reste responsable des pertes ou dommages subis par la marchandise.

Tout transport de marchandises effectué en pontée en violation des dispositions des alinéas
précédents ou d'un accord stipulant que ce transport doit être effectué en cale, est considéré
comme un acte d'omission du transporteur au sens de l'article 567 de la présente loi.

Article 547 :

Le chargeur ou son représentant est tenu de présenter la marchandise à transporter aux temps
et lieu prévus par la convention des parties, l'usage ou les règlements en vigueur au port de
chargement.

Le chargeur qui présente sa marchandise en violation des dispositions de l'alinéa précédent


supporte le préjudice subi par le transporteur, préjudice qui ne peut être supérieur au montant
du fret convenu.

Article 548 :

En cas de chargement de marchandises nocives, inflammables, explosives ou dangereuses, le


chargeur est tenu de faire apposer sur les colis les marques spéciales exigées par la
réglementation en vigueur.

126
Article 549 :

Le chargeur est responsable des dommages causés au navire ou aux autres marchandises
embarquées par sa faute ou celle de ses préposés ou mandataires ou par le vice propre de sa
marchandise.

Les marchandises inflammables, nocives, explosives, dangereuses ou prohibées, à


l'embarquement desquelles le transporteur ou son mandataire n'eut pas consenti s'il en avait
connu la nature, pourront à tout moment et en tous lieux, être débarquées, détruites ou rendues
inoffensives par le transporteur, ou son mandataire, sans qu'il y ait lieu à indemnité de sa part.

Dans ce cas, le chargeur, est en outre responsable de tous dommages et dépenses ayant pu
résulter de l'embarquement de telles marchandises.

Lorsque le transporteur ou son mandataire, connaissant la nature de ces marchandises, a


consenti à leur embarquement, il ne peut les débarquer, les détruire ou les rendre inoffensives
que dans le cas où elles mettraient en danger le navire, son équipage, ses passagers ou sa
cargaison. Dans ce cas, aucune indemnité ne sera due, sinon au titre d'avaries communes, s'il
y a lieu.

Article 550 :

Le chargeur doit le prix du transport ou fret.

En cas de fret payable à destination, le destinataire ou son mandataire en est également


débiteur, s'il accepte la livraison de la marchandise.

Article 551 :

Le fret est dû pour toutes les marchandises portées au connaissement.

Toutefois, il n'est dû aucun fret pour la marchandise qui n'a pas été délivrée ou mise à la
disposition du destinataire, de son mandataire ou de son ayant-droit au port de destination,
sauf dans les cas suivants :

1/ Lorsque le défaut de livraison provient de la négligence ou de la faute du chargeur, de ses


préposés ou mandataires ou de ses ayants droit;

2/ Lorsque la marchandise s'est perdue par vice propre;

3/ Lorsque les animaux meurent en cours de route, en dehors de toute faute du transporteur;

4/ Lorsque des marchandises dangereuses, nocives, explosives, inflammables ou prohibées


ont dû être détruites en cours de route, à condition que le transporteur en ait ignoré la nature
au moment de l'embarquement;

5/ Lorsque la perte des marchandises a été admise en avarie commune;

6/ Lorsque le transporteur est tenu d'indemniser l'ayant droit à la marchandise.

127
Article 552 :

Le capitaine ne peut retenir la marchandise dans le navire faute de paiement du fret.

Article 553 :

A défaut de réclamation de la marchandise ou en cas de contestation relative à la livraison de


la marchandise ou au paiement du fret, le capitaine peut, après avoir demandé son dépôt en
mains tierces, faire vendre, par autorité de justice, la marchandise pour le paiement du fret et
faire ordonner le dépôt du surplus, sauf pour le destinataire à fournir caution. S'il y a
insuffisance, le transporteur conserve son recours en paiement du fret contre le chargeur.

Article 554 :

Pour garantir le paiement du fret et des accessoires, le fréteur a, même en cas de faillite du
destinataire, un privilège sur les marchandises composant le changement, pendant une
quinzaine après leur délivrance, si elles n'ont pas été passées en mains tierces.

Article 555 :

Le contrat de transport maritime est résilié de plein droit sans indemnité de part, ni d'autre,
lorsqu'avant tout commencement d'exécution, il se produit un cas de force majeure qui
empêche complètement cette exécution ou la retarde d'une manière telle que le transport ne
puisse plus se faire utilement pour le chargeur et sans risque d'engager sa responsabilité pour
le transporteur.

Si le cas de force majeure se produit avant le départ du navire, alors que le contrat a déjà reçu
un commencement d'exécution, la résiliation est prononcée, à charge d'indemnité s'il y a lieu.

Article 556 :

En cas d'interruption du voyage, le transporteur ou son mandataire doit, à peine de


dommages-intérêts, faire diligence pour assurer le transbordement de la marchandise et son
transport jusqu'au port de destination prévu. Cette obligation pèse sur le transporteur quelle
que soit la cause de l'interruption.

Les frais de transbordement et le fret dû pour achever le transport de la marchandise sont à la


charge de la marchandise lorsque l'interruption est due à l'un des cas d'exonération de
responsabilité énumérés à l'article 560 de la présente loi.

Les mêmes frais sont à la charge du transporteur dans tous les autres cas.

Dans tous les cas, le transporteur conserve le fret pour le voyage entier.

Article 557 :

Dans le cas de blocus du port pour lequel le navire est destiné, ou d'une autre force majeure
qui l'empêche d'entrer dans ce port, le capitaine est tenu, s'il n'a pas reçu d'ordres ou si les
ordres qu'il a reçus ne peuvent être mis à exécution, d'agir au mieux des intérêts des
chargeurs, soit en se rendant dans un port voisin, soit en revenant au port de départ.

128
Section 4. Le régime des responsabilités

Article 558 :

Le transporteur est responsable du préjudice résultant des pertes ou dommages subis par la
marchandise ainsi que du retard à la livraison, si l'événement qui a causé la perte, le dommage
ou le retard a eu lieu pendant que cette marchandise était sous sa garde.

La marchandise est réputée être sous la garde du transporteur, au port de chargement, durant
le transport et au port du déchargement dans les conditions ci-après :

1/ A partir du moment où celui-ci la prend en charge des mains du chargeur ou d'une personne
agissant pour son compte ou d'une autorité ou autre tiers auquel elle doit être remise pour
expédition conformément aux lois et règlements applicables au port de chargement ;

2/ Jusqu'au moment où il en effectue la livraison en la remettant au destinataire ou dans les


cas où le destinataire ne reçoit pas la marchandise des mains du transporteur, en la mettant à
sa disposition conformément aux termes du contrat ou aux lois ou aux usages du commerce
considéré applicables au port de déchargement, ou en les remettant à une autorité ou autre
tiers auquel elle doit être remise conformément aux lois et règlements applicables au port de
déchargement.

Article 559 :

Il y a retard à la livraison lorsque la marchandise n'a pas été livrée au port de déchargement
prévu par le contrat de transport maritime dans les délais expressément convenus ou, à défaut
d'un tel accord, dans le délai qu'il serait raisonnable d'exiger d'un transporteur diligent compte
tenu des circonstances de fait.

La marchandise est considérée comme perdue si elle n'a pas été livrée comme il est prescrit à
l'article 288 ci-dessus dans les 60 jours consécutifs suivant l'expiration d'un délai de livraison
conforme à l'alinéa précédent.

Article 560 :

Le transporteur ne sera pas responsable pour perte ou dommages aux marchandises ou pour
retard si cette perte, ce dommage ou ce retard résulte ou provient :

1/ D'un acte ou d'une tentative de sauvetage de vies ou de biens ou d'un déroutement effectué
à cette fin ;

2/ De périls ou accidents exceptionnels de la mer ou d'autres eaux navigables;

3/ D'actes de guerre ou d'hostilité, piraterie, contrainte de l'autorité publique ou restriction de


quarantaine;

4/ Du vice propre de la marchandise ou de freines de route en poids ou en volume résultant de


la nature de la marchandise, dans la mesure des tolérances d'usage, au port de destination;

5/ Du vice caché du navire échappant à un examen vigilant;

129
6/ D'un incendie, grève, lock-out ou entraves au travail soit partiellement, soit totalement
lorsque ces faits ne sont pas imputables au transporteur ou à ses préposés ou mandataires.

Dans tous les cas, la preuve de l'exonération incombe au transporteur ou à toute autre
personne se prévalant de l'une des exonérations prévues au présent article.

ARTICLE 561:

Lorsque l’exécution du transport ou d’une partie du transport a été confiée à un transporteur


substitué, le transporteur n’en demeure pas moins responsable de la totalité du transport,
conformément aux dispositions de la présente loi. Le transporteur substitué est responsable,
selon les mêmes dispositions, de la partie du transport effectuée par lui.

Article 562 :

La responsabilité du transporteur pour préjudice résultant de pertes ou dommages subis par la


marchandise est limitée à un montant équivalent à 835 unités de compte par colis ou autre
unité de chargement ou à 2,5 unités de compte par kilogramme de poids brut de marchandise
perdue ou endommagée, la limité la plus élevée étant applicable.

La limite la plus élevée est calculée selon les règles suivantes :

1/ Lorsqu'un conteneur, une palette ou tout engin similaire est utilisé pour grouper des
marchandises, est considéré comme colis ou autre unité de chargement, tout colis ou unité
dont il est indiqué au connaissement qu'il est contenu dans ce conteneur, cette palette ou cet
engin ;

En dehors du cas prévu ci-dessus, les marchandises contenues dans ce conteneur, cette palette
ou cet engin sont considérées comme une unité de chargement.

2/ Lorsque le conteneur, la palette ou tout engin similaire a été lui-même perdu ou


endommagé, ledit conteneur, palette ou engin est considéré, s'il n'appartient pas au
transporteur ou s'il n'est pas fourni par celui-ci, comme une unité distincte.

Lorsque les pertes ou dommages ne portent que sur une partie d'un colis ou autre unité de
chargement, la limite par kilogramme, visée à l'alinéa premier ci-dessus, ne s'applique qu'au
poids de la partie endommagée ou perdue de ce colis ou unité de chargement, à moins que la
perte ou le dommage n'affecte la valeur de ce colis ou de cette unité de chargement dans son
ensemble, ou ne le rende inutilisable.

Article 563 :

Le transporteur et le chargeur peuvent d'un commun accord, fixer des limites de


responsabilités supérieures à celles prévues à l'article 562 précédent.

130
Article 564 :

L'unité de compte prévue à l'article 562 est l'unité visée à l'article 212 de la présente loi. La
conversion en dirhams s'effectue à la date du jugement ou à une date convenue entre les
parties, sur la base de la parité déterminée par Bank Al Maghrib.

Article 565 :

La responsabilité du transporteur en cas de retard à la livraison est limitée à une somme


correspondant à deux fois et demi le fret payable pour la marchandise ayant subi le retard sans
qu'elle puisse excéder le montant total du fret payable en vertu du contrat de transport de
marchandises par mer.

Article 566 :

En aucun cas le cumul des réparations dues par le transporteur en application des articles 562
et 565 ne peuvent dépasser les limites prévues à l'article 562 pour la réparation de la perte
totale des marchandises pour le transport desquelles la responsabilité du transporteur était
engagée.

Article 567 :

Les limites de responsabilité du transporteur prévues aux articles 562 et 565 ne s'appliquent
pas :

1/ S'il est prouvé que la perte, le dommage ou le retard à la livraison résulte d'un acte ou d'une
omission de ce transporteur, ou de son préposé ou mandataire, commis soit avec l'intention de
provoquer cette perte, ce dommage ou ce retard, soit temporairement et en sachant que cette
perte, ce dommage ou ce retard en résulterait probablement.

2/ En cas de déclaration de valeur par le chargeur, insérée dans le connaissement et acceptée


par le transporteur, une telle déclaration faisant foi à l'égard du transporteur, sauf preuve
contraire de sa part.

Article 568 :

Lorsque le chargeur a fait une déclaration sciemment inexacte concernant les mentions
prévues à l'article 271 de la présente loi, il devra indemniser le transporteur de tout préjudice
en résultant.

Le droit du transporteur à cette indemnisation ne modifie en aucune façon sa responsabilité en


vertu du contrat de transport maritime, envers toute personne autre que ce chargeur.

Article 569 :

Est nulle toute clause ayant directement ou indirectement pour objet ou pour effet :

1/ de soustraire le transporteur à sa responsabilité telle que définie à l'article 558 ci-dessus;

131
2/ ou de limiter sa responsabilité à des sommes inférieures à celles prescrites par les articles
562 et 565 de la présente loi ;

3/ ou de prévoir des cas d'exonérations autres que ceux indiqués à l'article 560 de la présente
loi ;

4/ ou de renverser la charge de la preuve ;

5/ ou de déroger aux règles de la compétence ;

6/ ou de céder au transporteur le bénéfice d'une assurance maritime de la marchandise


transportée.

Article 570 :

Par dérogation aux dispositions de l'article 569 précédent, toute clause relative à la
responsabilité ou à la réparation est autorisée dans les transports d'animaux vivants et dans les
transports de marchandises chargées en pontée conformément aux dispositions de l'article
546, à l'exception toutefois des conteneurs chargés à bords de navires munis d'installations
appropriées pour ce type de transport.

Article 571 :

En aucun cas le cumul des montants des réparations dues par le transporteur et son préposé ou
son mandataire ne peut dépasser les limites de responsabilité prévues à l'article 562 de la
présente loi.

Article 572 :

Sans préjudice des exonérations et limitations de responsabilité du transporteur, de son


préposé ou de son mandataire prévues par le présent chapitre, l'assureur qui a payé l'indemnité
d'assurance est subrogé dans les droits et actions de l'assuré contre ce transporteur, son
préposé ou son mandataire jusqu'à concurrence du montant de l'indemnité versée.

Article 573 :

La remise de la marchandise au destinataire ou à son mandataire constitue une présomption,


sauf preuve contraire que celle-ci a été livrée par le transporteur ou son mandataire telle
qu'elle est décrite au connaissement, à l'exception du cas où le destinataire ou son mandataire
avise par écrit le transporteur ou son mandataire du dommage subi par la marchandise en
spécifiant la nature de ce dommage au moment où la marchandise lui est livrée ou au plus tard
le premier jour ouvrable suivant celui où la marchandise lui a été remise.

S'il s'agit de pertes ou de dommages non apparents, la notification prévue au premier alinéa du
présent article peut être valablement faite dans un délai de quinze jours consécutifs à compter
de la date à laquelle la marchandise a été remise au destinataire ou à son mandataire.

De même, la marchandise est présumée avoir été remise au destinataire ou à son mandataire
telle qu'elle est décrite au connaissement si ce dernier ne donne pas avis de la non réception

132
de ladite marchandise au plus tard dans les quinze jours suivant celui où elle aurait dû lui être
remise selon l'avis donné par le transporteur ou son mandataire.

Article 574 :

Si l'état des marchandises fait l'objet d'une inspection contradictoire au moment où celles-ci
sont remises au destinataire, il n'est pas nécessaire de donner avis par écrit de la perte ou du
dommage constaté pendant ladite inspection.

Par ordonnance sur requête de l'une des parties intéressées au transport ou de l'assureur de la
marchandise, il peut être désigné un ou plusieurs experts avec mission notamment de décrire
l'état extérieur et intérieur des colis et des marchandises transportées, de constater et évaluer
les manquants ainsi que les dommages et d'en déterminer les causes.

Article 575 :

Le montant des indemnités à verser pour perte ou avarie est calculé par référence à la valeur
de la marchandise au lieu et au jour où elle a été déchargée ou aurait dû l'être.

La valeur de la marchandise est fixée d'après le prix courant sur le marché du lieu de vente, de
marchandises saines de même nature.

Article 576 :

Aucune réparation n'est due pour le préjudice résultant du retard à la livraison à moins qu'un
avis n'ait été donné par écrit au transporteur ou à son mandataire dans un délai de soixante
jours consécutifs à compter de la date à laquelle les marchandises ont été remises au
destinataire.

Article 577 :

Si aucun avis de perte ou de dommage n'est donné par écrit au chargeur par le transporteur ou
son mandataire dans les quatre vingt dix jours suivant la plus éloignée des dates suivantes:

- soit celle à laquelle la perte ou le dommage s'est produit;


- soit celle à laquelle la livraison des marchandises a eu lieu conformément aux
dispositions de l'article 558 de la présente loi,

Il est présumé, sauf preuve contraire, que le transporteur n'a subi aucune perte ni dommage dû
à une faute ou à une négligence du chargeur, de ses préposés ou de ses mandataires.

Section 5. Règles de prescription et de compétence


Article 578 :

Toute action relative au transport maritime de marchandises est prescrite si une procédure
judiciaire ou arbitrale n'a pas été introduite dans un délai de deux ans.

133
Le délai de prescription des actions contre le transporteur court à partir du jour où celui-ci a
livré la marchandise ou une partie de celle-ci, conformément aux dispositions de l'article 558
de la présente loi, ou, lorsque la marchandise n'a pas été livrée, à partir du dernier jour où elle
aurait dû l'être, conformément aux dispositions de l'article 559.

Le délai de prescription des actions contre le chargeur ou le destinataire court du jour prévu
pour la livraison de la marchandise.

Les actions récursoires peuvent être intentées, même après le délai prévu au premier alinéa du
présent article, pendant trois mois à compter du jour de l'exercice de l'action contre le garanti
ou du jour où celui-ci aura, à l'amiable, réglé la réclamation.

Article 579 :

Les actions en réparation du préjudice subi par les ayants droit aux marchandises débarquées
ou qui auraient dû l'être dans un port marocain, peuvent être exercées à l'encontre du
transporteur seul ou conjointement avec l'entreprise de manutention.

Article 580 :

Sous réserve de conventions d'arbitrage valablement conclues, toutes les actions nées du
contrat de transport maritime de marchandises sont portées devant les juridictions
compétentes selon les règles du droit commun. Elles peuvent en outre être portées, soit devant
le tribunal du port de chargement, soit devant celui du port de déchargement lorsque ce port
est situé sur le territoire du Royaume du Maroc.

Toutefois seuls les tribunaux marocains sont compétentes, pour connaître des actions dirigées
conjointement à l'encontre du transporteur maritime et de l'entreprise de manutention,
conformément aux dispositions de l'article 579 précédent.

Si une convention d’arbitrage a été conclue, la procédure d’arbitrage pourra être engagée, au
choix du demandeur, au lieu désigné par la clause ou au port de chargement ou au port de
déchargement.

Article 581 :

Toute action en réparation du préjudice subi pour pertes ou dommages des marchandises
ayant fait l'objet du contrat de transport maritime, ou pour retard à la livraison, ne peut être
intenté à l'encontre du transporteur maritime que dans les conditions et limites prévues au
présent chapitre, quel que soit le fondement d'une telle action.

Si une action est intentée contre un préposé ou un mandataire du transporteur, celui-ci est
habilité à se prévaloir des mêmes exonérations et limitations que le transporteur lui-même s'il
prouve avoir agi dans l'exercice de ses fonctions.

Toutefois, un préposé ou un mandataire du transporteur ne peut pas se prévaloir des


exonérations et limitations prévues au présent chapitre en cas de dol ou de faute inexcusable
de ce préposé ou mandataire, s'il est prouvé que la perte, le dommage ou le retard à la
livraison résulte d'un acte ou d'une omission commis par ce préposé ou ce mandataire soit

134
avec l'intention de provoquer cette perte, ce dommage ou ce retard, soit témérairement et en
sachant que cette perte, ce dommage ou ce retard en résulterait probablement.

CHAPITRE 4 : TRANSPORT DE PASSAGERS

Article 582 :

Les dispositions du présent chapitre ne s'appliquent pas aux transports bénévoles ni aux
passagers clandestins.

Elles s'appliquent aux transports à titre onéreux et à titre gratuit effectués par une entreprise
de transport maritime.

Est considérée, comme passager clandestin, toute personne trouvée en mer, à bord d'un navire
alors que, ne figurant pas sur le rôle d'équipage dudit navire, ou n'ayant pas été recueillie à
son bord à la suite d'une assistance ou pour tout autre motif, elle ne peut être considérée ni
comme un passager au sens de l'article 583 de la présente loi, ni comme un passager
transporté à titre gratuit ou dans le cadre d'un transport bénévole.

Section 1. Le contrat de transport de passagers


§ I Le contrat de passage

Article 583 :

Le contrat de passage désigne tout contrat par lequel un transporteur s'engage à transporter sur
un navire, un passager, sur un trajet défini, en contrepartie du paiement par celui-ci du prix du
passage.

Le terme "passager" désigne, outre la personne transportée sur un navire en vertu d'un contrat
de passage, toute personne qui, avec le consentement du transporteur, accompagne un
véhicule ou des animaux vivants faisant l'objet d'un contrat de transport de marchandises.

Article 584 :

Le transport du passager comprend son séjour à bord du navire ainsi que son embarquement et
son débarquement, à l'exclusion de la période pendant laquelle il se trouve dans une gare
maritime ou sur un quai ou autre installation portuaire.

Ce transport comprend le transport par eau, du quai au navire ou vice versa, si le prix de ce
transport est compris dans celui du billet de passage ou si le bâtiment utilisé pour ce transport
accessoire a été mis à la disposition du passager par le transporteur.

Les frais de nourriture du passager sont compris dans le prix de passage, sauf convention
contraire.

135
Article 585 :

Le transporteur délivre un billet de passage qui détermine les obligations réciproques des
parties et qui porte les indications suivantes :

1/ Le nom et le domicile du transporteur ;


2/ Le nom du passager ;
3/ Le nom du navire utilisé pour le transport ;
4/ Les dates et les ports d'embarquement et de débarquement du passager et éventuellement
les ports d'escales prévus;
5/ La classe et éventuellement le numéro de la cabine;
6/ L'indication que le transport est soumis aux dispositions de la présente loi qui frappe de
nullité toute stipulation y dérogeant au préjudice du passager;
7/ Le prix du transport et les conditions de report ou d'annulation du billet de passage.

Le passager ne peut pas, sauf accord du transporteur, céder à un tiers le bénéfice de son
contrat, exprimé par le billet de passage.

Article 586 :

Sur les navires d'une jauge brute inférieure à 25 unités de jauge ainsi que sur les bâtiments
effectuant des services portuaires ou des services réguliers de transport de passagers à
l'intérieur de zones délimitées par l'Autorité Maritime, le billet de passage est remplacé par un
ticket qui indique le nom du transporteur et le service accompli.

Article 587 :

Le passager doit se présenter à l'embarquement dans les conditions fixées par le billet de
passage.

En cas de retard ou de renonciation au voyage, il reste débiteur du prix du voyage.

Une fois embarqué, il doit se conformer aux instructions du capitaine pour tout ce qui
concerne la discipline à bord du navire.

Article 588 :

En cas d'empêchement de force majeure ou de décès du passager, le contrat est résilié par
l'avis qu'en donnent, avant l'embarquement, le passager ou ses ayants droit. Le quart du prix
du passage reste dû au transporteur.

Les mêmes dispositions s'appliquent; sur leur demande, aux membres de la famille du
passager empêché ou décédé qui devaient voyager avec lui.

Article 589 :

Si le départ du navire n'a pas lieu pour cause non imputable au transporteur, le contrat est
résilié de plein droit sans indemnités de part ni d'autre.

136
Le transporteur doit une indemnité égale à la moitié du prix du passage s'il ne peut pas établir
que l'événement ne lui est pas imputable.

Article 590 :

Si au cours du voyage, le passager débarque volontairement ou pour cause de force majeure


ou s'il vient à décéder, le prix du passage reste dû en entier.

Article 591 :

Toute modification importante dans les horaires, l'itinéraire ou les escales prévus, donne au
passager le droit de demander la résiliation du contrat, et des dommages intérêts s'il y a lieu.

Article 592 :

Une fois le voyage commencé, le transporteur est tenu d'assurer le transport du passager
jusqu'au lieu de destination fixé par le billet de passage.

§ 2. Responsabilité du transporteur

Article 593 :

1 En cas de préjudice résultant de la mort ou de lésions corporelles d'un passager causées par
un événement maritime (naufrage, chavirement, abordage ou échouement du navire,
explosion ou incendie à bord du navire) ou un défaut du navire, le transporteur est
responsable dans la mesure où le préjudice subi par le passager pour un même événement ne
dépasse pas 250 000 unités de compte, sauf si le transporteur prouve que l'événement:

a) résulte d'un acte de guerre, d'hostilités, d'une guerre civile, d'une insurrection, d’un acte de
terrorisme ou d'un phénomène naturel de caractère exceptionnel, inévitable et irrésistible; ou

b) résulte en totalité du fait qu'un tiers a délibérément agi ou omis d'agir dans l'intention de
causer l'événement.

Si et dans la mesure où le préjudice dépasse la limite susmentionnée, le transporteur est en


outre responsable à moins qu'il ne prouve que l'événement générateur du préjudice est
survenu sans faute ou négligence de sa part.

2 En cas de préjudice résultant de la mort ou de lésions corporelles d'un passager non causées
par un événement maritime, le transporteur est responsable si l'événement générateur du
préjudice est imputable à la faute ou à la négligence du transporteur. La preuve de la faute ou
de la négligence incombe au demandeur.

3. La preuve que l'événement générateur du préjudice est survenu au cours du transport, ainsi
que la preuve de l'étendue du préjudice, incombe au demandeur.

137
Article 594

La responsabilité du transporteur en cas de mort ou de lésions corporelles d'un passager en


vertu de l'article 3 est limitée, dans tous les cas, à 400 000 unités de compte par passager pour
un même événement. Si, d'après la loi du tribunal saisi, l'indemnité peut être fixée sous forme
de rente, le capital de la rente ne peut dépasser cette limite.

Article 595.

Lorsque des passagers sont transportés à bord d'un navire autorisé à transporter plus de douze
passagers, le transporteur qui assure effectivement la totalité ou une partie du transport est
tenu de souscrire une assurance ou autre garantie financière, telle que le cautionnement d'une
banque ou d'une institution financière similaire, pour couvrir sa responsabilité en vertu de
l’article – du présent Code. La limite de l'assurance obligatoire ou autre garantie financière ne
doit pas être inférieure à 250 000 unités de compte par passager pour un même événement.

Un certificat attestant qu'une assurance ou autre garantie financière est en cours de validité,
délivré par l’administration doit être présenté par le transporteur

Toute demande en réparation couverte par une assurance ou autre garantie financière en vertu
du présent article peut être formée directement contre l'assureur ou autre personne fournissant
la garantie financière. Dans un tel cas, le montant figurant au paragraphe 1 constitue la limite
de la responsabilité de l'assureur ou autre personne fournissant la garantie financière.

Article 596 :

Si une action est intentée contre un préposé ou un mandataire du transporteur, celui-ci est
habilité à se prévaloir des mêmes exonérations et limitations que le transporteur lui-même s'il
prouve avoir agi dans l'exercice de ses fonctions.

Cependant, le montant total des réparations dues par le transporteur, son préposé ou
mandataire, ne peut dépasser les limites de responsabilité fixées à l'article 593 de la présente
loi.

Article 597 :

Les limites de responsabilité prévues aux articles 583 et 594 s'appliquent à toutes les actions
nées des événements survenus à l'occasion d'un même transport et intentées contre le
transporteur par le passager lui-même ou par ses ayants droit.

Article 598 :

En cas de lésions corporelles, le passager doit en aviser le transporteur par écrit dans les
quinze jours suivant la date de son débarquement. En cas d'impossibilité pour ce passager de
communiquer, la même déclaration peut être faite pour son compte, par toute autre personne
ou par ses ayants droit.

A défaut de déclaration, le passager est présumé, sauf preuve contraire, avoir été débarqué
sain et sauf.

138
Section 2. Le transport de bagages

Article 599 :

Au sens de la présente loi,

1/ Le terme "bagage" désigne tout objet ou véhicule transporté par le transporteur sur un
navire en vertu d'un contrat de transport à l'exclusion:

a. Des biens ou véhicules transportés en vertu d'un contrat d'affrètement, d'un


connaissement ou d'un contrat intéressant à titre principal le transport de marchandises,

b. Des animaux vivants.

2/ Les "bagages de cabine" désignent les biens que le passager a dans sa cabine ou qu'il a
en sa possession, sous sa garde ou son contrôle, y compris ceux qu'il a dans ou sur son
véhicule.

Article 600 :

Le transport des bagages couvre les périodes suivantes:

1/ Pour les bagages de cabine, la période pendant laquelle lesdits bagages se trouvent à bord
du navire ou en cours d'embarquement ou de débarquement, y compris le temps pendant
lequel ils sont sous la garde du transporteur ou de son préposé ou mandataire soit dans une
gare maritime, soit sur un quai ou autre installation portuaire, ainsi que durant la période où
s'effectue le transport par eau du quai au navire et vice versa, si le prix de ce transport est
compris dans celui du billet ou si le bâtiment utilisé pour ce transport accessoire a été mis à la
disposition du passager par le transporteur;

2/ Pour tous les autres bagages, la période comprise entre le moment où ils ont été pris en
charge par le transporteur, ou son préposé ou mandataire, à terre ou à bord du navire, et le
moment où ils sont rendus par ce transporteur, son préposé ou son mandataire au passager, à
ses ayants droit ou à leur mandataire.

Article 601 :

En cas de préjudice résultant de la perte ou de dommages survenus aux bagages de cabine, le


transporteur est responsable si l'événement générateur du préjudice est imputable à la faute ou
à la négligence du transporteur. Il y a présomption de faute ou de négligence du transporteur
en cas de préjudice causé par un événement maritime.

En cas de préjudice résultant de la perte ou de dommages survenus à des bagages autres que
des bagages de cabine, le transporteur est responsable sauf s'il prouve que l'événement
générateur du préjudice est survenu sans faute ou négligence de sa part.

Article 602 :

1 La responsabilité du transporteur en cas de perte ou de dommages survenus aux bagages de


cabine est limitée, dans tous les cas, à 2 250 unités de compte par passager et par transport.

139
2 La responsabilité du transporteur en cas de perte ou de dommages survenus aux véhicules, y
compris tous les bagages transportés dans le véhicule ou sur celui-ci, est limitée, dans tous les
cas, à 12 700 unités de compte par véhicule et par transport.

3 La responsabilité du transporteur, en cas de perte ou de dommages survenus aux bagages


autres que ceux visés aux paragraphes 1 et 2, est limitée, dans tous les cas, à 3 375 unités de
compte par passager et par transport.

4 Le transporteur et le passager peuvent convenir que la responsabilité du transporteur est


soumise à une franchise qui ne dépasse pas 330 unités de compte en cas de dommages causés
à un véhicule et 149 unités de compte par passager en cas de perte ou de dommages survenus
à d'autres bagages. Cette somme est déduite du montant de la perte ou du dommage.

Article 603 :

Toute limitation de responsabilité est supprimée pour les biens précieux déposés par le
passager entre les mains du capitaine ou du commissaire de bord, et pour lesquels il a été
donné un reçu faisant apparaître notamment leur nature et leur valeur.

Article 604 :

Le transporteur est déchu du bénéfice de la limite de responsabilité établie à l'article 602, s'il
est prouvé que la perte ou le dommage survenu aux bagages résultent d'un acte ou d'une
omission de ce transporteur ou de ses préposés ou mandataires commis, soit avec l'intention
de provoquer cette perte ou ce dommage, soit temporairement et en sachant que cette perte ou
ce dommage en résulterait probablement.

Article 605 :

Les limites de responsabilité prévues aux articles 593, 594 et 602 s'appliquent à toutes les
actions nées des événements survenus à l'occasion d'un même transport et intentées contre le
transporteur par le passager lui-même ou par ses ayants droit.

Article 606 :

Si une action est intentée contre un préposé ou un mandataire du transporteur, celui-ci est
habilité à se prévaloir des mêmes, exonérations et limitations que le transporteur lui-même s'il
prouve avoir agi dans l'exercice de ses fonctions.

Cependant, le montant total des réparations dues par le transporteur, son préposé ou
mandataire, ne peut dépasser la limite de responsabilité fixée à l'article 325 de la présente loi.

Toutefois, un préposé ou un mandataire du transporteur ne peut se prévaloir des exonérations


et limitations s’il est prouvé que la perte ou le dommage survenus aux bagages résultent d'un
acte ou d'une omission commis par ce préposé ou ce mandataire soit avec l'intention de
provoquer cette perte ou dommage, soit témérairement et en sachant que cette perte ou
dommage en résulteraient probablement.

140
Article 607 :

Le passager, ses ayants droit ou leurs mandataires doit adresser des protestations écrites au
transporteur ou à son mandataire dans les conditions suivantes :

1/ En cas de dommages apparents causés aux bagages :

- avant ou au moment de leur débarquement pour les bagages de cabine ;


- avant ou au moment de leur livraison pour tous les autres bagages;

2/ En cas de dommages non apparents causés aux bagages, dans les quinze jours qui
suivent la date de leur débarquement ou de leur livraison.

3/ En cas de perte des bagages, dans les 15 jours qui suivent la date à laquelle la livraison
aurait du avoir lieu.

Faute de protestations écrites adressées au transporteur conformément aux dispositions du


présent article, il est présumé, sauf preuve contraire, que les bagages ont été reçus en bon état.

Toute protestation écrite est inutile si l'état des bagages a fait l'objet d'un constat ou d'une
inspection contradictoire au moment de leur livraison.

Article 608 :

Le capitaine ne peut retenir les bagages de cabine dans son navire faute de paiement du prix
du passage, mais il peut, par voie de justice, demander leur dépôt en mains tierces jusqu'au
paiement de ce prix.

Les créances du transporteur nées à l'occasion du contrat de passage sont privilégiées sur les
montants provenant de la vente des bagages du passager.

Section 3. Dispositions communes


Article 609 :

Si tout ou partie du transport a été confié à un transporteur substitué, le transporteur reste


néanmoins responsable, aux termes des dispositions du présent chapitre, pour l’ensemble du
transport. En outre, le transporteur substitué, ainsi que ses préposés ou mandataires est
assujetti aux dispositions du présent chapitre et peut s’en prévaloir pour la partie du transport
qui lui a été confiée.

Tout accord conclu par le transporteur en vertu duquel il s'engage à assumer vis à vis du
passager des obligations plus lourdes que celles imposées par la présente loi, ou renonce au
profit du passager au bénéfice de certains droits qui lui sont conférés, ne s'impose au
transporteur substitué que dans la mesure où celui-ci y a consenti de façon expresse et par
écrit.

141
Article 610 :

Toute action en responsabilité à quelque titre que ce soit ne peut être exercée que dans les
conditions et limites du présent chapitre.

Article 611 :

Les actions en réparation de préjudices résultant du décès ou de lésions corporelles d'un


passager ainsi que les actions résultant de perte ou de dommage causés aux bagages, se
prescrivent par deux ans.

Le délai de prescription court :

1/ En cas de lésions corporelles d'un passager, à partir de la date du débarquement de ce


passager;
2/ En cas de décès d'un passager survenu au cours du transport, à partir de la date à laquelle le
passager aurait dû débarquer;
3/ En cas de décès d'un passager postérieurement à son débarquement et consécutif à des
lésions corporelles subies pendant le transport, à partir de la date du décès. Toutefois, ce délai
ne peut excéder une période de trois ans à compter de la date du débarquement;
4/ En cas de perte ou de dommages aux bagages, à compter de la date à laquelle leur
débarquement ou leur livraison a eu lieu ou aurait dû avoir lieu.

Article 612 :

L'unité de compte prévue au présent article est l'unité visée à l'article 212 de la présente loi.
La conversion en dirhams s'effectue, soit à la date de jugement, soit à une date convenue entre
les parties sur la base de la parité déterminée par Bank Al Maghreb.

Article 613 :

Outre les juridictions compétentes selon les règles du droit commun, le tribunal du port
d'embarquement ou celui du port de débarquement du passager, lorsqu'il est situé sur le
territoire marocain, est également compétent pour connaître de toute action née du contrat de
transport de passagers, que cette action concerne le passager lui même ou ses bagages.

Article 614 :

Est nulle et de nul effet toute clause du contrat de passage ayant directement ou indirectement
pour objet ou pour effet de soustraire le transporteur à sa responsabilité définie aux articles
593, 594 et 601, ou de limiter celle-ci à une somme inférieure à celle prescrite par les articles
593, 594 et 602, de renverser la charge de la preuve ou de déroger aux règles de la
compétence.

142
TITRE 2: LES EVENEMENTS AFFECTANT
L’EXPLOITATION DU NAVIRE

CHAPITRE 1 : L’ASSISTANCE MARITIME

Article 615 :

Le capitaine de tout navire est tenu, autant qu'il peut le faire, sans danger sérieux pour son
navire, son équipage et ses passagers, de prêter assistance à toute personne, même ennemie
trouvée en mer en danger de se perdre. Tout manquement à cette obligation l'expose aux
sanctions disciplinaires et pénales prévues par l’article 390 du présent Code.

L'armateur n'est pas responsable de l'inobservation de l'obligation édictée à l'alinéa précédent,


sauf intervention effective et directe de sa part.

Article 616 :

L'autorité maritime peut réquisitionner conformément à la législation en vigueur en la


matière, toute personne, tout véhicule, navire ou embarcation en vue de participer à toute
opération de sauvetage maritime.

Article 617 :

Sauf en cas de réquisition il n'est dû aucune rémunération pour toute opération d'assistance et
de sauvetage de vies humaines en danger en mer.

Article 618 :

Il n'est dû aucune rémunération pour les personnes sauvées, cependant lorsqu'au cours d'une
même opération d'assistance il a été procédé à un sauvetage de vies humaines et de biens, les
sauveteurs des seules vies humaines ont droit à une part équitable de la rémunération accordée
aux sauveteurs du navire, de la cargaison et de leurs accessoires.

Article 619 :

L'assistance et le sauvetage en mer des navires et des aéronefs en péril, de leur cargaison et
des biens se trouvant à bord, ainsi que les services de même nature rendus entre navires et
bateaux de navigation intérieure sont soumis aux dispositions ci-après sans qu'il ait à
distinguer entre ces deux sortes de services et sans qu'il y ait à tenir compte des eaux dans
lesquelles ils ont été rendus.

Pour l'application du présent article, tous engins flottants sont assimilés, selon le cas, soit aux
navires soit aux bateaux de navigation intérieure.

143
Article 620 :

Tout acte d'assistance ou de sauvetage ayant eu un résultat utile donne lieu à une équitable
rémunération.

Sous réserve des dispositions de l’article 627, aucune rémunération n'est due si l'assistance ou
le secours prêté reste sans résultat utile, sauf convention contraire des parties.

En aucun cas, la somme à payer ne peut dépasser la valeur des choses sauvées.

Article 621 :

N'ont droit à aucune rémunération, les personnes qui ont pris part aux opérations de secours
malgré la défense expresse du navire secouru, sauf s'il est prouvé devant la juridiction
compétente, et alors qu'un résultat utile a été obtenu, que la défense n'était pas raisonnable.

Si cette défense est faite au cours des opérations d'assistance ou de sauvetage, les sauvetés, à
condition d'avoir obtenu un résultat utile, ont droit à une équitable rémunération.

Article 622 :

Le remorqueur n'a droit à une rémunération pour l'assistance ou le sauvetage du navire qu'il
remorque ou de sa cargaison, que s'il a rendu des services exceptionnels ne pouvant être
considérés comme l'accomplissement normal du contrat de remorquage.

Article 623 :

Une rémunération est due même si l'assistance ou le sauvetage a eu lieu entre navires
exploités par le même armateur.

Cette disposition n'est pas applicable aux navires d'Etat lorsque l’événement concerne des
unités appartenant à la même Administration.

Article 624 :

Dans le cas d'une opération d'assistance ou de sauvetage impliquant des navires battant des
pavillons différents la répartition de la rémunération d'assistance entre l'armateur, le capitaine
et les personnes au service du navire, est réglée conformément à la loi nationale du navire
sauveteur.

Article 625 :

Toute convention d'assistance et de sauvetage passée au moment et sous l'influence du danger


peut à la requête de l'une des parties être annulée et modifiée par le juge s'il estime que les
conditions convenues ne sont pas équitables.

Dans tous les cas, lorsqu'il est prouvé que le consentement de l'une des parties a été vicié par
dol ou réticence, ou lorsque la rémunération est excessive dans un sens ou dans l'autre et hors
de proportion avec le service rendu, la convention peut être annulée ou révisée par le tribunal,
à la requête de la partie intéressée.

144
Article 626 :

La rémunération est fixée par le tribunal, suivant les circonstances et en prenant pour base les
éléments suivants :

- Le succès obtenu ;

- Les efforts et le mérite de l'assistant, y compris ceux accomplis pour éviter ou réduire un
risque de pollution de l'environnement.

- Le danger couru par chacun des navires, assistant et assisté, leur équipage, leurs passagers et
leur cargaison ;

- Le temps employé, les frais engagés, les dommages subis et les risques courus par les
sauveteurs, y compris le risque de responsabilité ;

- la valeur du matériel utilisé par l'assistant, en tenant compte, le cas échéant, de


l'appropriation spéciale du navire assistant ;

- Le montant des valeurs sauvées.

Article 627 :

Si l’assistant a effectué des opérations à l’égard d’un navire qui par lui-même ou par sa
cargaison menaçait de causer des dommages à l’environnement et n’a pu obtenir, en vertu de
l’article 626, une rémunération équivalent au moins à l’indemnité spéciale calculée
conformément au présent article, il a droit de la part du propriétaire du navire assisté à une
indemnité spéciale équivalant à ses dépenses telles qu’ici définies. Ces dépenses incluent les
débours raisonnablement engagés par l’assistant dans les opérations d’assistance, ainsi qu’une
indemnité équitable pour le matériel et le personnel effectivement et raisonnablement utilisés
dans les opérations d’assistance.

Si l’assistant a prévenu ou limité les dommages à l’environnement par ses opérations


d’assistance, l’indemnité due par le propriétaire peut être augmentée jusqu’à un maximum de
30 % des dépenses engagées par l’assistant. Si le tribunal le juge équitable et juste compte
tenu des critères énoncés à l’article 626, il peut encore augmenter cette indemnité,
l’augmentation ne devant en aucun cas représenter plus de 100 % des dépenses engagées par
l’assistant.

Si l’assistant a été négligent et n’a pu, de ce fait, prévenir ou limiter les dommages à
l’environnement, il peut être privé de la totalité ou d’une partie de l’indemnité spéciale due en
vertu du présent article.

Article 628 :

Il n'est dû aucune rémunération d'assistance pour les envois postaux.

145
Article 629 :

Les actions en paiement de la rémunération se prescrivent par deux ans à compter de la date
d'achèvement des opérations d'assistance ou de sauvetage.

Article 630 :

Toute clause attributive de juridiction à un tribunal étranger ou toute clause compromissoire


donnant compétence à un tribunal arbitral siégeant à l'étranger est nulle lorsque le navire
assistant et le navire assisté sont de nationalité marocaine et que l'assistance a été rendue dans
les eaux sous juridiction marocaine.

CHAPITRE 2 : LES AVARIES COMMUNES

Section 1. Dispositions générales


Article 631 :

Sont réputées avaries tous dommages ou pertes subis par le navire, la cargaison et le fret
conjointement ou séparément, ainsi que toutes dépenses extraordinaires faites pour eux au
cours de l'expédition maritime.

Article 632 :

Sont avaries communes, les sacrifices faits et les dépenses extraordinaires exposées
volontairement et raisonnablement par le capitaine pour le salut commun afin de préserver
d'un péril les biens engagés dans une expédition maritime.

Elles sont supportées par voie de contribution par toutes les parties intéressées à l'expédition
maritime commune.

Article 633 :

Sauf convention contraire entre toutes les parties intéressées à l'expédition maritime les
avaries sont réglées conformément aux dispositions de la présente loi.

Section 2. Admission en avarie commune


Article 634 :

Sont seuls admis en avarie commune les dommages et pertes atteignant matériellement les
biens engagés dans l'expédition ainsi que les dépenses exposées pour ces biens, lorsque ces
dommages, pertes ou dépenses sont la conséquence directe de l'acte d'avarie commune décidé
par le capitaine.

146
Sauf dispositions contractuelles contraires, seront notamment considérées comme avaries
communes, les pertes ou dépenses suivantes :

a) - Tout jet volontaire de marchandises à la mer ainsi que les dommages causés au navire ou
au reste de la cargaison par ce jet, pourvu que ces marchandises aient été transportées
conformément aux usages reconnus de commerce ;

b) - Tout dommage causé au navire et à la cargaison ou à l'un d'eux seulement par l'eau ou
toute autre substance utilisée ainsi que par toute autre action entreprise en vue d'éteindre un
incendie survenu à bord du navire ;

c) - Tout dommage ou perte résultant d'un échouement volontaire du navire fait afin d'éviter
un risque plus grave encouru par ce dernier, son équipage, ses passagers ou sa cargaison ;

d) - Tout dommage causé aux appareils de propulsion d'un navire échoué lorsqu'il sera établi
qu'il procède de l'intention réelle du capitaine de le renflouer pour le salut commun, au risque
d'un tel dommage ;

e) - Toute dépense engagée pour alléger un navire échoué, et tout dommage ou perte résultant
de cette mesure ;

f) - Toute dépense encourue pour une assistance soit en vertu d'un contrat, soit autrement,
lorsque ces opérations d'assistance ont pour but de préserver du péril les propriétés engagées
dans l'expédition maritime commune ;

g) - Tout objet et approvisionnement du navire ou l'un d'eux seulement, utilisé comme


combustible pour permettre l'achèvement de l'expédition pourvu que la navire ait été
normalement approvisionné au dernier port de départ ;

h) - Toute dépense engagée pour entrer, séjourner et sortir d'un port ou d'un lieu de refuge ou
pour retourner au port ou lieu de chargement du navire par suite d'accidents, de sacrifice ou de
toute autre circonstance extraordinaire qui aura rendu cette mesure nécessaire pour le salut
commun

i) - La valeur des marchandises utilisées comme combustible pour achever l'expédition ;

j) - Les frais supplémentaires engagés pour les dépenses déjà classées en avarie commune y
compris les rémunérations payées au capitaine, aux officiers et à l'équipage, ainsi que le coût
des réparations provisoires déjà effectuées et le remorquage nécessaire, lorsque le navire se
trouvant dans un port ou lieu de refuge a dû être déplacé vers un autre port ou lieu en raison
de l'impossibilité d'achever les réparations dans le premier port ou lieu.
Le second port ou lieu devient alors port ou lieu de refuge.

k) - Les dommages ou pertes subis par la cargaison, le combustible ou les approvisionnements


dans des opérations de manutention, déchargement magasinage, rechargement et arrimage
lorsque le coût respectif de ces opérations a lui-même été admis en avarie commune ;

L) - Les frais de cale sèche, de cale de halage et de déplacement du navire, lorsque les
réparations du navire ont elles même été classées en avarie commune.

147
Article 635 :

Lorsque l'événement qui a donné lieu au sacrifice ou à la dépense est la conséquence d'une
faute commise par l'une des parties engagées dans l’expédition, il y a lieu néanmoins à
règlement d'avaries communes sauf recours contre celui auquel la faute est imputable.

Article 636 :

Toute dépense supplémentaire volontairement exposée en substitution d'une autre dépense qui
aurait été admise en avarie commune est réputée elle même avarie commune et admise à ce
titre, mais seulement jusqu'à concurrence du montant de la dépense d'avarie commune ainsi
évitée.

Article 637 :

Quiconque réclame l'admission d'un dommage, d'une perte ou d'une dépense en avarie
commune, doit prouver que tous les caractères constitutifs de l'avarie commune sont réunis, et
que le dommage, la perte ou la dépense a été la conséquence directe des mesures directe de
salut commun prises par le capitaine.

Article 638 :

Le montant admissible en avarie commune pour dommage ou perte subi par le navire, ses
machines et des accessoires est égal soit au coût des réparations consécutives aux sacrifices
subis lorsqu'elles ont été effectuées, soit au coût estimatif de celles-ci lorsqu'elles n'ont pas
encore été faites. Ce montant est déterminé au port où s'achève l'expédition.

Article 639 :

Le montant admissible en avarie commune pour dommage ou perte de marchandises


sacrifiées est calculé en prenant pour base la valeur nette de celles-ci au port de
déchargement.

Si la cargaison est vendue en l'état d'avarie, et si aucun accord sur le montant à admettre en
avarie commune n'est intervenu entre les parties, la perte admissible sera la différence entre le
produit net de cette vente et la valeur nette de la même marchandise vendue à l'état sain.

Article 640 :

Le montant admissible en avarie commune pour perte de fret résultant d'un dommage ou d'une
perte de marchandises elles-mêmes admises en avarie commune est calculé en déduisant du
montant du fret brut perdu les dépenses que le propriétaire de ce fret aurait encourues pour le
gagner mais qu'il n'a pas exposées par suite du sacrifice.

Article 641 :

La perte ou le dommage causé aux marchandises ayant fait l'objet d'une désignation
volontairement fausse au moment de l'embarquement, ou pour lesquelles il n'a été établi ni
connaissement ni reçu du capitaine, ne sera pas admis en avarie commune mais ces
marchandises resteront tenues de contribuer si elles sont sauvées.

148
Article 642 :

La perte ou le dommage aux marchandises faussement déclarées à l'embarquement pour une


valeur moindre que leur valeur réelle sera admis en avarie commune sur la base de la valeur
déclarée, mais ces marchandises devront contribuer sur leur valeur réelle.

Section 3. Contribution aux avaries communes


Article 643 :

Les avaries communes sont supportées cumulativement par :

- le navire, sur sa valeur au port où s'achève l'expédition, augmentée s'il y a lieu du montant
des sacrifices qu'il a subis;

- Le fret et le prix du passage, sur les deux tiers de leur montant brut, lorsque ceux-ci ne sont
pas payables ou acquis à tout événement ;

- La cargaison, sur la valeur nette des marchandises sauvées et des marchandises sacrifiées
déterminée au port de déchargement. Lorsqu'une cargaison est vendue en cours de voyage elle
contribue sur le produit net de la vente, augmenté du montant admis en avarie commune.

Article 644 :

Les marchandises chargées en pontée contribuent si elles sont sauvées. Si elles sont sacrifiées,
les pertes ou dommages subis ne sont admis en avarie commune que si ces marchandises ont
été chargées conformément aux dispositions des alinéas 1, 2 et 4 de l'article 546 du présent
Code.

Article 645 :

Les effets et bagages de l'équipage et des passagers pour lesquels il n'y a ni connaissement ni
reçu ainsi que les envois postaux de toute nature sont exempts de contribution. Ils participent
à la répartition s'ils ont été sacrifiés.

Article 646 :

La contribution de chaque intéressé à l'avarie commune est déterminée par le rapport établi
entre la masse créancière et la masse débitrice.

La masse créancière comprend toutes les créances nées à raison de sacrifices consentis et
admis en avarie commune, évalués conformément aux dispositions du présent texte.

La masse débitrice est constituée par la valeur nette des biens sauvés et des biens de l'article
42 de la présente loi.

149
Section 4. Règlement de l'avarie commune

Article 647 :

Il n'y a lieu à règlement d'avarie commune qu'autant que le navire et la cargaison ont été l'un
et l'autre au moins partiellement sauvés, à moins que l'un d'eux n'ait été entièrement sacrifié
pour le salut de l'autre.

Article 648 :

Le règlement d'avarie commune s'établit sauf convention contraire, au port où s'achève


l'expédition.

Les parties peuvent procéder au règlement d'avarie commune soit directement à l'amiable, soit
en désignant un ou plusieurs experts répartiteurs chargés d'établir ledit règlement.

A défaut d'accord entre les parties, le tribunal désigne à la demande de la partie la plus
diligente, des experts répartiteurs chargés d'examiner s'il y a lieu à règlement d'avarie
commune et, dans l'affirmative, d'établir ce règlement qui est rendu exécutoire par
homologation du tribunal compétent.

Si le port visé à l'alinéa premier du présent article est situé hors du Royaume du Maroc, les
experts répartiteurs sont nommés par le tribunal du port d'immatriculation du navire.

Article 649 :

L'obligation de chacune des parties intéressées au règlement de l'avarie commune ne peut


dépasser la valeur de sa contribution.

Au cas d'insolvabilité de l'un des contribuables ou de son assureur, sa part se répartit entre les
autres intéressés proportionnellement à leurs intérêts.

Article 650 :

Le capitaine peut refuser de délivrer les marchandises sauvées et demander leur consignation
jusqu'au paiement des contributions dues par les ayants droit à ces marchandises à moins que
ceux-ci ne lui aient fourni bonne et suffisante caution en garantie du paiement de ces
contributions.

Article 651 :

L'armateur est privilégié, pour le montant des contributions en avaries communes qui lui sont
dues, sur les marchandises ou le prix en provenant, pendant quinze jours après leur délivrance,
si elles ne sont pas passées en mains tierces.

Les propriétaires des marchandises sacrifiées sont privilégiés sur le navire, pour le montant
des contributions incombant au navire et au fret en risque pour l'armateur.

150
Article 652 :

Un intérêt au taux légal sera alloué sur les dépenses, sacrifices et bonifications classées en
avarie commune jusqu'à la date du règlement d'avarie commune, en tenant compte toutefois,
des remboursements qui auront été faits dans l'intervalle.

Article 653 :

Lorsque des fonds auront été encaissés en garantie de la contribution de la cargaison à


l'avarie commune, aux frais de sauvetage ou frais spéciaux, ceux-ci devront être versés, sans
aucun délai, à un compte joint spécial ouvert aux noms d'un représentant de l'armateur et d'un
représentant nommé par les déposants dans une banque agréée par les deux parties.

Les sommes ainsi déposées, augmentées des intérêts s'il y a lieu, seront conservées à titre de
garantie pour les paiements dus aux ayants droit. Des paiements d'acomptes ou des
remboursements de dépôts peuvent être faits avec l'autorisation écrite des parties ou du
répartiteur.

Ces dépôts, paiements ou remboursements sont effectués sans préjudice des obligations
définitives des parties.

Article 654 :

Le capitaine est tenu lors de la remise du rapport de mer de déclarer, s'il y a lieu, son navire en
avarie commune.

Article 655 :

Toutes les actions nées d'une avarie commune se prescrivent par deux ans à compter de la
date à laquelle l'expédition s'est achevée.

151
TITRE 3 : LES CONTRATS D’ASSURANCE MARITIME.

CHAPITRE 1. REGLES COMMUNES A TOUTES LES ASSURANCES


MARITIMES

Section 1. Dispositions Générales


Article 656 :

Les dispositions du présent titre sont supplétives de la volonté des parties à l'exception de
celles contenues dans les articles 658, 661, 665, 666, 679, 681 et 682 697, 700, 704, 705,
718, 720 et 721.

Article 657 :

Est régi par le présent titre tout contrat d'assurance qui a pour objet de garantir les risques
relatifs à une opération maritime.

Article 658 :

Tout intérêt légitime y compris le profit espéré peut faire l'objet d'une assurance. Nul ne peut
réclamer le bénéfice d'une assurance s'il n'a pas éprouvé un préjudice.

Section 2. Conclusion du contrat


Article 659 :

L'assurance peut être contractée, soit pour le compte du souscripteur de la police, soit pour le
compte d'une autre personne déterminée, soit pour le compte de qui il appartiendra. La
déclaration que l'assurance est contractée pour le compte de qui il appartiendra vaut tant
comme assurance au profit du souscripteur de la police que comme stipulation pour autrui au
profit du bénéficiaire de ladite clause.

Article 660 :

Le contrat d'assurance consenti pour une somme supérieure à la valeur de la chose assurée
peut être annulé à la demande de l'assureur s'il prouve qu'il y a eu fraude. La prime reste
acquise à l'assureur.

En l'absence de fraude, le contrat est valable à concurrence de la valeur réelle des choses
assurées et, si elle a été agréée, pour toute la somme assurée.

152
Article 661 :

Les assurances cumulatives pour une somme totale supérieure à la valeur de la chose assurée
sont nulles si elles ont été contractées dans une intention.

Les mêmes assurances contractées sans intention frauduleuse pour une somme totale excédant
la valeur de la chose assurée, ne sont valables que si l'assuré les porte à la connaissance de
l'assureur a qui il demande le règlement.

Chacune d'elles produit ses effets en proportion de la somme à laquelle elle s'applique jusqu'à
concurrence de l'entière valeur de la chose assurée.

Article 662 :

L'assurance ne produit aucun effet lorsque les risques n'ont pas commencé à courir dans les
deux mois de sa conclusion ou de la date qui a été fixée pour la prise en charge.

Cette disposition n'est applicable aux polices d'abonnement que pour le premier aliment.

Article 663 :

Toute assurance faite après le sinistre ou l'arrivée des objets assurés ou du navire transporteur
est nulle si la nouvelle en était connue avant la conclusion du contrat, au lieu de sa signature,
ou au lieu où se trouvait l'assuré ou l'assureur.

Article 664:

L'assurance sur bonnes ou mauvaises nouvelles est nulle s'il est établi qu'avant la conclusion
du contrat l'assuré avait personnellement connaissance de sinistre ou l'assureur de l'arrivée des
projets assurés.

Article 665 :

Toute omission ou toute déclaration inexacte de l'assuré de nature à diminuer sensiblement


l'opinion de l'assureur sur le risque, qu'elle ait ou non influé sur le dommage ou sur la perte de
l'objet assuré, annule l'assurance à la demande de l'assureur.

Toutefois, si l'assuré rapporte la preuve de sa bonne foi, l'assureur sera, sauf stipulation plus
favorable à l'égard de l'assuré, garant du risque proportionnellement à la prime perçue par
rapport à celle qu'il aurait dû percevoir, sauf les cas où il établirait qu'il n'aurait pas couvert
les risques s'il les avait connus.

La prime demeure acquise à l'assureur en cas de l'assuré.

Article 666 :

Toute modification en cours de contrat, soit de ce qui a été convenu lors de sa formation, soit
de l'objet assuré d'où résulte une aggravation sensible du risque, entraîne la résiliation de
l'assurance si elle n'a pas été déclarée à l'assureur dans les trois jours où l'assuré en a eu

153
connaissance, jours fériés non compris, à moins que celui-ci n'apporte la preuve de sa bonne
foi, auquel cas il est fait application des dispositions du deuxième alinéa de l'article ci-dessus.

Si cette aggravation est le fait de l'assuré, l'assurance continue, moyennant augmentation de la


prime correspondant à l'aggravation survenue.

Si l'aggravation est le fait de l'assuré, l'assureur peut, soit résilier le contrat dans les trois jours
à partir du moment où il en a eu connaissance, la prime lui étant acquise, soit exiger une
augmentation de prime correspondant à l'aggravation survenue.

Article 667 :

Lorsque la somme assurée est inférieure à la valeur réelle des objets et, sauf convention
contraire des parties, l'assuré demeure son propre assureur pour la différence.

Section 3. La preuve du contrat

Article 668 :

Le contrat d'assurance doit être fait par écrit.

Article 669 :

Le contrat d'assurance est constaté par un acte authentique ou une police sous-seing privé.

Toute addition ou modification du contrat d'assurance primitif doit être constatée par un
avenant signé des parties.

Les présentes dispositions ne font pas obstacle à ce que, même avant la délivrance de la police
ou de l'avenant, la preuve de l'engagement des parties soit établie par tout autre écrit,
notamment par une note de couverture.

Article 670 :

La police d'assurance est datée du jour où elle est établie ; elle indique :

- le lieu de souscription ;

- le nom et le domicile des parties contractantes, avec l'indication, le cas échéant, que celui qui
contracte l'assurance, agit pour le compte d'autrui ;

- la chose ou l'intérêt assuré ;

- les risques assurés ou les risques exclus ;

- la somme assurée ;

- le montant de la prime ;

154
- la clause à ordre ou au porteur, si elle a été convenu.

Section 4. Les obligations de l’assurance et de l’assuré

Article 671:

L'assureur répond des dommages matériels causés aux objets assurés par toute fortune de mer
ou par un événement de force majeure.

L'assureur répond également :

1/ de la contribution des objets assurés à l'avarie commune sauf si celle-ci provient d'un
risque exclu par l'assurance ;

2/ des frais exposés par suite d'un risque couvert en vue de préserver l'objet assuré d'un
dommage matériel ou de limiter le dommage.

Article 672 :

La clause "Franc d'avarie" affranchit l'assureur de toutes avaries, soit communes, soit
particulières, excepté dans les cas qui donnent ouverture au délaissement ; dans ce cas,
l'assuré a l'option entre le délaissement et l'action d'avarie.

Article 673 :

La clause "Franc d'avarie particulière sauf..." affranchit l'assureur de toutes avaries


particulières, à l'exception de celles causées par l'un des événements énumérés à la clause et
des cas qui donnent l'ouverture au délaissement.

Article 674 :

Les risques assurés demeurent couverts même en cas de faute de l'assuré ou de ses préposés
terrestres au service des navires.

L'assureur ne répond pas des fautes intentionnelles de l'assuré.

Article 675:

Les risques demeurent couverts dans les mêmes conditions en cas de faute de capitaine ou de
l'équipage.

Article 676 :

Les risques assurés demeurent couverts même en cas de changement forcé de route, de
voyage ou de navire, ou en cas de changement décidé par le capitaine en dehors de l'armateur
et de l'assuré.

155
Article 677 :

Sauf convention contraire, l'assureur ne couvre pas les pertes, dommages responsabilité, ou
dépenses causés par les risques suivants :

1/ atomiques ou nucléaires ;

2/ de piraterie ;

3/ de guerre civile ou étrangère, de mines et tous engins de guerre ;

4/ de capture, prise ou détention par tous gouvernements ou autorités quelconques ;

5/ d'émeutes, de mouvements populaires, de grèves de lock-out, d'actes de sabotage, de


terrorisme ou de pillage.

Article 678 :

L'assureur n'est pas garant également sauf convention contraire :

1/ des dommages et pertes matériels provenant du vice propre de l'objet assuré sous réserve
des dispositions prévues à l'article 692 ci-dessous ;

2/ des dommages et pertes matériels résultant des amendes, confiscations, mises sous
séquestres, réquisitions, mesures sanitaires ou de désinfection ou consécutifs à des violations
de blocus, à des actes de contrebande, ou à un commerce prohibé ou clandestin ;

3/ des dommages-intérêts ou autres indemnités à raison le toutes saisies ou cautions données


pour libérer les objets saisis ;

4/ des préjudices qui ne constituent pas des dommages et pertes matériels atteignant
directement l'objet assuré, tels que chômage, retard, différence de cours.

Article 679 :

Lorsqu'il n'est pas possible d'établir si le sinistre a pour origine un risque de guerre ou un
risque de mer, il est résulté d'un événement de mer.

Article 680 :

L'assuré doit :

1/ payer la prime et les frais, au lieu et aux époques convenus ;

2/ apporter les soins raisonnables à tout ce qui est relatif à l'objet assuré ;

3/ déclarer exactement, lors de la conclusion du contrat, toutes les circonstances connues de


lui qui sont de nature à faire apprécier par l'assureur le risque qu'il prend à sa charge ;

156
4/ déclarer à l'assureur, dans la mesure où il les connaît les aggravations de risques survenues
au cours du contrat ;

5/ conserver au profit de l'assureur, tous ses droits et recours contre le responsable ;

Article 681 :

Le défaut de paiement d'une prime permet à l'assureur soit de suspendre l'assurance, soit d'en
demander la résiliation.

La suspension ou la résiliation ne prend effet que huit jours après l'envoi à l'assuré, à son
dernier domicile connu de l'assureur, d'une mise en demeure d'avoir à payer.

La police suspendue ne reprend ses effets que le lendemain à zéro heure, du jour où la ou les
primes arriérés et les frais ont été payés.

La suspension et la résiliation de l'assurance pour défaut de paiement d'une prime sont sans
effet à l'égard des tiers de bonne foi, bénéficiaires de l'assurance en vertu d'un transfert
antérieur à la notification de la suspension ou de la résiliation.

En cas de sinistre, l'assureur pourra, par une clause expresse figurant à l'avenant
documentaire, opposer à ces bénéficiaires, a due concurrence, la compensation de la prime
afférente à l'assurance dont ils revendiquent le bénéfice.

Article 682 :

En cas de faillite, de règlement judiciaire ou de déconfiture de l'assuré, l'assureur peut, si la


mise en demeure n'a pas été suivie de paiement, résilier la police en cours, mais la résiliation
est sans effet à l'égard du tiers de bonne foi bénéficiaire de l'assurance, en vertu d'un transfert
antérieur à tout sinistre et à la notification de la résiliation.

En cas de retrait d'agrément, de faillite ou de règlement judiciaire de l'assureur, l'assuré a les


mêmes droits.

Section 5. Le règlement de l’indemnité


Article 683 :

En cas d'événements pouvant donner lieu à recours contre l'assureur, l'assuré doit prendre ou
requérir toutes les mesures de conservation ou de sauvetage que comporte la situation.
L'assureur peut de son côté, prendre ou requérir lui même ces mesures sans qu'on puisse lui
opposer d'avoir fait ainsi acte de propriété.

Il peut également prendre, en son nom propre, toutes mesures utiles à la constatation des
avaries du navire ou des marchandises assurées, ainsi que les causes de ces avaries.

157
L'assuré est responsable du préjudice causé à l'assureur dans la mesure de sa faute ou de sa
négligence ou de celles de ses préposés à observer l'obligation de procéder comme il est prévu
à l'alinéa précédent ainsi que de l'empêchement qu'il apporterait à l'action de l'assureur.

Article 684 :

Les dommages ou pertes sont réglés en avarie, sauf possibilité pour l'assuré d'opter pour le
délaissement.

Article 685 :

L'assureur ne peut être contraint de réparer ou remplacer les objets assurés.

Article 686:

La contribution à l'avarie commune, qu'elle soit provisoire ou définitive, ainsi que les frais
d'assistance et de sauvetage sont remboursés par l'assureur, proportionnellement à la valeur
assurée par lui, diminuée, s'il y a lieu, des avaries particulières à sa charge.

Article 687 :

Le paiement par l'assureur des indemnités à sa charge entraîne de plein droit subrogation à son
profit dans tous les droits, actions et recours pouvant appartenir à l'assuré contre les tiers à
raison des pertes ou avaries qui ont fait l'objet de ce paiement.

Article 688 :

Si un même risque a été couvert par plusieurs assureurs, chacun n'est tenu, sans solidarité avec
les autres, que dans la proportion des engagements respectifs de chacun.

158
CHAPITRE 2. LES REGLES PARTICULIERES AUX DIVERSES
ASSURANCES MARITIMES

Section 1. Les assurances sur corps

Article 689 :

L'assurance des navires est contractée soit pour un voyage, soit pour plusieurs voyages
consécutifs, soit pour une durée déterminée.

Article 690 :

Dans l'assurance au voyage la garantie de l'assureur court du commencement du chargement


des marchandises jusqu'à la fin de leur déchargement.

En cas de voyage sur lest, l'assureur garantit le navire à partir du moment où le navire largue
ses marres ou, lève l'ancre et cesse jusqu'au moment où il est à l'ancre ou amarré au lieu de
destination.

Article 691 :

Dans l'assurance pour une durée déterminée la garantie de l'assureur commence et cesse aux
dates, prévues, quel que soit le lieu où se trouve le navire. Les risques du premier et du dernier
jour sont couverts par l'assurance.

Si à l'expiration de l'assurance, le navire se trouve en mer, en état d'avarie, et que l'obligation


de l'assureur ne soit pas établie, l'assuré a le droit, sous réserve d'une notification à l'assureur,
d'obtenir une prolongation de garantie jusqu'à ce que le navire ait atteint le port de refuge le
plus proche.

Article 692 :

L'assureur garantit les dommages et pertes résultant d'un vice caché du navire échappant à la
diligence de l'assuré.

Article 693:

Lorsque la valeur assurée du navire est une valeur agréée, les parties s'interdisent
réciproquement toute autre estimation, sauf le cas de dol ou de recours pour contribution
d'avaries communes ou rémunération d'assistance et de sauvetage.

Article 694 :

La valeur agréée comprend indivisément le corps et les appareils moteurs du navire, ainsi que
les accessoires et dépendances dont l'assuré est propriétaire et dans lesquels sont compris les
approvisionnements et les mises dehors.

159
Toute assurance, quelle que soit sa date, faite séparément sur des accessoires et dépendances
du navire et appartenant à l'assuré, réduit d'autant, en cas de perte totale ou de délaissement la
valeur agréée.

Article 695 :

A l'exception des dommages aux personnes, l'assureur, est garant du remboursement des
dommages de toute nature dont l'assuré serait tenu sur le recours des tiers en cas d'abordage
par le navire assuré ou de heurt de ce navire contre un bâtiment, corps fixe, mobile ou flottant.

Article 696 :

L'assurance sur bonne arrivée ne peut être contractée, à peine de nullité, qu'avec l'accord des
assureurs du navire.

Lorsqu'une somme est assurée à ce titre, la justification de l'intérêt assurable résulte de


l'acceptation de la somme ainsi garantie.

L'assureur n'est tenu que dans les cas de perte totale ou de délaissement du navire à la suite
d'un risque couvert par la police.

Article 697 :

Dans l'assurance au voyage ou pour plusieurs voyages consécutifs, la prime entière est
acquise à l'assureur, dès que les risques ont commencé à courir.

Article 698:

Dans l'assurance à temps, la prime stipulée pour toute la durée de la garantie est acquise en
cas de perte totale ou de délaissement à la charge de l'assureur. Si la perte totale ou le cas de
délaissement n'est pas à sa charge, la prime est acquise en fonction du temps couru jusqu'à la
perte totale ou à la notification du délaissement.

Article 699 :

Dans le règlement en avaries, l'assureur ne rembourse que le coût des remplacements et


réparations reconnus nécessaires pour remettre le navire en bon état de navigabilité, à
l'exclusion de toute autre indemnité pour dépréciation ou chômage ou quelque autre cause que
ce soit.

Article 700 :

Quel que soit le nombre d'événements survenus pendant la durée de la police, l'assuré est
garanti pour chaque événement jusqu'au moment du capital assuré, sauf le droit pour
l'assureur de demander après chaque événement un complément de prime.

Le montant de la garantie dû par l'assureur pourra être reconstitué pendant la durée de la


police après chaque événement moyennant un complément de prime.

160
Article 701 :

En cas d'aliénation ou d'affrètement coque-nue du navire, l'assurance continue de plein droit


au profit du nouveau propriétaire ou de l'affréteur, à charge par lui d'en informer l'assureur
dans le délai de dix jours et d'exécuter toutes les obligations dont l'assuré était tenu envers
l'assureur en vertu du contrat.

Il sera toutefois loisible à l'assureur de résilier le contrat dans le mois suivant le jour où il aura
reçu notification de l'aliénation ou de l'affrètement. Cette résiliation ne prendra effet que
quinze jours après sa notification par l'assureur au nouveau propriétaire ou à l'affréteur.

Sauf convention contraire l'aliénateur ou le fréteur reste tenu du paiement des primes échues
antérieurement à l'aliénation ou à l'affrètement.

Article 702 :

Les dispositions de la présente section sont également applicables aux navires assurés
seulement pour la durée de leur séjour dans les ports, rades ou autres lieux qu'ils soient à flot,
échoués ou en cale sèche.

Elles sont applicables aux navires en construction

Section 2. Les assurances sur facultés


Article 703 :

Les marchandises sont assurées, soit par une police n'ayant d'effet que pour un voyage, soit
par une police dite flottante.

Article 704 :

Les marchandises sont assurées, sans interruption en quelque endroit qu'elles se trouvent, dans
les limites du voyage défini par la police.

Toute durée de séjour, de transit ou d'escale supérieure à celle prévue lors de la conclusion du
contrat donne droit pour l'assureur à une majoration de prime.

Article 705 :

Lorsqu'une partie de voyage est effectuée par voie terrestre, fluviale ou aérienne, les règles de
l'assurance maritime sont applicables à l'ensemble du voyage, sauf convention contraire des
parties.

Article 706 :

Quel que soit le risque couvert l'assureur n'est pas garant :

1/ des dommages résultant de l'insuffisance des emballages de la marchandise ;

161
2/ des freintes normales de routes ; au cas où les parties sont convenues d'une franchise, celle-
ci est toujours indépendance de la freinte normale de route.

Article 707 :

Dans la police flottante, l'assuré s'oblige à déclarer à l'assureur et ce dernier s'oblige à accepter
en aliment dans le cadre de la police :

1/ Toutes les expéditions faites pour le compte ou exécution des contrats d'achat ou de vente
mettant à sa charge d'obligation d'assurer. Dans cette hypothèse les expéditions sont couvertes
automatiquement à partir du moment où elles sont exposées aux risques garantis, à la
condition que la déclaration d'aliment en soit faite à l'assureur dans les délais impartis au
contrat.

2/ Toutes les expéditions pour le compte de tiers qui auront laissé à l'assuré le soin de
pourvoir à l'assurance, si l'assuré à un intérêt dans l'expédition comme commissionnaire,
consignataire ou autrement. Il n'y a pas lieu à l'application de cette police si l'assuré n'a d'autre
intérêt que celui d'exécuter l'ordre d'assurance confié par un tiers.

Ces expéditions sont couvertes à compter de la déclaration qui en est faite à l'assureur.

Article 708 :

Tout ordre d'assurance dans le cadre d'une police flottante donne lieu à l'établissement d'un
certificat d'assurances.

Article 709:

Au cas où l'assuré qui a contracté une police flottante ne s'est pas conformé aux obligations
indiquées à l'article 707 ci-dessus, le contrat peut être résilié sans délai à la demande de
l'assureur, qui a droit, en outre, aux primes correspondant aux expéditions non déclarées.

Si l'assuré est de mauvaise foi, l'assureur peut exercer le droit de répétition sur les versements
qu'il a effectués pour les sinistres relatifs aux expéditions postérieures à la première omission
intentionnelle de l'assuré.

Article 710 :

Les mesures prises par les assurés ou les assureurs dans le but de sauver, de protéger ou de
récupérer les objets assurés ne sont pas réputées constituer renonciation au délaissement ou
acceptation du délaissement, ni ne portent atteinte d'aucune manière aux droits d'aucune
partie.

Article 711 :

La valeur assurée ne peut excéder la plus élevée des sommes déterminées :

- soit par le prix d'achat ou, à défaut par le prix courant aux temps et lieu de chargement
augmenté de tous les frais jusqu'à destination et du profit espéré ;

162
- soit par la valeur à destination à la date d'arrivée ou, si les marchandises n'arrivent pas, à la
date à laquelle elles auraient dû arriver ;

- soit si les marchandises ont été vendues par l'assuré, par le prix de vente augmenté s'il y a
lieu des majorations stipulées au contrat de vente.

Article 712 :

L'importance des avaries est déterminée par comparaison de la valeur de la marchandise en


état d'avarie par rapport à celle qu'elle aurait eu à l'état sain aux même temps et lieu , le taux
de dépréciation ainsi obtenu devant être appliqué à la valeur d'assurance.

Article 713 :

Dans la police flottante la prime est calculée sur le montant des déclarations d'aliment.

Section 3. Les assurances de responsabilité


Article 714 :

Les assurances de responsabilité qui ont pour objet la réparation des dommages aux tiers que
l'assureur n'est pas tenu de garantir dans les termes de l'article 735 du présent titre ou dont le
montant excéderait la valeur assurée du navire, ne produisent effet qu'en cas d'insuffisance de
la somme assurée par la police sur corps.

Article 715 :

Les assurances de responsabilité ne donnent droit au remboursement à l'assuré que si le tiers


lésé a été indemnisé et dans cette mesure, sauf en cas d'affectation de l'indemnité d'assurance
à la constitution du fonds de limitation dans les termes et les conditions prévues par les
articles 268 et suivants du présent Code.

Article 716 :

En cas de constitution d'un fonds de limitation, les créanciers dont le droit est sujet à
limitation n'ont pas d'action contre l'assureur.

Article 717 :

Quel que soit le nombre d'événements survenus pendant la durée de l'assurance de


responsabilité, la somme souscrite par chaque assureur constitue, par événement, la limite de
son engagement.

163
CHAPITRE 3. LE DELAISSEMENT

Article 718 :

Le délaissement du navire assuré peut être fait :

1/ en cas de perte total du navire ;

2/ lorsque le montant totale des réparations à faire au navire dépasse les trois quarts de la
valeur agréée ;

3/ lorsqu'il y a impossibilité de réparer soit d'une manière absolue, soit faute de moyens de
réparation à l'endroit où il se trouve à moins qu'il puisse être conduit en un autre lieu où les
réparations seraient possibles ;

4/ pour défaut de nouvelles depuis plus de trois mois. Dans ce cas la perte est réputée s'être
produite à la date des dernières nouvelles.

Article 719 :

Le délaissement des marchandises assurées fait :

1/ en cas de perte totale des marchandises ;

2/ en cas de perte ou de détérioration à concurrence des trois quarts de la valeur assurée ;

3/ en cas de vente en cours de route pour cause d'avaries matérielles des biens assurés par
suite d'un risque couvert ;

4/ en cas de défaut de nouvelles depuis plus de trois mois ;

5/ en cas d'innavigabilité du navire immédiatement notifiée par l'assuré à l'assureur, et si


l'acheminement des marchandises, par quelque moyen de transport que ce soit, ne peut être
effectué dans les délais et conditions prévues par le contrat de transport.

Article 720 :

Si le navire a été reconnu innavigable, l'assureur des marchandises en conserve les risques
jusqu'à leur arrivée à destination et supporte, en outre, les frais de déchargement, de
magasinage et de réexpédition de ces marchandises et tous les frais de sauvetage y afférents.

Article 721 :

Le délaissement est notifié à l'assureur par lettre recommandée ou par acte extrajudiciaire.

Article 722 :

Le délaissement ne peut être ni partiel, ni conditionnel.

164
Il transfère les droits de l'assuré sur les objets assurés à l'assureur, à charge pour lui de payer
la totalité de la somme assurée. Les effets de ce transfert remontent entre les parties du jour où
s'est produit l'événement qui donne naissance au délaissement.

L'assureur peut, sans préjudice du paiement de la somme assurée, refuser le transfert de


propriété.

En notifiant le délaissement l'assuré, informe l'assureur de toutes les assurances qu'il a


contractées ou dont il a connaissance.

L'assureur doit se prononcer sur la proposition de délaissement dans un délai de 30 jours à


compter de la date de réception de la requête de l'assuré.

CHAPITRE 4. FINS DE NON RECEVOIR ET PRESCRIPTIONS

Article 723 :

Dans tous les accidents susceptibles de donner lieu à un recours contre l'assureur, l'assuré est
tenu de faire connaître à ce dernier les avis qu'il a reçus dans les trois jours de leur réception,
non compris les jours fériés.

Article 724 :

L'assureur est tenu de payer les indemnités à sa charge dans les trente jours de la remise par
l'assuré de toutes les pièces justificatives. Il ne peut être poursuivi en paiement avant
l'expiration de ce délai.

Article 725 :

Les réclamations des assurés pour dommage causés aux marchandises ne sont pas recevables
si elles n'ont pas fait l'objet d'une notification aux assureurs où à leurs représentants dans le
délai d'un mois à dater du jour de la réception des marchandises.

Article 726 :

Toute action en délaissement est prescrite si elle n'a pas été intentée dans un délai de 6 mois à
compter de l'expiration du délai accordé à l'assureur pour se prononcer sur la demande en
délaissement présentée par l'assuré.

Article 727 :

Toutes les actions dérivant du contrat d'assurance se prescrivent par deux ans.

Le délai de prescription court :

1/ en ce qui concerne l'action en paiement de la prime, de la date d'exigibilité ;

165
2/ en ce qui concerne l'action d'avarie, pour le navire, de la date de l'événement qui donne lieu
à l'action, pour la marchandise, de la date de l'arrivée du navire ou autre véhicule de transport,
ou, à défaut de la date à laquelle il aurait dû arriver ou, si l'événement est postérieur, de la date
de cet événement ;

3/ lorsque l'action de l'assuré a pour cause la contribution d'avarie commune, la rémunération


d'assistance ou le recours d'un tiers, du jour de l'action en justice contre l'assuré ou du jour de
paiement.

Pour l'action en répétition de toute somme payée en vertu d'un contrat d'assurance, le délai
court alors de la date du paiement indu.

Article 728 :

Les assureurs du navire sont privilégiés pour le montant des primes d'assurances faites sur
corps, et dues pour le dernier voyage assuré quand l'assurance est souscrite au voyage, ou
pour la dernière période assurée, quand l'assurance est souscrite à temps, mais jusqu'à
concurrence au maximum d'une année de primes dans les deux cas.

Article 729 :

Les assureurs des marchandises sont privilégiés sur ces marchandises pour le montant des
primes.

--------------------------------------

166
Livre I. Dispositions générales ................................................................................................................................ 1
TITRE 1 : Les espaces maritimes sous juridiction marocaine ............................................................................ 1
Article 1 : ............................................................................................................................................ 1
Article 2 : ............................................................................................................................................ 1
Article 3 : ............................................................................................................................................ 1
Article 4 : ............................................................................................................................................ 1
Article 5 : ............................................................................................................................................ 2
Article 6 : ............................................................................................................................................ 2
Article 7 : ............................................................................................................................................ 2
Titre 2 : Le domaine public maritime .................................................................................................................. 3
Article 8 : ............................................................................................................................................ 3
Titre 3 : L’autorité maritime................................................................................................................................ 3
Article 9 : ............................................................................................................................................ 3
Article 10 : .......................................................................................................................................... 3
Titre 4 : La protection de l’environnement marin ............................................................................................... 4
Chapitre 1 : Dispositions générales ................................................................................................................. 4
Article 11 : .......................................................................................................................................... 4
Article 12 : .......................................................................................................................................... 4
Article 13 : .......................................................................................................................................... 4
Article 14 : .......................................................................................................................................... 5
Article 15 : .......................................................................................................................................... 5
Article 16 : .......................................................................................................................................... 5
Article 17 : .......................................................................................................................................... 5
Article 18 : .......................................................................................................................................... 5
Article 19 : .......................................................................................................................................... 6
Article 20 : .......................................................................................................................................... 6
Chapitre 2 : Dispositions particulières ............................................................................................................ 6
Section 1 : La réglementation de l’immersion en mer................................................................................. 6
Article 21 : .......................................................................................................................................... 6
Article 22 : .......................................................................................................................................... 6
Article 23 : .......................................................................................................................................... 7
Article 24 : .......................................................................................................................................... 7
Article 25 : .......................................................................................................................................... 7
Article 26 : .......................................................................................................................................... 7
Article 27 : .......................................................................................................................................... 8
Section 2 : La prévention de la pollution par les navires ............................................................................. 8
Article 28 : .......................................................................................................................................... 8
Article 29 : .......................................................................................................................................... 8
Article 30 : .......................................................................................................................................... 8
Article 31 : .......................................................................................................................................... 8
Article 32 : .......................................................................................................................................... 9
Section 3. Intervention et lutte contre la pollution marine accidentelle ...................................................... 9
Article 33 : .......................................................................................................................................... 9
Article 34 : .......................................................................................................................................... 9
Article 35 : .......................................................................................................................................... 9
Article 36 : .......................................................................................................................................... 9
Section 4 : La répression des infractions ................................................................................................... 10
Article 37: ......................................................................................................................................... 10
Article 38 : ........................................................................................................................................ 10
Article 39 : ........................................................................................................................................ 11
Article 40 : ........................................................................................................................................ 11
§2. Régime des poursuites ..................................................................................................................... 11
Article 41 : ........................................................................................................................................ 11
Article 42 : ........................................................................................................................................ 12
Article 43 : ........................................................................................................................................ 12
§3. Régime des sanctions ...................................................................................................................... 12
Article 44 : ........................................................................................................................................ 12
Article 45 : ........................................................................................................................................ 12
Article 46 : ........................................................................................................................................ 13

167
Article 47 : ........................................................................................................................................ 13
Livre II. La navigation maritime et le navire ........................................................................................................ 14
Titre 1 : La navigation maritime. Definition et catégories. ............................................................................... 14
Article 48: ......................................................................................................................................... 14
Article 49 : ........................................................................................................................................ 14
Article 50 : ........................................................................................................................................ 14
ARTICLE 51 : ................................................................................................................................... 15
Titre 2 : Le navire.............................................................................................................................................. 15
Chapitre 1 : Régime administratif ................................................................................................................. 15
Section 1. Définition ................................................................................................................................. 15
Article 52 : ........................................................................................................................................ 15
Section 2. La marocanisation du navire .................................................................................................... 15
Article 53 : ........................................................................................................................................ 15
Article 54 : ........................................................................................................................................ 15
Article 55 : ........................................................................................................................................ 16
Article 56 : ........................................................................................................................................ 16
Article 57 : ........................................................................................................................................ 17
Article 58: ......................................................................................................................................... 17
Section 3. Immatriculation et radiation du navire ..................................................................................... 17
Article 59 : ........................................................................................................................................ 17
Article 60 : ........................................................................................................................................ 17
Article 61 : ........................................................................................................................................ 17
Section 4. Le pavillon et les signalements extérieurs permanents du navire ............................................. 18
Article 62 : ........................................................................................................................................ 18
Article 63 : ........................................................................................................................................ 18
Article 64 : ........................................................................................................................................ 18
Article 65 : ........................................................................................................................................ 18
Section 5. Les titres de navigation maritime ......................................................................................... 19
Article 66 : ........................................................................................................................................ 19
Article 67 : ........................................................................................................................................ 19
Article 68 : ........................................................................................................................................ 19
Article 69 : ........................................................................................................................................ 19
Article 70 : ........................................................................................................................................ 19
Article 71 : ........................................................................................................................................ 19
Section 6. Le jaugeage des navires ....................................................................................................... 19
Article 72 : ........................................................................................................................................ 19
Article 73 : ........................................................................................................................................ 20
Article 74 : ........................................................................................................................................ 20
Article 75 : ........................................................................................................................................ 20
Section 7. Les documents de bord ............................................................................................................ 20
Article 76 : ........................................................................................................................................ 20
Chapitre 2 : Régime juridique ....................................................................................................................... 21
Section 1. Dispositions générales .............................................................................................................. 21
Article 77 : ........................................................................................................................................ 21
Article 78 : ........................................................................................................................................ 21
Article 79 : ........................................................................................................................................ 21
Article 80 : ........................................................................................................................................ 21
Article 81 : ........................................................................................................................................ 21
Article 82 : ........................................................................................................................................ 21
Article 83 : ........................................................................................................................................ 22
Article 84 : ........................................................................................................................................ 22
Article 85 : ........................................................................................................................................ 22
Section 2. Le régime de la copropriété des navires ................................................................................... 22
Article 86 : ........................................................................................................................................ 22
Article 87 : ........................................................................................................................................ 22
Article 88 : ........................................................................................................................................ 23
Article 89 : ........................................................................................................................................ 23
Article 90 : ........................................................................................................................................ 23
Article 91 : ........................................................................................................................................ 24
Article 92 : ........................................................................................................................................ 24

168
Article 93 : ........................................................................................................................................ 24
Section 3 . Les privilèges maritimes ......................................................................................................... 25
Article 94 : ........................................................................................................................................ 25
Article 95 : ........................................................................................................................................ 25
Article 96 : ........................................................................................................................................ 25
Article 97 : ........................................................................................................................................ 26
Article 98 : ........................................................................................................................................ 26
Article 99 : ........................................................................................................................................ 26
Article 100 :....................................................................................................................................... 26
Article 101:........................................................................................................................................ 26
Article 102 :....................................................................................................................................... 27
Article 103 :....................................................................................................................................... 27
Article 104 :....................................................................................................................................... 27
Article 105 :....................................................................................................................................... 27
Section 4. Les hypothèques maritimes ...................................................................................................... 28
Article 106 :....................................................................................................................................... 28
Article 107 :....................................................................................................................................... 28
Article 108 :....................................................................................................................................... 28
Article 109 :....................................................................................................................................... 28
Article 110 :....................................................................................................................................... 28
Article 111 :....................................................................................................................................... 28
Article 112:........................................................................................................................................ 28
Article 113 :....................................................................................................................................... 28
Article 114:........................................................................................................................................ 28
Article 115:........................................................................................................................................ 29
Article 116 :....................................................................................................................................... 29
Article 117:........................................................................................................................................ 29
Article 118 :....................................................................................................................................... 29
Article 119 :....................................................................................................................................... 29
Article 120 :....................................................................................................................................... 29
Article 121 :....................................................................................................................................... 29
Article 122 :....................................................................................................................................... 30
Article 123 :....................................................................................................................................... 30
Article 124 :....................................................................................................................................... 30
Article 125 :....................................................................................................................................... 30
Article 126 :....................................................................................................................................... 31
Article 127 :....................................................................................................................................... 31
Section 5. La saisie et la vente en justice du navire .................................................................................. 31
§1. La saisie conservatoire .................................................................................................................... 31
Article 128 :....................................................................................................................................... 31
Article 129 :....................................................................................................................................... 31
Article 130 :....................................................................................................................................... 31
Article 131 :....................................................................................................................................... 32
Article 132 :....................................................................................................................................... 32
Article 133 :....................................................................................................................................... 33
Article 134 :....................................................................................................................................... 33
Article 135 :....................................................................................................................................... 33
Article 136 :....................................................................................................................................... 34
§2. La saisie exécution et la vente en justice du navire ......................................................................... 34
Article 137 :....................................................................................................................................... 34
Article 138 :....................................................................................................................................... 34
Article 139 :....................................................................................................................................... 34
Article 140 :....................................................................................................................................... 34
Article 141 :....................................................................................................................................... 35
Article 142 :....................................................................................................................................... 35
Article 143 :....................................................................................................................................... 35
Article 144 :....................................................................................................................................... 35
Article 145 :....................................................................................................................................... 35
Article 146 :....................................................................................................................................... 36
Article 147 :....................................................................................................................................... 36

169
Article 148 :....................................................................................................................................... 36
Article 149 :....................................................................................................................................... 36
Article 150 :....................................................................................................................................... 36
Article 151 :....................................................................................................................................... 37
Article 152 :....................................................................................................................................... 37
Article 153 :....................................................................................................................................... 37
Chapitre 3 : Les épaves maritimes ................................................................................................................ 37
§1. Définition ........................................................................................................................................ 37
Article 154 :....................................................................................................................................... 37
§2. Découverte et sauvetage des épaves ................................................................................................ 38
Article 155 :....................................................................................................................................... 38
Article 156 :....................................................................................................................................... 38
Article 157 :....................................................................................................................................... 39
Article 158 :....................................................................................................................................... 39
Article 159 :....................................................................................................................................... 39
Article 160 :....................................................................................................................................... 40
Article 161 :....................................................................................................................................... 40
§3. Vente et concession des épaves ....................................................................................................... 40
Article 162 :....................................................................................................................................... 40
Article 163 :....................................................................................................................................... 40
Article 164 :....................................................................................................................................... 40
Article 165 :....................................................................................................................................... 41
Article 166 :....................................................................................................................................... 41
§4. Droits des sauveteurs ....................................................................................................................... 41
Article 167 :....................................................................................................................................... 41
Article 168 :....................................................................................................................................... 41
Article 169 :....................................................................................................................................... 41
Article 170 :....................................................................................................................................... 42
Article 171 :....................................................................................................................................... 42
Article 172 :....................................................................................................................................... 42
Article 173 :....................................................................................................................................... 42
Article 174 :....................................................................................................................................... 42
§5. Epaves présentant un intérêt culturel ............................................................................................... 42
Article 175 :....................................................................................................................................... 42
Article 176 :....................................................................................................................................... 43
Article 177 :....................................................................................................................................... 43
Titre 3 : Régime général de la répression des infractions.................................................................................. 44
Chapitre 1. Compétence et procédure ........................................................................................................... 44
Article 178 :....................................................................................................................................... 44
Article 179 :....................................................................................................................................... 44
Article 180 :....................................................................................................................................... 44
Chapitre 2. Infractions et pénalités ................................................................................................................ 45
Article 181 :....................................................................................................................................... 45
Article 182 :....................................................................................................................................... 45
Article 183 :....................................................................................................................................... 45
Article 184 :....................................................................................................................................... 45
Article 185 :....................................................................................................................................... 45
Article 186 :....................................................................................................................................... 45
Article 187 :....................................................................................................................................... 46
Article 188 :....................................................................................................................................... 46
Article 189 :....................................................................................................................................... 46
Article 190 :....................................................................................................................................... 46
Article 191 :....................................................................................................................................... 46
Article 192 :....................................................................................................................................... 47
Article 193 :....................................................................................................................................... 47
Article 194 :....................................................................................................................................... 47
Titre 4. Dispositions finales. ............................................................................................................................. 47
Article 195 :....................................................................................................................................... 47
Livre III. L’armement ........................................................................................................................................... 48
Titre 1 : Généralités ........................................................................................................................................... 48

170
Article196 :........................................................................................................................................ 48
Article 197 :....................................................................................................................................... 48
Article 198 :....................................................................................................................................... 48
Article 199 :....................................................................................................................................... 48
Article 200 :....................................................................................................................................... 48
Titre 2 : Le régime général de la responsabilité de l’armateur .......................................................................... 48
Chapitre 1 : Les principes ............................................................................................................................. 48
Article 201. ........................................................................................................................................ 48
Article 202. ........................................................................................................................................ 49
Chapitre 2 : L’abordage ................................................................................................................................ 49
Article 203 :....................................................................................................................................... 49
Article 204 :....................................................................................................................................... 49
Article 205 :....................................................................................................................................... 49
Article 206 :....................................................................................................................................... 49
Article 207 :....................................................................................................................................... 49
Article 208 :....................................................................................................................................... 49
Article 209 :....................................................................................................................................... 50
Article 210 :....................................................................................................................................... 50
Article 211 :....................................................................................................................................... 50
Article 212 :....................................................................................................................................... 50
Article 213 :....................................................................................................................................... 51
Chapitre 3 : La limitations de responsabilité de l’armateur ........................................................................... 51
Article 214:........................................................................................................................................ 51
Article 215 :....................................................................................................................................... 51
Article 216 :....................................................................................................................................... 52
Article 217 :....................................................................................................................................... 52
Article 218:........................................................................................................................................ 52
Article 219 :....................................................................................................................................... 52
Article 220 :....................................................................................................................................... 53
Article 221 :....................................................................................................................................... 54
Article 222 :....................................................................................................................................... 54
Article 223 :....................................................................................................................................... 54
Article 224 :....................................................................................................................................... 54
Article 225 :....................................................................................................................................... 55
Article 226 :....................................................................................................................................... 55
Article 227 :....................................................................................................................................... 55
Article 228 :....................................................................................................................................... 55
Titre 2 : Les responsabilités spéciales de l’armateur ......................................................................................... 56
Article 229 :....................................................................................................................................... 56
Chapitre 1 : La responsabilité en matière de transport d’hydrocarbures ....................................................... 56
Article 230 :....................................................................................................................................... 56
Article 231 :....................................................................................................................................... 56
Article 232:........................................................................................................................................ 56
Article 233 :....................................................................................................................................... 57
Article 234 :....................................................................................................................................... 57
Article 235 :....................................................................................................................................... 57
Article 236 :....................................................................................................................................... 58
Article 237 :....................................................................................................................................... 58
Article 238 :....................................................................................................................................... 58
Chapitre 2 : La responsabilité en matière de transport de matières ou substances nocives ou dangereuses.. 58
Article 239 :....................................................................................................................................... 58
Article 240 :....................................................................................................................................... 59
Article 241 :....................................................................................................................................... 59
Article 242 :....................................................................................................................................... 59
Article 243 :....................................................................................................................................... 60
Article 244 :....................................................................................................................................... 61
Article 245 :....................................................................................................................................... 61
Article 246 :....................................................................................................................................... 61
Article 247 :....................................................................................................................................... 61
Article 248 :....................................................................................................................................... 61

171
Article 249 :...................................................................................................................................... 62
Article 250 :....................................................................................................................................... 62
Article 251 :....................................................................................................................................... 62
Article 252 :....................................................................................................................................... 63
Article 253 :....................................................................................................................................... 63
Article 254 :....................................................................................................................................... 63
Article 255 :....................................................................................................................................... 64
Article 256 :....................................................................................................................................... 64
Article 257 :....................................................................................................................................... 64
Article 258 :....................................................................................................................................... 64
Article 259 :....................................................................................................................................... 65
Article 260 :....................................................................................................................................... 65
Chapitre 3 : La responsabilité de l’armateur en matière nucléaire ................................................................ 65
Section 1. La responsabilité de l’exploitant d’un navire nucléaire ........................................................... 65
Article 261 :....................................................................................................................................... 65
Article 262 :....................................................................................................................................... 66
Article 263 :....................................................................................................................................... 66
Article 264 :....................................................................................................................................... 66
Article 265 :....................................................................................................................................... 67
Article 266 :....................................................................................................................................... 67
Article 267 :....................................................................................................................................... 67
Article 268 :....................................................................................................................................... 67
Article 269 :....................................................................................................................................... 67
Article 270 :....................................................................................................................................... 67
Article 271 :....................................................................................................................................... 68
Article 272 :....................................................................................................................................... 68
Section 2. La responsabilité en matière de transport maritime des matières nucléaires ............................ 68
Article 273 :....................................................................................................................................... 68
Article 274 :....................................................................................................................................... 68
Article 275:........................................................................................................................................ 68
Article 276 :....................................................................................................................................... 69
Chapitre 4 : Dispositions relatives aux fonds de limitation ........................................................................... 69
Article 277 :....................................................................................................................................... 69
Section 1.Constitution du fonds de limitation ........................................................................................... 69
Article 278 :....................................................................................................................................... 69
Article 279 :....................................................................................................................................... 69
Article 280 :....................................................................................................................................... 70
Article 281 :....................................................................................................................................... 70
Article 282 :....................................................................................................................................... 70
Article 283 :....................................................................................................................................... 70
Article 284 :....................................................................................................................................... 70
Article 285 :....................................................................................................................................... 70
Article 286 :....................................................................................................................................... 71
Article 287 :....................................................................................................................................... 71
Article 288 :....................................................................................................................................... 71
Article 289 :....................................................................................................................................... 72
Article 290 :....................................................................................................................................... 72
Article 291 :....................................................................................................................................... 72
Section 2. Examen des créances ................................................................................................................ 72
Article 292 :....................................................................................................................................... 72
Article 293 :....................................................................................................................................... 72
Article 294 :....................................................................................................................................... 73
Article 295 :....................................................................................................................................... 73
Article 296:........................................................................................................................................ 73
Article 297 :....................................................................................................................................... 74
Article 298 :....................................................................................................................................... 74
Article 299 :....................................................................................................................................... 74
Article 300 :....................................................................................................................................... 74
Section 3. Répartition du fonds ................................................................................................................. 74
Article 301 :....................................................................................................................................... 74

172
Article 302 :....................................................................................................................................... 75
Article 303 :....................................................................................................................................... 75
Section 4. Voies de recours ....................................................................................................................... 75
Article 304 :....................................................................................................................................... 75
Titre 3 : L’équipage du navire ........................................................................................................................... 76
Chapitre 1 : Le capitaine ............................................................................................................................... 76
Section 1.Dispositions générales ............................................................................................................... 76
Article 305 :....................................................................................................................................... 76
Article 306 :....................................................................................................................................... 76
Article 307 :....................................................................................................................................... 76
Article 308:........................................................................................................................................ 77
Article 309 :....................................................................................................................................... 77
Article 310 :....................................................................................................................................... 77
Article 311:........................................................................................................................................ 77
Article 312 :....................................................................................................................................... 78
Article 313 :....................................................................................................................................... 78
Article 314 :....................................................................................................................................... 78
Article 315 :....................................................................................................................................... 78
Article 316 :....................................................................................................................................... 78
Article 317 :....................................................................................................................................... 78
Article 318 :....................................................................................................................................... 78
Section 2. Les obligations du capitaine ..................................................................................................... 79
Article 319 :....................................................................................................................................... 79
Article 320 :....................................................................................................................................... 79
Article 321 :....................................................................................................................................... 79
Article 322 :....................................................................................................................................... 79
Article 323:........................................................................................................................................ 79
Article 324 :....................................................................................................................................... 80
Article 325 :....................................................................................................................................... 80
Article 326 :....................................................................................................................................... 80
Article 327 :....................................................................................................................................... 80
Article 328 :....................................................................................................................................... 80
Article 329 :....................................................................................................................................... 80
Article 330 :....................................................................................................................................... 81
Article 331 :....................................................................................................................................... 81
Article 332 :....................................................................................................................................... 81
Article 333 :....................................................................................................................................... 81
Section 3. La responsabilité du Capitaine ................................................................................................. 81
Article 334 :....................................................................................................................................... 81
Article 335 :....................................................................................................................................... 81
Article 336 :....................................................................................................................................... 82
Chapitre 2 : Les marins ................................................................................................................................. 82
Section I. Dispositions générales............................................................................................................... 82
Article 337 :....................................................................................................................................... 82
Article 338 :....................................................................................................................................... 82
Article 339 :....................................................................................................................................... 82
Section II. Le règlement des litiges entre armateurs et marins. ................................................................. 83
§1. Litiges individuels ........................................................................................................................... 83
Article 340. ........................................................................................................................................ 83
Article 341 :....................................................................................................................................... 83
Article 342 :....................................................................................................................................... 83
Article 343 :....................................................................................................................................... 83
Article 344 :....................................................................................................................................... 83
Article 345 :....................................................................................................................................... 83
§2. Les conflits collectifs ...................................................................................................................... 84
Article 346 :....................................................................................................................................... 84
Article 347 :....................................................................................................................................... 84
Article 348 :....................................................................................................................................... 84
Article 349:........................................................................................................................................ 84
Article 350 :....................................................................................................................................... 84

173
Article351 :........................................................................................................................................ 84
Chapitre 3 : Le régime disciplinaire et pénal ................................................................................................ 85
Section 1. Dispositions générales .............................................................................................................. 85
Article 352 :....................................................................................................................................... 85
Article 353 :....................................................................................................................................... 85
Article 354 :....................................................................................................................................... 86
Article 355 :....................................................................................................................................... 86
Article 356 :....................................................................................................................................... 86
Section 2. Les fautes contre la discipline .................................................................................................. 87
§1. Fautes légères contre la discipline ................................................................................................... 87
Article 357 :....................................................................................................................................... 87
Article 358 :....................................................................................................................................... 87
§2. Fautes graves contre la discipline .................................................................................................... 87
Article 359 :....................................................................................................................................... 87
Article 360 :....................................................................................................................................... 88
Article 361 :....................................................................................................................................... 88
Article 362 :....................................................................................................................................... 89
Section 3. Les délits maritimes ................................................................................................................. 89
§1. Infraction à la police du bord .......................................................................................................... 89
Article 363 :....................................................................................................................................... 89
Article 364 :....................................................................................................................................... 89
Article 365 :....................................................................................................................................... 89
Article 366 :....................................................................................................................................... 90
Article 367 :....................................................................................................................................... 90
Article 368 :....................................................................................................................................... 90
Article 369 :....................................................................................................................................... 90
Article 370 :....................................................................................................................................... 90
Article 371 :....................................................................................................................................... 91
Article 372 :....................................................................................................................................... 91
Article 373 :....................................................................................................................................... 91
§2. Infractions concernant la police de la navigation ............................................................................ 91
Article 374 :....................................................................................................................................... 91
Article 375 :....................................................................................................................................... 91
Article 376 :....................................................................................................................................... 92
Article 377 :....................................................................................................................................... 92
Article 378 :....................................................................................................................................... 92
Article 379 :....................................................................................................................................... 92
Article 380 :....................................................................................................................................... 92
Article 381 :....................................................................................................................................... 92
Article 382:........................................................................................................................................ 92
Article 383 :....................................................................................................................................... 93
Article 384:........................................................................................................................................ 93
Article 385 :....................................................................................................................................... 93
Article 386 :....................................................................................................................................... 93
Article 387 :....................................................................................................................................... 93
Article 388 :....................................................................................................................................... 93
Article 389 :....................................................................................................................................... 94
Article 390 :....................................................................................................................................... 94
Article 391 :....................................................................................................................................... 94
Article 392 :....................................................................................................................................... 94
Article 393 :....................................................................................................................................... 95
Section 4. Les crimes maritimes................................................................................................................ 95
Article 394 :....................................................................................................................................... 95
Article 395 :....................................................................................................................................... 95
Article 396 :....................................................................................................................................... 95
Article 397 :....................................................................................................................................... 95
Article 398 :....................................................................................................................................... 96
Article 399 :....................................................................................................................................... 96
Article 400 :....................................................................................................................................... 96
Article 401:........................................................................................................................................ 96

174
Section 5. Compétence et procédure en matière de délits et de crimes maritimes .................................... 96
Article 402 :....................................................................................................................................... 96
Article 403 :....................................................................................................................................... 97
Article 404 :....................................................................................................................................... 97
Article 405 :....................................................................................................................................... 97
Article 406 :....................................................................................................................................... 97
Article 407 :....................................................................................................................................... 97
Article 408 :....................................................................................................................................... 98
Article 409:........................................................................................................................................ 98
Article 410 :....................................................................................................................................... 98
Article 411 :....................................................................................................................................... 98
Article 412 :....................................................................................................................................... 99
Section 6. Les Pouvoirs Disciplinaires de l'Autorité Maritime ................................................................. 99
Article 413 :....................................................................................................................................... 99
Article 414 :....................................................................................................................................... 99
Titre 4 : Les auxiliaires de l’armateur ............................................................................................................. 100
Chapitre 1 : consignataires de navires, courtiers maritimes, commissionnaires de transport ...................... 100
Section 1. Dispositions communes .......................................................................................................... 100
Article 415 ....................................................................................................................................... 100
Article 416 ...................................................................................................................................... 100
Article 417 :..................................................................................................................................... 100
Section 2. Les consignataires de navires ................................................................................................. 100
Article 418 :..................................................................................................................................... 100
Article 419 :..................................................................................................................................... 101
Article 420 :..................................................................................................................................... 101
Article 421 :..................................................................................................................................... 101
Article 422 :..................................................................................................................................... 101
Section 3. Les courtiers maritimes .......................................................................................................... 101
Article 423 :..................................................................................................................................... 101
Article 424 :..................................................................................................................................... 101
Article 425 :..................................................................................................................................... 101
Article 426 :..................................................................................................................................... 102
Section 4. Les commissionnaires de transport ........................................................................................ 102
Article 427 :..................................................................................................................................... 102
Article 428 :..................................................................................................................................... 102
Article 429 ....................................................................................................................................... 102
Chapitre 2 Le consignataire de la cargaison ................................................................................................ 102
Article 430:...................................................................................................................................... 102
Article 431 :..................................................................................................................................... 102
Article 432 :..................................................................................................................................... 103
Article 433 :..................................................................................................................................... 103
Chapitre 3 : Les entreprises de manutention ............................................................................................... 103
Article 434 :..................................................................................................................................... 103
Article 435 :..................................................................................................................................... 103
Article 436 :..................................................................................................................................... 103
Article 437 :..................................................................................................................................... 103
Article 438:...................................................................................................................................... 104
Article 439 :..................................................................................................................................... 104
Article 440 :..................................................................................................................................... 104
Article 441 :..................................................................................................................................... 104
Article 442 :..................................................................................................................................... 104
Article 443 :..................................................................................................................................... 105
Article 444 :..................................................................................................................................... 105
Article 445 :..................................................................................................................................... 105
Article 446 :..................................................................................................................................... 105
Article 447 :..................................................................................................................................... 105
Chapitre 4 : Le remorquage ......................................................................................................................... 105
Article 448 ....................................................................................................................................... 105
Article 449 ....................................................................................................................................... 105
Article 450 ....................................................................................................................................... 106

175
Article 451 ....................................................................................................................................... 106
Article 452 ....................................................................................................................................... 106
Article 453 ....................................................................................................................................... 106
Article 454 ....................................................................................................................................... 106
Article 455 ....................................................................................................................................... 106
Article 456 ....................................................................................................................................... 107
Article 457 ....................................................................................................................................... 107
Chapitre 5 : Le pilotage ............................................................................................................................... 107
Article 458:...................................................................................................................................... 107
Article 459 :..................................................................................................................................... 108
Article 460 :..................................................................................................................................... 108
Article 461 :..................................................................................................................................... 108
Article 462 :..................................................................................................................................... 108
Article 463 :..................................................................................................................................... 108
Article 464 :..................................................................................................................................... 108
Article 465 :..................................................................................................................................... 109
Article 466 :..................................................................................................................................... 109
Article 467:...................................................................................................................................... 109
Article 468 :..................................................................................................................................... 109
Article 469:...................................................................................................................................... 109
Article 470 :..................................................................................................................................... 110
Article 471 :..................................................................................................................................... 110
Livre IV L’exploitation du navire ....................................................................................................................... 111
Titre 1 : Les contrats concernant l’exploitation du navire ............................................................................... 111
Chapitre 1 : Organisation des transports maritimes .................................................................................... 111
Article 472 :..................................................................................................................................... 111
Article 473 ....................................................................................................................................... 111
Article 474 :..................................................................................................................................... 111
Article 475 :..................................................................................................................................... 111
Article 476 :..................................................................................................................................... 112
Article 477 :..................................................................................................................................... 112
Article 478 :..................................................................................................................................... 112
Article 479 :..................................................................................................................................... 112
Article 480 :..................................................................................................................................... 112
Article 481 :..................................................................................................................................... 112
Article 482 :..................................................................................................................................... 112
Chapitre 2 : Les contrats d’affrètement ....................................................................................................... 113
Section1.Dispositions communes à tous les affrètements ....................................................................... 113
Article 483 :..................................................................................................................................... 113
Article 484:...................................................................................................................................... 113
Article 485 :..................................................................................................................................... 113
Article 486 :..................................................................................................................................... 113
Article 487 :..................................................................................................................................... 114
Article 488 :..................................................................................................................................... 114
Article 489:...................................................................................................................................... 114
Article 490 :................................................................................................................................... 114
Article 491 :.................................................................................................................................... 114
Section 2. L'affrètement au voyage ......................................................................................................... 115
Article 492 :.................................................................................................................................... 115
Article 493 :..................................................................................................................................... 115
Article 494 :.................................................................................................................................... 115
Article 495 :..................................................................................................................................... 115
Article 496 :..................................................................................................................................... 115
Article 497 :..................................................................................................................................... 115
Article 498 :..................................................................................................................................... 116
Article 499 :..................................................................................................................................... 116
Article 500 :..................................................................................................................................... 116
Article 501 :..................................................................................................................................... 116
Article 502 :..................................................................................................................................... 116
Article 503 :..................................................................................................................................... 117

176
Article 504 :..................................................................................................................................... 117
Article 505 :..................................................................................................................................... 117
Article 506 :..................................................................................................................................... 117
Article 507 :..................................................................................................................................... 117
Article 508 :..................................................................................................................................... 117
Article 509 :..................................................................................................................................... 118
Article 510 :..................................................................................................................................... 118
Section 3. L'affrètement à temps ............................................................................................................. 118
Article 511 :.................................................................................................................................... 118
Article 512 :..................................................................................................................................... 118
Article 513 :..................................................................................................................................... 118
Article 514 :..................................................................................................................................... 118
Article 515 :..................................................................................................................................... 118
Article 516 :..................................................................................................................................... 119
Article 517 :..................................................................................................................................... 119
Article 518 :..................................................................................................................................... 119
Article 519 :..................................................................................................................................... 119
Article 520 :..................................................................................................................................... 119
Section 4. L'affrètement "coque-nue" ..................................................................................................... 120
Article 521 :..................................................................................................................................... 120
Article 522:...................................................................................................................................... 120
Article 523 :..................................................................................................................................... 120
Article 524 :..................................................................................................................................... 120
Article 525:...................................................................................................................................... 120
Article 526 ....................................................................................................................................... 120
Article 527:...................................................................................................................................... 121
Section 5. Le sous-affrètement ................................................................................................................ 121
Article 528 :..................................................................................................................................... 121
Article 529 :..................................................................................................................................... 121
Article 530 :..................................................................................................................................... 121
Chapitre 3 : Le contrat de transport de marchandises ................................................................................. 121
Section 1. Définitions .............................................................................................................................. 121
Article 531:...................................................................................................................................... 121
Article 532 ....................................................................................................................................... 122
Article 533 ....................................................................................................................................... 122
Section 2. Le connaissement ................................................................................................................... 122
Article 534 ....................................................................................................................................... 122
ARTICLE 535 : ............................................................................................................................... 123
Article 536 ....................................................................................................................................... 123
Article 537 ....................................................................................................................................... 123
Article 538 ....................................................................................................................................... 124
Article 539 ....................................................................................................................................... 124
Article 540 :..................................................................................................................................... 124
Article 541 ....................................................................................................................................... 124
Article 542 ....................................................................................................................................... 125
Article 543 ....................................................................................................................................... 125
Article 544 ....................................................................................................................................... 125
Section 3. L'exécution du contrat de transport ........................................................................................ 125
Article 545 ....................................................................................................................................... 125
Article 546 ....................................................................................................................................... 126
Article 547 ....................................................................................................................................... 126
Article 548 ....................................................................................................................................... 126
Article 549 ....................................................................................................................................... 127
Article 550 ....................................................................................................................................... 127
Article 551 ....................................................................................................................................... 127
Article 552 ....................................................................................................................................... 128
Article 553 ....................................................................................................................................... 128
Article 554 ....................................................................................................................................... 128
Article 555 ....................................................................................................................................... 128
Article 556 ....................................................................................................................................... 128

177
Article 557 ....................................................................................................................................... 128
Section 4. Le régime des responsabilités ................................................................................................. 129
Article 558 ....................................................................................................................................... 129
Article 559 ....................................................................................................................................... 129
Article 560 ....................................................................................................................................... 129
ARTICLE 561 ................................................................................................................................. 130
Article 562 ....................................................................................................................................... 130
Article 563 :..................................................................................................................................... 130
Article 564 ....................................................................................................................................... 131
Article 565 ....................................................................................................................................... 131
Article 566 ....................................................................................................................................... 131
Article 567 ....................................................................................................................................... 131
Article 568 ....................................................................................................................................... 131
Article 569 ....................................................................................................................................... 131
Article 570 ....................................................................................................................................... 132
Article 571 ....................................................................................................................................... 132
Article 572 ....................................................................................................................................... 132
Article 573 ....................................................................................................................................... 132
Article 574 ....................................................................................................................................... 133
Article 575 ....................................................................................................................................... 133
Article 576 ....................................................................................................................................... 133
Article 577 ....................................................................................................................................... 133
Section 5. Règles de prescription et de compétence ................................................................................ 133
Article 578 ....................................................................................................................................... 133
Article 579 ....................................................................................................................................... 134
Article 580 ....................................................................................................................................... 134
Article 581 ....................................................................................................................................... 134
Chapitre 4 : Transport de passagers ........................................................................................................... 135
Article 582 ....................................................................................................................................... 135
Section 1. Le contrat de transport de passagers ....................................................................................... 135
§ I Le contrat de passage ..................................................................................................................... 135
Article 583 ....................................................................................................................................... 135
Article 584 ....................................................................................................................................... 135
Article 585 ....................................................................................................................................... 136
Article 586 ....................................................................................................................................... 136
Article 587 ....................................................................................................................................... 136
Article 588 ....................................................................................................................................... 136
Article 589 ....................................................................................................................................... 136
Article 590 ....................................................................................................................................... 137
Article 591 ....................................................................................................................................... 137
Article 592 ....................................................................................................................................... 137
§ 2. Responsabilité du transporteur ..................................................................................................... 137
Article 593 ....................................................................................................................................... 137
Article 594 ....................................................................................................................................... 138
Article 595 ....................................................................................................................................... 138
Article 596 ....................................................................................................................................... 138
Article 597 ....................................................................................................................................... 138
Article 598 ....................................................................................................................................... 138
Section 2. Le transport de bagages .......................................................................................................... 139
Article 599 ....................................................................................................................................... 139
Article 600 ....................................................................................................................................... 139
Article 601 ....................................................................................................................................... 139
Article 602 :..................................................................................................................................... 139
Article 603 ....................................................................................................................................... 140
Article 604 ....................................................................................................................................... 140
Article 605 ....................................................................................................................................... 140
Article 606 ....................................................................................................................................... 140
Article 607 ....................................................................................................................................... 141
Article 608 ....................................................................................................................................... 141
Section 3. Dispositions communes .......................................................................................................... 141

178
Article 609 ....................................................................................................................................... 141
Article 610 ....................................................................................................................................... 142
Article 611 ....................................................................................................................................... 142
Article 612 :.................................................................................................................................... 142
Article 613 :..................................................................................................................................... 142
Article 614 ....................................................................................................................................... 142
Titre 2 : Les évènements affectant l’exploitation du navire ............................................................................ 143
Chapitre 1 : L’assistance maritime .............................................................................................................. 143
Article 615 ....................................................................................................................................... 143
Article 616 ....................................................................................................................................... 143
Article 617 ....................................................................................................................................... 143
Article 618 ....................................................................................................................................... 143
Article 619 ....................................................................................................................................... 143
Article 620 ....................................................................................................................................... 144
Article 621 ....................................................................................................................................... 144
Article 622 ....................................................................................................................................... 144
Article 623 ....................................................................................................................................... 144
Article 624 ....................................................................................................................................... 144
Article 625 ....................................................................................................................................... 144
Article 626 ....................................................................................................................................... 145
Article 627 ....................................................................................................................................... 145
Article 628 ....................................................................................................................................... 145
Article 629 ....................................................................................................................................... 146
Article 630 ....................................................................................................................................... 146
Chapitre 2 : Les avaries communes............................................................................................................. 146
Section 1. Dispositions générales ............................................................................................................ 146
Article 631 ....................................................................................................................................... 146
Article 632 ....................................................................................................................................... 146
Article 633 ....................................................................................................................................... 146
Section 2. Admission en avarie commune ..................................................................................... 146
Article 634 :..................................................................................................................................... 146
Article 635 ....................................................................................................................................... 148
Article 636 ....................................................................................................................................... 148
Article 637 ....................................................................................................................................... 148
Article 638 ....................................................................................................................................... 148
Article 639 ....................................................................................................................................... 148
Article 640 ....................................................................................................................................... 148
Article 641 ....................................................................................................................................... 148
Article 642 ....................................................................................................................................... 149
Section 3. Contribution aux avaries communes ............................................................................. 149
Article 643 :..................................................................................................................................... 149
Article 644 ....................................................................................................................................... 149
Article 645 ....................................................................................................................................... 149
Article 646 ....................................................................................................................................... 149
Section 4. Règlement de l'avarie commune ............................................................................................. 150
Article 647 :..................................................................................................................................... 150
Article 648 ....................................................................................................................................... 150
Article 649 ....................................................................................................................................... 150
Article 650 :..................................................................................................................................... 150
Article 651 ....................................................................................................................................... 150
Article 652 ....................................................................................................................................... 151
Article 653 ....................................................................................................................................... 151
Article 654 ....................................................................................................................................... 151
Article 655 ....................................................................................................................................... 151
Titre 3 : Les contrats d’assurance maritime. ................................................................................................... 152
Chapitre 1. Règles communes à toutes les assurances maritimes .............................................................. 152
Section 1. Dispositions Générales ........................................................................................................... 152
Article 656 ....................................................................................................................................... 152
Article 657 ....................................................................................................................................... 152
Article 658 ....................................................................................................................................... 152

179
Section 2. Conclusion du contrat ............................................................................................................. 152
Article 659 ....................................................................................................................................... 152
Article 660 ....................................................................................................................................... 152
Article 661 :..................................................................................................................................... 153
Article 662 :..................................................................................................................................... 153
Article 663 ....................................................................................................................................... 153
Article 664:...................................................................................................................................... 153
Article 665 :..................................................................................................................................... 153
Article 666 ....................................................................................................................................... 153
Article 667 ....................................................................................................................................... 154
Section 3. La preuve du contrat ............................................................................................................... 154
Article 668 ....................................................................................................................................... 154
Article 669 :..................................................................................................................................... 154
Article 670 :..................................................................................................................................... 154
Section 4. Les obligations de l’assurance et de l’assuré .......................................................................... 155
Article 671 ....................................................................................................................................... 155
Article 672 ....................................................................................................................................... 155
Article 673 ....................................................................................................................................... 155
Article 674 ....................................................................................................................................... 155
Article 675 ....................................................................................................................................... 155
Article 676 ....................................................................................................................................... 155
Article 677 ....................................................................................................................................... 156
Article 678 ....................................................................................................................................... 156
Article 679 ....................................................................................................................................... 156
Article 680 ....................................................................................................................................... 156
Article 681 ....................................................................................................................................... 157
Article 682 ....................................................................................................................................... 157
Section 5. Le règlement de l’indemnité ................................................................................................... 157
Article 683 :..................................................................................................................................... 157
Article 684 ....................................................................................................................................... 158
Article 685 :..................................................................................................................................... 158
Article 686 ....................................................................................................................................... 158
Article 687 :..................................................................................................................................... 158
Article 688 :..................................................................................................................................... 158
Chapitre 2. Les règles particulières aux diverses assurances maritimes..................................................... 159
Section 1. Les assurances sur corps........................................................................................................ 159
Article 689 ....................................................................................................................................... 159
Article 690 ....................................................................................................................................... 159
Article 691 ....................................................................................................................................... 159
Article 692 ....................................................................................................................................... 159
Article 693 ....................................................................................................................................... 159
Article 694 ....................................................................................................................................... 159
Article 695 ....................................................................................................................................... 160
Article 696 ....................................................................................................................................... 160
Article 697 ....................................................................................................................................... 160
Article 698 ....................................................................................................................................... 160
Article 699 ....................................................................................................................................... 160
Article 700 ....................................................................................................................................... 160
Article 701 ....................................................................................................................................... 161
Article 702 ....................................................................................................................................... 161
Section 2. Les assurances sur facultés .................................................................................................... 161
Article 703 ....................................................................................................................................... 161
Article 704 ....................................................................................................................................... 161
Article 705 ....................................................................................................................................... 161
Article 706 ....................................................................................................................................... 161
Article 707 ....................................................................................................................................... 162
Article 708 ....................................................................................................................................... 162
Article 709 ....................................................................................................................................... 162
Article 710 ....................................................................................................................................... 162
Article 711 ....................................................................................................................................... 162

180
Article 712 ....................................................................................................................................... 163
Article 713 ....................................................................................................................................... 163
Section 3. Les assurances de responsabilité ............................................................................................ 163
Article 714 ....................................................................................................................................... 163
Article 715 ....................................................................................................................................... 163
Article 716 ....................................................................................................................................... 163
Article 717 ....................................................................................................................................... 163
Chapitre 3. Le délaissement ....................................................................................................................... 164
Article 718 ....................................................................................................................................... 164
Article 719 ....................................................................................................................................... 164
Article 720 ....................................................................................................................................... 164
Article 721 ....................................................................................................................................... 164
Article 722 ....................................................................................................................................... 164
Chapitre 4. Fins de non recevoir et prescriptions ....................................................................................... 165
Article 723 ....................................................................................................................................... 165
Article 724 ....................................................................................................................................... 165
Article 725 ....................................................................................................................................... 165
Article 726 ....................................................................................................................................... 165
Article 727 ....................................................................................................................................... 165
Article 728 ....................................................................................................................................... 166
Article 729 ....................................................................................................................................... 166

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