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Dépistage des troubles du langage oral


chez l’enfant et leur classification
Y. Chaix

Les troubles du langage et de la parole chez l’enfant représentent une situation clinique fréquente avec
un risque de retentissement social, académique et professionnel ultérieur important. Le repérage et le
dépistage de ces troubles ont pour objectif, en proposant des prises en charge précoces et adaptées, d’en
minimiser les conséquences. Depuis une dizaine d’années, plusieurs outils de dépistage ont été développés
et sont disponibles pour les professionnels de l’enfance. Ces troubles sont d’étiologies multiples et leur
classification oppose généralement les troubles acquis rares aux troubles développementaux secondaires
ou primitifs (ou troubles spécifiques du langage oral) plus fréquents. Sur cette classification repose la
démarche diagnostique médicale et l’orientation thérapeutique. Le diagnostic des troubles spécifiques
du langage oral, pathologie la plus fréquemment rencontrée, reste aujourd’hui encore un diagnostic par
exclusion. Ces derniers hétérogènes forment un continuum entre des formes transitoires et des formes
plus sévères appelées en France dysphasie développementale.
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Mots-clés : Enfant ; Langage ; Dépistage ; Étiologie ; Rééducation

Plan proposer des prises en charge adaptées au contexte étiologique


et de minimiser les conséquences en cascade. L’altération du
■ Introduction 1 développement du langage et/ou de la parole pendant l’enfance
pourra avoir des conséquences sur la socialisation et le bien-être de
■ Notions essentielles sur le développement du langage l’enfant (impact sur l’intégration psychosociale), mais également
chez l’enfant 1 un retentissement sur le plan de la réussite académique dans le
■ Signaux d’alerte 2 domaine de la lecture mais aussi des mathématiques (impact sur
■ Dépistage 3 la scolarité et la réussite professionnelle).
■ Classification des troubles du langage 3
Troubles acquis 3
Troubles développementaux secondaires
Troubles développementaux primitifs
3
5
 Notions essentielles
■ Conclusion 5 sur le développement du langage
chez l’enfant
L’objectif de ce chapitre n’est pas de faire une description
 Introduction complète du développement du langage oral chez l’enfant que
les lecteurs trouveront de façon détaillée dans des livres de réfé-
Le langage est une fonction cognitive complexe, propre à rence, mais de reprendre les principales étapes qui caractérisent cet
l’espèce humaine, principal véhicule de la pensée. Formé de aspect du développement afin de mieux appréhender les signaux
deux systèmes, un « naturel », auditivoarticulatoire (langage oral) d’alerte clés qui permettront au praticien de s’alarmer.
au développement « spontané », nécessitant un apprentissage Ces 30 dernières années, grâce aux progrès des méthodes de la
implicite, et un « culturel », visuo-(ortho)graphique « surajouté » psychologie cognitive appliquée aux jeunes enfants, des compé-
(langage écrit) nécessitant un apprentissage explicite. Le dévelop- tences précoces ont été révélées chez les nourrissons, apportant
pement du langage oral débute dans la période intra-utérine et se un éclairage nouveau sur le développement du langage. Ainsi, il
poursuit jusqu’à l’âge adulte même si, dès l’âge de 5 ans, l’enfant est montré que l’acquisition du langage débute en intra-utérin
a mis en place un langage oral quasi abouti dans ses différents lorsque le système auditif du fœtus devient mature au cours du
domaines. Les troubles du langage et/ou de la parole sont fré- dernier trimestre de la grossesse (25e semaine d’aménorrhée). La
quents. Selon Law [1] , la médiane des prévalences des troubles du fonctionnalité précoce du système perceptif auditif lui permet de
langage et de la parole chez les enfants de 2 à 7 ans est proche traiter les sons du langage, en particulier la voix maternelle, mal-
de 6 %. Ce chiffre est en accord avec une étude épidémiologique gré le filtre constitué par le liquide amniotique. Dans la continuité
française récente qui retrouve une prévalence de 6,7 % chez les de cela, dès la naissance les nouveau-nés montrent des capacités
enfants de 3 ans et demi [2] . Les causes des troubles du langage de reconnaissance de la voix maternelle et une préférence pour
chez l’enfant sont multiples ; leur repérage précoce permettra de la langue maternelle par rapport à des langues étrangères. Des

EMC - Oto-rhino-laryngologie 1
Volume 9 > n◦ 1 > février 2014
http://dx.doi.org/10.1016/S0246-0351(13)60816-8

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compétences précoces vont permettre d’organiser le signal acous- lexicale critique débute la mise en place de la syntaxe, avec
tique qui sous-tend le flux de parole dans lequel baigne l’enfant et l’association des premiers mots en moyenne vers 18–20 mois et
d’en isoler des mots vers 7 mois et demi [3] . Parmi ces compétences, les premières phrases simples vers 30–33 mois. La variabilité inter-
les nourrissons possèdent des capacités de discrimination des dif- individuelle mentionnée est en lien avec des facteurs biologiques
férents phonèmes (plus petites unités sonores qui confèrent du mais également environnementaux, notamment le niveau socioé-
sens), ceux présents dans leur langue maternelle mais également conomique : ce dernier rend compte de 32 % de la variance des
dans des langues étrangères. Ces possibilités de discrimination scores du domaine lexical ou phonologique [10] .
reposent sur deux capacités fondamentales que sont la normali-
sation (notamment la capacité à identifier le phonème malgré des
variations du signal acoustique) et la catégorisation (notamment  Signaux d’alerte
la perception des sons de façon discontinue avec une capacité
à séparer les phonèmes de part et d’autre d’une frontière). Par Le Tableau 1 résume les principales étapes du développement
ailleurs, les nouveau-nés montrent précocement une grande sen- du langage sur les versants réceptif et expressif entre la naissance
sibilité aux indices prosodiques de la parole, leur conférant des et 36 mois. Malgré la variabilité interindividuelle soulignée pré-
capacités dans le traitement des langues mais également du mot. cédemment, le praticien doit connaître les signaux d’alerte lui
Cette sensibilité à la prosodie leur permet de reconnaître la voix de permettant de s’alarmer à bon escient, en évitant la trop entendue
leur mère, de discriminer des langues étrangères appartenant à des réponse aux inquiétudes parentales « ne vous inquiétez pas, cela
classes rythmiques différentes (comme le hollandais du japonais va s’arranger avec le temps ». Le repérage de la part du praticien
pour des nourrissons français) ou de percevoir les limites (début (médecin généraliste, médecin de protection maternelle infan-
ou fin) des mots grâce notamment au pattern d’accentuation spéci- tile [PMI], pédiatre, oto-rhino-laryngologiste [ORL]) est le premier
fique aux langues. On assiste ensuite, au cours du développement, niveau d’identification des enfants présentant un trouble du lan-
à une spécialisation des nourrissons dans le traitement linguis- gage. Les manifestations suivantes devront être le point de départ
tique propre à la langue environnante : ainsi, vers l’âge de 10 à d’une enquête étiologique (démarche diagnostique) et/ou d’une
12 mois, les enfants perdent leur capacité de discrimination des orientation vers un spécialiste du langage de l’enfant (orthopho-
phonèmes dans des langues auxquelles ils n’ont pas été exposés [4] . niste) de la part du médecin.
Deux notions importantes dans le développement du langage
sont ainsi illustrées : la perte de certaines capacités qui constitue
une étape normale du développement et le développement du lan-
gage chez l’enfant qui résulte d’une interaction entre des facultés
innées au déterminisme génétique et une exposition à des facteurs
“ Point fort
environnementaux. Une étude remarquable montre qu’il est pos-
sible, en agissant sur l’environnement (exposition à une langue Repères simples dans le développement du lan-
étrangère), de maintenir la capacité de discriminer des phonèmes gage pour initier une démarche diagnostique
dans une langue étrangère. Toutefois, pour cela, il ne suffit pas • L’enfant est silencieux pendant la première année, sans
de faire entendre aux nourrissons des productions audio ou de babillage ;
leur montrer des vidéos, mais une interaction avec le locuteur • À 18 mois, il ne dit aucun mot ;
est nécessaire, soulignant l’importance des interactions humaines • À 24 mois l’association de mots est absente ;
dans l’acquisition du langage [5] . Le rôle des interactions dans le • Au-delà de 36 mois, la production langagière est inin-
développement du langage chez l’enfant est également appuyé telligible et la construction syntaxique absente.
par les travaux sur la place de l’étayage verbal (notamment les
caractéristiques du langage adressé aux enfants) [6] .
Sur le versant réceptif, l’isolement des mots dans le flux de
Tableau 1.
parole va permettre à l’enfant de leur attribuer un sens pour la
Principales étapes du développement du langage chez l’enfant entre la
première fois vers l’âge de 8 à 10 mois alors même que l’enfant
naissance et 36 mois.
ne produit encore aucun mot : le développement du langage
sur le versant réceptif précède son développement sur le versant Âge (mois) Réception Expression
expressif, en moyenne de 4 à 5 mois. L’évaluation du nombre 1 Discrimination des Cris, sons végétatifs
de mots compris montre des variations interindividuelles impor- phonèmes et sensibilité
tantes avec en moyenne dix mots à 12 mois, 50 mots à 14 mois et langue maternelle
100 mots à 18 mois.
2 Discrimination Gazouillis
Sur le versant expressif, initialement les productions de l’enfant
phonèmes
comprennent des sons végétatifs et des cris, puis des gazouillis
qui apparaissent vers 2 mois avec une maturation anatomique 6 Sensibilité langue Babillage
maternelle
de la filière pharyngolaryngé de l’enfant qui lui permet un
contrôle progressif de ses productions sonores entre 2 et 5 mois. 7 Commence à isoler les Début de babillage
L’émergence du babillage (production de syllabe) initialement iso- mots dans le flux de canonique
lée vers 6 mois puis redoublé vers 7 mois (babillage canonique) parole
est une étape clé du développement du langage : des travaux sug- 8–10 Compréhension des
gèrent le caractère linguistique du babillage dont l’installation est premiers mots
généralement retardée chez les enfants présentant une surdité, 10–12 Comprend 10 mots en Premier mot
contrairement aux premières étapes [7, 8] . Les premiers mots chez moyenne
l’enfant surviennent en moyenne entre 12 et 15 mois, avec une Perte de capacité de
évolution non linéaire du stock lexical en deux phases : une pre- discrimination des
mière lente puis une seconde explosive se produisant lorsqu’une phonèmes étrangers
valeur seuil de 50 mots environ est atteinte vers 18–20 mois en 15 Comprend 50 mots en 10 mots en moyenne
moyenne. Il existe une variabilité interindividuelle marquée au moyenne et un ordre
niveau de l’évolution du stock lexical mais cette variabilité tend simple en contexte
à s’amoindrir à 3 ans où les écarts entre les enfants les plus 18–20 Comprend 100 mots en 50 mots en moyenne
performants et les moins performants est moindre [9] . On peut moyenne et un ordre Début de l’association
retenir de façon simple l’évolution moyenne suivante : dix mots simple en contexte de mots
à 15 mois, 50 mots à 20 mois et 100 mots à 2 ans. Les études qua- 24 100 mots en moyenne
litatives portant sur le vocabulaire montrent que l’apparition des
30-33 Comprend un ordre Première phrase
noms précède celles des verbes et des adjectifs qui précèdent simple hors contexte
celle des termes grammaticaux. À partir ici aussi d’une masse

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 Dépistage
La procédure de dépistage en amont de la démarche diagnos-
“ Point fort
tique spécialisée vise à appliquer un « screening » systématique
afin d’isoler les enfants devant bénéficier de la mise en place Principales questions à se poser dans la démarche
d’une prise en charge précoce. Elle nécessite l’utilisation d’outils diagnostique face à un trouble du langage chez
validés du fait d’un étalonnage en population pédiatrique, ayant l’enfant
une bonne fiabilité « test-retest » et dont les qualités métriques • Son audition est-elle normale ?
sont connues (spécificité, sensibilité, valeurs prédictives positive • Quelle est la qualité de ses communications non ver-
et négative) et validées par rapport à un examen de référence.
Par ailleurs, le dépistage des troubles du langage implique la bales (gestuelles, visuelles) ?
réponse aux trois questions suivantes : qui ? ou quels sont les pro- • Son environnement familial est-il suffisamment stimu-
fessionnels impliqués dans la démarche de dépistage ? ; quand ? lant ?
ou quel est l’âge le plus adapté à cette démarche ? ; comment ? • Existe-t-il des antécédents ou des anomalies à l’examen
ou quels sont les tests retenus répondant aux qualités de mesure neurologique en lien avec ses difficultés de langage ?
citées précédemment ? Les outils de dépistage utilisables en • Une régression a-t-elle été observée par les parents ?
France peuvent être regroupés en trois catégories : les question- • A-t-il des difficultés dans le domaine de la compré-
naires, d’une part, avec l’inventaire français du développement hension verbale et/ou le domaine de l’abstraction non
communicatif (IFDC) [11] , le questionnaire langage et compor- verbale ?
tement (QLC2), et le dépistage et prévention langage à 3 ans
(DPL3) [12] ; les tests de dépistage du langage pur avec essentiel-
lement l’épreuve de repérage des troubles du langage à 4 ans
(ERTL4) [13] ; et enfin des batteries plus complètes, certes dites
du langage chez l’enfant [19] . L’origine de la lésion cérébrale est
de dépistage, mais dont le temps nécessaire à leur passation ne
variable : infectieuse, traumatique, vasculaire, tumorale, inflam-
permet pas une utilisation systématique pour tous les enfants.
matoire. Le moment de survenue de la lésion est également
Elles sont généralement passées lorsqu’un trouble est suspecté et
variable : si certains distinguent les lésions précoces survenues
s’intègrent déjà dans la phase initiale de la démarche diagnos-
avant 2 ans, voire en anténatal, et les lésions après 2 ans, d’autres
tique. Quatre peuvent être citées : la batterie rapide d’évaluation
ne le font pas car les travaux actuels montrent qu’il est difficile
des fonctions cognitives (BREV) [14] ; le bilan de santé évaluation
de prédire le pronostic linguistique en tenant compte unique-
du développement pour la scolarité (BSEDS) [15] ; les épreuves de
ment de cette variable [20] . Le trouble du langage peut constituer
repérage des troubles du langage et des apprentissages à 6 ans
un des symptômes d’une infirmité motricité cérébrale (IMC) qui
(ERTL6) [16] et le bilan de dépistage des troubles d’apprentissage
est un exemple de troubles consécutifs à une lésion cérébrale
en maternelle (EVAL MATER) [17] . Les principaux outils utilisés en
acquise précocement. Dans cette situation, le trouble peut être
France et leurs caractéristiques sont résumés dans le Tableau 2.
la conséquence d’une atteinte de la voie motrice et prédominer
Une revue récente de la littérature en langue anglaise s’est inter-
sur les aspects moteurs du langage (trouble de l’articulation) ou
rogée sur la méthodologie optimale du dépistage des troubles du
concerner également le langage du fait de l’implication des aires
langage chez l’enfant et l’efficacité des prises en charge découlant
cérébrales du langage. Dans les aphasies en général, l’histoire et
de ce dépistage [18] . Les auteurs montrent ainsi que les travaux
l’examen clinique de ces enfants sont généralement contributifs
de recherche actuels ne permettent pas de répondre à la ques-
pour établir facilement un diagnostic étiologique du trouble du
tion de l’âge optimal auquel ce dépistage doit être réalisé (avant
langage. Une situation particulière est celle de l’épilepsie pouvant
2 ans, entre 2 et 3 ans, ou entre 3 et 5 ans) ; que si certains facteurs
être à l’origine d’une atteinte linguistique sans que les crises soient
de risque des troubles du langage chez l’enfant sont bien identi-
la principale manifestation : c’est le cas dans le syndrome apha-
fiés (comme les antécédents familiaux de trouble du langage, le
sie épilepsie acquise de l’enfant ou syndrome de Landau-Kleffner
sexe masculin ou les antécédents néonataux tels que la préma-
responsable d’un tableau particulier sur le plan linguistique qui
turité ou le retard de croissance intra-utérin), leur place dans le
est celui d’une agnosie auditivoverbale. Dans ces situations, le
dépistage reste à déterminer (dépistage systématique ou en popu-
symptôme clinique évocateur est la survenue d’une régression des
lation ciblée) ; que l’efficacité des prises en charge rééducatives
compétences verbales de l’enfant qui devra conduire à la réalisa-
est démontrée à court terme pour le langage, notamment dans le
tion d’un électroencéphalogramme (EEG, de veille et de sommeil).
domaine de la phonologie et du vocabulaire, en particulier sur le
Un lien pronostique est montré entre la récupération du langage
versant expressif mais aussi en dehors du domaine linguistique
et la durée des anomalies paroxystiques intercritiques nocturnes
(chez l’enfant notamment pour la socialisation ou l’estime de soi,
sur l’EEG. Or, la méconnaissance de ce syndrome, certes rare, peut
mais aussi chez les parents, avec une diminution du stress et une
conduire à un retard de diagnostic important [21] .
amélioration de l’image de leur enfant) ; toutefois, cette efficacité
n’est pas actuellement démontrée à plus long terme.
Troubles développementaux secondaires
 Classification des troubles Surdité
du langage L’apprentissage du langage est implicite à condition que le
flux de parole dans lequel « baigne » l’enfant parvienne au cor-
tex auditif. L’intégrité des voies auditives est donc nécessaire au
Face à un trouble du langage, le professionnel se posera systé-
développement du langage oral chez l’enfant. Un examen audio-
matiquement la question de l’étiologie.
métrique objectif sera nécessaire pour éliminer une surdité comme
La classification des troubles du langage oral chez l’enfant
première cause à évoquer face à un trouble du langage oral chez
repose sur deux distinctions :
l’enfant surtout s’il ne s’agit pas d’un trouble expressif pur. Au
• distinction entre troubles acquis et troubles développemen-
moindre doute, des potentiels évoqués auditifs seront réalisés. La
taux ;
recherche d’une hypoacousie de transmission pouvant constituer
• distinction entre troubles secondaires et troubles primitifs.
un facteur aggravant à un trouble du langage oral préexistant est
également une justification à la réalisation d’un bilan audiomé-
Troubles acquis trique systématique. La fréquence des otites séreuses à l’âge où se
développe le langage pose la question controversée du lien entre
Le trouble acquis du langage ou aphasie représente un trouble trouble du langage et otites. Une méta-analyse récente montre
du langage secondaire à une lésion cérébrale. Plus rare chez l’absence d’association ou un effet négatif faible entre une his-
l’enfant que chez l’adulte, l’aphasie représente 4 à 7 % des troubles toire d’otite séreuse et/ou de perte auditive et le développement

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Tableau 2.
Outils du dépistage des troubles du langage chez l’enfant.
Nom du test Personnes concernées Âge passation Temps Caractéristiques importante
passation
Questionnaire
Inventaire français du Parents 1 à 2 ans Compétences de communication
développement verbale (niveau expressif et réceptif) et
communicatif (IFDC) non verbale (gestes et mimiques)
Adaptation française du questionnaire
de McArthur-Bates avec trois âges : 12,
18 et 24 mois. Étalonné en percentiles et
significatif si < 10 e percentile
Dépistage et prévention Enseignants 3 à 3–6 ans Nécessite une observation en classe ou
langage à 3 ans Médecins en salle de consultation. Comprend
(DPL3) [12] simplement 10 items qui donnent un
score global. Distingue trois catégories :
satisfaisant, à surveiller, à risque
Test de langage
Épreuve de repérage des Médecins 3–9 à 4–6 ans 5 min À partir d’une planche de passation
troubles du langage à recto-verso, trois épreuves obligatoires et
4 ans (ERTL4) [13] deux épreuves facultatives. Cotation :
vert signifiant l’absence de difficulté,
orange la nécessité d’une surveillance et
rouge l’orientation vers une
orthophoniste
Batterie
Batterie rapide Médecins 4–9 ans 30–45 min Explore le langage oral, les fonctions
d’évaluation des cognitives non verbales, les
fonctions cognitives apprentissages
(BREV) [14]
Bilan de santé Enseignants 5–6 ans 60 min Très centrée sur le langage oral et les
évaluation du Médecins compétences nécessaires à
développement pour la Psychologues scolaires l’apprentissage du langage écrit
scolarité (BSEDS) [15]
Épreuve de repérage des Médecins scolaires Deuxième et troisième 20 min Comme ERTL4, à partir d’une seule
troubles du langage à trimestres de grande planche recto-verso. Évalue le langage
6 ans (ERTL6) [16] section de maternelle et oral et prérequis pour l’écrit (conscience
premier trimestre de phonologique, mémoire auditive et
cours préparatoire visuelle, organisation spatiotemporelle)
mais aussi compétences graphiques,
praxiques et des capacités logiques
Bilan de dépistage des Médecins de la 3–6 à 4–6 ans 45 min Évaluation du langage, du
troubles d’apprentissage protection maternelle comportement, et de la motricité fine et
en maternelle (EVAL infantile globale
MATER) [17]

ultérieur du langage, tant sur le versant expressif que réceptif. interactions sociales, un trouble de la communication verbale et
Les auteurs précisent même que lorsqu’une corrélation négative non verbale, des jeux ou des activités stéréotypés et des centres
significative est retrouvée, ils ne peuvent pas exclure un effet d’intérêt restreints. Le diagnostic repose sur l’utilisation d’outils
confondant de la part d’autres facteurs qui généralement n’ont pas spécifiques standardisés par des équipes multidisciplinaires spécia-
été pris en compte dans les études rapportées, comme le niveau lisées. Les troubles du langage dans les TED sont retrouvés dans
socioéconomique des familles par exemple [22] . plus des trois quarts des cas intéressant les aspects formels du lan-
gage (phonologie et syntaxe, comme dans les troubles spécifiques
Négligences du langage oral) mais aussi l’utilisation du langage (aspects prag-
matiques du langage). Le diagnostic différentiel peut parfois être
L’apprentissage du langage est fondamental et l’enfant doit être
difficile avec un trouble spécifique du langage oral, d’autant que
exposé au bain de langage. Dans les cas de négligences sévères,
certains auteurs ont décrit des troubles frontières entre les deux
forme de maltraitance, cette condition peut être non remplie. Une
entités nommés troubles sémanticopragmatiques [24] . Par souci de
étude canadienne récente réalisée chez des enfants placés pour des
clarté, on retiendra que, généralement, dans les troubles spé-
négligences graves montre qu’un retard de langage intéressant les
cifiques du langage oral et contrairement aux TED, les aspects
deux versants, réceptif et expressif, est retrouvé dans plus d’un
pragmatiques du langage sont respectés, les communications
tiers des cas [23] .
non verbales visuelles et gestuelles sont normales, et les centres
d’intérêts et leur répertoire comportemental sont normaux.
Troubles envahissants du développement
Le langage est un des moyens de communication. Certains
enfants présentent un trouble du langage s’inscrivant dans
Retard mental ou déficience intellectuelle
un trouble plus général de la communication. Ces troubles Il s’agit d’une cause fréquente de trouble du langage chez
nommés troubles envahissants du développement (TED) ou main- l’enfant. Le signe clinique d’appel est fonction de la sévérité du
tenant troubles du spectre autistique regroupent plusieurs entités retard mental (RM) : retard global du développement, retard de
(autisme typique et atypique, syndrome d’Asperger, syndrome langage, ou difficultés d’apprentissage. Le RM est défini par un
de Rett, troubles désintégratifs) et sont caractérisés par une quotient intellectuel inférieur à 70 après une évaluation stan-
triade symptomatique associant une altération qualitative des dardisée des fonctions intellectuelles ; sa fréquence est de 2 à

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3 %. Les enfants ayant une déficience intellectuelle ont géné- enfants avec un retard transitoire montrent la persistance de
ralement un niveau de langage sur le plan réceptif en rapport déficit, notamment dans le domaine de la mémoire de travail ;
avec leur âge mental et non leur âge chronologique, avec des • d’une atteinte possible variée des différents aspects du lan-
difficultés pour accéder aux concepts abstraits verbaux ou non gage (parole versus langage ou versant réceptif versus versant
verbaux. Les étiologies sont multiples et le profil neuropsycholo- expressif). Les deux classifications internationales des mala-
gique et en particulier linguistique des enfants présentant un RM dies les plus utilisées, DSM-IV et CIM-10, se rejoignent en
est variable. Certains enfants, malgré la déficience intellectuelle, individualisant trois types de TSLO : le trouble phonologique
présenteront un langage relativement préservé dans les domaines ou articulatoire, le trouble du langage versant expressif pur
phonologiques, syntaxiques ou lexicaux, mais avec une altération et le trouble mixte réceptif-expressif. Les terminologies anglo-
des aspects pragmatiques comme dans le syndrome de Williams saxonnes correspondantes sont pour le premier type speech
(en lien le plus souvent avec une microdélétion sur le chromo- sound disorder (SSD) et pour les deux autres types specific language
some 7). Au contraire, les enfants présentant un syndrome de impairment (SLI) [26] ;
Down (trisomie 21) montrent généralement une atteinte parti- • de l’association fréquente et possible aux autres troubles
culièrement marquée de la parole et des aspects syntaxiques du spécifiques du développement (dyslexie, dyscalculie, trouble
langage, notamment sur le plan réceptif alors que le domaine de l’acquisition de la coordination ou trouble déficitaire de
pragmatique est mieux préservé. l’attention avec hyperactivité).
Ces troubles d’origine neurodéveloppementale ont une base
étiologique complexe résultant de l’interaction de facteurs géné-
Troubles développementaux primitifs tiques et environnementaux [27] . L’héritabilité des troubles est
généralement élevée, justifiant de se poser systématiquement la
Certains enfants, normalement intelligents, en absence de sur- question du risque de trouble de langage dans la descendance d’un
dité, de lésions cérébrales acquises, de troubles envahissants du parent atteint et/ou dans la fratrie d’un enfant atteint.
développement et vivant dans des conditions environnementales
suffisamment propices, vont présenter un trouble du développe-
ment du langage que l’on nomme trouble spécifique du langage
oral (TSLO). Ces troubles sont donc définis par exclusion. La fré-  Conclusion
quence des enfants présentant un TSLO est estimée entre 3 à
7 % selon le critère de sévérité choisi dans une étude portant sur Les troubles de la parole et du langage sont fréquents chez
7218 enfants vus en école maternelle et âgés de 5 et 6 ans [25] . l’enfant. Leur repérage nécessite de connaître les principales
Il existe une certaine hétérogénéité de ces troubles du fait : étapes du développement du langage chez l’enfant avec des
• d’un degré de sévérité variable de l’atteinte linguistique : les signaux d’alerte qui permettent d’initier la démarche diagnos-
Français parlent de retard simple lorsque le retard est transi- tique. Le dépistage de ces troubles, réalisé le plus souvent par
toire et de dysphasie lorsque le retard est sévère et persistant, le milieu enseignant, les médecins de PMI ou la médecine
mais les études longitudinales avec une réévaluation tardive des scolaire, peut être également réalisé par le médecin traitant

Figure 1. Arbre décisionnel. Principales étapes


Retard de parole et/ou de langage de la démarche diagnostique face à un trouble
du langage chez l’enfant.

Intégrité des voies auditives ?


Surdité (audiométrie ± potentiels
évoqués auditifs)

Aphasie
Avis spécialisé neuropédiatrique
Antécédents et/ou anomalies à
IRM cérébrale souvent nécessaire
l’examen neurologique
Si régression et/ou crises d’épilepsie,
EEG veille + sommeil

Environnement évoquant Troubles des


carences graves et/ou communications non verbales
négligences (gestuelles/visuelles)

Trouble envahissant du
développement
Maltraitance
Évaluation centres de
Évaluation psychosociale
ressource de l’autisme ou avis
spécialisé pédopsychiatrique

Déficience intellectuelle Difficultés de compréhension orale et/ou


Avis spécialisé neuropédiatrique d’abstraction dans le domaine non
Enquête étiologique, avis génétique verbal : évaluation psycho-intellectuelle

Troubles spécifiques du langage oral


isolé ou associé

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(pédiatre ou généraliste) avec l’utilisation d’outils validés. Un fois [15] Zorman M, Jacquier-Roux M. BSEDS 5-6. Un dépistage des difficultés
repéré et/ou dépisté, le trouble du langage justifie une orien- de langage oral et des risques de développer une dyslexie qui ne fait
tation vers l’orthophoniste pour une évaluation plus précise pas l’économie de la réflexion clinique. ANAE 2002;66:8–55.
des différents domaines linguistiques et une prise en charge [16] Roy B. ERTL4 et ERTL6, des outils de repérage à l’usage des médecins.
en parallèle à la démarche étiologique (Fig. 1). Cette dernière Reeduc Orthoph 2000;204:65–92.
nécessite surtout de se poser systématiquement certaines ques- [17] Mancini J, Pech-Georgel C, Brun F, George F, Livet MO, Camps R,
tions auxquelles des examens simples nous permettrons de et al. EVAL MATER: proposal for a pediatric evaluation of linguis-
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Y. Chaix, Professeur des Universités, praticien hospitalier (chaix.@chu-toulouse.fr).


Inserm U 825, Université Paul Sabatier Toulouse III et Unité de neurologie pédiatrie, CHU de Toulouse, 330, avenue de Grande-Bretagne, TSA 70034, 31059
Toulouse cedex 9, France.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Chaix Y. Dépistage des troubles du langage oral chez l’enfant et leur classification. EMC - Oto-rhino-
laryngologie 2014;9(1):1-6 [Article 20-753-A-15].

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