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ENSPM FI

FORMATION INGENIEURS SHE SONATRACH


AVAL

COMPLEMENTS SUR LA QUANTIFICATION DES


CONSEQUENCES ET DES RISQUES D’ACCIDENT
Partie 1 : Compléments sur les phénomènes accidentels et
la quantification des conséquences d’accidents
MATHIEU RIVOT
TECHNIP FRANCE
SERVICE SECURITE INDUSTRIELLE

1
1. EVALUATION DES CONSEQUENCES
D'ACCIDENTS :
PHENOMENES ET MODELES

1 INTRODUCTION
2 TERME SOURCE
3 DISPERSION DE GAZ
OU DE VAPEURS
4 FEUX DE GAZ
OU DE LIQUIDES
5 EXPLOSIONS
6 BLEVE ET BOIL-OVER
7 MODELES
8 APPLICATIONS
2
1 INTRODUCTION
QUELQUES DEFINITIONS
• Le danger est une propriété intrinsèque à une substance, une
activité, une machine...
• Incident : réalisation d’une situation dangereuse n’entraînant pas
de conséquences pour les personnes, les biens, l’environnement,
etc.
• Accident : réalisation d’une situation dangereuse entraînant des
conséquences pour les personnes, les biens, l’environnement, etc.
• La gravité d’un accident est fonction de l’aléa (ampleur de la
matérialisation du danger) est de la vulnérabilité (cibles)
• le risque est une grandeur caractérisée par le couple : (Probabilité
d’occurrence de l’accident, Gravité de ses conséquences) ou (P,
G)
• Le risque est la probabilité de réalisation d’un accident donné ; il
est caractérisé par le couple (Probabilité P , Gravité G)
3
• La criticité est un jugement de l'acceptabilité du risque, au
moyen de seuils ou critères
• Les mesures de prévention visent à éviter les causes de
situations dangereuses (P)
• les mesures de protection et d'intervention visent à limiter les
conséquences d'un accident (G)
• Les mesures de maîtrise des risques regroupent les mesures
de prévention, de protection et d’intervention (P,G)
• Sécurité :
- « La sécurité est un état où les dangers et les conditions pouvant provoquer des
dommages d'ordre physique, psychologique ou matériel sont contrôlés de manière
à préserver la santé et le bien-être des individus et de la communauté »
- notion subjective, inversement proportionnelle à celle de risque

4
QUELQUES STATISTIQUES
• Analyse des 100 accidents ayant fait le plus de
dégâts
dans l’industrie pétrolière (1957/1986 - W.G. Garrison)
Explosions de gaz

42% 35% Incendies

Autres explosions (BLEVE, Emballement


de réaction, éclatements, etc.)

1% Vents violents
22%

5
1 INTRODUCTION (suite)
 OBJECTIF DE LA QUANTIFICATION DES
CONSEQUENCES D’ACCIDENTS
Evaluer la gravité des conséquences potentielles
d’accidents, définir les distances de sécurité, définir
ou justifier les mesures de maîtrise des risques

 CONTEXTE
- Etudes d’ingénierie – Conception d’installations

 Implantation/Plot, Distances d’isolement, classement de zones,


dimensionnement/protection d’équipements ou structures
- Etude des dangers réglementaire (France)
 Distances d’isolement / Plans d’urgence POI & PPI / PLU
- QRA (quantitative Risk Assessment) - FERA
- Expertise d’accidents 6
7
1 INTRODUCTION (suite)

 DEMARCHE :

Définition du scénario

Calcul du Terme Source

Calcul des effets: C, I, ΔP


Seuils de Gravité
Eval. des conséquences et
des zones de dangers
8
1 INTRODUCTION (suite)

DEFINITION DES SCENARIOS


 Par l’analyse qualitative des risques (HAZID)

 Scénarios de référence réglementaires

 Prise en compte du retour d’expérience / bases

de données d’accidents
 Analyse des effets dominos (SEVESO 2)

9
1 INTRODUCTION (suite)

TYPE ET TAILLE DES SCENARIOS


INSTALLATIONS FIXES
 Scénarios “industriellement réalistes” : fuite de joint, garniture, piquage
instrument, purge ouverte (3/4”-2”). Les sécurités fonctionnent ->
dimensionnement POI
 Scénarios “majeurs” : rupture guillotine de canalisation ou flexible. Les sécurités
fonctionnent -> POI & Maîtrise de l’urbanisation / PLU / PPRT
 Scénario catastrophe : rupture guillotine de grosses canalisations, éclatement de
capacités, les sécurités ne fonctionnent pas -> Potentiels de danger /
dimensionnement PPI

CANALISATIONS
 tailles de brèches répondant à l’accidentologie spécifique des canalisations,
définies par travaux du GESIP (Groupe d'Etude de Sécurité des Industries
Pétrolières - Rapport n°96/08 « Guide méthodologique pour la réalisation d’une
étude de sécurité concernant une canalisation de transport »)
 ⇒ 10 mm (fissure, corrosion)
 ⇒ 70 mm (poinçonnement par engin de terrassement)
 ⇒ rupture guillotine 10
1 INTRODUCTION (suite)

DUREE DES FUITES


 Arrêt d’urgence & fermeture automatique des

vannes de sectionnement asservis à détection


(HC, LSHH, PSHH, etc.) -> 1 min
 Arrêt d’urgence & fermeture commandée des

vannes de sectionnement sur action opérateur


suite à détection -> 5 min
 Mise en sécurité & fermeture manuelle des vannes

de sectionnement suite à détection -> 10 min


 Pas de moyens de détection -> 30 min
ou+
ou vidange complète 11
12
2. CALCUL DU TERME SOURCE

BUT :
 Calculer le débit à la brèche q (kg/s) = f(t), ou la

masse rejetée instantanément à l’atmosphère M (kg)


 Déterminer la durée, et les caractéristiques

(composition, température, vitesse, etc.) du rejet


 Calculer la formation d'une nappe de liquide, et le

débit de gaz, vapeur, aérosol formant un panache

13
2 CALCUL DU TERME SOURCE (suite)
• CARACTERISTIQUES DE DANGER D'UN FLUIDE
– Toxicité, Inflammabilité, Réactivité, (corrosivité)
• CARACTERISTIQUES PHYSIQUES /
CONDITIONS DE STOCKAGE

Gaz sous - Liquide volatil


pression GLP
- Liq cryogénique
GLP
GLP

Tamb - Tamb, Patm Tamb Tamb


P>>Patm - T<< Tamb, Patm P>>Patm P>>Patm

14
2 CALCUL DU TERME SOURCE (suite)

 FUITE DE GAZ
– Rejet sonique ou subsonique selon P

15
2 CALCUL DU TERME SOURCE (suite)

 FUITE DE LIQUIDE
– Loi de Bernouilli
– Pression hydrostatique (+ couverture N2,...)
– Applicable aux liquides cryogéniques/GNL

16
2 CALCUL DU TERME SOURCE (suite)
 FORMATION & (E)VAPOR(IS)ATION DE NAPPE
DE LIQUIDE
– Gaz liquéfié sous pression, ou cryogénique
– Liquide volatil
– Calcul d'étalement/(é)vapor(is)ation de nappe
– Taux d’évaporation de nappe typiques :
 Liquide volatil (T<Teb) : 1-10 g/s/m2
 GLP et GNL (T=Teb) : 100 g/s/m2

17
2 CALCUL DU TERME SOURCE (suite)

 FUITE DE GAZ LIQUEFIE SOUS PRESSION


– Mono ou diphasique à la brèche selon longueur de
canalisation
– Ecoulement diphasique dans la canalisation (pertes
de charge)
– détente adiabatique à la brèche ( “flash”)

18
2 CALCUL DU TERME SOURCE (suite)
 REJETS DIPHASIQUES (après la brèche)
– Vapeurs issues du flash thermodynamique d'un gaz
liquéfié sous pression
– Gouttelettes de liquide : recondensation, fragmentation
du jet de liquide (gaz liquéfié, liquide cryogénique
pressurisé)

19
LES DIFFERENTES COMPOSANTES DU TERME
SOURCE

• Terme source
– « Terme source » désigne le débit à la brèche et les paramètres qui y
sont liés (conditions après la brèche…) = fraction d’un produit
liquide bouillant (à
Patm) qui se vaporise
Nuage de vapeurs inflammables lors de sa détente de
Flash Pser à Patm)

Aérosols
Vaporisation de la nappe
Rainout

Nappe de liquide inflammable

Application  PHAST 20
3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE

 TERME SOURCE DE LA DISPERSION :


débits de gaz ou vapeur, fraction liquide,
température, densité, dilution initiale
 3 REGIMES DE DISPERSION

– Jet turbulent
– Gaz lourd ou léger
– Gaz neutre ou passif

21
3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)

 JET TURBULENT
– Vitesse élevée : <400 m/s
– Dilution du gaz assurée par l'air entrainé par les
turbulences
– Air entrainé => réchauffement de vapeurs froides,
vaporisation de gouttelettes
– Pas d'effet de gaz léger
– Modèles : analytiques, intégraux, 3D

22
3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)
 GAZ LOURD OU LEGER
– Paramètres affectant la densité :
 Masse molaire

 Température

 Présence d'aérosol

– Dilution du gaz assurée par les effets de


l'effondrement gravitaire du panache : turbulences et
entrainement d'air
– Modèles : intégraux calés sur des tests, ou 3D

23
3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)

24
3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)

 GAZ PASSIF OU NEUTRE


– Densité du panache = 1 (+/-0,01)
– Pas de mouvement propre // air
– Modèle : analytique gaussien (probabiliste), 3D
– Modèle IPSN (F), PASQUILL (reste du monde)
– Dilution du gaz assurée par la turbulence
atmosphérique
– Paramètres influents :
 H rejet

 Vitesse du vent

 Turbulence atmosphérique : thermique, mécanique

 Dilution initiale sans influence sur effets lointains

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3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)

– Composante mécanique de la turbulence


atmosphérique
 "frottement" du vent sur les irrégularités du terrain

 paramètre : longueur de rugosité (H obstacles / 30)

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3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)

– Composante thermique de la turbulence atmosphérique


 Fonction des échanges thermiques sol / basse atmosphère

 Stabilité atmosphérique : Classification de PASQUILL

A Très instable
B
C
D Neutre
E
F Stable

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29
3 DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)
 SEQUENCE TYPIQUE DE DISPERSION D'UN
REJET SOUS PRESSION

30
3. DISPERSION ATMOSPHERIQUE (suite)

• EVALUATION DES CONSEQUENCES : CALCUL


DES DISTANCES AUX SEUILS DE
CONCENTRATION
– inflammation du panache : LIE
– explosion du panache : LIE
masse explosive
– toxicité du panache : CL1%, IDLH…
Loi de toxicité (Cn.T)
– Seulis réglementaires : A.M. du 22/10/04 (en
annexe)

31
•LOI DE TOXICITE
- Dose létale : Cn.t = Cte1
- Dose “intoxication”: Cn.t =
Cte2

32
• LOI DE PROBIT
Pr = a+b LN(Cn.t) en ppm.min

33
4 FEUX DE GAZ OU DE LIQUIDES

• INTRODUCTION
Triangle du Feu, critères d’inflammabilité

• JET ENFLAMME

• FEU DE NAPPE

• BOULE DE FEU
34
4 FEUX DE GAZ OU DE LIQUIDES (suite)
• JET ENFLAMME
– Bonne combustion (apport d’air important)
– Flux surfacique : 200 à 300 kW/m2
– Longueur de flamme : 100 m ou plus
– Modèles : analytiques, Point source, Surface
Emitter... (API, SHELL TRC...)

35
4 FEUX DE GAZ OU DE LIQUIDES (suite)

36
4 FEUX DE GAZ OU DE LIQUIDES (suite)

• EVALUATION DES CONSEQUENCES :


Calcul des distances aux seuils de flux
thermiques
– Effets sur les humains
– Effets sur le matériel
– Seuils réglementaires (F) :
• 3 kW/m2 blessures irréversibles
• 5 kW/m2 létalité 1%
• Voir A.M. du 22/10/04 en annexe

37
SEUILS DE FLUX THERMIQUE

38
39
4 FEUX DE GAZ OU DE LIQUIDES (suite)

• FEU DE NAPPE
– Combustion moyenne (apport d’air insuffisant)
– Formation de suies si D grand, C5+, H/C
insuffisant
– Flux surfacique : 10 à 100 kW/m2
– Hauteur de flamme : jusqu’à plusieurs centaines de
mètres
– Modèles : corrélations pour Hflamme
Point source, Surface Emitter (API,
SHELL TRC...)

40
41
4 FEUX DE GAZ OU DE LIQUIDES (suite)
• BOULE DE FEU
– Rejet instantané d’une masse de vapeurs /
gouttelettes de gaz inflammable (BLEVE, BOIL-
OVER)
– Combustion pelliculaire
– Flux surfacique : 300 - 400 kW/m2 (GPL)
– Diamètre : jusqu’à plusieurs centaines de mètres
– Modèles : corrélations empiriques
Point source, Surface Emitter (API,
SHELL TRC, TNO...)
– Seuil de flux thermique : Dose (D=I4/3.t)

42
5 EXPLOSIONS GAZEUSES

• DEFINITION
• TYPES D’EXPLOSION
• CONDITIONS
• REGIMES D’EXPLOSION
• FACTEURS
• ONDE DE PRESSION
• EFFETS / SEUILS
• MODELES
43
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• DEFINITION

“Combustion rapide d’un mélange de gaz


inflammable ou de vapeur et d’un gaz
comburant, généralement de l’air”

“Réaction d’oxydation rapide, exothermique,


avec génération ou augmentation du nombre de
molécules gazeuses”
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5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• TYPES D’EXPLOSIONS
– Explosifs condensés
– Explosion de poussières (matières organiques,
métaux,...)
– Eclatement de capacité :
• éclatement pneumatique
• Emballement de réaction
• combustion interne
– Explosion d’un nuage de vapeurs inflammables
(Vapour Cloud Explosion - VCE)
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5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
• CONDITIONS
– Triangle du feu : Combustible-Comburant-Energie
– Limites d’explosivité d’un gaz dans l’air :
• LIE (LFL)
• LSE (UFL)
• Stoechiométrie
– Température d’auto-inflammation d’un gaz (dans l’air)
– Energie minimale d’inflammation
– Point d’éclair d’un liquide inflammable (Flash Point): T°
au delà de laquelle il est surmonté de vapeurs inflammables
(C>LIE)
46
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• CONDITIONS
LIE/LSE (%) TAI (°C) Emin (J) Péclair (°C)

HYDROGENE H2 4-75 560 0,000019 -

METHANE CH4 5-15 595 0,00029 -

ACETYLENE C2H4 1.5-82 305 0,00002 -

PROPANE C3H8 2.1-9.5 470 0,00025 -

HEXANE C6H14 1.2-6.9 240 <-20

GASOIL 0.6-5 338 66

• Etincelle d’électricité statique : 0.08 J


• Etincelle électrique 0.5 - 1 J
• Eclair 5000 J
47
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• REGIMES D’EXPLOSION
– DEFLAGRATION : Vflamme subsonique
– DETONATION : Vflamme supersonique
• FACTEURS INFLUENTS : Confinement,
congestion, réactivité
• EFFETS
• EVALUATION DES CONSEQUENCES

48
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• REGIMES D’EXPLOSION :
1) LA DEFLAGRATION
– Propagation d’un front de flamme (T~1200°C) dans
un mélange inflammable de gaz frais
– Vitesse de flamme subsonique : 1 à 300 m/s
– Le front de flamme est précédé d’une onde de
surpression sonique (340 m/s) : ΔP = qq mbars - 8
bars
– la flamme (zone de réaction) est suivie (poussée) par
les gaz brûlés en expansion
49
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• VITESSE DE DEFLAGRATION
– FLASH FIRE :
• Vflamme = qq m/s
• Pas d’effets de surpression

– DEFLAGRATION LENTE
• Vflamme < 120 m/s

– DEFLAGRATION RAPIDE
• Vflamme = 120 m/s à 300 m/s

50
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• 2) LA DETONATION
– Vitesse de flamme supersonique // gaz frais (1800 m/s)
– Une onde de choc précède immédiatement la zone de
réaction. ΔP = 18 - 20 bars
– La compression / échauffement des gaz frais produit leur
auto-inflammation

51
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• FACTEURS INFLUENTS
– CONFINEMENT
– ENCOMBREMENT
– REACTIVITE DU GAZ
• Hydrocarbures insaturés : H2, Acétylene
• Hydrocarbures saturés : alcanes
– ENERGIE DE LA SOURCE D’INFLAMMATION
– GRADIENTS DE DENSITE ET DE CONCENTRATION
– TRANSITION DEFLAGRATION -> DETONATION

52
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
• FACTEURS INFLUENTS : le confinement

Pmax = 5 à 10 bars

Pression
Pression

P réd.

t < 1s
Temps
Temps
Système d'extinction
ou déclenchement d'évents

Détection ou seuil de rupture d'évents

53
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• EFFETS : PROPAGATION DE L’ONDE DE


SURPRESSION
– Attenuation avec la distance :

54
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)

• EVALUATION DES CONSEQUENCES


– EFFETS DE L’ONDE DE SURPRESSION : directs,
indirects
– EFFETS THERMIQUES
– PROJECTIONS D’ECLATS, MISSILES
• Primaires
• Secondaires
– EFFETS SUR LES PERSONNES, ET SUR LE
MATERIEL (effets dominos)

55
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
• MODELES DE CALCUL D’EFFETS DE
L’ONDE DE SURPRESSION
– EQUIVALENT TNT
• MTNT = 0.1 x MHC x QHC / QTNT
avec : QHC = 46500 kJ/kg
QTNT = 4690 kJ/kg
0.1 = Rendement d’explosion (10%)
– MULTI ENERGY/GAMES (TNO) – CAM2
(SHELL)
– NUMERIQUE 3D - DYNAMIQUE DES FLUIDES

56
EQUIVALENT TNT

57
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
• MODELES TNO MULTI ENERGY

zone 1

Pmax = 300 mbar zone 2

Pmax = 500 mbar

zone 1

Pmax = 50 mbar

zone

source fuite non atteinte

58
MULTI ENERGY

59
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
• MODELES NUMERIQUES 3D (CFD)

60
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
PROJECTION D’ECLATS & MISSILES
• Projectiles primaires :
- Mode de fragmentation (masse/forme fragments)
- Balistique : vitesse / trajectoire (angle/direction) / trainée
- Fragments très nombreux en cas de détonnation

• Projectiles secondaires :
- créés par le passage de l'onde de pression
- champ de pression / mode de rupture des attaches et équipements
- balistique

PERFORATION DE LA CIBLE ?
Distances généralement < effets onde de pression
Risque généralement “négligeable” 61
SEUILS DE DEGATS MATERIELS ET HUMAINS
ASSOCIES AUX PICS DE SURPRESSION INCIDENTE
(1 bar = 10 t/m2 - Vent du siècle = 0,16 t/m2 soit O,016 bar ou 160 kg/m2)
Seuils réglementaires : voir A.M. du 22/10/04 en annexe

62
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
• EFFETS SUR LES STRUCTURES

Ps0 (d)

B C

onde plane
(340 m/s) A D
Structure
vent !!

Les pressions sont différentes en tout point .... et différentes de celles en champ libre.

Pn(d) = Cr Ps0 (d)

63
5 EXPLOSIONS GAZEUSES (suite)
DIMENSIONNEMENT DE STRUCTURES RESISTANTES AUX
EXPLOSIONS
• Calcul statique ou dynamique, linéaire ou non linéaire
• ATTENTION : Supression dynamique incidente # dynamique réfléchie #
statique
Déflagration lente

D < 120 m/s

Pression
élastique Pmax < 0.2 bar
τ+
élasto-plastique plastique
> 200 ms
Contrainte (bar)

Temps

1,6

1,4

DLF 1,2

0,8
F1
0,6
Déformation (/)
0,4
Td
0,2

0
0 1 2 3 4
Td / T 64
6. BLEVE
(BOILING LIQUID EXPANDING VAPOR EXPLOSION)
• Explosion des vapeurs en expansion d’un liquide en
ébullition
• Conditions :
• Gaz liquéfié sous pression (propane, butane, H2O, NH3...)
• Source de chaleur (T>Tlimite de surchauffe = 0.9 TC)
• Dépressurisation brutale
• Vaporisation explosive du liquide en ébullition
• Effets : onde de surpression, éclats, boule de feu
TNO : Diamètre = 6.48 M0.325 (m) ; Durée = 0.852 M0.26 (s)

65
6. BOIL OVER
• Projection du contenu d’un réservoir d’hydrocarbure
lourd, par effet piston
• Conditions et déroulement:
• Feu de bac non maîtrisé (durée importante)
• Présence d’eau au fond du bac
• l’onde de chaleur atteint l’eau. Vaporisation -> effet piston
• Projection du contenu

66
7. MODELES

• Modèles & logiciels de calculs de conséquences


 PHAST (DNV) : terme source, dispersion, feux, explosions
 FRED (SHELL) : terme source, dispersion, feux, explosions
 AUTOREAGAS (TNO) : CFD explosion 3D
• Méthode UFIP (Union Française des Industries
Pétrolières) : semi-quantitative

67
8. APPLICATIONS

• Scénarios d’études des dangers


• Calculs de distances d’isolement entre sites, unités,
bâtiments, ou équipements, selon le type d’accident
redouté (toxique, feu, explosion, projection)
• Localisation d’évents et soupapes
• Classement de zone ATEX (cas spécifiques)
• …

68
ANNEXE

ARRETE MINISTERIEL DU 22 OCTOBRE 2004 RELATIF AUX


VALEURS DE REFERENCE DES SEUILS D’EFFETS DES
PHENOMENES ACCIDENTELS DES INSTALLATIONS
CLASSEES

69
REPUBLIQUE FRANCAISE

MINISTERE DE L'ECOLOGIE ET DU DEVELOPPEMENT DURABLE

ARRETE
relatif aux valeurs de référence de seuils d’effets des phénomènes accidentels
des installations classées

Le ministre de l’écologie et du développement durable,

Vu le Code de l’environnement, et notamment les articles L.512-1 et L. 512-5 ;


Vu le décret n°80-813 du 15 octobre 1980 modifié, relatif aux installations classées pour la protection de l’environnement relevant du ministre de la
défense ou soumises à des règles de protection du secret de la défense nationale ;
Vu le décret n° 77_1133 du 21 septembre 1977 modifié pris pour l'application de la loi n° 76_663 du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour
la protection de l’environnement;
Vu l’avis du Conseil supérieur des installations classées en date du 10 septembre 2004.

ARRETE :

Article 1er : Le présent arrêté définit des valeurs de référence pour l’évaluation de la gravité des conséquences d’accidents potentiels relatifs aux
installations classées.

Article 2 : Ces valeurs de référence sont exprimées sous forme de seuils d’effets toxiques, d’effets de surpression, d’effets thermiques, et d’effets liés à
l’impact d’un projectile, pour les hommes et les structures. Le détail des valeurs applicables figure en annexe du présent arrêté.

Article 3 : Le présent arrêté est révisable en fonction notamment des avancées des connaissances scientifiques et techniques en matière d’évaluation des
effets.

Article 4 : Le présent arrêté est applicable à compter de la date de sa publication augmentée de quatre mois.

Article 5: Le directeur de la prévention des pollutions et des risques est chargé de l'application du présent arrêté qui sera publié au Journal Officiel de la
République Française.

Fait à PARIS, le 22 octobre 2004

Pour le ministre et par délégation,


le directeur de la prévention des pollutions et des risques, délégué aux risques majeurs,

signé

Thierry TROUVE
70
Valeurs de référence relatives aux seuils d’effets toxiques

Les valeurs de référence pour les installations classées sont les suivantes :
Seuils d’effets toxiques pour l’homme par inhalation

Types d’effets constatés Concentration d’exposition Référence

Exposition Courbes de Toxicité aiguë par


de 1 à 60 minutes Létaux SEL (CL 5%) inhalation –Ministère de
SEL (CL 1%) l’Aménagement du Territoire et de
l’Environnement– 1998

SEI Seuils de toxicité aiguë – Emissions


Irréversibles accidentelles de substances
chimiques dangereuses dans
l’atmosphère – Ministère de
SER l’Ecologie et du Développement
Réversibles Durable-Institut National de
l’Environnement Industriel et des
Risques - 2003
Tableau relatif aux valeurs de référence de seuils de toxicité aiguë
(SEL : Seuil des Effets Létaux ; SEI : Seuil des Effets Irréversibles ;
SER : Seuils des Effets Réversibles ; CL = Concentration Létale)

Pour la délimitation des zones d’effets significatifs sur la vie humaine, les seuils d’effets de référence pour les installations classées figurant sur la liste prévue au IV de l’article
L.515-8 du code de l’environnement sont les suivants:

- les seuils des effets irréversibles SEI pour la zone des dangers significatifs pour la vie humaine;
- les seuils des premiers effets létaux (SEL) correspondant à une CL 1% pour la zone des dangers graves pour la vie humaine ;
- les seuils des effets létaux (SEL) significatifs correspondant à une CL 5 % pour la zone des dangers très graves pour la vie humaine.

En l’absence de donnée, d’autres valeurs peuvent être employées sous réserve de justification de l’exploitant ou d’un tiers expert.
71
Valeurs de référence relatives aux seuils d’effets de surpression

Les valeurs de référence pour les installations classées sont les suivantes :

 pour les effets sur les structures :

- 20 hPa ou mbar, seuil des destructions significatives de vitres[1];


- 50 hPa ou mbar, seuil des dégâts légers sur les structures;
- 140 hPa ou mbar, seuil des dégâts graves sur les structures;
- 200 hPa ou mbar, seuil des effets domino;
- 300 hPa ou mbar, seuil des dégâts très graves sur les structures.

 pour les effets sur l’homme :

- 20 hPa ou mbar, seuils des effets irréversibles correspondant à la zone des effets indirects par bris de vitre sur l’homme1 ;
- 50 hPa ou mbar, seuils des effets irréversibles correspondant à la zone des dangers significatifs pour la vie humaine ;
- 140 hPa ou mbar, seuil des premiers effets létaux correspondant à la zone des dangers graves pour la vie humaine;
- 200 hPa ou mbar, seuil des effets létaux significatifs correspondant à la zone des dangers très graves pour la vie humaine.

[1]Compte tenu des dispersions de modélisation pour les faibles surpressions, il peut être adopté pour la surpression de 20 mbar une distance
d’effets égale à 2 fois la distance d’effet obtenue pour une surpression de 50 mbar.

72
Valeurs de référence relatives aux seuils d’effets thermiques
Les valeurs de référence pour les installations classées sont les suivantes :

 pour les effets sur les structures :

- 5 kW/m2, seuil des destructions de vitres significatives;


- 8 kW/m2, seuil des effets domino et correspondant au seuil de dégâts graves sur les structures;
- 16 kW/m2, seuil d’exposition prolongée des structures et correspondant au seuil des dégâts très graves sur les structures, hors structures béton;
- 20 kW/m2, seuil de tenue du béton pendant plusieurs heures et correspondant au seuil des dégâts très graves sur les structures béton;
- 200 kW/m2, seuil de ruine du béton en quelques dizaines de minutes.

 pour les effets sur l’homme :

- 3 kW/m2 ou 600 [(kW/m2) 4/3]. s, seuil des effets irréversibles correspondant à la zone des dangers significatifs pour la vie humaine ;
- 5 kW/m2 ou 1000 [(kW/m2) 4/3]. s, seuil des premiers effets létaux correspondant à la zone des dangers graves pour la vie humaine;
- 8 kW/m2 ou 1800 [(kW/m2) 4/3]. s, seuil des effets létaux significatifs correspondant à la zone des dangers très graves pour la vie humaine.

Valeurs relatives aux seuils d’effets liés à l’impact d’un projectile ou « effets missiles »
Compte tenu des connaissances limitées en matière de détermination et de modélisation des effets missiles, l’évaluation des « effets missiles » d’un
accident potentiel nécessite une analyse, au cas par cas, justifiée par l’exploitant et le tiers expert.

Pour la délimitation des zones d’effets sur l’homme ou sur les structures des installations classées, il n’existe pas à l’heure actuelle de valeur de
référence. Aussi, cette délimitation s’appuie sur une analyse au cas par cas comme mentionné au premier alinéa.

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